Skip to main content

Paracontact_Sommer_2020_f

Page 1

Le magazine de lʼAssociation suisse des paraplégiques I Été 2020

Départ

Une nouvelle vie commence


Par les temps qui courent, il faut pouvoir compter sur un accompagnateur fiable www.coloplast.ch / estival

0800 777 070

–›

+ Lotion pour les mains

ndez Comma votre al kit estiv gratuit *

Essuie-mains

Sac de sport

Souhaitez-vous essayer gratuitement un nouvel accompagnateur pour vider votre vessie ? www.coloplast.ch/accompagnateur * Jusqu’à épuisement des stocks Le logo Coloplast est une marque déposée de Coloplast A / S. © [2020-04] Tous droits réservés, Coloplast A/S, 3050 Humlebaek, Danemark.

Coloplast AG Blegistrasse 1 6343 Rotkreuz www.coloplast.ch


ÉDITORIAL

Chères lectrices, chers lecteurs, Respirer profondément. J’y ai pensé plusieurs fois ces dernières semaines. Vous aussi? Je suppose que oui. Rien n’était plus comme avant. Nous avons dû et devons tous nous accommoder d’une vie avec le coronavirus. Dès la fin février, j’ai réuni un groupe de travail interne à l’ASP afin d’analyser la situation liée à l’épidémie et prendre des décisions. Nous avons d’abord adapté nos bureaux aux impératifs de distanciation sociale et annulé les consultations personnelles dans les cliniques. Ensuite, le Conseil fédéral a édicté de nouvelles mesures.

«Plus discrètes, pas moins importantes» Nous sommes passés au télétravail, avons annulé ou reporté des événements majeurs, ainsi que nos voyages. Un véritable crève-cœur pour nos collaborateurs qui avaient investi tant d’énergie, d’enthousiasme et de temps dans leur préparation. Mais renoncer aux petits gestes quotidiens, à une poignée de main ou à une tape sur l’épaule, est aussi un déchirement. Nos collaborateurs font de leur mieux pour maintenir le contact avec

Paracontact I Été 2020

vous, pour vous soutenir par des conseils et des actions. Tous les entretiens en visioconférence ou au téléphone sont autant de preuves que nos avocats, nos architectes ou nos consultants de Conseil vie, par exemple, sont à vos côtés pour vous aider. Parallèlement, nous essayons aussi de nous préparer à l’après. Cela passe notamment par le fait d’organiser notre assemblée des délégués de manière virtuelle, plutôt que d’en reporter les décisions telles que l’élection de la présidence ou la nomination du directeur. Beaucoup de choses se sont faites plus discrètes. Pas moins importantes, mais moins bruyantes. C’est le cas de l’adieu de Daniel Joggi qui quitte son poste de président de la FSP ou le 40e anniversaire de l’ASP, que nous aurions aimé célébrer avec vous lors de la Fête centrale. Parfois, les choses prennent une tournure inattendue. Alors, respirez profondément et prenez le temps de parcourir notre Paracontact. Cordialement

Urs Styger, Directeur ad interim

3


041 360 25 44 info@orthomedica.ch

Nous vous facilitons la vie. En toute sécurité. Le traitement de l’incontinence est une question de confiance. Forts d’une expérience de plus de 19 ans dans ce domaine, nous vous proposons des produits de haute qualité et un service personnalisé. Pour que vous puissiez profiter de la vie en toute sécurité et avec aisance. Nous sommes là pour vous aider.

Ortho Medica AG Grabenhofstrasse 1 Postfach 2242 6010 Kriens 2 Tel Fax

041 360 25 44 041 360 25 54

www.orthomedica.ch

InseratOrthomedicaParacontact182.128F.indd 1

23.06.2015 08:26:22

www.inko-reha.ch

Navina- L’aide à l’ITA* Navina Smart L’unité de commande électronique

Navina Classic L’unité de contrôle manuelle

Avec la pompe électronique, moins d’effort et de coordination sont nécessaires. Les données de traitement sont automatiquement enregistrées sur l’application Navina.

Navina Classic est une alternative simple et pratique au système Navina Smart. Facile à utiliser par pompage.

Nous sommes à votre disposition. Contactez nous: 061 487 99 11 Rehatec AG ▪ Ringstrasse 15 ▪ 4123 Allschwil ▪ office@rehatec.ch ▪ www.inko-reha.ch *Système d’irrigation transanale

4

Paracontact I Été 2020


IMPRESSUM

SOMMAIRE

40

34

Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Felix Schärer, Roger Getzmann, Tanja Müller, Harald Suter, Michael Bütikofer, Evelyn Schmid, Gabi Bucher, Nadja Venetz Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos ASP, Couverture Walter Eggenberger, CFR Valais Romand, pixabay.com, Tanja Müller, Fabienne Ruf, Tokyo 2020, Werner Morelli, Christoph Kunz, Daniel Joggi, Melanie Willimann, FSP Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition automne 2020: close Édition hiver 2020: 31.8.2020 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250  exemplaires en français Dans cette publication, le genre masculin est utilisé sans discrimination, dans le seul but d’alléger le texte. Les articles publiés dans la revue sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. Les contributions rédigées par des auteurs externes ne reflètent pas toujours l’opinion de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.

Paracontact I Été 2020

AVANCER ACTUALITÉS  6 GRUPPO IN CARROZZELLA Gruppo Paraplegici Ticino. Reset. 8 CFR VALAIS ROMAND Un quart de siècle et le vent en poupe 9 NOUVELLE PRÉSIDENTE Assemblée des délégués 2.0 10 CHANGEMENT À LA DIRECTION Laurent Prince devient directeur 11 ÉCLAIRAGE Le coronavirus et nous 13 CONSEILS VIE MOBILITÉ Une coopération bien rodée pour une liberté retrouvée ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL Du temps et du réconfort CONSEILS JURIDIQUES MOYENS AUXILIAIRES Que fournissent les assurances sociales? MÉDECINE ET SCIENCES MÉDECINE AIGUË Une double expertise EN VISITE Le médecin de famille, un ami et un allié

14 16

18

20 23

CONSTRUIRE SANS OBSTACLES PLANIFICATION PAR LE CSO Vivre et travailler sous le même toit 24

CULTURE ET LOISIRS SPÉCIAL ÉTÉ Riche en diversité – la région du lac de Sempach 26 LES BRÈVES DE CL  28 RELATIONS PUBLIQUES Un accueil en grande pompe 29 RÉTROSPECTIVE La tête pleine d’idées 31 LA RENCONTRE D’HIVER Incontournable ou passée de mode? 33 SPORT EN FAUTEUIL ROULANT POLYSPORT La petite tornade roulante 34 LES BRÈVES DE SSFR  36 PARALYMPIQUES REPORTÉS Tokyo 2020 en 2021 37 GIRO SUISSE Redécouvrir la Suisse 39 DÉPART Christoph Kunz se retire 40 ÉCHIQUIER INTERNATIONAL 2 La «suissitude» olympique et paralympique 42 ENDURANCE EN SALLE Vue sur la piste 43 GROS PLAN DIVERS  44 L’ENTRETIEN Daniel Joggi 46 NOS ALLIÉS La vie au camp, c’est marrant! 49 À VOS CÔTÉS Natalie Nyffeler 50 5


RUBRIK ACTUALITÉS

FÊTE CENTRALE

CONSEILS VIE

Prestations et réductions

Nouvelle date La Fête centrale de l’Association suisse des paraplégiques a dû être reportée. À l’origine, les festivités devaient se dérouler le 25 avril. L’événement aura désormais lieu le samedi 26 septembre 2020. Les inscriptions déjà effectuées restent valables. Les personnes souhaitant se désister ou s’y inscrire peuvent le faire jusqu’au 21 août 2020. Inscription www.spv.ch/fetecentrale

Carte de parking La carte de parking pour personnes à mobilité réduite autorise son titulaire à se garer sur les places de stationnement réservées aux handicapés. Cette carte peut être demandée auprès de l’Office cantonal de la circulation routière, en joignant un certificat médical.

handicap (carte d’accompagnement). Ce justificatif permet à la personne accompagnante de voyager gratuitement. Informations sur www.cff.ch (voyager avec une mobilité réduite).

Eurokey Les membres actifs peuvent obtenir une Eurokey (anciennement Euro-clé) auprès Carte d’accompagnement de l’Association suisse des paraplégiques. transports publics L’Eurokey est un système de verrouillage Les personnes en fauteuil roulant devant largement utilisé en Europe, qui permet être accompagnées pour utiliser les trans- aux personnes handicapées d’accéder aux ports publics peuvent demander une carte installations de l’espace public, comme les de légitimation pour voyageur avec un WC, les monte-escaliers, etc.

LES NOUVEAUX PRÉSIDENTS DE CLUB

CFR de la Côte

CFR de la Gruyère

Gruppo Paraplegico Ticino

Né le: 14 décembre 1972 Profession: directeur chez Romande Énergie Services Au club depuis: 2020 Loisirs: cuisine, sport (triathlon, du sprint à l’Ironman) Projets actuels: développer le Powerchair Hockey. Organiser une étape du Giro Suisse de Lausanne à Yverdon-les-Bains. Offres du club: Flying Dahus, notre équipe de rugby, et Whirl­drivers Lausanne, notre équipe de Powerchair Hockey. Nous organisons des excursions et des rencontres régulières afin d’encourager les échanges entre les membres. Nous proposons aussi un conseil juridique.

Né le: 9 août 1983 Profession: agent technico-commercial chez Gétaz-Miauton Au club depuis: 2003 (membre actif), 2010 (secrétaire dans le comité) et 2018 (trésorier) Loisirs: informatique, cinéma, musique Projets actuels: organiser le 21e championnat de Suisse de badminton et le 24e tournoi de tennis en salle à Bulle. Nous avons à cœur de proposer une grande variété d’activités et de promouvoir le sport en fauteuil roulant. Offres du club: entraînements de tennis et de badminton, excursions dans toute la Suisse et manifestations locales pour mieux faire connaître le club.

Né le: 19 juin 1976 Profession: ingénieur en électrotechnique chez Azienda Elettrica Ticinese Au club depuis: 2015 Loisirs: s’engager dans diverses sociétés, écouter de la musique, lire Projets actuels: dans l’immédiat, le projet le plus important est de faire revivre le club après l’élection d’un nouveau comité en novembre 2019. Offres du club: Ticino Bulls, notre équipe de basket-ball en fauteuil roulant, tennis de table, tennis, natation, culture et loisirs, visites de musées, excursions, etc.

Oliviero Iubatti (à compter du 1.9.2020)

6

Jérôme Bertholet

Nicola Canepa

Paracontact I Été 2020


RUBRIK

CONSEILS VIE

Contactez-nous La situation liée au Covid-19 nous concerne toutes et tous et nous avons appris à vivre avec. Sachez que pendant les situations difficiles, nous sommes là pour vous:

CONSEIL

Karting Vuiteboeuf Le Karting Vuiteboeuf avec son circuit de 1600 mètres vous accueille lors de vos sorties karting, pour des sessions libres ou grand-prix avec des kartings et un système de chronométrage de toute dernière génération. Plusieurs kartings sont adaptés aux pilotes paraplégiques. Ils possèdent un harnais de sécurité, des commandes au volant (accéléra­ teur, frein) et les pédales servent seulement à positionner les pieds mais n’ont aucun effet sur le comportement du kart.

Les personnes tétraplégiques ont aussi la pos­sibilité de s’amuser en roulant dans un karting bi-place. En raison des mesures et restrictions liées au coronavirus, la piste de karting est actuel­ lement fermée. Toutes les informations se trouvent sur le site Web. Karting Vuiteboeuf En Bochet 2, 1445 Vuiteboeuf Tél. 024 459 19 22 www.kartingvuiteboeuf.ch

Service extérieur Yann Avanthey 079 253 45 53 yann.avanthey@spv.ch Consultations sociales Jeanne Rüsch 079 859 74 38 jeanne.ruesch@spv.ch Alexander Post 041 939 54 29/076 416 45 42 alexander.post@spv.ch Si vous vous sentez inquiets et que vous aimeriez avoir un échange ou entendre une voix amicale, vous pouvez également contacter Jeanne Rüsch et Alexander Post.

ÉQUIPE DE DIRECTION CLUBS EN FR

Joyeux anniversaire! Les cinq clubs ci-dessous fêtent leur jubilé en 2020. Nous leur adressons nos sincères félicitations et leur souhaitons de belles festivités. 50 ans CFR Fribourg 40 ans RC St. Gallen, RC Zürich 30 ans RC Chur, CFR Genève Paracontact I Été 2020

SPORT POUR TOUS

Kids Day au lieu du Kids Camp Le très prisé week-end du Kids Camp pour toute la famille est malheureusement annulé cette année en raison du coronavirus. Pour compenser, Sport suisse en fauteuil roulant organise en 2020 un Kids Day à Nottwil, le samedi 7 novembre. Celui-ci aura également lieu à Tenero le samedi 3 octobre et à Bulle le samedi 8 novembre. Informations complémentaires: www.spv.ch/sport_pour_tous

Direction Le 27 mars dernier, le comité central a élu Roger Getzmann, chef du département Sport suisse en fauteuil roulant, directeur adjoint de l’ASP.

NOUVEAU

L’ASP sur LinkedIn Depuis mars 2020, l’Association suisse des paraplégiques est aussi présente sur la fameuse plate-forme de networking LinkedIn (linkedin.com). 7


RUBRIK PROCEDERE

Si tratta di nomi in realtà non del tutto nuo­ vi, in quanto tutti i membri di comitato so­no attivi da anni in vari e diversi ambiti della paraplegia. «Il Club vuole essere attivo su molti fronti», spiega il nuovo Presidente Nicola Canepa. «Con Alessia Beretta-Allegri intendiamo pro­muovere eventi a carattere culturale. Re­centemente abbia­­mo ad esempio organizzato la cena al buio. È stata un’esperien­za particolare, che abbiamo promosso in collaborazione con l’Associazione ciechi e ipovedenti della Svizzera italiana (Unitas) presso la Casa Andreina di Lugano.»

GRUPPO IN CARROZZELLA

Gruppo Paraplegici Ticino. Reset. Un nuovo Comitato. L’inizio di una seconda gioventù. Davide Bogiani

Sono molte le attività che il nuovo Comitato del Gruppo Paraplegici Ticino (GPT) ha in programma quest’anno. Nuove proposte che sono state aggiunte a quelle sportive e culturali, che per anni hanno segnato il selciato del GPT. Un 2020 iniziato dunque nei migliori dei modi. Ma anche un inizio che è di buon auspicio per la rinascita dello stesso grup­po in carrozzella dopo il periodo di note dif­ fi­coltà dello scorso anno, proprio nel suo 40.mo compleanno. Ma si sa, tra il serio il faceto, è spesso la crisi di mezza età che per­ 8

mette di evolvere e crescere, consolidando il passato e apportando innovazione al futuro. Cinque nuovi nomi alla testa del GPT È il 22.11.2019. Nell’Auditorium di Banca Stato a Bellinzona viene votato il nuovo Co­ mitato in occasione dell’Assemblea stra­ ordinaria. Presidente Nicola Canepa; Segretaria e cassiere (e vicepresidente) Cinzia Schweizer; Responsabile Sport Damiano Zemp; Cultura e tempo libero Alessia Beretta-Allegri; Consulenza sociale e giuridica Ilaria Perren.

Del tema della consulenza sociale e giuridica se ne occupa invece Ilaria Perren, la quale è conosciuta nella capitale ticinese per il suo impegno nell’abbattimento delle barriere architettoniche. A gestire il settore sport è Damiano Zemp, che da alcuni anni fa parte del Team dei formatori dell’As­ sociazione svizzera dei paraplegici (ASP). «Con Damiano», sottolinea il Presidente, «desideriamo dare continuità alle attività sportive già promosse in passato, ovvero il nuoto, ping-pong, tennis, basket, sci alpino e sci di fondo. Inoltre inizieremo a formare nuovi monitori che si occuperanno di tre nuovi segmenti: il primo è l’unihockey in carrozzella elettrica (Powerchair hockey), il secondo riguarda invece l’attività fisica per gli anziani, mentre il terzo si rivolgerà ai bambini. Inoltre intendiamo rafforzare il nostro legame con l’ASP, collaborando a vari progetti, fra cui ad esempio la realizza­ zione della tappa ticinese del Giro Suisse, che toccherà il Ticino il sabato 29 agosto.» Sono molte, dunque, le attività in seno al GPT. Indispensabile a questo proposito è una solida amministrazione. E qui scende in campo Cinzia Schweizer, che svolge la stessa funzione nel Team contabilità e amministrazione di Inclusione Andicap Ticino. Infine, ma non da ultimo, a capo del grup­ ­po, è il Presidente Nicola Canepa. Canepa intende innanzitutto riacquisire la fiducia dei soci del GPT. E con la tenacia che lo ha sempre contraddistinto, lascia intendere che i progetti in cantiere (e il lavoro) certo non mancano … Buon lavoro GPT! Paracontact I Eté 2020


AVANCER

CFR VALAIS ROMAND

Un quart de siècle et le vent en poupe Cette année, le club en fauteuil roulant du Valais romand souffle ses 25 bougies. L’occasion pour son président de rappeler ses particularités et ses activités. Jérôme Bagnoud

De 20 membres à sa création en 1995, le club en fauteuil roulant du Valais romand (CFRVR) compte aujourd’hui 164 mem­ bres actifs, chiffre en constante augmentation. «Financièrement solide, il est devenu un partenaire dans tout ce qui touche le handicap physique tant au niveau politi­que que sociétal», se réjouit Jérôme Bagnoud. De quoi fêter les 25 ans du club avec enthou­ ­siasme. «Nous avons prévu, pour nos mem­ ­bres, toute une série d’activités qui sortent de l’ordinaire. Histoire de marquer cet événement, un nouveau logo du club et flyer seront dévoilés à la prochaine assemblée générale», annonce Jérôme Bagnoud. Un bel anniversaire Moment phare des festivités prévues en 2020: une sortie de deux jours autour du lac de Lucerne, avec une nuit au Pilatus. «Nous essayons d’organiser des loisirs que nos membres peuvent difficilement réaliser seuls pour des raisons organisationnel­ les ou financières», explique le président du CFRVR.

S’aérer les poumons et l’esprit à Belalp

tionnelle sortie annuelle sur le bisse de Vex, suivie d’une raclette sous les mélèzes. Enfin, pour cette année d’anniversaire, le CFRVR organisera un souper de fin d’année avec une animation très spéciale. On garde la surprise, mais ce sera insolite.»

Deux autres événements permettront de s’en­voler chez Realfly, qui propose un simu­ lateur de chute libre indoor. Le principe repose sur une soufflerie installée dans un tunnel recréant les sensations réelles d’un saut en parachute. Une manière pour les participants de vivre un moment de liberté et de légèreté.

Des membres inventifs Créé en 1995 par le contheysan Régis Dessimoz qui voulait pratiquer du sport en fauteuil roulant à sa sortie de Nottwil – avec d’autres personnes paraplégiques du Valais dont Jérôme Puippe, Patou Hanskens et Olivier Gygax –, le CFRVR propose aujourd’hui plusieurs activités sportives. C’est le cas du kyusho, un art martial adap­ ­té. «C’est notre membre Michel Barras, mal­ ­heu­reusement décédé en 2019, qui a créé avec Richard Emery ce sport en Valais, aujourd’hui reconnu par l’ASP», explique Jé­rôme Bagnoud.

