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Fokus Patient Journey

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C E D O SS I E R E ST P U B L I É PA R S M A R T M E D I A E T N ' E N G AG E PA S L A R E S P O N S A B I L I T É D E S É D I T E U R S N I D E L A R É D AC T I O N D U V I F / L ' E X P R E SS

DEC ‘20

PATIENT JOURNEY Valérie Glatigny Sortir plus fort de la crise

Biomédicaments Le vivant au service de notre santé

Christine Permanne Prendre soin de nos personnes âgées

XAVIER DE CUYPER « Il faut rester confiant, particulièrement dans un pays ”pharma” comme le nôtre. » DÉCOUVREZ-EN PLUS SUR FR.FOKUS-ONLINE.BE. #FOKUSPATIENTJOURNEY

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ÉDITO

FR.FOKUS-ONLINE.BE

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CONTENU...

Valérie Glatigny

04 Éducation thérapeutique du patient ?

Covid-19 : comment faire mieux demain ? La crise sanitaire a démontré, s’il le fallait encore, à quel point la Fédération Wallonie-Bruxelles dispose d’un exceptionnel vivier de ressources dans les domaines de la santé et de la recherche. Des milliers d’infirmiers, de médecins et de chercheurs nous ont permis de faire face à une crise sans précédent.

Nous avons soutenu financièrement nos universités à hauteur de 2 700 000 d’euros, celles-ci ayant souvent réaffecté leurs chercheurs à des recherches COVID, reportant d’autres projets en cours, comme en témoignent les recherches sur l’impact psychosocial du confinement, par exemple. Des établissements d’enseignement supérieur ont redirigé du matériel de recherche et de soins vers les hôpitaux et les maisons de repos pour lutter contre la COVID. Demain, nous devrons continuer à assurer la pérennité des activités de recherche de nos établissements. Cette crise et ses implications en matière de

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Un malade en bonne santé

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Interview : Xavier de Cuyper (AFPMS)

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Infographie : le parcours des médicaments

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L’e-santé, la technologie accélère

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Panel d’experts : la e-santé en 3 questions

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Christine Permanne : l’habitat, un enjeu pour nos personnes âgées

ÉQUIPE.

N

os hôpitaux universitaires ont joué un rôle clé. Grâce à leur personnel, leurs équipements et leur offre de lits, ils ont pu réagir vite et efficacement face à une situation qui évoluait chaque jour. Des investissements humains et financiers ont été consentis dans la recherche et le développement de méthodes de tests, de respirateurs et d’équipements. Durant la crise, nous avons débloqué, avec l’ensemble du Gouvernement, 7 800 000 euros pour les aider à faire face à l’urgence et aux coûts engendrés. Cet engagement souligne, s’il le fallait, l’importance de garantir à ces hôpitaux universitaires un financement pérenne.

06 Les biomédicaments, un sercteur bien vivant !

Nos hôpitaux universitaires, nos universités et nos hautes écoles ont joué un rôle clé pour lutter contre l’épidémie.

santé publique posent également la nécessaire question de l’offre de soins en Fédération Wallonie-Bruxelles. Généralistes, spécialistes, infirmiers : tous sont montés au front, mais l’offre n’était pas égale partout. Il est essentiel de parvenir à objectiver nos besoins en la matière. La Commission de planification de l’offre médicale, en cours d’élaboration, devrait permettre d’atteindre cet objectif, et d’affiner au mieux les sous-quotas des différentes professions médicales, avec un objectif clair : partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, chacun devrait pouvoir disposer de généralistes et de spécialistes proches de chez lui. Tout au long de ces derniers mois, les forces vives de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière de santé et de recherche se sont mobilisées au service de la société. Nous les remercions. Les enseignements de cette crise seront tirés pour que, demain, nous puissions faire plus et mieux si une nouvelle pandémie devait se déclarer. TEXTE VALÉRIE GLATIGNY, MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE, DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES (FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES)

AMÉLIORER LA SANTÉ EN RDC En République démocratique du Congo, l’accès pour tous à des soins de qualité n’est pas un problème nouveau. À Kinshasa et dans la province du Nord-Kivu, l’ONG ULB-Coopération, avec des financements de l’Union européenne et de la coopération belge, accompagne les personnels de soins, l’administration de la santé, les scientifiques et les populations pour qu’ils et elles mettent ensemble leurs ressources et coordonnent leurs efforts pour améliorer le fonctionnement du système de santé. Seule la mobilisation de tous les acteurs permet de mettre en place des solutions durables et efficaces. Les personnels, au sein de plateformes, partagent leurs préoccupations et mettent en œuvre des solutions locales. Avec l’appui d’animateurs communautaires, les populations sont sensibilisées concernant leurs droits et leurs capacités d’action. Les autorités sont alimentées par les résultats des recherches réalisées, notamment de nouvelles modalités de financement du système de santé. Un centre de formation a été construit à Goma. Avec l’appui des cliniciens de

l’hôpital Érasme, l’ONG propose un panel de formations ayant recours à des techniques de simulation adaptées. Le renforcement des aptitudes ne suffit malheureusement pas. Au Nord-Kivu, un important volet de réhabilitation a été réalisé. 27 nouvelles structures ont ainsi été construites et équipées. La santé constitue un pan crucial des actions menées par les centaines de personnes investies, mais l’ONG universitaire est également active en agro-environnement et en citoyenneté critique, au Burkina Faso, au Sénégal et à Bruxelles. Partout, ULB-Coopération adopte une approche systémique, construite avec l’ensemble des acteurs, et c’est notamment grâce à votre support que ses actions se concrétisent pour le bien-être des populations.

www.ulb-cooperation.org

COUNTRY MANAGER : Christian Nikuna Pemba RÉDACTRICES EN CHEF : Ellen Van Hoegaerden Julie Garrigue ÉQUIPE ÉDITORIALE : Angelika Zapszalka, Tom Cassauwers Louis Matagne, Bastien Craninx PHOTO EN COUVERTURE : Ian Hermans LAYOUT : Dee Bernaers CREATIVE DIRECTOR : Baïdy Ly IMPRESSION : Roularta

SMART MEDIA AGENCY Leysstraat 27, 2000 Anvers Tel +32 3 289 19 40 redactie@smartmediaagency.be

Bonne Lecture Corentin Borguet Project Manager


Vous avez été nombreux à applaudir nos soignants, offrez-leur à présent un peu de répit ! Face à l’essoufflement du personnel hospitalier, la Fondation Saint-Luc a créé un Fonds de soutien destiné au personnel des Cliniques universitaires Saint-Luc. En partenariat avec la société de services ListMinut, les équipes de Saint-Luc bénéficient d’aides ou de services qui leur permettent de souffler un peu à la maison : garde d’enfants, livraison de repas à domicile, assistance ménagère, cours particuliers.

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ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE SANTÉ

FR.FOKUS-ONLINE.BE

Le patient devient acteur L’éducation thérapeutique du patient vise à aider la personne à acquérir savoirs et compétences qui lui permettront de mieux gérer sa maladie au quotidien. Une façon de susciter une meilleure adhésion aux traitements prescrits et de réduire le coût des soins pour les patients et la société.

«D

onnez un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprenez-lui à pêcher, il mangera toute sa vie », a formulé jadis le sage chinois Lao Tseu. Transposée à l’éducation thérapeutique du patient (ETP), cette citation pourrait se traduire comme suit : soignant, entretenez un homme de sa maladie, il reviendra le jour suivant ; apprenez-lui à la comprendre, il s’autogérera toute sa vie. Car il s’agit bien de cela : augmenter et mobiliser les savoirs, les connaissances, les compétences et les capacités des patients afin de les encourager à adopter les comportements adéquats pour leur santé et à vivre mieux avec la maladie et éviter les complications. « La finalité de l’ETP est véritablement l’amélioration de la qualité de vie des personnes et de leur entourage », déclare Marie-Madeleine Leurquin, chargée de projets au Centre d’éducation du patient.

nécessitant des adaptations permanentes en fonction de l’évolution de la maladie, de la gestion de cette dernière par le patient luimême et de ses demandes ou besoins. « La manière dont ces programmes sont soutenus par les pouvoirs publics des

différents pays permet une évolution différente de l’ETP », note M. M. Leurquin. Alors qu’en France, par exemple, l’ETP est inscrite dans le code de la santé publique depuis 2009, en Belgique, l’approche ne

Pour favoriser l’ETP, il faudrait investir davantage dans la formation des soignants, la formation de base et la formation continue. — MARIE-MADELEINE LEURQUIN, CENTRE D’ÉDUCATION DU PATIENT

Apparue dans les années 1970, l’ETP a commencé à prendre de l’ampleur suite à sa reconnaissance officielle par l’Organisation mondiale de la santé (OMS-Europe) en 1998. « L’OMS a tiré la sonnette d’alarme et mis en évidence l’importance de former le personnel de santé à l’ETP après avoir constaté que, dans le monde, 80 % des maladies sont chroniques, et qu’à l’époque, moins de 50 % des patients suivaient leurs traitements correctement », explique André Nayes, infirmier-chef de service au CHU de Charleroi. Définie comme un processus continu d’apprentissage et de soutien psychosocial, l’ETP doit s’appuyer sur des programmes structurés d’information et d’éducation,

Cet hiver, ne vous laissez pas mener par le bout du nez... Votre nez est bouché? Il coule? Vous éternuez souvent? Vous souffrez peut-être d’une rhinite. Cette inflammation de la paroi du nez peut revêtir plusieurs formes et avoir des causes diverses. Chacun d’entre nous a déjà attrapé un rhume dans sa vie. Le rhume est une forme de rhinite souvent causée par un virus. Cette forme de rhinite guérit en général toute seule après quelques jours ou quelques semaines. Certaines personnes souffrent de rhinite chronique, celle-ci est le plus souvent d’origine allergique. Mais elles peuvent aussi avoir d’autres causes. Si vous avez un rhume des foins, vous faites partie des 29% de Belges touchés par la rhinite dite «allergique». Votre nez réagit de manière inappropriée au contact de certaines substances comme le pollen, les moisissures ou les poils d’animaux. La muqueuse de votre nez considère à tort ces substances comme nocives pour votre corps. Elle réagit alors en s’enflammant, en gonflant et en produisant beaucoup de mucus. Pour déterminer de quel type de rhinite vous souffrez, votre médecin vous interrogera sur vos symptômes et sur ce qui déclenche habituellement la rhinite. Connaître le type de rhinite dont vous souffrez permettra à votre médecin de trouver le traitement le plus adapté... et donc le plus efficace!

