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L'image du mois

La pensée du mois

« L'Elysée est un bar à putes... »


NA W A K Nous allons tenter de répondre aujourd’hui à une question que tous, sans exception, vous vous êtes sûrement un jour posée. Une question qui a plus d’une fois hanté vos nuits et vos rêves les plus fous. C’est le genre de question à laquelle, j’en suis sûr, vous avez toujours souhaité trouver une réponse… Cette question, c’est : Pourquoi le caca ça pue ? Aujourd’hui, je vous donne la réponse…

Comme chacun le sait, le caca, autrement appelé bouse, crotte, ou plus simplement merde, possède une odeur vraiment infâme, voir carrément gerbante. C'est le genre d'odeur qui vous colle aux narines et qui, sentie de bon matin, ne vous lâche plus jusqu'au soir. Et bien mes chers amis, je suis heureux de vous apprendre que ceci n'est qu'un stratagème de plus du gouvernement souterrain qui dirige le monde depuis des milliers d'années pour nous faire consommer. Tout cela remonte à l'apparition du ''dit'' tout premier homme sur la terre. Je dis ''dit'' car à cette époque, le gouvernement souterrain existait déjà depuis belle lurette. Ben ouais, un peu, mon neveu ! Précisons tout-de-même que le gouvernement souterrain avait prit soin de buter les dinosaures juste avant que l'homme se pointe, histoire que ce gentil porte-feuilles sur pattes ne se fasse pas tailler un short par le premier lézard venu. Cet homme, donc, une fois arrivé, fut bien vite contraint de se nourrir s'il ne voulait pas crever. Le gouvernement souterrain, que nous appellerons ''les fourmis'', sauta sur l'occasion pour lui faire apprendre la chasse et encrer en lui le gène du chasseur, dans le but de, plus tard, lui faire acheter des carabines et se tailler un bénèf' sur la vente.


L'homme buta donc son premier daim à grands coups de hache dans la gueule et le bouffa tout cru, vu qu'il n'avait pas encore trouvé le feu. Wouahhh, l'autre ! Il avait même pas de briquet ! Cromagnon de mes couilles ! Hum... Bref... il mangea son daim et quelques heures s'écoulèrent, laissant place à une sacrée envie de chier. Parce que la viande cru, ya pas à dire, c'est pas ce qu'il y a de plus digeste, quand même... Il alla donc un peu plus loin et coula un bronze sur le sol. Il poussa un petit gémissement puis regarda son oeuvre. Après une courte hésitation, il plongea son doigt à l'intérieur et préleva une petite noisette de merde qu'il porta à sa bouche. Cela n'ayant pas l'air de le dégoûter, il en remplit sa grosse main et engloutit la bouse entière. En voyant cela, les fourmis comprirent que l'homme avait prit goût à la gratuité. S'il mangeait son caca, plus besoin de chasser et quelques années plus tard, plus besoin de faire ses courses. Il allait manger son caca puis chier son caca puis manger son caca puis chier son caca, etc... Il fallait à tout prix qu'ils trouvent un moyen de contrer le problème. Ce qu'ils firent. Ils tapèrent sur leurs ordinateurs ultra puissants et modifièrent la définition du caca pour y inclure un odeur immonde. Le résultat fut rapidement observé. Lorsque l'homme lâcha sa deuxième pêche, elle fut accompagnée d'une odeur tellement forte que l'homme prit peur et partit se cacher dans les bois. Depuis ce temps, l'homme ne mange plus son caca. Voilà... Sid

Contact : Sid70pm@hotmail.fr


Le chapitre du mois

IV

…je décidai d’appuyer sur le bouton. La sonnerie stridente de mon réveil s’arrêta net, et je restai quelques instants sur le dos, la main posée sur ce maudit appareil, tueur de rêves. Mais ce matin là, en l’occurrence, je fus presque heureux de l’avoir acheté. J’ouvris les yeux, et regardais au dessus de moi. Le plafond était toujours ce plafond dégueulasse que j’avais laissé la veille et l’odeur de moisi qui régnait dans la pièce ne laissait planer aucun doute. J’avais rêvé. J’avais fait un putain de rêve merdique. J’étais tout en sueur et j’eus un peu froid, en me levant. J’enfilai rapidement mes chaussons et mon appendice déployé me dirigea vers la cuisine. Ce n’était pas réellement une cuisine. C'était plutôt une petite salle un peu moins cradingue que les autres, où j’avais pour habitude de prendre mon café. J’avais élu domicile dans un vieux hangar, près d’une ancienne voie ferrée, maintenant à l’abandon. J’avais un de ces mal de crâne. Comme d’habitude, je me fis réchauffer au micro-onde une tasse de cette horrible substance noirâtre qui me servait de café


