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Focus Sécurité 360

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Sécurité 360

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Le Directeur général du groupe Protectas partage sa vision d’une sécurité plus prédictive, où l’IA, les données et la technologie renforcent l’expertise humaine.

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2 Éditorial

Julien Barbey

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La sécurité commence par la confiance

a sécurité fait partie de ces réalités que l’on considère volontiers comme acquises. Jusqu’au jour où un cambriolage, un incendie d’origine électrique, une fraude numérique ou une chute à domicile rappellent combien elle demeure précieuse. Au-delà des dommages matériels, c’est d’abord le sentiment de confiance qui est ébranlé.

Le monde évolue rapidement, tout comme les risques. Les logements deviennent intelligents, les équipements sont connectés, les cybermenaces se multiplient et le maintien à domicile d’une population vieillissante fait naître de nouvelles attentes. La sécurité ne consiste plus uniquement à empêcher une effraction. Elle englobe désormais la protection des personnes, des biens, des données et, plus largement, de notre qualité de vie. Dans ce contexte, une évidence s’impose : la technologie, à elle seule, ne suffit pas. Les solutions disponibles n’ont jamais été aussi nombreuses. Alarmes, vidéosurveillance, contrôle d’accès, détection incendie, domotique ou cybersécurité offrent des possibilités considérables. Pourtant, aucune innovation ne remplace le regard d’un professionnel capable d’évaluer une situation dans son ensemble. Une caméra mal positionnée perd une grande partie de son efficacité. Une serrure certifiée ne remplit pleinement son rôle que si elle est installée selon les règles de l’art. Une maison connectée peut même devenir plus vulnérable lorsque ses équipements ne répondent plus aux exigences actuelles en matière de cybersécurité. La meilleure technologie ne vaut donc que par la compétence de celles et ceux qui la mettent en œuvre. La confiance se construit par les compétences La véritable valeur ajoutée ne réside pas uniquement dans les produits proposés, mais dans la qualité de l’accompagnement. Comprendre les risques, maîtriser les normes, suivre les évolutions techniques et recommander des solutions adaptées nécessitent des connaissances qui s’entretiennent au quotidien.

s’engagent à respecter une charte déontologique, à maintenir leurs compétences grâce à la formation continue et à proposer des solutions conformes aux normes en vigueur. Cet engagement constitue un repère précieux dans un marché où l’offre est abondante, mais où les différences de qualité peuvent être importantes. Cette approche explique pourquoi les services de prévention des polices orientent régulièrement les citoyens vers SHS lorsqu’ils recherchent des entreprises répondant à des critères reconnus de compétence et de professionnalisme.

La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par la formation continue, par l’expérience, par le respect de règles professionnelles exigeantes et par une volonté permanente d’amélioration. À mesure que les technologies évoluent, les compétences doivent évoluer elles aussi. Cette réalité concerne l’ensemble de la branche et constitue sans doute l’un des plus grands défis des prochaines années. Fédérer les professionnels autour d’une même exigence C’est précisément cette conviction qui guide l’action de Sécurité et Habitat Suisse (SHS). Depuis de nombreuses années, SHS rassemble des entreprises spécialisées qui partagent une même vision de leur métier : placer la qualité, la compétence et la prévention au cœur de chaque intervention. En collaboration avec Prévention Suisse de la Criminalité (PSC), la Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP), les corps de police et les principales associations professionnelles, SHS contribue à promouvoir des standards communs au bénéfice de toute la population. Être membre de SHS ne consiste pas simplement à rejoindre une association professionnelle. Les entreprises

Une ambition nationale au service de la Suisse romande Si SHS est aujourd’hui solidement implantée en Suisse alémanique, une nouvelle étape s’ouvre désormais avec le développement de son réseau en Suisse romande. La région compte de nombreuses entreprises qui partagent déjà les mêmes exigences de qualité, de formation et d’éthique professionnelle. L’objectif est de les réunir au sein d’un solide réseau national, capable de favoriser les échanges entre les régions linguistiques et d’offrir partout en Suisse les mêmes références de qualité. Cette ambition dépasse largement le développement d’une association. Elle participe à la professionnalisation de toute une branche et contribue à renforcer la confiance entre les citoyens, les autorités et les entreprises spécialisées. Car la sécurité est une responsabilité collective. Les technologies continueront d’évoluer. Les risques aussi. Mais une conviction demeurera : les meilleurs systèmes ne remplacent pas, à eux seuls, des femmes et des hommes compétents, engagés et responsables. C’est cette vision que SHS souhaite continuer à porter, aux côtés de ses partenaires et de ses entreprises membres, afin que la sécurité demeure avant tout une affaire de confiance. Texte Julien Barbey, Directeur de Sécurité et Habitat Suisse (SHS)

Contenu. 04 Cybersécurité et protection des données 06 Bonnes pratiques 08 Prévention mobilité 12 Interview : Yves Berchten 16 Sécurité expliquée 18 Prévenir & protéger Sécurité 360 Chef de projet Michael Levante Directeur d’agence Cyrille Daverdisse Directeur des ventes Thibaut Mochel Directrice du contenu Romandie Marie Geyer Graphistes Morgane Pedroletti, Marie Geyer Journalistes Océane Kasonia, Léa Stocky, Maévane Mas, Marc-Antoine Guet, SMA Image de couverture màd Canal de distribution Tribune de Genève et 24Heures Imprimerie DZB Druckzentrum Bern

Smart Media Agency. Gerbergasse 5, 8001 Zürich, Schweiz Tel +41 44 258 86 00 info@smartmediaagency.ch redactionFR@smartmediaagency.ch focus.swiss

Nous faisons confiance à notre médecin, à notre électricien ou à notre ingénieur parce que leurs compétences sont reconnues. Les professionnels de la sécurité méritent la même exigence et la même confiance.

– Julien Barbey, Directeur de Sécurité et Habitat Suisse (SHS)

Bonne lecture ! Michael Levante Project Manager

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U N S U P P LÉM EN T T H ÉM AT I Q U E D E S M A R T M ED I A

Image – Creative Factory à Renens – Immeuble de logement avec cour intérieure couverte. Désenfumage et évacuation basés sur des simulations numériques.

#focussecurite360

Fire Safety & Engineering SA • Brandreport 3

Protection incendie : où en sommes-nous en Suisse ? À l’heure où les prescriptions suisses de protection incendie évoluent, la sécurité ne se résume plus à appliquer une liste de règles. Olivier Burnier, ingénieur en génie civil, expert en protection incendie et directeur de Fire Safety & Engineering SA, explique comment l’ingénierie permet de concilier sécurité, architecture, patrimoine et maîtrise des coûts.

Olivier Burnier Directeur de Fire Safety & Engineering SA

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asée à Montreux, Fire Safety & Engineering SA accompagne maîtres d’ouvrage, architectes, entreprises et propriétaires dans la conception, la réalisation et la mise en conformité de leurs bâtiments. Son rôle est d’anticiper les risques, de coordonner les différents acteurs et de rechercher des solutions adaptées à chaque projet. Olivier Burnier, comment la protection incendie est-elle organisée en Suisse aujourd’hui ? Depuis une quinzaine d’années, la protection incendie s’est fortement professionnalisée en Suisse. Le système d’assurance qualité introduit en 2015 a notamment permis de mieux définir les responsabilités des différents acteurs d’un projet. Les bâtiments sont ainsi répartis en trois niveaux d’assurance qualité : AQ1, AQ2 et AQ3, en fonction de leur complexité et des risques qu’ils présentent. Les projets les plus complexes, classés en AQ3, comme certains grands centres commerciaux, entrepôts logistiques ou immeubles de plus de 30 mètres, nécessitent l’intervention d’un responsable assurance qualité en protection incendie (RAQ). Son rôle est de coordonner les différents intervenants, de contrôler la mise en œuvre des mesures prévues et d’en documenter la conformité. Plus un projet est complexe ou présente des risques particuliers, plus cette coordination doit être anticipée et structurée. Pour les projets plus simples, de niveau AQ1, l’assurance qualité peut notamment être assurée par l’architecte. Dans la pratique, les questions de protection incendie peuvent toutefois rapidement devenir complexes, notamment lorsqu’elles touchent plusieurs corps de métier. L’appui ponctuel d’un spécialiste permet alors de sécuriser les choix techniques, d’anticiper les éventuelles difficultés et d’éviter des adaptations coûteuses en cours de chantier. Entre les deux, les projets de niveau AQ2 présentent une complexité ou des risques qui nécessitent une coordination et des contrôles renforcés. Cela peut concerner, par exemple, certains bâtiments industriels ou des immeubles utilisant des matériaux combustibles en façade. Ce système permet ainsi de clarifier les responsabilités et d’adapter le niveau de suivi aux caractéristiques de chaque projet. L’objectif n’est pas seulement de vérifier la conformité à la fin des travaux, mais d’intégrer la protection incendie suffisamment tôt pour accompagner le projet de manière cohérente, de la conception jusqu’à la réalisation. Les normes et réglementations évoluent constamment. Comment les propriétaires et gestionnaires d’immeubles peuvent-ils s’assurer que leurs bâtiments demeurent conformes, notamment lors de rénovations ? Il s’agit là d’un défi permanent. Tout le monde a ses exigences. Lorsqu’on fait une rénovation énergétique, on cherche à obtenir le meilleur coefficient énergétique. On choisit donc parfois des isolants qui, certes, sont

intéressants d’un point de vue écologique, mais qui peuvent s’avérer être combustibles. Or, nous devons respecter des exigences concernant la combustibilité des matériaux, la hauteur des bâtiments, etc. Ces mesures servent à éviter qu’un incendie comme celui de la tour Grenfell à Londres, qui avait été rénovée sans tenir compte de manière coordonnée des exigences de protection incendie, ne se reproduise. Les rénovations qui touchent le patrimoine révèlent d’autres problématiques. Nous faisons parfois des tests en laboratoire pour assurer une protection incendie sans dénaturer les bâtiments, par exemple pour les toitures en tavillons des églises du Pays d’Enhaut. Dans les bâtiments historiques, on peut ainsi trouver des solutions pour garantir la résistance au feu des portes sans devoir toutes les remplacer par des portes coupe-feu homologuées. Il est possible d’améliorer une porte existante avec des mesures ponctuelles ou alors de poser une porte coupe-feu en plus de l’existante. Il est possible de planifier des mesures constructives, des mesures techniques (détection incendie, sprinkler ou désenfumage), ou des mesures organisationnelles (formation du personnel, consignes de sécurité), qui permettent d’atteindre les niveaux de sécurité que l’on recherche. Dans des immeubles déjà construits, on mise en priorité sur les mesures techniques et organisationnelles, le but n’étant pas de démonter tout le bâtiment. Il s’agit d’un travail de coordination, que nous effectuons avec le propriétaire, l’architecte, les services des monuments et sites ainsi que l’autorité de protection incendie.

Image COOP Riviera Centre à Rennaz – Rénovation du centre commercial

Pourquoi est-il important d’intégrer la protection incendie dès la phase de conception d’un projet de construction ? Encore aujourd’hui, après l’obtention du permis de construire, certains chantiers se font sans le contrôle du responsable assurance qualité. Cela peut s’expliquer par une volonté de faire des économies, mais aussi parfois par le fait que, tout simplement, la protection incendie n’est pas encore tout à fait entrée dans les mœurs et dans l’esprit des gens. À la fin du chantier, lorsque les autorités demandent aux propriétaires la déclaration de conformité en protection incendie signée, certains propriétaires se retrouvent fort dépourvus. Cette déclaration certifie que les mesures de protection incendie prévues ont bien été réalisées. En tant que professionnels, nous ne signons une déclaration de conformité que lorsque nous pouvons attester que les mesures prévues ont

effectivement été réalisées. Or, sans déclaration, cela peut compromettre la délivrance du permis d’habiter. C’est pourquoi la protection incendie doit être intégrée dès la phase de conception des projets. En outre, il est beaucoup plus facile de modifier quelque chose de non conforme sur papier, plutôt que sur le chantier de construction. C’est aussi beaucoup moins coûteux.

Image Emil Egger SA à Avenches – Entrepôt à haut rayonnage automatisé

Quelles sont les erreurs ou les lacunes les plus fréquentes que vous constatez dans les bâtiments en matière de prévention des incendies ? La mise en œuvre sur le chantier est extrêmement importante. Malheureusement, je remarque d’année en année que la qualité de ce qui est réalisé n’est plus toujours au rendez-vous. Les entreprises doivent respecter des délais de plus en plus serrés. Afin de limiter les coûts élevés, elles recourent aussi à de la sous-traitance si elles ne peuvent pas embaucher les personnes compétentes. Cela mène à des malfaçons et à des manquements, qui ne sont pas dus à la mauvaise volonté des ouvriers, mais à un manque de connaissance et d’encadrement. C’est pourquoi notre métier est aussi de contrôler et de surveiller les chantiers. Cela permet d’avoir un bâtiment conforme à ce qui a été planifié lors de la demande d’autorisation. Une fois le chantier terminé, il n’y a pas forcément de contrôles liés à la protection incendie d’un bâtiment sur sa durée de vie. Celui-ci est remis au propriétaire, et c’est lui qui en devient responsable. Il faut que les propriétaires prennent conscience que les bâtiments doivent être entretenus grâce à des tests sur les équipements presque chaque année. Une centrale de détection incendie, composée d’électronique, doit être renouvelée régulièrement pour rester opérationnelle. Il est vrai qu’on ne va pas changer une porte coupe-feu qui, une fois installée, est là pour rester. Mais tous les équipements techniques nécessitent une maintenance rigoureuse si l’on veut que tout fonctionne. Au-delà des équipements, quel rôle jouent la formation des occupants et la culture de prévention dans la réduction des risques ? En Suisse, nous n’avons pas une grande culture de sécurité concernant les risques incendie, car le nombre de morts par an n’est pas très élevé depuis plusieurs dizaines d’années. Nous sommes d’ailleurs l’un des pays les plus sûrs au monde en matière de protection incendie. Cela explique que, pendant

des années, les gens ont pensé que la protection incendie coûtait cher et n’était pas très importante. Le drame de Crans-Montana nous a rappelé que, malheureusement, ce n’était pas le cas. Dès le mois de janvier 2026, nous avons reçu de nombreuses demandes de la part de communes ou de propriétaires d’immeubles pour des audits et des contrôles. La protection incendie est passée d’un sujet dont on ne parlait presque jamais, à une surmédiatisation, avec des personnes qui n’osent plus entreprendre des travaux sans l’avis d’experts. L’enjeu est de sensibiliser les personnes, les propriétaires comme les habitants ou les usagers d’un lieu, grâce à des formations qui sont encore trop rares aujourd’hui. Quels sont les premiers gestes à adopter lorsqu’un incendie se déclare ? La première chose à faire est d’appeler les sapeurspompiers en composant le 118. Ensuite, si l’on est en capacité et si cela est possible, il faut combattre le feu sans toutefois se mettre en danger. Sinon, il faut évacuer. Il est aussi essentiel de fermer les portes et les fenêtres pour éviter que l’incendie ne se propage trop rapidement. Les portes des appartements sont, normalement, des portes coupe-feu qui permettent de retenir le feu pendant environ 30 minutes, ce qui laisse le temps aux pompiers d’intervenir. Si la cage d’escalier est remplie de fumée, il ne faut surtout pas sortir. Traverser la fumée est beaucoup trop dangereux. Dans ce cas, on referme sa porte, on met des linges humides autour de la porte pour améliorer l’étanchéité et on indique sa position aux pompiers. Pour finir, quels sont les avantages d’une approche proactive en ingénierie des risques, par rapport à une approche uniquement axée sur les prescriptions normatives ? La protection incendie n’est pas quelque chose de figé. La recherche en ingénierie incendie avance depuis ses débuts dans les années 70. Elle permet aujourd’hui de mieux comprendre la propagation du feu et de développer des outils informatiques qui garantissent des niveaux de sécurité élevés, tout en permettant une plus grande flexibilité. Les nouvelles prescriptions de protection incendie qui entreront en vigueur en 2027 permettront d’avoir des mesures encore plus adaptées et ciblées afin d’atteindre les objectifs de sécurité tout en maîtrisant les coûts. Interview Léa Stocky Fire Safety & Engineering SA +41 21 333 45 80 info@fse-sa.ch www.fse-sa.ch


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Cybersécurité et protection des données

Cybersécurité : l’IA change la vitesse, pas les fondamentaux Vitesse imposée par l’IA, dépendance aux chaînes d’approvisionnement logicielles, confiance zéro, gouvernance partagée : la cybersécurité change de nature en 2026.

Marc Barbezat Responsable sécurité et éditeur de DCOD.ch

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ne dépendance logicielle compromise quelque part dans le monde, et c’est toute une chaîne de fournisseurs qui se retrouve exposée sans le savoir, parfois en quelques heures. Ce scénario devient un cas d’école pour les directions d’entreprise à mesure que l’intelligence artificielle comprime les délais entre la découverte des failles et leur exploitation. Comprendre cette bascule devient une condition pour piloter la sécurité autrement qu’en mode réactif. Failles de sécurité : la course contre la montre a commencé Les fondements de la gestion des failles de sécurité ne changent pas à cause de l’intelligence artificielle, mais sa vitesse d’analyse est aujourd’hui disruptive. Les outils d’intelligence artificielle dits « de frontière » passent désormais au crible le code, les configurations et les dépendances pour repérer des failles à un rythme que l’analyse humaine n’a jamais connu. Des vulnérabilités critiques, parfois ignorées pendant une décennie, deviennent ainsi quasi immédiatement exploitables par des acteurs malveillants grâce à des procédures préparées à la volée directement par les IA. Du côté défensif, ces mêmes technologies commencent à automatiser une partie de la gestion des vulnérabilités : priorisation des correctifs selon le risque réel plutôt que selon un score statique, détection des dépendances informatiques, corrélation d’alertes issues de sources multiples. La bascule ne se situe donc pas dans la nature des contrôles à mettre en place. La gestion des vulnérabilités reste la base de toute politique de sécurité, mais c’est la vitesse à laquelle une organisation doit désormais les faire évoluer qui change. Un processus pensé pour un cycle de correctifs mensuel, ou pour traiter une vulnérabilité critique en quelques jours, doit aujourd’hui être revu en profondeur pour être capable de réagir en quelques heures.

La cybersécurité ne se pilote pas comme un sujet technique, mais comme un risque opérationnel à part entière, à intégrer dans les décisions courantes d’une organisation, au même titre que les risques financiers ou juridiques. L’enjeu pour les directions informatiques n’est donc pas seulement de renforcer les outils soutenant les mises à jour, mais de revoir la gouvernance et l’automatisation possible de l’ensemble du processus pour fermer autant que possible la fenêtre d’exploitation séparant la découverte des failles de l’application de leur correctif. La chaîne d’approvisionnement logicielle devient un angle mort critique La majorité des applications d’entreprise s’appuient aujourd’hui sur des dizaines, parfois des milliers, de composants tiers : bibliothèques open source, services cloud, briques d’infrastructure gérées par des fournisseurs. Cette interdépendance élargit la surface d’attaque bien au-delà du périmètre que les équipes informatiques pensent généralement maîtriser. Un composant compromis en amont, chez un éditeur ou dans une bibliothèque de code largement réutilisée, peut se propager silencieusement vers des systèmes que même les acteurs malveillants n’ont pas directement ciblés. Le constat n’est pas nouveau, mais à l’heure de l’IA, il reste largement sous-estimé dans la pratique : aucune organisation ne peut aujourd’hui prétendre disposer d’un inventaire fiable et à jour en temps réel de ses dépendances logicielles et organisationnelles, ni mesurer précisément son exposition réelle. Construire de la résilience dans ce contexte suppose de savoir non seulement quels composants sont critiques pour une organisation, mais aussi comment ils s’articulent entre eux, quels fournisseurs se trouvent en amont et quelles seraient les conséquences concrètes de la rupture d’un maillon de cette chaîne. Si l’IA peut là aussi apporter sa contribution, une telle démarche reste essentielle pour prioriser les efforts de sécurisation à entreprendre et à tester régulièrement.

La confiance zéro comme principe fondamental pour protéger les données Dans ce monde numérique interconnecté, le principe de confiance zéro doit donc s’imposer progressivement dans les organisations comme un mode de fonctionnement, plutôt que comme un projet ponctuel ou un produit à acquérir. Pour rappel, ce concept consiste à ne plus accorder d’accès implicite à un utilisateur, un appareil ou un flux du seul fait qu’il se trouve à l’intérieur d’un périmètre informatique habituel, et à vérifier systématiquement chaque accès selon son contexte réel. Ce principe n’a rien de nouveau : plusieurs référentiels reconnus mondialement le formalisent depuis plusieurs années déjà. Mais sa mise en œuvre devient pressante à mesure que les environnements se complexifient et que des parties externes (fournisseurs, prestataires IT, composants cloud) interagissent directement avec l’informatique de l’organisation. La sécurité des données ne peut plus s’appuyer sur la seule confiance accordée à un périmètre réseau supposé sûr : elle exige désormais un environnement volontairement cloisonné et contrôlé en profondeur et en continu. La sécurité mérite une place à la table des décideurs Même dans un monde numérique chamboulé par l’IA, les contrôles de sécurité essentiels à maintenir ne changent pas fondamentalement : gestion des identités et des accès, gestion des vulnérabilités, sauvegarde des données, détection des intrusions, sensibilisation des collaborateurs. Ce qui évolue, c’est la manière de les implanter et de les faire vivre dans un environnement en transformation permanente, sous l’effet notamment de l’emballement de la vitesse provoqué par l’IA.

Un défi structurel reste toutefois plus difficile à résoudre que la technique : la tentation, largement répandue, de considérer que la sécurité relève exclusivement d’une équipe dédiée. Dans une organisation, chaque personne qui possède ou utilise un actif informatique, une application, un jeu de données ou un service porte une part de responsabilité dans sa protection et est un maillon de la chaîne de sécurité. L’importance de la sécurité doit en effet transpirer dans la gouvernance de toute organisation. Au vu des enjeux opérationnels, techniques, financiers et d’image en cas de violation, elle doit avoir sa place à la table des décideurs, intégrée à une gestion des risques couvrant l’ensemble de l’organisation. C’est cette place qui permet de décider stratégiquement et rapidement, avec la direction générale en direct, de la meilleure option de réduction des risques. Laisser la sécurité sur un strapontin à côté de la haute direction affiche déjà clairement la manière dont une organisation souhaite gérer ses risques de sécurité et de violation de données, dont elle doit assumer la responsabilité. Sécurité et IA : revenir au concret plutôt qu’à la théorie L’ensemble de ces évolutions converge vers un même constat : la cybersécurité ne se pilote pas comme un sujet technique, mais comme un risque opérationnel à part entière, à intégrer dans les décisions courantes d’une organisation, au même titre que les risques financiers ou juridiques. L’arrivée de l’IA dans cet environnement ne change heureusement pas les fondements de la gestion de la sécurité de l’information et de la protection des données. Elle impose en revanche la mise en place rapide d’une gestion pragmatique, basée sur les impacts potentiels les plus critiques et les plus probables, plutôt qu’un exercice théorique déconnecté du terrain. Face à ces enjeux d’interdépendance multiple, dans un monde informatique qui ne cesse d’accélérer, intégrer une « sécurité par conception et par défaut » dans toute l’organisation n’est plus une option parmi d’autres : c’est ce qui distingue une organisation résiliente d’une organisation qui subit au jour le jour un risque qu’elle ne maîtrise plus. Texte Marc Barbezat

Brandreport • Swiss Data Guard

Pouvoir partir, savoir repartir Avoir ses données en Suisse est un premier pas. En garder réellement le contrôle en est un autre : maîtriser le droit applicable, pouvoir changer de prestataire et reprendre son activité lorsque tout s’arrête. C’est précisément sur ces enjeux que Swiss Data Guard, prestataire vaudois spécialisé dans l’hébergement souverain, la sauvegarde et la continuité d’activité, a construit son offre.

