Numéro gratuit à l'essai
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XVIII"" ANNEE
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SION 15 Novembre 1898
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages.
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Prix d'abonnement pour la Suisse, 2 f'r. 50. IJnion postale 3 f'r. A-nnonces, prix 20 cent. la ligne 011 son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole pr imaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAIRE:
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Attention. - A l'œuvre, amis! - Collaborons ! - La rentrée des classes. - De l'économie domestique. / Causeries pour les institutrices} - Education des enfants peu doués. - De l'éducation du cœur. (R apport p résente à la p rem ière rezmion de la S ociete valai sanne d' education). Partie pratique. ( S z~jets de composition. Calcul oral.) Chronique et faits divers. - 2 Suppléments de 16 pages.
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé Il 5?.e7-" à l'éditeur: M. P. PIGNAT, 1" secrétaire au Département ~ li de l'instruction publique, à Sion. ~
Chronique et avis scolaires n nouveau journal pédagogique. -
Kous saluons avec le plus )laisir l'apparition, sous peu de jours, d'une petite revue pédaque pour le personnel e·nseignant de la partie allemande du canCette initiative heureuse, qui comble une réelle lacune, est due à e Conseiller d'Etat Chappaz, Chef du Département de l'instruction ique. L'année dernière déjà, la création de cet organe avait été ~ée, et M. Roten, ancien Conseiller d'Etat, de regrettée mémoire, ·t chargé de la rédaction de la nouvelle feuille . Sa mort prérée, au mois d'août dernier, faillit compromettre la réalisation de rojet. Toutefois l'on fut assez heureux depuis pour trouver un me capable et dévoué, qui voulut bien se charger de la rédaction Oberwalliserschulblatt (Bulletin pédagogique du Haut-Valais). ; M. l'abbé Léon Meyer, de Tourtemagne, ancien instituteur et ~Ilement professeur au collège de Brigue. )US ne doutons point que l'Ecole primaire ne vive sur le meilpied d'amitié et d'entente avec sa cadette et que, sous l'égide deux sociétés pédagogiques du canton, elle ne resserre les qui doivent unir, pour la réalisation d'un même but, les instirs et les amis de l'éducation chrétienne de toutes les parties ays. st en formulant ce vœu patriotique que nous voyons avec bonla création du nouvel organe, qui peut être ainsi assuré d'avance otre ferme appui et de nos plus chaudes sympathies. P. P.
struction publique. -
lVI. Victor Eggs, d'Ergisch (district de e), instituteur, a été nommé 2me secrétaire au Dépar~ement ictif en remplacement de M. William Hœnni, dont la démission ; acceptée par le Conseil d'Etat avec remerciements pour les ces rendus.
REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'ÉDUCATION ::LSSS.::LSS9
VÉCOLE PRIMAI.tŒ paraît chaque quinzaine, de Novembre à Ma inclnsivement, en livraisons de 16 pages Prix d'abonnement pour la Suisse, 2 fr. 50 Union postale 3 f'r.
rsonnel enseignant. - Notre prochain N° apportera le tableau ersonnel enseignant prima~re valaisan de la partie française pour · urs scolaire 1898-99. , · Hes d'école. - Les -livres d'école doivent être demandés ou ,hés directement au dépôt installé au 1er étage de la maison ud, à Sion, où un personnel spécial est préposé à ce service. ne doit ainsi plus s'adresser ·'pour cela au Département de ruction publique ou à son ·seèrétariat. h 1PRIMERIE KLEINDIENST
·mes d'encouragement. - Elles parviendront aux bénéficiaires le cours scolaire 1897-98, dans la 1re quinzaine de décembre ain, comme ces années dernières, directement par l'iutermé, de la Caisse d'Etat.
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'* Devoirs de l'instituteur * Encore de la lecture . -"' Le calcul mental et l'arithmétique * M lle Berthe Pillet, institutrice '* Caisses d'épargne scolaires 105, 117, '* Plus fait douceur que violence . -* Histoire nationale * Société valaisanne d'éducation (coup d'œil rétro97, 115, 129, spectif) . * Enseignement oral et par le livre, par P.-L. Délez, 119, 138, 151, instituteur 125, * Je suis instituteur
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·TABLE DES MATIÊRES contenues rdans l'année 1898-1899 de
c
L'Ecole primaire >
Les articles marqués d'un * émanent de Ja rédaction ou de ,;es collaborateurs et correspondants spéciaux. Pages
'* A nos lecteurs, par P. P . . * A l'œuvre amis! par un vieux magister * Collaborons ! par un ami de l'Ecole .
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La rentrée des classes 5, 17 * De l'économie domestique (causeries pour institutrices) 7, 20, 38, 71, 83, 107, 122 * Education des enfants peu deués, par H. Tissières 9, 22 40, 58, 90, 109 * De l'éducation du cœur, par A. L. 11, 19, 36, 65, 136 25 Qualités de l'instituteur De la civilité dans l'école . 26, 33 * Une heureuse innovation, par X. 43 49 Lettre à un instituteur, par L. Veuillot * Lecture et examens pédagogiques 51 * L'enseignement du français par la lecture à l'école 54 primaire De l'attention 55 * Une manœuvre déjouée, par B. 67 * De la politesse . 68, 135 70 * Les congés scolaires, par R. L'hygiène des yeux à l'école 78 Le calcul mental et l'arithmétique 64
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105 85 88 97 100 141 113 176
173 131 132 Gymnastique 134 A propos de gymnastique, par Ern. G. 171 145, Jésus-Christ 147 Surmenage 149 L'école rurale, par A. Charron 154 L'instituteur milicien De l'indifférence des familles au point de vue scolaire 156 157 Encore des congés scolaires 158 Importance du chant 161 Société valaisanne d'éducation (appel) 179 Traitements du personnel enseignant 181, 189 Une idée sur l'enseignement de la langue . 182 L'instituteur. Ses moyens de perfectionnement 1, 187 Avis important pour nos abonnés 188 Revision de la loi sc;olaire 191 Gymnastique et agriculture 193 Devoirs des élèves envers leurs maîtres 195 Echos des conférences De la tenue, du ton, du geste et du regard, et de leur 204 effet sur l'attention . 205, 216 Du pays de Fribourg 212 Maîtres et écoles 214 Du zèle de l'éducateur chrétien
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* De l'amitié et de la camaraderie chez l'enfant . 215 Partie pratique 13, 29, 44, 74, 92, 111, 127, 143, 160 185, 206 Chronique et faits divers 16, 32, 48, 78, 95, 127, 144 159, 160, 217 Au sujet de la table qui précède, nous avons omis l'indication précise des variétés, chroniques, avis officiels et privésr annonces diverses, etc., mentionnés dans la couverture de la publication.
A la présente table est encore joint le titre. A ce propos, nous continuons à engager ceux de nos abonnés qui auraient la collection complète de l'Ecole primaire et voudraient la faire relier, de conserver avec le corps de la publication les suppléments et la couverture de celle-ci, lesquels peuvent, en raison de leur contenu, être consultés à l'occasion avec utilité.
Table des matières des suppléments
No I. -
Prière, poésie, par Ch. In-Albon. Le fleuve (allégorie). Le Vald'llliez, par Solandieu . Economie domestique: éclairage. Question d'éducation. Examens des recrues. Recettes et conseils. Conférences'- des inspecteurs scolaires de la Suisse romande, le 26 o::tobre à Sion. Cours de cuisine. Education des filles de la campagne. Economie domestique (achats et provisions). Salut à la patrie (poésie) par E. Delavy, etc., etc. (soit 2 suppléments de 16 pages chacun). No 2. - Conférence ùes inspecteurs (suite et fin). Education des filles de la campagne (suite). Le père boit!... Le fleuve (:fin). Le chauffage des appartements. Recettes et conseils. Variétés. Pensées. Bibliographie. No 3. Pensées d'automne, par Ch. In-Albon. Education des filles de la campagne (suite). - Installation et entretien d'une chambre à coucher. L'ordre et la · propreté. Au bord du Rhône. Variétés. Recettes et conseils. Pensées. · No 4-5. - Education des filles de la campagne (fin). Bonaparte passe le St-Bernard. Comment on fait une chambre à coucher. Le R. P. Joseph. Gardons notre argent. Hygiène de l'hiver. Variétés. Recettes et conseils. Pensées. No 6. - Souhaits de bonne année de S. François de Sales. Comment le paysan devient riche. Bilan géographique de 1898. Parents, attention au tabac. La neige. Les animaux de la crèche. Soins à donner aux arbres en hiver. Variétés. Bibliographie. No 7. (2) - Registre, livret scolaire. Futures recrues valaisannes. Le cat échisme. Fausses idées sur l'éducation. Bilan géographique de 1898 (suite). Soignez vos arbres fruitiers. La neige (fin). Comment le paysan devient riche (fin). - Variétés. N°8.(3) -Economie domestique (la soupe). Bilan géographique de 1898 (suite). La ménagère. Le tabac, usages et
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abus. Variétés. Monologue d'un pédagogue. Recettes. Futures recrues (suite). Variétés. Recettes et conseils. Les économies à la ferme. Le tabac (suite). La vie à la campagne. Bilan géographique (suite). Quelques curieux usages. N°9.(2) - Recrues valaisannes (suite). Recettes et conseils. La femme à la campagne. Variétés. Petit code de la famille chrétienne. Le dragon de Naters (légende). Bilan géographique (suite). An Vald'Illiez. Pensées. N° 10. - Les clochettes, poésie, par Ch. In-Albon. Recettes et conseils. La confei;sion, par F. Coppée. Petit code de la famille chrétienne. Qualités nécessaires pour réussir en agriculture. Les nouvelles richesses de la langue française. Les enfants protecteurs des oiseaux. Pensées. N° 11. - Etat de MM. les instituteurs et de Mesdames les institutrices porteurs du brevet définitif de capacité délivré depuis l'entrée en vigueur de la loi du 4 juin 1873 jusqu'à fin 1898. - Conclusions des rapports présentés à la réunion générale du 20 avril 1899 à Géronde. N° 12. (3)- Le chant populaire, par A. Mérinat. Pharmacie potagère. Effets du printemps. Pourquoi. Ce qu'on doit apprendre aux garçons. Recettes et conseils. Variétés. - La Société valaisanne d'éducation, à Géronde. Inauguration d'orgues. Restez à la campagne. L'hygiène du bétail. Pour prévenir le rhume et les enrouements. Recettes et conseils. - Un écho de Géronde. Traitements des instituteura valaisans. Les grands vapeurs. Ave Maria (poésie). Recettes et conseils. N° 12. (bia)-A propos d'école. Cours de gymnastique. Glossaire des patois. Abus du tabac. Bibliographie : Grand guide du Valais. La graphologie théorique et pratique. Chants de Noël. - Les enfants hors de l'école.
SION. 15 Novembre
1898/99
L'ECOLE PRllllAJRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION ..A.TTE~TJ:O~ Toutes les personnes qui recevront les N°s 1 et 2 de l'ECOLE PRIMAIRE sans les avoir refusés dans le délai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est nécessaire pour constater dûment le renvoi de la publication. Nous appelons l'attention tonte spéciale de nos lecteurs sur le fait que des snpplément.8 sont joints à chaque N° de l'ECOLE PRIMAIRE. Ces annexes doublent pour ainsi dire au bout de l'année le volume de la publication, sans en augmenter le prix qui reste fixé à 2 fr. 50 par an pour la Suisse et 3 fr. pour l'étranger. Le personnel enseignant valaisan est vivement engage a continuer de réserver bon accueil à l'Ecole primaire, car, vu le caractère spécial de la publication, celle-ci ne saurait exister et prospérer sans l'appui, non seulement moral mais matériel, de MM. les Instit11teurs et de Mm•• les Institutrices dans l'intérêt desquels cet organe a été fondé. L'Ecole primaire ne pourrait, d'ailleurs, paraître avec le nombre actuel de livraisons et suppléments si elle n'avait pas réussi à se faire une certaine clientèle hors du Valais, en pénétrant dans les autres cantons de la Suisse romande, notamment dans celui de Fribourg, où elle a compté toutes ces années dernières plus de cent abonnés, ce qui est un fort joli chiffre, étant donné que le personnel enseignant de ce cauton reçoit déjà le Bulletin pédagogique. Que cela ne retienne pas les collabor,tteurs auxquels fait appel plus loin un de nos correspondants -
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Une autre classe d'instituteurs a vu approcher la Toussaint comme une époque ardemment désirée : ce sont les débutants. Après avoir voué tous leurs soins à l'obtention d'un brevet, ils soupirent après le jour où ils pourront enfin commander; la tâche, loin de les effrayer, leur parait couleur de rose; ils se figurent aisément, les naïfs, que le char du progrés va marcher tout seul. Ce n'est qu'après de cruelles déceptions qu'ils reconnaissent n'avoir rien de mieux à faire qu'à s'atteler devant. S'atteler devant ce fameux char du progrès et le traîner lentement, mais sûrement, voilà notre tâche à tous ! Vétérans blanchis sous le harnais, débutants pleins de feu et de zèle, un bon coup d'étrier et, en avant t Nous voilà. partis. Ecartons avec tact et prudence les pierres d'achoppement que nous rencontrerons sur notre route. Sortons sans délai des ornières boueuses de la routine et marchons droit à notre but. Nous l'atteindrons sûrement ce but élevé, si nous serrons les rangs des membres de la Société valaisanne d'éducation. Arrière les traînards t Au combat les braves seuls I Seuls ils triompheront et stront récompensés... Bon.... la paille se détache, etc.... Vous connaissez l'histoire ... suffit t 1! t
is nous avons déjà en portefeuille, pour paraitre suc;ivement, des articles originaux. et inédits dont voici les es: /. Qualités du maitre. 2. De la bonne ente entre instituteurs et commissions scolaires. - 3. La ilité à l'école primaire. - 4. De l'attention. - 5. Une nœuvre déjouée. - 6. Aux institutrices. - 7. Un nou-
tu boulier compteur. -
8. De l'enseignement du style.
luisse cette énumération, loin de faire différer l'envoi nouveaux articles, stimuler, au contraire, nos instituteurs nos institutrices non seulement du Valais, mais du de·s - car les colonnes de l'Ecole primaire sont ou vertes istinctement à tous les étlucateurs chrétiens de la jen,se - à vouer un intérêt toujours plus grand à notre ue, qui n'a d'autre but et ambition que de plaire et tre utile à tous ceux à la porte desquels elle va frapper. Pour Dieu et la Patrie a toujours été et restera sa dee. P. P.
