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Questions d'éduc.
UN DOSSIER DE L'UNSA ÉDUCATION
#44
Comment éduquer à l'égalité fille - garçon ?
Collection Dossiers UNSA Éducation www.unsa-education.com La fédération UNSA des métiers de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture
NOM IC I
OCTOBRE 2021
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Questions d'Éduc.
Actualités
ÉDUCATIVES
2. EXPOSITION " H I S T O I R E , S P O R T & C I T OY E N N E T É " Pour soutenir la promotion du sport et des valeurs de l’olympisme dans les lieux d’éducation, la CASDEN a créé une exposition gratuite accompagnée d’un livret pédagogique. Un site internet permet aussi de compléter en version augmentée l’exposition. Bref, un objet pédagogique complet et précieux, mis à disposition des écoles, établissements, accueils périscolaires, clubs sportifs… 31 panneaux déclinés sous différents formats, du kakémono à la version imprimable, tout renseignement sur : casdenhistoiresport.fr
PROJET CITOYEN Abécédaire républicain :
c’est un projet de la classe de CM1-CM2 de l’école Jean Mermoz de Strasbourg, remarqué et parrainé par Robert Badinter, son inspirateur. La classe a travaillé à partir de sa vidéo d’hommage après l’assassinat de Samuel Paty. L’abécédaire est publié aux éditions Fayard. Il est très réussi et enthousiasmant : www.fayard.fr/documents-temoignages/abecedaire-republicain-9782213721026
Initiative Un fruit, un produit laitier et une biscotte : les élèves scolarisés en école maternelle à Grigny (Essonne), bénéficient d'un petit-déjeuner quotidien gratuit, financé et livré par la municipalité. L’objectif est d'étendre cette aide à toutes les écoles élémentaires de la ville, soit 2.600 élèves, a annoncé le maire communiste de la ville. Grigny, avec près de 30.000 habitants, est classée commune la plus pauvre de France métropolitaine selon le dernier rapport de l'Observatoire des inégalités. Une circulaire de 2013 a interdit les collations de 10h pour lutter contre l’obésité infantile ; la décision politique n’avait pas pris en compte l’exact contraire, la sousalimentation infantile. Dans les deux cas, l’alimentation est bien une question d’éducation !
PRÉVENTION
« Des livres à soi » contre l’illettrisme L’originalité du dispositif tient à une double caractéristique : pour prévenir l’illettrisme des enfants, le projet s’adresse aux parents et sa mise en œuvre dans les quartiers, en étroite collaboration avec les professionnels du livre et de la lecture, repose sur les travailleurs sociaux et de l’enfance et les structures sociales de proximité. Initié en 2014 en Seine-Saint-Denis, le dispositif devenu à présent national, est soutenu par le ministère de la Culture. https://slpjplus.fr/livres-a-soi/deslivres-a-soi-pour-qui-et-comment/
Questions d'Éduc.
L' É V È N E M E N T
JUSTICE
Le rendez-vous annuel des métiers de l’éducation
L’UNSA Éducation fédère plus d’une soixantaine de métiers dans 22 syndicats, une richesse humaine incroyable pour se saisir de questions éducatives. Ainsi, le premier rendezvous annuel des métiers de l’éducation se déroulera le 24 novembre 2021 à Poitiers-Futuroscope pour réfléchir, questionner, analyser les inégalités constatées dans le système éducatif au sens large. Avec des invité·es du monde de la Recherche, des partenaires associatifs, des représentants des élu·es des collectivités territoriales, pour chercher à réduire les inégalités qui ne sont pas des fatalités.
Indemnités REP+ : l’UNSA Éducation agit pour l’égalité entre tous les personnels Les conditions d’exercice sont particulièrement difficiles dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcée, les REP+. Il existe un régime indemnitaire valorisant l’engagement professionnel dans ces réseaux, qui ne concerne pas pour l’instant tous les professionnels qui y exercent. En sont exclu·es les assistant·es de service social, les infirmier.ères, les
AESH, les assistant.es d’éducation, médecins scolaires, et PSY EN. L’UNSA Éducation a déposé un recours devant le Conseil d’État avec un double objectif : annuler toute variation au « mérite » du montant de l’indemnité et permettre à tous les personnels qui exercent en REP+ de la percevoir.
Le livre Trois leçons sur l'école républicaine Eric Maurin - éd.Seuil
Eric Maurin est économiste et sociologue, directeur d’études à l’EHESS. Il nous livre ici trois analyses pour porter un regard différent sur le système éducatif. Certes, ce n’est plus à démontrer, ce système reproduit les inégalités sociales. Cependant, la lutte contre les inégalités à l’école ne peut pas demeurer de sa seule responsabilité. De nombreuses difficultés identifiées empêchent la réussite des enfants et des jeunes les plus fragiles. Et parfois, le système contient ces entraves. C’est l’objet des « Trois leçons sur l’école républicaine » à lire dans cet ouvrage. Trois exemples où le système, contre toute attente, est vertueux : retour sur les conséquences de la loi de 2004 interdisant les signes religieux, les effets des visites d’inspection sur les résultats des élèves, et la mixité sociale et de genre en classes préparatoires. L’argumentation est développée par une analyse fine de chiffres et données jusqu’alors peu médiatisés.
3.
SOMMAIRE
Pour bousculer les stéréotypes fille garçon 92 albums jeunesse
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Actualités éducatives édito
Une politique éducative en faveur de l'égalité L'inégalité : ça chiffre Les revenus : des inégalités qui perdurent La formation : un enjeu pour lutter contre les inégalités Militer pour rendre visible les inégalités de genre Ce si long chemin vers l'égalité femme-homme
Il faut dédiaboliser l’éducation à la sexualité Utiliser l’écriture non discriminante, une habitude à créer Orientation : Agir contre les stéréotypes Femmes ingénieures : une histoire de lisibilité et de confiance Faire « bouger » la vision masculine des métiers Les héroïnes au secours de la littérature jeunesse Une websérie pour changer les mentalités L'art pour transmettre les valeurs d'égalité Pour aller plus loin
d'éduc. édito
Les stéréotypes ont la vie dure !
