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Revista Viração em Francês - Edição 32 - 2007

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V iRAÇÃO Ano 5 · no 32 · 2007 R$ 5,00 · www.revistaviracao.com.br

Changement,

attitude et audace des jeunes

A QUOI ÇA SERT? Les adolescents et la responsabilité pénale

JOURNAL MURAL Projet Viração

Les peuples indigènes DOSSIER

Les questions de nos temps: la lutte pour la terre, le sida, la biopiraterie et l’ éducation différenciée


Caro leitor(a) (aluno(a), professor(a), jovem, educador(a) ou leitores(as) individualmente responsáveis), use a sua criatividade sem moderação. Veja uma forma de aplicar o conteúdo da Vira em sala de aula ou nas reuniões de seu grupo de jovens e repassar a informação. Depois, conte pra gente como foi a experiência. Essa é uma forma de promover aulas e encontros inovadores a partir do conteúdo da revista e premiar as melhores histórias. Vamos publicá-las nas edições mensal impressa e semanal digital da Vira ( w w w.revistaviracao.com.br). Você pode mandar por mensagem eletrônica ou pelo correio, para a redação.

VIRAÇÃO Rua Augusta, 1239 – Conjunto 11 Consolação – 01305-100 – São Paulo (SP) Tel.: (11) 3237-4091 / 3567-8687 / 9946-6188 E-mail: redacao@revistaviracao.com.br

www.revistaviracao.com.br


Editoriale Tous les jours, à toute heure

P

as de date commémorative ni de festivités ingénues à l’école pour rappeler le Jour de l’Indien (19 avril). Ce que les peuples indigènes veulent, en vérité, c’est une terre pour vivre en liberté et sans dépendre de la tutelle d’un quelconque gouvernement. Ils veulent être reconnus dans leur propre manière de s’organiser, de vivre leur culture et leur religion. C’est ce que nous montrent la série spéciale de reportages de cette édition, produite en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef). Ils décrivent la résistance et la lutte des peuples indigènes en suivant l’histoire d’enfants, d’adolescents et de jeunes qui ne se laissent pas ébranler par les siècles de discrimination et de domination des “visages pâles”. Ils parlent des menaces des maladies sexuellement transmissibles, du sida, du pillage des savoirs et des richesses indigènes, des difficultés et des conquêtes dans les domaines de l’éducation et de la mortalité infantile dans les villages, ainsi que de bien d’autres sujets d’actualité. Il en est ainsi : tous les jours, à tout heure, il est important de débattre des droits des peuples indigènes et de les défendre.

VIRAÇÃO est publiée mensuellement à São Paulo (SP) par le Projet Viração de l’Association de Soutien aux Garçons et Filles de la Région Sé. de São Paulo, affiliée au Syndicat des Entreprises Propriétaires de Journaux et Magazines de São Paulo; CNPJ (MF) 74.121.880/0003-52; Inscription pour l’Etat: 116.773.830.119; Inscription Municipale: 3.308.838-1

SERVICE LECTEUR Rua Augusta, 1239 – Conj.11/12 – Consolação 01305-100 – São Paulo – SP Tel./Fax: (11) 3237-4091 / 3567.8687 / 9946-6188 HORÁIRES DE RECEPTION

de 9h à 13h et de 14h à 18h C OURRIEL REDA CTION ET A B O N N E M E N T redacao@revistaviracao.com.br assinatura@revistaviracao.com.br

QUI SOMMES-NOUS ?

V

iração est un projet social d’édu-communication, à but non lucratif, créé en mars 2003 et affilié à l’Association de Soutien aux Garçons et Filles de la Région Sé. Il bénéficie de l’appui institutionnel de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) et de l’Agence d’Information des Droits de l’Enfance (Andi). Outre l’édition de la revue, il propose des cours et des ateliers de formation en communication populaire réalisés pour des jeunes, par des jeunes et avec des jeunes dans des écoles, des groupes et des communautés de tout le Brésil. Pour préparer les revues imprimée et électronique (www.revistaviracao.com.br), nous bénéficions de la participation des conseils éditoriaux jeunes de 17 capitales, qui rassemblent des représentants d’écoles publiques et privées, de projets et de mouvements sociaux. Parmi les récompenses reçues durant ces quatre ans, citons le Prix Don Mario Pasini Comunicatore, à Rome (Italie) et le Prix Cidadania Mundial, octroyé par la Communauté Bahá’í. Plus encore : dans le classement de l’Andi, Viração est en tête des revues destinées aux jeunes. Participez vous aussi à ce projet. Reportez-vous aux courriels ci-dessous. Paulo Pereira Lima Directeur de la revue Viração – MTB 27.300 CONNAISSEZ LES 18 VIRAJOV E N S D ANS LES CAPITALES BRÉSILIENNES • Belém (PA) – pa@revistaviracao.org.br • Belo Horizonte (MG) – mg@revistaviracao.com.br • Brasilia (DF) – df@revistaviracao.com.br • Campo Grande (MS) – ms@revistaviracao.com.br • Curitiba (PR) – pr@revistaviracao.com.br • Fortaleza (CE) – ce@revistaviracao.com.br • Goiânia (GO) – go@revistaviracao.com.br • João Pessoa (PB) – pb@revistaviracao.com.br • Maceió (AL) – al@revistaviracao.com.br • Manaus (AM) – am@revistaviracao.com.br • Natal (RN) – rn@revistaviracao.com.br • Porto Alegre (RS) – rs@revistaviracao.com.br • Recife (PE) – pe@revistaviracao.com.br • Rio de Janeiro (RJ) – rj@revistaviracao.com.br • Salvador (BA) – ba@revistaviracao.com.br • São Luís (MA) – ma@revistaviracao.com.br • São Paulo (SP) – sp@revistaviracao.com.br • Vitória (ES) – es@revistaviracao.com.br

Apoio Institucional


Novaes

MAPA da

QUE FIGURA Cartão-Postal Renato Russo

E quipe Pédagogique Aparecida Jurado, Auro Lescher, Isabel Santos, Márcia Cunha et Vera Lion

RG

Conseil Editorial Cecília Garcez, Ismar de Oliveira, Izabel Leão, Immaculada Lopez, João Pedro Baresi, José Eduardo Andrade, Mara Luquet, Marcus Fucks et Valdênia Paulino

Directeur Paulo Pereira Lima (paulo@revistaviracao.com.br) Editeurs Carol Lemos (carol@revistaviracao.com.br) Juliana Rocha Barroso (juliana@revistaviracao.com.br) Vivian Ragazzi (vivian@revistaviracao.com.br) Rédaction Adriano Sanches, Amanda Proetti, Cristina Uchôa et Juliana Mastrullo Secrétariat de rédaction Pilar Oliva

Collaborateurs Alder Augusto da Silva, Carmem Franco, Cícera Gianini, Douglas Lima, Douglas Martins, Fernanda Pompeu, Flávia Peret, Gardene Leão de Castro, Gisele Palla, Giorgio D’Onofrio, Gustavo Barreto, Ivanise Andrade, Ivo Sousa, Lentini, Leonardo Francisco de Azevedo, Marcelo Amorim, Márcio Baraldi, Marília Almeida, Marcelo Monteiro, Maria Cláudia Barros, Mariana Rosa, Nanete Neves, Natália Forcat, Nilton Lopes, Novaes, Osny Luz, Paloma Klisys, Raphael Gomes, Ramon Costa, Rose Santos, Sálua de Paula, Scheilla Gumes, Sérgio Rizzo, Susana Sarmiento, Taluana Brisa, Tatiana Merlino, Thiago Martins, Thiago Merísio et Ubirajara Barbosa Consultant Marketing Thomas Steward Projet Graphique IDENTITÀ Adriana Toledo Bergamaschi Marta Mendonça de Almeida Phototype Numérique SANT’ANA Birô Journaliste Responsable Paulo Pereira Lima – MTB 27.300 Divulgation Equipe Viração Courriel Rédaction et Abonnement redacao@revistaviracao.com.br assinatura@revistaviracao.com.br

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ViRAÇÃO

• JOURNAL MURAL 10 Vira forme 300 élèves et professeurs de 100 écoles de São Paulo

ANNUEL 48,00 R$ 40,00 R$ 60,00 R$ 50,00 US$

mina

Paulo Pereira Lima

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• CETTE TERRE ÉTAIT LA NÔTRE Les peuples indigènes luttent pour conquérir leur citoyenneté

• LA VILLE VIENT A U VILLAGE 14 Et avec elle, les boissons alcoolisées et les maladies sexuelles • LE MARCHÉ DU BIOPIRATA GE 16 Des entreprises tirent profit de l’étude des plantes et de la vente du sang indigène

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• L’UNIVERSITÉ POUR TO U S ?

E quipe technique Helena Oliveira Silva – UNICEF

PRIX DE L’A B O N N E M E N T Nouvel Abonnement Réabonnement De collaboration Etranger

• DES IMAGES QUI TOURNENT 8 Les graffiteurs et leurs créations colériques sur les murs de Salvador

Les mille et unes difficultés pour obtenir un diplôme • DES ÉCRIVAINS DE PREMIER PLAN 18 D’indigènes à indigènes • VIOLENCE A UX CHAMPS 2 0 Les indigènes victimes de la persécution et du suicide • M O R TALITÉ INFANTILE 2 2 Misère et dénutrition sont les principaux coupables • PEUPLES DU NORDESTE 2 4 Dans l’Alagoas, l’histoire de la résistance des Caeté • N O U V E AUX LEADERS Des jeunes prennent la tête de la lutte pour la terre

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• LES GOULO T S DE L’ÉDUC A TION 2 8 En faveur d’une école avec un profil indigène

Q U E L P E R S O N N AGE !

• LA PRISON EST-ELLE

FAIS VOIR

LA SOLUTION ? 3 0 Les pièges du débat sur la majorité pénale • SER-TÃO BRÉSIL 3 2 Des jeunes discutent à Bahia des droits de l’homme et de la culture de l’homme du sertão

S TA TUT DE L’ENFA N T ET DE L’A D O L E S C E N T LA BANDE DE VIRA PARADE SOCIALE

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QUEL PERSONNAGE!

...

M Ô N I CA CORREIA, de São Paulo (SP)*

Renato Russo comme si

demain n’existait pas R

enato Russo : un nom artistique qu’il a luimême adopté pour rendre hommage à deux personnalités, Jean-Jacques Rousseau et Bertrand Russel. Venu d’une famille de classe moyenne, il suit sa scolarité aux Etats-Unis pendant trois ans. De retour au Brésil, il déménage à 13 ans à Brasilia, où il donne des cours d’anglais. A 15 ans, il est malheureusement victime d’une maladie osseuse rare (épiphysiolyse), qui le contraint à rester dans un fauteuil roulant. Il en “profite” pour se consacrer à la lecture de divers livres et à la musique. D’où l’idée de créer un groupe. Parler des années 1980 sans citer Legião Urbana, avec Renato à sa tête, est presque impossible. Le groupe de musique, aminé, faisait rire, pleurer et, surtout, traduisait tout ce que les jeunes souhaitaient exprimer sans y parvenir. Doté d’une veine poétique irrévérente et unique, Renato maniait l’art littéraire comme personne : depuis le lyrique (Será, Andréa Dória, Monte Castelo) jusqu’à l’épique (Monte Castelo et Faroeste Caboclo). Aujourd’hui encore, on peut voir des quarantenaires et des trentenaires réfléchir sur les paroles de ses chansons, qui touchent l’essence de l’être, avec, bien sûr, la nuance nostalgique de ces après-midis et de ces soirées passées à Brasilia, São Paulo, Rio de Janeiro et dans tout le reste du Brésil.

Mais la grandeur de son œuvre ne s’arrête pas là ! Les adolescents et les nouveaux adultes d’aujourd’hui ne résistent pas à son appel... Un cri politique, vital, amoureux, révolté, sensibilisateur et, plus que tout, vrai. Renato n’a pas hésité à révéler sa sexualité dans le disque As quatro estações (“... et j’aime les garçons et les filles”), ni à parler du choc culturel et social dans Eduardo e Mônica (“... Eduardo suggéra un snack, mais Mônica voulait voir le film de Godard”). Alors qu’il souffrait déjà de sérieux problèmes d’alcoolisme, il a découvert, en 1990, qu’il était infecté par le virus HIV et est alors entré dans une phase plutôt dépressive. Mais il n’a jamais cessé d’écrire et de composer. Renato est mort le 11 octobre 1996, à 36 ans seulement... Par choix! Il a laissé plus de 15 CD enregistrés, trois livres et un héritage enviable : celui d’être le poète de la douleur, de l’amour, de la justice sociale et de la vérité que, parfois, nous nous obstinons à ne pas regarder.

