Comme une pause bien-être pour votre intérieur, nous préservons la structure existante et renouvelons portes, façades et quincaillerie afin de créer un espace harmonieux, lumineux et durable — en toute simplicité.
Dans ce numéro
ARCHITECTURE ET DESIGN
16 — 19
INSPIRATION
22 — 25
MONDE 26 — 31
SOCIÉTÉ
32 — 41
SANTÉ HOLISTIQUE
48 — 55
BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL
58 — 61
CULTURE
62 — 63
À TABLE 68 — 77
Guillaume Lemoine
Président
Emilie Lefebvre-Morasse
Vice-présidente marketing et ventes, rédactrice en chef
Arianne Filion
Rédactrice en chef adjointe
Caroline Croteau
Directrice principale, marque et contenu
Frédéric Cloutier
Directeur artistique
Sarah-Maude Dalcourt
Directrice production et marque
Rosalie Nadeau
Chargée de projets production et marque
Marie-Michelle De Lachevrotière
Directrice design et aménagement
Le design d'un sanctuaire urbain en cinq temps
Tracer sa voie : Entretien avec Sarahmée
Cartographie de l'étincelle, par Franck Laboue, Voyageurs du Monde
Quand le confort fragilise la communauté
La patience du papier, par Anne Genest
5 conseils pour désencombrer (et se sentir revivre), par Ariane Martel Labrecque
Apprivoiser le soleil tout en préservant sa peau, avec D re Sophie Vadeboncoeur
Émotions : Quand le corps réagit, par D re Geneviève Beaulieu-Pelletier
Marge de manœuvre : Nouveau regard sur le travail nomade, par Elisabeth Massicolli
Cinq pistes d'équilibriste, par Nicolas Gendron
Recette : Ceviche de dorade au fruit de la passion, par Raphaël Podlasiewicz À la bonne franquette, par Caroline Huard, alias Loounie
Plaisir et santé dans l’assiette : Entretien avec Catherine St-Laurent et Anne-Julie Tessier
Mathieu Trudeau Designer graphique
Carine Dumez
Rédactrice
Catherine Gaudet
Réviseure linguistique et traductrice
Martine Fontaine
Conseillère des ventes
Noémy Campbell
Coordonnatrice des ventes
Gaëlle Meslin et Pierrette Brousseau
Réviseures linguistiques
SLRR Cabinet de traduction
Traduction
Crédit page couverture
Photo : Pierre-Nic Lessard
Impression Imprimerie Solisco Inc. Ventes publicitaires Christine Mailloux magazine@stromspa.com
Pour collaborer Arianne Filion au contenu afilion@stromspa.com
Éditeur Strøm spa nordique 1001, boul. de la Forêt L’Île-des-Sœurs (Québec) H3E 1X9
Dépôt légal — ISSN 2369-5897 Bibliothèque et Archives Canada et Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Les opinions émises dans les articles du Magazine Strøm n’engagent que les auteurs. Les disponibilités et prix mentionnés dans le magazine peuvent être modifiés sans préavis. Toute reproduction, en tout ou en partie, est interdite sans la permission de Strøm spa nordique. Tous droits réservés. Poste publication — 42293512
Le Magazine Strøm est imprimé au Québec sur du papier Sustana EnviroSatin MC 100 % recyclé.
Depuis ses débuts, le Magazine Strøm a l’immense privilège de collaborer avec des experts de tous les horizons pour la rédaction des articles qui le composent. Avec grande générosité, ils nous livrent leur savoir et partagent leur point de vue, certains de saison en saison, d’autres de façon ponctuelle. C’est avec beaucoup de fierté que nous vous invitons à les découvrir juste ici.
GENEVIÈVE BEAULIEU-PELLETIER
Geneviève est psychologue, conférencière et autrice du livre Trucs de psy : Guide pratique pour s’aider soi-même. Elle est également chroniqueuse et experte invitée dans les médias.
ANNE GENEST Écrivaine et coureuse de trail , Anne aime les sentiers, l’odeur des feuilles et du papier. Ses romans, elle les écrit à la main dans un cahier. Elle signe aujourd’hui son second texte pour le magazine.
ARIANE MARTEL LABRECQUE
Fondatrice d’Allo printemps, Ariane aide les gens à désencombrer et à s’organiser, à conquérir le désordre et à reprendre le contrôle de leur espace de vie.
NICOLAS GENDRON Journaliste culturel, entre autres pour la revue Ciné-Bulles , Nicolas écrit pour le Magazine Strøm depuis 2015. Il est aussi et surtout comédien, metteur en scène, auteur et directeur artistique.
CAROLINE HUARD Mieux
connue sous le nom de Loounie, Caroline est créatrice culinaire végane, communicatrice et entrepreneure. Ancienne professionnelle de la santé, elle œuvre à rendre la cuisine plus accessible.
ELISABETH MASSICOLLI
Elisabeth est une journaliste, autrice et éditrice qui vit à Turin, en Italie. Depuis plus de dix ans, elle évolue dans l’univers des magazines féminins, explorant avec curiosité les sujets qui l’animent.
FRANCK LABOUE Natif de Bretagne, Franck est un éternel curieux. Directeur du développement commercial chez Voyageurs du Monde, il a fini par poser ses valises au Québec. Il écrit pour le magazine depuis sept ans.
D RE SOPHIE VADEBONCOEUR Ayant gradué en dermatologie en 2015, Dre Vadeboncoeur a suivi une formation post-doctorale d’un an en dermatologie pédiatrique à Harvard en 2016. Praticienne en cabinet chez HumaDerme, elle met le patient au cœur de sa pratique.
Au cours des dernières années, et plus encore depuis la pandémie, l’industrie du bien-être a connu une accélération exponentielle. Les attentes évoluent et tout avance à grande vitesse. Dans ce contexte, j’aime envisager notre développement comme une recherche d’équilibre : savoir s’adapter aux marchés tout en restant profondément alignés avec ce que nous sommes.
Depuis plus de 15 ans, Strøm s’est construit autour d’une idée simple : créer des environnements et des services qui influencent le mode de vie, qui permettent aux gens de se déposer, de ralentir, de se reconnecter. Cette vision agit comme un point d’ancrage, alors même que tout autour se transforme.
Aujourd’hui, nous observons que les besoins prennent différentes formes. Ils se fragmentent et évoluent selon les moments de vie. Cette réalité s’observe ici, et ailleurs, où émergent de nouveaux modèles à la croisée du bien-être, de l’hospitalité et du style de vie contemporain.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la fondation du Groupe STROM, qui regroupe désormais toutes les marques bien-être opérées par nos équipes, dont AW Ū, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes. Avec cette nouvelle marque, nous avons souhaité explorer une autre approche, complémentaire à celle de Strøm. Un cadre plus urbain, plus flexible, qui répond à des besoins différents, tout en s’inscrivant dans la continuité de notre mission d’améliorer le bien-être des gens de notre communauté. Il ne s’agit pas de multiplier les concepts, mais de structurer une offre capable de répondre à ce que les gens veulent, quand ils le veulent.
Alors que nous poursuivons notre développement à l’échelle nationale et internationale, cette aspiration demeure centrale : croître et innover tout en restant fidèle à nos valeurs d’ingéniosité, de compétence, d’intégrité, et de bien-être.
C’est dans cet équilibre que nous continuerons d’avancer!
Guillaume Lemoine Président, Groupe STROM
La douce révolution d’être soi
Retrouver, ou peut-être révéler qui l’on est vraiment, au-delà des rôles et des attentes, passe d’abord par un retour à soi.
Cette démarche peut revêtir plusieurs aspects, et traverse aujourd’hui de nombreuses sphères de nos vies, jusque dans les rituels que l’on choisit. Ces choix ne sont jamais neutres, ils sont identitaires : pour certains, cela prendra la forme d’un dépassement physique; pour d’autres, d’un moment de lenteur, un livre ouvert au soleil; et parfois, d’un repas partagé qui s’étire jusque tard dans la nuit.
Ces gestes peuvent sembler simples, mais ils disent beaucoup. Ils révèlent une manière d’être au monde, un besoin, une facette de notre identité, jusque-là ignorée.
ON
NE PREND PAS SOIN DE SOI PAR HASARD
L’industrie du bien-être connaît une croissance fulgurante, portée par une multiplication des approches, de l’expérientiel à la performance en passant par le médical, auxquelles s’ajoute désormais la question de la place que prendra l’intelligence artificielle dans la façon dont elles s’intègrent à nos vies.
Pourtant, prendre soin de soi ne consiste pas à accumuler des pratiques. C’est choisir ce qui est bon pour soi, non pas selon des standards ou des tendances, mais en fonction de notre nature plus intime, qui peut évoluer avec le temps.
Ce que ce numéro met en lumière, c’est la possibilité d’être soi, dans son rythme et dans ses relations. Avec Sarahmée, on découvre une voix qui s’affirme avec lucidité et courage, fidèle à elle-même malgré les attentes extérieures. Franck Laboue, dans sa cartographie de l’étincelle, nous invite à porter attention à ce qui nous anime profondément, à ces élans discrets qui orientent nos choix et demandent à être écoutés. Dans le texte d’Anne Genest, la correspondance papier révèle une temporalité différente, où réfléchir aux mots devient un geste méditatif. Au fil des pages, il sera aussi question d’écouter son corps, d’accueillir ses émotions et de repenser son rapport aux autres dans une société où la solitude se fait de plus en plus présente.
Ultimement, revenir à soi n’est pas un acte égoïste, mais une façon d’évoluer comme personne, et de cultiver, par là même, un rapport plus sain aux autres. Peut-être est-ce, aujourd’hui plus que jamais, une voie vers une vie collective plus saine.
Bonne lecture,
Emilie Lefebvre-Morasse et l’équipe éditoriale
AWU sanctuaire urbain : Habiter le bien-être au quotidien
Dans un rythme de vie régi par les horaires chargés et les sollicitations nombreuses, une envie gagne du terrain : celle de ralentir et de faire place au bien-être, sans s’extraire de la ville, mais en la vivant autrement. C’est dans cet esprit que s’inscrit AW Ū, nouvelle marque sœur de Strøm, qui revisite en profondeur notre rapport à la détente urbaine, en insufflant l’esprit nomade dans une mosaïque d’instants présents.
AU CŒUR DE LA VILLE, UN MONDE EN SOI
Nouvelle venue dans la famille du Groupe STROM, AW Ū poursuit la même mission de contribuer au bien-être et à l’équilibre de la communauté, en répondant au besoin croissant de souplesse et de liberté. Ici, le regard se tourne vers une nouvelle génération de citadins : curieux, mobiles, en quête d’expériences à la fois porteuses de sens et adaptées à leur réalité. AW Ū s’adresse à celles et ceux qui souhaitent prendre soin d’eux sans contraintes, dans des lieux ouverts, conviviaux et vivants.
Dans un monde pressé et enclin à la performance, cette proposition trouve toute sa pertinence. Elle s’inscrit naturellement dans le mouvement en plein essor du soft wellness social : une approche accessible, non prescriptive, où le bien-être ne constitue pas un objectif à atteindre, mais un état à cultiver chaque jour, autant dans le soin de soi que dans la relation aux autres.
L’idée trouve sa traduction sous forme de sanctuaires contemporains où chaque personne peut évoluer à son propre rythme, dans une expérience immersive et spontanée. Ici, fexibilité est le maîtremot : on y entre sans préalable, on y reste le temps qui nous plaît, on y revient selon nos envies.
UNE INSPIRATION VENUE D’AILLEURS
L’ADN de ces sanctuaires urbains est nourri de paysages tropicaux, de rythmes naturels et d’une approche plus libre et intuitive de l’existence. Une philosophie influencée par des cultures où le bienêtre se vit au quotidien, dans la simplicité, la lenteur et la présence.
Le nom de la marque lui-même est puissamment empreint de sens. Le terme « Awu » est inspiré du volcan du même nom, perché sur l’île de Sangir, en Indonésie, et reconnu pour son altitude et sa figure imposante. À certaines époques, il a même abrité un lac de cratère. Ce lac, nourri par de fortes pluies, témoigne de la présence de l’eau au sommet et incarne l’idée d’élévation, non seulement physique, mais aussi spirituelle. Comme ces piscines suspendues sur les toits des sanctuaires, l’eau est le miroir du ciel, l’offrande d’une fraîcheur retrouvée au sommet.
La marque s’inscrit dans ce souffle : reconnecter avec ce qui nous fait vibrer, raviver le goût de ce qui nous fait du bien, instaurer des espaces de connexion, fusionner l’élévation et l’eau pour offrir une expérience sensorielle et inspirante.
L’expérience AW Ū se décline en plusieurs espaces complémentaires, tous chaleureux et lumineux. De la terrasse en hauteur aux installations intérieures, chaque lieu encourage les échanges, le bien-être et l’exploration, soutenus par une offre inspirée des rituels du monde et des tendances émergentes.
L’accès au sanctuaire inclut cycle thermal et studio de mouvement, où des cours collectifs variés et ouverts à tous ancrent et énergisent. S’y ajoutent des massages et des soins esthétiques, pensés pour reconnecter au corps en douceur et pour retrouver légèreté, énergie et éclat.
Le café-restaurant invite quant à lui à savourer des assiettes saines et colorées, ou à investir l’espace nomade intégré, selon l’humeur et l’élan : une pause entre deux rendez-vous, un moment pour lire, travailler ou créer, une rencontre informelle autour d’un café… toutes les raisons sont bonnes pour y entrer et prolonger l’instant. Autre opportunité de flâner, une boutique propose des collections et des pièces inspirées, choisies avec soin, pour faire voyager l’expérience en l’emportant avec soi.
Des évènements ponctuent la vie du lieu, favorisant les rencontres, les échanges et la découverte. Le tout forme un parcours intuitif et vivant, où connexion et équilibre s’harmonisent.
UNE EXPÉRIENCE À VIVRE, ICI ET MAINTENANT Ouverts depuis avril, les premiers établissements AW Ū vous accueillent au Quartier DIX30 ® (à Brossard) ainsi qu’à Québec. Deux destinations, mais une même intention : que chacun et chacune puisse assouvir ses envies d’exploration, tout en s’y sentant comme chez soi.
Plongez dans l’univers AWŪ et profitez d'un accès au sanctuaire pour une durée illimitée au prix d’un accès de 2 heures, avec le code promotionnel PREMIEREVISITE, valide du 1er juin au 31 juillet 2026 en ligne sur awu.com.
AW Ū a été réfléchi comme un espace à habiter. Il s’inscrit dans la logique du third space : un lieu intermédiaire, ni domestique ni professionnel, que l’on fréquente par plaisir, où l’on flâne et où l’on rencontre des gens, crée des liens, y développant tranquillement un esprit de communauté. Un espace qui accueille autant une présence active que passive, autant la socialisation que l’introspection.
