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Ce qui devait arriver arriva. Le « fichage » des membres des cannabis clubs a toujours posé problème. Comme le prévoit la loi, notamment en Espagne, les personnes qui s’inscrivent dans les clubs pour se procurer du cannabis, doivent obligatoirement fournir une pièce d’identité et dans certains cas, un justificatif de domicile. Dans la plupart des clubs, aucune mesure particulière n’est prise pour protéger ces données extrêmement sensibles.

En France, les médias nous informent régulièrement de fuites de données sensibles. 145 millions d’enregistrements ont été piratés depuis 2023. Durant cette période, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a dressé des amendes pour un total de 47 millions d’euros.
Plusieurs plateformes de santé sont concernées par ces fuites de données. C’est également le cas d’entreprises de télécommunication, dont Free et Bouygues Telecom. Le plus impressionnant est le piratage de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) du ministère de l’intérieur qui gère entre autres la
L’application utilisée par de nombreux cannabis clubs et coffeeshops pour gérer leurs membres a été victime d’une fuite de données. Les données de plus d’un million de personnes ont été exposées en ligne pendant plusieurs semaines. Les fichiers piratés contenaient notamment les informations personnelles, les coordonnées des membres, les scans des passeports et des pièces d’identité. ONE LESS THING TO WORRY ABOUT
délivrance de passeports, cartes d’identités et permis de conduire. Et ce sont maintenant les membres des cannabis clubs qui sont victimes de fuites de données ultra-sensibles. Sammy Azdoufal, un chercheur en cybersécurité, également membre d’un cannabis club à Barcelone, a découvert la faille en avril 2026.
Les données exposées provenaient de la plateforme de gestion de Cannabis Club Systems, CCS Nube, et de l’application PuffPal que les membres pouvaient télécharger. Les données ont été exposées en ligne pendant plusieurs semaines.
Au total, les données de 1 082 680 membres de cannabis clubs dont 104 865 français ont été exposées. 985 000 pièces d’identité ont été disponibles en ligne. Parmi les victimes, on trouve 130 623 citoyens italiens, 104 865 français, 89 389 Sud-Africains. 50 113 Britanniques, 38 297 Allemands et 30 538 américains. La plupart des établissements sont situés à Barcelone mais il y a des visiteurs venus du monde entier et dans certains pays, les lois sur le cannabis sont particulièrement sévères. Selon Sammy Azdoufal,

certains membres des cannabis clubs victimes de fuites de données viennent du Koweït, d’Arabie saoudite ou des Émirats Arabes Unis.
Parmi les cannabis clubs et les coffeeshops concernés, on retrouve le Relax d’Amsterdam avec 57 514 membres, le Bulldog, également d’Amsterdam, avec 53 011 membres, le Firehouse, le Strain Hunters et le Selva de Barcelone.
La plateforme CCS Nube de CCS appartient à l’entreprise irlandaise Nefos Solutions Ltd. 377 cannabis clubs ou coffeshops utilisent ce système. La société a mis du temps à réagir mais les données ne sont plus exposées en ligne.






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Floraison naturelle ou floraison forcé: avantages et inconvénients
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Graines 101 Guide pour choisir la bonne graine


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Paillage vivant
Qu’est-ce que c’est et comment l’utiliser pour régénérer le substrat dans la culture du cannabis
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Philippines Fumer de l’herbe sur une île paradisiaque


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Est-ce que ça va sentir mauvais ? Mythes courants sur la culture du cannabis







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Highness Distribution a été fondée en janvier 2021 par deux jeunes entrepreneurs italiens, Leonardo et Vittorio, animés par l’ambition et l’engagement de faire de Highness Distribution un acteur majeur du CBD, offrant une valeur ajoutée en termes de qualité et d’innovation sur un marché complexe et en constante évolution. Répondant aux besoins d’une clientèle toujours plus exigeante, Highness s’engage à garantir l’excellence, la transparence et la réactivité.
Bonjour Vittorio et Leo, combien de personnes travaillent dans votre entreprise ? Quelles sont les compétences requises ?
Notre entreprise compte actuellement 25 professionnels. Depuis 2025, nous avons connu de nombreux changements, notamment avec l’ouverture de notre nouveau centre logistique de 2 500 mètres carrés à Prague. Nous employons des professionnels aux compétences transversales, allant du contrôle qualité et du marketing à la logistique et à la gestion de la relation client. Chacun apporte son professionnalisme et sa passion, partageant une vision commune : offrir un service fiable et de haute qualité. Cette approche multidisciplinaire nous permet de couvrir l’ensemble des besoins opérationnels et stratégiques de notre entreprise.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres pour mieux comprendre votre activité ?
Highness est une entreprise B2B en constante évolution. Nous collaborons actuellement avec plus de 500 entreprises européennes, pour un chiffre d’affaires d’environ 22 millions d’euros, ce qui nous positionne comme un leader de la distribution en gros de CBD. Grâce à une logistique optimisée et un modèle opérationnel rationalisé, nous gérons d’importants volumes de commandes, témoignant de l’efficacité et de la fiabilité de notre système.
Quels sont les produits les plus recherchés sur le marché européen ?
Nous avons constaté qu’au fil des années, les
consommateurs sont devenus plus avertis et font la distinction entre les produits de qualité inférieure et ceux de haute qualité. Cette évolution nous a incités à investir dans la recherche et la création de variétés répondant à des normes de qualité toujours plus élevées. Parmi nos produits phares figurent les fleurs de CBD et le haschisch, sélectionnés pour leur qualité supérieure et la grande variété de produits disponibles. Nous nous engageons à sélectionner avec soin et constance nos offres.
Avec quels pays collaborez-vous le plus et dans lesquels souhaitez-vous vous développer ?
Nous collaborons principalement avec la République tchèque, l’Italie, la France et l’Espagne, des marchés stratégiques où la culture du CBD est bien ancrée. Nous souhaitons renforcer
notre présence en Allemagne, où le marché du cannabis est en pleine expansion, et maintenir un intérêt marqué pour l’Espagne et la France, pays forts d’une longue tradition dans ce secteur. Notre objectif est de consolider ces collaborations et d’étendre notre présence au-delà de l’Europe.
En France, le haschisch est le produit le plus connu ; que proposez-vous aux amateurs français ?
Notre catalogue propose différents types de haschisch pour satisfaire les goûts des amateurs français. Nous avons constaté une préférence sur ce marché pour les produits clairs à la texture douce et sableuse, comme le Dry Shift et le 3x Filtered. Ces variétés, caractérisées par des arômes intenses et une qualité de fabrication irréprochable, sont conçues pour répondre aux besoins spécifiques d’une clientèle avertie et passionnée.

Quelles sont vos plus grandes satisfactions et quels sont vos projets d’avenir ?
L’une de nos plus grandes satisfactions est de voir une jeune équipe, dont la moyenne d’âge est inférieure à 35 ans, œuvrer avec passion pour promouvoir le retour à une culture agricole authentique. Le mot « culture », issu du latin « còlere » et signifiant cultiver, symbolise le lien profond qui unit notre travail à la terre. Nous sommes convaincus que pour progresser dans ce secteur, il est essentiel non seulement de produire, mais aussi de cultiver des valeurs qui enrichissent notre engagement quotidien. Tournés vers l’avenir, nous investissons dans des technologies innovantes afin d’améliorer la qualité de nos produits et d’optimiser nos processus de distribution. Nous enrichissons également notre catalogue avec de nouvelles gammes et poursuivons notre développement sur les marchés européens.
Comment un professionnel peut-il obtenir vos échantillons ?
Pour recevoir nos échantillons, les professionnels peuvent contacter nos représentants commerciaux par e-mail ou par téléphone. Vous trouverez également leurs coordonnées dans la rubrique « Réseau commercial » de notre site web et pourrez demander des échantillons gratuits via WhatsApp. Notre équipe est toujours disponible pour vous conseiller et vous aider à choisir les produits les mieux adaptés à vos besoins.
Quel organisme certifie vos produits ?
S’agit-il d’un laboratoire italien ou d’un organisme de certification européen ?
Les tests sont réalisés par des laboratoires externes accrédités, titulaires de certifications reconnues au niveau européen. Ce processus nous permet d’offrir à nos clients une transparence maximale, une sécurité optimale et une qualité garantie pour nos produits.
www.highnessdistribution.com
Par Olivier F
L’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) publie son nouveau rapport. Il regroupe les informations fournies par les membres de l’Union européenne ainsi que la Turquie et la Norvège. Le but du rapport est de présenter une vue d’ensemble de la consommation de drogues en Europe.

Le rapport concerne les différentes drogues consommées en Europe comme la cocaïne, l’héroïne, la MDMA, les amphétamines, la méthamphétamine, les cathinones… Mais nous allons nous intéresser en particulier au cannabis.
Le cannabis est toujours la drogue illicite la plus consommée en Europe. Selon les enquêtes nationales, environ 8,7 % des adultes européens âgés de 15 à 64 ans, soit 25 millions de personnes ont consommé du cannabis durant la dernière année. Les fleurs et la résine classiques, qui contiennent des taux de THC relativement importants, sont les produits à base de cannabis sont les plus consommés en Europe. Mais de nouveaux produits on fait leur apparition. Les herbes et les résines CBD issus du marche légal sont maintenant détournés sur le marché noir. Les trafiquants rajoutent du cannabis de synthèse qui provoque des effets puissants et même des intoxications. Le CBD ou cannabidiol est aussi utilisé pour la fabrication de cannabinoïdes semi-synthétiques comme le HHC qui est maintenant interdit en France. La consommation d’extraits de cannabis puissants à base de THC ou de produits alimentaires comme les gummies « inquiète » les autorités. « Elle a été associée à des cas de
toxicité aiguë pris en charge dans les services d’urgence hospitaliers ainsi qu’à des appels aux centres antipoison », nous explique le rapport.
Selon le rapport de l’EUDA (European Union Drug Agency), les consommateurs de cannabis quotidiens ou quasi quotidiens peuvent connaitre des problèmes de santé. Ces consommateurs réguliers peuvent avoir des symptômes respiratoires chroniques, des symptômes psychotiques, de mauvais résultats scolaires et un risque « d’implication dans le système de justice pénale » La diversité de l’offre de produits à base de cannabis sur les marchés légal et illégal compliquerait l’évaluation des risques et la prise en charge des consommateurs. En Europe, un tiers des admissions en traitement pour consommation de drogues concerne le cannabis.
Le marché du cannabis en Europe, estimé à plus de 12 milliards d’euro, permet aux trafiquants de générer des bénéfices considérables. « Certains États membres de l’UE signalent des niveaux élevés de violence liés à ce marché, en raison de sa diversité et de sa rentabilité » En 2024, les saisies de produits à base de cannabis restent globalement importantes mais les saisies de résine de cannabis ont diminué de 42 % par rapport à 2023 avec 321 tonnes. Les saisies d’herbe sont restés stables. Une baisse des saisies d’herbe de cannabis de -18 % a été constatée an Espagne. Inversement les saisies d’herbe sont en augmentation aux Pays-Bas avec +278 %, et en Belgique avec +1 075 %.
Les trafiquants de cannabis continuent de diversifier leurs techniques avec l’utilisation de drones et de bateaux rapides. On trouve maintenant en Europe du cannabis en provenance des États-Unis, du Canada et même de Thaïlande.
Olivier F.

Par Olivier F
Un amendement au projet de loi Ripost vient d’être adopté par le Sénat. Il prévoit l’interdiction des distributeurs automatiques de CBD et de la vente aux mineurs.

Le projet de loi Ripost (Projet de loi visant à offrir des Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens) vient d’être adopté par le Sénat. Il prévoit entre autres, l’augmentation de l’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants (AFD). Le montant de l’amende sera de 500 euros au lieu de 200 actuellement.
Le gouvernement veut s’attaquer au troubles de l’ordre publique qui dérangeraient la tranquillité des français. La simple consommation de cannabis ne provoque aucune nuisance à autrui mais elle fait pourtant partie du projet de loi Ripost. Il concerne, entre autres, le protoxyde d’azote, un produit détourné de son usage, les mortiers d’artifice, les rave parties et les rassemblements motorisés de type rodéo.
Le projet de loi a été présenté devant le conseil des ministres par le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez le 25 mars dernier. Le gouvernement a proposé plusieurs amendements. Un amendement est une modification apporté à un projet de loi ou à une proposition de loi devant le Sénat ou l’Assemblée nationale. Un article additionnel a été inséré après l’article 7 du projet de loi Ripost.
Le CBD est autorisé en France depuis 2020 suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne « kanavape ». L’amendement concerne en particulier la catégorie des plantes à fumer dont font partie les fleurs et les résines CBD.
Le gouvernement pense que la consommation des plantes à fumer n’est pas suffisamment encadré : « En effet, de manière générale, la combustion de matières organiques, telles que les plantes, libère des substances nocives pour la santé telles que le monoxyde de carbone, les particules fines, le goudron qui peuvent irriter les voies respiratoires, altérer la fonction pulmonaire et accroître le risque de maladies chroniques. » Selon le gouvernement, 10 % des adultes et 17,5
Le commissaire François Thierry, est l’ancien patron de l’OCRTIS (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants). L’OCTRIS a depuis changé de nom et est devenu l’OFAST (Office anti-stupéfiants). François Thierry est à l’origine d’une affaire mettant en cause les méthodes employées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.
L’ancien policier était accusé de complicité de trafic de drogue et de destruction de preuves. Le parquet de Bordeaux avait demandé sa relaxe. Le 31 mars 2026, il a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bordeaux. François Thierry avait annoncé vouloir faire appel mais il a finalement renoncé. Il est donc définitivement condamné
% des jeunes de moins de 24 ans avaient consommé du CBD en 2022. C’est à peu près autant que pour le cannabis classique.
Plusieurs alertes sanitaires ont été émis par les réseaux d’addictovigilance. Elles concernent les cannabinoïdes de synthèse mélangés au produits à base de CBD, et des dosages de THC trop importants pour des consommateurs occasionnels : « Ainsi, le réseau Signal drogues a recensé 345 cas signalements de vapotage de cannabinoïdes de synthèse en 2025, dont 71 % concernent les 13-18 ans. Au 1er trimestre 2026, on compte déjà 125 signalements dont deux décès rapportés. »
Des études de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) auraient montré des effets reprotoxiques (troubles de la reproduction) du CBD, en particulier chez les enfants, adolescents et les femmes enceintes.
Pour les plantes à fumer, le gouvernement propose donc deux mesures déjà appliqués pour le tabac : l’interdiction de la vente aux mineurs et de la vente en distributeur automatique.
Le gouvernement considère que les distributeurs automatiques incitent à la consommation des produits stupéfiants en mettant en avant la plante de cannabis. Selon le gouvernement, les personnes mineurs ne seraient pas en mesure de distinguer le cannabis legal et inégal.
Le gouvernement s’intéresse aussi à la composition des produits à base de CBD qui ne doivent pas contenir plus de 0,3 % de THC : « En outre, les forces de police et de gendarmerie sont confrontés à l’accroissement de la commercialisation de produits contenant du CBD dépassant les concentrations en THC autorisées, permettant ainsi de camoufler un trafic de drogue sous couvert d’une activité en apparence légale. » Olivier F.
L’affaire a commencé à Paris en 2015. Les services de douane ont découvert 7 tonnes de cannabis dans plusieurs fourgonnettes garées boulevard Exelmans dans le 16eme arrondissement. Sans informer l’autorité judiciaire, François Thierry, avec plusieurs de ses collègues, a autorisé l’entrée sur le territoire français de cette cargaison illicite. Selon François Thierry, alors numéro un de la lutte anti-drogue en France, l’objectif était de remonter la filière et de saisir des quantités encore plus importantes.
Ces 7 tonnes de résine de cannabis faisaient partie d’une cargaison de 40 tonnes au total. Pour se défendre, il a affirmé que ses supérieurs hiérarchiques étaient informés de cette opération et de l’existence de son indicateur Sofiane Hambli qu’il avait recruté en 2009.
indicateur ? Selon son avocate, Angélique Peretti, suite à sa condamnation à un an de prison avec sursis, François Thierry a décidé de faire appel.
« Vous aviez conscience d’apporter votre aide à un trafic », a expliqué la présidente du tribunal à François Thierry. Selon la magistrate, il aurait agi hors du cadre juridique et s’était « opposé aux investigations » d’autres services, ce qui aurait facilité le trafic.
Durant son procès, François Thierry, qui était à la tête de l’ OCRTIS entre 2010 et 2016, a défendu une stratégie appelée « Myrmidon » dont le but était d’infiltrer les équipes de trafiquants et d’interpeller les chefs des réseaux.
François Thierry n’a pas quitté la police. Il dirige depuis 2022 le service de transformation numérique de la police nationale.
Le informations de Sofiane Hambli, l’indicateur de François Thierry, auraient déjà facilité de nombreuses saisies. En échange, l’informateur aurait pu récupérer une partie des stupéfiants. Sofiane Hambli n’était pas présent au procès. Il est actuellement en prison au Maroc. Conformément aux réquisitions, il a été condamné par défaut à vingt

Après 10 ans d’enquête, 70 tomes de procédure, 18 prévenus et presque un mois d’audience, trois magistrats du tribunal devaient se prononcer sur la culpabilité de l’ancien patron de l’OCTRIS. Le numéro un des stups a-t-il favorisé l’entrée de cette cargaison dans le but de récompenser son
ans de prison ferme avec une période de sûreté des deux tiers. Le film « Enquête sur un scandale d’état » réalisé par Thierry de Peretti, avec Roschdy Zem et sorti en 2022, raconte l’affaire
François Thierry.
Olivier F.
Texte et images: Martin Müncheberg


La Mary Jane Berlin s’est développée en 10 ans pour devenir le plus grand salon professionnel du cannabis au monde. Cette année encore, à la mi-juin, des dizaines de milliers de visiteurs ont afflué dans les immenses halls de la Messe Berlin, où il leur a été offert plus que jamais. Soft Secrets a profité de la journée B2B encore relativement détendue du jeudi pour s’entretenir avec des représentants de plusieurs entreprises renommées.
La Mary Jane ne cesse de croître. Cette année, une zone extérieure encore plus grande a été ajoutée, entièrement occupée par des stands supplémentaires et des scènes. Comme dans les plus de six halls d’exposition, il s’y passait également énormément de choses, de nombreux visiteurs ne s’en sont peut-être même pas rendu compte. Le mélange entre salon professionnel, congrès et festival de musique semble
toujours bien fonctionner et attire de plus en plus de visiteurs. Le point musical fort de cette année a été le rappeur Marteria, qui s’est produit comme tête d’affiche le vendredi soir. Toujours le vendredi, Mike Tyson a également fait une apparition et a présenté de manière très médiatisée sa marque de cannabis.
D’autres moments forts du salon étaient visibles sur de nombreux stands tout au long de l’événement. Nous nous sommes surtout intéressés aux marques bien connues, dont CANNA, qui s’est particulièrement démarquée : cette marque d’engrais déjà établie à l’international soutient désormais la recherche indépendante sur le cannabis et proposait, avec la FUNDACIÓN CANNA, un service spécial à tous les visiteurs du salon. J’ai moi-même profité de ce service et ai pu faire analyser mon herbe de culture personnelle, avec un résultat
Aujourd’hui, tout le monde a compris que cette expo est devenue
surprenant : plus de 21 % de THC. Ensuite, nous avons discuté avec un représentant de haut niveau de l’entreprise pour comprendre ce qui motive CANNA à revenir régulièrement à Berlin.
Il a répondu : « La Mary Jane est devenue le salon du cannabis où le monde entier se retrouve. Je viens tout juste de parler avec un visiteur de Tahiti. Aujourd’hui, tout le monde a compris que cette expo est le grand rassemblement de notre secteur. »
Nous avons également voulu en savoir plus sur la FUNDACIÓN CANNA, et on nous a expliqué : « Il s’agit d’une organisation à but non lucratif basée en Espagne pour les consommateurs de cannabis. Les visiteurs peuvent y faire analyser leur cannabis en détail : au-delà des taux de THC et de CBD, on mesure aussi les terpènes,
les nutriments, les métaux lourds et les pesticides. C’est un service utile pour tous ceux qui veulent consommer un produit propre. » Nous ne pouvions qu’être d’accord avec cela. Cette année encore, le salon proposait de nombreux goodies et offres promotionnelles, s’adressant désormais en grande partie aux consommateurs, même si l’aspect « culture » reste bien présent.
Sur le stand de Royal Queen Seeds (RQS), Shai Ramsahai (président de la banque de graines néerlandaise) nous a expliqué que RQS était sponsor principal de la Mary Jane Berlin l’année dernière et cette année, ce que confirmait de manière impressionnante la gigantesque bannière du salon sur la tour centrale du site. Interrogé sur les raisons de cet engagement important à Berlin, Shai a déclaré : « Après le départ de la Spannabis de

Le mélange entre salon professionnel, congrès et festival de musique semble toujours fonctionner et continue d’attirer de plus en plus de visiteurs



Barcelone, la Mary Jane est, à nos yeux, la nouvelle Spannabis — autrement dit le plus grand rendez-vous international du secteur du cannabis. »
Et il avait aussi un message pour les lecteurs de Soft Secrets : « Power to the Grower ! Essayez de cultiver votre propre cannabis et profitez du résultat ! Le home growing est un beau processus qui demande simplement un peu d’amour
de nombreux stands de marques présentes depuis le début. C’est le cas de l’entreprise allemande traditionnelle GIZEH, qui avait opté cette année pour un design de stand entièrement en bois. Le PDG de GIZEH, Christian Hinz, nous a raconté à propos de la toute première Mary Jane : « Nous fabriquons des feuilles à rouler et nous avons appris par hasard l’existence de ce salon, auquel nous nous sommes inscrits à la dernière minute. À l’époque, personne ne pouvait imaginer l’évolution fulgurante qu’allait connaître cet événement. »
Comme nouveauté, GIZEH a présenté ses nouveaux filtres à charbon actif de 9 mm. Ils sont moins longs que les versions plus fines, car — selon Christian Hinz — : « Les clients veulent ce diamètre, mais pas cette longueur. » GIZEH a donc adapté son offre à cette tendance.
En plus du programme musical riche, la conférence du salon proposait également de nombreuses présentations et tables rondes sur divers thèmes liés au cannabis, tandis que la zone extérieure était encore plus animée que les années précédentes.
La banque de graines néerlandaise Dutch Passion participe depuis peu à la Mary Jane Berlin avec son propre stand, depuis la légalisation partielle en Allemagne. Elle propose désormais, en plus des graines, ses propres boutures. Mahmoud Hanachi, « Head of Genetics & New Territories », a également présenté une

est tout à fait possible de nourrir ses plantes avec une combinaison d’engrais organiques et minéraux — les engrais minéraux pendant la première moitié du cycle de vie de la plante, et les engrais organiques durant la seconde moitié. Cela permettrait d’obtenir d’excellents résultats.
On continue donc d’apprendre en permanence, ce qui serait déjà en soi une bonne raison de visiter la Mary Jane Berlin. Et même si certains aiment encore se souvenir de l’ambiance plus détendue des premières années du salon (où il n’était pas encore nécessaire de partager l’espace avec jusqu’à 70 000 visiteurs), c’est simplement la conséquence logique du

et de dévouement pour obtenir de très bons résultats. »
Depuis la légalisation partielle, le marché allemand est devenu beaucoup plus attractif pour les banques de graines internationales, ce qui se traduit par une présence accrue de nombreuses banques de graines (parfois encore peu connues). Mais on retrouvait aussi

nouveauté : « Nous avons apporté une toute nouvelle variété à la Mary Jane, elle s’appelle Blue Apple et elle est exclusive chez nous. »
Dans ce contexte d’offre croissante, les enjeux environnementaux jouent aussi un rôle de plus en plus important pour de nombreuses entreprises. ATAMI, par exemple, insiste sur le fait que ses engrais sont très concentrés et nécessitent donc moins d’emballages, ce qui réduit l’impact environnemental.
De son côté, Obéline Molinier, de l’entreprise française Terra Aquatica (T.A.), met également l’accent sur l’écologie et explique : « Nous nous concentrons de plus en plus sur des produits qui utilisent les micro-organismes pour améliorer ce que l’on appelle le sol vivant (living soil), ce qui correspond mieux aux besoins naturels des plantes. Nous lançons donc de plus en plus de produits entièrement biologiques. » Comme me l’a également expliqué Obéline, il
succès : plus de stands, plus de visiteurs, plus de grandes marques, plus de surface, plus de festival musical et plus de conférences — ou, en résumé : plus de Mary Jane.


