EN MOUVEMENT Nº3 JANVIER 2017
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@SJNATIONAL
GOUVERNANCE : penser le changement ou changer le pansement? P. 4 et 5
© Aurélie Malagarie
LES ÉCHOS DU TERRAIN
Et si je me (trans)formais P.10
PRISE DE HAUTEUR
Service civique et Solidarités Jeunesses Je t’aime...1moi non plus P.16 et 17
SJ À L’INTERNATIONAL
Women’s march - Washington P.15
TOUS CONTRIBUTEURS
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LE DOSSIER THÉMATIQUE
GOUVERNANCE : PENSER LE CHANGEMENT OU CHANGER LE PANSEMENT ?
• La sociocratie • Les instances dans la nouvelle gouvernance • Sur la réunion et les rôles des président-e-s
Tu veux écrire, photographier ou dessiner, pour informer, rendre compte, témoigner ou encore partager ce qui se passe dans ta délégation ou au sein du mouvement, de ses
et délégué-es
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ROPOSER P S U O N R U O P S CONTACTE-NNOOUUS SOUMETTRE TES IDÉES DES SUJETS,
RETRO • Rassnat, article de Dialogue n° 136, avril 2002
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LES ÉCHOS DU TERRAIN • Et si je me (trans)formais ? • La quête identitaire de la maison Tremplin
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FOCUS SUR • Formation «Animer les instances associatives», un retour de Citrusien-ne-s
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SJ A L’INTERNATIONAL • Peace Action Week quésaco ? • Quand le féminisme rallie par-delà les genres, les cultures et les frontières
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PRISE DE HAUTEUR • Service Civique et Solidarités Jeunesses : Je t’aime... moi non plus !
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ESPACE DÉTENTE • Regroupement de volontaires de novembre 2016, vu par Mara Walter, volontaire de Beaumotte • Le calendrier 2017 de l’équipe Citrus
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LE PORTRAIT • Cailloux, bureau et lutte des classes
Directrice de publication Matina Deligianni Comité de rédaction Élodie Caille-Bonnot, Damien De Chantérac, Matina Deligianni, Line Pedersen, Adeline Praud, Adama Sidibe. Graphiste Laia Castells Contributeurs et contributrices pour ce numéro : Laëtitia Barbry, Damien De Chantérac, Matina Deligianni, Emilie Faudot, Benjamin Larvoire, Christophe Laurens, Line Pedersen, Adeline Praud, Adama Sidibe, Mara Walter, Alexandra Zech et l’équipe de Citrus. Crédits photos Aurélie Malagarie, Adeline Praud, Quentin Schlosser, Christophe Laurens
CONTACTS/INFOS :
redaction@solidaritesjeunesses.org 2
ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO DES BÉNÉVOLES, VOLONTAIRES, SALARIÉ.E.S, ÉLU.E.S DU SECRÉTARIAT NATIONAL ET DES DÉLÉGATIONS RÉGIONALES. MERCI À CHACUN.E
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e «dernier chantier pour la route» avance! Lancé il y a un an pour réaliser un film documentaire autour du départ de Vir’Volt de la Ferté-sous-Jouarre, plus de 80 personnes avaient accepté de co-financer le projet. Les 2 réalisateurs - Pablo Rosenblatt & Claude Rambaud - ont déjà beaucoup filmé, mais souhaitent que ce film porte aussi sur la suite de l’aventure, à savoir à Saacy-sur-Marne, où la délégation s’installe actuellement. Ils veulent aussi s’inscrire dans une démarche partagée avec les volontaires et les habitants à travers des ateliers autour de la notion d’accueil. Affaire à suivre...
L’INTELLIGENCE COLLECTIVE EN MARCHE Solidarités Jeunesses est un système dynamique qui a besoin d’une vision claire et partagée pour se mobiliser, des personnes pour mettre en œuvre les actions et des espaces qui permettent d’estimer la valeur de ce qui est mis en place et d’évaluer les écarts entre ce qui est visé et ce qui est réalisé. La nouvelle gouvernance vise un fonctionnement adapté aux besoins exprimés : - Définir des rôles clairs pour les instances du mouvement.
U
- Mesurer et évaluer régulièrement les résultats de nos actions.
n nouveau projet voit le jour en 2017 pour deux ans : MediAfrica ! Grâce au développement de nouveaux outils de communication (web-documentaire/ vidéo participative), des partenaires africains et européens travailleront non seulement à une meilleure visibilité des projets mais surtout à un travail de déconstruction des stéréotypes pour développer une communication positive autour des projets de volontariats. Les premières activités verront le jour dès le printemps en France et en Tanzanie, plus d’informations, très prochainement!
- Renforcer les espaces intermédiaires (commissions) et les transformer à des espaces d’action et d’engagement. - Nourrir le sentiment d’appartenance et renforcer l’identité de mouvement. Nous affirmons que cette gouvernance se fonde sur les principes suivants :
L
e catalogue de formations de SJ est sorti et a été diffusé par mail dans un premier temps. N’hésitez pas à le partager largement. Bientôt, vous pourrez tenir entre vos mains la version papier, actuellement en cours d'impression. Ce catalogue se veut exhaustif, comprenant la totalité des formations que SJ organise. Les dates vous seront communiquées régulièrement. Certaines formations pouvant être organisées à la demande, contactez-nous à l'adresse formation@solidaritesjeunesses. org si vous souhaitez en organiser une chez vous !
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C’est l’implication et la participation, y compris dans la prise de décisions qui rendent militant.e.s.
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Le principe de la gouvernance du mouvement repose sur la volonté de mettre en œuvre un fonctionnement collectif où les voix de toutes les personnes y participant, (élu.e.s, salarié.e.s) ont la même valeur et leurs positions et objections sont prises en compte dans l’élaboration des décisions.
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Le projet associatif du mouvement a besoin d’être explicité contribuant ainsi à une vision claire et partagée.
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A
vos agendas ! L’Assemblée Générale annuelle de Solidarités Jeunesses se tiendra les 22 et 23 avril au Centre de Beaumotte (Franche-Comté). Une invitation avec plus d’informations sur les ateliers et thématiques vous sera envoyée courant mars. En attendant, n’oubliez pas de renouveler votre adhésion au mouvement et de réserver votre week-end !
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Les instances intermédiaires constituent aussi un point d’entrée vers les instances décisionnaires.
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L’existence d’une instance d’évaluation et de mesure permet à l’organisme systémique qui est le mouvement de fonctionner et de poursuivre son utopie créatrice.
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Une participation active et continue des délégations dans la gouvernance du mouvement est formalisée.
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La qualité des relations entre les acteurs et actrices du mouvement est un de nos objectifs.
Le groupe gouvernance
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LA SOCIOCRATIE : DÉSIR DE CHANGEMENT OU VOLONTÉ DE PANSEMENT ? par Adama Sidibe, membre du Conseil d’administration du Créneau, délégation Auvergne-Rhône-Alpes Comme de nombreux bénévoles, j’ai appris qu’un grand changement de gouvernance s’opérait : la sociocratie. Au Conseil National qui s’est déroulé à Beauvoisin (dans le Gard) l’été dernier, une partie des travaux a été consacré à l’explication du modèle sociocratique dans ses détails. Avide de savoirs, curieux par nature, j’ai bien voulu comprendre ce qu’était ce nouvel outil et au delà, ce que pouvait bien être la réalisation d’un tel changement à travers les actions du mouvement. C’est cette faim et soif de savoirs qui donnent lieu à cette petite enquête sur la sociocratie sans aucune autre forme de prétention. Que veut dire sociocratie ?
