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BNQ quarterly (22/06/2017) - L'entrepreneur numérique

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Quarterly Millennials Ils n'ont pas encore leur diplôme mais se plongent déjà dans l'entrepreneuriat

Dialogue Collaborer en faisant fi du fossé des générations

PERSPECTIVES ON BANKING

L'entrepreneur numérique Faire des affaires dans un monde connecté Une initiative de BNP Paribas Fortis en collaboration avec Echo Connect.


4 Le ministère de la confiance selon Alexander De Croo

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6 De l'industrie à la R&D: portrait d'une Belgique entreprenante

14 Pas encore diplômés et déjà entrepreneurs: portrait des millennials

18 Pour Erwin Jansen et Tina Stroobandt, les starters et les entreprises établies sont plus que complémentaires

20 Attention: le networking ne se résume pas à participer à quelques événements ponctuels

Ours Une initiative de BNP Paribas Fortis en collaboration avec Echo Connect. Coordination : Alexia Mangelinckx. Lay-out : Christine Dubois, Marise De Maeyer. Photos : Frank Toussaint, sauf mention contraire. E.R. : WalterTorfs, Montagne du Parc 3, 1000 Bruxelles.

Echo Connect offre aux entreprises, organisations et organismes publics l’accès au réseau de L’Echo, pour partager leur vision, leurs idées et leurs solutions avec la communauté de L’Echo. Les partenaires impliqués sont responsables du contenu.

CONNECT


2017

Six experts débattent de la nécessaire émergence d'un "entrepreneur 4.0"

Thierry Geerts, Country Director pour la Belgique chez Google

B NQ B NQ est une plateforme de contenu de cross médias consacrée à la banque socialement responsable et moderne. Au travers de la diffusion d'informations, B NQ entend ouvrir le débat et le dialogue sur la base de récits remarquables, innovants et concrets. Ce magazine a été imprimé le 22/06/2017 www.lecho.be/bnq

édito

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Nous sommes au cœur de la révolution numérique. Et nous faisons face au plus grand défi de notre histoire: réinventer le monde, et notamment la manière dont nous entreprenons, sur la base de cette nouvelle réalité. Dans une attitude typiquement belge, les entreprises ne voient pas plus loin que les questions liées à cette révolution numérique: "Combien cela coûtera-t-il? Et comment l’expliquer à mes salariés?" Nous exigeons des réponses à toutes ces questions avant de nous mettre à pied d’œuvre. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de chercher ces réponses. Nous vivons dans un monde où l’on apprend sur le tas, où il faut tomber pour se relever, où l’on se lance avant de corriger la trajectoire. C’est l’approche des leaders technologiques américains et asiatiques. Et ceux qui ne suivent pas n’auront pas voix au chapitre: ils seront irrémédiablement submergés. Nous devons donc embrasser pleinement ce futur numérique. Notre objectif? Devenir des "Digital Frontrunners" et exploiter les possibilités de l’internet. Pour avancer, nous devons investir plus rapidement dans les compétences numériques. Les conditions préalables sont remplies: un immense vivier de talents, un internet très développé et une quantité considérable d’argent sur les comptes d’épargne. Il nous manque la vision et l’ambition. Est-il trop tard? Pas du tout, car cette (r)évolution en est à ses débuts. Aujourd’hui, 3 milliards de personnes sont connectées à l’internet; en 2020, elles seront environ 5 milliards. Dans son rapport Digitizing Belgium, le Boston Consulting Group a calculé que la Belgique pourrait créer 300.000 emplois nets d’ici à 2020 pour peu que nous jouions pleinement la carte de la numérisation. Il ne s’agit pas uniquement de "jobs numériques" dans des start-up pointues. La numérisation favorise l’efficacité et donc la compétitivité de toute notre économie, ce qui permet la création d’emplois dans de nombreux secteurs. Mais les travailleurs doivent dès aujourd’hui bénéficier de formations leur permettant de maîtriser le numérique. Nous devons introduire de toute urgence des formations adaptées dans notre système d’enseignement, du primaire aux formations continues pour adultes. Autre point important pour réaliser cette ambition: l’e-commerce. Si les Belges achètent beaucoup en ligne, ils le font en majorité auprès d’entreprises étrangères. C’est un problème fondamental pour notre économie. Nos entreprises doivent penser davantage à l’exportation. Pourquoi un magasin de pralines à Bruxelles ne vendrait-il pas ses produits au Japon ou au Venezuela? Trois milliards de clients potentiels se trouvent à portée de clic. Mais surtout, agissons. Et maintenant. Car il n’y a jamais eu d’époque plus propice à l’entrepreneuriat. ll


Le ministère de la confiance


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Oui, nous vivons une révolution numérique. Et non, des emplois ne disparaîtront pas, et la vie privée sera préservée. Quant aux pouvoirs publics, ils devront fonctionner autrement. Avec la confiance comme moteur, de manière plus réactive, et en plaçant l’accent sur les compétences humaines.

l n’a jamais été aussi aisé de créer une entreprise. Et l’économie du partage met à la portée du plus grand nombre des services jadis réservés à une petite partie de la population. L’État doit-il s’y opposer? Non, il doit s’adapter en gagnant en flexibilité et en multipliant les expériences. Dans le Digital Society Index de la Commission européenne, la Belgique arrive en sixième position sur 28 pays. Ce n’est certes pas un mauvais résultat, mais il reste beaucoup de potentiel à exploiter. Nous le ferons si le gouvernement rend davantage de choses possibles et crée un cadre clair pour cela. Notre législation est encore trop souvent fondée sur la méfiance: si nous n’interdisons pas, les abus sont inévitables. Or, comment bétonner une loi pour 10 ans dans les conditions actuelles? Personne ne sait de quoi sera fait le monde dans une décennie. C’est pourquoi nous devons travailler davantage sur la base de la confiance. Cela implique de dire clairement ce que nous refusons et, pour le reste, d’offrir aux gens la possibilité d’essayer. Une telle liberté stimule la créativité et dynamise un entrepreneuriat neuf et numérique. Prenez les Big Data. La ministre de la Santé publique, Maggie De Block, et moi-même avons un projet de transfert, à la R&D de l’industrie pharmaceutique et dans un environnement protégé, de données médicales liées à un type précis de cancer du poumon. Les conditions sont strictes, le respect de la vie privée garanti. L’industrie pharmaceutique exploite ces données, mais sous la supervision constante des pouvoirs publics. Nous n’intervenons qu’en cas de problème. La Belgique est le seul pays d’Europe à avoir introduit, tout récemment, un cadre législatif transparent pour ceux qui complètent leurs revenus grâce à l’économie du partage. Notre pays était également le premier à donner à la signature numérique la même valeur qu’un document papier.

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Robots et machines Autrefois, il fallait 50 personnes pour aménager 1 km de routes; aujourd’hui, trois hommes suffisent. Et pourtant, il y a davantage d’emplois que par le passé. Des emplois plus sûrs et moins exigeants physiquement. La raison? Les hommes et les machines sont complémentaires dès lors qu’il s’agit de construire une route. C’est un progrès. Et ce progrès pénètre désormais dans

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chaque recoin de notre société et de notre économie. C’est pourquoi notre enseignement doit insister davantage sur les compétences que les machines n’acquerront jamais: pensée analytique ou axée sur la résolution de problèmes, pensée innovante ou créative, pensée émotionnelle ou empathique. Nous filtrons encore beaucoup en fonction de la partie analytique, et trop peu selon les dimensions créative et émotionnelle.. Chaque révolution industrielle recèle une composante d’éducation. Il en ira de même pour la quatrième révolution industrielle, la révolution numérique. Cette fois, l’accent sera placé sur la formation permanente. C’est déjà le cas, mais pour trop peu de gens. Seuls les plus diplômés suivent des formations continues. Cela doit changer. Chacun, et à tout âge, doit avoir la chance de parfaire ses compétences. Ce n’est qu’avec les personnes les mieux formées, qui se recyclent en permanence et travaillent ensemble, que nous survivrons à la révolution numérique. Plus encore: grâce à cette approche, nous deviendrons nous-mêmes meilleurs.

Alexander De Croo, vice Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique, des Télécommunications

COMMENT BÉTONNER UNE LOI POUR 10 ANS DANS LES CONDITIONS ACTUELLES? PERSONNE NE SAIT DE QUOI SERA FAIT LE MONDE DANS UNE DÉCENNIE. Alexander De Croo


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Portrait d'une Belgique Parcourez l'histoire de notre pays, et vous verrez comment des campagnes et des villes se sont vues transfigurées en passant de l'agriculture et de l'industrie lourde aux services et à l'industrie de la connaissance.

Plusieurs branches de l’industrie se sont totalement réinventées. Le textile de haute technologie que fabrique aujourd’hui une entreprise comme Sioen est à des années-lumière de celui qui assurait une grande prospérité au XVIIIe siècle.