A l' œuvre, amis! La Toussaint est enfin revenue, disent les uns : déjà, ,utent les autres. Je dis enfin, pour les éducateurs qui •ardent l'enseignement comme un devoir dont le strict ;omplissement est noble et sacré. . Je dirai, déjà, pour ix d'entre nous qui n'ont de l'instituteur que le nom, ur qui enseigner est une dure corvée. Ceux-là se sont nis à la besogne avec ardeur, bien disposés à faire encore eux que jusqu'ici, mettant à profit les leçons de l'expé,nce et les conseils paternels que nous ont donnés nos voués Inspecteurs dans nos dernières conférences pédago· 1ues. Ceux-ci, au contraire, regrettent les vacances, trop urtes, hélas! La réouverture des classes est pour eux. un 31 ennui, parce qu'ils ignorent les charmes de la. satisfacm que procure le sentiment du devoir accompli. Je me .te de dire que le nombre de ces instituteurs est heuusemeut très restreint, mais il y en a, et tant pis s'ils e gardent rancune d'avoir eu la témérité de mettre à icouvert leur côté faible.
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Un vieux magister.
COLLABORONS! C'est le 2 novembre. Je prend s le train avec armes et bagages pour me rendre à mon nouveau poste. - Voilà qu'en entrant en voiture, se dresse devant moi l'ami Gaspard, un collègue qu'une tempête muni cipale a aussi jeté hors du pays. Aussitôt la conversation roule sur nos nou• veaux postes, sur des matières pédagogiques et enfin sur
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l'Ecole primaire. « Ah bah I ne m'en parle plus, qu'il me fait, c'est un journal qui n'est guère bon qu'à être jeté au panier. Tiens, vois-tu, je ne prends même plus la peine de le lire. D'ailleurs il n'est plus intéressant. Si j'y reste abonné, ce n'est que pour la forme et dès cette année je le refuse. Ah !
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1and notre nouvelle société aura constitué son organe,. )rs, oui t ce sera au moins attrayant; on pourra y émettre· >rement ses vues sur les différentes questions pédagogiques,c., etc..•. » Brisons là t Voilà ce que dit bien sincèrement notre ami Gaspard,_ ndis que le train filait à toute vapeur vers St-Maurice. la station de Martigny il me quitta. Je restai seul a mes flexions. J'ai honte d'ajouter que des instituteurs m'ont, avant. i.spard, tenu à peu près ce langage. Eh bien t chers amis t avez-vous jamais pensé a l'absurdité de ce que vous •ancez '! Savez-vous que votre raisonnement n'est pas loque du tout. Je m'en vais vous le prouver. S'il était permis d'admettre que l'Ecole primaire n'est . us intéressante, à qui en serait la faute? N'est-ce pas a )US, instituteurs valaisans, qu'il t~onviendrait de jeter la ·emière pierre? Il est, certes, plus aisé de critiquer un urnal que d'y collaborer; cela prend moins de temps et imande moins de peine. Toujours la vieilte maxime : On voit la paille qui est dans l' œil de son prochain et m ne s'aperçoit pas de la poutre qui est dans le sien. 1sensés que nous sommes, sortons de notre œil la poutre li nous aveugle. Débarrassons-nous de cette nonchalance, 1 plutôt de ce parti pris qui nous porte à ne rien vouir écrire pour notre organe. Après la correction des de)irs et la préparation des leçons, il nous reste quelques oments qui seraient avantageusement employés à la colla)ration à l'Ecole primaire, Au lieu de courir les veillées jouer aux. cartes ou boire chopine, restons dans notreodeste logement et écrivons quelques correspondances que Rédaction accueillera de grand cœur et que nous aurons 1suite le plaisir de voir paraître dans notre rr,vue. L'Ecole ·imaire est avant tout l'organe des instituteurs valaisans; nous donc de la faire vivre, de l'alimenter, de l'agré-enter. Quant à cette nouvelle feuille pédagogique dont m'a Lrlé le collègue Gaspard, ce n'est assurément qu'un bien tgue projet qu'a conçu le fatal orgueil de quelques mal-
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'heureuses brebis égarées. Si cette entreprise est bonne et raisonnable, elle fera son chemin en dépit de toutes les difficultés. Alors pourquoi la tramer dans l'ombre ? Si elle ·est mauvaise elle tombera d'elle-même, soyez-en persuadés. En terminant je formu lerai ici un vœu qui est d'ailleurs -celui de plusieurs de mes collègues. C'est que MM. les Inspecteurs primaires et MM. les membres des commissions scolaires veuillent bien, eux aussi , par la voix. de l'Ecole primaire, uous aider de leur expérience et nous guider de leurs conseils. Tous, d'un commun accord, collahorons ! Un ami de l'Ecole primaire.
La rentrée des classes
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Rien de tel qu'une école le jour de la rentrée des classes. C'est un véritable renouvellement: toute la ru1;he bourdonne ,et travaille. Les maîtres sont, comme on dit tout feu et ' toute flamme; du côté des élèves, livres nouveaux, plumes ,nouvelles, bonne volonté tou te nouvelle aussi. Mais qui ne sait que bien souvenL ce beau mouvement ne va pas au ,delà de quelques jours ? De la première page du cahier à la huitième ou à la dixième, la différence est ëlarande , et le maître, lui aussi, comme déçu d'espoir et fatigué d'un élan dans le vide, retombe bien souvent dans la rontme et le ronron. Il ne faut pas trop s'étonner de ces très fâcheux résul1ats. Les instituteurs ne son t pas faits autremen t que les autres hommes, et tous, si nous n'y veillon s, l'accoutumance nous énerve et nous assoupit. Ceux-la seuls gardent des forces pour marcher et monter toujours, qui savent se défendre contre eux-mêmes de la lassitude, des retours en .arrière ou de ce monotone piétinement sur place qui retient .encore plus loin du but que les retours en arrière. Or, la rentrée des classes est, suivant un mot bien connu, (( le moment psychologique » de ces précautions. Elles sont ·vieilles comme l'art d'enseigner, mais il n'est pas
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ujours inutile de rappeler des vieilleries qu'on est trop ·ompt à oublier. D'abord, il faut, dès le premier jour, que l'école soit ·donnée. Je ne parle pas d'un règlement, que je suppose abli, et, que les « nouveaux » seuls peuvent ignorer, j'ai 1 vue l ordre dans les classes. Mais je viens de prononcer ce mot: les « nouveaux », , il appelle une courte digre;:;sion. La situation des nou~aux qui entrent dans une école n'est pas celle des uou~aux d'un internat. Ils ont moins à souffrir de l' « âge sans ttié », et les brimades, grâce à Dieu, sont inconnues dans os écoles primaires. Mais les maîtres s'occupent-ils assez e ces recrues scolaires 1 On les interroge quelques minutes our savoir où les caser, quand leur âge ou les renseigne1ents des parents n'indiquent pas suffisamment le rang a'ils doivent prendre, et tout est dit, ou à peu près. De llelles précieuses lumières le maître pourrait s'éclairer sur nature, sur le caractère de ces petits, si, sans qu'il y 1rût, et même quand il y paraîtrait, il les distinguait de . foule pour les obsen·er et les étudier, avant. qu'ils ne nent devenus, comme les autres, des écoliers, avant qu'ils 'aient 'pris le ton et les allures de la maison t Sans >mpter qu'il leur faciliterait ainsi - et c'est son devoir -: un appre~tissage toujours pénible, si bien réglée que nt cette maison, J~ reviens maintenant à mon premier point. Il faut, aid1t. que le maître, dès le premier jour, s'il ne veut expo:-.er à des mécomptes, établisse de l'ordre dans les asses ; qu'il y ait autant de divisions qu'il en faut et pas lus, et que ces divisions ne chevauchent point l'une sur 11.utre. Toute école - il s'agit ici de l'école primaire )mprend normalement trois cours : élémentaire, moyen, 1périeur. Préposez, si vous voulez, au cours élémentaire n ~ours d'initiation pour les tout petits, qui devraient tré à part dans une école enfantine ; dédoublez ensùitebacun de vos cours en deux sections, dont l'une, la plus >rte, attirern à elle, par l'émulation, les meilleurs éléments e l'autre, mais sans qu'il y ail toutefois entre le plus fort
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de celle-ci et le plus faible de celle-là une distance assez grande ponr que les devoirs et les exercices ne puissent pas être communs: voilà ce que vous dit la raison, ce que vous commandent aussi les programmes. Moins de trois cours, vous ne remplissez pas ces programmes ; plus, vous éparpillez, vous pulvérisez, vous exténuez l'enseignement. Et la réalité répond à ces prescriptions. Suivant l'expression vulgaire, il n'y a, dans une école primaire, que trois espèces d'écoliers: CAUX qui ne sout point débrouillés, ceux qui se débrouillent, ceux -qui sont débrouillés. Et il est, au bout du compte, facile de meubler ces trois cases. Oui, mais voici un père qui vient vous dire: ,1 Vous n'allez pas, je suppose, placer mon Pierre avec Lucien et Adolphe: il a deux ans de plus qu'eux. - Mais, monsieur, Pierre n'en sait pas plus que Lucien et Adolphe. - Cela ne fait rien 1 >> Ce terrible a: cela ne fait rien », venant d'une bouche autorisée, j'entends autorisée en dehors des choses scolaires, Dieu sait combien il a bouleversé d'écoles t Et qu'est-ce encore quand, de lui-même, l'instituteur s'acharne à garder, dans sa première classe, le tils de M. le président ou le fils de M. le percepteur, donnant ainsi prise à M. le viceprésident ou à M. le juge pour y faire aussi mettre les leurs, quand ils devraient être, régulièrement, dans la seconde ou dans la troisième. Une école où l'on fait de telles acceptions de personnes ne peut être, à tous les points de vue, qu'une mauvaise école : il faut que les maîtres le sachent bien. (A suivre.)
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De l'économie domestique Causeries pour les institutrices Bien que le rôle d'une feuille exclusivement pédagogique soit d'apporter aux instituteurs des directions pour leurs travaux à l'école même, je voudrais causer spécialement avec les institutrices, qui en ont un plus grand besoin que les instituteurs, d'un sujet plus humble, l'économie domestique. - Elle comprend une grande diversité de matières· l'entretien de l'appartement, du mobilier, la direction des
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)lettes, l'organisation des travaux. du ménage, les soins la toilette (je ne parle pas de l'hygiène, qui constitue sujet à part). Enfin la cuisine, qui e6t aussi une qllestion ygiène, puisque la plupart des maladies d'estomac ont · origine dans une alimentation mal combinée. >epuis quelques années, on a compris l'importance de la matérielle, et l'économie domestique a pris place dans programmes d'enseignement. Malheureusement, les essais )t pas toujours élé beureux, et jus1u'a présent cet ennement domestique a. un peu manqué de précision. Il pouvait en être autrement au début: les institutrices nées auparavant n'avaient pu enseigner ce qu'on ne leur it pas appris. l semblait autrefois qu'une inslitutrii;e ne pouvait être ne femme de ménage, ni bonne mère de famille. Or, une femme, plus que l'ilrntitutrice, n'a besoin de savoir ger son ménage, puisqu'èlle a très peu de temps à sacrer à cette direction, aucune îemme plus qu'elle n'a )in de savoir rapidement préparer les repas du mari et enfants. A côté de l'institutrice mariée, celle qui est le doit aussi s'occuper de son modeste repa::; et veiller e que la nourriture qu'elle prend soit assez :rnbstantielle 1r réparer les forces dépensées. ··ai signalé la toilette comme faisant partie de l'économie riestique, et, là aussi, je crois qu'il y a beaucoup à dire. 1te femme devrait savoir combiner ~a toilette de façon ' habiller avec économie et avec goût. Autrefois la mode xistait pas; il y avait des costumes nationaux et puis coutumes qui réglaient le vêlement des femmes et le re d'ajustement permis à chaque classe de la société. jourd'hui, ces sortes de loi ont disparu, la coutume a du sa force, et nous avons la liberté de nous vêtir 1me nous l'entendons. Mais cette liberté, il faut savoir user. l.es institulrices qui n'ont pas le loisir de s'occuper choses frivoles ou qui se sont éloignées des villes où le 1t se forme, auraient souvent besoin de quelques conseils 1r la manière de s'habiller. Loin de moi la pensée de
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les revêtir d'une sorte d'uniforme, de les obliger à porter toujours des vêtements noirs; les couleurs bien harmonisées sont plus agréables a l'œil et plus gaies. Je voudrais donc, mes chères lectrices, causer avec vous de tout ce qui compose votre vie en dehors de l'école. Nous commencerons par l'entretien de l'habita tion, la propreté dans la maison, l'utilité des lavages et nettoyages réguliers (partiellement faits, bien entendu, à cause du peu de temps dont vous disposez). Puis nous étudierons la question du mobilier, les soins à donner à ce mobilier, à la literie, aux ustensiles de ménage et de cuisine.
Education des enÏants peu doués
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On se rappelle qu'à la réunion de la Société valaisanne d'éducation, tenue à Monthey le 29 avril 1897, il a été donné lecture d'un rapport sur la question suivante : « Soins particuliers à donner aux enfants dont les facultés intellectuelles sont peu développées. - Comment ces enfants doivent-ils être traités? a) à l'école 1° pour l'enseignement des diverses branches. 2° sous le rapport de l'émulation et des punitions. b) dans la famille : Quelles sont les conséquences du manque de soins particuliers donnés à ces enfants ». On se souvient également que c'est M. H. Tissières, instituteur à St-Maurice. qui avait été chargé de traiter cette question. Nous commençons ci-après la publication de son travail, et avec un prochain N° nous donnerons également le mémoire présenté par M. P.-L. Délez, instituteur à Salvan, sur l'autre thèse à l'ordre du jour de la même réunion; soit de l'enseignement oral et de l'enseignement par le livre. Ainsi, il sera donné suite au vœu légitime, émis dans notre dernier eongrès pédagogique, de voir les travaux présentés figurer dans l'organe de la Société. Dieu, dans les profondeurs de sa sagesse infinie, n'a pas doté tous les hommes des mêmes facultés. Il a favorisé les uns d'une intelligence d'élite, tandis qu'il n'a donné à d'autres que pen ou presque poin t de moyens intellectuels. Entrons dans la première classe venue : autant d'enfants, autant de
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capacités différentes, d'aptitudes diverses. Inégalité de mémoire, inégalité de jugement, inégalité d'imagination ; en un mot, pas plus de similitude dans leurs dispositions intellectuelles qu'il n'y a de ressemblance dans les traits de leur physionomie. C'est donc avec raison que l'on a comparé les enfants à des vases à orifices inégaux ; les uns recevant beaucoup à la fois, d'autres moins, d'autres presque rien ; ou bien encore à des sources qu'il faut faire jaillir, tâ.che plus ou moins difficile selon la nature du terrain et la profondeur de l'eau. A côté d'élèves bien doués, qui apprennent comme par enchantement et qui font la joie et l'espérance de l'instituteur, il en est d'autres envers qui la nature s'est montrée si ingrate qu'on les dirait incapables de toute éducation. Ce sont des esprits lents ou bornés contre lesquels viennent souvent échouer tous les efforts des maîtres les plus habiles et les plus dévoués. Que devons-nous faire Jor5que, au nombre de nos élèves, nous rencontrons ces pauvres déshérités de la nature? Les abandonnerons-nous sous prétexte que tous nos soins demeureraient infructueux ? Prenons-y garde. L'école primaire a-t-elle été instituée pour la culture exclusive des intelligences d'élite, et tous les enfants du peuple, sans distinction aucune, n'ont-ils pas le droit de jouir ~e ces bienfaits? Et d'ailleurs, quelque peu doué que soit un enfant, il n'est aucune de ses facultés, Je cas d'idiotisme excepté, dont Je germe ne soit susceptible, par des efforts continus, de recevoir un développement suffisant pour jouer le rôle assigné par· 1a Providence à chacun de nous ici-bas. Et dès lors, qui oserait murmurer et réclamer? N'P-st-ce pas le salaire de la vigne, le talent du père de famille ? Malheur à nous si nous négligeons de le faire fructifier t La parabole de l'Evangile ne nous montre-t-elle pas qu'il sera exigé de chacun selon ses moyens ? Et comment l'école préteudraitelle se soustraire à ce contrôle de la Justice divine 'l Ne disons donc plus: Cet élève n'a pas de mémoire, à quoi bon le fatiguer ? Cet autre est sans jugement, sans intelligence; que peut-on espérer de lui et pourquoi s' en occuper?