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Mônica Correia est professeur à l’Ecole d’Etat Alberto Cardoso de Mello Neto, à São Paulo (SP), et participe au Projet V iração et au Journal Mural à l’EcoleBOX – A portée de main

A PORTÉE de MAIN www.renatorusso.com.br ViRAÇÃO

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? t n e m ne n o r i Réchauffement climatique, v n e ’ l r u augmentation des ouragans, tsunamis... s s e d tu Pour beaucoup de personnes, le sujet semble distant, i b a h

os comme si un seul individu ne pouvait s’additionner à cet ensemble. v e d ct Les Gaz à Effet de Serre (GEF), le gaz carbonique (CO ) en particulier, a p m i empêchent la chaleur solaire de retourner dans l’espace et font augmenter la ’ l t s e température de la planète, provoquant un dégel, des incendies de forêt, une modification des l e u Q courants marins et l’élévation du niveau des océans. Une prise de conscience et la réduction 2

de ces émissions sont fondamentales pour la survie humaine. Certaines entreprises et institutions commencent à s’atteler à mesurer l’impact de nos habitudes sur l’environnement. Ces dernières peuvent être positives ou négatives. Et vous, avez-vous une idée du vôtre ?

DANIEL THIAGO FREIRE DA SILVA, de V irajovem Recife (PE)* DIOGO GOMES LEAL, de V irajovem Curitiba (PR)*

Bianca Pyl

IONARA TALITA SILVA, de V irajovem Brasília (DF)*

Gardene de Castro

GARDENE LEÃO DE CAST R O, de V irajovem Goiânia (GO)*

MILLER FERNANDES, 20 ans – Santos (SP) “Je sais que chacun fait sa part, mais je crois que si la situation est ce qu’elle est, c’est la faute aux inventions et aux technologies qui polluent pour pouvoir exister.”

JORGE HENRIQUE DE A R A Ú J O, 15 ans – Aparecida de Goiânia (GO) “Pour préserver l’environnement, je fais de petites choses : premièrement, je roule à vélo, car je pense que les gens ne devraient pas utiliser beaucoup la voiture. Je ne jette pas non plus d’ordures par terre et dans le fleuve. Dans mon quartier, nous faisons un tri sélectif des ordures et tous y contribuent. Tous le monde devrait faire ce type d’actions. La population doit aussi contrôler davantage les industries et les autos... Je vois qu’actuellement, plus de choses sur l’environnement passent à la télévision, mais on est loin d’avoir atteint l’idéal.”

R AY SA F O N S E CA, 16 ans – Sobradinho (DF) “J’ai l’habitude de ne pas laisser les gens jeter des ordures par terre. Je crois que même si je fais encore certaines erreurs, ma contribution est positive, puisque si je suis consciente et si je sensibilise les autres, je contribue positivement. Mais il y a des choses que je ne peux pas faire seule. Les tennis que je porte sont faites de caoutchouc, qui est fait avec du pétrole, qui brûle du gaz carbonique, qui augmente le trou dans la couche d’ozone et ainsi de suite. Alors je pose la question, je vais devoir marcher pieds nus ? Cela doit être une discussion collective. Il y a des choses que je peux modifier, mais il y en a d’autres qui ne dépendent pas de moi. C’est là que l’Etat entre en jeu avec des politiques publiques qui préservent la nature.”

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R O D R I G O C O STA S O U SA, 16 ans – Riacho Fundo (DF) “C’est très compliqué de parler de cela. Mais le seul fait de réfléchir est déjà très important. J’ai pleinement conscience que mes mauvaises habitudes nuisent à l’environnement, comme jeter du papier ou même des ordures par terre. En même temps, je fais des efforts pour que cela n’arrive pas. Aujourd’hui, quand je me prends en train de faire cela, j’arrive déjà à m’arrêter et à penser avant. Tout est une question d’éducation, qui vient accompagnée d’un processus.” Ionara Silva

JULIANA ROCHA et BIANCA PYL, de la Rédaction


CAMILA DE A Q U I N O D O S S A N TOS, 15 ans – Santos (SP)

Cela ne date pas d’aujourd’hui...

Si le problème de la pollution de l’environnement a récemment été très discuté, ce serait une erreur que d’affirmer qu’il s’agit d’un problème actuel. Le fait que l’homme côtoie ses déjections et ses rejets a commencé à être perçu ces 10 TIAGO A LVES LOPES, 17 ans 000 dernières années, quand Almirante Tamandaré (PR) l’homme a délaissé son com“D’une manière générale, je pense que mon impact portement nomade pour le est minime, je fais mon possible pour le minimiser. Je sédentarisme, grâce aux roule en moto parce que c’est plus économique et progrès de la domestication quand c’est possible, je choisi le transport collectif, car des animaux et de l’agriculsi tout le monde cessait d’utiliser sa voiture au moins un ture. Toutefois, il a connu une jour dans la semaine, l’impact du gaz carbonique serait aggravation exorbitante à moindre. Je ne vais pas dire que je recycle toujours, mais de partir de la révolution industemps en temps, je sépare et j’évite d’utiliser du plastique. Je fais au moins trielle, au milieu du 18e siècle, le minimum, car si chacun faisait sa part, le monde serait sûrement bien meilleur!” avec l’accroissement du processus d’urbanisation accélérée. MEIRIELE CORREIA, 15 ans Au Brésil, le recensement de Almirante Tamandaré (PR) 1960 indiquait que 45% de la population humaine vivait en “En vérité, je pense que je ne contribue pas milieu urbain, mais, en 2000, il a de façon efficace au bien de l’environnement... montré une situation bien différente, je n’ai pas l’habitude d’être correcte, j’ai avec plus de 78% de la population. l’habitude de jeter des ordures par terre Comme il n’existait pas – et qu’il quand il n’y a pas de poubelle à proximité. Je pense que c’est par habitude. Je trouve que je ne me n’existe toujours pas – de structure préoccupe pas beaucoup de l’environnement... à vrai dire, permettant d’accueillir un grand nombre de j’ai pensé à cela seulement maintenant que vous me le personnes dans les demandez.” centres urbains, Cet inquiétant exode * Membres de quatre des 17 conseils éditoriaux rural a entrainé l’accujeunes de V ira dispersés dans tout le pays mulation croissante de résidus solides. Dans les grandes villes, chaque individu Vous pouvez déjà calculer votre produit une moyenne impact sur l’environnement sur de 0,5 kg à 1,5 kg certains sites internet et voir comd’ordures par jour et ment nos habitudes ont un haut niveau seul 1% de tous les d’émission de GES. La fréquence d’utilisadéchets produits au Brésil font l’objet d’un tion de la voiture par exemple, ou les dépentraitement quelconque. Comme si le manque ses d’énergie électrique. Outre ces calculs, d’infrastructure d’assainissement de base ne les outils indiquent aussi combien d’arbres suffisait pas, il existe une grande précarité de vous devriez planter pour neutraliser ces l’éducation et de la prise de conscience sur l’envihabitudes. ronnement, qui pourrait intervenir aussi bien • Initiative Verte préventivement que postérieurement, avec le www.thegreeninitiative.com recyclage par exemple. • Forêts du Futur – Fondation SOS Forêt Atlantique Maria Camila Florêncio da Silva, www.florestasdofuturo.org.br 17 ans – Recife (PE) • Empreinte Ecologique ViRAÇÃO www.earthday.net/footprint/index.asp

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Daniel da Silva

Diogo Leal

Diogo Leal

Bianca Pyl

“J’avoue que je ne m’intéresse pas beaucoup au thème, même si j’ai conscience que mon attitude peut faire la différence. Je fais peu de choses, mais c’est ma part et donc cela signifie déjà quelque-chose. Je ne jette pas d’ordures dans la rue ni sur la plage. Je ne me sentirais pas à l’aise de le faire.”


IMA GES

qui

tournent... LUMIERE, CAMERA ET UNE BOMBE DE SPRAY A LA MAIN!

C

arol Garcia, 23 ans, de l’Etat de Bahia, a récemment obtenu son diplôme de journalisme. Elle est éducatrice sociale et passionnée de photographie et de photojournalisme. En 2002, elle est devenue bénévole de l’ONG CIPÓ – Communication Interactive, qui utilise la communication pour stimuler le développement et la participation politique des enfants, des adolescents et des jeunes. En 2006, elle est devenue éducatrice de l’ONG. La volonté d’allier sa passion pour le photojournalisme, pour l’art et pour la mobilisation sociale a mené Carol à choisir le graffiti comme thème de son travail de fin d’étude de journalisme, à la Faculté de Communication de l’Université Fédérale de Bahia (UFBA). Le travail Da Retina da Rua (De la Rétine de la Rue) a cherché à donner plus de visibilité à un type d’art produit par des jeunes, dans leur majorité sans formation académique. “J’ai cherché à utiliser le langage photographique pour donner la parole à un autre langage, qui passe très souvent inaperçu et qui n’est pas reconnu en tant qu’art. Le graffiti se présente comme une expression capable de produire de grandes transformations dans les têtes et les vies de nombreux jeunes”, explique Carol.

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L’ART DE L’ASPHALTE Afin de plonger dans la routine des jeunes qui colorent les paysages urbains, Carol a photographié en 2006 les artisteshirondelles de Salvador, qui arpentent la ville à la recherche d’un mur vierge, utilisent des noms fictifs et font de leurs peintures un grand divertissement. L’appareil photo à la main, elle a interagi avec les graffiteurs et découvert un peu leur technique, pour capter l’atmosphère dans laquelle ont lieu ces interventions artistiques. Spontanées comme les graffitis, les photographies n’ont pas été planifiées : beaucoup de pellicules ont été utilisées pour que la jeune puisse monter, en fin d’année, une trentaine de photographies. L’exposition a eu pour principal public les écrivains des rues, comme les graffiteurs aiment à se nommer. A ceux qui ne voient que le mur peint, les photographies de Carol veulent montrer le visage des graffiteurs. Le visage de la jeunesse de la périphérie de Bahia, qui n’est pas très différente des périphéries du reste du pays. A travers cette forme d’expression, ces garçons (à Salvador, les filles réalisant des graffitis sont encore peu nombreuses) montrent tout le pouvoir de l’art pour augmenter l’estime de soi et transformer la réalité. Dans de nombreux cas, ils deviennent éducateurs pour enseigner le langage du graffiti à d’autres filles et garçons de leurs communautés. ViRAÇÃO

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Journal mural a l’ecole Viração ést aussi une ecole*

Photographies K elvin Jhony et Letícia Damasceno, de l’Aldeia do Futuro

E

n décembre 2006, le Programme d’Action Culturel du Secrétariat de la Culture de l’Etat de São Paulo a récompensé dix projets d’incitation à la lecture. Vira en faisait partie, avec le Projet Revue Viração et le Journal Mural à l’Ecole. Jusqu’à fin 2007, t lèves e elle a formé plus de 200 élèves et 100 professeurs des lycées publics ivers é té de de la capitale. Ils vont maintenant constituer une équipe de commuéjà ten d t n o , nication à l’école et produire leurs propres journaux muraux. eurs l’école rofess à p l a n r Chaque école reçoit en un jou par monter outre cinq exemplaires souvent s è r t gratuits de la revue, pour mais t de gent e r a ’ d les utiliser comme support ont manque projets s en salle de classe. r u e l re , soutien connaît Le 28 mars, les z e n e court. V 16 écoles du premier deux tourné es de c n e i r é t groupe ont achevé l’étape p commen les ex r i r v u initiale de formation, o et déc ural après huit rencontres avec écoles nal M r u o J jet l’équipe du projet au siège tion le Pro onstruc c a l à de Viração. A présent, ces 42 r va aide êve. élèves et professeurs dévede ce r loppent leurs journaux muraux dans les écoles et bénéficieront d’un accompagnePERSISTER TOUJOURS, RENONCER JAMAIS ment et de conseils constants de l’équipe, directs et virtuels. n apprentissage : c’est ce qu’a signifié le journal imprimé que nous Dans cette édition, vous dirigeons dans notre école depuis trois ans. Il n’a été un succès “ni du pourrez suivre ce projet et une public, ni de box office”, parce que, malheureusement, deux journaux ripartie de la production de la vaux ont fini par apparaître. Nous avions tout pour réussir : diverses rubriques intéressantes, comme bande de ces journaux muraux. les phrases du mois, des dessins humoristiques, des curiosités, des interD’autres textes et photographies views, des faits marquants, ainsi que l’appui des papeteries de la région sont publiés sur le site de Vira qui se chargeaient des photocopies. Un magasin de meuble nous a aussi (www.revistaviracao.com.br). donné une table, que nous avons vendue pour rassembler l’argent nécesJugez-en vous-mêmes! saire à la survie du journal. Avons-nous été incompétents ? Non ! N’avons*titre créé par nous pas su faire notre travail ? Non ! Avons-nous l’élève Florêncio commis des erreurs ? Oui ! Comme, par exemA. Neto, de ple, une seule professeur chargée d’aider les élèves et responsable du contenu éditorial. l’Education Tout projet comme celui-ci doit être préparé de Jeunes et à recevoir des critiques, comme l’utilisation Adultes (EJA) E. incorrecte de la langue portugaise. Bien sûr E. Leônidas Paiva, que c’est important, mais est-ce l’essence de à São Paulo (SP) l’information ? Avec tant de critiques, nous avons commencé à ne plus croire en nous-mêmes. C’est pour cela que l’implication de toute la communauté scolaire est importante : direction, professeurs, élèves, parents et fonctionnaires,

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PARLE GUSTAVO!

