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Focus International Trade FR LE COMMERCE EN PÉRIODES TROUBLES

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FOCUS INTERNATIONAL TRADE

PRINTEMPS 2026 - N° 11

LE COMMERCE EN PÉRIODES TROUBLES

LES EXPORTATIONS BELGES

CHAQUE MAILLON COMPTE P 12

SOUS PRESSION P 08 ENTRETIEN AVEC MAXIME PRÉVOT, VICE-PREMIER MINISTRE ET MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES P 30

SOMMAIRE

ÉDITO LE COMMERCE EN PÉRIODES TROUBLES 04

FACTS & FIGURES LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA BELGIQUE 06

12

ABC DU COMMERCE INTERNATIONAL

CHAQUE MAILLON COMPTE : LOGISTIQUE ET FLUX

TENDU DANS UN MONDE SOUS PRESSION

08 À LA UNE LES EXPORTATIONS BELGES SOUS PRESSION : UN SIGNAL D’ALARME

Focus International Trade paraît deux fois par an

Son lancement fait suite à un double constat. Premièrement, le commerce international est crucial pour notre économie très ouverte et pour nos entreprises de toutes tailles. Deuxièmement, cette réalité n’est pas assez soulignée de façon objective et n’est donc peut-être pas rendue suffisamment concrète pour nombre de nos dirigeants et chefs d’entreprise.

FIL INFO

L’UE ET L’INDE CONCLUENT UN ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE STRATÉGIQUE

LES INSTRUMENTS COMMERCIAUX AMÉRICAINS RESTENT UNE SOURCE D’INSTABILITÉ

LES RÉPERCUSSIONS DU CONFLIT AU MOYEN-ORIENT

QUE FAIRE SI MA CHAÎNE DE VALEUR EST PERTURBÉE ? 24

LA FEB EN ACTION 26 16

LE CONSEIL À L’EXPORTATEUR

18

ACCORDS DE LIBRE-ÉCHANGE DE L’UE

QUELS SONT LES AVANTAGES POUR LA BELGIQUE ?

MEMBRES FÉDÉRATIONS SECTORIELLES

MEMBRES DE LA FEB 32

30 MEET THE MINISTER

MAXIME PRÉVOT, VICE-PREMIER

MINISTRE ET MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

LE CENTRE DE COMPÉTENCE EUROPE & INTERNATIONAL 33

LE COMMERCE EN PÉRIODES TROUBLES

Pour la Belgique, le commerce international n’est pas un choix, mais une nécessité. C’est précisément pour cette raison que l’actualité des derniers mois nous frappe avec autant de force. Ce qui se dessine n’est ni un creux temporaire ni une simple fluctuation conjoncturelle, mais une transformation structurelle du commerce mondial, qui devient plus volatil, plus lent et moins prévisible. Pour les économies ouvertes, cela signifie de plus en plus souvent : commercer sans cadre véritablement prévisible.

Il y a incontestablement aussi des éléments positifs. Au cours des derniers mois, l’Union européenne a fait progresser plusieurs dossiers restés bloqués pendant des années. L’accord commercial avec l’Inde et les avancées avec l’Australie montrent que l’ouverture des marchés reste possible. L’entrée en vigueur provisoire de l’accord avec le Mercosur le 1er mai apporte enfin de la clarté après des années d’immobilisme politique. Ces évolutions créent des opportunités pour les entreprises actives sur les marchés en croissance et souhaitant diversifier davantage leurs chaînes de valeur.

LES MISSIONS ÉCONOMIQUES

OFFRENT AUX ENTREPRISES UN SOUTIEN, UN ACCÈS ET UN ANCRAGE POLITIQUE.

L’INSÉCURITÉ

STRUCTURELLE

DEVIENT LA NOUVELLE NORME

Ces signaux positifs ne doivent toutefois pas masquer le durcissement du contexte commercial international. La relation commerciale avec les États-Unis reste fondamentalement instable. Les rebondissements juridiques, les taxes temporaires et les nouvelles enquêtes et/ou tarifs sectoriels font de l’accès au marché une cible mouvante. Pour les entreprises, cela se traduit par une insécurité juridique accrue, des coûts supplémentaires et des décisions d’investissement reportées. Le commerce est de plus en plus souvent utilisé comme moyen de pression, et de moins en moins comme moteur de croissance prévisible et réciproque.

À cela s’ajoutent des risques géopolitiques exceptionnels. Le conflit au Moyen-Orient maintient les marchés de l’énergie et du transport dans un état de tension permanent. Les perturbations logistiques et les fluctuations de prix aiguës ne sont plus des exceptions, mais des signes d’une nouvelle réalité. Pour l’Europe, l’impact risque d’être plus marqué qu’ailleurs, précisément en raison de la forte intégration de notre économie dans les échanges internationaux, mais aussi des coûts énergétiques plus élevés auxquels elle reste confrontée.

En même temps, cette dure réalité met en lumière nos propres vulnérabilités. Les exportations belges sont sous pression et l’approfondissement du marché intérieur européen progresse trop lentement. La complexité croissante de la réglementation et la lenteur des réformes et simplifications nuisent à la compétitivité de nos entreprises. Dans un monde où la politique commerciale devient de plus en plus assertive, l’Europe risque de perdre du terrain sur le plan stratégique.

LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE

COMME POINT D’ANCRAGE

Les initiatives sur le terrain restent dès lors essentielles. Ainsi, la mission économique belge en Turquie de mai dernier a une nouvelle fois souligné l’importance de la diplomatie économique comme levier pour maintenir l’accès aux marchés et approfondir les relations commerciales dans un contexte régional difficile. Ces missions n’effacent pas pour autant l’incertitude structurelle, mais elles fournissent néanmoins aux entreprises un soutien, un accès et un ancrage politique lorsque les cadres multilatéraux ne suffisent pas.

Je ne plaide pas en faveur du pessimisme, mais plutôt pour le réalisme et la lucidité. Le commerce international reste fondamental pour notre prospérité, l’emploi et l’innovation. Mais l’ouverture seule ne suffit plus. Elle doit être soutenue par un cadre européen cohérent, un marché intérieur performant, une politique moderne et robuste au service de l’industrie et une politique commerciale axée sur l’accès aux marchés, la diversification, la résilience et la concurrence équitable. Pour la Belgique, les enjeux sont trop importants pour se résigner à un monde où les règles du jeu deviennent floues.

FACTS & FIGURES

LE COMMERCE EXTÉRIEUR EN 2025 1

BELGIQUE

PARTENAIRES

COMMERCIAUX EN 2025

503,67

MILLIARDS EUR

TOP 3 DES PRODUITS D’EXPORTATION

25,3 %

11,6 %

EXPORTATION DE PRODUITS 11,2 %

Produits chimiques

Matériel de transport

Machines et appareils

IMPORTATION DE PRODUITS

478,29

MILLIARDS EUR

TOP 3 DES PRODUITS D’IMPORTATION

Produits chimiques 22,9 % Produits minéraux 14,9 %

Machines et appareils 13,5 %

TOP 5 DES CLIENTS

Allemagne

France

Pays-Bas

États-Unis

Royaume-Uni

TOP 5 DES FOURNISSEURS

Pays-Bas

Allemagne

France

États-Unis

Chine

PART DU

COMMERCE

EXTÉRIEUR DANS

LES BIENS 2

PART

DU COMMERCE EXTÉRIEUR CLIENTS

UE Pays voisins Reste du monde

PART DU COMMERCE EXTÉRIEUR FOURNISSEURS

Les exportations belges vers des pays en dehors de l’UE soutiennent 665.000 emplois en Belgique.

Par ailleurs, 230.000 travailleurs belges supplémentaires occupent des postes liés à de la valeur ajoutée belge ou à des composantes comprises dans les exportations d’autres pays de l’UE vers le reste du monde.

De plus, les exportations belges en dehors de l’UE soutiennent plus de 301.000 emplois dans d’autres pays de l’UE.

En Belgique, 1 emploi sur 5 est lié au commerce extérieur.

UE Pays voisins

2 Les pays voisins sont englobés dans le chiffre de l’UE, mais sont présentés séparément pour des raisons analytiques. Les parts indiquées pour les pays voisins ont trait au volume total des échanges et ne doivent pas être interprétées comme une part dans le chiffre de l’UE.

