Supplément JVO 9 6is -de ,f Ccole,, r191~)
96 réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille. - Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner. • Il y a des considérations curieuses sur les régimes politiques: q On ne fait pas des Républiques avec de vieilles Monarchies. - On ne répare pas les trônes. - On peut risquer un coup d'Etat pour saisir le pouvoir. jamais pour Je raffermir. - L'anarchie ramène touiours le pouvoir abso·lu. • Peu de maximes littéraires, mais fortes: • Les grands écrivains sont des radoteurs estimés. - Un bon philosophe fait un mauvais citoyen. - On ne peut rien faire d'un philosophe. - Mme de Staël s'est peinte si bien. dans « Corinne » qu'elle est venue à bout de me la faire prendre en grippe. » Sur l'administration: « La police invente plus qu'elle ne trouve. » Sur J'amour et le mariage: «En guerre comme en amour, pour en finir il faut se voir de près. • Enfin, parmi tant de virilités, signalons ce dernier adaS!'e: • Rien de difficile comme de se dé<:ider.• Cela est bien consolant à lire sous la plume de Napoléon.
Fresens ne possède pas d'auber~e plus. pa.s d'éclairage public, pas même troie, pas d'eau sous pression, mais convénient est compensé par de u~'"...,1~u111,. sources, et presque chaque maison son puits. Enfin à Fresens il n'y a pa8 ~arde-police; la personne qui en remplit fonctions est le président du Conseil munal, qui fait également les IJU·vm.-.uun• ficielles. Il perçoit pour toutes ses tions un salaire de 30 francs par an. Fresens est le village neuchâtelois compte, proportionnellement à son ce, le plus de vieillards. Il s'y sieurs personnes âgées de plus de 70 au-dessus de 80 et une au-dessus de 90. vient de célébrer les noces d'or de deux yens et l'on s'apprête à en célébrer deux velles d'ici à quelques semaines. Et ce n'a même pas 200 habitants.
dans la nature ou dans la IH_âce. il devra être le père. L'enfant. c'est une fa· mille. puis une cité. puis tout tl!~ pe~nle. A Mesdames les Institutrices. . C'est là surtout ce qui touchait lesus, Si Dieu. vous a ~Pp~iquées. p~r état: a quand il reQ:ardait ces humbles et _fr~ ette œuvre de mtsencorde qm s~rpa~ sriles créatures. Chacune ~'elles . eta~t c toutes les autres et se n.Qmme 1e?set- une semence dans laqu~lle Il vovalt. al· se 1ernent. quelle fonction est la votr~ ? mait. bénissait une mo1sson. est un ministère d'ange. Les. anges Vous qui élevez l'enfance. vous êtes t d'office les messav.ers de D1eu . A aux sources. et en avez le soin. Te~le sol~ de faire arriver aux homm~s les ra- vous ferez la source. tel sera le ruis~~1~5 du soleil étern~l et 4e verser sur seau: ct tel est le ruis~eau: t~l,._ le fleu~1 ous les célestes rosees qm s_ont ~omt?;e ve. Où monte. où fimt. ou s eten~ ce la libre évaporation ~e l',ocean m~r.ee. aue vous commencez? II ~aut l.a sete~ ce On dit que. dans le ciel. c ~st au mtllf'U de Dieu nour le savo1r. L avemr de 1 ~ des chérubins que s'ass_oient les doc- Q'lise et du monde est. DOU~ u?e t>Otteurs A vrai dire. pour trouver ce que tion. dans vos mains. 0 DI~u. ,quel_le vous faites. il faut monter plus haut en· chame maintenant. et tout a 1heu.te. LE QUATRAIN DU DOCTEUR Quels comptes! Mais aussi, comme DI~tt Maurice Donnay, il y a bien coQ~t'est venu faire l~sus ~. S~ns 11 ?-1 vous regarde! Comme son cœnr e~t .nr~s dînait un jour chez le Dr Cristal, une ~oute souffrir et mounr. C etmt la fm de votre cœur! Avec quelle C?U:P.~;tsatl sommités médicales de Marseille. Celui-ci, de S:J mis,sion et le sommet de son ~u- œ il vous voit. avec quel~e flde~he tenragé collectionneur d'autographes, le . M.ais d'abord qu'est-il venu f;:nre? dre ct puissante il vou.s éHde! S1 quand ELLE EUT 33 ENFANIS d'enrichir son album. ~~ne : 1t p"'ll le dit: « Il a anN\ru. nous Mme Sarah Sweeney, âgée de... 114 ans, il s'est aiti de constrwre un taber~1a~Je -..•0 1 1 ( .,.·\. . • - Vous improvisez merveilleusement. et habitant Jacobsburg, dans l'Etat d'Ohio, vous en prie, quelques vers, un tout petit eilSeirrnant. il est venu ~our nous l~S extérieur terrestre où il ne. devai! 13" vient d'adresser au Congrè,s de Washington train! ... tru\re. » Tésus est un precepteur._ Dteu . mais habiter qu'en firrur~. ~leu dawn'l une pétition par laquelle elle demande que - Volontiers, fit Donnay. l'avait depuis des siècles an~once sous cependant envover son f·.snnt. aux deu:wi sa pension de retraite, qui est actuellement Et. prenant la plume, il écrivit, tandis ce nom. «Tes veux. ô Isr~el, yerront enfants d'Israël à qui il vonlatt .q ue fus~ de douze dollars par mois. soit porl!ée à cent son hôte attentif le suivait du regard: ton précepteur. et celui qui t ense.1rrner~. sent confiés les travaux: co~bien nln ·, dollars. Pour justifier cette demande, Mme Depuis que le docteur Cristal ie ne Fêterai plus de d.e~ant tot! » 1~ pensez·vr·us qu'il vous msnu:e ct vo11S Sweeney explique que, mariée la première fois Soigne des familles entières au soldat Charles Brandon, qui a fait la camsus est un instituteur d1vm venant fat- é1S'oi:ste maintemmt que par. SOl~ .ordre, On a démoli ~'hôpital... pagne du Mexique. elle a eu de cette première re l'éducation des enfants les plus ~gno vous nasse:>: votre vie à lut bahr de , Ici, Donnay s'arrêta un moment... union • 22 » enfants. Remariée, après la mort rants . le> olus srrossiers, les plus mdo- tE"moles où il entend demeurer en ~nhs. - Flatteur! dit le médecin. de son premier mari, avec M. Sweeney, elle ciles. hélas! parfois les JJlus pervers et t<rncc et no ur l'éternité? Attendez, dit Maurice Donnay. a mis encore au monde • 11 • autres enfants. souvent les plus inrrrats. . Et il termina: La pétitionnaire ajoute que, comme elle a Avez confiance et tirez tout de _Dieu Heureuses êtes-vous d'une vocatwr: battu le record pour le nombre des enfants . .... On a démoli l'hôpital Mf.>ditez constamment aux clartes de Qni vous rend semblables à lui, et qm dans toute l'étendue des Etats-Unis. et qu'elle Et l'on a fait deux cimetières! est arrivée à un âge où elle ne peut plus travous fait entrer si avant dan~ son œ~ l'E-van!Iile. du crucifix. du tabe~~cle . vailler - à 114 ans! - pour gagner sa vie, vre! Son œuvre. vous la conhnuez. DI: la suhlimité de votre éta.t: la Q"ravtte ~: * La maman. - Mais Henriette, c'est vos obliQ'ations la rnantere de remn1u ~a demande mérite d'être prise en considérala pure extravagance! Voilà encore que lu tes vous-le sans ce?se.. ~t aue cette fo~ nleiPement vos devoirs. V_nus verrez ou~ tion. ~rit le flambe<Ju qw !llllGe tous vos nas. manges de la confiture sur ton beurre. tout se réduit pour vous ~ deux chos:s: Henriette. - Mais non, maman; c'est dl Tout enfant est u;ne source: sou;ce .mol'économie, puisque le même morceau de paill rale. · source sociale. source cl acüon.s m 0 ntrer Tésus. former Test~·s Montret UN VILLAGE ORIGINAL TP~tiS. c'est toutE> l'insfrucbon: tnrme.r ~!ln.s nombre qui. en le menant lut· C'est celui de Fresens. qui est certainement sert pour les deux. T~su s. r'Pst tonte 1'édur.qti0n n faut f::J~· mêrne à sa fin. influeront sur 1e unique en son genre dans le canton de Neu•- Je crois que vous m'avez fait un eot ,:; vnir Téws n 1 rtout. il f<1ut fonnrr le· châtel. monde et nourront donner Q'loir,e à turne un peu Jar~? Il est le seul vil1aJ!C neuchâtelois ne possé- Ne vous inquiétez pas. je vous indi- Dieu; source :mssi d';:wtres etr~s ~,·,s tf'ttimtt·s. F:t comme c'est 1P nrn.n:e dant pas de route cantonale. querai une méthode pour engrai~ser. dont. ~elon la chair ou selon l'espnt. du Saint Emrit d'illtH"Tlinrr Tr'-stts •c,.
Devoirs de la Charité
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98 bas. c'est-à-dire, de le r_endre clair à n0s intellilrences et de nous le découvrir Jusque dans ses profondeurs; comme c'est Lui encore qui, de concert avec Marie. le forme comme Verbe incarné et le donne POUr la vie du monde. une Piété toute spéciale envers le Saint-Esprit et envers la Sainte Viersre semble être une dévotion essentielle à tou.te corn. munauté enseisrnante. Pensez-v sainiement. c'est-à dire humblement et filialèment. devant Dieu: vous en recevi·ez l'inielliszence; et quand vous l'aurez re· eue. tien n'észalera votre ardeur, rien n'ébranlera vo,tre couraQe, rieJ1 ne découraszera votre patience. Voll.s braverez les obstacles. vous affronterez les ennuis. vous boirez les dészoûts. vous souLc··drez avec bonheur les inévitables an~roi%es de ce lonsz et saint enfante· ment. · En échane:e d'une si tné!Qnifique et méritante miséricorde, non-seulement Dieu vous donnera le s.alaire de ces séricordieux oui auront procuré à leurs frères le nain. l'eau. le vêtement. l'âbri ; m.:ds en' outre vous entrerez dan<S cetie norlion chérie de l'hérita~..e céleste qu' il momet à Jous ceux qui auront bien adminL;tré le saint Verbe de Dieu c'està-dire qui. sous une forme quelconque. auront enseürné, expliqué. disnensé lésus Christ. Mgr Oav.
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Le Grain de blé Un matin de i uillet. ie me promenais à travers la camJ)as.me. le lonll d'un chamo de blé. Des 2'0uttes de rosée tremblaient aux barbes des énis-. conune des diamant<; au bout de lél!ers fils d'or. Le soleil se iouait sur l'immense plaine blonde. ta-chetée cà et là de bluets. et de coquelicots. La brise 2'Iissait à-la surfé:tce. inclinant doucement les épis selon uu rvthme harmonieux. et des alouettes s'envolaient de ci et là. éllrenant
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l e~rs notes perlées, prière du matin jour. certain Jleste a été tracé sur la JOyeuse nature une main d ivine. certaine forC'~tait un spectacle très simple été prononcée: Et le (!rain de oendant il m'émouvait. car ie · fait chair! Et quelle. chair! Une au mvstère ou·i se cache dans divine! P."rain de blé. C'est la vie de 1 •a••n• l!rain de blé. la terre était à szequi s'v élabore. c'est le reoos de la devant toi. voici que le ciel s'inciélé qui en dépend. à son tour! En te voya!1t. mon Le !!fain de blé. c'est la réoon~e s'attendrit et se szonfle de recondel à la n-rière ardente oui monte ce oour le Dieu qui a fait en sJ!ons de la terre: «Donnez nous de (!randes choses. Avec toi ie chanionrd'hui notre oain de chaque iour le ;11aC!niticat. Je te vénère, 1e t'aiLe P:r~lin de blé . c'est le prix oue je voudrais t'arroser de larmes d'adéJJne. pour chacune de ses sueurs. Tu es sacré! in de blé, Jlrain de blé. tu ,seras vrier qui travaille. essouflé. dans ateliers et les mines. Le n~;, oui blanche et immaculée qui brille. ra de ces ~rrains feré~ ces~Ser le cri l'autel. Un Dieu descendr.a en tQi. -ses entrailles. a ta substance. rv.ais il s'~nveLe !Zra=.n de blé. c'est l'aliment uue ·-~··~ de tes frêles espèces comme mère demande DOUr le bébé manteau de neille. afin de rendre en·core ses ioues de blé. szrain de blé. transfor'fes. ses noinszs mi~rno-n:s olus nar le Verbe sacerdotal. nous te feson roms nlus robuste des vases d'or et de3 Q.~tensoirs Le rrrain de blé. c'est le J)roblèmc lieux. et nous les ornerons d'éet de filiszranes de diamants et hante l'économiste achàrné sur la lion sociale. Comment le 2:rain perles rares! il son chemin à travers le monde et Orain de blé. szrain de blé, nous te nètrera· t-il dans chaque chaumière? terons des hymnes très douces Le r;rrr~in de blé. c'est -le ta]isman· oui te dirons: 0 salataris hoslia! car ,'-'l f)a i.~e le oellole rom::tin hurlant empêches l'humanité de mourir de les rues: Da oain et des ieux Et qu mort éternelle. Tu es plus précieux la manne du désert: ceux qui te les questeurs inq uiets interroP:ent 1 t. transubstandés en la chair rizon à l'embouchure du Tibre. e. vivront éternellement. épient le ~rrain de blé qu'apportent navires d'Afrique et de Sicile et qui leur étais là de ma méditation·. un oermettra de nourrir et de ~rouvemer de iui'llet. errant à travers la un peuple. r>mrne. lorsque la doche d'une érrli.. 0 Jlrain de blé. ie comprends que le voisine sonna lentement pgur annonsoleil te baise. que la brise te careS&e. l'heure de la messe; et il me ~em uue la nuit te verse sa rosée. que l'aque tout le champ de blé tressanque la brise soufflait plus fort, louette te chanfe. que l'Esziise te bénisse au radieux matin des Rog les épis s'inclinaient plus profoncomme de doux enc~nsoirs et q ue la société. allen ouillée en cercle tour des champs où tu' mûris. te tende ndis les szrains de blé qui -~ dides bras suppliants. Tu emnêches 1~ entre eux : « Nous monterons à du Seiszneur : » Et les alouettes Peuples de désespérer. de se révolter, l'humanité de mourir: tu es sacré ! dans leur yol. émues et reMai'SI le Jlrain de blé a été élevé à et. les ailes pieusement étenune di2:nité plus haute encore. forme de croix, elles répon--w ..