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e journal Fala Gustavo (Parle Gustavo) a été lancé au second semestre 2005. Le projet a été développé avec les élèves de cinquième du collège d’Etat Gustavo Barroso. Au début, nous ne savions pas exactement quoi aborder dans un journal fait par des élèves et pour des élèves. Nous souhaitions que les thèmes couverts soient larges, qu’il s’adresse à tous de façon satisfaisante, qu’il devienne un support de divertissement et d’information. Nous avons commencé à travailler sur une enquête, en demandant aux élèves quels sujets ils aimeraient y lire. Nous avions plusieurs volontaires, chacun s’occupait d’une rubrique : sports, beauté, musique, cinéma, cuisine, interview et sexualité. Le nom a été suggéré et voté par le groupe participant aux preva contribuer aux dismières réunions. cussions et aux déEn 2006, la professeur qui bats et donnera aussi avait débuté le projet avec les une occasion aux élèves s’est mise à faire cours élèves qui ont un taseulement l’après-midi, ce qui a lent quelconque, beaucoup compliqué le travail. qui aiment dessiC’est pendant cette même période ner, chanter, qui jouent d’un insque certains élèves ont quitté le trument, qui font de l’artisanat... Ce sera un esgroupe, les uns parce qu’ils ont pace très important pour les diverses voix de l’école. changé de collège ou d’horaire, les autres parce qu’ils ont commencé à travailler. Texte produit par les élèves de première du lycée D’autres élèves qui souhaitaient faire avancer le Diego Duarte dos Santos, 16 ans, et Lucrécia da projet se sont joints à nous, mais nous ne sommes Silva Barros, 16 ans, et la professeur Eloísa Bueno pas encore un groupe solide. Nous savons qu’il reste Marques – E. E. Gustavo Barroso, São Paulo (SP) encore beaucoup de chemin à parcourir, que nous sommes loin des objectifs fixés. Nous remercions les Directions Régionales Pour cette raison, il est très important de particid’Enseignement Nord 2 et Centre-Ouest per au projet de Viração. Notre journal mural va élargir la communication au sein de l’école. Comme il qui ont participé à cette première est plus immédiat et visuel, les élèves vont s’arrêter phase et leurs écoles: Andronico de Mello, pour lire, s’attacher aux nouvelles et aux informations Alberto Cardoso, Sólon Borges, Castro Alves, et commencer à prendre l’habitude de lire. Ils vont Lorival G. Machado, Gustavo Barroso, Alexanêtre intéressés, ce qui contribuera à ce que le journal dre Von Humboldt, Gabriela Mistral, Ângelo imprimé doit une réussite. Bortolo, Philomena Baylão, Vitor dos Santos Ce projet peut aussi changer la face du collège, parce qu’il ne sera pas seulement pour le groupe de comCunha, Prof. Sebastião de S. B., Pastor Paulo munication, mais pour toute l’école. Le journal mural Leivas Macalão, Júlio Pestana, Leônidas Paiva.

pour que le projet réussisse. Mais nous sommes dans ce projet de Viração et nous y croyons à nouveau ! Nous voulons transmettre notre encouragement à ne pas abandonner le journal mural, imprimé, ou autre support similaire. Dans notre cas, nous allons grandir avec l’expérience, aussi bien professionnellement qu’en tant qu’être humain. Texte produit par les lycéens de seconde Salismã Rodrigues, 15 ans, et Rayssa Camargo, 15 ans, et la professeur A driana Lins dos Anjos – E. E. Castro Alves, São Paulo (SP)

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Majorité penale versus

STATUT DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT

mediocrite adulte

sa Sou Ivo

P A LOMA KLISY S

Connaissez vos droits et vos devoirs, garantis

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Paloma Klisys est écrivain, auteur de Drogas: qual é o barato (Dro ques : quel est le fun) et Do Avesso ao Direito (De l’Envers au Droit) (paloklis@hotmail.com)

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ViRAÇÃO

par le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent

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uand un adolescent fait la une en commettant des crimes atroces, les médias irresponsables, les hommes politiques opportunistes et les voix les plus réactionnaires et partisanes de la poursuite et de l’intensification des politiques de répression s’élèvent en réclamant des grilles et la résolution magique de questions de nature sociale et économique qui, depuis au moins 500 ans, empêchent que tous aient leurs droits garantis et respectés. Envisager la réduction de la majorité pénale après la survenue d’un crime choquant aide à vendre plus de journaux, augmente l’audience et engendre des polémiques peu consistantes. De l’eau sur le feu. A l’inverse de ce que beaucoup de personnes pensent, les enfants et les adolescents qui commettent des infractions ne bénéficient pas de l’immunité. La Constitution Fédérale indique clairement que “sont pénalement non-imputables les mineurs de dix-huit ans, sujets aux normes de la législation spéciale” (Art. 228). La législation spéciale à laquelle le texte de loi se réfère est le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent (ECA en brésilien). En conformité avec l’ECA, l’internement ne sera en aucun cas appliqué s’il existe une autre mesure adéquate. Il ne pourra être appliqué que quand “I – il s’agit d’une infraction commise au moyen d’une grave menace ou de violence à une personne; II – par récidive de la perpétration d’autres infractions graves; III – par non respect réitéré et injustifiable de la mesure imposée antérieurement.” (Art.122). Le Statut stipule que durant la période d’internement, la réalisation d’activités pédagogiques sera obligatoire, et édicte des règles pour déterminer le temps maximum de régime de privation de liberté. La loi garantit qu’aucun adolescent ne sera privé de sa liberté sans procès légal équitable. A la différence du jugement d’un adulte, le juge ne dit pas tout de suite combien de temps durera la mesure d’internement. Les adolescents font l’objet d’une évaluation périodique, transmise par rapport aux juges pour enfants tous les six mois. Il existe un artifice appelé “progression de mesure socio-éducative” qui permet au juge d’ordonner un internement de 3 ans, suivi par trois ans supplémentaires en semi-liberté et enfin trois ans en liberté assistée, soit un total de neuf ans sous la tutelle de l’Etat et d’établissements éducationnels célèbres pour leur inefficacité. Le défi de proposer un programme d’intégration des politiques de sécurité et des politiques sociales, en se centrant sur la jeunesse en situation de risque social, est de notre responsabilité.


Dossier Les peules indigènes

Ou est passée ma terre? Pau lo P ere ira Lim a

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ls étaient les seigneurs absolus de la terre de Pindorama. Leurs vies étaient intrinsèquement liées à ces parages. On ne sait pas exactement comment ils sont venus jusqu’ici. Etaient-ils des descendants du Noé biblique, ou des êtres sans âmes ? Telle était l’interrogation clichée des hommes blancs et des colonisateurs qui ont été les acteurs, avec leur cupidité et leur ethnocentrisme, de l’un des plus affreux génocides de l’humanité.

l’enregistrement et l’homologation de ces terres est cependant encore loin d’être achevée. Les données de 2004 du Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi) révèlent qu’aucune mesure n’avait été prise en ce sens dans 226 de ces réserves. En outre, la question de la terre est une source permanente de conflits entre les peuples indigènes et les entreprises ou les fazendeiros et les grands propriétaires terriens, qui souhaitent exploiter les territoires indigènes et leurs ressources (bois et minerais, par exemple). On parle de peuples indigènes, au pluriel, et non pas d’ «indiens» de façon Dans les cercles, les terres générique, car chacun indigènes de surface inférieure des 241 peuples qui à 1000 km2 et de surface vivent dans le pays non définie a son propre mode Instituto Socioambiental, 2007 d’organisation et de contact avec ceux La terre de Pindorama est qui ne sont pas indiens. aujourd’hui le Brésil et les indigènes Selon l’Institut Brésilien de vivent dans des réserves constamGéographie et Statistique (IBGE), ment menacées, qui ne représentent il existe aujourd’hui environ 700 000 pas, dans l’absolu, le gigantisme indigènes. Bien que les données de la terre que les natifs ont un indiquent une croissance ces dernièjour occupée. res années, la menace d’extinction Il existe actuellement 554 réserves est latente. Non seulement l’extincreconnues par la Fondation Natiotion physique, mais aussi, et surtout, nale de l’Indien (Funai), sur une l’extinction culturelle. Il est de plus superficie totale de 946 452 km2, qui en plus rare de rencontrer des correspond à environ 11,12% du peuples sans une forte dose d’interritoire brésilien. La démarcation, fluences de la société occidentale.

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Le danger

est de l’autre

cote de la rue La proximité des centres urbains favorise le contact avec la prostitution et l’exploitation sexuelle, grands coupables de la dissémination du sida dans les villages indigènes A M A N DA PROETTI ET VIVIAN RAGAZZI, de la Rédaction Photographies M A R I A N E G O N Ç A LV E S

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ans certains villages indigènes, on pense que le sperme de l’homme est l’aliment du fœtus. La femme enceinte a donc des expériences sexuelles avec plusieurs partenaires, et pense que ceci va, d’une certaine manière, être bénéfique pour la gestation. » Le rapport de Daniela Ligiéro, Coordinatrice de Projets – VIH/SIDA du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) Brésil, pointe l’une des plus grandes difficultés dans la lutte contre un ennemi réel qui s’est accru parmi les communautés indigènes : le virus VIH. La proximité des réserves des centres urbains favorise le contact avec la prostitution et l’exploitation sexuelle, qui sont les grands coupables montrés du doigt pour la dissémination du virus dans les villages. Le médecin et anthropologue István Vargas tire la sonnette d’alarme : le VIH fait partie de la réalité indigène depuis le début des années 1990, avec l’arrivée d’entreprises de grande taille aux alentours des réserves. Professeur de l’Université Fédérale du Maranhão (UFMA) et l’un des plus grands spécialistes du sujet, István raconte par exemple que les indigènes du village d’Araribóia, dans le Maranhão, se sont mis à gagner de l’argent en vendant les ressources naturelles de la zone. “Les poches pleines, ils ont commencé à fréquenter les bordels des villes proches. Nous pouvons affirmer, sans l’ombre d’un doute, que l’installation des scieries a un rapport direct avec l’essor du virus.” Après avoir contracté le virus dans les bordels, les indigènes le transmettent à leurs partenaires. “D’une manière générale,

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nous savons que les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus vulnérables, cas les cas notifiés sont de sida, c’est-à-dire, quand la personne a déjà la maladie. Après avoir contracté le virus, la personne peut mettre jusqu’à 10 ans pour manifester la maladie, il pourrait donc y avoir une population bien plus grande porteuse du VIH. Nous pensons que la plupart des personnes qui présentent le sida ont été contaminées par le virus dans cette tranche d’âge”, explique Daniela. Un autre mode de contamination des femmes indigènes habitant dans les villes autour de la réserve est la prostitution. Vivant dans des conditions misérables, elles y trouvent un moyen de survie et finissent par s’exposer au virus. PRÉVENTION Le préservatif dans les relations hétéro et homosexuelles est encore la façon la plus efficace de se protéger non seulement contre le virus du sida, mais aussi contre les Maladies Sexuellement Transmissibles (MST). Mais comment conseiller les peuples indigènes pour l’utilisation des préservatifs? Ce n’est pas une tâche facile, car nous avons affaire à une culture différente, où chaque communauté a ses propres coutumes et ses croyances à propos de la sexualité. Dans certaines, par exemple, la polygamie (union avec plus d’une personne) est permise. Dans d’autres, les filles sont incitées à débuter leur vie sexuelle plus tôt. C’est pourquoi il est fondamental que ces aspects culturels soient pris en compte dans les campagnes de prévention. C’est ce que prône l’organisation non-gouvernementale Centro de Trabalho Indigenista (CTI), qui a entamé en 2005 une série de formations impliquant des leaders indigènes dans leurs villages, comme agents de santé pour l’éducation sur le VIH. La facilité de communication et le fait qu’ils connaissent bien les coutumes ont facilité la campagne, qui s’adresse à environ sept mille indigènes de six peuples du Tocantins et du Maranhão : Timbiras, Apinajés, Krikati, Kraô, Gavião et Canela. Arlete Krikati, 36 ans, est l’un de ces agents. Dans les ateliers, elle montre comment mettre le préserva-

