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Vol 20 no 2 : Body Language

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v2 0 ˚ n0 2 ˚ p 2 015

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revu e li t t é rai re de l’UQ AM


body language


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éditorial

Main blanche dénudée


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tab le des mati èr es 7 ˚ Qu ’e st -ce qu ’u n co r ps? ˚ 9

Martine Delvaux

1 1 ˚ b ê t e – f i lle de joi e – yo upo r n ˚ 15

Mikella Nicol

1 7 ˚ Cai llots de mak e up ˚ 19

Julien Beauseigle-Laniel

2 5 ˚ sai nt jose p h p e e p show ˚ 27

Jean-Guy Forget

Symon Henry

4 1 ˚ Adi p eu x ˚ 46

Amélie Faubert

4 9 ˚ Avri l ˚ 51

Sarah Lamarche 5 3 ˚ M ati ns de ce rcles mauves ˚ 58

Cato Fortin

6 1 ˚ 1 9 6 2 – Un crayon e ntr e l es den ts ˚ 64

Sonia-Alice Martin

6 7 ˚ Hors corp s ˚ 69

Marie Darsigny

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3 3 ˚ Du b ou t des do igts ˚ 35


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M arti ne delva ux

Préface 7

Qu’eST-Ce Qu’un CoRPS ?


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Son corps est une drôle de chose. Quand elle entend le mot «corps», elle ne sait pas quoi en penser, si c’est un ami, un ennemi, un amour, un patron, un allié, un parent, un travail, un jouet, un atout, une menace, une forteresse, une porte d’accès. Elle ne sait pas ce qu’il fait là, à quoi il sert, si elle est dedans ou dehors ou les deux à la fois. Elle ne comprend pas comment on peut être, et penser, et parler, à partir d’un corps. Elle ne croit pas qu’on est dans un corps, dans une circonvolution qui ramène toujours en dedans ce qui déborde. Et pourtant, trop souvent, c’est ce qu’elle ressent, qu’elle est dans son corps comme si elle était déportée vers l’intérieur. Ce corps trop lourd, trop présent, trop distant. Ce corps qui change, grossit, maigrit, se ride, se plie. Ce corps qui souffre, qui jouit, et qui à chaque instance ne se reconnait pas complètement. Ce corps étranger.

Changer de corps, de sexe, de visage, de peau, s’habiller, se maquiller, se faire tatouer, piercer, amputer, manger, jeûner, aller au gym, danser, dormir, baiser. Tout passe par le corps. Tout est corps. Et en même temps, penser que rien ne l’est, que le corps ne doit pas compter. Faire la grève de l’image, refuser les codes de l’apparence, les régimes amaigrissants, les corsets et les talons hauts, la chirurgie esthétique, la grossesse, la sexualité. Vivre par-delà le corps, le laisser aller, ne pas s’en occuper, ne pas le penser comme genré, consommer n’importe quoi, coucher avec n’importe qui, ne pas se soucier des maladies, penser un corps banal, toujours déjà bancal, imparfait, indécis, mouvant, ennuyant, un corps sans véritable intérêt, un corps déconstruit. Non, elle ne sait pas comment penser ce corps. Elle tangue entre s’y attarder et l’oublier, l’aimer, le détester et lui être parfaitement indifférente. Souvent, elle s’inquiète, attentive au moindre symptôme, espionnant chaque tiraillement, chaque douleur, chaque changement, tout ce qui rend ce corps présent. Elle le scrute, l’observe, l’espionne. Elle le suit à la trace comme on traque un criminel. Il lui échappe, l’inquiète, et c’est alors qu’elle est aux prises avec la peur de mourir et de perdre ce corps, de se perdre elle, qui elle est, ce qu’elle est, une femme, humaine. Incapable de croire aux âmes qui restent, aux esprits qui survivent, elle panique, prisonnière de ce corps qui est tout à la fois, tout ce qu’elle est, tout ce qu’elle n’est pas, tout ce qu’elle ne sait pas. Mais souvent, aussi, elle l’oublie, elle lui fait la tête, lui tourne le dos. Peu importe ce corps, elle fera sa vie, avec ou contre lui. Elle refuse de lui laisser la plus grosse part du gâteau. Elle accepte de ne pas savoir qui il est, à quoi il sert vraiment ce qu’elle doit faire avec. Elle baisse les bras, rend les armes, et reste là, avec, dans, par, pour ce corps-là, ce corps qu’elle ne comprend pas.

