Vol. LIII - N° 211 - septembre 2026 - ISSN 0249-6380
vol. lI I I - n°211 - S E PTE M BRE 2026 - I SS n 0249-6380
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Sommaire
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Programme du 46e Congrès de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique Paris, Palais des Congrès, 25-26 septembre 2026 .................................................... 127
Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique A. Korchi, A. Lambert (Paris) ................................................................................................... 141
Un certain regard sur la médecine esthétique. Expérience de plus de 30 ans d’une dermatologue grenobloise I. Beille (Meylan) .................................................................................................................................. 149
IA conversationnelle : l’art de la question comme nouvelle compétence clinique G. Da Rocha, C. Frerotte (Henin-Beaumont) ............................................................ 159
Les effets inflammatoires non souhaités des produits d’injection en médecine esthétique. Mécanismes, entités pathologiques, technologies et conduite à tenir C. Levy (Paris) ......................................................................................................................................... 167
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Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique A. KORCHI, A. LAMBERT* Paris
es hyperpigmentations constituent un motif fréquent de consultation en dermatologie et en médecine esthétique. Elles se définissent par un excès de mélanine dans la peau, pouvant siéger à différents niveaux. On distingue ainsi les formes épidermiques, caractérisées par un dépôt de pigment dans les couches superficielles (lentigos solaires, kératoses, certaines hyperpigmentations post-inflammatoires), les formes dermiques, où la mélanine est captée par les mélanophages et confère une teinte gris-bleutée (mélasma dermique, pigmentations médicamenteuses, ochronose), et les formes mixtes, dont le mélasma représente l’exemple le plus typique (1). Parmi les hyperpigmentations acquises, deux entités dominent en pratique : le mélasma, trouble pigmentaire chronique, multifactoriel et récidivant, et l’hyperpigmentation post-inflammatoire (HPPI). Cette dernière survient après une agression cutanée (dermatose inflammatoire, procédure esthétique, traumatisme), et est particulièrement fréquente après l’acné, avec une prévalence rapportée entre 45 et 87 % selon la littérature (2). Sur le plan physiopathologique, la genèse de l’hyperpigmentation résulte d’une activation de la mélanogenèse, modulée par des phénomènes inflammatoires, des interactions vasculaires et l’exposition solaire. Dans le mélasma en particulier, une surexpression de médiateurs angiogéniques tels que le VEGF et une densité vasculaire accrue ont été mises en évidence, suggérant que la vascularisation contribue à l’entretien du processus pigmentaire (3,4). Les multiples mécanismes existants expliquent la variabilité des présentations cliniques et la forte propension aux récidives. Ces éléments posent des enjeux thérapeutiques majeurs : la nécessité d’adapter les protocoles aux phototypes et la prévention des hyperpigmentations post-inflammatoires (HPPI) induites par certains traitements. Dans cette perspective, il apparaît aujourd’hui indispensable d’adopter une stratégie combinée, intégrant l’usage de topiques dépigmentants et la réalisation d’actes médico-esthétiques ciblés, afin d’optimiser les résultats et de limiter les risques.