bénéficie pas de la reconnaissance officielle dans la prise en charge sanitaire. Néanmoins, le Plan conjoint en faveur des maladies chroniques approuvé en 2015 par les ministres de la Santé publique des entités fédérées et de l’autorité fédérale identifie l’empowerment du patient comme une composante des soins intégrés qu’il convient de développer. Cette notion transforme la relation thérapeutique en impliquant le patient comme partenaire de soins. « En matière de financement d’éducation du patient, les programmes sont surtout reconnus, chez nous, pour le diabète et la dialyse. » Le monde médical est convaincu du bienfondé de l’approche. Néanmoins, dans la pratique, elle est encore trop peu présente. « Les prestations d’éducation menées par le personnel infirmier à domicile, par exemple, qui sont plutôt d’ordre intellectuel, ne sont pratiquement pas valorisées contrairement à des actes comme le changement de pansement, l’injection ou la toilette », observe A. Nayes. « D’une manière générale, les soignants sont tout à fait favorables à l’idée de consacrer du temps au patient pour l’informer et le former, mais il faut valoriser ce temps. » De plus, former un patient requiert des compétences particulières, dont le personnel de soins doit lui-même se doter. « Les compétences éducatives ne sont pas innées », remarque M. M. Leurquin. « Pour favoriser l’ETP, il faudrait investir davantage dans la formation des soignants, la formation de base et la formation continue. » TEXTE ANGELIKA ZAPSZALKA


EQUI-NUTRI BRAND REPORT

#FOKUSPATIENTJOURNEY

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Les compléments alimentaires, le coup de pouce au quotidien Il est loin ce temps où de petites mains préparaient sur un coin de table de mystérieux remèdes. Les laboratoires du secteur du complément alimentaire, loin de cette image désuète, se sont depuis longtemps professionnalisés sous l’impulsion d’un encadrement strict, tant européen que national.

«E

t c’est tant mieux ! Notre métier a gagné ses lettres de noblesse grâce à la règlementation et aux normes de production poussées, comme la GMP [NDLR. Good Manufacturing Practices]. » Diane Beunen est la CEO de l’un des acteurs wallons du secteur, le laboratoire Equi-Nutri. « On a encore parfois cette image de la recette de grandmère. Pourtant, le métier des compléments alimentaires ne s’improvise pas. Les laboratoires doivent répondre au label pharmaceutique HACCP, qui impose des normes de sécurité et d’hygiène strictes et

certifie les procédés de fabrication. » Outre l’enregistrement auprès du SPF Santé publique et du contrôleur de l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire), le secteur est également encadré par le législateur européen. D. Beunen le rappelle : « une directive UE 1924/2006 détermine les matières premières autorisées et l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) s’assure que les allégations formulées autour des compléments alimentaires soient scientifiquement prouvées. Cet encadrement est un gage d’efficacité pour le consommateur. »

À cheval entre l’aliment et le médicament, le complément alimentaire a trouvé sa place sur les étagères des officines comme sur celles des magasins spécialisés. L’importance de leur consommation tient à notre mode de vie pour Diane Beunen. « L’agriculture intensive de nos jours fournit une alimentation très pauvre en nutriments, pourtant essentiels pour notre corps. Parallèlement, nous menons des vies trépidantes et stressantes. » Toutefois, comme l’explique la dirigeante, « Il ne s’agit pas de se substituer au médical, mais de le compléter grâce à une fonction physiologique et nutritive. »

Le complément alimentaire joue un rôle sur 3 niveaux. « Ils aident à pallier les déficiences alimentaires », énumère D. Beunen. « Il apporte une réponse à certains inconforts du quotidien comme le stress, une digestion difficile, des difficultés à l’endormissement, l’hypertension, l’inconfort articulaire, etc. Et en soutenant notre équilibre physiologique, ils participent à nous maintenir en bonne santé. » Et le constat est là pour la CEO d’EquiNutri. « Les médecins modernes prescrivent régulièrement des compléments alimentaires. Ils en connaissent les effets et sont plus ouverts à davantage de naturalité. »

À propos de... Depuis 20 ans, le laboratoire belge Equi-Nutri développe et fabrique des compléments nutritionnels de première qualité, en privilégiant toujours les dosages réellement efficaces. Forts de cette expertise et ce savoir-faire en Gemmothérapie, Nutrithérapie et Phytothérapie, nous repensons nos formulations régulièrement, au regard des avancées des dernières publications scientifiques. Equi-Nutri a mis en place sa propre charte de qualité, allant bien au-delà de la législation en vigueur. Elle inclut entre autres l’utilisation d’excipients naturels qui favorisent l’absorption des nutriments, la sélection d’ingrédients standardisés non testés sur les animaux, la traçabilité des produits. Notre approche holistique et notre engagement éthique et responsable nous ont valu d’être reconnus par les prescripteurs et par nos clients.

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BIOTECHNOLOGIES INNOVATION

FR.FOKUS-ONLINE.BE

Le vivant au service de notre santé Production risquée Travailler avec le vivant n’est pas une mince affaire. En effet, un médicament biologique prend généralement 10 à 12 ans pour être développé. Et seul 1 produit sur 10 qui arrive en étude clinique deviendra effectivement un médicament. Un processus risqué, qui se répercute dans le coût final. Heureusement pour le portefeuille des patients, les biomédicaments ont aussi leurs génériques, appelés médicaments « biosimilaires ».

La chasse aux talents Si la Belgique veut rester un leader en matière de biotechnologies dans les soins de santé, le défi ne se cantonnera pas à la croissance de ses capacités industrielles. Il s’agit de produits à haute valeur ajoutée, ce qui nécessite de mettre l’accent sur la formation. L’enseignement va notamment devoir s’adapter, car il faut préparer les gens à se former à des métiers assez complexes. Bio.be/essenscia plaide par exemple pour plus d’enseignement supérieur en alternance.

Apparus dans le paysage des soins de santé il y a près de 40 ans, les traitements biologiques sont aujourd’hui bien implantés, et ont permis de redonner de l’espoir à des patients atteints de maladies chroniques, voire rares. Et la Belgique tient la corde en la matière.

«U

n biomédicament, ou médicament biologique, provient d’organismes vivants, tels que des cellules et des tissus », explique Jean-Michel Dogné, directeur du département pharmacie de l’UNamur et expert en pharmacovigilance. « Cela le différencie d’un médicament ’’classique’’, comme le paracétamol, issu d’une molécule chimique. » On l’ignore parfois, mais ces fameux médicaments biologiques sont en fait bien ancrés dans le paysage des soins de santé, principalement en milieu hospitalier et ambulatoire. L’un des premiers à avoir été développés, au début des années 80, est l’insuline, hormone utilisée pour traiter le diabète. « Un médicament qui contient une souche de levure, comme l’Enterol, utilisé contre la diarrhée induite par les antibiotiques, est aussi un médicament biologique », commente l’expert. Si les recherches en la matière ne sont donc pas neuves et profitent déjà à beaucoup de patients, principalement atteints de maladies chroniques, inflammatoires et immunitaires, elles ont cependant pris un chemin de plus en plus précis et complexe. Notamment avec le développement, dès la fin des années 2000, des médicaments de thérapie innovante (ATMP). Ces traitements nécessitent des technologies très poussées et bénéficient exclusivement

à des patients souffrant de maladies rares, en milieu hospitalier. « On pense par exemple aux thérapies géniques, c’est-à-dire des médicaments qui contiennent des gènes conduisant à un effet thérapeutique. C’est une avancée extraordinaire, mais c’est aussi beaucoup plus coûteux et variable, notamment à cause de caractère individuel de ces traitements. »

belge des sciences de la vie et des biotechnologies. « La Flandre, puis la Wallonie, ont compris qu’il fallait investir dans ce secteur, qui emploie plus 30 000 personnes. » Aujourd’hui, notre pays compte donc un écosystème biotechnologique développé, où autorités, universités et entreprises

Ces traitements ont permis d’investir des champs inexplorés, mais sont complémentaires avec les molécules chimiques. — FRÉDÉRIC DRUCK, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE BIO.BE/ESSENSCIA On l’aura compris, la révolution biotechnologique n’en est plus à ses débuts, elle n’a toutefois pas encore livré toutes ses surprises. Et la Belgique serait particulièrement bien positionnée pour jouer un rôle majeur en la matière dans les années à venir. « Dès les années 50, des études ont été menées en Belgique pour comprendre le vivant, puis en tirer des outils diagnostiques et thérapeutiques », explique Frédéric Druck, secrétaire général de bio.be/essenscia, la fédération

collaborent activement. « Il y a plus de 300 sociétés actives dans les biotechnologies et la biopharmacie, dont 80 % le sont spécifiquement dans les soins de santé. C’est un pilier de notre économie, et notre renommée est mondiale. » Pourtant, rien ne serait encore gagné : « nous devons transformer l’essai. Nous sommes très forts en ce qui concerne la recherche, mais nous devons accroître nos capacités en matière d’industrialisation, de production.» La période serait d’ailleurs particulièrement

cruciale dans le cadre des recherches sur les vaccins contre la COVID-19. Car oui, les vaccins aussi sont des traitements biologiques. « Et, parmi les succès belges, on peut notamment citer les 40 vaccins développés par GSK à Rixensart. » Pour autant, les traitements de demain seront-ils tous biologiques ? « Non », tranche Frédéric Druck. « Ces traitements ont permis d’investir des champs inexplorés, mais ils sont complémentaires avec les molécules chimiques. Si demain vous avez mal à la tête, vous ne prendrez pas un biomédicament. » Mais si vous souffrez d’un cancer ou d’une maladie orpheline, il en ira peut-être autrement. « Selon Pharma.be, l’association de l’industrie du médicament, 50 % des médicaments remboursables dans les hôpitaux sont des médicaments biologiques », rappelle Jean-Michel Dogné. « Nous avons atteint un certain équilibre, mais les biomédicaments sont certainement appelés à prendre une place toujours plus importante dans le traitement de certaines maladies graves, comme les cancers et les maladies auto-immunes, car ils sont plus ciblés et efficaces. » Une lueur d’espoir toujours grandissante pour de nombreux patients, donc. TEXTE LOUIS MATAGNE

BRAND REPORT ERGOTRICS

Plus de confort pour le personnel soignant… Alors que l’on parle beaucoup de l’épuisement du personnel médical en première ligne contre le Covid, certaines solutions made in Belgium permettent de le soulager un peu…

I

l est donc possible de soulager physiquement le personnel soignant en équipant les lits de matelas à air comprimé, utilisant donc la force de l’air et non plus celle du personnel. « Retourner un patient allongé sur le dos est un travail lourd, mais indispensable

dans le cadre de certains soins Covid », confirme Philip De Visscher, Responsable Sales & Distribution chez Ergotrics. « Cette tâche nécessite en général plusieurs personnes et cause des maux

de dos. Alors qu’avec un matelas à air comprimé, une infirmière de 60 kilos peut retourner, toute seule, un patient qui en pèse le double. Par ailleurs, les études scientifiques soulignent les avantages de la position ventrale pour les patients atteints du covid-19. Là,

des coussins pelvien et thoracique permettent au patient de s’allonger sur le ventre avec un maximum d’abdomen en suspension libre. Résultat : un meilleur recrutement pulmonaire, et donc une ventilation maximale. Ainsi qu’une meilleure oxygénation sanguine. »

A propos... Ergotrics est une entreprise de technologie médicale spécialisée dans l’utilisation de l’air comprimé dans le domaine de la santé. Ergotrics développe et fabrique des produits qui permettent le positionnement ou le déplacement des patients de manière optimale. Le principe : minimiser les efforts physiques et donner la priorité à l’hygiène et à la simplicité d’utilisation. Nos coussins gonflables peuvent être utilisés en soins hospitaliers, en soins à domicile et en médecine vétérinaire.