daient: Au Dieu qui réioait ma ieanesse. Elles chantaient l'introït des mes~ es futures. Et je m'en allais en disant: « Soyez béni. mon Dieu. pour ces milliers de messes qui !!erment d;ms un champ de S. Coubé. blé. »
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Chez Tante Ursule T o ul en haut de la ville, derrière l'églice, s'enchevêtrait un fouillis de ruelles étroites ct silencieuses. Rarement une voiture s'aventurait dans ce dédale. Et si, par hasard. 1111 camion y venai t secouer son bruit de ferraille, lc.s étages en mrplomb semblaie~lt se pencher. s urpris. pour dévisager l'audac1eux mlrus . . Marcel Lefra nc s'eng-ageait. un soir de dimanche après vêpres. en plein dans cc quartier tr;nqu!lle. C'est là q u'habitait ~a Janfe Ursule, une bien vieille, rnais très sainte cl très charitable fille. Quant il1 fut arrivé devant une maison dont la fenêtre s':igrémentait de trois géraniums anémiques. il sonna. . Un bruissement de jupes. Un peht pas alerte trottinant mais très doux, feutré par des pantoufiles aux semeiles discrètes. La porte s'ouvrit. - Ah! c'est toi, mon petit! - Oui, ma tante, je viens vous voir. - Entre donc. Tout en babillant, des cho·ôes très douces, elle conduisit son neveu dans une chambre claire et proprette. Des meubles dédaigneux de tout style, m'lis luisants; sur la cheminée quelques bibelots, touiours à la même p lace et c:ui ne se dérangeaient que devant le _plumca.u. impitoyable ennemi de la poussière. L'appartement s'har monisait avec les goûts de fante Ursule. De.s rentes minimes lui fournissaient non pas l'aisance. œais la possibilité. en sc pri''ant beaucoup, de .s emer pas mal de bonheur autour d'elle. Levée de bon matin. eUe assistait à la messe, puis donnait tou t le reste de son temps aux ménages ouvriers du faubourg. Pas une rna ison oü elle ne fut entrée, aP'" portant avec elle parfois un peu d'argent, tou_jours uu rayon de joie. Elle c<:ignait les ~.a Jades, a ida it les nllllmans chargees de fanu!le,
100 débarbouillait les frimousses douteuses des mioches. A tous, elle savait dire les mols qui consolent, parce qu'ils .sont l'écho de la grande voix du Christ. Aller tendre la main , fu t-ce pour autrui, est bien la plus ennuyeuse corvée qui se puisse imaginer, et la plus compliquée. Par quels travaux d'approche il fau,t pTéparer la convenaf·ion pou r introduire la question sous I'anR"Ie opportun! Avec tante Ursule, les choses all!aieul plus facilement. Le terrain de la char ité était son sujet de nrédilectinJI, e~ cin(]uanle avenues s'offra ient à son interlocuteur pour l'y faire aborder. Marcel brusqua donc : - Ma faute. je vien.s vous dcm.·lllder de vous fa ire in~ crire dans notre • M u.luali fé des employés de Commerce». La bonne tante eut un. sotu·ire indulgent. un de ces sourires par lesquels les professionnels ont l'air de dire aux débutants: Q u'est-ce que c'est encore que cel;te nouvelle invention? - Mais, mon ami, je ne sais même pas ce que ça peut bien être que ta mutualité! - Eh bien, voilà: Des employés de cont· metTe ont fondé une société. Chaque membre verse tant par mois. En échange de quoi il a droit, s'il tombe malade, à toucher une certaine somme chaque jour. - C'est bien. Seu.Iement ic ne vois pas pourquoi tu l 'adresses à mo-i; je ne s ui s pas un employé cie commerce, par conséquent... - At!endez; à côté des employés il y a les membres honoraires qui aident la Société par leu rs cotisations, sans bénéficier des avantarres qu'elle procure. Et justement je viens vous demander de devenir membre honoraire. Le front de tante Ursule sc pliss a. Ce devait être sous l'effort d'un bien gros calcul. - Ecoute, me voilà bien embarrassée. J'a i instclllent là les dix francs que tu m~ dema ndes. Je les ai économisés eu supprimaut quelques dé.penses inutiles. - Des dépenses inutiles, vous?... Marcel hocha la tête en laisant une moue sceptique. - Si, mon a mi, quand il y a tan~ de mi· sère au.lour de nous, beaucoup de nos dé· penses sont inutiles .... Enfin, ta mutualité ça doit être une bonne chose. Seulement la vie sera chère cet hiver, et songe combien de Rens viendront me demander une petite p ièce pour aider le ménage. Marcel comprit que c'était là Je nœud de
la question. Entre deux for mes tante Ursule se sentait portée vers de avait loujou.rs pratiquée, ver s main à la main. On a • ses • à nous, s'établissent des ra c~tte CJU'on leur glisse, s'accompagne nre, d'une bonne parole. Cer tes ce sont là les beaux côtés mônc, ct voilà ce qu 'elle a de vra ne!, de profondément chrétien. Elle que d~ mêler les bour.ses, elle fond les cœurs dll riche et du pa uvre· elle le vœ u elu Christ. ' A côté d'elle, prétentieuse, dans ses colonnes de chiffres, de paperasses, l'œuvre sociale ne por ter que de l'esprit, là oü il fa Et pourtant Marcel venait cette professionnelle de l'aumône la cause de l'œuvre .sociale. -:._ Ma l'ante, vOLùez-vous que nous un petit calcul? ... Depuis trois ans faire plaisir. vous llOJ!S donnez po~ dins Ouvrier s, une cotisation de dix - Et j'en suis bien contente, ces dix francs vons ont pernùs un morceau de terrain au père tu sais, ce bout de jardin , ça lui autour de quarante francs de légumes une année. - Eh bien , supposons que vous lui donno:S. une à une, ces trente. p ièces de sous, en trois an.s: est-cc que vous lui rendu le même service? - Il e.n aurait placé .plus perdus, au cabaret. - Alors il boit moins? - Presque plus. A peine si je l'ai trois ou quatre fois cette année. - U va souvent à .son jardin? Marcel posait des questions, non pas iP.norait ces choses; mais il était voir sa tante lui Iounùr e!le-mkme déranls dont tout-à-l'heure. il étalerait clt~sion.
101 avait dans l'atmosphère de la de la moralité déjà. la causerie allait s'élarg ir. it la question et la traitait r plus général. de charité et l'œuvre sociale, diztées toutes deux du · même sen1i· r qu'un chrétien doit avoir pour Leur inspiration à toutes deux même source divine. Et si la semoderne. semble iaire un détour la misère humaine, c'!!st q11' J'aller ~;uéri r jusque dans ses cauvau t-il pas mieux maintenir un homme en sanlé que de lui assurer des remèdes de malad ie? ... Le meilleur moyen d'asmalheureux, n 'est-il pas cie le faire à son propre relèvement? Ainsi on sa mirère et on grandit son âme. Ursule se redressa inouiète. Alors. loufes wes œuvre's de ch:uité un jour c!ispamître? R~ssnrez-vo11~. ma fanle, on aura beau les organisalions savantes, • il y - comme l'a .si bien dit un tlwlique - tou.t aux alentours un terrain vague oi:t des détresse~ ins'aband~nneront à la g racieuse des cœu.rs atmants •· Ce que nous c'est s implement par nos œuvres, pièce de cinq francs capable d'aclou. de misères. Ce que nous voudrions c'e.st que la chari.fé s'arrêtât moiHs aux souffrances de l'ind ividu pour jusqu'aux désordres de l'organisation qu'elle s'efforçât de raffe rmir la pierre et de rendre plus solides le::; liens on. ce thème, Marcel s'éta it en~a voix se faisait prcnan.fe. lanle eut un bon sourire. Allons.-. Monsieur l'avocat. votre procès l1rons la conclusion à dater de ce Ursule est membre honoraire de ilé des employés cie commerce.
E t la bonne tante décrivait, sans les joies saines de cette famille fau * "' qui, les soirs d'été ou les a · manche, s'arrachait aux miasmes de tandis qu'il dévalait vers la ville basse dis pour s'en aller s'ébattre entre un emporta il la petife pièce de dix francs: chotlX et une planche de salades. Le . de la men ue monillaie des privations _..,.u,,~. ~. JI la serrait avec respect en sonrosait, les mioches désherbaient, aux paroles de sa tante: assise sous un pommier, la mère ses genoux un gros poupon jou!lu, son Quelque savan tes que soient tes œuvres
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wci ales. que toujours le pauvre sente qu'avec fon argent, c'est un peu de loi-même que tu lui donnes. Georges TERRENOIRE.
Les Qualités du Cœur chez la Femme POUR LES FEMMES ET LES JEUNES FILLES C'e.st un fa it de tous les jours et de tous les pays de la terre que si l'homme domine le l1110nde par son in telligence et son énergie, la femme l'emporte par les dons du cœur et règne à son tour par la cha rité et le dévouement. Oui. c'est un vrai trésor d'affection et d'a. mour que Dien a déposé dans l'âme de la femme, car en la créant Il avait en vue J'épouse fidèle ct la mèrr digne de ce doux nom. Tout ce qui peut, du côté du cœur et du sentiment. manquer à l'homme souvent tendu clans un effort absorbant vers la conquête de l'argent, de la gloire ou du plaisir, doit se retrouver dans l'âme de la femme la douce et gracieuse compagne de l'homme 'et son as· sociée naturelle. Et comme l'h umaniié est au fond une immense famille de frères et vil d'affection plus encore que de science ou de gloire la femme, .fZ'râce à ses dons naturels, devie;1dra non seuleme~t la reine dtt foyer, mais exercera sans pe1ne une large influence dans toutes les choses d'ici-bas. Aussi, voyez combien de bonne heure la femn;e ~rend con~cience de .son rôle providenliel, 1e veux d1re de ce besoin d'aimer et de se dévouer à quelqu'un ou à quelque cho&e. X:::éià da}~s l'âm~ cl~ la jeune fille, à peine sorire de 1ecole s'eveille un vague désir d'un b~nheur éloigné ct mystérieux qui doit illummer Ioule sa vie d 'un doux éclat et lui donner la suprême consécral-ion. La réalisation de c~ dési r pa raît a lors a rrivée quand un premtt!l' et pur amou r, avec tout .son rayonnemen~ . maR'ique, fai t son entrée dans un cœur v1erge. Oui, le cœur de nos mères et cie nos sœ.urs _es( fait pour aimer. Heureux l'homme QU I sa1t apprécier à sa juste valeur cet auR'Us te elon divin! H eureuse celle qui est tou-
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te pénétrée de ~eHe flamme de l'amour, pour nous sommes alors obligés de recéler ce riche trésor d'affection, deso? sa lu t et Je b1en du prochain! Mais je vous et répand1·e un peu d'amour, cette prétendue aHection et cette t pne. n'allez pas con fondre cette divine fbmnation n'étaient qu'un faux semb~dre ~ bien et le profi l des. âmes le demanme avec les inclinations perverses qui se glisA notre époque égoïste eû utilitaire, contre. quand aux heures de (lo nt sent trop souven t dan,s un jeune cœur. Le 1 so!ilude qu~lq~'un s'approche de u eur une telle diset te d':tlfection profonde monde les décore du beau nom d'amour m.ais 3 me d'une smcere compassion que, pour remédier à cette lamentabien à tort : c'est une profanation de c~ mot nous encour:t,g·e et nous aide' à et consoler un peu tant de cœur.s s i profond. L'amour vrai s'approche de l'hom!!tapes les plus dures. alo!·s not;s ou délaissés, chacun doit s'e!fotrcer me par des voies tranquilles et saintes, et !<Jute cette bienveillance procèdP taire rayonner autour de soi, la lumière non dans le tumulte bruyant et désordonné la douce chaleur de l'amour chrétien. Et lion sincère et des plus nobles du mvnde.. Non, ce qui éblouit les r ega rds, cœur. peut exceller dans celle sorte d'ac?lore le v.1 ~age et fait battre Je pouls plus La vie conjugale n'est-enle pas car son cœur de chrétienne déborde vite, a u md1eu du bruit de la musique et aux chan,l!'ement.s imprévus et à ~esse ct de dévouement, est tout onda ns les salles brillanm~~nt éclairées, ce n'est coups de la mauvaise fortune? Eh à la pitié ct à la compaasion. pa s l'amour: ce n'est que la sensualité! amour fort et solide est clou N'a-t-on pas comparé à un ange vi sitant les mariages éd ifiés s ur cette base ne peu. saire: tel qu'une étoile brillante et 'ttrre. la Sœur de Charité penchée sm les vrnt jamais être r éellement heureux p:trce · de douleur d'un hôpital, assidue jour et cli n, il doit dispenser la con que justemen t il leur manque tout fo;1ds sé· pérance sur les chemins ténébreux près du berceau des or phelins ou soirieux . Et1, à œ propos, si no us voulions rel'amour doit être ensuite " les blessés sanglants sur le champ de che rcher la cause de la froideur et de !'éloiLes hommes onb tous les défauts · Je? Ou i, c'est un ange consolateur, .l!nelllent mutuel' dans les innombrables digrands, et toutes les imperfections.' Plus qu'elle répand partout une lumineuse vorces d'au jourd hui. nous trouverions que nous voyons de près et plus ces défauts de pa ix et cie pureté et prodigue tm presque dans tous les cas J'indispensable fonapparents et gênants. Dès quels r qui ne se voit qu'au ciel. dement de l'amour vra i a fait défaut. et quelle désunion dans les Jeunes filles, fenm1es chrétiennes, soyez C'est pourquoi, jeune fille qui que vous femme ne prenait pas sur elle de anges de pa ix et de consola lion ; soyez soyez. avant que de prononcer à l'autel la paavec éner,g-ie ses propres défauts et ~les de vra ies sœ urs de charité, que r ien role décisive, le ou i !::acramentel, demandezporter ceux de son époux avec bonté lit rebute, r ien ne décourage, parce qu'elles vo us sé rieusement si vous sentez au fond du ce et en silence! Si des nuages noirs' 11111 au cœ ur une affection sainte plu s for te cœur un amour fort dévoué et indulgent blent au ciel de la vie conjugale, .si la haine, plus fo r te que la morl! pour QClui avec lt'quel vous voulez parcourir menace, la femme doit être le Celui qui sème l'a1110ur récoltera l'amour. Il' chemin de la vie et dont vous désirez parpréservateur, sinon c'en est fait de Quiconque s 'adonne avez zèle à cette mission 1:wer la destinée. Si vous pouvez en tôute d'3lllOttr et de pa ix, récoliera des frui ts abonet de l'harmonie dans le ménage. fran chi se répondre: oui. alors · vous avez le En troisième lieu, l'amour doit être , danls, car la bénéd icf,ion div ine qui courond1 oit de faire le premier pas. ~ans crainte. voué • . La vie de la femme n'est souvent 1t chaque parole ct chaque bonne action r ecar ni le bonheur, ni la bénédiction du Ciel un Ion,!!' et ,!!'rand sacrifice. Que d'amour luP vers l'âme bienfa isante et l'enveloppe, en ne manquera à votre nouvel état de vie. voué et désintéressé, quel fidèle ac1cornptiiSIIIII• .,i procurant 1111 bo nheur intime qu 'aucune Mais, rappelez-vous les q ualités de l'ament du devoir exige Je rôle de joie terrestre ne saurait donner . A. O. mour conjugal énoncées tout à l'heure. L'ade la mère de famille! S'oubliant ... mour qui doit conduire à un mariage heureux elie doit vivre et penser uniquement doi! être « fort • d'abord, c'est-à-dire demeusiens. Que de fois, par amour de rer inébranlable au milieu des tempêtes de la enfants, ne devra-t-elle pas sacrifier vie, même des plus g raves; il ne doit pas res de sommei l ou une honnête réc:réallioll s'affaiblir ni chanceler; au contraire s 'il est dont elle aurait pourtant bien On parle beaucoup de la cri se du franfort, il se développera même aux j~urs les çais. Il paraît que la plupart de n os littérale fera cependant, parce qu'elle n'est plus sombres, pour s'épanouir enfin en une leurs écriven~ en charabia, que nos journase précisément que lorsqu ·elle sent tous m~g-nifique flo raison. listes ignor ent généralement les règles élésiens heureux et à l'abri d u besoin. Quand parfois une doulow·euse épreuve Mais , où rencontrerons-nous un mentaires de la syntaxe et que nos orateurs nous atteint, nous fa isons l'amère expérience revêtu de ces magnifiques et précieuses parlementa ires traitent la lang ue de nos pèque certains ami.s que nous avions cru jusliiés ? Toujours mai s seulement là où se res cotmne les hussards d'autrefois tra itaient que-là fidèles et francs comme l'or, qui même ve un cœur rempl i d'un pur et saint les jolies filles. Ne vo ulant fa ire de peine à dans les beaux jours, avaient marché ave~ de D ieu, pénétré d'une foi solide et personne et pensan t au surplus que la critino us la main dans la main, s'éloignent p~ u à tan t il e.st vrai que le chri stianisme que est un art fac ile , je n'entends pas éplupeu de nou s. Il s ont pris vol onliers leu r part pépinière de toutes les vertus. cher telle œuvre ou teT discours pou r en dé· de nos joies; dans le malheur ils nous déNon seulement celles qui sont avpelées duire à mon tour que le françai s est mal en lai ssent... Cela fait cruellement souffrir, car l'état de mariaJ<'e, mais tout cœ ur de point. j'ai mieux que cela.