depuis trois mois. Et ouvris mon paquet de clopes. Je découvris avec horreur qu’il n’en restait plus une seule. « Et merde !! » C’était un apparemment un de ces matins où tout allait mal. Je bus mon café d’une traite (c’était la seule façon de l’ingurgiter entièrement) et me levai. Dans la seconde qui suivit, je sentis s’écraser sous mon pied une petite chose molle. Il ne me restait donc réellement plus de clopes. Je poussai un long soupir. « Et merde… » Puis le téléphone sonna. Je décrochai. « Allô… » C’était Karl. Karl était un de ces mecs dont le Q.I ne devait pas dépasser les 2,3 mais sur qui on pouvait toujours compter. C’était un fameux gaillard, qui devait peser près de quatre-vingt dix kilos, et qui traînait généralement en ville, dans les vieux quartiers, à la recherche d’un petit bourgeois à détrousser. « Qu’est-ce qui ce passe ? demandai-je. − Tu sais quelle heure il est ? répliqua-t-il. Qu’est-ce que tu fous ? − Putain, c’est vrai, j’avais complètement zappé !! » Ce putain de réveil notait 9h38, mais j’avais carrément oublié le changement d’heure. Il était 10h38, et j’avais rancard à 10h00 pétant, avec les potes. « J’arrive, excuse, je suis là dans dix minutes !! − Ok, à tout de suite. » Je pris mon vieux jean, qui était posé par terre, à côté de mon lit, et enfilai en vitesse un T-shirt, dont je ne vis que bien plus tard qu’il était tâché de sperme sur le devant. Je ne pris même pas la peine d’attacher les lacets de mes rangers et partis en courant en direction du lieu de rendez-vous.


A mon arrivée, je ne pus constater qu’un mécontentement général. Ils tiraient tous de ces tronches. Il y avait Julien, Geoffrey, Karl, Logan. Chris aussi était de la partie. Ce fut lui, du haut de son mètre trente-neuf, qui vint me dire bonjour le premier. « Salut, pote, bien dormi, je suppose. − M’en parle pas… − Ben en tout cas, tu nous a baisé la matinée en beauté. − Ouais, je sais, je suis désolé. Bonjour quand même, dis-je en regardant les autres. » Sur ces mots, ils s’approchèrent et nous nous serrâmes la main. C’était oublié. C’était toujours comme ça que ça se passait, entre nous, si bien qu’on ne se faisait pratiquement jamais la gueule. C’est peut-être cela que j’aimais. Cette amitié inaltérable, à toute épreuve, nous rendait si solidaires les uns à l’égard des autres, que rien ne pouvait nous séparer. Geoffrey ouvrit les festivités. « Bon, il est onze heures, il faudrait peut-être se bouger si on veut se faire assez de thunes pour ce soir. » Nous avions en effet prévus d’aller ensemble à un concert de punk, ce soir là. L’entrée n’était qu’à deux euros, mais il fallait qu’on assure si on voulait tiser avant d’y aller. Sans parler des produits. Il fallait absolument qu’on trouve du blé. « On pourrait se faire une mamie ! Sorti Logan, d’un air vicelard. − Une mamie, répondis-je. Il faudrait qu’on se fasse la maison de retraite tout entière, tu veux dire ! De nos jours, elle prennent presque plus de liquide sur elles, ces radines. − Ouais, c’est clair. − Ce qu’il faudrait, dit Julien, c’est faire un gros coup. » Un court silence se fit entendre. « Qu’est-ce que tu veux dire par un gros coup ? osais-je timidement. » Je savais à la seconde même où je l’avais posée que je n’aurais jamais dû sortir cette question. Je m’attendais trop à la réponse.


