Le magazine de l’Association suisse des paraplégiques I Hiver 2021
Tout schuss sur l’or blanc
En toute franchise: Je craignais un impact sur ma vie sociale. EVA, pratique l’ASI
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ÉDITORIAL
Chères lectrices, chers lecteurs, En ces temps inédits et éprouvants, beaucoup refusent la morosité et le repli sur soi. C’est aussi le choix de l’ASP. La période actuelle nous pousse à nous rapprocher de nos membres et à resserrer les liens avec les représentant·e·s des clubs afin d’être toujours à l’écoute et d’apporter soutien et assistance en cas de besoin. Ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de rencontrer personnellement de nombreux membres, de repenser l’ASP au sein de groupes de travail et de participer à des événements et des célébrations. C’était des moments passionnants prouvant que, comme le décrivent les présidentes et les présidents des clubs en page 8, nous ne nous laissons pas abattre.
«Le sport fait avancer»
Japon – et elle est rentrée en Suisse en héroïne. Pendant les deux semaines paralympiques, les athlètes – féminins et masculins – nous ont offert des moments émouvants et inoubliables. Cela mérite notre respect et nos remerciements! Les sportifs et les sportives sont des modèles importants et ils sensibilisent notre société. Le sport n’est pas (seulement) une question de médailles, mais de santé, de bien-être et de plaisir de bouger. En lisant par exemple le reportage sur la jeune basketteuse Mirjam Waller ou l’entretien avec le professeur de ski Sepp Zemp, vous ne pourrez que constater à quel point le sport inspire. Espérant que vous apprécierez la lecture de ce numéro, je vous souhaite de joyeuses fêtes et un bon départ dans la nouvelle année. Je me réjouis de continuer à construire avec vous en 2022.
Le sport fait bouger les gens, mais c’est aussi une importante école de vie qui fait Cordialement, naître de grandes émotions et tisse des liens. Nous avons vécu tout cela lors des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 cet été. Animée par la passion et des objectifs Laurent Prince, Directeur clairs, la délégation a rejoint le lointain
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Paracontact I Hiver 2021
IMPRESSUM
SOMMAIRE
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Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Laurent Prince, Gabi Bucher, Nadja Venetz, Felix Schärer, Roger Getzmann, Daniela Vozza, Michael Bütikofer, Tina Achermann Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos ASP, FSP, Adobe Stock, Fondation Étoile filante, Mirjam Waller, Nico Schmid, Andi Gautschi, Jodlerklub Nottwil, Carlo Marti, Urs und Susanne Blöchlinger, Swiss Paralympic/Gabriel Monnet, Keystone/ Ennio Leanza, Nora Frohofer, Viesturs Lacis, ParaRomandie, Matthias Lötscher, Markus Binda Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition printemps 2022: close Édition été 2022: 14.2.2022 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français Nous utilisons une écriture inclusive, mais devons parfois adopter la forme féminine ou masculine sans discrimination de genre, afin d’alléger le texte. Les articles publiés sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. L’opinion des auteurs externes ne reflète pas toujours celle de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.
Paracontact I Hiver 2021
AVANCER ACTUALITÉS 6 ÉCLAIRAGE À l’écoute des CFR 8 RECETTE DE NOËL Délicieuses amandes au chocolat 9 NOS PARTENAIRES Un grand merci! UN VŒUX EXAUCÉ Fondation Étoile filante
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CONSEILS VIE CONTRIBUTION D’ASSISTANCE Comment devenir employeuse? 12 ÉCHANGE PROFESSIONNEL Congrès DMGP Mobilité 15 CONSEILS JURIDIQUES DÉVELOPPEMENT CONTINU DE L’AI Système de rentes linéaire dès 2022 16 MÉDECINE ET SCIENCES MÉDECINE GÉNÉRALE Paralysie médullaire
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CONSTRUIRE SANS OBSTACLES UNE FAMILLE SOUDÉE Retour à la maison 20 CULTURE ET LOISIRS TOUR EN ZIESEL Le seigneur des montagnes
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LES BRÈVES DE CL 24 BON PLAN ESTIVAL Une succession de temps forts 27 PARAVACANCES 2022 Vive les vacances! COURS DE MOBILITÉ Une première en Suisse romande Découvrir: Rheinfelden
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT TOKYO 2020 Plus que de simples médailles 30 SÉRIE 4/4: TOKYO 2020 Des conditions très différentes 33 LES BRÈVES DE SSFR 34 SÉRIE 4/4: ARMÉE SUISSE Plus de professionnalisme 36 LES FEMMES AU CŒUR DU SPORT Entraîneuse pour le sport en FR 37 GIRO SUISSE 2021 Le meilleur du sport pour tous 38 MÉDAILLÉ·E·S DE L’ANNÉE Dans le peloton de tête 39 GROS PLAN DIVERS 40 L’ENTRETIEN Sepp Zemp 42 DISTINCTION Paralysés médullaires de l’année 46 NOS ALLIÉS Le gardien des dragons 49 À VOS CÔTÉS Karin Paganini 50
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RUBRIK ACTUALITÉS
L’ÉCRITURE INCLUSIVE
FÊTE CENTRALE
Un enjeu devenu réalité
Tirage au sort Hollister
Toute langue dite vivante évolue constamment avec son époque. En tant qu’entreprise inclusive au service des personnes ayant un handicap, il nous paraissait évident et nécessaire d’appliquer cette nouvelle forme d’écriture égalitaire et non discriminante, dont le but est de ne laisser personne de côté. L’emploi systématique de la forme masculine, qui peut sembler anodin à la plupart des gens, est bien souvent insidieux, et ne donne pas assez de visibilité aux autres genres.
Le sponsor principal de la Fête centrale s’est montré très généreux. Malgré l’annulation des festivités, Hollister a maintenu son tirage au sort si prisé. Tout le monde a pu tenter sa chance sur une plateforme en ligne. Nous adressons toutes nos félicitations aux heureuses et heureux gagnant·e·s et remercions vivement Hollister. Nous vous communiquerons dès que possible la date de la prochaine Fête centrale.
Or comment manier cette nouvelle langue sans tomber dans la lourdeur, l’illisibilité, voire le ridicule? Pour éviter cet écueil, nos traductrices ont suivi une formation. Elles ont ainsi appris que l’ordre alphabétique était l’usage le plus courant (mais aussi le plus étonnant, pour qui en ignore la logique). On dira donc: «Mesdames et Messieurs» et «Celles et ceux», mais «Les directeurs et les directrices» et «Tous ceux et toutes celles» … Par ailleurs, à chaque fois que cela est possible, on féminisera les noms de titres et de métiers et on tentera d’éviter les pronoms genrés en privilégiant les formulations neutres. Voici en gros les bases que nous utilisons dans nos publications. L’évolution étant encore récente, il nous faudra du temps avant de pouvoir maîtriser totalement l’écriture inclusive. Nous vous remercions par avance de votre indulgence quant à notre nouveau style. 6
VOYAGES EN CAR
Nouveau partenaire Vous prévoyez une excursion de groupe en 2022? La société Gössi Carreisen AG, notre nouveau partenaire dès le 1er janvier 2022, vous fera volontiers une offre.
NOUVEAU PERSONNEL
Rita Häfliger du département Culture et loisirs est à votre disposition (au 041 939 54 25) pour répondre à toutes vos questions et demandes de renseignements. Compagnie d’autocars www.goessi-carreisen.ch Nico Eigenmann, Tél. 041 340 30 55 Courriel nico@goessi-carreisen.ch
SWISS OLYMPIC
«Are you ok?» «Tu vas bien?», demande la nouvelle campagne de Swiss Olympic. Avec «Are you OK?», l’organisation faîtière attire l’attention sur les situations qui, dans le milieu du sport, peuvent être éprouvantes ou blessantes. La campagne de sensibilisation entend inciter les athlètes à signaler les dérives éventuelles et à se faire aider. Plus d’infos sur la campagne www.swissolympic.ch/areyouok
Yannick Gloor ICJ
Depuis juillet, Yannick Gloor conseille nos membres sur les questions juridiques. Il a étudié le droit à l’Université de Berne, se spécialisant en droit pénal et en crimi nologie. Il a ensuite effectué divers stages juridiques et en 2021, a obtenu son brevet d’avocat. Actif Ce Biennois aime se défouler en pratiquant le kick-boxing. Récemment, il a aussi découvert l’escalade. Il apprécie également de se retrouver entre ami·e·s autour d’un bon repas ou d’un jeu de société amusant. Paracontact I Hiver 2021
BUREAUX
PARALYMPICS
Beijing 2022
Noël
SSFR participera aux JP d’hiver avec l’équipe de curling et, espérons-le, un ou deux athlètes en uniski.
L’ensemble des athlètes devront passer des tests quotidiens, et celles et ceux qui ne sont pas totalement vacciné·e·s devront respecter une quarantaine de trois seSelon le chef de mission Roger Getzmann, maines sur place avant les Jeux. l’un des défis consiste à répartir l’équipe entre les trois sites: Yanqing (ski alpin), L’équipe paralympique suisse, qui a une Zhangjiakou (snowboard et ski de fond) bonne expérience des jeux en temps de et Pékin (curling). La délégation princi- pandémie, espère une fois de plus faire pale séjournera à Yanqing. Une ligne à bonne impression par de belles perforgrande vitesse devrait réduire le temps de mances et une image sympathique. trajet. Mais pour la première fois, il était impossible de visiter les lieux à l’avance.
Katharina Zweifel
Claudia Kobel
Coralie Jaquet
Les bureaux de l’Association suisse des paraplégiques à Nottwil seront fermés du 24 décembre 2021 au 2 janvier 2022. Dès le 3 janvier 2022, nous serons à nouveau là pour vous. À partir de janvier, des travaux de rénovation débuteront dans les locaux de la Kantons strasse. Toutefois, nous mettrons tout en œuvre pour que l’accès à nos services soit toujours garanti.
Ilaria Valentino
ICJ
ICJ
Conseils vie
Administration centrale
Katharina Zweifel a rejoint l’ICJ en septembre. Après avoir étudié le droit, elle a passé deux ans à faire ses premières armes dans le monde du travail grâce à des stages juridiques. Ces neuf dernières années, elle a travaillé pour l’AI et se réjouit de mettre cette riche expérience au service des membres de l’ASP.
Claudia Kobel fait partie de l’ICJ depuis juillet. Elle a étudié le droit à l’Université de Berne et a ensuite effectué plusieurs stages. En 2021, elle a passé avec succès l’examen du barreau.
À la mi-août, Coralie Jaquet a commencé son travail au département Conseils vie de l’ASP. Cette menuisière de formation a finalement changé de carrière et étudié le travail social à la HES-SO Valais. Elle s’est récemment investie chez ParaWork en faveur de la réinsertion professionnelle des personnes en fauteuil roulant.
En août, Ilaria Valentino a commencé son apprentissage d’employée de commerce à l’ASP pour trois ans. La richesse et la diversité de son lieu de formation lui plaisent beaucoup. La jeune fille originaire d’Eschenbach LU apprécie également l’engagement social.
Sociable C’est entourée de sa famille et de ses ami·e·s que Katharina Zweifel se sent le mieux. Voyageuse dans l’âme, cette passion vient parfaitement compléter son autre centre d’intérêt, la photographie. Paracontact I Hiver 2021 2021
Culture Cette Bernoise vit dans la belle région du Seeland, où elle aime passer du temps avec ses ami·e·s, aller à des concerts, à l’opéra ou au cinéma. En été, elle fait du VTT, et en hiver, elle dévale les pentes à ski.
Deux-roues Cette Fribourgeoise adore le sport. Elle aime notamment se dépenser en pratiquant l’escalade ou en appuyant sur les pédales. Elle a une prédilection pour le vélo qu’elle utilise aussi pour voyager.
Leste Ilaria Valentino aime passer son temps libre avec ses ami·e·s. Depuis dix ans, elle pratique aussi l’athlétisme avec passion au club de sport d’Eschenbach. Le saut en longueur et le sprint sont ses disciplines préférées. 7
AVANCER
ÉCLAIRAGE
À l’écoute des CFR Le 18 septembre 2021, les présidentes et les présidents des clubs en fauteuil roulant se sont réuni·e·s. Olga Manfredi, présidente de l’ASP, explique les sujets qui y ont été abordés. Nadja Venetz
Cette année, les présidentes et les présidents se sont déjà rassemblé·e·s deux fois. Pourquoi une seconde séance était-elle nécessaire? En raison du Covid-19, la rencontre de janvier avait dû se tenir en ligne, tout comme l’assemblée des délégués au printemps. Nous avions besoin de nous retrouver en personne, dès que la pandémie le permettrait, et d’échanger à nouveau mutuellement. Les contacts personnels ayant beaucoup souffert ces derniers mois, nous voulions absolument offrir cette occasion aux président·e·s de nos clubs.
Sur quels sujets ont porté les discussions? Nous avons fourni aux participant·e·s des informations provenant du comité central et de la direction, et avons fait le point sur les avancées des groupes de travail. Lors de 8
la précédente rencontre, nous avions en effet constitué trois groupes chargés de travailler sur le développement structurel de l’ASP (voir Paracontact 2/2021, p. 8). Regroupés par langue, nous avons ensuite discuté de la manière dont les rencontres des présidentes et des présidents devraient être organisées à l’avenir. Les effets de la pandémie sur le fonctionnement des clubs étaient aussi à l’ordre du jour, car nous voulions que les responsables des CFR nous relatent comment la vie associative a pu être maintenue malgré les restrictions. Qu’a-t-on pu faire, ou ne pas faire? Et quelles expériences ont été recueillies à ce sujet? Les contacts sociaux ont manqué à tout le monde, sans exception. Les assemblées générales n’étaient pas le problème puisqu’elles pouvaient se tenir par écrit. Le contact direct, les rencontres informelles, les soirées conviviales et les excursions, voilà ce qui faisait cruellement défaut. Des membres de comité ont pris l’initiative d’envoyer des informations par courriel ou infolettre. Dans certains clubs, c’était plutôt le calme plat. Entre-temps, les mesures sanitaires ayant été assouplies, les réunions, sorties et évènements sont à nouveau possibles sous certaines conditions. Mais maintenant, de nombreuses personnes ne sortent plus de leur zone de confort et les clubs constatent qu’il est difficile de les motiver à reprendre des activités. En revanche, l’entraînement sportif a toujours été plus ou moins possible. La difficulté était de connaître précisément les consignes en vigueur. Parfois l’entraînement ne pouvait avoir lieu qu’en plein air, parfois pour une
certaine tranche d’âge uniquement. Les locaux ont été fermés, rouverts, puis à nouveau fermés. La pratique de certains sports était permise, alors qu’elle était interdite pour d’autres. La plongée, par exemple, était autorisée pendant l’été parce qu’elle se faisait dans le lac et donc à l’extérieur. Mais en hiver, faute d’accès aux piscines couvertes, elle n’était plus envisageable. Cette situation a demandé beaucoup de souplesse et d’imagination. Y aura-t-il à l’avenir deux rencontres des président·e·s par an? Nous avons constaté qu’il est très important pour les responsables de partager des informations sur les défis actuels de la vie associative. Sachant que nous cherchons à établir un contact plus étroit avec les CFR, j’estime qu’il est logique de se réunir plus fréquemment. Cet échange est également très apprécié. On nous l’a souvent dit. N’ayant pas vraiment pu conclure la discussion, nous déciderons lors de la prochaine rencontre, début 2022, à quelle fréquence et sous quelle forme nous nous verrons à l’avenir. Ne souhaitant pas imposer nos idées, nous lançons le dialogue et incitons les gens à nous faire part de leurs souhaits et suggestions. Je pense par exemple qu’il serait intéressant qu’un club présente un projet en cours.
Vous avez des propositions? Partagez-les avec nous: spv@spv.ch Paracontact I Hiver 2021
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INGRÉDIENTS RECETTE DE NOËL
Pour 200 gr d’amandes par sorte
Délicieuses amandes enrobées de chocolat
Chocolat-cannelle
Une recette exclusive pour tous les becs sucrés qui aiment grignoter. L’effort est moindre, l’effet est grandiose!
Réalisée en quatre tours de main … Les quatre différentes saveurs sont prêtes en un rien de temps car la technique reste la même à chaque fois: enfournez toutes les amandes pour les quatre goûts pendant 10 minutes à environ 160°C (les mettre toutes ensemble au four dès le début et les sortir par portions, les autres restant au chaud).
1er récipient 100 g de chocolat Ruby
Pendant ce temps, cassez le chocolat en petits morceaux et placez-les dans un premier récipient résistant à la chaleur. Pesez et préparez les autres ingrédients puis mettez-les dans un deuxième récipient refermable. Versez la première portion d’amandes chaudes dans le premier récipient avec le chocolat concassé et mélangez bien. Le chocolat fond sous l’effet de la chaleur des amandes. Lorsque que les amandes sont bien enrobées et que le mélange a déjà refroidi et épaissi un peu, versez-le dans le deuxième récipient contenant la poudre. Fermez le couvercle et secouez jusqu’à ce que les amandes soient entièrement recouvertes de poudre et ne collent plus les unes aux autres. Étalez sur un plateau ou une grande assiette et ajoutez encore un peu de poudre si vous le souhaitez. Procédez de la sorte avec les quatre goûts, tout simplement! Un petit ajout pour les amandes dorées: lorsque les amandes au chocolat sont prêtes, répartissez-les sur une assiette et saupoudrez l’or seulement à la fin. C’est ainsi qu’elles scintillent le plus. Les amandes se conservent bien dans une boîte ou un bocal fermés. Emballées dans de petits sachets en cellophane, elles constituent un joli cadeau coloré qui attire l’œil et fait saliver.
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2e récipient 60 g de cacao en poudre 20 g de sucre en poudre 1 cc de cannelle
Ruby à la framboise
Tina Achermann
Notre apprentie Jana Thommen a trouvé la recette de Noël de cette année sur Internet et nous l’a fait goûter. Elle a immédiatement été adoptée à l’unanimité comme recette de Noël pour notre édition hivernale!
1er récipient 100 g de chocolat noir 1 cc d’extrait de vanille
2e récipient 20 g de sucre en poudre 30 g de framboises lyophilisées (magasins de produits naturels)
Noix de coco 1er récipient 100 g de chocolat blanc 1 cc d’extrait de vanille 2e récipient 40 g de sucre en poudre 60 g de noix de coco râpée
Amandes dorées 1er récipient 100 g de chocolat au lait 2e récipient 50 g de cacao en poudre Poudre d’or alimentaire (au rayon pâtisserie des grands magasins)
JOYEUX NOËL! Toute l’équipe de l’Association suisse des paraplégiques vous souhaite, à vous, vos proches et connaissances, de belles fêtes de Noël et vous adresse ses meilleurs vœux pour la nouvelle année. 9
AVANCER
NOS PARTENAIRES
Un grand merci! La véritable force des partenariats ne se révèle qu’en temps de crise. Nous remercions notre parraineur principal, nos partenaires, nos sponsors et nos supporters de leur fidèle soutien, notamment pendant la pandémie. Nous avons hâte d’organiser de nouveaux projets!
PARRAINEUR PRINCIPAL
PARTENAIRES
SUPPORTEURS
Fondation suisse pour paraplégiques, Nottwil
Hollister, Dietikon
– Association Luzerner Kerzenziehen, Lucerne – Association suisse en faveur de personnes atteintes de spina bifida et hydrocéphalie, Tagelswangen – Badminton-Club, Remetschwil
SPONSORS
Suva, Lucerne
– Bergbahnen Sörenberg, Sörenberg – Brunner Medien AG, Kriens
Coloplast AG, Rotkreuz
– Bruttin Rachelle, Genève – Caffè Chicco d’Oro di Er. Rino Valsangiacomo SA, Balerna
Gelbart AG, Lucerne
Orthotec AG, Nottwil
– CHRIS sports AG, Münchwilen – Europcar AMAG Services AG, Kloten – Fondation Acide Folique Suisse, Zoug – Fondation Denk an mich, Bâle – Gazzose Ticinesi SA, Personico – Keller Marianne und Adolf, Thoune
DEVENIR PARTENAIRE
– Médecine du sport, Nottwil – Office fédéral du sport, Macolin
Des histoires touchantes Alors que d’autres doivent d’abord les inventer, nous les avons, les histoires qui émeuvent, captivent, étonnent, rapprochent et créent la confiance. Peu importe qu’il s’agisse de communication interne ou de marketing de contenu, l’Association suisse des paraplégiques offre à ses partenaires un large éventail de possibilités pour exploiter le potentiel de communication commun.
