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lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 5/2026

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lecture vitaminée pour les professionnels de l’automédication 5/2026

Campagne sur l’automédication
Quelles mesures sont prévues et comment chaque droguerie peut soutenir la campagne
Aide en cas d’allergie
Comment aha! Centre d’Allergie Suisse répond depuis 25 ans aux questions sur les pollens et autres Protection solaire insuffisante
La protection solaire est la meilleure prévention contre le cancer de la peau. A condition d’en appliquer assez.
Branche
Thème central

Les préparatifs pour la campagne sur l’automédication sont en cours. Découvrez ici les mesures prévues et comment chaque droguerie peut participer à la réussite de la campagne.

Inondations, coupures de courant ou ruptures de stock: des situations d’urgence peuvent survenir à tout moment. Les drogueries et les pharmacies sont-elles préparées à faire face à ces situations? Et que faut-il pour être prêt?

Dans cette interview, Fabienne Hebeisen-Dumas, directrice d’aha! Centre d’Allergie Suisse, explique les services proposés par le centre de compétences et les étapes importantes franchies ces 25 dernières années.
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Conférence de la branche de printemps
Impressum vitamine
Editeur Association suisse des droguistes, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne, Téléphone 032 328 50 30, info@drogistenverband.ch
Distribution vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne
Directrice et responsable Ventes: Tamara Gygax-Freiburghaus, t.gygax@vitagate.ch
Annonces: Tamara Gygax-Freiburghaus, Marlies Föhn, Valérie Rufer, Janine Klaric, inserate@vitagate.ch
Abonnements et distribution: Sabine Andersen, vertrieb@vitagate.ch
Rédaction
Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine: Céline Jenni, c.jenni@vitagate.ch
Ont collaboré à la rédaction de ce numéro: Astrid Tomczak, Barbara Halter, Désirée Klarer
Conseils spécialisés: Dr phil.-nat. Anita Finger Weber
Traduction: Marie-Noëlle Hofmann
Couverture: stock.adobe.com/hceinsDesign
Production
Layout: Claudia Luginbühl
Impression: Courvoisier-Gassmann SA, Bienne
7e année: paraît 10× par an © 2026 – vitagate sa, Rue Thomas-Wyttenbach 2, 2502 Bienne

Magazine officiel de l’Association suisse des droguistes et média d’Employés Droguistes Suisse 13
La conférence de la branche, qui s’est tenue mi-avril, a présenté les derniers projets, notamment l’avancement de la révision totale de la formation initiale.
Préparés pour les urgences Andreas Koch explique les mesures d’urgence que le réseau de santé Galenica a mises en place et ce que les particuliers devraient avoir dans leur pharmacie de ménage.
Connaissances spécialisées

Nausées, constipation et autres
De nombreuses femmes souffrent de problèmes digestifs pendant la grossesse. C’est généralement dû à des changements hormonaux et physiques. Comment calmer la digestion?
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Employés Droguistes Suisse
Invitation à la 87e assemblée générale prévue fin mai avec l’ordre du jour.
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Prévention du cancer de la peau
Une bonne protection solaire est essentielle pour se protéger du cancer de la peau. Un spécialiste nous explique les points importants.

Aller aux urgences pour une petite coupure au doigt? Certains le font. C’est pour cela que le Conseil national veut introduire une taxe de 50 francs pour ce genre de cas. Mais il y a aussi beaucoup de gens qui savent qu’ils ne doivent pas courir chez le médecin pour un oui ou pour un non. Ils se soignent eux-mêmes.
L’automédication est efficace et elle réduit les coûts. Elle décharge le système de santé. Sans elle, il faudrait beaucoup plus de personnel médical pour traiter les troubles quotidiens, tels que rhumes, constipation ou petites coupures. Cela dit, même en cas d’automédication, il est important de savoir ce qu’on fait. C’est là que les droguistes interviennent. Avec leur vaste savoir-faire et leur conseil compétent, ils contribuent de manière essentielle à la compétence en matière de santé de la population. Et depuis sept ans, ils sont autorisés à délivrer tous les médicaments en vente libre. Mais est-ce que la population le sait?
Avec sa vaste campagne «Vous trouverez tous les médicaments sans ordonnance chez votre droguiste!», qui démarre fin juin, l’Association suisse des droguistes veut justement s’assurer de cela et attirer l’attention sur les prestations et les conseils complets proposés en droguerie. Les mesures sont en place, les actions sont prêtes à être lancées. Que manquet-il encore au succès? La participation de chaque droguerie.
Céline Jenni, Direction de l’édition, rédactrice en chef de vitamine, c.jenni@vitagate.ch

L’Association suisse des droguistes lance, en collaboration avec vitagate sa, la plus grande campagne sur l’automédication à ce jour. Les dessous de cette campagne, les mesures prévues et comment les drogueries en bénéficient.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann
La droguerie est le premier point de contact pour les médicaments en vente libre. La branche le sait. Mais est-ce que les clients le savent aussi? C’est là que l’ASD intervient avec sa campagne sur l’automédication, une campagne qui bénéficie d’un large soutien et qui affirme clairement le rôle indispensable des drogueries dans le système de santé suisse. «L’ASD a décidé de se concentrer sur le thème de l’automédication, car le message est clair et fort: tous les médicaments sans ordonnance sont disponibles en droguerie. Nous voulons que cela soit bien visible», explique Andrea Ullius, directeur de l’ASD.
Un projet commun avec vitagate sa
La véritable collaboration de la branche rend cette campagne spéciale. L’ASD a
élaboré la campagne en collaboration avec vitagate sa. Tamara Gygax, directrice de vitagate sa, coordonne toutes les activités de la campagne sur l’automédication avec Andrea Ullius, directeur de l’ASD. «vitagate sa agit en tant qu’agence dans le cadre de cette collaboration. Elle apporte une contribution active sur le plan rédactionnel et graphique, son soutien en matière de financement et elle coordonne les activités sur les réseaux sociaux avec l’ASD», explique Claudia Severus, collaboratrice de projet Communication à l’ASD. Le «ASD Creative Circle» est également un acteur central de la campagne. Il s’agit d’un groupe de publicité composé de représentants des sections, des chaînes et des groupements (Dr. Bähler Dropa SA, Dromenta et swidro sa), de l’ASD et de vitagate sa. Pour la première fois, plusieurs groupements se sont également déclarés prêts à soutenir activement une campagne de

