Skip to main content

Supplément Special, l'Ecole primaire 1925

Page 1

Supplément spécial de ,1' &cole"

136 le voie qu1 con ~tilu e le double tunnel du " "uplon . Le~ ca h::u1s des ingénieurs avaient été s i 111crveihleusement exacts que les deux é qui~ws sc sont rencontrées avec une incrop l>lc cxaditude. Les deux axes ne présenta ient qu 'un écart de moins de dix cen1imètrcs . Cc qu'il y a de spécial dans ce tunnel, c'est qu'il es t à simple pente et n'est pas ucs tinré à laisser passe r des trains. Il fera p~rtie d'une gigantesque entreprise hydraulique et livrera pass ag e à un volume d 'eQu cons idérable, destiné à aJimenter l'usine hyuro-électrique de Huntington Lake, un projet de la Southern California E<iison Company. Journaliste• bênia le Pape Pie XI visitait l'autre jour à l'fx-pos 1tion d.u Vatic~n la bibliothèque des Missions . Au moment oi:1 le Sou.v erain Ponli•fe al)ait se retirer, les journalistes qui t'avaient accompagné ont été a'd'mis à lui of'fr ir leurs hommages . - Le quatrième pouvoir .. . dil le Pape en souriant et en tendant à chacun son anJICau à baiser. Troisième, quatrième ou cinquième. reprit- il, vous êtes en tou t cas un g.rand pouvoir, mais pour cette raison , vous avez aussi une g.rande responsabilité . Et je vous }jéni s avec votre pouvoir et avec votre responsabili té. Avec voire pouvoir pour que vous cn us•icz b ien , avec votre respo11Sabilité .pour que vous soyez tou1ou.rs• satisfaits d'avoir bien usé de votre pouvoir . ~ !,L'âge dea poules Le professeur c . o. Ja spéciaiilé. aux exa· mens du !baccalauréat, d'interloquer les canùiu als qui on( la ma-lchance de comparaître devant lui, par des • colles • inattend.u es . Une de ses questions préférées - il cs l professeur de s'Cienœs nnf.ure lles - est celle-ci : • A quoi reconnait-011 ,J'âge d'une pouleh Il faut répondre, para it-il : • A la longueur de l'ergol! •

1!J~S

1

Mais les élèves. en g-énéral , ~gnorenl (~ délai! cl , devant la confu sion , le terrible exa mina leur sourit d 'un a ir sarca.stiquc . !Po urtant, à la dernière session, c. a trouvé son maitre . Une jeune et charmante candidate répondi t à la colle ins•idieuse : • ~onsieur. ou 1 reconnaît l'âge des poules. aux denls! . Et comme le professeur demeurait ahuri: _ Oui, continua la gra'Cieuse enfant, si 1 la pou[e est jeune, on 'la mâche facilement; si elle est viei.lle, i1l iaut des dents solides 1 opour en venir â bout! J Ce j.our-la, le professeur c. ne co.Jla pas plus av-ant! Le képi du maréchal :t.e ma.réohall Fooh vient de d~er au 1M'u sée du PaJl.ais de la Légi011 d~onneur ll'~1:>ée qui lui a été donnée pa.r l' Amérique en commémor ation de la victoire. On 1ui a demandé aussi de faire présent d'une de ses ~ures à · cette collection publique. Mais il n'y a pas consenti. LI tient à s0111 képi , dont il se sert, et ill ne juge pas utiqe de •le r~œr. Au moment où fut organisée l'eXJPOsition de.~ soUIVenirs de ma~édlaux, il y a 2 ans. un wand journal! iTllustré fit .··~rier ile ma,ré- 1 dhaq de prêter œ fameux k~1 pour qu 011 le photographiât. l C'était un dima.Mhe matin à huit heures. L'Hlustre sdtdat. qui est la bien.,eiiLla.nce mëme, rqpondit au pho tographe dUJ journal : - Eowortez mon kéjpi. si vous VOltiez,, IJ>QUr en pr~dre un dlidhé. Mais ra;pportezle~moi sans faute ava·nlt onze heures. Car j'en ai beSoin pour aO~er à la ·g.rand'messe.

MOT' · DE LA FIN Lu.ce ltc porte des lunettes et ne veut jama is s'en sélpa.rer. Il faudrait pourtant bien les ôter fPOUr dormir - mais eLle .protesle: - A~o.rs, je ne pourrais pas voir mes ré-

1

Ne précipitez rien ~~

arrive souvent que nous' nous attirons des contrariétés ,parce que nous ne prenons pas le ter111ps de r81iloohk. Nous décidons trqp vite une a,!,faire ; nous f-aiso ns trqp brusquement une lettre, une dénnrdhe; nous prononçons inconsidérément un mot i'âcheux. ,p ourquoi? Parce que nous agi55ons sou~ l'empire de la paSISri on ou de ·l'amour prqpre. Quellle diffi\1érence si nous commencions ~XI'r êlever notre cœur vers ·Dieu., implorer son secours et suiiVre ensuite les maximes de l'E....-angi!le! Quelqu'un a-t-il jamais regretté d'aiVoir été doux, IP'iltient, hu.njblle, <iha.ri~a.ble, comme nous le recommande Jésus-Christ? IRan>elonS<-nou~ bien aussi ce s·age proveribe: tEn toutes choses H .faut considérer ~a

des théories natura!lis·tes par lesquelles tr<1J s ou~en:t nos conterrworains sont dirigés• Beaucoup, de nos jours,, dans les soins qu' ils donnent à l'enfQince, font syst6matique· ment abstraction des droits souverains de Dieu. Et si nous n 'y prenons garde rœilg.ré leurs bonnes intentions, Ils n'obtiendront que de dé!Pioralbles résultats. Vous le savez, Nos très chers Ftrères, on reçoit VQIIontiers un trésor, on vei!Je sur !ui fPOUr ne pas l'endommager, on le garde soigneusement pour ne pas le .perdre. Or, l'enlia111t es•! le trésor de la familie: vous devez d.onc l'ttCE!!]>fer des mains de Dieu, ! '~ {ever pour Dieu, en ré!P<>ndre d~ant Dieu. T cil es sont les graves pensées que Nous Jtous soumettons, conscients de travailler de la sorte à la pro~ité vériia'ble de notre cher pay.s.

1

,fm.

'Le petit Consei!IJ!er.

L'enfant, trésor de la famille ~Lettre

pastorale des Bvêques de la Suisse à, d'ocœ.sion de la fête fédéra•le d'actions de grâces de 1925.)

On a dit q"ue le XXnne sièole es.t le siècle de l'enfant. De fait à not-re époque jpilus qu' en aucun autre terrp>, on s 'intéresse à l'édoca1ion cofjpOI"ehle et inteklectue1le des pet its, on reoherohe les meilleures méilhodes q:Jédagogiques pour les instruire, on s'occupe de l~hygiène scdlaire, on londe ,partout des colonies de vacances et fon crée des blllreaux spéci•aux dhargés de promouvoir le lbien génér3Jl de l'enlarut. Tous ces a orts méri·t ent notre grati>tude et notre appui; car l'enfunt, c'es~ l'eS!Poir de !'&venir, c'est le trésor de la fami~de. Néanmoins., ils ne laissent pas de nous inspirer de sérieuses inquiétudes, •à caus!!

ID'ahord, vous devez recevoir l'en.t ant corn· me un don de Dieu. Quand eLle eu.t mis au .monde s.on premier-né, &e, la mère du genre humain, s'écria. c J'ai donné l'être à un homme a!Vec le secours de Dieu •- Lorsque J3JCOib se iut récoociffié avec son frère, il 1111 dit, en montrant ses enfants: • Voici les Hils q-ue Dieu a accordés à ton serviteur • ; pour .lui , une !aJ111iJI~e nombreuse était non pas un m~heur ou un châtiment, mais une bénédidion. Anue se ·c rut d'aborJ abandonnée ·de Dieu, parœ qu'eble n'aNait pas d'enfants; elle pria pour en obtenir et quand eLle eut un !iil5, eLle l'~a Samuel, nom qui signilfie: Je l'ai demandé au Seigneur. Dès l'origine, les hommes on.t donc regardé l'enia.nt comme un don de Dieu. Et aujourd'hui encore, c'est pour receyoir ce don d'une manière honnête et légitiiiTle, que les époux dlrétiens demandent la bénédiction nuptiale. Ils. sont heureux de di:re, comme les parents de jadis: Dieu a béni notre union en nous aocordiant des enfants nombreux. IM:all.lheureusement, beaucoup pensent d'u-


