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"Ma grand-mère est une terreur" de Guillaume Guéraud - extrait

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Du même auteur au Rouergue Cité Nique-le-Ciel - 1998, roman doado. Chassé croisé - 1999, roman doado. Les chiens écrasés - 1999, roman doado. Coup de sabre - 2000, roman doado. Dernier western - 2001, roman la brune. Apache - 2002, roman doado. Arrête ton cinéma - 2003, Zig Zag (ill. Henri Meunier). Arc-en-fiel - 2004, album (ill. Goele Dewanckel). Couscous clan - 2004, roman doado. Ma rue - 2004, album (ill. Anne Von Karstedt). Manga - 2005, roman doado. Je mourrai pas gibier - 2006, roman doado Noir. La brigade de l’œil - 2007, roman doado Noir. Raspoutine - 2008, album (ill. Marc Daniau). Le Contour de toutes les peurs - 2008, roman doado Noir. Déroute sauvage - 2009, roman doado Noir. Sans la télé – 2010, roman doado. Anka – 2012, roman doado. Safari dans le lavabo – 2013, album (ill. Hélène Georges). Je sauve le monde dès que je m’ennuie – 2012, roman zig zag (ill. Martin Romero). Baignade surveillée – 2014, la brune. Plus de morts que de vivants – 2015, roman doado Noir.

Illustration de couverture : Gaspard Sumeire Graphisme de couverture : Olivier Douzou © Éditions du Rouergue, 2017 www.lerouergue.com

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Guillaume GuĂŠraud

ma grand-mère est une terreur Illustrations de Gaspard Sumeire

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chapitre 1

Elle est forte et elle fout la trouille, ma grandmère, elle passe pas son temps à traîner au lit comme celle du Petit Chaperon rouge. Et elle aurait pas peur de se faire dévorer par les loups s’il y en avait autour de chez elle, au contraire, je peux même vous garantir que c’est elle qui les mangerait. Quand elle avait mon âge, à dix ans, il paraît qu’elle vivait vraiment au milieu des loups. Elle habitait en Russie, faut dire, dans les montagnes de Sibérie. « Il faisait si froid, là-bas, que je claque encore des dents dès que j’y repense ! elle me raconte quand je lui pose des questions 5

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là-dessus. Alors ne réveille pas mes souvenirs glacés, Loulou, sinon je vais finir par briser mon dentier. » Je m’appelle Louis mais elle m’appelle tout le temps Loulou en ricanant ou en grognant. Son prénom à elle, c’est Elena, mais personne l’appelle comme ça. Et son nom de jeune fille, vu qu’elle a quand même été jeune en Russie, c’est Kaleshkov. Mais comme c’est une vraie terreur, tout le monde la surnomme mémé Kalachnikov, vous savez, comme la mitraillette. Seulement, je vous conseille pas de l’appeler comme ça en face, ou sa fureur ferait passer n’importe quelle mitrailleuse pour une berceuse. À la voir marcher avec sa canne, pourtant, on dirait pas que c’est une terreur. Mais faites gaffe, elle n’utilise pas sa canne pour marcher plus vite ou plus droit, elle s’en sert comme matraque. Je l’ai vue une fois assommer une vipère avec. Et il paraît qu’elle s’en est déjà servie pour abattre un sanglier. Le seul point commun entre ma grand-mère et celle du Petit Chaperon rouge, c’est qu’elle vit dans une maison isolée au milieu des bois, dans un endroit paumé que personne ne connaît, même 6

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mon père se perd toujours quand on va lui rendre visite en voiture. Mais c’est tout. Parce que ma grand-mère, elle a pas besoin qu’on lui apporte une galette ou un petit pot de beurre ou quoi, non, ça va, elle fait ses courses toute seule et elle veut surtout pas qu’on l’aide. S’il vous prend l’envie de l’aider à porter ses paquets ou à recompter sa monnaie, laissez tomber cette idée ou vous le regretterez. « Écartez-vous, voyous, je peux en soulever dix comme vous ! » elle vous dirait. Et vous pouvez la croire, elle fend des bûches d’un simple coup de hache, elle déplace sa cuisinière en fonte toute seule quand elle doit nettoyer derrière, et je l’ai même vue secouer son prunier pour en faire tomber toutes les prunes dénoyautées à la fois. Elle est pourtant pas bien grosse, elle est même plutôt petite, surtout qu’elle se tient toute voûtée. « C’est à cause de l’âge ! elle dit. Les années m’ont pliée et tordue comme une vieille souche ! » Parce qu’elle est vieille, aussi, elle a soixante-dix-neuf ans, ça fait soixante-neuf ans de plus que moi. Son visage est tout fripé. Les rides qui lui traversent le front sont plus profondes que l’océan. Et au coin des yeux, elle a des plis qui s’étirent 7