Frédéric MARCHAND
Secrétaire général - UNSA éducation CPE
Morgane VERVIERS
Secrétaire générale adjointe - CPE
Béatrice LAURENT
Secrétaire nationale Secteur Éducation et Culture Professeure des écoles - Formatrice INSPÉ ont coordonné ce numéro auquel ont participé : secteur ÉDUCATION ET CULTURE Hawa SALL Conseillère nationale, Chargée de mission Conseillère Principale d'éducation Stéphanie de VANSSAY Conseillère nationale Professeure des écoles Gilles LELUC Conseiller national Professeur de lettres modernes Émilie FOUCRET Conseillère nationale Professeure des écoles Christèle SAUDER, Conseillère Nationale, Directrice Déléguée aux Formations Professionnelles Caroline SOREZ Conseillère nationale Cheffe d'établissement Principale adjointe de collège Pascale MASSINES, Conseillère Nationale, Infirmière scolaire
En France, en 2021, les filles et les garçons ne reçoivent toujours pas une éducation égale. Pour lutter en profondeur contre les stéréotypes de genre, il faut agir dès le plus jeune âge. Et pas seulement à l’école, c’est bien une question d’éducation globale, qui concerne tout autant les parents que les professionnels. Jeux et jouets, vêtements, loisirs, livres, films… il est nécessaire de construire une véritable culture de l’égalité entre les filles et les garçons. De quelle histoire héritons-nous ? Quels mécanismes inégalitaires sont à l’œuvre ? Où se cachent ces inégalités ? Autant de questions abordées dans ce numéro de Questions d'Éduc. Mais aussi des témoignages, des expériences, des analyses, des actions éducatives inspirantes. L’égalité est inscrite dans la devise républicaine, l’égalité entre les genres en est une composante. L’UNSA Éducation appelle tous les personnels, quel que soit leur métier, à s’impliquer dans la réduction des inégalités.
Directeur de publication Frédéric MARCHAND Graphisme Cécilia Bertin - inanuiicreation@yahoo.fr Crédits photographique UNSA - Pexels - Pixabay www.unsa-education.com
L'équipe éditoriale de "Questions d'éduc."
Questions d'Éduc.
Questions
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Questions d'Éduc. 6.
U N E P O L I T I Q UE ÉDUCATI VE E N F AV EUR DE L’ ÉGALI TÉ Les stéréotypes, en matière d’égalité femme-homme, s’ancrent très, très, tôt chez l’enfant. Alors, si la société évolue et admet la parité, les idées sexistes circulent encore facilement et largement. Les milieux éducatifs ne sont pas épargnés. État des lieux et détour par l’histoire.
Éducation séparée École de filles, école de garçons, au fronton du bâtiment sont parfois encore visibles. Il faut dire que l’école mixte ce n’est pas si vieux : la loi Haby de 1975 et ses décrets d'application de 1976 généralisent la mixité dans tous les degrés de l'enseignement. Il aura fallu laisser germer l’idée de mixité longtemps, en autorisant des exceptions ici ou là, pour arriver à la généraliser.
L’éducation est également différenciée selon les genres dans les familles et dans de nombreux lieux d’éducation populaire. Les unes sont occupées dans les clubs féminins où elles s’initient aux travaux d’aiguilles, tandis que les autres s’adonnent à des activités sportives en extérieur. Il en a été ainsi jusqu’ à la moitié du XXème siècle. Dans les systèmes éducatifs mixtes, les filles et garçons reçoivent une éducation considérée comme identique, mais qu’en est-il réellement ? On s’aperçoit que, mal-
gré une meilleure réussite des filles à l’école (en termes de durée moyenne des études, de niveau moyen des diplômes, de taux de réussite aux examens), elles sont toujours sous-représentées dans les filières prestigieuses et porteuses d’emploi. Par la suite, les femmes rencontrent plus de difficultés dans leur trajectoire professionnelle : elles sont, plus souvent que les hommes, confrontées au chômage, aux emplois précaires, au temps partiel contraint et couramment moins bien rémunérées.
Une éducation non genrée est fondamentale Trop souvent encore, et malgré la mixité et le principe républicain d’égalité, l’éducation des filles et des garçons se fait au prisme du genre c’est-à-dire en fonction du sexe biologique. C’est ainsi que des jeux stéréotypés « filles » ou « garçons » sont proposés en fonction du sexe de l’enfant. Par exemple, les filles sont souvent encouragées à jouer à la poupée ou à la dinette et à faire « comme maman » et les garçons à s’amu-
ser avec de petites voitures. Et malheureusement, ceci se vérifie autant en famille, qu’à l’école maternelle ou à l’accueil péri-scolaire. Ces représentations genrées sont encouragées et renforcées par le marketing publicitaire et correspondent à un certain nombre de clichés présents dans la société. C’est pour cela qu’il est primordial d’aller au-delà de ses propres représentations. Nous pourrions commencer par éviter d’attribuer aux enfants des comportements qui seraient dévolus au sexe opposé et qui n’a souvent rien à voir avec le genre auquel s’identifie l’enfant. Dire d’une fille que c’est « un véritable garçon manqué » ou s’inquiéter de ce garçon qui joue à des jeux de filles, c’est faire la preuve qu’on adhère soi-même à ces stéréotypes. L’identité de genre ou le sentiment intime et profond d’être une fille ou un garçon, ainsi que l’orientation sexuelle se déterminent souvent très jeune indépendamment des influences diverses ou attentes de la société car elles sont innées. Ainsi, éduquer les filles et les garçons de la même manière, c’est permettre à chacun et chacune de grandir et de s’exprimer comme il ou elle est, et de développer ses propres compétences. Et c’est déterminant pour envisager un avenir plus égalitaire pour chacun·e.
Le cadre réglementaire existe, il est suffisant. Rappelons que le principe d’égalité est porté dans le code de l'éducation qui affirme la transmission de la valeur d'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dès l'école primaire. Le quinquennat actuel du président Macron a fait de cette égalité une grande cause nationale. Un comité interministériel réuni le 8 mars 2018 a défini les mesures clés pour transmettre et diffuser la culture de l'égalité, déclinées dans une convention. Ainsi, cette convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (2019-2024) désigne « comme objectif prioritaire une approche globale de l'éducation à l'égalité. Elle est porteuse d'une vision partagée : la réussite de tous et toutes - élèves, apprentis ou étudiants - qui est au cœur de la mission du service public, suppose que l'École porte à tous niveaux le message de l'égalité entre les filles et les garçons et participe à modifier la division sexuée des rôles dans la société. » Il n’en demeure pas moins que la formation de l’ensemble de la communauté éducative à la déconstruction des préjugés et à la prévention du harcèlement et des violences sexistes et sexuelles qui peuvent en découler, est encore très faible. A partir de la rentrée 2021, la mise en place de modules de formation initiale et continue sur l’égalité filles-garçons est rendue obliga-
Questions d'Éduc.
Le cadre réglementaire
toire, mais cela prendra du temps de sensibiliser et de rendre effective les pratiques non sexistes au million de personnels concerné.es. Il y a là un grand défi d’acculturation à cette problématique pour réduire toutes les formes de discriminations.