La campagne devrait générer 21,5 millions d’impressions et 43 millions de contacts.
l’ASD. Pour Andrea Ullius, c’est un moment historique: «Le fait que les grandes chaînes et groupements soutiennent cette campagne ensemble est un tournant. Nous montrons à l’extérieur que nous pouvons et que nous voulons agir unis en tant que branche.»
Point culminant: les semaines de campagne en été
La campagne est déjà en cours depuis l’automne 2024, mais elle atteindra son apogée en 2026 avec les semaines de campagne en été, qui seront riches en activités. Pourquoi maintenant? La décision de lancer une campagne plus vaste est le résultat d’un souhait de longue date des sections: une campagne pour le grand public avait déjà été demandée lors de l’anniversaire de l’association. L’assemblée des délégués a ensuite débloqué les fonds nécessaires à la suite du processus stratégique – et ça avance.
«L’été est également la saison idéale pour attirer l’attention sur des thèmes de santé actuels tels que la protection solaire, les piqûres d’insectes ou la pharmacie de voyage et pour mettre en avant la compétence de conseil des droguistes», explique Andrea Ullius. Le point culminant de la campagne se situe les semaines 27 et 28, soit du 27 juin au 12 juillet 2026. Pour tenir compte de la diversité des drogueries, le slogan de la campagne peut être adapté en conséquence: «Vous trouverez tous les médicaments sans ordonnance chez votre droguiste! … [Produit] aussi, d’ailleurs.»
Cette possibilité d’individualisation permet de mettre l’accent sur des points spécifiques en fonction du lieu et de la saison et de rendre le message local.
Publicité ciblée là où les gens sont
La campagne est visible principalement dans les transports publics, les stations-service, les offices de poste et d’autres lieux très fréquentés. En collaboration avec Livesystems, la campagne est
également visible là où se trouvent les drogueries et les entreprises mixtes de l’ASD. On peut ainsi s’attendre à ce que 40 à 50 millions de contacts clients soient générés, ce qui représente une audience impressionnante. La campagne en ligne est complétée par la publicité sur place dans les drogueries. Des affiches et des écrans y renforceront l’effet de la campagne. «Qui est complétée par des communiqués de presse, des publications sur les réseaux sociaux et un concours de dessin pour les enfants. Le sujet est également abordé dans la Tribune du droguiste», explique Claudia Severus. La brochure «Automédication» est également disponible et tient compte des entreprises mixtes. Des modèles de publications pour les réseaux sociaux, de signatures de mails et d’autres modèles d’affiches sont également disponibles en ligne. De plus, des publications et des stories sont régulièrement publiées sur les canaux de l’ASD.
Il est clair que la campagne ne manque pas d’idées et de mesures géniales. Mais pour qu’elle soit un succès, il faut que tous les acteurs de la branche s’engagent. «La campagne repose sur la participation des différents points de vente. Chaque droguerie peut accrocher des affiches, distribuer des brochures, promouvoir activement le concours de dessin pour enfants et utiliser ses propres canaux numériques pour diffuser le message de la campagne», explique Claudia Severus. Pour des besoins spécifiques, comme des modèles personnalisés, les membres peuvent s’adresser directement à l’ASD (info@drogistenverband.ch ). Cette dernière soutient les entreprises au mieux dans la mise en œuvre de la campagne. En effet, «la clé du succès réside dans le fait que tous les membres participent sans réserve. Ce n’est qu’en présentant un front uni que la campagne pourra déployer tout son potentiel, tant pour chaque point de vente que pour l’ensemble de la branche.»
La première conférence de la branche 2026, qui s’est tenue au Best Western Plus Hotel de Berne, s’est concentrée sur deux thèmes:
la réorganisation de l’ASD et la révision totale en cours de la formation initiale de droguiste CFC.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann
Des visages familiers, des structures nouvelles et surtout plus légères: l’ASD a profondément réorganisé son secrétariat. Cette réorganisation est motivée par la situation financière tendue. «Il ne faut pas perdre de vue la capacité d’action à long terme, en plus de l’activité quotidienne. C’est un véritable art de jongler avec tout cela», explique Jürg Stahl, président du comité central. C’est pourquoi il a été décidé, entre autres, de ne pas remplacer Sandra Wollschläger, dont le poste a été supprimé, et de prendre d’autres mesures en matière de personnel.
Ainsi, depuis le 1er février, il n’y a plus que deux domaines de compétences au lieu de trois auparavant. Le domaine «Savoir, formation et développement» est dirigé par Anita Finger Weber, tandis que le domaine «Politique, branche et communication» est dirigé par le directeur Andrea Ullius. Tamara Gygax, directrice de vitagate sa, siège désormais à la direction de l’ASD avec droit de vote et assume la coordination informatique. L’ASD peut déjà se réjouir d’un premier succès: les mesures prises concernant le personnel permettront de réduire le budget de 40 000 à 45 000 francs par an.
Mesures coordonnées contre la crise financière
Mais il y a aussi du nouveau au sein du comité central. Trois groupes de travail ont été créés pour trouver des solutions. Ils
sont composés de deux à trois membres du comité central. «Nous avons délibérément opté pour des structures légères, mais nous n’excluons pas de faire appel ponctuellement à des personnes externes», explique Jürg Stahl. vitagate sa a également connu des changements. Céline Jenni, jusqu’à présent responsable des médias spécialisés, est désormais à la tête de la rédaction et membre de la direction de vitgate sa, en plus d’être rédactrice en chef du magazine spécialisé vitamine. Elle succède ainsi à Heinrich Gasser. La rédaction travaille désormais de manière plus efficace en se concentrant sur les thèmes plutôt que sur les médias.
La révision totale de la formation initiale prend forme
Le sujet le plus important de la conférence était la révision totale de la formation initiale de droguiste CFC. «On a beaucoup avancé. Dans le cadre du groupe de travail, nous avons également essayé de représenter l’ensemble de la branche», explique Adrian Würgler, membre du comité central, co-responsable de la formation. Il souligne que ce n’est qu’une étape intermédiaire. Le profil de qualification est par exemple relativement définitif. «La plus grande modification est que nous nous fixons désormais non plus sur des objectifs de formation, mais sur des compétences
opérationnelles», a-t-il expliqué. On trouve ainsi le domaine de compétences opérationnelles a: «Conseiller et servir la clientèle» avec ensuite différentes compétences opérationnelles.
de cours de langue, plus de pratique
Les apprentis qui souhaitent passer une maturité professionnelle (MP) sont dispensés des cours de langue. Un concept spécifique à la MP est en cours d’élaboration pour atteindre les 120 leçons de dispense requises au total pour la MP. Autre nouveauté: les 160 leçons de langue seront probablement réduites à 80. «L’école professionnelle décidera si c’est l’anglais ou une des trois langues nationales», explique Adrian Würgler. L’accent est mis sur l’utilisation de la langue au travail. «Il doit être possible de saluer et de demander à un client ce qu’il veut. Mais pas de donner des conseils détaillés.»
Une autre modification de la procédure de qualification est l’abandon de l’examen écrit. L’examen oral ne doit plus se limiter à un test des contenus professionnels, mais à un entretien entre spécialistes dans un langage de spécialistes. Les droguistes ES qui souhaitent participer à l’élaboration des documents de mise en œuvre sont priés de prendre contact avec Mireille Schmutz (m.schmutz@drogistenverband.ch ). De plus, un sondage sera proposé aux membres de l’ASD de début juin à début juillet 2026. Ils pourront y donner leur avis sur la révision totale. «Le premier cycle de formation selon la nouvelle ordonnance sur la formation devrait débuter en août 2028», précise Adrian Würgler.
Campagne et innovation comme moteurs
Outre les nouvelles structures et la révision de la formation initiale, des mesures offensives ont également été présentées. La campagne nationale sur l’automédication atteindra son apogée du 27 juin au 11 juillet 2026: avec 21,5 millions de diffusions,

elle devrait générer plus de 43 millions de contacts. La présence dans les transports publics, les stations-service et les offices de poste a été ciblée en fonction de la localisation des membres. Vous trouverez plus de détails sur la campagne à la page 4. Parallèlement, l’ASD a lancé le nouveau programme de promotion de l’innovation, rendu possible grâce à la donation de la «Fondation Alfred et Annemarie Käser». Les membres peuvent soumettre leurs projets jusqu’au 31 mai 2026. Vous trouverez toutes les informations sur le sujet dans le numéro 4/2026 de vitamine. «Deux projets sont déjà sur la table», révèle Andrea Ullius. L’échange entre les sections à la fin de la manifestation a clairement montré que, d’une part, elles sont en bonne santé financière, mais que, d’autre part, les questions de sécurité au travail et les contrôles effectués par les pharmaciens cantonaux leur posent actuellement des problèmes. Une solution pour toute la branche a été rejetée il y a un an lors d’un sondage. Andrea Ullius invite les membres à signaler tout incident. «Cela nous permettra, par exemple, de déterminer si les contrôles sont disproportionnés et d’agir en conséquence.»
La prochaine conférence de la branche se tiendra le 25 septembre 2026 à l’hôtel de la Couronne à Soleure.
è Vous pouvez lire le numéro 4/2026 de vitamine avec l’article sur la promotion de l’innovation ici:
Adrian Würgler, membre du comité central et co-responsable de la formation, fait le point sur l’avancement de la révision totale.

