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L'Australie. Naissance d'une nation - Editions Ophrys

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L’AUSTRALIE

Naissance d’une nation


Crédit couverture : Mitchell Library, State Library of New South Wales / Bridgeman Images

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L 122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que « les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information », toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans consentement de l’auteur ou de ses ayants droit, est illicite (art. L 122-4). Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, notamment par téléchargement ou sortie imprimante, constituera donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle. © Éditions de la République, 2017 5 avenue de la République, 75011 Paris www.ophrys.fr ISBN : 979-10-96963-08-9


Table des matières Préface Down under. Le continent des antipodes

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L’île des Aborigènes

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60 000 ans d’histoire

23

Le boomerang ne revient pas toujours !

55

Le temps des Anglais

61

À la recherche du continent austral

63

Botany Bay. Terre des utopies ou des indésirables ?

75

Plus britannique q ue la Grande-Bretagne !

87

Par Louise Dorignon

Entretien avec Martin Préaud Par Philip Jones

Par André Zysberg Par Isabelle Merle Par Paul Pickering

9

Ned Kelly. L’autre Robin des bois

101

1915 : naissance d’une nation

107

1914-1918 : Le grand sacrifice des « diggers »

109

La légende des Anzac

127

Par Huguette Meunier

Par Bruno Cabanes Par Bruce Scates


Une puissance du Pacifique

147

1942 : Le traumatisme. Où sont les Anglais ?

149

Un allié à Washington, un ami à Pékin !

155

La fin de l’ « Australie blanche » ?

169

Le sacre des Wallabies

183

Le nouvel eldorado des Français ?

189

Lexique

195

Chronologie

207

Les auteurs

219

Par Iain E. Johnston Par James Curran Par Xavier Pons

Par Olivier Thomas

Par Christophe Lecourtier


Préface L’année 2015 fut en Australie c elle d’une commémoration pour laquelle le gouvernement a dépensé une énergie et des fonds considérables : le centenaire du débarquement de Gallipoli, en Turquie, le 25 avril 1915. Comment cette désastreuse campagne a-t-elle pu devenir la date de naissance de la nation ? Ce paradoxe tient à la difficulté p our l’île-continent de se construire une identité propre. La terre australe est découverte en 1770 par Cook au nom du roi britannique. Dix-huit ans plus tard, le 26 janvier 1788, la « Première Flotte », avec à son bord quelques centaines de condamnés, plante son drapeau à Port-Jackson, l’actuelle Sydney. Durant près d’un siècle, l’Australie sera une terre de bagne. Mais l’histoire du pays a commencé il y a plus de 60 000 ans avec l’arrivée des premiers Australiens. Les anthropologues ont bien montré que, loin d’être des sociétés immuables, les Aborigènes ont inventé une civilisation complexe. Pourtant, lorsqu’ils se sont installés, les Britanniques ont proclamé la terre « Terra nullius », n’appartenant à personne. Entre 300 000 et 1 million à la fin du xviiie siècle, la population 9


des natifs tombe à 50 000 en 1900. Bientôt, ils ne seront même plus recensés. Au cours du xixe siècle, l’expansion économique et démographique transforme la colonie pénitentiaire en une prospère colonie de peuplement. La découverte de l’or en 1851 attire des milliers de colons libres venus tenter leur chance dans cette Britannia du bout du monde. Mais il faut attendre 1901 pour que les six colonies fédérées commencent à s’émanciper. Le Commonwealth d’Australie affirme avec force son identité blanche. Son engagement et son sacrifice durant la Première Guerre mondiale sont aussi l’occasion d’exalter la fierté patriotique naissante. Le vrai tournant date des années 1970. Le pays s’ouvre aux non-Européens, se tourne vers l’Asie. Les Aborigènes sortent du silence et font valoir leurs droits sur la terre. L’Australie multiculturelle émerge. C’est elle qui attire aujourd’hui avec sa croissance économique ininterrompue depuis plus de vingt ans. Mais la question de l’identité demeure. Des historiens vigilants ont formé en 2013 le comité « Honest History » pour que la commémoration tonitruante de 2015 ne marque pas le retour du nationalisme blanc. Et que les 8 000 victimes de Gallipoli ne soient pas mortes pour rien.