138 ne autre manière. Au ~ieu d'un don divin, l'enfant n'est ,plus ,pour eux qu'une charge; au lieu de le d'ésirea-, ils en on.l peur. Que d'éjpoux veu~ent être mari et femme, mais uon plus père et mère! Ils refusent sciemment et volontairement 1~ don de Dieu; ils tuent la vie en son germe. Oêjà sous l'ancienne loi, Dieu ohâliait aJVec une terrible s~virité les crimes de ce genre, bien qu'ils I·ussoot :PJus rares et ,pe:rulétrés avec moins de raffifinement que de nos jou.rs. Ayez horreur de ces desordres, Nos très cl1ers frères. Quant on veu.t se marier et acquérir les prérogatives d'éjpoux et d'épouse, on doit être prêt aussi à devenir père et mère. On ne peut !Pll~> etllJPêdher la réa· lir.alion du ,))lan pr.oiVidentiel de Dieu créa· teur s'anS encourir là terrilbile mell:aJCe du psaJlmiste. " I]IJs aimen.t la maùédiction, elle tombera sur eux; ms dédaigtnent la bénédidioù, elllle s'ê1oignera d'eux. L'histoire est Ira ;pour nous dire que cette maiédiction peut s'étendre à toute une famiHe, à tout un pays. Ohers diocésains , ne vous laissez pas im· pressionner par les vains !Prétextes qu'on met en atVant pour vou.s. faire vivre contrai· rement aux saintes lois du mariage. Tantôt on o'bjecte ~e danger qui menace la mère, et tantôt celui que 'la maurvaise santé des pa· rents pourrait faire couriŒ' aux en~ants. A SUJ:tJOser que ces dangers soient réels, Hs n'autorisent pas ce que Dieu condamne. Et, d'aiffileurs, soUIVent on ~es- eDJgère, oubliant que. de !'aNeu même de .~ecins consciencieux, l'albus du mariruge peut entrainer des conséquences ~euses, non seW.ement au point de vue moraJI, mais- au point de vue physique. Que ~es gens: sachent grandir claM la vertu, qu'i«s se pnwarent au marie.ge en se cons·eJ1Vant forts et purs, qu'ils vivent s.obrement, qu'ills demeurent maîtres d'eux-«nêlnes, qu1ils ne ohel'Cherut ·pas seule· ment dans une future union la source de jouissances vulgaires. la continence lenr de· viendra plu9 racile quand le devoir la leur

139 imposera et les srucritices qu'ils dev.ront {ai· re plus. tard , quels qu'ils soient, ne 1eur pa· raitront plus au-deSisus de leurs forces, surtout s'ills recourent aux moyens surnaturels et s'i~s cotqptent su.r l'aide de Dieu. Du reste, pour le dire en paSJS·ant, une mère qui aoc€Q)te d'eXjpOSer sa vie pour sau!Ver celle de son enfant est une héroïne de l'a11110ur materneill; e\le pose un ade aussi méritoire, aussi digne d'adirniration que celui d'un sau· ve.teur qui ne craint pas d 'aiif.ronter les pYtts graNes périls pour épargner la mort ~ son senfula.bie. On dit encore, pour eJGCuser certaines fe.u· tes honteuses, que la vie est chère, que le tra'laÎ'I fai;t défaut, que J'on a peirne à trouver un logement. Ce sont là, Nous le sa· vOtllS, de très g11o,s soucis. Néa·nmoins, la pa· role de la Sainte Bcri.tUJre demeure vraie: R(jpüse-toi suT Dieu et Dieu te soutiendra! Nous deman!dons ins.tamment à tous nos fi· dèles d'unir 1eurs eflf.Oil"ts pour que la difficulté dont ·nous parions se résdliVe. Que les jeunes gens s'assurent un .g agneiPai.n arvant de se tnaJrier. Que chacun sache, aux jours de l'albondanœ, économi•ser et jpŒ'atiquer l'éIPargne. Qu'on renœce résolument aux dé· UJCnses inutilles. surtout à celles qui n'ont d'autre but que de favoris& le luxe. Que les !Patrons soutiennent jusqu'à l'extrême limite de leurs possibili~ 'les ~oyés pères· d'enfunts nombreux. Que les propriétaires et [es gérants d'immeul1les re'tloncent à cette inf.âme coutume de ne rvouJoir que des lo· cataires sans enlfan•ts. Que les institutions d'assi,stance et de charité s'intéressent avant . .to:ut aux familles nombreuses. Il s'agit d'u· ne œu'V'l'e socia~e au premier chef: il est tr~ tard d'aœorder une prime ·a ux famii!Jles nomlbreuses quand, pa.r sui·t e de f'aJ:fai~is­ sement de l'eSiPfit chrétien la honte de l'enfant unique ou du forer volontairement privé d'en~ant s'étale au grand jour. Nos pa· roles son~ graves; mais le ~ergondage de la :pensée et des mœurs acluel;leSI nous Qlblige à pa.fller clair.

i

lll Puis{jue les enfants sont un don de Dieu, vous devez !es élever pour Dieu. Cac, après aovoir créé l'enfant ,à soo image, ajprès l'avoir doué d 'inte;!Bige;nce et de volonté, Dieu ne peut évidemment pas accepter d"ê· tre fll'·UstPê de ce trésw. Dès la première en!f•an·ce, !''âme doit être dirigée vers le Seigneur; et cette orientation relè!Ve a'Vant tout des parents. P~ le bajptême vos lits et vos Üll•les deviennent enfan~· de Dieu; ils• reçoi· vent la gu-âce; i1ls parlÏicÏŒJent à la vie divine; leurs aS/j)irations doitVent tend:re à ·Dieu. 'L'éducatioo. des en~ants, de laquellll.e détpend pœsque toujoUJI.s la valeur de la vie entière, doit dOiltC être pénétrée de religion. tL'Ancien Tesrtament nous donne déjà sur ce point des leçons insiruotives. Dieu dit en pan:-lant d' Albralham: • Je l'ai dho.isi pour qu'il ordonne à sa 'famille de garder après lui les voies du SeÏigllleUŒ' •· Moïse, sur le point de mourir, -fait à son peuple cette so· lenne1Jle recommandartion. c Veiœlez à ce que vœ en~anrts mettent en pratique toutes les pa1"0les de la loi. ~ TOibie recommande à ses fills et à ses fillles. ct.C s~~oyer à ce que leurs enfants· c se souviennent de Dieu et le bénissent de toute leur âme. ~ De fait la postérité'. du saint homme: • persévéra dans une 'bonne et sainte vie, fu.t bénie de Dieu et aimée de tous 'les hrubitants du pays·. ~ AujoUŒ"d'hui 'mallheureusemen•t, ces. saluf<Lires fŒ'aditioos tendent à diSjparai~e. certains foyers dhrétiens ne conn-aissent plus ' ~es i1111ages pieuses. Bien des famillJes ont i]Jer'dru l'lhabitude de ,faire la prière en corn· mun. .0'-aufŒ'es négJ:ilgetlt ll1l.lème l'enseiglnemen~ religieux: L'éi:LucaJtion .ne sera bientôt tiJI!us tournée que dru coté du monde. La jeu· nesse, dans certains mN.ieux, ne se passionne guèŒ'e que pour les· SjpOrts. On cherclte p~ tous Jes moyens ce qui rend' [, a vie 9;1>' IParemmeni !Plus douce et ~tus' Iadle et l'on ou[)lie ·ce qui lui donnerait le vrai bonheu:r. On considère presque comme des attardés ceux qui se préocoupent de. donner à leurs

enla;nts une fol1111ation sêrieuser.nt chrétien. tle. On déclare que garçoms et fiUes, au bout de leur 16me année, doi'l~rut savoi·r quel·le reJ!ügiOll' ils veulent et même s'~ls ont besoin d'en avoir une. Toute une jeunesse conn:ait à la pet1[ection les usages du mOI!lde et le ·vooalbulaire spomïli, mai ~ ignore cOIQPlètemen~ les véri1és de la religion . Quelle est la oonSiéquooce de ces faits Iaine.ntables ? :Les <:as se muWJPIIient où il [au.t enlever les enJf.ants à leurs parents ,pour leur faire donner dans· des maison.s de corcection ou dans des in sii<tuts de divers genres l'&iucation nonmale que leur fumiiLle est incapable de •leur procurer. La crimina3ité intantNe aug· men te et les juges eu.x-«rtêmes ~s· à en constad:er les mani•fes1ations ro ugissent de honte. Les gens qui voient :cla ir tremblent et or ient au danger; il11s n 'ont pas assez Je courage de confuatfŒ'e le mart p ar de vrn.is remèdes, c'esrt1à-d.ire de rendre à Dieu la plaœ qui lui revien.i. (A suiwe.)

