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Fokus Ville Du Futur

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VILLE DU FUTUR VERS UNE SOCIÉTÉ DURABLE

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DAMIEN ERNST & BERTRAND CORNÉLUSSE Le débat électrique

MARIE-KRISTINE VANBOCKESTAL Les métiers de demain

OCTOBRE 2015

DES

DU

V I F / L' E X P R E S S

ÉCONOMIE Le futur, faut que ça dure!

Électricité Solution à durée indéterminée

Smart grids

Villes intelligentes & intelligibles

Mobilité

En avant, marche!

EVELYNE HUYTEBROECK

‘Aujourd'hui se pose la question des réfugiés politiques. Demain, nous risquons d'assister à un phénomène de réfugiés climatiques.’

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2 ÉDITO MARIE-KRISTINE VANBOCKESTAL Bonne Lecture

Les métiers de demain pour construire la ville du futur

Emilie Godenne, Project Manager

ÉQUIPE

Pour anticiper les besoins futurs sur le marché de l’emploi, nous avons identifié les métiers de demain. TEXTE MARIE-KRISTINE VANBOCKESTAL, ADMINISTRATRICE GÉNÉRALE DU FOREM

réglementaires, sociologiques et démographiques qui influencent le marché de l’emploi. POUR CE FAIRE, notre service s'est

LES MÉTIERS D’AVENIR, ce sont plus de

300 métiers. 85 % d'entre eux existent mais sont appelés à évoluer ou sont des professions dotées d'un grand potentiel de croissance. Anticiper la transformation et l’émergence des métiers constitue un axe majeur de la mission du Forem. J’en ai d’ailleurs fait une priorité. C’est pourquoi l'étude « Métiers d'avenir » a été réalisée à partir d’une vision large, intégrant les facteurs économiques, technologiques,

PREMIUM PARTNER:

entouré de centaines d’experts de tous horizons. Soucieux d'accomplir notre objectif, j'encourage sans cesse mes équipes afin de pousser plus loin l’analyse, d’intensifier les contacts avec le monde de l’entreprise et de l’enseignement, et de faire preuve de créativité dans les manières d’interpréter le futur. EN FILIGRANE, des métiers émer-

gent des préoccupations liées à l’environnement. Par exemple, dans le secteur automobile, des démonteurs seront chargés de la dépollution des véhicules avant le recyclage. Le marché du travail évolue également vers une exigence accrue en termes de qualifi-

cations et de compétences variées: comportementales, techniques, voire juridiques. Nous vivons dans un monde plus régulé, avec toujours plus de certifications.

Les évolutions technologiques influencent profondément les métiers d’avenir au travers d’innovations variées ENFIN, les évolutions technologiques influencent profondément les

métiers d'avenir à travers des innovations relatives aux matériaux (chimie végétale, composites, etc.), aux énergies et aux modes de gestion de l’information. La gestion des données, quant à elle, sera au centre des activités humaines, à tous les niveaux. GRÂCE AU PLAN Marshall 4.0, la démarche analytique du Forem permet aux acteurs de l’emploi et de la formation de mieux comprendre les facteurs de changement et les scenarii d’évolution afin d'adapter leur offre de services. Tous les éléments nécessaires à la Wallonie de demain s'y retrouvent: meilleure orientation des jeunes et des demandeurs d’emploi, formations en adéquation avec les attentes des employeurs et, in fine, des investissements productifs et efficients dans une économie wallonne repartie vers une croissance durable.

Project Manager: Emilie Godenne Country Manager: Ellen D’hondt Rédacteur en chef: Elke Ramsdonck, redactie@smartmediaagency.be Équipe éditoriale: Fréderic VanDeCasserie, Magali Veronesi, Cécile De Forton Photo en couverture: D.R. Layout: Baïdy Ly Impression: Roularta Smart Media Agency BE Leysstraat 27, 2000 Anvers, Tel +32 3 289 19 40, meerinfo@smartmediaagency.be

À PROPOS DE SMART MEDIA Smart Media est un acteur de renom en matière de content marketing et de native advertising. Nos campagnes paraissent sous forme numérique mais également en format papier dans les journaux majeurs. Une priorité mise sur les médias créatifs : ce sont nos ingrédients pour vous assurer une visibilité percutante auprès de votre groupe cible. Grâce à nos contenus qualitatifs, nous veillons à ce que vos clients, nos lecteurs, passent à l'action.

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CONTENU... 04 En avant, marche!

10 Le futur, faut que ça dure

05 Pour des villes intelligentes, mais aussi intelligibles

12 Retour vers le futur 13 Ne tournez pas en rond

06 La transistion énergetique est la priorité

14 Le force d'un label

08 Interview: Evelyne Huytebroeck

15 Le débat électrique sur le smart grid

04

05

06

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4 FUTUR MOBILITÉ

Le déplacement le plus intelligent est celui qui est évité, raison pour laquelle le télétravail et les espaces de coworking doivent être encouragés - Benoît Minet

En avant, marche! Qu'on choisisse de pénaliser les déplacements et ou de diminuer les places de parking, la ville du futur sortira plus apaisée grâce aux mesures qui doivent être prises pour la désengorger. TEXTE MAGALI VERONESI

A

lors que la semaine de la mobilité vient de mettre en valeur la nouvelle application de covoiturage ComOn, les experts abondent dans le même sens. L'avenir de la mobilité en Belgique passe par une intermodalité reliftée, c'est à dire une combinaison de plusieurs moyens de transport lors d'un seul trajet mais en sortant du traditionnel voiture-trainmétro plébiscité par les navetteurs. Un exemple? Réserver une voiture Cambio pour faire ses courses au supermarché puis prendre le bus pour déjeuner avec un proche, louer un Villo pour faire une balade dans la forêt et terminer par un trajet en RER pour rentrer chez soi. La carte Mobib vous donnerait accès à tous les transports disponibles sur le marché. BIEN SÛR, cette mobilité nouvelle concerne surtout la population

active. C'est pourquoi il faut tenir compte des mutations de l'entreprise. « Le déplacement le plus intelligent est celui qui est évité, raison pour laquelle le télétravail et les espaces de coworking doivent être encouragés. À raison d'un jour par semaine, ces initiatives pourraient éviter 20 % des déplacements », plaide Benoît Minet, responsable de la Cellule Mobilité de l'Union Wallonne des Entreprises. La conséquence? Un changement radical du visage de la ville. « Au lieu d'une place de parking et d'un espace bureau par employé, l'entreprise pourrait aménager un espace vert ». SI TOUS LES secteurs ne peuvent adopter

le télétravail, il existe d'autres solutions: développer les relations avec les entreprises voisines pour optimaliser le covoiturage ou mettre à disposition un pool de voitures ou de vélos partagés.

