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Cuisiner avec plaisir

VOTREMOUVEMENT

NOUS VOUS ACCOMPAGNONS AVEC PASSION :

RÉHABILITATION

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COMPRESSION MÉDICALE

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La solution adaptée pour chaque besoin.

Grâce à notre expertise dans le domaine de la gestion de la vessie et de l‘intestin, nous vous offrons un savoir-faire solide. Avec plus de 14‘000 produits, nous proposons la plus large gamme en Suisse pour l‘incontinence, les stomies et trachéotomies et le traitement des plaies.

Avez-vous des questions? Nous nous tenons à votre disposition du lundi au vendredi de 7 à 17h. publicare.ch

056 484 15 00 info@publicare.ch

Chères lectrices, chers lecteurs,

Une paralysie médullaire bouleverse la vie du tout au tout. Les capacités physiques ne sont plus ce qu’elles étaient. Des gestes autrefois simples ne peuvent désormais être accomplis qu’au prix d’efforts considérables ou avec l’aide d’autrui, et les activités jadis appréciées deviennent impossibles. Dans ce numéro, plusieurs personnes racontent comment une passion leur permet d’apprivoiser leur nouvelle existence.

Thomas Bretschneider puise son énergie quotidienne dans ses plongées sousmarines ou ses safaris. Au moins une fois par an, il part en Afrique avec son matériel photographique et reste à l’affût dans sa jeep pour prendre le cliché parfait au moment parfait.

Pour Patrick Studer, tétraplégique, l’eau est un véritable élixir de vie. Il a la chance de pouvoir continuer à vivre au bord du lac des Quatre-Cantons et une rampe lui permet accéder facilement à la rive. La natation et la pêche sont deux loisirs qu’il peut encore pratiquer, contrairement à beaucoup d’autres, même après son accident.

Quant à Bracha Fischel, c’est l’art qui la passionne. Lorsqu’elle trempe son pinceau dans la peinture puis le passe habilement sur la toile avec sa bouche, elle oublie tout ce qui l’entoure. L’artiste passe plusieurs heures par jour dans son atelier.

«Retrouver la joie de vivre»

Reprendre une activité professionnelle, s’épanouir dans le sport, sortir et participer à la société; faire en sorte que la paralysie médullaire ne signifie pas repli et isolement, telle est l’œuvre de toute une vie, celle de notre fondateur Guido A. Zäch, décédé en février. À la page 8, quatre membres de l’ASP racontent de manière très personnelle comment il a influencé leur existence. Je vous souhaite une agréable lecture de cet article et de tous les autres.

Cordialement,

Édition

Association suisse des paraplégiques Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch

Rédactrice en cheffe

Evelyn Schmid

Rédaction

Laurent Prince, Nadja Venetz, Felix Schärer, Michael Bütikofer, Daniela Vozza, Peter Läuppi, Peter Birrer, Tina Achermann

Traduction

Sonia Bretteville, Elvire De Tomi

Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann

Photos ASP, FSP, Adobe Stock, Freepik, Karin Dach, BadmintonPhoto, Swissparalympic/ Manuel Lopez, Swissparalympic/ Alexandra Wey, Swissparalympic/Gabriel Monnet, bindaphoto, Dominik Rüedi, Martina Conte, Ballons du Léman, njovusafaris.ch, Pro Infirmis, zvg I. Ehrenbaum, Thomas Bretschneider, RC Aargau, Sergio Stoppani

Impression

Brunner Medien AG, www.bag.ch

Dernier délai de rédaction du prochain numéro: Édition automne 2026: close Édition hiver 2026: 26.8.2026

Tirage

8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français

Nous utilisons une écriture inclusive, mais devons parfois adopter la forme féminine ou masculine sans discrimination de genre, afin d’alléger le texte.

Les articles publiés sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. L’opinion des auteurs externes ne reflète pas toujours celle de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.

COLLOQUE

État de la recherche

Mercredi 28 octobre 2026, dans l’après-midi, se tiendra au Centre suisse des paraplégiques de Nottwil la quatrième édition du colloque «Paraplégie: où en est la recherche?».

Notez dès maintenant cette date dans votre agenda. Tous les détails et les modalités d’inscription figureront dans le prochain Paracontact.

NOUVEAU PERSONNEL

Daniel Waber Architecte

Après un apprentissage de dessinateur en bâtiment et des études d’architecture, Daniel Waber reste passionné par ce secteur. Ayant travaillé dans plusieurs cabinets d’architecture en tant que concepteur, chef de chantier et chef de projet, il a choisi de mettre son expérience au service de l’ASP.

Équilibre

Toujours en mouvement pendant son temps libre, il entraîne des jeunes à l’unihockey et souhaite s’initier au Ving Tsun, un art martial du sud de la Chine. Il trouve son équilibre dans le yoga.

CONGRÈS DE L’ESCIF

Bien vieillir

L’espérance de vie des paralysé·e·s médullaires augmente. Quid des chances et des défis du vieillissement?

Le congrès 2026 de l’European Spinal Cord Injury Federation est consacré à un sujet de plus en plus fréquemment évoqué: vieillir avec la paralysie médullaire. Les systèmes médicaux, sociaux et juridiques sont-ils préparés aux besoins des seniors

Janic Binda

Marketing sportif

Après son accident, Janic Binda a embrassé le sport. Devenu basketteur professionnel en fauteuil roulant, il a sillonné les USA et l’Europe tout en suivant des études de psychologie à l’université de Zurich. À partir de 2021, il a développé son expertise en stratégies et technologies marketing au sein d’une agence de marketing.

Féru de sport

Outre le basket fauteuil, l’uniski fait partie de ses passions. Il aime aussi cuisiner et manger, et adore découvrir de nouvelles cultures avec sa femme.

paraplégiques? Des exemples provenant de différents pays donnent un aperçu de la situation internationale.

L’ESCIF organise annuellement un échange entre expert·e·s et représentant·e·s de ses organisations membres. Cette année, il se tiendra du 27 au 30 mai à Comacchio, en Italie. L’ASP y sera représentée par deux délégué·e·s.

STRATÉGIE NATIONALE

Phase de mise en œuvre

La Stratégie nationale en matière de paralysie médullaire est entrée dans sa phase de mise en œuvre. Elle vise à renforcer tant la prise en charge que la participation sociale des personnes paraplégiques en Suisse.

Ces derniers mois, les groupes de travail ont été constitués et les premières réunions ont eu lieu. Des projets concrets sont en train d’être élaborés et les premières réalisations sont en préparation.

L’accent est mis sur le développement de l’entraînement des muscles respiratoires pour prévenir les complications, l’intensification de l’appui psychosocial lors du passage de la rééducation à la vie quotidienne, ainsi que l’extension du soutien et de l’aide aux proches. D’autres projets liés d’une part à l’accès au suivi annuel et d’autre part à la promotion de la mobilité inclusive sont en cours.

La mise en œuvre se fait en collaboration avec des spécialistes, des organisations, des paralysé·e·s médullaires et leurs proches. Les quatre centres suisses pour paraplégiques s’investissent aussi activement.

ASSEMBLÉE DES DÉLÉGUÉ·E·S 2026

L’ASP maintient le cap

Lors de l’Assemblée des délégué·e·s du 2 mai 2026, tant le rapport annuel que les comptes 2025 ont été adoptés à l’unanimité, et une modification des statuts a été approuvée.

L’Association suisse des paraplégiques clôture l’exercice 2025 avec un résultat annuel positif de CHF 765 000 grâce à une situation financière solide et une stratégie d’investissement prudente. Cela a permis à l’organisation faîtière de maintenir, voire d’étendre, sa vaste gamme de prestations en 2025.

L’année dernière, l’ASP a fourni 22 822 heures de consultation, coordonné 370 événements et organisé 15 voyages pour les per-

sonnes paralysées médullaires. Les athlètes ont remporté 21 médailles lors de compétitions pour le titre.

L’Assemblée des délégué·e·s a aussi approuvé une nouvelle étape de modernisation. Pour plus de précision, les quatre départements ont été renommés, ce qui contribuera à accroître leur notoriété et à renforcer l’image de l’ASP. Ils s’appellent désormais: Sport suisse en fauteuil roulant et loisirs, Construire sans obstacles, Conseil social et par les pairs, Conseil juridique.

Rapport annuel

Rétrospective 2025

L’ÉCHO DES CLUBS

Après-midi ludique

Dans le cadre de son initiative «OpenSunday», la fondation Idée Sport ouvre les salles de sport aux enfants du primaire pour les faire jouer et bouger.

Le 15 février, le Rollstuhlclub Winterthur Schaffhausen a convié les enfants avec ou

sans handicap à un «OpenSunday» au cours duquel tous se déplaçaient en fauteuil roulant. Sur un parcours jalonné de défis ludiques, les enfants se sont amusés à accumuler des points. Un après-midi multisports très réussi, qui a ravi l’ensemble des participant·e·s.

NOUVEAU PRÉSIDENT

RC Zürich

Luzius Diener

Né le: 26.7.1976

Profession: propriétaire d’une société d’informatique

Au club depuis: 1993

Loisirs: rugby, navigation

Projets actuels du club: organisation du nouveau comité, création de nouvelles activités et développement du club

Offres du club: culture et loisirs, unihockey, badminton, Powerchair Hockey, rugby, pilates

FSP

Hausse du nombre d’adhésions

Fin 2025, l’Association des bienfaiteurs de la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) comptait deux millions de membres répartis dans 1,3 million de foyers.

Cela correspond à une augmentation de 1 % par rapport à 2024. En Romandie, le nombre d’adhésions a même augmenté de 2,7 % par rapport à 2024.

Les recettes provenant des cotisations et des dons atteignaient 80 millions de francs en 2025. Ces fonds garantissent le réseau de prestations de la FSP.

NÉCROLOGIE

Merci pour tout, Guido A. Zäch

Le 16 février 2026, Guido A. Zäch s’est éteint à l’âge de 90 ans. Il a marqué comme nul autre la vie des personnes paralysées médullaires en Suisse. Quatre d’entre elles se souviennent.

Nadja Venetz

Dans les années 1960, le jeune médecin Guido A. Zäch a eu son premier contact avec des patient·e·s atteint·e·s de paralysie médullaire. À partir des lacunes qu’il a constatées, il a développé sa vision d’un accompagnement global et à vie.

En tant que médecin-chef, il a dirigé le Centre des paraplégiques de Bâle de 1973 à 1989. En 1975, il a créé la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) et, en 1980, avec les sept clubs en fauteuil roulant déjà existants, l’Association suisse des paraplégiques, qu’il a présidée pendant 20 ans.

Olga Manfredi

Nous nous sommes parlés pour la dernière fois dans l’aula du Centre suisse des paraplégiques, lors du concert de l’Avent. Guido A. Zäch m’a demandé comment avançait l’inclusion. «Difficilement», ai-je répondu. Il a rétorqué: «Alors il faut foncer!» Tirer sa motivation de l’adversité, c’était tout lui.

Un phare

Grâce à sa vision d’un accompagnement à vie, il a clairement défini quelles tâches devaient être assumées par chacune des institutions qu’il a fondées. L’ASP entre en jeu dès que les paralysé·e·s médullaires quittent la clinique de rééducation, et leur propose des conseils, des activités sportives et de loisirs. C’est le cœur de notre mission. Ce réseau de prestations bien pensé et largement étayé du Groupe suisse pour paraplégiques est unique. L’œuvre de sa vie est un phare pour toute la société, un symbole d’espoir, de sécurité et de stabilité, qui montre qu’il vaut la peine de se battre pour ses idées.

Je n’ai vraiment appris à connaître Guido A. Zäch que lorsque je suis devenue présidente de l’ASP. Nous entretenions des échanges réguliers, ponctués parfois de divergences d’opinion. Mais j’ai beaucoup appris de lui et j’ai senti une profonde gratitude envers notre engagement. Il est clair que sans Guido A. Zäch, l’ASP, si tant est qu’elle existât, serait tout autre. Je le remer-

cie humblement et j’espère qu’un jour, toutes les personnes en situation de handicap pourront bénéficier d’un tel réseau de prestations.

Rosa Zaugg

Mon frère a subi une paralysie médullaire cinq ans avant moi et a suivi sa rééducation à Bâle. Quand j’ai eu mon accident du travail en 1975, je ne voulais surtout pas aller à Bâle, dans cet environnement si morne. Mais on m’a dit qu’il y avait un nouveau médecin-chef très motivé. Je me suis tout de suite sentie en confiance. Guido A. Zäch était la première personne que nous, les patient·e·s, voyions le matin et la dernière le soir.

Une grande fierté

Il m’a incitée à me mettre au sport. Il assistait toujours aux rencontres sportives nationales. Plus tard, quand j’ai pu participer aux Jeux Paralympiques, il nous attendait à la gare ou à l’aéroport à notre retour, souvent accompagné d’un conseiller fédéral et d’une fanfare. Nous sentions sa fierté, ce qui nous motivait encore davantage.

Un vent de renouveau a soufflé à Bâle dès 1975. Après la création de la Fondation suisse pour paraplégiques, nous avons sillonné le pays. Lors de fêtes de village, de tournois amateurs et dans les centres commerciaux, notre «Stand des paralysé·e·s médullaires» contribuait à faire connaître

la FSP et à sensibiliser le public. Nous distribuions des stylos, des t-shirts et les premiers numéros du magazine «Paraplégie». Il était souvent présent. Guido A. Zäch a fait de la rééducation globale une réalité en Suisse. C’est grâce à lui que nous sommes aujourd’hui accepté·e·s dans de larges pans de la société.

Daniel Galliker

Quand j’ai eu mon accident fin avril 1990, j’ai été transporté au Centre des paraplégiques de Bâle. Guido A. Zäch assistait la plupart du temps aux visites. Il montrait toujours de l’intérêt et prenait mes besoins au sérieux. Mais c’était aussi un homme de caractère, qui savait exactement ce qu’il voulait et ne mâchait pas ses mots.

Carrière

En ce mois de septembre, une journée portes ouvertes avait lieu au tout nouveau Centre suisse des paraplégiques (CSP) de Nottwil. J’ai visité la clinique avec mes parents. Nous avons été emballés par les locaux lumineux, mais aussi par les nouvelles perspectives. Nous avons demandé à parler à Guido A. Zäch et j’ai obtenu d’achever ma rééducation à Nottwil. Je suis ainsi devenu

le premier patient du CSP. À Bâle, on m’avait dit qu’à cause de la hauteur de ma paralysie, toute activité professionnelle était exclue. Or, dès mon arrivée à Nottwil, on a abordé avec moi la question de l’orientation professionnelle. Je n’avais alors que 18 ans. C’était l’époque où le dessin CAO faisait son apparition, ce qui m’a permis de terminer mon apprentissage. Aujourd’hui encore, je travaille comme dessinateur en bâtiment. Sans l’approche holistique du CSP et les structures mises en place par Guido A. Zäch, cela n’aurait jamais été possible.

Des années plus tard, quand j’allais à Nottwil pour un examen et que nous nous croisions au hasard d’un couloir, il me saluait: «Bonjour, Monsieur Galliker». Peu importe le temps qui s’était écoulé, il connaissait le nom de chacun·e de ses patient·e·s.

Heiri Dürst

J’ai fait des visites guidées lors des journées portes ouvertes de la Fondation suisse pour paraplégiques l’année passée. Après mon accident en 2021, j’ai suivi ma rééducation au CSP. Je suis très attaché à Nottwil. Je me trouvais donc là, ce dimanche, à raconter mon histoire devant un large public de vi-

siteurs et visiteuses. Et tout à coup, qui s’assoit en face de moi? Guido A. Zäch! C’était comme dans un film. Au début, j’ai eu un choc, mais une fois remis de mes émotions, j’en ai profité pour le remercier personnellement de tout ce qu’il a fait pour nous, les paralysé·e·s médullaires. Ce fut un moment très émouvant pour moi. En professionnel qu’il était, il a pris note de mes remerciements et les a transmis aux donateurs et donatrices.

Au cœur de la société

J’ai suivi ma rééducation bien après qu’il ait cessé son activité de médecin-chef. Pourtant, son esprit était présent tout au long de mon séjour à la clinique. Des infirmières de longue date racontaient souvent des anecdotes de son époque, ou du temps où il était à Bâle. C’est grâce à lui que je suis là où j’en suis aujourd’hui. Il a fait passer les paralysé·e·s médullaires de la marge au cœur de la société. J’ai vécu tant de belles choses à Nottwil, tant de gens m’ont soutenu; je ne pourrai jamais leur rendre la pareille. Cela compte beaucoup pour moi d’avoir pu rencontrer personnellement celui qui a posé la première pierre de tout cela.

Olga Manfredi fête avec lui ses 90 ans.

Rosa Zaugg s’engage pour la FSP nouvellement créée.

Daniel Galliker devient le premier patient admis au CSP de Nottwil.

Heiri Dürst rencontre Guido A. Zäch lors de l’anniversaire.

Vaut mieux en rire!

À force de se retrouver dans des situations aussi fâcheuses qu’ubuesques, on apprend à en rire et à les extérioriser. Le CFR Lausanne va même plus loin et s’apprête à les publier pour sensibiliser.

Voilà déjà plusieurs années que les absurdités vécues au quotidien font rire les membres du club qui échangent régulièrement sur les incohérences et les difficultés rencontrées. «Nous avons souvent pensé qu’il y avait matière à écrire un livre!», raconte Aude Jardin, présidente du Club en fauteuil roulant Lausanne (CFRL).

Marquer les esprits par le rire

Quand on est en fauteuil roulant, on passe son temps à expliquer, à rabâcher même, que ce sont les infrastructures qui nous handicapent plus que la paralysie. Des milliers d’articles ont été rédigés sur la construction sans obstacles, des normes existent, des lois aussi. «Pourtant, pour nous, les Jeux Paralympiques continuent à longueur de journée et on mérite une médaille tous les jours. Voilà pourquoi nous avons décidé d’utiliser l’humour pour sensibiliser autrement», raconte la quadragénaire, paraplégique depuis 2003.

Des anecdotes plein les tiroirs Animée par la certitude qu’un texte divertissant est accrocheur et permet de toucher tout le monde, l’équipe de projet s’est rapidement mise au travail. La première étape consistait à collecter auprès d’autres clubs en fauteuil roulant romands des récits amusants, mais véridiques, illustrant le quotidien des personnes en situation de handicap. Apparemment les onze CFR francophones en avaient plein leurs tiroirs car tous ont alimenté la cagnotte à anecdotes. «Nous avons passé un temps fou à les lire et à les répertorier dans les cinq ca-

tégories correspondant aux chapitres de notre livre: architecture et infrastructure, sport et loisirs, vie quotidienne, transports, soins. Cette tâche titanesque mais enrichissante nous a montré que nous vivons toutes et tous des galères et qu’il faut impérativement les partager pour se remonter mutuellement le moral, car rire de soi et des situations apaise les esprits. C’est bien mieux que de s’énerver seul·e dans son coin.»