– perü timing, Lengnau
Le répertoire de l’ASP est vaste: – partenariat de manifestations diverses – promotion sur le long terme – mise en récit – marketing de contenu – r esponsabilité sociétale des entreprises – sensibilisation – performances de haut niveau Contactez nous sponsoring@spv.ch
– Phil Freeze, Sursee – Rosenberger Christian, Zürich –S alomon - Amer Sports SA Switzerland, Hagendorn – Scatta AG, Hünenberg –S teffen-Freiburghaus Christoph, Trachselwald – Swiss International Air Lines Ltd., Zurich – Swiss Olympic, Ittigen – Valiant Bank AG, Lucerne
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UN VŒUX EXAUCÉ
De «move on» aux «Swiss Ladies» Il y a cinq ans, la Fondation Étoile filante exauçait le vœu le plus cher de Mirjam Waller, bouleversant du même coup la vie de la jeune femme. Et l’ASP n’y a pas été étrangère. Nadja Venetz
Née avec une malformation de la cuisse, Mirjam Waller a besoin d’une prothèse pour se déplacer mais utilise aussi un fauteuil roulant. Toute petite déjà, elle rêvait de rouler en fauteuil de course après avoir vu à la télé à quelle vitesse les para-athlètes fonçaient. Son désir le plus cher était de rencontrer le célèbre sportif Heinz Frei et de filer à bord d’un fauteuil de course. En octobre 2016, le rêve devint réalité pour cette enfant alors âgée de 11 ans. «Nous avons retrouvé Heinz Frei au bistrot du Centre suisse des paraplégiques à Nottwil, puis nous sommes allés dans la grande salle de sport où nous avons cherché un fauteuil de course à ma taille», se souvient la jeune femme. Après quelques explications de Heinz Frei, elle fit ses premiers tours et fut immédiatement conquise.
Par un heureux hasard, un entraînement de basket-ball de «move on» avait lieu l’après-midi. Mirjam s’est jointe à la séance avec enthousiasme. «L’entraînement de basket avec les autres jeunes m’a beaucoup plu, car c’est un sport d’équipe et l’ambiance était très chaleureuse.» Avancer avec l’ASP Le traditionnel «move on» est un camp de sport organisé par Sport suisse en fauteuil roulant qui permet aux participant·e·s de découvrir et de tester de nombreuses disciplines de sport en fauteuil roulant. Chacun et chacune doit trouver ce qui lui plaît et ce qui l’incitera à bouger régulièrement à l’avenir . Si l’accent est avant tout mis sur le plaisir, le camp «move on» marque bien souvent le début d’une carrière prometteuse.
Un souhait suivi d’effets «La réalisation de mon souhait par l’Étoile filante a changé toute ma vie», déclare Mirjam Waller. «C’est comme cela que je me suis mise au basket-ball. J’ai trouvé de nouveaux camarades et un sport que j’aime et qui m’apporte énormément.» Par la suite, elle n’a pas manqué une occasion de jouer et a participé à divers camps de sport. Grâce à une connaissance, elle s’est retrouvée chez les Hurricanes, une équipe du RC Zentralschweiz, où elle s’entraîne encore aujourd’hui. Surmonter les obstacles et atteindre les objectifs Il lui faut environ deux heures de train ou une heure de voiture pour se rendre depuis chez elle à Nottwil pour l’entraînement. L’athlète est contente quand ses parents peuvent parfois l’y conduire. Grâce à la compréhension de ses professeur·e·s, elle a pu se faire dispenser de certains cours à l’école. Depuis le début du mois d’août 2021, la basketteuse effectue un apprentissage d’employée de commerce à la commune de Studen BE. Pour pouvoir continuer à s’entraîner, elle a réduit sa charge de travail à 90% et est dispensée des cours de sport à l’école professionnelle. Un jeune talent plein d’espoir Mirjam Waller bénéficie du soutien de l’ASP au sein du vivier de promotion «Future Rolli». Elle joue dans la toute nouvelle équipe féminine «Swiss Ladies», qui entend bien former prochainement une équipe nationale officielle. Composées d’athlètes issues de toutes les équipes suisses, les «Swiss Ladies» participeront au championnat de Suisse. La Bernoise a une idée très claire de la suite de sa carrière: «Mon plus grand objectif est de disputer un jour un match de basket à l’étranger et de faire partie d’une équipe sympa.» En se qualifiant pour le cadre de la relève, la jeune athlète a fait un grand pas dans cette direction. Innover Il y a cinq ans, Mirjam Waller a découvert par hasard le basket-ball en fauteuil roulant et de grandes ambitions sont nées.
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CONSEILS VIE
CONTRIBUTION D’ASSISTANCE
Comment devenir employeuse? Se faciliter la vie quotidienne avec une personne auxiliaire. Comment et dans quels cas est-ce possible?
Judith Stocker et Gabi Bucher
En 2012, la vie avec une personne auxiliaire a été inscrite dans la loi en Suisse, ce qui a créé le cadre requis pour l’alternative tant attendue à la vie en foyer ou en institution. La loi prévoit que les fonds publics soient versés directement aux personnes handicapées sous forme de budget d’assistance, ce qui leur permet de mettre elles-mêmes en place l’assistance dont elles ont besoin, véritable coup de pouce pour une plus grande autodétermination. Toutefois, la concrétisation d’un tel projet relève souvent du défi. Enfin un soulagement Que l’on soit handicapé·e ou non, il n’est jamais agréable pour la plupart des gens de dépendre d’autres personnes, en particulier des membres de sa famille ou de son entourage social. L’aspiration à une vie autodéterminée, même si l’on a besoin de nombreux coups de main dans la vie quotidienne, est grande.
Les domaines qui requièrent un soutien sont très variés. L’aide est nécessaire pour les tâches ménagères, les activités de loisirs ou la garde d’enfants. Et même si l’on exerce une activité d’utilité publique ou professionnelle, le droit à l’assistance peut être examiné. Les prestations de soins médicaux continueront à être couverts par l’ASD. Droit à l’assistance Les personnes qui bénéficient d’une allocation pour impotence légère, moyenne ou grave versée par l’assurance-invalidité 12
peuvent prétendre à une contribution d’assistance de la part de l’AI. (L’allocation pour impotent est accordée à toutes celles et tous ceux qui ont besoin d’aide pour accomplir les actes ordinaires de la vie, comme s’habiller, se lever, s’asseoir, manger et faire sa toilette). Ces personnes doivent par ailleurs être majeures et habiter à la maison. Des conditions supplémentaires sont à remplir pour les mineur·e·s. Les prestations d’assistance doivent être fournies par des tiers externes, sans lien de parenté direct. Les conjoint·e·s ne peuvent donc pas assumer ce rôle. Vous pouvez faire vérifier votre droit à une contribution d’assistance en remplissant un formulaire auprès de l’office AI compétent.
Le besoin spécifique sera ensuite déterminé au cours d’une discussion détaillée et approfondie à votre domicile. Si vous le souhaitez, le département Conseils vie de l’ASP pourra vous soutenir et participer à l’entretien d’enquête. Si le droit est reconnu, un budget vous sera attribué. Ainsi, chaque bénéficiaire de la contribution d’assistance embauche des personnes contre rémunération et devient employeur ou employeuse. Attention: vous n’y avez pas droit si vous percevez une allocation pour impotent versée par l’assurance-accidents (sauf dans les cantons BE, TG). Pour les personnes en âge de toucher l’AVS: la prestation n’est versée que si vous y aviez déjà droit avant d’atteindre l’âge de la retraite. Paracontact I Hiver 2021
Calcul de la contribution d’assistance La contribution d’assistance est fixée sur la base du besoin d’aide régulier de la personne assurée en termes de temps. Pour la calculer, on déduit le temps qui est déjà couvert par d’autres prestations (allocation pour impotent, supplément pour soins intenses, soins de base, etc.). La quantité d’heures prise en charge est limitée et calculée individuellement.
La contribution d’assistance se monte à 33.50 francs par heure. Si la personne auxiliaire doit disposer de qualifications particulières pour fournir l’aide requise, la contribution d’assistance est de 50.20 francs. Le tarif du service de nuit est déterminé au cas par cas et en fonction de l’intensité de l’aide à apporter. Toutefois, il n’exède pas 89,30 francs par nuit. Important: ces taux comprennent les cotisations de l’employeur et de l’employé versées aux assurances sociales et les indemnités de vacances. (Fiches d’information de l’AI: état au 30.12.2020) Qui peut aider en cas d’organisation complexe? Il est clair que certains et certaines auront du mal à s’imaginer dans le rôle très complexe et exigeant d’un employeur ou d’une employeuse. Outre la recherche de personnes appropriées, il y a aussi une grande charge administrative à gérer. En tant qu’ayant droit, vous dirigez une petite entreprise de plusieurs employé·e·s, vous devez élaborer les plans de travail, établir les fiches de salaire, contracter des assurances sociales, fixer les heures de travail et les congés, encadrer une équipe, gérer les fonds. La relation de travail est soumise aux dispositions du Code civil sur le contrat de travail. Les cotisations sociales (AVS, AI, etc.) doivent être versées conformément aux dispositions légales, comme pour tout autre rapport de travail. Il existe toutefois un certain nombre d’organismes qui proposent leur aide pour l’organisation et la planification ou qui relèvent le défi de la contribution d’assistance. Nous vous en avons dressé une liste ci-contre. Recourir à un conseil financé Compte tenu de la complexité de la mise en place d’une prestation d’assistance, l’AI offre si nécessaire une contribution financière. Paracontact I Hiver 2021
Pro Infirmis Pro Infirmis vous aide à faire valoir vos droits auprès de l’AI, à trouver et à embaucher une personne auxiliaire (publication d’une annonce, sélection, contrat de travail), à planifier votre quotidien (coordination du personnel, suppléance pendant les vacances et la maladie) et à exercer vos droits et devoirs en tant qu’employeur ou employeuse (gestion du personnel). Les liens du site Internet vous dirigeront vers les différents sujets et vous fourniront des informations. www.proinfirmis.ch Procap Procap vous aide à évaluer correctement votre situation et vous présente différentes possibilités de financement. Via une hotline gratuite ou par courriel, Procap conseille ses membres sur les questions du droit du travail. Les centres de consultation régionaux vous aideront volontiers à planifier votre assistance. www.procap.ch CléA CléA aide principalement à la recherche de nouvelles personnes auxiliaires et à la gestion des formulaires et des autorités. La plateforme professionnelle offre toutes les prestations nécessaires, mais elle est encore en construction.
Si vous avez besoin de conseils, vous pouvez demander à des tiers (institutions, fiduciaires, personnes physiques) de vous aider à mettre en place et à organiser l’assistance. Pour en savoir plus, consultez l’article 39j de l’Ordonnance sur l’assurance-invalidité. Vous avez des questions concernant l’inscription à une cotisation d’assistance ou vous souhaitez vous faire accompagner
Une plateforme d’emplois est déjà en ligne et met en relation les personnes à la recherche d’une assistance et les auxiliaires potentiel·le·s. Des annonces de postes vacants peuvent être publiées et les personnes auxiliaires ont la possibilité de saisir un profil. www.clea.app InVIEdual InVIEdual veille aux intérêts des personnes vivant avec une assistance. L’association apporte son soutien et s’implique dans tout ce qui a trait aux relations de travail et au travail d’une personne auxiliaire. www.inviedual.ch Assistenzbüro L’association Assistenzbüro ABü conseille principalement les personnes qui participent au projet pilote Budget d’assistance du canton de Berne (ABBE), au Modèle bernois ainsi qu’au Budget d’assistance du canton de Thurgovie (ABTG), mais aussi les personnes qui reçoivent une contribution d’assistance de l’AI dans les cantons de Thurgovie et de Schaffhouse. Sur le site Internet, vous trouverez des guides avec des liens et des téléchargements utiles pour celles et ceux qui établissent un décompte avec un modèle d’assistance. www.assistenzbuero.ch
lors de l’entretien d’enquête de l’AI? Les travailleurs sociaux et travailleuses sociales du département Conseils vie sont à votre disposition.
Veuillez vous adresser à www.spv.ch Tél. 041 939 54 00 lb@spv.ch 13
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Paracontact I Winter 2021
CONSEILS VIE
ÉCHANGE PROFESSIONNEL INTERNATIONAL
Congrès DMGP En juin 2021, le département Conseils vie de l’ASP a participé pour la première fois au congrès de la Société médicale germanophone pour la paraplégie (DMGP). Alexander Post, travailleur social M. A.
La DMGP met en relation toutes les catégories professionnelles impliquées dans le traitement et la rééducation des paralysés médullaires afin de promouvoir l’échange de connaissances et de former un réseau professionnel. Elle organise un congrès annuel lors duquel des spécialistes de la médecine, de la psychologie, de la recherche, de l’ergothérapie et de la physiothérapie, de l’intégration professionnelle, des soins infirmiers, de l’assistance spirituelle et du travail social peuvent prendre part à un important échange multiprofessionnel. Une partie du congrès, ouverte à toutes les disciplines, est consacrée aux nouvelles études et découvertes. Une autre est dédiée aux échanges au sein de sa propre spécialité. Connaissances spécifiques à la paralysie et au travail social Le département Conseils vie a présenté la palette des prestations proposées par l’ASP, qui va de nos clubs en fauteuil roulant aux offres de sport et de loisirs, en passant par les conseils juridiques et les expertises du Centre construire sans obstacles. L’échange avec les travailleurs sociaux d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse a porté principalement sur les services de conseil en matière de vie avec le service extérieur (conseil par les pairs) et le conseil social.
Pour les collègues qui travaillent dans les différentes cliniques de rééducation, il est évident que le travail social avec des connaissances spécialisées sur le thème de la paralysie médullaire est un facteur de réussite pour pouvoir offrir un soutien professionnel adéquat et accroître la participation des personnes touchées dans la société. Les reParacontact I Hiver 2021
présentant·e·s présent·e·s et leurs équipes respectives affichent de nombreuses années de précieuse expérience dans ce domaine. L’offre de l’ASP, qui consiste à rendre visite aux paralysé·e·s médullaires dans toute la Suisse et à proposer un travail social en ambulatoire, s’est avérée unique dans le milieu germanophone. D’un point de vue professionnel, l’assemblée a estimé qu’il était très souhaitable et judicieux que le conseil ainsi que le transfert de connaissances sur les assurances sociales, les finances, le logement, les questions sociales et la santé mentale puissent être poursuivis dans le cadre de vie de la personne concernée. Les conseils sociaux des cliniques du CSP Nottwil, de l’hôpital universitaire Balgrist, du Rehab Basel et de la CRR Sion ont activement recours à cette possibilité de collaboration. Partage d’expériences D’autres aspects ont été abordés sur le thème de l’accompagnement à vie, comme le désir de mourir de certains patients hospitalisés et la manière dont le conseil par les pairs est organisé en Allemagne. Après avoir pris part à un échange stimulant dans leur propre spécialité et reçu des informations d’autres disciplines, les participant·e·s ont pu intégrer ces nouvelles connaissances dans leur travail quotidien.
Le prochain congrès DMGP sur le thème des «Conséquences tardives de la paralysie médullaire – prévention et thérapie» aura lieu du 22 au 25 juin 2022 à Bad Wildungen (D). Le département Conseils vie a hâte de suivre le débat professionnel et est convaincu qu’il tirera profit de cet échange.
MOBILITÉ
Un véhicule pour aller travailler Dans certaines circonstances, l’AI verse une contribution annuelle de 3000 CHF pour l’entretien du véhicule. Automobiliste en fauteuil roulant, vous disposez d’un véhicule adapté que vous utilisez pour vous rendre au travail? Votre revenu mensuel brut se monte au moins à 1778 CHF? Si vous pouvez répondre par l’affirmative à ces deux questions, vous avez droit à la contribution d’amortissement.
Comment en réclamer le montant? Vous devez présenter une facture annuelle à l’office AI compétent et fournir les informations suivantes: – votre revenu mensuel actuel – la confirmation qu’il n’y a pas eu de changement concernant votre activité professionnelle – la confirmation que votre véhicule vous permet d’aller au travail Formulaire pour l’assurance invalidité www.ahv-iv.ch/p/318.632.f Les cotisations d’amortissement seront versées aussi longtemps que le véhicule sera nécessaire pour se rendre au travail. Si le revenu est revu à la baisse et devient inférieur au montant indiqué ou si le trajet pour se rendre au travail n’est plus effectué en voiture, vous êtes tenus de le déclarer. Informations Conseils vie de l’ASP lb@spv.ch, Tél. 041 939 54 00 15
CONSEILS JURIDIQUES
DÉVELOPPEMENT CONTINU DE L’AI
Système de rentes linéaire dès 2022
Dès le mois de janvier 2022, un nouveau système de calcul des rentes d’invalidité par l’assurance-invalidité entrera en vigueur. Le présent article a pour but de donner à nos membres un premier aperçu du fonctionnement de ce nouveau système. Sandra Rodriguez, MLaw, Avocate
Lorsque les mesures de réadaptation mises en œuvre par l’assurance-invalidité n’ont pas ou que partiellement abouti au résultat attendu ou que celles-ci ne sont tout simplement pas envisageables, le droit de la personne assurée à une rente doit être examiné. À l’été 2020, le Parlement fédéral a décidé d’adopter le projet du Conseil fédéral intitulé Développement continu de l’AI et con sistant à réviser une partie de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité. La révision de la loi entrera en vigueur le 1er janvier 2022. Le présent article est spécialement consacré au changement sans doute le plus im portant de cette révision pour nos mem bres, à savoir l’introduction, dès le 1er janvier 2022, d’une méthode de calcul linéaire des rentes de l’assurance-invalidité, en fonction toujours du degré d’invalidité de la personne assurée. Afin d’appréhender ces changements, il est utile de passer en revue d’abord le système de calcul des rentes d’invalidité par paliers, actuellement en vigueur, puis de se familiariser avec le système dit linéaire de calcul des rentes, lequel entrera en force dans le cadre du projet de Développement continu de l’AI et s’appliquera aux nouveaux·elles assuré·e·s bénéficiaires de ren tes AI, dès le 1er janvier 2022. Nous pourrons ensuite comparer ces deux systèmes et déterminer qui sera concerné par les effets de cette révision. 16
Le système de rentes d’invalidité actuel – système par paliers Dans le système actuel, le degré d’invalidité de l’assuré·e, exprimé en pourcentage et déterminé sur la base de la différence en tre le revenu réalisé avant la survenance de l’invalidité (revenu sans invalidité) et celui réalisable après (revenu avec invalidité), dé termine la rente d’invalide selon un système de paliers reporté ci-dessous. Selon son de gré d’invalidité, la personne assurée a droit à une rente entière, trois-quarts de rente, une demi-rente ou un quart de rente. Degré d’invalidité en %
Rente (paliers)
Dès 40 %
quart de rente
Dès 50 %
demi-rente
Dès 60 % trois quarts de rente Dès 70 %
rente entière
Le système de rentes d’invalidité dès le 1er janvier 2022 – système linéaire Dans le nouveau système de calcul des ren tes d’invalidité, chaque point de pourcentage du degré d’invalidité sera déterminant pour le calcul de la rente.
