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Fokus Outdoor

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C E D OSS I E R E ST P U B L I É PA R S M A RT M E D I A E T N ' E N GAG E PAS L A R E S P O N SA B I L I T É D E S É D I T E U RS N I D E L A R É DACT I O N D E L A D E R N I È R E H E U R E

MARS ‘21

OUTDOOR

Philippe Lambillon L’appel de la Belgique

Sport pour tous Selon son niveau, son âge, ses capacités

Louis-Philippe Loncke Expérimenter pour aimer, aimer pour protéger

Mike Horn

En plus sur Fokus-online.be

« Le climat change rapidement et il devient de plus en plus complexe pour moi de me lancer dans des expéditions. » ACTION !*

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2 ÉDITO

FR.FOKUS-ONLINE.BE

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Philippe Lambillon

« Restez en Belgique et vivez vos aventures ! »

CONTENU... 04 Sur la route 06

Les Carnets du Bourlingueur fêtent leur 30e anniversaire. Cela fait presque autant d’années que j’explore le monde, passionné de nature. J’ai pourtant peu voyagé en Belgique, une erreur à ne pas répéter !

J

e pensais d’abord que je n’étais pas la meilleure personne pour ouvrir ce Fokus Outdoor. Faire une activité sportive ou simplement visiter la Belgique, c’est assez rare en ce qui me concerne. Je suis un solitaire et un fan des grands espaces: les hauteurs de la cordillère des Andes, le désert australien, les îles indonésiennes… J’ai besoin de me perdre ! J’ai toujours cru qu’aller très loin me forçait à faire mes propres découvertes pour capturer l’exotisme. Mais ça a certainement été l’une de mes plus grandes erreurs. Car après tout, l’aventure est au coin de la rue. Avant le Covid, il était presque moins cher de partir à Bali que de passer un mois dans les Ardennes ou à la mer du Nord. L’outdoor, c’était plutôt se rendre dans une région exotique, à l’autre bout de la planète, quitte à polluer celleci à coup de voyages en avion. Aujourd’hui, la situation que nous vivons nous pousse à redécouvrir notre pays et c’est une très bonne chose. Je le constate souvent les week-ends quand je pars en VTT

En soi, tout est exotique lorsqu’on se sort un peu de la tête les vieilles images qu’on en a.

me balader avec mon fils le long de la Meuse. Les gens sont de plus en plus nombreux sur les chemins du RAVeL. Et que dire du site de la Citadelle à Namur lorsqu’il y a un peu de neige ? Ou de la côte belge qui reste pour moi l’une des plus belles au monde avec sa variété de paysages. En soi, tout est exotique lorsqu’on se sort un peu de la tête les vieilles images qu’on en a. Même sortir dans son jardin peut parfois être exotique. Alors pourquoi aller loin ? Il m’est arrivé de croiser certains de mes voisins à l’autre bout du monde, qui m’expliquaient avoir vu l’une de mes émissions et avoir décidé de partir là où j’étais. Mais pourquoi !? C’est vrai au final ! Qu’on se le dise, je fais des émissions pour que les gens n’aillent pas où je vais : je vis des situations dangereuses, je dors mal, je mange mal. Alors, restez en Belgique et vivez vos aventures !

30 000 km2 d’aventure belge

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Connecté partout où je vais !

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Check-list de l’aventurier

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Interview : Mike Horn

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Les enfants, c’est dehors que ça se passe !

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Panel d’experts : Le sport pour tous

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Mon jardin, ma nature

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Louis-Philippe Loncke: Aimer et protéger la nature

ÉQUIPE. COUNTRY MANAGER CHRISTIAN NIKUNA PEMBA CREATIVE DIRECTOR BAÏDY LY RÉDACTRICES EN CHEF ELLEN VAN HOEGAERDEN JULIE GARRIGUE ÉQUIPE ÉDITORIALE LOUIS MATAGNE CÉLIA BERLEMONT FERNAND LETIST LAYOUT BAÏDY LY PHOTO EN COUVERTURE DIMTRY SHAROMOV IMPRESSION IPM GROUP SMART MEDIA AGENCY. LEYSSTRAAT 27, 2000 ANVERS TEL +32 3 289 19 40 REDACTIE@SMARTMEDIAAGENCY.BE FOKUS-ONLINE.BE/FR

Par Philippe Lambillon, Explorateur-animateur, « Les carnets du Bourlingueur »

Bonne Lecture Cyril Bagot Project Manager

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OUT AT HOME • BRAND REPORT 3

Le paradis dans votre jardin En 2020, nos extérieurs ont pris une place essentielle, la preuve avec l’augmentation spectaculaire des recherches de biens immobiliers avec jardin. Cet été, piscines, trampolines et barbecues se sont vendus comme des petits pains. C’était le tour des braseros cet automne, pour continuer à profiter de sa bulle malgré la chute des températures.

«L

es feux d’extérieur ont connu un succès sans précédent, surtout pendant les fêtes », explique Fons Walleyn, directeur du site de e-commerce Out at Home. Le jardin, métamorphosé en petit paradis, était bien « the place to be » selon lui. « Une partie du budget Vacances a été investie dans l’aménagement des jardins cette année. Les gens se sont fait plaisir, en apportant confort et bien-être, dans ce jardin qu’ils ont redécouvert. » L’une des stars de l’été 2020 ? Le Spa, ce jacuzzi gonflable. « Il a fallu se battre pour en obtenir un », se rappelle Walleyn. « On pourrait penser que ce n’est qu’une alternative moins onéreuse au vrai jacuzzi, mais pas du tout. Bien entretenu, il peut durer plusieurs étés. Nous avons même des clients qui préfèrent la version gonflable à un jacuzzi en dur, pour le confort et le moelleux de son assise. »