La notion de third space implique ainsi une posture claire : ne pas programmer l’expérience de manière rigide, mais créer un cadre suffisamment souple pour que chacun et chacune puisse s’approprier le lieu selon ses besoins du moment. C’est en ce sens que la conception, le design et l’aménagement des sanctuaires ont été réfléchis, afin de permettre une pluralité d’expériences pouvant être renouvelées à chacune de ses visites.
(1) INSPIRATIONS DESIGN : ENTRE NOSTALGIE ET EXPLORATION
Imprégné du modernisme tropical des années 1960 et 1970, le design d’AW Ū puise dans le mid-century et le minimalisme méditerranéen, qu’il revisite avec une touche rétro-chic empreinte de nostalgie. Les lignes sont simples, le style décontracté, laissant place à une connexion naturelle entre les matières, la lumière et l’espace. Pensé comme un lieu vibrant et chaleureux, AW Ū déploie une ambiance résolument estivale. Sur les terrasses du toit, une palette colorée contraste avec l’environnement urbain et crée un véritable sentiment de liberté et de dépaysement, rappelant l’esprit libre et solaire des resorts balnéaires du Costa Rica et du Mexique.
(2) UNE MATÉRIALITÉ ACCUEILLANTE
Dès l’entrée, les choix de matériaux donnent le ton. Les surfaces, mates, lustrées ou texturées, parfois volontairement irrégulières, composent un langage sensoriel rassurant et apaisant. Céramiques, bois, peinture à la chaux, béton et crépi aux tons chauds se mêlent aux fibres naturelles (rotin, lin et coton) et invitent autant au voyage qu’à la sérénité. Cette matérialité organique est renforcée par une imperfection contrôlée, qui contribue à une atmosphère décontractée et chaleureuse. La présence d’une végétation abondante vient compléter l’ensemble, accentuant la naturalité du lieu. Peu à peu, l’espace gagne en confort et en simplicité : on s’y sent rapidement à l’aise, sans jamais avoir l’impression d’entrer dans un lieu qui impose une posture ou un comportement précis.
(3) LA LUMIÈRE ET LA COULEUR COMME ÉLÉMENTS
STRUCTURANTS
Dans nos sanctuaires, la lumière fuse. Naturelle, elle circule dans les lieux grâce à la grande fenestration en plongée sur la ville, structurant les espaces et révélant leur fonction, au fil de son évolution tout au long de la journée. Des éclairages d’appoint où le métal coloré est à l’honneur participent à la signature visuelle et viennent parfaire l’atmosphère qui se dégage naturellement des lieux. Véritable caméléon, la lumière accompagne les usages sans les diriger.
Prolongement naturel de ce travail lumineux, la couleur devient à son tour un élément structurant de l’expérience. Les espaces sont habillés d’une palette chaude et vibrante, composée de teintes terreuses et naturelles, comme le terracotta, le brun, le jaune et le vert. Les coloris neutres (beige et blanc chaud) demeurent lumineux et équilibrent l’ensemble, tandis que des accents pastel ponctuent les textiles et les accessoires. Ces touches colorées prennent une place toute particulière au café-restaurant, où elles brillent pleinement et stimulent l’appétit.
Au café-restaurant, les textiles naturels donnent le ton.
(1) Textures organiques dans le mobilier.
(2) La peinture à la chaux apporte mouvement et chaleur à l'ensemble.
(4) MODULER PLUTÔT QUE CLOISONNER
Chez AW Ū, la lumière n’est pas seulement une question d’ouverture : elle se travaille aussi à travers la matière. Panneaux de bois percés de motifs et surfaces filtrantes modulent ainsi les espaces, préparant le terrain à un élément signature : le breeze block. Apparue au milieu du XXe siècle, cette brique ajourée, d’abord employée dans les régions chaudes pour favoriser la ventilation naturelle, s’est imposée comme un élément architectural à la fois fonctionnel et expressif.
Issu d’une fabrication artisanale en Espagne, le breeze block utilisé chez AW Ū est moulé individuellement, ce qui lui confère des variations subtiles et un caractère unique. Le motif aux lignes droites et aux formes triangulaires rappelle une tablée où se rassemblent des amis, et véhicule cette idée de communauté, du vivre-ensemble, devenant presque symbole. Ces briques, regroupées pour former une surface ajourée, s'inscrivent naturellement aux côtés des autres matériaux bruts, ajoutant texture, profondeur et une référence discrète à des architectures modernistes et vernaculaires des années 1970.
et dégradés dans les tuiles de céramique qui habillent l'espace.
Nuances
Le breeze block signature, entre ombre et lumière.
(5) FLEXIBILITÉ ET CONVIVIALITÉ
AW Ū a été conçu pour accueillir différents moments et répondre à des besoins variés, qui évoluent au fil de la journée. On peut s’y arrêter brièvement ou s’y attarder, y casser la croûte, travailler, bouger, se reposer ou simplement faire une pause. Cette richesse d’usages est soutenue par un mobilier varié modulable, pensé pour accompagner naturellement les rythmes et les envies.
Les formes, simples et épurées, privilégient les courbes et les lignes organiques, favorisant un confort immédiat et une atmosphère conviviale. Chaises longues, canapés modulables, banquettes et fauteuils — tantôt allongés, bas ou standards — se côtoient dans une apparente diversité, parfois volontairement disparate, mais toujours cohérente. Le choix des matériaux (bois, fibres naturelles, cordage et métal) renforce cette sensation de chaleur et de simplicité.
Lieu vivant et habité, AW Ū assume une présence humaine, rythmée par les conversations, les déplacements et la musique. L’architecture accompagne cette vitalité sans jamais l’imposer, permettant à chacun de trouver sa place. AW Ū, c’est la nature qui glisse dans la ville, l’été qui se faufile dans l’hiver : un ailleurs familier, où l’on vient, revient, et se sent bien, encore et encore.
Entre technique ancestrale et touches modernes, la peinture à la chaux et le métal coloré se répondent.
Venilux Québec : Savoir-faire et textures pour repenser l’espace
On dit souvent qu’un espace se raconte par ses volumes et sa lumière. Il se raconte aussi par la matière qui l’habille. Chez Venilux Québec, une entreprise fondée en 2019 par Anthony Ingui et Elio Muro, on façonne des surfaces qui transforment l’ambiance d’un lieu.
L’entreprise, qui s’est taillé une place enviable dans le paysage du design intérieur, est aujourd’hui reconnue pour ses murs texturés, ses finis sur mesure et surtout, son expertise dans l’art du plâtre vénitien : un savoir-faire ancestral qu’elle réinterprète avec une sensibilité bien contemporaine.
UNE TRADITION EUROPÉENNE, UN GESTE ACTUEL
Travailler le plâtre vénitien, c’est faire dialoguer passé et présent. Cette technique, qui puise ses origines dans la Renaissance italienne, est née dans une Venise où l’on cherchait à allier beauté, durabilité et luminosité. Encore aujourd’hui, sa richesse tient à la façon dont la matière capte la lumière, créant un effet minéral et soyeux impossible à reproduire autrement.
Chez Venilux, cet héritage se manifeste tant dans le geste que dans la matière. S’approvisionnant auprès de petites entreprises familiales d’Europe, qui ont su préserver ces traditions artisanales, l’équipe peut ainsi donner vie à une matière travaillée avec rigueur, empreinte d’un savoir -faire intemporel.
QUAND L’ART DEVIENT MÉTIER
Travailler le plâtre est un métier qui oscille entre technique et sensibilité. Chaque couche doit être appliquée avec une précision millimétrée, mais aussi avec une capacité d’écoute du matériau : son épaisseur, son temps de séchage, la façon dont il réagit à la lumière ou à la pression de la truelle. C’est un travail qui exige autant de savoir-faire que d’intuition, où la main de l’artisan doit constamment s’ajuster aux nuances de la matière.
Grâce à ce caractère profondément artisanal, chaque mur a sa propre personnalité. La texture, le mouvement, la profondeur et même la façon dont la lumière se reflète sur la surface varient d’un projet à l’autre. C’est cette part de singularité, cette incapacité à reproduire exactement le même fini qui confère au résultat, mais aussi à l’expertise nécessaire pour y arriver, une dimension artistique affirmée.
UN SERVICE SUR MESURE
L’unicité de ses réalisations, rendue possible par la flexibilité des produits, permet à Venilux d’ajuster chaque création à l’intention recherchée. C’est pourquoi l’accompagnement personnalisé est à la base du processus. Que l’on souhaite un mur d’accent, une pièce complète, une douche, un plancher, un effet béton ou un fini métallique appliqué à la truelle, tout est réalisable. Venilux propose également un éventail de possibilités — couleurs, textures, techniques — et collabore directement avec designers, architectes ou clients. Échantillons, essais, ajustements... chaque projet se construit en dialogue. Leur conviction est simple : il existe toujours une solution.
DES PROJETS D’ENVERGURE
L’entreprise réalise autant des projets résidentiels que commerciaux. Elle a notamment contribué à plusieurs espaces du vaste chantier Royalmount, à Montréal, où ses finis texturés participent à l’ambiance immersive des lieux.
On peut aussi contempler leur travail dans les deux sanctuaires AW Ū, à Québec et à Brossard, où les surfaces imaginées contribuent à façonner des environnements invitants et hautement sensoriels.
Venilux se distingue non seulement par sa maîtrise technique, mais aussi par sa conviction profonde que la matière a le pouvoir d’influencer notre expérience d’un lieu. Une texture peut apaiser, un revêtement peut transformer la lumière et donner vie à une pièce. Au fond, chez Venilux Québec, on ne fait pas que magnifier des surfaces : on crée des atmosphères.
Pour découvrir la page Instagram de Venilux et leurs différents projets, balayez le code.
Bonjour, Sarahmée. Tu es rappeuse, mais aussi animatrice, et surtout, quelqu’un qui s’assume pleinement. Ce numéro du magazine explore la reconnexion à qui l’on est vraiment. D’entrée de jeu, qu’est-ce que cette idée t’évoque?
« Beaucoup de choses. Cette aptitude à m’assumer, c’est quelque chose à quoi on me renvoie souvent, du fait de ma musique, de mon attitude ou de l’image que je projette. Mais ça reste une dimension sur laquelle je travaille et qui me préoccupe, en tant qu’artiste et en tant que femme. Nos parents nous guident vers des valeurs, et plus tard, nos propres valeurs émergent. Je m’efforce de faire le tri parmi tout ça, pour définir qui je suis et ce que je veux réellement représenter aujourd’hui. »
Tu as débuté ta carrière musicale en 2009. Au fl du temps, le succès est arrivé, et, avec lui, la pression d’exister et de se défnir dans le milieu du rap, qui reste très masculin. Quelles différences observes - tu entre la Sarahmée d’aujourd’hui et celle que tu étais alors?
« Je mesure le chemin parcouru. Il y a des façons de me percevoir ou de me traiter que j’aurais laissé passer à l’époque et que je ne laisse plus passer aujourd’hui. Par exemple, quand on présume que je ne connais rien à la technique. Est - ce qu’on va penser que je ne sais pas comment tenir mon micro ou régler mes oreillettes, ou est - ce qu’on va reconnaître que je maîtrise ces aspects-là?
J’ai fait mes classes graduellement dans le rap, d’abord à Québec, puis à Montréal. J’ai travaillé avec des gens qui sont encore très actifs aujourd’hui; on a grandi ensemble, chacun dans notre domaine. Dans l’industrie, je pense être respectée, dans le sens où je n’ai pas volé ma place.
Rien n’est acquis, mais le chemin que j’ai choisi m’a amené plein d’opportunités. Ça m’a ouvert des portes : la musique, la télé, la radio, le jeu… Ce sont des choses que j’ai toujours voulu faire, et aujourd’hui, ça fait partie de mon parcours. »
Aujourd’hui incontournable dans le paysage rap et médiatique québécois, Sarahmée s’est taillé une place de choix à force de travail acharné et de résilience. Dotée d’une force créatrice peu commune, elle met sa voix au service des causes qui la touchent, ouvrant la voie à d’autres chez qui ses mots trouvent écho. Rencontre avec une femme engagée, qui incarne l’affirmation et l’acceptation de soi.
As - tu parfois ressenti de la part de ton entourage une forme de pression pour te conformer à l’air du temps? Dans le rap, par exemple, t’a - t - on dit
« il faut aller vers tel son, il faut que tu aies telle image »?
« Pas de mon entourage directement. Je suis de très près ce que créent les autres artistes, je vois ce qui se fait et ce qui a du succès ici, en Europe, aux ÉtatsUnis. Ça peut générer une certaine pression. Mais si on se fie toujours à ce que font les autres pour faire ses propres choix, on ne s’en sort jamais. On finit toujours par n’être qu’une pâle copie d’un autre artiste. C’est sûr, par contre, que ma musique est imprégnée de diverses influences. En commençant à faire de l’afro en 2014-2015, j’ai trouvé mon son. J’étais contente de pouvoir sortir des morceaux avec des punchlines ; ça danse, c’est entraînant. J’ai senti que j’avais trouvé mon équilibre, et c’est là où le succès a commencé à arriver, en fait. »
Sur scène, tu sembles avoir une aisance à habiter pleinement ton corps, dans la danse notamment. As-tu toujours aimé performer de la sorte?
« Je suis danseuse sous toute réserve. Je ne me considère pas comme telle, mais je peux danser et je veux le faire davantage. À mes débuts, quand j’arrivais sur une scène, j’étais très timide. Puis, j’ai commencé à danser accompagnée de d’autres danseuses, et ça m’a donné de l’assurance. Sur scène, on dirait que je sors de mon corps, que je ne suis pas la Sarahmée de tous les jours. Au quotidien, je suis assez solitaire, dans ma bulle, réservée, mais quand je danse, on dirait que tout est possible, et c’est là où j’ai le plus de fun. »
Ton écriture fait partie de ton identité. Tes paroles parlent de force, mais sur le dernier album, il est aussi beaucoup question de vulnérabilité. Comment assumes-tu ce côté-là, un peu plus transparent, ouvert, vulnérable?
« Je l’assume plus qu’avant. Travailler avec ma psy, côtoyer des gens qui sont très conscients de leur vulnérabilité, tout ça m’a ouvert les yeux. En fait, c’est quelque chose que j’ai toujours trouvé magnifique et que j’ai toujours envié aux autres. Être capable de se montrer vulnérable, je trouve que c’est une force. Donc voilà, j’y travaille. »
As-tu l’impression d’être un modèle pour la jeune génération?
« Je pense qu’on m’attribue parfois ce rôle-là. Je vais dans les écoles et je constate que les jeunes me perçoivent comme une inspiration ou une motivation. Je ne me sens pas comme un modèle, mais je pense que j’ai une responsabilité dans mes propos, parce que je sais que beaucoup d’adolescents et d’enfants écoutent et regardent ce que je fais. Pour autant, je veille à ce que ça ne m’empêche pas de faire ce que j’aime. Je ne me censure pas, mais la ligne est mince. »
Tu dis être une personne pudique. Comment est-ce compatible avec le fait de mener une carrière médiatique, publique? Comment concilies-tu ces deux aspects-là?
