Skip to main content

f_paracontact_3_26

Page 1

Le magazine de l’Association suisse des paraplégiques I Automne 2026

ParAthletics L’élite mondiale à Nottwil


ÉDITORIAL

Chères lectrices, chers lecteurs, Être entouré·e et soutenu·e par des proches aimant·e·s est la recette du bonheur. De même, un bon réseau social est essentiel pour permettre aux personnes, dont l’existence a été bouleversée par un accident ou une maladie, de retrouver leurs repères dans la vie quotidienne. Car plus rien n’est comme avant, ni pour elles, ni pour leur entourage qui est souvent mis à l’écart malgré ses soucis et son fardeau.

désormais toute la famille est né de ce drame. Lukas confectionne des peluches pour donner du courage aux enfants gravement malades. Cette année, la famille Tomasino a distribué ces doudous aux jeunes participant·e·s du Kids Camp durant lequel 16 familles ont profité d’un week-end revigorant au Centre suisse des paraplégiques, entre jeux et divertissements, tambours et trompettes.

À la page 16, vous lirez l’histoire des époux Hess. Pour Angelina Hess, même après des années, l’équilibre reste fragile entre son rôle de compagne, de proche aidante et de mère de famille, et elle doit veiller à ne pas s’oublier. Son mari souffre d’une tétraplégie incomplète. Le fait que ses limitations soient invisibles et que le couple s’attire des regards méprisants dès que Angelina aide son mari complique encore la situation.

«Prendre soin de soi et des autres»

Plus rien n’est comme avant non plus lorsqu’un être cher nous quitte. La famille Tomasino s’est encore davantage soudée après le décès bien trop précoce de Lara, la benjamine. À l’initiative de son frère Lukas, un projet qui mobilise

Paracontact I Automne 2026

Mais la famille n’est pas la seule source de soutien. Des amitiés se nouent au sport, au club en fauteuil roulant ou lors d’un voyage de l’ASP. Prenez soin de vous et des vôtres. Cordialement,

Laurent Prince, Directeur

3


La solution adaptée pour chaque besoin. Grâce à notre expertise dans le domaine de la gestion de la vessie et de l‘intestin, nous vous offrons un savoir-faire solide. Avec plus de 14‘000 produits, nous proposons la plus large gamme en Suisse pour l‘incontinence, les stomies et trachéotomies et le traitement des plaies. Avez-vous des questions? Nous nous tenons à votre disposition du lundi au vendredi de 7 à 17h. publicare.ch

056 484 15 00 info@publicare.ch

Essayer maintenant !

Bien plus qu’un vélo – vis la liberté de mouvement Le Mountain Handbike élec­ trique OT FOXX K1 d’Orthotec emmène les personnes en fauteuil roulant dans la nature, même si les muscles abdo­ minaux sont réduits. Alors, qu’attends­tu, c’est parti pour une nouvelle aventure loin des sentiers battus. orthotecsports.com

4

Paracontact I Automne 2026


IMPRESSUM

SOMMAIRE

40

32

Édition Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch Rédactrice en cheffe Evelyn Schmid Rédaction Laurent Prince, Nadja Venetz, Felix Schärer, Michael Bütikofer, Daniela Vozza, Peter Läuppi, Peter Birrer, Tina Achermann Traduction Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann Photos ASP, FSP, Adobe Stock, Corinne Thöni/ Südostschweiz, Gianmarco Di Leonardo, BFH, Philipp Schmidli, Susanne Heutschi, Reto Scattolin, Drew Kaplan, Tamara Reichle, bindaphoto, Tobias Lackner, Pro Infirms, CFR Jura Impression Brunner Medien AG, www.bag.ch Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition hiver 2026: close Édition printemps 2027: 11.11.2026 Tirage 8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français Nous utilisons une écriture inclusive, mais devons parfois adopter la forme féminine ou masculine sans discrimination de genre, afin d’alléger le texte. Les articles publiés sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. L’opinion des auteurs externes ne reflète pas toujours celle de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.

Paracontact I Automne 2026

AVANCER ACTUALITÉS  6 FORUM JURIDIQUE Une question existentielle 8 CONFÉRENCE Où en est la recherche aujourd’hui? 10 ÉCLAIRAGE Ouvrir la porte au sport 11 EXTRAIT DE LA VIE UNE AFFAIRE DE CŒUR Doudous de Lara INFRASTRUCTURE Ça ne se fait pas! RELATION DE COUPLE Des limitations invisibles CONSEILS JURIDIQUES ASSURANCES SOCIALES Un tour d’horizon sur l’expertise médicale

12 15 16

18

MÉDECINE ET SCIENCES ERGOMÈTRE À la recherche de l’assise optimale 20 CONSTRUIRE SANS OBSTACLES HÉRITAGE FAMILIAL Nous avions ceinture et bretelles 22 LOISIRS PARAVACANCES Se réjouir fait aussi partie des plaisirs 24 LOISIRS EN BREF  27

TESTÉ Chasser les ballons au tir à l’arc 28 SEMAINE DE BIEN-ÊTRE Voyage thématique 30 VOYAGE URBAIN Une visite insolite dans l’incinérateur 31 SPORT EN FAUTEUIL ROULANT KIDS CAMP Des rires d’enfants, un esprit d’équipe et un sacré chaos 32 LE SPORT EN BREF  34 RETRAITE SPORTIVE La fin d’une époque pour le basket 36 JEUX INTERCENTRES Jeux, plaisir et sport 37 FORMATION Élargir ses horizons 38 CURLING Une recrue chevronnée 39 WAKEBOARD Une vague d’adrénaline 40 RÉORGANISATION Centre national de performance 42 PARATHLETICS 2026 Nottwil fait sensation 43 GROS PLAN DIVERS  44 L’ENTRETIEN Camilla Bischofberger 46 NOS CFR CFR Jura 49 À VOS CÔTÉS Ramona Engel 50

5


ACTUALITÉS

FSP

CFR BIENNE

Film promotionnel Le film «Jour pour jour» présente les prestations du Groupe suisse pour paraplégiques. Pendant 18 minutes, trois paralysé·e·s médullaires racontent leur histoire. Voir le film paraplegie.ch/ jourpourjour

Fête d’anniversaire Le Club en fauteuil roulant Bienne va souffler ses 50 bougies. Le Club en fauteuil roulant de Bienne a vu le jour le 6 mai 1976. Pour célébrer cet anniversaire, le club organise une grande fête le 13 septembre 2026 et invite chaleureusement toutes les personnes intéressées. L’objectif est de sensibiliser le public, de fa-

voriser les rencontres et de passer des moments conviviaux. Les festivités auront lieu le 13 septembre 2026, de 10 h à 17 h, au Prés-de-la-rive de Bienne. Le Club en fauteuil roulant Bienne se réjouit de votre visite. Programme cfrb.ch

NOUVEAU PERSONNEL

Architecte

Annett Richter

Acquisition de sportifs SSFR

Sabrina Habegger

Simon Hiltebrand

Laura Mangold

Son intérêt pour la construction en bois et son souci du détail l’ont poussée à s’installer à Lucerne après ses études en 2005, où elle vit toujours avec sa famille. Jusqu’ici, elle travaillait surtout dans la planification d’exécution, la protection du patrimoine, les bâtiments publics, l’entretien et la formation. Elle a aussi été co-responsable d’un projet de construction d’une école primaire.

Après ses études de sport, Sabrina Habegger est d’abord restée fidèle au milieu sportif avant de se tourner vers le secteur du tourisme. Au cours des quatre dernières années, elle a été chargée de la mise en place d’un service dédié au tourisme médical à Davos.

Simon Hiltebrand a étudié les sciences du sport et la gestion d’entreprise, et a obtenu son Bachelor à l’été 2025. Il a d’abord effectué un stage à l’ASP. Cela lui a permis d’obtenir un poste fixe dans le domaine de la formation.

Passionnée de sport Ce sont souvent les adeptes d’activités physiques qui suivent des études de sport. Sabrina Habegger ne fait pas exception à la règle. VTT, vélo de course, natation, course à pied, randonnées à ski, snow­ board, ski de fond et télémark: malgré tous ses loisirs, elle trouve toujours le temps pour un bon repas entre ami·e·s.

Fan du ballon rond Depuis plus de dix ans, Simon Hiltebrand joue dans un club de football. Mais les autres sports de ballon le fascinent tout autant. Par ailleurs, il encadre un groupe de jeunes au sein de l’Œuvre communautaire évangélique (EGW) de Langenthal, joue du piano et aime passer du temps avec ses ami·e·s dans la nature.

Depuis le 1er juin 2026, Laura Mangold travaille à l’ASP afin de professionnaliser le domaine de la classification dans le sport. Elle dispose d’une expérience variée dans le sport paralympique, les sciences de la santé et la gestion de projet. Elle a notamment été physiothérapeute pour l’équipe d’Allemagne de ski paralympique et a co-organisé les CM d’escalade sportive de 2023. Depuis 2022, elle est classificatrice internationale en handi-escalade.

Une jolie voix Annett Richter chante depuis plus de 20 ans dans la chorale de l’Université de Lucerne et bouge beaucoup (randonnée, ski, natation au lac, yoga et Pilates). 6

Coordinateur Formation

Classification SSFR

Parois abruptes Qu’il s’agisse d’escalade sportive, de bloc ou d’alpinisme, la grimpe fait partie des passions de Laura Mangold. Paracontact I Automne 2026


ADAPT DISHES

À table!

L’ÉCHO DES CLUBS

Le RC Graubünden primé Pour la première fois dans l’histoire de la Nuit du sport des Grisons, un club a été récompensé dans la catégorie «Spor­ tif handicapé de l’année»: le RC Grau­ bünden. Sa présidente, Vroni Forrer, a reçu le prix. Le RC Graubünden allie sport, vie associative et responsabilité sociale, remplissant ainsi une mission sociétale majeure dans l’ensemble du canton. Outre les entraînements, le programme comprend aussi des manifestations et des sorties régulières. Celles-ci visent à favoriser les contacts so-

ciaux, les échanges d’expériences et à offrir un lieu de rencontre aux personnes ayant le même vécu. «Le RC Graubünden ne raisonne pas en termes de limites mais de possibilités. Il offre un espace aux membres actifs et passifs, aux jeunes et moins jeunes, au sport de compétition et à l’activité physique récréative. Il accompagne ses membres sur le plan sportif, et leur prodigue conseils et soutien – de manière humaine, proche et d’égal à égal», a déclaré Laurent Prince, directeur de l’ASP, dans son éloge au club.

INCLUSION HANDICAP

Nouvelle coprésidence Olga Manfredi a été élue nouvelle copré­ sidente lors de l’assemblée des délégué·e·s d’Inclusion Handicap. Elle assumera, aux côtés de Markus Schefer, la direction stratégique de l’organisation faîtière des associations de personnes en situation de handicap. Ce nouveau duo succède à Maya Graf et Verena Kuonen. Cette élection survient à un moment où des décisions cruciales doivent être prises Paracontact I Automne 2026

Dans le cadre du projet «Adapt Dishes», 45 délicieuses recettes ont été élaborées avec de grands chefs cuisiniers, des personnes tétra­ plégiques ainsi que des ergothérapeutes et des nutritionnistes de la Fondation suisse pour paraplégiques. Le recueil de recettes sera disponible en ligne à partir du 3 septembre 2026.

sur l’inclusion et les droits des personnes en situation de handicap. Parmi celles-ci figurent les débats autour du contre-projet indirect à l’initiative pour l’inclusion ainsi que la future réforme de l’assuranceinvalidité. Avec Olga Manfredi, l’Association suisse des paraplégiques est encore mieux représentée politiquement au niveau national. Elle continue ainsi à défendre avec détermination les préoccupations et la participation dans la société des personnes en situation de handicap.

Les recettes ont été spécia­ lement conçues pour les personnes avec une fonction manuelle réduite. Grâce à des instructions étape par étape, les reproduire est simple et sans risque. Des conseils pratiques, des informations sur les allergènes ainsi que des suggestions de boissons à servir complètent chaque recette et font de ce recueil un précieux allié en cuisine. Entrée, plat principal ou dessert, ce livre de recettes en ligne propose des plats variés pour tous les goûts et toutes les occasions. Laissez-vous inspirer et découvrez vos nouvelles recettes préférées qui allient plaisir et praticité au quotidien.

Recueil de recettes spv.ch/recettes 7


AVANCER

FORUM JURIDIQUE

Une question existentielle Qui finance les soins à domicile prodigués par les proches? Les réponses à cette question passionnent les esprits, car les conditions de ces soins varient énormément.

Evelyn Schmid

Des conférences de grande qualité, des discussions animées et un sujet qui touche au cœur: voilà comment résumer le Forum juridique de cette année. Près de 160 personnes, dont un grand nombre de paralysé·e·s médullaires, ont répondu à l’invitation de l’ASP de se rendre à Nottwil afin de mieux comprendre «Les soins à domicile – de la demande au versement». «C’est un sujet existentiel, car le financement des soins à domicile détermine souvent si une personne peut continuer à vivre chez elle ou si elle doit être placée en institution», a expliqué Michael Bütikofer, chef du Conseil juridique de l’ASP, dès le début de la rencontre. Mais voici d’abord quelques faits sur la situation en Suisse. Près de 600 000 proches aidant·e·s effectuent en Suisse un travail non rémunéré d’une valeur d’environ 3,71 milliards de francs. 73% des personnes atteintes de lésions médullaires sont assistées au quotidien par leur entourage. Cela modifie non seulement la cohabitation au

sein de la structure familiale, mais pèse aussi sur les finances. Car dans l’ensemble, les proches aidant·e·s des personnes atteintes de lésions médullaires ont un taux d’activité plus faible (49%), 54% des sondé·e·s ayant réduit leur temps de travail et 18% ayant même totalement cessé de travailler. C’est ce que révèle une étude de la Recherche suisse pour paraplégiques. LAA ≠ LAMal Au début du forum, deux avocats de l’ASP, Michael Bütikofer et Yannick Gloor, ont exposé les différences entre les contributions aux soins versées par les assurancesaccidents et celles des caisses d’assurancemaladie. En simplifiant, on peut dire que les prestations de soins fournies par des proches peuvent être directement facturées aux assurances- accidents depuis 2017, tandis que les caisses- maladie exigent une embauche auprès d’une organisation d’aide et de soins à domicile (ASD). En outre, seuls les «soins de base» peuvent être facturés aux caisses-maladie, et non les soins

Les avocat·e·s de l’ASP De g. à d.: Claudia Kobel, Yannick Gloor, Michael Bütikofer

médicaux, sauf si les proches aidant·e·s disposent d’une formation qualifiée dans le domaine de la santé (infirmier·ère, assistant·e en soins et santé communautaire, etc.). La prestation des soins de base comprend par exemple l’aide pour s’habiller et se déshabiller, faire sa toilette ou se déplacer. En revanche, dans le cadre des assurancesaccidents, les soins médicaux prodigués par des proches peuvent aussi être remboursés. Cela comprend notamment la pose de pansements, les soins liés à une stomie ou les mesures de thérapie respiratoire. Ces différences sont difficiles à comprendre par les participant·e·s. Il n’est donc pas surprenant qu’ils et elles se soient demandé s’il ne serait pas temps de supprimer ces distinctions. Comme l’a expliqué Michael Bütikofer, des initiatives politiques ont été lancées à ce sujet, mais n’ont hélas pas abouti jusqu’ici. Avec son équipe, il défend autant que possible les intérêts des personnes concernées et va, si nécessaire, jusqu’au tribunal. «La révision de la loi et de l’ordonnance dans le domaine de l’assurance-accidents, entrée en vigueur le 1er janvier 2017, a soulevé moult questions et donné lieu à des interprétations divergentes ainsi qu’à des arrêts cantonaux. Le Tribunal fédéral a donc dû clarifier la situation, en rendant notamment un arrêt de principe en octobre 2021», a informé Michael Bütikofer. Au centime près Et qu’en est-il du montant des indemnités versées aux proches? Là aussi, il existe des différences. À l’avenir, la Suva rembour-

8

Paracontact I Automne 2026


sera les soins médicaux et les soins de base au même tarif horaire (actuellement CHF 32.80 par heure). Toutes les autres assurances-accidents continueront – du moins jusqu’à nouvel ordre – à faire la distinction entre un tarif horaire plus élevé pour les soins médicaux et un tarif plus bas pour les soins de base. Les tarifs sont bien sûr plus élevés pour le personnel soignant ou les services de soins à domicile. Les personnes qui touchent une allocation pour impotent doivent en déduire une partie des frais liés aux soins de base. En l’absence de formation spécifique dans le domaine de la santé, les caisses-maladie ne couvrent que les soins de base dispensés par des proches, à un taux horaire de CHF 52.60 au profit du service d’ASD employeur. Il convient de noter que la personne assurée doit en outre prendre en charge la quote-part et la franchise.

Intervenant·e·s invité·e·s De d. à g.: Christina Brechbühl, Romano Ricciardi, Manuela Friedli

tions ou lorsqu’un litige est déjà en cours. Les deux intervenantes ont déjà mené de nombreuses évaluations ensemble et ont souligné que des appréciations professionnelles divergentes étaient possibles. Cela montre bien à quel point ces évaluations sont complexes.

Évaluation des besoins en soins Avant que les assurances ne remboursent les soins prodigués par les proches, il faut définir les prestations que la personne assurée nécessite. C’est l’évaluation des besoins en soins. Dans la deuxième partie du Forum juridique, Christina Brechbühl, responsable de l’équipe des prestations de soins de la Fédération suisse de consultation en moyens auxiliaires (FSCMA), et Manuela Friedli, codirectrice de ParaHelp, ont expliqué comment se déroule généralement cette évaluation. Les mandants sont le plus souvent les assurances-accidents. Les caisses-maladie ne font évaluer les prestations de soins par un organisme externe qu’en cas de coûts élevés. En règle générale, ParaHelp est impliquée dans le processus via les collaborateur·trice·s du Conseil juridique de l’ASP.

La détermination d’un nombre d’heures, en particulier, reste un défi, car la vie n’est pas entièrement prévisible. Que se passet-il si des infections urinaires surviennent plus fréquemment ou si les besoins en soins augmentent avec l’âge? Les intervenantes ont montré que l’évaluation recense ce qui se produit tous les jours, toutes les semaines ou même seulement quelques fois par an. On prend en compte toutes les situations récurrentes ou exceptionnelles. Et si les besoins évoluent provisoirement, on peut aussi le signaler à l’assurance. Ce sont finalement les prestations fournies qui sont facturées. Les participant·e·s ont du mal à comprendre que l’aide au ménage ou les simples temps d’attente ne soient pas remboursés, comme lorsqu’une personne concernée peut se laver elle-même le visage et le torse, mais est incapable de préparer elle-même les ustensiles nécessaires.

L’objectif de ces évaluations est de déterminer les prestations de soins dont une personne a besoin et le temps nécessaire pour les accomplir. Le rapport d’évaluation sert ensuite de base à la participation aux frais des assurances accidents ou des caisses-maladie. Cet examen comprend un entretien approfondi. Selon le cas, une observation des soins avec calcul du temps, peut s’avérer utile. Par exemple dans des situations très complexes, lors de réévalua-

L’embauche des proches aidant·e·s Dernier intervenant, Romano Ricciardi, DG de Solicare, a présenté le modèle de sa société, un service d’aide et de soins à domicile privé à but non lucratif, dédié aux proches aidant·e·s. Outre 26 infirmier·ère·s, Solicare emploie plus de 330 proches aidant·e·s et les accompagne au quotidien. Il a souligné qu’il était important de proposer aux proches aidant·e·s des formations adaptées à chaque cas et flexibles en termes

Paracontact I Automne 2026

d’horaires, en tenant compte de leurs connaissances préalables, et de les soutenir en cas de problèmes. Ainsi, dès le début d’une embauche, on prévoit qui prendra le relais si le ou la proche aidant·e a un empêchement ou s’il ou elle part en vacances. Il a aussi parlé de la rémunération. Pour les soins de base, Solicare verse aux proches aidant·e·s CHF 35.30 par heure de prestation assurée et CHF 45.– pour les soins de traitement, à condition qu’ils et elles aient une formation en soins infirmiers. Conclusion La discussion s’est ensuite poursuivie de manière animée avec le public. La modératrice Claudia Kobel, avocate à l’ASP, a eu du mal à endiguer le flot de questions: «Ce forum montre que le sujet est d’une actualité brûlante et qu’il soulève encore maintes questions. Le Conseil juridique de l’Association suisse des paraplégiques aide à y répondre, lors du Forum juridique, mais aussi par la suite, en accompagnant les personnes concernées tout au long de leur vie.» Le directeur Laurent Prince dresse le même bilan positif: «Il est important d’aborder des thèmes complexes sous différents angles. C’est ce que fait le Forum juridique et c’est justement pour cela qu’il est apprécié par les participant·e·s. Ils et elles y trouvent des expert·e·s pour répondre à leurs questions.»