Au début du XXe siècle, l’agriculture était encore le gagne-pain d’un quart des Belges; aujourd’hui, cette proportion est tombée à moins de 0,6%. Il faut dire que l’efficacité a explosé: neuf entreprises belges produisent désormais 25% de tous les légumes surgelés au monde.

NEUF ENTREPRISES BELGES PRODUISENT DÉSORMAIS 25% DE TOUS LES LÉGUMES SURGELÉS AU MONDE. Les clusters biotechnologiques les plus anciens se trouvent en Flandre et datent des années 80. Tout a commencé dans la région gantoise avec Plant Genetics Systems, suivie d’Innogenetics. Plus récente, la biotech wallonne bénéficie du plan Marshall et des subsides européens.

Peu après la révolution industrielle, Charleroi était une grande puissance économique. Elle était même la ville la plus riche au monde derrière Londres. Les sources de sa prospérité, telles que l’industrie du verre, la sidérurgie et l’industrie minière, se sont ensuite taries. Les mines de charbon ont connu un sort similaire: la dernière a fermé ses portes en 1984.

TEXTILE

MINES

AGRICULTURE

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entreprenante Le port d’Anvers est une importante plaque tournante logistique et l’une des portes de l’Europe. Plus de 200 millions de tonnes de marchandises y sont chargées et déchargées chaque année. C'est deux fois plus qu’il y a 20 ans. On trouve également un grand nombre de centres de production, d’entreprises logistiques, pétrochimiques et industrielles dans et autour du port.

Les brevets, la matière première du futur Chaque jour ouvrable, 10 brevets sont déposés en Belgique par des inventeurs et des entreprises qui désirent protéger leurs droits de propriété intellectuelle. L’Office européen des brevets (OEB) a attribué l’an dernier 1.114 brevets belges.

Une des transformations les plus notables de la seconde moitié du XXe siècle fut la désindustrialisation. Aujourd’hui, les banques et assurances, le marketing, les services d’entretien, le transport et la logistique, la recherche et le développement assurent ensemble plus de la moitié de notre valeur ajoutée, avec Bruxelles comme cœur vivant.

Soit une hausse de quelque 27,6% par rapport à l’année précédente, et un record dans l’histoire des brevets. Compte tenu de sa population, notre pays arrive ainsi en huitième place en Europe; le podium est occupé par la Suisse, les Pays-Bas et la Suède.

Une gigantesque FinTech Valley se développe actuellement à Diegem. Y sont notamment impliquées les quatre grandes banques belges, Euroclear, McKinsey, Proximus et de petites entreprises de technologie financière.

Les Européens demandent avant tout des brevets dans la technologie médicale, la communication numérique et la technologie informatique. En Belgique, les principaux demandeurs de brevets sont le géant industriel Solvay (269 demandes) et le centre de recherche louvaniste en nanoélectronique IMEC (169).

La Belgique représente l’un des plus importants hubs pharmaceutiques d’Europe. Cette industrie se concentre principalement dans le Brabant wallon.

Les universités de Gand, Bruxelles, Louvain, Louvainla-Neuve et Liège sont loin d’être des tours d’ivoire académiques. On y mène beaucoup de recherche et développement, qui se traduit également par une prolifération de spin-off dont les plus connues sont Materialise (KULeuven) et IBA (UCL).

Brevets belges attribués par l’OEB 1200 1.114 000

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BIOTECH

R&D

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© Studio Dann

Une nouvelle ère pour les entrepreneurs Comment les entreprises peuvent-elles réussir leur transformation dans un monde de plus en plus numérique? Six experts confrontent leurs réflexions dans un débat aussi dynamique que les changements qui ont lieu sur le terrain.

a figure de l’entrepreneur a beaucoup changé ces dernières années. Les innovations technologiques se succèdent sans relâche. Avec elles, les entrepreneurs doivent se réinventer sans cesse. Car une nouvelle technologie ou un nouveau concurrent peut surgir à tout moment – en Belgique comme n’importe où dans le monde – et faire planer une menace sur leurs activités. Les entrepreneurs doivent se métamorphoser en "entrepreneurs 4.0". Leurs nouveaux commandements? Tu resteras ouvert à

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l’innovation. Tu veilleras à ce que chacun, dans ton entreprise, fasse preuve de créativité et de volonté d’innover. Tu alimenteras les écosystèmes innovants et tu te transformeras sans perdre tes atouts. Voici quelques-unes des conclusions d’un débat animé entre six spécialistes aux domaines d’expertise variés: Marion Debruyne (rectrice de la Vlerick Business School), Jo Coutuer (Chief Data Officer chez BNP Paribas


De gauche à droite: Marion Debruyne (Vlerick Business School), Pierre De Muelenaere (ex IRIS Group), Michel De Wachter (Appiness), Steven Stokmans (Microsoft Belux), Dado Van Peteghem (Duval Union Consulting) et Jo Coutuer (BNP Paribas Fortis).

Fortis), Pierre De Muelenaere (fondateur d’IRIS Group), Michel De Wachter (cofondateur d’Appiness), Steven Stokmans (COO de Microsoft Belux) et Dado Van Peteghem (Founding Partner de Duval Union Consulting). Toutes les entreprises éprouvent-elles des difficultés à entrer dans une économie numérique? Comment les sociétés belges se comportent-elles sur la scène internationale? Marion Debruyne: "Nous sommes en tout cas beaucoup plus sensibles à ce thème qu’il y a quelques années. À peu près toutes les entreprises ont pris conscience de la nécessité d’inscrire la numérisation en haut de leur liste de priorités. Il reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir. Nous accusons un vrai retard par rapport aux Pays-Bas, où l’on adopte beaucoup plus rapidement l’e-commerce et où une chaîne de valeur importante s’est développée autour de ce secteur." Steven Stokmans: "Notre pays arrive en huitième position dans l’indice de transformation du Voka. Il s’agit d’une comparaison des 28 États-membres de l’UE concernant la transformation de l’économie, une notion qui dépasse donc largement le seul aspect numérique. Ce n’est pas mal! Mais si nous voulons accroître notre compétitivité, il est nécessaire de passer à la vitesse supérieure." Michel De Wachter: "J’observe cependant des signes prometteurs. Les Belges ne sont plus de simples utilisateurs d’applications numériques: nous parvenons à en développer et à obtenir des succès commerciaux. Showpad, par exemple, a accompli un parcours impressionnant. Rendez-vous dans des

villes à la pointe du numérique comme Londres et Séoul: vous y rencontrerez de nombreux starters belges. Ils rapportent ensuite des connaissances et de l’expérience dans notre pays, et les appliquent à ce petit marché ouvert qui est le nôtre. Nous devons pleinement investir dans ce capital humain." De nombreuses entreprises cherchent toujours la réponse à la numérisation de leur secteur. Comment doivent-elles s’y prendre? Dado Van Peteghem: "Il n’y a pas de gourou, personne ne détient toutes les réponses. Le meilleur conseil reste d’y aller par petites étapes, avec des investissements réduits. Trop d’entreprises choisissent encore de mettre sur pied de grands projets très coûteux mais qui n’apportent pas forcément les résultats attendus. Pourquoi? Parce que de tels projets ne sont

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LE MEILLEUR CONSEIL? AVANCER PAR PETITES ÉTAPES, AVEC DES INVESTISSEMENTS RÉDUITS. Dado Van Peteghem, Duval Union Consulting

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© Studio Dann

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pas suffisamment flexibles, un élément pourtant crucial! Il est préférable d'avancer à pas mesurés, pour découvrir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas." "C’est fondamentalement l’approche des startup. Et dans ce processus, l’entreprise doit avant tout se baser sur ses propres forces et se développer à partir de là. J’observe encore trop souvent des banques qui reprennent aveuglément le modèle des fintech, ou des retailers qui copient Amazon. Ce n’est pas la bonne stratégie." Jo Coutuer: "Dans le secteur financier, une approche intégrée est cruciale. Pour commencer, nous sommes confrontés au défi interne de l’adaptation constante de nos processus opérationnels à l’évolution des besoins du client. Pour une institution financière, cela implique une révision totale de l’ensemble de ses processus commerciaux, opérationnels et technologiques. À cela s’ajoute un défi externe: rester connecté avec la société et soutenir suffisamment de programmes qui permettent de maintenir le contact avec l’innovation. Co.Station en est un bel exemple."

IL RESTE BEAUCOUP À FAIRE DANS LES ÉCOLES, OÙ L’ON ENSEIGNE TROP PEU AUX ENFANTS LES COMPÉTENCES DE BASE EN INFORMATIQUE. Steven Stokmans, Microsoft Belux

"Il n’est possible d’entreprendre des actions concrètes, dynamiques, que lorsque cette infrastructure est sur pied. Cette manière de procéder vous évite également de gros retours de balancier en cas de panique. Car si votre entreprise doit effectivement opter pour une approche agile, elle doit aussi, dans ce contexte, conserver la puissance propre à une grande machine bien huilée." Debruyne: "Il est également prouvé que les entreprises sont davantage couronnées de succès lorsqu’elles partent d’une vision claire de leur raison d’être, et qu’elles l’utilisent pour fixer leur cap. Prenez Kodak. Il y a une différence entre se voir comme une entreprise de photo et comme une entreprise qui capte des souvenirs. Car dans ce dernier cas, vous vous montrez plus ouverts aux nouvelles technologies et aux évolutions qui se greffent sur cette vision élargie. Cela stimule l’innovation et aide à jeter un pont entre le passé et le futur."