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Qu’est-ce que c’est, un corps? Un véhicule? Une coquille? Une image? Un costume? Un territoire? Est-ce que c’est rien, ou tout? Est-ce qu’on peut aimer son corps, ou le détester? Qu’est-ce que ça veut dire quand on veut le changer?


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M i kella ni col

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bÊTe FIlle de JoIe youPoRn


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j’ai dû marcher en silence pour calmer la grande bête bleue qui sommeillait en toi. cette soif de violence, ta horde de chiens, saoulée à même mon sexe. blottie dans ton corps j’ai fait le pacte de te bercer jusqu’à la mort, par amour, avec frénésie. j’ai fait la file à ta porte, comme le dernier animal à l’abattoir. de cela non plus, il ne reste rien.

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BÊTE


FILLE DE JOIE

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je suis enceinte aujourd’hui. mon utérus prend feu chaque nuit passée seule. les vieilles louves pestent dans mon ventre contre la voix bègue des jeunes filles trop mûres. mes seins sont lourds de peur. je transporte l’ovale de chair meurtrie, le poids de ce corps, comme une malédiction. je saute à pieds joints sur les femmes pour devenir femme.


la femme est prise par trois hommes, sans laisser de trous pour m’y cacher. je pense à toi pour jouir sur mes plaies ouvertes, et je me nourris du ciel, de bière cheap. tu me manques. je me demande sous quels key words tu me chercherais, ta petite folle rompue du cœur, tu me chercherais par les seins ou par le cul, ta college whore désespérée d’amour, je me demande si tu me chercherais.

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YOUPORN


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ju li e n b e au sei g l e-l an iel

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CaIlloTS de MaKe uP


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[flashing lights bud light terrasse intérieure papillons exotiques tiki tiki tam tam belle et bombe] [jambes mascara froufrous boas] [my anaconda don’t want none unless you got buns hun]

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[anguille sous jupe cheveux gris sur la nuque perruque spicy luna jade darkiss red dress ink vendredi ventre corseté nombril castré à la naissance coup de scissors dans les pants now that’s a boy enfance pensionnat main libérée toute nue sacrer sans draps duchesse au coin de la catherine fange frit fame mic stand-up lipstick chick voix d’homme] [rires sexagénaires carreaux au dos calotte au chef aftershave toothpick entre les dents onion rings sous les oreilles gloria tats sur le pipe gauche juicy bouche gras trans] [les nuances la cinquante la tremblay révolution outdated les paons se cachent pour cracher des caillots de make up]


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vale nti ne abr ahaM

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My body IS a Cage


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jean-gu y forget

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SaInT JoSePH PeeP SHoW


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soumettez-nous au mal nous avorterons vos cendres et brûlerons chaque marche du royaume jusqu’à ce qu’il ne reste que les cœurs d’enfants la proximité de nos petits cuirs éclatant les vitraux souffrent les paumes cul d’écho une victime bandée se grind cierges viceroy en chaîne bâillonnée la parole choque le vin dans une gorgée les pilules se canonisent prendre hôtel l’étreinte divine de nylon supplier le fouet assez high pour baiser au sacre du père chape latex et cuir liturgie crachée du haut d’un condo cathédrale paint it lemon eau bénite shower face voilée de mouchoirs dans une orgie d’apôtres la virginité seul prix de consolation

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purgatoire des reins after our father yeux grands couverts les courbes cintres jamais connues par derrière les églises à genoux souillés solo l’organe et la trap avant de shoot


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M ari e-è ve p i n eault

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CelluleS


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sy M on h e nr y


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en équilibre sur l’ongle une caresse sous ma cuisse évacue ce que l’autre pourrait faire de ma graisse de mes poils un frôlement explore plutôt l’atypique de mes seins d’homme leur peau douce dessous

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j’abstrais mes contours masculins effleure mon torse mes hanches mon index s’insinue le long de ma barbe des fossettes de mon dos évalue la moiteur des saillances au bas de mon corps mes lèvres douces une respiration profonde émerge au creux de mes paumes tandis que je m’immisce entre les replis et perçois – large conque enveloppant une masse hyperactive une limace astronaute