Une sortie karting donnera aussi l’occasion aux membres du club de connaître d’au­tres sensations fortes. Mais ce n’est pas tout. «Nous proposerons aussi notre tradi-

Le club valaisan a plus d’une corde à son arc sportif. Il compte deux équipes de curling dont une participe aux compétitions et a déjà décroché deux titres de champion

Paracontact I Été 2020

Visite d’un atelier d’artiste

de Suisse, dont celui de 2020, alors que l’au­ tre joue pour le plaisir. Certains membres s’entraînent au basket, «mais il est difficile de trouver des joueurs et des salles adaptées». Les sportifs paraplégiques peu­vent aussi pratiquer du handbike, du ten­­nis ou encore du tir à l’arc avec des as­so­ciations partenaires. Sans oublier les nom­­­­breuses sorties familiales. Autant d’activités gratuites pour les membres. «Cela est possible car nous sommes solides financièrement. Ces sorties fonctionnent très bien et attirent beaucoup de monde», se réjouit-il. Un club engagé La force du CFRVR est aussi sa capacité à se mobiliser pour défendre les droits des citoyens à mobilité réduite. «On doit être acteurs de la politique et alerter les autorités lorsque l’inclusion n’est pas facilitée. Étant directement concernés, nous con­ nais­sons la problématique et pouvons proposer des solutions», explique Jérôme Bagnoud avant d’ajouter: «Ensemble, on est plus forts pour obtenir l’inclusion individuelle.» 9


AVANCER

NOUVELLE PRÉSIDENTE

Assemblée des délégués 2.0 En raison de la situation extraordinaire, une AD conventionnelle était impensable. Les délégués se sont rencontrés virtuellement et ont voté par écrit. Olga Manfredi sera la première femme à présider l’ASP. Evelyn Schmid et Nadja Venetz

À situation exceptionnelle, solution exceptionnelle. Les mesures pour contenir le coronavirus interdisant toute activité associative, il est rapidement devenu évident que l’AD ne pourrait pas se dérouler en présentiel dans les mois à venir. Toutefois, le Conseil fédéral a créé une alternative juridique définie dans l’art. 6a de l’Ordonnance 2 COVID-19, permettant aux associations de prendre des décisions par écrit ou sous forme électronique, sans que cela ne soit explicitement mentionné dans les statuts. Une alternative légitime Le comité central (CC) a fait usage de cette option pour l’AD du 2 mai 2020, car des décisions importantes, telles l’élection à la présidence, l’élection de renouvellement au CC et la nomination d’un directeur, étaient à l’ordre du jour. L’équipe administrative a retroussé ses manches afin de réunir les conditions techniques requises à la diffusion en direct et en deux langues de l’AD. Tout a été fait pour que les délégués

puissent exercer leur droit de vote, être élus et avoir leur mot à dire. Des bulletins de vote par correspondance ont été imprimés. Des locaux ont été recherchés et trouvés. L’auditorium de la société CH Media à Lucerne offrait des conditions idéales et le partenaire Auviso a fourni le savoir-faire technique. Deux interprètes simultanés ont veillé à ce que chacun puisse s’exprimer dans sa propre langue.

En direct à l’écran Tous les délégués avaient reçu un lien leur permettant de se connecter au flux de données en temps réel. À 13 heures précises, les deux vice-présidents Olga Manfredi et Thomas Schneider, ainsi que le directeur ad interim Urs Styger, ont souhaité la bienvenue aux délégués par écran interposé. Au standard téléphonique, quatre employés de l’ASP avaient aidé tous les participants à résoudre les soucis techniques avant l’AD. Les 54 délégués étaient tous en ligne; l’assemblée était donc au grand complet. Cela n’avait pas été le cas depuis longtemps. Était-ce dû à l’importance des décisions ou à l’absence de trajet pour se rendre à l’AD? Procédure d’élection Cinq techniciens assuraient la qualité de la transmission. Tous ceux qui voulaient parler ou poser une question appelaient le standard et étaient ensuite transférés en direct. Cette option a été pleinement exploitée. Les élections se sont déroulées par écrit. L’ASP se félicite que l’AD ait pu siéger de cette manière.

RÉSULTATS DES ÉLECTIONS Nouvelle présidente: Olga Manfredi Nouveaux membres du CC: Fabien Bertschy, Cornel Villiger Les recommandations du comité central ont été suivies. Olga Manfredi, la candidate ayant œuvré en faveur de l’ASP en tant que vice-présidente au cours de l’année écoulée a été élue. Paraplégique, elle est avocate, juge à temps partiel au tribunal du district de Hinwil, présidente du Roll­ stuhlclub Züri Oberland et a acquis une longue expérience de la gestion d’une association. Elle parle également plusieurs langues et se décrit comme une personne équilibrée et constructive. Avec Fabien Bertschy, la Suisse romande compte un nouveau représentant. Il dirige la recherche de fonds et est responsable des données d’accès numériques pour Pro Infirmis Jura-Neuchâtel. Tétraplégique, il est également président du Club en fauteuil roulant Neuchâtel et est très motivé pour s’engager. Grâce à Cornel Villiger, la Suisse centrale est désormais représentée au sein du CC de l’ASP. Paraplégique et économiste d’entreprise, il travaille au poste de commandement de la police cantonale argovienne. Comme il le dit lui-même, son expérience, son sens critique, sa loyauté et son aptitude à rechercher des solutions le guideront dans ses fonctions au CC. L’ASP félicite tous les nouveaux élus!

10

Paracontact I Été 2020


AVANCER

CHANGEMENT À LA DIRECTION

Laurent Prince devient directeur

Un fort leadership, des compétences sociales, un réseau relationnel et un grand cœur. C’est ainsi que Stephan Bachmann, membre du comité central, décrit l’homme qui prendra la tête de l’ASP à partir du mois d’août. L’AD l’a nommé directeur. Evelyn Schmid

l’équipe de Suisse centrale et comme responsable de la relève au FC Luzern. En début de carrière, il était enseignant à l’école secondaire à Kriens et directeur de l’école de sport de Kriens. Ce poste lui a notamment permis de découvrir l’ASP alors qu’il s’occupait d’un jeune élève en fauteuil roulant.

Laurent Prince, 50 ans, a tout pour diriger une association aussi complexe que l’ASP: connaissances, expérience, personnalité et de nombreuses relations au niveau national et international. D’ailleurs, il a longtemps géré une association de taille similaire. Jeteur de ponts Jurassien d’origine, il réside en Suisse centrale, est parfaitement bilingue et sait créer des liens entre différentes cultures. Directeur du département technique de l’Association suisse de football (ASF) pendant cinq ans, il était, à ce titre, membre de la direction avec voix consultative au sein du comité central. Dans le cadre de ses fonctions, il était responsable de la gestion du personnel pour 55 collaborateurs, de l’orientation stratégique et du budget.

Auparavant, il avait travaillé comme chef de la division du football de haut niveau de l’ASF, comme directeur technique de Paracontact I Été 2020

Le solide bagage de compétences qui permettra à Laurent Prince d’assumer ses responsabilités de directeur se compose d’études et de formations continues suivies avec succès dans le domaine de la gestion d’entreprise (administration des affaires), dans le domaine scolaire en tant qu’enseignant du secondaire et du primaire, ainsi que dans le domaine sportif en tant qu’entraîneur professionnel et entraîneur de football, instructeur/expert J+S et formateur de coaches. Lorsqu’il s’est présenté devant l’Assemblée des délégués (AD), il a néanmoins précisé qu’il ne pouvait pas et ne voulait pas être Superman. Son sac à dos est bien rempli, mais il reste de la place. Sa volonté d’apprendre, de s’épanouir et de faire évoluer les autres est l’une de ses principales qualités. Il conçoit l’orientation future de l’ASP en étroite collaboration avec son personnel, mais aussi avec les clubs en fauteuil roulant (CFR) et les membres. Parallèlement, les droits des personnes handicapées devront être défendus avec véhémence au niveau politique. Convaincus en tout point Laurent Prince a non seulement su convaincre les membres du comité central et de la direction, mais il avait aussi réussi avec brio l’examen d’un analyste externe, ainsi que l’évaluation de la société de recru-

tement Jörg Lienert AG. La procédure de sélection se basait sur un profil d’exigences clair mais étendu. 65 candidats avaient postulé, dont trois personnes ayant une paralysie médullaire. En raison des qualifications requises, la décision de retenir la candidature de Laurent Prince a été prise à l’unanimité. Stephan Bachmann, membre de longue date du comité central, l’a décrit en ces termes lors de l’AD: «Laurent Prince est un homme de cœur qui sera dévoué corps et âme à notre organisation. Sa personnalité, combinée à sa vaste expérience, à ses réelles compétences et à ses profondes valeurs, a fait de lui notre postulant idéal.» La sélection s’est achevée par un grand oral et les questions des délégués des CFR. Il les a également convaincus. Bienvenue à Laurent Prince!

PASSAGE DU TÉMOIN En janvier 2020, Charly Freitag avait remis sa démission à l’ASP après seulement neuf mois à cause des divergences de vues qui rendaient la coo­ pération difficile avec les membres de la direction et l’état-major de direction. Depuis février, Urs Styger dirige l’ASP par intérim et a dû reporter sa retraite anticipée. Cela a permis au comité central de se concentrer sur la procédure professionnelle de recrutement. Le témoin sera remis à Laurent Prince le 1er août 2020.

11


Votre partenaire fiable pour les produits d’incontinence – professionnel et simple

C co vo

nf

tr

e

om

st or

re

ta

do

bl

m

m

ss

an –

em

ic

ile

de

liv en !

rs

an

s

Nous sommes heureux d’être là pour vous ! 044 775 33 44 • Assortiment exhaustif de marques de haute qualité • Livraison pratique et discrète • Facturation avec votre compagnie d’assurance

morani medical Morani Medical AG│Unterrohrstrasse 3│8952 Schlieren 044 775 33 44│info@morani.ch│www.morani.ch

#LibertéDeMouvement

#LibertéDeMouvement et ses anecdotes sur : paraplegie.ch/stories

12

Paracontact I Été 2020


AVANCER

ÉCLAIRAGE

Le coronavirus et nous Afin d’enrayer la propagation du coronavirus, la Confédération a adopté des mesures de grande envergure dès le début du mois de mars. Roger Getzmann, membre de la cellule de crise, explique l’impact que cela a eu sur le fonctionnement de l’ASP. Nadja Venetz

Comment le Groupe suisse pour paraplégiques (GSP) et l’Association suisse des paraplégiques (ASP) se sont-ils organisés pendant la crise? Une cellule de crise composée des représentants de toutes les institutions du GSP a été créée. Parallèlement, d’autres cellules de crise des différentes organisations examinent des points spécifiques, ce qui est particulièrement important pour une clinique comme le Centre suisse des paraplégiques (CSP). La cellule de crise de l’ASP compte trois personnes: Urs Styger, Evelyn Schmid et moi-même. Nous réagissons aux décisions du Conseil fédéral, du canton et de la cellule de crise du GSP pour définir les mesures à mettre en œuvre au sein de l’ASP. Pourquoi a-t-on besoin de deux cellules de crise? Les deux équipes de crise ont été constituées afin de prendre rapidement des décisions. Elles ont le pouvoir de prescrire des instructions qui viennent normalement de la direction. Dans la cellule de crise, nous évaluons si nous devons simplement ordonner les mesures à prendre ou si nous devons consulter les organes habituels pour nous assurer qu’ils approuvent ces consignes. Quelle est ta fonction? Au sein de la cellule du GSP, mon rôle principal est de représenter nos intérêts. Notre priorité est de donner notre avis sur des aspects qui n’ont pas été pris en compte jusqu’à présent et d’éviter que des déciParacontact I Été 2020

sions ne soient prises alors qu’elles ne peuvent être appliquées par nos collaborateurs ou nos membres. Le souci premier de l’ASP est d’assurer la sécurité de son personnel et de ses membres. Comment as-tu vécu ces dernières semaines? C’était étrange. Les mesures draconiennes que le Conseil fédéral a prises montrent que nous sommes vraiment en situation de crise. Mais j’ai l’impression que les gens restent relativement sereins. À mon avis, l’ASP, mais aussi le CSP et la Suisse en général ont réagi tôt et bien. Dès la mi-mars, le Conseil fédéral a rapidement décrété des ordonnances. Cela nous a d’abord mis sous pression et nous avons dû élaborer un plan le samedi, afin de pouvoir continuer à travailler le lundi suivant dans le respect des directives fédérales. Mais à part cela, je trouve que c’est plutôt une période calme. Au début, j’ai pensé que nous aurions moins de travail, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas encore le cas. Comment l’équipe de gestion de crise a-telle assuré la poursuite du travail à l’ASP? Nous avons réagi immédiatement et notre spécialiste en informatique, Sandro Farina, s’est occupé de tous les aspects techniques afin que nous puissions télétravailler le plus vite possible. Je pense que nous avons réalisé en dix jours une avancée technique qui, autrement, aurait pris beaucoup plus de temps. Nous avons des séances par visioconférence, nous conseillons nos membres par téléphone ou appels vidéo.

C’est normal de nos jours et tout le monde fait preuve de compréhension. Je suis persuadé que, de cette manière, nous pouvons continuer à assurer nos prestations. Tu es avant tout le chef du département Sport suisse en fauteuil roulant. Comment aidez-vous les clubs et les athlètes? La pratique d’un sport n’étant plus possible dans un lieu public, chacun doit s’organiser pour exercer seul une activité physique à domicile ou à l’extérieur. Maintenant que tous les grands événements, en particulier les Jeux Paralympiques, ont été annulés ou repoussés, cette situation est acceptable. Les athlètes savent qu’ils doivent rester en forme, mais ils n’ont pas sur le dos la pression d’une compétition importante ni des objectifs de performance à atteindre au temps T. Jusqu’à l’annonce du report des Jeux Paralympiques, la situation était très désagréable pour nos athlètes de haut niveau, car nous ne savions pas où ils étaient autorisés à s’entraîner. Mais maintenant, la situation est claire et les athlètes ont les mêmes problèmes que tout le monde. Rédaction de Paracontact en télétravail

13


CONSEILS VIE

MOBILITÉ

Une coopération bien rodée pour une liberté retrouvée

Pour un conducteur paralysé médullaire, l’achat d’une voiture est complexe, nécessite une bonne coopération et prend beaucoup de temps. Le récit de Pietro, tétraplégique, le montre. Gabi Bucher

Tétraplégique depuis un accident en 1994, Pietro a souhaité, dès sa sortie de la clinique, pouvoir à nouveau se déplacer à sa guise. Lors de sa rééducation au CSP, il avait rencontré le Docteur Zäch au restaurant et lui avait confié qu’il voulait avoir une voiture. Guido Zäch avait répondu qu’il n’y avait pas de problème, que c’était faisable. «À l’époque, ce n’était pas aussi compliqué qu’aujourd’hui», précise Pietro. La Fondation avait accordé un soutien financier, l’AI avait pris en charge la transformation, et cela s’était fait sans paperasse ni bureaucratie. La seule chose un peu plus ardue fut

l’obtention de l’aptitude à la conduite. Il avait d’abord dû effectuer un trajet de contrôle à Lucerne avec sa voiture de l’époque, puis également à Berne. Aujourd’hui, cela n’est plus nécessaire. Après toutes ces années, les gens le croient quand il affirme qu’il peut conduire, dit-il en riant. Aujourd’hui, sa deuxième voiture, en service depuis des années, doit être remplacée. «J’ai déjà eu quelques réparations coûteuses et une autre se profile à l’horizon. Ça ne vaut plus la peine d’investir dans ce

Kurt Stirnimann montre comment Pietro arrive directement en FR derrière le volant 14

véhicule». Il s’est donc adressé au département Conseils vie (CV) à la mi-2018. «Je ne pouvais pas financer l’achat moi-même, alors j’ai demandé une aide auprès du conseiller Beat Bösch. Il est très compétent et a fait un excellent travail.» Clarifications approfondies Lors de l’acquisition d’une voiture, l’aspect financier doit d’abord être examiné. La première exigence est que le propriétaire soit en mesure d’assumer lui-même les dépenses de fonctionnement et d’assurance du véhicule après l’achat. Beat Bösch s’est entretenu avec Pietro et il est très vite apparu que non seulement les ressources propres du propriétaire étaient insuffisantes, mais que la contribution de la Fondation suisse pour paraplégiques ne suffirait pas non plus à couvrir l’achat de la voiture et les frais non remboursés de la transformation. Heureusement, Pro Infirmis offre un soutien dans les cas difficiles. Le bureau régional a examiné la situation financière de Pietro et a ensuite pris les choses en main afin de réunir la somme manquante. Beat Bösch, conseiller à CV, s’est chargé de toutes les autres tâches. La liberté malgré les restrictions physiques «En cas de situation financière tendue et de coûts de transformation élevés, il faut prévoir suffisamment de temps», explique Beat Bösch. «On compte environ un an entre la première rencontre et le moment où l’intéressé peut monter dans sa voiture.» Paracontact I Été 2020


Dans le cas de Pietro, la priorité était de trouver un véhicule qui lui convienne, à savoir un minibus permettant de fixer son fauteuil roulant manuel directement au volant, car du fait de sa lésion médullaire haute, il n’a pas assez de force dans les bras pour effectuer un transfert. Cela représente aussi un gain de temps s’il utilise sa voiture plusieurs fois par jour. «C’était déjà comme ça avec ma première voiture», dit Pietro. «Pour autant que je sache, j’ai été l’un des premiers à conduire au volant d’un fauteuil roulant.» Depuis 2000, Pietro vit dans une colocation de manière autonome grâce aux prestations d’ASD et à des soins privés. «Je me déplace beaucoup en voiture», dit-il. «Comme mes parents vivent à proximité, je mange généralement chez eux le midi car je ne peux pas cuisiner moi-même.» Pour la peine, il conduit sa mère lorsqu’elle va faire des courses. Il aime aussi retrouver régulièrement ses amis. «La voiture me donne un sentiment de liberté et d’indépendance. Il existe bien le service Betax (service de taxi à but non lucratif à Berne pour les personnes handicapées), mais je dois faire la demande à l’avance, ce qui est un peu compliqué. Avec mon propre véhicule, je vais et viens à ma guise.» Pietro aime partir en vadrouille. L’été, c’est en général avec son Swiss-Trac qu’il prend la route, «mais en hiver, je suis dépendant de ma voiture.» Exigences complexes Pour trouver un véhicule, Beat et Pietro ont fait appel à Kurt Stirnimann de la société Orthotec. Après une première consultation, il s’est avéré qu’il devait acheter un bus VW, simple et fonctionnel. Le VW T6 Caravelle Trendline, spécialement équipé pour son handicap, c’est-à-dire doté d’une porte coulissante électrique, d’un hayon électrique et d’une deuxième batterie, remplissait les conditions requises. La climatisation, accessoire absolument indispensable pour une personne tétraplégique, faisait partie de l’équipement standard. Néanmoins, même si l’habitacle de ce modèle est assez haut à l’avant, il fallait abaisser le plancher du côté conducteur afin d’obtenir une bonne position du fauteuil roulant, et la transformation était relativeParacontact I Été 2020

ment complexe et coûteuse à d’autres égards aussi. De nombreuses adaptations supplémentaires ont dû être effectuées: une fourche de volant pour les tétraplégiques, le renforcement de la direction assistée hydraulique, le changement de la position du volant, le dispositif élévateur électro-hydraulique avec partie à repliement électrique, la fixation du fauteuil roulant côté conducteur et passager, le support dorsal/dossier, la télécommande pour l’élévateur, le bras électrique pivotant du coffre pour le chargement du SwissTrac, etc. Après déduction du rabais de flotte, le garage a facturé un prix de vente raisonnable. Pleine satisfaction Malgré l’étendue des démarches à faire avant l’achat d’un véhicule, la coopération avec Pro Infirmis, Orthotec, le garage et

l’office AI s’est très bien passée, se souvient Beat: «Comme je savais exactement qui faisait quoi, il n’y a pas eu de souci de coordination. Pietro m’a aidé autant qu’il le pouvait et il m’a immédiatement fourni les documents nécessaires. Sans cette coopération, il est impossible d’obtenir une voiture.» Beat Bösch est content que Pietro puisse jouir de sa mobilité pendant les dix prochaines années et qu’il ait ainsi gagné en indépendance. De son côté, Pietro est heureux et très satisfait de son nouveau véhicule. Sa liberté et son autonomie sont à nouveau garanties. Ravi de l’aide de son conseiller, «il a été très aimable et compétent», de Kurt Stirnimann, «il a fait un excellent travail», de la fondation, «elle a réagi de manière simple et généreuse», il adresse à tous et pour tout un grand «merci, merci schön», dans son sympathique patois bernois.

INFORMATIONS SUR L’ACHAT D’UNE VOITURE Conditions d’acquisition Le propriétaire doit être en mesure d’assumer les frais de fonctionnement, assurance comprise, après l’achat. Financement S’ils ont de faibles ressources financières, les paralysés médullaires peuvent en principe demander une contribution financière à la FSP. Dans le cas d’achats très complexes (mais toujours simples et pratiques) tels que décrits ci-dessus, Pro Infirmis peut également être sollicité afin que le véhicule soit cofinancé. Transformation Les coûts de la conversion étant souvent bien supérieurs à 25 000 CHF, la FSCMA les examine minutieusement. Les frais de transformation non couverts par l’AI doivent être pris en charge par l’intéressé. Si cela n’est pas possible, il peut faire appel à la FSP. Réductions pour les propriétaires de véhicules Contributions d’amortissement de l’AI: Les personnes handicapées qui sont tributaires d’un véhicule pour se rendre à leur travail, ne peuvent utiliser les transports publics et perçoivent un revenu brut de 1778 CHF minimum par mois peuvent demander une contribution d’amortissement de l’AI. Celle-ci s’élève à 3000 CHF par an pour une voiture. Il est aussi possible de bénéficier d’un rabais de flotte, d’une rétrocession des droits de douane, d’une remise d’impôt sur les véhicules à moteur et d’une réduction sur les primes d’assurances tous risques.

