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Je suis une phrase qui avance

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JE SUIS UNE PHRASE QUI AVANCE

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JE SUIS UNE PHRASE QUI AVANCE Benoît de Carpentier – Fabienne Swiatly – Adolphe Bronson – Alex – Ali – El Hadj – Emmanuel – Fernand Fabulet – Fero – Gwé – Marc – Mohamed – Ramos – Sabri C.

OCTOBRE 2019


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LA LUMIÈRE REVIENT ? COMMENT VEUX-TU QUE JE SACHE ? JE NE VOIS RIEN.

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Si x jou r s de photog r aph ie et d’écriture à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône avec un g roupe d’hom mes incarcérés, inscrits à l’activité de manière volontaire. L e projet d’inter vent ion et de création est mené par Fabienne S w iat ly, é cr iva i ne , et B enoît d e C a r p e nt ie r, photo g r aphe , porté par St imultania Pôle de photographie, soutenu par la DRAC et la Région Auvergne-R hôneAlpes, la Fédération des Œuvres Laïques déléguée par le SPIP de la Maison d’arrêt, dans le cadre du programme Culture/Justice. Il est un temps de découverte et de création artistique, favorisant l’émergence d’une œuvre collective conçue par les artistes, réalisée avec et par les participants. Il a lieu en octobre 2019.

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Le premier jour d’intervention est le plus complexe tant sur le plan de l’organisation que sur le plan humain car chaque prison est une citadelle à conquérir. Il faut gérer, patiemment, l’entrée dans les lieux. Plusieurs guichets, portails et portes à passer. Montrer patte blanche et savoir attendre. Une carte d’identité oubliée, un document mal rempli, une liste de matériaux m a n q u a n te o u m a l tr a n s m i s e et l’atelier peut être remis en question. Dès le franchissement de la porte d’entrée, dès qu’on entre physiquement dans la prison, on se sent traversé par q u elq u e c h os e d e lo urd. U n mélange de fatigue et d’appréhension qui peut très vite épuiser l’énergie nécessaire à l’animation. La grisaille s’impose alors il faut se ressaisir. On s’est engagé auprès de ces hommes qu’on ne connait pas. On s’est engagé à les embarquer dans une aventure artistique.

UNE FENÊTRE GRILLAGÉE. JE VOIS LE TRAIN PASSER. JE VOIS LA TOUR DU MIRADOR. TOUT LE MONDE CRIE FORT. JE VOIS DES GENS DEHORS. J’AIMERAIS ÊTRE COMME EUX. ALORS JE ME RETOURNE ET FAIS LES CENT PAS. JE SUIS UN DÉTENU SUR TERRE QUI SORT DE L’ORDINAIRE QUI ESSAIE DE CONSOMMER LA VIE EN MARCHE ARRIÈRE. JE SUIS UNE LUMIÈRE DANS L’OMBRE DE MA CELLULE.

Alors hop, on se secoue un peu. On se balance des blagues et on y va… malgré… malgré.

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Da ns le pre mier sas il faut apprendre à se défaire des objets i nterdits d’e ntré e : télé p h o n e p orta ble, clés U S B, n o urriture, couteaux… Pour franchir le portail de sécurité, il faut se défaire des ceintures, bijoux, m ontres et parfois aussi enlever ses chaussures. Cela prend du temps, de l’énergie. Ensuite il faut apprivoiser les trajets da ns l’éta blisse m e nt : co uloirs, coursives, portes, escaliers… Et attendre que les passages et les grilles s’ouvrent. Il faut apprivoiser également les règles, les contraintes, les imprévus… Entrer pour la première fois dans une prison, c’est physique.

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Le premier jour est aussi celui de la rencontre avec les participants. Les détenus ou les prisonniers, on ne sait pas quel est le bon terme à employer. Heureusement, s’imposera le seul qui soit valable et fraternel. Nous rencontrons des hommes. Des hommes qui viennent à l’atelier pour passer le temps, pour quitter la routine, pour rencontrer d’autres g e n s ,  p o u r o b t e n i r d e b o n n e s appréciations qui peuvent motiver un allègement de peine.

UNE SALLE SOMBRE ET FROIDE DES RAIES DE SOLEIL QUI JOUENT AVEC LA POUSSIÈRE DES TUYAUX IMMENSES QUI ENLAIDISSENT BARREAUX ENTRELACÉS, JE COURS LOIN AUPRÈS DES MIENS.

Certains viennent pour écrire et photographier mais ils ne sont pas la majorité, l’objet de l’atelier n’est pas la motivation principale. Personne n’est dupe. Et certains, même, ont oublié de quoi il s’agissait exactement : ah bon ? On va écrire ?