Caché entre les montagnes du sud de l’Autriche, un projet étonnant prend vie dans un environnement que l’on imaginerait davantage au cœur d’une vallée japonaise que dans une ferme indoor ultramoderne. Martin et Eszter y cultivent du wasabi frais. Non pas dans des ruisseaux de montagne boueux, mais dans un système hydroponique indoor entièrement contrôlé.
Et ce projet est quasiment unique en Europe. Car le wasabi est considéré comme l’une des plantes les plus difficiles à cultiver avec succès au monde.
Alors que de nombreuses cultures spécialisées trouvent progressivement leur place dans les serres et les fermes indoor, le véritable wasabi demeure une exception. Dans la nature, cette plante pousse uniquement dans des conditions très spécifiques : une eau fraîche et courante, des températures stables, une forte humidité et surtout une marge d’erreur quasiment inexistante. C’est précisément la raison pour laquelle la culture commerciale du wasabi échoue si souvent.
Recréer un ruisseau de montagne japonais en intérieur
Afin de reproduire ces conditions naturelles, Martin et Eszter ont développé leur propre système flottant en recirculation. Dans cette installation, la température, la qualité de l’eau et l’alimentation nutritive sont surveillées et ajustées en permanence.
Les plantes démarrent sous forme de cultures in vitro importées directement du Japon.
Elles se développent ensuite pendant plusieurs mois jusqu’à ce que les rhizomes soient suffisamment robustes pour être récoltés. Une partie de
la plante reste toujours intacte, permettant une nouvelle croissance immédiate. Cela rend possible une récolte toutes les cinq à six semaines. Tout est réalisé en intérieur : la culture, la récolte, la transformation et le conditionnement. Le wasabi frais est ensuite transformé en poudres et en pâtes destinées aux restaurants, à l’industrie alimentaire, mais aussi à des produits destinés au sport et au bien-être.
La demande pour un wasabi européen haut de gamme ne cesse d’augmenter, notamment parce que de plus en plus de chefs recherchent du véritable wasabi plutôt que la traditionnelle pâte verte au raifort souvent vendue sous ce nom.


Précision, stabilité et contrôle total
Selon Martin, la réussite de la culture du wasabi repose avant tout sur un élément : la stabilité.
La moindre variation dans la qualité de l’eau ou l’équilibre nutritif peut provoquer des problèmes immédiats. C’est pourquoi ils travaillent avec un système hydroponique en recirculation où régularité et précision sont essentielles.
Pour la nutrition, ils ont finalement choisi la gamme Aqua de CANNA, complétée par des produits comme CANNA CALMAG AGENT et CANNA RHIZOTONIC. Selon les cultivateurs, la stabilité de la solution nutritive dans les systèmes en recirculation s’est révélée déterminante.
L’ensemble de l’installation fonctionne également en grande partie grâce à l’énergie solaire. Un résultat d’autant plus impressionnant lorsque l’on sait que toute l’exploitation est gérée par seulement six employés.
L’agriculture indoor devient de plus en plus spécialisée
La culture indoor du wasabi illustre parfaitement
l’évolution rapide de l’agriculture en environnement contrôlé. Alors que l’indoor farming se concentrait autrefois principalement sur les salades et les herbes aromatiques, l’attention se tourne désormais vers des cultures spécialisées à forte valeur ajoutée.
Et ce sont justement ces cultures extrêmement sensibles, difficiles à produire de manière constante en extérieur, qui semblent parfaitement adaptées aux systèmes de culture totalement contrôlés.
L’idée en elle-même reste fascinante : une plante traditionnellement associée aux ruisseaux froids des montagnes japonaises prospérant aujourd’hui dans une installation indoor autrichienne entourée de pompes, de capteurs et de tables de culture flottantes.
L’avenir de l’agriculture indoor ne consiste peut-être pas simplement à voir plus grand. Peut-être devient-il surtout plus intéressant lorsqu’il devient plus spécialisé.

José T. Gállego
Dois-je laisser la photopériode faire fleurir mon cannabis naturellement, ou dois-je intervenir et forcer la floraison quand je le souhaite ? La floraison naturelle est utilisée depuis des millénaires, tandis que la floraison forcée n’existe que depuis quelques décennies. Examinons les avantages et les inconvénients de chaque technique afin que vous puissiez choisir celle qui vous convient le mieux.
Cultiver du cannabis en extérieur est beaucoup plus facile et moins coûteux qu’en intérieur. Il suffit de semer une graine, de l’arroser et de la fertiliser, et quelques mois plus tard, on obtient une plante de cannabis couverte de fleurs. Entre la fin juillet et le mois d’août, les plantes commencent à fleurir, puis elles arrivent à maturité entre la fin septembre et octobre, prêtes à être récoltées. Le seul inconvénient de la culture en extérieur est que les conditions climatiques de septembre et octobre ne sont pas toujours favorables. S’il pleut et qu’il fait froid, les plantes fleurissent mal, les têtes peuvent pourrir ou moisir, et la récolte risque d’être compromise.
Quelqu’un a découvert qu’en modifiant le photopériode auquel le cannabis est exposé, il est possible de contrôler le moment où la floraison commence. Cette technique, essentielle en culture intérieure, peut également être utilisée en extérieur. La floraison forcée consiste simplement à prolonger la durée d’obscurité quotidienne des plantes jusqu’à environ douze heures afin de déclencher leur floraison.
Avantages de la floraison forcée en extérieur
• Vous pouvez choisir le moment où les plantes seront prêtes et planifier la récolte en fonction de votre calendrier. Vous souhaitez récolter en juillet avant de partir en vacances en août ?

Aucun problème : il suffit de forcer la floraison en mai.
• Il est possible de réaliser deux récoltes au cours de la même saison. La première en semant en avril, en forçant la floraison en mai et en récoltant en juillet. La seconde en semant en juillet, en laissant la floraison se produire naturellement et en récoltant à partir de septembre.
• Forcer la floraison permet aux plantes de fleurir à n’importe quel moment entre mai et août, période qui offre généralement des conditions presque idéales : beaucoup de soleil, très peu de pluie et un climat sec.
• Dans les régions où les vols de plantes sont fréquents, avancer la date de récolte permet aux cultures de passer plus facilement inaperçues et de réduire les risques de vol.
Inconvénients de la floraison forcée
• Il faut déplacer les plantes ou les couvrir puis les découvrir deux fois par jour, tous les jours, pendant toute la période de floraison. Le cultivateur doit faire preuve de régularité et de discipline, car des photopériodes irrégulières peuvent stresser les plantes et affecter la qualité des fleurs.
• Il est nécessaire de surveiller attentivement l’humidité et la température pendant la phase d’obscurité, qui se déroule généralement dans un espace fermé, afin d’éviter l’apparition de champignons. Si les plantes sont recouvertes de bâches ou placées sous une structure destinée à bloquer la lumière, une ventilation adéquate est indispensable pour prévenir les problèmes de moisissure.
• Le rendement par plante est généralement plus faible, car les plantes restent plus petites. Pour obtenir une production totale équivalente à celle d’une floraison naturelle, il faut donc cultiver davantage de plantes.
Avantages de la floraison naturelle
• Le cultivateur n’a rien à faire : le cycle naturel du soleil déclenchera la floraison au moment opportun et l’accompagnera jusqu’à son terme en réduisant progressivement la durée d’ensoleillement de quelques minutes chaque jour. Cette méthode permet une
approche plus détendue de la culture ; c’est d’ailleurs celle que les êtres humains utilisent depuis les débuts de l’agriculture. Elle ne nécessite ni travail supplémentaire ni investissement particulier. Il n’est pas nécessaire de construire des structures ni de déplacer les plantes. Toute plante de cannabis cultivée en extérieur fleurira
• Les voleurs de plantations sont particulièrement actifs à l’époque où les plantes arrivent naturellement à maturité, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Personne n’a envie de prendre le risque de se faire dérober ses plantes juste avant la récolte.
• Il n’est possible de réaliser qu’une seule récolte par saison.

naturellement, même sans intervention. Les plantes disposent d’une période de crois sance plus longue ; elles deviennent donc plus grandes et plus productives. Le rendement par plante est généralement nettement supérieur à celui obtenu avec la floraison forcée.
Inconvénients de la floraison naturelle
Les conditions météorologiques de septembre et d’octobre peuvent être humi des et pluvieuses, ce qui favorise l’apparition de maladies fongiques, notamment la botrytis, dans les fleurs. Si vous vivez dans une région humide, les champignons sont presque inévitables et vous risquez de passer les mois de septembre et d’octobre à surveiller le ciel avec inquiétude au moindre nuage.
Vous souhaitez récolter en juillet, avant de partir en vacances au mois d’août ? Aucun problème : forcez la floraison en mai et le tour est joué

Par Olivier F
Un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture rappelle l’interdiction des aliments à base de cannabinoïdes depuis le 15 mai. L’UPCBD, l’UIVEC et l’AFPC ont décidé de riposter avec un communiqué commun qui demande la suspension du plan de contrôle sous 48 heures. Si le ministère n’accède pas à leur demande, les organisations pourraient faire appel à la justice.
Le 20 mai 2026, le ministère de l’Agriculture,, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire a publié un communiqué qui rappelle sa position. Les produits alimentaires qui contiennent du CBD sont désormais illégaux et doivent par conséquent être retirés du marché.
« Les autorités sanitaires rappellent que les denrées alimentaires incluant du cannabidiol dans leurs ingrédients ne sont pas autorisées à la vente par la réglementation européenne en raison de l’absence de preuve de leur innocuité et annoncent un renforcement des contrôles. Les consommateurs sont par ailleurs incités à la vigilance en raison de la hausse des signalements d’intoxications. »
Selon le ministère de l’Agriculture, les denrées alimentaires qui contiennent du CBD ne sont pas autorisées par le règlement de l’Union européenne sur la novel food.
En juin 2022, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a « conclu à l’impossi-

bilité de statuer sur la sécurité du CBD en tant que nouvel aliment en raison de lacunes dans les données scientifiques disponibles et d’incertitudes concernant les dangers potentiels liés à sa consommation. »
Le communiqué du ministère souligne la dangerosité des produits alimentaires à base de CBD. Selon le ministère, plusieurs centaines d’intoxications ont été signalées.
Mais le danger vient en réalité des produits de synthèse ou d’un dosage trop fort en THC
pour les consommateurs non habituels, plutôt que du CBD lui-même Le ministère demande aux consommateurs de ne plus acheter des produits alimentaires à base de CBD.
Le ministère veut lutter contre les gummies, des gommes à mâcher qui contiennent du CBD maisi également du THC.
Les produits alimentaires issus des graines de chanvre ou les feuilles de chanvre destinés aux infusions ne sont pas concernés.
En réponse au communiqué du ministère, l’UPCBD (Union des Professionnels du CBD), l’UIVEC (Union des Industriels pour la Valorisation des Extraits de Chanvre et l’AFPC (Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes) ont publié un communiqué commun. Selon les acteurs de la filière, l’EFSA n’a jamais conclu à la dangerosité du CBD alimentaire. Mais l’Autorité ne dispose pas de données suffisantes pour le classer en tant que nouvel aliment (novel food). Les organisations rappellent que ces produits sont déjà autorisés dans certains pays européens comme l’Angleterre et les Pays-Bas. Selon, le communiqué, le ministère fait « un raccourci inacceptable » sur le sujet des intoxications : « L’ANSM et l’Anses, dans leur communication conjointe de juin 2025, ont clairement identifié la source de ces signalements : il s’agit de cannabinoïdes de synthèse (HHCP, HHCPO, THCP et molécules assimilées), aussi appelés NPS (nouveaux produits de synthèse), parfois associés à des teneurs excessives en THC. » Pour finir, les organisations demandent la suspension du plan de contrôle sous 48 heures. Elles soulignent l’absence de dialogue et envisagent un recours contentieux.


Choisir quelle graine planter est aujourd’hui devenu un processus complexe plus que jamais. Nous sommes bombardés par une offre en constante expansion, avec des milliers de noms disponibles sur le marché et des stratégies marketing attrayantes qui génèrent souvent de la confusion et un manque de transparence.
Lorsque j’ai commencé à cultiver il y a plus de vingt ans, il n’existait que peu de banques de graines et les banques néerlandaises dominaient le marché mondial. Le nombre de variétés disponibles se limitait à quelques centaines et beaucoup étaient le résultat d’années de sélection et de stabilisation. Une grande partie des génétiques de cette époque, tout comme nombre de celles d’aujourd’hui, proviennent de lignées développées ou stabilisées par des breeders pionniers tels que Sam the Skunkman et Neville Schoenmakers.
Le marché actuel est très différent de celui du passé. Une part importante des graines en circulation provient de programmes de croisements rapides, consistant simplement à combiner les variétés les plus populaires sans effectuer de tests approfondis et répétés ; le marketing sur les réseaux sociaux se charge du reste.
Heureusement, il existe encore des banques de graines, établies ou émergentes, qui travaillent de manière professionnelle et selon des critères de sélection rigoureux. Cet article propose un guide détaillé pour s’orienter sur le marché et choisir les graines les mieux adaptées à ses besoins.

Dans la nature, le cannabis se reproduit par voie sexuée : la plante femelle est pollinisée par la plante mâle, ce qui donne naissance aux graines. Les graines produites par des plantes de sexes différents sont appelées graines régulières et se distinguent par leur capacité à générer aussi bien des plantes mâles que femelles, une caractéristique très utile pour les breeders et les créateurs de nouveaux croisements.
On associe souvent aux plantes issues de graines régulières de génération F1 une plus grande vigueur hybride due à la combinaison de patrimoines génétiques différents. Une autre caractéristique distinctive est leur forte uniformité génétique, c’est-à-dire leur capacité à produire des plantes présentant des caractéristiques similaires entre elles. En général, les graines régulières représentent le choix le plus approprié pour les
Les graines régulières représentent le choix le plus adapté pour les cultivateurs professionnels et les chasseurs de phénotypes
cultivateurs professionnels et les chasseurs de phénotypes.
Contrairement aux graines régulières, les graines féminisées produisent exclusivement des plantes femelles. Les graines féminisées de génération S1 garantissent une grande homogénéité entre les plantes d’une même variété et sont davantage adaptées aux cultures destinées à la production, même si elles se prêtent tout aussi bien au
premier cas, les plantes commencent à fleurir en réponse à la diminution des heures de lumière ; par exemple, en culture indoor, cela se produit généralement lorsqu’on adopte un cycle de 12 heures de lumière et 12 heures d’obscurité. Les plantes autofleurissantes, quant à elles, entrent en floraison en fonction de leur âge, indépendamment du cycle lumière/obscurité auquel elles sont soumises. Cette caractéristique est héritée de l’un de leurs ancêtres issus de la Cannabis ruderalis, une variété originaire de certaines régions de Russie qui s’est adaptée aux climats froids et aux saisons courtes. Les plantes autofleurissantes sont parfaites pour les cultivateurs débutants et permettent de réaliser facilement plus d’une récolte par an, même en extérieur.
INDICA, SATIVA ET HYBRIDES
Traditionnellement, le cannabis est considéré comme une seule espèce, Cannabis sativa L., elle-même divisée en trois groupes : indica, sativa et ruderalis, cette dernière ayant déjà été décrite dans le paragraphe précédent. Cette classification repose sur les caractéristiques morphologiques et physiologiques de la plante. En général, les variétés indica sont associées à une structure compacte, de grandes feuilles et des temps de floraison courts, tandis que les variétés sativa se caractérisent par des plantes hautes, dotées de feuilles longues et fines et de cycles de floraison nettement plus longs. À ces sous-catégories s’ajoute celle des hybrides, obtenus par le croisement de différentes lignées génétiques et représentant aujourd’hui la majorité des variétés présentes sur le marché.
À chaque groupe est traditionnellement associé un effet psychoactif spécifique. Les variétés indica sont réputées pour offrir un effet plus physique et relaxant, tandis que les variétés sativa sont associées à un effet plus créatif et stimulant, particulièrement adapté aux activités diurnes.
Bien que cette classification soit progressivement remplacée par des systèmes d’analyse plus précis, comme la classification par chimiovars basée sur le profil chimique et génétique de la plante, les critères traditionnels restent extrêmement utiles pour s’orienter dans le choix d’une graine et correspondent souvent à la réalité observée.
CULTURE INDOOR ET OUTDOOR
Les cultivateurs qui cultivent en extérieur doivent tenir compte du climat local. Par exemple, dans les régions froides, humides ou caractérisées par des journées courtes, il est conseillé d’opter pour des variétés de cannabis à floraison rapide afin de limiter le risque de développement de maladies telles que le botrytis et de pouvoir récolter les plantes à pleine maturité dans les délais appropriés. Les plantes présentant une structure ouverte, avec de grands espaces internodaux, souffrent beaucoup moins des problèmes de moisissures.
breeding et à la sélection. Les graines féminisées constituent le choix privilégié de la majorité des cultivateurs de cannabis.
PHOTOPÉRIODIQUES ET AUTOFLEURISSANTES
La différence entre les plantes photopériodiques et autofleurissantes réside principalement dans le mécanisme qui déclenche la floraison. Dans le
La hauteur est également un facteur important à prendre en considération, aussi bien en extérieur qu’en intérieur. Certaines variétés peuvent atteindre des dimensions considérables, ce qui peut poser problème tant en raison de leur visibilité depuis l’extérieur que pour la gestion de l’espace dans les cultures indoor.
UTILISATION POUR LES FLEURS OU LES EXTRACTIONS
Aujourd’hui, de nombreuses banques de graines distinguent dans leur catalogue les variétés destinées à la production de fleurs de celles plus adaptées à la fabrication d’extractions. Les princi-