Une violette ILe nez a'U vent, les yeux r ieurs, petitie, ·a ·l erte, trottwt menu sur la bande d'aspltalte, e!Œ e descendait les Oha~JtWs-EJ!ysées . étonnée de les trou'Ver :presque déserts., et se ha.tai t rpour prendre le méfŒ'o à la station de Marlb eut .Elllle s'engoullira dans l'escailier du métro. p rit son tiŒet d'alLier et retour, descendit sur le quai. Justement. un coovo i arrivait. •E1le sourirt en rema11qumt qu'elde était la seu'e v.oyageuse de Mwbeuf. C'6tait bien la .première fois que le métro semblait s'arrê· ter, e"'Près pour elUe, et qu'en pén~trant dans un wagon elle trowvait si aisément une place s.ur les banquettes. \Le miétŒ'o,, à 6 h. du nllaltin, queillle étran· ge chose! BIŒe prQIIlenait autour d'e14e des reganls SUil'fPris. La IPIUiPart des voyageurs étaient des ou.~riers en ~emetllts de tra·


uo vam souiJJ;Jés de boue ou de ~tre. des femmes en oheveuJ!!, des awrentis, des ouvrrières. Les uns s'~plll)'aient sur leurs outiJs ~OISés à terre, .)es autres retenaient d'un bras, sru.r leurs genouJC!, des paŒllÎers ou des co.r1beiMes dont 1le contenu bomlbait sous un inge 1llanc ou sous une toi·le d'embalJage. Tous gardaient un ïrrtwressionlllant siOence. - Suis-je en 1'11étro? pensa la jeune HUe. On dil!'ait un calbinet de lecture, ici! A droite et à gauChe, devant et derrière ellie, p!M'tout, dans le wagoo, on ne vQYQit .que des journaux déPJié's. Hommes et femmes, jeunes ti!Ues et adoles'Cellts, tous, sans e'X!Cflption, se rpendhaient aJVidement sur les De·uilllles à peine sor.t ies de presse pour y lire, a>VruJJt de commencer le traJVait, les crimes ou les scandaJles du jour. Dans 'l'inter'Vaille des stations, l'employé lui-même, assis SI.Jll" son strapontin, reprenait patiemment sa !ooture. 'l..a fête dans les mai.uSJ, les coudes aux genoux, une femme a.Jbsor\bée dans les. péri~ péties de son feuillleton, semblait ne plus aV'oir conscience diu Heu où elne se trou~ait; un jeune garçon boucher, aux manches. retroussées sur des bras velus, au ta.Jblier taché de sang, penchait sa tHe frisée sur ooe page iiiJluSitrée de portraits d'assassins, et son ·a ttention était si intense qu'il avançait comiquement 1a .lèvre inférieure sans s'en ajpercevoir, com,me les petits· !bonshommes de l'école enltantine devant leur ardoise ou leur alJPhabet. [.es titres• des journaux se détachaient en grnndes lettres noill'es sur •les feuillets re· !Pliés. Inconsciemment, les yeux de l'arr~­ vanJte s'al'll'êtaient sur ces titres, qu'elle tiS'ait à l''enJVer:s. L'homme assis en face d'eHe sunvei,JUait son manège. C'ért.ait une sorte de géant blond, chaussé de O'ros saibots ter.relll!l, vêtu d'nu pantadon de ve1ours et d'une veste en 1oques. moUtChoir ·à carreaux ~tait noué autour de son cou puissant, otî les mus.dles saitlaient soUJS la ;peau couileur de brique. Ses 6pau· ~ 11

.

un

Œes d'atiJJlète, la gaucherie de ses mouve· rnents, la rusticirtê de certaines pièces. de sou cos.tuane, le pic de ternss!Ïer posé sur ses genoux faisaientt songe~!' à des. payS«ns pauvres, qui, las de peiner sur une glNle in~ra,te, viennent ohet1C!her du tl!'aMlil à Paris. 1J tendit son jouma1 à sa voisine et dit d'une voix trainan,te, en chercllant ses mots: - Si ça vous plait de lill'e, Mademoiseltle ... y a du nouveau, ce mâtin ... Une vieÏ'lle rentière saignée comme un poulet.· · - Mell'ci, Monsieur, Ht poliment la jeune fi~le. Ces hisltoiŒ'es-là, ça me fait peur. Aussi je ne les 1is jannais. EJl"e s'.aœota contre la paroi du wagon. ferma les yeux comme pour dormir, ne bougea plus. EliJie fennait les yeux, si·rrwlement. pour s'isoler dans ses pensées, et le rude manœuJVTe se demandait en lui41lême. _ A quoi ça peut-il :r@JVer, une jeunesse comme cela, si ponie, si bient disante? \La jeooe fiUe desœndit au Palais--Royal. - Tiens, remarqua l'homme, nous allons (aire route en~e! Ses outi'ls sur l'éttJI!ul.e, tramant ses tourds salbots, i:1 ,la rejoignit à ~a sortie et retint IPdliment Jes ,parles pour la 1aisse~ pa~.

_ A)lors. queSJtionna •Je terras&ter, c est comme moi. . . vou.s ruvez vo~e tra.vai,l par Jlà:, M'ademoiseJile?.. . On est dans la oouture? _ Non, fit-elne, je suis femme de chambre chez des maiitlres très chics. - Mais aujoUII'd1hui on a congé? _ Un congé de deux henres.! n me semble que je suis en VaiCa111œS • • • - C'est vrai que vous avez l'air rude· :t11€nt contente! _ Je suis si .heureuse d'alOer où je vais.·· !J,l y a longftetl1's que je n'31Vai~ pas_ eu ce plaisir. Je m"y seiiJs si bien chez mot. · · Je l'aime tant, cette vieilile ég!lise!. · · _ Une église? vous û1ez à l'ég11ise?. • _ Mais oui, A Notre-Dame des Vtcf~ .. res, et ir! faut que je me bâte si je veux a<Votr la messe. iLe jeune· Monsiem passe sm exa-

..

Ut aitjourd'Jhui; alors Madame m'a dit: • J'ai condïance dans vos prière~, JuHette; je m'arrangel!'ai sans vous, ce matin. Ailez mettre un cierge llà1bas pouc M. Roger ... ~ IL'ouvrier eu.t un 21'05· rire: - Ah! oui, les cierges. . . Ça porte ohan:ce? Vous y croye1l, vous, à ces balançoires·? 111êli

1

~

Sous les c& noks, •les yeux ingénus. lancèrent une lllamme. - Si j'y crois•?

de cette frénésie de .Jedure qui dévore dos mntetqporains et des ra<Vages qu'exerce autour de nous' la mauvaise presse. - Mon Dieu, aJVai.t pensé la jeune til.le, ces ma;lJhe.ureux vont au trava,ill sans un· élan de oœur vers le ciel!. :Tous aujourd'hui, 1 i.s peineront, il1s soulllfriro,nt, et leUII's souf&-ances seronJt perdues. Ns ne songent point à les changer en mérites. .. Aucun 4'eux, peut-être, n'a fait sa prière du matin. Si je la faisais à ~eur plaœ, cette prièl!'e? Dites, mon Dieu, vous voudrez bien que ça rem-

s'éloigne, dans le soJei~) sur la place que bo!l"d.ent, au oord et au sud de hautes plaœ Ja leur? O:açades nOiblles et grises. Lui s'en va vers la A!lors, joignant les. mains sur son réticu· rue de Rivoli, le dos COUli1bé SOUS' le po.id.s de de velOturs râjpé, les yeux clos. pour éviter des outils, pensilf et mu:rnnurant: toute distraction, profondément recueiJHe. - •Les cie.qres, aes Madones... lJ y a c~nme si ellJle eût senti sur son âme le poids doilJC à Pa.ris des gens qui y aroierut, à ces de tourtes ces âmes, elile avai:t murmuré dans viei~leries-Jâ .•. Qui y croient aussi dur qu' ,Je secret de son cœUŒ": on y croit dhez nous? - Mon Dieu, je crois que vous êtes tc• Où es,t-ill le c. JOhez nous • du rude com[présent. Je vous adore. . . Je vous rends les p~on? ·En Auvel'gne, en :Limousin, en hommages qui sont dus à votre sou:veraine Rou~e? Ses yeux bleus s'adoucissent. Maj~ Ses sourds hroussaiill!eux. se détendeD!t. Le {~ ~ ri<ltus rai~eur a disparu au coin de sa lèn es.t miiJie façons de faire la charité: celvre. Une ombre a !PaSsé sur ce visage qui est .>oudai.n devenu triste. ,Je-ci dut réjouir ,Je Ciel et ouvrir le trésor flhle est loin, ~a peHte souibrette. De s~ des fa~eurs. di<Vines. Qui nous dit que la [prière de la jeWte fiNe ne retombe pas dér.-as trott~nenu, eMe s'engage dans les galeries du Pallais~Roya.JI, et le terrassier,' qui jà en pluie de g1râces sur fâme liruste de ce Jai.f sOillner fasfflhaiLte sous son pas lourd, tâichel!'on qui , S"en aJIJianJt vus son chantier, se r~te tout bas: mall'llllotte encore dans sa barbe: - A quoi donc ~ait~lle, cette petite, - A quoi donc revait-e!He? tout à i1heure, en •ID!étll'o, Œes yeux fermés? !Mais lui, c'est au villilage natal qu'i.i rêve, Qu~e pensée pouvait lui Iai.re une figure à la petite égilise où ses mains d'enfant ont si douce? jadis allHwné les cierges, au vieux baoc du (?i ~ ca1Jédhisane, aux messes· solennel,!es des jours A q.uoi rêvaiJt Ju'Iiette? Comment vatS·Je de f@te, à son père, à sa mèr'e si tendre, à vous dire le joli searet de ces yeux fermés? tout le beau ,passé où i.IJ était libre, candiQu'auriez-vous pensé, à 7 h. du m., en de, heU:reux ••• métro, si VOtUs aJViez vu comme e1!le tant de - Qu'ai-je donc, ce matin? gronde-t-~1, trruv-a·~ldeurs, misérables, forçats de la vie, ~a voix bourrue. cherooer dans la ledure de feuilles matlsai1 Bt i,J douible le !Pas, se gourma-nde, se senes ie sellll viatique de leur journée péni· coue. Ne ·voiil.à-t-il !Pas que ses yeux s'emble? brument de lannes, maintenant? - Eh! me diii"M:-<Vous, nous aurions gémi VO(Yons, je suis. mailade?. . . C'est à ne

Œl11le

.