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Avec B e n oît, ce n’est pas n otre première expérience en prison. Nous avons mené il y a trois ans, un projet à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas. On a déjà vécu cela et pourtant on ne s’habitue pas. Oui, les embarquer dans une aventure créative n écessitera pas m al de patience et une grande capacité d’adaptation. On n’oublie pas qu’ils sont détenus et que cela altère la relation au temps et parfois aux autres, pas au sens entendu par ceux qui nous questionnent, inquiets : vous n’avez pas peur ? Sincère m ent, on n’éprouve aucune crainte quant à une possible violence contre nous. Aucune raison à cela. Notre vraie crainte réside plutôt dans le manque d’envie, d’empathie ou de motivation des participants. Le ventre mou de tous les ateliers de création. Alors notre défi sera celuilà  : réveiller leur curiosité ! Sans oublier que la grande différence entre eux et nous, c’est qu’à la fin de la journée, on récupérera nos affaires à la consigne, on franchira librement les sas et la porte de sortie, on rentrera dans nos voitures et on exécutera un geste banal que tous les détenus nous envient  : démarrer sa voiture, faire vrombir le moteur et prendre la route. Oui, chaque soir, on quittera la prison même si celle-ci ne nous quittera pas si facilement. Présence entêtante. Tous les soirs, avec Benoît, on ne parle que de ça.

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ÇA COMMENCE PAR DES HISTOIRES SÉRIEUSES, GÊNANTES ET TRISTES. ON LES ENTEND MAIS ON NE LES ÉCOUTE PAS TOUJOURS. LES MOTS SONT COMME UNE MÉLODIE, PARFOIS DURE, PARFOIS DOUCE... MA PENSÉE, LA SEULE CHOSE QU’ON NE PEUT PAS M’ENLEVER. GRÂCE À TOI PENSÉE, JE PEUX VOYAGER, AIMER ET ME DIRE TOUT CE QUE J’AI ENVIE. PENSÉE, TU ES LA SEULE CHOSE DONT ON NE PEUT ME PRIVER. GRÂCE À TOI, JE ME SENS LIBRE...

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JE SUIS UNE PHRASE QUI AVANCE JE SUIS UNE BALLE QUI VIOLENTE JE SUIS UNE LUNE QUI ÉCLATE LA RUE. JE SUIS UN FOU PERDU SUR UN ÉCHIQUIER JE SUIS UN CRAYON QUI TRACE SON CHEMIN JE SUIS LIBRE D’ESPÉRER. JE SUIS CELUI QUI NE SAIT PAS JE SUIS CELUI QUI NE FAIT PAS JE SUIS CELUI QUI N’EST PAS LÀ. JE SUIS RONALDO LE VOYAGEUR JE SUIS RONALDO QUI PREND LE LARGE JE SUIS RONALDO QUI PREND LE TEMPS DE LA RÉFLEXION. JE SUIS LE MÉCHANT LION JE SUIS LE DÉVOREUR DE GAZELLES JE SUIS CELUI QUI SURGIT. JE SUIS UNE LUMIÈRE DANS L’OMBRE DE MA CELLULE JE SUIS L’HOMME QUI AIME SA FAMILLE JE SUIS UN GITAN, ON M’APPELLE FILS DU VENT. JE NE SUIS QUE MOUVEMENT JE NE SUIS QU’UN HOMME JE SUIS CELUI QUI POURRA. JE SUIS UN DÉTENU SUR TERRE QUI SORT DE L’ORDINAIRE.

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Démarrage de l’atelier. Salle banale et acoustique fatigante. Ronronnement o m ni prés e nt d e l a ve nti l atio n. Fenêtres bloquées, impossible d’ouvrir. Dehors reste dehors. Ils sont là, seize au total, dont une douzaine for m eront le noyau dur sur lequel on pourra compter et qui s’investira dans le projet. Petit à petit, le groupe devient un rassemblement d’individus, jeunes et m oins je u n es ave c c h a cu n sa personnalité. Parfois des bribes de leur histoire personnelle nous seront confiées. Parfois ils raconteront les raisons de leur incarcération, leur condition de vie, leur vie d’avant – celle du dehors. Parfois cela traversera leurs écrits ou pas. Certains plus discrets. La première séance débute avec Matilde Brugni de Stimultania autour du jeu de médiation LES MOTS DU CLIC. Un choix de cartes pour aiguiser son regard face à une photo et qui permet, ensuite, d’affiner ses commentaires. Apprendre à voir. Apprendre à dire. Temps d’échange qui fait naître ce texte collectif :