Variétés et banques de semences.
pales différences concernent les caractéristiques de la plante. Les variétés destinées à la production de fleurs présentent généralement des têtes denses et compactes, avec peu de petites feuilles et un rapport calice/feuille élevé, ce qui facilite les opérations de taille (trimming) et permet d’obtenir un produit final plus propre et doté d’un bon attrait visuel (bag appeal).
Les variétés les plus adaptées à la production d’extraits tels que le dry sift et le water hash doivent être choisies en fonction de leur aptitude à l’extraction. Le principal paramètre à prendre en compte est le type de résine que la plante est capable de produire. En général, ces variétés, appelées washers, sont testées avant leur commercialisation et sont accompagnées de données concernant leur rendement, exprimé en pourcentage de résine extractible. Les plantes les plus adaptées présentent une
structure plus ouverte, avec des inflorescences moins compactes et bien aérées, entièrement recouvertes de résine leur conférant un aspect blanchâtre appelé frosty. Les meilleures résines sont riches en trichomes glandulaires dotés de grosses têtes et de tiges extrêmement fines, voire presque inexistantes.
Un autre aspect fondamental est la qualité de la résine. Les variétés les plus adaptées sont celles dont les trichomes ont tendance à se détacher facilement de la matière végétale et présentent une texture plus granuleuse ou légèrement collante.
À l’inverse, les résines plus huileuses au toucher sont généralement plus difficiles à travailler lors des différentes étapes de l’extraction.
COMPÉTENCE DU CULTIVATEUR
Le choix de la graine dépend également de
BANQUES DE SEMENCES
Il existe plusieurs indicateurs permettant d’évaluer la fiabilité d’une banque de graines et d’éviter d’éventuelles arnaques.
Le premier élément à prendre en compte est sans aucun doute son historique. Certaines banques sont actives dans le secteur depuis plusieurs décennies et proposent des catalogues composés de variétés éprouvées et stabilisées. D’autres banques de graines plus récentes s’appuient quant à elles sur l’expérience de breeders maintes fois récompensés et reconnus à l’échelle internationale.
Au-delà de la réputation, il est également important d’évaluer la transparence des informations fournies. Les banques de graines les plus fiables indiquent clairement l’origine génétique des variétés, leur stabilité, leur temps de floraison ainsi que leurs principales caractéristiques.
Un autre aspect à considérer est l’étendue du catalogue. En effet, un nombre élevé de variétés ne constitue pas nécessairement un avantage s’il n’est pas soutenu par un véritable travail de sélection et de stabilisation. Dans ces cas-là, il est conseillé d’agir avec prudence, car il est difficile de tester en profondeur l’ensemble des génétiques proposées.
Pour vérifier si les graines achetées, ou celles dont on dispose déjà, sont de bonne qualité, il est nécessaire d’observer plusieurs caractéristiques telles que la couleur, la taille, la dureté et le comportement dans l’eau.
Les graines mûres présentent généralement une coloration brune avec des nuances grisâtres et parfois des marbrures ou des motifs caractéristiques. La taille peut fournir une indication sur la maturité, mais ne constitue pas toujours un critère fiable.
La coque doit être intacte, sans fissure, et résister à la pression exercée entre les doigts. Les graines de couleur verte ou blanchâtre qui se cassent facilement sont généralement de mauvaise qualité et germent rarement.
Un autre indicateur est leur comportement dans l’eau. Les graines qui flottent après immersion peuvent être vides ou insuffisamment développées, tandis que celles qui coulent sont généralement bien formées à l’intérieur.
l’expérience personnelle du cultivateur. Pour les débutants, il est recommandé de s’orienter vers des variétés plus faciles à gérer, caractérisées par une bonne vigueur végétative, une résistance élevée aux maladies, des temps de floraison courts et des besoins nutritionnels limités. De manière générale, il est préférable de commencer avec des génétiques fiables et bien stabilisées.
À l’inverse, certaines variétés sont plus complexes à cultiver et exigent davantage d’expérience. Par exemple, certaines variétés issues de croisements avec Zkittlez peuvent présenter des besoins nutritifs plus spécifiques, une plus grande sensibilité aux variations d’irrigation ainsi qu’un développement plus lent, rendant leur culture plus exigeante, même pour les cultivateurs expérimentés.
Le test le plus fiable reste toutefois celui de la germination. Les graines de bonne qualité présentent généralement un taux de germination supérieur à 90 %. Ce taux peut varier en fonction des conditions de conservation et de l’âge des graines, car des facteurs tels que la température, l’humidité et la durée de stockage influencent directement leur vitalité.
En conclusion, dans le breeding du cannabis, l’un des aspects les plus importants concerne la qualité du travail de sélection. Comme l’a également souligné Robert C. Clarke, la variabilité génétique représente une ressource fondamentale, mais elle peut être compromise par des programmes de breeding trop rapides ou insuffisamment structurés.
Une sélection fondée exclusivement sur l’arôme et la puissance risque de négliger des éléments essentiels tels que la vigueur hybride, la stabilité génétique et la résistance aux stress environnementaux. Une approche du breeding plus réfléchie demeure donc indispensable pour préserver et valoriser sur le long terme le patrimoine génétique de l’espèce, principe fondamental qui doit guider un choix éclairé des graines.
Yakandi / yakandi.medicinal@gmail.com
Le paillage vivant est une pratique qui garantit la régénération du sol, aussi bien en extérieur qu’en intérieur. Découvrez ce qu’est le paillage vivant et comment l’utiliser pour régénérer le substrat dans la culture du cannabis. Il améliore la microbiologie, fixe l’azote et réduit le besoin en engrais. Les différentes espèces pouvant pousser harmonieusement dans le sol où nous cultivons favorisent une microbiologie diversifiée et régénèrent complètement votre sol vivant entre deux cycles de culture, sans qu’il soit nécessaire de retourner la terre ni de la bêcher. Dans cet article, nous vous transmettons les conseils de Jorgi S, cultivateur biologique hongrois installé en Espagne, pour utiliser le paillage vivant dans la culture du cannabis, et nous expliquons ses nombreux avantages, en présentant une variété d’herbes, de fleurs et de plantes couvre-sol qui peuvent bénéficier à votre culture en intérieur comme en extérieur.

terrain et contribue à diminuer la température du sol. Grâce au paillage vivant, il est possible de réduire les besoins en apports nutritifs dans l’eau d’arrosage durant les premières phases du développement de la plante. Les éléments nutritifs sont en effet produits directement dans le sol avant même le début de la saison de culture.
Comme cette méthode repose sur un système de non-labour, elle limite au maximum les perturbations du sol, de ses micro-organismes et des autres êtres vivants qui y résident. En effet, le travail du sol et le bêchage entraînent généralement la perte d’une quantité importante de matière organique et d’organismes de toutes sortes. Pour réutiliser la terre, il devient alors nécessaire d’ajouter des matières végétales extérieures. Dans ce cas, on ne bénéficie pas pleinement de tous les avantages de la culture biologique.

Qu’est-ce que le paillage vivant ?
Il s’agit d’une technique d’agriculture biologique destinée à la régénération du sol, qui consiste à maintenir des plantes vivantes poussant dans le même substrat que celui qui sera utilisé pour la culture principale. Cette méthode permet notamment d’obtenir une transformation très bénéfique du terrain lorsqu’elle est appliquée entre deux saisons de culture, en laissant ces espèces accomplir l’intégralité de leur cycle naturel.
Cette pratique diffère de l’association de cultures classique, dans laquelle différentes espèces poussent et se développent aux côtés de la culture principale en tant que plantes compagnes.
Dans le cadre du paillage vivant entre deux cycles de culture, les plantes occupent l’ensemble de la zone cultivée et participent même à la décomposition des résidus racinaires après la récolte, renouvelant ainsi complètement le sol.
Quels sont les avantages de cette méthode ?
Le principal avantage est qu’elle offre un milieu de culture beaucoup plus riche pour la saison suivante. Elle permet également de conserver l’humidité du sol, réduisant ainsi les besoins en eau d’irrigation. Elle favorise aussi la vie microbienne, améliore considérablement la qualité du
Quelles espèces peuvent être utilisées pour le paillage vivant ? Il existe de nombreuses plantes, y compris des espèces sauvages, qui peuvent être utilisées à cette fin. On retrouve différentes variétés de trèfle, comme le trèfle rouge, le trèfle blanc ou encore le trèfle d’Alexandrie, qui forment un excellent couvert végétal et apportent une grande quantité d’azote au sol. Ils contribuent également à ameublir et à aérer les 5 à 10 premiers centimètres du sol.
D’autres espèces, comme la luzerne, la moutarde, la consoude et l’onagre, apportent une biodiversité considérable au terrain et participent à son enrichissement. Toutefois, comme ces plantes atteignent une taille plus importante, il est préférable de les utiliser uniquement lorsque l’on dispose de suffisamment de temps pour leur permettre d’accomplir l’intégralité de leur cycle de vie (floraison puis dépérissement).
Outre les légumineuses, on peut également utiliser la phacélie, dont le cycle de vie est plus court et qui offre une floraison particulièrement esthétique. Elle cohabite très bien avec la luzerne et les trèfles.
Très appréciée des abeilles, elle exerce aussi des effets remarquables sur le sol, car elle apporte non seulement de l’azote, mais aussi de nombreux oligoéléments. Le pissenlit remplit des fonctions similaires à celles de la phacélie.
Il est recommandé de combiner différents types de plantes capables de fixer l’azote, de produire de la biomasse et de développer des systèmes racinaires de profondeurs variées (racines longues pour décompacter et aérer le sol, racines courtes ou intermédiaires pour stimuler la vie bactérienne). Par exemple, le radis fourrager est excellent pour décompacter les sols tassés. L’avoine est également très efficace pour protéger le sol et produire une grande quantité de biomasse, tout comme l’orge, qui contribue à limiter l’érosion et à concurrencer les mauvaises herbes.
Faut-il retirer du substrat les racines du paillage vivant ?
Il n’est pas nécessaire de retirer les racines ni d’arracher les plantes, car cette méthode ne nécessite pas de mélanger ou de retourner le sol.
Toutefois, si besoin, il est parfois possible d’ouvrir légèrement les 30 premiers centimètres afin de favoriser l’entrée d’oxygène.
En agriculture biologique, l’objectif est de disposer d’une population suffisante de micro-organismes pour qu’ils travaillent eux-mêmes le sol, comme cela se produit naturellement dans les écosystèmes. Ainsi, il n’est plus nécessaire de le bêcher ou de le retourner.
Avec le paillage vivant, on laisse tout en place : il n’est pas nécessaire d’arracher quoi que ce soit. En évitant de retirer les plantes du terrain, on permet aux insectes, aux bactéries et aux champignons bénéfiques de décomposer toute la matière organique disponible. Si des vers de terre sont présents, ils participent activement à ce processus en transformant et en dégradant


le substrat. L’ensemble devient alors beaucoup plus naturel et équilibré. À la fin de la période de préparation, juste avant le début de la nouvelle saison de culture, il suffit de couper la végétation qui pousse au-dessus de la surface du sol et de la laisser sur place afin qu’elle serve de paillage sec. Seules les tiges ou les parties aériennes des plantes du paillage vivant doivent être coupées.
Vous vous demandez peut-être quoi faire des racines de la culture précédente et s’il faut les retirer. Tout dépend du temps dont vous disposez. Si vous attendez suffisamment longtemps — par exemple d’octobre jusqu’à la fin du printemps suivant — les racines de la culture précédente seront

entièrement décomposées par les organismes favorisés par le paillage vivant. Ceux-ci consommeront progressivement tous les résidus de racines mortes présents dans le sol, qui constituent pour eux une excellente source de nourriture.
Il est possible de retirer le cœur de la motte racinaire ainsi que le tronc principal des plants de cannabis récoltés, mais il est préférable de laisser tout le reste dans le sol. Cette matière végétale constitue une ressource précieuse, riche en microfaune bénéfique et équilibrée.
Le paillage vivant est difficile à mettre en œuvre lorsqu’il y a très peu de temps entre deux cycles

de culture. Il est recommandé de disposer d’au moins deux mois pour permettre à ce processus de se dérouler correctement. Idéalement, une période de trois à cinq mois de paillage vivant permettra d’obtenir les meilleurs résultats.
Ce système peut-il être utilisé en extérieur ou en intérieur ? En règle générale, il est préférable de l’utiliser en extérieur. En intérieur, il n’est vraiment intéressant que si vous disposez de grands contenants de terre. Dans de petits pots, ce n’est pas une très bonne solution, car l’espace disponible est insuffisant et le substrat se dessèche beaucoup trop rapidement. Si vous arrosez deux ou trois fois
sa phase de croissance, l’objectif principal est de stimuler la production d’azote ainsi que d’autres matières végétales vivantes qui se décomposeront grâce à l’action des bactéries et des insectes bénéfiques.
Par la suite, une fois que la plante pousse dans le substrat, il est possible d’utiliser des plantes compagnes pendant la phase de floraison. Celles-ci peuvent contribuer à repousser certains insectes et, grâce au réseau mycélien, influencer positivement la production de terpènes.
Comme nous le savons, certaines plantes aromatiques, telles que la menthe et le basilic, peuvent

par jour, cela peut fonctionner, mais la gestion devient relativement complexe. Dans tous les cas, le paillage vivant a besoin d’un environnement et d’une lumière naturels, car l’éclairage artificiel peut endommager certaines de ces plantes ou provoquer des carences, notamment chez les trèfles. C’est pourquoi, en raison également des nombreuses interactions avec les organismes vivants présents à l’extérieur, il est relativement difficile de cultiver un paillage vivant en intérieur. Il est nécessaire de se concentrer sur la production d’azote Étant donné que la matière organique produite servira directement à nourrir le cannabis pendant
influencer la production de terpènes par le biais de la communication mycélienne au sein des cultures associées.
Comme plantes compagnes durant la floraison, vous pouvez expérimenter avec différentes variétés de menthe et observer leur influence sur les saveurs des plantes : menthe ananas, menthe poivrée, menthe fraise, menthe verte, menthe chocolat, etc. Ces plantes possèdent des arômes très reconnaissables dans leurs fleurs comme dans leurs feuilles.
Elles peuvent avoir des effets particulièrement intéressants sur la production des terpènes.

Par Hortizan
Avec sa tige blanche, parfois translucide, Monotropa uniflora forme une étrange silhouette dans les sous-bois. Surnommée à juste titre Ghost Plant (plante fantôm), cette curieuse herbe vivace de 10 à 30 cm défie l’une des règles les plus célèbres de la biologie : elle survit sans aucune photosynthèse. Paradoxalement, elle appartient aux Ericaceae, la famille botanique des rhododendrons, myrtilles et bruyères. Majoritairement présente dans les forêts tempérées humides, l’espèce est observée dans une grande partie de l’Amérique du Nord et centrale, mais également en Asie orientale jusqu’à l’Himalaya.
Officiellement décrite pour la première fois en 1753 par le botaniste suédois Carl von Linné, cette plante attire rapidement l’attention des naturalistes par sa morphologie inhabituelle (Pic.1). Son nom scientifique Monotropa dérive des termes grecs monos « unique » et tropos “tourner”, en référence à sa fleur solitaire inclinée vers le sol, tandis que uniflora signifie “une seule fleur”.
Sa tige blanche, dotée de feuilles réduites à de petites écailles, se redresse progressivement après la floraison afin de favoriser la dispersion des graines (Pic. 2). Derrière cette silhouette inhabituelle se cache une espèce dont le fonctionnement à longtemps défié les classifications biologiques. Au 18e siècle, les mécanismes de nutrition végétale restent encore mal compris. La relation entre chlorophylle, couleur verte et nutrition végétale
reste imprécise, tandis que les interactions entre plantes et champignons demeurent inconnues. Dans ce contexte, Monotropa uniflora déroute les naturalistes. Sa couleur blanche, l’absence apparente de chlorophylle et son apparition dans les sous-bois humides après les pluies contrastent fortement avec les végétaux connus à l’époque.
Au 19e siècle, la compréhension de la chlorophylle progresse avec son isolement par les chimistes français Pelletier et Caventou en 1817, puis avec les travaux de Julius von Sachs en 1865 sur son rôle dans la physiologie végétale.
Pour expliquer la survie d’une plante dépourvue de chlorophylle, une première hypothèse s’impose : Monotropa uniflora serait une plante parasite exploitant directement les racines des arbres

voisins. Cependant, plusieurs observations remettent cette interprétation en question. La plante ne possède pas de haustoria, organes utilisés par les plantes parasites pour prélever directement des ressources chez leurs hôtes. Une autre hypothèse émerge alors : Monotropa uniflora est décrite comme une plante dite saprophyte,
notamment des champignons de la famille des Russulaceae, principalement des genres Russula et Lactarius, pour accéder indirectement aux sucres produits par les arbres qui transitent vers les champignons avant d’être transférés à la plante elle-même. Ainsi, Monotropa uniflora exploite un réseau mutualiste déjà établi sans renvoyer de carbone aux champignons partenaires.
Certains travaux en écologie évolutive décrivent ce fonctionnement comme une forme de “tricherie mycorhizienne” (Bidartondo, 2005). Cependant, ce mécanisme est invisible à l’œil nu. Pour le démontrer de façon irréfutable, les chercheurs ont dû faire appel à la chimie. La preuve décisive est ainsi apportée par des analyses isotopiques réalisées en 2006. Cette méthode étudie différentes formes naturelles d’un même élément

supposée tirer directement sa matière organique des sols riches en matière en décomposition. Cette interprétation reste dominante pendant plusieurs décennies sans expliquer les caractéristiques observées chez l’espèce. C’est l’étude des relations entre champignons et racines qui conduira à une révision de cette compréhension.
À la fin du XIXe siècle, les travaux de Franciszek Kamieński puis d’Albert Bernhard Frank conduisent à la notion de mycorhize, désignant une association symbiotique entre champignons et racines (Frank, 1885). Les champignons développent des hyphes formant un réseau mycélien favorisant les échanges avec les arbres. Ces derniers fournissent des composés carbonés issus de la photosynthèse ; en échange, les champignons facilitent l’absorption d’eau et de minéraux.
En 1994, Jonathan R. Leake formalise le concept moderne de mycohétérotrophie, qui désigne la stratégie par laquelle une plante obtient indirectement sa matière organique grâce à des champignons associés aux racines d’arbres.
Monotropa uniflora s’intègre à ces réseaux préexistants grâce à ses associations avec des champignons ectomycorhiziens. Elle exploite
chimique, appelées isotopes. Chaque variations possèdent une masse différente et peuvent être utilisées comme des traceurs chimiques permettant de retracer l’origine des échanges entre les organismes. En comparant cette signature chez Monotropa uniflora, les arbres voisins et les champignons associés, les chercheurs observent que la plante présente une signature plus proche de celle des champignons (Yang et al., 2006).
Ces résultats démontrent que la plante reçoit sa matière organique indirectement, via des espèces fongiques spécifiques liées à son système racinaire.
Ainsi, bien que les ancêtres de Monotropa uniflora aient appartenu à une lignée de plantes vertes photosynthétiques de la famille des Ericaceae, l’accès limité à la lumière dans les sousbois a favorisé une réduction des fonctions liées à la photosynthèse.
Sur plusieurs millions d’années, cette lignée a évolué vers une dépendance complète aux réseaux mycorhiziens souterrains, prouvant encore une fois le rôle fondamental des interactions souterraines dans l’organisation des écosystèmes forestiers.

Par Fabrizio Dentini
Mado Gilanton est Présidente APAISER S&C, association de patients souffrant de malformation de Chiari et/ou de syringomyélie : ce deux maladies de la moelle épinière et du cervelet génèrent à la fois des douleurs neuropathiques et des spasticités sévères.
Madame Gilanton est aussi membre du Conseil national de l’Alliance maladies rares et elle représente les patients au sein du comité scientifique temporaire de l’ANSM, Cannabis Thérapeutique. À la suite de la publication d’une enquête sur la perception du cannabis thérapeutique en France, nous avons décidé de la contacter afin d’en savoir plus. Voici un résumé de notre agréable conversation.
Combien de personnes font partie de votre association ?
On a 400 adhérents. Les adhérents sont des gens qui font la démarche de payer une cotisation. On aide environ entre 4000 et 6000 personnes, selon les pathologies. Par contre, notre site est consulté 8000 fois par mois. Avez-vous personnellement participé à l’expérimentation sur le cannabis médical ? Je suis atteinte de deux pathologies, à la fois la syringomyélie et la malformation Chiari, mais je n’ai pas été incluse dans le protocole pour la simple raison qu’il était interdit de conduire et moi, j’habite en campagne et j’ai besoin de conduire. Comme je faisais partie du comité, je ne pouvais pas ignorer le fait qu’on ne puisse pas conduire et donc, par respect de la loi, je ne suis pas rentrée dans le protocole.
Combien de vos membres ont participé ?
On a une quinzaine de patients qui ont été inclus parce qu’on est vraiment dans l’indication des douleurs neuropathiques très sévè -
res qui sont résistantes aux autres traitements. On a des patients de tout âge, de 28 à 78 ans et on a à la fois des personnes sur des grandes villes comme Paris, mais aussi dans des petits hôpitaux périphériques comme Pau, Lorient ou comme Saint-Loup.
Quels résultats ont-ils eu grâce à cette alternative médicale ?
Voulez-vous nous donner quelques exemples ?
Une personne, qui a un travail particulièrement solliciteur, puisqu’elle est professionnelle de santé dans les urgences, a repris le travail grâce au traitement. On a plusieurs personnes qui ont repris le travail. Après, on a aussi des patients qui sont très invalidés, qui peuvent être en fauteuil et qui grâce au cannabis thérapeutique ont pu recommencer à avoir une vie sociale et familiale, parce que vous savez combien la douleur et les spasticités peuvent isoler socialement. On a une grande satisfaction de la part de ces patients-là.
Croyez-vous que ces personnes seront prêtes à renoncer à cette alternative thérapeutique maintenant qu’elles l’ont essayée ?
Une jeune fille m’a dit : “ Moi s’il n’y a plus de cannabis, c’est simple, au bout de trois, quatre jours, les douleurs vont revenir et je vais replonger.” J’ai aussi une autre patiente, qu’elle doit avoir 35-40 ans, opérée de notre pathologie et qui m’a dit :
“Avant le cannabis je ne dis pas que j’allais passer à l’acte de suicide, mais je rêvais quand même de ne pas me réveiller le matin.” Donc ces patients-là, ils ne pourront pas s’en passer, ils essaieront de trouver d’autres systèmes si le produit n’était pas mis en place.