« Je sais pas, moi, une station essence, un magasin,… − …une banque, dit karl. » Ça y était. Le grand mot avait été balancé. Cela faisait deux semaines que cela travaillait Geoffrey. Il y faisait des allusions, parfois, mais n’avais jamais réellement soumis l’idée à la bande. Et bien c’était fait. Merci Karl. « Une banque … lança Geoffrey. Ouais, c’est ça, une putain de banque. » J’eus à peine le temps d’ouvrir ma bouche pour les ramener à la raison, que déjà... « Je suis pour, cria Ju. − Idem, repris Logan. − On va se faire un max de blé finit Karl, de sa voix de trisomique rebel. Chris, lui, s’était contenté de lever fièrement le pouce, en signe d’approbation. Il poussa un petit rire aigu, comme s’il eut été soudainement envoûté par je ne sais quelle âme meurtrière et sadique. Tous me regardaient, maintenant, comme si j’avais lâché un gros pet en plein milieu du bus. Le silence était pesant. Je regardai Logan dans le fond des yeux et sur un ton qui me parut étonnamment désinvolte, je demandai : « On se fait laquelle, bande de voyous ? » Et voilà, nous avions tous la vingtaine, les cheveux mal coiffés, voir pas du tout, tous défoncés comme des porcs dès que l’occasion se présentait et nous allions braquer une banque, se barrer avec le fric et aller voir ce putain de concert keupon. Peut-être même qu’on ramènerait quelques meufs en passant. Mais les ramener où ? L’optique de passer le reste de notre vie à fuir ne semblait pas travailler les autres outre mesure. Ils étaient trop occupés à imaginer l’assaut. Une attaque qu’ils voyaient sûrement grandiose et sans accroc, digne d’un film hollywoodien. Chris s’imaginait déjà, entrant dans la banque comme un fou, criant avec conviction le fameux c’est un hold-up !!! Après tout, nous verrions bien.


Nous discutâmes une bonne demi-heure, et finîmes par décider de se séparer en petits groupes pour trouver l’équipement adéquat. Karl et Geoffrey s’occuperaient de piquer une caisse, et de la planquer dans un endroit proche de la banque, pour que l’on puisse filer vite fait, aussitôt que nous aurions fait le coup. Julien et Chris se chargeraient de trouver quelques flingues, au cas où. Chris savait toujours où dégotter ce genre de trucs gratos. C’était un peu notre roi des combines, notre dénicheur de matos. Il était très doué pour ça. Enfin, Logan et moi partîmes en direction du magasin de farces et attrapes, pour chouraver des masques. C’était un petit magasin, dans une petite rue, tenu par un petit homme, ainsi que son énorme épouse. On y trouvait toutes sortes de gadgets, pétards, fausses crottes de chiens, ou coussins péteurs. Mais le rayon qui nous intéressait était celui des déguisements. Il nous fallait des masques. Des masques délirants, avait précisé Chris. Des masques dont ce souviendraient longtemps ces paysans coincés, ces pedzouilles, qui se prenaient pour des gens bien, simplement parce que leur patelin pourri possédait une station de tram. Ceux-là même qui se donnaient bonne conscience en priant le dimanche pour le salut de leur âme et dévisageaient en sortant le pauvre clochard qui leur demandait une pièce, comme s’il eut été indigne de se trouver dans leur champs de vision. Ces espèces de connards se souviendraient de nous, ça c’est sûr. En entrant, nous fûmes directement calculés par le vieil homme, qui laissa tomber son journal pour nous observer de loin. A côté de lui, sa femme tapotait sur un ordinateur bardé de post-it et lui glissa quelque chose à l’oreille. Peut-être quelque chose comme « qu’est-ce qu’ils viennent chaparder, encore, ces deux là… » Ou peut-être « regarde moi cette racaille, faut les tenir à l’oeil » Je me dirigeai de suite vers le rayon des pétards, pendant que Logan avançait vers celui des sacs fantaisie. Il y avait devant moi un éventail impressionnant d’explosifs en tous genres. Feux d’artifices de toutes tailles et de toutes formes, mitraillettes. Je m’arrêtai devant un lot de pétards mammouths, qui me paru convenir pour notre petit projet. Logan, lui, avait déjà enfilé trois ou quatre sacs les uns dans les autres, et se faufilait discrètement vers les déguisements, où je le rejoignai dans les trente secondes qui suivirent, avec mon paquet de pétards dans les mains. « C’est bon pour toi ? lui demandais-je tout bas. − C’est bon, et toi ? − Regarde moi ce paquet de pétards. − Bon, on prends les masques et on se barre. − Ça marche. »


