TROilTITRTS
République fédérale de Yougoslavie IJn Etat de censure
Comité E xé c u t i f lntêrnational lntern ational Executiv e Committee Président F e r n a n dC o astello (Espagnel Vice-présidents O l i v i e rB a s i l l e lBelgique) Ka.in Bojs (Suède) Renato Bu.gy lSuisse) Noël Copin {France) MichaélRediske (Allemagnel
Trésorier MichelSchweri (Suisse)
Secrétariat Inte rnatio n al lntern ational Secretariat 5, rue Geoffroy-Marie 75009 Paris Té1. (331 01 44 83 84 84 Fax (33) 0'l 45 23 11 51 E - m â i l : r s f@ t s f, f r Sarveur Web : www.rsf,fl
Reporters sans frontières mai 1.999
République fédérale de Yougoslavie Un Etat de censure
Après huit semainesde bombardements, le régimede.SlobodanMilosevica réussià auKosovo,à verrouillerI'informationsurla province réduireà néantia pressealbanaise tout en faisanttairelesvoix critiquesen Serbie.Quantauxmédiasdu Monténégro, ils se et Belgrade. En guerre retrouventau cceurdela luttedepouvoirqueselivrentPodgorica contrelesmédiasindépendants depuisdix ans,le régimes'étaitdonné,dèslespremières menacesde frappesde I'Otan,tousles moyenslégauxpour venir à bout de la presse rôdée,la menace critique.Ainsi depuisoctobre1998,suivantunetechniquedésormais extérieurea été systématiquement utiliséecommeprétextepour muselerles voix dérangeantes dansle pays. Depuisle débutdesfrappesdeI'Otan,le24 mars1999,deuxjournalistes occidentaux ont par les autoritésmilitairesavantd'êtrelibéréssousforte pression été emprisonnés internationale en prison.Un ; I'un deux affirmeavoir été battu "quotidiennement" journalistecroate,AntunMasle,esttoujoursdétenupar les militairesauMonténégro et sonconfrèreserbeNebojsaRistic,placéen détentionprovisoirele 23 avril,risqued'être condamné à un an deprisonpouravoirprotesté contrela censureen Serbie.A Belgrade, un journalisted'opposition, SlavkoCuruvija,accuséde "trahison"par les médias officiels,a étéassassiné devantsondomicile,le 11avril 1999.Lesjoumalistes serbes ont perçucetassassinat commeunultimeavertissement, le signalquelesautorités entendaient bienenfinir avecla presse indépendante. Au moins80journalistes étrangers parfoisviolemment, ont étéinterpellés et interrogés, par les forcesde policeet desmilitairesserbes,un chiffre probablement inférieurà la réaiité.La plupart ont été expulsés,aprèsavoir été détenusdurantune périodede quelquesheuresà quelquesjours. Certainsd'entreeux ont fait état de mauvais traitements, d'insulteset de violences à leur égard,dont dessimulacres d'exécution. Selondes témoignages concordants, desjournalistesauraientégalement été utilisés commeboucliershumains,notamment surle sitede la RadiotéIévision deSerbie(RTS). Lesjournalistesalbanaisdu Kosovo,craignantpourleur vie, ont,pourla plupart,quitté le pays.
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Serbie : chronique d'une censure annoncée Depuis dix ans la majorité des Serbesn'estinformée que par la RadiotéIévisionde Serbie. Cette chaîne de télévision,purgéeà plusieursreprisesde sesjournalistescritiques,est entièrementau servicedesintérêtsdu régimede Milosevic : ainsi, en janvier 1993, 1500 salariésont été licenciéspour avoir expriméleur désaccordavec la ligne éditorialede la chaîne. Le régime a toléré I'existencede médias indépendantsqui n'avaientqu'une diffusion limitée, voire confidentielledansle pays. La célèbreradio 892, par exemple,est captée à Belgrade et quelques grandes villes contrôlées par I'opposition, mais pratiquement pas dans le reste de la Serbie. Le réseaudes médias électroniques indépendants(ANEM), quoiquetrès actif, compte essentiellementparmi sesmembres La procédureannuelle des chaînesde télévisionet desstationsde radio de divertissement. d'attributiondes licencesd'émissionpermettraditionnellementaux autoritésd'écarterles médiasles plus impertinents.Ainsi, en juin 1997,les autoritésont fermé 55 radioset chaînesde télévision ; en mai 1998,seulementtrois médiasindépendants,sur les 426 dossiersdéposésauprèsdu ministèredes Télécommunications,avaientobtenule droit d'émettresur le territoirede IaRFY :892 et les chaînesde télévisionrégionalesRZV Pancevo et F