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Down under. Le continent des antipodes Par Louise Dorignon Des clichés tenaces en font un pays paradisiaque et sans histoire. En réalité l’Australie échappe à toute représentation univoque. Au cœur désertique et au littoral urbanisé, cette île-continent, entre Océanie et Asie, s’explique aussi par sa géographie. Officiellement nommée Commonwealth d’Australie et plus communément Oz1, l’Australie est cette île-continent de près de 7,7 millions de km2 située entre l’océan Pacifique et l’océan Indien. D’abord simple colonie britannique, pénitentiaire ou de peuplement, le pays s’affirme au cours du xxe siècle comme une puissance incontestable de l’hémi­ sphère Sud, tant par la construction de cultures et d’identités propres que par sa réussite économique. Alors qu’il a longtemps prétendu à une reconnaissance européenne, c’est aujourd’hui à la table des pays asiatiques qu’il espère 1  Une des particularités de l’anglais australien est de raccourcir les noms en gardant seulement le début. Ainsi, Australia devient phonéti­quement Oz.

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être invité. Brisant grâce aux flux de la mondialisation et à la croissance rapide de métropoles ultracompétitives « la tyrannie de la distance »2, l’Australie surprend par la vitesse à laquelle elle se trouve confrontée à de nouvelles problématiques. Anthropologiquement océanienne, historiquement européenne et géographiquement asiatique, l’Australie semble autant enrichie que mise à l’épreuve par ces appartenances multiples. Un désert rouge et chaud Au centre du continent s’étend une surface gigantesque formée d’un désert de pierres et de plusieurs déserts de sables : le désert de Gibson et le Grand Désert de sable au Nord, le grand désert de Victoria au Sud. Leur présence sur 18 % du territoire a forgé des paysages rougis et arides. De plus, les trois quarts du pays sont occupés par une zone où les précipitations annuelles sont inférieures à 500 millimètres par an, entraînant aridité ou semi-aridité. À la surface, des plaines et des plateaux à la végétation relativement pauvre et aux cours d’eau rares s’étendent à perte de vue : les forêts d’eucalyptus se sont réfugiées au plus près des zones littorales où les pluies ont permis leur développement. Dans les sous-sols, des minerais se sont amoncelés pour former un véritable trésor : fer, houille, uranium, cuivre, plomb, zinc, sans oublier les mines d’or qui firent à partir de 1851 la splendeur des villes du sud du pays. Au Nord 2  L’expression a été forgée dans les années 1960 par Geoffrey Blainey.

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60 000 ans d’histoire Entretien avec Martin Préaud Les Aborigènes d’Australie constituent la civilisation vivante la plus ancienne de la planète. Ces chasseurs-cueilleurs nomades ont façonné des sociétés complexes, sans écriture, qui reposent sur la transmission des savoirs et des secrets. Qui sont les Aborigènes ? Martin Préaud : « Aborigène » vient du latin ab ­origine qui signifie « ceux qui sont là depuis les origines ». Les Anglais utilisent aussi ce terme pour désigner les Indiens du Canada et des États-Unis. Selon leurs mythes, les Aborigènes sont originaires de l’Australie. En réalité, il n’y avait pas de primates et, par conséquent, la possibilité d’une évolution séparée est peu plausible. Des travaux en génétique ont montré qu’ils seraient en fait issus des premières populations à avoir quitté l’Afrique, il y a au moins 100 000 ans, c’està-dire pendant une période de maximum glaciaire durant laquelle l’Australie, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie formaient un continent unique. Ils sont sans doute passés 23