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La crise du français
O ui certes. i nfiniment m ieux que des exemples cités au x dépens de quelques-uns; c'es~ dans la masse même du' public q ue je veux puiser les mieus. En dehms de ceux q ui l'écorchent sans le vouloir, notre bonne vieille langue a trois redo utables ennemis : le snobisme, l'argot et l'espéranto ou autres idiomes q ui se d isent un ivE'rsels ou qui p rétendent du moins à le devenir. l es snobs ont en effet apporté dans nos mœur.s, sous prétexte de simpl ification, l'affolan te complication elu voca bulaire al phabé· 1ique. Jadis, le chemi n de fer de Pari s à lvon et à la Méditerra née étai t :1 peu près seul à ê tre désigné par ses seules initi:tle<> P.l M. ; ma is, un jour, l'idée est venue à quelques malins de rempl:tcer tous !es noms par de.s lettres ou des abréviations e t c'e~t a in si qu 'au jourd'hui les journ::ux fou rmillent de lellres ::tpocaly!)liques au p oint qu'un cliclionnaire spécial est devenu indispensable aux profa nes po ur lire la moitié de leur gazette L'Un ion vélocipédique de F rance s 'appelle U.V.F.; la Ligue des Patrio tes, la LD.P. ; la télégraph ie san s !il la T.S.F .; la représentati on proportionnelle la R.P.; le maga.sin de ... la Belle Fermière, s i vous voulez, la B F. ; il y a comme cela des millier.s et des milliers d'exemples. Ma is no us autres Suis~.es avons cer13 inemen t établi le record de toutes les abréviation s. N 'avo ns-nous pas réuss i à trouver une double constellat ion d'initiales pour symboliser nos chemins de fe r, ct frate rnelle· ment nous voyons ::tccottplés sur nos Wllgons les frères s iamo is qui sont C F.F. el S.B. B. El puis no;. mêmes snobs ont jugé f!u'il ne sni!isa it plu s, pour paraître cie p:triaits "gentlemen "· de se fa ire habi ller ~ l.onct:es, ma is qu' il éta it ind ispensable auss1 de meler à notre la ng ue, si claire. si complète cepen· da nt, le plus gr~ nd nombre pos~ible de mots angla is. . Enfin. l'argot - celui des salons el c:elut des. a pache.s, qu i se confondent as~ez ~~~,.. vent - l'arRo i a achevé l:l déformahon dej'h si complète -d u frança is. Ecoulez autou r de vous. je n'ose pas dire : écoutez-vous parlrr vous-mêmes, vo us serez stupéfaits du langag<' extraordinaire qui fait les cham 1.es de la con· versat ion courante. Un homme un peu toqué «a le cafard •, un domestique ne s'appelle plus q u' • un larb in •, un parapluie • pépin •, un concierge • pipelet •, un marchand de vins « mastro-
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quet • . une chaussure • ribouis, godasse ou ~ pot •, " 6 • et non c eau • ct • je Conseil des ministres s'est ~éuni pour croquenot •. un habit • siH!et •, un chapea u • (délibérer) s ur la queshon. • haut de forme « tube •. une chambre « tôle •• non plus « je t'aime •. Dans sa avec • son p::tys » , ma cu isini M. A. Cim laisse de côté le compo· da nce une Jl13i son « turne ». O n ne s'en va plus, on devancé cette « inovace • . ou celte i pour ne s'occL~p.er que ~e ~·aut~r et • se tire • , on • se trotte •. on « se la casse • si le mot nouvea u vous effarouche. erretu·s, singulardes et drolenes echapou on • >e cavale •; on ne travaille pas, on Pour les uns , oignon est devenu « ognon ~a plume: . . • turbine • ; quand on est sans argent, c'est irréfléchi de certames locuhons • la purée • et quand on est ivre, on a « la échelle « échèle • . illuminati on • lu mi nation • pour d'autres oui trouvent les mots Jieux-corrmn.ms et métaphores coucuite ». On n'est plu s étonné, on reste « b~ obscurs et vides de sens, Je dictionnaire est une cause fréquente de bizarreries ba » ou bien encore « ça vou s la coupe • ; on entier est transformé et ainsi une balance de style. n 'est plu s abandonné, mais • lâché • ; le - papelle une • pèse •. un baromètre • un par exemple, les locutions • en Iron est devenu • le si nl!e • . le contre-maître lemps • . etc., etc. Enfin. il resie les de ' main de maître, mettre le pied, le • contre-coup • et l'apprenti «l'arpète • listes qui s uppri ment carrém~nt tout pour de touche, figure humaine • . nous ohO n ne meurt plu s. on " claque •. on • lâche des phrases de ce genre: la rampe • . on • dévi sse son billard •, on n'est remplacer par une « langue universelle. fau1c de mois pris dans tous les idiomes et débutan te est véritablement une plus compétent ou habile. mais « 11 la coule • déformés de fa çon à être compris par tou • en herbe » qui chante • de main de on ne fai t pas une spécull!.tio n malheureuse, les peuples. Ils Je prétendent du m(}ins et je •· on • boit un bouillon», on ne porte plus un me garderais de les contrister en présence pénéirâmes dans une de ces .forê~s JXJ.ntit lon mais un «grimpa nt » ou un " fald 'un objectif aussi louable. oLt • Ja main • de l'homme n'a Janl8tS zDr •, on ne tombe plus, • on ramasse une Ajoutez à tous ces éléments de défonna. le pied • . ~Ile • ou • une bûche • ; on n'a plus l'air lion du français la prononciation si couramLa sauce blanche est la « pierre de toumécontent ou précieux, on « fait sa poire •. ment défectueuse. Pensez à la foule de ~ns , des cordons bleus. • on n'a plu s peur on a • la frousse •; on ne qui d isent • q uelc'chose • et • quékin • au lieu Son chapeau bosselé. déchiré, n'avait plus reçoit plus un rensei:znement mai s • un tude • quelque cho.se • et • quelqu'un • et qui humaine • . yau •. estropient de la même manière une foule de quelques exemples d 'inadvertance : On emploie d~ ns les m ilieux les plus diportait un veston et un gilet à carmots; pensez aux licences populaires qui 11 vers d es locutions oriR"inales don! il faui bien transform ent si facilement sq uelette en • esavec un pantalon • de même coul~u~ ~· ccmuître Je serts caché pour leur en prêter queletle •, seau en « sciau • , mairie en « nui. _.11101)Utu Stapleaux, cité dans l',lntennedtatun, car. à première vue. elles ne sig nifient pas rerie • , corridor en • collidor • , et vous sechercheurs et curieux", 20 décembre g-rand'cho:c. Se d ouierait-on en effet que rez bien forcé de convenir que notre langue col. 772.) lorsqu'on s'exclame: • Ah! chouelte, alors! • nat ionale est évidemment malade ou tout au avai t soixante-dix ans et paraissait le ceb veut dire qu'on est con1,e nt et que si l'on » de son âge. • (Id., loc. col.) moins ... qu'elle évolue, pour employer l'euvou s offre indifféremment « la ferm e • ou « la phémisme fa von de ceux qui la massacrent Les deux adversaires furent placés à égajambe •, c'est une façon comme Uile autre de 1 le plus. vous inviter au silence. De même, si l'on ne distance • l'un de l'autre •· Souhaitons tout de même qu'elle ne se trou. , D'une main elle lui caressa les cheveux, savait à quoi s'en tenir, suppo sera it-on que ve pas trop mal d e cette évolution. de l'autre ». elle lui dit. .. » la formule approbative par excellence est: 1 - - - - - - • • - - - - - -fautes commises par ignorance: • Tu parles ! » et que la surpri.se peut au besoin s'exprim~r par la phrase célèbre: • T'en , Vêlissait • pour « vêtait •, imparfait de a s nn œ il ! • • vêtir • est encore une faute qu'on Ne vou s récriez pa s. ne d ites pas: « C'est fréquemment, rnême chez des écr!Je vul,!!aire qui parle ainsi; écoutez la petite de premier ordre et connaissant ad.miM . A. Cim donne à la .,Revue" quelques Madame Z ... qui est une femme du meilleur échantillons amusants de " bévues, lapsus el t leur langue, comme P .-L. Couner: monde, « très dans le train •, pour employer • Elle prenait sa robe et se la vêtissait • · sin,!!1llarités littéraires». encore une locution moderne el, je le répète Lamartine, même quand il n'a pa.s à. sub!r Queiquefo is, dit-il, les faut es que l'on ren· écoutez-vous vous-même. La voilà, la crise exiO'ences du r ythme, ne manque Jamai S rontre dans les ouvrages imprimés provienelu français la voilà bien! '"' c vêtissait • : • Le soleil... qui la • vê. nent du composiieur typographe. Elles ont Et puis, le réformisme, Je volapuk, l'espé- reçu différents noms, selon leur genre : co• de son auréole de rayon,s •. ( Le Ta ilranto, la langue bleue , sont arrivés à la res- quille, bourdon. doublon, etc., e!c , et don· de pier res de Saint-Point, p. 24.) . cou;;se pour parfaire ce que la langue verte nent lieu parfoi s à de curieux et amusants n-Jacque.s Rousseau écrit • inventaire • ava it s i bien commencé par chambarder l'or- quiproquos. • éventaire • : thoR"raphie qui les embarassait sans douie. par • Une petite qui avait sur son • inventai• Monsieur Z... vient d 'être • dévoré • " écrire comme on parle • et par supprimer • une douzaine de pommes. • (décoré) par Je .shah de Perse. » les lettres inu tiles - c'est ainsi q u'on doit Voici en dehors des h yperboles et méfn· • Le roi de Siam et sa suite étaient logés écrire • ki • et non plus · • qui •, • po • un 'd'autres exemples de sin,!!1Jlarités d.e dans le même • bocal » (local). au manque de goût et de sens en-
Bévues littéraires
t ique - à l'alliance de pen sées absolument disparates: « Il avait reçu deux graves blessures, l'une à la jambe, et J'a utre « à Waterloo • · . . « Une multitude de gens à pied smvateut en cheveux ~ra,s • et en silence •. (Voltaire.) • La truite • aime • à être • mangée • vive; le brochet « préfère • atiendre • , proclame le .,Cuisinier français" (ap. Toussenel. ,L'Esprit des bêtes", p . 279.) M. A. C im cite • parmi les curiosités, ou. si nons préférons, les mon struosités littérai· res "• la célèbre «phrase du chapeau », de l'académicien Patin: • C'est. a dit Robert de Bonnières • M émoires d'aujourd'hui •. ,p. 88, le pl us mémor able exemple du plus joyeux galimatias. • Voici celte perle : • Disons-le, en pa,ssant, ce chapeau fort cln.ssique. porté ailleurs par Oreste et P ylade. arrivant d'un voya~·e . dont Callim:tque a décr it les l?.rges bords dans des vers conservés, préci , ément à l'occasion du passage qui no i ~S nrcupe. par le sociali s te, que chacun a pu vo1r suspendu au cou et .s'étalant s.ur le dos de certains per.sonnages de bas-reliefs, a fatt d e la. peine à Brumoy, qui l'a remplacé pa.r un parasol. (Patin, ,Etudes ,sur les tragtqnes yrecques, t. 1, p. 114, édit. de l 843) Nombre: d'autres académiciens, d tt M . A . Cim, on ~ de ces chefs-d 'œuvre s ur la conscience. Dans s011 di.scours de réception à l'Académie française, Eugène Scribe . a rept:oché à Molière de n'avoir jamais fa1t allusiOn, en aucune de ses œuvres. à la révocation d e l'édit de Nantes. Or, Molière est mort en 1673 et l'édit de Nantes n'a été révoqué qu'en 1685.- douze an.s plus tard. Ce q u'il y a i.ci de parlicutièrement curieux, c'~st que _les dJ ~ cours académiques sont touJours epluchés par une commission d'académiciens avant d'ê· tre lns en séance publique, el que pas un lmmortel ne s'est aperçu de la • g::tife •. . Dans les c Vêpres siciliennes • de Scnbe et Duveyrier, Montfort ordonne de faire marcher un corps d 'arquebusiers contre le peuplê qui va s'insurger - et no~ s wmmes en 1262 c'est-à-dire presque un Siecle avant les premières armes à feu. . . ,• Quant à Juies Janin , tl fa d passer le Rnone· à Marseille. Pour lui la ville de Smyrne est une île; l'océan Atlantique un lac français; - il c~n fond Cannes (Alpes-Maritimes) avec la vtlle
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lOG d'I!alie. où l~s Romains. furent taillés en pièces par Anmbal ; - samt Jean Chrysostome. né à Aniioche (Asie) , devient chez lui « un Bossuet africain » ; - il accu se Lmlis XI , né en 1423, d'avoir persécuté Abc ilarcl né eu 1070. .. • Dans son , Abrégé d'histo ire grecque" (classe de cinq uième. p . 6), Vidor Duruy -encore un Immortel - a enchâs"é ce diaman t : • Les sonrœs s'épuisent, ci Je torr ent. naguère furieux, coule « à sec • · Ce • cou le à sec ,, a [ail les dé lices de plus ie urs généraiion.s de lycéens. Les d istracHons de Victor Ii11go s ont nomb r euses. Dans les .,Orientales" (1, 8), il décrit un îlot qui fond et ,s 'efface Comme un glaçon fr oid comm~
si un g-laçon étai! jamais cln ucl ! Plus loin (XIX), il nou s p eint Sara la Baig neuse baHant . ., d'un pied hnmide L'onde hu mide. Comm{' s i l'onde n'était pas toujours humide, Pour l'inauguration du bu ~te d e françoi s Ponsard ?t l'Académie. Henri de Bornier compO,s1 ur.e p ièce de v e r ~. qui fut impr imée la VPille de la cér émon ie et clis tri bùée aux journaux. Da n s cet éloge funèbre, le poète, s'adres sant à l'auteur d' « Agnès de Méranie "• s 'écriait : T u mourus en pleine lumière, Et la victoire coutumière T'accompagna jusqu'au tombeau. Q uelles ne furent pas la stupe ur et la doule ur de Born ier en lisant le lendemain dan s un g rand journal : Tu mourus en pleine lumièr e, Et Victoire, tn cui sin ière, T'accompagna jusqu'au tom beau! (Cf !'.,Avenir cle ]:a Meu se", 22 mars 1885.) Clovis Iiugues, q u i étai t de Marse ille, il est vra i. a découvert un jour, qu'il y avait " trois moi ti.ég » dans un tou t: Quoi! p~rce qu'un coquin qui s'avance en r ampant. fpent. » Moitié « ligre "• moitié «chacal •· m oi lié << ser-
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Noa moins intéressantes sont les 1 d'orthographe qui se commetienfi fréquemaute. sous la plume des auteurs les plus expe ~ J•a ngue française. Maint écrivain qui r 8 t_1l son s~yle à .l'égale cl'u~1 Pégase doci le e~~~lt dresse, sub1t les capnces des inconséque eq de l'écrit frança is et les orig inalités de ~ces plicat~on. d~s ac~ents! et serait for( étonn/~ o n lm dtsatt q u 'tl h.tt Jrnve de !:lire des 11 1au. tes d 'o r thographe. Combien souvent pourrait-on remarq .' u~ ~u une " ;_emarqude :'. n'est pas une "observa. 10 11 "• qua un « eJeuner, on n 'est Pas p • ctsémen! obligé de << jeùner », Cet accent c~ conflexe a d u reste le don de fourrer son d~ns _hier~. des endroits où il n'a absolu~:~ ne~ a fan· e, _et on peut _le constater en lisaol « zone "• «coteau>>, « date • · « câle », et autr~s. Des !~utes co:n~1e " r affraîchissement., ''. nnpressarto "; ': zele », « su ff~q u anfe •, au !tet~ de « r afratch1ssement » , « zelé », • impJt sana ''• «suffocante " • passent presque ina. perçues; on comprend plus difiicilement J'a. ~harnen~ent que '?eaucoup d 'écrivains melteot a voulo tr nous fatre prononcer • éva inemeot en écrivant • évènement» , alors que l'orlh~ graphe· correc!e et combien. plus élégante ~ mande l'é aigu (événement). Et pour fin ir, quand vous lisez 0,2 ou 05 c:nt, il y a à. parier gros q u 'on a vouÎa d1re 2 ou 5 _cenitmes el· que la monnaie de 0,2 o u 0,5 centnnes est encore à frapper. AVft u n m injmum d 'attention aussi on éviterait dt parler << des chiffres n~inimum ,, , parce que Ja concor~ance d u phmel ne 1o1ère g uère œ barbansme, et si vous voulez être logique il faut forcéme nt dire « chiffres minima •.