*


149

142 plus me i:econnai'ire, vniment. . . Qu'esf-œ que j'ai doru:?

.· .I f a rencontrê sur sa route une violette. c'est tout le mys.tère. Exquises violettes! . . . A peine ont~illes charmé nos yeux qu'eLles se cachent, mais le meilleur d'e11les noli!S reste, ·l eur parllllTh

-o-

Aujourd'hui et demain Ne remef.rtez pas à demain ce que vous 1pouvez faixe aujourd'hui. Aujourd'hui , c'est le jour. de l'inSjpiration, de la boone résolution: vous :wez pour agir un entrain sa*iaJI, une glf'â<:~ par-ticulière. Demain., vos dispœHions auront co~lè· tement changé: vous douterez si J'œuvre à a.cc0f11Plir est uti~e; vous la trou;yerez hérissée de di~ficulités , vous la ren verre.: à Ullle date indéterminée. Ce q.ue vous ne faites pas aujourd1hui 1P al' suite d'un peu de l-âcheté, voos courez grand risque de ne pas Je faire demain. de ne le faire jamais. Si vous vous décidez h le bi· re, vous y trou<Verez beaucoup plus de pt:i· ne et de r~ug;nance. •Pol.lir bien des âmes, ~e • demain., demain! » est devenu Je principe de leur perte. Jules CésDr, eiqpereur romain, se rendait un jou.r au sénat; sur la route, oo l·ui remit J)lusieurs b~llets dans , lesquels on l'a· vemisse.it que ses jours étaient menacés. Au lieu de ~es lire ~César les donna à son secrétaire, en disant: • Nous les regar· derons demain. » !Mais Je lenc:Wmain, ii était trqp tard. A peine entré doos le sénat, César y iut ass·a s· siné. Chers lecteurs, ne faisons rien trop tard, nous qui ne sa!Vons pas si nous aurons un !endemain! - A nous aussi Dieu enovoie des bi!hlets d'a· vertîssement. c'est une prédication, un livre, une mort subi.te ... ,a.h! sachons en profiter Le ~lit Consei!lller. œ jour n1ême!

~es tro~ux, les vacltes, les Il!llseaux ou·

Les combats de vaches 1M. Daniel

verts, la tête agitée, poussaient des mugis-

Baud-B~y

rarconte, dans une revue de Genève, un de ces combats de vaches qui sont tbien. l'un des traits les p1us curieux de la vie pastorade des habitants du Vallais. oQhaque année, vers la fin de juin ou les premiers• jours de jui1Bet, cette solennité est célébrée dans les pâturages de Thion (sur Sion), dans ceux qui en.v ironnent la For· oJ.az, !•a vailllée de Bagnes, ailleurs encore. EJI,l e coïnode avec • 'l 'ina.l)page. du bétail. c'est..Jà-dire a<Voc l'arrivée des koupeaux dans les hauts pâturages.. .Ces combats de vaches ont d'ailleurs une très grande ~rtanœ pratique. A abaque combat, la bête qui est victorieuse, est prodamée c reine~ , non seulement par ·les montagnards, mais, en quelque sorte par les v:~­ ches ellles-mêmes, ainsi qu'on va le voir. On devine que la gloriole n'est pas étrangt:re à l'entretien de cette institut ion. C'est pour le pro,priétaire d'un troupeau, un honneur !out particUlier de posséder une reine. Mais c'est aussi, dans une certaine mesuxe, un ava·ntage; la reine . dont les fonctions durent pendant !•année courante, a le privillège de marcher en tête des troupeaux. et ce prÏfVhlège s'étend au troupeau même â qui e11e awartient; celui-ci, lorsque le bétaiO se dé}llruce, va devant. Les vadles· ap· partenant au prqpriélaire de la reine ont don.c cet awntage de déitlore.r Je ŒJâturage. d'avoir c te bon de l~erbe "· Quoiqu'Il en soit, uti[e ou non , cette cou· turne soulève un curieux problème de .psy· chologie animale, car les vaches paraissent en eillet se rendre parfaitement bien compte des conditions et du résultat de la lutte. A Thion, le 2 juillet, c'était un tumulte joyeux: les Vrulaisannes en costume, coi-ffées du ohajpeau carré à haut ruban, cou· .1. raient après leurs bêtes, les a,Jllelanf par leurs noms. De tous les côtés alP!Pilraissaient

sements précijpités et insollites. Pour évilier les blessures trqp graves, les cornes des vaodhes sont légèrement tronquées; on ;pla.œ un dé sans fond au bout de la corne et on COI.IfPe tou.t ce qui dépasse. Une lois cette qpé.ration tel11Uinée, !a bête, sachant le rite et sentant l'heure awrodter, fait voJer l'helibe et la terre du bout de ses cornes rogJI!ées. Parlois, rencontrant une adlversaire, elle se met en garde en secouant sa tête frisée. Un mouvement se fit biellJtôt; les bergers se portèrent vers quelques rochers qui émergeaient du pâturage; les assis.tants s'écar· tèrent, laissarut un vaste espace à décou· IVert. Il fut aussitôt elliVahi par quelques vaidhes. Le reste du troupeau, mêlé aux Sjpectdeurs humains, fonmait ie cerole et des centaines de têtes cornues se tendaient vers l'a •Les canlbaJttantes, au nombre d'une trentaine tout d'abord parcouraient .Je front du trowpeau. Tan~ôt, 1e mufle levé, elUes lançaient des mugissements précÎjpi•tés, tantôt e!Jes creusaient la terre humide; tantôt, et comme pour se donner un aS«Ject plus re· dout<able, eiJies se plongeaient le Iront dans 1la 'boue, ~PallPiiJjlant autour d'effies des mottes d'herJ:,e. Ainsi que les guerriers d1io•mi!re, elles senili!aient se jeter des défis. Déjà des engagements rapides avaient lieu; de jeunes bêtes, qui awaient présllillté de leurs forces, après que1lques passes malheu· reuses, rentraient bumjjiées dans Je rang. Les « prétendantes • resltaient se-ules en pré· sen.œ. Quelques-unes, pourtant, ainsi. que des set1Varuts d'amte, étaient acc01J1)agnées d'une bête de leurs écuries. respectives. Bienrtôt. conune on le voit dans les fêtes de lutte en Suisse, les adversaires se choi· sirent; plus ieurs enserrdlle corrunencèrent Je oonbt , le mUtile au ras du sol, le corps arcbou~ sur les j-arrets. Les. cornes s'en.treoho· quaient,_ les slllbots 21lissaient sur le sol, dé-

rene.

chiiranl! l'herlbe huanide. Une vache magnifique, longue de corps, !basse de pattes, large de poitrail le mutle b3.11boui00é de boue, a>Vait d~à mis en · déroute trois adversaires. Après chaque victi· me, dŒe mugissailf, an>elait un nouvel en· nemi, faisait que1ques pas lentement ; d'au, tres vadles victorieuses elles aussi de leurs !Premières antagonistes, s'a<Van.çaient pour répondre à ses provocations. Chose étrange, centaines, arri.•.oées tout près d'el,qe, la re· ·gan:laient un instant, puis, assurées san ~ doute de la d8faite, se retiraient sans livrer le comlbat; d'autres, dès le !Premier coup de corne, reculaient, ~u>Vantées de la raideur du alüoc. A!lors, la .v idorieu,se puiSISa.mment posée sw· ses jambes écartées, mugissait d'un air de d8fi. Mais voici que la reine de 1'an ,p assé, à grandes. secousses de ses reins !Puissants, venait tenir tête à la con· quélrante. Lorsque les deux bêtes se trourvèrent à queillques mètres l'une de l'autre, elles s'exaaninè:rent longuement, ayant l'air d 'étudier le . failble et le font de l'adversai· re, rassembllant toute leur énergie, sentant que la partie ailaÏit être sérieu5e. Puis, sans hâte, presque sans ,p récaution, eliles s'aJIJfrontèrent, restèrent un instarut imrnolbilles; tous leurs muscles se tendaient,- leur soulie sor· ~ait en sillffilant des naseaux. Tout à couUJ ta première vaclte - ce\le qui tenait tête à toutes les autres - ramasse sa longue élohine, la raidit ensui4e, et la «reine ~, déraci· née, g\lisse sur les genoux, se relève, recu· 1le lentement d'a.bo:rd, puis en sautant, tellement les secousses que l'autre lui impri· me sont rudes. Pourtan.t, profitant d'un mouvement de terrain, edle se fixe de nou· veau; ai ors, brusque et rapide, la première vache. dégageant ses cornes, l'attaque de f!J.an.c, multip1ie ses aSISauts, la harcèle. L'ancienne reine, épuisée, ne se défend plus que mo\lement. Ble cède enfin; e11e s'éloi· gne en se retournant, tandiS> que J'autre. fièrement, ·lance de notweau son Mti. ILes. vaches reconna·issent ceUe qui est


145

144 restée maΕfresse du terrain el lui vouent une sorte de resa>ect mêlé de crainte; e!les la laissent passer devant, la suivent O LI eHe les mène et la reine, de 5 on c~ . comprenant la situation, se coiTijpOrte aJVec dignité et ne perunct ,pas qu'on empièf~ sur ses droits.

