Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition
« les eaux posées, joliesse brutalité » présentée au musée de Saint Léger du Bourg Denis, du 4 mars, au 29 avril 2021. COMISSARIAT GÉNÉRAL : Ludmilla Wsevolojsky
préface Les musées vous manquent ? Comme tous les lieux culturels, les musées sont portes closes depuis fin octobre. La fronde des musées s’amplifie contre une fermeture qu’ils estiment ne pas mériter. Beaucoup d’institutions à travers le monde ont mis en place des dispositifs de visites virtuelles permettant d’explorer leurs collections sans bouger. Dans ce contexte sanitaire particulier, nous avons essayé, à notre manière, d’emmener la culture à votre porte. Le beau se dit d’une œuvre, mais aussi d’un paysage naturel ou urbain ; on le dit de n’importe quel spectacle ou manifestation qui nous émeut. On peut débattre sans fin de la beauté. La laideur, elle, est discutable. Lorsque la laideur est évoquée, on ne lui trouve pas d’idéal. Il semble donc plus approprié de créer un catalogue de la brutalité, du contrariant et de l’horrible que d’essayer d’élaborer une définition. Le laid est-il seulement l’opposé du beau ? Est-il possible d’extraire l’éclat d’un lieu à travers la brutalité qu’il dégage ?
L’exposition illustre la dualité entre la joliesse et la brutalité présente sur le site en s’appuyant notamment sur les cours d’eau : le Robec et l’Aubette. La dichotomie entre la beauté et la dureté du lieu est mise en relation tout au long du parcours. Vous découvrirez que ce qui est beau et plaisant, cache parfois une réalité plus dure. A contrario, vous serez étonnés de découvrir qu’il est possible d’obtenir de la douceur à travers une brutalité affirmée. À travers cette présentation, chaque artiste trace un portrait différent de la vallée permettant aux visiteurs de se faire leurs propres idées. Guidés par une aide à la visite, plongez-vous au cœur de la vallée des Deux Rivières, en appréciant son aspect bucolique contrastée par sa brutalité. Bonne visite ! Tiphaine Le du, Ludmilla Wsevolojsky, Comissaires de l’exposition
Ludmilla Wsevolojsky
salle 1
‘‘de la nature on veut être un peu les complices’’ A travers cette salle vous retrouverez notre vision de Saint Leger du Bourg Denis. A la fois douce et brusque, cette vallée se révèle à nous notamment grâce à la présence de l’eau.
de la nature on veut être un pe
Ludmilla Wsevolojsky
eu les complices
Lysa-Marie Tieffenbach
PAULINE EDITH (née en 2001)
EMPRISONÉE peinture réalisée en 2021
Que voit- on à travers cette carte subjective ? On y voit les collines de Saint Léger du Bourg-Denis, l’ubanisation grignotant peu à peu de terrain Quels sentiments s’en dégagent ? Et au milieu coule la rivière: une douceur qui éveille la vallée
Tiphaine Le Du
Que vous évoque ici le noir ? La pollution. L’artiste joue dans son travail sur le contraste, la rivière vient éveiller la vallée, polluée.
Qu’ imaginez-vous ? Les habitations gagnent du terrain et pourraient engloutir la vallée.
Que vous évoquent ces couleurs ? Elles marquent un contraste, la vallée est représentée par des couleurs vives, gaies, l’urbanisation est marquée de coups de pinceau sombres.
La technique utilisée par l’artiste ? L’éponge permet un traitement plus doux. Les habitations sont plus brutes, signifiées par des coups de pinceau dynamiques et furtifs.
Tiphaine Le Du
DANIEL PHITEU (1973-2021)
ÉGARÉ peinture sur toile, 2021
et pais
salle 2
“de ton imagination, sort un paysage inouï ”
Ici, nos croquis illustrent l’atmosphère calme sible que nous ressentons lors d’une balade le long des coins d’eau.
Tiphaine Le Du
Travail collectif
Laurie Maincent et Tiphaine Le Du
PAULINE EDITH série de croquis 2021
La végétation est représentée tout en finesse, très fleurie et dynamique, au gré du vent. Les artistes ont voulu dégager de ces croquis une atmosphère sereine et calme que l’on peut ressentir en flânant dans la vallée, le long des cours d’eau.