L’évaluation précise du degré d’invalidité d’une personne assurée, qui joue déjà un rôle important dans le système de calcul des rentes actuellement appliqué, prendra encore plus d’importance avec l’entrée en vi-
gueur, au 1er janvier 2022, de la nouvelle législation. En effet, dès le 1er janvier 2022, la quotité de la rente sera fixée non plus par paliers, mais en pourcentage exact. Ce nouveau système de calcul des rentes se présente comme suit: – Pour les taux d’invalidité se situant endeçà de 40%, aucune rente d’invalidité n’est octroyée. Il n’y a dès lors aucun changement pour les assuré·e·s dont le degré d’invalidité est inférieur à 40%; – Pour les taux d’invalidité entre 40% et 49%, les rentes augmentent de 2,5% par pourcent d’invalidité. Ainsi par exemple, un taux d’invalidité de 40% correspond comme jusqu’à présent à un quart de rente, un taux de 45% correspond nouvellement à 37,5% (5 × 2,5% + 25% = 37,5%) de rente et un taux de 49% donne droit à une rente de 47,5% (9 × 2,5% + 25% = 47,5%); – Pour les taux d’invalidité entre 50% et 69%, les rentes correspondent au taux d’invalidité. Ainsi par exemple, un taux de 53% correspond à une rente de 53% ou un taux d’invalidité de 62% équivaut à une rente de 62%; – Finalement, les taux d’invalidité entre 70% et 100% donnent droit, comme jus qu’à présent, à une rente entière. Seront donc calculées de manière différente selon le nouveau droit les rentes de personnes assurées dont le degré d’invalidité est compris entre 40% et 70%. Paracontact I Hiver 2021
En bref, ça veut dire quoi? Vous l’aurez compris en visualisant le graphique ci-dessous, avec la mise en place du nouveau système de calcul des rentes, un certain nombre d’assuré·e·s verront le mon tant de leur rente d’invalidité augmenter. D’autres en revanche, pourraient voir ce montant diminuer à moyen terme. C’est pour palier au mieux les éventuels effets de cette modification législative que des dispositions transitoires ont été édictées pour trois catégories spécifiques d’assuré·e·s. Dispositions transitoires D’une manière générale, le système linéaire de calcul des rentes sera appliqué à toutes les nouvelles rentes dont le droit prendra naissance à partir du 1er janvier 2022.
Pour rappel, le droit à la rente ne naît qu’après un délai de carence de six mois dès l’annonce du cas à l’assurance-invalidité et un délai d’attente d’une année (la per sonne assurée a présenté une incapacité de travail d’au moins 40% en moyenne pendant un an sans interruption notable), mais au plus tôt lorsque la personne assurée a atteint l’âge de 18 ans. En bref, les assuré·e·s ayant subi un accident le 1er janvier 2021 ou ultérieurement pourraient, selon les circonstances et le moment de l’annonce de l’accident auprès de l’assurance-invalidité, être affecté·e·s par cette modification législative.
Ce système général est toutefois appliqué distinctement selon la classe d’âge de la personne assurée: – Les bénéficiaires de rentes de moins de 30 ans révolus au 1er janvier 2022 verront leurs rentes d’invalidité automatique ment transposées dans le système liné aire dans les dix ans à venir, sauf si cette manière de procéder conduit à une dimi nution de la rente. Dans ce dernier cas de figure, l’ancienne rente continuera d’être versée jusqu’à ce que le degré d’invalidité change de 5% ou plus. – Les bénéficiaires de rentes âgés de 30 à 54 ans révolus au 1er janvier 2022 verront leur rente actuelle maintenue en l’état, jusqu’à ce que leur degré d’invalidité subisse une modification de 5% ou plus ou passe à 100%. Leur rente actuelle sera également maintenue si le nouveau système entraîne une réduction de la rente malgré une augmentation du degré d’invalidité ou une augmentation de la rente, malgré une diminution du degré d’invalidité. La révision des rentes de cette catégorie d’assuré·e·s se fera selon le nouveau système linéaire de calcul des rentes. – Les bénéficiaires de rentes de plus de 55 ans révolus au 1er janvier 2022 ne se verront tout simplement pas appliquer le nouveau système de calcul des rentes et la révision éventuelle de leur rente se fera toujours selon le système de paliers. Il s’agit d’un cas d’application du principe de la garantie des droits acquis.
Autres domaines d’application de cette modification législative Il convient de préciser encore que le nouveau système linéaire d’échelonnement des rentes s’appliquera également aux rentes d’invalidité octroyées dans le cadre de la prévoyance professionnelle obligatoire (voir nouvel art. 24a LPP). Conclusion La réforme présentée dans cet article vise notamment à supprimer les seuils du système de rentes, ce qui rend plus importante encore, la phase d’évaluation du degré de l’invalidité, soit la phase d’instruction nécessaire à l’établissement des faits et de détermination de la capacité de travail résiduelle de l’assuré par le corps médical. Nos membres devront donc redoubler de vigilance lors des phases d’instruction menées par l’assurance-invalidité dans le cadre de procédures de révision ou de fixation de la rente. Selon la catégorie d’âge dans laquelle se trouvent nos membres, chaque point de pourcentage d’invalidité sera important.
Institut de conseils juridiques Rue Centrale 47 2502 Biel/Bienne Tél. 032 322 12 33
Quotité de la rente en %
Système linéaire avec rente entière à partir d’un taux d’invalidité de 70 %
100 75
Système actuel Système linéaire
50 25
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Taux d’invalidité Source: Message du Conseil fédéral concernant la modification de la loi fédérale sur l’assurance-invalidité du 15 février 2017 (FF 2017 2363, p. 82).
Paracontact I Hiver 2021
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MÉDECINE ET SCIENCES
MÉDECINE GÉNÉRALE
Connaissances sur la paralysie médullaire
Grâce au projet SwiSCI, des médecins de famille peuvent suivre une formation sur le thème de la paralysie médullaire – pour le bénéfice des personnes concernées en Suisse.
Teresa Brinkel, responsable de la communication chez SwiSCI
Patricia Arnold a 61 ans. Paraplégique depuis dix ans, elle vit avec son mari dans un village des Grisons. En cas de problèmes de santé, elle consulte son médecin de famille dans le village voisin, qui a suivi une formation sur les thèmes de la paraplégiologie. «Je suis très heureuse d’avoir à proximité un médecin de famille qui comprend la paraplégie. Il contrôle régulièrement mes valeurs sanguines et mon statut urinaire, et en cas de problème, il détermine la marche à suivre avec des spécialistes du centre de paraplégie. En tant que personne paraplégique, je me sens bien prise en charge et cela m’épargne des trajets au centre de paraplégie.» Cette formation de base des médecins de famille a été initiée par un projet pilote de l’étude de cohorte suisse pour les personnes atteintes de lésions médullaires (SwiSCI), nommé «projet médecin de famille». Il vise à garantir qu’en cas de soucis de santé, les paralysés médullaires puissent dans un premier temps se tourner vers un médecin compétent à proximité de chez eux. Celui-ci est en mesure d’évaluer plus spécifiquement leur état de santé qu’un médecin de famille sans connaissances complémentaires. Ainsi pour les contrôles et traitements, il est sensibilisé aux complications et risques spécifiques liés aux lésions médullaires et sait à quels symptômes, organes et paramètres de laboratoire il faut prêter attention. Parallèlement, il évalue mieux les cas dans lesquels une orientation vers un ou une spécialiste est indiquée. 18
Un suivi médical tout au long de la vie Les personnes paraplégiques sont souvent confrontées à une multitude de problèmes de santé. On compte souvent la spasticité, les douleurs et les troubles des fonctions vésicales et intestinales.
Parallèlement, le risque de problèmes de santé liés à l’âge, comme le diabète, les maladies cardiaques et certains cancers, est accru chez les sujets atteints de lésion de la moelle épinière. Les personnes touchées dépendent donc d’une plus vaste palette de services de santé que les personnes non para- ou tétraplégiques. L’importance d’un suivi médical tout au long de la vie est donc plus grande: ce suivi est essentiel pour prévenir les problèmes médicaux, les diagnostiquer précocement et examiner régulièrement le processus de rééducation.
«Les contrôles annuels ambulatoires constituent un élément central du suivi médical tout au long de la vie», estime Inge EriksHoogland, Dr en médecine, médecin adjointe et directrice du service ambulatoire du Centre suisse des paraplégiques (CSP). «Ici, nous gérons de façon interdisciplinaire les problèmes médicaux comme les problèmes de rééducation, le besoin en ASD, les moyens auxiliaires ou les thérapies. Nous regardons en outre avec le ou la patient·e quelles sont les répercussions de son volume de travail ou de ses conditions de logement sur sa santé. Au besoin, nous pouvons définir des mesures à prendre.» En matière de suivi médical, avoir une vue d’ensemble contribue donc à un maintien optimal de la santé, mais est aussi essentiel à la qualité de vie et aux contact sociaux.
Les chiffres Le graphique montre combien de personnes atteintes de lésions de la moelle épinière sont touchées par les maladies et complications les plus courantes.
74 % 73 % 68 % 66 % 65 %
Spasticité Douleurs chroniques Troubles de la fonction sexuelle Troubles des fonc. intestinales Troubles de la fonction vésicale
59 % 58 %
Infections urinaires Troubles du sommeil
51 %
Contractures
0 %
10 %
20 %
30 %
40 %
50 %
60 %
70 %
Paracontact I Hiver 2021
Influence sur l’espérance de vie Les résultats de l’étude SwiSCI soulignent l’importance capitale du suivi clinique. Selon celle-ci, les contrôles ambulatoires ont même des répercussions sur l’espérance de vie: les personnes touchées qui ne sont pas assidues en matière de suivi ont une espérance de vie statistiquement plus faible. Cela est avant tout valable pour les personnes présentant une blessure médullaire d’origine traumatique, c’est-à-dire liée à un accident. Chez elles, le risque de décès est environ trois fois plus important que chez les personnes qui se rendent chaque année à leurs examens de suivi.
épinière, en particulier dans les régions reculées, bénéficient de meilleurs soins de base spécifiques. Les avantages du projet «médecin de famille» Pour de nombreuses personnes paraplégiques, le médecin de famille est le principal interlocuteur pour les questions de santé. L’étude SwiSCI montre que les personnes atteintes de lésions de la moelle épinière consultent en moyenne leur médecin de famille cinq fois par an, soit deux fois plus que la population générale.
«Le contact étroit avec les médecins et soignants des centres spécialisés élargit nos connaissances et participe grandement à une meilleure prise en charge de nos patient·e·s. Aujourd’hui, j’en sais par exemple beaucoup plus sur la gestion des problèmes vésicaux et intestinaux ou sur le décubitus et suis donc plus à même de prendre en charge mes patients sur ces thèmes», estime le docteur Susanne Morf, médecin adjointe et spécialiste en médecine intensive au centre médical Val Müstair, après avoir pris part au projet «médecin de famille».
Les scientifiques en concluent que les affections non détectées ou traitées trop tardivement ont des répercussions négatives au long court sur l’état de santé et donc sur l’espérance de vie. Lorsque le corps est fréquemment ou durablement confronté à des infections ou maladies cardiovasculaires, il perd sa capacité de régénération et vieillit plus rapidement. Il est prouvé que cela réduit l’espérance de vie. Les offres de soins ambulatoires décentralisés Certains groupes de personnes ont tendance à négliger leurs contrôles réguliers. Parmi ces personnes, on compte notamment celles chez qui la blessure médullaire n’est intervenue qu’à un certain âge (après 60 ans), les personnes présentant des formes incomplètes, ainsi que celles qui résident à plus de 30 minutes de trajet du centre de paraplégie le plus proche.
Concernant le dernier facteur mentionné, les longs trajets, des mesures ont déjà été mises en œuvre au cours des dernières années, apportant un soulagement pour de nombreuses personnes touchées: l’ouverture des deux services ambulatoires décentralisés à Lausanne et Bellinzone. L’ouverture de ces centres a permis aux personnes paraplégiques de ces régions de bénéficier de soins ambulatoires optimaux et de ne plus devoir se rendre dans un centre spécialisé éloigné. Le projet «médecin de famille» de SwiSCI peut lui aussi contribuer à ce que les personnes atteintes de lésions de la moelle Paracontact I Hiver 2021
La prévention et le diagnostic précoce des affections sont des éléments cruciaux. Les personnes touchées peuvent ainsi contribuer à ce que les affections ne connaissent qu’une évolution bénigne, voire à les prévenir complètement.
Parallèlement, la fréquence et la complexité des affections des personnes touchées nécessitent une prise en charge spécialisée et interdisciplinaire, comme les centres de paraplégie le proposent. Le projet «médecin de famille» peut largement contribuer à relever ce défi: – Expertise spécifique à la paralysie médullaire dans l’environnement familier en cas de questions et de problèmes liés à la santé – Formation régulière des médecins de famille prenant part au projet, axée sur les complications courantes de la paralysie médullaire – Amélioration de la collaboration entre les médecins de famille et les spécialistes des centres de paraplégie
Un accompagnement scientifique Le projet «médecin de famille» SwiSCI a débuté en 2020 et se terminera fin 2022. Les responsables de l’étude souhaitent découvrir les répercussions sur la santé des patient·e·s lorsqu’ils ou elles se tournent en premier lieu vers un médecin de famille prenant part au projet pour leurs questions de santé. Pour cela, trois collectes de données par questionnaire envoyé aux patient·e·s sont réalisées au cours de la période d’enquête.
Bon à savoir Plus d’informations sur le projet et les cabinets de médecins prenant part au projet: www.swisci.ch 19
CONSTRUIRE SANS OBSTACLES
UNE FAMILLE SOUDÉE
Retour à la maison
Après des mois de rééducation au CSP, Nico Schmid revient s’installer dans la maison parentale grâce à d’ambitieux travaux de transformation. Nadja Venetz
Un jour, Nico Schmid a piqué une tête dans le lac. C’était en été 2020, alors que ce charpentier de formation caressait l’idée de quitter la maison. Ce plongeon en eau peu profonde lui a coûté onze mois de rééducation au Centre suisse des paraplégiques. Le jeune tétraplégique et sa famille, soudain confrontés à des défis radicalement différents, ont dû revoir leurs plans: il fallait que le jeune homme de 23 ans puisse revenir vivre chez ses parents. La maison du bonheur La maison familiale de Weggis LU, qui surplombe le lac des Quatre-Cantons, a toujours été le centre névralgique de la famille Schmid. «Nous avons acheté la propriété il y a 30 ans et l’avons rénovée à plusieurs
reprises en fonction de nos besoins. Nos trois enfants ont grandi ici et même si nos deux filles ont à présent déménagé, elles viennent souvent nous voir. C’est ici que la famille se réunit pour Noël, les anniversaires ou d’autres occasions», confie la mère Elisabeth Schmid qui souligne l’importance de leur foyer. À aucun moment il n’a été question de déménager. En concertation avec ses parents, Nico Schmid a pris la décision de vivre dans le cadre rassurant de la maison familiale. «Mon entourage m’a aidé à surmonter cette période difficile. Tant de choses ont changé dans ma vie suite à l’accident. Je me suis rendu compte que je me raccrochais à des aspects qui restaient im-
muables, comme la maison parentale.» Et même si Nico Schmid devait déménager, tout le monde tenait à ce qu’il puisse y venir en visite sans problème. Des marches à n’en plus finir La famille a donc décidé d’effectuer des travaux de transformation complexes et de faire appel au Centre construire sans obstacles (CSO). La première prise de contact a eu lieu alors que Nico était encore en rééducation. Une inspection du logement a été organisée avec son ergothérapeute et les architectes du CSO. La situation initiale n’était pas simple. La maison est située sur un terrain en pente dans un quartier qui surplombe légèrement le lac. Un escalier de 25 mètres mène à la maison de trois étages, qui ne dispose d’aucune place de stationnement et recèle elle-même de
Un garage souterrain est construit sous la maison
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Paracontact I Hiver 2021
nombreux escaliers et seuils. Le défi consistait à trouver une solution pour accéder depuis la rue jusqu’au dernier étage de la maison. Un ascenseur unique devait rendre la chose possible. Après l’inspection, les architectes du CSO ont élaboré un avant-projet qui prévoyait de dégager la pente devant la maison. Un garage souterrain serait construit sous le bâtiment et de là, un ascenseur desservirait tous les étages. «Normalement, un ascenseur permet d’accéder à une propriété dans une extension. Mais à Weggis, la solution nous est apparue sous la forme d’un garage souterrain qui serait relié aux différentes pièces de l’intérieur», explique l’architecte Philipp Pfäffli. Le projet était bien ficelé, mais le financement restait obscur et problématique. L’AI finance «uniquement» les monte-escaliers. Celui-ci aurait été installé à l’extérieur, or cette option ne semblait convenir ni aux architectes ni à la famille. Un monte-escaliers sur un accès aussi long n’est pas une solution confortable, car la personne est exposée au vent et aux intempéries. «Nous ne voulions pas faire ça à Nico», explique son père, Markus Schmid. Et cela n’aurait pas non plus résolu le problème du stationnement. Financement Pour pouvoir démarrer les travaux, il fallait obtenir un financement. La famille Schmid a donc déposé une demande auprès de la Fondation suisse pour paraplégiques, le CSO préparant à cette fin de solides bases de décision. La réponse positive pour un préfinancement partiel est arrivée en décembre 2020. Sans ce soutien, le projet n’aurait pu voir le jour. Dans l’intervalle, l’AI a elle aussi rendu sa décision en acceptant de participer aux frais d’installation d’un monte-escaliers. Une fois la question des coûts clarifiée, l’équipe du CSO a pu entamer la planification et obtenir le permis de construire. Une partie de la direction des travaux a été assurée par la famille elle-même, forte d’une grande expérience accumulée au cours des précédentes rénovations. «Pour mon plus grand plaisir», reconnaît Markus Schmid. Les travaux de la maison ont commencé début avril. Sous la maison, un garage souterrain de trois places a été construit de plain-pied Paracontact I Hiver 2021
Emménagement Nico Schmid vit enfin à nouveau chez sa famille
sur la rue. De là, un ascenseur dessert tous les étages. Une lucarne de toit a été posée pour permettre son installation. La salle de bains est accessible en fauteuil roulant et le coin terrasse à l’extérieur est lui aussi sans obstacles. Les nombreux seuils ont tous été supprimés. «J’ai mon propre étage à moi, avec une salle de bain spacieuse et mon propre salon où je peux passer du temps avec mes amis. Ainsi, je suis autonome, même si je vis chez mes parents», résume Nico, impatient d’emménager. «Notre colocation à trois se passait déjà très bien avant l’accident de Nico», fait remarquer Markus Schmid. La vie au quotidien sera toutefois différente. Bien que l’ASD prenne en charge une partie des soins, Nico Schmid dépendra du soutien de ses parents. S’entraîner à vivre Entre sa rééducation au CSP et son emménagement à la maison, Nico Schmid a vécu un temps à la para-colocation de Schenkon LU. Il occupait un appartement sans obstacles avec trois autres jeunes en fauteuil roulant. Il recevait de l’aide à chaque fois qu’il en avait besoin. Chacun contribuait au ménage en fonction de ses capacités. Emménager dans la colocation a été un grand pas. Pour la première fois depuis l’accident, il n’était plus pris en charge 24 h sur 24, se souvient le jeune tétraplégique.