Nous choisîmes six masques. Il y avait Frankeinstein pour Karl, E.T pour Geoffrey, Super Mario pour Chris et Daisy pour Julien. Logan choisit Tatie Danielle et moi, je pris celui d’Atchoum. Nous avions tout ce qu’il nous fallait. Nous nous empressâmes de les tasser dans un autre sac, que Log' avait endossé, ainsi que les pétards, et nous reprîmes la direction du rayon d’où il venait. Mais quand nous y arrivâmes, quelque chose se produisit. Quelque chose que nous n’avions pas du tout prévu. Elle était là. A quelques mètres devant nous, fièrement campée sur ses deux grosses jambes, se tenait la femme du patron. Elle nous observait, de ses deux yeux globuleux, comme si elle avait voulu nous transpercer du regard. Nous continuions d’avancer, comme si de rien n’était mais j’avais de plus en plus peur qu’elle ne remarque le sac à dos que Logan avait sur lui. Nous passâmes près d’elle, puis la dépassâmes. Je sentais son regard posé sur nous, comme une épée de Damoclès au dessus de notre tête. Puis elle repris son chemin, et tourna à gauche, au bout de l’allée. Logan me jeta un vif coup d’œil, puis s’empara du deuxième sac, qui était resté sur l’étalage, et nous nous mîmes à courir vers la sortie. Dans un vain effort, le vieux tenta de nous barrer le chemin, mais je lui mis un joyeux coup de coude dans les côtes, et il s’effondra à terre, nous laissant le champ libre pour nous échapper. Juste à temps, d’ailleurs, car la patronne arrivait en courant. Je fut étonné de la voir nous courser sur au moins cent mètres, avant de trébucher et de s’étaler de tout son long sur la route, en jurant. « Revenez ici tout de suite, bande de petits salops !! Criait-elle. Salops !! » Nous continuâmes de courir sur un bon kilomètre, et nous nous reposâmes un instant contre un vieux muret. Nous étions morts de rire. Même essoufflés, nous n’arrivions pas à nous arrêter de rigoler. « On a eu chaud, bordel, dit Logan. − Tu parles, qu’on a eu chaud, et la vieille qui se vautre par terre !! » Et nous nous remîmes à rire de plus belle. De leur côté, Geoffrey et Karl sillonnaient les rues, à la recherche d’une voiture. Ces deux là avaient une telle dégaine qu’on les aurait repéré à deux cent mètres les yeux bandés. Jeans troués, rangers taguées, cheveux colorés. Geoffrey avait même poussé le vice jusqu’à mettre un T-shirt rose bonbon.


Mais cela ne les décourageait pas. Ils scrutaient toutes les voitures une à une. Puis ils s’arrêtèrent. « Tu pense comme moi ? lança Karl. − Un peu, mon neveu. » Devant eux était garé un superbe 4x4 customisé. Les pare-chocs chromés, les jantes, tout brillait tellement. Il était noir et assez grand pour caser tout le monde. Il ne restait plus qu’un petit problème. La rue était pleine de monde. Il devait être près de midi et des dizaines de gens se pressaient sur les trottoirs. Certains rentraient chez eux manger en vitesse avant de repartir travailler, d’autres finissaient de faire les boutiques. Les deux files de voitures se croisaient sur la chaussée, dans un ballet permanent, rythmé par le son des klaxons et des moteurs rugissants. Et pour couronner le tout, le véhicule tant convoité était garé juste devant l’entrée d’une boulangerie. On aurait dit que ce tas de ferraille observait la petite mamie, qui rentrait, boitant, pour aller chercher sa baguette quotidienne, le gentleman, souriant, qui ouvrait la porte à la jolie petite étudiante, venue acheter un sandwich au thon, qu’elle mangerait sûrement dans le parc Fontaine. C’était un endroit charmant où se retrouvaient les élèves, pour grignoter leur déjeuner ensemble et partager les potins périscolaires de la matinée. Karl fit le tour de la voiture et regarda à l’intérieur. Geoffrey tourna la tête à gauche, puis à droite et finit par faire un petit clin d’œil à son acolyte. Comme pris d’un élan de folie, Karl fit passer sa pompe gauche à travers le carreau, et ouvrit la portière dans la seconde. Les gens continuaient de passer à côté d’eux, les scrutant du regard comme s’ils avaient vus un fantôme. Mais étrangement, aucun d’eux ne sembla avoir l’intention de faire quelque chose. Ils avaient juste l’air surpris, comme on pourrait l’être lorsque l’on croise un cracheur de feu dans la rue, mais rien de plus. Karl ouvrit la portière passager, et, pendant que Geoffrey s’engouffrait à l’intérieur, fit sauter le clapet derrière lequel se trouvaient les fils de contact. Dix secondes après, ils démarraient en trombe et disparaissaient dans le flot de véhicules vrombissants. Il était midi et une minute. Deux hurluberlus avançaient tranquillement dans un hangar désaffecté, en chantant à tue-tête conte cruel de la jeunesse, des bérus. C’étaient Chris et Ju. Ils marchaient parmi les monceaux de ferraille, les boîtes de conserve vides, et autres déjections humaines à peine cachées. C’était un ancien garage. Autrefois, des dizaines et des dizaines de voitures de toutes marques venaient s’y faire refaire une beauté. Deux frères avaient monté cette entreprise, qui marchait plutôt bien, en dépit de l’allure du bâtiment. Mais au bout de quelques mois, l’un d’eux, qui devait se rendre à l’autre bout de la ville pour un dépannage, se tua dans un accident. Un poids lourd, dont les freins avaient lâchés, réduit la dépanneuse à l’état de galette. Le deuxième des frères


