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TROISCOULEURS #181 - été 2021

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Paradiscope -----> les sorties plateformes

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COMMENT JE SUIS DEVENU SUPER-HÉROS FILM

Avec son Paris peuplé de super-héros désabusés et son casting prestigieux (Pio Marmaï, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti…), ce film fantastique made in France arrive en juillet sur Netflix. L’occasion de se demander pourquoi le cinéma français contemporain s’attaque si rarement aux récits de super-héros.

D’abord prévu pour une sortie en salles et finalement diffusé à partir du 9 juillet sur Netflix, Comment je suis devenu super-­ héros porte en lui un parfum d’inédit. Le film imagine un Paris contemporain dans lequel les super-pouvoirs de certains citoyens sont une banalité tout à fait bien intégrée à la société. Mais lorsqu’une nouvelle drogue donnant de dangereux pouvoirs commence à circuler auprès de la jeunesse, les policiers Moreau (Pio Marmaï) et Schaltzmann (Vimala Pons) mènent l’enquête, bientôt aidés par Monté Carlo (Benoît Poelvoorde) et Callista (Leïla Bekhti), deux super-héros qui avaient provisoirement cessé leur activité de justiciers. Le quatuor va alors croiser

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la piste du trafiquant Naja (Swann Arlaud), chef de bande au passé trouble. Un film de super-héros français, avec effets numériques et combats épiques ? Si la majeure partie du public a le sentiment de n’avoir jamais vu cela, Xavier Fournier, rédacteur en chef de la revue Comic Box et auteur de Super-héros. Une histoire française (Huginn & Muninn, 2014), rappelle que le genre était présent au début du siècle dernier : « Quand on replonge dans le cinéma muet, il y a un fonds important de films français qu’on pourrait aujourd’hui comparer à des récits super-héroïques, le terme n’existant pas encore à l’époque. » Citons Judex de Louis Feuillade, sorti fin 1916, his-

toire d’un justicier à cape noire qui prend un pseudonyme pour venger les victimes d’un banquier criminel. Ou encore Protéa, espionne en collants noirs, capable de se transformer en n’importe qui et de tromper la vigilance de ses ennemis, qui eut droit à cinq films entre 1913 et 1918. Mêlant goût du merveilleux, esthétique rococo et héros au caractère un brin anarchiste, ce genre cinématographique fit autorité avant d’être mis à l’écart. « Dans les années 1930 et 1940, les opposants aux récits fantastiques se sont mis à prétendre – à tort – qu’ils étaient d’inspiration étrangère. Les super-héros sont aussi devenus la cible d’une pensée conservatrice qui estimait qu’ils faisaient

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