Forum juridique 2027 Vous voulez assister à la prochaine édition du Forum juridique? Alors notez dès maintenant le 20 mai 2027 dans votre agenda. 9


AVANCER

CONFÉRENCE

Où en est la recherche aujourd’hui? Comment la recherche peut-elle aider concrètement les paralysé·e·s médullaires? Cette question est au cœur de la conférence «Paraplégie: où en est la recherche aujourd’hui?», qui vise à réunir les personnes concernées et celles qui travaillent dans la recherche – d’égales à égales, dans un dialogue ouvert. Jan Marc Müller, Haute école spécialisée bernoise

Nous vivons à l’ère des évolutions technologiques fulgurantes: les signaux cérébraux sont décodés, les robots surpassent les performances humaines dans de nombreux domaines et l’intelligence artificielle ouvre des perspectives inédites. Mais que signifient ces progrès pour les personnes atteintes d’une lésion médullaire? Pour le savoir, rendez-vous le 28 octobre 2026 à l’Aula du Centre suisse des paraplégiques (CSP) à Nottwil. La rencontre «Paraplégie: où en est la recherche aujourd’hui?» est organisée con­ join­tement par la Haute école spécialisée bernoise (BFH) et le CSP. Elle s’adresse aux personnes paraplégiques et tétraplégiques ainsi qu’à leurs proches, mais aussi aux thérapeutes, aux professionnel·le·s et à toutes celles et ceux qui s’intéressent à la recherche actuelle sur la moelle épinière. Cet échange s’appuie sur un dialogue entre personnes concernées et celles qui travaillent dans la recherche. Les exposés suivants seront proposés: Réparer les lésions médullaires: où en est la recherche? (Dr méd. Björn Zörner, CSP et Dr Marc Khoury, EPFL)

Les médias ne cessent d’évoquer les avancées scientifiques et les cas de personnes ayant recouvré des fonctions perdues. Mais où en est réellement la recherche et comment évaluer scientifiquement ces progrès? Cet exposé apporte des réponses à ces questions. 10

Bien vieillir avec une lésion médullaire: qu’est-ce qui est vraiment efficace? (Prof Dr Carla Sabariego, Université de Lucerne et PD Dr méd. Inge Eriks Hoogland, CSP)

Cette présentation met en lumière les expériences de personnes qui vivent et vieillissent avec une lésion médullaire. Elle montre comment une étude synthétique peut orienter la recherche future. Elle souligne en outre sa pertinence pour le travail clinique, les soins de santé et la politique en faveur des personnes handicapées.

lutions futures, tout en ayant l’opportunité de partager ouvertement leurs propres expériences pour en faire profiter les autres. Les présentations s’effectueront en allemand ou en français. Des casques pour la traduction simultanée sont disponibles sur demande pour les personnes inscrites. La participation est gratuite. Nous nous réjouissons de vous y accueillir.

Retrouver la capacité de marcher? Les nouvelles technologies en rééducation (Prof Dr Martina Spiess, ZHAW et Prof Dr Juan Fang, BFH)

Les méthodes de rééducation sont le fruit d’une concertation entre chercheur·euse·s, ingénieur·e·s et thérapeutes, qui analysent les conséquences des lésions médullaires et, sur cette base, développent des systèmes afin d’apporter un soutien et de favoriser l’apprentissage moteur. À l’issue de chaque exposé, quatre paralysé·e·s médullaires discuteront des thèmes abordés lors d’une table ronde. Le professeur Sebastian Tobler, lui-même tétraplégique et à l’origine de cet événement, qui travaille au Neuro-RehaLab de la BFH, clôturera cette série de présentations par une synthèse. L’apéritif servi ensuite offrira un cadre propice aux échanges informels. Pourquoi y participer? Les personnes concernées y trouveront des idées nouvelles et un aperçu des évo-

CONFÉRENCE Date: 28 octobre 2026, de 13 h 30 à 19 h 00 Lieu: Aula du Centre suisse des paraplégiques de Nottwil Langues: Allemand et français (traduction simultanée disponible) Informations et inscription bfh.ch (Événements)

Inscrivez-vous dès maintenant

Paracontact I Automne 2026


AVANCER

ÉCLAIRAGE

Ouvrir la porte au sport Le nouveau poste consacré à l’acquisition de sportifs et de sportives vise à inciter plus de personnes en fauteuil roulant à faire de l’exercice et du sport, et à renforcer ainsi à long terme la base du sport en fauteuil roulant à tous les niveaux. Evelyn Schmid

Depuis le 1er mai 2026, l’Association suisse des paraplégiques dispose d’un nouveau poste: celui de Responsable de projets acquisition de sportifs occupé par Sabrina Habegger qui s’est fixé de nombreux objectifs pour les années à venir. Pourquoi avoir créé ce poste? Les paralysé·e·s médullaires ne bougent pas assez? Le besoin se faisait sentir depuis longtemps. Nous observons depuis des années un recul des activités sportives chez les personnes en fauteuil roulant. Une étude réalisée en 2025 l’a confirmé. Nous voulons contrer cette tendance et cibler nos membres qui n’ont pas trouvé d’accès au sport jusqu’ici. L’exercice physique est un élément clé d’une vie active – c’est là que nous intervenons. Quelles sont tes tâches principales? Je développe de nouvelles offres, je teste des formats et je cherche des moyens de motiver les gens à faire du sport de manière accessible. Parallèlement, j’entretiens et développe les relations avec les clubs en fauteuil roulant, les centres de rééducation et d’autres partenaires. Le conseil constitue aussi une partie importante de mon travail: nous aidons les clubs à créer de nouvelles activités. De plus, nous révisons les concepts existants et les repensons. Enfin, nous élargissons le socle du sport de compétition en incitant davantage de personnes à faire de l’exercice. Paracontact I Automne 2026

L’accent est-il mis sur le sport pour tous ou sur le sport de compétition? Les deux jouent un rôle majeur. Nous devons d’abord renforcer la base, car ce n’est que lorsque de nombreuses personnes pratiquent un sport que de nouveaux talents peuvent émerger. Et comment se passe la collaboration avec le développement des athlètes? Celui-ci intervient plus tard. Le développement des athlètes concerne les sportives et sportifs déjà en activité qui doivent bénéficier d’un soutien ciblé. L’acquisition de sportifs, en revanche, est l’étape préalable: nous ouvrons la porte au sport. L’accent est-il mis sur certaines disciplines sportives? Non. L’accent n’est pas mis sur des disciplines particulières, mais sur les personnes. Nous souhaitons leur permettre de faire de l’exercice, que ce soit par la suite dans l’eau ou sur la neige, dans une salle

de sport ou dans une salle de fitness. L’essentiel est que le sport fasse partie intégrante du quotidien. Quel rôle jouent les clubs en fauteuil roulant dans ton travail? Un rôle central. Les clubs sont proches des gens et connaissent leurs besoins. Nous apportons notre soutien et nos conseils, élaborons ensemble des idées et aidons à toucher de nouveaux groupes cibles. Sans eux, l’acquisition de sportifs et de sportives ne serait pas possible. Ce poste est limité à quatre ans. Quel est l’objectif pour fin 2029? L’ASP doit avoir une influence plus directe sur l’activité sportive en Suisse. Je suis sûre qu’en 2029, davantage de membres feront du sport et que les structures seront renforcées. Et dans les disciplines phares, nous aurons une base plus large pour le sport de compétition et plus de sportifs et de sportives de haut niveau. Nous atteindrons ces objectifs grâce à des structures coordonnées avec toutes les parties prenantes.

Objectif Faire bouger plus de monde.

11


EXTRAIT DE LA VIE

UNE AFFAIRE DE CŒUR

Doudous de Lara Lara Tomasino est décédée en septembre 2023, à douze ans à peine. La famille a surmonté ce drame grâce à son lien très fort – et à un projet imaginé par Lukas, le frère de Lara. Peter Birrer

C’était une fillette pleine d’entrain au caractère bien trempé qui rayonnait de joie de vivre. Lara Tomasino était curieuse, croquait la vie à pleines dents et s’amusait à filer à toute allure sur son fauteuil roulant électrique: d’une main, elle actionnait le joystick pour piloter et de l’autre, elle battait l’air pour aller encore un peu plus vite. Cette énergie débordante était rapidement devenue sa marque de fabrique. Elle adorait la vitesse; dans son quartier, on la surnommait d’ailleurs «l’éclair rouge», et d’une certaine manière, cela correspondait bien à une enfant qui ne se départait pas facilement de sa bonne humeur. L’histoire de Lara a commencé en lointaine Malaisie. Sandro Tomasino s’était installé à Kuala Lumpur avec sa femme Fabienne et leurs deux fils, Lorenzo et Lukas, pour des raisons professionnelles. C’est

dans cette métropole asiatique que Lara est née le 4 novembre 2010, comblant la famille de bonheur. Une tumeur à la moelle épinière Mais après sa naissance, on lui a diagnostiqué une anomalie génétique rare et peu étudiée. Quand elle avait trois ans, les médecins lui ont découvert une tumeur à la moelle épinière qui a entraîné sa paralysie médullaire. La famille Tomasino est rentrée en Suisse, s’est installée à Rütihof AG et s’est bien adaptée à la situation, notamment grâce à l’extraordinaire envie de vivre de Lara.

Lara a obtenu son premier fauteuil roulant et a pu aller à l’école ordinaire du village. De nature joyeuse, c’était une élève dotée d’une immense soif de savoir. Les chevaux et les poneys étaient l’une de ses grandes passions, tout comme le crochet. C’est son

La famille Tomasino s’est encore plus soudée après le décès de Lara.

frère Lukas qui le lui a appris et tous deux passaient de nombreuses heures avec une aiguille, de la laine et un enthousiasme débordant pour leur hobby. La famille passait souvent ses vacances dans sa région d’origine, le Haut-Valais. Lara aimait rendre visite à ses grands-parents. Dans les montagnes, ils se ressourçaient et faisaient le plein d’énergie. Les Kids Camps organisés par l’Association suisse des paraplégiques à Nottwil leur ont aussi été très bénéfiques. Les parents et les deux garçons ont pu y participer deux fois avec Lara. «Cela a toujours été très revigorant et émouvant pour nous tous», raconte Sandro Tomasino. «Nous y avons vécu des moments inoubliables.» «Vivre plus pleinement» En 2020, Lara a dû subir une opération du dos. Mais des complications sont survenues, entraînant des séjours hospitaliers de plus en plus longs. La vie de la famille s’est entièrement organisée autour d’elle. C’est lors de cette période difficile que Lukas s’est mis à crocheter des doudous pour sa sœur afin de la réconforter, de lui faire plaisir et de lui donner du courage. Lara a pu se raccrocher à ces petits compagnons.

Elle ne s’est jamais vraiment remise de l’opération. Son corps s’est de plus en plus affaibli, jusqu’à ce qu’une infection entraîne, en septembre 2023, le décès de la jeune fille âgée d’à peine douze ans. 12

Paracontact I Automne 2026


HEALING HUGS Réconforter Lukas Tomasino (à gauche) crochète des doudous pour les enfants malades.

Un immense vide s’est installé. La famille a surmonté cette situation en s’apportant mutuellement un grand soutien. «Nous nous sommes toujours très bien entendus et nous étions très proches», explique Fabienne Tomasino. «Mais la mort de Lara nous a appris à vivre encore plus pleinement.» Voyage à quatre en Malaisie Pour faire leur deuil, un voyage en Malaisie, à l’endroit où Lara est née, s’est avéré salutaire. Elle désirait beaucoup y retourner un jour. Ses parents et ses deux frères se sont donc envolés pour Kuala Lumpur. «Ce voyage en mémoire de Lara comptait énormément pour nous tous», déclare la mère. «En quelque sorte, cela a permis de boucler la boucle.»

Des câlins qui guérissent Un an après la mort de Lara, Lukas a une idée. Il veut crocheter des peluches pour les enfants de l’hôpital pédiatrique de Zurich comme il l’avait fait pour sa sœur. Il se met immédiatement au travail. À Noël 2024, avec le soutien d’une pédopsychologue de l’hôpital, il distribue une caisse remplie de doudous faits main. Cette livraison sera loin d’être la dernière. Lukas fonde l’association Healing Hugs, en français: «Des câlins qui guérissent». Cela devient un projet familial. Son frère, président de l’association, s’occupe du site Web et des textes, sa mère et sa grand-mère Liliane aident à coudre les différentes parties du corps, et son père donne un coup de main partout où cela est nécessaire.

Son mari Sandro est fier de sa fille et, malgré son chagrin, n’a rien perdu de son optimisme. Il est reconnaissant pour le temps passé avec Lara: «Pour nous, elle n’a jamais été limitée. Nous avons fait tout ce qui était possible. En hiver, nous avons même ‹filé comme des flèches› ensemble sur les pistes de ski en dualski, pour reprendre les mots de Lara.»

«Je n’aurais jamais pensé qu’un tel projet puisse devenir un petit soutien pour autant d’enfants et de familles», avoue Lukas. «Quand je vois à quel point les doudous comptent pour les gens, cela me motive chaque jour à continuer à en confectionner.» Le financement repose exclusivement sur des dons. «Je suis très reconnaissant du large soutien dont je bénéficie», souligne l’initiateur du projet.

Lorenzo ajoute: «Ma petite sœur m’a inspiré. Elle était super courageuse et a enduré beaucoup de choses. Elle nous en a fait voir de toutes les couleurs quand on se chamaillait. Lara savait très bien se défendre.»

Lara continue de rayonner Aujourd’hui encore, Lukas fabrique des éléphants, des chevaux, des lapins, des hippos et bien d’autres animaux pour les enfants qui traversent une période difficile ou doivent être hospitalisés longtemps.

Paracontact I Automne 2026

Healing Hugs est un projet de la famille Tomasino, de Rütihof AG. Des peluches sont confectionnées à la main au crochet et offertes à des enfants qui traversent des épreuves. Ces doudous ont pour but d’apporter réconfort, courage et joie, surtout lors de longs séjours à l’hôpital ou de traitements lourds. Chacun d’entre eux transmet un message muet: Tu es fort·e. Tu es important·e. Et tu n’es pas seul·e. healinghugs.ch

Ces compagnons tout doux sont désormais offerts dans plusieurs services de l’hôpital pédiatrique. Grâce à Healing Hugs, une partie de la joie de vivre de Lara continue de rayonner. Ces peluches sont des messagers d’amour et la preuve que de petits gestes peuvent souvent avoir un grand effet. Pour la famille, une chose est claire: Lara a changé leur vie. «Sa perte fera toujours partie de notre histoire. Elle nous manque infiniment», confie Fabienne Tomasino. «Mais en même temps, elle est chaque jour avec nous, dans nos cœurs, dans nos souvenirs et dans toutes les merveilles que son existence a permis de créer.» 13


L’ A U T O C O L L A N T D Y N A M I Q U E ! Le logo du fauteuil roulant dessiné par Rolland Bregy est différent des autres pictogrammes. Plus moderne et énergique, sa forme elliptique et la position inclinée de la personne en fauteuil roulant soulignent le caractère actif des personnes en mouvement.

Vous pouvez commander ces autocollants auprès de l’ASP. Toutes les informations concernant les modèles disponibles et les modalités d’achat figurent sur le site www.rolliwelt.ch.

Roulez à 9 km/h avec notre nouveau modèle SWT-1S. Faites un essai! Trouver un distributeur: www.swisstrac.ch

VOTRE

RELANÇONS

MOUVEMENT

NOUS VOUS ACCOMPAGNONS AVEC PASSION :

→ RÉHABILITATION → FAUTEUILS ROULANTS → COMPRESSION MÉDICALE RETROUVEZ TOUS NOS SITES EN SUISSE ROMANDE SUR INS_Paracontact_182x128_251217.indd 1

14

orthethic.ch 18.12.25 11:45

Paracontact I Automne 2026


EXTRAIT DE LA VIE

INFRASTRUCTURE

Ça ne se fait pas! Qui ne s’est pas déjà énervé contre des piétons qui sortent des WC pour personnes handicapées ou qui se parquent sur les places réservées aux fauteuils roulants? Nous vous expliquons qui a le droit de les utiliser. Nadja Venetz

Le pictogramme d’une personne en fauteuil roulant s’est imposé dans le monde entier pour signaler les infrastructures destinées à la population en situation de handicap, comme les parkings et les WC. Ce symbole laisse croire à tort que ces lieux sont réservés aux personnes n’ayant plus l’usage de leurs jambes. Or, celles atteintes de déficiences différentes sont aussi autorisées à les utiliser. Et toutes les limitations physiques ne sont pas visibles.

SERVICES Stationnement Vous trouverez des informations sur les facilités de stationnement accordées aux personnes à mobilité réduite, ainsi qu’une liste des offices cantonaux délivrant la carte de stationnement, auprès de l’Association des services des automobiles (asa). asa.ch Eurokey Les membres actifs de l’ASP, pouvent obtenir l’eurokey directement chez nous ou la commander via notre site. spv.ch (ASP & Clubs) Les non-membres et les autres personnes éligibles peuvent se procurer la clé auprès de Pro Infirmis. eurokey.ch Paracontact I Automne 2026

Carte de stationnement obligatoire Seules les personnes à mobilité réduite ou leurs accompagnant·e·s sont autorisées à stationner sur les places réservées aux fauteuils roulants. Dans les deux cas, l’occupation légale d’une telle place de parc requiert la «carte de stationnement pour personnes handicapées», qui doit être bien visible derrière le pare-brise. Toute personne ayant une mobilité réduite permanente ou temporaire d’au moins six mois et ne pouvant marcher que 200 mètres ou ne pouvant le faire qu’à l’aide de moyens auxiliaires ou d’un·e accompagnant·e, peut déposer une demande auprès des autorités cantonales. Un certificat médical doit attester de la mobilité réduite, qui peut provenir de l’appareil locomoteur ou des systèmes respiratoire et circulatoire. La carte de stationnement est délivrée au nom de

la personne et non du véhicule. Si le ou la titulaire de cette carte n’est pas dans la voiture, elle n’est pas valable. Si vous ne trouvez pas de place pour personnes handicapées à une distance raisonnable, votre carte de stationnement vous donne le droit de vous garer de manière illimitée sur n’importe quel parking public. Selon la réglementation locale, des frais peuvent s’appliquer. De même, cette carte vous permet de vous parquer jusqu’à trois heures sur un stationnement interdit ou jusqu’à deux heures dans une zone de rencontre ou une zone piétonne si, dans des cas exceptionnels, la circulation y est autorisée. S’il y a une interdiction de s’arrêter, vous ne pouvez pas y stationner. Enfin, vous ne devez pas gêner la circulation. Que faire alors si quelqu’un s’approprie une place de parking réservée aux fauteuils roulants? Si la place se trouve sur le domaine public, vous pouvez vous adresser à la police locale. Mais sur un terrain privé, par exemple dans le parking souterrain d’un centre commercial, cela relève de la compétence des propriétaires. Ceux-ci ne sont pas tenus de prendre des mesures contre les contrevenant·e·s, mais agissent à leur entière discrétion. Sur un terrain privé, la police n’est pas habilitée à verbaliser ni à intervenir. Les toilettes Alors que la carte de stationnement définit clairement qui est autorisé à occuper une place réservée aux personnes à mobilité réduite, il n’y a pas de réglementation précise pour les toilettes. Si des WC pour personnes handicapées sont accessibles à tous, d’un point de vue juridique, tout le monde est en droit de les utiliser. Seuls la décence et le respect envers les personnes qui ont réellement besoin de cet espace, de cette propreté et de ces équipements peuvent inciter à s’en abstenir. Ces installations ne peuvent parfois s’ouvrir qu’avec une «eurokey». Cette «clé européenne» est délivrée à celles et ceux qui ont besoin de WC adaptés. Sont éligibles les personnes en fauteuil roulant, à mobilité réduite ou avec une déficience visuelle importante, portant une stomie ou atteintes d’une maladie chronique de la vessie ou de l’intestin. 15


EXTRAIT DE LA VIE

RELATION DE COUPLE

Des limitations invisibles

Après avoir été diagnostiqué tétraplégique incomplet, Ueli Hess se bat, jour après jour, pour regagner sa place dans la vie. Pour sa femme Angelina, qui le soutient du mieux qu’elle peut, trouver sa place est tout aussi compliqué. Manuela Burkart

«D’une façon ou d’une autre, tu rentreras à la maison.» Ces mots prononcés au chevet du lit d’hôpital étaient une promesse. «Je suis là pour toi, je te soutiendrai quoi qu’il arrive.» Angelina et Ueli Hess abordent l’existence avec optimisme. C’était déjà le cas avant l’opération et aujourd’hui, cette philosophie de vie les aide encore plus. Ils ne se lamentent pas sur leur sort. Ensemble, ils regardent vers l’avenir, se réjouissent de chaque petit pas, même minime, et de chaque fonction retrouvée. Ils savent apprécier les progrès et avancées qui surviennent jour après jour et les poussent à toujours rester positifs. Leurs deux enfants les motivent aussi: pour Ueli, à se dédier corps et âme à la rééducation et pour Angelina, à organiser le quotidien à la maison et à assumer ses différents rôles au sein du foyer. Plus rien n’est comme avant Ueli a dû subir une opération du cerveau. À son réveil, il ne pouvait plus bouger. Il était devenu tétraplégique partiel et paralysé à partir du cou. Ueli était alors entièrement dépendant d’autrui. À l’époque, il avait 43 ans, travaillait à temps plein et assurait la majeure partie des revenus du foyer. Angelina s’occupait de leur fille de trois ans et de leur fils de sept ans tout en exerçant une activité indépendante à temps partiel. 16

Une malédiction et une bénédiction Après cinq mois éprouvants, Ueli a pu quitter le Centre suisse des paraplégiques sur des béquilles. Aujourd’hui, il n’a plus besoin de moyens auxiliaires, ce qui est un grand soulagement au quotidien. Ainsi, leur appartement n’a dû être que très peu aménagé.