Kanal. Les chaînesde télévisionbelgradoises,même privées,restent contrôléespar des membresdu gouvernement,du parti au pouvoir, ou de leurs proches. chèreet mal distribuéeen province,resteun privilège des La presseécrite indépendante, habitantsdes grandesvilles, notammentà Belgrade.Aucun journal indépendantn'a une vraie dimension nationale.Très lu dansla capitale,I'hebdomadaireindépendantVreme tirait à 20 000 exemplairesavantla guerre(10 000 aujourd'hui)et le quotidienNasa Borba à 15 000 exemplairesavantde déposerle bilan en octobre1998. Le prestigieuxbimensuel Republika (2 500 exemplaires)édité par le Cercle de Belgrade,groupe d'intellectueisdissidentsopposésà Milosevic, est surtout connu des chancelleries occidentaleset desjournalistesétrangers. L'année 1998 a encoreété marquéepar un verrouillagede I'information,notammentsur le Kosovo. Dès mars 1998,les rédacteurs en chef des principauxmédiasindépendants ont été convoqués par le ministre de I'Information qui leur a rappelé la "grille d'interprétation"officielle du conflit. La nouvelleloi sur I'information,adoptéeen octobre alors que l'Otan menaçaitla 1998 à I'initiative du Parti radical(RS, ultranationaliste) Serbiede frappesaériennes,pénalisede facto tout commentairesur le Kosovo qui serait contraire à I'idéologie officielle. La retransmissiondes programmesdes radios internationalesa été interdite.
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Peines d'amendesastronomiques,saisiesà répétition, présomption de culpabilité : le régime a pu faire taire ainsi, dèsle mois d'octobre1998, trois journaux et deux stations Nasa Borba, et la radio contestataire de radio. Le plus influentquotidienindépendant, des étudiants,Indeks ont été définitivementfermés.A partir du mois de novembre1998les procèsen série et les mesuresde rétorsionont mis en péril I'existencede I'ensembledes médias indépendants; de nombreuxquotidiens, dont Danas et Dnevni Telegraf, ont préféré s'expatrier au Monténégro afin d'échapperaux représaillesdes autorités de Belgrade.Déjà insuffisante,leur diffusions'enest trouvéeencoreplus perturbée. Le24 mars, peu avantle déclenchement desfrappesde I'Otan,les autoritésont procédéà la fermeture de la radio indépendanteB 92 et détenu pendantplus de huit heuresson rédacteuren chef, Veran Matic. Les stationsde radio 021, Jasenicaet Info Jet ainsique la chaîne de télévision privée W Soko ont été fermées par la suite. Le directeur de TV Soko, Nebojsa Ristic, placé en détentionprovisoire depuis le 23 avril risque d'être condamnéà un an de prison pour avoir brandi une pancartedemandantla liberté de la presseen Serbie. Une censure de fait a été imposéeà I'ensembledes médias qui, par crainte des répressions,ne publientque les communiquésofficiels du gouvernementet de l'étatmajor de I'armée.Des représentants desautoritésmilitaires sont désormaisprésentsdans les locaux de chaquemédia.Les chaînesde télévisionPink, Politika, Palma et BK, toutes contrôléespar des hommesd'affairesprochesdu pouvoir, se sont faites le relais des programmesde la RZS dont les émetteurset les locaux sont pris pour cibles par les bombardementsaliiés. Le 25 avril, Vuk Draskovic, vice-Premier ministre fédéral et ancienopposantà Milosevic,a dénoncédansun entretienà la chaînede télévisionStudio B (contrôléepar son parti, le SPO) "l'incroyabledéchéancede la propagandeanti-Otan des médiasofficiels serbes".Le lendemain,il a été limogé et Studio B obligéemanu militari de retransmettreles programmesde la RZS et les bulletins d'information de I'agencede pressed'EtatTanjug,autrevoix officielle du régime. L'atteinte la plus brutale à la liberté de la presseen Serbie reste I'assassinat de Slavko Curuvija, le 11 avril 1999 à Belgrade.Directeur du quotidien indépendantDnevni Telegraf et fondateurdu magazineEvropljanin (L'Européen),S. Curuvija faisait l'objet de pressions,de menaceset d'un harcèlementconstantde la part desautoritéspour avoir critiqué le régime de Milosevic. Dnevni Telegraf,puis Evropljanin ont été interdits par les autorités,en octobre1998,en vertude I'applicationde la nouvelleloi sur l'information.
