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«Dieser Sammelband nimmt Grenzüberschreitungen in der Renaissance als eine zentrale Praxis der Selbstkonstitution in den Blick. Aus verschiedenen disziplinären Warten werden die Implikationen der Überschreitung ästhetischer.»

PLUMA LEVAT 1

Grenzen überschreiten Zeiten, Räume, Akteure, 1400–1630

Grenzen überschreiten, 1400–1630

Transgressing Boundaries Times, spaces, and people, 1400–1630 «Dieser Sammelband nimmt Grenzüberschreitungen in der Renaissance als eine zentrale Praxis der Selbstkonstitution in den Blick. Aus verschiedenen disziplinären Warten werden die Implikationen der Überschreitung ästhetischer.»

PLUMA LEVAT 1

Grenzen / Frontières / Boundaries

«Dieser Sammelband nimmt Grenzüberschreitungen in der Renaissance als eine zentrale Praxis der Selbstkonstitution in den Blick. Aus verschiedenen disziplinären Warten werden die Implikationen der Überschreitung ästhetischer.»

Amherdt, Amsler, Bourqui, Gantet, Herberichs, Koering, Mueggler

S’affranchir des frontières Temps, espaces, acteurs, 1400–1630

www.schwabe.ch

David Amherdt, Nadine Amsler, Claude Bourqui, Claire Gantet, Cornelia Herberichs, Jérémie Koering, Nina Mueggler ( Hg. /dir. /eds. )

S’affranchir des frontières, 1400–1630 Transgressing Boundaries, 1400–1630 PLUMA LEVAT 1


Pluma Levat

Herausgegeben von / dirigé par / edited by David Amherdt, Thomas Lau, Uberto Motta

Volume 1


David Amherdt, Nadine Amsler, Claude Bourqui, Claire Gantet, Cornelia Herberichs, Jérémie Koering, Nina Mueggler (Hg. /dir. /eds.)

Grenzen überschreiten Zeiten, Räume, Akteure, 1400–1630

S’affranchir des frontières Temps, espaces, acteurs, 1400–1630

Transgressing Boundaries Times, spaces, and people, 1400–1630

Schwabe Verlag


Die Druckvorstufe dieser Publikation wurde vom Schweizerischen Nationalfonds zur Förderung der wissenschaftlichen Forschung unterstützt sowie der Universität Freiburg j Université de Fribourg (Schweiz).

Open Access: Wo nicht anders festgehalten, ist diese Publikation lizenziert unter der Creative-CommonsLizenz Namensnennung, keine kommerzielle Nutzung, keine Bearbeitung 4.0 International (CC BY-NC-ND 4.0). Jede kommerzielle Verwertung durch andere bedarf der vorherigen Einwilligung des Verlages. Die Verwendung des Inhalts zum Zwecke der Entwicklung oder des Trainings von KI-Systemen ist ohne Zustimmung des Verlags untersagt.

Bibliografische Information der Deutschen Nationalbibliothek Die Deutsche Nationalbibliothek verzeichnet diese Publikation in der Deutschen Nationalbibliografie; detaillierte bibliografische Daten sind im Internet über http://dnb.dnb.de abrufbar. © 2027 bei den Autor:innen; Zusammenstellung © 2027 David Amherdt, Nadine Amsler, Claude Bourqui, Claire Gantet, Cornelia Herberichs, Jérémie Koering, Nina Mueggler, veröffentlicht durch Schwabe Verlag Basel, Schwabe Verlagsgruppe AG, Basel, Schweiz Coverabbildung: Heinrich Bunting, Itinerarium Sacrae Scripturae…, Helmstadt, Jacobus Lucius, 1582 Cover: icona basel gmbh, Basel Gestaltungskonzept: icona basel gmbh, Basel Satz: rdz IMA GmbH, Bonn Druck: Prime Rate Kft., Budapest Printed in the EU Herstellerinformation: Schwabe Verlag, Schwabe Verlagsgruppe AG, St. Alban-Vorstadt 76, CH-4052 Basel, info@schwabeverlag.ch Verantwortliche Person gem. Art. 16 GPSR: Schwabe Verlag GmbH, Marienstraße 28, D-10117 Berlin, info@schwabeverlag.de ISBN Printausgabe 978-3-7965-5230-4 ISBN eBook (PDF) 978-3-7965-5287-8 DOI 10.24894/978-3-7965-5287-8 Das eBook ist seitenidentisch mit der gedruckten Ausgabe und erlaubt Volltextsuche. Zudem sind Inhaltsverzeichnis und Überschriften verlinkt. rights@schwabe.ch www.schwabe.ch


