RAPPORT ANNUEL 2005
Mission & DĂŠveloppement
L’équipe
Sarah Cox Responsable projets de développement
Markus Muntwiler Responsable Mission & Développement Ruth Lüthi Responsable parrainages et lait en poudre
Pierre-Alain Droz Comptabilité et administration Doris Droz Responsable personnel outre-mer et relations publiques
Edito et sommaire Equipe / Edito
Chers amis, chers partenaires, Cette année à nouveau, nous entendons vous offrir un aperçu de notre travail dans les pays du Sud, par le biais du présent rapport annuel 2005 de la mission et du développement de l’Armée du Salut en Suisse. L’année passée, nous avons pu soutenir des projets pour un montant de 3‘437‘473 francs. Les 12 petits récits de nos missionnaires et rapports de projets montrent dans quels domaines l’Armée du Salut a pu appliquer de manière con-
crète le thème « croire et agir », en vue d’améliorer la situation de nombreuses personnes, et ce, grâce à votre soutien financier. Notre équipe de la mission a également subi des changements: les colonels Silvia et André Cox nous ont quittés pour reprendre la direction de l’Armée du Salut en Finlande – Estonie. Les majors Doris et Pierre-Alain Droz sont, quant à eux, venus renforcer notre équipe en avril de cette année.
Ensemble, nous veillons à ce que votre soutien financier soit utilisé de manière efficace et conformément à vos exigences. Nous accomplissons cette tâche par le biais d’un travail professionnel et engagé, ainsi que par la prière. Merci de votre fidèle soutien ! Markus Muntwiler Responsable Mission & Développement Mai 2006
Les partenaires suivants ont soutenu certains de nos projets au cours de l’année 2005: ACCENTUS FOUNDATION, REDYW-TOTTA Funds
Chaîne du Bonheur
DDC
Pain pour le prochain
Solidarité Tiers-Monde
Stanley Thomas Johnson Foundation
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Rapport annuel Mission & Développement - 2005
2-3 Carmo / Brésil Juillet 4-5 Equateur Août 6-7 Jamaïque Septembre 8-9 Torre / Brésil Octobre 10-11 Haïti Novembre 12-13 Indonésie Décembre 14-15 Bangu / Brésil Janvier 16-17 Congo − Brazzaville Février 18-19 Nigeria Mars 20-21 Pakistan Avril 22-23 Tsunami / Inde Mai 24-25 Myanmar Juin 26-27 Finances / Concept 28-31 Collaborateurs outre-mer 32-33 Parrainages 34-35
JUILLET
Sauvetage de dernière minute
Un dimanche après le culte, l’oncle
de Nubia vient me trouver. Il est soldat de l’Armée du Salut et fréquente régulièrement les cultes ici à Carmo do Rio Claro. Au comble du désespoir, il me parle de sa nièce qui vient dans notre crèche: « Depuis quelque temps, Nubia semble malade. Les médecins en ville n’ont rien trouvé et la considèrent en bonne santé. Malgré tout, son état s’aggrave. » Nubia doit absolument être emmenée à l’hôpital de district, pour que des médecins spécialisés puissent l’examiner. Mais sa mère, l’élevant seule, n’a pas l’argent nécessaire et son oncle non plus. C’est pourquoi, il vient me demander de l’aide. J’organise rapidement une voiture et l’argent. Enfin, Nubia peut être examinée à l’hôpital de district. Juste à temps, semble-t-il. Nubia souffrait d’une insuffisance rénale aiguë, susceptible de laisser de graves séquelles. Une infection des voies urinaires en était la cause, infection qui aurait facilement pu être soignée.
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Au Poste salutiste de Carmo do Rio Claro, l’histoire de Nubia n’est pas un cas isolé, car au Brésil, bon nombre de médecins du système de santé publique ne sont pas suffisamment formés. Les gens doivent donc aller consulter des spécialistes dans les centres, s’ils veulent bénéficier de soins efficaces et compétents. Les coûts de ces consultations étant très élevés, les personnes défavorisées ne sont pas à même de les payer. Dans le cas présent, l’oncle de Nubia a sauvé sa nièce en s’adressant à moi. Nous créons de tels contacts aussi grâce à notre crèche. Ainsi, une aide rapide peut être mise à disposition. Et ce, non seulement en cas d’urgences médicales. Lucia Erni La major Lucia Erni est suissesse et dirige l’Armée du Salut à Carmo do Rio Claro, Brésil.
