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XIV•• ANNEE 11° 1
SION
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L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE I'CBLIÉE SOUS LES AUSPICES DB U
SIJCIRTB V!L!ISANNB D'RDUC!TJON L1COLE PRIIAIRE puait chaqae qulnlllte, de ln•ln i IRII incloslvemen~
en llnalsons de t8 pagea. ~
Prb d'a'boaae•eat poar la 8al•e, 2 tr. 30. IJaloa poatale 1 'r• Aaaoaeea, ,m 20 e.ac. la 1iJ1te 011 1011 ap-. Tool ouvrage donl l'Ecole primaire recevra deos exemplaire• aun droll l une annone • ou l un compte-rendu, 1'11 y a lieu.
SOMMAI RE:
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Attention. - Notre Revue pédagogique. - Education. - A propos d'un livre. - La première année à l'école primaire. - La myopie dans les écoles. - Partie pratique: SIIJI'IS dtmllh aux ,·.ramms de runus d~ 1894· Compositiolls. - Variétés: A1ucdotu scolair~s. - Supplément.
Tout ce qui concerne la publication doit ltre adrené à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire •• Départeme1t de l'lnstructlen publique, à Sltn.
Chroniqttê et avis scolaires (Jonf'~nneM
d'ineataa&ears pour 1894-91
Le Département de J'loalroclion publique donne à traiter aux conférences des instituteurs pour le cours scolairfl l89t-9:>, le sujet suivant :
De z•ms~nemmt oral et de l'enseignement par le
livre. Importance de l'e11seignement oral ; mithode à suivre. dangers à iviter. R6le du ln.'rè. Montrer comment les diux procédés se complètent l'un t•autre.
Loi •eolalre. - Parmi les lractandaa de la session de novembre 1894. du Grand-Conseil, devai t figurer un projet de revision de la loi scolaire actuelle Ce projet, discuté par le Conseil d'Etat, a dO. être momentanément retiré, en11uite des charjles considérables que son adoption enlrainerait pour l'Etat, A cause de l'augmentation y prévue des traitements du personnel enseiguant primaire. Les dépeDSes majeures qui grèvent actuellement le budget cantonal d'une part, et d'un autre cOté le man.Jue de ressources financières, ont déterminé les hauts pouvoirs A renvoyer 1\ des temps plus propices l'amélioration, si urgente cepdodant, de Ja position matérielle de noire per:;oonel enseignant primairE:'. Espérons que cet ajouroeoJent ne revêtira pas le caractère d•uo renvoi aux · calendes grecques, et que, dans un avenir prochain, le Grand-Conseil voudra bien aborder le projet moment~&në ment abandonné. Le Conseil d'Etat et en particulier le Département de l'Instruction publique ne manqueront d'ailleurs pas de profiler de l'occasion et des circonstances pour rappeler Jes vœux si légitimes de nos dévoués instituteurs et institutrices.
Pereonael en•el.naat. - Notre prochain N• apportera le tableau du personnel enseignant valaisan pour le cours scolaire t89oi-95. l'ranehbe po•lale. - A l'oceasioo de ses rapports officiels avec le Départe.neot d9 l'Instruction publique ou MM. les Inspecteurs, il est de oouveao rappelé au pergoonel enseignant qu'il jouit de la franchise de port en ob.oJervao& les formalités postales requises. L'f'xpéditaur doit non seulement inscrire sor J'enveloppe le mot offlciel, mais donner son nom et sa qualiM, et éviter dans l'adn sse l'emploi d'un nom propre. Ainsi il faut écrire : M..le Chef du Département, ou au Secrétariat du Département, ou M. l'Inspecteur scolaire du district de ... A ... Si ces formalités ne sont pas remplies, les plis arrivant ~6s, courent risque d'être re{'usts.
1 L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE P UBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION , :1.99~-95
L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Ami 16
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1" secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.
TABLE DES MATIÈRES contenuts dans l'année I894-95 de rEcole primaire Les articles marqués d'un * émanent de la rédaction ou de ses collaborateurs ou correspondants spéciaux.
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Notre revue pédagogique Education . A propos d'un livre . . . . La première année à l'école primaire La myopie dans les écoles . * Noël, par un instituteur valaisan * L'art de faire apprendre . La. lecture à l'école primaire . 20, 43, 75, "' Encore des ouvrages manuels, par A. M. . . . . L'économie domestique à l'école primaire 24, 37, 56, 73, 88, 123, * Travaux des conférences d'instituteurs * Petites réflexions, par un instituteur . 33, * La leçon orale à l'école primaire . . . 35, 72, 99, Le principe de la dignité de la femme enseigné et observé à l'école . . . . . . . . . . . * L'éducation intellectuelle et l'éducation morale, par A. Charron * Nécessité d'une bonne application de la part des élèves, par J. M. . . . . "' Les instituteurs et la gymnastique . * !lodes, méthodes et procédés, par Senectus * La santé et les récréations, par M. S. * La franchise, par L. B. P. . . Conseils pédagogiques, par B. Vadier . . . . 70, * Au personnel enseignant primaire du Valais. (Lettre du président de la Société valaisanne d'Education). • t M11• Mathilde Luy, institutrice * Du dévoûment . . . . sa Education et enseignement 9ù: * Enseignement professionnel . 92, 101, * De quelques travers en dévouement . . 100, * La. gymnastique à l'école primaire, par Senectus * La sténographie dans l'enseignement, par A Charron "' A JIIM. les instituteurs valaisans "' Le Monopole des alcools . . * Echos des conférences, par divers 101, 138, 158, * L'instruction primaire en Valais * Emancipation de l'école primaire 115, * 'La responsabilité de l'enfant . 11 * t M • Adèle Gailland, institutrice * Perfectionnement des instituteurs 130, 146, * Rôle social de l'école et du maître dans l'éducation populaire
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SION. 25 Novembre
1894-95
l'ages
* Qui va lentement arrive à son but, par Q. J . . 136 * Société valaisanne d'Education, appel pour la réunion de Sion du 30 avril . . . 145 * Préparation de la classe . . . . . . . 147, 161 Un moyen d'occuper utilement les petits enfants dans les écoles à classe unique . . . . 149 * A propos de l'instinct, par A. C. . . . . . . 153 Un procédé pour intéresser les élèves à la composition française . . . . 154 Les écoles américaines . . . . . . . 156, 164 Société valaisanne d'Education, compte-rendu de la r éunion du 30 avril . . . . . . . . . . 166 Partie pmtique. Calculs oraux et écrits, dictées, compositions, 173 etc., 13, 28, 45, 58, 77, 96, 111, 125, 149, 160, Variétés. . . . . . . 16, 48, 109, 128, 144, 175 Au sujet de la table qui précède, nous avons omis l'indication précise des variétés, chroniques, avis officiels et privés, annonces diverses, etc., mention nés dans la couverture de la publication. A la présente table est encore joint le titre. A ce sujet, nous continuons à engager ceux de nos abonnés qui auraient la collection complète de l'Ecole primaire et voudraient la faire relier, de conserver :wec le corps de la publication les supplément s et la couverture de celle-ci, lesquels peuvent, en raison de leur contenu, être consultés à l'occasion avec utilité.
