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Mémoire de fin d'étude - Conclusion / Définitions / Bibliographie

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Conclusion

Une architecture

remarquable Des architectures et

des questionnements Le «Village du Haut Lioran», Schéma à partir d’une photo personnelle, décembre 2017

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Conclusion Le projet du Village du Haut Lioran est inscrit dans une série d’inventions architurales bien particulière de la décennie 1970, qui a vu l’abandon officiel du Plan Neige au profit d’une architecture plus respectueuse, ou plutôt qui en donne l’image aux villégiateurs. Malgré cela le projet reste fondamentalement moderne et se trouve même comme un manifeste dans l’ensemble des projets de Vittorio Mazzucconi qui sont habituellement situés en milieu urbain. La concordance de la volonté d’image des Sociétés Immobilières qui ont financé le projet, de la fin d’une méthode d’anthropisation de la montagne française et enfin des idées très italiennes de l’architecte milanais forme donc un autre critère remarquable. En effet le mode d’habitat de ce projet est à la fois un témoin de cette époque, qui n’est pas rare, mais son association aux principes architecturaux et urbains de Vittorio Mazzucconi en fait un bâtiment exceptionnel.

du Lioran, ainsi que d’accueillir les types d’habitat particuliers aux stations de sports d’hiver1 a été tenu. On remarque que le dessin de façades obliques et à gradins, en bois a été perpétré plus tard pour d’autres constructions du lieu, comme le Poste de Gendarmerie dans les années 2000. Ce bâtiment était d’ailleurs compris dans le développement du projet du Village du Haut Lioran.

Le site du Super-Lioran est frappant par la particularité du milieu naturel auquel il s’est greffé. Les stations de sport d’hiver de la moyenne montagne française sont en danger, et plus encore leurs architectures modernes et toursitiques inventées au cours des décennies 1950 et 1960. En effet les pressions financières entraînent l’abandon, la démolition ou encore le démantelement d’oeuvres architecturales qui ne sont plus à la hauteur des exigences des sociétés immobilières et des promoteurs. Ce phénomène d’abandon de stations est connu en Auvergne avec le délaissment du Chambon des Neiges, concurencé par Super-Besse et le Mont-Dore, mais a qui a tout de même su opérer sa reconversion. La moyenne montagne à proximité de l’agglomération grenobloise connaît le même phénomène, trop près des Alpes et trop peu fournie en neige1. La conservation des valeurs d’usage du bâtiment de Vittorio Mazzucconi sur toute l’année démontre bien que son rôle de terminer, et même de donner une identité à la super-station

Ainsi le bâtiment conçu par Mazzucconi en 1976, et édifié jusqu’en 1981, est bel et bien remarquable par de nombreux aspects que nous avons explicités ci-dessus et pourrait donner lieu à d’autres questionnements. En effet parmi eux semble s’imposer celui de son possible délaissement ou encore rénovation voir destruction. Mais il semble que sa dépendance réciproque avec l’Arche des Neiges et le reste de la station le rendent pérenne, tant que le Super Lioran reste à l’abris de la menace d’un abandon promis à beaucoup de stations de moyenne montagne. L’hypothèse d’un tel processus pourrait alors laisser place à une reconversion de cette immense «friche touristique»2.

1 - BENOIT-CATTIN Mélody, Les Friches Touristiques de Moyenne Montagne Autour de l’Agglomération Grenobloise, entre Abandon, Patrimoine ou Activité à tout prix? Projet de fin d’études, Institut d’Urbanisme de Grenoble, 2016

1 - Voir pages 94 à 95 de ce mémoire la définition par thème : «Le touriste, le tourisme et la villégiature» 2 - ibid. BENOIT-CATTIN Mélody.

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Nous avons comparé le language architectural utilisé par Mazzucconi à celui du quartier de la Falaise d’Avoriaz ou encore de l’Arc 1600. Nous avons relevé des similitudes et s’est alors que l’on s’est demandé si l’architecture moderne de la montagne française ne serait pas devenue générique, bien que le lieu, fort de multiples contraintes, influe grandement sur l’architecture qui s’y place. Il serait peut-être intéressant d’approfondir cette question par l’étude plus spécifique de l’invention des immeubles à gradins.

L’autre question qui nous est apparue importante est celle de la qualification de l’architecture du Super-Lioran. En effet l’artialisation puis l’anthropisation de la montagne française du XXième siècle a donné lieu, parallèlement à l’explosion de la société de consommation du tourisme de


Conclusion masse, à la propagation d’une image de la montagne. C’est en quelque sorte un processus semblable à l’artialisation, mais qui a pour cible un enrichissement et une rentabilité de «l’or blanc» français. En cela on peut se demander si la montagne connaît encore aujourd’hui le processus d’artialisation ou, dans le cas contraire, si elle n’est plus un paysage, mais peut-être réductible à un simple décor. Ainsi nous nous posons la question d’assumer ou non comme cultutrel le phénomène économique qui aujourd’hui assure le rôle de média entre l’Homme et son milieu, et donc, comme l’affirme Augustin Berque1, instaure une différenciation entre le sujet et le milieu auquel il appartient. 1 - BERQUE Augustin, SAUZET Maurice, Le Sens de l’Espace au Japon, éd. Arguments 2004 Photos ci-contre: Figure 136: Laurent Chappis en reconnaisance au Maroc, photo 30J 321, Fond Laurent Chappis, vers 1965. Figure 137: San Sicario, Laurent Chappis, professionnels locaux et collaborateurs de l’AAM, photo 30J 289, Fond Laurent Chappis, vers 1965. Figure 138: Laurent Chappis en reconnaisance dans la vallée de Courchevel vers la vizelle, photo 30J 330, Fond Laurent Chappis, vers 1950.