Cett
Saint
salle 3
“ Le ciel était gris. La bise pleurait ”
te fois, nous assistons à une vision plus lugubre et violente que précédemment. t Léger du Bourg-Denis devient un endroit austère, un lieu de passage où personne ne s’arrête.
Quels éléments artificiels pouvez-vous relever ? Des
bâtiments,
immeubles,
des
routes en béton, des panneaux, des poteaux électriques.
Que remarquez-vous sur la manière dont les arbres ont été représentés ? Ils sont dénudés de feuilles, les branches et les troncs sont tordus.
Pourquoi les croquis n’ont pas de couleur ? Pour accentuer la bizarrerie etpour donner un ton plus sombre au
Ludmilla Wsevolojsky
croquis.
“ Soudain Passage Les bruits
Tiphaine Le Du
EMILIE TURCA
DELPHINE TAIU
croquis au fusain 2021
l’obscurité du pont s ne sont qu’échos ”
ANA
EMILIE ANNACRUT
série de croquis, 2021
Laurie Maincent
e
illustr
salle 4
“Dans l’esprit tout est gris en ce monde en couleur”
Ici, on exposera des photos, en opposition, rant notre regard bienveillant à l’égard des cours d’eau contre l’aspect brutal de la vallée.
Ludmilla Wsevolojsky
Tiphaine Le Du
DANIEL PITHEU Contraste
photographies, 2021
PAULINE EDITH
Insalubre
Tiphaine Le Du
montage photographie, 2021
“ Dans le creux de la vallée, Le ciel se rétrécit, Un pneu est tombé” Laurie Maincent haiku 2021
« Le graffiti n’est pas le parent pauvre de l’art. Certes, il faut se faufiler dans la nuit et mentir à sa mère, mais à part ça, c’est l’expression artistique la plus honnête qui soit. » Banksy, Guerre et Spray, 2010 «Celui qui contemple la laideur sans la baptiser laideur découvre un autre visage de la beauté. » Jean-Paul Hameury.
Tiphaine Le Du
Si de nombreuses villes sont réfractaires à l’art urbain, d’autres au
contraire, invitent à créer en toute liberté dans des endroits bien spécifiques. C’est le cas de la ville de Rouen qui vient de mettre en place, début avril, le dispositif Faisons le mur, qui invite riverains et street artistes à collaborer. C’est une façon de favoriser l’art dans l’espace public, d’embellir et de colorer la ville.
DELPHINE TAEU photographies 2021
« L’art urbain est un mode d’expression unive devient une toile à ciel ouvert. Paradoxalem informelle du street art, souvent associé à certains tags peuvent au contraire être des et d’intérêt fort. Ici, joliesse et brutalité se co urbain devient un courant artistique à part e prouvant que la ville n’est pas si laide. » Par Phanie Ledit, publié le 22 avril 2021 dans Critique d’wart.
ersel. Ici, la ville ment à l’image à l’insalubrité, lieux d’attraits onfondent, l’art entière en nous
Tiphaine Le Du
d
com
salle 5
“Du noir sur la page, des couleurs dans l’esprit”
Voilà une salle bien étrange, plongez-vous, au cœur du mouvement dada pour mprendre comment, à notre façon, nous pourrions rendre la vallée davantage élégante et pleine de vie.
Ludmilla Wsevolojsky
2021 - Rouen
DELPHINE TAIU
Lysa-Marie Tieffenbach
Tiphaine Le Du
2021 - Rouen
FABIAN LYES CHET
Lysa-Marie Tieffenbach
2021 - Rouen
DELPHINE TAIU
Tiphaine Le Du
“Tends l’oreille, Ecoute, L’eau parle” EMILIE TURCAWNNAM
“
A tra c
e
salle 6
“Je l’observe et l’admire”
avers les tableaux abstraits, nous avons voulu montrer le calme de l’eau qui nous conduit à la contemplation. Les peintures mettent en valeur la rivière qui elle-même embellit le paysage
Ludmilla Wsevolojsky
Ferdye Mayela
MANEL CUIRITL
Entre deux terres gouache 2021
Sérénité
acrylique sur feuille 2021
« La rivière coule en silence. »
Lucile Martin
CAMILLE UNTRI
Ferdye Mayela
Que comprenez-vous à travers ce tableau ? On imagine les abysses profonds de la mer. Le bleu représente l’eau agitée du Robec.