Donc on peut déclarer sans doute aucun, que le fait de développer en vitesse un système d’accès simple pour les patients français est d’abord un discours de droit humain ?
C’est un discours de droit humain, tout à fait. L’accès au cannabis médical est un outil de plus, parce que ces patients-là, ils ont résisté à tout traitement.
Considérez-vous le cannabis médical comme un outil ?
Oui, c’est un outil de plus. On ne dit pas que c’est du miracle, c’est-à-dire que ça va jouer à 100%, comme aucun médicament dans aucune thérapie d’ailleurs, n’importe quelle qu’elle soit.
Mais néanmoins, nous là, sur l’expérimentation, en particulier dans certaines pathologies, les résultats étaient forts, c’est-à-dire qu’on a eu 60% de patients améliorés : des patients qui avaient résisté à tout traitement médicamenteux. Sur les douleurs neuropathiques sévères ou sur la spasticité, c’est une meilleure efficacité qu’avec des opiacés mais avec moins d’effets secondaires qu’avec un Tramadol, qu’il y a un patient sur deux qui ne supporte pas.
Comment évaluez-vous la contribution des médecins à cette expérimentation ?
disposition des patients. D’autre coté, le 90% des Français, c’est-à-dire 9 sur 10, disent qu’ils ont très bien compris la différence entre le cannabis récréatif et le cannabis thérapeutique.
On a aussi un chiffre qui est très fort : c’est 75% des Français qui estiment qu’il n’y a pas une prise en charge et 73% qui disent que les autorités françaises ne prennent pas suffisamment en compte la souffrance des patients dans le cadre du débat autour du cannabis thérapeutique.
Plus de 8 français sur 10 estiment que l’accès limité au cannabis thérapeutique pose un problème. Quelles conséquences ces résultats auraient-ils pour le ministre de la Santé, d’autant plus que, selon votre sondage, 7 français sur 10 pensent que les autorités ne tiennent pas suffisamment en compte leur souffrance ?
Madame Rist, qui est ministre de la Santé, a saisi les organismes pour que le décret soit publié. Maintenant, on a une lenteur administrative en France, qui est liée au fait que, à chaque virgule, il faut quatre réunions. La lenteur est liée au fait que on a des interlocuteurs qui changent en coups et qui nuent depuis 8 ans.
Il y a vraiment une désorganisation des pouvoirs administratifs. On parle vraiment de l’administration et non pas de la politique.
Car le Français, lui, il pense toujours que c’est la politique, alors que là, les deux derniers ministres ont tout fait pour que ça
problème, ou qu’ils veulent se protéger au lieu de travailler à la protection des patients. La peur s’oppose à la souffrance des patients...
C’est ça, mais c’est aussi parce qu’on a un tel système de contrôle et de recontrôle et je pense que ce n’est pas que dans le domaine du cannabis médical. Par contre pour le cannabis médical, on n’a jamais eu pour un seul médicament un parcours qui soit imposé comme ça.
Votre sondage a le profond mérite de mettre vraiment la politique en face à une réalité, et ils ne peuvent plus se cacher derrière les doigts et dire que les Français ne sont pas prêts... Je suis présidente de l’association qui porte le combat depuis huit ans. Mais, même si on s’attendait à des résultats favorables, on ne s’attendait pas à avoir des chiffres aussi puissants.
Donc, si vous voulez, on est très contents. Les chiffres montrent bien que les Français sont prêts. Les pharmaciens sont plus que prêts.
Les médecins sont prêts, tandis que, au départ, je me suis faite insulter par des médecins. On attend le décret et il faudrait que ce décret tombe très rapidement, maintenant.
On nous l’avait promis et il est très important qu’il soit publié avant fin juin. Parce que, toujours pareil, la bureaucratie étant telle qu’elle est, pourrait permettre de trouver le produit à disposition des patients pour 2027. Ce que nous ne voulons pas, c’est que ça
Les médecins eux-mêmes disaient que peut-être au départ, ils ne savaient pas prescrire si bien que ça.
Et donc, on a peut-être eu plus d’échecs au départ qu’ensuite quand ils ont bien connu le produit, quand ils ont bien vu comment il fallait prescrire, selon le profil du patient, quel dosage il fallait mettre, quel ratio il fallait mettre. Le cannabis c’est vraiment une médecine personnalisée.
Quand et pourquoi avoir décidé de mener cette enquête sur la perception du cannabis thérapeutique en France ?
Voyant que la loi avait été votée, on avait l’impression que les hommes politiques étaient d’accord, mais on s’est dit, nous les patients, on est dedans jusqu’au cou, mais en fait est-ce que la population française est d’accord avec nous ? Donc on a eu cette idée de faire faire un sondage à Norstat et je peux vous dire que même nous, on a été surpris des résultats.
Quels sont les principaux résultats de l’enquête et surtout celui qui vous ont le plus frappé ?
Alors, d’une part, on a ce 92% des Français qui sont pour que le cannabis médical soit à
73% des françaises considèrent que les autorités ne prennent pas suffisamment en compte la souffrance des patients
arrive. Mais on se heurte à des organismes administratifs où prévalent la prudence, la peur. Tout le monde ouvre le parapluie pour pas que ça lui tombe dessus si jamais il y avait un souci.
L’administration qui empêche la mise en œuvre rapide des mandats politiques ?
Aujourd’hui, on a une expérimentation qui a montré la sécurité qu’on pouvait avoir autour d’une prescription et une dispensation d’un médicament et qui a montré que sur 3 200 patients qui ont été inclus, il n’y a eu aucun mésusage, aucun détournement produit, aucun incident dans une pharmacie.
A travers vos mots, je crois comprendre que vous essayez de souligner que ce sont les bureaucrates qui posent un
devienne un nouvel enjeu d’une campagne présidentielle.
Souhaitez-vous ajouter autre chose ?
Il ne faut pas oublier que dans cette expérimentation, on a une indication qui est la fin de vie. Et la fin de vie, comme la douleur, elle n’attend pas non plus. Et moi, j’ai régulièrement des médecins de soins palliatifs, qui me disent : “ Moi j’ai des patients dont je me dis tous les jours, mais bon sang, si je pouvais lui mettre du cannabis, parce qu’il l’a déjà inclus dans le cadre de l’expérimentation, mais on ne peut plus inclure des nouveaux patients et ces patients-là, ils mourraient d’une façon différente.
Il pourraient mourir apaisés en ayant la possibilité de communiquer avec ses proches et en ayant des douleurs atténuées. En manière plus sereine. ”
Par Hortizan
Depuis les premières civilisations agricoles, la Lune influence profondément les croyances et pratiques des cultivateurs. Dès 2400 av. J.-C., les premiers calendriers lunaires mésopotamiens structurent déjà les pratiques religieuses, administratives et agricoles. Chaque cycle lunaire complet dure environ 29,5 jours. Il est appelé mois synodique, du grec sýnodos signifiant “rencontre”, car il correspond au retour d’une même phase lunaire. L’hypothèse semble, à première vue, assez intuitive : si la Lune influence les océans, elle pourrait aussi agir sur la circulation des fluides chez les végétaux. Cette croyance survit encore aujourd’hui à travers les calendriers lunaires encore utilisés par certains cultivateurs pour rythmer semis, rempotages ou récoltes. Une Lune montante favoriserait le développement aérien, tandis qu’une Lune descendante stimulerait l’activité racinaire. Pourtant, une question demeure : cette tradition repose-t-elle sur un phénomène biologique réel ou sur l’un des mythes les plus persistants du monde végétal ?
L’hypothèse d’une incidence de la Lune sur la croissance des plantes se heurte à une limite physique majeure : l’ordre de grandeur. La force de marée lunaire, souvent invoquée pour expliquer une action sur les fluides végétaux, atteint seulement 0,0000011 m/s², soit une intensité environ 9 millions de fois plus faible que la gravité terrestre (Mayoral et al., 2020, Agronomy). Une confusion fréquente alimente cette croyance : les marées ne sont pas dues à une simple attraction de la Lune sur l’eau, mais à une différence d’attraction gravitationnelle entre plusieurs régions de la Terre. Comme ces régions sont séparées par des milliers de kilomètres, cet écart suffit à déplacer d’immenses masses d’eau.

Le plus ancien fossile de la première plante vasculaire est le genre Cooksonia, caractérisé par de petites tiges ramifiées en forme de “Y” terminées par des sporanges, dépourvues de feuilles et de racines. (Cooksonia fossilisée, photo Dave Ruskin, Herkimer Co, État de New York, U.S.A. - Musée Royal de l’Ontario).
À l’échelle d’une plante, en revanche, cette différence devient infinitésimale. La force de marée exercée entre le haut et le bas d’une tige est beaucoup trop faible pour influencer réellement la circulation de l’eau ou de la sève. La question n’est donc plus de savoir si la Lune déplace la sève, mais quels mécanismes assurent réellement sa circulation.
Pour comprendre, il faut remonter à l’apparition des Tracheophyta, les premières plantes vasculaires, il y a environ 425 millions d’années.
Parmi elles figure Cooksonia (Photo1), l’un des plus anciens genres connus. Apparaissent alors le xylème, tissu conducteur spécialisé qui transporte l’eau et les minéraux, et le phloème, qui redistribue les sucres issus de la photosynthèse (Taiz & Zeiger ; Raven Biology of Plants). Le principal moteur de la circulation de l’eau chez les végétaux se situe dans les feuilles, au niveau des stomates : de minuscules pores assurant les échanges gazeux (Photo 2). Lorsqu’ils s’ouvrent pour capter le dioxyde de carbone nécessaire à la photosynthèse, une partie de l’eau s’évapore : c’est la transpiration foliaire. Cette évaporation crée une force de traction qui provoque l’ascension d’une colonne d’eau continue des racines vers les feuilles. Tout ce mécanisme tient debout grâce à la cohésion entre les molécules d’eau, assurée par les fameuses liaisons hydrogène. Ce phénomène repose sur le modèle de cohésion-tension proposé par Henry Dixon et John Joly en 1894. Ainsi, au regard de ces mécanismes hydrauliques finement régulés, l’hypothèse d’une contribution gravitationnelle directe de la Lune paraît difficile à justifier.
Mais oublions la gravité : et si la Lune agissait plutôt par sa lumière ? En fait, les végétaux n’utilisent pas la lumière seulement pour se nourrir, mais également comme repère biologique. Grâce à des capteurs appelés phytochromes, les plantes analysent la luminosité ambiante pour ajuster leur croissance au rythme des jours et des nuits. Cette hypothèse a été explorée dans une étude comparant des plantules de moutarde indienne Brassica juncea cultivées dans l’obscurité à celles exposées au clair de lune (Singiri et al., 2023, Plants). Les résultats montrent des modifications liées au stress et une amélioration de la croissance post-germination. Les auteurs évoquent une augmentation de molécules impliquées dans les mécanismes de défense. Cela suggère un “stress priming” : une préparation physiologique permettant à la plante d’anticiper plus efficacement certaines futures contraintes.
Ces résultats restent préliminaires et ont été obtenus dans des conditions expérimentales spécifiques. Ils ne permettent ni d’établir l’existence d’un mécanisme universel ni de conclure à un effet agronomique reproductible à grande échelle. Par ailleurs, une revue publiée dans Agronomy, fondée sur plus d’une centaine d’études, conclut qu’aucune preuve expérimentale robuste
ne soutient une influence mesurable de la Lune sur la croissance végétale (Mayoral et al., 2020). Cependant, il reste une nuance à apporter. Ce n’est pas parce que la Lune n’a pas d’effet direct sur le fonctionnement interne de la plante qu’elle ne joue aucun rôle dans la nature qui l’entoure. La lumière des différentes phases lunaires modifie complètement le comportement, l’activité et les déplacements de certains insectes, tels que les papillons de nuit (Gaston et al., 2013 ; Kyba et al., 2017). En bref, la Lune n’agit peut-être pas sur la sève, mais probablement sur toute une vie en coexistence avec les végétaux dont on ne comprend pas encore tous les effets.
Cette influence indirecte nous rappelle une évidence fondamentale : les plantes n’évoluent jamais isolément, mais au sein d’un réseau complexe d’interactions biologiques reliant microorganismes, insectes, pollinisateurs et environnement. Ainsi, les mécanismes les plus

de feuille de tomate observé au microscope électronique et recolorisé (photo Charles Tschirhart, 2007).
déterminants du monde végétal semblent moins dépendre d’une influence céleste directe que des interactions invisibles qui structurent le vivant. Pendant des siècles, les cultivateurs ont cherché des réponses dans le ciel. Et pourtant, certains des mécanismes biologiques les plus complexes se jouent juste sous nos pieds, au cœur de quelques millimètres de sol vivant.

Gerard Donisa / Gerard.7000b@gmail.com

Nous allons découvrir des molécules appelées 3MH (3-mercaptohexanol), 3MHA (acétate de 3mercaptohexyle) et 3MB (3-méthylbutane-1-thiol), qui sont responsables de l’émission d’odeurs aux nuances soufrées, comme celles que l’on retrouve dans des génétiques telles que Tropicana ou Tangie, parmi bien d’autres.
Ressentir une préférence pour certaines odeurs ou saveurs fait partie de la personnalité qui définit chaque être humain dans le monde ; il ne pouvait en être autrement pour les plantes de cannabis.
Dès que l’on s’initie à l’univers du cannabis, on cherche toujours à apprendre tout en prenant du plaisir, c’est pourquoi les odeurs constituent une part fondamentale de cet apprentissage. On a toujours pensé que les terpènes étaient les responsables
des arômes et des saveurs du cannabis. Aujourd’hui, nous allons approfondir un peu plus ce sujet en nous concentrant particulièrement sur les nuances d’agrumes et de fruits, qui sont en réalité plus complexes et plus profondes qu’on ne le pensait jusqu’à présent, offrant une infinité de possibilités pour le développement et la recherche autour du cannabis.
Dans une large mesure, tout cela est rendu possible grâce aux dernières avancées
technologiques, aux nouvelles méthodes de travail et aux recherches qui progressent à pas de géant dans l’industrie du cannabis.
Dans ce cas précis, un groupe de chercheurs a identifié un nouveau groupe de molécules à forte teneur en soufre, responsables de cette odeur et de cette saveur particulières dans des variétés telles que Tangie, Tropicana, GMO, New York Diesel et bien d’autres. Ces composés, appelés composés soufrés Tropicana ou TSC, sont principale -
ment constitués de 3MH, 3MHA et 3MB, des molécules spécialement chargées d’émettre ces arômes tropicaux, citronnés et fruités, créant ainsi un lien étroit entre le soufre et ce profil terpénique.
La découverte de ces molécules est particulièrement importante, car cette avancée permettra de déterminer quels métabolites présents dans la plante sont responsables de cette gamme d’arômes si caractéristique.
Sur le plan structurel, ces composés sont assez similaires à ceux que l’on retrouve dans des plantes domestiques, comestibles ou ornementales, ce qui laisse penser que ces métabolites sont présents dans un grand nombre d’espèces végétales. L’un des futurs projets pourrait être la création d’un répertoire permettant de regrouper toutes ces plantes en un même endroit afin de développer des recherches visant à identifier les profils VSC que chacune d’elles présente ou partage avec les autres.
Les terpènes, tout comme les flavonoïdes, sont des composés très importants pour l’ensemble de la plante, car ils créent des caractéristiques distinctives entre les différentes génétiques tout en constituant une signature immuable présente dans un très grand nombre de plantes et d’arbres.
Dans le cas du cannabis, les composés qui constituent les différents terpènes connus à ce jour sont nombreux et variés, bien que les chercheurs estiment qu’environ 45 % de ceux que cette plante pourrait contenir n’ont pas encore été découverts.
Malgré toutes les études réalisées, différents facteurs peuvent compliquer l’identification des raisons pour lesquelles une génétique spécifique produit ce type de composés. Par exemple, la combinaison de nuances terreuses, fruitées et acides pourrait conduire à un profil terpénique présentant des caractéristiques soufrées. Un autre facteur pourrait être l’évolution de certains acides au sein de la plante, influençant ainsi ses propriétés finales.
Outre les composés identifiés précédemment, d’autres nouveaux composés ont également été observés et caractérisés, notamment les VSC3 à VSC7, qui se sont révélés

être parmi les principaux responsables de cette odeur si particulière. Lorsque les chercheurs ont isolé le composé VSC3, ils se sont rendu compte que sa puissance aromatique n’était pas aussi forte que prévu, suggérant que ce composé doit agir en synergie avec les autres pour exprimer pleinement son potentiel, de la même manière que l’effet d’entourage évoqué pour le THC, le CBD, le CBG, etc.
Ils sont parvenus à cette conclusion après avoir isolé le VSC3 individuellement, pensant que son intensité et les odeurs soufrées s’en trouveraient amplifiées, ce qui ne fut pas le cas.
Les chercheurs ont constaté que l’odeur obtenue n’était pas totalement soufrée, mais présentait plutôt des nuances gazeuses et florales. Ils en ont conclu que c’est la combinaison de plusieurs composés naturellement produits par la plante de cannabis qui donne naissance à cette odeur caractéristique propre à certaines génétiques.
L’objectif principal des études consacrées aux composés soufrés est de comprendre pourquoi ces composés se développent uniquement dans certaines génétiques et de tenter de les cartographier.
Bien que cela puisse sembler un travail passionnant, il ne faut pas oublier que ces composés sont également présents dans de nombreuses autres plantes telles que l’ail, l’oignon, le houblon ou encore les violettes.
Les similitudes entre les composés présents dans l’ail et ceux du cannabis sont particulièrement importantes.
Dans l’ail, ces caractéristiques sont associées à des propriétés bénéfiques pour la santé largement reconnues et démontrées, notamment des effets antifongiques, anticancéreux et antiseptiques, entre autres. Ces indicateurs observés dans d’autres plantes pourraient donc ouvrir un vaste champ de recherche sur leurs effets et leurs applications potentielles, tant dans le domaine végétal que chez l’être humain.
Il convient également de rappeler que ces composés sont présents dans d’autres plantes de consommation courante, notamment dans la famille des brassicacées, qui comprend le brocoli et le chou-fleur, auxquels ils confèrent leur odeur caractéristique, particulièrement lors de la cuisson à l’eau.
On les retrouve également en grande quantité dans des légumes tels que l’ail, les oignons ou la ciboulette, en partie grâce à la présence importante d’un composé appelé allicine, reconnu pour ses propriétés antioxydantes et antiseptiques.
Enfin, le monde des champignons renferme lui aussi une grande variété de composés soufrés qui apportent des nuances aromatiques très particulières.
Dans leur cas, le composé prédominant est le CSV, responsable d’odeurs singulières comme celles de la truffe, du pleurote, du champignon de Paris et de nombreuses autres espèces, très appréciées dans l’univers de la gastronomie.


Stoney Tark
THRIPS
Les thrips sont de minuscules insectes allongés dont la couleur varie du jaune pâle et brun au noir, orange, voire rougeâtre. Ces ravageurs se nourrissent en perçant les tissus des plantes et en aspirant leur sève, causant des dégâts importants sur les feuilles et les jeunes pousses. Les thrips se reproduisent très rapidement, et leurs œufs sont déposés directement à l’intérieur des tissus végétaux, ce qui rend leur détection précoce difficile. Les adultes comme les larves peuvent endommager les plants de cannabis, et une infestation doit être traitée avant qu’elle n’affecte sérieusement la santé et la vitalité de la plante.
SIGNES DE DÉGÂTS CAUSÉS PAR LES THRIPS
Traînées argentées ou bronzées sur les feuilles
• Feuillage recroquevillé ou cassant
• Petits points noirs d’excréments
• Cicatrices et décoloration des feuilles
• Feuilles fines, fragilisées, à texture papier
MÉTHODES DE LUTTE BIOLOGIQUES
Plusieurs méthodes de contrôle biologique permettent de gérer les populations de thrips. Il est préférable d’appliquer ces traitements pendant la phase végétative, car la pulvérisation sur les fleurs n’est pas recommandée.
• Rincer abondamment les plantes à l’eau
• Utiliser des jets d’eau à pression pour déloger les insectes
• Appliquer du savon insecticide quotidiennement
Utiliser de l’huile de neem pendant la phase végétative
Saupoudrer les feuilles avec de la terre de diatomée de qualité alimentaire
INSECTES AUXILIAIRES UTILES
Les insectes bénéfiques sont particulièrement efficaces contre les thrips. Parmi les prédateurs recommandés :
• Les punaises pirates minuscules)
• Les staphylins
Les larves de chrysopes
PRÉVENTION
Il est important d’éviter les excès d’arrosage, car de mauvaises conditions de culture peuvent favoriser les problèmes de ravageurs.
L’huile de neem combinée à une solution savonneuse douce offre un bon contrôle, mais elle ne doit jamais être appliquée directement sur les fleurs en développement. Une autre mesure préventive efficace con-

siste à intégrer des plantes compagnes dans l’espace de culture afin de repousser naturellement les ravageurs.
ARAIGNÉES ROUGES
Les araignées rouges sont considérées comme l’un des ravageurs les plus destructeurs dans la culture de cannabis. Ces arachnides microscopiques peuvent apparaître rouges, verts, jaunes, oranges ou bruns. Elles se reproduisent à une vitesse alarmante et sont particulièrement actives pendant la période de floraison. Une seule femelle peut pondre des dizaines d’œufs, dont beaucoup donneront naissance à des femelles reproductrices. Dans des conditions idéales, les populations peuvent devenir incontrôlables en quelques jours et, en moins d’un mois, une culture peut être entièrement infestée et gravement endommagée.
L’un des signes les plus caractéristiques d’une infestation d’araignées rouges est l’apparition de fines toiles autour des tiges, des feuilles et des fleurs. Elles tissent leurs toiles entre les colas et les feuilles, en général dans les parties supérieures de la plante.
SIGNES DE DÉGÂTS
• Petites taches blanches ou jaunes sur les feuilles
• Fines toiles autour des fleurs et des tiges Flétrissement ou affaiblissement de la croissance
Feuillage bronzé ou décoloré
COMMENT ÉLIMINER LES ARAIGNÉES
ROUGES
Les araignées rouges sont sans doute les ravageurs les plus difficiles à éliminer. La rapidité d’intervention est essentielle : dans des
PUCERONS
Les pucerons sont de petits insectes suceurs de sève qui existent en différentes couleurs, notamment vert, jaune, noir, gris et rouge. On les trouve souvent regroupés sur la face inférieure des feuilles, où ils se nourrissent de la sève des plantes et les affaiblissent progressivement. L’une des raisons pour lesquelles les pucerons peuvent devenir un problème majeur très rapidement est leur capacité de reproduction. Les femelles peuvent se reproduire sans mâles et donner naissance à des petits vivants plutôt que de pondre des œufs, ce qui permet aux populations d’exploser en très peu de temps.
SIGNES DE DÉGÂTS CAUSÉS PAR LES PUCERONS
Lors de l’inspection de vos plantes, voici les principaux signes et symptômes à surveiller :
• Feuilles flétries
• Feuilles jaunissantes
• Dépôts de miellat (substance collante) sur les feuilles
• Développement végétatif ralenti
• Aspect général sec et affaibli des plantes Racines décolorées
LUTTE CONTRE LES PUCERONS
Une intervention précoce est essentielle. Les petites infestations peuvent souvent être contrôlées en pulvérisant les plantes avec de l’eau pour déloger les insectes ou en retirant les feuilles fortement infestées.
conditions favorables, elles peuvent passer de l’œuf à l’adulte reproducteur en seulement 10 jours. Les infestations légères peuvent être réduites par :
• Pulvérisation des plantes à l’eau
• Nettoyage des zones touchées avec de l’al cool isopropylique sur un chiffon ou un papier
Applications d’huile de neem
• Traitements au savon insecticide
Introduction de prédateurs naturels
PRÉDATEURS NATURELS
Les insectes utiles qui se nourrissent des araignées rouges incluent :
• Les coccinelles
• Les chrysopes
• Les punaises pirates minuscules
Il faut toujours éviter de pulvériser directement les fleurs ou les têtes, surtout pendant la phase de floraison. Les nouvelles boutures et les plantes entrantes sont une source fréquente d’infestation : mettre en quarantaine toute nouvelle plante avant de l’introduire dans un espace de culture permet de prévenir des contaminations importantes.