à pied par l’Asie du Sud-Est et arrivés en Australie après une courte traversée maritime. Les Nations unies, pour leur part, distinguent en Australie deux peuples autochtones : les Aborigènes et les Insulaires du détroit de Torres. Ces derniers se sont installés plus récemment que les Aborigènes sur leurs territoires et, d’un point de vue culturel, se rapprochent davantage des populations papoues ; ils revendiquent une identité distincte, signifiée par un drapeau spécifique. Dans les années 1980, on utilisait l’acronyme ATSI (Aboriginal and Torres Strait Islanders). Aujourd’hui, on emploie plus volontiers le terme indigenous, traduit en français par « autochtone » pour ne pas risquer de confusion avec le régime de l’indigénat. De nombreux Aborigènes soulignent toutefois que ces appellations génériques, utilisées d’abord pour des raisons politiques, ont tendance à homogénéiser à tort des groupes qui se pensent comme différents. Qu’est-ce qui distingue ces groupes les uns des autres ? D’abord des critères linguistiques : plus de 500 langues réparties en 18 familles. L’organisation sociale diffère aussi en fonction des milieux. Pour l’essentiel, ce sont des chasseurs-­cueilleurs nomades qui vivaient dans des territoires bien spécifiques jusqu’à ce que la colonisation modifie leur mode de vie. Les Aborigènes partagent ensuite une cosmologie similaire, que l’on appelle « le temps du rêve », selon la traduction maladroite proposée à la fin du xixe siècle par les ethnologues Spencer et Gillen – les Aborigènes préfèrent parler des « Lois ». Mais ils ne se pensent pas appartenir à une société 24


e boomerang L ne revient pas toujours ! Par P hilip Jones Traduction de Catherine Guillet

Aujourd’ hui galvaudé dans les boutiques pour touristes, le boomerang fut d’abord une arme de chasse utilisée par les Aborigènes, remarquablement adaptée au milieu. Il est difficile de se représenter la sensation qu’a provoquée le boomerang dans l’imaginaire européen au début du xixe siècle. Cet objet aborigène qui revenait à son point de départ fut considéré comme l’un des plus extraordinaires au monde. Le magazine de l’université de Dublin écrivait ainsi en 1838 : « De tous les avantages que nous avons tirés de nos colonies australiennes, aucun ne semble avoir procuré une satisfaction plus générale que l’ introduction de quelques morceaux de bois façonnés en croissant de lune, appelés boomerangs ou kylies. Depuis que le secret de leur structure a été dévoilé, les ébénistes semblent ne plus s’ intéresser qu’ à eux ; les vitrines des magasins de jouets n’exposent pratiquement 55


rien d’autre ; les cannes et parapluies sont passés de mode ; et même en cette saison pluvieuse, on ne sort qu’avec un boomerang. Et cette folie ne semble pas près de faiblir. » La spécificité du boomerang renvoie, en effet, à une représentation de l’Australie comme pays du paradoxe. À la fois arme et jouet, qui peut aussi bien revenir f­rapper son lanceur qu’aller toucher sa cible, il semble de la même étrange nature que l’ornithorynque à bec de canard, l’échidné ovipare, le kangourou bondissant ou les plantes qui s’épanouissent dans le bush après un incendie. Mais à se polariser sur son « excentricité », on en oublierait l’essentiel : il répond admirablement au défi du rude environnement australien. Car, à la différence des chasseurs du Paléolithique en Europe, en Asie ou sur les autres continents, les Aborigènes australiens n’avaient aucun animal à domestiquer ; ils durent trouver le moyen le plus efficace d’attraper les kangourous ou les émeus. Ce fut le boomerang de chasse qui ne revenait pas vers son lanceur : arme de jet aérodynamique, il atteignait sa cible à une portée quatre à cinq fois supérieure à celle d’une simple massue. Ce boomerang n’est pas spécifique à l’Australie : on en retrouve dans différents endroits ­d ’Europe comme aux Pays-Bas et en Allemagne. Quant au boomerang qui revient, propre à l’Australie, il semble avoir été inventé pour chasser les oiseaux aquatiques, associé à des filets tendus au-dessus des cours d’eau. Les volées de canards, en effet, pouvaient éviter un filet, mais au moment décisif, un chasseur imitait le glatissement d’un uraète (un grand aigle noir) et lançait le boomerang dont le 56