Annexes s oit suppléments de l'E cole primaire Indépendamment des matières contenues dans le corps de la publication, l'Ecole primait·e a donné en 1894-95 de nombreux suppléments contenant : Les voix d'Outre-tombe. La cave. Le Cheval. Comment fa1~t il se chauffer ? Les fruits dans la maladie. Trois chants: Hymne au Valais. La promenade. Mélancolie. Noël. Nouvel-an, Epiphanie. Le vallon de Zinal. Le progrès rural. Le~; méfaits de la boisson. Le reflet d'un visage serein. Une habitation salubre. Ce qu'il faut enseigner aux garçons. Le soleil en médecine. Le dernier moine de St-Aubin. L'origine du drapeau suisse. Madame de Stael. Impot·tance de l'hygiène. Pour les oiseaux. Fumut·e des arbres fruitiers . La montagne. Gardez votre terre _\lonopole de l'alcool. Epandage des fumiers de ferme . Les gens de Champ Vallon, par Mario. L'enfant gâté. Le mal de nos campagnes. Le collage des vins. Hygiène des animaux. L'usage du tabac. Jérusalem. Histoire de vieille fille. Deux disparus. Hector ou les suites .de l'ivt·ognerie. Au pied de la Croix. Cultivons et soignons le proseiller. Les ami tiés de .Jésus. Mario. Le Valais. Notre Dame de Valet·e. Protection aux oiseaux ct à leurs nids. Le Requiem de Mozart. Le respect. Le portrait d'Euphémie, et de nombreuses r ecettes, pensées, variétés
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L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION .A.T T E :t'l'" T::! 0 :t'l'" Toutes les personnes qui recevront les Nos 1 et 2 de· J'ÉCOLE PRIMAIRE sans les avoir refusés, dans le délai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est nécessaire pour constater dûment Je renvoi de la publication. Nous appelons l'attention toute spéciale de nos lecteurs· sur Je fait que des suppléments sont joints à chaque N° de l'ÉCOLE PRIMAIRE. Ces annexes doublent pour ainsi dire au bout de l'année le volume <le la publication, sans en augmenter le prix qui reste fixé à 2 fr. 50 par an. L'ÉDITEUR.
Notre Revue pédagogique Les écoles ont commencé ; maîtres et élèves sont à leur tâche. L'« Ecole primaire » notre intéressante revue, elle aussi entre dans une nouvelle période et, par ses articles à la fois sérieux et instructifs, vient stimuler noLre zèle. exciter notre ardeur, réveiller, s'il le faut, notre amour-propre· endormi. Avec une sollicitude inquiète, elle suit la marche de nos écoles, conseillant dans les conjonctures difficiles .. enco urageant aux heures d'abattement, avertissant dans les. moments de faiblesse et d'o ubli, et nous instruisant toujours. Comme une sentinelle avancée, elle exerce une vigilante surveillance aux abords de l'immense bâtiment de l'instruction populaire pour en écarter les erreurs comme le5 abus, et jeter l'alarme à l'approche du loup ravisseur. Par tous ces titres, et tant d'autres qu'il serait trop long d'é-
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numérer ici, l'Ecole primaire n'est-elle pas naturellement l'amie de tous ceux qui s'intéressent à la grande cause de l'instruction de la jeunesse, en particulier de tous les membres du corps enseignant, et ne semble-t-il pas qu'elle doive avoir droit à leur appui sympathique contre tous ses adveroaires, car. ne l'oublions pas, ses ennemis sont les nôtres 't Assurément, notre revue pédagogique doit avoir 3Ccès chez tous ceux qui de près ou de loin veulent coopérer à la mission de l'éducateur du peuple; elle doit occuper une place d' honneur da.ns leurs bibliothéques tant personnelles que générales. En est-il bien réellement ainsi dans la pratique ? l' Ecole pnmaire est-elle bien reçue et lue par tous les membres du corps enseignant du Valais? Malheureusement, il y a encore un petit nombre d'instituteurs et d'institutrices du Canton qui regardent l'abonnement à notre revue comme un luxe ruineux qu'il faut éviter. Cette assertion, sans caractère sérieux, n'est cepenJant guère autre chose qu' un argument de mauvais goût derrière lequel quelques maîtres ou maîtresses d'école essayent d'abriter une certaine suffisance trop souvent peut-être à la hauteul' de leur insuffisance. Et d'ailleurs, n'est-il pas au moins naturel qu'une association, qu'un corps régulièrement constitué, ait un organe qui ctéfende ses intérêts ? Or, le développement de l'instruction populaire étant la grande questiou du jour, il est évident que les sociétés d'enseignement dotvent être organisées le plus possible de manière à suffir~ aux exigences du temps. Pour cela, les discussions sur les méthodes et les procédés, l'exposé d'appréciations tant personnelles que générales deviennent nécessaires, car du choc des idées jaillit la lumière. Mais ceci encore ne peut se faire d'une manière efficace sans un organe périodique traitant les questions vitales de l'enseignement. Voilà le grand motif pour lequel une revue pédagogique est nécessaire aussi bien pour la « Société valaisanne d'éducation , que pour les autres sociétés dont le but est le même. Ceci posé, on en conclut aisément que les membres du corps enseignant