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AOÛT
Un don qui fait la différence
En tant que collaborateur suisse
en Équateur, je suis habitué à immortaliser de nombreux sujets sur des photos. Afin de rendre ces photos, réalisées dans le cadre de notre projet, accessibles à un plus large public, nous avons décidé de les publier sur un forum Internet. Un jour, une Allemande est tombée sur ces images. L’une d’entre elles l’a tellement touchée qu’elle a décidé d’organiser un concours de bienfaisance dans un club de danse de salsa à Heidelberg. L’argent récolté était destiné à notre travail parmi les pauvres et les défavorisés à Manta. Ce don nous a permis d’offrir une aide de 300 francs à trois familles afin qu’elles puissent ouvrir une boulangerie. Cette aide comprenait un cours auprès d’un boulanger, un four à gaz avec réservoir, une balance, divers ustensiles de boulangerie ainsi que de la farine.
tiers différents, sans boulangerie aux alentours. Elles vivaient dans des conditions difficiles: dans un cas, la mère s’occupait seule de ses enfants, et dans les deux autres, le père n’effectuait que de petits travaux occasionnels. Grâce à ce don, ces familles disposent d’un avenir prometteur et d’un revenu assuré. Les enfants peuvent désormais fréquenter l’école, et les parents réussissent enfin à sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Peter Hauri Le capitaine Peter Hauri a travaillé comme officier de l’Armée du Salut en Équateur jusqu’en juin 2005.
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Les trois familles, soigneusement choisies, habitaient dans trois quar-
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Equateur
SEPTEMBRE
Vers de nouveaux horizons
Les filles et les garçons ont de la
peine à dissimuler leur déception: ils sont venus suivre un cours informatique à l’Armée du Salut de Kingston. Aujourd’hui, il n’aura exceptionnellement pas lieu. Il ne peut pas avoir lieu : pas d’électricité ! Comme la plupart des jeunes et adolescents qui suivent des cours informatiques à l’Armée du Salut en Jamaïque, ils ont entendu parler de cette offre attrayante par des amis. Ces jeunes proviennent en majorité de milieux pauvres, de quartiers défavorisés. Le taux de chômage et le manque de formation n’augurent rien de bon pour leur avenir. Les cours informatiques s’adressent avant tout aux jeunes gens défavorisés et sont organisés de manière professionnelle. Un cours dure environ trois mois. L’enseignement a lieu une fois par semaine, en groupes de 6 à 10 personnes.
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Les participants y acquièrent les connaissances et aptitudes requises dans le monde du travail, ce qui leur ouvre de nouveaux horizons. Les bénéfices ne se limitent toutefois pas aux seuls aspects économiques ou matériels: les jeunes sont également familiarisés avec l’amour du prochain, le respect, l’honnêteté et la fidélité. Ainsi, le désir de mieux connaître Jésus-Christ et de trouver espoir et force à travers la foi en lui peut être éveillé en eux. Les jeunes sont venus pour rien aujourd’hui. Mais ils savent que le cours aura de nouveau lieu, la prochaine fois. Et ils s’en réjouissent d’ores et déjà ! Claude-Pascal Tschantz Claude-Pascal Tschantz est suisse et travaille depuis deux ans comme responsable informatique de l’Armée du Salut en Jamaïque.
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OCTOBRE
Les fruits de la persévérance
Dans les favelas de Torre (Brésil), nombreux sont les enfants qui n’achèvent pas l’école ou qui ne la fréquentent pas du tout. Sans formation primaire complète, ils ne trouvent pas de travail ou sont mal payés. Ils finissent, comme leurs parents, dans la misère et restent prisonniers du cercle vicieux de la pauvreté. Torre 1983: L’Armée du Salut veut remédier à cette détresse. Elle met sur pied un programme qui soutient les élèves, avant tout financièrement. En même temps, il leur assure un repas sain et équilibré par jour. En 1998, nous nous rendons sur place pour reprendre et poursuivre ce travail.
