Depuis — Since 2007 : 2007 Rouge baiser Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Rétrospectives, Erwin Wurm Comm. / Cur.: le lieu unique
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Le sang d’un poète Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire 2010 Le sourire du chat Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire et/and Esbanm Nomad-ness Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire et/and Esbanm 2011 Le réel est inadmissible, d’ailleurs il n’existe pas Comm. / Cur.: Esbanm 2012 Jean-Michel Sanejouand, rétrospectivement Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Mon voyage à Nantes, Roman Signer Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes Si j’avais un marteau Comm. / Cur.: musée des Beaux-Arts de Nantes 2013 De belles sculptures contemporaines Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Suites d’éclats, Felice Varini Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes De leur temps (4) Comm. / Cur.: musée des Beaux-Arts de Nantes 2014 L’écho / Ce qui sépare Comm. / Cur.: Bruno Peinado, Frac des Pays de la Loire Les mues, Huang Yong Ping Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes Présenter l’irreprésentable Comm. / Cur.: musée des Beaux-Arts de Nantes 2015 Ouverture pour inventaire Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Solo Group Show, Taturo Atzu alias Tatzu Nishi Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes Martin Barré et Bernard Piffaretti Comm. / Cur.: musée des Beaux-Arts de Nantes 2016 Quoi que tu fasses, fais autre chose Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire La mer allée avec le soleil, Ange Leccia Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes
Publié à l’occasion de l’exposition If only the sea could sleep, à la HAB Galerie à Nantes (en 2019), le présent ouvrage restitue un ensemble inédit d’œuvres de l’artiste Claire Tabouret. Inspirées par la poésie d’Adonis, elles tissent une narration visuelle à la fois fragile et puissante sur le rapport amoureux et ses complexités. Le spectateur fait l’expérience d’un espace animé par le souffle des voyages au long cours en mer, entre contemplation, quête de soi et de l’autre, et corps à corps avec les éléments. Richement illustré, ce volume est une invitation à prolonger cette odyssée picturale
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This catalogue, which is being published for the exhibition If only the sea could sleep at the HAB Galerie in Nantes (in 2019), presents a new selection of works produced by the artist Claire Tabouret. Inspired by the poetry of Adonis, they weave a visual narrative that is at once fragile and powerful, a tale about love relationship and its complexities. The viewer experiences a space informed by the whiff of long journeys by sea, somewhere between contemplation, a quest for self and the other, and a hand-to-hand struggle with the elements. This richly illustrated volume is an invitation to continue this pictorial odyssey
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2017 L’imagination au pouvoir, Thomas Huber Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Le nu et la roche, Daniel Dewar et/and Grégory Gicquel Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes 2018 Décor / Avant-Poste, Joe Scanlan Comm. / Cur.: Frac des Pays de la Loire Fluides : Céleste Boursier-Mougenot Comm. / Cur.: Le Voyage à Nantes
isbn 979-10-93572-44-4 — 10 € TTC
IF ONLY THE SEA COULD SLEEP
Hangar 21 is located at the western tip of the Ile de Nantes and better known as the Hangar à Bananes or Banana Shed, a nickname inherited from its history. In 2007, as the property of the autonomous port of Nantes Saint-Nazaire, it was renovated for the first Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire Biennial. Since then, renamed HAB Galerie for the creation of Le Voyage à Nantes (2011), this space has been putting on exhibitions and events dedicated to contemporary art : group shows and collections of institutions invited by Le Voyage à Nantes, and summer shows presenting the work of internationally renowned artists, offering an opportunity to plunge for the first time into their work, helped by showing pieces conceived and produced in situ
2009 Situation idéale, Gina Pane Comm. / Cur.: musée des Beaux-Arts de Nantes
CLAIRE TABOURET
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Hab galerie — Les carnets du Voyage à Nantes