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.qui constestent l'utilité d'une revue pédagogique n'ont pas l'amour de leur vocation, n'en connaissent pas les devoirs et les remplissent souvent mal. En effet, pour les raisons énumérées plus haut, l'Ecole primaire, organe de notre société, est non seulement utile, mais nécessaire. Or, celui qui refuse de la recevoir, par le tait même en conteste et l'utilité et la nécessité, et consé,quemment néglige l'étude des questions scolaires, objet immédiat de notre organe ; d'où négligence pour son perfectionnement, preuve évidente du manque d'amour de la vocation d'instituteur. En second lieu, l'Ecole primaire est créée essentiellement po~r les membres du corps enseignant du Valais ; tous dotvent donc en être naturellement le.s abonnés fidèles, les lecteurs assidus et les zélés collaborateurs; avec un pP.u .de tact et de boo sens, chacun doit le comprendre. Malheureusement, il n'en est point ainsi pour un nombre encore trop grand - si restreint soit-il - d'instituteurs et .d'institutrices qui, se retranchaol derrière une indiffér·ence impardonnable, refusent le journal qui, sans le secours d'abonnés étrangers au canton, aurait de la peine à exister .ou au moins serait condamné, nous assure-t-on, à végéter péniblement. Les r.ritiques que l'on fait parfois hien bas, du journal e~ de ses collaborateurs, disons-le en passant, prouvent !llmplement que la vérité n'est pas toujours du goût de tout 1~ monde : le malade crie quand on met le doigt sur la plaie. Au reste, nous ne sommes pas précisément une société d'admiration mutuelle, et la charité chrétienne nous fait un devoir de parler avec franchise. Celui qui aurait cru une fois ou l'autre se reconnaître au tableau, doit d'abord se persuader que ces vérités, loin d'être personnelles, so~t pour le ~ien général, et que chacun doit prendre ce q_ut lm en revtent et le mettre à profit pour son perfectiOnnement. - L'instituteur doit avoir une conduite exemplaire , il est donc du devoir de chacun de travailler à son amendement, et si ce devoir est bien compris, il sera heureux des avertissements eharitables comme aussi des sa-
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ges conseils qu'il peut trouver dans les colonnes du jour· Hal. Que donc on se le dise sérieusement: l'Ecole primaire bonnête et probe, qui, en d'autres termes, en feront un ciest créée pour le plus grand bien des membres du corps .toyen estimé et estimable. enseignant, mais il faut que ceux·ci la reçoivent, la lisent Qu'il nons soit permis d'abandonner pour aujourd'hui et y collaborent. l l'étude du développement des facultés physiques et intelNous soumettons avec confiance ces réflexions à l'appré- lectuelles et, bien que ces différentes parties de notre sujet ciation de nos collègues, persuadé qu'elles pourront être soient intimement liées les unes aux a.utres, que le déveutiles à quelques-uns qui jusqu'ici étaient restés dans l'in· , loppement des unes dépende du développement des autres, différence à ce sujet. Puissent-elles gagner quelques nou- attachons-nous au côté moral de l'éducation, cherchant le veaux abonnés et nous aurons la sath;faction du devoir ou les moyens les plus propres à faire naître les sentiments accompli. B. instituteur. 1qui en sont la base chez nos enfants et dans les généraRéd. - Nous remercions l'auteur de l'article qui précède tions subséquentes. du chaleureux appel qu'il adresse au personnel enseignant. 1 Les facultés morales peuvent .;tre acquises par deux P~iss~-t-il être e_ntendu, com~e tel a été son but e? l'écrivant j moyens qui doivent être employés simultanément; les d apres les renseignements qu ll est venu chercher a la source. tflucateurs, parents, instituteurs et autres perwnnes devront s';tppliquer à développer le sentiment du beau et du bien ehez les personnes dont. l'éducation leur est confiée, mais Il peut paraHre puéril de vouloir rechercher le but, les 1 il importe, non seulement que J'individu sache distinguer moyens et les conséquences de l'éducation à une époque ee qui est bien de ce qui est mal, mais qu'il sache laquelle où la société presque entière en reconnaît l'utilité. Mal- de ces deux voies il doit suivre afin d'avoir une ligue de heureusement, il est certains milieux. dans lesquels cette conduite de laquelle il ne devra jamais dévier. lumtère de l'esprit, qui e.~ t à la base des rapports sociaux, L'éducation ne peut pas être développée à tout âge; il pénètre si difficilement qu'il ne se!'a jamais superflu d'en arrive, en effet, un instant dans la vie de l'homme, où en treprendre l'étude, d'en démontrer l'absolue nécessité et le cerveau se refuse à emmagasiner de nouvelles connaisd'assigner à chacun sou rôle dans celte noble tâche. sances, et où la pensée et la volonté ne fonctionnent plus Et d'abord qu 'est-ce que c'est que l'éducation? - L'é- avec l'indépendance des jeunes années; aussi, quoique cerducalion, dans son sens le plus général, consiste dans le ! lains individus, dont l'enfance avait été l'objet de soins développement et la culture des facultés physiques, in- • très peu assidus, aient été susceptibles d'acquérir à un certellectuelles et morales de l'individu, aussi bien de l'en- 1ain âge l'éducation dont ils avaient été privés, devonsfant que de l'adulte; autrement dit, l'éducation consiste 1 10us nous appliquer à éduquer la jeunesse dés son âge le dans l'enseignement