, --ù.-.- ~-~ ---,~._,. .. -.-

"

....

,_ ~ l,llJin•(

L'utilisation rationnelle des fruits L~anomie sociale, df.iPuis longteiTIJps soucieuse d''étudioer la production dies fliclJ.esses, n'a pas encore suffisamment étudJié la consommation des biens de la terre ,pour •en tir:er le parti le ;plus ïavor.alble à notre vie. Dans les kuits de Ja vigne et des arbres ~écia·lement, sO'Ilt coocumulées des réserwes de vie ~étale. Le vigneron et l'anborkulteur voient venir avec joie l"ejpoque où la terre teur rend a:v'ec usure la récOIID(Ptln.se ldu long- tra•vail. Les fruits !prélcoœs se sont é!che'loooés open'd:ant l'été, et voici la saison deS IJ)Ommes, des :poires, du raisin, etc. Sans l'utilisation rationnel!l·e de ces réserves dans l'inrerlêt d'une alimentation saine et aib<>nldlanre, la valeur :vitale du la\beur agrico11e est en partie CO'DllPr-omise. Y a-t-il lieu d'eJCaminer cette question? Oui. ISans doute, ~e à un enseignement ménager .plus IPMti!que,. le menu famiJial s·enricllit de consenves variées excellentes de fruits et de liê_~mes, et ·les lfruits ôle if:alble se liiont une rpla>ee die IJ)lus en 10lu.s laiJ.g"e dians notre régime ;~ tirnentaire.

\Mais nous sommes loin d'avoir réalisé dans l'utilis.aticm dies fruits à •Pénins et à noya~ ainsi que du raisin, les pro,!!rès :récJ<amés ·par le souci d'une bonne économie.

tPour ce .q,ui coilJceme les ·pommes, les rpoi~es et t.es ,prunes, « un peu plus de la moitié die La rocolile est utHisée !POUr la falbrkation du d.a.re et dB l'eau-de-w,ie; un tiers est consommé frais ; un d.ïxième se mansf.orme en fruits séchés et en consertves (Odermatt.) On sai.t l'eliliPloi presque exlclusivement <ill'coolbque du 11aisin. .Aux yeux de }~économiste 3Jverti, rl y a ~à un gaE1Pi1lag1e regrelri:3Jb1e. Car sans !parler dies dlang_ers moraux et so· daux de la SUI'IProduction .ako:>Jrque, la ienmentation et la distiJLlation constitue une diminution not~e et même une diestruction de la valeur alimentair-e. .; 1 ·11 est à s<>uhaiter que l'·enseignement a.griœle qui reçoit en ce moment une heureuse imjpulsion ·batte en brèche }a r-outine sumnnée et fraye ~·e chemin l1 des méitihoides d'utiJHsation qui conser'V•ent les jus dies fruits aJVec toute leur valeur nutTiti:V'e, virale. Au.jo~ui l'exœse die ne pas savoir soustr.air·e les produits de la récolte aux gtermes de la îermenfation n~exisJ.e plus. Les décowvertes de Pasteur sur la stérilisation sonit d~uis UongtetJllpS ~!Dqulées aux jus des fruits ·et en assurent la œnservation lPrD'l-o11igée. C'est à un Suisse, le ;pro· f.esseur Mlülller, que 11tw·ient le mérite d'avoir inauguré a!V'ec sUiccès l'emjploi des métholdes pasteuriennes pour la stériaisation de granldes quantités de jus. «/Un assez .gtiand nomll:)re de :prol(lédés différents pour }la <lorusel1Vation des fruits dans la petite exjplloitation furent ptrêconisés dans 1a suire . . . . La métholde de 1consenv.ation de jus dE fruits en bouteiHes a éré ·consildléTaiblement améliorée 'J)ar l'instituteur R. LeuthO!lld à Wâklenswil . . . Cette ma-

J

nlêre de faire a rp1lusieurs avantages: utiJisation IPOSSibre même dans les :pe· tites eXIf)loitations; consenvation du ~owquet diu !fruit; absence d'arrièregoût ·et die bon marcllé. Elle est sûr·e et simtPle. » (Oder1ma tt.) La société atg.rioole de Tih'ltllgovie s'est ~ait donner, en 192'4, des cours sur }.a stérnisation dies jus de iruits. lei~én,i.ewr Monrt:i, au 1Jileu de chauflf·er les jus, congèle }'{lau •qui est conten U·e et, au m~en d'lun eJctJrlacteur œntrifu!gte, comme ceux .qui sont emI])Io)'lés pour ~'extf'action du miel, en retire un €1Pais sirop. « Les rproduits tfabr1qués au moyen de ce IJ)rQIOOdé par le froid IJ)taisent iJ)ar l·eur arôme délicieux. ,. (Qidermatt.) \Lu'utilisation r.ationneHe des fruits en IPrcduits non a.licooliques concerne sans doute nos Conifêdérés de la Suisse alêmanique aiVIf\C 'leur ddfle. mais aussi les arhoricuHeurs et les cutlti'VIateurs :ct~ la Suisse romanlde si empressés âe jeter pêle-41l1êle dlans le tonneau là fermentation l'a1bonldaonce des récoltes IJ)I(}ur la réser1ver à l'a1ambiJc. Que~ques~uns <J:e nos magistrats coiitllPrennmt 1~ g1a~U~age antisocial de l•a valeur a1limentaire des fruits et essayent de :réa·gir. Les. stations fédéral!es d'essai !plfrent leur inteUisrent ICQifliCOurs ·à cette œt.Wre de restauration économique, et 1a ~ie fooërale ~s a'l!cools sOOij!'e à soustraire mêm~ les rmar.c.s à la 'distillation. lfl y a lJà des etlforts très intéressants tPOUT rprotél.!!er ·l'industrie nationale. }u:sq.u 'id la Siuisse !demanlde à l'imlportation les 1.200.000 !(}. & sucr:e an· nue11ernent reclarrnés ,p ar l'êconomie lfamiHalle et !'ink:ktstrie. ·Est"'ce que nous manquons de matière fPr·emier.e? 'Sans doute, notre climat ex!Clut la cul·ture d'e la .oa.nne •à sucre, et l'es essais de cu1ture de la bet't·erruve su!Criè-

œ n'ont :pas eu ·beau.coll!p de succès.

Mais nos anbres pourraient, sous une tforune dit&férente, nous fournir en moyenne 5000 wagons de sucre ~ fruits, sans parler <fautnes « tp}.antes à sucre. 'P « lAinsi les possibillires dl' utiliser ·les fruiis d'une façon non a'lloooli'que sont no()D]jbu-e~. Les milieux di•rigeants et I.es associations ag;viJooles Ïlfl!POrtantes de la Suisse aœorident un~ grande attention à cette 1question. Les a~gricul­ teurs, en lelllfet, n'O'Ilt qiUe des avantages à attenfdlre de l'Mucation antialcooJi•que de notre pettir>le. qui amènera 1}es tnowveUes générations à vÎIVTed'une façon plus ~olbr~ peut-<êtr·e même ahstinmlte. » (IQdeitrnatt). O. ---()-

<<Catastrophe vengeresse» On est hell!Teux de lire dans le ,Rappel" une !Protestation contre les ,films immoraux et sangllants qwi provoquent de véritables actes de folie et deviennent une école du crime. 'Nous lui lai·ssons la pa.rOile : Tous les m6decins aliénistes, tous les professeurs de pa1hotlogie mentale sont unanimea è. déldlarer que le cinéma joue, dans notre société moderne, un rôle foncièrement néfaste, - Je n'en -veux [>OUT preuve que ces que!Jques iignes ertraites, du r~ort d'un tJlrafesseur éminent, dbargé de l 'examen menta,l d'un délinquant de 15 ans, surpris sur une voie ferrée en train de détruire un signal: ·· Deux jours avant, le jeune o ... , errant à 1'31Venture, vit à la porte d'un de ces étalblissements qui sont ~a ihonte de notre ten:ps, des ailfiches énormes dont la couleur sewle est une injure au goût et ~ la morale. II)horreur et le sang y . coulaient à flots. C'était i'annonce d'un St!jpect~le .cinématographique madbiné ,pour prQvoquer les fris-


J

U6 sons les plus in&lits et intitulé: c Catastrophe vengeresse . . . » ·• ID··· dévora des yeuJX cet étalage si plein de prOIJleS'Ses ... Il avait quelques sous en podhe . .. Il entra. Ce fut une véritaJble JaSICination: un homme pollll'suil un autre homme d'une haine saUIVage; il trouve moyen de r~ontrer son erwemi mécanicien sur un train de voyageurs où il s'est luimême engagé comme dhauflfeur; quand rie train est en vHesse, il prONoque son adversaire, et les deux h~& s.'eq><>ignenf dans un COl)ps à corps infernal, à la vitesse de 100 lam- à, l'heure; le train sans, direction s'eni>allle, brille le& signaux, déraille dans un fracas de tonnerre. . . et la scène se temnine ptr le défitlé des civières empor,iaJDJt les blessés et les mort& ... • tRésUiltat: trois jOUrrs après les gendar· mes rencontrent le g:aanin cre 15 ans, sur une voie ferrée, OCOU[>é à saboter un si· gmù . . . Au magistrat qui finterrogea, o ... r~ondit cyniquement qu'il aJVait voulu re· voir la c Catastrophe veogeresse »!!! Quel e8't le responsable?