I N F L A T A B L E S

F O R

H E A L T H C A R E


PolyPeptide, une société innovante à taille humaine. Le groupe PolyPeptide est un leader dans le développement et la production de peptides à finalité thérapeutique et cosmétique depuis la phase d’études précliniques jusqu’à la commercialisation.

des connaissances et de l’expérience approfondies au Groupe. Sa concentration exclusive sur les peptides et sa base financière solide offre une sécurité d’approvisionnement presque unique à ses clients.

Fort de plus de 50 ans d’expérience, PolyPeptide est résolument tourné vers l’innovation technologique et l’excellence opérationnelle afin de délivrer des services avec les plus hauts standards de sécurité et qualité. Cette approche permet d’établir des relations de confiance et des partenariats forts avec ses clients ainsi que les autorités réglementaires.

La dernière acquisition de la filiale belge, PolyPeptide S.A., en 2017 est une nouvelle déclaration de l’engagement du Groupe PolyPeptide à anticiper les besoins de ses clients et à assurer la flexibilité et la fiabilité pour les projets existants et futurs.

Depuis sa création, le groupe PolyPeptide a grandi grâce à l’acquisition sélective de l’expertise mondiale existante. Ceci lui a permis de se positionner, aujourd’hui, comme l’une des principales organisations de fabrication de peptides au monde. Ses capacités étendues de développement et de production GMP permettent au Groupe PolyPeptide de répondre aux plus hautes exigences de ses clients. Le Groupe possède des sites de production en Belgique, en Suède, en France, en Inde et aux États-Unis. En tant que multinationale comptant environ 800 employés, sa diversité permet l’apport des compétences,

PolyPeptide S.A. situé à Braine-L’Alleud est un site de développement et de fabrication de peptides GMP pour des projets de petite à grande échelle ce qui offre au Groupe des capacités et des technologies supplémentaires. La synthèse des peptides est réalisée soit en phase liquide soit en phase solide tandis que la purification et l’isolement reposent sur la chromatographie, la cristallisation et la distillation suivis de lyophilisation ou de pulvérisation. Le site de Braine, dynamique et à taille humaine, emploie actuellement 250 collaborateurs. Les débouchés restent concentrés sur les domaines où son savoir-faire est celui des principes actifs pharmaceutiques, c’est-à-dire les molécules au cœur de nouveaux médicaments sur le marché ou en cours de développement clinique.

Envie de nous rejoindre ? Rendez-vous sur notre page « Carrière » polypeptidebelgium.teamtailor.com Nous sommes impatients de vous connaître !

PolyPeptide S.A. • Chaussée de Tubize, 297 BE-1420 Braine-l’Alleud • Belgique • www.polypeptide.com • contact.braine@polypeptide.com

Les coronavirus saisonniers sont généralement responsables de maladies bénignes comme le rhume. Cependant, trois épidémies mortelles au cours du XXIe siècle ont impliqué des virus de cette famille. En 2003, l’épidémie du SRAS-CoV est restée cantonnée à la Chine et une partie de l’Asie du SudEst alors que celle du MERS-CoV en 2012 s’est plutôt développée au MoyenOrient. L’actuelle troisième épidémie à coronavirus dont les premiers cas seraient apparus à Wuhan en Chine fin 2019 s’est rapidement propagée à travers le monde causant la pandémie la plus importante du 3e millénaire à ce jour. L’origine du SARS-CoV-2 reste encore hypothétique bien que son matériel génétique présente 96 % d’homologie par rapport à celui de certaines chauve-souris. La transmission directe n’a pas pu être démontrée suggérant donc un hôte intermédiaire, comme cela a été prouvé pour les deux premiers coronavirus des épidémies mortelles de 2003 et 2012.

Le SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19, se transmet par contact direct et par voie aérienne. Dans 20 % des cas, des formes graves se développent nécessitant une admission en unité de soins intensifs. Sachant qu’une personne sur cinq présente un risque mortel et que le virus est extrêmement contagieux, il est impératif de disposer d’outils de diagnostic performants et rapides pour limiter au maximum sa diffusion dans la population. Coris BioConcept est une société de biotechnologie située sur le Parc Scientifique Créalys à Gembloux et spécialisée dans le développement, la fabrication et la vente de tests de diagnostic rapides. Elle été une des deux premières sociétés au monde à mettre à disposition un test de diagnostic du virus à partir des secrétions nasopharyngées. Le test COVID-19 Ag Respi-Strip développé par Coris BioConcept donne un résultat en 30 minutes et constitue une solution parfaitement adaptée pour identifier des porteurs, symptomatiques ou asymptomatiques, aussi bien en milieu hospitalier qu’en maison de repos, chez les médecins généralistes, les maisons

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médicales, les pharmaciens ou les entreprises. Il permet de détecter, sans délai, des personnes qualifiées de « super-contaminateurs », pour éviter ainsi la formation de clusters, eux-mêmes sources de larges diffusions dans la population. Ce test a été certifié par le Brésil, l’Inde, la Russie et est en cours de certification FDA-EUA. Coris BioConcept a aussi développé un test de détection des anticorps. A l’heure d’une diminution du nombre de nouvelles infections, il est primordial de mettre en place un dépistage systématique par l’utilisation de tests de détection d’anticorps, permettant le suivi rétrospectif des contacts, la réduction du climat anxiogène présent dans la population ainsi que la surveillance et la compréhension de l’épidémiologie locale. Ce test, unique au monde, permet de détecter en 15 minutes les anticorps dirigés contre deux cibles du virus, avec une excellente fiabilité. Et il devrait aussi permettre d’identifier les personnes ayant développé une capacité neutralisante vis-à-vis du virus. En effet, des résultats récents, encore à confirmer, montrent que la présence d’anticorps contre les deux cibles du virus pourrait signifier une protection immune efficace contre celui-ci.


Les Laboratoires dermatologiques Avène s’engagent à améliorer la qualité de vie des patients en oncologie.

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Questions-réponses

EILS CONS

PRENDRE SOIN DE SES CHEVEUX

NOS

EMBELLIR SON VISAGE

Conseils

26/11/20 19:36


FACE CLINIC BRAND REPORT

#FOKUSPATIENTJOURNEY

09

La beauté, une philosophie de vie La beauté n’est pas qu’une question d’apparence physique. Elle est le reflet d’un art de vivre qui, pour l’essentiel, consiste à prendre soin de soi tant d’un point de vue physique que mental, les deux étant intrinsèquement liés. La beauté se cultive de l’intérieur.

C

e qui se fait à l’intérieur se voit à l’extérieur, affirme un slogan bien connu. En effet, se nourrir sainement, boire beaucoup d’eau, pratiquer une activité physique régulière, appliquer des techniques de gestion du stress et du surmenage, par exemple, sont autant de paramètres qui contribuent à améliorer le bien-être général de la personne. « Dans notre société, la beauté se traduit de plus en plus par un certain nombre de critères esthétiques », explique Atacha Emil, directrice de Face Clinic Belgium. « C’est la raison pour laquelle nous recevons de plus en plus d’hommes et de femmes de tous âges, mais aussi d’adolescents qui, pour se sentir mieux dans leur peau, désirent améliorer leur apparence physique. »

Chaque personne est unique. De ce fait, chaque traitement est différent. Si modifier l’apparence de la peau ou de la silhouette peut contribuer à se sentir plus en paix avec soi-même, il ne s’agit pour autant que d’une fraction de solution vis-à-vis d’une problématique plus large. « Grâce à des techniques innovantes et des appareils de haute technologie, nous proposons des traitements non invasifs et non traumatiques aux résultats bluffants et durables, explique A. Emil. Cette alternative à la chirurgie esthétique est évidemment à disposition de notre clientèle, mais notre rôle ne s’arrête pas

là. Dans notre centre, nous nous engageons à aider les personnes à prendre ou reprendre confiance en elle. Notre prise en charge se veut globale, aussi, nos soins sont intégrés dans une approche holistique assurée par une équipe pluridisciplinaire. » L’équipe de Face Clinic Belgium collabore avec des médecins généralistes, des médecins du sport, des nutritionnistes, des psychologues et d’autres spécialistes de la santé en vue de proposer des traitements

sur mesure. « Nous réalisons toujours un bilan général de la personne qui tient compte de son âge, de son environnement, de son hygiène de vie, de ses besoins, de ses finances… En fonction de tous ces paramètres, nous proposons un traitement personnalité, accompagné d’un suivi. » Pour Atacha Emil, prendre soin de soi s’apparente une véritable philosophie de vie qu’elle aime à partager, et qui porte ses fruits. « Prendre soin de soi, c’est se valoriser, c’est se respecter, souligne-t-elle. C’est prendre le temps et l’énergie nécessaires à se faire du bien à soi, à son physique, à son mental. Et, ne l’oublions pas, chaque personne est unique. De ce fait, chaque traitement est différent. »

À propos de... Centre de santé, de forme et de bien-être, Face Clinic Belgium propose des solutions de lutte contre le vieillissement et d’amélioration des performances de l’être humain. Spécialisé en médecine esthétique – alternative douce à la chirurgie plastique –, il offre des soins anti-âge et esthétiques à toute personne désirant améliorer l’apparence de sa peau. Face Clinic Belgium est implanté à Bruxelles et à Waterloo. Un troisième centre sera inauguré à Machelen en janvier 2021.

ANALIS BRAND REPORT

DÉSINFECTION MÉDICALE :

Du labo au resto L’hiver approche, une mauvaise nouvelle en cette période de pandémie. Jusqu’à récemment, nous pouvions encore nous voir en plein air ou dans des lieux suffisamment ventilés.

D

ans les grandes villes comme Namur et Bruxelles, les terrasses empiétaient même sur les espaces de parking. Le retour du climat hivernal nous pousse doucement à nous mettre au chaud. C’est pourquoi il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions de ventilation et de désinfection adaptées à un large éventail d’applications. Une situation dont les bars et restaurants devront tenir compte dès leur réouverture.