Il est convaincu qu’il y a beaucoup appris pour vivre de manière autonome. Il prenait régulièrement le bus de Schenkon à Nottwil pour se rendre à la physiothérapie ou à la musculation, ou encore chez ParaWork, où il s’occupait de son avenir professionnel. «C’est chouette de découvrir ce qui est encore possible de faire.» En septembre, lors de notre rencontre, autant Nico que sa famille se faisait une grande joie de ce retour à la maison. «Nous avons vraiment hâte que Nico puisse à nouveau vivre ici, qu’il retrouve ses amis et son environnement familier», se réjouit Markus Schmid, résolument tourné vers l’avenir. Fin des travaux À la fin de l’automne, tous les travaux seront terminés. Markus Schmid a trouvé la collaboration avec l’équipe du CSO très positive. «Le conseil et l’accompagnement ont été intensifs et créatifs, d’une grande compétence professionnelle.» Il est persuadé que tout le monde tirera profit des travaux de transformation et ajoute en riant: «Nous non plus, nous ne rajeunissons pas.» Découvrez dans nos courts-métrages les travaux de transformation et l’emménagement de Nico Schmid dans sa nouvelle maison. 21
CULTURE ET LOISIRS
TOUR EN ZIESEL
Le seigneur des montagnes À Hoch Ybrig SZ, il est possible de se balader sur les crêtes enneigées de la montagne grâce au Ziesel. Depuis peu, les circuits à bord du puissant véhicule à chenilles sont également proposés aux personnes à mobilité réduite. Plaisir garanti. Claude Siegenthaler
«Je vais faire un tour en Ziesel. Tu viens?» «Hein? C’est quoi un Ziesel?» Le Ziesel n’est pas encore très connu du grand public. Le moteur de recherche affiche deux résultats: c’est un rongeur (spermophile ou écureuil terrestre), ou un véhicule à entraînement électrique équipé de chenilles. Dans l’agriculture, son usage est un peu plus répandu car le dispositif de traction est si petit, puissant et polyvalent, qu’il peut être utilisé pour effectuer des transports ou d’autres travaux, tels que le fauchage ou le déblayage de la neige.
possédait dix véhicules Ziesel. Ceux-ci sont entreposés à la station de Fuederegg et offrent en hiver la possibilité à huit personnes de faire un tour dans les paysages enneigés. Deux Ziesels sont réservés aux guides qui accompagnent les participant·e·s en leur livrant conseils et astuces. Les appareils sont immatriculés auprès de l’office de la circulation routière de Schwyz, munis de plaques de contrôle jaunes et homologués pour la route. Le parc de véhicules s’enrichira bientôt de nouveaux modèles de Ziesel de la dernière génération.
Pour le secteur de l’événementiel Il y a plusieurs années, la société Impuls-Event de Schindellegi SZ a fait l’acquisition de ce type d’engins et n’a cessé de développer sa flotte. En 2021, l’entreprise
Événement organisé avec Impuls-Event Le département Culture et loisirs de l’ASP avait mis au point pour l’hiver un programme d’une journée avec Fritz Mächler, l’un des directeurs de l’agence événemen-
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tielle. Après la balade en Ziesel, une soirée fondue était prévue au restaurant de montagne Fuederegg. L’événement afficha rapidement complet. On prit même des inscriptions sur liste d’attente. Après un report, la sortie eut finalement lieu en mars. Le deuxième essai fut le bon Les mesures prises au mois de mars pour endiguer la pandémie de Covid-19 permirent heureusement d’organiser l’événement, même si nous dûmes renoncer à la soirée fondue. En guise de consolation, les participant·e·s reçurent un panier-repas pour le voyage de retour. Des débuts difficiles Les personnes inscrites s’étaient rassemblées à 16 h sur le parking de la station inParacontact I Hiver 2021
férieure de Laucheren Oberiberg, d’où elles devaient ensuite être acheminées jusqu’à Fuederregg dans un car accessible en fauteuil roulant. Or elles tardaient à arriver, car le chauffeur avait omis de monter les chaînes à neige: le car avait dérapé et s’était retrouvé coincé dans la neige. Seule l’intervention d’un second véhicule put tirer le car et ses occupants de ce mauvais pas. C’est donc avec un peu de retard que les rescapé·e·s arrivèrent finalement au parking du restaurant Fuederegg, où Roman Stöckli, le second directeur de l’agence événementielle, les accueillit chaleureusement. Une agence événementielle au personnel serviable Outre les directeurs, deux guides étaient présents et ils aidèrent activement les passagers et les passagères à monter à bord des véhicules. Une fois tout le monde bien installé, les spécialistes expliquèrent le fonctionnement du Ziesel aux pilotes. L’engin est commandé par une manette et a trois vitesses. Il peut aussi faire marche arrière. Or utiliser une manette sensible avec de gros gants de ski est loin d’être évident. Afin de se familiariser à la conduite, un premier essai fut effectué autour du lac de Seebli en compagnie des guides. En première, le Ziesel roulait à environ 5 km/h, ce qui est plutôt rapide pour un début. Quand les participant·e·s se furent un peu habitué·e·s à la conduite et aux secousses du véhicule, ils purent passer la deuxième vitesse qui permet de rouler déjà entre 10 et 15 km/h. Une augmentation sensible. L’ivresse de la troisième vitesse Une fois la première et la deuxième vitesse maîtrisées, le plaisir put véritablement commencer. On enclencha la troisième. À 30 km/h, un vent glacial nous soufflait au visage et faisait littéralement geler les joues, une expérience incroyable! On se sentait comme dans une voiture de course, on n’entendait plus que le craquement de la neige sous les chenilles et on voyait des projections de neige voler à chaque virage. Dans le siège baquet, on est fermement attaché par un dispositif de harnais, ce qui permet de prendre les virages à toute allure. Trop génial! Paracontact I Hiver 2021
Joie générale L’aventure dans l’engin à chenilles va bientôt débuter
Une neige molle À la fin du mois de mars, l’après-midi la neige était déjà assez molle en raison des températures plus douces. Bien vite, la piste devint plus cahoteuse, avec de méchantes bosses. En roulant dessus, les pilotes furent vraiment secoué·e·s, surtout à 30 km/h.
En troisième, le véhicule consomme beaucoup d’énergie et son autonomie ne dépasse pas les 45 minutes. Ensuite, c’est le retour au box. Ravi·e·s, nos aventuriers et aventurières retournèrent ensuite au parking pour prendre à leur tour le chemin du retour. Des échos positifs Les réactions des participant et des participantes furent positives. Seul le fait que l’événement ait débuté en fin de journée fut regretté. En effet, le rendez-vous n’avait pas été fixé avant 16 h et l’aventure riche en adrénaline s’était terminée à 19 h 30. Si la soirée fondue avait vraiment eu lieu comme prévu initialement, certain·e·s convives seraient rentré·e·s chez elles ou chez eux tard dans la nuit.
Analyse des retours et adaptation du programme Nous avons discuté des remarques des participant·e·s avec Fritz Mächler et avons adapté le programme en conséquence. Le rendez-vous est désormais donné à 11 h 15 sur le parking de la station inférieure de Laucheren. Après le tour en Ziesel, une fondue sera servie à 13 h et l’événement s’achèvera à 14 h 30. Bilan Tout le monde s’est beaucoup amusé. La tentation de conduire dans la poudreuse était grande, mais les véhicules n’étaient pas adaptés pour cela. Toutefois, sur des pistes bien préparées, les amateurs et amatrices de sensations fortes en eurent pour leur argent. En 2022, nous avons programmé l’événement fin janvier, de sorte que les conditions de neige devraient être meilleures et la piste plus agréable.
Informations sur l’événement de 2022 et formulaire d’inscription 23
RUBRIK ET LOISIRS CULTURE
23.3.2022
Atelier «Couleurs et style» «Une tenue harmonieuse est une question de style, pas d’argent», écrit Fabienne Thali, consultante en couleurs et en style sur son site Internet.
15.10.2022
Cours de premiers secours Rafraîchissez vos connaissances lors d’un en raison de leurs caractéristiques phycours spécialement conçu pour les per- siques et ont également des conditions parsonnes en fauteuil roulant et leurs proches. ticulières lorsqu’il s’agit d’administrer les premiers secours à des tiers. Dans le cours Les personnes en fauteuil roulant ont un organisé par SIRMED à Nottwil, vous aprisque accru de subir une urgence médicale prendrez les bases des premiers secours.
Lors de cet atelier à l’Hôtel Sempachersee, elle vous aidera à créer votre propre look. Cette acheteuse personnelle vous donne des conseils pour jouer avec les couleurs, les motifs et les coupes, et vous explique comment bien assortir vêtements et accessoires. Piochez des idées pour avoir la garde-robe idéale.
25/26.6.2022
Cours de mobilité Grâce à un mélange de théorie et de pratique, vous améliorerez votre mobilité en fauteuil roulant et apprendrez de nouvelles techniques. Vous découvrirez aussi des méthodes permettant de moins solliciter les épaules ou d’éviter les basculements du fauteuil. Le cours a lieu à Yverdon. Le deuxième jour, vous mettrez vos nouveaux acquis en pratique lors d’une visite d’Yverdon et d’un parcours spécialement conçu pour les personnes en fauteuil roulant. 24
16.4., 30.4., 14.5.2022
Atelier Ars Creandum Cet atelier unique qui a lieu à Clarens, vous permettra de rentrer dans la profondeur de l’expérience de votre corps, en éveillant l’artiste qui sommeille en vous.
couvrir l’univers créatif qui nous habite en dehors des réalités de notre corps. Par un accompagnement bienveillant et éclairé, nous allons voir à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur et ceci grâce au regard attentif Allons ensemble dans l’expérience du pré- et à la pratique de l’écriture et de la peinture. sent en étant attentifs à ce qui se passe en Il y aura dans chaque atelier une brève innous. Cette observation nous permet de dé- troduction à des techniques artistiques.
10/11.9.2022
Week-end à Bettmeralp Ce merveilleux week-end est organisé avec sous du grand glacier d’Aletsch, le plus long beaucoup de passion par Alois Schmid, des Alpes. Sans obstacles, l’Aletsch Arena lui-même en fauteuil roulant. permet aussi aux personnes à mobilité réduite de s’émerveiller de la beauté de la réAvec ses chalets valaisans typiques, Bettmer gion. Découvrez ce patrimoine mondial de alp est très pittoresque et parfait pour une l’UNESCO dans toute sa splendeur. excursion en montagne. Il est situé en desParacontact I Hiver 2021
29.1.2022
PREMIER SEMESTRE
Tour en Ziesel
Chant libre
Une activité décoiffante et pourtant romantique – traversez le paysage hivernal en Ziesel équipé de chenilles. Presque sans bruit et dans le respect de la nature, vous partirez à l’assaut du domaine skiable de Hoch-Ybrig. Une expérience unique et un circuit qui combine aventure, expérience de plein air et plaisir de conduite incroyable.
Chanter, c’est respirer, s’exprimer, trouver son équilibre et booster sa vitalité. Alors, joignez-vous au chœur! Pas besoin de s’inscrire, venez quand le cœur vous en dit. Rosa Zaugg dirige les chants dans la salle du silence du CSP. Dates: 7/21.5.2022 4/11/18.6.2022 de 10 h 30 à 12 h 00
4.3.2022
Manger et boire intelligemment La nutrition est l’un des piliers de notre santé, la base de notre bien-être. Lors de ce cours organisé à l’Hôtel Sempachersee, Bettina Senft nous expliquera ce qu’est une alimentation équilibrée et comment nous pouvons améliorer notre propre bien-être. Notre alimentation nous apporte de l’énergie, nous protège des maladies et maintient le corps en forme, elle mérite donc d’autant plus de soins et d’attention. Mais dans la pratique, ce n’est pas toujours le cas. En particulier pour les personnes en fauteuil roulant qui bougent moins et souffrent souvent de troubles vésicaux et intestinaux, un régime alimentaire réfléchi peut avoir un effet bénéfique. Bettina Senft livre des conseils pour garder ou, si nécessaire, réduire son poids, avoir une alimentation digeste, et explique le rôle de la relaxation dans tout cela. Paracontact I Hiver 2021
22.5.2022
Randonnée Vous aimez le grand air et adorez relever les défis physiques? Alors, rejoignez notre randonnée dans la région de Melchsee-Frutt. La randonnée et le fauteuil roulant ne sont pas incompatibles. Sous certaines conditions, la randonnée en montagne est également possible pour les personnes en fauteuil roulant, notamment les paraplégiques. La personne en fauteuil roulant et son accompagnant·e doivent être en bonne condition physique, en bonne santé et sportifs. Le ou la partenaire tire ou freine le fauteuil avec un tuyau en caoutchouc et une corde, attachée à un baudrier rembourré.
3.9.2022
Excursion en Swiss-Trac Se déplacer en montagne presque sans limites, c’est possible avec le Swiss-Trac. Sous la houlette d’un·e guide expérimenté·e, vous explorerez les plus beaux sentiers de randonnée de Suisse. Le midi vous reprenez des forces en bonne compagnie.
18.6.2022
Tour en Swincar Vous aimez les paysages de montagne et l’action? Alors le tour en Swincar dans la région des «Portes du Soleil» est fait pour vous. En Haute-Savoie, dans le Bas-Valais, vous avez la possibilité de gravir les montagnes à bord d’un puissant véhicule électrique. Vous pouvez non seulement rouler sur des sentiers de randonnée, mais aussi traverser la campagne. Laissez-vous convaincre par les capacités de ce véhicule. Au cours de cette randonnée de deux heures, vous pourrez explorer la région des «Portes du Soleil» ainsi que des «Dents du midi». Une expérience merveilleuse et inoubliable.
LES MARDIS
Danse en FR Tous les mardis, des couples de danseurs et danseuses piéton·ne·s/en fauteuil roulant évoluent dans la salle de sport de Nottwil. Le RC Solothurn espère accueillir un grand nombre de participant·e·s (piéton·ne·s bienvenu·e·s!).
Inscription en ligne www.spv.ch/ manifestations Renseignements claude.siegenthaler@ spv.ch 25
CULTURE ET LOISIRS
24/26.6.2022
26.6.2022
Yoga
Messe œcuménique
Le yoga connecte le corps et l’esprit et touche tous les domaines de l’être. Il aide à prendre conscience de soi, à prendre soin de soi, à accepter ses limites et à trouver son propre équilibre. Quelles que soient les conditions physiques que vous apportez, la responsable propose des exercices alternatifs afin de les rendre accessibles à tous. Tout le monde est différent, personne n’est pareil. Lancez-vous et suivez l’initiation à Yverdon.
11.6. ET 3.9.2022
Parcours de handbike
14.5.2022
Cours de Swiss-Trac Vous possédez un Swiss-Trac mais manquez de pratique? Ou vous souhaitez découvrir le Swiss-Trac et venir l’essayer? En fauteuil roulant, la vie quotidienne est pleine de défis qu’il faut savoir relever. Découvrez à Küssnacht am Rigi ce que signifie être mobile et autonome avec le SwissTrac. Nous roulerons ensemble et apprendrons à atteler et à dételer, à surmonter les obstacles et à faire du tout-terrain. On vous donnera de précieux conseils sur le transport en voiture ou dans les TP, sur l’entretien et les batteries de cet engin de traction. Des pros vous diront également quelles adaptations individuelles permettraient de mieux répondre à vos besoins.
29.10.2022 Découvrez la Suisse sur le vif sur des pistes à une voie et des sentiers de randonnée! Ce parcours vous permet de découvrir des endroits qui vous paraissaient inaccessibles en tant que personne en fauteuil roulant. Il passe par des routes forestières, rurales et montagneuses, des montées abruptes et des descentes vertigineuses Vous apprécierez le paysage unique, les vues spectaculaires et le plaisir simple d’être en groupe. 26
Cet événement spirituel très prisé a lieu chaque année au CSP à Nottwil. La messe est accompagnée musicalement par le club des yodleurs et yodleuses. En 2022, c’est celui de Nottwil qui y sera convié.
Dansons La soirée dansante a lieu dans la région de Soleure. Après le souper, vous pourrez virevolter avec des personnes de même affinité. Que ce soit avec d’anciennes ou de nouvelles connaissances, profitez pleinement de l’ambiance et de la musique.
6.11.2022
Rencontre photos Nous commencerons par un brunch facultatif le matin. Ensuite, dans l’aula du CPS, nous reviendrons sur l’année de voyages 2022, puis vous pourrez découvrir les destinations prévues pour 2023 et réserver sur place vos vacances pour la prochaine année. Nos spécialistes se feront un plaisir de vous aider.
4.12.2022
Marché de Noël Avec passion et détermination, divers·es exposant·e·s, dont des personnes en fauteuil roulant, préparent de beaux objets artisanaux et des délices culinaires qu’ils vendent au marché de Noël. Venez les voir au Centre suisse des paraplégiques, vous ne repartirez pas les mains vides. Paracontact I Hiver 2021
CULTURE ET LOISIRS
BON PLAN ESTIVAL
L’excursion en jet boat n’a d’abord pas pu avoir lieu en raison du niveau élevé des eaux. Conscient qu’elle serait la cerise sur le gâteau, Carlo a remué ciel et terre pour rendre la chose possible. Le dernier aprèsmidi, ses vœux ont été exaucés, juste à temps pour finir la semaine en beauté. «Grâce à nos efforts conjugués, nous avons fait monter tout le monde à bord des deux Dix personnes en fauteuil roulant ont passé une semaine bateaux sans que personne ne soit mouillé. Mais ensuite, quand le jet s’est mis à fendre merveilleuse et riche en événements à Interlaken. les eaux et à enchaîner les virages et les roGabi Bucher tations à 360°, c’est vite devenu peine perdue.» La soirée s’est poursuivie avec un concert en plein air devant l’auberge de jeunesse. «Ensuite, certain·e·s fêtard·e·s Le bon plan estival de cette sion sur le Schilthorn, une ont voulu jouer les prolongations, refusant année portait bien son nom, visite au planétarium «Sirius» d’aller se coucher à minuit car après tout, résume Carlo Marti qui y a et une promenade en bateau c’était leur bon plan estival!» participé en tant que responétaient aussi au menu. Le sable de groupe: un temps groupe aurait pu passer la Toute la semaine était géniale, les «novices» magnifique, un groupe formijournée à la Rega tant les ques- se sont rapidement intégré·e·s au groupe dable qui s’entendait très bien, du tions ont fusé, et la soirée barbe- et le beau temps était au rendez-vous. Les divertissement et de l’aventure à l’état pur. cue sur la belle place derrière l’auberge de accompagnant·e·s, les chauffeurs et les resSes yeux brillent encore quand il en parle. jeunesse sur l’Aar était très conviviale. ponsables des soins ont travaillé main Des collègues de ParaHelp lui avaient si- «Les journées s’achevaient souvent par des dans la main, «ce qui était très appréciable, gnalé cette semaine particulière il y a près discussions sympas autour d’un verre à surtout vu le manque d’espace dans l’aude trois ans, alors qu’il travaillait encore l’auberge, ou avec une partie de billard, de berge de jeunesse et les cars. C’était un peu comme jouer au Tetris avec des fauteuils chez Orthotec. «J’ai suivi le cours d’une baby-foot ou de Brändi-Dog.» roulants», rigole Carlo. «Mais après deux journée pour les responsables de groupe jours, nous maîtrisions la situation, jusqu’à et j’ai trouvé ça très chouette!» Et sa bonne Vachement bien, le Ballenberg impression s’est une nouvelle fois confirmée. Lors de leur sortie au Ballenberg, les visi- la rampe électrique du minibus qui faisait teurs et visiteuses ont pu sculpter une pe- régulièrement des siennes.» C’est sûr, il reDes temps forts à n’en plus finir tite vache en bois à partir de la forme brute viendra l’an prochain s’il arrive à s’organiDix personnes en fauteuil roulant et neuf à travailler. Et la descente en luge au ser, promet Carlo. accompagnant·e·s s’étaient donné ren- Pfingstegg a tellement plu à certains accros dez-vous à Interlaken pour cette semaine. à l’adrénaline qu’ils ont dévalé la pente auLe «noyau dur», soit plus de la moitié des tant de fois que possible. personnes à mobilité réduite, participe au bon plan estival depuis ses débuts. Celui-ci a déjà eu lieu une fois à Interlaken, mais la spécialiste des voyages Rita Häfliger avait concocté un tout nouveau programme dans lequel, aux dires de Carlo, les temps forts se succédaient les uns aux autres.