Vaisseau amiral et hors-bord Comment placer encore plus l’accent sur l’innovation? Doit-elle venir de l’intérieur? Ou seuls les acteurs externes peuvent-ils la faire naître dans une organisation? Van Peteghem: "Les deux sont nécessaires. Il faut améliorer son vaisseau amiral tout en développant des hors-bords qui

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CELA PROUVE QUE NOUS VIVONS DANS UN MONDE DIFFÉRENT, OÙ LES STARTERS SONT STIMULÉS ET ENCOURAGÉS. Jo Coutuer, BNP Paribas Fortis

Dado Van Peteghem, Steven Stokmans, Jo Coutuer

toujours la même approche: nous investissons ou soutenons des technologies et des entreprises qui entretiennent un lien avec nos activités. Nous alimentons ainsi notre propre écosystème. C’est bon pour notre entreprise et nous rendons quelque chose à la société. Il n’est possible d’obtenir un véritable impact que si ces deux dimensions se rejoignent."

Six mois ne cessent de graviter autour de lui. Ce modèle est de plus en plus fréquent. L’entreprise peut y voir de simples investissements financiers, mais ce n’est pas la plus-value première des satellites externes. Celle-ci réside surtout dans le potentiel d’échange de connaissances entre le navire amiral et le hors-bord. Le mentorat en provenance de la grande entreprise peut aider les starters à se développer plus vite dans les domaines financier, juridique et dans les ressources humaines. En retour, le starter peut apporter de l’innovation et de l’agilité. Sans ce partage de connaissances, il ne reste qu’une stratégie d’investissement dans le cadre de laquelle les deux parties, en définitive, ne s’aident pas à progresser." Debruyne: "Le succès du corporate venturing dépend intégralement de la capacité à jeter des ponts. Si ce n’est pas possible, de nombreuses entreprises seront déçues des résultats après quelques années. Cela n’a rien d’étonnant. Une véritable pollinisation croisée est impossible entre l’objet de l’investissement et le cœur de l’organisation si les deux parties ne sont pas prêtes à se développer mutuellement. C’est la seule manière d’obtenir un véritable impact, tant sur la grande organisation que sur le starter. Sans quoi l’innovation ne sera qu’une petite couche de vernis." Stokmans: "Il faut également rester performant pendant la transformation. Bien entendu, nous avons notre propre R&D dotée de ses innovations propres. Mais nous étudions aussi ce qui se passe autour de nous, notamment avec un réseau étendu de hubs d’innovation et d’accélérateurs. Dans ce domaine, nous appliquons

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Alors que nombre de valeurs établies doivent gérer la disruption découlant de la révolution numérique, de plus en plus de starters tentent de surfer sur l’évolution numérique. Pour l’entrepreneur, est-il devenu plus simple de se lancer? Pierre De Muelenaere: "Oui et non. C'est vrai, l'évolution numérique donne accès à un grand nombre de nouvelles technologies qui permettent à l’entrepreneur de se lancer plus aisément, et à moindre coût. Simultanément, le monde s’est considérablement rétréci et les entreprises américaines, asiatiques et indiennes disposent des mêmes outils et de la même technologie. Le starter est ainsi immédiatement confronté à une concurrence mondiale, ce qui accroît considérablement les défis dès le départ." De Wachter: "La période compliquée débute six mois après le démarrage. À ce moment, il est impératif de trouver un marché pour votre idée. Et dans ce domaine, les starters belges se heurtent à plusieurs obstacles. Primo, les investisseurs belges se basent toujours sur le marché belge, alors qu’il s’agit naturellement d’un marché très réduit. Secundo, les investisseurs belges et européens – même dans le capital-risque – n’affichent pas le même appétit pour le risque que leurs pendants américains. Les starters voient ainsi leur échapper certaines opportunités." Coutuer: "Ceci dit, nous avons accompli de vrais progrès en la matière. Lorsqu’on lançait une entreprise numérique voici une décennie ou plus, il n’y avait rien pour les starters. Aujourd’hui, il en va tout autrement. Regardez Co.Station, un écosystème pour starters dont BNP Paribas Fortis est d’ailleurs partie prenante. On peut également citer les Startup Weekends, où des starters ont 48 heures pour élaborer une idée et développer sur cette base un prototype et un business plan. Cela prouve que nous vivons dans un monde différent, où les starters sont stimulés et encouragés." De Muelenaere: "C’est incontestable. D’autant que de très nombreux entrepreneurs numériques peuvent désormais faire

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À PEU PRÈS TOUTES LES ENTREPRISES ONT PRIS CONSCIENCE DE LA NÉCESSITÉ D’INSCRIRE LA NUMÉRISATION EN HAUT DE LEUR LISTE DE PRIORITÉS. Marion Debruyne, Vlerick Business School

© Studio Dann

> office de modèles. En outre, les spin-off, incubateurs et accélérateurs ne manquent pas. Pourtant, les projets restent trop rares par rapport au capital disponible. Tout simplement parce qu’il y a trop peu d’entrepreneurs! Nous devons donc aiguiser l’esprit d’entreprise, sans quoi ces initiatives de soutien n’ont aucun sens."

Minecraft Notre enseignement prépare-t-il suffisamment les jeunes à l’entrepreneuriat numérique? Stokmans: "Il reste beaucoup à faire dans les écoles, où l’on enseigne trop peu aux enfants les compétences de base en informatique, et ce, dès leur plus jeune âge. Toutefois, des outils sont disponibles. Pensez à un jeu comme Minecraft, sur lequel des jeunes apprennent à coder de manière ludique et sans en prendre conscience. C’est la clé! Les principales innovations des années à venir se développeront à l’intersection de plusieurs industries. Quelle que soit l’innovation, cependant, elle aura presque toujours un aspect technologique.

Nous devons également stimuler cet élément sur les bancs de l’école. Il faut tout mettre en œuvre pour donner aux enfants et aux jeunes les compétences qui seront essentielles à terme: la réflexion axée sur la résolution de problèmes, la créativité et la collaboration." De Wachter: "Je me rends régulièrement dans des écoles secondaires, et j’ai souvent le sentiment que les jeunes demeurent passifs face à l’enseignement qui leur est prodigué. Le professeur ne parvient pas toujours à les stimuler et à se raccrocher à leur univers. Car ils ont tous un smartphone, ils sont tous actifs sur les médias sociaux, et certains ont même des chaînes YouTube. Cela devrait faire l’objet d’une plus grande attention! On pourrait ainsi apprendre aux jeunes ce qu’ils doivent faire s’ils gagnent un jour beaucoup d’argent avec leur chaîne YouTube. Et les étudiants de dernière année pourraient exécuter des missions pour des entreprises. C’est ainsi que l’on stimule les jeunes et qu’on les amène à l’entrepreneuriat." Debruyne: "Il ne faut pas non plus commettre l’erreur de penser que les digital natives seront par définition des entrepreneurs numériques. Mes enfants sont capables d’utiliser des tablettes et d’autres outils numériques bien mieux que je ne le pourrai jamais. Mais cela ne suffit pas pour être un bon entrepreneur. Il faut pouvoir évaluer la dimension business d’une idée et la traduire en un business plan et une chaîne de valeur. On ne peut donc se contenter d’inciter les jeunes à entreprendre: ils doivent réellement posséder les compétences requises." Van Peteghem: "Ceci dit, n’est-il pas dommage qu’il faille aller dans une business school pour apprendre à gérer une entreprise? Je n’ai pas eu le moindre cours sur ce sujet à l’université. De la macroéconomie, ça oui. Mais il n’y avait rien sur l’entrepreneuriat. Donc, à moins qu’un entrepreneur sommeille déjà en vous, vous n’aurez jamais de cours à ce propos. Et c’est dommage. Je suis convaincu que de nombreuses personnes ont cet esprit d’entreprendre. Mais il faut les sensibiliser au fait que c’est un chemin qu’elles peuvent suivre."

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© Benjamin Brolet

Koen De Leus

"SEULS LES PLUS FORTS SURVIVENT" Nous évoluons dans une "économie de gagnants" qui ne profite qu’aux happy few, écrit Koen De Leus, économiste en chef de BNP Paribas Fortis, dans son nouveau livre. Marion Debruyne, Pierre De Muelenaere, Michel De Wachter

Les entreprises ont-elles déjà dû affronter des disruptions de l’ampleur de celles qui sont provoquées par l’économie numérique? "Ce n’est pas la première fois que les entreprises traversent des changements fondamentaux. La grande différence est la vitesse à laquelle se produisent ces changements. Le passage de la vapeur à l’électricité a certes créé un nouveau monde, mais la transition a duré plusieurs décennies. Les entreprises ne disposent plus de ce temps d’adaptation. Nous sommes entrés dans la révolution numérique voici à peine une décennie, et tout est en train de s’accélérer."