Inhaltsverzeichnis | Table des matières

Victor I. Stoichita: Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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David Amherdt, Claude Bourqui, Claire Gantet, Jérémie Koering, Nina Mueggler: Introduction j Einleitung . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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I. Die weltumspannende Renaissance j La Renaissance globale Andrew Hui: Confucius the Stoic. Matteo Ricci and the Encounter Between Western and Chinese Philosophy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Mariano Delgado: Bartolomé de Las Casas und seine Interpretation der Natur der Neuen Welt in der controversia de Indis . . . . . . . . . . . . . . . .

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II. Zeitliche und räumliche Grenzen j Frontières temporelles et spatiales Sandy Maillard: Quand la lettre devient frontière(s). Le Champ fleury (1529) de Geoffroy Tory . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Jorge Morales: Au-delà des frontières, dessiner la géographie musicale. La mobilité des musiciens dans le duché de Piémont-Savoie à l’époque du duc Charles-Emmanuel Ier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Michel Pretalli: Giulio Cesare Brancaccio. Franchissement et affranchissement des frontières dans l’Europe de la fin de la Renaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Kilian Schindler: Questioning the Protestant Nation in Sir Thomas More . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

125

Émilie Séris: Paul Jove, Descriptio Britanniae (1548). L’Angleterre et l’Europe à la Renaissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Inhaltsverzeichnis | Table des matières

III. Sprachliche und räumliche Zirkulationen j Circulations linguistiques et spatiales Virginie Leroux: S’affranchir des frontières de la folie. Circulation européenne du Narrenschiff de Sebastian Brant et promotion de la morosophie dans le Moriae encomium d’Érasme . . . . . . . . . . . . . . . .

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Marie Cézard-Leyral: S’affranchir des frontières linguistiques. Du rapport entre les langues dans le De origine, usu et ratione vulgarium vocum de Jacques Bourgoing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

175

Daniela Marrone: Niccolò Leoniceno and his De Plinii et aliorum in medicina erroribus (1509). On the Exchange between Medicine and Literature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Uberto Motta: De Mantoue à Madrid. L’utopie courtisane de Castiglione et sa fortune dans l’Europe moderne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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IV. Fremdheit, Alterität, Räume. Die Grenzen des Wissens j Étrangeté, altérité, espaces. Les confins de la connaissance Dominic-Alain Boariu: Le Théâtre des costumes … mis à nu . . . . . . . . . .

243

Sergius Kodera: Physiognomik als universelle Grenzüberschreitung im Werk von Giovan Battista della Porta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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David Zagoury: L’imagination fugitive. Deux fabulations aéronautiques à l’ère des grandes découvertes (l’Arioste et Piero di Cosimo, XVIe siècle) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Index nominum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Index locorum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Abbildungsverzeichnis j Liste des illustrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Autorinnen und Autoren j Auteurs et autrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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English Abstracts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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Préface Victor I. Stoichita (Université de Fribourg)