Éclairons les concepts Identité de genre : C’est la manière intime et profonde de se sentir soit de genre masculin soit de genre féminin ou bien ni l’un ni l’autre ou encore les deux . Ce sentiment peut apparaître très tôt dans l’enfance. Expression de genre C’est la manière dont on exprime son genre, ce qu’on donne à voir aux autres à travers ses vêtements, sa coiffure, le choix de son prénom etc. Orientation sexuelle Une personne homosexuelle (gai, gaie, lesbienne) est attirée sexuellement par les personnes de son propre genre. Une femme hétérosexuelle est attirée sexuellement par les hommes et un homme hétérosexuel par les femmes. Une personne bisexuelle est attirée sexuellement par les hommes et les femmes. Une personne pansexuelle est attirée sexuellement par les personnes indépendamment de leur genre. Une personne asexuelle n’est pas attirée sexuellement par les autres personnes.
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Questions d'Éduc. 8.
L’INÉ G AL I TÉ , Ç A CH I F F R E Voici un florilège de statistiques datant de 2015 publiées par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes et l’Unesco. Ces chiffres ont malheureusement très peu changé aujourd’hui.
EUROPE
44 % et
34 %
des européennes des européens
sont diplômé·es de l’enseignement supérieur.
âgés de 30 à 34 ans
Tous baccalauréats confondus,
90% contre
86%
des garçons
des filles qui se sont présentées au baccalauréat l'ont obtenu Les filles ont de meilleurs résultats quel que soit le bac présenté et sont plus nombreuses à obtenir des mentions « bien » ou « très bien » : 39 % des filles admises au bac scientifique (S) en 2012 l’ont obtenu avec une mention « bien » ou « très bien » contre 33 % des garçons admis.
Les filles représentent
70%
des inscrit·es à l’université en langues, lettres et sciences humaines
UNIVERSITÉ
85%
des formations paramédicales et sociales des formations d’ingénieur·es.
SECONDAIRE
9,5
SCOLARISATION
années
Durée moyenne de scolarisation des jeunes hommes urbains les plus riches, dans les pays à faible revenu.
- de 3 ans
Durée de scolarisation des jeunes femmes les plus pauvres issues des zones rurales.
32 millions de filles en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisées. Les filles représentent à l’échelle mondiale 53 % des effectifs non scolarisés (donnée 2014).
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/
A l’issue de la seconde générale et technologique, 14,8 % des filles s’orientent vers une première littéraire contre 4,2 % des garçons. Et ce sont près de 30 % des filles qui s’orientent vers une première scientifique contre 38,4 % des garçons. La réforme du lycée et des options de spécialités ne présente organiquement aucune caractéristique qui pourrait fortement modifier cette situation.
La part des femmes ayant un niveau de scolarité supérieur varie de 27 % en Roumanie à 69 % en Lituanie (donnée 2016).
des 774 millions d’analphabètes à travers le monde sont des femmes. Ce taux ne baisse pas depuis 1990. Et 63 % des adultes analphabètes sont des femmes, proportion quasiment inchangée depuis 2000.
ALPHABÉTISATION
Questions d'Éduc. 9.
Rémunérations : des inégalités qui perdurent Dans la fonction publique, les grilles de rémunération garantiraient-elles l’égalité salariale ? En réalité, malgré ces grilles, le ministère de l’Éducation nationale qui compte environ 72 % de femmes n’est pas si bon élève en la matière du fait des compléments de salaire.
Il est un fait que les hommes gagnent plus que les femmes Les différences de salaire sont une réalité, comme on peut le constater dans les travaux de la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP). En 2018, en moyenne, dans le 1 er degré une professeure des écoles gagne 241 euros de moins qu’un homme. Dans le second degré, la différence est d'environ 182 euros. Quand on regarde les salaires des autres personnels, un écart subsiste entre les hommes et les femmes. Et plus on monte hiérarchiquement dans les catégories, plus l’écart augmente. Différence de salaire entre hommes et femmes par catégorie 3500 € 3000 €
3788 €
2155 €
2000 €
1726 € 2979 €
1000 €
1917 €
2065 €
1657 €
1530 €
0 Agent A
Agent B
Agent C
Ensemble des personnels non enseignants
Comment expliquer ces différences ? Une des explications réside dans les compléments des salaires : indemnités, primes et heures supplémentaires perçues davantage par les hommes. Dans le premier degré, il y a davantage d’hommes « directeur d’école ». Dans le second degré, ce sont les heures supplémentaires qui expliquent ces écarts. Enfin, autre point : les femmes sont davantage à exercer des temps partiels qui sont très souvent contraints. Les chiffres sont incontestables sur ce point : en 2019, parmi les enseignant·es de 30 à 34 ans :
L’UNSA Éducation est engagée pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Nous revendiquons une véritable politique pour d’égalité dans notre ministère et plus largement dans notre société. C’est pourquoi nos représentant·es sont mobilisé·es pour faire avancer les plans d’actions pour l’égalité professionnelle : un outil important pour favoriser l’égalité professionnelle et pour traiter sur les inégalités.
19,4 % de femmes contre 4,6 % d’hommes exerçant à temps partiel.
Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP), Rapport de situation comparée relatif à l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.
Source :
Questions d'Éduc. 10.
LA FORMATION : UN ENJEU POUR LUTTER CONTRE LES MENTALITÉS La formation est essentielle pour dénouer les stéréotypes et éviter que certains automatismes prennent le dessus. Une telle formation est-elle optionnelle ou obligatoire ? Etat des lieux sur la question. Une formation initiale très inégale La formation initiale est assurée par les Instituts Nationaux Supérieur du Professorat et de l’Éducation (Inspé). Plusieurs difficultés existent : chaque Inspé organise ses contenus de formation. Il arrive que l’égalité filles-garçons soit abordée au sein de modules consacrés aux valeurs de la république. Ce n’est pas le meilleur moyen de lui conférer une place centrale. Certaines académies manquent de formatrices et formateurs, de personnes ressources expertes de ces questions. L’offre de formation n’est pas assez variée sur l’ensemble du territoire.