Mieux, des vélos avec assistance électrique. Benoît Minet poursuit: « Ce serait une solution idéale car le vélo électrique diminue l'effort – on n'a pas peur d'arriver en nage au travail - et augmente la distance qu'on est prêt à parcourir, jusqu'à 15 kilomètres au lieu de 5 ou 6. » À LONG TERME, le profil de nos villes est amené à changer de manière plus profonde. « Nous sommes à un tournant de l'histoire urbaine, surtout en Belgique », assure Yves Hanin, professeur à l'UCL et sociologue urbaniste du CREAT (Faculté d'architecture, d'ingénierie architecturale et d'urbanisme). « Dans d'autres pays, on déménage quand on change de job. Chez nous, le pays est si petit et le réseau routier si dense qu'on dissocie le lieu de travail de celui de résidence », explique-t-il.

La vie est trop courte pour avoir une voiture longue.

L'ATTACHEMENT DU BELGE à sa maison implique qu'il faut trouver des solutions pour rapprocher le travail à l'habitation. À l'heure actuelle, les entreprises choisissent de s'implanter soit à proximité d'une gare de train ou de métro, soit dans des zones d'activité économique sans problème de parking, mais où les transports en commun sont rares. En outre, le changement climatique fait peser la menace d'une taxe sur les déplacements et d'une hausse du prix des carburants. « L'UNE DES ALTERNATIVES est de développer de nouvelles zones où se concentrent une activité de services, de commerces et de loisirs. À l'instar de Louvainla-Neuve qui est devenue un pôle d'activité grâce à son accessibilité en voiture au sous-sol, sa gare au centreville, ses commerces et ses terrasses au calme. Des villes de ce type peuvent

se construire ailleurs en Wallonie. », commente Yves Hanin. À terme, on ne serait plus propriétaire d'une voiture mais utilisateur d'un véhicule partagé, on voyagerait en RER pour des distances moyennes, on monterait dans un bus Rapido pour bouger d'une ville wallonne à une autre et on optimiserait le covoiturage. ATTEINDRE CES OBJECTIFS nécessite des applications sur smartphone extrêmement performantes pour permettre de trouver un lift en temps réel. « Car à notre époque, avec un tel niveau de communication et d'information, il n'y a plus de temps mort. On décide au dernier moment. », constate le sociologue. Dans le scénario d'Yves Hanin, le centre-ville du futur sera par conséquent plus apaisé, grâce à la diminution du bruit et de la pollution des voitures. Idyllique?

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URBANISME FOCUS 5

Pour des villes intelligentes mais aussi intelligibles

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Le concept de smart city (« ville intelligente ») à la belge? Utiliser les avancées numériques pour répondre aux besoins des populations urbaines. Une démarche ambitieuse qui demande avant tout des fondations solides.

LA NOUVELLE VILLE INTELLIGENTE PASSE PAR LE LI-FI!

TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

QUE L'ON SE rassure: les villes n'étaient pas « bêtes » avant. Pas plus qu’elles ne sont devenues des bêtes de concours de nos jours. Qu'entend-ton précisément par « ville intelligente  »? « Si je devais donner une définition, je dirais que la smart city privilégie, dans son approche générale, la décentralisation, le contrôle par les citoyens et l’ouverture aux technologies pour le bien-être du plus grand nombre », résume Richard Sennett, sociologue français spécialisé dans la politique de la ville. « La technologie doit contribuer à donner à la ville une énergie nouvelle dans tous les sens du terme. Cela est possible si nous envisageons nos outils technologiques comme des moyens de développer de nouveaux services "intelligents" . »

l’internet à haut débit dans toutes les écoles bruxelloises. « Urbizone », qui entend étendre l’accessibilité du wi-fi à Bruxelles. Et l’«  Open Data », consistant à mettre à disposition des citoyens un maximum de données utiles. Par exemple: les infos en temps réel des transports publics, etc. Bianca Debaets poursuit: « Pour moi, le concept de smart city consiste surtout à proposer des services au

quotidien. Dans le futur, on espère aller plus loin… » DES PERSPECTIVES D’AVENIR sur lesquelles se penche le « Smart City Institute », dirigé par le professeur de l’Université de Liège Nathalie Crutzen. « À terme, l’enjeu de la ville intelligente se résumera à cette question: comment transformer la ville pour qu’elle devienne durable à tous les niveaux,

C’EST VERS CETTE tendance que Bianca

Debaets (CD&V), Secrétaire d’État à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de l’informatique et de la transition numérique, tente de se diriger, même si elle donne l'image d'un manque d’ambition. Mais elle assume et préfère des fondations solides pour bâtir la ville intelligente de demain. ACTUELLEMENT, LES TECHNOLOGIES numériques bruxelloises favorisent trois initiatives: « Fiber to the School »,

Des fondations solides pour bâtir la ville intelligente de demain - Bianca Debaets

et dans un avenir le plus proche possible? Il y a donc un volet concernant les services. Mais nous voyons plus loin. Notamment au niveau de l’utilisation de l’énergie », explique-t-elle. BIANCA DEBAETS est ancrée dans un

réalisme au jour le jour, tandis que Nathalie Crutzen fait davantage de prévisions. Cependant, elles se rejoignent sur un point essentiel: « Le pragmatisme », lance la Secrétaire d’État. Crutzen enchaîne: « La "ville intelligente", ce n’est pas un projet développé par un ingénieur. Nous souhaitons d'abord identifier des besoins. Et, à partir de là, utiliser la technologie pour les satisfaire. Le numérique doit se poser comme un moyen, et jamais comme une fin en soi. » Certes la Belgique, et Bruxelles en particulier, ont encore quelques trains de retard par rapport à d'autres cités européennes. On pense par exemple à Barcelone et son réseau de parkings « intelligent », qui guide directement le conducteur vers un emplacement libre. Mais notre pays pourrait rapidement se rattraper. Debaets conclut: « Si nous parvenons à développer les bonnes technologies, nous arriverons à en faire un marketing "intelligent" pour que le public comprenne les enjeux de cette fameuse ville de demain. »

Le li-fi, c’est le wi-fi, mais via l’électricité! Il permet de transformer une source lumineuse en diffuseur de contenu numérique. Lorsqu’on se place sous l’ampoule, le smartphone ou la tablette, reçoit des informations transmises par la lumière. Actuellement, Meyrargues, ville française de 3.800 habitants, est la seule commune européenne à tester la technologie. Elle pourrait bientôt poser les bases intelligentes d'une connexion internet en ville. Affaire à suivre!

