LE DIABLE SE CACHE DANS LES DÉTAILS
Alphonse Lutteroth, detail of N° 3
MASQUERADE AT WALESKI’S
Weekly transmission 28-2017 presents: 1851 Military Coup. Le Charme Discret de la Dictature (French) Weekly Drawing by Théophile Bouchet: Masquerade at Walewski’s Disderi’s Multipose Portraits at Count Waleski’s Masquerade Ball Epilogue, mars 1871 (French) The Bonaparte DNA, Count Walewski (English) Previous transmissions can be found at:
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II IV
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Alphonse Lutteroth, detail of N° 2
Le Charme Discret de la Dictature “ ... Toute l'armée a voté comme un seul homme pour Bonaparte. Au Champ-de-Mars, on a transporté beaucoup de prisonniers et on les a fusillés par pelotons. 11 y a encore beaucoup de récalcitrants parmi les personnes dont les noms ont été publiés comme faisant partie de la commission consultative. — Mais ils ont beau protester — déclare Morny — nous avons besoin de leurs noms et nous en faisons usage. C'est indispensable pour les provinces, par conséquent ils resteront sur la liste, ils y figureront malgré eux. Cependant les gens raisonnables et tout le Faubourg-Saint-Germain, qui ne l'a pas toujours été, comptent marcher avec le Pouvoir. J'ai dîné hier chez Lutteroth qui n'est pas non plus pour les personnes, mais qui est pour la chose, et il faut être fou ou conspirateur orléaniste pour être d'un autre avis. Au reste, le Président est bien décidé à ne rien écouter et à marcher de l'avant...
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N°27-2017. LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS
Weekly Transmission 28
III
Thursday 13 July 2017
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(...) Lutteroth m'a raconté, de la manière la plus plaisante du monde, la fuite de la princesse de Lieven en 1848 ; Lutteroth devait conduire la duchesse de Montebello en Angleterre ; la princesse l'ayant su lui écrivit pour le prier de passer chez elle ; il s'y rendit et la princesse le conjura de lui permettre de se joindre à la duchesse de Montebello, avec son chevalier M. Roberts. Il paraît que rien n'était plus comique que le costume de voyage de la princesse : elle avait un chapeau qui avançait prodigieusement, avec un énorme nœud noir couché par-dessus, puis un voile vert, des besicles vertes, un grand tartan à carreaux, un énorme sac noir et un éventail gigantesque. Comme, dans son empressement à partir, elle était arrivée beaucoup trop tôt à l'embarcadère, il fallut y rester et attendre, dans des transes mortelles, pendant trois quarts d'heure ; une fois en chemin de fer, il arriva, on ne sait pourquoi, que le convoi retarda encore son départ d'une demi-heure : elle se crut découverte, prise, massacrée ; un courrier, qui vint se placer dans la même diligence, l'inquiéta d'une manière épouvantable ; le malheureux dormait et ronflait très fort, mais elle croyait qu'il faisait semblant de dormir et qu'il était là pour voir, pour entendre tout ce qu'elle dirait. Une fois à Boulogne, comme il fallait attendre l'heure de l'embarquement, elle se logea dans une chambre de domestique, sous les combles de l'auberge, et, lorsque Lutteroth entra chez elle, il la trouva couchée par terre sur un lambeau de tapis horriblement sale et dégoûtant ; il la conjura de descendre et de s'installer dans un appartement confortable, il lui fut impossible, ainsi qu'à Roberts, de lui faire entendre raison.
Alphonse Lutteroth, detail of N° 1
Malgré toute l'intimité qui s'était établie entre lui et la princesse durant ce voyage, Lutteroth ne va plus la voir, ni le dimanche, ni les autres jours. Il sort en général très peu, passe toutes ses soirées chez lui et chez ses parents. Il est admirablement et confortablement installé, a un excellent cuisinier et ne me paraît pas disposé à changer ces douces habitudes contre d'autres, ni même contre une situation qui lui donnerait une existence plus brillante peut-être mais, à coup sûr, moins commode que la vie qu'il mène aujourd'hui. “ (Journal de Rodolphe Apponyi, Attaché d'Ambassade à Paris, De la Révolution au coup d'État, 7 décembre 1851).