Du côté de la formation continue C’est ici qu’on trouve des initiatives vraiment intéressantes. Pour les personnels du champ scolaire, les plans académiques de formation (PAF) proposent des contenus de formation très construits et aboutis. Des modules spécifiques pour
ZO OM Le centre Hubertine Auclert et son égalithèque L’UNSA Éducation est membre du conseil d’administration et du bureau de ce centre pour l’égalité Femme-Homme. Ses objectifs sont la promotion de l'égalité et la lutte contre les violences faites aux femmes en Ile de France. L'Égalithèque est une banque de donnée unique en France recensant plus de 3500 guides, expositions, ouvrages, affiches, vidéos, spectacles vivants etc. sur l'égalité Femme-Homme.
les référent·es égalité fillesgarçons visent à déceler les stéréotypes de genre, à apprendre à les déconstruire en classe et à agir au sein du collège ou du lycée, comme dans l’académie d’Aix-Marseille où la formation proposée au sein même de l’établissement scolaire permet de développer une posture commune à l’échelle de cet établissement. Valoriser la mission de référent·e égalité C’est une des 10 des propositions de l’UNSA Éducation publiées dans une tribune que nous avons signée et publiée avec plusieurs associations le 3 juin 2021 sur le site du Nouvel observateur (nouvelobs.com) : https://www.unsa-education.com/ article-/orientation-scolaire-etinegalites-de-genre-10-propositions-pour-y-mettre-fin/
M I LI TER P OUR RENDRE VI SI BLE LES I NÉG ALI TÉS DE G ENRE Les avancées sociales, économiques et morales dont les femmes bénéficient résultent des combats menés par les féministes dont l’objectif n’est pas de prendre l’ascendant sur les hommes mais de pointer les inégalités de genre.
L
e féminisme du XXème siècle se structure en vagues. La première est celle de l’acquisition des droits civils, la deuxième, celle de la maîtrise de la procréation et la troisième, celle que nous vivons actuellement, l’intersectionnalité.
2007
Le mouvement #meetoo apparaît comme un nouveau courant féministe. Il dénonce publiquement les violences sexuelles subies par les femmes.
Violence Femmes Info est mis en service. Le féminisme continue d’ouvrir son champ d’action avec des courants multiples.
2017
Une vigilance à ne pas relâcher.
#BalanceTonPorc est alors le premier site permettant aux victimes de dénoncer anonymement leurs témoignages.
2019
Après un été marqué par des manifestations contre les féminicides, le gouvernement lance un Grenelle contre les violences conjugales. Quarante mesures y sont annoncées.
2021
Le Sénat se penche sur les violences faites aux femmes dans les territoires ruraux. Le 3919
Dans le monde, les mouvements anti-avortement obligent les féministes à se mobiliser. Sous la pression des féministes, le gouvernement Macron a fait de l’égalité salariale une grande cause quinquennale et instauré un index de l’égalité dans les entreprises. Peut mieux faire quand le salaire mensuel net des femmes en France est, selon l’Insee, de 16,8 % inférieur à celui des hommes.
L’intersectionnalité Cette notion a pour fondement le croisement de la discrimination du genre avec celui de la race. Là où les femmes blanches ne sont touchées que par le sexisme et les hommes noirs que par le seul racisme, les femmes noires cumulent les deux caractéristiques, subissant ainsi une discrimination multiple. Pour défendre TOUTES les femmes, il faut prendre en compte la particularité de chacune. Ainsi, les combats féministes sont repris sous un angle genré et racisé. Il y a pire que naître femme : c’est naître femme ET noire. « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir
Questions d'Éduc.
FÉMINISME D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
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Questions d'Éduc. 12.
C E « S I L ON G » CHEMIN VERS L’ ÉG A L ITÉ F E M ME-HOMME C’est vrai, çà, où se cachent donc les phénomènes inégalitaires dans notre société ? Et d’abord, qu’appelle-t-on « phénomène inégalitaire » ? Serait-ce la manifestation d’une disparité, d’un déséquilibre, d’une injustice entre les sexes ? Serait-ce un écart significatif de salaire sur un poste identique et à compétences équivalentes entre un homme et une femme ? Serait-ce un marketing genré destiné à un sexe plutôt qu’un autre ? Le constat de l’inégalité entre les deux sexes n’est pas récent et cet objet de lutte est d’autant plus complexe à saisir que le phénomène s’invite dans les domaines les plus divers de la société.
Arsenal législatif On peut volontiers admettre que tout un arsenal législatif a été mis en œuvre pour que les représentations soient plus égalitaires, on ne peut que déplorer la lenteur des effets concrets de cette lutte pour l’égalité. Le principe de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est inscrit dans la loi depuis 1972, mais il faut attendre 2006 pour que la loi mentionne l’égalité salariale. Avec l’efficience toute relative qui est encore constatée aujourd’hui : en 2017, au même poste, dans une même entreprise et à temps de travail équivalent, l’écart de salaire moyen entre les deux sexes est de 5.3% en défaveur des femmes dans le secteur privé selon l’Insee.
Vie professionnelle ET domestique Il faut se rendre à l’évidence que la majorité des femmes peinent à assumer leur volonté d’exister dans leur vie professionnelle quand
elles en ont une, en premier lieu parce que les tâches domestiques continuent de leur incomber majoritairement. Un des effets pernicieux du confinement fut d’ailleurs de ramener à l’organisation domestique celles qui avaient pu, par le travail, réussir à s’en émanciper.
Représentations hyper-sexualisées Sans doute serait-il bénéfique, pour accélérer l’évolution des représentations, de repenser les modèles féminins qui, s’ils évoluent avec leur époque, perdurent dans des représentations hyper-sexualisées. Sans doute faudrait-il illustrer le discours volontariste selon lequel il y a mille façons d’être un homme ou d’être une femme par des modèles courants autres que le mâle bodybuildé « tatoué viril » ou de la jeune femme aux lèvres et aux formes si rebondies et aux extensions de cheveux/de cils/ d’ongles si longues des affiches publicitaires.
Que d’histoires pour l’Histoire Si ces phénomènes d’images hyper-sexualisées sont bien visibles et néanmoins bien lents à évoluer, d’autres, tout aussi présents, ne nous sautent pas aux yeux car plus profondément ancrés dans notre éducation culturelle, sociale, politique, au point d’altérer nos consciences au quotidien. Chaque jour nous avons connaissance de faits, nous vivons des situations inégalitaires sans nous en rendre compte tant ces inégalités structurent encore notre société. Au point parfois que les dénoncer peut susciter, au mieux, l’incompréhension, au pire, la polémique. On peut évoquer la récente affaire de la mairie de Rouen qui a annoncé vouloir rebaptiser l’actuelle place Napoléon en place Gisèle Halimi. Ce qui a provoqué un tollé du côté des défenseurs de la mémoire nationale et de l’Histoire.
Questions d'Éduc. 13.