istockphoto.com/Nai

Panne d’électricité, de l’eau à la cave, réfrigérateur hors service: comment les entreprises sont-elles préparées à de tels scénarios? Car lorsque le pire se produit, les drogueries et les pharmacies sont souvent prises au dépourvu. vitamine a enquêté sur ce qu’il faut pour être prêt à faire face aux situations de crise.
Mai 2025, un soir à Saint-Gall. De l’eau brune s’échappe des plaques d’égouts. Les canalisations atteignent leur capacité maximale. En quelques secondes, l’eau de la canalisation se déverse dans les locaux de stockage d’une droguerie via les tuyaux. Il est impossible de l’arrêter, aucun signal d’alerte ne retentit – l’eau monte tout simplement. «Quand l’eau coule vraiment, elle coule. On n’a aucune chance», explique Roland Wagner, propriétaire de la droguerie Alpstein, qui a déjà été inondée à plusieurs reprises depuis sa création en 1991. «On peut juste regarder», constatet-il avec lucidité.
De tels scénarios se répètent toutefois rarement. Mais il ne faut pas sous-estimer les risques. Pluies torrentielles, coupures de courant, ruptures de stock, cyberattaques – les entreprises sont exposées à de nombreux risques. La question se pose de savoir si les drogueries et les pharmacies sont bien préparées à ces situations et ce que cela implique pour la protection de la population et notre système de santé. Mais commençons par le début.
L’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) est responsable de la protection de la population en cas d’événement. Il coordonne la protection civile nationale, élabore des stratégies, soutient les cantons et veille à la mise en place d’infrastructures de prévention, d’alerte et d’information.1,2 Constitutionnellement, la fourniture de médicaments est avant tout une tâche de l’économie. Les cantons sont responsables de la santé sur leur territoire. Le gouvernement fédéral intervient en tant qu’instance subsidiaire, par exemple en libérant des stocks obligatoires en cas de pénurie grave, en facilitant les importations ou en prenant des mesures préventives en cas de pandémie. 3–7 Le gouvernement collabore par exemple avec Swissmedic ou Galenica

(voir l’interview à la page 14).8 En cas d’urgence, la Suisse peut compter sur ce système à plusieurs niveaux pour assurer l’approvisionnement en médicaments. 3–8
L’approvisionnement en médicaments sous pression
La situation de l’approvisionnement en médicaments est tendue. Si la pénurie d’antibiotiques et de vaccins a été levée en février 2026,9 les pénuries de médicaments sont en augmentation dans le monde entier.10–16 Les causes sont principalement liées à la production mondialisée – fabrication centralisée, chaînes d’approvisionnement fragiles, manque d’incitations économiques pour les fabricants de médicaments essentiels mais non rentables.17,18 Les génériques et les médicaments bon marché dont le brevet a expiré sont particulièrement touchés: les opioïdes, les antibiotiques, l’insuline.17,18 Le Conseil fédéral a adopté un paquet de mesures en août 2024.19 En octobre 2024, l’initiative populaire «Oui à la sécurité de l’approvisionnement médical»20 a été déposée, visant à obliger la Confédération à créer activement des conditions-cadres contre les pénuries de médicaments essentiels. En automne 2025, un rapport d’experts contenant des recommandations concrètes a finalement été publié. 21
Près de la moitié de la population n’est pas préparée
Le Conseil fédéral a également émis des recommandations concernant les provisions domestiques à avoir chez soi, par exemple: une réserve par personne pour au moins une semaine, incluant de la nourriture, de l’eau, des articles d’hygiène et des biens médicaux. Les articles médicaux de base comprennent des masques de protection, des désinfectants pour les mains, des médicaments personnels, des analgésiques, des désinfectants pour les plaies, des pansements et
Le lien via le code QR permet à chacun de calculer ses provisions domestiques. Il est ainsi possible d’évaluer si l’on dispose à la maison de suffisamment d’aliments non périssables comme des pâtes, de l’huile, des conserves, etc., de produits d’hygiène et de médicaments.
un thermomètre. 22 En réalité, cette recommandation n’est que partiellement suivie. Selon une étude d’Agroscope (2021), 48 % de la population suisse ne dispose pas des provisions domestiques recommandées à domicile. Les jeunes, les personnes bien formées et les Romands sont particulièrement mal préparés, alors que les personnes âgées ayant vécu la guerre le sont nettement mieux. 23 Les magasins ne sont pas tenus par la loi de disposer de provisions pour leurs employés, par exemple.
Ce que la loi exige au niveau de l’entreprise
En revanche, les responsables d’entreprise et les propriétaires de magasins sont en principe responsables de l’organisation des secours et de l’évacuation en cas d’urgence. Les dispositions fédérales en la matière sont prévues par la loi fédérale sur le travail (LTr) et l’ordonnance sur la prévention des accidents (OPA), et il existe aussi des dispositions cantonales en matière de protection contre les incendies. 24–25 De plus, les directives de la SUVA s’appliquent à toutes les entreprises couvertes par la SUVA, y compris les drogueries. Elles prévoient notamment une pharmacie d’urgence facilement accessible, avec du matériel de désinfection, de pansement et de premiers secours. 26 Des prescriptions contraignantes s’appliquent également en matière de protection contre les incendies. Elles prévoient notamment des extincteurs à une distance maximale de 40 mètres, bien visibles et entretenus, ainsi que des voies de fuite dégagées. 26–28 Pour les drogueries, les prescriptions des pharmaciens cantonaux sont également contraignantes, par exemple pour la température de stockage des médicaments. 29
Responsabilité individuelle plutôt que directives
Compte tenu de la multitude de réglementations, il n’est pas surprenant que les associations ne donnent pas de directives claires à leurs membres en matière de préparation aux urgences. C’est le cas des pharmacies comme des drogueries. «C’est généralement stipulé dans les dispositions relatives à la gestion de la qualité
de chaque pharmacie et varie d’une pharmacie à l’autre», explique Gregory Nenniger, porteparole de la Société Suisse des Pharmaciens pharmaSuisse. Par exemple, la protection contre les inondations n’a pas la même pertinence pour toutes les pharmacies. pharmaSuisse ne donne donc pas de directives uniformes à ses membres en cas d’urgence. En revanche, pharmaSuisse est claire sur un point: elle exige que la Confédération se voie confier des compétences claires en matière de surveillance du marché et d’intervention en cas de crise, ainsi que des stocks obligatoires modernisés et des incitations économiques pour que les fabricants continuent à produire des médicaments non rentables mais indispensables sur le plan médical. «La sécurité de l’approvisionnement ne peut pas être garantie uniquement par le marché», souligne le porte-parole. Sans une gestion étatique plus structurée, la Suisse resterait vulnérable en cas de crise.
Andrea Ullius, directeur de l’Association suisse des droguistes (ASD), explique que, malgré leurs meilleures intentions, les gens ont été pris au dépourvu par une situation d’urgence, il n’y a pas si longtemps: «Toutes les entreprises devaient avoir en stock une certaine quantité de masques. Personne ne l’a vraiment fait avant la pandémie de Covid-19.» L’ASD laisse à ses membres le soin de décider s’ils sont prêts pour la prochaine pandémie ou d’autres événements imprévisibles.
Andrea Ullius explique: «Chaque entreprise est responsable de la mise en place des mesures de protection appropriées.» Il cite l’exemple de la régulation de la température. Il y a différentes solutions à ce problème, comme des groupes électrogènes de secours, des réfrigérateurs avec batteries tampons ou des glacières autonomes à compresseur. «Mais chaque droguerie doit trouver elle-même comment assurer la réfrigération en cas de panne», explique-t-il. Concernant la sauvegarde des données, il est possible de faire quelque chose avant même qu’un incident ne survienne, avec un effort minimal, estime le directeur. «Il est impératif de faire des sauvegardes régulières sur des supports externes et dans des lieux physi-
quement séparés.» Si un incendie détruit les documents nécessaires à la déclaration d’impôts, par exemple, c’est que la préparation n’a pas été suffisante, résume-t-il.
Christian Meister, droguiste ES et propriétaire de la droguerie «Meister am Sprengiplatz», n’a jamais été victime d’un incendie. Mais il a connu d’autres situations difficiles dans son commerce: «Un coup de foudre, des dégâts dus à une tempête et une cyberattaque», énumère-t-il. Il a déjà subi trois pannes de courant. «Mais elles n’ont duré qu’une heure au maximum», précise-t-il. Il ne dispose pas de génératrice ou d’un autre moyen de secours en cas de panne de courant. Chez lui, l’essentiel fonctionne même sans électricité. «En cas de panne de courant, les clients peuvent payer en espèces. Si quelqu’un souhaite une facture, nous avons un bloc de reçus à disposition.» Ce qui est important, selon lui, c’est de rester calme et de garder son sang-froid en cas d’urgence. «C’est la seule façon de prendre les mesures nécessaires», explique-t-il. Tous ses collaborateurs savent également où se trouvent les extincteurs et comment les utiliser. «Mais nous n’avons pas encore de plan d’évacuation, par exemple», explique-t-il. Il souhaite à l’avenir mettre davantage l’accent sur la gestion des urgences.
Cours de premiers secours déjà planifié
La droguerie Bremgarten souhaite également accorder plus d’attention à ce sujet, comme l’explique Sina Wetzstein, droguiste ES et codirectrice. Ils ont déjà prévu un cours de premiers secours, du matériel de pansement est disponible et la sauvegarde des données se fait automatiquement, de nuit. «De plus, l’assistance de ProPharma est toujours joignable, même via un numéro d’urgence», explique-t-elle. Les données sont donc sauvegardées. Qu’en est-il de la réfrigération d’éventuels médicaments? En cas de panne de courant, le réfrigérateur ne serait pas un gros problème, car il n’y a pas de médicaments réfrigérés, répond-elle. «Nous n’avons que des affaires personnelles dedans.» Si la caisse tombe en panne, les clientes et clients doivent
plutôt payer en espèces. «Nous notons ce qui a été vendu et le saisissons plus tard. Il n’est donc pas question de fermer», insiste-t-elle.
«On apprend toujours de ses erreurs»
Roland Wagner n’envisage pas non plus de fermer son magasin en cas d’urgence. Plusieurs fois victime d’inondations, il sait désormais ce qui est utile en cas de catastrophe: «Mettre des barrières et veiller à ce que l’eau ne monte pas vers les étages supérieurs, c’est tout ce que l’on peut faire», explique-t-il. Fort de son expérience, le droguiste a également tiré des conclusions claires: plus de marchandises sur les 25 à 30 premiers centimètres, plus de cartons et de palettes au sol, tout est immédiatement stocké en hauteur ou sur des chariots. «On peut ainsi déplacer rapidement les marchandises en cas d’urgence.»
Les caisses et l’électronique sont également placées à au moins 30 centimètres du sol. «La première fois, j’ai dû faire remplacer le modem de stockage», explique-t-il. Dans le magasin, il n’utilise que des étagères métalliques robustes. Il a également détourné l’eau de pluie du toit de la maison directement dans les égouts et non plus sur la maison. «On apprend toujours de ses erreurs», dit Roland Wagner. Et de conclure sur le ton de la plaisanterie: «La compagnie d’assurance finira par dire que c’est de notre faute.» Il n’a jamais dû fermer après une inondation. Quand ça arrive le soir, les pompiers et l’entreprise de nettoyage sont là le lendemain matin. «Nous restons toujours ouverts.» Malgré ces expériences, il admet franchement: «Nous n’avons pas de plan d’urgence à proprement parler.» Il a en revanche une liste de tous les numéros importants et des collaborateurs qui savent où se trouve l’extincteur et ce qu’il faut faire en cas d’urgence. «Nous avons eu suffisam ment d’occasions de nous entraîner.»
è Vous trouverez la bibliographie complète ici
Andreas Koch est responsable Wholesale et Logistics au sein du réseau Galenica, qui joue un rôle important dans l’approvisionnement de base en Suisse. Il nous parle de plans d’urgence, de pannes de courant et de ce que chacun devrait avoir chez soi.
7 Désirée Klarer | F D Marie-Noëlle Hofmann
Andreas Koch, Galenica exploite des centaines de pharmacies dans toute la Suisse. Que se passe-til si l’une d’elles doit fermer à cause d’une crise?
Andreas Koch: Nos pharmacies disposent de concepts d’urgence complets. Ils prévoient que d’autres sites de notre réseau dense prennent le relais si une entreprise doit fermer en raison d’une situation d’urgence. La possibilité de passer par des guichets d’urgence est également prévue. En outre, les personnes qui utilisent notre gestionnaire d’ordonnances numériques peuvent commander des médicaments en ligne et se les faire livrer à domicile.
Et si un médicament manque – pas seulement dans un point de vente, mais partout?
Les pharmaciennes et pharmaciens recherchent alors des alternatives appropriées et se concertent, si nécessaire, avec le médecin prescripteur.