APRÈS LA VILLE, LES BUILDINGS INTELLIGENTS Avec son appel à projets « Réinventer Paris » en juin dernier, la Mairie de Paris a identifié 23 sites et invité les professionnels à présenter des idées originales pour les réhabiliter. Une initiative ambitieuse – plus de 850 candidatures reçues – assortie de groupes de travail pour transformer la capitale en une « ville intelligente et durable ». À quand la même initiative à Bruxelles?

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ITmobile, des informations fiables pour une entreprise efficace Combien coûte mon employé et que me rapporte-t-il ? Cette question est souvent posée. Il est certain que les entreprises avec du personnel itinérant perdent facilement le contrôle de leurs activités. Depuis 15 ans déjà, ITmobile conçoit des systèmes logiciels avancés qui fournissent des réponses concrètes. ITmobile se spécialise dans les entreprises avec du personnel itinérant, comme les entreprises de construction et les entreprises d’installation, les cabinets de comptables, les fournisseurs d’énergie et les services de secours. « Ces employés ne travaillent pas à un seul endroit », explique Xavier Moerman, gérant d’ITmobile. « Les heures prestées ne sont donc pas contrôlées par exemple. » Les systèmes logiciels développés par ITmobile assurent la transparence des activités et le temps de travail qui en résulte est calculé de façon entièrement automatique.

place le système de voiture partagée TANC (Transparent Automated Network Car) dans la flotte de véhicules du ministère néerlandais de la Défense. « Il y avait beaucoup de voitures, mais personne ne savait comment elles étaient utilisées. » Avec TANC, vous réservez un trajet pour une période enregistrée dans le système. « Les employés disposent d’une carte personnelle, ils viennent chercher la voiture, montent à bord et s’en vont. Et toutes les informations sur le trajet et les données relatives au véhicule sont sauvegardées. »

Les entreprises comprennent qu’elles doivent travailler plus efficacement mais elles ne savent souvent pas par où commencer. « Il y a plus d’entreprises qu’on ne le croit qui n’ont aucun moyen d’agir sur les coûts », avance Moerman. « Il est utile d’avoir une image fiable de ce qui se passe dans l’entreprise. » Seules l’intégration des procédures, une comparaison constante des activités planifiées avec les activités réalisées ainsi que leur enregistrement en temps réel, permettent d’y parvenir. Cet enregistrement concerne en premier lieu les employés ou le matériel. Moerman : « Cela

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aboutit à une gestion raisonnable et à des économies importantes. » ITmobile a ainsi mis en

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6 DÉFIS ÉLECTRICITÉ

En 2050, on imagine un centre urbain très dense entouré d'une zone d'agriculture variée

SMART GRID ET COMPTEUR INTELLIGENT Parmi les innovations qui dessineront l'énergie du futur: le smart grid, un réseau énergétique où l'offre et la demande sont analysées de façon intelligente. Le compteur, lié au consommateur, permet de gérer l’énergie produite de manière traditionnelle et de la combiner aux énergies renouvelables comme hydrauliques, éoliennes, solaires, marines ou encore issues de la biomasse et la géothermie qui utilise la température des sous-sols de la terre.

- Raphaël Fonteneau

Solution à durée indéterminée Les contours de la ville du futur seront dessinés par son profil énergétique d'où l'importance de gérer la transition de main de maître. L'objectif principal: consommer plus d'énergies renouvelables. TEXTE MAGALI VERONESI

L’

BELLES PERSPECTIVES L’énergie éolienne pourrait répondre en 2030 à 24,4 % de la demande énergétique totale en Europe avec une capacité de 320 gigawatt, contre environ 10 % actuellement, selon l’Association Européenne de l’Énergie Éolienne (EWEA). En Belgique, l’éolien pourrait couvrir jusqu’à 20 % de la consommation électrique, selon les prévisions. Rappelons que l'UE s’est fixée un objectif de 27 % de part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique en 2030.

avenir se trouve dans les énergies renouvelables. En Belgique, on doit consommer 13 % d'énergies renouvelables pour 2020 et on n'est pas loin de 9 % actuellement. Une belle progression par rapport aux 5 % comptabilisés il y a quelques années. Comme les énergies fossiles atteignent leurs limites, nous sommes obligés d'aller voir ailleurs pour assurer notre avenir.

CAR À MOYEN terme, le retour sur investis-

sement est substantiel. Certes, l'installation coûte chèr, mais il ne faut pas de carburant pour les éoliennes ni payer le soleil pour ses panneaux photovoltaïques. Pour les particuliers aussi, le calcul vaut la peine. Soit en optant, dès la construction, pour des solutions qui rendront le bâtiment

passif ou à basse énergie. Soit en rénovant leur maison après un audit énergétique. Même en contractant un emprunt, le coût de panneaux solaires ou d'une bonne isolation restent intéressants. « La mensualité du prêt sera généralement couverte par les économies sur la facture d'énergie », assure Michel Huart qui

LES LIMITES COMMENCENT avec le stock. Michel Huart, professeur à l'ULB explique: « Dans le futur, les énergies fossiles seront moins abondantes et faciles d'accès, notamment le pétrole ». La deuxième limite est environnementale. « Le CO2 émis par la consommation de gaz, pétrole ou charbon a un impact important sur le climat: plus de tempêtes, d'ouragans, de zones arides... Sans oublier l'incidence sur notre santé. » DANS L'IDÉAL, on imagine la ville du

LE VIRAGE ALLEMAND MODÈLE? Lancé par le chancelier Schröder en 2010 et confirmé par Merkel en 2011, le virage énergétique allemand, « Energiewende », offre aujourd'hui ses premiers enseignements après quatre années d'expérience. Selon le magazine Renouvelle, si la facture augmente pour les ménages, c'est au profit de l’économie. Ainsi, les bénéfices induits comme emplois, nouveaux marchés, gains sur les importations d’énergies fossiles, etcetera, valent les coûts supplémentaires engagés par les particuliers.

futur comme un cadre de vie confortable grâce aux services et équipements qui reposent sur un approvisionnement énergétique constant. Comment encourager l'investissement dans les énergies renouvelables? Le souci, c'est que l'énergie fossile est si bon marché qu'on ne voit pas toujours l'intérêt d'investir dans des équipements plus chers. « C'est pourquoi l'enjeu politique est crucial », plaide Michel Huart, expert à l'Association pour la Promotion des Énergies Renouvelables. « Il faut encourager les entreprises à investir dans ces solutions, pas concurrentielles pour l'instant. »