«Il n’a plus son fauteuil roulant – donc tout est rentré dans l’ordre.» Ce genre de remarque montre que de nombreuses personnes n’ont aucune idée de ce qu’est la paralysie incomplète. Elles ignorent que le diagnostic de paralysie médullaire incomplète s’accompagne d’un large éventail de limitations et de troubles, pour la plupart invisibles. Dans le quotidien d’Ueli et d’Angelina, cela conduit régulièrement à des situations déplaisantes. Ainsi, ils s’at-

Équilibre Création de bougies

tirent des regards méprisants lorsqu’ils sont tous deux devant le buffet de l’hôtel, qu’Angelina sert son mari et lui apporte son assiette à table. Moins Ueli a besoin de moyens auxiliaires visibles, moins on lui propose de l’aide. Dans le train ou le bus, personne ne lui propose sa place. Personne ne devine qu’il en aurait besoin. Ueli et Angelina sont très compréhensifs mais dans de telles situations, il faut tout de même du courage pour s’expliquer, voire se justifier, et dissiper les malentendus. Angelina se heurte à l’ignorance et au manque de compréhension. Le soutien quotidien qu’elle apporte à la maison passe tout aussi inaperçu que les limitations d’Ueli. Pourtant, elles sont bien là. «C’est comme si tout mon corps, à partir du cou, était engourdi», explique le cinquante-

Relation de couple Communiquer

Paracontact I Automne 2026


naire, dont les capacités sont limitées partout, mais surtout au niveau des mains et des pieds. Ueli a du mal à marcher sur un terrain accidenté et à parcourir de longues distances. Comme il peine à garder son équilibre, beaucoup d’activités ne sont possibles qu’en étant accompagné. Écrire ou tenir quelque chose dans les mains est aussi difficile en raison de sa motricité fine réduite. Ueli ne sent pas la pression qu’il doit exercer pour saisir et tenir un objet. Cela le limite, par exemple, lorsqu’il fait ses courses. Sorties, visites, vacances: tout nécessite une bonne planification et une vérification des conditions sur place. Un fragile équilibre Jusqu’où dois-je m’impliquer? Que puis-je attendre de mon conjoint? Vais-je supporter de le voir essayer quelque chose qui ne fonctionne pas? Suis-je capable d’endurer sa frustration? Angelina était assaillie de questions dans les premiers mois qui ont suivi la rééducation. «Ça a été très compliqué», avoue-t-elle. Avec le temps, ils ont trouvé leur rythme et chaque membre de la famille sait ce qu’Ueli est en mesure de faire et où il faut l’aider. Mais ce quotidien bien rodé reste fragile. S’il arrive un imprévu, comme une grippe ou une fracture de la jambe, Ueli nécessite alors plus de soutien. Ambivalence «Tu m’aimes encore ou tu as juste besoin de moi?» Avec le retour d’Ueli à la maison après sa rééducation, Angelina devient son aide-soignante. C’est une pression énorme qui pèse sur elle. Ueli dépend de son soutien. Elle doit être à la hauteur, sinon tout s’écroule. Elle se demande: «Est-ce que je fais ça par amour ou par pitié?» C’est un vrai numéro d’équilibriste que de rester un couple, soulignent-ils. S’asseoir ensemble, discuter, exprimer ses besoins et avoir pas mal d’humour les aident à ne pas se perdre dans le tourbillon du quotidien. Prendre soin de soi L’an dernier, la famille a dû faire face à une nouvelle épreuve. On a diagnostiqué à Angelina un cancer du sein. Aujourd’hui, elle va bien. Avec le recul, elle s’en rend compte: «Cette maladie était un avertissement. J’ai dû apprendre à la dure à prendre soin de moi.» Angelina a cherché un accompagneParacontact I Automne 2026

Nouveau rôle Angelina est à la fois épouse et aide-soignante.

ment professionnel pour trouver sa place entre le souci des autres et ses propres besoins et désirs. Pour Angelina, il est clair que veiller sur Ueli est sa raison d’être. «80% du temps, c’est agréable, mais il y a aussi des moments où j’aimerais être plus libre, plus indépendante», confie-t-elle. Angelina trouve un équilibre à ses responsabilités de proche aidante dans son atelier. Elle y crée des bougies pour différentes occasions. Grâce à la flexibilité des horaires de travail qu’offre le statut d’indépendante, elle peut conserver cette activité, essentielle pour elle. Son entourage est une autre ressource qui l’aide à surmonter les situations difficiles. Ainsi, Angelina peut compter à tout moment sur ses ami·e·s et sa famille l’épaule quand elle en a besoin. Lors de promenades et de discussions franches avec Ueli, Angelina puise la force nécessaire pour aller de l’avant avec optimisme.

Accepter de l’aide Tous deux le savent bien: sans aide extérieure, cela n’irait pas. Ils souhaitent donc encourager les personnes concernées à solliciter une assistance dès le début, à profiter des offres existantes et à échanger avec d’autres personnes dans la même situation.

Cela fait maintenant neuf ans qu’Ueli est rentré chez lui. Il a retrouvé sa place, grâce au soutien de sa femme. Il l’aidera à trouver la sienne.

Nous sommes à vos côtés Conseil social et par les pairs de l’ASP Tél. 041 939 68 68 lb@spv.ch 17


CONSEILS JURIDIQUES

ASSURANCES SOCIALES

Un tour d’horizon sur l’expertise médicale

Dans le cadre d’une procédure en matière d’assurances sociales, il n’est pas rare que l’assurance ordonne la réalisation d’une expertise médicale. Dans quelles situations, dans quels buts et comment est mise en œuvre une telle expertise médicale?

Marine Huegi, avocate

L’expertise médicale constitue un moyen de preuve visant à établir les faits déterminants pour l’application, par l’assurance so­ ciale notamment, des différentes normes ju­ ridiques pertinentes dans un cas d’espèce. Plus précisément, l’expertise médicale est un rapport rédigé par un·e ou plusieurs médecins externes et indépendant·e·s. Ce rapport est destiné à fournir à l’assurance sociale des informations sur l’état de fait, lesquelles serviront de base de décision à cette dernière dans un domaine qui n’est pas le sien. Aussi, la tâche du ou de la médecin n’est pas de résoudre un cas d’un point de vue juridique, mais d’apprécier une situation d’un point de vue médical et de transmettre à l’assurance des informations factuelles sur le plan médical. Dans quelles situations une expertise médicale peut-elle être ordonnée? Conformément à l’art. 44 al. 1 de la Loi fédérale sur la partie générale du droit des as­ surances sociales (LPGA), l’assurance peut ordonner une expertise médicale si elle la juge nécessaire dans le cadre de mesures d’instruction médicale.

Une expertise médicale en matière d’assurances sociales est principalement mise en œuvre par l’assurance sociale lorsqu’elle estime que l’état de fait n’est pas suffisamment établi sur la base des pièces au dossier et qu’il ne lui est ainsi pas possible de 18

se déterminer sur l’octroi ou le refus de prestations. En pratique, des expertises mé­ dicales sont régulièrement ordonnées dans le but de répondre aux questions suivantes: – Quels signes cliniques présente la personne assurée et quel diagnostic peut être retenu? – Quelles sont les limitations fonctionnelles de la personne assurée? – Quelle est la capacité de travail de la personne assurée au regard de son état de santé? – Quels thérapies/opérations/médicaments/moyens auxiliaires sont nécessaires à la personne assurée au regard de son état de santé? – Existe-t-il un lien de causalité naturelle et adéquate entre l’accident subi et les lésions dont souffre actuellement la personne assurée? – Quel est le taux d’indemnisation pour atteinte à l’intégrité corporelle dans l’assurance-accident? Les différents types d’expertise médicale Il existe plusieurs types d’expertise médicale. Tout d’abord, il y a lieu de différencier entre: – L’expertise médicale sur dossier, laquelle est uniquement réalisée sur la base des pièces du dossier médical transmis par l’assurance sociale, sans qu’un examen et un entretien personnel de la personne

assurée n’ait lieu. Une telle expertise ne peut généralement être ordonnée que lorsque le dossier de l’assurance sociale fournit déjà une image complète de l’anamnèse, de l’évolution et de l’état actuel de santé de la personne assurée, que ces données ne sont pas contestées et que les constatations médicales sont disponibles de manière exhaustive et sans lacunes. – L’expertise médicale avec entretien personnel et examen clinique: celle-ci est principalement ordonnée lorsque, sur la base de l’ensemble du dossier de l’assurance sociale, différents éléments, tels que l’état de santé de la personne assurée ou ses limitations fonctionnelles ne peuvent pas être suffisamment établis ou lorsque les clarifications, respectivement les conclusions internes de l’assurance sociale sont contestées par la personne assurée et que cette dernière parvient à faire naître des doutes quant aux faits retenus par l’assurance sociale. Par ailleurs, l’art. 44 al. 1 LPGA fait la distinction entre l’expertise: – monodisciplinaire; – bidisciplinaire; – pluridisciplinaire. Selon le cas d’espèce et les questions qui occupent l’assurance sociale, une expertise médicale peut ainsi porter sur une seule Paracontact I Automne 2026


ou plusieurs disciplines. À titre d’exemples, il pourra notamment s’agir des disciplines suivantes: médecine interne, neurologie, psychiatrie, pneumologie, orthopédie, uro­ logie, chirurgie spinale. À qui l’assurance peut-elle confier un mandat d’expertise médicale? Selon l’art. 44 LPGA, l’assurance doit con­ fier le mandat d’expertise à un·e ou plusieurs expert·e·s indépendant·e·s. Le mandat d’expertise peut ainsi être attribué à un·e expert·e, un binôme d’expert·e·s ou à un centre d’expertises, en fonction du nombre de disciplines médicales requises. L’expert·e mandaté·e doit être indépendant·e et impartial·e. En particulier, il ou elle doit être distingué·e de l’expert·e interne à l’assurance sociale concernée, qui fournit également des avis médicaux à l’assurance sociale. Comment se déroule la mise en œuvre d’une expertise médicale? Dans un premier temps et conformément à l’art. 44 LPGA, l’assurance doit informer

la personne assurée de son intention de mandater un·e ou plusieurs expert·e·s pour la réalisation d’une expertise et doit lui communiquer le nom de l’expert·e, des expert·e·s ou du centre d’expertise qu’elle entend mandater. L’assurance doit en outre dans un même temps, soumettre à la personne assurée les questions qu’elle entend poser à l’expert·e. Enfin, l’assurance doit informer la personne assurée de sa possibilité, dans un délai de 10 jours, de faire valoir des motifs de récusation à l’encontre de l’expert·e mandaté·e et de faire parvenir d’éventuelles questions complémentai­ res à l’attention de cet·te expert·e. Après nomination de l’expert·e et détermination des questions qui lui seront soumises, le mandat d’expertise est transmis à l’expert·e concerné·e, respectivement au centre d’expertise concerné. En cas d’expertise médicale avec entretien et examen clinique de la personne assurée (par opposition à l’expertise médicale sur dossier) le centre d’expertise ou l’expert·e mandaté·e prend contact avec la personne assurée

afin de fixer le lieu et la date d’entretien. Une convocation lui est adressée à cet effet. Le jour de l’expertise, la personne assurée rencontre l’expert·e mandaté·e dans le cadre d’un entretien et est amenée à répondre à ses questions. Depuis le 1er janvier 2022, tous les entretiens qui ont lieu entre la personne assurée et l’expert·e peuvent faire l’objet d’enregistrements sonores, lesquels sont con­servés dans le dossier de l’assurance sociale. Les enregistrements sonores visent à garantir une procédure correcte et contribuent à la transparence, ainsi qu’à l’assurance de la qualité des rapports d’expertises. Ils permettent en particulier de cla­rifier les faits, dans l’hypothèse où la personne assurée a le sentiment que ses déclarations lors de l’entretien n’ont pas été correctement retranscrites dans le rapport d’expertise. L’enregistrement sonore est toutefois volontaire et la personne assurée peut y renoncer. À la suite de sa rencontre avec la personne assurée, l’expert·e répond aux questions qui lui ont été posées dans le cadre du man­ dat d’expertise et transmet son rapport à l’assurance. Après réception du rapport d’expertise, l’assurance doit également le transmettre à la personne assurée, laquelle doit pouvoir prendre position sur celui-ci et formuler des questions complémentaires si nécessaire. En conclusion En pratique, l’assurance sociale se fonde principalement sur les résultats du rapport d’expertise médicale pour rendre sa décision d’octroi ou de refus de prestations. Ledit rapport d’expertise a dès lors un poids important dans le cadre de la procédure en matière d’assurances sociales. Dès le début et jusqu’à l’issue de la procédure de mise en œuvre de l’expertise médicale, il est dès lors primordial que la personne assurée puisse participer activement à celle-ci, notamment par l’examen de l’expert·e qui sera mandaté·e, du catalogue des questions posées et par la transmission d’une éventuelle prise de position et/ou de questions complémentaires après réception du rapport d’expertise.

Paracontact I Automne 2026 19


MÉDECINE ET SCIENCES

ERGOMÈTRE

À la recherche de la position assise optimale Quelles forces peut-on exercer sur son fauteuil roulant? C’est ce que mesure un appareil innovant, fruit d’une collaboration interdisciplinaire entre plusieurs sociétés du Groupe suisse pour paraplégiques et l’EPF de Zurich. Nadja Venetz

Un fauteuil roulant garantit mobilité, liberté et autonomie – mais entraîne aussi tôt ou tard des problèmes d’épaules. Comment un fauteuil manuel doit-il être réglé pour que la personne qui l’utilise puisse se déplacer le plus longtemps possible sans douleurs? Un ergomètre développé par Orthotec, la Recherche suisse pour paraplégiques (RSP) et l’EPFZ fournit de nouvelles données de mesure. Né de la compétition En 2018, Orthotec a entamé une collaboration avec Sauber Technologies afin de concevoir le fauteuil de course le plus ra-

pide au monde. Ensemble, ils ont créé l’OT Foxx. «Nous voulons nous positionner comme une entreprise innovante», explique Stefan Dürger, directeur d’Orthotec SA. «En même temps, il était clair dès le départ que nous voulions et devions tirer du développement de l’OT Foxx un bénéfice pour toutes les personnes en fauteuil roulant.» Fabian Gafner, aujourd’hui Responsable développement et gestion de produits chez Orthotec, était à l’époque ingénieur chez Sauber. «Nous étions incollables sur la transformation du carbone, mais nous

Installation La roue du fauteuil est remplacée par celle de mesure.

ignorions tout des fauteuils de course», se souvient-il. «Pour savoir quelle quantité de carbone utiliser, nous avions besoin d’informations sur les forces qui agissent sur le fauteuil de course.» Mais il fallait d’abord inventer un appareil capable de mesurer ces forces. C’est ainsi qu’est né l’ergomètre. En collaboration avec Orthotec et la RSP, l’EPFZ a mis au point un premier prototype. Fabian Gafner sourit en repensant au test initial. «Quand Marcel Hug a poussé son fauteuil de course deux ou trois fois, il a détruit l’appareil.» Il fallait donc une structure plus robuste. Le modèle suivant se trouve désormais à la médecine du sport de Nottwil, prêt à effectuer les premières mesures. Mais que mesure exactement cet appareil unique au monde? 1000 points de mesure par seconde Le sujet est installé dans son propre fauteuil roulant – fauteuil de tous les jours, de course ou de rugby – et fixé sur une plateforme. Les roues de son fauteuil sont retirées et remplacées par les roues de mesure de l’ergomètre. Le sujet pousse alors son fauteuil comme à son habitude. Avec plus de mille points de mesure par seconde, l’ergomètre enregistre les forces qui s’exercent sur les deux roues – et ce, dans toutes les directions – ainsi que la puissance transmise au mouvement vers l’avant. En fauteuil de course, l’objectif est de se déplacer le plus vite possible. Mais dans la vie quo-

20

Paracontact I Automne 2026


tidienne, le but est d’utiliser son énergie le plus efficacement possible, et donc de rouler le plus loin possible avec le moins d’effort possible, tout en adoptant une posture qui ménage le corps. La particularité de l’ergomètre réside dans le fait que les roues de mesure sont simplement placées sur le côté du fauteuil et ne sont pas reliées à celui-ci. Cela signifie que, pendant ce contrôle, la position assise du sujet peut être facilement modifiée et que l’on peut voir directement à l’écran comment un changement de position assise agit sur la transmission de la force. Les deux roues de mesure fonctionnent en outre indépendamment l’une de l’autre, afin de détecter les déséquilibres entre les deux côtés du corps.

ne présentant aucun handicap. Or, il est évident que même au sein du groupe des paralysé·e·s médullaires, il existe de grandes différences dans les fonctions corporelles. «Un·e paraplégique a d’autres moyens pour pousser son fauteuil qu’un·e tétraplégique, qui ne peut plus contrôler ses mains ni ses triceps.»

prédisposition de chacun·e, les autres circonstances de la vie, etc . Ce n’est pas parce que nous pouvons déterminer la position assise optimale que les gens ne souffriront plus des épaules.» En tant que scientifique, il souhaite d’abord se pencher sur les données avant de s’avancer. Sous la direction d’Ursina Arnet, un projet de recherche est

L’ergomètre enregistre donc une multitude de données qui doivent être traitées et interprétées. La RSP travaille actuellement à déterminer la durée optimale d’une mesure afin de recueillir des données pertinentes tout en veillant à ce que la procédure reste supportable pour le sujet. De plus, des études supplémentaires sont nécessaires pour définir quelle est la position assise idéale dans un fauteuil roulant. Comment ménager ses épaules? «Depuis que je travaille à la Recherche suisse pour paraplégiques, nous discutons de ce que signifie ‹rouler en fauteuil en ménageant ses épaules›. Réponse: nous n’en savons rien», avoue Wiebe de Vries, expert en sciences du mouvement à la RSP, spécialisé dans la santé des membres supérieurs. «C’est une question de recherche pertinente, car la probabilité que les personnes paralysées médullaires qui utilisent un fauteuil roulant développent des problèmes d’épaules est trois à cinq fois plus élevée que dans la population générale.» La question de la position assise optimale en termes de sollicitation des épaules y est étroitement liée. Des recherches sont certes menées à ce sujet, mais elles se concentrent sur les «mauvais» aspects. «Ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant l’activité musculaire, mais la sollicitation de l’ensemble de la structure, c’est à dire de l’articulation, des tendons et des muscles. Personne n’a encore étudié cela jusqu’ici.» Wiebe de Vries mentionne en outre que 40% des analyses sont effectuées sur des individus

Mesure Les valeurs s’affichent à l’écran.