IL'enbnt ou le cinéma? . .. C'est pow: que de pareilS' faits, Mias! trqp fréquents, ne le deviennent tPaSr encore Wwan.tage, qu'iJl est indispensable qu'une StUI'VeWance inexorable soit exercée sur les tproductions cinélmatogratphiques. -I..a loi existe ~Ji; id Slldfit de contrôler son exé·cution. Oes horreurs sem'lllalbles à c La Catasvengeresse • ne doivent plus souiller les écran.s. Le domaine de J'art et de l'imagination est ass:ez vaste et varié pour permettre ·la dé.couver,te et la création de Hrlms inédits et intéressants. même au point de vue commerciat !Le maJ étant tué dans sa racine, les sta· tistiques de la criminalité inlanti1e et juvéniJe connaîtront peut-être des dhilffres moins tr~e

~nwressionnants. --o~

Le petit raisonneur Alors, mon pawre petit a.mi: c'est de· main la rentrée des classe&? • . . - Non, Monsieur. - Comment cela; non, monsieur? - Ce n'est pas la rentrée des classes. Ap,prenez à parler français, je vous en prie... Les classes' ne rentrent pas. Ce sont les élèves qui rentrent. - Evidemment. .. M'Ilia enfin, tout de mè.me, c'e&t f,ini: Adieu les pl~s, rehon· jour la virlde. Non, Monsieur. - Commrot cela, non monsieur? - Mes rparents halbitent le HâNre et je s·uis venu !Passer mes .vacances à Paris. A• lors, moi, le ter octolbre, je quitte la Drpi· ta·le, et je m'en vai$ au bord de la mer •.. . - AJhrl parfaitement... Seulement tu es bien dblligé, n'est-œ pas, de r~rendre tes •ivres de classe et tes oaltiers. - Non, monciew-. ~ Comment cela, non monsieur? - Je ne reprends· pas mes lirvres de clas· se; j'en prends de nouveaux, puisque Je change de division. ·Et puis, on m'achète des cahiers neufs... Ce n'es,t pas du tout la même dhose ... - Bien sûr, bien s\lr ... D'aildeurs dans le fond, tu dOis être rav.i : tu vas retroUIVer tous tes anciens petits camarades·. - Non, monsieur. ~ Comment cela, non monsieur? - Après ce que m';wait dit le recteur au moment des vacanœs,, j'ai préféré dhanger de Lycée. - Il t'await dit que tu étais- trop fort jp0ur ses élèves. - Noo monsieur. Il m'avait dit qu'il me mettait à la porte pance que j'étais trop raisonneur. - Ah! Baihl. .. Mais en fin de compte est-ce que la rentrée des classes.. . est~ que kt rentrée des êlèNes t'ennuie ou te fait pfaisir? . . .

- Elhle

tne rfaît plaisir.

- Je COII\Pfends-, dans le iond, tu es un bon élève - . . - Non monsieur. - Comment cela, non monsieur? - La rentrée des élèves me fait plaisirCe gui m'ennuie, c'est la rentrée de3· professeurs ... Vous avouerez, d'aiilaeurs, entre nous, q·ue c'e&t tout de rnême une rudement drô· le d'idée de nous faire rentrer le même joUrr ...

Antonr de la toilette féminine C'était l'autre soir, au Vaüoan. Dans la vaste saJ]I[e des Bénédictions, Pie ~1 donnait audience à environ 4000 élèves et anciennes élèves des Da>mes du Saicré· Cœur venues de tous les points du monde. Il y mvai•t là la comtesse de Caserte, l'arohidudhesse Agnès de Toscane, les aidlidu.chesses Ma:rguerite et Mrtélie d' Aru.triohe et aussi a.vec 250 religieuses du SQJcr~ur , Mgr Ohesnelong, arohevique de Sens. et Mgr Le· rcomte, eyêque d' Aaniens. ILe Patpe fut éliCCueillili par un tonnerre d'aŒJ· Œ ilaudissements et d'a.adlamations par l'assistance juvénHe, puis une aOJCienne élève tradu.isilt, dw!s une adresse française, les sen· tLments de ses c~a.gnes. Pi~ Xl répondit aussi en français et ia parla arvec tout son cœur. La pa1'tie principalle de ce discours lut consacrée à un su.iet bien féminin, puisqu'il s'agit de taillette. ILe Pape voullut attirer l'attention des jeu· nes femmes et des jeunes fillj(es sur un point qui, dit-il , lui tient .partioulièrernent à cœur, c'est-â-dire la d6cence !fus modes. • iM.ême les plus jeunes parmi les assistantes , dit le Saint~Père, ne peu.vent ignorer .J.a peine oauS(:e à tous les pasteurs d'âmeS et aux SoUJverains Pontifes par la mode in· décente.

• Nous;rnême, nouâ awons dQ fermer la jporte de cette maisoo, de notre maison pa.terneille, à certaines de nos iN-les, bonnes du reste, aux-que:!J!es manq uait cependant ce &enb.ment qui, dans ma feQneS et à plus forte raison dans la femme dhlrétienne, ne peut être amoindri , le senii.ment de la mo· destie. • 1Et nous n'awons pas eu à nous repentir de celte rigueu.r qui nous était cependant hien doulloureuse; si certaines, d'arbord, s'en sont senties blessées, bientôt des ~audis· sements sont venus de partout et pas seulelllent du côté calihoilique. "' Nous rvous demandons de répondre à l'agJjpcl que nous vous adressons maintenant, de nous venir en aide dans cette croisade sainte. Nous vous voyons, vous et vos corn· [l<lgnes et vos amies, foule a.dmirailjlemeot narrfureuse et admiralllement armée pour ce nouJVeau combat. Que toutes les élèves et anciel1111es élèves du ~re--Cœur se consacrent à cette mission épurative, quels résulla ts ne pourrait-on pas attendre alors. Nous COilllPtons donc sur vous pour cette m~·niliique entreprise, digne de votre édu· ca~ ion et des religieuses qui l'ont iaite. » Ces paroles, prononcées awec un a.ocent a>articUlièrement persuasilf, oot fait sur tou· te J'assistance une profonde ïnwression. ({N

'*

~

A ce sUJ]et, vo1c1 encore un c avertisse· ment . lu l'un de ces derniers dimanches dans toutes les égllises et ohape!nes du dio· cèse de 'LaJusanne-Genève,f'ribour,g et signé de S. O. Mgr Besson. [!ndéJcellrCe des modes, surtout à la ville, a pris des prqportions scanda~euses. Les fi· dèles, et notanmnent les mères de famille, ne doivent pourtant pas oublier qu'il y a , dans ce domaine comme dans les a·u tres, des rè· gles de la modestie chrétienne dont n\.111 ne rtJeUf , SOUS llJUCUO prétextee, sbrter . U fant que le niveau moral soit tombê bien bas pour que la femme se résigne aux


J toilettes outrageantes que les capri~es d'un monde pe:r!Verti lui !ont porter. 11 ·lau:t que le sens des cOIW~ances ait été singulière· ~lent aJIIfaibli pollll' qu'on ne sache plus ,qu' LI est incorrect de sortir de chez soi avant <t'a~oir fini de s'Mibiliiler. Nous sommes écœuré de constater que de tellles aberrations se manifestent non seule· ment dhez les personnes de malllvaise vie qui les oot illS(pirées, mais ôhez des chrétiennes, même clhez cellles qui devraient da· vantage, à cause de leuil' position sociale, donner le bon exeillrPle. Nous sommes navré de penser à ~a ilPgèreté de tant de mères de îarnill.le qui conwromettent à jrurnais l'âme des ~lllvres enJants surtout des Wllettes en les accoutumant à certaines manièll'es se vêtir qui leur font ,p erdre le sentiment de la i>udeLLr. Contre Wle pareiUile renaissance du paganümre, Nous avoos le grave devoir de réagir, et c'est à I'eS(Pfit chrétien des fidè· les que Nous faisÔns appell. ' QueLs que soient les vains pretextes que vous pouvez invoquer, Mesdames et Mes· demoisdNes, nous ne craignons pas d'atfi.rmer que les modes actuelles sont sou<vent llille sourœ de péoh.é ,po·LLr les inconscientes qui les acceptent, et. une ooca.sion de péohé iPOur ceux qu'eMes scandalisent. Au jour où Dieu vous demandera com,pte et du mail que vous aurez fait et du mal que vous aurez tait faire. N ne vous jugera nt d'oaprès votre jouma·l de modes, ni d'après les faux pritJJc.ipes d'une hygiène toute maté· riaJI'isée ni d'après les !Prétendues. coruve· nances des mondains, mais d 'après le saint 5vaDgiJle. Or, le divin Maitre a dit: c •Mal· !leur à qui est une oause de scandale! » Le dell et la te:rre passeront; cette parole ne passera pas.

d;