Filip Hendrickx, CEO Deputy d’Analis, entreprise notamment spécialisée dans les solutions de désinfection pour le secteur de la santé, le confirme : « Nous travaillions jusqu’à présent avec les laboratoires et les hôpitaux, qui restent toujours notre priorité. Mais les demandes affluent désormais de partout. » Pour purifier l’air, la société belge Analis propose les produits Novaerus. L’appareil aspire l’air. Ensuite, le champ plasma à très basse énergie détruit les micro-organismes en quelques millisecondes. Cela permet de réduire la propagation des virus et des bactéries dans l’air. » En règle générale, ces appareils de désinfection sont principalement utilisés dans le secteur de la santé. Dans les

chambres d’hôpital comme dans les salles d’attente, mais aussi partout où séjournent des personnes à la santé fragile. Analis reçoit désormais des demandes de restaurants, d’hôtels, d’immeubles de bureaux, d’industries et même de particuliers. « Les risques augmentent à mesure que les individus sont proches les uns des autres », poursuit Filip Hendrickx. « Cet été, les cafés et les restaurants ont fait tout ce qui était possible pour assurer les distances de sécurité. Par la suite, d’autres mesures pourraient les y aider : des dispositifs tels que Novaerus contribuent à réduire considérablement le risque de contamination dans ces endroits. »

boucler la boucle », explique Filip Hendrickx. « L’hygiène des mains, la désinfection des surfaces et la désinfection de l’air doivent aller de pair. Il ne suffit pas de se laver fréquemment les mains si quelqu’un éternue dans la même pièce. La désinfection de l’air est complémentaire aux autres mesures préventives. Il faut combiner au mieux les différentes mesures pour garantir une prévention efficace. »

Ron Roobroeck, International Marketing and Sales Manager chez Analis, constate, lui aussi, cette évolution. Il ajoute : « Toute personne travaillant en contact avec d’autres, que ce soit dans un hôtel ou un bureau, doit prendre des mesures complémentaires pour limiter au maximum les risques de contamination. » Les mesures actuelles, telles que le maintien de la distance et l’hygiène des mains, restent prioritaires. « Nous appelons ça :

À propos de... Voilà plus de 90 ans que la société belge Analis travaille dans le secteur des laboratoires. Elle y propose un large éventail d’équipements de haute technologie qui trouvent leur utilisation dans le domaine médical. Avec ses 150 collaborateurs, l’entreprise est active au Benelux. Mais sa gamme d’équipements de désinfection est exportée partout dans le monde par l’intermédiaire de distributeurs locaux.

Filip Hendrickx

CEO Deputy Analis

Ron Roobroeck

International Marketing & Sales Manager


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CONCEPT SANTÉ POSITIVE

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« Malade et en bonne santé » « Malade et en bonne santé », ça vous semble complètement paradoxal ? Et pourtant, dans une approche « positive », ce serait possible. On fait le point, avec un philosophe et un médecin, sur cette vision plus humaine et personnelle de la santé.

«I

d’offrir davantage d’autonomie, de proximité et d’humanité dans le soin. Et d’offrir davantage de reconnaissance à l’équipe de soignants et d’aidants, qui inclut tant les professionnels que les proches. « Dans cette approche, le médecin n’est pas LA réponse, mais une réponse parmi une équipe pluridisciplinaire, dont font aussi partie les prestataires de proximité, tels que l’infirmier, le pharmacien. »

l ne suffit pas d’être malade pour être en mauvaise santé » entonne le professeur émérite de Philosophie (UCLouvain/ULiège) Michel Dupuis. « On peut avoir une maladie très invalidante et bien aller. C’est-à-dire être bien dans sa tête, assumer ses limites et/ou son handicap, et faire quelque chose de joyeux et heureux de sa vie. »

La santé au sens traditionnel, c’est un peu comme s’il s’agissait d’un nirvana auquel personne ne pourrait accéder finalement. — JEAN MACQ, PROFESSEUR EN SANTÉ PUBLIQUE (UCLOUVAIN) Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social ». Ce qui ne serait pas suffisamment proche de la réalité vécue, pour le professeur en Santé Publique (UCLouvain) Jean Macq. « C’est un peu comme s’il s’agissait d’un nirvana auquel personne ne pourrait accéder finalement. » Un malade qui gère bien sa maladie ou que le handicap n’empêche ni de vivre, ni d’être bien

Il ne suffit pas d’être malade pour être en mauvaise santé. — MICHEL DUPUIS, PROFESSEUR ÉMÉRITE DE PHILOSOPHIE (UCLOUVAIN/ULIÈGE) dans sa tête, actif et socialement intégré, serait en meilleure santé que bien d’autres personnes. Le philosophe, qui aime « couper les cheveux en quatre » comme il l’admet en souriant, préfère parler de « soin positif » plutôt que de « santé positive ». « Il me semble essentiel de considérer l’accompagnement de l’autre, de son développement. On n’est pas d’entrée de jeu dans un déficit de santé, dans une pathologie. Le soin positif est un accompagnement de la vie journalière. Et dans cette approche, un soin positif serait par exemple de donner le repas à une personne âgée qui n’est plus en mesure de se nourrir seule. Le soin positif n’est dès lors pas seulement médical, mais parsème l’ordinaire : la façon de se nourrir, mais aussi de s’habiller, de se déplacer, etc. » Et de conclure : « de même qu’on soigne ses fleurs et son jardin,

on se soigne soi-même, sa famille, ses amis. » Mais bien plus qu’un jeu de sémantique ou qu’une approche plus globale de l’humain, c’est notre vision de la nature du soin de santé qui change. Dr Macq : « il n’est pas fait qu’à l’hôpital. C’est une façon de réhabiliter les soins de santé proches des gens, c’est-àdire la 1ère ligne de soin. Ce n’est pourtant que maintenant, en période de COVID-19, que cette 1ère ligne devient plus visible en Belgique. » Un constat qui ne vaut pas partout pareil. « Le système de santé hollandais est beaucoup plus centré sur la 1ère ligne qu’il ne l’est en Belgique. On sait que le système belge est l’un des plus hospitalo-centré d’Europe et du monde. C’est-à-dire que l’on pense d’abord à l’hôpital avant de penser au reste. » L’avantage de cette décentralisation du soin est

Cette définition séduisante de la santé, qui rendrait à chacun une sorte de pouvoir et d’autonomie vis-à-vis de la maladie et de sa perception, n’est pourtant pas exempte de toute critique. Pour le Dr Jean Macq, « cette vision hollandaise de la Santé positive pourrait mener à une approche très individualiste de la santé. » Une analyse que partage le philosophe Michel Dupuis. « Je vois comme éventuelle dérive de considérer que les individus sont entièrement responsables de leur santé. C’est assez largement le cas, certes, mais pas complètement non plus : je ne suis pas responsable de toutes les misères qui me tombent dessus. »

TEXTE JULIE GARRIGUE


Marie - Louise, 74 ans, malvoyante, est plutôt du genre nature.

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Notre mission : accompagner les personnes aveugles et malvoyantes pour leur permettre de vivre leur vie, comme tout le monde. Eqla - Boulevard de la Woluwe 34 bte 1 - 1200 Bruxelles - 02 241 65 68 - info@eqla.be

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INTERVIEW XAVIER DE CUYPER

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avier De Cuyper, comment décririez-vous le rôle de l’AFMPS lors de la crise sanitaire ? « L’AFMPS a toujours été très active dans son domaine de compétence, que sont les médicaments et produits de santé. Nous essayons d’assurer que tous les patients — COVID et non-COVID — aient accès au traitement dont ils ont besoin. Nous participons à une série de groupes de travail afin d’y apporter notre expertise. En réduisant les délais de validation des dossiers de demandes d’autorisation, nous soutenons également la recherche de traitements et vaccins contre la COVID-19, ainsi que le développement des essais cliniques. Nous effectuons des centaines de contrôles et d’inspections pour garantir la conformité et la sécurité des médicaments et produits de santé, notamment ceux indispensables dans la lutte contre la COVID-19. Enfin, nous préparons l’avenir. Notamment en nous assurant d’avoir les stocks de médicaments et de produits de santé de qualité nécessaires pour la suite éventuelle de l’épidémie. »

Xavier De Cuyper

« L’AFMPS est fière du professionnalisme de ses équipes face à la crise » Administrateur général de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), Xavier de Cuyper vit aux premières loges les réalités de la crise sanitaire. Pour lui, le secteur des soins de santé en Belgique a bien réagi, mais doit déjà tirer des enseignements pour l’avenir.

TEXTE LOUIS MATAGNE

PHOTO IAN HERMANS

Nous effectuons des centaines de contrôles et d’inspections pour garantir la conformité et la sécurité des médicaments. Vous êtes impliqué dans les négociations, à échelle européenne, avec les éventuels producteurs du vaccin contre la COVID. C’est une grosse responsabilité ? « Je dirais que notre responsabilité envers les citoyens est constante, qu’on soit ou non en période de crise. Nous tenons à rester professionnels en toute circonstance. Ces négociations sont une énorme responsabilité, mais font partie de mes fonctions.