Le chercheur s’est aussi intéressé au processus actuel d’adaptation individuelle des fauteuils roulants. «Le fait que, ici à Nottwil, tous les services soient au même endroit (médecins, ergothérapeutes et physiothérapeutes) est unique et constitue un gros avantage. Nous ne menons pas nos travaux dans une tour d’ivoire, mais en lien direct avec le quotidien de la clinique.» Il a déposé un projet de recherche afin d’étudier la position assise en lien avec la sollicitation des épaules. Les thérapeutes attendent les résultats avec impatience. Vision d’avenir L’ergomètre peut-il alors contribuer à réduire les problèmes d’épaules? Wiebe de Vries préfère ne pas se prononcer sur la question. «La santé des épaules dépend de nombreux facteurs parmi lesquels l’intensité de leur sollicitation, leur capacité, la

actuellement mené sur ce sujet à la RSP. Stefan Dürger se montre quant à lui bien plus optimiste: «Si nous parvenons à réduire le nombre d’opérations de l’épaule grâce à l’ergomètre, nous améliorerons la qualité de vie et réduirons les coûts de santé.» Pour le moment, ce sont surtout les athlètes qui utilisent l’ergomètre. Il est plus facile de répondre à la question «Comment aller plus vite?» qu’à celle de «Comment gagner en efficacité?» Mais cet appareil suscite un vif intérêt au sein du Groupe suisse pour paraplégiques, ainsi que dans plusieurs universités. À l’avenir, l’ergomètre doit être intégré au processus de rééducation afin de permettre aux personnes de se déplacer plus longtemps sans douleurs en fauteuil roulant. «C’est un projet dont je suis très fier», conclut Stefan Dürger.

Paracontact ParacontactIIAutomne Herbst 2026 21 2026 21


CONSTRUIRE SANS OBSTACLES

HÉRITAGE FAMILIAL

Nous avions ceinture et bretelles

Pour rendre accessible en fauteuil roulant une ancienne ferme datant de 1705 et inscrite au patrimoine bâti, il faut avoir de la chance, des idées, bénéficier de conseils professionnels et d’un soutien financier. La famille Sciboz-Berthoud a réussi à cocher toutes les cases. Sonia Bretteville

Amoureux de la nature, des randonnées en solitaire, de la chasse et des bons gueuletons entre amis, Mélanie, Antoine et leurs fils Achille et Justin, tous deux futurs bûcherons, vivent dans la maison qui leur ressemble. Elle a du caractère, jouit du calme de la campagne fribourgeoise et son intérieur est chaleureux. Les poutres centenaires, les jolies fenêtres qui s’ouvrent sur le jardin, l’immense table de la salle à manger et l’imposant piano de cuisine, tout respire la convivialité dans ce logis de trois étages, rénové en 2014. Qui voudrait quitter un cadre de vie aussi agréable? La question ne s’est d’ailleurs jamais posée, même après le coup du sort qui a frappé l’aîné des deux garçons. Le 6 janvier 2024, Achille, alors âgé de 17 ans, est victime d’une agression qui le rend tétraplégique. Pendant sa longue réédu­ cation à Nottwil puis à Sion, il a fallu organiser énormément de choses, dont son retour dans la demeure de ses ancêtres. Mélanie et Antoine ont accepté les épreuves et la nouvelle réalité avec philosophie, mais ils ont résolu de ne pas changer de vie. Affairés entre leurs obligations professionnelles, les allées et venues en Suisse alémanique – à 170 kilomètres de leur domicile – et les démarches administratives, les époux n’ont pas eu d’autre choix que de prendre le taureau par les cornes. 22

Les fruits de l’anticipation Heureusement, ils avaient été très prévoyants car, en plus de leur affiliation à la Fondation suisse pour paraplégiques, ils avaient souscrit les bonnes assurances. «Comme nous avions ceinture et bretelles, nous n’avons pas eu à faire face à de gros soucis financiers et mesurons notre chance. Dès l’admission d’Achille au Centre suisse

des paraplégiques, lorsque j’ai dit que nous étions donateurs, le système d’aides s’est en­ clenché de lui-même», se souvient Mélanie Sciboz avec reconnaissance. Idées et détermination Mais quand les experts de la FSCMA mandatés par l’assurance-validité (AI) sont ve­ nus visiter le logement afin d’évaluer les

Une solution créative, protection du patrimoine oblige Paracontact I Automne 2026


transformations nécessaires à la mobilité et aux soins d’Achille les points de vue divergeaient. Alors que les conseillers de la FSCMA proposaient d’installer des rampes et un simple monte escalier qui aurait ob­ ligé le jeune homme à changer de chambre – l’éloignant de son frère, lui aussi victime collatérale du cataclysme – et l’aurait empêché de circuler dans l’ensemble de l’appartement, les parents imaginaient ce qui aurait pu se passer en cas d’incendie et comment leur fils, qui ne peut pas se transférer seul, aurait dû être évacué. La seconde proposition con­sistait à installer un ascenseur à l’extérieur de la maison, mais la famille s’est heurtée au refus de l’office de la protection du patrimoine, le domaine étant classé monument historique. Les jours suivant ces échanges relatifs aux diverses options de travaux, Antoine réfléchit, déambulant en pensée dans chaque bâtiment de l’ancienne exploitation agricole. Connaissant les moindres recoins de la propriété familiale, il échafauda quelques idées, bien déterminé à ce que son fils puisse non seulement revenir chez eux en toute sécurité, mais accéder à l’espace des garçons, au deuxième étage de la maison. C’était d’ailleurs le souhait d’Achille: retrouver sa jolie chambre mansardée attenante à celle de son petit frère et se doucher dans leur salle de bains en regardant le ciel à travers le Velux. Accessibilité discrète L’arrivée de Dominik Widmer, architecte à Construire sans obstacles (CSO), un département de l’Association suisse des paraplégiques, a permis de vérifier la faisabilité du concept paternel. Accolées à l’ap­partement, les anciennes écuries de la ferme servaient à recevoir les ami·e·s au retour de la chasse par exemple. Elles étaient spacieuses et sans plafond jusqu’à la charpente de la bâtisse. L’endroit idéal pour intégrer discrètement un ascenseur qui desservirait les deux étages du logement et offrirait la solution la moins invasive, puis­ que seul le mur mitoyen devait être percé pour créer deux entrées, l’une dans le sa­ lon, l’autre dans le couloir menant aux trois pièces de la garçonnière. L’équipe du CSO a étayé et développé le projet d’Antoine, étudié la manière dont la salle de Paracontact I Automne 2026

bains pourrait être rendue accessible, puis les planifications et l’estimation du coût des travaux ont rapidement été achevées. Par chance, la salle de bains existante présentait une superficie assez généreuse pour accueillir une grande douche de plainpied et offrir une agréable surface de rotation avec le fauteuil roulant. Sa transformation comportait aussi l’effacement du seuil de l’entrée et l’installation d’une large porte coulissante. Principaux intéressés, les deux frères ont participé à la conception et à la décoration de leur future pièce d’eau en choisissant notamment les ma­ tériaux et les couleurs. Les travaux furent rondement menés, sous la direction de l’entreprise Isofutur SA, œuvrant en qualité d’entreprise générale, afin de décharger Antoine et Mélanie de cette tâche. Aujourd’hui, ils sont pleinement satisfaits du résultat. C’est aussi le cas des soignant·e·s qui apprécient le confort et l’espace à disposition qui facilitent grandement leur travail quotidien. Autre avantage considérable, en prenant l’ascenseur, ils et elles arrivent directement à l’étage des garçons, peuvent administrer les soins à Achille et l’aider à faire sa toilette, sans déranger les parents qui souvent ne remarquent plus leur venue. Un résultat réussi D’ailleurs, toute la famille est ravie des travaux qui ont été réalisés. Soucieux de préserver le cadre de vie et l’adolescence de Justin ainsi que le cachet de leur maison, les époux ne voulaient en aucun cas qu’elle soit parsemée de moyens auxiliaires souvent inesthétiques. Ils ne considèrent pas l’ascenseur comme un équipement pour personne en situation de handicap, mais plutôt comme une modernisation, offrant une plus-value immobilière, et surtout comme une aide bien appréciable au quotidien ou lorsqu’il faut monter bouteilles et denrées.

Tout porte à croire que le domaine va con­ tinuer à évoluer car les deux jeunes hom­ mes, eux aussi profondément attachés au bien de leurs aïeux, rêvent d’y passer leur vie. Très soutenu par son cercle d’ami·e·s qui l’ont surnommé «Achille le guerrier», l’aîné envisage même d’aménager son fu­

Accès par un ascenseur intégré dans le bâtiment annexe

tur appartement dans l’une des dépendan­ ces. On comprend donc pourquoi Mélanie Sciboz affirme «qu’il aurait été très difficile moralement de changer de logement. Nous avons refusé de rajouter de la peine à la peine.» 23


LOISIRS

DESTINATIONS 2027 Voyage lointain sans soins Curaçao 19–30.10.2027 Vacances actives sans soins Piste cyclable de la vallée de la Kinzig 6–13.6.2027

PARAVACANCES

Se réjouir avant de partir Voyagez avec nous en 2027.

Vous avez envie de passer des vacances actives ou rêvez d’une plage aux Caraïbes? Vous souhaitez plonger dans l’effervescence d’une ville d’Europe ou réaliser enfin une croisière? Pas de problème! Nous vous avons concocté une offre riche et variée dont vous trouverez tous les détails dans le catalogue «ParaVacan­ ces 2027», que nous vous enverrons fin octobre.

24

Croisière sans soins Méditerranée

11–18.4.2027

Voyage urbain sans soins Cologne 4–8.8.2027 Vacances balnéaires sans soins Sud de la Turquie 18–25.9.2027 Croisière avec soins Méditerranée

15–22.3.2027

Voyages régionaux avec soins Magliaso 29.5.–5.6.2027 Allgäu –40 ans 14–18.7.2027 Le Haut-Adige 15–22.8.2027

Et pour titiller votre curiosité, nous vous en dévoilons d’ores et déjà les destinations.

Vacances balnéaires avec soins Égypte (dim–dim) 28.2.–7.3.2027 Grado 5–12.9.2027 Sud de la Turquie 9–16.10.2027 Grande Canarie 6–13.11.2027

Vous pourrez réserver les voya­ ges dès le 9 novem­bre 2026 sur le site spv.ch. Nous sommes à votre disposition si vous avez des questions.

Voyages urbains avec soins Hambourg 24.4.–1.5.2027 Oslo 19–26.6.2027

Contact reisen@spv.ch Tél. 041 939 54 22

Paracontact I Automne 2026


Destinations-phares 2027

CURAÇAO Voyage sans soins

Des vacances aux Caraïbes: une destination paradisiaque. Une mer bleu turquoise, des plages de sable blanc, des palmiers géants et du temps pour soi. Venez réaliser votre rêve et découvrir Curaçao. L’île séduit par son climat chaud, une brise marine rafraîchissante et un mode de vie décontracté qui déteint sur les visiteurs et visiteuses. Sur place, la communauté formée par des personnes aux origines les plus diverses est très ouverte et accueillante. Et puisque vous séjournez dans un lieu idyllique, autant en profiter à fond. Nous avons prévu plusieurs jours de détente et de baignade au bord de la piscine ou sur la plage. La partie accessible à tous de la plage de Mambo Beach n’est qu’à deux pas de notre hébergement. Rien qu’avec cela, vous êtes sûr·e de passer des vacances réussies. Mais ce n’est pas tout: nous avons aussi planifié des excursions qui vous feront découvrir d’autres aspects de cet État autonome du royaune des Pays-Bas. Date 19–30.10.2027 Groupe max. 6 pers. en fauteuil roulant Inclus Vol de Zurich avec KLM (Premium comfort), escale à Amsterdam (AMS), 10 nuits en chambre double avec petit-déjeuner, excursions et transferts

PISTE CYCLABLE DE LA KINZIG

LE HAUT- ADIGE

Voyage sans soins

Voyage avec soins

La Kinzig, rivière allemande qui coule au cœur de la Forêt-Noire, a donné son nom à la vallée que nous allons explorer pendant une semaine. La piste cyclable que nous emprunterons s’étend d’est en ouest. Au programme: 90 km à parcourir, la plupart du temps sans aucune circulation routière. Lors de nos balades quotidiennes, nous traverserons des villages médiévaux et des paysages idylliques. Apportez votre engin de traction ou votre vélo électrique et roulez jeunesse!

Charme méditerranéen, imposants sommets montagneux, villes animées et vie rurale idyllique: voici ce que vous réserve le Haut-Adige. Nous poserons nos valises sur les rives du lac de Caldaro, le plus grand et le plus chaud des lacs du Haut-Adige. Plusieurs jolis sentiers de randonnée sans obstacles longent les rives. De là, vous pourrez admirer les eaux scintillantes, mais aussi les

Le point de départ de toutes nos excursions est Wolfach, une bourgade sortie tout droit d’un livre de contes avec un château imposant, une grande porte et un hôtel de ville richement décoré. La rue principale, à circulation réduite, invite à la flânerie. Tout ce temps passé au grand air va cer­ tainement nous ouvrir l’appétit. Quelle chance d’être en Forêt-Noire! Régalez-vous avec une part du mythique gâteau ou un copieux repas froid dans un Biergarten.

célèbres vignobles et les vergers qui caractérisent le paysage. Des vins raffinés sont en vente dans de nombreux domaines viticoles. Et bien sûr, notre hébergement sert quotidiennement lui aussi d’excellents produits locaux. À quelques kilomètres de Caldaro se trouve Bolzano, la capitale du Haut-Adige. Flânez sous les tonnelles historiques de la vieille ville, offrez-vous un «aperitivo» sur l’une des nombreuses places et rendez visite à une véritable légende de la région: la momie des glaces Ötzi.

Date 6–13.6.2027 Groupe max. 8 personnes en fauteuil roulant Inclus Voyage aller-retour en car, 7 nuits en chambre double avec demi-pension, excursions et transferts

Date 15–22.8.2027 Groupe max. 8 personnes en fauteuil roulant Inclus Voyage aller-retour en car, 7 nuits en chambre double avec demi-pension, excursions et transferts, responsable des soins ParaHelp

Paracontact I Automne 2026 25


ADAPTIVE OUTDOOR MOBILITY

EXORIDE NOUVEAU :

IMPORTATEUR GÉNÉRAL SUISSE

DÉSORMAIS DISPONIBLE EN SUISSE

Liberté. Mouvement. Indépendance.

L'Exoquad V2 vous ramène là où vous voulez être : chemin forestier, rive de lac, neige ou terrain escarpé. ExoRide est l'importateur général suisse – avec conseil personnalisé, essai sur place et atelier intégré. EXOQUAD V2

AUTONOMIE

jusqu'à 50 km

TRANSMISSION

2WD / 4WD

COUPLE

350 Nm

GARDE AU SOL

25 cm

Réservez votre essai. Exposition, conseil, service et atelier chez beic & Lifestyle. ExoRide GmbH · Seestrasse 115 · 9326 Horn 26 +41 71 755 88 77 · info@exoride.ch

Paracontact I Automne 2026 www.exoride.ch


LOISIRS

VOYAGES

ParaVacances Venez découvrir les voyages 2027 de l’ASP pendant la journée ParaVacances. Le 8 novembre 2026, de 13 h 00 à 16 h 00, nous vous donnerons toutes les informations dans le hall du CSP, sans engagement et sans rendez-vous. Dès 14 h 00, l’équipe de voyage de l’ASP présentera la rétrospective des vacances 2026. Il y aura du café et des gâteaux, et les participant·e·s bénéficieront d’un rabais de CHF 50.– sur leur prochain voyage. Nous nous réjouissons de votre visite!

PL AISIR MUSICAL

Dansons à Oensingen Les passionné·e·s de danse, en fauteuil roulant ou non, sont cordialement invité·e·s le 6 novembre 2026 à la soirée dansante inclusive, organisée à la coopérative VEBO à Oensingen. Un souper sera servi à partir de 18 h 00. Ensuite, la musique du Fredy’s Evergreen Trio rythmera la soirée. Venez passer un bon moment avec un délicieux repas, des sons entraînants et des personnes de mêmes affinités.

ADAPTIVE GAMING

Jouer ensemble L’univers des jeux vidéo est riche et haut en couleur – et il doit être accessible à tous et toutes.

Anik Muhmenthaler n’aurait jamais imaginé pouvoir un jour disputer une partie de «Mario Kart». «Je ne suis pas vraiment une gameuse», avoue-t-elle, mais elle était tout de même curieuse de découvrir sur le vif l’événement de gaming organisé par l’ASP. Elle a Cet après-midi-là, Anik a d’abord testé une vérifié au préalable si elle pourrait participer, commande oculaire. «Mais ça n’a pas fonccar la jeune femme ne peut bouger que la tête. tionné pour moi», dit-elle. Les responsables se sont alors mis à bricoler et lui ont insL’objectif de cette rencontre, organisée mi- tallé un joystick manuel à hauteur du menavril à Berne par l’ASP avec deux collabora- ton. «À la fin, nous avons joué à Mario teur·trice·s de ParaWork, était de présenter Kart tous les quatre», raconte-t-elle, ravie. des moyens auxiliaires permettant aux personnes atteintes de graves handicaps phy- Envie de tester différents jeux et manettes? siques de jouer aussi aux jeux vidéo. Passion- Le prochain événement de gaming aura né·e·s de gaming, Jasmin Meier et Jan Bättig, lieu le 17 octobre 2026 à l’Erupt Lounge à ont créé la «Hero Station» au Centre suisse Berne.

BOCCIA

1er tournoi national Le 14 novembre 2026, le premier tournoi de para-boccia aura lieu à la salle de sport de Nottwil.

Manifestations Toutes les informations sur les loisirs: spv.ch/ manifestations Paracontact I Automne 2026

des paraplégiques. Deux consoles équipées de manettes adaptatives sont mises à la disposition des patient·e·s hospitalisé·e·s. «Nous tenions à ce que des personnes extérieures à la clinique puissent aussi essayer les jeux et les moyens auxiliaires; nous nous sommes donc associés à l’ASP», explique Jasmin.