Une succession de temps forts
La visite guidée de Thoune avec le veilleur de nuit était passionnante, ce qui n’est pas toujours le cas de ce genre de visites. «Le guide s’était renseigné à l’avance sur la largeur des fauteuils roulants, il s’était donc parfaitement préparé.» Même si quelques touristes ont bien failli finir estropié·e·s par la hallebarde qu’il balançait par-dessus son épaule après chaque arrêt. Une excurParacontact I Hiver 2021
Du Moyen Âge à l’époque moderne, le bon plan estival a comblé tous les désirs 27
CULTURE ET LOISIRS
PARAVACANCES 2022
Vive les vacances! En exclusivité pour nos membres de Suisse romande, nous proposons en 2022 deux voyages en avion au départ de Genève avec une responsable des soins francophone. Nadja Venetz Envolez-vous depuis l’aéroport de Genève pour Madrid et le Pays basque. Une responsable de groupe francophone vous fera découvrir les caractéristiques locales. Madrid À la Porte du Soleil, au cœur de la capitale espagnole, la matinée commence en douceur: le petit-déjeuner se compose d’un bocadillo, d’un petit pain avec du jambon de Pata Negra et d’un café con leche. Et puisque vous vous trouvez juste devant l’un des symboles de Madrid, faites donc un selfie sous la statue de l’ours et l’arbousier. L’Oso y el Madroño est à quelques minutes de l’incontournable triade culturelle à laquelle appartiennent les célèbres musées du Prado, Thyssen-Bornemisza et Reina Sofía. Ce dernier abrite l’impressionnant «Guernica» de Pablo Picasso.
Vous avez besoin d’un peu de calme? Le parc du Retiro, poumon vert de Madrid, regorge de surprises parmi lesquelles le magnifique palais de cristal. Serre géante construite en 1887 pour abriter une exposition de plantes tropicales, cet édifice est devenu une salle d’exposition et un exemple emblématique de l’architecture métallique à Madrid. 28
Le soir, un «piqueo» s’impose. Ce joyeux tour des bars à tapas vous conduira à travers le temple de la gastronomie, le marché San Miguel, les délicieuses bouchées sont frites, marinées dans l’ail ou préparées sous forme de bocadillos, petits sandwichs richement garnis. L’idéal est de goûter à tout. Les madrilènes aiment ensuite terminer la soirée au bar, en regardant un match de foot de l’Atlético ou du Real. Ces clubs locaux sont aussi idolâtrés que le flamenco ou la tauromachie. Le Pays basque Bilbao est le point de départ de notre voyage. La ville, qui était encore un colosse industriel il y a trente ans, attire aujourd’hui les visiteurs et les visiteuses. Le très célèbre musée Guggenheim et son excentrique revêtement en titane s’élève sur les rives du Nervión. Si l’art contemporain exposé à l’intérieur est un régal pour les yeux, devant le bâtiment réalisé par l’ar-
chitecte vedette Frank O. Gehry se dresse de quoi faire une incroyable photo souvenir: posez entre les pattes de «Maman», la sculpture en bronze d’une gigantesque araignée. Saint-Sébastien n’est pas seulement un haut-lieu de pèlerinage sur le chemin de St Jacques. La ville, réputée par-delà les frontières pour sa brillante cuisine étoilée, est aussi un fief gastronomique faisant autorité en matière de «pintxos». Appréciés de tous, ils sont l’équivalent basque des tapas. Sur la Playa de las Américas, allez de bar en bar comme les gens du coin et dégustez les spécialités de la maison. Notre voyage se poursuit plus tranquillement sur la côte du Golfe de Gascogne, qui n’est qu’à quelques encablures de Bilbao. Elantxobe et Lekeitio sont deux jolis villages de pêcheurs, dont la brise marine salée et la vue magnifique aiguiseront votre appétit. Comme partout ailleurs, l’amour de la bonne chère y est omniprésent. Dégustez les poissons et fruits de mer tout frais. Que diriez-vous d’une Zurrukutuna, une sorte de bouillabaisse à base de morue? Vous allez vous régaler. Vous trouverez toutes les informations détaillées sur ces deux séjours dans notre catalogue de voyages ParaVacances 2022 et sur le site Web www.spv.ch. L’équipe de l’agence de voyages de l’ASP se fera un plaisir de répondre à vos questions.
MADRID
LE PAYS BASQUE
Pour les voyageurs tétraplégiques Date: 17–24.9.2022 Inscription jusqu’au 13.5.2022
Voyage pour tous les membres Date: 10–17.9.2022 Inscription jusqu’au 3.5.2022
Paracontact I Hiver 2021
CULTURE ET LOISIRS
COURS DE MOBILITÉ
Une première en Suisse romande Des conseils pratiques sur le maniement du fauteuil roulant et une passionnante chasse au trésor étaient au programme du cours de mobilité à Bienne. Claude Siegenthaler Le vendredi 25 et le samedi 26 juin 2021, l’ASP a organisé le premier cours de mobilité pour les Romandes et les Romands de Bienne et de la région. Ce dernier durait une journée et demie et se composait d’un bloc où le maniement du fauteuil
les épaules, les poignets, les coudes ou la nuque. Le groupe comportait autant de novices que de personnes expérimentées. Elles ont pu découvrir d’autres éléments, comme le basculement du fauteuil roulant, la montée et la descente de rampes ainsi
DÉCOUVRIR
Rheinfelden Nous sommes Urs et Susanne Blöchlinger, les heureux gagnants d’un tirage au sort, et nous avons eu la chance de passer une nuit à l’Ambrosia Guesthouse de Rheinfelden AG. Nous décidâmes tout d’abord de visiter la ville-frontière pittoresque. Malgré ses pavés, elle est très accessible en fauteuil roulant grâce aux grandes dalles qui bordent l’allée de part et d’autre. Après un verre dans la zone piétonne, nous avions hâte de découvrir notre hébergement. Le B & B est situé au sein d’un complexe moderne dans le centre-ville. Les hôtes chaleureux nous montrèrent l’établissement et notre chambre accessible. Nous nous y sentîmes tout de suite bien.
Mise en pratique des acquis du cours dans la ville de Bienne
roulant serait passé en revue et d’un bloc où les acquis seraient appliqués en ville. Sept personnes en fauteuil roulant, parfois accompagnées, se sont réunies dans la salle de sport de Bellmund vendredi aprèsmidi pour effectuer la partie gymnique du cours.
que le franchissement d’obstacles. Tout le monde s’est montré vivement intéressé et a activement participé.
Une ambitieuse chasse au trésor à Bienne Pour la seconde partie du cours, les participant·e·s se sont attelé·e·s samedi à une À 13 h, nos spécialistes Martin Wenger et chasse au trésor à Bienne, et c’est sous un Anael Plebani ont montré aux élèves en- grand soleil qu’ils ont sillonné la ville. La thousiastes comment se déplacer en fau- cinquantaine de postes a poussé certaines teuil en ménageant ses forces et sa santé. personnes au bout de leurs limites. Après C’est extrêmement important quand on un repas de midi bien mérité, seules utilise longtemps le fauteuil roulant, car quelques-unes ont terminé la chasse au un mauvais maniement risque de trop sol- trésor. Néanmoins, ce fut une journée proliciter certaines parties du corps, comme fitable pour tout le monde!
La faim se faisant ressentir, nous retournâmes dans la vieille ville. Au restaurant Rhyblick, accessible et réputé pour ses plats de poisson, on nous donna une table avec vue sur le Rhin. Une ville à voir La nuit fut confortable et le petit-déjeuner délicieux. Nous pouvons affirmer que Rheinfelden mérite le voyage et nous recommandons chaudement l’Ambrosia Guesthouse comme hébergement. Informations ambrosiaguesthouse.ch
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SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
TOKYO 2020
Plus que des médailles
«United by emotion», telle était la devise des Jeux de Tokyo. La Suisse s’est illustrée par son esprit d’équipe, envoyant des ondes positives à tout le pays. Nicolas Hausammann
C’est la mine rayonnante et ravie, parfois incrédule devant leurs propres performances et celles de leurs collègues, que les athlètes suisses en fauteuil roulant apparaissaient généralement devant les caméras de SRF Sport. Leurs visages souriants et leurs déclarations rafraîchissantes ont enflammé les fans de sport. Le besoin de ressentir des émotions positives en temps de pandémie avait rarement été aussi grand. L’athlétisme a donné le ton L’athlétisme en fauteuil roulant, qui a toujours été le cheval de bataille des succès paralympiques de la Suisse, a connu un départ fulgurant. Manuela Schär a ouvert le compteur à médailles pour la Suisse et fait gicler sa fameuse «bouteille de ketchup» en remportant l’argent dans le 5000 m T54. Dès lors, les médailles n’ont cessé de pleuvoir au pays du soleil levant. Marcel Hug a
même fait un doublé en or, excusez du peu, mais nous y reviendrons. Dès la seconde journée de compétition, Catherine Debrunner a complété la première récolte avec le bronze. Et l’attitude de nos stars a été remarquable. Non contente d’avoir décroché son métal précieux, Manuela Schär a toujours eu des mots chaleureux pour ses concurrentes victorieuses: «J’ai gagné l’argent et je suis également heureuse pour Susannah, qui est toujours prête avec moi à prendre un risque et à pousser le rythme», a-t-elle dit après sa médaille d’argent. La domination incarnée Sept fois il a pris le départ, sept fois il a franchi le premier la ligne d’arrivée. Ce record sans faille a d’ailleurs valu à Marcel Hug son surnom de Silver Bullet suisse. C’est à Rio qu’il a vraiment fait gicler sa «bouteille de ketchup» il y a cinq ans. Quant
aux médailles d’or, elles ont afflué par pack de quatre à Tokyo. Son fauteuil de course en carbone sur mesure a aussi beaucoup fait parler de lui. Construire «le fauteuil le plus rapide du monde» était l’objectif avoué de Stefan Dürger, directeur d’Orthotec. Et apparemment, il y est parvenu en collaborant avec l’EPF de Zurich et Sauber. Si l’on ajoute à cela la grande forme du Thurgovien et son savoir-faire en matière d’équipement de pluie, on obtient un champion hors pair. Un jeudi en or Le 2 septembre restera dans les annales comme la journée de la Suisse. «Ce à quoi nous assistons ici, c’est de l’or pour la Suisse toutes les minutes!», s’est écrié le commentateur de la SRF, Beat Sprecher. En réalité, trois médailles d’or sont tombées en une heure. À nouveau du fait de notre trio gagnant, Debrunner, Schär, Hug.
Extraordinaire: notre quatuor de médaillé·e·s à Tokyo 30
Paracontact I Hiver 2021
Mais ce n’est pas tout. Le même jour, l’athlète debout Elena Kratter a remporté le bronze au saut en longueur et la nageuse Nora Meister une médaille de bronze au 400 m nage libre. Pourtant, ce jour-là, c’est quelqu’un d’autre qui s’était chargé d’ouvrir la voie, à savoir le maître du sport en fauteuil roulant en personne, Heinz Frei. Lutter jusqu’au dernier mètre Dès le 1er septembre, Heinz Frei a remporté sa 35e médaille paralympique sur le «Fuji Speedway». Au cours d’un final haletant, on a frôlé une happy end de conte de fées. En manque d’oxygène et submergé par l’émotion, Frei, 63 ans, a déclaré ravi que ce serait probablement sa dernière course paralympique. «Mon engouement pour le sport, même à ce niveau de performance, est toutefois encore là. Je vais donc sûrement continuer à disputer d’autres courses et à aller à la chasse aux points pour les prochains athlètes en vue des places de quota. Cependant, Paris n’est plus d’actualité», a déclaré Frei dans son interview. Performance sportive et inclusion Grâce aux exploits des paralympien·ne·s, le handisport a occupé pendant un temps le devant de la scène dans la couverture sportive. Avec la campagne #WeThe15, les athlètes sont aussi devenus les modèles de référence d’un monde inclusif. Lors de
l’apparition de Manuela Schär et de Marcel Hug dans l’émission Sportpanorama, Sascha Ruefer a mis les choses au clair dès le départ: «Le sport en fauteuil au niveau paralympique est devenu un sport de haut niveau avec zéro compromis». Les performances des membres de notre équipe, médaillé·e·s ou non, n’en sont que plus remarquables. C’est le cas par exemple de celles de notre duo au badminton, qui a malheureusement terminé 4e à la première paralympique de sa discipline. Cynthia Mathez et Karin Suter-Erath ont dû affronter un redoutable bloc asiatique, qui pouvait de
surcroît faire jouer des athlètes d’une catégorie supérieure. Ce qui est conforme au règlement, mais en Suisse, il n’y a toujours pas d’athlètes actives à ce niveau dans cette catégorie WH2 plus mobile. Citons encore Silvio Keller, qui fut nommé pour remplacer le champion du monde blessé. Lors du deuxième match de groupe, la surprise était presque à portée de main. Mais après deux premiers sets très serrés, la magie est retombée. Le joueur de tennis de table a dû rentrer sans avoir gagné un seul set. La championne de tennis Nalani Buob a connu le même sort pour sa première apparition aux JP. Elle aussi a été éli-
LES CLASSEMENTS EN UN COUP D’ŒIL Badminton Cynthia Mathez (WH1) Simple, éliminée en phase de groupe Double, 4e place (diplôme) Karin Suter-Erath (WH1) Simple, éliminée en quart de finale (diplôme) Double, 4e place (diplôme) Handbike Relais par équipe, 7e place Tobias Fankhauser Contre-la-montre, n’a pas fini Course sur route, 4e, (diplôme) Heinz Frei (MH3) Contre-la-montre, 7e (diplôme) Course sur route, argent Sandra Graf (WH4) Contre-la-montre, 11e place Course sur route, 11e place Fabian Recher (MH4) Contre-la-montre, n’a pas fini Course sur route, 7e (diplôme) Sandra Stöckli Contre-la-montre, 8e (diplôme) Course sur route, 9e place Athlétisme Beat Bösch (T52) 100 m, 5e place (diplôme)
Paracontact I Hiver 2021
Catherine Debrunner (T53) 800 m, médaille de bronze 100 m, 6e place (diplôme) 400 m, médaille d’or Patricia Eachus (T54) 5000 m, 10e place Marathon, 9e place Marcel Hug (T54) 5000 m, médaille d’or 1500 m, médaille d’or (CR) 800 m, médaille d’or Marathon, médaille d’or Manuela Schär (T54) 5000 m, médaille d’argent 800 m, médaille d’or 1500 m, médaille d’argent 400 m, médaille d’or Marathon, médaille d’argent Tir sportif Nicole Häusler (SH2) Tir assis, 20e place Tir debout, 13e place Tennis Nalani Buob Éliminée au 1er tour Tennis de table Silvio Keller Éliminé en phase de groupes 31
minée sans avoir gagné un set. Mais elle repart enrichie de ses premières expériences en vue d’une prochaine participation. Nicole Häusler n’a pas non plus réussi à accomplir un exploit en tir sportif. Elle s’est classée 13e au tir couché. Contrairement à nos attentes concernant les talents d’organisation des Japonais, nous avons vécu des situations insolites. Ainsi, le premier jour, les handbikeurs et handbikeuses ont attendu en vain un car accessible en fauteuil roulant pour les conduire sur la piste de course. Sur le parcours, les choses ne se sont pas déroulées de la même façon pour tous les athlètes. Fabian Recher a cassé sa chaîne dans le contre-la-montre. Tobias Fankhauser a dû se contenter de la 4e place dans la course sur route, mais s’est montré satisfait de sa performance, car il était à peine remis d’une grave infection. L’équipe de relais Recher, Fankhauser, Frei a remporté un diplôme mais n’a pas décroché de médaille. Chez les dames, les médailles sont aussi restées hors d’atteinte pour Sandra Graf et Sandra Stöckli. Cette dernière a toutefois obtenu un diplôme paralympique avec une 8e place au contre-la-montre, tout comme Beat Bösch en athlétisme. Patricia Eachus a hélas raté le diplôme de peu. Un accueil enthousiaste à Nottwil L’émotion suscitée dans tout le pays par l’équipe suisse s’est traduit par un accueil chaleureux qui lui a été réservé au CSP de Nottwil le mercredi suivant les JP. Les balcons de la clinique étaient pleins à craquer et le jardin thérapeutique était entouré de fans brandissant banderoles et drapeaux suisses.
Et comme les Jeux ont malheureusement dû se dérouler sans public, un bain de foule, même à distance, était un changement bienvenu pour les athlètes. «Tout a bien marché pour nous avec 14 médailles et moult autres performances de haut niveau», a déclaré Roger Getzmann, tirant un bilan des Jeux. «Le fait que nous ayons dépassé notre objectif de plus du double tient à ce que chacun et chacune s’est donné·e à fond au moment décisif, faisant preuve d’une grande force mentale. Et puis, la chance était aussi de notre côté.» 32
Deux pionnières tirent leur révérence La Suisse a fait la part belle aux femmes lors des Jeux Olympiques et Paralympiques. À présent, deux grandes figures du sport en fauteuil roulant suisse annoncent leur départ. Toutes deux ont participé aux Jeux Paralympiques dans plusieurs disciplines. Karin Suter-Erath dans les sports de raquettes du tennis et du badminton et Sandra Graf en uniski, athlétisme et handbike.
Karin Suter-Erath «Je suis actuellement au meilleur de ma forme et c’est un privilège de pouvoir m’arrêter maintenant et de ne pas y être contrainte plus tard parce que mon corps ne suivrait plus. À 50 ans, une discipline telle que le badminton, tout en accélérations et freinages, est très éprouvante. L’effort fourni pendant l’entraînement est énorme. Par moments, je ne pouvais plus m’entraîner autant que je le souhaitais», explique Karin Suter-Erath pour justifier sa décision. Cette grande forme lui aurait permis de tenir jusque fin octobre 2021 pour terminer en beauté aux CM de Tokyo. L’annulation par le comité d’organisation a donc mis prématurément fin à sa carrière. Les Jeux Paralympiques d’Athènes en 2004 resteront sans doute le plus grand succès de la Bâloise. Avec Sandra Kalt, elle a remporté la médaille de bronze en tennis double. En badminton, elle a été championne du
monde en simple à Dortmund en 2012 et est rentrée de Tokyo avec deux diplômes. Elle continuera à mettre son savoir-faire au service du badminton comme entraîneuse.
Sandra Graf Si quelqu’un a pu démontrer que la famille et le sport étaient compatibles, c’est bien Sandra Graf. L’année même où elle a participé à ses premiers Jeux Paralympiques à Lillehammer dans le slalom géant (4e place), elle est devenue maman, ce qui ne l’a pas empêchée de mener une belle carrière. Après s’être reconvertie dans l’athlétisme, l’Appenzelloise a disputé les Jeux Paralympiques de Sydney, Athènes et Pékin (bronze au marathon). Elle a obtenu ses plus grands succès en handbike, où elle a remporté la médaille d’or paralympique si convoitée dans le contre-lamontre à Londres en 2012. À cela s’est encore ajoutée une médaille de bronze lors du marathon d’athlétisme en Angleterre. Elle savait depuis longtemps que Tokyo 2020 serait sa dernière grande apparition internationale: «J’ai eu une belle et longue carrière, mais ma vie privée en a souvent été négligée, alors maintenant, je veux y investir plus de temps. Je veux toutefois continuer à m’engager en handbike et transmettre mon expérience. Je me suis déjà impliquée dans le camp de sport ‹move on›.»