3 Trade and Jobs: Belgium

À LA UNE

LES EXPORTATIONS BELGES SOUS PRESSION : UN SIGNAL D’ALARME

La Belgique est une économie ouverte et fortement orientée vers l’exportation. Entreprendre à l’international est donc une nécessité. Pourtant, cet ancrage mondial est sous pression. Les exportations belges (en volume) n’ont pratiquement pas progressé depuis 2019, ce qui a entraîné une perte de parts de marché dans les pays où nous exportons. Cette perte n’est pas un problème exclusivement belge, mais notre pays, en tant qu’économie ouverte, est plus durement touché que la moyenne1. Alors qu’au niveau mondial, la valeur des exportations a baissé de 3 %, les exportations belges ont diminué de 4 %. Un constat très alarmant2.

Des chiffres récents3 indiquent un affaiblissement structurel des échanges commerciaux internationaux. En 2025, tant les importations (-2,1 %) que les exportations (-1,7 %) de la Belgique ont diminué par rapport à l’année précédente. Il ne s’agit pas d’une correction ponctuelle, mais d’une tendance à la baisse : nos importations et nos exportations sont en diminution pour la troisième année consécutive.

Les importations ayant diminué plus fortement que les exportations, le solde de la balance commerciale belge s’est « amélioré » pour atteindre un excédent d’environ 25 milliards EUR. Ce chiffre positif masque toutefois un affaiblissement sous-jacent de notre interconnexion avec le monde. Le commerce international de marchandises ne représentait que 77 % du PIB, ce qui est historiquement bas par rapport à la dernière décennie, lors de laquelle ce ratio se situait généralement entre 80 et 85 %.

UNE NOUVELLE RÉALITÉ DANS LE COMMERCE MONDIAL

1 L’Allemagne et les Pays-Bas ont également perdu des parts de marché équivalentes à la moyenne au cours de la période 2022-2024.

2 SPF Économie – Belgian Competitiveness Overview 2025.

3 Chiffres et graphiques basés sur les statistiques de la Banque nationale de Belgique sel unautaire.

Les chiffres décevants du commerce belge doivent être interprétés dans le contexte d’une évolution fondamentale des échanges internationaux. L’époque de la mon-

Commerce belge de marchandises

dialisation accélérée, au cours de laquelle le commerce mondial progressait, année après année, plus rapidement que le PIB mondial, est révolue depuis longtemps. Aujourd’hui, les échanges internationaux sont de plus en plus freinés par des tensions géopolitiques, des réflexes protectionnistes et une incertitude stratégique.

Exportations belges vers le reste du monde

l’atténuation des risques, la diversification et l’autonomie stratégique.

« POUR L’ÉCONOMIE BELGE, LE COMMERCE INTERNATIONAL N’EST PAS UN CHOIX, MAIS UN MAILLON INDISPENSABLE À LA CRÉATION DE RICHESSE. »

Les droits de douane à l’importation sont redevenus un instrument politique explicite, non seulement dans les relations entre les États-Unis et la Chine, mais aussi, plus largement, dans le cadre d’une politique de sécurité industrielle et économique plus affirmée. Dans le même temps, les conflits au Moyen-Orient et la guerre persistante en Ukraine, entre autres, perturbent les chaînes logistiques et accroissent la volatilité sur les marchés de l’énergie et des matières premières.

Il n’en résulte pas une démondialisation soudaine, mais une phase prolongée de ralentissement et de fragmentation du commerce mondial, dans laquelle l’incertitude est devenue structurelle et les économies ouvertes, comme la Belgique, sont exposées de manière disproportionnée aux chocs extérieurs.

SECTEURS SOUS PRESSION

Industries chimique et connexes

Cette évolution du contexte commercial mondial se reflète clairement dans la structure sectorielle belge. Ce sont précisément les secteurs qui ont permis à la Belgique de progresser économiquement pendant des annéesl’industrie, la chimie et les produits pharmaceutiques - qui se sont révélés particulièrement vulnérables en 2025.

La Chine reste un acteur central du commerce mondial, mais ses relations avec les économies occidentales ont radicalement changé et de nombreux secteurs souffrent d’une concurrence (déloyale). L’accent est de plus en plus mis non plus sur l’ouverture des marchés, mais sur

Les secteurs à forte intensité énergétique restent confrontés à la pression internationale sur les prix et à la surcapacité mondiale, tandis que la hausse des coûts énergétiques constitue un désavantage concurrentiel persistant. Après la crise énergétique de 2022-2023, notre handicap salarial s’est nettement accentué4. Ce net recul a certainement pesé sur les chiffres de nos exportations par la suite.

4 En 2024, le handicap salarial absolu (historique) était d’environ 10 %.

Le contexte géopolitique amplifie l’incertitude, notamment les tensions au Moyen-Orient qui pèsent sur les prix de l’énergie et la sécurité d’approvisionnement.

En 2025, l’industrie pharmaceutique a également connu une baisse exceptionnellement forte de ses importations et de ses exportations, ce qui explique en grande partie le recul total des exportations belges. Le secteur représente plus de la moitié des exportations de la Belgique vers les États-Unis et 14 % de nos exportations mondiales. Les perspectives demeurent incertaines. L’administration Trump incite les entreprises à délocaliser leurs activités de production aux États-Unis, notamment par le biais de droits de douane sur les importations et de pressions en faveur de la relocalisation. Bien que le secteur pharmaceutique soit largement exempté de droits de douane spécifiques pour l’instant, l’environnement politique reste difficile à prévoir.

En outre, le déclin est plus marqué dans certaines catégories de produits critiques, telles que les produits minéraux (-1,5 %) et chimiques (1,2 %). Ce sont précisément les secteurs qui contribuent traditionnellement à la croissance, à la valeur ajoutée et à des emplois de qualité. L’importance de l’industrie chimique ne peut guère être surestimée : elle représente pas moins d’un quart des exportations mondiales de la Belgique.

RÉPARTITION RÉGIONALE

Environ 70 % des exportations belges sont destinées à d’autres États membres de l’UE. L’Allemagne, la France et les Pays-Bas restent nos principaux partenaires commerciaux au sein de l’Union, représentant ensemble plus de 40 % des importations et exportations belges.

Il est intéressant de noter que la Belgique a exporté davantage vers l’Allemagne en 2025 (+3,6 %), tandis que les importations en provenance de ce pays ont diminué (-1,9 %), ce qui s’est traduit par un excédent commercial de 37 milliards EUR. La balance commerciale avec la France est également restée positive, bien que l’excédent ait diminué. Par rapport aux Pays-Bas, la balance commerciale des marchandises est demeurée négative, même si le déficit s’est réduit à 30 milliards EUR. Ce déficit est encore plus important que le déficit commercial avec la Chine (-24 milliards EUR) et s’explique principalement par le fait qu’une partie importante du pétrole importé par la Belgique arrive d’abord dans le port de Rotterdam avant d’être acheminée vers notre pays.

En dehors de l’Europe, le recul de la balance commerciale avec les États-Unis a été particulièrement frappant. En raison de la hausse des importations combinée à une baisse des exportations (-7 %), le solde est devenu négatif en 2025. Environ un quart du recul total des exportations est dû à la diminution des exportations vers les États-Unis, sous l’effet des droits de douane et de l’appréciation de l’euro, qui ont rendu les produits belges plus chers pour les acheteurs américains.

VULNÉRABILITÉS

STRUCTURELLES D’UNE

ÉCONOMIE OUVERTE

Les récents chiffres du commerce révèlent non seulement des fluctuations conjoncturelles, mais aussi certaines vulnérabilités structurelles de l’économie belge. En tant qu’économie ouverte, la Belgique est fortement ancrée dans les chaînes de valeur internationales, mais dispose de leviers limités pour absorber les chocs extérieurs de manière autonome. Les perturbations des échanges commerciaux, les fluctuations des taux de change, les tensions géopolitiques ou les changements soudains de politique chez nos principaux partenaires commerciaux se répercutent donc plus rapidement et directement sur les chiffres relatifs à nos exportations et à notre production.