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en pattes-d’oie jusqu’en haut et jusqu’en bas de ses oreilles. « Ce sont les rides du sourire ! » elle ricane, tu parles, on dirait des tranchées. « Elle a quand même de très beaux yeux… » précise toujours maman. C’est vrai, malgré son visage tout labouré, on voit encore bien les yeux de ma grand-mère, deux grands yeux clairs et délavés qui changent de couleur avec le temps. Ils sont bleus quand il fait beau et verts quand il y a des nuages. « Les mêmes que les tiens… me dit maman. Ça a sauté une génération… Ton père n’a hérité que de son caractère de cochon… » Et encore, « caractère de cochon », c’est une formule gentille, à mon avis les cochons sont plus aimables que mémé Kalachnikov. Elle ne se vautre pas dans la boue mais elle grogne et, si elle avait encore toutes ses dents, vous pouvez être sûr qu’elle mordrait. Les gens changent automatiquement de trottoir pour éviter de la croiser quand elle se rend au village. Et ils font aussitôt demi-tour s’ils l’aperçoivent dans la forêt. Ou bien elle leur balance une de ses formules de derrière les fagots : « Poussezvous de là, cancrelats, vous savez même pas pisser droit ! » 8

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Elle dit un tas de méchancetés. Ouah ! elle m’a même appris plein d’insultes comme « gougnafier ! », « capitaliste ! », « suceur de sueur ! » et « altesse de mes fesses ! ». Mais je peux pas les répéter devant mes parents sinon ça les rend dingues. Sauf que moi, bizarrement, mémé Kalachnikov m’aime bien. Et elle m’accueille toujours à bras ouverts pendant les vacances. Alors que je déteste aller chez elle.

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chapitre 2

« Tu iras passer la semaine des vacances de la Toussaint chez ta grand-mère… » m’a annoncé mon père. Quand il dit « grand-mère » à la place de « mémé Kalachnikov » pour parler de sa mère, c’est pour essayer de faire croire que c’est une grand-mère normale. Sauf que je la connais, alors ça m’a pas fait sauter de joie. – Pas toute la semaine ! j’ai aussitôt protesté. – Une toute petite semaine, de dimanche à samedi, c’est pas la fin du monde… m’a sermonné papa. – Tu parles ! C’est pas toi qui vas t’ennuyer là-bas ! 11

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– Figure-toi que j’y ai passé toute mon enfance ! il m’a répliqué. N’empêche que pour les vacances, j’aurais préféré aller chez papi Régis et mamie Mireille, les parents de ma mère qui vivent dans un petit pavillon où il y a tout ce qu’il faut. Mamie Mireille fait des gâteaux succulents et je regarde les matches de foot à la télé avec papi Régis. Ils ont même internet alors je peux m’amuser quand je veux chez eux. Chez mémé Kalachnikov, c’est pas la même chanson. Elle vit dans une forêt en pleine campagne. Au bord d’un ruisseau glacé. Et ça tourne tellement, pour se rendre chez elle, que je vomis presque à chaque fois quand on y va. Puis je déteste ce qu’elle fait à manger. En particulier ses gâteaux russes aux noisettes, c’est pas bon, surtout qu’elle oublie toujours à l’intérieur des morceaux de coquille qui font mal aux dents quand on croque dedans. Et elle connaît pas internet, tu m’étonnes, rien que son téléphone, si vous le voyiez, vous sauriez même pas que c’est un téléphone, non, c’est un vieil appareil avec un cadran qu’il faut faire tourner, ça n’existe plus chez personne depuis des 12