tif et répond aux questions de la communauté. “Le travail est bien reçu et tous veulent qu’on continue”, assure-t-elle. Arlete raconte que dans les villages dont elle s’occupe, aucun cas de la maladie n’a encore été identifié. A ce propos, Daniela Ligiéro précise : “Le Brésil utilise un système pour surveiller les progrès de l’épidémie, qui au sein des DSEI (Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes) est assez limité. C’est pourquoi il existe une théorie de sous-notification des populations indigènes, autrement dit, on ne voit qu’une petite partie, la plus grande nous est méconnue. Jusqu’à décembre 2005, nous avions 150 cas de sida notifiés”. Les DSEI sont sous la responsabilité du gouvernement fédéral et correspondent à une ou plusieurs terres indigènes. Il existe aujourd’hui 34 DSEI sur le territoire brésilien. L A F U N ASA SUR LA SELLETTE L’accès aux médicaments et aux traitements spécifiques pour ceux qui sont déjà infectés est cependant l’un des grands défis à relever. Pour István, l’une des déficiences dans la prise en main du problème est le manque de personnel et de structure dans les postes de santés qui prennent en charge les villages, en particulier dans le Maranhão. “Le travail avec les peuples indigènes dans le Maranhão est le pire du Brésil. Il manque des médicaments, de l’assistance médicale, tout”, critique-t-elle. Aimée Rocha, pédagogue et technicienne du Département de Santé Indigène (Desai), rétorque : “Je ne vais ni parler ni discuter de ce que disent les ONG et les universités, parce que ce sont des projets parallèles. On reçoit la demande, on achète le médicament et on l’envoie à la coordination régionale, et la coordination régionale de chaque Etat le distribue à ses DSEI. Alors, ces médicaments, parfois, mettent du temps à arriver, non pas parce qu’ils n’ont pas été achetés, mais pour une question de logistique et

d’organisation”. Elle explique que la Funasa ne s’occupe que des actions élémentaires de santé indigènes peu complexes, à savoir l’assistance médicale, le traitement et la prévention. “Quand nous nous trouvons face à des cas de moyenne ou haute complexité, nous les acheminons vers les unités du Système Unique de Santé (SUS), parce que nous n’avons pas la structure.” Toutefois, sur le site officiel de l’institution, celle-ci se définit comme un “organe exécutif du Ministère de la Santé, responsable de la promotion de l’inclusion sociale par le moyen d’actions d’assainissement, ainsi que l’institution responsable de la promotion et de la protection de la santé des peuples indigènes”. Selon les informations du Ministère de la Santé, le premier cas de sida dans un village indigène a été notifié en 1987. Jusqu’à 2003, 100 cas ont été déclarés, la majorité par transmission entre membres de la communauté elle-même. Sur ce total, 11 ont été transmis de la mère à l’enfant. Les districts indigènes avec la plus forte incidence se trouvent dans le Mato Grosso do Sul, l’Amapá, le Pará, le Pernambuco, le Mato Grosso, le Roraima et le Maranhão.Desse total, 11 passaram de mãe para filho. Os distritos indígenas com o maior número de incidência estão em Mato Grosso do Sul, Amapá, Pará, Pernambuco, Mato Grosso, Roraima e Maranhão.

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Des entreprises internationales et des institutions scientifiques utilisent les ressources biologiques et le savoir indigène, sans que la communauté n’en partage les profits P AU LO PEREIRA LIMA, de Cacoal (RO)

Paulo Pereira Lima

Vampires en vue J

úlio Paiter Suruí, 26 ans, a beau tenter de cacher nes ont été faites dès 1987”, précise Maria Cecília Filipini, son ressentiment et sa méfiance vis-à-vis des avocate du Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi), qui “visages pâles”, il n’y arrive pas. Des motifs, lui et suit le cas des Suruí. son peuple n’en manquent pas : par le décret 88.867/83, Elle rappelle qu’il y a de nombreux cas de biopiratage ils auraient droit à 248 000 hectares de terre. Sans en Amazonie. L’un d’eux implique Shaman contrôle de la Fondation Nationale de l’Indien (Funai) et Pharmaceuticals, une autre entreprise des Etats-Unis, qui des autres organes fédéraux, ces 20 dernières années, la a étudié plus de sept mille plantes d’Amazonie. Résultat : superficie a été réduite de moitié, en raison avant tout de le laboratoire testerait deux nouveaux médicaments, l’un l’invasion des scieries de la région. pour lutter contre la diarrhée qui affecte les porteurs du “Même si les invasions continuent, nous sommes virus VIH, l’autre contre le diabète. Dans le cas particulier davantage conscients de nos droits, notre population a des Suruí, une autre entreprise nord-américaine se dit beaucoup augmenté ces dernières années, pour atteinpropriétaire d’un médicament fabriqué avec les principes dre près de 900 personnes”, explique actifs de la tykyuba, une plante Júlio, qui participe à l’Association utilisée pour la chasse. Paiter-Suruí, créée pour préserver la Pour la Ministre de l’Environneculture et le savoir de son peuple, ainsi ment, Marina Silva, “le Brésil a que pour travailler dans le domaine besoin d’une politique très forte de l’éducation indigène. pour combattre le biopiratage, Mais ce n’est pas seulement avant tout en créant les l’invasion des blancs qui préoccupe instrument nécessaires pour Biopiratage : terme lancé en Júlio. C’est aussi le biopiratage dont que l’accès aux ressources 1993 par l’ONG RAFI son peuple a été victime. Voilà un peu génétiques se fasse en suivant (aujourd’hui ETC-Group) pour plus de deux ans, ils ont appris que les critères de la Convention alerter sur le fait que les resles échantillons du code génétique sur la Biodiversité, qui sont le sources génétiques et le sadu sang suruí étaient à vendre pour partage des bénéfices et une voir indigène étaient accapa85 dollars sur le site Internet de reconnaissance du savoir des rés et brevetés par des entreCoriel Cell Repositories, une entrepopulations traditionnelles”. prises multinationales et des prise nord-américaine du New Jersey A propos des longs délais de institutions scientifiques et spécialisée en recherche génétique. Le la Justice des Blancs, le père de même site propose aussi du sang des Júlio, le cacique Anine, est que les communautés qui ont Karitiana et d’autres peuples indigènes laconique : “La Justice des utilisé et conservé ces resdu Pérou, d’Equateur et du Mexique. blancs n’est pas pressée, sources et créé ces connais“Les premières dénonciations de particulièrement quand il s’agit sances au cours des siècles collecte illégale de sang des indigède nos droits”.

POUR COMPRENDRE

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ne participent pas aux profits.

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De niveau supérieur

B I A N CA PYL, de Santos (SP)

De jeunes indigènes mènent le combat pour avoir accès à des cours supérieurs, se former et poursuivre en aidant leurs villages

Divulgação

U

n nom dans la liste d’appel du cours de Droit du Centre Universitaire de Brasilia (UniCEUB) sonnait étrangement : Anaiá. Anaiá Matos de Souza, de l’ethnie indigène Pataxó, da Bahia, a obtenu sa maîtrise de Droit à la fin de l’année dernière. La lutte d’Anaiá a commencé avec la venue de sa famille à Brasilia. “Nous avons déménagé à cause de mon frère, qui est handicapé et avait besoin d’un traitement médical. Avec beaucoup de difficultés, nous avons réussi à aller à l’école. Ma mère travaillait comme domestique à la Fondation Nationale de l’Indien (Funai)”, se souvient-elle. Après avoir terminé le lycée, Anaiá a entamé la bataille pour entrer à l’université. Avec l’aide d’un professeur, elle a réussi à suivre un cours de préparation au concours d’entrée. “J’ai été admise dans deux facultés et j’ai choisi le Droit pour pouvoir aider mon peuple. J’ai été la première universitaire indigène ici à Brasilia”, s’enorgueillit-elle. Mais il fallait vaincre d’autres obstacles : la barrière financière et les préjugés. “Les personnes discriminent vraiment. Ils pensent que les Pataxós sont paresseux et soulards. Mais moi, en étant ici au milieu d’eux, je pouvais prouver qu’ils avaient totalement tort.” Anaiá est devenue connue dans tout le pays car c’était la cousine de Galdino Jesus dos Santos, mort brûlé en avril 1997. “Beaucoup de personnes étaient amies des assassins et n’appréciaient pas mes déclarations à la presse”, révèle-t-elle. Anaiá mettait et met toujours un point d’honneur à dire son origine. “Mon nom dans la liste des élèves attirait déjà l’attention des autres, alors je racontais que je suis de l’ethnie Pataxó. Comme ça, je voyais les réactions et je percevais qui m’appréciait, ou non”. PROFESSEURS INDIGÈNES Quatorze de ces compagnons d’Anaiá sont élèves de filières comme Ingénierie Forestière, Communication Sociale et Tourisme. En 2006, l’UNB, en partenariat avec la Funai, a réalisé le premier concours d’entrée pour les indigènes pour une maîtrise dans le domaine de la santé. “Nous avons des indigènes qui font Médecine, Sciences Biologiques, Sciences Pharmaceutiques, ou des études d’Infirmière ou de Nutrition”, explique Eleonora de Paula, de la Coordination Générale d’Education de la Funai. Ce projet répond à la demande du mouvement indigène pour une formation dans les professions de santé. Les étudiants inscrits ont des projets liés au domaine dans leurs villages. “Il n’y a aucune méthodologie spécifique pour ces derniers, ils reçoivent juste un soutien dans les disciplines considérées comme les plus lourdes, comme la Physique, la Chimie et le Calcul”, explique Eleonora. Un autre problème est la formation de nouveaux éducateurs au sein des communautés elles-mêmes. Selon Susana Grillo, consultante de la Coordination Générale de l’Education Scolaire Indigène, du Secrétariat d’Education Continue, d’Alphabétisation et de Diversité (Secad/MEC), le Programme de Formation Supérieure et Maîtrise Indigène (Prolind) a déjà formé 900 professeurs indigènes qui sont retournés dans leurs villages et donnent des cours à l’école primaire et au collège. Susana souligne l’importance de cette forma-

tion interculturelle, qui permet aux étudiants d’inclure leur culture dans le processus d’apprentissage. Le programme a été lancé en 2005, mais l’université pionnière dans le domaine des cours de maîtrise pour les indigènes est l’université de l’Etat du Mato Grosso (UEMS), qui propose une formation depuis 2001. “Actuellement, 100 indigènes y suivent des études universitaires. L’Université de l’Etat de l’Amazonas compte 250 étudiants, l’université Fédérale du Minas Gerais 140, et l’université Fédérale du Roraima compte 180 étudiants”, précise-t-elle. Ces universités reçoivent des fonds du gouvernement pour poursuivre et élargir le programme, qui soutient aussi des projets discutant de la thématique indigène, dans le sens de rechercher et de valoriser la langue maternelle, ainsi que la gestion et la durabilité des terres et de la culture de ces peuples. Le Prolind intervient aussi pour donner aux indigènes les moyens de rester à l’université. “Ils reçoivent une aide afin d’offrir toute l’infrastructure nécessaire pour que l’étudiant achève le cursus. Cela inclut des ordinateurs et du matériel didactique”, poursuit Susana. Comme le dit Anaiá, “la lutte ne s’arrête pas là. Je n’ai gagné qu’une bataille, maintenant je dois en gagner d’autres et aider mon peuple.”

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CÍCERA GIANINI, D O U G L AS MARTINS et R A FA E L S T E M B E R G photographies D O U G L AS MARTINS

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ssayez de faire un petit retour en arrière dans votre répertoire littéraire et rappelez-vous combien de livres avec des histoires indigènes vous avez déjà lus. Et, parmi ces histoires, combien ont probablement été écrites par des auteurs indigènes ? Ces auteurs ont encore beaucoup d’obstacles à franchir pour acquérir la notoriété désirée. Mais la réalité de la culture indigène n’est pas aussi distante qu’on pourrait le penser. On trouve aujourd’hui dans les grandes librairies du pays une grande variété d’œuvres littéraires créées pas les indigènes eux-mêmes. Les titres vont de thèmes comme la sensibilisation culturelle et éthique jusqu’à la prévention de maladies comme le sida, par exemple. Mais c’est la littérature qui est le plus à l’honneur parmi les nombreuses œuvres déjà lancées. En septembre 2004, s’est tenue au Musée d’Art Moderne du Rio de Janeiro la première Rencontre Nationale des Ecrivains Indigènes, dans le cadre du 6e Salon du Livre de la Fondation Nationale du Livre pour l’Enfant et la Jeunesse (FNLIJ). Depuis lors, les œuvres d’auteurs indigènes s’accroissent de plus en plus et gagnent la préférence du public. Selon Olívio Jekupé, écrivain et président de l’Association guarani Nhe’e Porá, du village Krukutu, situé dans la région de Parelheiros, dans l’Etat de São Paulo (SP), la littérature indigène a toujours existé, Rafael Stemberg

il etait une fois

Rafael Stemberg

avec d’autres yeux

La littérature indigène se développe, mais elle est encore très méconnue au Brésil

mais écrite par l’homme blanc, ce qui, dans certains cas, a donné lieu à une vision négative des premiers habitants du Brésil. Aujourd’hui, les autochtones eux-mêmes peuvent s’exprimer. “Les maisons d’édition ont eu cette vision que le « blanc » est l’écrivain de l’indien et c’est toujours eux qui ont écrit pour nous. Ils arrivaient dans les villages, ils écoutaient les indiens parler, ils notaient tout puis ils écrivaient”, explique Olívio, qui a lancé en avril son huitième livre : O Índio e a Reciclagem (L’Indien et le Recyclage), un travail de sensibilisation de la réalité contemporaine vis-à-vis de l’environnement. Depuis 1983, plus de 65 publications d’auteurs indigènes ont déjà été lancées grâce à un partenariat entre la


Rafael Stemberg

Commission Pró-Índio de l’Acre et d’autres institutions. La grande majorité est écrite en langue indigène et d’autres présentent des traductions bilingues. Des thèmes didactiques comme la géographie, le portugais, l’histoire et l’écologie, des manuels d’alphabétisation, des contes, des poèmes et même un journal élaboré dans un village font partie de cette production indigène. Outre Olívio Jekupé, d’autres noms sont d’une extrême importance dans ce segment littéraire, comme Daniel Munduruku, considéré comme l’un des plus grands écrivains du domaine, et Eliane Potiguara, professeur, choisie pour le Projet International Mille Femmes du Prix Nobel de la Paix. Le Conseil des Femmes du Brésil l’a nommée l’une des “Dix Femmes de l’Année 1988”, pour avoir créé la première organisation de femmes indigènes du pays, le Groupe Femme-Education Indigène (Grumin). Ses travaux montrent sa préoccupation vis-à-vis de la situation culturelle actuelle. Eliane aborde dans ses œuvres des concepts dans lesquels les traditions culturelles de son ethnie restent vivantes.