Les joueuses et joueurs pourront découvrir ce sport de précision dans une ambiance conviviale. Les piéton·ne·s sont également les

bienvenu·e·s à ce rendez-vous sportif inclusif. La para-boccia est une discipline passionnante qui permet aux personnes atteintes de graves handicaps moteurs de remporter des succès sportifs. Venez nous rendre visite, participez et découvrez ce jeu d’adresse amusant. 27


LOISIRS

TESTÉ

Chasser les ballons au tir à l’arc

Dans la ville soleuroise de Luterbach, nous avons testé le seul tir à l’arc virtuel de Suisse. Une activité de loisirs inclusive, adaptée aussi bien aux novices qu’aux archers et archères expérimenté·e·s, ainsi qu’aux personnes à mobilité réduite. Janic Binda

Angela a orienté son fauteuil roulant à 90 degrés par rapport à l’écran-cible interactif et se tient prête, arc bandé. Dès que le premier ballon apparaît, elle se concentre, vise, lâche la flèche … et le ballon virtuel est cloué au mur dans un claquement sec. À Bowbox, au lieu de cibles classiques, on tire sur des cibles virtuelles projetées sur un mur en bois. Des capteurs optiques et acoustiques enregistrent l’impact de la flèche et détectent si la cible visée a été touchée. Le tir à l’arc virtuel réagit aux coups

réussis avec des effets visuels: à l’écran, les ballons touchés éclatent dans une explosion de feux d’artifice. Flèche après flèche, les capteurs calculent la précision des tirs et établissent automatiquement un score après cinq essais.

joliment décorées. René, qui a importé cette technique des USA et ouvert l’établissement il y a quelques années avec des

À Luterbach SO, Bowbox comprend deux pistes de tir. Nous en avons loué une pour notre groupe. Les pistes, entourées d’un arsenal de flèches et d’arcs, sont aménagées avec goût dans une ancienne étable et

Tir à l’arc virtuel à Luterbach

BOWBOX

Bowbox à Luterbach propose du divertissement et des compétitions sportives pour des groupes jusqu’à 20 personnes. Tir à l’arc tant pour novices que pour archers et archères confirmé·e·s. Une piste de tir peut être louée à partir de 70 francs de l’heure, selon le nombre de joueur·euse·s et la durée de la séance. Des places de parking sont disponibles. Bowbox Deitingenstrasse 7 4542 Luterbach bowbox.ch

Quelques consignes et les flèches s’envolent déjà vers la cible. 28

Paracontact I Automne 2026


«MOVE ON» Sports de cible: Découvrez les sports de précision à Nottwil

Précision et concentration au tir à l’arc

amis, nous en explique les règles et nous donne les instructions pour manier l’arc et les flèches. Accessible en fauteuil roulant? À la demande de l’Association suisse des paraplégiques, Angela, Silvana, Vera et moimême, donc trois personnes en fauteuil roulant et une piétonne, avons pour mission de tester si le tir à l’arc virtuel est vraiment adapté au public à mobilité réduite. Contrairement aux sports qui exigent de la force musculaire et de la rapidité, le tir à l’arc est un loisir attrayant qui peut être pratiqué sans problème par les personnes en situation de handicap. Grâce à un «mécanisme de déclenchement» fixé au poignet, les personnes avec une fonction manuelle réduite peuvent bander l’arc sans avoir à tenir la corde, et actionner la gâchette avec le menton. Pour maintenir l’arc en place, on peut le fixer à la main par une manchette. Cela permet aux archers et archères qui peuvent fournir assez de force, de bander un arc, de viser et de tirer des flèches. Différents moyens auxiliaires sont disponibles pour pallier les limitations au niveau des mains ou des bras, afin de pouvoir tendre l’arc et viser. Même si le personnel de Bowbox est serviable, l’établissement n’est pas équipé de tels dispositifs, à l’exception du mécanisme de déclenchement mentionné. Il est donc conseillé de rechercher à l’avance l’équipement adapté et, si possible, de le tester. René nous explique, fasciné, qu’ils ont déjà accueilli un visiteur manchot à Bowbox. Il tenait l’arc dans sa main et s’aidait de sa bouche pour bander la corde. Paracontact I Automne 2026

Bowbox n’est hélas pas entièrement sans obstacles. Pour pénétrer dans l’ancienne étable réaménagée, il faut d’abord passer une cour en gravier, puis franchir une marche de 14 cm de haut. De même, les toilettes accessibles en fauteuil roulant ne se trouvent que dans un restaurant situé à quelques minutes à pied de Bowbox. Des travaux de rénovation des sanitaires sont prévus, mais ils ne sont pas faciles à réaliser dans l’ancienne ferme qui abrite Bow­ box. Les visiteurs et visiteuses doivent faire preuve d’un peu de souplesse et auront peut-être besoin de l’aide d’un accompagnant·e. Mais ce n’est pas un problème pour nous, car c’est entre ami·e·s que nous nous rendons à Bowbox, pour partir à la chasse aux ballons.

«On s’amuse vraiment à la Bowbox.» Divertissant et riche en action Très vite, nous touchons les premiers ballons, anneaux et fusées sur l’écran coloré, faisant exploser, tinter et éclater les cibles virtuelles. Nous nous sommes tout de suite pris·es au jeu et le temps a filé à toute allure. «Nous n’avons pas fait que tirer sur des cibles. Les différents jeux étaient très amusants», explique Silvana. La multitude de modes de jeu, y compris le mode multijoueur dans lequel on résout ensemble des tâches de précision, nous a beaucoup plu et nous a donné envie de nous mettre au tir à l’arc. Notre verdict: Bowbox est

Tir à l’arc, boccia ou curling: venez découvrir avec nous les disciplines de tir au Centre suisse des paraplégiques les 30 octobre et 1er novembre 2026. Venez vivre de nouvelles expériences lors de la première édition de «move on» spécial sports de cibles et trouvez votre sport de prédilection. Sans aucune pression, à votre rythme, en prenant juste du plaisir à pratiquer ce sport.

Inscrivezvous

une activité de loisirs divertissante et inclusive, qui devrait rapidement plaire tant aux novices qu’aux archers et archères chevronné·e·s. Alternative Si Bowbox est trop éloigné ou si le tir à l’arc semble trop complexe, nous pouvons recommander la salle de tir à l’arc dans le village de Sempach LU. Outre divers arcs de sport, il est également possible de tirer des flèches d’arbalète et de sarbacane sur des cibles situées jusqu’à 18 mètres. Ces deux dernières disciplines conviennent particulièrement aux personnes atteintes de lésions hautes, car il suffit d’actionner la gâchette ou de souffler dans l’embout. En outre, toute la salle est entièrement sans obstacles.

29


LOISIRS

SEMAINE DE BIEN-ÊTRE

Voyage thématique Andrea Furrer ne tarit pas d’éloges sur cette semaine de vacances passée au bord du lac de Sarnen. Elle en est rentrée détendue et heureuse, avec de nouvelles idées plein la tête. Evelyn Schmid

«En fait, cette semaine n’a été qu’une succession de temps forts.» Andrea Furrer n’a pas besoin de réfléchir longtemps lorsqu’elle se remémore son séjour bien-être. «Chaque journée était parfaitement organisée et j’ai appris beaucoup de choses pratiques.» L’ASP, qui proposait son premier voyage à thème, s’est réjouie qu’il ait affiché complet avec douze participant·e·s. L’expérience comprenait des ateliers sur la relaxation, la nutrition, l’activité physique et la santé mentale.

Le programme de la semaine Chaque journée était dédiée à un sujet particulier. Lundi, la relaxation était à l’honneur, avec une conférence sur les chakras et leur rôle en tant que centres énergétiques. Les couleurs associées aux chakras ont accompagné le groupe tout au long de la semaine et ont alimenté les conversations. «Nous plaisantions pendant les repas en nous demandant quelle couleur nous allions bien pouvoir manger aujourd’hui», sourit Andrea.

«J’avais un peu peur que ce soit trop ésotérique, mais ça n’a pas été du tout le cas», confie Andrea à son retour. Et on la comprend, car le programme comportait des exercices de pleine conscience, de la méditation des chakras ou des techniques de libération émotionnelle. «Mais chaque élément avait été préparé de manière très professionnelle par des intervenantes passionnantes, qui ont tout expliqué pour qu’on puisse pratiquer ces exercices chez soi.»

Mardi, tout tournait autour de la nutrition. Les participant·e·s ont cueilli des herbes sauvages et s’en sont servi·e·s pour préparer le repas de midi. Andrea a été impressionnée par tout ce qu’on peut faire avec seulement quelques ingrédients qui poussent quasiment sur le pas de sa porte. La journée s’est achevée par une présentation des bases d’une nutrition saine.

Le calme au bord du lac

Pour beaucoup, l’excursion facultative au musée en plein air de Ballenberg, le mercredi, était le clou de la semaine. Elle a donné lieu à un échange approfondi au sein du groupe. Jeudi, l’activité physique était au programme – mais pas comme on l’entend habituellement. Intitulé «Jeux et sport pour l’esprit», l’objectif était avant tout d’entraîner le cerveau par des exercices de mémoire ou des tâches de coordination. Enfin, la journée de vendredi était consacrée à la santé mentale. On s’est intéressé

30

aux techniques de libération émotionnelle, qui permettent de réduire le stress et la colère en tapotant et en touchant certaines parties du corps. Bien qu’un peu sceptique au départ, Andrea a été convaincue par ces exercices simples. «C’est incroyable comme ils sont efficaces.» Un cadre idyllique Outre le contenu du programme, l’emplacement de l’hôtel Kurhaus au bord du lac de Sarnen a largement contribué à la réussite de la semaine, créant une atmosphère de calme et de détente. Les vacancier·ère·s passaient souvent leurs soirées près de l’eau et admiraient le coucher de soleil en songeant aux expériences de la journée.

L’évolution au sein du groupe a également été importante. Ce qui, le premier jour, était encore marqué par une certaine la réserve s’est peu à peu transformé en une communauté fondée sur la confiance. «À la fin, nous formions un groupe extrêmement homogène, même si nous sommes tous et toutes très différent·e·s», relate Andrea. «On se sentait accepté tel qu’on est.»

Andrea et son tableau de visualisation

La semaine s’est terminée par la création d’un tableau de visualisation personnel. À l’aide d’images, de couleurs et de symboles, les participant·e·s ont mis par écrit ce qui les anime, les objectifs qu’ils et elles poursuivent et les enseignements qu’ils et elles retiendront de cette semaine. Le tableau d’Andrea est aujourd’hui accroché chez elle. Son regard s’y attarde sans cesse – et avec lui reviennent les souvenirs d’un séjour qui a largement dépassé ses attentes. Paracontact I Automne 2026


LOISIRS

VOYAGE URBAIN

Une visite insolite dans l’incinérateur Un mélange d’innovation, d’architecture et d’histoire, associé à une taille humaine et à une touche de convivialité, fait de Copenhague une destination de voyage idéale. Nadja Venetz

Dans le Rapport mondial sur le bonheur de l’ONU, le Danemark figure toujours dans le top 3. Qu’est-ce qui rend la population danoise si heureuse? Est-ce le «hygge», le fait de savourer les petits plaisirs de la vie avec ses proches? Il était temps d’aller se faire une idée sur place. Début juin, six membres de l’ASP se sont rendus dans la capitale, accompagnés chacun d’un·e soignant·e bénévole. Remo Maag faisait partie du voyage. «Copenhague est une ville magnifique qui a beaucoup à offrir», raconte-t-il avec enthousiasme. Le groupe a visité des musées et des attractions en se laissant porter par le courant. À l’abri du vent «J’ai beaucoup aimé les maisons colorées et l’architecture en général», raconte Anik Muhmenthaler. Copenhague s’est révélée une ville sans obstacles. À côté des chemins pavés, il y avait en général une bande de grandes dalles, parfaites pour les fauteuils Paracontact I Automne 2026

roulants. Et le métro était accessible sans problème, même si ce n’était pas le moyen de transport préféré du groupe. Pour se déplacer, il prenait souvent le fameux «bus du port». Ce ferry urbain circule selon un horaire fixe. «Les bateaux sont dotés d’une grande rampe, ce qui permettait à tout le monde de monter facilement à bord et de voir beaucoup de choses», explique le responsable, Reto Scattolin. Remo Maag ajoute: «Et sur le ferry, nous étions protégés du vent pendant un moment.» Car jour après jour, une forte brise soufflait. «On n’y est pas habitué en Suisse.» Mis à part ce vent constant, le groupe a eu de la chance avec la météo. «Il n’a plu que quelques fois et très brièvement, une demi-heure tout au plus. Le hasard a voulu que nous nous trouvions justement près d’un restaurant à chaque fois», sourit Remo. Un jour, ils ont même trouvé refuge dans un vernissage pour échapper à la pluie. «Et nous avons découvert par hasard une superbe exposition.»

Escapade spontanée à la plage Ce sont d’ailleurs les imprévus qui ont enchanté le groupe. Comme beaucoup avaient déjà assisté à la relève de la garde au château royal de Stockholm, Reto Scattolin a spontanément décidé de supprimer cette activité du programme pour goûter à la douceur de vivre nordique et réaliser combien le Danemark est un pays tourné vers l’eau. Anik Muhmenthaler était ravie de la longue promenade à la plage que le groupe a faite à la place. «Il y avait de jolies passerelles en bois et c’était tellement agréable d’être au bord de la mer.»

L’un des moments forts de Remo Maag a lui aussi été spontané: l’usine d’incinération des déchets, ouverte au public à Copenhague. Reto Scattolin avait plusieurs fois entendu dire qu’une visite en valait la peine, car cette usine est unique en son genre. «Le fait que la ville réfléchisse à la manière dont un bâtiment d’une telle envergure peut être mis au service de tous m’a impressionné», relate Remo Maag. En effet, la haute façade extérieure de «CopenHill» abrite un mur d’escalade, il y a une grande plateforme panoramique avec un café au sommet, et un téléski – oui, un vrai téléski avec une piste artificielle sur laquelle on peut skier toute l’année. «C’est hyper innovant.» Et puis, tout était harmonieux. «J’ai rarement vu un groupe aussi soudé», confie Remo Maag, qui voyage souvent avec l’Association suisse des paraplégiques. Anik Muhmenthaler souligne elle aussi la bonne entente qui régnait entre les participant·e·s: «Nous avons mangé ensemble tous les soirs, ce qui n’était pas vraiment prévu.» Une ville aux multiples facettes, plein de bonnes impressions et une grande convivialité: c’est ça, le véritable «hygge».

31


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

KIDS CAMP

Des rires d’enfants, un esprit d’équipe et un sacré chaos Sport, musique, activités aquatiques et amitiés pour la vie: avec des expériences inoubliables, des tambours, des trompettes et son lot d’émotions, le Kids Camp 2026 au CSP de Nottwil a enchanté 16 familles et illuminé les yeux des enfants.

Nicolas Hausammann

Quand des familles passent ensemble le week-end du Kids Camp au Centre suisse des paraplégiques (CSP), il ne faut pas longtemps pour que les enfants – et leurs parents – forment une communauté soudée. Et c’est ce qui fait la particularité du Kids Camp. À peine arrivés, les bambins ont filé d’atelier en atelier et ont dévalé ensemble la rampe du hall d’accueil. Au bout de quelques heures seulement, on sentait déjà que le courant passait bien! La cohésion qui soudait les enfants était particulièrement impressionnante. Différence d’âge, handicap moteur, origine, niveau sportif: plus rien ne comptait. Ensemble, ils ont rigolé, testé de nouvelles

activités, se sont entraidés et encouragés mutuellement. Le camp offrait le cadre idéal pour nouer de nouveaux contacts tout en gagnant en confiance en soi. Pour de nombreuses familles, c’est précisément cette convivialité et ces échanges qui constituent chaque année l’un des aspects les plus précieux du week-end. Sport, jeux et activité physique Débordants d’entrain, les athlètes en herbe se sont lancés dans les activités et ont découvert le sport en fauteuil roulant. L’atelier tennis animé par Eva Stutzki, entraîneuse nationale de tennis en fauteuil roulant, a été l’un des temps forts du camp. Par des exercices ludiques, elle a initié à ce

sport les jeunes novices, qui ont éprouvé autant de joie à réaliser de beaux échanges que de fierté à viser juste. Quant aux parents, ils ont pu découvrir par eux-mêmes, lors d’une séance de basket fauteuil, à quel point l’univers du sport en fauteuil roulant peut être exigeant et fascinant. Dribbles, passes et rires étaient au rendez-vous – et cette perspective inhabituelle a souvent donné lieu à de nouvelles prises de conscience. Des Olympiades ont conclu cette journée sportive, où il a une nouvelle fois fallu se montrer habile et endurant, avoir l’esprit d’équipe et être un peu chanceux. L’en-

Humour et jeux aquatiques Outre le numéro de clown, la piscine a été la grande vedette.

32

Paracontact I Automne 2026


thousiasme était palpable sur tout le site. Enfants, parents et bénévoles s’encourageaient mutuellement, créant une ambiance électrisante dans la salle de sport du CSP. Enfin dans l’eau Le retour à la piscine en a ravi plus d’un·e. Après une longue pause due aux travaux de rénovation, les jeux aquatiques ont enfin pu reprendre. Une activité qui avait manqué à de nombreux bambins. Leur joie était donc immense. Ils ont pu barboter et éclabousser tout leur soûl. La sensation de légèreté ressentie en flottant dans ou sur l’eau leur a permis de faire de nouveaux mouvements et leur a procuré beaucoup de bonheur.

Le kayak était une autre activité phare. Pleins de curiosité, les enfants se sont aventurés sur l’eau et ont traversé le bassin en agitant des pagaies qui semblaient énormes dans leurs petites mains. Pour certain·e·s, c’était la première initiation à ce sport, pour d’autres, des retrouvailles tant attendues. Jeanloup sème le chaos à Nottwil Mais s’il y a bien quelqu’un qui a volé la vedette à tout le monde ce week-end, c’est le clown Jeanloup. Dès samedi après-midi, dans les ateliers, son humour malicieux et inimitable a provoqué moult éclats de rire. Avec beaucoup de délicatesse, de créativité et de spontanéité, il a tout de suite su séduire les petit·e·s. Qu’il s’agisse de mini-

Orchesterchaos Étienne et Jeanloup ont fait le bonheur des enfants.

surprises, d’intermèdes humoristiques ou d’activités collectives, Jeanloup était partout où les enfants riaient aux larmes. Mais c’est lors de «l’Orchesterchaos» qu’il a fait son grand numéro. Avec la Kammerphilharmonie des Grisons, il a entraîné le public dans un univers fantaisiste, plein de sonorités, d’humour et d’imprévus, et l’a invité à participer. Le concert était public. Près de 400 spectatrices et spectateurs s’étaient rendu·e·s à Nottwil pour assister à «l’Orchesterchaos». Vu des premiers rangs, le spectacle était réellement impressionnant. C’est là que les enfants, les yeux comme des soucoupes, suivaient chaque mouvement sur scène et se laissaient emporter par l’histoire. Ils applaudissaient, riaient, chantaient et vibraient avec les artistes. Jeanloup et Capitaine Étienne ont entraîné le public dans un voyage tumultueux où musique et théâtre ne faisaient plus qu’un. L’enthousiasme était palpable. Petit·e·s et grand·e·s se sont vite laissé·e·s gagner par cette ambiance. Ainsi, à l’instar du sport, la culture aussi rassemble les gens – quels que soient l’âge, l’origine ou la mobilité. «C’était juste merveilleux d’être parmi vous», a déclaré Kurt Bucher, alias Jeanloup, à l’issue du camp. Un super travail d’équipe Derrière un week-end réussi, il y a toujours une équipe solide. Le Kids Camp 2026 en a été un excellent exemple. La collaboration au sein du Groupe suisse pour paraplégiques a une fois de plus fonctionné à merveille. D’innombrables collaborateur· trice·s de l’ASP et du CSP, aux côtés de bénévoles, ont veillé à ce que les familles se sentent parfaitement à l’aise. De l’accueil

Paracontact I Automne 2026

initial à la dernière remise de prix, tout s’est déroulé comme sur des roulettes. L’équipe de bénévoles mérite un éloge particulier. Avec beaucoup d’engagement, de bienveillance et de passion, ces volontaires ont accompagné les enfants tout au long du week-end. Ils et elles les ont assistés lors des activités, les ont motivés, ont veillé à la bonne organisation et ont toujours été à l’écoute de chacun·e. C’est ce mélange de professionnalisme et de proximité humaine qui fait le caractère familial du Kids Camp. Cela va bien au-delà du sport et des loisirs. Il s’agit ici de rencontres, de communauté et du sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. L’édition 2026 a été soutenue par les fidèles partenaires du Kids Camp: la Fondation Acide folique Suisse, Orthotec, SBH Suisse et Cosanum. Bruno Schefer, propriétaire de Cosanum, a été enchanté de sa visite: «Vous faites un travail formidable. Ma femme et moi avons été conquis par la chaleureuse ambiance et les discussions de cet aprèsmidi. C’est formidable de voir ce que la super équipe de l’ASP met sur pied et avec quel entrain les familles participent.» Des souvenirs qui perdurent Lorsque, dimanche après-midi, les derniers sacs ont été bouclés, une chose était sûre: le Kids Camp 2026 aura marqué les esprits. Les enfants sont rentrés chez eux avec des expériences qui les accompagneront longtemps. Les parents ont repris le cours de leur existence avec un nouvel élan. Espérons que l’esprit du Kids Camp imprégnera le plus longtemps possible le banal chaos quotidien de leur vie de famille – peut-être égayée par un soupçon d’humour à la Jeanloup. 33


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

BADMINTON

Nouvel entraîneur assistant Loïc Schneider est entraîneur assistant de badminton depuis juin. À ce titre, il assiste l’entraîneur national Marc Lutz.