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LEs ACTIfs déPIgMEnTAnTs TOPIquEs : CLAssIfICATIOn ET MéCAnIsMEs
A - LEs InHIBITEuRs dE LA MéLAnOgEnèsE (TyROsInAsE ET AuTREs CIBLEs)
* aldermoaesthetic@gmail.com
Les agents topiques inhibiteurs de la mélanogenèse agissent en amont de la synthèse de mélanine, princi-
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Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique palement par l’inhibition de la tyrosinase, enzyme clé de la conversion de la tyrosine en DOPA puis en DOPAquinone (5). - L’acide tranexamique réduit l’hyperpigmentation en inhibant la Plasminine, ce qui limite la libération de médiateurs inflammatoires et pro-mélanogéniques, tout en stabilisant les vaisseaux sanguins et réduisant l’hypervascularisation, souvent associée aux lésions pigmentaires. Il réduit aussi l’activité de la tyrosinase, mais de manière indirecte (via la diminution des signaux inflammatoires ou du stress oxydatif) (3,4,6). - L’acide kojique agit comme inhibiteur compétitif de la tyrosinase, en chélatant le cuivre présent dans son site actif, ce qui bloque la conversion de la tyrosine en mélanine (5). - L’arbutine, un dérivé naturel de l’hydroquinone, exerce également une inhibition réversible de la tyrosinase et réduit la formation de DOPA et de DOPA-quinone. Son action est plus progressive mais mieux tolérée que celle de l’hydroquinone (7). - L’acide azélaïque associe une inhibition de la tyrosinase à une activité anti-inflammatoire et antibactérienne. Il est particulièrement utile dans les hyperpigmentations post-inflammatoires, notamment post-acnéiques (10). - La vitamine C (acide ascorbique) agit à la fois comme antioxydant et inhibiteur de la tyrosinase, empêchant l’oxydation de la DOPA en DOPA-quinone et protégeant les cellules cutanées du stress oxydatif induit par les UV (8). - L’acide férulique, puissant antioxydant, stabilise la vitamine C et en potentialise l’effet dépigmentant tout en renforçant la photoprotection cutanée (9). B - LEs KéRATOLyTIquEs ET ExfOLIAnTs Les acides exfoliants ou kératolytiques favorisent l’élimination des cornéocytes chargés en pigments et stimulent le renouvellement cellulaire. Ils potentialisent ainsi l’efficacité des inhibiteurs de la mélanogenèse en améliorant leur pénétration cutanée et en accélérant l’uniformisation du teint. Parmi eux, l’acide glycolique qui le plus petit des acides alpha-hydroxylés (AHA), agit en rompant les liaisons intercornéocytaires, ce qui faci-
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lite la desquamation des couches superficielles. Il est donc particulièrement intéressant dans le traitement des hyperpigmentations par sa double action : kératolytique et anti-tyrosinase (2). - L’acide lactique, également un AHA, agit de manière similaire mais de façon plus douce. En plus de son effet exfoliant, il améliore l’hydratation de la couche cornée et exerce une légère activité dépigmentante, ce qui en fait un actif bien toléré pour les peaux sensibles ou les phototypes élevés. - L’acide salicylique, acide bêta-hydroxylé (BHA), pénètre plus facilement les zones séborrhéiques grâce à sa lipophilie. Il favorise la desquamation, possède des propriétés anti-inflammatoires et comédolytiques, et contribue à atténuer les hyperpigmentations postacnéiques, notamment chez les peaux mixtes à grasses (2) . C - LEs RéTInOïdEs Les rétinoïdes constituent une classe d’agents topiques essentiels dans la prise en charge des hyperpigmentations, grâce à leur action régulatrice sur la kératinisation et leur capacité à favoriser le renouvellement cellulaire (13,14). - La Trétinoïne (acide rétinoïque), forme active de la vitamine A, agit en se liant aux récepteurs nucléaires des rétinoïdes (RAR et RXR), induisant une prolifération kératinocytaire contrôlée et une exfoliation des couches superficielles. Elle diminue la cohésion des cornéocytes, stimule la synthèse de collagène et régule la distribution des mélanosomes, contribuant ainsi à l’éclaircissement progressif des hyperpigmentations (13,14). - Le Rétinol, précurseur de la Trétinoïne, subit une conversion enzymatique progressive en acide rétinoïque au sein de la peau. Moins irritant mais également moins puissant, il présente un meilleur profil de tolérance, ce qui en fait une option intéressante pour les phototypes élevés ou les peaux sensibles. Comme la Trétinoïne, il accélère le renouvellement épidermique, homogénéise le teint et potentialise l’action des inhibiteurs de la mélanogenèse (13,14). d - LEs AgEnTs AnTI-InfLAMMATOIREs / AnTIOxydAnTs Certains actifs topiques exercent une action dépigmentante indirecte en limitant l’oxydation cellulaire, en inhibant le transfert des mélanosomes ou en modulant la réponse inflammatoire impliquée dans la stimulation mélanocytaire. Ils constituent des compléments intéressants dans une approche globale et sécurisée de la prise en charge des hyperpigmentations.