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Suite aux nombreusessaisieset aux amendesastronomiquesqui lui ont été infligées, Slavko Curuvija a fait enregistrersespublicationsau Monténégrotout en essayantde les diffuser sur le territoire serbe.Le 8 mars 1999, il a été condamné,avec deux autres journalistes de Dnevni Telegraf,à cinq mois de prison pour la publication d'un article mettant en causeun vice-Premierministre serbe,Milovan Bojic, membre influent de I'Union de la gaucheyougoslave(JUL), dont la présidente,Mira Markovic, est l'épouse du présidentMilosevic. L'article accusaitimplicitement ce responsablepolitique d'êtreà I'origine de la mort d'un médecin.Accuséfréquemmentde "trahison"par les autorités,le journaliste avait déjà fait I'objet de nombreusesmenacesde mort. Certainesont été relayéespar la presseofficielle, notammentaprèsle déclenchementdesfrappesde I'Otan contre Ia Yougoslavie.Depuis le début de la guerre,Slavko Curuvija avait pourtant renoncéà publier son quotidien,déclarantqu'il refusait de "faire un journal pour les censeurs". Les visasde journalistesont toujoursété délivrésau compte-gouttespar les ambassades yougoslaves.Au cours de I'année1998, au moins quatre reportersétrangersont été expulséssuite à leurs reportages sur le Kosovoet déclarés"personanon grata"dansle pays. Depuis mars 1998 et I'intensificationdes opérationsarméesau Kosovo, les autoritésyougoslavesont multiplié les déclarationsagressivesà I'encontrede la presse internationaleaccuséede déformer la réalité et de prendre parti pour les séparatistes kosovars.Ainsi, le ler octobre,le ministre ultranationalisteVojislav Seselja déclaréque lesjournalistesde Radio Free Europe,BBC, Voiceof America, DeutscheWelleet Radio France Internationaleainsique leurscollaborateursyougoslavesne seraientpasprotégés par la Conventionde Genèveen casde conflit avecI'Otan. Au lendemaindespremièresfrappesde I'Otan,les autoritésmilitairesreconnaissent avoir expulsé"37 reportersvenantdespaysies plus agressifs- Etats-Unis,Grande-Bretagne, France,Allemagne" auxquelss'ajouteune vingtainede journalistes"expulsésen vertu de mesuresprisesà titre individuel". Au moins 80journalistesont été ainsi expulsésdepuis le conflit, un chiffre probablementinférieur à la réalité en raison desdifficultésà obtenir des informations du côté serbe.Les journalistesétrangersprésentsà Belgradeont pour consigne de ne pas se déplacerhors de Belgrade sans autorisationmilitaire ; les photographeset les équipesde télévisiondoiventdemanderà I'arméeune autorisationde filmer et faire visionnerleurscassettes.
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De nombreux journalistesoccidentauxaffirment avoir été agresséset intimidés par les forces de I'ordre lors de leur interpellation et de leur expulsion du pays. Pour la plupart, ils se sont vu violemment reprocherI'attitudede leurs pays respectifsdansle conflit du Kosovo. Une dizaine de journalistes ont été battus et arbitrairementdétenus "pour I'exemple" par des forces arméesrégulièresou des groupesparamilitairesserbes; des témoignagesde harcèlementpsychologique,voire de mauvais traitements,ont été communiquésà Reporterssansfrontières(RSF) (voir aussile chapitre"Kosovo",infra). Par exemple, le 16 avril 1999,Lucia Annunziata,journaliste de la chaînede télévision nationale italienne RAI et des quotidiens// Messaggeroet II Foglio, est arrêtéepar des militaires alors qu'elle s'apprêteà quitter la Serbie.La journaliste déclareavoir été interrogée pendant plus de huit heures,frappée, déshabilléeet menottéeavant d'être conduite dans un lieu inconnu.Elle a passéla nuit enchaînéeà un radiateur,les yeux bandés.Elle a subi desmenaceset diversestorturespsychologiquesavantd'êtredéclarée "personanon grata" et reconduiteà la frontière,le visagetoujoursrecouvert.Le 25 mars, CatharinaNynke, envoyéespécialeen Yougoslaviede la chaînede télévisionnéerlandaise Net 5 et son cameramanhongroisZoltan Olah, sont arrêtéspar des policiersserbesaux environs de Novi Sad (nord de Belgrade).Joints par la rédactionde Net 5 sur le téléphoneportable de la journaliste,les policiers déclarent"qu'ils ne peuventgarantirsa sécuritéet que son sort est entreleursmains".Les deuxjournalistessontrelâchésvingtquatre heuresplus tard aprèsavoir subi de nombreuxinterrogatoireset desmenaces.Le 26 mars, Tvrtko Vuljity et Zoltan Gazsi,respectivementreporter et cameramande la chaîne de télévision privée hongroiseTV2, sont arrêtéspar des gardes-frontières yougoslavesà Roeszke(frontièreavecla Hongrie). Les journalistessont sévèrement battus.Tvrtko Vuljity doit être hospitalisésuite à I'agression: il souffrede nombreux hématomes. Anêté le 16 avril, Pit Schnitzler,correspondant de la chaînede télévisionallemande SATI, a été accusé"d'espionnage" et détenujusqu'au12 mai par les autoritésmilitaires de Belgrade. Il s'était vu confisquer,sous la menaced'une arme, la totalité de son matérielpar la police militaire serbe.Rentréà Bonn, le journalisteallemanda témoignéde sesconditionsde détention: "Les coupsfaisaientpartie du programmequotidien(...).La plupart du temps,on me frappaitdansla régiondes reinsou dansles côtes(...).On me saluait d'un crochet au menton,de coupsau visage aussi(...) En règle générale,c'est avecune matraquequ'on me tabassait,et toujoursdansla cellule pour qu'il n'y ait pas de témoin." "On m'a fait toucherle fond de l'âme humaine".résume-t-il.