Nous soutenons par exemple des enfants qui, après plus de trois ans d’école, ne savent toujours pas lire et écrire. Et nous ne sommes jamais déçus: une année passée au « Community Centre » de l’Armée du Salut leur suffit déjà pour apprendre à lire et à écrire. Torre 2005: 18 employés et 20 bénévoles travaillent pour l’Armée du Salut et veillent, entre autres, à ce que plus de 100 enfants et jeunes bénéficient d’un repas sain et chaud par jour. Parmi ces élèves, quatre ont même déjà réussi à entrer à l’université. La persévérance porte ses fruits ! Roland et Rosa Meylan
Nos activités se heurtent toutefois sans cesse à de nouvelles difficultés. Soit nous n’avons pas suffisamment de collaborateurs, soit le permis de construire ne nous est pas accordé, soit l’argent nécessaire fait défaut. Mais nous ne baissons jamais les bras et croyons à une amélioration – même dans les cas les plus désespérés.
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Les majors Roland et Rosa Meylan sont suisses et dirigent l’Armée du Salut à Torre, Brésil.
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NOVEMBRE
« Dieu répare l’eau potable »
En 2004, un violent ouragan dé-
truisit un grand nombre de pompes à eau sur l’île d’Haïti. Ces pompes avaient été construites par l’Armée du Salut, grâce à un soutien financier en provenance de Suisse. Les gens devaient à nouveau parcourir de longues distances pour chercher de l’eau potable. L’Armée du Salut envoya donc un ouvrier, appelons-le Pierre, chargé de réparer les pompes dans les villages en question. Le travail de Pierre lui valut une grande reconnaissance. Mais cette reconnaissance ne se manifestait pas comme nous en avons l’habitude : Un jour, Pierre rencontra un Haïtien, qui lui raconta l’épisode suivant: « Dans le village voisin, le récent ouragan a détruit une pompe. Les gens ont prié Dieu de leur redonner à nouveau de l’eau potable et fraîche. Il y a peu, alors que je rendais visite aux habitants de ce village, les gens débordaient de joie: « Dieu a réparé l’eau potable, » m’expliquèrent-ils. »
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Nous ne savons pas si Pierre leur a parlé de son travail; peut-être ne se considère-t-il que comme une partie d’un tout. Pierre n’est pas le seul impliqué dans la réparation de la pompe. L’Armée du Salut en Haïti, qui gère différents projets locaux, y a elle aussi contribué. Et, finalement, l’Armée du Salut de Suisse et ses donateurs ont payé une grande partie des frais. « Dieu répare l’eau potable .» Sans aucun doute. Mais à cet effet, il a besoin de personnes à sa disposition. La pompe est réparée, les gens heureux. Mais cela ne suffit pas, car en Haïti, et dans le monde entier, bon nombre d’autres choses pourraient encore être réparées. Emmi Zimmermann La major Emmi Zimmermann travaille depuis plus de 30 ans pour l’Armée du Salut en Haïti.
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DÉCEMBRE
Croire et agir
« Croire et agir » – le thème de
l’Armée du Salut pour l’année 2006. – Que signifie-t-il ? Les salutistes, les membres de l’Armée du Salut, croient à un Dieu unique, qui veut aider les êtres humains. Ils savent aussi que son fils Jésus de Nazareth a déclaré: « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »Voilà ce qui encourage les salutistes à agir. Et voilà ci-dessous un exemple d’application concrète: Lorsque, le 26 décembre 2004, le tsunami dévasta la région de Banda Aceh, au nord-ouest de Sumatra, l’Armée du Salut indonésienne, en collaboration avec une équipe de l’Armée du Salut internationale, a apporté une aide d’urgence. De même, après le séisme à Nias, en Indonésie, le 26 mars, l’Armée du Salut est venue en aide aux personnes en détresse. Ces actions dépassaient les effectifs de l’Armée du Salut en Indonésie. Les responsables ont donc demandé des renforts au niveau international. J’ai eu connaissance de cet appel et mon activité professionnelle m’a per-
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mis de me rendre dans la région touchée. Cette décision n’était pas facile à prendre, car pendant trois mois j’allais devoir renoncer à ma famille, aux agréments du style de vie occidental et à différentes sécurités. Mais j’ai vu la détresse et je suis partie. Vivre trois mois dans une région dévastée et partager le quotidien des victimes. Quelle expérience ! Redonner espoir et courage, regarder ensemble vers l’avenir. Aider les familles à reconstruire une maison, à installer un raccordement d’eau et d’électricité: quelle joie ! Fournir une aide psychologique et médicale aux enfants, les accompagner à la plage, afin de surmonter leur traumatisme, apporter de la nourriture et des tentes aux familles: quelle satisfaction ! Malgré le renoncement, il ne fait pas l’ombre d’un doute: je continuerai à croire et à agir. – Et vous ? Agnès Wahli La capitaine Agnès Wahli travaille comme officière de l’Armée du Salut à Genève.