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NOIR ET BLANC. CIGARETTE. IL EST TRISTE, PERSONNE NE VEUT DE SES FLEURS. IL A PEUR DU PASSÉ. QU’EST-CE QUI EST RÉEL ? LA LUMIÈRE C’EST IMPORTANT POUR L’OMBRE. IL EST PERDU. IL EST SUSPENDU. IL NOUS MONTRE QUELQUE CHOSE. IL EST SOUILLÉ PAR LA COULEUR. BALANCEMENTS. IL TIENT UN MIROIR. IL VEUT NOUS RENDRE FOU OU ALORS IL DEMANDE DE L’AIDE. C’EST ÇA : IL A CHUTÉ. IL Y A DE LA DIRECTION DANS SON REGARD. IL Y A DE LA DÉCEPTION. C’EST UNE HISTOIRE DE LA SOCIÉTÉ. PEUT-ÊTRE QU’IL REMONTE. PEUT-ÊTRE QU’IL DESCEND. IL VEUT QUITTER LA BOUE. IL VEUT RETROUVER DE LA HAUTEUR.

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J’ai décousu les baleines en acier de mon soutien-gorge. Cela ne sonnera plus quand je passerai le portique de sécurité. Benoît manipule avec précautio n so n alar m e portative individuelle (API) car la veille, nous avons vu surgir, d’un coup, plusieurs surveillants inquiets et fébriles parce son alarme avait sonné (nous n’avions rien remarqué). Et ce sera l’objet d’un stress quotidien, redresser l’API pour ne pas la faire sonner. Une bonne partie de notre matériel a été rentrée, et surtout on a fait le point la veille sur les dispositifs qui ont marché ou pas pendant cette première journée. On associe mieux visages et prénoms et une certaine confiance s’est instaurée entre nous et les participants. On a réussi à les mettre à l’œuvre même s’il a fallu composer avec les allées et venues tout au long de l’atelier, avec les difficultés de concentration de certains et avec leur incessant besoin de bouger, de marcher, d’échanger des infos, de divaguer… Sauf celui qui s’endort sur sa chaise, le corps lourd en médicaments. On laisse faire. Il est là et d’ailleurs tout à l’heure, il écrira quelques phrases brèves qui s’inquiètent de l’état du monde. Et ils se mettent au boulot, à leur façon… Nous devons garder à l’esprit que le temps de l’atelier a été pris sur le temps précieux de la promenade. Faire écrire… Photographier… Se mettre en phrases. Se mettre en jeu. Souffler sur une plume. Lire un poème. Jouer des ombres et de la lumière. Benoît est content, le groupe se prête plutôt bien aux mises en scène proposées. Des images prennent forme.

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Le soir, il sublime sur son ordi les photos prises et moi, je mets au propre les textes. Concentrés. Puis on parle de ce qui a eu lieu. Puis on doute à nouveau sur le jour d’après et sur ce qui va sortir de tout cela. Six jours, c’est peu. Et comment raconter l’implication dans un texte qui peut paraître banal, hors contexte ? Comment partager la difficulté de s’exprimer avec des mots fragiles à l’orthographe incertaine ? Comment raconter la magie d’un silence qui s’installe avec toutes les têtes baissées sur la feuille et la main qui fait avancer les mots et les phrases ? Comment raconter la difficile mise en place d’un dispositif photo  : une rallonge trop courte, une fenêtre difficile à obscurcir, un effet qui ne donne pas le résultat escompté ? Comment raconter le présent ? Le maintenant ? S’écrire – photographier. Se poser sur une feuille et dans le cadre de l’objectif. Petits pas. Donner à lire, donner à voir. Temps morts, forcément. Photos floues, forcément. Creux de vague et hors cadre du temps. Et puis les pépites. Les surprises. La force d’un instant de vérité. Sublim er sans m entir, c’est notre travail à Benoît et à moi.

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ÇA IRA MIEUX, DEMAIN. FORCÉMENT MIEUX. ÇA NE PEUT PAS ÊTRE PLUS DÉSESPÉRANT. OU ALORS CE SERAIT L’ANÉANTISSEMENT DE MON CORPS DE MON ESPRIT. RÉSISTANCE, RÉSILIENCE, ÇA IRA MIEUX ! RENAISSANCE, RÉVÉLATION ; ÇA IRA MIEUX, FORCÉMENT MIEUX. DEMAIN EST À TOI. CROIS-EN CE QUE TU VEUX FAIRE DEMAIN. HIER EST LOIN, DEMAIN EST PROCHE, AGRIPPE-TOI À LUI.