15


CONSEILS VIE

ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL

Du temps et du réconfort Ursula Walti et Stephan Lauper s’occupent du bien-être spirituel des patients du CSP. Gabi Bucher

Une petite salle tout en longueur dans le pavillon H, deux tables rapprochées, chacune munie d’un écran et d’une chaise, et en face, une baie vitrée qui donne sur les travaux devant le CSP: le bureau d’Ursula Walti et de Stephan Lauper, respectivement pasteure et prêtre, évoque le poste de commandement d’un navire, ce qui a quelque chose de très symbolique.

ai vu beaucoup de souffrance et je me suis heurtée à de nombreuses difficultés.» Elle y a appris que, si l’on pouvait apporter sa pierre à l’édifice, on ne pouvait pas changer le monde. Ce principe s’applique aussi au poste qu’elle occupe actuellement au CSP. «Ma passion, c’est les gens, la vie et ce qu’elle nous transmet, ce qu’elle nous fait subir et comment nous surmontons tout cela.»

Ursula et Stephan sont des aumôniers dévoués corps et âme. Ursula, qui a étudié la théologie et a travaillé comme pasteure réformée, a su très tôt qu’elle voulait être plus proche des gens. «Mais avant de ‹me cloîtrer› dans les chambres d’hôpital, je voulais voir le monde», raconte-t-elle. Elle a vécu un temps en Afrique. «Cela m’a beaucoup apporté. La vie là-bas est existentielle, j’y

Lorsqu’à 43 ans, Stephan s’est vu contraint de changer de métier, il s’est mis à étudier la théologie. Dans son travail d’assistant pastoral pour l’Église catholique romaine, il a d’abord acquis de l’expérience dans l’accompagnement spirituel de la paroisse. Pendant ses huit années de service, il s’est lui aussi rendu compte qu’il voulait être plus proche des gens. C’est ainsi que

16

Stephan et Ursula sont devenus une équipe qui s’occupe des âmes et des tourments des patients du CSP. Un «panel» de la vie «Ici au CSP, tout tourne autour des blessures de la vie, mais nous y voyons surtout l’opportunité de suivre les patients sur une plus longue période», explique Stephan. «Ici, nous les accompagnons dans les hauts et les bas, nous assistons à leurs joies et à leurs progrès.» «Et nous rencontrons des gens à toutes les étapes de la vie, issus de toutes cultures et religions», ajoute Ursula. «Ce cocktail est passionnant, il est extrêmement intéressant de voir à quel point les gens sont différents.» «Nous avons ici un véritable ‹panel› de notre pays», résume Stephan en riant. Paracontact I Été 2020


Lorsqu’on leur demande si les patients leur sont affectés en fonction de leur religion respective, tous deux secouent la tête. «Au début, nous ne savons rien de la foi ni de l’orientation spirituelle de nos patients», assure Ursula. «Nous sommes là pour tout le monde, croyant ou non, et quelle que soit la religion à laquelle on appartienne.» Ils se partagent plutôt les différents services. «Lorsque j’entre dans une chambre et que la personne qui voulait me voir n’est pas là, il m’arrive d’avoir une conversation enrichissante avec sa compagne de chambre. Ces opportunités de rencontres spontanées sont très précieuses.» Le temps, un élément crucial Les premières rencontres entre homme d’église et patient se déroulent de manière différente. «Il y a des patients qui semblent soulagés quand ils m’aperçoivent», confie Stephan. «Genre, maintenant que Monsieur le curé est là, tout va bien, c’est dans l’ordre des choses.» Et puis il y a ceux qui ont clairement rompu avec Dieu et le «personnel au sol», comme il dit en plaisantant. «Mais ensuite, ils se mettent quand même à parler. Je peux alors exprimer tout mon intérêt pour mon interlocuteur et voir ce qui se passe.» Il lui est aussi déjà arrivé de se faire jeter dehors avant de se voir prié de revenir rendre visite au même patient deux semaines plus tard. Aucun des deux ne prend ces réactions pour des rejets. «Quand quelqu’un me dit qu’il ne veut rien avoir à faire avec l’église, je m’intéresse à ce qui s’est passé, d’où lui vient cette réaction», explique Ursula. Les gens ont souvent eu de mauvaises expériences avec la religion et l’église, et ils lui confient leurs déceptions et leur frustration. «Nous voulons donner de l’espoir, transmettre une spiritualité qui fait du bien et libère. Il ne s’agit pas seulement d’église et de foi. Nous voulons donner une dimension à ce qui préoccupe les gens. L’accompagnement spirituel est une offre neutre de la part de quelqu’un qui prend le temps d’écouter.» Et le temps, c’est une chose très précieuse dans le secteur de la santé où il est devenu denrée rare, précise Stephan. «De plus, il y a parfois des choses que les patients ne veulent pas faire endurer à leurs proches, et c’est aussi pour cela que nous sommes là.»

Chercher le sens de la vie L’accompagnement spirituel n’est pas «obligatoire». «À la fin de chaque entretien, nous demandons si la personne souhaite nous revoir. Nous nous efforçons d’ouvrir une dimension qui pourra être remplie de vie quotidienne, d’église et de spiritualité, mais aussi de frustration et de colère. Nous partons à la recherche de ce qui fait du bien à l’âme. Et grâce à cet accompagnement longue durée, il se peut qu’un patient finisse par réaliser ce qui est essentiel dans la vie, dans sa situation actuelle.» Tous deux confirment que leur travail ne porte pas uniquement sur des questions religieuses ou confessionnelles, mais sur la vie, sur la manière de survivre à la tourmente dans laquelle on est pris. «Il m’arrive de faire un lien avec la religion à un moment donné», explique Stephan, «de raconter une parabole ou de reprendre la parole de Jésus. Mais il peut aussi bien s’agir de textes spirituels d’une autre culture. Tout doit être au service de la vie et du bien-être des patients.»

CSP, nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne», souligne Ursula. «Il y a tellement de gens bien qui ont le cœur sur la main. Ensemble, nous accompagnons et nous portons les patients, et les voir heureux de rencontrer une soignante qu’ils apprécient particulièrement, ou quelqu’un du restaurant ou du service de transport, par exemple, nous réjouit toujours beaucoup.» Ursula et Stephan apprécient le fait que l’accompagnement spirituel au CSP soit considéré comme un élément essentiel de la rééducation globale.

Un accompagnement global D’un côté, ils ont leurs plannings dans lesquels ils programment les patients. De l’autre, ils apprécient et considèrent comme un privilège le fait de pouvoir déambuler de manière impromptue dans le bâtiment pour voir ce que la vie leur réserve. «Parfois, il en résulte une rencontre fortuite, parfois un contact visuel suffit pour que quelque chose se produise.» Les deux religieux travaillent en étroite collaboration avec les chefs de service qui leur indiquent les chambres où ils pourraient être utiles.

Établir la confiance par le dialogue

Mais Ursula et Stephan ne peuvent pas toujours aider. «Parfois, il s’agit simplement d’affronter la situation avec le patient, de s’efforcer de supporter l’insupportable avec lui. Même si nous ne pouvons pas résoudre les problèmes, nous sommes là, aujourd’hui, la semaine prochaine et la suivante.» Ils ont fait l’expérience que les choses pouvaient changer grâce à la confiance. Ce genre «d’attentisme» est un défi pour tous les deux. «Si le patient le souhaite, nous terminons souvent nos entretiens par une prière, qui devient une sorte de fourretout. Cela nous aide à accepter.» «Et ce qui m’aide beaucoup, c’est de savoir qu’ici au

De temps en temps, ils vivent aussi des moments profonds et émouvants. Stephan se souvient de ce tétraplégique qui lui a montré, ravi et rayonnant de joie, qu’il pouvait à nouveau bouger très légèrement son doigt. Et Ursula a pu accorder la bénédiction du mariage à deux couples au cours des derniers mois. «Dans les deux cas, l’homme était mourant et, dans leur immense désespoir, les couples voulaient s’unir malgré tout. J’ai tout mis en place

très rapidement.» C’était extrêmement bouleversant, une journée de joie pour tout le monde. Ils n’ont bien sûr pas pu vaincre la mort, les deux patients sont décédés peu de temps après. «Mais la mort n’a pas eu le dernier mot. Ils lui ont arraché un fragment de vie et d’amour.» Nos prêtre et pasteure du CSP construisent des ponts avec les patients et les aident, dans la limite de leurs possibilités, à remettre leur navire sur la bonne voie.

Paracontact I Été 2020 17


CONSEILS JURIDIQUES

MOYENS AUXILIAIRES

Que fournissent les assurances sociales?

La fourniture de moyens auxiliaires, point de friction entre les besoins de l’assuré, les organismes financeurs et les tribunaux. Géraldine Hert, avocate

La remise de moyens auxiliaires, comme par exemple un fauteuil roulant, doit faciliter l’intégration des paralysés médullaires dans la société et encourager leur autonomie dans la vie quotidienne. Les contributions aux coûts des moyens auxiliaires sont accordées par les assurances accidents, invalidité et vieillesse, mais les conditions d’octroi divergent à chaque fois. Nous expliquerons ci-après les principales exigences à remplir et les prestations possibles, puis nous vous donnerons un aperçu de l’activité de l’Institut de conseils juridiques de l’ASP. L’assurance-accidents (AA) Si une personne est victime d’un accident invalidant dont les conséquences sont couvertes par l’assurance-accidents obligatoire, les prestations pour les moyens auxiliaires sont dans un premier temps à la charge de l’AA compétente. Les dispositions relatives à la remise de moyens auxiliaires par l’AA sont définies dans une ordonnance (OMAA). L’assuré a droit aux moyens auxiliaires de l’AA figurant sur la liste, dans la mesure où ceux-ci compensent un dommage corporel ou la perte d’une fonction qui résulte d’un accident ou d’une maladie professionnelle. Le droit s’étend aux moyens auxiliaires nécessaires et adaptés à l’atteinte à la santé, d’un modèle simple et adéquat, ainsi qu’aux accessoires indispensables et aux adaptations qu’exige l’atteinte à la santé. Les moyens auxiliaires sont remis en prêt ou l’assuré en devient propriétaire. 18

L’assurance-invalidité (AI) L’AI peut remettre les moyens auxiliaires énumérés dans la liste annexée à l’Ordonnance sur la remise de moyens auxiliaires par l’assurance-invalidité (OMAI). Les conditions concernant la remise des moyens auxiliaires sont définies dans une circulaire (CMAI). La personne assurée a droit aux moyens auxiliaires de l’AI, dès que l’invalidité est réputée survenue, donc que l’atteinte à la santé rend objectivement nécessaire le recours à un tel moyen et que celui-ci répond à un objectif de réadapta-

tion visé par l’art. 21 LAI. L’assurance fournit exclusivement des moyens auxiliaires simples, adéquats et économiques. Il est bien souligné que l’assuré n’a pas droit à l’équipement qui serait optimal dans son cas particulier. Selon la liste de l’OMAI, il existe un droit fondamental aux moyens auxiliaires, dans la mesure où ceux-ci sont nécessaires pour se déplacer, établir des contacts avec son entourage ou développer son autonomie personnelle. Les moyens auxiliaires désignés par un astérisque (*) dans la liste OMAI ne sont accordés que Paracontact I Été 2020


s’ils sont nécessaires pour l’exercice d’une activité lucrative, l’accomplissement des travaux habituels, ou la fréquentation de l’école ou d’une formation. L’assurance-vieillesse (AV) Les personnes domiciliées en Suisse qui soit ont atteint l’âge ordinaire de la retraite, soit touchent une rente AVS anticipée ou des prestations complémentaires (cf. art. 43 quater LAVS), ont droit à des prestations pour moyens auxiliaires de l’AVS. Les conditions pour la remise de moyens auxiliaires, le genre et l’ampleur des prestations afférentes à chaque moyen auxiliaire, et la procédure de remise sont définies dans une ordonnance (OMAV) et dans la circulaire correspondante (CMAV). Les personnes assurées qui ont besoin des moyens auxiliaires pour accomplir leurs travaux habituels, se déplacer, établir des contacts avec leur entourage ou développer leur autonomie personnelle, ont droit aux moyens auxiliaires figurant dans la liste annexée (fauteuils roulants, chaussures sur mesure, etc.).

Le droit des bénéficiaires d’une rente AVS, auxquels des moyens auxiliaires de l’AI étaient déjà accordés, est maintenu tel quel, tant que les conditions déterminantes dans l’AI continuent d’être réunies (garantie des droits acquis), à condition que la présente circulaire n’en dispose pas autrement. Toutefois, cette garantie des droits acquis ne donne pas droit à la fourniture adéquate de moyens auxiliaires adaptée en fonction de l’évolution de l’atteinte à la santé. La garantie des droits acquis ne couvre donc pas les moyens auxiliaires que les assurés n’ont pas encore dû solliciter avant d’atteindre l’âge de la retraite AVS en raison de leur invalidité, et qui s’avèreront de plus en plus nécessaires avec l’âge, en raison de la détérioration croissante de leur état de santé. Toutefois, les assurés peuvent présenter une nouvelle demande pour un moyen auxiliaire, pour autant que celui-ci figure dans la liste de l’OMAV. Point de friction entre les assurances sociales et les tribunaux dans la pratique Les assurances sociales examinent et statuent sur les demandes de prestations concernant les moyens auxiliaires. Ce faiParacontact I Été 2020

sant, elles doivent suivre des contraintes issues de leur pratique et définies par les circulaires de l’Office fédéral des assurances sociales, et rendent leur décision sur la base de celles-ci. Si un assuré n’est pas d’accord avec un refus de prestations, il peut le contester, après épuisement des voies légales internes à l’assurance, en déposant un recours auprès du tribunal cantonal compétent. Les circulaires de l’Office fédéral des assurances sociales ont pour but de faire appliquer uniformément la loi par les offices cantonaux de l’AI et/ou de l’AVS. Les circulaires ont un caractère obligatoire pour ces dernières, mais pas pour les tribunaux. S’il est clair que les tribunaux doivent tenir compte des circulaires dans leurs décisions au cas par cas, ils peuvent toutefois s’écarter de ces instructions si elles ne sont pas compatibles avec les dispositions légales: par exemple si une restriction plus large, en termes de fourniture de moyens auxiliaires, que celle autorisée par la loi ou l’ordonnance, était appliquée à l’assuré, en raison d’une circulaire. Il n’est donc pas rare que les tribunaux obligent les compagnies d’assurance à verser des contributions aux coûts plus élevées que celles prévues dans les circulaires. Les deux cas suivants, tirés de l’activité de l’Institut de conseils juridiques, illustrent ce point de friction. La CMAI fixe une limite de prix de 25 000 CHF pour les modifications apportées aux véhicules à moteur en raison d’un handicap. Suite à un recours déposé par l’ICJ, le Tribunal des assurances du canton de Soleure s’est éloigné de cette limite de prix et a obligé l’office cantonal de l’AI à participer aux frais de transformation du véhicule à hauteur de 74 000 CHF. En raison de son invalidité, l’assuré avait besoin de la voiture transformée pour établir des contacts, pour se déplacer et pour se rendre à son travail. Il convient de noter que le jeune âge du membre de l’ASP en question a eu un effet favorable sur la décision du tribunal. Par ailleurs, le tribunal a été convaincu par le fait que la transformation (coûteuse) de la voiture permettait d’économiser à long terme les coûts élevés du transport en car pour handicapés, qui

auraient également été à la charge de l’AI (voir l’arrêt VSBES.2015.272 du 7 mars 2017 du Tribunal des assurances du canton de Soleure). Le Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich s’est prononcé en faveur de la plaignante, une assurée qui avait souffert de poliomyélite dans son enfance et à qui l’AI avait toujours fourni un double jeu d’orthèses pour les deux jambes. Après avoir atteint l’âge de la retraite et touché une rente AVS, elle demandait l’octroi d’une garantie de prise en charge pour l’ajustement et la réparation de deux orthèses de cuisse. L’AVS refusait toutefois de prendre en charge les frais de réparation de la deuxième orthèse, en se basant sur le point 2001 de la CMAI, nouvellement ajouté et qui ne prévoyait en principe que le droit à une seule prothèse. Le Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich a estimé qu’avant d’atteindre l’âge de la retraite AVS, l’assurée s’était vu attribuer deux jeux d’orthèses pour cause d’invalidité, car elle en avait besoin. Son état de santé n’avait pas changé depuis qu’elle était en âge de toucher l’AVS. La question de savoir si le nouveau point 2001 de la CMAI pouvait s’appliquer sans hésiter aux orthèses litigieuses a été laissée en suspens par le tribunal, qui a jugé que la CMAI n’avait pas un caractère obligatoire pour le tribunal. Le tribunal cantonal a considéré que l’application du nouveau point 2001 de la CMAI (limitation du droit à une prothèse) restreindrait indûment la garantie des droits acquis à l’âge AVS (voir l’arrêt AB.2018.00020 du 18 octobre 2019 du Tribunal des assurances sociales du canton de Zurich). Ces exemples montrent qu’un refus de fournir des prestations dans le domaine des moyens auxiliaires ne doit pas être accepté à la légère et qu’il est judicieux d’examiner au cas par cas la situation juridique.

Informations L’Institut de conseils juridiques (ICJ) répondra volontiers à toutes vos questions juridiques sur la fourniture de moyens auxiliaires. www.spv.ch 19


MÉDECINE ET SCIENCES

MÉDECINE AIGUË

Une double expertise

Au CSP avec une jambe cassée ou une pneumonie? Depuis janvier 2020, des lits supplémentaires sont disponibles pour le traitement médical aigu des paraplégiques. Article adapté de la revue Paraplégie de décembre 2019

Le Centre suisse des paraplégiques (CSP) traite depuis longtemps les problèmes médicaux aigus des personnes atteintes de paralysie médullaire. Cet aspect du travail quotidien qui est fait à Nottwil est peu connu du grand public – et même les patients et les médecins traitants l’ignorent souvent. ACTUEL Médecine aiguë à l’heure du Covid-19 Pendant la crise sanitaire, beaucoup de choses ont changé provisoirement. Le CSP a mis à disposition sa nouvelle aile nord de soins médicaux aigus, comprenant une unité de soins intensifs et une trentaine d’appareils respiratoires, pour le traitement des patients atteints du Covid-19. Le canton de Lucerne a également demandé l’aménagement d’un centre médical dans ses locaux. 200 lits ont ainsi été installés dans la salle de sport. Pour le CSP, il s’agit d’un signe important de solidarité dans cette situation difficile. Pendant cette période, la prise en charge des patients paraplégiques peut être assurée sans restriction dans les autres parties du bâtiment.

20

Ce constat nous a incités à informer nos lecteurs de l’agrandissement de la clinique et de la création d’une division dédiée à la médecine aiguë, qui sera à nouveau ouverte aux paralysés médullaires après la crise du coronavirus (voir encadré). En cas d’urgence, d’accident ou d’apparition de troubles, les paraplégiques et les tétraplégiques doivent bénéficier à Nottwil d’une double expertise: le savoir-faire pour tout ce qui a trait aux lésions médullaires et la connaissance spécifique en matière de médecine aiguë. À cette fin, la situation a été analysée et les différents processus de médecine aiguë, de rééducation et de médecine ambulatoire ont été plus clairement séparés les uns des autres. 82 lits supplémentaires «Grâce à l’extension de la clinique, nous aurons en tout 82 lits en médecine aiguë», explique le directeur du CSP, Hans Peter Gmünder, à propos de la stratégie. «En outre, nous avons renforcé nos équipes en recrutant des spécialistes chevronnés dans le domaine de la médecine aiguë.» De nombreux patients qui, jusque-là, étaient aiguillés vers d’autres hôpitaux en cas d’urgence avant d’être ensuite envoyés en rééducation au CSP, pourront désormais bénéficier de tous les traitements requis sous un seul et même toit à Nottwil, où trois unités de soins de 66 lits et une unité de soins intensifs de 16 lits les accueillent. L’ouverture des nouveaux bâtiments s’est accompagnée d’une mise aux normes les plus récentes en termes d’infrastructure et d’organisation des salles d’opération, de l’anesthésiologie, des soins intensifs, de la médecine de la douleur et de la médecine du sport.