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XAVIER DE CUYPER INTERVIEW

#FOKUSPATIENTJOURNEY Évidemment, la situation sanitaire dans son ensemble demande un investissement particulièrement intense de ma part et de celle de mes équipes. Cela concerne le bienêtre des citoyens et la santé publique, qui sont deux priorités pour notre agence. » Pensez-vous que les négociations autour du vaccin sont un moment clé pour la notoriété de l’AFMPS, tant au niveau national qu’européen ? « En soi, l’AFMPS n’a pas pour but d’acquérir de la notoriété. En revanche, nous souhaitons être le plus transparent possible sur nos tâches et responsabilités, notamment vis-à-vis du grand public et de nos partenaires. Ces négociations sont donc l’occasion de montrer le sérieux avec lequel nous traitons nos dossiers. Pas dans un but de notoriété, mais bien de confiance et de reconnaissance de nos compétences en tant qu’autorité de référence en matière de vaccins. »

Il faut rester confiant, particulièrement dans un pays ’’pharma’’ comme le nôtre. Comment vos équipes vivent-elles cette période intense ? Sont-elles toutes mobilisées ? « Toutes nos équipes sont mobilisées et répondent présentes. L’agence est fière de l’efficacité et du professionnalisme de ses collaborateurs face à une telle masse de travail. » De manière générale, le secteur de la santé en Belgique était-il préparé à vivre une telle crise ? « Globalement, oui. Certes, nous avons tous été surpris du manque de connaissance sur le virus, ainsi que par l’étendue planétaire et la rapidité à laquelle il s’est répandu. Mais la qualité de notre secteur de santé a

permis d’apporter rapidement les réponses nécessaires à la crise. » Dans quelle mesure une crise sanitaire majeure impacte-t-elle l’activité normale du secteur ? « Il est difficile de répondre pour le secteur. Mais, à l’agence, il est évident que répondre à la crise sanitaire est parmi nos priorités principales. Nous n’en négligeons pas pour autant nos autres responsabilités, ce qui a pour conséquence une mobilisation intense des équipes. » Cela va-t-il retarder la recherche sur d’autres médicaments et traitements importants ? « Non. Il faut rester confiant, particulièrement dans un pays comme le nôtre, qui est un pays ’’pharma’’, c’està-dire avec une importante activité pharmaceutique. » Selon vous, dans un tel contexte, vaut-il mieux jouer la carte de la solidarité ou de la compétition au sein du secteur ? « En tant qu’autorité publique, l’AFMPS ne se positionne pas comme ’’en compétition’’ avec qui que ce soit. Dans ce contexte ou un autre, nous privilégions toujours la solidarité et la collaboration. C’est ainsi que nous rendons le meilleur service à la population et à nos partenaires. » En période de crise, l’information du grand public est quelque chose d’important, mais aussi de délicat. Comment trouver le juste équilibre ? « L’AFMPS a une politique de transparence : nous communiquons toute information utile au grand public et aux autres partenaires. Ces informations doivent être claires, précises et pertinentes. Elles sont systématiquement validées par les experts dans la matière concernée. » Plus précisément, quel rôle l’AFMPS doitil jouer en matière de communication ? « Le rôle de l’AFMPS en matière de communication externe est d’informer le grand public et les autres partenaires externes sur les enjeux majeurs concernant la qualité, la sécurité et l’efficacité des

médicaments et produits de santé. Cela se traduit notamment par des réponses transparentes aux questions de la presse, des réponses claires et fiables aux questions citoyennes et par une participation à des campagnes d’information sur des enjeux de la santé publique. »

Nous communiquons toute information utile au grand public et aux autres partenaires. Elles doivent être claires et précises. Existe-t-il déjà des leçons à tirer d’une telle crise pour le futur du secteur ? « Oui, bien sûr ! Entre autres sur l’organisation de la crise, et sur la dépendance de l’étranger pour certains produits. Je pense par exemple au matériel de protection, tel que les masques. » Selon vous, ce genre de crise va-t-il se répéter dans le futur ? « C’est impossible à prédire. En revanche, une chose est sûre : à l’AFMPS, nous allons tirer tous les enseignements possibles de cette crise pour pouvoir réagir plus efficacement encore si une situation similaire se présente. »

SMART FACT. Si je n’avais pas été administrateur général de l’AFMPS, j’aurais été... « J’ai deux hobbies. L’un est une véritable passion : observer et essayer de comprendre la nature. Le deuxième aurait pu devenir une carrière : la diplomatie, pour faire avancer le monde par la compréhension mutuelle entre les États. »

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3 QUESTIONS À...

RÉGINE KERZMANN COORDINATRICE À CARITAS SECOURS À LIÈGE

À quoi correspond le soutien des particuliers ? Il est essentiel. Seuls les dons permettent de soutenir la centaine de projets portés par autant d’associations partenaires, actives dans l’aide alimentaire, l’aide au logement, aux déplacements, à l’insertion sociale… Cet important réseau soutient tous les publics précarisés. Les projets soutenus participent à faire reculer toutes les inégalités. Quels postes peuvent occuper les volontaires ? Ils sont multiples. Nos volontaires sont nombreux, seniors actifs et enthousiastes. Mais, la relève posera problème. Le volontariat est le socle de la solidarité de proximité. Ils participent à la confection et la distribution de colis alimentaires, de repas ; ils sont veilleurs de nuit auprès des sans-abris, animent des ateliers, rendent visite aux personnes seules ou sont actifs dans les conseils d’administration… Leur rôle est primordial. Comment soutenir le réseau si on ne peut s’y engager ? Caritas Secours permet la délivrance d’attestation fiscale pour tout don égal ou supérieur à 40 €/an. En 2020, la réduction d’impôt pour les dons est passée à 60%. La crise sanitaire perdurant, nous avons, plus que jamais, besoin des particuliers et des entreprises. Des legs ou des donations, de biens immobiliers aussi, sont possibles. Quelle que soit la forme que prend la générosité, elle est convertie en aide directe près de chez nous.


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INFOGRAPHIE LOGISTIQUE PHARMACEUTIQUE

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Le parcours de nos médicaments À notre époque, de nombreux symptômes semblent trouver leur solution dans la prise d’un cachet. Et derrière cette apparente banalité se cache un parcours extraordinaire, qui commence dans les labos et se termine sous la forme d’une petite boîte au fond de votre armoire à pharmacie. Un parcours de plus en plus High-tech.

R&D Le parcours d’un médicament commence par la recherche et le développement (R&D). C’est dans les laboratoires des entreprises que se mettent au point les secrets de fabrication de nos médicaments, destinés à lutter contre symptômes et maladies. Les nouvelles formules font ensuite l’objet d’essais en partenariat avec les hôpitaux et cliniques, pour prouver leur efficacité. En 2019, le secteur pharmaceutique belge employait plus de 38 000 personnes, investissait 3,9 milliards d’euros dans la R&D et générait 50 milliards d’euros d’exportations de médicaments et vaccins (soit 12,5% de nos exportations). Dans le même temps, la numérisation et l’innovation soutiennent de plus en plus le développement des médicaments.

Un marché très encadré Les médicaments arrivent ensuite dans un environnement très réglementé. Et avant de sortir sur notre marché belge, celui-ci doit d’abord passer par une série de procédures, au premier rang desquelles l’autorisation de mise sur le marché, accordée par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Son homologue belge (AFMPS) doit ensuite transposer cette autorisation au niveau national. L’entreprise doit prouver à ce stade non seulement que le médicament fonctionne, mais aussi qu’il ne présente pas de danger pour le patient, grâce aux études réalisées. En même temps, d’autres institutions se prononcent : le SPF Économie analyse le prix demandé par le fabricant, l’INAMI décide du pourcentage qui sera remboursé par les mutuelles et compagnies d’assurance. Les autorités ont conscience de l’enjeu et l’importance de ces produits pour la santé et la sécurité publique.

Production Une fois leurs médicaments développés et approuvés, les géants pharmaceutiques lancent leur production, dans des usines hautement technologiques ; un processus mondialisé, dispersé à travers le monde. Néanmoins, la Belgique reste un centre de production important pour les médicaments. Le poids lourd américain Pfizer a par exemple choisi la ville de Puurs comme site de production des éventuels millions de doses de vaccin contre la COVID-19. La pandémie — et la pénurie de masques et fournitures médicales constatée au début — incite par ailleurs les politiciens européens à relancer une production locale pour certains médicaments stratégiques.

Pharmacie robotisée Le médicament arrive en pharmacie par l’intermédiaire d’un grossiste. Pharmacie où le patient vient l’acheter, muni ou non d’une ordonnance de son médecin. Cependant, la commande, le stockage et la vente de médicaments sont des processus minutieux, qui requièrent beaucoup d’administratif, d’organisation et de recherche dans les armoires à médicaments. C’est pourquoi de plus en plus de pharmaciens choisissent d’automatiser ces processus. Les robots et solutions, comme ceux proposés par le Belge MediTech, les y aident. Ce type de machines indexe les médicaments et les stocke automatiquement. Leur gestion s’en trouve facilitée et nos pharmaciens peuvent se concentrer sur leur clientèle.

E-commerce Et qu’en est-il du commerce électronique ? Ne met-il pas sous pression les pharmacies qui ont pignon sur rue ? Les e-shops de médicaments et de matériel médical existent déjà aujourd’hui, mais ne concernent que les produits vendus sans ordonnance, comme le paracétamol. De plus en plus de pharmaciens expérimentent d’ailleurs la livraison à domicile ou les distributeurs automatiques de médicaments sans ordonnance. Pour autant, les médicaments sont bien différents d’autres produits tels que les livres ou l’électroménager. Mal utilisés, ils peuvent être nocifs et dangereux. Pour cette raison, le secteur pharmaceutique continue d’insister sur l’importance du rôle du pharmacien, entre proximité, conseil et contrôle.

Prescription : fin du papier ? Pour le client final, l’achat d’un médicament peut être très chronophage. Prendre rendez-vous et aller chez le médecin, se voir délivrer une ordonnance papier. Puis se rendre à la pharmacie pour acheter les médicaments. Il faut ensuite ne pas se tromper sur les pilules : laquelle, combien de cachets, à quelle heure, sur quelle durée ? La prescription électronique, qui peut simplifier ces processus, voit doucement le jour. Il se pourrait qu’à l’avenir, les notes papier, comme les ordonnances, ne soient plus nécessaires. Les emballages aussi se modernisent. Des start-ups, comme l’Américain PillPack, organisent pour vous la prise des différentes pilules, réparties par jour dans des sachets transparents.

TEXTE TOM CASSAUWERS


De 5 ans à 18 mois: la course au vaccin contre le Coronavirus est lancée À quel point est-il difficile de développer un vaccin contre un virus ? Quelles sont les différentes étapes du processus de développement d’un vaccin ? Et comment fonctionne ce type de vaccin ? Brecht Vanneste, Managing Director chez MSD, nous emmène dans les coulisses d’un développeur de vaccins. Le monde entier, à peu de choses près, est à la recherche d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, virus responsable de la Covid-19. MSD (Merck & Co., USA), en tant que référence et géant pharmaceutique, a également pris ses responsabilités. « MSD conçoit médicaments et vaccins depuis 125 ans », explique Brecht. « Rougeole, oreillons, rubéole, virus Ebola, HPV (papillomavirus) ou encore hépatites A et B, nous avons une grande expérience dans le développement de vaccins. Par ailleurs, seuls 7 vaccins parmi ceux développés ces 25 dernières années peuvent réellement être qualifiés de nouveaux, c.-à-dire agissant contre un pathogène contre lequel aucun vaccin n’existait encore. Sur ces 7 vaccins, 4 ont été élaborés par MSD. » L’objectif est de parvenir à maîtriser le virus au plus vite. « Obtenir un vaccin sûr et efficace dans les 18 mois serait un record absolu », poursuit Brecht. « À titre de référence, MSD et ses partenaires internationaux ont eu besoin d’environ 5 ans pour développer le vaccin contre le virus Ebola. Concevoir un vaccin en moins de 2 ans représenterait donc un véritable exploit ! » Un vaccin, avant sa mise sur le marché, doit passer par 3 phases de test. La 1ère, une étude préclinique, se déroule entièrement en laboratoire (y compris les tests sur des animaux) et sert à étudier l’innocuité et la réponse immunitaire. Commence ensuite l’étude clinique sur l’humain. Brecht : « nous étudions si le vaccin fonctionne chez des volontaires sains, s’il suscite une réaction immunitaire dans le corps et s’il est sans danger. Cet aspect est primordial pour un vaccin, parce que nous traitons des personnes en bonne santé et qu’à terme, nous visons vraisemblablement l’ensemble de la population mondiale, ou presque. » La 3e phase est une étude à grande échelle au cours de