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Isolé dans une cellule de 4 mètres sur 1,5 mètre, il a été interrogé et menacé quotidiennementpendant"septou huit heures"par des membresde la police secrète.Sa libération a été obtenueà la suited'uneinterventiondu chef de la diplomatieallemande, JoschkaFicher, auprèsdu présidentyougoslave. Le bombardementpar I'aviation aliiée desbâtimentsde la RTS à Belgrade a fait au moins huit morts parmi les employésde la chaîne.Le bombardement,accidentelselon les responsablesde I'Otan, de I'ambassadede Chine a égalementcausé la mort de trois journalisteschinois qui se trouvaientdansle bâtiment.Quatrejournalistesroumainsont par ailleurs été blesséslors d'un raid de I'Otan visant le pont d'une autoroutereliant Belgradeà la ville de Nis (Sud).Lesjournalistesaccompagnaient une délégationde la ville roumainede Pitestivenueapporterde I'aidehumanitaireen Serbie.Deux d'entreeux ont dû être hospitaliséssuiteà leursblessures. Kosovo : une guerre à huis clos Relativementprotégéspar la présencedesmembresde la communautéinternationaleau Kosovo avant les frappesde I'Otan,les médiasde langue albanaiseavaientacquis une par rapportau pouvoir serbe.Néanmoins,leursjournalistesétaient certaineindépendance souventvictimes de la violenceet de I'arbitrairepoliciers : au moins six d'entreeux ont été battus,deux ont été interpelléset un grand nombre convoquéspour des "entretiens informatifs" dansles commissariats au coursde l'année1998.Le quotidienRilindja a été fermé début mars 1999pour "publicationillégale" alors que Bujku, prochede la Ligue démocratiquedu Kosovo (LDK) d'IbrahimRugova,avaitété,fermé en janvier 1999.Les quotidiensalbanaisétaientrégulièrement par de lourdesamendesen vertu de sanctionnés I'applicationde la loi sur I'informationserbe.Ainsi le 22 mars 1999, le principal quotidiende languealbanaisedu Kosovo,Koha Ditore (30 000 exemplairesavant la guerre),a été condamnéà une amendede 410 000 dinars(205 740 francs,37 000 euros) et son rédacteuren chef,BatonHaxhiu,à uneamendede 110 000 dinars(55 600 francs, 10 000 euros)suiteà une plaintedu ministrede I'Informationserbe,AlexandarVucic. Le journal a été accuséd'avoir "propagéI'intoléranceet la haine parmi les nations et minorités nationalesen Serbie".Le même mois, deux autrespublicationsen langue albanaise,le quotidienKosovasot etle bimensuelGazetaShqiptare,ont étécondamnésà payer I 600 000 dinars(957 760 francs,146000 euros)chacun.