Une carte topographique des alentours de Nuremberg, due à Jörg Glockendon et Erhard Etzlaub et datée de 1492, place la ville en son centre et trace les chemins qui la lient à son voisinage (ill. 1). La ville elle-même est représentée symboliquement par ses armoiries. Elles occupent le centre d’un cercle. On est devant un monde ouvert et clos en même temps. Un an après, le Liber Chronicarum de Hartmann Schedel présente une image déployée de cette « ville libre de l’Empire ». La vue est prise depuis le Sud. On discerne des murs fortifiés, des portes. À l’extérieur – des gibets et des fourches patibulaires. Le pouvoir – comprend-on – veut que la ville soit un territoire gouverné par l’ordre, un espace « propre », protégé. En 1492, année où la ville forge son imaginaire topographique/typographique, Albrecht Dürer, qui y était né le 21 mai 1471 d’un père émigré hongrois (ayant obtenu le droit de bourgeoisie seulement en 1467) et d’une mère nurembergeoise et qui deviendra une des gloires de la ville, n’était pas là. Il était ailleurs. Où exactement ? On l’ignore. Certaines sources mentionnent qu’il avait quitté la ville en 1490 et qu’il aurait parcouru l’Allemagne à la recherche d’un maître, comme la tradition des Wanderjahre le voulait. Vers la fin de l’année 1493, il se trouvait probablement quelque part entre Bâle, Colmar et Strasbourg. Vraisemblablement, le monde du jeune artiste s’est dilaté. Les Wanderjahre ont fait sauter le cercle étroit des enclaves constituées et d’autres chemins se sont ouverts. Entre-temps le monde lui-même change. En 1492, Christophe Colomb « découvre » le Nouveau Monde, les maures sont chassés de Grenade, les juifs d’Espagne. En 1494, comme il l’indique dans ses mémoires, Dürer revient dans sa ville natale, munie de remparts, de portes, de murs. Il s’y marie mais, la même année, il repart pour un long voyage. Selon les hypothèses les plus accréditées, il se rend en Italie, notamment à Venise, d’où il reviendra au printemps de 1495. Les circonstances de ce voyage et l’existence du voyage lui-même se noient dans la brume. La documentation écrite manque, la documentation iconographique est en revanche significative. Significative surtout parce que de nombreuses et rapides aquarelles réalisées à cette époque témoignent d’une réflexion qui prend appui moins sur celle de séjour que sur celle de passage. L’une d’entre elles, conservée au Ashmolean Museum d’Oxford, interpelle de façon spéciale. On est face à un « paysage » (mais le mot n’existait pas


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Victor I. Stoichita

encore à l’époque !) réalisé à l’aide d’une tache fluide et presque transparente qui laisse néanmoins deviner une montagne. Cette montagne-tache est surmontée par une inscription de la main de l’artiste : welsch pirg. Ce qui voulait dire dans la langue de l’époque, « montagne velche », en l’occurrence « montagne latine », « montagne italienne ». Quel est le sens de cette inscription ? Une montagne peut-elle avoir une nationalité ? Vraisemblablement, l’inscription dürerienne va dans un autre sens : cette montagne est une borne, une frontière. Au-delà de cette montagne s’étend un autre monde, encore plus « étranger » par rapport à celui que Dürer avait parcouru pendant ses germaniques Wanderjahre. Ce nouvel Ailleurs est cette fois-ci connoté culturellement et linguistiquement. Au-delà du welsch pirg, au-delà de la « montagne velche », se dessine une promesse. L’œuvre de Dürer en est la réalisation plénière et on a interrogé à maintes reprises ses méandres. Subrepticement, cette montagne mi-transparente a également une autre portée. Je lui confierais volontiers une véritable valeur emblématique au moment de l’inauguration d’un institut universitaire voué aux études renaissantes, célébrée, de la façon la plus pertinente possible, par un colloque consacré à la traversée des espaces et des temps.


Préface

Ill. 1 : Etzlaub, Erhard, Karte der Umgebung von Nürnberg, [Nuremberg], Georg Glockendon, 1492. (Holzschnitt) (331). Extrait de : Pleydenwurff, Wilhelm [Illustrateur], Schedel, Hartmann [Auteur], Registrum huius operis libri … (Consummatu[m] autem duodecima mensis Julij. Anno salutis n[ost]re), 1493.

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Introduction David Amherdt, Claude Bourqui, Claire Gantet, Jérémie Koering, Nina Mueggler

Il dí seguente si partîr del porto, e tutti insieme andaro in una armata. Con loro andò in Irlanda il paladino ; che fu per gire in Francia il suo camino. […] Cosí fra pochi dí gente raccolse ; e fatto lega col re d’Inghilterra e con l’altro di Scozia, gli ritolse Olanda, e in Frisa non gli lasciò terra ; et a ribellïone anco gli volse la sua Selandia: e non finí la guerra, che gli diè morte ; né però fu tale la pena, ch’al delitto andasse eguale1.