- La Niacinamide (vitamine B3) présente un double mécanisme d’action : elle inhibe la tyrosinase et empêche le transfert des mélanosomes des mélanocytes vers les kératinocytes. Elle exerce également une activité anti-inflammatoire et améliore la tolérance cutanée, ce qui en fait un actif privilégié dans les hyperpigmentations post-inflammatoires et les phototypes élevés (11,12). - Le Résvératrol, polyphénol naturel, possède de puissantes propriétés antioxydantes et anti-tyrosinase. Il réduit la formation de radicaux libres induits par les UV et module la signalisation cellulaire associée à la mélanogenèse, tout en potentialisant l’action d’autres agents tels que la vitamine C (5). - L’acide tranexamique se distingue des autres dépigmentants par son mécanisme anti-inflammatoire et anti-plasmine, ciblant spécifiquement la voie vasculaire et inflammatoire impliquée dans la physiopathologie du mélasma. En inhibant la conversion du plasminogène en plasmine, il réduit la libération de médiateurs tels que la prostaglandine et l’α-MSH, limitant ainsi la stimulation des mélanocytes. Cette action multiple donne à l’acide tranexamique une valeur ajoutée, particulièrement dans le mélasma, où l’inflammation et la vascularisation jouent un rôle déterminant dans la persistance et la récidive des lésions pigmentaires (3,4,6). E - LEs AuTREs - L’acide tranexamique, utilisé également par voie orale, doit être prescrit avec prudence en fonction de l’historique médical du patient, en particulier en cas de risque thromboembolique. L’association d’une prise orale à une application topique peut toutefois potentialiser l’efficacité dépigmentante, notamment dans le mélasma (3,4,6). - D’autres agents oraux notamment avec une activité anti-inflammatoire ont été décrits (glutathion, vit C, vit E, doxycycline etc.) mais le niveau de preuve reste limité.
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ACTEs dE MédECInE EsTHéTIquE dAns LA PRIsE En CHARgE dEs HyPERPIgMEnTATIOns
A - LAsERs ET HyPERPIgMEnTATIOns Chaque type d’hyperpigmentation présente des caractéristiques physiopathologiques spécifiques comme la profondeur du pigment, composante inflammatoire ou
Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique vasculaire, le phototype de peau qui conditionnent le choix du traitement. - Les lentigos solaires, d’origine épidermique, sont liés à une prolifération localisée de mélanocytes induite par l’exposition chronique aux UV. Ils répondent particulièrement bien aux lasers picoseconde et aux lasers Q-Switched, qui fragmentent sélectivement la mélanine par effet photoacoustique. La lumière pulsée intense (IPL) représente une alternative efficace pour les lentiginoses diffuses ou le photo-vieillissement pigmentaire, à condition d’ajuster soigneusement les filtres et les fluences selon le phototype. - L’hyperpigmentation post inflammatoire résulte d’une stimulation secondaire des mélanocytes après un processus inflammatoire (acné, eczéma, procédure esthétique). Les formes épidermiques peuvent bénéficier de lasers fractionnés non ablatifs (Er:Glass ou Thulium 1927 nm) qui favorisent le renouvellement cellulaire sans aggraver la pigmentation. En cas de pigment plus profond ou mixte, les lasers picoseconde représentent désormais l’option privilégiée, leur effet photoacoustique limitant la diffusion thermique et réduisant le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire. Les lasers Q-Switched 1064 nm, utilisés à fluence modérée peuvent être envisagés en alternative, avec prudence chez les phototypes élevés. Dans tous les cas, une photoprotection rigoureuse et une préparation par topique anti-inflammatoire demeurent essentiels pour sécuriser la prise en charge (2). - Le mélasma associe des composantes épidermique, dermique et vasculaire. Le traitement repose donc sur une stratégie prudente et progressive. Les lasers picoseconde à faible énergie constituent aujourd’hui une option de première intention. La lumière pulsée intense (IPL), utilisée avec des paramètres doux et des filtres adaptés, peut également améliorer l’homogénéité du teint et cibler simultanément les composantes pigmentaire et vasculaire. Les lasers ablatifs restent peu indiqués en première intention en raison du risque élevé d’hyperpigmentation post-inflammatoire (3,4,6). - L’hyperpigmentation post-acnéique, Souvent épidermique ou mixte, touche jusqu’à 87 % des patients