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Bibliographie

Sources primaires

Sources secondaires

La moyenne montagne

La moyenne montagne

- GUMUCHIAN Hervé, Ski en moyenne montagne : L’exemple du massif préalpin de la Chartreuse, Revue de Géographie Alpine, tome 64, n°1, 1976. pp. 31-56; PDF via Persee. - BOZON Pierre, DERRUAU Max, REFFAY Annie, VALADAS Bernard, La moyenne montagne. Essai de définition, milieux physiques, typologie (Middle moutain, as a whole), dans le Bulletin de l’Association de géographes français, N°468-469, 57e année, Mars-avril, 1980, pages 157 à 172.

- ROSSET Claire, Prendre la mesure du Monde: l’Architecture Moderne à la Rencontre de l’Architecture Vernaculaire. Dans le cadre d’un doctorat en architecture avec le CAUE de Haute-Savoie / ENSAG; dossier du CAUE. - ROUVELLAC Eric, Patrimoine rural et valorisation territoriale en moyenne montagne : actes du colloque d’Ahun, 20 novembre 2002, éd. Limoges : Pulim, 2005. - BENOIT-CATTIN Mélody, Les Friches Touristiques de Moyenne Montagne Autour de l’Agglomération Grenobloise, entre Abandon, Patrimoine ou Activité à tout prix? Projet de Fin d’Études, Institut d’Urbanisme de Grenoble, 2016. Lien internet: www.calameo.com/read/0049095980c9e0ae747d6 - MOULIER Pierre, Comprendre le Patrimoine Rural du Cantal, éd. Lascelles, Collection La Flandonnière 2013.

A propos de Vittorio Mazzucconi - MAZZUCCONI Vittorio, Plans de l’avant projet de la patinoire du Lioran: La salle polyvalente, 12.10.1978, Archives Départementales 1351 W10 et 1242 W5 et plans du permis de construire du Village du Haut Lioran, AD 1242 W56, 29.11.1976.

L’architecture moderne - Collectif CIAM, La Chartes d’Athènes, éd. de Minuit, collection Points, 1957, rééd. 2016. - FAYE Paul, FAYE Bernard, TOURNAIRE Michel, GODARD Alain, Sites et Sitologie, comment construire sans casser le paysage, éd. Pauvert, 1974.

L’architecture post-moderne - JENKS Charles, Le Language de l’Architecture Post-Moderne, éd. Academy Edition Denoël, 1980. 92

A propos de Vittorio Mazzucconi - MAZZUCCONI Vittorio, The Palatine Pyramid, éd. de la fondation Mazzucconi, Milan 2003. - Site internet de la Fondation Vittorio Mazzucconi. www. vittoriomazzucconi.it - MAZZUCCONI Vittorio, L’Arche de la Cathédrale de Milan, article du magazine l’Arca International n°80, pages 70 à 80. - Site internet Divisare, documents graphiques et critique du travail de Vittorio Mazzucconi. www.divisare.com/authors/2144629268-vittorio-mazzucconi


Bibliographie

L’architecture post-moderne et autres doctrines - BENEVOLO Leonardo, L’histoire de l’Architecture Moderne, l’Inévitable Ecléctisme, éd. Bordas, collection Dunod, 1988. - JENKS Charles, Mouvements Modernes en Architecture, éd. Mardaga, 1987. - Collectif ARCHIGRAM, Amazing Archigram / Zoom numéro 4, 1964. - TEYSSOU Simon, COUTAREL Jean-Louis, «Le «Régionalisme critique», une voie entre civilisation universelle et identité culturelle locale ? Réhabilitation d’une ferme située dans la commune de Saint-Gérons, Cantal», TPFE, Ecole d’Architecture de Clermont-Ferrand , 2000.

L’architecture et l’urbanisme en montagne - DELORME Franck, L’Atelier d’Architecture en Montagne, contribution à la mise au point d’une architecture de montagne, Revue des Patrimoines In Situ, tome n° 24, 2014; Pdf via http://insitu.revues.org/11198 - DUTHEIL Arnaud, directeur du CAUE 74, «Je voulais une maison qui ressemble aux fermes du pays», Rubrique Patrimoine/Histoire du CAUE. - DUTHEIL Arnaud, directeur du CAUE 74, Henry Jacques Le Même, architecte des «chalets du skieur», mais pas seulement... , rubrique Patrimoine/Histoire du CAUE - CAUE 73, Henry Jacques Le Même, architecte en chef de la reconstrution de la Savoie. Revue de l’exposition initiée et réalisée par le CAUE. - LYON-CAEN Jean-François. Courchevel 1850 : la « superstation » des Alpes françaises. L’invention d’une pensée nouvelle pour l’urbanisme et l’architecture en montagne. Revue de géographie alpine, tome 84, n°3, 1996. pp. 51-69; PDF via PERSEE. - DELORME Franck, Du Village-Station à la Station-Village. Un Siècle d’Urbanisme en Montagne.