Les pérégrinations du Roland de l’Arioste, qui l’amènent à parcourir la diversité des territoires et, dans un même mouvement, à fédérer souverains et peuples, rappellent une réalité essentielle : les franchissements de frontières et l’euphorie de la découverte, notamment de nouvelles terres, à la Renaissance, donnent certes le vertige face à la diversité du monde et des êtres humains ; mais parallèlement, les frontières définissent et consolident la notion d’identité, dans une perspective d’appartenance étroite qui peut aisément se révéler génératrice de dissensions et de conflits. La thématique du franchissement, de l’affranchissement ou de la remise en question des frontières, qu’elles soient matérielles ou immatérielles, marque profondément l’horizon culturel de la période située entre le XVe et le milieu du XVIIe siècle et permet de mieux en comprendre le profil social, épistémologique et culturel. Le franchissement des frontières constitue même, d’une certaine manière, une pratique essentielle de la constitution de l’identité, aussi bien de l’individu dans sa singularité personnelle que de l’époque dans sa nature globale de phénomène culturel ; cette pratique de l’affranchissement, quel qu’il soit, les contemporains de l’Arioste s’efforcent d’ailleurs eux-mêmes de la soumettre à la réflexion, à l’évaluation, à l’anticipation (que doivent devenir les frontières dans un monde nouveau, par exemple ?).

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Ariosto 2002, Str. 72,5–74,8 (correspond à Orlando Furioso, Str. 77,5–79,8).


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D. Amherdt, C. Bourqui, C. Gantet, J. Koering, N. Mueggler

Lorsque l’on étudie le phénomène de la multiplication des franchissements de frontières dès le XVe siècle, il convient de tenir compte de la diffusion fortement décalée de la Renaissance du sud vers le nord, avec les fortes différences qui s’ensuivent dans le développement des arts visuels, de la poésie et de la littérature en général, mais aussi de la religion et des sciences. Ce décalage et, par conséquent, la profonde hétérogénéité qui caractérise notre période, où les déplacements sont nombreux, est précisément le moteur de nombreuses transgressions de frontières de toutes sortes et constitue un excellent point de départ pour l’étude de l’époque et de ses monuments culturels. La dialectique du dépassement des frontières existantes et de l’établissement simultané de nouvelles frontières – d’un point de vue diachronique, également, la délimitation des frontières entre les époques – pose aussi le défi de garder à l’esprit le caractère plus ou moins construit des frontières traditionnelles, tracées avec soin, la plupart du temps pour de bonnes raisons. Il s’agit donc de remettre en question ces frontières traditionnelles, mais aussi de repérer les interconnexions, là où nous avons l’habitude de voir des cloisonnements. Le thème du franchissement des frontières permet également de réfléchir aux équivalences et aux similitudes entre des systèmes, des cultures et des époques apparemment opposées, ainsi qu’au rôle essentiel joué par des concepts comme celui de « progrès » ou d’« identité », autrement dit par des « idéologies », implicites ou explicites, défendant la nécessité d’abandonner ou de nier les frontières établies, ou au contraire de les conserver. Dans ce contexte, une question importante est celle des stratégies rhétoriques ou communicatives qui rendent possibles la circulation ou la transgression, ou qui au contraire s’y opposent. Enfin, les sémantiques de la frontière, qui s’expriment également dans les différentes langues du colloque dont est issu le présent ouvrage, joueront aussi un rôle. Ainsi, le mot allemand Grenze est un mot emprunté au slave (au tchèque [chra-ni-ze] hranice ; au polonais granica). Le mot anglais boundary vient de l’anglo-latin bunda, et est lié à la borne du français moderne. Il limite de l’italien et la frontière ou les confins du français possèdent à leur tour des liens étymologiques avec de nombreux mots empruntés à d’autres langues, comme « front de guerre » ou « définition ». Ce livre traite donc des frontières et du franchissement ou de la transgression des frontières géographiques ou physiques, temporelles, culturelles, linguistiques, des frontières entre les genres (art, littérature, etc.), mais aussi des frontières plus ou moins imaginaires (par exemple chez l’Arioste et Piero di Cosimo, comme le montre David Zagoury) ou idéologiques, des frontières ontologiques (comme celles qui divisent les hommes entre eux et qui séparent l’homme et l’animal), sociologiques, confessionnelles, etc. Pour étudier ces


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multiples frontières, nous disposons d’une grande diversité de témoignages fournis par les acteurs de la Renaissance et du début de l’époque moderne : les trajectoires, les actions, les exploits, les expériences, les pratiques et les réflexions des musiciens, poètes, grammairiens, penseurs et polymathes, médecins, soldats, réformateurs, missionnaires, de Naples à Mantoue, du Piémont à l’Écosse, de Cathay aux Nouvelles Indes, offrent un large panorama de ce que l’idée de frontière a pu représenter entre la fin du XVe siècle et le milieu du XVIIe siècle. À la diversité des acteurs de l’époque répond la diversité des contributions de cet ouvrage, qui réunit des spécialistes d’histoire, de littérature, d’histoire de l’art, de musicologie, de théologie, eux-mêmes issus d’horizons culturels et linguistiques fort divers.