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••• L'organiste C'était la g loire du pays, ce! orgue! C'était le tréson dont chacu n se sentait fier d jaloux, que l'on montrait aux étrangers de passage en appuyan t sur le possess if « notre • avec un légit ime orguei l de JXODriétaire: Notre orgue! La petite église n ouvel lement truite éta it sans grâce dans les atours blancs, l'air d'une parvenue end1 avec des dorures el des statues. El, sur tribune dont le sapin fr aîchement verni quait encore, triomphal, l'orgue s'éta lait, san t el solennel. Il y avait au.ssi « notre organiste •, .
qu'un de spécial, en tretenu aux frais des f idèles pou r accompagner leurs cantiques du mois de Marie, rythmer de marches p ompeuses les )entes sorties de messe, les jours de fête. Un arti ste? Non, p as même un virtuose, à peine un mus.icien , un brave cœur malgré tout, un de ces éternels mélancoliques que la vif a b lessés tr op jeunes et qu i en garden! je ne sai.s quelle incorrigible défiance. Toul petit, Pierre Desvignes ava it perdu b vue à la suite d 'une mauvaise chute sur la tête qui lui ava it, d isait-on, en outre, << brouillé ic3 idées >> , L'enfant, naguère batailleur et gai, se transforma, d evint taciturne. presque muet, s'effar ouchant d'un bienfait auta nt gue d'un reproche, inquiet et apeuré comme s'il s'effaçait pour échapper au destin et se faire oublier d u malheur . II allait à p eti ts pas tâtonnan ts et parais ~a it s'avancer ainsi dans la vie. Il se croyait menacé par des pièges et guetté par de ma lignes rancunes. Dans cette âme où tout sembla it s 'être éteint avec Je jour, quelque cho~ e veillait encore pourtant, une. flamme timide et consolante: un presque maladif amour de la musique. M. le curé. qui s'intéressait à ce pauvre déshérité, ava it compris que là étai! pour lui le salut. A voir, le dimanche à l'église, le petit Desvi~nes, assis a u milieu de ses camarades, il avait été .sm·pris de l'expression ext atique de l'enfant en écoutant les chants. Et CIUels chatlts : Les voix aigrelettes de ces demoiselles de la confrérie, l'accompagnement langoureux de l'harmonium (on n 'ava it pas « noIre orgue. • dans ce temps-là!) ou les sa)lrds ronflemen ts du tuba. Qu'importe! Ses pupilles sans regard dilatée,, sa large bouche entr'ouver!e, sa pâleur d'enbnt triste avivée de rose, Pierre sem.b!lit transporté de bonheur, comme s i en lni tous les oiseaux du prinlem.p.s chantaient M le Cur é était certa in d 'avoir découver t un prodig-e . - Ce que cet enîant écoutait. d isait-il, c'était la voix, la voix indéfiniscable qHi parle tout bas celle o ui sacre les artistes , dicle les voc8 on s. Il s 'illusionnait. Toutefoi s, con sciencieu sement, l'enfant travailla conva incu de ses devoirs envers la • per~onne chari.table, qui Iui paya it ses études musicales. E n tré au Conservatoire r égional de la ville .voisine, il s'appliqua avec ferveur.
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P uis. ses cla sses terminées, il revint au pays. O n avait recon struit l'église, on y installait « notre orgue "• on nomma Des vignes organiste t it ulaire. Jam~ is Pierre ne connut p lus beau jour clans sa vie. Il devena it fonctionnaire, cons idéré de .ses compatr iotes, « bien vu " du clergé et des fi dèles. C'élait la paye régulière, le p ain as.>uré, sans compter les bonnes ore ~ - i on s. les gratifications les jours de salut de cha ritoé, Je su pplément po ur les mariages riches el les beaux enterrements. Pourtant auetme idée de lucre ne h anta cette âme s imple, aucune ambition ne tourmenta cet esprit droit. P ierre ne pensa pas que, dans une au!re ville, on l'eût davantage payé, il ne chercha pas à augmenter ses resressources en donnant des leçons de piano aux enfants du maire ott en faisant danser a ux réceptions elu conseiller général : ses opin ions le lui interdisa ient. P u is, 11 ne voulait pas déroger! Le souci de sa diR"nité et de son art seul le préoccupa it. La g lo ire? Ce mol ne lui insp irait que de l'effroi. Autrefoi s, de vagues a spirations J'ava ient tourmen té, un rêve de su ccès, un besoin d'harmon ie, comme s i 1:t chanson mystérieuse qui palpitait en lui a va i1 voulu s'extérioriser et se traduire. Mais il avait sagement chassé ces « lenlatians malsaines "• s'acharnant à d'absorb3Jti s travaux de mécanisme, montant et descendant des gammes duran! d'interminables he11re,; pour déconcerter le rêve, lasser l'e ssor de l'â me et décourag-er l'inspiration. E t maintenant, c'était · heureusemen t !in1 , ces idée::. troublantes et danp-ereu ses; avec orl!lleil. P ierre Desvignes affirmait " q u 'i l n'~· vait jamais inventé un seul air ni imp;·ovisé un seul acompagnement ». Sa mémoire étuii fidèle. Psaumes et récitatifs étaien t so igneu~emen t catalogué:; dans sa tête et il savait mettre une grande exactitude dans le cérémonial des cHiees. Pour rh:,1 au monde. il n'eût manq ué aux rites habil.Jels qu'il r egardait comme liturgiques. Mettre un irai! de plus ou une ritomnelle de supplém~.'l t lui eût paru un sac:·ilège. Aussi la vi~ cl~ Desvignes était-eU~ laborieuse. C haque jour. lorsq:..~e quat :e heure~ sonnaient au g- ra'1d clocher, seul. sans guiclt' pour le chemin fam ilier, il ~'oriait Je che;:. lui, traversait la p lace d'un pas hés itant, contournait la fontaine et, ouvrant la porte des tour.s, montait les q uarante-neuf marches qui
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108 conduisaient à la tr ibune. Et -là, sans bruit, ne dérangeant jamais les souffleur s en semaine, assis à son orgue, il lai ssait ses d oigls courir sur les touches nour un simulacre de répét ition. Dans l'église, c'éta it presque le silence. Une volée de cris d'enfants venai t de la place, à interval les, entrait par les vitraux o uverts, montait se bri ser aux grandes voûtes grises. En bas, le claquement sec d 'un prie-Dieu qui se ferme, quelques pas sur les dalles, une bouffée de bruits vagues se précipitant de l'exlér ieur. qui retombe, brt1it discret des portes Clpitonnée s, des portes de lieu sa..:ré, faciles sur leur gond, habit uées à céder sans résistance aux mains qui se tendent vers Dieu. C'était tout. Et tandi s que là-haut, dans sa t ribune g randie d'ombre, Desv ignes trava ille silenc i eu~e ment , en bas, Mlle Marie s 'agite, furtive e l affai rée. Mlle Marie! Eile est • sacristaine • depui s que DeRvignes est organi ste el, chaque soir, quand quatre heures sonnent au gra nd clocher, elle fait la toiletle de son église. Recueillie et légère, elle va, vient, plaçant les c i rrge~. époussetant les fl eurs d'or des vases, effaçant d'une main respectueuse res plis de la nappe d'a utel. Desv ignes entend son pas men u. Avec son oreille merveilleuse, son ouie su btile d'aveu:rlc. il suit les allées et venues de celle qu' il r r-ncontre là, chaque jo ur, depuis bientôt ving t :t11s. Il conn aît ses habitudes : les grands balayages du samed i soir, oli l'odeur âcre de la pous>ière monte jusqu'à l'orgue ... et le petit cliquetis de la lampe que l'on baisse devant le tabernacle pour renouveler son huiIr, et les portes de la s~cri s t ie gr inçant, les !leurs de mai fleurant bon aux pieds de la Sain:e Vierge... Pierre entend, devine tout cela, jusqu 'aux génuflexions en passant près de l'au [el, el la pelite toux sèche. fréquente corn. me un lie, tol)t cela lui montre Mlle Marie. Belle san s doute et sainte, avec un sourire égal et un regard triste. Et P ierre la voit en pensée, l'amie invisible; il la par e de charmes pieux, certain, hélas! que son illusion durera touj ours , qu'il n 'y aura pas de réveil à son rêve et que, si ce rêve es! menteur, du moins il ne le sa ura jamais. A cino heures, il descend de sa tribune, dit bonsÔir au Bon Dieu, henreux inco nsciemment de sentir près. de lu i quelqu'un qui
fait la même prière. M lle Marie, elle aus . a fin i son ménage. Près du bénitier, elle le~ l'eau sainte à l'aveugle et, sur le seuil. si plement, sans un geste ils se séparent : Ill- Bonsoir mademoiselle Marie. - Bonsoir, mons ieur Desvignes. Et ils s'en vont, heureux de la part qu· leur fut faite en ce monde, sans regret bon heurs impossibles.
d;
Ce jo ur-là, Desvignes, dans sa tribune répèle mal son canliqne. L'église es! si len~ieu. se, d'un silence tro p lo urd sa ns le furlif va. et-vient habituel. M lle M arie n'est pas là. P lus tôt q ue de coutume, Desvignes descend si troublé qu'il oublie de se signer. Sur 1~ seu il, il s'a rrête un instant, ~rue!te le doux: • Bonsoir, monsieur Desvignes. • Ma is la !onfa ine seule murmure sur Il place déserte et, à P ierre, il semble que sa nuit d'aveugle se fait plus noire encore. Au moi s de Marie, Je soir, les chants lan. R"uissent; les voix, fraîches, mais traînanles, des • demoiselles de la congrégation • ne sont pas domi nées par une voix plus élevée et plus rassurée On hésite pour • l'allaque '· L' « Ave mari s stella • , pris trop haut, se dé· bande. A l'org ue, Desv ignes açcompagne un peu vite. L'on a_joutc une dizaine de ch apelet à l'in· tention d'une paro issienne très m3lade. - M lle Marie e.sf morte, Desvignes. L'enterr ement est samedi. Il y a ura gra nd 'me ~c:e , annonce tr istement M. le Curé. Desvignes est à son posle bien avant l'h~u r e, le .samedi. Il connaît les devoirs de l'org"tllliste, ma is il se sent dé p:~ysé là-haut dans sa tribune, dont le sapin vern_i claque sinisl rement. Des chants se rapprochent, grossissent, entrent par les grandes portes ouvertes commr. au1 jour des Rameaux. Puis un piélinemenl, un choc lourd de quelque chose qu'on pose sur les dalles, et la messe commence. Machinalement, Desvignes joue: tout son réperto ire de deuil s'égrène correctement se· lon l'ordre prescrit. Mais, pendant qu'il alig·ne va iltamment .s es accords mineur s, la pensée de P ierre se distrait et se trouble. JI n'entend plu s ce q u'il exécute; seulement une voix, une voix douce et très pure, comme celle de M lle Marie, chante à son oreille. Il écoute: c'est la mélodie mystérieuse q ui, de-
bl science de scienHiique • Traité de l'adora e la Nature • · . . d ailes j ean-Bap!i~te Dante constr~ISlt ~~ l er artilicielles qui lui permettaient d evo u -t · qu'il traversai . dans les airs; mats t~n JOUr . l'éla place de Pérouse,. tl ht une chute sut lice ct se brisa la Jambe. . . d g Olivier de Malmesbury lut vtcl~t~le u • "d t dans les mêmes condtltons. me~~ a~~-s~~Ùème siècle, les .révélations dt~ , . ·t· t les e"pnts dans la cu télescope prectpt eren ::; ,. d o· .· T de l 'inconnu. Ce fut 1epoqu~ es v nos! e i t stiques des excursions btzar rcs ~-e Y,ages .'lll.a dan~ la lune et les étoiles. Del tnuagn~ahot~ ées scientifiques ser vaient de lémenta1re~ . _onn lus exagérés. G odwin cl base aux cdthces 1es P de transport Vilkin ~ inventèrent des n~J::sJes étoiles. singull: r s pour vo~~ger ur. de Montgollier: Vilktns fut le pt_ecu_rseà l'étude de l'astro· sa découverte, _apphquee thousiasme. nomie iut saluee avec e-+1 n"uite comme tant Cyrano de B~rgeralc. c ." err~r son imagid'autres romanciers•. atssa nation dans celte vote. . . n a En 1670 François Lana constr~tslt u r · P_ ' , d ballons de CUIVre en lere ~------pareil compose. e t d' voile La pression ·des d'a1r c nne · l . d d. onvertes concernant 1'~men t Vl . . ~. . -t les ballons que le ven La g lOire cs ec t· · à l'époque d'adJatmosphenqne deŒtUSl " 1 cm· . . VI.cnt tout en lere t. 's dans les· atrs comm~ 1 Vlatlon re _ 11 nous devons la e- eut cmporte 1 orle les aérostats. . t v~té trét_'i~nal~\~ c~l~er:dium; à }'~poque où P 1755 le P. Gallien donna un pr?JC ltgraphtc san~. ' , t -oie de v1vre. En ' , . olossal dans un hvre nous avons lmterc:.s~~ e 1 ~rien n'atteste que de navigatiot~ aen~nne d~l ui et inlilulé: « L'art Dans le~ temr~s athl~~:~~r dans les airs et qui fait sou nre au]lour . ·~ amusements ph,y.stl'hollll11C a!l ten!e de. s cher à l'ar t de la na- dc naviguer dan~ es au ' l'on ne peut g uere tal-t~ t des divinités aux qucs et géométnques. " d Gusvigation aérien,ne le.s VlSllaesîuite de Dédale et . d Ro janeiro Lauren t e 1,t-., 6 Un mome e à Lisbonne, 1 11 73 habitants de 1Olyn~pe, de l'île de Crète, au ''leva -l' •dans e ' d 'os 1er, . · ~ para i V un panier man. se de son !ils Icare. om - leurs épaules par moyen d'a iles retenues a devant le rot J~an ct' ' alais d'où il retomba. jusqu'à 1~ co~n.tche , u ~blé Besnier. inventa de la cire. , . . ecs Archytas de Un me~am~teno~~ d~nt 'les grandes pales D après les ecn vams .• gr '-· le avant J équatneme stec une machme a_ v d leviers appuyés sur ceri-volant. C'était une Tarente lança, au . ou ailes, montecsl.h surncesétaient mues par les lait mais qui ne se sus-Christ, le prenller • au \e.s de onu • 1es ep colombe de bois qut vo ' ·t ·a tomber. . alternativement. . 101·cqu'elle venat pieds et les mams d orde se blessa griè1 1 rclevatt p us -: . tenta à Rome, sous e ec ' t d All ar d • un danseur Simon le Magtcten . 1 d'atteindre une . •xiV en voulan ese · · vement devant Lotu s d 'Saint-Germain au règne d e Néron• l"~ mtracd'un appareil mgecerlaine hauteur au moyen - ·t qu''a se bricendre de la t;rra~se :e son invention. •. ·1 ne reuss1 uieusement a d apte' 1 moyett d'une mecanJq~~Estampes inventa une • sur le Forum. . L'abbé D~sîo~g.es, à chamièr~s q ui devait scr le crane . . du temps de l'empereur A Constantmop1e, • · )1ta dans l'esnacelle umm~ d atl_e\'heure. mais qui ne parSarrasin se preCt[ faiJe trente ]!eues a Commène, un . t ur de l'Hyppodrome; il paœ du haut de la o . vint pas à s'éleve~. . . de Gulliver de . . ! ·t mé de Sunon. Les iantaisies llnagnttre.sneut la l iste . des eut le so rt 111 or ld la description d 'une Réti! de la Bretonne, ermt Roger Bacon onn~ .• ·· 1 dans son mach.me vo''1 a nte • au lretZteme stec e,
• l'enfa nce murmure en son ame e t qu'il · s~gemen t élouifée. , . . . sc lormule irreslShblement, touJours , . (ela sc preciSe: d . t faciles notes lui vtcnnent aux ollg_ st douce' ' célestes... C'est une P at~ e plainte des rêv~s _morls, des demis connus, d espoirs ei\eUllles... er , tu elle chanson iuté~·ieure yr~n La P lpe t pleure en une tmprov1satton revanc 1e e . t t ce re· la uci, surpris, les assts an s ~ . C . . le bras en s upens pout M. Je • urie, silence- Quel scandale! allcno c d le en de chœur sc poussent l~_couc Alors Je bedeau .s elance et, tout b as. -· ,. 1 . •''1\ l l'or <>anislc par 1 epau e. t 5 · '' " · ·1 • • remen - Desvigne~ ! cne,-t-1 sev~ans at~lre inciL'o Hice !une.bre 1~ a~hleivaallut a ider Pierre à dEni, mal· S, cc JOUr- a '1 1 ' 1 marches ... éescettdre ses q uaran.e-neu Marc DEBROL.