I
l existe une quantité de définitions du mot sociocratie. Il suffit de demander aux moteurs de recherches sur internet et on se retrouve devant le comble du choix. Pour ne pas verser dans la querelle des définitions, il faut essayer de comprendre le mot au sens littéral. Cela nous conduit à une analyse de la racine du mot lui-même. Il dériverait de la racine « socio » qui désigne la société et de « kratos » qui désigne le pouvoir. Le terme sociocratie renvoie donc littéralement à la gouvernance du « socios » c’est-à-dire des personnes qui entretiennent des relations significatives entre eux. Que veut dire relations significatives ? Il s’agit d’une relation ancrée sur la confiance et la reconnaissance des valeurs intrinsèques de chaque individu prenant part à cette forme de relation. Puisqu’il s’agit de relations significatives entre personnes, on peut bien se demander en quoi la sociocratie se distingue dès lors de la démocratie ? Sociocratie versus démocratie Le terme démocratie est constituéde la racine « demos » « Kratos », disons c’est le pouvoir du peuple exercé par les représentants du peuple comme on aime à le présenter dans les cercles politiques. Mais il faut savoir que ce pouvoir du peuple a des modalités de fonctionnement variables. Tantôt ce sont les citoyens qui sont tirés au sort (c’était le cas dans la démocratie athénienne), tantôt ce sont les parlementaires qui remplacent le peuple (c’est le cas de nos démocraties modernes). Les évolutions récentes du système démocratique ont
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montré que les élus ne défendent pas généralement les préoccupations et les intérêts des peuples qu’ils représentent. Pire ils méconnaissent la réalité du peuple d’en bas. Une telle situation a conduit un certain nombre de citoyens à s’éloigner du modèle démocratique classique. La sociocratie : un pansement de la démocratie ? La sociocratie serait alors la nouvelle voie de recours à l’insuffisance des institutions démocratiques ? La sociocratie n’est pas à opposer à la démocratie sur le fond. Elle apparaît plutôt comme un nouvel outil qui vient dynamiser les insuffisances et les carences de la démocratie. C’est une nouvelle manière de diriger les organisations, petites et grandes comprises. Cependant cet outil qui existe parmi une diversité d’outils démocratiques a une particularité : il vise l’efficacité du travail collectif à travers la collaboration active de tous les membres. En somme, elle met en valeur les compétences et les talents de chaque membre du groupe. Ce qui a pour avantage de renforcer le sentiment d’appartenance de chacun au groupe, d’augmenter la créativité. Le modèle sociocratique est un modèle organique, disons qu’il se comporte à l’image d’organismes vivants qui s’auto-organisent en se basant sur les différentes parties d’un corps existant. Appliquer la sociocratie c’est permettre à toutes les composantes d’une organisation sociale, d’une institution humaine, d’un groupe social, de participer à la prise de décision, à la gouvernance de son groupe social. La participation de chacun au projet collectif comme s’il était lui-même une partie des décisions est tout bénéfique pour le projet dans la mesure où chaque acteur ou actrice retrouve ses idées ou valeurs dans les projets qui sont portés. Enfin, l’objectif de la sociocratie est de passer d’une gestion hiérarchique du groupe à une gestion transversale. Pierre Tavernier, du centre français de sociocratie résume la quintessence de ce qu’est la sociocratie en se basant sur les travaux de l’ingénieur Hollandais Gerard Edenburg. « Pour Gerard Endenburg, nos organisations traditionnelles ne sont pas sorties de la « dialectique maître / serviteur»: au sommet, on décide, dans les étages, on exécute.
Le pouvoir de décider vient d’en haut et descend par délégation successive dans la chaîne de commandement. Les principes de base de la sociocratie Selon le centre français de sociocratie qui s’inspire en substance des travaux de l’hollandais Endenburg, il existe quatre règles de la sociocratie 1. Le consentement Le mode de prise de décisions d’une organisation sociocratique est le consentement. Le consentement signifie : aucune objection (zéro objection) motivée par des arguments valables. En d’autres mots dans un cercle sociocratique, aucune décision d’ordre politique (qui affecte le fonctionnement de l’unité et l’organisation du travail) ne sera prise si un des membres y oppose des objections raisonnables. Les décisions quotidiennes ne requièrent pas le consentement des participants parce qu’elles sont généralement prises à l’intérieur de politiques déjà convenues dans le cercle. 2. L’élection des responsables sans candidature. Quand il s’agit de choisir une personne pour occuper une fonction particulière, un cercle sociocratique procède à une discussion ouverte et argumentée aboutissant à une nomination par consentement. L’absence de candidat garantit qu’il n’y a pas de perdant et le consentement que chacun est convaincu que le meilleur choix possible a été fait car le choix se fait sur la compétence nécessaire à la fonction. Son approche étant stratifiée, la sociocratie respecte tous les systèmes de gouvernance et permet de saisir toute occasion d’évolution opportune du système en place, sans l’imposer. Le choix et l’affectation des personnes dans une fonction ou la délégation d’une tâche se fait sur la base du consentement des membres présents et ce, après une discussion ouverte dans le cercle. Qu’est-ce que le cercle ? 3. Le cercle L’organisation met en place une structure de prise de décisions constituée de cercles semi-autonomes d’individus. Chaque cercle poursuit un but clairement identifié et organise son fonctionnement comme soussystème de l’organisation. Il est responsable de l’ingénierie de ses processus de travail, qu’il doit définir en termes d’objectifs, d’activités et de mesure des résultats. Un cercle établit ses propres politiques sur la base du consentement de ses membres. Il élabore son propre système d’information et d’éducation permanent par la recherche expérimentale, l’enseignement formel et l’apprentissage sur le tas. Les décisions du cercle sont prises à l’occasion de rencontres spéciales aussi appelées cercles de concertation. 4. Le double lien Un cercle est relié au cercle qui lui est immédiatement supérieur par un double lien. Cela signifie qu’au moins deux personnes, le responsable de l’unité de travail et un membre délégué par le cercle sont membres du cercle immédiatement supérieur. Pourquoi le choix d’un tel modèle de gouvernance par SJ ? Il n’y a pas de fumée sans feu dit l’adage. L’arrivée de la sociocratie à SJ a une histoire. Paola, Déléguée régionale au Centre de Beaumotte en Franche-Comté se souvient comment cet outil a fait son apparition auprès des militants de SJ : c’est à l’issue d’une formation d’initiation à la sociocratie avec Pierre Tavernier qu’elle a découvert cet 5
outil formidable. A son retour, elle a partagé son expérience avec ses collègues. C’est alors qu’a émergé l’idée d’inviter Pierre Tavernier pour former d’autres militants et salariés de Solidarités Jeunesses. Ce que relate Paola est confirmé par une note de synthèse du groupe de travail sur la gouvernance de SJ. « La rencontre DR-Président.e.s de novembre 2013 fut un des moments de prise de conscience des écarts et des non-satisfactions des élu.e.s et des délégué.e.s vis-à-vis du fonctionnement du Conseil National de SJ. Lors du Conseil National de juin 2014, la décision a été prise d’avoir un texte de référence sur la vision de Solidarités Jeunesses pour pouvoir travailler à une nouvelle charte de gouvernance de notre organisation. En 2015, une étude dans le cadre du Fonds pour le Développement de la Vie Associative (FDVA) a fait ressortir nos envies d’accompagner et de renforcer l’engagement des bénévoles et permettre aux personnes de s’investir à leur rythme dans les espaces intermédiaires, qui sont formateurs et tremplins d’un engagement accru par la suite. Au Conseil National de janvier 2016, une première proposition de projet associatif a été présentée. Ecrire le projet associatif a été un réel exercice de réflexion et confrontation de nos perceptions mais aussi un véritable travail sociocratique d’échanges et de « prises de tête » incontournables pour définir la meilleure proposition (celle qui est consentie par le groupe entier), et tenir compte des visions individuelles. Notre proposition a été nourrie et façonnée par référence au document construit collectivement au Conseil National de juin 2014, lors de l’atelier qui nous a permis d’identifier et recueillir les sentiments, les définitions, les mots et les idées qui soustendent le mouvement Solidarités Jeunesses. A partir de février 2016, deux réunions du groupe « gouvernance » et de nombreux échanges nous ont permis de travailler sur la gouvernance du mouvement et de formaliser une proposition de charte de gouvernance. » A partir donc de ce document nous pouvons constater que l’idée de la sociocratie qui se réalise aujourd’hui à SJ apparaît stricto sensu comme le fruit d’une intelligence collective du mouvement. Aujourd’hui les atouts de la sociocratie ne font plus l’ombre d’aucun doute : Gerard Endenburg – qui a été le premier à mettre en application la sociocratie dans une entreprise tient toutefois à faire une précision : « Le système (sociocratique) adopté est vraiment une aide, mais il n’est ni plus ni moins qu’une aide. Une organisation dont les membres ne sont pas compétents pour les tâches qui leur sont confiées ne fonctionnera jamais correctement, quel que soit le système adopté. La compétence et l’intention des individus concernés sont d’une importance décisive pour le fonctionnement de n’importe quelle organisation. (…) Les organisations, pas plus que les individus, ne peuvent fonctionner sans faire d’erreur. Le système sociocratique offre les moyens d’autoriser, aussi loin que possible, que des erreurs soient faites, à l’intérieur de limites consenties. » On espère que dans le mouvement, cette volonté commune de changement de gouvernance se réalisera dans les conditions de paix et que le modèle sociocratique puisse donner envie à d’autres organisations. pour aller plus loin : www.sociocratie-france / www.atconseil.com Philosophie Magazine, n°46, Février 2011.
