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Prière de prendre connaissance . . _
XVm• ANNEE
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110 l
1§ SION
so Novembre llf9tt ....
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIIAIRE paratt chaque quinzaine, de Rovembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages.
Il
Prix d'abonnement pour la 8o1He, 2 rr. 30. (Jnion po•tale 3 f'r. 4'nnonee•, pm 20 cent. la ligne Olt ,on upace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annoncr ou à un compte.rendu, s'il y a lieu.
Attention. Le crucifix et l'e à observer entre des ouvrages du lettre. - Caisse gymuastt·que scolairt. -
. - De l'enseignement ment on doit écrire une Partie pratique: De la Variété. - Supplément.
Tout ce qui concerne la publication doit itre adressé à l'éditeur:. M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.
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· Chronique et avis scolaires Notre publica&ion. - Nos abonnés qui n'auraient pas reçu l'un ou l'autre N° de l'Ecole primaire (1894-95) peuvent encore les obtemr sur demande et les recevront pour aut a nt que les exemplaires disponibles le permettront. Plusieurs souscripteurs, qui doivl3ot en core leur abonnement de d ite année, sont priés de régerver boo accueil à la earte de remboursement qui leur sera prochainement présentée. lWos collaborateurs. - D ans le p rochain N° nous pub lierons, entr'aul res articles que nous a'70D8 déjà en portAfeuille et d'autr~s qui nous sont promis, uM étude sur l'enseignement du catéchisme, par no professqur de l'Uaiversilé de Fribour11. qui veut bien I offrir à l'Ecole primaire. Nous donne rons au1111i : Nos devoirs enenvers les animaux, - De la prévoyance. de la mutualité et de l'épargne, var not re collaboratAnr 11 ssid.11 rlA France, M. A. Charron, ancien professeur. Caisse de secours et de décès, par P. O. et d'autres nombreux articles eo préparatio.1 ou que nos abonnés voudront bien nous adresser. Que MM. les Ins tituteurs et Mm" !es lo!'!titutrices du Valais se rappellent en particulier que l'Ecole primaire est leur organe et que leu r devoi r est de s'y intéresser, non seulement en s' y abonnant mais en y collaborant. No11 tilUpplémentlil . - Les !)Arsoones qui recevraient sans supplément le N° 1 de 1895-96 de l'Ecole primaire sont informées qu'eHes en auront un double, avec un procbam N°. le tirage d'une annexe pour la présente liVl'aisoo ayant été accidentellement inférieur à celui de la publication elle-même. Par&le praatque. - Avec le prochain N° de l'Ecole prim aire commencera ta publication des sujets de style et de calcul (oral et écrit) donnés lors des examens des recrues de l'automne dernier. FBront suite à ces tbèmee des dictées, des canevas de -0omposition et des sujets traités,. dont un abonné valaisan a bien voulu fai re un choix et le dest(aer à of'ltre organa.
Pe•sonnel enoelir-.a~~ N~tr~ prochain N• apportera le tableau du personnel e«iNig · · t "';aJaisan pour le cours scolaire 1895-96. \ "' , '· · · l.i'ranehlse postale. ·~ ~ , :t\.oir l 'occasion de ses rapports officiels avec le Département de l'lustruction publique ou MM. les Inspbcteurs, il est de nouveau rappelé au personnel enseignant qu'il jouit de la franchise de port en observant les formalités postales requises. L'ex péditeur doit non seulement inscrire sur l'enveloppe l e mot officiel mais donner son nom et sa qualité, et éviter dans l'adresse l'emploi d'un nom propre. Ainsi il raut écrire : M. le Chef du Département, ou au Secrétariat au Département, ou M. l'inspecteur scolaire du district de . . . à . . .
1 L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'EDUCATION iS95-96
L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la SoiHe, 2 tJnlon po11tale 3 rr.
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lSO.
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. Pignat, 1•• secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion ·
SION IMPRIMERIE KLEINDIENST
1896
& ScHMID
III
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Pages
TABLE DES MATIÈRES contenues dans l'année 1895-96 de l'Ecole primaire Les articles marqués d'un * émanent de la rédaction ou de ses collaborateurs ou correspondants spéciaux. Pages
* Avis important . . . * A mes collègues .• Le crucifix et l'enfant * La raison de l'enfant . Justice à observer entre tous les enfants • De l'enseignement des ouvrages du sexe Comment on doit écrire une lettre 15, 25, * Caisse de retraite et de décès, par P. C. * L'Ecole primaire, par M. L., inst. . * Influence de l'exemple en éducation, par C. R. . * Deux mots au sujet du tableau noir, par L. B. P . * Les devoirs envers les animaux . . 23, * La gymnastique à l'école primaire * L'enseignement du catéchisme 33, 51, 73, 87, 101, 120, 138, 152, . 35, * L'emploi du temps . 37, 54, * Le style dans nos écoles primaires * De la prévoyance, de la mutualité et de l'épargne 38, 56, A propos d'enseignement manuel * Ciel sombre, par un régent * A M. P. C. sur les bords du Léman * Discipline scolaire, par J. G. . * Nos morts : H . Bagnoud, X. Girond, V. Bonvin * La gymnastique dans nos écoles, par F . C.; inst. * Cours de répétition, par P. C. 65, * Correction des devoirs écrits 66, 85, * Discipline en classe . * A l'ami de Raphaël, par P . C. . * Nos élèves hors de classe, par J . G. * Moyens d'obtenir la discipline, par L. A. M. * A M. P. C. et à l'ami de Raphaël Pour le mois de St-Joseph
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99 De l'enseignement intuitif . . 104 * Une 11ouvelle inattendue, J>ar Pierre le Muet * Echos des conférences . . 106, 1-43, 157, 184 113 * Avis au personnel enseignant valaisan 114 * La valeur morale de l'épargne . . 115 Des charmes dont il faut entourer l'étude 116 Moyens de développer le jugement à l'école De l'apathie chez certains élèves .· . 119, 135, 180 L'enseignement de la chimie agricole dans les écoles rurales . . . . . 123 * Maîtres d'école, aérez vos classes . 125 Des bonnes habitudes à l'école primaire 129, 148 Remarques pédagogiques . . 131 La volonté et la liberté humaines 133 Principes d'un bon enseignement 134 L'écriture à l'école primaire .· 137 Réflexions sur un petit sermon . 145 La leçon d'histoire à l'école primaire 150 * Traitements des instituteurs, pétition, message, etc. 161 * Rouages scolaires, par J. G. . . 165 L'éducation morale, par l'abbé Frémont 172 Les moyens généraux d'éducation . . 174 De l'attention, des moyens de la fixer, etc. 175 Les exercices de rédaction . . . · 178 Un moyen d' émulation . . . 179 L'ordre dans les idées et l'ordre matériel 182 La lecture e~pliquée . 183 Partie pratique 15, 29, 45, 93, 108, 125, 124, 141, 156 Variétés . 16, 32, 47, 79, 95, 112, 127, 160 Au sujet de la table qui précède, nous avons omis l'indication précise des variétés, chroniques, avis officiels et privés, annonces diverses, etc., mentionnés dans la couverture de la publication. ' A la p~ésente !able est encore joint le titre. A ce sujet, nous contmuons a engager ceux de 110s abonnés qui auraient la collection complète de l'Ecole primaire et voudraient la faire relier, de conserver avec le corps de la publication les suppléments et la couverture de celle-ci, lesquels peuvent, en raison de leur contenu, être consultés à l'occasion avec utilité.
l SION , 20 Novembre
1895-96
IV
L'ECOLE PRIMAIRE
Suppléments à l'Ecole primaire
No 1. Problèmes donnés aux examens de recrues. . • No 2. Une âme du purgatoire. Le rosaire et l~s trois ages de la vie. Comptabilité agricole. Le petit noyé. Recettes et conseils. Pensées. No 3. L'hiver et la jeunesse agricole. Le baptême _de la S~voyarde. Les parents et les maitres. La science agncole. Recettes .et conseils. No 4. Un réveillon de Noël. La science agricol_e (fin). Les sept filles du Martinet. Recettes et co~sells. Pensées. 1 No 5. Entretien des bâtiments de ferme. Causene s_ur 1 épa!~e. Le repas du cheval. Recettes et conseils. Var1étes. Pensées. No 6. La ventilation. Hiver et solitude. Le soutirage d~s vins. Un calcul difficile. Douleur ~e mère. ~our les 01seaux. De la germination des grames. Vanétés. Recettes et conseils. Pensées. . . No 7. Légende de la vallée des Diablerets. La taille du p_o1rier. De la culture fourragère. Recettes et conseils. Pensées. No 8. Pâques, Alleluia. De l'hygiène rural~. La vache et le veau. Silhouettes d'ivrognes. Le glacier Oégende). Recettes et conseils. Variétés. Pensées. No 9. Vaisseaux de guerre. La _vache et le veau. La fin du monde. Recettes et conseils. Pensées. · No 10. La vache et le veau. La femme dan~ la ferme. L'arolle ou pin des Alpes. Recettes et conseils. ~ensées. . No 11/12. Le missionnaire et le brigand. (1 ) L arolle ou pm des Alpes (fin). La fête-Dieu. Mois_ du S~cré Cœur de Jésus. Respirons de l'air pur. Croqu!s valaisan: Rarogne. Contre les hannetons. Puces, punaises et poux. (1) Le mot fin figure par erreur à l'article Le Missionnaire, l'histoire étant complète.
ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION .A.TT E J::,::T T J: 0 J::,::T Toutes les personnes qui receVl'ontles N°5 1 et 2 de l'ÉCOLE PRIMAIRE sans lr.s avoir refusés, dans le clélai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est nécessaire pour constater dûment le renvoi de Ja publication. Nous appelons l'attention toute spéciale de nos lecteurs sur le fait que des suppléments sont joints à chaque N° cle l'ÉCOLE PRIMAIRE. Ces annexes doublent pour ainsi dire au bout cle l'année le volume de la publication, sans en augmenter le prix qui reste fixé à 2 fr. 50 par an pour la Suisse et 3 fr. pour l'étranger. L'ÉDITEUR.
AVIS IMPORTANT Nous a'1ons le plaisir d'annoncer à nos abonnés pour l'année 189~·96 qu'ils recevront en PBIDE GB&TUITE l'un des deux opuscules cl-après.
1.
Dangers de l'abus des boissons alcooliques
(ltlanuel d'instruction populaire à l'osa1re des lns&Uuteurs) par .1'1. Tblerrin, rév. curé de Promasens. IJn opuscule d'en'1lron ltlO pages.
2. Souvenirs de Terre-Sainte par Mario, opuscule d'en'1iron 100 pages. I.e I·· de ces opuscules sera réser'1é de pré•
:férence à 1'11'1. les ln~tUu&eurs, et te 2"' à .1':lesdames les Institutrices. Toutefois les 9
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ana et lel!I autreM ont la liberté do chois: en 1•tndlqoant dès malntenan& à fln mar11 pro• ebaln, époque ver• laquelle 11era effectué 1•envol de11 prime•.
A mes collègues ! Dans un certain nombre de correspondances que notre revue pédagogique a publiées ces années précédentes, de chaleureux appels ont été adressés à tous ceux qui s'in· téressent à l'éducation de la jen~esse pour les encourager à s'abonner à « l'Ecole primaire , ; l'utilité de cette revue, la nécessité pour les membres du corps enseignant de la recevoir, de la lire et d'y collaborer ont été mises en évi· dence. Cependant, il est encore un petit nombre d'instituteurs et d'institutrices dû canton qui la refusent par in· différence ou par parti pris. Mais l'indifférence rend tonjours de très mauvais services en éducation: c'est la preuve évidente qu'on n'aime pas sa vocation. Or, les auteurs pédagogiques sont unanimes à diro que celui qui n'a pas l'amour de sa vocation n'a qu'un chemin à prendre : se retirer de la carrière. Comment voudrait-on supposer d'ailleurs qu'nn maîtres qu'une maitresse d'école puissent supporter les peines, les fatigues et les déboires de l'enseignement, s'ils ne sont armé, de l'ardeur et du courage que !'amour de la jeunesse et l'ambition de lui faire du bien peuvent seuls leur inspirer? La seule perspective d'un petit traitement durement gagné ,est impuissante à soutenir ces sentiments..... Quant an parti pris, il ne produit guère de meilleurs résullats en la matière: de quelque nom qu'on le couvre, derrière quelque argument qu'on essaye de l'abriter, il est et sera toujours, dans le cas qui nous occupe, l'expression d'un sentiment de contravention ou d'insubordination, pour ne rien dire de plns. C'est la conséquence d'une idée ou d'un simple caprice personnels et l'un et l'autre sont également indignes de membres du personnel enseignant. Qu'on ne croie pas cependant qu'il n'y ait que les in-
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telligences plus faibles qui se laissent eu traîner par cette manière de voir; il y a, au contraire, des instituteurs bien doués et très capables d'ailleurs dont le cerveau est han té par ces idées, qui peut-être voudraient même les préconiser s'ils ne craignaient de déchoir de leur rang. Et après cela, ils voudraient se faire les porte-voix de nos réclamations (quelle inconséquence 1! 1) ; ils se démènent pour obtenir une meilleure situation et faire augmenter leur traitement et cela sans se dire que les mauvais maîtres sont déjà et seront toujours trop payés t •••• • Ne serions-nous pas en présence d'une cause de l'ajournement de l'élaboration de la loi scolaire? C'est la peine d'y réfléchir..... . Faut-il dire toute ma pensée ? Voici: Je ne serais pas surpris de rencontrer dans ce groupe une parenté plus ou moins avouée avec la circulaire. « L'initiative > qui a fait tant de brait l'année dernière. Oui, les voilà ceux qui, peu soucieux de l'accomplissement de leur noble mission, voudraient, (j'aimerais dire sans connaissance de cause) jeter dans nos rangs des germes de subversion. - Plus tard, nous aurons peut-être l'occasion de dire pourquoi l'on aait ams1. Mais, Dieu merci, les instituteurs ne sont pas préparés pour recevoir une telle semence, et « l'Ecole primai:re » est encore trop vigilante et trop active pour qu' une telle erreur puisse s'introduire clandestinement dans l'organisme de notre association. •
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i!)
A bon entendeur salut! Après ces réflexions, il me reste à former des vœux ar-dents pour que la non velte année scolaire amène à notre Revue pédagogique une phalange de nouveaux abonnés. Ce renfort lui permettra de poursuivre avec succès sa marche .en avant.
Pour Dieu et la Patrie. X. instituteur.
Le crucifix et l'enfant A l'école, le crucifix d'abord . On vante beaucoup au-
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jourd' hui les leçons de choses. Quelles leçons plus éloquentes et plus efficaces que celles qui tombent du crucifix! L'enfant a besoin de discipliner sa volonté par l'obéissance : qu'il regarde sur le crncifix Celui qui fut obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix. L'enfant a besoin de combattre l'égoïsme: qu'il regarde Celui qui aima tous les hommes et qui se livra pour enx. L'enfant a besoin de réprimer l'orgueil et l'impatience: qu'il regarde Celui qui fut doux et humble de cœur. L'enfant a besoin de réfréner l'amour désordonné de la jouissance : qu'il regarde Celui qui a tant souffert, Celui dont les plaies ont été creusées par la sensualité. L'enfan't, appelé à vivre dans la vallée des larmes, trouvera sur son chemin la tristesse et l'épreuve : qu'il regarde le crucifix: c'est de lui que descend la consolation. Nous ne résistons pas au besoin de citer ici la page suivante, trouvée, disent les Annales de l' Adoption, dans les notes d'un pauvre orphelin, mort à U ans. Lisez. vous tous, et faites goûter cette page si profondémen t attendrissante: « Oh ! que je t'aime, mon crucifix, le seul ami que Dieu m'ait laissé sur la terre. Ton image noircie par le temps me vaut plus que l'or du Pérou, et, à mes yeux, tu es plus beau que tous les trésors de la terre. < Je me rappelle que, du temps · où vivait ma grand'mère, tous les ans tu étais orné de buis. Souvent, dans l'année, je l'ai vue se prosterner devant toi pour adorer celui dont tu rappelles le sacrifice. « Plus tard, quand elle mourut, ma pauvre mère prit soin de toi et lorsque, accablée par son chagrin, elle était portée à murmurer, je l'ai vue plus d'une fois te regarder : et des larmes silencieuses coulaient de ses yeux. Lorsqu'arriva l'époque fatale où notre père fut enlevé à notre tendresse, je me rappelle que c'est toi qui consolas ses derniers instants « Je me souviens encore de cette époque terrible pendant laquelle je devins orphelin. Un jour, ma bonne mère couchée clans son lit, me dit : « Louis je vais te quitter ... Sois toujours bon et sage, et tu seras heureux ... Nous sommes pauvres ... J e n'ai que le grand crucifix de chêne ... garde-le bien, pro-
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mets-moi de ne jamais t'en séparer ... » Ma mère se tut; j'écoutais toujours, comme si j'attendais qu'une autre voix continuât ee qu'elle avait dit. Mais hélas! il n'y avait personne dans la chambre. Je n'osais lever les yeux sur elle, de peur d'y voir les traces de la mort ... « Il y avait déjà longtemps que j'étais absorbé dans mes réflexions, lorsqu'un mouvement de ma mère me fit tressaillir. Je la regardai: elle était pâle et me fit signe de me mettre à genoux. Je m'évanouis, pas assez vite cependant pour ne pas avoir vu le regard de celle qui venait de me quitter s'attacher sur la croix de chêne. Maintenant je suis seul ! je n'ai que toi! Tu resteras avec moi jusqu'au jour où j'irai rejoindre dans le ciel ceux que j'ai aimés sur la terre. » 0 folie! ô crime de ces malheureux qui enlèvent 1-e crucifix des yeux, des mains, du cœL1r de l'enfant ! C'est lui ravir la force; c'est lui ravir_ la consolation; c'est lui ravir l'espérance! Avec le crucifix, l'école conserve à. l'enfant la prière, la prière, dont un éminent académicien, M. Legouvé, appréciait ainsi les bienfaits: « Pour moi, disait-il, je ne crains pas de l'avouer, si j'étais forcé de choisir pour un enfant en ire savoir prier et; savoir lire, je dirais : Qu'il sache prier. Car prier, c'est lire dans le plus beau des livres, au front de Celui d'où émanent toute lumière, toute justice et toute bonté... Lumière, justice et bonté, quoi de plus nécessaire pour l'enfant?