« C’est très contradictoire. Je ne sais pas si ça me rend service, mais je suis comme ça. Je pense que ma pudeur va toujours demeurer, bien qu’elle s’allège avec les années, avec le travail aussi. Je ne pense pas qu’on soit tout le temps obligé de déverser sa vie. Je vois des gens qui s’ouvrent sur des histoires de famille. Moi, je pense à ma famille, à ma mère qui suit tout ce que je fais, et je suis consciente des conséquences de l’hypertransparence. Il y a des choses que je veux garder pour moi, et c’est bien correct. »
Comment fais-tu pour ralentir, pour te reconnecter? As-tu tes propres rituels?
« Je vais m’entraîner. J’essaie de faire du sport chaque jour ou tous les deux jours. Ça me fait du bien. Je vais au gym, je fais du pilates, un peu de yoga. J’ai besoin de bouger, de sentir les limites de mon corps. Ça me recentre tout de suite. Et bien manger. Donc je mange bien, je fais de l’exercice, et je dors bien. »
C’est ta défnition de l’équilibre?
« Oui, avec en prime un travail que j’aime, et un cercle sain autour de moi : amis, famille, collaborateurs. Dans la musique, je travaille souvent avec mes amis. Je pense que c’est la belle cohabitation de tout le monde, chacun dans sa zone, qui me permet d’être équilibrée. Savoir que je suis bien dans mon entourage, dans mon travail, dans mon corps, que je suis en santé… toutes ces choses sont devenues non négociables pour moi.
En matière de relations, rien n’est jamais coulé dans le béton, on évolue et on ne le fait pas tous au même rythme. On apprend à connaître qui est autour de nous, et je pense que la communication est la clé. On n’est pas obligés de toujours s’entendre sur tout. Ce n’est pas la fin de la relation. Je pense que quand tu aimes profondément les gens qui t’entourent, qu’ils soient amis ou collaborateurs, il y a toujours une solution. Mais parfois, ça finit là, chacun reprend sa route. Des gens partent, certains restent, de nouvelles personnes arrivent. J’essaie de suivre le fow qui se dessine. Ça devient un autre équilibre. »
Pour écouter l’entrevue complète animée par Evelyne Charuest, suivez notre balado Centré sur l’équilibre
« Être capable de se montrer vulnérable, je trouve que c’est une force. »
Cartographie de l’étincelle
Par Franck Laboue, directeur du développement commercial, Voyageurs du Monde
Il y a toujours une étincelle. Une image qui s’attarde un peu plus que les autres. Une phrase entendue par hasard. Une odeur, une lumière, une saison. Un détail banal qui ouvre une brèche.
Je crois que j’ai commencé à voyager bien avant de partir. Dans ma chambre d’enfant, face à une carte du monde punaisée au mur. Elle n’était ni précise, ni à jour. Mais les mots… les mots suffisaient. Cette carte, c’était mon objet le plus précieux. Mon fétiche, véritable porte invisible vers tous les possibles. Elle est à elle seule une relique de l’ancien monde. Estampillée « Transport Beaugier », c’est l’héritage de la compagnie de transport routier de mon grand-père et du monde de la guerre froide. Une infinie succession de punaises que l’on clouait, année après année, pour continuer d’alimenter mes rêves. J’étais transporté, rien que par les noms. Les mots me faisaient voyager. La toponymie était devenue une passion. Les villes, les capitales, les mers, les montagnes perdues… tout avait une saveur exotique, méconnue. Avec mon index, je me faisais des parcours imaginaires. Il fait bon de se garder des parts d’ombre, des morceaux d’inconnu à explorer, des endroits où vagabonder mentalement, sans réponse facile.
Je me vois encore caresser les noms dépaysants, les anciennes républiques soviétiques disparues et les pays évaporés de l’histoire. Je partais dans mon esprit, en suivant le cours des fleuves, en apprenant par cœur des noms aussi mystérieux que séduisants, comme Ouagadougou, Balikpapan, Antananarivo, en passant même par Bornéo ou Novossibirsk. Des noms aux antipodes de ma Bretagne
natale (quoique Plounéour-Ménez doit bien sembler biscornu pour quelqu’un d’autre), des noms qui avaient parfois de l’élégance, qui me laissaient perplexe et me faisaient voyager. Je lisais cette carte comme si c’était le plus beau des récits jamais écrits.
Je voyageais immobile. Les livres faisaient le reste. Les bandes dessinées surtout. Tintin débarquant à Port-Saïd dans les Cigares du Pharaon … À Bougainville, les traits clairs-obscurs de Corto Maltese laissaient la jungle et le silence grignoter la silhouette du marin, comme si le dessin lui-même hésitait entre le rêve et le départ. Ces îles impossibles, intouchables, Bougainville, les Salomon. Des noms au parfum d’aventure, de mer, de fuite. Je ne savais pas exactement où c’était. Peu importait. L’important, c’était l’ailleurs. L’idée qu’il existait des lieux où la vie pouvait se raconter autrement, selon d’autres règles, d’autres rythmes. Je n’appelais pas encore cela des étincelles. C’étaient des rêves.
Soleil couchant sur le Nil, prise depuis le bateau Steam Ship Soudan de Voyageurs du Monde.
Avec le temps, les images n’ont plus suffi. Le voyage a commencé à passer par les sens. Le cinéma, d’abord. La lumière des films noirs, celle qui m’a donné le goût des hôtels des années 1930, des bars feutrés newyorkais ou parisiens, des villes un peu fanées. Il y avait aussi les néons trempés de pluie, la lenteur des gestes, un visage étranger perdu dans la foule, et cette façon de filmer le silence, l’attente, les corps qui dérivent dans une ville inconnue… Hong Kong, Tokyo… elles m’apparurent ainsi, bien avant d’y aller : par Sofia Coppola, par Wong Kar-Wai, par des histoires de gangsters, de nuit et de solitude. Je n’avais pas envie d’une ville réelle. J’avais envie d’une atmosphère. Plus tard, Bangkok se métamorphosera dans une ruelle de La Plage, au début du film. L’Asie s’est imposée là, sans explication, sans justification. Elle m’apporterait ce goût de l’aventure légère, insolente, celle d’un casse dans les tours Petronas, comme une suite logique, presque inévitable.
La musique, ensuite. Les notes d’Indiana Jones. Celles plus profondes, plus secrètes du Puits des Âmes et de l’Arche d’Alliance, chargées de poussière, de sacré et de frisson. Cette promesse immédiate de mystère, de temples oubliés, de cartes froissées et de routes poussiéreuses. Ces notes me hantent encore, elles désignent des énigmes, des lieux où tout pouvait arriver. À Pétra, elles m’attendaient en embuscade, enfouies quelque part, résonnant au bout du Siq, directement dans mon cortex. Les sons de Deep Forest me faisaient fantasmer des terres orientales aux contours toujours flous, tandis que les instruments pygmées d’Herbie Hancock, puis quelques notes sucrées de Jorge Ben Jor ouvraient d’autres portes, plus chaudes, plus lentes, vers un ailleurs diffus.
Les sons ont pris le relais. Bien avant les départs, adolescent, je passais en boucle un CD de sons d’orages tropicaux. La pluie frappait, les grondements roulaient dans la chambre, et je disparaissais. Ce n’était pas un décor : c’était un passage, une immersion brute dans un écosystème qui me fascinait sans que je ne le connaisse encore. Bien plus tard, en Amazonie, ce n’est pas le paysage qui m’a marqué en premier, mais le cri d’un oiseau, le froissement constant de la jungle, les fourmis sous les pieds. Le voyage s’est alors inscrit dans le corps. Le bruit, l’inconfort, l’attention permanente. On n’observe plus vraiment : on participe. Le monde ne se regarde plus, il se ressent.
Il y a toujours des passeurs. Des mentors. Des figures qui ouvrent une porte sans le savoir. Il y avait mon instituteur, à l’école Jules Ferry. Chaque été, il partait au Burkina Faso faire la classe à d’autres enfants. À son retour, il ne se contentait pas de montrer des photos. Il partageait ses aquarelles, images floues d’un monde inconnu. Il nous faisait écrire et nous donnait des correspondants. Le voyage devenait relation. Le monde cessait d’être abstrait. Des années plus tard, je me suis retrouvé à Ouagadougou presque par hasard. Mais en vérité, j’y étais déjà allé enfant.
Les écrivains, eux, nous laissent des mots comme des miettes de pain égrenées dans nos cœurs. On puise dans les livres la sève, toutes les mèches pour y allumer des étincelles. Avec Aziyadé , j’ai rêvé Istanbul avant Istanbul, les minarets déjà dressés dans la brume de mes paupières closes. Ces lectures, c’est un peu courir après une phrase lue des années plus tôt, la poursuivre à travers les rues du temps, haletant, le cœur battant comme sur une route sans fin. Il y a le Farghestan imaginaire de Julien Gracq, Le rivage de Syrtes où la mer se tait depuis des siècles, une terre de mirages où l’on guette toujours l’horizon. Voyager pour vérifier si les mots disaient vrai, avec Henry de Monfreid et ses Secrets de la mer Rouge… Ah, ces pages qui sentent le poisson séché et la sueur des boutres, ces lignes tracées à la hâte sous un soleil qui brûle les yeux.
Il y a eu le métier. Steward. Les escales. Les pilotes qui racontaient leurs vies à la base, leurs délires au Tchad, leurs rêves d’ailleurs. Une conversation suffisait à ouvrir un territoire. Eux, les passeurs du ciel, entre deux cafés noirs, parlaient des pistes vétustes où l’on atterrit sans carte. Je buvais leurs histoires comme un carburant lent, inflammable. Chaque récit rallumait une petite braise en moi, faisait craquer l’horizon. Et les femmes. Une femme taïwanaise, un jour. Une manière d’habiter le monde, une culture, un sourire. Taipei est née ainsi. Pas d’une carte, mais d’une rencontre, de ce frôlement qui fait basculer tout un continent dans une seule main tendue.
Avec le temps, j’ai compris que ces étincelles n’étaient jamais isolées. Elles formaient une constellation intime. Elles parlaient de ce que je cherchais, de ce que j’étais prêt à quitter. Une affiche fanée d’Air France dans la vitrine d’une agence de voyage. Une photo écornée sur le mur de mes grands-parents. Un vieux magazine Géo oublié sur une table basse. L’image de Rimbaud à Djibouti, figé dans ses photographies, déjà ailleurs. Un jour, sans cérémonie, le voyage existe. Il n’est pas encore réservé, mais il est devenu inévitable.
Il y a aussi les étincelles qui ne mènent nulle part. Ou plutôt : pas encore. Celles qui restent en suspens, comme des promesses non formulées. Elles ne réclament rien. Elles attendent. L’île Bougainville, par exemple. Elle vit toujours quelque part en moi, nourrie par Corto, par des cartes anciennes, par une idée très personnelle de l’aventure. Peutêtre que le voyage réel serait trop précis. Peut-être que certaines destinations doivent rester des territoires intérieurs. Il y a le Nevada aussi, l’Amérique de mon grandpère. Les cowboys de mon enfance, que je croyais presque imaginaires. Et puis un jour, les rencontrer. Réaliser que ce qui semblait appartenir au folklore existait encore. Là aussi, l’étincelle a mis des décennies à trouver sa forme. Elle n’était pas pressée. Tout n’a pas besoin d’être accompli. Voyager, ce n’est pas aller partout. C’est rester en état de départ.
Et puis, un soir d’hiver. Une discussion.
Une femme me parle de la Géorgie. Elle ne force rien, elle raconte. Les mots coulent, les paysages aux crêtes acérées, les routes qui
serpentent entre vignes et nuages, les repas où le pain chaud et le fromage fondent sous les doigts, où le khachapuri sent la braise et la vie. Elle a des étoiles dans les yeux, pas ces étoiles théâtrales, mais de petites lueurs vraies. Sans prévenir, je reconnais le signal, ce frisson discret. L’étincelle est passée. Doucement. Définitivement. Elle s’est posée là, au creux du regard échangé, au bord d’un silence complice. Je sais que je n’irai pas tout de suite. Je sais aussi que j’irai. C’est une promesse murmurée dans le froid d’un soir d’hiver.
Le voyage commence toujours ainsi. Bien avant le départ. Dans les mots. Les images. Les sons. Les odeurs. Les rencontres. Voyager avec Voyageurs du Monde, c’est peut-être accepter cela : ne pas forcer le mouvement, laisser les idées germer lentement, et partir non pas pour cocher un lieu, mais pour répondre, enfin, à ce qui nous appelle depuis longtemps.
Et cet appel ne parle jamais vraiment de géographie. Il parle de nous.
Pour en savoir plus sur Voyageurs du Monde, balayez le code.
Un gîte pittoresque au bord de l'eau à Bougainville.
La solitude s’impose aujourd’hui comme un enjeu social important. Loin d’être un simple état passager ou un choix individuel, elle traverse des réalités très diverses et touche des personnes de tous âges, dans des contextes parfois inattendus. Les institutions de santé publique la reconnaissent désormais comme un déterminant important de la santé physique et mentale, tant ses effets peuvent être profonds et durables. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne sur six dans le monde se dit affectée par la solitude, laquelle est associée à une augmentation du risque de mortalité prématurée, comparable à d’autres facteurs de risque bien documentés.
Pourtant, cette solitude ne se manifeste pas toujours de manière spectaculaire. Elle s’installe souvent en silence, au fil de transformations plus larges de nos modes de vie : montée de l’individualisme, avènement du télétravail, déménagement à l’extérieur des centres urbains, explosion des modèles familiaux, désir de préserver son énergie en limitant les frictions et les inconforts. La solitude cohabite souvent avec des existences pleines, actives, autonomes. Elle n’est pas nécessairement visible, ni toujours immédiatement ressentie comme telle.
C’est cette complexité qui mérite d’être explorée. Non pas pour opposer solitude et communauté, mais pour comprendre ce qui, dans notre manière de vivre aujourd’hui, fragilise le lien, même lorsque celui-ci demeure profondément désiré.
DES MODES DE VIE QUI TRANSFORMENT LES INTERACTIONS
Le télétravail en est l’exemple le plus marquant. Au Canada, la proportion de personnes travaillant principalement à domicile est passée d’environ 7 % en 2016 à plus de 20 % en 2023, et se maintient depuis à un niveau largement supérieur à celui d’avant la pandémie. Les bénéfices sont bien documentés : meilleure conciliation travail-vie personnelle, diminution du temps de déplacement, plus grande autonomie dans l’organisation du quotidien.
Mais ces gains s’accompagnent d’un inconvénient majeur : le télétravail à haute intensité réduit les interactions sociales informelles et peut accentuer le sentiment d’isolement, surtout lorsque ces pratiques s’inscrivent dans la durée. Les conversations improvisées, les présences partagées, les échanges nés de la proximité disparaissent peu à peu, effritant au passage le sentiment d’appartenance.