Nous continuerons à investir ces prochaines années dans l’embellissement de notre jardin. L’autre intérêt du Spa, c’est sa mobilité : inutile de choisir entre investir dans un Spa à domicile et une petite piscine dans sa résidence secondaire en Provence. « Un Spa se replie facilement pour s’installer partout. Il ne faut que 800 à 1000 L d’eau, soit l’équivalent de deux bons bains. On peut donc facilement le remplir ou en changer l’eau. » Le jacuzzi est parfait pour les parents, mais pour les enfants, qui adorent patauger à longueur de journée quand les températures estivales montent ? « Il ne se passe pas un jour sans que nous ne vendions une piscine », assure Walleyn « Y compris en hiver. On peut l’expliquer par la pénurie qu’on a connue l’été dernier. Tout le monde

voulait pouvoir profiter d’une piscine, et les gens ont l’anticipé cet hiver. On note surtout l’augmentation de leur budget. Parce qu’ils achètent non seulement la piscine, mais aussi le système de chauffage ainsi que des filtres à sables supplémentaires. D’ailleurs, certains modèles sont déjà en rupture de stock ! » Les gens ont en parallèle investi dans des citernes d’eau de pluie. Est-ce que cela rend l’achat d’une piscine plus intéressant ? « C’est bien sûr moins cher », relève Walleyn, « d’un autre côté, l’eau demandera davantage d’entretien. » Cela à cause des microorganismes. « L’eau de puits constitue une bonne alternative, mais l’eau du robinet reste la meilleure. »

Out at Home est un e-commerce qui propose des articles d’aménagement extérieur pour la maison. Fort de 50 000 clients, le site possède plus de 15 ans d’expérience dans la vente en ligne de piscines hors sol. Out at Home vend notamment des piscines, des spas, des trampolines, des braseros et des serres. Qualité, rapidité et commodité lui sont essentielles. Les lecteurs de Fokus bénéficient d’une réduction de 5 % jusqu’au 15 avril 2021 avec le code cadeau : FOKUS5. outathome.be/fr

Si la piscine a longtemps été considérée comme un objet de luxe, ce n’est plus le cas. « On en trouve vraiment à tous les prix. Son achat coûte même souvent moins cher qu’un citytrip. Par ailleurs, nos étés sont chaque année plus chauds, avec une succession de vagues de chaleur, et nous utilisons davantage d’eau dans le jardin. Les prix d’achat d’une piscine sont devenus très accessibles, nous le voyons dans les chiffres. Et si vous êtes un tant soit peu bricoleur, vous pouvez poser très rapidement une terrasse autour d’une piscine enterrée, ce qui rend l’ensemble encore plus beau et parachevé. » Le jardin, désormais, est vu comme une extension de l’habitation. « Une tendance qui n’est pas près de disparaître », conclut Walleyn. « Les gens se rendent compte aujourd’hui, plus que jamais, qu’un jardin constitue une plus-value imbattable pour la maison. Je suis convaincu que nous continuerons à investir ces prochaines années dans l’embellissement de notre jardin. »


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SLOW TRAVEL

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Le voyage n’est pas dans la distance Nous sommes de plus en plus nombreux à nous laisser séduire par des modes de voyage lents. En train, à pied, en vélo, en kayak ou même à cheval, l’aventure commence sur le seuil de notre habitation, et nous mène à la rencontre des Hommes et de leur environnement.

S

low travel, le terme est à la mode. Il s’agit d’un type de voyage lent, où l’accent est mis sur l’expérience plutôt que sur l’efficacité, sur le déplacement en lui-même plutôt que sur la destination. Une invitation à abandonner l’auto et à ralentir, pour s’imprégner de la ville, de la région ou du pays que l’on traverse. « L’idée est de privilégier la qualité et l’authenticité plutôt que la quantité », résume Cédric Maillaert, cofondateur de Hike Up, agence de dynamisation touristique, spécialisée dans le tourisme durable. « On prend son temps, on rencontre les habitants. Souvent, cette tendance s’accompagne aussi de la découverte de produits locaux. » L’antithèse, en somme, du voyage organisé, où on enchaîne les visites de lieux touristiques sans vraiment s’arrêter, mais aussi de la formule « all-in », où on fait 5000 km d’avion pour, finalement, ne plus quitter le bord de la piscine. Et l’idée séduit un public de plus en plus large. « Il y avait déjà, depuis une dizaine d’années, une tendance de fond, mais la crise sanitaire a donné un gros coup d’accélérateur », analyse Cédric Maillaert. Il faut dire que le slow travel, en mettant l’accent sur l’environnement plus que sur la distance, permet d’aborder facilement le voyage comme une aventure locale. Le type d’aventure qui séduit Pauline Moulin par exemple. Blogueuse connue sous le nom de Madame Bougeotte, elle a récemment publié Randos Bière en Belgique, un ouvrage proposant 40 circuits originaux de randonnée autour de brasseries belges. La façon dont Pauline Moulin aborde ses voyages,

pour un weekend ou pour 15 jours, fait écho aux propos de Cédric Maillaert. « Personnellement, je pense qu’on découvre aussi un lieu par son terroir, et donc par celles et ceux qui le travaillent », témoigne celle pour qui une randonnée de 200 km entre Ellezelles et Dinant, le

long du GR 129, a été le point de départ d’une longue découverte de la Belgique. « Je vois la marche comme un outil de rencontre. Paradoxalement, la solitude qu’on peut ressentir en marchant nous pousse à rencontrer et échanger avec les personnes croisées. »

Il y avait déjà, depuis une dizaine d’années, une tendance de fond, mais la crise sanitaire a donné un gros coup d’accélérateur. — Cédric Maillaert, Hike Up

Il y a évidemment cent façons d’aborder un voyage en mode slow – et finalement, pas vraiment de règles strictes – mais la Belgique offre déjà un bon maillage de voies ferrées, de sentiers de grandes randonnées et autres RAVeL (Réseau autonome de voies lentes). « Quelque chose que je trouve extraordinaire, ce sont les points-nœuds », ajoute Pauline Moulin. « À vélo ou à pied, ils permettent de facilement créer son propre itinéraire. » Car la flexibilité est évidemment l’un des avantages de ce mode de voyage, qu’on peut préparer autour de chemins comme de thématiques ludiques, culturelles, patrimoniales ou gastronomiques. « S’informer, s’équiper et se préparer un minimum sont des conseils que je donnerais cependant à un débutant », souligne Cédric Maillaert. « D’ailleurs, pour ceux qui se lancent et qui auraient du mal à créer eux-mêmes leur voyage en autonomie, il y a des salons pour échanger comme le relais des voyageurs à Namur, des ouvrages spécialisés ou des formules toutes faites. » Sur le site de Wallonie Belgique Tourisme, Hike Up a par exemple développé 5 escapades à pied ou à vélo, au départ d’une gare. « Je prépare beaucoup mes voyages, mais je crois qu’il faut se lancer et ne pas avoir peur de commettre des erreurs », confie de son côté Pauline Moulin. « D’autant qu’aujourd’hui, il n’est pas compliqué de trouver des infos sur internet, et de nombreuses applications pour suivre ou établir des itinéraires existent. » Alors, prêts pour l’aventure ? Par Louis Matagne