Préparation de l’opération

Cette nouvelle offre permettra non seulement de résoudre le manque de capacité d’accueil auquel était confronté le CSP, mais aussi de garantir aux blessés médullaires une qualité de prise en charge élevée, aspect décisif de la restructuration. En clair, séparer médecine aiguë et blessures médullaires n’a pas de sens: «Ces deux domaines sont étroitement liés. C’est ce qu’oublient les hôpitaux qui se focalisent uniquement sur la dimension aiguë et négligent la médecine médullaire», déclare le directeur du CSP. Par exemple, les tétraplégiques ont souvent des difficultés respiratoires et sont plus sujets aux pneumonies. Dans le cas d’un patient sans lésion médullaire, il suffit de le soigner par des médicaments. Pour un blessé médullaire par contre, il faut gérer ses sécrétions, il faut des techniques et appareils spéciaux pour désencombrer ses voies respiratoires et des thérapies respiratoires qui rallongent considérablement la durée de traitement. Les médecins ayant soigné peu de patients paraplégiques ignorent souvent que l’on ne peut pas plâtrer une jambe cassée chez Paracontact I Été 2020


un paralysé médullaire à cause du risque de point de pression pouvant entraîner une escarre qui nécessiterait des mois de traitement. La même menace existe si le patient est mal positionné dans un lit d’hôpital: «Il suffit parfois d’une vingtaine de minutes pour développer une escarre, ce risque est sous-estimé», explique Beat Flückiger, médecin-chef urgentiste au CSP qui a toujours à l’esprit les effets collatéraux et ne traite jamais une urgence en tant que problème isolé. «Notre approche de la paralysie médullaire est si pointue que nous intégrons dès le début l’éventualité des complications secondaires.» À Nottwil, il y a toujours suffisamment de matelas spéciaux pour les patients qui doivent rester alités longtemps. «Peu de cliniques peuvent se le permettre», ajoute le docteur Flückiger. Un appel suffit Même si, d’un point de vue médical, les domaines de la médecine aiguë et de la rééducation sont étroitement liés, sur le plan de l’organisation, l’approche est totalement différente. En unité de soins aigus, les examens permettant de poser le diagnostic doivent aller plus vite, il faut plus de spécialistes, un planning plus souple. Les patients y séjournent moins longtemps grâce à l’excellente réactivité des médecins, infirmiers et thérapeutes. Ils col-

laborent très étroitement afin de prendre en charge rapidement les cas complexes. Aussi des processus propres au domaine des soins aigus ont-ils été mis sur pied et le personnel formé en conséquence au CSP. Beat Flückiger a structuré ce service de manière à ce qu’en cas d’urgence, un seul appel téléphonique suffise pour avoir tout de suite accès au savoir du CSP: «Nous l’appelons ‹one point of entry›: les patients blessés médullaires ont à tout moment un interlocuteur au bout du fil capable de les conseiller.» Grâce aux nouveaux processus, plus de détours ni de pertes de temps au sein de toute l’organisation du CSP. Le facteur temps est, on le sait, décisif en cas d’urgence. Quand ils intègrent leur unité de soins, les patients ont déjà passé tous les examens cruciaux. Vastes prestations Avec ces capacités d’accueil accrues, la prise en charge des patients en soins aigus est possible à tout moment au Centre suisse des paraplégiques. Est-ce que cela veut dire que le CSP s’apparentera aux autres hôpitaux? «Non. Notre vaste gamme de prestations en soins aigus fait sens pour nos patients. Mais nous n’allons pas augmenter nos capacités en cardiologie par exemple, alors que nous avons un

partenariat avec l’hôpital cantonal de Lucerne tout près de Nottwil qui propose cette spécialité», indique le directeur du CSP, Hans Peter Gmünder. En cas de besoin, le CSP lui apporte directement son expertise en matière de paralysie médullaire, de façon à ce que le patient ne soit pas ballotté entre les centres de soins. Une vision globale des différents besoins dans toutes les situations de la vie est extrêmement importante. Avec l’agrandissement de la clinique du CSP, qui sera achevé à l’automne 2020, un nouveau jalon sera posé en termes d’interactivité – entre médecine aiguë, rééducation et accompagnement à vie des blessés médullaires – dans l’intérêt des personnes atteintes de paralysie médullaire. Mais pas seulement pour elles. À l’avenir, davantage de patients non paraplégiques pourront bénéficier des connaissances spécifiques et être soignés à Nottwil pour des cas particuliers, tels que les problèmes de dos ou les troubles respiratoires sévères.

Contact en cas d’urgence Tél. 041 939 54 54

Information au patient sur le déroulement de la tomographie

Paracontact I Été 2020

21


Discretion by Design Une sonde discrète avec une conception vraiment inspirée.

Décerné par le Chicago Athenaeum : Museum of Architecture and Design

La sonde pour sondage intermittent Infyna Chic est une combinaison de couleur, design et discrétion qui lui permet de se fondre dans la vie quotidienne d’une femme. Elle a été conçue grâce aux suggestions des professionnels de santé qui ont permis d’en faire une sonde à la fois très discrète, belle et facile à utiliser. La sonde Infyna Chic peut aider une femme à se sentir mieux dans l’utilisation d’une sonde pour sondage urinaire intermittent. Pour en savoir plus ou pour demander des échantillons, visitez www.hollister.ch/InfynaChic. Avant l’utilisation, assurez-vous de lire le mode d’emploi pour obtenir des renseignements sur l’utilisation prévue, les contre-indications, les mises en garde, les précautions et les instructions.

0050

Sonde intermittente

Hollister et son logo, Infyna Chic sont des marques déposées de Hollister Incorporated USA. ©2020 Hollister Incorporated. GOOD DESIGN est une marque déposée et protégée du Chicago Athenaeum. Metropolitan Arts Press Copyright 2020.

Continence Care


MÉDECINE ET SCIENCES

EN VISITE

Le médecin de famille, un ami et un allié Quand un paralysé médullaire doit-il consulter son médecin traitant, quand doit-il se rendre directement à la clinique spécialisée? Existe-t-il des recommandations? Gabi Bucher

Selon Brigitte Schubiger Leen et Urs Sonntag, deux médecins de famille qui dirigent un cabinet médical à Lucerne depuis 2002, il n’y a pas de réponse concluante à cette question. Cela dépend beaucoup des connaissances du médecin généraliste en paraplégiologie et de son expérience des complications propres à la paralysie médullaire. Tous deux maîtrisent leur sujet: Urs Sonntag a été médecin-chef au CSP et Brigitte Schubiger y a travaillé comme médecin assistant. Le médecin de famille, un confident «Les bilans réguliers dans un centre spécialisé où sont traités les thèmes spécifiques à la paraplégie, sont et resteront indispensables», explique Brigitte. «Et la

plupart des paralysés médullaires se connaissent relativement bien et savent si, par exemple, un trouble gastro-intestinal est caractéristique de leur paraplégie ou s’il s’agit d’un autre problème», ajoute Urs. Cepandant, ils pensent tous deux qu’il est essentiel que chacun ait son propre médecin traitant. «Un médecin de famille devient généralement un confident. Au fil du temps, il connaît les antécédents de son patient, sait quelles opérations ont déjà été effectuées, quels médicaments le patient ne tolère pas. Il connaît son entourage, ses ressources et sa situation familiale. S’il voit son malade régulièrement, il pourra reconnaître son état général plus rapidement qu’un spécialiste qui ne l’examine qu’une fois par an.»

Informations de l’équipe compétente de médecins de famille

Un temps de réaction plus rapide Beaucoup de choses peuvent être soignées par le médecin de famille «et en cas de doute, on peut toujours consulter le CSP ou l’une des autres cliniques spécialisées», estime Urs. Le généraliste a par ailleurs un avantage décisif. «Les patients obtiennent plus vite un rendez-vous chez nous et, en règle générale, nous pouvons fixer plus rapidement des rendez-vous avec des spécialistes.» Le médecin traitant est aussi plus réactif sur de nombreuses questions administratives. «Il est tout à fait judicieux de s’adresser à nous pour obtenir un droit de stationnement, une attestation pour un voyage en avion ou pour acheter des bas de contention.»

Le choix du centre spécialisé ou du médecin de famille dépend aussi du lieu de résidence. «Si une personne vit dans un endroit isolé, il lui sera sûrement plus facile d’aller chez le médecin traitant que de se rendre dans une clinique spécialisée», considère Urs. Et le généraliste joue aussi un rôle crucial pour traiter les problèmes liés à l’âge qui n’ont rien à voir avec la paraplégie. La check-list, une solution? Mais les médecins de famille ne sont pas tous aussi bien informés que Brigitte et Urs. «Dans une certaine mesure, il incombe aussi aux patients d’éclairer si possible leur médecin traitant sur les problèmes propres à la paraplégie.» En revanche, tous deux préconisent de s’adresser directement au CSP en cas d’escarres, «qui sont souvent sous-estimées si on ne s’y connaît pas très bien», de problèmes urologiques et de difficultés avec la pompe analgésique. Une sorte de checklist destinée aux médecins généralistes avec des indications sur ces questions spécifiques pourrait s’avérer utile. «Cela pourrait aider les médecins moins informés à prendre des décisions ou à mieux localiser certains problèmes.» Brigitte et Urs pourraient envisager d’élaborer cette liste avec un paraplégiologue du CSP. Celle-ci pourrait ensuite être remise aux patients à leur sortie de clinique.

«Quant au médecin de famille», conclut Brigitte avec un clin d’œil, «tout le monde devrait vite s’en trouver un tant qu’il y en a encore, car ce sera de plus en plus difficile vu l’évolution actuelle.» Paracontact I Été 2020

23


CONSTRUIRE SANS OBSTACLES

PLANIFICATION PAR LE CSO

Vivre et travailler sous le même toit

José Di Felice, entrepreneur, dirige sa propre société dans le secteur alimentaire. Pour ce faire, il a fait construire il y a quelques années des locaux dotés d’un entrepôt et d’un hall de manutention des marchandises, ainsi que de bureaux et d’une cuisine de démonstration. Gerald Pappe, Centre construire sans obstacles

La passion de ce motard adepte de courses de vitesse lui a été fatale. Après une chute, il a été blessé à la cinquième vertèbre cervicale et s’est retrouvé tétraplégique. Le Centre construire sans obstacles (CSO) de Muhen a été sollicité dans le cadre de sa rééducation. En plus des travaux d’accessibilité dans les locaux de l’entreprise, un loft a pu être construit avec le soutien du CSO. Vivre et travailler sous le même toit présente de nombreux avantages. Un entrepreneur dans l’âme José Di Felice est le propriétaire d’une société du secteur alimentaire. Outre la gestion de l’entreprise, il est responsable de l’achat et de la distribution des denrées dans près de 500 points de vente, de l’acquisition et du suivi des clients, ainsi que de son équipe de huit personnes. En tant que directeur, il doit avoir accès aux différents locaux, du hall d’expédition non chauffé à la boutique du rez-de-chaussée, en passant par le bureau open space avec cuisine de démonstration et son bureau personnel à l’étage. 24

Il entretient de nombreux contacts avec les fournisseurs de produits de qualité et d’aliments spéciaux, et parcourt ainsi 60 000 à 80 000 km par an en voiture pour leur rendre visite en Suisse et à l’étranger. Évaluation du lieu de travail En novembre 2017, une évaluation du lieu de travail a été réalisée dans le bâtiment de deux étages «La Peppina» à Laupen avec le patient et l’architecte du CSO Muhen, ainsi que l’ergothérapeute du CSP Nottwil et la conseillère en moyens auxiliaires de la FSCMA Ittigen. L’objectif était de déterminer les travaux de transformation nécessaires pour que M. Di Felice puisse reprendre son travail en toute autonomie après sa sortie de rééducation à la mi-2018. Mesures sur le lieu de travail Pour permettre à M. Di Felice de diriger la société de manière autonome malgré son handicap, les bureaux à l’étage ont été rendus accessibles par un ascenseur vertical, plusieurs portes du rez-de-chaussée ont été automatisées, un espace sanitaire spa-

cieux avec douche a été créé à l’étage et un grand abri pour voiture a été construit à l’entrée du bâtiment, le tout grâce au soutien du CSO Muhen. Vivre et travailler sous le même toit Jusqu’à récemment, M. Di Felice habitait dans une maison mitoyenne non loin de Laupen. Comme il ne souhaitait plus y vivre pour des raisons familiales et qu’y entreprendre des travaux pour la rendre accessible aurait été extrêmement coûteux en raison de l’espace disponible limité, l’idée lui est venue de créer un loft dans une partie de ses spacieux bureaux. Trois bureaux pourraient faire office de chambres à coucher et le grand hall aménagé avec cuisine de démonstration pourrait être reconverti en salon, salle à manger et cuisine.

Le concept était étonnamment simple, puisqu’une grande partie de l’infrastructure structurelle était déjà en place et qu’il suffisait d’installer un nouvel espace sanitaire. Paracontact I Été 2020


Conditions cadres du droit de la construction Les locaux de l’entreprise à Laupen sont situés dans la zone de travail 2, dans laquelle il n’est généralement pas permis d’habiter. Or «le logement du personnel lié au site à des fins d’exploitation est autorisé, pour autant que des dispositions appropriées soient prises pour assurer des conditions d’hygiènes acceptables». Ce fait étant clairement établi dans ce cas, le CSO Muhen a pu soumettre une demande ordinaire de permis de construire pour l’abri de voiture, l’installation de l’ascenseur et la reconversion de l’usage résidentiel (voir plan). Préfinancement par la FSP Pour qu’un tel projet puisse être mis en œuvre et surtout fourni à temps, un financement en temps voulu était indispensable. La Fondation suisse pour paraplégiques a apporté son soutien à ce projet et a pu rapidement garantir le préfinancement des coûts de construction de 200 000 CHF estimés par le CSO. La planification a ainsi pu être poursuivie et le projet de construction a été mis à exécution. Quel rôle l’AI joue-t-elle dans de tels projets? Lors de l’évaluation du lieu de travail, l’idée a été avancée que les coûts qui auraient été engendrés pour financer des travaux de transformation dans la maison mitoyenne soient utilisés par l’AI pour aménager le loft dans les locaux de l’entreprise, confor-

Ascenseur

Bureau

Entrée

Accueil

Bureau

Chambre Séjour

Bureau du chef

Chambre

Cuisine de démonstration/Séjour

Salle de bain Chambre

Terrasse sur le toit

mément au droit à la substitution. Il s’est toutefois rapidement avéré que ce n’était pas réalisable. Le droit à la substitution n’est en effet possible que si la solution de l’AI et le souhait du client concernent le même objet. Dans le cas présent, après diverses objections et prises de position de la part du CSO et du service juridique de l’Association suisse des paraplégiques, l’AI a pu participer comme suit: Ascenseur vertical L’AI a contribué à hauteur des coûts qui auraient été engendrés si un monte-escaliers à plate-forme ordinaire avait été installé, travaux de construction annexes inclus.

Sanitaires L’AI a contribué à hauteur des coûts qui auraient été engendrés si les toilettes du personnel existantes avait été transformées et agrémentées d’une douche. Automatisation des portes L’AI a pris en charge les coûts de l’automatisation des portes de service. Abri pour voiture L’AI a contribué à hauteur des coûts qui auraient été engendrés si seul un auvent plus petit avait été construit pour que M. Di Felice puisse réaliser ses transferts à l’abri des intempéries. L’AI n’a pas tenu compte du fait que la voiture n’aurait pu être que partiellement abritée des intempéries.

TÉMOIGNAGE DE JOSÉ DI FELICE Quels sont les avantages de cette forme de logement? En tant qu’entrepreneur accompli, je me dois d’agir avec souplesse. Mes horaires varient en fonction du volume de travail. Je bosse souvent tard dans la nuit et le week-end. Un trajet court pour me rendre au bureau est donc avantageux, surtout en hiver. Je me lève le matin et je peux tout de suite me mettre au travail. Si, de par ma condition de tétraplégique, je dois vite aller m’allonger, je peux le faire immédiatement et sans grand effort. Vivre dans ma propre entreprise m’offre donc des avantages non négligeables. Comme j’ai besoin d’aide pour accomplir certaines activités du quotidien, mon assistante habite sur place, ce qui m’apporte flexibilité et autonomie.

Paracontact I Été 2020

Je suis très reconnaissant à la Fondation suisse pour para­ plégiques d’avoir soutenu financièrement mon projet et au bureau d’architecture de l’ASP de m’avoir accompagné avec compétence dans toutes les questions de construction et en tant qu’intermédiaire avec l’AI. Les travaux de transformation ont ainsi pu être effectués à temps. L’AI a aussi accordé des garanties de prise en charge dans le cadre de ses possibilités. Je suis convaincu qu’une bonne solution a été trouvée ici, notamment sur le plan financier pour toutes les parties concernées, car les transformations du lieu de travail, telles que l’abri pour voiture, l’ascenseur et les installations sanitaires sont aussi un plus pour l’appartement.

25


CULTURE ET LOISIRS

SPÉCIAL ÉTÉ

Riche en diversité – la région du lac de Sempach Dans cet article, nous vous donnons des conseils pour des vacances et des excursions sans obstacles dans cette superbe région – à condition que nous puissions profiter de l’été en Suisse sans restrictions.

Antonia Tanner Admirer le coucher de soleil sur le lac, flâner dans les petites villes médiévales de Sursee et Sempach, vivre une journée passionnante à la station ornithologique ou siroter un verre dans l’ambiance caribéenne du Beachbar de Nottwil. La région autour du lac de Sempach a beaucoup à offrir, notamment aux personnes en fauteuil roulant. Êtes-vous camping ou hôtel? Envie de camping? Le très prisé TCS Camping de Sempach accueille depuis 2019 la caravane sans obstacles de la Fondation suisse pour paraplégiques (conditions de

Marcel Hug a déjà testé la caravane

26

réservation spéciales, cf. page de droite). Le site propose aussi un bungalow accessible en fauteuil roulant pouvant loger jusqu’à cinq personnes. Situé sur les rives du lac, le camping dispose d’une infrastructure sans obstacles. L’offre sur place est attractive et très variée: une place de jeux aquatique pour les petits, une grande pelouse, des aires de barbecue, un restaurant, une boutique et, bien sûr, un cadre lacustre très romantique. Vous préférez quand même l’hôtel? L’hôtel Sempacher­ see ou le B&B Friedau à Nottwil, l’hôtel Birdland à Sempach-Station ou le Campus

de Sursee reçoivent leurs clients dans des chambres et des infrastructures sans obstacles. Il est également possible de trouver un hébergement dans la ville de Lucerne. Découvrir un sentier culturel ou observer les oiseaux Les amoureux de la nature, les férus de culture et les personnes actives qui passent leurs vacances dans la région du lac de Sempach ne seront pas déçus. Citons par exemple le «Radioweg Beromünster», l’un des 300 sentiers culturels de Suisse, lors duquel vous pourrez vivre et écouter l’his-

Vue sur le lac et les montagnes au loin

Paracontact I Été 2020


toire des prémices de la radio. Si vous préférez prendre un bon bol d’air lacustre, nous vous recommandons le Moosweg, le sentier de randonnée sans obstacles qui longe le lac de Nottwil à Sursee. Et avant de partir en rando, faites donc un tour à l’espace visiteurs ParaForum de la Fondation suisse pour paraplégiques. La notoriété de la station ornithologique de Sempach va bien au-delà des frontières du canton. L’exposition interactive du centre des visiteurs vous emmène dans le monde de nos amis à plumes que vous pourrez observer à l’extérieur dans des volières ou en pleine nature. Chasse au trésor ou aviron sur le lac À Sursee et Sempach, vous pouvez visiter les villes médiévales en compagnie d’un guide ou simplement faire de belles balades dans ces jolies localités. La brasserie Soorser Bier propose aussi des visites guidées aux personnes en fauteuil roulant. Vous préférez passer l’après-midi à jouer les détectives? Inscrivez-vous à une chasse au trésor via votre smartphone et enquêtez sur un braquage de banque!