Les traitements biologiques comme le savon insecticide et l’huile de neem sont également très efficaces. Ces produits enrobent les insectes et perturbent leur respiration et leur alimentation, mais ils sont surtout recommandés pendant la phase de croissance végétative.

SOLUTIONS NATURELLES ET PRÉVENTION
L’une des solutions les plus efficaces à long terme consiste à introduire des insectes auxiliaires dans l’espace de culture. Les prédateurs naturels des pucerons incluent :
• Guêpes parasitoïdes
• Syrphes
• Chrysopes
• Punaises prédatrices
• Coccinelles
Une simple solution d’eau savonneuse douce peut également être efficace au début d’une infestation. Le savon détruit la couche protectrice des pucerons, entraînant leur déshydratation et leur mort.
En cas d’infestation sévère, il est recommandé de combiner les contrôles biologiques avec une défoliation stratégique afin de réduire les populations et d’empêcher leur propagation.

Par Fabrizio Dentini
Renato Auer est membre du comité de l’association CI Chanvre Suisse, association professionnelle de l’industrie suisse du cannabis fondée en 2017. Cette association représente les intérêts de ses membres auprès de la politique, des autorités et du public et s’engage pour une régulation du cannabis raisonnable, réaliste et responsable. Aujourd’hui, nous entendons le point de vue de M. Auer sur le développement de l’essai suisse dans le domaine de l’usage de cannabis pour les adultes.
Pouvez-vous nous donner un aperçu des expérimentations sur le cannabis qui se déroulent dans votre pays ? Il s’agit de projets scientifiques, mis en route en 2023, qui proposent un accès contrôlé au cannabis à des adultes déjà consommateurs et qui se basent sur l’article d’expérimentation de la loi sur les stupéfiants. On teste différents modèles de distribution, soit par des pharmacies, des magasins spécialisés, des social clubs ou encore des points de vente gérés par des villes. Les essais peuvent durer cinq ans et une possibilité de prolongation unique de deux ans est possible. En juin 2025, environ 10.400 adultes participaient à sept essais pilotes en cours. Ces projets se déroulent dans plusieurs villes et communes suisses, notamment à Bâle, Berne, Bienne, Lausanne, Winterthur, Zurich et d’autres communes.
Quels éléments vous semblent les plus pertinents pour développer un cadre réglementaire pragmatique ?
Les résultats montrent qu’un accès contrôlé au cannabis est réalisable dans la pratique. Les participants utilisent les points de vente légaux, apprécient la qualité contrôlée des produits et tiennent compte des conseils et des informations sur les produits. En ce qui concerne l’ordre public, on n’a constaté aucun effet négatif significatif jusqu’à présent. Le point les plus important pour une future régulation est un marché légal sûr, contrôlé et crédible, mais qui doit être réellement accessible aux consommateurs adultes.
Si les prix, le choix des produits ou les obstacles administratifs ne correspondent pas à la réalité de la consommation actuelle, le marché noir restera attractif. Les résultats intermédiaires montrent qu’un accès strictement réglementé avec conseil, information sur le THC et limite d’achat, contribue à réduire la consommation problématique et renforce la réduction des risques. Pour

la CI Chanvre, le message est clair : la régulation n’est pas un laissez-passer, mais un outil pour plus de contrôle, de qualité et de prévention.
Peut-on dire que la protection des consommateurs est fondamentale pour la santé publique et pour les droits humains ?
La protection des consommateurs est une question centrale de santé publique. Un consommateur de cannabis adulte ne devrait pas être obligé de s’approvisionner sur un marché noir non contrôlé. Aujourd’hui, les consommateurs ne savent souvent pas ce qu’ils achètent quant à la teneur en THC, les résidus, les contaminations ou additifs indésirables, difficilement contrôlables sur le marché illégal. Un marché réglementé crée de la transparence. Il permet des contrôles d’âge, des analyses de produits, une traçabilité, du conseil et de la prévention. Ceci est également pertinent du point de vue des droits humains : les consommateurs adultes doivent pouvoir accéder
à des informations fiables et à des produits aussi sûrs que possible, sans criminalisation et sans contact avec le marché illégal. Mais il faut rester clair : le cannabis est une substance psychoactive qui comporte des risques. Réguler ne veut pas dire banaliser. Réguler veut dire contrôler.
Le 7 mai, la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national a examiné les résultats de
la consultation et a renvoyé le projet à sa sous-commission. Quels changements vous semblent centraux ?
Le renvoi à la sous-commission n’est pas un refus de la régulation du cannabis. Il montre plutôt que le projet doit être revu sur le plan politique et sur le plan de sa mise en œuvre. C’est compréhensible, mais cela ne doit pas conduire à un retard inutile.
Du point de vue de la CI Chanvre Suisse, cinq points sont très importants. Premièrement, l’application de la loi doit être plus simple et plus praticable pour la Confédération, les cantons et les communes. Les retours de la consultation montrent que le projet actuel est perçu comme trop complexe dans sa mise en œuvre. Deuxièmement, il faut un modèle de vente crédible. Selon nous, les magasins spécialisés réglementés, licenciés et dotés de personnel formé jouent un rôle important. Les modèles trop centralisés ou monopolistes sont à évaluer selon un critère simple : peuvent-ils réellement détourner les consommateurs du marché noir ? Troisièmement, les prix doivent être réalistes. Un marché légal ne peut pas atteindre ses objectifs de santé publique s’il n’est pas compétitif face au marché noir.
Quatrièmement, il faut des standards de qualité, une traçabilité et des informations fiables sur les produits. Cela implique aussi une distinction claire : les produits naturels du cannabis peuvent être réglementés et contrôlés. A notre avis, les cannabinoïdes synthétiques et semi-synthétiques n’ont pas de place dans un marché légal destiné à la consommation. Cinquièmement, il faut une solution de transition pour les essais pilotes en cours. Ces projets fournissent des données importantes et une expérience pratique précieuse. S’ils prennent fin sans transition appropriée, nous risquons de perdre du savoir-faire, des structures et de la confiance.


Par Olivier F
Après la suppression de l’article 23 du PLF (projet de loi finances), la filière CBD est à nouveau attaquée par le gouvernement. La DGAL (Direction générale de l’alimentation) a lancé des contrôles sur le CBD alimentaire, qui ne serait pas autorisé dans la catégorie novel food. Un collectif de chanvriers appelé Le Champ d’en Face vient de voir le jour. Sur son site, développé par l’Herbe en France, le collectif, en partenariat avec NORML France, vous invite notamment à signer une tribune ou à interpeller un député. Son objectif est d’organiser, dans plusieurs régions, des repas à base de chanvre cuisinés par des chefs, qui réuniront des chanvriers, des acteurs économiques, des journalistes et des élus pour débattre de l’avenir du secteur.
SSFR : Vous venez de créer le collectif « Le Champ d’en Face » Pouvez-vous vous présenter individuellement à nos lecteurs ?
Nicolas Voisin : Je m’appelle Nicolas Voisin et j’ai 48 ans. J’ai l’immense bonheur de choyer 40 hectares. Cette année, je passe pro. J’ai pris un statut agri sur l’activité de production de chanvre au CBD. J’ai un passé de militant de mille et une façons. J’ai souvent créé des boîtes pour essayer de changer le monde. J’ai été le fondateur du site OWNI, un partenaire de Wikileaks, fermé en 2012. J’ai rejoint les luttes sociales, j’ai été un des papas de Nuit Debout, j’ai lutté à la ZAD… Je combats aussi le cannabis de synthèse qui fait de gros dégats.
Jeremy Gaillard : Moi, je suis arrivé dans le CBD en 2016,. J’ai commencé par en vendre dans les boutiques, et sur les foires, sur les marchés. En 2018, j’ai rejoint la ferme bio de Pigerolles pour lancer une des premières cultures françaises. On a milité un petit peu
pendant des années pour avoir des ouvertures réglementaires. En 2021, j’ai fondé l’AFPC, l’Association française des producteurs de cannabinoïdes, pour défendre nos intérêts face à une ouverture aux produits étrangers mais pas aux produits français. On a fondé l’association suite à l’arrêté Kanavap, où un produit étranger était légal en France, mais où un produit français ne l’était toujours pas. Ensuite, j’ai pas mal travaillé aussi à essayer de développer la filière de cannabis médical en France. On s’est retrouvé confronté à un tas de problèmes que tu connais très bien, et pour le moment, il n’y a pas grand chose qui avance. J’ai quitté Pigerolles fin 2024, début 2025, et je me suis concentré vraiment sur la partie consulting pour les agriculteurs et à la formation pour les chambres d’agriculture pour présenter la filière, ses enjeux et donner un toutes les billes aux agriculteurs qui souhaitent s’installer dans la filière pour commencer sous les meilleurs hospices.
Adrien Lafourcade : J’ai 38 ans depuis pas
longtemps et je suis principalement maraîcher en traction animale, agriculteur depuis 10-12 ans. Je suis en 3ème année de chanvre et en parallèle de tout ça, je travaille mon autonomie alimentaire et énergétique depuis ce temps-là en campagne, en Dordogne, Périgord Vert. Et puis en parallèle, je lance des aventures coopératives ou capitalistiques avec Nicolas et d’autres, par-ci par-là sur ma route. Surtout, j’apprends et j’utilise tous les nouveaux outils, que ça soit de l’IA ou de la crypto. On a créé des outils pour essayer d’être utiles à la filière. On a développé un partie réseau web, une annuaire des producteurs, avec marketplace, et des outils mis au service de la filière.
Le gouvernement veut appliquer la loi européenne sur la catégorie novel food. Le CBD alimentaire n’a pas été autorisé comme novel food et tous ces produits seraient donc interdits. Le taux limite de THC a été fixé 0.3 % mais il y a aussi une limite du poids
total de THC par produit. La dose de référence aiguë a été défini par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Elle est de un microgramme (un millionième de gramme) de THC par kilo de poids corporel. Pour une personne qui pèse 70 kilos, la dose de référence serait donc de 70 microgrammes. Quelle est votre position sur la novel food ?
NV : Ces deux règles sont très problématiques. Aujourd’hui l’interprétation que fait l’état français sur la novel food n’est qu’une interprétation. Ce n’est pas vraiment ce qui est écrit dans les textes européens qui classent le novel food. Il y a déjà une vraie problématique de transcription entre un droit européen et un Powerpoint de la DGAL qui explique un petit peu ce qu’il a envie. Aujourd’hui, clairement, tous les produits qui contiennent des cannabinoïdes sont considérés comme novel food.
Donc, déjà, ça bloque toute la partie alimentaire de tous les produits. Le seul produit qu’on nous autorise, c’est les feuilles en infusion aqueuse. Donc, dès qu’il y a le moindre, cannabinoïde on passe selon l’état français et la DGAL sous le statut Novel Food. La dose maximale journalière de THC que l’on peut consommer sous forme d’huile full spectrum faite en macérât par un chanvrier français, avec 6% de CBD et avec au maximum, 0,3% de THC, est en général d’une demi goutte par jour pour un humain de 70 kilos.
Ça rajoute encore un blocage et ça empêche la filière de se développer. Ces deux décisions sont complètement aberrantes.
Comment cette limite a-t-elle été définie ?
NV : Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’EFSA a défini cette norme de un microgramme par kilo de poids corporel par jour pour les huiles alimentaires de chanvre issues du pressage de la graine. La limite a été définie pour que des gens qui ne veulent pas consommer de cannabinoïdes n’en consomment pas à leur insu. La loi a été faite pour ça et aujourd’hui on veut l’appliquer pour un produit qui est destiné aux gens veulent justement consommer des cannabinoïdes. Les limites en microgrammes sont déjà là depuis quelques temps.
La filière s’était concertée avec les autorités et on avait mis en place un cadre légal. On avait décidé de ne plus mettre sur le marché des produits qui dépassent les 30% de CBD et de respecter ce 0,3% de THC. Jusqu’à présent, les douanes, la répression des fraudes, les services sanitaires et autres étaient d’accord pour ces conditions. Et du, jour au lendemain, ils ont complètement changé et ils ont décidé d’appliquer beaucoup plus strictement un cadre européen qu’ils ont interprété en nous laissant aucun délai pour nous retourner pour écouler les stocks ou autres. C’est une vraie aberration !
Nicolas, tu fais partie de ceux qui ont réussi à faire retirer l’article 23 du projet de loi finances. Il prévoyait de fortes taxes et un monopole des bureaux de tabac pour le chanvre à fumer. L’article 23 a été supprimé mais il pourrait revenir sous une autre forme…
NV : Je pense que ce n’est pas l’article 23 qui reviendra mais que le prochain PLF sera l’occasion d’une future bataille et qu’avant ça, on en aura peut-être d’autres à mener. On a une filière qui n’est absolument pas stabilisée. L’attaque de la DGAL, on ne l’a pas vu venir et les réponses des syndicats sont très disparates. Il faut comprendre que ce PLF, ne vient pas de nulle part. C’est une volonté des buralistes de récupérer un monopole sur les fleurs, les résines et les produits à fumer. Pour eux, le CBD, ce serait une manière de continuer à faire vivre leur commerce. Pour le PLF, on est arrivé à la dernière seconde à faire basculer les décisions de notre côté. Mais clairement, on sait très bien que là, ils vont revenir. Ils vont revenir encore plus virulents et mieux préparés. Ils se sont dits : « c’est pas mille agriculteurs qui vont empêcher des milliers de buralistes de faire passer une loi » et on les a empêchés.
Y a t-il, en Europe, ou même dans le monde, une législation sur le CBD qui pourrait servir de modèle pour la France ?
JG : je pense qu’on n’a aucun modèle à suivre, et qu’il faut qu’on crée notre modèle. En France, on a plein de choses qui sont typiquement françaises, plein de règles, plein de règlementations qui nous cassent les pieds tout le temps, et on doit arriver à faire notre propre modèle. Je pense qu’il n’y a aucun modèle qu’on pourrait copier-coller pour en faire le modèle français.
AL : Il y a des bons et des mauvais points dans tous les modèles et il n’y en a aucun qui conviendrait à 100% à notre complexité française. On a la chance d’avoir un tas de choses, des IGP, des notions de terroir, des contrôles comme dans aucun autre pays, et il faut qu’on
travaille avec toutes ces contraintes pour créer un modèle français.
Pouvez-vous nous présenter le collectif « Le Champ d’en Face » ?
NV : On a cherché à fédérer des producteurs qui, insatisfaits de la rapidité, de la dynamique ou de la transparence des réponses qui étaient apportées, cherchaient à partager leur colère, leurs ambitions, leurs options, leurs solutions… On avait imaginé au départ faire des batailles d’œuvres de peinture devant la DGAL. On est parti de ça comme première idée.
On s’est dit : on fait un truc joyeux qui nous fédère et on oppose les chanvriers au labo, dans une scène un peu théâtralisée. Il s’avère qu’évidemment, au vu de nos différents profils
et situations géographiques et de la saison (on est tous en plein semis), ce n’est pas ce qui s’est imposé comme solution. Donc on a réfléchi à ce qui pourrait être proposé.
NV : Avec le projet « Á la Table du Chanvre », vous voulez donc organiser des diners ?
Une des idées qui s’est imposée, qui était portée depuis un petit bout de temps par Nicolas, était une référence à Parmentier qui avait permis de désinhiber un peu les pouvoirs publics et l’opinion publique sur le rapport à la pomme de terre en organisant des dîners.
On s’est dit qu’on allait faire ça et comme on a l’immense bonheur d’avoir Adrien dans notre bande, ça prend aussi toute l’ampleur d’un site
qui propose tout un dispositif de plaidoyer, de tribunes assignées, d’actions facilitées vers les élus...
On essaye par contre de maîtriser beaucoup cette dimension repas, parce qu’on est conscients qu’elle pourrait totalement nous desservir si elle était excessivement décentralisée et pas sous contrôle. Pour ces diners, nous voulons rassembler des élus, des personnes qui prennent les décisions, des agriculteurs, des scientifiques, et des médias. On veut que les chefs y soient associés.
On n’a pas aujourd’hui la forme parfaite. On est encore en train de réfléchir. On avance avec une approche assez large. On veut être nombreux, on veut se compter à travers la tribune, et on veut être ouverts au fait de soutenir les actions de différents syndicats.



Si vous avez décidé de cultiver des autofleurissantes en extérieur cette année, il y a quelques éléments à prendre en compte pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Les autos sont faciles à cultiver, résistantes et idéales pour les débutants. Dans cet article, je vais partager mes meilleurs conseils pour la culture d’autofleurissantes en extérieur afin de vous aider à réussir votre récolte !
Les autos aiment les grands pots L’un des facteurs les plus importants dans la culture des autos est de permettre aux plantes de se développer au maximum pendant les 4 premières semaines de croissance végétative. Cela signifie laisser suffisamment d’espace aux racines pour se développer. Plus le pot est grand, plus la plante a de chances de devenir volumineuse. Je recommande d’utiliser un pot de 25 L et de semer directement dans le substrat.
Ne pas rempoter
Contrairement aux variétés photopériodiques, les autos n’aiment pas être transplantées. Le rempotage entraîne souvent un ralentissement de croissance. Cela peut même rendre les plantes petites et chétives, avec un rendement très faible. La meilleure méthode consiste à utiliser un seul grand pot et à semer directement dedans.
Adapter la nutrition
À partir de la cinquième semaine, les autos commencent à produire des pré-fleurs et à s’étirer. Comme leur phase végétative est très courte, il peut être difficile pour un débutant de savoir quels nutriments utiliser. Il est recommandé de passer aux engrais de floraison à partir de la semaine 5, en com -
mençant à faible dose, puis en augmentant progressivement pour éviter les brûlures nutritives.
Autofleurissantes à floraison rapide
Il existe des autos extrêmement rapides. Avec de bonnes recherches, il est possible de trouver des variétés prêtes à récolter en environ 9 semaines à partir de la graine. Les cultivateurs en Europe du Nord peuvent particulièrement en bénéficier. Les autos rapides permettent de terminer le cycle avant la fin de l’été, contrairement aux variétés plus longues (jusqu’à 12 semaines).
Les petits pots donnent de petites plantes
Une erreur fréquente consiste à utiliser des pots trop petits (7,5 à 10 L). Beaucoup de cultivateurs sont ensuite surpris que leurs autos restent petites.
En réalité, un petit pot limite fortement le développement des racines, et donc la taille finale de la plante.
Planter tous les 30 jours
L’un des avantages des autos en extérieur est la possibilité de récoltes continues. En plantant de nouvelles graines autofleurissantes dans un grand pot en plein soleil tous les 30 jours, il est possible d’obtenir deux récoltes par an.
Dans des conditions climatiques favorables et avec des variétés rapides, il est même parfois possible d’obtenir jusqu’à trois récoltes par an.
Beaucoup d’endroits pour cultiver
Les plantes de cannabis autofleurissantes sont si polyvalentes et pratiques qu’elles


peuvent être cultivées presque partout. Il n’est pas toujours nécessaire de disposer d’un jardin privé : on peut aussi les planter sur une terrasse, un patio ou un balcon privé.
Les autos sont idéales pour rester discret et cultiver en extérieur de manière discrète, sans que les voisins ne s’en rendent compte.
Arroser tôt le matin ou en fin de journée
La fréquence d’arrosage joue un rôle majeur dans la croissance et la floraison des plantes au fil des saisons.
En plein été, lors des journées les plus chaudes, il est recommandé d’arroser tôt le matin lorsque les températures sont encore fraîches, et, si nécessaire, à nouveau en soirée au coucher du soleil.
Cette méthode permet de maintenir un bon niveau d’hydratation des plantes et d’éviter le stress thermique.
Le LST est la meilleure méthode
Le LST reste la technique de palissage la plus recommandée pour les autofleurissantes, car elle permet de guider la structure de la plante sans lui imposer un stress important, tout en optimisant l’exposition à la lumière et la formation des têtes.
Parmi toutes les techniques de palissage des plantes disponibles, la seule que je recommanderais pour les autofleurissantes est le LST (Low Stress Training).
Cette méthode n’entraîne pas le stress élevé associé au topping, au fimming ou au super -
cropping. Le LST est une excellente manière de modifier la forme et la structure de croissance de la plante, d’améliorer la pénétration de la lumière et d’augmenter le nombre de colas lors de la floraison. Pour de meilleurs résultats, il est conseillé de pratiquer le LST sur les autos entre les semaines 4 et 6.
Utiliser un terreau de haute qualité Offrir à vos plantes un sol de très bonne qualité, ou un substrat de culture personnalisé, fait une énorme différence dans les performances des autofleurissantes.
Un bon substrat ne se limite pas à l’apport nutritif : un microbiome riche, un bon drainage, une bonne aération et une capacité de rétention d’eau équilibrée jouent également un rôle essentiel. Assurez-vous que votre milieu de culture soit léger, aéré, souple et qu’il ne devienne pas compact lorsqu’il est saturé en eau.
Surveiller les plantes quotidiennement pour les insectes
La culture des autos en extérieur et la gestion des insectes peuvent représenter un défi, mais c’est indispensable. Inspecter quotidiennement le dessus et le dessous des feuilles permet de détecter rapidement d’éventuelles infestations.
En raison de leur cycle de vie court, il est crucial de résoudre tout problème de ravageurs avant qu’il n’endommage gravement les plantes.
L’utilisation de savons insecticides, d’huile de neem ou l’introduction d’insectes prédateurs naturels doit être envisagée comme première mesure préventive.
Texte et photos: Charles Stone
The Philippines, avec ses sept mille îles, est l’un des plus beaux pays du monde. Pourtant, le tourisme y est encore peu développé : les raisons en sont une économie fragile, d’énormes inégalités sociales et une pauvreté endémique. Néanmoins, le voyageur qui s’y aventure découvre un véritable paradis : des plages de sable blanc désertes, des îles inhabitées, d’innombrables merveilles sous-marines et une population généreuse, très accueillante et anglophone.
Après l’arrestation et l’extradition de l’ancien président Rodrigo Duterte vers la Cour pénale internationale à La Haye pour crimes contre l’humanité dans le cadre de son insensée « guerre contre la drogue », une période plus calme et plus stable semble s’être installée dans l’archipel. Pourtant, une légalisation du cannabis à l’image de celle mise en place en Thaïlande reste strictement exclue de l’agenda politique. Soft Secrets s’est rendu dans ce paradis situé à l’autre bout du monde et a rencontré plusieurs cultivateurs locaux.