JE NE SUIS QU’UN HOMME JE NE SUIS QU’UN MOUVEMENT JE SUIS COMME L’OHM JE SUIS LE RÉSISTANT LIBRE ! JE SUIS CELUI QUI VEUT JE SUIS CELUI QUI AURA JE SUIS CELUI QUI PEUT JE SUIS CELUI QUI GAGNERA LE SILENCE PÈSE... LE TEMPS EST LONG... UN MANQUE D’AMOUR SE RÉVEILLE...

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HIER, JE N’ÉTAIS PAS BIEN. TOUT IRA MIEUX LE JOUR OÙ JE SORTIRAI DE CET ENFER. TOUT SERA MIEUX QUAND JE SERAI À NOUVEAU AU MILIEU DE MES SŒURS, MES FRÈRES, MES ENFANTS, MA FEMME, MA MÈRE. MA MÈRE, MON ÉTOILE. MA MÈRE QUI A TANT FAIT, QUI A TOUT DONNÉ POUR MOI. MA MÈRE QUI EST UNE PERLE RARE. DEMAIN, ÇA IRA MIEUX. LES OISEAUX S’ENVOLENT DANS UN ÉLAN VERS LE CIEL ET JE LES REGARDE PARTIR.

JE PENSE À TOUS CES ÊTRES OUBLIÉS PAR LE SYSTÈME, CONFINÉS DEPUIS DES DÉCENNIES DANS LES GHETTOS POUR QUE LEURS CULTURES NE PUISSENT SE MÉLANGER. JE PENSE À TOUS CES ÊTRES OUBLIÉS QUI ONT MAL, MAL DANS LEUR CHAIR, PARCE QUE JE SUIS HOMME, ET RIEN DE CE QUI EST HUMAIN, NE M’EST ÉTRANGER.

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Grandes feuilles blanches, pinceaux, rouleaux et encre.  Après avoir écrit un poème, il est l’heure d’en extraire un mot, une phrase pour la calligraphier. Dans le restreint de la salle, on partage l’espace. On prend le temps de se concentrer. Fermer les yeux. Diriger son regard vers l’intérieur. Laisser le mot choisi résonner dans son corps. Silence. Oublier les autres bruits. On y va. Les m ains hésitent, puis l’encre s’étale dans l’énergie du mouvement… On répète plusieurs fois le même geste. Yeux ouverts, yeux clos. Apprendre la lenteur. Production. Accumulation. Les feuilles jonchent le sol. Laisser l’encre sécher. À nouveau, on oublie un peu le temps, le lieu… Un peu. Les traces serviront à la prochaine séance photo. Peut-être. Pour Benoît, il y a toujours l’inquiétude que le dispositif inventé sur le papier, dans la quiétude de son bureau, de sa maison, ne fonctionne pas sur place. Et parfois, l’effet attendu n’est pas au rendez-vous. Il faut alors réajuster. Pas simple. Pas commode. Flottement, hésitation, doute… comme pour toute activité de création, mais ici, le temps nous est compté.

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NOUS PARLONS PEU MAINTENANT ON CONTINUE À PENSER DANS L’OBSCURITÉ NOUS PARLONS PEU MAINTENANT JE CONTINUE À ME LAISSER GUIDER PAR MON CERVEAU NOUS PARLONS PEU MAINTENANT SANS CESSE DANS LA RÉFLEXION DEMAIN ÇA IRA MIEUX PLEIN D’ÉNERGIE ET D’AMBITION. NOUS PARLONS PEU MAINTENANT MON OMBRE À TRAVERS LE VENT SOUFFLANT.

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L’ODEUR DE L’ENCRE L’ARAIGNÉE SOUS LE PLAFOND LA CHAUSSETTE SUR LE FIL LE COURAGE DU LION AUJOURD’HUI J’AI NOTÉ LE MOT FIER UNE FEUILLE QUI TOMBE LE VENT QUI SOUFFLE MAMAN QUI ME PARDONNE LA GRENADE QUI FAIT BOUM LE CRAYON QUI ÉCRIT LA GOMME QUI EFFACE LE FAUX LE MOT QUI FAIT LA PHRASE LE CHIFFRE QUI FAIT LE NOMBRE LA COLÈRE QUI TUE LE MONDE LA FOURMI QUI PARLE LE RÉSEAU QUI EST FAIBLE LE GARDIEN QUI PLONGE LE TRÉSOR QUI EST PERDU LE LOUP QUI MENACE

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ÉCRIRE COMME SI... ET JE RESTE BLOQUÉ AU FOND D’UNE BOÎTE. ÉCRIRE COMME SI J’AVAIS PERDU MON IMAGINATION. ÉCRIRE COMME SI JE NE VOYAIS PLUS LA LUMIÈRE DU JOUR.