L’État pourrait-il davantage stimuler et soutenir les entrepreneurs numériques? Debruyne: "Voici à mes yeux un mauvais réflexe. C’est vraiment culturel: au moindre problème, on se tourne vers l’État. J’ai habité cinq ans aux États-Unis et je n’y ai jamais entendu personne poser la moindre question sur le rôle du gouvernement. Ce qui importe outre-Atlantique, c’est ce que nous pouvons faire, car chacun de nous a une responsabilité." De Muelenaere: "La Belgique souffre d’une complexité institutionnelle disproportionnée depuis plusieurs années. Trop de réglementations freinent aujourd’hui l’innovation au lieu de la stimuler. Et le volet administratif est souvent si complexe que plus personne ne s’y retrouve. Sans parler de l’émiettement des compétences qui affecte considérablement la transparence. Je ne demande pas à nos dirigeants politiques d’être innovants eux-mêmes, mais ils ne doivent pas entraver l’innovation et décomplexifier la voie qui mène à l’entrepreneuriat." Coutuer: "La régulation est fondamentalement une bonne chose. Voyez la nouvelle législation sur la protection de la vie privée, qui est selon moi très opportune. L’État pourrait juste faire davantage pour en faciliter l’application et mettre de l’huile dans les rouages afin que les entreprises puissent aisément appliquer elles-mêmes la nouvelle orientation. Il reste de la place pour une collaboration plus intensive entre l’État et le secteur privé. Mais cela viendra. J’y crois vraiment." ll

Les entreprises y sont-elles préparées? "Les sociétés de services ont conscience qu’elles doivent s’adapter à un monde numérique. C’est beaucoup moins le cas des entreprises industrielles. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant. Je crains que de nombreuses entreprises industrielles sous-estiment les répercussions de l’internet des objets sur leur secteur. Cette évolution peut entraîner d’énormes gains d’efficacité dans les processus de production. Les premières firmes industrielles à s’en rendre compte et à en tirer profit disposeront d’un avantage concurrentiel gigantesque."

J’AI SOUVENT LE SENTIMENT QUE LES JEUNES DEMEURENT PASSIFS FACE À L’ENSEIGNEMENT QUI LEUR EST PRODIGUÉ. Michel De Wachter, Appiness

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Vous affirmez que nous vivons dans une "économie de gagnants". Qu’entendez-vous par là? "Dans le monde numérique, la concurrence est plus intense que jamais et d’envergure mondiale. Pour une entreprise, il devient très difficile de s’en protéger. Seules les sociétés fortes et les plus flexibles survivront. Les effets de réseau jouent également un rôle important. Plus le nombre d’utilisateurs d’un produit ou service augmente, plus ce produit ou service devient intéressant pour les utilisateurs. Nous évoluons ainsi vers un monoKoen De Leus L’Économie pole naturel, où la plus grande entreprise des gagnants Défis et opportunités de possède plus de la moitié du marché et la révolution digitale les autres doivent se contenter des Éd. Racine, 328 p. miettes. The winner takes all." ll


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Le sex-appeal des millennials entrepreneurs De quoi rêve tout jeune diplômé? Intégrer une boîte sérieuse, profiter d’un salaire fixe et de la sécurité qui l’accompagne. Parmi la multitude en âge d’entrer sur le marché de l’emploi, certains s’éloignent cependant de la masse pour se lancer, parfois même avant l’obtention de leur diplôme, dans la grande aventure de l’entrepreneuriat.

ls ont la petite vingtaine et une idée assez bonne, à leurs yeux, pour être concrétisée. Ces Millennials qui n’ont jamais connu la vie sans l’internet n’imaginent pas leur start-up sans une donne numérique, quelle qu’elle soit. Nous avons réuni quelques-uns de ces nouveaux aventuriers. Diplômés de la Solvay Brussels School ou en passe de l’être, ils bénéficient des services de Start Lab, premier incubateur pour étudiants de Bruxelles.

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Sortir de la théorie "Le plus difficile, en tant que jeune entrepreneur, est de sortir de la théorie pour entrer dans la pratique", entame Emna Everard, fondatrice de Kazidomi, une boutique en ligne de produits alimentaires personnalisés. De concert avec

les autres participants, elle souligne ainsi la difficulté de passer de son business plan à la réalité – autrement dit, le contact avec les autres parties prenantes. Ils ont découvert qu’on ne crée pas une entreprise tout seul. Aussi bonne l’idée soit-elle sur le papier, il faut en convaincre les notaires, banquiers, fournisseurs, employés et, bien entendu, les clients. "Nous avons un marché théorique mais la réalité, c’est un autre monde!", assure William Detry, cocréateur de Sharemypark. "Lorsqu’on tente de convertir les gens à un projet, on réalise qu’ils ne réagissent pas comme on l’imaginait." Ils regrettent tous l’absence, dans leur formation d’ingénieur commercial, de cours de vente et de négociation, mais aussi de management des personnes. Face à cette réflexion, Olivier Witmeur, professeur d’entrepreneuriat à la Solvay

SI CES JEUNES ÉCHOUENT, ILS RECHERCHENT TOUT SIMPLEMENT DU TRAVAIL, ET ONT AU MOINS UNE HISTOIRE À RACONTER. Olivier Witmeur, professeur

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Brussels School, admet qu’ils sont formés pour intégrer les conseils d’administration des plus grandes boîtes, mais qu’ils n’ont jamais appris à vendre. Selon lui, le fait de se lancer en mini-entreprise est justement l’occasion de se faire la main sur le terrain, et ce, sans prendre de risques trop importants. La remarque mène naturellement à la raison pour laquelle ces jeunes ont décidé de se lancer si tôt: les faibles risques encourus à ce stade de leur vie. S’ils échouent, en effet, "ils recherchent tout simplement du travail, et ont au moins une histoire à raconter!", déclare Olivier Witmeur. Ces jeunes s’accordent également sur le fait qu’aucun d’eux n’a connu un enseignement secondaire qui les aurait préparés, ou même ouverts, à l’entrepreneuriat. Leur jeunesse et leur manque d’expérience, quant à eux, ne semblent pas représenter de véritables freins, contrairement aux réactions que de tels "défauts" n’auraient pas manqué de provoquer voici 15 ou 20 ans. Ces jeunes entrepreneurs bénéficient en effet de l’aura qui entoure les start-up, et ce, d’autant plus si leur entreprise est tournée vers le numérique, une option devenue incontournable. "Le monde de l’entreprise semble bénéficier d'un certain

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SOS petits génies Pourquoi les jeunes choisissent-ils la psychologie et la philosophie à l’université? Ne feraient-ils pas mieux d’apprendre à programmer en Java? Mes employeurs ont conscience que la société demande aujourd’hui des compétences très spécifiques aux travailleurs. Et selon eux, c’est à l’enseignement de les fournir. Ce ne sera jamais le cas. Car que se passera-t-il quand nous aurons réformé l’enseignement de fond en comble, réécrit les programmes, adapté les formations des professeurs, et que les enfants auront décroché leur diplôme? Java sera totalement dépassé. Et les entreprises auront d’autres besoins. Nous courrons toujours derrière les faits. Une course que l’enseignement ne pourra jamais gagner. L’enseignement ne doit pas viser les métiers en pénurie de 2017, mais ceux de 2060. À quoi ressembleront-ils? Nous l'ignorons. En revanche, nous savons que l’automatisation et la surabondance d’informations ne feront que s’accroître. Les élèves doivent apprendre à les gérer. Il nous faudra donc investir dans l’enseignement cognitif. Même si ce discours ne plaît pas aux entrepreneurs. La prospérité économique d’un pays est étroitement liée au développement intellectuel de ses citoyens. Une hausse d’un point de QI de la couche supérieure de la population pèse 450 dollars de PNB supplémentaire par habitant. On gagne en intelligence, on invente, on fonde une entreprise, on crée des emplois… Et comment améliorer l’intelligence? En entraînant le cerveau. Cela semble ironique, mais la meilleure préparation à l’avenir est une recette classique: latin-mathématiques. Avec cette orientation, vous produirez des étudiants capables d’apprendre ce dont ils ont besoin au moment où ils en auront besoin. C’est la learning agility, qui rend apte à capter et à traiter des informations nouvelles. Naturellement, l’enseignement pourrait être plus moderne. Mais c'est d'une mise à jour que nous avons besoin, non d’une révolution. Lorsque l’enseignement fait parler de lui dans les actualités, c’est pour des questions d’inégalité ou d’élèves vulnérables. Deux domaines importants dans lesquels le gouvernement investit beaucoup. Et à raison. Mais le ministre devrait également lancer un plan pour les élèves performants. Voici une décennie, un tiers de nos écoliers obtenaient un niveau élevé en mathématiques. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’un quart. C’est néfaste pour l’entrepreneuriat et pour notre économie à long terme. Wouter Duyck, Professeur de psychologie, Université de Gand