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JANVIER
Des anges en uniformes
Notre travail dans les quartiers
pauvres de Rio de Janeiro nous permet toujours de nouer des contacts avec des personnes en détresse. Souvent, les gens reconnaissent notre uniforme et, du coup, nous adressent la parole. Un jour, quelqu’un nous pria d’aller rendre visite à Dona Rosalinda, une pauvre veuve. Rosa, comme les gens l’appellent, vit d’une modeste pension. La plus grande partie de ce montant, équivalant à quelque 153 francs par mois, elle la dépense pour l’aide ménagère qui lui prépare le petit-déjeuner et le repas de midi. Depuis son attaque d’apoplexie, voilà quelques années, Rosa est hémiplégique et ne peut plus marcher. Bien sûr, elle a d’abord essayé de rester aussi indépendante que possible. Mais, un jour, elle est tombée et s’est, de surcroît, fracturé le pied gauche. Depuis, elle dépend encore davantage des autres et passe la plupart de ses journées, seule, assise sur une chaise dans sa cabane, à écouter la radio ou à regarder la télévision.
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Quand nous lui rendons visite, nous lui consacrons du temps et lui parlons aussi de l’amour de Dieu. Mais nous ne nous contentons pas de lui parler, nous lui faisons également sentir l’amour de Dieu pour elle, à travers des actes. Nous l’aidons concrètement, en lui apportant de la nourriture ou en l’aidant à payer ses médicaments. Elle nous en est très reconnaissante. Une fois, les larmes aux yeux, elle nous a confié : « Pour moi, vous êtes des anges que Dieu m’a envoyés ... Je ne sais pas comment vous remercier. » Dans ce sens, nous sommes volontiers des anges. Des anges en uniforme. Esther Ferreira-Benoit La capitaine Esther Ferreira-Benoit est suissesse et dirige, avec son mari Salvador, l’Armée du Salut à Bangu, Rio de Janeiro, Brésil.
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FÉVRIER
Envers et contre tout
Au Congo-Brazzaville, l’Armée du
Salut a mis sur pied un système de santé, le Service Médical, cofinancé par des fonds en provenance de Suisse. Ce système offre aux Congolais des services médicaux et des médicaments efficaces à bas prix. Pour celui qui connaît l’histoire récente du pays, il peut être surprenant de constater à quel point le Service Médical fonctionne bien. En décembre 1998, la guerre civile éclata, pour se propager à de nombreuses régions du pays. Cinq cliniques de l’Armée du Salut furent saccagées et pillées. La directrice du programme, Sylvie Arnal, dut quitter le pays. De nombreux habitants fuirent. Le programme d’entraide s’effondra presque totalement. Seule la clinique Moungali à Brazzaville fut en grande partie épargnée par les destructions. Elle a continué à fonctionner, grâce aux employés qui avaient repris le travail, malgré de grands risques. Une fois la situation détendue, les employés des deux autres cliniques sont également reve-
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nus dans la ville et ont repris le travail, malgré un salaire modeste et l’absence de directrice. Au début de l’année 2000, Sylvie Arnal a rejoint Brazzaville. Elle y a réorganisé et reconstruit le Service Médical – malgré les bâtiments détruits et la pénurie de médicaments. La même année, les autres cliniques du centre du pays ont également repris le travail – malgré de grandes difficultés au niveau de l’approvisionnement en médicaments. Début 2001, Sylvie Arnal est tombée malade. Elle a dû quitter le pays et la direction du Service Médical. Le travail se perpétue – malgré l’absence de directrice. Aujourd’hui, le Service Médical est même encore plus grand qu’auparavant. Envers et contre tout. Vreni Henggi Vreni Henggi a travaillé plus de 10 ans au Service Médical, à Kinshasa. En décembre 2005, elle s’est rendue pendant 10 jours au Congo-Brazzaville.