1. Frontières géographiques et matérialités S’il est possible d’embrasser la diversité du monde par la lecture, à distance, pour ainsi dire, des individus, des idées, des objets ou des phénomènes convoqués dans les livres et les images, la connaissance du monde ne saurait être complète sans une expérience physique, sensorielle, de ses manifestations concrètes. Vivre, c’est bien sûr apprendre, mais aussi se nourrir, ressentir, grandir dans son corps autant que dans son esprit. De là, la nécessité ou le désir fréquent des femmes et des hommes de s’affranchir de leur lieu d’origine pour partir à la découverte de ce qui se tient à l’horizon. Le phénomène n’est certainement pas propre à la Renaissance, mais il est manifeste que la circulation des individus et des objets s’intensifie considérablement à cette époque pour plusieurs raisons. Il serait certainement vain, et à vrai dire impossible, d’en dresser la liste exhaustive, mais il faut admettre que certaines d’entre elles reviennent avec plus d’insistance que d’autres. Parmi ces causes, il y a assurément la volonté d’apprendre et donc de se former là où les ressources matérielles et intellectuelles se trouvent notoirement associées. À l’ère de l’imprimerie, Bâle, Lyon, Londres, Mayence, Milan, Paris, Rome, Strasbourg, Venise aimantent ainsi les lettrés et forment autant de points de convergence sur la carte européenne des échanges intellectuels. Pour les artistes de l’époque moderne, cet espace géographique est plus resserré et se concentre avant tout sur l’Italie. Des générations de peintres, de sculpteurs ou d’architectes descendent vers la péninsule en provenance des quatre coins de l’Europe pour étudier les œuvres antiques. Les aristocrates leur emboîtent ensuite le pas pour affluer de France, d’Angleterre, d’Allemagne, de Scandinavie, de Pologne ou d’Espagne, vers Venise, Milan, Florence, Rome, Naples, afin de parfaire, en un Grand Tour, leur connaissance de l’histoire ancienne et de former leur goût au contact des monuments antiques.

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D. Amherdt, C. Bourqui, C. Gantet, J. Koering, N. Mueggler

Si cette formation classique constitue une cause bien identifiée du déplacement de certains individus du nord vers le sud, elle ne concerne en réalité qu’une frange très limitée de la population. Les mouvements humains répondent généralement à des questions de subsistance – notamment en temps de guerre et de pénurie – ou à des nécessités fondamentalement économiques. C’est en effet bien souvent la logique de l’offre et de la demande qui préside aux déplacements dans la mesure où le marché du travail à l’époque moderne est aussi fluctuant qu’inégalement réparti dans l’espace européen, et que l’offre se trouve en conséquence parfois bien éloignée de la demande. On franchit donc les frontières pour gagner les villes où se conjuguent pouvoir économique, ambition culturelle et stabilité politique, afin d’obtenir un travail, et, pour les plus privilégiés, une liberté de créer, comme en témoigne par exemple le cas des musiciens ayant rejoint la cour du duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier à Turin, ici étudié par Jorge Morales. Ces mouvements, bien connus en ce qui concerne les militaires, les commerçants, les membres du clergé, les lettrés ou les musiciens, le sont aussi pour les peintres, les sculpteurs et les architectes. On sait depuis les études de Martin Warnke, Enrico Castelnuovo, Francis Haskell et plus récemment Sophie Duhem, Pascal Jullien ou Stefano de Bosio, pour ne citer que quelques noms, que ces artistes ne cessaient de se déplacer pour travailler et consolider leur réputation2. Les exemples sont innombrables et comprennent aussi bien les noms d’artistes réputés que ceux d’artisans issus d’ateliers itinérants. Dans la plupart des cas, ces déplacements s’effectuaient à l’intérieur d’une même aire culturelle, mais certains artistes ont suivi des trajectoires beaucoup plus inattendues, pour ne pas dire erratiques, alternant entre des milieux confessionnels et linguistiques parfois radicalement différents, voire opposés3. On songe par exemple à Hans Holbein le Jeune, qui, pour se faire un nom et obtenir les faveurs des plus grands commanditaires, traverse l’Europe d’est en ouest et du sud vers le nord depuis Augsbourg, sa ville natale, jusqu’en Angleterre, en passant par les cantons de Lucerne et de Bâle, sans oublier l’Italie et la France. On peut également penser à Domenikos Theotokopoulos, dit El Greco, qui voyagera de Candie à Tolède en séjournant à Venise et à Rome pour conquérir sa place dans l’histoire de la peinture maniériste, tout en ne cessant d’affirmer les origines grecques de son art4. En marge de ces logiques proprement artistiques, quelques lettrés et artistes ont parfois traversé l’Europe pour remplir des missions diplomatiques. Baldassarre Castiglione, Pierre-Paul Rubens ou Diego Velázquez font notoireVoir Warnke 1989 ; Haskell 1991 ; Castelnuovo 2004 ; Julien 2011, 62–79 ; Duhem 2018, 9–29 ; de Bosio 2021. 3 Voir Bätschmann/Griener 1997 ; Klapisch-Zuber 2019. 4 Marias 1997.