Cette vulnérabilité est renforcée par la forte spécialisation des exportations belges. Les secteurs à forte valeur ajoutée, comme ceux des produits chimiques et pharmaceutiques5, sont profondément intégrés dans les réseaux de production mondiaux et sont tributaires d’un commerce transfrontalier fluide, de réglementations prévisibles et d’un accès stable au marché. Lorsque les règles internationales sont mises sous pression, par exemple en raison de droits de douane unilatéraux, de subventions ou d’exigences de localisation, cela pèse de manière disproportionnée sur les entreprises qui exportent depuis la Belgique.

Dans ce contexte, l’Union européenne reste un levier crucial. Le marché intérieur permet de réaliser des économies d’échelle et offre une certaine stabilité et une sécurité juridique, mais il est soumis à une pression croissante en raison de la fragmentation, des réflexes nationaux et

de la complexité réglementaire accrue. Selon les estimations du FMI, les barrières internes qui subsistent au sein de l’UE sont équivalentes à des droits de douane de 44 % pour les produits industriels et pouvant atteindre 110 % pour les services. Pour les entreprises tournées vers l’exportation, il est donc essentiel non seulement d’avoir accès aux marchés tiers, mais aussi de pouvoir compter sur un marché intérieur qui fonctionne bien, sans charges administratives supplémentaires ni surréglementation. En effet, la compétitivité commence au sein de l’Europe.

PAS DE PANIQUE, MAIS…

Ces récents chiffres du commerce ne doivent pas engendrer la panique, mais ils constituent clairement un signal d’alarme. En tant qu’économie ouverte et orientée vers l’exportation, la Belgique ne peut se permettre un affaiblissement à long terme de sa position commerciale internationale. La baisse persistante des échanges commerciaux compromet non seulement le potentiel de croissance futur, mais aussi la force d’innovation et la position stratégique des entreprises belges dans les chaînes de valeur internationales.

C’est précisément la raison pour laquelle une politique commerciale et de compétitivité active et cohérente est essentielle. La Belgique doit résolument s’attaquer à ses handicaps en matière de coûts, et l’Europe doit garantir et renforcer l’accès aux marchés étrangers et continuer à miser sur la diversification des sources d’approvisionnement et des débouchés. Dans un monde où le commerce est de plus en plus politisé, l’ouverture n’est plus une évidence, mais un choix politique délibéré.

de marchandises entre la Belgique et les États-Unis

CHAQUE MAILLON

COMPTE : LOGISTIQUE ET FLUX TENDU DANS UN MONDE SOUS PRESSION

Pour la Belgique, le commerce international n’est pas un axe politique abstrait, mais une réalité quotidienne pour pratiquement tous les secteurs de notre économie. Les entreprises sont imbriquées dans des chaînes de valeur internationales, au sein desquelles la ponctualité des livraisons, la prévisibilité et la fluidité des flux transfrontaliers sont indispensables pour rester compétitives sur les marchés mondiaux. La logistique et le commerce en flux tendu constituent à cet égard le socle discret de notre économie ouverte. Mais ce socle est de plus en plus fragilisé par l’incertitude géopolitique, les ruptures dans les chaînes d’approvisionnement et une complexité réglementaire croissante.

Dans les passages qui suivent, nous illustrons cette réalité sur la base de trois témoignages pratiques provenant de maillons clés de l’écosystème belge du commerce et de la logistique :

1. Le port d’Anvers-Bruges

2. Les opérations de fret aérien de Brussels Airport

3. Le transport routier, par l’intermédiaire de Febetra (fédérations des transporteurs et des prestataires de services logistiques).

PORT

D’ANVERS-BRUGES :

LE MONDE À PORTÉE DE MAIN

Les informations que nous lisons quotidiennement dans les journaux au sujet des guerres et des blocus sont une réalité amère qui se fait également sentir sur nos quais. Dès qu’un événement significatif se produit dans le monde, cela se reflète dans nos chiffres de volume. Si les conflits qui secouent le monde aujourd’hui montrent bien une chose, c’est que le port d’Anvers-Bruges est un port d’envergure mondiale qui connecte l’Europe au reste du monde.

Dans le contexte du continuum de conflit qui règne depuis la pandémie de COVID-19, la perturbation de la chaîne d’approvisionnement est devenue la nouvelle normalité. Le secteur maritime a appris à faire face aux chocs successifs et continue de chercher des moyens de soutenir et d’organiser le commerce mondial de la manière la plus efficace possible sur le plan économique. Notre port doit constamment s’adapter à cette nouvelle réalité, qui a des répercussions sur l’espace disponible dans les terminaux, les travailleurs portuaires et les décisions d’investissement. Faire en sorte que des marchandises et des conteneurs puissent être facilement acheminés d’un point A à un point B, puis que ces conteneurs puissent arriver à un point C ou revenir au point A, peut sembler simple, mais nécessite une organisation complexe.

DE LA TRANSITION À LA SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE

Si l’on ajoute à cela l’impact des droits de douane annoncés ou introduits et les prix élevés de l’énergie, on comprend que la prévisibilité appartient au passé. C’est dans ce contexte d’imprévisibilité que se cristallisent les inquiétudes quant à la sécurité d’approvisionnement énergétique du continent européen. Alors qu’il était initialement question de transition énergétique, on parle désormais de sécurité énergétique. Un monde de différence. Garantir

l’accès à une énergie suffisante n’est pas du tout la même chose que de travailler sur le mix énergétique du futur. Les deux sont étroitement liés, mais la motivation qui les sous-tend est différente. Dans le meilleur des cas, la sécurité énergétique peut être le deus ex machina dont la transition énergétique a besoin pour parvenir à une plus grande autonomie stratégique et à une moindre dépendance énergétique.

« Le port d’Anvers-Bruges doit veiller à ce que tant son pôle industriel que son pôle maritime aient accès à suffisamment d’énergie et de matières premières pour garantir le potentiel de production. Pour notre organisation, la résilience et la résistance sont donc plus que jamais des mots d’ordre, mais aussi une question de mentalité et d’attitude. »

BRUSSELS AIRPORT : TRANSPORT DE PASSAGERS ET DE FRET, UNE SYNERGIE

ESSENTIELLE

Brussels Airport est la voie d’accès vers le monde pour les entreprises belges. L’aéroport relie notre pays à plus de 205 destinations directes, dont 41 liaisons intercontinentales et les principaux pôles économiques mondiaux. Ce réseau solide est indispensable aux entreprises actives à l’international, aussi bien pour le transport de passagers (tourisme et déplacements professionnels) que pour les opérations de fret.

En 2025, pas moins de 795.000 tonnes de marchandises ont transité par Brussels Airport, ce qui en fait un maillon crucial pour les activités aéroportuaires, ainsi que pour les importations et exportations belges. Brussels Airport et la communauté aéroportuaire collaborent étroitement avec l’industrie et les entreprises belges afin de répondre au mieux à leurs besoins logistiques. De plus, le transport de fret va de pair avec les vols passagers, pas moins d’un tiers des marchandises transportées étant acheminées à bord d’avions passagers. Cette complémentarité fait la différence au sein du réseau et permet aux entreprises belges d’être reliées rapidement et efficacement aux marchés internationaux.

UNE EXPERTISE DANS DIVERS SEGMENTS

Brussels Airport est spécialisé dans différents segments du transport de fret, notamment le transport de pièces de machines, de marchandises d’e-commerce de haute qualité, ainsi que de produits périssables (fleurs, fruits, légumes, fruits à coque et viande), voire d’animaux vivants. Mais l’aéroport est surtout reconnu comme étant le principal hub pharmaceutique d’Europe, en soutien au puissant secteur pharmaceutique de notre pays et au transport d’envois extrêmement sensibles en termes de délais. À ce titre, Brussels Airport a été le premier aéroport au monde à obtenir la certification CEIV Pharma, une reconnaissance internationale décernée par l’International Air Transport Association (IATA), qui récompense

la qualité et la sécurité de la logistique pharmaceutique. Brussels Airport joue également un rôle clé dans le projet Precision Therapy Logistics Gateway (PTLG). Ce projet pilote étudie la manière optimale d’assurer le transport de thérapies de précision, notamment de traitements contre le cancer, et a pour objectif d’élaborer un protocole international.

Par ailleurs, l’aéroport dispose d’infrastructures spécialisées visant à garantir le maintien de la chaîne du froid. Il offre ainsi une capacité totale d’entreposage frigorifique de quelque 45.000 m², soit la surface la plus étendue en Europe. L’aéroport continue d’investir dans le développement de la zone cargo afin d’optimiser les surfaces, avec en ligne de mire une croissance continue. C’est dans cette optique qu’a été inauguré Brucargo Central l’an dernier : un site de 83.500 m² comprenant trois bâtiments innovants.