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Kosova.çota suspendusa parutionaprèsque desexemplairesdu journal ont été saisispar la police. Après la fermeture,fin mai 1998,de radio Kontakt, qui émettaiten serbeet en albanais,les seulsmédiasélectroniquescaptésdansla province sontla radiotélévisionde Belgradeet la télévisiond'Etatalbanaise. Depuis le début des frappesaériennesde I'Otan, les médiaset les joumalistesde langue albanaisedu Kosovo sont devenusles premièrescibles des représaillesserbes.Dans la nuit du 24 mars,des policiersont saccagéles locaux de Koha Ditore, tuant le gardien; I'imprimeriedu quotidiena été incendiée.L'avocatdu journal, Bajram Kelmendi,ainsi que sesdeux fils ont été exécutéspar desmilitaires.Craignantpour leur vie, la plupart desjournalistes albanaisse sont réfugiésen Macédoine ; d'autres,comme Veton Suroi, directeur de Koha Ditore, se cacheraienttoujours à I'intérieur du Kosovo.De passageà Paris, Baton Haxhiu, rédacteuren chef de ce journal, donné pour mort par I'Otan le 29 mars, a racontésa fuite du Kosovo aprèss'êtrecachéplusieursjours dansdescavesafin d'échapperaux paramilitairesserbes. Dès la premièrenuit de frappes,deshommesen armesont investi I'hôtelGrandoù étaient logés Ia plupart desjournalistesétrangersà Pristina. Un reporter grec, ChristosTelidis, témoigne : "Les Serbes,armés,forcèrent de nombreux journalistes à se tenir debout contre un mur, les mains en I'air et dans le noir, et les fouillèrent de force. Au même moment,d'autrespersonnesforçaientles portesdeschambresdesjournalistesqui avaient refuséde leur ouvrir. Un journalistebulgaretravaillantpour AssociatedPressfut attaqué devant nous, et jeté dansle couloir aprèsavoir été battu. Le cameramande la chaînede télévision grecque5, qui était seul danssa chambre,fut égalementviolemmentagressé. Les Serbesle battirent et détruisirentson matériel de travail, cassetteset caméras".Ce témoignageest corroborépar celui de nombreux autresjournalistesétrangersprésents dans l'hôtel qui ont dû, pour la plupart,quitter la province aprèsla premièrenuit de bombardement.La police aurait agi munie d'une liste où figurait une dizainede noms, essentiellement dejournalistestravaillantpour des médiasaméricainsou britanniques,les plus exposésaux représailies.Ainsi, le 25 mars, Brent Sadler,reporterpour CNN, s'enfuit de justessede Pristina après que son véhicule eut été incendié.Selon son témoignage,lui et I'un de sescollèguesauraientété menacéspar despoliciersen civil au moment où ils diffusaientun reportage.L'un des policiers lui aurait désignédeux balles qu'il tenaitdanssa main en déclarantqu'elleslui étaientdestinées.
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Début avril, RenateFlottau,correspondante de I'hebdomadaireallemandDer Spiegel,a dû quitter elle aussiprécipitammentla province par peur d'être assassinée. Auteur d'un célèbre reportage sur la détention d'Ibrahim Rugova par les forces serbes,elle a égalementtémoignéde I'atmosphèrede menacepermanentequi règneà Pristina. D'autresjournalistesfont état de mauvaistraitementset de violencesà leur égard.Le 30 mars, Vili Einspieler et Tomi Lombar, respectivementjournaliste et photographedu quotidien slovèneDelo, subissentdestorturesdes miliciens serbes.Ils sontdétenusdixhuit heuresavant d'êtreexpulsésvers le Monténégro.Arrêtés par une dizainede membres des unités paramilitairesyougoslaves,les deux journalistessont jetés hors de leur véhicule,allongésdansla boue,menottéset longuementfrappésà coupsde pied et de matraque.Puis, ils sont menacésde mort, un fusil-mitrailleur placé sur le front. Leurs agresseurstirent desrafalesdansla terreà quelquescentimètresde leur tête.Le chef du groupe,plaçantun couteaude boucherdevantle visagede I'un desjournalistes,déclare qu'il va l"'égorgercommeun chien".Selonlesjournalistes,les paramilitaires agissaient de concertavecI'arméerégulièreet utilisaientsescaserneset sesmoyensde locomotion. Après avoir été battusde longuesheures,les journaiistesont passéla nuit dans une casernemilitaire sousla surveillanceconjointede soldatset de paramilitaires. Le véhicule, le matérielde travail et les papiersd'identitédesdeuxjournalistesont étéconfisqués. Samuel Bolendorff, photographeindépendant,est appréhendé,le 4 avril, par des paramilitaires,à la frontièreavecI'Albanie,prèsdu postefrontièrede Morina. "J'étaisen train de prendreen photoles colonnesde réfugiésqui passaientà côtédu panneau"SR Jugoslavija"du postefrontière,lorsquetrois hommesen civil me sonttombésdessus",aj'ai appeléau secours,alorsI'un d'eux a t-il racontéà RSF. "J'ai essayéde m'échapper, sorti son pistolet et me I'a posésur la tempe,Tiré par les cheveux,j'ai été conduit au postefrontièreoù il y avait desmilitaireset des policiersqui m'ont accueilliavecdes insultes.On me projetacontreun mur en m'annonçant quej'allais êtreexécutéparceque je venaisd'un paysmembrede l'Otan.L'un de mes agresseurs se saisitd'unemitraillette et la braquacontre moi. Faceau mur,j'ai cru que ma dernièreheureétait venue".Samuel Bolendorff pensequ'il a eu la vie sauvegrâceà son passeportluxembourgeois.Il a été intenogé pendantplus d'uneheureet à nouveaumenacé.Ses agresseurs placentdevant lui un pistoletet un couteauet lui proposentd'êtretué par balle ou par égorgement. On lui donneun téléphonepour qu'il dise adieuà safamille...