SOYEZ AU AU COURANT COURANT SOYEZ

Rafael Stemberg

As peripécias do jabuti (Les péripéties du jabuti), de Daniel Munduruku. Collection Fábulas de Ontem à Noite. Edition Mercuryo Jovem, 2006. TALENTS CA C H É S O Índio Brasileiro: o que Pour Olívio, s’il est facile de citer des noms qui tentent de contribuer à la você precisa saber sobre os dissémination de la culture indigène, il est en revanche difficile de diffuser p ovos indígenas no Brasil de cette dernière, car le poids des préjugés et le manque hoje (L’Indien Brésilien : ce de connaissances sur les coutumes de ces habitants, que vous devez savoir sur les qui utilisent les ressources naturelles comme mode peuples indigènes dans le de survie, sont encore énormes. C’est pour cette Brésil d’Aujourd’hui), Gersem raison qu’il défend avec âpreté la littérature de la dos Santos Luciano (anthropoforêt, en y voyant une manière de montrer la logue de l’ethnie Baniwa) – réalité. “A travers l’écrit, nous réussissons à montrer notre culture et à faire en sorte que les Brasilia: Ministère de l’Education, personnes valorisent davantage les indiens”, Secrétariat d’Education Continue, souligne-t-il. Alphabétisation et Diversité; Une alternative développée pour réduire LACED/Musée National, 2006 – le manque de connaissances populaires est (Collection Education pour Tous; 12) la réalisation de conférences et de débats Sur Internet: www.laced.mn.ufrj.br/ dans les facultés et les institutions trilhas/producoes/arquivos/ sociales, qu’Olívio dispense dans tout ColET12_Vias01_GBfinal.pdf le pays. Pour lui, elles aident à rompre la barrière existant entre les Seko Mugaru Nhemaken“deux mondes”. H o h o byry – Quando minha Et le goût pour l’écriture mãe deixou escapar o tatu commence très tôt dans les villages. Celui de (Seko Mugaru NhemakenKrukutu compte quatre auteurs ayant déjà publiés H o h o byry – Quand ma mère des livres et beaucoup d’autres aux talents a laissé le tatou s’échapinégalables, mais qui ont per), de Jair Kuruma. besoin d’appuis pour financer leurs ouvrages ; en leur Cuiabá (MT): SIL, 1995. absence, ils tendent à rester (Livre de Lecture Bakairí, 5) cachés au milieu d’une vaste Akajutibiró: terra do índio région riche en faune. “Dans Potiguara (Akajutibiró : chaque village où vous allez, terre de l’indien Potiguara), il y a un indien conteur d’Eliane Potiguara. Rio de d’histoires”, Janeiro (RJ): Grumin, 1994. conclut Olívio.

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ETrangers sur leur terre natale

Histoires de lutte et de résistance de ceux qui n’ont pas de pied-à-terre dans leur propre pays

Amanda Proetti

AA MM AA NN DA DA PROETTI PROETTI eet t PPAU AU LO LO PEREIRA PEREIRA LIMA, LIMA, de de la la Rédaction Rédaction

UN BILAN NÉGATIF

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ans les campagnes, la violence contre les peu ples indigènes et les travailleurs ruraux est la marque d’une structure concentrant la propriété foncière. En milieu urbain, les Brésilien(ne)s partagent avec les migrants d’autres pays latino-américains le martyr de la soumission au sous-emploi. La violence n’épargne ni les riches, ni les pauvres, et fait de la population indigène l’une de ses principales victimes. Le Rapport Droits de l’Homme au Brésil 2006, coordonné par le Réseau Social de Justice et Droits de l’Homme, n’apporte pas de bonnes nouvelles. Le document, qui en est à sa septième édition, contient 29 articles sur des thèmes centraux pour la question des droits de l’homme comme les droits à la terre, à l’éducation, au travail et à la justice sociale. ViRAÇÃO

La division des chapitres montrent la portée de la publication. Selon l’une des coordinatrices du document, Evanize Sydow, l’objectif était de préparer non seulement un bilan annuel, mais aussi une évaluation des quatre années du gouvernement Lula. La conclusion, selon elle, est qu’il y a eu des avancés ponctuelles concernant les terres indigènes, mais beaucoup de progrès restent à faire du point de vue structurel. “Des droits fondamentaux continuent d’être violés”, affirme Evanize. Malgré tout, elle estime que les mouvements sociaux ont pu avoir un dialogue plus ample avec le gouvernement. “Nous l’avons montré dans les deux ou trois derniers rapports, mais le dialogue avec le gouvernement Lula n’a pas été à la hauteur de ce qu’on espérait”, observe-t-elle.


e suis descendu jusqu’à la réserve, mais quand je suis arrivé, j’y ai déjà trouvé mon frère à terre, touché par plusieurs tirs, et les hommes, les femmes, les enfants, nos grands-parents... tous pleuraient.” Il s’agit d’une histoire vraie. Elle fait partie de la vie du jeune Eugênio Gonçalves, 20 ans. Et pas seulement de la sienne. Aujourd’hui, telle est la triste réalité de milliers d’indigènes dispersés dans tout le Brésil. Ils (elles) étaient déjà là lorsque les Portugais ont débarqué. Depuis lors, ils subissent les types de violence les plus variés, qui les ont presque entièrement décimés. La scène décrite ci-dessus s’est déroulée le 26 juin 2005, dans la Réserve Indigène Sombrerito, municipalité de Sete Quedas (MS), à la frontière avec le Paraguay. A l’aube, 300 indigènes rentraient à la réserve avec armes et bagages, et ont été accueillis par les hommes de main des fazendeiros, avec des tirs et une grande violence. “J’ai été l’un des jeunes pris cette nuit-là. J’ai été retenu en otage en échange du fait que mes parents quittent la réserve. J’ai souffert pendant 12 heures entre les mains des fazendeiros : j’ai été attaché, battu et humilié”, raconte Eugênio. Son frère, Dorival Benites, a été tué et cinq autres otages ont été gravement blessés. Une femme enceinte a été torturée et a perdu son bébé. Même terrorisé(e)s, les Guarani ont décidé de rester sur leur terre, maintenant baptisée du sang d’un martyr. “Notre résistance est quelque-chose qui est dans le sang, elle passe de génération en génération”, s’épanche Eugênio. La Constitution de 1988 a innové en établissant, avant tout, que les droits sur les terres qu’ils occupent traditionnellement sont de nature originelle. Cela signifie qu’ils sont antérieurs à la formation de l’Etat luimême, qu’ils existent indépendamment d’une quelconque reconnaissance officielle. Les droits constitutionnels des indigènes sont exprimés dans un chapitre spécifique de la Charte de 1988 (titre VIII, “De l’Ordre Social”, chapitre VIII, “Des Indiens”). Les gouvernements, dans plusieurs sphères, se sont montrés passifs et, dans de nombreux cas,

opposés aux droits indigènes. Le processus de démarcation et d’homologation des terres indigènes est paralysé depuis longtemps dans les mains du judiciaire et archivé dans les tribunaux. En raison de cet abandon, un phénomène est apparu chez les Guarani : le nombre de suicide s’accroît de manière alarmante. Les données du Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi) révèlent qu’entre 2003 et 2005, le Mato Grosso do Sul a connu les indices de violence les plus élevés contre les peuples indigènes. La situation la plus grave est observée dans le sud de l’Etat, où vivent plus de 35 000 Guarani Kaiowá, confiné(e)s sur de petits bouts de terre. A Dourados, par

“On ne peut pas réduire la question à une cause unique”, analyse-t-il. “Mais il y a une raison principale : le confinement de nombreux indigènes sur de petits territoires, insuffisants pour leur survie physique et culturelle.” L’anthropologue paraguayen Bartolomeu Meliá, qui accompagne les Guarani depuis plus de trente ans dans son pays et au Brésil, n’est pas d’accord avec nombre d’anthropologues lorsqu’ils affirment que le suicide est une pratique culturelle des Kaiowá. Il renforce la thèse d’Antônio et ajoute deux autres facteurs : “L’influence des religions des blancs et le déséquilibre émotionnel dont souffre aujourd’hui la famille guarani mènent le peuple au désespoir”.

exemple, on trouve l’une des plus fortes densités d’indigènes au Brésil, plus de 2 000 personnes sur 3 500 hectares. Le fait est que les morts ont pris des allures de tragédie brésilienne et ont également attiré l’attention des chercheurs. L’un d’eux est l’historien Antônio Brand, qui étudie le sujet depuis 1978, lorsque les premiers cas de suicide dans la région ont commencé à être enregistrés.

Néanmoins, ce sombre tableau commence à changer. La communauté kaiowá se rajeunit. Des “Eugênios” commencent à apparaître et à assumer des rôles de leaders. “Je participe à la Commission des Droits Guarani Kaiowá. Pour chaque leader qui meurt, naissent davantage de jeunes combattant, de nouveaux guerriers, et je suis l’un d’eux”, dit Eugênio Gonçalves.

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A PORTÉE de MAIN Consultez le Rapport Droits de l’Homme au Brésil 200 6 dans son intégralité : w w w.social.org.br/relatorios.htm ViRAÇÃO

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ADRIANO SANCHES, de la Rédaction

La mortalité infantile continue d’être un facteur préoccupant au sein des peuples et des groupes indigènes, et les principaux coupables sont la dénutrition, la misère et le désintérêt

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es enfants indigènes brésiliens courent plus de risque de mourir avant d’avoir atteint l’âge de un an, que jusqu’à l’âge adulte. Cette affirmation peut paraître effrayante, mais la vérité est que le taux de mortalité infantile parmi les indigènes atteint le double de celui du reste de la population. Ce constat fait du pays l’un des champions sud-américains dans ce triste classement, comme le démontrent les données de l’Institut Brésilien de Géographie et Statistique (IBGE). Sur mille bébés nés vivants, 27 meurent avant l’âge d’un an et ce chiffre s’élève beaucoup si l’on ne considère que ceux qui vivent dans des villages indigènes. Dans l’Etat du Mato Grosso do Sul, par exemple, le taux de mortalité infantile dans ces villages atteint 60,5 pour mille. Certains villages indigènes atteignent le taux de 99,3 pour mille, selon l’IBGE. Cette dure réalité est encore aggravée par la situation d’extrême misère dans laquelle vivent certaines de ces communautés. Selon l’analyse la plus récente du Ministère de la Santé, réalisée en 2006, la principale cause de décès est la dénutrition (12%). La liste compte aussi des maladies comme la pneumonie, le paludisme et les parasitoses intestinales. La Fondation Nationale de Santé (Funasa), un organe du gouvernement chargé de s’occuper de la santé des indigènes, s’emploie à créer, depuis sa fondation en 1999, des mécanismes pour diminuer ces indices, mais les résultats sont encore très insuffisants. “La santé des indigènes est le résultat de l’interaction de certains éléments fondamentaux : accès à la possession de la terre, degré de contact avec la société nationale,