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C'est au contraire dans ces cas difficiles que le bon instituteur triomphe ; il redouble de soins, ne recule devant aucune faligue, ne se rebute pas en présence des premières. déceptions, mais il reprend la lutte sur ce terrain ingrat et parvient enfin à obtenir, au lieu de résultats nuls ou insignifiants, non pas un éclatant succès, mais quelque développement réel, suffisant et durable ; combat obscur.. triomphe caché que les hommes ignorent, mais que Dieu. et sa conscience connaissent et dont ils savent le récompenser à leur manière. Mais, ne nous le dissimulons pas: le chemin qui conduit à ce but n'est pas la voie commune et facile; c'est le sentier aride, escarpé, hérissé de difficultés, encombré d'obstacles qui vous arrêtent et vous découragent, vous dévoient ou vous font rétrograder, si vous. n'êtes pas solidement appuyé sur le bâ.ton de la patience et de la persévérance. Afin de traiter les différentes parties du sujet en suivant l'ordre qu'indique le titre donné, nous partirons de l'école,, bien que celle-ci ne soit que la continuation de l'œuvre commencée dans la famille. (A suivre)
De l'éducation du cœur Rapport présenté à la première réunion de la Sociétévalaisanne d'éducation S'il est une confusion regrettable et fréquente, c'est bien. celle que font encore beaucoup de gens en confondant l'instruction et l'éducation. Cette dernière, en effel, n'es~ pas seulement l'instruction; l.'éducation complète demande quelque chose de plus. Dans l'enfant, il n'y a pas seulement une intelligence, il y a aussi une volonté, une conscience, un cœur. Toutes les facultés qui sont en plein exercicedans l'homme, nous les trouvons dans l'enfant, et toutes. ces facultés demandent à. être développées en parfaite harmonie. Sacrifier l'une à l'autre, cultiver l'intelligence del'enfant sans former sa conscience, sa volonté, son cœur,. ce n'est pas comprendre le premier mot de l'éducation,.
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c'est tronquer indignement l'œuvre de Dieu, c'est porter une main sacrilège sur le chef-d 'œuvre de Ja création, sur celui qne Dieu a fait à son image et à sa ressemblance. Et cependant, ce triste résultat n'est pas nne hypothèse; c'est une réalité trop évidente et rendue trop générale par ce préjugé funeste, que des études rapides et quelques connaissances sommaires sont au jeune homme une préparation suffisante pour entrer dans le monde, fonrnir une carrière honorable et faire face à toutes les exigences de la vie sociale. Combien de maîtres, zélés d'ail!enrs, consacrent, durant de longues années, leurs Ira vaux et leurs veilles à orner des connaissances les plus diverses l'esprit de leurs élèves, et ne pénètrent jamais au plus intime de leur âme, pour parler à leur cœur, le diriger, le fortifier! Sous cette action toute extérieure, l'esprit et la mémoire des enfants acquièrent de la facilité, de la souplesse, de l'étendue, mais lenr âme reste sans élévation, et leur cœur froid et étranger à tout noble et généreux. sentiment: Arbres stériles, dont les branches ornées de feuilles et de fleurs trompent le cultivateur par de vaines espérance,:; et ne porteront jamais de fruits. C'est au cœur que doivent être entés les bons principes; c'est du cœnr que viennent les grandes pensées; c'est la formation du cœur qui est la base de toute vraie éducation. Sans cette éducation du cœm par la vertu, la science est plus dangereuse qu'utile, car elle fournit aux passions de nouveaux aliments et les rend plus ingénieuses pour le mal. Si donc vous metlez tous vos soins à instruire solidement les élèves qui vous sont confiés, vous devez travailler avec plus de zèle encore à les rendre sincèrement vertueux. Dans la vie morale de l'homme, c'est au cœur que revient la principale part. Nous résistons souvent aux lumières de l'esprit, rarement aux inspirations du cœur. De quelles _précautions ne doit donc pas être entouré un agent si puissant et qui peut devenir si terrible! car s'il est luimême déréglé, comment pourra-t-il ne pas lancer hors de la
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voie? Il faut clone le régler; mais auparavant, il importede bien le connaître. (A suivre.)
PARTIE PRATIQUE
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Sujets de composition (examens des recrues) a. Sujets obligatoires Demandez à votre maître la prolongation d'un congé (pour travail pressant à la maison ou participation à une fête de famille, etc.). Invitez un ami absent à assister à une fête de votre commune (inauguration d'un collège neuf, d'un orgue, etc.). Dites à un camarade comment vous vous plaisez dans votre nouvelle place. Priez un ami de vous chercher dans sa localité une place qui vous convienne. Racontez à vos parents comment vous avez été préservé d'un grave accident. Avisez votre patron, depuis la maison paternelle, que vous devez le quitter; dites quels sont les motifs de cette détermination. Engagez votre frère (sœur) à assister à un cours d'horticulture, de cuisine, etc. Donnez à un ami de votre père les renseignements désirés sur un compagnon de travail (commis, ouvrier). Demandez à votre père l'autorisation d'entrer dans une société (de chant, de gymnastique, de tir). Lettre accompagnant un premier envoi destiné à secourir vos parents dans le besoin. Racontez une partie de plaisir faite avec la société dont vous êtes membre. Parlez à un ami absent de la récolte de foin (blé, vin) de cette année. Comment j'emploie mon temps libre. Lettre de remerciements au patron qui vous a appris votre métier. Racontez l'emploi d'une journée de travail (à l'atelier, à la campagne, au bureau, etc.) L'achat d'un cheval (vache). Dites pour quelles raisons vous avez choisi votre métier. A qui devez-vous de la reconnaissance?
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H l 9. Lettre d'excuse à votre patron parce que vous n'avez pu reprendre le travail au jour fixé. W. Les conséquences de l'abus des boissons alcooliques (vin, bière, liqueurs). n. Un acte de bon camarade. 22. Ecrivez à un maître d'état pour qu' il vienne faire une réparation urgente chez vous (écurie, cave, machine, etc.) 23. Ma position actuelle. . 24. Offrez des marchandises (bois, fromage, etc.) en paiement à un créancier. 25. Un envoi de marchandises ne vous satisfait pas. 26. Chaque vocation a ses avantages et ses inconvénients. 27. L'industrie alpestre (saison des étrangers, marche du commerce ou de l'industrie.) pendant cet été. 28. Demande de renseignements (par exemple auprès du cons~l suisse .. . .. ) au sujet d'un parent absent clu pays depms plusieurs années.
b. Sujets facultatifs 1. Il n'y a que l'air pur qui soit sain. .2 . Avec la probité on va loin. 3. Donnez des détails sur l'emploi de la force électrique.
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(Narration ou dissertation)
4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14.
La forêt protège le sol. L'eau comme force motrice. Inconvénients d'un hiver sans neige. L'économie et l'avarice. Les routes et les chemins de fer. Encouragez un ami qui passe son éc_ole militaire et qui se plaint de la discipline et du travail. Le blé, son utilité. La guerre hispano-américaine. La télégraphie et la téléphonie. La neutralité de la Suisse. Nos fortifications.
Calcul 01·al _1 .
4. La semaine passée, j 'ai fourni 350 litres de lait_à Ida la~tterie, 50 litres aux voisins et 40 litres au ménage. Combien e 11 res ce1a . . fait-il en tout ? 3. Quelle est la valeur annuelle ilu lait d'une vache, si celle-ci prodwt 30 hectolitres, à 121;2 fr. l'hectolitre? 2. Le beurre contient 17/'lll de graisse. Combien de matière grasse contiendront 40 kg. de beurre ?
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6.
1. Un bon lait fournit 8'/3 % de fromage gras ; combien de kg. de ce fromage retirera-t-011 de 480 kg. de lait? 4. Trois familles tuent ensemble une vache du poids de 390 kilogr. La première en prend 150 kilos, la seconde 140 kilos. Que reste-til pour la troisième ? 3. Combien coûtent 24 litres de pétrole, si 2 litres reviennent à 30 cts? 2. Un négociant achète le sucre à 40 fr. le q. et le revend avec nn bénéfice de 15 Ofo. Combien vend-il le kg.? 1. Sm· le plan, une pièce de terrain est à l'échelle de 1 : 200. Chaque ligne est ainsi en réalité 200 fois aussi longue. Quelle est la surface de ce terrain, s'il mesure sur le plan 45 cm. de longueur et 20 cm. de largeur ? 4. Un clomestique gagne 40 fr. en un mois, mais il a déjà retiré 15 fr. 50. Que lui revient-il? 3. Un paysan me doit 40 fr. Combien doit-il me fournir de fagots, à 25 et. le fagot, pour règler le compte ? 2. Un marchand achète une étoffe pour 4. 50 fr. le m.; il est obligé de la revendre avec une perte de 10 0/ 0• Combien revendra-t -il le m.? 1. Dans une ferme il y a 30 pommiers, 24 poiriers et 21 cerisiers. Combien y a-t-il de chaque espèce%? 4 . .A.u dernier cours de répétition, le soldat recevait journellement pour. 42 et. de viande, pour 16 et. de pain et pour [22 et. de légume. Combien en tout ? 3. Un boulanger a fow-ni pour ce cours 600 rations de pain, à 16 et. la ration. Quelle somme lui produit cette fourniture ? 2. Lors d'une excursion militaire, chaque soldat recevait une boîte contenant 1/ 4 kg. de viande en conserve . .A. combien reviennent 100 grammes de viande, la boîte coûtant 95 et. ? 1. Un corps de troupes compte 5 officiers, 25 sous-officiers et 170 soldats. Exprimer le 0/ 0 de chacun de ces 3 nombres? 4. Un boulanger me doit 20 fr. Il m'apporte pow· 4 fr. de pain. Que me redoit-il ? 3. Un ouvrier achète 6 chemises, à 3. 50 fr. pièce et 6 paires de bas, à fr. 1. 50 la paire. Quelle est sa dépense ? 2. Deux familles pauvres se partagent 4'/2 q. de pommes de terre proportionnellement au nombre de leurs enfants. La première famille comprend 4 enfants, la seconde 5. Que reçoit chacune ? 1. Quel intérêt rapportent 360 fr. placés au 3 1/ 2 % pendant 5 mois ? 4. Sur un de nos lacs naviguent des bateaux à vapeur depuis 1835. Combien s'est-il écoulé d'années dès lors? 3. L'an passé un négociant a fait 50 fois un trajet par bateau à vapeur et a payé chaque fois 1 fr. 40. Combien a-t-il payé en tout? 2. .A. la taxe ordinaire, chaque course aurait coûté 31/ 2 fr. au lieu de 1 fr. 40. Combien de fo is autant aurait-elle coûté ? 1. Monsiew· S. est actionnaire de la Société de navigation à vapeur pour la somme de 16,000 fr. Il a l'eçu l'an passé le 81/2 Ofo. Combien cela lui fait-il par trimestre ?
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CHRONIQUE ET FAITS DIVERS Schwytz. - La Schwytzer-Zeit . . , aurait, dans un récent examen é/ng _iappo1 te qu une recrue minateurs par son ignorance d/l'h~~oipque,. stupéfait les exade~and~it de citer un confédéré cé\~~~re ~rsse. Comme on lui ie, 1 a nommé Gessler qui, a-t-1! dit a combatt , S il a déclaré que cet end~i: éte~pach. Interrogé sur le Grutli, les Français y ont une fois re ~ connu pa: la q. b_rossée » que ministrative, les notions du Quant a la . hiérarchie adconfuses à cet égard car il 'h . ~arçon ~ta1ent plus que huissier de viUage était q. ésitait, pas a déclarer qu'un conseiller fédéral. Il s~ rocla us_ , _qu.un landammann ou un offrait de payer un verr~ de SI sur de son . affaire, qu'il vait qu'il était dans ses torts. ieie aux experts SI on lui prou-
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• A la leçon d'arithmétique. _ Elève C . . otez 10, combien reste-t-il ? J ~rno, si de 10 vous Un exemple vous fera mieux. corn e ne sais pas, M'sieu. dans votre poche vous les perf::n~e,: ous av~z 10 centimes . u es -ce qui vous reste? *Un trou . dans' ma poche, M's·IeU. * * Un mspecteur scolaire ap è · · d'une école de jeunes fille; , rl savoir mterrogé quelques élèves être satisfait. L'instituteur ' 1~.1 ~ campdagne? ~e paraissait pas bien M 1'Ins e t eman e timidement : _ Eh .' . p c eur, comment trouvez-vous mes élè ? Mais, un peu en arrière (Et l'" . ves ses élèves leur dit). · Me f mstituteur se tournant vers en avant. . s en ants, mettez-vous un peu plus
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A méditer en éducation : A nos enfants, à nos élèves A nos amis, à tous pécheu:s Nous voudrions, fo~gueux prêcheurs Do~ner les. vertus de nos rêves ; ' Mais en vam notre voix tonna Ôressa, tança: prôna sans trêv~s . n ne donne qu'autant qu'on a .. ~
Distinction. -
Nous apprenons avec l .. Charron, ancien professeur à Châlett è a1s1r 9.ue M. Alf. notre assidu et dévoué collaborat e, pr ~ onJargis, (France), Conseil général du Loiret le prix deur, yien1 ~ recevoir. du pour différents travaux au nombr ~ maJorl ob1chon (408 fr.) Etudes scolaires. _ Nos plus si:cèr::q~t~it!:io~!~uvent ses
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Franchise postale. - A l'occasion de ses rapports officiels avec le Département de }'Instruction publique ou MM. les Inspecteurs, il est de nouveau rappelé an personnel enseignant qu'il jouit de la franchise de port en observant les formalités postales requises. L'expéditeur doit non seulement inscrire sur l'enveloppe le mot officiel, mais donner son nom et sa qualité, et éviter dans l'adresse l'emploi d'un nom propre. Ainsi il faut écrire : M. le Chef du Département, ou au Secrétariat du Département, ou M. !'Inspecteur scolaire du district de . . . à . . . Si ces formalités ne sont pas remplies, les plis, arrivant taxés, sont généralement refusés. Notre prime pour 1898-99. - Nous espérons pouvoir donner un peu plus tard, soit dans le courant de l'année scolaire, une prime à nos abonnés. Comme cette faveur dépend toutefois du nombre des abonnés que comptera l'Ecole primaire en 1898-99, nous ne prendrons pour le moment aucun engagement à cet égard. A ce propos, nous avions offert, l'an dernier, tant à MM. les instituteurs qu'à Mrnes les institutrices, deux primes à choix pour les uns et pour les autres. La plupart d'entr'eux ne nous ayant pas indiqué celui des opuscules préférés, nous ferons l'envoi du N° 2 à tous nos anciens abonnés du canton et d'ailleurs. Registres matricules. - Ce formulaire sera adressé à tout le personnel enseignant primaire dès maintenant au 1er décembre. Il lni sera expédié directement par le Secrétariat du Département de l'instruction publique. Attention. - Ceux de nos abonnés auxquels il pourrait manquer l'un ou l'autre N° de l'année dernière, pour avoir celle-ci complète, pourront l'obtenir gratuitement pour autant que les exemplafres disponibles le permettraient. - L'on fait toujours bien de réclamer aussitôt des livraisons qui ont pu se perdre à la poste ou autrement, car comme l'on ne peut indéfiniment conserver d'anciennes collections, on court le risque de ne pouvoir plus les obtenir lorsqu'on a trop tardé à les demander.