PARACYCLISME

12 médailles aux CE Cette force vive supplémentaire va permettre de répon­ dre tant aux exigences élevées qu’au niveau de performance croissant en badminton, et d’accompagner l’équipe vers les Jeux Paralympiques de 2028. Loïc Schneider est employé à 50 %. Son contrat est limité à quatre ans.

L’équipe suisse a brillé par ses incroyables performances qui lui ont valu 12 places de podium aux championnats d’Europe en Italie.

statut de favoris·te en remportant des médailles d’or au contre-la-montre. Benjamin Früh (MH1) s’est lui aussi montré au top en décrochant une excellente troisième place. Lors de la course sur route du deuSport suisse en fauteuil roulant s’est rendu xième jour, les handbikeur·euse·s suisses en Vénétie avec une délégation de neuf ath- ont montré leur très grande forme. Sandra lètes. Au cours de cette saison de paracy- Fuhrer (WH4) et Fabian Recher (MH4) clisme, très fructueuse jusqu’ici, le niveau ont à nouveau raflé l’or. Micha Wäfler sportif a nettement augmenté par rapport (MH3) et Benjamin Früh (MH1) ont chaà la saison précédente, et les ambitions cun obtenu le bronze. tout comme les attentes étaient très hautes. Actuellement, la délégation effectue ses Sandra Fuhrer (WH4), Micha Wäfler (MH3) derniers préparatifs en vue des CM à et Fabian Recher (MH4) ont confirmé leur Huntsville, en Alabama (USA).

AVIRON

Médaille d’or pour Ghiringhelli Claire Ghiringhelli a distancé ses concurrentes à la course de Coupe du monde sur le lac du Rotsee fin juin. Elle a fini l’épreuve en para-skiff à la première place, avec une nette supériorité. La Tessinoise a ainsi assuré à la Suisse – comme l’an passé – la seule médaille d’or de cette Coupe du monde inclusive à domicile. 34

MÉDECINE DU SPORT

Des offres pour tous La médecine du sport propose des offres adaptées à chacun·e: personne en fau­ teuil roulant, piéton·ne, débutant·e, ou sportif·ive aux grandes ambitions. L’offre de la médecine du sport de Nottwil va des bilans de santé complets aux examens et consultations personnalisés. Elle évalue avec vous votre performance phy-

sique actuelle en tenant compte de votre situation personnelle, et vous accompagne de manière compétente et motivante vers la réalisation de vos objectifs sportifs. Toutes les offres de bilan de santé de la médecine du sport sont en ligne. Offres de bilan de santé paraplegie.ch/sportmedizin Paracontact I Automne 2026


AGENDA

Compétitions pour le titre

POWERCHAIR HOCKEY

Champions du monde

Nos athlètes seront en pleine action cet automne, de l’Asie à l’Amérique. CM de tir sportif 7–18 septembre 2026 Changwon KOR Près de 300 athlètes issu·e·s de plus de 50 nations s’affronteront lors des championnats du monde de para-tir sportif en Corée. Pour les Suisses, l’enjeu ne se limite pas aux médailles, mais concerne aussi de précieuses places de quotas pour les JP de 2028. CM de paracyclisme 4–7 septembre 2026 Huntsville USA Après des championnats d’Europe couronnés de succès, les attentes envers la délégation suisse de dix athlètes sont élevées, tout comme ses chances de médailles. Lors des CE, nos athlètes ont dominé la con­ currence. Il s’agit à présent de s’attaquer à la scène mondiale. huntsvilleparaworlds.com

TENNIS

World Team Cup Finals Douze équipes s’affronteront pour le titre à la World Team Cup, du 16 au 19 septembre 2026 en Floride.

Fin mai, l’équipe nationale suisse de ainsi que Noé Spirig, qui a découragé les Powerchair Hockey a battu les Pays-Bas attaquants néerlandais les uns après les en finale par 5:3, remportant ainsi le autres par ses arrêts décisifs en fin de partitre de champion du monde en Finlande. tie, ont mené le match. Une victoire historique pour cette équipe qui monte depuis Seule l’Italie a réussi à faire match nul avec quelques années. Après ce succès, le duo la Suisse. Pour le reste, les adversaires ont d’entraîneurs Rico Romano et Vasco Caprez été largement dominés. En finale, Jan a démissionné. Une nouvelle ère s’ouvre. Schäublin et Khaleq Hassani en attaque,

BASKET-BALL À NOTT WIL

Les femmes à l’honneur Du 13 au 17 octobre, un championnat d’Europe féminin de basket fauteuil de division B aura lieu pour la première fois depuis dix ans.

L’objectif de la Suisse: finir dans le top 7 et obtenir ainsi une qualification directe pour la finale de 2027. Une tâche qui s’annonce ardue.

lètes suisses feront partie de l’équipe internationale mixte «Women of Europe», aux côtés d’athlètes venues de tout le continent. Un projet qui, au-delà du championnat d’Europe, entend susciter l’engouement Le tournoi de Nottwil vise à promouvoir des sportives pour cette fascinante discile basket féminin et à enrichir l’élite euro- pline et organiser une fête du sport avec péenne de nouvelles nations. Les sept ath- un large public.

Paracontact I Automne 2026

35


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

RETRAITE SPORTIVE

La fin d’une époque pour le basket Durant trois décennies, Nicolas Hausammann a œuvré en faveur du développement en Suisse de ce parasport d’équipe ultrarapide. Janic Binda

Il y a 30 ans, Nicolas Hausamman s’est assis pour la première fois dans un fauteuil roulant de basket-ball. Jeune espoir, il a vite quitté le club en fauteuil roulant RC Uster pour rejoindre le RC Kriens. C’est d’ailleurs avec ses coéquipiers de Suisse centrale qu’il a remporté plusieurs titres de champion de Suisse dans une ligue très compétitive. Depuis sa première sélection en équipe nationale en 1999, ce meneur de jeu a marqué de son empreinte le basketball européen.

est recruté par le club le plus titré, le Lahn Dill. Au sein de ce club phare allemand de Wetzlar, Nicolas Hausammann a remporté le championnat d’Allemagne en tant que titulaire de son équipe. Au niveau européen, aux côtés des détenteurs de l’or paralympique, il s’est hissé jusqu’en finale de la Coupe des champions, le Saint Graal du basket fauteuil. Ses aventures internationales en Allemagne et en Italie ont inspiré toute une génération de jeunes athlètes qui ont suivi ses traces et ont profondément transformé le basket-ball en fauteuil roulant de notre pays. Mais avant de devenir un modèle, il en a bavé. Nicolas Hausammann se souvient de ses premiers contacts avec le ballon à la clinique universitaire de Balgrist où il suivait sa rééducation. Tétraplégique incomplet, il pouvait alors seulement tourner la tête. On imagine combien d’heures d’entraînement il lui a fallu avant de le lancer dans le panier. «Mais déjà à l’époque, le sport était le moment fort de la semaine», explique le vétéran. «La sensation de ne faire qu’un avec les autres joueurs et le ballon, c’est comme voler, et ça reste tout bonnement unique.» Sa passion se ressent encore aujourd’hui.

Un modèle Nicolas Hausammann

L’exactitude de ses tirs à mi-distance et la précision de ses passes ont permis à l’équipe de Suisse de rejoindre l’élite européenne. Son talent ne passe pas inaperçu et, en 2008, ce meneur de près de deux mètres 36

Le stratège au bord du terrain Après le premier maintien de l’équipe nationale en division A à Francfort, Nicolas, devenu père de famille, a changé de perspective et a pris place à côté des entraîneurs. Depuis le bord du terrain, il a encouragé une jeune équipe nationale regorgeant de talents, qui a réussi à s’imposer au plus haut niveau européen. Un

exploit incroyable pour la Suisse qui n’a même pas de ligue professionnelle de basket-ball. Même lorsque ce stratège du ballon orange a repris la compétition, il n’a pu se défaire de son rôle d’entraîneur. Grâce à son doigté et à son expérience, il a mené, en tant qu’entraîneur-joueur, les Pilatus Dragons à plusieurs titres de champions de Suisse et l’équipe nationale dans le top 10 européen. Un nouveau chapitre Après 16 CE, 20 titres de champion de Suisse et 18 victoires en Coupe de Suisse, Nicolas Hausammann a disputé ses derniers matchs internationaux et remporté son ultime titre de champion de Suisse avec les Pilatus Dragons – des moments émouvants pour la famille helvétique du basket fauteuil. «Nico est le pionnier du nouveau basket-ball en fauteuil roulant suisse et il laisse un grand vide», déclare Walter Spuler, son coéquipier de longue date, après son dernier match européen. Nicolas Hausammann est et restera l’un des plus grands visionnaires du basket-ball en fauteuil roulant suisse. En tant que modèle sportif, entraîneur national et responsable de la promotion de la relève, il a contribué pour une large part à la professionnalisation de ce sport et au paysage actuel du parabasket-ball en Suisse.

La famille du sport en fauteuil roulant remercie Nico tant de sa passion contagieuse pour le basket fauteuil que de son engagement de plus de 30 ans, et lui souhaite d’innombrables et inoubliables moments de bonheur dans son nouveau rôle d’entraîneur des jeunes à l’Alte Kanti d’Aarau. Paracontact I Automne 2026


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

laire progressive est une technique de détente qui consiste à contracter puis à relâcher consciemment les groupes musculaires.

JEUX INTERCENTRES

Jeux, plaisir et sport Quatre cliniques de rééducation, une journée commune: les Jeux Intercentres proposent un programme varié à 42 patient·e·s de Nottwil, Bâle, Sion et Zurich. Peter Birrer

Une balle rouge roule sur le sol et s’arrête pile à l’endroit voulu par le joueur. Sa tentative lui rapporte quatre points et un sourire satisfait se dessine sur son visage. Ailleurs, sur une table de ping-pong, deux participants tentent de faire durer l’échange le plus longtemps possible. Dans le local technique, un groupe tend l’oreille pour reconnaître différents bruits et les identifier: Est-ce une porte de garage? Une porte d’ascenseur? Ou tout autre chose? Les Jeux Intercentres sont un événement très prisé qui a lieu depuis de nombreuses années. Derrière cette initiative se cachent les quatre cliniques de rééducation CSP Nottwil, REHAB Bâle, CRR Sion et Balgrist Zurich. Elles ont créé une offre commune alliant jeux, plaisir et sport pour les patient·e·s hospitalisé·e·s – la journée est organisée chaque année par un centre différent. En fauteuil roulant de course Cette année, c’est au tour du CSP de Nott­ wil d’accueillir la rencontre. Amélie Fetzer, thérapeute du sport au Centre suisse des paraplégiques (CSP), est en charge de l’or-

ganisation. Elle peut compter sur le savoir-faire et le soutien de l’Association suisse des paraplégiques. Une équipe dévouée de 19 bénévoles et de 19 accompagnant·e·s permet à 42 paralysé·e·s médullaires de profiter d’un programme riche et varié.

Gagner en confiance Les Jeux Intercentres donnent envie de faire de l’exercice et présentent différentes options sportives. Par la suite, il n’est pas rare que certain·e·s participant·e·s deman­ dent d’ailleurs à tester à nouveau le fauteuil de course. Georgina Howard, une Anglaise de 56 ans devenue paraplégique depuis un accident lors d’une partie de polo, a découvert plein de nouveautés en à peine quel­ ques heures: «J’ai gagné en confiance pour pouvoir pratiquer à l’avenir des activités sportives, malgré mes limitations», témoi­ gne-t-elle. Elle apprécie particulièrement les échanges avec les autres personnes en fauteuil roulant. «Nous avons pris beaucoup de plaisir ensemble.»

Les retours sont extrêmement positifs, et pas que du côté des participant·e·s. Une accompagnante du REHAB Bâle, par exemple, confie après coup: «Ce que nous avons pu vivre m’a émue aux larmes.»

Après les mini-olympiades de la matinée et leurs activités réparties sur six ateliers différents, les participant·e·s peuvent s’essayer à la course sur piste dans un fauteuil haut de gamme, sous la supervision de l’entraîneur Paul Odermatt. Samuel, 34 ans, qui a saisi l’occasion, est ravi. «C’est génial», s’exclame ce Bernois qui vit avec une paraplégie incomplète après un accident de parapente. «J’aime les sports d’endurance et je me vois bien m’entraîner davantage avec un fauteuil de course.»

Bonne ambiance pour Georgina Howard

Le rugby fauteuil, les jeux en fauteuil de sport, la danse et divers types de vélos font aussi partie du programme de l’aprèsmidi, tout comme la visite au ParaForum, l’espace visiteurs de la Fondation suisse pour paraplégiques, ou encore la découverte de la «RMP». La relaxation muscu-

Amélie Fetzer conclut: «La journée a été une réussite sur toute la ligne. Nos efforts en valaient largement la peine.» L’histoire des Jeux Intercentres s’est enrichie d’un beau chapitre. Et le prochain s’écrira en 2027, à Sion.

Paracontact I Automne 2026 37


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

FORMATION

Élargir ses horizons Veronica Conceição a suivi une formation de monitrice Sport+Handicap en polysport. Comme elle occupe des fonctions importantes dans le Powerchair Hockey, elle en a tiré un grand profit. Peter Birrer

La scène appartient à Veronica Conceição. Pendant 20 minutes, c’est elle la boss. Dans l’ancienne salle de sport de Macolin, un samedi d’été, elle s’exerce à donner un entraînement dans un domaine qu’elle maîtrise parfaitement. Cette quadragénaire a pratiqué pendant des années le Powerchair Hockey au plus haut niveau. Elle a préparé des exercices visant à développer une sensibilité pour ce sport au rythme effréné. Elle montre comment manier la crosse et la balle, et exécute un slalom parfait avant de laisser le groupe essayer – les piéton·ne·s présent·e·s prennent alors place dans des fauteuils roulants. Veronica observe attentivement, félicite et corrige. Un

participant sort particulièrement du lot: Nelson Braillard. C’est le compagnon de Veronica, mais aussi son coéquipier de longue date – et l’un des piliers de l’équipe nationale, qui a contribué à façonner le Powerchair Hockey en Suisse. Acquisition de compétences Cette séance fait partie du dernier module de formation des moniteur·trice·s esa en polysport de Sport+Handicap EDUCATION. Les apprenant·e·s acquièrent les compétences nécessaires pour diriger des cours de sport destinés aux adultes. Le parcours de formation suit les consignes du programme Sport des adultes Suisse (esa) de la Confédération.

Cours de sport Veronica Conceição donne des instructions. 38

Veronica a découvert sa passion pour le Powerchair Hockey à l’adolescence. Elle était si douée qu’elle a rejoint l’équipe nationale, mais aussi un club de ligue allemande. Alors qu’elle jouait au Torpedo La­ den­burg à Heidelberg et que l’entraîneur était un jour empêché, elle a pris le relais avec trois collègues expérimentés. À quatre, ils ont planifié des séances d’entraînement et défini des orientations tactiques. Pour cette Zurichoise d’origine qui vit aujourd’hui à Lausanne, cette tâche n’était pas pesante. Bien au contraire. Elle y a pris tant de plaisir qu’elle a décidé de s’inscrire à la formation des moniteur·trice·s en poly­ sport. En tant que présidente de la commission technique de la ligue de Power­ chair Hockey, Veronica est coresponsable du développement et de l’orientation stratégique de ce sport. En outre, en sa qualité de manager de l’équipe, elle coordonne les aspects organisationnels et sportifs de la sélection nationale. Fin mai, elle a fêté avec ses coéquipier·ère·s le titre de champion du monde en Finlande. Elle ne suit pas cette formation à Macolin dans l’espoir d’obtenir un poste d’entraîneuse. Elle souhaite plutôt acquérir des compétences qu’elle pourra mettre à profit dans ses fonctions d’officielle. «Je peux appliquer ce que j’ai appris dans mes tâches organisationnelles, techniques et stratégiques», explique la comptable. Autoréflexion et retour d’information À la fin du cours de 20 minutes à Macolin, c’est l’heure de l’autoévaluation: Qu’est-ce qui s’est bien passé? Où y a-t-il un potentiel d’amélioration? Quels objectifs ai-je atteints?

Elle reçoit ensuite un retour d’information tant de la part des participant·e·s que de Nadja Sigrist, l’une des responsables de cours. Celle-ci souligne la structure claire de la séance et l’organisation irréprochable sur le terrain. Elle estime toutefois que les consignes pourraient être améliorées: les instructions pourraient être données d’une voix plus forte. Veronica acquiesce. Elle est reconnaissante pour ces suggestions. Après trois jours, elle rentre chez elle, ravie: «J’ai pu encore enrichir mon bagage.» Paracontact I Automne 2026


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

CURLING

Une recrue chevronnée Bastian Wyss est entraîneur assistant du cadre national de curling depuis un an. Il a dû se familiariser avec les particularités de la variante en fauteuil roulant. Janic Binda

Contrairement au «curling piéton», il n’est plus possible d’influencer la trajectoire de la pierre après le lancer, car il n’y a pas de balayage en curling en fauteuil roulant. Le skip attend donc de son équipe qu’elle fasse preuve d’autant plus de précision et de force mentale. Tactique, risque et stratégie Bastian Wyss, entraîneur assistant du cadre national suisse depuis l’an dernier, a dû se familiariser avec ces particularités du curling en fauteuil roulant. Grâce à sa formation à Macolin, le Bernois s’est tourné vers cette discipline et encadre à présent l’équipe nationale aux côtés de l’entraîneuse Katja Schweizer.

Par le passé, il était un jeune talent de Swiss Curling; aujourd’hui, il entraîne la relève et commente les championnats d’Europe et du monde de curling. Bastian Wyss connaît la piste et ses pierres sous toutes leurs facettes. «La tactique dans le curling et l’évaluation des risques entre le meilleur et le pire cas de figure me fascinent», explique ce passionné d’échecs. «Comme les pierres sont lancées avec le bras depuis un fauteuil roulant, leur vitesse est limitée. Les ‹take-outs› (ou sorties), tels qu’on les connaît dans le ‹curling piéton›, sont donc plus rares et plus difficiles à réaliser. La stratégie et l’anticipation des risques doivent être adaptées en conséquence. Ces aspects stratégiques font partie de mes points forts, ce qui me permet d’apporter dès à présent un soutien ciblé à l’équipe», poursuit-il avec enthousiasme.

Même si le curling est complexe sur le plan tactique, il ne faut pas grand-chose pour disputer un match: une patinoire sans obstacles, un bâton de curling pour pousser les pierres et, bien sûr, des coéquipiers et coéquipières. On peut sans problème pratiquer cette discipline de manière inclusive avec des piéton·ne·s. Il suffit d’adapter légèrement les règles. C’est un sport pour tous les âges, qui ne repose pas juste sur la force musculaire, mais qui exige beaucoup de finesse, d’esprit d’équipe et d’habileté. Coup d’envoi du grand tournoi Bastian Wyss et l’équipe nationale suisse sont en plein préparatifs pour les championnats du monde B, qui se tiendront en novembre en Finlande. Objectif: se qualifier en finale afin de retrouver une place parmi l’élite mondiale de catégorie A. Ambitieux, mais pas irréaliste, comme le sait Bastian Wyss. «En Suisse, les compétences et les athlètes licencié·e·s sont rares. C’est un défi de taille que de se mesurer à l’élite internationale. Nous avons besoin de personnes clés dans le domaine de la formation pour développer ce sport et susciter l’enthousiasme chez les athlètes potentiel·le·s. Ce n’est qu’ensuite que les structures du cadre national et du développement des athlètes pourront prendre effet», estime Bastian Wyss.