des exercices hygiéniques qui feront 1 fins tendre. du co1·ps de l'enfant un corps d'adulte bien conformé, des C'est alors que le cerveau n'a été influencé par aucune sciences, quelles qu'elles soient, qui ouvriront l'esprit aux ' 8auvaise pensée, n'a reçu aucune mauvaise impression, problèmes de la vie, qui permettront à l'individu d'en af- t'a entendu aucune mauvaise parole, que l'éducateur pourra fronter les difficultés et de les combattre avec avantage, et i8planter à son sujet les idées saines et morales que doit l'éducation consis te enfin dans l'enseignement du beau, du JOSséder tout être humain. Son principal but devra être bien et de tout. ce qui contribuera à constituer chez l'homme de développer dans l'enfant les bons sentiments et d'éloigner cet ensemble de qualités qui font de lui un être loyal, de lui les mauvaises influences jusqu'au moment où son cerveau, ayant acquis un développement suffisant, sera ca-
EDUcATioN
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pable de le diriger et de tenir tête au mal dont la société est malheureusement imprégnée. On s'accorde généralement à dire que tout iudividn chargé d'une mission quelconque doit prêcher par l'exemple. Nous croyons aussi qu'en matière d'éducation, l'exemple est un de:. principaux moyens, si ce n'est le principal, aussi est-il de toute nécessité que les personnes charaées de la tâche éduc.atrice possèdent elles-mêmes et a un haut degré ces facultés morales qui élèveut tout homme qui les possède et qui en font un être supérieur. Dans ces conditions l'éd ucateur sera un exemple vivant que l'enfant aura devant les yeux, auprès duquel il pourra puiser ces trésors de sagesse que nous appelons honnêteté et moralité, et alor~ seulement l'enfant acquerra l'éducation qui lui sera nécessaire et dont il cueillera les fruits pendant toute sa vie. Voyons maintenant quelles sont les per5onues a qui est confiée l'éducation de l'enfance. En tête des éducateurs de la jeunesse, se place généralement l'instituteur, mais nous y placerons les parents, et c'est à eux que nous donnerons la plus grande influence dans le développement des facultés morales chez les individus. N'avons-nous pas posé en principe le fait que l'éducation devait s'entreprendre dès le plus bas àae? Qui ~ ' done se1·a mieux placè que le père eL la mère pour former le jeune cerveau aux sentiments nobles 13t élevés, pour l'empêcher de prendre de mauvais plis, de contracter de mauvaises habitudes. Mais ne croyez pas, parents, que votre tâche éducatrice se termine avec l'entrée à l'école de vos enfants, au contraire, vos soins devront a ce moment redoubler, car c'est alors qne vos enfants seront lP- plus exposés ; ne jetez pas votre re5ponsabilité sur le maître d'école, car celui-ci ne peut, pendant les récréations, exercer une surveillance assez étroite sur les nombreux écoliers qui lui sont confiés·, ' c est alors que vous devrez surveiller vos enfants, afin d'atténuer les mauvaises impressions produites par le contact journalier d'écoliers souvent peu disciplinés et souvent aussi grossiers.
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A propos d'un livre Sous ce titre Cuore (Du cœur) un écrivain italien distingué, M. Ed. de Amicis, a publié un charmant. ~uvrage, dont ~a t duction française a été t rès bien accuellhe dans le pubhc r~~and. On jugera du caractère rle l'œ~vre par les quelques citations suivantes, renfermant des enseignement~ marqués au coin d'une haute sagesse et d'une saine pédagogie. L'école, c'est l'immense fourmillement .de millions d'enfant~ de tous les pays qui, de cent façons diverses, apprennent a peu près les mêmes choses ; chaque enfant occupe sa pl~ce dans ce mouvement qui est le progrès, l'espérance et la glmre du monde. , T li Prends courage, petit soldat de l~ grande armée . es ~res sont tes armes, ta classe est ton bataillon ; le. champ ~e batai!le, c'est le monde, et la victoire s'appelle le bien de 1bumamté . Ne sois pas un lâche, mon fils.
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* sont morts* pour les enfants . et à. Pense à tous ceux qui cause d'eux, au.'!: pères de faJJ?ille. qui ont. usé leu; VIe au travail aux mères que des pnvat10ns contmuelles Imposées pour hmour des enfants ont fait prématurément . desce~d~e dans la tombe aux maîtresses mortes clans la fleur de 1 age, pour n'avoir pas pu supporter les fatigues. de ~eur école qu'elles n'ont pourtant pas voulu quitt~r; aux medecms e~portés par des maladies contractées en soignant les enfants ; a tous c~nx qui, dans les naufrages, dans les incendies, dans la famme, d ans un moment de suprême danger, ont cédé aux enfants leur dernier morceau de pain, la dernière corde de sauveta~e, et ont expiré contents d'avoir pu se donner pour les petits . *
Toi, offenser ta mère! *... ta mère *qui donnerait une anné~ de bonheur pour t'épargner une heure de souffrance, qm mendierait pour toi, qui se ferait tuer .pour sauver ta vie. Ecoute bien ceci: Tu auras dans ton extstence beaucoup de jours terribles à traverser, ma~s ~ais-tu quel sera l~ plus affreux de tous ? Ce sera celm ou tu perru:as ta mere ... N'espère jamais jouir d'une vie paisible si tu fats son tourment.