Ned Kelly L’autre Robin des bois Par H uguette Meunier Défenseur des opprimés pour les uns, vulgaire bandit pour les autres, Ned Kelly est l’une des figures les plus populaires en Australie. Un des hommes les plus célèbres d’Australie s’appelle Edward, dit Ned, Kelly. Son père, originaire de Tipperary, en Irlande, fut envoyé en 1841 au bagne en Tasmanie pour le vol de deux cochons. Il y eut ainsi plus de 50 000 Irlandais bannis à l’autre bout du monde, où ils conservèrent un fort attachement au catholicisme et une profonde méfiance à l’égard des autorités. Libéré au bout de sept ans, il s’installe dans la colonie du Victoria, se marie et a huit enfants. Ned, né en 1854 ou 1855, est le troisième enfant et le premier garçon. La famille fait l’objet de poursuites, souvent de façon injuste. La mort en prison de son père, alors qu’il n’a pas 12 ans, semble l’avoir fortement marqué. Inculpé de vol, sans doute à tort, à 14 ans à peine, il 101


devient un bushranger, un brigand de grand chemin qu’il faut garder à l’œil dans un pays où circulent aussi les bagnards évadés. Un incident radicalise sa position : le 15 avril 1878, Alexander Fitzpatrick, un policier qui sera exclu peu après, prétend avoir été attaqué par Ned Kelly et son frère Dan. Bien que Ned se soit trouvé en Nouvelle-Galles du Sud à cette période, doutant de pouvoir faire valoir son point de vue, il décide de se cacher, avec son frère et deux amis, Joe Byne et Steve Hart. Rattrapés, ils se battent : trois des quatre policiers meurent. La tuerie de Stringbark Creek fait basculer l’existence de Ned Kelly. Le Parlement de Victoria adopte le Felons Apprehension Act qui met hors la loi Kelly, ses amis et quiconque susceptible de les aider. Il autorise toute personne à les abattre. La petite bande multiplie alors les attaques de banques, avec prises d’otages toujours relâchés (et bien traités, disent-ils), volant pour son compte mais brûlant aussi les papiers des prêts hypothécaires faits par les fermiers auprès de la banque. Ce qui contribue à la popularité de Ned Kelly, vu comme un défenseur des pauvres face aux puissants. Si la ruée vers l’or, en effet, a considérablement enrichi Melbourne, devenue l’une des villes les plus prospères de l’époque, bien des gens, surtout dans les campagnes, n’en profitent pas. C’est lors d’une de ces attaques qu’il rédige sa célèbre lettre de Jerilderie, où il accuse le gouverneur de Victoria de harceler sa famille et tous les colons irlandais. Il y écrit notamment : « Je suis le fils d’une veuve mis hors la loi et mes ordres doivent être obéis. » Les autorités finissent par offrir 8 000 livres pour la capture de Ned et de sa bande – une somme exceptionnellement élevée. 102


1942 : le traumatisme. Où sont les Anglais ? Par Iain E. Johnston Traduction de Catherine Guillet