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"Ils voulaientsavoirquelsétaientles effectifsde I'UCK de I'autrecôtéde la frontière, quelsmédiascouvraient j'ai I'exodedesréfugiés,quellesONG étaientlà (...).Finalement étérelâchémaistoutesmespelliculesfurentconfisquées", raconteS.Bolendorff. Au mêmeendroit,le 9 mai,JuhaMetso,photographe du quotidienfinlandaisHelsingin Sanomat,estinterpelléet sévèrement battupar despoliciersserbes.Le journalistea été appréhendé du côtéalbanaisdela frontièrealorsqu'il photographiaitI'arrivéederéfugiés. JuhaMetso a été frappéà coupsde matraquepuis conduit dansune piècedu poste frontièrepoursubirun interrogatoire. Déshabillé, de nouveaufrappé,il a étémenacéde mort.Sespelliculesontétésaisies. desmédiasoccidentauxont dû quitterla provincepour Quasimenttouslescorrespondants la Macédoineou le Monténégro aprèslespremiersjours de bombardement. Convoqués par le présidentserbedu gouvernement provisoiredu Kosovo,ZorunAndjelkovic,le2l mars,lesjournalistes occidentaux sontdéclarés indésirabies. représentants dela Quelques presseinternationale, dontdesjournalistes detélévisiongrecs,sontnéanmoins autorisés à rester. journalistes Cesquelques toujoursprésents au Kosovosontconfinésà I'hôtelGrandde Pristina où siègeégalementle Centred'informationserbequi organiseparfois des déplacements sur le terrain.Leur séjourest soumisà de nombreuses restrictions et nécessite, outrelesvisaset accréditations d'usage, I'avaldesresponsables dela province et du directeurdu Centred'informationserbequi contrôleI'accèsà I'information. L'un journalistes desrares restésur placeestPaul Watson,correspondant du quotidienLos AngelesTimes,qui est I'uniqueoccidental présentà Pristinadepuisdeuxmois sans journalistes,dont les FrançaisRémy Ourdandu quotidienLe discontinuer.Quelques Monde,et NicolasPoincaré, dela radioFrance-info,ont pu s'introduire clandestinement dansla provinceen suivantdesmembres de I'UCK. Depuisle 26 avril,le quotidienKohaDitorea reprissapublicationenMacédoine grâceà I'aidede la communauté internationale. Le journal, édité par une petiteéquipede journalisteskosovarsexilésautourde BatonHaxhiu,est destinéauxréfueiéset à la diasporakosovars.
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Monténégro : I'armée contre la presse L'indépendance des médiasest devenueI'un des enjeux du bras de fer entre le gouvernement Depuisl'électionde monténégrin et lesautoritésmilitairesyougoslaves. de la République, en octobre1997,et la victoirede ses Milo Djukanovicà la présidence partisansaux législatives de mai 1998,le Monténégrodisposed'unelégislationsur libérale.A tel point que de nombreuxjournaux I'informationparticulièrement indépendants belgradoisont transféré,à partir d'octobre1998,leur siègesocialà Podgoricaafin d'échapperaux représaillesdes autoritésserbes.Imprimésdans la saisisà la frontièreavecla Serbie. République,cesjournauxétaientalorsfréquemment MêmeI'hebdomadaire monténégrin indépendant Monitor a étécondamné à unelourde amendeparlesautoritésdeBelgradeet interditde diffusionen Serbie. Tandisquela Serbies'enfonce dansun black-outmédiatique, le Monténégro connaîtune enmatièredelibertéde la presse, cequi n'estpasdu goûtdes situationplutôtsatisfaisante En plusdu prestigieux autoritésmilitairesyougoslaves stationnées dansla République. Monitor, véritableréférencepour les démocrates de toute I'ex-Yougoslavie, trois quotidiensparaissent à Podgorica: Pobjeda(Victoire),lié au Parti démocratique des socialistes(DPS) du présidentDjukanovic,Vijesri (Les Nouvelles)qui se veut prochedespositionsgouvernementales indépendant maisqui resteassez etDan(Lejour), lancécethiverpar lespartisans deI'ancienprésidentde la République et actuelPremier ministreyougoslave, Momir Bulatovic.Se voulant"patriote",ce quotidiendénonce régulièrement la "trahison"du président Djukanovicet soutientI'effortdeI'arméecontre "l'agression de I'Otan".Lesémissions desradiosinternationales par sontretransmises desstationsde radioprivées,tellesqueAntenaM, FreeMontenegroet RadioCetinje. Radio Mir émet en languealbanaise.L'agencede presseMontenafar a su rester indépendante et lesjournalistes de la télévisionpublique(RTCG)évitentles écueils propagandistes de leurshomologues serbes. Depuisle débutdes frappesde I'Otan,les responsables de I'arméeyougoslave ont multiplié les menaceset les misesen gardeenversles médiaslocaux.Le 9 avril, le commandant de la 2e Arméestationnée auMonténégroa menacéde sanctions lesradios FreeMontenegro,AntenaM et Boje,pour avoirretransmisdesprogrammes en langue serbede Voiceof Americaet RadioFree Europe.Les médiasincriminésont refuséla censurede I'arméeet demandé la protectiondesautoritésmonténégrines. SelonBozidar Jaredic,ministrede I'Information,le gouvernement seportegarantde I'indépendance des médiasdansla République.