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ON PARLE DE NUMÉRISATION, MAIS IL NE FAUT JAMAIS OUBLIER LES PERSONNES DONT VOUS ÊTES RESPONSABLE. Nicolas Degrave, idWeaver

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sex-appeal", assure Cyprien de Barros. Un enthousiasme tempéré par Olivier Witmeur, selon qui trop de jeunes veulent se lancer uniquement sur base de cette impression, sans avoir conscience que, "si l’aventure est fantastique, elle reste difficile". Cette numérisation dans laquelle ils baignent et qu’ils utilisent avec un naturel désarmant est un outil aux nombreux avantages. Outre le fait de diminuer les coûts et d’accélérer le démarrage, ces jeunes soulignent le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion d’informations sur leurs produits, et de leur utilisation pour tester très rapidement le potentiel de succès d’un projet et adapter celui-ci en cas de besoin. La numérisation a pour effet de rendre le client acteur de l’entreprise. Cet avantage, indéniable, exige néanmoins une réelle capacité à se remettre continuellement en question, comme l’exprime Victor Boels, cofondateur de Sharemypark: "Comme nous recevons beaucoup de feedback, il faut savoir être à l’écoute et ouvert aux critiques, ce qui n’est pas si facile. Les entreprises qui réussissent sont celles qui sont le plus customer oriented." Emna Everard renchérit: "La relation client est devenue plus complexe à gérer à cause de l’évolution de toutes les technologies. L’entreprise est obligée de placer le client beaucoup plus au centre de son action, de tout faire pour le contenter, et donc d’innover de façon continue."

Nicolas Degrave

Ne pas oublier l’humain et être en veille permanente Nicolas Degrave s’est lancé dans l’entrepreneuriat avant même d’avoir 20 ans. Il en a 39 aujourd’hui. Précurseur, il a débuté dans le numérique quand celuici n’était pas encore omniprésent. Sa société idWeaver est aujourd’hui la plus importante agence de communication numérique en Wallonie et compte parmi ses clients l’Unicef, Ageas et BNP Paribas. Il constate une grande évolution, par rapport à "son époque", dans l’accès des jeunes à l’entrepreneuriat: "Aujourd’hui, on vous pousse à devenir entrepreneur. Beaucoup est accompli dans ce sens, telle que la création d'incubateurs, surtout dans le domaine du numérique." Le CEO d’idWeaver ne manque pas de conseils pour ces jeunes qui marchent sur ses pas. Le premier: accorder de l’importance aux relations humaines. "On parle de numérisation, mais il ne faut jamais oublier les personnes dont vous êtes

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"LE PLUS DIFFICILE, EN TANT QUE JEUNE ENTREPRENEUR, EST DE SORTIR DE LA THÉORIE POUR ENTRER DANS LA PRATIQUE." Emna Everard, Kazidomi

"ON FAIT EXACTEMENT CE QU’ON VEUT, ET QUAND ON PREND UNE DÉCISION, ELLE A UN IMPACT." Jean Kervyn, TailorDrink

"LORSQU’ON TENTE DE CONVERTIR LES GENS À UN PROJET, ON RÉALISE QU’ILS NE RÉAGISSENT PAS COMME ON L’IMAGINAIT." William Detry, Sharemypark

"LE MONDE DE L’ENTREPRISE SEMBLE BÉNÉFICIER D'UN CERTAIN SEX-APPEAL." Cyprien de Barros, Sol VR


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Adaptez votre entreprise aux millennials

responsable. C’est en mettant les gens en avant qu’on peut faire grandir son entreprise et créer quelque chose de beau." Selon Nicolas Degrave, grâce à la numérisation, il est clairement plus facile de créer son entreprise, même si tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes: "Bien qu’on puisse travailler et communiquer plus vite, les responsabilités sont toujours les mêmes, dans un univers en constante accélération et sous une pression d’autant plus grande. Que sait-on de ce qui sera inventé dans six mois, de ce qui révolutionnera nos écosystèmes? Être en veille permanente, telle est la clé. En outre, comme le marché est global, le risque de concurrence est beaucoup plus élevé qu’hier, et la copie, immédiate. Il faut se montrer d’autant plus attentif que nous nous trouvons dans un pays qui n'autorise pas toujours une flexibilité suffisante." Concernant l’enseignement, suite aux remarques des jeunes participants quant à leur frustration liée à la pratique de la vente, il se dit pleinement d’accord avec la nécessité d’un cours spécifique: "Je vois beaucoup de jeunes incapables de vendre leur projet. Se vendre, vendre un produit et acheter: autant de choses qu’à mes yeux, les jeunes ne savent pas faire en sortant de leurs études." Les jeunes entrepreneurs du Start Lab soulignent au passage que la numérisation de l’entreprise n’est jamais abordée dans le cursus elle non plus… alors même que nous vivons dans un monde où elle devient omniprésente. Selon Nicolas Degrave, il serait judicieux de s’inspirer de l’enseignement suisse et des pays nordiques, les plus en avance en la matière. ll

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On estime que, dans quatre ans, la moitié de la population active dans le monde appartiendra à la génération des milc’est-à-dire les lennials, hommes et femmes nés entre 1980 et 1996. Ils ont bénéficié d’une éducation différente et grandi à une autre époque – cela se traduit dans leur vision du travail. Pourtant, il vaut la peine de s’assurer qu’ils se sentent chez eux dans votre entreprise. Six millennials sur dix quittent en effet leur entreprise moins de trois ans après y être entrés. Ceci dit, si les membres de la génération Y ne sont pas adaptés au marché du travail actuel, ils sont prêts pour celui de demain. Car ils se sentent mieux dans un environnement professionnel de plus en plus incertain et complexe, où le numérique joue un rôle croissant. On les qualifie d’accros aux stimuli, mais ils embrassent le changement et accordent une plus grande importance à l’innovation que les générations précédentes. Alors que ces dernières sont toujours en train de chercher leur voie dans les processus flexibles, les nouvelles méthodes de travail rapides enthousiasment les millennials. Ceux-ci se présentent en outre sur le marché de l’emploi avec une liste de desiderata particuliers: Culture innovante. Dans le choix de leur futur employeur, 78% des millennials se disent très influencés par le caractère innovant de l’entreprise. Pour plus de 40% des membres de la génération Y, des organisations comme Google, Apple et Facebook constituent le lieu de travail idéal. Processus flexible. S’ils datent en fait des années 80, des termes comme "agile" et "scrum" correspondent parfaitement aux défis actuels des millennials. Ceux-ci aiment être autonomes, flexibles et créatifs, mais aussi collaborer autour d’une mission partagée et de valeurs communes. Les processus flexibles ou agiles placent davantage l’accent sur le résultat d’un projet et les conditions de résolution d’un problème. On désigne par "scrum" des processus créatifs itératifs, par opposition à une approche des projets fondée sur une structure en cascade fixe. Dans leur lutte attendue pour capter les talents, il est important que les entreprises comprennent comment attirer, motiver et fidéliser les millennials. Les études démontrent en effet que ces stratégies ont souvent un impact positif sur les résultats généraux de l’entreprise. Joeri Van den Bergh, Expert NextGen & cofondateur d’InSites Consulting


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Conflit de générations ou collaboration? Les jeunes starters et les valeurs sûres ne sont pas à couteaux tirés. Ils ont chacun leurs propres forces et faiblesses, ce qui les rend souvent très complémentaires.

ina Stroobandt et Erwin Jansen ont appris à se connaître via The Birdhouse. Cet incubateur associe de jeunes starters à des entrepreneurs expérimentés qui font office de mentors. En 2001, Erwin Jansen créait avec Giovanni Canini l’agence anversoise de marketing These Days. Depuis, le secteur de la publicité a traversé plus d’une révolution et These Days a dû se réinventer à plusieurs reprises. "Au début, nous nous décrivions comme une agence de marketing numérique, mais nous avons cessé de le faire", rappelle Erwin Jansen. "Le numérique apparaît désormais comme une évidence." Tina Stroobandt, quant à elle, n’en est encore qu’au début de sa trajectoire d’entrepreneure. En 2014, elle a fondé avec des partenaires World of Waw, un développeur d’applications spécialisé dans la réalité augmentée. "À un moment donné, on sent qu’on ne s’en sort plus tout seul et qu’on manque d’expérience", sourit-elle.

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Pourquoi avez-vous demandé l’aide d’un mentor expérimenté? Stroobandt: "Le projet initial de World of Waw était de fabriquer des livres avec un prolongement numérique. Or, les éditeurs venaient de subir de gros revers avec les ebooks et n’avaient pas envie de se lancer dans une nouvelle aventure technologique. Nous nous sommes donc adressés à d’autres secteurs en imaginant de nouvelles applications de réalité augmentée. Et tout à coup, les idées sont venues en pagaille, même si nous manquions de connaissance stratégique pour élaborer une nouvelle orientation."