Andreas Koch est responsable Wholesale et Logistics chez Galenica depuis 2020.
Venons-en au Wholesale et Logistics. Galexis, Alloga – à quel point les entrepôts sont-ils résistants aux crises?
Ici aussi, des plans d’urgence sont en place. Nous pouvons garantir au mieux l’approvisionnement en médicaments essentiels, même en cas de crise. En outre, comme notre infrastructure est importante, nous pouvons compter sur un soutien prioritaire de la Confédération en cas de catastrophe.
Je suppose que cela inclut également le scénario d’une panne de courant. Comment vos entrepôts sont-ils protégés à cet égard?
Des groupes électrogènes de secours sont disponibles pour tous les sites et peuvent généralement couvrir des interruptions plus longues. Dans les
pharmacies, les concepts varient en fonction de l’emplacement; comme les quantités stockées sur place sont plus modestes, les produits avec des conditions de réfrigération particulières peuvent aussi être transférés plus rapidement.
Ça semble parfait. Mais que se passerait-il si, en plus, internet tombait en panne?
Ce serait un sacré défi. La plupart des processus de commande sont aujourd’hui numérisés – sans internet, on ne pourrait gérer qu’une petite partie manuellement. Des plans d’urgence sont mis en place pour assurer la logistique des médicaments critiques. Heureusement, même sans accès à internet, il est possible de maintenir l’activité des pharmacies à court terme, bien que cela implique certaines restrictions.
Le mieux est de ne pas devoir sortir en cas d’urgence. Quels médicaments en vente libre et quel matériel devraient se trouver dans la pharmacie de ménage des gens?
Nous recommandons une pharmacie de ménage bien équipée pour une durée d’environ dix jours. Outre les médicaments personnels, il faut prévoir des antalgiques, des antipyrétiques, des médicaments contre les troubles gastro-intestinaux et des antiallergiques, ainsi que des pansements, des compresses stériles et des désinfectants. Une paire de ciseaux, une pince, des gants à usage unique et des masques sont également utiles.
Quelles sont les précautions à prendre?
Il faut régulièrement vérifier la date de péremption des médicaments. Ça semble banal, mais c’est crucial et souvent oublié.

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Le comité d’Employés Droguistes Suisse a le plaisir d’inviter tous les membres de l’association à sa 87e assemblée générale.

Regula Steinemann, avocate et directrice de «Employés Droguistes Suisse»
Cette page est ouverte à Employés Droguistes Suisse. L’avis de l’auteure ne doit pas coïncider avec celui de la rédaction et/ou de l’Association suisse des droguistes.
www.drogisten.org
Lieu
Olten (Hôtel Taverne zum Kreuz, Hauptgasse 18, 4600 Olten)
Date
Mercredi 27 mai 2026
Programme 16 h 15 accueil, assemblée générale
env. 17 h 30 souper en commun au plus tard vers 21 h fin de l’événement
Inscription
Veuillez vous inscrire d’ici au 18 mai 2026 par e-mail à sekretariat@drogisten.org
Ordre du jour de la 87e assemblée générale
1. Accueil
2. Élection des scrutatrices et scrutateurs
3. Approbation du procès-verbal de la 86e assemblée générale du jeudi 19 juin 2025
4. Approbation du rapport annuel 2025
5. Approbation des comptes annuels 2025 et présentation du rapport des réviseurs
6. Décharge aux membres du comité pour l’exercice 2025
7. Approbation du budget 2026
8. Détermination de la cotisation annuelle 2026
9. Elections
a. Comité
b. Réviseuse externe: Alexandra Krucker-Bögli
c. Confirmation du secrétariat externe et élection du nouveau directeur (Christoph Balmer)
10. Requêtes reçues
11. Divers
Les documents suivants pourront être téléchargés sur notre site avant l’assemblée générale: procès-verbal de l’AG 2025 et rapport annuel 2025.
Les comptes annuels 2025 et le budget 2026 peuvent également être demandés à l’avance par e-mail ou par téléphone auprès du secrétariat.