Paracontact I Hiver 2021
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SÉRIE 4/4: TOKYO 2020
Des conditions très différentes Catherine Debrunner et Tobias Fankhauser se sont lancés dans les Jeux Paralympiques tant attendus avec des expectatives et des antécédents très inégaux. Nicolas Hausammann
Catherine était au top de sa forme, endurcie par le camp d’entraînement de Papendal. Elle s’est rendue à Tokyo avec l’espoir de gagner sa première médaille paralympique. Tobias Fankhauser, en revanche, n’a pu voir que le plafond de sa chambre d’hôpital au lieu de la superbe piste d’entraînement de Bâle-Campagne – une infection ayant soudain interrompu sa préparation. Avez-vous rempli vos propres attentes? Catherine: Pour moi, tout s’est passé à merveille. J’ai réalisé d’excellentes performances dans toutes les disciplines. Mon objectif principal était de décrocher une médaille, chose faite à la toute première course (le bronze). En fait, je voulais garder l’or pour Paris 2024 (rires), mais je n’allais quand même pas la refuser. Tobias: Ma performance est difficile à classer. Dix jours avant les JP, j’étais au CSP de Nottwil avec une infection, de la fièvre et des antibiotiques. Pendant longtemps, il n’était même pas sûr que je puisse me rendre à Tokyo. À cause des séquelles de l’infection, je ne pouvais pas donner le meilleur de moi-même. Mais en me classant 4e à la course sur route, j’ai obtenu le meilleur résultat possible. Comme les handbikeurs et handbikeuses étaient logé·e·s à l’extérieur du village, dans un hôtel situé près du circuit «Fuji Speedway»,
nous n’avions pas de contacts avec les athlètes des autres disciplines et pays. Cela me rend un peu mélancolique. Dans quel état d’esprit êtes-vous: en route vers le prochain objectif ou enfin une pause bienvenue? Tobias: C’est fou ce que cette préparation m’a coûté physiquement et mentalement. J’ai besoin de recharger mes batteries. Mon prochain objectif concerne donc mes études. Les objectifs sportifs restent encore en suspens. Cela va dépendre de la force de ma motivation et du soutien dont je bénéficierai à différents niveaux. Catherine: Pour le moment, je me consacre à ma famille et à mon filleul, qui me remettent les pieds sur terre après tous ces événements forts en émotion. Il y aura donc une petite pause avec quelques jours de vacances. Mais ensuite, ce sera objectif Paris – c’est seulement dans trois ans. Parlons de la pression: comment la gérez-vous, et avez-vous développé une sorte de dépression post-olympique? Catherine: J’ai pu garder mon flegme et me lancer dans les courses l’esprit libre. En plus, après la médaille de bronze, ça s’est presque fait tout seul. Il est donc peu probable que j’aie une dépression post-olympique. Ma famille m’aide beaucoup à me sentir en sécurité et à trouver la paix.
Tobias: Suite à mes ennuis de santé, la pression de la qualification était presque plus forte cette année que celle des JP euxmêmes. Les autres athlètes avaient certainement plus de pression et d’attentes de l’extérieur. J’ai savouré la bonne ambiance avec mes potes de handbike et c’est l’esprit léger que j’ai pris le départ de mes courses. Après les JP, je suis toutefois content de prendre un peu de distance avec le sport. Que retenez-vous de ces Jeux? Tobias: Il a fallu pas mal d’humour pour surmonter les premiers jours. On nous a toujours vanté les talents d’organisation des Japonais et la minutie de leur travail. Or quand nous avons voulu nous rendre sur la piste de course, il y avait bien dix bénévoles sur place, mais aucun car accessible en fauteuil roulant. Catherine: Avant ma course en or, j’ai dit à Samantha Kinghorn dans la «call room»: «Let’s beat the Chinese today.» Après la course, elle m’a raconté qu’elle s’était souvenue de mes paroles dans le dernier virage et qu’elle n’avait pas laissé son adversaire la dépasser. C’est bien que de telles amitiés existent malgré la compétition. Peu avant la mise sous presse de ce numéro, Tobias Fankhauser a annoncé qu’il arrêtait les compé titions. Une rétrospective de sa carrière paraîtra dans le prochain Paracontact.
Paracontact I Hiver 2021 33
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
PROGRAMME D’HIVER
Aperçu du ski
FORMATIONS 2022
Pensez à vous perfectionner Nos formations visent à maintenir à un niveau élevé la qualité des cours d’activité physique et de sport des clubs en fauteuil roulant (CFR) ainsi que des formations spécifiques à certaines disciplines que proposent les commissions techniques. Il faut savoir que plus le niveau de formation des responsables actifs est haut, plus la contribution de qualité que verse l’OFAS aux CFR est importante. En 2022, il sera possible de suivre les formations suivantes à Nottwil: Échelon 1 – Formation préalable – Module de base (français et allemand) 19.3.2022, 12.11.2022, 1.10.2022 – Module pratique (français et allemand) «transmettre les bonnes activités esa» 20.3.2022, 13.11.2022, 2.10.2022 – Module interdisciplinaire J+S «Sport et handicap – Bases» 7–8.5.2022
Échelon 2 – Formation de base –F ormation générale esa 1–3.4.2022, 9–11.9.2022 –C ours d’introduction esa/ Formation spécifique «Sport en FR» 21–22.10.2022/21–23.10.2022 Échelon 3 – Formation continue 1 –S port et santé 18–19.11.2022 – Méthodologie-Didactique 20–21.11.2022
Si vous avez des questions ou souhaitez obtenir des conseils sur les cours, veuillez contacter l’équipe de formation. Nous sommes impatients de recevoir vos inscriptions et espérons vous accueillir bientôt!
Nous sommes prêts – l’hiver peut venir Le programme hivernal de Sport suisse en fauteuil roulant propose à nouveau un large éventail de sports sur neige et sur glace. Grâce à la pandémie, le ski de fond a connu un véritable boom. SSFR suit également cette tendance et propose désormais un cours de ski de fond combiné au biathlon à Lenk, en plus des cours habituels à Fiesch et aux Diablerets. En outre, plus de 50 jours de cours d’uniski et de dualski sont organisés dans toute la Suisse. Celles et ceux qui veulent s’aventurer sur la glace peuvent s’inscrire à une initiation au curling dans le club de leur choix, ou pour les plus casse-cou, à une descente d’essai sur la piste de bobsleigh de Saint-Moritz. Informations spv.ch (sport pour tous)
Informations www.spv.ch/formation
BASKET-BALL
CE Madrid PROCHAINES COMPÉTITIONS À TITRE
CM à Lillehammer Les championnats du monde handi sports d’hiver pour le ski alpin, le snow board et le ski de fond se tiendront du 8 au 23 janvier 2022 en Norvège.
À deux mois des JP de Pékin, les athlètes devront, pour la première fois de la saison, jouer cartes sur table pour remporter le précieux métal. C’est aussi la dernière chance pour les athlètes suisses de se déFait inédit dans l’histoire du CIP, les marquer par de bonnes performances et épreuves de ces trois disciplines se dérou- d’empocher l’une des places de quota si leront en même temps et au même endroit. convoitées permettant de participer aux JP. 34
L’IWBF ECMA 2021 aura lieu à Madrid du 2 au 12 décembre. Le championnat d’Europe division A avait dû céder la place aux Jeux Paralympiques de 2021. Les ligues européennes feront une pause de trois semaines cet hiver afin d’offrir à toutes les équipes une brève période de préparation. Classée neuvième, la Suisse s’envolera pour Madrid, mais il n’y a que cinq places de quota pour la qualification au CM. Paracontact I Hiver 2021
PARA TOP POTENTIAL
CLUBS EN FR
Felix Frohofer, handbike
Coach d’entrée
Âgé de 27 ans, il habite à Russikon (ZH). Felix fait partie du nouveau vivier de promotion des athlètes «Para Top Potential» de SSFR.
SUISSE ROMANDE
Ski de fond En plus des activités du programme d’hiver proposé par Sport suisse en fauteuil roulant, il est également possible de pratiquer le ski de fond en Romandie. L’association «Handiconcept» et le magasin de sport «Sibéria Sports» à La Brévine louent des luges de fond adaptées et vous mettent en contact avec des moniteurs et des monitrices.
Quel est ton plat préféré? Un morceau de viande avec des nouilles ou des frites. Et j’adore la saison des asperges! Ta bande-son pendant l’entraînement? Aucune en entraînement. Autrement, Gölä ou les Toten Hosen. Tes loisirs, hormis le handbike? Être dans la nature: randonnée, pêche et les activités polysportives en général. Ce que nos lecteurs doivent absolument savoir sur toi. Quand ça joue pas, je prends une dose de caféine. Après, j’ai immédiatement l’impression d’être prêt. Netflix ou SRF? SRF – leurs reportages sportifs sont cool. Insta ou Whatsapp? Insta, j’y vais tous les jours. Pour les photos: smartphone ou appareil photo reflex? Smartphone. Ça marche aussi en faisant du handbike. Paracontact I Hiver 2021
Plus d’informations Sophie Gnaegi, sophie.gnaegi@spv.ch, Tél. 076 310 36 58
GROS PLAN
CT Rugby Les sports aussi dynamiques que le rugby s’appuient sur des commissions techniques (CT) tout aussi innovantes. Grâce aux quatre joueurs actifs au sein de la CT, cette dernière est toujours au fait de l’actualité et des tendances émergentes. Le chef de la CT, Peter Roos, tire toutes les ficelles, Christian Hähnel s’occupe des finances et l’entraîneur en chef, Adrian Moser, allie profession et loisir afin que l’équipe nationale évolue au niveau sportif. La promotion en ligue européenne A qui vient d’être obtenue prouve clairement que le travail de la CT est orienté vers les objectifs. La CT compte aussi Claudia Rota, qui est chargée depuis de nombreuses années de la formation et des affectations des arbitres, Renate Kumann dont le titre de «Coordonnatrice sportive» ne suffit pas à décrire la multitude d’activités qu’elle assume et Selina Wittenwiler, véritable dénicheuse de jeunes talents et résolument tournée vers l’avenir.
Les CFR proposent un large éventail de sports, mais les personnes en fauteuil roulant ne le savent pas toujours. Cela est particulièrement vrai pour les patient·e·s en cours de rééducation, période durant laquelle des sports en fauteuil roulant leur sont présentés. Pour que les futur·e·s sportifs et sportives aient accès aux offres de leur région après la rééducation, un conseiller ou une conseillère de l’Association suisse des paraplégiques les contacte quelques semaines avant leur sortie de l’hôpital. Les conseillers sportifs montrent aux patient·e·s les offres de la région et les mettent en contact avec le club local. Le coach d’entrée du CFR guide et accompagne la personne en fauteuil roulant lors des premiers entraînements. Jusqu’à présent, le travail des coaches d’entrée a permis d’obtenir d’excellents résultats et de recruter de nouveaux membres qui participent avec enthousiasme à la vie du club.
35 LE CHIFFRE
… personnes ont participé au camp de sport «move on», qui s’est tenu du 11 au 16 octobre 2021 à Nottwil. spv.ch (sport pour tous) 35
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
SÉRIE 4/4: PROMOTION DU SPORT D’ÉLITE DANS L’ARMÉE SUISSE
Davantage de professionnalisme Pas de succès sans soutien institutionnel. Marco Bruni, initiateur de l’inclusion du sport en fauteuil roulant dans la promotion du sport d’élite dans l’armée, nous en dit plus. Nicolas Hausammann
La première année avec trois athlètes remilitarisés s’achève, un nouvel élève a commencé l’école de recrues pour sportifs et sportives d’élite. Quel bilan en tires-tu? Un bilan très positif. La coopération avec les responsables de l’armée est très agréable et fonctionne à merveille. Les cours de répétition marchent bien et se déroulent en partie aussi à Macolin. Ces rencontres, qui deviendront bientôt quotidiennes dans l’ER pour sportifs et sportives d’élite, sont la première étape d’une sensibilisation et d’une inclusion profondes.
sport handicap. Alors évidemment, il n’a pas fallu me le dire deux fois. J’ai pris l’initiative et j’ai immédiatement demandé un entretien auprès du commandement de l’ER sports d’élite. Il s’est alors avéré qu’un commandant de l’ER avait déjà lancé un projet pilote. Lors de la table ronde, il est rapidement apparu qu’il était temps de mettre en œuvre l’inclusion des handi sportifs et handisportives dans la promotion du sport d’élite de l’armée. Sport suisse en fauteuil roulant et PluSport ont ensuite élaboré un concept qui a été approuvé en été 2020.
Comment cette inclusion des athlètes en fauteuil roulant a-t-elle vu le jour? Grâce au discours prononcé par la ministre des sports Viola Amherd à Macolin, à l’occasion des 75 ans de la promotion du sport. Elle y évoquait l’intégration du
Pourquoi le moment était-il si propice à cette ouverture? L’intégration est enfin devenue un objectif pour l’ensemble de la société. Le monde militaire en fait aussi partie, et la volonté politique s’est nettement accentuée sous Viola Amherd. Le transfert de Lyss à Macolin et le fait que la formation soit désormais plus théorique permettent aussi aux personnes en fauteuil roulant de suivre la formation d’ordonnance de bureau. Combien d’athlètes doivent être soutenu·e·s dans les viviers de promotion de l’armée? L’objectif est de faire entrer dans ce vivier les athlètes issu·e·s de la promotion de la relève qui présentent un potentiel pour les championnats du monde, voire les Jeux Paralympiques. Chez les piéton·ne·s, plus de la moitié des médaillé·e·s olympiques viennent de cette promotion. Vu qu’il Marco Bruni De pionnier du snowboard au responsable du Centre national de performance pour le sport en fauteuil roulant
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existe aussi une énorme pression pour davantage de professionnalisme dans le sport paralympique, être admis·e dans la promotion du sport d’élite vaut de l’or. Il n’y a pas de plafond dans ce concept, seuls le potentiel de l’athlète et l’armée décident qui rejoindra l’ER ou sera remilitarisé·e. Fabian Recher sera la 1ère recrue du sport en fauteuil roulant. Comment les deux parties en tirent-elles mutuellement profit? Rien que par la visibilité, la perception est améliorée et le rapprochement inévitable, car on passe le plus clair de son temps ensemble. Il se crée ainsi un espace d’échange qui est précieux pour les deux parties et les sensibilise aux préoccupations respectives. Le sport est ici le dénominateur commun ou le médiateur qui peut accomplir des miracles en termes d’entente. Tu as déjà emprunté cette voie dans la promotion du sport d’élite de l’armée avec les athlètes de snowboard. Qu’est-ce qui est différent dans le sport en fauteuil roulant? Jadis, l’entraînement de l’armée était une formation de base (tir, marches, etc.). Depuis, les choses ont évolué et des portes se sont ouvertes. À l’époque, les adeptes du freestyle faisaient figure d’espèce exotique dans le sport d’élite, ce qui sera aussi le cas des Rollis au début. Mais aujourd’hui, ces précurseurs sont devenus incontournables, et j’ai hâte de voir ce moment arriver pour le sport en fauteuil roulant en Suisse! Paracontact I Hiver 2021
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
LES FEMMES AU CŒUR DU SPORT
De coureuse d’élite à entraîneuse pour le sport en fauteuil roulant Depuis près de 30 ans, Monika Vifian s’engage en faveur de l’athlétisme en exerçant diverses fonctions dans le sport pour tous et le sport de compétition. Depuis le début de l’année 2021, elle est responsable de la relève pour l’athlétisme en fauteuil roulant. Gabi Bucher
Les femmes au cœur du sport? Monika Vifian est très bien placée pour en parler. Dans sa jeunesse, c’était une sportive de haut niveau sur le 800 m. «Ma dernière compétition internationale était avec Meta Antenen. C’est grâce à elle que le sport féminin est entré dans les mœurs.» Elle a ensuite suivi une formation d’entraîneuse et a travaillé pour Swiss Athletics dans toutes les disciplines de moyenne et longue distance. Elle a souvent été la seule femme. «Heureusement que mes parents étaient aussi ouverts. Le sport d’élite féminin a longtemps été mal vu. Une fille devait apprendre un métier ou aider à la maison.» Une équipe masculine perturbée Monika a continué le sport: elle a donné des cours d’aquagym pour la Ligue contre le rhumatisme, a été spécialiste du sport pour adultes et a aussi dirigé le club de gymnastique de Rothrist. «Une équipe de gymnastique masculine», précise-t-elle, où les commentaires allaient bon train. «Après le premier entraînement, ils n’arrivaient plus à monter les escaliers à cause des courbatures. J’étais très en forme à l’époque», reconnaît-elle en riant. Mais avec les épouses c’était plus difficile. «L’une d’elles a même interdit à son mari de venir à mes entraînements.»
Il y a environ deux ans et demi, Beat Fäh, entraîneur national d’athlétisme chez SSFR, lui a demandé si elle voulait seconder Paul Paracontact I Hiver 2021
Odermatt dans l’entraînement de la relève. Monika Vifian, qui y avait pris goût, est donc devenue responsable de la relève en tant qu’assistante de Paul au début de l’année 2021. Lorsqu’elle a en outre suivi la formation la plus élevée de l’association, celle «d’Entraîneur A», elle a décidé de le faire dans le sport en fauteuil roulant. Monika a vite compris que l’entraînement des personnes en fauteuil roulant était très similaire à celui des athlètes sans handicap. «Les premières font simplement plus de kilomètres», résume-t-elle. Il n’y a pas non plus de différence entre les programmes des filles et des garçons. «À cet âge, les filles peuvent en faire autant que les gars, sinon plus.» Bien sûr, les menstruations posent problème, comme aux piétonnes. «Certaines ont plus de douleurs que d’autres.» Mais avec la médecine du sport sur place, elles ont la possibilité d’en parler. «Et lors des Testing Days annuels, tout est passé en revue sur le plan médico-sportif et psychologique. Nous connaissons donc bien nos jeunes athlètes de la relève.»
ce qu’elles n’osaient jamais faire avant.» Mais il arrive aussi que les jeunes espoirs la sentent passer, cette fameuse force de caractère. «Je suis plus sévère que Paul, qui l’admet volontiers. Mais quand on veut devenir une athlète de haut niveau et qu’on est en partie soutenue par la fédération, on doit être à la hauteur.» La gent féminine était aussi clairement représentée lors des JO et des JP de cette année. Pour Monika, rien d’étonnant à ce que les femmes se soient taillées une telle place. «Elles ont plus de volonté et il paraît qu’elles sont plus résistantes à la douleur.» Selon elle, c’est une bonne chose que l’on s’intéresse de plus près au rôle des femmes dans le sport, «mais il ne faut pas en faire tout une montagne. Il est important de créer un environnement attrayant pour les sportives, mais de manière saine. Elles doivent être reconnues pour leurs performances et non parce qu’elles les accomplissent en tant que femmes!»
Une main de fer dans un gant de velours Le fait qu’une femme assiste désormais à l’entraînement aux côtés de Paul est un gros avantage. «Lorsqu’il s’agit d’aider aux transferts, c’est certainement plus agréable pour les filles qui, de temps en temps, me demandent un petit massage de la nuque, 37
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
GIRO SUISSE 2021
Le meilleur du sport pour tous Après le tour anniversaire de l’an dernier, le Giro Suisse 2021 a traversé la Suisse centrale et orientale, et la petite troupe de handbikeurs et handbikeuses, expérimenté·e·s ou novices, s’est éparpillée sur les pistes cyclables. Thomas Hurni
Après le formidable Giro Suisse de 2020, la joyeuse excitation des membres du CO et du personnel d’encadrement égalait celle des cyclistes qui arrivèrent tôt le matin au stade d’athlétisme du CSP en ce mardi 24 août. Des zeka-Rollers déchaînés À 11 h précises, Laurent Prince, directeur de l’ASP, le Dr Luca Jelmoni, CEO du CSP, et leurs invités donnèrent le signal du départ de la première étape vers Aarau aux 21 participant·e·s qui bouillaient d’impatience. Un temps frais mais sec accompagna les sportifs et sportives à travers la vallée de la Sure jusqu’à Aarau, où le cortège fut accueilli avec une grande ferveur par les zeka-Rollers du RC Aargau. La première étape fut ensuite célébrée avec le comité dans une ambiance conviviale.
ENVIE D’UN AUTRE GIRO? Le Giro Suisse 2022 passe à l’Ouest. Du 23 au 28 août 2022, le Giro entamera son «Tour de Romandie». Des informations détaillées suivront en mars 2022. Le CO se réjouit d’accueillir un grand nombre d’athlètes en fauteuil roulant motivé·e·s.