Mais le télétravail n’est qu’un exemple parmi d’autres. À celui-ci s’ajoutent des transformations qui touchent toutes les sphères de la vie : mobilité résidentielle accrue, éloignement des centres urbains, dépendance à la voiture, éclatement des modèles familiaux, individualisation des parcours de vie. On s’installe plus loin pour accéder à la propriété, on s’éloigne de ses réseaux par nécessité, on habite des quartiers où les occasions de rencontres spontanées se font plus rares.
Peu à peu, les liens autrefois nourris par le partage des mêmes espaces deviennent plus difficiles à entretenir. La communauté ne disparaît pas, mais elle cesse d’émerger naturellement de nos activités quotidiennes.
LES DIFFÉRENTS VISAGES DE LA SOLITUDE
Il serait erroné de penser que ces changements produisent une solitude uniforme. Les expériences sont multiples. Certaines personnes vivent seules sans se sentir isolées; d’autres sont entourées et pourtant traversées par un sentiment de déconnexion. La solitude n’est pas toujours liée à l’absence de relations, mais à un décalage entre la qualité des liens souhaités et ceux qui existent réellement; une distinction désormais centrale dans les travaux sur le sujet. La solitude peut s’inscrire dans des vies stables, fonctionnelles, sans laisser beaucoup d’espace pour être reconnue ou exprimée.
« PROTECT YOUR PEACE » : QUAND LES LIMITES DEVIENNENT UNE NORME SOCIALE
On observe également un autre phénomène, plus récent, mais tout aussi structurant : la montée du discours autour des limites personnelles. Dans un contexte marqué par la fatigue mentale, l’anxiété collective et la surcharge informationnelle, apprendre à dire non, à se préserver, à protéger sa paix intérieure est devenu non seulement légitime, mais valorisé.
Cette attention accrue portée aux frontières individuelles a permis à beaucoup de retrouver un équilibre mis à mal. Cependant, plusieurs analyses récentes soulignent qu'à force de réduire l’inconfort relationnel au minimum, on réduit parallèlement la densité des liens.
LA PLACE DE L’INCONFORT
La communauté, par définition, ne peut être entièrement confortable. Elle implique des rythmes différents, des attentes parfois désaccordées, des conversations qu’on préférerait éviter. Dans une culture qui associe bien- être et confort, ces frictions tendent à être perçues comme des nuisances à éliminer, plutôt que comme des composantes normales du vivre - ensemble.
Pourtant, entretenir ses relations significatives nécessite d’être présent, constant, et parfois, de fournir un effort à contre-courant de l’élan du moment. Aller souper avec une amie après une longue journée, alors que le besoin premier serait de se reposer chez soi. Appeler un proche en sachant que certaines paroles risquent de nous heurter ou de nous peiner. Organiser une rencontre familiale malgré la logistique, le bruit, la fatigue anticipée. Faire un pas vers des collègues que l'on connaît un peu moins.
Ces gestes demandent plus que du temps. Ils requièrent une disponibilité, une ouverture à l’inconfort, une acceptation du fait que le lien ne sera pas toujours fluide ni entièrement nourrissant sur le moment.
Heureusement, les recherches en psychologie sociale montrent que ce sont précisément ces relations significatives — celles qui exigent un investissement — qui sont les plus fortement associées au bien- être durable, à la résilience émotionnelle et au sentiment de sens. Le paradoxe est donc là : les liens les plus exigeants sont aussi les plus nourrissants.
Sources
Ed Diener, & Martin Seligman. (2002). Very happy people. Psychological Science , 13(1), 81–84. https://doi.org/10.1111/1467-9280.00415
Julianne Holt-Lunstad, Smith, T. B., Baker, M., Harris, T., & Stephenson, D. (2015). Loneliness and social isolation as risk factors for mortality: A meta-analytic review. Perspectives on Psychological Science , 10(2), 227–237. https://doi.org/10.1177/1745691614568352
Organisation for Economic Co-operation and Development. (2025). Social connections and loneliness in OECD countries. OECD Publishing. https://doi.org/10.1787/6df2d6a0-en
Statistique Canada. (2024). Télétravail, emploi du temps et bien-être. https://www150.statcan. gc.ca/n1/pub/89-652-x/89-652-x2024003-fra.htm
Stéphanie Paquet Rapold. (2023). Décrire l’isolement social des télétravailleurs. Université du Québec à Trois-Rivières.
World Health Organization. (2025). From loneliness to social connection: charting a path to healthier societies: report of the WHO Commission on Social Connection. https://iris.who.int/ handle/10665/374526
REPENSER LE BIEN-ÊTRE COMME PRATIQUE RELATIONNELLE
Ces constats invitent à repenser le bien-être au-delà de ses envies et besoins immédiats. Les grandes institutions de santé publique reconnaissent désormais que le lien social constitue un déterminant central de la santé, au même titre que le sommeil ou l’activité physique.
Dans cette perspective, la communauté n’est ni un idéal abstrait, ni un réseau serré. Elle se construit par une présence répétée, parfois imparfaite, dans des relations qui demandent de la vulnérabilité et de l’ouverture. Elle ne nie pas le besoin de solitude ni celui de limites, mais elle rappelle que le bien-être se nourrit aussi d’un certain engagement envers les autres.
TROIS PISTES POUR MAINTENIR LA CONNEXION
(1) CHOISIR LA PRÉSENCE, MÊME QUAND ELLE N’EST PAS OPTIMALE
Dans un quotidien structuré autour de l’efficacité et de la gestion de l’énergie, la présence devient souvent conditionnelle : on se voit quand on est reposé, disponible, pleinement ouvert. Revaloriser le lien, c’est parfois accepter d’y participer autrement : arriver fatigué, moins disponible, sans avoir grand-chose à offrir, sinon sa simple présence. Ces petits moments (un café maintenu malgré la fatigue, une marche improvisée, un appel passé sans objectif précis) sont souvent les plus significatifs, car ils convoquent notre vulnérabilité et notre capacité à nous montrer tels que nous sommes.
(2) PERCEVOIR L’INCONFORT COMME UN ÉTAT PASSAGER, NON COMME UN SIGNAL D’ALERTE
Dans une culture qui associe bien-être et fluidité, la moindre tension peut être interprétée comme un signe qu’il faut se retirer. Pourtant, le malaise, s’il n’est pas récurrent, n’est pas toujours un indicateur de toxicité; il est souvent le reflet d’une rencontre réelle entre deux êtres humains. Apprendre à rester présent dans ces zones d’inconfort (conversations délicates, silences, malentendus) permet au lien de gagner en profondeur.
(3) CRÉER DES CONDITIONS FAVORABLES
La communauté ne naît pas uniquement de l’intention, mais de la répétition, en fréquentant les mêmes lieux, en maintenant des rendez-vous réguliers, en s’inscrivant à des activités où l’on retrouve des visages familiers, même sans affinité immédiate. Ce sont ces ancrages, parfois modestes, qui transforment des rencontres ponctuelles en relations significatives qui font du bien, peu importe leur profondeur.
La patience du papier
Par Anne Genest, autrice
À l’heure des messages instantanés et des réponses attendues, écrire à la main peut sembler anachronique. Pourtant, pour celles et ceux qui choisissent ce geste aujourd’hui, il ne relève pas de la nostalgie, mais d’un ajustement volontaire du rythme. La correspondance manuscrite ouvre alors une autre manière d’entrer en relation : plus lente, plus attentive, plus durable.
ÉCRIRE À QUELQU’UN
Il m’a fallu un certain courage pour lui poser la question. Une gêne, même. Comme si proposer de correspondre ne se faisait plus tout à fait. Mon amie venait de partir vivre en Norvège; j’ai hésité, puis je lui ai demandé si elle avait envie d’entamer cet échange.
La suite m’a surprise. Une excitation nouvelle, une intimité immédiate. Des envois franchissant les kilomètres, de petits objets glissés dans les enveloppes. Il faut marcher jusqu’au bureau de poste, déposer la lettre, puis attendre. J’essaie d’imaginer les paysages autour d’elle, la lumière, les distances parcourues.
Proposer une correspondance aujourd’hui commence par une adresse. Une seule. Accepter la gêne initiale, choisir un autre rythme, écrire non pour être vu, mais pour rejoindre quelqu’un.
Marie-Josée Gonthier, animatrice, coordonnatrice et médiatrice culturelle, parle de ce geste comme d’une audace douce : « J’ai osé lui proposer une correspondance manuscrite, et elle a accepté avec enthousiasme. Depuis, le bonheur vient de découvrir ce qu’elle a pris le temps de me confier sur papier. »
S’adresser à l’autre, et non au flux : correspondre ainsi ne consiste pas à produire du contenu, mais à soutenir une relation. On choisit chaque formulation, on accepte de ne pas tout dire. La lettre ne vise pas l’efficacité, elle cherche la justesse.
Nous n’avons jamais autant communiqué. Messages rapides, notifications, réponses attendues... les échanges s’enchaînent, souvent utiles, parfois épuisants. Sans rejeter le numérique, plusieurs ressentent une fatigue diffuse liée à cette disponibilité permanente.
« J’aime prendre des nouvelles des personnes que j’aime, mais je me retrouve parfois seule à nourrir la conversation, face à des réponses expéditives », observe Marie-Josée Gonthier. De son côté, Vanessa Bell — autrice, poète et éditrice — évoque une autre forme de saturation : « Je considère les messages numériques comme du travail. Même si j’en suis reconnaissante, ils occupent énormément de temps. »
L’instantanéité rend service, car elle permet de maintenir des liens, d’organiser le quotidien, de rester en contact. Mais, à force de vitesse, elle laisse peu d’espace à l’attention prolongée, à la retenue, à ce qui demande du temps pour se formuler. Correspondre aujourd’hui par écrit ne signe pas un retour vers le passé. Cela relève d’un ajustement volontaire du rythme, d’un besoin de présence et d’attention.
« Prendre le temps fait un bien fou au moral », résume Marie-Josée Gonthier. Le papier et l’encre offrent alors une façon de sortir de l’urgence et de redonner au lien une certaine épaisseur.
UN GESTE BIEN ACTUEL
Cette pratique ne concerne pas uniquement celles et ceux qui ont connu un monde sans écrans. Chez les plus jeunes aussi, la correspondance manuscrite trouve sa place. Rebecca Lessard, étudiante au cégep, raconte avoir amorcé cet échange avec une amie après avoir découvert des correspondances contemporaines sur les réseaux sociaux. Très vite, elles ont pris goût à ce rythme différent qui demandait de soigner les enveloppes, choisir les phrases, déposer sur papier ce qui se formule mal dans les messages instantanés.
Pour elle, ce mode d’échange aide à éviter les malentendus fréquents des communications rapides et permet de s’exprimer avec plus de clarté.
CE QUE LA LETTRE TRANSFORME
S’adresser à une seule personne modifie la nature du lien. L’attente d’une réponse, le soin apporté au langage, l’absence de réaction immédiate transforment la relation.
« Écrire à quelqu’un, c’est choisir le papier, la manière de le plier, parfois même une odeur. Ces gestes portent autant de soin que les mots euxmêmes », explique Vanessa Bell.
La lettre ne cherche ni la performance, ni la validation rapide. Elle laisse place aux silences, aux respirations, aux non-dits. L’attente cesse d’être un manque pour devenir une composante du lien. Un pas de côté dans le rythme des échanges, une manière d’adresser ce qui compte à une seule personne. Elle permet à la relation de se déployer sans pression, dans une temporalité ample.
« On
choisit chaque formulation, on accepte de ne pas tout dire. La lettre ne vise pas l’efficacité,
elle cherche la justesse. »
LE CORPS ENGAGÉ DANS L’ÉCRITURE
Tracer à la main engage aussi le corps. La posture, le rythme, la concentration déplacent l’attention.
« L’écriture manuscrite m’installe dans une dynamique concentrée et posée. Voir ce qui se dépose sur le papier, c’est simple et chaleureux », note Marie-Josée Gonthier.
Vanessa Bell évoque, elle, une expérience plus intense :
« Ce geste agit comme une forme de transe. Mes pensées ralentissent, reviennent, laissent des traces que je ne pourrais pas capter au clavier. »
Le bien-être n’apparaît pas comme un objectif, mais comme un effet secondaire de cette attention soutenue.
CE
QUI DEMEURE
L’envoi manuscrit devient enfin un objet. Le papier, l’encre, l’écriture singulière composent une trace tangible.
« Je garde précieusement ces lettres. Elles représentent une amitié qui se construit tranquillement, au fil des échanges », confie Marie-Josée Gonthier.
La gêne initiale s’est dissipée. Correspondre de cette manière relève désormais d’un choix. Les enveloppes continuent de voyager. On n’en suit pas le trajet, mais on l’imagine. Et dans cet intervalle, quelque chose demeure : une présence attentive, qui choisit la durée plutôt que l'instantanéité.
5 conseils pour désencombrer (et se sentir revivre)
Par Ariane Martel Labrecque, spécialiste en désencombrement, fondatrice d’Allo printemps
Dans une espèce de fébrilité, elle se ranime enfin, l’envie de clarté et de renouveau qui accompagne le premier après-midi assez chaud pour sortir dehors en t-shirt. Une envie de désencombrer, d’éliminer le trop-plein et de faire de l’espace autour de soi (et à l’intérieur, ça va ensemble).
Évidemment, il faut saisir l’envie quand elle passe, mais aussi s’y prendre stratégiquement pour éviter de se retrouver au milieu de piles hétéroclites dans l’humidité du sous-sol, découragé et sans direction claire à l’heure où l’impulsion initiale s’évapore. Voici donc un protocole en cinq étapes pour structurer l’exercice et tirer profit du momentum.
(1) PRÉPARER LE TERRAIN
Avant de commencer, il est crucial de placer tout de suite près de soi les boîtes et les sacs qui accueilleront les objets dont on choisira de se départir. Ces boîtes et ces sacs devraient être identifiés au feutre indélébile en fonction de leur destination : un centre de don, un ami, une friperie.
Il faudra aussi prévoir un sac poubelle, un bac de recyclage et un autre grand bac pour les objets inutilisables qui devront être apportés à l’écocentre. Bien s’organiser dès le début rendra le désencombrement beaucoup plus clair, fluide et efficace.
(2) COMMENCER PAR CE QUI EST FACILE
La meilleure manière de désencombrer est de le faire par catégorie, en commençant par une catégorie facile à circonscrire et qui peut être abordée au complet en quelques heures (les vêtements, les livres ou les jouets, par exemple).
L’idéal est de commencer par une zone de la maison où l’on aura envie de s’installer pendant un après-midi avec des boîtes, des sacs et un café.