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Introduction

ment partie de ceux-là. Comme le montre Uberto Motta dans ce volume, Castiglione, d’abord ambassadeur du marquis de Mantoue à Rome, puis nonce pontifical en Espagne, a multiplié les tractations politiques en mettant son savoir courtisan et son idéal éthique aristotélicien au service de ses différents maîtres. De son côté, Rubens a tour à tour servi les intérêts des Gonzague de Mantoue, de l’archiduc Albert et de l’archiduchesse Isabelle-Claire-Eugénie de Habsbourg, de Richelieu à la cour de France ou encore du roi Philippe IV d’Espagne, en engageant des négociations diplomatiques plus ou moins délicates. Velázquez, enfin, a profité de la recherche et de l’acquisition d’œuvres d’art antiques et modernes en Italie à destination de Philippe IV pour doubler sa mission d’une finalité diplomatique, en faisant de la production d’une peinture, en l’espèce un portrait du pape Innocent X, l’occasion d’une pacification des relations entre la cour d’Espagne et les États Pontificaux. Le franchissement des frontières est ici le moteur de ce qu’on appellerait aujourd’hui une politique du « soft power ». Parallèlement au déplacement des individus, le monde moderne est le théâtre d’une circulation matérielle des idées, des formes et des techniques par le truchement des objets qui en sont autant les opérateurs que les véhicules5. Les artéfacts voyagent autant que les hommes6. Et on en a d’ailleurs très tôt fait l’histoire. Dans sa Teutsche Academie (1675) Joachim Sandrart s’est par exemple évertué à retracer le parcours physique du retable de La Vierge du Rosaire de Dürer depuis l’église de San Bartolomeo di Rialto à Venise jusqu’à la cour de Rodolphe II à Prague au printemps 16067. La vie des objets s’expose donc au travers de leur pérégrination physique et de nombreux travaux récents montrent tout l’intérêt qu’il y a à retracer leur « biographie »8. Si ces objets transitent le plus souvent avec leurs propriétaires ou producteurs – c’est par exemple le cas du recueil manuscrit de Lucas d’Heere, consacré 5 Le récent numéro de la revue Perspective dédié aux Transports et piloté par Victor Claass a attiré l’attention sur un grand nombre de questions fondamentales relatives aux déplacements physiques des objets. Voir en particulier l’introduction de Claass 2022, 9–22. 6 Voir notamment le catalogue de l’exposition Venus d’ailleurs. Matériaux et objets voyageurs présentée au Louvre en 2021 où sont retracés les parcours d’objets singuliers à travers l’Europe. L’un des objets exposés, un ivoire allemand du XVIIIe siècle représentant un colporteur portant sur son dos un coffre de présentation, déploie des images provenant tout à la fois de la vieille Europe et du Nouveau Monde. Comme l’écrit justement Victor Claass, « par son matériau même – l’ivoire – et son singulier régime de mise en abyme des représentations, le jouet semble, à lui seul, encapsuler, sinon transporter des mondes ». Claass 2022, 11. Sur les implications théoriques du mouvement des objets, voir également les recherches du groupe Bilderfahrzeuge : Beyer/Bredekamp 2018. 7 Sandrart, 1675. Sur ce transport, voir Martin 2006, 53–63 ; Roelly 2022, 175–176. 8 On songe à Appadurai 1986 ; Shalem 2004 ; Fricke/Flood 2023. Voir également la mise au point de Bonnot 2015.