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6 ACTIVITÉS

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Risque-t-on s’ennuyer cet été en Belgique ? Jouez aux vacanciers ! L’un des éléments clés de la réussite du tourisme dans son propre pays réside d’abord dans l’attitude du touriste. De fait, en vacances, comportez-vous comme un vacancier ! Et pour ce faire, rien de mieux que de préparer des paniers pique-nique remplis de produits du terroir, d’explorer les marchés gourmands de petits villages et de se laisser surprendre par la beauté d’une ville tranquille. À vous les charmantes rues de Thuin, Chimay, Huy, Namur et j’en passe !

Subculture wallonne À contre-pied des visites classiques de réserves naturelles et châteaux, les circuits de street-art offrent un regard urbain et artistique sur les grosses artères et petites rues des villes industrielles. La petite surprise? À Charleroi, la « Boucle noire » est une vraie invitation au voyage. Entre châteaux, forêt réinventée, sommets de terrils et vestiges d’un site minier, cette randonnée est une exploration urbaine balisée de 22 km.

Les Belges s’inquiètent pour leurs vacances. Alors que la crise sanitaire limite les rêves d’escapades et d’aventures extrafrontalières, l’heure n’est pourtant pas au désespoir. Et si on (re) découvrait l’aventure... chez nous ?

C

omme dit le proverbe, « quand la vie vous donne des citrons, faites de la citronnade ». Alors, pourquoi ne pas faire du tourisme belge en Belgique ? Certes 21 fois plus petit que le voisin français, le plat pays n’en est pas moins époustouflant. Au contraire, il va même nous donner de quoi occuper cette nouvelle année. Allez hop, on embarque à bord du « Belgique Express » pour une série d’aventures insoupçonnées ! Niché entre les deux géants d’Europe occidentale que sont la France et l’Allemagne, le relief belge s’est notamment façonné au gré de l’agriculture de ses terres... mais pas que ! De la magie du massif ardennais au caractère unique de la Wallonie Picarde en passant par les chemins de bois qui traversent et surplombent les tourbières des Fagnes, il y a bien plus d’une raison d’explorer ce petit pays qui donne la patate, heu... la frite ! Si la flore et les pelouses calcaires de Viroinval lui donnent des tendances de Petite Provence du Sud de la France, les cantons de l’Est,

eux, affichent certains paysages qui rappellent les Vosges ou le Jura. Pour Quentin Hubert, éco-pédagogue et guide au Centre Marie-Victorin (CNB), « on a la chance d’avoir une diversité de paysages absolument énorme en Wallonie. Par rapport à la taille de notre territoire, on a probablement une plus grande diversité que ce que l’on va retrouver en France. Rien qu’entre Bruxelles et Arlon, on peut découvrir une dizaine de reliefs tout à fait différents et magnifiques. D’ailleurs, des endroits de promenade avec de grandes variations et divers points de vue, il en existe où que l’on soit en Belgique. » Et si cette large variété n’est pas toujours perceptible de prime abord, c’est l’uniformisation du bâti qui en est souvent la cause. En effet, pour l’écopédagogue, « de nombreuses villes et villages regorgent désormais de maisons en briques au style assez similaire. C’est une tendance qui s’est accrue depuis les années 50 et qui marque une certaine perte d’identité au profit d’un mélange plus uniforme. Alors qu’en réalité, les

maisons historiques des villages wallons étaient radicalement différentes de par les volumes, types de toitures et matériaux utilisés. » Vous cherchez des activités à faire en famille ou entre amis ? Pas de souci, le côté ludique des chasses au trésor et le geocaching vont vous faire adorer les randonnées à pied ou à vélo ! Vous êtes plutôt un aventurier ? Les activités aquatiques sont nombreuses ! Après-midi pêche dans la vallée de l’Ourthe, sport d’aviron aux abords de Bruxelles, canoë ou kayak le long de la Meuse ou de la Semois, paddle sur le Lac de Nisramont, et ce ne sont là que quelques exemples ! Et du côté des challenges un peu plus sportifs, misez sur les parcs d’aventure. Un coup d’œil suffit pour s’apercevoir que la Wallonie regorge d’activités d’accrobranche ! Du Wavre, aux portes de Bruxelles, jusqu’aux Ardennes, avec Durbuy ou Stavelot, en passant par Spa ou Anseremme. Allez, qu’on se le dise... il le vouloir pour s’ennuyer ! Par Célia Berlemont

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UN TERRAIN DE JEUX Un terrain de jeux pour les petits et les grands. Grâce au carnet-découverte « Moi, Radulphe » (coût : 1 euro), c’est l’enfant qui guide l’adulte dans les ruines majestueuses de l’abbaye. Il doit résoudre une énigme en compagnie du moine Radulphe, un personnage imaginaire issu du Moyen-Age.

DES JARDINS Des jardins colorés et enivrants. Découvrez en toute sécurité ce lieu de 875 ans d’histoire. Parcourez le sentier dédié à la méditation. Flânez à votre rythme dans les 15 ha du domaine sur les chemins balisés pour les trottinettes, les petits vélos et les poussettes, mais aussi dans les 6 jardins de plantes médicinales et ornementales d’hier et d’aujourd’hui, sans oublier le nouvel ensemble d’arbres fruitiers. Profitez du panorama à 360° du site depuis la colline et prolongez votre visite par un pique-nique au coeur du domaine.

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8 TECHNOLOGIE

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Connecté partout où je vais ! Cher promeneur du dimanche, cher sportif du quotidien, cher addict de l’extrême, les IoT ont envahi vos pratiques outdoor. Ne le cachez pas, on vous suit à la trace, on sait tout de vos sessions : GPS, GSM, montre, app, vous êtes ultra-connectés, en salle comme en pleine forêt.