Fotos: João Roberto Ripper

Menacés par la


liberté de vivre sa singularité (standards alimentaires, d’éducation, de logement et de travail), accès à la vaccination et aux services de santé”, affirme l’organisation. Selon les informations du Ministère de la Santé, “très souvent, la localisation même de chaque tribu complique l’accès à de meilleures conditions de santé”.Toutefois, pour Cristiano Navarro, membre du Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi) dans le Mato Grosso, la question va bien au-delà de l’accès aux hôpitaux. “Il y a aussi le problème des programmes du gouvernement. Il n’y a pas de distribution de terres, les semences arrivent à la mauvaise époque, les lignes de crédits pour la production agricole indigène sont très rares et il est difficile d’acheter les choses les plus essentielles. Tout cela finit par compromettre la santé.” Certaines tribus dépendent directement des distributions de « paniers » d’aliments du gouvernement fédéral pour survivre. C’est le cas des Guarani Kaiowá, distribués dans plus de 20 villages, confinés sur 40 000 hectares de terre dans le Mato Grosso do Sul. Pour le médecin Hélder Lúcio Ganacin, de la Funasa, ces distributions aident beaucoup. “Le réflexe vient rapidement : on supprime le panier, le mois suivant les choses commencent à se compliquer. En janvier, le nombre d’enfants qui ont perdu du poids a beaucoup augmenté”, précise-t-il. UN PROJET POLÉMIQUE Plusieurs organisations comme le Cimi, directement impliquées dans la défense des peuples indigènes, condamne cette pratique de distribution de paniers. “Cette stratégie du gouvernement finit par provoquer un problème bien plus sérieux, qui est l’abandon de la production locale d’aliments, ce qui rend les communautés de plus en plus dépendantes des autres sources de subsistance”,affirme Cristiano. Certains projets alternatifs sont aussi en développement. Pour tenter de contenir la misère et la dénutrition, la Funasa a débuté, dans le Mato Grosso, un programme de planning familial et d’assistance médicale qui inclut la distribution de pilules contraceptives et des chirurgies de ligature des trompes pour les femmes qui le souhaitent, et qui est réalisé à la demande depuis deux ans. La Funasa affirme aussi avoir libéré au début de l’année un million de réaux pour améliorer la santé des quelque 10 000 indigènes des communautés dont s’occupe le District Sanitaire Spécial Indigène (DSEI) de Parintins, dans l’Amazonas. L’argent est destiné à des programmes de santé buccale, d’assistance sociale, de système d’information, de vigilance alimentaire et nutritionnelle, de santé de la femme et de l’enfant, d’immunisation, de surveillance et de prévention de la tuberculose, des maladies sexuellement transmissibles (mst/sida), d’éducation dans le domaine de la santé et de formation de ressources humaines. Toute la question est de savoir ce qu’il en est de la situation des jeunes indigènes dans les autres régions du Brésil…

AU NOM DE LA LOI

S

elon l’article 5 de la Constitution Fédérale, “tous sont égaux devant la loi, le droit à la vie étant un droit de tous, sans discrimination”. Le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent (ECA) garantit en outre à “tous les enfants et adolescents en territoire brésilien, sans discrimination quelconque de sexe, de race, de couleur, de langue, de religion, d’opinion politique, de situation économique, d’origine nationale sociale ou de handicap physique, la condition de sujet de droits”. Autrement dit, tous les enfants brésiliens ont le droit de grandir et de vivre dans la dignité et le bien-être, qu’ils soient ruraux ou urbains, pauvres ou riches, noirs, blancs ou indigènes.

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Une dose

de

respect

Les problèmes rencontrés par les indigènes au Brésil sont nombreux. Vous en avez vu quelques-uns dans cette édition. Découvrez maintenant l’histoire des Xucuru de l’Alagoas, un exemple de lutte et de résistance TIAGO ELO Y ZAIDAN, LARA T A P E T Y C AVA L CANTI, RAFHAEL BARBOSA et KASSIA NOBRE* photographies SIONELLY LEITEA

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D

ans l’Alagoas, les Caetés (Kaeté), habitants originels de la région, ont été accusés d’avoir dévoré le premier évêque du Brésil. Chassés durant l’administration de Mem de Sá, les quelques 75 000 Caetés estimés seront tous exterminés. Ironie de l’histoire, le nom de la tribu est aujourd’hui présent partout. Des salutations de bienvenue à Maceió aux noms de lieux commerciaux, y compris celui d’une usine de canne à sucre. La ville Palmeira dos Índios, dans l’agreste de l’Alagoas, a acquis sa notoriété en étant administrée, de 1929 à 1930, par le célèbre écrivain Graciliano Ramos. On y trouve l’un des derniers réduits indigènes de l’Etat. Bien qu’elle porte dans son propre nom l’influence des peuples indigènes, ces derniers ne sont ni respectés ni valorisés dans la ville, qui occupe les terres qui un jour furent les villages des Xucuru, affirme le cacique Heleno Manuel da Silva (Indigène Ynura Ninho). Les indigènes sont traités comme des désœuvrés par la majorité de la population. Le cacique souligne aussi le désintérêt de la mairie elle-même vis-à-vis de son peuple : “lorsque des autorités arrivent dans la ville, il envoie chercher un indien pour montrer qu’il aime bien l’indien, après il lui donne un coup de pied”.Heleno nous explique que les pièces artisanales, principale source de revenu, sont produites par le village indigène et vendues principalement dans d’autres endroits comme Recife, Salvador, Natal et Maceió, puisque personne ne s’intéresse aux produits dans la ville elle-même. Les jeunes vont dans une école primaire réservée aux indigènes. Il faut ensuite aller au collège municipal Belarmino Teixeira Cavalcante, ce que font environ 25 adolescents et jeunes indigènes. Certains sont à la faculté de la municipalité et d’autres font médecine à Cuba. Le souci du cacique est la préservation de la culture indigène pour les descendants. Pour cela, tous les enseignements sont transmis à l’école réservée aux indiens. Des


manuels sont aussi utilisés pour le perfectionnement de la langue indigène. Le cacique affirme que la religion est un point fort dans le village et les jeunes participent. Ils forment un groupe et sont responsables de nombreuses activités comme la préservation de la nature, le nettoyage et les problèmes du village. La directrice de l’école et collège municipal, Renilda Pereira de Oliveira, explique que le projet de l’établissement n’est pas directement destiné aux jeunes indigènes, puisque les indiens ne sont pas majoritaires. Elle estime que les relations entre élèves sont normales et sans discriminations, bien que certains indigènes affirment parfois le contraire. “En tant que parce que les plus jeunes ont directrice, je n’observe pas cette déjà acheté les terres des discrimination, mais ils sont un peu plus vieux”. réservés et ils aiment se regrouper Actuellement, les entre eux.” fazendeiros interdisent aux Yranzwana (13 ans), Lucidayne (14 indigènes d’entrer sur les ans), Idyarony (15 ans), Polyarrury terres qui leur appartiennent (16 ans), Icaíamír (17 ans), Janawy depuis des siècles. Pendant (18 ans) et Mayra (19 ans) réaffirl’interview, le groupe de ment que la culture indigène est Júlio a fait une représentatransmise par les membres de leur tion avec des jeunes et de famille, puisque l’école n’est pas petits enfants dans l’humble destinée exclusivement aux indigèmaison de l’indigène Iracy. nes. Les jeunes racontent qu’ils pratiquent un rituel religieux qui ne L’A CCÈS À L’ÉDUC A TION peut être montré à aucune personne n’appartenant pas au village. Ils Le leader Francisco José, connu disent avoir de bons rapports avec sous le nom de Chiquinho (nom leurs autres camarades de classe, indigène : Oiá Porá), explique que bien qu’ils souffrent d’une certaine chaque réserve de Palmeira dos indifférence et qu’ils ne puissent pas Índios a son école, avec le soutien transmettre la culture indigène. du Secrétariat d’Education et de la Ils ont l’intention d’entrer à Funai, une revendication du groupe l’université et souhaitent, une fois pour accueillir les enfants indigènes. diplômés, retourner au village pour Selon lui, environ 70% des enfants exercer la profession choisie. Tous ne sont pas scolarisés, ils ont fini par veulent aider leur communauté abandonner parce que le Secrétariat d’une manière ou d’une autre. Ils a rétorqué que les indiens sont dans font partie du groupe de jeunes et le patrimoine appartenant à l’Union ont pour objectif de défendre non-indienne, donc toutes les écoles l’indépendance indigène, la sont pour la société en général et reforestation de la communauté, elles ne peuvent accueillir uniqueainsi que d’aider le conseil local (le ment les indiens. “En premier lieu se cacique et les autres anciens) et les trouve la lutte pour la mère terre, autres leaders. Ils ont aussi déjà pour que nous ayons une vie plus participé à des conflits avec les digne, en préservant et en cultivant « colonels » pour la récupération des toujours nos traditions, en voyant terres, dans lesquels certains indigènos enfants élevés dans le monde de nes sont morts. “Nous ne souhaitons nos croyances et pas dans la péripas utiliser la violence comme phérie, au milieu de toutes les sortes moyen de défense. Nous consultons de marginalité, en voyant les jeunes la Funai (Fondation Nationale de filles indiennes se prostituer, tout l’indien) pour savoir quelle attitude cela en raison de l’influence du nous devons adopter par rapportà blanc”, explique Chiquinho. ces conflits”, expliquent-ils. A propos des jeunes qui vont à Selon Júlio Pereira Xucuru, “les l’école à la ville, il s’épanche : “Un de fazendeiros ont pris possession des mes neveux est allé dans une école terres indigènes. Les plus vieux les d’ici et il était discriminé par ses ont ensuite passées aux plus jeunes. propres camarades, qui le traitaient A l’heure actuelle, il y a ce problème, d’indien ceci, d’indien cela. Et cela le

contrariait. Cela montre que le gouvernement doit voir qu’on ne peut pas être en compagnie du blanc. On est victime de préjugés”. Pour lui, avant d’insérer les indiens dans la ville, il est nécessaire d’éduquer la société à les respecter. Chiquinho défend aussi la préservation de la langue originelle de la tribu – le macrogê. José Carlos Leite da Silva (Kauã), 17 ans, et José Gilvar Lorenço da Silva (Kuará), 24 ans, racontent un peu leur quotidien. Comme ils ne sont pas scolarisés, ils font des colliers pour les vendre, ils tentent de gagner de l’argent pour acheter de la nourriture et se divertir d’une façon ou d’une autre. José Carlos assure que les jeunes indigènes souhaitent étudier, mais n’ont pas d’endroit où le faire. A propos de la résistance culturelle, Gilvar affirme que certains savent un peu parler le macrogê, mais que la majorité sait juste danser et chanter le toré, ainsi que produire l’artisanat indigène.

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* Tiago Eloy Zaidan, Lara Tapety C avalcanti, Rafhael Barbosa, K assia Nobre et Sionelly Leite sont membres de V irajovem Maceió (al@revistaviracao.com.br), l’un des 18 conseils éditoriaux jeunes de V ira dispersés dans le pays. ViRAÇÃO

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Découvrez l’histoire des leaders indigènes d’aujourd’hui. La plupart vont à l’école, flirtent, défendent leurs droits et s’habillent exactement comme vous

Des jeunes

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sées que celles des autres Brésiliens. Ce qui fait de ces jeunes des indigènes est qu’ils sont nés dans des communautés avec leurs propres modes de vie, leur façon de voir le monde, d’organiser les rapports entre les personnes, leur propre relation au temps et leur manière de donner une signification à la terre, aux fleuves, et même aux rapports au sein des familles qui vivent dans les villes, puisque, selon une étude de l’Institut Brésilien de Géographie et Statistique (IBGE), publiée en décembre 2005, 52% du total de la population indigène brésilienne vit en zone urbaine. “Beaucoup de gens voient encore les indiens comme ceux qui dansent et s’habillent différemment. Ils nous demandent de nous présenter ainsi”, explique Edna Bezerra Pajeú, 23 ans, du peuple Truká. Cette année, Edna est partie s’installer à Cuba, où elle a obtenu une bourse pour faire des études de médecine, après avoir tenté pendant des années de passer les concours des universités publiques de son Etat. Il y a trois ans, les jeunes du peuple d’Edna, qui vivent sur une île du fleuve São Francisco, dans le Pernambuco, ont formé un groupe pour participer davantage à la lutte indigène, ainsi que pour débattre de leurs besoins avec les leaders de la communauté. “La majorité d’entre eux travaille aux champs et n’a le temps de se rencontrer qu’en soirée et le dimanche. Les premières conver-

sations que nous avons eues se sont déroulées le soir, sur la place de la ville (Cabrobó, PE), après les cours. Maintenant, nous faisons nos réunions ici sur la terre Truká”, précise Gilberto Truká, 20 ans. Un des thèmes centraux est pour eux l’éducation. “ Nous nous sommes unis pour chercher des fonds, des cours, encourager la musique, la culture, le sport, la formation. Il y a des jeunes qui refont le lycée, parce