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je ssi ca cÔté

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en SÉRIe


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aM éli e fau ber t

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adIPeuX


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Tu portes pus de soutien-gorge. Tes seins bougent dans tous les sens, tes mamelons durcissent dès que t’as un peu froid. C’est sale, qu’il dit. Tu le regardes sans comprendre. Sale? Comme dans « pas propre »? Ou sale comme dans « cochon »? J’ai l’air genre d’une salope? Il soupire. Comme dans « pas propre ». Mais il empoigne quand même tes seins à pleine main, comme si ça le dérangeait pas. Il pensait peut-être que tu recommencerais à en porter après son commentaire, sauf que t’aimes ça qu’il soit dégoûté par ta poitrine pointue, tordue. T’aimes ça qu’il ait envie de baiser même si tes seins pendent dans un chandail ample, qu’il puisse pas s’en empêcher.

Il t’emmène au Dairy Queen. T’es contente, c’est l’été pis il fait tellement chaud, t’as rêvé d’un milkshake au chocolat toute la journée. Il propose de partager un banana split, mais t’aimes pas ça. Tu commandes ton milkshake anyway – un petit milkshake, en plus, pour pas exagérer. Il hésite avant de payer. T’es sûre que tu veux pas un sandwich à crème glacée? Check, ça a juste 90 calories. Ou un cornet une boule aux pistaches, y’a des formats collation – pistaches, c’est ta sorte, right? Tu dis non, t’es catégorique. J’ai vraiment envie d’un milkshake au chocolat, ça fait des années que j’en ai pas mangé, j’y ai pensé toute la journée! Il tend l’argent au caissier, ça semble douloureux. Tu fronces les sourcils. En attendant vos commandes, tu le prends à part. C’est quoi ton problème? Du bout des lèvres, il dit que t’aurais pu prendre quelque chose de moins gras. Tu comprends pas. On est au Dairy Queen, calisse, tu voulais que je prenne quoi? Un verre d’eau? Il regarde autour de vous, nerveux. C’est juste que c’est pas ben beau, quand tu manges un milkshake. Le soleil est trop fort. Tu sens des gouttes de sueur rouler sur le côté de ton visage. Tes joues sont rouges. Ça veut dire quoi, ça? Vos desserts sont prêts, il les prend pis tu le talonnes jusqu’à une table de pique-nique. T‘inspectes même pas les parasols à la recherche d’araignées, la colère te vrille dans les tempes. Ça veut dire quoi, ça? Il soupire très fort. Ça veut dire que quand des grosses personnes mangent des choses caloriques, les gens les regardent plus. Il dit plusse en faisant glisser le son du s contre sa langue. T’as un peu le vertige. Tu t’assois. Vous mangez en silence. * Il insiste pour te raser. Avec tes bourrelets, bébé, t’arrives pas à atteindre tous les plis de ton gros vagin. Quand tu vas maigrir, ton vagin aussi va maigrir. Il remonte sa main sur ton corps. Ton ventre aussi va être plat, pis je vais pouvoir te regarder dans les yeux en te mangeant. Tu souris dans la douche quand il se penche à la hauteur de ton sexe. Écarte tes jambes! Tes hanches larges se coincent contre les parois visqueuses de la douche, c’est trop petit pour vous deux. Il étend de la crème à raser partout, jusqu’à l’intérieur de tes cuisses. T’oublies toujours ce spot-là. Il te sermonne gentiment, chantonne tout près de ton pubis. Tu peux sentir son souffle quand il tasse tes lèvres pour faire glisser le rasoir jetable sur ta peau à contre-sens. Ça te fait un peu mal. L’eau chaude glisse sur ton visage. C’est un peu long et tes jambes tremblent. Il te tend le rasoir pour que tu le rinces sous le jet. T’imagines les longs poils être aspirés par le drain. Ils collent sur ta peau, t’orientes le jet brûlant sur tes avant-bras pour les enlever. Il passe un doigt près de ton anus. Tu crois qu’il veut jouer. La lame est froide, ça te prend par surprise. Tu souris pus. Il a cessé de fredonner. On va finir une autre fois. Il sort de la douche; t’insistes pas, tu laves tes cheveux rapidement. Tu touches ta vulve imberbe. Tu éteins le robinet, et sors à ton tour. Il te dévisage, te tend pas de serviette de bain. Il s’est pas essuyé lui non plus, l’eau dégouline partout sur le plancher. Qu’est-ce qui s’passe? Il regarde ailleurs. J’vois le gras de tes cuisses bouger, ça me donne mal au cœur. Tu te confonds en excuses, mais tu sais pas comment t’excuser de ça. Mets-toi à quatre pattes. Sans cérémonie, il s’installe derrière toi. Il appuie sur le haut de ton dos en s’insérant brusquement. T’avais pas remarqué qu’il était bandé. Ton nez touche presque le sol couvert d’eau froide savonneuse. L’odeur du vieux tapis moisi devant la douche te prend à la gorge. Il donne de grands coups de bassin en silence. Habituellement, quand il te baise en silence, il ferme aussi les yeux; il se concentre pour penser à d’autres filles. Il dit que son érection