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Division des parties et chapitres. 'ARTIE. Notions préliminaires. 1. La famille et le foyer dorue. 2. La femme dt:1 ménage. 3. De l'esprit de famille. 4. De l'écodomestique. PARTIE. - Organisation morale de la maison et qualités d'une ménagère. 1. La prévenance. 2. Les fêtes et réunion~ dt:1 famille. roirs du voisinage. 4. La lecturn et Ja bibliothèque de la maitresse !ison. r,. Du rôle de la femme dans l'~ducation des enfants . ' PAP.TIE. - Organisation matérielle et administration économique maison. 1. Apprentissage de l'économie domestique. 2. Des quahtés bonne ménagère. 3. De l'économie. 4. Emploi de la journée d'une sse de maison. 5. Installation d'un ménage. 9. Distribution intéde la maison. 7. Cuisine, office, boulangerie, ustensiles et accessoires [sine. 8. Des domestiques. 9. Blanchissage et entretien du linge. 1tretien et conservation des aliments. 11. Des travaux à l'aiguille. as provisions . 13. Manière d'ordonner un diner. 14. De l'apprentisle la cuisine. 15. Notions élémentaires de cuisine. 16. La ferme et nière. 17. Le jardin potager. 18. Chauffage et éclairage, 19. R~cettes naissances utiles. 20. De la comptabilité.21. Conseils d'hygiène.
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Pri.ère! A genonx I à genoux, car la prière sonne 1 0 mon âme! Entends-tu ces joyeux carillons? RPgarde ! Dans les champs, an milieu des sillons, Tous les fronts découverts bravent le vent d'automne ; Pour ceux qui nous sont chers, ô mon âme, prions 1 0 Dieu de Majesté I PuisRance qu'on révère 1 Toi dont le nom sacré vibre à tous les échos 1 Toi, qu'adore le Ciel! Toi, que chantent tes flots 1 Toi, pour qui tant de feux brillent dans l'atmosphère~ Ecoute nos accords, ou du moins nos sanglots 1 0 mon âme I La nuit a recouvert les plaines, A peine peut-on voir le feuillage des chênes S'agiter dans tes bois au passage du veut ; J'entends dans le lointain les cloches d'un couvent : C'est l'heure où les cœurs purs et les âmes sereines Viennent se prosterner aux pieds du Dieu vivant 1 Regarde I Les vaisseaux se balancent au large, La voile est repliée et l'équipage dort, Et le vieillard courbé sous le poids de sa charge Murmure une oraison en avançant encor 1 Fronts purs, petites mains : Les enfants et les mères Au son de l'Augelus, unissent leurs prières Pour que l'ange de paix plane sur leur Jogis, Pois un sommeil profond vient clore leurs paupières Pendant que leurs accords montent au Para:iis 1 Et Je père debout, les mains sur la poitrine Les yeux dans l'infini bémt Je Créateur, ' Puis confiant en Dieu, tout son être s'incline Comme au pied de l'autel un jeune enfant de chœur t 0 mon âme I prions, car la vie est un rêve, Un rêve qui s'envole aux lueurs du matin, Une ombre _q u'on poursuit vainement sur la grève, Un écho qui se meurt, un astre qui se lève Et qu'on perd dans la nue au détour du chemm 1 0 vous, dont le regard a pénétré mon âme Dans l'ombre, laissez-moi prier pour vous ~e soir Les parfums, vers le ciel, montent de l'encensoir ' Et je vois, dans la nuit, une tremblante flamme ' Mettre une étoile d'or au tabernacle noir 1 La prière est un chant que du ciel on écoute A nos voix, les élus unissent leurs accents : '
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Des parvis de l'église ou des bords de la route La prière vers Dieu monte comme l'encens 1 Oh I monte, ma prière, aux voûtes éternelles, Aux pieds du Tout-Puissant vole d'un seul essor, Au-dessus de la terre ouvre tes larges ailes, Chante, dans l'infini, pour les âmes rebelles Afin que le Seigneur ne frappe pas encor 1 Et lorsque nous serons au but de notre course, Voyageurs fatigués qui cherchent une source Pour rafraichir leur front et s'arrêter un peu ; Puissions-nous évoquer à cett.-, heure derniàre, Un amour véritable, un chant, une prière Pour paraitre bientôt sans trembler devant Dieu 1 Car nous devocs aimer, c'est le Ciel qui l'ordonne, Ainsi que le soleil dans les cieux doit briller, Ainsi que l'oiseau chante et que l'écho résonne, Ainsi que le buisson se dépouille à l'automne, Ainsi notre âme doit prier 1 A genoux I à genoux sur la terre féconde 1 A genoux dans les champs, sous des flots de rayons 1 A genoux dans le temple, à genoux et prions, Car il existe un Dieu comme il existe un monde Et c'est en Lui que nous croyons I CH. IN-ALBON,
Le :fl.e-u.ve (allégorie) Nous avons reproduit jadis quelques réflexions bien touchantes de François Coppée sur les missionnaires. Le retour à la foi de son enfance paraît s'accentuer chaque jour chez le célèbre et sympathique auteur du Pater, sous le coup des désillusions de l'âge et de la douleur. Nous ne résistons pas au désir de mettre aujourd'hui sous les yeux de nos lecteurs une partie d'un autre article qu'il a publié dans un journal parisien, sous le titre: le Fleuve. C'est plus qu'une œuvre littéraire et d'exquise facture; c'est, vers la fin surtout, un cri d'âme qui semble un écho lointain des Confessions de l'immortel fils de Monique, ou mieux encore de ce Peccavi du Prodigue qui a mérité et méritera longtemps encore aux égarés tant de lumières, et aux coupables tant de pardons! < A mi-côte de la colline boisée, le sentier qui des-
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cend parmi les hêtres et les bouleaux, devient soudain plus élastique, et le profo_nd tapis des feuilles mortes du dernier automne s'assoupit sous les pas du promeneur. ·Certainement, la lisière de la forêt n'est pas loin. Déjà, ce n'est plus le terrain poudreux où fleurit la rose et sèche la bruyère; ce n'est plus la forêt sévère et silencieuse. Quelle subite fraicheur ! On entre dans le taillis, d'un vert si tendre. Sous les feuillages entremêlés, les herbes folles sont plus hautes, le velours des mousses plus dru et plus épais, et ça et là, s'arrondit la pâleur -malsaine des champignons ... Dans le fourré, que de chants -d'oiseaux, que de frissons d'ailes! Il doit y avoir de l'eau par ici, pour sûr. « Chut l un nuage a voilé le soleil. Fauvettes et pin·sons se taisent nn moment. N'entendez-vous pas ce bruit frais, ce murmure clair ? Pénétrez sous bois. Gare aux branches ! Et faites attention à ne pas glisser sur le sol spongieux. Regardez. Près de ce tas de pierres verdâtres, des cressons frémissent. Et, plus loin, ne voyez· vous pas ce mince ruban d'argent liquiùe, qui serpente -et court comme une couleuvre effrayée? « Vous y êtes, c'est la source. « Combien ce filet d'eau, qui va faire tant de chemin -et se corrompre, hélas, au cours du voyage, est exquis, au départ ! Il offre le symbole même de la candeur. Qui <le nous, courant à travers les bois, après avoir étanché sa soif dans une source, n'est pas resté, quelques instants, lié comme par un charme auprès d'elle, et là, bercé par son babil, admirant son éclat limpide, - n'a _pas involontairement rêvé d'enfance et de virginité. « Soudain, au détour d'un côteau, il reçoit son premier affluent. Deux fois plus large et plus profond, il mérite maintenant d'être appelé fleuve. Il va, calme et laborieux ; car désormais il porte bateau. Sur sa berge, le long des peupliers frémissants, les chevaux de halage tirent à plein collier, en amont, les chalands vides ; et, .sur les péniches aux vives couleurs, qui descendent en .aval, les mariniers chantent. Il va, traçant de gracieux méandres, parfois serré entre les coteaux à vigne, parfois s'attardant et prenant ses aises à travers les herbages. Le long de ses rives fécondes, se multiplient les
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villages, et les clochers, tranquilles comme de vieux bonshommes, le regardent passer. c Il va, il absorbe une rivière, puis une autre encore. Plus loin, là où se dessine sur le ciel, la silhouette cl'un éclusier, un canal l'enrichit de son tori·ent captif. Il var le noble fleuve. Il traverse des cités illustres. Encombré de pontons et d'embarcations de toutes sortes, il coule avec plus d'impétuosité entre des pierres historiques, se rue en grondant sous les arches sonores des ponts monumentaux; et, par-dessus les quais pleins de foule et de tumulte, les flèches à jour des vieilles églises jettent sur ses flots leur reflet tremblant. (A suivre.)
L e Va.1 d'l:l.:liJZ Une flamme en mon âme s'allume Un rayon d'or jaillit dans mon cœur. Cette flamme a noyé l'amertume, Ce rayon m'a donné du bonheur ; Ainsi luit l'arc-en-ciel dans la brume.
Entre les longues semaines d'un pénible labeur et le
dolce farniente d'un unique jour de vacances, il y a la même transition qu'entre la route poudreuse et brûlante de la· plaine et le sentier frais et ombreux de la montagne. Plus j'avance en âge, et plus aussi je constate les heureux effets de ce puissant réconfort des courses alpestres et solitaires sur les tempéraments ultranerveux, dévorés par la neurasthénie bureaucratique. Se sentir un peu seul, après le contact forcé et souvent écœurant de la foule, avoir pour pavillon le ciel, pour amphithéâtre les hautes cimes, et pour spectacle toute la grande nature, je ne sais rien de plus enviable, d'aussi imposant, de plus admirable. En savourant intimement mon bonheur, j'arpentais, d'un pas allègre, la chaussée un peu raide qui, du bourg de Monthey, grimpe vers l'ancien château des seigneurs de Monthéolo et mène à travers vignes et forêts, à l'entrée du Vald'Illiez, but de mon excursion. Ce qui me frappe tout d'abord, c'est l'accès facile de
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-cette vallée inférieure du Valais, si différente de celles -de la partie haute du canton. Ici, point de rude montée, point de rochers vertigineux et point d'abîmes. C'est la petite montagne, celle du débutant, le premier degré de l'école alpine. Et c'est comme par enchantement que, par une route carrossable, -courant entre de frais bosquets de sapins et de châtaigners, sous les frondaisons de haies vives, à travers des blés d'or et des prés d'émeraude, on arrive à Trois·Torrents. Jusqu'ici, le Val n'a été qu'une suite non interrompue de coteaux verdoyants, semée de proprettes habitations, de mignons petits chalets et baignés par la Vièze, dont les bords sont ornés de bouquets de sapins qui répandent dans l'atmosphère un parfum doux et pénétrant. Trois-Torrents est un joli village mi-plaine, mi-coteau; il ne diffère des premiers que par sa physionomie plus Tiante et l'air de fête que lui donne l'accès de sa route bien entretenue et l'aspect de ses maisons coquettement fleuries. Trois-Torrents est trop près de Monthey pour ne pas se ressentir de son voisinage : cette proximité lui enlève son cachet montagnard en lui donnant un air demi-citadin, un mélange de rustique, d'urbain, qui n'est, .du reste, pas sans charme. Plus loin, dans une situation analogue, éclate, au milieu des prairies au vert tendre, la coupole argentée du beau village d'llliez, qui a donné son nom à la vallée -dont il est le cœur. C'est un gros village cossu, qui a -su conserver, à côté de l'édilité d'importation dont on l'a doté? tout le pittoresque de ses mœurs champêtres, ses anciennes coutumes et ses pieuses traditions. Ainsi, vous ne vous figurez pas tout ce qu'a de ravissant une .procession à Illiez, par une belle matinée de dimanche alors que le soleil, dans toute sa splendeur, inonde d~ ses flots d'or fauves, les pelouses veloutées du Val ; -quand les riants côteaux et leurs gracieux chalets les grands bois noirs et les hautes cimes blanches semhlent ·se mouvoir en une fantastique vision et s'engouffrer dans -une brume d'or; quand un religieux silence règne dans .l~ nature, et_ 9-ue tout à coup, semblable à une mystérieuse appant10n, vous voyez flotter, sous le porche de
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la belle église d'Illiez, la bannière du Christ, suivie dœ vénérable curé assisté de ses enfants de chœur et de· tous ses fidèles paroissiens. Le cortège, précédé d'un sonneur, débouche sur la coquette place du village, puis fait le tour de l'église, où la procession rentre pour recevoir la bénédiction. C' est simple, mais d'une si pieuse naïveté, d'une foi si sincère, qu'il faudrait être d'un scepticisme outré pour ne pas se laisser émouvoir. En dehors de son caractère religieux, cette procession m'a permis _de constater, avec un sentiment d'intime joie, que les llhens sont restés aussi fidèles à la tradition qu'à la foi jurée. Ceux-là, du moins, n'ont pas rougi de· leurs ancêtres, et c'est avec une véritable vénération qu'ils ont conservé leurs costumes à l'ancienne mode, cette mode pratique de nos grands-pères, à laquelle on reviendra, soyez-en sûrs. Les hommes portent le court veston droit et le large pantalon d'un gros drap noir du pays ; ce vêtement, propre et solide, caractérise bien le· robuste montagnard d'Illiez, à la figure rose et épanouie. Les femmes, elles, méritent une mention toute spécia-· le, et, au risque de blesser leur modestie, je leur présente ici mes plus sincères félicitations pour la grâce exquise avec laquelle elles portent leurs jolis chapeaux retroussés et leurs longues robes noires, sans épaulettes, ni volants, ni basques. Dans tout ce charmant défilé de chapeaux et de jupes, pas une fleur, pas une plume, pas de couleur criarde ; ces gentilles villageoises, au bon sens natif, ont compris que, en fait de vêtements, le noir est la couleur par excellence; qu'elle est, en tous cas, de rigueur pour les jours consacrés à Dieu, parce qu'aucune autre ne s'harmonise mieux avec l'austérité du lieu et le but de la cérémonie. La distance qui sépare Illiez de Champéry est à peu près celle qui relie Illiez de Trois-Torrents, c'est à dire environ cinq kilomètres d'une route délicieuse, large et propre comme une avenue, rendue un tantinet poudreuse par les ardeurs d'un soleil de plomb, mais qui ne cesse pas, à travers les paysages enchanteurs qu'elle découvre et les excellents reposoirs qu'elle possède, d'être une route modèle, sans égale à la montagne, une artère digne du corps qui la nourrit.