Même si c’est tentant, c’est rarement une bonne idée de s’attaquer en premier au sous-sol ou au garage (des zones beaucoup trop fourre-tout qu’il est plus sage de garder pour la fin). Aussi, il vaut mieux éviter de commencer par les souvenirs (une catégorie vraiment paralysante de niveau expert), ou les papiers (une catégorie souvent longue à aborder de type casse-tête pour le cerveau).
L’objectif, quand on commence, est de se mettre en mouvement et d’accumuler les petits succès. De sentir que l’on reprend le contrôle et d’entraîner sa capacité à prendre des décisions sans se mettre K.-O. dès les dix premières minutes.
« L’objectif, quand on commence, est de se mettre en mouvement et d'accumuler les petits succès. »
(3) SE DEMANDER : EST-CE QUE J’AI BESOIN DE CET
OBJET POUR AVOIR LA VIE QUE JE VEUX?
Plutôt que de laisser en place les objets qu’on veut garder et de soustraire du lot les objets à éliminer, il est préférable de tout enlever (de vider complètement le tiroir, l’étagère ou le garde-robe) et de bien nettoyer l’espace.
Devant chaque article, on pourra ensuite se demander : est-ce que j’ai besoin de cet objet pour avoir la vie que je veux? C’est une super question. Positive et constructive. Une occasion de réfléchir à la vie que l’on veut (ce qu’on ne fait pas assez souvent) et une opportunité de repenser son environnement en fonction de ce qui est vraiment important.
Si la réponse à la question est non , l’objet pourra tout de suite être déposé dans une boîte de choses à donner ou dans une pile d’articles à vendre.
Et si la réponse est oui , il faudra d’abord s’assurer que l’espace qu’on a libéré est vraiment le meilleur endroit pour ranger l’objet en question et le replacer là, si c’est le cas.
(4) ATTRIBUER UNE MAISON À CHAQUE CHOSE Pour que la maison reste en ordre (et pour éviter de passer son temps à chercher ses affaires et d’avoir à les acheter en double parce qu’elles ont disparu), il est essentiel de définir l’endroit où chaque objet devra retourner après avoir été utilisé.
Une bonne manière de simplifier l’organisation est de regrouper tous les objets d’une même catégorie au même endroit (tous les livres dans la même étagère, tous les toutous dans le même panier, tout le matériel de bricolage dans la même armoire).
C’est aussi une bonne idée de ranger les objets près de l’endroit où ils seront utilisés. Ça permet de les rendre plus accessibles, d’en favoriser l’usage et de réduire au maximum les frictions au moment de les remettre à leur place.
(5) ÉLIMINER TOUT DE SUITE LES OBJETS À VENDRE ET À DONNER
Après avoir désencombré une petite zone de la maison, il est important de s'occuper tout de suite de la distribution des choses dont on souhaite se départir. L'idéal est de conclure la journée en apportant ses boîtes dans un centre de dons, en redonnant à nos amis les objets qu'ils nous ont prêtés et en affichant les articles qu'on veut vendre.
Éliminer tout de suite ce volume d’objets permettra à l’espace de respirer. La charge mentale deviendra plus légère, les décisions prises auront quelque chose d’officiel et on pourra ressentir la satisfaction d’être allé jusqu’au bout.
Ces petits succès nous donneront la confiance et la motivation nécessaires pour aborder la prochaine catégorie d'objets!
Au cœur du Vieux-Port de Québec, trouvez la sérénité au H71 et Strøm spa nordique. Nos forfaits vous invitent à un éveil des sens.
Surveillez nos offres.
Le Centre de Villégiature Lac Fiddler : Une escapade authentique au cœur
des Laurentides
À moins d’une heure de Montréal, le Centre de Villégiature Lac Fiddler s’impose comme une destination idéale pour ralentir, respirer et profiter de la nature. Niché au cœur d’un territoire largement préservé, ce domaine de chalets en rondins offre le parfait équilibre entre confort contemporain haut de gamme et atmosphère rustique, pour une expérience chaleureuse et authentique.
CONFORT ET INTIMITÉ
Répartis sur un vaste terrain privé et espacés les uns des autres, les chalets garantissent une escapade mêlant calme et intimité. Chacun possède son caractère distinctif parmi une variété de modèles, pour un séjour personnalisé. Construits en bois naturel, dotés de grands espaces de vie avec plafonds cathédrale et fenêtres panoramiques, ils disposent de cuisines entièrement équipées et de terrasses extérieures où étirer le temps en contemplant la forêt. Selon le modèle, des caractéristiques supplémentaires peuvent inclure une véranda trois ou quatre saisons, un spa, un sauna, une table de billard ou encore une piscine privée.
UNE NATURE GÉNÉREUSE
Le Centre de Villégiature Lac Fiddler et son environnement naturel constituent le terrain de jeu idéal, hiver comme été. Raquette, patin, randonnée, tennis, canot, baignade ou simple contemplation... les activités évoluent au rythme des saisons avec une constante : la tranquillité favorable au ressourcement. Inclus dans tout séjour, l’accès au centre de conditionnement physique moderne permet de poursuivre l’entraînement.
Que ce soit pour un week-end détente, un séjour plus long ou une retraite de groupe, le Centre de Villégiature Lac Fiddler procure une évasion empreinte de sérénité. Un lieu où chaque instant revêt un sens particulier. Une destination vacances à découvrir et à redécouvrir en famille ou entre amis, quelle que soit la saison.
Obtenez 10 % de rabais sur votre séjour avec le code promotionnel FLRSPA10. Valide sur un séjour de 2 nuits minimum et applicable aux nouvelles réservations seulement, du 6 septembre au 30 novembre 2026. Non combinable à d’autres offres.
TERRAINS À VENDRE
Securi En Mode Soleil
« J'accepte la plus grande aventure d'être moi. »
-Simone de Beauvoir
Apprivoiser le soleil
tout en préservant sa peau
En collaboration avec D re Sophie Vadeboncoeur, dermatologue chez HumaDerme
Au sortir d’un hiver rigoureux, le retour des beaux jours signe nos retrouvailles attendues avec le soleil et le dehors. À nouveau, les terrasses s’animent, les parcs et les plages redeviennent des lieux prisés, où l’on aime étirer le temps. Pour profiter pleinement de ces moments, il est important de comprendre comment les rayons du soleil affectent notre peau. En adoptant quelques réflexes simples pour se protéger, on sera assuré de vivre un bel été, sans l’ombre d’un regret.
On l’oublie souvent : le soleil n’est pas que facteur de risque. Il est aussi bénéfique pour notre santé. Une exposition quotidienne modérée favorise l’équilibre de notre horloge interne et améliore notre humeur.
Sur le plan métabolique, le soleil, et plus particulièrement ses rayons UVB participent à la production par notre corps de la vitamine D, essentielle, entre autres, à la santé osseuse et immunitaire. Un temps d’exposition au soleil de quinze minutes, sur une surface de peau telle que le dos des mains, suffit à combler nos besoins quotidiens. En Amérique du Nord, toutefois, la quasi-totalité de la population est carencée en vitamine D, en raison de l’inclinaison de la terre et d’un temps d’ensoleillement limité. Les recommandations médicales préconisent de se supplémenter oralement en vitamine D3 à hauteur de 1000 unités par jour (en vente libre), ou de 10 000 unités une fois par semaine (sous prescription).
UVA VERSUS UVB : LES DISTINGUER POUR MIEUX S’EN PROTÉGER
S’il est avéré qu’un bain de lumière naturelle est profitable, un excès de rayonnements UV peut cependant produire des dommages durables. Avec une longueur d’onde étendue, les UVA pénètrent plus profondément dans le derme. Une exposition prolongée à ces rayonnements altère le collagène de la peau et entraîne une perte d’élasticité. Les UVA sont principalement responsables du photovieillissement (rides et ridules), ainsi que des taches pigmentaires.
Les UVB ont une longueur d’onde moyenne. La couche d’ozone en absorbe une grande partie, mais pas la totalité. Environ 10 à 15 % de ces rayons parviennent jusqu’à l’atmosphère terrestre et affectent les couches superficielles de la peau. Ils causent une production excessive de mélanine – responsable du bronzage – ainsi que des coups de soleil, des brûlures et la majorité des cancers cutanés.
PEAUX
CLAIRES, FONCÉES… TOUTES CONCERNÉES
Notre sensibilité au soleil est déterminée par notre phototype, une classification de la peau qui s’échelonne de I à VI.
Le phototype I correspond à une peau pâle dite claire qui ne bronze pas, mais brûle, avec un risque accru de dommages UV et de cancers cutanés. Le phototype VI désigne une peau foncée dite noire qui ne brûle jamais ou très rarement, grâce à la protection naturelle pourvue par une plus grande production de mélanine. Bien que le risque de cancer de la peau soit plus faible pour cette population, il ne disparaît pas complètement. D’autres problèmes, tels que les taches solaires, sont par ailleurs à considérer.
En pratique, tous les types de peau nécessitent donc une protection adaptée.
LE BRONZAGE : UN FAUX SIGNE DE « BONNE SANTÉ »
Derrière la quête du « teint santé », qui demeure pour beaucoup une norme esthétique, il importe de comprendre les mécanismes cellulaires sous-jacents. En réalité, le bronzage est une réponse de défense de la peau face à une exposition au soleil. Les mélanocytes, les cellules responsables de la production de pigment, s’activent pour augmenter la production de mélanine en réaction au stress causé par les UV sur notre ADN. En d’autres termes, alors qu’on se réjouit d’avoir « bonne mine », le mal est déjà fait. Plus on accumule ces micro-agressions au niveau cellulaire, plus on risque de développer des lésions précancéreuses ou cancéreuses.
Finalement, le seul bronzage inoffensif est celui induit par l’autobronzant, un produit qui donne du pigment sans exposition solaire. Notons toutefois que ce bronzage artificiel ne vous protège pas contre les rayonnements UV.
IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR SE PROTÉGER
Les effets délétères des UV sont cumulatifs : à l’échelle d’une vie, coups de soleil répétés et accumulation d’UV finissent par atteindre un point culminant où le balancier opère, menant au développement de lésions précancéreuses.
Si l’on a négligé de se protéger pendant plusieurs années, il n'est cependant jamais trop tard pour adopter un comportement plus vertueux. On ne renversera pas la tendance, mais, à tout le moins, on pourra stabiliser et diminuer l’accumulation des dommages solaires.
POUR PRENDRE DES MESURES ADAPTÉES… CHERCHEZ L’INDICE
L’indice UV mesure l’intensité des rayons ultraviolets et permet d’estimer les risques de l’exposition solaire sur notre santé. Il varie de 0 à 11+ et tient compte de divers facteurs, tels que l’élévation du soleil (heure/saison), la latitude, l’altitude, l’épaisseur de la couche d’ozone et la présence de surfaces réfléchissantes (eau, sable, neige, etc.).
Des valeurs plus élevées traduisent un risque accru de dommages immédiats et durables, à la peau et aux yeux. Il est essentiel d’adopter des précautions lorsque l’indice UV atteint 3 ou plus.
L’indice UV est annoncé dans la plupart des prévisions météorologiques diffusées à la radio, à la télévision, dans les journaux et en ligne.
PROFITER DU SOLEIL EN TOUTE SÉCURITÉ :
LES RÉFLEXES GAGNANTS
Penser qu’un peu de crème solaire suffit pour se protéger du soleil est un mythe persistant.
Rappelez-vous que la protection solaire commence avec des mesures adaptées :
- Consultez l’indice UV et privilégiez les heures de faible intensité (avant 11 h et après 15 h, surtout l’été). La prudence reste de mise, même par temps nuageux : si l’on ressent moins la chaleur des rayons sur notre peau, les dommages sont tout aussi présents, car les nuages laissent passer jusqu’à 80 % des rayons UV.
- Misez sur les vêtements anti-UV : manches longues en tissu dense ou labellisés UPF, lunettes UV 400, chapeau à large bord plutôt qu’une casquette qui protège mal oreilles et nuque.
- Cherchez l’ombre, mais sans vous croire invincibles. L’eau, le sable et la neige renvoient les UV de tous les côtés. Avis aux amateurs de ski : neige et soleil forment une combinaison redoutable! L’hiver est une période critique pour les coups de soleil « surprise ».
La crème solaire complémente ces gestes simples et assoit leur efficacité, pour peu qu’on sache la choisir et l’appliquer correctement. On estime que 80 à 90 % des cancers cutanés pourraient être évités avec une bonne photoprotection. Malheureusement, moins de 40 % de la population nordaméricaine l’utilise adéquatement.
BIEN CHOISIR SA CRÈME SOLAIRE
Comme pour les cosmétiques, on croit à tort qu’une crème plus chère sera plus efficace. Peu importe à combien elle se vend, la crème solaire contient la même molécule active, et l'écart de prix d'un produit à l'autre se justifie essentiellement par le conditionnement et la publicité. L'efficacité d'une protection solaire ne sera donc pas décuplée parce qu'on l'a payée plus chère.
ÉCRAN CHIMIQUE OU MINÉRAL?
Les écrans solaires ont longtemps été conçus pour protéger des UVB seulement, mais, depuis que l’on connaît les dommages que causent les UVA et le spectre visible, la plupart des écrans solaires sur le marché ont élargi leur protection.
On les retrouve en deux grandes catégories :
- Les écrans chimiques, aussi nommés « absorbeurs », contiennent des molécules chimiques qui absorbent les UV. Ils nécessitent généralement un temps de pénétration d’environ 20 minutes pour devenir efficaces.
- Les écrans physiques de type minéral, principalement des « réflecteurs » : des minéraux (zinc ou dioxyde de titane) forment une barrière protectrice et réfléchissent les rayons UV avant qu’ils n’entrent en contact avec la surface de la peau. Ces crèmes donnent un fini blanc, mais demeurent le choix le plus sûr, en offrant une protection immédiate dès l’application. À ce titre, elles sont très indiquées pour les peaux sensibles ou allergiques.
L’IMPORTANCE DU « LARGE SPECTRE »
Choisissez toujours une crème solaire « large spectre » pour une protection conjointe UVA/UVB. Cela est clairement indiqué sur les étiquettes des produits solaires par les lettres « UVB » et « UVA », le symbole « UVA » étant encerclé pour représenter la couverture des UVA courts et longs.
FPS (FACTEUR DE PROTECTION SOLAIRE) :
L’ESSENTIEL À RETENIR
Sans protection, une peau exposée au soleil rougit en dix minutes. Le FPS correspond au temps maximal d’exposition que la peau peut supporter sans brûler, comparativement à une peau non protégée. Un FPS 30 permet ainsi d’être exposé 30 fois plus longtemps, tout en protégeant de 96 % des rayons UVB. Un FPS 60 protège quant à lui de 98 % des rayons UVB. Les dermatologues conseillent d’utiliser un FPS compris entre 30 et 60, car au-delà, les avantages supplémentaires sont minimes. À savoir néanmoins : même si le gain en termes de protection paraît minime, privilégier un FPS 60 plutôt que 30 compense une application insuffisante et assure une meilleure protection pour les phototypes très clairs ou pour les jeunes enfants.