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*


est plus grosse comme ça, il dit qu’il fait ça pour toi, pour pouvoir mieux te baiser. Son souffle est court quand il murmure qu’icitte c’est la meilleure place pour baiser, bé, y’a pas de miroir. Tu dis rien. Toi aussi tu fermes les yeux. Son mouvement reprend, s’intensifie, tes seins claquent ensemble. Ça le fait rire, il éjacule sans s’annoncer. Il se retire doucement en te demandant de rester par terre. Il reprend le rasoir jetable dans la douche pour continuer de te raser, s’aidant de son sperme pour les zones rugueuses. Il se relève et secoue ses cheveux, de petites gouttelettes d’eau et de sueurs tombent sur ton dos. C’est fini, tu peux retourner dans la douche. * À la commande à l’auto au Mcdo, tu commandes un trio dix McCroquettes avec de la sauce aigredouce, une grosse frite, deux moyens Sprite, un double cheeseburger bacon pas de cornichon. Tu demandes toujours deux moyens Sprite - pour que les caissières pensent que t’achètes de la bouffe pour deux. Tu baisses les fenêtres - pour que l’odeur imprègne pas le tissu des sièges. Tu te stationnes pis aussitôt que tu démarres l’air climatisé, tu manges avec tes doigts. Tu fourres dans ta bouche les bouts de viande caoutchouteuse, tu trempes même les frites salées dans la sauce aigre-douce. Quand tu prends une trop grosse bouchée, tu la noies avec du Sprite. En trois-quatre minutes, t’as terminé. *

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Tu prends un bonbon dans le petit plat en verre taillé chez ta grand-mère. Tu veux-tu vraiment manger ça? T’arrêtes de le déballer, lui jette un regard en biais. Il insiste. T’es-tu certaine? Ça vaut-tu vraiment la peine? Tu hausses les épaules mais il continue. T’es-tu consciente que c’est pas bon pour toi ou ben tu fais exprès pour être conne? Tu déposes le bonbon sur la table, un peu honteuse. Il le prend aussitôt et le mange sous tes yeux envieux. Quand tu vas avoir atteint ton poids santé, tu vas pouvoir en manger toi aussi, bé. Il a évoqué ton poids pour la première fois en t’aidant à t’habiller un matin. Il attachait l’agrafe de ton soutien-gorge pis en ajustant les bretelles, il t’a demandé si tu prenais des médicaments pour ça. Tu comprenais pas. Des médicaments pour quoi? Tu veux savoir si je prends la pilule? Il a ri. Ben non, des médicaments pour contrôler ta glande thyroïde. Devant tes yeux interrogateurs, il s’est arrêté. Scuse, j’pensais que c’tait, ben. C’est pas à cause de ça que t’es grosse? T’as vraiment failli lui dire oui. T’as failli blâmer ton obésité sur une condition médicale quelconque. T’aurais pu aller chercher des renseignements sur internet. C’était une bonne excuse. Mais t’as dit non, non, j’suis grosse parce que j’suis grosse, c’est pas à cause d’une maladie, j’suis juste grosse – pour la première fois depuis longtemps, tu t’es trouvée laide. Il écrit dans un cahier tout ce que tu manges. Tu lui mens avec aplomb, tu décris en détail la salade verte de tomates et de bocconcini que t’as achetée ce midi, sachant déjà qu’il approuvera pas le fromage – trop gras, tu dois prendre celle avec de la poitrine de dinde. Tu fais exprès pour manger des choses décevantes à ses yeux au moins deux fois par semaine, sinon il se rendrait compte rapidement que c’est impossible de si bien manger sans maigrir. * Il te propose d’aller souper dans un buffet chinois. Un all-you-can-eat graisseux. Ça t’étonne, mais t’es contente, c’est toujours le fun, un buffet chinois. La soupe won-ton molle te brûle la bouche, tu la manges même si c’est pas vraiment bon. Il te parle de son travail, il te parle de sa famille que t’as jamais rencontrée. Tu l’écoutes pas vraiment. Tu penses aux stratégies que t’as élaborées avec les années pour maximiser tes visites dans des buffets à volonté. Tu manges tout le temps trop de crevettes, toutes les sortes de crevettes, parce que c’est la meilleure chose dans un buffet, point final. Tu préfères aussi éviter les mets qui sont moins « ethniques » - c’est toujours décevant, des frites de buffet – mais les rondelles d’oignons sont l’exception à la règle. Tu les manges avec la petite sauce rouge à egg rolls, surtout pas avec du miel. Toujours mettre une couche de riz dans le fond de son assiette parce que ça permet de mieux récupérer les petits morceaux de viande et la sauce. Les lé-