Weekly Drawing by Théophile Bouchet: Masquerade at Walewski’s
Weekly Transmission 28
V
Thursday 13 July 2017
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Alphonse Lutteroth (1806-1882) au Bal Walewski “Alphonse Lutteroth, ami personnel des fils de Louis-Philippe, avait été ministre de France à Naples sous la Monarchie de Juillet. Il était le voisin de Waddington rue Dumont d'Urville, et ils se voyaient fréquemment. Alphonse Lutteroth rentra dans la vie privée en 1848. “ "[Au bal du comte Walewski], l’'Empereur au lieu du domino noir traditionnel avait choisi le costume de bédouin avec le burnous et le turban en laine blanche. Avec cela il portait un masque. On le reconnaissait aisément à sa démarche mais il ne fallait pas faire semblant de le reconnaître. Il portait dans son ceinturon un poignard richement orné de pierres en imitation. Venant me parler il me demanda si je n'avais pas peur d'un homme armé jusqu'aux dents. Je lui répondis que sa vue me faisait trembler en effet et que le seul moyen de me rassurer était de me donner son magnifique poignard. — Que veux-tu en faire ? — J'en démonterai les pierres pour en faire de beaux bijoux que je pourrai porter — Sais-tu que chaque pierre vaut un million ? — Allons donc ! — m'écriai-je — un pauvre bédouin comme toi tu aurais vendu depuis longtemps ces pierres si chacune valait un million ; tu rentreras chez toi, et demain matin à ton réveil tu m'enverras ton poignard. Je n’en ferai pas faire de bijou pour moi, mais je le conserverai en souvenir de toi dans un musée qu'a mon mari en Bohême dans un château qui s'appelle Königswart. Le lendemain matin on vînt m'apporter un petit paquet bien ficelé qui contenait le poignard en question avec un bout de papier sur lequel se trouvaient écrits ces mots tracés par la main de l’Empereur: “de la part du pauvre bédouin”. A ce même bal on vit Monsieur de Lutteroth, un horrible fat que tout le monde avait en grippe, et cela avec raison, apparaître costumé en «fils de la Nuit » Le costume était magnifique, mais l'individu qui le portait fort ridicule. Il avait imaginé de faire faire un pantalon bouffant en satin bleu saphir ruisselant de broderies d'argent et recouvert ainsi que la veste d'un voile en tulle bleu constellé de diamants et surmonté d'un superbe croissant également en diamants ! On faisait haie sur son passage et on se moquait ouvertement de ce malheureux qui paraissait ne pas s'en apercevoir, mais qui au contraire semblait croire qu'il n'inspirait qu'admiration et envie. Il était fort beau garçon et n’admettait pas qu’on pût rire de lui." (Pauline de Metternich-Sándor, Éclairs du Passé, 1859—1870)
VI
Thursday 13 July 2017
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Alphonse Lutteroth, detail of N° 5
Weekly Transmission 28
"Il y eut, toute cette année-là, un style punique, qui n'alla pas jusqu'à modifier l'art de la décoration, comme lors de l'expédition d'Egypte, mais qui mit en verve les marchandes de frivolités. Leurs « créations », non plus que celles des grands couturiers, n'ont pas été perdues. La photographie n'était pas si répandue ni si indiscrète que de nos jours, mais elle existait, et j'ai sous les yeux, en écrivant ceci, un document d'une irrécusable authenticité, où, précisément à ce bal chez les Walewski, on voit Mme Block-Gréville en Bellone, le comte Lutteroth en diable noir, Mme de Persigny en « Feu » et le baron de Mayer en « Miroir », faisant groupe avec Mme Rimsky-Korsakof dans son fameux, travestissement de Salammbô. Eh bien, s'il n'en fallait pas plus pour effaroucher nos grands-mères, c'est qu'elles étaient cuirassées d'une pudeur datant pour le moins de la Restauration. Certes, aucun des accessoires minutieusement décrits par Gustave Flaubert ne manque à la Salammbô 63; pas même le serpent; mais qu'il est décent, qu'il est inoffensif. Son corps, au lieu de se recourber en replis tortueux, fait une seule boucle et pend bien sagement de la ceinture sur le devant de la jupe. Un oiseau, en guise de coiffure, est posé sur les cheveux qui flottent. Le voile de Tânit est une manière de manteau de cour, le corsage, en cotte de mailles, est à peine décolleté, et la robe, qui n'a rien d'une draperie à l'antique, se gonfle sur une ample crinoline.” Abel Hermant, Le Figaro, 05 juin 1938
Weekly Transmission 28
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen print, element of a proof sheet, cdv format, 80x115 mm.
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen print, element of a proof sheet, cdv format, 80x115 mm.
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen print, element of a proof sheet, cdv format, 80x115 mm.
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen print, element of a proof sheet, cdv format, 80x115 mm.
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen print, cdv format, 80x115 mm.