« Brussels Airport est un partenaire de confiance qui offre l’espace, la flexibilité et l’expertise nécessaires pour accompagner la croissance des entreprises belges dans un marché en constante évolution. En tant que deuxième moteur économique de notre pays, notre mission consiste à relier la Belgique et ses entreprises au reste du monde par l’intermédiaire d’un réseau solide. Grâce à notre vaste réseau cargo et passager, nous aidons les entreprises belges à développer leurs relations commerciales et soutenons jour après jour leur compétitivité internationale. »

FEBETRA : LE SECTEUR DU TRANSPORT EN ZONE DE TURBULENCES

Le secteur du transport traverse une période particulièrement éprouvante. Une économie en berne, conjuguée aux tensions géopolitiques et à la hausse record des prix du pétrole, exerce une pression supplémentaire sur un secteur confronté depuis longtemps à un sérieux handicap concurrentiel.

DES COÛTS DU TRAVAIL EXCESSIFS

Par le passé, les décideurs politiques ont très souvent fait le choix de miser pleinement sur le pouvoir d’achat, faisant peser presque intégralement la facture du maintien de ce dernier sur les entreprises. Avec toutes les conséquences que cela implique pour nos entreprises belges opérant dans un contexte international et confrontées à la concurrence étrangère. Le handicap des coûts salariaux, que nous connaissons bien, en est le principal responsable. Dans un secteur tel que le transport, où les coûts salariaux constituent de loin le poste de dépenses le plus important, il s’agit d’un problème majeur. Les chargeurs en quête de solutions de transport aussi économiques que possible n’optent (pratiquement) jamais pour un transporteur belge.

Depuis l’élargissement de l’Union européenne, nos transporteurs belges sont aspirés dans une spirale négative. En l’espace de vingt ans, ils ont perdu 60 % de leur activité de transport international. En cause : des tarifs trop élevés par rapport à la concurrence étrangère. Il s’agit, en résumé, de leur principale difficulté depuis deux décennies, et en même temps de leur plus grande source de frustration. Le contexte budgétaire difficile dans lequel se trouve notre pays ne peut servir de prétexte au(x) gouvernement(s) pour reléguer la restauration de la compétitivité au second plan.

LE RÉALISME COMME MAÎTRE MOT

Le verdissement du transport lourd, aujourd’hui encore dépendant à 98 % du diesel fossile, relève de la prouesse. Il est essentiel que le calendrier défini par les responsables politiques soit non seulement réalisable dans la pratique, mais surtout financièrement soutenable. Le réalisme et l’accessibilité financière sont des paramètres devant impérativement être intégrés dans l’ensemble du processus de transition énergétique. Personne, absolument personne, ne peut se permettre le luxe de payer le verdissement à prix d’or.

À terme, le diesel fossile est voué à disparaître, et nous devons tous en être conscients. Mais enterrer dès aujourd’hui le diesel professionnel, comme le souhaitent certains partis, constitue pour Febetra une ligne rouge. Tant qu’il n’existera pas d’alternatives pleinement satisfaisantes sur les plans financier, opérationnel et technique, le maintien du diesel professionnel sera d’une importance capitale pour les quelque 11.000 entreprises de transport que compte notre pays.

« La réduction des coûts du travail excessivement élevés et une bonne dose de réalisme dans l’approche de la transition énergétique figurent en tête de la liste de souhaits du secteur belge du transport. »

FIL INFO

L’actualité commerciale internationale est incessante, dense et souvent volatile. Cette rubrique propose aux entreprises belges et acteurs intéressés un décryptage succinct des derniers faits et développements qui touchent de près ou de loin leurs activités à l’international.

Dernière mise à jour : mai 2026

1 L’UE ET L’INDE CONCLUENT UN ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE STRATÉGIQUE

Le 27 janvier 2026, après presque vingt ans de négociations, l’Union européenne et l’Inde ont conclu un accord de libreéchange historique. Ensemble, elles créent ainsi une zone de libre-échange de près de deux milliards de personnes.

UN PARTENAIRE STRATÉGIQUE DANS UN MONDE SOUS TENSION

L’Inde est aujourd’hui le pays le plus peuplé au monde et l’une des grandes économies connaissant la croissance la plus rapide. Pourtant, son marché était resté jusqu’ici difficile d’accès en raison de droits d’importation élevés, de procédures complexes et d’une protection insuffisante de la propriété intellectuelle. L’accord s’inscrit dans la stratégie plus large de l’UE visant à diversifier ses chaînes de valeur et à réduire sa dépendance vis-à-vis de pays sensibles sur le plan géopolitique. Les deux parties présentent l’accord comme une réponse aux tensions mondiales croissantes et comme un levier permettant de renforcer leur coopération stratégique.

DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS POUR LES EXPORTATEURS ET PRESTATAIRES DE SERVICES BELGES

L’Inde réduira ou supprimera les droits d’importation sur 96,6 % de la valeur des exportations européennes, ce qui représente une économie annuelle estimée à quatre milliards EUR. L’UE s’attend ainsi à doubler ses exporta-

tions vers l’Inde d’ici à 2032. Les secteurs phares de la Belgique, tels que la chimie, les produits pharmaceutiques et la construction mécanique, bénéficieront directement de la baisse des droits de douane. Pour certains produits alimentaires également, les coûts d’importation diminueront sensiblement.

En outre, l’accord prévoit un accès élargi au marché pour les prestataires de services européens, notamment au niveau des services financiers, des activités maritimes et de la logistique.

UN ACCÈS ACCRU AU MARCHÉ EUROPÉEN POUR LES BIENS

INDIENS, AVEC PROTECTION

DES SECTEURS SENSIBLES

L’Union européenne réduira ou supprimera plus de 90 % de ses droits d’importation, en particulier dans des secteurs tels que le textile, la maroquinerie, les bijoux et certains produits chimiques. Une surveillance stricte et, le cas échéant, l’adoption de mesures adéquates seront nécessaires en cas de hausse imprévue des volumes d’importation. Par ailleurs, les secteurs agricoles sensibles au sein de l’UE restent protégés. Des produits tels que le sucre, l’éthanol, le riz, la viande bovine et la viande de volaille sont exclus de la libéralisation.

Des règles strictes en matière d’origine s’appliquent également, afin d’éviter que des marchandises provenant de pays tiers ne soient acheminées vers l’UE en transitant par l’Inde. Il est bien entendu indispensable que la Commission européenne renforce les contrôles et les audits, notamment en ce qui concerne la qualité des produits et leur conformité à la législation européenne applicable.

UN ACCORD À FORT POTENTIEL,

MAIS DONT LA MISE EN ŒUVRE SERA DÉTERMINANTE

L’accord peut renforcer considérablement la position des entreprises belges sur un marché en forte croissance. Dans le même temps, son impact dépendra d’une mise en œuvre transparente, prévisible et cohérente dans les deux économies.

L’accord fait actuellement l’objet d’un examen juridique et d’une traduction. Il devra ensuite être approuvé par le Conseil, le Parlement européen et l’Inde. Son entrée en vigueur est attendue au plus tôt en 2027.

© Shutterstock

ACCORDS DE LIBRE-ÉCHANGE DE L’UE - QUELS SONT LES AVANTAGES POUR LA BELGIQUE ?