ne se remit jamais de cette épreuve. A l’enterrement, il avait prononcé quelques mots pour son frère décédé, et avait fait un arrêt cardiaque dans la minute qui avait suivi. Il ne se réveilla jamais. C’est ainsi que le hangar fini, squatté par les clochards et les junkies du coin, qui venaient s’y injecter des paradis artificiels, ou vider leurs bouteilles devant quelque feu de camp improvisé. Julien ouvrit une porte. « J’espère qu’ils sont là, ça me ferait vraiment chier d’être venu pour rien. − T’inquiète, y a pas de problème, j’ai vu le vélo de Lisa en arrivant, répondit Chris, sûr de lui. − Cool » Ils passèrent une autre porte et se retrouvèrent dans un long couloir, dont les murs étaient recouverts de tentures. Ils pouvaient entendre quelques rires étouffés et des voix indistinctes, provenant d’une porte en métal, tout au bout de ce tunnel bariolé, aux motifs tribaux. Chris frappa trois coups. Les voix s’étaient tues, et des bruits de pas se firent entendre. Puis la porte s’ouvrit. Un grand gars se tenait là, sur le seuil. Il portait un jogging et un polo militaire. Il avait des petites lunettes ainsi qu'un long bouc, teint en vert. « Salut Jacques, comment tu vas ? commença Chris. − Bien, et vous. Les affaires marchent ? − On fait aller. On peut entrer deux minutes ? − Ouais, allez-y, entrez » Ils pénétrèrent dans une petite pièce enfumée, décorée elle aussi de tentures africaines, dans laquelle flottait une délicieuse et enivrante odeur de cannabis. Dans le fond, assise sur un canapé, il y avait une jeune femme. Ses cheveux blonds étaient ramenés en arrière, sur le dessus de son crâne, et formaient comme un palmier. Elle avait quelques piercings sur le visage et portait un Marcel. Devant elle, sur la table, étaient posés un paquet de cigarette, un petit sachet au contenu verdoyant, un flingue, un briquet et un pack de bières. « Salut Lisa, comment vas ? entreprit Ju, d’un air enjoué. − Ça roule, ça roule, répondit-elle en lui passant le joint qu’elle avait dans la main. »