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aux costumes du monde étudié ici par Dominic-Alain Boariu, qui transite de Gand à Londres lors de l’exil de son auteur –, ils peuvent également les devancer, comme le signale exemplairement la circulation des ouvrages militaires de Giulio Cesare Brancaccio étudié par Michel Pretalli. Le bien-fondé de l’expertise de ce noble napolitain, ingénieur, militaire et musicien apparaît non seulement au travers des conseils qu’il prodiguait de vive voix aux souverains, mais aussi par la dissémination physique d’un savoir technique exposé dans ses traités imprimés et manuscrits. On ne saurait de fait minimiser l’importance de la diffusion matérielle des idées par l’organisation de leur transport. L’expédition des artéfacts de tous types est une donnée essentielle dans l’affranchissement matériel et intellectuel des limites imposées par les frontières politiques, confessionnelles ou linguistiques. Le déplacement d’objets contribue à ce titre, autant que les voyages humains, à transformer les sociétés qui les accueillent. Il suffit de songer aux convois organisés par le peintre et sculpteur Primatice pour acheminer les moulages des statues du Belvédère jusqu’à Fontainebleau à l’époque de François Ier. Le transport de ces copies d’antiques opère un transfert de la puissance symbolique de Rome du Vatican vers la France, et une fois exposées à la cour du roi, ces œuvres offrent aux artistes français la possibilité de connaître l’art antique sans nécessairement voyager à Rome. Dans l’histoire de la circulation des biens matériels, il est à noter que le déplacement des objets prend un tour nouveau à la Renaissance avec la mise en place des premiers systèmes postaux rationalisés à la toute fin du XVe siècle. C’est en effet sous le règne de l’empereur Maximilien Ier qu’une distribution moderne du courrier est d’abord installée dans l’espace du Saint-Empire romain germanique pour ensuite progressivement se généraliser. Fondées sur le principe du relais, les lettres pouvaient parvenir beaucoup plus rapidement et sûrement à leurs destinataires9. Comme le signale très tôt Giorgio Vasari, c’est grâce à ce type d’envoi qu’Albrecht Dürer et Raphaël ont pu par exemple échanger leurs dessins10. Mais c’est également grâce à ces modes d’expédition nouveaux que les textes et les images gravées ont circulé en grand nombre sur les marchés européens. Les artistes s’en serviront de manière plus ou moins planifiée pour accroître leurs gains et leur renommée. Le cas de la diffusion « virale » et mondiale de l’Archange saint Michel de Maerten de Vos gravé par Hieronymus Wierix montre à quel point les inventions et les idées circulent à grande vitesse grâce à l’action combinée de systèmes d’expéditions performants et de nouvelles techniques de reproduction mécanique11. 9 10 11

Brisman 2016, 48–51. On consultera en particulier Wood 2009, 109–127 ; et Brisman 2016. Voir Porras 2016, 54–78.


Introduction

Mais l’objet le plus prompt et efficace à servir la circulation des idées est bien évidemment le livre imprimé12. La dissémination à grande échelle des traductions du Libro del cortegiano (1528) de Baldassarre Castiglione analysées par Uberto Motta ou du Narrenschiff de Sebastian Brant et du Moriae encomium d’Érasme étudiées par Virginie Leroux en sont ici les exemples les plus remarquables.

2. Frontières immatérielles Le voyage n’est cependant pas seulement physique et matériel ; il se produit aussi dans et par la langue. L’appel à la renovatio de l’Antiquité lancé par Pétrarque comporte la promesse d’un avenir heureux fondé sur la capacité à éduquer l’être humain et par là à le perfectionner. Les studia humanitatis, dont la discipline phare est la rhétorique, associée à la philosophie morale et à l’histoire, promeuvent le modèle antique du vir bonus dicendi peritus, posé comme modèle de référence pour la formation des élites politiques et culturelles de la Renaissance. Les humanistes se disent donc orateurs ou grammairiens. Ils entendent bien sûr maîtriser les trois langues anciennes ou sacrées, ou du moins le latin et le grec. Mais ils interrogent aussi les nombreuses langues vernaculaires, dont certaines tendent à s’éteindre – ainsi le cornic en Cornouaille ou le frison – tandis que d’autres s’affirment, peu à peu codifiées, d’autant que l’imprimerie incite à une certaine standardisation orthographique et grammaticale. Sur le plan linguistique, des suppressions ou des dynamisations de frontières sont mises à profit dans la formation et la délimitation de groupes de locuteurs ou de lecteurs, que cela concerne l’interaction des différentes langues vernaculaires entre elles ou leur éventuelle rivalité et complémentarité avec les langues savantes. Ainsi Érasme se rit-il, dans son Éloge de la folie, des latinistes qui émaillent leurs textes de mots grecs : Visum est enim hac quoque parte nostri temporis rhetores imitari, qui plane deos esse sese credunt, si hirudinum ritu bilingues appareant, ac praeclarum facinus esse ducunt latinis orationibus subinde graeculas aliquot voculas velut emblemata intertexere, etiam si nunc non erat his locus13.

