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2° semestre 2026

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Est-ce le moment d’adopter une approche plus défensive, ou les investisseurs doivent-ils au contraire se tenir prêts à profiter des corrections de marché? Les besoins d’investissement en IA demeurent un soutien plus puissant que le choc énergétique actuel. Les analystes anticipent un doublement des bénéfices du secteur des

Est-ce le moment d’adopter une approche plus défensive, ou les investisseurs doivent-ils au contraire se tenir prêts à profiter des corrections de marché? Nous restons constructifs sur les actions. Les fondamentaux demeurent solides, la croissance bénéficiaire porteuse et, à plus long terme, les actions continuent de représenter un moteur essentiel de création de capital, notamment pour battre l’inflation.
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semi-conducteurs en 2027 par comparaison avec 2026. La demande explose mais l’offre reste limitée. Les dépenses liées aux infrastructures IA continueront de dominer un marché avec des résultats solides, notamment aux États-Unis où les bénéfices du S&P restent très élevés. Les investisseurs sont loin de l’euphorie, cependant. La hausse des taux longs constitue le principal risque à court terme, pouvant déclencher une phase de correction si la volatilité obligataire s’accélérait avec des taux à 30 ans américains déjà hauts depuis 2007.
Quels actifs résistent le mieux à une inflation tenace?
L’environnement actuel pourrait s’apparenter à un scénario de stagflation, tiré par la hausse des prix de l’énergie et une croissance économique atone. Dans ce cas, nous privilégierions les obligations indexées sur l’inflation, qui protègent
Selon nous, les actions européennes représentent une alternative dans un contexte de désescalade du conflit iranien.
Alexis Albert et Augustin Picquendar Gérants chez
DNCA Finance
le capital en s’ajustant au rythme d’un indice des prix. Du côté des actions, outre les secteurs de IA et de l’électrification, les entreprises disposant d’un fort pouvoir de fixation des prix, actives dans les gaz industriels, l’énergie ou encore les matières premières, ont tendance à surperformer les marchés.
Quel marché d’actions offre, sur les six prochains mois, le meilleur rapport risque-rendement?
Selon nous, les actions européennes représentent une alternative dans un contexte de désescalade du conflit iranien. L’Europe semble en effet avoir absorbé une grande partie du choc inflationniste et énergétique dans ses valorisations (le PE du Stoxx 600 se traite avec 30% de décote par rapport au S&P500).
Les marchés se rattrapent après des semaines de sous-performance. Les valorisations plus faibles, le

repositionnement des investisseurs et le soutien des secteurs énergie/IA permettent au marché européen de redevenir attrayant. Le retour à l’actionnaire via les dividendes (3,4% de rendement pour le Stoxx 600) et les rachats d’actions sont à nouveau un moteur important.
Dans le cycle actuel, cependant, la sélectivité est primordiale. Les corrections doivent être mises à profit de manière ciblée, en privilégiant les entreprises et les marchés où les bénéfices, les bilans, les valorisations et les perspectives de croissance structurelle sont toujours attrayants.
L’IA restera-t-elle le principal moteur des performances boursières? Un moteur majeur, en tout cas. À court terme, cette dynamique reflète l’ampleur des investissements, des dépenses d’infrastructure et de l’enthousiasme des marchés. À plus long terme, elle repose sur le potentiel de gains de productivité.
L’enjeu clé sera la dispersion: l’IA fera émerger des gagnants et des perdants selon les secteurs et les régions. Les investisseurs devront donc se concentrer sur les fondamentaux, plutôt que d’acheter indistinctement le thème de l’IA.
Les valorisations américaines restent historiquement élevées. Est-il temps d’opérer une rotation vers les actions européennes? Si la diversification au-delà des grandes capitalisations américaines nous semble de plus en plus pertinente, il ne s’agit pas simplement de “vendre les États-Unis pour acheter l’Europe”. L’Europe connaît des changements
Nous investissons dans un monde profondément reconfiguré par la fragmentation géopolitique et l’accélération rapide de l’IA.
Edoardo Cilla Director Global Macro & Strategic Asset Allocation chez Fidelity International
structurels importants, de la défense à l’énergie, en passant par les dépenses budgétaires et la remontée des taux. Mais la sélectivité n’en est pas moins indispensable. L’IA n’est pas uniquement une histoire américaine ou technologique: le Japon, la Corée, les marchés émergents et les économies liées aux matières premières offrent eux aussi des opportunités. La bonne approche consiste à élargir l’univers d’investissement au-delà d’une exposition passive, très concentrée et pondérée par la capitalisation, afin d’identifier les champions régionaux et sectoriels disposant d’un pouvoir de fixation des prix durable et d’un avantage compétitif solide.
Dans la prochaine édition de Outlook, le 16 décembre 2026, nous nous pencherons sur le premier semestre de 2027.
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Dans quels types d’entreprises l’IA crée-t-elle aujourd’hui le plus de valeur?
La vraie surprise de 2026 ne vient pas des puces, mais de ce qui les relie. Selon les analystes, le marché des réseaux optiques pour l’IA pourrait ainsi passer de 15 milliards de dollars en 20252026 à 154 milliards en 2027-2028. Imaginez une ville dont la population explose: ce ne sont pas seulement les

