Haïti Faubert Bolivar • Watson Charles • Jean D’Amérique • Ife Day • Benz DeBrosse • Sandra Dessalines • Shérane Figaro • Wood-Jerry Gabriel • Garnel Innocent • Jean Simon James • Frantz Kerby Mathieu • Guy-Gérald Ménard • Stevenson Mervil • Judith Michel • Philippe Norbert • Carl-Henry Pierre • Stéphane Saintil • Jean Erian Samson • Jean Wadly Samson • Christian Laurent Similien France Adine Barak • Lou Benlahcen-Kernin • Patricia Cros • Marion Guilloux • Sandra Hernández • Serge Lapisse • Camille Lorgue • Alban Marissal • Muriel Mingau • Sara Mychkine • Grégory Rateau • Marylou Ribes • Emmanuelle Sarrouy • Modesta Suárez • Nathalie Yot Guadeloupe Anaïs Cheleux • Georges Cocks • Chantaléa Commin • Agnès Djafri • Cindy Le Boucher • Macojaune • Stéphanie Melyon-Reinette • MIXI • Iro Mushoku Martinique Roseline Emonides • Patrick Lanoix • Christophe Mert • Angela Pierre-Louis La Réunion Solen Coëffic • Kloé Doutremer • Léana Gaspal • Mari Girardo Sisahaye • Ka Loune • André Robèr • Gwenaëlle Tatoué Belgique Céline Cétout • Eléonore Coyette • Hugo Fontaine Ile Maurice Olivier Chutel • Michel Ducasse • Julien Moriceau • Sedley Richard Assonne Liban Praline Gay-Para Madagascar Marie Ranjanoro Mayotte Nassuf Djailani Russie Anastasia Kruglyak Seychelles Magie F-V Vijay-Kumar Cameroun Marc Alexandre Oho Bambe • Kouam Tawa Brésil Fernanda Lago • Yara Ligiéro
Bénin Coffi Adjaï • Achille Adonon • Noudeou Noëlie Houngnihin • Audace Tognissè Aziakou Maroc Rachid Rafik République démocratique du Congo Tiffanie Delune Algérie Selma Guettaf Burkina Faso Agnès Tebda Talato Guinée Bissau Braïma Injaï Guyane Emmelyne Octavie Cuba Nancy Morejón
Image de couverture : Tiffanie Delune, The Gift, 2020, techniques mixtes sur papier coton , 150 x 120 cm
Égypte Ahmed Kamel
Dépôt légal : Bibliothèque nationale de France, novembre 2022 ISSN : 2826-1135 Prix : 25€€
Revue haïtienne des cultures créoles #5 · Fête/Fèt · 2022
Directeur de publication Jean Erian Samson
Rédacteur en chef Evains Wêche
Direction artistique
Yara Ligiéro, Florence Conan & Jean Erian Samson
Graphiste
Célestine Viart
Comité de lecture
Adine Barak, Coline Biarneix, Estelle Coppolani, Arnaud Delcorte, Maggy Faure-Vidot Vijay-Kumar, Yara Ligiéro, Frantz Kerby Mathieu, Stéphanie Melyon-Reinette, Guy Gérald Ménard, Lolita Monga, Catherine Panot, David Redon, Stéphane Saintil, Evains Wêche
Traduction
Sandra Hernández, Modesta Suárez & Yara Ligiéro
Secrétaire de rédaction Stéphane Saintil
Chargées de médiation et de diffusion
Adine Barak, Soraya Jasmin & Mélissa Lamarre
Service communication et presse Léa Georges & Frantz Kerby Mathieu
© Association Vagues Littéraires www.associationvagueslitteraires.org Lou Benlahcen-Kernin, Boum Boum, 2022
ÉDITORIAL Stéphanie Melyon-Reinette Des corps en transe, la sueur humidifiant l’air ambiant, l’extase et les cris générés par des substances psychotropes, ecstasy ou autres petits bonbons aux tons acidulés. La Rave party ou d’autres soirées endiablées avatars de ce modèle de rassemblements massifs surfant sur des ondes musicales criardes et sauvages sont le paradigme sociopolitique du phénomène à l’étude dans ce cinquième volume de la revue DO.KRE.IS. Cette idiosyncrasie si singulière dont tous les peuples se prévalent et que les institutions dénoncent, trop souvent, comme des lieux de subversion et de déviance, est occultée dans ses dimensions pleines. En effet, depuis 1995, le gouvernement français vote et maintient, dès lors, la circulaire intitulée « les soirées raves : des situations à hauts risques », émise par la Direction générale de la police nationale. On ne