Les instances dans la nouvelle gouvernance de SJ (proposition du groupe gouvernance) Groupe
elle gouvernance nouv
Com m
CO N
6 à 8 personnes
on issi ATION RM O F 3x
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n SLE * si sio m
*
4 membres + DN
3 membre s + CSN*
a AG e prép p u o
Gro
Commission INTERNATIONA L 3 x par an
Assemblée 1 fois par an tous les adh
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érent.e.s de
GRES de SJ N CO les 2 ans tous
SJ
* Sigles
CM = conseil du mouvement CASO = comité d'appui stratégique des organisations C2SN = comité de suivi du secrétariat national CSN = coordinateur/rice du du secrétariat national DN = délégué-e national-e SLE = Solidarité & lutte contre les exclusions TUD = traits d’union des délégations
9 délégué.e.s de SJ 4 coordinateurs/trices 4 coordinateurs/trices des commissions des secteurs du SN
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le éra
6 personnes
tous les acteurs et actri ces du mouvement
12 élu.e.s militant.e.s
*
9 délégué.es u CM* + 15 membres d 3 réunions par an (janv ier, juin et octobre)
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avail s de tr e p u
3 x par an
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OUVEMENT M U D 40 membres L I SE 1 réunion par an (juin)
9 TUD*
2 délégué.e.s des volontaires
LES MISSIONS DES NOUVELLES INSTANCES Le Conseil du MOUVEMENT (CM) • Traduit les positions politiques de l’AG en orientations d’action • Questionne et réinterroge le projet associatif • Garantit la constitution des 3 autres instances de gouvernance, du groupe de préparation de l’AG etdes commissions et pose leurs orientations • Traite une des thématiques piliers de SJ par an (social/international/local)
Le Collectif PILOTE (CP) • Évalue les actions menées sur les 3 piliers thématiques : social, international, local (estimer la valeur de nos actions). • Établit des constats et préconise des actions d’ajustements. • Propose la constitution des groupes de travail et pose les lignes directrices pour la coordination des groupes. • Garantit la pérennité de l’association (administration pertinente)
Le CASO (Comité d’Appui Stratégique des Organisations) • Accompagne les délégations (notamment celles en difficulté) dans la définition de la stratégie. • Préconise et recommande des outils d’accompagnement et d’animation pour dynamiser la vie associative locale. • Assure le suivi des délégations et fait remonter au CP les grands questionnements ou les points de vigilance.
Le C2SN (Comité de suivi du secrétariat national) • Constitue le vis-à-vis des salarié.e.s du secrétariat national • Assure le suivi des ressources et richesses humaines (recrutements, entretiens annuels, formations...).
Groupe prépa AG • Définit la thématique de l’AG et assure l’animation et l’organisation
Le GANG (Groupe d’Animation de la Nouvelle Gouvernance) • Garantit le fonctionnement et l’animation de la nouvelle gouvernance. • Assure la transition et la transmission d’une année à l’autre. • Définit les modalités d’évaluation de la gouvernance. • Garantit l’articulation, la coordination et la communication entre les instances. 7
SUR LA RÉUNION ET LES RÔLES DES PRÉSIDENT.E.S ET DÉLÉGUÉ.E.S propos de Anne-Clotilde Schweizer, recueillis par Damien de Chantérac
Qu’est ce qui change en terme de responsabilités alors ?
© Adeline Praud
Dans les fiches de poste actuelles, on ne retrouve pas assez la notion de direction, au sens noble du terme, celui de donner une direction au projet en mettant en œuvre les orientations données par le Conseil d’Administration (CA). Car finalement, tout le monde était assez d’accord sur le rôle de direction qu’ont les DR. La fonction ressources humaines et d’accompagnement d’équipe a beaucoup évolué, elle prend de plus en plus de place, surtout pour certains. Il y a aussi une énorme part de mise en œuvre administrative des projets. Elle revient souvent aux DR alors que ça pourrait incomber à d’autres personnes, pour que les fonctions de mise en œuvre politique et d’innovation dans le projet puissent être mieux assumées. Même si là on est arrivés à un autre constat qui est celui des moyens... Et le rôle des Président.e.s ?
Les 10 et 11 novembre derniers a eu lieu la traditionnelle rencontre des délégué.e.s et président.e.s du mouvement. Accueillie dans la maison d'Yves (président de Citrus) et Ghislaine, une quinzaine de personnes a remué ses méninges sur leur place dans la nouvelle gouvernance du mouvement. Peut-être une dernière sous cette forme, au moins pour Anne-Clo, actuelle présidente de Solidarités Jeunesses. Elle a accepté de se livrer dans une interview exclusive. Qu’avez vous donc fait pendant ces deux jours ? On a passé ces deux jours à travailler sur le rôle des délégué.e.s régionaux (DR), sans faire une feuille de route qui serait identique pour toutes les délégations, parce que chacune a ses contextes, ses priorités ou son projet associatif, mais il y a un socle commun. Ensuite on a parlé du rôle des président.e.s et surtout de la relation entre les président.e.s et les DR. Cette rencontre a surtout permis d’avoir des points de vigilance sur ce fameux binôme DR et président.e dans la nouvelle gouvernance. Comment le mettre en œuvre si le rôle actuel de président.e n’existe plus ? Comment faire que ces responsabilités soient partagées par d’autres personnes ? Le rôle des DR va-t-il changer avec la nouvelle gouvernance ?
Le rôle principal du/de la président.e, sur lequel tout le monde était d’accord – même s’il manquait deux président.e.s – c’est un rôle de vis-à-vis par rapport au délégué, un rôle d’effet miroir et de supervision. Et ça c’est un soutien super fort pour les délégués. Ceux qui n’ont pas ce rapport avec leur président.e ou avec quelqu’un d’autre dans le CA disent que ça leur manque vachement. Même s’ils l’ont ailleurs dans SJ, auprès des collègues, d’autres DR ou de la déléguée nationale. C’est très important de l’avoir avec quelqu’un du CA de l’association. Donc on s’est dit que ce rôle là devait être mieux identifié dans la nouvelle gouvernance auprès d’une personne et non pas d’un groupe de personnes. Qu’est-ce qui pose question aujourd’hui au niveau des Président.e.s ? C’est très propre à chaque délégation, mais globalement leur rôle sur le papier est absolument énorme. Ca n’est donc pas réaliste de le mettre entre les mains d’une seule personne. Il pourrait être réparti entre les mains de plusieurs personnes dans un CA. Ça serait beaucoup moins problématique quand un.e président.e reste pendant longtemps, prend une place importante et crée une relation proche avec un.e DR. De même quand le/la président.e n’assume pas suffisamment son rôle. Quelle place aura cette rencontre dans la nouvelle gouvernance ?