gumes prennent jamais plus du quart de l’assiette à moins d’être inévitables – bœuf au brocoli, par exemple. Prendre des petites portions de chaque mets inconnu avant de s’en servir une grosse portion et surtout, surtout, jamais prendre un autre dessert que le mille-feuille, c’est très important – la crème glacée est hors de question, le jello est considérable mais audacieux.

Ça te prend quelques secondes avant de répondre. Tu penses juste à manger du sorbet arc-en-ciel pis des chips crème sûre et oignons, malgré le buffet, malgré la satiété. Reste, s’te plaît. Reste. J’te promets que j’vais faire de l’exercice régulièrement, j’vais faire plus attention à mon look, j’vais suivre un régime strict. Ça semble lui convenir, mais il te repousse quand t’essaies de l’embrasser. Pas icitte, pas en public, criss. Tu sors du restaurant, tu vois des points noirs, tu manques d’air. T’appelles ta mère, tu pleures tellement qu’elle pense que t’as eu un accident de char, tu pleures tellement qu’elle pleure aussi. Il est revenu trois jours plus tard. Il s’est pas excusé - mais presque. Tu t’entends répéter les mêmes promesses de vie saine et d’activités physiques avec une voix enthousiaste. Il te serre dans ses bras, il fait exprès de pas joindre ses mains ensemble, t’as envie de lui dire de se forcer un peu, de te serrer plus fort. T’oses lui demander de faire plus attention, tu lui dis que parfois, il te blesse. Il rabat la couverture sur vos deux corps. Dans la noirceur, tes courbes se mélangent aux oreillers. Il fait pus la distinction entre ton gras et toi. Il mord ton épaule en gémissant. Il prend le temps de te faire jouir trois fois avant de s’abandonner en toi. * Il refuse toujours de te présenter à sa famille, il essaie même pus de cacher ses raisons. Mes parents ont toujours été super sévères avec mes frères pis moi, j’ai mangé des chips pour la première fois à huit ans, j’peux pas t’amener chez nous tout de suite, bé. Évidemment, tu pleures. Il te reproche de tout le temps pleurer, mais il dit aussi que tes larmes l’excitent. Il embrasse ton cou, il force ta main à caresser ses cuisses. Tu pleures encore plus. T’es-tu consciente de tout ce que je sacrifie pour être avec toi? Tu hoches la tête et déboutonnes son jean. Ça fait deux ans qu’il est ton amoureux. Vous partez en voyage pour quelques jours, parce que c’est ça que font les gens qui s’aiment depuis deux ans. Vous partez sur la côte Est américaine, parce qu’il veut te montrer l’océan pis te faire l’amour sur la plage, manger des homards pis marcher pieds nus dans le sable. Vous partez très tôt le matin, il te demande de prendre plein de photos pendant que vous roulez dans les montagnes. Vous vous arrêtez sur le bord des interstates pour pique-niquer et vous frenchez goulûment devant les autres