Un débat ouvert sur les drogues n’est pas à l’ordre du jour dans ce pays majoritairement catholique. Néanmoins, nous souhaitons en savoir davantage sur la consommation de cannabis aux Philippines, malgré notre choc et notre stupéfaction après avoir lu dans un journal local que la simple possession d’un seul gramme de cannabis peut entraîner une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans et demi.
« Vous voyez, les médias et les autorités diffusent un message fortement antidrogue, mais au sein de la population, la plupart des gens tolèrent la consommation de cannabis », explique Johnny, un Hawaïen qui vit aux Philippines depuis plusieurs années. « Pour la majorité des gens, l’essentiel est de ne pas toucher au shabu (le shabu est le nom local de la métamphétamine, pour laquelle il existe un important marché clandestin – NDLR). » Johnny, 32 ans, et son partenaire philippin Marty, 26 ans, vivent à Baguio, une ville située sur Luzon, la plus grande et la plus septentrionale des îles philippines. Le père de Johnny est américain et sa mère philippine. Il a vécu longtemps aux
États-Unis. Depuis près de huit ans, il est de retour aux Philippines, où il gagne sa vie grâce à un petit trafic de cannabis. Avec Marty, conducteur de tricycle motorisé — un moyen de transport local très répandu — il fournit occasionnellement du cannabis à des habitants et à des touristes. Tous deux connaissent bien la scène locale liée aux drogues.
De temps à autre, ils passent du temps dans les champs situés autour de Baguio, dans la province de Pangasinan, d’où provient une grande partie du cannabis produit aux Philippines. Les agriculteurs dissimulent leurs plantations de cannabis au milieu de vastes champs de maïs ou de rizières.
Les Rizières en terrasses de Banaue sont mondialement célèbres et souvent considérées comme la huitième merveille du monde. Elles ont été façonnées à flanc de montagne il y a environ 2 000 ans par une tribu locale. Depuis lors, elles sont utilisées pour la culture du riz, mais servent également parfois à la culture illégale du canna-

Dans 99 % des cas, vous pouvez vous sortir immédiatement des ennuis en payant. Ici, tous les policiers sont corrompus. C’est pour cela qu’ils gardent constamment un œil sur vous
bis. La meilleure partie de la récolte est exportée à l’étranger, tandis que le reste — les produits de qualité inférieure — alimente le marché local.
Soft Secrets : « Les agriculteurs autour de Baguio tirent-ils la majeure partie de leurs revenus du commerce du cannabis ? »
Johnny : « Non, c’est seulement un complément, un petit revenu supplémentaire qui les aide à joindre les deux bouts. La police locale et l’armée sont au courant. Elles protègent même les cultures, moyennant rémunération, bien sûr. »
Marty : « Souvent, les agriculteurs qui ne cultivent pas de cannabis voient leurs terres confisquées par les autorités locales ou subissent des pressions pour commencer à en produire afin que celles-ci puissent ensuite les taxer. Il faut garder à l’esprit que les Philippines comptent parmi les pays les plus corrompus au monde… »
Johnny : « Même pendant leur croissance, les plantations sont déjà réparties de manière à savoir quelle partie sera destinée au marché local et quelle autre sera exportée. Les plantes destinées à l’exportation font l’objet de soins particuliers : les agriculteurs les visitent plus fréquemment afin d’éliminer les branches malades ou les ramifications doubles.
Ici, on cultive à la fois des variétés indica et sativa. Les indicas sont réservées à l’exportation, tandis que les sativas sont destinées à la consommation locale. Les graines sont soigneusement récoltées pour être ressemées ultérieurement. Personne ne cultive à partir de clones ni n’utilise ce type de méthode.
Les indicas sont cultivées tout au long de l’année, soit pendant environ dix mois, et à la fin de la floraison, toutes les feuilles sont retirées des branches. Il ne reste alors que de grosses têtes nues. Cette technique permet aux cultivateurs d’obtenir des fleurs plus volumineuses et donc un meilleur rendement.
Lorsque vient le moment de la récolte, l’arrosage est interrompu mais les plantes restent en place pendant encore un mois. Les fleurs prennent alors une teinte violacée. À ce stade, les têtes sont chargées en THC tandis que toute l’eau est progressivement évacuée des branches, au point qu’au moment de la récolte il suffit de les plier pour qu’elles se cassent. Les fleurs, quant à elles, restent humides.
Le séchage s’effectue dans de petites cabanes équipées de ventilateurs, ou bien les fleurs sont simplement disposées dans de grandes boîtes en carton de forme allongée. Il est également courant de faire sécher les têtes à l’intérieur de tiges de bambou.

Baguio et ses environs constituent une véritable serre naturelle ; les conditions climatiques y sont presque parfaites pour la culture du cannabis. Mais ce n’est pas tout, car pratiquement tout pousse ici : fruits, légumes, riz et plantes ornementales. »
Johnny et Marty semblent manifestement très bien connaître le sujet. Mais qu’en est-il du haschisch? Existe-t-il également une production et une consommation locales ?
Marty : « Le haschisch n’est pas très populaire ici. En réalité, seuls les étrangers en produisent et en consomment. Ce sont également les seuls aux Philippines à cultiver des plantes en intérieur. Il existe toutefois sur cette île une tribu locale, les Igorot, qui fabrique parfois du haschisch. Il ressemble au haschisch rouge libanais. Les Igorot ne le fument pas, mais le consomment sous forme alimentaire, en préparant une sorte de space cake. »
Et qu’en est-il des prix ?
Marty : « Ici, le cannabis est vendu en sachets, en paquets ou en boîtes. Il est également possible d’acheter des joints. Mais la plupart du temps, il est commercialisé au kilo. On peut s’en procurer pour environ 100 € le kilo. Une plaquette de 50 grammes de haschisch se vend entre 500 et 1 000 €. »
Johnny : « Un simple joint coûte environ 50 pesos philippins (environ 0,70 €). Un sachet d’un gramme coûte près de 100 pesos (environ 1,50 €). Un demi-kilo coûte 1 000 pesos (environ 15 €) et un kilo entre 2 500 et 4 000 pesos (entre 35 et 60 €). Lorsque les Américains étaient encore présents ici, les prix étaient bien plus bas et la qualité dix fois meilleure (jusqu’en 1992, la marine et l’armée de l’air des États-Unis disposaient d’une présence importante aux Philippines – NDLR). Dans les zones où vivaient les Américains, la police locale se montrait beaucoup plus discrète, ce qui rendait les affaires nettement plus faciles. »
Quel type de cannabis trouve-t-on aux Philippines ?
Marty : « De loin, la meilleure variété que l’on trouve ici s’appelle Buntot Pusa, ce qui signifie “queue de chat”. À part celle-là, la variété de qualité moyenne la plus populaire est la Baguio Gold. Il y a aussi la Lagkitan, qui signifie “collante”, ainsi que la Violet, une variété de couleur pourpre. Ce sont les génétiques les plus courantes ici. »
Y a-t-il beaucoup de consommateurs dans ce pays catholique ?
Johnny : « J’estime qu’environ 50 % de la population, jeunes et moins jeunes, fume régulièrement.
Ici, fumer est une activité sociale que l’on pratique souvent entre amis, lors des repas, des fêtes ou des sorties. Cela ne change rien au fait que cela se fait de manière très discrète et secrète. Nous ne fumons pas en public ni en présence d’inconnus. Ce serait chercher les ennuis. »
Comment les gens fument-ils aux Philippines ?
Marty : « On ne trouve pas de feuilles à rouler King Size ici ; elles ne sont pas vendues. Le cannabis est fumé pur, roulé dans du papier artisanal. On le fume également dans des pipes, le plus souvent fabriquées en bambou par les consommateurs eux-mêmes. »
Johnny : « Les plus jeunes ont tendance à fabriquer ce qu’on appelle une Prison Bong, une pipe improvisée à partir de l’emballage en aluminium des paquets de cigarettes. Ils le roulent pour former une sorte de tube avec une courbure à l’une des extrémités. Ils déposent ensuite quelques miettes de cannabis finement émiettées dans le foyer improvisé. Le cannabis est fumé pur, sans tabac. »
Marty : « Les accessoires comme les bongs ou les pipes à eau ne sont pas disponibles ici. Il arrive parfois qu’un étranger en rapporte un, mais on en voit très rarement. »
Que se passe-t-il dans le pire des cas, si l’on se fait arrêter ?
Johnny : « Dans 99 % des cas, on peut régler le problème immédiatement en versant un pot-de-vin au policier qui vous a interpellé. Tous les policiers sont corrompus ici. C’est pour cela qu’ils vous surveillent de si près. Ce n’est pas tant qu’ils soient opposés aux drogues ; ils cherchent surtout à gagner un peu d’argent supplémentaire. »
Marty : « Si vous n’avez pas d’argent liquide sur vous, il faut en trouver le plus rapidement possible, sinon vous aurez de sérieux problèmes. »
Johnny : « Évidemment, les étrangers paient davantage que les Philippins. Si vous êtes arrêté avec un joint, vous pouvez être certain que cela vous coûtera au moins 1 000 dollars. Si vous portez une montre ou un collier de valeur, vous pouvez aussi leur dire adieu. Si vous ne payez pas, vous finissez dans une cellule. Et quand vous vous retrouvez entassé avec vingt autres personnes dans quelques mètres carrés, croyez-moi, on choisit rapidement le moindre mal. Les habitués savent comment cela fonctionne ; ce sont souvent les nouveaux venus, ceux qui n’ont aucun contact, qui se font arrêter. »
Marty : « Si vous êtes étranger et que vous n’avez pas d’argent liquide sur vous, le policier vous accompagnera tranquillement jusqu’à votre hôtel afin que vous puissiez récupérer de l’argent. Il
peut aussi vous escorter jusqu’à un distributeur automatique ou une banque. » Johnny : « Ce type de transaction ne dure généralement pas plus d’une journée, sinon cela pourrait créer des problèmes pour le policier concerné. Si la journée se termine avant que vous n’ayez réussi à récupérer l’argent, vous finirez au poste. Un ami américain à moi a un jour été escorté jusqu’à son hôtel, où il ne disposait que de chèques de voyage, à une époque où les banques étaient déjà fermées. Il a dû payer une chambre afin que le policier puisse passer la nuit dans le même hôtel. Le lendemain matin, les deux hommes se sont rendus directement à la banque. » Marty : « Entre-temps, l’agent s’était assuré que quelqu’un le remplace au commissariat afin que son absence ne soit pas remarquée. Les policiers occupant des postes plus élevés utilisent souvent leurs subordonnés pour finaliser ce genre de transaction, afin d’éviter d’être vus en train de le faire eux-mêmes. »
Johnny : « Un autre ami américain a vu sa maison perquisitionnée par la police alors qu’il effectuait une transaction avec trois autres Américains. Les policiers ont trouvé huit kilos de cannabis, de la cocaïne et un fusil à pompe. Finalement, les quatre hommes ont évité toute condamnation grâce à un pot-de-vin d’un million de pesos réparti entre eux. Plus l’infraction est importante, plus il faut avoir d’argent en poche ! (rires) »
Quelles précautions les touristes devraient-ils prendre ?
Johnny : « Il ne faut jamais aller conclure une transaction soi-même, car le risque d’être dénoncé par un informateur est trop élevé. La méthode la plus
Si vous êtes arrêté avec plus de deux kilos, vous êtes automatiquement condamné à la réclusion à perpétuité
Johnny : « Les policiers de rang inférieur ne souhaitent pas non plus être vus par leurs collègues, car ils risqueraient de devoir partager une partie de l’argent qu’ils ont réussi à soutirer. »
Et concernant les peines de prison ? Johnny : « Si vous n’avez pas l’argent nécessaire pour acheter votre liberté, vous risquez de rester longtemps en prison. Pour un simple joint, la peine est généralement de deux ans et quatre mois. C’est la peine de base. Mais si vous êtes trouvé en possession d’une quantité plus importante de cannabis, la peine augmente. Il faut aussi savoir que cette peine de deux ans et quatre mois n’est valable que si c’est la première fois que vous vous faites arrêter. En cas de récidive, la sanction est beaucoup plus sévère. Si vous êtes arrêté avec plus de deux kilos, vous êtes automatiquement condamné à la réclusion à perpétuité. »
Marty : « Ici, la police dispose de ses propres informateurs. Ils reçoivent une rémunération supplémentaire lorsqu’ils dénoncent quelqu’un. Ils touchent généralement une part du potde-vin. Souvent, ces informateurs revendent ensuite le cannabis confisqué en échange d’une commission. »
courante consiste à demander à un conducteur de tricycle motorisé, même si beaucoup d’entre eux sont également des informateurs. En plus, ce ne sont pas toujours des personnes très fiables. Il faut négocier le prix demandé, mais si vous négociez trop et que le conducteur estime perdre une part trop importante de sa commission, il peut très bien vous dénoncer. Ce n’est qu’en acceptant le prix qu’il juge correct — autrement dit un prix largement excessif — que vous avez une chance d’éviter les ennuis.
Si vous lui paraissez trop arrogant ou qu’il n’apprécie pas votre apparence, vous pouvez être certain qu’il vous dénoncera sans hésitation. Non, le mieux est de trouver rapidement une petite amie locale et de lui confier cette mission. Elle connaît les usages. Je déconseille fortement aux touristes de chercher à se procurer des drogues par eux-mêmes. C’est la meilleure façon de s’attirer des problèmes. » Nous remercions Marty et Johnny pour leurs précieux conseils et leur promettons de leur apporter quelques feuilles à rouler King Size lors de notre prochaine visite.
Au moment de nous quitter, Johnny ajoute : « Peut-être serez-vous intéressé d’apprendre que les médecins ont récemment été autorisés à prescrire du cannabis médical à leurs patients souffrant d’asthme ou d’arthrite. Vous voyez, finalement, nous ne sommes pas si en retard que ça ! » (rires)


Par Jorge Cervantes jorge@marijuanagrowing.com
D’une graine trouvée au bord d’une route au Mexique aux salles blanches d’Europe, D’une graine trouvée au bord d’une route au Mexique aux salles blanches d’Europe, cinquante années à observer l’évolution d’une même plante — et une question simple pour chaque cultivateur: qui a le droit de conserver la bibliothèque génétique ?
Genetics Across Time
From a roadside seed in Mexico to clean rooms in Europe — fifty years watching one plant evolve, and a simple question for every grower: who gets to keep the library?

La génétique du cannabis n’est pas née dans un laboratoire, et elle ne s’y éteindra pas non plus. Son histoire s’étend des agriculteurs de l’Antiquité à la sélection moléculaire moderne — d’une plante trouvée au bord d’une route au Mexique jusqu’aux salles blanches stériles d’Europe.
Pour moi, c’est une histoire personnelle : plus de cinquante ans passés à observer cette plante évoluer entre les mains de cultivateurs, de sélectionneurs et de rêveurs. Tout a commencé en 1974, avec quelques graines sauvages que j’ai glissées dans ma poche au bord d’une route au Mexique. Nous n’avons pas inventé la sélection végétale. Nous en avons hérité. Bien avant que l’on parle de « chemotype » ou de « marqueur génétique », les
êtres humains choisissaient déjà le cannabis pour des usages précis : la fibre, la résine, le temps de floraison, l’arôme, la médecine ou les cérémonies. Chaque graine moderne, chaque clone et chaque hybride repose sur des milliers d’années de sélection paysanne, remontant jusqu’à sa domestication en Asie de l’Est il y a environ 12 000 ans. Imaginez le génome comme un immense livre d’instructions que la plante transporte dans chacune de ses cellules ; les cultivateurs modifient doucement ce livre, saison après saison, depuis bien avant l’invention de la roue.
BIBLIOTHÈQUES VIVANTES
Cet héritage nourrit encore aujourd’hui tous les programmes de sélection. Acapulco Gold, Cho-
colate Thai, Durban Poison, Hindu Kush, Kerala, Colombian Gold — ce ne sont pas seulement des noms empreints de nostalgie. Chaque variété locale (landrace) est une bibliothèque vivante, façonnée par une vallée particulière, une latitude unique et le regard attentif de nombreuses générations de cultivateurs. Lorsqu’une de ces variétés disparaît, nous ne perdons pas seulement un nom ; nous perdons aussi des possibilités pour l’avenir. Et voici le piège du marché moderne : un millier de noms de cultivars peuvent masquer un patrimoine génétique étonnamment restreint, les mêmes lignées d’élite étant recombinées encore et encore. De nouvelles étiquettes ne signifient pas toujours une véritable diversité génétique.
LE TOURNANT D’AMSTERDAM
L’un des grands tournants de cette histoire s’est produit à Amsterdam entre 1976 et 1990 environ — non pas comme une success story corporative soigneusement orchestrée, mais comme
le résultat d’un mélange de prise de risques, de migrations et d’opportunités brutes. Le collectif Sacred Seeds a commencé à croiser des variétés locales (landraces) et a donné naissance à des hybrides fondateurs comme Skunk #1 ; aux PaysBas, la banque de graines de Nevil, The Seed Bank of Holland, a mis en place le modèle commercial de vente de semences que nous utilisons encore aujourd’hui. Lorsque Skunk #1 remporta la première Cannabis Cup de High Times en 1988, l’ère moderne avait commencé.
Puis deux innovations majeures, issues de la communauté des sélectionneurs, ont tout changé. Les graines féminisées — obtenues en traitant une plante femelle au thiosulfate d’argent afin qu’elle produise du pollen ne portant que des chromosomes femelles (X) — ont permis aux cultivateurs d’obtenir des lots presque exclusivement féminins et d’éviter de perdre la moitié de leur espace de culture à cause des mâles. Les plantes autofleurissantes, développées à partir


du caractère ruderalis indépendant de la photopériode, fleurissent en fonction de leur âge plutôt que de la durée d’éclairage ; ainsi, une récolte peut être menée à terme en quelques mois pratiquement partout sur Terre. Ensemble, ces innovations ont élargi les possibilités de culture : davantage de personnes pouvaient cultiver, dans davantage d’endroits, selon davantage de méthodes.
LA CHASSE AUX PHÉNOTYPES — TOUJOURS UN ART
Aucune avancée scientifique n’a remplacé la compétence la plus ancienne de la sélection végétale. Lorsque l’on fait germer un paquet de graines, on obtient des sœurs, jamais de véritables jumelles identiques. Cette variation intrinsèque explique pourquoi les sélectionneurs sérieux cultivent encore un grand nombre de plantes avant d’évaluer chacune d’elles selon sa structure, son arôme, sa production de trichomes, sa vigueur, sa résistance aux maladies, sa rapidité de développement et son rendement. Ils conservent ensuite l’individu exceptionnel comme plante mère. Ce que la science a changé, c’est la vitesse du processus. Les deux enzymes qui déterminent si une plante produira principalement du THC ou du CBD se trouvent côte à côte sur le chromosome 7, comme un unique interrupteur génétique. La sélection assistée par marqueurs permet de lire directement cet interrupteur : il suffit de prélever un minuscule morceau de feuille, d’effectuer un test PCR rapide, et l’on peut connaître le sexe et

le chemotype d’un jeune plant en environ deux semaines — au lieu de faire fleurir toute une salle pendant trois mois simplement pour le découvrir. C’est un peu comme lire l’étiquette avant l’achat plutôt qu’après. Le premier génome complet du cannabis a été cartographié en 2011 ; en 2025, une étude unique en avait déjà séquencé 193 simultanément. Pour la première fois, nous sommes réellement capables de lire le livre génétique de cette plante.
SAUVER LA PLANTE D’ELLE-MÊME
La santé des plantes fait désormais partie intégrante de l’histoire de la génétique. Le Viroïde latent du houblon — surnommé « dudding » — se propage silencieusement de clone en clone et réduit discrètement la vigueur, la production de trichomes et les terpènes. La solution passe par la culture de tissus : prélever une minuscule portion de l’extrémité de croissance, trop petite pour que le virus l’ait atteinte, puis faire pousser à partir de celle-ci une nouvelle plante saine — comme redémarrer un ordinateur malade à partir d’une sauvegarde propre. Cela ouvre la voie à un nouveau modèle fondé sur des bibliothèques génétiques propres et des débuts de culture fiables, exempts de maladies.
LA SUITE
Les véritables hybrides F1 représentent l’équivalent du « truc des tomates de supermarché » appliqué au cannabis : croiser deux lignées parentales pures pour obtenir des graines qui
donnent des plantes vigoureuses et uniformes. Le cultivateur peut alors planter une culture homogène à partir de graines, sans devoir gérer une salle entière de plantes mères. La création de ces lignées pures demande toutefois quatre à cinq ans de travail pour un sélectionneur, ce qui fait que, pour l’instant, cette approche reste surtout du domaine des laboratoires.
Les triploïdes vont encore plus loin. Le cannabis normal possède deux jeux de chromosomes (2n = 20). En doublant un parent pour obtenir quatre jeux (4n = 40), puis en le croisant, on obtient trois jeux (3n = 30). Lorsque cette plante triploïde tente de produire des graines, les chromosomes ne peuvent pas s’apparier correctement — elle devient donc stérile. On obtient ainsi une floraison quasiment garantie sans graines, pour la même raison qu’une pastèque sans pépins n’en contient pas. (Et non, ce n’est pas un OGM — simplement un jeu supplémentaire des propres chromosomes de la plante.) À l’horizon se trouvent aussi CRISPR, une sorte de fonction « rechercher-remplacer » de l’ADN, et des modèles d’IA capables de lire l’empreinte génétique d’une graine et de prédire son chemotype, ses terpènes
et son rendement avant même sa culture. Des outils puissants — mais qui ravivent une vieille question sous une forme nouvelle : qui possède la génétique, qui contrôle les données, et qui est laissé de côté ?
LA RESPONSABILITÉ
C’est là que tout se joue. La sélection ne concerne pas seulement le rendement ou la prochaine variété à la mode ; elle relève aussi de la responsabilité. Chaque gain de précision peut, silencieusement, réduire la diversité génétique si l’on oublie de préserver les variétés locales et les lignées rares qui la sous-tendent. La véritable équation ne change jamais : phénotype = génotype × environnement. Les meilleures génétiques dans de mauvaises conditions donneront de mauvais résultats, et aucune culture ne peut compenser entièrement une génétique faible. Sélectionneurs, propagateurs, chercheurs et cultivateurs ne sont plus des mondes séparés — ils forment un seul système vivant. Nous avons hérité d’une bibliothèque génétique écrite sur des milliers d’années. Notre rôle n’est pas seulement de l’améliorer, mais de la maintenir ouverte. Cultivez librement, cultivez bien.
Contributions en génétique apportées par le Dr Oussama Badad (Trilogene Seeds / Growmics), le Dr Gary Yates (Hilltop Leaf) et Stefan Meyer (PhytoFlow).