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Néanmoins,les rédactionsde Monitor et du quotidien Vijesti ont reçu la visite de soldats en annes qui leur ont reprochéla couverture"peu patriotique" du conflit. Le journaliste Miodrag Perovic, recherchépar les autoritésmilitaires, a été obligé de se cacherà partir du 24 avril avant de prendrela route de I'exil. Professeurà I'universitéde Podgoricaet fondateur du magazineMonitor, M. Perovic a été,accuséd'avoir "tourné en dérision I'arméeyougoslaveet dissuadéles citoyensde lutter contre I'ennemi",dansun texte paru le 16 avril 1999. Dans cet article, le journaliste écrivait notammentque "l'armée yougoslavedéfend héroïquementla patrie de I'aviation de I'Otan, mais attaqueavec ses chars et ses blindés les citoyensde son propre pays, elle jette des colonnesremplies d'enfantset de vieillards vers les frontièresqu'elle est censéedéfendre".Une autre journaliste de Monitor, Beba Marusic,est égalementrecherchéepar les militairesdepuisle 11 mai pour avoir critiqué I'actionde I'arméeyougoslave.Le mêmejour, la police a perquisitionnéles locaux de la radio Free Montenegroet I'appartementde son rédacteur en chef, Nebojsa Redic. Ce dernier, recherchépour avoir diffusé des programmesen serbede radiosétrangères,a égalementpréféré s'expatrier. Cettesituationde "doublepouvoir" seretrouvedansie traitementréservéauxjournalistes étrangers.A la différencede leurs homologuesserbes,les autoritésdu Monténégroont délivré des visasauxjournalistesseprésentantà la frontière.Le parlementmonténégrina même unilatéralementdécidéde ne plus exiger de visas à I'entréedu Monténégroà compter du 15 mars. Ainsi, cettepetiteRépubliquea accueilli les nombreuxjournaiistes expulsésde Serbieet du Kosovo dèsle déclenchementdesfrappesaériennesde I'Otanen leur offrant toutesles facilitéspour travailler.De son côté, I'arméeyougoslavea déclaré, le l6 avril, qu'elle ne reconnaissaitplus les accréditationsdélivréespar le gouvernement du Monténégro et a multiplié les arrestationset expulsionsde journalistesétrangers d'autantplus facilementque, parallèlementà la police fidèle au gouvernement, elle contrôleles postesfrontièreset les principauxaxesdu pays.Le quotidienDan, prochedu régime de Belgrade, s'enprend régulièrementaux "espionsde I'Otan" que seraientles journaiistesoccidentauxet invite les citoyensà les dénonceraux forcesde sécurité militaires. Selon un journaliste françaisprésentsur place, "les photographeset les cameramensont les plus exposés: ils peuventà tout moment se faire interpellerpour avoir pris ou voulu prendre un "site stratégique"qui peut se limiter à un bosquet d'arbres".Un cameramanfrançaisa été ainsi détenupendantplus de deux semaines; un journalistecroate,est,à cejour, toujoursprisonnierdes militairesau Monténégro.