Il faut absolument encourager les entreprises à investir dans les énergies renouvelables - Michel Huart

encourage le gouvernement à lancer des fonds d'aide à l'investissement et des prêts à taux zéro. Voilà l'objectif fixé pour 2020. SI L'ON SE PROJETTE plus loin, on arrive à des perspectives plus alarmantes, selon des économistes. Leurs scénarios se montrent plus ou moins optimistes quand ils s'agissent de la gestion de la transition énergétique à temps. À l'Université de Liège, les travaux de Raphaël Fonteneau en mathématiques appliquées se penchent notamment sur les énergies. « Mes simulations suggèrent que, du fait de leur faible taux de retour énergétique, le déploiement des énergies renouvelables devra être accompagné d'une amélioration substantielle de l'efficacité énergétique : faire aussi bien avec moins ». UNE DES VERSIONS les plus optimistes de notre avenir est celle-ci: « À l'horizon 2050, il est réaliste de projeter la ville du futur comme un centre urbain très dense, mais peu étalé, entouré d'une zone d'agriculture variée », imagine Raphaël Fonteneau. Le retour de cette polyculture s'imposera pour nourrir les habitants de la ville en minimisant la dépense énergétique dans l'acheminement de la nourriture. Mais si nous ne changeons pas notre mode de consommation d'énergie à temps, notre société risque de régresser. Raphaël Fonteneau met en garde: « Des projections plus pessimistes nous conduisent à envisager la ville du futur à la manière du film Mad Max avec des tensions sociales liées aux problèmes d'accès à l'énergie. » Il ne se veut pas défaitiste pour autant car, outre une transition réussie, de nouvelles avancées technologiques pourraient nous éviter une crise énergétique, comme une percée dans la fusion atomique.


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8 INTERVIEW EVELYNE HUYTEBROECK

« Il faudra que la ville devienne plus sociale et autogérée » Si elle n’est plus ministre dans l’actuelle législature du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, Evelyne Huytebroeck (Ecolo) y combinait les compétences de l’environnement, l’énergie et la rénovation urbaine… Une rencontre avec cette spécialiste de la ville s'imposait. TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

Dans le gouvernement précédent, vous disposiez des trois compétences clés pour pouvoir activer tous les leviers décisionnels quant à cette fameuse « ville du futur ». Une position enviable, non? « De fait, je suis une fille de la ville, pas une rurale! Je connais donc bien les problématiques liées à l’urbanité. Et je voulais absolument posséder toutes les compétences requises pour agir sur la ville. Que ce soit au niveau des soucis quotidiens ou des projets à plus long terme. Le concept de "ville" en général, et "du futur" en particulier regroupe une panoplie large de sujets. Même les questions sociales que je traitais entretenaient également un rapport avec la ville du futur. »

L’un des principaux enjeux de l’avenir des cités concerne la réduction de la consommation d’énergie. Comment s’y prend-on pour attaquer un secteur aussi multiple? « L’énergie touche plusieurs domaines, qu’il s’agisse de l’architecture, de l’économie, de l’urbanisme ou de la rénovation, pour ne citer que ceux-là. Beaucoup de progrès ont déjà été accomplis en matière d’économie d’énergie, mais Bruxelles partait de très loin. L’idée principale est de diminuer la consommation d’énergie en revoyant complètement nos manières de rénover et de

construire. On avance mais il reste du pain sur la planche. »

Et comment s’attaque-t-on à ces défis? « Il faut travailler selon trois axes. Tout d’abord l’information. L’avenir du 21ème siècle vise à réduire l’impact des dérégulations causées par l’homme sur l’environnement. Aujourd’hui se pose la question des réfugiés politiques. Demain, nous risquons d’assister à un phénomène de réfugiés climatiques. Ensuite,

Le défi du futur? Les friches industrielles! il faut continuer dans l’incitation, notamment via des primes à la rénovation. Le gouvernement actuel continue d’ailleurs dans ce sens, ce qui est positif. Enfin, le troisième axe concerne la législation. Nous avons rendu les nouvelles constructions passives, ou du moins "très basse énergie", règle obligatoire depuis 2015 à Bruxelles. »

ndlr.). En résumé, celui-ci prévoit l’engagement d’experts par les communes pour mener des audits énergétiques. Ces audits touchent aussi bien les bâtiments communaux que d’autres constructions publiques. Je pense par exemple à l’hôpital Brugmann, intégralement rénové et pensé pour de gigantesques économies d’énergie. »

La réduction de la consommation d’énergie passe aussi par d’autres systèmes, comme l’éolien. Comment fait-on à Bruxelles, où il n’y a par définition pas de place pour installer des éoliennes? « De fait, vu la densité de population, les objectifs de baisse de consommation à Bruxelles ne sont pas atteignables uniquement avec de l’énergie renouvelable, et encore moins à l’aide d’éoliennes, compliquées à implanter en ville. C'est pourquoi, nous avons surtout mis l’accent sur les économies d’énergie, et non sur la production de "renouvelable" à tout crin. Et ce, tant pour les particuliers que pour les bâtiments de la Commission Européenne, par exemple. »

Comment vérifie-t-on le respect de cette dernière obligation sur le terrain?

Concernant ce fameux concept de « ville du futur », quel est le prochain défi à relever, outre celui de l’énergie durable?

« En 2006 déjà, nous avions lancé le programme "Plage" (Plan Local pour La Gestion de l’Énergie,

« Il concerne les grandes friches industrielles qui vont bientôt se voir densifiées. Pour la Région

« Un quartier durable ne doit pas être spécialement laid. »


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Il faut envisager les sites comme Tour & Taxis en tant qu' « éco-quartiers », en pensant à leur accessibilité

3 QUESTIONS À

CARINE LEFÈVRE DIRECTRICE DU CORI

bruxelloise, je pense à Tour & Taxis, Schaerbeek Formation ou Delta. Il faut envisager tous ces sites en tant qu’ "éco-quartiers", en pensant à leur accessibilité. Il n’est ni souhaitable ni nécessaire de prévoir trop de parkings à ces endroits. Je prône une mobilité douce. En la matière, un bon exemple nous vient de Lyon, avec le quartier "Confluence", où la ligne de tram a été construite avant les habitations. Tout le tissu urbain a ensuite été pensé en fonction des transports en commun. Comme je le dis souvent: la ville du futur, ce n’est pas Legoland! Il faut la penser dans sa globalité. Une fois qu’elle est en voie d’achèvement, contrairement à un jeu de construction, on ne sait plus déplacer ce que l’on y a bâti! »

Et au niveau architectural, comment se présenterait cette fameuse « ville du futur », selon vous?

D.R.