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siècles. « Il est vieux comme mes robes mais il fonctionne encore ! » elle ricane. Elle habite en Dordogne, faut dire, le pays des Magdaléniens, ces hommes de Cro-Magnon qui étaient là 20 000 ans avant ma naissance, je le sais parce que mes parents m’ont déjà forcé trois fois à visiter le musée de la Préhistoire. « C’est le berceau de la civilisation ! » assure mémé Kalachnikov. Je me demande ce qu’elle appelle « la civilisation » car elle a pas la télé non plus, elle a juste un transistor. Alors je dois toujours aller m’ennuyer dehors quand je suis chez elle. « Le grand air de la campagne ne peut que faire du bien à un citadin de ton espèce ! » elle me dit. Mais je vois pas ce que je peux faire tout seul avec le grand air à part le respirer, bon sang, c’est pas passionnant. – Tu emporteras des livres et tu pourras jouer dans son jardin… a tenté de me motiver maman. Quel ennui, lire ou patauger dans le ruisseau de son jardin, je me demande qui pourrait s’amuser comme ça. – Pas jusqu’à samedi ! je me suis mis à pleurnicher. – Ça suffit ! a ordonné mon père. Arrête de te plaindre ! 13

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Heureusement, dans ce genre de situation, je peux toujours compter sur maman. – On te récupérera vendredi… elle a fini par céder pour me calmer. C’était au moins ça de gagné. Mais ça n’allait quand même pas être de la tarte. Si encore je pouvais aider mémé Kalachnikov à faire son jardin ou quoi, ça irait, mais vous savez, elle veut jamais qu’on l’aide, elle veut tout faire toute seule. Chaque fois que je lui propose un coup de main, elle refuse, en grognant un tas de raisons comme « T’es pas assez costaud », « Tu sais pas faire », « Tu vas en foutre partout » ou « Tu risques de te couper un doigt ». Et « Reste pas dans mes pattes ! » elle finit toujours par crier. La seule mission importante qu’elle me confie, parfois, c’est d’apporter des carottes à ses lapins. Et elle m’autorise aussi à l’accompagner chercher les œufs frais dans le poulailler. Ou à rapporter un fagot de sarments de son hangar quand elle veut faire des grillades. On peut pas dire que ces activités m’emballent. Le pire c’est quand elle m’oblige à aller avec elle chercher des champignons dans sa foutue forêt. Ça dure des heures et j’en trouve jamais. 14

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Le truc que j’aimerais plutôt faire, moi, c’est poser les pièges avec lesquels elle attrape les lièvres et les grives dans la forêt. Sauf qu’elle veut jamais. « Elle a ses habitudes… l’excuse mon père. Et même si ce sont de mauvaises habitudes, il ne faut pas la contrarier… » « C’est parce qu’elle vit seule depuis trop longtemps… » explique maman. C’est vrai que mémé Kalachnikov vit toute seule depuis des siècles. Son mari est mort bien avant ma naissance, je l’ai jamais connu, j’arrive même pas à imaginer qu’elle ait pu avoir un mari.

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chapitre 3

Mémé Kalachnikov habite à deux heures de route de chez nous. On se perd toujours en voiture là-bas. Papa et maman s’embrouillent pendant des plombes à chaque croisement pour savoir s’il faut tourner à gauche ou à droite. Même le GPS se mélange les pinceaux là-bas. C’est à la sortie d’un village minuscule. Dans une forêt dont les branches craquent sans prévenir. Pas très loin de la grotte de Lascaux, vous savez, là où les hommes préhistoriques ont peint des bisons sur les parois. D’ailleurs, mémé Kalachnikov assure que c’est pas des hommes préhistoriques qui les ont peints, mais des femmes 17

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préhistoriques. Elle a appris ça en écoutant son transistor. Un concert de craquements de bois mort nous a accueillis quand on est arrivés devant chez elle. J’avais l’estomac complètement retourné, à cause des virages, alors j’ai aussitôt cavalé dans son jardin pour aller vomir sur son tas de fumier. Le fumier, c’est un truc dégoûtant de la campagne, les paysans y jettent leurs épluchures et tout ce qui est pourri, alors on peut vomir dessus tranquille. Sauf qu’on le remange après, parce que mémé Kalachnikov le répand sur ses rangées de légumes, soi-disant que ça les fait mieux pousser. Papa a cogné à la porte de la maison mais elle n’a pas répondu. Mémé Kalachnikov est un peu sourde, faut dire, alors on est entrés à l’intérieur pour voir si elle était pas dans sa cuisine ou quoi. Elle ferme jamais à clé, normal, personne n’ose jamais s’aventurer jusque chez elle. Ça sent le vieux et le moisi, dans sa maison, à cause de l’humidité. Et il fait toujours frais parce que ses murs en pierre sont plus épais que la banquise. C’est plutôt agréable, l’été, mais là c’était bientôt l’hiver, heureusement qu’elle avait allumé 18