Grâce au centre national de l’Adaptive rowing à Sempach, il est possible de faire du sport, même sur le lac. Trois fois par semaine, les personnes en fauteuil roulant peuvent «prendre le large» avec du matériel nautique spécialement adapté et accompagnés d’instructeurs. Et si vous êtes près du lac, un petit détour par une aire de baignade s’impose: il y en a à Sempach, Sursee et Nottwil. De la région à l’Extrême-Orient Que seraient les vacances sans une virée au café l’après-midi, un apéro par-ci par-là, et un excellent souper? Découvrez les plaisirs culinaires autour du lac de Sempach dans différents cadres. Envie de déguster un latte macchiato ou un café frappé tout en observant l’agitation de la vieille ville de Sursee? Faites-le au cultissime Stadtcafé. Le soir aussi, les aficionados d’art et de culture y trouveront leur compte. Retrouvez toute l’ambiance des Caraïbes au Beachbar de Nottwil. Les cocktails y sont aussi colorés que les maisons des villages caribéens. Vous voulez goûter aux spécialités de la réParacontact I Été 2020

gion? Dans les restaurants Vogelsang et Sempia à Nottwil, des produits saisonniers et régionaux, comme le poisson du lac, sont au menu. Pour les amateurs de viande, le Baulüüt sur le Campus de Sursee est un incontournable. Les établissements Amrein’s à Sursee, Hirschen à Oberkirch et Sonne à Eich proposent une cuisine raffinée et pri-

mée au Gault-Millau. Une atmosphère de vacances plane aussi à la pizzeria Türmli de Sempach qui propose de délicieuses pizzas au four à pierre. Enfin, dégustez des plats mexicains corsés au restaurant El Mosquito à Sursee et de succulents mets d’Extrême-Orient chez le thaï Baan à Sursee. Sur ce, bon appétit!

LIENS AUTOUR DU LAC DE SEMPACH

Hébergements Camping Retrouvez toutes les informations et le lien pour réserver la caravane au TCS Camping Sempach sur: www.spv.ch/caravane ou www.tcs-camping.ch/sempach Hôtels dans la région Hotel Sempachersee, Nottwil: www.hotelsempachersee.ch Birdland Hotel Sempach-Station: www.birdland-hotel.ch Campus Sursee, Oberkirch: www.campus-sursee.ch Bed & Breakfast B & B Friedau, Nottwil: www.friedau.net Hôtels à Lucerne Voir sur www.paramap.ch Paramap.ch est aussi disponible en application iOS et Android.

Loisirs Station ornithologique de Sempach: www.vogelwarte.ch Centre national de l’Adaptive rowing à Sempach: www.seeclub-sempach.ch Sentier culturel Beromünster: www.beromuenster-radioweg.ch Visite de la brasserie Soorser Bier: www.soobier.ch Chasse au trésor via smartphone à Sursee: www.smartphone-schnitzeljagd.ch

Randonnée SempacherseeMoosweg (Nr. 559): www.wanderland.ch Site palafittique de Wauwilermoos: www.pfahlbausiedlung.ch Musée de l’hôtel de ville de Sempach: www.museum-sempach.ch Musée Sankturbanhof Sursee: www.sankturbanhof.ch Collégiale de Beromünster: www.stiftberomuenster.ch

Gastronomie Stadtcafé: www.stadtcafe.ch Beachbar Nottwil: www.caribbean-village.ch Sempia, Nottwil: www.hotelsempachersee.ch Vogelsang, Eich: www.vogelsang.ch Baulüüt, Oberkirch: www.campus-sursee.ch Amrein’s, Sursee: www.amreins.ch Hirschen, Oberkirch: www.hirschen-oberkirch.ch Sonne, Eich: www.sonneseehotel.ch Türmli, Sempach: www.tuermli-sempach.ch El Mosquito, Sursee: www.el-mosquito.ch Baan Thai, Sursee: www.baanthai-sursee.ch Idées ou renseignements complémentaires: www.sempachersee-tourismus.ch 27


CULTURE ET LOISIRS

VOYAGES À RÉSERVER SANS TARDER

Tel Aviv et semaines de ski Un voyage en terre promise ou plutôt une semaine active en montagne? Les deux dépaysements sont proposés dans notre catalogue de voyage 2021. Et le mieux, c’est que vous pouvez réserver vos places dès maintenant. Notre visite de la trépidante ville israélienne et les semaines actives dans les domaines paradisiaques d’Arosa et de Zinal auront lieu en mars 2021, avec un délai d’inscription précoce. L’un de ces trois voyages vous tente? Envoyez-nous vite votre inscription avant le 30 novembre 2020. Premier arrivé, premier servi!

Informations et inscription sur www.spv.ch/manifestations

111 LE CHIFFRE

… est le nombre réjouissant de participants qui prouve que notre rencontre photos est toujours aussi appréciée. Chaque année, nous avons le plaisir de vous présenter notre offre attrayante. Notez dès aujourd’hui la date de la prochaine rencontre, le 8 novembre 2020 à Nottwil.

28

BETTMERALP

La nature à l’état pur Du 29 au 30 août 2020, le légendaire week-end à Bettmeralp, village interdit aux voitures, vous offre calme et détente à l’air pur et dans une nature unique. Le tout, dans un cadre accessible en fauteuil roulant et en bonne compagnie. Alois Schmid organise, pour la troisième fois déjà, ce weekend à Bettmeralp en collaboration avec l’ASP. Lui-même en fauteuil roulant, ce Valaisan connaît très bien la région. Il élaborera un programme sur mesure pour les participants et s’assurera de l’accessibilité de l’hébergement. Glacier d’Aletsch Une excursion sur le plus grand glacier des Alpes (qui surplombe Bettmeralp) est un must! Entièrement accessible, l’Aletsch Arena permet aux personnes en fauteuil roulant d’admirer toute la splendeur du site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

EN PISTE AVEC ANDREAS GAUTSCHI

En handbike Collines escarpées, vues magnifiques et descentes vertigineuses: vous allez vous régaler car ce parcours ravit tout le monde. La sortie handbike aura lieu le 29 août 2020 (plus de détails ultérieurement) sous la houlette d’Andreas Gautschi. Apportez votre propre handbike et vivez une journée palpitante. Plaisir intense garanti. Si vous ne possédez pas de handbike? Pas de souci, vous pourrez en louer un pour l’occasion.

TUYAU CULTUREL D’ALEX

Première aux Oscars Lors de la cérémonie des Oscars du 9 février 2020, Shia LaBeouf et Zack Gottsagen ont remis le prix du meilleur court métrage. Les deux acteurs principaux du film «Le faucon au beurre d’arachide» (2019) ont ainsi vécu un moment exceptionnel devant des centaines de millions de téléspectateurs. Cela mérite d’être mentionné car, en 92 ans d’histoire des Oscars, Zack Gottsagen est le premier acteur trisomique à avoir décerné la célèbre statuette. Dans «The Peanut Butter Falcon» (titre original), Zak joue le rôle d’un jeune homme atteint de trisomie 21. Il réussit à s’enfuir, en sous-vêtement, du foyer où il réside et entreprend de réaliser son rêve: devenir catcheur professionnel. Dans sa quête de liberté, il rejoint Tyler, un pêcheur poursuivi par la police et ses collègues vindicatifs dont il a incendié les casiers à crabes. Les deux fugitifs sont obligés d’unir leurs forces pour devenir ensemble une équipe de gagnants. Ce road movie, qui a connu un vrai succès en salle, est maintenant disponible en DVD et en Blu-Ray. www.thepeanutbutterfalconmovie.com Paracontact I Été 2020


CULTURE ET LOISIRS

RELATIONS PUBLIQUES

Un accueil en grande pompe Du jamais vu! En une semaine seulement, un millier d’élèves du Centre de formation professionnelle (BBZ) Construction et Commerce de Lucerne ont participé aux cours de sensibilisation de l’ASP. Yvonne Rölli

À quels défis sont confrontées les personnes en fauteuil roulant? Quel effet cela fait-il d’être en fauteuil roulant et d’avoir besoin d’aide? Comment dois-je me comporter avec une personne handicapée? Armés de ces questions et de bien d’autres encore, près d’un millier d’élèves de divers groupes de métiers du BBZ Construction et Commerce de Lucerne se sont rendus à Nottwil en février dernier. Un enrichissement de la vie scolaire Les cours de sensibilisation de l’ASP ont été proposés aux étudiants de la 1ère à la 3e année d’apprentissage dans le cadre de forums créatifs. Cette série d’événements permet aux jeunes de s’ouvrir à d’autres thèmes spécifiques ou à d’autres modes de vie. En bref, à des choses de la vie qui dépassent le cadre du programme scolaire.

L’objectif des cours de sensibilisation est de lever le voile sur la vie des personnes en fauteuil roulant et de surmonter les inhibitions qui existent souvent à l’égard de ces personnes.

Trois modules, trois thèmes majeurs Chaque matin et après-midi, les cours débutaient en séance plénière. Avec le film «Jour pour jour», les étudiants avaient un premier aperçu de la vie de trois personnes en fauteuil roulant.

Dans le module Sensibilisation, les intervenants – tous des personnes en fauteuil roulant – ont raconté leur histoire, évoqué les défis de la vie quotidienne, mais aussi les aspects positifs liés au fauteuil roulant. Les jeunes ont montré un vif intérêt pour la visite de la voiture transformée prévue juste après. Cela leur a permis de comprendre pourquoi les places de stationnement pour handicapés sont si larges et sont situées au plus près de la sortie. Enfin, les paralysés médullaires ont exécuté un transfert de leur fauteuil roulant au siège du conducteur et ont montré comment ils rangeaient ensuite le fauteuil dans la voiture. Dans le module Maniement du fauteuil roulant, les élèves ont pu s’asseoir euxmêmes dans un fauteuil et tenter de fran-

Maniement du fauteuil: jouer au basket et surmonter les obstacles

chir divers obstacles. Ils ont également appris comment aider une personne à mobilité réduite à surmonter les obstacles. Pour finir, ils ont expérimenté le fauteuil roulant de manière ludique lors d’un match de basket-ball. Le troisième module prévoyait une visite au ParaForum. Dans l’exposition interactive, nos hôtes ont pu rendre visite aux quatre colocataires fictifs et se faire une idée «sur le vif» des défis de la vie quotidienne. Un défi organisationnel Accueillir près d’un millier de personnes en une semaine était une grande première pour l’ASP et a nécessité une préparation intense et détaillée, en consultation avec les enseignants et les intervenants. Il fallait informer ces derniers de manière aussi précise que possible, afin qu’ils soient au bon endroit au bon moment. Par ailleurs, les accompagnateurs de l’ASP ont veillé à ce que les groupes ne s’égarent pas sur le vaste campus. Les travaux de transformation en cours ont aussi ajouté un peu de piment à nos journées, nous barrant la route une ou deux fois. Malgré tous les défis, nous avons pu organiser une semaine formidable et, espérons-le, mémorable pour nos invités.

BON À SAVOIR Les cours de sensibilisation sont un instrument important du travail de relations publiques de l’Association suisse des paraplégiques. Ils sont organisés par le département Culture et loisirs et s’adressent aux classes des écoles professionnelles, aux entreprises, aux associations et aux particuliers. Vous trouverez ici de plus amples informations sur nos cours de sensibilisation: www.spv.ch/sensibilisation Renseignements Yvonne Rölli yvonne.roelli@spv.ch Tél. 041 936 54 24

Paracontact I Été 2020 29


GO-TRYKE

®

Ziva, 30 ans, paraplégique depuis 2 ans.

BRAS

JAMBES

«C’EST FANTASTIQUE DE SENTIR MES BRAS ENTRAÎNER MES JAMBES EN PLEINE NATURE »

Route de Bulle 41 CH-1696 Vuisternens-en-Ogoz Tel. +41 26 411 55 55 Conçu pour dépasser ton handicap

WWW.GBY.SWISS


CULTURE ET LOISIRS

RÉTROSPECTIVE

La tête pleine d’idées

Je dirige le département Culture et loisirs depuis près de neuf mois. Aujourd’hui, je prends le temps de faire un retour en arrière. Tanja Müller

L’été dernier, j’ai longuement, intensément et bien réfléchi avant de postuler la fonction de cheffe du département Culture et loisirs (CL). J’étais consciente que les empreintes laissées par Urs Styger étaient profondes et bien marquées. Est-ce que je pourrais marcher dans ses pas? Non, concluais-je finalement. Il ne s’agissait pas de suivre les traces de quelqu’un, mais de prendre un chemin et de continuer à le suivre dans l’esprit de l’ASP. Et c’est ce que je voulais (et veux toujours) faire! Beaucoup de changements Le fait que je travaille au département Culture et loisirs depuis trois ans m’aide à bien comprendre nos missions et nos processus, mais signifie aussi que j’ai dû changer de rôle. Comme nous avons également deux nouvelles collègues à bord, Yvonne Rölli et Carole Buchmann, tous les membres de l’équipage de CL doivent grandir ensemble. Je dirais que nous tirons le bon bord! Ayant la chance d’avoir des collaboratrices qui gèrent parfaitement les tâches quotidiennes, je peux garder plus facile-

NOTRE ÉQUIPE Un travail d’équipe pour mieux vous servir: Agence de voyages Angela Addo, Rita Häfliger, Manuela Schär Cours et manifestations Yvonne Rölli, Carole Buchmann Projets Antonia Tanner

Paracontact I Été 2020

ment une vue d’ensemble et me familiariser avec mes responsabilités de cheffe de département. Cela m’a aussi permis de me rendre en Belgique dès janvier pour évaluer le nouvel autocar ASP et m’acclimater à ce secteur encore nouveau. Du potentiel, mais dans quelle direction? En relisant aujourd’hui mes notes d’août 2019 sur le développement futur de CL, je réalise que les bonnes choses prennent du temps. Le département CL gère une agence de voyages, petite mais performante, qui propose un large éventail de destinations attrayantes. J’étais persuadée qu’il ne fallait rien changer pour le moment. De même, les formations destinées à nos aides bénévoles, tout comme les cours de sensibilisation pour le public intéressé étaient solidement ancrés. En professionnalisant les structures données, nous pourrions répondre à la demande et remplir encore mieux notre tâche.

Mais des interrogations subsistent: quel cap doivent prendre les offres d’événements, de cours et de mobilité pour nos membres? Quelle est la demande, comment toucher nos clients et comment utiliser les synergies de l’association et des clubs en fauteuil roulant pour un résultat optimal? Le potentiel est là, cela ne fait aucun doute. La solution n’est pas encore prête, mais elle prend forme. En écoutant, en posant des questions et en échangeant des idées, nous choisirons un cap et définirons la voie à suivre pour arriver au but. Cheffe à temps partiel La description de mon nouveau poste ne serait pas complète sans dévoiler un peu mon profil. Il y a deux raisons pour les-

Cheffe CL depuis octobre 2019

quelles j’ai mûrement réfléchi avant de prendre la tête du CL. Les deux font plus ou moins un mètre de haut. Je suis maman de deux enfants et mon rôle de cheffe de département m’en a attribué un troisième. Inutile d’épiloguer sur le défi qui consiste à concilier travail et famille. Il me semble simplement très important de rester fidèle à soi-même. En tant que mère et cheffe, je veux pouvoir être juste, loyale, garder mon sens de l’humour et ma passion. J’espère de tout mon cœur que cela profitera à mes enfants comme au département Culture et loisirs.

Nous sommes là pour vous Vous trouverez notre offre sur www.spv.ch/culture_loisirs 31


CULTURE ET LOISIRS

LA RENCONTRE D’HIVER À EGERKINGEN

Incontournable ou passée de mode? Egerkingen était et reste un événement très prisé. Cependant, l’écart se creuse de plus en plus entre les différents besoins des participants. D’où la question: quelle sera la suite?

Antonia Tanner

La rencontre d’hiver est un grand classique parmi nos événements. En 2019, la 24e édition s’est déroulée sur le thème du «voyage en terre helvétique». Pour de nombreux amateurs de loto et de danse, c’est depuis des années un rendez-vous immuable noté dans leur agenda. Pourtant, la manifestation est au bord du gouffre: en 2018 déjà, le nombre d’inscriptions était en recul. Réitérer ou non la rencontre d’hiver a fait l’objet d’intenses discussions, à la suite desquelles le département Culture et loisirs a décidé d’organiser une nouvelle fois l’événement. Toutefois, en accord avec l’hôtel Mövenpick, il a été renoncé au brunch du dimanche en musique. Les participants avaient la possibilité de réserver la nuit à Egerkingen. Réactions des participants À notre grand regret, nous n’avons pas non plus enregistré beaucoup d’inscriptions pour l’édition 2019. Les joueurs de loto avaient de la chance, car les prix se sont partagés entre seulement 39 personnes. Le repas du soir suivi de l’animation musicale ne compait que 24 convives. Après l’événement, des voix se sont élevées: le loto, c’est bien, mais le programme du soir fait peu d’adeptes, ou alors le cadre festif d’Eger-

kingen doit être reconsidéré. D’un autre côté, il a été expressément souhaité de perpétuer cette tradition, car la joie qu’elle procure est toujours bien présente. Pour les danseurs et danseuses, c’est aussi l’occasion de mettre en pratique ce qu’ils ont appris. Par ailleurs, Nottwil a été proposé comme lieu d’accueil, ce qui donnerait également aux patients du CSP la possibilité de participer à un rassemblement social. Les participants ont convenu qu’il était souhaitable d’organiser une manifestation commune pendant le semestre d’hiver. Des questions sans fin Une chose est claire: le client est roi! Nous avons à cœur de répondre aux besoins de nos membres. Toutefois, le manque d’intérêt croissant pour la rencontre d’hiver soulève certaines questions: les joueurs de loto sont-ils juste là pour leur jeu favori et ne s’intéressent pas au programme du soir? Les amateurs de danse souhaitent-ils faire l’impasse sur le loto, et simplement partager un bon repas et faire la fête? Y a-t-il des participants qui viennent uniquement pour le brunch du dimanche? Ce qui est sûr, c’est que les besoins divergent. Mais ce qui l’est moins, c’est quelle suite donner à tout cela?

Joies du loto l’après-midi – Buffet et danse en soirée

UN GRAND MERCI! Sans notre sponsor principal Hollister et les attractifs prix de loto des autres sponsors, la rencontre d’hiver ne serait pas possible. Cette année, pour toutes les personnes en fauteuil roulant présentes, nous avons pu mettre en jeu une semaine de vacances à la Villa Sevasti en Grèce. Les autres prix principaux des 10 tirages au total étaient: une semaine à Bettmeralp, des nuits d’hôtel, une montre pour homme, un dîner avec entrée au casino ou des promenades en train sur le mont Pilate et le Stanserhorn. Merci du fond du cœur à tous nos sponsors. www.hollister.ch

Que souhaitez-vous? Rarement autant de questions ont été posées dans un article de Paracontact. Vous voyez, nous avons besoin de réponses – de vos réponses, si vous ne nous les avez pas déjà données. Nous avons donc élaboré une petite enquête. Participez et faitesnous part de votre avis ou de vos suggestions. Il suffit de scanner le code QR, qui vous amènera directement à l’enquête, ou d’aller sur www.spv.ch/egerkingen pour y accéder.