Réconforter et éduquer

Sur un ton résolument léger, en format A5 et sur 48 pages, le livre présente les difficultés survenant lors des interactions avec la population ou les administrations, mais aussi celles qui sont dues aux constructions, aux TP ou au secteur médical. Rédigé sous la houlette d’une professionnelle, il

est conçu pour être accessible à la fois aux enfants et aux adultes, tout en fournissant des informations pertinentes (illustrations anatomiques, annuaire des adresses utiles), à destination des personnes concernées, notamment celles récemment lésées, ainsi qu’aux autorités. Chaque chapitre comprend des parties explicatives et des dessins humoristiques signés Romain Mange. Célèbre dans le canton de Vaud, ce dessinateur de presse a croqué la réalité des paralysé·e·s médullaires avec beaucoup de justesse et d’enthousiasme. Aude Jardin est aussi admirative que reconnaissante: «Il a d’emblée compris le sens de notre démarche et a même cédé ses droits d’auteurs au CFRL. C’est très généreux et franchement bienvenu car le budget est conséquent.»

Recherche de sponsors

Tout combat nécessite des fonds. Outre ses propres ressources, le CFRL espère trouver des sponsors qui l’aideront à financer la publication prévue à l’automne 2026. Aude Jardin serait ravie que des entreprises qui souhaitent contribuer à rendre la vie des personnes en fauteuil roulant plus facile la contactent. Il est aussi possible de réserver un exemplaire pour être sûr de mettre un cadeau instructif et divertissant sous le sapin.

Contact

CFR Lausanne, Aude Jardin 076 236 41 68 presidente@cfrlausanne.ch

La voix des intéressé·e·s

La SwiSCI, l’étude de cohorte suisse pour les lésé·e·s médullaires, dispose désormais d’un comité de défense des intérêts des personnes concernées, le SCI Advocacy Board. Christine Thyrian, directrice du centre d’étude SwiSCI, nous explique ce que cela recouvre.

Nadja Venetz

En quoi consiste le SCI Advocacy Board exactement?

Il s’agit d’un comité des per sonnes concernées que nous avons fondé fin novembre 2025. Actuellement, cet organe se compose de cinq personnes paralysées médullaires. Elles ont pour mission d’évaluer nos projets du point de vue des inté ressé·e·s. La question de recherche est-elle pertinente pour les paraplégiques et l’étude est-elle réalisable dans la pratique?

Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

Admettons qu’une étude prévoit que les participant·e·s se rendent cinq fois à Nottwil en l’espace de six mois pour des ren-

LA SWISCI EN BREF

La Swiss Spinal Cord Injury Cohort Study (SwiSCI) est la plus grande étude à long terme sur les personnes atteintes de lésions de la moelle épinière.

Elle fournit des informations sur des questions de santé, de soins et de recherche sociale.

En savoir plus swisci.ch

dez-vous liés à l’étude, le SCI Advocacy Board pourrait faire remarquer que cinq déplacements constituent une exigence déraisonnable, tandis que deux restent faisables. Il s’agit donc de déterminer si le bien-fondé des études pour les personnes concernées justifie l’effort demandé. Un autre exemple est le questionnaire que nous envoyons tous les cinq ans et que nous pouvons désormais soumettre au comité afin qu’il vérifie si les questions sont compréhensibles et bien formulées, si certaines sont désagréables ou si des sujets ont été omis. Grâce à ces retours, nous pouvons adapter le questionnaire de manière à obtenir des informations pertinentes et un taux de réponse aussi élevé que possible. Le SCI Advocacy Board nous apporte ainsi un avis de choix et il élargit notre angle de vue.

Dans quel but ce comité de défense des intérêts a-t-il été créé?

Nous avons toujours tenu à ce que la voix des intéressé·e·s soit représentée au sein de la SwiSCI. C’est pourquoi, jusqu’à présent, nous avons constamment compté une personne concernée au sein de l’organe décisionnel de l’étude. Au fil des ans, l’étude a toutefois pris beaucoup d’ampleur et gagné en complexité, et nous avons constaté qu’une seule personne ne suffisait plus pour orienter les projets vers les besoins –extrêmement divers – des paralysé·e·s médullaires et assumer l’intégralité de la charge de travail qui en découle. Il était

devenu nécessaire de constituer un groupe séparé, le SCI Advocacy Board, afin de donner davantage de poids à la voix des personnes concernées.

Comment la collaboration est-elle organisée?

Deux fois par an, tous les organes du réseau SwiSCI se réunissent pour un échange dans l’une des quatre cliniques de rééducation spécialisées en paraplégie. Les membres du SCI Advocacy Board y participent également. Au total, cela représente environ 50 personnes. Entre ces deux rencontres, notre équipe du centre d’études échange régulièrement avec le SCI Advocacy Board lors de réunions en ligne. Durant ces visio-conférences, nous présentons des projets et distribuons des «devoirs», tels que l’évaluation d’un questionnaire.

Selon quels critères avez-vous constitué ce comité?

Pour la phase de lancement, dans laquelle nous nous trouvons encore, nous avons recruté cinq personnes issues du réseau de l’ASP et des quatre cliniques de rééducation spécialisées. Nous tenons et veillons à ce que le comité soit aussi diversifié que possible, notamment en termes de sexe, de région, de niveau de lésion et d’ancienneté de la paraplégie. L’ASP nous a été d’une grande aide à cet égard. Le mandat est de deux ans et, d’un commun accord, il peut encore être prolongé de deux ans supplémentaires.

PROCHES

L’esprit de famille

Rita et Silvan Duff s’occupent sans relâche de leur fils Pablo, devenu tétraplégique à la suite d’un accident de la route. Cette épreuve les a rapprochés et ils affrontent l’adversité ensemble, sans jamais perdre espoir. Voici leur histoire.

Peter Birrer

Un jour, Rita Duff prononce une phrase qui sonne comme un appel à l’aide pour son mari Silvan: «J’aurais bien besoin de toi à la maison.»

Depuis le 9 octobre 2021, rien n’est plus comme avant dans le quotidien de cette famille originaire d’Ilanz, dans les Grisons. Ce jour-là, un accident de la route a rendu tétraplégique leur fils Pablo, alors âgé de 17 ans. Ce coup du sort a aussi durement affecté les proches. Ils sont à bout, et même plus que cela.

«Vous ne pouvez pas rester?»

Au Centre suisse des paraplégiques (CSP), Pablo Duff ressent un grand mal du pays après la phase de réveil. La première semaine, Rita et Silvan font tous les jours 400 km pour se rendre au CSP. Cela leur coûte beaucoup d’énergie à un moment où ils ont déjà du mal à trouver le repos. La nuit, mille pensées les tiennent éveillés. Et puis il y a les émotions qui les submergent à la fin de chaque visite à Nottwil. «Vous ne pouvez pas rester avec moi?», les supplie Pablo.

Cela leur fend le cœur, les bouleverse, les fait cogiter. Et conduit Rita à louer une chambre à Nottwil. Il ne lui faut que sept minutes pour se rendre au CSP. Sa volonté d’organiser son emploi du temps en fonction de son fils et même de déménager provisoirement au bord du lac de Sempach ne lui vaut pas que des éloges. Elle essuie des remarques blessantes comme:

«Vous avez du mal à couper le cordon?» ou «Il a bientôt 18 ans, il n’a plus besoin de vous …!».

Pablo souligne: «C’était moi qui voulais avoir une personne de confiance à mes côtés. Cela me rassurait.» Rita Duff ne se laisse pas démonter: «Il est dans une situation que personne ne souhaiterait vivre.» Après son travail de chauffeur routier, Silvan s’occupe désormais du ménage à Ilanz et vient à Nottwil du vendredi soir au dimanche. La famille se sent soutenue par un grand élan de solidarité. Des ami·e·s et des connaissances récoltent des fonds, envoient des cadeaux et des mots d’encouragement.

De grands défis à la maison

Rita est là pour son fils quand il le souhaite. Elle l’accompagne à ses rendez-vous ou passe de longues heures avec lui dans sa chambre. Elle s’occupe aussi des questions d’assurance et règle de nombreux détails pour la transformation de la maison à Ilanz. Le reste du temps, elle se promène ou se plonge dans un nouveau domaine. Avant l’accident de Pablo, elle avait entamé une formation d’art-thérapeute qu’elle aimerait poursuivre.

En juin 2022, Pablo achève sa rééducation au CSP. Il se fait une joie de retrouver son cadre familier dans la Surselva. Sa mère espère un retour à la normale. Mais ce qu’ils Silvan, le père, a démissionné.

doivent affronter loin de la clinique s’avère être une tâche extrêmement exigeante. «À ce jour, personne n’a encore rédigé de mode d’emploi pour que tout se passe bien dès le début», explique Silvan, avant d’ajouter: «Ça a été rude.»

Pour les soins matinaux de Pablo, ils font appel à un service privé d’aide et de soins à domicile. Le reste des soins est assumé par Rita, âgée de 48 ans. Après son travail, Silvan met lui aussi la main à la pâte. Il leur est impossible de passer une nuit entière de sommeil. Leur fils, très diminué, les réveille plusieurs fois pour un problème de santé qu’il ne peut pas régler lui-même.

Le couple fonctionne en mode automatique. Mais Silvan Duff sent bien que Rita est en train de s’épuiser. Jusqu’au jour où elle prononce cette phrase alarmante: «J’aurais bien besoin de toi à la maison.» Il sait qu’il doit trouver un moyen de soulager sa femme. Mais comment y parvenir financièrement?

L’aide inestimable de l’avocat de l’ASP C’est là qu’entre en scène Michael Bütikofer. Cet avocat et notaire, qui dirige le conseil juridique de l’ASP, se charge personnellement de cette affaire complexe. Il se bat sans relâche pour les droits de Pablo – avec succès. «Mon client sera presque entièrement indemnisé pour les conséquences de l’accident, du moins sur le plan financier.»

L’avocat de l’ASP obtient que l’assurance responsabilité civile paie et que l’assurance invalidité et accident verse l’intégralité des prestations dues. C’est un énorme soulagement pour la famille Duff: «Nous ne savons pas où nous en serions sans Michael Bütikofer.»

La percée sur le plan juridique ouvre une nouvelle perspective. Silvan endosse le rôle d’auxiliaire de vie. En novembre 2023, il quitte son emploi de chauffeur routier et rejoint l’équipe qui s’occupe de Pablo. «La situation ne faisait qu’empirer et, à un moment donné, elle est devenue insupportable, surtout pour Rita», explique le cinquantenaire. «J’aime ma famille. Je devais faire quelque chose.»

La nouvelle donne est basée sur une communication transparente. Chaque membre de la famille peut exprimer ses besoins. Quand Silvan a besoin de s’aérer la tête, il s’échappe quelques heures dans son mayen; si Rita veut aller au cinéma avec une amie, ils s’organisent. Tous deux se créent ainsi des moments de liberté rares, mais précieux. Et de temps en temps, le couple peut s’octroyer une petite parenthèse: Sheila, la sœur de Pablo, Tino, son meilleur ami, et Soraya, sa camarade, prennent alors le relai.

Les amitiés mises à l’épreuve «Nous nous sommes encore rapprochés», estime Sheila Duff. La jeune femme de 24 ans est aussi très sollicitée: elle soutient ses parents et son frère, car c’est une évidence pour elle, mais elle doit en même temps poursuivre sa formation professionnelle et tracer sa propre voie. Elle réussit à concilier le tout.

Les contacts sociaux diminuent. Les rendez-vous spontanés ou les sorties ne sont plus possibles. «Certains n’ont pas été très compréhensifs et ont pris leurs distances»,

explique Rita Duff. «Cela peut paraître étrange, mais des gens ont eu plus de peine à accepter la situation que nous.» Rita et Silvan Duff font toutefois abstraction du côté négatif: ils apprécient de recevoir de la visite à Ilanz et se réjouissent que cette période difficile ait donné naissance à de nouvelles amitiés qui perdurent encore aujourd’hui.

«Nous avons appris à profiter de l’instant présent.»

L’humour n’est pas en reste, notamment grâce à Pablo qui a toujours un sens aigu de la répartie. Il y a aussi Hiphop, le cinquième membre de la famille: le chien d’assistance de Pablo les fait souvent rire avec ses pitreries. Et dans le salon trône depuis des années une décoration murale dont la citation est devenue la devise de la famille: «Là où il y a de l’amour, l’impossible devient possible.»

Reconnaissants pour les petites choses «Nous avons appris à profiter pleinement de chaque instant», déclare Rita Duff. Elle et son mari ont certes peu de temps pour eux et leurs moyens financiers sont limités. Ils soulignent néanmoins que leur qualité de vie est bonne et qu’ils sont aujourd’hui plus enclins à être reconnaissants pour les petites choses.

Ils ne se préoccupent pas de ce que l’avenir lointain leur réserve ou pourrait leur réserver. Pablo s’est fixé pour objectif de découvrir le Japon et de vivre plus tard dans sa propre maison. Silvan suppose qu’il retravaillera un jour à l’extérieur. Rita espère se mettre à son compte en tant qu’art-thérapeute. Et elle nourrit aussi le projet de partir en voyage en Irlande et en Angleterre, confie-t-elle les yeux brillants.

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RÉUTILISATION

L’autre vie des moyens auxiliaires

Fauteuils roulants, béquilles et chaises de douche font partie du quotidien de nombreuses personnes à mobilité réduite. Mais une fois qu’ils ne sont plus nécessaires, comment donner une deuxième vie à ces moyens auxiliaires?

Yann Avanthey, conseiller pair à l’ASP

Indispensables pour conserver autonomie, dignité et liberté de mouvement, les moyens auxiliaires sont souvent utilisés pendant une période déterminée après un accident, une opération, ou lors d’un handicap à vie. Ils sont parfois chargés d’émotions car ils accompagnent des périodes de fragilité, de reconstruction, parfois de perte d’autonomie. Lorsqu’ils deviennent inutiles ou inadaptés leur offrir une deuxième existence permettrait de transformer un objet personnel en outil de solidarité ou de le recycler. Pourtant, peu de gens savent comment procéder ou dans quels cas cela est autorisé.

Financés par l’AI

Lorsque l’assurance-invalidité (AI) fournit un fauteuil roulant ou un autre moyen auxiliaire, l’assuré·e n’en devient pas systématiquement propriétaire, même après plusieurs années d’utilisation. Il reste la propriété de l’AI.

En effet, la majorité des moyens auxiliaires sont prêtés aussi longtemps qu’ils sont nécessaires et médicalement justifiés. Cela signifie que l’assuré·e peut les utiliser au quotidien, tandis que l’AI se charge de l’achat, de l’entretien et parfois des réparations. Néanmoins, lorsqu’il n’est plus utilisé (amélioration de l’état de santé, changement de situation, décès), le matériel devra être restitué au dépôt de l’AI qui est géré par la Fédération suisse de conseil en moyens auxiliaires (FSCMA).

Financés par l’AA

L’assurance-accidents (AA) a une autre approche. En cas de dommage corporel, les moyens auxiliaires sont pris en charge s’ils sont adaptés, adéquates et qu’ils visent la réadaptation. L’ayant droit doit les utiliser avec soin car les réparations ou remplacements sont également couverts. Contrairement à l’AI, ils deviennent propriété de l’assuré·e, et ce, sans durée minimale d’utilisation.

Financés par la FSP

Lorsque les moyens auxiliaires financés par la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) ne sont plus utiles, il convient de contacter la FSP. La société Orthotec sera alors chargée de récupérer le matériel, de le contrôler soigneusement et, le cas échéant, de le reconditionner afin de le remettre en service pour un usage quotidien. Si la réutilisation est impossible, les moyens

auxiliaires sont éliminés comme il se doit. Pour des raisons de propreté, les produits d’hygiène tels que les matelas, les fauteuils roulants de douche, les sièges rabattables de douche, les rehausseurs de WC ou autres ne peuvent pas être repris.

Recyclage et solidarité

Qu’il ait été financé par l’AA ou directement par l’utilisateur·trice et qu’il lui appartient désormais, le moyen auxiliaire peut être donné. En fonction de son état, il sera testé, remis en état si nécessaire, puis utilisé en interne, par exemple en ergothérapie, dans le stock d’occasion ou comme fauteuils roulants de remplacement mis temporairement à la disposition de la patientèle. Orthotec peut aussi offrir les moyens auxiliaires à des associations caritatives telles que «Rollaid» ou à des projets à l’étranger – en Ukraine ou en Géorgie. Ces organisations remettent ellesmêmes le matériel en état. Cela permet ainsi aux personnes disposant de ressources restreintes, tant en Suisse qu’à l’étranger, d’avoir accès à des moyens auxiliaires qui leur facilitent la vie.

Le site Internet de la FSCMA abrite aussi un marché des occasions. Toutefois, il s’agit uniquement d’une plateforme dédiée qui met les personnes intéressées en relation. La FSCMA ne s’occupe ni de la vente ni du matériel.

Contact Orthotec, Tél. 041 939 56 90 auftragsbearbeitung@orthotec.ch Matétiel d’occasion SAHB sahb.ch/fr/ateliers

Occasion

Ce qu’il est permis de faire avec les moyens auxiliaires dépend de qui les a financés.

PRESTATIONS D’ASSURANCE SOCIALE

S’expatrier, et ensuite?

Quelle est l’incidence du lieu de domicile ou d’une expatriation sur l’ensemble des prestations des assurances sociales suisses que perçoivent les bénéficiaires?

Zangger, avocat

L’exportabilité des prestations d’assurance sociale est juridiquement complexe, car il existe de nombreux accords de sécurité sociale entre la Suisse et les autres États. Il n’est donc pas possible d’y apporter une explication globale. Nous allons toutefois tenter de vous donner un aperçu de ce que dit le droit à ce sujet.

Prestations de l’assurance-invalidité

En principe, l’obligation de prestation de l’AI est liée au lieu de résidence ou à l’activité lucrative de la personne concernée en Suisse. Il existe néanmoins de nombreuses dispositions spéciales pour la perception des prestations à l’étranger, qui en permettent l’exportation sous certaines conditions.

En ce qui concerne l’AI, il faut tout d’abord distinguer les prestations en nature et les prestations en espèces. Les premières sont

DÉFINITION

Le domicile est le lieu où une personne réside avec l’intention d’y rester de manière durable et où se trouve le centre de ses intérêts.