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À la fin du repas, il prend tes mains dans les siennes. Il pleure un peu, t’as le temps de te demander si ce sont des vraies larmes ou s’il niaise. Il dit des choses comme j’ai envie de voir d’autres filles, j’me rappelle pus ça fait quoi de baiser avec une fille mince et ton sourire se fige. J’pensais vraiment qu’on allait se marier, mais t’es trop lâche, j’peux pus continuer, t’avais promis de maigrir, tu m’as trahi. T’es incapable de parler. Tu regardes autour de toi pendant cinq bonnes minutes, t’es consciente de tout : de la couleur rose délavée des planchers, de la tapisserie jaunie, du bruit de fond ambiant des gens qui ont pas grand-chose à se dire, des casseroles de la cuisine qui se cognent les unes contre les autres. Tes cuisses sont moites, collées au recouvrement de plastique des chaises bon marché. As-tu honte de moi? Il esquive la question. On se donne cinq ans, ok? Tu comprends pas. Si dans cinq ans t’as maigri, on va pouvoir revenir ensemble. En attendant, moi, j’veux vivre d’autres expériences pis toi, tu vas peut-être pouvoir rencontrer d’autres gars. Tu ris un peu, tu passes tout droit de la colère au rire. Il est furieux. Tu trouves ça drôle? C’est quoi, tu t’en crisses dans l’fond? Tu rends-tu compte à quel point tu déçois tout le monde autour de toi? Tu promets que tu vas changer pis check toi. Tu grossis. As-tu fini? que tu lui demandes. T’es étourdie. T’as envie de prendre un économe pour éplucher ton gras, de faire une coupe julienne à tes cuisses, de mettre une grosse casserole d’eau chaude sur le feu et te faire blanchir. Supplie-moi de rester. Il est sérieux. Supplie-moi de rester, si c’est ça que tu veux, si tu veux changer, supplie-moi. Sinon…j’m’en vas.


touristes amusés. Les madames et les monsieurs du Wisconsin vous donnent des conseils comme keep your beautiful smile, honey! et kiss your woman every morning and tell her she’s beautiful, happy wife happy life! Le soir, après avoir bu beaucoup de vin cheap de drugstore, il s’endort la tête sur ton ventre. Tu te dis que tu pourrais faire plus d’efforts. Tu te dis que dans le fond, c’est vrai que c’est de ta faute, que c’est un peu un miracle qu’il soit pas encore parti. C’est le matin, il se réveille tranquillement. T’es belle. Il te regarde même dans les yeux avant de t’embrasser, longuement. Il te propose d’appeler vos futurs enfants Camille et Raphaël. Il te fait promettre de revenir ici, avec eux, dans quelques années. Tu dis oui. Tu y crois pas vraiment.

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sarah laM a r c he

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aVRIl


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ton sperme sort de moi presque douze heures plus tard pendant que ta grand-mère étale ses souvenirs sur la nappe en crochet

la rivière berce ses mains chaloupes sur le boulevard chaque printemps tu l’écoutes mais moi je te fais l’amour dans le creux de sa paume entre les mailles de la débâcle

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sa voix défriche les bords de la carte coule le solage des bungalows


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cato forti n

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MaTInS de CeRCleS MauVeS


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trempée de tout ce qui peut sortir de moi mon ventre fuyant rompu vulve en fleur cisaillée

un souvenir animal persiste dans mes muscles la chair s’adresse à la chair une mémoire de lunes anciennes de nuits noires sur les genoux s’éveille

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urgence ouverte douleurs sulfuriques dont nous ne reviendrons jamais indemnes pourtant l’extase la performance l’union de deux cris


féminité athlétique de combat repos des orteils dans le sang la nuque dans la sueur

parmi les entrailles une main délicate couturière entre les cuisses serpillère rouge délire sanitaire

nudité primordiale le contact de poitrines humides et visqueuses c’est elle

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nos corps roses amas de plis dans le temps primitif qui ne court pas flâne

le croisement d’instincts peaux et pupilles déposées les unes sur les autres contemplations mystiques hors le langage

posées là où surgit la faim l’intime en cadeau tendre atteinte aux pudeurs des fous rappel du bestial aux pairs domestiqués