Accéder à l’enquête par le code QR Paracontact I Été 2020

33


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

POLYSPORT

La petite tornade roulante Pour Adrian Ruf, huit ans et en fauteuil roulant depuis sa naissance, le sport est le meilleur moyen de se défouler et de se mesurer à des personnes de même affinité. Gabi Bucher

L’accueil de la famille Ruf se déroule de manière assez «mouvementée»: Malu, le jeune chien, est le premier à la porte et, tandis que Fabienne, la maman, essaie de réfréner sa curiosité, Adrian déboule en faisant l’équilibriste sur les roues de son fauteuil. Pas évident de soutenir le regard scrutateur et très direct de ses grands yeux mordorés. Sa poignée de main est plutôt ferme pour un garçon de son âge. Ensuite, pendant quelques secondes, les quatre roues retrouvent le sol. Mais cela n’arrive que quand il fonce à travers l’appartement: le reste du temps, il joue constamment les acrobates. Un casse-cou en skateboard Tout petit déjà, il ne tenait pas en place, raconte sa maman. «Très tôt, nous lui avons cherché une activité pour qu’il puisse se défouler et canaliser son irrépressible besoin de bouger». Reto, le papa, a alors pensé 34

à son vieux skateboard. «Il marche encore super bien», lance Adrian, avant de s’empresser d’aller le récupérer. «J’ai le droit avec ce pantalon?», demande-t-il à sa mère. Puis il se glisse hors de son fauteuil, s’agenouille sur la planche, et file habilement dans le vaste salon en exécutant de rapides virages serrés. «Autrefois, il dévalait les pentes à l’identique, avec bien sûr un casque et des gants, mais je devais souvent regarder ailleurs», se souvient Fabienne. «Il pouvait ainsi faire quelque chose avec d’autres enfants. Nous avons même acheté un tremplin …» «Je l’ai pris à fond la gomme», nous crie Adrian, toujours lancé sur sa planche. Ce serait bien qu’il y ait un parc de skate adapté tout près, où les jeunes en fauteuil roulant et les skateurs pourraient se retrouver. «Le Pump Trail à Kriens s’en rapproche un peu.» «Pump Track!», corrige Adrian. C’est une installation pour VTT avec des rampes, des

tremplins et des bosses. «On peut sauter par-dessus», explique Adrian, «c’est trop cool!» Une petite vidéo nous montre Adrian en pleine action. Quand je lui fais remarquer qu’il doit être bien secoué après, il sourit et me répond: «Nan, ça va, c’est que du plaisir.» Le déménagement: une chance pour tous Adrian n’a toujours pas quitté sa planche. «Bouger, c’est tout pour lui», commente Fabienne presque en s’excusant. Une fourche avant a ensuite succédé au skateboard. «L’AI nous l’a fournie, mais c’était assez difficile. Dès que le terrain devenait trop raide, Adrian n’y arrivait plus.» Et puis, il s’est mis à l’athlétisme. En raison de son handicap (spina bifida), il a besoin d’un corset, d’attelles extensibles et d’une orthèse du bas de la jambe. Ceux-ci, ainsi que le fauteuil roulant, doivent constamParacontact I Été 2020


ment être ajustés, ce qui nécessitait sans cesse des déplacements de la région bâloise à Nottwil, chez Orthotec. Au cours de l’une de ces visites, la famille a découvert les ParAthletics, organisés au même moment. Adrian a été fasciné par les courses en fauteuil roulant. «Nous avons rencontré Martina Meyer de Sport suisse en fauteuil roulant. Elle a demandé à Adrian s’il aimerait faire du sport en fauteuil roulant.» C’est ainsi que tout a commencé, Adrian venait d’avoir six ans. Depuis, la famille a déménagé à Nottwil. «Pas seulement à cause du sport. Je passais déjà des heures au volant pour les visites chez Orthotec; avec le sport d’Adrian, cela n’aurait rien arrangé. En plus, le lac manquait à mon mari qui a grandi à Thoune.» En fait, ils n’avaient pas prévu de déménager avant deux ans, mais ils sont tombés sur l’annonce de cet appartement, juste à côté de l’école, avec vue sur le lac et près du CSP. «C’était tellement idéal que nous avons franchi le pas en août dernier. Le nouveau quartier résidentiel est un énorme enrichissement pour nous tous.» Le sport est sain et fait du bien Adrian s’entraîne régulièrement tous les mercredis avec le fauteuil roulant pour enfant que Orthotec lui a fourni. «Je peux m’en servir tant que je rentre dedans», dit-il. On ne pourrait pas acheter ce genre de chose, ajoute Fabienne, cela n’existe pas sur le marché. Adrian éclate de rire. «Ça, c’est sûr, pas sur le marché, c’est un engin qui coûte cher», clame-t-il. Adrian adore l’entraînement. «Il peut se mesurer à d’autres personnes qui ont plus ou moins les mêmes conditions», raconte Fabienne. C’est en effet parfois un peu difficile dans la cour d’école. Adrian a raconté que cela tournait vite à l’injustice pour lui, car il n’a aucune chance contre les autres enfants. «Je ne sais pas ce que nous ferions sans le sport», dit-elle. «C’est bon pour la santé, le cœur, le moral. Et, outre l’école, c’est une formidable opportunité d’intégration.»

Récemment, Adrian a aussi découvert le basket-ball. «Je n’en suis encore qu’à mes débuts», confie-t-il. Il est encore un peu petit, juste à la limite avec ses huit ans. «Mais Nico Hausamman a dit que je pourrais participer au Basket for all, et mainteParacontact I Été 2020

nant je m’entraîne avec eux.» À chaque fois que la santé et la fatigue le lui permettent, précise Fabienne, ce qui lui vaut un regard assassin de la part de son fils. Lui, fatigué? «Un jour, je lui ai dit que toutes ces activités le videraient de ses forces, mais il m’a répondu qu’au contraire, elles lui donneraient des forces.» D’ailleurs, il y a un panier de basket dans sa chambre, là où il s’entraîne. «Je vais te montrer», déclare-t-il. En un clin d’œil, il file dans sa chambre, dribble, se penche, ramasse le ballon, vise le panier et tire, encore et encore. Oui, bien sûr, il aimerait un jour réussir, comme Marcel Hug par exemple, c’est d’ores et déjà son objectif. Mais c’est surtout une réelle source de plaisir, répète Adrian. Il ignore encore dans quel sport il se spécialisera plus tard, mais pourquoi pas les deux, l’athlétisme et le basket? Il a aussi essayé le tennis. «C’était pas trop mon truc», admet-il. «Une fois, j’ai dit à un copain d’école que je jouais au tennis. Il m’a regardé

Un équilibre apaisant Adrian exploite plus ou moins toutes les possibilités. Il a déjà fait trois fois du monoski-bob et il aime nager. «Faire une roulade dans l’eau sans lunettes, c’est difficile mais j’y arrive», explique-t-il. À la maison, dans le local à vélos, il joue au ping-pong avec son meilleur ami de la classe parallèle, et il est souvent dehors avec son chien Malu. Lorsqu’on lui demande s’il lui arrive de se détendre et de rester tranquille, il incline légèrement la tête, sourit et lâche un «bof!». Il trouve quand même son équilibre dans d’autres activités, intervient Fabienne. Il aime observer et photographier les oiseaux. Et aussi bricoler: il a récemment vendu des choses qu’il avait fabriquées et fait don de l’argent à la station ornithologique de Sempach. Et il aime aussi lire le soir, mais si.

Adrian est un enfant turbulent, de bonne humeur, éveillé, débordant de vie, qui ne tient pas en place: cette petite tornade rou-

Un enfant curieux, ouvert à tout et qui ne tient pas en place

bizarrement.» Il lui a demandé comment il faisait, vu qu’il n’avait pas de jambes pour courir. «Mais j’ai des bras!», a-t-il répondu. «Nous tenons à montrer ce qui est possible, et non ce qui ne l’est pas», ajoute Fabienne. D’ailleurs, le nouveau mini-entraînement de l’ASP, chaque dernier samedi du mois, est aussi très sympa. «Parents, frères et sœurs, grands-parents, oncles et tantes s’y retrouvent pour jouer ensemble et échanger en fauteuil roulant, une super idée.»

lante n’est sûrement pas facile à gérer tous les jours. Mais ses parents font tout pour qu’il puisse se défouler et vivre pleinement son incroyable besoin de bouger. D’ailleurs, son rêve et prochain objectif n’est autre que le WCMX (skate en fauteuil) comme Aaron Fotheringham – cela vous étonne?

35


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

NOUS PARENTS

Les parents font un travail de pionnier Le bruit métallique des épées qui se croisent résonne dans le club d’escrime de Berne. Ici, Fred De Oliveira vit sa passion depuis dix ans, l’escrime en fauteuil roulant. Faute de sparring-partners, sa mère, Kathrin Siegrist, a appris l’escrime pour Fred. Elle s’investit énormément pour qu’il s’adonne à ce sport. À la fois manageur, responsable en communication, collectrice de fonds et coach, Kathrin endosse tous les rôles.

Pour elle, le plus grand défi est de devoir se justifier de cette implication. On la considère souvent comme une mère à l’ambition démesurée pour son fils. Mais pour Kathrin Siegrist, les réussites de Fred ne comptent pas. Elle veut simplement lui donner les opportunités qu’il mérite. Voir son fils concentré sur ses objectifs et travailler pour les atteindre en vaut la peine. Informations www.freddeoliveira.ch (en allemand) www.spv.ch/escrime 36

GROS PLAN

CT de badminton Depuis l’annonce de l’entrée du parabadminton au Jeux Paralympiques à Tokyo en 2020, l’intérêt pour ce sport n’a cessé de croître. Aujourd’hui, Sport suisse en fauteuil roulant compte 35 badistes en fauteuil roulant titulaires d’une licence. En outre, plusieurs joueurs non licenciés se renvoient régulièrement le volant.

térêt. Sport suisse en fauteuil roulant s’est alors concentré sur les athlètes individuels. La nouvelle CT, dirigée par Tommy Moesch, souhaite booster la notoriété et la popularité de cette discipline. En tant que membre du comité central de Swiss Badminton, Moesch y représente les intérêts du badminton en fauteuil roulant. En 2017, un entraîneur national engagé et motivé a été En 2017, une nouvelle CT Badminton a été trouvé en la personne de Michael Adamer, fondée. Ce n’est pas la première, car il y en ancien badiste de ligue nationale B. La CT avait déjà une entre 1997 et 2006. Paul compte également un représentant des athKurzo, qui pratiquait lui-même le badmin- lètes, Christian Hamböck, qui est aussi ton en fauteuil roulant et joue aujourd’hui membre actif du cadre et, à ce titre, sait encore un rôle important au sein du conseil faire entendre la voix des athlètes au sein exécutif en tant que vice-président du para- de la CT. En outre, il s’y occupe de certaines badminton à la Fédération mondiale de questions administratives. badminton (BWF), était en charge de la CT. Il y a 14 ans, l’ancienne CT avait été dissoute Site de la CT (en allemand) www.badminton.spv.ch principalement en raison du manque d’in-

PETITS RATÉS

L’eau, une denrée précieuse Les Japonais sont considérés comme disciplinés et consciencieux. Lors de l’événement test pour les Jeux Paralympiques de Tokyo, Karin Suter a vérifié le bien-fondé de ce préjugé.

fois», déclara le bénévole, en montrant l’affiche sur le bureau. «Un athlète assoiffé n’ira pas loin avec une seule bouteille!», rétorqua Karin avant de s’engager dans une discussion avec l’homme qui précisa gentiment: «Mais vous pouvez revenir Notre championne suisse du badminton tout de suite.» Karin prit la première boufut très étonnée en voulant acheter deux teille, fit une élégante pirouette et retourna petites bouteilles d’un demi-litre au distri- aussitôt prendre la deuxième – tout simbuteur de la salle. «Une seule bouteille à la plement. Paracontact I Été 2020


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

LES PARALYMPIQUES REPORTÉS D’UNE ANNÉE

Tokyo 2020 en 2021 Même si la décision est saluée par la majorité, le report pose de nouveaux challenges. Roger Getzmann

Ce fut un soulagement lorsque Shinzo Abe, le président du Japon, annonça à la fin du mois de mars le report des Jeux Olympiques et Paralympiques. L’Europe était à l’aube d’une pandémie: les libertés étaient restreintes, l’entraînement était très compliqué et les compétitions n’étaient même pas envisageables. Il était impossible d’avoir une qualification équitable aux mêmes conditions, et la grande majorité des athlètes auraient été loin d’être au mieux de leur forme pour la compétition la plus importante. Avec la foule que l’on attendait, venue de tous les horizons, le risque d’une contamination sur place aurait été énorme et qui sait si les voyages internationaux auraient été possibles. Cette décision en a ainsi soulagé plus d’un – et a résolu de nombreux problèmes. Mais elle en a aussi créé de nouveaux.

sultats de 2020 devraient compter et combien de temps la période de qualification serait prolongée étaient des interrogations légitimes. Il fallait définir et inventer de nouvelles compétitions qualificatives afin que les athlètes aient suffisamment d’occasions de récolter des points importants. Il était crucial pour ces derniers d’avoir très tôt la confirmation que les performances couronnées d’une qualification et les places de quotas déjà attribuées restaient valables.

Révision des directives de qualification Les fédérations internationales de toutes les disciplines ont été immédiatement sollicitées: il fallait poser le plus tôt possible de nouvelles exigences de qualification en accord avec l’IPC. Dans quelle mesure les ré-

TOGOC face à un défi de taille Le Japon ayant dû surmonter plusieurs crises ces dernières années, Tokyo 2020 devait être un nouveau départ vers des temps meilleurs. Mais le Japon, et Tokyo en particulier, vont à présent devoir dé-

Paracontact I Été 2020

Swiss Paralympic a dû replanifier Cette nouvelle donne a logiquement obligé notre équipe de direction à adapter les concepts de sélection et à définir de nouvelles dates. Si des coûts supplémentaires sont inévitables, les nations seront bien moins touchées par le nouveau calendrier des Jeux que le Japon.

montrer une nouvelle fois leurs compétences exceptionnelles en termes de gestion de crise. De juillet à septembre 2020, le comité d’organisation des Jeux de Tokyo (TOGOC) avait bloqué des douzaines d’immeubles pour loger les athlètes, loué des centaines d’installations de compétition et d’entraînement, et réservé des milliers de chambres d’hôtel. Tous ces contrats et réservations étaient valables pour 2020 et doivent être renégociés. Qui prendra en charge les frais d’annulation? Qui indemnisera tous ceux qui ont déjà acheté un appartement dans le Village? On peut à peine imaginer l’ampleur des défis que le TOGOC a dû et doit encore relever. Admiration pour Tokyo Dans un peu plus d’un an, nous nous rendrons à Tokyo dans le plus grand respect. L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques est une tâche gigantesque, mais ce à quoi Tokyo et le Japon sont confrontés est titanesque.

Les Jeux de Tokyo 2020 entreront dans l’Histoire. Ce seront les premiers qui n’auront pas lieu l’année du nom commercial. Là au moins, les coûts supplémentaires ont pu être économisés de manière intelligente, car tous les articles de marketing sont déjà produits. Je souhaite plus que jamais que Tokyo 2020 soit, pour tous les athlètes, pour le TOGOC et pour tous les Japonais, une célébration unique, symbole de rencontre et de nouveau départ après la crise planétaire. Les chances semblent bonnes et pour le Japon, cela serait une belle récompense au vu des immenses efforts déployés.

37


L’ A U T O C O L L A N T D Y N A M I Q U E ! Le logo du fauteuil roulant dessiné par Rolland Bregy est différent des autres pictogrammes. Plus moderne et énergique, sa forme elliptique et la position inclinée de la personne en fauteuil roulant soulignent le caractère actif des personnes en mouvement.

DÉCOUVREZ LA PUISSANCE DE LOFRIC ELLE Pourquoi choisir entre la fonctionnalité et le design? Découvrez LoFric® Elle™ La nouvelle génération de LoFric pour l’auto-cathétérisme intermittent. Notre dernière innovation permettra aux femmes d’effectuer leur cathétérisation de manière totalement nouvelle. Commandez votre boîte d’échantillons personnelle au: +41 (0) 800 620 240

wellspect.ch

73522-CHFR-2020-04-14 © 2019 WELLSPECT. Tous droits réservés.

Vous pouvez commander ces autocollants auprès de l’ASP. Toutes les informations concernant les modèles disponibles et les modalités d’achat figurent sur le site www.rolliwelt.ch.

WELLSPECT n’est pas exempt de droits des marques lorsque les symboles ® ou ™ ne sont pas utilisés.

Roulez à 9 km/h avec notre nouveau modèle SWT-1S. Faites un essai! Trouver un distributeur: www.swisstrac.ch

38

Paracontact I Été 2020


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

GIRO SUISSE

Redécouvrir la Suisse

Notre pays regorge de coins merveilleux et le Giro est l’occasion de les voir ou les revoir. Nicolas Hausammann

La solidarité est la pierre angulaire de notre société et l’Association des bienfaiteurs de la FSP tout comme nos clubs en fauteuil roulant sont l’incarnation de l’un des traits les plus positifs de la Suisse. La crise sanitaire que nous traversons nous permet d’ailleurs d’en prendre pleinement

ment de la rédaction de cet article, il n’était pas encore sûr si ce serait du 25 août au 6 septembre 2020, comme prévu, ou un peu plus tard, mais il aura lieu. Nous pourrons alors célébrer ensemble les 40 ans de l’ASP et pédaler en toute liberté au grand air. Loin d’être uniquement un toast porté à

Collection Giro Suisse: Scatta fournit la tenue adaptée

d’étapes parcourues. Le maillot peut être commandé en remplissant le formulaire d’inscription et on a même le choix entre un maillot de cycliste moulant et un t-shirt sportif en tissu fonctionnel. Bien entendu, il faut aussi protéger ses mains des callosités en portant les gants adéquats et aux couleurs du Giro Suisse. L’annonce peut être consultée en ligne sur www.girosuisse.ch. Nos membres ont en outre la possibilité de commander l’ensemble de la collection du Giro Suisse dans notre boutique en ligne. Scatta propose des vêtements personnalisés de grande qualité, pour le cyclisme et le jogging. Alors, soyez prêt quand la route vous appellera pour l’entraînement. Car avec le Giro Suisse, ce n’est pas le chrono qui compte, mais l’exercice régulier de nos membres. Le bouton «Webshop» de la page du Giro Suisse vous ouvre les portes du magasin et quelques clics suffisent pour recevoir votre nouvelle tenue d’entraînement.

conscience. Rester à la maison ou se promener seul en forêt plutôt que d’être avec des amis ou dans un club, nous paraît difficile. Pas de soirées conviviales ni de grillades entre amis pour fêter l’arrivée de l’été. Le Giro Suisse tombera à point nommé pour nous faire goûter à nouveau aux joies de la vie en société. Sans billet d’avion, sans passeport et sans objectif de performance, avec la seule force de ses muscles – parfois aidée d’une assistance électrique – mais ensemble, plus que jamais unis par les liens qui fédèrent les CFR de l’ASP. Car cette dernière a pris sa décision: le Giro Suisse aura bien lieu! Au moParacontact I Été 2020

l’activité physique, cet événement mettra aussi en avant l’esprit communautaire et solidaire, grâce notamment aux soirées organisées par les clubs en fauteuil roulant. Soyez prêt quand la route vous appellera! Le Giro Suisse est le fruit d’un partenariat unique. L’équipement d’excellente qualité que nous remettrons aux participants en est l’illustration. En effet, le fournisseur de matériel Scatta soutient l’événement et la collaboration avec notre partenaire Hollister nous permet d’offrir à chaque participant un ou deux maillots en fonction du nombre

N’oubliez pas de réserver votre place Pour prendre part au tour anniversaire de Sport suisse en fauteuil roulant et fêter les 40 ans de l’ASP, vous pouvez vous enregistrer jusqu’au 8 juin, à moins que le Giro Suisse ne soit reporté. Il reste quelques places. Alors inscrivez-vous sans tarder et préparez votre équipement. Notre partenaire Orthotec se fera un plaisir de vous aider à bichonner votre handbike en vue du Giro.

Sport suisse en fauteuil roulant, en collaboration avec les membres des CFR participants, se réjouit de faire du Giro Suisse une expérience inoubliable.

39


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

DÉPART

Christoph Kunz se retire

L’un des meilleurs coureurs de monoski-bob de Suisse met – momentanément – fin à sa carrière dans le sport de compétition. Nadja Venetz

Le 18 mars 2020, Christoph Kunz a annoncé sa retraite du sport de haut niveau – 10 ans tout juste après avoir remporté la médaille d’or en descente aux Jeux Paralympiques de Vancouver (CAN). «Vancouver fut ma victoire la plus importante et la plus forte en émotions», commente l’athlète, même si quatre ans plus tard, il décrochait une autre médaille paralympique.