Une personne ne peut avoir qu’un seul lieu de résidence. Même des absences prolongées de plusieurs mois n’entraînent pas nécessairement la perte du domicile si la personne ne déplace pas le centre de ses intérêts vitaux et qu’elle a l’intention de revenir.

celles destinées au traitement, au soulagement ou à la suppression des restrictions liées à l’invalidité, telles que les divers moyens auxiliaires, les soins et traitements médicaux ou les mesures de réinsertion professionnelle. Il y a également prestation en nature quand l’AI rembourse à la personne concernée les frais du bien qu’elle a acquis elle-même.

Les prestations en espèces, en revanche, visent à compenser une perte de gains ou à assurer un complément de revenu. Il s’agit notamment des indemnités journalières, des rentes, de l’allocation pour impotent ou encore des contributions d’assistance.

En ce qui concerne notre sujet, les prestations en nature ne peuvent en principe pas être exportées hors de Suisse. Il existe quelques exceptions à cette règle, qui sont soumises à des conditions strictes. Certaines mesures de réadaptation peuvent être exceptionnellement mises en œuvre à l’étranger, si les institutions ou les spécialistes nécessaires font défaut en Suisse ou pour d’autres raisons majeures. L’argument selon lequel la prestation en nature ne peut être fournie qu’à l’étranger parce que la personne concernée y réside n’est toutefois pas recevable. Par conséquent, le Tribunal fédéral a décidé dans un arrêt récent que les mesures architecturales à l’étranger ne devaient pas être prises en charge par l’assurance-invalidité. Le fait que les transformations ne puissent pas être réalisées en Suisse en raison de l’em-

placement de la maison ne constitue pas un motif justifiant une exportation exceptionnelle des prestations.¹

En revanche, les prestations en espèces de l’AI peuvent en principe être perçues lorsque l’on réside à l’étranger. Mais comme il existe plusieurs exceptions et certaines restrictions, la possibilité de bénéficier des prestations en espèces à l’étranger doit être examinée au cas par cas.

Rentes ordinaires: le droit à la rente d’invalidité ordinaire en cas de domiciliation à l’étranger dépend du degré d’invalidité, de la nationalité de l’assuré·e et du pays de résidence concret:

– Citoyen·ne·s suisses: s’il existe un droit à au moins une demi-rente d’invalidité (degré d’invalidité d’au moins 50%), la rente peut être perçue partout dans le monde. Si le droit à la rente est inférieur à une demi-rente (degré d’invalidité de 40 à 49%), le versement n’est possible que si le lieu de résidence se trouve dans un pays de l’UE ou de l’AELE. Si la personne concernée vit hors de cette zone, elle ne pourra toucher aucune rente.

– Ressortissant·e·s de l’UE/AELE: les rentes d’invalidité de 50% et plus peuvent être perçues partout dans le monde. La perception d’une rente inférieure à 50% n’est possible que si le ou la ressortissant·e de l’UE ou de l’AELE réside dans un pays de l’UE ou de l’AELE.

– Ressortissant·e·s d’autres États: les rentes d’invalidité de 50% et plus ne peuvent être perçues que si leur pays a conclu un

accord de sécurité sociale correspondant avec la Suisse. En revanche, il n’est pas possible de percevoir des rentes d’invalidité inférieures à 50%.

L’AI prévoit diverses prestations en espèces dites «à caractère non contributif». Contrairement aux rentes ordinaires et aux indemnités journalières, ces prestations sont fixées et accordées indépendamment du montant des contributions versées par l’AVS/AI. Parmi ces prestations en espèces à caractère non contributif figurent notamment l’allocation pour impotent, les contributions d’assistance et la rente d’invalidité extraordinaire. Ces aides ne peuvent être perçues que si la personne concernée est domiciliée en Suisse et ne sont donc pas exportables.

Prestations de l’AVS

Le droit aux prestations de l’assurancevieillesse et survivants si l’on réside à l’étranger est similaire à celui de l’AI. Pour l’AVS également, les prestations en nature et les prestations en espèces à caractère non contributif ne peuvent pas être versées en cas de domiciliation hors de nos frontières.

A contrario, la rente AVS peut être perçue partout dans le monde par les citoyen·ne·s suisses ainsi que par les ressortissant·e·s des États membres de l’UE/AELE. Pour les personnes d’autres nationalités, le droit à la rente AVS est soumis à la condition que leur pays ait conclu un accord de sécurité sociale avec la Suisse.

Prestations de l’assurance-accidents

Les prestations de l’assurance-accidents ne dépendent pas du lieu de résidence, mais du fait que la personne soit assurée à titre obligatoire en raison d’une activité professionnelle en Suisse. Une personne assurée perçoit donc les prestations de l’assurance-accidents quelle que soit sa domiciliation. Toutefois, le fait de résider ou de séjourner à l’étranger peut avoir des répercussions sur la manière dont les prestations sont fournies.

Pour l’assurance-accidents également, il faut distinguer les prestations en espèces des prestations en nature. Le lieu de rési-

dence n’a aucune incidence sur les prestations en espèces, qui sont versées dans la même mesure à l’étranger.

Quant aux prestations en nature, l’assurance-accidents reste tenue de les fournir, mais celles-ci sont versées par un organisme assureur local, pour lequel l’assurance-accidents assume les frais («entraide en matière de prestations en nature»). Si le lieu de résidence se trouve dans l’UE/AELE,

tions complémentaires sont suspendues après le troisième mois, même si la personne continue d’être domiciliée en Suisse.

Conclusion

En résumé, on peut affirmer qu’une domiciliation à l’étranger ou une expatriation de Suisse peut avoir un impact majeur sur le droit aux prestations d’assurances sociales. Alors que certaines prestations ne sont pas affectées, d’autres disparaissent complète-

ces coûts sont couverts selon les tarifs locaux en vigueur. Si la personne assurée vit dans un pays tiers, la prise en charge des coûts est toutefois limitée à un maximum du double de ce que coûterait la prestation en Suisse. En cas de traitements onéreux à l’étranger, il existe donc un risque que l’assurance-accidents ne rembourse pas l’intégralité des coûts.

Prestations complémentaires

Les prestations complémentaires sont liées au domicile et au séjour en Suisse et ne peuvent pas être perçues à l’étranger. De simples séjours de courte durée hors de Suisse ne font pas perdre le droit à ces prestations. Mais si le séjour à l’étranger dure plus de trois mois par an, les presta-

ment, tandis que d’autres encore dépendent de la nationalité, du pays de résidence ou de l’existence d’un accord international. Compte tenu de cette forte insécurité juridique pour la personne concernée, il est possible, avant de déménager, de demander aux assurances sociales une décision de constatation indiquant les conséquences d’une expatriation sur les prestations d’assurance.²

¹ Arrêt du Tribunal fédéral

8C_453/2024 du 15 septembre 2025 ² ATF 142 V 2, consid. 1.2.

Vivre à l’étranger Quelles prestations peut-on percevoir?

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ASSURANCE-INVALIDITÉ

Deux refus invalidés

Des indemnités d’amortissement du véhicule ont été refusées par l’assurance-invalidité (AI). Grâce aux recours déposés par les avocates et avocats de l’ASP, elles ont finalement été octroyées aux bénéficiaires par le Tribunal cantonal vaudois.

Virginie Müller, avocate

Les personnes lésées médullaires ont besoin de nombreux moyens auxiliaires. Plusieurs d’entre eux sont pris en charge par les assurances sociales. Entre autres, l’AI peut octroyer une indemnité d’amortissement annuelle de CHF 3000.– pour la voiture.

Quelles sont les conditions générales?

L’indemnité d’amortissement pour le véhicule est prévue notamment par le chiffre 10.04 de l’annexe OMAI ¹. Cette indemnité est versée si la personne assurée:

– a besoin d’un véhicule à moteur personnel pour aller à son travail en raison de son handicap;

– exerce une activité lucrative d’une manière probablement durable;

– et peut couvrir ses besoins grâce à cette activité.

Cette troisième condition est remplie si les revenus de la personne atteignent un certain montant régulièrement adapté. Depuis le 1er janvier 2025, il est fixé à CHF 1890.–par mois. De nombreux cas ne posent pas de questions particulières. D’autres situations causent un litige entre l’AI et les bénéficiaires.

Dans deux décisions de 2025, le Tribunal cantonal vaudois a annulé les refus de l’AI et a octroyé ces indemnités aux bénéficiaires. En voici le résumé.

1er cas: le bonus ² Mme A. est employée à taux réduit. Elle bénéficie depuis très longtemps de l’indemnité d’amortissement pour son véhicule.

En 2024, ses revenus mensuels s’élèvent à CHF 1700.–. En été 2024, elle reçoit en supplément un bonus de CHF 1800.–pour l’année.

L’AI refuse le versement de l’indemnité d’amortissement pour l’année 2024. Elle estime que le montant minimal de CHF 1838.– (applicable en 2024) doit être atteint chaque mois, individuellement, pour donner droit à l’indemnité.

Sur recours, le Tribunal cantonal donne raison à Mme A. Contrairement à l’avis de l’AI, il n’est pas important que les revenus mensuels de Mme A. soient parfois inférieurs et parfois supérieurs au montant minimal fixé. Le principal est que ce montant soit atteint en moyenne sur l’année.

2e cas: les indemnités journalières ³ M. B. travaille à temps partiel et perçoit l’indemnité d’amortissement depuis de nombreuses années. En 2024, il est hospitalisé quelques semaines, en raison de rechutes dues à sa paraplégie. L’assurance-accidents paie alors des indemnités journalières à l’employeur, qui les verse ensuite à M. B.

L’AI refuse à M.B. le versement de l’indemnité d’amortissement pour cette année 2024. Elle considère que ces indemnités journalières ne font pas partie des revenus de M. B. Avec cette déduction, le seuil mensuel de CHF 1838.– n’est pas atteint.

M. B. fait recours contre cette décision et obtient gain de cause. Le Tribunal cantonal confirme que les indemnités journalières

versées par l’assurance-accidents l’ont été en remplacement du salaire de M. B. et qu’elles font donc partie des revenus qu’il réalise grâce à son emploi.

Faut-il toujours faire recours?

Dans ces deux cas, les bénéficiaires ont finalement obtenu l’indemnité d’amortissement. Tous les recours ne sont pas forcément admis. Mais il vaut la peine d’examiner une décision défavorable. Les avocates et avocats de l’Association suisse des paraplégiques se tiennent volontiers à disposition.

¹ Ordonnance concernant la remise de moyens auxiliaires par l’assuranceinvalidité

² Arrêt ZD24.051410 du 26 mars 2025 du Tribunal cantonal vaudois

³ Arrêt ZD25.017366 du 13 novembre 2025 du Tribunal cantonal vaudois

Situation des paralysé·e·s médullaires dans le monde

Les dernières données de l’étude internationale InSCI révèlent la réalité des personnes atteintes de lésions médullaires en Suisse et dans 30 autres pays. Certains résultats sont surprenants.

Johannes Kinast, responsable Communication de la Recherche suisse pour paraplégiques

Comment vivent les paraplégiques sur notre planète? Les réponses sont on ne peut plus diverses. L’étude internationale InSCI (International Spinal Cord Injury Survey), coordonnée par la Recherche suisse pour paraplégiques, montre que l’accès aux soins, aux systèmes de santé et à l’emploi dépend fortement du lieu de résidence. Entre 2022 et 2024, plus de 15 000 personnes originaires de 31 pays ont fourni des informations, offrant ainsi un aperçu unique de la vie des paralysé·e·s médullaires à l’échelle mondiale.

Causes des accidents et problèmes de santé

Qui a participé à l’enquête? 70% des personnes interrogées dans le monde étaient des hommes. L’âge moyen était de 43 ans et la plupart des répondant·e·s étaient paraplégiques depuis huit ans. Près des trois quarts ont déclaré avoir besoin d’aide dans

leur vie quotidienne. 87% des sondé·e·s présentaient une lésion médullaire traumatique dont les causes les plus fréquentes étaient les accidents de la route (35%), les chutes de plus d’un mètre (18%) et les accidents du travail (14%). Cependant, les causes des accidents varient considérablement d’un pays à l’autre: au Maroc, 31% des lésions médullaires surviennent au travail, en Italie 52% se produisent sur la route et en Iran, 48% sont dues à des chutes de plus d’un mètre.

Dans le monde entier, beaucoup de personnes paraplégiques sont confrontées à des problèmes de santé. La douleur est le problème le plus souvent rapporté (82%). Les troubles dépressifs (79%), les spasmes musculaires (76%) et les dysfonctionnements intestinaux (71%) sont également fréquents. Les données révèlent aussi que les problèmes de santé empirent avec l’âge

Vue d’ensemble

Pays participants à l’étude InSCI

et le temps écoulé depuis l’accident. Ce n’est pas le cas pour les personnes souffrant d’une lésion médullaire non traumatique, c’est-à-dire liée à une maladie.

La prise en charge varie selon le revenu

Les personnes atteintes d’une lésion médullaire consultent le plus souvent leur médecin de famille (59%), puis les services d’hospitalisation (49%) et la physiothérapie (44%) Sont aussi sollicité·e·s, les médecins de rééducation (40%), les spécialistes d’autres disciplines (36%) et les services de soins infirmiers (25%).

Les besoins en soins médicaux sont importants partout dans monde, mais l’accès à ces soins varie sensiblement, notamment en fonction du niveau de richesse des pays. En Suisse, environ 8% des personnes interrogées déclarent ne pas avoir reçu les prestations de santé nécessaires. Au Maroc et en Iran, près de 60% affirment que leurs besoins ne sont pas satisfaits.

5e place pour le système de santé suisse

L’analyse des systèmes de santé montre comment ces disparités d’accès aux soins se manifestent. Les données de l’InSCI permettent de comprendre comment les personnes concernées perçoivent le système dans leur pays. En moyenne, les pays

les plus riches obtiennent de meilleurs résultats que les plus pauvres. Cependant, certains pays moins favorisés obtiennent aussi de bons résultats. La Malaisie et la Thaïlande, par exemple, se classent respectivement sixième et septième, devant des États comme la Suède (10e), la France (11e), l’Allemagne (13e), l’Italie (16e) et les États-Unis (27e).

Dans ce classement comparatif des systèmes de santé des pays étudiés, la Suisse se classe cinquième. Seuls la Norvège, Andorre, les Pays-Bas et l’Espagne font mieux. Une analyse plus approfondie révèle des inégalités significatives entre les différents secteurs de ces systèmes: la Suisse se classe troisième pour l’accès aux soins et même deuxième pour les procédures administratives. Cependant, son bilan est moins bon en matière de coordination et de prestation des soins (10e place) ainsi qu’au niveau de l’égalité d’accès aux services (14e place). Un résultat quelque peu surprenant est apparu dans le domaine de la qualité de vie liée à la santé, évaluée sur une échelle de 1 («santé parfaite») à 0 («situa-

tion aussi mauvaise que la mort»). La Finlande enregistre le meilleur score avec 0,75, tandis que l’Iran obtient le plus bas avec –0,01, une valeur inférieure à 0, ce qui signifie «pire que la mort».

Championne de l’intégration professionnelle

Pour de nombreuses personnes, avec ou sans lésion médullaire, le travail est essentiel dans la vie quotidienne et constitue un facteur clé à la participation sociale. Dans le monde, environ un tiers des paralysé·e·s médullaires ont un emploi. Là encore, de nets écarts apparaissent: dans les pays à revenu élevé, les personnes atteintes d’une lésion médullaire ont 59% de chances supplémentaires d’occuper un emploi rémunéré que celles résidant dans un pays à faible revenu. Par ailleurs, les réponses montrent que l’emploi dépend aussi de la situation individuelle, car les personnes ayant un niveau d’études supérieur et celles ayant bénéficié d’une réintégration professionnelle après leur lésion médullaire ont davantage de chances de trouver un poste.

Des paralysé·e·s médullaires du monde entier participent à l’étude InSCI.

Au niveau international, la Suisse affiche le meilleur taux d’emploi: 60% des personnes atteintes de lésions médullaires interrogées sont actives. La Norvège suit avec 59%, tandis que le Pakistan ferme la marche avec seulement 7%. Parallèlement, les données révèlent des disparités en ce qui concerne la reconnaissance de cette activité professionnelle. À l’échelle mondiale, 70% des répondant·e·s estiment que leur travail est correctement valorisé. En Suisse, ce chiffre est nettement inférieur (43%). Pour ce qui est de l’évaluation de la rémunération, le constat est similaire: 70% des personnes interrogées dans le monde considèrent leur salaire comme adéquat, contre seulement 43% en Suisse. Seule la Norvège se classe plus bas en ce qui concerne la reconnaissance de la valeur du travail effectué par les paralysé·e·s médullaires.

Participer à SwiSCI est primordial Les résultats de l’étude InSCI montrent à quel point la vie des personnes concernées peut être différente à travers le monde. Dans certains pays, elles ont accès aux soins médicaux et au marché du travail, tandis que dans d’autres, c’est beaucoup moins le cas. La Suisse se distingue sur de nombreux points: accès aux soins, système de santé et emploi, où elle conserve sa position de leader mondial. Cependant, les données révèlent aussi des lacunes dans le système helvétique, notamment en matière de reconnaissance et de rémunération du travail.

Coordonnée par la Recherche suisse pour paraplégiques, l’étude InSCI est menée tous les cinq ans dans un nombre croissant de pays. Grâce à cette étude, nous pouvons évaluer la situation de nombreux États dans des domaines clés de l’accès aux soins et de l’inclusion des personnes concernées.

Pour la Suisse, les réponses sont recueillies dans le cadre de l’étude SwiSCI, qui sert de modèle à l’étude InSCI. Afin d’obtenir des données fiables, il est crucial qu’un maximum de Suisses et de Suissesses y participent. Par conséquent, nous vous encourageons à répondre à la prochaine enquête SwiSCI – vous contribuerez ainsi à la réussite d’une recherche essentielle pour les paralysé·e·s médullaires.

LACS

Le long chemin vers l’eau

Les accès aux lacs ou les lieux de baignade sans obstacles sont rares. Afin de changer cela, le département Construire sans obstacles de l’ASP fournit des conseils et s’engage pour une meilleure accessibilité.

Adrian Haueter et Evelyn Schmid

En Suisse, l’accès aux lacs et aux lieux de baignade va de soi pour la plupart des gens. Mais pas pour les personnes en situation de handicap. Les architectes et les représentant·e·s du département Construire sans obstacles (CSO) de l’ASP réclament donc depuis des années que, outre les piscines, un maximum d’espaces lacustres et de plages soient rendus accessibles.

Sur le plan juridique, la voie à suivre est très claire. La loi sur l’égalité des personnes handicapées (LHand) oblige depuis plus de 20 ans les maîtres d’ouvrage publics à prévenir ou à éliminer les discriminations. Pourtant, de nombreux projets échouent par manque de connaissances, de priorités ou parce qu’on considère que l’accessibilité n’est qu’un détail. Or pour l’ASP, loin d’être un simple bonus, elle est une condition indispensable à l’inclusion. Il reste beaucoup de chemin à parcourir en Suisse.

Lucerne – trois accès au lac en projet Une motion déposée au Parlement municipal de Lucerne en 2024 a relancé le débat sur l’amélioration de l’accessibilité au lac des Quatre-Cantons. La ville a réagi et a ordonné la planification de trois accès sans obstacles aux bains du Lido et de Tribschen, ainsi que dans le parc public d’Ufschötti. Au printemps 2026, une vaste consultation a été menée auprès des personnes en situation de handicap et des institutions – une démarche saluée par l’ASP. Le réseau d’intérêts CSO a émis des exigences détaillées concernant les rampes et les revêtements de sol, ou la nécessité de mettre en place des infrastructures et moyens auxiliaires supplémentaires. La norme SIA 500 fournit des indications claires concernant par exemple la pente et les caractéristiques d’une rampe. À l’heure actuelle, on ignore si des projets seront mis en œuvre, ni lesquels; cela n’aura lieu qu’en 2027 au plus tôt.

Horw – deux approches différentes À Horw LU, les différences qui existent entre les accès au lac sont criantes – selon l’emplacement, l’espace disponible et les objectifs d’utilisation. La remise en état de la petite plage de Sternenmätteli, bien connue des habitué·e·s, a été l’occasion de créer un nouvel accès en 2025. Le service cantonal «Hindernisfrei Bauen Luzern» a recommandé une rampe en béton en forme de Z avec une main courante, qui permet un accès sécurisé à l’eau malgré l’espace restreint. Des plateformes aux points de virages servent de zones de repos et de giration. Mais le site reste un lieu de détente, pas une véritable plage: il manque des cabines pour se changer, des toilettes et un fauteuil roulant de plage. Le récit de Patrick Studer, qui habite près de Sternenmätteli, montre que souvent, on ne peut utiliser les accès sans obstacles que de manière limitée.

Au Seerosenplätzli non plus, aucune installation de baignade n’est prévue – et les exigences y sont plus complexes. Felix Schärer, chef de Construire sans obstacles, a conseillé la commune et les concepteurs sur les rampes, les pavés et les possibilités d’accès. L’expérience apportée par l’agence de voyage de l’ASP qui propose des séjours balnéaires, s’est aussi avéré précieuse. Sa responsable, Monserrat Thalmann, explique: «Les besoins des personnes concernées varient énormément: pour certaines, une rampe et un fauteuil de baignade suffisent, d’autres ont besoin d’un lift ou d’un Seatrac. Il faut donc des scénarios d’utilisation réels, sur lesquels les solutions tech-

Sternenmätteli Lieu de détente pour Patrick Studer

niques seront axées.» La ville de Horw devrait décider cette année si des mesures seront mises en œuvre et lesquelles.

Neuchâtel – accessibilité et patrimoine mondial

Au lac de Neuchâtel, deux intérêts légitimes s’opposent: les loisirs et la protection des monuments historiques. Plusieurs rives font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO des «Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes». D’où des contraintes strictes qui limitent les travaux d’aménagement. Parfois, la protection d’un site classé prime sur l’accessibilité, pour autant que l’on étudie d’autres options. C’est justement ce genre d’alternatives que le canton est en train de développer avec le réseau d’intérêts de l’ASP. Des villes comme Milvignes ou Laténa évaluent des installations mobiles qui permettraient aux personnes en fauteuil roulant d’accéder aux rives sans détruire la zone protégée. L’ASP demande que ces solutions ne soient pas des mesures provisoires, mais des avancées sérieuses vers l’inclusion. Les projets sont en cours de décision.

Plateformes d’information

Comme les accès au lac sans obstacles peuvent être très variés, il est crucial de disposer d’informations fiables pour que les personnes en situation de handicap puissent planifier leurs sorties. Or il n’existe pour l’instant que des renseignements sur les piscines couvertes et en plein air, pas sur les plages publiques du lac. De bonnes plateformes pour la baignade sont ginto. guide et le site Web badi-info.ch.

Conclusion

Les exemples de Lucerne, Horw et Neuchâtel montrent que les accès au lac sans obstacles sont possibles, mais cela requiert une volonté politique, un savoir-faire, l’implication des intéressé·e·s et parfois des solutions créatives. L’ASP demande donc:

– Des normes contraignantes pour les accès aux lacs et les lieux de baignade

– L’implication précoce des personnes concernées et des services spécialisés

– La combinaison de l’accès et des infrastructures

– Des informations de qualité, aussi pour les plages au bord des lacs

Sur l’eau, au bord de l’eau et dans l’eau

Ses yeux s’illuminent lorsqu’il évoque ses baignades lacustres, la pêche ou sa maison au bord du lac des Quatre-Cantons. Patrick Studer est tétraplégique depuis quatre ans et puise sa force dans l’eau.

Pour ce professeur de gymnase de 51 ans, la vue sur la baie de Horw est comme un retour au pays. En été, il va régulièrement nager ou part pêcher en bateau, comme il avait l’habitude de le faire avant son accident de surf en 2022. Beaucoup d’autres loisirs – comme le snowboard, le hockey sur glace ou le surf – ne sont plus possibles.

Patrick Studer se rend aussi dans d’autres lacs, par exemple à Lenzerheide, où il allait souvent avant son accident. À son avis, l’accès à de nombreux plans d’eau n’est hélas pas facile. Mais l’anse de Horw lui offre tout ce qui lui est cher: un lieu de baignade, son bateau de pêche dans le port voisin, un parking accessible en fauteuil roulant, une route goudronnée qui longe le lac et sa maison toute proche.

À 50 mètres de son logement, la commune de Horw a récemment aménagé une rampe plate en forme de Z menant à une petite plage de sable au Sternenmätteli. De là, sa compagne l’aide à entrer

dans l’eau: «Mon amie me soulève. Heureusement, le lac devient profond à quelques mètres du rivage, ce qui me permet de nager. Cela détend mon dos après être resté assis longtemps.» On ne peut toutefois pas utiliser un fauteuil de plage, car il faudrait une longue plateforme d’accès. Et le chemin qui mène à la rampe est en gravier – pas pratique pour un grand tétraplégique.

Comment se présenterait un accès idéal au lac? «Ce serait super si la plage voisine disposait d’un lève-personne pour accéder à la partie profonde du lac, comme dans les piscines», estime Patrick Studer. Le Seatrac, une rampe équipée d’un siège motorisé, remporte aussi ses faveurs. En général, ce système comprend une cabine de change et une douche pour les personnes qui n’habitent pas tout près comme lui.

Quand l’enseignant part pêcher, sa compagne vient avec lui. Elle conduit l’annexe du ponton à la rampe du port, puis abaisse la partie avant. Il peut ainsi monter directement dans le bateau en fauteuil roulant. Une fois à bord, il est alors totalement autonome. «Je suis heureux de pouvoir continuer à pêcher. Cela compte énormément pour moi», dit-il en regardant le lac avec nostalgie.

VACANCES

Une ville sympa

À Barcelone, il y a largement de quoi faire pendant une semaine. Trois vacanciers et vacancières parti·e·s avec l’ASP racontent ce qui leur a particulièrement plu.

Birrer

En avril, six personnes en fauteuil roulant se sont envolées pour Barcelone et ont passé une semaine bien remplie avec leurs accompagnant·e·s, dans cette métropole du nord-est de l’Espagne. «Nous avions un super groupe», déclare Karin Dach, qui assumait pour la première fois le rôle de responsable de groupe. Cette enseignante du primaire de Fribourg raconte que «presque tout s’est bien passé». Et quand il y avait un petit couac, comme le repas du premier soir, personne ne se plaignait.

Bilan: une destination géniale, des gens géniaux. Voilà ce que confirment aussi trois participant·e·s après leur semaine dans la capitale catalane.

Vera Müller: fan du style de Gaudí Il n’est pas exagéré de dire que Vera Müller est une grande voyageuse. Avant son accident de moto en 2009, elle partait régulièrement à l’aventure. «Notre monde a tant à offrir», estime cette quinquagénaire. Et

ce n’est pas sa tétraplégie qui l’empêche de découvrir de nouveaux horizons. Au moins une fois par an, elle passe quelques jours à l’étranger avec l’ASP – voire deux fois, si possible.

L’an passé, elle a apprécié la beauté du Mexique; cette année, elle a prévu deux semaines en Thaïlande au mois de novembre. Et au printemps, elle s’est envolée pour Barcelone, ville qu’elle avait visitée il y a de nombreuses années. «J’y ai passé du bon temps», résume-t-elle. «Le groupe s’entendait à merveille et le programme était top. Barcelone est juste une ville géniale.»

Elle a été subjuguée par la Sagrada Família – le chef-d’œuvre d’Antoni Gaudí, célèbre architecte catalan dont elle adore le style. C’est pourquoi elle a aussi été séduite par le parc Güell, où les idées et les principes créatifs de Gaudí s’expriment dans toute leur splendeur.

Comme tous les membres du groupe, Vera se réjouit de ne rencontrer quasiment aucun obstacle à Barcelone avec son fauteuil roulant. «Là-dessus, les conditions dans cette ville sont meilleures que dans bien des localités suisses», dit-elle. Elle apprécie aussi la cuisine espagnole, avec ses tapas et sa paella. «On ne s’est vraiment pas ennuyés.»

A-t-elle encore des rêves en tant que globe-trotteuse? «L’Amérique du Sud!», répond-elle, avant de citer aussitôt une destination précise: «Je veux absolument visiter Rio de Janeiro et voir le Pain de Sucre.»

Stefan Maeder: Torre Glòries et Sagrada Família, ses coups de cœur Après plusieurs vacances balnéaires à Grado et des séjours à Stockholm, à Malte, aux Pays-Bas et à Rhodes avec l’ASP, son choix s’est porté sur Barcelone. Stefan Maeder de Chiètres est un adepte des

Peter

voyages de l’association. Pourtant, avant septembre 2020, ce Fribourgeois ne partait que rarement en vacances: «Une semaine de ski, un long week-end de temps en temps, et c’était tout.»

Le sexagénaire dirigeait une entreprise de transport et prenait souvent le volant d’un camion. Mais un accident de travail l’a rendu tétraplégique. Lorsqu’après neuf mois de rééducation primaire, il a retrouvé les compagnons de route qu’il avait rencontrés à Nottwil, l’un d’eux lui a demandé: «Stefan, tu pars une fois en vacances avec nous?»

C’est en 2023 que commence sa «carrière de voyageur» avec un séjour à Grado, sur la côte adriatique. «Une semaine formidable, du beau temps, de bons repas», se souvient-il. L’envie est née. Dès lors, il s’inscrit régulièrement à des voyages organisés par l’Association suisse des paraplégiques et se découvre ainsi un nouveau passetemps – en plus de la musique. «C’est un plaisir de découvrir le monde», dit-il.

Aussi, quand il a vu l’annonce pour la cité comtale dans le catalogue de voyages, il n’a pas hésité à s’inscrire. Et quand il y repense aujourd’hui, il se dit: «Ça en valait la peine.»

Si la capitale catalane offre de nombreux trésors architecturaux, Stefan en retient deux: la Sagrada Família et la Torre Glòries. Il est fasciné par la première – déjà en tant qu’œuvre d’art, et aussi par les piliers qui soutiennent le toit. Il qualifie la basilique de «truc énorme», tandis qu’il parle de la Torre Glòries comme du «gros cigare». En effet, avec sa façade en verre et en aluminium très voyante, ce complexe de bureaux en a la forme caractéristique. Depuis le 32e étage, à 142 m de hauteur, les visiteurs bénéficient d’une vue spectaculaire sur Barcelone. Stefan a gardé ces images en mémoire: «La montée vertigineuse en ascenseur était une sacrée expérience, sans parler de la vue d’en haut – c’était génial.»

Stefan, véritable bolide avec son engin de traction, a apprécié la bonne ambiance au sein du groupe. La cuisine espagnole était à son goût et il a adoré observer l’agitation

dans les rues de cette ville accessible aux fauteuils roulants: «J’aimerais bien retourner à Barcelone», confie-t-il. D’ailleurs, quelques jours à peine après son retour, il était déjà reparti – sous le soleil de Ténérife.

Tiana Winiger: 650 photos de Barcelone

Tiana Winiger se réjouissait de découvrir une nouvelle ville, et de «voyager pour une fois sans la famille», comme elle le fait remarquer avec un sourire. Cette jeune fille

tait pas à aborder spontanément des gens de son âge de diverses origines et à discuter avec eux en anglais.

Elle souligne la qualité de l’encadrement pendant la semaine, la visite du Parc Güell, haut en couleur et à l’architecture unique,

Enchanté·e·s par Barcelone: Vera Müller (en h. à d.), Stefan Maeder (en b. à g.) et Tiana Winiger (en b. à d.)

de la région d’Entlebuch, qui fêtra bientôt ses 19 ans, adore prendre des photos et elle ne s’en est pas privée. À la fin du voyage, elle ne compte pas moins de 650 clichés sur son téléphone.

C’était son premier voyage avec l’ASP. Benjamine du groupe, elle aurait aimé y rencontrer une ou deux personnes de sa génération. Sur place, elle a pu néanmoins échanger avec des jeunes, car elle n’hési-

ainsi que la tournée des tapas. C’était «super» de passer d’un bar à tapas à l’autre et de savourer les délices culinaires de la «Ciudad de las maravillas».

Tiana s’est déjà rendue à Amsterdam, a aussi visité Stockholm, puis à Barcelone –et elle a encore de nombreux projets, comme explorer le nord du continent. «Je veux absolument voir au moins une fois des aurores boréales.»

BALADE

En montgolfière dans le ciel vaudois

Prenez de la hauteur le 22 août 2026 et laissezvous porter par le vent.

Une expérience unique entre ciel et terre vaudoise, idéale pour s’évader et admirer des paysages à couper le souffle. En solo, en duo ou en groupe, vivez un moment magique et inoubliable. Offrez-vous une parenthèse hors du temps et découvrez la liberté vue d’en haut. Informations et réservations en ligne.

SPORT

Handisurf à Sion

Prêt à défier la vague sans limites à Sion, le 8 août 2026 à Alaïa Bay?

Sensations intenses, liberté totale et vibes inclusives vous attendent. Peu importe votre niveau, venez glisser, vibrer et repousser vos limites dans une ambiance unique et un cadre accessible en fauteuil roulant. Ici, chacun·e a sa place. Laissez-vous porter, dépassez-vous et vivez un moment inoubliable entouré·e de moniteurs et monitrices compétent·e·s.

Night of Colour

Le 4 mars 2026, la «Night of Colour» s’est déroulée dans l’aula du Centre suisse des paraplégiques, sous la direction de l’artiste Marianne Rotteveel. Une soirée évidemment haute en couleurs avec des participant·e·s enthousiastes.

Au total, 24 personnes, dont des patient·e·s, ont pris part à l’atelier pour plonger ensemble dans l’univers des pastels. Après une brève introduction, le temps était venu de tester soi-

OUVERTURE DE LA SAISON

Voyages 2026

Fin février, l’agence de voyages de l’Association suisse des paraplégiques a eu le plaisir d’accueillir quelque 65 bénévoles à Nottwil pour le lancement officiel de l’année de voyages 2026.

Toutes les personnes qui nous soutiendront lors des voyages en groupe de cette année étaient invitées, qu’il s’agisse de soignant·e·s, de responsables de groupe ou d’assistant·e·s à la baignade. L’objectif était de mieux faire connaissance et d’échanger. L’équipe de l’ASP a présenté les 15 voyages à venir et expliqué ce qu’elle attendait de ses bénévoles. Finalement, ce sont elles et eux qui contribuent fortement à la réussite de ces vacances.

même les différentes techniques et possibilités offertes par ces craies. La créativité n’avait alors plus de limite. Marianne Rotteveel a donné de précieux conseils et a accompagné le groupe tout au long de l’exercice expressif, jusqu’à ce que de jolies créations artistiques voient le jour. Les doigts maculés de craie et le visage rayonnant de bonheur, les participant·e·s sont reparti·e·s la tête pleine de couleurs.

BÉNÉVOLAT VOYAGES

Votre mission

Vous souhaitez faire du bénévolat pendant nos voyages?

Participez au séminaire de deux jours destiné aux bénévoles accompagnant les voyages et les camps sportifs. Vous disposerez ensuite des compétences nécessaires pour encadrer un·e vacancier·ère en tant que soignant·e.

Calendrier

Toutes les informations sur nos voyages et activités des loisirs sont sur: spv.ch/manifestations

ATELIER

Ready for take-off avec les auxiliaires e-mobilité

Si vous partez en vacances en avion et que vous souhaitez emporter votre dispositif de traction, il faut tenir compte des règles relatives au transport des moyens auxiliaires électriques.

Une bonne préparation est essentielle. Connaître les caractéristiques techniques de son appareil, avoir tous les documents nécessaires et communiquer assez tôt avec la compagnie aérienne rend le voyage beaucoup plus serein. Il est primordial de s’informer à l’avance sur les exigences de la compagnie aérienne concernée.

Chez Swiss, par exemple, l’enregistrement s’effectue via le formulaire «Electric mobility device information», dans lequel toutes les données techniques de l’aide à la mobilité doivent être renseignées. Cela vaut aussi bien pour les appareils de traction que pour les fauteuils roulants électriques. Ce n’est qu’après réception de ces informations que la compagnie envoie une confirmation définitive de transport de l’appareil. Ayez le formulaire rempli sur vous, que ce soit en version imprimée ou numérique. Vous trouverez ce formulaire en entrant sa désignation exacte sur Google par exemple. La plupart des compagnies aériennes procèdent de manière similaire. Consultez le site Web correspondant.

Types de batteries

Toutes les compagnies tiennent à connaître précisément le type de batterie utilisé et sa capacité en wattheures (Wh). Les trois types de batteries les plus courants sont: Wheelchair lithium battery removed for transportation, Wheelchair Lithium Battery et Wheelchair Battery Dry.

1. Batteries au lithium amovibles (WCLX)

Les batteries au lithium amovibles doivent être transportées en cabine. L’association faîtière des compagnies aériennes autorise au maximum deux batteries d’une capacité maximale de 300 Wh, y compris une batterie de rechange, ou bien au maximum quatre batteries d’une capacité maximale de 160 Wh, y compris deux batteries de rechange. Les batteries doivent être emballées de manière à exclure tout risque de court-circuit, par exemple en recouvrant les bornes de ruban adhésif ou en utilisant des étuis de protection.

2. Batteries au lithium fixes/ non amovibles (WCLB)

Si les batteries au lithium ne peuvent pas être retirées, l’auxiliaire à la mobilité est considéré comme bagage encombrant. Deux batteries fixes au maximum, d’une capacité maximale de 160 Wh chacune, sont autorisées. L’appareil doit être conçu de telle sorte que la batterie est protégée mécaniquement. Le retrait de la batterie n’est pas prévu.

3. Batteries étanches ou batteries sèches (WCBD)

(batteries au gel, NiCd, NiMH, batteries plomb-acide scellées sans entretien)

Grâce à leur conception hermétique, ces batteries sont considérées comme particulièrement sûres et non sujettes aux fuites.

Elles sont souvent utilisées dans les aides à l’e-mobilité. Pour le transport aérien, une seule batterie de rechange est autorisée par batterie étanche. Pour les batteries NiMH ou autres batteries sèches, deux batteries de rechange sont admises. Celles de rechange ou retirées de l’appareil doivent être transportées exclusivement en bagages enregistrés. Il est nécessaire de protéger les batteries contre les courts-circuits en isolant les contacts ou en les emballant correctement. Que ce soit dans l’appareil ou séparément, les batteries doivent être sécurisées mécaniquement afin d’éviter tout dommage.

Dépôt des bagages spéciaux

À l’aéroport, il faut déposer le fauteuil roulant électrique ou l’auxiliaire à l’e-mobilité dès l’enregistrement, au comptoir des bagages volumineux. Vous pouvez apporter votre propre fauteuil roulant manuel ou utiliser celui mis à disposition par l’aéroport. Avec votre propre fauteuil roulant manuel, vous pouvez vous rendre seul·e à la porte d’embarquement, ce qui vous offre davantage de liberté.

Swiss soutient efficacement et depuis de nombreuses années sa clientèle à mobilité réduite ainsi que l’agence de voyage de l’ASP. La compagnie transporte gratuitement jusqu’à deux fauteuils roulants par passager – un réel avantage pour les personnes qui nécessitent plusieurs aides à la mobilité.

Assistance à l’enregistrement

Inspirée par la nature

La technologie de lubri cation HydraBalance™ pour plus de sécurité1 et de naturel2 lors du sondage.

Sur les sondes Infyna Chic™ et VaPro™.

Jonny utilise les sondes VaProTM
Kathie utilise les sondes Infyna ChicTM
Hollister, le logo Hollister ainsi que HydraBalance, le logo HydraBalance, Infyna Chic et VaPro sont des marques déposées de Hollister Incorporated. © 2026 Hollister Incorporated.
1. Étude clinique Hollister,, CLR-00847, 2021
2. Données Hollister, TR-00643, 2023

EXPÉRIENCE PERSONNELLE

L’expérience plutôt que la théorie

Pour Marco Waldvogel, le cours de sensibilisation fait depuis longtemps partie intégrante de l’éducation physique de sa classe de gymnase qui se rend chaque année, dans le cadre d’une semaine spéciale, au CSP de Nottwil avec un objectif clair: élargir ses horizons.

Nicolas Hausammann

«Vu que le sport hautement commercialisé domine le paysage public, nous voulions faire découvrir aux élèves de maturité ayant pris l’option sport, des disciplines marginales pratiquées par des valides», explique Marco Waldvogel pour présenter le thème de la semaine de projet. En cherchant des activités répondant à ce dessein dans un périmètre situé entre Macolin et SaintGall, il a choisi le sport en fauteuil roulant à Nottwil. Comme les jeunes ne connaissent que le sport pratiqué par des gens sans handicap, ce changement de perspective a un impact fort. «L’essentiel, c’est l’expérience», affirme Marco Waldvogel.

tant qu’enseignant, j’y fait à chaque fois des découvertes. Nous pouvons également établir des parallèles avec d’autres sujets abordés dans le cours optionnel, comme la visualisation du tir, que nous traitons en leçon de psychologie du sport. Cela marque vraiment les jeunes», témoigne Marco Waldvogel plein d’enthousiasme. Les modules sport proposent une brève présentation des règles et du matériel, puis les participant·e·s commencent directement à jouer. Maîtrise du fauteuil, dribble, passes et lancers sont au programme avant le match, point d’orgue de la séance. La combativité étant souvent très forte, cela renforce grandement l’esprit d’équipe.

Levier d’une meilleure inclusion

Ce cours souligne aussi l’immense potentiel du sport inclusif. Pour beaucoup, exclure les personnes en situation de handicap reste la solution la plus simple et la plus courante. Mais les expériences faites durant cette sensibilisation poussent à changer de paradigme: la participation peut prendre de nombreuses formes, qu’il s’agisse de jouer activement ou d’occuper d’autres rôles au sein du groupe.

NOUVEAUX HORIZONS

Les cours de sensibilisation de l’ASP bousculent les certitudes – de manière concrète, marquante et durable.

Ce module de sport a été une révélation pour l’école cantonale de Burggraben. Les discussions avec les paralysé·e·s médullaires ont particulièrement marqué les élèves. Elles leur ont permis d’adopter un nouvel angle de vue – passant de la pitié à l’ouverture d’esprit et au respect. Ce qui reste gravé dans les mémoires, c’est la collégialité: lorsque des coéquipiers aident un joueur à remonter dans son fauteuil roulant. Lorsque l’incertitude fait place à l’évidence et que le sport fédère. Les attentes des jeunes sont ainsi largement dépassées. Ce qu’ils et elles n’avaient vu auparavant que sur les réseaux devient soudain tangible, physiquement exigeant et émouvant.

Une expérience bien encadrée

«La leçon de basket fauteuil du module sport est superbement structuré. Même en

Cours de sensibilisation

Réserver ici

Une activité libératrice

Bracha Fischel, tétraplégique, s’est découvert une passion pour la peinture lors de sa rééducation. Elle peint avec la bouche et nous explique l’importance de cette activité pour elle.

Peter Birrer

Bracha Fischel est assise face à son chevalet, entourée de spectateurs et spectatrices. Dans l’atelier de création du Centre suisse des paraplégiques (CSP), elle va peindre des tableaux sous leurs yeux – avec la bouche. Tétraplégique atteinte d’un haut degré de paralysie, elle ne peut plus utiliser ses mains et compense ce handicap par une technique surprenante et une apparente facilité.

«Les droitiers et droitières tiennent le pinceau dans la moitié droite de la bouche», explique-t-elle. «C’est la langue qui contrôle le mouvement. Il est important de ne pas mordre le pinceau, mais de rester détendu.»

Elle demande à Dona, sa chienne d’assistance, de lui passer un pinceau du coffret. Puis elle se met au travail et subjugue son public. L’artiste peint à l’aquarelle lorsqu’elle est en déplacement. À la maison, elle préfère l’acrylique. À Nottwil, elle démontre son talent en quelques minutes, mais chez elle, en Israël, elle se retire pendant des heures dans son atelier. Elle avoue avec un petit sourire: «Je crée souvent mes meilleures œuvres quand je suis de très bonne ou alors de très mauvaise humeur.»

Elle encourage les curieux et curieuses à tester cette forme de peinture et se réjouit de les voir se plonger rapidement dans cette

Dona, sa chienne assistante, tend un pinceau à l’artiste.

activité. Mieux encore: certain·e·s se révèlent très doué·e·s. Le personnel de l’atelier de création est également séduit par ce mini-atelier. «Peindre avec la bouche n’est pas une pratique courante pour nous», reconnaît Christine Meyer, la responsable. «La visite de Bracha Fischel a été très enrichissante. Nous pouvons désormais donner des conseils aux patient·e·s intéressé·e·s.» En fin de matinée, la peintre tire elle aussi un bilan positif: «Cela valait la peine de venir.»

Le choc après l’opération

Elle profite généralement de ces leçons pour raconter son histoire et expliquer comment elle en est venue à peindre avec la bouche. Bracha Fischel émigre en Israël en 1991, tenant ainsi la promesse faite à sa mère. Infirmière de formation, elle décroche un emploi et trouve l’amour: la binationale israélo-suisse se marie, devient maman de trois filles et mène une vie active. Jusqu’à ce qu’elle soit freinée en plein élan.

En 2006, elle est soudain prise de fortes douleurs dans le dos, les genoux et les hanches. Ses maux deviennent si intenses qu’elle ne peut plus tenir une tasse de café dans ses mains. Elle se dit: «Je n’ai pas le temps d’être malade.» Mais aucun médicament ne parvient à soulager ses atroces douleurs. Des examens révèlent qu’elle

souffre de polyarthrite rhumatoïde. Une opération est nécessaire, mais risquée. Et le pire scénario se produit: l’intervention la rend tétraplégique. Cette fervente croyante se tourne alors vers Dieu: «Qu’est-ce qui a mal tourné?»

Elle pensait terminer rapidement sa rééducation et rentrer chez elle. Mais elle doit déchanter. Son séjour dans une clinique spécialisée israélienne dure six mois, et il devient vite évident qu’elle aura besoin d’un fauteuil roulant.

Désespérée, la patiente pleure beaucoup, mais elle garde confiance et se dit: «Les voies du Seigneur sont impénétrables.»

Pendant sa rééducation, elle fait la connaissance d’une femme qui apprend aux paralysé·e·s médullaires à écrire avec la bouche, et même à peindre. Bracha Fischel prend goût à cette activité qui devient vite une passion. Dès la fin 2007, elle expose ses premières œuvres.

Pour elle, peindre est désormais plus qu’un passe-temps. C’est le moyen idéal de développer son talent, d’assimiler ses expériences et d’exprimer ses sentiments, qu’ils soient positifs ou négatifs. Elle plonge dans un univers où elle s’épanouie, se sent libre, plusieurs heures par jour, avec l’aide de Dona, sa fidèle chienne d’assistance à ses côtés.

Ne plus peindre? Inimaginable! Aujourd’hui, elle déclare: «Si je ne peux pas peindre, j’ai l’impression d’être en prison. Je ne veux même pas imaginer ma vie quotidienne sans mon hobby.» Grâce à ses connaissances et à sa technique raffinée, elle pourrait donner des cours. Mais elle ne le souhaite pas. «Si quelqu’un s’intéresse à la peinture par la bouche, il ou elle peut me contacter. Je suis heureuse d’aider et j’encourage toutes celles et ceux qui apprécient cette merveilleuse activité.»

À l’occasion de rencontres telles que celles organisées au CSP, elle raconte aussi comment elle gère son handicap. Voici le message qu’elle veut transmettre: Tout le monde doit porter sa croix. «La question qui se pose à chacun·e est la suivante: Comment je vois les choses? Le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide?» L’un de ses principes est devenu sa devise de vie: «Même en fauteuil roulant, on peut repousser les limites.»

Bracha Fischel fait indubitablement partie des personnes qui dégagent une énergie positive. Si le destin l’a durement frappée, elle ne se plaint pas. Bien au contraire. «Je peux toujours décider moi-même de ce que je fais de ma vie. J’en profite», insiste-t-elle, encourageant à traiter ses semblables avec gentillesse: «Tout le monde peut offrir un sourire. Ce n’est pas grand-chose.»

Elle a réussi à donner un nouveau sens à sa vie. Elle passe beaucoup de temps avec ses peintures et ses pinceaux, mais ose aussi se lancer dans de nouvelles aventures.

Une formidable expérience dans la neige

Lors de son séjour en Suisse de près de deux semaines en février avec deux de ses trois filles, elle ne se contente pas de montrer ses talents artistiques au CSP, mais s’offre pour la seconde fois une escapade dans la neige. Comme en 2025, elle enchaîne les descentes en dualski et en Tetra Ski sur les pistes de Sörenberg, sous la supervision experte du moniteur de ski Franz Schöpfer. «C’est formidable! J’ai du mal à trouver les mots pour décrire cette expérience», s’enthousiasme la skieuse.

Il y a un an, l’une de ses filles lui a dit: «Je ne t’ai encore jamais vue aussi heureuse.» Aujourd’hui, elle ressent à nouveau un profond sentiment de satisfaction. «J’ai été vraiment chouchoutée à Sörenberg. Si l’occasion se présente, j’aimerais y retourner l’année prochaine.» D’ici là, elle consacrera beaucoup de temps à sa passion artistique – et inspirera ainsi de nombreuses personnes.

Bracha Fischel transpose son vécu dans ses œuvres.

Essayer maintenant !

Bien plus qu’un vélo – vis la liberté de mouvement

Le Mountain Handbike électrique OT FOXX K1 d’Orthotec emmène les personnes en fauteuil roulant dans la nature, même si les muscles abdominaux sont réduits. Alors, qu’attends ­tu, c’est parti pour une nouvelle aventure loin des sentiers battus.

orthotecsports.com

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Réinventer la cuisine en salle de sport

Le projet «Adapt Dishes» propose des idées de recettes pour les paralysé·e·s médullaires. En plus d’être savoureuses, ces recettes sont aussi «cuisinables» par des personnes ayant une fonction manuelle limitée.

Evelyn Schmid

Manger doit être un plaisir – et ce, avant même d’avoir goûté la première bouchée. Or ce n’est pas chose aisée quand le corps a besoin de moins de calories, mais d’autant de vitamines et de nutriments. Et si à cela s’ajoute une force réduite dans les mains et les bras, cuisiner au quotidien devient vite une corvée. Cela ne doit pas être une fatalité, se sont dit les initiateurs du projet «Adapt Dishes», avec en tête Ulrich Kössl, responsable Design et méthodes agiles au Centre suisse des paraplégiques. Il a donc réuni autour d’une table – ou plutôt des fourneaux – des personnes concernées, de grand·e·s chef·fe·s, des ergothérapeutes et des diététiciennes.

Lors d’un premier atelier organisé en octobre 2025, des cuisiniers et des cuisinières de renom ont été convié·e·s afin d’élaborer des idées de menus avec des tétraplégiques. Des ustensiles de cuisine ont aussi été testés, car tout le monde ne peut pas découper une carotte en petits morceaux ou soulever une poêle. De même, certains

processus ont dû être repensés. Peut-on par exemple cuire un aliment avant, pour le couper ensuite plus facilement? Forts de ces nouveaux constats, les têtes toquées ont commencé à créer des recettes adaptées. Et en février 2026, la faisabilité des plats a été testée – par des personnes concernées, des spécialistes de la restauration ainsi que des expert·e·s issu·e·s de divers domaines.

RECUEIL DE RECETTES

Vous en avez l’eau à la bouche?

Vous pourrez bientôt vous aussi reproduire ces recettes. Début septembre, tous les menus d’Adapt Dishes seront disponibles sur notre site Web spv.ch. Paracontact vous en présentera bien sûr un petit échantillon.

Chef·fe·s gastronomiques

Dans la salle de sport du CSP transformée en cuisine, les paralysé·e·s médullaires avec une fonction manuelle réduite se sont attelé·e·s à la planche à découper et aux fourneaux. Les chef·fe·s leur ont fourni des recettes adaptées et donné des conseils pendant la préparation. Cinq menus différents à trois plats de célébrités de la gastronomie, tels qu’Elif Oskan, Markus Stöckle, René Schudel, Julien Mühlebach, Shaun Leonard, et Reto Garbely du CSP, ont ainsi été mitonnés. Salade de betteraves à la burrata, tarte au cottage cheese, crémeux choco-orange …, il y en avait pour tous les goûts. L’expertise et l’engagement de ces professionnel·le·s ont créé une atmosphère inspirante, marquée par les échanges, la créativité et un véritable engouement pour la cuisine collective.

Test pratique réussi

Les commis·es du jour ont été enchanté·e·s par les recettes et leur mise en œuvre adaptée au quotidien. René Schudel s’est montré spécialement créatif: avec un tétraplégique, le très médiatique chef a mis au point une planche à découper dotée d’un bac de récupération pour faciliter la découpe des légumes. Pour ce faire, il a utilisé des éléments d’un magasin de bricolage, tous aptes au contact alimentaire, bien sûr. Cet outil a été très bien accueilli tant par les patient·e·s que par les expert·e·s de la nutrition et de l’ergothérapie, ainsi que par les autres cuisinier·ère·s – et il a tout de suite été utilisé avec succès. Ulrich Kössl est lui aussi enthousiaste: «Ce projet m’a montré à quel point la collaboration interdisciplinaire est précieuse pour renforcer l’autonomie et la participation des personnes concernées. Cuisiner doit être un plaisir et favoriser la santé.»

Des émotions sur deux, trois ou quatre roues

Le «Giro Suisse | Inclusive Tour», du 25 au 30 août, est synonyme de plaisir, d’activité physique, de rencontres et d’enthousiasme. Bien plus qu’un simple tour cycliste, c’est un symbole d’inclusion et de solidarité.

Hausammann

Cette année, le Giro Suisse rassemblera à nouveau des cyclistes venu·e·s de toute la Suisse sur leurs diverses montures: vélos, vélos couchés à trois roues, GoTrikes à quatre roues ou vélos à assistance électrique. Ensemble, ils et elles apprécieront chaque kilomètre parcouru, ce qui créera une dynamique particulière, réunissant défi sportif, plaisir et passion du cyclisme. Car le Giro Suisse ne s’adresse pas qu’aux

cyclistes expérimenté·e·s. Il est ouvert à toutes et tous, indépendamment du niveau de performance de chacun·e. C’est précisément ce mélange qui fait tout le caractère du Giro Suisse.

Nouveau concept avec la garantie Giro Pour l’édition actuelle, le concept a été amélioré de manière ciblée. L’accent sera davantage mis sur l’efficacité, sans pour

autant nuire à l’expérience. Thomas Hurni, responsable Sport – loisirs – santé, explique: «Avec deux centres à Einsiedeln et à Sörenberg, nous serons en mesure de réduire l’énorme charge logistique. Néanmoins, des circuits riches en découvertes dans un cadre magnifique, chaperonnés par l’équipe éprouvée et bien rodée de Sport suisse en fauteuil roulant, attendent les participant·e·s.»

Ces deux sites centraux serviront de point de départ à des étapes variées. Ils permettront de simplifier l’organisation tout en garantissant la qualité du circuit. Pour les participant·e·s, cela représentera moins de changements de lieux, et donc plus de temps pour profiter de l’expérience à vélo et des moments conviviaux. Les cyclistes pourront à nouveau compter sur des étapes soigneusement préparées. Du lac de Sihl au lac de Zoug en passant par le lac d’Ägeri, du lac de Walenstadt à l’Oberland zurichois puis de retour au lac de Sihl par la digue, ou encore de Sörenberg vers les lacs de Sarnen et d’Alpnach, ainsi que dans la direction opposée jusqu’à Trubschachen et Nottwil: les circuits offrent des paysages lacustres et montagneux très pittoresques. Comme toujours, des collations seront servies pour que les sportifs et sportives puissent se concentrer pleinement sur le plaisir du vélo avec la garantie Giro.

Flexibilité pour tous les niveaux

L’une des priorités du Giro Suisse est de permettre à un maximum de personnes d’y participer. C’est pourquoi le concept des étapes a aussi été revu. Thomas Hurni souligne: «Cette année, il sera possible de choisir entre une version plus courte ou

plus longue pour quatre des six étapes. Les cyclistes pourront ainsi parcourir les itinéraires qui leur conviennent.»

Les plus ambitieux·euses choisiront de relever le challenge d’un dénivelé total de 4621 m sur 350 km répartis sur les six étapes. Que ce soit à la force des bras ou avec une assistance électrique, le choix est libre, tout comme le nombre d’étapes auxquelles on souhaite s’inscrire. Chacun·e se fixera son propre défi. Cette flexibilité permettra aussi bien aux novices qu’aux cyclistes chevronné·e·s d’y trouver leur compte. Ainsi, il n’y aura de stress pour personne et il restera suffisamment de place pour les ambitions sportives. Les participant·e·s définiront leur propre rythme tout en roulant ensemble.

Des expériences inoubliables grâce à nos partenaires

Et pour que les pannes et les défaillances ne viennent pas gâcher cette expérience unique, l’assistance technique du Giro, assurée par Orthotec et ses techniciens aguerris, veillera à ce que les participant·e·s puissent vite se remettre en selle. Hollister, partenaire de longue date de l’Association suisse des paraplégiques, soutient le Giro en fournissant l’équipement du staff et en sponsorisant le maillot de départ. Sans nos fidèles partenariats et nos divers fournisseurs, ce projet serait impossible à réaliser.

Plus que de simples kilomètres

LES ÉTAPES

1. Einsiedeln – Zoug

2. Einsiedeln – Weesen

3. Einsiedeln – Cham

4. Sörenberg – Sarnen

5. Sörenberg – Trubschachen

6. Sörenberg – Nottwil

Ce qui rend le Giro Suisse si particulier, ce ne sont pas juste les moments entre le départ et l’arrivée. Les discussions au bord de la route, l’entraide lors des passages difficiles ou l’arrivée commune après une longue étape – tout cela marque durablement le tour. Il n’est pas rare qu’il s’y crée des liens qui sortent du cadre sportif. Outre les kilomètres, les cyclistes partagent des histoires, des perspectives et leur vécu. Les échanges directs sur les détails techniques des handbikes, la manière de monter et de descendre de son engin, les discussions à bâtons rompus sur les plus beaux tours ou sur les solutions de transport les plus simples ont tout autant leur place que les performances sur la route. Et c’est là que réside la force du Giro Suisse.

Le Giro Suisse poursuit un objectif clair: promouvoir le sport pour tous et l’activité physique pour les personnes en fauteuil roulant en Suisse. Parallèlement, l’événement sensibilise aux thèmes de l’inclusion et de la participation, car quoi de plus fédérateur qu’un tour cycliste parcouru ensemble? Au final, le Giro Suisse ne se mesure pas juste en chiffres ou en profils de parcours. C’est le sentiment qui reste – ce mélange d’effort, de fierté d’avoir réussi à franchir les étapes, et de nouvelles rencontres. Thomas Hurni le résume parfaitement: «Le Giro Suisse est une émotion qu’on ne peut pas expliquer – il faut simplement la vivre.»

Venez rouler avec nous Venez vivre votre passion du vélo en profitant de notre forfait Giro sans souci: www.GiroSuisse.ch

Équipe logistique Des prouesses grâce au staff du Giro

COURS DE NATATION

Nager en toute sécurité

Nos cours de natation pour enfants et adolescent·e·s débutent fin août.

À la piscine de Nottwil, nous offrons aux jeunes de 6 à 18 ans l’opportunité de se familiariser avec l’eau. Aucune connaissance préalable n’est requise. Ensemble, nous ferons prudemment nos premières brasses

ou améliorerons notre technique individuelle. Le cours se déroulera du 29 août 2026 au 26 juin 2027, chaque dernier samedi du mois.

Inscription Jusqu’au 15 juin 2026 sur spv.ch/manifestations

BADMINTON

Bronze aux CM

Cynthia Mathez et Ilaria Olgiati ont remporté la médaille de bronze en double aux CM à Bahreïn.

PARAPENTE

Cinq heures dans les airs

Daniel Schiess, de Wolfhalden (AR), est champion du monde de parapente en fauteuil roulant. Un an après avoir terminé deuxième, le trentenaire a décroché le titre en Colombie à l’issue de vols de cinq heures.

Paraplégique depuis un accident en 2023, il a retrouvé le ciel. Le fauteuil de vol, qu’il a lui-même conçu, lui permet de décoller avec un minimum d’aide et d’atterrir seul. Sa passion est restée intacte: «Je suis libre», disait-il dans Paracontact (3/2025). Sur le

plan professionnel, il explore de nouvelles pistes, travaille à mi-temps et prévoit de lancer une plateforme dédiée aux voyages sans obstacles.

Daniel Schiess veut être un modèle et montrer les possibilités qui existent. En avril, il a pris le départ de la Swiss Cup à Flims aux côtés de piéton·ne·s. Dans sa vie privée aussi, il teste sans cesse de nouveaux sports. Fauteuil de basket, fauteuil de vol ou uniski, son équipement s’enrichit au gré de sa curiosité.

Au moment décisif, les championnes d’Europe ont démontré toute leur force et, grâce à leur victoire contre les Indiennes, elles ont été les seules Européennes à monter sur le podium.

Les Suisses ont aussi fait forte impression au Royaume de Bahreïn lors des qualifications en quarts de finale d’Ilaria Olgiati et de Luca Olgiati/ Yuri Ferrigno (ITA), ainsi que des huitièmes de finale de Cynthia Mathez et de Marc Elmer/Kamil Snajder (CZE).

BOBSLEIGH

Deux médailles

Christopher Stewart a décroché la médaille de bronze aux CM de bobsleigh fin janvier. Jonas Frei a fini 4e.

Lors des CE qui s’étaient déroulés une semaine auparavant, le résultat final était exactement l’inverse: c’est Jonas Frei qui a remporté le bronze, tandis que Christopher Stewart terminait 4e.

AGENDA

Prochaines compétitions pour le titre

Nos athlètes affronteront la concurrence internationale au cours des prochains mois.

CM de Powerchair Hockey

24 mai – 1er juin 2026

Pajulahti FI

Lors de la phase de groupe, la Suisse affrontera les équipes de l’Allemagne, du Danemark, et de l’Italie qui ont un niveau très similaire. Suspense garanti. Les PaysBas font figure de favoris. powerchairhockey.org

CE de Paracyclisme 12–14 juin 2026

Maniago IT

Les chances de médailles sont bonnes comparé aux autres pays. Sandra Fuhrer, championne du monde en titre, est la grande favorite. Fabian Recher, Micha Wäfler et Benjamin Früh pourraient également monter sur le podium. uec.ch

Aviron

CE 30 juillet – 2 août 2026

Varese IT

CM 24–30 août 2026

Amsterdam NL

Claire Ghiringhelli est la seule athlète suisse au départ. Aux CE, elle vise une nouvelle place sur le podium. En 2025 déjà, elle avait gagné la médaille de bronze aux CE. La concurrence sera nettement plus rude aux CM. L’athlète compte bien y réaliser sa meilleure performance possible. worldrowing.com

DISTINCTION

Sportive de l’année

Catherine Debrunner a été primée par deux fois pour ses performances exceptionnelles.

Le Comité international paralympique (IPC) a élu l’athlète «Meilleure sportive de l’été 2025». Ce prix récompense ses performances exceptionnelles réalisées entre mai 2023 et mars 2025. Au cours de cette période, Catherine Debrunner s’est illustrée par six médailles aux Jeux Paralympiques et par des résultats remarquables aux deux championnats du monde et à plu-

sieurs marathons. Les Para Sport Awards sont décernés tous les deux ans dans onze catégories.

Catherine Debrunner figurait aussi parmi les lauréats de l’équivalent suisse. Lors des Sports Awards, qui se sont tenus le 30 mars, les meilleur·e·s sportifs et sportives suisses de l’année 2025 ont été récompensé·e·s. Catherine Debrunner a reçu le prix de «Sportive paralympique de l’année», coiffant ainsi au poteau les autres nominés, Marcel Hug et Flurina Rigling.

FORMATION

Perfectionnez-vous

Il reste des places pour le cours de formation continue de l’échelon 3, prévu le 19 septembre à Nottwil.

Lors du cours «Accompagner les personnes en fauteuil roulant avec compétence et efficacité», les participant·e·s découvriront les conditions et les besoins des personnes en fauteuil roulant, et les mettront directement en pratique. Diverses activités seront présentées. En outre, les participant·e·s élaboreront maintes possibilités de soutien et appliqueront des techniques de mobilité dans des environnements va-

riés et sur différents types de sol. Le cours est axé sur le fauteuil roulant de tous les jours, mais inclut aussi d’autres engins de mobilité.

Le cours s’adresse à toutes celles et ceux qui ont déjà achevé une formation de base et qui travaillent dans le sport avec des personnes en fauteuil roulant. La formation se déroulera en salle de sport et en plein air.

Annonce et inscription sporthandicapeducation.ch

MILANO CORTINA 2026

Envie de plus

Avec Pascal Christen et Christophe Damas, deux skieurs en fauteuil roulant faisaient partie de l’équipe de Suisse aux Jeux d’hiver de 2026. Ces deux amis font le bilan, entre rétrospective et projets d’avenir.

Avant que la délégation de Swiss Paralympics parte pour le nord de l’Italie, Tom Reulein, en sa qualité de chef de mission, a déclaré: «Nous n’allons pas aux Jeux d’hiver juste pour participer. Notre ambition est de remporter des médailles et des diplômes.»

À l’issue de ces dix jours de compétition, les attentes, qui étaient de trois médailles, ont été largement dépassées. Il y a eu six places de podium, dont quatre obtenues par le skieur Robin Cuche dans la catégorie Debout. Plus trois diplômes. L’un d’entre eux a été remporté par Pascal Christen, qui, tout comme Christophe Damas, a concouru en uniski. Les deux athlètes ont contribué à l’excellent résultat de la Suisse.

Pascal Christen:

«Mon objectif est atteint» Il y a quatre ans, Pascal Christen faisait ses débuts aux Jeux Paralympiques à Pékin. Il avait terminé 14e en slalom et 17e en slalom géant. Ce Nidwaldois de 33 ans, devenu paraplégique à la suite d’une chute en VTT en 2016, visait un diplôme à Cortina. Pour cela, il lui fallait terminer dans le top 8 de l’une des cinq épreuves.

Il a été éliminé en descente, a terminé 10e en super-G deux jours plus tard et ne s’est pas classé dans le combiné alpin. Après son élimination en super-G, il n’a plus été autorisé à prendre le départ du slalom. Mais en slalom géant, il a obtenu le résultat qu’il s’acharnait à atteindre.

«Une médaille, c’était un peu hors de portée, mais avec ce diplôme, mon objectif est atteint et je ne rentre pas les mains vides», déclare Pascal Christen. Il l’a accroché chez lui, à Nottwil, car il en est très fier. Il s’en sert aussi comme motivation pour rester persévérant en vue des Jeux d’hiver de 2030 en France, où il entend bien se classer parmi les meilleurs, ce dont personne ne doute. Richard Studer, co-coordinateur des cours d’uniski et de dualski de l’Association suisse des paraplégiques à Sörenberg, a très tôt décelé son potentiel avec son équipe de moniteurs de ski. Aujourd’hui, il explique: «Pascal est bourré de talent. Il est prêt à fournir d’énormes efforts. Bien sûr, outre les compétences techniques, il faut aussi de la chance pour atteindre les sommets. Mais ce serait formidable s’il parvenait à couronner le tout avec une médaille d’or dans quatre ans.»

Il adore les défis

Pascal Christen ne manque ni de positivité ni de bonnes dispositions. «Ce coup du sort m’a offert une opportunité», estime-t-il. Lorsqu’il a eu son accident au Canada, il a envoyé un SMS chez lui avant même d’être opéré, disant qu’à l’avenir, il ferait du ski assis. Il s’est attelé à la réalisation de son projet avec une grande détermination, envisageant les difficultés non comme un fardeau, mais comme un défi. Quand il s’est fracturé le métacarpe droit à la mi-janvier, cela ne l’a pas déstabilisé. Ce perfectionniste s’est plutôt demandé: comment gérer cela de manière optimale?

Satisfaits d’eux-mêmes Pascal Christen (à gauche) et Christophe Damas jettent un regard positif sur ce qu’ils ont accompli et font déjà des projets.

Le fait qu’il prenne soin de sa santé mentale depuis un certain temps l’a sûrement aidé dans cette situation. Il travaille avec une coach mentale, «car à ce niveau, beaucoup de choses se jouent dans la tête».

À Cortina, il a fait preuve d’audace, sachant qu’il avait gagné en régularité au cours des quatre dernières années. Avant son départ pour l’Italie, son physiothérapeute lui a donné un dernier conseil: «Amuse-toi!» Quand il y repense aujourd’hui, il se dit: «C’est exactement ce que j’ai fait.»

Christophe Damas:  «Un sentiment très positif» Christophe Damas était l’un des nouveaux venus dans l’équipe de Suisse. Originaire d’Herisau, il a fêté ses 24 ans le 6 avril. Tout

comme Pascal Christen, il a pris le départ à cinq reprises et a franchi trois fois la ligne d’arrivée: il s’est classé 13e en slalom géant et en slalom, et a terminé 19e en super-G. Il a été éliminé en descente et dans le combiné alpin.

«J’en garde un sentiment très positif», a-t-il dit par la suite. «J’ai pu acquérir une expérience précieuse et je suis reconnaissant d’avoir été sélectionné.»

Christophe Damas a lui aussi fait de l’uniski pour la première fois à Sörenberg – et est également professionnel depuis août 2025. «Je suis encore jeune et je peux prendre certains risques. C’est le bon moment.»

Le jeune homme, qui a terminé un apprentissage d’informaticien, est à bien des égards un intellectuel. Il adore se plonger dans les chiffres, les données et les analyses, et s’intéresse aux questions économiques. Sa devise: tout doit obéir à une logique. Il doit clairement savoir pourquoi il doit faire telle chose et en éviter une autre. Trans-

posé au sport, cela signifie aussi qu’il passe en revue ses performances de manière très minutieuse et autocritique. Jamais il ne sous-estime la tâche à accomplir, mais ne laisse place à aucun doute une fois qu’il est parti. «Cela ne fait qu’augmenter le risque de chute.»

Diplômé de l’école de recrues pour sportifs et sportives d’élite, il a connu à Cortina le premier temps fort de sa carrière. Il a skié dans des conditions inédites pour lui. À l’arrivée, il a été accueilli par un large public sous un tonnerre d’applaudissements. Dans la zone mixte, il s’est plié au jeu des interviews avec les médias. Et à la House of Switzerland, il a fêté ses médailles avec l’équipe.

Wakeboard avec Pascal Christen «Plein de choses étaient nouvelles pour moi. Ce que j’ai vécu me donne envie de plus», a-t-il déclaré en Italie. Il compte continuer jusqu’en 2030, puis se rapprocher des places de médailles en France. «Aux prochains Jeux Paralympiques, grâce

à ces journées passées à Cortina, je sais à quoi m’attendre et à quoi faire attention.» Avant d’ajouter: «Peut-être que je participerai une troisième fois en 2034.»

Après Milan-Cortina 2026, il s’est toutefois accordé une pause, qu’il a d’abord consacrée à une aventure. En avril, il s’est envolé pour deux semaines en Ouzbékistan. À son retour, il a poursuivi son voyage en mai jusqu’en Espagne, où le wakeboard était au programme, sa deuxième passion sportive. Et il n’a pas passé ces vacances seul, mais en compagnie de Pascal Christen. Si tous deux sont rivaux sur les pistes, ce sont aussi des amis proches dans la vraie vie.

À Cortina, on les voyait souvent ensemble; ils partageaient la même chambre au village paralympique et ont vécu ce qu’ils espéraient: un séjour riche en expériences et en moments de joie.

NOUVELLE DISCIPLINE

Avançons et bougeons ensemble

La boccia rassemble – quels que soient l’âge, le niveau de forme et les capacités physiques. Cette discipline est donc idéale pour les clubs en fauteuil roulant (CFR).

Von Thomas Hurni

Ce sport s’apprend vite et repose sur la tactique, la concentration et l’esprit d’équipe. C’est donc une activité inclusive à laquelle tout le monde peut participer. L’ASP veut faire de la boccia une nouvelle discipline à part entière, comme nous l’expliquions dans le dernier numéro de Paracontact (1/26, p. 10).

Cours d’initiation gratuit

Afin que les clubs en fauteuil roulant puissent intégrer ce sport dans leur programme, nous leur proposons de suivre un cours d’initiation organisé par l’ASP dans leur région. Leurs responsables sport et loisirs ont été informé·e·s par courriel à la mi-mars de cette opportunité qu’une ou un spécialiste viendra leur présenter avec compétence pour garantir une formation approfondie à cette discipline. Le CFR, quant à lui, se charge de trouver un local adapté et de recruter les participant·e·s. Cette offre est gratuite pour les clubs en fauteuil roulant. En outre, chaque CFR qui

participe reçoit en cadeau un kit de boccia en fauteuil roulant et un set d’arbitrage. Les conditions étant ainsi réunies pour démarrer de manière autonome sa propre activité de boccia dès la fin du cours, le club s’engage à mettre en place un entraînement régulier. L’objectif n’est pas d’essayer la boccia une seule et unique fois, mais de l’ancrer durablement dans la vie du club.

Vivre la communauté

La boccia en fauteuil roulant est une super occasion de renforcer la cohésion sociale au sein du club. Une séance de boccia peut par exemple être combinée avec un repas en commun ou un apéritif. Il ne s’agit pas juste d’une activité sportive, mais d’un événement convivial qui favorise les rencontres, les échanges et le sentiment d’appartenance. Pour les nouveaux membres en particulier, cela peut constituer un bon moyen de s’intégrer et de participer activement à la vie du club.

Un sport pour tous et toutes

En faisant la promotion de la boccia, l’ASP et ses CFR permettent aux personnes atteintes de handicaps physiques lourds de participer activement au sport. Par ailleurs, la boccia est un sport inclusif que peuvent pratiquer ensemble des personnes avec et sans handicap.

Il est particulièrement important de motiver les membres peu actifs et les nouveaux membres du CFR. La boccia aide à vaincre les inhibitions: nul besoin d’être un·e grand·e sportif·ive pour y jouer. L’initiation est simple, les progrès se font rapidement sentir et la composante tactique rend le jeu passionnant. Autre argument motivant, la para-boccia est une discipline paralympique qui peut aussi se pratiquer en compétition.

Ancrage régional et national

Notre objectif premier est d’ancrer la boccia sur le plan régional. Les clubs peuvent mettre en place des offres d’entraînement communes et créer des réseaux au-delà de leur région. Ensuite, il s’agira de renforcer ce sport à l’échelle nationale. Des tournois ouverts aux niveaux régional et national contribueront à accroître la notoriété de la discipline, à attirer de nouveaux membres et à favoriser les échanges sportifs.

La boccia représente donc bien plus qu’une nouvelle offre de sport et de loisirs. Il s’agit d’un projet inclusif, fédérateur et tourné vers l’avenir qui fait bouger les gens – au sens propre du terme.

Save the date 14 novembre 2026

Tournoi national de boccia à Nottwil

BASKET-BALL

Paré·e·s pour l’avenir

Un nouveau trio d’entraîneurs a pris les rênes du basket-ball en fauteuil roulant suisse en début d’année: Nicola Damiano, Christian Rosenberger et Maurice Amacher.

Nicolas Hausammann

Le renouvellement générationnel constitue un défi majeur pour les sports en fauteuil roulant. Les jeunes talents sont rares et dispersés dans plusieurs disciplines. Or, pour être compétitive, une équipe a besoin d’au moins huit athlètes et son classement doit également être optimal. «Nous essayons de progresser avec les joueuses, mais nous n’avons pas encore assez de basketteuses pour former une équipe nationale en cinq contre cinq», explique Christian Rosenberger. L’arrivée du 3×3 aux Jeux Olympiques de Paris était donc opportune, d’au-

tant plus que cette variante a rencontré un franc succès. Toutefois, ce format intense et ultra-rapide ne fera pas ses débuts paralympiques avant 2032 au plus tôt.

Le 3×3 en phase avec son temps Christian Rosenberger entrevoit l’énorme potentiel de cette discipline: «Véritable alternative pour nous, le 3×3 est très exigeant sur les plans technique et tactique.» De plus, il est parfaitement en phase avec son époque: les matches ne durent que dix minutes et l’équipe qui attaque n’ayant que 12 secondes pour tenter un tir, les changements de possession sont fréquents et le rythme est encore plus soutenu qu’au basket-ball traditionnel. Les rencontres se déroulent généralement sur des places publiques et les compétitions peuvent aisément s’intégrer à des tournois pour piéton·ne·s.

«Espérer participer à des championnats est très motivant pour les joueuses», remarque souvent Christian Rosenberger. «Parallèlement, nous avons l’intention à long terme de faire de notre équipe une véritable équipe nationale en 5×5.» L’entraîneur de l’équipe féminine possède une riche expérience en la matière: il a participé au développement de l’Adidas Streetball Challenge en Suisse dans les années 90, et depuis 2019, il fait partie du staff technique du cadre national masculin et des Pilatus Dragons.

Un nouvel élan pour la Nati masculine C’est ce qu’insuffle désormais le Tessinois Nicola Damiano. Basketteur en fauteuil italo-suisse, il a remporté le championnat d’Europe avec la Squadra Azzurra en 2009.

Il joue pour la Suisse depuis cinq ans et évolue également à Wiesbaden, en Bundesliga allemande.

Il se réjouit de relever le défi de cette transition générationnelle: «Notre objectif est de rester compétitifs durant cette phase. Dans le même temps, je souhaite inspirer un maximum de joueurs suisses à rejoindre cette équipe.» Il affectionne un basket-ball rapide et intense, teinté d’un grain de folie positive, qui – à son avis –doit être encadré par une structure et une clarté de jeu. «Il faut que chacun comprenne qu’ensemble nous irons plus loin que si nous agissons seuls et que cela nécessite un engagement total, un jeu physique, de l’émotion et beaucoup de cœur.»

Telle est la conviction du nouveau capitaine de l’équipe nationale suisse.

Miser sur la relève

Pour qu’il y ait assez de talents à l’avenir, Maurice Amacher, lui-même ancien professionnel en Espagne, en Italie et en Allemagne, prend la direction du développement de la relève. Son expérience est un atout précieux: «Comme j’ai moi-même bénéficié du programme de promotion des espoirs de Sport suisse en fauteuil roulant, je souhaite partager mes acquis avec la nouvelle génération.» La passion du sport est au cœur de cette démarche. «Nous voulons transmettre la joie et permettre aux joueurs et joueuses de progresser à chaque entraînement.» Ainsi, tir après tir, la relève sera formée progressivement et garantira la compétitivité du basket fauteuil en suisse.

Maurice Amacher Chef de la relève
Christian Rosenberger Coach des dames
Nicola Damiano Coach des messieurs

SWISS SPORT INTEGRITY

Ce geste est-il vraiment approprié?

Depuis 2022, le sport suisse dispose d’un service de signalement des violations éthiques. Sa responsable, Martina Conte, nous explique son mode de fonctionnement et ce qu’il advient des signalements.

Comment se porte l’intégrité du sport suisse?

D’un côté, plutôt bien. La sensibilisation porte ses fruits et les protagonistes du sport en prennent de plus en plus conscience. Un grand nombre de personnes, de clubs et de fédérations s’engagent activement sur ce sujet. Pour autant, nous constatons qu’il reste encore beaucoup à faire.

Quelle est la mission du service de signalement éthique de Swiss Sport Integrity?

Nous recevons les signalements et examinons ensuite les allégations qui nous sont rapportées. Nous déter minons tout d’abord s’ils sont de notre ressort. Nous vérifions si la ou les personnes mises en cause sont soumises aux Statuts en matière d’éthique et s’il existe un lien avec le sport. S’agit-il d’une question d’éthique ou les deux parties ontelles «juste» un différent? Nous enquêtons sur les accusations et discutons avec les protagonistes. Dans de nombreux cas, nous recherchons une solution à l’amiable. Si nous avons l’impression qu’il y a eu violation, nous ouvrons une enquête et portons l’affaire devant le Tribunal du sport qui statue alors sur les sanctions, comme une suspension ou une amende. Tout au long de la procédure, nous nous efforçons

de sensibiliser les gens et les organisations impliquées, et de promouvoir la prise de conscience des questions éthiques.

Cela signifie-t-il que vous faites aussi de la prévention?

Non, nous n’intervenons que lorsqu’un incident est signalé. Nous n’agissons pas de manière préventive, même si nous identifions un besoin. La prévention relève de Swiss Olympic.

Le service de signalement a ouvert ses portes en 2022. Comment est-il utilisé?

D’année en année, nous recevons davantage de signalements. Cela s’explique d’abord par le fait que de plus en plus de monde dans le milieu sportif suisse sait que nous existons. Ensuite, la sensibilisation se généralise et opère. Quand quelque chose ne va pas, les gens le remarquent plus facilement et sont plus enclins à le signaler. Et ce, grâce à la prévention.

Qu’est-ce qu’une infraction éthique?

Nous nous basons sur les Statuts en matière d’éthique de Swiss Olympic. Ils répertorient les violations par grandes catégories. Il y a par exemple les faits de discrimination, les cas d’atteinte à l’intégrité physique et psychique, ainsi que les abus sexuels ou

le manquement au devoir d’assistance. Mais nous avons aussi d’autres types d’incidents qui ne sont pas signalés aussi souvent. La plupart des rapports que nous recevons concernent l’intégrité psychique et sexuelle.

Les sportifs et sportives en fauteuil roulant dépendent souvent de tiers: pour les transferts, pour s’habiller, etc. À partir de quand l’assistance devient-elle agression?

Il n’est pas facile de répondre à cette question, car cela dépend fortement du contexte. Quel genre de relation entretiennent ces personnes? Ce contact physique à répétition est-il nécessaire? Était-ce intentionnel ou non? Et les limites sont subjectives: ce que l’on ressent comme une agression varie selon chacun·e. Nous devons donc examiner chaque cas avec la plus grande attention.

Que se passe-t-il après un signalement? Comme je l’ai dit, nous examinons d’abord si cela relève de notre ressort. Dans ce cas, nous prenons dès que possible contact avec l’auteur·trice du signalement. Nous éclaircissons ensemble les premières questions et son rôle, car ce ne sont pas toujours les personnes concernées qui rapportent un incident, mais aussi celles qui en ont été témoins. Nous évaluons ensuite s’il y a lieu d’ ouvrir une enquête. Faut-il interroger

d’autres parties? Peut-on trouver une conciliation? Cela requiert de nombreuses discussions. Il y a aussi des cas très urgents, dans lesquels nous pouvons prendre des mesures provisoires dès la réception de l’alerte.

Comment suis-je protégé·e si je fais un signalement?

Il est parfaitement possible de rapporter un fait de manière anonyme sur notre plateforme sportintegrity.ch. On peut aussi y révéler son identité, tout en restant anonyme dans le cadre d’une éventuelle procédure. Nous savons alors à qui nous avons affaire, contrairement à l’accusé·e, à la fédération et, parfois, au Tribunal du sport. Cela signifie toutefois que les déclarations ne pourront pas être utilisées devant le tribunal, car elles permettraient d’identifier le ou la plaignant·e. Nous devons donc soigneusement faire la part des choses. Il y a des personnes que nous devons protéger pour qu’elles osent parler. Mais il faut aussi tenir compte des droits de l’auteur·trice présumé·e des faits. Pour

celui-ci ou celle-ci, il est particulièrement difficile de ne pas savoir qui se cache derrière l’accusation.

De quels moyens d’action disposez-vous?

Nous avons différentes options, par exemple la procédure classique de conciliation. Nous tentons de découvrir ce que la victime attend et ce que la personne mise en cause est prête à reconnaître. Dans l’idéal, nous trouvons un compromis et concluons un accord assorti de conditions. La médiation est un autre outil. Nous aidons alors les parties concernées à élaborer ellesmêmes une solution. Notre objectif est de trouver une solution durable et d’améliorer la situation. Pour y parvenir, nous tentons de puiser dans notre inventivité et de traiter chaque cas de manière équitable.

Cela ressemble à du travail social. Quelles sont vos ressources en personnel? Notre travail est effectivement très pluridisciplinaire. L’équipe compte actuellement 16 membres, dont des juristes, des travail-

leurs sociaux et une psychologue. Il nous tient à cœur d’examiner les situations signalées sous différents angles. Pour cela, nous travaillons souvent en tandem. En outre, nous avons des partenaires externes qui nous assistent dans certaines procédures.

Combien de signalements relèvent également du droit pénal?

Nous recevons de nombreux signalements pour lesquels une procédure pénale est en cours. Mais dans certains cas, les faits pertinents sur le plan éthique ne coïncident pas totalement avec ceux relevant du pénal. En règle générale, nous attendons l’issue de la procédure pénale avant de décider s’il y a lieu d’agir d’un point de vue éthique et comment. L’échange avec les autorités pénales n’est toutefois pas toujours facile et il faut trouver des solutions.

Combien de temps faut-il pour obtenir une réaction à mon signalement?

Assistance Le contact physique est inévitable.

Nous nous efforçons de vous contacter le plus vite possible pour vous confirmer que nous avons bien reçu votre rapport et que nous nous en occupons. Mais pour être honnête, nous sommes actuellement submergés de dossiers. Cela peut prendre des semaines, voire des mois, avant que les choses bougent, selon l’urgence. Cette période de flottement est clairement difficile à supporter pour les personnes concernées. Or il est crucial que nous travaillions avec rigueur et intégrité – et cela prend du temps.

SWISS SPORT INTEGRITY

La fondation Swiss Sport Integrity réalise des contrôles antidopage, mène des enquêtes, effectue des actions de prévention contre le dopage, reçoit les signalements de violations éthiques et les examine. Elle s’appuie sur le Statut concernant le dopage et les Statuts en matière d’éthique.

L’Association suisse des paraplégiques et Sport suisse en fauteuil roulant s’engagent sans réserve pour un sport sans dopage et s’opposent à toute forme d’abus. À cet effet, Sport suisse en fauteuil roulant respecte les principes d’action de Swiss Olympic et collabore activement avec Swiss Sport Integrity.

Vous trouverez les Statuts en matière d’éthique et le portail de signalement sur: www.sportintegrity.ch/fr

HANDBIKE

Giro Tremola

Venez gravir en handbike la légendaire route du col du Saint-Gothard, la fameuse Tremola.

Le 22 août 2026, le Handbike Challenge Giro Tremola entamera sa deuxième édition.

Partez à la conquête de cette route historique. Sur 13 km, les lacets serpentent jusqu’au col du Saint-Gothard. Il faudra franchir 930 m de dénivelé, mais la beauté des paysages fait oublier l’effort.

Pendant l’événement, la route du col sera fermée à la circulation. Cette épreuve s’adresse aux handbikeurs et handbikeuses chevronné·e·s. Il n’y aura pas de chronométrage. L’idéal serait de venir accompagné·e d’un·e cycliste.

Informations et inscription giro-tremola.ch

PARTENAIRE

Safari au Botswana

En 2027, NJOVU SAFARI organisera à nouveau un safari sans obstacles au Botswana.

Dans le dernier numéro de Paracontact, Gabi Thoenen racontait le périple qu’elle avait organisé dans la brousse africaine (cf. Paracontact 1/26, page 28). Bonne nouvelle pour les passionné·e·s de voyages: le safari aura lieu à nouveau du 1er au 14 novembre 2027. Détails en allemand sur njovusafaris.ch.

Une révision insuffisante

Le 25 février, le Conseil fédéral a présenté le contre­projet révisé à l’initiative pour l’inclusion.

Or même après sa révision, celui-ci reste clairement en deçà des revendications fondamentales, notamment en matière d’assistance et de logement autodéterminé. Les vives critiques émises à la consultation ont toutefois permis d’apporter des améliorations ponctuelles. Ainsi, avec l’introduction d’un système de contrôle indépendant

chargé de surveiller la mise en œuvre de la CDPH de l’ONU, le contre-projet répond à une exigence importante de la Convention. En outre, le cercle des personnes en situation de handicap auxquelles la loi s’applique a été élargi. Il était auparavant beaucoup trop restreint. L’initiative et le contre-projet du Conseil fédéral seront transmis au Parlement dans une prochaine étape.

Vers l’initiative initiative-inclusion.ch

TP

Arrêt CFF

Train FV Dosto

Le Tribunal administratif fédéral souligne la nécessité d’impliquer les personnes en situation de handicap lorsqu’il s’agit de vérifier l’accessibilité.

L’octroi d’une autorisation d’exploitation au train FV Dosto des CFF a été vivement critiqué. Inclusion Handicap a saisi le Tribunal fédéral qui a clairement établi qu’il ne suffisait pas de respecter les directives techniques –les personnes handicapées doivent pouvoir utiliser les TP de manière autonome.

Le Tribunal fédéral a enjoint à l’Office fédéral des transports (OFT) de vérifier l’accessibilité des trains. Pour les tests, l’OFT a fait appel à des personnes non handicapées qui ont pris place dans un fauteuil roulant, avant de donner le feu vert au FV Dosto. Inclusion Handicap est à nouveau intervenue.

Le Tribunal administratif fédéral a jugé que les conditions de test étaient insuffisantes. Il a donc ordonné que, pour toute clarification ultérieure, un groupe représentatif de personnes à mobilité réduite soit consulté. Il stipule ainsi qu’une autorité ne peut établir un état de fait ayant un lien direct avec des personnes en situation de handicap sans les impliquer dans le processus. L’OFT doit en outre clarifier dès à présent quelles adaptations sont techniquement possibles et proportionnées, si les nouveaux tests révélaient que l’accessibilité n’est pas garantie.

POLITIQUE

Session spéciale 2026

La 2e session des personnes handicapées aura lieu le 21 octobre 2026 au Palais fédéral à Berne.

Une fois encore, 44 personnes en situation de handicap prendront place au Conseil national pour débattre des moyens de faire progresser l’inclusion en Suisse. Pour ce faire, les participant·e·s rédigeront des

pétitions qu’ils et elles remettront ensuite au Conseil fédéral à la fin de la journée. Les personnes souhaitant siéger sous la Coupole ont pu s’inscrire au printemps et se présenter aux élections. La session est organisée par Pro Infirmis.

En savoir plus proinfirmis.ch/session

MANIFESTATION

Ensemble pour l’inclusion

Le 2 mai 2026, la manifestation nationale pour l’égalité des personnes en situation de handicap s’est tenue sur la Helvetiaplatz à Zurich.

De nombreuses personnes, avec ou sans handicap, se sont rassemblées le 2 mai à Zurich, pour réclamer l’égalité des droits et une pleine participation dans tous les domaines de la vie. Des militant·e·s han-

dicapé·e·s ont présenté une vingtaine de discours, des numéros de danse et de musique, qui intégraient des revendications concrètes.

La manifestation, qui s’est tenue pour la 5e fois en 2026, a été organisée par 22 personnes en situation de handicap. De nombreuses organisations, dont l’ASP, ont soutenu l’événement en tant que partenaires.

ÉVÉNEMENT

Défis de Marais

Le 30 août 2026, lors de la course sponsorisée «Défis du Marais», chaque kilomètre parcouru par les participant·e·s comptera.

Cet événement caritatif est organisé par l’association à but non lucratif «Roule pour Hugo», qui récolte des dons et soutient des projets pour des paralysé·e·s médullaires. L’ASP, le CFR Genève et la Fondation suisse pour paraplégiques sont partenaires de l’édition de cette année.

Vers l’événement defidesmarais.ch

CENTRES SUISSES Nouveau président

Istvan Ehrenbaum, directeur de REHAB, est le nouveau président de l’Association des centres pour paraplégiques de Suisse.

Regroupant quatre institutions: la clinique universitaire de Balgrist, la Clinique romande de réadaptation de Sion, le Centre suisse des paraplégiques et le REHAB Bâle. L’association défend les intérêts autour du traitement de la patientèle lésée médullaire.

Sueurs froides et larmes de joie

Thomas Bretschneider photographie avec passion la faune africaine. Chacun de ses voyages est une épreuve, mais lui apporte ce qui lui a longtemps manqué en tant que paraplégique: l’envie de vivre.

Venetz

Tu es à la fois architecte et photographe. Quelle place occupent ces deux activités dans ta vie?

L’architecture est mon fondement, elle assure ma subsistance à long terme, c’est mon quotidien. Et la photographie est mon univers parallèle. Il y a aussi de la créativité en architecture, mais je réalise essentiellement ce que veut la clientèle. En revanche, dans la photographie, je suis totalement libre.

En 2016, tu t’es mis à ton compte comme architecte. Pourquoi ce choix?

En 2004, j’ai trouvé un emploi dans un grand cabinet d’architectes à Zurich et j’ai

quitté l’Allemagne pour m’installer ici. Six ans plus tard, j’ai eu un accident de vélo en allant au travail. Après plusieurs mois de rééducation à Balgrist, j’ai heureusement pu reprendre mon poste à 50%. Mes chefs ont été formidables et m’ont beaucoup soutenu, mais j’avais l’impression que les membres de l’équipe me traitaient différemment, ne me prenaient plus au sérieux et voulaient m’évincer. À cela s’ajoutaient de fortes douleurs neuropathiques qui me rendaient très sensible aux sons. Je ne supportais plus le bruit dans le bureau paysager. J’avais toujours voulu avoir ma propre entreprise pour être indépendant et j’ai sauté le pas en 2016. J’ai aménagé un bu-

reau dans mon appartement et, quand je ne me sens pas bien, je reste couché et je travaille depuis mon lit.

Comment la photographie est-elle entrée dans ta vie?

Après mon accident, je me suis demandé ce que j’attendais encore de la vie, ce que j’avais toujours voulu faire, ce qui m’intéressait. Premièrement: être à mon compte. Et deuxièmement: partir en safari et photographier des animaux. J’ai suivi des cours en ligne, j’ai appris la technique, et depuis 2018, je pars chaque année en Afrique pour près de deux semaines. Plus tard, je me suis mis à la photographie sous-marine.

Quand tu planifies un voyage, comment t’y prends-tu?

Je ne suis pas très téméraire et je fais des recherches très approfondies afin d’être paré à toute éventualité. À présent, je me rends surtout au Kenya, dans la réserve naturelle du Masai Mara. Il y a un vol direct vers la capitale, j’ai des contacts et je connais les procédures. Je réserve un chauffeur qui m’emmène de Nairobi au Masai Mara en huit heures de route. Des amis m’ont installé une tente accessible en fauteuil roulant dans leur camp. Une rampe en béton et des toilettes stables; rien de luxueux. Avant, on me portait pour entrer et sortir. À chaque voyage, je tiens un journal. J’y note ce qui s’est bien passé ou pas. Ça me permet d’effectuer des ajustements. Et même si j’ai désormais beaucoup d’expérience, je suis toujours hyper stressé avant chaque départ et je me demande: est-ce bien nécessaire?

Qu’est-ce qui te rend si nerveux?

Tout! Dans mon lit, je ne cesse de cogiter: «J’espère que l’ascenseur fonctionnera. Sinon, je ne pourrai pas sortir de chez moi. Vais-je arriver à temps à l’aéroport? Le vol va-t-il se passer comme prévu? Le chauffeur va-t-il m’attendre? Comment sera l’hébergement? Qui sera sur place? …» Et ainsi de suite. Au début, j’espérais que les craintes s’estomperaient avec le temps. Mais aujourd’hui, je suppose qu’elles font partie de moi.

Pourquoi t’imposes-tu tout ce stress?

Je vais t’expliquer avec un exemple. Fin 2024, j’étais au Mexique, sur l’île de Socorro, située à environ 400 km du continent, dans l’océan Pacifique. Faire de la plongée autour de cette île volcanique et tenter d’apercevoir des raies manta était un rêve que je caressais depuis longtemps. Il n’y a pas d’hébergement sur l’île, ce qui signifie que l’on vit tout le temps sur le bateau. Je devais donc trouver une embarcation me permettant de plonger, manger et dormir tout à la fois. J’ai fait des recherches pendant environ sept ans avant de trouver, fin 2023, un organisateur qui proposait un bateau adapté, équipé d’une cabine accessible en fauteuil roulant. L’organisateur m’a assuré de son soutien, mais m’a aussi dit que la demande était forte et que le circuit était toujours complet. J’ai spontané-

ment réservé pour fin 2024, soit un an à l’avance. Les premiers mois qui ont suivi la réservation, je me réveillais chaque matin en me disant: «Jamais de la vie je ne ferai ça.» Jusque-là, j’étais bien allé six fois tout seul en Afrique et une dizaine de fois en Égypte. Et pourtant, j’étais sûr que je n’y arriverais pas. Faire de la plongée là-bas est difficile et, en raison des forts courants et des vagues, ce n’est possible pour moi qu’en décembre. À un moment donné, j’ai fini par me convaincre que, dans le pire des cas, ce serait juste une croisière hors de prix si je n’osais pas me mettre à l’eau. Malgré toutes mes réticences, j’ai entrepris le voyage et j’ai fait de la plongée, même si je n’ai pris mon appareil photo qu’une seule fois.

Quand je traverse une mauvaise passe en hiver et que je reste au lit à broyer du noir, je me remémore ces expériences et je me repasse tout le périple dans ma tête. Ces voyages me demandent beaucoup de courage, mais ils me donnent énormément d’énergie pour le quotidien.

Emmène-nous en safari. À quoi ressemble une journée dans le Masai Mara?

On a la meilleure lumière pendant une demi-heure au petit matin et une demi-heure au crépuscule. Je dois donc me lever très tôt, ce qui n’est pas vraiment mon truc. Nous partons à 5 h du matin, généralement jusqu’à 11 h, puis nous revenons au camp pour la pause de midi et repartons dans la soirée. Mais si on voit quelque chose de chouette, on peut aussi passer toute la journée dehors. Il m’est déjà arrivé d’attendre neuf heures dans mon 4×4, à observer ma léoparde préférée qui était perchée dans la cime d’un arbre. Je voulais absolument la prendre en photo en train de descendre le long du tronc. Être abonné aux sondages urinaires est très pratique dans ce genre de situation. Il faut boire beaucoup quand il fait chaud. C’est plus compliqué pour les piéton·ne·s, qui ne peuvent pas descendre du véhicule et aller uriner derrière le buisson le plus proche avec tous ces animaux sauvages autour.

La beauté du monde sous-marin capturée

Moi, j’ai un avantage considérable avec mes sondes. Tout le monde se retourne un moment et voilà.

Utilises-tu un véhicule spécial?

Je réserve toujours un chauffeur et un véhicule tout-terrain rien que pour moi. Les sièges arrière sont démontés et remplacés par des matelas. Plusieurs personnes me hissent à bord du véhicule, où je suis libre de mes mouvements à l’arrière. La plupart du temps, je suis allongé sur le dos, soutenu par un coussin. C’est ainsi que nous parcourons la région. De cette façon, je suis stable, car la route est très cahoteuse, je soulage mon fessier et j’ai la position idéale pour prendre des photos. Je ne veux pas regarder les animaux d’en haut, mais être à leur hauteur.

Combien de photos prends-tu par jour?

Il m’arrive parfois de revenir avec 2000 photos après une matinée passée à l’extérieur. Cela peut sembler beaucoup, mais je sais exactement celles qui sont réussies. De retour au camp, je fais une sauvegarde des cartes mémoire. Quand je pars, j’ai entre 10 000 et 20 000 photos avec moi. Une fois rentré chez moi, je les passe toutes en revue. En réduire le nombre de 20 000 à 1000 est assez facile, mais après, c’est de plus en plus difficile. Si, à la fin d’un voyage, j’ai dix très bons clichés, je suis satisfait.

Qu’est-ce qu’une bonne photo?

Je veux toujours qu’une photo contienne un message. Il faut supprimer tout ce qui vient distraire et détourner le regard du sujet principal, mais sans rien manipuler,

Le cliché parfait

Thomas Bretschneider prend environ 20 000 photos par voyage. Si tout va bien, dix seront vraiment réussies.

juste à l’aide de l’appareil photo. J’ai déjà beaucoup de photos en tête, mais il peut se produire spontanément quelque chose d’excitant. Sous l’eau, ce sont surtout les petites créatures qui m’intéressent. Cela correspond aussi à mon style de plongée. Je me déplace lentement et je trouve fascinant de ne pas savoir quels animaux je vais rencontrer. Mes photos sont claires et épurées. Je ne veux pas y voir apparaître de végétation, mais c’est difficile sous l’eau. Mes clichés sont très esthétiques. Je ne fais pas de photographie documentaire.

Qu’est-ce qui te passionne en Afrique?

Je suis fasciné par la lumière et l’immensité du paysage, et par la façon dont ces animaux vivent naturellement en liberté, même dans de rudes conditions. Prenons les lions: d’un côté, ce sont de féroces prédateurs, de l’autre, des animaux sociables et attentionnés.

J’ai besoin de beaucoup de calme dans mon quotidien. Chaque fois que je suis en Afrique, c’est une aventure et je me sens vivant. C’est un baume pour mon âme. De plus, les gens sont très chaleureux et ouverts. Je suis sensible à la façon dont on me traite. À Zurich, par exemple, je n’utilise jamais les transports publics. Les regards compatissants et les commentaires bizarres m’énervent. En Afrique, les gens trouvent incroyable qu’une personne en fauteuil roulant puisse faire un tel voyage, mais c’est tout. Et quand les chauffeurs me parlent de leur famille, je prends toujours conscience de la bulle dans laquelle nous vivons ici en Suisse.

Quels sont tes objectifs?

Je publie beaucoup sur Instagram et je souhaite, à travers mes photos, sensibiliser le public à l’habitat de ces animaux. Sur le plan personnel, mon but est d’avoir moins d’objectifs et de rester plus dans le processus. Au cours des 16 années que j’ai passées en fauteuil roulant, j’ai souvent agi pour me prouver quelque chose à moi-même et aux autres. Mais je n’en ai plus besoin et je ne veux plus le faire.

Quel regard jettes-tu sur ces 16 années avec le recul?

Après mon accident, je trouvais ma situation vraiment nulle. Je ne suis pas du genre à mettre fin à mes jours, mais je ne trouvais plus ma vie digne d’être vécue. Je me suis donné cinq ans. Ensuite, je voulais voir si je me sentirais mieux. Pendant cette période, j’ai par exemple réappris à skier, une activité qui m’a toujours plu. Toutefois, au bout de ces cinq ans, je n’ai constaté qu’une légère amélioration. Je me suis donc accordé cinq années de plus. En 2018, je suis parti en voyage en Afrique du Sud avec ma sœur. C’est lors de ce séjour que j’ai aperçu pour la première fois une lueur d’espoir à l’horizon. Mais ne me fais pas passer pour un héros, s’il te plaît!

Pourquoi? Pour bien des lecteurs et lectrices, ce que tu fais est certainement inconcevable.

Un héros relève un défi, le surmonte et en ressort plus fort que jamais. Mais je n’ai ni davantage de force ni davantage de courage que les autres. Cela m’agace quand les gens racontent – parfois même dans ce magazine – comme tout leur semble simple et facile. Pour moi, rien n’est facile. J’ai des doutes et des peurs, des douleurs et parfois, je n’ai juste envie de rien. Mais j’ai trouvé quelque chose qui me redonne la joie de vivre. Pour moi, ce sont ces voyages. Pour quelqu’un d’autre, cela sera peut-être tout autre chose.

Univers visuel

Instagram: tom.bretschneider

Web: tombret.com

Rollstuhlclub Aargau

Les Argovien·ne·s ont élargi leur comité, qui passe de sept à neuf membres. Hugo Brogle, l’emblématique président, veut insuffler un vent nouveau au sein du club.

Peter Birrer

L’histoire commence il y a 40 ans et prend un tournant majeur 20 ans plus tard. Le Rollstuhlclub Aargau voit le jour en 1986, et en 2006, Hugo Brogle en prend officiellement la présidence.

En 2026, les Argovien·ne·s fêteront donc deux anniversaires, même si le terme «fêter» est peut-être un peu fort dans ce contexte. D’autant que le président du club préfère rester modeste: «On a 40 ans, c’est tout», dit-il en souriant. Et ses vingt années de service? «Ce n’est pas non plus la peine d’en faire tout un plat.» Il ne veut surtout pas qu’on fasse grand cas de son mandat.

De belles amitiés

Hugo Brogle incarne pourtant indubitablement un club qui a connu une période mouvementée au début des années 2000. Quand en 2005, un poste est devenu vacant au sein du comité, il a pris la relève à titre

– 216 membres actifs et 230 membres passifs

– Offre sportive: polysport, équipe de PowerchairHockey zeka Rollers

– Trois événements annuels du club (après-midi papotage, voyage du club, soirée Saint Nicolas)

– Relations publiques rollstuhlclubaargau.ch

intérimaire – «il fallait bien que quelqu’un le fasse». Un an plus tard, cet engagement temporaire est devenu une solution permanente. Et début mars 2026, notre sexagénaire originaire de Wittnau, dans le Fricktal, a brigué un nouveau mandat. «Je vais sûrement faire encore deux ans», dit-il. «Pour la suite, c’est à voir.»

Une chose est sûre: le Rollstuhlclub Aargau lui tient tant à cœur qu’il ne pourrait se résoudre à l’abandonner. En 1987, un accident de travail l’a rendu paraplégique incomplet. Peu après, il a rejoint le club en fauteuil roulant, s’y est fait de nombreux amis et a assuré pendant dix ans la bonne tenue de la comptabilité en tant que trésorier.

Si, en sa qualité de président, il a remis le club sur les rails avec son équipe, il évoque aussi sans détour les défis qui restent à relever. La liste des membres actifs compte environ 220 noms, mais seule une fraction d’entre eux est réellement active. Une trentaine de personnes participent à la vie du club, assistent aux événements et veillent à ce que la charge organisationnelle soit au moins rentabilisée.

«Nous faisons plein de trucs sympa» Hugo Brogle aimerait une plus large participation, notamment de la part des jeunes: «Un vent nouveau ne nous ferait pas de mal.» Il est persuadé que le programme annuel comprend des événements qui s’adressent à différentes tranches d’âge. Un après-

midi papotage est prévu le 4 juillet. Les 24 et 25 septembre, le club emmènera ses membres au Tessin. Entre mai et septembre, quatre journées sans voitures (SlowUp) seront organisées, sans oublier la soirée de la Saint-Nicolas fin novembre.

Brogle cite encore un rendez-vous qui, pour certain·e·s fidèles, est devenu incontournable dans leur agenda: la gymnastique hebdomadaire à Unterentfelden qui fait la part belle au jeu et au plaisir. Car en ce qui concerne les activités, le président le promet: «Nous faisons plein de trucs sympa.»

Hugo Brogle cherche de nouvelles façons de mobiliser les membres. Il bat campagne pour le RC Aargau, qui s’est élargi depuis la dernière assemblée générale en mars. Le comité est désormais composé de neuf membres au lieu de sept. Corina Brogle, sa fille, est responsable du secrétariat. Et Doris Binder est venue seconder Dirk Wehrle pour s’occuper du domaine très prenant du sport pour tous, loisirs et santé.

«Nous sommes parés pour l’avenir», affirme Hugo Brogle, précisant ainsiqu’il entend bien continuer à s’investir pleinement.

LE CLUB EN BREF
En famille au parc Ambigua
Voyage du club au zoo de Bâle

Un veterano collabora

Da architetto indipendente, Sergio Stoppani alleggerisce il carico di lavoro nel settore Costruire senza barriere: il 69enne offre consulenza edilizia nel Canton Ticino.

Peter Birrer

Sergio Stoppani è seduto davanti al suo computer, sulla scrivania c’è del lavoro che lo aspetta. L’anno prossimo compirà 70 anni e, a dire il vero, potrebbe prendersela comoda e vivere una vita tranquilla. «No, no», afferma deciso, «se smettessi, mi ritrovereia poltrire sul sofà.»

Ticinese di origine, studiò architettura a Lugano e si rese indipendente verso la fine degli anni ’80. Oggi lavora su mandato per l’ASP, assumendosi incarichi di consulenza nel sud della Svizzera per conto del settore Costruire senza barriere. «Per noi rappresenta la soluzione ideale, poiché ci fa risparmiare lunghi spostamenti», spiega il responsabile di settore Felix Schärer, che aggiunge: «Sergio è flessibile, ha una buona rete di contatti e parla più lingue.»

Parla «dialetto bernese ticinese»

Con il team della Svizzera tedesca è in grado di intrattenersi senza problemi nella loro

lingua con un modo di esprimersi che lui definisce «bernese ticinese», poiché la sua ex-moglie proviene da Grindelwald. Lui stesso è di casa a Pura, un paesino poco distante dal confine con l’Italia, mentre il suo ufficio si trova ad Agno. Figlio di un imbianchino e pittore, si interessò molto presto al design e alla costruzione, per cui non si pose mai la questione quale fosse la direzione da seguire professionalmente.

Il fascino per l’architettura non è mai venuto meno. Sergio Stoppani sviluppò un suo proprio stile, badando sempre a congiungere l’estetica alla funzionalità. Aziende di respiro nazionale si affidavano alla sua competenza, prima che decidesse di limitare la propria attività di architetto indipendente al solo territorio cantonale.

Oltre vent’anni fa conobbe Felix Schärer, in occasione di un progetto di Costruire senza barriere a Gordola, dove era coin-

volto in qualità di direttore dei lavori. Nel 2015 ci fu una piccola collaborazione. Da allora Sergio Stoppani effettua annualmente fino a 10 valutazioni edilizie, dove percepisce la profonda gratitudine di persone che si ritrovano di colpo ad affrontare una vita totalmente nuova. «Il nostro compito è cercare di capirne le esigenze personali ed aiutare le persone che hanno subito una lesione midollare a vivere in modo possibilmente autonomo.»

Sensibilizzato alla para e tetraplegia Il suo interesse per la lesione midollare non è iniziato dal suo impegno con l’ASP. Già prima, un incidente all’interno della sua cerchia famigliare rese una giovane donna tetraplegica. In occasione delle visite a Nottwil rimase impressionato dalle prestazioni rivolte ai pazienti: «L’assistenza è grandiosa e non termina con la fine della riabilitazione. Ora sono io a poter dare un piccolo contributo. Non è il denaro a motivarmi, ma la convinzione di sostenere persone in una situazione difficile.»

In questo fa tesoro della sua grande esperienza. Ancora vecchia scuola, ha imparato il mestiere al tavolo da disegno e si è saputo adattare alle realtà moderne. Padre di tre figli maschi, dice che il lavoro quotidiano lo mantiene giovane – soprattutto a livello di testa. Prima o poi arriverà il momento di staccare. «Quando? Non ne ho la minima idea.» E a Felix Schärer non dispiace affatto, se questo momento si farà aspettare ancora per un po’.

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