Priscila D. de Carvalho /

P

ensez à l’image d’un indien. Je parie que vous allez imaginer quelqu’un de peu vêtu, avec des plumes, qui habite dans la forêt et même se déplace en canoë. Ou peut-être penserez-vous à cette coiffe que l’on réalisait en cours d’art plastique le Jour de l’Indien, le 19 avril. Ou à ces indiens qui apparaissent dans les premiers chapitres des livres d’Histoire, combattant les envahisseurs portugais ou recevant de petits miroirs offerts par les navigateurs. Dans ce reportage, notre intention n’est pas de parler de ce type d’indiens qui vivent dans le passé, congelés dans les livres. Nous allons vous conter quelques histoires de jeunes indigènes qui vivent au Brésil, aujourd’hui. La plupart ont des amis, se soucient de leur survie, flirtent et s’habillent exactement comme vous, tout simplement parce qu’ils sont des jeunes. Ils vont aussi à l’école, au collège ou au lycée dans les villes proches de leurs villages, parce qu’il y en a peu sur les terres indigènes. Bien sûr, toutes les communautés indigènes du pays ne sont pas identiques, au bout du compte, elles représentent 241 peuples. Mais comment peuvent-ils être si différents de ce à quoi nous nous attendons, et même ainsi continuer à être indigènes ? De la même façon que vous ne cessez pas d’être ce que vous êtes seulement parce que vous changez d’habit ou que vous vous faites un nouvel ami. Ce n’est pas le visage ou la couleur d’une personne qui fait qu’elle appartient au peuple Pankararu, Truká, Yanomami, Pataxó ou Guarani. Après 500 ans de contact, beaucoup de peuples ont des physionomies tout aussi métis-

Priscila D. de Carvalho /

comme vous


le fleuve, sur l’Ile d’Assunção, ils sont tout-à-fait concernés par les travaux, qui ont commencé à côté de leur terre. Ils ont aussi organisé, depuis 2005, les Assemblées du Peuple Truká. Ils ont participé à tous les débats et écouté, attentifs, les histoires contées par les plus vieux. Dans le Nordeste, il existe de nombreux groupes de jeunes indigènes, comme chez les Pataxó et les Tupinambá, de Bahia. Magno Barbosa appartient au peuple Tupinambá et son village se trouve dans la Serra do Padeiro, au sud de l’Etat. Il est l’un des coordinateurs du groupe de jeunes, qui se soucient de la terre et de la culture Tupinambá. “On discute de l’éducation des jeunes sur leurs droit, pour comprendre la législation et aussi pour savoir comment préserver notre terre. Nous

JEUNES LEADERS La Fazenda Guarani, foyer sacré du Peuple Pataxó, dans le Minas Gerais (MG), a accueilli du 12 au 15 octobre 2006 quelque 400 participants lors de la 1ère Rencontre des Jeunes Indigènes de la région Est (MG, Espírito Santo, et Sud de Bahia) et des Jeunes solidaires de la cause indigène. Des représentants des Peuples du Minas (Krenak, Pataxó, XucuruKariri, Maxacali, Aranã, Xacriabá, Mucuriñ, Caxixó et Pankararu), de l’Espírito Santo (Tupinambá et Guarani) et du Sud de Bahia (Pataxó Hã-hã-hãe) étaient présents, ainsi que des lycéens, des universitaires, des entités, des mouvements et des personnes intéressées par la cause indigène. Marquée par l’échange des savoirs, le dialogue des cultures et beaucoup d’animation, la rencontre s’est déroulée sur huit jours d’activités intenses. Dans les témoignages sur l’expérience concrète de la jeunesse, Babau, cacique Tupinambá, a conté l’histoire de son peuple, le

Iara Tatiana Bonin

travaillons la terre en liaison avec notre culture”, explique-t-il. Il y a trois ans, ils ont réalisé un séminaire sur la culture et les droits Tupinambá. Le prochain aura lieu en septembre. “Notre culture doit être renforcée et encouragée par nous, les jeunes. Nous devons mieux connaître les traditions, respecter les anciens et discuter davantage avec eux. Mais nous exigeons aussi le respect et une valorisation de la part de nos leaders.” Ils savent également l’importance de leur contribution pour que leur communauté vive dans de bonnes conditions, en participant au mouvement indigène. Au Brésil, les terres doivent être définies au moyen d’études menées par des anthropologues, qui analysent l’espace utilisé par chaque groupe pour les aspects pratiques de la vie, comme planter et habiter, mais aussi l’espace doté de significations culturelles et religieuses. Comme la querelle pour la terre est grande dans le pays, le processus d’identification prend de nombreuses années. De plus, comme une grande partie des terres démarquées est envahie par les nonindiens, les communautés doivent

Priscila D. de Carvalho / Cimi

Priscila D. de Carvalho / Cimi

que c’est très cher de continuer à étudier.Pourquoi ne pas lutter pour des bourses à l’université ?”,s’interroge Gilberto. Ils proposent la mise en place de cours dans les villages et la création d’une école agricole, qui permettrait aux jeunes de mieux connaître les techniques de culture, en les formant pour qu’ils continuent à vivre de la production d’aliments. A partir du collège, les élèves doit aller en ville. Très souvent, ils sont confrontés à des préjugés parce qu’ils sont indigènes, outre le fait qu’ils ne peuvent plus étudier les thèmes selon la vision du monde de leurs peuples. Huit jeunes Truká se sont rendus à Brasília (DF) pour représenter leur peuple lors du campement contre la transposition du fleuve São Francisco, du 12 au 16 mars 2007. Comme ils vivent littéralement dans

redoubler d’efforts pour réussir à obtenir la terre à laquelle ils ont droit. C’est dans cette lutte que les jeunes Tupinambá ont décidé d’entrer. On voit donc que la vie des indigènes implique, très tôt, beaucoup de sujets sérieux. Mais ne pensez pas non plus qu’ils ne s’amusent pas. “Les jeunes de la ville veulent faire la fête, s’amuser. Nous aussi, nous avons nos fêtes, notre divertissement, nos amis, sans avoir besoin de sortir du village”, insiste Magno.

rapprochement et l’intégration des jeunes de son village et le combat engagé contre l’Etat : “Les jeunes ont montré que le peuple Tupinambá ne s’adapte pas pour survivre, il meurt en luttant pour la terre et continue à lutter lorsqu’il part pour la terre des enchantés”. Fernando, membre du mouvement Brigade Indigène de l’Espírito Santo, précise que la Brigade est un mouvement fort d’environ 300 participants, en majorité des jeunes, qui luttent pour la cause indigène dans l’Espírito Santo. Il dénonce le manque de respect de la compagnie Aracruz Celulose vis-à-vis des indiens de cette région.

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une Education A

u Brésil, depuis le 16e siècle, les programmes d’enseigne ments proposés aux communautés indigènes ont été guidés par la catéchèse, la civilisation et l’intégration forcée des peuples indigènes à la société nationale. L’idée était de faire en sorte que ces sociétés se transforment en quelque-chose de différent de ce qu’elles avaient toujours été. Dans ce processus, la mise en place des écoles au sein des groupes indigènes a servi d’instrument d’imposition de valeurs étrangères et de négation d’identités et de cultures distinctes. La Constitution de 1988 a assuré aux peuples indigènes du Brésil le droit de garder leurs langues, leurs cultures et leurs traditions. Depuis lors, les lois postérieures à la Constitution concernant l’éducation, comme la Loi des Lignes Directrices et Bases de l’Education (LDB) et le Plan National d’Education, garantissent aux peuples indigènes le droit à une éducation différenciée, par l’emploi des langues maternelles, la valorisation des connaissances et des savoirs millénaires, la formation des indigènes pour qu’ils deviennent professeurs dans les écoles de leurs communautés, et des livres avec leurs propre langages. Il est néanmoins nécessaire que ceux à qui revient la gestion des processus d’éducation au niveau de l’Etat construisent des réponses adaptées à cette nouvelle demande. Dans les années 80 et 90, les peuples indigènes de diverses régions du Brésil ont commencé à percevoir que le modèle éducationnel de scolarisation implanté dans leurs communautés par les gouvernements de l’Union, des Etats et des municipalités n’avait pas de sens pour leurs communautés.

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dans sa propre langue Le transfert de la responsabilité de l’éducation indigène de la Fondation Nationale de l’Indien (Funai) au Ministère de l’Education (MEC) a non seulement représenté un changement de l’organe fédéral gestionnaire du processus, mais aussi un changement en termes d’exécution : si, auparavant, les écoles indigènes étaient entretenues par la Funai, c’est maintenant aux Etats qu’il revient d’assumer une telle tâche. Avec ce transfert de responsabilités de la Funai vers le MEC, et de ce dernier aux secrétariats d’Education des Etats, une situation d’anencéphalie est apparue dans le processus de gestion globale de l’assistance éducative aux peuples indigènes. Il n’y a pas, aujourd’hui, de distribution claire des responsabilités entre l’Union, les Etats et les municipalités, ce qui complique la mise en œuvre d’une politique nationale qui assure la spécificité du modèle d’éducation interculturelle et bilingue pour les communautés indigènes. Malgré toute la législation en vigueur, nous avançons peu dans la pratique. Nous sommes encore confrontés à plusieurs problèmes qui fragilisent l’Education Scolaire Indigène, ce droit subjectif étant de plus

en plus loin de répondre aux demandes des peuples indigènes de l’Amazonie, par exemple. Il nous faut revoir les législations en vigueur qui ne satisfont pas les besoins des peuples indigènes, comme la LDB et d’autres législations pour l’enseignement secondaire et supérieur, ces formations devant contribuer au renforcement de l’identité et de la durabilité des peuples indigènes. Il est aussi nécessaire que des recommandations soient faites auprès des Etats et des municipalités pour que ceux-ci créent les Conseils d’Education Scolaire Indigène. A mesure que les professeurs indigènes et leurs communautés connaîtront les droits que la législation leur garantit, nous iront dans la bonne voie pour que ces derniers deviennent réalité.

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Narai A goteme, de l’ethnie Suruí, est Coordinateur Général de l’Education Scolaire Indigène de l’Etat du Rondônia – représentant l’Education Indigène au Secrétariat d’Etat de l’Education.

Paulo Pereira Lima

NARAI A G OTEME SURUÍ*


Márcio Baraldi

Roteiro de Thays Alexandrina e Renata Paiva (alunas) e Edna Moroto (professora) da E. E. Solon Borges dos Reis; e Alessandra Santos e Paulo Oliveira (alunos) e Mônica Correia (professora) da E. E. Alberto Cardoso de Mello – participantes do Projeto Revista Viração e Jornal Mural na Escola, em São Paulo (SP)


solution spectacle ?

A M A N DA PROETTI, de la Rédaction THIAGO MARTINS SANTA N A , de V irajovem V itória (ES)* TÁSSIA BATISTA et NILTON LOPES, de V irajovem Salvador (BA)*

L

e 7 février a représenté un jour décisif pour soulever une discussion récurrente : la réduction de la majorité pénale de 18 à 16 ans. La mort du petit João Hélio, âgé de six ans, pris dans sa ceinture de sécurité et trainé sur plus de sept kilomètres lors d’un vol de voiture à Rio de Janeiro (RJ), a choqué la société. Le sujet s’est emparé du Congrès. Le 26 avril, la Commission de Constitution et Justice du Sénat (CCJ) a approuvé par 12 votes contre 10 une Proposition d’Amendement Constitutionnel (PEC) réduisant la majorité pénale de 18 à 16 ans. Rédigée par le sénateur Demóstenes Torres (DEM-GO) et résultat de six PEC déjà transmis à la commission, la proposition établit que pour être envoyé en régime carcéral, l’adolescent doit être coupable de trafic de drogue, avoir pratiqué la torture ou commis des crimes graves – comme une prise d’otage et ou un homicide qualifié – et avoir conscience de l’acte commis. La décision de la CCJ a surpris des citoyens et des organes défenseurs des droits de l’enfant et de l’adolescent. “Si la prison n’éduque pas, la rue n’éduque pas non plus. Donc, entre rester dans la rue qui n’éduque pas, et dans la prison qui n’éduque pas non plus, je préfère qu’il reste en prison”, justifie le sénateur Demóstenes. Le principal argument des mouvements de défense des droits de l’homme est que l’on ne doit pas modifier une loi dont les dispositifs n’ont pas encore été mis en œuvre