Leur rôle en soi ne change pas, mis à part qu’ils ont une voix de fait. Aujourd’hui c’est un rôle très fort, un pouvoir qui est reconnu mais pas écrit sur le papier. Le rôle du/de la DR, c’est d’ailleurs une des conclusions, va être mieux reconnu. Ensuite l’objectif est que les DR ne soient plus tout seuls grâce au double-lien explicite avec le trait d’union de la délégation (TUD). Il y aura donc forcément une personne élue par région - et pas forcément le/la président.e - qui sera le TUD et donc présent.e au sein du conseil du Mouvement et s’il/elle le souhaite au comité d’appui stratégique des organisations (CASO). Donc c’est plutôt la relation PD qui va changer. Il va falloir être vigilant sur comment ça se met en place, plutôt au niveau du mouvement que des régions. 8
C’était la dernière réunion de cette nature, puisqu’en tout cas à SJ il n’y aura plus de président.e ; il y aura différents groupes mais pas de président.e. Ensuite chaque délégation fait comme elle veut. Pour l’instant, elles n’ont pas prévu de changer leur mode de gouvernance pour faire comme le mouvement. Du coup il y a une petite incertitude pour la suite. Est-ce que cette réunion a toujours lieu d’être dans la nouvelle gouvernance ou est-ce qu’il existera un autre espace qui permette d’avoir ce temps de travail et de rencontre important ? S’il y a ce temps, qui est la personne qui ira à ce type de réunions? Il y a déjà des idées, mais c’est à réfléchir.
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ET SI JE ME (trans)FORMAIS ? par Adeline Praud, membre du Conseil National
La commission formation s’est réunie mi-décembre au Secrétariat National. Ambiance studieuse aux échappées festives car les deux jours de réunion ont été entre-coupés par la fête de fin d’année du mouvement. Les membres ont tenu bon, et il en ressort un sentiment de satisfaction sur le travail accompli. Parfaite occasion pour prendre la température du secteur et regarder ce qui se profile à l’horizon 2017.
C
e début d’année est marqué par une restructuration du secteur. Agathe, qui le coordonnait, part vers de nouvelles aventures. Une partie de ses missions est absorbée par le nouveau poste de coordinateur du Secrétariat National. Ce qui change : c’est la fin des formations européennes, lesquelles étaient, dans leur rédaction et leur montage, chronophages. Leur financement est par ailleurs devenu incertain. Ce qui ne change pas : la personne en charge du secteur va continuer à travailler main dans la main avec la commission qui a désormais trouvé son rythme. Après quelques rencontres consacrées au programme des formations et à sa structuration, c’est désormais à des chantiers plus politiques que celle-ci travaillera. À l’horizon des prochaines rencontres, les membres continueront d’interroger les problématiques liées à l’évaluation : Faut-il évaluer nos formations ? Si oui, comment ? À ce jour, nous remettons aux participants un questionnaire d’évaluation soumis par notre OPCA1 Uniformation. Même si ce document permet aux formateurs et à la coordination du secteur de prendre la température des moments vécus, il ne nous correspond pas. En ce début d’année, notre posture vis à vis de l’évaluation et les enjeux qui lui sont liés restent un chantier en cours, mais nous devrions y voir plus clair d’ici à l’été. Le second chantier sera consacré à la mise en œuvre de la participation libre et consciente. Afin de soutenir un secteur qui ne s’équilibre pas financièrement et dont les ressources sont incertaines, le mouvement propose au participants de contribuer librement à son financement. « Cela permet de travailler l’équilibre entre responsabilité individuelle et responsabilité collective. Chacun donne en conscience et selon ses moyens. C’est parce qu’il y en a qui peuvent donner «plus», que d’autres peuvent donner «moins» sans fragiliser l’équilibre financier de l’association2 ». Affaire à suivre ! À ce jour, la commission est composée d’élus (CN et CA), de salariés et de bénévoles (National et région). Peut-être peut-on regretter l’absence de salariés des délégations, qui de par leurs fonctions sont au plus près des réalités du terrain, donc parmi les plus à même d’identifier et/ou de faire remonter les besoins en formation. Pour renforcer le lien avec les régions, la commission a décidé de travailler avec des correspondants locaux : des membres du mouvement acceptant d’être les interlocuteurs privilégiés en région de la commission. Ce travail
est en cours depuis un moment. Il va être renforcé. Nadège Ropert va dans les mois qui viennent porter ce chantier. L’idée est d’aboutir à terme à la structuration d’un réseau de correspondants, couvrant l’ensemble de nos délégations. Mais pour l’heure, voyons à quelle sauce nous allons être mangés... Lorsque l’on parcourt le programme des formations 2017, on voit bien vite qu’il y a lieu de se réjouir. L’année démarre sur les chapeaux de roues avec trois formations attendues : notre Formation de formateurs, Initiation à la sociocratie et Comprendre la société pour agir. C’est cette fois-ci au printemps que vous pourrez prendre part à la formation « Animer les instances associatives » qui avait été accueillie l’été dernier au Faï3 . Cette année, c’est sous le climat auvergnat que les participants se retrouveront. Au printemps toujours, vous pourrez vous remuer les méninges autour des budgets d’action, à l’automne, c’est les techniques de communication que vous embrasserez pour les mettre au service de vos projets locaux. D’ici là, vous aurez très sûrement eu le plaisir de tenir entre vos mains notre « toutnouveau-tout-beau » catalogue des formations. Plus d’excuse désormais, vous savez tout, ou presque, sur ce qui vous attend en matière de formation cette année au sein du mouvement !
Un organisme paritaire collecteur agréé (par l’État), souvent abrégé en OPCA, est une structure associative à gestion paritaire qui collecte les contributions financières des entreprises qui relèvent de son champ d’application dans le cadre du financement de la formation professionnelle continue des salariés des entreprises de droit privé. 2 Extrait du catalogue des formations à paraître en ce début d’année. 3 Lire l’article page 12 1
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LA QUETE IDENTITAIRE DE LA MAISON TREMPLIN par Benjamin Larvoire, salarié au hameau de Vaunières, Villages des Jeunes - délégation PACA Le dispositif d’accueil individuel du hameau de Vaunières permet d’intégrer des personnes fragilisées au projet global du lieu. La volonté d’autonomie des débuts a rencontré les réalités d’un secteur peu enclin à s’ouvrir à des propositions extérieures différentes et débouché sur une demande d’agrément.