O

n a pu penser un temps que l’électronique resterait enfermée dans les salles de sport. Et non ! Orientée résultats, de plus en plus mobile et discrète, la technologie suit désormais les sportifs dans tous les types de pratique outdoor. Laurent Baijot est le co-fondateur et CEO de Formyfit, une application belge de coaching et conseils en sports et course à pied. C’est davantage le type de sportif que le type d’activité qui détermine l’usage de technologie ou non. « Il y a plusieurs personnalités parmi nos users. Il y a d’abord les achievers, qui veulent pouvoir comptabiliser leurs efforts et se mettre au défi. Les applications leur permettent de comparer leurs performances d’une semaine à l’autre. On a également des personnes sédentaires, qui souhaitent se remettre en forme. Au-delà de cela, il y a l’aspect communautaire : partager une séance et obtenir la reconnaissance des pairs. C’est un peu comme passer la ligne d’arrivée d’un marathon, applaudi par une foule. » Strava est le leader du marché en matière d’activités connectées en extérieur. L’application permet d’enregistrer sa session et offre la possibilité de se comparer aux autres. On peut parler d’un véritable réseau social, et ce n’est pas la seule App fonctionnant sur ce principe. « Dans la plupart des App, on pousse les gens toujours plus loin dans ce concept du ’’no pain, no gain’’, dans l’idée de dépassement de soi à chaque séance », analyse L. Baijot. Le risque derrière cette course effrénée, c’est la blessure ou la perte de motivation : « avec Formyfit, on souhaite s’inscrire dans une logique différente. On mesure chez nos utilisateurs leur niveau de forme au travers d’un test de VMA (vitesse maximale aérobie) puis l’indice d’endurance, qui diffère entre deux personnes possédant la même

La plupart des App pousse les gens toujours plus loin dans ce concept du ’’no pain, no gain’’, dans l’idée de dépassement de soi à chaque séance. — Laurent Baijot, co-fondateur et CEO, Formyfit

VMA. Notre algorithme propose ensuite un plan d’entraînement individualisé qui permette de progresser et s’améliorer sans brûler les étapes, sans se faire mal. Une méthode utilisée par le vainqueur de l’édition 2019 des 20km de Bruxelles, Valentin Poncelet. » Avec autant de ressources technologiques à sa disposition, le sportif devrait donc pouvoir se prémunir contre la blessure. Et pourtant... L’ultra-traileur, coach et kiné Andréa Braga accompagne des coureurs et traileurs, élites comme débutants. Il identifie une 1ère raison à cela, la fiabilité de certains équipements. « Pas mal de sportifs investissent dans du matériel qui ne leur sert pas à grand-chose. Soit parce qu’il n’est pas très précis, comme le cardiofréquencemètre des montres avec capteurs au poignet, soit parce qu’ils ne savent pas comment interpréter les données recueillies. » Mais la vraie raison selon lui, c’est qu’un ordinateur ne peut pas remplacer les sensations du coureur lui-même. « Parfois le ressenti est en décalage avec la fréquence cardiaque et les autres données recueillies parce qu’on est fatigué. Il faut savoir prendre du recul par rapport à ces chiffres parce qu’ils ne tiennent pas compte de la fatigue physique et mentale, due à la vie familiale et professionnelle. » Prise avec précaution, la technologie a aussi de nombreuses choses à apporter, et notamment, pour A. Braga, les fonctions GPS ainsi qu’une certaine éducation. « Toute cette technologie a démocratisé l’accès aux données. Ça permet de quantifier et d’optimiser l’entraînement. Pour les débutants par exemple, ça peut être pédagogique d’avoir un cardiomètre, pour apprendre à reconnaître les zones d’effort et de fréquence cardiaque. » Le sport outdoor connecté, oui à condition de s’écouter, et surtout de lever les yeux du GSM et de la montre pour profiter des paysages. Par Julie Garrigue


#FOKUSOUTDOOR

SMART LIST • AVENTURE 9

Prêts ? Les mésaventures sont les plus croustillantes à raconter ! Mais sur le coup, elles peuvent surtout vous gâcher une rando, qu’elle dure une journée ou une semaine... Pour ne pas rentrer penaud, après une aventure écourtée, voici ce que vous devez glisser dans votre sac à dos.

1.

2.

L’essentiel de la survie

La trousse à pharmacie

Des réserves d’eau

Qui contient bien sûr... le fameux couteau suisse ! Ramasser les champignons, faire une cabane ou préparer un repas frugal, voilà un petit outil utile en toute circonstance ! On ajoutera à ce petit kit de survie : un briquet pour la flambée, du papier toilette ainsi qu’une petite lampe frontale d’au moins 100 lumens si la sortie se prolonge dans la nuit. Et

Aussi indispensable qu’une carte et plus encore qu’un opinel, une trousse à pharmacie ne pèse pas trop lourd et peut vous sauver d’une mauvaise galère. De la petite ampoule à la vilaine plaie en passant par l’intoxication, elle contient aussi bien du matériel de base pour les petits bobos que des médicaments de confort ou vos propres médica-

Assoiffé et à court d’eau, vous croisez un ruisseau. Quelques gorgées pour vous désaltérer et c’est le drame. Ouf, vous avez pensé aux antidiarrhéiques ! Les réserves d’eau sont essentielles, même pour une sortie courte. Et si le trek dure plusieurs jours, à raison de 2L d’eau/jour, impossible de les porter sur le dos. Repérez sur une carte les points d’eau

on termine par le plus important : une carte ! Oui, une carte papier tout ce qu’il y a de plus classique, qui vous sauvera des bois quand votre GSM tombera en rade de batterie et que vous devrez vous orienter sans GPS. Un livre ou un jeu de cartes pour se divertir au coin du feu (même si ça ne relève plus de la survie) est aussi une bonne idée !

ments si vous en avez. Pour résumer : pansements, bandages, compresses, produit désinfectant, tire-tique, biafine, paracétamol et antidiarrhéique. N’oubliez pas vos propres produits : contraception, antihistaminique ou peut-être inhalateur ? À cela on peut ajouter un antimoustique et une couverture de survie, parce qu’on ne sait jamais.

que vous croiserez, mais n’oubliez pas de la purifier lorsqu’elle n’est pas potable. Les pastilles purificatrices désinfectent l’eau, mais ne la nettoient pas. Les filtres, sous forme de paille ou de bouchon de gourdes, filtrent particules et micro-organismes, mais ne tuent pas tous les virus. Le plus prudent reste donc de mixer les deux méthodes.