Yeux qui piquent, nez qui coule: de nombreuses personnes souffrent de réactions allergiques. Depuis 25 ans, aha! Centre d’Allergie Suisse soutient les personnes touchées et les spécialistes. La directrice Fabienne Hebeisen-Dumas explique ce qui a changé ces deux dernières décennies et les nouveaux défis à relever.
7 Astrid Tomczak | F D Marie-Noëlle Hofmann | Miriam Kolmann
Fabienne Hebeisen-Dumas, aha! Centre d’Allergie Suisse a 25 ans: quel cadeau vous êtes-vous offert?
Fabienne Hebeisen-Dumas: Nous avons fait un bilan avec nos partenaires. Membres du conseil de fondation, comité scientifique, spécialistes de différents domaines, organisations de santé et sponsors nous accompagnent depuis des années. Au quotidien, nous sommes très pris par l’actualité. L’occasion nous a permis de réaliser tout ce qui a été accompli ces 25 ans. C’était un beau cadeau pour nous.
Un moment vous a-t-il touché?
Oui. Un ancien membre du conseil de fondation a écrit et récité un poème pour aha! C’était inattendu et émouvant. Dans de tels moments, on comprend pourquoi on s’engage.
Quelles ont été les étapes marquantes?
La création du label de qualité pour les allergies en 2005. L’idée est née d’un be-
soin concret: les personnes concernées doivent avoir des repères et de la sécurité dans la vie quotidienne, par exemple lors des achats. Le label de qualité permet de reconnaître rapidement les produits adaptés. Ce projet est un exemple de notre approche: nous développons des offres à partir des besoins des personnes concernées.
Et d’autres étapes?
L’élargissement de notre offre de formation et de conseil a également constitué une étape importante. Nous aidons les personnes souffrant d’allergies, d’asthme ou de maladies de la peau à gérer leur maladie chronique au quotidien. Le diagnostic et le traitement sont assurés par des spécialistes médicaux. Mais dans la vie quotidienne, des questions pratiques se posent. C’est là que nous intervenons: nous informons, dirigeons et renforçons l’autonomie. L’application «Pollen-News», que nous gérons depuis 2011, a également
Fabienne Hebeisen-Dumas a étudié les sciences de la communication et des médias aux universités de Fribourg et de Montréal. Elle a ensuite travaillé dans le domaine de la santé, notamment dans la promotion de la santé, la prévention, le soutien à la jeunesse, la gestion d’organisations non gouvernementales et le développement organisationnel. Depuis 2023, elle est directrice de la fondation aha! Centre d’Allergie Suisse. Ce qu’elle aime dans son travail, c’est «garder une vue d’ensemble et développer des stratégies avec mon équipe qui fonctionnent à long terme. J’apprécie de pouvoir, avec elle, faire une différence et prendre des décisions qui ont un impact, que ce soit pour la fondation ou pour les personnes concernées». Cette mère de quatre enfants a 47 ans et vit dans le canton de Fribourg. Pour se détendre, elle aime faire du sport et passer du temps dans la nature. Elle court en forêt ou en montagne, «parfois même à l’aube». Mais elle se détend aussi en lisant un bon livre devant la cheminée ou en regardant une série.
La voie rapide vers un conseil avisé
Qu’il s’agisse d’allergies, de problèmes respiratoires, de problèmes de peau ou d’intolérances: aha! Centre d’Allergie Suisse est un point de contact central pour les personnes touchées et les spécialistes. La fondation fournit des informations claires et scientifiquement fondées, propose des conseils personnalisés et aide les personnes touchées à mieux gérer leur maladie au quotidien. Ce service est gratuit. La fondation aha!
Centre d’Allergie Suisse complète ainsi la prise en charge médicale.
constitué un jalon important. Fin 2025, elle comptait environ 105 000 utilisateurs actifs. En fournissant des données en temps réel sur les pollens, elle offre un véritable plus aux personnes concernées.
Comment les demandes ont-elles évolué au cours des 20 dernières années?
Nos trois principaux thèmes sont restés les mêmes: allergies respiratoires, allergies et intolérances alimentaires et maladies de la peau comme l’eczéma. Les questions liées aux intolérances sont devenues beaucoup plus importantes.
La manière dont les gens recherchent de l’aide a aussi évolué. Ils veulent des accès faciles et flexibles à des informations fiables. Notre offre de conseil actuelle s’inscrit dans cette logique: outre le conseil par téléphone sans rendez-vous, nous offrons un service sur rendez-vous – par téléphone ou en ligne via Teams – et un service par e-mail. Le service sur rendez-vous est très sollicité. Il permet des entretiens approfondis dans un cadre sécurisé.
Qui s’adresse à vous – plutôt des personnes touchées ou des spécialistes?
La majorité de nos offres s’adressent aux personnes touchées. Nous proposons aussi des formations pour les professionnels, par exemple pour les équipes des pharmacies ou des drogueries, les assistants médicaux, les diététiciens ou les enseignants. Pour nous, les deux sont importants. Nous voulons être là à la fois pour les personnes concernées et pour les professionnels, les médias, les écoles et les politiques. Nous ne posons pas de diagnostics. Si nous ne sommes pas sûrs qu’il s’agit d’une maladie, nous dirigeons vers un médecin. Notre rôle est de fournir des informations avant et après le diagnostic et de combler les lacunes en matière d’information.
Quel rôle les drogueries peuvent-elles donc jouer?
Les drogueries sont pour beaucoup le premier point de contact en cas de problèmes d’allergies. Elles offrent des conseils de base. Il est important de bien définir les rôles: donner des conseils de base et orien-
ter si nécessaire. Nous tenons à ce que les droguistes sachent qu’ils peuvent nous contacter pour des questions spécialisées. Ils peuvent aussi nous adresser leurs clients si des informations plus approfondies sont nécessaires. Cette collaboration améliore la qualité des soins.
Est-ce une impression trompeuse, ou la saison pollinique commence-t-elle plus tôt?
Cette impression n’est pas trompeuse. Une fiche d’information récente de l’Académie suisse des sciences naturelles montre que la saison pollinique commence globalement plus tôt, se termine plus tard et est plus intense. Il y a des variations d’une année à l’autre, mais cette tendance est visible sur plusieurs décennies.
Quel est le rôle du changement climatique? Il modifie les conditions pour les plantes. Cela permet à des espèces moins répandues auparavant, comme l’ambroisie, de s’implanter. La combinaison de la pollution atmosphérique et des pollens peut également accentuer les réactions allergiques.
Pouvez-vous donner un exemple?
Je pense aux oliviers. Ils sont aujourd’hui plantés dans des régions où ils étaient autrefois rares. Nous observons de près ces évolutions, car les pollens d’oliviers pourraient provoquer des allergies, avec des conséquences concrètes pour les gens concernés.
Les allergies augmentent-elles dans l’ensemble?
On parle souvent d’environ 20 % de personnes touchées dans la population. Ce chiffre repose toutefois sur des enquêtes anciennes. Des données épidémiologiques récentes seraient très utiles. Il est actuellement impossible de déterminer avec certitude si la prévalence a réellement augmenté. Cependant, en raison de l’allongement de la saison pollinique, la souffrance de nombreuses personnes allergiques s’est accrue.
Où rencontrez-vous les plus grands malentendus?
Surtout lorsqu’il s’agit de faire la distinction entre allergie et intolérance. Une allergie alimentaire est d’origine immunologique
et peut provoquer des réactions graves. Une intolérance repose sur d’autres mécanismes. Cette distinction n’est pas claire pour beaucoup. Nous constatons aussi une forte sensibilisation du public à des sujets tels que le lactose ou le gluten. Certaines personnes renoncent à ces aliments en prévention, sans diagnostic confirmé. Notre objectif est d’informer de manière objective et d’apporter des éclaircissements.
Où voyez-vous aha! dans dix ans?
Toujours en tant que centre de compétences pour les allergies, l’asthme, les intolérances et les maladies de la peau et partenaire fiable au sein de la chaîne de soins, transmettant des connaissances pertinentes, actualisées et fiables.
Qu’est-ce qui vous inquiète?
Le paysage informationnel évolue rapidement. Les gens cherchent des réponses via
les moteurs de recherche ou l’intelligence artificielle. Il y a un risque que les contenus soient raccourcis ou mélangés. Notre défi est de rester une source fiable. Je suis optimiste quant au fait que les conseils personnalisés et les formations continuent d’être très demandés. L’échange direct crée de la confiance.
Enfin, plus concrètement: que conseillez-vous aux personnes souffrant de symptômes aigus liés aux pollens?
C’est utile de jeter un coup d’œil à la prévision pollinique actuelle, soit sur pollenundallergie.ch, soit dans l’application «Pollen-News». En cas de forte charge, il faut traiter les symptômes à un stade précoce. Les médicaments antiallergiques peuvent être d’un grand secours. Des mesures simples, comme se doucher le soir pour éliminer les pollens des cheveux, sont également utiles.

Le combi d’annonces qui vous permet d’atteindre l’ensemble du personnel spécialisé des drogueries et des pharmacies avec une seule commande.