Par D re Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue
Douleurs au dos, boules au ventre, maux de tête, troubles digestifs, problèmes de peau, fatigue inexpliquée… voici quelques-uns des symptômes fréquents de somatisation. En effet, les émotions que nous ressentons (et parfois, que nous refoulons ou mettons de côté) peuvent se refléter physiquement.
La somatisation est l’expression physique d’une souffrance, d’un stress ou d’un conflit interne. Autrement dit, le mal-être et les émotions se traduisent en douleur ou en symptômes dans le corps.
LE CORPS COMME SYSTÈME D’ALERTE
Le corps et les émotions sont en connexion permanente. Le cerveau gère à la fois les émotions, le système nerveux, les hormones et une partie du système immunitaire notamment. Quand une émotion est intense ou refoulée, elle circule dans tout le corps via le système nerveux, les hormones du stress, les tensions musculaires, l’inflammation, etc. Le corps est ainsi un messager de ce qui est traité émotionnellement (et de ce qui ne l’est pas!).
Lorsque des émotions difficiles sont vécues, notre corps s’active pour se mettre en mode alerte : accélération du rythme cardiaque, respiration rapide, contraction des muscles, digestion sur pause et libération de cortisol et d’adrénaline. Ces réactions physiologiques sont très utiles à court terme pour se mobiliser face à une situation difficile.
Cependant, lorsque cet état émotionnel devient chronique, le corps demeure en tension et des symptômes physiques persistants peuvent apparaître. Par exemple, le stress chronique peut augmenter l’inflammation; les tensions musculaires prolongées peuvent créer de réelles douleurs; le cortisol peut influencer le sommeil et la digestion; et le système immunitaire peut être affecté.
Il ne faut pas voir le symptôme physique comme une punition ou un ennemi. Il s’agit plutôt du corps qui tire la sonnette d’alarme émotionnelle et qui dit : « Stop, quelque chose ne va pas, écoute-moi. »
Nous avons cependant souvent tendance à négliger les messages reçus. Nous continuons de couper dans nos heures de sommeil, nous minimisons l’impact de nos symptômes, attendons pour consulter, ou traitons le symptôme uniquement sur le plan physique sans chercher à comprendre si le stress ou notre contexte de vie pourrait en être la cause.
L’ÉNERGIE PARTAGÉE ENTRE LE CORPS ET L’ESPRIT
Réguler nos émotions demande aussi de l’énergie. Nous avons une réserve d’énergie limitée à travers laquelle nous puisons afin de fonctionner au quotidien, que ce soit pour faire un effort physique, une tâche cognitive, pour prendre des décisions ou encore pour supprimer une émotion. C’est donc dire que lorsque nous pigeons dans notre réserve pour réguler nos émotions, nous avons ensuite moins d’énergie pour faire face aux autres demandes du quotidien. Cela peut éventuellement mener à un épuisement.
POURQUOI CE SYMPTÔME?
Il n’existe pas de classification universelle validée indiquant pourquoi un organe sera touché plutôt qu’un autre en contexte de somatisation. Prudence, donc, face aux tableaux de signification.
Le symptôme est individuel, propre au corps de chacun. Certains facteurs pourraient toutefois orienter la localisation du symptôme dans le corps.
- Les zones physiques déjà fragilisées (en raison d’un facteur génétique, d’un ancien trauma ou d’une blessure, par exemple) offrent un terrain plus propice au développement de symptômes.
- Les organes très innervés, comme l’intestin, la peau ou le cœur possèdent plus de capteurs sensoriels (pour ressentir la douleur, la pression, les fluctuations de température), envoient plus de signaux vers le cerveau et sont plus sensibles aux légères variations dans le corps. Les symptômes sont ainsi potentiellement plus facilement perçus.
- Les systèmes sensibles au stress, comme les muscles et l’intestin développent plus facilement des symptômes (par exemple des douleurs cervicales ou dorsales), notamment parce qu’ils réagissent rapidement aux hormones de stress et que l’activation en permanence des mécanismes conçus pour l’urgence, et non pour le long terme, crée une hyperréactivité.
En somme, le symptôme apparaît là où le terrain est le plus réactif.
« Le corps s’adapte à ce que l’esprit n’arrive pas à contenir. »
ÉCOUTER LES SIGNAUX DU CORPS
Voici quelques pistes pour tendre peu à peu l’oreille aux messages d’avertissement que nous envoie notre corps.
APPRENDRE À REPÉRER LES SIGNAUX
Nous passons trop souvent à côté des signaux que notre corps nous envoie, absorbés par le pilote automatique qui nous empêche de nous arrêter pour les ressentir réellement. Développer une routine de pause, même de quelques minutes, nous aide à sortir de ce mode automatique et à créer des moments où nous pouvons prendre conscience de ce qui se passe dans notre corps. C’est là que les techniques de pleine conscience prennent tout leur sens. Qu’est-ce que je ressens, ici et maintenant? Épaules tendues, mâchoire crispée, bas du dos sensible… L’essentiel est d’entrer d’abord en contact avec notre corps, avant même de chercher à nommer les émotions qui l’habitent.
METTRE DES MOTS SUR CE QUE JE RESSENS
Redonner une voix là où le corps crie. Ma « boule au ventre » ou « ma gorge nouée », j’essaie de les faire parler. En essayant de nommer mes sensations, mes émotions. Pas besoin de chercher à trouver le mot exact. Le simple fait de s’y intéresser et de tenter de verbaliser est déjà énorme pour apprivoiser le monde émotionnel. Pour s’aider, on peut écrire ce qui nous passe par la tête, en parler avec nos proches ou encore consulter un professionnel de la santé mentale au besoin, afin de mieux mettre des mots sur notre ressenti.
MISE EN SENS PROGRESSIVE
- Réfléchir au lien potentiel entre nos symptômes et les évènements de notre vie. On explore, sans forcer. Par exemple, j’ai mal au ventre avant mes rencontres au travail. Ou encore j’ai mal à la tête quand je suis inquiet. J’ai le dos qui tire quand je suis stressé depuis longtemps.
- Se questionner :
• Quand est-ce que mon symptôme apparaît?
• Qu’est-ce que je vis en ce moment? Quels sont mes stresseurs ces temps-ci? Qu’est-ce qui me préoccupe?
Quand une émotion est mieux comprise, le corps peut enfin relâcher la tension.
APAISER LE CORPS
Respirations lentes et profondes, méditation, relaxation et yoga sont quelques exemples de techniques qui agissent directement sur le système nerveux et apaisent le corps. Un corps détendu, moins sous tension, peut aider à la récupération et à la guérison.
METTRE LE CORPS EN MOUVEMENT
Incorporons au quotidien des activités physiques simples, comme la marche, des étirements, le sport ou les exercices doux, des mouvements de danse improvisés dans le salon ou de la baignade, bref, ce qui nous est accessible et nous fait du bien! En plus de relâcher les tensions et d’être mieux dans son corps, le mouvement a un impact positif sur le bien-être psychologique et l’humeur.
REFAIRE LE PLEIN D’ÉNERGIE
Comme la régulation de nos émotions puise dans les réserves d’énergie, il importe de pouvoir les recharger. Pour ce faire, on peut s’accorder des pauses, lire, jouer d’un instrument, appeler un ami, écouter de la musique, rire, chanter à tuetête dans la voiture, ou faire n’importe quelle activité qui nous apaise et nous nourrit. Un réservoir rempli nous fournit des ressources supplémentaires pour faire face aux demandes émotionnelles du quotidien.
Le corps s’adapte à ce que l’esprit n’arrive pas à contenir. Plutôt que de le critiquer durement, mieux vaut écouter ce qu’il tente d’exprimer pour travailler avec lui à se comprendre davantage et s’ajuster pour la suite. C’est un allié précieux pour prendre des décisions éclairées, laisser aller des activités énergivores qui ne s’avèrent plus nourrissantes, et savoir dans quoi investir afin de s’épanouir et se sentir bien.
Vous assurez l’équilibre autour de vous, laissez-nous être le vôtre pour un moment
Chaque année, ce sont plus de 500 proches aidants qui viennent se ressourcer dans l’un de nos établissements.
Marge de manœuvre : Nouveau regard sur le travail nomade
Par Elisabeth Massicolli, journaliste
En 2018, j’ai quitté le Québec pour l’Italie, terre de mes ancêtres où j’habite depuis. Pendant de nombreuses années, même si Rome était mon camp de base, j’ai erré d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre pour… travailler. Je cherchais de jolis cafés où me poser pour écrire, traduire, planifier en tant que journaliste et autrice. Tant que j’avais une bonne connexion wifi, j’étais, comme on dit, « en business ».
Je m’identifiais à ce qu’on appelle les « travailleurs nomades », ces gens qui migrent d’un endroit à l’autre, ordinateur portable sous le bras, pour gagner leur vie tout en voyageant, et qui appartiennent à un mouvement que l’on a commencé à observer au tournant du millénaire.
Pour moi, tirer profit du free dans « freelance » était primordial. Je me suis émerveillée, j’ai appris, j’ai grandi – ces quelques années de liberté pure m’ont énormément nourrie et je serai toujours remplie de gratitude d’avoir eu la chance de vivre ce chapitre professionnel.
Toutefois, au fil du temps, je l’avoue, ce rythme de vie m’a usée. Même s’il m’arrive encore de sauter dans un train pour aller rédiger dans un nouveau panorama le temps d’un weekend, j’ai ralenti et je suis maintenant un peu moins aventurière. J’écris d’ailleurs ces mots dans mon nouveau chez-moi, à Turin, en regardant les montagnes pendant que mon chien roupille à mes pieds.
CONFORT DESIGN ACCESSIBLE
Le partenaire par excellence du Strøm spa nordique du Vieux-Québec.
FAIRE RÊVER
Aujourd’hui, lorsque je fais défiler sous mes yeux des millions de vies qui ne sont pas la mienne, mon algorithme me propose souvent de m’immiscer dans le quotidien des travailleurs nomades. Ces images idylliques promettent un quotidien fait de plongeons dans les eaux turquoise entre deux réunions Zoom à l’arrière-plan luxuriant, ou de smoothies verts dans une villa luxueuse louée à petit prix.
Si ce récit en séduit plus d’un (et je comprends pourquoi), il me laisse pourtant un peu en décalage avec mon propre vécu. Non pas parce qu’il serait faux, mais parce qu’il ne raconte qu’une facette d’une expérience autrement plus nuancée. De mon côté, gagner ma vie sans point d’ancrage signifiait aussi composer avec l’instabilité, l’isolement, l’organisation constante et une charge mentale bien réelle.
Souhaitant mieux comprendre ce décalage entre l’imaginaire collectif et la réalité du quotidien, j'ai discuté avec Claudine Bonneau, professeure titulaire au Département d’analytique, opérations et technologies de l’information de l’UQAM, qui s’est penchée sur la question dans le cadre de ses recherches.
« De nombreux travailleurs nomades monétisent leur statut; ils créent du contenu à partir de leur expérience, recherchent des commanditaires ou vendent des produits dérivés. C’est pourquoi, dans certains cas, il leur faut romantiser leur profil, pour projeter une image très léchée et désirable de ce qu’est la vie de travailleur nomade. Personnellement, je les appelle des “promoteurs de lifestyle ” », dit-elle.
Elle m’explique qu’aujourd’hui, plusieurs professionnels préfèrent se donner le titre de geographically independent worker (ou « travailleur géographiquement flexible »), non pas pour renier le travail nomade, mais pour s’en distancer symboliquement. « Pour eux, l’enjeu est surtout de rappeler que le travail demeure central, même lorsque le cadre change. Ce n’est pas tant le terme qui dérange que l’image parfois réductrice qui lui est associée. »
PRISE DE CONSCIENCE
Heureusement, l’experte rapporte que de plus en plus de ces travailleurs géographiquement flexibles sont conscients de leurs privilèges immenses et de l’impact de leur style de vie, tant sur les communautés locales que sur la planète. « Je constate une lassitude face au modèle classique où l’on traverse le monde pour rester entre Occidentaux dans des espaces de coworking déconnectés de la réalité. L’enjeu actuel est de briser cette bulle d’expatriés en cherchant une véritable intégration auprès de la population locale. Il y a une volonté de trouver des moyens concrets pour contribuer positivement aux communautés d’accueil. »
Qui plus est, le travail nomade comporte aussi quelques défis, car immigrer, peu importe où et comment on le fait, vient avec son lot d’obstacles et de questionnements. Même si de nombreux pays comme l’Italie, le Portugal, le Mexique ou encore la Colombie tentent aujourd’hui d'attirer les travailleurs nomades, il reste que de passer de travailleur sédentaire à travailleur nomade est un processus assez complexe à de nombreux niveaux.
« Avec mes collègues, j’ai développé le concept de “métatravail” : c’est tout ce travail invisible et supplémentaire qu’un travailleur nomade doit accomplir juste pour être en mesure de travailler. Comme ce mode de vie repose habituellement sur une démarche individuelle, vous êtes le seul maître à bord. Ce travail vous incombe entièrement, et ça peut être pesant », affirme Claudine Bonneau. C’est sans compter qu’il faut gérer le fait d’être loin de la maison, d’être (souvent) seul(e), de s’adapter à différentes cultures, à différents endroits. Ça en fait beaucoup pour le corps et l’esprit, même s'il y a aussi plein de points positifs!
UN MONDE DE POSSIBILITÉS
Malgré cette complexité, nombreux sont ceux et celles qui trouvent dans le travail nomade un formidable terrain de croissance. À 50 ans, Valérie, technicienne comptable, se déplace d’un endroit à l’autre depuis 2021. « Vivre et travailler sans ancrage fixe m’a appris que le monde est mon bureau et que je peux m’adapter à absolument tous les environnements. Je suis moi-même impressionnée par ma capacité à tout organiser, à me débrouiller seule et à surmonter mes peurs avec succès; parce que c’est vrai que le travail nomade est parfois épuisant et vient avec une grande charge mentale », affirme celle qui me répond de l’Île-du-Prince-Édouard. « Mais l’adrénaline et l’aventure rendent l’expérience addictive, et je ressens une fierté immense face au chemin que j’ai parcouru. Je me découvre une énergie décuplée, une curiosité sans limite et une ouverture totale aux rencontres. »
Même son de cloche chez Camille, 32 ans, directrice de création, experte en médias et créatrice de contenu, qui est pour l’instant installée au Brésil, mais qui bourlingue depuis presque une décennie. « Pour moi, ce mode de vie, c’est loin d’être une fuite. Voyager fait aussi partie de la façon dont je me construis. Ma carrière se dessine en mouvement, avec intention, depuis 10 ans. J’ai des objectifs, des rêves, et une vision qui se précise à mesure que j’avance. Voir ailleurs m’ouvre les possibles. Pour moi, c’est ça le vrai life hack : aligner le travail avec la vie, pas l’inverse. »
Si la grande aventure du travail nomade continue d’inspirer, Claudine Bonneau rappelle l’importance de l’aborder avec conscience : celle de ses privilèges, de son impact et de la réalité concrète qu’il implique. Cultiver un regard critique et authentique sur ce mode de vie permet, selon elle, d’enrichir l’expérience.