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* indifférent devant la Un devoir, c'est de *ne pas passer
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misère d'autrui, et surtout pas devant une mère qui implore quelque chose pour son enfant. Cet enfant avait peut-être faim. Pense à la détresse de ta mère si, un jour, elle devait te dire : < Aujourd'hui, je ne peux pas te donner de pain. » - Les pauvres aiment l'aumône des enfants, parce qu'elle ne les humilie pas et parce que les enfants ont aussi, comme -eux, un continuel besoin de secours. Que ton offrande soit accompagnée d'un sourire.
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Les habits tachés ! Ce que l'ouvrier fait en travaillant n'est pas de la saleté: c'est de la poussière, de la chaux, du vernis, tout ce que tu voudras, mais pas de la saleté. Ne dis jamais d'un ouvrier qui vient de son travail: < Il est sale ». Tu dois dire: < Il porte sur ses habits les marques de son travail. »
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Respecte et aime ton maître, mon fils, comme je l'aime et le respecte moi-même, parce qu'il consacre sa vie au bien d'une foule d'enfants qui l'oublieront; parce qu'il ouvre et éclaire tout esprit, parce qu'il appartient à cette noble famille d'instituteurs dispersés partout, qui sont les pères intellectuels de millions d'enfants, et les ouvriers méconnus et mal récompensés qui préparent à la patrie une génération meilleure que la précédente.
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L'amour de la patrie, c'est comme une vague de tendresse qui remplit les yeux de larmes et arrache un cri du cœur; la patrie, mon fils, est une chose si grande et si sainte que si un jour je te voyais revenir sain et sauf d'une bataille livrée pour elle, et que j'apprisse que tu as fui pour échapper à la mort, moi, ton père, qui tressaille de joie lorsque tu reviens de l'école, je t'accueillerais avec un sanglot d'angoisse : je ne pourrais plus t 'aimer, plus jamais, et je mourrais avec ce poignard dans le cœur.
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La rue, c'est la maison de tout le monde. Chaque fois que tu rencontreras un vieillard débile, un pauvre, un estropié, une femme avec un enfant dans les bras, un homme chargé d'un fardeau, une famille qui est dans le deuil, cède respectueusement le pas, car nous devons respecter la vieillesse, la misère, l'amour maternel, les infirmités, la fatigue et la mort. Si tu vois quelqu'un menacé par un véhicule quelconque, sauve-le
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-si c'est un enfant; avertis- le si c'est un homme ; demande l'enfant abandonné qui pleure pourquoi il se désole et ramasse .au vieillard le bâton qu'il a laissé tomber. Si deux enfants se battent, sépare-les ; si ce sont des hommes, éloigne-toi ; un tel spectacle endurcit le cœur. Cesse de parler avec un camarade et de rire aux éclats lorsque tu rencontreras un cortège funèbre, car la mort peut-être n'est pas loin de toi ou de l'un des ·tiens. Regarde avec respect tous ces enfants des établissements de bienfaisance qui passent deux à deux : les aveugles, les muets, les sourds, les orphelins, les abandonnés, car c'est le malheur et la charité qui passent ensemble. Ne t 'arrête pas à . examiner celui qui a une difformité ou un tic ridicule. Réponds avec amabilité à celui qui te demande son chemin. Ne ris pas à la face des gens, ne cours pas sans nécessité et ne crie pas.
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Propose-toi dès à présent de conserver toute ta vie les saintes amitiés de ta vie d'école et cultive-les de préférence à d'autres parce qu'elles sont celles d'ouvriers. Vois-tu, les hommes des classes supérieures, comme on les appelle, sont les officiers du travail, et les ouvriers en sont les soldats ; or, non seulement le soldat n'est pas moins noble que l'officier (parce que la noblesse est dans le travail et non dans le gain; dans la valeur personnelle et non dans la position sociale qu'on occupe), mais s'il y a une supériorité de mérite, elle est du côté du soldat et de l'ouvrier qui ne retirent pas de leur propre travail tout le profit qu'ils pourraient et devraient en retirer. Aime donc et respecte surtout ceux de tes camarades qui sont fils d'ouvriers : méprise de toute ton âme les différences de classe et de fortune ; les lâches et les orgueilleux seuls règlent là-dessus leurs affections et leur politesse; penSe que le sang qui a été versé pour l'indépendance de notre patrie est sorti des veines des ouvriers des campagnes et des villes ... Dans la poitrine de tes camarades battent des cœurs d'hommes -francs et loyaux, des cœurs de prince ; jure que jamais aucune vicissitude de la vie ne pourra arracher de ton cœur ces saintes amitiés de l'enfance.
La première année à l'école primaire. Dédié spécialement à
Melles
les Institutrices.
Le dernier coup de cloche a retenti dans l'air glacé.