Maurice Kaag Fondateur, Swiss Data Guard

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out est parti d’un détail. Lorsque Microsoft Teams est proposé pour l’entretien, Maurice Kaag décline et transmet aussitôt une autre plateforme, hébergée en Suisse. Le fondateur de Swiss Data Guard n’est pourtant pas « anti-Microsoft ». Il dit même en être spécialiste. Sa préoccupation tient plutôt en trois questions : « Où sont vos données ? Qui y a accès et qu’est-ce qu’ils en font ? ». Mais savoir que ses données sont hébergées à Zurich ou Genève ne suffit pas toujours.

Le CLOUD Act permet, dans le cadre d’une procédure légale valide, d’exiger d’un fournisseur soumis à la juridiction américaine qu’il communique des données placées sous son contrôle, même lorsqu’elles sont stockées à l’étranger. La section 702 de la FISA permet par ailleurs aux autorités américaines de recueillir certains renseignements concernant des personnes non américaines situées hors des États-Unis. Un serveur peut donc être situé en Suisse sans que la question de la juridiction soit, elle, entièrement suisse. Partir sans tout reconstruire Reste une autre question : peut-on partir ? « Est-ce que je peux récupérer mes données et sortir rapidement ? », interroge Maurice Kaag. Le cas VMware illustre ce que cette dépendance peut coûter. Après son rachat par Broadcom, des clients ont dénoncé d’importantes hausses de tarifs et des changements de licences. Des solutions ouvertes comme Proxmox permettent notamment de migrer des machines virtuelles. Seulement ici encore, il faut avoir les compétences pour reprendre la main.

Quand tout s’arrête Incendie, panne, cyberattaque : le problème change, mais la question du contrôle demeure. En 2025, 57 761 infractions à mode opératoire numérique ont été enregistrées par la police en Suisse, dont 54 247 relevaient de la cybercriminalité économique. Face à un sinistre, disposer d’une sauvegarde est indispensable. Mais cela ne suffit pas. « Une sauvegarde […] va vous rendre vos fichiers, mais pas l’entreprise », prévient Maurice Kaag. Car après le sinistre, il faut encore restaurer les systèmes, retrouver contrats et procédures, prévenir les clients ou contacter les assurances. Et derrière les machines, reste l’humain. « La souveraineté, c’est aussi quelque chose d’humain », rappelle Maurice Kaag. Héberger des infrastructures en Suisse perd une partie de son sens si les compétences nécessaires pour comprendre, maintenir et développer ces technologies disparaissent - un accompagnement que l’entreprise vaudoise place au cœur de sa démarche.

Pour Maurice Kaag, il ne s’agit pas pour autant de vivre en autarcie numérique. Mais de conserver le choix : celui de son prestataire, de sa technologie et surtout celui de pouvoir en changer. Avec une formule qui résume finalement tout l’enjeu de Maurice Kaag: « Une entreprise souveraine, c’est une entreprise qui peut refuser une solution sans risquer sa survie. » Plus d’informations sur swissdataguard.ch


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Bugscale • Brandreport 5

L’innovation ne réduit pas les exigences de sécurité : elle les renforce Les technologies et les services externes entrent dans les entreprises plus vite que les moyens de vérifier ce qu’ils exposent réellement. Michael Zanetta et Florent Truphème, de la société suisse Bugscale, expliquent comment la sécurité offensive évolue face à la multiplication des dépendances, à l’essor de l’intelligence artificielle et aux risques que celle-ci introduit.

Michael Zanetta CEO - chercheur en sécurité

Florent Truphème COO - ingénieur sécurité

S

pécialisée en sécurité offensive, Bugscale attaque les systèmes de ses clients pour en révéler les faiblesses avant qu’elles ne soient exploitées. Son approche associe revue de code et tests dynamiques afin de mettre au jour les vulnérabilités et les scénarios de compromission possibles. Indépendante de tout éditeur, elle ne revend aucune solution et recommande des mesures en fonction des risques constatés. Michael Zanetta, Florent Truphème, qu’est-ce qui a changé dans l’exposition des entreprises ces dernières années ? Les systèmes d’information deviennent plus performants, mais plus complexes. Une application ne repose plus seulement sur le code interne : elle s’appuie sur des composants open source, des services cloud, des fournisseurs, des API et, désormais, des solutions d’intelligence artificielle. Cette évolution multiplie les dépendances et élargit la surface d’attaque. La difficulté majeure est d’identifier les vecteurs de compromission propres à chaque composant et de repérer le moment où l’exposition change. Face à cette complexité, quelles approches de test privilégiez-vous ? Cela dépend de ce que l’on cherche à savoir. Pour évaluer la sécurité intrinsèque d’une application, nous privilégions une approche dite « white box », avec accès au code et aux informations d’architecture. À budget égal, elle concentre l’effort sur les scénarios de risque plutôt que sur la redécouverte d’informations que le client possède déjà. Une approche « black box » répond à un autre objectif : mesurer ce qu’un attaquant sans connaissance préalable peut découvrir et exploiter dans un temps donné. Tester la détection et la réaction à une intrusion répond à un troisième objectif : mettre principalement les équipes de défense à l’épreuve.

Plus les systèmes deviennent complexes, plus les fondamentaux deviennent indispensables. Nous collaborons aussi directement avec les équipes de développement tout au long de l’évaluation. Cette proximité améliore notre compréhension de l’architecture et des processus métiers, et nos tests gagnent ainsi en précision. Par ailleurs, discuter des techniques d’attaque et des faiblesses observées dans leur propre environnement rend la sensibilisation des développeurs plus tangible. Pourquoi la chaîne d’approvisionnement logicielle (supply chain) est-elle devenue un sujet central ? Sécuriser son propre code ne suffit plus. Il faut aussi protéger les environnements de développement, les chaînes d’intégration et de déploiement, les dépendances, les registres de composants et les services tiers : une entreprise dépend aujourd’hui d’un vaste écosystème. C’est précisément cette réalité qu’exploitent les attaques visant la supply chain. Une PME qui met un service en ligne s’appuie souvent sur les mêmes composants et services tiers qu’un grand groupe : elle peut donc hériter des mêmes faiblesses, sans disposer des mêmes moyens pour les identifier et les corriger. Plus les systèmes deviennent complexes, plus les fondamentaux deviennent indispensables. Maîtriser les dépendances, protéger les comptes et les secrets de développement, limiter les privilèges et sécuriser les processus de livraison permettent déjà de prévenir de nombreuses attaques ou d’en réduire l’impact. C’est dans cet esprit que nous avons publié un guide open source sur la supply chain. Il traduit ces principes en mesures concrètes, classées par niveau de maturité : par exemple, différer de quelques jours l’adoption d’une nouvelle version lorsqu’il ne s’agit pas d’un correctif de sécurité, afin de laisser le temps à une éventuelle compromission d’être détectée. Comment l’IA transforme-t-elle les activités de sécurité offensive ? Ce qui change, c’est l’échelle de ce que l’on peut explorer, pas ce qu’il faut démontrer. L’IA peut analyser de grands volumes d’informations, explorer davantage de scénarios et automatiser certaines tâches. Elle peut ainsi améliorer la couverture d’une évaluation et laisser davantage de temps aux experts pour comprendre l’architecture, raisonner comme un attaquant et enchaîner plusieurs faiblesses jusqu’à un impact réel.

Mais il ne suffit pas de demander à une IA de « tester un environnement » pour obtenir un test d’intrusion. Une démonstration ponctuelle, même impressionnante, ne constitue pas une méthodologie. Un constat doit rester vérifiable et reproductible. L’intégration de l’IA exige donc un travail d’ingénierie : identifier les cas d’usage pertinents, définir les mécanismes de validation, mesurer les faux positifs comme les faux négatifs et encadrer l’autonomie. Nous introduisons l’IA de manière progressive et contrôlée : nos missions impliquent des informations sensibles, ce qui impose un cadre permettant de maîtriser les flux de données et de protéger les infrastructures mobilisées. Toute utilisation dans une mission est soumise à l’accord explicite du client. Nous adaptons nos méthodes à ses règles et contraintes, et non l’inverse. À quels risques s’expose concrètement une entreprise qui connecte l’IA à ses données ? Les entreprises ne déploient plus seulement des assistants qui répondent à des questions : elles connectent des modèles à leurs données internes et à leurs applications métiers. Un assistant conversationnel peut ainsi consulter la documentation interne et déclencher une action dans un outil métier, sans pour autant être présenté comme un agent autonome. Un attaquant peut manipuler directement ses instructions, mais aussi dissimuler des consignes malveillantes dans un document ou une source externe que l’assistant sera amené à consulter. Nous observons fréquemment des intégrations dans lesquelles un tel détournement suffit à exposer des données auxquelles l’utilisateur ne devrait pas avoir accès ou à déclencher une action qu’il n’a jamais demandée. La vulnérabilité ne réside pas nécessairement dans le modèle lui-même. Elle peut apparaître dans la manière dont l’application récupère les données, gère les autorisations ou pilote les outils. Les risques changent selon que le modèle répond seul, consulte des données ou agit via des outils. Leur évaluation exige donc une expertise et des méthodologies qui dépassent le cadre d’un test d’intrusion traditionnel.

Comment l’AI Red Teaming permet-il d’évaluer ces risques ? Le terme est un peu trompeur : l’AI Red Teaming consiste à tester la sécurité des solutions d’intelligence artificielle elles-mêmes. Il ne s’agit pas d’utiliser l’IA pour réaliser un test d’intrusion, mais de confronter ces solutions à des scénarios d’attaque adaptés à leur architecture et à leurs usages. Une évaluation sérieuse va bien au-delà de quelques questions piégeuses posées à un modèle. Dans la majorité de nos tests, les garde-fous autour du modèle constituent la principale mesure de sécurité en place et nous finissons régulièrement par les contourner. Lorsque ce contournement ouvre l’accès à des données ou à des actions sensibles, il révèle généralement des défauts de contrôle d’accès, de limitation des privilèges ou de cloisonnement des données dans les composants situés derrière. Ce sont des manquements aux principes de sécurité les plus classiques. Un garde-fou réduit le risque, mais il ne doit pas constituer la seule barrière. C’est pourquoi ce travail exige de comprendre l’architecture complète et, au regard des processus métiers, ce qu’un détournement permettrait réellement de faire. Il demande une double compétence : maîtriser la sécurité applicative et les tests d’intrusion, mais aussi comprendre les mécanismes propres aux modèles, aux systèmes documentaires et aux outils connectés. Nous l’avons construite en partant de la sécurité applicative, avec des spécialistes du code et des architectures qui montent en compétence sur l’IA plutôt que des spécialistes de l’IA qui découvrent la sécurité. Une telle évaluation peut commencer dès la conception par une revue d’architecture, puis se poursuivre par des tests adversariaux avant la mise en service et après les évolutions significatives. Comment les entreprises peuvent-elles déployer l’intelligence artificielle sans compromettre leur sécurité ? L’enjeu est d’ajuster le niveau d’exigence aux usages et aux risques. Traiter la sécurité tôt évite des reprises coûteuses en fin de projet, et il est souvent plus simple de restreindre ce qu’une solution a le droit de faire que de la protéger contre tout. Quand l’accès aux données repose sur un seul filtre, sa défaillance suffit à tout ouvrir. Des protections complémentaires permettent au système de rester résilient lorsqu’une première barrière cède. Une évaluation reste datée. Les modèles, les données et les intégrations évoluent vite : une solution jugée sûre il y a six mois ne l’est pas nécessairement aujourd’hui. La confiance ne se décrète pas. Elle se démontre. « Ces fondamentaux en pratique : notre guide open source sur la supply chain. » https://github.com/bugscale/software-supplychain-security-guide

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6 Bonnes pratiques

Votre logement est-il vraiment sécurisé ? Caméras, alarmes, habitudes quotidiennes… Sécuriser son logement ne consiste pas seulement à multiplier les équipements. Pour l’expert en sécurité Nicolas Hausammann, la première étape consiste à évaluer les risques, à choisir des solutions adaptées et surtout à ne pas négliger les détails.

Nicolas Hausammann Expert en sécurité

Nicolas Hausammann, qu’entend-on par « sécurité 360° » ? Il s’agit d’avoir une vision globale de la sécurité, sans devoir soi-même connaître tous les aspects techniques et réglementaires. Une solution de sécurité ne se résume pas à installer une alarme ou une caméra : il faut aussi réfléchir à la transmission des informations, aux interventions, à la protection des données ou encore aux normes applicables. L’idée est d’avoir une personne capable de considérer l’ensemble de ces éléments. Quels sont les risques les plus souvent sous-estimés ? On pense immédiatement au cambriolage lorsque le logement est vide. Mais il existe aussi des situations où les occupants sont présents, comme le homejacking. Dans ces cas-là, la question des accès, des clés, des codes et des procédures prend une importance particulière. Dans certains environnements professionnels, par exemple, on évite que trop de personnes disposent simultanément des mêmes clés ou codes d’accès. Il faut également garder à l’esprit que les informations disponibles sur Internet peuvent constituer une source de risque. Une photo d’une montre, d’une voiture, d’un intérieur ou d’un objet de valeur peut donner beaucoup d’informations sur un domicile. La géolocalisation et les publications en temps réel peuvent également révéler qu’une personne est absente de chez elle.

Il faut garder à l’esprit que les informations disponibles sur Internet peuvent constituer une source de risque. [...] La géolocalisation et les publications en temps réel peuvent révéler qu’une personne est absente de chez elle. Une caméra à l’entrée est-elle toujours une bonne idée ? Pas nécessairement. C’est même l’un des points sur lesquels les particuliers doivent être particulièrement attentifs. En Suisse, la vidéosurveillance est encadrée par des règles de protection des données. Une caméra installée chez soi peut, selon son orientation, filmer une partie de l’espace public ou la propriété d’un voisin. Il faut donc réfléchir à ce qu’elle capture réellement et, lorsque c’est nécessaire, masquer certaines zones dans sa configuration. La question ne se limite pas non plus à l’achat du matériel. On peut très facilement commander une sonnette équipée d’une caméra, mais cela ne signifie pas que son installation sera automatiquement conforme à la situation. La sécurité doit donc aussi intégrer la protection de la sphère privée. Comment choisir une installation d’alarme ? Il faut notamment s’intéresser à la façon dont l’alarme transmet l’information. Une connexion principale peut être complétée par une connexion secondaire, par exemple via le réseau mobile, afin de conserver une transmission en cas de panne. Il existe aussi des systèmes capables de détecter une perturbation de la communication. L’important

est donc de ne pas regarder uniquement l’alarme elle-même, mais l’ensemble de la chaîne : détection, transmission, réception et intervention. Les nouvelles technologies rendent-elles les logements plus sûrs ? Elles peuvent apporter des réponses intéressantes, mais aucune technologie ne remplace une réflexion globale. Certaines applications permettent par exemple de gérer soi-même son système à distance. La question est alors de savoir qui surveille réellement le logement lorsque l’utilisateur n’est pas disponible. Pour une absence prolongée ou une situation d’urgence, cette limite doit être prise en compte. Quelles erreurs faut-il éviter lors de l’installation ? Une installation doit être adaptée au lieu et correctement paramétrée. Un détecteur mal orienté, par exemple, peut ne pas couvrir la zone souhaitée. Il faut aussi vérifier que les équipements existants sont réellement fonctionnels avant de les remplacer ou d’en ajouter de nouveaux. Enfin, avant de signer un contrat, il est important de comprendre précisément ce qui est acheté, loué ou inclus dans l’abonnement, ainsi que les conditions de résiliation.

Quelles précautions simples peut-on prendre avant de partir en vacances ? Certaines mesures ne coûtent presque rien. Demander à un voisin de relever régulièrement le courrier permet d’éviter qu’une boîte aux lettres pleine ne signale une absence prolongée. On peut également programmer l’éclairage à distance ou faire vivre le logement de manière crédible. Et surtout, mieux vaut éviter d’annoncer publiquement son absence sur les réseaux sociaux. Les informations publiées peuvent parfois permettre de savoir où l’on se trouve et quand le logement est vide. Que faire si l’on pense qu’une personne suspecte se trouve devant chez soi ? La première règle est de ne pas prendre de risque pour protéger ses biens. Si quelqu’un se présente à la porte et que son identité n’est pas certaine, mieux vaut ne pas ouvrir et effectuer les vérifications nécessaires. En cas de doute, il est préférable de contacter directement l’entreprise ou le service concerné via un numéro officiel plutôt que de se fier uniquement aux informations données par la personne présente. Cette prudence vaut aussi pour les visites commerciales. Une personne qui propose une intervention, une installation ou un service peut être parfaitement légitime, mais le particulier ne doit pas laisser entrer quelqu’un simplement parce qu’il affirme représenter une entreprise. Un rendez-vous peut être pris en passant directement par l’organisme concerné. Si vous ne deviez donner que trois conseils, lesquels seraient-ils ? D’abord, évaluer les risques réels avant d’acheter du matériel. Ensuite, vérifier que l’installation est correctement conçue, paramétrée et conforme aux règles applicables. Enfin, ne pas négliger les comportements du quotidien : courrier, réseaux sociaux, accès au logement ou absence prolongée. La sécurité repose souvent autant sur ces détails que sur la technologie. Interview Océane Kasonia

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#focussecurite360

NS Conseils Sàrl • Brandreport 7

« La protection incendie, une responsabilité collective » Rôle d’un responsable assurance qualité (RAQ), à quel moment sa responsabilité s’arrête et celle du propriétaire / exploitant commence ? Quels sont les risques à prendre en compte dans le domaine de la protection incendie ? Zoom sur les enjeux du métier de RAQ avec l’entreprise NS Conseils Sàrl.

A

ssociés au sein de NS Conseils, une entreprise spécialisée dans la formation, l’architecture, le conseil et l’accompagnement en matière de protection incendie, M. Nicolas John et M. Sébastien Gamboni sont tous deux spécialistes en protection incendie en plus d’être sapeurs-pompiers volontaires. De par leurs parcours différents, Architecte EPFL pour M. John et un parcours dans l’électricité et l’industrie pour M. Gamboni, le bureau est à même de traiter au mieux les enjeux actuels de la protection incendie. Comment le RAQ intervient-il tout au long d’un projet ? Nous intervenons dès la phase de conception du bâtiment, aussi bien dans le cadre d’une nouvelle construction que d’une rénovation. Cela se poursuit pendant l’exécution jusqu’au moment de la réception finale. Durant le chantier, nous effectuons des visites, contrôlons les installations et vérifions que les différents éléments de protection incendie sont correctement mis en œuvre.

utilisent depuis longtemps un système qu’elles connaissent et qu’elles reproduisent la même exécution pour un autre produit. Or chaque produit et chaque système a ses propres spécificités. Nous rencontrons également, et ce régulièrement, des problèmes liés à la méconnaissance des documentations techniques par les monteurs. La protection incendie s’arrête-t-elle une fois le bâtiment réceptionné ? Non, au contraire. Après la réception, l’entretien et la maintenance deviennent l’obligation du propriétaire et des exploitants. Les installations de détection incendie, l’éclairage de secours, la signalétique et les autres équipements techniques doivent être régulièrement contrôlés et entretenus. Sans cela, impossible de garantir leur bon fonctionnement. Nous constatons malheureusement que cette partie est parfois négligée. Il faut garder à l’esprit qu’une installation qui n’est plus entretenue ne peut pas forcément remplir son rôle lors d’un sinistre.

Les obturations coupe-feu, telles que les passages techniques pour l’électricité, la ventilation ou toute autre installation, constituent certainement l’un des problèmes les plus fréquents.

Quels sont aujourd’hui les nouveaux risques auxquels vous êtes confrontés ? Les batteries au lithium constituent un très bon exemple. Aujourd’hui, on les retrouve partout, dans les trottinettes électriques, les vélos, les appareils électroniques ou encore les installations industrielles. Le risque d’incendie est particulièrement important lors de leur recharge, mais également lorsque des batteries endommagées ou usagées sont stockées. Bien que les sapeurs-pompiers disposent désormais de nouvelles recommandations pour intervenir, les prescriptions actuelles donnent encore relativement peu d’indications sur les mesures à mettre en place pour limiter les risques.

Il ne s’agit pas seulement de reboucher un trou, il y a une vraie manière de procéder. Les produits installés peuvent ne pas correspondre aux documents fournis par les entreprises. Il arrive que celles-ci

Comment les matériaux et les nouvelles technologies influencent-ils la protection incendie ? Certains matériaux, notamment le bois,

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez sur les chantiers ? Notre problème principal est que nous ne sommes pas toujours intégrés suffisamment tôt dans les processus décisionnels du projet. Cela complique fortement le suivi d’exécution avec les entreprises.

demandent une analyse plus conséquente des détails constructifs et raccords par rapport à un projet tout béton. Cela impose au RAQ d’être relativement présent lors du chantier, d’autant plus dans le cadre de rénovation de vieux bâtiments ou nouveaux bâtiments avec des planchers en bois. Les nouvelles technologies offrent également des possibilités intéressantes, notamment les caméras thermiques ou certains autres produits. Elles peuvent être particulièrement pertinentes dans l’industrie, où les risques sont parfois plus importants. Mais ces technologies doivent être considérées comme des outils complémentaires. Elles ne remplacent pas les principes fondamentaux de la protection incendie, notamment le compartimentage, l’éclairage, la signalétique de secours, les moyens d’extinction, l’entretien et la maintenance. Comment garantir un niveau de sécurité acceptable tout au long de la vie du bâtiment ? C’est probablement l’un des aspects les plus sousestimés aujourd’hui par les propriétaires et exploitants. On peut construire un bâtiment extrêmement sûr, conforme, mais si l’entretien ou la maintenance ne sont pas effectués, que les personnes ne savent pas comment réagir en cas d’incendie, cela pose un réel problème.

projets. Cela permet de trouver des solutions proportionnées, d’anticiper ou éviter des erreurs et, souvent, de réduire les coûts. L’objectif n’est pas de mettre « ceinture, bretelles », mais d’appliquer les bonnes mesures au bon endroit. Deuxièmement, il ne faut pas négliger l’entretien et la maintenance après la réception du bâtiment. Des contrôles ou audits périodiques peuvent être utiles, y compris dans des bâtiments relativement récents. Ils permettent d’avoir un autre regard et un autre avis, d’identifier d’éventuelles lacunes et d’éviter ainsi qu’un problème ne survienne. La prévention reste la priorité. Enfin, la protection incendie est une responsabilité collective. Les normes, directives, contrôles sont importants, mais la sensibilisation des personnes l’est tout autant. L’objectif est de faire en sorte que, le jour où un incendie survient, le bâtiment et ses occupants soient réellement capables de réagir comme prévu. Interview Léa Stocky

Le stress et la panique peuvent fortement réduire les capacités de réaction. Connaître les bons comportements permet de réduire ce stress et donc de réagir plus efficacement. C’est pourquoi nous organisons des formations, notamment auprès des entreprises. À cela s’ajoute les audits de bâtiments existants pour les propriétaires afin de s’assurer que leurs bâtiments soient toujours conformes aux directives en vigueur.

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Quel message souhaitez-vous adresser aux architectes, propriétaires, promoteurs et gestionnaires d’infrastructures ? Premièrement, il faut intégrer suffisamment tôt les spécialistes en protection incendie dans les

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Edgward • Brandreport

Une patrouille de sécurité chez vous, en un clic Commander un repas, un taxi ou un livreur prend quelques secondes. Faire passer une patrouille de sécurité devant chez soi restait, jusqu’ici, une affaire de contrats et de délais. La plateforme romande Edgward, fondée par l’expert en sécurité Daniel Barouch, change la donne : une patrouille professionnelle, la plus proche, en un clic.