L’IA reste un moteur clé, les taux un risque majeur
L’IA restera-t-elle le principal moteur des performances boursières?
L’IA devrait effectivement rester un moteur majeur des marchés. Les investissements massifs dans l’IA soutiennent la croissance, surtout aux États-Unis, et son adoption n’en est qu’à ses débuts. Les fondamentaux du secteur technologique demeurent solides: les besoins en puissance de calcul alimentent le cycle d’investissement, avec
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bâtiments qui doivent s’agrandir, mais toutes les routes qui les connectent. Il en va de même dans un centre de données IA, où le volume de composants réseaux nécessaires est multiplié par 16 entre les racks, et par 45 à l’intérieur d’un même rack. Trois groupes tirent ici leur épingle du jeu. D’abord, les modules optiques “pluggables”, un marché qui flambe de 8 à 32 milliards. Les Co-Packaged Optics (CPO), ensuite: Nvidia, Broadcom et Marvell s’y lancent dès 2026-2027, pour un marché potentiel de 91 milliards. Enfin, les fournisseurs de lasers et matériaux spécialisés – tels que Lumentum et
Le marché des réseaux optiques pour l’IA pourrait passer de 15 milliards de dollars en 20252026 à 154 milliards en 2027-2028.
Yves Kazadi Senior Analyst chez Beobank

des dépenses en capital soutenues et des perspectives de retour sur investissement intéressantes. La demande pour les semi-conducteurs et les infrastructures liées à l’IA se maintient à un niveau élevé. Les prochaines introductions en Bourse
constitueront un baromètre clé pour mesurer l’appétit des investisseurs.
Quel est, selon vous, le plus grand risque qui n’est pas encore suffisamment intégré dans les cours?
Une remontée durable des taux d’intérêt. La hausse de l’énergie et de l’alimentation, combinée aux tensions du détroit d’Ormuz, pourrait en effet raviver l’inflation et pousser les banques centrales à durcir le ton. Jusqu’à présent, les marchés d’actions ont pu absorber la hausse des rendements grâce à des révisions bénéficiaires particulièrement solides. Mais une nouvelle poussée du taux américain à 10 ans vers les 5% pèserait sur les valorisations boursières.
Alors que les entreprises revoient leurs objectifs ESG, quels thèmes d’investissement durable
Coherent –, en pénurie structurelle jusqu’en 2027, ce qui leur confère un fort pouvoir de fixation des prix.
Quel marché d’actions offre, sur les six prochains mois, le meilleur rapport risque-rendement?
Sur les marchés émergents, le rebond ne fait que commencer. Après des années dans l’ombre des marchés occidentaux, les pays émergents s’imposent comme la meilleure opportunité risque-rendement pour le second semestre de 2026. Entre 2018 et 2024, ils avaient sous-performé de 47% face aux pays développés, et n’ont récupéré que 25% depuis
le début de 2025. La marge de rattrapage reste donc immense. Les révisions de bénéfices parlent d’elles-mêmes: la Corée du Sud (+32% de révisions positives) et l’indice EM global accélèrent à la hausse, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq basculent dans le questionnement à la suite du rallye et de la politique des taux. Le momentum de moyen terme des marchés change progressivement de camp. Pour s’y exposer, le hardware IA asiatique (TSMC, Samsung, SK Hynix) et la tech chinoise offrent des décotes historiques de 30 à 80% face aux grandes valeurs américaines.
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Innovation technologique, santé et transition énergétique conservent un potentiel structurel et pérenne.
demeureront, à long terme, réellement rentables et pérennes? Les investissements liés à l’innovation technologique, à la santé et à la transition énergétique devraient conserver un potentiel de croissance. Technologie, automatisation et robotisation répondent à des besoins économiques de fond, notamment avec le vieillissement démographique mondial, soutenant la demande croissante en soins de santé. Même si certains objectifs ESG sont réévalués, les ambitions de transition énergétique restent considérables. Les besoins en énergie, portés par les data centers et le transport, continuent d’augmenter. Les énergies renouvelables devraient s’adjuger une part croissante de la production future, avec des coûts devenus comparables à ceux des énergies conventionnelles.