Situé à la pointe ouest de l’île de Nantes, le Hangar 21 est plus connu sous le nom de Hangar à Bananes, un surnom qu’il tient de son histoire. En 2007, propriété du port autonome de Nantes Saint-Nazaire, il est réhabilité à l’occasion de la première édition de l’événement biennal Estuaire Nantes <> Saint-Nazaire. Depuis, cet espace, rebaptisé HAB Galerie lors de la création du Voyage à Nantes (2011), propose des expositions et des événements dédiés à l’art contemporain : des expositions collectives et de collections d’institutions invitées par Le Voyage à Nantes, ou encore des expositions estivales consacrées à des artistes de renommée internationale, qui sont l’occasion de plongées inédites dans leur travail grâce à la présentation d’œuvres pensées et réalisées in situ
Claire Tabouret — If Only the Sea Could Sleep
CLAIRE TABOURET — Claire Tabouret (1981, Pertuis, France), diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2006, a étudié en 2005 à la Cooper Union à New York. Parmi ses récentes expositions personnelles, on peut citer : Born in Mirrors, Perrotin (Hong Kong), Les Veilleurs, Collection Lambert (Avignon), L’Errante, Festival d’Avignon, église des Célestins (Avignon), I’m crying because you are not crying, Almine Rech (Paris) en 2018 ; The Dance of Icarus, Yuz Museum (Shanghai), Claire Tabouret + Cash for Gold like Smoke for Mirrors and Land for Sea, Friche la Belle de Mai (Marseille), Neptune, Le Creux de l’Enfer (Thiers), One day I broke a mirror, duo avec Yoko Ono, Villa Médicis (Rome), Eclipse, Night Gallery (Los Angeles) en 2017 ; Battlegrounds, galerie Bugada & Cargnel (Paris), Sparkling Ghosts, Museo Pietro Canonica, Villa Borghese (Rome). Claire Tabouret est représentée par les galeries Almine Rech (Paris), Perrotin (Hong Kong) et Night Gallery (Los Angeles)
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Claire Tabouret (1981, Pertuis, France) graduated from the École nationale supérieure des beaux-arts in Paris in 2006, studied in 2005 at the Cooper Union in New York. Among her recent solo shows, let us mention: Born in Mirrors, Perrotin (Hong Kong), Les Veilleurs, Collection Lambert (Avignon), L’Errante, Festival d’Avignon, église des Célestins (Avignon), I’m crying because you are not crying, Almine Rech (Paris) in 2018 ; The Dance of Icarus, Yuz Museum (Shanghai), Claire Tabouret + Cash for Gold like Smoke for Mirrors and Land for Sea, Friche la Belle de Mai (Marseille), Neptune, Le Creux de l’Enfer (Thiers), One Day I Broke a Mirror, duo with Yoko Ono, Villa Médicis (Rome), Eclipse, Night Gallery (Los Angeles) in 2017 ; Battlegrounds, Galerie Bugada & Cargnel (Paris), Sparkling Ghosts, Museo Pietro Canonica, Villa Borghese (Rome). Claire Tabouret is represented by the Galerie Almine Rech (Paris), the Perrotin Gallery (Hong Kong) and Night Gallery (Los Angeles)
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Claire Tabouret — If Only the Sea Could Sleep
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Beginning of Travel Encounters come, the sun dips in them encounters go, the wound opens in them I do not know the tree’s branch anymore nor does the wind remember my features
is this my future ?
the lover asked a flame. Yearning for the journey rising in her face he sailed in her.
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The House of Love excerpt
I love you as if all hearts were a mirror of mine as if life were invented for my love I love you O how much I deleted from your lips built my heart into a road and a house hung it as a cloud over clouds and how I equated beauty with you and let fantasy sprout and how and how I love you the light in your eyes has withdrawn it has been flooded your hair like drifts of snow poured on your shoulders braided, tied or loose I feel time has melted in my eyelids solidified and tumbled like silence
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Si seulement la peinture était une odyssée
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L’eau est omniprésente dans l’œuvre de Claire Tabouret. Elle est la peinture ou l’encre, le liquide aqueux qu’elle applique sur la toile, dévoilant, comme dans les grands portraits collectifs d’enfants ou d’adolescents Les Insoumis (2013), La Classe (2013) ou Sitting (2016), des figures aux énigmes inaccessibles et aux regards soutenus, qui évoluent dans un monde sans décor et flottent sur un fond abyssal coloré. L’eau traverse la série Les migrants (2011-2013) ou celle de Maison inondée (2009-2013), où elle est sombre et dramatique lorsqu’elle est vectrice d’exil et de catastrophes sous-jacentes. L’eau, dans l’œuvre de Claire Tabouret, recouvre la toile et le papier comme elle absorbe les corps anonymes et inonde les maisons ; elle est métaphore d’un monde flottant, mouvant et vertigineux, qui submerge et est toujours prêt à chavirer.