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Après un brusque contour, qui semble fait exprès pour ménager la surprise d'un nouveau décor, la vallée s'élargit incontinent, et de hautes sommités neigeuses profilent hardiment clans l'azur leurs arêtes nues et colossales. Le coteau descend par gradins ondulés vers la Vièze ; les faites des toits apparaissent au-dessus des arbres touffus ; puis, tout à coup, le chemin rebondit, dominant tout le magnifique paysage final, ce site merveilleux où, dans les délices d'une nature féerique, l'heureux Champéry sommeille et repose, dans la douce paix de ses vertes prairies et le mystère de ses grands bois. II serait difficile de rêver un refuge plus charmant, un plus riant séjour et j'imagine que les chercheurs d'idéal, que la fortune du sort amène en ces lieux, ne doivent pas avoir de plus douce ambition que d'y laisser un lambeau de leur nomade vie. Champéry est un beau village cosmopolite, où se coudoient, de Flore à Pomone, le riche banquier de Hambourg, le gros bourgeois d'Amsterdam, le notable commerçant de Londres, le grand industriel de Paris et les savants de nos villes universitaires, les gais Genevois en tête. L'unique rue de Champéry est un harmonieux assemblage de belles constructions modernes et de modestes habitations rustiques, dont les balcons fleuris et les soins ingénieux· d'une propreté proverbiale font tout le charme. La petite industrie alpestre s'y est si bien implantée, que, à des conditions vraiment étonnantes de bon marché, l'on peut se procurer tou~ ces mille et un petits accessoires de l'existence que la vie métropolitaine impose, et qu'on est heureux de retrouver, avec une agréable surprise, dans les mignons petits bazars champirollains. Les heures fuient; le roi-soleil n'éclaire plus que les hautes cimes qu'il salue d'un dernier rayon avant de disparaître dans la brume empourprée qui va l'engloutir, l'horizon s'estompe d'une gaze d'or, le jour s'en va. Le Val devient silencieux, et c'est à peine si l'on entend, doucement, bruire la Vièze en son lit caillouteux et les innombrables filets d'eau frangée qui descendent le long des parois de cette molaire gigantesque qui s'appelle la
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Dent-du-Midi. Il faut partir, s'arracher de force à cette terre bénie de Champéry, à sa douce poésie, à sa vie -enchanteresse; il faut, coûte que coûte, regagner la plaine, oublier les heures fugitives vécues à l'ombre de ses bois, l'hospitalité du chalet, les joies éphémères d'un jour de bonheur, quitter l'oasis pour reprendre le chemin du désert et se consoler enfin dans l'espoir d'un prochain SoLANDIEU. r-etour.
Economie domestique Eclairage L'éclairsge se fait au moyen de substances grasses. animales ou végétales, d'huill's minérales, et par le gaz. Nous ne diroos rien de la chandelle, dont l'usage est presque générah,ment abandonoé. La bougie de bonne qualité se reconnait à sa blancheur, à sa dureté, à sa transparence. 11 faut choisir celle qui présente ces trois conditions; on peut être assuré qu'elle ne coulera pas. L'éclairage à l'aide des bougies est toujours cher : pour obtenir avec des bougies la même somme de lumière qu'avec une lampe à pétrole, il faut dépenser une somme presque double. Les lampes à huile végétale, lampes Carcel, lampes modérateurs ou autres systèmes donnent une lumière douce et agréable, qui ne fatigue point la vue. Mais cet éclairage est assf'Z co-0.teux. De plus, l'entretien des lampes est assez minutieux, le nettoyage journalier est lo[Jg et quelque peu malpropre. P our toutes ces raisons, cet éclairage a été abandonné ou à peu près dans les petits ménages où on le remplace par l'éclairage au pétrole. Quand on oe doit plus se servir pendant quelq11e temps d'une lampe à huile végétale, il faut la vider entièrement, en démonter et en nettoyer avec soin les diverses parties. Oo se sert pour cela soil d'essse11ce minérale, soit d'eau chaude dans laquelle on a fait dissoudre du carbonate de soude, Oa remet l'appareil en place quand il a été égoutté, séché, essuyé, At on bouche hermétiquement la lampe avec on bouchon de ouate. Qt10 1ques personnes assurent que le mécanisme se conserve en excellent état si, au contraire, après qu'il a été nettoyé, on remplit la lampe avec de la bonne huile. Mais
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nous n'oserions recommander ce système, ne l'ayant point pratiqué par nous-même. Les huiles végétales employées pour les lampes sont -c elles de colza, de navette, de chènevis. On reconnait la bonne huile à sa transparence, à son peu de coloration, mais surtout à l'usage. Elle ne rend pas la mèche charbonneuse, elle br-0.le sans fumée et sans odeur, sa lumière est toajours égale. Ces lampes à huile végétale doivent, comane les lampes à huile minérale, être préparées chaque matin, bien que cependant, contrairem•.mt à ces dernières, il n'y ait aucun danger à les arranger à la lumière. Mais il n'est pas possible de les bien nettoyer, d'en bien tailler la mèche si l'on n'y voit pas très clair. Oa veillera aussi à ne laisser tomber aucun fragment de mèche carbonisée dans l'intérieur de l'appareil. Pour cela on vend de petits objets spéciaux destinés à préserver celui-ai. On peut aussi tailler une rondelle de carton, au milieu de laquelle on pratique un trou cylindrique supportant la mèche. Celle-ci dépasse et le carton sert, pour ainsi dire, de bobèche. On taille alors la mèche et les fragments tombent sur ce carton, qui a servi à préserver l'appareil. L'éclairage à huile minérale, pétrole ou essence, est bien moins co-0.ceux que celui à l'huile végé tale. Mais la lumière, qui en est très vive, peut fatiguer la vue ; aussi les personnes obligées de se livrer le soir à des travaux minutieux comme coudre, broder, écrire, se fatiguent beaucoup la vue en se servant de lampe à pétrole. Le pétrole est une huile minérale naturelle. L'essence minérale provient de la distillation des goudl'Ons de houille. Ces produits s'enflamment aisément; anssi leur emploi présente-t-il des dangers qu'on évite aisément avec un peu d'attention : t. Il faut que le remplissage et la préparation des lampes ait lieu la jour ; 2. On n' attendrn pas, pour allumer les lampes, qu'il fasse si complètement nuit qu'on soit obligé de s'en approcher avec une autre lumi.ère pour les allumer; 3. Oo les entretiendra en si parfait état de conservation et de propreté qu'aucune flammèche, fragment de mèche ou d'allumette, ne pourra tomber à l'intérieur du
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récipient. Les soudures devront être parfaites, afin qu& le pétrole ou l'essence ne suinte pas au dehors et la lampe sera toujours bien essuyée avant qu'on l'allume , 4. Les bidons qui seront pleins de pétrole on d'essence seront placés dans un endroit éclairé, de telle sorte qu'on pourra aller les y prendt·e sans avoir besoin de lumière, ce qui n'existe pas toujours, quand ou pl!lc& ces produits à la cave ; 5. Les lampes devront toujours être entièrement remplies quand on les apprête, sans quoi le gaz que dégage l'huile minérale par la chaleur quand la lampe est allumée, se répand dans l'espace laissé vide et ce gaz est facilement explosible ; 6. Oa aura toujours à portée de 1:1oi et non loin du bidon et des bidons de réserve, ou encore dans l'endroit spécial où se préparent les lampes, on aura, disons-nous, un flacon d'ammoniaque. En cas d'incendie, l'ammoz.iaque prendra feu aussitôt et ses vapeurs empêcheront la combustion de se propager. Pour éteindre l'incendie du pétrole ou de l'essence, il faut jeter dessus des cendres, du sable, de la farine, mais jamais aucun liquide, car l'huila minérale, très légère, surnage sur celui qui lui sert de véhicule, et la transporte tout enflammée un peu partout. P our nettoyer les lampes à pétrole, on se sert d'eau de chaux. On rince à plusieurs reprises, puis avec de Peau chaude pur~
Question d'éducation , Tel père, tel fils ,, dit le Conseiller. Il y a beaucoup de vrai dans ces mots et on a généralement les enfants comme on les élève. D ernièrement, un enfant d'une famille amie tombait malade pour la première fois de sa courte vie. Oo appela le docteur, mais aussitôt ci>lui-ci arrivé, l'enfant se mit à pousser des cris épouvantableo et à tomber dans de violentes convulsions. L'étonnement du docteur fut sans bornes jusqu'au moment où il apprit que la mère elle-même avait l'habitude criminelle de menacer souvent son enfant en lui disant : Si tu n'es pas sage, le docteur viendra et te coupera en morceaux. li fallut bien du temps pour le débarrasser de cette terreur déraisonnable.
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On entend tellement souvent des parents prononcer desmenaces aussi stupides que dangereuses, qu'on ne peut pas trop les mettre en garde. Combien de fois n'entendon pas dire : Le ramoneur ou l'ogre va te prendre. Sans compter que le petit s'apercevra bien vite que quoiqu'il ait été très méchant ni l'ogre ni le ramoneur ne viennent le prendre, et que les parents ont menti, ont formé ainsi des générations d'enfants timides et lâches qui nesont propres à rien dan!-'! les moments critiques de la vie. On pourrait multiplier les exemples de mensonges des parents pour faire obéir les enfants. Contentons-nous de quelques-uns des plus typiques. Un jour, l'institutrice du village fait une visite à la mère d'une de ses élèves. - Oh ! mademoiselle, conseillez-moi, Philippe ne fait que de menLir et pourtant son père est la vérité même et moi j'évite de lui donner ce mauvais exemple. S'adresl!ant à sa petite : J eanne, va appeler ton frère. - Il ne viendra pas, répondit la petite, il sait qu'on va le gronder. - Dis-lui que ce n'est pas l'institutrice, mais grand'mère qui l'appelle. L'enfant s'élar çait déjà, mais l'institutrice la retint stupéfaite d'avoir entendu la mère mentir si effrontément devant son enfant. Une dame dit à sa bonne : Si maàame une telle vient, dih1s que je ne suis pas à la maison. L'enfant est à ses côtés et écoute, comprend et profite de l'exemple. Uoe mère montre un agent de police à son garçon et lui dit d'un air effrayé : Tais-toi, ou monsieur ·va te mettre en prison. Après une e:xpérieuce ou deux, l'enfant se moque de vous et de vos menaces et apprend à mentir avec autant d'impudence que vous. En chemin de fer, vous prenez une demi-place pour votre enfant - Cet enfant a-t-U plus de 10 ans, demande le contrôleur. - Non, il n'en a que 9 1t2, ré{lond la mère. L'enfant sait bien qu'il en a 11. Mensonge et vol, Si après cela votre fils ne tombe pas en faute, ce ne sera. certainement pas grâce à vous. Rien n'est plus facile que de dresser les enfants au. mensonge. A quoi sert de les punir lorsqu'ils mentent
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~ou volent ei on leur en montre si souvent l'exemple ! C'est par des exemples comme ceux que nous venons de citer que l'on crée des générations malhonnêtes, des -citoyens qui manquent de parole et que l'on peuple les prisons,
Chaque année, la direction de l'instruction publique -de Berne publie, au sujet des examens de recrues, un rapport très intéressant donnant les résultats pour chaque école ou pour chaque commune et commentant les résultats. Ce rapport et les chiffres statistiques qoi l'accompagnent sont ensuite remis à tous les députés au ,Grand Conseil, aux membres des commissions scolaires et du corps enseignant, aux experts pédagogiques des examens de recrues. C'est de ce rapport que nous extrayons les rensAignements qui suivent relatifs aux examens d'automne 1897. Voici d'abord les cantons rangés d'après la somme totale des notes (note totale maximum 5, note minimum 20): Recrues examinées
de
_1897
1 Bâle-Ville 2 Genève 3 Schaffhouse 4 Thurgovie 5 Zurich · 6 N~ochâtel 7 Glaris. 8 Soleure 9 Bâle-Campagne 10 Argovie 11 Vaud. - Suisse, moyenne 12 St-Gall . 13 Grisons . 14 Appenzell R.-E. .
.
J5 Valais.
16 i7 18 19 .20
Obwald . Fribourg füirne. Zoug . Schwytz .
468 614 327 916 2987 989 3U 856 627 1914 2356 27418 2115 855 fi54
945
161 1188 5515 230 517
Note
R~sultnts
~e
Bang
,le 18%
tolale 1897
1896
6558 7.044 7122 7.207 7469 7 487 7.889 8062 8072 8084 8351 8361 8513 8.671 8.765
6.57 682 7 06 719 770 7 72 8.06 8.73 8.73 832 896 88 8.69 8M 8.70
12
878
8.78
16
8.801 8 827 8830 8.830 8859
Tessin . Nidwald. Lucerne . •. Uri Appenzell R.-1.
1088 105
1-425 183 144
9201 9295 9.385 9.760 10.063
22··
966 9.37 957 10.38 10.79
18
20
24 25
Pour la lecture, les cantons se classent ainsi: - Suisse, (moy.) 1.715; 1 Bâle-Ville . 1.271
Examens des recrues
llang
21 22 23 24 25
13
838 9.42 880 958 966
'l
2
3 4
5 6 7 13 14
8 17 11 10
9 19 16 21 23
2 Genève • 3 Schaffhouse 4 Thurgovie 5 Zurich • . 6 Grisons . 7 Argovie • 8 Bâle-Camp. 9 Glaris . • 1:0 Neochâtel 11 Soleure • 12 St-Gall. . 13 Vaud . .
. . . . . •
1 296 1.361 :1..362 1. 46S. 1 531 1.632 1.633 1.634 1.650 1 667 1.701 1.709
Zoug Schwytz . . fürne . . . Appeoz. R.-E. Tessin • 19 Nidwald 20 Lucerne 21 Obwald 22 Fribourg .
14,
15 16 17 18
1787 1 812 18/i:7 1..848 1.855 1.943 1.952 1 994 2, -
23 Valais. . . 2.007
24 Appenz. R.-1. 2 .132 • 2,219 ·
25 Uri • .
Pour la composition, le rang est le suivant : 13 Grisons • 2.175 1 Bâle-Ville . . 1 530 14 Berne • • . 2 284 2 Gt-nève 1. 787 3 Schaffhouse . 1 813 15 Appenz. R.-E. 2.300 16 Tessin . 2 315 4 Thurgovie 1.829 17 Zoog . 2 334 5 Zurich • . 1.898 2 348 , 18 Fribourg 6 Neuchâtel • 1.973 19 Schwytz 2 385 7 Glaris • . 2 035 20 Lucerne . 2 453 . 8- Soleure . . 2 054 9 Argovie . 2.079 21 V&lais . 2.482 22 Obwald . . 2 497 10 Bâle-Camp. 2 101 23 Appenz. R.-1. 2.583 1.1 Vaud . . . 2132 24 Nidwald . . 2 591 - Suisse (moy.) 2.161 12. St-Gall 2.174 25 Uri . • . . 2.689 Pour le calcul : 1 67!!