Les Origines . de l'Aviation
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110 i~~entions . relatives, aux • plus lourds que 1-atr •. Puts les freres Montgolfier inventèrent 1~ première ~chin~ aérosta1ique qui se perfectwnna et s acheuuua, O'râce au moteur électrique, vers le dirig~able. Et ce fut grâce au moteur enco1 e que naquit l'aéroplane. cette merveille de mécanique qui a fait de l'homme le roi des airs. MONTENAILLES.
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Le Luxe en Agriculture
aux particuliers de suivr e ces progrès four, d'avoir l'œil ouvert sur les qu'on peut en at.fendre. Mais ici encort progrès doivent êire suivis saR"emenl d rement, nous dirons aussi d'une manière tôt lente, mais persévér~nle. Nous aimons à r appeler ce que disait sa longue expérience un ancien prati uof,re pays, mort depuis quelques « Le luxe, en agriculture, cotl_9uit à la ru Il en avait eu, comme chacun d'entre peut-être, plus d'un exemple sous les On sait qu'en g-énéral, tous. ceux qui, que coule, aspiren~ à briller dans les cours, s'engagent dans des dépenses proportion avec le but à atteindre, et ne vent seuls, malgré les primes quelquefois sidérables, laire face à la situation. C'est qu'on 'voit souvent s'effondrer des d'agriculteurs que l'on croyait pourtant r icusement assises. Les syndicats ont l'avantage de mieux par~ir les chances et les pertes. En la fondation d'un syndicab oHre à plus d'un mécompte; mais ici la np,,~PvP•·· compe.nsera plus lard les sacrifices pourvu iou.t.efois que ces sacrifices ne pas hors de proportion avec le but à dre et que le progrès, plutôt lent, soit lier. Nous ne saurions donc mieux faire d'encourager tous nos agriculteurs à sc au courant des progrès réjouissants qui s'Go pèrent dans notre pays, mais d'agir toujoun avec une extrême prudence sous Je rapport des dépenses d à ne jamais sc laisser guider par une ambition déplacée ou par un orguta onéreux et dangereux.
On se tromperait étrangement si l'ou supposait que le luxe fut per sonnel aux femmes ct qu'il ne cousistât que clans la recherche cie la toilette et dans Je port des itabits. On appelle luxe tout ce qui est superflu, tout cc qui n'est point nécessaire à une honnête existence. Nous ne voulons point dire que tout luxe soit un mal, moins encore un péché; mais nous estimons que toute dépense exagérée, toute dépense inutile, conduit tôt ou lard à l'appauvrissement ct à la ruine. Sera-ce un mal peut-être de suivre le pro· Q"rès. de suivre les découvertes modernes'? Non, il y a souvent avantage à les suivre q u ~nd l'ufiliié de ces découvertes est clairement démontrée. Il serait in sensé de prétendre, par exemple, qu'une faucheuse n'ai[ point son avantage dans une exploitation ag-ricole r!c quelque importance. Voilit donc une mach ine qui a son utiliié démontrée dans ielle d fcllc situation. Par contre, le petit agriculteur. propriélaire d'un domaine èe cinq ou six poses, se ruinerait infailliblement si, sous pr étexte d'activer sa récolte, il achetait fau· cheuse à cheval, car ici la dépense ne serait pius en rapport avec Je but à atteindre. Par contre, la faucheuse constituera une économie pour Je propriétaire et le fermier d'un plus grand domaine. En général, les découvertes, inventions et perfectionnements, quels qu'ils soien,t, sont couteux et demandent des loisirs et des capi· La question du nettoyage ratiotmel des taux que ne pos.sèdeftpas un indusll·iel quel- salles de classes préoccupe depu is longtemps conque. A ce point de vue, ü est bon que les personnes qui songent à la santé de la l'Etat favorise les entreprises privées et apjew1esse. La Municipalité de Hambourg a porte son appui, là où le génie humain ne itommé dernièrement une commission enar· pourrait suffire. gée de rechercher quelle était la méthode qui Dans un autre domaine, il fa ut approuver devait être adoptée de préférence et nous inles subsides de J'Etat et de la Confédération téresserons certainement le lecteur en résuen faveur des syndicats d'élevage, sous forme mant ici les résultats auxquels cette commisd'encouraR"ement à l'agriculture. II importe sion est arrivée.
Comment nettoyer
Jes expenences qui ont été faites, méthodes -ont été appliquées el cela conditions assez semblable;;, pou r des conclusions. Ces méthodes sont: dite de Hambourg, la méthode de Copenha~ue, l'huilage des planchers dépoussiérage par aspiration. méthode de Hambourg est la suivante: journalier du sol avec de la sciure mouiilée d'eau; deux fois par semaidéplace les bancs et les tables penJe bal'ayage ; chaque jour, on les nettoie un chiffon humide; lous les quinze tavaJ('e du sol à l'eau de savon chaude. A Copenhague, on balaie cl1aque jour avec L1 sciure mouillée d'eau, on déplace chajour éga lcme~t t le mobilier el on _le pasau linJ('e humide; toutes les se mames, le est lavé avec de l'eall additionnée de saou de soude. t à l'h ui~age des planchers, il est praintervalftes variables; on procède à un journalier avec de la sciure mouilnetioie tous les jour.s le mobilier au humide, ne le déplaçant que deux !ois s~maine; il n'y a pas de lavage du sol à cltaude. La méth ode du clépou?siéraJ('e par aspiracons iste à nettoyer, tous les jours, plan· el mobilier avec un apparei l installé à clans l'école; le mobilier est déplacé lois par sema ine ct, tous les qu inze ou lave le sol à J'eau chaude avec saappliquant comparativement ces -difléman ières de procéde1·, voici les cons· que J'on a pu fa ire en rechercl!.ant influence chaque méthode exerçait sur quan tité de germes et de poussières banacn suspension dans l'air, soit pendant la soit durant l'absence des élèves, nt les opérations de nettoyage. la présence des élèves, l'air renbeaucoup de germes et de ,,,.,," en suspension et les différentes mises en usage ne semblent pas eu une action appréciable. Ce sont les eux-mêmes et surtout leurs vêtements · paraissent être l'origine de la plus gran· partie des poussières ct des germes. ue les élèves ont ét.é absents depuis heures et que la sédim~n(atiou a eu de se faire, il n'y a jamais beaucoup poussières flo ttantes ct c'est dans les sainettoyées par aspiration qu'il y en a Je
les Salles de Claëse .........
Durant le nef;toya.!('e, c'est encore cette méthode qui d01me les meilleurs résultats. Sans êlrc ég-a 1 à celui l'llgendré par les élèves, le soulèvement des poussières est un peu plus considérable dans les salles dont le plancher a été huilé. Il est surtout important dans les classes oü l'on a appliqué la méthode de Hambourz ou de Copenhag-ue. Sous le rapport du nettoyage 'proprement dit du sol, c'est-à-dire de l'évacuation des souiJlw·es répandues à sa surface, c'est éga· lement la méthode de l'aspira tion qui s'est montrée la plus efficace. Le résidu laissé, sur une étendue donnée de plauchcr, par cc p rocédé, est très faible; if n'est formé que d'élé· menis très grossiers. Sur les plancher.s hut· lés le résidu est un peu plus abondant ct moins grossier; la quantité de résidus est double avec les méthodes de Copenhague ou de Hambourg. Les conclusions de la commission de Hambourg sont ainsi nct!enienl favorables au nettoyage par aspiration à l'aide du vide. Cette méthode exige des dépenses assez fortes comme frais de premier établissement; mais, une fois l'appareil installé, la main d'œuvre est minime. Elle a, en outre, J'avauiaP,"e de valoir pour les parois et le mobi lie r autant si ce n'est plus qui pour les planchers. Après !•aspiration, c'e.st l'huilage des planchers qui est le procédé le plu.s recommandable. li donne, en tous cas, des résultats supérieurs aux deux méthodes dites de Copenha· gue ou de Hambourg. L'huilage a _l'inconvé· nient de donner u11 aspect désagrcable aux planchers, mais cela a peu d'importance ~n présence des avantages sil!'nalés ci-dessus. Ç>n a encore accusé ce procédé de donner factlen tent lieu à la formation d'une couche de crasse ne cédant qu'à un fort lavage avec de l'cau chaude et de la soude. D'après les expériences laites par la commi.s sion de . Hambourg cet inconvénient ne se prodUit pas quand' l'huilage est fait avec soin. (, Feuille d'Hygiène")
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Cinq vérités à propos de l'alcool = Vous ne serez pas Jongtemp,s dans la pratique médicale, di.sait Simpson. à se~ _él~ves. sa ns être convaincus de ces cmq ventes: 1. L'alcool. employé habituellement, pe•tl
Supplément gratuit à l'Ecole primairA
112 produire à lui seul, à~s maladies dont l'abstinent n'est pas atteint. 2. L'alcool ag-grave les maladies qui peuvent frappe r chacun. 3. L'~lcool rend ceux qui en usent habituellement plus expQsés à contrader diverses maladies. 4. L'alcoolique a inoius de chances de se guérir d'une lièvre ou d'une blessure qu'un abstinent. 5. Dans les cri.scs de la !TI3laclie, l'alcoolique profite moins des 1ernèdes et des forli· fian!s que i'abs!incnt. (feuilles d'hygiène.) - - --- ........... - ·- --~-..--
·Divers = LE LIERRE SUR LES MURS. C'est une chose charmante, au point de vue décoratif, que le lierre entourant les arbn:s d'un jardin ou recouvrant un mur de 3il parure glauque. Mais est-ce bon eour l'habitation, au point de vue de l'hygiène? demande le ,Journal d'horticulture". Les avis étaient jusqu'ici partagés. Pour se faire une opinion exacte, des amis de la nature ont ouvert une enquête à ce sujet en Angleterre, auprès de propriétaires de chàteaux, de villas et de leurs architectes. L'enquête est favorable au lierre, non pas, bien entendu, au point de vue forestier, mais au point de vue décoratif et horticole. Ce bel a rbris ~ eau RTimpant ne se conduit pas comme un parasite. Il est discret et, pour ce qui con. cerne les murs le long desquels il s'attache, i1 les assèche et les consolide dans une certaine mesure. Enfin, on allèg-ue en sa faveur qu il joue un rôle thermique protecteur par J'obstacle qu'il oppose aux variations de lem· pérature. Le lierre est donc appelé à être non seulement décoratif, mais encore utile pour les construclions, et l'on peut en profiter pour donner. dans bien des cas. un aspect gracieux aux habi talions à bon marché sur lesquelles est attirée, à .iuste titre, J'attention des économistes.
xxx
LA RENAISSANCE DU BONNET DE. NUiT C'en est fait: Eve a recommencé cette aunée à porter bonnet de nuit: un bonne t rond de tulle brodé, avec un large volant de Ma-
Août 1912
LE
lines. Les personnes qui ont beaucou des ajoutent un second volant: c':st dou x. Le bonnet de nuit avait fini l'avait peu à peu abandonné aux 000000 me.s. Elles avaient avec la âg-t\ coupé les volhnls, rogné la ue~lt@ll.• Histoire, Nouvelles, Mœurs, Sciences, Inventions, Découvertes, cnveloprpé une tête sans cheveux de Voy;-,ges, Éducation, Politesse, Économie domestique, Hygiène, lites pièces cousues. On les nouait Médecine, Cuisine, Recettes, Procédés, Travaux féminins. menton d'une bride blanche. Telles les g-râces de la restauration . Les j Variétés, etc. mes dormaient les cheveux libres. elie! du romantisme. Les poètes avaient bré les cheveux dénoués roulant sur un Publication recommandée ,LE SILLON ROMAND" Lausanne. blanc. Toutes les lectrices de Musset wll,...- -- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - · - - -- - - - - - - - rent clornllr baignées de leurs boucles E l\.1 ' donc à pied, ou plus souvent en ne. Cet abandon était poétique, mais mal n ~ 1 orvege carriole, sorte de · tilbury sans prémode. Alors, retournant aux mœurs centes, qu'elles retrouvent d'elle.:s·reiPn•..• Quand vous jetez les yeux sur une tentions, attelé d'un petit cheval très les ont. comme les petites lille.s. carte des Pays scandinaves, ne vous doux et pas plus haut qu'un âne. Si ualle d'un ruban ingénu. Aujou t-il pas voir une éponge bien le cocher a un fouet, c'est pour la reprennent le bonnet. C'est l'éternel gonflée qu'il suffirait de serrer entre bonne façon; quelquefois même, il le mencement des choses humaines. les doigts pour en faire sortir remplace par une simple baguette de XX X de J'eau? C'est qu'en effet la côte nor- bois dont il touche sa bête plutôt en
oyer et les Champs
LA FORTUNE VIENT EN .... lvu''"''··L'huître n'est pas seulement exq uis, c'est aussi un véhicule choisi fo,rtune pour arriver jusqu'à nous. gustant un de ces savoureux '-u4u''"•lflll oificier de m~rine de retour des ~..v.•u'""''. lil s'étrangler avec un corps dur non sans grandes düllcu ltés de QueJ\e ne lut pas .sa surprise en que• la cause de son malaise n'était une perle. Négligemment il la mit dans sa étant arrivé à Paris, il la monfra à !er qui lui en offrit 10,000 francs. ment surpris, il alla chez un autre menta l'offre de 5000 !ranes. Eniin, tre renseigné un peu partout chez naisseurs, il_la vendit 20,000 francs ...
xxx LE SPIRITUEL CAPUCIN L'autre jour un capucin traversait la de Rheinlelden. Tandis qu'il passait un calé, toutes sortes de cris d'ani sés par ies clients Tetenhrent à son Le capucin ne se troubla pas pour si ouvrit la porte du café et demanda: " Pardon, Messieurs, est-ce le j logique de Rheinlelden ? • Personne ne répondit!