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Le clic du pad des ordis. L’imprimante qui imprime. On travaille côte à côte – Benoît et moi. L’un aux textes, l’autre aux images. Installés à la table du logement – Airbnb, dans le centre-ville de Villefranche (dehors il pleut et pleut) – nous travaillons à donner for m e a u x i m a g es et a u x tex tes fabriqués par les détenus depuis plusieurs jours. Valoriser ce qui a été fait sans dénaturer. Notre travail équivaut à celui des exhausteurs de saveur dans la cuisine. Une substance qui, sans en modifier le goût, intensifie la perception gustative de l’aliment. Aujourd’hui, le passage du sas a été plutôt ra pid e m ais q u elq u e c h o s e d’é p u i s a n t,   p h y s i q u e m e n t et m orale m ent, à passer tous les portiques, grilles et sas… La crainte d’avoir oublié un objet interdit dans les poches ou le sac. Enlever ses chaussures, sa ceinture. Remettre ses chaussures, sa ceinture. Emporter les cartons, les sacs, les livres, le papier, le matériel. Se tordre le dos. Porter. Trimballer. Poser. Porter à nouveau. Oui les ateliers en prison sont physiques. On sort fourbus.

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Et quand ça râle trop dans nos têtes, se dire qu’on a cette chance formidable de pouvoir sortir tous les soirs. De prendre le volant de la voiture, écouter la radio puis ranger la voiture au bas de l’immeuble. Chaque soir d’ailleurs, on hésite entre rentrer directement à l’appartement ou marcher dans les rues voire même la tentation d’un film au cinéma. Et puis non, on retourne à l’appartement, on se met au travail – bon qu’à ça comme dirait Samuel Becket.

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JE SUIS LE ROI DU MONDE JE SUIS LE ROI DES ANIMAUX JE SUIS LE ROI DES CONS... UN PERSONNAGE ASSIS NOYÉ DANS SES PENSÉES SES YEUX REGARDENT LA RIVIÈRE SON CORPS EST TENDU ET SUR SON VISAGE TRISTE LA LUMIÈRE DU JOUR REVIENT.

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Aujo urd’hui il a fallu gérer u n imprévu : une seule salle de libre pour les deux ateliers. Une douzaine de mètres carrés pour accueillir une quinzaine de personnes. On décide de ne pas désespérer. On pousse les tables à défaut de pousser les murs. Dans un coin on installe l’atelier écriture, dans un autre coin l’atelier cyanotype, un procédé photographique, ancien, monochrome, qui permet un tirage photographique bleu cyan. Donc un coin pour enduire les supports, un coin pour séchage au sèche-cheveux, un coin avec UV et lunettes sur les yeux, un coin écriture, lecture, stylos, crayons, papiers.

ROUTE, UN ENDROIT, UNE DIRECTION SANG, LA VIE, LA COULEUR ROUGE NUIT, L’OBSCURITÉ, LES TÉNÈBRES NOIR, LE NÉANT, L’ESPACE, LE VIDE MOI, UNE PERSONNE QUI CHERCHE.

Et on écrit et on fabrique. C’est un peu fou mais cette proximité, étonnamment, nous met tous au travail. On oublie (il me semble) le contexte. On crée, on se réinvente et ça fait du bien. On rit pas mal aussi. À tel point que le lendemain, le gymnase nous paraitra soudainement très grand. Trop grand.

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UN COLLÈGUE QUI ÉCRIT UNE PHOTO ABSTRAITE L’ODEUR DES COULEURS « CARACTÈRES QUI PASSENT » LES LIVRES SUR LA TABLE MILLE CERCLES AU PLAFOND L’APPAREIL QUI ACTIONNE LES MONDES QUI RASSEMBLENT PLUSIEURS LIGNES SUR LE SOL L’HEURE QUI TIQUE LE CŒUR QUI PENSE LA PHRASE QUI S’AVANCE LA MAJUSCULE QUI COMMENCE L’ÉLECTRICITÉ QUI FONCTIONNE

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UN GYMNASE PAS ÉCLAIRÉ. DES FENÊTRES COUVERTES DE BÂCHES NOIRES SEULE LA LUMIÈRE DU JOUR TRAVERSE L’ESPACE. BANDES DE LUMIÈRE AU SOL. LE PROJECTEUR ÉCLAIRE LE RÉTROPROJECTEUR STUDIO PHOTO IMPROVISÉ JE SUIS SUR LA TOUCHE. UN GYMNASE GRAND ET FROID DES JEUX DE LUMIÈRE À TRAVERS LES RIDEAUX. AU-DELÀ DES BARREAUX JE VAGABONDE, SUR LA ROUTE AVEC MA CARAVANE.