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Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique atteints d’acné et constitue un motif fréquent de consultation. Les lasers picoseconde avec leur excellent profil de tolérance, représentent le traitement de choix pour atténuer les pigmentations résiduelles, notamment chez les phototypes intermédiaires à foncés. Les lasers Q-Switched 1064 nm à fluence modérée (“laser toning”) constituent une alternative possible. Dans les formes superficielles, le laser Thulium 1927 nm peut être intégré pour stimuler le renouvellement cellulaire et uniformiser le teint (2). - L’hyperpigmentation péri-orbitaire (HPO) nécessite une prise en charge également progressive et prudente, en raison de la finesse de la peau et du risque accru d’hyperpigmentation post-inflammatoire. Les lasers fractionnés non ablatifs à très faible densité (Er:Glass ou Thulium 1927 nm) ou la lumière pulsée intense (IPL) à paramètres doux peuvent améliorer la luminosité et la texture cutanée, tout en homogénéisant le teint. Un laser picoseconde utilisé à faibles fluences et/ ou avec un mode fractionné, peut compléter le protocole grâce à son effet photoacoustique majoritaire, limitant la diffusion thermique et donc le risque d’HPPI. Les lasers ablatifs (CO₂ fractionné, Er:Yag 2940 nm) ont une place ciblée dans les hyperpigmentations essentiellement épidermiques et lésionnelles. Ils sont particulièrement intéressants pour les lentigos solaires isolés et certaines lésions kératosiques pigmentées (kératoses séborrhéiques superficielles), où la vaporisation sélective des couches superficielles permet une élimination rapide du pigment. En revanche, ils ne constituent pas une indication privilégiée pour les hyperpigmentations diffuses (photo-vieillissement pigmentaire) ni pour les hyperpigmentations tels que le mélasma (risque de rebond pigmentaire), HPPI (risque d’HPPI secondaire), ou le HPO (peau fine, risque accru). Leur utilisation doit rester prudente (phototypes I-III de préférence), avec des paramètres fractionnés, faibles densités et énergies modérées, test préalable, préparation topique antiinflammatoire, et photoprotection stricte en post-acte. B - LEs PEELIngs déPIgMEnTAnTs Les peelings chimiques superficiels représentent une approche complémentaire efficace dans la prise en
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charge des hyperpigmentations, en favorisant l’exfoliation des couches cornées, le renouvellement épidermique et la pénétration des agents dépigmentants topiques (2). Parmi les acides les plus utilisés, l’acide glycolique, l’acide mandélique et l’acide trichloroacétique (TCA) à faible concentration offrent un bon compromis entre efficacité et tolérance. - L’acide glycolique, acide alpha-hydroxylé (AHA) de faible poids moléculaire, agit à la fois par desquamation contrôlée et par inhibition de la tyrosinase, limitant ainsi la synthèse de mélanine. Cette double action le rend particulièrement utile dans les hyperpigmentations épidermiques telles que le mélasma superficiel, les lentigos solaires ou les hyperpigmentations postinflammatoires (2). - L’acide mandélique, également AHA, possède un poids moléculaire plus élevé, ce qui ralentit sa pénétration et améliore sa tolérance cutanée. Il agit plus en surface, offrant une exfoliation progressive et mieux adaptée aux phototypes foncés ou aux peaux réactives, avec un risque réduit d’hyperpigmentation post-inflammatoire (2). - L’acide trichloroacétique (TCA) exerce une action coagulante et kératoprotéique sur les protéines épidermiques, induisant une exfoliation chimique contrôlée proportionnelle à la concentration utilisée. À faible concentration (10–15 %), il permet un éclaircissement homogène du teint et peut être intégré dans des peelings combinés ou séquentiels destinés aux troubles pigmentaires. Les peelings spécifiques des troubles pigmentaires reposent ainsi sur des protocoles progressifs, des concentrations modérées et l’association d’actifs complémentaires (acides AHA, agents anti-tyrosinase, antioxydants), permettant une amélioration progressive du teint tout en minimisant le risque d’irritation et de récidive pigmentaire (2). C - LA MésOTHéRAPIE, LE MICRO nEEdLIng, ET LEs LEds - Le micro needling constitue une approche intéressante dans le traitement des troubles pigmentaires, en particulier lorsqu’il est associé à des cocktails dépigmentants topiques. L’induction contrôlée de microperforations favorise la pénétration trans épidermique d’actifs tels que l’acide tranexamique (TXA) et la niacinamide (NIA), dont l’efficacité est démontrée dans le mélasma et les taches pigmentaires post-inflammatoires (6,11,12). Une étude multicentrique récente a par ailleurs mon-