Espaces publics : Les femmes « à la rue » Pour donner raison par ironie à ces contestataires, nous avons relevé, nous aussi, à l’UNSA Éducation, dans un récent article accessible sur notre site, que les femmes semblaient bien absentes de l’Histoire de France au regard du faible nombre d’évènements commémoratifs où elles sont conviées lorsqu’on inaugure un nouveau monument, un nouvel espace public, un nouveau site mémoriel. Comme l’indique le centre Hubertine Auclert dans sa campagne de sensibilisation #partageonslespace réalisée en 2018, les noms de rues réfèrent à 98% à des hommes. Et ces statistiques sont proches de celles qui concernent les gares et stations de transports en commun ainsi que les stades et bâtiments sportifs. C’est bien une reconquête de l’espace public qu’il faut également engager, avec l’idée de mieux le partager pour inscrire cette égalité femme-homme dans l’esprit et la mémoire de la nation et de ses citoyen·nes dès le plus jeune âge.
Et l’école dans tout ça ? On ne peut que saluer et encourager les initiatives, au sein des écoles, qui repensent les espaces de jeux, en dehors du schéma « terrain de foot central / espaces marginaux non aménagés pour les élèves les
moins disposé·es à bouger. Cette démarche, encore marginale il y a quelques années, tend à se généraliser et la presse sait s’en faire de plus en plus l’écho. Le rôle prépondérant de l’école dans le chemin vers l’égalité des chances, des sexes et de leur équitable représentation dans la société est incontestable. La réflexion sur la lutte contre les phénomènes inégalitaires
nécessite sans doute une réflexion qui déborde de la répartition des espaces. Il reste, dans les pratiques ludiques en maternelle, dans certains manuels scolaires, dans les activités sportives proposées aux un·es et aux autres, voire même sur le fait que le plus souvent, elles ne soient pas mixtes, une idée du chemin qui reste à parcourir dans ce domaine.
Questions d'Éduc. 14.
IL FAUT DÉDIABOLISER L’ÉDUCATION À LA SEXUALITÉ Pourquoi est-il si important de mettre en place l’éducation à la sexualité en milieu scolaire ? Cet ouvrage répond à cette question et propose des outils et des pistes de réflexions. Nous avons rencontré les auteur·e·s Sébastien Landry (S.L) et Véronique Baranska (V.B) coauteur·e·s du livre « L’éducation à la sexualité » qui propose des outils et des pistes de réflexion.
A qui s’adresse ce livre ? V.B : « Il s’adresse au grand public, à tous les professionnels qui exercent dans l’éducatif. Que ce soit en milieu scolaire, sportif, dans d'autres structures d'éducation populaire et aux parents. Cet ouvrage aurait sa place dans les CDI de lycées pour les jeunes et les professionnels et dans les collèges pour les professionnels. Ça concerne tout le monde ! »
Pourquoi avoir écrit ce livre ? S.L : « On a écrit cet ouvrage pour mettre en avant l’importance de l’éducation à la sexualité qui est obligatoire à l’école à raison de 3 séances par an et dans chaque classe de l’école jusqu'à la fin du lycée et qui n’est pas forcément mise en place dans tous les établissements. » S.L : « Le but est de ramener l’éducation à la sexualité dans son champs d’application à l’école et de montrer en quoi elle va protéger les enfants et la société en général contre les violences sexuelles et sexistes. »
V.B : « C’est un ouvrage pour dédramatiser, dédiaboliser. Les parents ne sont pas contre l’éducation à la sexualité malgré ce qu’on a voulu nous faire croire au moment des ABCD de l’égalité. Il ne faut pas mélanger la religion et l’école. Les professionnels de l’éducation exercent dans le cadre de la laïcité»
Quels sont vos constats ? V.B : « Les jeunes ne connaissent ni leur droits en matière de sexualité, ni la loi, qui est pourtant là pour les protéger. Ils doivent connaître leur propres limites. Notre pays fait face à une recrudescence des violences conjugales. Le chiffre augmente, c’est inacceptable. Quand on entend ce qui se dit dans les cours de récréation et quand on voit la violence via les réseaux sociaux, il faut se poser la question sur notre action à venir. » S.L : « On veut mettre un tabou sur l’éducation à la sexualité alors que tout est sexualisé dans notre société. Pour vendre un parfum, la femme est dénudée sur les af-
fiches. On en voit partout dans la ville. La pornographie est trop facilement accessible. Les tabous nous empêchent de parler de la vraie sexualité avec les jeunes comme n’importe quel autre domaine de la vie. »
Que proposez vous pour limiter cet accès à la pornographie ? V.B : « Comme on ne les empêchera pas d’aller sur les réseaux sociaux et internet, autant les orienter vers des sites d’informations qui sont intéressants comme onsexprime ou sexotutos de Lumni par exemple. »
Est-ce que l’éducation à la sexualité doit être mise en place par le personnel de santé ? V.B : « Pourquoi veut-on tout médicaliser ? Il n’y a rien de médical dans l’éducation à la sexualité. Il y a aussi peut-être des informations à donner aux personnels de direction et à l’ensemble de la communauté éducative à ce sujet. Une affiche sur le consente-
Questions d'Éduc. ment et « hop ! » dans le casier de l’infirmière, une affiche sur la lutte contre l’homophobie et la transphobie et on voudrait que ça soit affiché dans les infirmeries, etc Qu’est ce qu’il y a de médical dans le consentement et la lutte contre les discriminations ? Il y a un problème, on parle de citoyenneté. On ne parle pas de quelque chose qui est médical ! »
V. B : « Il faudrait que les équipes éducatives soient formées en lien avec le parcours éducatif de santé dans le cadre de l’accompagnement au développement des compétences psychosociales qui serviront dans tous les milieux. Travailler l’estime et la confiance en soi, par exemple, c’est juste fondamental pour un jeune. »
Comment en finir avec le tabou sur la sexualité ?
Que proposezvous pour former les professionnels de l’éducation ?
V. B : « Il faut commencer à pouvoir en parler le plus tôt possible. On a des exemples dans les pays du nord ou l’éducation à la sexualité commence en maternelle. » « Si les séances étaient faites plus tôt, les jeunes de collèges s’esclafferaient moins ou auraient moins honte de parler de leurs représentations autour de la sexualité pendant les séances. »
Comment aider les enseignants à mettre en place les trois séances annuelles ? S.L : « Quand on n’a pas de formations sur la prise en charge des troubles sexuels et de la sexualité positive, on répond avec nos connaissances, nos croyances, nos représentations, ce qui n’est pas le mieux pour intervenir. »
V.B : « Pour toutes les personnes qui ont un concours pour rentrer à l’éducation nationale, il faudrait un tronc commun en INSPE lors de la formation initiale sur le développement de l’enfant et de l’adolescent, dont le développement psychosexuel. Connaître les droits de l’enfant est aussi incontournable. Il faut également que les professionnel.le.s des différents métiers se rencontrent, se connaissent et apprennent à travailler ensemble sur des projets communs. Et comme l’éducation à la sexualité doit être progressive et en phase avec le développement psychosexuel, il serait nécessaire de compléter par des formations continues car la jeunesse évolue aussi. »
Depuis 2001, le code de l'éducation prévoit : → 3 séances d'information et d'éducation à la sexualité → par an et par niveau → dans les écoles, les collèges et les lycées.