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ou

Des entités protestent contre des projets de loi prévoyant la réduction de la majorité pénale et critiquent la façon dont la grande presse a traité ce sujet de manière effective. Cette loi est le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent (ECA), créé en 1990. “Pour résoudre la violence, il faut garantir l’emploi, une éducation de qualité et combattre de face le trafic de drogues. La majorité des adolescents en conflit avec la loi n’ont pas eu accès à l’éducation et ont eu très tôt la rue comme espace de survie, en étant exploités par le travail des enfants”, explique Julia Deptulski, viceprésidente du Conseil National des Droits de l’Enfant et de l’Adolescent (CONANDA) et représentante du Mouvement National des Enfants des Rues (MNMMR). A propos de la possibilité d’augmenter le temps de réclusion des adolescents en infraction, Tiana Sento-Sé, secrétaire nationale du Forum de Défense des Droits de l’Enfant et de l’Adolescent, explique : “Pour nous, les trois ans établis pour l’accomplissement de la peine de réclusion n’ont pas été stipulés au hasard. Cela représente 50% de la vie de l’adolescent, si l’on considère le temps de formation de l’identité de ce jeune, de perspective d’une vie meilleure. Et on ne négocie pas la vie. Qui plus est, il y a trois ans d’internement, mais l’application de mesures socioéducatives est permise pendant jusqu’à neuf ans”. Une opinion partagée par le juge pour l’Enfance et la Jeunesse de

Porto Alegre (RS), Leoberto Brancher, qui propose d’inverser le débat sur la proposition de réduction de la majorité pénale dans le pays. Selon lui, les lois de l’ECA, qui prévoient les mesures socio-éducatives, sont un modèle exemplaire de resocialisation et devraient être élargies aux jeunes adultes, jusqu’à 21 ans, ayant commis des crimes légers. Selon Leoberto, ceci serait un complément à l’adoption de mesures alternatives pour améliorer le système des peines dans les prisons brésiliennes. Certaines mesures pour faire face à la violence ont déjà été proposées depuis longtemps et par diverses entités. Parmi elles, l’avancée urgente d’un projet de loi de réglementation de l’exécution des mesures socioéducatives, entre les mains de la Maison Civile, la mise en œuvre immédiate du Système National de Prise en Charge Socioéducative (Sinase), et que l’Etat assure les conditions de mise en œuvre effective des dispositions contenues dans l’ECA. A ce propos, Mário Volpi, chargé des Relations Institutionnelles du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) au Brésil, précise : “Ce qui a pris du temps, cela a été d’affronter le thème de la violence. La démagogie vient du fait que les hommes politiques savent que la réduction ne


va pas résoudre ce problème, mais elle est plus facile à faire passer auprès de la population”. Alessandro (nom fictif, car il ne peut être identifié), interné au Centre de Prise en Charge Socioéducative de l’Adolescent (Casa), ancienne Febem de São Paulo, raconte : “Une situation que j’ai déjà beaucoup vécue, c’est la ‘trahison’ des fonctionnaires eux-mêmes, qui entrent dans les unités quand on dort et qui nous torturent tous jusqu’à ce qu’on n’arr ive plus à marcher. Cela, les médias ne le montre pas à la société, et c’est pour ça qu’on se révolte”.Ils’agit d’une autre interrogation des défenseurs des droits de l’enfant et de l’adolescent : le traitement de ce thème par la grande presse. “Tous les jours, des enfants meurent dans le semiaride brésilien. C’est une scène très forte, mais vous ne l’avez jamais vue à la télé parce que le semi-aride est très distant de l’appartement de celui qui fait le journal. Cette spectacularisation tend à ne pas laisser d’espace pour une réflexion plus approfondie, parce qu’en faisant cela, vous semblez manquer de respect pour la douleur de cette mère”, souligne Mário Volpi.

Qu’en pensent les jeunes ? “Je suis contre la réduction, parce que cela va terminer en boule de neige. Les types enrôlent les enfants dans le crime et vont les enrôler toujours plus jeunes. Il devrait y avoir un investissement dans le domaine de la sécurité, une police mieux préparée, car réduire la majorité pénale ne va avoir aucun effet.” Thiago Santos, 20 ans, étudiant – São Paulo (SP) “Je ne suis pas d’accord avec la réduction. Aujourd’hui, beaucoup d’enfants de la périphérie sont punis tous les jours, la punition sociale est très sévère. L’exclusion est là, la violence est son reflet.” Luana Dandara, 19 ans, étudiante – Salvador (BA) “J’hésite. Quand un adolescent de 16 ans réussit à manigancer un crime, à y participer, il a aussi la possibilité de payer... D’un autre côté, je pense à l’ECA. Je vois qu’il est peu souvent appliqué en pratique. Nous devons nous pencher dessus, comprendre, apprendre de plus en plus à utiliser cette arme, nos droits !” Romilson Freitas, 18 ans, étudiant – Salvador (BA)

“Je suis d’accord avec la réduction, car les jeunes commettent des crimes parce qu’ils savent qu’ils n’iront pas en prison.” Laira Pereira, 21 ans, étudiante – Vitória (ES)

Et vous, qu’en pensez-vous ? Ecrivez-nous... dans la rubrique Diga Lá! De la revue électronique (www.revistaviracao.com.br) *Membres de deux des 17 conseils éditoriaux jeunes de Vira dispersés dans tout le pays

“Je pense que réduire l’âge devrait aussi donner le droit de passer le permis de conduire et d’avoir les mêmes droits dans la société que les majeurs. Augmenter le temps d’internement à la Febem aurait pour effet la révolte des mineurs. Ils provoqueraient des rébellions et recommenceraient probablement à commettre d’autres crimes.” Adriano (nom fictif, car il ne peut être identifié), interne du CASA, ancienne FEBEM – SP

A PORTÉE de MAIN • Conseil National des Droits de l’Enfant et de l’Adolescent (CONANDA) www.mj.gov.br/sedh/conanda • Forum de Défense des Droits de l’Enfant et de l’Adolescent www.forumdca.org.br

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Ser-Tão l i s BrA

M A R I N A D E M ACEDO SILVA, JAMIS SOUZA SANTOS, M A R C E L A M O R E I R A D O S S A N TOS, U E L Z A N E I A J E A N M O N O D, ELOIZA A LVES DE OLIVEIRA, J O N ATA S DOS SANTO S C O N C E I Ç Ã O et PAU LO PEREIRA LIMA, de Macajuba (BA)

Fotos: Paulo Pereira Lima

Fiers d’être de l’intérieur des terres, les jeunes du sertão de Bahia allient art et éducation, et montrent comment il est possible de transformer la réalité

“F

oi dans la terre, pieds sur terre/ C’est simplement un échange/ Une danse de différences/ Chaque peuple est différent/ Mais il est important de se respecter/ Pour qu’il n’y ait pas de démêlés. ” C’est avec ce passage d’un livre de cordel que Tamara Lopes, 12 ans, a souhaité la bienvenue à plus de 800 enfants, adolescents, jeunes et éducateurs participant au 4e Ser-Tão Brasil, qui s’est tenu du 10 au 12 novembre 2006 à Macajuba (BA), à plus de 400 kilomètres de Salvador. Ils représentent des communautés et des écoles de la capitale et de 17 municipalités de l’intérieur de l’Etat. L’initiative a été organisée par le Centre de Référence Intégral des Adolescents

ART-ÉDUCATION AUTOUR DES DROITS DE L’HOMME

Arquivo Cria

Fondatrice et actuelle coordinatrice du Centre de Référence Intégral des Adolescents (Cria), Maria Eugênia Milet est la joie de vivre personnifiée

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ViRAÇÃO

Comment cette idée de Ser-Tão Brasil est-elle venue ? – Elle est la conséquence naturelle du projet du Cria, de notre théâtre, qui a toujours rassemblé beaucoup de monde pour discuter, penser, regarder la réalité du Brésil. Cela n’avance à rien de penser à transformer Salvador sans inclure le semiaride, le Nordeste, le Brésil. Il existe une grande méconnaissance de ce qu’est le Brésil. C’est pour cela que nous pensons à impliquer les villes de l’intérieur de l’Etat pour discuter d’art et d’éducation, de droits de l’homme, de citoyenneté. Quel est l’objectif du Cria face à la société ? – Je pense que c’est de transformer cette société. Nous ne sommes pas contents de l’état des choses. Nous voulons provoquer une pensée critique sur cette société dans laquelle nous vivons, cette société de consommation, où les valeurs humaines ne sont pas prioritaires. Nous voulons une autre société, comme nous pouvons la vivre ici, où l’on peut s’asseoir et discuter. Que nous ne soyons pas guidés par la consommation, par le marché, mais plutôt par les rapports humains, par la volonté de grandir et se s’épanouir, en tant que personne et en tant qu’esprit.


(Cria) et a bénéficié du soutien de la Coordination Œcuménique de Service (CESE), de la Fondation Avina, du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) et du Réseau de Participation Juvénile (Rede de Protagonismo Juvenil). L’événement a pour thèmes de discussion la défense des droits de l’homme et de la citoyenneté de la population du sertão, à travers l’art-éducation. “Fé na Terra, Pé no Chão” (Foi dans la Terre, Pieds sur Terre) est le refrain qui a guidé les interventions artistiques, les groupes de conversation et les débats. L’objectif étant de permettre la reconnaissance du processus de formation des identités dans le semi-aride du Nordeste, de valoriser les manifestations de la culture populaire de la périphérie urbaine et des villes du sertão de Bahia, et de stimuler le débat sur les politiques publiques dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la santé. Au premier plan, les ateliers, les plénières et ce qu’on appelle les « tamboretes » – des groupes de discussion composés de représentants des villes et des communautés dialoguant avec des chercheurs, des éducateurs, des artistes et des maîtres populaires. Les thèmes abordés sont toujours liés à la vie durable dans le semi-aride brésilien et de Bahia, comme l’agriculture familiale et la réforme agraire, la grossesse dans l’adolescence et la prévention des mst/sida, le développement durable. Le « tamborete » consacré aux Médias et Identités, par exemple, a consisté en quelque trois heures de conversation à bâtons rompus entre plus de 30 jeunes, professeurs et art-éducateurs. Ils ont dénoncés les fausses images transmises du Sertão et de ses habitants, toujours marquées par les stéréotypes, les préjugés et la discrimination. “Nous sommes fiers d’être « caatingueiros », nous voulons vivre dignement avec la sécheresse, et non pas tourner le dos au semi-aride. Notre problème est le manque de politiques publiques pour résoudre les problèmes engendrés par les années d’affilées sous la coupe des « colonels » dans la région”, ont exprimé en chœur les participants.

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Qu’est-ce que l’art-éducation ? – Dans les cas du Cria et du Ser-Tão Brasil, nous soutenons que c’est défendre l’éducation populaire inspirée de Paulo Freire, qui a essayé de développer l’autonomie et la liberté du peuple, et non pas une éducation imposée du haut vers le bas. Travailler dans l’art-éducation, c’est créer et être éduqué dans la création, c’est être artiste et éducateur, c’est être un artiste-éducateur populaire. Qu’est-ce qui a le plus marqué cette rencontre ? – La rencontre entre les maîtres et les enfants, les adolescents et les jeunes. Les maîtres représentent beaucoup pour le mouvement. Ils sont porteurs et défenseurs d’un art très précieux, très beau, d’une qualité exemplaire, aussi bien pour la danse que pour la musique, et cet art n’est pas seulement dans ce qu’ils font, mais aussi dans leur manière d’être. C’est comme si tout cela se trouvait condensé en eux, toute la grandeur des peuples exclus.

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Mudança, atitude e ousadia jovem

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Accès d’humour

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’accessibilité, sur un mode plus léger et amusant. Telle est la proposition de la Campagne Accès d’Humour, dont l’objectif est de sensibiliser sur le thème de l’inclusion au quotidien des handicapés à l’école, dans l’entreprise, dans les organisations et dans les mouvements sociaux. Organisée par un groupe d’organisations comme Amankay Institut d’Etudes et de Recherches, l’Association Brésilienne de Syndrome Post Polio, l’Association Rodrigo Mendes, le Portail Educatif Planeta Educação, Institut l’Interaméricain de Handicap et Développement Inclusif et avec l’appui de l’organisation Ashoka Empreendedores Sociais, la campagne vise à capter l’attention de ceux qui n’ont pas encore incorporé les attitudes et les pratiques permettant l’accessibilité des handicapés. L’originalité de l’initiative tient justement à la façon dont le thème est traité, explique Marta Gil, de l’ONG Amankay. “Je pense que l’humour est un outil merveilleux et efficace. Il suffit de se rappeler le rôle du [journal alternatif] Pasquim durant la dictature”, explique-t-elle dans un entretien accordé à la Revista do Terceiro Setor. Les dessins diffusés sur le site Internet de la campagne traitent non seulement des personnes handicapées, mais aussi des personnes âgées et de thèmes liés au racisme. Outre les dessins, le groupe a aussi élaboré un livret éducatif qui peut être utilisé à l’école ou dans toute organisation ou entreprise.

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A PORTÉE de MAIN Pour en savoir plus et participer à la campagne Accès d’Humour, visitez le site: www.planetaeducacao.com.br/ acessodehumor


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Semaine des

Peuples Indigènes 2007

I N F O R M A Ç Õ E S : Conselho Indigenista Missionário – CIMI SDS – Edifício Venâncio III, sala 310 – CEP 70393-902 – Brasília – DF Tel.: (61) 2106-1650 – Fax: (61) 2106-1651


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