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Au bord de l’Aar Les apprentis du zeka Aarau applaudirent avec le même enthousiasme qu’à l’arrivée les cyclistes du Giro au départ de la deuxième étape. Le parcours du jour, qui longeait l’Aar, s’avéra tranquille, mais peu avant l’arrivée à la clinique de rééducation de Bellikon, le peloton dut puiser dans ses réserves pour venir à bout de l’interminable montée. Le cortège fut récompensé par un accueil euphorique sous un beau soleil, et le délicieux souper (offert par la clinique de rééducation de Bellikon) fit vite oublier les efforts fournis. Le bref séjour à Bellikon s’acheva par une liaison en direct avec le camp suisse des Jeux Paralympiques à Tokyo. Étape royale à Schaffhouse via l’Allemagne Avec plus de 60 kilomètres, la plus longue étape du Giro 2021 mena nos sportifs et sportives de Brugg à Schaffhouse. Ils franchirent ainsi la frontière et s’aventurèrent
sur les pistes teutonnes. Les membres du RC Winterthur/Schaffhausen reçurent cha leureusement la petite troupe en lui servant un apéritif et un bon repas. Du CO au handbike Schaffhouse avait déjà été une étape du Giro 2020, lors de laquelle Daniela Moor, responsable sportive du club en fauteuil roulant, s’était alors beaucoup investie en tant qu’organisatrice. Cette fois, elle ne manqua pas l’occasion de s’installer à la manivelle, tout en assurant les préparatifs pour l’arrivée du lendemain. Cela semble presque naturel que les membres du club de l’étape ou de la région passent de l’autre côté de la barrière. Daniela a ouvert la voie. Espérons qu’elle fera de nombreux émules aux prochains Giros.
À la quatrième étape, une nouveauté attendait les participant·e·s du tour: à l’heure du repas de midi, ils purent choisir pour la première fois entre deux parcours, l’un étant plus long et plus fatigant, et l’autre plus facile et plus plat. C’est sous le soleil que nous franchîmes l’arrivée de l’étape à Berlingen. Très prévenant, le personnel de l’hôtel de vacances créa rapidement une ambiance détendue et régala l’équipe du Giro avec une merveilleuse soirée barbecue. Pour la suite du périple le long du lac de Constance, la météo fut moins clémente et la pluie se mit à tomber au matin du 5e jour. À midi, nous trouvâmes refuge dans une grange, où nous pûmes acclamer la médaille d’or de Marcel Hug au 5000 mètres. Sa performance galvanisa les troupes qui sprintèrent littéralement jusqu’à l’arrivée à Arbon. Le Giro au lieu de la Weltklasse Pour la dernière étape, une autre nouveauté nous attendait. Le slowUp du lac de Constance nous ouvrit des perspectives insoupçonnées avec un circuit sur des routes interdites à la circulation motorisée. Malgré une pluie battante, tout le monde atteignit l’arrivée à Wil, satisfait et heureux. Le second Giro Suisse s’acheva le 29 août par un apéritif (offert par le RC St. Gallen). Le CO félicite l’ensemble des coureurs et des coureuses pour leur magnifique performance au Giro Suisse 2021. Paracontact I Hiver 2021
SPORT EN FAUTEUIL ROULANT
TABLEAU DES MÉDAILLES Christopher Stewart CE bob, 1 × bronze Jonas Frei CM bob, 1 × or Équipe nationale de curling CM-B, 1 × argent (promotion en ligue A)
MÉDAILLÉ·E·S DE L’ANNÉE
Dans le peloton de tête À l’intérieur dans une salle de sport ou à l’extérieur dans le vent et les intempéries, nos athlètes ont rapporté des métaux précieux, malgré la pause due au Covid-19. Linda Wiprächtiger
Alexandra Helbling CE athlétisme, 1 × bronze Beat Bösch CE athlétisme, 1 × or, 1 × argent Catherine Debrunner CE athlétisme, 3 × or, 1 × bronze Fabian Blum CE athlétisme, 1 × argent, 1 × bronze Marcel Hug CE athlétisme, 3 × or Patricia Eachus CE athlétisme, 2 × or
Le pilote de bobsleigh Jonas Frei a connu un début d’année fulgurant. À 23 ans, il a remporté le titre de champion du monde à domicile à Saint-Moritz, offrant ainsi à la Suisse sa première médaille d’or en CM de parabob. Plus expérimenté, Christopher Stewart gagnait le bronze 13 jours plus tard aux championnats d’Europe en France. Promotion assurée Victoire après victoire, l’équipe nationale de curling s’est frayé un chemin jusqu’à la finale des CM-B en Finlande. Ce n’est que contre les États-Unis qu’elle s’est finalement inclinée. Grâce à cette médaille d’argent, la Suisse est non seulement de retour dans le groupe A, mais elle a en plus obtenu une place de quota pour les Jeux Paralympiques de 2022 à Pékin, CHN.
Sur une surface plus chaude, l’équipe nationale de rugby a elle aussi réussi à se hisser en ligue A. Lors du CE-B en Pologne, la Suisse a dominé les cinq matches. Reste à voir si nos rugbymen pourront aussi s’imposer au championnat d’Europe A qui se tiendra à Paris en février 2022. Pluie des médailles Pour de nombreux athlètes, les championnats d’Europe de parathlétisme en Pologne servaient d’évaluation et offraient l’ultime Paracontact I Hiver 2021
chance de se qualifier pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. Nos sportifs et sportives y ont décroché 18 médailles, démontrant une fois de plus que la Suisse a toute sa place parmi l’élite européenne. De la piste à la route, les paracyclistes, femmes et hommes, ont enchaîné les succès. Après la pluie de médailles tombée au CE en Haute-Autriche, les Confédéré·e·s ont également réalisé de remarquables performances au CM au Portugal. Dans presque toutes les courses, seul le sprint final a permis de déterminer qui remporterait la médaille. Au top, encore et encore Le skieur nautique Christophe Fasel prouve régulièrement et de manière évidente qu’il compte parmi les meilleurs athlètes du monde. Et il a récidivé lors des CE en Grèce. Il s’est d’abord adjugé la deuxième place en slalom, et en figures, le Suisse a non seulement obtenu l’or, mais a également établi un nouveau record d’Europe. Félicitations L’ASP félicite les médaillé·e s, leurs entraîneurs et entraîneuses ainsi que toutes les personnes qui les secondent, pour les succès de cette année et leur souhaite le meilleur pour la saison à venir.
Alain Tuor CE paracyclisme, 1 × or, 1 × argent Benjamin Früh CE paracyclisme, 1 × bronze Fabian Recher CE paracyclisme, 1 × bronze Heinz Frei CE paracyclisme, 2 × argent Sandra Graf CE paracyclisme, 1 × or Silke Pan CE paracyclisme, 1 × or, 1 × argent Fabian Recher CE paracyclisme, 1 × bronze Sandra Graf CE paracyclisme, 1 × bronze Sandra Stöckli CE paracyclisme, 1 × argent Silke Pan CE paracyclisme, 1 × bronze Équipe nationale de rugby CE-B, 1 × or (promotion en ligue A) Christophe Fasel CE ski nautique, 1 × or, 1 × argent Les résultats des Paralympics figurent à la page 31.
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DIVERS
INTÉRÊT GÉNÉRAL
Course sponsorisée HaïtiRehab réalise des projets de rééducation en Haïti. Chaque année, l’association organise une course sponsorisée à Nottwil. 31 participant·e·s ont parcouru un total de 307 tours sur la piste de 400 m en fauteuil roulant, à pied ou avec la trottinette de l’hôpital.
ÉVÉNEMENT
ParaRomandie
TP
Carte d’accompagnement CFF À compter de 2022, la carte de légitimation pour voyageurs avec un handicap sera intégrée au SwissPass. Le basculement s’effectuera de manière échelonnée par canton. Dès lors, les demandes de carte d’accompagnement pourront être adressées via le formulaire en ligne ou par courrier au Contact Center CFF. Les demandes envoyées au préalable seront conservées jusqu’au mois du basculement et ne pourront être traitées plus tôt. Une fois le basculement de tous les cantons achevé, seule la carte d’accompagnement sur le SwissPass sera acceptée en cas de contrôle. Un courriel ou un SMS vous informera de la délivrance du SwissPass, c’est-à-dire de l’intégration de la carte d’accompagnement sur celui-ci. Dès lors, la carte papier ne sera plus valable et pourra être jetée. Informations/horaires Facilités de voyage pour voyageurs avec un handi cap|CFF (sbb.ch) 40
Après 2017 et 2019, la Clinique romande de réadaptation (CRR) de Sion a organisé le 28 août pour la troisième fois une journée pour et sur les personnes en fauteuil roulant. Ouvert à tous et toutes, cet événement entendait offrir une plateforme de rencontre, d’information et de sensibilisation. Grâce à des séances de discussion, des ateliers, des présentations et des stands d’exposition, les visiteurs et visiteuses ont pu découvrir la vie des personnes handicapées.
Temps forts L’édition de cette année était consacrée au bien-être et visait à montrer que le fait d’avoir un handicap n’empêchait pas de se sentir bien, de prendre soin de soi et de mener une vie active. Parmi les moments forts de la journée, citons la table ronde organisée par Christine Savioz, journaliste au «Nouvelliste», avec deux personnes en fauteuil roulant, Aude Jardin et Jérôme Bagnoud, ainsi qu’un défilé de mode avec des mannequins en fauteuil roulant qui était aussi au programme.
POLITIQUE
Carte AI Lors de la session d’automne, le Conseil des États a adopté une mesure qui facilitera considérablement la vie des personnes handicapées. La motion du conseiller national Christian Lohr demande que la carte AI soit délivrée automatiquement aux personnes qui per-
çoivent une allocation pour impotent, comme c’est le cas pour les personnes qui touchent une rente AI. Cela permettra aux personnes handicapées d’avoir accès à des réductions d’ordre privé. La nouvelle règlementation est particulièrement importante pour les enfants auxquels l’AI ne délivre aucune autre carte de légitimation. Paracontact I Hiver 2021
INCLUSION
WeThe15 15 % de la population mondiale vit avec un handicap. Lancée le 19 août, la campagne globale «WeThe15» met ces 15 % sous le feu des projecteurs et exige une plus grande égalité des droits. À cette fin, 125 bâtiments du monde entier, parmi lesquels la Collégiale Saint-Vincent à Berne, le Jet d’eau et le Palais Wilson à Genève ainsi que le Musée olympique à Lausanne, ont été baignés de lumière violette. Sur la campagne www.wethe15.org
FSP
Nouveau au conseil de fondation Matthias Lötscher, 35 ans, a été élu au conseil de fondation de la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP).
CFR VALAIS ROMAND
WCMX Depuis cet été, le Club en fauteuil roulant du Valais Romand propose des entraînements de WCMX (skateboard en fauteuil roulant) à Lens, à l’Alaïa Chalet. Que cela soit au skate-park intérieur ou extérieur ou enore dans le «snake run», il est possible de venir faire des sauts ou de
ÉVÉNEMENT
Salon Rollivision Tel est le nom donné au salon traditionnel destiné aux personnes en fauteuil roulant qu’Orthotec a organisé à 19 reprises sur le campus de Nottwil.
Originaire de Marbach LU, il travaille comme avocat à Zurich. En 2005, un accident de saut à ski l’a rendu tétraplégique incomplet. Matthias Lötscher est aussi membre du comité de l’association Construire sans obstacles de Lucerne (HBLU) et du conseil d’administration des Remontées mécaniques Sörenberg. Paracontact I Hiver 2021
Désormais, Orthotec fait cause commune avec Messe Luzern et transfère Rollivision à Swiss Handicap, le salon des personnes handicapées et non handicapées. Swiss Handicap aura lieu l’an prochain du 2 au 4 décembre 2022. On y attend près de 120 exposant·e·s. Informations www.swiss-handicap.ch
prendre des barres de slides. Débutant·e·s ou initié·e·s, tout le monde peut venir, peu importe son niveau d’expérience ou son âge. Contacter Manuel Mascarenhas manuelgoncalves28@hotmail.com
MARATHON
Victoire globale Pour la troisième fois consé cutive, Manuela Schär a remporté la série Abbott World Marathon Majors, qui comprend sept compétitions. Après cinq victoires, l’athlète originaire de Kriens avait tant creusé l’écart avec sa concurrente directe que, déjà avant la dernière course à New York, elle ne pouvait plus être délogée de sa première place. Chez les messieurs, Marcel Hug ayant gagné le marathon de New York, il est le vainqueur de la série Abbott World Marathon Majors devant l’Américain Daniel Romanchuk. 41
GROS PLAN
L’ENTRETIEN
Des empreintes dans la neige L’uniski est pratiqué à Sörenberg depuis 30 ans. Retour sur cette discipline sportive avec son initiateur et ancien coordinateur, Sepp Zemp. Gabi Bucher
Sepp Zemp, surnommé Söpp, agriculteur de Schüpfheim et père de trois enfants, a été professeur de sports de neige et coordinateur des cours d’uniski à Sörenberg pendant de longues années. Il a apporté à cette discipline sa patte inimitable. Comment l’uniski est-il arrivé à Sörenberg? C’est André Deville qui a introduit l’uniski à Sörenberg. J’ai fait sa connaissance à l’école de sports de neige de Sörenberg. De 1980 à 1997, il a dirigé le département Sport en fauteuil roulant de l’ASP et a encouragé mon frère Erwin, qui s’était retrouvé en fauteuil roulant en 1976, en athlétisme et en tir. En 1987, ils ont tous deux participé à un atelier à Engelberg sur l’enseignement du ski pour les personnes handicapées physiques. Des équipements de sports d’hiver y étaient présentés, c’étaient des engins improbables, bien trop lourds et pas maniables. Mais un moniteur de ski valaisan, Raymond Schneebeli, travaillait à la construction d’uniskis révolutionnaires, munis d’une coque d’assise montée sur une base à ressort avec une structure en ciseaux (Söpp sort un vieil article avec un tout jeune Peter Gilomen à bord de l’une de ces luges). Jacques Blanc, un paraplégique valaisan, skiait avec ce bob. André l’a invité à venir le présenter à Sörenberg. Puis Raymond Schneebeli nous a fourni cinq ou six engins et nous avons commencé à donner des cours d’uniski. Vous avez commencé à donner des cours sans aucune formation ni expérience? À la base, nous étions tous des moniteurs de ski, mais bien sûr, nous avons d’abord 42
La corde attachée au bob est sécurisante Paracontact I Hiver 2021
testé le bob nous-mêmes. J’étais assis dedans, André en lisait le mode d’emploi tandis que mon cousin Joseph Schmid se tenait à côté et observait. J’ai vite compris qu’il fallait trouver quelque chose pour aider les futurs élèves, afin d’éviter que le bob ne leur échappe ou qu’il ne se renverse. C’est ainsi qu’est née l’idée de la corde, avec laquelle nous sécurisons et assistons les débutant·e·s. C’était une méthode de notre cru. Ailleurs, les skieurs et skieuses s’entraînaient dans une sorte de renfoncement, mais ils ne pouvaient pas vraiment glisser, seulement faire demi-tour et se pousser d’avant en arrière. Sur la vraie piste, ils étaient souvent dépassés. Toutefois, tout le monde n’appréciait pas notre méthode. On nous reprochait de rendre les gens dépendants de nous, qu’on ferait mieux de les laisser skier seuls dès le départ. Mais nos élèves s’éclataient et finissaient toujours la journée plus ou moins en un seul morceau (rires). La corde confère un sentiment de sécurité et empêche de paniquer. Quand nous la lâchons, nous nous mettons au même niveau que les novices, sur le côté inférieur du bob, afin qu’ils sachent qu’ils skient à présent tout seuls. Quand les premiers cours ont-ils eu lieu? En mars 1991, nous avons reçu nos premiers élèves à Sörenberg, Andi Gautschi et Vreni Stöckli. Ils étaient venus avec Monika Schachschneider, qui était à l’époque professeure de sport au CSP. Monika était toujours assez nerveuse quand elle nous amenait des patients. Mais c’était compréhensible, elle tenait à les ramener à la maison sains et saufs. Puis Ursula Joss est arrivée, elle était à l’époque responsable du sport pour tous à l’ASP. Elle est devenue notre interlocutrice et a organisé des cours de trois et cinq jours et des journées d’initiation, et c’est là que les choses ont vraiment démarré. Vous avez également présenté votre méthode en Italie, comment cela s’est-il fait? Le compagnon d’Ursula avait des relations en Italie et il a parlé de notre méthode. Les Italiens voulaient voir comment nous faisions, alors Joseph Schmid et moi sommes partis pour le val Zoldana avec plein de
Bricoleur invétéré et pionnier de l’uniski
matériel et quatre personnes en fauteuil roulant. C’était en décembre 1993. Les moniteurs italiens sont restés sceptiques jusqu’à ce que nous rattachions leurs skieurs et skieuses à la corde. Après quatre jours, ils skiaient tout seuls. L’école de ski de Cortina, qui assistait également à l’évènement, nous a invités à donner un cours chez eux trois semaines plus tard. Comme ils ne parlaient qu’italien, nous avons fait traduire les phrases les plus importantes pour l’entraînement et nous les avons apprises par cœur pour pouvoir plus ou moins communiquer. Mais en cas d’urgence, l’un des moniteurs de ski comprenait un peu d’allemand. Les choses ont donc commencé à évoluer à cette époque? Différentes entreprises se sont mises à construire ces bobs. Certaines ont abandonné car le marché était trop petit. À la fin des années 90, les bobs pour enfants ont eu du succès grâce à Maria Walliser et sa fille Siri. Puis les premiers dualskis ont fait leur apparition. Il y a environ six ans, Simon Weber, ingénieur en mécanique et co-développeur du funiculaire de Stoos, a commencé lui aussi à construire des bobs. Ils étaient conçus jusque dans les moindres détails. Il nous a apporté des modèles et, à la visite suivante, il a pâli en découvrant que nous avions fait des trous et ajouté des fils dans ses pièces de design. Il a été vexé? Non, au contraire, il a vite compris que chaque élève était un cas unique chez nous. Depuis, il a créé le châssis «Impulse». Les trous sont placés de manière à ce que nous puissions y monter toutes les coques. Nous
pouvons donc nous servir du même modèle pour les coques hautes, ce qui nous arrange beaucoup. Nous sommes des adeptes de ces dernières, car au début les élèves doivent être bien maintenus. Dès que les skieurs et les skieuses ont plus d’appui, on peut découper les coques à l’aide d’une scie sauteuse ou en retirer un bout s’ils sont trop à l’étroit. À Sörenberg, nous disposons désormais de dix à douze châssis «Impulse» et pouvons choisir parmi 50 coques, en fonction de la hauteur et de la largeur requises. Nous bidouillons beaucoup avec les systèmes d’amortissement, le déplacement du poids, les diverses positions d’inclinaison du siège, et nous avons aussi pleins de skis différents qu’on peut tester. Quel rôle joue le ski dans cette discipline? Le ski joue un très grand rôle. S’il est trop dur et trop rigide en torsion, la glisse devient difficile. J’arrive à voir dès les premières minutes si un ski est adapté ou non. Parfois, les élèves veulent utiliser leur ski préféré, avant de constater par la suite qu’il n’est pas conçu pour l’uniski. Une fois, une skieuse nous a apporté son propre ski préparé et affûté, mais elle n’arrivait à rien. Je lui ai proposé l’un des nôtres en prétendant qu’il était tout aussi préparé et affûté de frais que le sien. Cela a fonctionné à merveille. Or ce ski n’avait pas vu de lime depuis deux ans et les carres étaient totalement émoussées, j’ai dû lui mentir un peu pour qu’elle lui donne une chance! Une fois, Simona de Agostini a skié ici pendant trois jours, et le quatrième jour, elle a voulu essayer son ski fétiche qu’elle utilisait en tant que piétonne, mais ensuite,
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plus rien n’a fonctionné. Nous voyons ça fréquemment. C’est souvent de la faute du ski et non du skieur si ça ne marche pas. Vous avez dû acquérir beaucoup d’expérience ces dernières années? Quand nous rentrions ensemble à la maison le soir après les cours, nous ne parlions que de ce qui s’était passé. Chacun profitait de l’expérience des autres et j’ai appris tous les jours quelque chose de nouveau pendant 30 ans. Chaque personne est différente, cela dépend de la hauteur de la paralysie, mais aussi de la mobilité restante. Si on met les choses au clair dès le départ, on peut en tirer le meilleur parti. Et je demandais souvent à l’un de nos moniteurs de ski de prendre place dans le bob sans lui expliquer de quoi il retournait. Je pouvais ainsi observer comment cela fonctionnait et apprendre beaucoup. L’une de mes devises est: «Les effets secondaires de la mesure sont plus grands que la mesure elle-même.» Supposons que nous voulions nous pencher côté montagne et que nous n’y arrivions pas. Je demande alors à la skieuse de faire un large geste avec son bras en amont et la voilà qui commence à s’incliner légèrement. Quels ont été les meilleurs moments que tu as vécus pendant toutes ces années? Il y avait de beaux moments tous les jours. Le soir, on recevait toujours plus que ce qu’on avait donné. Les entraînements en télésiège à Grindelwald et Flumserberg ont été de beaux moments. Nous n’avions pas encore de télésièges à Sörenberg à l’époque. Ou tous les moments passés avec les collègues et Ursula quand nous prenions encore un café à Schwarzenegg et que la descente était ensuite assez marrante. Et toutes les belles rencontres: Daniela Jutzeler est passée chez nous, Edith Hunkeler aussi. Et Manuela Schär est venue quand elle était petite. À l’époque, elle avait une bande velcro autour des jambes, grâce à laquelle nous pouvions la soulever et la transférer dans le bob, tant elle était petite et frêle. Et quand elle enlevait son casque et mettait sa casquette, il fallait toujours faire passer sa queue de cheval par le trou de la casquette. C’est une bonne skieuse, avec un peu d’entraînement, elle aurait été au top tout de suite! Je me suis occupé d’elle et de Marcel Hug au camp de ski pour jeunes à Lenk.