Et au niveau du ministère, quelles actions préconisez-vous ? V.B : « Si on continue de compter sur le volontariat pour l’éducation à la sexualité, cela n'avancera guère. Le volontariat, il faut le solliciter, alors que, normalement, l'éducation à la sexualité relève de l'ensemble de la communauté éducative. Il y aurait besoin d’une impulsion nationale. On attend les deux vadémécums sur l’éducation à la sexualité, un pour le 1er degré et un pour le 2nd degré, ces derniers ayant été annoncés dans la presse. »
Véronique Baranska Psycho-sexologue, Infirmière en Promotion de la santé et personneressource pour pratiquesensante.org
ES RCES OURC SSOU RE RESS onsexprime : https://www.onsexprime.fr sexotutos : https://www.lumni.fr/lycee/seconde/ sciences-de-la-vie-et-de-la-terre
Sébastien Landry ingénieur en activité physique sportive en santé et psycho-sexologue spécialisé en cancérologie.
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Questions d'Éduc. 16.
Utiliser l’écriture non discriminante, une habitude à créer Parce que la langue reflète la société et sa façon de penser le monde, parce que c’est l’usage qui détermine les règles, parce que les mots ont un sens… s'engager de façon volontariste dans l’usage d’une écriture non
les lecteurs en difficulté que les parenthèses largement utilisées auparavant.
discriminante n’est pas seulement cosmétique. On parle généralement d'écriture inclusive mais à l’Unsa-Éducation nous préférons “non discriminante” car “inclusive” sousentend qu’il faudrait inclure les femmes, or, jusqu’à preuve du contraire, elles sont déjà là dans notre société en y ayant pleinement leur place !
C
hanger ses habitudes est toujours un peu compliqué et rencontre des résistances mais c’est tout à fait surmontable surtout au regard des enjeux. Évidemment chacun peut aller à son rythme, tranquillement sans se faire violence.
C’est moche, ça sonne mal En fait c’est éminemment subjectif et on a surtout cette impression parce que certains mots ou tournures sont inhabituels. C’est comme pour les nouvelles tendances de la mode, elles nous semblent d’abord laides parce qu’étranges, puis on s’habitue à force de les voir et enfin on les trouve stylées.
C’est trop compliqué Le point médian ne figure pas directement sur les claviers, et puis on ne sait jamais où le mettre. Chercher d’autres formulations est fastidieux, fait perdre du temps et de toutes façons le masculin est neutre en français… non ? En fait, il n’est pas perçu comme tel, sauf quand cela nous arrange pour ne pas avoir à chercher comment faire autrement.
C’est illisible, surtout pour les dyslexiques C’est formidable cette attention toute nouvelle aux personnes ayant des difficultés pour lire et qu’on se rassure, l’écriture non discriminante ne se résume pas, loin de là, au point médian, qui lui-même ne dérange pas plus
En fait c’est facile il suffit de s’y habituer Féminiser les fonctions, titres et noms de métiers, éviter les termes “universels” masculins, utiliser la double formulation au féminin et au masculin, recourir aux termes épicènes et aux mots englobants… sont autant de réflexes à acquérir qui ne gênent absolument pas la lisibilité d’un texte.
L’Unsa-Éducation vous donne des outils Un guide clair et synthétique de la Fédération, appuyé sur les recommandations du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, vous donne en 6 étapes les clés pour une écriture non discriminante avec de nombreux exemples.
Guide UNSA de l'écriture inclusive : https://www.unsa-education.com/magazines/guide-decriture-inclusive/
Questions d'Éduc.
Orientation
AGIR CONTRE LES STÉRÉOTYPES
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Faire face à l’orientation genrée c’est être confronté à des préjugés, des comportements sociaux et économiques. Comment l’expertise du ou de la psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN) prend tout sa valeur face à ce stéréotype ? Rencontre avec Arnaud Rey, PsyEN en lycée professionnel et en charge de la direction d’un Centre d’Information et d’Orientation (CIO) dans l’académie de Montpellier. Il s’est formé en psychologie en se spécialisant dans le champ de la cognition sociale.
L’orientation peut-elle être considérée comme genrée ? On peut parler d’orientation genrée quand l’élève se positionne sur des métiers spécifiques en fonction de sa condition fille garçon. Le stéréotype genré est inculqué, partagé et connu par la population vivant dans le même environnement culturel ; il est plus ou moins conscient.
D’autres phénomènes renforcent l’orientation genrée comme la catégorie socio-professionnelle dont est issu l’élève et le poids de l’éducation sociale.
Quelles stratégies adopter face à l’orientation genrée ? Nous sommes dans une démarche d’écouter la parole de l’élève et de la retranscrire.
La méthode de la mise dans le conflit cognitif, c’est-à-dire par des contre-exemples, permet de faire réfléchir l’élève et sa famille sur leurs schémas de pensée. Ouvrir le dialogue, faire réagir pour changer les stéréotypes doit nécessairement se faire dès le plus jeune âge. Travailler en collaboration avec le psychologue de l’Éducation nationale du 1er degré parait essentiel. Chaque année, via le Comité d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté, le CIO fait bénéficier à des élèves de 5ème d’une action sur l’histoire de l’évolution des droits des femmes en France et dans le monde. Le principe est de faire bouger les lignes avec des exemples chocs. L’école doit enrichir le capital culturel, surseoir aux croyances, aux stéréotypes et donc permettre une ouverture sur de nouveaux types d’orientation. Le capital culturel est un levier déterminant pour l’orientation.
Questions d'Éduc. 18.