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6.

Se protéger du froid ...

... Ou de la chaleur !

Une assurance

Ça prêterait presque à sourire : des vêtements chauds en hiver. On en rirait tellement cela semble logique ! Et pourtant, l’hypothermie est vite arrivée. Elle se produit quand la température corporelle, qui se situe normalement autour de 37°C, chute en dessous des 35°C. Pour s’en prémunir, on adopte le système multicouche des montagnards : une couche de base, une intermédiaire et une bonne veste. Un système particulièrement efficace que l’on adapte à toutes les saisons. Laine mérinos ou matériaux techniques pour les 1ères couches, et selon la saison, grosse parka chaude l’hiver ou veste coupe-vent imperméable à l’intersaison et... pour les soirées d’été.

Peau cramoisie, yeux rougis, lèvres asséchées, maux de tête, chutes de tension, nausées... L’insolation guette en plus du coup de soleil. Et c’est particulièrement vrai pour les enfants, qui oublient de boire et perdent leur casquette à la 1ère occasion. Crème solaire haute protection, lunettes anti-UV et couvre-chef sont les musts de l’été, et a fortiori de ceux qui pratiquent l’outdoor pendant de longues heures. Mais pour prévenir le coup de chaleur, le plus efficace reste de boire (de l’eau ! Pas du rosé ou de la bière) : notre corps en est composé à 78 % et toute perte, comme la transpiration, doit être compensée ! Personne ne veut finir à l’hôpital, brûlé, déshydraté et perfusé.

Ça ne se glisse pas à proprement parler dans le sac à dos, mais son utilité ne doit pas être sous-estimée pour autant. « Mieux vaut s’attendre au pire et espérer le meilleur » dit l’adage, et l’assurance est là pour ça. La familiale nous protège au quotidien et peut suffire pour les pratiques outdoor douces. Mais pour certains sports qui comportent des risques ou se pratiquent en club, une assurance spéciale peut être nécessaire. Il faut choisir les garanties adaptées : frais médicaux, responsabilité civile, invalidité voire décès ; certains contrats peuvent aussi couvrir le déplacement ou le rapatriement en cas d’accident.

Par Julie Garrigue


10 INTERVIEW

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Mike Horn

« Pour moi, la nature est le plus bel endroit ! »

Depuis 30 ans, Mike Horn fait rêver petits et grands avec ses explorations à travers le monde. D’Amérique du Sud en Arctique, il repousse constamment ses limites, parfois même au péril de sa vie. Par Louis Matagne Photo Dimtry Sharomov


#FOKUSOUTDOOR

INTERVIEW 11

M

ike Horn, quelle est la plus vieille aventure personnelle dont vous vous souvenez ?

« La première expédition que j’ai faite, j’étais gamin. Je suis parti chez mon oncle pour un périple de 300 km à vélo sans rien dire à personne. J’ai grandi en voulant constamment sauter plus haut, courir plus vite et faire plus de vélo que les autres. Je voulais passer le plus clair de mon temps à l’extérieur, grimper aux arbres, jouer avec mon chien, faire du vélo. Aussi, je ne pense pas être devenu un explorateur. J’ai l’impression d’être né explorateur. » Quelle est l’exploration qui vous a le plus marqué ?

« Le cercle arctique en hiver est l’endroit que j’ai le plus récemment exploré, et que j’ai trouvé le plus hostile dans ma carrière d’explorateur. Avec les températures extrêmes, la neige, l’obscurité, le terrain, le vent... Ce n’est pas un endroit fait pour qu’un être humain y survive. » Quel est le plus bel endroit du monde que vous ayez vu ?

« Chaque endroit a son propre charme. J’aime beaucoup le Groenland, la Namibie, les océans… Pour moi, la nature est le plus bel endroit ! J’adorerais explorer les fonds marins. Les océans couvrent la majorité de notre planète et c’est quelque chose que je n’ai pas encore fait. Il doit y avoir des merveilles à voir là-bas. » Quand on part à l’aventure, qu’est-ce qui compte le plus entre la préparation et l’adaptabilité ?

« Je dirais que l’un ne va pas sans l’autre. C’est en étant préparé que l’on peut s’adapter. Préparer une expédition est ce qui me prend le plus de temps autant physiquement que mentalement. Quand je suis parti en Amazonie la première fois, j’ai commencé à lire tous les livres possibles sur les espèces venimeuses que

je pouvais rencontrer. Mais, il y en avait tellement que j’ai commencé à regarder uniquement celles qui ne l’étaient pas pour savoir lesquelles je pourrai manger. » Aujourd’hui, votre plus grand rêve, ce serait quoi ?

« Après avoir vécu tout ce que j’ai vécu, il m’arrive parfois d’avoir l’impression que le monde devient de plus en plus petit. Mais je n’en ai pas atteint les limites. Tant que je serai sur cette planète, tant que je serai en vie, il y aura toujours de nouveaux défis à relever : de nouveaux océans à traverser, de nouvelles montagnes à gravir, de nouvelles façons de faire le tour du monde ! Il me reste encore quelques ’’8000’’ à gravir, comme le K2 que j’espère retenter cet été, ainsi que le Nanga Parbat. Récemment, j’ai pris connaissance également d’une rivière encore jamais explorée en Amazonie. J’espère pouvoir m’y rendre cette année ! » Lors d’une expédition dans l’Arctique en 2019, vous avez failli perdre la vie. Il n’y a pas un moment où vous vous dites : « Stop ! Cette fois je suis allé trop loin » ?

climatique que j’ai pu voir, c’est le changement des comportements des animaux. J’ai été témoin de l’attaque d’un grizzly sur un ours polaire. J’ai aussi vu la jungle amazonienne être détruite. Chaque onze secondes, l’équivalent d’un terrain de basket est coupé dans cette région. J’ai vu des océans de plastique partout où j’ai navigué. J’ai vu la glace se briser en Antarctique. J’ai vu la glace dériver au Pôle Nord et l’océan Arctique devenir impraticable en hiver. Pour moi, le climat change rapidement. La nature est mon terrain de jeux, l’endroit où je travaille. Et, aujourd’hui, il devient de plus en plus complexe pour moi de me lancer dans des expéditions. » La mission mars 2020/Persévérance remet la conquête spatiale au goût du jour. Ça vous dirait d’explorer autre chose que notre planète ?