Déjà adopté, jusque dans les mairies Disponible dans les cantons romands, la plateforme compte plus de 2500 utilisateurs et a déjà convaincu des associations de commerçants et des communes, à l’image de Soral, dont le choix a été largement relayé. « Quand une commune décide de financer l’accès à notre plateforme pour sa population, cela dit l’essentiel : la sécurité de proximité n’est plus un luxe, c’est en train de devenir un service de base. »

Daniel Barouch Fondateur, Edgward

U

n départ en vacances, un bruit dans la nuit, une caméra qui montre un intrus sans que personne ne vienne : chacun a déjà ressenti ce besoin d’une présence professionnelle qui passe, vérifie, rassure et, si nécessaire, intervient. Y répondre supposait jusqu’ici une centrale d’alarme posée par un installateur et un contrat qui engage pour des années auprès d’un seul prestataire. Ou alors des caméras achetées soimême, qui filment mais ne déclenchent rien. C’est ce décalage qu’Edgward a entrepris de corriger. Vingt ans à protéger ce qu’il y a de plus sensible Derrière la plateforme, il y a un homme et une conviction. Daniel Barouch a passé près de vingt ans dans la sécurité, au plus haut niveau d’exigence : security manager au World Economic Forum, responsable d’événements réunissant chefs d’État et personnalités exposées, cadre dirigeant d’une grande entreprise de sécurité suisse et juge militaire. Il dirige également DBA Sécurité, société d’audit et de conseil en sécurité, qui accompagne institutions, entreprises et communes. C’est sur le terrain, au fil de ces expériences, qu’est née une frustration :

La plateforme est conçue pour évoluer : des développements adaptés aux besoins spécifiques des entreprises sont déjà à l’étude, précise Daniel Barouch.

« Pendant des années, j’ai conçu des dispositifs de protection pour des institutions, des entreprises et des personnalités. La sécurité physique est restée en décalage avec la technologie et avec la manière dont on consomme aujourd’hui. Avec Edgward, nous voulons la rendre accessible à tous, au moment où l’on en a besoin. » Un secteur resté à l’âge analogique Pour se protéger, le particulier devait souscrire un contrat coûteux auprès d’un prestataire unique, puis dépendre de la disponibilité de ses seules équipes. Un marché entier était resté analogique quand tout le quotidien passait à l’instantané. « Beaucoup de gens installent aujourd’hui eux-mêmes leur alarme ou leurs caméras, observe Daniel Barouch. Ce qui leur manque, c’est de pouvoir commander une patrouille quand ils le décident, en gardant la main sur leur sécurité. »

La bonne patrouille, au bon endroit et bon moment L’idée d’Edgward part de là : non pas vendre une énième alarme, mais bâtir l’infrastructure qui manquait. La plateforme met en relation, en temps réel, les habitants et un réseau d’entreprises de sécurité partenaires, en privilégiant la patrouille la plus proche. L’utilisateur choisit selon ses critères; proximité, prix, entreprise préférée, suit l’opération en direct et reçoit un rapport détaillé après le passage. Il y trouve aussi des fils d’alerte et des conseils pour protéger son domicile. La rupture la plus tangible est le prix. L’abonnement démarre à 15 francs par mois, une intervention coûte entre 100 et 170 francs, et il n’y a rien à installer : 3000 à 7000 francs de matériel économisés d’emblée, sans engagement.

En digitalisant un secteur resté fragmenté, Edgward met une technologie au service de l’humain, pensée pour les particuliers comme pour les entreprises. Le premier mois est offert : de quoi vérifier, chez soi, que la sécurité se commande désormais aussi simplement qu’un repas. Rendez-vous sur edgward.ch


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Prévention mobilité

Jeunes au volant : les bons automatismes sont essentiels En 2025, 152 personnes ont été grièvement blessées dans un accident de trottinette électrique en Suisse et 586 à vélo électrique, selon le BPA. Moniteur depuis près de 20 ans, François Groux, président de la section Vaud de L-Drive Suisse, l’organisation faîtière des moniteurs de conduite en Suisse, revient sur les risques auxquels sont confrontés les jeunes et sur les bons réflexes à adopter. peut les utiliser sans permis, ce qui signifie qu’un jeune peut se retrouver sur la route sans avoir suivi de formation spécifique à la conduite.

François Groux Président de la section Vaud de L-Drive Suisse

François Groux, pourquoi est-il particulièrement important de sensibiliser les jeunes conducteurs aux risques routiers ? Parce qu’un jeune conducteur doit apprendre à gérer une multitude d’usagers différents. Sur la route, il y a les voitures, les bus, les cyclistes, les trottinettes électriques ou encore les piétons. En ville, cette diversité représente une difficulté supplémentaire pour quelqu’un qui manque encore d’expérience. Un piéton peut par exemple traverser en regardant son téléphone, sans forcément avoir conscience de ce qui se passe autour de lui. Pour un élève, il est difficile d’anticiper ce que les autres vont faire. Une grande partie de l’apprentissage consiste donc à observer et à s’adapter à tous ces « partenaires » de la route. La prévention routière réunit plusieurs acteurs, notamment le BPA, les écoles de conduite et L-Drive Suisse. La collaboration est-elle suffisante ? Il y a encore beaucoup à faire. Le BPA joue un rôle important dans la prévention et nous avons des échanges avec eux. Lors de discussions sur les deux-roues, par exemple, nous avons parfois constaté que nous partagions les mêmes préoccupations et les mêmes propositions.

Le problème concerne aussi les vitesses et les usages. Certains véhicules peuvent être débridés et atteindre des vitesses supérieures à celles prévues. Les vélos électriques posent également de nouvelles questions : ils permettent de se déplacer rapidement et doivent être intégrés dans la réflexion sur la sécurité routière. Il faut donc que les jeunes comprennent que, même sans conduire une voiture, ils sont des usagers de la route à part entière. Ils doivent connaître les règles et adopter les bons comportements. Vous estimez également que les nouvelles technologies embarquées nécessitent davantage de formation. Pourquoi ? Les systèmes d’aide à la conduite sont utiles, mais ils restent des aides. Le conducteur demeure responsable de son véhicule. Le danger apparaît lorsqu’une personne considère que la voiture va conduire à sa place. Il existe plusieurs systèmes, qui ne fonctionnent pas tous de la même manière selon les constructeurs. Le régulateur adaptatif, par exemple, permet de maintenir une vitesse et une distance avec le véhicule qui précède. C’est un outil intéressant, mais il faut savoir l’utiliser. Le conducteur doit donc connaître les systèmes présents dans son véhicule et les avoir expérimentés. Aujourd’hui, les moniteurs doivent transmettre ces connaissances, mais il n’existe pas forcément de temps de formation obligatoire spécifiquement consacré à ces technologies.

Le problème se situe ensuite dans la manière dont ces recommandations sont prises en compte. D’autres acteurs, notamment l’Office fédéral des routes, peuvent avoir une approche différente. Nous pouvons donner notre avis, mais nous n’avons pas forcément de prise sur les décisions. Pour nous, il est donc important que les différents acteurs de la sécurité routière puissent davantage échanger et que l’expérience des moniteurs soit entendue. Nous sommes quotidiennement avec les élèves et nous voyons concrètement les difficultés qu’ils rencontrent sur la route. La mobilité des jeunes ne se limite plus à la voiture. Les deux-roues électriques vous préoccupent-ils particulièrement ? Oui. Les trottinettes électriques sont devenues un véritable enjeu de sécurité. À partir de 16 ans, on

Que faudrait-il changer ? Nous défendons notamment l’idée de remettre en place une deuxième journée de formation. Jusqu’en 2020, la formation comportait deux jours consacrés à différents aspects de la conduite et de la maîtrise du véhicule. Un dispositif complémentaire permettrait aujourd’hui aux jeunes de découvrir les systèmes d’assistance et de tester les nouvelles technologies dans différentes situations. Les voitures évoluent rapidement. Un jeune conducteur peut passer d’un véhicule à un autre et se retrouver face à des commandes ou des systèmes différents. Il faut lui donner les moyens de comprendre ce qu’il utilise. Les parents jouent eux aussi un rôle important dans l’apprentissage. Mais sont-ils suffisamment préparés ? C’est une vraie question. Un parent qui accompagne son enfant n’est pas nécessairement formé pour

enseigner la conduite. Il faut d’abord vérifier que le véhicule est adapté et permet notamment d’intervenir en cas de problème. Ensuite, il faut se demander si le parent connaît suffisamment les règles de circulation et les technologies présentes dans le véhicule. Et puis il y a la pédagogie. Un moniteur dispose d’un véhicule à double commande et d’une bonne visibilité sur la circulation. Il peut intervenir. Le parent, lui, peut facilement stresser ou paniquer, et transmettre cette tension à l’élève. Quel est le risque lorsque les parents transmettent leurs propres mauvaises habitudes ? L’élève apprend des automatismes. S’il acquiert dès le départ de mauvaises habitudes, le moniteur devra ensuite les corriger. Il devra parfois « effacer » certains réflexes pour en construire de nouveaux. C’est pourquoi nous avions demandé la mise en place d’une carte de formation pour les jeunes accompagnés par leurs parents. L’idée était de suivre ce qui avait déjà été travaillé et ce qui devait encore être amélioré. Cette carte n’existe actuellement pas. Comment les parents devraient-ils alors accompagner leur enfant ? La première chose, c’est de ne pas commencer directement dans la circulation. Un jeune qui n’a jamais conduit doit pouvoir apprendre les bases dans un endroit calme, sur un parking ou une route peu fréquentée. Le mettre directement au milieu d’une ville peut générer du stress chez l’élève comme chez le parent. Ensuite, il faut faire le lien avec les leçons prises auprès du moniteur. Le parent peut demander ce qui a été appris et permettre au jeune de mettre ces éléments en pratique. Cela crée une continuité dans la formation. Nous demandons également depuis longtemps que les parents puissent bénéficier eux-mêmes d’une journée de formation. Ils pourraient ainsi mieux comprendre ce que l’on attend d’un élève et apprendre comment l’accompagner. Au-delà de la technique, quelles sont les compétences essentielles à développer chez un jeune conducteur ? L’observation est fondamentale. La conduite, c’est d’abord regarder et anticiper. Il faut observer ce qui se passe autour de soi et rester attentif aux autres usagers. La distance de sécurité est également essentielle. Elle permet d’avoir davantage

de temps pour réagir. Enfin, il faut éviter les distractions, en particulier le téléphone. Aujourd’hui, les écrans sont partout dans les voitures. Certains systèmes d’assistance se commandent également via des écrans tactiles. On demande au conducteur de rester concentré sur la route, mais il peut être tenté de regarder son écran pour modifier un réglage. Cela pose évidemment une question de sécurité. Et pour les jeunes qui choisissent un deux-roues ? Quels sont les bons gestes à adopter ? La première chose, c’est l’équipement : le casque et une veste adaptée constituent la base. Ensuite, il faut adapter sa vitesse aux conditions de circulation et à la météo. Pluie, brouillard, froid ou chaleur peuvent modifier les conditions de conduite. Il faut également vérifier l’état du véhicule. Rouler avec des pneus usés ou un véhicule mal entretenu augmente inutilement les risques. Et bien sûr, il faut respecter les règles de circulation. Avec une moto ou un scooter, on peut être tenté de se faufiler entre les voitures. Cette facilité ne doit pas conduire à prendre davantage de risques. Quel message adresseriez-vous finalement aux jeunes conducteurs ? La route demande de l’attention. Il faut accepter qu’on ne maîtrise pas tout et apprendre à anticiper les autres. Les technologies peuvent aider, mais elles ne remplacent pas le conducteur. Notre objectif, en tant que moniteurs, reste de former des jeunes qui puissent rouler en sécurité. Le permis n’est pas une fin en soi : c’est le début d’une expérience qui continue à se construire au fil des kilomètres. Et aux parents ? De se former eux aussi. Ils doivent connaître les règles et savoir comment accompagner leur enfant. Il faut commencer doucement, dans un environnement calme, puis mettre en pratique ce qui a été appris avec le moniteur. La formation coûte de l’argent, c’est vrai. Mais lorsqu’on parle de sécurité routière, il faut aussi se demander quelle valeur on accorde à une bonne formation. L’objectif est simple : permettre au jeune d’acquérir de bons automatismes et de les conserver une fois seul sur la route. Interview Océane Kasonia

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Sécurité incendie : la preuve par le risque Jamais la sécurité incendie n’a autant fait parler d’elle en Suisse : incendie de Crans-Montana le 1er janvier 2026, puis, plus récemment, nombreux départs de feu dans les centres de déchets. Ces événements rappellent l’enjeu de la sécurité incendie, tant pour les nouveaux projets que pour la rénovation de l’existant.

E

concept de sécurité ciblé, adapté aux particularités et aux objectifs d’un ouvrage, avec des mesures efficaces et proportionnées en termes de coûts.

Les directives actuelles (2015) sont en révision, pour une nouvelle version attendue à l’horizon 2027. Trois méthodes de preuve sont prévues : prescriptive, basée sur la performance et basée sur le risque. Les deux premières sont bien connues ; la troisième est la grande nouveauté. Elle permet de concevoir un

Confiée à un expert en analyse de risque, cette approche suit une démarche reconnue en sept étapes. On commence par fixer le cadre : ce que l’on étudie (un site, un bâtiment ou une partie de celui-ci) et ce que l’on veut protéger : les personnes, les biens ou les deux. Vient ensuite la connaissance du bâtiment : à quoi sert-il, qui l’occupe et en quel nombre, que stocke-t-on ? Ces réponses se construisent avec les concepteurs, l’exploitant et l’ingénieur. Ce dernier choisit alors comment évaluer le risque, avec une

n Suisse, la sécurité incendie est régie par les directives de l’AEAI. La plupart des projets, notamment les projets neufs, sont traités de façon prescriptive. Parfois, des méthodes d’ingénierie sont nécessaires pour démontrer que le niveau de sécurité est satisfaisant (résistance au feu des structures, désenfumage, évacuation des personnes).

approche qualitative ou quantitative, mais suffisamment précise, via une matrice qui croise fréquence et gravité. Il faut aussi fixer le seuil d’acceptabilité : les nouvelles règles donneront des critères que l’exploitant ou le commanditaire pourront renforcer. Matrice de risque. Place ensuite à l’analyse. On identifie les dangers (précurseurs, inflammation, propagation), puis les scénarios, en tenant compte du départ de feu et d’une éventuelle défaillance des barrières de sécurité. La fréquence de chaque scénario se déduit de l’accidentologie et des statistiques ; la gravité s’évalue par des calculs allant du modèle

simple aux simulations avancées. Il reste à valider les mesures de sécurisation : si le risque dépasse le critère d’acceptation, des mesures supplémentaires s’imposent. L’investissement s’arrête lorsqu’il n’est plus proportionné : CHF 1.– investi pour une réduction du risque de moins de CHF 1.–. Une analyse de sensibilité (comportement des personnes, risque incendie, maintenance des mesures) garantit la robustesse de l’étude. Précieuse pour les projets d’envergure, une étude de risque exige de nombreuses données d’entrée et des échanges étroits entre tous les acteurs. Plus d’informations sur www.incendie.ch

Simulation d’un feu réel.

Réponse de la structure au feu.

Fumée et évacuation dans un musée


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#focussecurite360

Vesco Trafic Systèmes • Brandreport 9

Vitesse, inattention, cohabitation : les défis de la prévention routière Basée à Yverdon-les-Bains, Vesco Trafic Systèmes (VTS) intervient au quotidien dans la régulation du trafic, la signalisation temporaire et la sécurisation des chantiers. Son fondateur, Damien Vesco, veut mettre cette expérience de terrain au service d’un enjeu plus large : mieux sensibiliser les usagers aux risques liés à la vitesse, à l’inattention et au partage de la route.

de freinage, montrer comment une personne peut apparaître derrière une machine ou ce qui se passe lorsqu’un conducteur détourne son attention. Le but n’est pas de culpabiliser, mais de faire comprendre pourquoi on demande aux usagers de ralentir ou d’être vigilants. Quand on visualise une situation, le message devient beaucoup plus concret.

Damien Vesco Fondateur de Vesco Trafic Systèmes

Vous aimeriez justement développer des actions de sensibilisation auprès du grand public. Quel serait votre projet ? J’aimerais organiser des démonstrations et des expositions dans des lieux accessibles au public, par exemple dans des écoles ou des commerces. L’idée serait de montrer, à l’aide de vidéos ou de simulations, comment un accident peut se produire. On pourrait prendre une situation très concrète : un conducteur arrive sur un chantier, regarde son téléphone, ne voit pas immédiatement l’agent de régulation qui lui demande de s’arrêter et doit freiner au dernier moment. Montrer cette scène permettrait de faire comprendre le risque sans attendre qu’un véritable accident se produise. J’ai vu en France des simulations utilisées pour sensibiliser aux accidents dans les gares et j’aimerais reprendre ce principe pour les risques que nous rencontrons sur les chantiers. Je voudrais pouvoir intervenir gratuitement, notamment dans des écoles ou des lieux fréquentés, pour expliquer au public ce que nous voyons au quotidien. L’idéal serait que des établissements, des commerces ou d’autres acteurs nous ouvrent leurs portes pour organiser ce type d’actions, un peu comme cela peut déjà se faire avec la police. Les gens pourraient poser leurs questions, regarder des démonstrations et mieux comprendre pourquoi certaines règles ou certains dispositifs existent. Pour moi, la prévention doit aller à la rencontre des gens.

Damien Vesco, quelle est aujourd’hui la mission de Vesco Trafic Systèmes ? Notre métier consiste avant tout à protéger les usagers et les personnes qui travaillent sur la route. Nous intervenons dans la régulation du trafic, la signalisation temporaire, le contrôle du stationnement, mais aussi lors de manifestations, de chantiers ou de situations nécessitant une intervention. Nous pouvons également mettre en place un PC de commandement. J’ai créé VTS à Yverdon-les-Bains en 2025, après une première expérience dans la régulation à Neuchâtel. L’entreprise prépare par ailleurs une évolution de son logo et des uniformes de ses équipes, prévue pour la fin de l’année 2026. C’est un métier qui me passionne parce qu’il touche directement à la sécurité au quotidien. Nous sommes au contact des automobilistes, des ouvriers, des piétons et de tous ceux qui utilisent la route. Être sur le terrain permet aussi de voir très concrètement les comportements qui peuvent mettre quelqu’un en danger. Vous souhaitez toutefois consacrer cet article avant tout à la prévention et à la sensibilisation. Pourquoi ce sujet vous tient-il autant à cœur ? Parce que nous sommes confrontés chaque jour à des situations qui peuvent devenir dangereuses très rapidement. Sur un chantier, des personnes travaillent parfois à quelques mètres seulement de la circulation et ne sont pas toujours visibles immédiatement. Un ouvrier peut sortir de derrière une machine alors qu’un véhicule arrive. Les conducteurs ne réalisent pas forcément à quel point les équipes peuvent être exposées. Derrière les engins ou les panneaux, il y a des hommes et des femmes qui travaillent. C’est cette réalité que j’aimerais faire davantage connaître. En 2025, l’Office fédéral des routes a recensé 214 morts et 3935 blessés graves en Suisse. Au premier semestre 2025, les accidents mortels dont l’inattention ou la distraction était la cause principale présumée ont fait quinze morts, contre sept un an plus tôt. Que constatez-vous de votre côté sur le terrain ? L’inattention est l’un des problèmes que nous rencontrons régulièrement. Le téléphone en fait évidemment partie. Je vois encore beaucoup de personnes qui l’utilisent alors qu’elles conduisent. Il y a aussi la vitesse lorsqu’elle n’est pas adaptée à la situation et le non-respect de certaines indications. Sur un chantier, tout cela devient particulièrement dangereux, car l’environnement peut changer rapidement. Certains véhicules passent parfois à quelques centimètres de nos agents ou des ouvriers avec leur rétroviseur. Il suffit d’un faux pas au mauvais moment pour qu’un accident grave se produise. Vous insistez beaucoup sur la vitesse. Quel message souhaitez-vous faire passer à l’approche d’un chantier ? Il faut adapter sa vitesse aux circonstances. Sur un chantier, une machine peut masquer une personne, un agent peut demander de s’arrêter ou la circulation peut être modifiée. Le conducteur doit pouvoir réagir à ce qu’il découvre devant lui. Il faut donc ralentir suffisamment tôt. Les conséquences d’un accident ne s’arrêtent pas à la personne touchée : derrière une victime, il peut y avoir une famille, un conjoint, des enfants. C’est cette dimension humaine que je veux aussi rappeler lorsque je parle de prévention. Vos agents travaillent eux-mêmes au contact direct de la circulation. À quels dangers sont-ils confrontés ? Nous faisons partie des premières personnes que l’on peut voir en arrivant sur certains chantiers, avec nos vêtements de haute visibilité. Nous sommes directement à proximité des véhicules et

Votre dossier recense de nombreux facteurs susceptibles d’intervenir dans un accident : distraction, fatigue, alcool, problèmes de priorité, visibilité, état de la chaussée ou encore signalisation. Pourquoi est-il important de garder cette vision d’ensemble ? Il ne faut pas regarder uniquement un risque. Dans mon métier, je parle beaucoup de vitesse et d’inattention parce que ce sont des sujets auxquels nous sommes directement confrontés, mais il peut aussi y avoir un problème de visibilité, de signalisation ou de comportement. L’important est d’identifier ce qui peut créer un danger et d’agir avant qu’un accident se produise. Sur un chantier en particulier, il faut tenir compte de ce qui se passe réellement sur place.

des machines. Le risque peut venir d’une personne inattentive qui percute un engin très lourd ou ne voit pas suffisamment tôt quelqu’un qui se trouve sur la chaussée. C’est aussi pour cela que je parle beaucoup du comportement des usagers : lorsque vous travaillez à cet endroit toute la journée, vous voyez à quel point une erreur ou un manque d’attention peut avoir des conséquences importantes.

où vélos, voitures et piétons se retrouvent très proches les uns des autres. Cela peut créer des situations dangereuses. Il faudrait davantage d’aménagements adaptés, mais cela ne veut pas dire qu’un type d’usager doit toujours passer avant les autres. Le plus important est d’apprendre à cohabiter, à anticiper le comportement de celui qui se trouve à côté de soi et à adapter sa manière de circuler.

Quel rôle joue alors la signalisation temporaire ? Elle sert à protéger les personnes et à guider les conducteurs. Nous utilisons notamment des balises qui indiquent la direction à suivre sur les chantiers. Il est essentiel qu’elles soient correctement positionnées et cohérentes du début à la fin de la zone. J’ai déjà vu des situations où certaines balises étaient tournées dans un autre sens que les précédentes. Pour un automobiliste, cela peut créer de la confusion et l’amener là où il ne devrait pas aller. Les agents de régulation sont aussi présents pour donner des indications et sécuriser le passage des véhicules. Lorsqu’un agent demande de ralentir ou de s’arrêter, il faut respecter cette consigne.

Les nouvelles mobilités, notamment les trottinettes électriques, compliquent- elles encore cette cohabitation ? Oui, parce qu’elles circulent parfois dans les mêmes espaces que les piétons ou les véhicules et peuvent atteindre des vitesses importantes. Lorsqu’une trottinette roule trop vite dans une zone fréquentée, une collision peut avoir de lourdes conséquences. Là encore, il faut ajuster son allure. Au milieu de piétons, on doit ralentir et faire attention à ceux qui nous entourent. Je pense également que ces nouvelles mobilités doivent être davantage encadrées, notamment sur les équipements, les endroits où elles peuvent circuler ou certaines pratiques comme le fait de monter à plusieurs sur une même trottinette. La mobilité évolue et il faut apprendre à mieux partager l’espace.

Les chantiers ne sont qu’une partie du sujet. Comment mieux faire cohabiter automobilistes, cyclistes, piétons, motards et nouvelles mobilités ? Il faut d’abord que chacun comprenne qu’il partage l’espace avec les autres. Je pense notamment aux pistes cyclables et aux zones réservées aux piétons. À Genève, par exemple, on trouve encore des endroits

Comment sensibiliser sans tomber dans un discours culpabilisant ou moralisateur ? Je crois beaucoup aux démonstrations. Il faut montrer concrètement aux gens ce que peut représenter un danger, plutôt que simplement leur dire de faire attention. On peut expliquer une distance

S’il ne fallait finalement faire évoluer qu’une seule habitude chez les usagers de la route, laquelle choisiriez-vous ? L’attention. Le téléphone est un exemple très visible, mais le sujet est plus large : il faut regarder ce qui se passe autour de soi. Sur un chantier, quelques secondes de distraction peuvent suffire pour ne pas voir un agent ou un danger. Si chacun pouvait être plus attentif à son environnement et aux personnes qui l’entourent, ce serait déjà un grand pas pour la sécurité. Interview Marc-Antoine Guet Plus d’informations sur vesco-traffic-systeme-vts.ch


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focus.swiss

10 Interview • Yves Berchten

Yves Berchten

« Il ne faut plus penser humain ou technologie, mais humain et technologie » Directeur général du groupe Protectas, Yves Berchten observe un secteur de la sécurité en pleine mutation. Il décrypte ici les risques qui vont marquer les prochaines années et la manière dont l’IA, la vidéo intelligente, les données et la robotique peuvent aider à prévenir plus tôt sans effacer le rôle de l’humain. Interview Marc-Antoine Guet Image màd Yves Berchten, comment les enjeux de sécurité ont-ils évolué ces dernières années ? L’évolution technologique a profondément changé la manière d’aborder la sécurité. Ce qui paraissait impensable il y a 20 ans est aujourd’hui réalisable, notamment grâce à l’intelligence artificielle et à l’intégration des différents systèmes. Nous allons progressivement d’un modèle fondé avant tout sur la présence et la réaction vers des dispositifs capables de détecter, d’analyser et d’intervenir plus tôt. Cela suppose de ne plus travailler en silos. Les alarmes, les images, les observations du terrain et les autres informations utiles doivent pouvoir dialoguer. La technologie prend alors tout son sens : elle aide l’opérateur à disposer des bonnes informations, à les comprendre et à agir plus vite. Mais cette évolution demande de la maturité, des moyens techniques et financiers, ainsi qu’une réelle capacité d’investissement. Elle suppose aussi de disposer d’infrastructures adaptées, notamment d’un SOC (Security Operations Center), capable de centraliser et d’exploiter les informations. Toutes les entreprises ne seront pas nécessairement en mesure d’aller au même rythme. À la vitesse actuelle, les cinq prochaines années pourraient concentrer autant d’évolutions technologiques que les 25 dernières.

Quelles nouvelles technologies vont, selon vous, transformer le plus profondément la sécurité dans les prochaines années ? La vidéo va jouer un rôle très important. Les caméras ont énormément évolué : elles sont plus accessibles, peuvent être exploitées à distance et, surtout, être associées à des capacités d’analyse. L’enjeu n’est plus simplement de regarder une image, mais d’identifier un événement pertinent. Un rassemblement inhabituel devant un accès, un véhicule présent à un endroit où il ne devrait pas être ou une personne qui franchit une barrière peuvent devenir des signaux à traiter. Sur un grand site équipé de centaines de caméras, aucun opérateur ne peut tout surveiller en permanence. Le système doit donc être capable de faire remonter les situations qui méritent réellement son attention. La télésurveillance permet également d’agir à distance. Sur un site fermé la nuit, une intrusion peut être détectée, vérifiée visuellement puis faire l’objet d’une intervention ou d’une action de dissuasion, plutôt que d’être découverte le lendemain. Les capteurs connectés, les plateformes de supervision et l’automatisation vont eux aussi prendre davantage de place. Leur intérêt ne réside pas dans chaque technologie prise isolément, mais dans leur capacité à s’insérer dans une chaîne cohérente : détecter, qualifier, décider et intervenir.

Quels sont les principaux risques auxquels la population devra davantage faire face demain ? Il faut éviter de dresser un tableau alarmiste. Nous constatons surtout que les risques deviennent plus rapides, plus diffus et davantage interconnectés. Une organisation doit aujourd’hui considérer simultanément la sûreté physique, la continuité de ses activités, les événements climatiques, les tensions sociales, la fraude, la dimension numérique ou encore la cybersécurité. La masse d’informations disponible a elle aussi changé d’échelle. Il faut pouvoir comprendre ce qui se passe dans le monde, dans sa zone géographique, son secteur d’activité et son propre environnement. La gestion de l’information devient centrale. Nous voyons aussi davantage de situations dans lesquelles plusieurs risques se combinent. Un incident cyber peut avoir des conséquences physiques ; un épisode climatique peut perturber une activité ou un événement ; une information erronée peut amplifier une situation déjà sensible. La prévention, la préparation et la capacité à maintenir les activités essentielles deviennent donc indissociables.

Quelle place l’intelligence artificielle et l’analyse des données vont-elles prendre dans cette évolution ? Une place importante, notamment pour filtrer les informations et réduire les fausses alertes. Un système vidéo peut être perturbé par la pluie, la neige ou simplement du feuillage qui bouge. Si l’opérateur reçoit une alerte à chaque mouvement, son écran finit par être saturé de sollicitations inutiles. Le machine learning permet d’apprendre au système à distinguer certains mouvements habituels d’un événement réellement anormal. L’objectif est de mieux prioriser les alertes pour concentrer l’attention humaine là où elle est nécessaire. Nous disposons aussi de nombreuses informations : rapports digitalisés, observations des agents, photos, historiques d’incidents ou données sectorielles. Les outils d’analyse permettront de les croiser et d’en faire ressortir plus rapidement l’essentiel. En Suisse, ces usages doivent rester transparents, proportionnés et conformes aux exigences de protection des données. La technologie doit assister la décision, pas se substituer systématiquement à elle lorsqu’une situation peut avoir des conséquences importantes.

Sommes-nous en train de passer d’une logique principalement réactive à une sécurité davantage fondée sur l’anticipation ? Oui. Nous allons de la réactivité vers la proactivité et, demain, probablement davantage vers la prédictivité. L’information joue ici un rôle déterminant. Plus nous disposons de données issues d’incidents ou d’événements réels, plus nous pouvons essayer d’identifier certaines situations à risque en amont. Cela ne signifie pas que tout pourra être prévu. Une sécurité mature combine trois capacités : prévenir lorsque cela est possible, détecter les écarts suffisamment tôt et intervenir de manière proportionnée. Anticiper consiste surtout à réduire l’incertitude et le délai entre un signal et une décision. Plus ce délai s’allonge, plus il devient difficile d’être performant. L’intervention doit ensuite être adaptée au contexte. La préparation consiste donc aussi à savoir qui mobiliser et comment communiquer au moment où un événement survient. Concrètement, qu’est-ce qu’anticiper un risque signifie aujourd’hui ? C’est d’abord connaître son environnement et ses vulnérabilités, puis rapprocher des informations qui, auparavant, étaient traitées séparément. Un signal isolé ne signifie souvent pas grand-chose ; c’est sa mise en contexte, puis sa validation par des professionnels, qui lui donnent de la valeur. Prenons un exemple très simple lié à la météo. Une forte pluie ne constitue pas nécessairement un danger à elle seule. Mais si elle survient à une période où beaucoup de feuilles tombent, dans un secteur particulièrement exposé, l’addition de ces différents facteurs peut accroître le risque d’accident. Anticiper consiste justement à croiser plusieurs informations (conditions météorologiques, environnement, saison, état du terrain…) pour identifier une situation à risque avant qu’elle ne se concrétise. On peut alors décider, par exemple, d’envoyer préventivement une équipe vérifier certains secteurs plutôt que d’attendre qu’un incident se produise. Même logique pour un festival : la météo fait désormais partie intégrante de la préparation et de la gestion de crise. Il faut savoir en amont si les équipes nécessaires seront disponibles et quels moyens devront être mobilisés. L’anticipation repose donc sur la qualité de l’information, l’expérience et la capacité à préparer une réponse adaptée. Elle ne remplace pas la réaction : elle permet d’arriver plus tôt dans la chaîne de décision.

Ces nouvelles technologies vont-elles aussi transformer la place de l’humain ? Oui, mais elles ne vont pas rendre l’humain secondaire. Elles vont surtout modifier l’endroit où il apporte le plus de valeur. Certaines tâches répétitives, pénibles ou complexes pourront être automatisées ou prises en charge par des drones et, progressivement, des robots. Les agents pourront davantage se concentrer sur l’analyse d’une situation, la relation avec le public, la désescalade, la décision et l’intervention. Cela suppose de faire évoluer en continu les compétences et la formation afin que les professionnels maîtrisent ces outils tout en conservant leur capacité de jugement. L’humain restera celui qui comprend le contexte et prend la décision. Son expérience et sa capacité à intervenir resteront indispensables. Il ne faut donc pas penser « humain ou technologie », mais « humain et technologie ».

Nous allons de la réactivité vers la proactivité et, demain, probablement davantage vers la prédictivité.

– Yves Berchten, Directeur général du groupe Protectas

Si l’on se projette dans dix ans, à quoi pourrait ressembler un dispositif de sécurité efficace ? Il sera davantage intégré, connecté, mobile et adaptatif. Il faudra réfléchir de manière transversale et non plus juxtaposer des solutions qui fonctionnent chacune de leur côté. Les informations issues du terrain, des systèmes techniques, de la vidéo ou des historiques devront être rapprochées afin de donner une vision plus précise du risque. L’enjeu sera de contextualiser beaucoup plus rapidement ces informations pour aider les professionnels à comprendre une situation et à dimensionner leur réponse. Le dispositif efficace sera celui qui détecte suffisamment tôt, mobilise les bonnes ressources et évite, lorsque c’est possible, qu’un signal faible ne devienne une crise. Cette évolution devra toutefois rester comprise, acceptée et encadrée. La confiance sera décisive : la performance technologique ne peut pas être dissociée de la manière dont ces outils sont utilisés et perçus.


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Protectas • Brandreport 11

« Nous voulons avancer sans opposer l’héritage et l’innovation » Fondée à Lausanne en 1976, Protectas célèbre cette année ses 50 ans. Yves Berchten, Directeur général du groupe, revient sur les grandes étapes de son développement, l’évolution des attentes des clients, la transformation du marché suisse et les priorités qui doivent guider la prochaine phase de croissance.

Security Operations Center Yves Berchten Directeur général du groupe

Yves Berchten, dans quel contexte Protectas est-elle née il y a 50 ans et quelles ont été les grandes étapes de son développement ? Tout a commencé le 24 juin 1976, lorsque Pierre Rochat a fondé Protectas à Lausanne. L’entreprise s’est ensuite développée avec l’ouverture de directions régionales à Genève, Zurich, puis Berne et Bâle, ainsi que de nombreuses implantations opérationnelles permettant d’assurer nos services dans toute la Suisse. Une autre étape majeure est intervenue en 1992, lorsque Protectas a rejoint le groupe suédois Securitas AB. Cette intégration nous a permis d’associer notre ancrage suisse à l’expertise et aux capacités d’investissement d’un groupe international. Aujourd’hui, Protectas Groupe réunit quatre entités juridiques : Protectas SA, Protectas Technology SA, Protectas Aviation Security SA et Orqual SA. La petite PME lausannoise a beaucoup grandi. Elle comptait 1250 collaboratrices et collaborateurs en 2000, contre 4500 à la fin de l’année 2025. Cette croissance s’est accompagnée d’une présence nationale renforcée et de nouvelles expertises. Quels ont été les principaux tournants qui ont permis à l’entreprise de devenir ce qu’elle est aujourd’hui ? La professionnalisation des métiers et de la formation a joué un rôle déterminant, tout comme l’extension de notre couverture nationale et le développement d’expertises spécialisées. Au fil du temps, nous avons renforcé nos compétences dans la technologie, l’évaluation des risques, la sécurité incendie ou encore la sûreté et la sécurité aéroportuaires. Le développement de la sécurité électronique a constitué un autre tournant. Dès 2014, nous avons lancé des services de Remote Video Surveillance au sein de notre organisation Solutions, avant d’élargir notre offre au contrôle d’accès et aux systèmes antiintrusion. Ces activités sont aujourd’hui développées au sein de Protectas Technology. Notre histoire s’est aussi construite sur le terrain. Nous accompagnons par exemple la Street Parade à Zurich depuis des décennies, avec plus de 250 collaborateurs mobilisés chaque année. Protectas a également participé à la sécurité de rendez-vous comme l’Exposition nationale suisse de 2002, le G8 en 2003, l’Euro 2008, le Sommet mondial de la Francophonie à Montreux en 2010 ou le G7 de 2026. Depuis 2025, nous assurons aussi le mandat de sécurité d’un événement lié à l’économie mondiale à Davos. Ces expériences ont structuré nos savoir-faire et renforcé notre collaboration avec les autorités et les forces de police.

Une entreprise ne cherche plus seulement à éviter un vol. Elle veut aussi prévenir une fermeture de site, une interruption de production, une agression, un incendie ou une atteinte à son image et à sa réputation. Comment les métiers et les besoins des clients ont-ils évolué au cours de ces 50 dernières années ? Autrefois, un client demandait avant tout une présence, des rondes ou un contrôle d’accès. Aujourd’hui, il attend beaucoup plus. Il veut que son prestataire comprenne son activité, identifie ses vulnérabilités et l’aide à limiter les conséquences qu’un incident pourrait avoir sur son fonctionnement. Une entreprise ne cherche plus seulement à éviter un vol. Elle veut aussi prévenir une fermeture de site, une interruption de production, une agression, un incendie ou une atteinte à son image et à sa réputation. Notre métier a donc largement dépassé le stade de « surveiller la porte ». Cette évolution transforme aussi la relation commerciale. Le marché passe progressivement d’un client qui achète des heures de sécurité à un client qui attend un niveau de protection mesurable. Cela nous oblige à construire des prestations réellement intégrées à son activité. Un élément, lui, n’a pas changé : la place accordée au client. Notre développement s’est construit sur la satisfaction et un taux de rétention élevé. Protectas souhaite mettre en avant ses technologies et outils en matière de prévention et d’anticipation. De quelles solutions parle-t-on concrètement ? Nous avons progressivement constitué un ensemble de compétences et de solutions couvrant l’évaluation des risques, le contrôle d’accès, la détection d’intrusion, la vidéosurveillance, la surveillance à distance, les systèmes électroniques ou encore les outils d’aide à l’analyse. Nos deux centrales d’alarme de Genève et Zurich sont une composante importante de cette organisation. Elles illustrent le développement de nos capacités de surveillance à distance et l’intégration croissante des outils numériques dans notre offre. Nos outils internes ont aussi beaucoup évolué. Nous sommes passés du papier, du crayon et d’Excel à des solutions digitalisées, tandis que les contrôles de rondes et les mains courantes sont devenus électroniques. Cette hyperdigitalisation permet de mieux documenter nos prestations et d’exploiter les informations du terrain. D’autres outils continueront à enrichir nos services. Les bodycams devraient vraisemblablement devenir un standard dans certaines missions, tandis que des écrans embarqués dans les

véhicules d’intervention pourront faciliter la transmission d’images en temps réel aux collaborateurs engagés sur le terrain. L’enjeu n’est pas de multiplier les technologies pour elles-mêmes, mais de choisir et de combiner les bons outils en fonction de chaque environnement. Protectas indique disposer de certaines technologies ou outils spécifiques. Sur quoi repose réellement cette différenciation ? Notre différenciation ne repose pas nécessairement sur l’exclusivité d’un composant technique. Si une exclusivité précise devait être citée, elle devrait d’abord être documentée et validée. Notre force réside davantage dans notre capacité à réunir connaissance du terrain, compétences spécialisées, solutions technologiques, supervision et intervention, puis à adapter cet ensemble au contexte suisse et aux besoins du client. C’est aussi l’intérêt de notre expérience : les contraintes d’une manufacture horlogère, d’un aéroport, d’un data center, d’un siège de multinationale ou d’un grand événement ne sont pas les mêmes. Notre ambition est de mieux utiliser les informations disponibles pour affiner les profils de risques et devenir toujours davantage un véritable Trusted Advisor pour nos clients. Quel est aujourd’hui votre rôle à la tête de Protectas et quelles priorités vous êtes-vous fixées ? Mon rôle est de donner une direction claire, de créer les conditions permettant aux équipes de réussir et de maintenir la confiance de nos clients, de nos partenaires et des autorités. Avec plus de 4500 collaboratrices et collaborateurs, il faut aussi préserver la cohérence entre développement et qualité de service. Mes priorités portent sur le développement des compétences, l’innovation utile, l’excellence opérationnelle et une croissance durable. La formation restera un pilier fondamental. Notre Académie doit continuer à développer de nouveaux modules de formation pour accompagner l’évolution des missions et garantir le niveau de qualité attendu par nos clients. Nous devons également conserver ce qui constitue notre ADN. Nos valeurs (intégrité, vigilance et serviabilité) doivent continuer à guider nos décisions, comme la proximité avec le client, la connaissance du terrain et l’engagement de nos équipes.

Comment le marché suisse de la sécurité évolue-t-il actuellement ? Le besoin de protection reste important, mais la nature de la demande évolue. Les entreprises attendent de plus en plus de leur prestataire qu’il comprenne leur activité, contribue à sa continuité et soit capable de répondre à des environnements très spécifiques. Le marché ne repose donc plus uniquement sur la mise à disposition d’agents. La Suisse reste par ailleurs particulièrement exigeante en matière de qualité, de confiance, de protection des données et de respect des règles. Les difficultés de recrutement constituent également un enjeu. Les acteurs du secteur doivent donc investir et faire évoluer les compétences. Toutes les sociétés de sécurité ne disposeront pas nécessairement des mêmes moyens pour le faire. Protectas intervient aujourd’hui dans de nombreux domaines : grands événements, organisations internationales, industrie du luxe, sûreté et sécurité aéroportuaires, manufactures horlogères, data centers, sièges de multinationales, infrastructures sensibles ou encore centres de requérants d’asile. Cette diversité nous donne une lecture très large du marché suisse. Après 50 ans d’existence, quelles sont désormais les ambitions et les prochaines grandes étapes de développement de Protectas? Nous voulons poursuivre notre croissance et faire évoluer Protectas vers un rôle toujours plus large auprès de ses clients. Notre métier reste de protéger les personnes et les biens, mais il consiste aussi de plus en plus à réduire les risques et à fournir des indicateurs et des éléments utiles à la décision. C’est notamment le sens de notre stratégie InSight 2030 : maintenir une qualité de service supérieure, utiliser davantage les données et l’intelligence artificielle pour guider les décisions et continuer à innover. Notre ambition est de renforcer notre rôle de partenaire de confiance, au plus près des réalités de nos clients. Pour cela, nous devons continuer à investir, à développer nos compétences et à faire progresser nos organisations. Nous voulons avancer sans opposer l’héritage et l’innovation : les 50 années qui viennent de s’écouler constituent le socle sur lequel nous pouvons construire la suite. Notre croissance n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur le travail des équipes opérationnelles et administratives, sur la confiance de nos clients et sur des plans de développement suivis avec rigueur. Nous voulons conserver ce même niveau d’exigence pour que les prochaines années soient aussi solides que les 50 premières. Inteview Marc-Antoine Guet Plus d’informations sur www.protectas.com


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WIRD Group • Brandreport 13

« L’infrastructure informatique devient un facteur stratégique de réussite » À la tête de WIRD Group depuis plus de vingt ans, Eric Guinchard accompagne les entreprises suisses dans leurs enjeux d’infrastructure informatique, de cybersécurité et de transformation numérique. Avec son approche indépendante et son portefeuille de solutions allant du stockage au cloud souverain, WIRD Group entend jouer un rôle de partenaire technologique au long cours. Pour Eric Guinchard, l’infrastructure informatique est désormais bien plus qu’un support technique : elle constitue un facteur stratégique de réussite. complexité croissante des environnements informatiques. Les entreprises exploitent aujourd’hui une combinaison de systèmes sur site, de cloud privé et de cloud public. Et ces plateformes sont de plus en plus spécialisées. Deuxièmement, les exigences en matière de disponibilité, de performances, de sécurité et de protection des données ne cessent de croître et revêtent aujourd’hui une importance capitale.

Eric Guinchard PDG de WIRD Group

Eric Guinchard , votre entreprise est présente depuis de nombreuses années sur le marché de l’informatique d’entreprise. Qu’est-ce qui caractérise WIRD Group aujourd’hui ? Nous nous considérons comme le partenaire technologique des grandes entreprises en matière d’infrastructures informatiques critiques pour leur activité. Notre portefeuille couvre les solutions de stockage, de sauvegarde, les serveurs et, naturellement, la cybersécurité avec les protections contre les malwares. Nous proposons également des services cloud et un service managé S3 objet hébergé en Suisse et opéré par nos équipes. Ce portefeuille hybride, lié à notre présence dans les trois régions linguistiques, représente un atout considérable. Notre ambition va au-delà de la vente de produits. Nous souhaitons comprendre les besoins de nos clients et proposer des solutions innovantes. Quelles évolutions préoccupent particulièrement vos clients en ce moment ? Nous observons trois grands thèmes. Premièrement, la

Troisièmement, l’intelligence artificielle modifie fondamentalement les exigences en matière de puissance de calcul, de stockage, de réseaux et de sécurité. Les entreprises doivent aujourd’hui considérer l’infrastructure informatique de manière plus large et tous les composants doivent fonctionner en synergie, tout en répondant à des exigences élevées en matière de conformité. L’intelligence artificielle est actuellement le sujet technologique dominant. Où voyez-vous les plus grandes opportunités pour les entreprises ? Nous n’en sommes qu’au début. L’IA est de plus en plus intégrée directement dans les processus métier et les systèmes informatiques. Les « agents IA », qui exécutent des tâches de manière autonome et interagissent avec différents systèmes, seront particulièrement intéressants pour les entreprises. Mais cela soulève également une problématique : les entreprises doivent non seulement savoir quel

modèle d’IA elles utilisent, mais aussi à quelles données l’IA est autorisée à accéder, quelles actions elle peut effectuer et comment ces activités sont contrôlées. La gouvernance, la qualité des données et la sécurité deviennent donc des conditions préalables essentielles à la réussite de l’IA d’entreprise. Cela nous amène au thème de la cybersécurité. Comment l’IA modifie-t-elle le paysage des menaces ? L’IA est une arme à double tranchant. Elle offre aux entreprises d’énormes possibilités, mais est en même temps exploitée par les criminels et autres organisations mafieuses. Les cybercriminels utilisent l’IA pour rendre leurs attaques plus ciblées et plus crédibles. Pour les entreprises, cela signifie qu’une vision globale s’impose, de la sécurité des identités et des terminaux à la protection des réseaux et des applications, en passant par la sauvegarde, la reprise après sinistre et la cyber-résilience. Quel rôle joue le marché suisse dans ce contexte ? Un rôle très important. Les entreprises suisses ont des exigences élevées en matière de qualité, de protection des données, de disponibilité et de fiabilité. Parallèlement, de nombreuses entreprises disposent encore d’environnements informatiques hérités du passé, qui ne peuvent pas être remplacés facilement. C’est précisément là que réside notre force : nous intégrons les nouvelles technologies aux systèmes d’entreprise existants et aidons nos clients à faire évoluer leur infrastructure étape par étape.

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Comment souhaitez-vous positionner WIRD Group dans les prochaines années ? Nous continuons à renforcer notre image de partenaire informatique d’entreprise indépendant et compétent. Notre proximité avec les clients et, parallèlement, notre accès aux principaux fabricants internationaux sont ici déterminants. Nous voulons identifier très tôt les technologies qui deviendront pertinentes et aider nos clients à les mettre en œuvre. Notre cloud souverain ainsi que notre service managé S3 nous positionnent idéalement pour l’avenir. Notre portefeuille complet est bien adapté pour répondre aux futures demandes de notre clientèle. Notre objectif est clair : proposer des technologies innovantes à nos clients et mettre en place des infrastructures informatiques performantes, sûres et pérennes. Plus de vingt années à la tête de WIRD Group, c’est une incroyable success story. Où serez-vous dans 5 ans ? Notre indépendance est aujourd’hui un atout et une force indéniable. Elle nous permet d’agir en prenant très rapidement les bonnes décisions. Ma motivation est intacte et je m’appuie depuis de nombreuses années sur une équipe formidable, avec des employés très fidèles que je souhaite guider vers de nouveaux succès. Les opportunités pour nous sont immenses et j’ai l’habitude de dire que WIRD Group, c’est « no limit ». Alors, rendez-vous dans cinq ans !

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Brandreport • sursector

La sûreté sur les chantiers, au-delà du contrôle des accès

Avancées technologiques, complexification des projets, cadre légal strict : le chantier moderne est un environnement toujours plus exigeant, où des centaines d’intervenants peuvent se côtoyer chaque jour. Dans ce contexte, la gestion des accès et la maîtrise de l’information deviennent des enjeux de sécurité majeurs. En proposant un outil de gouvernance et de sûreté dédié aux contraintes spécifiques des chantiers, sursector répond à un besoin pressant dans le monde de la construction, au bénéfice de chacun de ses acteurs.

A

u moment d’évoquer la question de la sûreté sur les chantiers, nous pensons inévitablement aux grandes palissades, équipements, portails, caméras et rondes nocturnes indissociables du paysage urbain. Si ces dispositifs ont largement fait leurs preuves pour prévenir les intrusions, ils font oublier une réalité : le contrôle des accès ne constitue qu’une partie de l’équation sécuritaire. En effet, les chantiers sont devenus de véritables écosystèmes. Des dizaines d’entreprises, parfois plusieurs centaines d’intervenants, des métiers, des responsabilités, des flux et des informations s’y croisent quotidiennement. Le défi n’est donc plus seulement de contrôler qui entre et qui sort. Il est de savoir qui est présent, pour quelle entreprise, avec quelle légitimité et dans quel rôle. En particulier lorsque l’on sait que la direction des travaux porte non seulement la responsabilité de la sûreté sur le site, mais également celle de la conformité légale de chaque travailleur. Des chantiers éthiques et sûrs C’est à partir de ces réflexions que Frédéric et Raphaël Ayer, respectivement architecte/entrepreneur et expert en sécurité, décident de fonder sursector SA. Après avoir développé un système de contrôle automatique des accès, et grâce à des accords conclus avec les autorités de contrôle et commissions paritaires, ils proposent une solution novatrice : en enregistrant au préalable les entreprises sous-traitantes, la direction des travaux est assurée que chaque personne pénétrant dans le chantier dispose d’une autorisation et d’un statut en règle. À la suite d’une phase de test, la solution est déployée avec succès sur plusieurs chantiers d’envergures et d’affectations diverses, prouvant la force du concept et la réalité du besoin. sursector est un outil précieux dans la lutte contre le travail dissimulé. C’est également un allié de poids pour les maîtres d’ouvrage et les directions de travaux, qui voient leur devoir de diligence rempli, leur travail administratif réduit et leur gestion facilitée. En effet, les bénéfices de la solution vont bien au-delà du contrôle des accès et de la légitimité des intervenants. Grâce à la plateforme en ligne sursector, les directeurs de travaux disposent d’une vision complète de chacun de leurs chantiers en temps réel, et d’un historique détaillé de chaque entrée, sortie et intervention. Sa capacité à faire converger toutes ces informations sous une forme immédiatement exploitable vient combler un manque : le secteur de la construction a besoin d’un outil de gouvernance, capable d’offrir une visibilité et un niveau de contrôle à la mesure des enjeux sécuritaires d’un projet de construction. Forte d’une infrastructure solide et d’années d’expérience opérationnelle, sursector est dans la position idéale pour remplir ce rôle.

pour des groupes horlogers suisses, d’un important campus financier à Genève ou de la transformation d’un siège bancaire à Lausanne. Elle est également à l’œuvre sur l’imposant chantier de la future fabrique Caran d’Ache à Bernex. Sa flexibilité lui permet d’accompagner divers types de projets aux contraintes spécifiques : rénovations en centre-ville, projets industriels, administratifs ou de prestige, chantiers sensibles hautement sécurisés ou opérations à forte densité d’intervenants.

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Du contrôle des accès à la maîtrise du chantier Aujourd’hui, le contrôle des accès n’est plus la finalité de sursector, mais l’une des composantes d’un véritable écosystème de chantier basé sur quatre piliers. L’entreprise dispose d’infrastructures physiques (tourniquets, barrières, portails automatiques, caméras…) qui peuvent être déployées sur tous types de sites, en s’adaptant à leurs différentes phases. Ses applications mobiles permettent à l’ensemble du personnel impliqué de s’enregistrer et d’accéder aux sites aux moments voulus, grâce à un badge QR ou à une carte professionnelle. Des opérateurs, formés au rôle d’agent de sûreté ainsi qu’à la maîtrise de cette infrastructure, peuvent être déployés pour compléter le dispositif. Enfin, une plateforme en ligne centralise et structure les informations essentielles du chantier. L’objectif n’est plus seulement de contrôler qui entre ou qui sort, mais de permettre à ceux qui le dirigent de savoir, à tout moment, qui est présent, pour quelle entreprise, dans quel rôle, et de disposer des bonnes informations pour anticiper, décider et agir. En effet, la valeur d’une information ne réside pas dans sa collecte, mais dans sa capacité à être partagée avec les bonnes personnes, au bon moment. Aujourd’hui, chaque acteur dispose d’une partie de l’information, mais rarement d’une vision complète du chantier. La force de sursector est précisément de créer ce socle commun et de permettre à chacun de s’appuyer sur une réalité partagée, fiable et actualisée. Cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble des informations soit accessible à tous. Chaque acteur reçoit uniquement les éléments nécessaires à sa mission, et chaque entreprise conserve la maîtrise des données qui la concernent. La confiance est rendue possible par la vérification des informations, par une infrastructure sécurisée et par la garantie d’une protection rigoureuse des données, dont l’ensemble est hébergé en Suisse.

unique pour l’ensemble du dispositif, elle bénéficie d’une meilleure réactivité et n’a plus besoin de coordonner plusieurs prestataires pour obtenir une réponse ou adapter ses moyens aux besoins réels. Pour la direction des travaux, l’apport est avant tout opérationnel. Elle dispose d’une visibilité instantanée sur les présences, les entreprises, les autorisations, les flux et les événements du chantier. Les informations collectées deviennent des données exploitables pour la planification, l’anticipation et la prise de décision. Les entreprises mandatées, quant à elles, voient leurs tâches administratives fortement réduites : le personnel, les documents et les qualifications enregistrées sont réutilisés d’un site à l’autre, sans avoir à multiplier les badges et démarches. Enfin, les intervenants retrouvent un environnement commun à chaque chantier, accèdent facilement à chaque site et évitent les procédures répétitives. Chacun possède une partie de l’information. Chacun poursuit ses propres missions. Pourtant, tous dépendent les uns des autres. Lorsqu’un écosystème commun permet à chacun de partager les informations qu’il possède et d’accéder à celles dont il a besoin, un cercle vertueux se met en place : moins de tâches administratives, davantage de visibilité, une meilleure maîtrise des risques et une collaboration plus fluide. C’est précisément l’objectif que poursuit sursector lorsqu’il appelle les acteurs de la branche à « entrer dans le cercle », selon son slogan d’origine. Adoption et adaptation Naturellement, une telle promesse ne vaut que si elle est suivie d’effets. Celle de sursector s’appuie sur des années d’expériences réussies dans le cadre de projets de tous types. Récemment, sa solution a été déployée sur de nombreux chantiers exigeants, à l’image de constructions

Un cercle vertueux Depuis les prémisses de sa création, sursector ne cache pas son ambition de fédérer les acteurs du secteur autour d’une vision commune de la construction, plus sûre, plus performante, plus juste. Sa maîtrise complète de la chaîne de valeur et son positionnement unique lui permettent désormais d’assumer pleinement cette promesse. En effet, son fonctionnement simplifie et fluidifie le travail de l’ensemble des parties prenantes d’un projet de construction. Pour le maître d’ouvrage, il s’agit avant tout de renforcer la maîtrise du risque, d’assurer son devoir de diligence et de disposer d’une vue complète sur les entreprises et intervenants présents sur chacun de ses chantiers. Pour l’entreprise générale, la valeur réside dans la simplification de son organisation quotidienne. Avec un interlocuteur

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Plusieurs grands groupes de construction ont renouvelé ou conclu des contrats-cadres sur trois ans afin de déployer la solution sur l’ensemble de leurs projets. Cette continuité va bien au-delà d’une simple relation commerciale. Les collaborateurs retrouvent le même environnement d’un chantier à l’autre, les partenaires connaissent déjà les démarches et les processus deviennent des habitudes de travail. Les informations sont réunies dans un même système, les pratiques se transmettent et l’adoption se renforce au fil des opérations. Pour ces entreprises, sursector devient progressivement une référence en matière de gestion et de gouvernance des chantiers. Un nouveau standard L’histoire et le succès de sursector démontrent que la maîtrise complète d’un chantier et de ses intervenants est la condition nécessaire à une sûreté efficace. Le contrôle des accès et les mesures de sécurité traditionnelles sont des éléments importants de son savoir-faire, mais ses avantages vont bien au-delà. Sa véritable force est non seulement de collecter et de rassembler toutes les données utiles, mais surtout d’être capable de transformer ces informations éparses en une réalité partagée, fiable, traçable et directement exploitable. Avec près d’une centaine de chantiers réalisés et plus de vingt mille intervenants enregistrés dans son écosystème, sursector dispose d’un positionnement idéal et de succès concrets, mais est loin de s’arrêter en si bon chemin. L’entreprise s’est ainsi dotée d’une expertise juridique, et développe actuellement une formation spécifique dédiée à sa technologie afin de créer la fondation commune à tous ses futurs opérateurs et partenaires. Le chantier de demain sera toujours plus connecté, plus collaboratif et plus exigeant. Dans cet environnement, la capacité à partager une réalité commune deviendra un enjeu aussi important que les dispositifs de sûreté eux-mêmes. sursector œuvre chaque jour à faire de cette convergence une réalité. Au-delà des ouvrages, la construction reste une aventure collective, et toute aventure collective a besoin d’un socle commun pour progresser.


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RM Voie ferrée • Brandreport 15

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Sur les voies, la sécurité se joue à chaque instant Quand tout se passe bien, personne ne le remarque. Les trains circulent, les équipes travaillent aux abords des rails, et les voyageurs ne voient rien de ce dispositif qui s’active à chaque chantier. C’est précisément l’objectif recherché par RM Voie ferrée, entreprise spécialisée dans la sécurité des chantiers ferroviaires : que l’intervention se déroule sans incident, et que la voie soit rendue à la circulation comme si rien ne s’était passé.

Renato Marino Fondateur et directeur, RM Voie ferrée

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errière cette apparente simplicité se cache une organisation sans faille, reproduite chantier après chantier. Avant l’arrivée des équipes sur le site, un dispositif de sécurité strict est établi, détaillant les travaux prévus, leur durée et les mesures à appliquer. Une fois les travaux lancés, chacun se concentre sur sa tâche. C’est précisément à cet instant qu’un autre métier devient essentiel : celui du protecteur. Un son, deux sons, trois sons Sur un petit chantier, le protecteur surveille à vue les trains arrivant de part et d’autre de la zone. Lorsqu’un convoi apparaît, il déclenche une corne d’alarme électronique dont chaque signal a un sens précis, expliqué en amont lors du briefing. Le signal d’alarme un, un son prolongé, indique que le personnel doit interrompre le travail sur la voie en question et ses abords, et se retirer sur la voie interdite. Le signal d’alarme deux, deux sons prolongés, impose l’évacuation de toutes les voies et de se retirer sur le dégagement de sécurité défini. Enfin, le signal de danger, qui correspond à plusieurs sons brefs, signale une urgence de toutes les voies. Un train arrive, il faut libérer la voie immédiatement. Sur un chantier plus important, des sentinelles sont placées aux extrémités de la zone. Elles annoncent les trains par radio ou déclenchent à distance le système d’alarme LYNX. Cette organisation donne une idée assez juste de ce que recouvre la sécurité ferroviaire. Elle repose sur des procédures et des équipements, mais surtout sur des femmes et des hommes capables de rester attentifs pendant toute une intervention. Le chef de sécurité applique les mesures prévues et briefe les équipes, tandis que le protecteur veille sur les personnes travaillant sur ou aux abords des voies. Selon la configuration, coordinateurs de chantiers et délégués à la sécurité viennent compléter ce dispositif. Sur eux tous repose une responsabilité particulière. Les personnes qu’ils protègent sont concentrées sur leur propre travail, et ne peuvent pas surveiller l’arrivée d’un train. Leur sécurité dépend de la vigilance de quelqu’un d’autre. « Le point crucial, c’est qu’on protège des gens », résume Renato Marino, fondateur et directeur de RM Voie ferrée. Un ouvrier concentré sur sa tâche peut manquer une alarme ou l’agent de sécurité lui-même peut perdre en vigilance. Et aujourd’hui, Renato Marino

Le point crucial, c’est qu’on protège des gens.

– Renato Marino Fondateur et directeur, RM Voie ferrée

affirme que le téléphone portable cristallise une partie de cette difficulté. Outil indispensable pour certaines opérations, notamment pour communiquer avec les gares lorsqu’une voie doit être interdite ou restituée, il peut aussi devenir une distraction. RM Voie ferrée effectue donc des audits sur ses propres équipes, parfois sans prévenir les agents, pour assurer la sécurité de chacun. Un comportement problématique donne lieu à un avertissement et surtout à un rappel du risque encouru. Ici, quelques minutes d’inattention suffisent à conduire vers l’accident. L’expérience comme matière première Cette vigilance, Renato Marino l’a apprise bien avant de créer son entreprise. Il commence son apprentissage de monteur de voie aux CFF en 1986. À l’époque, les équipes construisent encore les voies et les aiguillages à partir de pièces détachées. Il y passera 24 ans, occupant tour à tour les fonctions de protecteur, chef de sécurité et sentinelle. En 2013, il lance seul l’entreprise privée RM Voie ferrée. Cette dernière compte aujourd’hui 36 collaborateurs. La construction de la voie et sa sécurisation étant deux activités distinctes, RM se concentre sur la seconde. Mais ce que Renato Marino garde de ses années sur le terrain, c’est une connaissance fine des conditions dans lesquelles les équipes travaillent réellement : la pluie, le froid, la chaleur, les interventions de nuit. Et aussi les erreurs, celles qu’on ne commet généralement qu’une seule fois, mais qui marquent durablement. C’est précisément ce savoir qu’il cherche à transmettre à ses équipes aujourd’hui. « Vous n’oublierez jamais l’erreur que vous avez faite et vous la retransmettrez aux autres », dit-il, chaque fois qu’une situation permet d’en tirer une leçon. Cette manière de transmettre occupe une place centrale chez RM Voie ferrée. Pour Renato Marino, les formations dispensées aux compagnies privées ou à des tiers sont primordiales, précisément parce qu’elles s’appuient sur une expérience concrète du terrain, la sienne comme celle des formateurs. L’objectif

est aussi de sensibiliser les nouveaux employés et les tiers aux dangers du métier, car un agent de sécurité doit avant tout savoir reconnaître un risque. Quand le terrain inspire l’équipement L’expérience du terrain permet aussi de repérer ce qui pourrait fonctionner autrement. La protection d’un chantier commence souvent bien plus loin que l’endroit même où travaillent les équipes. Lorsqu’une voie est interdite pour des travaux, une cible d’arrêt est installée à distance du chantier. La nuit, une cible d’arrêt avec un feu rouge de nuit, indique aux trains qu’ils ne peuvent pas poursuivre leur route, car c’est une voie interdite. Pendant des années, Renato Marino a manipulé ce type d’équipement et en connaissait les défauts. Du matériel lourd, encombrant, avec des feux alimentés par de grosses piles jetables. Un souvenir lui est resté de cette époque : les piles usagées des feux rouges étaient stockées sur une grande palette qui, au bout de deux ans, était pleine. « Ça me rendait triste de voir ces déchets », confie-t-il en présentant son projet. L’idée de concevoir une autre cible d’arrêt prend alors forme. Il veut un équipement plus compact, assez léger pour être transporté facilement, et utilisable sur les deux principaux écartements rencontrés en Suisse, 1000 et 1435 millimètres. Trois années de développement aboutissent à un kit de huit kilos, qui tient dans un sac hermétique et comprend deux barres télescopiques isolantes, deux cibles pliables et deux LED rouges rechargeables. La cible métallique utilisée mesure environ trente centimètres de diamètre. Son feu est visible, selon Renato Marino, à près de 800 mètres, et elle est placée de manière à permettre l’arrêt du convoi avant la zone protégée. Le dispositif répond ainsi à des situations où la marge d’erreur est faible. Car derrière le signal, des personnes travaillent. Une sécurité qui commence avant le chantier Les agents présents au bord des rails restent la partie la plus visible du travail de RM Voie ferrée pour le grand public. Mais l’entreprise intervient bien en

amont, sur des aspects que personne ne voit sur le terrain. Ses inspecteurs évaluent les risques avant chaque chantier, contrôlent l’état des voies et des appareils de voie, l’écartement, les zones critiques ou encore le profil d’espace libre. Les heurtoirs font également l’objet de vérifications régulières. L’entreprise prend aussi en charge la signalisation et propose ses prestations aux compagnies ferroviaires ainsi qu’aux embranchements privés. C’est cette combinaison de compétences, du terrain jusqu’à l’expertise technique, qui permet à l’entreprise d’accompagner un chantier de bout en bout. Renato Marino y reste directement impliqué : il continue de visiter les chantiers, de discuter des futures interventions avec les clients et de travailler sur de nouveaux équipements. Une implication qui tient sans doute à son parcours. « Je suis né sur les voies », dit-il en souriant. Cette continuité entre pratique et transmission explique en grande partie la réputation de l’entreprise, pour laquelle la sécurité passe avant tout. Renato Marino tient à remercier ses agents sur le terrain, la Direction de sécurité du bureau, les formateurs et planificateurs, ainsi que l’administration et tous les clients de RM Voie ferrée qui leur font déjà confiance. Texte Maévane Mas Découvrez notre vidéo de prévention

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16 Sécurité expliquée

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Prévenir face à une criminalité en constante évolution De la rue aux écrans, les menaces évoluent et les réflexes de protection avec elles. La prévention permet d’anticiper les risques, de mieux comprendre les nouveaux modes opératoires et de renforcer la capacité à réagir de manière appropriée. À Genève, la police cantonale exerce son rôle de prévention au plus près de la population, des collectivités et de nombreux partenaires. Les risques traditionnels restent d’actualité L’évolution technologique ne fait pas disparaître les risques classiques. Un cambriolage ou une escroquerie peut s’appuyer sur des informations recueillies en ligne, tandis qu’une personne mal intentionnée peut combiner observation du terrain et réseaux sociaux pour préparer son passage à l’acte.

Les messages essentiels sont simples : un véritable policier ne demande pas de remettre de l’argent, une carte bancaire ou des bijoux pour les mettre en sécurité. Un établissement bancaire ne demande pas de communiquer un code confidentiel. En cas de doute, il convient de raccrocher et de contacter directement l’institution concernée par un canal officiel.

es formes traditionnelles de criminalité restent d’actualité : cambriolages, vols, brigandages ou vols à l’astuce continuent de faire partie des préoccupations de la police. Mais les auteurs disposent désormais de moyens qui leur permettent d’agir à distance, rapidement et parfois à grande échelle.

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La prévention conserve donc une dimension très concrète. À l’approche des périodes plus propices aux cambriolages, notamment lorsque les journées se raccourcissent, des campagnes rappellent les mesures permettant de sécuriser un logement et de signaler rapidement une situation suspecte. Fermer correctement portes et fenêtres, limiter les signes d’absence et rester attentif à son environnement constituent des gestes simples qui peuvent contribuer à réduire les risques.

Prévenir dès le plus jeune âge La prévention s’inscrit aussi dans une logique de long terme. Depuis plusieurs années, la police cantonale genevoise rencontre les élèves de 9e année du cycle d’orientation dans le cadre d’actions de sensibilisation adaptées à leur âge.

La cybercriminalité illustre cette évolution. Phishing, piratage de comptes, fraudes lors d’achats en ligne, usurpation d’identité, faux investissements ou escroqueries diffusés sur les réseaux sociaux combinent souvent techniques numériques et manipulation psychologique. L’intelligence artificielle peut encore renforcer cette capacité en facilitant la création de contenus trompeurs, de messages personnalisés ou de faux profils crédibles.

Faux policiers et faux banquiers : mieux connaître les pièges pour mieux s’en protéger Les escroqueries dites « à la fausse qualité » nécessitent une attention particulière. Les auteurs se présentent comme des policiers, des employés de banque, des techniciens ou d’autres personnes supposées dignes de confiance. Ils utilisent ensuite la pression, l’urgence ou la peur pour obtenir de l’argent, des cartes bancaires, des bijoux ou des informations personnelles.

Face à ces phénomènes, la prévention vise à développer des réflexes simples : vérifier une demande inhabituelle, ne pas transmettre de codes ou de mots de passe, contrôler l’adresse d’un site internet, confirmer l’identité d’un interlocuteur et interrompre une communication en cas de doute. L’objectif est de rendre chacun plus attentif aux risques et mieux à même de les identifier.

Certaines personnes âgées sont particulièrement ciblées, notamment lorsque les escrocs cherchent à tirer parti de situations d’inquiétude, de solitude ou de vulnérabilité. La prévention prend alors tout son sens lorsqu’elle repose sur la rencontre et le dialogue. Des conférences et séances d’information peuvent être organisées dans les communes, auprès d’associations ou d’institutions.

Aline Dard Lieutenante – Chargée de communication en prévention, Police cantonale Genève

Ces interventions abordent le rôle de la police, la responsabilité devant la loi, les violences, les menaces ou les armes, mais aussi des situations auxquelles les jeunes sont directement confrontés : cyberharcèlement, diffusion d’images, réseaux sociaux et comportements à risque. L’objectif est de leur permettre de mieux comprendre les conséquences de certains comportements et d’identifier les situations dans lesquelles ils peuvent avoir besoin d’aide. Les jeunes adolescents peuvent également être recrutés sur les réseaux sociaux pour effectuer des tâches apparemment simples contre rémunération. Présentées comme des opportunités de gain rapide, ces propositions peuvent consister à récupérer une carte bancaire, transporter de l’argent ou remettre un colis. Ces jeunes peuvent alors être utilisés comme coursiers dans le cadre d’escroqueries ou d’autres infractions. La prévention vise aussi à les sensibiliser aux risques liés à ces sollicitations et à rappeler qu’une offre d’argent facile, peu claire ou demandant d’agir pour le compte d’inconnus doit susciter la méfiance.

Informer là où se trouve la population La prévention passe désormais par une pluralité de canaux. Les rencontres sur le terrain restent essentielles, tandis que les réseaux sociaux permettent de toucher rapidement un public plus large. Ceux-ci servent notamment à diffuser des alertes, des conseils, des vidéos et des campagnes de sensibilisation. Les médias jouent également un rôle essentiel en relayant les messages de prévention à travers la radio, la télévision et la presse. Partager, s’adapter, mieux prévenir Les phénomènes criminels dépassent les frontières cantonales et nationales. Les échanges entre les polices romandes et du Tessin, la collaboration avec la Prévention Suisse de la Criminalité et le travail avec différents partenaires permettent de partager les expériences, d’identifier les nouveaux modes opératoires et de coordonner certaines actions. Cette coopération renforce la cohérence des messages de prévention face à des phénomènes qui ne s’arrêtent pas aux frontières. La technologie continuera de transformer les risques auxquels la population est confrontée. L’intelligence artificielle pourrait notamment contribuer à l’apparition de nouvelles formes de fraude ou de manipulation, mais ses effets restent difficiles à anticiper. Dans ce contexte, la prévention doit elle aussi évoluer, en restant attentive aux nouvelles pratiques et en rappelant les principes essentiels face à une situation inhabituelle ou à une demande suspecte. En transmettant des informations concrètes, elle aide chacun à reconnaître les situations à risque et à agir à temps. Texte SMA

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L’IA change la donne. La menace aussi. Il y a cinq ans, voir un pirate utiliser 15 techniques de cyberattaque différentes était un signal d’alarme clair. Cela révélait une organisation structurée, bien financée et très compétente. Aujourd’hui, ce chiffre ne dit plus rien du niveau réel de l’attaquant. attaquants assistés par l’IA recourent en moyenne à 15 techniques différentes ; les plus avancés peuvent en combiner jusqu’à 40 ou 50. La menace ne se limite plus aux e-mails suspects : voix clonée, SMS et contenus sur mesure rendent la manipulation plus convaincante.

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Le cap le plus inquiétant est franchi lorsque l’IA ne se contente plus d’assister l’attaquant, mais exécute ses instructions de façon autonome. Anthropic a récemment documenté une campagne dans laquelle un système automatisé utilisant Claude Code (en contournant ses propres protections) a reconnu un environnement, recherché des vulnérabilités, généré du code, récupéré des identifiants et extrait des données. L’humain choisissait la cible et l’objectif ; l’IA faisait le reste.

Une montée en puissance des attaques L’IA générative est déjà utilisée pour repérer des cibles, rédiger des messages frauduleux crédibles, rechercher des failles, adapter des outils malveillants et faciliter l’accès initial à un réseau. Selon le dernier rapport de Verizon sur les compromissions de données, les

Des outils facilement accessibles À mesure que des modèles plus petits, mais performants, se multiplient et que les frameworks d’agents open source se généralisent, le coût et les compétences nécessaires pour lancer des attaques sophistiquées diminuent. Ce qui demandait hier une équipe spécialisée peut désormais être amorcé par un seul individu motivé. Tout est plus rapide, plus automatisé, plus difficile à arrêter.

’intelligence artificielle a changé la donne. Elle accélère aussi bien la recherche, le développement logiciel, l’analyse, la traduction, les activités juridiques que les tâches administratives. Mais elle accélère aussi les attaques, à une vitesse que les équipes humaines peinent à suivre.

Les attaques gagnent en sophistication, mais leur porte d’entrée reste souvent banale : un logiciel non mis à jour, une configuration exposée, un compte insuffisamment protégé. Dans son rapport, Verizon indique que l’exploitation de vulnérabilités est devenue le premier vecteur d’attaque, avec 31 % des cas analysés. En 2022, à l’ère pré-ChatGPT, elle ne représentait que 6 % des cas. Les PME ne sont donc pas épargnées. Les cybercriminels ne s’intéressent plus seulement aux grandes entreprises : ils cherchent avant tout les failles accessibles. Une commune, un cabinet médical, une société industrielle, un commerce ou une entreprise de services sera touché si ses défenses présentent le moindre point faible exploitable. Or, ces organisations ont souvent moins de personnel, des budgets plus serrés et moins de compétences spécialisées. Prévenir au lieu de guérir La question n’est donc plus de savoir si l’IA sera utilisée dans les cyberattaques ; elle l’est déjà. La vraie question est de savoir si votre organisation est prête à détecter et corriger ses failles avant qu’un attaquant ne les trouve. Sources : Verizon : 2026 Data Breach Investigations Report Anthropic : Disrupting the first reported AI-orchestrated cyber espionage campaign

Chez InnoBoost, nous aidons les organisations à renforcer concrètement leurs fondations de cybersécurité. Des menaces de type IA agentique à celles liées à l’ordinateur quantique, nos conseillers vous accompagneront : visibilité sur les systèmes exposés, priorisation des risques, correction des vulnérabilités, tests continus et accompagnement par des spécialistes. Face à des attaques qui avancent à la vitesse des machines, attendre n’est plus une option. cybersec@inno-boost.com ou scannez ce QR code :

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GPA SA – Société suisse de sécurité • Brandreport 17

30 ans à élever les standards de la sécurité Benjamin Prunonosa Directeur général, GPA SA

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ondée à Genève en 1996, GPA SA – Société suisse de sécurité célèbre cette année ses 30 ans. Trois décennies durant lesquelles le métier s’est profondément transformé : de la surveillance de sites à une approche globale de la sécurité, où expertise, technologie et capacité d’anticipation sont devenues indissociables. D’une entreprise genevoise à un acteur national En 1996, GPA se développe à Genève autour de prestations de sécurité humaine : surveillance de sites, commerces, patrouilles et interventions. Une conviction s’impose depuis l’origine : la sécurité se construit d’abord sur le terrain, au contact des clients et de leurs réalités. Trente ans plus tard, l’entreprise compte 800 collaborateurs, plus de 100 véhicules d’intervention et accompagne plus de 10 000 clients en Suisse. Son siège demeure à Genève, avec un centre de formation à Vernier et un réseau qui s’étend aujourd’hui de la Suisse romande à Berne, Bâle, Zurich, Gstaad, Saint-Moritz et Lugano. La trajectoire de GPA connaît un véritable changement d’échelle à partir de 2023, avec son intégration au groupe Millennium, puis la nomination de Benjamin Prunonosa à la direction générale en 2024. Depuis, l’entreprise a fortement accéléré son développement, tout en structurant en profondeur son organisation, ses méthodes et ses capacités opérationnelles.

« Nous avons beaucoup grandi ces dernières années, et surtout nous avons changé de dimension. », résume Benjamin Prunonosa. « Au-delà de la croissance, l’objectif était de devenir plus structurés, plus exigeants et plus innovants, tout en conservant ce qui fait notre force depuis l’origine : la proximité du terrain, la rapidité de décision et la compréhension des attentes de nos clients. » Des risques devenus plus complexes En trente ans, la nature des menaces a évolué. Aux risques traditionnels d’intrusion, de vol ou de dégradation s’ajoutent aujourd’hui des formes de criminalité plus ciblées, comme les attaques contre des commerces, les cambriolages organisés ou le home-jacking. Le contexte géopolitique, l’activisme et la montée de certaines formes de criminalité dans l’arc lémanique renforcent également l’exposition des entreprises comme des clients privés. « Il y a vingt ans, notre rôle consistait principalement à surveiller un bâtiment. Aujourd’hui, il faut comprendre son environnement, ses vulnérabilités et les menaces auxquelles il peut être exposé. », explique Benjamin Prunonosa. « Les risques évoluent sans cesse. Notre rôle est d’adapter en permanence les dispositifs de protection. » Anticiper plutôt que constater L’un des investissements les plus structurants de GPA est son G-SOC, aujourd’hui l’un des centres opérationnels de sécurité les plus modernes du secteur. Fonctionnant 24 heures sur 24, il centralise le suivi des alarmes, des flux vidéo, des accès et des équipes sur le terrain. Autour de ce centre s’articulent des capacités de nouvelle génération : veille en sources ouvertes (OSINT), analyse de données, vidéosurveillance intelligente, biométrie, drones autonomes et robots terrestres. L’objectif est clair : collecter plus d’informations, les analyser plus vite et intervenir plus tôt.

« L’intelligence artificielle change profondément notre métier en décuplant nos capacités d’analyse et de détection. », observe Benjamin Prunonosa. « Mieux vaut détecter un signal faible trois jours avant un incident que rédiger le meilleur rapport trois jours après. » L’agent au cœur de la performance Chez GPA, l’agent est une priorité de l’entreprise. La qualité d’un dispositif de sécurité dépend directement de sa capacité à agir avec professionnalisme, discernement et efficacité sur le terrain. L’enjeu consiste à lui donner les moyens d’exceller : un encadrement clair, des équipements adaptés, des outils modernes et une formation continue. À Genève, cette exigence contribue notamment à permettre à une patrouille GPA d’intervenir en moins de neuf minutes en moyenne, 24 heures sur 24. La formation occupe une place centrale dans cette approche. GPA dispose à Vernier de son propre centre de formation de 600 m², comprenant notamment un stand de tir, un dojo, des salles modulaires et des outils de simulation. Neuf formateurs accompagnent les collaborateurs tout au long de leur parcours. « Je suis convaincu que pour garantir la satisfaction de nos clients, nous devons d’abord prendre soin de nos agents et les accompagner au quotidien », souligne Benjamin Prunonosa. « Ce sont eux qui, chaque jour, incarnent GPA auprès de nos clients. La technologie, l’équipement et la formation sont là pour renforcer leur action. L’humain et l’innovation sont complémentaires et doivent avancer ensemble. » Une vision globale de la sécurité À mesure que les risques se diversifient et deviennent plus complexes, la sécurité doit être pensée de manière plus globale. Elle ne consiste plus seulement à protéger un site ou des personnes, mais à anticiper les menaces, renforcer la résilience des organisations et contribuer à la continuité de leurs activités.

GPA entame sa quatrième décennie avec une ambition claire : développer une approche toujours plus intégrée de la sécurité, qui réunit engagement, expertise, technologie, analyse du risque et capacités opérationnelles, pour accompagner les organisations et particuliers dans des environnements toujours plus exigeants. « Notre ambition est de faire reconnaître la sécurité comme une véritable fonction stratégique, bien au-delà d’une simple prestation de surveillance.», conclut Benjamin Prunonosa. « Nous devons rester proches de nos clients, comprendre leurs enjeux et évoluer à leurs côtés. C’est ainsi que nous continuerons à avoir un temps d’avance.» – 1996 : 30 ans d’expertise suisse – 800 collaborateurs – < 9 min : délai moyen d’intervention des patrouilles (24h/24) – 10 000+ clients accompagnés (entreprises et particuliers) – 600 m² dédiés à la formation continue à Vernier (GE) – Présence nationale : Genève, Vaud, Berne, Bâle, Zurich, Gstaad, Saint-Moritz, Lugano, Neuchâtel et Fribourg

GPA SA – Société suisse de sécurité +41 22 707 94 00 sales@gpa.ch www.gpa.ch

Excel Security Solutions AG • Brandreport

Une sécurité adaptée à chaque client, loin des solutions standardisées

Fondée en 2009 à Gstaad par James et Kathrin Otigbah, Excel Security Solutions AG est une entreprise familiale spécialisée dans la sécurité sur mesure. Avant de créer la société, ses fondateurs travaillaient déjà auprès de familles privées et de leurs family offices. Une expérience qui leur a permis de mesurer les exigences propres à cet environnement, où discrétion et capacité d’adaptation sont essentielles. risques ou les enquêtes. La protection rapprochée reste une activité importante d’Excel Security Solutions, sans se résumer à la présence d’un professionnel aux côtés d’un client. Elle commence par une évaluation des risques et une compréhension précise de la personne concernée. L’objectif est de réduire son exposition sans restreindre inutilement son quotidien. Dans ce type de mission, la discrétion compte autant que les compétences traditionnelles en matière de sécurité.

Kathrin et James Otigbah, Fondateurs de Excel Security Solutions AG

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hez Excel Security Solutions, cette connaissance du terrain se traduit par un choix assumé : travailler avec un nombre limité de clients afin d’adapter l’intervention à chacun. L’entreprise accompagne en premier lieu des familles privées et leurs family offices, parfois sur plusieurs générations, mais intervient aussi auprès d’entreprises et d’écoles internationales. Les besoins évoluent selon l’âge et le rôle de chacun. Les plus jeunes peuvent notamment être davantage exposés à travers les réseaux sociaux ou leur vie étudiante. L’enjeu consiste dès lors à développer leur vigilance sans susciter de peur inutile ni restreindre leur autonomie. Dans les écoles internationales, l’entreprise propose aussi des formations consacrées à la sécurité personnelle et à la gestion des conflits. Pour les dirigeants ou les membres de la famille les plus exposés, l’accompagnement peut porter sur la sécurité des déplacements, l’évaluation des

De la sphère privée à l’international Autre volet important : la vérification des antécédents avant le recrutement de personnes amenées à travailler au sein d’une famille. Personnel de maison, chauffeurs ou assistants peuvent avoir accès au domicile et à des informations sensibles. Des contrôles adaptés permettent ainsi de réduire les risques. Lorsque la situation l’exige, Excel Security Solutions peut aussi accompagner ses clients dans des enquêtes plus complexes afin d’identifier d’éventuelles vulnérabilités. En présence d’une menace

crédible ou d’une suspicion d’activité criminelle, l’entreprise agit dans le cadre juridique approprié et peut accompagner le client dans ses échanges avec les services compétents. Si son siège est installé à Gstaad, l’entreprise accompagne aussi certains clients en Suisse et à l’international, directement ou par l’intermédiaire de partenaires sélectionnés. Anticiper plutôt que réagir Cette culture de l’anticipation se retrouve dans la sécurisation des lieux. Lorsqu’elle analyse une résidence ou des bureaux, l’entreprise ne se contente pas d’examiner les équipements existants : elle s’intéresse aussi à la manière dont le bâtiment est réellement utilisé. Même un système techniquement avancé peut être fragilisé par certaines habitudes. L’enjeu est donc d’identifier les vulnérabilités réelles pour apporter une réponse proportionnée au niveau de risque constaté. Le même raisonnement prévaut dans les formations proposées aux entreprises et aux clients privés : permettre à chacun de mieux réagir lorsqu’une situation

sort de l’ordinaire. Il ne s’agit pas d’entretenir un sentiment d’insécurité, mais de transmettre des repères utiles. Si la Suisse demeure un pays particulièrement sûr, Excel Security Solutions observe que certaines formes de criminalité deviennent plus ciblées. Les vols violents commis dans des habitations occupées montrent que les familles fortunées vivant en Suisse ne sont pas totalement à l’écart de phénomènes déjà observés ailleurs en Europe. Pour autant, cette évolution n’implique pas nécessairement de rendre la sécurité plus visible. Dans bien des cas, la réponse passe d’abord par une meilleure préparation. Au fond, une sécurité efficace doit permettre à chacun de continuer à vivre ou voyager avec confiance. Le rôle d’une société de sécurité moderne ne consiste donc pas seulement à réagir lorsqu’un incident survient, mais à suffisamment connaître ses clients pour anticiper les risques et mettre en place les mesures adaptées avant qu’elles ne deviennent nécessaires. Texte Marc-Antoine Guet Plus d’informations sur excelsecuritysolutions.ch


U N S U P P LÉM EN T T H ÉM AT I Q U E D E S M A R T M ED I A

focus.swiss

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18 Prévenir & protéger

Tous concernés, tous protégés La sécurité ne se résume pas à éviter les accidents. Elle touche aussi à la santé, à l’environnement familial, au travail et à la capacité de faire face aux imprévus. En Suisse, les statistiques montrent qu’une grande partie des accidents survient pendant les loisirs ou à domicile. La prévention consiste à identifier les situations exposées et à adopter des mesures adaptées.

L

es chiffres du Bureau de prévention des accidents (BPA) donnent une idée de l’ampleur du phénomène. Plus d’un million de personnes se blessent chaque année dans des accidents non professionnels et environ 2400 en meurent. Hors circulation routière et sport, environ 85 % des accidents non professionnels mortels surviennent dans l’habitat et les loisirs. Les chutes représentent de loin la principale cause de décès dans cette catégorie. Ces accidents peuvent résulter d’une marche mal éclairée, d’un sol encombré, d’un escabeau ou de travaux improvisés. Le BPA recense notamment plus de 40 000 accidents annuels liés à la cuisine ou au nettoyage, plus de 37 000 lors de l’entretien de la maison ou du jardin et près de 24 000 pendant des travaux de bricolage. La prévention commence donc par l’environnement : éclairage suffisant, passages dégagés, matériel adapté et utilisation conforme des appareils. Pour les travaux en hauteur ou avec une machine, mieux vaut prévoir le temps nécessaire. Enfants : protéger sans tout interdire Pour les plus jeunes, la logique est différente. Un enfant ne dispose pas encore de toutes les capacités nécessaires pour évaluer un danger et réagir correctement. L’environnement doit donc être pensé en conséquence, notamment dans les premières années. Selon le BPA, environ 60 000 enfants et jeunes jusqu’à 16 ans sont victimes chaque année d’un accident dans un logement privé en Suisse. Chez les jeunes enfants, l’étouffement et la noyade comptent parmi les principales causes d’accidents graves

ou mortels. La surveillance est particulièrement importante à proximité de l’eau : une noyade peut se produire rapidement et sans les signes sonores souvent associés à une situation de détresse. La sécurité passe aussi par des mesures concrètes : produits toxiques et médicaments hors de portée, fenêtres et escaliers sécurisés, petits objets éloignés des tout-petits et siège adapté en voiture. L’objectif est de réduire l’exposition aux dangers que l’enfant n’est pas encore capable d’anticiper. Avec l’âge, anticiper les chutes La prévention change à nouveau avec l’avancée en âge. La Suisse compte désormais davantage de personnes de 65 ans ou plus que de moins de 20 ans : selon les chiffres provisoires de l’Office fédéral de la statistique pour 2025, les deux groupes représentaient respectivement environ 1,81 million et 1,80 million de personnes. Cette évolution donne une importance croissante à la prévention des chutes. En septembre 2026, le BPA indiquait que plus de 1700 personnes meurent chaque année en Suisse à la suite d’une chute, dont 95 % ont 65 ans ou plus. Près de 6500 personnes subissent en outre des blessures graves. Le risque peut être favorisé par une perte de force ou d’équilibre, mais aussi par des obstacles dans le logement ou, dans certains cas, par des médicaments. Agir tôt peut aider à préserver l’autonomie. Un éclairage renforcé, des tapis et câbles mieux sécurisés, des barres d’appui lorsque nécessaire et un entraînement régulier de la force et de l’équilibre font partie des pistes de prévention. En cas de chute ou d’instabilité, en parler à un professionnel de santé permet d’évaluer la situation.

Santé : prévenir au quotidien La protection ne concerne pas uniquement les accidents. Elle passe aussi par la prévention en matière de santé : vaccinations selon les recommandations, dépistages lorsqu’ils sont indiqués, activité physique adaptée, alimentation équilibrée, sommeil suffisant et consultation médicale en cas de symptôme persistant. Pour les personnes âgées, l’Office fédéral de la santé publique rappelle notamment l’importance de tenir compte des interactions entre alcool et médicaments et de prendre des précautions lors des périodes de forte chaleur. Une « sécurité 360 » consiste donc à relier ces sujets. Selon les situations, sommeil, stress ou prise de plusieurs médicaments peuvent aussi modifier l’exposition à certains risques. La prévention gagne à rester globale, sans transformer le quotidien en source d’inquiétude. Au travail aussi, la sécurité est collective En Suisse, la protection de la santé au travail relève notamment de la loi sur le travail. Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) rappelle que l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et psychique du personnel. Les risques ne sont pas seulement physiques. Ergonomie du poste, bruit, substances dangereuses ou contraintes organisationnelles peuvent avoir des effets sur la santé. Le SECO identifie également des risques psychosociaux liés, par exemple, aux conflits, au manque de soutien, à une charge émotionnelle importante ou à un manque de clarté dans les rôles. Prévenir signifie agir sur l’organisation autant que sur les équipements : signaler un danger,

aménager un poste, respecter les procédures et traiter les situations de surcharge ou de conflit. Assurances : connaître sa couverture avant le problème La prévention ne supprime pas tous les accidents. D’où l’importance de savoir à l’avance quelle protection financière et médicale s’applique. En Suisse, les salariés sont obligatoirement assurés contre les accidents et les maladies professionnelles selon la LAA. Ceux qui travaillent au moins huit heures par semaine pour le même employeur sont également couverts contre les accidents non professionnels. La couverture et les démarches peuvent varier lors d’un changement d’emploi, d’une réduction du taux d’activité ou d’une période sans emploi. Il est donc utile de vérifier les conditions de son assurance-maladie et de son assurance-accidents, les franchises, les prestations prévues et les éventuelles exclusions. Une sécurité vraiment « 360 » repose finalement sur plusieurs niveaux : rendre les lieux plus sûrs, connaître les risques et éviter la précipitation, repérer les facteurs qui augmentent la vulnérabilité et savoir quelles assurances interviennent. Cette approche ne promet pas une vie sans risque, la sécurité absolue n’existe pas. Elle permet surtout d’anticiper ce qui peut l’être. À l’échelle d’une famille, d’une entreprise ou d’une personne seule, quelques vérifications régulières peuvent ainsi contribuer à limiter les conséquences des imprévus. Texte SMA

Brandreport • Altec Sécurité

Incendie : pourquoi chaque minute compte

Face au risque d’incendie, chaque minute compte. Mais comment fonctionne un système de détection et comment choisir une solution adaptée à son bâtiment ? Adrian Caamaño, directeur technique chez Altec Sécurité, revient sur les enjeux de la détection incendie et les évolutions technologiques. sont essentielles pour alerter, faire sortir d’éventuels occupants et permettre aux secours d’arriver au plus vite. Les causes sont multiples : défaut électrique, appareil qui surchauffe, cuisine, source de chaleur ou erreur humaine. Dans un logement, le vrai risque, c’est la nuit lorsque les gens dorment. Adrian Caamaño, Directeur technique, Altec Sécurité

Adrian Caamaño, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre rôle au sein d’Altec ? Cela fait plus de 10 ans que je suis dans le domaine de la sécurité incendie. En 2021, j’ai passé le certificat de spécialiste en détection incendie. Chez Altec Sécurité, mon rôle est d’étudier les projets, de les dimensionner et de trouver des solutions adaptées aux besoins de chaque bâtiment. Je participe également au développement de nos solutions avec notre partenaire Bosch Building Technologies pour la Suisse romande. Pourquoi la détection incendie est-elle essentielle, y compris dans les bâtiments résidentiels ? Tout se joue sur le temps. Les premières minutes

Comment fonctionne un système de détection incendie ? Il utilise différents capteurs capables de détecter les signes d’un incendie, notamment la fumée ou la chaleur. Il existe également depuis quelques années un système de détection vidéo. Certaines technologies permettent à une caméra d’analyser directement l’image et de détecter de la fumée ou une flamme. Peu importe la technologie utilisée, l’idée reste la même : détecter au plus vite pour gagner ces minutes qui font vraiment la différence.

Tous les bâtiments ont-ils les mêmes besoins ? Non, absolument pas. Une maison, un immeuble, un hôtel ou un site industriel ont des usages et des risques différents. Il faut prendre en compte la configuration du bâtiment, comment il est utilisé au quotidien, combien de personnes y circulent et ce que demandent les normes. La solution doit permettre une détection rapide tout en limitant les fausses alarmes. Pourquoi la maintenance est- elle indispensable ? Parce qu’un système de détection incendie fonctionne en continu, 24 h/24. Poussière, humidité, écarts de température : les équipements sont constamment exposés. La maintenance permet de vérifier leur bon fonctionnement et de détecter d’éventuels défauts. Un système de sécurité n’est efficace que s’il fonctionne au moment où l’on en a besoin. Quelles sont les évolutions technologiques dans la détection incendie ? La capacité d’analyse des capteurs évolue. Les modèles récents croisent plusieurs données, comme la fumée et la température, pour mieux distinguer un vrai départ de feu d’une perturbation susceptible de déclencher une fausse alarme. Avec une solution comme l’Avenar

8000 de Bosch, c’est directement la caméra qui analyse l’image pour repérer de la fumée ou une flamme. Enfin, les équipements évoluent aussi en matière de design. Le détecteur plat que nous installons permet d’intégrer la sécurité incendie de manière plus discrète et harmonieuse. L’objectif est de ne pas simplement installer un équipement, mais de proposer une solution de sécurité cohérente, évolutive et durable, adaptée au bâtiment et aux besoins de ses occupants. Plus d’informations sur www.altec-securite.ch


U N S U P P LÉM EN T T H ÉM AT I Q U E D E S M A R T M ED I A

#focussecurite360

SIR SA • Brandreport 19

Sécurité résidentielle : le risque change, la protection aussi Cambriolages, repérage, exposition numérique : dans la région lémanique, les risques évoluent. Protéger son domicile ne consiste désormais plus seulement à sécuriser une porte ou à installer une alarme. Il s’agit de comprendre ses vulnérabilités et de prévoir la réponse avant qu’un incident ne survienne.

L

es chiffres récents invitent à dépasser les impressions générales. En 2025, Genève a enregistré une baisse globale de la criminalité. Pourtant, les vols par effraction et par introduction clandestine y ont progressé de 7 %, pour atteindre 3410 cas. Dans le canton de Vaud, 7093 cambriolages ont été recensés, soit une hausse de près de 9 %. Au-delà des chiffres, c’est surtout la nature du risque qui évolue Un domicile est aussi visible en ligne. Une résidence ne se découvre plus uniquement depuis la rue. Réseaux sociaux, anciennes annonces immobilières, photos géolocalisées, habitudes familiales ou publications de vacances peuvent, mis bout à bout, révéler une adresse, une absence ou simplement donner des indications sur un mode de vie. La première mesure de sécurité est donc parfois très simple : regarder son domicile avec les yeux d’un

tiers. Que peut-on apprendre sur ses occupants en quelques recherches ? Une absence est-elle identifiable ? Des objets de valeur apparaissent-ils sur des photographies ? Les comptes des différents membres du foyer sont-ils suffisamment protégés ? Cette hygiène numérique vient aujourd’hui compléter des réflexes plus traditionnels : sécuriser les accès secondaires, éviter les signes d’absence prolongée, protéger les garages et les caves et ne pas négliger les fenêtres ou les accès en hauteur. De l’alarme à une véritable chaîne de sécurité Un autre changement concerne la manière de penser la protection. Un équipement, aussi performant soit-il, ne constitue qu’un maillon. La vraie question est : que se passe-t-il lorsqu’une anomalie est détectée ? C’est là qu’une société de sécurité privée peut apporter une réelle valeur ajoutée. Analyse des risques, surveillance, raccordement à une centrale

d’alarme, levée de doute, intervention, rondes préventives ou contrôles lors d’une absence : l’objectif est de créer une chaîne cohérente entre prévention, détection et réaction. Le dispositif doit surtout être proportionné à la situation. Un appartement, une villa familiale ou une résidence occupée de manière intermittente ne présentent ni les mêmes vulnérabilités ni les mêmes besoins. Une bonne stratégie de sécurité commence donc moins par le choix d’un produit que par une analyse sérieuse du risque. Une expérience construite depuis 1978 C’est cette approche globale que SIR développe dans la région lémanique depuis 1978. Près d’un demi-siècle durant lequel les risques, les technologies et les modes de vie ont profondément évolué, mais avec une conviction restée intacte : une sécurité efficace repose autant sur l’anticipation et l’humain que sur la technologie.

Cette expérience permet aujourd’hui à l’entreprise de maîtriser l’ensemble de la chaîne de sécurité : conseil et analyse des risques, surveillance, rondes, intervention et transports sécurisés. L’entreprise dispose également de sa propre centrale de réception d’alarmes, certifiée selon la norme européenne EN 50518. Ce dispositif permet d’assurer une continuité essentielle entre la détection d’un événement, son analyse et la réponse opérationnelle sur le terrain, tout en garantissant la confidentialité des données. Sa vision technologique lui permet également d’offrir des services de sécurité par drone, gérés depuis la centrale d’alarme. Faire appel à une société de sécurité privée ne signifie donc pas transformer son domicile en forteresse. Il s’agit plutôt de bénéficier d’un regard professionnel sur ses vulnérabilités et de mettre en place des mesures proportionnées à ses besoins. Avec, lorsqu’un événement survient, la certitude qu’une réponse a été prévue et que quelqu’un est prêt à réagir rapidement. Plus d’informations sur www.sirsa.ch

KRK Security • Brandreport

Une nouvelle génération pour repenser la sécurité privée

Entreprise genevoise spécialisée dans la sécurité privée, KRK Security s’appuie sur l’expérience transmise à son directeur, Killian Randy Kuhn, pour développer une approche contemporaine du métier. Protection rapprochée, chauffeurs de sécurité, nouvelles technologies et accompagnement sur mesure dessinent une vision où anticipation et discrétion prennent le pas sur la simple présence. de suivi. Mais elle ne remplace pas le jugement humain : elle doit surtout permettre aux professionnels d’être mieux informés et plus réactifs. Cet équilibre entre expérience du terrain et évolution du métier s’accompagne d’un autre objectif : faire grandir des compétences en Suisse. Majoritairement composée de collaborateurs suisses, KRK Security souhaite offrir des parcours pour se former, se spécialiser et évoluer dans un secteur devenu plus exigeant. Un moyen de consolider un savoir-faire local tout en préparant une nouvelle génération de professionnels. À taille humaine, l’entreprise entend conserver une relation directe avec ses clients et la capacité d’adapter ses dispositifs. Son ambition n’est pas de devenir la plus grande structure du marché, mais de s’imposer par la qualité de ses prestations et son expertise, notamment dans la protection et l’accompagnement sécurisé des personnes. Une manière de prolonger une histoire familiale sans rester figé dans son héritage.

Killian Randy Kuhn Directeur, KRK Security

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ans la sécurité, certaines vocations naissent sur le terrain. D’autres se construisent avant. Pour Killian Randy Kuhn, directeur de KRK Security, cet univers est d’abord une histoire familiale : son père a longtemps travaillé dans le secteur à Genève. Une proximité qui lui a permis d’en saisir tôt les réalités, mais aussi de comprendre qu’au-delà de l’uniforme et de la présence physique, chaque mission repose sur une responsabilité : protéger des personnes, des biens ou des organisations qui accordent leur confiance. De cet héritage est née l’envie de construire sa propre vision. Killian Kuhn revendique ainsi l’appartenance à une nouvelle génération de professionnels de la sécurité : conserver les fondamentaux du métier (rigueur, responsabilité, discrétion, connaissance du terrain), tout en les faisant évoluer avec plus de spécialisation, de mobilité, de technologie et de conseil. « J’ai grandi dans la sécurité grâce à l’expérience de mon père. J’ai voulu prendre cet héritage, y apporter ma propre vision et construire une entreprise capable d’aller plus loin. » Cette évolution s’accompagne d’une orientation forte vers la protection rapprochée, l’accompagnement VIP et les chauffeurs de sécurité, trois domaines que KRK Security place au cœur de son développement. Des missions qui demandent une lecture fine du risque et une capacité d’anticipation. Protéger une personne ne consiste pas seulement à intervenir lorsqu’un problème survient : le travail

Texte Marc-Antoine Guet commence en amont, par l’analyse des déplacements, de l’environnement et des contraintes propres au client. « La protection rapprochée ne commence pas lorsque le client descend de sa voiture. Elle commence dès qu’il quitte son domicile ou son hôtel. » Le même principe s’applique au chauffeur de sécurité. Selon le niveau de risque, son rôle dépasse largement la conduite : il associe mobilité, observation, discrétion et anticipation afin d’intégrer la sécurité à chaque étape du trajet. Une prestation adaptée aux dirigeants, personnalités, familles ou clients internationaux souhaitant conserver leur liberté de mouvement sans alourdir leur quotidien. Plus largement, KRK Security défend une conception de la sécurité qui ne se limite pas à une simple présence sur le terrain. Protection, anticipation, discrétion et personnalisation guident

chaque dispositif, avec l’objectif de comprendre le risque en amont et d’apporter une réponse adaptée à chaque situation. L’enjeu reste le même : permettre au client de poursuivre ses activités normalement, sans que le dispositif de sécurité ne devienne une contrainte. Anticiper les risques, développer les compétences Face à des risques plus divers, des incivilités et cambriolages aux enjeux liés à certains événements ou déplacements, l’entreprise mise d’abord sur la préparation. Sans dramatiser les menaces, elle privilégie une approche proportionnée : identifier les risques pertinents, puis construire le dispositif adéquat. La technologie complète désormais cette logique, via la télésurveillance, la vidéoprotection et des outils

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Technik-Alarm SA • Brandreport 21

La sécurité se construit dans la durée De l’analyse des risques à la maintenance, un dispositif fiable repose sur une chaîne de décisions cohérentes.

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ne installation de sécurité ne se résume ni à une sirène ni à une caméra. Sa valeur tient à la justesse de l’analyse, à la qualité de la pose et au suivi assuré pendant toute sa durée de vie. À Meyrin, Technik-Alarm inscrit cette continuité au cœur d’un métier qu’elle exerce depuis 1981 auprès des particuliers comme des entreprises. Un risque à comprendre avant de choisir La sécurité d’un bâtiment commence bien avant la sélection du matériel. Une villa, un commerce, un atelier, des bureaux ou un site administratif n’exposent ni les mêmes accès ni les mêmes usages. Les horaires, les flux de personnes, la configuration des lieux et la réaction attendue en cas d’alerte modifient le dispositif pertinent. Un équipement peut être performant sur le papier et rester mal adapté s’il ne répond pas au scénario réel. L’étude initiale sert donc à hiérarchiser les risques, à distinguer les fonctions indispensables des options et à organiser leur interaction.

à observer une zone définie et à documenter un événement ; elle ne corrige ni un angle mort mal étudié ni une procédure d’intervention absente. Son implantation, la durée de conservation des images et les accès aux enregistrements doivent s’inscrire dans le cadre légal applicable et dans les besoins réels du site. Le contrôle d’accès répond à une autre question : qui peut entrer, où et à quel moment ? Il permet, par exemple, de limiter l’accès en dehors des heures d’ouverture ou d’accorder un droit temporaire à un visiteur ou à un technicien. Dans un environnement professionnel, cette fonction peut éviter la circulation de clés difficiles à tracer. Elle exige en contrepartie une gestion rigoureuse des autorisations. Une organisation doit pouvoir créer, modifier et retirer les droits sans laisser subsister des accès devenus inutiles.

Cette logique guide l’activité de Technik-Alarm. Fondée en 1981 par Martial Renevey, alors ancien responsable technique de Securiton, la structure est devenue une société anonyme en 2005. Elle est aujourd’hui établie à Meyrin. Son objet inscrit au registre du commerce couvre l’étude, l’installation et la maintenance de systèmes de sécurité.

La détection incendie obéit à ses propres exigences. Technik-Alarm annonce des systèmes filaires et radio, avec notification mobile ou transmission à une centrale de sécurité. L’enjeu dépasse l’émission d’un signal : la détection doit s’insérer dans une chaîne d’alarme compréhensible et entretenue. L’intrusion, la vidéo, l’accès et l’incendie remplissent donc des missions distinctes. Leur cohérence devient décisive lorsqu’ils partagent un bâtiment, des utilisateurs ou un service de réception des alertes.

L’ancienneté ne constitue pas, à elle seule, une preuve de qualité. Elle donne toutefois une perspective utile sur l’évolution du secteur. Les installations autrefois largement autonomes se sont enrichies de transmissions à des centrales, de notifications mobiles, d’images consultables à distance et de droits d’accès paramétrables. À chaque étape, le défi reste identique : intégrer une fonction nouvelle sans rendre l’ensemble illisible, fragile ou disproportionné. La continuité d’une entreprise technique se mesure ainsi à sa capacité à suivre les équipements, à expliquer leur usage et à intervenir lorsqu’une situation l’exige.

La réponse humaine donne son sens à l’alerte Une alarme n’a d’utilité que si sa réception déclenche une action appropriée. Le site de Technik-Alarm indique que l’entreprise accompagne les démarches administratives et techniques nécessaires au raccordement auprès de la société de réception d’alarme choisie. Ce lien entre installation et intervention mérite d’être défini dès la conception : les personnes à prévenir, l’ordre des appels, les plages horaires et les conditions d’une levée de doute ne peuvent pas être improvisés au moment de l’événement.

Des systèmes qui doivent fonctionner ensemble Le premier niveau de protection concerne souvent l’effraction. Technik-Alarm présente des solutions de détection d’intrusion filaires ou radio, modulables selon le bâtiment. Elles peuvent transmettre une alerte à un centre de sécurité et envoyer une notification par application mobile. Le choix entre une architecture filaire et une liaison radio dépend du contexte : l’état du bâtiment, les possibilités de câblage, l’étendue des zones à protéger et les travaux acceptables influencent la décision. La technologie ne remplace donc pas le diagnostic ; elle lui donne une traduction concrète.

La notification sur téléphone apporte de la visibilité, mais elle ne garantit pas qu’une personne soit disponible ou en mesure d’agir. La transmission à une centrale permet d’organiser une réception continue selon les modalités convenues. Selon le risque, le site et le contrat, une intervention ou une ronde peut ensuite être mobilisée. La qualité du dispositif dépend alors autant de la circulation de l’information que du capteur initial. Un message trop vague ralentit la décision ; une procédure connue raccourcit le chemin entre le signal et la réponse.

La vidéosurveillance complète cette détection lorsqu’une vérification visuelle apporte une information utile. Les dispositifs décrits par l’entreprise proposent un stockage local ou dans le cloud, des images en haute résolution et une consultation à distance. Leur rôle doit néanmoins rester précis. Une caméra sert

Cette articulation explique la place prise par le conseil. Un système simple, dont les utilisateurs comprennent l’armement, le désarmement et les alertes, sera mieux exploité qu’un ensemble sophistiqué devenu opaque. La formation lors de la mise en service réduit les erreurs de manipulation et clarifie les responsabilités. Elle doit aussi couvrir les situations ordinaires : arrivée d’un nouvel employé, perte d’un

badge, changement de numéro de téléphone ou modification des horaires. La sécurité reste efficace lorsque les réglages suivent la vie du bâtiment. La maintenance protège l’investissement Tout équipement vieillit. Les batteries perdent de leur capacité, les usages d’une pièce changent, un obstacle peut masquer un détecteur et un accès condamné peut être remplacé par une nouvelle entrée. Les logiciels et les moyens de communication évoluent également. Une installation qui fonctionnait correctement à sa livraison ne peut donc pas être considérée comme acquise pour une durée indéfinie. Les contrôles périodiques servent à détecter les écarts avant qu’ils n’affectent la disponibilité du système. Technik-Alarm propose des contrats d’entretien Standard ou Premium et annonce une permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour ses clients sous contrat. L’entreprise décrit aussi des prestations d’entretien, de maintenance, de modernisation et d’optimisation tout au long du cycle de vie du bâtiment. Cette approche évite de dissocier la pose du suivi. Le technicien qui intervient ne vérifie pas seulement un appareil ; il replace son fonctionnement dans l’ensemble de l’installation et dans l’usage actuel des locaux. La maintenance documentée apporte aussi de la lisibilité. Elle permet de conserver l’historique des contrôles, des défauts, des remplacements et des modifications. Cette traçabilité facilite les interventions futures et aide le propriétaire ou l’exploitant à planifier les dépenses. Elle offre enfin un moment pour réexaminer les consignes. Une liste de contacts obsolète ou un badge encore actif peut créer une faiblesse sans qu’aucun composant soit en panne. L’entretien technique et la mise à jour organisationnelle doivent donc avancer ensemble. Des repères professionnels pour cadrer la qualité Le secteur de la sécurité repose sur des exigences de conception, d’installation et de suivi. Technik-Alarm est membre de l’Association suisse des constructeurs de systèmes de sécurité, la SES. L’entreprise indique que ses techniciens sont formés et agréés par la SES, et que ses systèmes d’effraction peuvent répondre aux exigences des assurances et de la SES. Cette appartenance constitue un repère vérifiable pour situer l’activité dans un cadre professionnel reconnu. Le choix du matériel participe à cette continuité. Technik-Alarm déclare distribuer des produits fabriqués par des sociétés établies dans leur domaine afin de privilégier la qualité et la fiabilité à long terme. Pour le client, le nom d’un fabricant ne suffit pourtant pas. La disponibilité des pièces, la compatibilité des extensions, les possibilités de mise à jour et la compétence du service local comptent tout autant. Un dispositif de sécurité se juge dans le temps, notamment lorsqu’il faut remplacer un élément sans reconstruire toute l’installation.

Une protection appelée à évoluer Les bâtiments changent plus vite que leurs murs. Une entreprise réorganise ses surfaces, accueille de nouveaux collaborateurs ou étend ses horaires. Un particulier transforme une pièce, ajoute une dépendance ou souhaite consulter certaines informations à distance. Une architecture modulable permet d’accompagner ces évolutions sans confondre adaptation et accumulation. Toute extension doit partir d’un besoin identifié et préserver la simplicité d’utilisation. Après plus de quatre décennies d’activité, TechnikAlarm inscrit son offre dans cette vision du cycle de vie : analyser, installer, raccorder, entretenir et moderniser. Les informations publiques ne permettent pas de mesurer les résultats de chaque installation, mais elles montrent une chaîne de prestations couvrant les principaux besoins de sécurité des bâtiments. La promesse pertinente n’est pas celle d’un risque supprimé. Elle tient à un dispositif proportionné, compris par ses utilisateurs, contrôlé régulièrement et associé à une réponse définie. La durée constitue ainsi le véritable test. Un système inspire confiance lorsqu’il reste cohérent après les changements d’usage, lorsque ses alertes parviennent aux bons interlocuteurs et lorsque son entretien est organisé. Dans ce domaine, la qualité se construit moins par l’accumulation de fonctions que par la continuité entre l’étude initiale, le travail des techniciens et le service assuré après la mise en fonction. Technik-Alarm SA Étude, installation et maintenance de systèmes de sécurité Effraction, vidéosurveillance, contrôle d’accès et détection incendie Chemin Antoine-Verchère 6 1217 Meyrin +41 22 797 17 27 info@technik-alarm.ch www.technik-alarm.ch


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3 EXPERTISES UNE VISION COMMUNE

ANDREA KRPO DIRECTEUR DU DÉPARTEMENT BUILDINGS GARES & DÉPÔT PATINOIRES & THÉÂTRES BÂTIMENTS INDUSTRIELS PARKINGS & GARAGES BÂTIMENTS RECEVANT DU PUBLIC

NOS UNITÉS D’AFFAIRES & LEURS RESPONSABLES FDMS* & SÉCURITÉ Analyser. Évaluer. Maîtriser.

VENTILATION & FLUX Comprendre. Simuler. Concevoir.

PROTECTION INCENDIE Prévenir. Protéger. Contrôler.

Dario Alasia

Paolo Molteni

Morgan Mathorel

L’INTERVIEW DE NOS EXPERTS

« POUR GARANTIR LA SÉCURITÉ, NE SUFFIT-IL PAS DE RESPECTER LES NORMES ? » Les bâtiments et les espaces fermés sont devenus de plus en plus complexes: installations techniques, équipements, flux de personnes… et donc aussi les questions de sécurité. Est-ce devenu plus difficile de garantir la sécurité des occupants ? Expert en protection incendie: Oui, les bâtiments ont beaucoup évolué. Ils intègrent davantage d’équipements et de systèmes, les usages se diversifient et les interactions entre les différents éléments sont de plus en plus nombreuses. En matière de protection incendie, nous devons donc non seulement connaître les prescriptions, mais aussi comprendre le fonctionnement global du bâtiment. Vous faites référence notamment aux nouvelles prescriptions de protection incendie ? Expert en protection incendie: Oui. Avec l’évolution des prescriptions AEAI et l’entrée en vigueur des nouvelles directives de protection incendie 2026, la question du risque et de sa maîtrise prend encore davantage d’importance. Les prescriptions restent évidemment un cadre essentiel. Mais elles ne peuvent pas décrire précisément toutes les situations que l’on rencontre dans des projets complexes. Ingénieur ventilation, flux de personnes et fumées: C’est là que les approches d’ingénierie prennent tout leur sens. Prenons une évacuation: une prescription peut définir des largeurs de sorties, des distances ou des capacités. Mais elle ne nous dit pas nécessairement comment les personnes vont réellement se déplacer dans une situation donnée, ni comment les fumées vont se propager dans l’espace. Nous avons alors recours à la simulation numérique qui nous permet d’évaluer chaque scénario et de proposer des mesures spécifiques. Donc, plutôt que d’appliquer systématiquement une solution prescrite, vous cherchez une solution optimisée et montrez qu’elle fonctionne ? Ingénieur ventilation: Exactement. Les simulations de mouvements de personnes ou de propagation des fumées permettent de comparer des scénarios et de vérifier les performances d’une solution. L’objectif n’est pas de

faire moins de sécurité, mais de trouver la solution la plus adaptée à chaque situation afin d’obtenir le niveau de sécurité recherché. Ingénieur sécurité – FDMS: C’est également l’approche que nous avons développée depuis plus de 25 ans dans le domaine ferroviaire et urbain. Dans cet environnement, nous travaillons depuis longtemps sur la fiabilité, la disponibilité, la sûreté de fonctionnement et l’analyse de risques. Ces approches sont aujourd’hui particulièrement intéressantes aussi pour le bâtiment. Qu’est-ce que cela change concrètement ? Ingénieur sécurité – FDMS: On ne se demande plus uniquement « quelle règle dois-je appliquer ? », mais aussi « quel est le risque auquel je suis confronté, lequel j’accepte et lequel je dois mitiger ?». Quelle est la probabilité qu’un événement survienne ? Quelles seraient ses conséquences ? Quelles mesures permettent réellement de réduire ce risque ? Et comment les différentes mesures interagissent-elles ? Expert en protection incendie: C’est précisément là que les différentes expertises doivent se rencontrer. L’expert apporte la connaissance des prescriptions et des objectifs de protection incendie. L’ingénieur ventilation peut analyser les phénomènes physiques et les flux. L’ingénieur sécurité apporte une vision globale du risque et de la fiabilité du système. Vous travaillez donc ensemble plutôt que chacun dans son domaine ? Expert en protection incendie: C’est essentiel. Un bâtiment est un système. Une modification de la structure peut influencer la protection incendie et sur le flux des personnes. Une installation technique peut modifier les scénarios de risque. Une mesure de protection peut avoir des conséquences sur l’exploitation ou sur d’autres équipements. Il faut donc pouvoir croiser les regards. Ingénieur ventilation: Et cette approche peut aussi éviter des solutions disproportionnées. Si l’on comprend mieux le phénomène auquel on cherche à répondre, on peut parfois identifier une mesure plus ciblée et plus efficace.

QUELQUES RÉFÉRENCES

GARE CFF | LAUSANNE Renouvellement et agrandissement majeur de la gare, réalisé tout en maintenant son exploitation. • Sécurité transverse & analyses de risques; • protection incendie; • alerte, évacuation & sauvetage; • dossiers de sécurité

Est-ce donc une question de coûts ? Ingénieur sécurité – FDMS: C’est aussi une question de proportionnalité. Une mesure de sécurité a un coût, mais un risque a également des conséquences. Notre rôle est d’aider à trouver le bon équilibre entre niveau de sécurité, faisabilité technique, exploitation et investissement. Expert en protection incendie: Et cela ne signifie pas contourner les prescriptions. Lorsqu’une solution sort du cadre prescriptif, elle doit pouvoir être démontrée et justifiée. La sécurité reste l’objectif. Simplement, nous cherchons parfois à l’atteindre par une approche proportionnée et adaptée au projet. C’est finalement cette complémentarité qui constitue votre atout majeur ? Expert en protection incendie: Oui. GESTE travaille avec expertise dans le domaine des bâtiments, des sites industriels, de transports ferroviaires et urbains et des systèmes complexes. Nous mettons aujourd’hui cette expérience au service de la sécurité, avec des experts en protection incendie, en analyse des risques, en évacuation, en désenfumage, en structure et en fiabilité des équipements techniques. Ingénieur sécurité – FDMS: Qu’il s’agisse d’une gare, d’une halle, d’un stade, d’un bâtiment industriel, d’un parking, d’une école ou d’un centre commercial, les problématiques sont différentes… Ingénieur ventilation: …mais la démarche reste la même: comprendre le système, identifier les risques et rechercher les solutions les plus pertinentes.

«Parce que la sécurité ne consiste pas seulement à appliquer des règles. Elle consiste à comprendre les risques pour concevoir les bonnes solutions.»

NOS DOMAINES D’EXPERTISE DANS LA SÉCURITÉ

MÉTROS M2-M3 | LAUSANNE Développement et sécurisation du réseau de métro automatique lausannois. • Sécurité & analyses de risques; • protection incendie; • désenfumage & simulations CFD*; • sûreté & cybersécurité.

DÉPÔT NYON-ST-CERGUE | TRÉLEX Reconstruction et adaptation du dépôt ferroviaire, suite aux inondations de 2024. • Assurance qualité incendie; • concept & plans de protetion incendie; • analyse de risques; • suivi études, réalisation & mise en service.

CHUV | HÔPITAL DE L’ENFANCE Construction du nouvel Hôpital de l’Enfance sur le site du CHUV à Lausanne. • Expertise AEAI; • concept de protection incendie; • désenfumage & simulations CFD; • plans de protection incendie.

INGÉNIERIE-CONSEIL DEPUIS 1999 TRANSPORTS FERROVIAIRE, URBAIN, ROUTIER & SÉCURITÉ DES TRANSPORTS ET PERSONNES

La maîtrise: • des directives AEAI de protection incendie; • des méthodes d’analyse de risque (collectif et • individuel); • des méthodes d’ingénierie de désenfumage; • des méthodes des outils d’analyse d’évacuation; • des méthodes d’analyse de la structure porteuse du bâtiment; • des outils d’analyse de fiabilité et disponibilité des équipements techniques.

MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL Michele Mossi

en croisant nos expertises que nous ‘‘C’est apportons des réponses solides aux problématiques de sécurité les plus complexes, au service d’environnements plus sûrs et plus durables.

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*FDMS = Fiabilité, Disponibilité, Maintenabilité et sécurité ou RAMS en anglais CFD = La simulation CFD, ou Computational Fluid Dynamics, est une discipline scientifique qui permet de modéliser, simuler et analyser le comportement des fluides (liquides et gaz) dans un environnement donné.


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W-Lab Sàrl • Brandreport 23

La technologie qui veille quand personne ne peut être partout « On commençait à nous dire qu’ils avaient de la peine à vouloir autoriser une antenne DECT pour la téléphonie sans fil, une antenne Wi-Fi pour la data, une antenne pour les caméras vidéo-surveillance, une antenne pour la gestion des portes… », raconte-t-il. Laurent Buehler Associé-gérant, W-Lab Sàrl

D

ans un établissement médico-social, une alerte peut survenir à tout moment. Une personne désorientée franchit une porte, un résident a besoin d’aide ou un soignant se retrouve lui-même en difficulté. Entreprise vaudoise spécialisée dans les infrastructures informatiques et les solutions connectées pour la santé et les services aux personnes, W-Lab développe notamment Serenity, une solution qui connecte infrastructure, objets et personnel pour permettre d’intervenir rapidement, tout en préservant l’autonomie des personnes. Laurent Buehler, associé-gérant de W-Lab, explique cette approche. Une idée née du terrain Le parcours de Laurent Buehler l’a amené à travailler dans l’informatique et sur des solutions d’appel-malade et de localisation. Chez W-Lab, il constate une difficulté récurrente : la multiplication des infrastructures nécessaires à la téléphonie, au Wi-Fi, à la vidéosurveillance ou au contrôle d’accès.

L’idée de Serenity naît en 2018 : faire communiquer plusieurs technologies à partir d’une même infrastructure. Après plusieurs années de développement, la solution est testée chez un premier client en 2021. Aujourd’hui, Serenity combine notamment Wi-Fi, Bluetooth et ZigBee, un protocole de communication sans fil. L’un des enjeux était d’obtenir une localisation précise. Avec certaines technologies testées au départ, une personne pouvait être détectée à un autre étage que celui où elle se trouvait réellement. « On a pu supprimer toute cette problématique de ce qu’on appelle dans notre langage le « jump » », explique Laurent Buehler. Une alerte, une position, une intervention Lorsqu’une alerte est déclenchée, le personnel reçoit une notification sur son smartphone, avec une carte indiquant où se trouve la personne. « Au moment de l’alarme, le personnel soignant va pouvoir voir sur une carte que la personne est ici, à cet étage. Donc il va pouvoir rapidement intervenir à l’emplacement du résident », précise le directeur. Le système peut également détecter une ouverture de porte inhabituelle ou une tentative de sortie. Selon les configurations, une alerte sonore et lumineuse peut prévenir le personnel ou un accès extérieur peut être verrouillé. La technologie n’a toutefois pas vocation à surveiller les résidents en permanence. Au contraire, elle peut contribuer à leur laisser davantage de liberté. Laurent Buehler rapporte ainsi le cas d’établissements où certains résidents, rassurés de savoir qu’ils pourraient être rapidement localisés en cas de

problème, ont recommencé à circuler davantage dans l’établissement ou à sortir dans le parc. « On cherche à s’adapter non pas à ce que la technique permet, mais aux capacités du résident et à l’évolution de ses besoins », souligne-t-il. Une infrastructure qui évolue Serenity se veut modulaire. Un dispositif permettant de demander de l’aide peut être complété lorsque les besoins évoluent, avec des détecteurs, des capteurs ou d’autres équipements. La même logique s’applique au bâtiment. Une infrastructure existante peut être conservée et complétée progressivement. « Nous évaluons avec chaque établissement ses besoins pour sécuriser ses résidents, mais potentiellement aussi son personnel soignant », explique Laurent Buehler. Une même antenne peut ainsi participer à plusieurs services : appel-malade, contrôle d’accès, téléphonie ou vidéosurveillance. L’objectif est de limiter la multiplication des équipements et les coûts d’infrastructure. La sécurité jusque dans les données Dans le domaine de la santé, la protection des données constitue un enjeu majeur. Serenity fonctionne avec des serveurs installés localement chez le client. La localisation précise n’est pas accessible en permanence : elle apparaît lorsqu’une alerte est déclenchée, afin de permettre une intervention rapide.

Une technologie au service de l’autonomie Quelle évolution technologique pourrait encore transformer les établissements ? Aujourd’hui, tout le monde utilise un smartphone. Les résidents arrivent aussi avec leur smartphone et les professionnels en ont besoin pour communiquer. L’infrastructure Wi-Fi devient donc une véritable colonne vertébrale : elle peut servir à la téléphonie, à l’appel-malade, au contrôle d’accès ou à d’autres services.

Au-delà de la technologie, qu’aimeriez-vous que Serenity change pour les personnes accompagnées ? J’aimerais que la personne puisse continuer à vivre et à se déplacer avec davantage de liberté, tout en sachant que si elle a besoin d’aide, quelqu’un saura rapidement où elle se trouve. Pour moi, c’est là que la technologie prend tout son sens.

Plus d’informations sur www.serenity-rtls.ch

« L’objectif, c’est qu’au moment où une personne a besoin d’aide et déclenche une alerte, nous puissions immédiatement déterminer où elle se trouve », résume Laurent Buehler. Le fonctionnement local permet également aux fonctions essentielles de continuer à fonctionner en cas de coupure d’Internet. Pour W-Lab, la technologie doit ainsi rester au service de l’essentiel : permettre aux professionnels d’agir rapidement, tout en préservant l’autonomie des personnes. ANNONCE

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24 Brandreport • Suissedigital

D

ans notre société numérisée, la sécurité dans le cyberespace est primordiale. « C’est la raison pour laquelle nous nous penchons depuis longtemps sur le thème de la cybersécurité », explique Simon Osterwalder, directeur de l’association économique Suissedigital. Outre des ateliers et des conseils pour ses membres, l’association propose un test en ligne destiné à sensibiliser le public aux dangers du cyberespace. Ce test se décline en deux niveaux de difficulté, pour les utilisateurs débutants (Basic) et expérimentés (Advanced). Grâce à cette approche, toutes les personnes intéressées ont l’assurance de pouvoir contrôler et actualiser leurs connaissances sur le thème de la cybersécurité. Des PME peu sensibilisées à ce sujet De plus en plus d’aspects de la vie professionnelle se déroulent en numérique. Cela vaut tout particulièrement pour les PME qui, grâce à la numérisation, peuvent organiser leurs processus de manière plus efficace et atteindre plus facilement des clients potentiels. Parallèlement, cela augmente le risque pour les PME d’être victimes de la cybercriminalité. Cependant, ce groupe semble souvent peu sensibilisé à cette question. C’est pourquoi Suissedigital a lancé un autre test en ligne qui permet aux PME de s’auto-évaluer et, au fil du temps, de se comparer à d’autres PME.

Tests de cybersécurité pour le public et les PME Suissedigital est l’association économique des réseaux suisses de communication. L’association regroupe environ 170 entreprises, aussi bien privées que publiques, desservant plus de trois millions de foyers en services radio, TV, Internet, de téléphonie et autres. Le site web de l’association économique Suissedigital, www.suissedigital.ch, propose différents tests de cybersécurité destinés à sensibiliser le public et les PME aux dangers du cyberespace. Testez votre cybersécurité www.suissedigital.ch

Une aide concrète dans la lutte contre la cybercriminalité Simon Osterwalder est convaincu que le test contribuera de manière importante à ce que les PME prennent conscience des dangers de la cybercriminalité et instaurent les mesures nécessaires. Les tests de

cybersécurité ont été réalisés à ce jour plus de 5100 fois (test pour débutants), 2800 fois (test pour utilisateurs avancés) et 390 fois (test pour PME). Simon Osterwalder : « Nos tests sont populaires parce qu’ils assistent concrètement les utilisateurs et les utilisatrices dans leur lutte contre la cybercriminalité. »

#LA CYBERSÉCURITÉ POUR TOUS Faites le Security Check sous securitycheck.suissedigital.ch

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Image iStockphoto/PIKSEL

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Bien en Viager • Brandreport 25

« Le viager change la vie »

Si, arrivé à la retraite, on peut enfin profiter de tout son temps libre, les finances ne suivent pas toujours. Entre le contexte économique incertain, l’augmentation du coût de la vie et la perte de pouvoir d’achat, il peut parfois devenir difficile de maintenir son train de vie. Face à ces difficultés, le viager se présente comme une solution idéale permettant de profiter du capital de son bien tout en continuant à y habiter. Dans cette interview, Christophe Andrie, expert du viager depuis dix ans, nous explique en quoi cette méthode de vente consiste et quels en sont les avantages. mondial qui peut faire peur, le marché du viager, et plus généralement de l’immobilier, reste stable et rassurant. Avec l’espérance de vie qui s’allonge et l’augmentation du nombre de personnes à la retraite, le viager devient même de plus en plus populaire. De plus, le coût de la vie augmente davantage que la rente AVS. C’est pourquoi de plus en plus de personnes considèrent le viager comme une solution idéale.

Christophe Andrie Expert du viager chez Bien en Viager

Christophe Andrie, qu’est-ce que le viager ? Le viager est une solution qui permet de vendre son bien tout en continuant à y habiter gratuitement. Les façons de percevoir son capital varient. Le bien peut être payé sous forme de bouquet, c’est-à-dire qu’un capital de départ est versé à l’habitant. Le paiement peut également être effectué sous forme de rente viagère. Pour cette méthode, une partie du capital, plutôt que d’être touchée entièrement en cash, est convertie en rente que les habitants perçoivent mensuellement. La plupart des gens choisissent de recevoir l’entièreté du montant d’un coup.

Le viager permet de récupérer du capital et de vivre correctement sa retraite.

L’habitant du bien obtient également un droit d’habitation qui lui confère le droit de continuer à habiter sa maison ou son appartement, pour une durée déterminée ou jusqu’à la fin de sa vie. Quels sont les différents types de viager ? Les deux plus grands types de viager sont les viagers libres et des viagers occupés. Le viager libre est plus proche d’une rente classique. Les acheteurs paient un capital ainsi qu’une rente, mais le vendeur quitte son bien. Pour un viager occupé au contraire, la personne continue de vivre dans son appartement ou dans sa maison. À qui ce type de vente est-il destiné ? Le viager est une méthode idéale pour tous les gens qui ont besoin d’argent et qui ont atteint l’âge de 65 ans. En effet, le viager permet de récupérer des fonds plutôt que de les laisser dormir dans le bien. Avec cet argent, les personnes peuvent profiter de leur retraite ou aider leurs héritiers. S’il n’y a pas d’héritiers, le viager est d’ailleurs une solution parfaite, puisqu’il permet de ne pas perdre son capital une fois que l’on décède. Quel est le profil type des acheteurs ? Il n’y a pas de profil type prédéfini. Il peut s’agir de jeunes ou de personnes plus âgées qui investissent pour elles-mêmes ou pour leurs enfants, ou qui choisissent de changer de lieu de résidence pour leur futur. Cela peut être également des fonds d’investissement, des sociétés ou simplement des investisseurs privés. J’ai même déjà vu des acheteurs plus âgés que le vendeur.

Quels sont les avantages du viager ? Le viager change la vie. À la retraite, le pouvoir d’achat diminue tandis que les charges et les assurances-maladies augmentent. Le viager permet de récupérer du capital et de vivre correctement sa retraite. Il devient possible de voyager, de subvenir à ses dépenses médicales ou encore d’en faire profiter ses proches. Surtout, son grand avantage est de pouvoir continuer à habiter chez soi et de garder ses habitudes, au lieu de devoir emménager dans un appartement qui sera plus petit et avec une qualité de vie moins élevée. Comment la rente viagère est-elle calculée ? La rente viagère est calculée de la même façon qu’une assurance-vie. Le montant du bouquet, lui, se calcule en fonction de l’âge des vendeurs et donc de la durée du droit d’habitation. Si l’on opte pour le viager avec une rente, il n’y a pas de montant minimum ou maximum. La rente est viagère, l’acquéreur paie tant que la personne vit. Certains de nos clients placent même une partie de leur capital dans leur assurance-vie plutôt que de demander une rente aux acquéreurs.

Combien de temps dure généralement un contrat de viager ? Un contrat de viager dépend de la durée de vie des personnes qui habitent leur bien. Cela peut être deux ans, comme dix ou trente ans, personne ne le sait au départ. Il est également possible de faire des viagers limités dans le temps. Par exemple, certaines personnes possédant une grande maison ne se voient pas forcément y habiter jusqu’à leurs 80 ans. C’est pourquoi ils arrivent à prévoir leur sortie en nombre d’années. L’acheteur peut-il revendre le bien acheté en viager ? Il peut le revendre, mais aux mêmes conditions que lorsqu’il l’a acheté. Les obligations de paiement de rente devront être reprises par les nouveaux acquéreurs. Quelle est la situation actuelle du marché du viager en Suisse ? Le viager est calé sur le marché de l’immobilier. Lorsque ce dernier est dynamique, les gens ont envie d’investir. Il s’agit d’une méthode de vente plus éthique, car au lieu de simplement investir dans un bien loué, on aide une personne âgée à continuer à vivre chez elle. Aujourd’hui, malgré le contexte économique

Existe-t-il des alternatives au viager pour les personnes âgées souhaitant valoriser leur patrimoine immobilier ? Si l’on n’a pas les moyens de continuer à payer son hypothèque, la seule alternative est de vendre son bien et de louer autre chose. Cette solution oblige à déménager et à changer ses habitudes. Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui souhaitent se lancer, mais qui hésitent encore ? Il faut se faire accompagner par un professionnel. Le viager reste une méthode complexe comportant de nombreuses variantes. Il est important de trouver celle qui correspondra le mieux à ses besoins. Le contrat doit ensuite se faire dans les règles chez un notaire afin de s’assurer le respect des normes juridiques et de garantir les droits de l’acheteur et du vendeur. Les vendeurs ne doivent pas avoir peur de contacter un expert pour en parler. J’adore mon métier, car quand je revois des clients qui ont sauté le pas, je me rends compte qu’ils sont satisfaits, qu’ils peuvent s’offrir des choses auxquelles ils n’avaient pas accès avant et que le viager leur a vraiment changé la vie ! Interview Léa Stocky Bien en Viager Yverdon-les-bains-Vaud Avenue des Sciences 3 1400 Yverdon-les-bains-Vaud +41 24 524 33 33 Bien en Viager Genève Chemin des Recluses 8 1213 Petit-Lancy-Genève +41 22 575 66 66 info@viagers.ch www.viagers.ch


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La souveraineté numérique comme nouvelle condition de la liberté de décision des entreprises.

Souveraineté numérique : et si le véritable enjeu était notre liberté de choix ?

Pendant des années, la question de la souveraineté numérique a été abordée sous un angle essentiellement politique ou réglementaire. Où sont hébergées les données ? Quel pays contrôle l’infrastructure ? Quel fournisseur faut-il privilégier ? Aujourd’hui, la réalité est devenue plus complexe, en particulier pour les entreprises suisses soumises aux exigences strictes de la nouvelle Loi fédérale sur la protection des données (nLPD) et, pour le secteur ifnancier, aux circulaires de la FINMA. « La souveraineté numérique n’est pas un sujet de nationalité des technologies, c’est un sujet de liberté de décision. Nos clients en Suisse et en Europe nous demandent comment éliminer les dépendances excessives, préserver leur capacité d’arbitrage et garantir la résilience de leur organisation. Nous les accompagnons pour garder le contrôle absolu de leurs données, de leurs plateformes et de leurs agents IA, car c’est précisément le rôle d’un partenaire de conifance indépendant. » Alexandre Nasrinfar Chief Revenue Oiffcer d’I-TRACING et Directeur d’I-TRACING Switzerland Pour les organisations, la souveraineté ne se résume plus à une opposition binaire entre solutions européennes, américaines ou asiatiques. Elle est avant tout une question de liberté opérationnelle : Liberté de choisir ses technologies sans subir de dépendance captive (vendor lock-in). Liberté de faire évoluer ses infrastructures au rythme de ses impératifs de sécurité. Liberté de conserver la maîtrise absolue de ses données, de ses modèles d’IA et de ses clés de chiffrement. En d’autres termes, la souveraineté est devenue un pilier stratégique de la gouvernance d’entreprise. Les échanges menés récemment avec plusieurs grands groupes internationaux et helvétiques conifrment une évolution majeure : les directions générales, DSI et RSSI ne cherchent plus seulement la performance technologique pure, elles cherchent à atténuer le risque systémique lié à une dépendance excessive à un acteur unique.

De la souveraineté à la « multi-souveraineté » : briser le verrouillage technologique

Pendant longtemps, le marché a favorisé la concentration. Cloud, cybersécurité, collaboration, IA : quelques grands acteurs – majoritairement extra-européens – ont construit des écosystèmes ultra-intégrés. Si cette approche garantit une simplicité de déploiement, elle engendre un risque critique : le verrouillage technologique. Face au risque d’une dépendance structurelle à des hyper-scalers ou à des outils bureautiques dominants, de nombreuses organisations s’interrogent sur leur capacité à migrer ou à reprendre le contrôle de leurs actifs en cas de crise géopolitique ou de modiifcation unilatérale des conditions de service. Cette rélfexion fait émerger une approche de « multisouveraineté », qui repose sur la réversibilité des architectures, l’interopérabilité des plateformes et la diversiifcation des

fournisseurs technologiques – en s’appuyant notamment sur des solutions logicielles européennes et helvétiques indépendantes.

Le retour pragmatique de l’on-premise, des architectures hybrides et du « Self-Hosted »

Ce besoin de maîtrise explique un autre phénomène marquant : le retour en force des approches on-premise et hybrides. Il ne s’agit pas d’un rejet du cloud – dont les apports en matière d’agilité ne sont plus à prouver –, mais d’une réévaluation des risques. Pour protéger des actifs hautement sensibles (propriété intellectuelle dans la MedTech, la pharma ou l’horlogerie, données bancaires), de nombreuses entreprises suisses exigent de pouvoir auditer, stocker et traiter leurs données de manière étanche. Les éditeurs de cybersécurité l’ont bien compris en réintroduisant des options de déploiement local ou souverain, garantissant que les lfux de données et les clés cryptographiques restent sous le contrôle exclusif de l’organisation. Pour la Suisse, qui a historiquement fondé sa prospérité sur l’équilibre entre ouverture internationale et stricte indépendance de décision, cette approche pragmatique résonne particulièrement.

Intelligence artiifcielle : un enjeu de souveraineté et un impératif de conifance face à l’accélération règlementaire

L’essor de l’IA génère un paradoxe : alors qu’elle est présentée comme un outil d’agilité, elle accentue considérablement les phénomènes de dépendance et de verrouillage technologique (vendor lock-in). En s’appuyant sur des modèles propriétaires gérés par une poignée d’acteurs majeurs, les entreprises s’exposent à une perte de maîtrise de leurs processus métiers. L’IA s’impose dans tous les secteurs. Pour les entreprises suisses, le déif n’est plus l’expérimentation, mais l’industrialisation sécurisée. L’usage non maîtrisé des IA génératives publiques expose à des fuites massives de secrets industriels et à des nonconformités légales.

Bien que la Suisse ne soit pas membre de l’Union européenne, l’entrée en vigueur de l’AI Act européen crée un standard de fait auquel les entreprises exportatrices ou intégrées dans des chaînes de valeur européennes doivent se conformer. Cette exigence de conifance repose sur trois impératifs : La gouvernance et la conformité : cartographier les usages de l’IA et auditer les risques algorithmiques. La protection des actifs : sécuriser les modèles, maîtriser les accès et prémunir les systèmes contre les empoisonnements de données. L’augmentation de la cyberdéfense : exploiter l’IA de manière souveraine pour automatiser les Centres Opérationnels de Sécurité (SOC) et accélérer la remédiation face à des attaquants de plus en plus industrialisés. C’est précisément dans cette optique que s’inscrit I-TRACING Switzerland, avec une conviction : l’alliance indissociable de la cybersécurité et de la maîtrise de l’IA.

Le rôle pivot des acteurs de conifance et de proximité

Face à ces mutations, la posture des prestataires de services de sécurité managés (MSSP) évolue. Les entreprises ne recherchent plus de simple revente de briques technologiques, mais un conseil indépendant et agnostique, capable de concevoir des architectures résilientes et de cartographier les dépendances cachées. Enraciné en Suisse et adossé au premier pure player européen des services de cybersécurité, I-TRACING s’appuie sur un réseau de plus de 1 000 experts répartis en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Cette architecture combine une proximité locale indispensable (compréhension des spéciifcités helvétiques et de la nLPD) et une puissance de frappe internationale face à la menace globale. Dans le paysage économique de demain, l’avantage concurrentiel appartiendra aux organisations qui sauront innover tout en sanctuarisant leur liberté de décision.


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