I...,e tombeau. de "V'ikings.
végienne est littéralement criblée 1 guise de caresse qu'autrement. Car de fjords, tandis · qu'à l'intérieur entre eux deux, il existe une intimité, les lacs sont innombrables par sui- · qui se manifeste par un certain elate de la nature irritée du fond quement de langue du conducteur, audes vallées. Ces vallées, d'une lon- quel la bête répond en secouant sa gueur de plusieurs centaines de ki- belle crinière. L'homme qui nous conlcmètres, ne sont guère encore parcou- duisait, et qui occupait le siège de rues par le chemin de fer, car le pays derrière, avait pour toutes rênes deux est pauvre et peu peuplé. Üri voyage ficelles qu'il tenait même de côté pour
Supplément gratuit à l'Ecole primaire
112 produire à lui seu.l, dès maladies dont l'abstinent n'est pas atteint. 2. L'alcool aggrave les maladies qui peuvent fra pper chacun. 3. L'alcool rend ceux qui en usent habituellemcnf plus expo.sés à contracter diverses ma ladi es. 4. L'alcoolique a moins de chauces de sc 1/'Uérir d'une lièvre ou d'une blessure qu 'un abstinent. 5. Dans les crises de la i11Jladic, J'alcoolique profite 111oins des t cmèdes ct des fortifian ts que l'abs tinent. (feuilles d'hygiène.)
Divers = LE LI ERRE SUR LES MURS. C'est une chose charmante, au point de vue décoratif, que le lierre entourant les arbres <l'un jardin ou recouvrant un mur de ;;~ parure glauque. Mai s est-ce bon pour l'habitaiion, au point de vue de l'hygiène? demaude Je ,,]ourna 1 d'horticulture". Les avis étaient jusqu'ici partagés. Pour se faire une opinion exacte, des amis de la nature ont ouvert une enquête à ce sujet en Augletcrrc, auprès de propriétaires de châteaux, de villas el de leurs architectes. L'enquête est favorable au lierre, non pas, bien entendu, au point de vue forestier, mais rru po int de vue décoratif et horticole. Ce bel arbrisœa u grimpant ne se conduit pas comme un pa rasite. Il est discret et, pour ce qui concerne les murs le long desquels il s'attache, il les assèche et les cons olide dans une certaine mesure. Enfin, on allègue en sa laveur qu ïl joue u11 rôle thermique protecteur par J'obstacle qu'il oppose aux variations de température. Le lierre est donc appelé à être non seulement décoratif, lllais encore utile pour lc3 cons!ruc!ions, et l'on peul en profiter pour do un~r. dans bien des cas, un aspect gracieux aux habitations à bon marché sur lesquelles est attirée, à juste titre, l'attention des économistes.
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LA RENAISSANCE DU BONNET DE. N UIT C'en est fail : Eve a recommencé cette année à po.rter bonnet de nuit : un bonnet rond de lulle brodé, avec un large volant de Ma-
Aoùt 1912
LE
!ines. Les personnes qui ont beaucoup des ajoutent un second volant: doux. Le bonnet de nuit avait fiu i tr""':llleld~ l'avait peu à peu abandonné aux 000000 mes. [ Iles avaient avec la Da · à~t\ coupé les vo~a nts , r ogné la Histoire, Nouvelles, Mœurs, Sciences, Inventions, Découvertes, ' enveloppé une tête sans cheveux de É Voy.::ges, ducation, Politesse, Economie domestique, Hygiène, ti!es pièces cousues. On le.s nouait Médecine, Cuisine, Recettes, Procédés, Travaux féminins, menton d'une bride blanche. Telles les grâces de la restauration. Les Variétés, etc. mes dormaient les cheveux li effet du romantisme. Les poètes a bré les cheveux dénoués roulant sur Publication recommandée ,LE SILLON ROMAND" Lausanne. blanc. Toutes les lectrices de Mu%et rent dormir baignées de leurs boucles donc à pied, ou plus souvent en En Norvège ne. Cet abandon était poétique, mais carriole, sorte de · tilbury sans prémode. Alors, retournant aux centes, qu'elles retrouvent cl l pc:.. ,.,.;._. Quand vous jetez les yeux sur une tentions, attelé d'un petit cheval très des Pays scandinaves, ne vous doux et pas plus haut qu'un âne. Si les ont, comme les petites filles. uatte d'un ruban ingénu. Aujourd seznble-t-il pas voir une éponge bien le cocher a un fouet, c'est pour la reprennent le bonnet. C'est l'éternel gonflée qu'il suffirait de serrer entre bonne façon; quelquefois même, il le mencement des choses humaines. Jes doigts pour en faire sortir remplace par une simple baguette de
oyer et les Champs
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dl' J'eau? C'est qu'en effet la côte nor-
bois dont il touche sa bête plutôt en
LA FORTUNE VIENT EN .... L'huître n'est pas seulement exquis, c'est aussi tm véhicule choisi fortune pour arriver jusqu'à nou'>. gu.stant un de ces savoureux coq oificier de marine de retour des lit s'étrangler avec un corps dur non sans grandes d!llicultés de Quelle ne fut pas sa surprise en que· la cause de son malaise n'était une perle. Négligemment il la mit dans sa étant arrivé à Paris, il la monfra à 1er qui lui en offrit 10,000 francs. ment surpris, il alla chez un autre menta l'offre de 5000 francs. Enfin, tre renseigné un peu partout chez naisseurs, il la vendit 20,000 francs ...
xxx LE SPIRITUEL CAPUCIN L'aulre jour un capucin traversait de Rheiufelden. Tandis qu'il passai( un café, toutes sortes de cris d'an· sés par les clients relenNrent à son Le capucin ne se troubla pas pour si ouvrit la porte du café el demanda: « Pardon, Messieurs, est-ce le · log ique de Rhein[elden? • Personne ne répondit!
I......e tombeau. de 'V'ikings .
végienne est littéralement criblée 1 guise de caresse qu'autrement. Car fjords, tandis qu'à l'intérieur entre eux deux, il existe une intimité, les lacs sont innombrables par sui- ·' qui se manifeste par un certain clate de la nature irritée du fond quement de langue du conducteur, audes vallées. Ces vallées, d'une lon- quel la bête répond en secouant sa gueur de plusieurs centaines de ki- belle crinière. L'homme qui nous conlvmètres, ne sont guère encore parcou- duisait, et qui occupait le siège de rues par le chemin de fer, car le pays derrière, aYalt pour toutes rênes deux est pauvre et peu peuplé. On voyage ficelles qu'il tenait même de côté pour de
LE FOY_ER ET LES CHAMPS ·
ne pas gêner ses deux voyageurs. Il n'y a pas de relais proprement dits. Au bout de quelq~es heures, l'attelage s'arrête dans un village pour restaur~r gens et bête, car celle-ci ne sera pas remplacée, et fera seule toute la course, l'homme n'·e n ayant pas d'autres à sa disposition. Quant aux gens, ils seraient mal venu de les plaindre. Les tables norvégiennes sont plantureuses. Si c'est le matin! un délicieux café au lait vous attend. A midi, soupe, viandes et légumes, fruits crus ou en ·compôte, sont là, jetés pêle-mêle, parmi les piles d'assiettes et· de services; il y en a à bouche que veuxtu, et pour le même prix; vous vous servez d'ailleurs vous-même et personne ne s'inquiète de savoir si vous mangez peu ou beaucoup.. . Ainsi va-t-on pendant des heures, parfois des journées entières, jusqu'à ce qu'on anive dans une autre vallée ou au bord d'un fjord. Qu'est-ce donc qu'un fjord? Pour le dire en un mot, c'est un golfe ramifié. On n'a aucune 'idée de la façon dont ces bras de mer s'insinuent dans les terres, devant eux, à droite, à gauche, partout. C'est un phénomène unique au monde, du moins à ce ·degré. Ces fjords fourmillent d'îles, dont quelques-unes sont de simples récifs, tandis que d'autres forment de véritables districts. Les bateaux côtiers qui font le service intérieur se glissent entre ces obstacles par des chenaux où parfois il semble qu'une barque pourrait à peine passer. Alors que la côte, balayée par les grands coups de vent du large, est d'une aridité désespérante, les fjords ont leurs rives couvertes d'une superbe végétation de pins, sapins et autres essence~ arborescentes qu'on est étonné de rencontrer à une aussi haute latitude. De tout temps, les Norvégiens ont été de grands navigateurs. Les chroniques du moyen-âge nous parlent d'hommes du Nord (Normands) qui
LE FOYER ET LES CHAMPS
c. Le squ~lett? du défunt mont.:e arrivaient sur le continent à s'agissait dun homme de tres des récoltes, remontaient les taille. · · ravage-·üent les contrées cultivées taient partout la désolation sur passage. Ces hommes du Nord Le millionnaire désintéressé taient autres que les premiers tants de la Norvège , qui s' eux-mêmes les Vikings. Or, en 1 Le vieillarP,, coiffé d'une démocration découvrit, non loin de la ville ca~quette qui ressemble à un vieux Gokstadt, au sud de la Norvège tique ou à un jockey suranné, ancien tombeau aménagé dans ' non enrichi, est un des millionbarque en bois de chêne p los plus millionnaires de NewYork: M. John G. Wendel. conservée. Cette barque, que les vants déclarèrent avoir appartenu C'est pro~ablement le .seul homme fameux Vikings, est représentée au monde qui puisse dire, tout en resla planche ci-contre d'après une tant sincère: «Je possède assez d'artographie prise au musée de '-'llnJto<• gent», et qui ne fasse rien pour augtiania. Sa longueur totale est de 3 roenter sa fortune. et sa plus grande largeur de 5 m. Resté célibataire, .celui qu'on a apElle était pourvue de 26 paires de pelé «l'ermite de la cinquième avenue», mes, et pouvait aussi recevoir une voi- vit d'ailleurs le plus chichement du le, comme en témoigne, sur la figure, monde, seul avec son chien, dans une le mât couché vers l'avant. Les quatre vaste maison, d'aspect lugubre, élevée boucliers suspendus à l'extérieur, le dans le quartier le plus chic de la seul qui reste, laissent bien voir que grande cité. ces pirates n'étaient pas sans livrer Il ne prend jamais aucun plaisir, ne de nombreux . combats au cours de s'offre jamais aucune fantaisie et son leurs lointaines expéditions. Quant à seul luxe est d'entasser dans ses arla construction qui forme comme une moires d'innombrables paires de chanstente à l'arrière, c'est le tombeau pro- sures. prement dit. A peine un chef Viking Proprietaire de presque tout Broadétait-il mort qu'on tirait sa barque sur way (c'est, approximativement l'avele rivage juqu'à l'endroit choisi pour nue de l'Opéra à Paris), M. John G. la sépulture, puis on y élevait une Wendel a ses petites idées regardant chambre sépulcrale, dans laquelle était la location de ses immeubles; réproudéposé le corps du défunt, revêtu de vant théâtre, cinémas, cercles, bars, il ses plus beaux habits, avec ses armes ne passe jamais de baux avec les teet les plus précieux de ses trésors. nauciers de ces asiles maudits; les ofchevaux et ses chiens étaient tués et fres les plus follement tentatrices qu'on placés à côté de la chambre, tandis que peut lui faire le laissent indifférent. le paon, preuve irréfutable dB ses --Je n'ai que faire de posséder plus voyages à long cours, trouvait place d'argent, répondait-il dernièrement à danf.. )p tombeau même. Le tout était un entrepreneur de spectacle qui préenduit d'une couche de terre glaise, tendait le fléchir, et la preuve c'est que recouvert de mousse et de branches, j'ai décidé de. donner pendant trois et enterré à une profondeur d'un mè- ans, pour rien, à un jeune homme qui tre et demi environ. Le spécimen, ac- s'établit, la jouissance du local pour letuellement visible à Christiania, date, quel vous me proposez une fortune. d'après les nombreux objets qu'on y Et le plus beau, c'est que John · G. a trouvés, du neuvième siècle après Wendel l~ fit comme il l'avait dit.
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Quelque temps plus tard, un marchand de terrain qui guignait depuis des années un terrain resté libre, contigu à la maison du millionnaire «Sen~ tinwntal», vint- le trouver et lui offrit, contre ·ce lot, la jolie somme de deux mlllions cent mille francs! Le vieillard laissa son homme parler jusqu'au bout, puis lui répondit: _:_Non monsieur .... je refuse. Cè terrain, je l'ai réservé à mon chien; chaque jour il y va prendre ses ébats, et je ne me crois pas le droit de le priver de- la JOuissance de ce petit domaine. Croyez-vous que vos deux millions et demi me ciormeraient un plaisir comparable à celui qu'éprouve mon fidèle toutou ù gambader? Non! · Alors, n'insistez pas. Satisfait de sa réponse et du. visage ahuri de son visiteur, M. John G. \Vendel voulut marquer ce jour en s'offrant un petit extra- et il s'alla cornmander une nouvelle paire de bottines en cuir bien souple! ...
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Le tour du monde d'une petite Parisienne Décidément, les Françaises d'aujourd'hui rivalisent d'audace, d'endurance et d'habileté dans les sports les plus difficiles avec leurs amies d'Angleterre et d'Amérique! Une jeune Parisienne, Mlle Madeleine Cauchet, vient d'accomplir le t<;mr du monde sans un sou dans sa poche! Pour se tirer d'affaire, elle donnait, partout, des leçons de français. S0n voyage a duré quatre ans. Elle a traversé la Belgique, l'Angleterre, l'Amérique, l'Afrique du Sud, l'Australie, la N oûvelle-Zélande, la Chine, le J apon, la Sibérie, la Russie, l'Allemagne, etc. Chez les Pa.risiens du siècle nouveau , tout comme chez le Rodrigue de Corneille: La valeur n'attend pas le
nombTe des années.
I.E FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CBAIIIPS
Pure et douce jeunesse, heureux moments [d'enfance, Jours où l'âme se plaît à vi v re d'innocence, Pourquoi sitôt fuites-vous si loin? Et pourquoi dans mon cœur qui souffre et [qui sanglotte Ne m'y laissâtes-vous qu'un souvenir qui [flotte, Et qui faiblit malgré tout mon soin? 0 purs moments, ô doux matins, chèreil [journées Dont chaque aube sonnait de joyeuses tour[nées Dans les préa, dans les bois, dans les champs, Vous passâtes aussi comme ici-bas tout [passe Et maintenant vieilli je regarde l'espace, L'œil atone et la voix morte en chanti!. Non plus, plui! et jamais de ces courses [folâtres; De ces rires le soir à la clarté de l'âtre, De ces récits, de ces cris joyeux; Plus sur le front ridé de ces baisers de [mère... 0 beaux jours, ô printemps, ô jeunesse (éphémère, Pourquoi sitôt fermez-vous vos yeux? Vevey, 31 mars 1912.
HARRY WYSS.
LES PROGRÈS DE LA SCIENCE Ce qu'est l'artério-sclérose. - Cette maladie est·elle plus commune qu'autrefois 1
On sait que les artères sont des vaisseaux sanguins partant du cœur pour se rendre aux différents organes, tandis que les veines ramènent au cœur le sang qui a circulé dans ces organes. Au point de vue physiologique, les artères ont deux propriétés: la contractilité et surtout l'élasticité.
*
* *
Celle-ci a pour effet de transformer le courant intermittent du sang lancé par les ventricules du cœur, en un
courant continu; de plus, elle mente le débit du sang. L'élasticité artères soulage donc l'action du aussi, lorsque les artères perdent leur élasticité, le cœur s'hvn,.,..,•~~. -L • par un travail plus énergique; minution de l'élasticité des constitue la terrible maladie sous le nom d'artério-sclérose.