« Un quartier durable ne doit pas spécialement être laid, bien au contraire! Là encore, un bon modèle nous vient de France. Nantes a parfaitement réussi l’aménagement de l’espace public, en combinant écologie, esthétique et aspects pratiques. En outre, la ville va lancer l’utilisation des "monnaies complémentaires". En résumé: en fonction de ce que vous faites pour l’environnement, comme des kilomètres à vélo, du "car pooling" et bien d’autres, vous recevez cet argent. Que vous pouvez ensuite dépenser auprès

des commerces de la ville. Et puis, la "ville du futur" doit limiter le gaspillage à tous les niveaux! Partout naissent des associations où on peut donner, réparer, échanger… Bref, éviter de jeter pour ne pas faire grimper davantage la montagne de nos déchets. »

Et au niveau gestion et politique, ça donne quoi une « ville du futur »? « Si la "ville du futur" a l'objectif de devenir plus verte, il faudra aussi qu’elle devienne plus sociale et autogérée. J’ai eu l’occasion de visiter Grenoble, où se sont tenues des opérations de participation des citoyens à la gestion de la ville. Le mécanisme est intéressant car il représente un bon apprentissage de la démocratie. Et nous avons constaté que c’est en adhérant à la gestion de leur cité au jour le jour que les gens étaient plus heureux d’y vivre! »

SMART FACTS Si Evelyne Huytebroeck n’avait pas choisi la politique… « ... j’aurais probablement continué mon premier métier, celui de journaliste. Je travaillais pour plusieurs quotidiens et périodiques, et j’adorais ça. J'ai gardé le goût de faire comprendre aux autres par des mots simples des choses complexes. Très utile en politique! »

On imagine que le secteur des revêtements de sol a beaucoup évolué ces dernières années. Dans quels domaines surtout ? « L’industrie de la peinture en particulier, et des revêtements en général, est effectivement entrée dans une ère nouvelle. Et ce aussi bien au niveau de la réduction de sa toxicité, puisqu’elle utilisait beaucoup trop de solvants il y a quelques décennies encore et que nous passons maintenant à l’utilisation d’un maximum de matières aqueuses moins toxiques, qu’au niveau de l’aspect «durable » des choses. » En quoi un revêtement peut-il être « durable » ? « Avant tout dans le sens premier du terme ! Il doit « durer » le plus longtemps possible ! Pour être remplacé moins souvent. Car enduire à nouveau une surface est évidemment coûteux, à la fois en termes de matières premières et d’impact sur l’environnement. Puisqu’il faut alors, par exemple, prévoir un transport du nouveau revêtement, et une évacuation du précédent. Ce qui provoque bien entendu des nuisances pour l’environnement. » La réglementation du secteur des peintures a-t-elle suivi ce mouvement vers une nécessité de plus en plus écologique ? « Absolument ! Nous n’en sommes plus du tout à l’époque où des entreprises pouvaient s’improviser fabricantes de peinture ! Actuellement, le cadre réglementaire est très strict et va, bien entendu lui aussi, dans le sens d’une meilleure durabilité. »

ADVERTORIAL

La bonne impulsion! Un petit coup de pouce suffit souvent pour qu’une entreprise fasse un pas décisif dans la bonne direction. impulse.brussels l’a bien compris… A Bruxelles, 97% des entreprises sont des PME de moins de vingt employés. Si elles débordent de bonnes idées, elles ne possèdent pas toujours les ressources nécessaires pour se lancer dans des conditions optimales. Voilà pourquoi les onze personnes de la division Innovation et Internationalisation , sous l‘égide d’impulse.brussels, se mettent gratuitement à leur disposition. A travers trois projets bien précis. On épinglera tout d’abord Enterprise Europe Brussels. « Dont l’objectif est de faciliter le développement international des entreprises bruxelloises », nous explique sa responsable Barbara Andreani. « Le 18 juin dernier, nous avons par exemple organisé une sorte de speed-dating géant entre entrepreneurs bruxellois et européens spécialisés, entre autres, dans les smart cities. Résultat:

108 rendez-vous en l’espace de huit heures ! « Et nous accompagnons ces contacts pour qu’ils se transforment en initiatives concrètes générant du business et de la croissance. » « Car nous n’encourageons que le réalisme », enchaine Tania Van Loon, responsable du projet National Contact Points Brussels, où des entreprises viennent chercher un financement et un accompagnement à leur projet de recherche et innovation. « Pour les six premiers mois de l’année, 2,4 millions d’euros européens ont déjà aidé des entreprises bruxelloises à travers cette initiative.  » Un accent européen prononcé que l’on retrouve aussi chez Erasmus for Young Entrepreneurs. Permettant le déménagement, pour trois mois, d’entrepreneurs débutants chez leurs ainés plus expérimentés. Le tout, encore une fois, dans un esprit d’émulation garant de la bonne… impulsion.

Pour les six premiers mois de l’année, 2.4 millions d’euros européens ont déjà aidé des entreprises bruxelloises à travers cette initiative et 3 accords de partenariat transnationaux conclus.

www.brusselsnetwork.be www.ncpbrussels.be www.erasmus-entrepreneurs.eu


10 ACTUALITÉ ENVIRONNEMENT

On va voir revenir dans les zones urbaines une certaine nature sauvage - Gwenaël Delaite

Le futur, faut que ça dure! Le souci de préserver notre environnement et nos ressources pour les générations futures impose des solutions créatives et innovantes. L'enjeu majeur? « Il faut sortir du cercle production-consommation-pollution. » TEXTE MAGALI VERONESI

Q

uand on entend parler de « développement durable », on pense parfois à une « utopie néo-écolo ». Il s'agit au contraire d'une transition réaliste qui tient compte de l'épuisement des ressources naturelles et de la dégradation de l'environnement engendrés par l'activité humaine. Avec, en ligne de mire, nos modes de production et de consommation. La société doit répondre à nos besoins essentiels sans compromettre ceux des générations futures. Basique, non? UNE CHANCE: l'eau est une ressource

abondante en Belgique. « Notre gestion des déchets est assez efficace, contrairement à d'autres régions du monde », se félicite Gwenaël Delaite de l'Union des Villes et des Communes. « Néanmoins, il faut tenir compte de l'assainissement des eaux usées et le renouvellement des sources d'eau potable. D'où l'interdiction pour les communes d'utiliser des pesticides. » Des mesures qui auront un impact positif sur le profil de la ville du futur, selon la conseillère en environnement. « On va voir revenir dans les zones urbaines une certaine nature sauvage. Puisqu'on ne peut plus traiter le sol, on va laisser la végétation pousser, en dégageant un passage pour les piétons. » Ce retour à la nature peut aussi s'effectuer dans nos jardins pour laisser les écosystèmes se mettre en place et s’autoréguler. À nous de choisir des plantes adaptées aux conditions locales du milieu et privilégier la permaculture à la domestication du moindre brin d'herbe.