FEMMES INGÉNIEURES :
UNE QUESTION DE VISIBILITÉ ET DE CONFIANCE Promouvoir les métiers d’ingénieur auprès des filles : telle est la mission de l’association Femmes Ingénieures. Céline Thiévenaz est la déléguée régionale Bourgogne Franche-Comté de l’association. Entretien. Qu’est-ce qui a prévalu à la création de votre association ? Nous souhaitons d’abord augmenter la visibilité des métiers d’ingénierie, notamment pour le public féminin qui a tendance à aller naturellement vers des métiers plus connus ; or, ces élèves ne visualisent pas le métier d’ingénieur. Ou alors elles n’osent pas aller vers un métier qui leur semble complexe et d’un niveau élevé. En plus, elles ont peut-être eu peu d’exemples de femmes ingénieures dans leur entourage. Notre réseau d’intervenantes permet de leur donner à voir et rencontrer des modèles concrets.
Comment votre association agit-elle aussi auprès des entreprises ? Nous militons activement pour une meilleure place des ingénieures dans les entreprises et au sein de leurs conseils d’administration, car alors celles-ci seront forcément mises en avant. Ce qui aidera à promouvoir l’orientation des élèves filles vers ces métiers. Actuellement, les entreprises af-
fichent une volonté de recruter de manière importante des femmes ingénieures mais elles constatent malheureusement un manque de candidates sur les offres d’emploi.
Dans le cadre éducatif, quels sont vos leviers pour favoriser les vocations ? Nous avons de multiples actions comme « cafés ingénieuse », la participation à « Sciences de l’ingénieur au féminin », ou bien la création cette année d’un « grand forum des métiers virtuels » pour
tous. Nous intervenons un peu partout, notamment au lycée, sur demande ; lors de ces rencontres, nous cherchons à déconstruire les stéréotypes, à rassurer ces jeunes filles qui ont une vraie curiosité pour les sciences. Il est un fait que les filles osent moins que les garçons. Elles ont tendance à penser qu’elles n’ont rien à faire dans ces métiers. Nous sommes là pour leur montrer qu’elles y ont au contraire toute leur place. www.femmes-ingenieures.org
CONFÉRENCE INTERNATIONALE FEMMES ET GOUVERNANCE : Quel impact de la participation des femmes dans la gouvernance des organisations sur la décision ? » à Lyon, les 30 novembre et 1er décembre 2021.
https://www.femmes-ingenieures.org
FAIRE « BOUGER » LA VISION MASCULINE DES MÉTIERS
Questions d'Éduc.
#Ellesbougent
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L’association « Elles bougent », en partenariat avec 250 entreprises, déploie chaque année quelque 500 actions touchant près de 30.000 élèves filles de collège, lycée ou de filières supérieures. Carolyn Assencio, déléguée régionale Bourgogne Franche-Comté de l’association, est aussi responsable communication et pilotage à l’Institut Supérieur de l’Automobile et des Transports (ISAT).
Quels sont les objectifs de « Elles bougent » ? La représentation des métiers est déjà genrée en primaire. Au lycée, la moitié des lycéen.nes n’ont pas choisi leur orientation même s’ils reconnaissent être très informé. es. Les métiers d’ingénieur et de technicien sont très peu connus. L’association mène des actions de promotion, notamment auprès du public féminin avec des tandems Ecole/Entreprises. Ce sont 7 000 marraines professionnelles qui se déplacent dans les écoles du primaire et du secondaire.
Rendez-vous: 10 ème édition de la semaine de l’industrie du 22 au 28 novembre 2021 https://www.ellesbougent.com
Quels sont selon vous les freins à l’intégration des filles dans ces métiers ? Les stéréotypes viennent de tous les milieux : familiaux, sociaux et éducatifs. Ils commencent très tôt, c’est pourquoi nous organisons des rencontres avec des chercheuses en primaire ; elles vulgarisent les sciences pour les plus jeunes et permettent aux filles de se projeter dans ces métiers. Nous avons également une action d’immersion des collégiennes dans un projet avec des élèves ingénieurs. Cela leur permet de démystifier le travail d’un ingénieur et de rendre celui-ci plus abordable et concret. Nous souhaitons que les filles ne soient plus contraintes dans leurs aspirations, qu’elles aient un panel de métiers plus large à leur disposition. Il faut dire aussi que les secteurs traditionnellement masculins
souhaitent désormais intégrer des profils différents, dont les femmes, persuadées qu’ils innoveront grâce à cette diversité. D’où de nombreux stages et visites d’entreprise qui veulent, elles aussi, faire bouger ces représentations.
Certaines actions sontelles plus efficaces que d’autres ? Les journées d’immersion dans les écoles ou les entreprises avec un accompagnement d’étudiantes sont très efficaces. Les lycéennes s’aperçoivent que ces métiers techniques sont à leur portée. Malheureusement, nous manquons d’icônes médiatiques. Nous aurions besoin davantage de personnalités comme « Claudie Haigneré ».
Questions d'Éduc. 20.
Littérature
LES HÉROÏNES AU SECOURS D E L A L I T T É R AT U R E J E U N E S S E Les établissements scolaires, à travers leur CDI, et les médiathèques proposent nombre de livres et revues spécifiquement destinés à un lectorat jeunesse, ouvrages qui contribuaient – et contribuent encore – à reproduire une différenciation hiérarchisée et culturellement codifiée entre filles et garçons, notamment à travers la figure du héros ou du personnage principal d’un récit, d’un roman, d’une pièce de théâtre, le plus souvent masculin et doté d’attributs très valorisants au détriment des personnages féminins . Désormais, la roue a tourné. Les éditeurs de littérature jeunesse se sont penchés sur la question d’inverser la tendance, soit en privilégiant des discours éducatifs et
didactiques rétablissant l’équilibre entre les deux sexes, soit en bousculant la tradition des schémas narratifs « classiques » en produisant des nouvelles histoires romanesques, souvent pleines d’humour, mettant aux prises filles et garçons dans des relations sociales revisitées et corrigées. La Bibliothèque nationale de France (BnF) a notamment édité une bibliographie pour enfants et adolescents dans le cadre de son centre national de la littérature pour la jeunesse. Ainsi, dans « Prince Arthur et princesse Leïla », un album destiné aux plus de 6 ans, ce sont les filles du royaume qui concourent entre elles pour épouser le prince. Celle que le prince aimera sera une princesse d'un lointain pays
d'Orient qui aura trouvé le moyen de faire faire au prince les plats qu'il aime, de lui faire tricoter de ravissants chandails et de chanter pour elle mille sérénades. Dans « La princesse et le dragon », la princesse Elisabeth est l’héroïne du conte. Elle pourchasse le dragon et sauve son prince des griffes du méchant animal. Mieux encore, dans les manuels scolaires du secondaire, les héros s’accordent désormais plus souvent au féminin ; on peut citer ainsi Katniss, héroïne du roman jeunesse « Hunger Games », ou Hannah, deuxième tome du roman à succès « La Rivière à l’envers », qui instaure sur un pied d’égalité narratif une héroïne et un héros au sein de la même fiction.