L’UE a conclu des accords commerciaux avec plus de 70 pays à travers le monde. Sur cette carte, nous montrons un certain nombre d’accords récents ou importants et indiquons chaque fois un avantage spécifique pour l’économie belge. Grâce aux accords commerciaux (ALE), les entreprises paient moins de droits de douane et ont par exemple un accès plus aisé aux matières premières essentielles. Saviez-vous que près de la moitié (46,7 %) des importations européennes de matières premières critiques passent par des partenaires d’ALE ? Cela crée des opportunités supplémentaires pour les entreprises belges dans divers secteurs et offre également des possibilités au niveau des marchés publics dans les pays partenaires. Voici quelques exemples concrets :

CUSTOMS

ADOPTION / RATIFICATION ON-GOING BEING NEGOTIATED IN PLACE

AUSTRALIE

ƒ Plus de droits de douane sur les machines et les produits d’épicerie fine

ƒ Sécurité d’approvisionnement en matières premières critiques (aluminium, lithium, manganèse)

CANADA

ƒ Succes story : Exportations belges +70 % depuis la conclusion de l’accord

ƒ Protection pour les produits régionaux belges, comme le genièvre

CHILI

ƒ Cuivre et lithium sans droits de douane

ƒ Coopération autour de l’hydrogène vert

INDE

ƒ Diamants anversois moins chers en Inde

ƒ Accises sur la bière réduites de moitié - nouvelles opportunités pour les brasseurs belges

Source : Commission européenne, DG Trade

INDONÉSIE

ƒ Voitures et pièces détachées moins chères vers l’Indonésie

ƒ Normes environnementales strictes pour l’huile de palme –concurrence équitable

MERCOSUR

(Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay)

ƒ Chocolat et textile belges bientôt sans droits de douane

ƒ Meilleur accès au lithium et au graphite pour les batteries

MEXIQUE

ƒ De nouvelles opportunités dans les domaines de l’industrie pharmaceutique et de l’alimentation

ƒ Accès aux marchés publics

ÉTATS-UNIS

ƒ Cela reste une destination cruciale pour les exportations belges (1er partenaire commercial hors de l’UE)

ƒ Marché important pour l’industrie pharmaceutique, la chimie et les machines

2 LES INSTRUMENTS COMMERCIAUX AMÉRICAINS

RESTENT

UNE SOURCE D’INSTABILITÉ

Les développements commerciaux aux États-Unis montrent à quelle vitesse le climat commercial international change. Des arrêts judiciaires, des décisions administratives et de nouvelles études illustrent le caractère particulièrement dynamique de la politique commerciale américaine. Pour une économie ouverte comme la Belgique, cette volatilité constante a des conséquences directes sur l’exportation, la planification des investissements et les chaînes logistiques.

ARRÊTS DE LA COUR SUPRÊME DES ÉTATS-UNIS

La Cour suprême américaine a confirmé que l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) ne fournit pas de base juridique pour l’introduction de droits de douane réciproques. Cette loi visait en effet des sanctions financières en cas d’urgence, pas des mesures commerciales générales. Par conséquent, les tarifs basés sur l’IEEPA ont été révoqués.

Important : cette décision ne restreint pas les autres instruments de la politique commerciale américaine. La section 232 (sécurité nationale) et la section 301 (pratiques commerciales déloyales) et les tarifs qui y sont associés restent pleinement d’application.

APPLICATION DE LA SECTION 122 DU TRADE ACT

Suite à l’arrêt IEEPA par la Cour suprême, Washington a activé la section 122 du Trade Act de 1974, une clause qui permet d’imposer des droits de douane temporaires en cas de problèmes de paiement internationaux. Cette mesure introduit un tarif global de 10 % en plus des tarifs MFN existants (‘Most Favoured Nation’ ou nation la plus favorisée). Ce tarif est fixé pour une durée maximale jusqu’au 24 juillet 2026. Il ne s’applique pas à plusieurs groupes de produits, tels que certaines matières premières critiques, les produits pharmaceutiques et des composants industriels spécifiques. Les exceptions

prévues à la section 122 n’entravent toutefois pas l’utilisation d’autres fondements juridiques tels que la section 232, pour des mesures sectorielles spécifiques.

LIEN AVEC L’ACCORD-CADRE

UE–USA

L’accord-cadre entre l’Union européenne et les États-Unis prévoit un plafond de 15 % (y compris le tarif MFN) pour une grande partie des exportations européennes. L’ajout de taxes provisoires a amené certaines catégories de produits à se rapprocher de ce plafond, voire à le dépasser. Dès lors, la question se posait de savoir si l’accord devait continuer à être exécuté. L’UE a néanmoins ajusté les réductions tarifaires européennes pour des produits spécifiques en provenance des États-Unis.

Pour les entreprises, cela signifie que l’accès au marché américain est actuellement influencé, d’une part, par l’accord-cadre et, d’autre part, par des mesures américaines temporaires. C’est pourquoi un monitoring régulier reste nécessaire.

IMPACT SUR LES ENTREPRISES BELGES

Les entreprises belges sont en premier lieu confrontées à l’incertitude, car plusieurs mesures américaines sont temporaires ou sujettes à évaluation. Cela complique les accords contractuels, la fixation des prix et la planification de l’approvisionnement. Par ailleurs, le secteur pharmaceutique est désormais effectivement impacté par les tarifs américains. Une proclamation distincte de la section 232 le 2 avril 2026 a instauré des tarifs sur certains produits pharmaceutiques, avec une entrée en vigueur phasée et certaines exceptions. Même si les 15 % de l’accord-cadre UE-USA sont respectés, ceci a un impact direct sur les producteurs européens et belges.

De plus, les taxes existantes en vertu de la section 232 sur l’acier et l’aluminium restent un point de préoccupation majeur pour les exportateurs. Les modifications du 2 avril 2026 redéfinissent le régime : le champ d’application est délimité de manière plus sélective, excluant ainsi certains produits des taxes. Ce dernier élément est en revanche positif.

NOUVELLES ENQUÊTES DANS

LE CADRE DE LA SECTION 301

L’instabilité n’est toujours pas retombée. Les mesures de la section 122 étant temporaires, les Américains cherchent des alternatives pour pouvoir imposer des droits de douane. Ainsi, le représentant américain au commerce (United States Trade Representative, USTR) a lancé de nouvelles enquêtes en vertu de la section 301. Elles se focalisent sur :

ƒ la surcapacité industrielle structurelle ; ƒ les lacunes des dispositifs législatifs visant à faire respecter l’interdiction des produits issus du travail forcé.

Ces deux procédures, qui ciblent également l’Union européenne et donc la Belgique, pourraient déboucher sur de nouvelles mesures tarifaires. Elles constituent en outre un signal clair de la volonté des États-Unis de restructurer leur politique commerciale en s’appuyant sur des piliers juridiques alternatifs maintenant que l’IEEPA ne fournit plus de base tarifaire.

CONCLUSION

La relation commerciale entre l’Union européenne et les États-Unis reste cruciale sur le plan économique, mais la combinaison actuelle de taxes temporaires, de transitions juridiques et de nouvelles enquêtes instaure un contexte instable. Or la prévisibilité est essentielle pour les entreprises belges, que ce soit pour la planification des exportations ou pour les décisions d’investissement.

C’est pourquoi la FEB continue à s’engager fermement en faveur d’une information en temps réel, d’une coordination avec BusinessEurope et d’un dialogue structurel avec les institutions européennes. Une politique commerciale stable et transparente des deux côtés de l’Atlantique reste la meilleure garantie de compétitivité, de sécurité des investissements et de durabilité des chaînes de valeur transatlantiques.

3 LES RÉPERCUSSIONS DU CONFLIT

AU MOYEN-ORIENT

Dernièrement, les tensions géopolitiques et militaires au Moyen-Orient ont constitué une source d’incertitude majeure pour l’économie mondiale, principalement en raison des perturbations affectant les secteurs énergétique et logistique. Cette situation instable illustre une fois de plus la vulnérabilité persistante des chaînes de commerce et de production internationales face aux conflits dans cette région stratégique.

ÉNERGIE ET CARBURANTS :

PAS DE PÉNURIES, MAIS

DES FLUCTUATIONS DE PRIX PERSISTANTES

Les premiers signaux liés au conflit au Moyen-Orient n’ont pas eu d’incidence directe à court terme sur l’approvisionnement énergétique européen. Cela s’explique notamment par une diminution de la consommation de pétrole et de gaz au sein de l’UE, par une diversification accrue des fournisseurs et par des réserves de gaz confortables. Les prix de l’énergie et des carburants restent néanmoins particulièrement sensibles aux évolutions géopolitiques. Les marchés du pétrole et du gaz réagissent rapidement aux nouveaux incidents, ce qui se traduit par des fluctuations de prix marquées.

Cette volatilité se reflète également dans la flambée des prix des carburants, en particulier du diesel et du kérosène. Les secteurs du transport, de la logistique et les industries à forte intensité énergétique en ressentent rapidement les effets. En raison de l’augmentation des coûts de transport et de production, ces hausses de prix peuvent en outre se propager plus largement dans l’économie, notamment à travers les prix de l’électricité et des marchandises.