Avec le recul, je réalise pour ma part que le travail nomade m’a surtout appris ceci : la liberté ne se mesure pas au nombre de frontières traversées, mais à la capacité de se créer un cadre viable, humain et durable. Voyager en travaillant peut ouvrir des horizons immenses et devenir un puissant levier de croissance personnelle et professionnelle, à condition de savoir s’arrêter, questionner ses élans et redéfinir ses priorités. Aujourd’hui, je sais que ce n’est plus le mouvement qui donne du sens à l’expérience, mais l’équilibre que l’on parvient à créer entre le travail et la vie.
Un fil de fer. À moins qu’il ne soit de soie? Ne pas perdre pied. Ou plutôt accepter de tomber, de se relever et de continuer d’avancer. Que le Je ait accès à son monde intérieur, puis rencontre le Nous sur tous les chemins possibles : le relationnel, le professionnel, le culturel, le spirituel, etc. Pendant qu’au-dehors, juste là, à un souffle de soi, les autres font communauté et société. Jusqu’à devenir écosystème, planète et… galaxie. Un équilibre est-il même possible? Est-ce là le défi du jour ou d’une vie? Par l’autofiction, la poésie, la psychologie, la chanson ou l’humour, voici cinq débuts de réponse.
ROMAN/RÉCIT
Aussi étrange que toi, Frida, de Christine Gosselin (Mémoire d’encrier, 2026)
Après Larves de vie et Regarder les coulisses se répandre , la journaliste sportive Christine Gosselin poursuit sa démarche d’écriture où le corps féminin se déleste des maux qui le rongent. Dans son troisième titre, Aussi étrange que toi, Frida , l’autrice prend le chemin vital et abrupt de l’empuissancement. À travers un dialogue atemporel avec la célèbre peintre — et dans ses sillons les échos d’autres femmes incandescentes, de Greta à Ernaux, de Nelly à Pélicot —, elle convoque la Titi de son enfance, la Cri de son adolescence tourmentée et la Chris(tine) de l’âge adulte, pour multiplier elle aussi les autoportraits. Sans jamais s’égarer, dans des chapitres intriqués aux tableaux de Kahlo, Gosselin s’abandonne aux nombreux parallèles entre ses obsessions et celles de l’artiste mexicaine, dont l’esprit de rébellion, un refus des codes genrés, une maternité non avenue et une soif de création inaltérable. Frida ne disait-elle pas : « L’art le plus puissant de la vie est de faire de la douleur un talisman qui guérit »? Un objet de courage des plus texturés et salvateurs.
POÉSIE
Quand je ne dis rien je pense encore, de Camille Readman Prud’homme (L’Oie de Cravan, 2021)
« [Q]uelquefois tu manques/de mots/ou plutôt d’espace/pour dire les mots/et ce qui aurait pu être/une parole/reste une pensée ». Permettons-nous une entorse à la nouveauté pour souligner le 5 e anniversaire de ce recueil en tous points remarquable, lauréat en 2022 du Prix des libraires — Poésie. D’autant plus qu’il témoigne avec une acuité folle de ce jeu d’équilibriste qu’il nous faut (dés)apprendre pour évoluer en société, ou s’en soustraire s’il le faut. Entre les dislocations de l’intime et ce qui se terre sous les images , Camille Readman Prud’homme nous donne à lire et à entendre un flux de conscience d’une lucidité brute et drôlement vertigineuse. Sont mis à nu les écarts de notre parole tue ou différée, « entre ce qui se manifeste en nous-mêmes, ce que nous montrons et ce qui est perçu ». Il importe de sortir de chez soi pour côtoyer tous ces visages qui, toujours, apparaissent « plus vastes et aussi plus denses » qu’on ne le croit, pour appréhender leur bulle . Fin 2025, l’œuvre connaissait sa 16 e impression, une rareté en poésie, un succès pleinement mérité.
BALADO
À la recherche du soi perdu , (OHdio, 2025-2026)
Sur deux saisons, la journaliste Karina Marceau s’allie à la psychiatre Marie-Ève Cotton et à la psychologue Nathalie Plaat, toutes deux aussi autrices, pour circonscrire plusieurs enjeux de psycho dans la plus grande des convivialités, et mieux sonder « notre rapport à nous-même, nos proches et le monde ». La conversation, toujours nourrie par deux invité(e)s, est le prétexte idéal pour « prendre une pause, un pas de recul, de la hauteur ». De « l’injonction à s’aimer » que l’on ressent en famille au fléau de la solitude, en passant par les fossés communicationnels ou orgasmiques, les thèmes sont toujours investis et éclairés de l’intérieur, avec moult déclinaisons qui prouvent que rien n’est monolithique. Coups de cœur personnels : l’épisode Cultiver son rapport à l’autre pour affronter les crises décortique notre sentiment d’impuissance et l’essentielle interconnexion humaine pour braver les « tumultes du présent »; puis L’acte vivifant de faire entrer la joie dans son quotidien , où le comédien et ritualiste Stéphane Crête prétend qu’être joyeux peut se révéler transgressif. Un balado réflexif et enveloppant, doublé de chansons à l’avenant.
Balayez le code pour accéder au balado sur OHdio.
CHANSON
t.o.m. ou la trajectoire des perséides, d’Alphonse Bisaillon (LABE, 2026)
Ne cherchez pas à ranger Alphonse Bisaillon dans une case, il n’y entrera pas. L’auteur-compositeur-interprète maskoutain lançait en février son tout premier album, t.o.m. ou la trajectoire des perséides, aussi étincelant et fourmillant que son titre. Un véritable ovni (objet volubile notablement indocile) dans notre paysage musical, dont les influences vont de Billie Eilish à Astérix! Du haut de ses 27 ans, dans un reel talk adroit, où il toise l’avenir et moi, Bisaillon recule d’une décennie, quand « not’ ciel, c’était la palette de nos casquettes », pour raconter un périple d’affirmation de soi et d’énamourement. Si l’ensemble peut s’aborder tel un Palais des glaces de la masculinité, chaque chanson est à la fois tout et partie. On y croise les figures du meilleur ami (dessins desanimés), de l’essayiste aux trois initiales (chroniques) et du sage-de-voyage (monsieur Quan), pendant qu’on navigue du jazz au dubstep, sans oublier le trad (chaque apparition d’Éric Beaudry et David Boulanger de La Bottine Souriante, puis de l’acolyte Michel Bordeleau des Charbonniers de l’enfer, est une pépite). Conteur intarissable, Bisaillon ne ménage ni son amour des mots ni sa théâtralité, pour sculpter son art à même les vibrations de l’indicible.
Balayez le code pour accéder à la musique sur Spotify.
HUMOUR
Québécois Tabarnak; Des putes et des voleurs, d’Adib Alkhalidey (La Tribu, 2022, 2024)
Au croisement de la musique (l’album Plexus lunaire), de la réalisation (la série pour ados La nuit devant nous) et de l’humour, Adib Alkhalidey est un touche-à-tout bienheureux, dont la sensibilité n’a d’égale que l’humilité. Toutes deux disponibles gracieusement en ligne, éditées chez Stanké et récipiendaires du Félix du meilleur spectacle d’humour, ses dernières offrandes scéniques sont le reflet de sa vision décomplexée et affûtée. Dans Québécois Tabarnak , sa lassitude de chômeur pandémique et son vide identitaire le poussent à revendiquer sa québécitude, entre deux gags de biscuits et de talibans. « Je pars du principe dans la vie que nous ne sommes qu’un, affirme-til d’emblée. Il n’y a qu’une seule race humaine, et l’existence est une tragédie pour tout le monde. » Quant à Des putes et des voleurs, il y prend conscience qu’on peut « aimer exister », tout en prônant la haine universelle des moustiques… et l’empathie à leur égard. Maître de la digression, Alkhalidey n’arrive pas à conjuguer impôts et YOLO, mais surtout, tel le psychiatre Jung, il nous invite à reconnaître notre part d'ombre, pour ne pas vivre « dans l’illusion de [notre] propre lumière. »
SAVOUREZ LA LIBERTÉ
Des vans aménagés haut de gamme, 4 saisons et 100% autonomes pour vous évader où vous voulez, quand vous voulez
Situé à Montréal et Québec
Peignoirs d’été
Découvrez nos peignoirs d’été, offerts en trois coloris. En vente en ligne et dans tous les Strøm spa nordique.
BORÉAL
La puissance des ingrédients actifs de la forêt boréale, au cœur d’un rituel bien-être
HAMAMÉLIS, ÉPINETTE NOIRE ET NIACINAMIDE
TROUSSE PEAU MIXTE À GRASSE
Découvrez la gamme entièrement fabriquée au Québec.
1 2
Ceviche de dorade au fruit de la passion
Quoi de plus approprié que le fruit de la passion pour annoncer l’arrivée des journées ensoleillées? Ce ceviche de dorade est rafraîchissant, juteux, voire épicé si on aime. Le côté crémeux de l'avocat apporte juste la note de douceur nécessaire pour une bouchée bien équilibrée. Bon appétit!
Rendement
4 portions (à partager)
Ingrédients
600 g de filet de dorade sans peau, ni arêtes (très frais)
Jus de 4 limes
Pulpe de 4 fruits de la passion
1 avocat coupé en cubes
2 c. à soupe de jus d’orange
2 c. à soupe d’huile d’olive
½ oignon rouge, mariné
½ piment jalapeno, épépiné et tranché en fines lamelles
Feuilles de coriandre, au goût
Sel ou fleur de sel
Tostadas (tortillas de maïs frites), pour servir
Préparation
Couper la dorade en petits dés d’environ 1,5 cm.
Dans un bol, mélanger la dorade avec le jus de lime, la pulpe de 3 fruits de la passion et une pincée de sel. Laisser reposer 8 minutes.
Préparation 30 minutes
Montage
Dans une assiette à bords relevés ou un bol, disposer la préparation de dorade.
Garnir de dés d’avocats. Arroser du jus d’orange et de l’huile d’olive.
Au goût, garnir de tranches d’oignon rouge marinées, de lamelles de piment jalapeno, de la pulpe du dernier fruit de la passion, de coriandre et d’une pincée de fleur de sel.
Servir au centre de la table avec quelques tostadas
Assurez-vous de la fraîcheur de la dorade auprès de votre poissonnier.
Création de Raphaël Podlasiewicz, chef exécutif des restaurants Nord.
Par Caroline Huard, alias Loounie, créatrice culinaire
Recevoir des amis à la maison est l’une de mes activités préférées. J’aime planifier un menu, cuisiner avec mes ingrédients chouchous, choisir la musique, sortir une belle nappe et ma collection de vaisselle de seconde main. Malheureusement, je ne reçois pas souvent, vraiment pas assez souvent à mon goût. Parce que je suis trop occupée, trop fatiguée. Après des semaines chargées au travail, j’ai davantage envie de passer mes rares soirées de congé en mode self-care avec un masque hydratant pour le visage, un bol de soupe et une série télé que j’écoute en rafale. Mais même si ces soirées de détente me font du bien, je sens aussi qu’elles me laissent sur ma faim.
Quand j’étais enfant, mes soirées préférées étaient celles où des amis ou de la famille débarquaient un peu à l’improviste et restaient à souper, « à la bonne franquette » comme disait ma mère. On décongelait une sauce à spag, on sortait les chaises pliantes, on jasait et on riait fort. Les plats n’auraient pas gagné de compétition gastronomique, mais l’important, c’était d’être ensemble.
Maintenant que c’est à mon tour d’être adulte, à l’heure des médias sociaux et des vies qui vont vite, j’ai l’impression que recevoir n’est plus une activité que l’on prend autant à la légère. L’impression de devoir performer nous décourage de le faire aussi souvent qu’à une certaine époque. Et comme ça devient plus rare, chaque occasion vient avec encore plus de pression. On est coincé dans un cercle vicieux qui fait que l’on voit notre monde de moins en moins, et qui peut donc certainement contribuer à un sentiment d’isolement.
« L’art de simplement inviter quelqu’un pour un thé ou un café, en matinée, en après-midi ou en début de soirée semble s’être perdu… »
Selon un rapport publié par Statistique Canada en juin 2025 à partir de données récoltées en 2022 dans l’Enquête sur l’emploi du temps, on voit moins nos amis qu’avant. En 1986, une personne sur deux voyait un ou des amis dans une journée typique. En 2022, c’était environ une personne sur cinq. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène, notamment les exigences du travail, l’éloignement géographique et aussi l’omniprésence des médias sociaux, qui nous permettent d’avoir des contacts sociaux sans que ça ne se fasse en personne. Des facteurs économiques pourraient aussi entrer en ligne de compte : le terme « amiflation », ou friendfation , a vu le jour en 2025, dans un article du quotidien Financial Times , pour décrire le coût plus élevé de nos amitiés, qui s’expliquerait par l’augmentation du coût de la vie combinée à des attentes sociales élevées. Selon un sondage commandé par Grant Thornton en 2025, 40 % des Canadiens auraient manqué des occasions de voir leurs amis en raison du coût de la vie. Et si une partie de la solution était de recommencer à se recevoir à la bonne franquette?
Un peu comme un muscle qui se serait retrouvé au repos forcé ou qu’on aurait tout simplement laissé se déconditionner au fil des ans, notre capacité à recevoir et à se rassembler autour d’une table peut avoir besoin d’être entraînée à nouveau. D’abord tout en douceur, puis en augmentant progressivement la charge tout en respectant nos limites (ou notre budget de temps, d’argent et d’énergie). Concrètement, à quoi est-ce que ça pourrait ressembler?
UNE JASETTE AUTOUR
D’UNE BOISSON CHAUDE
L’art de simplement inviter quelqu’un pour un thé ou un café, en matinée, en aprèsmidi ou en début de soirée semble s’être perdu, mais on gagnerait à le redécouvrir. En plus du café, du thé et des tisanes, on peut avoir à disposition dans l’armoire une variété de boissons végétales avec lesquelles préparer des lattes réconfortants. Si on veut aller plus loin, on peut prendre l’habitude, lorsqu’on cuisine des desserts comme des pains-gâteaux, des tartes ou des muffins, d’en congeler quelques portions individuelles qui seront prêtes à être réchauffées.
UN APÉRO (AVEC OU SANS ALCOOL!)
Qu’il s’étire ou non dans la soirée, autour d’un îlot de cuisine ou d’une table basse dans le salon, l’apéro reste un moment privilégié pour connecter, avec ou sans alcool. Lorsqu’on déconstruit la croyance selon laquelle on doit toujours consommer de l’alcool dans les activités sociales, on peut être enclin à en planifier plus régulièrement, même un soir de semaine. J’aime avoir sous la main une variété de bières sans alcool, que je sers agrémentées d’un trait de jus d’agrumes, ainsi que de l’eau pétillante, que je propose avec des herbes, des gouttes d’amers aromatiques, des sirops ou même des ingrédients salés, comme du jus de cornichon ou de la saumure d’olive.