* * * On dit généralement que cette
a.u·llÇ-j•
tion devient de plus en plus vv•cuu, 11• • ne; c'est peut-être vrai; en tout cas, mortalité est élevée à 20 ou 22 alors que la tuberculose ne dépasse 7 Cela tient surtout à l'augmen. tation de la population urbaine et du mode de vie urbain; à l'excès d'alimen. tation avec un déficit d 'exercice physique; le mode de vie «luxuriœs•, comme l'a dit un Allemand: l'artério-sclérose serait surtout une maladie de civilisation.
ro.
* * * Cependant, il ne faut rien exagérer; l'artério-sclérose est une maladie trèa ancienne, connue des Egyptiens; cela est prouvé par l'inspection minutieuse que certains savants ont faite des momies, •et ils ont trouvé que sur 24 momies, 13 avaient d'importantes lésions, consistant surtout en une calcification plus ou moins diffuse. Et cela chez des momies qui ne sont pas toujours celles de sujets très âgés. Chez une momie thébaine qui semble être celle de Menephtah, le Pharaon de l'Exode des Juifs, les lésions d'ossification sont très typiques, on trouv.e les artères en tuyau de pipe. Les plaques d'athérome sont reconnaissables, de même que la sclérose se manifestant à l'épaississement des vaisseaux, tant à l'œil qu'au doigt.
* * * Autrement dit, les vaisseaux artériels présentaient il y a trois mille ans les mêmes maladies que maintenant.
-1----~--~
I.....es déb"U.ts d'un. a r t i s t e .
LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS
Echec au . roi Strœbeck est le nom d'un petit vilLa noblesse s'honorait, jadis, de lage de Prusse, qui bénéficia longtemps ser le savoir a ux clercs et aux d'un C1J.rieux privilège. Chaque année de robe, et de demeur.er, la un de ses délégués jouait aux échecs du temps, fort ignorante. C'est ainsi que le maréchal le montant des impôts de la commune. Strœbeck devait ce privilège à un Saxe, sous le règne de Louis XV, ~i évêque, retraité dans ses murs, nous ~·ai~, en pa:lant de sa pr opre élection révèle la Gazette de l'Allemagne du a. l Academie: Nord, et qui, passionné des échecs, mais à - Cela m'ira comme une ne trouvant pas de parten aires dans un chas (une bague à un chat). , le village, avait imaginé cette façon de 1 Un marquis de la cour de Mme Dus'en procurer. barry écrivait •obstacle• au moyen Ide L'évêque mourut, majs l'usage sur- 1 vingt-trois-lettres: H auts-beussent-tka... 1 quelent! , vécut. Chaque année, un envoyé du fisc ve- l Il est vrai qu'un tel· mépris de l'orn ait jouer une partie avec le délégué thographe avait parfois ses inconVéchoisi par les Strœbeckois. S'il gagnait, nients, ainsi qu'en témofgne l'anecdo~ la commune payait l'impôt; s'il per- suivante: à la même époque, une châdait, elle ne le payait pas, et le mal- tel ai nB, demeurant à cent cinquante heureux perdait toujours, paree que lieues de Paris, demanda à l'un de ses les habitants de Strœbeck étaient de- parents, qui habitait la capitale, de lui venus de première force, apprenant le adresser deux douzaines de bonnet, jeu de père en fils avec une tenacité piqués; mais le Parisien envoya, par de paysans stimulés non par la gloire, un fourgon, deux douzaines de bonnes pigues, parce que c'est ainsi qu'avait mais l'intérêt. Frédéric le Grand, , qui aimait lès été orlh,ographiée la deman de! Jeunes gens, apprenez soigneusement échecs et s'y croyait imbattable, voulut jouer une année et pr it la place de l'orthographe! l'envoyé ordinaire du fisc. Il fut battu et ne put terminer la par tie. Il n'eut, comme fiche de consolation, que le ~·.esprit_ de Beaumarchais. droit d'emporter le jeu, tan dis que les bons Strœbeckois criaient joyeusement: On a ra.conté sur Beaumarchais, ]:il- Dieu l'a voulu ! Sire, vous êtes lustre a.uteur du Barbie'r de Séville, vaincu! main tes anecdotes. En voici deux assez Frédéric en rit de bon cœu r et n'en peu connues· ct racontées par Bachaugarda nulle rancune, car, en sou- mont dans certa.ines pages de ses Mévenir de sa défaite, il envoya aux pay- moires secrets, qui n'ont jamais été sans un échiquier d'ivoire avec figures publiées. • ~ d'argent. Certain jou r que l'éminent écrivain, La commune de Strœbeck l'a con- se trouvant dans un petit village aux servé pieusement et le montre avec or- en virons de Versailles, éta.it en tré cl).oz gueil aux touristes qui, tém oignant le . un ba:rbier pour se faire raser, le Jidésir de Je voir, se renden t à l'Hôtel ga.,·o se mit à la besogne uvee si peu' de de Ville où il figure sous une vitrine. ménagements que Beaumarcha is l'arAjoutons que là-bas l'impôt ne se rêta: règle plus avec une partie d'échecs - Mon ami, lui dit-il, peut-être secomme jadis au bon vieux temps. l'ait-il nécessaire de nous enten dre. Si
b•
I
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intention est de m'écorcher, vous beaucoup trop doucement; si votre intention est de me rame rasez beaucoup trop duJ'ai horreur des situations
-Le morest trouvé, dit le curé; on peut dire boycotting. - Parfait! Adopté! s'écrièrent Parnell .et Davett. Le mot fut mis en circulation et il fit fortune.
sait, d'autre part, que ses épiet ses bouta.des lui avaient CONSEILS PRH. TI~lJES beaucoup d'ennemis. Un jour, un grand seigneur, voulant Nettoyage des objets rouillés rappeler sa modeste origine Voici différents procédés que l'on <!l'Chais était fi ls d'un horloger Genève - lui a.pporta sa montre, peut employer pour nettoyer les objets rouillés. nu objet d'art de prix, et lui dit: 1. On les plonge dans une solution - On m'a dit, Monsieur de Beaude ch l0rure d'étain presque saturée marchais, que vous étiez très fort sur la mécanique; ma montre ne va pas, dans laquelle on les laisse de 12 à 24 heures, sniv(jnt l'épaisseur de la voudriez-vous la regarder? rouille à enlever. La solution ne doit - Volontiers, répondit Beaumarpas renfermer un fort excès d'acide, chais, mais je dois vous prévenir que autrement le méta.l même serait attaje suis devenu très maladroit. . qué. Lu pièce, retirée du bain, est d'aCe disant, il tendit la main pour bord lavée à l'eau, puis à l'a.mmoniaprendre la montre qu'il laissa. tomber et st>chf'e ranidement. Elle a alors à terre où elle se brisa. en mille mor- que presquo l'aspect de l'argent, mais il ceaux. suffit de la frotter pour lui rendre son - Qu'est-ce que je vous avais dit, aspecl normal. s'exclama l'auteur du Barbier de Sé2. Mélanger les su bstll,nces suivanville, que j'avais tout à fait désappris . tes avec de l'eau pour en former une mon ancien métier~ pâte: Cyanure de pota.ssium 1 Savon bla.nc 1 D'où vient le mot "Boycotter" Blanc d'Espagne 2 On s'en sert pour frotter les objets. Un capitaine irlandais, J arnes Boy3. Cette formule ressemblant beau~ott, régisseur de lord Irne, s'était rencoup à la précédente, donne des résuldu odieux par ses exactions. Pour se tats également satisfaisants: venger, les paysans le mirent en quaCyanure de potassium 25 rantaine; ils refusèrent de soigner ses Savon blanc 20 bestiaux, de labourer ses champs et Carbonate de chaux précipité 25 même de lui vendre des aliments. Ré4. Le pétrole (et ses dérivés), peut duit à mourir de faim, le ca.pitaine dut servir pour nettoyer les objets altérés quitter le puys. par la rouille; il· suffit pour cela de les A quelque temps de là, les chefs du frOttt>r avec un chiffon imbibé de péparti irlandais, Parnell et Michel Da- trole. On préYient la formation de la vett, déjeunaient chez un curé du voi- J'uu ille en recouvrant les objets d'une sinage, et s'entretenaient de cette cu- couche lP.gère de va.seline; on le fait, rieuse vindicte publique, cherchant un par e:x<>mple, pour les ar mes de chasmot pour désigner ce procédé de dé- SC'. ~i J'objet ne doit pas être exposé f ense. au frottement, on enduit sa surface
Supplément gratuit à l'Ecole primaire LE
LE FOYER ET LES CBAIIPS
d'une r•mche de la solution suivante: Ether de pétrole 1000 Parafine 5 5. Mélanger parties égales de soufre et de tripoli fin; a jouter un peu d'huile d'olive et former une pâte du tout. Avec une peau graissée de cette pâte, ou avec une baguette de bois, on frotte le fer qui deviendra brillant et poli sans être rayé, comme cela arriverait par l'emploi du papier émeri ou autre. 6. On peut nettoyer les objets rouillés avec de l'acide chlorhydrique d 'abord, puis avec de l'huile contenant
oyer et les Champs
de la soude et enfin avec un peu pierre ponce en poudre. 7. On emploie encore le mélange
vant: Stéarine Huile de térébenthine Rouge à polir Noir animal
Septembre 19"12
SUi-
25 5 25 25
On jette dans l'alcool et on agite jusqu'à ce qu'on ait obtenu un tout mogènc. On applique au pinceau. On at1end que l'alcool soit évaporé et l'on frotte alo~s a~ec un m élang~ de 20 p. de rouge a pohr et 15 p. de no1r animal.
000000
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Histoire, Nouvelles,Mœurs, Sciences, Inventions, Découvertes, Voy~ges, Éducation, Politesse, Économie domestique, Hygiène, Médecine, Cuisine, Recettes, Procédés, Travaux féminins, Variétés, etc. Publication recommandée ,LE SILLON ROMAND" Lausanne.
ho-• .---------------------------------bE.S
Éeb~IRE.URS
SUISSES
(Voir pages 4 et 5)
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Corbeille à ouvrage Petit carré eu guipure d'art sor filet.
Le dessin de ce petit carré est comp•)sé de plusieurs points: celui de toile, de relier, d'esp1it et de reprise, sur un 'arré ayant 18 mailles, avec du fil de lin numéro 60.
L es passe•temps. Clio hi·' prêl<·s r:..r 1~ Commission Ccnt•·alp dos ~Prtioos cadPttes ci'U. C. D..1. <~.. rue General Duroul', Genè"l'~.
LE FOYER E1' LES Cll.hl':fPS
Ange envolé Tu t'en es donc allée... Ange à la forme humaine, La mort te prit aussi, gl açant dans son rictu.s Ton visage divin, ô ma douce O!ymène Et ne laissant de toi que d'affreux détritus. La mort te prit et sans pitié pour ta jeunesse T'arracha de mon cœur, rdéprisant notre (amour; Détruisant à jamais nos purs moments [d'ivresse Et me laissant tout seul dans notre doux [séjour. Elle baissa sur toi sa lourde faux infâme Et te voyant pleurer, rugit: Pour le tombeau! Tu dors. Dans ce Saint lieu, vers toi faisant [mon âme,. Chaque jour je reviens nommer ton nom [si beau. Vevey, 20 février 1912. Harry Wyss.
Les forains modernes Tout se transforme. Et les forains, caste à part dans une société qui prétend ne plus avoir de castes, ont, comme on le dit aujourd'hui, •évolué•. Le baladin d'autrefois -dans sa gé-. néralité, car il existe encore de petits forains - est devenu un industriel - ou un artiste, - ayant, très souvent, pignon. sur rue dans telle ou telle ville. Le descendant de l'humble saltimbanque de jadis mène adroitement ses affa.irQS, thésaurise, et jouit de la consid'fl·ation publique. Il est même parfois homme du monde. Les gros bonnets de la banque sont constitués en syndicats. Ces maîtres des fêtes sont propriétaires de somptueux hôtels encombrés de bibelots et d'objets d'art. Ils ne •font. que certaines foires. à Paris ou aux environs. Entre temps, ils se reposent, vivent très largement en famille. On en a vu,
LE FOYER ET LES CHAMPS
cornrne Bide!, par exemple, 1 que nomades, machinés comme dompteur, qui écrivaient leurs moires. théâtres fixes, car les pièces qu'on Eu route, les riches banquistes joue ~écessitent d'importantes mitallent dans de véritables palais en scene. lants ; ils ont leurs chambres à '-'VllCW~~o, t aux ménageries en renom, possèdent chacune de quarante leu rs salles à manger, leurs tout aménagé avec le dernier cages; c'est donc par train 1 d f que l'on doit envoyer d'une avec e plus gran ra finement l'autre tou s les cSalvator•, tous luxe et de bon goût. tan•, tous les •Brutus•, qui trala féodalité de la banque a des avec les dompteurs. ravanes du dernier chic. On les Les frais sont énormes, comme on :'t Londres, au pays du confort. comprend, car il faut' également soir, j'assistajs à la pendaison de le transport par chemin de fer crémaillère du salon roulant du ....-..vr•erersonnel et des artistes, dont les teur d'un théâtre forain. Ce salon, >intements dépassent paTfois ceux spacieux, était entièrement tendu pensionnaires des petits théâtres. tapis; les seules boiseries que l'on ces théâtres, ces cirques, -etc., conaperçut étaient en acajou; sur les partout très avantageusement, font neaux, des toiles de maîtres. Quant à recettes superbes qui, en fin d'anl'ameublement, il ne laissait rien à déleur laissent de beaux bénéfices. sirer. Un petit lustre composé avec Que nous voilà loin des tréteaux imdes pitres d'autrefois, des boudes tulipes cachant des lampes à incandescence jetait des flots de lumière simplettes des premiers marsur cet ensemble charmant. forains et de la petite boîte L'établissement et l'ameublement de traînée par une haridelle pedans laquelle logeait pêle-mêle toute ce salon avaient coûté · près de soixante mille francs. Et les autl'€s voifamille des pauvres banquistes! ... tures étaient aussi bien conditionnées. Les grandes caravanes ne voyagent plus à la journée, par étapes; étant donné le nombre de roulottes qu'elles poissons éleatroauteurs comportent pour les artistes et le maGymnote et torpille tériel, quand il s'agit d'un théâtN; pour les garçons de service et les fauves, quand il s'agit d'une ménagerie, Le gymnote et la torpille ne sont pas poissons, ce sont des piles électrile transport se fait par chemin de fer, .. La torpille vous secoue ferme souvent par trains spéciaux. On conçoit aisément que la cava- et le gymnote peut tuer un cheval. lerie C't le matériel des cirques impor- Les gymnotes sont de grandes antants ne peuvent plus circuler sur les guilles dont la longu eur dépasse souroutes pour se rendre d'une ville à vent un mètre et demi; elles sont d'un l'autre. Il en est de même pour l'agen- beau vert olive et couvertes de taches cement des vastes théât:r~es ambulants jaunes et rouges. Il est à peu près imqui voyagent en France et ailleurs. possible de pêcher les gymnotes ·au Leurs répertoires d'opérettes et de fée- filet, car ils s'enfon cent dans la vase ries sont si grands que les décors et comme des serpents. les costumes qu'ils exigent remplissent On les prend en jetant dans les marécages différentes herbes narcotiques à eux seuls huit à dix wagons. Ces théâtres, très perfectionnés, sont qui l'es enivrent et les engourdissent; comme MM. de Humboldt et Bon-
pland voul aient avoir pour leurs expériences des gymnotes aussi vifs que possible, les Indiens qui leur servaient de guides eurent recours à un moyen fort singulier pour prendre des gymnotes vivants. Ils firent une battue dans une savane voisine et en ramenèrent une trentaine de chevaux ~t mulets non domptés qu'ils firent entrer de force dans la mare. Les gymnotes, irrités par le piétinement des chevaux, sortent de leurs retraites et viennent les attaquer; on les voit nager à la surface de l'eau et se presser sous le ventre des chevaux en leur donnant des commotions capables de les renverser. Les chevaux sont en proie à une angoisse profonde; les yeux hagards et la crinière hérissée, ils cherchent à regagner la terre, mais les Indiens, armés de longs roseaux et poussant des hurlements sauvages, les forcent à rentrer dans la mare. Quelques chevaux succombent dans cette lutte singulière; mais, au bout d'un certain temps, les gymnotes s'épuisent; ils ont besoin d'un repos assez long pour réparer les per~es de leurs organes électriques. Les chevaux finissent par se rassurer, et les gymnotes ne pouvant plus se réfugier dans la vase, où ils ne sont pas à l'abri des pieds des ch·evaux, s'approchent des bords de la mare où on les prend aisément avec un petit harpon porté à l'extrémité d'une longue corde. Lorsque la corde est bien sèche, on n'éprouve a ucune commotion en tirant le gymnote hors de l'eau; si elle était mouillée, on ressentirait une violente secousse. M. de Humboldt assure n'avoir jamais reçu d'une grande bouteille de Leyde une. commotion aussi forte que celle qu'il éprouva en plaçant les deux pieds sur un gymnote nouvellement pêché; il ressentit dans les articulations des pieds et des genoux une douleur très vive qui persista pendant longtemps.