Avec la prise de Singapour par les Japonais en 1942, la grande île prend brutalement conscience que les Britanniques ne la protègent plus. En 1939, le Premier ministre Robert Menzies fit entrer son pays en guerre sans vote du Parlement. Pour de nombreux Australiens, suivre la Grande-Bretagne dans le conflit semblait une évidence. L’Australie estimait que sa position dans l’Empire était cruciale pour sa prospérité et sa sécurité futures. Reste que le pays, qui avait perdu 60 000 hommes entre 1914 et 1918, accueillit sans enthousiasme l’annonce de son entrée en guerre. En 1939, l’ambiance était morose et les préparatifs militaires réduits car l’Australie venait juste d’abandonner, à contrecœur, le principe de sécurité collective. Ses premiers engagements gardèrent la même nature 149


impériale que les campagnes antérieures : la marine royale australienne fut en grande partie incorporée à la marine royale britannique, tandis que la deuxième force impériale australienne (2e AIF) était déployée au-delà des mers pour des actions terrestres destinées à soutenir l’armée britannique. L’Australie participait au plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique. Aussi, la majorité de ses aviateurs volèrent avec la Royal Air Force britannique et non australienne. Jusqu’en 1942, les forces nationales intervinrent principalement dans le bassin méditerranéen, en renfort de la défense britannique en Égypte et dans le canal de Suez, passage stratégique pour l’Empire. L’Australie envoya trois divisions de la 2e AIF auprès du commandement britannique au Moyen-Orient et ces unités intervinrent en Libye, Grèce, Crète, Syrie et Égypte. La 9e division australienne participa à la défense du port libyen de Tobrouk derrière les lignes ennemies pendant plus de sept mois si bien que la propagande allemande les surnomma les « Rats de Tobrouk », un sobriquet que ses membres adoptèrent avec une grande fierté. Cette 9e division joua un rôle important dans les victoires décisives que remporta la Grande-Bretagne à El-Alamein en 1942. Les forces navales australiennes escortèrent des troupes jusqu’au Moyen-Orient et combat­tirent très tôt en Méditerranée. Les soldats australiens versés dans la Royal Air Force furent déployés sur tout le globe, au Moyen-Orient, en Birmanie et en Europe. 150


Lexique Aborigène Du latin ab origine, « depuis l’origine ». Premiers habitants de l’Australie, où ils sont présents depuis près de 60 000 ans. Ils sont un peu moins de 600 000 aujourd’hui, soit environ 2,5 % de la population. Leur culture reste vivace malgré les difficultés sociales. Antipodes Dont les pieds sont situés à l’opposé. L’expression européo­ centriste désigne l’Australie et les régions voisines. Anzac Acronyme d’Australian and New Zealand Army Corps. Ce contingent australien et néo-zélandais fut envoyé sur les fronts de la Première Guerre mondiale. Depuis, le terme désigne tout soldat australien. Anzac Day Anniversaire du débarquement à Gallipoli, le 25 avril 1915. Adopté comme jour férié en 1927, puis tombé en déshérence, il a été revivifié dans les années 1990 par une active politique mémorielle, au point d’être devenu la deuxième fête nationale. Anzus Traité d’alliance militaire signé en 1951 par les États-Unis avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette dernière en 195


est exclue depuis 1986, suite à son refus d’autoriser des navires de guerre à propulsion ou armement nucléaire à pénétrer dans ses eaux territoriales. Australie C’est en 1804 que le mot Australia (du latin australis, du sud) apparaît sur la carte du navigateur Matthew Flinders après sa circumnavigation de 1803. Le terme est officialisé en 1824 par les Britanniques. Il remplace celui de Nouvelle-Hollande. Australie blanche Cette politique, mise en place en 1901 et abolie en 1972, visait à préserver la « pureté raciale » face à l’immigration, en particulier asiatique. Boomerang À la fois arme et jeu, c’est un bâton de jet fait en bois, courbe et souvent peint de représentations symboliques. Bush Plus qu’un espace géographiquement défini (la campagne aride, couverte de broussailles ou d’arbres clairsemés), le bush est un lieu mythique aux frontières changeantes. Refuge des bagnards évadés et autres bushrangers en délicatesse avec la loi, il est d’abord colonisé par les squatters et accueille les chercheurs d’or après 1851. Au xxe siècle, le bushman est érigé en héros, écologiste avant la lettre, magnifié dans la littérature et le cinéma. Lieu de la réconciliation avec les 196


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