MAIS L'ENJEU MAJEUR pour un envi-

ronnement durable se situe à une autre échelle: la gestion des ressources, surtout celles qui sont importées et utiles à nos outils technologiques. Certes, les smartphones, tablettes, ordinateurs et électroménagers sont nécessaires à notre confort. Il n'est pas question de s'en passer. L'objectif est de fabriquer des objets plus durables afin de diminuer leur

empreinte écologique. « Si on ne sort pas de ce cycle de production-consommation-pollution, on fera face à une ville binaire avec d'un côté les privilégiés ayant accès à tous les biens et services dans les beaux quartiers et d'un autre, les pauvres qui survivent dans des espèces de bidonvilles », met en garde Alexis Dall'Asta du Conseil fédéral du développement durable.

OR, L’OBJECTIF du développement

durable de l'espace urbain est à la fois de limiter les déséquilibres territoriaux et de proposer un cadre de vie sain et harmonieux, créateur de lien social. « Le souci, c'est que nos appareils sont fabriqués de manière à ne pas être réparés. De plus, il est très difficile de les recycler car les matériaux sont de piètre qualité, même si on les amène au Repair Café pour leur donner une

seconde vie », épingle le conseiller scientifique au CFDD. Sans oublier la dévaluation programmée qui condamne nos technologies à une échéance donnée. D'OÙ L'INTÉRÊT DE fabriquer plus durable

dans l'optique d'une « économie de la fonctionnalité ». Son principe: remplacer la vente d’un produit par la vente d’une fonction d’usage. Alexis Dall'Asta explique: « une entreprise va louer de la lumière ou du confort thermique au lieu d'acheter des ampoules ou de l'énergie pour éclairer ou chauffer. Les particuliers peuvent déjà louer des vêtements pour enfants, etc. » L'idée sous-jacente: la valeur d'un produit pour le consommateur réside dans les bénéfices qu'il retire de son utilisation, et non dans sa possession. Plusieurs initiatives s'inscrivent dans cette lancée: les outils de mobilité Villo et Cambio, mais aussi les outils de jardinage partagés lors de services d'échanges locaux (SEL). DEPUIS TROIS ANS, la Belgique s'intéresse

aux avantages écologiques, économiques et sociaux de l'économie de la fonctionnalité. La Région de Bruxelles-Capitale a lancé une recherche action dans le cadre d’un projet européen sur les villes résilientes (TURAS). L’UCM (Union des Classes Moyennes) a mis en place un programme pilote d’accompagnement de 5 entreprises. Et Ecores, un bureau d'étude spécialisé dans le développement durable conclue dans son rapport: les initiatives se multiplient, mais il est trop tôt pour mesurer un impact durable. Rendez-vous dans quelques années pour faire le bilan.


ÉCONOMIE CIRCULAIRE FOCUS 11

Ne tournez pas en rond La production d’objets et de denrées en tous genres explose, et donc les besoins de recyclage aussi ! Face à ce cercle vicieux, la solution se nomme, notamment, « économie circulaire ». TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

E

n 2014 en Belgique, 103 kilos de déchets recyclables ont été récoltés par habitant. De quoi nous placer dans le peloton de tête des meilleurs élèves du monde en la matière. Même s’il y a encore, bien entendu, des progrès à accomplir. ET POUR CE faire, la meilleure solution

reste d’entrer dans la danse de l’économie circulaire, un concept cher à Carlo Di Antonio, ministre, notamment, de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports. « Une économie circulaire propose de contrôler tous les flux dans le but de reproduire, autant que possible, le fonctionnement cyclique des écosystèmes naturels. Son objectif est de produire des biens et services, tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières et des sources d’énergies non-renouvelables. » IL S’AGIT DE DÉPLOYER une nouvelle économie. Dite « circulaire », et non plus « linéaire ». Une économie fondée sur le principe de « refermer le cycle de vie » des produits, des services, des déchets, des matériaux, de l’eau et de l’énergie. En résumé: dès la conception du bien, une analyse de chaque étape de son cycle de vie est réalisée afin de minimiser les impacts environnementaux et d’optimaliser son réemploi voire son recyclage total. MAIS IL EXISTE des obstacles au

recyclage total. « En n’oubliant jamais que l’incinération reste l’échec ultime dans le processus d’une politique de

déchets », pointe le Ministre. L’économie circulaire connaît donc encore parfois des ratés. Par exemple, aujourd’hui, en matière recyclage, la pierre d'achoppement se niche pas loin de nos assiettes. Et plus précisément dans les films plastiques qui enrobent nos aliments. Et finissent souvent directement au milieu des déchets ménagers. C’est-à-dire

dans la poubelle non triée. Soit le pire endroit car pas grand-chose provenant de là n’est recyclé. LES CHOSES POURRAIENT changer

rapidement. Comme en témoigne Pierre van Hentenrijk, le président de Fost Plus, asbl privée financée par le milieu des entreprises et chargée de l’information et de la reprise des déchets recyclables: « Tout est possible. A partir du

moment où les films plastiques sont propres, c’est évidemment plus facile. Nous devons donc étudier cela de manière très attentive. Afin d’essayer d’obtenir les meilleurs résultats pour les recycleurs. »

avons déjà fait la promotion du out of home, c’est-à-dire du tri horsdomicile. Si on fait passer partout le même message pour le même genre de tri, nous pouvons arriver à éduquer les gens. Pour qu’ils accomplissent les bons gestes. »

« ET », POURSUIT DI ANTONIO, « outre

penser à recycler, la base réside surtout dans le tri. » Monsieur van Hentenrijk abonde dans le même sens: « Depuis 2012 et 2013, nous

OUTRE LA CHASSE aux déchets, il importe

aussi de traquer le gaspillage. Surtout dans le non alimentaire. « On trouve peut-être trop vite qu’un produit est un déchet », souligne le Ministre. « Et on le jette alors que l’on pourrait prolonger sa durée de vie après sa récupération. Je pense ici non seulement aux particuliers. Mais surtout aux entreprises. » ET SPÉCIFIQUEMENT LORS de

déménagements, où elles jettent du matériel informatique et du mobilier qui pourraient encore parfaitement servir. « A la fois faire plaisir à d’autres, et surtout ne pas encore venir amplifier une montagne globale de déchets déjà trop haute. » Et là, c’est au portefeuille qu’il faut toucher. Mais seulement après avoir développé une bonne politique d’information en la matière. « QUAND ON VEUT donner, encore fautil savoir où et à qui, chose qui n’est pas évidente », peste ce chef d’une entreprise nichée dans le zoning industriel de GemblouxSauvenière. Di Antonio: « De fait, nous allons faire un effort à ce niveau-là. Avant de réfléchir à une facturation des déchets au poids. » Economie circulaire ou pas, la meilleure façon de sensibiliser le public est encore le chemin rectiligne vers les cordons de sa bourse.