D’ici la fin de l’été, une équipe solide doit être sélectionnée pour les CM. Outre une équipe mixte de quatre, une équipe de double mixte composée d’un joueur et

d’une joueuse participera aussi aux prochains CM. Ce ne sont pas tant les qualités de jeu qui sont déterminantes que les aptitudes relationnelles. Il faut faire preuve de finesse lors de la composition de l’équipe afin d’obtenir de bons résultats. En septembre, l’équipe sélectionnée par Katja Schweizer et Bastian Wyss fera ses premières expériences à Wetzikon et, espérons-le, remportera des victoires. Croisons les doigts!

TOURNOI L’élite du curling à Wetzikon Du 16 au 18 octobre 2026, des équi­ pes d’élite venues de toute l’Europe s’affronteront au Curling Center de Wetzikon. C’est à la fois l’un des plus grands tournois européens de curling en fauteuil roulant et une étape importante pour l’équipe nationale suisse en vue des championnats du monde B. Venez découvrir l’univers straté­gique du curling. Toutes les infos sur le tournoi iwct.ch

Paracontact I Automne 2026 39


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

WAKEBOARD

Une vague d’adrénaline

Les cinq participant·e·s voulaient vivre une nouvelle expérience et n’ont pas été déçu·e·s: faire du wakeboard s’est révélé grisant. Nadja Venetz

«Plus vous vous penchez en arrière, moins vous êtes stables», explique Christophe, le moniteur. Les cinq élèves écoutent attentivement tandis que Christophe et Pascal leur montrent, sur la terre ferme, ce qu’il faudra ensuite reproduire sur l’eau. On sent un brin de nervosité, mais aussi beaucoup d’impatience. Nous assistons au tout premier cours de wakeboard organisé par «Swiss Sitwake». «Avec notre association, nous souhaitons 40

faire connaître ce sport en Suisse et créer une communauté», confie Léonie. Mais c’est pourtant en France que nous nous retrouvons. «Il n’y a rien de comparable en Suisse», estime Christophe. Les trois fondateurs de l’association viennent souvent ici. «Les gens sont très sympas et pas compliqués. Et le parc est assez accessible en fauteuil roulant.» L’East Park, situé à Bartenheim en Alsace, se trouve à un peu moins de 15 km de Bâle.

La plupart des participant·e·s ont fait un trajet de près de deux heures, voire plus, en voiture. L’envie de vivre une nouvelle expérience les unit, plus forte que tout. Monika, Silvia et Tobias se sont même inscrit·e·s au cours du lendemain. Autant ne pas faire les choses à moitié. Comme au ski Avant l’entrée dans l’eau fraîche, Christophe, Léonie et Pascal préparent les planches. Ce sont des wakeboards classiques équipés de Paracontact I Automne 2026


coques d’assise, comme on en trouve au ski. Et les moniteurs sont eux aussi issus du monde du ski. Christophe et Pascal, tous deux athlètes du cadre en ski alpin, se sont découvert une nouvelle passion sportive dans le wakeboard (cf. Paracontact 2/26, p. 38). Un téléski nautique tire les personnes, qui s’accrochent fermement à une poignée, à près de 30 km/h en suivant un rectangle au-dessus du lac artificiel. Dans l’eau se trouvent des éléments en plastique blanc qui servent d’obstacles pour effectuer des sauts et des figures. «Si vous restez toujours juste en dessous du câble, vous ne les toucherez pas. Et en cas de doute, vous pouvez toujours lâcher prise», explique Pascal. Comme le téléski suit un parcours rectangulaire au-dessus du lac, il y a quatre virages à négocier. «Prenez votre élan et déplacez le poids de votre corps, comme au ski. Les wakeboards flottent. Vous ne pouvez pas couler», poursuit le skieur. Manuela est sceptique: «L’eau, ce n’est pas trop mon élément.» Des départs réussis Équipé·e·s d’un casque et d’un gilet de sauvetage, nos boardeurs et boardeuses se transfèrent sur les wakeboards puis attendent sur une plate-forme que le téléski les tracte sur l’eau. Se pencher légèrement en avant, tendre les bras, s’agripper et c’est parti! Sans exception, tout le groupe réussit son départ depuis la plate-forme dès le premier essai. Ce qui n’est pas du tout évident. Christophe est fier de ses proté-

ASSOCIATION SWISS SIT WAKE Swiss Sitwake organise deux fois par an un cours ouvert au public. Les dates sont publiées dans le calendrier des manifestations de l’ASP. L’adhésion à l’association coûte CHF 20.– par an et permet de parti­ ciper aux cours à un prix réduit. Contact Christophe Damas mail@christophedamas.ch

gé·e·s: «Le départ, c’est le plus difficile. Tout le monde a vraiment assuré.» Certains élèves enchaînent les passages comme s’ils avaient fait cela toute leur vie. Néanmoins, d’autres se font éjecter de manière spectaculaire. Celles et ceux qui tombent à l’eau sont récupéré·e·s par un bateau et ramené·e·s sur le pont. «C’est trop génial!», s’écrie Rolf, visiblement ravi, après ses premiers essais. À chaque départ réussi, à chaque virage maîtrisé, la confiance en soi grandit et incite à tenter ses premières figures, comme glisser d’une seule main ou se pencher fortement dans les virages. Pour chacun·e, c’est une première. Rolf et Silvia ont toutefois déjà une expérience du ski nautique. Cela y ressemble un peu, mais ce n’est pas la même chose, comme en témoigne Silvia: «En ski nautique, on suit le bateau. Les virages sont annoncés et on les prend en larges courbes.» Au parc de wakeboard, en revanche, c’est à elle de décider quand amorcer un virage. Le quatrième virage, près de la plate-forme de départ, est très serré et requiert un timing parfait. Au bout de deux heures, le créneau réservé par le groupe est écoulé. «J’ai mal aux mains», constate Tobias. Ce qui semble facile exige en réalité de la force dans les mains et les bras, et seules les personnes avec une bonne fonction manuelle et de la force dans les bras peuvent pratiquer ce sport. «Peut-être trouverons-nous un jour un moyen de permettre aux personnes ayant une faible préhension de s’accrocher à la poignée, comme en musculation», suppose Christophe. Mais ce n’est pas pour demain. Pendant que les bénévoles rapportent le matériel, les participant·e·s regagnent leurs fauteuils roulants. Je croise des regards fatigués, mais heureux. «On s’est vraiment éclatées», déclare Monika, qui s’est laissée convaincre par son amie Silvia de tenter l’aventure. Les deux femmes se réjouissent déjà de la suite prévue le lendemain. Tobias aussi a hâte d’être à demain et se fixe un objectif: «Je veux absolument sauter pardessus un tremplin.»

Le groupe vient-il de se découvrir un nouveau passe-temps? Malgré tout leur enthousiasme, la plupart font signe que non. «Je n’ai pas la place pour un cinquième hobby», regrette Tobias. Même aveu de la part des autres. Mais il ne faut jamais dire jamais.

Initiation sur la terre ferme

Entrée dans l’eau depuis le pont

Bonne préhension requise

Paracontact I Automne 2026 41


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

CENTRE NATIONAL DE PERFORMANCE

Réorganisation Le Centre national de performance pour le sport en fauteuil roulant (CNP) a une nouvelle structure organisationnelle depuis cette année. Son objectif reste inchangé. Marco Bruni

Créé en 2018, le Centre national de performance de Nottwil a donné un formidable élan à la professionnalisation du sport en fauteuil roulant. Depuis, des ajustements ont régulièrement été apportés afin d’optimiser les processus. L’idée de base est restée la même au fil des ans: les athlètes sont au cœur de toutes les activités. En outre, le travail quotidien continue de s’appuyer sur les principes éprouvés qui ont contribué au succès du CNP ces dernières années. Davantage de personnel Le principal changement concerne le renforcement ciblé des ressources humaines. Grâce aux moyens supplémentaires accordés à l’ASP par la Fondation suisse pour paraplégiques (cf. Paracontact 1/26, p. 10)

et dédiés aux projets sportifs, les pourcentages de poste existants ont pu être augmentés et de nouvelles fonctions créées. Cela permet de professionnaliser davantage l’encadrement des athlètes et de l’adapter aux exigences croissantes du sport de compétition. Une attention particulière est accordée à l’équipe de soutien interdisciplinaire, dont la visibilité sera encore renforcée à l’avenir. Celle-ci englobe tout le département Sport de compétition ainsi que les expert·e·s de la médecine du sport. La collaboration étroite entre les entraîneur·euse·s, la médecine du sport, l’athlétisme, la psychologie du sport, la nutrition et d’autres divisions spécialisées constitue depuis des

Un accompagnement optimal sur le chemin vers l’élite 42

années l’un des atouts majeurs du CNP et est à présent ancrée plus clairement sur le plan organisationnel. Grâce aux moyens alloués en sus aux projets sportifs, les ressources consacrées aux entraîneur·euse·s peuvent bénéficier d’un pourcentage de poste de 490. De plus, un pourcentage de poste de 140 a été créé ou renforcé dans l’entraînement athlétique, la nutrition sportive et la psychologie du sport. À cela s’ajoute un accompagnement en physiothérapie pouvant atteindre un pourcentage de poste de 80, afin de soutenir les athlètes de manière encore plus ciblée dans l’entraînement, la rééducation et la prévention. Structure adaptée Outre ces ressources humaines supplémentaires, le CNP s’est vu doter d’une nouvelle structure de trois niveaux. Le niveau stratégique relève désormais de l’ASP et est piloté par Laurent Prince, son directeur, ainsi que par Peter Läuppi, chef du département Sport suisse en fauteuil roulant (SSFR) et loisirs. Le niveau tactique, subordonné à celui-ci, est dirigé par Andreas Heiniger, chef Sport de compétition, en collaboration avec Marco Bruni, chef Développement des athlètes, Fabian Ammann, chef Diagnostic et performance de la médecine du sport à Nottwil, et Stefan Dürger, directeur d’Orthotec. Le niveau opérationnel regroupe l’ensemble du personnel actif, des entraîneur·euse·s de tous les sports de compétition ainsi que les expert·e·s de la médecine du sport de Nottwil. Au sein de SSFR, le CNP acquiert ainsi une importance encore plus grande en termes d’organisation et de stratégie.

L’offre des prestations destinée aux athlètes reste fidèle à la vision initiale du Centre national de performance pour le sport en fauteuil roulant. Parallèlement, cette offre n’a cessé de s’étoffer ces dernières années et a été adaptée aux besoins du sport de compétition moderne. Le CNP poursuit ainsi son objectif d’accompagner au mieux les athlètes sur le chemin du succès national et international, et de leur offrir un environnement professionnel et interdisciplinaire propice à leur développement sportif. Paracontact I Automne 2026


SPORT EN FAUTEUIL ROULANT

fectuer des classifications internationales sur place facilite la promotion de la relève. «Nos athlètes n’ont pas besoin de parcourir le monde dès l’âge de douze ou quinze ans», explique Andreas. Au lieu de cela, ils et elles peuvent très tôt goûter à l’ambiance de la compétition mondiale dans leur propre pays – un avantage inestimable. Pour de nombreux juniors qui font leurs premiers pas sur la scène internationale, les ParAthletics constituent un moment sportif fort. «Il faut des objectifs vers lesquels s’entraîner», ajoute Andreas.

PARATHLETICS 2026

Nottwil fait sensation Partis d’un meeting ambitieux, les ParAthletics sont devenus l’une des manifestations sportives les plus importantes au monde et un moteur pour le sport en Suisse. Evelyn Schmid

La toute première édition s’est déroulée il y a treize ans à la Sport Arena de Nottwil. Désormais, les ParAthletics sont un pilier de la série du Grand Prix en huit étapes organisée par World Para Athletics. Chaque année, cet événement attire l’élite mondiale à Nottwil. En 2026, près de 450 athlètes venu·e·s de tous les continents y ont participé, dont 24 Suisses. Un statut unique en Europe En 2026, les ParAthletics étaient la seule épreuve européenne de la série, propulsant Nottwil au rang de rendez-vous incontournable du continent. «L’élite vient ici car nous avons l’une des pistes les plus rapides au monde», explique Andreas Heiniger, chef Sport de compétition à l’ASP. «Les conditions climatiques idéales, l’organisation de grande qualité et le rayonnement international font du meeting à Nottwil un pôle d’attraction planétaire.» Andreas souligne que les athlètes choisissent leurs participations au Grand Prix de manière ciblée: «Ils et elles savent que chez nous, les processus fonctionnent parfaitement, que les trajets sont courts, qu’il y a une bonne infrastructure et qu’il règne une ambiance motivante pour réaliser des top performances.»

Un nouveau comité d’organisation Il y a aussi des raisons structurelles à ce que Nottwil soit le seul Grand Prix européen. De nombreux pays se heurtent à des coûts élevés, à un manque d’infrastructures ou de ressources. «L’effort est considérable», estime Andreas Heiniger. Les stades sont coûteux, les exigences de la fédération internationale élevées, et de nombreux clubs n’ont pas les moyens nécessaires. Nottwil, en revanche, bénéficie d’un réseau solide – un avantage décisif pour la pérennité du meeting.

Dans le même temps, il met en garde contre les défis à venir. «L’an prochain, les CM auront lieu deux semaines après les ParAthletics prévus fin mai, ce qui pourrait compromettre la participation de plusieurs nations. Par ailleurs, l’année précédant les Jeux Paralympiques, il est crucial que les sportifs et sportives d’élite puissent réaliser de bons chronos sur notre fameuse piste afin d’avoir des chances de se qualifier pour Los Angeles 2028.» Andreas est donc en contact avec d’autres nations afin qu’une rencontre de haut niveau puisse à nouveau avoir lieu à Nottwil.

L’édition 2026 a innové: pour la première fois, le comité d’organisation était entièrement composé de collaborateur·trice·s du Groupe suisse pour paraplégiques (GSP). Cette nouveauté renforce la base organisa­ tionnelle et souligne les enjeux stratégiques de la manifestation pour le GSP. La responsabilité partagée crée de la valeur ajoutée et montre que Nottwil est prête, à long terme, à assumer un rôle majeur dans le handisport international. Moteur du développement national L’événement revêt aussi une importance capitale pour la Suisse. La possibilité d’ef-

Infos sur les performances 2026 parathletics.ch

Paracontact I Automne 2026 43


DIVERS

SWITZERLAND 2038

LA COMMUNAUTÉ

MODE

Le Conseil fédéral et les Jeux d’hiver

Échanges via Whatsapp

Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver doivent se dérouler en Suisse en 2038. Le Conseil fédéral apporte son soutien à ce projet.

«More is Possible» lance une communauté Whatsapp afin de permettre aux personnes paralysées médullaires d’échanger facilement.

Sur le catwalk

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 22 juin 2026, le ministre des Sports, Martin Pfister, a présenté le message du Conseil fédéral qu’il soumet au Conseil national et au Conseil des États, en vue des délibérations sur la candidature de la Suisse aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2038. Dans son allocution, il a assuré Switzerland 2038 de son appui. Le Conseil fédéral voit dans cet événement sportif d’envergure de belles opportunités pour la Suisse. Laurent Prince, directeur de l’ASP et aussi vice-président de l’association Switzerland 2038, souligne: «Les Jeux constituent aussi une formidable chance pour l’inclusion. Les thèmes de l’accessibilité, de la participation à la vie sociale et sportive ainsi que de la visibilité des personnes en situation de handicap sont portés par ce projet tourné vers l’avenir.» Cette décision représente une étape majeure pour le projet et envoie un signal très positif en vue des prochaines étapes politiques. La candidature devra ensuite être examinée par le Conseil national et le Conseil des États à la session d’automne et à la celle d’hiver. Vers la candidature switzerland2038.com 44

«More is Possible», ce sont quatre personnes concernées qui se sont rencontrées lors de leur rééducation primaire au Centre suisse des paraplégiques. Grâce à leur plateforme, elles souhaitent diffuser de nouvelles connaissances sur la paraplégie et mettre en relation les personnes lésées médullaires.

ADAPT by SPF a montré, lors du plus grand défilé de mode de Suisse, comment la mode adaptative allie style et fonctionnalité. ADAPT by SPF participait pour la quatrième fois au salon Mode Suisse & Friends à Zurich. La marque a présenté des tenues conçues par des créateur·trice·s de mode suisses et des personnes en fauteuil roulant, afin de renforcer la visibilité et la participation de ces dernières dans le monde de la mode.

Inscrivez-vous, participez aux discussions et proposez vos sujets. Le groupe est géré et animé par les quatre fondateurs. Rejoindre le groupe more-is-possible.com (Communauté)

ENREGISTRER LES BRUITS INTESTINAUX

Gestion intestinale Vous voulez mieux comprendre votre in­ testin? En collaboration avec le Centre suisse des paraplégiques, l’entreprise de santé Digehealth a mis au point un appa­ reil portable qui enregistre les bruits in­ testinaux. Grâce à l’intelligence artificielle, ces données doivent fournir des informations sur l’activité intestinale et contribuer à mieux traiter les troubles fonctionnels intestinaux. Aideznous à perfectionner cet appareil. Pendant

deux semaines, vous le porterez autour du ventre, sauf sous la douche et pendant le sport. Vous enregistrerez vos selles, votre alimentation et vos symptômes dans une application sur votre téléphone. L’appareil vous sera fourni gratuitement, livré à domicile puis récupéré. Les données enregistrées seront traitées de manière strictement confidentielle. digehealth.ch Rebekka Wolfensberger Tél. 077 292 87 72 Paracontact I Automne 2026


POLITIQUE

Possibilités d’emploi

ÉTUDE

Indice d’inclusion 2026

Lors de la session d’été, le Conseil national a adopté la motion 26.3018, qui demande une évaluation plus réaliste des possibilités d’emploi après la survenance d’une invalidité. Pour ce faire, il convient de tenir compte de nouvelles approches, de la numérisation et des connaissances scientifiques. Il faut désormais obtenir l’accord du Conseil des États car bien souvent, la pratique actuelle ne reflète guère la réalité du marché du travail.

V TT

Pistes accessibles Le VTT est en plein essor. Les pistes destinées aux engins de sport adaptés doivent à présent être prises en compte dans la planification du réseau cyclable et signalées en conséquence. La réglementation récemment publiée par la Confédération et SuisseMobile prévoit des normes applicables dans toute la Suisse pour l’aménagement et la signalisation des parcours de VTT adaptés. L’expertise de Thomas Hurni (ASP) et du passionné de handbike Andreas Gautschi a également été intégrée. À l’avenir, les pistes adaptées aux handbikes tout terrain seront affichées séparément via une fonction de filtrage sur SuisseMobile, ce qui facilitera la planification. Paracontact I Automne 2026

Afin d’évaluer le degré d’inclusion en Suisse, Pro Infirmis a commandé une deuxième étude. La première avait été réalisée en 2023. Trois ans plus tard, le bilan reste décevant: malgré quelques progrès, les personnes en situation de handicap continuent de se heurter à des obstacles considérables en

Suisse. Comme auparavant, environ quatre personnes en situation de handicap sur cinq se sentent fortement exclues dans au moins un domaine de la vie, surtout en politique, au travail et en termes de mobilité.

Résultats de l’étude proinfirmis.ch (À propos)

DMGP

Des scientifiques à l’honneur Lors du congrès annuel de la Société mé­ dicale germanophone de paraplégiologie (DMGP), trois spécialistes du Groupe suisse pour paraplégiques ont été mis à l’honneur.

fiques présentant un grand intérêt pour la prise en charge médicale et la rééducation des personnes paralysées médullaires.

Yannick Schürch, de la Recherche suisse pour les paraplégiques, et le Dr Meike DuLe Dr méd. Inge Eriks Hoogland a reçu le thaler, du Centre suisse des paraplégiques, prix Ludwig-Guttmann. Doté de 5000 euros, ont également été primés. ce prix récompense des travaux scienti45


GROS PLAN

L’ENTRETIEN

Venons en force

Après avoir participé à la Session des personnes handicapées en tant que parlementaire en 2023, Camilla Bischofberger est cheffe de projet pour l’édition de 2026. Nadja Venetz

Es-tu une «bête politique»? Je ne suis affiliée à aucun parti et, pour le moment, je ne souhaite pas non plus entrer en politique. Mais je m’intéresse de près aux questions qui touchent notre société et je trouve génial que, dans ma fonction actuelle, je puisse agir en coulisses pour faire bouger les choses. En ce sens, je suis bien une «bête politique». Je dis toujours qu’il faut davantage de personnes handicapées en politique, mais de là à me mettre en avant, non, je ne suis pas encore prête. Mais tu t’es inscrite à la première Session des personnes handicapées en 2023. Pourquoi? À l’époque, j’ai ressenti un fort besoin de m’engager dans le domaine de l’inclusion. Mon travail n’avait alors absolument rien à voir avec le thème du handicap. Pendant

mon temps libre, je produisais mon podcast «Wheeltalk» et j’y discutais avec d’autres personnes en situation de handicap de leur vie et de leurs expériences. L’appel à candidatures pour la Session des personnes handicapées est arrivé au bon moment. Je me suis inscrite et j’ai fait ma promotion, sans grandes illusions. Mais j’ai effectivement été élue et j’ai obtenu l’un des 44 sièges disponibles. La salle du Conseil national au Palais fédéral peut accueillir 200 député·e·s. Pourquoi n’y a-t-il que 44 sièges attribués à la Session des personnes handicapées? Le Palais fédéral et la salle du Conseil national ne sont malheureusement pas adaptés pour accueillir 200 personnes en situation de handicap; nous avons donc dû

PORTRAIT amilla Bischofberger (32 ans) a grandi C en Thurgovie, mais vit depuis longtemps à Zurich. Elle a étudié l’économie et les relations internationales aux Universités de Zurich et de Saint-Gall et, après avoir obtenu son master, a notamment travaillé pour un mandat fédéral dans une ambassade à l’étranger. Aujourd’hui, elle est responsable des questions politiques chez Pro Infirmis et porte-parole pour la Suisse alémanique. Elle est membre du RC Zurich.

46

réduire le nombre de places disponibles. 44 sièges représentent 22% du Conseil national. Et 22% de la population suisse de plus de 16 ans vit avec un handicap. Le nombre de sièges correspond donc à la répartition réelle au sein de la population. Comment as-tu vécu ce grand jour? Un moment m’a particulièrement marquée, quand je me suis retrouvée dans la salle du Conseil national et que j’ai réalisé: «Waouh, nous, les personnes handicapées, sommes largement majoritaires.» Pour une fois, je faisais partie de la majorité. Pour une fois, il était question de nos préoccupations. Nous avions le droit d’être ici et nous étions visibles. La salle était pleine d’énergie positive. Les échanges entre nous étaient très encourageants, sans esprit de compétition. Les expériences des participant·e·s étaient très variées. Certain·e·s militaient depuis longtemps et connaissaient très bien la situation politique, tandis que d’autres faisaient leurs premiers pas en politique. Mais nous voulions tous et toutes la même chose: avoir notre mot à dire et participer aux décisions. J’avais le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand et cette expérience a renforcé mon désir de m’engager en faveur de l’inclusion. Paracontact I Automne 2026


Prise de parole comme parlementaire à la Session des personnes handicapées 2023

de contacter Pierre-André Page à ce sujet. L’invitation du 21 octobre est donc arrivée un peu soudainement.

Il ne s’agit pas de se battre pour ses propres besoins, mais pour l’égalité des droits pour tous et toutes. Et ce souhait s’est apparemment réalisé. Oui, à l’issue de la Session des personnes handicapées, j’ai parlé au chef de projet de l’époque, en lui faisant comprendre: «N’hésite pas à me contacter si un poste se libère chez vous.» Et Pro Infirmis avait effectivement une offre à me faire, d’abord dans la communication interne. Je suis à présent responsable des questions politiques et porte-parole pour la Suisse alémanique. Pourquoi Pro Infirmis met-elle autant l’accent sur la politique? En 2023, nous avons mené une enquête à l’échelle nationale avec l’indice d’inclusion, que nous avons reconduite en 2026, pour savoir comment vivaient les personnes en situation de handicap en Suisse. Les résultats montrent clairement qu’elles se sentent discriminées dans tous les domaines de la vie, à commencer par le travail et la politique. Outre le monde du travail, la politique est le principal levier que

nous avons pour faire bouger les choses. Si le chemin politique est long, les changements au niveau législatif se répercutent sur notre quotidien. Quel rôle joue la Session des personnes handicapées dans cet engagement politique? La Session des personnes handicapées est clairement le projet le plus important et le plus visible en Suisse. Ce sont nous, les personnes handicapées, qui prenons la parole. Qui occupons l’espace au lieu de laisser parler les autres à notre place. Participer à cette première Session a motivé certain·e·s à postuler une fonction politique. Avec le Forum22, nous mettons aussi en réseau des personnes handicapées politiquement actives. Savait-on déjà en 2023 qu’il y aurait une deuxième Session des personnes handicapées? Nous l’espérions, mais ce n’était pas certain. Car la Session des personnes handicapées n’est pas institutionnalisée comme la Session des jeunes, qui a lieu une fois par an, mais se tient à l’invitation du président en exercice du Conseil national. Cela faisait déjà très longtemps que nous essayions

Il y a près de 200 volontaires pour la 2e Session pour les personnes handicapées du 21 octobre. Nous avons été ravi·e·s de l’intérêt et de l’engouement suscités. Bien sûr, beaucoup s’étaient déjà inscrits à la première édition, mais on compte aussi un grand nombre de nouvelles têtes. Je trouve important que de plus en plus de personnes atteintes de handicaps psychiques et de neurodivergence aient postulé. Dans la société, les gens associent généralement le handicap à une personne en fauteuil roulant. Mais les formes de déficiences sont bien plus variées. J’ai moi-même longtemps été persuadée de maîtriser le sujet, jusqu’à ce que j’écrive mon mémoire de master sur les insuffisances visuelles et que je réalise que je n’y connaissais rien du tout. Les besoins en termes de soutien sont totalement différents des miens. Les personnes en situation de handicap constituent un groupe très hétérogène. Comprendre cela est essentiel pour mener une politique en leur faveur. Il ne s’agit pas de se battre pour ses propres besoins, pour une rampe ou un ascenseur, mais pour l’égalité des droits pour tous et toutes. Un vote en ligne a permis de déterminer les candidat·e·s qui pourraient définitivement participer. Les personnes ayant obtenu le plus de voix seront présentes, c’est cela? Oui, mais pas tout à fait. Nous avons fait en sorte que la représentation des régions linguistiques soit conforme à la répartition cantonale au Conseil national. Cela correspond à 29 sièges pour la Suisse alémanique, 12 pour la Suisse romande, deux pour le Tessin et un pour la Suisse rhéto-romane. Nous avons ensuite respecté les directives du Conseil fédéral en matière de parité hommes-femmes. Pour 44 sièges, cela signifie qu’au moins 13 sièges sont réservés à des femmes et 13 à des hommes. Nous

Paracontact I Automne 2026 47


avons aussi veillé à ce qu’il y ait au moins un·e représentant·e pour chaque type de handicap mentionné dans la Convention pour les droits des personnes handicapées de l’ONU. Ces cinq types sont: les déficiences physiques, psychiques, cognitives, visuelles et auditives. Comment préparez-vous les 44 personnes à ce grand jour? Il y a quatre commissions, chacune dédiée à un thème général. Toutes les personnes qui se sont inscrites ont dû indiquer dans quelle commission elles souhaitaient travailler. Les trois conseillers nationaux en exercice atteints d’un handicap, Christian Lohr, Philipp Kutter et Islam Alijaj, ainsi que la députée valaisanne Maud Theler, président chacun·e une commission. Fin juin ou début juillet, les commissions se sont réunies pour une première séance afin de définir les thèmes et d’identifier les domaines nécessitant une action. Une seconde séance aura lieu fin août. Entre les deux séances, les membres des commissions ont rédigé des requêtes et des motions. La deuxième séance aura pour but de déterminer quelles motions la commission présentera lors de la session. Nous faisons traduire les motions de chaque commission et les envoyons à l’ensemble des participant·e·s afin qu’ils et elles puissent se préparer et formuler des amendements. Que va-t-il se passer le 21 octobre? Chaque commission disposera d’un bloc. Il y aura donc deux blocs le matin et deux l’après-midi. Au cours de chaque bloc, les motions formulées par la commission seront discutées. La Session des personnes handicapées sera accueillie et ouverte par l’hôte et président du Conseil national, Pierre-André Page. La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider nous rejoindra en fin de journée. Au final, nous lui remettrons nos requêtes sous forme de pétitions. En quoi cela sera-t-il différent de la Session des personnes handi­capées de 2023? Lors de la première session, nous avons remis une résolution au Conseil fédéral. Celle-ci était en grande partie préparée et nous avons pu l’adapter lors des séances préparatoires, puis en plénière. Beaucoup 48

Session des personnes handicapées 2023 dans la salle du Conseil national

de choses étaient donc déjà prédéfinies. Nous souhaitons organiser plus librement la Session de cette année, afin que les participant·e·s puissent vraiment aborder les thèmes qui les préoccupent. Il faut juste qu’ils aient une importance nationale. Nous avons en outre opté pour la pétition. Les responsables de la Session des jeunes nous ont fait part de leurs expériences positives avec ce format. En 2023, tu étais participante. En 2026, tu es responsable de projet. Quels sont tes principaux défis? En tant que participante, on ne réalise pas tout ce qui se trame en coulisses. L’accès est un véritable casse-tête et doit se faire par vagues. Avec les divers moyens auxiliaires, cela prend plus de temps. Les ascenseurs du Palais fédéral sont petits. Notre objectif est que les personnes venant de loin puissent entrer plus tard. La traduction dans les langues nationales est assurée par les Services du Parlement, mais nous devons organiser nous-mêmes l’interprétation en langue des signes, en langue parlée complétée et par écrit. Nous disposons de salles de repos pour la journée et d’une pause de midi prolongée, pendant laquelle personne ne doit quitter le bâtiment car, comme je l’ai dit, l’accès doit être bien coordonné. Et pour des raisons de sécurité, nous devons fournir à chaque personne incapable de quitter seule le Palais fédéral en cas d’urgence, un·e assistant·e chargé·e de l’évacuation. Tu vois, j’ai du pain sur la planche.

Quelles tâches as-tu sous-estimées? J’avais déjà organisé des événements chez mes anciens employeurs, mais la complexité de la Session des personnes handicapées est vraiment immense. Je n’avais pas pris en compte la charge de travail dédiée à la gestion des personnes. Beaucoup de volontaires qui souhaitent participer sont très motivé·e·s et recherchent le contact, écrivent des courriels ou téléphonent pour faire part de leurs questions ou remarques. D’un côté, c’est réjouissant, mais de l’autre, cela demande plus de travail que prévu. Quel sera, dans le meilleur des cas, l’impact de la Session des personnes handicapées 2026? Nous espérons pouvoir donner encore plus de poids aux thèmes qui seront débattus au Parlement dans le cadre de l’initiative pour l’inclusion et que nos voix seront entendues. Parallèlement, nous pensons aussi aux élections nationales de l’automne 2027. Nous espérons que certain·e·s profiteront de l’élan donné par la Session des personnes handicapées pour oser se porter candidat·e·s au Conseil national.

Suivre la Session La Session des personnes handicapées sera retransmise en direct le 21 octobre 2026. proinfirmis.ch/session Paracontact I Automne 2026


GROS PLAN

NOS CLUBS EN FAUTEUIL ROULANT

slowUp du Jura et de Morat, ou à des marathons urbains. La relève est assurée grâce à de jeunes handbikeur·euse·s qui ont trouvé leur épanouissement dans cette discipline gratifiante.

CFR Jura Ces dernières années, le CFR Jura a connu une évolution réjouissante: le nombre de ses membres n’a cessé de croître et ses activités sportives et de loisirs se sont diversifiées. Cédric Anker, son président, raconte. Elvire De Tomi

Atteint d’une sclérose en plaque, Cédric Anker s’est retrouvé en fauteuil roulant en 2017. Mais il a vécu cette période comme une véritable renaissance: sa mobilité retrouvée lui a permis de se lancer dans de nouveaux projets. C’est ainsi qu’il est devenu membre du CFR Jura en 2018 et en a pris la présidence un an plus tard. Il se sent utile et apprécie le soutien inestimable de l’ASP. Il a d’ailleurs «un super contact» avec Laurent Prince, son directeur, lui aussi jurassien (ceci expliquant peut-être cela!).

sité, de solidarité communautaire et d’at­tachement à la liberté. «Dans le Jura, on a l’habitude de se relever les manches, on aime garder son indépendance, alors on va privilégier le commerce local et faire marcher l’économie de la région. La collaboration avec les spon­sors est bonne», explique Cédric Anker. Les assemblées générales du club, qui se tiennent à Delémont, Porrentruy ou aux Breuleux, battent des records de présence, car tout le monde est impliqué et se sent respecté et considéré.

Depuis 4 ou 5 ans, le club, fort de son attractivité, n’a guère de mal à recruter de nouveaux membres ou à renouveler son comité. Il regroupe des gens de bonne volonté, liés par l’esprit jurassien, un mélange unique de résilience face à l’adver-

Pour tous les goûts Si le CFR Jura s’est fait un devoir de proposer à ses membres un large éventail d’activités sportives, son fer de lance est indubitablement le basket-ball en fauteuil roulant: son équipe phare, les Jura Raptors, enchaîne les succès et a même rejoint la LNA en 2024–2025. Redescendue en ligue B à sa propre demande en 2025, elle figure actuellement dans le top 3 du classement général et s’est qualifiée pour la finale de la Coupe de Suisse, qu’elle a malheureusement perdue. Grâce à l’aide financière de ses sponsors, le club a pu acquérir un minibus afin de simplifier les déplacements des joueurs.

LE CLUB EN BREF – 106 membres actifs et 135      membres passifs – fondé en 1989 – équipe de basket-ball «Jura Raptors», handbike, tennis, tennis de table, disc golf, boccia, excursions en Swiss-Trac – engagement politique cfrjura.ch

Par ailleurs, le club propose d’autres sports et activités ludiques accessibles à tous et toutes, comme le tennis, le disc golf, le tennis de table ou des balades en SwissTrac. Pour ces dernières, une bénévole membre de l’association Jura Rando s’est proposée pour organiser des sorties inclusives avec le club, où personnes en fauteuil roulant et piéton·ne·s se côtoient. Enfin, la boccia, discipline récemment lancée, connaît un réel engouement au sein du CFR. Promouvoir l’inclusion Au niveau politique, le CFR Jura collabore étroitement avec les autorités communales. Il a ainsi intégré le groupe de travail créé par le canton pour la mise en application en Suisse de la Convention de l’ONU pour l’égalité des droits des personnes handicapées, dans le but d’améliorer l’accessibilité tant des bâtiments que de l’infrastructure dans les communes et de faire progresser l’inclusion des personnes concernées dans la vie sociale. Le club a en outre rejoint le comité de «Forum Handicap Jura» qui regroupe 25 associations jurassiennes, toutes dédiées à la défense des intérêts des personnes en situation de handicap. Car con­ tinuer à favoriser l’inclusion dans le paysage jurassien constitue le principal défi du club en fauteuil roulant.

Convivialité au souper de fin d’année

Le handbike est également mis à l’honneur. Avec Achilles, un groupe de cyclistes motivé·e·s, les membres du club participent régulièrement à des courses nationales, au

Paracontact I Automne 2026 49


GROS PLAN

À VOS CÔTÉS

Un rôle charnière Ramona Engel, cheffe Services associatifs, est quelqu’un qui a le goût des chiffres, qui aime l’ordre et qui sait parfois se montrer ferme. Peter Birrer

Le 1er février 2027 sera une date importante pour Ramona Engel. Elle fêtera alors ses dix années de service à l’ASP – ce qui est remarquable pour une jeune femme de 33 ans. «C’est bon signe», commente-t-elle sobrement. Elle est officiellement «cheffe des services associatifs», un titre qui englobe une multitude de tâches. Elle collabore étroitement avec les responsables des 26 clubs en fauteuil roulant et veille à ce que le contrat de prestations avec l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) soit respecté. On lui transmet les comptes annuels, les rapports de révision ainsi que les heures de cours des clubs et, après examen approfondi, elle les envoie à l’OFAS à Berne. Structure et ordre «Je dois parfois me montrer stricte et faire gentiment pression pour recevoir les documents dans les délais», explique Ramona, 50

avant de reconnaître avec un clin d’œil: «Je ne suis pas toujours très patiente.» En revanche, elle aime ce qui est structuré et ordonné – son bureau est toujours impeccable, même quand le travail s’y empile. Elle joue souvent un rôle charnière. Quand on lui confie des informations, elle veille à ce qu’elles parviennent aux bons services au sein de l’organisation. Par ailleurs, en tant que formatrice à l’ASP, elle est chargée d’encadrer les trois apprenti·e·s qui font partie de son équipe avec ses trois collègues de l’accueil. «Je dispose d’une super équipe», se réjouit-elle. Aujourd’hui, son rôle à Nottwil est différent de ce qu’il était à ses débuts. Après ses études en gestion d’entreprise, Ramona, qui portait alors encore son nom de jeune fille, Wiss, postule un poste d’assistante de direction. En apprenant qu’elle est retenue,

elle ne peut cacher son excitation et pousse des cris de joie au téléphone. Elle qui a toujours admiré les différentes sociétés du Groupe suisse pour paraplégiques, en fait soudain partie. L’être humain au centre Son matricule personnel est pour elle le signe qu’elle a trouvé sa vraie place: 8888 – un nombre angélique qui plaît à cette passionnée de spiritualité. Pour elle, le «8» représente le succès et l’équilibre. Elle fait ses premières armes dans le monde du travail, complète sa formation par un master en «Public and Nonprofit Management» et change de poste à l’ASP en 2020 pour prendre ses fonctions actuelles. Malgré son goût pour les chiffres, elle privilégie toujours l’aspect humain: «L’objectif est d’offrir à nos membres les meilleurs services possibles.»

En dehors du travail, Ramona aime beaucoup bouger. Elle danse trois fois par semaine, peaufine sa technique de golf en été et va skier en hiver. C’est aussi une inconditionnelle du carnaval, une «joueuse de jass invétérée», comme elle le dit elle-même – et une grande voyageuse. Sa destination préférée pour de longues vacances: l’Australie. Pourtant, elle ne se considère pas comme une aventurière. Lorsqu’elle voyage, elle aime que tout soit aussi bien organisé qu’au bureau: «J’aime explorer de nouveaux horizons, mais je ne veux pas me sentir déboussolée», résume-t-elle.

Paracontact I Automne 2026


Jonny utilise les sondes VaProTM

Kathie utilise les sondes Infyna ChicTM

Inspirée par la nature La technologie de lubrification HydraBalance™ pour plus de sécurité1 et de naturel2 lors du sondage. Sur les sondes Infyna Chic™ et VaPro™.

En savoir plus sur hollister.ch/hydrabalance 1. Étude clinique Hollister,, CLR-00847, 2021 2. Données Hollister, TR-00643, 2023 Hollister, le logo Hollister ainsi que HydraBalance, le logo HydraBalance, Infyna Chic et VaPro sont des marques déposées de Hollister Incorporated. © 2026 Hollister Incorporated.

Faire la différence dans le parcours de vie.


Redéfinir la performance des fauteuils roulants pliants ultra-légers Conçu pour les utilisateurs actifs, le SOPUR QS7 X allie une grande légèreté, un petit volume plié et d’excellentes performances de conduite, une nouvelle génération de fauteuils roulants pliables. Plus compact une fois plié. Plus léger à soulever. Plus facile à manoeuvrer. Plus élégant. Chaque détail de cette nouvelle génération de fauteuil roulant pliant haut de gamme a été repensé pour vous offrir une seule chose : plus de liberté avec moins d’effort.

Scannez le code QR pour découvrir le QS7 X dans le visualiseur 3D.

www.SunriseMedical.ch


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
f_paracontact_3_26 by Schweizer Paraplegiker-Vereinigung - Issuu