UNE LOGISTIQUE SOUS TENSION

Le Moyen-Orient joue un rôle clé dans le transport international. L’accroissement des risques de sécurité autour du détroit d’Ormuz, de la mer Rouge et du canal de Suez peut entraîner des déviations, le rallongement des durées de navigation et l’augmentation des coûts pour le transport maritime et aérien. De telles perturbations se répercutent sur les chaînes de valeur internationales et affectent tant l’industrie que le commerce. Par ailleurs, les prix de transport en hausse et l’adaptation des conditions d’assurance renforcent l’incertitude et augmentent structurellement la base de coûts des entreprises.

UN IMPACT PLUS LARGE SUR L’INDUSTRIE ET LES PRIX

Outre l’énergie et le transport, divers flux industriels entrants restent sensibles à l’augmentation des risques. Les matières premières, telles que les engrais, les métaux et les matériaux spécialisés, peuvent être confrontées à des hausses de prix et à des risques d’approvisionnement. Au niveau de l’agriculture et de la production alimentaire, cela engendre des coûts plus élevés, susceptibles de se répercuter à terme sur les prix à la consommation.

En cas de conflit prolongé ou de nouvelles escalades, des conséquences plus durables pourraient toutefois se manifester, notamment une inflation plus élevée, une pression accrue sur la compétitivité internationale et une réticence à investir. Pour la Belgique, ces hausses de coûts internationales, combinées à l’indexation automatique des salaires et à des coûts du travail déjà élevés, peuvent alourdir les répercussions et réduire la marge de manœuvre des entreprises. Cela souligne l’importance, pour l’Europe, de disposer d’une énergie abordable, de voies logistiques robustes et de chaînes d’approvisionnement résilientes et diversifiées.

À la mi-avril, le FMI a publié la toute nouvelle édition de son rapport « Perspectives de l’économie mondiale » (World Economic Outlook). Compte tenu de la forte incertitude géopolitique, plusieurs scénarios y sont envisagés1. Les conséquences régionales du conflit diffèrent fortement pour chacun d’eux. Les répercussions les plus négatives en matière de croissance et d’inflation sont attendues pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Le statut de l’Europe en tant qu’importateur net de combustibles fossiles joue un rôle déterminant à cet égard.

1 Selon le scénario le plus optimiste, la croissance mondiale s’établirait cette année à 3,1 %, ce qui représente une baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport à la prévision du rapport « Perspectives de l’économie mondiale » de janvier. Dans le scénario le plus pessimiste, la croissance mondiale passerait sous la barre des 2 %, seuil à partir duquel le FMI parle de récession mondiale.

LE CONSEIL À L’EXPORTATEUR

Les entreprises belges sont fortement intégrées dans des chaînes de valeur européennes et internationales. Cette ouverture crée des opportunités, mais rend également les entreprises extrêmement vulnérables aux tensions géopolitiques, aux conflits commerciaux, aux pandémies ou à d’autres chocs externes. Dès que ces flux commencent à fléchir, les entreprises de tous les secteurs en ressentent l’impact quasi immédiatement. La clé de la compétitivité réside donc dans l’anticipation en temps opportun et le renforcement de la résilience.

QUAND LA CHAÎNE SE GRIPPE

Les perturbations affectent les secteurs de différentes manières. Les entreprises de production, d’énergie et de transport font état de l’impact le plus lourd car elles sont étroitement intégrées dans les chaînes d’approvisionnement internationales, tandis que les services sont moins directement touchés. Mais dans chaque secteur, les perturbations ont des répercussions sur tous les processus successifs, du sourcing à la livraison.

Les tensions commerciales peuvent subitement entraver l’accès aux marchés. La guerre en Ukraine et les sanctions connexes ont montré à quelle vitesse la logistique, l’approvisionnement et les relations avec les clients peuvent être perturbés. Les restrictions à l’exportation pour les biens à double usage illustrent comment la politique a un impact direct sur les entreprises. Des crises sanitaires comme le COVID-19 ont révélé la vulnérabilité des réseaux logistiques mondiaux : ports fermés, retards de livraison, production à l’arrêt. Parallèlement, les risques liés au climat s’intensifient, allant de conditions météorologiques extrêmes à des voies de transport bloquées - comme le blocage temporaire du canal de Suez. Pour résumer : le commerce international demeure sujet à une vaste série de chocs potentiels.

DO’S-AND-DON’TS

PREPARE

ƒ Cartographiez la chaîne d’approvisionnement de l’organisation (analyse “as is”).

ƒ Identifiez les vulnérabilités grâce à une analyse approfondie des risques.

ƒ Diversifiez les fournisseurs et les voies logistiques.

ƒ Constituez des stocks stratégiques.

ƒ Investissez dans la simulation de scénarios et la visibilité (numérique) des stocks, du transport et de la « planification de la demande ».

ƒ Élaborez des plans de réponse flexibles (à la fois spécifiques à un scénario et génériques).

RESPOND

ƒ La collaboration est la clé du succès.

ƒ Communiquez de manière transparente et cohérente avec toutes les parties prenantes.

ƒ Utilisez des données en temps réel et des outils numériques pour une prise de décision rapide.

ƒ Prévoyez des réserves financières pour faire face aux coûts imprévus.

ƒ Veillez à une gestion dynamique des stocks et de la planification.

ƒ Identifiez les enseignements à tirer de la perturbation.

Pour en savoir plus sur les do’s-and-don’ts concernant le risque de perturbation de la chaîne d’approvisionnement, consultez le toolkit “BE PREPARED - Building Business Resilience in a Disruptive World ”.

Consultez le toolkit “BE PREPARED ” sur notre site : www.feb.be/publications

QUE FAIRE SI MA CHAÎNE DE VALEUR EST PERTURBÉE ?

DE LA VULNÉRABILITÉ À LA RÉSILIENCE

La résilience commence par la compréhension. Les entreprises doivent cartographier leurs flux de produits, leurs sites, leurs dépendances et leurs coûts et effectuer une analyse de risque approfondie. Les vulnérabilités telles que la dépendance à un seul fournisseur, la transparence limitée ou des goulets d’étranglement logistiques doivent être explicitement identifiées. Les exercices de scénario et les analyses d’impact facilitent l’élaboration de stratégies d’atténuation ciblées. Il est également recommandé d’évaluer la maturité en termes de sourcing, de transparence, de planification de disruption et d’empreinte. Cela donne une feuille de route avec des initiatives concrètes − de la numérisation et la traçabilité à la gestion de crise − qui renforce l’organisation de bout en bout.

RÉAGIR VITE ET AVEC DISCERNEMENT

Lors d’une perturbation, la rapidité est importante, mais la structure l’est tout autant. Les organisations qui ont des rôles, des plans d’action et des canaux de communication bien définis se stabilisent plus rapidement. Des fournisseurs et des itinéraires logistiques alternatifs doivent être immédiatement opérationnels. Les réserves financières offrent de la marge pour absorber des transports plus coûteux ou une production d’urgence. Des données en temps réel, des plateformes numériques et une gestion flexible des stocks accélèrent les décisions et garantissent la continuité. Une évaluation systématique a posteriori garantit que chaque incident donne lieu à des temps de récupération plus courts et à des améliorations durables.

LA POLITIQUE COMME LEVIER

Les responsables politiques jouent également un rôle crucial. L’accès aux marchés internationaux doit être maintenu grâce à une politique commerciale européenne ambitieuse et prévisible et à un marché intérieur qui fonctionne bien. Pour les matières premières critiques, une surveillance, des alternatives circulaires et des réserves stratégiques sont nécessaires. Une politique cohérente agit comme un levier

pour des chaînes de valeur compétitives et résilientes dans un monde de plus en plus complexe.

UE–MERCOSUR

: NOUVELLES RÈGLES DEPUIS LE 1ER MAI

Le 1er mai 2026, le volet commercial de l’accord EU-Mercosur est provisoirement entré en vigueur pour les quatre pays du Mercosur. De ce fait, les tarifs sur une variété de produits industriels et autres ont été baissés immédiatement et les exportateurs ont à leur disposition des règles commerciales plus claires et prévisibles. Cela crée un accès supplémentaire au marché dans une zone de plus de 260 millions de clients et encourage les investissements sur le long terme.