Il le prit avec un petit sourire et tira une grosse bouffée. « Merci, je vois que tu déniche toujours la meilleure herbe du coin, ajouta-t-il avant de le lui retendre. − Et oui, passe le à Chris, vas-y. − Merci bien, dit-il avant de tirer dessus. Alors, quoi de neuf ? rajoutat-il, s’adressant à Jacques. − Oh, la routine, trois calibres, deux pompes et un fusil de chasse. On a fait une petite manche, ce matin, et puis on a pioncé. Ça vous ira ? » Jacques avait le dont de passer d’un sujet à l’autre en plein milieu d’une phrase. C’était inévitable. Au moment même où il pensait à un truc, il devait le dire. Ça pouvait parfois donner quelque chose comme putain ce café est dégueulasse, il n’est même pas venu me rendre mes thunes, cet enfoiré. Il n’est même pas sucré. Je vais le tuer. C’était du Jacquot à l’état pur. « Génial, t’as assuré ! Franchement, tu les mérites bien, reprit Ju. » Sur ces mots, il sortit trois petits sachets blancs de la poche intérieure de son manteau et les lui tendis. Lisa s’était levée d’un bond et s’approchait d’eux. Elle sortit un billet de banque, et le roula en forme de paille, pendant que Jacques ouvrait l’un des sachets. Puis ils se préparèrent chacun une trace et la sniffèrent promptement. Lisa poussa un soupir de satisfaction. « C’est bon, de faire affaire avec vous, les gars. » Puis elle sorti un gros sac de sport de dessous le canapé, et le posa sur la table, en prenant bien soin de ne pas renverser le sachet entamé. Elle l’ouvrit et leur fit signe d’approcher. « Ouais !! Lança Ju, comme un petit garçon qui aurait reçu le jouet qu’il voulait à Noël. » Devant eux, dans le sac, étaient entassés trois revolvers, deux fusils à pompe à canon sciés, et un fusil de chasse, également à canon scié. « Je vous ai rajouté un petite boîte, avec un assortiment de munitions. Faîtes tout péter, les gars, et vive l ‘anarchie, sortit Jacques, avec un grand sourire jusqu’aux oreilles. − No problemo, répondit Ju. Tu vas en entendre parler, tu vas voir. »


On aurait dit que ce simple braquage se transformait peu à peu en une espèce de guerre sainte. Nous avions tous de plus en plus la rage au ventre, au fur et à mesure que les préparatifs avançaient. Ju et Chris restèrent cinq minutes à fumer avec Lisa et Jacques, et repartirent par où ils étaient venus, pour aller rejoindre le reste de la bande. La journée s’annonçait radieuse. Nous sentions la douce chaleur des rayons du soleil sur notre peau. Les gens semblaient ravis. Ils étaient souriants, et se baladaient dans les rues, dans les jardins publics. Ils souriaient tous et cela commençait sérieusement à m’agacer. Je détestais depuis longtemps les gens heureux. Certains disaient que j’étais jaloux d’eux. Ce devait être ça. Oui, ce devait être ça. J’étais sûrement jaloux de leur joie de vivre, de leurs vies réglées comme du papier à musique, de leurs situations confortables et de leurs rêves exaucés. Eux, bien sûr, ne souffraient pas. Eux se permettaient d’aller manger au restaurant. Eux n’avaient pas de problèmes, en somme. Eux. Toujours est-il que le ciel était magnifique. Nous étions tous assis autour de la grande fontaine qui embellissait le parc depuis des dizaines d’années. Nous buvions des bières en attendant que sonnent les lourdes cloches de l’église St Eugène. A deux rues d’ici se trouvait notre objectif, une jolie petite banque bourrée de pognon. Je souhaitais de tout mon cœur qu’une centaine de gens s’y rueraient pour y déposer leurs économies, nos économies, juste avant que nous n’allions les retirer. J’imaginais des liasses énormes de billets flambant neufs, débordant de nos sacs. « Tout le monde sais ce qu’il a à faire ? demanda Geoffrey. » Nous répondîmes tous par l’affirmative. Nous savions exactement ce que chacun de nous devait faire. Nous avions tous une place précise où nous positionner. Julien et Karl allaient braquer le banquier, pendant que Chris et Logan surveilleraient la porte. Moi et Geoffrey nous occuperions des éventuelles personnes se trouvant dans l’endroit et en moins de cinq minutes, nous aurions les poches pleines et filerions en vitesse. Nous étions prêts. Puis sonna 13h00. Nous nous levâmes sans rien dire et commençâmes à marcher en direction de la rue Flaubert. Nous passâmes devant un bureau de tabac, puis devant un café. Tout le monde nous regardait, comme s’ils savaient tous ce que nous nous apprêtions à faire. « On va les niquer, ces enfoirés, dit Karl, en me passant un flingue discrètement. − Ça va saigner, répondit Ju, accrochant le sien à sa ceinture. »


Il restait environ six mètres et la banque avait l’air pleine de monde. J’avais un petit nœud dans le ventre. Quatre mètres. Chris avait l’air d’un cow-boy. Il avait revêtu son trois quarts cuir, qui flottait dans le vent, au rythme de ses pas. Mon bras gauche frôla le distributeur automatique. « Ça va chier ! lança Logan en arrivant devant les portes. » Nous entrâmes.