1: Genève
2 Thurgovie 3 -Schaffhouse 4 Bâle-Ville 5 Neuchâtel. 6 Zurich . 7 Glaris . 8 Fribourg 9 Obwald 10 Soleure . 1:1 Bâle-Camp. . 12 App. Rh. Ex. 13- Argovie • .
1.688 1.713 1.744 1.752 1.769 1.868, 1 961 1.969 1.981 1.982 1.996 2.022
- Suisse (moy.) 2.027 14 St- Gall . • 2.033 15 Vaud • . 2 074
16 Valais
17 18 19 20 21 22 23 24 25
. 2 097
Berne • Zoog • Schwytz Grisons Nidwald Uri . • Lucerne . • App. Rh. 1.1 • Tessin • . .
2138 2 144 2164 2 170 2.209 2213 2.339 2 431 2.440
-
14 -
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Pour la géographie, l'histoire et l'instruction civique : . 2 013 1 Suisse (moy.) 2 457
·1 Bâle-Ville 2 Neuchâtel
• 2 11.2
14 Schwytz 15 Fribourg 16 Nidwald 17 Berne • 18 Zoug . . 19 Tessin • 20 St-Gall • . . 21 App. Rh. E. 22 Uri • . • 23 Lucerne 24 Grisons . 25. App. Rh.l.
3 Valais . . 2.199
4- Schaffhouse. o Genève . 6 Thurgovie 7 Zurich . 8 Obwald • 9 Argovie • ·10 Glaris • . . ·11 Bâle·Camp. . 12 Soleure . . i3 Vaud . • .
2 235 2 282 2 328 2 334 2.341 2 351 2 352
2 498 ? 518 2.552 2 561 2 565 2 591 2 605 2 624 2 639 2.641 2 795 2917
2 356 2 360 2436 Comme on le voit, c'est la lecture qui donne les meilleurs résultats moyens, vient ensuite le calcul, puis la composition et ecfia les connaissances civiques.
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Examens de recrues. - A l'occasion des derniers examens de recrues, le Déparloment de l'instruction publique de Berne publiq un rapport dont il n'est pas inutile de détacher les lignes suivantes: , On n'a pas assez fait ressortir jusqu'à présent que, par son,attitude, le jeune homme lui-même qui se présente devant les experts pédagogiques peut contribuer au résultat de l'exameu. A vrai dire, il ne pourra pas toujours éviter les conséquences qui résultent pour lui du long chemin qu'il doit parcourir avant d'arriver au local de l'examen et notamment de la fatigue qu'il en éprouve. Toutefois, s'il fait preuve d'assez de volonté et d'empire sur lui-même, et si la surveillance qui pourrait être nécessaire est exercée, le fait de l'éloignement du lieu de recrutement ne pèsera plus beaucoup dans la balance. Mais, quand l'approche de l'examen est regardée avec indifférence, quand un grand nombre de jeunes gens arrivent à leur lieu de de11tination plus gais que de raison et que leur premier soin est de se décorer de bouquets dont les plus gros sont portés par ceux qui ont le moins d'esprit, quand les recrues de villages entiers ont passé toute la nuit qui précède l'examen à boire ou s'amuser, il n'est pas étonnant que les notes obtenues soient inférieures, et si tous les bons conseils et les avis des instituteurs et des autorités n'ont pas été donnés en pure
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perte, ils restent cependant sans effet pour ce jour-là. On nous objectera que la commission de recrutement a le pouvoir de sévir contre les auteurs de ces désordres. Sans doute, et elle ne manque pas de le faire quand les conséquences de ces désordres sont trop évidentes. La diffi.c?llé est de savoir quand il convient d'iofliger des pun1hons. Est-ce que par exemple un ou plusieurs jeunes gens qui se trouveraient à Lyas dans un état voisin de l'ébriété le jour de l'examen doivent être renvoyés avec l'ordre de se présenter le lendemain à Meiringeo à Gessenay ou ailleurs f Da reste, dans la plupart de~ cas, ce seraient les moins coupableP, ceux qui ont été entrainés, qu'on atteindrait. Les meneurs sont en général les plus prémunis contre les suitPs de l'intempérance. Pourquoi le Valais occupe-tille 15• rang? N est,
ce pas peut-être aussi parce que dans ce canton les recrues de chaque localité sont amenées au lieu du rassemblement sous la conduite et sous la responsabilité de l'instituteur ou du chef de section, et qu avant de leur faire subir l'examen pédagogique on leur donne à dé7euner également sous surveillance/ Où M. le Prnfesseur R ei uhart - l'auteur de cet article - a-t-il trouvé qu'en Valais on donDât à déjeuner à nos recrues sous surveillance... f Nous ne le savons ; mais son idée nous panît excellente. ---o=:,-oa~..co---- -
Recettes et conseils utiles D11 traitement des blessures. - Uo journal médical a fait eetta constalat1on importante que l'emploi de comprflsses imbibées de solution de bicarbonate de soude à ~ 0,0, et recouver~e de taffetas, aurait la propriété de limiter la suppuration, de mettre à l'abri des phlegmasies et cela plus rapidement que tous les autres anti.septiques, tels que l'acide phénique, etc. L'auteur en a d'abord observé les bons fffels dans un phlegmon. Après l'ouverture, on n'avait pu empêcher ni l'ic fbmmalioo, ni le gonflement au moyen du baume du Péro~ iodoformé. L'auteur ayant appliqué une compresse au bicarbonate de soude sur la partie malade et sur le restant de la main, fut extrêmement surpris de constater le lendemain malin que la suppuration avait com_plètement ceseé.
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Depuis lors, il appliq~a ce mode de traitement à to~te une série de cas. TouJours le foyer de la suppuration· s'éteignit. M. G. a pu très souvent se convaincre de la supériorité du bicarbonate de soude sur les antiseptiques employés pour combattre MS phlegmasies; chaque fois qu'il la remplaçait par la pommade iodoformée la suppuration réapparaissait pour ne disparaître que lorsqu'on revenait à l'emploi du bicarbonate de soude. Manière de reconnaître les œufs frais. - Nous trouvons dans IPs .Feuilles d hygiène et de médecine populaire la manière de reconnai1re les œuf:s frais: S1 on présente un œuf frais à la lumière d'uoe lampe, le l'ontenu paraît clair, transparent. Quand l'œuf est trouble, c'est un signe d'altération qui prouve son ancienneté. Les œufs vieux laissent voir, dans leur intér ·eur et un peu latéralement vers le gros bout, un vide qui donne la mesure de la perte qu'ils ont éprouvée par l'évaporation, ce vide peut fournir aux personnes qui en ont acquiH l'habitude un moyen de juger avec assez de précision de leur ancienneté. Un œuf parfaitement frais est ab11olumeot plein. Partant de ce principe; voici un procédé aussi sûr que commode pour déterminer l'a.ge des œufs et distinguer par conséquent ceux qui sont frais de ceux qui ne Je sont plus, Ce procédé est basé sur la diminution graduelle du poids que subissent les œufs en vieillissant. On dissout 120 grammes de sel de cuisine dans un litre d'eau à la température ordinaire. La dissolution est, plac~e dans une b1ssine d'une grandeur permettant d obtAnir environ 8 à 10 centimètres de hauteur d'eau. L'œuf pondu le jour même étant placé dans cette eau salée et abandonné à lui-même, dAscend jusqu'au fond du vase. L'œuf est-il âaé de plus de trois jours, il flotte à la surface de l'ea~ et tend à émerger d'autant plus qu'il est vieux. Ce procédé mérite d'être ess11yé. Avis aux intéreesés t Une formule de bonne encre. - Voulez-vous préparer vous-même une encre d\•xcellente qualité. Vous résoudrez facilement le problème en mélangAant à peu près parties égales de sel de potassium, de l'acide sulfoconjugué, de la violaniline, du copal et du borax. pulvérisés. On obtient ainsi une masse colorante qui, réduite en morceaux et broyée en poussière, donne une matière soluble dans l'eau.
Supplément à l'ECOLE PRIMA.IRE Conférence des Inspecteurs scolaires de la Suisse romande, le 26 Octobre, à Sion Sion vient d'avoir pour la première fois l'honneur d'accorder l'hospitalité à MM. les Inspecteurs scolaires de la Suisse romande pour leur conférence annuelle. La réunion a effectivement eu lieu mercredi, le 26 Octobre, et bien que, par Ba position excentrique, cette ville ne se prête guère à la réception de confédérés venant d'un peu loin, les congressistes s'y sont rencontrés plus nombreux, dit-on, qu'ils ne l'ont été dans les autres centres où ils se sont donné rendez-vous jusqu'ici. C'est ainsi que le Jura Bernois s'y trouvait r1>présenté par trois inspecteurs MM. Landolt, Gylam et Châtelain ; Neuchâtel, par MM. Latour et Blaser; Vaud par MM. Beausire, Grivaz, Gaillard-Pousaz et Henchoz; Genève par M. L. Gilliéron ; Fribourg par MM. Oberson et Doyen Tschopp ; le Valais par tous les inspecteurs sans exception de la partie française, soit de Sierre à Monthey. N'oublions pas la présence d~ l'élément féminin représenté par plusieurs inspectrices appartenant aux cantons de Genève, Neuchâtel et Fribourg et spécialement investies de la mission de surveiller dans leurs circonscriptions l'enseignement des ouvrages du sexe ainsi que les écoles frœbeliennes et les salles d'asile (M01• Rueg, à Genève, M11• P. Vuagniat, à Neuchâtel, et M11• Anna Wasserburg, à Fribourg). Ce personnel portait à une trentaine le chiffre des participants à la réunion. La direction de nos deux écoles normales, ainsi que plusieurs maitres et maitresses de celles-ci avaient été également invités à assister à la séance. A 9 1/1 h. du m. la conférence s'ouvrit à l'hôtel de ville par M. le Directeur Lamon, inspecteur scolaire du district de Sion. Il souhaita la bienvenue aux congressistes, les remerciant d'autant plus chaleureusemen~ d'être venus si nombreux que la plupart d'entre eux n'ont pas reculé devant la distance pour venir fraterniser avec les collègues et confédérés du Valais. Après avoir rappelé l'origine et le but de ces assises pédagogiques, appelées, par les thèses qui y sont présentées et défendues, à relever le niveau intellectuel de notre jeunesse et à donner un nouvel élan à l'instruction populaire dans
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la Suisse romande, l'orateur déclara la séance ouverte et donna d'abord la parole à M. He_nchoz (Vaud) pouf la lecture du procès-verbal de la réumon de L~usanne, l année dernière. Ce protocole, ne donnant heu à aucune remarque importante, fut adopté. • Après lecture du procès-verbal, M. Gylam, de Corgemont, propose de remercier M. Henchoz pour son rapport très clair. M. Lamon, directeur, désigne M. Roui·zz~r, d e Mar t·1gnr, pour faire l'office de secrétaire, et voudrait que désormais le président rappelât aux ral?porteurs, en temps voulu, qu'ils déposent leurs conclusto~s. • . . M. Oberson (Fribourg) l'appme et destferatt que le secrétaire ftt au plus tôt son protocole, et 1 envoyât au président. . t f t M. Blaser (Neuchâtel), lit ensuite _un rappor o! étudié sur la question, d'apparence peu importante,. mats qui est, en réalité, grosse de conséquences, des certificats d'étude. · d tt Il rappelle l'origine relativement ancienne e ce e institution puisqu'elle remonte, en France, au second · empire. Eile fut introduite ensuite eu Allem~gne, en ~ngleterre en Portugal et dans les cantons smsses de Bale, de Ber~e et de Neuchâtel, où elle a rendu de réels services. . d" é d l' Le but du certificat d'études est 10 1qu an~ article 23 de la loi Jleucbâteloise. Les élèv_es sont. hbérés dès l'âge de 13 ans, s'ils just!fie.nt d'une. mstrnct1on suffisante, par devant une comm1ss1on spéciale de 3 membrO~ peut admettre que libérer u~ enfant, à ~3 an~, c'est lui faire oublier son petit bagage m t~llectueJ_, 1usqu à l'examen de recrues, et c'est le so_ust!aire à l _rnfluence moralisante de l'école. On y remédie, 11 est vrai, par les eours complémentaires. En tous cas il faut que le c~rtificat d'é~udes offre de sérieuses garanties, et qu'il devienne u~ titre constatant que l'enfant a une instruction élémentaire suffisante. On parviendra en faisant de cet examen un examen spé!ial à l'instar des examens d'Etat et des recrues, devant une' commission uniforme pour toute une contrée, et, par conséquent, impartiale. Ainsi en France, et dans les cantons de Bern_e et de Bâle, on a obtenu les meilleurs ré~ultats. Le n1ve9:u des études s'est élevé, car le certificat d études est un stl-
3 mulant pour les élèves studieux, en même temps qu'une menace pour l~s paresseux et les indisciplinés. C'est, de plus, un rense1gnei::nent précieux sur la valeur d'un élève. En. France, on exige le certificat pour l'entrée dans la ma1~on de ~ompierce, etc., et il a pris une grande ex• tension, pu1squ 11 est en vigueur dans tous les départements. Aucun enfant ne peut être admis dans une fabrique en Prusse et en Angleterre, s'il n'a obtenu son certificat d'études. Le règlement de Neuchâtel prévoit que toutes les anoé_es, en mai, il y a un _examen par devant un Jury spécial, qui ne peut fonctionner dans Je district où ses me°:lb~es sont domiciliés, afin d'éviter tout soupçon de partlahté. . 40 élèves se pr~sentent à la fois, on leur donne une dictée, une rédaction, quelques problèmes et un dessin à faire .. ~our les filles c'est un travail à faiguille. Les· eleves ayant obtenu une moyenne de 4 à l'examen .écrit, sont admis à l'examen oral. Ceux qui ne réuas1ssent point ont l'école obligatoire jusqu'à l'âae de 0 14 ans. M. Latou_r1 (Neuchâtel) croit que la perspective d'un échec hum1hant engagera certains élèves à redoubler d'efforts. En somme, le certificat d'études, résume M. Hlaser, est ~ntré d~ns nos mœurs, il rend des services comme précieux stimulant pour lea maîtres, les élèves et les parents. A l'école des Ponts, il y a une école où, chaque année passent les 15 à 20 élèves qui se présentent. Le maitr~ est un talent pédagogique hors ligne. Il ne faudrait cependant pas conclure de la valeur des maitres d'après le D;?mbre et. la proportion des certificats obtenus. L mt!oduchon du certificat d'études a aussi eu ses inconvéments. En. ~ran_ce, M. Brunet lui reproche de créer une classe de pr1VIlég1és, de là des animosités entre élèves; d'attirer les, enfants . vers la _ville, de regarder plus à la quantité qu à la quahté de l'rnstruction. • L'.1 néfas te institution du cettificat d'études, dit-il, env~h1t nos éco!es et e!llpoisonne nos classes. L'école dev1~nt un atelier où l on fabrique, en grande bâte, les candidats. au brevet. On ne travaille pas pour la vie, on travaille seulement pour l'examen. Un surmenage
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effréné en est la conséquence. Le~ malheo.reux ~J~ves ont pour déjeuner intellectuel one dictée, po1~ d~ l ar1t~métique des rédactions. Quand, à 5 h. du soir, ils aspirent au' repos, il faut retourner, affaissés, à l'étod,e et recommencer !e gavage intellectuel . .: Le certificat d'étude altère le earaetère, et éga~e l'opinion, qui juge le maitre d'après le nomb~e de certificats. Il s'agit moins d'éduquer que ~'obtenu la popularité du succès. Aussi le maitre néghge-t-il ~out autre élève que les candidats _au brevet, qui, un~ fois le bienheureux certificat en mams, sont c~mblés d h~nneurs, de discours, de récompenses, et se croient volontiers de petits savants •. M. Blaser e11t d'avis que M. Brunet, en voulant t.r op charger son tableau n'a rien prouvé du tout, sauf que le certificat excite l'émulalion, et que les élèves y attachant une grande importance. . . D'ailltmrs, le surme_Dage est le fait de tous les certificats. Il n'y a qu'à éviter les.abus.. A Neuchâtel, les inconvéments signalés plus haut ne se sont pas produits. Voici les conclusions du rapporteur ~ont, na~urellement oous n'avons reproduit que les idées saillantes, et q~i excusera sans âoute l'insuffisance de ce compterendu: 1 Le certificat d'étude est recommandable, il offre . • plus d'avantages que d'inconvénients. . 2. Le jury doit présenter toutes les garanties possibles d'impartialité. . 3. L'examen doit s'étendre à toutes l~s branches, ~ais on attachera une importance spéc1a1e aux p1us importantes. . 4. Tous les élèves y sont admis, sa~bfl ceux dont la conduite a été par trop repréhe~s1 e.. , 5. La sanction se trouvera dans la hbérat1on de l école primaire. M. BURNIER déclare qu't'n Valais, il n'y a qu'un certificat de sortie des écoles primaires, avec une échelle d~ 4, à 20 pour les points obtenus. Sont hbéré~ c~ux qm obtiennent encore 9 points. On recherch~ a1ns1 plutôt une bonne moyenne et les écoles ont bien progressé grâce à nos examens' d'émanci p~tion. M. LAMON constate qu'en Valais les élèves ~yant a~teint l'âge de 15 ans sont astreints à l'examen d émanmpation. Le jury se compose d'un délégué de l'Etat, de
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i'i.nspec~e~r d'arrondi~sement et du collègue d'un district vo1s10. Ceux qui ne réussissent pas sont astreints à fréquenter l'école encore une année. M. GILLIEROlf, directeur des cours de travaux manuels à Genève, nous dit que le certificat d'études n'existJ poi!1t à. Gen~ve, où chaque. élèv~ fréquente l'école prima1re Jusqu à 13 ans. Pomt d examen spécial devant une com~is~ion scolaire. _Celle-ci s'occupe seule des écoles primaires et de l'université. Dès l'âge de 18 ans, l'élève est tenu de suivre soit en ville, soit à la ca_mpag~e, des cours spéciaux, soit complémentaires, qui ont heu en ville le matin de 11 à 12 h. ou de 5 à 6, avec 2 h. le jeudi, et qui donnent d'excellents résultats. Lorsqu'il a fréquenté avec fruit les écoles complémentaires il reçoit alors un certificat. Chaque 6 mois ont lieu des examens dont les résultats sont communiqués aux parents. En France au reste il est fort question de diminuer le rôle des ei.smens d~ sortie, qui partout occasionnent un grand surmenage ainsi :iu~ l'a fait res~ortir M. Brun~t. Ce surmenage, ii faut léviter à tout prix, car, avec lui, on ne fait pas de besogne profitable. Faites-vous bten de surmener le cerveau de l'enfant qui n'a pas atteint sa maturité T Au contraire, il faut prendre beaucoup de précautions. On no~s a_ cité. l'école des Ponts, mais, d'autres maitres moms mtelhgents ne vont-Us pas essayer d'arriver aux mêmes résultats par des moyens moins hygiéniques 1 ~ Genèv,e, on laisse l'enfant à l'école jusqu'à l'âge de 15 ans. L orateur estime ce système parfaitement bon et suffisant. M. 0HRSON, à Bulle, fait ressortir la différence très grande qui existe entre le certificat d'é tudes et le certificat d'émancipation. Il croit que le certificat d'études ne serait pas tant pour élever le niveau des études que pour donner à l'élève un témoignage sérieux des études faites. Par contre, le certificat d'études est contraire .au principe d'égalité qui veut que tous les élèves aient droit aux mêmes soins de la part du maitre. Un élève fribourgeois qui a été élevé en France m'a prouvé comme ies non candidats au certificat sont négligés, M. HoPFNER fait observer que l'examen d'émancipation n'établit pas le :iegré de connaissance mais seulement le minimum d'instruction qu'un élè;e doit avoir pour être libéré des écoles primaires. Nous pouvons hardiment continuer avec notre système.
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dé~lare que c'est le syst,me du Valai~ qui lui plaît le plus. Celai de Neuchàte~ n est pas BOJ'.! 1dé~l, Il admire le Valais où l'on renvoie à l école 1usqu à l'àge de 17 ans le~ élèves qui n'ont pa_s obtenu _des notes suffisantes. Si cela était introduit à Neu~hàtel, 11 Y aurait une révolution populaire. Ceux qot trouve1!t qu'il est trop tôt de libérer. un .élève à .13 ans, o~t ~a~· son car \'instruction acquise ne saurait être sohde ,. 11 exi~te une grave lacune dans l'intelligence et la mémoire des enfants qui ont réussi leur examen, à plus forte raison chez les autres. . . Pour obtenir une décision pratique, 11 ne faudrait. en tout cas point fixer \'àge où l'élève peut être émancipé. Chez nous c'est 13 ans, ailleurs 15 ans. On ne peut les jeter tous dans le même moule. . , M. BLA.SER constate que tous le~ assistants sont d accord au sujet de l'examen de sortie. . M. TscHoPP (Fribourg) dit que. tous, les élevas, ayant fini les écoles primaires sont admis à l examen d ~mancipation. Mais la statisliqne prouve que ceux hbérés à 13 ou 16. ans ont considérablement perdu de leur instruction. Il faudrait une statistique serrée démontra°:t que sur 100 élèves libérés à 13 ans, tant ont réussi, sur 100 à 15 tant, à l'examen des recrues. M. LA.MON ajoute que les élève~ ne,.sont pas lib~rés après l'examen d'émancipation, pa1squ 1ls s~~t astreints encore à suivre en hiver les cours de répét1~1on .. M. BLA.SER croit qu'à l'âge ~e 14 ans, l mtelhgence doit avoir atteint une maturité suffisante. Au reste. en Valais l'examen s'étend seulement aux garçon~, tandis qu'en pays démocratique, les filles ont droit aux mèmes soius. . M. LA.MON remarque qu'en Valais le~ fille~ sub1ss~nt. aussi un examen d'émancipation, ma1s moms sév_ere que celui des garçons, par devant l'Iuspecteur scolaire. M. OBERSO>I veut absolument que les travaux des rapporteurs soient imprimés avant la ré~oion pour que les assistants aient le temps de les étud10r, et. que ! on ne perde pas un temps précieux destiné à la d1seuss1on~ par la seule lecture. . . M L'assemblée se rallie à la conclusion snivante de • le directeur Lamon : L'examen d'émancipation est utile pour tous les ~lèves. (A ,uwre) M. LATOUR
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Cours de cuisine Le 26 octobre s'est terminé à Sion un cours da cuisine et d'économie domestique institué spécialement pour les institutrices. Il a été suivi pendant les trois semaines de sa durée par une dizaine de régentes appartenant toutes à différentes localités du canton. C'est Mlle Eugénie Roten, formée à l'Ecole ménagère professionnelle de Genève, qui a eu la direction de ce cours qu'elle a excellé à rendre très intéressant et surtout pratique. L'école était d'ailleurs placée sous la haute surveillance de Mme la Directrice de l'école normale, les participantes ayant logé dans le bâtiment même de celle-ci, où elles ont reçu en outre des leçons d'économie domestique et de diction données par des professeurs spéciaux. N'oublions pas de mentionner également des notions d'hygiène par un médecin de la ville. On nous dit que, pour un essai, ce cours a été très réussi et a été fréquenté avec beaucoup de plaisir et de profit par les institutrices qui y prirent part. Le nombre des participantes eût été plus considérable si celui des places n'avait pas été limité et que celles-ci n'eussent pas été réservées exclusivement à des maitresses d'école. Ces dernières, tout en faisant pendant la durée du cours la cuisine pour elles-mêmes et les élèves do la division supérieure de l'école normale, sont arrivées à pouvoir préparer un dîner complet, à savoir laver et repasser, en un mot à bien tenir un intérieur. Pour tout dire, ce cou1·s constitue un essai heureux, et nous aimons à croire que l'initiative du Département qui l'a institué produira de bons fruits ; surtout si, comme nous le pensons, un tel enseignement se donne ehaque aonée si possible. Ce n'est que par ce moyen, et en faisant un choix judicieux d'élèves, que l'on arrivera à généraliser un enseignement qui mérite d'ê tre encouragé en raison de son caractère pratique.
Examens de recrues A ee propos, le Département de l'lostruction publique du canion de Vaud vient d'adresser aux commissions scoJaires, au personnel enseignant, aux commandants d'ar-
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rondissements et aux chefs de section, une circulaire sur laquelle none attirons l'attention spéciale de nos lecteurs: • Le nombre d'heures affectées aux cours complémentaires sera de 60. Ils dureront dix semaines, à raison de stx heures par semaine, et commenceront le 15 novembre pour se terminer à la fin de février. Si le nombre d'heures n'est pae atteint alors, les leçons se prolongeront en mars. Elles auront lieu, non plus dans la soirée, mais le mercredi et le samedi après-midi, trois heures chaque fois. A titre exceptionnel, les localités urbaines et industrielles pourront être autorisées par le Département à faire donner les cours dans la soirée. Les régente seront rétribués par l'Etat pour lee leçons données le samedi, celles-ci étant en dehors de l'horaire imposé par la lot Dans toutes les communes ayant plusieurs régents, les élèves des cours seront divisés en autant de classes que de maitres. Les maitres secondaires peuvent être .appelés à diriger des classes. Les absences non justifiées seront transmises immédiatement au chef de section, qui infligera deux heures d'arrêt pour une heure d'absence. Ces arrêts ne pour• ront excéder 9 heures consécutives, ni avoir lieu de nuit. Les cas d'absence de plus d'une semaine sont déférés au chef de section et ceux de plus de trois semaines au Département militaire. Les cas d'indiscipline relèvent, selon leur gravité, du chef de section, qui a une compétence de 12 heures pour chaque élève; du commandant d'arrondissement et du Département militaire. Un examen, organisé par le Département de l'lnstruction publique, aura lieu au printemps. Les élèves devront être pourvus du matériel nécessaire, L'ouvrage intitulé Je Jeune citoyen leur est recommandé') Ils possèderont, en outre, une bonne carte parlante de la Suisse. Des cartes muettes seront mises àleur disposition par les autorités communales. Espérons que ces cours seront suivis avec zèle et que nos jeunes gens auront à cœur de bien travailler, non •) Réd. - On peut se procurer cet utile ouvrage au Dépôt des livres d'école, à Sion, au prix de 1 fr.
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seulement en vne de leur avantage, maie aussi pour l'honneur du canton. , Paissent nos autorités et nos jeunes gens s'inspirer -des mêmes sentiments r
Education des filles de la campagne Est-il nécessaire et important que les filles de la campa~ne fréquentent l'école et y reçoivent une bonne édu·c ation? 1 ° L'éducation physique, intellectuelle et morale est nécessaire à la fille du laboureur. 2° ,L'éducation doit tendre à lui faire aimer la vie agri<:0le a laquelle elle est appelée. . 3° L'éduca~ion doit surtout la préparer à remplir un .1our les devoirs d'épouse et de mère. 1° L'éducation physique, intellectuelle et morale sst nécessaire à la fille du laboureur. L'éducation, c'est-à-dire la culture de l'esprit et du cœur, le développement sage et régulier de toutes les facultés, est un bien que tout être intelligent a le droit de récl~me~. Il est reconnu depuis longtemps qu'elle est nécessaire a tous les sexes, à toutes les conditions sociales. On est ?onvaincu dans les villes de la nécessité ~e donn.er aux Jeunes filles une bonne éducation. En est,1 de meme dans tous nos villages? Si les parents s' occ~pent un peu de leurs filles, s'ils les envoient à l'école, n est-ce po.mt souv~nt ponr se décharger du soin ~ ces enfants qm, trop Jeunes encore pour rendre des services, ne son~ à. la ~aison qu'un embarras? Sont-ils persuadés de 1 obligation morale où ils se trouvent de doter le~rs filles du p~us précieux héritage : une forte éducat10n. Ne. P?urra1t-on pas rappeler de nos jours ce q~e Fénelo~ d1sa1~ de son temps : « Rien n'est plus négligé que 1 éducat10n des filles. La coutume et le caprice des mères y ~écident souvent de tout. On suppose qu'il faut do~ner ~ ce sexe peu d'instruction . . . Pour les :fille_s, . dit-on, Il ne faut pas qu'elles soient savantes : la cunos1té les rend précieuses et vaines. Il suffit qu'elles sa?hent gouverner un ménage et obéir à leur mari sans .raisonner :. . Qu'a-t-elle besoin encore de savoir, répète-t-
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on même de nos jours, cette villageoise qui doit ~~er toute sa vie dans les travaux les plus vulgall'es ? Qu importent l'histoire et la géographie à celle dont chaque journée se résumera en ces mots : prépar_er les 1:epas de la famille travailler aux champs ou s01gner l étable ? Voilà com'ment on excuse ou justifie l'ignorance des villageoises. A cela je répondrai que l'éducation, dans s~n triple but, est nécessaire à la plus humble fille du village. . , 10 Il convient d'enseigner et de pratiquer à l école les lois de l'hygiène. Soins superflus ! dira-t-on peut-être. L'air pur, la frugalité, les fatigtrns de la vie champêtre suffisent pour assurer aux enfants de la campagne un~ santé vigoureuse, un tempéra~ent robuste. I~ est ~rai que la vie des champs contribue beaucoup a f~rt 1~er la santé; que de préjugés cependant sont encore ~ vamcre t Combien ignorent et enfreignent les ylus simples lois de l'hygiène. Il faut donc que la petite p~ysanne reçoive à l'école ces notions si important~s et s1 ~écessaires ; il faut qu'elle y contract~ les sames hab1~udes de propreté et de tempérance quelle gardera touJonrs. C'est à l'école qu'elle apprendra combie~ l'air pur est favorable à la santé cet air que l'on respu-e aux champs et que souvent on ~e veut pas laisser pénétrer dans la maison. C'est à l'école que la jeune fille ~pprendra co~bien il importe de changer souvent de hnge, de temr ses vêtements propres et soignés. E_lle sa~ra 1u'elle1 ne doit pas craindre les fréquentes ablutions m croire qu e~le s'enrhume en se lavant. C'est à l'école enfin que la vlllageoise acquerra mille connaissances utiles à la conservation de la santé au choix de la nourriture et des vêtements, en un m~t les principes généraux d'une science trop peu connue : l'hygiène. 20 La fille du laboureur a grand besoin de cette éducation de l'esprit qui détruira en elle l'ignorance, principale cause des mauvaises passions; car, on l'a souvent répété, l'ignorance conduit à l'avilissement, à .la démoralisation. Il faut que cette jeune personne cu)t1ve s~n esprit et sa mémoire si elle nè veut I?as !aire périr ~es précieuses facultés. < Il n'est pas permis, dit St-A~gustm> à aucune de celles à qui Dieu a confié la lumière de l'intelligence, de laisser imprudemment s'éteindre cette
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lampe qui doit d'abord l'éclairer elle-même et plus tard'.. d'autres qu'elle, ne fût-ce que son mari et ses enfants. > Sans parler <le la lecture et de l'écriture, connaissances.qu'il est honteux aujourd'hui de ne pas posséder, la fille des champs sera-t-elle trop instruite si elle ajoute à ce~ éléments les autres branches de notre programme actuel ? Que lui importent, dit-on, la géographie et l'histoire ? Eh ! n'appartient-elle pas à la grande famille humaine, et surtout à cette famille plus intime et plus chère qui s'appelle la patrie? Ne faut-il pas qu'elle connaisse un peu ce sol de l'Helvétie dont elle cultive une portion, cette mère-patrie dont elle est l'enfant? C'est à l'école qu'elle apprendra l'histoire de notre pays, de ses gloires et de ses malheurs. Elle y connaîtra le nom des grands hommes et des femmes illustres qui l'ont servi de quelque manière ; les bons exemples touchent plus que les meilleurs préceptes. L'histoire lui apprendra comment vivaient nos pères, comment s'est formée notre société actuelle, notre civilisation. Ne pas connaître l'histoire, c'est être en quelque sorte en dehors de la société, c'est ressembler à la brute qui s'inquiète peu de sesancêtres et n'a point souci de sa prospérité.