msd-belgium.be

laquelle le vaccin est testé sur un très large groupe de personnes. « Cela permet d’observer l’efficacité et la protection apportée contre les infections Covid-19 et, évidemment, l’innocuité du vaccin. Une difficulté supplémentaire est que le risque de contamination doit être suffisamment élevé pour tester le vaccin. Il faut donc pouvoir réaliser ces études dans des régions du monde où le virus sévit toujours. » Il existe de nombreuses manières de concevoir un vaccin. MSD utilise ce que l’on appelle un vaccin à vecteur viral. « Ce vaccin transporte un morceau inoffensif du coronavirus, la protéine de “pointe”, dans l’organisme. Ce qui stimule la création d’anticorps et crée l’immunité. » Suite aux essais couronnés de succès en laboratoire, la 1ère phase de l’étude clinique débute : des volontaires vont être vaccinés, dans trois hôpitaux belges, avec le 1er vaccin MSD (à vecteur rougeole) contre le Covid-19. » L’un des grands avantages des vaccins à vecteur de MSD est que nous disposons déjà d’une large expérience avec cette technologie. MSD part toutefois du principe qu’elle ne sera probablement pas la 1ère entreprise à mettre sur le marché un vaccin efficace. « Différents vaccins, sûrs et efficaces, seront nécessaires étant donné la demande importante. Parce que le vaccin sera potentiellement administré à des milliards de personnes à travers le monde, l’innocuité est un critère essentiel pour MSD. L’entreprise pharmaceutique attache également une grande importance à ce que ses vaccins soient largement et équitablement accessibles, ainsi que financièrement abordables. Il s’agit d’une pandémie, aussi, chacun et chacune dans le monde doit y avoir accès. Espérons que, grâce à leurs efforts conjoints, tous les développeurs de vaccins pourront proposer des solutions adéquates pour relever ce défi et mettre ainsi fin à l’une des plus grandes crises sanitaires de ces dernières décennies. Seule une bonne collaboration entre tous les acteurs du domaine le permettra. Personne n’est protégé tant que nous ne sommes pas tous protégés. »


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INNOVATION E-SANTÉ

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Tech et santé, un chemin à tracer au plus vite Les avancées technologiques offrent un bel avenir au secteur médical. Encore faudrait-il pouvoir les intégrer le plus adéquatement possible en tenant compte des contraintes de financement.

U

n ancien rapport du cabinet de conseil Deloitte prévoyait que les dépenses mondiales en soins de santé augmenteraient de 4,1 % par an, entre 2017 et 2021. Quid de l’année 2020, année de la pandémie ? Alors que le secteur de la santé grignotait déjà plus de 10 % du PIB chez nous en 2019, il s’agirait de s’interroger sur la manière de gérer au mieux cette augmentation. Pour certains, cela doit inévitablement passer par une meilleure intégration des technologies modernes dans le système de santé, et plus encore depuis l’apparition de ce petit virus dont on commence à voir l’impact à l’échelle internationale. Les États-Unis (16 % du PIB en santé, 2019) plaçaient déjà avant la pandémie de grands espoirs dans l’intelligence artificielle qui, d’ici 2026, leur ferait économiser pas moins de 150 milliards de dollars. « C’est un fait, l’utilisation de l’IA en santé permet d’anticiper certaines maladies et leur évolution, diminuant par là même le nombre de consultations et d’intermédiaires pour un meilleur traitement des patients », explique Carole Absil en charge du secteur Health Tech chez Agoria. Pour un problème de peau par exemple, un patient reproduira régulièrement un trajet de soins bien connu : rendez-vous chez un généraliste qui le redirigera vers un dermatologue dont c’est la spécialité. Puis ce dernier pourra éventuellement préconiser une biopsie ou une imagerie médicale. Entre la

première et la dernière étape, plusieurs mois peuvent s’écouler diminuant ainsi l’efficacité de la démarche médicale. Or la numérisation des données, le big data, l’IA et ses applications permettraient dans certains cas de supprimer l’une ou l’autre étape.

L’industrie ne peut pas se substituer aux professionnels de la santé et à leur expérience de terrain. — DAMIEN HUBAUX, CETIC Il faut dire qu’aujourd’hui, nous disposons tous d’outils numériques qui nous permettent dans une certaine mesure, de suivre notre santé : le smartphone et ses nombreuses applications m-Health. En 2017, le Centre Jean Gol estimait que plus de 100 000 applications de ce type étaient disponibles sur le marché, elles auraient dépassé les 165 000 en 2020 ! « Si certaines sont de simples gadgets, d’autres sont vraiment des dispositifs médicaux en passe de changer notre vie », insiste Carole Absil. À l’heure actuelle, il est possible de détecter entre

autres des problèmes d’arythmies, de procéder à une rééducation du genou après opération ou encore d’accompagner les patients souffrant de diverses maladies chroniques. Pourtant, si les concepteurs évoquent ces innovations avec beaucoup d’engouement, ils le font souvent au temps futur. Les freins à cette évolution sont en effet nombreux. « La Belgique est un terreau intéressant pour tester ces applications, mais l’intégration de ces technologies dans le système de soins est complexe à cause de ses contraintes et de son organisation », évoque Damien Hubaux, directeur du CETIC (Centre d’Excellence en Technologie de l’Information et de la Communication). Alors, comment exploiter de nouvelles données utiles au travail du médecin ? Un spécialiste pourrait-il plébisciter une application mobile qui s’avère efficace, mais qui en même temps bouleverse, voire remplace des consultations classiques ? Il faut dire que la donne a changé en un an, et que ces questions sont plus que jamais à l’ordre du jour. L’adaptation du cadre légal semble donc être indispensable pour intégrer au mieux l’innovation dans le secteur de la santé. Sans oublier la nécessité d’un changement des mentalités. « L’industrie a beau avoir de nombreuses idées d’adaptation technologique, elle doit les mettre en œuvre avec les professionnels de la santé. L’informatique

doit efficacement les aider et compléter leur expérience de terrain », prévient Damien Hubaux. « C’est d’eux que doit venir le besoin de telles innovations. » Or, selon les experts, ce qui coince, c’est la peur que la machine remplace inexorablement l’homme dans sa pratique. « Si certaines spécialisations comme celle du radiologue sont vouées à disparaître, le jour où le robot médecin remplacera le médecin de chair est pourtant encore loin », concluait Philippe Marchal, rédacteur en chef du magazine NumeriKare.

Certaines spécialisations sont vouées à disparaître, mais le jour où le robot médecin remplacera le médecin de chair est encore loin. — PHILIPPE MARCHAL, MAGAZINE NUMERIKARE

TEXTE BASTIEN CRANINX


Le Réseau Santé Wallon à vos côtés

LA RIPOSTE AU COVID EST AUSSI INFORMATIQUE Conception express d’une appli de télémonitoring pour surveiller l’évolution des patients covid non hospitalisés, développement de solutions facilitant et généralisant l’accès des citoyens à leurs résultats de tests PCR, le tout couplé à l’envoi, respectivement, de SMS d’alerte ou de notification… Le Réseau Santé Wallon (RSW) ne sera décidément pas resté les bras croisés face au défi du coronavirus ! Fin mars, pour armer les médecins traitants devant une maladie quasi inconnue, le RSW développait avec divers partenaires l’outil web « SafeLink ». Son principe ? Aider à tenir à l’œil les patients suspectés de covid-19 et placés en isolement à domicile. Près de 2.000 patients ont pu, durant la 1ère vague, bénéficier de cette télésurveillance.

Résultats à l’écran Mi-septembre, le Réseau Santé Wallon a procédé, également en un temps record, à des développements permettant un accès rapide et simplifié au résultat des tests PCR de dépistage du covid, et ce, peu importe l’hôpital ou le laboratoire les ayant produits. Rapide car les résultats sont visibles en moyenne 30 minutes après leur mise à disposition par le laboratoire émetteur. Simplifié car on les atteint facilement, après authentification, via la page d’accueil www.rsw.be et son bouton « Mes résultats covid ». Soucieux de faire profiter le maximum de gens de cette facilité, le RSW l’a ouverte aux noninscrits, qui accèdent alors à une page spécifique temporaire.

SafeLink a logiquement tourné au ralenti durant l’été, mais a repris du service avec la 2ème vague. Son principe est inchangé. L’application s’appuie toujours sur l’automesure de paramètres pertinents (température, pouls, gêne respiratoire, taux d’O2, perte de goût/odorat…) par le patient, invité par des SMS réguliers à les encoder dans un questionnaire en ligne. Ces indicateurs sont analysés en temps réel par un algorithme qui définit un score de gravité : état stable, à risque ou critique. En cas de dégradation, le médecin généraliste est averti par SMS.

Si les patients ont renseigné leur numéro de GSM lors du prélèvement dans les hôpitaux ayant activé ce service (soit une petite vingtaine d’établissements en Wallonie et une douzaine à Bruxelles), ils peuvent en outre recevoir une notification du résultat par SMS sécurisé.

Les données des patients inscrits au RSW génèrent sur les serveurs de celui-ci un rapport synthétique. Le RSW a ouvert ce document aux infirmiers traitants du domicile, qui disposent ainsi d’indicateurs cliniques actualisés pour dispenser leurs soins.

Avec la mise en œuvre de ces dispositifs, le portail du RSW a été consulté par plus de 220.000 patients différents durant le mois d’octobre 2020.

Plus d’infos : www.rsw.be

LE CAP DES 100 MILLIONS DE DOCUMENTS EST FRANCHI ! A côté de ces innovations covid, le Réseau Santé Wallon continue sa progression tant en volume de données de santé partagées dans le cadre de la continuité des soins qu’en nombre d’usagers. Ce sont désormais plus de 100 millions de documents qui sont disponibles par son intermédiaire. Et, sous peu, 60% de la population wallonne sera inscrite. █

Fin novembre, le compteur était à 100,17 millions de documents mis à disposition via le RSW. Il s’agit essentiellement de résultats de laboratoire, d’examens d’imagerie et de rapports de contact (consultation, hospitalisation…) avec le patient. Comme de plus en plus d’hôpitaux et de laboratoires privés adoptent une politique de publication avec accès aux patients, un document sur deux publié sur le Réseau est désormais lisible par les patients.