Dans notre temps de recherche de confort et d'aises, de commodité et de luxe, il n'est pas sans intérêt de voir se former chez les jeunes gens une ligue nouvelle, dont le but est de ramener ceux qui en font partie aux mœurs simples ei patriarcales de nos aïeux. Cette société de jeuThes, que l'on ne peut manquer d'admirer, réunit sous son drapeau tous ceux qui ont pour idéal les sports, le grand air, la marche et les plaisirs des chants. Nos clichés nous les montrent dans leurs occupations: à l'exercice, à la préparation de leurs repas, ainsi qu'à leurs amusements favoris. Certaines conditions sont exigées pour l'admission des membres. Il y a un apprentissage à faire. Les jeunes gens doivent savoir allumer un feu sans allumettes, supporter sans se plaindre toutes les fatigues du métier; faire du bien à la société en général; chaque jom• rendre service à quelqu'un et rester honnête dans tout. C'est une ligue qui vient à son heure et nous voudrions qu'elle enrôlât tous les jeunes gens. Ils n'auraieilt qu'à gagner dans un tel milieu où la virilité, l'honneur et la bienfaisance se trouvent être la base de toutes les actions. Arrière la fraude, le mensonge, l'hypocrtsie. Ils se trouvent remplacés ici par la loyauté avec toute la noblesse de l'âme. Que tous nos jeunes gens suisses s'engagent sous son drapeau et la nation pourra s'enorgueillir d'une jeunesse régénérée, d'une milice sans
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peur ni r-eproche, fière et vaillante à la protéger et, cas échéant, à la défen dre.
Pistolet
de
pailler
Il y a deux cent cinquante ans, malgré la menace du gibet, les apaches pullulaient dans Paris, voire même aux environs. Leur petite industrie était d'un assez bon rapport, le bourgeois peu récalcitrant. Toutefois, il leur arrivait de tomber sur des victimes moins commodes; quel métiet· n'a ses inconvénients?
..,-.'7'"""'1T""-:-7'1'mr:'11'11i1:"""7- -....-r - - -v- o- u- s::--::a yez été assez bon pour me laisser la vie; mais en rentrant à mon couvent je risque d'être bien maltraité car peut-être ne voudra-t~on pas ajouter foi à ce qui m'est anivé, à moins que vous ne me fournissiez une excuse, en tirant un cou p de pistolet dans ma robe pour prouver que j'ai résisté jusqu'au bout et qu'il ne m'est resté d'autre ressource que d'abandonner le fruit de ma quête. - Volontiers, répond le Yoleur; étendez votre manteau. Le voleur tire, le capucin fait la moue. - Il n'y · paraît pas, observe ce dernier. _ C'est que mon pistolet . n'était chargé qu'à poudre; je voulms vous faire plus de peur que de mal. - Cela ne peut me servir d'excuse; n'auriez-vous pas un autre pistolet, mieux chargé? - Non vraiment. -Ah coquin! s'écrie le moine, nous ' a' armes ega . l es·1 voilà donc Un frère quêteur du couYe~t des CaEt le vigoureux capucin saute sur pucins de Meudon, neveno:nt a son_mo- le brigand, le terrasse, le ~oue de co_ups, nastère avec sa bes~ce ~Ien _garme et reprend sa besace et ,reVIent _en tno~ ayant pris un sentier ega~e dans le phe à son couvent, ou ses freres se ftbois pour abréger son che~m, fu! ren- rent une vraie pinte de bon sang en contré par un voleur qm, le pistolet l'écoutant raconter son aventure. sous la gorge, lui demanda la bourse ou la vie. La pauvre frère teprésente inutil~ PEt'{SÉES ment que son état annonçant _u~ de~ nuement absolu doit le mettre a 1 abr: de semblables demandes; il est force Le sacrifice e:;;t inévitable, toutes les de céder , dê mettre bas _sa besace remqu'un hornille cherche à s'élever fois plie de provisions, de v1d~r ses poch~s et de donner trente-siX ecus d aumo- vers une sphère supérieure. Pour atteindre le beau comme pour nes qu'il avait recueilli;s. ~ot~e voleur s'en allait content de 1 operatwn, lors- réaliser le bien, il faut pratiquer le Ward Beecher. 1 renoncement! que le moine le rappelle:
LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS ~estons
aux chatnps
Pourquoi partir, gais enfants du village Pour les cités, les centres populeux; Pourquoi quitter la terre et le rivage Qui nous vit naître et qui nous rend heureux? [relâche; Restons aux champs, travaillons sans Pour moissonner, il faut bêcher, semer, Il faut suer pour remplir notre tâche, IR jour est long, le grain lent à germer. Oui, le ·labeur est parfois bien pénible, L'espoir déçu, la moisson compromise; Mais ce n'est rien, la perte est insensible, Pour l'an prochain, l'espérance est permise. .à. nous les bois, les courses au point du jour, Les joies de vivre ct la saine gaîté, Les rêveries et les doux chants d'amour Les grands ébats en pleine liberté. '
Point d'atelier, de travaux de couture, l'oint d'écrivain, de visage anémique, I',n:;· nous l'air pur et la grande nature, Le B.,i soleil, ce cuivreur énergique. Led verts sentiers tout émaillés de fleurs, f0ins coupés embaumant tout l'espace Les beaux fruits mftrs tout remplis de dou~ [ceurs, S..,;- t des campagnes une belle dédicace. Le~
Et !c1.; ciseaux gazouillant dans les bois, Le clair ruisseau, tel un filet d'argent, L'appel du cor, le gibier aux abois: La brise apporte un bruit toujours changeant. Et comme perles en la nature écloses
D.~nnant un charme au centre campagn,ard, Led jmmes filles aux joues fraîches et roses Jettent un décor, captivant le regard. ' [ouvrière Quand vient le froid, quand la grève Court aux cités; quand l'hiver apparaît, Toujours du pain dans notre humble chau[mière: Alors, en nous, le souci disparaît.
,,Restons aux champs, amis de la N Point de passion, dans ce charmant Allons chanter en chœur dans la <<Au sein des champs le cœur est
Un ingénieur viennois vient ter le moyen de faire des en ... bois. L'inventeur procède de la suivante: De minces lames sont dans des arbres, autant que "'v''"uu... lamelles doivent être dépourvues nœuds. Ces lamelles sont ensuite pées en morceaux très petits qui alors soumis à une cuisson dans récipients clos hermétiquement. Après la cuisson et des lavages successifs, le produit ainsi obtenu est facilement transformé en drap. Les essences choisies de préférence pour la confection du drap de boia sent le platane et le hêtre. Le drap de bois est, paraît-il, IÙII plus souples et son prix de revient e.st bien moins élevé que eelui du drap ordinaire.
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l\llots pour t'ire
Un ivrogne s'embarque pour recueillir l'héritage d'un oncle d'Amérique. Arrivé au Havre, il télégraphie à sa femme: •M'embarque ce soir sur navire de six cents tonneaux.• - Si la traversée est longue, ça ne te suffira pas, lui répond sa femme. Toto à son père: - Est-ce vrai que, quand on a beaucoup de timbres, on peut racheter u11 nègre? - Sans doute! - Je comprends ... Les timbres servent à l'affranchir!
Le coin de la femme rôtie. - Pour préserver la viande l'été. _ Du vin avec des mûre·s. - N'ettoyage des appartements. - Petites recettes.
Nous allons commencer une causedestinée aux femmes d'agriculteurs qui sc renouvellera si elles y prengoût et intérêt. Je répondrai volontiers, à cette plaà toutes les demandes que l'on voubien m'adresser au sujet de recetde ménage et autres, de procédés, questions d'économie domestique, da de maison, de cuisine, d'hygiène, soins à donner aux enfants, sur tous ]es détails incombant à la ménagère. J'espère que nous nous entendrons le mieux du monde, et que je pourrai ainsi rendre aux femmes de Ja campagne quelques services. Cela dit, je commence par vous enseigner, si vous ne le savez pas, le moyen de préparer une excellente •soupe au vin• ou «Rôtie•. Devant ou sur un brasier, grillez légèrement des tranches de pain de ménage, pas trop épaisses. Frottez ensuite chaque tranche, encore chaude, des deux côtés, avec une noix de muscade; rangez-les dans une soupière ou un récipient quPlconque, jusqu'au tiers de la hauteur de celui-ci. Saupoudrez le tout de sucre et de cannelle à volonté; versez un peu d'eau chaude et de bon vin blanc dans la proportion d'un tiers d"cau pour deux tiers de vin blanc non euH. La «rôtie• se mange comme apéritif et se sert dans des assiettes à soupe, avec des beignets dits «merveilles•, le tont arrosé encore d'un verre de bon ,·in Yieux sorti de derrière les fagots.
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Pour conserver la viande, on emploie depuis longtemps, en FrancheComté, le procédé suivant, qui donne, d'après l'expérience faite, d'excellents l'ésultats.
Dans beaucoup de localités de cet région on ne peut se procurer d viande l'été qu'une fois par semaine Les morceaux de viande sont placé! au fond d'une grande terrin'e et char gés de pierres parfaitement nettoyées On remplit ensuite la terrine de lai de façon que la viande en soit complètement recouverte. Le lait se caille dès le lendemain, mais cela importe peu Chaque jour on prend la quantité d viande nécessaire à la consommatio en replaçant les pierres au-dessus. Pi la fin de la semaine, le lait caillé est donné aux porcs. La viande ne conserve aucun mauvais goût, bien au contraire, elle s'améliore et s'attendrit. Inutile de dire que la terrine doit être placée dans un endroit frais, cave ou cellier.
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* * Peut-on faire du vin avec les mûres qui poussent sur les haies? Telle est la question qui m'a été posée par une brave fermière désireuse d'utiliser les fruits sauvages que la nature met à la disposition de tous. Oui, on peut fabriquer avec les mûres une boisson rappelant comme cou~eur et comme goût le vin rouge, boisson tonique, puisqu'elle contient de l'alcool, tout comme le vin. Dès que les mûres ont atteint leur complète maturité, on les cueille, on les met dans des barriques défoncées, puis on les foule et on laisse fermenter. Sitôt après la fermentation, le liquide s'éclaircit et acquiert un goût et une odeur analogues à ceux du vin; c'est alors le moment de soutirer ce jus. On porte le marc au pressoir et on mélange le liquide ainsi obtenu avec le premier. Cent l<;ilos de mûres fournissent environ 50 litres de liqueur vineuse très agréable à boire et très saine. Si on confie cette liqueur à l'alam-
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20 Novembre
LE FOYER ET LES CHAMPS
bic, on obtient par distillation 7 à 8 litres d'excellente eau-de- vie d'un goût t rès agréable. I.es mûres sont donc un fruit qu'il faut savoir utiliser, lorsqu'on habite la campagne. Voici quelques conseils sur le nettoyage des appartements. La plupart sont bien connus des bonnes ménagèr es, chez lesquelles on trouve la pratique de l'hygiène et la réalisation de la san té. Il n'est pas inutile, cependant, de se les remémorer. L'époussetage est un moyèn très primiLif et tout à fait incapable d'enlever la :r~oussière. Tout au plus en déplacet-il une faible partie. Il faut le remplacer par un essuyage avec un linge. Celui-ci ne sera pas secoué par la fenêtre, pour envoyer la poussière chez le voisin ou sur la tête des passants. On le mettra de côté pour le blanchissage. Pour le tapis, il convient de jeter à sa surface des feuilles de thé ayant servi à p réparer des infusions et bien mouillées, avant de le balayer avec un balai de chiendent. On obtient ainsi un bon nettoyage qui ne modifie pas les couleurs et qui ne soulève pas de poussièr·es. Certaines personnes se servent avec avantage de balajs spéciaux, composés de roues porteuses qui actionnent par un engrenage une autre r oue garnie de crins, et d'une caisse où s'accumulent les poussières, et que l'on vide dans la boîte aux ordures. Bien entendu, les secouer ou les battre à une fenêtre ou dans 1me cour, c'est offenser grossièrement les règles de l'hygiène. Quand un battage est nécessaire, il faut recourir à un entrepreneur outillé pour ce travail, qui les passe à l'étuve et qui les fait battre en espaces clos au moyen d'appareils mécaniques ad hoc. Les rideaux, tentures, couvertur>es, matelas, etc., réclament les mêmes soins que les linges et tapis.
On me demande la formule de sédative, dont il faut toujours un flacon dans son ménage. La Ammoniaque liquide ordinaire à 22 degrés 60 Alcool camphr é 10 Sel marin 50 Eau ordinaire . 1 On met en bouterlle et on agite moment de s'en servir.
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«Ma lampe ne brûle pas!» entend-on dire souvent, et cependant, il n'y a qu'une toute petite précaution à pren- -··~, dre, simple affaire de nettoyage. On nettoiera donc le réservoir de la lampe avec une solution chaude de soude ou de potasse addit~onnée de savon, et cela au moins une fois par mois. On laissP.ra ensuite sécher complètement et l'on remplira la lampe de pétrole. Quant au hec, qu'il soit neuf ou qu'il ait servi - auquel cas il s'y accumule toutes sortes d'impuretés - il est recommandé de Je laver soigneusement, de le laisser sécher, de le tremper pendant une heure dans du vinaigre pour le laisser sécher à nouveau, puis on peut l'employer. Il est bon aussi d~ nettoyer les burettes à pétrole, comme 1l est dit plus haut pou r les lampes.
Tante Marie de Croy.
fc>ETITES REeETTES L'oignon absorbant le poison
Si vous êtes mordu par un serpent~ voici un remède simpl'e et facile, et dont ori affirme l'efficacité : Coupez un oignon en deux, appliquez le côté fraîchement ·c oupé sur la nlaie; le poison sera absorbé par l'oignon qui, premièrement, deviendra vert, puis jaune et ensuite noir. De même pour les morsures de chat, de chien: l'application est ù recommander. · '
vtmatve (QJ~{ ~~l~J ~ DE. LA
Sceiété valaüpat)Qe
d ·édu(!ation
c Publication du MUSEE PEDAGOGIQUE L'Ecole primaire donne de 10 à 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la coudvertu ~e, eét autda~t _de suppléments de 8-16 pages pen ant ann e or maue (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque mois il est en outre . apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé : Le Foyer et les Champs.
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Suisse fr. 2.50 Par an: Union polltaiP fr. 3 Les abonnements se règlent par chèque postal II 56 ou à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout ce qui concerne let publieettion doit être etdre~sé directement à son gércmt, M. P. PIQl\IAT, Che~ de Ser\"1ce eta Dépetrtement de l'Instruction publique, à Sion.
tenir à une résolution!parce qu'elle est bonne et non parce qu'on l'a prise