tré l’intérêt de cette combinaison (TXA + NIA) appliquée lors d’un protocole de micro needling peu invasif dans le traitement de l’hyperpigmentation péri-orbitaire modérée à sévère, avec une amélioration significative de l’intensité pigmentaire et une bonne tolérance clinique. Ces résultats confirment la pertinence d’une approche synergique et non ablative, ciblant simultanément les voies mélanogéniques, inflammatoires et vasculaires. - La photobiomodulation par LED, utilisée en postprocédure, exerce un effet anti-inflammatoire et réparateur. Elle contribue à réduire le stress oxydatif, à stabiliser les résultats après laser ou micro needling, et à limiter le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire, en particulier chez les phototypes intermédiaires à foncés. (15) - Enfin, la mésothérapie superficielle, par l’apport ciblé de vitamines, antioxydants et agents dépigmentants complète utilement ces stratégies régénératives. Elle agit sur le micro-environnement cutané, améliore la luminosité du teint et potentialise les effets des traitements topiques. d - nOuvEAu TRAITEMEnT InnOvAnT : AssOCIATIOn dE L’ACIdE TRAnExAMIquE ET dE LA nIACInAMIdE Un nouveau traitement associant l’acide tranexamique 5 % (TXA) et la Niacinamide 10 % (NIA) apporte une alternative intéressante dans les traitements de l’hyperpigmentation et la prévention de l’hyperpigmentation post-acte (meilleure efficacité, plus grande tolérance, pas de rebond pigmentaire). Ensemble, ils bloquent plusieurs niveaux de la cascade inflammatoire et pigmentaire, ce qui explique leur intérêt particulièrement dans le mélasma et l’hyperpigmentation post-inflammatoire : Inhibition de la voie de la
Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique plasmine, action sur les kératinocytes et les mélanocytes, effet indirect sur la tyrosinase, effets anti-inflammatoires et modulation de la néovascularisation. La Niacinamide et l’acide tranexamique sont facilement combinables aux procédures esthétiques (peelings, lasers, micro needling, lumière pulsée) car : 1. Ils sont bien tolérés et non irritants ce qui permet de les introduire avant ou après une procédure esthétique sans risque important d’effets secondaires. 2. Ils ont un effet anti-inflammatoire protecteur, réduisant le risque de HPPI. Peeling, laser ou micro needling génèrent une inflammation post-procédure qui peut réactiver les mélanocytes et entraîner une hyperpigmentation post-inflammatoire (HPPI). Leur effet antiinflammatoire réduit le risque de HPPI, complication fréquente notamment chez les phototypes élevés (Fitzpatrick IV–VI). 3. Ils favorisent la récupération cutanée et homogénéisent les résultats esthétiques. Le TXA limite la néovascularisation (souvent observée dans le mélasma), ce qui est utile après les lasers vasculaires ou fractionnés. Une étude montre également que le TXA accélère la récupération de la barrière cutanée et prévient l'hyperplasie épidermique induite par une lésion épidermique. La NIA renforce la barrière cutanée et améliore l’hydratation, optimisant la récupération post-procédure.
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Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique Le Melaflash Set® des Laboratoires Dermeden associe un traitement professionnel (à utiliser en complément de l’acte esthétique déterminé par le médecin) et un mois de traitement ambulatoire ; il est à base d’acide tranexamique 5 %, de Niacinamide 10 %, mais aussi d’acide férulique 2 %, rétinoïdes encapsulés 6 %, acide glycolique encapsulé 20 %, acide hyaluronique gel 3 %, D-Panthenol 1 %. Ce protocole réalisé sur 3 mois, avec 1 mois de protocole ambulatoire additionnel, a servi de base pour une étude multicentrique (Japon, Malaisie, Mexique, France, Espagne) dans le traitement de l’hyperpigmentation péri-orbitale. Les résultats du panel japonais, sur 22 patients avec une HPO modérée,
montrent une diminution statistiquement significative du taux de HPO de 76 % par rapport au contrôle (Table A) avec seulement 2 sessions de micro needling et une réduction de 49 % du niveau d’érythème par rapport au contrôle. L’étude montre que le traitement professionnel TXA-NIA accélère la dépigmentation, et que le traitement ambulatoire est indispensable (pas d’effet rebond, pas d’HPI, et baisse continue de la mélanine). L’étude actuellement menée au Mexique sur des HPO sévères montre également des résultats prometteurs aussi bien en termes d’efficacité que de tolérance (Table B). E - PLACE dEs sOIns TOPIquEs AvAnT ET APRès LEs ACTEs EsTHéTIquEs AL/AK - En amont : Préparer la peau La préparation cutanée constitue une étape essentielle avant tout acte médico-esthétique destiné à traiter une hyperpigmentation. Elle vise à réduire l’activité méla-
Table B.