CHAQUE ENTREPRISE DEVRAIT S’INJECTER UNE BONNE DOSE DE CULTURE ‘START-UP’. Erwin Jansen, These Days

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Jansen: "Il est bon d’avoir de nombreuses idées, mais il est impossible de bien faire 20 choses à la fois. Le coaching de start-up revient presque toujours à les aider à prendre des décisions stratégiques, puis à les encourager à confirmer leurs choix. En outre, il est souvent nécessaire de freiner les jeunes. La nouvelle génération veut avancer aussi vite que possible, alors qu’il convient parfois de prendre un peu de recul et d’explorer plusieurs voies. Ce n’est pas évident car, dans le monde numérique actuel, on a l’impression que poser rapidement des choix fondamentaux est indispensable." Qu’apprend un entrepreneur expérimenté des jeunes starters? Jansen: "Je puise beaucoup d’énergie chez les jeunes actifs dans l’innovation. Cela permet de rester sur le qui-vive, ce qui est crucial. Car si vous n’innovez pas vous-même, quelqu’un d’autre le fera à votre place. Nous souhaiterions créer bientôt, parallèlement à notre propre agence, une nouvelle structure composée de jeunes. Ils doivent mettre au tapis une entreprise établie comme la nôtre, en tentant de prendre le dessus tant du point de vue de la vitesse que de la créativité et de la qualité. Nous organisons ainsi notre propre disruption. Et nous relevons notre niveau mutuel." Les jeunes, et les digital natives en particulier, partent-ils avec un avantage dans le numérique? Ils ont grandi avec les applications numériques et les maîtrisent à la perfection. Stroobandt: "Un millennial aura peut-être plus d’affinités avec le marché des millennials. Mais l’avantage s’arrête là. Je remarque que je me heurte à mes propres limites et que les conseils d’un entrepreneur expérimenté sont précieux. Un starter évolue sur des montagnes russes: un jour, il pense qu’il a de l’or dans les mains; le lendemain, qu’il va droit dans le mur. Et l’on ne cesse d’entendre çà et là qu’il faudrait faire autrement et mieux… souvent avec des arguments contradictoires, d’ailleurs."


Jansen: "Les digital natives sont beaucoup plus détendus. La nouvelle génération n’hésite pas à remettre en cause toutes les conventions, c’est dans ses gènes. Et l’évolution numérique le lui permet: à peu près n’importe quel modèle d’affaires peut être réduit à néant en relativement peu de temps. Sans oublier que la jeune génération a faim de succès. Mais on ne le sait qu’en la côtoyant, en l’accompagnant ou en intégrant suffisamment de jeunes dans sa propre entreprise."

Erwin Jansen et Tina Stroobandt

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Quel est le principal piège pour les entreprises établies qui doivent concurrencer les jeunes dans l’univers numérique? Jansen: "Fréquemment, une entreprise établie voit surtout les problèmes, les obstacles, les limitations. Les jeunes starters, à l’inverse, se concentrent sur les solutions. Chaque entreprise devrait s’injecter une bonne dose de culture ‘start-up’, sans quoi elle ne lancera une nouvelle idée que lorsque tout aura été étudié en profondeur, abondamment étayé et parfaitement colmaté. Or, avant de vous en rendre compte, plusieurs mois auront passé et de nombreux starters seront déjà en train d’expérimenter dans le même domaine." Stroobandt: "Une entreprise établie a tout à perdre et un starter, tout à gagner. Parfois, cependant, il ne faut pas voir les choses plus compliquées qu’elles ne le sont. Notre étude de marché se limite à imaginer des applications pour certains secteurs, applications que nous proposons ensuite à une myriade d’entreprises. Elles sont intéressées? Nous développons une solution. Et il est ensuite possible de construire sur cette base. Les choses peuvent être aussi simples que cela!" ll


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La vraie force de votre carnet d'adresses Ceux qui pensent que le networking est une perte de temps ne l’abordent pas de la bonne manière, révèle une enquête menée auprès de spécialistes des réseaux. Malheureusement, l’arbre cache souvent la forêt dans ce domaine.

IL Y A TROP D’ÉVÉNEMENTS ET D’ORGANISATIONS DE RÉSEAUTAGE. CE N’EST PLUS EFFICACE. Miguel Meuleman, Vlerick

u XXIe siècle, peu d’entrepreneurs peuvent se permettre de rester les bras croisés dans le confort de leur bureau. Les évolutions et pollinisations croisées sont trop nombreuses et rapides. Pensez à toutes les innovations qu’a apportées l’internet ces 20 dernières années! Il est important d’être connecté à l’économie de réseau. Pourtant, toutes les entreprises ne s’en préoccupent pas assez. "Lorsque les affaires tournent, la tentation est forte de continuer sur la même voie, encore et encore", observe Kristof Lowyck au sein du Voka, la fédération patronale flamande. "Le problème est que la situation peut évoluer très rapidement, surtout dans

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DE NOMBREUX ENTREPRENEURS CONFONDENT LA PARTICIPATION À DES ÉVÉNEMENTS ET LE DÉVELOPPEMENT D’UN VÉRITABLE RÉSEAU. Virginie Pierre, UCM

une économie de plus en plus numérique. Les entreprises qui en sont conscientes sont constamment en quête de nouvelles manières de créer de la valeur ajoutée. C’est pourquoi elles ont également de plus grandes chances de survivre à long terme." Leurs réseaux permettent aux entreprises de rester au fait des évolutions intéressantes, de rechercher de nouvelles collaborations, d’accumuler des idées nouvelles. Reste à savoir comment développer des réseaux de qualité. Car les possibilités sont nombreuses. Des business schools comme Vlerick, Solvay Brussels School et l’ICHEC ont toutes leur association d’anciens diplômés. Les fédérations patronales organisent des événements et proposent des business clubs, tandis que les pouvoirs publics tentent de mettre en contact les entrepreneurs via leurs propres initiatives. Sans compter la myriade d’organisations qui incitent les entreprises à réseauter, chacune à sa manière. "Il est difficile d’avoir une vue d’ensemble", reconnaît Miguel Meuleman, professeur à la Vlerick Business School spécialisé dans l’entrepreneuriat innovant. "Il y a tout simplement trop d’événements et d’organisations de réseautage. Ce n’est plus efficace. Pour un entrepreneur, il est impossible de savoir où il faut aller et ce qu’il convient d’éviter." Kristof Lowyck nuance quelque peu le problème. "Heureusement, nous sommes de plus en plus conscients de la nécessité de collaborer davantage dès lors que nous proposons des initiatives identiques."

Accessible Les réseaux présentent de nombreux avantages. Ils donnent aux entreprises l’occasion de sortir de leur zone de confort et d’en tirer profit. Kristof Lowyck cite l’exemple des business clubs liés à l’innovation développés par le Voka. "De nombreuses PME sont tellement préoccupées par leurs activités quotidiennes qu’elles ne sont plus capables de prendre la distance nécessaire par rapport à l’innovation. Nous mettons l’accent sur l’accessibilité en réunissant, 10 fois par an, une quinzaine d’entrepreneurs dans une entreprise afin qu’elle leur explique en quoi elle innove. Il peut s’agir de nouvelles techniques de production, d’un marketing original… Très inspirantes, ces séances montrent que l’innovation ne doit pas toujours être high-tech ou éloignée du quotidien." Business Network International (BNI) favorise l’entraide entre entrepreneurs d’une même région. Les réunions ont lieu une fois par semaine, tôt le matin, et la présence est obligatoire. Les entrepreneurs présentent brièvement leur activité et peuvent poser une question au groupe, par exemple pour des recommandations qui les aident à entrer en contact avec une entreprise donnée. Ils peuvent également s’aider spontanément à décrocher des contrats.

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Miguel Meuleman analyse les atouts de cette approche: "Dans un réseau fermé, on se retrouve avec un groupe assez unique d’entrepreneurs qui se rencontrent de manière ciblée et peuvent donc investir leur temps de manière plus efficace. Un tel réseau s’avère dès lors plus qualitatif que les événements où tout le monde est le bienvenu. Dans ces derniers, on voit souvent davantage de sponsors, de consultants et d’entrepreneurs en herbe que de véritables entrepreneurs." "C’est un mal connu et, malheureusement, les choses ne vont pas en s’améliorant", reconnaît de son côté Kristof Lowyck. "Des gens qui travaillent pour une grande banque, par exemple, sont régulièrement interpellés par une poignée de consultants qui veulent leur offrir leurs services. Ce ne peut pas être l’objectif. Nous cherchons dès lors à nous montrer plus sélectifs, ou du moins à mieux accompagner."

Carnets d’adresses "De nombreux entrepreneurs confondent encore la participation à des événements et le développement d’un véritable réseau", déplore Virginie Pierre, de l’Union des classes moyennes (UCM). "Ce sont deux choses différentes. On ne se constitue pas un réseau sur la base d’une seule rencontre." Au sein de l’UCM, elle dirige le réseau Diane, qui compte 6.000 membres de toutes obédiences… mais d’un même sexe. "Nous nous focalisons sur le développement économique des femmes. Un de leurs problèmes est leur réticence à parler directement d’argent: elles ont tendance à tourner autour du pot. Nous essayons dès lors de professionnaliser la manière dont les femmes développent leur réseau." Pour atteindre cet objectif, le réseau Diane organise notamment des visites d’entreprises et des formations, sur la communication financière mais aussi sur des questions plus basiques, telles que "comment prendre la parole en

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public?" ou "comment augmenter la visibilité de mon entreprise dans les médias et sur les réseaux sociaux?". Le but principal? Ouvrir le plus grand nombre de portes possible, souligne Virginie Pierre. "En partageant leurs carnets d’adresses, nos participantes s’entraident."

Terreau Parmi les formes de réseaux récemment apparues, les "entreprises devenues terreau pour de nouvelles initiatives" sont l'une des plus notables. L’exemple parfait en est l’ancien réseau social Netlog, dont sont issues d’autres start-up high-tech à succès comme In the Pocket, Showpad et Engagor. "Des gens comme Toon Coppens et Lorenz Bogaert (les créateurs de Netlog, aujourd’hui à la tête de Massive Media, NDLR) sont des modèles qui ont transmis le virus de l’entrepreneuriat à de nombreuses personnes", confirme Miguel Meuleman. "Cellesci profitent ainsi des réseaux que les deux initiateurs se sont constitués. Il est bien plus aisé de lancer son entreprise aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Le développement d’un réseau et le déploiement de serveurs sont nettement moins chers."

Et votre banque? Les banques connaissent leurs clients et peuvent les mettre en contact les uns avec les autres. Elles constituent ainsi un acteur important dans l’économie des réseaux. "Grâce à nos Innovation Hubs, nous nous impliquons activement dans les écosystèmes locaux qui se sont développés de manière organique autour d’accélérateurs tels que Co.Station", détaille Hans Jacobs, Innovation Hub Business Manager chez BNP Paribas Fortis. Pour concrétiser ce rôle actif, la banque organise des événements de networking et se met en quête d’entreprises à haut potentiel. Dans quel but? Épauler les jeunes pousses dans leur processus de croissance en leur faisant rencontrer partenaires, fournisseurs et clients potentiels. "Auparavant, la banque vérifiait que le puzzle était complet, pour ensuite monter un dossier de financement. Aujourd’hui, nous voyons les jeunes entreprises comme des briques Lego: quels blocs faut-il pour faire de bonnes fondations? Et comment pouvons-nous les aider à rassembler ces blocs?" ll

CHANGE LEAGUE: ILS GAGNENT LA 2E ÉDITION La Change League, un concours organisé par BNP Paribas Fortis, veut susciter le changement au sein des entreprises participantes. Les gagnants de cette 2e édition s'envoleront pour un voyage d'étude d'une semaine dans la Silicon Valley.

Eric Bosly, Cosucra Lode De Geyter, Howest Ulrich François, Recybois Erik Masure, QinetiQ Space Patrick Rigole, Vetex Charles Leclef, Het Anker Jean-Pierre Van Wingen, Van Wingen Xavier Goebels, PointCarré Thomas Verhaest, Castellins Yves Warnant, Dauvister

CELA IMPLIQUE AUSSI DE PARLER OUVERTEMENT DES ÉCHECS.

Kristof De Wulf

Une communauté pour le changement InSites Consulting était l’un des 10 vainqueurs de la Change League 2016. L’initiative a mené à la création de The Change League Community, un réseau de CEO pour les CEO. Les 10 lauréats de la première édition de The Change League avaient remporté un voyage dans la Silicon Valley. "Une expérience riche d’enseignements", témoigne Kristof De Wulf (InSites Consulting). "Non seulement par les contacts avec les entreprises locales, mais aussi par le dialogue entre les participants. Il nous semblait dès lors opportun de continuer à se voir régulièrement. Cela a mené à la création de The Change League Community: un réseau de CEO sur la même longueur d’onde et qui accélèrent leur courbe d’apprentissage dans une atmosphère ouverte." Aujourd’hui, cette communauté est devenue un véritable groupe d’une centaine de CEO qui partagent une même philosophie: être prêts à échanger des visions et des idées. "Ce sont des dirigeants d’entreprises établies qui dialoguent dans un contexte comparable", indique Kristof De Wulf. "Cela implique aussi de parler ouvertement des échecs." The Change League Community organise régulièrement des activités de soutien et dispose d’une plateforme en ligne. ll


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"L’échappatoire parfaite" MARC FAUCONNIER, CEO DE FAMOUS "J’avais déjà collaboré à plusieurs reprises avec InSites, l’entreprise de Kristof De Wulf, lorsque j’ai accepté son invitation à participer à The Change League Community: je souJUSQU’À haitais renconPRÉSENT, NOUS trer des gens AVONS SURTOUT en dehors de PARLÉ mon réseau D’INNOVATION. habituel d’annonceurs et de collègues. Bien que mon emploi du temps m’ait fait manquer quelques sessions, j’y ai multiplié les conversations passionnantes avec des personnes qui manifestaient une vision et une logique différentes de la mienne." "Jusqu’à présent, nous avons principalement parlé d’innovation. Et dans la mesure où les CEO présents proviennent de secteurs très divers, nos débats apportent souvent des contrastes étonnants et concernant la vision, la vitesse et l’implémentation du changement. Le plus grand danger pour un CEO est de s’entourer de personnes du même avis et de rester dans sa zone de confort. The Change League Community est une échappatoire parfaite."

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"Transformer les connaissances en actions" KRIS GEERAERT, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DE DANONE BENELUX "Nous disposons d'un grand savoir-faire en Belgique. Dans The Change League Community, nous le transformons en actions concrètes. Tous les participants estiment que le changement crée de nombreuses opportunités. Malgré nos backgrounds différents, nous avons conscience que rester dans sa tour d’ivoire mène à l’échec. Il est plus efficace de développer de nouveaux concepts en collaboration avec d’autres personnes." "Au sein de The Change League Community, une foule d’activités favorisent cette réflexion commune. On organise régulièrement des conférences, mais aussi des lunchs entre deux participants choisis ‘au hasard’. D’ailleurs, JE PARTAGERAI je partagerai BIENTÔT UNE bientôt une taTABLE AVEC LE ble avec le maMANAGER nager général GÉNÉRAL DU du Club de CLUB DE Bruges. Je suis BRUGES. curieux de connaître sa vision du changement et la manière dont un club de foot comme le sien l’appréhende."

"Il faut s'inspirer mutuellement" SARAH SCAILLET, ADMINISTRATRICE GÉNÉRALE DU SERVICE FÉDÉRAL DES PENSIONS ET LAURÉATE DE LA CHANGE LEAGUE DE BNP PARIBAS FORTIS

"Qu’on soit une entreprise privée ou publique, la numérisation est devenue fondamentale. Il faut rester innovant et anticiper ce dont le client, le citoyen, J'AI APPRIS À aura besoin deMAINTENIR main. Nous traUNE MENTALITÉ vaillons souvent DE START-UP sans prendre de AU SEIN D'UN recul. La Change SERVICE League CommuPUBLIC. nity nous permet d'échanger nos meilleures pratiques, de nous inspirer mutuellement, de voir que d'autres solutions existent. Elle apporte cette diversité en brisant les barrières. Pour ma part, j'ai par exemple appris à maintenir une mentalité de start-up au sein d'un service public. Mon objectif est d'insuffler cet esprit d'innovation tout en respectant les lignes de conduite qui sont les nôtres. Peu importe que vous veniez du nord ou du sud du pays, peu importe la taille de votre société, votre âge ou votre expérience: tout le monde est le bienvenu!"

Pour découvrir plus de témoignages sur The Change League Community, rendez-vous sur www.lecho.be/bnq


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La nouvelle économie de réseau dans la pratique De l’épouse d’un ancien président européen à un ex-camarade de classe et un futur client: Appiness, l’entreprise à l’origine de l’application Spott, revient sur les portes qui se sont ouvertes grâce à son réseau.

1. Geertrui Windels Tout a commencé par une soirée dans la capitale ougandaise, Kampala, où Jonas De Cooman et Michel De Wachter avaient perdu le chemin de l’hôtel. Jonas Cooman travaillait comme responsable marketing pour un producteur de boissons rafraîchissantes, tandis que le second œuvrait au sein de l'ASBL YouBridge, et "le membre de notre conseil consultatif qui nous avait réunis n’était autre que Geertrui Windels, épouse de Herman Van Rompuy", se souvient Jonas De Cooman. "Lorsque nous sommes revenus en Belgique, nous avons créé Appiness. Sans projet ni produit délimité, mais dans l’idée que nous voulions travailler dans la technologie et apporter une plusvalue claire au consommateur." La collaboration donnera naissance à Spott: une application qui vous fournit en temps réel des informations sur tous les produits que vous voyez apparaître sur votre téléviseur.

UN STARTER A DES BASES PLUS SOLIDES LORSQU’IL PEUT INNOVER EN COLLABORATION AVEC DES CLIENTS POTENTIELS. Jonas De Cooman et Michel de Wachter, Appiness

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2. Medialaan & BBDO En tant que jeune start-up, Appiness avait besoin de crédibilité. De grands acteurs comme Medialaan et l’agence de publicité BBDO ont entrevu du potentiel dans son idée et décidé de s’associer à elle. "Un starter a des bases plus solides lorsqu’il peut innover en collaboration avec des clients potentiels", estime Michel De Wachter. "Cela apporte la garantie qu’il existe réellement un besoin pour un nouveau produit."


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3. L’Université de Gand "Via mon réseau, en l’occurrence un ex-camarade de classe devenu professeur d’université, nous sommes entrés en contact avec l’Université de Gand. Le hasard a voulu que le camarade en question soit spécialisé en reconnaissance visuelle, précisément la technologie dont nous avions besoin pour Spott. Simultanément, BBDO a apporté les clients requis pour la procédure de test, et Medialaan le contenu nécessaire. Quelques mois plus tard, notre partenaire Medialaan est également devenu notre premier client."

4. iMinds "Pour un jeune starter, il est presque impossible d’avoir des entrées dans une grande entreprise, à moins de posséder une longueur d’avance grâce à son réseau ou ses contacts personnels", embraie Jonas De Cooman. "Cette plus-value est gigantesque. Via notre subvention pour notre projet chez iMinds, nous avons obtenu, avec Medialaan, un capital de départ de plus de 40.000 euros. Nous avons ainsi pu recruter nos premiers collaborateurs."

6. Microsoft

5. Seed Capital

Le projet Appiness a énormément progressé ces derniers mois, comme le démontre sa sélection pour le Microsoft Accelerator, un programme destiné aux start-up. "Nous avons été invités à présenter notre technologie à Londres, raconte Jonas De Cooman. "Cinq minutes maximum, pas une seconde de plus. Nous y sommes parvenus. Nous avons ainsi eu droit à un demi-million de dollars en budget serveurs. Simultanément, les sessions de Microsoft nous ont été utiles personnellement. Aujourd’hui, lorsque nous nous adressons à une autre entreprise, nous atteignons partout le niveau de la direction."

"Nous sommes ensuite partis à la recherche de capital-risque. Deux familles d’entrepreneurs, ainsi qu’un groupe d’investisseurs londoniens, ont mis une somme significative sur la table en lien avec des milestones. Comme nous avons franchi chacune de ces étapes-clés, ces investisseurs ont à ce jour investi plus de 3 millions d’euros dans Appiness. C’est indispensable, parce que notre modèle nous impose des investissements initiaux substantiels, en personnel et en technologie."

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Comment optimiser sa transition numérique? Marie Laenen, responsable de Lean Avenue, anime des ateliers pour convaincre les entrepreneurs belges des bienfaits de la numérisation. Il s’agit d’une collaboration entre Google et BNP Paribas Fortis.

Trucs & astuces

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1 L'équipe est l'élément-clé. Une équipe capable de travailler ensemble, volontaire, avec une attitude ouverte. Même si elle possède peu de moyens, une équipe soudée atteindra ses objectifs. En outre, les investisseurs s'intéressent à l'équipe pour déterminer la viabilité d'une startup.

2 Soyez motivé. Les débuts d'une transition numérique peuvent être lents et laborieux. Patience et persévérance seront les deux mots d'ordre lorsque vous mettrez en place votre stratégie.

3 Créez votre réseau. Si l'équipe est au sommet de la transition numérique, le réseau est tout aussi important. Rendez-vous à des conférences, des rencontres, etc. Allez travailler dans un espace de coworking.

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Sachez prouver la valeur ajoutée de votre projet. Sans la motivation et la force d'un projet réfléchi, le réseau ne donnera pas les résultats positifs espérés.

N'ayez pas peur de commencer petit. Un faible apport financier lorsqu'on lance sa transition numérique exige une bonne dose de débrouillardise. En effet, vous devrez faire preuve d'astuce et d'ingéniosité pour dénicher un levier de croissance moins cher et peut-être plus rapide que les méthodes marketing traditionnelles.

5 Avancez d'objectif en objectif. Il est préférable de partir d'un besoin spécifique, de développer des solutions concrètes pour y répondre et d'analyser la fiabilité de celles-ci.

6 Testez vos outils. Pour savoir si ceux-ci fonctionnent et offrent les résultats escomptés, testez-les. L'outil ne donne pas satisfaction? Changez-en. Autant de fois que nécessaire.

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8 Suivez les domaines qui montent. L'intelligence artificielle, l'internet des objets et tout ce qui touche à la réalité virtuelle sont à surveiller. Il manque déjà des compétences dans ces domaines qui continueront pourtant à prendre de l'ampleur. À bon entendeur… ll


La machine à vapeur de la révolution numérique

NOUS DEVONS FAIRE LE GRAND SAUT. ET C’EST ANGOISSANT, CAR SI L’ON SAIT CE QU’ON ABANDONNE, ON IGNORE CE QU’ON GAGNERA.

Les réseaux sont les machines à vapeur de la révolution numérique. Ils sont si supérieurs et puissants que ceux qui savent en tirer profit peuvent en extraire une énorme croissance. À l’inverse, ceux qui ne les utilisent pas disparaissent. Quelle que soit votre entreprise, veillez à ce qu’elle soit agile et flexible. L’industrie du tabac, par exemple, est un secteur particulièrement défensif. Sa devise: "Un fumeur aura toujours besoin de sa cigarette." Aujourd’hui cependant, la cigarette électronique affiche déjà une part de marché de 15%. Dans une industrie qui se targuait d’être inexpugnable… Et les producteurs de tabac ne peuvent s’y attaquer comme ils le font avec leurs concurrents. Sur des plateformes, des structures se forment dès qu’un problème apparaît, et disparaissent aussitôt qu’il est résolu. Imaginez que votre enfant a quitté la maison et que vous disposez donc d’une chambre vide: c’est le problème. Grâce à Airbnb, vous pouvez ouvrir un "hôtel d’une seule chambre" en quelques clics. Temporairement, jusqu’à la naissance de votre premier petit-enfant, car le problème de la chambre vide sera alors résolu. Cette économie fluide est synonyme de grosses difficultés pour les opérateurs classiques. Si leur taille leur a permis d’éliminer tous leurs concurrents, leur structure rigide les bloque. La chaîne d'hôtels Hilton, par exemple, propose grosso modo autant de chambres qu’Airbnb. À ceci près qu’elle a besoin de 150.000 personnes pour ce faire, alors qu’Airbnb peut se contenter de 1.500 collaborateurs. Lorsque les règles du jeu se transforment, il ne faut pas essayer de tout ramener à de vieux cadres. Il en va de même pour l’État. Vous ne pouvez placer un fonctionnaire à côté de chaque hôte Airbnb! Il faut laisser le contrôle aux utilisateurs. Et cela implique un changement de mentalité. L’Etat du futur n’est pas l’État-nation mais une plateforme. Car l’État-nation est également un enfant de la révolution industrielle. Dans l’économie des entreprises qui sont nées de la révolution industrielle, des produits sont négociés sur le marché. Et l’État rend ces échanges possibles via les droits de propriété. Cette relation est à présent perturbée. Airbnb ne loue pas de chambres mais crée son propre marché où nous pouvons négocier une chambre vide. Airbnb reprend le rôle de l’État et régule ce marché. On sous-estime la signification politique de la plateforme. Celle-ci n’est pas une simple machine économique à réaliser des profits. Elle est également une sorte d’État-nation sans limites géographiques. Facebook réunit 1,86 milliard de personnes: aucune organisation, aucun État-nation n’y est jamais parvenu. Avec 5.000 collaborateurs. Nous devons faire le grand saut. Et c’est angoissant, car si l’on sait ce qu’on abandonne, on ignore ce qu’on gagnera. Les États, les organisations, la société civile ne réalisent pas ce qui se dresse devant eux. Ils restent trop calmes: "Nous avons déjà résisté à des tempêtes plus violentes." Or, les signes de disruption fondamentale sont partout. Certes, vous ne pouvez rien prévoir. Mais soyez sur vos gardes et veillez à conserver une longueur d’avance. Une ouverture radicale à tout ce qui nous arrive est indispensable. Remettez-vous en cause. Apprenez à comprendre la puissance des réseaux, et essayez de l’appliquer à votre problème et à votre processus. Veillez à être du bon côté de la barrière. ll Dr. Rogier De Langhe, Université de Gand


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