Weekly Transmission 28
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Thursday 13 July 2017
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EUGÈNE DISDÉRI. Alphonse Lutteroth en Diable noir, bal du comte Walewski, Paris, 1863 Albumen proof sheet, five poses, some repeated : 1-1-2-3, 4-4-4-5.
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Thursday 13 July 2017
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Epilogue, mars 1871 “Un des derniers jours du mois de mars, nous étions cinq ou six attablés devant le café Riche, à regarder défiler les bataillons de la Commune. On ne se battait pas encore, mais on avait déjà assassiné rue des Rosiers, place Vendôme, à la préfecture de police. La farce tournait au tragique, et le boulevard ne riait plus. Serrés autour du drapeau rouge, la musette de toile en sautoir, les communaux marchaient d'un pas résolu dans toute la largeur de la chaussée, et de voir ce peuple en armes, si loin des quartiers du travail, ces cartouchières serrées autour des blouses de laine, ces mains d'ouvriers crispées sur les crosses des fusils, on pensait aux ateliers vides, aux usines abandonnées... Rien que ce défilé ressemblait à une menace. Nous le comprenions tous, et les mêmes pressentiments tristes, mal définis, nous serraient le cœur. A ce moment, un grand cocodès indolent et bouffi, bien connu de Tortoni à la Madeleine, s'approcha de notre table. C'était un des plus tristes échantillons de l'élégant du dernier Empire, mais un élégant de seconde main qui n'a jamais fait que ramasser sur le boulevard toutes les originalités de la haute gandinerie, se décolletant comme Lutteroth, portant des peignoirs de femme comme Mouchy, des bracelets comme Narishkine, gardant pendant cinq ans sur sa cheminée une carte de Grammont-Caderousse ; avec cela maquillé comme un vieux cabot, le parler avachi du Directoire : — Pa'ole d'honneu'... Bonjou' ma'ame », tout le crottin du Tattershall à ses bottes, et juste assez de littérature pour signer son nom sur les glaces du café Anglais, ce qui ne l'empêchait pas de se donner pour très fort en théologie et de promener d'un cabaret à l'autre cet air dédaigneux, fatigué, revenu de tout, qui était le suprême chic d’alors.” (Alphonse Daudet, Souvenirs d’un homme de lettres, 1889)
Weekly Transmission 28
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Thursday 13 July 2017
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The Bonaparte DNA Alexandre, Count Walewski (1810-1868), was a (Polish and) French politician and diplomat. Walewski was widely rumoured to be the son of Napoleon I by his mistress, Countess Marie Walewska, although her husband (Athanasius, Count Walewski) legally acknowledged him as his own son. In 2013, published scholarship comparing DNA haplotype evidence taken from Emperor Napoleon, from his brother King Jérôme Bonaparte's descendant Charles, Prince Napoléon and from Colonna-Walewski's descendant indicated Alexandre's membership in the genetic male-line of the imperial House of Bonaparte. Walewski was born at Walewice, near Warsaw in Poland. Aged fourteen, he rebelled by refusing to join the Imperial Russian army and fled to London, thence to Paris where the French government refused Tsar Alexander I's demands for his extradition to Russia. Later that year Thiers, also a man of letters, became patron to one of Walewski's papers, Le Messager des Chambres, before sending him on a mission to Egypt. Under Guizot's government Walewski was posted to Buenos Aires to liaise with the British ambassador, John Cradock, 1st Baron Howden. Prince Louis Napoleon's accession to power in France as Napoleon III furthered his career with postings as envoy extraordinary to Florence and the Kingdom of Naples before London (1851–55), where he was charged with announcing the coup d'état to the prime minister, Lord Palmerston. In 1855, Walewski became Minister of Foreign Affairs and he acted as French plenipotentiary at the Congress of Paris ending the Crimean war the following year. As foreign minister, Walewski advocated entente with Russia, opposing his Emperor's adventurous strategy in Italy which led to war with Austria in 1859. After leaving the Foreign Ministry in 1860 he became France's Minister of State, (and Fine Arts) an office which he held until 1863, and this Ball.
Serge Plantureux - Photographies Cabinet d'expertises et d'investigations 80 rue Taitbout, rez-de-chaussée (Entrée du square d'Orléans) 75009 Paris + 33 140 16 80 80 www.plantureux.fr Number Twenty-Eigth, Third Year, of the Weekly Transmission has been uploaded on Tursday 13 July 2017 at 15:15 (Three days before the election) Forthcoming uploads and transmissions on Thursdays : Thursday 20 July 2017, Thursday 27 July 2017, 15:15 (Paris time) The “cabinet” is open every Thursday 3-7 pm every other moment by appointment.