Par Mr. José info@mrjose.eu
L’une des préoccupations les plus fréquentes des personnes qui envisagent de cultiver du cannabis à domicile est que cela risque d’embaumer tout le quartier. Beaucoup craignent également de devoir consacrer la moitié de leur appartement à la culture ou de voir leur facture d’électricité exploser. Dans cet article, nous allons examiner quelques-uns des mythes les plus répandus concernant la culture domestique du cannabis et découvrir ce qu’il en est réellement.
EST-CE QUE CELA SENT VRAIMENT SI FORT ?
Pour moi, comme pour beaucoup d’entre vous, le cannabis ne sent pas vraiment mauvais. Cependant, il faut reconnaître que le cannabis est une plante très aromatique. C’est pendant la phase de floraison qu’il dégage son parfum le plus intense, mais même une plante adulte sans fleurs peut facilement remplir une pièce de son odeur caractéristique.
Pourquoi le cannabis sent-il ainsi ? Beaucoup de gens pensent que plus son arôme est puissant, plus le cannabis doit être psychoactif. Ce n’est pas tout à fait vrai. Même un cannabis qui ne contient que des traces de cannabinoïdes psychoactifs peut avoir une odeur très prononcée. La résine de cannabis contient une grande variété de composés, notamment des cannabinoïdes et des terpènes. Parmi les cannabinoïdes figurent des substances telles que le THC, le CBD, le CBG et le CBN. Plus d’une centaine de cannabinoïdes sont aujourd’hui connus, même si beaucoup ne sont présents qu’en quantités infimes. Certains cannabinoïdes sont psychoactifs, d’autres non. Ils ont toutefois un point commun : ils sont inodores. On ne peut donc pas les sentir.
L’arôme caractéristique du cannabis provient des terpènes. Pris isolément, les terpènes ne produisent pas d’effets psychoactifs significatifs. Ils peuvent toutefois influencer et modifier les effets d’autres composés présents dans le cannabis, notamment les cannabinoïdes. Les terpènes se retrouvent également dans de nombreuses autres plantes. Parmi les plus courants dans le cannabis figurent l’alpha-pinène, qui dégage une odeur de pin, le myrcène, souvent associé à la mangue, et le limonène, qui rappelle les agrumes.
Comme les terpènes sont produits dans la résine, une partie d’entre eux s’évapore naturellement dans l’air ambiant, ce qui peut parfois générer une odeur très marquée. Si vous cultiviez du cannabis sur le rebord d’une fenêtre, son parfum pourrait facilement se répandre dans tout un appartement ou une maison. Cette odeur est intense et difficile à masquer avec des bâtonnets d’encens ou des désodorisants classiques. Heureusement, la culture du cannabis n’est pas un loisir récent, et de nombreux cultivateurs ont déjà été confrontés à ce problème. Il existe donc

plusieurs solutions efficaces. La meilleure approche consiste à cultiver dans un espace fermé et à utiliser un filtre à charbon actif. Cette méthode traite directement le problème à la source. Le filtre à charbon est relié au ventilateur d’extraction, un équipement standard dans tout espace de culture fermé ; l’ajout d’un filtre ne nécessite donc généralement pas un investissement supplémentaire important.
Il existe également différents neutralisateurs d’odeurs spécialement conçus à cet effet. Vous serez peut-être surpris par le nombre de produits disponibles une fois que vous commencerez à vous renseigner. Toutefois, utilisés seuls, ils sont généralement moins efficaces qu’en combinaison avec un filtre à charbon actif. Après tout, il faudra bien ouvrir l’espace de culture de temps à
autre, ce qui permettra à une partie des arômes de s’échapper. Idéalement, le ventilateur d’extraction relié au filtre à charbon devrait fonctionner en continu, afin que l’air soit constamment aspiré à travers le filtre plutôt que de s’échapper dans l’environnement alentour.
CULTIVER DU CANNABIS CHEZ SOI COÛTE CHER
Cela peut être le cas, mais ce n’est pas une fatalité. De la même manière qu’un cycliste peut acheter un vélo à 200 €, 2 000 € ou même 20 000 €, un cultivateur amateur peut décider dès le départ du niveau de sophistication de son installation. Vous voulez simplement essayer ? Achetez un kit de tente de culture d’entrée de gamme, placez-y quelques pots et arrosez les plantes à la main. Il est possible de commencer avec un budget d’environ 400 €, voire moins. Si vous découvrez que la culture vous plaît, vous pourrez progressivement améliorer votre installation et ajouter davantage d’équipements au fil du temps. En revanche, si vous savez déjà que vous souhaitez cultiver toute l’année et renouveler régulièrement votre réserve personnelle, il est judicieux d’investir dans un éclairage de meilleure qualité et dans un système de ventilation plus performant, idéalement associé à un bon filtre à charbon actif.
La culture en extérieur peut être encore moins coûteuse. Dans de nombreux cas, il suffit de disposer de graines et d’un emplacement bien ensoleillé. Vous pouvez commencer pour un montant à peine supérieur au prix d’un sachet de graines. Quand on sait qu’un seul gramme de cannabis coûte souvent entre 6 € et 12 € sur le marché illicite, l’affirmation selon laquelle cultiver son propre cannabis serait excessivement coûteux relève clairement du mythe.
IL FAUT BEAUCOUP D’ESPACE POUR CULTIVER DU CANNABIS
Évidemment, si vous vivez dans un minuscule studio avec votre conjoint et trois enfants, la culture du cannabis n’est probablement pas l’idée la plus


pratique. Mais, en réalité, les besoins en espace sont souvent bien plus modestes que ce que l’on imagine. Si vous cultivez à la lumière naturelle du soleil, un large rebord de fenêtre peut déjà suffire. Il est possible de récolter plusieurs dizaines de grammes à partir d’une plante cultivée de cette manière. Bien sûr, disposer d’un balcon est encore mieux, car cela permet d’utiliser des pots plus grands et d’offrir davantage d’espace aux plantes pour se développer. En ce qui concerne la culture en intérieur sous éclairage artificiel, les
génère du bruit. Les ventilateurs, humidificateurs et déshumidificateurs produisent tous un bourdonnement continu. Une petite installation ne réveillera certainement pas tout l’immeuble, mais il reste préférable de l’installer dans un endroit où elle ne dérangera personne. Une chambre à coucher, par exemple, n’est généralement pas l’emplacement idéal.
CULTIVER DU CANNABIS EST TROP COMPLIQUÉ

cultivateurs peuvent faire preuve d’une créativité remarquable. Certains utilisent des espaces extrêmement réduits ; j’ai même vu un jour une installation complète aménagée à l’intérieur d’un ancien boîtier d’ordinateur. Cette approche est connue sous le nom de micro-growing. Personnellement, je ne l’ai jamais essayée ; les projets aussi miniatures ne m’ont jamais vraiment attiré. Pour la plupart des cultivateurs amateurs, un espace de culture de seulement 60 × 60 cm avec une hauteur d’au moins 150 cm suffit à obtenir une récolte intéressante. Ainsi, si vous disposez d’un coin dans votre logement où une petite tente de culture ou une enceinte de culture fabriquée sur mesure pourrait être installée, vous avez probablement déjà suffisamment de place.
À mon avis, la taille idéale pour un cultivateur à domicile est d’environ 100 × 100 × 200 cm. Cela offre suffisamment d’espace pour installer un équipement plus avancé et permet aux plantes de se développer dans de meilleures conditions, même si des installations plus petites peuvent parfaitement donner de bons résultats. En termes de surface au sol et de volume total, la culture du cannabis ne nécessite donc pas beaucoup d’espace. En revanche, il est important de se rappeler que l’équipement de culture
Malgré tout, la culture du cannabis n’est pas aussi compliquée qu’on le laisse souvent entendre. Tout le monde peut essayer.
C’est un argument fréquemment utilisé contre la culture domestique, en particulier pour les patients utilisant du cannabis médical. Certains affirment que les cultivateurs amateurs ne savent pas ce qu’ils font, que le cannabis maison contient de la moisissure et des agents pathogènes, et que sa consommation peut entraîner de graves problèmes de santé. Selon cette vision, la culture à domicile représenterait un risque plutôt qu’un bénéfice pour les patients.
Les partisans de cet argument soulignent que les producteurs commerciaux doivent respecter des normes d’hygiène strictes et que des contrôles qualité rigoureux garantissent la sécurité et l’efficacité du cannabis médical.
Il y a une part de vérité dans cette affirmation. Le cannabis produit dans des conditions réglementées par des cultivateurs agréés et vendu en pharmacie doit être testé et exempt de moisissures, de micro-organismes nocifs et d’autres contaminants. C’est ainsi que cela devrait fonctionner. Cependant, il est tout aussi vrai qu’il est possible de cultiver du cannabis de haute qualité chez soi, sans moisissures ni autres problèmes.
Les humains cultivent du cannabis depuis des siècles — même si la culture en intérieur sous lumière artificielle est relativement récente — et
de nombreux cultivateurs amateurs obtiennent d’excellents résultats.
Les personnes qui cultivent pour leur propre usage le font généralement parce qu’elles veulent quelque chose de meilleur et parce qu’elles souhaitent un contrôle total sur le processus de production. Elles cherchent à obtenir la meilleure qualité possible, non seulement pendant la culture, mais aussi lors du séchage, de l’affinage et du stockage.
Dans une culture domestique, chaque plante peut recevoir une attention individuelle. Parfois, un débutant obtient une récolte exceptionnelle dès sa première tentative — un peu de chance du débutant. Plus souvent, cependant, les réussites sont mêlées d’échecs, comme dans la pêche. D’ailleurs, la pêche et la culture du cannabis ont pas mal de points communs. Comme les pêcheurs, les cultivateurs aiment comparer leurs résultats et se mesurer entre eux pour savoir qui a eu la plus grosse prise — ou, dans ce cas, la plus grosse récolte. Et parfois, les histoires deviennent un peu exagérées. Cela fait probablement partie de la nature humaine.
En fin de compte, le cannabis cultivé à domicile peut être tout aussi bon que celui acheté en pharmacie. Ceux qui affirment le contraire ne disent tout simplement pas toute la vérité. Et tout comme un débutant peut réussir une excellente première récolte, un cultivateur expérimenté peut aussi échouer de temps en temps. Cela arrive à tout le monde — même si, chez les cultivateurs expérimentés, les erreurs coûtent généralement plus cher.
Quand on navigue sur internet — vidéos, forums ou réseaux sociaux — on peut parfois avoir l’impression que la culture du cannabis relève presque de la science des fusées. Mais tout dépend en réalité de l’objectif que l’on se fixe. Si votre but est simplement de faire pousser votre propre cannabis, c’est tout à fait possible. Avec une compréhension même basique des besoins de la plante, vous serez capable de produire quelque chose. À mesure que vous gagnez en expérience, vous vous intéressez naturellement aux différents facteurs qui influencent le rendement et la qualité, et vos connaissances évoluent en même temps que vos plantes.
Il est possible d’obtenir une récolte tout à fait correcte en suivant une méthode de culture simple. Si vous savez faire pousser un plant de tomate, vous pouvez aussi cultiver du cannabis. Cela dit, il faut préciser que le cannabis est loin d’être la plante la plus facile à cultiver. Il a des besoins nutritionnels spécifiques et peut être sensible aux conditions environnementales. Si votre objectif est d’obtenir des récoltes de haute qualité de manière constante tout en optimisant l’efficacité, il faudra des connaissances nettement plus approfondies que pour quelqu’un qui souhaite simplement essayer.

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• Cannabis Botany
• Life Cycle of Cannabis
• Cannabis Seeds & Seedlings
• Plan Your Garden
• Grow Room Setup
• Twelve-week Garden
• Harvest, Manicuring, Drying, Curing & Storage
• Diseases, Pests & Problems

Author Marijuana Horticulture.
Legendary Jorge Cervantes, published in eight languages sold over a million copies worldwide.


Par Olivier F
Le géraniol est un monoterpène acyclique. C’est un alcool monoterpénique (C10H18O), naturellement produit par de nombreuses plantes. Il possède une odeur caractéristique florale, rosée, avec des nuances fruitées et citriques. Il a été isolé pour la première fois en 1871 de l’huile essentielle de géranium (Andropogon schoenanthus). Il constitue un composant majeur de nombreuses huiles essentielles et joue un rôle dans la défense des plantes contre les herbivores et les pathogènes.
Dans le cannabis, le géraniol fait partie des plus de 150 terpènes identifiés. Bien qu’il ne soit généralement pas dominant (contrairement au myrcène ou au caryophyllène), il contribue à la complexité aromatique de certaines variétés, apportant des notes sucrées et florales qui enrichissent le profil sensoriel. Sa biosynthèse passe par la voie du mévalonate ou du méthylérythritol phosphate (MEP), aboutissant à la formation de géranyl pyrophosphate, précurseur de nombreux terpènes.
Caractéristiques du géraniol
Le géraniol est un liquide huileux clair à jaune pâle, peu soluble dans l’eau (environ 686 mg/L à 20°C) mais soluble dans les solvants organiques et l’éthanol à 70 %. Sa masse molaire est de 154,25 g/mol, son point d’ébullition autour de 230°C et son point de fusion de -15°C. Il existe sous formes isomériques (trans-géraniol et cis-nérol). Sa volatilité modérée permet une perception olfactive même à température ambiante.
Chimiquement, il est sensible à l’oxydation et à la lumière, ce qui nécessite une conservation appropriée. Il présente une log P de 3,28, indiquant une lipophilie favorable à la traversée des membranes biologiques. Ces propriétés physiques en font un composé versatile pour les industries de la fragrance et de la pharmacologie.
Utilisations du géraniol
Le géraniol est largement employé en parfumerie, cosmétique, savonnerie et produits ménagers pour son odeur rosée attractive. Il entre dans la composition de déodorants, parfums, crèmes et agents de nettoyage. Il sert également d’agent aromatisant dans l’industrie alimentaire et comme répulsif naturel contre les insectes. Dans le domaine pharmaceutique, ses propriétés biologiques (antioxydantes, anti-inflammatoires) font l’objet de recherches actives. Dans le cannabis, il contribue à l’« effet d’entourage » en modulant potentiellement les effets des cannabinoïdes via des interactions avec les récepteurs CB1.
Extraction du géraniol
L’extraction du géraniol naturel se fait principalement par distillation à la vapeur d’eau ou hydrodistillation des parties aériennes des plantes. Pour optimiser le rendement, des méthodes assistées (micro-ondes, ultrasons) ou hydrotropes sont utilisées, permettant une extraction plus rapide et économe en énergie tout en préservant la pureté.
extrait de plantes, qui est préféré pour les produits « clean label » et biologiques, mais représente une part minoritaire du marché en volume. Le synthétique domine largement dans l’industrie de la parfumerie et de la cosmétique en raison de son prix et de

Le génariol a été isolé de l’huile essentielle de géranium pour la première fois en 1871.
La meilleure plante pour l’extraction commerciale est le palmarosa (Cymbopogon martinii var. motia), dont l’huile essentielle peut contenir jusqu’à 80-90 % de géraniol. Originaire d’Inde, cette graminée tropicale offre des rendements élevés et une qualité supérieure. D’autres sources incluent la rose (Rosa spp.), le citronnelle et le géranium, mais le palmarosa reste le plus efficace et économique.
Géraniol synthétique
Le géraniol synthétique est produit à partir de précurseurs pétrochimiques ou par biotransformation. Il est moins coûteux et plus constant en qualité que le naturel,
sa disponibilité, bien que la demande pour le naturel augmente avec les tendances éco-responsables. Des estimations anciennes indiquent une consommation importante en fragrances (environ 363 tonnes/an aux États-Unis en 2003).
Plantes qui contiennent du géraniol
Le géraniol est présent dans plus de 250 huiles essentielles. Les principales sources sont : palmarosa (Cymbopogon martinii), rose (Rosa damascena), géranium (Pelargonium spp.), citronnelle (Cymbopogon nardus), lemongrass, lavande, gingembre, citron, orange, noix de muscade, ylangylang, romarin, sauge et basilic. Il est
également détecté dans des fruits comme la pêche ou la fraise.
Variétés de cannabis qui contiennent du géraniol
Le géraniol apparaît en traces à faibles quantités (généralement 1 ou 2 % du profil terpénique total) dans de nombreuses variétés mais rarement comme terpène dominant. Il est présent dans les variétés suivantes : Harlequin, Lemon G, Strawberry Diesel, Tahoe OG, Purple Punch, Agent Orange, Black Cherry Soda, Alien OG, Strawberry Cough, Headband, OG Kush, Island Sweet Skunk. Les pourcentages précis varient selon la culture, le phénotype et les conditions environnementales. Les analyses COA sont essentielles pour des données précises.
Propriétés médicales du géraniol
Propriétés antidouleur et anti-inflammatoires : Des études montrent que le géraniol réduit la sensibilité à la douleur et l’inflammation. LaVigne et al. (2021) ont démontré, chez la souris, que le géraniol produit des effets cannabimimétiques via l’activation des récepteurs CB1, incluant une antinociception. Malik et al. (2023) ont observé une réduction significative de l’œdème et des marqueurs inflammatoires (TNF-α, IL-1β, COX-2) dans un modèle d’arthrite. Propriétés anticancéreuses : Le géraniol induit l’apoptose et inhibe la prolifération dans divers cancers (sein, poumon, prostate, côlon, hépatique). Cho et al. (2016) ont détaillé ses mécanismes sur plusieurs lignées cellulaires. Ammar et al. (2023) confirment son potentiel chimiopréventif via des effets antioxydants et anti-inflammatoires. Propriétés antioxydantes et neuroprotectrices : Il protège contre le stress oxydatif. Bagheri et al. (2022) soulignent son rôle dans les troubles neurologiques (Alzheimer, Parkinson) via réduction de l’inflammation et amélioration de la défense antioxydante. Pandur et al. (2024) ont montré des effets protecteurs neuronaux avec le linalol. Il possède aussi des effets antimicrobiens et potentiellement synergiques avec les cannabinoïdes.
Dernières recherches sur le géraniol
Les recherches récentes (2020-2026) confirment son potentiel thérapeutique. Chen et al. (2022) ont mis à jour ses multiples activités pharmacologiques. Des études explorent sa production biotechnologique (Gerke et al., 2020), son rôle dans la conservation de documents (Mahmoud et al., 2026) et ses effets anti-arthritiques (Malik et al., 2023). L’interaction avec le système endocannabinoïde et son usage en thérapies complémentaires contre le cancer restent des axes de recherche actifs. Des essais cliniques plus approfondis sont nécessaires pour valider les applications humaines.

Texte et photos: Derrick Bergman
Parmi les dix cultivateurs participant à cette expérimentation sur le cannabis, Legacy Brands a été le dernier à commencer ses livraisons, en janvier 2026. L’entreprise a parcouru un long chemin avant que les premières commandes puissent quitter ses locaux. « C’est notre rêve et notre passion. Nous savons par expérience que la persévérance finit par payer et qu’une startup est toujours confrontée à des défis », déclare Bastiaan Swager, PDG et cofondateur.