L
e hameau de Vaunières est un endroit qui, depuis son rachat par l’association Les Villages des Jeunes, a pour objectif de proposer un espace au sein duquel pourraient se rencontrer des histoires et des parcours divers, quelles que soient leurs singularités. Ces échanges s’opèrent autour des chantiers, qui permettent aux gens de participer effectivement à la vie du village et à son entretien, mais aussi de croiser leurs gestes, avant d’imaginer creuser plus la rencontre en se sentant appartenir à un même groupe d’habitants. Cette proposition a permis à des milliers de personnes de venir profiter du lieu et de se rencontrer. Mais des histoires plus fragiles, nécessitant une attention plus particulière dans leur accueil ont aussi pu venir y passer du temps, dans l’optique de trouver les matériaux nécessaires à une suite de parcours plus apaisée. Si le hameau a toujours souhaité s’adresser à ces personnes, la volonté de plus formaliser ces accueils et leurs moyens est apparue en 2011, avec l’apparition du projet Maison tremplin. Ce dispositif avait pour but de permettre à des personnes nécessitant un accompagnement plus spécifique de rejoindre le village et son collectif tout en bénéficiant du temps et des adaptations nécessaires. Ce qu’ont en commun les personnes à qui s’adresse ce volet du projet, c’est cette nécessité de l’adaptation du cadre et d’une attention particulière. Aussi, la maison tremplin est d’abord pensée pour s’adresser à des adultes comme à des jeunes, sans limites a priori quant aux problématiques rencontrées. Dans la réalité, la majorité des accueils sont des jeunes de quinze à dix-huit ans, faisant l’objet d’une mesure d’assistance éducative. Afin de donner un cadre clair à ces accueils, un dispositif local d’accompagnement (DLA), permet à l’équipe en poste de clarifier le contenu du dispositif et de présenter aux différentes instances en charge de l’action sociale une première proposition de projet éducatif en 2012. Si ces premières rencontres ne permettent pas de donner un cadre clair à ces accueils, le travail
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de définition réalisé en amont permet de réaliser de nombreux autres accompagnements et de faire entrer ces accueils dans la réalité quotidienne du projet. Si l’absence d’habilitation est dans un premier temps perçue comme une liberté face aux politiques des financeurs de l’action sociale et la garantie d’une certaine autonomie, elle ne permet pas à la Maison tremplin de se déployer pleinement, la contraignant à accueillir principalement sur de courtes durées (d’environ trois semaines) sans possibilité de faire ce qui avait également été imaginé pour elle : cheminer avec les personnes accueillies sur un temps qui soit défini par elles. Ces accueils courts, en dehors d’un cadre clair, créent aussi une difficulté à garantir des entrées financières régulières alors que le cadre éducatif a un coût constant et que les liens avec les structures partenaires sont fragiles et à la merci des mouvements des équipes. Face à ce constat, l’association les Villages des Jeunes a décidé d’essayer de trouver une forme officielle à la Maison tremplin. Le statut de lieu de vie et d’accueil, structures issues de l’antipsychiatrie et de la critique institutionnelle, permettrait de concilier ce désir d’autonomie et ce besoin de reconnaissance. Une demande d’habilitation a ainsi été déposée en juillet dernier et devrait recevoir une réponse rapidement, permettant au dispositif de trouver une forme plus pérenne, ou de se réinventer.
FOCUS SUR
FORMATION «ANIMER LES INSTANCES ASSOCIATIVES» UN RETOUR DE CITRUSIEN-NE-S par Christophe Laurens et Alexandra Zech, membres du Conseil d’Administration de Citrus
Alexandra, Andreu et Christophe, membres du Conseil d’Administration de Citrus, la délégation de SJ en MidiPyrénées ont participé, fin juillet 2016, à la formation « animer les instances associatives ». Cette formation était animée par l’équipe de la Turbine à Graines sur le site du Faï en PACA. Voici leurs ressentis et comment ils ont mis à profit cette formation pour animer la Citrus Coop21, journée de réflexion sur l’avenir de Citrus.
Q
uand la formation « animer des instances associatives » nous a été proposée l’été dernier, Citrus traversait une période des plus incertaines. Notre DR en arrêt et sur le départ, il était urgent pour le CA, comme les salarié-e-s, de se réapproprier le projet associatif. Il nous fallait trouver un sens et une direction commune pour 2017, d’autant plus que des décisions pour redéfinir les actions de notre délégation devaient être prises. Nous étions alors en pleine discussion quant à l’arrêt ou non du volet Insertion par l’Activité Économique. C’est dans ce contexte, que nous, trois membres du CA – Andreu, Alexandra et Christophe- sommes parti-e-s à l’aventure des Hautes-Alpes, en plein été, pour participer à la formation animée par la Turbine à Graines. Le descriptif de la formation paraissait assez vague pour Christophe : « D’une association à l’autre, mon expérience du fonctionnement associatif avait des visages très différents. Je recherchais surtout des idées pour aider à transformer l’archétype de la réunion associative qui débouche sur une toute petite souris, un coucher hyper tardif et une gueule de bois au travail le lendemain. Concrètement, à la lecture du programme, je m’étais arrêté aux simples outils d’animation. J’avais fait l’impasse sur la dimension politique de l’engagement associatif, comme s’il n’était pas nécessaire d’en discuter : être bénévole dans l’éducation populaire c’est un acte politique. Point ». Alexandra, de son côté, a été « séduite par l’accroche de La Turbine à Graines. Quelques phrases chocs, m’ont interpellée dans le descriptif de formation. J’avais eu la chance de participer, en 2015, à deux jours de formation autour de la coopération et des techniques de réunions participatives avec l’équipe salariée et trois autres membres du CA de Citrus. Aux vues du contexte, on sentait encore le besoin de s’y pencher. De mon côté, je n’ai donc pas hésité, impatiente de découvrir le contenu des apports et des échanges ». 12
Comment qualifier cette enchanteresse ? Pourquoi ?
formation ?
Merveilleuse,
Le lieu! Magnifique Faï au milieu des falaises, non loin d’un torrent, le soleil et le ciel bleu toute la semaine. Les rencontres, les liens, forts basés sur notre «humanité» et notre engagement pour l’Autre, plus notre envie d’apprendre et de comprendre : pour transformer ! Des rencontres humaines, qui ont permis de découvrir les délégations, leurs identités et leurs problématiques ainsi que les différentes instances du mouvement et leurs réalités. Cinq jours de discussions et de réflexions autour de l’engagement, l’intelligence collective, la Politique, la dynamique de groupes, et cela par le biais de différentes méthodes d’animation. C’est cette réflexion, autour de la dimension politique de notre engagement à toutes et tous qui a été, pour Christophe, le révélateur. « Ainsi, chaque outil abordé a permis de faire émerger entre nous des réponses quant au rapport à l’autre, aux différentes formes de domination, aux méthodes d’auto-régulation et d’inclusion de tou-te-s au sein d’un groupe. Je découvrais la fécondité de la réflexion à SJ ainsi que la diversité des approches et des façons de penser : du bonheur ! Une colo d’adorables adultes joueurs et subversifs en réflexion permanente sous le soleil de Juillet ». Néanmoins, cinq jours de réflexion collective d’une telle intensité nécessitent d’aller fouiller au fond de soi, de faire un bilan sur ce qu’on est, sur le sens que l’on donne à la vie en général, mais aussi d’être invité à en parler devant tout le monde. Il est important d’en être conscient car cette formation est ouverte à tou-te-s les bénévoles au sein des délégations et nous ne voyageons pas tou-te-s avec la même expérience.
FOCUS SUR Qu’en est-il ressorti ? A notre retour du Faï, Christelle, tutrice des volontaires, initie l’idée d’une journée de travail CA-Salarié-e-s autour de l’avenir de Citrus. La date du 21 août est choisie et préfigure, la Citrus Coop 21 ! Nous constituons au préalable un groupe de travail, qui se compose de deux salariées, du président et de nous trois, participant-e-s à la formation dans lequel nous avons débattu des thèmes à aborder lors de la journée du 21 et de la manière de les aborder. Pas évident de trouver le juste équilibre entre notre exaltation ainsi que notre envie de transformer la façon d’animer notre instance associative et les habitudes de fonctionnement qui lui sont propres. Ces outils et techniques d’animation ne sont pas faciles à s’approprier si on n’en comprend pas les mécanismes sous-jacents: lutter contre les dominations inconscientes qui sont présentes dans un groupe (rôle social, statut, ancienneté, expertise, caractère, sexe…) et ainsi faciliter la participation de tout-e-s aux débats et à l’élaboration collective. Au final, nous étions 12 participant-e-s à la Citrus Coop 21.
Nous avons réutilisé certains outils abordés au Faï pour faciliter l’appropriation de l’information, le questionnement et favoriser la parole de chacun-e. Nous avons fini la journée avec la technique de prise de parole “je prends / je laisse” pour répondre à la question “devons-nous arrêter l’IAE?”: la qualité de l’écoute et des interventions nous a vraiment permis de trouver une réponse collective. Au cours de cette journée, nous avons réussi à décentrer l’organisation du travail de réflexion et à soulager Yves le président, du travail d’animation et de prise de décisions. En conclusion, outre l’enrichissement personnel, la formation du Faï a aidé à dynamiser le fonctionnement du CA et la façon dont nous échangeons avec l’équipe salariée. Depuis, la situation de l’association s’est stabilisée ; le DR est revenu. Tout le monde dit «ouf» et souffle. Il semble aujourd’hui que nous nous sommes mieux appropriés le projet associatif et que les questions politiques ont retrouvé leur place dans le fonctionnement de Citrus. Et cinq mois plus tard le torrent du Faï continue à nous irriguer!