LE SILENCE PÈSE... LE TEMPS EST LONG... UN MANQUE D’AMOUR SE RÉVEILLE... LA LUMIÈRE EST TOUJOURS LÀ L’ESPOIR EST EN MOI. LES REVOIR, LES ENTENDRE... « M’ENIVRER » D’ELLE

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UN PERSONNAGE UN PHOTOGRAPHE UNE PEINTURE DE L’IMAGINATION UN PROJET EST LANCÉ ! L’ARTISTE EN NOUS SE RÉVEILLE LA MAGIE EST NÉE

À TRAVERS UN CARREAU, LES FAISCEAUX LUMINEUX DU SOLEIL ÉCLAIRENT LA SCÈNE. UN TABLEAU ONDULE ET LAISSE DEVINER DES FORMES L’INTERPRÉTATION SUGGÈRE L’IMMENSITÉ JE ME PERDS DANS CETTE DIVERSITÉ.

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Et m algré les i m prév u s, m algré les difficultés, l’émotion s’invite toujours ou plutôt la vie. Et ce dernier jour, ce sera magique. Nous sommes assis en rond sur le grand tapis emprunté au culte musulman, en attendant de partager le goûter et de tout ranger. L’ambiance est particulière, ça sent la fin… On est assis autour de Fernand, le gitan, et il nous chante a capella, de sa belle voix de ténor, un chant qui convoque le plus humble des oiseaux et pourtant si fragile car en voie de disparition :  le moineau.

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J’AIME FAIRE ENTENDRE MA VOIX. CHEZ NOUS, LES GENS DU VOYAGE, ON M’APPELLE POUR CHANTER. POUR UN MARIAGE. POUR UNE NAISSANCE... DANS LE MOT VOIX, IL Y A DE L’AMOUR.

SAINTE-MARIE DE LA MER, DES FLAMANDS ROSES S’AMUSENT AVEC LEURS PETITS PUIS S’ENVOLENT DANS UN ÉLAN VERS LE CIEL ET JE LES REGARDE PARTIR. UNE PLAGE DE SABLE FIN ET BLANC UN LAGON BLEU, UNE TERRE NOIRE DES PETITS BATEAUX DE PÊCHEURS UN CIEL À L’INFINI MON REGARD SE PERD DANS LES FLOTS. LA MER EST BLEUE AUCUNE VAGUE LE SOLEIL BRILLE AU-DESSUS JE MANGE DES SARDINES GRILLÉES.

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Il chante et nous autres qui formons u n s e ul et u niq u e gro u p e,  n o u s écoutons. Oublieux du lieu et de ce qui nous y réunit. On reçoit un chant offert. C’est alors, incroyable surgissement de la réalité, qu’un moineau volète au-dessus de nos têtes. Il nous survole pas même effrayé. Com ment est-il rentré ? Qu’importe. C’est un cadeau… Car à ce moment-là, nous tous, malgré le dur de la vie, malgré les barreaux, malgré les surveillants… Un bref moment. Nous avons été heureux. Heureux.

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IL NE SUFFIT PAS DE GRAND CHOSE POUR SAUVER QUELQU’UN. PARLER. VOIR LE DÉSESPOIR DANS SES YEUX.

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Ultime séance de travail. Benoît lance un dispositif dit « Le photographe aveugle ». Les yeux bandés, il faut p h oto gr a p h i er u n m o d è l e e n s e laissant guider par un participant complice. Un troisième photographie la scène. Hors-champ. Hors cadre. Laisser faire le hasard qui toujours nous propose des pistes d’exploration étonnantes. Apprendre à se défaire de certains savoir-faire qui corsètent l’expérimentation. Le hasard nous ressemble. Pendant ce temps, avec les autres participants nous rassemblons les textes. Chacun signe une autorisation ou non autorisation d’exploitation de son image. On prend également le temps de noter les adresses de ceux qui seront sortis le jour de la restitution prévue en février. Tout passe si vite. Et bientôt l’atelier sera terminé. On se serre la main. On ne dit rien de plus. Nos ventres sont noués. C’était bien ! Oui, c’était bien.