(A suivre.!
Economie domestique .&ebats et provisions C'est par ses achats et ses provisions qu'une bonnemaîtresse de maison prouve son savoir-faire et sa science do l'économie. C'est en cela surtout qu'elle fait preuve· de bon jugement ou d'inexpérience, car, en matière de direction d'un ménage, les provisions et les achats sont. toujours tentants et ne sont pas toujours justifiés par une absolue nécessité. Quand on veut acheter des aliments dans de bonnes conditions, il faut profiter le plus possible des occasions.. Mais là encore, on prendra garde de ne pas s'en laisser imposer par certaines habiletés commerciales. Par exem· ple, il y a occasion lorsque, la marchandise étant rare,. on l'achète cependant bon marché et non défraîchie. Il y a occasion lorsque, la marchandise étant abondante,
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:par exception, on l'achète à bas .prix ~t très bon~e. C'est ce qui se produit pour certams aliments : fruits, légumes, gibier, etc., qui, en de certaines époq~es de l'année arrivent en abondance sur le marché, mais dont fa durée est éphémère. C'est aussi ce que l'on renco~tre pour certaines marchandises, dans de gran~s magasms, où périodiquement on met en vente des obJets sur les,qu~ls le commerça~t J>erd plutôt qu'i~ ne gagne, mais afin de déguiser le pnx élevé de certames , autres. choses qu'il veut vendre. Ainsi il tend un appât a sa clientèle, qui doit se défier de ce bon marché dont le résultat est de lui faire acheter bien d'autres objets encore que ceux à bas prix. . , . En ce qui. concerne les achats relatifs a la nourriture, ·il y a quelques règles générales à observer .P~ur bien acheter : aller au marché de bonne heure s1 l on veut du très frais, quitte à le payer plus cher ; Y, aller ~ard si l'on préfère sacrifier la beauté ~t la fraicheur ~ la modicité des prix. Ici une observation est nécessaire : très souvent quand il s'agit de légumes et surtout de _fruits et de' poissons (c'est-à-dire de choses se conservant difficilement), on a intérêt à aller au marché assez ;tard, car les vendeurs, préoccupés avant tout de se défaire de leur marchandise, l'abandonnent, faute de temp~ ou de nombreux clients, à un prix bien plus bas qu'a l'ouverture du marché. Se défier des offres d'un bon marché exceptionnel, pour des denrées. qui_ n'ont pa~ de saison et sont toujours les mêmes : pam, viande, graisse, huile, charcuterie, etc., toutes choses qui conse~vent toujours leur prix, quand elles ne sont pas taries ou dé_fraichies. Le marchandage est encore une question intéressante. Faut-il marchander? Faut-il payer du premier coup le prix demandé ? Cela est une affaire d'habitude. Il y a des pays où le marchandage est comme une vraie institution à laquelle nul n'oserait se dérober. Alors les marchands haussent leurs prix en raison de cette habitude et après mille pourparlers et tirailleme?ts, a~an: ,donnent ensuite l'objet vendu pour sa v_aleul:' reelle. A1?si l'acheteur s'en va satisfait, croyant avoir fait une affaire .exceptionnelle et il n'en est rien. Dans certains pa~s, . au ,.contraire, on ne marchande pas, ou très peu, ce qm s1m-
plifie singulièrement les rapports entre vendeur et acheteur et fait gagner du temps. Par conséquent, il nous. faut, en cette matière, observer les usages et nous y· conformer au mieux de nos propres intérêts. « Provision, c'est profusion ,, , dit un ancien adage. La chose est souvent exacte, lorsqu'il s'agit de provisions qui ne sont pas faites en leur temps, ou qui sont faites dans de mauvaises conditions. Dans tous les cas, il est. à remarquer que les provisions confiées à des personnes autres que la maîtresse de maison donnent d'habitude-de mauvais résultats, spécialement celles qui ne s'em-ploient pas dans des proportions déterminées ou par u!lité. Par exemple, il est évidemment difficile de gaspiller des pommes de terre, parce que l'on n'en fait pas cuire plus qu'on n'en peut consommer; mais on peut. employer trop de beurre, trop de graisse, trop de sucre, etc.... , parce que l'on ne mesure jamais rigoureusement la quantité minima qu'il en faut pour la cuisson. ou l'assaisonnement de chaque plat. Pour bien faire les provisions, il faut être prévoyante, c'est-à-dire les choisir au temps où les choses à conserver sont abondantes et, par conséquent bon marché. Par· exemple, il ne faut pas imaginer faire des confitures quand les premiers fruits apparaissent, mais attendre que-· la production batte son plein. C'est aussi une étude spéciale que d'apprendre à les conserver. On a généralement un fruitier pour les fruits . ou tout au moins un placard à clairevoie, très aéré où . les fruits sont disposés sur des tablettes formées de lattes posées les unes auprès des autres. Pour l'épicerie, on a un placard aux provisions, bien sec (aéré si possible) et cependant à l'abri de la chaleur. Là on dépose, dans un ordre déterminé et dans des boîtes étiquetées tout ce que l'on achète. Les boîtes en bois sont meil- leures que celles en métal, qui se rouillent parfois au contact de certains produits. Les provisions de linge sont maladroites quand elles sont plus considérables que la situation de fortune -ne le permet et que les nécessités n'y obligent. Il est ridicule d' accumuler des provisions de linge représentant plusieurs centaines de francs, lorsqu'on n'est pas :absolument à.
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]'aise et lorsque cet argent, placé à la caiose d'épargne ou ailleurs, rapporterait quelque intérêt. . Quant aux provisions de mercerie, il faut être très circonspecte sur ce point, car le fil co~servé lo°:gtemps s'altère, les aiguilles risq_uent de se romller et mille menus objets se défraîchissent en restant longtemps sans usage. Toutefois une ménagère soigneuse ne devra pas non plus demeur~r sans aucune petite provisio_n de ce genre. Il ne faut pas avoir à quitter un travail pres~é pour aller chercher un peloton de fil ou quelques aiguilles.
BIBLIOGRAPHIE. -1/or,rne de l'é,rllse, par M. E. Brune et F . Pierre. - 2 vol. chez M. l'abbé Brune, organiste de la métropole de Besançon. Nous venons de jouer, - soit sur l'harmonium, soit sur l'orgue, - une bonne partie des morceaux contenus dans ces deux volumes. Il y a là dedans plus de 200 morceaux religieux, fort bien adaptés A tout~s les parties de l'office divin. Et, - disons-le tout de sm~e, le tout est fort bien agencé, et le classement facile et pratique des différentes prières mosic~les, imprime une incontestable utilité à cette riche pubhcat1on. Voilà pour le côté pratique ou matériel. Voici pour le point de vue artistique. Chaque volume, - le second surtout, - renferme des compositions d'une grande valeur. Quel_ques-unes sont ea,pruntées aux meilleurs auteurs français e~ all_emands. Par-ci par là nous trouvons des morceaux 1n~dits des maitres français. C'est donc de la musique classique, taut ancienne que moderne. C'est de bon goût, et à la portée de tous car la plupart des morceaux ne s~nt pas très difficiles. La simplicité et le bon go-0.t : vo~là deux choses qui s'allient toujours bien. Et, - pour l'église surtout, - ce qui est simple est toujours beau. Aussi bien, les jeunes étudiants de l'éc·)le no~male et du collège, sans oublier les futurs prêtres, devraient tous se procurer les deux intéressants volum<,,s que nous sommes heureux de faire connaitre aux amateurs de la X. bonne et sérieuse musique d'église.
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VARIETES
Salut à la Patrie De la Reme du Nord., de la noble Russie, Réunis en ces lieux au soir de ce beau jour, Nous, les dignes enfants de la belle Helvétie, Envoyons tous ensemble à la mérti-patrie Un salut filial de respect et d'amour l Salut à vous, salut, Alpes maj,istueuses, Qui dominez là-bas sous un ciel souverain l Glaciers étincelants, vous, cimes radieuses, Vallons délicieux, grottes mystérieuses, Chef-d'œuvre incomparable, ouvrage tout divin l Salut, lacs bleus, salut, pittoresques rivages Courounés de châteaux, de bourgs et de cités, Vous, paisibles hameaux, coquets petits villages, Torrents tumultueux, et vous, gorges sauvages, Prés émaH!és de fleurs, vieux manoirs enchantés l Et, ravis, transportés à travers la distance, Nous r,ivoyons le ciel, l'image du pays, Le toit de la maison, berceau de notre enfance, Le foyer domestiqul'I, ô tendre souvenance, Objets qui font pleurer, que nous avions chéris ... Salut à toi, salut, terre de l'Helvétie, Sois toujours grande, heureuse, et féconde en bienfaits Tu fais battre nos cœurs qui sont à la Patrie, Salut, terre des preux, estimée et bénie, Tu jouiras touJours des gloires de la Paix l St-Pétersbourg, 1898. Emile DELAVY, de Vouvry, professeur en Russie.
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La poule. - Extrait auth entique d'une composition d'examen de recrue : c La poule est un animal bipède . • • La plus belle poule c'est le coq, il est fier et a une belle crête . Le coq pond un petit œuf chaque année, il faut être là pour le prendre, sans cela il le mange . .. • --- ~
Recettes et conseils utiles * Voici_ quelques conseils sur la manière de ranger les bouteilles à la eave. Le moyen le plus pratique, quand on n'a pas un boutelier spécial, consiste à empiler les bouteilles en séparant les rangé~s par des lattes.
Numéro à accepter ou a reTose -
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On aplanit d'abord le sol; on le garnit d'une coach& de sable fin, en lui donnant une légère pente vers le mur ; puis on place deux lattes à une distance convenable l'une de l'autre, de manière que le goulot des bouteilles pose dessus bien d'aplomb, sans que le fond touche au mur. Le premier rang de bouteilles posé sert de base à tout le reste ; on met une latte sur le fond; on place on nouveau rang de bouteilles, dont le fond porte sur la Jatte qui pas3e sous les goulots au raï:;g inférieur, et le goulot sur la latte posée sur le food : ainsi de suite. Il faut mettre un soin extrême à conserver l'aplomb et la pose horizontale, et empêcher que les bouteilles ne se touchent par le ventre. Elles doivent tenir comme un mur, on peut les compter très facilement, et l'air circule entre elles, ce qui conserve les bouchons. Les bouteilles vides ne doivent jamais être descendues à la cave sans être bien rincées. On les range comme les bouteilles pleines, quand on n'a pas une planche percée de trous dans laquelle on les pose le goulot en bas. • Entretien des verres de lampe ; Il faut toujours nettoyer les verres à sec, lei frotter intérieurement avec un linge souple et fin ou de gros tortillons de papier de soie ; si les verres sont tachés par des éclaboussures, les frotter avec de la poudre de charbon. * Si vous avez des insomnies, nn moyen très simple de bien dormir consiste à vous frotter fortement avec un gant à frictions ou morceau de laine. • P our rendre aux vieilles noix leur sàveur primitive mettez-les dans un baquet et versez dessus de l'eau bouillante et ealée. Retirez après refroidissement. Elles seront alors aussi bonnes qu'étant fraiches. • Nous allons entrer dans la , saison des rhumes •· Il ne faut jamais considérer un rhume trop légèremAnt; car les affections simples au début peuvent prendre un caractère de gravité. Le rhume de cerveau ou coryza est très souvent négligé , on n'y attache aucune importance; c'est un tort; car l'inflammation des moqueuses du nez peut se propager. On entend dire que le rhume de cerveau est descendu sur la poitrine. Cela signifie, en réalité, que la congestion a gagné les bronches, d'où peut survenir une bronchite sérieuse.
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X VIII•DO ANNEE
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SION ter Décembre l 898
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE P UBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour l a 8o1He, 2 rr, 30, 1Jnion postale 3 Cr, ~nonces, prfa 2.0 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l' Ecole prim aire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à u n compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMA: RE :
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Attention. - La rentrée des class es. (Suite et fin./ De l'éducation du cœur. (Suite/ - De l'économie domestique. / Causeries pour les ù~stüutrfres.) (Suüej - Education des enfants peu doués . (Suz'te.) - Qualités d e l'instituteur. - De la civilité dans l'école. ( A suivre}. - Partie pratique. (Dütées. Calcul oral, suüe.} Anecdotes s colaires. - U n Supplé ment de 16 p ages.
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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département Il ~ de l'instruction publique, à Sion. ~