Voir Chartier 2021. Erasmus’ Moriae encomium 1979, 76. « J’ai voulu imiter par-là les Rhéteurs d’aujourd’hui, qui se croient de vrais dieux parce qu’ils se montrent avec deux langues, comme les sangsues, et qu’ils s’imaginent faire merveille en enchâssant dans leurs discours latins quelques petits mots grecs, comme on fait une mosaïque, même si c’est hors de propos. » Érasme 1992, 12, no 6. 12

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D. Amherdt, C. Bourqui, C. Gantet, J. Koering, N. Mueggler

Érasme de Rotterdam, lui-même féru de grec dans ses lettres latines, fait ainsi proclamer par sa Folie une déclamation truffée d’expressions grecques : les orateurs de son temps, dénonce-t-elle, instillent dans leur latin des mots grecs comme des marqueteries ou des pièces de mosaïque (emblemata) dans un ensemble déformé (par référence à Horace) et à laquelle elle recourt elle-même par dérision. La Folie d’Érasme conçoit ainsi l’utilisation du grec dans le latin non comme une rupture de code, mais comme une forme de tissage ou de couture de mots14. Daniela Marrone rappelle, du reste, que les humanistes envisageaient la culture antique gréco-latine sous le mode de la continuité. C’est également moins une opposition frontale qu’une combinaison variable qui semble caractériser l’usage du latin et des langues vernaculaires. Virginie Leroux montre dans le présent volume que le Narrenschiff (1494) de Sebastian Brant doit son succès à sa traduction latine par Jacob Locher, ellemême source de nombreuses autres traductions vernaculaires qui adaptent les messages politiques et religieux au lectorat ciblé. Parfois, les formes de « code-switching » transgressant les barrières linguistiques abolissent les frontières mêmes entre les langues. Comme le montre Marie Cézard-Leyral dans le présent volume, l’ouvrage De origine usu et ratione vulgarium vocum (1583) de Jacques Bourgoing rend perméables les frontières entre langues anciennes et vernaculaires, puisqu’elles sont à ses yeux toutes unies par la généalogie et l’étymologie : l’aïeule est hébraïque, la grand-mère grecque, la mère latine, tandis que les trois langues romanes (français, italien et espagnol) sont sœurs. Transgresser les normes linguistiques n’est toutefois pas seulement l’affaire de curieux érudits. Comme le montre Uberto Motta, Le livre du courtisan (1528) doit une grande partie de son succès au fait que Baldassarre Castiglione a dû franchir de nombreuses frontières dialectales dans la péninsule italienne, de Milan à Mantoue et à Rome notamment, et a pris acte de la présence politique croissante des Espagnols et des Français en Italie, ainsi que de la profonde variété des cours européennes. Il en subsume un type universel du courtisan, qui a rapidement rencontré un intense succès dans les contrées les plus diverses de l’Europe. Au niveau individuel enfin, dans une Italie morcelée et devenue un champ de forces européen, l’itinérance du chanteur courtisan et soldat lettré Giulio Cesare Brancaccio et sa quête de renommée, étudiées par Michel Pretalli, ont rendu nécessaire une réelle maîtrise de la communication orale et écrite et de plusieurs dialectes et langues (italien, espagnol, français, latin). Le succès de certaines formes culturelles est à terme gros de résistances, de démarcations, voire de rejets. La génération des humanistes allemands des années 1500 combine la propagande de l’empereur Habsbourg envers les états 14

Voir aussi Barton/Van Rooy 2024.


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