Pour grignoter, j’aime combiner une variété d’aliments salés : des lupins en saumure servis avec des olives; des edamames écossés surgelés, simplement réchauffés au four à micro-ondes et agrémentés avec du sel et des épices; des noix rôties quelques minutes à la poêle ou au four; ou encore, du houmous maison ou du commerce présenté dans une jolie assiette avec un trait d’huile d’olive ou de chili crisp et des croustilles ou craquelins.
UN SOUPER DE SEMAINE
Un souper n’a pas besoin d’être trois services (et n’a pas besoin de contenir de l’alcool non plus!). On peut choisir un plat simple et, si on le souhaite, mettre un peu d’effort dans la présentation.
Pour un repas convivial, au lieu de dresser des assiettes individuelles, j’aime mettre mes préparations dans de grands plats de service, que je dépose sur la table pour que chacun puisse se servir. On peut choisir de sortir notre plus belle vaisselle, en gardant en tête que les assiettes et les bols dépareillés ont aussi leur charme. Et finalement, pour transformer un plat de semaine en un plat un peu plus mémorable, on peut miser sur des garnitures fraîches ou acidulées, comme des herbes, des marinades ou des tranches d’agrumes, ou encore croustillantes, comme des oignons frits, des noix grillées ou des croustilles émiettées. Avec cette approche, même les restants de la veille peuvent avoir leur place!
JOINDRE L’UTILE À L’AGRÉABLE
Si on manque de temps pour recevoir, on peut combiner cette activité avec une tâche qu’on ferait de toute façon, comme de la meal prep (préparation de repas à l’avance) : assembler des gyozas à congeler, faire des muffins et des collations, cuisiner une grosse lasagne à portionner pour les lunchs, ou même laver et préparer les légumes pour la semaine.
Ça peut se faire un dimanche, où on cuisine une partie de l’après-midi avant de partager un repas ensemble, ou même un soir de semaine en mode apéro qui ne se termine pas trop tard. En bonus, on pensera aux personnes avec qui on a cuisiné chaque fois qu’on mangera une portion au cours de la semaine.
Dans la culture dans laquelle nous évoluons, il peut être difficile de se donner un objectif, comme « recevoir plus souvent », sans glisser vers la performance, en essayant de se dépasser chaque fois. Pour éviter de tomber dans ce piège, je pense qu’il est essentiel d’en parler, de le nommer. Peut-être même de se donner le défi, avec nos proches, de se recevoir à tour de rôle sans avoir fait de grand ménage avant et sans menu élaboré. De jouer avec le concept, de rire quand on se trompe, et de vraiment redécouvrir les joies de la bonne franquette.
Sources
Statistique Canada. (2025, 17 juin). La contrainte de temps et le temps passé avec des amis au cours des 30 dernières années. Le Quotidien . https://www150.statcan.gc.ca/n1/dailyquotidien/250617/dq250617d-fra.htm
Grant Thornton Debt Solutions. (n.d.). The rising cost of friendship in Canada. https://gtdebtsolutions.com/en/debt-help-resources/articles/article-the-rising-cost-of-friendship-in-canada
Dans un même ouvrage, mêler données scientifiques probantes et créativité culinaire éprouvée : telle est la recette unique de Mange ta vie , un livre gourmand et vivant qui attise le plaisir de cuisiner, tout en misant sur le bien-être et la longévité en santé. Fruit des talents conjugués d'Anne-Julie Tessier (chercheuse en nutrition) et de Catherine St-Laurent (comédienne), il rassemble astuces et recettes inspirées. Rencontre avec ses co-autrices, dans un dialogue aussi savoureux qu’instructif.
Bonjour, Catherine. Comment est née ta passion pour la nourriture?
« C’est un résultat de la pandémie, où je me suis mise à voir ma cuisine comme un laboratoire d’apprentissage. Certains sont tombés dans le levain et la passion du pain. Moi, ça a été la cuisine : apprendre les principes fondamentaux, imaginer des plats. En regardant la chaîne YouTube du magazine américain Bon Appétit, je suis tombée en amour avec le processus de création de recettes. J’aimais déjà la bouffe, j’aimais manger, mais j’ai eu envie de créer et d’arriver à de beaux résultats, colorés et variés. »
Bonjour, Anne-Julie. Comment une chercheuse est-elle devenue amie avec une comédienne, au point de créer un livre ensemble?
« Durant mon postdoctorat à Harvard, j’ai écrit une publication scientifique sur l’alimentation et le vieillissement en santé, en me disant que les axes traités feraient de beaux chapitres de livre. Je suis Catherine sur les réseaux depuis longtemps, je la trouve inspirante. Elle publiait de plus en plus de contenus culinaires. Je lui ai simplement envoyé un message pour lui soumettre l’idée. À ma grande surprise, j’ai reçu un “oui” immédiat! »
A.-J. T.
A.-J. T.
Plutôt que d’enlever à notre alimentation, vous préconisez l’ajout d’aliments aux vertus variées. On parle ici de bonifer plutôt que de restreindre. Que peut-on ajouter à notre assiette, pour la rendre appétissante et équilibrée?
« Souvent, la réponse, c’est une portion additionnelle de légumes. Une assiette équilibrée devrait être composée pour moitié de fruits et de légumes, ce qui est une grande proportion. On peut aussi y ajouter des noix, des graines, des légumineuses… Plus l’assiette est variée, plus on multiplie les nutriments. »
Pourquoi les légumes sont-ils si extraordinaires?
« Selon leur couleur, les légumes sont associés à une famille de polyphénols, aux propriétés antioxydantes. Ils contribuent à réduire l’inflammation, en cause dans le déclin cognitif ou l’apparition de certaines maladies chroniques. Ensuite, ils contiennent des vitamines, des minéraux, des fibres. D’ailleurs, au Québec, on consomme trop peu de fibres. Elles sont présentes dans les produits céréaliers, c’est vrai, surtout dans ceux pourvus de grains entiers, mais il ne faut pas négliger l’apport que fournissent les légumes et les légumineuses. »
En nutrition, les tendances sont nombreuses. Dans l’industrie alimentaire comme dans les médias, on focalise actuellement sur les protéines. Comment l’expliquer?
« On est dans une ère de performance, de gym axée sur l’image, et on s’est rentré dans la tête qu’un corps musclé exige de manger des protéines à longueur de journée. Mais le corps est intelligent : si on en mange trop, il évacue le surplus. Il ne se fait pas une petite poche de protéines de poulet pour le lendemain (rires)… »
« La réserve de protéines, ce sont nos muscles, mais une fois qu’on atteint un certain seuil, le corps les évacue. En Amérique du Nord, on consomme déjà beaucoup de protéines, donc c’est inutile d’aller au-delà de la portion quotidienne recommandée. »
Se nourrir semble être devenu un travail à temps plein : vérifer si le produit est de source naturelle ou s’il est transformé, s’il contient du sucre ou du sel en excès, consulter la loupe nutritionnelle sur les emballages des aliments, etc. Manger s’apparente à une charge mentale!
« On évoque cette question dans le livre, en soulignant que notre rapport à l’alimentation produit un effet bidirectionnel. Les études démontrent qu’une alimentation équilibrée est bénéfique pour la santé mentale. Par contre, on aura beau manger sainement tout le temps, si, en contrepartie, on se met énormément de pression pour y arriver, on en ressentira de l’anxiété et on ratera ainsi l’objectif visé. »
Tous les aliments transformés sont-ils nocifs et à éviter?
« On parle davantage d’aliments ultra-transformés, qui ont pour caractéristique commune d’avoir été profondément modifiés par rapport à leur origine, c’est-à-dire qu’ils contiennent des additifs et des composés absents de notre garde-manger. Mais il est important de comprendre que tous ces aliments ne sont pas équivalents, cette catégorie étant très hétérogène. Un pain de boulangerie est un aliment ultra-transformé au même titre qu’une boisson gazeuse, pourtant les deux ne sont pas comparables en termes d’effets sur notre santé. Cela dit, consommer une boisson gazeuse de temps en temps n’a rien de dramatique. Ça n’affectera pas notre longévité en santé. Tout est question d’équilibre. »
Vous avez choisi de ne pas inclure de viande rouge dans vos recettes. Pourquoi?
« D’abord, les charcuteries ont été reconnues comme étant un aliment à mettre de côté. En ce qui concerne les viandes rouges, on sait qu’une consommation plus élevée entraîne un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Elles procurent toutefois une intéressante qualité de protéines, ainsi que du fer. Dans notre cas, nous avons choisi de mettre de l’avant la volaille, le poisson, ainsi que des protéines végétales, comme le tofu et les légumineuses. La viande rouge n’est pas à bannir absolument, mais on peut faire des substitutions, en la remplaçant de temps en temps. »
Manger pour prévenir l’apparition de maladies et favoriser notre santé est un privilège : de nos jours, les aliments sains sont souvent plus coûteux que les aliments ultra-transformés. Quels seraient vos conseils pour minimiser les coûts tout en choisissant des produits sains?
« En remplacement du produit frais, on peut favoriser des légumes ou des fruits congelés. La congélation s’effectue trois heures après la récolte, ces produits sont donc au sommet de leur profil nutritionnel. Les produits en canne sont aussi intéressants. En ce qui concerne l’huile d’olive, on n’a pas besoin de la choisir extra-vierge, on peut opter pour une huile d’olive régulière. L’huile de canola, moins chère, est aussi une option intéressante, avec en prime un point de fumée élevé, parfait pour cuisiner. »
C. S.-L.
C. S.-L.
« L’alimentation en vrac est une astuce que j’ai beaucoup intégrée ces dernières années, pour éviter de perdre des aliments. Admettons qu’on veuille faire une recette avec du sarrasin rôti. Si on ne sait pas comment incorporer cet ingrédient dans d’autres plats, un sac de sarrasin à 10 $ n’est probablement pas la bonne option. Acheter en vrac la juste quantité nécessaire évite le gaspillage et coûte moins cher. »
En puisant dans votre livre de recettes Mange ta vie , quel changement pouvons-nous adopter dès aujourd’hui? Que mettre dans notre assiette pour favoriser notre longévité en santé?
« Des légumes (rires)! Un petit changement peut faire une grande différence. Disons que, tous les mardis, tu manges des tacos. Peut-être que mardi prochain, tu peux manger des tacos avec une salade à côté. Un jour à la fois, un pas à la fois. Les changements drastiques ne fonctionnent jamais, pour personne. Ce n’est pas durable. Se donner le temps, intégrer des modifications avec souplesse et sur la durée, je pense que c’est la clé. »
Pour écouter l’entrevue complète animée par Evelyne Charuest, suivez notre balado Centré sur l’équilibre
Cinq refuges aux couleurs de l'été
L'été, nos sites se vivent à ciel ouvert. Les bassins d'eau bleue se fondent dans le paysage, la nature prend toute la place, la lumière, du matin jusqu'au soir, devient partie prenante de l'expérience, et chaque parcours se transforme en une invitation à savourer l’instant, dehors, pleinement.
Les cols de cygne offrent une fraîcheur bienvenue dans la piscine plein soleil.
Des ouvertures réfléchies permettent de profiter du sauna tout en contemplant la nature au-dehors.
D'un plan d'eau à l'autre, à la tombée du jour.
À la découverte d’entreprises d’ici
FIER PARTENAIRE DE CONCEPTION DU GROUPE STROM
Depuis plus de 45 ans, LemayMichaud conçoit des univers où architecture et design dialoguent. De l’extérieur à l’intérieur, tout est pensé pour créer des expériences humaines uniques et parfaitement intégrées.
Québec + Montréal + Ottawa lemaymichaud.com
LE BIEN-ÊTRE, VERSION LOOP
Des fruits sauvés, un bien-être profond et des boissons qui font du bien à vous et à la planète. Buvez mieux. Vivez mieux. Choisissez LOOP.
Profitez de 35 % avec le code : STROMSPA35 loopmission.com
LA CAMÉLINE, RICHESSE DU PASSÉ, SANTÉ D’AUJOURD’HUI
Vieille de 6 000 ans, la caméline retrouve sa place dans nos champs chez Signé Caméline, où nous la cultivons et la transformons avec le plus grand soin. Issues d’une agriculture locale, durable et entièrement québécoise, nos huiles de caméline se déclinent en trois différentes versions : la vierge, douce et herbacée; la torréfiée, aux arômes de sésame grillé; et notre nouveauté au goût de beurre, entièrement végane. Intégrez-les en toute simplicité
dans vos recettes du quotidien — rôtis, sautés, salades, légumes grillés, œufs ou popcorn — et elles élèveront chaque plat avec une élégance naturelle. La caméline d’ici : un geste culinaire qui devient un moment de bien-être.
10 % de rabais avec le code : STROM10 signecameline.com
À la découverte d’activités d’ici
LA PROMENADE WELLINGTON, DESTINATION UNIQUE
À 10 MINUTES DE L’ÎLE-DES-SŒURS
Piétonnisée durant tout l’été, la Promenade Wellington est plus qu’une simple rue, c’est une destination qui fait voyager par sa proximité aux berges du fleuve et son offre foisonnante de boutiques, restaurants et cafés.
514 766-6437
Métro De l’Église (Montréal) promenadewellington.com
EXPORAIL
À deux pas de Montréal, Exporail vous plonge dans l’univers fascinant du monde ferroviaire : tunnel immersif, locomotives emblématiques, balades en train ou en tramway d’époque pour une expérience culturelle captivante.
110, rue Saint-Pierre, Saint-Constant (Québec) exporail.org
GOURMAND DE NATURE
À proximité de Montréal, la Montérégie s’étend entre ses villes dynamiques, ses collines, ses panoramas riverains et ses terres nourricières, là où les saveurs façonnent l’identité de la région.
Dégustation de vin dans un vignoble, autocueillette de pommes dans un verger, visite chez un producteur maraîcher, repas à une table champêtre ou à une terrasse branchée : ici, le terroir
se vit autant qu’il se savoure, porté par le savoir-faire de ses artisans passionnés.
Laissez-vous guider par les saveurs régionales : monteregie.ca
LES SEULS
LAC FIDDLER
Depuis 2014
Séjourner avec Chalets Zenya, c’est vivre une expérience thermale intime, de la chaleur à la fraîcheur, en pleine nature, à proximité d’un lac apaisant, à seulement une heure de Montréal.
chaletszenya.com
Invitation réservée aux lecteurs du magazine Strøm. Prolongez la relaxation en famille ou entre amis. Bénéfciez de 15 % de réduction sur votre location et d’un accès gratuit à toutes les activités du Centre récréatif du Domaine du Lac Fiddler.
Scannez le code QR — Code promo: STROM26 Offre non cumulable.