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groupe de bambins, des zélés ceux-là, se presse autour du poële ou de la bouche à chaleur. . Ils discutent, pleins d'entrain, les événements d~ leur petite vie : glissades, robes de poupées, b.illes perdues, JOuets e?trevus ou possédés. Et ce sont des rues, de rudes appellatiOns, où vibre parfois un sobriquet sonore.... Pour l' observateur a~ tentif, l'enfant est là tout entier, avec le bon .et le . ma~vai.s de son être, avec ses idées naïves, ses expressiOns bien a lm, si justes parfois. . ,A Etude intéressante surtout pour celle qm a charge d ame, pour " la maîtresse d'école :. à q~i. s?nt con~ées toutes ?es jeunes cervelles de cire molle et d air~m, cle . erre par les Impressions et d'airain, parce que ces ImpressiOns restent profondément gravées. . . ... Et pourtant, ce côté le plu~ vrai du pe,t lt !lloude c,onfié. a. sa garde, lui restera fermé ; SI elle en a l envie, elle n a pomt le temps de l'étudier. . Tout se tait à son approche comme la chauso~ dans le n.Id effrayé. Les enfants, pressés d'être dociles, se dispersent : Ils croisent leurs bras déjà avant d'être assis à leurs places. Oh t ces affamés de bonnes notes, les connaissez-~ous ? Ce ne s?nt. pas toujours les plus gentils ni les plus intelbgents. Immobiles sur le banc, pétrifiés plutôt, les yeux grands o~tverts, fixés dans le vague, ils retiennent leur souffle. par cramte de bouger, puis épanouis, rouges jusqu'aux oreilles quand la bonne note promise aux < sages 7) leur est en?n. a~cordée. , Sans doute, elle est méritoire cette di~ciphne obtenue.; c est un acquis, preuve d'une volonté ferme, Imposée et subw, un.e influence morale et attestée. Et, non seulement elle est ~é~I toire : elle est indispensable! Il faut forcément enl~ver a 1 écolier ce qu'il a de primesautier et d'indépendant s~ l'on veut mener à bonne fin la tâche exigée pour cette première année primaire.... . . . l' nf t Je donte cependant que ce s01t une vie faite :pour e an .' et je me demande si la .science qu'il doit acquénr vaut l'onginalité qn' on tue en lm ! , . . , . Ecoutez et jugez! Il a sept ans; il sort de 1 école enf~n~me qm s,est fa~te pour lui maternelle jusque dans le travail Imposé: la-bas c étaient les jeux, les chants, l'étude attrayante comm~ une ~é compense.- A l'école primaire, six heures de travail forcé ···: Oui, car dans l'espace de dix mois, en dépit des mouches st
11 intéressantes quand elles se posent sur le cahier, des fleurs du printemps, des moineaux qui s'abattent snr le préau, de toute cette vie animée devinée derrière les vitres dépolies et qui le distrait sans cesse, le pauvre petit qui peut à peine assembler des syllabes de deux lettres, devra apprendre de la grammaire, écrire, composer des propositions, conjuguer !.... Il fera de la numération écrite jusqu'à cinq cents, jusqu'à mille !... Il calcule à peine sur la première dixaine.... Puis c'est le mètre et ses subdivisions ; le kilogramme et l'hectogramme; la gamme et des exercices de musique chiffrée. Que sais-je encore? Je passe les leçons de choses qui, au moins les intéressent, les notions de dessin et de géométrie qui peuvent les distraire, la gymnastique et le 'chant qui leur rappellent les beaux jours.... Mais le tricotage, l'arrière-point, les surjets, les coutures pour les petites filles ! Heureux garçons ! pour vous le découpage et le tt;essage, les papiers de couleur à assembler, vous préparant plus gaîment aux travaux mutuels ! Croyez-vous que ces premières notions, sur lesquelles repose tout l'avenir scolaire de l'enfant puissent être suffisamment établies ? Croyez-vous qu'une institutrice puisse accomplir ce tour de force, et non pas avec quinze ou vingt élèves, comme il le faudrait pour qu'elle puisse s'intéresser à l'enfant individuellement, mais avec une cinquantaine et souvent plus. Elle y perdra bientôt l'élan de son entrée dans la carrière, son beau rêve de se faire la mère de tous ces petits, sa curiosité de les connaître. Elle souffrira de l'effort vainement dépensé pour une œuvre imparfaite. L'enfant, lui, gardera de tels clébuts, dans le monde intellectuel, des idées fausses et incomplètes, des habitudes de négligence et d'à-peu-près qui, pendant des années, sinon pour toute sa vie, entraveront ses progrès. On parle de surmenage intellectuel : c'est à la première année primaire qu'il faut appliquer le reproche. Les premiers pas bien guidés, la route se poursuit plus facile. Mais, direz-vous, l'école enfantine, d'après le programme, a fait la moitié du chemin ! - Sur le programme, oui, mais dans l'application, non pas ! Et n'allez pas le lui reprocher ! Elle est dans le vrai quand elle exige peu. Elle est peut-être aussi dans le vrai l'école primaire qui fait .
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12 comprendre à l'enfant que la vie n'est ni un jeu, ni une fête, et qui l'aguerrit pour le futur combat. Qu'une douce familiarité règne entre la maîtresse et les enfants, et que, par degrés, on arrive à cette discipline indispensable pour les années futures, mais qui, brusquement imposée, donne le dégoût de l'école aux bambins, si heureux O.-M. dans les jardins d'enfants. La myopie dans les écoles Des recherches faites par M. le docteur Sulzer sur le rléve-loppement de la myopie dans nos écoles, il rtisulte que la myopie s'accentue à mesure que les classes scolaires s'élèvent. 0 n trouve dès le début de l'école primaire un certain nombre de myopes. Leur nombre augmente peu dans le cours de l'école primaire, mais leur degré de myopie s'iJ.CCentue graduellement. La myopie n'augmente que très peu à l'école professionnelle, probablement parce que l'enseignement y est surtout oral et · auditif et que rles récréations ont lieu après chaque leçon . Au début, la myopie est le plus souvent monoculaire; lorsque, plus tard, elle est devenue binoculaire, le degré en reste pendant quelque temps inégal pour les deux yeux. Ce fait doit être attribué à !;inclinaison de la tête. Les élèves prennent une position vicieuse à cause de l'écriture penchée. La myopie commence par l'œil droit, vu l'inclinaison de la tête à droite observée le plus souvent. Cette inclinaison demanderait, pour donner des images également distinctes des deux yeux, une accommodation différente de chaque œil. Or, cette condition est impossible à remplir. Il arrive donc que l'œil le plus rapproché de l'objet y supplée par son élongation; puis, cet allongement permet un rapprochement plus grand de l'œil vers l'objet fixé. C'est cette circonstance qui rend la myopie binoculaire et progressive. Il faut donc: éviter l'inclinaison de la tête par l'écriture droite sur papier droit. qui devra remplacer l'écriture inclinée et qui rétablira le parallélisme entre le papier et la ligne basale qui joint les centres optiques des deux yeux. Faciliter la bonne position des élèves par un éclairage suffisant des locaux scolaires et un mobilier approprié à la taille des écoliers. Si le pupitre est trop bas, l'enfant se penche en avant, il lui est impossible de tenir sa tête droite sans se fatiguer; si le pupitre est trop haut, la tête de l'élève sera trop rapprochée de son papier. Il faut se résoudre à meubler une
même classe de bancs de hauteurs différentes, cela est absolument nécessaire, à cause des différences de taille qu'on observe chez les enfants du même âge. Les expériences faites avec l'écriture droite ont partout donné des résultats satisfaisants ; cette écriture vient d'être rendue obligatoire pour Jes écoles autrichiennes.