Un cœur pour ses petits et grands protégés
Une fois, la marque Rossignol a invité le skieur italien Alberto Tomba à la cérémonie d’ouverture. Les enfants étaient tous surexcités. Paul Berlinger, le représentant des skis Rossignol et moi-même avons demandé si Alberto pouvait signer un autographe sur les vestes de Manuela et Marcel. Marcel a tendu sa veste sans un mot, mais Manuela a dit: «Oh ben non, il n’a pas besoin de gribouiller sur ma veste, je ne suis pas une de ses fans.» Cela fait quelques années que tu n’es plus coordinateur de cours à Sörenberg. Comment as-tu vécu le passage de témoin? Bien sûr, ce n’était pas facile, mais c’est ainsi que vont les choses. Richard Studer et Fabian Emmenegger ont à présent repris les rênes. Richard s’occupe davantage de l’administratif, Fabian est le «patron de l’écurie» sur le Rossweid et entretient surtout le matériel. Je sais qu’ils poursuivront le boulot dans mon esprit, avec les changements et les ajustements nécessaires. Ils sont entourés par une super équipe et je m’entends très bien avec eux. S’ils ont besoin de moi, je les aide toujours volontiers et je vais les voir de temps en temps. Mais maintenant, je peux davantage skier pour moi. Un grand merci! Sepp est en grande partie responsable de ce qu’est aujourd’hui l’offre de ski à Sören-
berg, même si lui-même, modeste comme il est, décrit ce succès comme un travail d’équipe. Pour lui, son engagement inlassable est une évidence. Söpp est accueilli et apprécié partout, notamment parce qu’il se concentre entièrement sur son visà-vis et que rien ne peut l’en distraire. Dès le départ, il demande aux personnes en fauteuil roulant ce qui est encore possible, ce qu’elles ressentent encore, où se situent les problèmes. Pendant ses pauses, il s’assoit avec les skieurs et les skieuses, les écoute et se permet une ou deux boutades, mais toujours avec respect. Car Söpp est d’un tempérament très farceur. Sa déclaration sur les instructions données par ses interlocuteurs à l’ASP est légendaire. «Quand ils disent quelque chose, on hoche tous la tête et on dit oui à tout. Et après, on fait comme on le sent.» Son «ordinateur», un petit carnet qu’il garde dans la poche de sa veste et dans lequel sont «stockées» toutes ses données importantes, est également impayable. Söpp a investi d’innombrables heures dans le ski. Son enthousiasme pour la cause est tel qu’il a acheté un nouveau bob avec le prix qui lui a été remis par le Kiwanis Club. C’est tout Söpp, nous le remercions du fond du cœur pour tout et nous espérons le rencontrer encore longtemps pour faire un brin de causette, échanger des souvenirs et écouter l’une de ses nombreuses histoires.
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GROS PLAN
PARALYSÉS MÉDULLAIRES DE L’ANNÉE
Galina Gladkova et Karl Emmenegger
Début septembre, la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) a honoré pour la 28e fois deux paralysés médullaires à Nottwil. Gabi Bucher
Le 5 septembre, Journée internationale des paralysés médullaires, la professeure de ballet bâloise Galina Gladkova-Hoffmann et l’ancien conseiller de vie et d’orientation professionnelle Karl Emmenegger ont été tous deux élus paraplégiques de l’année 2020/21. GALINA GLADKOVA Née le: 15.6.1959 Handicap: tétraplégie Profession: chorégraphe et professeure de danse, gestionnaire culturelle (Master de l’Université de Bâle), contrebassiste diplômée Loisirs: photographie, musique, sport automobile Le long chemin Galina Gladkova est née au Canada de parents russes. Elle passe son enfance à Toronto et se met à la danse dès son plus jeune âge. Après une audition éprouvante à New York, le célèbre chorégraphe suisse Heinz Spoerli l’invite à Bâle, où elle danse pendant de nombreuses années, notamment en tant que soliste avec le Ballet de Bâle, puis avec le Ballet de Lucerne, le Ballet de chambre suisse et le Cathy Sharp Dance Ensemble.
En 1995, un accident de cheval en France la rend tétraplégique. Elle comprend tout de suite qu’elle a de sérieux ennuis. «Deux véhicules de secours sont intervenus en 46
même temps car nous devions traverser une frontière départementale», se souvient-elle. Après l’opération qui lui a sauvé la vie au CHU de Besançon, on s’occupe bien d’elle, mais rester enfermée dans une chambre sans climatisation avec une température extérieure de 34° est insupportable. «Si je survis à cela, je serai capable de tout», pense-t-elle alors. La Rega la transfère à Nottwil après une semaine. «Les médecins n’en revenaient pas quand j’ai chanté ‹It’s a long way to Tipperary, it’s a long way to home› dans l’hélicoptère pendant le vol.»
sexel, puis sa propre «Basel Dance Academy» en 2006 où elle travaille encore aujourd’hui en tant que directrice et chorégraphe, et forme de jeunes danseurs professionnels jusqu’à la maturité. C’est la danse qui lui a redonné le goût de vivre. «Si je n’avais pas la danse, je ne me concentrerais que sur mon handicap physique et non sur ce que je suis capable de faire! Mon métier est ma passion et il me donne des ailes.» Et elle est sûre d’une chose: «Il ne s’agit pas d’accepter, mais de s’adapter, d’avoir le courage de s’engager dans cette nouvelle vie.»
La passion de la danse À Nottwil, Guido A. Zäch est là pour l’accueillir. «Il m’a dit que ça allait être dur, mais que tout irait bien.» Et aujourd’hui, 26 ans plus tard, elle ne peut que lui donner raison. Elle fait la connaissance du conseiller en orientation professionnelle Karl Emmenegger au Centre suisse des paraplégiques. «C’est bien que nous soyons honorés ensemble aujourd’hui», se réjouit-elle. «Quand il a vu mon dossier à l’époque, il a dit qu’être une danseuse de ballet en fauteuil roulant allait être compliqué.» Mais pas question que l’accident la prive de sa passion pour la danse. «La danse et la paraplégie ne sont pas forcément incompatibles.» Elle poursuit donc son travail de chorégraphe et de professeure de danse, dès sa rééducation terminée. En 1999, elle fonde «Mudance» au château de Viller-
Toast russe au vin blanc Heidi Hanselmann, présidente de la Fondation suisse pour paraplégiques, a laissé transparaître son admiration dans son éloge. «Malgré ce dur coup du sort, Galina Gladkova-Hoffmann reste fidèle à sa passion et transmet sa motivation et son immense talent pour la danse aux jeunes afin qu’ils ou elles puissent aussi s’épanouir dans cet art.» Elle vit l’inclusion tous les jours et son exemple est une grande source d’inspiration pour les autres. «Cela mérite un profond respect.» Galina Gladkova a été très touchée par cet hommage inattendu. Elle a remercié le Dr Guido Zäch pour sa brillante clairvoyance et a demandé à tous les invités de se lever pour porter un toast selon la coutume russe, sans vodka certes, mais avec un peu de vin et beaucoup d’émotion. Paracontact I Hiver 2021
KARL EMMENEGGER Née le: 19.2.1952 Handicap: paraplégie Profession: conseiller de carrière et d’orientation professionnelle diplômé et coach professionnel Loisirs: aéromodélisme et saxophone La meilleure chose, c’est la tête Un accident de voiture survenu vers 25 ans vient radicalement bouleverser l’existence de Karl Emmenegger, alors joueur de handball d’élite. Il se souvient encore très clairement du drame, provoqué par un micro-sommeil au volant. «Il y a eu un choc, je me suis réveillé et j’ai tout de suite compris.» Il envisage alors d’en finir, sur les lieux même de l’accident, mais une sorte de rêve éveillé l’en empêche. C’est Guido A. Zäch qui l’accueille au Centre des paraplégiques de Bâle et lui redonne courage, tout en lui expliquant bien qu’il ne pourra plus jamais marcher. «Et puis il a ajouté que la meilleure chose que j’avais, c’était ma tête qui fonctionnait encore.
Mais pour moi, à cette époque, c’était mon corps le plus important, pas ma tête.» Il s’en sortirait, a dit Guido A. Zäch, et si quelque chose tournait mal dans sa vie, ils seraient là pour lui. «Cela m’a donné du courage», se souvient Karl. Communicatif, authentique et franc Karl Emmenegger se recycle en formateur d’adultes. En 1990, il élabore avec ses collègues un concept de réinsertion professionnelle destiné aux paralysés médullaires. Il soumet la proposition à Guido A. Zäch. «On se lance et tu en seras le chef», lui répond-il. «J’ai répliqué que je n’étais pas conseiller en orientation professionnelle, et Guido Zäch a dit: Alors, tu le deviendras!» C’est ainsi que sa carrière a commencé. «Karl Emmenegger a encouragé de nombreuses personnes en leur montrant de nouvelles perspectives», a déclaré Heinz Frei dans son éloge. «En tant qu’ancien responsable de ‹ParaWork›, un département du CSP, Karl Emmenegger a largement contribué à ce que la Suisse oc-
cupe la première place dans les comparaisons internationales en ce qui concerne l’intégration des paraplégiques dans la vie professionnelle.» Grâce à son sens de la communication, il a accompagné d’innombrables paraplégiques sur le chemin du retour à la vie. «Il leur a montré ce à quoi ils devaient se préparer, et il a brillamment réussi.» Il a toujours été authentique et franc, mais il a aussi mis en pratique ce qu’il attendait des autres. «Pour moi, il est l’un des paraplégiques les plus inclusifs qui soient» a conclu Heinz Frei. Dix ans de gagné Karl Emmenegger, surnommé Kari par tout le monde, est et a toujours été direct et n’enjolive rien. Il admet ouvertement que s’il existait une possibilité de marcher à nouveau, il la saisirait sans hésiter. «Je sais aussi quels skis de carving j’achèterais dans la foulée», dit-il en riant. Mais en même temps, il confirme qu’il a une vie tout à fait aussi équivalente et bien remplie que celle d’un piéton. «L’essentiel n’est pas de vouloir suivre un chemin bien tracé, mais d’accepter le destin et d’en tirer un bénéfice.» Il s’est senti honoré et aussi un peu fier de cet hommage. «Apparemment, je n’ai pas tout raté», dit-il avec un sourire. «Mon successeur Stefan Staubli poursuit mon projet chez ParaWork dans mon esprit, ce qui me fait très plaisir.» Enfin, il a remercié l’entreprise de lui avoir permis de prendre une retraite anticipée. Dans sa propre société, il travaille toujours comme conseiller de carrière et d’orientation professionnelle, mais il vit actuellement sa plus belle période. «À l’époque, on parlait d’une espérance de vie de 60 ans, je l’ai maintenant dépassée de dix ans et je profite pleinement de la vie!»
Toutes nos félicitations! L’Association suisse des paraplégiques adresse ses félicitations aux deux paraplégiques de l’année 2020/21 et les remercie pour leur grand engagement en faveur de toutes les personnes en fauteuil roulant. Paracontact I Hiver 2021
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GROS PLAN
NOS ALLIÉS
Le gardien des dragons Depuis 2003, René Kathriner s’occupe du matériel des Pilatus Dragons. Gabi Bucher
«Sans lui, rien ne va chez les Dragons! Il règne sur l’immense entrepôt de pièces détachées et aucun dégât n’est trop grand pour lui. Plus d’une équipe de Formule 1 serait heureuse de l’avoir dans son box.» Sur le site Internet des Pilatus Dragons, la description de René Kathriner, mécanicien de basket-ball en fauteuil roulant, pique la curiosité. René et les dragons René, ancien électromécanicien de 45 ans, eut le crâne fracturé en de multiples endroits à 23 ans, lors dans un accident de voiture et resta hospitalisé pendant près d’un an. Au centre d’orientation professionnelle, il fit la connaissance de Thomas, atteint de sclérose en plaques, qui lui demanda s’il pouvait l’accompagner à un entraînement de basket-ball en fauteuil, car il ne voulait pas y aller seul. «Je me suis dit, okay, je vais aller avec lui deux ou trois fois, puis il se fera des amis et n’aura plus besoin de moi.» Mais il refusa de s’asseoir lui-même dans un fauteuil. «Je trouvais déplacé de m’amuser en fauteuil roulant.» La seconde fois, il se laissa convaincre, «et on s’est bien ‹marré›», raconte-t-il en riant. C’est ainsi que tout commença.
À la demande de Walter Spuler, manager et joueur des Dragons, René se mit à prendre des photos de temps en temps. Ensuite, les joueurs lui montrèrent comment effectuer de petites réparations. Il était heureux de pouvoir s’occuper, car suite à son traumatisme crânien, il était en incapacité totale de travail. René apprit de plus en plus de choses. Désormais, il assiste aux entraîneParacontact I Hiver 2021
ments qui ont lieu deux fois par semaine de l’automne au printemps, mais aussi à ceux de l’équipe nationale pendant le semestre d’été. À cela s’ajoutent tous les matches et les tournois, et donc de nombreux engagements le week-end. Il peut parfois être parti pendant deux semaines. Mais il a le temps, dit-il. «Et nous sommes en train de constituer une équipe féminine», annonce-t-il, non sans fierté. Toujours prêt René rafistole, pompe, remplace et visse là où c’est nécessaire. «Pendant un match, je n’ai qu’une minute pour réparer sur le terrain. Si je n’y arrive pas passé ce délai, le joueur doit sortir et il est remplacé jusqu’à ce que j’ai résolu le problème, une sacrée pression pour moi.» Très rarement, il lui
arrive de s’assoupir un peu pendant un tournoi, «longues périodes de présence, salles surchauffées ...». Et s’il y a un pépin, tout le monde se met à lui crier dessus, alors qu’il doit d’abord comprendre ce qui se passe. Mais cela n’arrive jamais lors de matches importants! Et quand il s’ennuie, il s’occupe des fauteuils roulants de tous les jours des garçons, comme il appelle «ses» joueurs, et regarde ce qui est à faire. René ne se contente pas de rafistoler, il accompagne aussi les joueurs en voyage, charge et décharge, trimballe tous les bagages, aide à l’aéroport. Au besoin, il participe même à l’entraînement, lançant et rapportant les ballons. «Les joueurs peuvent ainsi se concentrer sur l’essentiel. Nous voulons constamment nous améliorer, progresser et gagner, donc il ne faut rien lâcher.» Et cela, René le peut et le veut. Un heureux hasard «Tout est arrivé pile au bon moment», explique René. «J’ignorais jusqu’à l’existence du basket fauteuil.» Mais il a attrapé le virus, dit-il, d’autant que les joueurs lui ont fait forte impression de par leurs performances et leur attitude positive. «C’est incroyable de les voir aussi à l’aise», dit-il, «je me sens bien, entre de bonnes mains et cela m’aide beaucoup dans la vie. C’est une situation où tout le monde est gagnant, un simple et heureux hasard!» Ce ne sont pas les Dragons qui diront le contraire!
Arrêt au box: René ne reste qu’une minute 49
GROS PLAN
À VOS CÔTÉS
Buongiorno, Bonjour, Guten Tag! Comme sur un métier à tisser, de nombreux fils convergent vers l’accueil de l’ASP. Depuis août 2020, Karin Paganini-Fellman les démêlent avec brio. Gabi Bucher
Professionnellement, Karin a fait ses classes à la poste, comme elle dit. Après son apprentissage, elle y a travaillé encore 20 ans. Puis elle a déménagé au Tessin, où son mari avait trouvé un emploi. Après une dizaine d’années, la famille est revenue en Suisse alémanique. Karin, qui cherchait un nouveau poste, est alors devenue collaboratrice à l’Administration centrale de l’ASP. Elle n’avait encore jamais eu affaire aux personnes en fauteuil roulant, confie-t-elle. «Mais aux journées d’initiation, on nous a donné de précieuses informations qui m’ont beaucoup aidée à me familiariser avec le sujet.» En outre, que son vis-à-vis soit en fauteuil roulant ou non ne change pas grand-chose à son travail, et elle est de toute façon «à l’aise avec la plupart des gens», comme elle le dit elle-même en riant. 50
La polyvalence en personne Les tâches de Karin sont très variées. Elle fait la facturation annuelle de 14 CFR, apporte son soutien à la gestion des dossiers des membres et est responsable des envois commandés par les clubs. En 2021, il y a eu un surcroît de travail car de nombreuses AG ont dû se dérouler par écrit. En pareil cas, elle peut compter sur l’aide des apprentis. En tant que formatrice pratique, elle est chargée de les initier à tous les processus de travail qui leur incombent. «J’adore travailler avec les jeunes, c’est très plaisant et je me réjouis de les voir sans cesse acquérir de nouvelles connaissances.» Un rôle-clé Karin est aussi l’interlocutrice privilégiée pour toutes sortes de prestations et de demandes faites au bureau. Il y a d’une part
les clients externes qui veulent acheter une eurokey ou un autocollant «Rolli», s’informer sur les rabais de flotte ou qui ont diverses questions. D’autre part, c’est vers elle que ses collègues se tournent quand les fournitures de bureau ou les articles d’hygiène manquent ou quand il faut appeler le service technique. Dans ces tâches aussi, elle peut compter sur le soutien actif de ses apprentis. «Nous faisons de notre mieux pour satisfaire tout le monde.» Des chiffons de sport Et puis, il y a tous les appels téléphoniques. Beaucoup pensent être à l’Association des bienfaiteurs ou au CSP. «Je comprends, avant de commencer ici, je ne connaissais pas non plus la différence», dit Karin avec bienveillance. Et parfois, les visiteurs lui font vivre des moments insolites. Un jour, un chauffeur s’est présenté à l’accueil. Il voulait «livrer des chiffons», comme il disait. Il s’est finalement avéré qu’il ne s’agissait pas de chiffons, mais de banderoles pour les ParAthletics!
«J’adore mon travail et je suis contente d’utiliser mes connaissances linguistiques», explique Karin, qui passe sans effort de l’allemand au français et à l’italien au téléphone, au grand étonnement de ses collègues. Elle apprécie les échanges avec les membres des comités des CFR, même si elle ne connaît pas la plupart d’entre eux personnellement. Elle espérait que la Fête centrale saurait y remédier, mais le Covid en a hélas décidé autrement. Paracontact I Hiver 2021
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