Dans le numéro de juin de vitamine, vous retrouverez dans ces pages une interview de Regula Steinemann, ancienne directrice d’Employés Droguistes Suisse.
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Les nausées, la constipation et les brûlures d’estomac font partie du quotidien de nombreuses femmes enceintes. Ces troubles sont souvent la conséquence naturelle de changements hormonaux et physiques. Une sage-femme et une droguiste expliquent ce qui peut aider.
7 Barbara Halter | F D Marie-Noëlle Hofmann
Pendant la grossesse, presque toutes les femmes souffrent de nausées, de constipation ou de brûlures d’estomac. Les symptômes peuvent être plus ou moins intenses. En fonction de la semaine de grossesse, ils peuvent disparaître ou ne se manifestent pas du tout. Car chaque grossesse est différente.
«D’un point de vue physiologique, il n’est pas surprenant que la digestion change pendant la grossesse», explique Nora Spiri, sage-femme qui travaille au service de consultation familiale de la ville de Zurich. Elle constate que de nombreuses femmes en Suisse ne savent pas qu’elles peuvent déjà consulter une sage-femme pendant leur grossesse. «La plupart d’entre elles ne voient qu’une ou un gynécologue. Or, leur temps est souvent limité. Il reste donc peu de place pour des discussions plus approfondies, par exemple sur les problèmes de
digestion.» En tant que sage-femme, elle peut répondre plus individuellement aux besoins des femmes et aborder plus globalement les problèmes.
Les cellules des muscles lisses se détendent
Pendant la grossesse, la progestérone est l’hormone dominante. Elle protège le fœtus des réactions de rejet ou d’un accouchement prématuré en ayant une action relaxante sur les cellules musculaires lisses. C’est important, car l’utérus est également composé de ce type de cellules. En même temps, la progestérone agit sur le système digestif, car l’estomac et l’intestin contiennent également de nombreuses cellules musculaires lisses. Sous son influence, celles-ci ralentissent. Le péristaltisme, le
mouvement qui fait avancer la nourriture dans l’estomac et l’intestin, fonctionne plus lentement pendant la grossesse. Le temps de séjour de la nourriture dans le système digestif est doublé ou triplé. Cela entraîne une perte d’eau plus importante et la consistance des selles est plus ferme. Avec comme conséquence de la constipation. Détail intéressant concernant la diarrhée pendant la grossesse: si elle survient vers la fin, c’est un signe positif. «Cela montre que l’utérus s’active», explique Nora Spiri. A cette période, on observe un sevrage fonctionnel de la progestérone, provoquant des contractions de l’utérus et stimulant le transit intestinal, ce qui peut entraîner des diarrhées. De plus, la production de prostaglandine augmente avant l’accouchement et celle-ci stimule également le péristaltisme. Le cycle menstruel fonctionne de la même manière: s’il n’y a pas de grossesse, la muqueuse utérine qui s’est formée n’est plus nécessaire. Comme le taux de progestérone diminue, les contractions de l’utérus favorisent l’élimination de la muqueuse. C’est pourquoi de nombreuses femmes souffrent de diarrhée au début de leurs règles.
Revenons à la progestérone pendant la grossesse: elle agit aussi sur le sphincter œsophagien, le muscle qui ferme l’œsophage et le sépare de l’estomac. Cela provoque une remontée d’acide gastrique, entraînant des brûlures d’estomac. Ce phénomène apparaît plutôt vers la fin de la grossesse, lorsque le bébé exerce une pression supplémentaire sur l’estomac de la mère.
«Les femmes enceintes ont toujours souffert de brûlures d’estomac, comme en témoignent les ouvrages anciens», explique Nora Spiri. D’autres aspects liés à la digestion se seraient toutefois accentués. «Nous bougeons moins, nous pouvons manger facilement à tout moment et avons tendance à consommer des portions plus copieuses.»
Les nausées et les vomissements font partie des symptômes classiques de la grossesse. Ils sont généralement dus à l’hor-
mone bêta-HCG, qui contribue également au maintien de la grossesse. «Au début, le taux élevé de bêta-HCG, qui provoque des nausées, est un bon signe indiquant que le corps s’adapte à la grossesse et souhaite conserver le fœtus», explique Nora Spiri. En général, les nausées s’atténuent au fil des mois. Elles peuvent toutefois s’avérer épuisantes si elles persistent jusqu’au deuxième trimestre ou restent très prononcées. On parle d’hyperémèse gravidique si elles sont tellement intenses que les femmes vomissent sans cesse. Un traitement médical est alors nécessaire.
Trouver des solutions individuelles
En tant que sage-femme, Nora Spiri tient à ce que les femmes comprennent ce qui se passe dans leur corps pendant la gros-