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unies par le prolongement d’un hurlement seins géométriques devant l’espèce utilitaire sauvage d’une séduction autre


sous les couvertures de flancs tissées entre cette bouche et moi un écho sororal des yeux jusqu’aux matins de cercles mauves

doux apprivoisement des corps assoupis

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soni a-ali ce M a r tin

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1962 – un CRayon enTRe leS denTS


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souffle septembre charbon humide une peste avec ses fleuves charognes et ses cendres d’efface roses les arbres s’échappent la mort te prend par en dedans tu ne reviens pas

la cour vortex t’emprisonne en son châle parmi les voix basses et des bouches pleines de balbutiements

local 302 assise tête inclinée à l’angle la fenêtre ennoblit ton visage d’éther une statue

derrière tes verres denses tes yeux en neige fraîchement tombés regardent le ciel noir sous tes paupières ouvertes dans ton crâne fêlé des chevaux courent sur des têtes de chiens ta peau de métal te transperce de flèches silex d’amertume corps tectonique pawné au Diable ton toit éclate

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la lumière quasi divine fend en deux toi aussi l’arène convulsive


à travers les pupitres bousculades montés sur les chaises on crie on prie cornes et queue dépassent hallucination collective ils renient une des leurs maudite tu veux crier ta langue s’achoppe sur un crayon de plomb et des rasoirs souillés de travers couverts d’écume des jours rature et de moments tués restés en coin de bouche l’enfance enfargée tombée en pleine face couchée sur son flanc ta joue de lys trempe rouge dans le bois franc une colombe qui saigne toutes ses morts par le nez

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tu n’as plus la foi et pour seul horizon des ombres au plancher tu lèves ton corps ce restant de Blitzkrieg ta peau retroussée jusqu’au sang abîmée comme Tchernobyl mais debout comme les Forts Maunsell tu dois être soldat qui d’autre se réveille parmi les morts on se moque tu bègues de fuir à grands coups de please une bête dans les barbelés les pieds dans l’urine tu te demandes à quoi rêvent les chats et où va ton cadavre quand il tombe


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M ari e dars ign y

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HoRS CoRPS


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Seule dans mon lit je m’empiffre de barres Clif au coconut et mes yeux se fixent sur ces mots de Michelle Tea IN MY TWENTIES I BECAME AWARE OF A CURIOUS DISTINCTION: THERE WERE PEOPLE WHO WERE “IN” THEIR BODIES & THERE WERE PEOPLE WHO WERE NOT “IN” THEIR BODIES, cette sensation de ne pas être dans son corps je la connais bien car je la vis constamment depuis le jour de ma naissance, le jour où Challenger explosait sur mille écrans moi j’explosais en pleurs dans les bras de ma mère avant d’être mise en captivité dans une cage de verre derrière laquelle des docteurs se penchaient sur ma catastrophe avant même que je ne sache comment m’habiter, je me suis faite étrangère à moi-même et je me suis regardée du dehors afin de comprendre, mais je n’ai jamais réussi à bien cerner la catastrophe de l’explosion de la vie en moi, je suis demeurée à l’extérieur – pas dans mon corps quand je faisais du ballet dans mon léotard rose extra-small, pas dans mon corps quand je testais mon matériel d’arts plastiques sur mes avant-bras, pas dans mon corps quand je laissais les autres y entrer, jamais présente pendant mes 28 ans de vie de fantôme qui vous entend crier autour de moi, vous gueulez des slogans-solutions pour les aliens comme moi, vous hurlez GLOIRE AU GYM, le gym comme une panacée, comme expression de médecin-diététicienne-psychologue-psychiatre-spécialiste-de-toute, une belle suggestion de belles personnes qui sont biens IN THEIR BODIES, de personnes qui ne savent pas ce que c’est que d’être une touriste, une spectatrice, Scully dans The X-Files qui regarde la soucoupe volante se poser, THE TRUTH IS OUT THERE, quelque part à l’intérieur de moi mais où exactement, il me faudra fouiller, creuser avec des cuillères à pamplemousse dans la chair rose, apprendre à habiter cette peau fragile, ce sera un travail de longue haleine, il faudra s’acheter de la gomme, ça nécessitera de nombreuses années de recherche, c’est une chance que la science ait évolué et que les navettes spatiales n’explosent plus car Chris Hadfield a tout arrangé à coup de déclarations télévisées pour les yeux des spectateurs qui s’ouvrent grand comme des planètes habitables pendant que moi je repasse ma tragédie en boucle sur les parois d’un espace qu’il faudra bien remplir de sens un jour et en attendant je m’empiffre de barres Clif au coconut à 11 heures du soir parce que c’est en emplissant mon estomac que je réussis un tant soit peu à être IN MY BODY.