voit que les grands raz-de-marée des jeunesses libérées, insoumises, et révoltées qui par la fête et les danses exorcistes miment leurs colères, leurs soulèvements et leurs indignations. Mal contrôlées, elles deviennent des gabegies. Nombre d’États diabolisent et criminalisent ces manifestations, en leur opposant, notamment, leurs propres rassemblements officiels, rangés en ordre de bataille et a priori constitutifs per se d’une identité nationale. On les appelle commémoration. Un terme qui revêt la solennité et la noblesse des rituels de mémorialisation, ciment du tissu social. Pourtant, ces deux phénomènes obéissent à des lois identiques : ils visent à rassembler des individus en groupes tribaux autour de rituels de passage et de transformation, constituant des mémoires qui s’inscrivent dans les corps et les esprits par les actes conjointement posés. Ils sont traversés par des émotions intenses de la solennité d’une célébration institutionnalisée à la catharsis collective d’un feu de joie, ou d’une joie enfiévrante, en passant par les rites de transition entre les dimensions de l’existence : vie et mort, union et désunion, naissance et enterrement, etc. Roland Escarpit, sociologue et journaliste français, écrivit que : « La ripaille est la fête de l’affamé comme l’évasion est la fête du prisonnier et l’insurrection la fête de l’opprimé ». Sous des atours variables, la fête est un phénomène à modeler au gré des circonstances et des prétextes de rassemblements. Et qui déclara que la fête devrait être joyeuse ? Des traits redondants, et par là même reconnaissables, permettent de l’identifier chaque fois qu’elle se présente dans nos espaces. Il y aura l’effervescence des mouvements de foule ; l’iridescence des couleurs chamarrées des drapeaux, des fanions, des corporéités arc-en-ciel ; les silences et les scansions et toute une palette émotionnelle contrastant des états de bien-être ou de malaise, de crispation ou d’émancipation, de crise ou de concorde. La fête résulte d’un bouleversement ou provoque ce bouleversement. Une rupture. La fête s’amuse aussi des différences et des divergences. Elle peut se teinter de classisme tantôt, et tantôt l’abroger. Selon les principes, préceptes, dogmes, valeurs et codes de ces ensembles tribaux, elle peut être un entre-soi excluant et discriminant ou un tourbillon explosant toutes les scissions du monde. Elle peut être l’un ou l’autre. L’un et l’autre. L’un puis l’autre. Par ailleurs, aux antipodes des manifestations d’extraversion publique, dans les rues, sur le pavé, ou les campagnes reculées, la fête peut aussi trouver autant de solennité ou de réjouissance dans un moment d’introspection ou d’introversion. Les manifestations collectives ne sont-elles pas un mouvement holistique d’individualités jouissantes à l’unisson ? La fête est aussi une alégresse intérieure qui se passe dans les plaisirs des sens. Le spectacle d’un paysage mélancolique qui convoque les larmes. L’ivresse des effluves d’un repas dominical ou d’un jardin en fleurs. L’extase des papilles excitées par un met délicieux qui se délite sur la langue. La passion d’une caresse sur une peau que l’amour avait déserté. Le soleil après la bruine.... La bénédiction d’un esprit en soliloque avec la vie. La fête se trouve aussi dans la poésie du quotidien… les rituels du jour au lendemain répétés. Finalement, il y aura toujours quelque chose de vertigineux. D’abyssal. De fécond. Ces visages protéiformes commanderaient l’emploi du pluriel : les fêtes. Pourtant, ce cinquième volume de la revue DO.KRE.I.S a amené.e.s, auteur.ice.s, artistes et philosophes, à interroger le singulier de la fête. Et pour cause, cette revue haïtienne, oracle des mondes créoles et créolophones, renverse les équilibres et regardant le monde depuis ses centres, les prédites marges du globe et des anciennes colonies. Alors, lui sera pardonné le choix