La « météo », un outil d’éduc’ pop.
Voici un bout de « météo » ressorti le dernier jour,
Le CUBI-CATCH, un jeu de cohésion
par Émilie Faudot et Line Pedersen
où la consigne était de faire/construire/trouver
par Émilie Faudot et Line Pedersen
une « météo créative », et à différents endroits au Outil d’éducation populaire favorisant l’expression Faï. Émilie Faudot, administratrice à Beaumotte, de tout le monde dans un groupe et permettant nous a « pondu » en 15 minutes un super poème, lu
L’équipe d’animateurs de la formation a mis au point
de s’approprier sa place dans celui-ci, la météo à voix haute sur les collines derrière la Ferme est une méthode d’ouverture d’une journée de et sous le soleil des Alpes :
Matériel nécessaire : un cubi de 5L de vin rouge
formation (mais aussi éventuellement de clôture).
« Au pied de la falaise on se sent tout petit,
un nouveau jeu de cohésion : le CUBI-CATCH. ou blanc (alternativement rosé de 10 litres). Nombre de joueurs : illimité
L’idée est que chaque participant-e à la formation quelques fois mal à l’aise : mais qu’est-ce que je réfléchisse et s’exprime sur l’état dans lequel il ou fais ici ?
Mise en place : videz le cubi de la manière que vous
elle se trouve en début de journée de formation, Au pied du mur, dans ton CA, ses attentes ou ses appréhensions, les questions pour quel futur je me bats ?
poche située à l’intérieur du carton. Gonflez la poche.
en suspens, des réflexions sur la journée d’avant Je me sens quelques fois comme pieds et poings ou sur ce qu’il ou elle a envie de partager en liés par les pressions financières.
Déroulement : la poche de vin préalablement gonflée
général.
Une monteuse de projets, un peu la tête en l’air.
aurez jugé la plus adéquate. Gardez précieusement la Servez-vous le dernier verre. va vous servir de ballon. Le joueur qui a eu le dernier verre commence. Il lance le cubi à la manière d’un
Plusieurs méthodes possibles trouver un objet Alors, je prends de la hauteur et je vais voir la vallée. dans la nature, faire un dessin ou écrire un mot/ Du haut de vos points de vues je trouve des
volleyeur à un partenaire, qui lance à son tour à
des mots sur un papier, faire quelque chose de nouvelles idées, créatif avec ce qu’on trouve à proximité (mais cela et je me sens dorénavant comme les pieds déliés
Le cubi n’ayant pas une forme aérodynamique, ses
peut aussi être un poème, une chanson etc.). Tout et le poing levé. le monde a les mêmes consignes : on prend 15-20 J’ai pris de la hauteur et j’ai vu la vallée
pouvez jouer à la « Tomate » avec).
minutes pour réfléchir et trouver son objet
après toutes ses heures passées à avaler
quelqu’un d’autre. Il s’agit de se faire des passes. trajectoires seront inatendues (alternativement vous Lorsque les joueurs sont bien en jambes et que les passes de cubi se multiplient, une personne peut à sa
et/ou son dessin (par exemple), qui représente ce des savoirs chauds et des savoirs froids que l’on a envie de partager avec les autres, puis du café chaud et du café froid
guise lancer le cri suivant : CUBI-CATCH !!!!!
chacun-e s’exprime à tour de rôle. Prévoir une ça y est, c’est bon, je crois que je peux rentrer chez moi » petite heure tous les matins ou en fin de journée.
sur la personne qui avait le cubi en main pour tenter
A ce moment, tou-te-s les participant-e-s se jettent de le lui voler. Presque tous les coups sont permis. Si le joueur détenteur du cubi arrive à le faire passer entre les jambes de l’un de ses adversaires, alors il gagne la gloire éternelle puisque dans les jeux de
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cohésion on ne compte pas les points.
PEACE ACTION WEEK QUÉSACO ? Soyons désinvoltes n’ayons l’air de rien* par Laetitia Barbry, bénévole à SJ, formatrice.
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ne “Peace action week” ou Form’action en traduction non littérale c’est une NI-ET.
Je m’explique: NI formation NI échange NI Séminaire NI semaine d’activisme elle est tout ça à la fois d’où le ET de Ni-ET . Le format n’est pas figé mais l’on peut généralement compter, en vrac, sur 1 journée de rencontres et d’échanges avec des associations locales “actives” sur la thématique de la semaine, un temps sur le terrain (observer, s’imprégner avec nos sens), 2 journées concentrées sur le “savoir” du groupe sur la même thématique, et 2 journées de préparation et mise en oeuvre de “l’action”. PourQUOI mettre en place une Peace Action Week? Au delà d’un “pourquoi pas!” que l’on pourrait répondre à ceux/celles qui
font preuve de scepticisme, sans autre argument que leur scepticisme, ou d’une argumentation d’innovation et de mutualisation et capitalisation des expériences pour un.e financeur. se, etc. Je pense que la valeur d’une Peace Week repose sur le fait que ce format permet à des personnes aux styles d’apprentissage et d’activisme si différents de se retrouver, apprendre et agir ensemble en 5 jours. En effet chacun.e peut se (re)trouver dans ce format sans rester “bloqué.e” dans sa zone de confort ou nager trop longtemps dans les eaux de la panique et/ou de l’ennui. PourQUI? Pour tou.te.s! Mais plus particulièrement pour ceux/celles qui veulent expérimenter l’activisme et par la co-opération, (re) mettre le doigt sur l’identité activiste qui leur est propre! *Noir désir en fond sonore
Laetitia Barbry a co-facilité la Peace week sur le genre et les droits liés au corps organisée en décembre 2015 par le CCSVI en Pologne, puis en Octobre 2016 celle qui s’est tenue à Paris organisée par SJ, avec pour thématiques centrales le vivre ensemble et la participation citoyenne. Les participant.e.s de cette Peace Action Week ont interagi avec les passant-e-s à Ménilmontant autour d’une marelle des Droits Humains, une boîte aux lettres de l’engagement, des scénettes genrées et des posters humains, produits de leur travail de la semaine et des rencontres avec Alternative urbaine, le Collectif Parisien de Soutien aux Exile.e.s, Autremonde, Starting Block et les jeunes de la Fondation Jeunesse Feu Vert.
©Toutes les photographies ont été réalisées par Katerina Manousaki, participante et bénévole pendant la Peace Action Week
C’est QUOI?
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QUAND LE FÉMINISME RALLIE PAR-DELÀ LES GENRES, LES CULTURES ET LES FRONTIÈRES par Adeline Praud, membre du CN, actuellement volontaire aux États-Unis
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amedi dernier, des millions de personnes ont marché de par le monde en réaction aux propos sexistes et misogynes tenus par Donald Trump. À Washington, nous étions un million ; la capitale étant pour nombre de manifestant.e.s l'endroit où il fallait être. Ainsi, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 janvier, des centaines de bus ont convergé vers « DC », certains venant de Floride ou du Kansas, d'autres de Californie ou encore de Seattle. De mon côté, c'est l'état du Vermont que je quittais pour un jour et deux nuits, avec au programme, deux fois dix heures de route et une journée de marche. J'allais découvrir sur place que mon bus était à l'image de tous les autres, composé de femmes et d'hommes de tous âges, de parents accompagnés de leurs enfants, de femmes seules, de couples, toutes et tous unis autour d'une même cause : la lutte pour le droit des femmes et le respect des droits humains. J'ai commencé à ressentir l’effervescence du rassemblement sur les airs d'autoroute. Plus on se rapprochait de la capitale, plus les bus étaient nombreux.