40

Ce Bernois de l’Oberland est le skieur en monoski-bob le plus victorieux de Suisse. En 2017, il devient champion du monde au super-G, gagne le slalom géant aux Jeux Paralympiques de Sotchi (RUS) en 2014, et remporte l’or paralympique à la descente et l’argent au slalom géant en 2010 à Vancouver. Grâce à ces deux médailles, Christoph Kunz est élu en 2010 sportif handicapé de l’année. En outre, le monoski-bobeur remportera 15 victoires en Coupe du monde

au cours de sa carrière et gagnera à trois reprises le classement général de la Coupe du monde au slalom géant. Christoph Kunz est devenu paraplégique suite à un accident de moto en juin 2000. Avant cela, Kunz était un coureur ambitieux, surtout sur les moyennes et longues distances. Or même après son accident, il était indispensable que le sport continue à jouer un rôle majeur dans sa vie. Après

Paracontact I Été 2020


La famille joue un rôle majeur dans la vie de Christoph Kunz

bien des détours, il découvre le monoskibob et participe à ses premières courses en 2002/2003. Trois ans plus tard, il obtient un diplôme aux JP de Turin (ITA) grâce à sa 8e place au slalom géant. Sa carrière connaît une ascension fulgurante. En 2016, Christoph Kunz décide de participer à des courses de ski professionnelles. «J’ai beaucoup admiré cette décision, car il était déjà père de famille à l’époque», se souvient Thomas Hurni, manager du ski alpin pour Sport suisse en fauteuil roulant (SSFR). «SSFR l’a soutenu dans cette voie. Christoph a prouvé que même dans le sport en fauteuil roulant, il est possible de relever ce genre de défi grâce à un travail sérieux et à un bon soutien des fédérations et des sponsors.» Par amour pour sa famille Le 18 mars, peu avant son 38e anniversaire, ce père de quatre enfants annonce sa retraite du sport de compétition: «J’associe de merveilleux souvenirs à cette époque. À présent, le moment est venu de clore ce beau chapitre.» La famille est l’une des raisons principales de la fin de sa carrière: «Je n’arrive plus à concilier l’entraînement intensif, qui démarre déjà en automne, avec ma vie de famille. Je ne suis presque jamais à la maison pendant le semestre d’hiver.» Christoph Kunz n’a pas pris cette décision à la légère mais y a mûrement réfléchi, comme il l’explique: «Je m’étais fixé la saison 2019/2020 comme étape intermédiaire, lors de laquelle je voulais évaluer si je pouvais et si je voulais continuer à porter cette lourde charge jusqu’au prochain championnat du monde et aux Jeux Paralympiques de 2022. À 38 ans, je suis arrivé à un âge où il est de plus en plus difficile de concourir pour une Paracontact I Été 2020

place sur le podium. En outre, une grave chute en janvier dernier m’a fait prendre conscience que le risque inhérent au ski de compétition n’était plus acceptable.» Thomas Hurni ne tarit pas d’éloges sur Christoph Kunz: «Pour moi, c’est un athlète modèle qui s’entraîne à fond et travaille sur lui-même de manière ciblée. En plus, il est d’un naturel aimable, loyal et sociable. J’ai beaucoup de bons souvenirs du temps passé ensemble. L’un des plus beaux moments fut certainement la victoire en slalom géant aux Jeux de Sotchi en 2014, quand Christoph est parvenu à terminer premier à la dernière course.» Par sa victoire, il a sauvé la délégation suisse en lui offrant sa première médaille. Christoph Kunz a certes suivi un entraînement méticuleux, mais il est aussi très doué de ses mains, ajoute Thomas Hurni. «Pour les Jeux Paralympiques de 2018, nous avons même testé un revêtement aérodynamique pour la coque du monoski-bob dans la soufflerie de l’EPFZ. Selon nos calculs, cela nous a permis de gagner quelques dixièmes de secondes. Dans la course décisive, Christoph a réalisé le meilleur temps intermédiaire, mais il a malheureusement chuté avant d’atteindre le podium.» Quelle est la suite? Il cherche un emploi. «Je suis banquier de formation et j’aimerais travailler dans ce secteur, mais je suis ouvert à toute nouveauté.» Le sport fera toujours partie intégrante de sa vie quotidienne. Christoph Kunz est un passionné de handbike et participe également à des compétitions. «Avec le handbike, je suis beaucoup plus flexible et je peux m’entraîner juste devant chez moi. En outre, ce sport peut mieux se

concilier avec une activité professionnelle. Et au besoin, je peux réduire ma charge de travail.» Serait-ce un plan pour une seconde carrière dans le sport de haut niveau? «Bien sûr, je suis un sportif à part entière et j’aime rivaliser avec les autres. Où ce projet me mènera-t-il? Pour le moment, je préfère laisser cette question en suspens.»

PALMARÈS 2017 CM à Tarvisio Médaille d’or au super-G 2014 Jeux Paralympiques à Sotschi Or au slalom géant 2013 CM à La Molina Bronze au slalom géant 2011 CM à Sestriere Bronze au slalom géant 2010 Jeux Paralympiques à Vancouver Médaille d’or à la descente Argent au slalom géant 2006 Jeux Paralympiques à Turin 8e place et diplôme paralympique au slalom géant  – Triple vainqueur du classement général de la Coupe du monde au slalom géant  – 15 fois vainqueur de la Coupe du monde dans les disciplines descente, super-G, combiné et slalom géant  – Double gagnant au classement général de la Coupe d’Europe  – Treize fois Champion de Suisse

41


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

SÉRIE 2/4: PAYSAGE ASSOCIATIF NATIONAL

La «suissitude» olympique et paralympique Si Swiss Paralympic est bien l’équivalent de Swiss Olympic dans le sport handicap, la relation est un peu plus complexe. Nicolas Hausammann

Swiss Olympic décrit sa mission en tant qu’organisation faîtière du sport suisse et du comité national olympique comme suit: «Swiss Olympic crée les meilleures conditions possibles pour la réussite sportive au niveau international et représente les intérêts du secteur de droit privé organisé dans le sport suisse.» Les différentes fédérations sportives sont donc membres de Swiss Olympic, tout comme l’ASP. C’est là que commence le réseau de relations qui en déroute plus d’un. À l’instar de la Fédération de gymnastique, de Swiss Cycling ou de la Fédération de football, les fédérations du sport handicap sont elles aussi directement affiliées à l’organisation faîtière du sport suisse. Elles peuvent s’y investir grâce à leurs droits d’adhérents et recevoir des subventions, notamment pour promouvoir la relève, embaucher des entraîneurs ou organiser des événements sportifs de dimension internationale. La Fondation Swiss Paralympic Comme de nombreuses structures du sport suisse, celles du sport handicap et du sport en fauteuil roulant ont connu un essor historique. Car Swiss Paralympic n’est pas l’organisation faîtière du sport handicap suisse par hasard: elle reçoit le soutien de deux associations, l’ASP et PluSport, en tant que fondation. En outre, ces dernières lui apportent leur savoir-faire spécifique. SSFR est ainsi en charge de toutes les disciplines qui se pratiquent assis, dans lesquelles le Campus du Groupe suisse pour paraplégiques à Nottwil, véritable Mecque du sport en fauteuil roulant forte de 30 ans d’expérience, joue le rôle de moteur pour la pro42

SPORT PARALYMPIQUE EN SUISSE

Membre de Swiss Olympic Fondateur

Membre/Interlocuteur

fessionnalisation. Les disciplines qui se pratiquent debout relèvent, quant à elles, de PluSport et concernent notamment les athlètes souffrant de déficience visuelle, d’amputations, d’hémiplégie, de troubles cérébraux du mouvement, de nanisme ou de handicap cognitif grave. Dans des sports tels que le ski alpin ou le cyclisme, PluSport et SSFR forment aussi des équipes avec un entraîneur national commun. En plus d’être responsable de la sélection et de l’organisation des participations aux Jeux Paralympiques, Swiss Paralympic est aussi l’interlocuteur et le membre du Comité international paralympique (IPC) à Bonn. On peut donc établir un nouveau parallèle avec Swiss Olympic. Planification stratégique En tant qu’organe de direction, le conseil de fondation de Swiss Paralympic est composé de membres des deux associations de

soutien, l’ASP et PluSport. La présidence est occupée tous les deux ans en alternance par le directeur de PluSport l’année où les Jeux d’hiver sont préparés et organisés, et par le directeur de l’Association suisse des paraplégiques pour les Jeux d’été. L’ASP étant actuellement dirigée ad intérim par Urs Styger, René Will de Plu­ Sport préside actuellement le conseil de fondation de Swiss Paralympic. Urs Styger en assume la vice-présidence. En tant que membres, Annick Meystre, du comité central de l’ASP, et Roger Getzmann, chef de Sport suisse en fauteuil roulant, soutiennent la planification stratégique de Swiss Paralympic. Ernst Strähl et Markus Pfisterer du comité de PluSport viennent compléter le conseil. Partant de cette gestion stratégique, les associations sont aussi présentes dans diverses commissions, afin que la mise en œuvre opérationnelle des directives alliée aux connaissances spécifiques nécessaires mène à la réussite sportive. Paracontact I Été 2020


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

ENTRAÎNEMENT D’ENDURANCE EN SALLE

Vue sur la piste

Fini le temps où les rouleaux étaient d’un ennui mortel – de tout nouveaux horizons s’ouvrent aux athlètes. Nicolas Hausammann

Tout se passe désormais au grand jour, là où se jouent les victoires. Depuis décembre dernier, les athlètes et les handbikeurs s’entraînent au-dessus des vestiaires, tout en profitant de la vue sur la piste de 400 m de la Sport Arena. Les conditions d’entraînement se sont donc nettement améliorées, comme en témoigne Paul Odermatt, entraîneur national des jeunes espoirs de Sport suisse en fauteuil roulant: «L’ambiance est très motivante et la salle d’entraînement est utilisée de manière intense. Le climat ambiant agréable et les postes d’entraînement fixes aident les athlètes à s’entraîner avec encore plus d’efficacité.» Manuela Schär, meilleure marathonienne du monde et «athlète paralympique de l’année», se sent aussi très bien dans la salle à rouleaux d’entraînement et confirme les déclarations de Paul Odermatt. «Les espaces sont un rêve. La salle est fonctionnelle et le fait que j’aie mon engin sportif et mon petit matériel sur place facilite énormément l’entraînement. Cela permet d’éviter les allers-retours entre l’atelier et le lieu d’entraînement, ainsi que le temps

d’installation.» Les avantages pratiques sautent donc aux yeux, mais ce nouveau cadre produit en plus une joie purement émotionnelle chez la sportive. Les deux pouces dressés, elle exprime son enthousiasme pour la vue magnifique, qui lui rappelle inévitablement la série de courses. Elle peut en effet désormais suivre les courses masculines sur la piste tout en s’échauffant sur les rouleaux. «Lors des ParAthletics, les courses masculines ont toujours lieu avant les nôtres, je ne pouvais donc jamais les regarder. J’ai toujours trouvé cela dommage.» Reste à espérer que cette vague d’optimisme se traduira par une nouvelle ascension des performances de l’athlète suisse et que sa domination dans la série des Marathon Majors se répercutera aussi sur les courses paralympiques sur piste et sur route. Entre art et fonctionnalité Dans le fond, des yeux de renard veillent sur les athlètes. Sous le regard attentif de l’animal reproduit sur la fresque murale, difficile de manquer de concentration pendant l’entraînement. Cette intensité est contagieuse et touche les plus jeunes es-

poirs du RC Zentralschweiz comme les athlètes de haut niveau. Ces derniers ont leur propre casier dans la salle pour y stocker le matériel nécessaire à leurs séances d’exercices quotidiennes. Le handbikeur Tobias Fankhauser parle de «conditions d’entraînement sensationnelles», qui «porteraient l’entraînement d’hiver à Nottwil à un niveau inédit de professionnalisme». Pour les réparations, il existe un élévateur à colonne électronique spécialement conçu pour les personnes en fauteuil roulant. Le matériel de rechange et l’air comprimé pour les pneus sont tout aussi disponibles que n’importe quel outil ou que la ponceuse avec aspirateur, afin de réparer de manière rapide et individuelle les engins sportifs high-tech. Dans le salon, les athlètes de haut niveau côtoient de jeunes talents ambitieux ou des sportifs amateurs. C’est précisément de cet échange que le sport se nourrit, et de belles histoires devraient y trouver leurs prémices. Mais un petit moment de détente sur le canapé n’est pas la seule option. Les exercices d’étirement ou de stabilisation aux barres murales, voire les exercices de coordination peuvent aussi se pratiquer dans ce nouvel environnement professionnel, tout comme les traitements de physiothérapie. L’enthousiasme suscité par l’amélioration de l’infrastructure grâce au projet commun de la Fondation suisse pour paraplégiques, de l’Association suisse des paraplégiques et d’Orthotec AG ne connaît pas de limites et devrait déjà se refléter dans les résultats des Jeux Paralympiques de Tokyo.

Rouleaux d’entraînement: nouvelles conditions d’entraînement professionnelles et motivantes pendant les mois d’hiver

Paracontact I Été 2020

43


DIVERS

3 QUESTIONS, 3 RÉPONSES

FSP

Les ParAthletics 2020 annulés

Nouvelle présidente Heidi Hanselmann prendra la présidence de la FSP le 1er juin 2020, succédant ainsi à Daniel Joggi qui a travaillé pour le Groupe suisse pour paraplégiques pendant 30 ans, dont dix en tant que président du conseil de fondation. Le vice-président Luca Stäger et Christian Betl quittent la fondation avec lui.

Dès le mois de mars, le comité d’organisation avait décidé d’annuler les Par­ Athletics de cette année. Le président du CO, Erwin Grossenbacher, répond à nos questions sur cette décision. Qu’est-ce qui vous a poussés à annuler l’événement? La situation générale autour de la crise du coronavirus nous a conduits à examiner en détails les avantages et les inconvénients d’une éventuelle annulation lors de la vidéoconférence du CO à la mi-mars. La santé des athlètes, de tout le personnel et, bien sûr, de tous les bénévoles était notre priorité absolue. Depuis, nous avons appris que les Jeux Paralympiques avaient été repoussés, ce qui nous aide à mieux accepter notre décision.

Âgée de 58 ans, Heidi Hanselmann, qui siège aussi au comité de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de la santé, restera présidente du gouvernement du canton de Saint-Gall jusqu’en mai. Manuela Leemann et Isabelle Lamontagne-Müller ont été élues avec elle au conseil de fondation.

Que signifie cette annulation pour le CO, notamment sur le plan financier? Financièrement, nous nous en tirons plutôt à bon compte. Nous n’aurons que quelques coûts fixes. Je tiens à remercier chaleureu-

sement nos sponsors. La plupart d’entre eux nous soutiennent malgré l’annulation et ne reviennent pas sur les montants prévus pour les prochains ParAthletics en 2021. C’est un grand soulagement et un très beau geste de leur part. Quels préparatifs pouvez-vous réutiliser l’an prochain? Quelles tâches auront malheureusement été effectuées pour rien? De nouveaux venus ont rejoint le CO pour l’édition 2020. Pas moins de six membres du Kiwanis Club du lac de Sempach sont venus grossir les rangs. Les tâches avaient bien avancé et la relation avec les collaborateurs de l’ASP était empreinte d’une grande confiance. Nous pourrons nous appuyer sur cette expérience, ainsi que sur les précieux contacts, comme avec les sponsors par exemple, pour l’année à venir. Cerise sur le gâteau: tous les membres du CO ont répondu à l’appel pour 2021, spontanément et avec enthousiasme!

STAY ACTIVE

CSP

Garder la forme chez soi Afin que les activités physiques ne soient pas négligées en période de confinement dû au coronavirus, Sport suisse en fauteuil roulant a concocté une série de vidéos d’exercices qui permettent à chacun de s’entraîner chez soi. Les exercices présentés sont divisés en trois domaines: «Mobilité/force», «Endurance/ 44

vitesse» et «Coordination», et peuvent être combinés à volonté. Il y en a pour tous les goûts. Sur notre site Internet, vous trouverez toutes les vidéos et d’autres suggestions pour élaborer votre programme de fitness à la maison. Vidéos et suggestions spv.ch/stayactive

Hôpital d’urgence Sur mandat du canton de Lucerne, le Centre suisse des paraplégiques (CSP) a mis en place dans la salle de sport un hôpital d’urgence dédié aux patients atteints du Covid-19. La prise en charge des para­ lysés médullaires continue d’être assurée sans restrictions dans les autres parties du bâtiment. Paracontact I Été 2020


CSP

Report du «CSP30» Les festivités pour célébrer les 30 ans du Centre suisse des paraplégiques étaient prévues du 4 au 6 septembre 2020. En raison de la propagation rapide du coronavirus, il a été décidé de reporter l’événement. L’anniversaire sera fêté en 2021. Des informations plus détaillées suivront à l’automne 2020.

DISTINCTION

Montreux 2006 soutient les sportifs La fondation, qui a été créée après les championnats du monde de 2006 à Montreux, apporte son soutien aux athlètes de para-tennis de table par des contributions financières. Il s’agit de sportifs qui sont à même de participer à des tournois internationaux, voire de se qualifier pour les championnats européens, les Coupes du monde ou les Jeux Paralympiques. Le 8 février 2020, Bernard Gallarotti (à droite), président du conseil de fondation, et Eugène Schulthess (à gauche),

LA COMMUNAUTÉ

Groupe Facebook Le site community.paraplegie.ch gère son propre groupe Facebook pour les personnes en fauteuil roulant de Suisse afin de favoriser les échanges entre les personnes touchées, leurs proches et leurs amis. Rejoignez-nous!

Paracontact I Été 2020

REMARQUE

membre de la fondation, ont remis un chèque de 5 000 CHF à l’athlète handipongiste Ali Hassani d’Altdorf (UR), à l’occasion de la CCB Europe Top 16 Cup à Montreux. Se qualifier pour les Jeux Paralympiques de 2024 à Paris est le but ultime poursuivi par ce sportif de 46 ans. Il suit un entraînement intensif pour pouvoir participer à la catégorie para classe 3. Il est soutenu dans ses efforts par le TTC Rapid Luzern, le TTC Sarnen, le club en fauteuil roulant Zentralschweiz, ses soignants et sa famille.

Manifestations Il est difficile de prévoir comment la situation générale concernant le coronavirus va évoluer. Les manifestations peuvent être annulées au dernier moment. Veuillez consulter notre site Internet pour savoir si les événements prévus auront bien lieu. Calendrier spv.ch/manifestations

ÉVÉNEMENT

Nouveau Cybathlon Le Cybathlon de l’EPF de Zurich passe à la deuxième étape. Les épreuves se dérouleront du 19 au 20 septembre 2020 à la SWISS Arena à Kloten. Équipés des dernières technologies d’assistance dans le cadre d’une compétition hightech, les «pilotes» s’affronteront dans six disciplines . Ils devront surmonter des parcours conçus pour refléter les activités quotidiennes. Ils pourront ainsi démontrer à quel point la technologie concernée est bien adaptée pour

aider l’utilisateur à monter les escaliers, par exemple. Des compétitions passionnantes attendent visiteurs et pilotes dans les catégories suivantes: courses virtuelles avec contrôle de la pensée, courses de vélo avec stimulation musculaire, parcours d’adresse avec prothèses de bras, parcours d’obstacles avec prothèses de jambes, parcours avec exosquelettes et parcours avec fauteuils roulants motorisés. Informations et billets cybathlon.ethz.ch 45


GROS PLAN

L’ENTRETIEN

«J’ai du mal à lâcher prise»

Depuis dix ans, Daniel Joggi est président de la Fondation suisse pour paraplégiques. Le 1er juin, il cèdera ses fonctions à Heidi Hanselmann. L’heure de dresser le bilan du passé et d’évoquer les perspectives d’avenir. Entretien avec Evelyn Schmid et Urs Styger, retranscrit par Nadja Venetz

Notre entretien se déroule fin mars. Le Conseil fédéral recommande alors vivement à la population de rester chez elle. En tant que tétraplégique, Daniel Joggi fait partie des personnes à risque et quitte rarement son domicile. Nous discutons par vidéoconférence. Nous vivons actuellement une période particulière. Comment vas-tu? Je vais bien. Je peux télétravailler comme si j’étais à Nottwil. Mais je n’y suis pas et ce n’est pas un bon sentiment. Je préfère être entouré de mon équipe, même si elle n’est en grande partie plus sur place. J’ai beaucoup de chance que mon fils vive avec sa femme et ses enfants dans la maison d’à côté. Quand je vais sur la terrasse et qu’ils sont dans le jardin, nous pouvons discuter ensemble. Mais ils n’ont pas le droit d’entrer. Y vois-tu des parallèles avec ta réadaptation? Le bouleversement de la vie quotidienne est comparable. Le fait que l’on ne veuille pas admettre la nouvelle situation est probablement un autre parallèle. Jamais je n’aurais pensé qu’un jour je serais paralysé. Et avec le coronavirus, il nous paraissait aussi impossible que cette épidémie parvienne jusqu’en Europe et affecte aussi fortement notre quotidien. La solidarité et le soutien de mon épouse, de ma famille, de mes amis et de mes collègues sont également comparables. 46