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L’accès à la culture est en premier lieu un droit fondamental, au même titre que l’éducation ou la santé. Et les personnes détenues font partie des publics qui en sont le plus éloigné. En plus d’être un droit fondamental, la culture est un formidable vecteur d’ouverture et d’échanges, et, à ce titre, elle contribue à la prévention de la récidive. Au-delà des valeurs qu’elle porte, la culture a un effet éducatif en termes de revalorisation de l’estime de soi, d’acquisition de compétences, et même d’approfondissement de savoirs de base. C ’e st pou rquoi, soutenu s pa r la direction interrégionale des services pénitentiaires, la DRAC et le service culturel de la Région, les établissements pénitentiaires du Rhône et le SPIP 69 se sont liés à la FOL 69, dont c’est le métier, pour s’employer à faire vivre la culture sous des formes les plus variées dans nos prisons. M. Laurent Theoleyre, directeur du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation du Rhône

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La culture est un formidable moyen d'éveiller les consciences, d'agir sur les comportements, de construire le citoyen. C'est la raison pour laquelle le SPIP 69 et la FOL 69 élaborent une programmation culturelle en maisons d'arrêt qui vise à donner des repères, ne pas perdre le lien avec la société, activer le miroir dedans/dehors, car la culture doit aider à conserver ces liens vers l'extérieur. Cette programmation est soutenue par le Ministère de la Justice, la DRAC et la Région. Par les actions mises en œuvre, les partenaires veillent à diversifier les disciplines artistiques (art plastique, théâtre, musique, danse, image,...) et à décliner à l’intérieur des établissements les évènements locau x, dépa r tementau x et rég ionau x, sou ha it a nt que la population pénale puisse bénéficier d’une certaine forme d’un service culturel public. Mme Sylvie Rivol, secrétaire générale à la FOL69

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Stimultania travaille en milieu carcéral depuis 2016, invitant des duos d’artistes aux disciplines différentes à créer des œuvres collectives avec des hommes en détention. Donner le statut d’œuvre à la production réalisée par des artistes professionnels avec des amateurs n’est pas commun, mais cela pousse l’implication et la responsabilité de chacun. Les artistes arrivent avec leur d é m a r c h e , le u r i nt e nt i o n e t cette fragilité liée au processus de création. Face à eux, il y a des hommes, inscrits à l’activité pour des raisons diverses, qui ne savent rien ou presque de ce qui va leur être proposé. Ils sont là, ils attendent. On comprend facilement le trac : intervenir en prison, cela ne va jamais de soi. Ce n’est pas tant les portes, les salles étroites, l’ambiance, la tension que cette question là : qu’allons-nous proposer à ces hommes ? Qu’est-ce qui va les embarquer ? En tant que structure culturelle qu i accompag ne le projet, ce trac nous le connaissons bien et nous le partageons. Il donne aussi le goût d’avancer, d’évoluer, d’expérimenter. Nous avons invité Fabienne Swiatly et Benoît de Carpentier parce que nous aimons leur manière d’être et de travailler. Avant leur première expérience à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, en 2017, nous les connaissions séparément mais eux ne s’étaient jamais rencontrés. Nous avons cru en leur duo. De fait, ils se sont entendus et compris. Il y a quelque chose de très complémentaire chez ces deux là. Chacun tient son

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« rôle » – photographie, écriture – mais ils s’invitent aussi dans le champ de l’autre et offrent une expérience dense et unique à ceux qui sont amenés à créer avec eux. Nous les avons invités aussi en nous disant cela : le fait d’avoir eu une première expérience en prison permettra, peut-être, de faciliter l’approche. Être débarrassé de certains fantasmes qui parasitent pour ne rester concentré « que » sur la part artistique et sur la relation humaine. Être débarrassé des clichés, même si l’on sait que l’aléatoire reste de mise et les conditions de travail difficiles. « On ne s’habitue pas » dit Fabienne. Pour avoir été là au début et à la fin, je peux témoigner de l’énergie qui s’est dégagé de ce groupe là. Une énerg ie simple et solide. Fabienne Swiatly et Benoît de Carpentier ont cette belle capacité à s’approcher des gens. À casser des barrières bien naturelles pourtant lorsque l’on rencontre celui que l’on ne connaît pas. Face à eux, il y avait des hommes ouverts et impliqués, qui n’ont pas hésité à se laisser guider et à donner. Ainsi, les personnalités se sont mêlées pendant deux semaines autour de la photographie et des mots, baignant dans une complicité palpable lors de la dernière séance. Une complicité installée sur un temps si court, quand on y pense, mais la création partagée produit souvent cela : elle simplifie les rapports, les rend directs et évidents. Matilde Brugni, responsable des publics à Stimultania