« Oui, je voudrais aller sur mars un jour si j’en ai la possibilité. Je suis un explorateur et découvrir des endroits encore jamais visités, il n’y a rien qui m’excite plus ! »

« Quand tu arrives, que tu as perdu 16 kg et que tu es allé au bout de toi-même, tu te dis ’’cette fois c’est bon’’. Mais l’Homme est con… (rires) Et il oublie vite ! Alors, quand tu te sens à nouveau en forme, tu n’as qu’une envie : repartir. C’est comme ça. J’ai besoin de vivre des sensations. Je dis souvent : tu peux choisir de vivre loin de la falaise, sans risques… Ou choisir de vivre au bord du vide, où tu as plus de chances de perdre la vie, mais où la vue est magnifique. Je préfère vivre une vie courte qui m’émerveille qu’une vie longue où je ne vis qu’à moitié. »

Smart Fact. L’objet essentiel qui ne vous quitte jamais pendant vos aventures, c’est... « Je pars toujours en expédition avec ma casserole. Sans elle, je ne serais plus là. Elle me suit depuis mes premières expéditions. Ce n’est pas un objet très fantasque, mais c’est utile ! J’ai aussi mon couteau suisse que j’ai développé avec notre partenaire SWIZA. Il est toujours dans ma poche et m’a suivi au Pôle Nord. »

En tant qu’explorateur, vous avez vu la planète et la nature changer lors des 30 dernières années ?

« Le plus grand signe du changement

Presque 30 ans d’exploration Né en 66 en Afrique du Sud, Mike Horn prend part à la guerre en Angola avant de travailler en entreprise. Il change de vie en emménagement en Suisse : descente de l’Amazone (1997), tour du monde sans moyen motorisé par l’équateur puis par le cercle arctique (20012002). Il gravit quatre grands cols dans l’Himalaya (2007) et frôle la mort lors d’une traversée de l’océan arctique à ski (2019).

Un aventurier en temps de pandémie Pour un explorateur, 2020 a dû être très frustrante. Mais Mike Horn le dit lui-même : il n’a jamais été aussi créatif qu’aujourd’hui. L’année 2020 a été l’occasion pour lui de lever le pied et de réfléchir à la suite de sa carrière. Avec son équipe, il a donc lancé sa chaîne YouTube pour partager ses aventures et sa vision du monde avec le plus grand nombre.

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12 FAMILLE

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Les enfants, c’est dehors que ça se passe ! Les activités en plein air, c’est du bonus à tous les niveaux. Santé, développement, créativité… Entre enfants ou en famille, il faut bouger et profiter de la nature.

A

vec la belle saison, l’extérieur nous appelle. Et ses bienfaits, surtout pour les enfants, ont été démontrés. D’abord au niveau de la santé. « Le plein air va automatiquement de pair avec une activité plus intense qui entretient la condition physique, réduit les risques d’obésité et favorise la croissance de l’enfant. Cela améliore aussi sa motricité, sa coordination et son développement neuromusculaire », explique Paulette De Backer, pédiatre à l’hôpital Saint-Pierre. Elle est rejointe par d’autres confrères qui pointent aussi un meilleur système immunitaire, un sommeil de meilleure qualité et moins d’allergies. Des chercheurs ont également démontré que les jeunes enfants qui passent le plus de temps en plein air étaient moins hyperactifs et parvenaient à une meilleure concentration. Des vertus auxquelles s’ajoutent celles de l’éveil et de la construction psychosociale. « S’impliquer dans ces activités physiques en extérieur, surtout en groupe, est un excellent catalyseur de la relation avec l’autre », note notre pédiatre. « L’enfant se réalise et gagne en estime et confiance en lui. Ce qui est crucial pour un bon développement. » En randonnée, en plaine de jeux, en camps de vacances, les enfants sont en permanence sollicités par de nouvelles expériences et de nouvelles sensations qui à la fois développent leur créativité et forment l’adulte de demain. « En passant plus de bon temps dehors, l’enfant

engrange des souvenirs formidables et développe une plus grande empathie pour la nature. Il est avéré que les enfants qui sont plus souvent dans la nature vont davantage la respecter », souligne Vinciane Charlier, responsable Projets à la direction Accueil Temps Libre de l’ONE. L’Office National de l’Enfance est un bon observateur de l’évolution de la société sur le terrain du plein air puisque l’ONE décerne les agréments aux plaines de jeux, camps de vacances et de jeunesse en Belgique. Avec une attention marquée pour l’ouverture à l’extérieur comme levier de développement des enfants. « Rien que pour les plaines de jeux agréées en Fédération WallonieBruxelles, leur nombre a bondi. Leur aménagement a aussi fortement évolué. On est passé d’agrès lourds, métalliques, brûlants au soleil à du plus léger et aujourd’hui du végétal sous forme de tunnels, labyrinthes, troncs d’escalades, avec un côté plus ludique et plus orienté nature », décrit la responsable. Cependant, elle relève encore une réticence, une peur de l’extérieur. « Il y a cette fausse croyance qu’une sortie pour aller jouer dans les bois ou les champs entraîne plus de problèmes de gestion et de sécurité. Alors que c’est le contraire. Les enfants seront plus calmes, plus concentrés sur l’expérimentation. C’est un frein psychologique à enlever ». Alors, enfants et parents : prêts pour la grande aventure ?

Par Fernand Letist

Le plein air améliore la motricité, la coordination et le développement neuromusculaire de l’enfant. — Paulette De Backer, pédiatre, Saint-Pierre


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14

PANEL D’EXPERTS • TOUS SPORTIFS

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Le sport et l’outdoor, une grande histoire d’amour De 30   % à 50   % plus actifs depuis le premier confinement, les Belges ont entamé un sacré retour sportif en 2020 ! Et avec l’arrivée du printemps, c’est l’occasion de s’offrir un bon bol d’air frais et de redécouvrir la joie des activités sportives en extérieur.

Sébastien Xhrouet

Frank Descamps

Manuel Dupuis

Responsable des formations Ligue Handisport Francophone

Co-propriétaire Wildtrails

Psychologue du sport Psychosport et Psychostress

Au retour du printemps, quels sports pratiquer pour s’amuser et profiter de l’extérieur ? « Au niveau du handisport, on peut réaliser une série d’activités en extérieur sans encadrement ni apprentissage du matériel, même pendant une période de confinement. Parmi celles-ci, on a tout ce qui a trait à l’athlétisme, mais aussi balade, course, tennis, handbike ou tandem pour les déficients visuels. En outdoor, il existe aussi des sports un peu plus extrêmes comme l’escalade, le kitesurf ou encore le ski nautique où l’apprentissage du matériel est nécessaire. Ce qu’il faut retenir c’est que les disciplines varient en fonction du type de déficiences. Il n’y a pas de recette exacte en handisport. »

« En extérieur, dans la pratique de sports plus extrêmes, il faut être expérimenté et avoir de la technique. Parmi les activités phares que l’on organise en extérieur, on retrouve accrobranche, canoë, rafting, kayak et quad-bike (mix entre VTT et Cuistax). Le VTT peut se pratiquer en extrême dans des chemins assez techniques appelés “figure tracks”. Roches, racines, etc., on peut choisir son niveau de difficulté. En Ardenne belge, la fonte des neiges qui coïncide avec la montée des eaux est un moment idéal pour s’essayer au rafting et au kayak d’eau vive. Ce n’est pas pour les enfants ! »

« Lorsque l’on décide de faire du sport en famille, il est important de mettre d’abord le côté ludique de l’activité en avant. Et surtout, il ne faut pas juste penser comme un adulte, mais aussi s’adapter aux envies des enfants qui sont moins à même de faire des concessions. De manière générale, plus les enfants s’amusent en faisant du sport, mieux se déroulera l’activité ! En extérieur, on va pouvoir faire des petites courses, du vélo, du roller, des balades avec des pique-niques, du frisbee, du foot, des jeux de raquette et plein d’autres choses. Il y a énormément d’activités sportives et ludiques à faire en famille. »

Dehors, mais où ? Quels sont les lieux idéals pour faire du sport ? « Globalement, on peut aller où on veut, mais il faut éviter tous les lieux où le sol est un peu instable lorsque l’on parle de déficience motrice. On va donc être sur des parcours plus “urbains” où les sentiers ont un dénivelé plus régulier et sont un peu plus larges pour permettre de passer en chaise. Pour les amoureux de la nature, il faut opter pour des sentiers balisés. Si l’on parle de déficience visuelle ou intellectuelle, le lieu et son accessibilité jouent un rôle moins problématique. Un trail est tout à fait possible. Par contre, les limitations vont plutôt être au niveau d’un accompagnement obligatoire pour leur sécurité. »

« L’Ardenne belge est un terrain de jeu idéal pour s’essayer aux sports les plus extrêmes. Toutefois, pour certaines disciplines, il faut être obligatoirement membres de clubs. Comme pour l’escalade, la spéléo et le kayak d’eau vive par exemple. Mais attention, parfois, il ne faut pas aller loin pour trouver l’endroit idéal. En Belgique, on en trouve aux quatre coins du pays. La forêt de Soignes est extra pour cela. Pour la pratique aquatique “extrême”, il faut regarder du côté de l’Ourthe orientale, de la haute Lesse ou encore près de Tilff. Et pour ceux qui veulent oser le grand saut, Spa est super ! »

« De manière générale, c’est mieux d’avoir un bel espace ouvert pour pouvoir bouger, se détendre et s’oxygéner, en toute sécurité. On va donc privilégier parcs, plaines de jeux et forêts. D’autant que les grands espaces ouverts vont permettre de croiser d’autres enfants. Socialement, c’est très stimulant. Au final, le plus important est de saisir le moment et de profiter de l’extérieur au moindre rayon de soleil, même s’il fait froid. Le fait d’être dans un espace ouvert, lumineux et coloré va activer ce qu’on appelle l’imagerie mentale, c’est-à-dire certaines images de vacances et de soleil. Et ça, c’est très bénéfique. »

Pour la santé mentale et physique, quels sont les bienfaits du sport en extérieur ? « Pratiquer un sport est très positif. Par le biais de l’endorphine et autres bonnes drogues, c’est un booster au niveau de la santé mentale. En période de COVID, le sport englobe aussi une forme d’évasion et nous sort d’une routine à domicile, où nous sommes calfeutrés. À la maison ou en institution, une balade nous fait sortir du quotidien, quitter nos quatre murs et l’écran d’ordinateur. Sortir, s’oxygéner et partager des moments avec sa bulle font partie de ces choses qui permettent de développer une meilleure estime de soi et une meilleure confiance en soi, tout en se changeant les idées. »

« Quand on est dans la nature, sur un vélo ou sur l’eau, on ne pense à rien d’autre qu’au moment présent : concentré pour réussir à surmonter l’obstacle, la fatigue ou la difficulté. Avec le confinement, c’est d’autant plus important de pratiquer des activités sportives en extérieur. Sans ça, on ne bouge plus, on est à la maison derrière un écran. D’ailleurs, on l’a bien vu au premier confinement, tous les vélos et VTT ont été vite vendus. Lorsque les gens ne peuvent plus ni sortir ni aller en vacances à l’étranger, le sport devient une vraie échappatoire et une source de bien-être. »

« D’un point de vue physiologique, la pratique de sports engendre la sécrétion de psychotropes endogènes qui agissent sur le circuit de la dopamine, c’est-à-dire le circuit du plaisir. La luminosité joue aussi un rôle important. Il y a donc un lien fort entre sport et plaisir. D’un point de vue psychologique, le sport est un outil thérapeutique qui peut provoquer une sensation d’accomplissement et mettre en avant une dimension sociale essentielle. En famille, le sport permet aussi de renforcer une identité familiale mise à mal par ces périodes confinées. » Par Célia Berlemont

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16 CHEZ SOI

Révélez la nature de votre jardin Tout le monde ne peut pas partir en trek, se lancer dans le bivouac ou descendre, pagaye à la main, une rivière en furie. Et surtout, tout le monde n’en a pas envie, ce qui ne doit pas nous empêcher de profiter de la nature, sa version « tout confort », chez soi !

I

maginez votre amoureux ou amoureuse : « Ne fais pas les bagages, on va camper... à la maison ! » Pas toujours facile d’embarquer conjoint, sacs et enfants en pleine semaine pour se relaxer et prendre l’air. Alors pour les amoureux de la nature, un jardin peut devenir un terrain de jeux, le lieu de tous les possibles, l’outdoor à la maison. Pour les vacances comme pour le reste de l’année, la maison et ses extensions doivent refléter vos envies. Se relaxer en amoureux sur le balcon au milieu d’un écrin de verdure suspendu ? Se donner des airs d’aventuriers avec les enfants, sacs de couchage étalés dans la cabane au fond du jardin ? Rire avec les copains autour d’un barbecue plus ou moins improvisé selon que vous êtes plutôt feu de bois ou grillade au gaz ? Vos extérieurs ont le pouvoir de vous faire rêver, de vous faire voyager, pour peu que vous les investissiez. Et ça commence par le jardin luimême : en cultiver la végétation est une entreprise de longue haleine, un soin quotidien. Et vos plantes vous en remercieront quand exploseront leurs fleurs et leurs couleurs au printemps ! Mais un jardin, comme une œuvre d’art, « se compose » explique l’architecte-paysagiste Véronique Drèze. « Il faut veiller à équilibrer l’espace : il y a l’aspect terrassement

avec ses volumes et ses matériaux et minéraux, l’aspect fonctionnel des accès à réfléchir, et il y a tout le côté végétal, qui apporte de la vie, de la souplesse et qui donne du baume au cœur. » La professionnelle a vu sa charge de travail augmenter depuis le 1er confinement. « Mes clients se rendent compte qu’ils vont peut-être rester plusieurs saisons dans leur jardin. Ils veulent revenir à l’essentiel, à la nature. » À vous toutefois de déterminer le type de jardin qui vous convient. Véronique Drèze, elle, sait ce qu’elle apprécie :

« J’aime les jardins très naturels, avec peu de végétations persistantes, avec des plantes mellifères qui attirent les abeilles et les papillons. Les jardins qui vivent en fait : on l’on voit passer les saisons et la valse des animaux. » Alors que l’hiver laisse doucement place aux saisons plus clémentes et que les feuillages se remplument, il devient possible de passer plus de temps dehors. Fini les après-midi emmitouflés dans les plaids et les coussins : vive le jardinage et le bricolage en extérieur !

Pour profiter pleinement de vos espaces verts, il faut pouvoir les habiter. L’art de vivre dehors, c’est l’art d’y manger, de s’y reposer, d’en profiter : salon et cuisine d’extérieur, bain de soleil et autre mobilier. À vous d’enchanter votre quotidien. Plutôt bohème ? Un pique-nique improvisé, à la lumière de jolis lampions colorés, sur de gros coussins moelleux posé au sol serait une bonne option. Plutôt joueur ? Sortez le marteau, les clous et les enfants : il est l’heure de construire (ou d’essayer ! Au pire, vous monterez la tente !) une cabane... non ! Un fort ! Et d’y passer la nuit après une chasse au trésor et des chamallows grillés, qui laisseront votre petite famille fatiguée et repue. Plutôt confort-chic ? Que dites-vous d’un après-midi lecture au milieu d’un élégant jardin en jachère colorée où chantent quelques oiseaux attirés par la coupelle d’eau fraîche ? Pas de terrasse, pas de jardin ? Qu’à cela ne tienne ! De grandes plantes tropicales pour verdir les boiseries de vos fenêtres et le tour est joué : de belles Monstera Deliciosa, quelques pieds de palmier, un plant de feuilles de bananier et pourquoi pas une ou deux calatheas ? Ouvrez la fenêtre, et sur un air de Polo & Pan, « la canopée », laissez-vous porter. Par Julie Garrigue


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18 CHRONIQUE

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Louis-Philippe Loncke

Expérimenter pour aimer, aimer pour protéger L’homme a un impact plutôt négatif sur la nature, on entend chaque jour discourir sur les problématiques environnementales. Malgré cela, certains résistent et ne cherchent pas à protéger la nature. Comment les convaincre ?

P

our diminuer l’impact négatif de l’Homme sur la nature, il faut augmenter l’impact positif de la nature sur l’Homme. Pour que les « pollueurs » désirent protéger la nature, il faut leur apprendre à l’aimer. L’alternative que je propose aux images fortes et aux discours moralisateurs ? L’expérimentation. C’est le défi de tout amoureux de la nature : encourager d’autres personnes à le rejoindre lors d’escapades pour vivre la nature comme une expérience positive et en ressentir ses bénéfices. Et ils sont clairs : la nature apaise nos sens. L’action motrice aide le cerveau à évacuer le stress et les pensées parasites. Les yeux et les oreilles, moins sollicités, se reposent. Je me souviens de la première fois où j’ai « entendu » le silence, dans le désert de Simpson. Pas de bruit, pas de vent, rien. Juste les battements de mon cœur dans une petite veine près de l’oreille. Une expérience perturbante et une découverte fantastique !

En soi, tout est exotique lorsqu’on se sort un peu de la tête les vieilles images qu’on en a. De plus en plus d’articles scientifiques montrent que la pratique d’activités « outdoor » permet de se ressourcer, de se soigner. Mes expériences personnelles vont de la simple balade au trek de plusieurs semaines à pied ou en kayak, des déserts les plus arides aux forêts inextricables, des Andes à l’Australie. J’ai pu expérimenter ces changements dans mon corps et, surtout, dans mon esprit.

Lors de mes expéditions, j’ai été le témoin chanceux de phénomènes rares : une aurore australe, la drache dans le désert le plus aride d’Australie ou même un arc-en-ciel horizontal. L’immersion prolongée dans la nature a tellement à offrir, même près de chez soi. Un petit insecte bien belge m’émerveille aussi ! Cette pandémie a eu pour effet d’augmenter notre exposition au monde numérique. Si vous êtes en overdose de digital, une rando dans la nature est un bon remède. J’aimerais, dans le futur, organiser des camps de désintoxication digitale pour reprendre le contrôle de sa santé mentale. En attendant, foncez vers la forêt ! Par Louis-Philippe Loncke, explorateur et aventurier Photo Raphaël Rychetsky

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