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MARS
Un regard meurtrier – un regard reconnaissant
En septembre 2005, ma nièce m’a
rendu visite au Nigeria. Je me réjouissais de pouvoir faire plusieurs visites de projets en sa compagnie. Nous avons parcouru des milliers de kilomètres, en avion, en voiture, à pied, et même en pirogue … Un jeudi, nous nous sommes rendus dans un village de pêcheurs sur le delta du Niger. Dans le cadre de la visite, nous avons participé à une réunion de village. Une solution à un problème complexe, apparu quelques jours auparavant, devait être trouvée. Au cours de la discussion, mon regard croisa celui d’une magnifique jeune femme … Mais son regard assombrissait son joli visage. Un regard lourd de haine la rongeait intérieurement. Un regard meurtrier.
la connaissance de Yaribe, une fillette de douze ans. Une poliomyélite non soignée l’avait laissée handicapée des jambes. Ses parents l’avaient donc amenée au centre pour qu’elle soit soignée. Peu avant notre visite, les médecins lui avaient opéré les jambes. J’avais encore absolument besoin de quelques images pour mon rapport final et voulait en prendre quelquesunes d’elle. Un officier de l’Armée du Salut et ma nièce l’aidèrent donc à s’asseoir dans son lit. Alors que nous allions la quitter, elle me demanda si ma nièce pouvait encore rester un moment auprès d’elle … « bien sûr » … et soudainement son visage s’illumina. Elle sourit, rayonna, un regard débordant de reconnaissance. Emmanuel Dorthe
Le lendemain, nous avons pris l’avion pour nous rendre au pays voisin, le Bénin. Nous sommes allés à la rencontre d’enfants handicapés, dans un centre spécialisé. Là, nous y avons fait
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Emmanuel Dorthe est suisse et responsable des projets de l’Armée du Salut au Nigeria depuis 2004.
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AVRIL
Tous partenaires
À l’aéroport international de Lahore,
au Pakistan, Christian Lerne attend un passager en provenance de Suisse. Coordinateur de projets de l’Armée du Salut au Pakistan, Christian Lerne veut me présenter un projet à Lahore, financé par des fonds suisses. Depuis plus de six ans, l’Armée du Salut en Suisse, associée à Pain pour le prochain (PPP) et à la Direction du développement et de la collaboration (DDC), s’engage financièrement en faveur d’un projet de formation et de santé. Il y a un an et demi, le projet actuel a été lancé, avec deux objectifs principaux à la clé: d’une part, une amélioration des revenus et, d’autre part, une réévaluation de la distribution des rôles homme – femme. À présent, j’aimerais voir moi-même comment se déroule le projet et quels en sont les bénéfices pour les personnes sur place. À cet effet, je m’entretiens avec le coordinateur du projet, des officiers de l’Armée du Salut, des professeurs et des bénéficiaires du projet. Les gens gagnent en autonomie, dé-
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pendent moins de l’aide de tiers: « À présent, je peux lire et comprendre ma facture d’électricité toute seule; avant, j’avais besoin d’aide, » me raconte une dame. « Le projet de l’Armée du Salut au Pakistan, contribue-t-il à remplir cette mission? », ai-je demandé à plusieurs officiers, puis à Christian Lerne. Tous me l’ont confirmé par leurs propres expériences. Il est important pour moi de rendre visite aux personnes qui participent au projet, d’apprendre à les connaître personnellement et de leur faire part de ma gratitude et de mon estime pour elles. Car une chose est sûre : nous dépendons tous les uns des autres, nous sommes partenaires. L’engagement des employés sur place compte tout autant que l’argent en provenance de Suisse. Markus Muntwiler
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Pakistan
MAI
La catastrophe fait place à l’espoir
Chennai, Inde, six heures du
matin: tout est prêt pour mon voyage à destination des villages de la côte est, ravagés par le tsunami. Je suis en déplacement pour le compte de l’Armée du Salut du Territoire « India Central ». Immédiatement après la catastrophe de fin décembre 2004, l’Armée du Salut a participé à l’aide d’urgence. Elle a distribué, entre autres, des denrées alimentaires, faisant alors cruellement défaut. À présent, au mois de juillet 2005, les travaux de reconstruction se substituent progressivement à l’aide d’urgence. À cet effet, l’Armée du Salut nécessite une aide supplémentaire et des spécialistes étrangers. Pour cette raison, j’ai quitté la Suisse pendant trois mois, avec pour objectif d’aller aider l’Armée du Salut locale. En collaboration avec quatre officiers indiens, j’ai participé aux travaux de reconstruction au sein des villages. Une après l’autre, les maisons sont reconstruites. Tout dépend encore des permis de construire: si et dans quels délais nous les obtenons. Ici et là, on rencontre des pêcheurs, qui réparent leurs bateaux à moteur ou leurs filets.