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BENOÎT DE CARPENTIER Diplômé de l’École Supérieure des Arts Décoratifs (ESA D) de Strasbourg, section peinture en 1989, Benoît de Carpentier est un photographe plasticien. Ses œuvres mêlent réalité et onirisme, parfois introspectives parfois tournées vers l’autre, souvent philosophiques et picturales. En 2002 et 2004 il reçoit l’aide à la création de la DRAC Alsace pour des projets autour du paysage, de l’architecture. Il expose régulièrement ses travaux, principalement à Strasbourg et Paris. Il enseigne la photographie et anime des projets photographiques en milieu scolaire de la primaire au secondaire. www.benoitdecarpentier.com

FABIENNE SWIATLY Elle écrit de la poésie, du théâtre, des romans. Elle écr it depu is toujours pour se tenir debout dans un monde qui vacille si souvent. Faire écrire les autres pour qu’à leur tour, ils disent leur monde. Alors elle vient avec ses livres, ses écrits, là où on l’invite. Partager. Dernières parutions : « Boire et plus » , éd. La fosse aux ours. « Elles sont au service », éd. Bruno Doucey. www.latracebleue.net

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STIMULTANIA PÔLE DE PHOTOGRAPHIE D e p u i s 1 9 8 7, S t i m u l t a n i a Pôle d e photo g r aph ie e st au carrefour des interrogations de ce monde. Stimultania défend une photographie en prise avec l’ H o m m e , u n e p h o t o g r a p h i e debout, investie, sans distance frileuse, vive et écorchée. Son objectif : faire découvrir – dans les meilleures conditions – des œuvres photographiques et donner au regardeur la possibilité de vivre des ex pér iences indiv iduelles et collect ives, d’ex pr imer des critiques. Stimultania travaille dans le champ de l’éducation à et par l’image photographique en développant notamment un outil pédagogique innovant, les mots du clic. L ieu unique pour ne pas d ire mythique, le premier établissement de Stimultania, fondé en 1987 à Strasbourg, est un lieu d’exposition et un pôle de ressource. C’est aussi un espace de rencontre, de liberté et parfois de résistance. Le second établissement, ouvert en 2014 à Givors, est déd ié à l’accompagnement des résidences d’a r t i ste s et à l a pr o duct ion d’œuvres collectives. Stimultania édite « Expérimentat ions splend ides, utopies et photographie citoyenne », première revue de récits d’expériences et de réflexions autour des rencontres entre artistes photographes et publics. www.stimultania.org

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JE SUIS UNE PHRASE QUI AVANCE Les photographies et les textes ont été réalisés par Adolphe Bronson, A lex, A li, El Hadj, Emmanuel, Fernand Fabulet, Fero, Gwé, Marc, Mohamed, Ramos, Sabri C. Intervention artistique conçue par Fabienne Swiatly, écrivaine, et Benoît de Carpentier, photographe. Portée par Stimultania Pôle de photographie. S o u t e n u e p a r l a D R AC e t l a Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Fédération des Œuvres Laïques déléguée par le SPIP de la Maison d’arrêt, dans le cadre du programme Culture/Justice.

MERCI À Camille Javelle, coordinatrice en charge des projets culturels à la Maison d’arrêt de Villefranchesur-Saône, pour la Fédérat ion des Œuvres Laïques déléguée par le SPIP de la Maison d’arrêt de Villefranche-Sur-Saône. Julien Bernard, directeur adjoint de la maison d’arrêt de Villefranchesur-Saône. Agnès Christophe, responsable de la section action sociale, culturelle et sportive, DISP Lyon Aux participants pour leur grande implication, la qualité de leur présence et de leur production.

Récit d’expérience : Fabienne Swiatly Graphisme du livre : Matilde Brugni, responsable des publics et Juliette G a nt e i l l e ,  c h a r g é e d e s o u t i l s g r aph ique s et pédagog ique s à Stimultania.

Impression numérique sur papier munken polar ID 150 g, couverture sur papier munken pure ID 300 g. Printot-Ixo Imprimeurs, Wasselonne Février 2020. Édité en 70 exemplaires numérotés :   /70

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BenoĂŽt de Carpentier Fabienne Swiatly Adolphe Bronson Alex Ali El Hadj Emmanuel Fernand Fabulet Fero GwĂŠ Marc Mohamed Ramos Sabri C.

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