L’incinération reste l’échec ultime dans une politique de déchets - Carlo Di Antonio


12 EXPERTS ESPACE PUBLIQUE

Retour vers le futur Chaque jour, la ville du futur anime une communauté toujours plus large et conduit à des problématiques d'espace, de besoins énergétiques et d'esthétisme. Trois experts répondent à ces interrogations cruciales pour notre avenir. TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

LUC SCHUITEN ARCHITECTE ET INITIATEUR DU CONCEPT DE « CITÉ VÉGÉTAL »

JULIEN DE SMEDT ARCHITECTE ET AUTEUR DE PROJETS « FUTURISTES » À BRUXELLES, LILLE, OSLO ET SHANGHAI

PIERRE VANDERSTRAETEN PROFESSEUR À LA FACULTÉ D’ARCHITECTURE, D’INGÉNIERIE ARCHITECTURALE ET D’URBANISME DE L’UCL (LOCI)

Dans l’avenir, la population des villes va se densifier, et l’espace se fera donc plus rare. Quelles sont les solutions?

« De fait, si la croissance démographique continue à son rythme actuel, il n’y aura plus de place à certains endroits de la terre d’ici 50 à 100 ans! Je pense que l’avenir passe par un contrôle de la démographie et une utilisation accrue du renouvelable. Sans oublier, surtout, une vision à long terme qui nous fait défaut. Chez les Amérindiens, chaque prise de décision est envisagée en fonction de ses implications positives ou négatives jusqu’à la septième génération. Alors que chez nous, en matière énergétique ou autre, on ne voit généralement pas plus loin que la fin d’un mandat politique! »

« L’industrie productrice d’énergie a programmé sa propre obsolescence, et va arriver à son terme à force de produire autant de pollution que d’énergie. Par contre, j’observe que la nature a mis en place des écosystèmes formidables. Qui, eux, produisent de l’énergie avec un minimum de rejets. Pourquoi ne pas prendre exemple sur ceux-ci? La discipline consistant à observer puis imiter la nature s’appelle le "bio-mimétisme". À mon avis, c’est de là que viendront nos énergies dans le futur. Une fois de plus, la nature nous donne la leçon à suivre. »

« L’esthétique n’est pas un but en soi. C'est un concept pertinent tant qu'il répond aux contraintes urbanistiques, énergétiques, démographiques… Un exemple: le béton libère du CO2 et est l’un des plus gros responsables du de gaz à effet de serre! De plus, il est développé à base de sable puisé sur les rivages, ce qui crée des érosions dommageables en cas de crue. Là aussi, la nature nous donne le bon exemple: le coquillage est le meilleur biobéton jamais inventé. Et en plus, c’est très esthétique. »

Les besoins énergétiques des villes vont augmenter. Comment se positionne l’architecture face à ce nouveau défi?

« Il n’est plus question d’urbaniser encore plus la nature. Il faut travailler à partir des cités existantes. À ce titre, Dubaï est une aberration complète. Construire une ville au milieu d’un désert aux conditions climatiques invivables, utilisant massivement l’air conditionné, avec tous les rejets polluants qu'on lui connaît, est ridicule. Il vaut mieux exploiter la surface disponible de la ville. Le but: ramener la nature dans les cités pour rétablir le lien de biodiversité rompu par l’urbanisation. »

« Il faut favoriser les bâtisses autosuffisantes. Cela passe notamment par la rénovation de bâtiments anciens pour les rendre énergétiquement plus performants. Il faut aussi accepter que l’éolien peut se montrer efficace, et ne plus tergiverser. Mais le challenge est d'opérer en respectant un compromis. Car on sait aussi que le passif à outrance pousse parfois à construire des buildings fermés, désagréables à vivre. J’utilise souvent les termes d’ "architecture performative", qui consiste à tout concilier pour atteindre de bonnes performances à tous les niveaux! »

« Je m’intéresse peu à l’esthétique simple et je privilégie l’action. L’esthétique pure et dure passe vite de mode, ce qui n’est pas le cas d’une vision. La beauté va plus loin que l’esthétique. Elle porte aussi sur la qualité de la vue depuis un bâtiment ou de la lumière. Mon expression architecturale est assez minimale. Je tiens à agir sur la volumétrie du bâtiment. Pour qu’il soit plus pratique et utilisable que simplement joli à regarder. »

« Bruxelles est reconnue dans le monde entier pour ses bâtiments exemplaires de très basse énergie, résultants d’une excellente synergie entre les entreprises de construction, les politiques et les architectes. Mais cette volonté de durable ne doit pas se heurter aux énergies "grises", nécessaires au cycle de vie d'un matériau qui se cachent dans les bâtiments existants. Remplacer du vieux par du neuf n’est pas toujours gagnant! Enfin, les smart cities ont un rôle à jouer dans le défi énergétique. »

« Le projet de "ville du futur" cache aussi celui de "ville désirable". Les deux ne sont pas incompatibles! Il existe de magnifiques recherches et idées qui annoncent les signes d’une superbe diversité architecturale. Avec, notamment, l’utilisation de l’eau ou la végétalisation des façades. Je qualifierai la contrainte de l’esthétique d' "heureuse". En plus, vu la simplicité des techniques de communication actuelles, les échanges d’idées sont mondialisés. Fascinant! »

Comment allie- « Trois tendances se dessinent. D’abord mieux partager t-on esthétisme l’espace en occupant mieux les maisons existantes. On et utilité? trouve souvent des bâtiments gigantesques habités par seulement deux personnes lorsque les enfants ont quitté le foyer familial. Il y a une logique à repenser de ce côté-là! Ensuite, il faut favoriser l’habitat en hauteur, notamment au moyen de tours. Mais de façon intelligente, en plaçant par exemple ces constructions près des transports en commun. Enfin, on peut épaissir les édifices existants pour les rendre plus spacieux afin d’y accueillir plus de gens. »


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14 APPROFONDIR CERTIFIER

Un label fiable se fonde sur toute une série de critères qui sont plus stricts que la législation en vigueur et qui sont contrôlables - Clara Moeremans