On y retrouve aussi quasi 1,2 million de sumehrs, ces résumés du dossier médical tenu par le médecin de famille, que ce dernier exporte dans le « coffre-fort » du RSW. █

Côté usagers, on recense actuellement près de 2,15 millions de citoyens inscrits. On peut prédire que, d’ici fin d’année ou début 2021, 6 Wallons sur 10 auront rejoint le Réseau. Quant au nombre de professionnels de santé qui y adhèrent, il approche à présent les 21.000. Parmi eux, une majorité de médecins (près de 14.000) tant en pratique hospitalière que privée, mais aussi de plus en plus d’autres professions : infirmiers, dentistes, kinésithérapeutes… Cette évolution reflète la volonté du RSW de s’inscrire dans une approche de plus en plus multidisciplinaire des soins de santé.

www.rsw.be


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les risques cardiovasculaires Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité en Belgique et demeurent plus que jamais un problème majeur de santé publique. Face au COVID-19 les observateurs scientifiques et les médecins pointent la plus grande vulnérabilité des patients cardiaques, hypertendus, diabétiques ou en surpoids. Texte: Eliane Fourré, coordinatrice du FCC

Tout récemment, afin d'offrir une information complète et mise à jour, l'asbl a entrepris la publication et la diffusion gratuite de la brochure de 80 pages "Le risque cardiovasculaire". Outre l’hypertension, le cholestérol, la sédentarité, l’obésité ou le diabète, d’autres facteurs requièrent notre attention : les liens possibles entre maladies parodontales et cardiovasculaires, la cigarette électronique comme aide au sevrage tabagique, les effets des microparticules diesel, ou encore les spécificités de la pathologie cardiaque chez la femme. Ce dernier sujet a d’ailleurs valu au projet d’édition de l’asbl de rempor-

ter le soutien de la Loterie Nationale ainsi que son «Gender Award».

Le cœur plus fragile des femmes Les maladies cardiovasculaires tuent bien plus de femmes que d'hommes, et des femmes de plus en plus jeunes. La méconnaissance des risques et symptômes de la maladie chez la femme entraîne actuellement un retard de diagnostic aux conséquences dramatiques.

pact sanitaire de cette nouvelle technologie. Depuis 3 ans avec le soutien du FCC notamment, le Dr Martin Chaumont (ULB) étudie les effets de l’e-cigarette sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire avec l'objectif de mieux orienter les patients qui entreprennent un sevrage. En effet, si l’impact est relativement négligeable sur le système cardiovasculaire, son utilisation perturberait les échanges d’oxygène entre les poumons et le sang.

La femme a un coeur Pollution aux particules fines plus petit et des artères Le lien entre exposition à la pollution plus étroites. A la méno- atmosphérique et maladies cardiovasculaires est établi par bien des études pause, le risque cardioDes recherches mevasculaire tend à croître. épidémiologiques. nées à l'ULB sous la direction du Pr Guy E-cigarette

De nombreux fumeurs disent avoir réussi à se sevrer du tabac grâce à la cigarette électronique réputée moins toxique que la cigarette classique. Mais, il n’existe que peu de données sur l’im-

Berkenboom ont révélé les mécanismes d’action des particules fines sur le système cardiovasculaire et leur danger pour les personnes les plus à risque. Une somme d'informations qui accroissent nos possibilités d'action en faveur de la santé de notre coeur.

© Adobe Stock - nanihta

À

côté de du financement de la recherche académique, fondamentale et clinique, en cardiologie médicochirurgicale, le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque (FCC) s’attache depuis 40 ans à promouvoir la santé du cœur par la diffusion auprès du grand public de brochures d’information et de prévention.

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La brochure éditée par le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque est disponible sur simple demande par mail info@ hart-chirurgie-cardiaque.org ou par téléphone au 02/644 35 44. Elle est également téléchargeable sur le site

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LA SOLIDARITÉ PRÈS DE CHEZ NOUS Caritas Secours Francophone est une ONG dont le champ d’intervention est l’action sociale de proximité à Bruxelles et en Wallonie. L’ASBL rassemble 5 délégations agissant, en lien ou non, avec les diocèses. Elle fédère les initiatives locales et récolte des dons destinés à faire reculer la pauvreté. Ces dons sont redistribués aux projets sociaux de proximité, portés par 115 associations en Belgique francophone. L’ASBL ne bénéficie d’aucune aide publique, d’aucun subside. Sa seule ressource : la solidarité et la générosité de tous.

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020

PANEL D’EXPERTS E-SANTÉ

FR.FOKUS-ONLINE.BE

La technologie au service de la santé Les nouvelles technologies révolutionnent le secteur de la santé. De quelle façon influencent-elles la pratique médicale ? Nous avons posé la question à nos experts qui, chacun dans leur domaine, manipulent au quotidien les outils d’e-santé.

JACQUES ROSSLER.

FRÉDÉRIC LEBEAU.

DR PAUL DE MUNCK.

Directeur Information & Systèmes aux Cliniques universitaires Saint-Luc

Co-fondateur de la Startup Datavillage

Médecin généraliste, Président du Groupement Belge des Omnipraticiens (GBO)

Selon vous, de quelle innovation en matière d’e-santé le professionnel de la santé ne pourrait-il plus se passer aujourd’hui ? « Le professionnel de soins ne peut plus se passer d’un dossier médical intégré. Dans le passé, les informations du patient se retrouvaient dans des systèmes assez disparates et dispersés au sein d’une institution : à chaque service son propre système informatique. Depuis quelques années, on s’oriente de plus en plus vers une intégration de toutes ces informations afin que le professionnel de santé puisse avoir une vue complète du trajet de soins du patient, à savoir l’ensemble des informations liées à son état de santé et à sa prise en charge. Cela évite aussi au patient de devoir répéter plusieurs fois les mêmes infos et aux professionnels rencontrés, de les réencoder systématiquement. »

« Force est de constater qu’aujourd’hui, l’utilisation de la donnée est devenue quelque chose d’essentiel dans la société et les entreprises, dans quasi tous les secteurs, y compris celui de la santé. Néanmoins, le domaine de l’e-santé n’en est encore qu’à ses débuts. De simples avancées, comme l’utilisation de la carte d’identité électronique liée au dossier médical, le fait de pouvoir consulter son historique Mutuelle à l’aide de son identifiant permettent déjà de faciliter les interactions entre le citoyen et les soins de santé. On voit aussi l’émergence de l’utilisation du Big Data dans l’analyse des informations cliniques, des pathologies, etc., même si elle reste pour le moment limitée en Belgique. »

« Le dossier médical informatisé (DMI) unique partagé. Parce que l’enjeu est d’améliorer la pratique multidisciplinaire, et la centralisation et l’accès aux données des patients y participent. C’est un progrès pour le patient qui peut consulter tous les documents le concernant via Masanté.be. Et pour le professionnel car cet outil améliore sa pratique et l’efficacité de ses soins. Une des grandes plaintes de la médecine générale était la difficulté d’accès aux examens pratiqués par la médecine spécialisée et aux protocoles de soins. Le DMI partagé et unique signifie qu’à terme, il n’y aura plus qu’un seul dossier que tous les soignants, sous certaines conditions bien évidemment, pourront consulter. »

Quels sont les avantages des nouvelles technologies vis-à-vis des données de santé ? « Un point de plus en plus sensible pour le patient est de s’assurer que seules les personnes autorisées ont accès à leurs informations. Les nouvelles technologies permettent de tracer avec exactitude qui a accédé à quoi. Et, évidemment, d’autoriser ou de ne pas autoriser l’accès au dossier médical du patient. Ce qui n’était pas possible avec le dossier papier. D’autre part, les appareils connectés, que certains considèrent comme des gadgets, permettent de récolter différents types de données. Si leur fiabilité n’est pas celle des appareils de mesure certifiés au niveau médical, ils peuvent donner des tendances, mettre la puce à l’oreille d’un médecin et l’encourager à creuser davantage. »

« Les avantages ont trait à tout ce que révèle ou peut révéler le traitement de ces données. L’une des prochaines étapes naturelles devrait être l’interopérabilité des données afin de permettre à un citoyen de rassembler, garder un historique et utiliser ses données de santé dans différents contextes avec différents services : vis-à-vis des médecins, des hôpitaux, mais aussi d’un coach sportif, par exemple, etc. À cela devrait s’ajouter l’accélération des objets connectés qui permettent de monitorer notre santé. Ainsi, les nouvelles technologies permettent aux personnes de devenir plus proactives que réactives par rapport à leur santé , avec une idée : ’’rester en bonne santé plutôt que d’être soigné’’. »

« Les datas médicales présentent de gros avantages. L’Administration de la Santé Publique doit avoir accès aux données liées à tous les problèmes de santé traités par des médecins généralistes (MG). Mais aussi à l’offre de soins : nombre de MG actifs, disponibilités, etc. Au niveau d’un pays, on doit avoir des vues macro, à condition que les données récoltées soient les mêmes, avec des sources d’approvisionnement et des accès identiques pour tous. Cela permet des comparaisons, au niveau national, puis européen et mondial. Une façon d’interroger sa pratique médicale pour voir où l’on se situe et comment l’améliorer. On devrait mettre en place en Belgique un vrai système d’information sanitaire de routine. »

Dans les années à venir, quelles sont ou seraient les innovations attendues/espérées ? « Dans tout ce qui concerne les prises de paramètres et de mesures chez le patient. Et aussi l’accès du patient, à un portail, pour dialoguer facilement avec son médecin, prendre un rendez-vous ou remplir un document. Le médecin s’attend, lui, à plus d’intégration afin de passer moins de temps derrière l’ordi et plus avec le patient. Enfin, la tarte à la crème, c’est l’intelligence artificielle, à savoir l’exploitation des données de façon à pouvoir tirer des statistiques et des prédictions sur l’évolution de l’état de santé d’un patient. Cette aide à la décision ne remplacera pas le médecin, mais lui permettra de cibler plus facilement les patients qui auraient besoin d’une prise en charge précoce. »

« L’opportunité de la donnée personnelle de santé est énorme, mais le risque est qu’à l’instar de celles issues des réseaux sociaux et moteurs de recherche, elle devienne un atout commercial. Dans tous les domaines, et certainement celui de la santé, la donnée doit rester sous le contrôle de l’individu, tout en permettant une utilisation avancée de celle-ci par les organisations, à des fins d’intérêt général. En outre, avoir accès aux données est bien, mais les ‘‘faire parler’’ est mieux. Rendre les données intelligentes est la prochaine étape en matière d’e-santé. Présenter des données sous forme de graphes de connaissance permet d’enrichir ces données, de révéler des relations, de dégager des pistes… »

« Par rapport aux datas médicales, le gros enjeu est la protection du citoyen. La collecte et le traitement des données médicales doivent être bétonnés au niveau du règlement général de protection des données de vie privée et de santé, pour éviter leur utilisation à des fins commerciales ou marchandes. Il faut aussi continuer à développer des outils pour alléger la charge administrative du médecin généraliste, ainsi que le vaste domaine de la télémédecine (téléconsultation, télé-expertise, etc.). Sans oublier les applis qui augmentent l’autonomie et le rôle du patient dans le suivi de sa santé. Et, bien sûr, l’outil d’aide au diagnostic et à la décision thérapeutique intégré dans le DMI. »

TEXTE ANGELIKA ZAPSZALKA


Alcatel-Lucent Enterprise au chevet des soins ! Accompagner les hôpitaux, les centres de soins et le personnel médical pour l’avenir dans le développement de technologies telles que le Cloud, les chatbots, l’Internet des Objets (IoT) ou encore l’Intelligence Artificielle (IA)… Voici le défi relevé par Alcatel-Lucent Enterprise, qui a fait du secteur de la santé l‘une de ses priorités absolues.