Une forte musculature du tronc optimise votre posture et prévient les douleurs dorsales ou articulaires. De plus, si vous renoncez à l’alcool, vous perdrez du poids plus rapidement.
Principes actifs en cas de troubles digestifs pendant la grossesse
Il faut examiner chaque indication de manière critique pendant la grossesse. Le tableau suivant donne un aperçu des principes actifs qui pourraient être appropriés en cas de constipation, de vomissements/nausées ou de brûlures d’estomac. Il faut toujours se demander, lors de la prescription d’un médicament, si un traitement est absolument nécessaire ou s’il existe des mesures non médicamenteuses. Il faut choisir la dose la plus faible possible et la durée de traitement la plus courte possible.1 Sur www.embryotox.de, vous trouverez également des informations utiles pour savoir si un principe actif est recommandé pour une femme enceinte. En effet, selon une étude française, 90 % des femmes prennent des médicaments pendant leur grossesse.1
Principe actif
Adapté pendant la grossesse?
Vomissements, nausées
Fenouil (fruct.), camomille (flos.), mélisse (fol.)
Remarque
Adapté Remèdes de premier choix; le fenouil seulement en tisane (pas en huile essentielle) et pas en trop grande quantité
Gingembre (rad.) Adapté
Menthe poivrée (fol.) Probablement adapté Ne pas utiliser plus de 6 jours en raison des effets indésirables, contre-indiqué en cas de reflux
Méclozine Adapté Remède de premier choix, dose unique de 20 à 25 mg, dose maximale journalière de 50 à 100 mg
Pyridoxine (vitamine B6)
Brûlures d’estomac
Adapté Dose maximale journalière 150 mg
Carbonate de calcium/magnésium Adapté Remède de premier choix
Alginate de sodium Adapté Remède de premier choix
Oméprazole Adapté Remède de premier choix
Pantoprazole Probablement adapté
Anis (fruct.) Probablement adapté Utilisable à court terme en tisane ou comme épice
Guimauve (fol./rad.) Adapté Ne pas prendre en même temps que des suppléments de fer, l’absorption d’autres médicaments peut être affectée; préparer une infusion à l’eau froide (au lieu d’eau chaude)
Fenouil (fruct.), camomille (flos.) Adapté Fenouil seulement en tisane (pas en huile essentielle) et pas en trop grande quantité
Principe actif Adapté pendant la grossesse?
Constipation
Agents de charge et gonflants (graines de lin, son, etc.)
Lactulose, lactitol, macrogol, mannitol, sorbitol
Biscodyl, picosulfate de sodium
Remarque
Adapté Remède de premier choix, consommation d’au moins 2 litres d’eau par jour
Adapté 2e choix après les agents gonflants
Probablement adapté
Remède de 3e choix à utiliser à court terme. Il fait l’objet de controverses. Il peut provoquer des contractions utérines (en raison de l’activité intestinale intense qu’il induit).
Sel de Glauber / sel d’Epsom Cas exceptionnels Peut provoquer des contractions utérines (en raison de l’activité intestinale intense qu’il induit); contre-indiqué en cas de maladies cardiovasculaires et/ou rénales
Dérivés d’anthraquinones (aloès, rhubarbe, séné, condurango, cascara)
Contre-indiqué Les anthraquinones n’ont pas fait l’objet d’études toxicologiques suffisantes
Huile de ricin Non recommandé
Suppositoires de glycérine
Composés organiques de magnésium
Composés organiques de sodium
Adapté = données humaines disponibles, aucun risque pertinent identifié, principe actif adapté
Peut provoquer des contractions; selon Herba pro matre, son utilisation est contre-indiquée pendant toute la grossesse
Adapté
Adapté Dose maximale journalière 15 mmol/jour
Adapté A court terme
Probablement adapté = pas de données humaines suffisantes, probablement adapté (pas d’indication de tératogénicité chez l’animal)
Cas exceptionnels = non approprié en tant que recommandation en vente libre; remise uniquement sous contrôle médical et/ou uniquement dans des cas exceptionnels
Non recommandé = pas de données humaines suffisantes, utilisation non recommandée (signes évocateurs d’une potentielle tératogénicité chez l’animal)
Contre-indiqué = contre-indiqué (indications d’effets néfastes sur l’embryon/fœtus ou sur le nourrisson)
Tableau et informations selon:: 1 Geisser R. OTC-Arzneimittel in Schwangerschaft und Stillzeit – Update. Im@il Off. 2023; (Ausgabe 13 & 14).
sesse. Cette connaissance a également un effet positif sur l’accouchement et la période post-partum. «Cette compréhension aide à gérer les symptômes et à ne pas les considérer comme quelque chose de négatif. Mais bien sûr, les femmes ne doivent pas accepter les ballonnements ou la constipation», explique-t-elle. Alors qu’est-ce qui aide vraiment? Nadine John dirige la droguerie Wäsmeli à Lucerne et est mère de deux enfants. Sa fille aînée a trois ans, la plus jeune fêtera bientôt son premier anniversaire. «Mes deux grossesses ont été très différentes, y compris en ce qui concerne les troubles», explique-t-elle. Elle sait par expérience qu’il est difficile de généraliser. Chaque femme doit découvrir individuellement quels conseils lui conviennent – ou pas. «La position du bébé joue souvent un rôle dans les problèmes de digestion, et on n’y peut rien.»
Elle recommande de manière générale de faire attention à son alimentation: éviter les légumineuses, les choux et les aliments gras, boire de l’eau plate plutôt que des boissons gazeuses et surtout réduire sa consommation de sucre pour éviter les ballonnements. Les aliments riches en substances amères comme le radicchio, la roquette, les endives, le pamplemousse, l’artichaut ou la sauge sont bénéfiques pour la digestion. Il est également recommandé de manger plusieurs petits repas tout au long de la journée. «Cela aide aussi en cas de nausées. Manger une biscotte avant de se lever peut aider pour que l’estomac ne soit pas complètement vide», explique Nadine John. La sage-femme Nora Spiri conseille également de garder un thermos d’eau chaude à côté du lit. «Ça stimule le système digestif. Et un peu de gingembre dans l’eau peut aider en cas de nausées matinales.»
La marche, des exercices de yoga doux et une hydratation suffisante favorisent la digestion. Les graines de psyllium aident à ramollir les selles. Elles absorbent beaucoup d’eau mais ne sont pas digérées. «Le
matin, prenez une cuillère à café de graines de psyllium avec un grand verre d’eau», conseille Nadine John. Elle déconseille les laxatifs, qui peuvent parfois provoquer des contractions utérines. Si les troubles persistent malgré une hydratation suffisante, de l’exercice physique, des agents gonflants ou des laxatifs osmotiques comme le lactulose, il est possible de prendre, en accord avec le médecin, un médicament contenant du bisacodyl. Mais il ne doit pas être utilisé de manière régulière ou prolongée (voir encadré «Principes actifs en cas de troubles digestifs pendant la grossesse» à la page 22).
De nombreuses femmes se voient prescrire du magnésium pour lutter contre la constipation. «Il rend les selles plus molles, comme le fait le lactose, d’ailleurs», explique la sage-femme. «Cela se voit aussi chez les bébés. Comme leur système digestif n’est pas encore complètement développé, leurs selles doivent être molles. Une alimentation à base de lait a donc du sens.» Elle a encore un conseil pratique: poser les pieds sur un tabouret quand on est sur les toilettes. Ça modifie l’angle du bassin, facilitant l’évacuation des selles et réduisant la pression sur le sphincter anal. Car plus on pousse, plus les vaisseaux sanguins souffrent, ce qui favorise la formation d’hémorroïdes.
En cas de brûlures d’estomac, Nadine John recommande des remèdes alcalins tels que l’argile médicinale ou des produits courants disponibles dans le commerce. «Personnellement, ce qui m’a le plus aidée, ce sont les promenades au grand air avec mon chien», dit-elle, abordant ainsi un autre aspect, la composante psychologique. La grossesse peut susciter des angoisses et de l’incertitude chez de nombreuses femmes. «Je recommande de faire confiance à la nature et de se rassurer en sachant que l’on est entre de bonnes mains sur le plan médical, plutôt que de se laisser envahir par le stress et l’inquiétude», déclare Nadine John. En d’autres termes: il faut écouter son intuition.

Le cancer de la peau est l’un des cancers les plus fréquents en Suisse. Selon le professeur et dermatologue lausannois Olivier Gaide, le carcinome basocellulaire est particulièrement répandu. Il touche principalement les personnes âgées et se traite généralement bien. Mais il faut sensibiliser la population.
7 Barbara Halter | F D Marie-Noëlle Hofmann
Quand tout va bien, on se sent bien dans sa peau. Mais ce n’est pas toujours le cas. Qu’il s’agisse de bonheur ou de colère, la peau est considérée comme le miroir de l’âme. Elle réagit aux émotions sans que nous n’y pensions, et parfois même de manière visible pour les autres. Qui n’a jamais ressenti cette sensation désagréable de rougir de gêne?
La peau est l’organe le plus grand et le plus lourd de l’être humain. Environ deux mètres carrés enveloppent et protègent le corps du froid, de la chaleur et des agents pathogènes. Elle régule la température du corps et remplit sa fonction d’organe
sensoriel. La peau est composée de trois couches: l’épiderme, le derme et l’hypoderme.
Interaction entre la peau et le psychisme
Si importante pour l’être humain, la peau est souvent négligée. Ce n’est que lorsqu’elle démange, qu’elle est irritée ou, pire, qu’elle est gravement brûlée à la suite d’un accident que l’on comprend à quel point cet organe est précieux, fragile et vital. «Nous ne pouvons pas vivre sans notre peau. Elle
est étroitement liée à notre image physique. Les symptômes sont souvent visibles lorsqu’elle est touchée. Mes patientes et patients ne sont pas seulement affectés physiquement par les changements de leur peau, mais aussi souvent sur le plan psychologique», explique Olivier Gaide, professeur et dermatologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne, qui dirige depuis 2021 le Centre des mélanomes et tumeurs cutanées. Le professeur Gaide est motivé par la recherche. Quelles sont les lacunes scientifiques actuelles? Il rit en entendant cette question: «Il y a énormément de choses que nous ne savons pas encore sur le cancer de la peau.» Il se concentre notamment sur le développement de nouvelles méthodes de traitement. «Lorsque j’ai commencé à travailler dans le département, environ 10 % des patients guérissaient. Aujourd’hui, ce chiffre atteint jusqu’à 50 % – mais ce n’est pas encore suffisant.» Olivier Gaide et son équipe développent à Lausanne de nouveaux microscopes faciles à utiliser et que les dermatologues peuvent placer directement sur la peau pour diagnostiquer un cancer de la peau. Cette technique pourrait à l’avenir permettre de se passer de biopsies, donc de prélever un échantillon de peau à examiner au microscope.
Le carcinome basocellulaire est le cancer de la peau le plus fréquent, suivi du carcinome spinocellulaire. Les deux sont des cancers de la peau dits non-mélanocytaires. «Ces
tumeurs ne développent presque pas de métastases, ce qui explique que très peu de personnes en meurent. Contrairement au cancer du sein ou du côlon, ils ne sont pas souvent inclus dans les études officielles. Mais ils sont très, très fréquents», assure Olivier Gaide. Le carcinome basocellulaire est le cancer le plus fréquent en Suisse. Chaque année, entre 20 000 et 25 000 personnes sont touchées dans le pays. Toutes les tranches d’âge sont concernées, parfois même les personnes de moins de 20 ans, mais le risque augmente avec l’âge et en cas de troubles du système immunitaire. «La grande fréquence du carcinome basocellulaire est également due au fait que les gens vivent de plus en plus longtemps. Avec le temps, presque tout le monde en Suisse est touché», poursuit le professeur. Comme pour les autres cancers de la peau, les personnes à la peau claire, aux cheveux blonds ou roux, aux yeux bleus, verts ou gris sont particulièrement à risque. Le fait de travailler longtemps à l’extérieur augmente également le risque. Le carcinome basocellulaire se développe le plus souvent sur des parties du corps très exposées au soleil: sur la tête (surtout s’il y a peu de cheveux), le visage, les oreilles, le cou, les épaules et le dos. Il se développe lentement, sur plusieurs mois et années. Olivier Gaide constate une grande sensibilisation de la population au sujet du cancer de la peau. La plupart des gens savent que les rayons UV sont nocifs. «Mais ils ne savent pas comment se comporter correctement. Beaucoup ne protègent pas toujours leur peau. De plus, on ignore souvent qu’un carcinome basocellulaire peut être traité