© Adeline Praud
D'aire en aire, les Pussy Hats commençaient à recouvrir les têtes ; qu'ils soient tricotés, cousus ou crochetés, ces roses chapeaux-chatte se sont imposés samedi comme le signe d'une unité et d'un appel à l'action. Haute en couleur, cette manifestation l'était aussi grâce aux milliers de pancartes faites-maison qu'arboraient les participant.e.s. On pouvait
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y lire nombre de slogans inspirants et fédérateurs, tour à tour pour – le droit à disposer de son corps, l'accueil des immigrants, l'accès à l'éducation - ou contre - les guerres, l'ignorance ou la haine. L'indignation et la peur ont fait naître un mouvement international dans lequel nombre de minorités et de sympathisant.e.s se reconnaissent. Cette convergence de luttes signe le refus de millions de personnes à être gouvernées par un homme qui ne semble pas disposer des valeurs et de l'intelligence que l'ont attend d'un président. Sur place, ces manifestations-parenthèses d'ampleur historique laissent place aux inquiétudes, alors même que Donald Trump a choisi de rallier à ses côtés un viceprésident anti IVG et que les républicains risquent de rafler une large majorité de la Court-Suprême. Si comme le criait ce slogan « Résister c'est construire l'espérance », la résistance est plus que jamais de rigueur ici ou ailleurs, car l'histoire nous l'a déjà montré, les droits fondamentaux ne sont malheureusement jamais acquis.
Suivez son expérience américaine en lisant son blog ou en vous inscrivant à sa newsletter : www.adelinepraud.com
© Adeline Praud
PRISE DE HAUTEUR
SERVICE CIVIQUE ET SOLIDARITES JEUNESSES : JE T’AIME... MOI NON PLUS ! par Damien de Chantérac, bénévole
En 2010, une loi crée le Service Civique (SC) pour remplacer le Service Civil Volontaire qui avait remplacé le service militaire suspendu en 1996 par ce cher Chirac. Solidarités Jeunesses (SJ) choisit alors de demander l’agrément pour l’accueil de ces volontaires. Entre temps, en France, le SC a pris une ampleur considérable et de nouveaux enjeux émergent. Petit état des lieux de l’utilisation du dispositif à SJ.
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uand est créé le SC en 2010, ce dispositif fait l’objet d’un débat en Conseil National, aboutissant finalement à un vote « pour » demander l’agrément. Certaines craintes ou réserves sont cependant émises, notamment quant aux moyens financiers et au fait que le dispositif est régi par le Code du Service National. Le choix s’accompagne d’une volonté de contribuer « de l’intérieur » à l’amélioration de ce dispositif, en particulier par l’intermédiaire de Cotravaux et d’autres plate-formes associatives plus larges (Mouvement associatif, ex Conférence permanente des coordinations associatives). Sept ans plus tard, petit bilan Du côté de l’État, les socialistes prenant le relais de la droite, le SC s’est fortement développé avec l’objectif de 100000 jeunes par an, qui passe même à 150000 jeunes en 2017. Dans les faits, le nombre de jeunes en mission est passé de
6000 à 52000 entre 2010 et 2015. Principale conséquence de cette croissance : l’absorption du budget jeunesse par ce dispositif (65% du budget Jeunesse et vie associative en 2014), au détriment d’autres fonds et subventions aux associations (exemple : FDVA, FONJEP). Les annonces autour du SC ont par ailleurs fleuri au fil des événements1, la dernière étant celle du SC universel. Les associations représentent la grande majorité des 6000 organismes d’accueil agréés (en 2015, 84%), avec de grands écarts entre les structures2. Ainsi, 10 grandes fédérations d’éducation populaire ou sportives accueillent 9000 volontaires, soit presque 1 volontaire sur 5. L’Agence du SC a mis le paquet en 2015 du côté du secteur public (services de l’État, établissements publics et collectivités), avec en particulier le Ministère de l’Éducation Nationale ou Pôle Emploi qui ont pour la première année accueilli respectivement 2850 et 1800 volontaires ! Impact sur les associations Une étude3 s’intéresse d’ailleurs aux conséquences de la mise en place du SC sur le travail dans le monde associatif. Elle montre que l’intégration de volontaires complexifie les relations et la gouvernance des associations, que ce soit pour les salariés comme pour les bénévoles. Ainsi, l’étude explore des types d’utilité des volontaires dans
Exemple, l’annonce par le Président François Hollande d’un Service Civique Universel le 5 février 2015, soit à peine un mois après les attentats de Charlie Hebdo 2 Source : rapport d’activité de l’ASC 2015 disponible sur le site de l’Agence du SC. http://www.service-civique.gouv.fr/ 3 Cécile Vachée, Christophe Dansac, Patricia Gontier. Le service civique volontaire: un cadeauempoisonné pour les associations? Journées Internationales de Sociologie du Travail, Juin 2014, Lille, France. 1
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PRISE DE HAUTEUR
une association et leurs enjeux/risques respectifs, tels que renforcer ses ressources humaines pour combler un manque de bénévoles ou apporter du sang neuf ou encore développer de nouvelles activités avec des volontaires qui sont donc souvent recrutés selon des compétences précises. L’étude montre ainsi comment, selon l’utilité qui leur est donnée, l’intégration de ces volontaires modifie le schéma organisationnel traditionnel des associations. Et donc, comment un dispositif de l’Etat transforme le monde associatif. En tant que mouvement qui n’a pas attendu la mise en place de programmes ou dispositifs par les pouvoirs publics pour accueillir des volontaires, il semble que SJ échappe en grande partie à ces mutations. Ce qui n’empêche pas les questionnements sur la place des volontaires dans la gouvernance du mouvement, mais ceci est un autre sujet. Au niveau des relations avec l’Agence, les choses avaient assez mal commencées. En 2010, celle-ci avait vu d’un mauvais œil que les délégations demandent une participation financière aux volontaires pour le gîte et le couvert 4 . La mixité avec des salariés en insertion les avait aussi interloqués. Après quelques courriers et une visite à Citrus (Midi-Pyrénées), l’Agence avait finalement accepté les arguments. Cela n’était en revanche pas de nature à faire évoluer le cadre. Comment SJ s’est adapté au SC Depuis cet épisode, SJ s’est finalement plutôt bien « accommodé » de ce dispositif. La principale utilisation du SC par SJ n’avait d’ailleurs pas été anticipée : il s’agit de proposer aux jeunes volontaires internationaux de moins de 25 ans (qui ne sont pas en SVE) de signer un contrat de SC une fois arrivés dans la délégation. Légalement, rien n’empêche de le faire. Financièrement, ceci arrange tout le monde : le volontaire reçoit une indemnité et bénéficie d’une protection sociale, la délégation n’a pas d’argent de poche à verser et couve une partie des frais d’accueil. Au delà des internationaux, l’accueil de volontaires Français est aussi pratiqué tel que le veut le dispositif, parfois avec des missions un peu spécifiques. Avec le projet Katimavik 5 , on a un bel exemple de comment le SC peut être mis au service de jeunes de manière cohérente avec les richesses du mouvement. Résultat, 2015 consacre le SC comme moyen principal d’accueil des volontaires par SJ avec 59 volontaires sur 110 (contre 27 en 2010). A l’inverse, le nombre de volontaires que l’on appelait « hors-cadre » ou en VPI (Volontariat de Partenariat International) est en chute libre, ils n’étaient plus que 7 en 2015 contre 54 en 2010. Quelques doutes sur la suite Aujourd’hui, l’enjeu principal de l’évolution du dispositif réside dans la durée des contrats. Tiraillé entre ses
On peut découvrir le Pôle Emploi avant même d’être au chômage !