PARTIE PRATIQUE Sujets donnés aux examens de recrues de 1894 CA.LCUL ECRIT 1. 4. 9023 citoyens votent pour l'acceptation d'une loi 2768 citoyens pour le. rejet. Avec q.u~lle majorit~ la loi est-elle ~cceptée? 3. Que dOit payer au la1t1er une famllle pour le mois de janvier si elle emploie journellement 5 litres de lait à 18 cts le litre? ' 2. B doit l'intérêt de 675 fr. au 3 Ofo. Combien de fagots à 15 cts le fagot, devra-t-il livrer pour n'acquitter de sa dette?' 1. Quel capital ajouté à son intérêt annuel, au 41/?. Ofo, donne la somme de fr. 3780.65. 2. 4. Quelqu'un a. acheté 2 paires de bas, à. fi·. 1.35 la. paire · une paire de souliers, à fr. 12.80. Qu'a-t-il à payer? ' 3. 9 hectolitres reviennent à fr. 508.50. Que coûte 1 hectolitre? 2. Une certaine quantité de marchandises, achetée pour 350 fr. le q, ayant souffert pendant le dépôt, doit être revendne avec une perte de 4 Ofo. À combien reviennent 65 kg ? 1. Un tuyau de fontaine débite en 4 minutes 5 l. · un autre en 5 minutes 6 l. Combien de temps avant l 'autre le' premier tuyau aura-t-il l'empli un bassin long de 1,8 m, large de 0, 7 m. et profond de 0,6 m. ? S. 4. J'achète deux paires de souliers, à fr. 12.75 la. paire. Que dois-je encore ajouter à ma pièce de 20 fr.? 3. Une propriété estimée à 30000 fr, doit être revendue le tj8 meilleur marché que le prix d'estimation. Que vaut la propriété actuellement? 2. Un. emplo;v~ avec un traitement annuel de 2190 fr. paye pour le mo1s de JUlllet un remplaçant dans la même proportion que son· traitement (par jour). Combien reçoit le remplaçant ? 1. Quelqu'un possède la somme de 18 250 fr. A quel taux doit-il placer cet argent, pom· en retirer une rente journalière de fr. 2.50? 4. 4. Le den~ier compte de mon tailleur est de fr. 48.70; le compte du cordonruer de fr. 19.85. Que dois-je payer en tout? 3. ~on voisin me do~t 100 fr. ~'a.i pris chez-lui au mois de janvier JOurnellement 6 litres de la1t, à fr. 0.18 le litre, Que me doit-il encore? 2. Autour d'une place longue de 80 m., large de 60 m. on a. planté des arbres fruitiers espacés de 7 en 7 m. Quel est le rapport de cette plantation si le produit d'un arbre peut être évalué à fr 18.75? . 1. Un négociant achète 80 m de drap à fr. 8.50 le m et 120 m à
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fr. 9.40 le m. Il doit revendre la première partie avec une perte de 41/ 2 % tandis qu'il revend la 2m• partie avec un bénéfice de 25 o;0 • Quei est pour toute la marchandise le tant 0 / 0 de son gain? 5. 4. D'un tonneau contenant 685 litres je tire 495 litres. Combien de litres restent encore dans le tonneau ? 3. Combien un père de famille et son fils gagnent-ils en une année, sachant que le père gagne par mois 175 fr. et le fils fr. 18.60 par semaine ? 2. Quel intérêt rapporte la somme de 18640 fr. placée au 33/, % en 8 mois? 1. La coupe d'une barre de fer, longue de 3,2 m, est un. carré. ~e 5 cm de côté. Quel est le poids de cette barre ? (Le poids speCIfique est 7,78). 6. 4. Altorf compte 2553 habitants, Schwyz 6624, Sarnen 39<!0 et Stanz 2462. Combien d'habitants en tout comptent ces chefs-lieux? 3. Combien coûtent 371f2 kilogrammes de café, si le kilogramme coûte fr. 2.64 ? 2. Un jardin long de 22,5 m a une surface de 427,5 m2. Quelle est s& largeur 1 1. Quel capital, placé au 33f• %, rapporte du 16 mars au 31 décembre un intérêt de fr. 213.25? (365 jours.) 7· 4. Pendant quatre années successives 712, 930, 961 et 819 personnes ont émigré du canton de Zurich. Combien en tout ? 3. Un chargement contient 9975 kilogrammes de pommes de terre. Combien de sacs en peut-on remplir, si chaque sac contient 96 k.g? 2. Quel intérêt rapportent 4284 fr., placés au 31/2 %pendant 7 mois ? 1. M. vend le quintal de sucre à fr. 49.50. Combien a-t-il acheté le q. s'il gagne le 121/ 2 % du prix d'achat? S. 4. Un ouvrier gagne par an 720 fr.; il en dépense 639 frs. Que lui reste-t-il? 3. 12 petits pommiers m'ont coftté fr. 28.20; 15 petits .P?iriers fr. 29.25. Combien un pommier coûte-t-il de plus qu'un pomer ? 2. Une ville avait, il y a quelques années, 17 860 habitants. La population a augmenté du 15 o;0 , Combien compte-t-elle actuellement d'habitants? 1. Dans une faillite le passif se monte à 60 000 fr. l'actif à 21 300 Combien Of0 reçoivent les créanciers? . 9. 4. Une division d'armèe compte 538 officiers, 1702 sous-offiCiers et 10 472 soldats. Combien y a-t-il d'hommes en tout? 3. Sur un toit il y a 56 rangées de tuiles ; chaque rangée compte 85 tuiles. Combien cofttent ces tuiles, à raison de 12 fr. le cent? 2. Dans une faillite les créanciers retirent le 38 % de ce qui leur est dû. Combien reçoit l'un deux pour une créance de 1204 fr.? 1. Quelqu'un place, trois années de suite, au premier janvier, 400 fr. à. la caisse d'épargne. Combien peut-il retirer de capital et intérêt au bout de la troisième année? L'argent est placé au 3 1/ 2 °/0 • (Calculer l'intérêt des intérêts.) 10. 4. Quatre compagnies de chemin de fer ont 219, 203, 457 et 187 wagons. Combien ces compagnies en ont-elles ensemble ? 3. Un propriétaire de vignes vend 12 hectolitres de vin, à 65 fr. l'hectolitre. Combien, avec cela, peut-il payer de journées, à fr. 3 . la journée?