Pour les exportateurs belges, il est désormais bénéfique de vérifier systématiquement quelles gammes de produits sont effectivement moins chères, comment les règles d’origine sont exactement établies et quelles exigences douanières s’appliquent.

Les données les plus actuelles sur les tarifs, l’accès au marché et les exigences documentaires sont disponibles sur Access2Markets, qui met progressivement à jour les informations pertinentes du Mercosur depuis l’entrée en vigueur du traité.

En savoir plus ?

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Access2Markets

© Union européenne, 2024

LA FEB EN ACTION

La FEB est très active dans le domaine de la diplomatie économique, tant à l’étranger (dans le cadre de visites d’État et de missions économiques) qu’en Belgique. Elle favorise ainsi les contacts entre les entreprises belges et les pouvoirs publics étrangers, et entretient des liens étroits avec le monde diplomatique à Bruxelles et à l’étranger.

10 DÉCEMBRE 2025 – PLATFORM INTERNATIONAL – ASIE CENTRALE

La FEB et les membres de sa Platform International ont échangé, lors de leur réunion du 10 décembre 2025, avec Hubert Roisin, chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, autour des priorités de la diplomatie économique belge et de l’actualité géopolitique. Les discussions ont mis en lumière le rôle central de la diplomatie économique dans le soutien à l’internationalisation des entreprises. Un accent particulier a également été mis sur les opportunités commerciales au Kazakhstan, en Ouzbékistan et en Azerbaïdjan, des marchés en pleine croissance illustrant le potentiel de la région et l’importance de partenariats locaux.

30 JANVIER 2026 – PLATFORM INTERNATIONAL

– UN AN TRUMP II

Le 30 janvier, la Platform International de la FEB s’est réunie en présence de l’ambassadeur de Belgique aux États-Unis, Frédéric Bernard. La rencontre a permis d’échanger sur l’évolution des relations transatlantiques, en particulier le bilan de la première année de l’administration Trump II et les tensions commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis. Les discussions ont également porté sur les enjeux économiques et sécuritaires, le rôle futur de l’OTAN et le climat politique intérieur américain. Enfin, les perspectives pour les prochaines années ont été évoquées, notamment les élections de mi mandat et leurs implications pour la coopération UE-Belgique-États-Unis.

5 FÉVRIER 2026 –DIPLODAYS

Organisée dans le cadre des Journées diplomatiques en collaboration avec BECI, AKT et Voka, la rencontre annuelle Diplomates-Chefs d’entreprise a réuni entrepreneurs et représentants diplomatiques autour des enjeux d’un contexte géopolitique et économique sous tension. Lors de son discours, René Branders, président sortant de la FEB, a souligné la vulnérabilité de l’économie belge face au recul des exportations et à la pression sur l’industrie, appelant à renforcer la résilience et à miser sur l’exportation, l’innovation et la coopération internationale pour préserver croissance, emploi et compétitivité.

12 FÉVRIER 2026 –RENCONTRE AVEC LE MINISTRE SAOUDIEN

Le 12 février, René Branders a pris part à une table ronde exclusive organisée par le SPF Affaires étrangères, à l’occasion de la visite en Belgique du ministre saoudien de l’Industrie, S.E. M. Bandar bin Ibrahim Al Khorayef, en présence notamment du vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi et de l’Economie David Clarinval. Les discussions ont mis en lumière les secteurs liés à la production manufacturière et aux ressources minérales, tout en amorçant les échanges en vue de la visite d’État en Arabie Saoudite prévue en novembre.

© Triptyque
© SPF Affaires étrangères Belgique

3 AVRIL 2026 –PLATFORM

INTERNATIONAL - CHINE

Le 3 avril, la Platform International de la FEB s’est réunie en présence de l’Ambassadeur de Belgique en Chine, Bruno Angelet. Cet échange a permis d’aborder les enjeux et défis de la relation Belgique/UE–Chine, notamment la stratégie industrielle de la Chine, le positionnement de l’Union européenne et les perspectives pour les entreprises belges dans un contexte économique et international complexe. La réunion a également été marquée par la passation de la présidence de la Platform International de Jan Grauls à René Branders.

24-26 MARS 2026 –

VISITE D’ÉTAT EN NORVÈGE

En mars, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué une visite d’État en Norvège, accompagnés d’une délégation d’entreprises belges. Cette visite s’inscrivait dans la continuité de la mission économique menée par la princesse Astrid deux ans plus tôt. Objectif ? Consolider les liens politiques, diplomatiques et économiques. La Norvège est un partenaire stratégique pour la Belgique : à la fois en tant que fournisseur d’énergie fiable dans un contexte géopolitique volatil et comme pays offrant de nombreuses opportunités dans des domaines variés, tels que la technologie, le secteur maritime et la défense. Pieter Timmermans, CEO  de la FEB, faisait partie de la délégation et a organisé, en collaboration avec la fédération patronale norvégienne NHO, un “breakfast briefing” destiné à offrir aux entreprises belges des éclairages concrets sur le marché norvégien et ses perspectives économiques.

© FEB

6 MAI 2026 – YTIA XPLORER AWARD

Le 6 mai 2026 s’est tenue la journée du jury de la deuxième édition du Xplorer Award, une initiative de la FEB visant à soutenir des étudiants entrepreneurs porteurs d’ambitions internationales. L’objectif : les encourager, dès le départ, à penser et à entreprendre au delà des frontières. À l’issue de cette journée, le jury a désigné cinq lauréats parmi dix candidats présélectionnés. Ils remportent un parcours de croissance intensif avec un coaching personnel par un membre du jury, des formations ciblées et des ateliers. Point d’orgue du programme : un voyage entrepreneurial et de réseautage à New York et à Chicago, leur permettant de développer leur réseau et leur compréhension des enjeux internationaux.

11-15 MAI 2026 –MISSION ÉCONOMIQUE EN TURQUIE

Du 10 au 14 mai, la mission économique belge en Turquie s’est déroulée sous la présidence de la reine Mathilde, avec des visites à Istanbul et à Ankara. La mission a rassemblé plus de 400 participants issus d’environ 200 entreprises belges et a offert une plateforme solide pour approfondir les relations économiques entre la Belgique et la Turquie. La FEB faisait partie de la délégation et a organisé, en collaboration avec TÜSIAD, l’organisation patronale turque, un “Power Lunch” avec le ministre turc des Finances, Mehmet Şimşek, comme orateur principal, ainsi qu’un “Success Stories Breakfast ” mettant à l’honneur des collaborations belgo turques couronnées de succès. Lors de cette mission, la FEB était représentée par René Branders, président honoraire de la FEB.

© BELGA

MEET THE MINISTER

Dans cette nouvelle édition de “Meet the …”, nous vous présentons une personnalité éminente qui joue un rôle clé dans le commerce belge. Nous avons le plaisir de nous entretenir avec Maxime Prévot, vicePremier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement.

QUELLE PLACE OCCUPE LA DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE DANS VOTRE POLITIQUE ET, SELON VOUS, COMMENT PEUT-ELLE FAIRE LA DIFFÉRENCE POUR LES ENTREPRISES BELGES SUR LES MARCHÉS ÉTRANGERS ?

« La diplomatie économique est un axe majeur de ma politique étrangère. La Belgique est l’un des pays les plus ouverts au monde. Nos exportations représentent 85 % de notre PIB. Chaque emploi belge est, directement ou indirectement, lié à notre capacité à exporter, à attirer des investissements et à sécuriser nos chaînes d’approvisionnement. Ma priorité est de mobiliser l’ensemble de notre réseau diplomatique au service de cette réalité.

La diplomatie économique n’est plus un département parmi d’autres : c’est un pilier central de mon action. Et cela se traduit sur le terrain. J’ai accompagné le roi et la reine lors des visites d’État au Vietnam et au Chili en 2025, puis en Norvège en mars dernier, et les accompagnerai au Kazakhstan en octobre. Après la mission en Inde l’année dernière, j’ai récemment participé à la mission économique en Turquie et, plus tard dans l’année, en novembre, je participerai à la mission en Arabie saoudite. Chacun de ces déplacements a un objectif clair : ouvrir des portes pour nos entreprises et défendre nos intérêts économiques.