contraintes budgétaires et l’universalisation du dispositif (objectif 50% d’une génération !), depuis 2 ou 3 ans, l’Agence diminue la durée moyenne des contrats. En 2017, l’agrément de SJ prévoit une durée moyenne de 8,5 mois. Or cela s’avère généralement trop court pour qu’un volontaire puisse vivre le cycle complet d’une délégation. Cette tendance n’ayant pas de raison de s’inverser, il va falloir soit imaginer des solutions pour continuer à « utiliser » le dispositif, soit se questionner franchement sur la place de SJ là-dedans. Par ailleurs, la conception du volontariat comme immersion totale dans un collectif et comme état plus que statut ne concorde pas vraiment avec le SC, encore moins avec la durée hebdomadaire maximale (24h) ou la possibilité de découper la mission en petits bouts par ci par là... Derrière cela, il y aussi le risque permanent avec ce dispositif de faire de l’emploi au rabais pour les jeunes, tout en éliminant d’un coup de baguette magique quelques chômeurs. Comment ne pas grincer des dents quand on voit des volontaires dans une agence du Pôle Emploi ? Pas évident pour SJ de faire entendre son son de cloche quand on est une structure d’accueil parmi 6000 et qu’on ne représente que 0,11% du nombre total de jeunes en SC. Sans s’opposer au SC universel, Cotravaux, parmi d’autres, a réaffirmé quelques principes pour que « cette expérience représente pour le jeune une vraie étape de socialisation et de construction de son rapport à l’engagement, comme pour le projet auquel il contribue ». Aujourd’hui, les associations ne lâchent pas sur la question de la durée et du nombre d’heures, mais pour combien de temps ? Il faut maintenant attendre les élections présidentielles pour connaître la suite... Pourtant, il y a encore besoin de ce type de dispositif pour garantir ce qui nous semble fondamental au cœur des lieux et des chantiers que nous animons, à savoir la pluralité des parcours. En somme, à nous de faire en sorte que le SC soit au service de tou-te-s les jeuneS que nous pouvons accueillir et des solidaritéS que cela permet.
Contrairement au Service Volontaire Européen, le montage financier du SC veut que ce soit le volontaire qui reçoit l’indemnité. La structure d’accueil ne touche donc rien. 5 Périodes dans plusieurs délégations et départ à l’étranger pour un groupe de jeunes, mis en place depuis 2 ans, voir https://www.youtube.com/watch?v=51PFj7tyTvQ 4
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LE REGROUPEMENT DE VOLONTAIRES DE NOVEMBRE 2016, par Mara Walter, volontaire au centre de Beaumotte
But what does this speaking tree want to tell me? Mais que veut me dire cet arbre parleur?
This is how an organisation works... do you get it? C'est comme ca que une organisation fonctionne...tu vois?
Even with folk, cool people (we) can dance the whole night. Meme avec la fanfare des gens cool (on) peut danser toute la nuit .
Our nominees for the delegated of volunteers: Winner Ken (left), Katharina, Ayshegul, Jaume and Nastia Les candidats pour le poste de délégué des volontaires : L’élu Ken (à gauche), Katharina, Ayshegul, Jaume and Nastia
International food...interesting...can we eat now? Nourriture internationale...interessant... on peut manger maintenant?
Thank you for that nice regroupement Citrus <3 Merci pour ce beau regroupement Citrus <3 ©Toutes les photographies ont été réalisées par Laia Castells, volontaire en Service Civique au Secrétariat National
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L’association Citrus, délégation de Solidarités Jeunesses, en collaboration avec Guillaume Pelletier (illustrateur et initiateur du projet BDTHEK), ont convié fin 2016 des volontaires de Grèce, Azerbaïdjan, Turquie, France, Espagne, Japon, Ukraine, Kenya, ados locaux et salariés à faire preuve d’imagination pour créer un calendrier communicatif sur les événements et activités prévus par Citrus en 2017. Une mosaïque de styles et d’expression venus du monde entier imageant la vie à Citrus au rythme des saisons, dont voici un aperçu...
MARS
JANVIER
JUIN
JUILLET
OCTOBRE
DÉCEMBRE
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CAILLOUX, BUREAU ET LUTTE DES CLASSES Portrait réalisé par Damien De Pedersen et Line De Chanterac Depuis sa Lorraine chérie, Quentin Schlosser est trésorier de SJ depuis 6 ans. Avant cela, il a participé à de nombreux chantiers en délégation, acquérant ainsi une connaissance fine du mouvement. Alors qu’il s’apprête à quitter les instances, c’est le moment de dresser le portrait de ce tailleur de pierre et militant marxisterévolutionnaire, qui n’a pour autant pas dit son dernier mot.
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uentin a rencontré SJ deux fois par hasard. La première fois alors qu’il était en formation professionnelle de taille de pierre, un secteur où la rentabilité est le mot d’ordre, où « il faut que les cailloux soient rentables ». Un week-end, il rentre chez lui, à Nancy. Il revoit un copain de fac - avec qui il militait au sein d’une mouvance marxisterévolutionnaire - qui lui parle d’une association locale dans laquelle il est bénévole. Il s’agit de MéliMélo, association partenaire de SJ, reconstruite en 2005 sur les cendres d’une ancienne délégation régionale en Lorraine (La Clef). Dans la foulée, Quentin fait son premier chantier international. Deux ans plus tard, en janvier 2008, il retombe sur une autre bénévole de Méli-Mélo en même temps qu’un Conseil National à Paris. A partir de là, Quentin ne quittera plus SJ. Afin de remonter des chantiers en Lorraine, il sillonnera la France pour participer à des chantiers dans d’autres délégations. Pour lui, SJ est un point de rencontre entre sa passion pour la taille de pierre et ses convictions politiques. Évidemment l’outil chantier le fascine. Habité par ses logiques de lutte des classes, où l’État n’est qu’une roue de transmission entre le capital et le travail, il veut voir jusqu’à quel point il est possible de travailler avec l’État dans une association comme SJ. A travers les actions de Solidarité et Lutte contre les Exclusions (SLE) et dans un contexte où la précarité explose, il continue à s’interroger si nous ne sommes pas aussi une « jambe de bois du capitalisme ». Après 7 ans d’engagement comme élu du CN, dont 6 au bureau comme trésorier, cette contradiction n’est pas résolue. Malgré tout, il considère que les outils ou les dispositifs de l’État sont réellement utilisés au meilleur de ce qu’ils peuvent donner au sein de nos associations. « Par exemple, les services civiques à SJ vivent des expériences nettement plus fortes que
ceux qui sont à Pôle Emploi ou dans les hôpitaux ». Dans un contexte où les inégalités sociales persistent et même s’aggravent, Quentin reconnaît l’importance de réinitialiser la notion de lutte des classes, y compris au sein du mouvement, même si elle n’est pas l’objet propre de SJ. En avril prochain, il compte quitter son siège d’élu du mouvement. L’heure est donc au bilan. Primo, le mouvement lui apporté une compréhension plus fine d’une mécanique complexe et passionnante. Tout le volet de la mutualisation financière (compte de liaison, FNID, FAT) est, selon lui, un outil très performant. « Sans eux, dit-il, il y a quelques délégations qui n’auraient pas passé le cap de l’histoire ». Deuxio, sur ce qu’il a apporté au mouvement, il pense que ça ne fait que commencer. Sur ces quelques années passées au bureau, il répond modestement 20
qu’il s’agissait plus d’une présence. Mais le temps passé en réunion de bureau ou de CN, c’est du temps qu’il ne passe plus sur le terrain, dans les délégations. En quittant les instances, il veut donc être en capacité d’apporter autre chose. Il aspire à plus de souplesse, pour se concentrer sur certains événements, que ce soit dans une délégation ou au niveau du mouvement. Concrètement, il souhaite notamment continuer à écrire l’histoire du mouvement, travail démarré il y a quelques années avec Edwige Perray, ancienne Présidente de SJ. Pour cela, en plus d’aller fouiller dans les archives dans la cave du SN, il prévoit d’aller interviewer des « anciens » du mouvement. Parce que, conclut-il, « pour un mouvement comme le nôtre, dans une période où tout change très vite, c’est essentiel de savoir d’où l’on vient ».