Oh 1 la langue!••• 1Pren.ez donc cinq minutes le soir pour dresser un biJlan. guer hilan? Celui des con-

versations de l·a journée, en vous essayant de vous raa:weler de qui vous aiVez parlé et ce que vous aNez dit. De qui aNez.:Vous pai11é en bien? IDe COUifuien, au contraire, a'Vez-vous par· ffé en ma[? Renowvell.ez chaque soir, durant une se· maine, le rnlême petit examen. . . Com,ptez ie nonlbre de ·VOS remarques peu charitables . . . de vos médisances .. . , de vos œJomnies ... , de vos accès de jaJlousie et d'envie peut-être. Faites le totaJII contraire. . . .Prolba.ble.ment vous serez étonné du petit norrlbre de ,p er· sonnes dont vous aurez dit du bien - du lbien, • tout de bon :o et non pas. du bien qui sert à adouei;r une critique que vous sentez trop amère. (Rien de tel que cet e~men pou.r ~pren· d:re à mesurer la portée qu'ill. y a dans l'ob· serV!ation f·idële de œtte paro'le de s. Jacques: « Celui qui ne ,pêahe pas par la lan· gue est un homme rpaz1fait. ,. -·-()-

Nos amis les oisflanx \

!Nos amis les o~seaux . .. On les aime toujours, on ne ces.s era jamais de les aimèr .. . Mais que voulez-vous? C'est ~a vie. iLa vie crée des dis•tances. lEux-mêmes sont plus distants; ils bénêfideni de la bonne volonté qui les protège, les abri~, les oourrit. Pourtant, ils ne se familiarisent pas . Ils restent l-ointains. n semble même que ~eur sauva· gerie ait augmenté. {ls sont tou.jours sur le qui-vive. ~Et ·leu:r nombre a diminué, dans la proportion où celui des chats du voisi· nage a augmenté. .Oistants, nos amis les ~ . .. Et nous aussri., plus distants : la vie, le train du monde· On ne néglige pas de mettre à .Ja portée des hôtes dés les miettes et refiefs des festins. M'ais pas le temps d'observer :les a.Hées et venues de tout ce petit monde frouf!routant.

149 Ces! d'ailleurs un détail, urt incident qui rentre dans urne série pius générale de phé· nomènes· : le sens de la nature s'aJfiairblit; la prose quotidienne tue le sentiment du pit· toresque. On ne sait ~us voir, on ne sait plus ·joui:r. IPour en revenir ~ la grande et magnifique beauté des choses, il faut être soustrait à la fébrilité uJtra-moderne. Alors, par exetllJ)le, on appréciera - ne fût-ce que par quelques jours de maladie tout ce que peut être, pour les· vieiUa:rds et les infirmes, [a présence des oiseaux sur .Je balcon deVIant da fenêtre. 1Le coup d'œil distrait, furtif, redevient l'observation scienti.Hque ou Ja eontemplaüon poétique: on a le temps . .. C'est même les deux extrêmes: ·hieT, c'était la vie intense, les jours toujours trop courts pour toute la lbesogne qu'i.J. faut abattre; et demain ce sera de nouveau tout cela, mais aujour· d1hui, intermèk:le fo11cé, trêve-de~Dieu ~llljposée par 1a >Providence, toUJjours bonne et sage . quoi qu'on en dise et médise. - ·c'est le • sélak • hébraïque (pause) du livre des ·Psaume~.

!Donc, soigne-toi ou laisse-toi soigner, re· pose-toi, ta.is-toi, gude de Ht ou la cham· bre, av•a•le sagement tes potions amères ou dou'Ceâtres, fourre une demi-douzaine de fois par jour, seus ton aisselle, le tltermo· mètre mêdicaJ, et que l'on inscrive sur un papier • adl hoc ,. 'les variation~ de cet ustenSIÏie 'doué de sensirbHité: 38,7; 39,4, etc. lEt, pour charmer tes loisirs forcés, re· garde par la fenê'f!re où, sur le fond grisâtre du brooilklro, se détache .Ja !baLustrade du balcon avec les branChes squelettiques de la g~lycine. A:otors, c'est comme un ridea:u qui se lève, et ta gramie scène du monde appa:rait. ill y a des vols lointains qui passent et s'effacent; des vols 'noirs qui sont des cor· beaux, et des vols iblancs qui sont des pigeons•. Puis, plus près, tout près· . . Et ce sont

eux, les petits amis . Les voici retrouvés. ·Et l'on a le temps de les suivre du regard. Mais d'abOII'd, avant de les voir, on les entend. Du moins leurs porte-parole, car tous ne sont pas orateu:rs ni chanteurs. Un son dé ·cristal, d'une pureté exquise, féerique; on dirait des cloches qui vibrent là-bas, très ·loin, très haut. lEt c'est - lbien avant ~e traditionnel chant du merle précurseur plus ou moins perspicace du printemps - c'est la oloohette d'or de la petite mésange. !La mésange charbonnière, à tête noire · Die sonne les matineSJ sur le tillellll voisin, dis:crètement, clairement, gai.ement . .. ·P uis, soudain. elle arrive su:r ·le bakon · Bile évolue, alerte, rapide. Elle a de remarquables dons d'acrobate. Et elle déploie une activité intense, non ,pas fébrile comme la nôtre, mais aLlègre et enhousiasie . C'est in· croyable ce qu'elle peut trottiner, sautiller de branche en !branche, en s'aigui-sant 'le bec sur les rameaux desséchés, comme si un maJgnifique testin aHait être servi . Il n'y a pourtant pas .Je moinl:ilre insecte en vue, mais, quand on es.t mésange, il faut bouger pour bouger. C'est de nature. du vif-argent dans les veines. Bon. Voici une seconde mésange . Le couple est réuni. C'es-t l'espoir des nids pour le printemps à venir. Dans les grandes occasions·. il y a même un second •COUip1e. >Et parfois, une petite mésange à tête bleue, qui sans doute a sott partenaire, ehle aussi, mais étrangement dis· crèt.e et ,s.olitaire; on n'en verra jamais qu' une seule à la ~ois. Et d'un plumage éteint, déteint. La charbonnière a beaucoup plus de lus•t re. Bravo: revoici un de nos nreilleurs amis, Je gentil rouge-gorge. Il y en a u.n couple aussi, mais rarement les <leux ensemble: ils alternent à de brefs intervaUes. Le rougegorge, gris-brun, avec la tache orange qui lui valut son nom, es•t un méditatit et un silencieux. Son œil noir, presque trop gros


150 pO'UT son corps St menu, est observateur et mélancolique . Moins farouche que la mésange, il regarde curieusement dans la chambre. comme s'il sympathisait avec tout être condanmé à la réclusion . On comprend que la légende ait mis ooe auréole sur ce cher petil oiseau. Et quoi encore? Il y a Qans le jardin des couples de merlichons qui trottent drôlement, dJune aJ.Jure saccadée, avec des arrêts pleins de méfiance et d'expectative. Mais ils ne viendront sur le balcon, à table d'hôte, que si la neige ou le gel •les y contraignent. NaturelJement, il y a aus·si des moineaux: où n'y en a-t-il pas? Ces hohêmes, ces parasites vont par ba.ndes, et ce qu'ils sont querelleurs: ·la part du prodhain est toujours la meilleure. \Puis, !hélas! il y a les chats. Ils grimpent le long de la glycine et font intrusion sur le balcon, pour manger la part des oiseaux et, si possible, les oiseaux eux-mêmes. Peu leu.r importe que, sous la 6enêtre de .Ja cuisine, des res1es copieux leur soient destinés: ils préfèrent le ibadcon ... Alors•, pour que les oiseaux aient à man . ger, il a fallu aviser. Savez-vous à quoi peut servir une boite à vacherin, une fois vide? Ce bais Mger nau:S sera très utile. Trois ficelles, passées dans le bo.rd arrondi, vont faire une meneilleuse c .suspension • . Un rameau de glycine, souple et robuste, va faire l'office de po.rte-manteau. Et voilà un garde-manger l Pabri des chats. vous aurez beau lever ie museau et allonger la patte, vous n'y arriverez pas. tEt les oiseaux d'accoutrir, enohantés de l'aubaine, et le poids de leurs évolutions fait osdller en cadence Ja boite à vacherin. De l'ondueux fromage de la vaililée, des parceliles adhèrent au bois résineux, et c'est un régal longuement apprécié. Puis, vous approvisionnez votre ga11de-manger aérien, et vous avez toute une colo0nie à table-d'lhôte; votre balcon devient UJll palace nec-pl•US"'l!lltra ....