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Avi s à tou .t e.s

Les qualités requises pour ce poste sont, il va sans dire, une excellente maitrise de la langue française, une très bonne assiduité dans le suivi des courriels et un désir de participer au projet « Main blanche ». Le poste est entièrement bénévole. Pour toutes questions ou pour envoyer votre curriculum vitae, veuillez écrire à notre réviseur.e en chef à l’adresse suivante : revision.mainblanche@gmail.com Au plaisir de vous compter parmi nous, L’équipe de Main blanche

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La revue littéraire Main blanche est à la recherche de collaborateurs et de collaboratrices pour constituer son équipe de réviseur.e.s.


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Éq u i p e et collab or ateur s Éq u i p e de rédactio n

Stéphanie Roussel Catherine Dupuis Marie-Pier Lauzon Emmanuel Deraps Sophie Mathieu Ré vi seu r en chef

Jici Lord-Gauthier Éq u i p e de ré vi sio n

Alicia Schwartz Carolinne Charbonneau Anna-Maria Lacriola Alex Delagrave

Couverture Marie-Claude Marquis Grap h i sme

Shed espace créatif Michel Félix Lemieux Logo

Jeik Dion contact

Revue littéraire Main Blanche 405, rue Sainte-Catherine Est Pavillon Judith-Jasmin, J-1080, Montréal (Québec) H3C 3P8 514.987.3000 (3905) mainblanche@gmail.com mainblanche.uqam.ca

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Illu strat i o n


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SOUMISSION DE TEXTES

La revue Main Blanche accepte poèmes – en prose ou en vers -, nouvelles, micro-récits, fragments, essais, etc. Pour un même appel, il est possible de soumettre un maximum de 2 textes ou suites poétiques – ou de fragments. Chacun des textes soumis peut contenir jusqu’à 10 000 caractères. Pour faciliter le processus de collaboration entre auteur.e et éditeur.e.s, ainsi que le travail de réécriture qui en découle, ce critère devra impérativement être respecté. Le texte doit être de format .doc ou .rtf. Vous devez nommer le fichier comme suit : nom, prénom - titre.

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Processus de sélection et de révision

À la suite de la période d’appel de textes, les membres de l’équipe de rédaction se réuniront afin d’effectuer une sélection. Une réponse sera ensuite fournie par courriel à tous ceux et à toutes celles qui auront soumis un texte. Les textes sélectionnés feront l’objet d’un travail de réécriture collaboratif entre éditeur.e.s et auteur.e.s. Afin d’encourager l’émergence de nouvelles écritures et de contribuer à la réflexion des auteur.e.s de l’UQAM, l’équipe acceptera de répondre aux questions des auteur.e.s quant au refus de leur texte. Nous attendons les textes à l’adresse courriel suivante : mainblanche@gmail.com


Tirage 1000 copies. Dépôt légal à la bibliothèques et archives nationales du Québec. Main Blanche est la revue des étudiants et étudiantes en études littéraires de l’UQAM. Son contenu ne peut être reproduit, en tout ou en partie, sans une autorisation écrite. Chaque auteur est responsable des propos tenus dans son texte. Cette revue, financée par l’AEMEL-UQAM, l’AFÉA-UQAM et le Service à la vie étudiante, offre un espace d’écriture libre aux étudiants et se veut un organe de communication privilégié pour ceux-ci.


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Main blanche dénudée

v20 ˚ n02 ˚ p2015

M ai nb lanch e .u Q aM.ca


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Vol 20 no 2 : Body Language by Revue Grands Espaces - Issuu