- CHALABI Maryannick, LYON-CAEN Jean-François, Stations de Sport d’Hiver, Urbanisme et Architecture, éd.Lieux Dits, 2012, page 106. - BRUSSON Jean-Paul. A propos de l’architecture touristique : le néorégionalisme se moque-t-il du lieu ? Dans: Revue de géographie alpine, tome 84, pages 85 à 95, 1996. - LAGET Pierre-Louis, L’invention du système des immeubles à gradins. Sa genèse à visée sanitaire avant sa diffusion mondiale dans la villégiature de montagne et de bord de mer, dans Revue In Situ, 2014. - GUENIN Geneviève, MUGNIER Yves, Architectures de la vallée Chamonix Mont-Blanc, revue du CAUE: Itinéraires d’Architectures modernes et contemporaines de Haute-Savoie. - Le Mont-Blanc, Vu par les Ecrivains, Nouvelles Editions la Scala, collection Pittoresques. éd. 2017. - ROGER Alain, Court Traité du Paysage, éd. Gallimard, 1997. - BERQUE Augustin, SAUZET Maurice, Le Sens de l’Espace au Japon, éd. Arguments 2004. - HALL Edward, la Dimension Cachée, éd. Points, 2014. - SOCIÉTÉ D’ART ET D’HISTOIRE D’AIX-LES-BAINS, Aix-les-Bains côté montagne Les Corbières - Le Revard, numéro 90, collection Arts et Mémoire, 2013.

Site et milieu du Lioran - Histoire du Lioran, site internet de la commune de Laveissière, Samy Tantawi, Dominique Davoust et la SAEM le Lioran. Consulté le 22.09.2017: http://www.laveissiere.fr/histoire-du-lioran_fr.html - Documents administratifs concernant le Super-Lioran et la région du Cantal, Archives Départementales du Cantal, consultées le 12.09.2017. - Intervenir sur l’architecture du 20° siècle, publication du CAUE dans le cadre de la nouvelle région, Dany Cartron, Romain Blanchi, Dominique Amouroux, 2017. 93


Définitions par thèmes

CHAPPIS Laurent, Courchevel 1850 photomontage d’insertion de l’eglise Autour de 1955, source: Fonds Laurent Chappis - photo 30J 081

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Définitions par thèmes

A - La moyenne montagne, un milieu particulier_ pages 94 et 95 B - Qu’est ce que le Lioran, le Super-Lioran ? _ pages 95 et 96 C-

Le touriste, le tourisme et la vilégiature _ pages 96 et 97

D - Les massifs de stations de ski alpin auvergats _ pages 98 E - Pan Neige _ page 99 F - Novecento _ page 100 G - Artialisation : essai de définition en relation avec l’architecture de Mazzucconi au Super-Lioran _ page 101

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Définitions par thèmes A - La moyenne montagne, un milieu particulier Je vais ici reprendre les définitions de la basse montagne, la moyenne montagne et de la montagne élevée (différent de la haute montagne, terme utilisé par les guides de haute montagne). Pierre Bozon définit ces termes et ces types de milieu selon trois critères principaux, «dans l’impossibilité d’avoir recours au critère absolu» (p.158-159)1. Cette combinaison est la suivante: altitude, pente et facteur lithologie. Il faut noter que l’origine de la recherche de définition de ces termes vient d’un besoin d’aide de ces régions par l’État, elles étaient considérées comme divisantes dans un territoire très peu peuplé et économiquement précaire. L’essai de définition propose aussi le facteur de la latitude comme une variable importante du climat à altitude égale. _ La basse montagne: La basse montagne est donc la limite inférieure de la moyenne montagne. Le terme est contradictoire, cependant on pourrait le définir comme une montagne en trop basse altitude pour y exclure les systèmes de culture des plaines, critère de définition, mais où les déclivetés et la médiocrité des sols diminuent le rendement de l’agriculture. La médiocrité des sols est une des caractéristiques de la montagne, auquelle fait référence le terme de «moyenne montagne» afin de signifier la situation précaire de ce lieu. _ La montagne élevée puis la haute montagne: La montagne élevée n’est pas toujours une haute montagne, qui est un terme issu de l’alpinisme. Ce dernier correspond à l’étage de la montagne «du désert de givélation, des névés et des glaciers [...] on peut y inclure l’étage supérieur de prairie discontinue, la pelouse

1 - BOZON Pierre, DERRUAU Max, REFFAY Annie, VALADAS Bernard, La moyenne montagne. Essai de définition, milieux physiques, typologie ; dans Bulletin de l’Association de géographes français, N°468-469, 1980.

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écorchée» (page 159)1. La haute montagne se situe au dessus de la limite dessinée par la fin de la culture des céréales classique. Cette limite est donc aussi tracée par le début de la culture de celles-ci par jachère d’altitude possible en haute montagne. Sa limite basse peut aussi être définie par l’apparition de l’arbre isolé, relativement concordante avec la fin de la forêt, néanmoins ces limites sont trop imprécises car elles dépendent largement de l’exposition des versants. _ La moyenne montagne: Selon Annie Reffay «il s’agit d’une notion complexe pouvant s’appliquer soit à la tranche d’altitudes intermédiaires d’un quelconque relief montagneux, soit à des montagnes d’élévation modeste »2. La moyenne montagne est un étage, tandis que les moyennes montagnes sont des régions où la moyenne montagne est prédominante. Par exemple les moyennes montagnes d’Auvergne, bien que les sommets appartiennent à la haute montagne. Pour déterminer les limites de cet étage, on a le choix entre les critères suivants : «limite des neiges permanentes, morphologie glaciaire, limite supérieure de la forêt ou de l’arbre isolé, limite supérieure de la culture des céréales» (p160). Ces limites ne coïncident pas mais sont proches. La limite des neiges permanentes est trop élevée, le relief glacier quant à lui est descendu trop bas pendant les périodes glaciaires passées, cependant les limites de types de végétations sont proches et varient conjointement. Selon Annie Reffray la limite spérieure de la moyenne montagne définie par la culture des céréales n’est pas suffisant, c’est plutôt l’apparition de la jachère d’altitude, qui permet la culture de céréales dans des conditions qui sont alors de montagne élevée. En France, administrativement, la limite de la moyenne montagne correspond à une altitude minimale de 600m alliée d’une décliveté supérieure à 400m. dans ces conditions une commune bénéficie des aides 1 - Ibid. Bozon Pierre. 2 - Ibid. Bozon Pierre.


Définitions par thèmes de l’État dues aux régions de moyenne montagne. Chaque pays a défini de manière différente ces espaces qui font face à des problèmes similaires comme l’isolement, la pauvreté ou encore la désertification. La moyenne montagne, afin de la différencier de la montagne élevée, possède certains traits caractéristiques comme l’absence de grands versants à avalanches et de graves torrentialités. Les deux étages ont en commun d’autres difficultés comme la déclivité qui ne permet pas une motorisation de l’agriculture efficace, des sols souvent minces et divers, une maturation difficile, des rendements plus faibles qu’en plaine, l’isolement (car les transports sont plus lents, gênés par la pente et l’enneigement). Socialement l’isolement est important, l’agriculture est la principale activité cependant certaines zones tourisitiques permettent la diversité des activitées professionnelles, comme les activités saisonnières. À l’époque de cette étude (1980) je trouve cette définition de la moyenne montagne assez juste bien que le tourisme dans ces zones y ait déjà été très présent. Aujourd’hui la moyenne montagne reste concurrente face aux massifs d’étage supérieur par des prix moins importants et une diversité des services et activités tout au long de l’année, le Lioran offrant un grand domaine de VTT de descente par exemple mais aussi comme nous le verrons un architecture particulière qui est elle aussi attractive. La précarité ciblée par Pierre Bozon est peut-être moins vraie aujoud’hui. _ Le facteur de la latitude: La définition de la moyenne montagne vue ci-dessus ne s’applique pas à toutes les latitudes, celles-ci influent sur les caractéristiques des différents étages, ainsi les altitudes de la moyenne montagne varient. La latitude modifie les températures et l’humidité. Par exemple la limite de la culture des céréales n’est possible qu’avec une température moyenne de 11° en période végétative, cette limite est en France aux environs de 600m d’altitude mais sera beaucoup plus faible en se rapprochant des pôles. Il faut donc souligner le fait que le milieu «morpho-bio-climatique»1 de la moyenne

montagne varie suivant la latitude; si elle est élevée, ce milieu existe à basse altitude; si elle est basse, il existe mais avec des températures plus tièdes qu’en France. On pourrait donc aussi ajouter un dernier critère qui serait la vie pastorale, avec des migrations verticales, qui permet par exemple de ne pas comptabiliser les latitudes scandinaves, où les migrations sont horizontales. C’est une économie de montagne élevée pour la France, mais transposée à de faibles altitudes. Ainsi la moyenne montagne y est un étage très bas par rapport à la France, qui se confond avec les plaines et la basse montagne. B - Qu’est ce que le Lioran, le Super-Lioran ? _ La Montagne du Lioran, le Lioran: Jusqu’à la fin du XIX° siècle la Montagne du Lioran est anthropisée par un simple buron et les prairies des Sagnes et du Fond d’Alagnon. L’appellation le Lioran apparaît en 1886 afin d’en nommer la gare. La Montagne du Lioran désigne donc la zone encerclée par le Puy de Bataillouse, le Rocher du Bec de l’Aigle, le Rocher du Cerf, le Col de Cère et le Col de Font de Cère. Elle est recouverte par la forêt du Lioran dans sa totalité avant l’installation des activités humaines induisant les zones de pâturage. Le Lioran aujoud’hui désigne une zone urbanisée rattachée à la commune de Lavaissière, située plus au Nord dans la vallée de l’Alagnon. C’est la première zone touristique de la montagne du Lioran à être investie par des villégiateurs et touristes à partir de la fin du XIX°. La Montagne du Lioran dans son acception courante va être agrandie par la création du SuperLioran; la limite est repoussée au Plomb du Cantal au Sud et inclut le Puy de Masseboeuf et le buron des gardes à l’Ouest.

1 - Opt. Cit. Bozon Pierre, page 93.

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Puy de Masseboeuf - 1395m

Puy Griou - 1690 m

Définitions par thèmes

Rocher du Cerf - 1447m

Puy de Peyre Arse - 1806 m Puy de l’Usclade - 1 498 m

Rocher du Bec de l’Aigle - 1684m

Puy Mary - 1 783 m

Téton de Vénus - 1642m

_ Le Super-Lioran: Le Super-Lioran est l’évolution du Lioran concrétisée à partir de 1966, date de l’inauguration du téléphérique du Plomb du Cantal puis de la Saporta en 1968. C’est une station qui répond à une demande, un désir de montagne excitée par la publicité et les promoteurs touristiques. La promotion se matérialise jusque dans l’expression architecturale, elle reprend les grands principes de l’architecture de montagne inventée dans les alpes Franco-Suisse dans les années 1940 et 1950 comme nous le verrons avec les directives de la société du Village du Lioran données à Mazzucconi. En effet cette architecture du châlet de skieur, ou même de grange habitée excite les imaginaires, mais d’autres demandes cherchent à transposer le modèle d’habitat de la ville à la montagne, c’est pourquoi comme nous le verrons on peut trouver une architecture telle que la Tour Sumène au Lioran.

Super-Lioran Col du Font de Cère

Figure 139: Panoramique depuis la gare supérieure du téléphérique. Photo personnelle, Août 2017

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C - Le touriste, le tourisme et la villégiature _ Désir et médiation Jean-Didier Urbain définit les individus appelés «touristes» non pas en tant que «consommateurs d’espaces mais des inventeurs d’espace», il souhaite aussi s’éloigner de la définition clinique qui tend à définir le touriste par une envie compulsive de dépaysement et de quitter un quotidien asphyxiant. Hans Magnus Enzensberger, sociologue allemand du 20° siècle considère le touriste comme un «révolutionnaire frustré», qui ne pouvant pas «changer le monde, change de monde». Jean Didier Urbain nous dit que c’est selon ce point de vue que l’on peut reconnaitre le rôle d’acteur social du touriste au-delà du «soupçon pathologique». C’est bien résumer les causes et les conséquences du désir de voyager du touriste sans pour autant définir ce désir, ces rêves de voyages, ce que va tenter de faire Jean Didier Urbain

Quartier du Rocher du Cerf

Quartier de la gare du Lioran

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Lioran Super du etSuper Lioran dudu Limites __ Lioran Super du et Lioran du Limites Lioran Super du et Limites Lioran et du Lioran duLioran __ Limites _ Limites du Lioran et du Super Lioran Figure 140: Plan des sites du Lioran et du Super Lioran. Fond de plan: photos aériennes Géoportail. 000° 1.30 22km 1 km Echelle: m 000° 1.30 500m 1 km Echelle: km m 000° 1.30 2 kmEchelle: 500 Echelle: km2 km 000° 1.30 5000m 0 500 10 km 2 km Echelle: 1.30 000° 0 500 m 1 km


Définitions par thèmes par le biais des médiations qui influencent ces imaginaires de voyage. La médiation selon lui vient de la définition de René Girard qui nous dit qu’il n’existe pas de relation directe à un objet, celle-ci est toujours médiée. Celuici donne en exemple le cas de Don Quichotte dans l’ouvrage Mensonge Romantique et Vérité Romanesque (1961). Il traverse l’Espagne afin de vérifier si ce qu’il a lu est vrai, mais aussi parce qu’il cherche à imiter et connaître les histoires chevaleresques. Ces romans sont donc les médiateurs du désir. Chaque touriste désire voyager par une multitude de médiateurs qui lui sont propres. Son premier voyage est donc virtuel, imaginatif, il y a par la suite la volonté de vérifier, de concrétiser en programmant ce voyage. On peut donc identifier le contenu du désir de voyager du touriste. Dans les faits la définition selon laquelle toute personne voyageant pour son plaisir serait un touriste est fausse. En réalité à l’heure actuelle Jean-Didier Urbain estime à environ 30% la part des vacanciers qui sont des touristes. Il existe donc d’autres formes de voyage d’agréments qui dépendent fortement de l’imaginaire des invidus qui les poussent à la mobilité. _ Touriste: de l’anglais «tourist» lui-même du français «tour». Le Grand Tour est du XVI° au XVIII° en Europe un mode de voyage inspiré des humanités de la Renaissance, réservé aux jeunes hommes des familles fortunées, accomagnés de leurs tuteurs. Aujourd’hui cette forme de voyage est celle de circulation, qui se matérialise par le tour, le circuit touristique, fait d’étapes. Elle peut être programmée ou aléatoire, voir vagabonde. _ Villégiateur: La deuxième forme de voyage est la mobilité de transplantation d’un point à un autre, où l’on demeure et se sédentarise temporairement, c’est la villégiature et non le tourisme. Ce n’est plus un rôle d’étapes mais d’installation. Ce n’est qu’au début du XXième qu’on parle de tourisme sanitaire, bien que cela soit de la villégiature sanitaire.

_ Nomade: La troisième forme de voyage d’agréments est la mobilité de répétition, elle emprunte le «même parcours et le répète, on ne va plus d’un chez soi vers un ailleurs [...] mais d’un chez soi vers un autre chez soi». Sont compris dans cette catégorie par exemple les résidents secondaires. La relation entre le point de départ et le point d’arrivée est de type nomade. Le nomadisme selon Jean Didier Urbain est «une façon de vivre dans le mouvement selon un itinéraire extrêmement programmé, le nomade est tout sauf un vagabond, il sait où il va, à quel rythme et quand il reviendra. Et il le fait régulièrement». Afin d’illustrer ces notions définies par Jean-Didier Urbain, nous pouvons imaginer le périple d’un clermontois décidant de dormir deux nuits à proximité du domaine skiable du Super-Lioran, et ceci pour un week-end. Sur la route il fait étape à Massiac, dans le Cantal, au nord du volcan cantalien. En dégustant son petit déjeuner en terrasse, il est touriste, en étape dans son voyage vers un lieu de villégiature : un chalet du Font d’Alagnon dans la montagne du Lioran. Au même café, à Massiac, il y a une femme. Celle-ci se rend chaque année, et pour deux semaines, dans la résidence du Village du Haut-Lioran conçue par Vittorio Mazzucconi. Elle exécute donc un rituel, elle est en voyage vers un lieu qu’elle connaît, habite année après année pour une période toujours identique, et dans un but précis : pratiquer la randonnée en raquette dans le domaine du Plomb du Cantal et du Puy Mary. C’est un acte nomade selon la définition de Jean-Didier Urbain. Ces deux personnes font acte des trois usages définis ci-dessus, usages dont l’architecture du Super-Lioran est garante. Le Village du HautLioran peut par exemple les abriter tous, et ce depuis 1977, grâce à des typologies des bâtis et de logements différentes. En cela c’est un projet remarquable.

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Définitions par thèmes

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1 - Voir définition de «Massif Central et Montagne Noire» sur le site www.universalis.fr, conculté en novembre 2017. 2 - Ibid. 3 - Ibid.

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Ces volcans sont donc à l’origine des lieux favorables à la pratique du ski alpin, et ainsi au développement de stations de sports d’hiver en Auvergne. Le massif du Sancy et le massif cantalien sont les seuls à y accueillir ce type de structures. On recense dans le premier la station du Mont-Dore, de SuperBesse et de Chastreix (domaine de randonnée) et la station délaissée du Chambon des Neiges. Dans le Cantal on trouve le Super-Lioran, urbainement et historiquement divisé en deux parties: la station de Masseboeuf et le SuperLioran. Le domaine est lui aussi divisé entre le Prat de Bouc au Sud-Est et le Plomb du Cantal au Nord.

Massif du Sancy

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La surrection des Alpes et des Pyrénées a réveillé une activité volcanique dans le Massif Central, les volcans que nous pouvons aujourd’hui voir sont donc plus récents, le Puy-de-Dôme par exemple qui culmine à 1465m d’altitude s’est formé il y a environ 11 000 ans. Les Monts du Cantal en revanche sont beaucoup plus anciens et ont connu une transformation importante depuis leur formation il y a entre 2 et 13 millions d’années (érosion, effondrements etc...).

_ Clermont-Ferrand

Do rd o

Le Massif Central s’étend sur 300 kilomètres d’est en ouest et 450 kilomètres du Nord au sud, sa formation initiale est due au rapprochement des deux supercontinents (le Protogondwana et le Laurussia) avec le microcontinent Armorica au moment de la formation de la Pangée (continent unique)1. Cette periode de convergence des supercontinents est nommée éo-varisque et est datée entre -450Ma à -400Ma. Le Massif Central «s’élève progressivement de l’ouest (400 m d’altitude dans le Limousin) vers l’est (1 400 m d’altitude dans le Lyonnais)»2. Cette notion qui permet de regrouper de nombreux massifs en une seule «unité géologique»3 survient à la fin du XIXième siècle. Les Vosges sont par exemple comprises dans le Massif Central en raison de leur origine géologique.

Figure 141: Les stations de ski d’Auvergne, source du fond de plan: Carte Topographique IGN. _ Riom Chaîne des Puys

La

D - Les massifs de stations de ski alpin auvergnats.

A 75 10 km

20 km

Echelle: 1.250 000°

50 km


Définitions par thèmes E - Plan Neige Maurice Michaud est le premier directeur du Service d’études et d’aménagement de la montagne. Dès la fin de la guerre il parcourt les Alpes avec Laurent Chappis1 afin d’en dégager les potentiels. C’est en 1946 que le projet de Courchevel est lancé, bien plus haut que le village de SaintBon-Tarentaise, dans un site vierge; ce sera le début de l’expérimentation. Les Alpes suisses et autrichiennes ont le quasi monopole et l’Etat souhaite amener les stations françaises vers l’excellence; naît ainsi le «concept de l’aménagement des stations à la française»2. En 1964 est donc lancé le premier des «Plan Neige»; son objectif est de «déterminer un concept de stations d’altitude très fonctionnelles, au service du ski, fondées sur un urbanisme vertical, initier un partenariat unique auprès des collectivités et faire émerger une nouvelle génération de stations très performantes susceptibles d’attirer les devises étrangères»3 . L’Etat permet les expropriations et des prêts à taux réduits pour les investisseurs; apparaît donc une génération de promoteurs tels que Roger Godino aux Arcs 4. Le sixième «Plan Neige» est le plus radical, de 1971 à 1975 il a comme objectif la création de 350.000 lits (qui sera abaissé à 150.000) dans 23 stations exisitantes et 20 totalement nouvelles : La Plagne, Les Menuires, Val -Thorens, Valmorel par exemple. Le «Plan Neige» a aussi établi un cahier des charges déjà en partie élaboré par l’AAM lors de la conception

1 - Voir pages 26 à 35 de ce mémoire 2 - SERRAZ Gabrielle, L’héritage du Plan neige. En 1964, la France lançait un grand programme d’aménagement des stations. Avec quelques ratés... le 29 décembre 1998 dans le journal Liberation. 3 - Ibid. SERRAZ Gabrielle. 4 - Voir interview de R.Godino par FR3 Alpes en 1976: http://fresques.ina.fr/montagnes/ fiche-media/Montag00065/le-plan-neige-pour-l-amenagement-de-la-montagne.html

de Courchevel avec les principes de la «station intégrée»1: la grenouillère, la séparation des circulations piétons et voitures (laissée dans la partie «vallée»), la présence d’un centre de station réunissant tous les espaces urbains communs et commerciaux etc... L’Etat français est donc à l’origine de la recherche dans l’exploitation de l’«or blanc» mais aussi de la crise qui touche les stations de ski dans les années 1980 à cause du manque de neige et surtout de la stagnation de la croissance du nombre de skieurs: «en vingt ans, le nombre de skieurs est multiplié par quatre pour atteindre son apogée en 1983»2. Les communes ayant emprunté et ne pouvant plus rembourser sont alors en faillite et des stations doivent fermer. Préalablement le «Plan Neige», ayant rempli sa mission, est alors abandonné le 23 août 1977 lors du discours de Vallouise (département des Hautes-Alpes). Le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, met fin aux plans neige et souhaite un tourisme plus « respectueux des sites et des paysages »3. En effet il soutient la création de parcs nationaux comme celui de la Vanoise (1963), des Écrins (1973) puis de Mercantour (1979), et résume le nouveau défi de la montagne ainsi : «une montagne vivante, active et protégée», car il souhaite valoriser ce qui attire les touristes, villégiateurs en montagne, et dans le même élan, les proccupations écologiques grandissantes : valoriser le patrimoine naturel et bâti. Il faut noter que le président de la nouvelle région Auvergne-Rhône Alpes, Laurent Wauquiez lance un «Plan Neige Station» en 2016 qui vise à augmenter l’apport de neige de culture dans les stations. Le président des Domaines skiables de France, Pierre Lestas a déclaré que cela permettrait de mener la «bataille contre tous ceux qui, sensibles aux questions environnementales – et sur ce point ils ont raison - sèment la confusion. Il ne faut pas ignorer le changement climatique mais l’intégrer et l’anticiper».4 1 - Voir pages 13 à 15 de ce mémoire 2 - Ibidem SERRAZ Gabrielle pages 93 3 - Ibidem SERRAZ Gabrielle pages 93 4 - SHAHSHAHANI Leïla, www.montagnes-magazine.com, le 3 Mars 2016, conulté le 18.12.2017.

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Définitions par thèmes F - Novecento Le projet du Village du Haut-Lioran a été réalisé par l’architecte italien Vittorio Mazzucconi dont les réalisations architecturales sont connues de 1947 à 2008. Ce dernier précise sur le site de sa fondation «Fondazione Mazzucconi» qu’il a été guidé dans ses premières expériences professionnelles par Benito Negri, qu’il semble donc considérer comme une sorte de mentor. Ce Benito Negri est un disciple de Giovanni Muzio, architecte important du mouvement «Novecento» amorcé dans les années vingt et qui trouve une direction politique dans les années trente auprés du fascisme de Benito Mussolini. Cette information m’avait échappé lors des premiers temps de la rédaction de ce mémoire et évidemment elle est difficile à exposer de par son caractère «tabou». Néanmoins elle pose des questions quant aux réalisations de Vittorio Mazzucconi qui sont sans aucun doute influencées par des idées d’architecture de ce mouvement, sans rentrer dans le détail politique qui est beaucoup trop complexe, risqué et finalement assez éloigné du sujet de ce mémoire, car on ne s’intéresse pas à l’homme mais au projet du Village du Haut Lioran réalisé de 1977 à 1981. Le «Novecento» est donc une notion qui doit être explorée afin de bien comprendre quels apports il a pu fournir à Mazzucconi. En 1914, «Mussolini fonde le quotidien «Il Popolo d’Italia» dans lequel écrit la critique d’art Margherita Sarfatti qui deviendra sa maîtresse»1. Elle est une des figures importantes dans l’art italien de la période fasciste car elle soutient des artistes comme le fameux sculpteur de marbre (technique d’origine romaine très appréciée par les faschistes italiens) Adolfo Wildt ou encore l’architecte futuriste Sant’Elia. En effet l’architecture entretient à cette époque une relation ambiguë avec la politique, certains architectes modernes étant considérés par les uns comme socialistes et par les autres comme fascistes. 1 - Auteur inconnu, Quand l’art italien dansait sur un volcan: deux expos à Orsay et à l’Orangerie, dans Le Parisien, 20 avril 2015

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Les futuristes italiens quant à eux se rangent clairement du côté de Mussolini en qui ils voient un moyen de réaliser leur architecture radicale, eux qui rêvent de la grandeur italienne, incarnée dans l’architecture moderne et futuriste1. Car c’est cette idée qui permet de rapprocher Mazzucconi du Novecento, ils souhaitent tout deux redonner aux formes architecturales nationales du passé leur soi-disant grandeur, à l’image de la société moderne et surtout de l’homme moderne. Seul Mazzucconi semble transposer cette idée à d’autres cultures, ce qui peut nuancer le nationalisme de son architecture, que l’on pourrait peut-être définir comme éclectique. Le Novecento est donc soutenu par Margherita Sarfatti. Les artistes Mario Sironi, Achille Funi, Leonardo Dudreville, Anselmo Bucci, Emilio Malerba, Pietro Marussig et Ubaldo Oppi réalisent la première exposition du mouvement en 1923 puis se font connaître en Italie en 1924 lors de la Biennale de Venise. C’est par une exposition en 1931 à Helsinki qu’ils sont reconnus en Europe. Les artistes précédemment cités forment un groupe peu précis et souhaitent simplement proposer un «climat culturel»2. Puis les expositions milanaises de 1926 et 1929 le transforment en véritable mouvement aux objectifs établis, son nom est le «Novecento Italiano». Le thème principalement abordé par ce nouveau mouvement est un retour à une «italianité», notion vague et mal définie. En somme ses membres souhaitent instaurer une image fantasmée de la grandeur nationale passée plus que de restaurer une architecture dépassée, obsolète. Le début des années trente marque une plus forte proximité avec le fascisme qui va diviser le mouvement. Le Novecento n’était peut être qu’un groupe artistique facilement appropriable par le fascisme, en raison de sa fascination pour la période antique, image grandiose dont ses membres s’inspirèrent, tout comme Mazzucconi. 1 - Voir le cas de Marinetti qui a finit par bouder le régime de Mussolini, source internet: www. futurisme.net 2 - Voir la défintion de «Novecento» de l’enyclopédie Larousse en ligne, source internet consultée le 27/11/2017: www.larousse.fr


Définitions par thèmes G - Artialisation : essai de définition en relation avec l’architecture de Mazzucconi au Super-Lioran. L’artialisation est une notion primordiale dans le traitement du sujet de ce mémoire, c’est un processus explicité par Alain Roger1 . En effet la montagne a tennu une place en constante évolution dans la culture européenne, entre fascination et crainte, autrefois pauvre et isolée, elle est aujourd’hui riche de «l’or blanc»2 et un lieu de convergence des moyens de communication (routes, autauroutes, chemins de fer etc...). L’artialisation est considérée par Alain Roger comme in-situ à son origine. L’homme a donc donné du sens au milieu naturel auquel il appartenanait en le modifiant selon sa culture, par l’art. Les peintures corporelles, les habits et les bijoux, constituant la première habitèle, sont un exemple d’artialisation in-situ par les cultures humaines qui sont alors chargé de sens social, culturel, voir politique du corps qui devient alors le premier objet d’art.

L’artialisation est donc le processus culturel selon lequel un milieu devient un lieu puis un paysage, par la constitution d’un imaginaire propre à chacun, car il est relayé par des médias, et qu’il est soumis à la multiplicité des regards. L’époque de la planification du Super-Lioran a en l’occurence connu un grand bouleversement culturel par l’évolution et l’invention de nouveaux médias culturels (télévision, démocratisation des musées et du savoir etc...). De plus le rapport entre l’Homme et son milieu naturel a été totalement transformé par la pensée moderne ; la vie en ville, le rapport au travail et au statut social, la pensée individiualiste par exemple, instaurant une différenciation entre le sujet et son milieu. Ce mémoire traite donc régulièrement du rapport particulier que nous entretenons avec le milieu naturel de la montagne, et plus spécifiquement de la moyenne montagne du volcan du Cantal. Car c’est là peut-être bien le terreau dans lequel grandissent les projets architecturaux, les villes et les habitats. Par ses multiples reconnaissances de terrains et de compréhension des milieux naturels, Laurent Chappis a montré l’importance de leur considération afin d’y bâtir des architectures.

Le processus d’artialisation par représentation est plus complexe et devient alors un média car il transmet une idée culturelle d’un lieu qui devient alors paysage. En effet le Mont Fuji par exemple est représenté trente-six fois par Hokusai car il est un acteur de l’élaboration de la culture japonaise. En effet le milieu des montagnes de l’archipel, qui subit une transformation cyclique très profonde, a engendré un mode d’habitat, des habitudes culturelles, un language ou encore une position de l’homme defini par son milieu et non par l’individu lui-même3, c’est pourquoi le Mont Fuji est représenté à partir de milieux et de saisons diverses. 1 - ROGER Alain, Court Traité du Paysage, éd. Gallimard, 1997. 2 - Terme courant pour parler de la neige, considérée alors comme une ressource. 3 - Ibid. ROGER Alain.

Figure 142: Laurent Chappis en reconnaisance, photo 30J 353, Fond Laurent Chappis, date et lieu inconnus.

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Sommaire

_ Remerciements / page 3 _ Avant-propos / pages 4-7 _ Introduction / pages 8-11 _ Sommaire

Chapitre I: Le contexte du Super-Lioran, 1967-1981

Conclusion

A - Histoire de l’architecture des stations de la montagne française _ Pages 12 à 35

_ Pages 88 et 89

B - Du Lioran au Super-Lioran, quelles particularités ? _ Pages 36 à 47

Chapitre II: Vittorio Mazzucconi

Définitions par thèmes

A - Le Village du Lioran, le projet dans un corpus _ Pages 48 à 58

A - La moyenne montagne, un milieu particulier_ pages 94 et 95 B - Qu’est ce que le Lioran, le Super-Lioran ? _ pages 95 et 96 C - Le touriste, le tourisme et la vilégiature _ pages 96 et 97 D - Les massifs de stations de ski alpin auvergats _ page 98 E - Plan Neige _ page 99 F - Novecento _ page 100 G - Artialisation : essai de définition en relation avec l’architecture de Mazzucconi au Super-Lioran _ page 101

B - Un projet manifeste de Mazzucconi, remarquable dans son contexte historique _ Pages 59 à 87

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Sommaire

Annexes A - Documents écrits _ Pages 2 à 4 B - Plans d’échelle urbaine _ Pages 6 à 9 C - Plans du Village du Haut Lioran _ Pages 48 à 58 D - Façades du «Village» _ Pages 20 à 21 E - Typologies de logements _ Pages 22 à 25

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Vue du Super-Lioran dans le Volcan du Cantal depuis le Sud: le couloir du Puy Rocher - photo personnelle - dĂŠcembre 2017


Puy de Chavaroche Puy Griou

Vallée de la Cère

Puy de Masseboeuf Puy Mary

Font de Cère

Puy de Peyrasse

Puy de Bataillousse

Super-Lioran

Rocher du Bec de l’Aigle

Puy de Seycheuse

Téton de Vénus

Font d’Alagnon

Papier issu de forêts gérées durablement, certifié PEFC

Vallée de l’Alagnon


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Mémoire de fin d'étude - Conclusion / Définitions / Bibliographie by Simon Lequenne - Issuu