Tu as énormément accompli et fait avancer les choses. Quelles sont les grandes lignes de ta biographie? Quand j’étais enfant, je séjournais souvent au laboratoire de la boulangerie où travaillait mon père et j’en garde de nombreux souvenirs. Quand j’ai grandi, j’ai rejoint les scouts. J’avais reçu une éducation plutôt stricte et avec les scouts, j’avais plus de liberté. Nous avons fait des trucs un peu fous, nous sommes allés en vélo jusqu’en Camargue et avec deux bus VW jusqu’au Cap Nord. Après l’école obligatoire, j’ai déménagé à Zurich, où j’ai étudié l’agronomie à l’EPFZ et obtenu mon doctorat. C’est à cette époque que Françoise et moi nous nous sommes mariés et que notre premier enfant est né. Ensuite, j’ai trouvé un poste à la Station de recherche agronomique de Nyon (VD), aujourd’hui dénommée Agroscope. Comment t’es-tu établi professionnellement? Mon accident a fortement marqué ma carrière. Après ma thèse à l’EPFZ, j’ai voulu poursuivre des recherches similaires à Nyon. J’ai également effectué de nombreux essais en plein champs sur des variétés et des mélanges de graminées et de trèfles. Mon accident est survenu pendant ma première année chez Agroscope. Après cela, j’ai dû abandonner certains travaux qui se déroulaient dans des serres et des chambres climatiques qui nécessitaient un

doigté fin. J’ai toutefois pu continuer les essais extérieurs grâce au soutien de mes collègues. J’ai aussi contribué à la mise en place d’une infrastructure informatique moderne et j’ai finalement repris le département informatique. Participer à l’évolution technologique allant des premiers ordinateurs de laboratoire aux grands serveurs et aux réseaux a été passionnant. En 2001, tu as été élu président de l’ASP. Comment as-tu concilié cet engagement avec ton activité professionnelle? Cela a bien fonctionné. J’avais des échanges réguliers avec le directeur de l’époque, Thomas Troger, mais je ne devais pas être trop souvent sur place. Lorsque j’ai été élu président de la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) en 2009, j’ai compris que cette tâche ne pourrait pas être accomplie à temps partiel. Par conséquent, j’ai renoncé à mon emploi chez Agroscope. Comment es-tu devenu président de la FSP? J’étais membre de la fondation depuis 2000, je connaissais les directeurs et les procédures du Groupe suisse pour paraParacontact I Été 2020


nous devrons coopérer avec un ou plusieurs grands hôpitaux. La collaboration avec l’hôpital cantonal de Lucerne est donc cruciale. À l’inverse, les collaborateurs du service extérieur de toutes les filiales doivent travailler de manière mieux coordonnée, selon notre projet «Guided Care», pour apporter des services de qualité aux paraplégiques dans toute la Suisse. Ces derniers vieillissent et sont donc moins mobiles. Ils viendront moins souvent à nous que nous ne viendrons à eux.

plégiques. Quand les critiques à l’encontre du président Bruno Frick sont devenues plus vives, il m’a demandé de lui succéder. En octobre 2009, nous avions prévu la passation de pouvoir pour avril 2010, mais Bruno Frick m’a appelé un soir de décembre: «Il faut que tu prennes la présidence demain.» J’ai tergiversé, disant que je devais d’abord voir si c’était possible. Une demi-heure plus tard, je le rappelais pour accepter. Le lendemain, je suis allé à Zurich pour une conférence de presse. Pendant le trajet, le conseil de fondation a tenu une conférence téléphonique, et à mon arrivée à Zurich, j’étais président. Je n’ai pu prendre cette fonction que parce que je sentais que tout le GSP avait une grande confiance en moi. Quelles ont été tes premières mesures en tant que président? Il fallait que toutes les filiales du GSP fassent à nouveau front commun. Notre première tâche fut de définir une stratégie commune. Nous nous sommes aussi aperçus que notre infrastructure avait besoin d’être rénovée et ce faisant, nous avons réalisé que nous ne pourrions pas juste in-

tervenir par-ci, par-là. Nous avons élaboré un plan directeur pour l’ensemble du Campus. Simultanément, nous avons réorganisé les processus puis adapté et agrandi les bâtiments en fonction de la nouvelle organisation. Grâce à cette infrastructure et aux lits supplémentaires de la salle de sport pour les patients atteints du Covid-19, nous sommes désormais en mesure d’offrir des services qui vont bien au-delà de notre domaine de compétence. Est-ce aussi l’idée de la FSP de vivre la solidarité au-delà du thème de la paraplégie? La paralysie médullaire est clairement notre priorité. Mais une grande partie de ce que nous faisons pour les paraplégiques est aussi utile à d’autres. Si nous voulons des chirurgiens ou un centre anti-douleur de qualité, nous avons besoin de compétences qui dépassent le domaine de la paralysie médullaire. À l’avenir, il y aura probablement une concentration de la médecine de pointe dans de grands centres et les petits hôpitaux offriront une médecine proche de la population. En tant qu’hôpital spécialisé mais de petite taille,

Où l’ASP peut-elle se positionner? L’ASP doit rester intégrée dans l’ensemble du groupe et se verra probablement confier des tâches supplémentaires, notamment en termes de services décentralisés. La structure des clubs en fauteuil roulant doit perdurer. En même temps, nous constatons que les jeunes n’aiment plus évoluer dans des structures fixes. Je pense que nous toucherons davantage ce groupe cible par des grands projets mais limités dans le temps, comme Giro Suisse. Cela ne fonctionne pas que pour le sport, mais aussi dans de nombreux domaines. Tu es toi-même actif dans un club en fauteuil roulant dont ta femme était présidente jusqu’à peu. Comment vois-tu le rôle des clubs? Je suis convaincu que les clubs sont nécessaires pour que les membres d’une même région puissent entretenir des contacts les uns avec les autres. Cet échange direct ne peut être piloté de manière centralisée depuis Nottwil. Certains pensent qu’après leur réadaptation, ils peuvent simplement

Au sein de la famille

Paracontact I Été 2020 47


Sportif accompli Daniel Joggi a toujours été à l’aise dans de nombreux sports

réintégrer la société «normale», mais après quelques années, ils se rendent compte qu’ils ont besoin de contacts avec d’autres paraplégiques afin d’échanger sur ce qui ne concernent que les paralysés médullaires. Il faut les deux: l’inclusion dans la société, mais aussi l’inclusion parmi les paraplégiques. Le sport est un grand moteur de l’inclusion. Quelle importance revêt-il dans ta vie? Le sport est essentiel pour moi et il l’était déjà avant mon accident. Après l’accident, il me fallait un exutoire. À l’époque, il n’existait que deux sports pour les tétraplégiques: le tennis de table et le tir à l’arc. Deux disciplines qui font de piètres défouloirs. Puis il y a eu l’athlétisme, et les premiers fauteuils roulants spéciaux plus légers sont apparus. Ce sport devenait intéressant, même pour les tétraplégiques, et j’y voyais enfin une soupape. J’avais commencé par le tir à l’arc. Ma performance était correcte, mais elle manquait de constance, car je n’étais pas assez en forme. J’ai utilisé le fauteuil de 48

course pour améliorer ma condition physique, mais l’entraînement n’a pas apporté l’amélioration espérée au tir à l’arc. En revanche, je suis devenu rapide à la course et j’ai pu participer aux Jeux Paralympiques de Séoul comme athlète. Ce fut bien sûr une expérience extraordinaire. Je n’avais encore jamais vu autant de spectateurs dans un stade. Puis je suis passé au rugby et j’ai participé à des championnats du monde. Lorsque le rugby est devenu discipline paralympique, la Suisse a réussi à se qualifier. Avec l’équipe, je suis allé à Sydney pour les Jeux.

Comment vis-tu le fait de lâcher prise? Ce n’est pas si facile. Tant que je reste en forme dans ma tête et que je suis mobile, j’ai de nombreux projets. Je voudrais refaire de la photographie, voyager et passer du temps avec ma famille et mes petitsenfants. Mais je me rends compte que j’ai

Tu as aussi parcouru le monde en dehors du sport. Comment était-ce pour toi en tant que tétraplégique? Voyager était et reste un challenge. Suivant l’endroit où l’on veut aller, on sait à l’avance que ce ne sera pas accessible en fauteuil roulant. Une bonne organisation est nécessaire afin de limiter les surprises qui seront inévitables, et il est donc important de se connaître et de savoir de quoi on peut se contenter. L’improvisation est alors de mise. Le Myanmar fut réellement un défi. Nous avons planifié minutieusement ce voyage avec notre guide qui connaissait très bien le pays. Mais quand il fallait monter sur un bateau ou en redescendre, cela devenait parfois assez sportif. Notre séjour en Inde, qui date de près de dix ans, fut aussi un voyage particulier. Là-bas, nous disposions de notre propre voiture avec chauffeur. C’était surtout la chaleur que j’ai eu de la peine à supporter. Sinon, on trouvait partout de l’aide par exemple pour monter ou descendre les escaliers après que mes enfants aient montré comment faire.

du mal quand c’est la dernière fois que je participe à une réunion ou que j’ai mon mot à dire dans tel ou tel projet. En même temps, je dois avouer que je vieillis et que je n’ai plus autant d’énergie. C’est bien de passer à la vitesse inférieure. Nottwil va me manquer.

Fin mai, tu quitteras tes fonctions de président de la FSP: de quoi es-tu particulièrement fier? C’est difficile de citer un exemple. Tous nos projets représentaient de grands défis et nous ne pouvions les réaliser qu’en équipe. Si nous avons réussi, c’est parce que j’ai toujours été entouré de personnes compétentes qui, non seulement me galvanisaient, mais que je pouvais aussi rallier aux projets que je ne pouvais accomplir seul. Je crois que l’époque où l’on faisait cavalier seul est partout révolue.

«Tant que je reste en forme, j’ai de nombreux projets, mais Nottwil va me manquer.»

La nouvelle présidente n’est pas en fauteuil roulant. Comment cette décision a-t-elle été prise? Nous aurions préféré une personne en fauteuil roulant. Mais lorsque nous avons examiné les profils et les compétences des candidats, personne n’a pu rivaliser avec elle. Il y a certainement des paraplégiques de la jeune génération que je vois dans quelques années à cette fonction. Il s’agit à présent de les recruter et de les former. Il est primordial à mes yeux d’avoir une personne en fauteuil roulant à la vice-présidence afin de maintenir cette crédibilité. Quel message voudrais-tu nous transmettre? Il est crucial que le GSP collabore. C’est l’union qui fait la force. Chaque filiale a suffisamment à faire pour s’occuper. Néanmoins, tout le monde doit travailler à l’unisson. Ce sera l’une des tâches principales de la nouvelle présidente. Et d’une manière générale, je voudrais encourager tout le monde. Nous sommes tous pleins de ressources, que nous soyons en fauteuil ou non, et nous sommes capables d’accomplir bien plus que ce que nous croyons. La confiance en soi est cruciale, surtout en cette période d’épidémie.

Paracontact I Été 2020


GROS PLAN

NOS ALLIÉS

La vie au camp, c’est marrant! Depuis de nombreuses années, Melanie Willimann accompagne les camps d’entraînement des athlètes avec beaucoup d’enthousiasme, de joie et d’engagement. Gabi Bucher

La tempête soufflait lorsqu’arriva le jour de notre rendez-vous, et je n’étais pas sûre que Melanie Willimann allait pouvoir se rendre à Nottwil. Mais pour elle, c’était une évidence car on peut compter sur elle, et c’est ce que l’entraîneur Paul Odermatt apprécie tant chez cette accompagnatrice des camps d’entraînement des athlètes en fauteuil roulant. C’est l’une des personnes les plus fiables qu’il connaisse, dit-il. Des vacances en camp d’entraînement L’enfance de Melanie Willimann, géographe de profession, a pour ainsi dire été bercée par le fauteuil roulant. Sœur du handisportif Lukas Willimann, elle a participé aux camps pour enfants dès la première classe. «À l’époque, les entraînements du mercredi faisaient partie de notre programme de la semaine, ils étaient aussi ouverts aux frères et sœurs», raconte-t-elle. «Quand j’ai eu quinze ans, Paul Odermatt m’a demandé si je voulais aider pendant les camps d’entraînement pour les athlètes.» Elle aimait la vie au camp qu’elle avait découverte lors de sa période à la Jubla. C’est ainsi que les camps de Pâques, d’été et d’automne firent partie intégrante de ses vacances scolaires, tout comme elle devint partie intégrante de ces camps.

athlètes au bon endroit au bon moment et veille notamment à ce que les plus jeunes participants ne s’égarent pas. Elle aide là où il faut: elle installe les sportifs dans leur fauteuil, leur met leurs gants, applique les plannings d’entraînement avec eux, leur explique les exercices, chronomètre leurs temps, compte les tours. Mais elle soigne aussi les petits bobos, pose des pansements et sèche les larmes. De par son frère, elle connaît bien les besoins et les problèmes spécifiques des personnes en fauteuil roulant. Elle les aide donc aussi à aller aux toilettes quand c’est nécessaire. Tout le monde ne le fait pas, concède-t-elle. Elle

est également responsable de l’hébergement et veille à ce que l’heure du coucher ne soit pas trop tardive et à ce que de bonnes nuits de sommeil soient observées. «C’est parfois un peu difficile, surtout pour les plus jeunes qui apprécient d’être loin de chez eux», dit-elle en riant. De temps à autre, il y a des situations cocasses, comme la fois où un jeune sportif avait mis ses vêtements propres à l’abri des «voleurs» dans le coffre-fort, et qu’il avait oublié le code. «Il a fallu faire intervenir le service technique du CSP», raconte-t-elle. Le «Brändi Dog» sort des frontières Outre l’entraînement, c’est aussi l’aspect social de ces camps que Mélanie apprécie. On est ensemble toute une semaine, même pendant les temps libres. «Le soir, nous jouons à Brändi Dog», un jeu de société. C’est grâce à eux que ce jeu s’est répandu dans toute l’Europe, plaisante-t-elle. «Et les excursions permettent de varier les plaisirs. Les jeunes athlètes sont particulièrement sollicités par l’entraînement quotidien, ils ont donc besoin d’un jour de repos pour se régénérer.» L’an dernier, elle a même accompagné les sportifs à Dubaï, une expérience formidable. Bien sûr, les camps sont épuisants, admet-elle, mais ils sont aussi très enrichissants, elle adore cela et le fera aussi longtemps qu’elle le pourra.

Un grand merci à Melanie pour son engagement de longue date!

Courte pause pour les athlètes et leur accompagnatrice

Aujourd’hui, il n’y a plus que le camp de Pâques et d’été à Nottwil, où elle continue d’être sur tous les fronts et de faire preuve d’une grande polyvalence: elle amène les Paracontact I Été 2020

49


GROS PLAN

À VOS CÔTÉS

La parfaite maîtrise des chiffres Depuis treize ans, Natalie Nyffeler brasse les chiffres de l’ASP et vient en aide à ses collègues lorsque ces mêmes chiffres leur donnent du fil à retordre. Gabi Bucher C’est par l’intermédiaire d’une offre d’emploi toute classique que Natalie est arrivée à l’ASP. «Le profil du poste semblait passionnant, mais je ne connaissais le Groupe suisse pour paraplégiques qu’en tant que bienfaitrice», raconte-t-elle. C’est seulement lors de l’entretien qu’elle a compris ce qu’était en fait l’ASP. Son embauche en mai 2007 a été simple et rapide. Depuis, Natalie travaille à l’ASP, de manière tout aussi simple, rapide et très compétente. Si son petit bureau est un peu caché, elle ne vit pas isolée dans sa bulle. «J’aime les chiffres, mais les gens sont plus importants pour moi.» Sa porte reste donc toujours ouverte à ceux qui ont besoin d’aide, comme c’est souvent le cas. Parfois, c’est quelqu’un qui cherche une facture, qui a besoin d’une copie ou qui a une question sur la TVA, un sujet plutôt épineux pour 50

les profanes. On vient se renseigner sur un centre de coûts, une imputation ou plus tard, sur le règlement d’une facture. «Il est essentiel que mes collègues puissent passer me voir à tout moment. Cela permet d’éviter les erreurs», explique Natalie. Un regard omniscient Comptabilité, controlling, tableau de bord prospectif, budget comptes annuels, telles sont les tâches principales de Natalie. Elle fait aussi la comptabilité de l’ESCIF (European Spinal Cord Injury Federation), assiste Fatis Cantürk pour les décomptes de l’OFAS, collabore dans les CO lors d’événements sportifs, aide à évaluer la saisie des prestations et est aussi l’interlocutrice sur cette question. Elle a en outre rédigé les procès-verbaux des séances du comité central pendant dix ans et a représenté pendant quatre ans les assurés en pré-

voyance au sein du conseil de fondation de la caisse de pension. «Cette diversité me plaît», confie-t-elle. «Comme je fais tout moi-même, j’ai un regard sur tous les domaines et je sais, au moins en gros, ce qui se passe dans les différents services.» Un pas vers la modernité Elle ne s’ennuie jamais, bien au contraire! De temps à autre, la pression se fait plus forte. «Il y a des délais, par exemple pour le décompte de la TVA ou pour les comptes annuels. Chaque année, je me demande comment je vais m’en sortir, mais jusqu’à présent, j’ai toujours réussi», dit-elle en riant. Après la réduction du temps de travail de Nicole Roth qui l’avait aidée à la comptabilité ces dernières années, elle se réjouit d’être à nouveau secondée par une nouvelle collègue. Et un peu de modernisation serait aussi la bienvenue. «Je n’irais pas jusqu’à dire que notre système de comptabilité est dépassé, mais nous ne sommes pas à la pointe de la modernité.» Il est notamment prévu de pouvoir scanner et valider électroniquement les factures.

Natalie ne se départit jamais de son calme. Elle trouve toujours un moment pour tout et pour tous, ne perd jamais de vue l’essentiel et a une patience d’ange. Si elle élève la voix en de très rares occasions, c’est que c’est vraiment du sérieux. Ce qui fait la force de Natalie, c’est son calme impérial face à toutes les situations. Avec elle, les chiffres et les collaborateurs de l’ASP sont entre de bonnes mains. Paracontact I Été 2020


Care at home

LIQUICK X-TREME X-TREME INNOVATION : PRÉACTIVÉ ET PRÊT À L’EMPLOI

LIQUICK X-TREME Pour votre indépendance - rapide, facile et sûr à utiliser Le nouveau système de sonde exceptionnellement intelligent est prêt à l’emploi dès sa sortie de l’emballage. Équipé de notre sonde SafetyCat pourvue de ses yeux Soft Cat arrondis doucement à l’intérieur et l’extérieur, l’extrémité flexible Ergothan ainsi que le nouveau revêtement préactivé, Liquick X-treme permet un sondage simple, rapide et doux. Pour plus d’informations ou des échantillons gratuits, veuillez nous contacter.

Grabenhofstrasse 1 · 6010 Kriens Tél 041 3602764 · Fax 041 3602718 info@expirion.ch · www.expirion.ch MCI-2020-0038 01 20


SÉRIE Q : LES NOUVEAUX FAUTEUILS ROULANTS ÉLECTRIQUES

CONDUITE PERFORMANTE EN PLEIN AIR COMBINÉE À UN CONFORT D’ASSISE HAUT DE GAMME Q500 & Q700 SEDEO PRO Les deux modèles de fauteuils roulants électriques de la nouvelle série Q de Quickie s’adaptent à la perfection à vos besoins individuels. Choisissez l’un des trois types d’entrainement (traction avant, arrière et centrale), des commandes innovantes et divers accessoires. Système d’assise SEDEO PRO Le système d’assise infiniment adaptable SEDEO PRO répond à un grand nombre d’exigences cliniques. Il se combine avec une large palette d’options de positionnement JAY et d’appuis-tête WHITMYER pour vous garantir la meilleure assistance possible.

Roues motrices arrière

Roues motrices centrales

Technologies innovantes Appréciez votre indépendance grâce à Spider Track et à la suspension autonome de chaque roue, aux fonctions Memory, à la compensation biomécanique de longueur du dossier, à l’app Remote Seating (gestion de distribution des pressions), aux périphériques d’entrées et commandes spéciales SWITCH-IT, au système de fixation LINK-IT et aux commandes innovantes R-NET. Autonomie maximale Un moteur 4 pôles extrêmement puissant, une vitesse de 10 km/h et des batteries allant jusqu’à 80 Ah font du Q500 SEDEO PRO et du Q700 SEDEO PRO des compagnons de confiance.

SWITCH-IT Commandes innovantes

Roues motrices avant

R-NET Joysticks de pointe

Scannez ce code QR et découvrez toute la série Q !

Sunrise Medical SA info@sunrisemedical.ch www.SunriseMedical.ch


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Paracontact_Sommer_2020_f by Schweizer Paraplegiker-Vereinigung - Issuu