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nocytaire, à uniformiser le teint et à sécuriser la procédure en diminuant le risque d’hyperpigmentation postinflammatoire (HPPI). Cette phase repose généralement sur l’application de topiques dépigmentants et d’agents kératolytiques doux, associés à une photoprotection quotidienne stricte (3,4,11,13,14). Chez les patients à risque pigmentaire élevé, une préparation de type Kligman modifiée peut être envisagée en amont afin de désactiver temporairement les mélanocytes et de réduire la réactivité pigmentaire avant un peeling ou un laser. La durée de cette préparation varie selon le phototype et la sensibilité cutanée, mais s’étend en moyenne sur 2 à 4 semaines avant l’acte, afin d’optimiser la tolérance et la sécurité du traitement (13,14). - En aval : Consolider et maintenir La phase post-acte est déterminante pour stabiliser les résultats, prévenir le rebond pigmentaire et réduire le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire (HPPI). La prise en charge post-acte repose, selon la nature de la procédure, sur trois axes : le contrôle de la réponse inflammatoire, le soutien de la récupération cutanée et une photoprotection rigoureuse afin de prévenir le rebond pigmentaire. Les soins post-procédure doivent inclure des actifs apaisants et réparateurs, éventuellement associés à des LEDs pour renforcer la réparation cellulaire. L’Acide Tranexamique (TXA) est ainsi une alternative très intéressante dans le traitement postacte puisqu’il prévient le rebond pigmentaire, est antiinflammatoire et favorise la réparation cutanée (3,4,6). Une photoprotection quotidienne large spectre (UVA, UVB, lumière visible, IR) est d’une importance essentielle, afin de prévenir la réactivation des mélanocytes et la récidive pigmentaire. Le risque d’HPPI dépend étroitement du type d’acte pratiqué et du profil patient. Les procédures les plus inflammatoires (lasers ablatifs, peelings moyens) exposent à un risque accru, tandis que les techniques non ablatives (picoseconde, micro needling, peelings superficiels) présentent un profil plus sûr. Ce risque est également modulé par le phototype de Fitzpatrick (plus élevé chez les phototypes IV à VI), l’âge (peau plus lente à se régénérer chez le sujet âgé) et le genre (prévalence légèrement plus marquée chez les femmes, notamment en contexte hormonal). Une application topique d’Acide Tranexamique (TXA) immédiatement après l’acte inflammatoire aide à diminuer le risque de HPPI (3,4,6). L’évolution du risque pigmentaire post-acte suit deux phases distinctes : - Une phase aiguë (jusqu’à 4 semaines), correspondant à la phase inflammatoire immédiate et à la réparation épidermique.
Approche combinée des troubles pigmentaires : actifs topiques et actes de médecine esthétique - Une phase prolongée (jusqu’à 6 mois selon le phototype, l’âge et la nature de l’acte), pendant laquelle la mélanogenèse reste réactive et les récidives pigmentaires possibles. L’évaluation préventive du risque d’HPPI doit ainsi croiser plusieurs paramètres : 1. Le degré d’inflammation généré par l’acte (laser, peeling, micro needling…), 2. Le phototype (Fitzpatrick), 3. L’âge et la vitesse de régénération cutanée, 4. Le genre et les facteurs hormonaux associés. Cette approche intégrée permet d’adapter les protocoles de préparation, de soin post-acte et de suivi, afin de maximiser la sécurité et la durabilité des résultats pigmentaires.
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COnCLusIOn
La prise en charge des hyperpigmentations repose sur une stratégie multifactorielle et progressive. Les actifs topiques jouent un rôle central : ils permettent d’amorcer la dépigmentation, d’accompagner les procédures esthétiques et de stabiliser les résultats dans le temps. Une approche personnalisée et soutenue par une éducation du patient et un suivi rigoureux, conditionnent la réussite thérapeutique. Parmi les nouvelles molécules disponibles, l’acide tranexamique (TXA) apparaît comme un agent clé, à combiner avec les différentes procédures médico-esthétiques pour réduire le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire et traiter les pigmentations réfractaires.
Conflit d’intérêt : A. Korchi indique ne pas avoir de conflit d’intérêt en rapport avec cet article. A. Lambert indique des liens déclarés de consulting avec diverses sociétés de cosmétologie, y compris Dezmaden qui est cité dans cet article.
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