J

Seu-lement, seulement, où est la paix, où, l'amour? 'Passe pour les chats, une race à part, pour qui J'oiseau el;t la pwie prédestinée. M'ais si du moins, entre eux, le& oiseaux étaient plus raisonnables, plus fraternels·! ... Mais non: les moineaux font fuir les mésanges et rouge-gorge, qui sJécartent avec dignité. pour revenir au crépuscule, quand les moineaux sont couclhés . Car il y a un horaire qui s'établit. Les meilleUJrs mangeront les restes. IEn attendant, les moineaux se dhicanent entre eux, plumes hérissées, becs menaçants. et des cris, des injures... Sale ménagerie, va!. . . Il y a assez pour tous, mais le hien dérobé est le meillell!l" ... C'est singulier œ que ces oiseaux sont c humains • , au sens le plus triste et le plus féroce. Cela ouvre des !horizons fâcheux sur la psychologie de la cr&tion. - Et, dira ce soir le docteur, 38,6, vous avez encore ~e la fièvre. . . Ttâdtez de vous ·lais.ser vivre d'une vie · toute végétative, sans réfléchir, sane ruminer ... Seu,lement, eux aussi, ·les végétaux, ils vivent sur pied de guerre, Mlas 1...

au moins des faibles ; c'est le langage de ceux qui ne trowen.t jamais l'heure propice, et qui, alors même que le fruit tomberait de l'aibre, trOUNeraient encore qu'i·l n'est pas m6r. Ne dites jamais surtout: «Nous serons va•iru:us •· .Pierre de la Gorce de l'Académie française. -o~

:.

1

La Barque = 11 y a une jouissance !Profonde que je recomtnaJDde à certaines âmes, c'est d'a:!Jer à Rome, sel:li, et ahsolwnent i.n:connu. ·Et quand on s'y frqll'Ve en une fête de S. Pienre ~ un jour de canonisation, alors, ta vision devient une des plu~ beLles qu'on puisse awoir ici~s. Etre adossé à un pilier dans Saint-Pierre ... , l~Œ>Cfcevoir par-dessus les têtes inoonfurables cet h0ii111IIe porté sur la c sedia » ••• , cet homme qui, sans discussioo jpOSsi!l;1e. remonte à Pierre et au Ohrist ... , cet homme qui coanrmml.e à 300 mi!ilions d'huma-ins . . . , .oet homme qui est le Pape ... , eu qui s'eJqpr~me la plus gran·de, la plus rêiléchie, la plus dura.ll:Jle des p uis'5a!llCCs d'ici-bas .. . , oui, il y a là une vision pour laquelile i~ est bon d'être seul, comme il Jaut être seul devant certains grandioses spectaoles de l1Îin1ltl.ell.Se nature.

o...-()--

confiance! On n'iJillagine pas tout ce que peut pour le bien ou pour le ma-l ia plus petite poignée d'hommes., à la condition qu'ils aient l'union. la persévérance et le courage. En une vingtaine d'années, dans une région que je connais bien., j'ai vu certain centre, absolument bon, devenir 111aUJVaJ.s par la seule inJI!luence de trois hommes. A l'inverse, dans la mêlme ~ion., j'en ai vu un autre presque suibitement retourné de mal en bien pa,r J'aJCtion non pas de trois hommes, mais dt'un seu~ qui , maJIBteureusement, est mort trop tôt, mais qui savait voUloir, et qui surtout saNait ~er. 1Ne dites ja.mai~: • Ia n'y a r.ien à faire•· Cela, c'est le langage des égoïstes ou, tout

151

1

1

Que vient-~ voir à Rome quand on vient voir le Pape? Vient-on voir la riohesse ... ? Non. . . 1Les rois de l'or ne sont pas ici et i~s. n'intéressent pas les <ioules. 'La puiss3itlJCe miLitaire ... ? Pas daNantage. Cette \Puissanœ-Ulà, est aujourd'hui de l'autre côté des mers. ILa for:ce sdenti:Uque .. ? i.ndustrieUe .. ? li n~y a pas de place pÜiur ~a. moindre usine dan·s les jardil1S du Vatioan.

Ce qu'on vient voir ... ? C'est le d6posi· faire de 1'éterne1ie Vérité .. . , c'est la pierre angulaire qui soutient tout J'édifice du monde mora!l . .. , c'est le sucx:esseur du batelier auquel i1 a éié dit. c Je te ferai pêlcheur d'hommes .. .• lEt la basilique peut être toute ruisselante de lumières . . . Et les riches étames pewvent être ap,pendues le long de marbres plus riches en& re ... Et la • sedia • peut être portée sur les épaules, entourée de gardes magnifiques.·· On sent très bien que toute ceHe p~ est une façade désirée par la !Piété d1 Un peuple, mais que la seide pensée ... , que la vraie vrie intérieure ... , que tout ce qui palpite de désirs derrière ~e d&:or, est issu de la consigne de Dieu : • Tu seras pôobeur dlhormnes. •

... •il.

C'est~-d·ire que ·la barque de Pierre reste

toujours la barque. [.a barque... et non pa& le bateau de plaisance COI1llllUC, Mias! se le figurent un trOIP grand nombre de chrétiens. Car iJ y a beaucolllp de bajplisés pour lesq ue'l·s J'Egllise n'est q u'oo confortalble na· !V'ire. 1Pour y être admis, les auteurs de leurs jours ont d~abord :oocœqpli certaines lonnalités... Eux-ilt'lèmes, ensuite, se soumettent â certains rites . .. , payent quelques petits droJts .. . !Moyennant quoi, adttninistratrivement en règile awec la lettre . . . , gais et contents., le cœur à 1'aise, doucement étendus sur des lfauteuiils ouatés de ma11esse et d'indifférence, ils espèrent bien arriver au .p ort du salut. ~ 1Mais '1'. le rude ·batelier martyr les attend. il.là, ils s'apencewront qu'ils se sont lour-


152

1 1

dement tronwés .. . , que leur navire n'est pas la barque de Pierre . .. , barque dure , a ustère, comme toutes les barques aù l'on pêche ... !BaiXJue où il faut que tout le monde tra'VaiJile . . . et que tout le monde raworte .. . 1m1e est déjà dure, la ,pêdhe aux poissons, sur ces quelques planahes battues iPar .Ja coŒèrè des 'iilots . . . Les voiles sont pesantes, les filets di~cuUueuilt, 'le poisson ru~, le ciel p 1ein de menaœ . . . rMatis la pêche des hommes! . .. Qui dira sa riguem, et, à certains jours, son iJDlmense lassitude! iBdlll.irer des intel!l:igenœs encombrées d'objections . . . , reprendre des cœurs en awarence à j3J111ais détournés de vous. . . . puri,fier des sensilbilités qui ne vibrent ,plus qu' aux cordes basses de l'amour humain .. . Oui, dur tra!Vail! . .. 1

1Poucrt.ant, c'est ce travaill qu'il ~aut faire .. . tra>Vairl de vie ou de mort rpour vos frères et pour vous. /Et la première question que vous posera Pierre, le batelier. qua·n.d vous descendrez de sa bllll'que: - • Combien a'Sl-tu plêohé d1hommes . . . ? • C'est en vain que vo.us rtWondrez en monitrant vos mains [lileines de mousse, de tfleucrs et d'exquises petites dhoses. « Comlbien as-tu ,pê'ohé d1hommes .. . ? • [;a sentimentadité et les iPfll.tiques extérieures n'aUiront leur tour qu'li!Près la r~onse essen tielfie: - • Combien a He pêché d1hommes .. . ? • Car chacun ne peut aJYOir d'eSjpOir de sa1lut indW.iduel que dans la mesure .où il au· m !Participé à la pêche ·~éra.le. •Et pour r~ler cette vérité, essentielle entre toutes, le suœesseœr du premier batelier porte au doi;gt un· anneau unique, que ~ui seul a le difoit de porter. . . C'est l'an· neau du pêcheur.

~ Toi qui lis œs lig~nes dédiées au grand

[lèche ur d'lhommes ... , toi qui navigues au· jourdlhui sur sa barque, pose-toi dès à présent la question qui te sera posée bientôt. c Combien ai-ie pèdhé d'hommes .. . ? • Et redresse-toi. ,plein de reconna·issance... Ou baisse la tête a>Vec co.mfusion, suivant la r~onse de ta con·slCience, en. la terriblf. êooque que nous vwons et où cha-cun doi! sentir su:r sQn visage le vent des abimes que nous côtoyons tous. Pierre l'Ermite.

1

-o~

Echange de bo,ns procédés !M. X . .. rencontre le docteur

z ...

- Eh hien, ça va? .. . - Oui, mais "'ous risquez un terrible rhume. Boutonnez doD.IC mieux votre pa.Ie· tot! - Vous 31vez raison.. . ANec cela, quoi de neuf? /La con!Vcrsation dure enrore quelques minutes, le temps d'une dizaine de ~li­ ques, c'eS't..:à-d~re tant qu'elle peut tenir au milieu de la bourrasque. >D'a~leurs, X, a la langue déliée et des prqpos amusants pour tous les temps. Or, trois jours après, le médecin envoie sa note, ainsi rédigée: fr. S.Une consUiltation A guoi X ... (le ma:Iade) riposte !Par cet autre. Ir. 5.Alvoir dit un bon mot a:u Dr z. lr. 5-A.Yoir attendu qu'hl -l'ait compris !.r. 10.TotM A délfa,lquer 5 fr. pour la consultafr. 5.ti on fr, §.,_. Reste dû par z. à x.

MOT: . DE

LAFIN

\Lucette porte des lunettes et ne veut ja· mais s'en séjparer. Il ~audrait pourtant bien les ôter 1pour dorunir - mais elle proteste: - A[rors, je ne pourrais pas voir .mes rêves! - . .

..,


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Supplément Special, l'Ecole primaire 1925 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu