o Novembre
1912
80 lui est illlpossible de travailler tant la pt·ess ion de l'eau le ~rêne dans ses mouvements. Tout_ au plus pourrait-on ramener quelques débn s du malheureux navire au moyen de sondes 1erminées par un crochet. Mais à quoi bon? Il reposera à jamais dans sa froide tombe. D'a illeurs, la mer se charge el!le-même d 'cn:oevelir ses victimes. Les icebergs venus des 1mmeuses ~rlaciers du Groenland çharrienl avec eux des débris de toches et de terre qui se déposent au fond de J'Océan lorsque la ?,lace fond et ain ~ i. au cours des siècles qui se succèderont, plus rien ne restera. pas même la trace de l'effroyable catastrophe du mois d'avril passé!
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ANECDOTE SUR LE PAPE LEON XIII Léon XIII était journellement sollicité par des quantités innombrables d 'artistes peintres, sculpteurs ou photo.R-rat>hes qui bri· guaient l'honneur de fixer ses traits sur la toile, par le marbre ou par le collodion. Léon XIII était facilement accessible. Un peintre italien, dont le nom et pour cause n'a pas encore franchi les Alpes, se mit eu li.R"ne lui aussi, et demanda au pape l'autorisation de fa ire son portrait. Le Saint· Père la lui accorda. . L~rsque l'artiste eut achevé son ouvrage, ll pna Je Souverain Pontife de vouloir bien mettre au bas de l'imaj!'e une citation de l'Evart~rile et sa si_R"nature. L'œuvre était médiocre, la iij!'ure po1nt res!>emblantc ... Embarrassée par la prière du peintre, le Pape r éfléchissait. Mais, voyant la mine déconfite de l'artiste. il se laissa aller à sa naturelle bienveillance et céda à ia deman· de du peintre. Et finement railleur , accommodant à la circonstance le verset 29 du chapitre ·14 de l'é· van_R"ile selon Saint Mathieu, qui rapporte les paroles de .Jésus apparaissant à l'improviste à ses apôtres pendant un j!'rand ora_R'e sur le lac de Galilée, le Par>e écrivit au bas du ta· bleau : • Vatican 29. 4. 01. 5 h. du soir. Ne vous étonnez po-int, c'est mo i. • Et il signa léon XIII.
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LA LETTRE OCEANIQUE. Un grand nombre de passagers faisant la traversée d'Europe en Amérique, éprouvent Je besoin de transmettre, en cours de roule, à leurs familles. à leurs amis, à leur maison, des connnunications relatives à leur personne,
(OJJ{{ ~~1~1~ DE LA
So e i été "'a] ai~ a1) t]e d ·édu~aticn LE SOMM EIL CONTAGIEUX Une bonne histoire qui se passa. dans la .vallée de la Suhr (Argovie). Un iour arriva, pimpant et important, M. pecleur des écoles. Noblement il fit son dans la classe du village, mais faillit quer d'illdignation et d'étonnement. Le tre était là tout seul qui faisait un appuyé sur so•t pupitre. M. l'inspecteur naissait ses devoirs ; il voulut savoir bien de temps le repos durerait et s ur une chaise dans l'attente des P.vi>np,~. Mal lui en prit. Peu apr ès il aussi. A son réveil la nuit venait et il se vait seul dans la salle d 'école.
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Publication ~u MUSEE PEDAGOGI~UB L'Ecol3 primaire douue de 10 a 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture,. et autant de suppléments de 8- 16 p11~es penrlant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque mois il est en outre apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé : Le Foyer et les Ch amps.
Suisse fr. 2.50
Par an : Union po•tal .. fr. 3
Les abonnements se règlent par chèque postal II 56 ou à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout ce qui concerne 111 publ1~11tion liolt être lldressé dtrzct~ment èl son gércm.t, M. P. P l GNAT, Che~ de S enrlce
• Le jeune Lagourdette, un des cancres plus brillants des classes prima ires, sa leçon. - Papa, interroge-t-il tout à coup, dans mon histoire naturelle que les sont industrieux. Qu'est-ce qu'ils font - A ton âge, mon fils, tu devrais qu'ils font des chapeaux!
au Dépllrtcment de l'Instruction publique, èl Sion.
L'atmosphère de l'Ecole primaire doit être essentiellement religieuxl -
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/"r-~-· --J.
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Sommaire dn préaent No et la moyenne des districts dans Parents et maîtres. - Les qualités des deux examens (pédagogiQue et d'une bonne punition scolaire. - Edu- nastique). Examen pédagog. (1) Examen YYIIMI, cation chrétienne. - Pour le dessin. 1. Monthey 6.48 1. Monthey Partie pratique: Morale et instruction 2. Sion 6.61 2. Sion civique (Le droit et le devoir). - Com- 3. St-Maurice 6.73 3. Martigny 4. Entremont 6.75 4. Conthey position française (sujets de rédaction).
-aSupplément No 9 bil de I'Eeole Devoirs de la charité (à Mesdames les Institutrices). - Le gr'ain de blé. Chez tante Ursule. - Les qualités du cœur chez la femme. - La crise du français. - Bévues littéraires. - L'organiste - Les origines de l'aviation. - Le luxe en agriculture. - Comment nettoyer les salles de classe - Cinq vé· rités à propos de l'alcool. - Divers.
-oSupplément N° 10 de l'Eeole L'enseignemeu t agricole. - Le mvstère du mal. - Le petit fa bien. -- Les Drédictions du temps à la campagne. Les sports et l'alimentation. - La chambre nuptiale. - Pensées. -oCatalo~oe
spéelal. Nous recommandons à l'attention particulière de nos lecteurs le catalogue s,pécial de livres classiques pour l'enseignement primaire (octobre 1912) publié par M. T. de Oigord, éditeur, 15, Rue Cassette (Paris), et joint à la pré sen te livraison. -0-
A.nnoalre du Département. Il paraîtra au commencement de décembre et sera adressé P'ratuitement à tout le personnel enseignant valaisan comme supplément à l'Ecole primaire. -oExamens des reerue1 1911. Voici, pour 1911, le classement
5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13.
Sierre Rarogne Martigny Hérens Conthey Loèche Conches Viège Brigue
6.78
7.-
7.24 7.37 7.40 7.43 7.6l 7.83 8.33
5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13.
Sierre St-Maurice Hérena Viège Entremont Brigue Loèche Rarogne Conches
Le tableau ci-dessus montre. tres, que les districts de Monthey et Conches, aux deux extrémités du occupent également le premier et nier échelon en ce qui concerne men de gymnastique, avec un écart Jativement considérable puisqu'il olus de 4 points, alors que épreuves pédagogiques il v en a ne 2 qui séparent le district le du moins bien noté. Une autre constatation curieuse et sümificative se degag;e tableau comparatif ci-haut. L'on ouera, en effet, que nos districts, à de différence près, se tiennent ment rapprochés les uns des autres le rang qui leur est assigné dans que colonne.
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Indépendamment des chiffres Précèdent, le tableau fédérai relatif examen s de 1911 contient encore ques données suggestives sur lesq il est dès lors opportun d'insister. a~nsi qu'il nous faH toucher du - par un rapprochement basé sur période de 10 ans - le progrès oli par les cantons dans la dernière 1) Il est à remarquer que Je meilleur est 4 pour l'examen pédagogique el 3 l'examen de gymnastique.
Voici les constatations se rapporplus spécialement au Valais. résultats f!énéraux dans l' ensemble des 4 branches 27
1%.
37 % (augmentation t 0 %) Lecture 75 %. 89 .% (augmentation 14 ro) Composition
1)7 !%.
71 1% (augmentation 14 %) Calcul 68 %. 83 1% (augmentation 15 ·%) Connaissances civiques : 63 1%. JI : 70 % (augmentation 7 •%'). le progrès le plus considérable réalisé pour le cdlcul. Pour L'ins· civique, par contre, il a été noplus lent.
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déraie au 14me rang avec la note 7,16, voyons maintenant comment se classent les trois parties de notre canton: Bas.V alais (districts de Martigny, Entremont, Si-Maurice et Monthey) 6.83 Cette note place le Bas-Valais sur la même ligne que Schaffhouse (6rne rang). Le Centre (districts de Si erre, 7.Hérens, Sion et Conthey) Après Zurich (9l.lle rang avec 6.99). Haut-Valais (districts de Conches, Brigue, Viège, Rarogne et Loèche) 7.65 t8m" rang, soit entre Appenzell (7.38) et Berne (7.68). Nous avons pensé que le nouveau groupement de nos districts avec les comparaisons et chiffres rappelés ajayteraient encore à l'intérêt des consta· tations faites. En tous ca.s ils ne sauraient manquer de rendre à chacun le sien et de provoquer une salutaire ému· lation. R.. C.
un nouveau tableau, très aussi, 582 recrues (dans l'ende la Suisse) n'ont pas subi d'e· -oen 1911 pour différents motifs . ce nombre, 202 en ont été dispenAlmanach do Valala 1913. pour cause de faiblesse d'esprit. L'Almanach est la lecture populaire un plaisir particulier, qu'éprouà son tour .tout bon patriote, nous par excellence et l'ami du foyer pendant uons que le Valais ne fig!Jre ici les longues veillées d'hiver. Chaque fapour 3 unités seulement. C'est mê- mille veut avoir le sien. Depuis quelques le canton qui, à cet égard, accuse la jours on voit de nouveau s'étaler aux faible proportion, comme pour dé- vitrines des négociants des villa-ges et librairies des villes l'Almanach du: une fois de p·lus certaine légen- des \ 1 alais, recommandable à tous égards, la vie dure, qui s'obstine à voir représenter gratuitement le Valais tant par son texte que par ses illustrations nombreuses et bien venues. l:ette un navs de cn'üns. P. P. publication, qui en est à sa 13e'année xxx d'existence, se fait remarquer, en effet, cet égard, permettez-nous de corn-. par le choix judicieux et varié des noules intéressants articles parus velles et récits qu'elle contient, qui tous nos journaux par l'un ou l'autre .sont écrits dans un excellent esprit par ement original qui se dégagent ses collaborateurs ordinaires ou occaofficiels publiés. sionnels. Aussi, l'Almanach du Valais avoir constaté qu'en 1911 le porte-t-il la marque bien distincte de est arrivé dans la statistique fé- son origine, non seulement par sa belle
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4 couverture coloriée aux armes du canton et de ses d1stricts, ma1s encore par son texte et ses illustrations qui lui don nent un cachet national de bon aloi. Qu'il suffise de mentionner, dans cet ordre d'idées, un beau portrait de Mgr Abbet, évêque de Bethléem, et une planche qui nous montre, avec une courte notice pour chacun d eux, les sept hauts magistrats qui composent actuellement le Conseil fédéral. Ce groupe n'est pas la moindre des attractions qui feront rechercher notre périodique national.
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· souhaitons tout le succès qu'il
tra·vaux subventionnés, il dit quo1 les subsides seuls ne 11 nous entretient ensuite des et du matériel de l.:iiterie, soit ditions qu'ils doivent remplir ner un bon rendement par des excellents et rémunérateurs T est traité avec autorité et verve me temps dans cinq na!les qui d 'être lues et surtout annrf\•,...~.;.:_ Rappelons que l'Almanach lais se vend 40 centimes au qu'on peut se le procurer chez ci;)aux libraires et négociants lais et d'ailleurs.
SUR NOS ALPAGES -0Sous le titre ci-haut, M. le Dr Wuilloud, professeur à Ecône, a publié dans Un Institut à la l'Almanach du Valais (1913), un artiLe développement extr cle des plus intéressants et instructifs, la station climatérique de illustré par l'intérieur d'un chalet dans donné naissance à un institut le val Ferret. Nous y apprenons. entr' nes e-ens, fondé par M. Alfred autres détails curieux, qu il se trouve en un enfant elu pays, anc1en Valais 547 .alpages, et que poür nour- de langues modernes à l'Eco rir une vache en montagne 11 faut en- re elu Commerce de Calw ( viron 23,000 rn~ de pâturage. Si l'on La situation de l' Institut est voit des consortages où les fonds se heureuse. C'est un élégant bâ vendent jusqu'à 800 francs, on en trou- de tout le confort moderne; il s ve par contre aussi d'autres où ils n'at- d1x minutes de la gare de Mon teignent qu'avec peine 200 francs. En 1 entrée d une magnifique forêt moyenne, la valeur du pâqUler ne se- pins qui l'abrite contre le vent du rait cependant guère au-dessous de 300 tandis que ses façades sont francs, ce qui, sans tenir compte du soleil. prix des forêts, ferait ressortir la valeur Outre l'instruction qu'on y donn~ de nos alpages à environ onze r.ülllcns QUI consiste surtout dans l'étude de francs, valeur à laquelle il faut encore a1outer celle des pâqu1ers repré la, gues, les sciences malhém sentés par le petit bétail et que 1 on 1 ense1gnement commercial et toutes peut estimer deux millions. Ce qui fait branches exigées par les progr que la valeur totale de nos alpages, au officiels, on v cultive aussi 1 point de vue agricole seulement, serait morale, les arts d agrément et les Nous ne pouvons que saluer la de treize milions de francs C'est donc un ioli capital et qui vaut la peine q~' tion, dans notre pays alpestre, d'un bJissement de ce l!enre, destiné à on s'en occupe Per entière satisfaction à nos hôtes Et comment s'en occuper? C'est la question qu'aborde ensuite familles étrangères touiours plus le compétent auteur de cette excellente breux, qui passent la maieure partie étude, dans laquelle, tout en parbnt des leur existence dans nos montanes
t-il distribuer des Prix? Ouist'hau, ministre de l'lnstrucpublique en Franœ, a présidé der. la distribution solennelle des du lycée Louis-le-Grand, à Paris. ministre a prononcé un1 intéressa?'! sur l'a question agitée des dBde prix, et il s 'est nettement pour le mainti~n de cette céVold! ·s es pnncipales considéc
On ne pelllt rien dire contre le Pri!!desdistribuüons solennelles des pnx ne oorte éga,lemenv contre le prmmême de l'émulation. et rien con! émulation qui ne porte contre l'idée de louange et de récompens_e. tntre pédagogues également décià faire appel à l'émulation, tout le end r_éside donc dans le plus ou de pénls qu'ils voient à v recou-
»
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11 v a. en effet. ·toute une école qui l'émulation à la rivalité. et la à la Jalousie. Te dis que c'e.5t école chagrine. timide. misanthro-
" Vainemen.t. elle nous représen t~ à l'étranger, en tel ou tel pays qu nous propose comme modèles, les éducateurs publics ont presque renoncé à décerner des places et de3 pr·ix paJTce d1sent ils. leurs élèves deviennent jaloux les uns des autres, parce que les premiers d'une classe deviennent des. vaniteux et le;; derniers des aigris .. » Certes. chez nous comme ailleurs, il v a des enfants jaloux et des enfants vaniteux mais émulation et jalousie sont des noti~ns différe1.tes Le mobile de l'ém1.1lation. ce n'est pas d 'humil er un concurrent, de briller à ses dépens, de 1ouir de sa défaite et 'de son propre
triomphe. c'est le bonheur d'avoir bien fait. » Une atmosphère idéale, dit-on, doit régner dans -l'éco·l e; il ne faut oas S'Oumettre J)rématurément l'enfant aux épreuves qui attendent l'homme. » Eh quoi ! tout l'effort de l'éducat-ion publique a tendu à créer des âmes vigoureu~ ses. endurantes, capables. de se maîtriser. prêtes à la lutte. ha.rdies. accordées à l'unisson de la vie. orientées vers l'initiative et vers l'action, et nous aurions as~ez peu de confiance en vous. nos enfants. pour supposer que vous ne puissiez endurer sans souffrances 1e sPec- . tacle de cama-r ades de class e couronnés devant vous! » Mais. c'est vous méconnaître. Si votre rival a vaincu en combat lovai. ce n'est pas pour vous un effort cruel de l'apolaudir, c'est une joie uénéreuse. » Pour les v.vmnastes comme pour les latinistes. pour les ma·théma.Uciens comme pour les bicvclistes. il faut des. concours et des distributions de pnx. Il faut exal·t er les vaillants., le~ fo,r ts,, et ceux qui cultivent les vieilles humanités ou les sciences ne soni ni les moins forts. ni les moins vaillants. »
Deux Communions Sachez donc que de deux âmes qui. ,;'éi:ue.lt allendues sur la 1erre et qui s·y étaLent rencontré~'s el aue Dieu avait unies par Ir nom d'époux' et d;épouse, en ouvrant devant elles une longue perspective de ce qu:ou app~lle bonheur; que de ces deux âm~s 1u_ne arnva par une volonté pure à la vra1e foL__ au moment où l'autre arrivai! par une sam!~ mort à la vraie vie; l'une sortait des ombres ~e l'erreur comme l'autre était près de sorhr des ombres de la terre; l'une se disposait à participer pour la première fois au plus a~ guste mystère du Christ, lorsg~e l'aulre ..alla:t Je recevoir comme une lrans1tton dermere a la communion éternelle. Or, c'était une chose sainte, con;;olan!e, désirée des anges et des hommes, que ces
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6 deux âmes pussent accomplir chacune sa communion, ou plutôt cette communi on une et double dans le même lieu. à la même heure, à côté l'une de l'autre, comUTle à la veille d'un voyage qui sépare o tt prend en commun un dernier repas de famill e. Il étai t juste aussi pour celui qui deva it parti r et qui Jevai t demander avec ta nt d'instances la loi pour celle qui restait, il était juste qu'il vit de ces derniers regards descendre en elle le Dieu qu'i l allait rejoindre, afin qu'i l pût dire dans toute l'étendue de son cœur : • M.aintenant, Seigneur, laissez a ller votre serviteur en paix, puisque mes yeux ont v u votre salut •, qui n'est ni le mien ni le sien, mais le nôtre, ô mon Dieu! Et comme le pauvre malade ue pouvait aller à l'église assister au sai nt sacri!ice, le sacrifice vint à lui, et, par ·une dispense miséricordieuse, sa chambre, presque tunèbre, fut transformée en sanctuaire. En fare de ce lit qu i était déjà co m~ une espèce d'autel ol! l'ami mourant du Chr ist offra it à Dieu sa propre mort , on éleva un cruci fi x, un atdel Ott le mystère du Christ mo uran t l!llait se renouveler. Elle y su3pendit des ornemen ts et des fleurs. car une première communion est toujours une fête; mais les broderies que sa main altacha a u devant de l'autel rappclatent une autre fête; elles avaient ~ té portées dans une autre cérémonie, dans un autre jour q ue le jour de la séparation. e l après avoi r été depuis lors mise à l'écart elles sorta ient ùe nouveau, elles reparaissaient là comme pour nous d ire que la joie du monde n'est qu'un tissu a jour, bien frêle, ct q ue nos espérances ne sont g-uère qu'une parure qui se déchire. Tout à coup, celle chambre, sombre JUsqu' alors, s'éclaire de la lumière qui jaillissait des flambeau x de l'autel, comme la mort, la ténébreuse mod s'illumine pour le juste des rayons que Dieu tient en réserve pour ses derniers regards. Le sacrifice comme:nça, et il était minuit. Pourquoi fut-il célébré a cette heure? Je vous en dirais bien une raison que les hommes savent, mais j'aime à eron e que les anges de Dieu en savent encore d'autres, parce qu'il s savent toutes les mystérieuses concordances des moments, des heures et des nombres. C'était l'heure de la nai ssance du Christ, consommateur de notre foi, auteur de notre ciel; et il y avait là aussi, je vcus l'a i ùit, entre ce lit de mort et cet autel, lill e double nai ssance, l'une :lU ciel, l'autre à la toi : réu nion rare et privilégiée. Je crois que le
temps, si fantasque, est s~us la mai!l de un rythme souple et docile, qui obéit que nous ne le penson s aux convenance 1 élu s. Le sacrilice donc commença à minuit te une fa mille y assistait et avec elle u~ fidè le à toutes les douleurs. De voUs quelles pensées, quelles émotions alors dans toutes ces âmes, je ne 1 pa.s; nulle d'e~tre elles ne sa it ce que lut a fat! senhr. Comme en un jour ciel est moitié sombre, moitié serein, un n'en traverse pas rno.ins en un mstant l'espace d'un oôle à l'autre, a insi en était-il sentiment et de la prière au mil ieu de admirable scène: ces écla irs de l'âme en quelque sorte présents à la fo is sur les points de l'étendue que Dieu a donnée cœur de l'homme depuis les pensées Jes douces jusqu'aux plu s déchiran.tes; car les contrastes étaient réunis dans cet1e bre sacrée; ils y étaient représentés, vivants: cet autel paré qui semblatt un cercueil; ces !leurs qui prédi · les glaces de la mort, l'approche de et invis ible printemps; cette sombre habit , qui se tenait comme une vo ilée en face de l'a ube et de l'étole du Gymbole d'immortalité; ces vêtements de la première communiante. de l'épouse Dieu, qui allaient se changer en la robe 1.1 veuve de l'homme; cette première et dernière communion mêlées ensemble; ca sanglots et ces actions de grâces qui se conl0n daient dans chaque âme ; cet te hostie l'if· tagée entre l'époux et l'épouse, double viatique. pour lui de la mort, pour elle de la dou leur ; toute cette fa mille ensevelie dans un pro. fo nd silence Oir l'on n'entendait oue Je~ lannes qui tombaient sur les li vres de 'pri ères et au milieu de ce prosternement géoéral. la tête seule du mourant sou.levée sur sa couche. domi· nant calme et sereine. toutes ces têles inclinées par la douleur. Et si ce divin spectacle. si expressif, si parlant, n'était lui-même qu'ua voi le qui couvrait d'autres ~rveilles sa intes; si je vous disais que celle qui restait avail demandé la foi au milieu du bonheur, el que celu i qui partait avait, jeune et heureux, olfert sa vie pour lui obten ir la foi; s i, lorsf[u'il vit cette grâce descendre enfin du ciel, mais co mme une llamme qui venait, en consumant sa vie, accomplir l'holoca uste qu'il avait préparé; s i, dis-je, à cette vue, recueillant ses for. ces défaillantes, il ava it tracé, en quelqut>s li-
t sous la [orme d'une élévatiOn à D teu, e plu s sublimes testaments de .résignaet d'héroïque amou r que l'ame d'un jama is inspiré au cœ ur d'u u époux; t tour à tour ses pensées vers les du etel et ses regards sur les êtres qut entouraient son ~it de mort, ces appantions se confondaient parfois dans espnt , de telle sorte qu'il semblait pren· les unes pour les autres, Dieu permettant douce mépr ise pour que la transition de fût plus un ie et plus simple; si, au où il venait de quilier la terre, son peinte sous des traits déjà si beaux us les cœurs q u1 le connaissaient inticommença à y grandir encore. à s'y parce qu'ils découvraient tout à s de modestes papier s qu'il avait cades traces, des reflets de sou âme juc;qu' wconnus, semblables à ces si llons de que laisse après elle uue appantion s'évanouit! Non, je ne puis vous d ire ce j'ai vu et senti; j'ai lu autrefois les m.é· des sages sur le monde futur; je les interrogés sur les secrets de la 1110rt et de vie, mais les clartés que j'en ai reç-ues sont ternes près des révélations qui on! éclaisainte et grande nuit. .Jamais je n'ai si vivement, en deçà de la tombe, la préde ce qui est au delà; jamais le voile 'étend entre les deux mondes ne m'a paru spa rent; jamais je n'ai eu une pareille ion de notre immortalité. Je prie D ieu me réserver ce souvenir pour l'Instant de mort; car s'il me réapparaît alor.>, il me que mes dernières pensées de la !erre se joindre par une transition plus douce la première vision qu i su it le g rand réveil. Mgr GERBET.
Bibliographie CALCLUL ECRIT.
CALCUL ORAL
A ce propos, M. P. Dessibourg, instit. à [ stavayer, l'un de nos anciens et fidè;es :~bun Dés fribourgeo is à !',Ecole pr imaire", a publié dernièrement un recueil de problèmes à l'usage des cours supérieurs des écoles primaires et des cours de perfectionnement. Cet opuscule, utilisé pour récapitulation et préparation aux examens de fin d'année ou du rrcruternent, a obtenu un plein succès. Les 4000 ex. de la l"• édition se sont rapidement
e nle vé~. Au no mbre des souscripteut s se sont trouvés de nombreux inshtuteurs ct in stitutrices du Valais. Comme la 2e éd iti on de ce recuei l vient de ~ortir de presse, nous nous fai son ~ till plaisir de la s igna fer cl de la recommander de nouvea u à l'attention.
X "~X ATLAS CANTONAL POLITIQUE ET ECONOMIQUE DE LA SUISSI::. par Maurice Borel, cartographe, 80 cartes po litiques et économiques et 80 pages de texte, par 11.-A. Jaccard, prolesseur à J'école supérieure de Commerce de La-.~ sanne. 10 livraisons petit 4". Neuchâtel. Publications d u Dictionnaire GéogJaphique de la Suisse. L'Atlas cantonal de la Sui sse est la trotsième et dernière parlle de la série de publications sur Ja Su isse constituée à l'aide de la doCIImentation du • Dictionnaire Géographi que de la Suisse ». Les deux premières parties (l" La Suisse, étude générale richement illustrée; 2" l' Atlas général de la Suisse, composé de cartes générales uniquement) sont ainsi complétées, très scrupuleusement, par l'étude détaillée des cantons au triple point de vue géographiq "'' politique et économique. Le succès qui a accueilli les précédentes pubhcahon s ne peut manquer d'être plus co111· pie! encore pour l'Atlas cantonal de la Suis~e, qui forme à lui seul un tout précieux pour toutes les personnes désireuses d'avoir des renseignements précis sur leur petite patr ie, aussi bien que sur tous les autres cantons. Le pr ix ùe vente est accessible à toutes les bourses. P lusieurs cantons ont d'ailleurs s ubventionné cette œuvre considérée comme essentiellement nationale.
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VERS LA SCIENCE. - Vues 11 '~.v : li e~ ~;u r l'éducation de l'adolescence. par Jules Fiaux. Lausarme. Payot & Cie (in-1 2). On critique de tous côtés l'esprit autoritaire et dogmatique qui règne dans les écoles. Les instituteurs r épondent: Venez donc diriger, sans programme E:'t sans di sc1pline sévère une classe de 40 à 50 élèves. Vous verrez si ' c'est possible. Ils ont raison. Pourtant la volonté de l'enfant et son initiative, sans lesquels sa vie devient stérile, sont atrophiés, détruits par ce régime scolair e, continué pendant 8 à 10 ans.
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Sommes-nous acculés ict à un dilemme!' M. Fiaux ne le pense pas. La du re discipliuc n'est nécessaire que contre celui <:u'on veut contraind~e à a~ir. cor,tre son gré, pour une œuvre qut ne lmteresse pas dont il ne voit p_as l'utilité. Parce que l'enfa'nt va sans plats~: à !~école on prétend qu'il n'aune pas à s mstrutre et qu'il faut l'y obliger. C'est une erreur : avant l'école J'enfant se montre avide de cnr•t;aissances : il ques hl·Unc beaucoup el observe encore davantage. D'autre part, souvenons-nous que c'est à partir du moment où nous nous sommes voués à une profession que le besoin d'a pprendre s·e~! fait surtout sentir. Il faut donc rendre l'ittsfruction attrayante et utile, et, de plus, faire en sorte que la théorie enseignée s'adapte à la pratique. qu'elle la complète. Donnez concurremment l'ensetgn_emeut pratique, soit l'apprentissage et celui theonque en classe, en affectant à chacun d'eux une partie de la journée. Laissez, dt: plus, à 1enfant la liberté de choisir ]es cours qui l'intéressent et se rapportent à sa profession et vous aurez résolu le problème, parccoue, dans ces conditions. l'enfant et l'adolescent iront avec plaisir en classe et n'auront plus l:>esoin de contrainte.
SION, 6 Novembre 2. )'éd.ucation, quelle que sot! leur opituon ce SUJet. ----------~-·.---------
'ECOLE PRIMAIRE SOCIETE VALAISAllllE D'EDUCATIOll Parents et mabres
,LE JEUNE ÇATHOLIQU ILLIJttiiTRE POliR \ ' fiS #:1V#' J.1.V TS paraissant à ~ion chaque mois
On ne "'ttbonnf" p >t "' pnnr muint~ d'on Rn , Le Jeu,ne Catbol!q':le se publie en livraisons de 16 pages chacune et a la fin de l année un JOli volume d'environ 200 pages. Un abonnement d'un an coûte- 2 à · · · · · · · . . Fr. 1.50 4 ~ sous la même bande l chacun · · · · · , 1.25 5 et plus t ~ li li 1lbaque 10 abonnements donnf\ droit ~n itm.e gratuit Pour s'abonner ou recevoir un numéro d'essai s'adl'esser simplement ainsi :
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ORGANE DE LA
Telle est. nous semble-t-il, la thèse développée par M . Fiaux. Son livre renferme beaucoup d'idées nouvelles et originales; il sera lu avec intérêt par tous ceux qui s'intéressent
JOIJB LV~4.L
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Ct~fllt~llqtt~ H, Sltli'~
qui soutiennent l'instituteur! Ils ne se gênent pas pour le critiquer devant leurs enfants, comme s'ils oubliaient Le mouvement très prononc~ qui s'est ces années dernières en faveur que d'attaquer l'autorité du maître c'est l'éducation familiale a remis en re- détruire leur propre autorité L'enfant la part prépondérante qui incombe se sentant soutenu au foyer devient lnparents dans l'œuvre de la forma. traitable à l'école; les défauts granmorale de leurs enfants. Il me sem- dissent, les vices s'enracinent et le cou· opportun d'insister sur ce point, pable sera toujours l'instituteur qui, au pour être utile aux pères tt mères dire des parents, est un incapable, un incompétent Pauvres familles! combien pour rappeler leur véritable rôle Combien la n0tion des responsabili- vous paierez cher votre défiance à l'éa été altérée en ce qui concerne l'é- ,gard de celui qui doit être votre colla! Sans être pessimiste, j'affir- borateur. La tentation de se décharger sur 'li aue beaucoup de parents nP. se ceux qu'on est convenu d'appeler édutent même nas qu'il v a quelque cateurs est plus forte, lorsque ·tes paà f~ire: ils évitent d'ordinaire soi- rents font des sacrifices d'argent et que ce oui pourr<~ it nuire à la l'enfant est mis en pension. Mais ni de l'enfant; quant à son tl me: tout l'or du monde, ni les maîtres les ! il armrendra à vivre: ça se fera plus habiles ne referont une éducation seul », Même ils ne sont pas rares mal faite en famille. Et par quelle inparents qui donnent le mauvais conséquence en est on arrivé à nommer à ceux qu'ils devraient édifier. exclusivement éducateurs des hommes D'autres, moins insouciants, sont dont le rôle n'est, et ne peut être que que l'éducation des enfants 1 d'aider les véritables éducateurs, c'estexclusivement l'affaire de l'école. à·dire les parents? profonde : l'école peut bien con• • * à cette œuvre de formation; A quoi se réduit dès lors le rôle de le véritable milieu éducatif, c'est . Le père et la mère, la mère l'éducateur? Nous le disions : l'éducaconnaissent mieux leur enfant teur doit aider la famille, mai:s il ne n'importe qui; celui·ci pa~se aveC' peut se substituer à elle; et si quelqueJJlus de temps qu'avec l'instituteur; fois H parvient à restaurer une ~me premières années même ils l'ont en . ieune qui est en ruines, ce n'est qu'à une exception. Parce que l'éducation a ow.ou•~:•:n sous leur garde, et Dieu sait le premier âge est décisif en éduca- manqué en famille, l'influence du maîL'école vient bâtir sur les bases tre chrétien sera généralement éphéla famille a dû ériger. Mais. ici en- mère. Sans nous décourager, travaillons combien ils sont rares les parents
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teur très important dans toute organià votre équité, un appel à sation sociale. Pour- ce qui concerne de la justice; et je suis cer- spécialement le gouvernement scolaiqu~md même à la moisson du Seigneur, 1 une conception juste de l' pmsque le .Seigneur nous y appelle; il lorsque nous réunissons nos si vous l'aviez écouté et si re, la théorie des punitions a l'inpeut des pierres même susciter des en- ve.s,, faisons-leur comprendre la . aviez montré le. bien-fondé ~e 1;océdé - ce qui, 1e suppose, e~t convénient, surtout à l'heure présente, fants. ~ Abraham; il pourra aussi faire mite de 1~ mission. d~ père de d'être incertaine et très disparate. aisée - cet élève se seratt fruchher. la semenœ que nous Jetons, Not_re actwn serait mcomplète Nous sommes à cet. égard dans une peut-être l'aurait-il fait ~ve.c période de transition. Les vieilles m~ su.rtout SI nous visons à atteindre la fa· anci~~s .élèves, devenus pères de répugnance, la larme à 1 œtl thodes ont dû céder du terrain, mats m11le en même temps que l'enfant. Que ~e, n etaient convaincus qu'à le que le sourire aux lèvres, car les nouvelles théories rencontrent encour notre idéal soit de travailler de concert ils doivent être éducateurs. n'avons pas affaire à des anges; re de sérieuses résistances. En atten· avec les parents. Voudrions-nous sous ce rapport nous laisser dépasser par enfin la punition eût été acceptée, dant il faut agir, et nous ne pouvons les pays protestants? san's profit pour l'élève 11. . Le• qualité• nous' passer d'une méthode au moins En Allemagne; co~me d'ailleurs aus- d'one bonne punition pessimiste, lui, dirait : «Tout ce provisoire. Il est évident en effet qu~ si en Autriche, existent déjà des « Elest superflu, et la vie trop les punitions demeurent chose nêcessat· te~nabende » soirées familiales qui con· pour qu'on ~·attarde à c~s dé- re; la méthode seule est en cause. Un élève vienl d'être puni: il tnbu~~t à vulgar.iser chez les parents te, mais en termes respectueux Punissez carrement quand 11 y a je n'ai pas l'intention de proposer d~s eleves les nohons qui assurent l'uet passez outre. Tout cela s'égalise. dans cet article une méthode quelconla punition. Le maître, sous le ' mté de direction dans l'éducation mo· t'émotion, prend très mal cette avec le temps. , L_a p~n.it!on peut ~ê que. Je voudrais seulement attirer l'atrate des enfants. En Angleterre la tation et renforce la peine. E n'avoir pas ete mentee; .e~le n en tention sur certains aspects de la ques«Parents National Educational Union,. duit: le prestige du maître -pas moins quelque uhhté ». Il tion, sans prétençlre aucunement l'écomprend plus de 40 affiliations. On manque de calme a été visible peut-être ce commode calmant en trouve même en Australie, à Ceylan, trouve diminué, l'élève est ~::Adl:soeu nous avons tous, dans notre jeu- puiser. Une punition-, sous quelque forme au Transvaal. expérimenté l'inefficacité : « Si salutaire effet de la punition est qu'elle se présente, est touio~us une at· Aux Etats-Unis, la « Boston Home n'a pas mérité sa punition cette teinte à la liberté. Mais, la liberté, po~r and School Association » comprend 19 · dri, sinon réduit à rien. ci, il n'a qu'à lé'. prendre pour une Ce cas n'est malheureusement être réellement un bien commun, d01t cercles où se rencontrent professeurs et fois où il l'a échappé belle,; ou parents pour s'éclairer mutuellement. toujours imaginaire. Examinons-le «Elle lui servira pour sa pro- être limitée chez l'individu; elle doit l'être doublement quand elle a dépassé pour s'entr'aider en vue d'obtenir les d'un point de vue pratique, en fredaine"· ses bornes. En effet la liberté sans frein meilleurs résultats dans l'éducation de gardant de toute exagération. On reprendra : c Il est bien aboutit à la perte de la liberté, c'est la la jeunesse. La «Home and School Lea- le souvent de pessimistes et d que vous en soyez venu 1~. loi de nature Nous ·sommes tous d'acgue.» de Philadelphie, comprend 60 tes: les uns et les autres vont aux je ne laisse les choses en arn- cord sur ces principes généraux, et ~'est mes. Quant à moi, ami du juste sechons locales et 18 sociétés affiliées ce point. je préviens les man- sur leur apolication que nous divere! poursuit un but analogue à l'associa- j'~ffectionne - je nt dirai pas et cela me dispense de le;; geons. Quelles punitions devons-nous hon de Boston. Depuis dix ans l'asso- bnste - mais l'homme bien pondéré, ayant tout juste assez donner? Telle est la question qui nous ciation des Mères de famille « National No~~ ne voulons ni des théories fa~tes divise. Congress of Mothers » s'applique à simisme et tout juste assez d'op des anges, ni de celles qui convten. Notons d'abord que les punitions forme; de~ cercles d'é~ucation auprès pour être un homme de grand sens tique, malgré peut-être une pointe à des démons malfaisants. Nous scolaires ressemblent sous certains as· des etablissements d' mstruction . Les des êtres humains, et nous pects aux punitions en usage llans la téunions dirigées par cette association lêtement 011 d'obstination. Cet voit sans doute pas tout, mais besoin d'une théorie et d'une famille et sous d'autres aspects aux ne ont été fréquentées l'an dernier par 30 ne lui échappe pas; il n'est ni trop ue disciplinaires ~daptée~ aux peines 'infligées par la société civile. Cemille parents. s actuels de notre vte scolatre; et la s'explique aisément, l'école étant un Ces ~iffres ne sont-ils pas éloquents thousia:ste ni trop grincheux, et par !Jasse souvent inaperçu, mais puisque nous ne pouvons nou.s. dispe~- groupement qui participe à la fois de fait et ne disent-ils pas bien haut qu'il y a pourtant sa trace dans le monde, et ser de donner parfois des pumtwns, ta- l'une et de l'autre. là quelque chose à faire? dions du moins d'en tirer le meilleur En attendant qu'il nous soit possible après tout, la meilleure besogne. Les punitions données en f!lmille ont Cet homme pratique ne man parti possible. ( e~ pourquoi serait-ce impossible?) de pour objet principal de cornger el. ?e • creer ch~z nous des œuvres semblables, pas de dire à son collègue pun;~~"''"''\11• redresser, tandis que, dans une socteté "' "' profitons de toutes nos re.lations avec «Vous devriez être flatté de la nrn,tes-t• Un système de sm:ctions est un facles parents des élèves pour leu; donner tation de cet élève; elle n'était q
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frappante de l'excellence de ment chrétien: l'éducation dire purement laïque ne mieux que d'emprunter a chrétiens ce qu'elle a de peut s'exprimer ainsi, et de qui l'empêche de faire faillite au mier essai. On a osé dire que l'éducation tien ne rend timoré, craintif, de résolutions énergiques, san d'initiative, bref qu'elle a un primant sur le caractère et la et ou'elle empêche ou entrave le loppement complet de l'intelligence. C'est précisément le contraire. La religion donne des ailes à 1 ligence, porte à la réflexion. raison d'être plus logique aux généreux, aux patients labeurs des (À 1ulvre.) mes d'études. D'un autre côté si, les rangs des bons chrétiens, rencontrez pas les agioteurs h Edueatlon chrétienne chevaliers d'industrie, tes grévi Nous ne comprenons pas assez, nous, sans scrupules, les gens sans con enfants gâtés de la Providence sous ce et sans pudeur dont l'aplomb, la rapport, Je bonheur qu'il •y a pour un sance, l'insolence même révoltent. homme et pour un peuple d'avoir été v rencontrerez, par contre, nourris aux sources vivifiantes d'une commerçants honorables, des chefs dustrie actifs et honnêtes, des éducation foncièrement chrétienne. probes et actifs, des employés Il faudrait, pour établir le contraste, d'excellents agriculteurs, des nous transporter d'un intérieur vraidil!nes de leur mission. même des ment chrétien - où la ·Charité et ia nies et des hommes d'Etat bienveillance sanctifient et embaument bles qui travaillent non tous les actes, toutes les relations matériel de leurs peuples, dans un milieu où Je plaisir et l'intérêt bien-être pensent aux destinées futures et règlent tout et sont les seuls mobiles de tous les actes, où « fleurissent » en un chent à procurer à tous le vrai uv. .......,_ mot les conséquences d'une éducation dans l'harmonie et la concorde tiennes, bonheur tout chrétien sans Dieu. plus dans le contentement de sa Erreur grossière que de prétendre lion, l'espoir des biens futurs, la accélérer la marche de l'homme vers le de l'âme et la crainte de Dieu, que vrai progrès en dépouillant l'rnseigne- la multiplicité et le raffinement des ment de son caractère chrétien, en éloi- soins, même si les moyens de les gnant Dieu de l'école. faire ne faisaient pas défaut. Constatation singulière et preuve Honneur donc à nos maîtres et à organisée, les peines infligées ont le tri · pie objectif de maintenir l'ordre, d'irspirer aux malfaiteurs une salutaire crainte et de venger la loi transgressée. En famille c'est le bien du délinquant qui est vi~é surtout; dans la société c'est Je bien général. La famille cherche les remèdes qu'H faut donner au délinquant; la société, le châtiment qu'il a mérité. La famille regarde surtouë l'avenir; la société, le passé. Dans la famille, on considère l'enfant comme n'étant pas complètement responsable de ses actes, et, pour cette raison, il bénéficie de quelque ménagement; le délinquant civil est généralement censé pleinement responsable, et la société n'a pas oour premier objectif d'assurer . le bien-être de celui-ci: elle commence par se défendre.
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)es religieux enseignants, dont fonnages informes qui peu à peu, sous et l'exemple contribuent puis- l'œil du maître, se transforment et deà réaliser pour notre canton viennent l'expression sincère de ce qu'il ble tour de force intellectuelle voit. Comme il a appris à parler, l'enle place, malgré ses écoles de six fant apprend à voir. Le dessin n'a pour au même niveau pour l'instruc- lui d'attrait qui parce qu:'il est vivant si ce n'est plus haut, que d'autres et qu'il exprime ce qu'il voit et ce qu'il plus fortunés avec leurs écoles sent, comme la parole est J'expression omois ! Remercions nos hauts pou- de sa pensée. l publics de leur clairvoyance et de Cette méthode demande de la part dn sollicitude pou r l'éd ucation popu· maître be:tucouo d'initiative et de peret n'attendons pas, pour !aire fieu- sonnalité; en effet i) ne s'agit pas de honorer l'éducation chréhenne, que laisser g-riffonner à l'enfant ce qu'il ait achevé de démontrer veut et comme il le veut, mais de guider ]es voisins l'insuffisance de l'édu- son intelligence et son esprit d'observa1 purement laïque. tion. Pour cela il est nécessaii e de lui Un instituteur la'ic vdlaisan. proposer des exercices gradués a.vec soin et à la portée de son âge; exerc1ces lui permettant des observations d'abord Ponr le de1sln .~énérales de proportions, de coule~rs, puis des observations de plus en plus Depuis quelques années, il s'est pro- serrées de direction, de forme et de vaun peu partout dans l'enseignement leur Tout d'abord, l'enfant de lui-mê· , u-ne ,grande évolution. De me s'arrête aux détails; au maitre de ses modifications ont été ap ramener son attention sur l'ensemble et dans les programmes officiels, les lignes générales par des questions désormais Je dessin n'est plus consi- habilement posées. comme un art d'agrément, réservé Chaque leçon sera pour lui u~e sou.runs, mais il fait partie inté- ce de découvertes nouvelles B1en lotn de l'enseir<nement où il tend de est la leçon monotone d'autrefois qui en plus à prendre une large place. consistait à tracer des lignes droites lié aux autres branches, il pendant des heures ou à copier exacteà l'éducation générale en dé- ment et servilement un modèle sur pachez l'enfant l'esprit d'obser- pier. L'enfant peut déjà donner à son et de jugement, en même temps dessin un caractère qui lui est propre; exerce sa mémoire et encou rage son· il Je tradnit comme il le sent, c'est son ve. œuvre à lui : il «l'aime ». Quelle émuL'enseignement actuel du dessin a lation. et quelle vie dans une classe de base l'étude de la nature librement dessin ainsi comprise! le rôle du maître étant ceA mesure que l'enfant grandit, même d'un l!Uide. Dès que l'enfant sait te- principe, même pédagogie. Tout petit, un crayon, il est mis en face de la il a exercé son œil à saisir les propor: objets familiers à sa vue, dont tions et les formes. Quand il se familiase sert habituellement, jouets, fleurs, rise vite avec les « déformations perslibre de les traduire et de les in- pectives », plus de règles arides; de luisuivant sa fantaisie. Ces <les- même il fait la différence entre la réane sont tout d'abord que des grif- lité et l'apparence; et ce qu;il découvre
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ainsi par une observation personnelle après de longs efforts, il ne l'oublie pas. Plus de correction sévère où quelques coups de crayon détruisent le travail fait avec tant de peine; le maître encourage, conseille, l'élève lui-même corrige! Son dessin fini, il l'admire, il le trouve d'abord en tous points semblable au modèle : le maître fait avec lui la comparaison. L'élève surpris de découvrir des fautes s'v intéresse, il cherche; l'émulation aidant, loin de le décourager la correction ainsi faite est une source d'efforts nouveaux. Que dire des dessins libres faits " hors la classe » où l'enfant donnant cours à son imagination met toute son âme? Dessins bien naïfs, bien informes, nous apparaissant au premier abord comme d'affreux « barbouillages », mais où nous sommes surpris de découvrir si souvent tant de vie et de vérité. Chaque personnage malgré sa raideur conserve son caractère propre, son signe distinctif. Travail très personnel de la part de l'enfant, source de nombreuses leçons pour le maître. Mais non seulement l'enfant dessine « librement » mais il a à sa disposition cravon de couleurs, boîte d'aquarelle ; le dessin pour lui semble un jeu où il peut se livrer à toutes les fantaisies; mais le maître est là comme un guide « vigilant ». Psychologue, il connaît chacun de ses élèves. leurs tendances, leurs dispositions : il calme les imaginations trop fantasques, encourage les timidités, redresse le goût, soutient les efforts, les règles, les coordonne : « il cherche » à inculquer à tous le sentiment du beau. Il élève leurs âmes qui ne restent plus insensibles aux spectacles et aux beautés de la nature, parce que dès le bas âge l'enfant apprend à les comprendre. De nombreuses discussions se sont élevées et s'élèvent encore sur cette mé-
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th ode nouvelle ; professeurs et pédagp. gues discutent les résultats obtenus· lea uns enthousiastes s'extasient sur quel. ques dessins d'exposition, les autres sont tout à fait sceptiques. Mais ce qu'ils ne peuvent nier pourtant, c'est que le des. sin qui, il v a quelques années, était une chose morte, « vit » ; n'est-ce pas là un grand progrès? A mon avis, c'est le maître qui fait sa méthode; qu'il reste dans « le juste milieu». Il ne s'agit pas pour lui de former des artistes, mais de remplir sa mission « d'éducateur ». B.
Partie pratique Morale et instruction elvl••e Le droit et le devoir DIRECTION PEDAGOGIQUE. - Voici une leçon qui peut s'adapter aux trois coun. suivant que Je maître donnera plus ou moiaa de développement aux idées concrètes ou at. traites qui en font l'objet. Telle qu'elle est, elle s'adresse plutôt aux trois cours réunis d'un€' école primaire. C'est l'affaire du maître d'approprier son langage à son auditoire. On verra que noua a\'ons voulu donner un aperçu des grandes lignes qui doivent faire la structure de la Je. çon, et familiariser les maîtres avec la nf. cessité de s' • entretenir • avec leurs élèves. au lieu de leur faire un exposé dans lequel ceux-ci n'auraient d'autre rôle à jouer que celui d'auditeurs.
I. - Le droit et le devoir. Jean a pris le cahier de Louis pour copier· la récitation de cette semaine; Louis qui en avait besoin s'est fâché et j'ai dû mettre la paix entre vos deUJ camarades. Lequel avait tort? - .Jean - Pourquoi? - Parce qu'il n'avait pas le droit de prendre le cahier de Louis. - Le droit? Voilà justement le sujet de notre leçon d'aujourd'hui. Qui avait le droit de se servir de ce cahier?
_. Louis. - Pourquoi? - Parce que Louis est le maître de son cahieï. Jean ne pouvait-il donc pas s'en servir aussi? - Non. Il pouvait s'en servir, Jl)ais il devait le demander. - Très bien, voilà toute notre leçon déjà comprise. - jean avait le devoir de ne pas toucher au cahier de Louis, et Louis avait le droit de garder son cahier. Supposez que ce soit le contraire qui arrive nour un crayon, une règle, etc. Si Louis prend à son tour le crayon de jean sans le lui demander, il manque à son devoir et jean est atteint dans son droit. Jean et Louis ont donc tous deux des droits. - Mais tous deux ont aussi des devoirs. - Chaque droit a pour corollaire un devoir. Nous avons ft droit de vivre; notre prochain a fe devoir de resJ;ecter notre vie. Vous avez le droit de posséder certaines choses que vous avez achetées ou qu 'on vous ~ dounées. Plus tard, vous aurez le droit de posséder ce que vous aurez gagné. Souffrirez-vous qu'on vienne vous le prendre? Evidemment non. -- Eh bien, rappelez-vous que tout droit appelle un devoir et que tout devoir de justice repose sur un droit. C'est parce que vous avez le droit de vivre, de vivre honoré, dP. vivre en travaillant que les autres hommes ont Je devoir de respecter votre vie, votre réputation . votre liberté ; mais vous avez de même Je devoir de respecter la vie, la réputation, la liberté des autres hommes, qui ont. comme vous. le droit de vivre, de vivre honorés, de vi· vre en travaillant, etc. Il . - Le Justice. C'est cette réciprocité des devoirs et des droits qui s'appelle la justice. Prècisons par d'autres exemples. les gens. qui font . du bruit dans les rues pendant la nuit peuvent être condamnés à une amende, ou à la prison si cela se renouvelle plusieurs fois de suite. Pourquoi? N'ont-ils pas Je droit
de faire du bruit si cela leur plaît? Ceux qui secouent les tapis par les fenêtres qui donnent sur la rue après telle heure du matin sont également passibles d'une amende. Pourquoi? Les indiscrets qui cherchent à surprendre les secrets d'autrui pour les révéler, ou à épier la conduite de leurs proches pour l~ critiquer manquent au devoir de jusbee. Pourquoi? Les enfants qui empêchent leurs camarades de travailler eu classe manquent aussi de justice. Ce sonf vos élèves qui doiveul résoudrt> ces pet its problèmes de mocale. S'ils ne trouvent pas d'abord les réponses qui conviennent, vous les aidez par d'autres questions de dé• !ail; mais ils arrivent vite à comprendre la loi de réciprocité en se mettant à la place de ceux qui sont lésés dans leurs droits.
C'est ainsi qu'ils vous diront: «Nous avons le droit de dormir pendant la nuit, donc les autres ont le devoir de circf.1ler paisiblemenl pour ne pas troubler notre repos. , . - << Nous ne voulons pas être salis en passant dans la rue par la poussière qui tombe des fenêtres, donc les gens ont le devoir de ne rien secouer, de ne rien jr.ter sur les passants. » - - « Nous avons le droit d'aller et de venir sans rendre de comptes au premier venu, les autres ont le devoir de ne pas s'ingérer dan s nos affaires, mais ils ont aussi le.droit d'agir à leur guise. Tout commentaire q~i porte atteinte à la vérité est dans ce cas une violation du respect dû à la réputation et par conséquent une injustice plus ou moins grave qui mérite d'être punie par la loi. » - «Tous les élèves ont le devoir de travailler en classe ; il faut donc qu'ils aient le moyen de travailler. Pas un n'a le droit de nous empêcher de travailler. Si l'un de nous fait du bruit, cause ou circule dans la salle de classe quand les autres écou· tent une leçon, il mérite d'être puni. Si nous avions toute liberté de bavarder, nous ne pourrions suivre aucune leçon;
enf au JVo !J de ,f &cole"
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nous serions les premiers à demander au maître qu'il rétablisse l'ordre, le silence, en un mot, la discipline " Comprenez-vous maintenant pourauoi les malfaiteurs sont mis en prison? Pourquoi les agents arrêtent tês bandits, pourquoi il est défendu de tuer, de voler, cie calomnier? Il faut punir ceux aui manquent a u respect dû à chacun de n0us et la société se chanre de nous faire respecter, en édictant des lois que tous les citoyens doivent connaître puisque "' nul n'est ce!llsé ignorer la loi. , Tout l'appareil relatif ~ cette protection elu citoyen dans un Etat s'appelle aussi la fustice. Le garde champêtre, les commissaires, les gendarmes, les i uges, les fonctionnaires, qui instruisent les délits ou les crimes, s'emploient à servir la justice et constituent avec les tribunaux tous les rouages de cette belle institution, qui tient en respect, · par la crainte du châtiment, les hommes disposés à violer les droits de leurs semblables. JI v a donc une discipliue sociale comme il y a une discipline scolaire; celui qui trouble l'ordre, aussi bien dans la société au'à l'école, mérite un châtiment et ce châtiment est prévu dans la société par le Code pénal, comme il est prévu à l'école par te règlement. Les citoyens le connaissent; ils savent à quoi ils s'ex. posent quand ils violent les lois, comme vous savez la punition qui vous atteud lorsque vous désobéissez à l'école. Une école bien tenue est celle où le maître n'a iamais l'occasion de punir. Une société parfaite serait celle qui n'aurait iamais besoin de gendarmes ni de prison. Que chacun de nous respecte la loi et obéisse à la voix de la conscience: « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ». Cette maxime renferme à elle seule toute la justice. Ne faites pas de tort à votre
René Bazin dévotion du Sacré-Cœur
• leur âme dans les. expressions que Dieu • même met sur leurs lèvres, appelleront sur • cette nation les miséricordes divines. Les • fautes ne resteront pas impunies, mais la • fille de tant de mérites, de tant de soupirs et • de tant de larmes ne périra jamais. • Un jour viendra, et nous espérons qu'il • ne tardera guère, où la france, comme Saut • sur le chemin de Damas, .sera enveloppée • d'une lumière céleste, où elle entendra une • voix qui lui répétera: « Ma fille, pourquoi • me persécutes-tu? • Et, sur . sa • r~ponse : » « Qui es-tu, Seigneur? • la vo!x replique~ a : •• Je suis Jé.sus que tu persecutes. Il test • dur de regimber sous l'aiguillon, parce que, • dans ton obstination, tu te ruines toi-mê~e.• • Et elle frémissante et éonnée, dtra: •• Seigneur: que voulez-vou.s que je fa~se? • • Et lui: • Lève;;foi et lave-toi des sout~ures • qui t'ont défigurée, réveille dans ton .setn les • sentiments assoupis et le pacte de notre .al~ • liance, et va. fille première née. de l'Eghse, • nation prédestinée, vase d'élection, va por· • ter, comme par le pa:ssé, mon nom devant • tous le,s peuples et devant les rois de la • terre. • • Nous pouvons hâter l'heure de cette re· naissance religieuse de la France, de celee reprise de sa dest.inée qni .est d'ê~e la grand~ chrétienne parmt les. nations. C est pourq~ot nous vous demandons de venir et de pner avec nous. •
•• L'Ecole sans Dien
----·------·------Les mères et les instituteurs, voilà ceUI qui jettent dans le monde presque toutes lei semences du bien et du mal. Rendu.
L'instituteur, d'un geste rapide, saisit un bâton de craie et, sous les y~ux etfar~s des innocents dont il voudrait, à dtx an~. fatre des renégats il trace sur le tableau n01r ce bla.s· phème: • Il n'y a pas de Dieu. • Puis s'adressant à ses élèves: . • Je donne à D.ieu c.inq minutes pour ventr effacer ce que j'at écnt. • . , . . Les cinq minutes écoul~es, tl .s écne tnom· phant: . , · t •t « J'ai donc prouvé que Dteu n exts at . pas. • • t . 1 La démonstration lui semble l?fremp otre: .... 11 est vrai que ni Bossuet.. nt Pasc~l. nt Descartes ne s'en étaient avtsés. Mats ne fallait-il pas laisser à la nature le temps de
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82 ~trir un si puissant cerveau pour qu'éclatât ce trait de génie? Le maitre promène sur le.s moutards accoudés à leurs bureaux, un reeard d'inle:.Oale satisfaction. Ils paraissent subjugués.... Non pas tous cependant! Pierre Bavoil a soufflé quelques mots dans l'oreille de son voisin. et tous deux répriment mal un sourire qui n'est point celui de la conviction. « Roussel, interpelle Iè maître que t'a dit Bavoil? ' - M'sieu, il m'a dit que... vous n'existiez paL . - Ah! Et te l'a-t-il prouvé? - Oui, M'sieu! - Il l'a écrit sur son cahier. puis il m'a dit que si. dans cinq minutes. vous ne l'aviez pas effacé. vous n'existeriez pas. Maintenant les cinq minutes sont écou~es.... • Visiblement démonté l'instituteur cherche avec effort une réponse qui cloue ce moucheron de Bavoil. Enfin. se croisant les bras et bombant le torse: • Voyons. Bavoil. est-ce que par hasard tu me supposes à tes ordres pour venir effacer les âneries qu'il te plaît d'écrire? • Bavoil s'est levé. Pâle. mais résolu, l'enfant riposte crânement: • Et vous. M'sieu, croyez-vous que te bon Dieu soit à vos ordres pour venir effacer ce que vous avez écrit au. tableau - Eh bien! moi, ie vais te prouver que i'existe. en te fichant demi-heure de retenue après la classe ... Qu'en dis-tu de ma preuve? .. - Je dis que le bon Dieu vous prouvera de la m~me facon qu'il existe. Seulement. ce sera à la fin de votre vie, au lieu d'être à la fin de la classe.
An Temps des Récoltes Juin-juillet sont les mois des .I!Tands travaux des champs. ~ous le grand soleil d'été. le cultivateur couche sur le sol l'herbe jaunie et les moissons dorées. L'air est embaumé de l'odeur des foins coupés, il retentit du chant des cigales et du bourdonnement des abeilles. Le travail est rude, commencé avant l'aube, terminé à la nuit noire.
mon sang, l'étoile vivante que j'ensevelis sous des baisers, parce que je tremble qu'un rayon ne l'emmène et ne l'emporte au ciel! J'ai si fort la nos1a1Rie de ton sourire, qu' il n'est plus de soleil pour moi lorsque tu dors 1 Ton regard apaise, mon doux amour; il enchante. il purifie! A travers les yeux, je retrouve mon âme d'enfant..., et je rayonne par toi! Tout ce qui froisse, déch~re,. torture, s'éloigne. et ma prière, de supphcahon. devient allégresse. Ecoute chanter les oiseaux. tes frères. Leurs ailes sottt mOlins lég-ères que ton âm~. et leur murmure n'a pas la douceur de ta vo;tx. Veuxtu savo·i r ce qu'ils racootent en desstnant des chiffres sur l'azur: • Enfant. ouvre tes yeux et suis notre course. Ne regarde pas _la terrei qui est trop grise, trop lourde, et qut rampe. Vois nos spirales dans l'a_ir bleu; n~us som: mes des pensées qui vol~nt, de§ reves, ~u: frissonnent des espoirs battant de 1atle. Plus nous' mo-ntons, plus intense ~st notre allégresse plus vibrante notre vmx. Nous dormons ~ur une branche, mais nous vivons dans le soleil! • . , Et les fleurs. mon amour. sats-tu .ce quelles te disent? " Nous regardons le etel, nous buvons la rosée. nous aspirons la luml~re, nous parfumons la terre. Sois doux, enfant, et· penche-toi; les anges o~t laissé des plumes sur nos pétales et le soletl s'est arraché .des grains pour nous fo~ un ~œu~··· L~ vte te sera bonne, puisque Dteu sabatsse J~squ'à nous· parfume ton âme et redresse-tot! • Ve~-tu entendre le ruisseau ? Il c~urt , et babille entre les mousses comme un _fil . dar· g-ent posé sur du velours: • Je rairatchts le_s Penchée sur ton berceau. enfant, je rhe fougères •, dit-il, « et j'abreuve le plus peht ta destinée! Ton passé et ton avenir soa1 Tu pleures ... et je ne sais. pa.s pourquo~! écrits dans ies yeux; tu viens du ciel, tu le tourment des mères de votr souffnr g-rain de sable; ie chante s<?us ,le ,stlence des retourneras! Des nuages passent dans pouvoir apaiser! La douleur est sur toi bois et porte un coin de ad !'- 1omb_re des prunelles, qui sont semblables aux lris;SOII.IIIIe sur toutes choses, et le don de ma grands arbres; ie suis l'abr~uv?tr des m~eaux d'argent suspendus entre Dieu et nous. saurait l'éloigner! Tu souffriras, tu le lit du gravier, la resptraho~ d_u stlence. âme se ride, s'assombrit, s'éteint comme et après chaque larme, après cha- Sois humble, enlant, et tu rafratchtras. • Ferme tes yeux, mon amour, et retou~ne tourment, tu naîtras à une vie J!lfilleure, lumière. quand un brouillard la dérobe, elle s'anime, s'embrase. resplendit comme haute et plus féconde. Ne maudis pas un instant au pays d'où tu viens! La lumtère pré~née de soleil!! Ton âme est sœur de la lannes qui sont l'a rosée du cœur, car, y d._oit être plus pure, Je.s Heurs plus caressannature. mon amour. et la nature frémit el elles nous serions stériles et nous res- tes! Lais.se-moi te bercer en fredonnant des f;oids. Dieu serait moin doux, s'il choses que tu m'apprends, car, seul. ton cœf elle. Son empreinte est sur ton visage. d'ange rose peut mettre tant d'azur dans e ioues ont le rose du couchant. ta lèvre la pas à consoler. , cheur des é,g-lantines, ton front la puret~ du souris, mon ange, en ,songeant à 1~- mien. le dis des mots qui palpitent, ~es mot~ ·. trop fécrers pour mes !evre~ e lis, les yeux la mélancolie du ciel. Tes cl~ Tu es si petit, si frêle, si rose, que Je mysté neux, "' d · ton qui s'envolent aux cieux... Ap~ren s-~t veux ondulent comme un champ de blé, un peu de ce jour qui t'e~lèv~ra de .mes oreilles sont des coquilles d'ivoire, ton L'heure me semble si lomtame. ou tu lang-age enfant pour que je putsse vetller suJ une tige souple et frêle. pour porter sans avec les mots que je te dis. Po~tr ton so-il. ~t répondre à ton âme, quan L fort la fleur de corail. de blancheur et d'azur malgré les années, tu res~eras la pehte elle entr'ouvrira ses ailes... Yane DENCE qui détient ta pensée·! tiède nourrie de ma chatr, arrosée de
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Premier sourire ... et première
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Les petites Joies
bienfaisant: adoucir les rigueurs avaient l'âme bucolique. Leur seul monotonies, aplanir et relever ' c'était, comme ils disaient, c d'aller se ' au vent •. Et cent fois par jour ils évo· La joie est le pain de la vie dès nos plus si les heurts, les effets avec nostalgie, la ~râce des coteaux tendres années. Les petites joies sont les meil- treux de la règle inflexible. ioie s'~ppel~ent l'une l'autre: qu'on de.s ruisseaux bleutés et des frais leures, en parti;ulier quand il s'agit des enfan~s et ~e la Jeunesse à l'organisme encore sépare Jatnats. La sévérité sans l'a que son effet et n'obtient plus rien. pesait. en effet, lourdement sur Paris déltcat.. L enfant sait naturellement apprécier sans la sévérité se corrompt et tourn~ Jes Carnemos.se ni les Balifour n'a· !es momdres. présents, les moindres plaisirs; b~esse. On peut l'observer chez les la faculté de quitter la capitale. Les il a le goût mné du petit, du beau, du gentil. tenaient une pâtisserie et les BaPr~?ns garde d'étouffer ces heureuses dis- bten nés, sagement diri~és et leurs années les plus tendres: œ exerçaient le noble métier de charcuposttions. Un rien devient une source de On vend des gâteaux tous les jours et h?nheur quand on sait s'y prendre e4 qu'on en lettr. esprit et en leur cœur à la est de même du porc frais et des rilletatme à faire !'Jaisir. Personne ne s'y entend rayon de ioie pénètre bien plus a plus fort à l'intelligence deux ménages demeuraient ainsi priet à la m~!mrl;,.,. comme les meres. Du néant, elles .savent tifond du Faubourrr-Saint-Martin, rer des merveilles, et les enfants, .ravis, exul- plus sûrement le fond même de soleil fougueux bombardait leurs le même du caractère, que tout ce au•,..•III!S tent. Le présent le plus insignifiant un jouet c~lque à coups de verge. Celui qui larmoyer les basas et les un morceau de pain, une fleur, a~comP.agné les boudins et Ie.s cervePtrer à l'écolier le goût, l'amour, le PJailill1111:5, du regard que seules savent composer tes mères, _du mot que seules Ieur.s lèvres peuvent l'étude a gain de cause ; ce plaisir il y avait deux petits lauriers-roses meilleur allié. Rendez la prière et la expnmer, enchante l'enfant et le rend heuterrasse de la c Chope Alfred •. c'était là reux comme un roi qui possède tous les. tré- trayantes, le travail joyeux · faites MM. Camernosse et Balifour venaient soit heureux de ses succès: qu'il se sors, car pour un instant au moins il est de la fraîcheur et de la veruure. Ils ~leinement et sans contrainte. qu'il au comble de ses vœux. avec fureur. Ils s'éponieaient Je ftè_rement content, qu'il prenne Ainsi la joie préside à nos premiers pas vamcre et à .se dominer, à servir dans la vie. La gravité, la sévérité la ferme- l'œuvre de l'éducation sera fort - Quelle température! faisait M. Balifour. té r_nesurée~ qui conviennent davant~ge à l'au- s'élèvera et se purifiera; à ces "Q'""un.•- Ah! sacristil Si je pouvais aller passer !o~tté du pere ou du maître doivent s'ingénier carac~re de l'enfant se développera jours à la campagne! ... murmurait Cara monder de .rayons de joie la vie des enfants même dans le sens du bien. ~Ile occasions se présentent d'exercer ce de~ L'éducation sous l'avalanche des Pardi! ronchonnait M. Balifour. Mais votr: il suffit d'aimer. Les bienfaits reçus fions, des reproches, des sévérités de donc vous absenter dans nos sacrés lUéconserv~t leur douceur, leur channe et leur parfum 1usqu'au~ wnfins de l'âge mtlr et mê- sortes, ou seulement poursuivie sous Pourtant, au milieu <;tu mois d'août, la chamorne de l'uniforme et ennuyeuse me au delà. devint tellement suffocante que les deux .solennellement promulguée par , 0~. c'est ct; facteur de succès et de vie que discipline et .rigoureusemen·t décidèrent d'un commun accord de ne~hge parfot~ la pédagogie moderne, spécupendant quarante-huit heures de la égard à la faiblesse, sans le sourire laüve ou praflque, si attentive aux moindres Tant pis·,\ après toutl Leurs comconforte, sans le mot qui console et besoins physiques et intellectuels de la jeunesdébrouiiieraient comme ils l'entense. Elle n'en saisit point l'importance capita- l'éducation sans les moyens de produire 1 pansion, le bonheur. la joie, d'épanouir le pour le développement de l'enfant ni le fut toute une affaire. On consulta des prix inesti_mable pour l'éducateur. SchiÜer ap- le dire en un mot, est une éducation des cartes routières et l'indicateur des Elle ment à sa mission et ne formera pelle le gtron maternel une • île sacrée, où de fer. Ces dames voulaient voir la d'hommes. Elle laissera à tout le moins « l'enfant est à l'abri de toute peine et de tout . Mme Balifour soupirait: les âmes, et · parfois jusque dans l'âge ennui». Et Richter écrit: • Comme les œufs - C'est ii beau, la mer! On s'asseoit sur des oisea~. comme le nouveau-né de la tour- des traces sanglantes de son lieu de redresser, de guérir, d'en:sol€~illa sable, et on reste des heures à la regarder... terelle, l'enfant n'a besoin au début que de la - Moi, disa it Mme Carnemosse, le mer de créer, elle aura brisé, meurtri, chaleur. Mais qu'est-ce que la chaleur pour me rend tout chose... C'est si grand! Et annihilé et pour lonR"femps. l'enfant, sinon la joie? C'est elle qui permet il y a des coquillages....... Parents et éducateurs, songez-v! aux forces naissantes de croître. tel.s les rales hommes, plus prosaïques, selon yons de l'aurore; elle e~t le ciel sous lequel . trouvèrent que pour un déplacement tout prospère, sauf le poison. , aussi courte durée, il n'était pas utile .,..........v •• - s'enfermer pendant de long-ues heures dans la discipline et l'éducation austère sont indi_spen~ables; l'expansion, la joie est leur train Et finalement, il fut décidé qu'on à Nozoir-en-Yvelines, un joli petit vil· auxtltatnce non moin.s nécessaire. Elle doit M. et Mme Camemosse. M. et Mme situé seulement à quarante kilomètres de les seconder et. à côté d'elles, jouer son rôle four adoraient la campagne. Ces me:ssit•lari•
·---L'amour de la
85 lia partirent un matin, à l'aube, équipés comme pour un lointain voya2e. Ces dames portaient d'immenses chapeaux et s'étaient enveloppées. • à cau.se du vent , , dans de longs voiles bleus et roses. M. Balifour était en costume de chasse et Carnemosse en cy_çliste. Car, lorsqu'on va à la campa~ne, H faut être à son aise. Dans le train, pour passer le temp,s, ces messieurs firent quelques parties de piquet, tandis que leurs jeune,s épouses, le nez baissé, brodaient avec une attentive patience. Enfin, ce fut Nozoir-en-Yvelines. Il était 9 heures 20 et le soleil était déjà fou furieux. Il fallut aller tout de suite se rafraîchir. - Moi, dit M. Balifour, à la campaR"Ile j'ai toujour,s faim! Et séance tenante, il commanda du jambon, des œufs et du fromage. M. Carnemosse se décida, lui aussi, à casser la crotlte, et ces dame.s, après avoir beaucoup protesté, se bourrèrent à leur tour de viande froide et d'un petit fromage du pays, qui piquait la langue. Et elles burent du vin blanc en grande quantité. L'auberge où ils s'étaient arrêtés touchait la gare, mais ce n'était pas là Nozoir. Le village apparaissait dans le lointain, au bout d'un!! large route bordée d'arbres nains. Un poteau indicateur donnait la distance de: 2 kil. 700. - AHans! Filons!... ordonna M. Balifour, quand tout le monde eut fini de man~r et de boire. - Moi, fit M. Carnemosse, je vais fumer uni bC't. ne vieille pipe. Vue pipe à la campa· Rne, •:en de tel! Hélas! M. Carnemosse avait oublié sa pipe! Il .s'en prit sévèrement à sa femme, qui l'envoya promener avec désinvolture. Il faisait une chaleur intense. Les autos, sur la route, soulevaient d'épais nuages de poussière. - Tas de sauvages! hurlait M . Carnemosse en menaçant d'un poing vengeur les chauffeurs impassible,s. Enfin, après trois bons. quarts d'heure de marche, les deux ménages arrivèrent à Nozoir. Il y avait des petites maisons qui s'é· taient mises des deux côtés du chemin pour reg-arder passer les gens. Une pauvre église, pointue et menue, s'éri~eait sur une place en compagnie de deux vieux tilleuls qui ressemblaient un peu à des bedeaux. - Ça doit être l'heure de l'apéro! affirma rudement M. Balifour, tand is que ces dames
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86 souriaient avec complaisance en observant les toilettes des petites villas:!'eoises. Le café du Progrès était au coin de la place. Les deux couples s'y ens:!'oufirèrent. MM. Balifour et Camemosse commandèrent de l'absinthe et ces dames cherchèrent • ce qu'eUes pourraient bien prendre •. Finalement, elles optèrent pour l'absinthe également. A la campagne, l'air est si bon qg'on peut ,se permettre ces folies ... Il était onze heures et demie. - Vous nous donnerez de la glace! dit M. Balifour au patron. Mais naturellement, il n'y avait pas de glace à Nozoir. - Quel patelin, tout de même! murmura M. Camemosse. - Voyons. mon ami, fit Mme Carnemosse. avec condescendance, nous ne sommes pas à Paris! ... Elle était toute rous:!'e, Mme Carnemosse, et les yeux lui sortaient de la tête. - Tu as l'air malade, toi? lui dit rudement son mari. - J'ai la mis:!'raine... avoua-t-elle. - Moi aussi! soupira mélancoliquement Mme Balifour. Après l'absinthe, qui avait rendu les da· mes un peu pl.us malades et qui avait .même à moitié grisé Mme Balifour, on alla QéJeuner à l'auberge du Lion d'Or. . Il y avait naturellement du lapin, Balifo~r et Carnemosse mans:!'èrent avec courage, ma1s leurs épouses ne purent rien avaler. - Ah! les femmes. tout de même!. .. s'écria M. Carnemosse. impatienté. Mme Carnemosse considéra ce propos COill' me une injure sans:!'lante et décida ~u'elle n~ sortirait pas de la journée. Mme Bahfour pnt immédiatement la même résolution. En réalité elles étaient toutes deux très souffrantes. Le jambon, le vin blanc, l'absinthe le chemin de fer et le soleil, tout cela ne leu~ avait pas réussi. Une eff~oyable ":ligraine les tenaillait. Après une vwlente dtspute, elles finirent par avouer qu'elles étaient plu· tôt vaincues par la fatigue qu'enflammées par la colère. Elles prirent deux chambre,s à l'auberge, s'étendirent et s'endormirent .. Il n'était que midi trente. Balifour et Carnemosse se dirij;!èrent vers le café du Progrès. Ils f!rent un piquet, en -prenant rlu marc. La parite ne dura qu un . ms· tant, Carnemos.se ayant fait deux quatre-vmgt. dix.
sortait avec son guide. Je n'aurais pas - Qu'est-ce qu'on va bricoler, garde à un év~ement aussi banal, sans demanda Balifour. qut l'accompagnaient. Mon - J 'sais pas... dit Camemosse. non pas chétif, mais menu, peferait un billard?... perdu dans un costume de drap Car il y avait un billard. qui ne réussissait pas à l'étoffer. Le viqueues étaient en réparation. au teint bruni était entièrement rasé et - On pourrait aller voir le par ces beaux yeux d'idéaliste que sarda Carnemos.se. ,.,.,...,...~··· brouiller les plaines et ne se ca- Par une chaleur pareille, non, qu'à la vue des cimes. Sur le seuil, une marteau! protesta Balifour. femme blonde lui disait adieu mais Ils reprirent du marc. Ils aucun attendrissement. ' second piquet. Balifour le gagna - C'est bien haut, ce Tœschhorn? d'œil. Ils commandèrent un peu _ Quatre mille cinq cents. Un horaire des trains traînait - Surtout n'oublie pas les flanunes de ble. Carnemosse, machinalement, le - Tiens! fit-il. C'est rigolo ... - Le paquet est dans mon sac. - Quoi? - Ce soir tu illumineras. - Il y a un train pour Paris à 1 - Ce soir et aussi demain soir, si je ne on arrive à 2 h. 24... Le soir, il y a pas rentré à l'hôtel. qui repart de Paris à 5 h. 06; on est C'est cela, c'est cela. Une belle illumih. 03.... Je te répondrai. - C'est ris:!'olo! murmura Balifour. - Adieu mon chéri. - Ah! mais, dit avec fierté le Elle riait, montrait .ses dents blanches, ne café c'est que nous sommes très ser~is ici! Tenez, voilà justement i'n....llllilfestat aucune crainte. Déjà il s'élois:!'Dait grands pas qu 'elle agitait encore la main. qui part pour la gare... se retourna une fois, deux fois. Mais quand - Une idée! s'écria Carnemosse. se retourna une troisième, elle n'était plus que les femmes dorment, si on allait 1! ne fau.t pas se retourner trop souvent tour à Paris... On rentrerait pour on part. di) ...
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"' * four. Et tous deux, sans hésiter, sautèrent Le Tœschhorn n'est pas de ce versant, une llleensJ.on commode. Au mois de juillet, pasl'omnibus. Ils étaient radieux... Maurice encore: le J!'lacier porte aisément. Mais un plus tard dans la sai.s on, les chutes de sont fréquentes. De Saas-Fée, on monau Tœschhorn ou au Dôme que jusdébut du mois d'août et nous étions à Ces précautions m'étaient connues. Mon Saas-Fée est un petit .village perdu au ne manquait donc pas d'audace. A de la vallée de Saas, en Valais, proche par l'attitude paisible et même jolie. 11 faut cinq heures de mule pou~ de sa femme, il était ,sans doute couvenir de la station de Stalden. Ausst de ces équipées. Parti à trois heures, guère fréquenté que par des touristes indrait à sept la cabane des Michabel ris amateurs d'air vif et il pas,serait la nuit, et le lendemain, avant On n'y voit que des figures rouges jour, il attaquerait sa montagne pour rele soir même à Saas-Fée. A moins que... mains brûlées. Tout le jour, c'est un moins que l'entreprise ne fQt rendue d'alpinistes armés de piolets, la corde par l'orage. Le ciel .était pur, mais lée autour du. corps. Le court horizon de Saas-fée est un vent chaud qui n'annonçait rien la neig-e de prodiJ!ieux sommets. Dt; La cabane des Michabel est heureubel aux Mischabel, ce ne sont que un abri silr. ciers et l'on prend le torticolis à soir, à la table d'hôte, je me trouvais haut.' Le mieux encore est d'i presque en face de la jeune femme que Quand je débarquai à l'hôtel. un vo1•1rats aperçue, Mme Frainoy, me dit-on, Ga-
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Le dernier Signal
by comme l'appelaient familièrement ses voisins .. C'était un coin de table très eai, très cor~1al. Mme Frainoy-Oaby, en robe blanche, les JOUes toutes roses. jolie, vive, exubérante, créait autour d'elle une atmosphère de bonne humeur. Elle avait une légèreté d'oiseau pour saute!. d'un sujet à l'autre .sans s'occuper des transtitons. Et la voyant si plaisante je son' geais à part moi: Elle a oublié l'absent. ,. On servait Je de,ssert quand huit heurea sonnèrent. Aussitôt elle se leva. - Où allez-vous si vite? - A mon rendez-vous. - Avec qui? - Insolent! avec mon mari. · - Mais il est au diable, je veux dire aux Mischabel. - Jûstement; nous allons nous souhaiter le bonsoir. - Nous voulons voir ça, Nou,s vous rejoiR""Ons. - A votre aise. Et chacun de se dépêcher d'avaler un biscuit ou un quartier de poire. Nous rejoignî· mes Mme Fr ainoy, qui s'était installée à gauche de la petite église, un peu en avant des hôtels, afin que ses feux ne se confondis,sent pas avec ce1:1x du. villa/:!'e. Nous eQmes de la peine à la découvrir dans l'ombre. - Et votre il1umination? - Attendez. C'est à lui de commencer. Et, se dressant, elle nous montra de son bras tendU!, la· montaa-ne qui, sur le' noir de la nuit, se détachait en plus clair à cau,se de la neige. - Ça y est. Ça y était, en effet. Presque au sommet du col que désignait une ligne vai'Ue, une flamme rouge br illait. Elle montait haut, comme si elle voulait incendier la montagne, mais elle retomba très vite. A .son tour, Mme Frainay, parmi les félicitations et les cris de joie, commença son petit feu d'artifice. Rien n'était plus g-ai que ce rendez-vou.s nocturne. Les enfants attirés par la lumière, dansaient une ronde. On les voyait tourner, tantôt comme des ombres chinoises et tantôt comme des diables rouges. Cinq fois les sis:!'fiaux se répondirent. P~.<is la montagne redevint muette. - C'est fini, déclara Mme Frainoy. Allonsnous en.
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Nous fûmes contents de rentrer. Notre cu-
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88 rio.sité était épuisée. Gaby, riant aux éclats condui~it la tr~pe. J'étais. demeuré un pe~ e,n arnere. Machmalement, ]e rel{'ardais dans 1 ombre, à la haut-eur de la cabane des Mischabel, et voici que de nouveau une flamme cla.ire . ;a:llit. Elle monta quelques instants, PUis dtmmua. ne fut plus qu'une petite étoile at~ cœur de la mcnlaR'ne, et plus rien. Cette lots, d'en bas aucun signal ne répondit. Làha~t•. dans sa solitude, notre alpiniste n'avait nen de mieux à faire que d'allumer '!es feux de Ben!!ale avant de s'aller coucher. Mais à l'hôtel. il y a toutes sortes de jeux de so~ ci été qui réclament les touristes à la veillée. Il faut savoir ne pas insister. Le mari de la charmante Gaby manquait décidément de mesure. . · Le lendemain, après une assez lonl{'ue matinée, le temp.s se R'âta. Il y eut une véritable tempête. Dans les brouillards qui se succédaie~t, l~s masses. R'rise,s des Mischabel apparatssatent par mtervalles terribles. menaçantes, f?rmid~bles. En arrivant à table, je dema!ldat aussttôt des nouvelles, non sans une certa me appréhension. La descente avait dO être périlleuse. - Mon mari? raconta l{'aiement Mme Frainoy. Eh bien! il n'est pas; encore là. Il se sera arrêtée au refuge et il y passera la nuit. Il a l'habitude. - Vous adressera-il encore des signaux? - Sans doute. On recommença la cérémonie de la veille mais avec moins d'assistants. Il tombait ur{ l!'r~sil R'lacé et la plupart des touri.stes préféraient le bon feu du salon. Les brouillards avaient disyaru. On distinguait la paroi sombre de la montal{'ne. Gaby, en manteau de laine blanche. attendait. Elle plaisantait sur le retard de son mari, qui n'était jamais pressé. Pourvu que ses allumettes ne fussent pa.s mouillées! A mesure que le retard se prolongeait, notre petite troupe se réduisait. Un mari qui souhaite Je bonsoir à sa femme, ce n'est pas un spectacle suffisant pour retenir quand le froid est vif et la pluie ){'lacée. La pauvre Gaby essayait bien de faire bonne fi~me , mais à sa voix, je la devinais . inquiète. j'étais presque seul avec elle, moi qui ne la connaissais que de la veille, et nous attendions depuis près de deux heures. De temps à autre, on allumait une flamme de benR'ale, mais la montagne ne répondait pas. Je lui expliquai que son mari avait pu redescendre de l'autre côté, sur la
- C'est moi qui ai eu le plus de voix. belle main les affiches portant les vallée de Zermatt. Elle - C'est flatteur. prus les promesses des ,vostulan~s, prépapuis elle me dit : - Cela prouve que je suis aimé dans la e~iscours et comme tl y avatt. el! bal-j'ai peur. commune. · · t 1 .1 avait récolté double proht. _ Et madame la mairesse ausst, aJOU a e Elle me dit: « j'ai peur ~ . en 1 faisait des vœux pour que les ne la crus pas. On ne croit pa,s notaire. durassent toute J'année. . ceux qui sont trop R'ais. - Nous sommes aimés tous les deux. ·our de Pâques approchait, il se rattra· Nous voulûmes la ramener. Elle _ Tous mes compliments. répéta ~e no1 les bouchers; le principal b?uche! sista avec une obstination douce taire qui se retira, ne pouvant contemr son - ils étaient deux - lut avaJt et toujours avec des rires. Bientôt' envie de rire. Nor-evo.ouun.~e pancarte d'estinée à être collée te seule à son poste. De R'Uerre _ Tu as beau plaisanter, se dit le mair~, la porte de sa devanture, ~ c~té du bœuf R'agnai ma chambre. Elle venait de c'est la jalousie qui te fait parler; tu voudrat~ • Vous savez, je reste, mais ...-....~ qu'il exposait le vendredt samt. bien être à ma place. . . , pourquoi. Il est sOrement à eette pancarte était ainsi conçue : 11 rencontra le médecm du pays qut 1am'avait fogé, l'hôtel étant rempli, borda bruyamment. . coNCOURS DE BETES A CORNES annexe qui était au bout dUJ village, A la bonne heure! exclama-t-~1:. au du poste qu'elle avait choisi pour PREMIER PRIX moins, vous avez le courage de vos optmons, illuminations. De .ma fenêtre je la DEfENSE DE TOUCHER L'ANIMAL 1 vous! . . toutes les demi-heures, recommençait l - Je l'ai toujours eu, a!hrma 1e matre. bleme_nt, comme pour s'amuser, son Le coiffeur l'avait écrite en gros carac~èr~s; _ Vous b affichez crânement. .. expénence. ll)du'te d'une épaisse couche de colle, tl 1 a_ Le résultat a été affiché à la mame. yait ~Jacée sur une chaise en attendan.t de la . _ A la mairie aussi, dit le .docteur.. Une caravane "'dont je •·faisais partie _ Il y a eu du tirage,, rep!lt le matre qut · en trouva. deux jours plus tard, dans un livrer. Jean-Baptiste Leroux•. le nou:veau matre, . • parlait toujours de son electtOn. loir où la tempête avait déplacé des tra pour se faire raser; tl s'assit s.ur la . chaise. - Vous étiez bea.ucoup de concurrents? les corps du malheureux et de son Bastien s'empressa de le servtr, lut passa demanda le docteur. Frainoy était venue au devant de nous. _ Tout le conseil municipal. autour du cou. . que je l'aperçus, je m'arranR'eai pour lai une_ serviette Toutes mes félicitations, monsteur le - Ils .sont donc tous mariés! prendre Je malheur. Elle ne pouvait qat - Quasiment. maire, dit-it . . attendre. Quel ne fut pas mon effroi en _ Je te remerc1e mon amt. - C'est un succès dont madame Leroux prochant, quand je l'entendis rire aux _ Vous devez être content? . doit être fière. . comme le premier soir, quand elle - Je sui,s content, mais je sats ce que ça _ Cela lui a fait plaisir comme à mOI. tranquillement sans même se retourner _ Elle a dû se donner un mal. . m'a coûté. t p le dernier signal! _ Vous avez battu votre concurre~ , ros- Elle ne s'en est point occupée, dtt le En voyant le.s sacs que la caravane r Malnourri; il en fera une maladte. maire. portait elle était devenue folle. pe _ Ça ne me rendra pas mon arge~t. - Allens donc! Henry BORDEAUX. Le coiffeur le rasa prestement; mons:eu: le - Les femmes ne doivent point se mêler llaire paya et se retira en emportant l afhche de politique. . fraîchement collée sur le dos de sa blouse. Le docteur éclata de nre. .. Quand il fut dans la rue, il s'aperçut ~ue - Prenez R'arde, dit-il, la ~oche Tarpelen~.: les habitants l'entouraien.t et le regardatent est près du Capitolle; samedt on les tue, 1 manche on les débite. . . curieusement. . ,. rt 't l'é La jalousie la jalousie, se dtt le matre. C'était la première fo.JS qu tl ~o at • A Nicéphore-le-Rideau, commune du Deux gend~rmes en tournée pas.sèrent .. rolais, le coiffeur Bastien le Becquet leclion ayant été proclamée la vetll~ .. Ils contemplent leur ~ire, se. dit-tl ave~ En apercevant le dos de monsieur le ~atre, surnommé parce qu'il boitait orgueil: autrefois, quand )e passats, personn ils se mirent à rire tellement fort qu tls se la jambe droite, cumulait outre ses de perruquier celles d'homme de ne faisait attention à mOt. . . · . roulaient sur )'eurs chevaux. Il retourna et salua ses admtmstrés qut - Tous mes compliments, monsteur 1e d'artiste peintre; ne ,se contentant se . lir ses concito.vens, il peignait des en:seil~ furent pris d'un fou nre. . t 'l maire, lui dit un gendarme. . . ' - Le Carnaval est passé, lUI ena 1autre; . Ça leur fait plaisir de me vmr, pensa- ·l · tant la lettre, rédigeait les Jusqu'aux gendarmes q';li ~isent des bê!t= les missives de ces clients peu Le notaire l'accosta. . le - Tous mes compliments, ~nsteur l'art qui a rendu célièbre Mme de ses, pensa le maire; je sats bten que le car . e lui dit-il d'un air narqums. • . Il avait eu beaucoup d'occupations naval est passé. , 1 ma~ ' Je vous remercie, monsie~r notatr;j C'était Je jour du marche .aux bestiaux, t semaine, grâce aux élections mUllicipales - Vous avez décroché le pnx a ce qu 1 venaient d'avoir lieu. Il avait libellé les se rendit sur le champ de fotre. f~ssions de foi des candidats, calligraphii paraît?
•
L'AffichA
1:
. 91
90 Il se promena parmi le. vafeurs· bientôt on l'e t s groupes des cu !ti•, n oura. tés~ V là le lauréat! s'écria-t-on de tous cô-
. - Cela suffit, dit le maire u phments commençaient à ob :d q e les corn- Vous devez • : se. er. e~e ,sah~att, observa un marchand de b œufs, vous etes arrivé à un l'ésultat. - C'est entendu, c'est entendu d'"t . . - Vous avez le droï .1 e re her et madame la ... ~: ...... resse auss 1• - Je vous en prie pl d f'li . . depujs ce f ., • . us e e cttations · ma m, J en suts assourdi ' . Vous êtes modeste• remarqua ·un jeune paysan. - 1~ le suis, dit le maire; est-ce que J·e n'at· pa s ra1son? de ?.a~~rté~lexion provoqua les rires bruyants
ou-e.
Arriva un de ses amis. - To~tes mes félicitactions! s'écria-t-l - . Toi aus.sl, dit le maire en lui tenàa.nt
1a ma.m. L'ami refusa de la prendre. -d dNon, dit-il, pas aujourd'hui· c'est défen u e te toucher. ' - Tu!' sais que je ne ,s uis pas plus fier pour ce a. ' - Comme on dit: cela vaut mieux ue d être préfet, on es.t silr de ne pas perd.r q place. e sa Les rires reprirent de plus belle. - _Tu es donc devenu méchant que l'on ne dmt plus te toucher, reprit Pami. c'est t'y que tu d?nnes des coups de cornes? Les nres redoublèrent. . ~- Je m'e~ vais, riposta le maire, agacé · je e donnerais un coup de boutoir. , - Un coup de boutoir? Fallait concourir avec le~ marcassins alors. Monsteur le maire se retira. C'es.t sin.guli~r, se disait-il, comme en chang-e~nl de situatiOn on change de manï d VOir; au_trefois, quand j'étais comme te;~t mo!lde, je tr?uvais les habitants du pays intelh~ents; auJourd'hui , que je suis le premier !'flag•strat de la commune, je les trouve idiots . tls s~mt .stupides; je ne m'en apercevais pas' Le citoyen, au f~îte des honneurs, n'envisag~ plus _les gens QUI_ sont a_u-dessous de lui sous Je m,e~ aspect; Je l'avats entendu dire je ne vou ats pas le croire. ' ~onsieur le maire faisait des réflexions ameres sur les changements que les grandeurs ()pèrent dans l'esprit de l'homme.
1:
un redoutable fléau de ces temps, qui Non, les ,satisfactions de l'amb't• nent pas le bonheur. a 1011 ~ur son passage, les enfant tr~1ent ~iscrètement du doigt . 1~ se lt m1er pnx.. · a eu le Jt~.squ'aux enfants qui radotent paraassent imbéciles! pensa mo . tt re; le premier prix il a be ~steur vais plus à l'école!' y I age q~~e ,. II ,se re~di~ à la mairie afin d s al n y avatt pas quelque signat e fon dfut reçu l'instituteur quTia!.:l 1 n e secrétatre. -. . A la vue du maire, l'instituteur rare. - Vous aussi! s'écria le maire· q.ue v~us av~z à rire et à me reR'arder ~ bele cuneu~,e? Vous n'avez ·a . ma1r:~ R~gardez-le bien. vous ~~s plus' je fiche ma démission 1 - Je ris, répondit l'instituteur pa vous av~z une affiche dans le dos'. rœ Monsieur le maire retira vi blouse. Vemeat -éC?o~e.nt cela se fait qu'on ne l'a en ev e . dtt-ü. On n'a pas osé, ces ' t défendu. li,. - t'tu ' ...., 1ms 1 ieur:
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1
DEFENSE
DE
TOUCHER
corrompt, tue l'énergie et peut avoir
p1us graves conséquences sociales.
x
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luxe n'est pas le superUu, a-t-on dit, le • superflu cher •. C'est la robe de ba\ les bijoux qui font • paraître • ; ce sont les menus bizarcomp\iq.ués, les variétés infinies de vins · somme toute, ne valent pas les rires et la gaieté pétillante des rustidu « bon vieux temps •; ce sont d'or et d'argent qui peuplent les somptueuses et qui n'inspirent que l'amour du Beau; ce sont les excen· de la toute dernière mode. c'est, en tout ce qu'invente le sentiment de vaou d'orgueil.
x
Remarquons qu'un objet est de luxe à une et cesse de l'être à une autre; un obde luxe pour telle catégorie de persanpour tel individu et ne l'est pas pour tel tel autre. Est de luxe, peut-on dire, tout qui n'est pas rigoureusement nécessaire et en même temps, coûte beaucoup d'argent travail. Au surplus, chacun sait bien commence le luxe,, pour son propre comp-
L'
Eugène FOURRIER.
•••• Lnxe et Misère
des autres... On trouve dans ces maisons-là un ordre particulier, une façon ,simple et harmonieuse de disposer toute chose. une propreté scrupuleuse où l'on ne devine pas seulement le soin d'une ménagère active, mais aussi la tendresse toujours en éveil de la mère et de l'épouse. Ne s'agirait-il que d'un petit bouquet de bleuets, cuei11i au bord du chemin. en revenant de la messe, la chère femme a su mettre ces fleurs au bon endroit; le verre qui les contient est brillant, l'eau est pure. et cela donne à la demeure un petit air de fête qui réjouit l'œil en entrant. Elle ne \ivre rien au hasard; jusque dans les plus petits détails, il y a une intention et chacune de ses intentions sort de son bon cœur pour a\ler à celui des autres.
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•
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Sa personnalité rayonne, réchauUe, et le parfum de son âme pénètre partout: on la sent sans la voir. Car le signe distinctif d'une bonne femme est de ne pas faire de tapage, de ne pas attirer les regards et de passer presque inaperçue dans la famille. C'est lorsqu'elle n'est plus là que l'on comprend tout ce qu'elle valait. 11 ,semble alors que Je leu du foyer soit éteint, et à chaque heure du jour, on la cherche, on l'attend. Elle est comme le bon pain de froment qui semble insipide et dont on ne peut se priver. Elle est comme l'air pur qui nous fait vivre et que nous ne voyons pas.
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• •
Son cœur et sa vie sont aux autres; elle s'est donnée tout entière; on la sait à soi; on use de son âme, on y fouille comme en un trésor commun. Sa bonté est au milieu de la famille, un refuge toujours 'ouvert qui calme et guérit. Non pas qu'elle se pique d'é\oquenc~ et de philosophie, qu'elle endorme le chagr~n par des phrases ou persuade par des raasonnements: elle partage les peines et les joies d~ ceux qu'elle aime, r ien de plus, et cela st simplement, avec tant de naturel _et d'un cœ~.r si sincère, que l'on ne songe meme pas qu al en pourrait être autrement. Elle n'a pas conscience. d'ailleurs, d'être l'ange du foyer et l'â.me de la famille; elle n'a fait aucun effort pour cela; c'est par besoin qu'elle se dévoue, par instinct qu'elle s'eUace; elle va au bien comme les braves au La maison - riche ou pauvre - où il y a canon ... une bonne femme se distinJi!Ue tout de suite
La bonne femme
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•
• • excellent
Il existe, ce type de la fenune bonne et dévouée. Je l'ai rencontré souvent dans ma longue vie; il est dans la nature, il Z. est vrai.
L'Ours de Niouc (Conte valaisan.) Il y a bien des années que le hameau de Niouc, situé à l'entrée du val d' Anniviers, était simplement une station. L'Anniviard avait coufun~ de s'arrêter là, pour laisser respirer son mulet et respirer lui-même. Seul un paysan, lo~ait dan~ l'unique cabane. Ce paysan servait de guide aux étrangers et faisait rapport aux autorités sur ce qui lui paraissait étrange. De tous les rapports du • garde ,. - c'est ainsi que le peuple l'appelait, - le plus intéressant est celui de l'ours de Niouc. Niouc a eu son ours de même que la ville de Berne. Cependant l'ours de Berne et cehli de Niouc ont eu un sort bien différent. L'ours de Niouc est mort de sa belle mort, la main de l'homme n'a pas eu lieu de le frapper. L'ours valaisan était un bon farceur. Je vais vous conter un de se:; meilleurs tours. . Friand, comme ses ancêtres, il cherchait à satisfaire sa gourmandise. A quelques mètre.s de la cabane du • garde » se trouvaient trois petits pruniers. L'automne allait venir. Les pruniers étaient couverts de prunes merveilleuses. Le garde se réjouissait de les cueillir. II se décide un jour. Cependant, il doit constater à sa ~ande surprise, qu'un homme sans conscience devait avoir enlevé plus d'une prune. Dès la nuit tombante, le garde veille. Tout .semble dormir. On n'entend plus un seul oiseau sifïl o~er. Un petit vent doux caresse ses joues. Il va s'endormir. Soudain, le garde entend un être qui s'approche. Il voit, à sa grande sfupéfaction, un ours venir aux arbres. Le quadrupède est arrivé près de.s petits pruniers. le voilà se dressant contre l'un d'eux, et l'entrelaçant de ses pattes velues. Un craquement ,se fa it entendre. L'arbre est déraciné. Maître ours le charge sur ses larges épaules et s'enfuit aussi silencieu.sement que possible. On raconte que cet ours était à ce point délicat qu'il aurait rapporté l'arbre fruitier à sa place, sans y laisser une seule prune.
Le garde aurait trouvé le tour bien joué, qu'il se serait abstenu de to~ geance. Pouvons-nous dégajit'er une morale conte? Certes. S'il vous importe de farce, à votre voisin, soyez ru.sé et comme l'ours de Niouc.
Conservation des
bouché ~ l'émeri et mis à l'abri de la luet un peu de borax en P.oudre. Il .d t à la moindre uite préparer une certame quan- mière. Et au plus petit aCCI en • . cul et . , 1 1 . e la plus mm us e (0111 de .s 'de car il doit être renouvelé doit avoir égraügnure a a Pal 6f. ce 1!QUI ' ême lors d'un accident grave, on ;ours. . , p 5 te , a été aussi précomsee: our ~cours à cet aD;tisepti~ue. l . des tégusucreea·outer 150 grammes de sucre T tes les {OIS qu'il y a P ale d'e~u:'·uits 10 grammes .s'il s'agit <~:e plaie d œl e's s'il s'aiit de chrysanthe- quee par un ms ~ · bêche fourche, 70 grauun couteau,. serpe •. scie, t:as~~· on d~it immé., ande eau, froide t aussi additionner l'eau de (qu~l- canH, VItre bnsée, e .. , ()11 peu de carbonate de soude cns- diatement laver .la t~alep;o~e et bouillie de erarnrnes ou ~haude, rals't;tescette plaie détergée de des m~?a~;:~·érale : Il faut cueillir l;,s préierence. u~~~ saris corps étrangers, bo~ matin en boutons près deds e· toutes se~ soul ures,tc avec un pinceau ou de dans l'eau sur les eux étoile, pallle.d?er~. ~n'' recouvrira largeme~t . tes trloe:!.!~r. Il est préférable de les un tampon ou~ e d'iode . puis on applileur ,.h uff' t peu aé· cette plaie de teinture b de ~t on va trouver dans une pièce peu c a ee e que de l'o~ate et une an un médeciD; . t absent ou très éloigné Si le medecin es simple panse· du lieu de l'~cciden~,. a~:c 1': blessé peut atment à la temture . IO u';u lendemain. il n'v tendre impun~ment wsq lui et la plaie est à a aucune cramte pour and l'homme l'abri de toute ini~dion~a=!e~~nt délinitil. il de l'art procéd_era uné grâce aux IWuveaux sera à !?fU ?res a~~~p;endra, que son blessé i>Oins mmuheux qu 1 . sera pr~mpte~~t feu~pliquée sur une plaie, La temture 10 d e nrovoque nas • étendue ou proion e, n ,.,. ·1· tout meme ique . un peu, vo1 a · de do1;1le~rs; ~ ç~ ~ il faut que la teinture Ma1s 1e le repe. e, fraîche ou contenue d'iode employée ~li t~~~quement bouché. car dans un flacon en~ t ar suite de l'êelle se décompose lac~leroe::nep de l'acide iodvaporation de l'alcoo ' t être très caustique. hydrique et, alors, peu Docteur JACK.
me~1~~
s~pe~io:~t ~~aX:~!~~d~ef:o;~~
Causerie dn Docteur
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Eloge du miel . . 1 ---= arlait produit des Le miel est .le p u~aJes le plus naturel, fleurs, un extratt de p avo~eux recueilli sur le plw fin et le ~lus s e les a~bres les plus les herbes. les ?mssons •tt dans les vallées et van'és, comme Il en crol . squ'aux plus h au t s dans les montagne~. tns les interstices des sommets. r:arto'_lt·u~~ a~itude considérable, il rochers, mem~ a t de terre pour qu'une se trouve sulhs~mmenerrner grandir et fieupetite plante pmsse g . ' lé la décourir. les abeilles. ces tour)stes at s,
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94 vrent sans le secours d'un ~ide. Elles butinent partout dili~emrnent sur les rhododendrons et autres fleurs alpines. Cette constatation a déterminé depuis longtemps certains a~iculteurs à transporter leurs ru~hes à la montagne, après la .récolte de la plame. Ils obtiennent ainsi, à condition que la !~mpératw·e soit favorable, un miel particulierement riche, fin et aromatique. Quelques-uns même y laissent quelques colonies bien abritées, toute l'année. ' Nous savons déjà que les plantes qui croissent à la montagne communiquent au lait. au beurre et au fromage une saveur particulière et une valeur plus s ubstantielle. De même, les fleurs des Alpes donnent au c miel de montagne • un goût plus suave et développent sans doute aussi sa vertu thérapeutique. C'est pourquoi les anciens Grecs et Romains vantaient beaucoup le miel, provenant des montagnes, par exemple du mont Hymette. Ainsi si nous consultons les plus anciens documents' comme la Bible, les paysans d'EJn'pte, la my: tholo~ie des vieux païens et leurs auteurs les plus illustres, comme aussi beaucoup d'autres chroniques des temps anciens et modernes. les pharmacopées officielles et les récits de nombreuses ~uérisons frappantes dues au miel seul, nous nous rendons compte de la • srrande valeur nutritive et curative de ce précieux produit La raison doit donc s'incliner devant l'évidence des faits rapportés dans l'histoire de tous les temps et confirmés par les nombreuses expériences du présent. Le miel. véritable suc de fleurs, est avec le lait. l'aliment le plus hysriénique. un préservatif des plus efficaces contre quanlité de maladies, Je meilleur et le plus aS!féab1e des remède!> naturels et pour les convalescents, un précieux baume de vie, procurant le recouvrement des forces et d'une santé parfaite. On lrouver<~it difficilement un médicament d'un effet aussi ~néralement salutaire, ne perdant rien de sa vertu curalive par un usa~e prolongé, mais au contraire, continuant à nourrir el à J!Uérir! Il n'est pas à craindre que son emploi soit préjudiciable sous d'autres rapports rornme tant de remède<; modernes chimiquement préparés qui, tout en sruéris: sant un mal, en provoquent un autre, au S!Tand rlétriment de tout l'or~anisme. Involontairement, les paroles de Pline viennent sous ma plume: • la douceur du miel et sa propriété d'empêcher le mal de de-
provision de houille qui s'épuise, suite de la transformation de roches celle de l'acide carbonique de végétaux puisent le charbon dont leur substance qui. elle, sert enaux animaux. Ainsi, conà ce que prétendent certains recontemporains. c'est de faim que 1110urrons tout d'abord. Puis la disette viendra ensuite parachever la tâche par la disette d'acide carbonique raslronome suédois pense devoir surveavant quinze mille ans, c'est-à-dire dans ,yeoir relativement prochain. pour M. Svante Arrhenius, reprébien l'état de la Terre dans quelIl doit y faire une température de de zéro. Les lacs qu'on y obLE TEMPS QUI NOUS RESTE? et dont la couleur varie doivent ressem· M. Svante Arrhenius, jeune mais déjà. 1 ce • khevirs » qu'on observe en Perse et lustre professeur à J'Université de :::,to,cktlolll,• sont des lacs de boue extrêmement salés auteur d'une cosmol~e, vient de réunir, d'une croûte plus ou moins des. forme d'une petite brochure, ce qu'il aux formations linéaires qu'on établi au sujet de l'existence de la et qu'on a appelées des canaux, ce des crevasses dues à l'effondrement d'une vie analo,l!'ue à la vie terrestre dans croûte martienne. Il existe dans Mars planètes et dans la Lune. Après avoir rappelé les faits atmosphère puisqu'on y observe parfois qu'il n'existe pas d'atmosphère dans nuaj!'es et même des chutes de nei~e aux satellite, le savant suédois constate que Mais cette abnosphère n'est que le de l'atmosphère terrestre. cure est dans une situation assez analQfue à celle de la Lune. Terriens n'ont donc plus pour bien à rester les rois de la création. Quant aux grandes planètes Jupiter et turne. leur légèreté spécifique est inconcilia· XXX ble avec l'idée d:'une masse solide au-deSSUs de laquelle surnageraient des gaz, c'est-à-dUt UN BAROMETRE POUR 3 SOUS t•te atmosphère. Elles doivent être ettlimo Voici un procédé pour fabriquer soi-même ment ~azeuses ainsi qu'Uranus et Neptuœ excellent baromètre, qui ne coûte que 3 II ne reste donc en cause que Vénus, la Terre et Mar.s. Le pouvo·i r réfléchissant de Prenez une bouteille de pharmacie de 125 Vinus est considérable. Il atteint pre.sqlll environ (le nombre de grammes est indiqué sur le fond du flacon); bien celui de la neige ou celui des nuages. D'aiJ. , puis l'é~outter soigneusement. leurs le fait que Vénus qui, comme la Lune, paraît tantôt pleine et tantOt partiellemeal un tube de verre creux d'un diamèéclairée, prenne parfois l'aspect d 'un anneau quelconque (3 mm. par exemple) et d'une double de la bouteille. Prenez un brillant ne peut être expliqué que par tence d'une atmosphère plus dense que celle bouchon de liège, perœz-le de part en de la Terre. M. Svante Arrhenius est coa- au moyen d'un clou rougi au feu, de à pennettre l'introduction exacte du vaincu qu'il y doit régner une chaleur un pea inférieure à 60" et par conséquent favorable votre tube de verre dans le à une véS!étation primitive et luxuriante el puis dans Je flacon, et bouchez ceque bientôt c Vénus prep.dra parmi les pJa. hermétiquement; descendez le tube de nè'tes la place .sou_veraine que la Terre désor· dans l'intérieur jusqu'à ce qu'il vienne mais ~lacée aura perdue. • d 'un centimètre du fond. Coupez la En œ qui conœrne la Terre, M. Svule du bouchon qui dépasse le goulot et Arrhenius explique que ce n'est pas seuleven!r mortel chez les humains ne son 1 1 momdres que celle du nectar divin. • «Le Créateur, dans son infinie placé à côté de chaque maladie, la te saluta·i re destinée à en paralyser les Si ~e . dicton populaire est juste, le miel cueJ!h sur d'innombrables fleurs, renrerme lui tous les médicaments. Ce qu'est le lion entre tous les l'or entre tous les métaux, ainsi est entre tous les aliments et tous les menis.
Variétés
s..
cachetez quoique cela ne soit pas néces.saire. . A ce moment, mettez sur le feu un récipient ~uelco~que, que vous remplirez d'une ~u b1en cla1re, que vous porterez à l'ébuliflon;_colorez cette eau de la nuance qui vous conv1end.ra: quelques gouttes d'encre rouge ou violette par exemple. Chauffez votre flacon au-dessus d 'une lampe ou d'un fourneau jusqu'à ce qu'il devienne assez chaud pour que vous puissiez le toucher difficilement. A ce moment, plongez l'extrémité du tube dans l'eau que VOUs avez teintée, et, pour éviter l'ennui de tenir le flacon pendant la fin de l'opération, calez-le dans une encoirnure, le tube ploqoeant naturellement dans l'eau. Puis ne vous occupez plus de rien. Une partie de l'eau du récipient montera dans l'eau et se déversera dans le flacon. Quand l'eau sera complètement refroidie, plongez le doigt dans l'eau, soulevez légère· ment le flacon, bouchez le tube avec le doigt, sortez-le du récipient, retournez le flacon dans sa position normale et enlevez votre doigt. La colonne du tube baissera lentement, votre baromètre est fini. Voici maintenant la manière de le consulter: Quand la colonne d'eau sera au-dessous du niveau du liquide: Beau temps. Quand elle s'élèvera au-dessus du liquide : Variable. Quand elle atteindra le goulot: Pluie. Quand elle montera au-dessus du bouchon: Grande pluie, tempête. Ce baromètre étant d'une grande sensibilité, éviter de le mettre dans une pièce chauffée, car la colonne d'eau monterait. Sa place est tout indiquée à côté du thermomètre. sous un petit abri, dans le jardin.
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c VIRILITES " Recommandons aux amateurs de maximes ce volume compo6é par M. J ules Bertaut et écrit par Napoléon. Tirées des œuvres complètes du grand honune, œs pensées sont classées méthodiquement par ordre de matières, mais, quel qu'en soi.! l'objet, la force qui les auime iustilie leur titre commun. Exemples: • Il y a des crises où le bien du peuple exige la condamnation d'un hmocent. - Le cœur d'un homme d'Etat doit être dans sa tête. - En fait de système, il faut toujours se
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upplément J'Jo 9 6is de ,f &cole,
f~:!rver le dr~it de rire le lendemain de ses
dans la nature ou dans la ~rr.âce. il devra être le père. L'enfant. c'est une famille, puis une cité. puis tout un peuPle. = C'est là surtout ce qui touchait Tésus, A Mesdames les Institu.trices. quand il re~rardait ces humbles et fra· Si Dieu vous a appliquées. par état. à œuvre de miséricorde qui surpas- 12:iles créatures. Chacune d'elles était toutes les autres et se nQmme l'ensei- une semence dans laquelle il vovait. aiquelle fonction est la vôtre? mait. bénissait une moisson. Vous qui élevez l'enfance, vous êles un ministère d' amze. Les anges d'ofHce les messagers de Dieu. A aux sour·ces. et en avez le soin. Telle de faire arriver aux hommes le~ ra- vous ferez la sourœ. tel sera le rui:s· du soleil éternel et cle verser sur seau; et tel est le ruisseau. tel. le fleules célestes rosées qui sont comme ve. Où monte. où finit, où s'étend ce libre évaporation de l'océan incréé. aue vous commencez? Il faut la science dit que. dans le del. c'est au mili~u de Dieu pour le savoir L'avenir de l'Edes chérubins que s'assoient les doc- glise et du monde est. pour une p.orteurs. A vrai dire. pour trouver ce que tion. dans vos mains. 0 Dieu! quelle vous faites. il faut monter plus haut en· chanre maintenant. et tout à l'heure, o.uels comptes! Mais aussi. comme Dieu Lt: QUATRAIN DU DOCTEUR core. Maurtce Donnay, il y a bien Qu'est venu faire Tésus? Sans nul vous regarde! Comme son cœ~rr est nrès dînait un .i our chez le Dr Cristal une ~oule. ~0uHrir et mou.rir. C'était la fin de votre cœur! Avec quelle como\'üsanxxx som!Dités médicales de Marseille. C~lui-ci de s:1 mission et le somiT1et de son œu- ce il vous voit. avec quelle fidélité tenr~ge . cc;>llectionneur d'autographes, le ' vre. Mais d'abord qu'est-il venu faire? rlre ct puissante il vous aide! Si quand ELLE EUT 33 ENFANTS d ennchtr son albunL S11int Paul le dit: « Il a arms;~ru . nous il s'est arri de construire un tabernacle M~ Sarah Sweeney, âgée de ... 114 ans, - Vou~ improvisez merveilleusemenl enseitrn<Jnt. il est venu pour nous ins- extérieur. terrestre où il ne devait iae~ hab•!ant jacobsburg, dans l'Etat d'Ohio, vo'!s ,en pne, quelques vers, un tout petit vient d ~~resser au Congrès de Washington tram .... truire. » Tésus est un précepteur. Dieu mais habiter qu'en figu·re. Dieu daiP"nr\ une pét~hon par laquelle elle demande que - Volontiers, fit Donnay. l'avélit deDuis des siècles annoncé sous ceoend:mt envover son Esnrit aux deux sa pensiOn de retraite, qui est actuellement Et. prenant l_a plume, il écrivit, tandis ce nom. « Tes veux. ô Israël, verront enfants d'Israël à qui il voulait que fus· de douze dollars par mois, soit pofllée à cent son hote attenhf le suivait du regard: ton préceoteur. et celui qui t'enseignera. sent confiés l.es travaux. combien nl11" dollars.. Pour justifier cette demande Mme Depuis que le docteur Cristal ie ne l'ôterai nlus de devant toi! » lé- pensez-vove; qu'il vous insnire et vo11s Sweeney explique que, mariée la première fois Soigne des familles entières sus est un instituteur divin venant fai- élS,-iste maintemmt que n<1r son ordre au soldat Ch~les Brandon, qui a fait la canr On a démoli ~'hôpital ... re l'éducation des enfants les plus igno- vcus passez votre vie à lui bâtir de-; pa~ne du Mextque. elle a eu de celle première Ici, Donnay s'arrêta un moment... umon • 22 • ~nfants. Remariée, après la mort r:mts. le3 olus grossiers . les plus indo· tE'mPles où il entend demeurer m ~uhs· - Flatteur! dit le médecin. de s_on prel1ller mari, avec M. Sweeney, elle cites. hélas! ortrfois les plus pervers ct tance et pour l'éternité? - Attendez, dit Maurice Donnay. a mt-s. ~~core _au ~onde • 11 • autres enfants. souvent les olus in2-rats. Et il termina: Avez confiance et tirez tout de Dieu La pettttonnure a)OUie que, corn~ eUe a êtes-vous d'une vocation lVI~ditez constamment aux clartés de Iieureuses battu le record pour le nombre des enfants .... On a démoli l'hôpital ani vous rend semblables à lui. et qui l'EvanQ·ile. du crucifix, dn ttlbcrnack dans t~ute l'éten~ue des Etats-Unis. et qu'elle · Et l'on a fait deux cimetières! vous fait entrer si avant dans son œu- la suhlinüté de votre état. la p-ravité de est_ arnvée à un age où elle ne peut plus f.raxxx va.J!ler - à 114 ans! - pour gagner sa vie vre! Son œuvre. vous la continuez. Di· vos oblitutt\ons la tpanière de remn1ir * La maman. - Mais Henriette, c'est s_a demande mérite d'être prise en considéra~ tes vous-le ~ans cesse. et que cette foi nleiPement vos devoirs. Vous verre:;, olle la pure extravagance! Voilà encore que hon. ~nit le flambeau qui rruide tou s vos P<1S! tout se réduit oour vous h deme ,hoses: manges . de la confiture sur ton beurre. xxx Tottt enfant est une source: ·source mo, • Henn~tte. -:- Mais non, maman ; c'est Tésus. former Tésus Montrer rale.- source sociale. source d'actions montrer 1economie, puisque le même morceau de UN VILLAGE ORIGINAL TP:sus. c'est toutr l'instruction: former ~ilns nombre qui. en le menant luisert pour les deux. ~'est celui de Fresens. qui est certainement Trst1S. r'?St tonte 1'éducR.tiC'l1 n faut f!:ti· mêm e à sa fin. influeront sur le un!que en son ~enre dans le canton de Neu•- Je crois que vous m'avez fait un re vnir T~suc; n8rlout. il fmtt former T~monde et nourront donner gloire ~ ~11c; tn.1dn111"<;. Et comme c'e"t le nrrmre chatel. turne un peu large? Il est le seul villa~e neuchâtelois ne possé- . Ne vous Inquiétez pas, je vous in& Dien; source RU S'S i d'autres êtres du SairJ Esnrit d'ill11l'Jiner lf><sPs ici· dant pas de route cantonale. quera1 une méthode pour engraisser. dont. ~elon la chair ou selon l'esprit, . s de la veille. - Le meilleur moyen de iemr sa parole es~ ~e ~~:e jamais la donner. • • I_l Y a de~ _considerations curieuses sur les regi~es pohhques : « On ne fait pas des Républ~ques avec de vieilles Monarchies - On ne repare pas les trônes. - On peut. risquer un coup d'Etat pour saisir le pouvoir jamais pour le raffermir. - L'anarchie ramène touJOurs le pouvoir absolu .• Peu de maximes liHéraires mais fortes · •. L~s grands écrivains sont de~ radoteurs es: h_mes. - Un bon philosophe fait un mauvais Citoyen. - On ne peut rien faire d'un philo50phe. - ~e de Staël s'est peinte si bien dans • c_onnne » qu'elle est venue à bout de me la faire prendre en grippe. • Sur l'administration : • La police invente plus. qu'elle ne trouve. ~ Sur l'amour et le man.a~e:. • En ~uerre_ comme en amour, pour ~ hmr Il fa_u~ _ se vo1r de près. • Enfin, parmi tant . de vmbiés, signalons ce dernier adae-e: • R•en. de difficile comme de se décider.• Cela est b1en consolant à lire sous la plume de Napoléon.
Devoirs de la Charité