de rendre ici universelle une des règles fondamentales de la graphie des créoles : l’absence des marques de la pluralité. FÈT. FÊTE. Les langues créoles chérissent l’essence des choses. Et c’est l’essence de la fête qui est interrogée, disséquée, explorée dans son kaléidoscope primordial. « Faîtes-fête ! » entonne Emmelyne Octavie (Guyane) pour vous inviter, lecteur.ice.s, à la transcendance des obscurantismes à travers une fête-abolition, à travers sa poétique libératoire, tout comme Faubert Bolivar vous plonge au cœur des orgies des politiques publiques qui cherche à annihiler les carnavals, les festivals de la chair dans sa nouvelle « Comme un enfant turbulent assagi par les démons de la nuit ». « La quête » que la Fête personnifiée traverse dans la parabole d’Anastasia Kruglyak la mène à travers ses diverses incarnations ad nauseam : elle va mofwazé (se transformer) encore et encore, tel un haut-lecœur qui s’écraserait dans une vomissure, puissant acte ultime de purification de la fête, selon Carl-Henry Pierre (Haïti). Apré fèt, sé graté tèt dit un proverbe créole des archipels franco-caribéens. Après la fête, après l’ébriété qui possède les corps et les têtes, il y a aussi le vide, la désorientationperdition et le dénuement des lieux désertés par la liesse ou la colère. Il y a la solitude et le vide. L’espace laissé mutique. La prière du malheureux — « Priyè Malere » — livrée par Jean D’Amérique s’ouvre sur la renaissance de la nation, le premier jour de la révolution. Ces dates qui marquent l’avènement de mondes nouveaux tels que les fêtes des indépendances africaines. Des ethnographies et reportages offrent des regards sur les fêtes accouchées de l’histoire en marche. On y évoque les traditions ancestrales du vodun au Bénin, du Séga ou de la Fèt Kaf ou la célébration du revivalisme des créoles tombés en désuétude suite à la prohibition décrétée sur ces idiomes par Stéphane Saintil (Haïti). Patricia Cros (France) se remémore comment un atelier interculturel se transforme en des noces humanitaires. Des textes magnifiques jalonnent ce volume, par une approche transdisciplinaire, et transculturelle — à travers la diaspora africaine et en relation avec d’autres espaces. La sélection iconographique vient soutenir ce torrent d’images évocatrices : Les danseuses déliées de Shérane Figaro (Haïti), les libations florales d’ Anaïs Cheleux (Guadeloupe), les prophéties oniriques de Tiffanie Delune (France-RDC), les femmes totems de Roseline Emonides (Martinique), la magie d’Iro Mushoku (Guadeloupe), les foultitudes enspiralées et les sourires des patates féériques de Lou Ben Lahcen (France), la Solitude, Marianne noire, de la place des fêtes de Chantaléa Commin (Guadeloupe), et bien d’autres portfolios qui capturent nos regards au cœur de la fête, tour à tour lumineuse, sanglante, vociférante, extatique, émancipatrice, guerrière ou soldatesque, de teintes hypnotiques ou de nuances de gris... Les pages qui suivent sont autant de liturgies et d’enchantements, de célébrations et de banquets de nos latitudes et territoires qui accueillent à bras ouverts l’outremer européen. « Une fête est un excès permis, voire ordonné » dit Sigmund Freud. Alors, Commensaux, Festivalier.ères, Initié.e.s, Poètes.se.s, Orateur.ice.s, Révolutionnaires, la fête est à vous ! Bal fini, vyolon an sak !
Lou Benlahcen-Kernin, Patate germée, 2022
Agnès Tebda Talato, Les masques, 2021, 120 x 105 cm
Faire la fête c’est prendre corps au monde. C’est vouloir le monde à plusieurs, l’embrasser de manière collective. C’est peut-être infléchir la réalité à des exigences plus sensibles, sensitives, sensuelles, voire oniriques. La fête convierait à une notion de liberté, ouvrant le champ des possibles sous des formes multiples.
SOMMAIRE
DO 33
La fête est fèt et vice versa Marylou Ribes
46
Au sommet insulaire de ta fougue Nassuf Djailani
65
À Maurice, la culture et la fête serontelles accaparées comme ses plages ? Olivier Chutel & Julien Moriceau
49
Lettre à Gaëlle Bien-Aimé Marion Guilloux
73
Destin maloya lé dans nout mains Gwenaëlle Tatoué
52
priyè malere Jean D’Amérique
109
De l’institutionnalisation de la « fête de vodun » au Bénin Lylly Houngnihin
53
Mèt Mwen a la Fèt Stéphanie Melyon-Reinette
58
Dans lamizè Christian Laurent Similien
60
Pelerinaj sous Channmas Jean Wadly Samson
62
Faites-fête ! Emmelyne Octavie
71
Mazinasyon Fét lo Mor Léana Gaspal
76
Jour de fête, a pa la fèt Agnès Djafri
78
Comment la joie est venue au monde Praline Gay-Para
142
La tradition, une source d’inspiration dans un processus de création Shérane Figaro
159
Broasca : Eu scriu petrecerea Patricia Cros
KRE 10
Last night a DJ saved my life Marc Alexandre Oho Bambe
13
Pwasondavril Guy-Gerald Ménard
18
20
24
30 37
Premier tableau du jardin qui n’existe pas Nancy Morejón Fèt : Célébration du corps et renaissance de l’être Anaïs C. Comme un enfant turbulent assagi par les démons de la nuit Faubert Bolivar Le malandrin de la fête Georges Cocks (re)naître, – portraits d’un poème Jean Erian Samson
42
La quête Anastasia Kruglyak
45
Nocturne Alban Marissal
82
Place Stanislas Michel Ducasse
84
Arendrina Marie Ranjanoro
90
L’Alphabet des gâchettes Frantz Kerby Mathieu
92
D’autres horizons Serge Lapisse
96
On aurait souvent oublié de danser d’Achille Adonon Coffi Adjaï
100
Nature bien fête Camille Lorgue
102
Liscar Riotus Judith Michel
105
Carnaval caraïbe Patrick Lanoix
106
Vomir Carl-Henry Pierre
174
Passages, diptyque Cindy Le Boucher
116
Fête de la Saint-Joseph Watson Charles
176
Fèt/fête Céline Cétout
118
Sans titre Nathalie Yot
177
Le grand soulagement Magie F-V Vijay-Kumar
120
Château-Rouge Grégory Rateau
178
Diptyque Labyrinthe 1 et 2 Fernanda Lago
126
Parades nuptiales Emmanuelle Sarrouy
182
C’est la fête à Kiev ! Sedley Richard Assonne
130
Lâcher le ciel et la terre et partir Ife Day
185
Histoires queue-de-chat Kouam Tawa
132
Zazanavindrano Ondine, fille de l’eau Ka Loune
186
Sight Série de photos, Le Caire, 2012 Ahmed Kamel
138
Gweta Yara Ligiéro
190
joyeux anniversaire Hugo Fontaine
144
Dis-moi ton prénom Stevenson Mervil
146
« F » comme fête et folie James Stanley Jean-Simon
149
Ils fêtent Selma Guettaf
150
«Faire la fête c’est prendre corps au monde» MACOJAUNE
152
Lavi enstriman Innocent H. Garnel
155
Poisse Muriel Mingau
160
Kolkol Mari Girardo Sisahaye
166
Mémoire de l’oubli Wood-Jerry Gabriel
168
Sans titre Sara Mychkine
170
Alantran, une fête aux chants des sirènes Philippe Barthelemy
I 122
Donaldzie Théodore : un premier album en guise d’offrande Éléonore Coyette
162
D’une célébration de la langue ! La réappropriation du créole jamaïcain par Louise Bennett-Coverley Adine Barak
S 135
Èske Ayisyen ki pa konn ekri kreyòl se manfouben ak sankoutcha ? Stéphane Saintil
164
Un homme sans volonté, Marc Desaubliaux Selma Guettaf
180
Une savoureuse nouvelle à chute signée Dany Laferrière Nassuf Djailani
10
Last night a DJ saved my life Marc Alexandre Oho Bambe
J’espérais le soleil. Et pour moi, le soleil brillait. La nuit. Et tous les matins, je devais me recomposer avec ce que je portais de nocturne en dedans, retourner vers le jour avec sous la peau le mélange de toutes les extases de la veille. Je me shootais, beaucoup, beaucoup trop peut-être. Pour tenir le rythme, la frénésie folle, de mes soirées hallucinantes hallucinées. Dans le quartier, on m’appelait « l’enfant de la fête », et le moins que l’on puisse dire, c’est que je portais bien mon nom. Il est 7 heures du mat. Comme presque toutes les nuits, celle-ci a accouché d’un jour neuf. Je n’ai cependant aucune envie de rentrer. Je souris ivre sur le quai. Derrière moi coule la nuit, cette nuit. Et son regard planté dans le mien. Le Club a fermé il y a presque une demi-heure, et pourtant j’ai la sensation d’y être encore. Je ressens les infrabasses, le groove, afrobeat, électro, deep house, amapiano, la musique au corps. Mon cœur bat, fort. Très fort. Et j’ai ces mots qui me reviennent, comme un boomerang. Tout ce tu consommes avec excès, finalement te consume. Les mots de Jihane, jeune femme au visage-lune et à la voix de rivière. Jihane est DJ un week-end sur deux au Club 54, établissement que je fréquente du lundi au dimanche, pour noyer tous mes manques. Cela fait quelques semaines qu’elle officie et embrase le dancefloor du plus hot spot de la ville, et nous sommes plusieurs habitués à avoir remarqué la nouvelle. Son sourire et le mien s’étaient croisés je crois, mais nous ne nous étions jamais parlés avant. Cette nuit. Il est 7 heures du mat. Comme presque toutes les nuits, celle-ci a accouché. D’un jour neuf. Je n’ai cependant aucune envie de rentrer. Je souris. Ivre, sur le quai. Derrière moi, coule la nuit. - C’est ça que j’aime ici. - Quoi donc ? - Cette ambiance unique de cœurs au diapason…
#5. Fête / Fèt
Amandine Julien, Danseurs, gomme-bichromate-couleurs
- Et d’âmes en communion (sourire). - Ce sentiment ineffable de liberté… (sourires). - D’être ou de ne pas être (sourires). - Cette sensation de liesse… - Inaliénable (fous rires). Nous avions été présentés par la patronne du Club, échangions ensemble depuis un quart d’heure à peine, et déjà, Jihane finissait mes phrases. Ou c’était moi. Elle ne travaillait pas ce soir-là, était sortie juste pour boire un verre avec une amie. Nous avions bu la nuit. - Dites-moi, que faites-vous dans la vie ? Je veux dire en dehors de finir mes phases, et de mixer comme une déesse, je vous le concède, cette dernière expression ne veut rien dire et en même temps elle dit tout… - (Sourire)… - Non vraiment, je veux dire, à quoi occupez-vous vos journées ? - … à vivre, à aimer, à étudier, à transmettre. -… - Je donne des cours de philo à la fac, et j’écris. - Vous écrivez ? - Oui j’écris, des essais, enfin j’en ai écrit deux, et j’en prépare un troisième pour la fin de l’année prochaine. - Sur quel thème ? - La joie (sourire). - Je suis joyeux de vous connaître.
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