Quand une entreprise passe le cap véné-

les possibilités offertes à court terme par

l’économie de temps sera cruciale. Un

rable des cent ans, il n’est pas rare qu’elle

la transformation digitale. Cette dernière

domaine dans lequel la technologie est

s’enfonce dans une routine confortable,

offre des avancées significatives en ma-

d’un grand secours. « Un nombre croissant

mais peu tournée vers l’avenir. Ce n’est

tière d’accueil intelligent des patients ; mais

d’appareils sont reliés aux lits d’hôpitaux

pas le cas chez Alcatel-Lucent Enterprise,

aussi de communication unifiée pour une

grâce à l’Internet des Objets. Cela ouvre

bien au contraire ! En quelques années,

communication optimale entre chacun des

de larges possibilités vers l’automatisation,

la compagnie s’est positionnée comme un

acteurs, professionnels et patients ; sans

partielle ou totale, d’une série d’actions,

acteur de poids dans le secteur de la santé,

oublier la télémédecine et les intégrations

déchargeant le personnel médical. Pre-

créant sa propre équipe mondiale dédiée,

de dossiers de patients, pour en faciliter

nons l’exemple du suivi d’équipements. Il

comme une garantie de sa réactivité et de

l’accès à chaque personne impliquée tout

s’agit de l’une de nos solutions récentes

la qualité de ses solutions.

au long du parcours de soins. »

qui, grâce à la géolocalisation, permet la

Jonas Larsen, Directeur de comptes Santé

recherche rapide de plusieurs appareils

Belgique chez Alcatel-Lucent Enterprise,

Les réseaux informatiques sont devenus

ou personnes, requis pour une certaine

s’en explique : « grâce au changement d’or-

essentiels dans le secteur médical. D’autant

opération, économisant ainsi du temps et

ganisation vers une structure davantage

plus que l’usage des appareils connectés et

de l’argent. »

tournée vers certains secteurs, et à notre

l’importance de la communication numé-

équipe dédiée, nous sommes en mesure

rique vont continuer à croître d’une façon

Alcatel-Lucent Enterprise s’inscrit donc

de comprendre les besoins des hôpitaux et

spectaculaire dans les prochaines années.

comme une valeur sûre au niveau de la

des centres de soins. Cela nous permet de

« Il est donc de plus en plus important

communication. « Il faut bien comprendre

proposer des solutions adaptées à chaque

pour chacun de disposer d’une infrastruc-

que l’on croise une foule de profils dif-

corps de métier du secteur médical. »

ture-réseau performante », analyse Jonas

férents dans les hôpitaux et les centres

Larsen. « L’écosystème des soins repose

de soins », résume Jonas Larsen. « Cela

Dans cette optique, Alcatel-Lucent Enter-

sur une quantité gigantesque de solu-

va des patients aux médecins, souvent

prise procède à un subtil dosage entre

tions et de partenaires. Notre rôle sera de

présents sur d’autres sites au moment où

technologies classiques et nouvelles tech-

garantir que des solutions déjà existantes

ils sont contactés en urgence, en passant

nologies. « En résumé, ces dernières sont

puissent s’interconnecter avec ce que nous

par les infirmiers et infirmières ou par le

au nombre de quatre : le Cloud, les chat-

proposons pour l’avenir. Le tout en tenant

management. Nous aidons ces différents

bots, l’Internet des Objets et l’Intelligence

compte des lois et règlementations, tant

acteurs à mieux communiquer. Cela permet

Artificielle », continue Jonas Larsen. Et

locales qu’européennes. »

à chacun de se concentrer sur ses tâches

l’envergure de la société permet à l’équipe

fondamentales quotidiennes sans être

dédiée à la santé, active dans le monde

Et bien entendu, impossible pour le mo-

distrait par le reste. Le cœur de métier du

entier, de conclure des partenariats inter-

ment d’aborder le sujet de la santé sans

personnel infirmier, par exemple, est d’ap-

nationaux. C’est notamment le cas avec

évoquer la pandémie actuelle. « Nous

porter des soins au patient, et non pas de

Philips pour l’Internet des Objets, ou avec

avons effectivement observé que la crise

passer du temps à chercher des contacts

Honeywell. « En pratique, nous aidons

de la COVID-19 avait exercé une forte

ou des informations. C’est de cette ma-

nos clients sur la base de leur technolo-

pression sur les services techniques »,

nière, très concrète, que nous contribuons

gie actuelle tout en regardant avec eux

confirme notre interlocuteur. Sur ce point,

à améliorer l’efficacité des soins. »


022

CHRONIQUE

FR.FOKUS-ONLINE.BE

Christine Permanne

Des habitats qui valorisent les personnes âgées Le coronavirus et la couverture médiatique qui l’accompagne ont continué de mettre à mal la réputation des maisons de repos, déjà difficilement appréciée dans le regard de certains. Quelle évolution apporter pour réinventer le fonctionnement traditionnel et permettre d’ajuster l’image de la maison de repos ?

L

es maisons de repos se sont construites sur le modèle hospitalier. On y retrouve une forte présence du personnel de soins, une architecture spécifique et des processus organisationnels comme à l’hôpital, alors que la maison de repos est avant tout un lieu de vie. Depuis quelques années, des établissements essaient d’en finir avec la connotation hospitalière et proposent de nouveaux modèles d’accompagnement des aînés (Tübbe, Montessori...). Ces modèles reposent davantage sur la qualité relationnelle entre les intervenants de la maison de repos et les habitants. Ils privilégient l’autonomie des seniors (pouvoir décider et agir selon ses propres choix). La personne âgée a dès lors l’occasion de participer aux choix et au développement des projets de la maison de repos. Elle est également au centre de son propre projet de vie. Elle participe à la confection d’une trajectoire personnelle qui permet aux différents professionnels

Qui mieux que la personne âgée sait ce qui est bon pour elle ? de la maison de repos d’ajuster leurs compétences et leurs interventions pour répondre au mieux aux besoins individuels. Qui mieux que la personne âgée sait ce qui est bon pour elle ? La participation vaut également pour les équipes. Lorsqu’un membre du personnel peut développer son hobby sur son lieu de travail, exprimer ce qui le passionne et partager un moment de bonheur avec les aînés, il y trouve forcément une source d’épanouissement.

Le collaborateur se sent exister autrement qu’au travers de sa fonction, presque comme le membre d’une famille où l’on se soucie de l’autre, où l’on œuvre pour son bien-être. Le résident ne se considère plus comme un « patient », mais comme une personne active de la vie en maison de repos et participant à une activité qui fait sens pour elle. Et donc la personne de se sentir utile. Le rôle du directeur dans cette nouvelle maison de repos est comparable à un chef d’orchestre. Le directeur est présent là où se passe l’action. Il écoute les projets de chaque personne âgée, de chaque collaborateur et fait en sorte qu’ils puissent être mis en place grâce à l’intervention des collaborateurs, mais également celle des habitants. TEXTE CHRISTINE PERMANNE, PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION DES DIRECTEURS ET DIRECTRICES DE MAISON DE REPOS

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Essayez la Toilette Soignante et vous serez convaincu(e) de ses avantages Mme Christine Permanne, directrice de la maison de repos Notre Dame de Bonne Espérance, des Foyers Saint-Joseph applique avec succès depuis plusieurs années la méthode Toilette Soignante : « Au départ, comme un grand nombre de mes collègues, j’étais moi-même plutôt sceptique à propos de cette nouvelle routine de toilette sans eau ni savon. Mais après avoir effectué un test avec 15 résidents atteints de démence sévère dans l’établissement où je travaillais auparavant, nous avons immédiatement constaté que la condition de la peau s’améliorait, que cette méthode était moins contraignante tant pour les résidents que pour les collaborateurs et qu’il était également possible de gagner du temps ! »

Un choix individuel pour chaque résident Mme Permanne était donc enchantée que cette routine de toilette ait déjà été adoptée par Les Foyers Saint-Joseph lorsqu’elle est venue y travailler : « Nous étudions très attentivement les besoins et possibilités individuels de nos résidents. Nous encourageons les résidents qui en sont encore capables à se laver tous seuls, de la manière dont ils l’ont fait toute leur vie. Mais avec d’autres personnes, par exemple les résidents particulièrement désorientés qui ont peur de l’eau, nous appliquons la méthode Toilette Soignante. La Toilette Soignante ne remplace évidemment pas la douche hebdomadaire. Tous les résidents peuvent prendre une douche ! »

Avantages de la Toilette Soignante « Comme je l’ai déjà dit, si vous l’essayez, vous serez très vite convaincu(e). Tel est, à mon avis, le défi qui se pose à la direction des établissements de soins. Organisez un test, permettez à cette méthode de faire ses preuves et le personnel soignant en découvrira lui-même immédiatement les avantages. La condition

« Les résidents concernés et le personnel soignant sont très satisfaits de la Toilette Soignante. » Mme Christine Permanne, Les Foyers Saint-Joseph

de la peau s’améliore à vue d’œil. Et même si cette méthode vous prend moins de temps que la toilette traditionnelle, ce n’est absolument pas au détriment de la qualité du contact ou de la relation avec le résident ! »

Voulez-vous, à l’instar des Foyers Saint-Joseph, offrir des soins d’une qualité avérée avec les produits Toilette Soignante de TENA ? Appelez le numéro (gratuit) de TENA Professional, 0800/945 45, pour obtenir un complément d’informations ou prendre un rendez-vous sans engagement, ou consultez le site www.TENA.be/fr/professionnels

Egalement recommandé pour les infirmières à domicile et les aidants proches. Disponible en pharmacie ou en magasin médical. Plus d’informations, consultez le site www.TENA.be/fr/s-occuper-des-siens

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