






Claudia Ruzza
![]()







Claudia Ruzza
On parle de souveraineté. Mais de quelle souveraineté ? Celle des algorithmes et des datacenters ? Celle des brevets et des métavers ? C’est important. Ce n’est pas suffisant. Et ce n’est pas là que se joue l’essentiel de la vie économique française. Il y a une autre souveraineté. Moins spectaculaire. Infiniment plus solide. Celle de l’économie du réel, l’économie de proximité, ancrée dans les territoires et irremplaçable.

Le plombier, l’auxiliaire de vie, le restaurateur, l’artisan du bâtiment : ce sont des métiers essentiels. Des services dont personne ne peut se passer. Des secteurs qui font tenir la vie quotidienne des Français et la cohésion de nos territoires avec. Ces entreprises-là ne se délocalisent pas. Elles ne partent pas quand les conditions deviennent moins favorables. Elles restent. Elles tiennent. Elles créent des emplois là où il en manque, elles répondent à des besoins concrets là où les grandes enseignes ont parfois renoncé.
Depuis 20 ans, Positiv accompagne des entrepreneurs dans l’artisanat, les services à la personne, la restauration ou le bâtiment. En 2025, 800 entreprises ont été créées, portées par des femmes et des hommes souvent issus
de territoires populaires, avec des parcours variés mais une même volonté d’entreprendre.
Le résultat ? 85 % de ces entreprises sont encore debout à trois ans. La moyenne nationale est autour de 60 %. Parce que l’économie de proximité mérite autant d’attention, autant d’investissement, autant de fierté que n’importe quel secteur dit « d’avenir ».
La vraie souveraineté économique, c’est un pays qui active tous ses talents. Qui mise sur tous ses territoires. Qui comprend que l’innovation ne se mesure pas seulement en levées de fonds ou en dépôts de brevets elle se mesure aussi en entreprises qui durent, en emplois qui restent, en territoires qui respirent.
L’innovation, ce n’est pas un secteur. C’est une façon de répondre à un besoin que personne ne satisfait. Par cette définition, ouvrir le seul restaurant d’un quartier déserté, c’est innover. Créer une entreprise d’aide à domicile là où il n’en existe pas, c’est innover. Rénover des logements avec des artisans formés sur place, c’est innover.
Texte Claudia Ruzza Directrice Générale, Positiv
Journalistes Océane
Impression Groupe



Jumeaux numériques sur un vélodrome, biomimétisme emprunté aux animaux marins, algorithmes conçus pour des cyclistes recyclés en logistique : chez ALTEN, le sport de haut niveau n’est pas qu’une vitrine. C’est aussi un protocole de recherche.
l y a une image qui résume assez bien ce que fait ALTEN dans le sport. Celle d’Antoine Albeau, 27 fois champion du monde de planche à voile, debout sur un prototype dont l’aileron s’inspire de la nageoire d’un cétacé et dont les matériaux sont en grande partie recyclables et recyclés. L’objectif : battre des records de vitesse et d’éco-conception. L’arrière-pensée : que les mêmes solutions, structures biomimétiques, hydrofoils à haut rendement et optimisation aérodynamique, trouvent leur chemin dans les énergies marines, l’éco-mobilité et l’aéronautique. Le projet s’appelle Zephir. Il illustre la manière dont ALTEN conçoit l’innovation : partir d’une contrainte extrême, un athlète, une compétition, une physique implacable, et remonter vers l’industrie.
Cent millièmes de seconde comme méthode
Le sport partage avec l’industrie une même exigence : optimiser des systèmes complexes sous contrainte. Sauf que dans le sport, les délais sont incompressibles et les résultats immédiatement visibles. ALTEN travaille avec la Fédération Française de Cyclisme sur des algorithmes d’optimisation de l’effort intégrant pente, vent, morphologie et météo. La transposabilité est directe : les mêmes algorithmes, appliqués à un train ou à des flux logistiques, permettent d’optimiser la consommation énergétique à l’échelle industrielle. Une couture repositionnée sur une combinaison de cycliste peut faire gagner dix watts. Ce même raisonnement s’applique à l’ergonomie des postes ou à la gestion thermique d’un data center.
Le jumeau numérique, de la piste à l’usine
L’une des technologies les plus révélatrices est le jumeau numérique. Créé pour reproduire fidèlement un athlète dans un environnement virtuel et tester toutes les configurations sans contrainte physique, cet outil trouve des applications directes en milieu industriel. ALTEN l’utilise pour modéliser des chaînes de production ou réduire la consommation énergétique de véhicules en phase de conception. Dans le sport, ce cycle est accéléré par la pression de la compétition. En industrie, il réduit les coûts de prototypage et de tests et raccourcit les délais de mise sur le marché.
Un écosystème au service des clients industriels
Ce qui distingue l’engagement d’ALTEN dans le sport, c’est que les projets sont portés par les ingénieurs qui travaillent au quotidien sur des missions aéronautiques, énergétiques ou de santé. Les onze ALTEN Labs en constituent l’infrastructure : des espaces d’expérimentation où se croisent fédérations sportives, laboratoires comme le CNRS, écoles d’ingénieurs et industriels. L’urgence de la compétition comprime naturellement les cycles de développement. Ce qui prendrait plusieurs années en R&D classique aboutit plus vite sous la contrainte d’une échéance sportive. Pour les clients d’ALTEN, c’est une façon d’accéder à des technologies éprouvées en conditions exigeantes, plutôt qu’à des prototypes théoriques.
compétences
Les projets sportifs constituent un terrain de développement de compétences directement utiles aux missions industrielles. L’analyse vidéo par IA, appliquée aux gestes d’un athlète, trouve des débouchés dans la prévention des risques en milieu de travail ou le contrôle qualité en production. La simulation aérodynamique développée pour le cyclisme alimente les outils de modélisation pour la conception de véhicules ou d’infrastructures. Les matériaux composites explorés dans le sport renseignent les choix d’éco-conception chez les clients engagés dans la décarbonation. Ce sont des savoir-faire testés en conditions réelles, qui enrichissent directement la palette technique mise à disposition des clients.
d’informations sur www.alten.com

Président d’Open, Frédéric Sebag invite à dépasser une approche défensive de la souveraineté numérique, souvent réduite aux données ou à la cybersécurité. Pour lui, la France doit penser le numérique comme une filière industrielle à part entière, capable de préserver ses savoirs et sa capacité d’action.

Frédéric Sebag, pourquoi estimez-vous que la souveraineté numérique doit être abordée autrement ?
Les données, le cloud, les composants ou les logiciels sont des sujets essentiels, mais ils ne suffisent pas. Un pays peut protéger ses données tout en perdant la maîtrise des logiciels qui les exploitent. Il peut sécuriser ses infrastructures tout en dépendant des plateformes, des méthodes ou des standards définis par d’autres. La souveraineté numérique n’est donc pas seulement une affaire de serveurs ou de logiciels. C’est une affaire de puissance. La vraie question est donc celle de savoir comment faire du numérique un attribut de puissance nationale, industrielle, culturelle et cognitive.
Que recouvre cette idée de puissance numérique ?
Elle suppose de considérer le numérique comme une filière industrielle à part entière, et non comme un simple ensemble d’outils au service des autres secteurs. Le numérique doit aussi exister pour lui-même ! On le voit avec les États-Unis ou la Chine. Le numérique est un élément fondamental de puissance, d’innovation et de création de richesse. Ce n’est pas seulement une filière de prestataires. C’est une capacité qui crée du leadership pour elle-même et pour toute l’économie. En France, nous avons encore trop tendance à le voir comme un fournisseur de moyens. Il faut changer de focale.
Vous insistez aussi sur la « souveraineté des savoirs ». Pourquoi ce sujet vous paraît-il sous-estimé ?
Parce que la dépendance commence souvent avant le contrat. Celui qui forme les ingénieurs, certifie les compétences, fournit les outils pédagogiques, impose les architectures de référence ou définit les standards finit par orienter tout le marché. Nous parlons beaucoup des données et des infrastructures et trop peu de cette dépendance des savoirs. À force de déplacer ces savoirs, que l’on sous-traite trop aujourd’hui hors de nos frontières, on déplace aussi la capacité à comprendre, auditer, contester et transmettre. Une souveraineté numérique réelle suppose de conserver cette intelligence localement.
L’intelligence artificielle peut-elle changer cette équation ?
Oui, à condition d’être correctement utilisée et maîtrisée. Avec l’IA, on peut reprendre vers nous une partie des savoirs aujourd’hui sous-traités parce qu’elle permet de travailler autrement dans des modèles économiques compétitifs. L’enjeu n’est pas de se fermer. C’est celui de retrouver de la compétitivité dans des conditions de sécurité et de maîtrise en renforçant notre modèle économique et social. Pourquoi alimenter ces modèles plutôt que le nôtre ? La souveraineté, c’est aussi être capable de défendre ce que l’on veut préserver.
Comment donner des moyens à cette ambition dans un contexte budgétaire contraint ?
Il faut d’abord mettre le sujet au bon endroit. Aujourd’hui, on traite souvent chaque dimension séparément : les composants, les logiciels, la donnée, la cybersécurité. C’est nécessaire, mais cela ne crée pas encore une ambition. Si l’on veut maîtriser notre destin, la dimension numérique doit devenir un objectif en soi. Les moyens peuvent aussi venir d’une redirection de notre propre dépense. Si l’on redirigeait seulement
30 % des dépenses françaises consacrées au Cloud et aux logiciels américains, nous aurions plus de huit milliards d’euros pour agir. C’est la même chose pour les services et les savoirs confiés à des entreprises situées en Inde, en Afrique du Nord ou en Europe centrale. En réorientant une partie de cette dépense vers une économie française, on recrée de l’ingénierie locale. La France a su bâtir de grandes filières dans le nucléaire, l’aéronautique, le spatial ou la défense. Elle doit faire la même chose avec le numérique en privilégiant une redirection de la commande publique et privée, une structuration des filières de formation et un soutien aux investissements. C’est d’ailleurs la mission que Numeum, syndicat patronal et organisation des professionnels du numérique, défend également avec conviction.
La souveraineté implique-t-elle de se fermer davantage ?
Non. La souveraineté n’est pas l’isolationnisme ni le protectionnisme. Nous vivons parmi les autres. Une nation souveraine n’est pas une nation qui se ferme. C’est une nation capable de coopérer sans se dissoudre, d’acheter sans se soumettre, d’innover sans s’aliéner, de réguler sans s’appauvrir. Pour moi, être souverain, c’est maîtriser sa dépendance. Depuis plusieurs années, la prise de conscience progresse. Ce n’est plus un sujet de fin de réunion. Avec les évolutions géopolitiques récentes, on comprend que ces liens peuvent devenir un risque, même lorsqu’ils concernent des alliés. La maîtrise de cette dépendance est devenue un sujet de direction générale et d’impératif stratégique.
Interview Marc-Antoine Guet
Plus d’informations sur www.open.global


Directeur général de PCSoft, Bruno Richet défend une vision du logiciel où l’innovation ne fragilise jamais l’existant. À l’heure où l’intelligence artificielle transforme le développement, il détaille comment l’éditeur français entend faire évoluer WINDEV Suite tout en restant fidèle à son exigence de pérennité.

Richet Directeur général, PCSoft
Depuis plus de 40 ans, PCSoft accompagne les entreprises dans la création d’applications professionnelles sur mesure. Désormais intégrée au groupe canadien Constellation Software via sa filiale Volaris Group, l’entreprise accélère ses investissements tout en conservant son ADN : qualité, sécurité et souveraineté. En pleine préparation d’un sommet ISV dédié à l’IA et à la modernisation des applications, Bruno Richet détaille l’écosystème logique construit autour de WINDEV Suite, où humains et technologies avancent ensemble.
Bruno Richet, comment PCSoft parvient-elle à concilier modernité et pérennité dans un secteur où tout évolue si vite ?
La modernité ne doit pas se construire contre l’existant, mais avec lui. Les entreprises ont besoin d’innover, mais aussi de stabilité. WINDEV Suite, notre solution de développement, s’inscrit dans cette logique : elle permet de faire évoluer les applications stratégiques en permanence, tout en assurant leur continuité. Cette capacité à accompagner les évolutions dans la durée est dans notre ADN, et c’est ce qui explique la pérennité de PCSoft.
La qualité et la sécurité semblent être au cœur de votre stratégie. Absolument. Les entreprises attendent des solutions performantes, fiables et sécurisées. Nous avons une profonde exigence technique, avec des cycles de maintenance réguliers et des versions LTS. La qualité est au cœur du moteur et nous revendiquons une forme d’exigence « à la française » que nous appliquons au développement logiciel. Par ailleurs, WINDEV Suite utilise le WLangage, un langage propriétaire non standard : les pirates, les bots ou les IA malveillantes ont donc plus de mal à l’attaquer.
Quelle place occupe l’intelligence artificielle dans votre stratégie ?
L’IA devient un compagnon, une armure de super-héros, pour les développeurs qui utilisent WINDEV Suite : génération de code, optimisation, détection d’erreurs. Du véritable « pair programming » avec l’IA ! Elle ouvre aussi de nouvelles perspectives pour les utilisateurs, avec des fonctions très complexes à traiter de manière algorithmique ou des assistances intelligentes intégrées aux applications. L’objectif n’est pas de remplacer les développeurs, mais de leur permettre d’aller plus vite et plus loin. Avec le soutien de Volaris, nous avons les moyens d’investir massivement dans ces domaines.
Vous évoquez souvent un « écosystème logique ». Qu’entendez-vous par là ?
Chez nous, l’écosystème n’est pas seulement technologique : il est aussi humain. Nous croyons à l’intelligence collective : seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin. Cet écosystème réunit nos équipes, nos clients, qui
sont aussi des partenaires, et les utilisateurs finaux autour de WINDEV Suite. Il s’appuie évidemment sur WINDEV Suite, une solution de développement performante, mais aussi sur des services complets : formation, assistance, consulting, audits, ainsi que PCSCloud pour l’hébergement. Tout est pensé pour fonctionner de manière cohérente. C’est un univers autonome qui se suffit à lui-même. Et comme nous sommes une entreprise 100 % française, nous garantissons une souveraineté numérique totale. Made in France !
Vous préparez un sommet ISV sur l’IA et la modernisation. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Nous organisons un événement d’envergure dédié aux ISV. L’ambition est simple : permettre à chacun de repartir plus riche, plus fort, avec des solutions concrètes pour moderniser les applications grâce à WINDEV Suite. En aidant nos clients à investir dans ce qui compte vraiment, dans ce qui a de la valeur, ce sommet se veut un accélérateur de croissance pour l’ensemble de notre écosystème logique.
Interview Marc-Antoine Guet
Plus d’informations sur www.pcsoft.fr
Déjà reconnue pour son expertise en investissement responsable, Goodvest franchit une nouvelle étape avec Goodvest First, une offre de gestion privée destinée aux matrimoines et patrimoines importants. Son ambition : proposer des solutions patrimoniales sophistiquées sans compromis sur les enjeux climatiques et sociaux.
Pionnier de l’épargne responsable en France, Goodvest passe un nouveau cap. L a fintech, qui revendique plus de 300 millions d’euros d’encours sous gestion et 20 000 clients, lance Goodvest First, son offre de gestion privée dédiée aux matrimoines et patrimoines significatifs. Une diversification stratégique qui marque l’entrée de la jeune entreprise sur un terrain jusqu’ici largement dominé par les banques privées traditionnelles.
Goodvest First combine l’ADN de la marque, une gestion alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris et excluant les énergies fossiles, avec des outils patrimoniaux haut de gamme : assurance-vie luxembourgeoise, crédit lombard, produits structurés et accès élargi aux actifs non cotés (private equity, venture capital, dette privée...).
« De plus en plus d’investisseuses et d’investisseurs fortunés viennent nous voir avec une conviction claire : leur capital doit contribuer à construire un monde durable et vivable. Or, la finance conventionnelle n’est malheureusement pas à la hauteur », explique Clarisse Cousty, responsable de Goodvest First. « La vocation de Goodvest First est précisément de structurer des stratégies sur mesure faisant de la transition écologique et sociale un pilier de la stratégie patrimoniale. »
Le positionnement est assumé : concurrencer les banques privées traditionnelles sur le terrain de l’impact, de la transparence et de l’innovation. Un pari audacieux, alors que les offres ESG des acteurs historiques restent souvent cantonnées au rang d’option
et rarement compatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris.
Avec ce lancement, Goodvest franchit une nouvelle étape de son développement et entend s’imposer comme un acteur de référence d’une finance à la fois performante et responsable.
Investir sur les marchés financiers comporte des risques de perte en capital. Toute décision d’investissement doit être prise au regard de votre situation, de votre profil d’investisseur et de vos objectifs.
Plus d’informations sur www.goodvest.fr




Pour Bruno Vaffier, directeur général de Cegid, l’intelligence artificielle ouvre une transformation comparable à celle provoquée par l’arrivée du logiciel. Encore faut-il la rendre fiable et suffisamment simple pour qu’elle ne reste pas réservée aux grands groupes.

Bruno Vaffier Directeur général, Cegid
Bruno Vaffier, vous avez pris la direction générale de Cegid à un moment où l’IA rebat les cartes du logiciel d’entreprise. Quelle vision portez-vous ?
Il faut d’abord mesurer ce qui se joue. L’impact attendu de l’intelligence artificielle sera comparable à celui du logiciel. Avant lui, les entreprises fonctionnaient encore largement avec des outils papier et des opérations manuelles. Le chemin parcouru est considérable. Avec l’IA, nous allons connaître une transformation du même ordre, mais en cinq ans plutôt qu’en 70. Le métier de Cegid consiste à donner aux entreprises, de l’auto-entrepreneur au groupe du CAC 40, les moyens de gérer et de développer leur activité. Nous intervenons dans les RH, la finance, la fiscalité ou le retail. Mettre l’IA au service de ces fonctions est clé.
Quels usages voyez-vous déjà apparaître dans le monde de l’entreprise ?
Le premier usage de l’IA a été celui de l’assistant, capable d’interroger une réglementation ou une information présente dans le système. Le deuxième est plus sophistiqué. Il consiste à détecter des erreurs, des schémas de fraude potentielle ou des signaux faibles noyés dans la masse d’informations. Dans la paie, par exemple, nous développons des modules de détection d’erreurs et de conformité, un domaine complexe vis-à-vis de l’administration.
Les agents IA représentent-ils l’étape suivante ?
Oui. Les agents IA sont capables de prendre en charge des tâches et d’exécuter des actions. Aujourd’hui, ces dernières restent simples, mais nous allons progressivement vers la prise en charge de processus entiers. L’assistant qui conseille
et donne accès à la connaissance va devenir une forme de coéquipier capable d’agir parce qu’on lui aura donné une direction.
Comment innover vite sans fragiliser la confiance des entreprises ?
Notre rôle n’est pas de développer un LLM. Nous ne sommes ni Mistral ni Anthropic. Nous prenons cette matière première qu’est l’IA générative pour la mettre au service de processus métiers très précis. Prenons la comptabilité. Dans une grande entreprise, il faut rapprocher les factures envoyées aux clients des paiements reçus. Parfois, les montants ne correspondent pas. L’outil détecte l’exception, cherche à l’expliquer, peut envoyer des mails et dialoguer avec les comptables concernés. En fonction des réponses, il prend ensuite des actions dans le système. Mais on ne peut pas faire cela avec ChatGPT tel qu’il existe directement. Il faut une couche logicielle, un cadre métier, des contrôles. L’IA est une technologie probabiliste : elle n’offre jamais 100 % de certitude. Or, dans la comptabilité ou les déclarations fiscales, on n’a pas le droit de se tromper. Quand il y a un doute, le logiciel doit le signaler et demander une vérification humaine. C’est cette ingénierie que nous mettons en œuvre.
Face aux grands acteurs du cloud et de l’IA, quelle place peut prendre un éditeur européen ?
Notre place tient d’abord à notre proximité avec les clients. Depuis 40 ans, Cegid accompagne en France et en Europe des entreprises qui nous confient leurs systèmes critiques. On ne peut pas arrêter les paiements fournisseurs ou la facturation. Nous opérons dans des cadres réglementaires qui varient selon les pays, avec une forte exigence de conformité. Un acteur européen a donc pleinement sa place par sa connaissance fine des besoins. Notre rôle est de relier les avancées technologiques aux besoins pratiques des entreprises. La souveraineté passe aussi par un écosystème vivant, avec des talents et des partenariats technologiques.
Comment éviter que l’innovation ne profite qu’aux grands groupes ?
Les grands groupes sont souvent très matures technologiquement et peuvent monter leurs propres équipes IA ou développer des logiciels
en interne. Les entreprises plus modestes n’ont ni le temps ni les moyens de tout faire ellesmêmes. Pour elles, la clé est la confiance. Nous opérons des systèmes critiques depuis 40 ans. Nous apportons donc un capital de confiance sur la sécurité des données, la fiabilité de l’IA et sa conformité. Une PME n’a pas besoin d’une boîte à outils complexe pour construire elle-même ses agents IA. Elle a besoin d’une solution directement utilisable, adaptée à un besoin métier. Notre rôle est de réaliser le dernier kilomètre de la technologie et de l’IA.
L’acquisition de Shine illustre-t-elle cette vision de l’innovation ?
Oui, car l’innovation ne se résume pas à l’IA. Shine est une plateforme destinée aux très petites entreprises. Elle propose un service financier et une suite logicielle adaptée à leurs besoins. Son intérêt est de réunir une offre complète dans une interface simple. Elle s’adresse à des entrepreneurs, des plombiers, des boulangers, pas à des spécialistes de la finance ou des ressources humaines. Faire simple est très compliqué.
Quel regard portez-vous sur l’adoption de l’IA en Europe ?
Nous pouvons parfois être réticents face à une nouvelle technologie. L’IA doit être regardée sans naïveté, mais avec optimisme. C’est l’une des clés de la compétitivité des années à venir. Nous ne pouvons pas passer à côté. Mais pour réussir cette adoption, il faut de la confiance et un écosystème solide.
Interview Marc-Antoine Guet
Plus d’informations sur +33 8 00 73 00 79 linkedin.com/company/cegid/ cegid.com

8 Brandreport • LumApps
Créée pour simplifier l’accès à l’information, aux outils et aux services du quotidien, LumApps accompagne les organisations dans la diffusion des usages et processus de l’entreprise. Avec l’IA, la plateforme intègre désormais des agents intelligents directement dans le travail quotidien.

Élie Mélois
CTO et co-fondateur, LumApps
«Aujourd’hui, l’usage de l’IA reste très conversationnel. Notre objectif est de permettre aux entreprises de construire des agents capables de transformer les processus et d’automatiser les actions entre plusieurs applications pour créer un impact réel à l’échelle de l’organisation. » Élie Mélois, CTO et co-fondateur de LumApps.
À mesure que les entreprises grandissent, l’accès à l’information et aux processus devient plus complexe. D’abord conçue
Brandreport • Palexpo
pour les employés de bureau, la plateforme touche aujourd’hui tous les collaborateurs, y compris les équipes terrain, via leur smartphone ou des écrans connectés et TV. LumApps centralise ainsi communication, outils, tâches et services dans un même environnement pour collaborer, accéder à des services internes, exécuter ses tâches ou suivre des opérations terrain. Beaucoup d’entreprises expérimentent l’IA, mais se heurtent à plusieurs limites : adoption difficile, multiplication des agents et des outils, usages dispersés. Les gains restent individuels, alors que le potentiel se situe dans la transformation des processus. Pour
LumApps, l’enjeu n’est plus seulement de proposer une IA capable de répondre à une question. Une IA capable d’agir déclenche une demande de congés, suit une note de frais ou coordonne des actions entre plusieurs applications.
Elle ne se contente plus d’expliquer une procédure : elle simplifie directement son exécution. Déjà utilisée quotidiennement par des millions de collaborateurs, LumApps se positionne comme une plateforme qui orchestre l’IA de manière personnalisée et sécurisée. Elle permet également de construire des agents capables d’automatiser des parcours connectés à plusieurs applications. Agnostique, LumApps revendique une approche ouverte compatible avec les grands écosystèmes du marché, tout en proposant une alternative française et européenne aux grandes plateformes américaines.
Plus d’informations sur lumapps.com
Dans l’aéronautique, le spatial ou la medtech, l’innovation ne se joue pas seulement sur les grandes avancées visibles, mais dans l’infiniment petit. À Genève, le salon EPHJ réunit chaque année les acteurs mondiaux de la haute précision, là où se conçoivent les technologies les plus fines, fiables et critiques de l’industrie.
L’aéronautique et le spatial ne recherchent pas seulement des innovations spectaculaires. Ils exigent des technologies fiables, miniaturisées, répétables et capables d’évoluer dans des environnements extrêmes. C’est précisément là qu’intervient l’écosystème réuni à l’EPHJ Geneva, le salon international de la haute précision, qui demeure chaque année le plus grand salon professionnel de Suisse.
Historiquement ancré dans l’horlogerie et la joaillerie, EPHJ est devenu au fil du temps le lieu de rencontre incontournable pour les entreprises actives dans les microtechnologies, les medtech, l’aéronautique et le spatial. On y retrouve des savoir-faire décisifs : micro-usinage, traitements de surface, nouveaux matériaux, fabrication additive, affinage des métaux précieux, contrôle qualité,
automatisation, capteurs, connectique, IA appliquée ou encore composants critiques.
Ce qui fait la force de cette communauté, c’est sa capacité à transformer une exigence extrême en solution industrielle. Dans l’horlogerie, les medtech, le spatial comme dans l’aéronautique, chaque micron compte, chaque gramme compte, chaque défaut peut avoir des conséquences majeures. Les entreprises présentes à EPHJ répondent à ces défis par une maîtrise fine des procédés, une culture de la haute précision et une capacité d’innovation très concrète, illustrée chaque année par l’Inno-Digest, qui recense près d’une centaine d’innovations applicables faisant progresser la haute précision.
À l’heure où les enjeux de souveraineté technologique reviennent au premier plan, cette concentration unique de compétences
prend une valeur nouvelle. Elle démontre que l’innovation ne se limite pas aux grands programmes visibles : elle se construit aussi dans les ateliers, les laboratoires, les start-up et chez les sous-traitants capables de concevoir et produire, avec talent, l’infiniment précis.
Palexpo Genève accueille
l’EPHJ 2026 du 16 au 19 juin 2026
L’EPHJ 2027 se déroulera du 8 au 11 juin 2027
www.ephj.ch

Depuis plus d’un siècle, Renault Group accompagne les grandes transformations économiques et sociales du pays. En faisant de son ancrage français l’un des piliers de sa stratégie, le constructeur entend démontrer qu’industrie de pointe et enracinement local peuvent avancer ensemble.
’est dans cette continuité que le Groupe a choisi, il y a cinq ans, d’ancrer son redressement sur le territoire national, avec une conviction : la performance industrielle se construit aussi par la proximité, les compétences et la force des écosystèmes locaux. Ce choix, pris à contre-courant des logiques de délocalisation, repose sur l’idée qu’il est possible de concilier industrie de pointe, compétitivité et enracinement local. Les résultats des dernières années le démontrent : transformer les sites français a été un choix triplement gagnant, au service de la décarbonation, de la compétitivité et de la souveraineté du pays dans les technologies critiques.
Investir en France pour capter la valeur des nouvelles chaînes technologiques et industrielles Depuis 2021, Renault Group a réalisé 13 milliards d’euros d’investissements en France et poursuivra cet effort avec 13 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030. Ses sites français sont au cœur de sa stratégie : véhicules électriques, logiciel, batteries, économie circulaire et innovation. Cette ambition se concrétise avec ElectriCity, premier pôle européen de production de véhicules électriques, réparti entre Douai, Maubeuge et Ruitz. ElectriCity s’appuie sur un écosystème de fournisseurs locaux, permettant de réduire les coûts logistiques et les émissions de gaz à effet de serre. En 2025, 17 % des achats mondiaux du Groupe ont
été effectués auprès de fournisseurs français. Sur le cycle 2026-2030, Renault Group prévoit d’augmenter de 20 % l’activité de ses usines par rapport au cycle précédent, avec la production de neuf nouveaux modèles en France, auxquels s’ajouteront quatre modèles partenaires. Avec 60 % de ses dépenses en R&D réalisées en France, les centres du Groupe (Technocentre, Lardy, Aubevoye) figurent à la pointe de l’innovation. Les 746 brevets déposés en 2025, qui placent Renault Group au 3e rang du classement INPI, témoignent de cette dynamique. L’innovation automobile doit aussi contribuer à protéger et à sauver des vies. Avec Fireman Access, une technologie développée avec les pompiers et mise en open source, le Groupe permet de réduire le temps d’intervention sur les incendies de véhicules électriques.
Construire une compétitivité industrielle durable
La compétitivité industrielle doit se construire collectivement, par l’alignement des efforts entre les entreprises et les pouvoirs publics. Renault Group prend sa part : investissements, modernisation de ses usines, transformation des compétences de ses salariés, amélioration continue de sa compétitivité. Le Groupe assume le coût d’une production exigeante, sur les plans social, environnemental et technologique. Cette trajectoire ne peut toutefois réussir sans le soutien d’une politique industrielle française et européenne cohérente. Pour maintenir une industrie automobile
compétitive et souveraine en Europe, les entreprises ont besoin d’un cadre donnant de la visibilité, libérant du temps d’ingénierie au profit de l’innovation et garantissant des conditions de concurrence équitables face à une concurrence extérieure féroce. Au niveau européen, cela suppose plus de stabilité et de flexibilité dans les trajectoires et les objectifs, afin de concilier ambition climatique et réalité industrielle. Au niveau français, l’engagement industriel appelle des conditions de compétitivité durables : prix de l’électricité, visibilité fiscale, soutien pérenne à l’innovation, accompagnement de la demande, ainsi que des dispositifs lisibles pour accélérer le passage vers l’électrique. Pour Renault Group, la France n’est donc pas seulement un héritage industriel. Elle est aussi un choix d’avenir.

Roxanne Varza
Cet été, Station F, le plus grand incubateur de start-up au monde, fêtera ses neuf ans. À sa tête depuis les débuts, Roxanne Varza, une Irano-Américaine passionnée par la France et le secteur des nouvelles technologies. Dans cette interview, elle donne une vision d’avenir positive pour l’innovation française et internationale.
Texte Léa Stocky Image màd
Roxanne Varza, comment est née votre passion pour la tech et l’entrepreneuriat ?
J’ai commencé à côtoyer des fondateurs et des entrepreneurs lors de ma première expérience professionnelle à San Francisco. J’ai rencontré des personnes optimistes, créatives, qui rêvent de changer le monde et qui sont souvent spécialistes de sujets très pointus. C’est donc avant tout cette expérience humaine, faite d’échanges et de partages, qui m’a tout de suite attirée et inspirée.
Votre amour pour la culture française et votre jeunesse en Californie vous ont amenée à travailler pour Business France. Que retenez-vous de cette période ?
J’ai été confronté à de nombreux clichés qui faisaient peur aux entrepreneurs américains : 35h, grèves, manifestations… Cependant, quand je suis arrivée en France en 2009, j’ai découvert tout un écosystème dont on ne parlait pas encore beaucoup, mais qui valait le coup d’être mis en avant. Cela me tenait donc à cœur de devenir la voix de cette communauté mal connue à l’étranger.
Vous avez été remarquée par Xavier Niel, fondateur de Station F, qui vous a placée à la tête du plus grand incubateur de start-up au monde. Comment avez-vous appréhendé ce challenge ?
Quand j’ai obtenu le poste, Station F n’était pas encore ouvert. Je n’en mesurais pas l’ampleur ; je cherchais plutôt à adopter une approche pragmatique. Mon objectif était d’avancer et de construire quelque chose qui réponde concrètement aux besoins des entrepreneurs. Je n’ai pas hésité à me lancer ! L’année dernière a été historique : les start-up de Station F ont levé 1,5 milliard d’euros. Ce moment marquant est un bon indicateur de tout le chemin parcouru et de l’évolution de l’écosystème dans son ensemble.

Comment fonctionne Station F et quelles sont les start-up les plus prometteuses depuis son lancement ?
Station F fonctionne comme une université, avec 30 programmes d’accompagnement pour les start-up. Les entrepreneurs peuvent ainsi choisir le cursus qui leur convient le mieux en fonction de leur secteur et de leurs besoins. Les programmes durent généralement de trois à six mois, mais une start-up peut y rester jusqu’à deux ans. L’objectif est de simplifier les premières années de vie d’une start-up et de son fondateur, grâce notamment à des services publics sur place, des ateliers, voire des appartements.
Concernant les start-up prometteuses, nous venons d’accompagner la licorne Hugging Face, une plateforme collaborative pour développeurs. Elle a été nommée parmi les dix entreprises qui comptent le plus dans le secteur de l’IA dans le monde.
Comment expliquez-vous le succès et la notoriété internationale dont bénéficie Station F ?
Station F a toujours été pensée pour être un campus international avec une grande diversité. Par exemple, nous avons changé le nom du bâtiment, la Halle Freyssinet, en quelque chose de plus facilement prononçable pour des non-francophones. Toutes nos communications se font aussi toujours en anglais. Par conséquent, nous avons aujourd’hui plus de 70 nationalités présentes sur le campus.
Quel est votre constat sur la place des femmes dans le secteur de la tech, historiquement très masculin ?
Bien que les femmes y soient encore minoritaires, j’ai toujours été optimiste. Je pense en effet qu’il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être une femme dans la tech. De plus en plus de fondatrices créent leur start-up, et de nombreuses entreprises recherchent des femmes à des postes de direction ou en tant qu’investisseuses. Il existe également davantage de structures pour les accompagner, ce qui n’existait pas il y a cinq ou dix ans. Les fondatrices ont une place à prendre, il ne faut pas qu’elles hésitent !
Quelle est votre vision globale de l’environnement économique actuel et, en particulier, de la tech avec l’omniprésence de l’IA ?
L’entrepreneuriat est un moteur de l’économie, et ce même quand les choses vont mal. Les périodes de crise sont aussi toujours des périodes de création. C’est d’ailleurs pour cet optimisme que j’adore ce milieu : les entrepreneurs sont toujours en train de chercher des solutions aux problèmes.
Alors que les entreprises françaises accélèrent leur transformation numérique, nombreuses sont celles qui souffrent encore de lenteur opérationnelle. Dans cette interview, Patrick Lalanne, VP et General Manager EMEA et APJ de Wrike, explique comment cette plateforme de gestion du travail aide les organisations à fluidifier la collaboration et à relier les humains aux données grâce à un environnement de confiance, une vision renforcée par l’intégration récente de Klaxoon.

Patrick Lalanne VP et General Manager EMEA et APJ de Wrike
Patrick Lalanne, quel diagnostic faites-vous de la productivité et des silos en France ?
Le monde du travail évolue aujourd’hui à une vitesse inédite et beaucoup d’organisations peinent encore à adapter leurs modes de fonctionnement. Le véritable enjeu n’est pas uniquement la fragmentation des outils, mais surtout celle des processus. Dans de nombreux grands groupes, chaque équipe développe ses propres méthodes, ses propres flux et ses propres systèmes, ce qui renforce les silos et complexifie la collaboration. Cette accumulation d’outils, de données et de canaux de communication crée une perte de visibilité et d’efficacité opérationnelle. C’est précisément là que Wrike apporte de la valeur : en aidant les entreprises à structurer leurs processus, fluidifier la collaboration entre les équipes et transformer cette complexité en un fonctionnement plus cohérent, plus agile et plus performant.
Face aux promesses de l’IA, en quoi Wrike se distingue-t-il ?
Le marché de l’IA est aujourd’hui saturé de promesses autour des « agents », mais la véritable difficulté pour les entreprises n’est pas uniquement technologique. Elle réside dans leur capacité à structurer leurs processus et leurs données pour rendre ces transformations réellement opérationnelles. Dans beaucoup d’organisations, les processus restent encore largement informels ou fragmentés, ce qui limite fortement l’exploitation de l’intelligence artificielle. L’approche de Wrike, renforcée par Klaxoon, consiste précisément à structurer ces modes de travail afin de générer des données fiables, exploitables et partagées. C’est cette fondation qui permet ensuite à des agents IA, qu’ils soient natifs de Wrike
ou externes, de cohabiter efficacement autour des mêmes référentiels et des mêmes données. Notre vision n’est pas de remplacer l’humain, mais de construire une plateforme de confiance capable d’orchestrer la collaboration entre les équipes, les processus et l’intelligence artificielle, afin de rendre ces transformations concrètes et durables.
Quel est le role de Klaxoon ?
Le Whiteboard de Klaxoon apporte l’intelligence collective et la créativité, ce que nous appelons la donnée chaude. Wrike apporte la structure. En réunissant les deux, nous obtenons une IA qui ne se contente pas de traiter du texte, mais qui s’appuie sur notre Work Intelligence Graph. C’est un système conscient des permissions et des contextes métier. En combinant le Whiteboard de Klaxoon et Wrike, nous permettons à l’IA d’agir de manière fiable dans des workflows que les humains maîtrisent et valident. Cette approche est directement issue des besoins de nos clients. En 2026, 70 % de notre roadmap produit est dédiée aux frictions réelles remontées par les utilisateurs. Et cela se voit dans nos priorités : cette année, nous avons livré davantage de mises à jour liées à la gouvernance qu’à l’IA elle-même. Parce que la gouvernance est précisément ce qui rend l’IA exploitable en entreprise.
Le « Wrike MCP Server » brise-t-il les silos des entreprises ? Absolument. Notre approche repose sur une logique d’écosystème et d’interopérabilité. Avec le Wrike MCP Server, des assistants comme ChatGPT, Claude ou Microsoft Copilot peuvent accéder de manière sécurisée et en temps réel aux données structurées de Wrike grâce à une gouvernance et des mécanismes d’authentification adaptés. Notre rôle est de permettre à ces agents externes de s’intégrer dans un cadre cohérent et auditable. Lors d’un projet récent, un client a ainsi réduit le temps de traitement de certaines idées de plus de trois heures à seulement quinze minutes. C’est cela, la réalité de l’IA en entreprise : redonner du temps aux équipes pour l’expertise et le jugement humain.
Votre message aux dirigeants sur l’IA agentique ?
Le travail évolue extrêmement vite et les entreprises n’avancent pas toutes au même rythme. Certaines sont prêtes à déployer des agents, tandis que d’autres doivent d’abord structurer leurs fondations. Wrike apporte de la valeur dans les deux contextes. En structurant les flux et les données, nous créons le socle nécessaire pour que les agents travaillent à partir de référentiels fiables. Wrike n’est plus uniquement un système de gestion du travail : la plateforme devient un véritable système de gouvernance pour l’intelligence artificielle et un système d’action pour les équipes. Nous ne proposons pas une vision théorique, mais une réalité opérationnelle sécurisée qui garde l’humain au cœur de la décision.
Interview Léa Stocky
Wrike est une plateforme de gestion du travail collaboratif utilisée par plus de 20 000 entreprises dans le monde. Avec l’intégration de Klaxoon, Wrike combine gestion de projet, collaboration visuelle et IA dans un environnement unique. La plateforme permet aux équipes de passer plus rapidement de l’idéation à l’exécution grâce à des whiteboards collaboratifs, des agents IA, des workflows automatisés et des outils de gouvernance avancés adaptés aux environnements complexes et réglementés.
Plus d’informations sur www.wrike.com

« Notre ambition est qu’à terme, jeter un mégot dans
geste socialement inacceptable »
Chaque année, des milliards de mégots finissent encore sur les trottoirs, dans les caniveaux ou dans la nature. Pour répondre à ce défi environnemental et urbain, Alcome déploie une approche mêlant financement des collectivités, équipements et sensibilisation des fumeurs. Pour Vincent Zappia, président de l’éco-organisme Alcome, la clé se trouve avant tout dans l’évolution des comportements.

Vincent Zappia Président, Alcome
Vincent Zappia, quel est le rôle d’Alcome dans l’écosystème environnemental français ?
Depuis sa création en 2021, l’éco-organisme Alcome a construit les fondations d’une filière unique en France : celle dédiée à la réduction voire à l’élimination des mégots mal jetés dans l’espace public. Les premières années ont été consacrées à la structuration de la filière, au développement du réseau de collectivités partenaires et à la mise en place d’outils de sensibilisation. Nous avons prévu d’investir plus massivement dans la sensibilisation des fumeurs dans les mois à venir, car notre conviction, confirmée par nos études, est que le changement durable passe d’abord par l’évolution des comportements. C’est là que nous pouvons avoir l’impact le plus fort : aider chacun à comprendre que le mégot n’est pas un petit déchet anodin, mais un déchet qui doit être correctement jeté.
Comment la REP change-t-elle la gestion des mégots ?
Ce qui me frappe le plus, c’est le renversement de logique que cette REP opère. Avant, les collectivités portaient seules les coûts de sensibilisation des fumeurs et du nettoyage des mégots. Désormais, et c’est le principe même de la REP, les fabricants de tabac et de filtres, grands et petits, financent la filière, et cet argent revient directement aux territoires sous forme de soutiens concrets : équipements de collecte, campagnes de sensibilisation, aide au nettoyage, accompagnement opérationnel.
À qui vous adressez-vous en priorité ?
Notre modèle repose sur plusieurs acteurs complémentaires. Les collectivités sont nos principaux interlocuteurs opérationnels, car elles gèrent l’espace public et déploient
les solutions sur le terrain. Les fabricants financent la filière dans le cadre de la REP. Mais notre priorité reste les fumeurs : sans évolution des comportements individuels, il est impossible de réduire durablement les mégots jetés au sol.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées ?
J’en vois principalement trois. D’abord, le coût : le ramassage des mégots mobilise du temps, des agents et des moyens logistiques importants. Ensuite, la nature même du déchet : le mégot est petit, diffus et jeté partout, ce qui rend sa collecte particulièrement complexe. Enfin, il y a la dimension comportementale : beaucoup de fumeurs ne perçoivent pas encore le mégot comme un véritable déchet, ce qui entretient des réflexes ancrés depuis des décennies.
Quelles actions menez-vous pour changer les habitudes des fumeurs ?
Les cendriers et éteignoirs sont indispensables, car il faut proposer une alternative concrète aux fumeurs. Mais nous travaillons aussi sur d’autres leviers : campagnes de sensibilisation, signalétique pédagogique dans l’espace public, distribution de cendriers de poche ou encore actions menées avec des collectivités, des associations et des entreprises. L’objectif est d’installer progressivement une nouvelle norme sociale autour du bon geste.
Quels types de campagnes ou de dispositifs fonctionnent le mieux ?
Les actions les plus efficaces sont celles qui combinent présence terrain et
participation citoyenne. Les opérations de ramassage participatif, comme le Mégothon, ont un fort impact car elles rendent visible l’ampleur du problème. Les partenariats avec des festivals, événements sportifs ou culturels fonctionnent très bien, car ils permettent de sensibiliser les fumeurs dans des contextes concrets et avec un discours non culpabilisant.
Observez-vous une prise de conscience plus forte de la part des élus locaux ?
Oui, clairement. Il y a quelques années encore, le sujet était considéré comme secondaire. Aujourd’hui, de plus en plus d’élus voient la propreté de l’espace public comme un véritable enjeu d’image et d’attractivité. Cette prise de conscience progresse, même si elle ne se traduit pas encore partout par des actions concrètes.
Quelle est votre vision à long terme ?
Oui, et je le dis sans naïveté. Le mégot au sol reste avant tout un comportement que l’on peut faire évoluer avec les bons leviers : sensibilisation, équipements et mobilisation collective. Jeter son mégot dans la rue est un geste culturel et quasi inconscient qui prend du temps à faire disparaître, mais nous y arriverons. Notre ambition est qu’à terme, jeter un mégot dans la rue devienne un geste socialement inacceptable, comme d’autres formes de déchets abandonnés aujourd’hui.
Pourquoi le problème des mégots reste-t-il massif malgré des années de sensibilisation ?
Parce que le geste reste très banalisé et souvent inconscient chez de nombreux fumeurs. Il y a aussi un manque d’alternatives visibles dans certains espaces publics, ainsi qu’un faible niveau de sanction dans les faits. Pour faire évoluer durablement les comportements, il faut agir simultanément sur la sensibilisation, les équipements et la responsabilisation, et c’est précisément ce que nous cherchons à faire.

Présent dans plus de 20 pays et fort d’un vaste réseau d’agences locales, Equans conçoit, installe et exploite des infrastructures énergétiques et industrielles pour les entreprises et les territoires. À l’heure où la transition énergétique accélère les transformations du secteur, Philippe Kerignard, directeur de l’innovation et du digital du groupe, défend une innovation pragmatique, capable d’allier performance technologique, sobriété énergétique et efficacité économique.

Philippe Kerignard Directeur de l’innovation et du digital du groupe Equans
Philippe Kerignard, selon vous, quelles technologies auront le plus d’impact à venir ?
Les innovations se feront à la charnière entre plusieurs technologies. La data et l’IA qui permettent de rendre les sites industriels et les bâtiments plus intelligents, capables d’anticiper les pannes, de s’adapter en temps réel aux usages, au prix de l’énergie et aux besoins des occupants. Cela permet de libérer du temps sur site pour les compétences à forte valeur ajoutée et à la relation client. Le jumeau numérique pour simuler, anticiper le comportement des infrastructures et faciliter la maintenance prédictive, réduire les consommations et améliorer la sécurité. L’exploitant comprend mieux son installation, pour accroître sa performance en continu. L’électrification et la décarbonation vont transformer les bâtiments, l’industrie et les territoires en les rendant plus sobres, plus locaux et plus flexibles. L’enjeu clé est d’orchestrer l’énergie, les usages, le stockage, la maintenance dans un système cohérent et économiquement performant. Enfin, la cybersécurité. On ne peut pas parler de ville intelligente ou d’usine 4.0 sans parler de protection des données, de continuité d’activité et de souveraineté des infrastructures.
Comment concilier innovation technologique, sobriété énergétique et impératifs économiques ?
On ne peut pas opposer innovation technologique, sobriété énergétique et impératifs économiques. La bonne innovation permet de faire mieux avec moins : moins d’énergie, moins de carbone, moins de gaspillage, mais plus de sécurité, de performance, de fiabilité et de valeur pour le client. L’innovation ne doit pas être
une course à la complexité. Chez Equans, ce sujet est abordé avec pragmatisme. Avant de déployer une technologie, il faut mesurer les usages, comprendre les installations, identifier les pertes et prioriser les actions les plus efficaces. Les contrats de performance énergétique développés par le groupe illustrent bien cette démarche, où le digital alimente des boucles d’optimisation garantissant des gains immédiatement mesurables.
Pouvez-vous citer un ou deux projets emblématiques d’Equans ?
Le data center du CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) illustre bien la valeur d’Equans à intégrer des expertises multiples pour livrer une infrastructure critique performante. On intervient sur toute la chaîne de valeur, de la conception aux travaux, jusqu’à la performance énergétique et la maintenance dans la durée. Un data center n’est pas seulement un bâtiment technique : c’est un actif stratégique, très consommateur d’énergie, qui doit être conçu, refroidi, sécurisé et maintenu avec une exigence extrême.
Le projet CENAQ (Connexion Electrique des NAvires à Quai) est un bon exemple de coopération entre acteurs publics, industriels et territoriaux. Il permet aux navires de croisières à quai de se raccorder à l’électricité terrestre plutôt que d’utiliser leurs moteurs diesel, il réduit les émissions, le bruit et l’impact environnemental. Ce projet, qui s’inscrit dans une ambition décarbonation du port de Marseille Fos, mobilise des expertises clés d’Equans en électricité haute puissance, supervision, sécurité et performance énergétique, et montre la capacité d’Equans à transformer une ambition environnementale en solution industrielle concrète très innovante.
Comment faites-vous évoluer compétences et métiers ?
Faire évoluer les compétences, chez Equans, c’est d’abord accompagner les femmes et les hommes de l’entreprise. La transition énergétique, le digital, la data ou l’IA transforment nos métiers, mais notre force reste l’expertise terrain de nos techniciens, ingénieurs, mainteneurs
et chefs de projet. Notre enjeu est de faire grandir leurs expertises. Cela passe par la formation, la transmission entre générations, les passerelles entre métiers et l’accompagnement au changement. Les Equans Académies jouent un rôle clé dans cette dynamique, en permettant à nos collaborateurs de se former tout au long de leur parcours, de renforcer leurs expertises techniques et de se préparer aux métiers de demain. La technologie est un levier, mais l’humain doit rester au centre.
Comment Equans se positionne-t-il aujourd’hui dans son secteur ?
Notre différenciation tient à notre approche hybride : nous combinons une forte présence locale avec 750 agences en France par exemple et une expertise technologique pointue. Notre implantation dans plus de 20 pays nous donne la capacité d’aller chercher la meilleure solution déjà éprouvée là où elle se trouve. Enfin, nous intégrons les solutions de bout en bout : conception, installation, exploitation. Cette approche nous permet de transformer concrètement les infrastructures, pas seulement de les équiper.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans les transformations du secteur ?
Ce qui m’enthousiasme profondément, c’est que nos métiers se situent au cœur des grands défis contemporains : transition énergétique, décarbonation, réindustrialisation, transformation des territoires. Sur le terrain, nous avons la capacité d’agir concrètement, avec des équipes qui transforment des idées technologiques en solutions visibles, utiles et mesurables, pour les clients comme pour les citoyens. Au sein d’Equans, cette dynamique prend forme à travers des innovations qui améliorent la performance des infrastructures, renforcent la compétitivité des acteurs économiques et contribuent à répondre aux enjeux climatiques. Une transformation qui donne du sens à nos métiers et en renouvelle profondément la portée.


L’intelligence artificielle et les innovations digitales transforment profondément les modèles économiques et les usages. Entre compétitivité, souveraineté et créativité, les entreprises accélèrent leur mutation pour répondre aux nouveaux enjeux technologiques.
’intelligence artificielle et les innovations digitales redessinent aujourd’hui en profondeur les organisations et les secteurs d’activité. Longtemps perçues comme de simples outils d’optimisation, ces technologies occupent désormais une place centrale dans les stratégies de transformation des entreprises et des institutions.
Automatisation des processus, exploitation des données, cybersécurité, outils conversationnels ou personnalisation des services : l’IA ouvre un nouveau cycle d’innovation qui touche aussi bien l’industrie que la finance, la santé, les médias ou la distribution. Au-delà des gains de productivité, ces évolutions permettent de développer de nouveaux usages et de renforcer la relation avec les clients et les partenaires.
Brandreport • ABEE
Mais cette transformation ne se limite pas à la technologie. Elle implique également une évolution des compétences, des modes de travail et des modèles de gouvernance. Les entreprises doivent aujourd’hui concilier performance, agilité et responsabilité dans un environnement en mutation rapide. L’innovation digitale soulève également des enjeux stratégiques majeurs. La maîtrise des données, des infrastructures et des modèles d’intelligence artificielle devient un élément clé de souveraineté économique. Dans un contexte de concurrence mondiale accrue, la capacité à développer des solutions locales, sécurisées et conformes aux réglementations européennes représente un enjeu déterminant pour préserver l’autonomie technologique des organisations.
Parallèlement, l’essor des outils génératifs transforme les métiers de la création, de la communication et des contenus. Cette nouvelle dynamique ouvre des perspectives inédites en matière d’expression et d’innovation créative, tout en posant des questions essentielles autour de l’éthique, de la propriété intellectuelle et du rôle de l’humain.
Plus qu’une évolution technologique, la transformation digitale apparaît désormais comme un projet stratégique global. Les acteurs qui réussiront seront ceux capables d’allier innovation, confiance et vision de long terme afin de construire un modèle à la fois performant, durable et souverain.
Texte SMA
ABEE, plateforme d’IA 100 % française, équipe sièges, agences et sites sensibles d’une nouvelle génération de solutions hospitality et sécurité, disponibles 24/7, conversationnelles en 52 langues, connectées à Teams et accessibles par QR code.
Quatre solutions, un socle IA souverain. Voice AI répond, qualifie et oriente chaque appel sans temps mort. ABEE App unifie l’UX des occupants et visiteurs du smart building : pré-enregistrement, badge digital, réservations, conciergerie et services pilotés depuis une seule application.
ABEE Hologramme transforme l’accueil en signature : une hôtesse holographique immersive et opérationnelle. ABEE Sentinel, robot quadrupède autonome, patrouille les sites critiques avec vision IA et traçabilité conforme.
Adossée à AXCESS, vingt ans d’expertise hospitality, ABEE allie puissance algorithmique et excellence terrain. Hébergement en France, RGPD, souveraineté technologique : une infrastructure IA pour les actifs d’une France compétitive.
Pierre Perdreau, fondateur : « L’IA au service de l’humain ».
Plus d’informations sur www.abeeconnect.com


Alors que la France et l’Europe cherchent à renforcer leur souveraineté économique, la question du financement de l’innovation devient déterminante. Représentant les acteurs du capital-investissement, de l’infrastructure et de la dette privée, France Invest met en avant le rôle structurant de ses membres dans l’accompagnement aux entreprises innovantes. Sophie Paturle, sa présidente, en expose les enjeux et les perspectives.

Sophie Paturle Présidente de France Invest
Sophie Paturle, l’innovation est au cœur de toutes les stratégies économiques. Où en est la France aujourd’hui ?
La France et l’Europe disposent d’atouts majeurs : une recherche d’excellence, des entrepreneurs talentueux et une épargne abondante. Pourtant, en matière de capital-innovation, les montants levés en Europe sont dix fois plus faibles qu’outre-Atlantique sur la dernière décennie. Ce différentiel traduit un sous-investissement structurel qui, à terme, fragilise notre compétitivité.
Le financement est donc le nerf de la guerre ?
Plus que jamais. Le capital-investissement joue déjà un rôle central dans le soutien à l’innovation. Les 470 membres de France Invest accompagnent les entreprises en moyenne entre cinq et sept ans, parfois davantage, grâce à des financements patients et à une véritable expertise stratégique. Concrètement, ils soutiennent plus de 11 000 entreprises, dont 8500 en France, représentant 2,5 millions d’emplois. Parmi elles, plus de 4600 startups et PME innovantes bénéficient directement de ces capitaux. Dans un contexte de cycles tendus et de raréfaction du capital-innovation, ces financements sont essentiels pour assurer le passage de la recherche au marché, puis à l’industrialisation. C’est d’autant plus stratégique que la France consacre seulement 2,3 % de son PIB à la R&D, un niveau qui progresse moins vite que chez plusieurs de ses partenaires.
Pourquoi ce rôle est-il si stratégique aujourd’hui ?
Car l’innovation est devenue un enjeu de puissance. L’IA, la deeptech ou encore les technologies liées à la transition
énergétique sont désormais des secteurs de souveraineté économique et industrielle. La compétition mondiale est rude et le risque de décrochage est réel : si ces technologies ne sont pas financées en Europe, elles le seront ailleurs, ce qui accroît le risque de dépendance à des solutions étrangères.
En France, 36,4 milliards d’euros ont été investis en 2025 par les acteurs du capitalinvestissement dans 2904 entreprises et projets d’infrastructure, principalement dans l’industrie (7,2 Md€), le numérique (6,1 Md€), les biens et services de consommation (5,5 Md€) et la santé (4,8 Md€), avec un fort soutien aux infrastructures énergétiques (3,6 Md€), sans oublier la défense (près d’1 Md€ investis en capital et en dette en 2025). Orienter davantage de capitaux privés vers nos startups, PME innovantes et champions technologiques est indispensable pour préserver notre autonomie économique et notre capacité d’innovation.
Qu’est-ce qui freine cette montée en puissance ?
Les ressources existent, mais elles doivent être mieux orientées vers l’économie réelle. Cela passe notamment par l’adaptation des véhicules d’épargne afin de faciliter l’accès au capital-innovation, et ainsi favoriser l’investissement des institutionnels et des family office notamment et des investisseurs particuliers. Deux autres freins dominent : la perception du risque et la durée longue de détention. D’où l’intérêt de mécanismes publics de partage du risque et du développement de marchés secondaires, capables d’apporter davantage de liquidité. Enfin, nous devons progresser collectivement sur l’acceptation du droit à l’échec. Les grandes nations de l’innovation savent qu’un revers n’est pas une disqualification. La France doit encore évoluer sur ce point.
Quelles solutions pour changer d’échelle alors que l’Europe cherche à accélérer sa dynamique d’innovation ?
Trois priorités se dégagent : mobiliser davantage l’épargne longue, faire émerger des fonds européens de taille critique et simplifier le cadre réglementaire et prudentiel.
La réussite repose sur une chaîne de financement complète, depuis les premières étapes jusqu’au succès sur le marché. À chaque stade (pre-seed, seed, venture, growth), l’investissement public joue un rôle majeur d’amorçage et d’effet d’entraînement pour mobiliser davantage de capitaux privés et accompagner l’émergence des projets, puis leur passage à l’industrialisation. La commande publique est aussi déterminante : un premier marché donne une référence client et permet de réaliser du chiffre d’affaires. Souvent plus efficace qu’une subvention, il valide une technologie et accélère son passage à l’échelle. Enfin, les passerelles entre recherche, entrepreneurs et investisseurs doivent encore se renforcer. France Invest y contribue activement.
Peut-on parler d’un enjeu de souveraineté ?
Absolument. Le capital-investissement contribue déjà au financement de secteurs stratégiques, comme la défense, l’énergie, l’IA et soutient plus largement la réindustrialisation. La mobilisation des capitaux français et européens est une condition essentielle au développement et au succès de nos entreprises, mais aussi à leur ancrage en France et en Europe une fois qu’elles atteignent une reconnaissance internationale. À défaut, ce sont la Chine et les États-Unis qui développeront les technologies de demain ou qui rachèteront nos entreprises lorsqu’elles auront réussi à émerger.
Quel message souhaitez-vous porter à l’occasion de VivaTech et d’autres salons sur le financement de l’innovation ?
Investir dans l’innovation n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique. Le capital-investissement est pleinement engagé aux côtés des entrepreneurs pour transformer les innovations en croissance et en emplois. Mais pour rester dans la course mondiale, nous devons collectivement changer d’échelle. Financer l’innovation aujourd’hui, c’est garantir notre souveraineté de demain.
Face à l’essor des data centers et à un cadre réglementaire de plus en plus exigeant, SOCOTEC accompagne les acteurs du numérique en France et à l’international pour sécuriser, optimiser et accélérer le développement de leurs projets, de l’edge aux giga-datacenters :
Due diligence et aide à la sélection du site
(Sites et sols pollués, etc.)
Autorisations environnementales et ICPE
Études biodiversité, eau, énergie et qualité de l’air
Contrôle technique construction
Prévention HSE et Coordonnation SPS
Commissioning Agent (CxA)
Optimisation de la consommation énergétique avec solution de financement (CEE, CPE)
Optimisation de la ressource eau
Vérifications réglementaires en phases construction et exploitation
Certifications ISO, EN 50 600 et environnementales (LEED, BREEAM, etc.)
Grâce à une approche intégrée, nous aidons nos clients à anticiper les contraintes réglementaires, renforcer l’acceptabilité locale et sécuriser la performance durable de leurs infrastructures.



Président de l’association OrbiMob’, Patrick Oliva porte la troisième édition du Sommet des Mobilités Territoriales Durables, organisée à Clermont-Ferrand les 22 et 23 septembre 2026. À partir du cas d’étude du Massif central, l’événement entend structurer une dynamique collective pour accélérer la transformation des mobilités dans les territoires.

Oliva Président de l’association OrbiMob’
Il y a les mobilités dont on parle : celles des grands centres urbains, avec tram, métro, bus… et celles des grands corridors ferroviaires, aériens, maritimes, routiers. Puis il y a celles, beaucoup plus discrètes, qui structurent la majeure partie des territoires : déplacements quotidiens en voiture, bus, TER… et transport de fret, par camions essentiellement. Ce sont ces mobilités territoriales, dans un rayon d’environ 150 à 200 kilomètres autour d’une grande aire urbaine, que l’association OrbiMob’ veut replacer au centre du débat.
Dans les zones rurales, les bourgades, les petites villes et les espaces périurbains des métropoles moyennes, l’amélioration des transports piétine encore. Ces territoires concernent pourtant une part majeure de la population mondiale et de l’activité productive. Ils abritent des exploitations agricoles, des PME, des sites industriels et des habitants pour qui se déplacer conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux services de santé ou aux activités sociales. Face à cette réalité, à la baisse des investissements en infrastructures, à la lenteur du développement de solutions collectives innovantes qui soient de vraies alternatives à l’usage des voitures individuelles, et à la pression concomitante du législateur pour décarboner l’économie, les inquiétudes se multiplient. Les entreprises voient leurs coûts logistiques augmenter et rencontrent de plus en plus de difficultés liées aux problèmes de mobilité de leurs salariés. Pour Patrick Oliva, le constat est clair : « Ce sujet critique des mobilités territoriales manque encore de visibilité officielle et ne

reçoit donc pas l’attention qu’il mérite.» Depuis 2022, l’association œuvre à mobiliser les échelons régionaux, nationaux et internationaux. L’ambition, résume Patrick Oliva, est de « construire un chemin attractif et efficace de transformation pragmatique des mobilités dans les territoires, au service de la qualité de vie des personnes et de la réussite des entreprises ». Cette approche, qui doit être économiquement réaliste, doit aussi simultanément prendre en compte trois dimensions fondamentales : la mobilité comme facteur de liberté et d’équité, comme moteur de vitalité territoriale, mais aussi comme chantier majeur du défi écologique mondial.
Une vision partagée à construire
La troisième édition du Sommet doit permettre de poursuivre cette reprise en main du sujet par l’offre de solutions concrètes : services rail/route élargis et mieux coordonnés, logistique intelligemment mutualisée, véhicules électriques abordables, covoiturage et autopartage structurés, liaisons aériennes propres de courte distance, transport à la demande, navettes rurales autonomes... sans oublier la promotion des mobilités actives pour lutter contre le fléau de l’hypersédentarité, même en milieu rural. Organisé à ClermontFerrand, l’événement fait du Massif central un cas d’étude, mais aussi un laboratoire qui peut devenir, selon Patrick Oliva, « la pierre angulaire d’une démarche mondiale vers des mobilités territoriales économiquement accessibles mais efficaces ». OrbiMob’ défend d’abord la nécessité d’une vision structurée partagée, construite avec les acteurs publics et privés, et insiste sur la nécessité d’écarter les visions simplistes. Les mobilités territoriales supposent de reconnaître la complexité du sujet et la nécessaire dimension multidisciplinaire des réponses possibles, en adaptant si possible les meilleures solutions existantes, et surtout en innovant davantage sur le terrain. Le Sommet veut ainsi créer les conditions d’un dialogue réunissant institutions, entreprises, chercheurs, élus et habitants. Conférences, ateliers et rencontres
informelles autour des stands doivent permettre de faire émerger des réponses adaptées aux réalités locales et à l’évolution des besoins des entreprises comme des citoyens. L’édition 2026 s’inscrit aussi dans le contexte de la décennie des mobilités durables initiée par les Nations Unies pour la période 20262035. Pour OrbiMob’, cette séquence doit permettre de donner une résonance plus large à des sujets souvent considérés comme locaux, alors qu’ils sont aussi mondiaux. Les territoires ruraux ou périurbains existent sur tous les continents, avec des besoins comparables. Le défi consiste donc à dépasser les oppositions habituelles. La transition écologique ne peut réussir sans tenir compte de la qualité de vie des personnes ni de la réussite des entreprises. À l’inverse, le développement territorial ne peut pas ignorer la protection de la biosphère. C’est dans cette articulation qu’OrbiMob’ veut inscrire son action.
En réunissant institutions publiques et privées, experts nationaux et internationaux, le Sommet veut élargir une dynamique mobilisatrice. Pour Patrick Oliva, « la transformation des mobilités territoriales doit devenir un chantier collectif majeur ». Un chantier local dans ses applications, mondial dans ses implications.
Texte Marc-Antoine Guet
Plus d’informations sur contact@orbimob.com www.orbimob.org/smtd-2026
Et si l’IA rendait les marques moins originales ? C’est le paradoxe observé par Kantar, spécialiste mondial des études marketing et de l’intelligence de marque. Pour Elodie Touche, Directrice Département Innovation Kantar France l’enjeu n’est plus d’utiliser l’IA pour produire toujours plus d’idées, mais de retrouver une capacité de différenciation dans un environnement dominé par les mêmes données et les mêmes algorithmes.

Elodie Touche
Directrice Département Innovation
Kantar France
Elodie Touche, aujourd’hui, tout le monde parle d’IA comme moteur d’innovation. Où se situe, selon vous, la vraie rupture ?
La vraie rupture n’est pas technologique, elle est décisionnelle. Aujourd’hui, toutes les marques ont accès à des outils extrêmement puissants. L’avantage compétitif ne vient donc plus de la technologie elle-même, mais de la capacité à transformer cette abondance d’informations et de possibilités en décisions stratégiques claires et assumées.
Nous sommes en train de passer d’une logique d’idéation de masse à une logique d’intelligence décisionnelle. Les marques qui gagnent ne sont pas celles qui génèrent le plus d’idées, mais celles qui savent où jouer, pourquoi et avec quelle légitimité.
Pourtant, l’IA est censée stimuler la créativité… Elle le fait, mais elle crée aussi un paradoxe. Les modèles génératifs reposent sur des données existantes : ils recombinent, optimisent et réassemblent ce qui est déjà là. Leur logique tend naturellement vers une forme de moyenne.
Résultat : beaucoup de marques explorent les mêmes tendances, utilisent les mêmes codes et finissent par produire des innovations très proches les unes des autres. Nous parlons parfois « d’innovation moyenne ». Ce phénomène est déjà visible dans les campagnes, les contenus ou même certains lancements produits.
Chez Kantar, nous observons d’ailleurs une baisse de la différenciation perçue des marques depuis plusieurs années. Cela traduit une difficulté croissante à apparaître comme
réellement singulier dans un environnement saturé de signaux et de contenus.
Comment éviter ce « grand lissage » ?
Il faut arrêter de chercher uniquement des idées et commencer à chercher des tensions. Les opportunités de croissance se trouvent là où se croisent les évolutions culturelles, les nouveaux usages, les frustrations consommateurs et la légitimité propre de la marque.
La question n’est plus : « quelle idée lancer ? », mais plutôt : « dans quel espace faut-il jouer ? ». Les entreprises les plus performantes travaillent beaucoup plus en amont, sur l’identification des territoires d’opportunité capables de créer une vraie différence. Dans un monde saturé d’IA, la valeur ne vient plus seulement de ce que les marques imaginent, mais surtout de ce qu’elles choisissent.
Quels signaux regardez-vous aujourd’hui pour anticiper ces évolutions ?
Nous travaillons sur un système multi-signaux. Nous analysons les évolutions culturelles, les comportements consommateurs, les conversations sociales, les usages digitaux, mais aussi désormais les requêtes et contenus issus des LLM et des assistants IA. Ce qui nous intéresse surtout, ce sont les points de collision entre ces différents signaux. C’est souvent à cet endroit que naissent les véritables opportunités d’innovation.
Beaucoup d’entreprises disent être submergées par la donnée. Comment passer de l’information à la décision ?
Le problème aujourd’hui n’est pas le manque de données, c’est l’excès. Les directions marketing disposent d’une quantité immense d’informations, mais sans toujours avoir la capacité de hiérarchiser ce qui compte réellement. L’enjeu consiste donc à passer de la donnée brute à une logique de priorisation : quels signaux sont réellement stratégiques ? Où investir ? Quelles opportunités sont actionnables ? C’est cette capacité d’arbitrage qui devient déterminante.
Quel rôle reste-t-il à l’humain dans ce contexte ?
Il reste central. L’IA apporte la vitesse, le volume et la capacité d’analyse. Mais l’humain apporte le sens, le jugement, l’intuition culturelle et la responsabilité.
Plus l’IA progresse, plus l’expertise humaine devient critique. La créativité reste profondément humaine. L’IA peut amplifier et structurer cette créativité, mais elle ne remplace pas la compréhension fine des comportements, des émotions ou des tensions culturelles.
L’IA transforme-t-elle aussi la manière dont les consommateurs choisissent les marques ?
Oui, profondément. Les assistants conversationnels et les modèles d’IA deviennent progressivement des intermédiaires dans le parcours d’achat. Les consommateurs passent d’une logique de recherche à une logique de recommandation algorithmique.
Cela change complètement les règles de visibilité des marques. Avant de convaincre un humain, il faut désormais être sélectionné par la machine. La question devient : « Est-ce que ma marque existe dans les réponses fournies par les IA ? »
Dans ce nouveau paysage, la visibilité ne se joue plus uniquement dans les médias ou les moteurs de recherche classiques, mais aussi dans les environnements conversationnels et algorithmiques.
Finalement, quelles seront les marques gagnantes demain ?
Celles qui utiliseront l’IA pour mieux penser, pas simplement pour produire plus. Les marques qui réussiront seront celles capables de rester profondément centrées sur l’humain, tout en prenant des décisions rapides, cohérentes et différenciantes. Les gagnants ne seront pas ceux qui suivent les signaux, mais ceux qui sauront les interpréter avant les autres.

Directeur scientifique à l’Onera et coordinateur du Comité Robotique France, Philippe Bidaud appelle à accélérer le transfert de la recherche en intelligence artificielle et en robotique vers l’industrie.

Philippe Bidaud
Directeur scientifique, Onera
Coordinateur du Comité
Robotique France
Philippe Bidaud, pourquoi faut-il accélérer le transfert de la recherche en IA et en robotique ?
Parce que nous faisons face à des offres technologiques asiatiques et américaines puissantes, issues de pays capables de transformer rapidement la recherche en valeur industrielle. En France et en Europe, nous savons produire de la recherche, mais nous peinons à la convertir en produits industriels. Or, dans la défense, le spatial ou les outils de production, nous ne pouvons pas dépendre uniquement de technologies étrangères. C’est un enjeu majeur pour notre souveraineté.
Quand on parle de robotique, de quoi parle-t-on exactement ?
Il ne faut pas imaginer un robot unique, mais
une diversité de systèmes conçus pour des usages (les besoins d’applications différentes).
La robotique intègre des composants matériels et logiciels variés, dans l’industrie, les services, le médical, le spatial, l’agriculture ou la sécurité et la défense, etc. Ce sont des systèmes cyber-physiques dont l’autonomie fonctionnelle ne cesse de grandir. Il faut en assurer la sûreté de fonctionnement y compris face à d’éventuelles agressions intentionnelles et pouvoir les utiliser en toute confiance. La question de la souveraineté commence là.
En quoi l’IA transforme-t-elle la robotique, et inversement ?
Elle enrichit profondément la robotique. Les modèles de fondation facilitent l’accès à des connaissances expertes à large spectre, la planification d’opérations ou les interactions en langage naturel. D’autres approches, comme le deep learning, ont déjà changé la perception des machines. Mais la robotique ne consiste pas seulement à percevoir : elle consiste aussi à agir. Avec l’apprentissage par renforcement, on apprend des boucles de perception et d’action en interaction avec le monde physique. Cette capacité d’action permet de rendre l’IA « active ».


Quels sont les secteurs les plus stratégiques ?
La défense en fait partie. Il y a aussi le spatial, la surveillance de l’environnement, le suivi d’infrastructures sensibles et l’industrie. Dans ce dernier domaine, le sujet devient central : il faut réindustrialiser et répondre à des tensions démographiques. Le robot n’est donc plus seulement un complément, mais parfois un substitut nécessaire.
Que met aujourd’hui la France en place ?
France 2030 a engagé une stratégie nationale en robotique, avec plusieurs dispositifs de soutien, dont le Défi transfert robotique. L’idée est d’aider à transformer plus vite les résultats de la recherche publique en applications industrielles. C’est aussi le sens des actions menées par le Comité robotique : transformer en valeur les résultats de la recherche et faire en sorte que l’investissement public contribue à des effets concrets.


2-4 FÉVRIER, 2027
Palais des Festivals, Cannes, France

Accéder aux meilleures opportunités des marchés privés
Private equity, private credit, infrastructure, venture… IPEM Wealth connecte investisseurs privés et grands gérants internationaux.
Une expérience exclusive pour apprendre, échanger et être reconnu
Programme dédié aux Single Family Offices, IPEM Wealth Awards avec sa 3e soirée de gala pour célébrer les acteurs qui façonnent la révolution du Wealth.
*L’accélérateur de la révolution Wealth des marchés privés
3,500
Participants 1,350
Sociétés
700
LPs (investisseurs)
La première passerelle entre capitalinvestissement et Wealth
Le rendez-vous où professionnels du private capital, UHNWI, banques privées, CGP et family offices créent de nouvelles connexions et opportunités.
540
Gestionnaires de fonds
380 sociétés de services et de conseils
Face au vieillissement de la population et à l’augmentation des troubles auditifs, le secteur des aides auditives connaît une profonde transformation technologique. Intelligence artificielle, connectivité universelle, personnalisation en temps réel : les nouvelles solutions ne se contentent plus d’amplifier le son, elles analysent l’environnement pour améliorer la compréhension de la parole au quotidien. Explications avec Pierre-Henri Garel, expert en audiologie chez Phonak.

Pierre-Henri Garel Expert en audiologie chez Phonak
Pierre-Henri Garel, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre rôle au sein de Phonak ?
Je suis expert en audiologie chez Phonak. J’accompagne les audioprothésistes dans la compréhension et l’optimisation des solutions auditives, à la croisée de l’expertise clinique et de l’innovation technologique.
Comment l’innovation transforme-t-elle aujourd’hui le secteur des aides auditives ?
Le secteur est passé d’une logique d’amplification du son à une logique de traitement intelligent. Grâce à l’intelligence artificielle, les aides auditives analysent désormais l’environnement sonore en temps réel pour mieux distinguer la parole du bruit ambiant.
Pourquoi l’intelligence artificielle représente-t-elle une rupture majeure dans l’expérience auditive ?
L’IA permet aux aides auditives de s’adapter automatiquement à chaque situation sonore. Avec Audéo Sphere, Phonak intègre même une puce dédiée à un réseau de neurones capable de séparer la voix du bruit, y compris dans des environnements très bruyants.
En quoi les nouvelles attentes des utilisateurs influencent-elles le développement des solutions auditives ?
Les utilisateurs veulent aujourd’hui des appareils performants, simples et connectés. Ils attendent une excellente compréhension de la parole dans toutes les situations du quotidien, du restaurant aux réunions professionnelles.
Comment Phonak parvient-il à rendre l’IA réellement utile dans la vie quotidienne des patients ?
L’IA fonctionne de manière automatique et discrète. Les appareils adaptent leurs réglages en temps réel selon l’environnement sonore afin d’offrir une écoute plus fluide et de réduire l’effort d’écoute, notamment dans le bruit.
Les aides auditives deviennent-elles aujourd’hui de véritables objets connectés de santé ?
Oui. Les aides auditives intègrent désormais des capteurs permettant de suivre certains paramètres comme l’activité physique ou le temps de port via l’application myPhonak, dans le respect des règles de confidentialité des données.

Pourquoi la compréhension de la parole dans le bruit reste-t-elle l’un des grands défis technologiques du secteur ?
C’est la principale difficulté exprimée par les patients. Isoler une voix dans un environnement bruyant demande une puissance de calcul très importante, tout en conservant des appareils miniaturisés et une grande autonomie.
Comment concilier sophistication technologique et simplicité d’utilisation ?
La technologie doit rester invisible. Les aides auditives analysent automatiquement l’environnement sonore et ajustent leurs paramètres sans intervention manuelle. La connectivité Bluetooth simplifie également l’usage au quotidien.
Quel rôle joue la personnalisation dans les nouvelles générations d’aides auditives ?
Chaque perte auditive est unique. L’audioprothésiste adapte donc les réglages aux besoins et au mode de vie du patient, tandis que l’application permet d’ajuster certaines préférences en temps réel.
Avec le vieillissement de la population, quels seront les grands enjeux auditifs des prochaines années ?
L’un des grands enjeux sera le dépistage précoce. Les études montrent qu’une perte auditive non prise en charge peut accélérer le déclin cognitif. Il devient donc essentiel d’améliorer la prévention et l’accès aux solutions auditives.
La connectivité Bluetooth et l’intégration numérique sont-elles devenues des critères décisifs pour les utilisateurs ?
Oui, elles sont devenues incontournables. Les utilisateurs veulent pouvoir connecter facilement leurs aides auditives à leurs smartphones pour les appels, le streaming audio ou les applications mobiles.
Quels retours utilisateurs vous ont le plus surpris ?
Les retours sur la compréhension de la parole dans le bruit sont particulièrement marquants. Beaucoup de patients évoquent une amélioration immédiate du confort d’écoute et une plus grande facilité à suivre les conversations.
Existe-t-il encore des freins psychologiques autour des aides auditives ?
Oui. Certaines personnes minimisent encore leur perte auditive ou craignent l’inconfort et le regard des autres. Mais ces freins diminuent avec l’évolution des technologies et des usages.
“On m’oubliera, on oubliera mes films mais Perce-Neige nous survivra longtemps”.
Lino Ventura.

La Fondation Perce-Neige accueille les personnes en situation de handicap, au sein de 60 Maisons Perce-Neige, accompagnées par 2000 professionnels engagés.
JE FAIS UN DON en flashant le QR code, par carte bancaire, virement instantané, ou par SMS (10 €) en envoyant PNEIGE au 92030. Par chèque : à l’ordre de la Fondation Perce-Neige.
7, bis rue de la Gare - CS 20171 - 92594 Levallois-Perret Cedex
La Fondation Perce-Neige est reconnue d’utilité publique par décret en date du 13 mai 2016. Toute reproduction est interdite. www.perce-neige.org