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Bon nombre d’entre eux ont même pu se procurer un nouveau moteur, un nouveau bateau ou un nouveau filet. La catastrophe fait lentement place à l’espoir. Malgré tout: le tsunami a mis en relief la grande pauvreté de la population touchée. Nous tentons donc de donner quelque chose à ces personnes: • un micro-crédit ou un cours de couture pour les femmes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, • un puits pour les personnes qui manquent d’eau, • des lunettes spéciales pour les malades de la vue, dont les yeux ont été abîmés par l’ensoleillement dans les salines. L’Armée du Salut a toutefois encore autre chose à donner à ces personnes. Lors de mon départ, les villageois avaient pour la plupart encore un dernier souhait: « N’oubliez pas de prier pour nous ! » Jean Volet Le major Jean Volet dirige, avec sa femme Christine, l’Armée du Salut à St-Aubin.
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Une bénédiction pour la famille
Dans le nord-ouest du Myanmar
(anciennement Burma), région pauvre et rurale, où vit la tribu des Miso, l’Armée du Salut de Suisse soutient un projet de l’Armée du Salut locale: sous la direction d’un officier salutiste, un « comité pour l’amélioration des villages » choisit cinq ménages défavorisés, souvent des veuves ou des journaliers, parmi les habitants des douze villages. Les bénéficiaires reçoivent du terrain, que l’Armée du Salut a racheté aux grands propriétaires, ainsi que quelques cochons. Les membres du « comité pour l’amélioration des villages », des agriculteurs expérimentés, les conseillent et les aident à gérer leur nouvelle propriété de manière judicieuse. En contrepartie, les bénéficiaires de ce programme cèdent dix pour cent de leurs récoltes ainsi que les deux premiers cochons de la première portée.
nes de leur vie ce programme a eu le plus de répercussions positives. La réponse était plutôt inattendue: « Au niveau familial. Comme journaliers, nous travaillions chaque jour, du matin au soir. Souvent, nous rentrions tard le soir. À cela venait encore s’ajouter la situation économique tendue. Ces circonstances aboutissaient souvent à des disputes et des relations familiales difficiles. Aujourd’hui, nous cultivons les champs en famille. Ainsi, nous passons beaucoup plus de temps ensemble et, en plus, notre situation économique s’est nettement améliorée. »
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Myanmar
Rapport financier 2005 Produits
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Lutte contre la faim
Contribution financière au service des volontaires
Aide aux zones sinistrées
Contribution aux projets de coordination DDC
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899’300.00
86’911.10
Dons à buts spécifiques
182’553.40
Stanley Thomas Johnson pour la crèche à Manta, Equateur
Congo-Kinshasa (écoles Bas-Congo)
35’000.00
Enfants de la rue “Torre”, Brésil
26’000.00
Chaîne du Bonheur
AdS Australie/AusAid Dons pour parrainages (écoles et homes d’enfants)
Contribution de l’appel annuel Total produits
25’311.75
Solde 1.1.2005
26’031.40
Solde 31.12.2005
291’090.20
PPP = Pain pour le prochain
971’099.90
STM = Solidarité Tiers-Monde
Haïti projet d’agriculture
85’700.00
Total produits projets
2’733’954.50
DDC = Direction du développement et de la coopération
57’570.25
Dons pour divers projets en cours d’exécution
809’885.89
Abréviations:
Actions des groupes féminins
90’000.00
37’726.80
154’859.40
AusAid = Australian International Development
Haïti ”School Feeding Program”
1’886’341.81
Attribution au fonds mission
42’033.60
749’997.00
5’461’238.99
Intérêts 2005