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Eric Vaillant,cameraman dela chaînede télévisionfrançaiseTFl, a étéanêtéavecson interprète,le 18 avril, pardesmilitairesprèsde la ville de Rozajeet sonmatérielsaisi. Peuauparavant danscetterégion,I'arméeyougoslaveavaitouvertle feu sur unecolonne de réfugiésau motif que descombattants de I'UCK se seraientinfiltrés parmi eux. Officiellementécrouépour unepérioded'instructionde 30 jours avantsonprocès,le journalistea étébbêrêle lermaigrâceà unefortepressiondesautoritésfrançaises. Antun Masle,journalistede I'hebdomadaire croateGlobus,détenudepuisle 20 avril, est, à ce jour, toujours prisonnierdesmilitairesau Monténégro.On lui reproched'êtreentré sur le territoire de la Yougoslaviesansvisa.Il a étê interpellépar une patrouillemilitaire près du poste frontière de Bozaj, à la frontière avec I'Albanie. Détenu au secretdansla prison de Spuz, il est accuséd'espionnage, D'après les premiers résultatsde I'enquête communiquéspar le colonel Vasilije Knezevic, président du tribunal militaire de Podgorica, il serait égalementsoupçonnéde "divulgation de secretsmilitaires". Les militaires affirment avoir passéau crible I'ensemblede sesarticlespubliés dansGlobus. Si cetteinculpationestconfirmée,il estpassiblede dix ansde prison.Antun Masle a déjà été anèté et maltraité par l'arméepopulaireyougoslave(JNA) au moment du siègede Dubrovnik, en 1991. D'aprèscertainessources,I'armée yougoslave,qui disposerait depuisd'un "dossierMasle", souhaiteraiten faire un exempleet adresserun signal fort à la communautéjournalistique.Il sembleraitque le gouvernementcroate,soucieuxd'éviter tout casusbelli avec la Yougoslavie,ne déploie pas toute l'énergienécessaireà la libération du journaliste.La présidentede I'Union des journalistescroates,Jagoda Vukusic, a été reçue sanssuccèspar le présidentdu tribunal militaire en chargede I'affaire. Les autoritésciviles monténégrines,comme dans I'affaire Eric Vaillant, demandenténergiquementla libérationd'Antun Masle, mais n'ont visiblementpas de prise sur la procédurejuridique militaire.
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Recommandations Aux autoritésyougoslaves - Reporterssansfrontières(RSF) demandeaux autoritésyougoslavesde respecterleurs engagementsinternationauxen matièrede liberté de ia presse,notammentI'article 19 du Pacteinternationalrelatif aux droitscivils et politiques(1966),ratifié par la Yougoslavie le 2 juin 1971. RSF demandeaux autoritésyougoslaves de respecteria Conventionde Genèveet notammentson article 79 du PremierProtocoleadditionnel (1977) qui prévoit que les journalistesdoiventêtreconsidérés commedescivils et protégéscomme tels. - Concentantles violenceset les mauvaistraitementsinfligés aux journalistes,RSF demandeI'ouvertureimmédiated'uneenquêteexhaustiveet indépendante. RSF rappelle que la Yougoslavieest égalernent signataire,depuisle 18 avril 1989,de la Convention des Nationsunies contrela tortureet autrespeinesou traitementscruels,inhumainsou dégradants.En vertu de I'article22 de cette convention,la You_goslavie a également reconnula compétencedu Comitécontrela torturedes Nations unies pour examinerles plaintesémanantdesparticuliers. - RSF demandeaux autoritésyougoslaves la miseen liberté immédiatede NebojsaRistic, directeurdeW Soko,placéen détentionprovisoiredepuisle 23 avril, qui risqued'être condamnéà un an de prisonpour avoir brandi une pancartedemandantla libertéde la presseen Serbie. - RSF demandeaux autoritésyougoslavesla libération immédiate d'Antun Masle, journalistede I'hebdomadaire croateGlobus,détenudepuis le 20 avrii et soupçonnéde "divulgationde secretsmilitaires".Il risquedix ansde prison.
- RSFdemande quetoutela lumièresoitfaitesurle meurtrede SlavkoCuruvijaet queles responsables soientretrouvés et punis.Directeurdu quotidienindépendant Dnevni Telegrafet fondateurdu magazine Evropljanin, S. Curuvija a étéassassiné le 11 avril 1999,à Belgrade.
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A la communautéinternationale - Tout en se félicitant de I'aideapportée auxjournalisteskosovarsen Macédoine, RSF demandeà la communautéinternationale de soutenirles médiasindépendants du Monténégro.Si RSF apportedéjàsonconcoursà I'hebdomadaire indépendant Monitor, c'estI'ensembledesmédiasdu Monténégro qui a un besoinurgentd'unsupportfinancier et politiqueà long tenne. - La communauté internationale devraitégalement faciliterI'obtention de visaspourles journalistes d'opposition serbes et leurfamille.RSFdemande quelorsdesnégociations futures,la communautéinternationale s'engage à faire respecter la libertéde la presseen Serbietout en contribuant à la reconstruction dupaysage médiatique serbeet kosovar. - RSF demande à la communautéinternationaled'intervenirauprèsdes autoritésde Belgradeafin d'obtenirla libérationd'AntunMasle et de NebojsaRistic.
- RSF demandeau Comitécontrela tortureauprèsdesNationsuniesde se saisirdes affairesde mauvaistraitements infligésà desjournalistes enYougoslavie. L'organisation demande égalementauTribunalpénalinternational d'établirla responsabilité decertains médiasdansla montéedeI'intolérence, terreau desexactions commises auiourd'hui.
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