Un voyage sur la Méditerranée entrepris par l’artiste en 2011, lors d’une résidence à Marseille, célèbre la manière dont Claire Tabouret appréhende son œuvre, qu’elle développe principalement en peinture, mais également en dessin et en sculpture. Empruntant un ferry pour lequel elle avait obtenu un laissez- passer, elle effectua en continu, sans jamais accoster, plusieurs allers et
retours entre Marseille et Alger. Cette unique parenthèse fut l’occasion pour l’artiste d’expérimenter cette vie entre deux endroits, que connaissent les marins. Sans but précis, sans retrouvailles envisagées, ces absurdes traversées furent le contexte propice à questionner son rapport au paysage et remettre en cause son regard et ses points de vue. Ce temps passé sur l’immensité bleue permit à la peintre d’observer ses sensations alors qu’elle établissait la nouvelle relation avec le temps qu’impose l’interminable attente de l’apparition de la terre sur la ligne d’horizon. Vivre dans ce milieu instable exposa son corps et son esprit au sentiment paradoxal de solitude et de puissance que l’on éprouve face à la mer. Claire Tabouret raconte qu’elle ne descendit du bateau qu’après avoir retrouvé le goût de peindre. Ce voyage, sorte de quête initiatique, est analogue à la mise en mouvement que l’artiste risque à chacune de ses nouvelles créations. Cherchant en permanence à renouveler ses recherches picturales, elle est physiquement en déplacement dans son atelier lorsqu’elle peint sur de grandes toiles et que le geste est ample pour les recouvrir de sa peinture, qu’elle prend à bras-le-corps pour la mettre à l’épreuve. Travaillant dans l’urgence, avec une vivacité et une énergie impatientes, Claire Tabouret exécute
plusieurs œuvres en même temps, et plonge périlleusement dans ses réalisations comme si elle allait vivre une nouvelle traversée.
Claire Tabouret vit depuis 2015 à Los Angeles, où elle s’est installée quelques années après cette retraite sur la Méditerranée. Non pas pour goûter aux fantasmes de la ville américaine mythique et productrice d’une industrie de la narration : Claire Tabouret y a emménagé pour prendre le large. Elle a choisi cette ville parce que, malgré son immense étendue comprise entre montagne, désert et océan, qui impose une masse urbaine où l’individualité ne semble pas avoir de place, elle est propice à la solitude. Cette ville friendly, libre et créative, lui permet d’être à l’atelier, vaste entrepôt où, recluse, elle crée dans l’urgence et la nécessité, et d’être au monde avec une peinture qui, selon elle, est le moyen de poser le temps et d’inviter le regard à ralentir. Dans un monde où les images à consommer en accéléré prédominent, la peinture est le moyen de condenser une pensée et de prendre position publiquement, comme lorsqu’elle peint le portrait d’Assa Traoré pour la couverture du magazine Vogue Paris 1 . Claire Tabouret se plaît à penser que l’on continue de regarder la peinture autrement, dans un temps plus dilaté, plus dilué.
qui relieraient Los Angeles à Nantes. L’œuvre de Claire Tabouret est empreinte d’une grande poésie. Durant la préparation de l’exposition, les poèmes d’amour d’Adonis étaient sur la table de chevet de l’artiste. La beauté et la mélodie des mots du poète syrien, qui traduisent le rythme des vagues comme métaphore de la houle des sentiments amoureux, séduisent Claire Tabouret qui lui rend hommage en lui empruntant, pour le titre de l’exposition, un vers traduit de l’arabe vers l’anglais, If Only the Sea Could Sleep 2 . L’exposition est construite sur une dualité et sur la mise en tension de deux êtres, deux entités plastiques qui se rencontrent et s’affrontent. Tout comme les poèmes d’Adonis décrivent des étapes de la relation amoureuse, le titre de l’exposition souligne l’impossibilité du calme dans la rencontre de l’autre et la création artistique. Il indique un regret et une vie intranquille. Claire Tabouret a toujours développé une œuvre audacieuse, avec le choix du format de ses toiles, mais aussi les supports et les matériaux qu’elle utilise. Par des processus de recouvrement et une palette qui varie du sourd au lumineux, Claire Tabouret peint les corps et l’éclat qui en émane. Pour son exposition nantaise, elle a choisi de se confronter à l’espace volumineux de l’architecture de béton du hangar tout en se référant au passé d’une ville portuaire.
Parce qu’il est toujours question d’histoires, fictives ou réelles, dans l’œuvre de l’artiste, qui construit ses expositions comme des ensembles autonomes comme autant de chapitres d’une narration qui déroule une histoire à l’intérieur d’elles-mêmes mais aussi entre elles, Claire Tabouret a conçu son exposition personnelle pour la HAB Galerie comme un nouveau voyage pictural, une plongée dans les eaux
Les larges voiles de bateau que Claire Tabouret est allée chercher dans le port californien de San Pedro ont été découpées, réassemblées et cousues. Elles sont suspendues au milieu de l’espace, laissant voir leur devant et leur arrière ; elles sont hissées et accrochées avec des cordes à même la charpente du lieu. Ces voiles sont marquées de divers stigmates, comme des écorchés cicatrisés. Elles ont été
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