La Princesse et le dragon Robert Munch Mickaël Martchenko
Des ressources Bibliothèque nationale de France (BnF) https://cnlj.bnf.fr/sites/default/files/bibliographies/filles_garcons_0.pdf
Canopé https://www.reseau-canope.fr/outils-egalite-filles-garcons/reperer-les-inegalitesdans-la-lecture-et-la-litterature-de-jeunesse. html
Questions d'Éduc.
VIDÉO
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UN E W E B S ÉRI E P OUR CHA N G E R L ES MENTALI TÉS Lancée par la MGEN et l’Adosen, son association de prévention santé, la websérie « Stéréotypes Stéréomeufs » met en images plusieurs scénarios de situations quotidiennes où femmes et hommes sont confronté·es à la question de l’égalité dans de nombreux domaines de la vie sociale et professionnelle. Comment mieux changer les mentalités que de procéder à un effet miroir par le biais d’une websérie pédagogique où les personnages principaux sont nos propres alter egos ? C’est le pari de la MGEN qui produit depuis 2018 une campagne d’information et de réflexion sur l’égalité FemmeHomme sous une forme scénarisée à destination des jeunes et des établissements scolaires.
3 saisons de 7 épisodes Co-produit par la chaîne de télévision Arte, la websérie est réalisée selon un format cinématographique professionnel. Ce sont déjà 21 vidéos produites en trois saisons. Dans ces petits films de quelques
minutes, femmes et hommes de toutes générations se croisent, se rencontrent, se confient le temps d’un dîner entre amis, d’une journée à la campagne, d’un speed-dating, d’une partie de tennis etc., pour parler de leurs soucis et de leurs souhaits, de leurs joies et de leurs déceptions, comme nous le faisons dans notre vie de tous les jours. Sauf qu’ici, leurs propos, leurs gestes, leurs « réflexes » de pensée si communs, plus ou moins sexistes, nous renvoient à nos propres comportements dont nous ne mesurons pas toujours la suffisance, l’insuffisance, voire l’outrecuidance à l’égard du sexe opposé.
https://www.stereotypestereomeuf.fr
Preuve par l’exemple Une belle preuve par l’exemple qui vise à nous interpeller, à faire réagir nos consciences soudainement éclairées par cette vérité crue si bien mise en images. Chaque épisode est complété d’un matériel pédagogique à destination des classes et les enseignant·es peuvent faire appel à un·e intervenant·e. L’association a formé de nombreux·ses volontaires du service civique ayant pour mission de parcourir l’ensemble du territoire scolaire et d’intervenir à la demande pour mener en parallèle la réflexion d’un changement de mentalité. Cette intervention est gratuite. Tous les films sont actuellement disponibles sur le site dédié à la websérie.
Questions d'Éduc. 22.
L’art pour transmettre les valeurs d’égalité Quatre auteures, Michèle Babillot, Astrid de la Motte, Claire Pontais et Virginie Houadec ont participé à l’écriture de séquences en classe sur l’égalité filles garçons, un ouvrage édité par Réseau Canopé.
Cet ouvrage propose 50 activités sur la thématique qui s’appuient sur les programmes de 2016 et le socle commun de connaissances et de compétences. Il fait suite à un premier tome paru quelques années auparavant. A travers le domaine des enseignements artistiques, plusieurs fiches activités présentées et testées en classe permettent une entrée sur cette thématique adaptable du cycle 1 au collège et aux classes Segpa. En complément, les fiches ressources apportent des éléments de recherches et des données chiffrées.
Art pariétal Dans l’activité n°34, intitulée l’art pariétal femmes et enfants artistes, les auteur.es constatent que dans la société nous parlons d’hommes préhistoriques au sens d’humains préhistoriques. Que s’imaginent les enfants ? N’y avait-il que des hommes à cette période ?
« L'égalité filles-garçons n’est pas une discipline supplémentaire à mettre en œuvre, c’est une dimension à intégrer au quotidien, dans tous les apprentissages. » En partant des représentations initiales des élèves, puis en s’appuyant sur des œuvres rupestres le but de cette activité est d’amener les élèves à prendre conscience que les enfants et les femmes étaient les artistes de cet art ancestral. Pour aller plus loin, des mises en réseau de littérature de jeunesse, des articles et sites internet sont proposés en fonction des cycles.
Femmes invisibles dans l’histoire Il émane de cet ouvrage le constat que les femmes ont été pour beaucoup invisibles dans l’histoire. L’art permet de les replacer dans le contexte historique en leur redonnant leur place. Et l’école dans cette démarche a pour but de faire connaître aux élèves les femmes « artistes de l’ombre ». Ce recueil d’activités donne accès à des œuvres spécifiques avec des outils détaillés, dont le fil conducteur est de « prévenir et lutter contre les stéréotypes sexistes » permettant de faire évoluer les mentalités et placer l’égalité hommes femmes au cœur de notre école.
Questions d'Éduc.
Pour aller plus loin
DES LIVRES Pour bousculer les stéréotypes fille garçon
23.
92 albums jeunesse
Egalité Filles-Garçons 50 activités - Tome 2
Pour bousculer les stéréotypes fille garçon
https://www.reseau-canope.fr/ notice/50-activites-pour-legalite-filles-garcons_11019.html
https://www.centre-hubertine-auclert.fr/sites/default/ files/fichiers/adm-2013.pdf
Ni poupées, ni super-héros ! https://www.lavillebrule.com/ catalogue/ni-poupees-ni-superheros,5
Des videos Vinz et Lou : Des films d’animation conçus pour les 7-12 ans pour aborder les sujets de société dont les inégalités de genre https://www.vinzetlou.net/fr
Des sites web Le centre Hubertine Auclert propose de nombreuses ressources : https://www.centre-hubertine-auclert.fr/
Interviews : de courtes rencontres avec des personnalités du monde de la Recherche pour documenter l’égalité Femme-Homme dans toutes ses dimensions sur la Chaine YouTube UNSA Éducation https://www.youtube. com/watch?v=r6QyAeh7aHM&list=PLrywdEWHh39Et3rqr0IgMouqukiPQvqbs
Réseau Canopé, des outils pour la pédagogie de l’égalité https://www.reseau-canope.fr/outils-egalite-filles-garcons.html
L’Observatoire des Inégalités, avec une rubrique « Femmes-Hommes » https://www.inegalites.fr/Femmes-et-hommes
Égalité et diversité dans l’Enseignement Supérieur : https://www.cped-egalite.fr
Questions d'éduc.
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