Le force d’un label Les labels certifiés garantissant qu'un produit est fabriqué de façon durable, sont tendance. Les entreprises ont donc tout intérêt à obtenir de tels labels. Mais comment procède-t-on ? TEXTE SENNE STARCKX

L

es entreprises souhaitent convaincre leurs clients de leur bonne volonté. Elles montrent volontiers qu’elles se préoccupent de l’environnement, du climat et de la chaîne alimentaire. Mais malheureusement, de belles promesses ne sont plus suffisantes pour le consommateur actuel qui se montre critique. UNE FAÇON INTELLIGENTE d’obtenir une image de marque durable sérieuse, est un label produit. Il ressort d’une étude internationale réalisée en novembre 2014 auprès de 13 000 adultes dans 13 pays industrialisés que 54 % des consommateurs considèrent les labels de produits comme la preuve la plus rassurante qu’une entreprise tient effectivement compte de l’environnement. D’autres preuves, comme le pays d’origine (30%), la marque (24%), la recommandation par la famille/les amis et les médias (respectivement 17 et 16%) semblent moins convaincantes.

fiables ? « Un label fiable se fonde sur toute une série de critères qui sont plus stricts que la législation en vigueur et qui sont contrôlables », explique Clara Moeremans de Netwerk Bewust Verbruiken (à savoir le réseau de consommation responsable), une association d’organisations de consommateurs, environnementales et de développement qui est active au niveau de la consommation durable. AU COURS DE ces dernières années,

ces labels de produits ont été très

Si nous participons à des adjudications et tenders, ce type de labels est même une exigence - Clara Moeremans

convoités par les entreprises. Le Forest Stewardship Council qui décerne le célèbre label FSC pour le bois produit de façon durable, l’a bien remarqué. « Le nombre d’entreprises qui souhaitent faire partie de la chaîne commerciale contrôlée continue à augmenter », explique Bart Holvoert, directeur de FSC Belgium. Aujourd’hui, plus de 180 millions d’hectares de forêt – un dixième de la surface boisée exploitée commercialement du monde – sont certifiés FSC. Près de 30 000 entreprises sont actives

commercialement via leur certificat FSC, ce qui en fait le système le plus répandu au niveau mondial. En Belgique, 38 pour cent de la population saurait ce que signifie FSC. SOUVENT, LES ENTREPRISES souhaitent

avoir plus d’un seul label, comme la société de nettoyage internationale CWS-boco, qui exploite une grande blanchisserie de vêtements professionnels à Puurs. Sur son site Internet, la société présente trois labels indépendants : Certex (pour les blanchisseries industrielles), Der Blaue Engel (écologie générale) et Oeko-Tex (textile écologique). Les labels ne sont pas uniquement destinés à améliorer l’image écologique de CWS-boco. « Si nous participons à des adjudications et tenders, ce type de labels est même une exigence », explique Sophie De Doncker, assistante marketing chez CWS-boco. « Parallèlement, nous souhaitons être une référence sur le marché. Grâce à ces labels, nous pouvons nous distinguer. »

À L’HEURE ACTUELLE, il existe des

dizaines de labels, de nombreux se retrouvent sur les emballages des produits et les sites Internet des entreprises. Au niveau de la durabilité, FSC (gestion durable des forêts), Maison passive (habitations à énergie nulle), Energy Star (frigos et congélateurs économes en énergie), Clé verte (tourisme écologique) et Der Blaue Engel (respect général de l’environnement) ne sont que quelques exemples, mais sont-ils

SELON DE DONCKER, nous devons modifier

certains processus industriels. « Dans la blanchisserie, nous avons installé une séparation complète entre les côtés propre et sale. Un important travail de contrôle est également nécessaire. Nous devons par exemple répertorier les risques bactériologiques de l’ensemble du processus industriel et prouver que nous pouvons maîtriser ces risques. L’obtention et le maintien d’un label ne sont vraiment pas facultatifs. »


CHRONIQUE DAMIEN ERNST ET BERTRAND CORNÉLUSSE 15

Le débat sur le smart grid est électrique

En langage simple, smart grid signifie réseau de distribution d’électricité intelligent. Le but: aider le particulier à mieux gérer sa consommation, voire à accéder à une énergie verte et moins chère. Les réseaux sont-ils prêts pour l’ère 2.0? TEXTE DAMIEN ERNST PROFESSEUR ET BERTRAND CORNÉLUSSE, CHERCHEURS À L' UNIVERSITÉ DE LIÈGE.

P

roduction, distribution, consommation: c’est en s’appuyant sur l’informatique que le smart grid devrait réguler les flux d’énergie. Par exemple, en contrôlant mieux les pics de consommation et de production pour sécuriser le réseau et, dans la foulée, faire baisser les coûts. Réalisable, en théorie. PREMIER PROBLÈME: les propriétaires de panneaux photovoltaïques se plaignent de déconnexions dues aux surtensions sur le réseau. Le système électrique évolue trop lentement, devenu atrocement compliqué avec la multitude d’acteurs introduits par la libéralisation. Sa régulation est tellement complexe qu’elle paralyse l’innovation. Les compagnies de distribution d’électricité devraient être des moteurs dans l’implémentation 2.0 des réseaux. Or, elles sont des monopoles régulés et ne voient aucun avantage financier à mettre en œuvre des changements profonds. EN BELGIQUE, quasi aucune

habitation n’a de smart meter (compteur électrique qui mesure la consommation tous les quarts d’heure, ndlr.). Sans cet outil,

Sans un smart meter, toute solution pour synchroniser la consommation des particuliers à la production des énergies renouvelables est caduque

toute solution pour synchroniser la consommation des particuliers à la production des énergies renouvelables est caduque. LE SMART GRID devrait permettre l’accès à une énergie électrique verte et bon marché. Mais le seul changement notable au sujet du réseau électrique, c’est son coût qui ne cesse d’augmenter. Dans certaines communes belges, le consommateur paie plus de 0,30 € / kWh. Produire de l’énergie avec des panneaux photovoltaïques coûte environ 0,10 € / kWh. La tentation est grande pour le consommateur de générer sa propre électricité. Les évolutions technologiques qui font sans cesse chuter le prix des panneaux photovoltaïques vont l’y aider. LA QUÊTE D’INDÉPENDANCE des utilisateurs met en danger le financement des réseaux qui, eux, nécessitent des apports financiers importants pour passer à une « distribution intelligente ». Sérieux problème à résoudre! Une hausse des tarifs du réseau électrique pénaliserait le développement du renouvelable. Mais seul un réseau électrique 2.0 performant trouvera une justification économique dans le monde de demain.

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