Swager possède un parcours professionnel haut en couleur. Il a dirigé plusieurs entreprises dans le domaine de la santé, notamment Mastercare et le Chocolate Club, une société de superaliments biologiques, ainsi que Freezlab, où l’on peut donner un coup de boost à son organisme dans une chambre de cryothérapie à -110 °C. Parallèlement, il a cultivé du cannabis pendant des années et rêvait de pouvoir le faire légalement un jour.
« Legacy Brands possède des racines profondes ainsi que des décennies de connaissances et d’expérience issues de la culture des coffeeshops », explique Swager. « Nous constituons un lien entre l’ancienne scène underground et la culture réglementée actuelle, avec pour valeurs fondamentales la transparence, le respect et l’amour de la plante. »
L’entreprise collabore notamment avec Mila van de Pollinator, Rinus Beintema de Suver Nuver et le cultivateur Allstar Genetics, direc-
teur de la culture et sélectionneur génétique. Son réseau s’étend jusqu’en Californie. Grâce à « AK » de Death Row Cannabis, la marque de cannabis de Snoop Dogg, Legacy Brands a accès à des génétiques issues de cultures de tissus végétaux en Californie. Mais l’entreprise travaille également avec les génétiques de fleurons nationaux tels que Green House, Sensi Seeds et Serious Seeds.
Swager précise : « Nous combinons le savoir-faire néerlandais classique, notamment en matière d’assortiment, de haschisch et de culture en intérieur, avec des développements récents comme la culture de tissus végétaux et des recettes d’éclairage avancées. »
Défis
Le bureau dans lequel nous sommes assis donne sur une parcelle de 35 000 m². Le permis permettant d’y construire un site de culture encore beaucoup plus grand a récem-
ment été accordé. « Fin 2024, ce n’était encore qu’une terre agricole, sans aucune infrastructure ni raccordement aux services publics », explique Swager. Et ce n’est qu’un des nombreux défis rencontrés. Sur son premier site, situé à 600 mètres de là, Legacy a dû faire face à l’opposition d’une partie des riverains. L’entreprise a donc finalement déménagé vers son emplacement actuel, plus éloigné des habitations situées à la lisière du village. Des réunions d’information et des visites guidées ont été organisées afin d’expliquer le projet et de répondre aux inquiétudes.
Une motion déposée par la députée travailliste (PvdA) Songül Mutluer, adoptée par la Chambre des représentants le 5 mars 2024, a accru davantage la pression. Les cultivateurs qui, comme Legacy, n’avaient pas encore commencé à livrer devaient le faire dans un délai de neuf mois. S’ils ne respectaient pas cette échéance, leur place serait attribuée au cultivateur suivant sur la liste d’attente.
Swager : « Malgré l’énorme pression, nous nous sommes pleinement investis. Car c’est notre rêve et notre passion. Nous savons par expérience que la persévérance finit par payer et qu’une startup est toujours confrontée à des défis. » Sur la table reposent les

premiers fruits de tout ce travail et de cette persévérance : de grosses fleurs de Kaligria et de Scots King, toutes deux issues d’Allstar Genetics. La première est une variété à dominance sativa avec une floraison de treize semaines. Les plantes bénéficient effectivement de tout ce temps, et chaque fleur est taillée à la main puis affinée avec le plus grand soin.
Legacy dispose d’un stock d’environ cinquante génétiques différentes et prévoit de lancer prochainement sur le marché un mélange de variétés anciennes et nouvelles. Swager accepte d’en citer quelques-unes : Z-Lime-Pie, un croisement de Zkittlez, RS11, GMO et Kosher Kush.
« Nous abordons la culture du cannabis comme une forme d’agriculture de précision », explique Swager. « La génétique constitue le point de départ, mais c’est l’expérience
globale offerte par les produits finis qui est au cœur de notre démarche. Celle-ci commence par le profil terpénique – l’odeur et la saveur – et se prolonge par un effet équilibré. Plutôt que de rechercher des effets courts et extrêmement intenses, notre culture vise des effets complexes et durables, dans lesquels plusieurs cannabinoïdes et terpènes jouent un rôle complémentaire. »
Selon Swager, Legacy Brands souhaite fournir aux coffeeshops des produits dotés d’une identité claire. « Des variétés qui restent reconnaissables d’un lot à l’autre et qui répondent aussi bien aux attentes du consommateur moderne qu’à celles des amateurs de profils old school. Nous fabriquons également des joints spéciaux à la demande des coffeeshops. C’est ainsi que nous voulons donner un véritable contenu à l’expression “cannabis légal” : non pas comme un produit de masse, mais comme un artisanat contrôlé offrant un résultat constant et de haute qualité. »




Après deux semaines de croissance, ces plantes sont transférées vers les salles de floraison. Porte menant à la zone de culture.




Dans cette rubrique, nous interviewons des artistes ou des personnalités qui consomment ou cultivent du cannabis.
Depuis la fin des années 90, les Dub Pistols, fabriquent leur mélange musical explosif à base de reggae, ska, , jungle, dub ou electro. En 2026, le groupe originaire de Londres sort un nouvel album, « Enter The Sound » avec les Freestylers. Nous avons interviewé le leader du groupe, Barry Ashworth, un amateur de cannabis, qui était aussi l’un des meilleurs amis du célèbre écrivain Howard Marks, l’auteur de Mister Nice.
SSFR : À quel âge as-tu fumé ton premier joint ?
Barry Ashworth : Ça remonte à loin, je devais avoir 14 ans.
Et ton dernier joint ? C’était ce matin.
Tu préfères le haschisch ou la marijuana ?
Je fume les deux. J‘ai traversé différentes périodes où je préférais fumer des variétés plus fortes cultivées en hydroponie. Aujourd‘hui, je préfère le haschisch, même si c’est moins facile à trouver au Royaume-Uni.
Quelle est ta variété préférée ?
Sans hésiter, la Blue Dream.
Tu es plutôt indica ou sativa ?
Ça dépend du moment de la journée. Si je veux me détendre ou dormir, je prends de l‘indica. Si j‘ai besoin d‘énergie, de créativité ou si je veux fumer en journée, je prends de la sativa.
Tu préfères les pipes, les bangs, les vaporisateurs ou les joints traditionnels ?
Les joints traditionnels sont mes armes de prédilection, mais j‘ai aussi utilisé tout ce qui précède.
Quel type de papier à rouler utilises-tu ?
Le mien ! Dub Pistols propose ses propres kits à rouler aux couleurs du groupe : ils contiennent des feuilles à rouler king size non blanchies avec de la gomme arabique naturelle, un plateau à rouler et un grinder.
Es-tu déjà allé dans un coffee shop néerlandais ou un club social de cannabis espagnol ?
J‘y ai passé beaucoup de temps. Dans ma jeunesse, les week-ends à Amsterdam étaient un passage obligé, une sorte de rite de passage.
As-tu déjà essayé le BHO, le rosin ou l‘huile de cannabis ?
Oui, oui et oui ! J‘ai quasiment tout essayé !
As-tu déjà cultivé ton propre cannabis ? Je laisse ça à notre fille. Elle est bien meilleure que moi !
As-tu déjà essayé le CBD ?
J‘ai effectivement essayé le CBD et nous vendons même nos propres produits à base de CBD en ligne. Les propriétés thérapeutiques du CBD
sont bien documentées. J‘en donne à ma mère pour soulager son arthrite et il m‘aide à gérer mon stress et à mieux dormir.
Y a-t-il des livres ou des films sur le cannabis que tu apprécies particulièrement ?
Un de mes films préférés de tous les temps reste le classique culte de Cheech & Chong, « Up In Smoke » Pour les livres, je pense bien sûr à « Mr Nice », l’histoire de mon ami Howard Marks, qui fut un temps le plus gros trafiquants de cannabis du Royaume-Uni, voire du monde.
As-tu déjà assisté à une Cannabis Cup ou à un salon du cannabis ?
Nous avons joué en live à la High Times Cannabis Cup et nous étions également juges. C’était une expérience étrange. On a l’habitude que le public se déchaîne à nos concerts, mais là, tout le monde était vraiment défoncé et assis par terre pour regarder le spectacle. Au début, je me demandais ce qui n’allait pas, pourquoi ils ne sautaient pas ! Puis on a compris qu’ils étaient tous trop défoncés pour se tenir debout. Alors, on s’est assis nous aussi pour jouer. C’était un super événement.
Selon toi, dans quel pays trouve-t-on le meilleur cannabis ?
C’est une question de goût et de préférence personnelle. Parmi les pays souvent considérés comme les meilleurs pour la culture du cannabis, on trouve le Canada, où la légalisation a engendré une industrie florissante, les PaysBas, connus pour leurs politiques progressistes et leurs variétés de haute qualité. L‘Uruguay est le premier pays à avoir entièrement légalisé le cannabis. De plus, des pays comme la Colombie et la Jamaïque bénéficient de climats idéaux pour sa culture, tandis que les États américains de Californie et du Colorado sont réputés pour leurs techniques de culture avancées et leur marché dynamique. Ces régions offrent non seulement des conditions favorables à la culture, mais aussi des cadres juridiques qui encouragent l‘innovation et la qualité.
Penses-tu que le cannabis sera un jour légalisé au Royaume-Uni ?
Le cannabis médical est légal depuis novembre 2018. Les médecins spécialistes peuvent prescrire des produits à base de cannabis pour certaines pathologies, mais l‘accès est assez restreint et coûteux. Je pense qu‘avec le temps, il pourrait devenir légal, mais pour le moment, le gouvernement actuel n‘a aucun projet en ce sens. L‘opinion publique est partagée : environ 47 % sont favorables à la légalisation contre 43 % qui s‘y opposent. Les jeunes y sont beaucoup plus favorables.
Vous avez composé un excellent morceau sur le thème du cannabis, intitulé « Ganja », avec Rodney P, sur l‘album « Rum & Coke ». Quelles sont les d‘autres chansons sur le cannabis que vous avez enregistrées ?
Nous avons effectivement enregistré de nombreuses chansons sur la consommation d’herbe, notamment : « If You Ever Get A Draw » avec Myki Tuff, « Camberwell Carrot » avec Natty

Campbell » ou « Chalice » avec Mikey General.
En dehors de vos morceaux, quels sont tes ganja tunes préférées ?
Il y a « Hits from the Bong » de Cypress Hill, « Blueberry Yum Yum » de Ludacris, « I Got 5 On It » de Luniz, l’hymne au cannabis de la Bay Area. Je citerais aussi le classique de Bob Marley, « Kaya » et «Smoke The Weed » de Snoop Lion.
Vous avez commencé avec des morceaux du style big beat, un peu à la manière des Chemical Brothers. Puis, vous avez développé un son plus organique influencé par le ska et le reggae. Vous avez continué avec des morceaux ragga/jungle très dansants sur l’album « Return of the Pistoleros ». Comment décririez-vous le son des Dub Pistols en 2026 ? Notre son est toujours en évolution. Avec dix albums studio à notre actif et deux autres en production, j‘aime expérimenter différents styles. Je viens d‘enregistrer un album live de reggae avec des invités, dont Horseman à la batterie et d‘incroyables chanteurs comme Luciano, entre autres. Je travaille également sur un autre album électronique. C’est un album aux sonorités plus dub. Donc, ne sais pas trop comment décrire notre son, à part peut-être « teinté de dub et éclectique ».
Vous avez récemment sorti un album avec les Freestylers et plusieurs chanteurs invités. Pourquoi avoir choisi les Freestylers ? Qu‘apportent-ils au son des Dub Pistols ? Je connais Aston des Freestylers depuis environ 1997, époque où nous tournions ensemble aux États-Unis. Nous avons des goûts musicaux très similaires. Il a commencé par m‘aider sur mon album Frontline, puis nous avons décidé de collaborer sur un nouvel album. Ses talents de producteur sont incroyables.
Vous êtes en tournée en Europe jusqu‘en octobre. Combien de musiciens composent votre groupe sur scène ? Quels instruments utilisez-vous ?
Nous sommes un groupe de huit musiciens en tournée. Nos intruments : batterie, basse, trombone, trompette, guitare solo, et nous avons deux chanteurs.
Tu faisais partie des amis proches du regretté Howard Marks, le célèbre Mr Nice. Comment l’as-tu rencontré ?
Rencontrer Howard Marks fut une expérience surréaliste, surtout pour quelqu‘un comme moi qui l‘admirait bien avant que nos chemins ne se croisent. Après avoir lu son livre Mr. Nice, je l‘avais imaginé comme un personnage
hors du commun. Lors de notre première rencontre à Ibiza, l‘ambiance était aussi vibrante que l‘homme lui-même. Je me produisais au mythique Manumission, et en entrant dans l‘hôtel, je l‘ai aperçu, dormant paisiblement au bar. Une image parfaite pour un homme qui avait été témoin des folles aventures estivales en ce lieu même. Ce soir-là, nous avons partagé des joints et des anecdotes, riant et échangeant des réflexions si bien que les heures se sont écoulées sans que nous nous en rendions compte. Howard était un conteur hors pair, tissant les récits de ses aventures avec un tel charisme qu‘on avait l‘impression d‘être en présence d‘une personne vraiment extraordinaire.
Vous avez aussi collaboré artistiquement… Notre amitié s‘est rapidement épanouie. Il est devenu non seulement un mentor, mais aussi un ami précieux. Sa contribution à ma musique a été inestimable. Il a notamment rédigé les notes de pochette de nos albums Rum & Coke et Speakers & Tweeters. Notre collaboration s‘est poursuivie bien au-delà, avec des tournées et des séances d‘enregistrement communes qui ont immortalisé ses réflexions sur la vie, sur fond de notre musique. La dernière fois que j‘ai vu Howard fut un moment à la fois poignant et magnifique, quelques jours seulement avant son décès des suites d‘un cancer. J‘ai eu le privilège de l‘interviewer lors d‘une séance de questionsréponses en direct, et même à cet instant, il rayonnait de chaleur et de charisme. Howard Marks n‘était pas seulement un ami. C‘était une légende dont l‘esprit continue d‘inspirer.
Peux-tu nous parler du Mucky Weekender, le festival que vous organisez chaque année en septembre en Angleterre ?
C’est un festival de musique et d‘arts dynamique et intimiste de trois jours qui se tient à Vicarage Farm, à Woodmancott, près de Winchester, dans le Hampshire. Et c’est moi qui l’organise. Il attire environ 5 000 festivaliers sur un magnifique domaine privé de 11 hectares avec quatre scènes, dont une isolée dans les bois, créant une atmosphère magique et immersive. Il met à l‘honneur une grande diversité de genres musicaux : groupes live, DJs, musique électronique, reggae, breakbeat, house, drum & bass… Il se déroule début ou mi septembre. Pour cette année 2026, c’est du 10 au 12 septembre.
Quels sont les artistes à l’affiche du festival ?
Parmi les artistes des éditions précédentes et récentes du Mucky Weekender, on a pu voir des pointures comme Groove Armada, Fabio & Grooverider, David Rodigan, The Orb, des membres d‘Orbital, Utah Saints, Freestylers et bien sûr, les Dub Pistols eux-mêmes. Il y a aussi des talents émergents, des artistes de rue et des numéros de cirque.. Les festivaliers profitent d‘une offre culinaire et d‘un marché variés, et d’une atmosphère détendue et inclusive qui allie découverte musicale et véritable évasion. Il est possible de camper sur place.




Par Olivier F / olivier@softsecrets.nl

A KILLING IN CANNABIS: A TRUE STORY OF LOVE, MURDER, AND CALIFORNIA WEED TECH, MEURTRE ET MARIJUANA
Scott Eden est un journaliste d’investigation qui s’intéresse à la criminalité, à la corruption, aux business, aux sciences et à la technologie. Il est l’auteur du livre « A Killing in Cannabis: A True Story of Love, Murder, and California Weed » (« Un meurtre dans le monde du cannabis : une histoire vraie d’amour, de crime et d’herbe californienne »)
Il ne s’agit pas d’un roman mais d’une histoire vraie que l’on pourrait classer dans la catégorie « true-crime » Ce livre raconte l’histoire de Tushar Atre, un entrepreneur de la Silicon Valley retrouvé assassiné. Le récit se déroule à San Diego, dans le sud de la Californie. Cette ville de 1,4 millions d’habitants proche de la frontière mexicaine est la Mecque du surf et un des lieux de villégiature favoris de la Silicon Valley. Dans les montagnes environnantes, la marijuana, devenue légale, est cultivée depuis plusieurs décennies en quantités importantes.
Tushar Atre était un entrepreneur spécialisé dans les investissements en capital-risque : « Charismatique, ambitieux, arrogant et fortuné, Atre figurait parmi ces dirigeants de la tech et investisseurs en capital-risque avides de risques, de travail et d’argent, enchaînant sessions de surf à l’aube et journées de labeur de quatorze heures. »
Il a un jour rencontré Rachael Lynch, une cultivatrice et trafiquante de marijuana et en est tombé amoureux. Atre s’est alors lancé dans le business du cannabis qui venait d’être légalisé en Californie. Il a financé une start-up avec de l’argent issue du marché noir. Rachael avait des idées pour monter une entreprise dans le domaine du cannabis légal. Elle voulait mettre en place un business en intégration verticale « seed to sale » avec des espaces de culture, un laboratoire d’extraction et un laboratoire d’analyse. Tushar Atre a rencontré sur sa route des individus dangereux qui auraient pu vouloir sa mort. L’auteur a enquêté sur les cotés obscurs du cannabis légal et illégal.
Selon le New York Times, il s’agit d’« une histoire vraie et palpitante, à la fois enquête approfondie, récit de meurtre et histoire d’amour, qui se déroule au rythme d’un thriller Netflix. C’est une histoire culturelle détaillée et complexe de la marijuana en Californie, abordée de part et d’autre des clivages juridiques et moraux. »
Scott Eden : A Killing in Cannabis: A True Story of Love, Murder, and California Weed, 384 pages, 21.65 $
PROTOJE : THE ART OF ACCEPTANCE LE SEPTIÈME ALBUM DU CHANTEUR JAMAÏCAIN
Protoje, Oje Ken Ollivierre de son vrai nom, est un chanteur, compositeur et musicien jamaïcain qui a su renouveler la musique reggae avec ses albums innovants. Protoje
est le fils de la chanteuse et avocate Lorna Bennett et du chanteur Mike Ollivierre. Protoje a sorti son premier album, « Seven Year Itch », en 2011. Son deuxième album, « The 8 Year Affair », sorti en 2013, contient trois singles imparables « This Is Not A Marijuana Song », « Who Dem A Program » et « Kingston Be Wise » Et le troisième, « Ancient Future » contient le célèbre « Who Knows » en duo avec Chronixx, un chanteur jamaïcain classé, comme Protoje, dans le style new roots.
Nommé deux fois aux Grammy Awards, Protoje se distingue par la profondeur de sa voix et l’originalité de sa musique reggae influencé notamment par le jazz, la soul ou le hip-hop. Il utilise des sons assez inhabituels pour le reggae, comme celui de la clarinette sur « Who Dem A Program » Protoje est maintenant reconnu au delà du milieu du reggae. Il s’est notamment produit sur les scènes des festivals Glastonbury, Coachella et Lollapalooza.
Pour son septième album, « The Art Of Acceptance », Protoje a invité plusieurs chanteurs jamaïcains : Shenseea, Masicka, Jesse Royal et deux fils de Bob Marley, Damian et Stephen Marley. Il a également invité un chanteur originaire des Îles Vierges américaines, Pressure Busspipe.
Protoje : The Art Of Acceptance

de 250 000 dollars par personne. La durée de la plongée est de 8 heures depuis la ville de SaintJean de Terre-Neuve au Canada.
Le 18 juin 2023, Stockton Rush organise une plongée en sous-marin en direction de l’épave du Titanic. Cinq personnes sont à bord : Stockton Rush, le britannique Hamish Harding, l’homme d’affaires britannico-pakistanais Shahzada Dawood accompagné de son fils, Suleman, et le plongeur et chasseur d’épaves français, Paul Henri Nargeolet, spécialiste du Titanic.
Moins de deux heures après le départ, le contact avec le Titan a été coupé. Les cinq passagers sont morts suite à une terrible implosion. Un rapport de 300 pages a été publié par les gardes-côtes américains. Il met en cause

TITAN : LE NAUFRAGE D’OCEAN GATE L’IMPLOSION DU SOUS-MARIN TITAN
Ce documentaire raconte l’implosion du sous-marin Titan en 2023. Stockton Rush, le CEO d’OceanGate avait monté une expédition dans le but d’explorer l’épave du Titanic située au large de Terre Neuve à 3800 mètres de profondeur. Mais la plongée s’est mal terminée.
A partir de 2021, Stockton Rush a commencé à emmener des touristes visiter l’épave du Titanic avec son propre sous-marin, le Titan. Le prix est
l’entreprise OceanGate : « Le non-respect par OceanGate des protocoles d’ingénierie établis en matière de sécurité, de tests et de maintenance de son submersible était la première cause » Le problème venait notamment du hublot qui ne pouvait pas résister à de telles profondeurs.
Dans le documentaire, des témoignages d’anciens employés d’Ocean Gate permettent de mieux comprendre les raisons de ce drame. Selon les gardes-côtes américains, « OceanGate a eu recours à des tactiques d’intimidation, des dérogations accordées pour des opérations scientifiques, et a tiré profit de sa bonne réputation pour échapper à la surveillance des autorités de régulation. »
Titan : le naufrage d’Ocean Gate, Disponible sur Netflix
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Rédaction en chef: Cliff Cremer
Ont collaboré a ce numéro : Jorge Cervantes, Olivier F, Stoney Tark, Fabrizio Dentini, Hortizan, Mr José, Derrick Bergman, Matth, Sudestfam, Charles Stone, Gerard Donisa, José T. Gállego, Yakandi, Martin Müncheberg, et autres.
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