Collecte dimanche des missions
Inde sud-ouest Tsunami Kerala
117’879.59
Fonds mission (Projets inclus)
Autres dons
Solidarité Tiers-Monde
7’168.90
3’006.05
Fondations
Pain pour le prochain Contribution aux projets de l’Armée du Salut
377’830.45
Eglises
Confédération suisse - Aide humanitaire - DDC Dons en nature: Produits laitiers envoyés (8 pays)
Autres fonds
844’763.50
Autres contributions aux frais d’administration des projets
Fonds Confédération suisse - Coopération au développement
Appel annuel /P&P (World Mission Fund)
4’491’427.00
AdS = Armée du Salut P&P = Partage et Prière, l’action mondiale de solidarité de l’Armée du Salut
28
Rapport annuel Mission & Développement - 2005
Rapport financier 2005 Charges 2005
CHF
Dons en nature de la Confédération Envoi de produits laitiers dans 8 pays en voie de développement
899’300.00
Afrique Travail ”Sida”
29’861.10
Bolivie Prestations diverses
24’782.00
Haïti
Service médical (PPP)
36’250.00
Projet d’agriculture (Chaîne du Bonheur)
68’449.50
Prestations diverses
12’942.60
Prestations diverses
46’060.09
Projet de malnutrition (Chaîne du Bonheur)
31’742.40
République Démocratique du Congo (Kinshasa) Centre de santé (PPP/AdS)
48’750.00
Parrainages
Écoles Bas-Congo (STM)
50’000.00
Hongrie
Prestations diverses
45’283.35
Prestations diverses
Parrainages
9’592.65
El Salvador
Brésil Centre communautaire ”Torre”, Recife (STM)
26’000.00
Projet ”Trois cœurs” Sao Paulo (nouveau)
62’282.25
Crèche Carmo do Rio Claro
64’555.00
Prestations diverses
65’258.25
Parrainages
25’851.50
Chine Projet de développement (PPP/AdS)
29
République du Congo (Brazzaville)
Parrainages
8’142.00
Equateur 43’170.00
Projet parmi les personnes âgées (nutrition)
20’213.80
”Guarderia” Manta (Fondation Stanley Thomas Johnson)
38’407.30
Prestations diverses
20’584.05
Rapport annuel Mission & Développement - 2005
11’901.20
Inde Projet d’approvisionnement en eau potable (groupes féminins )
1’222.00
Parrainages
5’230.00
Jamaïque
Projet parmi les femmes, Manta (BFA)
63’751.00
3’395.40
Photocopieuse pour l’école des aveugles à Kingston (groupes féminins ) Prestations diverses
6’685.40 55’642.20
Kenya Parrainages
9’216.50
Rapport financier 2005 Myanmar
Zimbabwe
Projet de développement
15’290.70
Nigeria Prestations diverses
48’073.50
Pakistan Gender & Développement (PPP/AdS)
23’288.10
Panama Parrainages
34’000.00
République Démocratique et Populaire de la Corée Projet de développement Aide aux étudiants
21’010.00
Sri Lanka Parrainages
15’259.00
Ukraine Aide sociale
30
3’437’473.35
Aide aux orphelins du sida: Masiye Camp
41’533.60
Contribution au World Mission Fund (AdS)
844’763.50
Masiye Camp, contribution Accentus
32’781.80
Surveillance des projets
369’116.25
Attribution au fonds mission
809’885.89
Prestations diverses
1’945.00
Projet de formation pour filles (CdB)
14’772.00
Projet de nutrition (DDC)
67’744.70
Parrainages
25’309.00
Aide en cas de catastrophes Tsunami et la Roumanie
180’151.45
Total des charges pour projets
Tsunami Kerala, projet de reconstruction (CdB/AdS)
86’911.10 893’637.93
Autres charges Secours aux autres pays
31’108.15
Frais d’expédition de produits laitiers (AdS)
41’687.20
Autres charges (assurances/conférences etc.)
21’439.68
7’008.90
Rapport annuel Mission & Développement - 2005
Total des charges
5’461’238.99
Rapport financier 2005
À savoir ... Concept L’ Armée du Salut est un mouvement international et fait partie de l’Église chrétienne universelle. Son message se fonde sur la Bible. Son ministère est motivé par l’amour de Dieu. Sa mission consiste à annoncer l’Évangile de Jésus-Christ et à soulager, en Son nom, sans distinction aucune, les détresses humaines.