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son poêle à bois pour faire grimper la température. On a visité toutes les pièces sans trouver grandmère nulle part. Elle devait être dans la forêt en train de cueillir des champignons. Ou installer ses pièges à grives. – On est le premier novembre, s’est brusquement souvenu papa, c’est la fête des morts… Elle est sûrement sur la tombe de mon père… Le cimetière est un endroit bien plus vivant que la maison de mémé Kalachnikov, au moment de la Toussaint, vu qu’il est plein de monde et plein de fleurs. On a repéré grand-mère, dans une allée, avec un beau bouquet. Les gens s’écartaient sur son passage, comme s’ils craignaient qu’elle leur foute un coup de canne. Ça les a vachement surpris de voir un garçon comme moi lui faire la bise. Même ceux qui savent que je suis son petit-fils n’en reviennent pas que je m’approche d’elle. Elle a posé son bouquet sur la tombe de son mari que j’ai jamais connu. « Il est mort d’une cirrhose… » m’a un jour dit papa. Mais j’étais plus petit que maintenant alors j’avais imaginé que c’était une scie rose qui l’avait tué pendant qu’il taillait du bois ou quoi. Sauf que, en fait, la 19

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cirrhose est une maladie qu’attrapent les alcooliques à force de boire. – Il buvait pas que de la tisane ! a souri mémé Kalachnikov devant la stèle. Et elle a souri encore plus largement pour me demander : – Pourquoi tu fais cette tronche, Loulou, t’es pas content de venir me voir ? – Je suppose que t’as toujours pas la télé… j’ai grimacé. Elle m’a aussitôt collé une taloche sur le crâne : – Bon sang ! J’ai pas besoin de télévision ! Je te l’ai déjà dit cent fois ! Tous ceux qui la regardent finissent avec le cerveau empoisonné et se mettent à baver comme des crétins devant n’importe quoi sans plus se préoccuper de leurs voisins ! C’est comme ça qu’elle m’a souhaité la bienvenue. – Mais t’as pas de voisins… je lui ai fait remarquer. – Tant pis ! Je préfère m’occuper dans mon jardin pendant que les jeunes imbéciles de ton espèce restent le cul posé devant leur écran ! Le mot « cul » a froissé les oreilles de mes parents. 20

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– Louis n’a que dix ans… a rappelé ma mère. – Et alors ? Il a quand même un cul ! Vous ne voulez pas que je lui parle franchement ? Vous préférez que la télé le gave de mensonges et de publicités ? Elle démarre toujours au quart de tour, mémé Kalachnikov, avec des cris d’indignation et des jurons à tout-va. Papa a baissé la tête pour éviter de s’engager dans un débat à n’en plus finir. Et maman s’est contentée de hausser les épaules. – De toute façon, Loulou, j’ai dégoté quelque chose qui te permettra de ne pas t’ennuyer ! a assuré grand-mère. J’ai retrouvé le vélo de ton grand-père en nettoyant le hangar… Tu pourras monter dessus et aller où ça te chante dès que tu voudras me fuir ! J’ai pris ça pour une bonne nouvelle sans supposer le pire. – Prenez bien soin de Louis, a dit maman avant de partir, on viendra le chercher samedi… – Vendredi ! je lui ai rappelé. Et mes parents m’ont abandonné là avec grandmère en plein cimetière. Mémé Kalachnikov a aussitôt tapé dans ses mains avec autorité : 21

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– Il est l’heure de déjeuner, Loulou, je vais te préparer une bonne tarte aux orties ! Sans rire, voilà le genre de trucs qu’elle me force à manger. – C’est bon pour mon arthrose ! elle a précisé. Parce qu’elle aussi a une maladie qui se finit par « rose », mais encore rien à voir avec la couleur, c’est un problème d’articulation, au niveau des os, à cause de la vieillesse. – Et pendant ce temps tu me liras le journal ! elle a ajouté. Mémé Kalachnikov ne parvient plus à lire toute seule son journal parce que c’est écrit trop petit et qu’elle ne veut pas porter de lunettes. Je lui ai lu sa page favorite, celle des décès, pendant qu’elle battait des œufs : – La famille Legras a le regret de vous annoncer le décès de Maurice Legras… – Qui ça ? – Maurice Legras. – Ha-ha-ha ! a ricané mémé Kalachnikov. C’est le garde champêtre ! Bon débarras !

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"Ma grand-mère est une terreur" de Guillaume Guéraud - extrait by Éditions du Rouergue - Issuu