Quels sentiments vous ?
ressentez-
On est rytmé par la rapidité de l’eau.
ANNAELLE AMALMEU Profondeur
gouache sur feuille 2021
Qu’est-ce que c’est ? C’est une peinture réalisée avec la technique de la décalcomanie, un procédé psychologique qui peut expliquer certains comportements inconscients. C’est un art surréaliste de transfert d’image. Que voit-on ? On peut distinguer trois couleurs qui se démarquent entre le bleu, le gris et le vert. On voit un axe séparant les deux parties qui d’un point de vue lointain semblent similaires, mais qui comportent tout de même des différences en regardant de plus près. Que signifie ce tableau ?
Lucile Martin
Ce tableau ne peut être défini, comme son concept, il est à la liberté de l’esprit de voir ce qu’il veut y voir.
CAMILLE UNTRI
Olibrius aquarelle 2021
Da
salle 7
“Dans son lit de tourments”
ans cette salle, on peut observer le chaos que représente le cours d’eau, créant une confusion dans les yeux de l’observateur.
Ludmilla Wsevolojsky
Ferdye Mayela
Peinture/France
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EMMANUEL ALEMALYE 2021 - Bihorel, aquarelle et gouache
BARRIERE
On voit ici des barrières qui empêchent la lecture d’un schéma en arrière-plan, des formes et des jets de peintures. Qu’est-ce que cela pourrait être? L’artiste nous l’a caché et nous laisse, en quelque sorte, prisonnier.
REMY ADEL EFAY Acrylique sur feuille 2021- Bihorel,
Lueur
Quelle peut être la signification de ce tableau? Ici, le rouge est dominant, il recouvre un bleu très sombre. Cela pourrait signifier un espoir, une délivrance possible face à ces couleurs imposantes.
Que peut-on ressentir à travers ce tableau ?
Ferdye Mayela
On peut ressentir que l’artiste ne veut pas perdre espoir en une cause.
REMY A DEL EFAY 2021 - Bihorel, Acrylique
Ferdye Mayela
DECHAINEMENT
“ Dans le creux de la vallée Le ciel se rétrécit L’obscurité m’attrappe ” Ferdye Mayela
EMILIE TURCANNA
EMMANUEL ALEMALYE 2021 - Bihorel, Acrylique
DESORDRE
A
salle 8
“Ma pensée suit son fil ainsi qu’une rivière”
A travers cette maquette, la rivière suit son cours et durant son trajet elle englobe tout son environnement, qu’il soit brutal ou bucolique.
Lysa-Marie Tieffenbach
“Quand la forme de la rivière devient violente”
YVES KLEIN - Femmes nues
“ Les fumées se rapprochent L’air s’épaissit Eau claire devient sombre ”
Travail collectif
références et crédits Mohanad Shuraihed , Milky Falls, vertigo.artography
Edward Hopper, S croquis
Edward Hopper, S croquis Mohanad Shuraihed, Bubble gum girl, vertigo.artography
Mondrian, peinture
Pierre Ardouvin, Ruisseau, 2005, Courtesy, Galerie chez Valentin, Paris
Visite virtuelle du m Louvres, 2021, Expo corps en mouvem Yves Klein, Anthropométries de l’époque bleue, 1960, Galerie nationale d’Art Contemporain
Olafur Eliasson, Rive Louisianan Museum Art, Denmark
Série de
Série de
e sur toile
musée du osition : ment
erbed, 2015, m of Modern
Poèmes salle 1 : Arnaud Jonquet, Promenade salle 2 : Guillaume Apollinaire, Le dessin salle 3 : Paul Verlaine, Croquis parisien salle 4 : Morpheus, Couleurs salle 5 : Anonyme, Dessin salle 6 : Robert Desnos, Contrée salle 7 : Anne-Marie, Rivière artistes exposés : Camille UNTRI Martine CLILU Manel CUIRITL Pauline EDITH Daniel PHITEU Delphine TAIU Marianne LUCENTI Emilie ANNACRUT Emeric ALANINTU Remy ADEL EFAY Emmanuel ALEMALYE Anaelle AMELMEU Yanis ABEL HECT Fabian LYES CHET Nabila FEYETS Elisa MARY
Graphisme : Ludmilla Wsevolojsky