Mais la diplomatie économique, ce ne sont pas seulement des missions à l’étranger. C’est aussi un travail de fond essentiel : cartographier nos dépendances, renforcer nos secteurs stratégiques, et activer l’ensemble de nos leviers − Credendo, Finexpo, les instruments de coopération internationale − dans une logique Team Belgium. Mon message aux entrepreneurs est simple : nous ne sommes pas une des plus grandes puissances, mais la crédibilité et l’efficacité de notre diplomatie permettent d’atteindre des résultats concrets. Utilisez-nous. Notre réseau de postes, les collègues du SPF affaires étrangères et mon cabinet sont là pour vous. »

QUEL

RÔLE VOYEZ-VOUS POUR LA BELGIQUE, DANS LE CADRE EUROPÉEN, AFIN DE CONTINUER À PROMOUVOIR UN ENVIRONNEMENT COMMERCIAL INTERNATIONAL OUVERT ET PRÉVISIBLE ?

« Dans un contexte de tensions commerciales croissantes, le rôle de l’Union européenne et de la Belgique est plus crucial que jamais. En tant qu’économie ouverte, le protectionnisme nous frappe de plein fouet. Mais je refuse toute posture défaitiste. La Belgique peut et doit être un moteur au sein de l’UE pour défendre un commerce inter-

© SPF Affaires
étrangères Belgique

national fondé sur des règles.

Premièrement, nous devons finaliser et ratifier les accords commerciaux déjà conclus. C’est une question de crédibilité. Je soutiens aussi l’exploration de nouveaux modèles comme les Clean Trade and Investment Partnerships, qui permettent d’aboutir plus rapidement à des résultats concrets.

Deuxièmement, nous devons oser nous défendre. Je plaide pour un recours assertif, rapide et proportionné aux instruments de défense commerciale lorsqu’une concurrence déloyale menace nos entreprises. Protéger nos intérêts à court-terme, tout en visant la désescalade à moyen-terme, c’est l’équilibre que je recherche. Dans ce sens, une réforme crédible de l’OMC reste indispensable. Le système multilatéral est sous pression. Pour un pays comme la Belgique, un ordre commercial fondé sur des règles claires est notre meilleure assurance-vie.

Troisièmement, la compétitivité européenne doit s’inscrire dans une approche plus large et plus stratégique. La simplification réglementaire − à travers les paquets ‘Omnibus’ − reste un point de départ essentiel et une condition de crédibilité. Mais elle ne suffit pas à elle seule. Pour créer un environnement commercial international ouvert, prévisible et favorable à l’investissement, nous devons également poursuivre nos objectifs essentiels, l’intégration du marché intérieur et renforcer notre base industrielle. À cet égard, des initiatives telles que l’Industrial Accelerator Act (IAA) sont cruciales. »

COMMENT PERCEVEZ-VOUS AUJOURD’HUI LES

PRINCIPALES ÉVOLUTIONS INTERNATIONALES

AYANT UN IMPACT SUR LE COMMERCE ET LES INVESTISSEMENTS BELGES, ET QUELS POINTS D’ATTENTION SONT POUR VOUS ESSENTIELS ?

« Le monde devient de plus en plus transactionnel. Et les événements récents nous le rappellent avec une brutalité inédite. Plusieurs évolutions me préoccupent particulièrement.

D’abord, la sécurité énergétique. Les tensions dans le détroit d’Ormuz affectent l’approvisionnement mondial. L’Agence internationale de l’Énergie a activé la plus importante libération de stocks stratégiques jamais décidée. Pour nos entreprises, cela se traduit par une forte volatilité sur les prix du kérosène, du diesel et du gaz, dans un contexte marqué par la sortie du gaz russe en janvier 2027 et des incertitudes autour du gaz qatari et américain. Les risques sont réels, mais gérables si nous anticipons.

C’est pourquoi nous devons diversifier nos partenariats énergétiques, agir résolument dans le cadre européen, accélérer la transition énergétique et pousser l’Europe à investir dans ses propres infrastructures. L’autonomie énergétique est un enjeu de notre souveraineté et de notre compétitivité économique.

Ensuite, la relation transatlantique. Les États-Unis restent notre premier partenaire commercial hors UE : 900 entreprises américaines en Belgique, plus de 115.000 emplois. Cette relation est vitale mais doit être à double sens. Face aux tendances protectionnistes, notre diplomatie défend nos intérêts tout en maintenant un agenda positif.

Un autre enjeu majeur, l’accès aux matières premières critiques. Les terres rares, les semi-conducteurs, les composants essentiels à notre industrie, font l’objet de rivalités géopolitiques croissantes. Notre ‘envoyé spécial’ belge chargé des matières premières critiques est pleinement mobilisé sur ce dossier, et nous ne pouvons pas nous permettre d’être relégués en marge de cette course stratégique.

Enfin, la diversification de nos marchés. Notre diplomatie a trop longtemps négligé certaines régions. J’investis dans nos relations avec les pays du Golfe, l’Asie centrale − en ouvrant un poste en Ouzbékistan −, l’Amérique latine, et l’Afrique, continent en expansion majeure qui représente l’avenir de nos partenariats économiques.

Si nous voulons éviter d’être ‘un oiseau pour le chat’, nous devons assumer une approche plus décomplexée et déterminée dans la défense de nos intérêts économiques. »

FÉDÉRATIONS SECTORIELLES

MEMBRES DE LA FEB

En collaboration avec ses fédérations sectorielles membres, la FEB met tout en œuvre pour défendre les intérêts de nos entreprises actives à l’international. Elle s’attelle également à informer le monde entrepreneurial belge de la dynamique géopolitique, des nouvelles réglementations européennes et supranationales, des traités bilatéraux et multilatéraux… ayant un impact majeur sur nos activités commerciales internationales.

MEMBRES EFFECTIFS

MEMBRES ADHÉRENTS

& INTERNATIONAL

Le centre de compétence (CC) Europe & International de la FEB assure le contenu rédactionnel du Focus International Trade.

L’ÉQUIPE

LA FEB EST TRÈS ACTIVE DANS DE MULTIPLES FACETTES DU COMMERCE INTERNATIONAL. CITONS, DE MANIÈRE NON EXHAUSTIVE :

• La veille permanente quant au bon fonctionnement du marché intérieur européen ;

• Le suivi de la politique commerciale européenne ;

• La promotion des accords de libre-échange auprès des entreprises ;

• Le suivi des tensions commerciales et de leur impact ;

Monteyne

Premier conseiller

Torre Van de Walle

Attaché

• La protection des investissements de nos entreprises à l’étranger et, inversement, des investissements étrangers en Belgique ;

• L’organisation de multiples activités en lien avec la ‘diplomatie économique’, dont la participation aux visites d’État et missions économiques.

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Pierre Seghers bevenue@vbo-feb.be BeVenue

Rue Ravensteinstraat 4 - 1000 Brussels

Tel. 00 32 2 515 09 64

Brought to you by:

FOCUS INTERNATIONAL TRADE

Publication semestrielle de la Fédération des entreprises de Belgique

RÉDACTION

Olivier Joris, Torre Van de Walle, Benoit Monteyne

RÉDACTION FINALE

Johan Van Praet, Anne Michiels, Charlotte Jonné, Wouter Spriet

TRADUCTION

Service de traduction FEB

RESPONSABLE DES PUBLICATIONS

Stefan Maes

ÉDITEUR RESPONSABLE

Stefan Maes, Rue Ravenstein 4, 1000 Bruxelles

Date de publication : 10 juin 2026

Deze brochure is ook verkrijgbaar in het Nederlands. Cette publication peut être lue en ligne sur www.feb.be > Publications

ISSN 2736-4437

Porte-parole des entreprises de Belgique, la FEB représente – au travers d’une cinquantaine de fédérations sectorielles membres – plus de 50.000 petites, moyennes et grandes entreprises. Ensemble, elles assurent 75 % de l’emploi dans le secteur privé, 80 % des exportations et 2/3 de la valeur ajoutée créée en Belgique. Seule coupole d’employeurs au niveau interprofessionnel, la FEB représente les entreprises des trois Régions du pays.

+50.000

petites, moyennes et grandes entreprises 75 % de l’emploi dans le secteur privé 2/3 de la valeur ajoutée

80 % des exportations

3 Régions

Boussole par excellence pour les entreprises en Belgique

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