L’Unité d’organisation « Mission et Développement » fait partie de la Fondation Armée du Salut Suisse. La Fondation Armée du Salut Suisse établit des comptes annuels consolidés selon Swiss GAAP RPC.
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Rapport annuel Mission & Développement - 2005
Collaborateurs/trices outre-mer
Claude-Pascal Tschantz Emma Zimmermann
Emmanuel Dorthe
Salvador et Esther Ferreira-Benoit
Lucia Erni
Roland et Rosa Meylan-Lauber
Claude Huguenin
Brésil
Jamaïque
Lucia Erni, Major, Exército de Salvação, Caixa Postal 18, Carmò do Rio Claro - M.G., CEP 37150-000, Brasil lucia.erni@salvos.org.br Salvador et Esther Ferreira-Benoît, avec Etienne, Sara et Efraim, Capitaines, Exército de Salvação, Rua Coronel Tamarindo 576, Padre Miguel, Rio de Janeiro R.J., CEP 218 70-000, Brasil esther.ferreira@salvos.org.br Roland et Rosa Meylan-Lauber, avec Thierry, Majors, Exército de Salvação, Rua Conde de Irajà 135, Torre, CEP 50710-310 Recife-PE, Brasil roland.meylan@salvos.org.br, rosa.meylan@salvos.org.br Jakob Stalder-Schmid (i.R.), Brigadier, Comendador Elias Zarzur 269, Apt. 92, Boa Vista 04736-000 São Paulo - SP, Brasil
Claude-Pascal Tschantz, The Salvation Army-THQ, P.O. Box 378, Kingston 10, Jamaica, WI (jusqu’à fin juin 2006) tschantz_pascal@car.salvationarmy.org
Haïti
Nigeria
Emma Zimmermann, Major, Armée du Salut, B.P. 2571, Port-au-Prince, Haïti
Emmanuel Dorthe, The Salvation Army-THQ, 6 Shipeolu St, Igbobi, P.O. Box 3025, Shomolu, Lagos, Nigeria emmanuel_dorthe@nig.salvationarmy.org
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Rapport annuel Mission & Développement - 2005
République Démocratique du Congo (Kinshasa) Claude Huguenin, Armée du Salut 8636, Kinshasa 1, Democratic Republic of Congo claude_huguenin2002@yahoo.fr
Parrainages
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Rapport annuel Mission & DĂŠveloppement - 2005
COUPON–RĖPONSE ¨ un projet de développement ¨ une proposition d’exposé
Je désire de plus amples informations concernant
¨ un engagement personnel ¨ un parrainage ¨ ……………………......... Je désire soutenir un projet à travers un parrainage.
¨ Veuillez me faire parvenir la documentation à ce sujet ou prendre contact avec moi. ¨ Mes questions / remarques ..................................................................................................................... ..................................................................................................................... ..................................................................................................................... .....................................................................................................................
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Rapport annuel Mission & Développement - 2005
Parrainages
Soutenir des projets grâce à un parrainage
Avec une contribution régulière de CHF 40.00 par mois, vous pouvez parrainer un de ces projets ou un autre projet de votre choix. Avons-nous suscité votre intérêt ? Veuillez alors remplir la carte ci-contre, la détacher et nous la renvoyer, afin que nous puissions vous faire parvenir de plus amples informations. Madame Ruth Lüthi, responsable des parrainages, vous renseignera avec plaisir par courriel (mission@swi.salvationarmy.org) ou par téléphone 031 388 05 69. Tout autre don en faveur d’un de nos projets est bien sûr également le bienvenu.
Affranchir s.v.p.
Armée du Salut Quartier Général Mission & Développement Laupenstrasse 5 Case postale 6575 3001 Berne
Notre adresse: Quartier Général de l’Arméedu Salut Mission & Développement Laupenstrasse 5 Case postale 6575 3001 Berne Téléphone 031 388 05 91 Fax 031 388 05 95 mission@swi.salvationarmy.org www.armeedusalut.ch/mission
Expéditeur
...............................................
...............................................
Compte postal:
...............................................
30-3117-4 / Mission
05/2006 - Graphisme: Rolf Messerli / Impression: Rub Graf-Lehmann SA, Berne
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