La raison de l'enfant La raison ou l'esprit préside aux lois de la pensée; elle a, par conséquent, une part très impo,tante dans la vie intellectuelle et morale. C'est d1 elle que vient le raisonne· ment ou la faculté d'arriver à la connaissance de la vérité. Par le raisonnement l'esprit passe d'une affirmation à une autre, il va du connu à l'inconnu, c'est-à-dire d'une proposition posée à d'autres propositions qui se trouvent liées avec la première d'une façon plus ou moins directe et nécessaire. Il se sert de la raison pour connaître et pour juger, il cherche et allègue des arguments pour appuyer
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une opinicn. Dans l'enfant comme dans l'homme, la raison est la faculté fondamentale, il faut donc la respecter et y faire toujours appel ; ainsi les raisonnements par analoc,ie que fait l'élève ne doivent point lui être interdits. Mais ~n doit lui apprendre qu'il y a plusieurs espèces de raisonnements et particulièrement l'induction et la déduction. L'induction copsiste à inférer un fait d'un premier fait connu. En d'autres termeE, quand on pose d'abord des propositions particulières, relatives .à des faits déjà observés, et qu' on s'élève à une affirmati:on , générale ou à une loi, on induit. ~~ déd~ction,. au contraire, tire èJes c,onséquences particuheres d un fait connu; elle descend d une proposition générale aux con~lus~on3 qu'elle implique. Ainsi on peut conclure du parhcuher au général ou du général au particulier. Malheureusement l'enfant., encore plus que l'homme, peut faire de faux _raisonnements, qu'on distingue en sophismes et en paralogismes. Le sophisme, d'abord peu habituel a l'élève, qui ne sait pas encord farder la vérité, est un raisonnement de mauvaise foi; quant au paralogisme, sans être de mauvaise foi, bien qu'il soit sincère, c'est un raisonnement faux, soit que les prémisses en soient erronées, soit que la conclusion ne découle pas exactement des prémisses. Un esprit juste enchaîne ses idées d'une manière conforme à la nature des choses ; mais l'esprit faux ju"e à con Ire-sens; on doit done essayer, dans ce dernier cas: de réformer l'esprit de l'enfant. L'étude des mathématiques pourra alors être d' une grande utilité ; cependant elle peut avoir pour résultat un certain scepticisme, et amener l'élève à n'accepter pour vrai que ce qui peut être démontré bien que l'on soit convaincu qu'il y ait des vérités certaines dont on ne peut cependant vérifier l'existence d'une manière évidente. L'étude des sciences physiques et naturelles~ et celle de la composition française habitueront aussi l'enfant ~ raisonner juste. L'instituteur n'aura qu'à suivre attentivement, dans la couversation et dans les devoirs de l'élève, la filiation des idées, pour réformer aussitôt tout
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àfaux raisonnement, et faire en sorte que l'enfant s'habitue parier et à écrire, non seulement avec sincérité, mais encore avec justesse. A. C.
Justice à observer entre tous les enfants
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La forme sous laquelle la justice du maitre se manifeste d'abord à ses élèves est celle de l'égalité qu'il fait régner parmi eux ; si tous lui sont chers, t ou.s réclament ses soins au même titre, la confiance de l'autorité et celle de leurs parents, la faiblesse de leur âg~ et le besoin qu'ils ont de ses leçons. Votre devoir est d'accepter les enfants comme ils sont, de les accueillir tous avec la même bonté, de leur prodigne1· les mêmes soins et de les élever le mieux que vous pourrez. La Providence a ses vues en les plaçant sous votre tutelle; ce n'est pas sans raison qu'elle vous a inspiré votre vocation, et elle ne vous a chargé de cultiver des intelligences si diverses, que parce qu'elle réservait nn prix pins grand à vos efforts. L'enfant docile et instruit, qui a vu placer un camarade avant lui par la seule raison que son père est plus riche que le sien, s'en afflige et s'en irrite; il ne croit plus à la justice du maîlre, il lui retire sa confiance et son attachement; il n'a plus qu 'un pas à faire pour arriver au manque de respect et à la désobéissance. En même temps que l'esprit de résistance a pris racine chez lui, le découragement s'y est mêlé; il renonce à faire des efforts qui seraient méconnus, ou à tenter des succès dont un autre lui ravirait le prix. C'est le maître qui apprécie tout ce que ses élèves font à l'école, qui les punit ou les récompense dans cette enceinte dont les limites sont celles de sa juridict.ion; dès lors il est à leurs yeux la justice en personne, et sa volonté fait en quelque sorte la loi. Ils doivent donc se proposer, pour premier but de Jeurs efforts, de bien faire pour mériter son apprnbation, et d'éviter de faire Je mal vour lui déplaire. Il fa•Jt pour cela qu'ils l'aiment plus qu'ils ne le craignent ;
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mais ils ne l'aimeront, et ce désir de se conformer à sa volonté ne deviendra la source et l'aliment de leur émulation, qu'autant qu'il sera juste, qu'il sera bon, qu'il sera ferme et exact, doux sans faiblesse, et sévère sans rudesse et sans colère. Le maitre colère ne saurait êlre juste, parce qu'il cède aux mouvements de son humeur, et qu'il est trop prompt pour raisonner les châtiments qu'il inflige. Pour ne point franchir les bornes que la justice impose à la punition, ne l'infl)gez'jamais sous l'empire du déplaisir que la faute vous a causé ~ possédez-vous bien, pesez froidement sa faute, rapprochez-en la punition, et lorsque la raison et la conscience vous ont révélé la solution du problème que vous agitez, rappelez à renfant sa faute en peu de mots, faites-lui sentir en quoi elle a hlessé la règle, et, l'obligeant ainsi à s'avouer à lui-même son propre tort, d'un ton en même temps ferme et pénétré, et qui laissera percer dans vos paroles le chagrin que vous éprouvez à punir, prononcez la peine, pas trop promptement pour ne pas paraître punir avec trop de précipitation, mais assez tôt pour que, dans l'esprit de l'élève, elte reste inséparable de l'action qui la lui a fait encourir. Tout n'est pas matière à punition dans la conduite des enfants; il est des étourderies, des actes de légèreté, un certain éloignement pour l'étude, une certaine mollesse dans le travail, qui proviennent <le l'ascendaut irrésistible du caractère et de la constitution de l'enfant, qui lui sont préjudiciables, mais qui ne troublent pas l'ordre de la classe : ce sont fautes vénielles que les châtiments n'atteindront jamais, ou dispositions naturelles qu'ils sont impuissants à modifier; usez ici sobrement du droit de punir; vous tempèrerez la fougue du caractère par les conseils, vous l'irriteriez par les châtiment.:;. Vos exhortations, vos encouragements, vos procédés ingénieux. prêteront ne3 attraits au travail et le feront aimer; des punitions, en y associant l'idée d'un déplaisir ou d'une privation, rebuteraient l'élève et lui inspireraient, pour l'étude, une aversion que rien plus tard ne pourrait vaincre.
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Que vos punitions soient rares et on les craindra; ayez l'air de les subir autant que cenx à qui vous les infligez, et l'enfant qui vous aime, les redoutant autant ponr vous que pour lui, évitera de les encourir. {Ami des régens)
De l'enseignement des ouvrages du sexe No us pensons être agréabl3 à nos lectrices en reprod uisant l'article suivant,, qu'un journal de la Suisse romande publiait il y a quelques années déjà, mais qui a encore toute son actualité dans notre canton. Nous avons appris que quelques régentes, trop rares il est vrai, ont eu le courage de rompre avec la routine en suivant les quelq_ues idées émises dan~ ces lignes. Comme elles s'en trouvent bien, elles et leurs élèves, nous espérons qu'elles auront des · imitatri ces. « C'est d'école que je désire vous parler, c'est de nos jeunes régentes dont j'ai à vous entretenir, et je souhaite ici les disculper car elles sont pour la grande majorité irresponsables. Nos jeunes filles quittant l'école normale se placent peu à peu dans les différentes parties du canton. A peine sont-elles en fonction que souvent l'on entend dire : La nouvelle maîtresse fera bien, cependant elle n'est pas à la hauteur de sa tâche pour les ouvrages du sexe. Bien peu à cet égard parviennent à wntenter leur monde, et pour une qui réussit, il en est viugt qui seront critiquées. De plus, telle régente étant très appréciée, à ce point de vue dans une localité, ne le sera probablement plus si elle vient à quitter ce village pour un autre et vice-versa: d'oü il semble que les travaux à l'aiguille ne sont pas les mêmes p8.rtout. Il peut y avoir, il est vrai, des différences dans la mode, dans la manière de couper un tablier ou une chemise, mais il me semble qu'un surjet doit üre un surjet, un arrière-point un arrière-point, et que les appréciations devraient moins changer de commune à commune. Oü chercher la cause de ces plaintes, lesquelles, de prime ebord, semblent justifiées? Est-ce que le diplôme délivré n'est Gu'un leurre? Non, rien de tout cela. Les leçons d'ouvrage à l'école normale, sont judicieusement et parfaitement données, grâce au dévouement de l'honorable directrice, et le brevet de tapacité qu'on délivre à nos jeunes régentes n'est pas un vain
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chiffon. Alors d'où vient le mal ? Le mal vient, selon nous, d.e ce que dans peu d' écoles de nos campagnes, existe un enseignement régulièrement et graduellement .donné. Les l_eçons d~ couture sont une vraie soupe à la bataille que la 1eune regente, malgr~ t~ute _son _éner~ie e~, sa bonne volonté, ne p~rviendra jamais a cuire a pomt, J en réponds. Et pourquoi ? Parce que dans une classe d'une quarantaine d'élèves, chacune d'elle apporte le travail qui lui plaît ou _plutôt celui 9-ui convient à la maman; une première élève arrive avec ~n tncot, une seconde avec un raccommodage de bas, de chemise ou autre ; une troisième a un ourlet à faire, une quatrième, etc. etc. etc. Comment voulez-vous, même en étant des plus habiles, examiner un dixième de l'ouvrage apporté en classe et donner les explications y relatives, surtout si la régen~e doit encore CO?,per et préparer les travaux? ... c'est impossible. Que pense~ait~ on d'un maître qui, dans une leçon de lecture, permettrait _a l'un de ses élèves de faire une dictée, à un second une copie à un troisième une composition, etc. etc. ; certainement une pareille méthode ne mènerait qu'à un désordre complet, et aucun progrès réel ne serait possible. C'~st pour~~nt ce ~?e l'on fait avec les ouvrages du sexe; faut-il don~ s etonner ~ 11~ répondent si peu au but qu'on se propose? S'il en est ams1, c'est, je crois, un peu beaucoup la faute_ des bonn~S mamans de nos villages elles ne veulent pas touJours la bienfacture, mais la quantité. La régente qui parviendra à . faire exécu~er, dans son école le plus de raccommodage possible, sera citée au four ou à l~ fontaine comme un vrai phénix. Il en est de même des mères qui voudraient que tous les travaux de couture de la maison pussent se faire aux écoles d'ouvrages et qui croient même qu' elles sont établies à cet effet. Que proposeriez-vous donc, me demanderez-vous ? Ce que je propose c'est de faire ce qui se pratique pour toute autre branche d~ programme. Dans une leçon d'arithmétique sur les fractions décimales, que fait-on ? Des fractions ordinaires, du système métrique, des logarithmes? mais non, le ~aître ne s'occupe que des fractions décimales strictement, et Il ne pas· sera pas à une autre partie de l'arithmétique avant que ses élèves se les soient bien appropriées. Faites de même pour les ouvrages du sexe. Que durant un mois, trois _moi~, six mois s'il le faut, une division entière d'une classe, Je dis en· tière' ne s'occupe que du point de côté et ne passe à autre chos~ avant de le connaître à fond, et ainsi de suite pour
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chacune des parties de travaux de couture. Qu'il soit interdit à chaque élève d'apporter d'autre ouvrage que celui de sa division. Si une explication est donnée, elle profite alors à toute la classe, tandis qu'avec le tohu-bohu d'aujourd'hui, la régente ne pourra jamais surveiller que le travail d'une élève à la fois. Vous m'objecterez peut-être que bien des parents pauvres ne pourront alors fournir le nécessaire à leurs enfants ? Eh bien, qu'on procède comme pour le papier et les plumes ; que les communes soient tenues de procurer aux indigents le coton et l'étoffe obligatoires. J'estime qu'apprendre à des enfants à bien travailler, c'est de les sortir de la misère et faire que leurs descendants n'iront plus heurter à la porte des municipalités pour en obtenir des secours. ~ Que nos jeunes régentes procèdent donc graduellement et elles s' en trouveront bien. Les progrès seront lents mais réels ; ce ne sera qu'au bout de plusieurs années qu'ils se feront véritablement sentir, car ici comme en ·toute chose, chi va piano, va sano. Du reste nous avons sur cette manière de faire cles exemples à l'appui. On nous cite les cantons d'Argovie, de Thurgovie et de St-Gall surtout, comme ayant réalisé, par ce procédé graduel, des progrès vraiment remarquables. Telles sont les quelques idées que nous désirions émettre pour démontrer que ce n'est pas toujours l'ouvrier qui est incapable, mais que fort souvent il est entravé dans la marche qu'il voudrait suivre.
Comment on doit écrire une lettre Saint Grégoire de Nazianze ( i) répondant à un ami qui lui demandait des consefü sur le style épistolaire, écrit : Vous me demandez comment on doit écrire une lettre. Voici, mon cher ami, quelques observations dont vous pourrez faire votre profit. Il est des gens qui, dans leurs lettres, cheminent toujours sans savoir où s'arrêter; d'autres au contraire, affectent un laconisme déplacé : c'est ce qui s'appelle tirer au delà ou en deç;i. du but, et :;'écarter du (1) St Grégoire, Père de l'Eglise, évêque de Constantinople (328-389).
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ajuste milieu, qui consiste à se régler sur .le besoin. Avezvous beaucoup de choses à dire : vous feriez mal d~ vous resserrer dans un espace trop étroit. Un mot suffit-il pour rendre votre pensée ; épargnez-moi des détails prolixes, et partant peu agréables. On doit mesur~r la lo?gneur ou la brièveté d'une lettre sur ce qui en fait le suJet. Ce n'est pas assez d'être précis, il faut sur tou_tes choses être clair. Une lettre n'est pas nne énigme; mieux .vaudrait être un peu çauseur, que d'être obscur en visant trop à la brièveté. En µn mot, nne lettre écrite av~c la clarté convenable, une lettre bièn écrite, est celle qm, entendue de l'ionorant comme de l'homme instruit, plaît à tous deux ég~lement. Une troisième qualité, c'est la grâce. Sans elle une !Attre est sèche, triste et monotone ; avec elle, au contraire, le style s'égaye et coule avec. douceur. Maximes piquantes, proverbes cités à propos, petites anecdotes, suspensions badines, saillies ingénieuses~ elle admet tout ce qui peut éveiller l'esprit, mais toutefois sans affectation. La pourpre ne s'emploie qu'en bordure, et la lettre ne souffre qu'une élégance sans apprêt. Le style figuré n'y est de mise qu'à cette condition qu'il s'y mo.ntre rarement eL avec modesLie. Nous laisserons aux r heteurs les apost.rophes, les antithèses, les membres de phras~ distribués avec symètrie, ou, si parfois il nou~ prend e~vie de leur emprunter cet appareil, qu~ ce soit en nous Jouant. Je ne puis mieux finir que par t;e trait d'~rn apologue : Autrefois, les oiseaux se disputant la royaute,. et chacun -s'empres~ant d'orner son plumage, l'aigle s~ul 3ugea que la plus belle parure était de ne point en avoir. La plus belle lettre à mon avis, est celle qui tire toute sa parure de la manière simple, aisée, naturelle dont elle est. é_crite.. Telles sont, je crois, les qualités du style ep1stola1re .. Ce que je pnis avoir omis sera suggéré par vos propres reflexions ou suppléé pat· les habiles maîtres que vous entendez tous les jours.
Caisse de retraite A ce propos, nous croyons opportun de reproduire d'un
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journal local deux correspondances qui lui ont été suc.c essivement adressées des bords du Léman. Comme il est naturel que l'Ecole primaire ouvre ses colonnes pour défendre les intérèts et les questions qui concernent le personnel enseignant primaire, nous !As donnons ci-aprè~. Le prochain No apportera un nouvel article sur ce sujet. Voici la première de ces lettres: Chers Collègues, Voici bientôt la rentrée des classes. A cette occasion, permettez-moi de venir aujourd'hui soumettre à votre examen one question qui n'est peut-être pas nouvelle : L'avenir du
personnel enseignant. Si nous jetons un coup d'œil sur notre avenir, nous nous sentons inquiets, n'est-il pas vrai 'P ca1· mélancoliquement nous nous disons : Fils de pauvres paysans pour la plupa1·t, nous paFJsons la plus belle partie de notre vie à éduquer une jeunes1:,e qui, pour toute reconnaissance, nous regardera peut-être avec dé· dain. Et pendant que nos forces s'épuisent, q '.10 la füur de notre âge s'écoule, que pouvons-cous faire pour nos vieux jours 'P Economiser une partie de notre traitement 'P Hélas I après avoir payé notre maigre pitance, il ne nous reste déjà qu'un . .. un . . . zéro. Croyez-vous alors que l'instituteur puisse travailler avec courage en voyant sans cesse son horizon s'assombrir par des soucis pécuniaires 'P Non. Ab I me direz-vous, prenons patience, notre loi scolaire va être ravisée et cet état de choses changera. Oui, je suis comme vous, je l'espère, mais aussi il est à craindre que cette décision ne se fasse assez longtemps attendre. D'ailleurs, pensez au proverbe qui dit : Celui qui
attend sur les autres pour dîner, dine tard. Si nous voulons donc, malgré notre faible traitement, nous pouvons faire quelque chose pour notre avenir : l!,tablir uue caisse de secours. Il n'est pas un petit coin de l'univers qui ne retentisse de ce beau mot de pbilanlropie ; il n'est pour ainsi dire pas un petit village qui n'ait sa société de secours. Et pourquoi ne pourrait-il pas s'en former une entre tout le personnel enseignant 'P Nous sommes en Valais environ 500 membres. En versant 10 fr. d'entrée chacun, cela ajouté an subside que l'Etat ne refuserait pas de nous accorder, le tou t formerait un capital qui ne serait pas à dédaigner. De plus, la caisse serait a limentée par les cotisations mensuelles. On pourrait ainsi venir en aide aux sociétaires malades.
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Sur cette société pourrait s'en greffer une autre, mais je me propose d'y revenir plus tard. Pour ne pas abuser des colonnes du journal, je prie le personnel enseignant de bien 4itudier la question et de la discuter dans les prochaines conférences de districls. Je fais donc les vœux les plus sincères pour que la chose soit menée à bonne fin. C'est dans cet espoir que je reste Votre Mvoué collègue, P . C,
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l'Ecole primaire. Q1Je tous se mettent donc à l'œuvre et se pénètrent bien de cette maxime : Aide-toi, le Ciel t'aidera. Votre dévoué collègue, P. C.
PARTIE PRATIQUE
2m• CORRESPONDANCE L'article paru dans votre journal au sujl3t d'une caisse de secours a trouvé de· l'épho dans Je corps enseignant primaire. Plusieurs lettres me sont parvenues et toutes plus encourageantes les unes que les autres. Beaucoup d'instituteurs ont cru entrevoir dans l'autre société une caisse de ret1 aile pour les régents ayant au moins 85 à 40 ans d'enseignement. Non. Je crois assez difficile, pour ne pas dire impossible, de voir se fond8l' une caisse semblable avec un traitement de 300 fr. par an. La chose se pourrait, si cette société était gérée par l'Etat lui-même, car son budget se prêterait plus facilement à accorder des pensions aux. insmuteurs que les modestes ressources d'une société privée. Vu notre position actuelle, nous devons viser deux points principaux. : 1) Se procurer gratuitement les premiers secours en cas de maladie. Ce but peut être atteint par la caisse de secours mutuels. Je n'y reviendrai pas, puisque cette question a été l'objet d'un article spécial. 2) Assurer à nos familles, après notre mort, le nécessaire pour subvenir aux premiers besoins du ménage. Ce point peut ~tre atteint par la caisse de décès. En -v·oici les principales dispositions : Supposons que notre société compte 600 membres. On :fixerait l'entrée à fr. O. 50 et les cotisations à 1 fr. La finance d'entrée servirait à couvrir les frais d'administratiou. Il est bien entendu que les cotisations ne sont ni mensuelles ni annuelles; elles ne se payent qu'à la mort de chaque membres Si, par exemple, nous avions à enregistrer 5 décès dans l'année. tous les sociétaires auraient ainsi à verser 5 fr. Les famille, des membres décédés recevraient donc chacune 600 fr. Voilà une œu-vre du plus haut intérêt et qui, par conséquent, mérite d'être encouragée. La discussion de ces deux questions se continuera dans
De la gymnastique scolaire Une âm~ saine dan!! un corps sain. MESSIEURS LES INSTITUTEUR S,
La gymnastique rencontre tellement d'obstacles et est l'objet de tant de préjugés dans notre canton, que c'est à peine si j'ose venir en parler dans votre journal. Néanmoins, avec les encouragements de la rédaction j'ai l'intention. d'indique1· dans chaque N° de l'Ecole prim aire, des exercices de gymnastique : soit une heure de leçon donnée à des élèves de 10 à f 5 ans. Beaucoup de personnes, et même de très instruites, se figurent que gymnastique et acrobatie sont synonymes ; grave erreur, .car la gymn~?ti.que scolaire ou pédagogique a un .~ut essentiellement hygiemque ; elle corrige les mauvaises pos1t10ns, forme le corps, lui donne plus de grâce et de souplesse. Nous devons faire de nos élèves non seulement des savants, mais des hommes forts et robustes. . .~ar les exercices préparatoires à l'école du soldat, nous rn1he~ons nos futures recrues aux devoirs qu'elles doivent remphr plus tard, savoir : sen·ir la Patrie ! Voici un type-leçon pour école primaire possédant pe u ou pas d'engins de gymnastique : 1
Jre année de gymnastique 1'" leçon Exercices d'ordres, 15 minutes. - Préliminaires 10 à rn minutes. - Sauter el jeux. 10 à 15 minutes.
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16 Si ces formalités M sont pas remplies, les plis arrivant taxés couren t risque d'ê tre refusés. '
Exercices d'ordres f O Sur un rang (par rang de taille):faire remarquer les
Conférence annuelle d@s inl!ltituteur•
. guides. 2° Les alignements successifs par 2, 4, 6, 8, etc. 3° Numérotage par 2, 4, etc. 4° Ouvrir les rangs par une con version par groupe de 4.
pour 1895-96 Le Département de l'lostruclioa publ iq111:i a prescrit )A sujet suivant à traiter par MM. !es Iast ituteurs pour leur conférence annuelle de 1895-96. Soins particu liers à donner aux enfants dont les facultés in-
Préliminaires Les rangs étant ouverts, faire prendre les distances en élevant les bras de .côté. Elévation des bra-s 1° en avant, 2° de côté, 3° en avant en haut, 4° latéralement en hàut. Commandement : Elevez les bras en avant, un! position deux. Elevez les bras en avant en comptant jusqu'à 6, 8, 10, etc. Idem dans les autres positions.
Sauter Développer le saut en longueur, voir § 99 de l'école de
gymnastique.
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On termine la leçon par des conversions mdmduelles;
à droite droite, demi tom· droite.
J.
MARET,
maîtl'e de gymnastique.
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VA B 1iwils Gra"e examen
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Mon Fritz avait six ans. Uo aimable doyen L'interrogeait pour rire et cLerchait le moyen D'embarrasser le petit drôle. Notre examinateur porte ainsi la parole : - Combien font trois plus trois, - Six. - Et cinq plus cinq 1 - Ça fait dix. . Bien ! et combien alors font cinq veaux et cmq chèvres t Cette fois la parole expirn sur les lèvre~ D e Fritz un peu surpris par cette question: Il regarde maman, cherche des yeu~ des aides P our lui souffler le mot de la solution ; Puis, comme d'inspiration :. . . Cinq chèvres et cinq veaux, ça fa it dix quadrupedes. ARBROUSSE -BA.STIDE .
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tellectuelles sont peu développées . Con, mAnt ~es e ofanls doivent-ils être trai tés 't a; à l'école l. pour l'enseignement des diverses branches · 2. sous ) A rapoort dA l'émula tion e t des punitions. ' b! Dans la famille ? Quelles sont les conséquences du ~manque ·de soins particuliers donnés à ces AofaatR T
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Le Rosaire ne consisterait que dans la récitation de la prière, Pater, Ave, Gloria, que ce serait une forme de culte non seulement justifiée, mais parfaitement digne de Dieu et par là même très dlicace. Toutefois on peut se demander (et les hérétiques, un trop grand nombre aussi de catholiques peu instruits et mondains nous demandent): Pourquoi cette interminable répétition des mêmes formules 'P N'est-ce pas,. sinon prêter à rire, du moins s'exposer à produire dans les âmes la fatigue et l'ennui f - Que de réponeee à faire ici, et quelle abondance de raisons dans tout ce que pratique ou autorise la Sainte Eglise 'P Demandez donc, non pas même à un peintre, mais à un homme quelconque ayant le sentiment du beau, pourquoi cent fois il regarde le même site, ou le même océan, ou le ciel étoilé? Pourquoi, sans se lasser, il passe des heures à contempler la même œuvre d'art ou le même visage humain 't Et puisque nous parlons d'art ici, qui est né poète ou musicien sans connaître le vif plaisir que nous causent, comme à coup sûr, ces répétitions régulières usitées dant1 certaines pièces lyriques, ces reprises, ces rentrée!), ces refrains qu'on trouve dans toutes les symphonies, et où les maitres ont excellé t Quelle oreille exercée écoute sans en jouir de nombreuses et savantes variations sur un thème unique 'P Ici, il est vrai, c'est l'âme s6ule qui, par l'affluence et la diversité de ses pensées et de ses sentiments, compose les variations sur un thème purement vocal; mais si cette âme prie bien, elle les compose ; et alors que manque-t-il à sa joie? Tout le monde a pu éprouver qu'il y a un charme même sensible à entendre le Rosaire convenablement récité en commun, surtout quand un coryphée entonnant chaque partie, toute une foule y répond. Ceux qui fréquentent nos grands pèlerinages, (1) Cette explication si saisissante de la dévotion au très saint Rosaire est extraite des Enti·etiens sur les mysteres du saint Rosaire, par Mgr Gay, ouvrage honoré d'un bref de Léon XIII. - 2 vol. in-8°. Paris. H Oudin.
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Lourdes en particulier, ont l:)U savourer ~e pl_ai~ir, et i~ n'est ni une paroisse ni une communaute religieuse qui n'en ait fait ou ne puisse en fa_ire l'expérie_nce. . Cette répétition d'un même discours conv1e~t éminemment à la prière. Qui n'a présent à so~ esp~1t ce, que le saint Evangile raconte de c~lle ~e ?Otre .b1en-a1méJesus au jardin de son agonie 't Trois fois 11 rev10nt dans la Grot~e, de plus en plus triste, acoa~lé, effrayé. Or, chaque !01s, dit saint Luc, il répète à D10u la même chose : u: Pere 1 s'il est possible, que ce calice s'éloigne de ~oi; cependant que votre volonté se fasse et non la m10nne: • Le seul fait qu'il n'a donné pour form~ authentique à la prière chrétien~e qu,e c~tt~ courte or~1son ~u P~ter, prouve d' ailleurs JUsqu à l évidence son mte~hon quelle soit très souvent répétée et par tous les fideles. Ne nous prévient-il pas que notre prière devra prendre souvent le caractère de l'insistance ; qu'il y faudra revenir sans se décourager jamais; prier enfin c sans cesse , el pousser sa requête jusqu'à ce point qui pour les hommes serait une importunité 't . En outre (et ceci nous semble marquer le Rosa 1re d'un caractère divin), plus un procédé est simple, plus aussi il est conforme anx goûts de Dieu, et entre dans ses habitudes. Il lui plait d'attacher les plus grands effets aux causes les plus petites et les plus commu~es . On voit cela partout dans la nature et dans la grace . Quoi de plus grand que de vivre? Quoi de plus simple que de respirer, ee q;ui est pour nous le moyen de vivre I Dd même quoi de plus grand _que de monter à Dieu, d'obtenir qu'il écoute et de . lui _parler librement 't C'est ce que fait quiconque r_éc1te bien le Pater. Or, qu >i de plus simple que de_ ré.citer le Pater ? Et n'est-il pas bon, ou plutôt ne. fa_lla1t-1l pas que ce.t hommage si nécessaire, que cet 10d1spensable recours a Dieu qui est la prière fût à la portée ~e tous, d~s petits et des grands, des pauvres et des riches, des 1llet~és -et des gens cultivé8, des enfants et de~ hommes 1 _Dieu nous donne donc à tous la même et tres courte oraison : à nous de nous en servir et de la répéter.
Un village suisse à Genève (1896) Nos lecteurs savent déjà qu'à l'exposition nationale de
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Genève en 1896 figurera un village suisse qui s'élèvera au bord de l'Arve. Ce village renfermera entr'autres : a) un restaurant; b) une brasserie ; cl un local de dégustation pour chacun des syndicats de vins des cantons de Vaud, Valais. Neuchâtel et Genève; d) une petite hôtellerie moyen-âge. A cette occasion, la commission du village suisse a, 'SOUS forme d'appel aux Si.isses à l étranger pour l'aider dans son entreprise, publié une charmante brochure dont voici quelques extraits : N'était-il pas raisonnable et juste, sans même parler ·de la note singulièrement pittoresque, que la Suisse des campagnes et des montagnes, .- des vieilles villes encore crénelées dormant à l'ombre des monts et des villages de chalets grimpant à leurs flancs, - eût sa place, sa place à part dans une exposition qui doit ê tre, en raccourci, l'image fidèle du payg et de la nation? Cette :Suisse-là, que quelques-uns appellent la vraie Suisse, t'!St pour tous les étrangers et beaucoup de Suisses, la Suisse inconnue, celle qu'on ne voit ou qu'on entrevoit seulement à la dérobée par la fenêtre du wagon qui vous emporte rapide. C'est elle qui prendra vie, avec toute sa comp;exité et toute sa variété, dans le village 11uisse projeté. - Mais, répond-on, votre village suisse sera du postiche, du plaqué, une sorte de décor d'opéracomique qui attristera les uns, ceux qui aiment la Suisse inconnue, et qui n'apprendra rien aux autres .. . Vaches de Schwytz, du Valais, du Hassli et de l'Unterwald, de l'Appenzell, du Toggenbourg ou des Grisons dans la race brune; vaches de Fribourg, de Gessenay, de Simmenthal, de Fmtigen ou des Ormonts, toutes sel'ont là, et bien d'autres encore rivales sans s'en douter t'!t faisant bon ménage tou tes ensemble. Et le roi superbe et un peu effrayant du pâturage, le mouni, le taureau sera là aussi, mais rassurez-vous, Mesdames, les solides clôtures de sapin le sépareront efficacement du spectateur inoffensif. Plus loin, sur le mouvement de terrain, habilement ménagé, qui donnera la parfaite illusion de la montagne , on verra s'étager ces petites granges alpestres, les mazots, les amusants raccards du Valais si pittoresquement perchés sur leur pilotis de pierres plates, derniers
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vestiges, à ces hauteurs, de l'industrie de l'homme. Et, tout prés, une vaste nappe d'eau, tombera en cascada d'une hauteur d'une trentaine de mètres, donnant naissance au cours d'eau qui traversera le village dans toute la longueur. Au bas et le long de la pente, des arbres isolés ou groupés - sapins, mélèzes, pins de montagnP, arolles, aulnes des Alpes - rappelleront à chacun la robuste végétation qui s'accroche, tenace, aux flancs de la montagne jusqu'à la région des neigee.
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Au fond du pâturage, sur la gauche, la chapelle montagnarde, la chapelle valaisanne, aux murs blancs, au porche voûté, lieu de' prière, de proces11ions et de pèlerinages, dresse ses formes blanches, légères et élancées, qui font contraste avec le cadre immobile et vert du pâturage. C'est là qu'une fois l'été, selon la coutume antique, les gens du village viennent se joindre aux pâtres de la montagne pour la cérémonie de la bénédiction des chalets. Partis de grand matin, ils viennent en procession le long des pentes escarpées : en tête du cortège, deux garçonnets de douze ans, agitant des cloches, puis les jeunes filles voilées de blanc, l'une d'elles portant le granJ. étendard de la paroisse, un peu jauni par les années, puis, derrière les quatre chantres qui répètent les monotones litanies, M. le curé en rochet blanc, en camail de soie rouge, tenant d'une main sa toque noire et son paroissien, de l'autre son parapluie jaune. Arrivés devant la chapelle, à l'endroit où se dresse une croix neuve en bois de sapin, les montagnards s'agenouillent, et le prêtre bénit les chalets et les troupeaux. qui seront ainsi préservés du danger des précipices. L'office terminé, les pâtres font accueil aux visiteurs et leur offrent à tous, sans distinction, de grands seaux de lait où l'on se sert à discrétion. Puis, dans l'aprèsmidi, chacun ayant examiné ses bêtes, on rentre en procession au villagP, où l'An~elus vous accueille au son de son carillon joyeux, tandis que là-bas, derrière la montagne, le soleil couchant disparait, Mais voici, presque caché sur la pente, le petit oratoire de montagne, avec ses modestes images de piété Flt quelques fleurs des Alpes qu'y a suspendues la dé-
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votion des montagnards. C'est devant un tel oratoire que nous avons entendu naguère, dans !'Unterwald, le plus âgé des pâtres, tète découverte, chanter dans un porte voix de bois, la prière du soir. De la montagne voisine, placée en face de nous, une autre voix répondait à la même prière, et, portée ainsi de montagne en montagne, la grave mélodie montait puissante vers les cieux, dans le grand silence du soir.
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C'est dans le village suisse, bien plus. encore que dans les splendides édifices consacrés aux beaux-arts, à l'industrie et aux autres productions de l'ar:tivité nationale, que nous entendrons parler la voix de la patrie, que nous sentirons flotter son âme. et que résonnera dans nos cœurs l'éternel Ranz des Vaches qui fait pleurer d'émotion le Suisse exilé et qui le pénètre du désir irrésistible et violent de revoir le pays natal . ('I
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La nourriture du cheval Les agriculteurs, propriétaires ou domestiques, n'apportent pas toujours, dans l'entretien, l'alimentation, le logement des chevaux, tous les soms nécessaires à la bonne conservation de ces utiles animaux. Dans la plupart des cas, seul le tempérament robuste du cheval, triomphant du manque de soins, lui permet de faire un service bon et de longue durée. Mais il arrive aussi que tel cheval, jeune et d'excellente constitu1ion, dépérit, devient incapable de fournir un travail suivi et, souvent, disparaît, 1 emporté par une maladie due uniqaement à un régime trop étranger aux règles de l'hygiène. Une alimentation bien réglée, et pal' suite la régularité des fonctions digestives sont, chez l'animal aussi bien que chez l'homme, les éléments d'une bonne santé. Voici sur cette importante question de la nourriture du cheval l'opinion d'un éleveur émérite: La question de l'alimentation de nos chevaux me paraît bien négligée parmi nos agriculteurs. Je ne crois pas que, d'une façon générale, oa se doute de l'importance considérable que possède une bonne répartition de la ration entre les divers repas de la journée. Ainsi,
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j'ai pu me rendre compte que la manière de faire la plus généralement adoptée che~ ~ous était de d?nn_er au réveil, avant le travail, et à m1d1 les deux principaux repas, composés d'avoine et de foin, 0t que le soir on ne donnait qu'un peu de foin. Je pl'étends que cette façon de faire est irrationnelle. L e repas du matin, avant le travail, toujours réduit au strict nécessaire; le repas du soir toujours le plus copieux. Rien n'est plus logique. Quel but en effet se propose-t-on dans l'alimentatio.n 't Entretenir la vie, .et p~urcela rétablir par la nourriture les pertes occas1onnees par le travail. De · l'~quilibre existant entre ces deux facteurs: alimentation et travail, résultera le bon état de santé de vigueur du cheval, par suite, un travail meilleur,' une plus longue durée de la vie et, en dernière analyse, l'économie pour la bourse du propriétaire, ce qui par tous les temps, mais surtout par ce temps da. miEère agricole, n'est pas à dédaigner. Or en donnant le matin un de vos deux forts repas, vous' faites tort tout à la fois au travail et à l'alimentation elle-même. Le travail, en effet, est produit par l't,ffort musculaire , lequel dépend absolument de la respirat~oo. Pour juger de la respiration, nous avons à chaque mstant sous les yeux le mouvement des flancs et des naseaux. Nous savons que la respiration du cheval au repos est de 8, à 1t battements par minute. La respiration est le manomètre de la machine qui mesure à chaque instant les éléments de forr.e dont on peut disposer. Dans un travail de vitesse, l'expérience prouve que c'est toujours te jeu de la respiration qui arrête le cheval et que jamais ce n'est l'effort musculaire. Tout le monde sait que le jeu de la respiration est produit par la dilatation du cercle cartilagineux des côtes d'une part, et du diaphragme de l'autre. Le diaphragme est le muscle impair formant cloison entre la cavité abdominale et la C3Vité thoral\ique. L'estomac et la masse intestinale, si considérable chez le cheval, viennent s'appuyer sur la face poutérieure ciu diaphragi:ne. Si donc le diaphragme trouve, au moment de sa dilatation, estomac et intestins, en pleines fonctions, remplis des aliments et considérablemen~ gr.ossis en volum~, il est clair que la gêne dans la resp1rat1on sAra C"ns1dérable. D'où essoufflement rapide et travail défectueux.
Mais il y a un inconvénient encore plus grave. Le surcroit d'activité imposé à la respiration par Je travail arrive dans l'hypothèse admise à ce moment de la digestion où les aliments, sous l'action de l'estomac et des d!ftérerits liquides, se transforment et cèdent aux différentes parties de l'économie par diffusion et par endosmose les éléments qui leur sont utiles. C'est à ce moment que les muscles du cheval se font, pour ainsi dire. Eh bien, la 1·espiratioo, qui était gênée par ce travail d'élaboration, le gêne fortement à son tour, et les aliments tra,ersent le corps du cheval avant d'avoir cédé tous leurs éléments utilisables. Je conseille aux agriculteurs de f~ire à ce sujet une petite expérience. Donnez de l'avoine ii:r,médiatement avant de partir pour le travail, et suive~ le cheval. Examinez les premiers crottins qu'il évacuera', ce qui ne tardera guère, et vous y trouverez une parjie de vos grains d'avoine absolument intacts. /Ami du Peuple agricole.) 1
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L'éducation en famille L'œuvre de l'éducation doit être considérée par le père et par la mère comme une œuvre commune qui demande un parfait accord. Or que voit-on bien souvent? Un des époux contrariant et entravant l'action de l'autre. Si le mari n'est que faiblement chrétien, les exemples et les leçons de la mère perdent de leur influence et de leur etlicacité, comme malheureusement cela ne se voit que trop souvent. Que le père, pour corriger ses enfants, use de fermeté et parfois même déploie une certaine sévérité, il pourra rencontrer chez la mère une opposition qui paralysera son action. fodulgente à l'excès, la mère se plaindra, peut-être même devant l'enfant, d' une rigueur qu'elle taxera d'exagération , et l'enfant, se sen tant soutenu, se raidira et par une opiniâ tre résistance, tiendra en échec l'autorité paternelle. Sans une juste mesure de force et de douceur, l'œuvre de l'éducation sera nécessairement imparfaite. Seul(', la douceur obtient peu. Si, comme il arrive trop souvent, le langage qui s' adresse à la raison et au cœur n'est pas écouté, une juste sévérité est nécessairn. La force peut davantage, mais, si elle n'est pas tempérée et mi- . ti 6ée, elle irrite et provoque des résistances, et l'auto-
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rité perd ces dehors aimables qui décuplent sa puissance et consolident son empil·e. 1 Un heureux mélange de force et de douceur est rarement l'œuvre de la nature. Si la force. dégénère parfois en raideur et eo violence, la douceur n'est pas toujours exempte de faiblAsse. C'est la vertu, inspirée p~r la foi, qui produira l'harmonie désirable. Pour obtemr ce précieux accord, il faut prier et travailler ~ se vaincre. A beaucoup de parents on pourrait adresser cette question, qui sans doute les étonnerait: Aim~z-vous vos enfants 'f Aimer, c'est .vouloir le bien de la personne aimée. Or voulez-vous vraiment le bien de vos enfants 'f Les intérêts de leur âihe sont-Us par-dessus tout l'objet de votre sollicitude 'f Ne seriez-vous pas du nombre de ces parents qui s'aiment eux-mêmes dans lem·s enfants plus qu'ils n'aiment leurs enfants? Ioterrog~z votre cœar. Demandez-lui si les vues de la foi dominant et modèrent l'aftection naturelle en la soumettant aux inspirations d'un ordre supérieur. Savez-vous faire les sacrifices demandés par le plus grand nombre da· vos enfants, vous sépa1·er d'eux si cela est nécessaira, refuser certaines concessions qui tourneraient à leur préjudice et vous interdire une condescendance qui trahirait de la faiblesse et diminuerait votre autorité 'f L~ crainte de leur déplaire et de les contrister vous empêcherait-elle de reprendre et de corriger leurs défauts 'f Prenez garde, une tt1ndresse égoï~te obtient souvent peu de retour et prépare de douloureuses déceptions. Les parents qui ne témoignent pas à tous leurs enfants une affection égale, ne doivent pas s'étonner si ce faible leur vaut, même de la part du préféré, une diminution d'estime, d'affection et d'autorité. Il pourra arriver que le privilégié, fier d'une faveur imméritée, se montre exigeant et impérieux. Si vis-à-vi~ de ses trères il preod des manières hautaines et dédaigneuses, des jalousies et des altercations peuvent s'enmivre, et l'entente cordiale qui fait le cha\'me de la famille n'existera pas. Q1e si des frères ne s'aiment paK dans l'enfance, un temps viendra peut-être où les liens, déjà relâchés, se rompront. Il est du devoir des parents d'entretenir l'amitié fraternelle et ne pas permettre que laurs enfants deviennent jamais des étrangers les uns à l'égard des autres.
De la colère
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Quelqu'un a dit que la colère est une folie de courte durée; comme la folie, en effet, la colère est incapable de se contemr, elle oublie toute convenance, elle ne tient aucun compte des affections de famille, elle s'acharne à tout sans écouter ni raisons, ni con~eils, elle est impuissante à distinguer le juste et le vrai. La physionomie de l'hJ)mme qui est en colère est celle de l'homme qui est fou. La colèré ne réfléchit pas, ne raisonne pas, ne juge pas, elle a un parti pris et se refuse même à l'évidence du contraire. Comme la folie, la colère double les forces pour un moment, comme elle, elle affaiblit l'ensemble du système humain. Rieo n'est plus déraisonnable que la colèl'0, rien n'est plus ridicule que les parole~ qu'elle inspire, les actes qu'elle produit, les sentiments qu'elle fait surgir dans un cœ,n·, les ligues qu'elle fait tracer à une main enfiévrée. · Il y a des enfants qui sont plus particulièrement portés à la colère; pour les guérir de cette maladie de l'âme, il faul d'abord leur donner l'exemple d'une vie sans colère; sans ce premier moyen de guérison, les autres seront inutiles. Mais, à ce moyen, de tous le plus essentiel et qui demande à être placé au premier rang, il en est d'autres que l'on peut et que l'on doit préconiser : L Recevez par un léger sourire la colère d'un jeune enfant pour lui en montrer son inutilité ; 2. N'accordez rien à la colère, mais bien à une demande, à une réclamation faite dans des formes et avec un ton convenables ; 3. Conservez un mutisme complet en présence d'un enfant en colère ; 4. Quand la colère sera passée, faites comprendre à l'enfant combien elle est ridicule et absurde autant qu'inutile et déraisonnable ; 5. Ou peut aussi, quand le calme est revenu chez l'enfant, punir celui-ci pour s'être mis en colère. ~
Les mauvais crédits ont toujours été le ver rongeur du commerce de détail et surtout du commerce des objets de consom-
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mation. Le commerçant qui vend simplement des objets utiles comme l'habillement et les chaussures, peut refus~r la marchandise lorsqu'il a des craintes de n'être payé. Celui qui vend des denrées nécessaires à la consommation quotidienne, par exemple le boulanger et le laitier, est pl?s . mal p1lacé p~ur ~éfendre ses intérêtP, et pour peu qu'il ait de l humamté, 1l donnera à de pauvres familles sans trop regard~r aux. chances de paiement. Quand on entend les plamt.es dune. pauvre veuve chargée de jeunes enfants, ou d un ouvrier .Pè~e d'ulle nombreuse famille dont les ressources sont epuisées par la maladie ou par le chômage, il ~audrait avo.ir le cœur bien dur pour refuser quelques livres de pain ou quelques litres de lait. Et pourtant, le commerçant ne pe_ut p~s compromettre ses intérêts, et par contre-coup les mtérets de s.e~ .fouruisseurs. Il faut qu'il prenne garde à la s?lvab1t_1le d~.s clients et qu'il soit armé contre les mauvais crédits. S 11 y a beaucoup de débiteurs dignes d'intérêts_, il en e~t plus encore qui ont de l'argent pour l~s ~bJets d~ pla~sir ou pour un achat de luxe, et qui n en ont Jamais pour payer leurs dettes. Contre ces débiteurs trop peu scrupuleux, la nouvelle législation sur la poursuite et la fail~~te. n'arme p~s suffisamment le commerce de détail. L 1dee de pubher les noms des débiteurs de mauvaise foi a été préconisée, et, quelquefois mise en pratique. Le syndicat des patrons boulangers de Courtelary a voulu tente~ )'entreprise .. Il a pris l'hiver dernier, d'importantes déc1s1ons à ce suJet ; les résultats obtenus seront curieux à enregistrer. Il y a quelques année!.', les maîtres de pensio~ de Bi~nne avaient pris une décision analogue, et apres averllssement, publiaient dans les journaux les noms de ceux qui ne s'acqnittaie~t pas ~e leu~ dû. Ces n...esures ne paraissent pas avoir prodmt un bien grand effet s~r ces gens de mauvaise foi, vivant au détriment d'autrm. Ce~ gens-là sont le plus sou!ent ~es oise~ux de yassage, qm se soucient autant d'un mterd1t que dune defense d auberge et qui emploient leur gain à la débauche au lie_u de payer leurs dette!.'. C'est l'internement dans ~ne ma,1.son de correction qu'il faudrait pour ces parasites qu 11 faut se gardH de confondre avec les malheureux qui se trouvent dans la gêne et en faveur desquels on ne saur nit trop recommander la patience, (Nouv. vaud.)
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Education de l'imagination Vous m'avez demandé, mon cher Directeur, écrit au
Relèvement social un de ses collaborateurs, une causerie sur l'éducation de l'imagination ; c'est que vous avez senti que c'est là un des problèmes fondamentaux de l'heure actuelle. Qu'est-ce, en effet, que l'imagination 'f C'est tout d'abord le réservoir des sentimen ts, d'images, d'idées, dans lequel nous devons puiser, et pour penser et pour vivre de la vie du cœur. Sous ce rapport, l'imagination se confond avec la mémoire. Maid imaginer, c'est aussi mettre en œuvre lee matériaux : c'est les modifier, les organiser, c'est créer (au sens humain), c'est-à-dire transformer , améliorer les matériaux imparfaits et les disposer suivant un plan nouveau. Pour procéder à l'éducation · de l'imagination, il fau t donc savoir en vue de quoi on veut élever l'enfant. Autant de carrières différentes, autant d'éducations appropriées et différentes. Mais 1quelque carrière que doivent suivre les enfants, il est un , métier , que tous doivent apprendre, c' est le , métier , d'honnête homme. Et c'est en vue de ce métier qu'il faut les élever tout d'abord. Etre un honnête homme, c'est chose très complexe ; c'est réaliser en soi toute l'humanité qui n'y est qu'en puissance, c'est se débarrasser le plus complètement possible des instincts de la brute primitive qui dort en nous, de l'irascibilité brutale, de l'orgueil, de la sensualité, de l'égoïsme. Et faire l'éducation de l'imagination à ce point de vue, c' est: 1. montei· la garde autour de la mémoire de l'enfant pour que rien de bestial ne s'y installe sous des déguisements élégants, et 2. habituer l'enfant à ne se complaire que dans des pensées de bonté, de simplicité, de solidarité. Mais monter la garde ainsi est impossible, parce que l'enfant, trop souvent dans la famille, à coup sûr dans la fréquentation de ses camarades, dans le spectacle de la société, dans des gravures, dans l'immense amas de livres dictés par tout autre chose que par des sentiments moraux très purs, trouvera des exemples de brutalité, d'abus de pouvoir, de vanité niaise, de sensualité, d'égoïsme; de sorte qu'il ne faut guère compter sur cette
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police préventive qu'on fait autour de l'enfant, si l'enfant est en révolte contre elle, C'est donc la bonne volonté de l'enfant qu'il faut s'efforcer d'acquérir, de capter. Et voilà que l'éducation de l'imagination devient un corollaire de la seule éducation véritable qui est l'éducation de la volonté, - Vous êtes orfèvre, M. Josse, va-t-on me dire; vous a.vez publié sur l' c Education de la volonté , un volume, et vous voyez tous les sujets aboutir à votre livre, comme les fl ,uves à la mer. Nullement. Mais plus j'acquiers d'expérience et plus je constate qu'on n'obtient guère de résultats, dans les questions d'éducation, par la contrainte extérieure. Les passions sont de fias sophistes, et un rien suffit pour donner à l' imagination de quoi s'eofl tmmer; et tous les efforts de police préventive, excellents avant que la passion soit allumée, ne servent plus guère quand elle l'est, si la volonté da l'enfant et du jeune homme est rebelle à l'enseignement moral. Le mieux c'est donc d'obtenir que l'enfant monte avec nous la garde à l'entrée de sa mémoire, et il faut pour cela lui inspirer l'horreur de tout ce qui est bas. Qu'il ait en dégoût la violence, l'oppression sous toutes ses formes, les abus de pouvoir, les brutalités des forts contre les faibles, et l'histoire même d'un Napoléon r-• aura pour lui fort peu d'attraits. Qu'il soit habitué à considérer la prostitution sous un vrai jour, qu'il y voie une plaie sociale douloureuse, un abîme de souffrances, et il ne sera guère tenté d'être complice de telles iniquités. Qu'on lui montre l'envers d'un orgueilleux, qu'on lui montre toutes les souffrances, les petitesses que cache ce niais désir de , paraitre , qui a détruit les relations sociales de la bourgeoisie actuelle, et il prendra goût à la vie simple; loin d'envier la femme stupide qui porte à ses oreilles des brillants qui représentent le salaire annuel d'un ouvrier chargé de famille, il la plaindra de sa bêtise et il comparera la joie piètre de porter ces brillants avec les joies saines qu'eût données à cette vaniteuse cet argent utilisé à sauver dPs enfants, des jeunes filles ... Qu'on apprenne aux enfants à faire la critique de leul's plaisirs égoï~tes ; qu'on leur montre la misère ir. rémédiable de celui qui ne pense qu'à soi ; qu'on lui fasse saisir, par des observations journalières, que toute joie profonde provient de quelque sacrifice à autru' ou
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à quelque cause morale, et peu à peu toutes ses idées, tous ses sentiments, seront imprégnés de bonh\ de simplicité et d'esprit de juetir.P. L'éducation de l'imagination n'est donc pas l'œuvre d'un instant. A mon avil', elle ne peut se faire arbitrairement. Elle se fait sur le chantier de la vie. Il faut faire vivre l'enfant de la vie de l'enfant, le jeune homme de la vie du jeune homme, et partout et toujours leur faire faire, d'un point de vue social et moral, la critique de tout ce 'JU'ils voient et entendent,. Il faut que de durables impressions s'enfoncent dans la mémoire ; ces impressions il faut les raviver, les renforcer tous les jours : ce ne peut donc être que fa 1âct:e de la mèl'0 d'abord, et du père ensuite. Le maître ne pellt que parachever l'œuvre commencée; il ne peut suppléer à l'ab!lndon des parents. Lorsqu'on aura ainsi appris à l'enfant le respPct de sa digoi1é, lorsqu'il aura l'horreur de tout abus de pouvoir, le mépris de l'orgueil et de la vanité, le goût de la vie simple ; lorsque l'égoïsme lui causera un profond dégotlt ;_ on pourra être Eûr qu'il continuera lui-même son éducation personnelle et qu'il travaillera sa viA durant à se rapprocher de son idéal de grandeur et de pureté morale.
Un mal irréparable Un homme pieux s'en allait mourir, lorsqu'il vit son voisin Jean entrer dans sa chambre d'un air triste et humilié et lui dire : - Je viens d'apprendre à l'instant que tu es bien malade et je ne puis pas te laisser partir ainsi. Il y a quelque chose qui me tourmente, tu sais ce que c'est : je me suis toujours laissé aller à dil·e des méchancetés contre toi. Je ne le faisais pas dans une mauvaise intention, mais j'y prenais un malin plaisir parce que tu étais chrétien, je sais que tu en as souffert et que même cela t'a fait du tort. Maintenant je le regrette de tout mon cœur. Peux-tu me le pardonner 'P Le malade écouta avec émotion et répondit : - Oui Jean, je te pardonne volontiers. Il est vrai que tu m'as fait manquer de travail, mais c'est passé maintenant. Je suis heureux que tu aies reconnu ton tort, et encore une fois, tout est pardonné. J'ai cependant encore un désir .
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- Lequel f dit Jean, je sui'I prêt à tout 1 - Eh bien I je désire que tu prennes mon oreiller de plumes et que tu ailles le vider du haut du clocher de l'église. Les assistants se regardèrent avec étonnement et la femme du mourant demanda si c'était bien cela qu'il voulait dire. Mais il fit un signe de tête si sérieux qu'il n'y avait pas moyen de s'y méprendre. Aussitôt Jean alla s'acquitter de sa singulière commission ; il monta sur le clocher du village, secoua soi.gneusement l'oreiller et vit les innombrables petites plumes emportées par ls vent, se répandre de tous côtés. Puis il rapporta la doublure au moribond. - Bien I lui dit . celui-ci ; maintenant encore quelque chose et je serai content I Prends maintenant cette toile et va ramasser toutes les plumes qui y étaient jusqu'à ce qu'elle soit remplie. Jean regarda le mourant d'un air interrogateur. Mais .au bout d'un instant, il comprit et baissa les yeux. Puis tristement il regarda son ami qui lui dit encore: - Tu vois, Jean, c'est la même chose avec la médisance : les paroles sont vite prononcées et elles se répandent au loin. Et puis quand on veut réparer le mal qu'on a fait, ce n'est plus possible, c'est trop tard I Je pars sans aucune amertume contra toi, puisque tu regrettes de t'être ainsi laisser aller, mais le tort que tu m'as fait n'est plus réparable. Que Dieu te garde à l'avenir I Et maintenant adieu,
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VARIETES
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Le tabernacle Imité du Psaume Quam dilecta Je chéris ta maison et ton tabernacle, 0 Jésus mon Sauveur! Car je t'y crois présent ; je crois à ce miracle D'amour du divin cœur. Et mon âme et ma chair tressaille d'allégresse, Mon Jésus, prés de toi. Comment pourrai-je avoir des pleurs de la triste:'lse. Alors que je te voi. Le léger passereau, la blanche tourterelle, Sur nos toits ont leur nid. Et moi j'ai ta maison pour reposer mon aile, Loin du monde et du bruit.
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O I mille fois heureux, qui dans ton temple habite, A l'ombre de l'autel. Tout lui semble néant et son cœur palpite, Ne bat que pour le ciel. Qu'est-ce, en e1fot, Seigneur, pour une âme qui t'aime, Que les biens d'ici-bas 1 Qui ne met point en toi sa volupté suprême, Jésus, ne t'aime pas. Qu'importe la douleur, qu'importe la souffrance, L'angoii se aux traits de feu, Quand on a auprès de soi son unique espérance, Quand on possède Dieu 1 Quand après les malheurs, les douleurs de la vie, Enfin luil'a le jour, . Où nous nous baignerons sans fin, l'âme ravie, Dans l'océan d'amour. Que je t'aime, mon Dieu, que je t'aime et t'adore, Que je t'aime bien plus, S'il le faut pour t'aimer fais-moi souffrir encore, Mais avec toi, Jésus . Je ne veux point chercher la gloire de ce monde, Mon Seigneur, j'aime mieux, Dans ta maison, trouver l'obscurité profonde, Qu'après s'ouvrent les cieux. Qui donc suit le chemin béni de l'innocence, Sans y trouver la paix. Heureux qui met 011 toi Seigneur sa confiance, Et qui t'aime à jamais. G.
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Recettes et conseils utiles L'action du froid sur le vin Il peut être intéressant et utile de se demander quelle ilst l'iofl.uence du froid sur le vin. En effet, des marchands de vins ont reçu de nombreuses réclamations au sujet de vins qui avaient subi en route les coups de froid du dernier hiver. - Le vin sera-t-il buvable! La réponse ne saurait être formulée nettement. En général, les températures rigoureuses exerce.ot une action favorable, mais tout dépend de la façon dont le vin revient aux températures normales. Après un coup de froid il faut redouter un coup de soleil. M. B. Fallot, un chimiste français, a eu l'occasion, à la suite des froids rigoureux de février, d'examiner divers vins. On peut résumer comme suit ses observations, qui sont
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d'ailleurs à peu près d'accord avec les nôtres, dit M. de Parville. Le froid paralyse les divers ferments do maladie qui sont précipités au fond du tonneau ; il diminue la fermentation du tartre, ce qui améliore les vins durs, il fait disparaitre le léger gotlt d'aigre qui résulte d'un décuvage mal mené ; il détermine son éclaircissement du vin quand la température descend au-dessous de zéro. Enfin le froid peut servir à accroitre la richesse alcoolique jusqu'au 3 O/o, si l'on prend soin d'enlever les glaçons qui se sont formés. Inversement, le froid exerce une action nuisible quand le vin, congelé subitement en masse, repasse plus ou moins brusquement à l'état liquide. - Il se trouble par suite de la précipitation du tartre devenu moins soluble: la couleur :et le bouquet peuvent être amoindris, ce qui survient surtout :pour les vins légers particulièrement exposés à ces accidents. En somme le froid améliore le vin, à moins qu'il ne le détériore. Voilà ce qui résulte des expériences contradictoires de M. Fallot. Et c'est CA qu'on peut avancer de plus vrai jusqu'à nouvel ordre. Un vin gelé se conservera mieux, mais souvent il perdra son bouquet. De sorte que, s'il fallait conclurf, il serait permis de dire qu'il en est pour le vin comme pour nous: il vaut mieux ne pas s'exposer aux températures trop rigoureuses ; il est préférable, de même, de ne pas laisser le vin se refroidir au-dessous de zero. Cela peut faire du bien aux uns mais cela peut être très néfaste aux autres. Quant à l'exposition du vin à la chaleur du soleil, chacun sait ce qu'il en est à ce sujet et connait l'influence néfaste du chaud, et cela quand bien même la température ne serait pas assez élevée pour faire tourner le vin. Pour dêbarraaser les Iéiumes de la vermine (limaces, vers, chenilles, insectes), avant de les employer aux usages culinaires, il faut les plonger pendant 5 minutes dans l'eau salée. Les bestioles ne !peuvent supporter ce bain et cherchent à s'échapper, abandonnant ainsi leur retraite. Du reste, ce bain d'eau salée ne peut qu'être favorable aux légumes dont elle améliore le gotlt.
Prière de prendre connaissance ""WII
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SION 5 Décembre 1895
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE
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PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA.
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages.
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Prix d'abonnement pour la 8o1He, 2 rr. 30. IJnlon poatale 3 rr. -'nnonce•, pri:L 20 cent, la ligne ou ,on espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires adra droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAI RE: Attention. - L'Ecole primaire. - Inftuence de l'exemple en éducation. - Deux mots au sujet du tableau noir. - Les devoirs envers les animaux. - La gymnastique à l'école primaire - Caisse de retraite et caisse de décès. - De la gymnastique scolaire. Partie pratique : En hi ver. En automne. Dictù. - Variété. - Supplément.
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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé
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à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.
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