... la suite dans le prochain NAWAK


Musique Ce mois-ci, à l'honneur, un groupe de Punk rock

Brixton Cats

2002 : Création du groupe, à l’origine la volonté de quatre plus ou moins jeunes gens de former un groupe punk rock antifasciste et anticapitaliste. Tristan est alors à la guitare, Jef à basse, JB à la batterie et Solen au chant. Très vite, Victor guitariste et membre fondateur de la Brigada Flores Magon, rejoins le groupe. Février 2003 : Premier concert à Montreuil, lors de la fête du Combat Syndicaliste - le journal de la CNT - où ils partagent l’affiche avec Ya Basta et la Brigada Flores Magon. L’accueil est bon, et le groupe va enchaîner les concerts de soutien et les fêtes rock’n’roll. En peu de temps le groupe se fait une place dans la scène antifa radicale. Juin 2003 : Victor, part vivre au Mexique et le groupe décide de reprendre la route à quatre. Après plusieurs dates en Italie et à Annemasse et contre le G8 à Evian, aux cotés de leurs parrains de la Brigada, Brixton Cats se concentre sur la production d’une démo. 2004 : Sortie d’une démo 6 titres, enregistrée par Jérémya de J’aurai Voulu chez son complice Pépone. 500 exemplaires seront finalement distribués. Les Brixton Cats continuent d’écumer les salles de concert. Leur engagement se traduit par toujours plus de concerts de soutien et par leur


participation à l’organisation de concerts dans le cadre de la CNT, du RASH et des collectifs Rock’n’Riot et Barricata.

Septembre 2004 : Nouveau changement de line-up, Tristan décidant de se consacrer entièrement à son rôle de guitariste au sein de la Brigada, qu’il a rejoint quelques mois auparavant… Mathieu guitariste de Paranoi, repéré lors d’un concert en soutien à la CNT où les deux groupes partageaient l’affiche, prend sa place. La nouvelle formation est rapidement prête pour écumer les concerts et les festivals de Paris à Genève, Rennes, Bordeaux, Nancy, ou encore Dijon et Metz. Ils partagent la scène avec des groupes aussi prometteurs que Red Kick et Red Riot mais aussi des pointures comme Angelic Upstart, Conflict, The Oppressed, La Souris Déglinguée, Oi Polloi, The Movement, Stage Bottles. Juillet 2005 : Enregistrement du 1er album du groupe en Bourgogne au Kaiser Studio avec Lucas Trouble aux manettes. Ce premier album éponyme de 14 titres comporte beaucoup de nouvelles compositions ainsi que quelques titres déjà présents sur la démo que le groupe tenait à réenregistrer avec la nouvelle formation. L’album sort en France chez Solitude Urbaine et chez Fire and Flames en Allemagne. Une version vynil est également pressé et sort chez Hysterik et Anarkoi, label rattaché à Maloka. Juillet 2007 : après un long bout de chemin ensemble (depuis Los de Abajos…), JB décide de se retirer du groupe, il a rejoint depuis Binouze Metamph Gang toujours à la batterie. Bonne route à BMG… Septembre 2007 : le vide laissé par JB est comblé par Nico, ex batteur de Ya Basta qui officiait à ce moment au sein de Tulamort et qui poursuit sa participation actuellement dans Cartouche. Aujourd’hui, après une alternance de concerts et de phases de retrait de la scène à cause de la santé d’un des membres, le groupe se prépare à enregistrer son 2ème album dans sa formation actuelle. Formation Actuelle : - Solen, chant - Jeff, basse - Mathieu, guitare - Nico AKA "Francis", batterie

Leur site : http://brixtoncats.propagande.org/accueil.html


Merci d'avoir lu NAWAK, le webzine pas sérieux qui ne sert à rien, qui ne rapporte rien, qui ne change rien, mais qui ne coûte rien...

POILS AU CUL !!!

Nawak 16 Octobre 2009  

toujours aussi intelligent

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