Le cancer blanc de la peau se manifeste par différents symptômes qui sont souvent indolores et discrets. Comme le carcinome basocellulaire ne change pas de couleur, la lésion cutanée passe souvent inaperçue au début, d’où le nom de cancer blanc de la peau. Les symptômes suspects sont par exemple de petites lésions croûteuses qui ne guérissent pas en quelques semaines, des taches rouges avec un bord en forme de perles, des nodules brillants en forme de demi-sphère, des modifications dures ou semblables à des cicatrices et des épaississements de la peau de couleur normale. Les spécialistes distinguent quatre formes typiques: le carcinome basocellulaire superficiel (image 1), le carcinome basocellulaire nodulaire (image 2), le carcinome basocellulaire infiltrant (image 3) et le carcinome basocellulaire sclérodermiforme (image 4).
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rapidement, à moindre coût et sans complications.» En cas de suspicion, le dermatologue prélève un échantillon de tissu qui est examiné au microscope. Si des cellules tumorales sont présentes, le carcinome basocellulaire doit être complètement retiré. Il existe différentes méthodes pour le faire, selon le type et la taille de la tumeur, ainsi que l’âge et l’état de santé de la personne.
derma.swiss recommande de faire un auto-examen de la peau tous les mois afin de détecter les changements à un stade précoce. En cas de doute, il est conseillé de consulter son médecin; certains hôpitaux proposent également des consultations en ligne, au cours desquelles des spécialistes posent un diagnostic à partir d’une photo.
Le soleil et l’humain entretiennent une relation vieille de plusieurs siècles, une relation très unilatérale qui est devenue plus difficile au cours des dernières années. «C’est compliqué» est sans doute la meilleure façon de résumer cette relation. «Nous avons besoin du soleil. Il nous aide à produire de la vi tamine D et est bénéfique pour notre santé. Le soleil a un effet positif sur la santé en général. Il est également important de sortir pour le cœur et les poumons», explique Olivier Gaide. Il ajoute: «Mais quelques minutes au soleil suffisent pour produire de la vi tamine D. En été, il faut dix minutes, en hiver, trente. C’est moins que le temps nécessaire pour que la peau soit endommagée.» Pour le dermatologue, le bronzage est tout autre chose que ce que pensent ceux qui aiment se prélasser au soleil en été. C’est en fait un mécanisme de protection de la peau. «Elle ne peut pas détecter les rayons UV, mais elle ressent les

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dommages qu’ils causent dans les cellules. En réaction, elle se protège en bronzant», explique le professeur. Cette protection ne fonctionne toutefois que jusqu’à un certain point – après quoi, même une peau bronzée peut avoir un coup de soleil, une forme grave de dommage à la peau qui est en fait une inflammation. En cas de symptômes légers à modérés, il suffit de se rendre en droguerie ou en pharmacie. En cas de douleurs intenses, mieux vaut consulter un médecin. «Les médicaments peuvent atténuer un peu l’inflammation.»
Rester à l’intérieur entre 11 h et 15 h
Quel est le lien entre un coup de soleil et le cancer de la peau? Quand l’un mène-t-il à l’autre? «Il s’agit de processus biologiques complexes, difficiles à expliquer en détail pour le grand public», explique Olivier Gaide. Même après un coup de soleil, des mutations cellulaires se produisent. Elles déclenchent des réactions différentes. Le développement d’un cancer de la peau est le résultat de plusieurs mutations cellulaires. «En recherche sur le cancer, on parle toujours de risque. Certaines personnes ont eu plusieurs coups de soleil au cours de leur vie et n’ont pas développé de cancer de la peau. D’autres, en revanche, souffrent
d’un cancer de la peau alors qu’elles n’ont pratiquement jamais eu de coups de soleil.» Ce qui est certain, selon les connaissances actuelles: «Les coups de soleil que nous avons eus dans notre jeunesse augmentent davantage le risque de cancer de la peau que ceux que nous avons eus à l’âge adulte. C’est pourquoi la protection des enfants est particulièrement importante.»
Lorsque Olivier Gaide quitte la maison en été, il met toujours un chapeau. «Je suis particulièrement exposé avec ma calvitie.» Il prône le bon sens dans la gestion de l’exposition au soleil. «Il faut agir de manière raisonnable et sortir plutôt le matin ou le soir et en évitant le soleil entre 11 et 15 heures. En cas d’ensoleillement intense, il faut se protéger avec un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements à manches longues. Et utiliser une crème solaire, là où la peau ne peut pas être couverte.»
La protection solaire pour lutter contre les rides?
Il déconseille les longues expositions au soleil, par exemple à la plage, même avec de la crème solaire. Ça peut arriver à tout le monde, par exemple, un jour venteux, de sous-estimer l’intensité du soleil et de s’apercevoir le soir que la peau est rouge. «Je dis à mes patientes et patients qu’il est
&Cet article paraîtra sous la même forme dans la Tribune du droguiste 3. La distribution interviendra entre le 19 et le 26 juin 2026.
Carcinome basocellulaire Mélanome
Epiderme
Cellules basales
Mélanocytes
Derme

Le carcinome basocellulaire se développe dans les cellules basales de l’épiderme. Chaque exposition intense au soleil endommage les cellules basales dans leur structure. Les cellules n’oublient pas les dommages qu’elles ont subis. L’exposition aux UV peut provoquer une transformation des cellules basales, c’est-à-dire une modification de leur patrimoine génétique, et elles peuvent alors proliférer dans les tissus environnants sous différentes formes. Le carcinome basocellulaire se propage rarement à d’autres organes – contrairement au mélanome, par exemple – mais peut détruire les tissus environnants. Le mélanome, ou cancer de la peau de type malin, est l’une des formes de cancer de la peau les plus dangereuses. Il se développe à partir des cellules de la peau qui produisent la mélanine (mélanocytes). Les mélanocytes produisent la mélanine, qui est responsable du bronzage de la peau. Dans le cas du mélanome, les mélanocytes dégénèrent et se multiplient de manière incontrôlée. Selon le stade, les ganglions lymphatiques peuvent également être touchés et des métastases peuvent se former. Les cancers de la peau malin et bénin se distinguent nettement par leur apparence et leur mode de formation, même si dans les deux cas, l’exposition excessive aux UV est le principal facteur de risque.
Hypoderme
acceptable d’avoir un petit coup de soleil par an, mais si on en a cinq ou dix fois, on a un problème. Pour moi, c’est de la bêtise.» Les dermatologues recommandent désormais d’utiliser des produits de soin du visage avec protection solaire tout au long de l’année. Pour ce spécialiste, ce n’est pas nécessaire d’un point de vue médical. «Il s’agit ici de style de vie. Mes collègues recommandent une protection solaire tout au long de l’année pour minimiser le vieillissement de la peau. Je vois les choses différemment: il est plus important de ne pas attraper de cancer de la peau que de ne pas avoir de rides», explique-t-il, avant d’ajouter avec malice: «Personnellement, j’aime les femmes avec des rides autour des yeux plutôt que celles qui ont une peau artificiellement lissée.»
La prise de conscience fait aussi partie de la prévention. Ces dernières années, beaucoup d’efforts ont été déployés pour informer le public sur la peau et la protec-
tion solaire, mais Olivier Gaide se demande aussi à quel point ces campagnes sont efficaces. «Des études menées en Australie montrent que les jeunes y sont moins touchés par le cancer de la peau que la génération précédente. Les campagnes sont donc efficaces», se réjouit-il. À l’avenir, le changement climatique jouera également un rôle. Il augmente l’indice UV et donc le risque de cancer de la peau. Et le comportement des gens entre alors en jeu. «Dans des pays comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, où les températures sont très élevées, les habitants passent la plus grande partie de la journée à l’intérieur. Peut-être adapterons-nous notre mode de vie en conséquence.» De bonnes nouvelles pour la peau.
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