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Les 864 fr. que j'ai à. la caisse d'épargne deviendront quelle somme en y ajoutant les intérêts au 33/ 4 % pendant 7 mois? 1. Un champ a un contour de 99,6 m, et une longueur de 5 fois la largeur. Combien de m2 a-t-il? 11. 4. Un agriculteur récolte 265 quintaux de pommes et 178 quintaux: de poires. Il en revend en tout 319 quintaux; quelle quantité de fruits lui reste-t-il ? 3. Un mètre de toile coftte fr. 1.28. Combien coftteront 29,75 mètres? 2. Un héritage de 71 680 fr. avec l'intérêt de cette somme pendant 6 mois, au 4 Ofo. doit être également réparti entre 7 personnes. Quelle est la part de chacun ? 1. Une pièce de terre de forme rectangulaire a. une surface de 1137,5 m2 et une longueur de 65 m. Quel en est le contour? (A suivre)
COMPOSITION
a. Tous les sujets peuvent être traités sous forme de lettre.
b. Dans le choix des sujets, on ftendra compte autant que
possible des occupations des recrues. 1. Le printemps de cette année. 2. Les récoltes de cette année. 3. Comment un jeune homme peut-il conserver les connaissances acquises à l'école! 4. Engagez un frère cadet à fréquenter l'école professionnelle de la ville où il est en apprentissage. 5. Utilitè des exercices physiques. 6. Rendez un frère attentif aux inconvénients de changer trop souvent de patron. 7. Demandez à un maî•re d'état des renseignements sur un ouvrier qui cherche du travail. 8. Un jeune ouvrier renseigne son maître sur la belle place qu'il occupe à l'étranger. 9. Donnez à un frère absent des nouvelles d'un évènement qui s'est passé chez vous ou dans une localité voisine. 10. Recommandez à un ami de ne pas act;epter une place l)our laquelle il n'est pas fait. H. Recommandez ua bon ouvrier à un patron qui vous demande des renseignements. 12. Conseillez à un apprenti da partir pour l'étranger aussitôt son apprentissage terminé. 13. Conseillez à un ami d'employer ses loisirs à quelque chose d'utile. 14. Mon or.cupation favorite. 15. Refusez d'entreprendre un travail paree que vous en avez déjà trop. 16. Un fils qui a une belle place envoie un cadeau à ses parents.
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17. Invitez un ami à se rendre dans votre localité : votre patron a beaucoup de travail et cherche de boos ouvriers. 18. Avisez votre père absent de la nécessité où vous avez été d'abattre une vache, et renseignez-le sur les dom-· mages. 19. Un ouvrier prie ses parauts de placer son jeune frère en appreotiseage en ville ; il motive sa demande. 20. Annoncez à un a mi que vous vous êtes établi à votre compte à N . 21. Chargez quelqu'un de vous acheter une pièce de bétail ou un objet quelconque à la foire. 22. Demandez à un ancien maître s'il pourrait vous occuper· l'hiver prochain. 23. Remerciez un bienfaiteur qui vous a procuré une bonn& place. 24. Un artisan demande une prolongation de temps pour terminer un travail. 25. La forêt et son utiiHé. 26. L'eau et son utilité. 27. Remerciez une personne qui vous a témoigné de la sympathie dans un malheur. 28. Commandez à un hôtelier un diner simple pour une so-·· ciété .de 25 personnes. 29, RensE~ignez un ami sur ce jour-ci. 80. Faites une demande pour une famille dont le mobilier a été incendié. Anecdotes scolaires.
Le maît1·e : Qu'est-ce que la médisance? L'élève : C'est un mensonge qui n'est pas vrai, monsieur. Le maît1·e: Eléve B. Commeut eat partagée la terre 1' L 'élève: Monsieur, la terre est partagée en cinq a unes. Le maître : Quelle est la plus grande ville d'Italie 1' L 'élève (gravement) : La pius grande, la plus belle ville d'Italie,.. c'est Je Vésuve. Le maître: Quelles paroles prononça saint Remi en baptisant Clovis? L'éleve : Courbe ton front, fier Sycomore, brllle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brû.lé. Le m aître : Pas mal! Dites-moi maintenant quelles sont les cinq· parties du monde. L'élève : Monsieur, les cinq parties du monde sont : La Suisse,. le soleil, la lune, le Rhône et le lac de Constance.
•otM publloatlon. - L'apparition do N•t de l'Ecole primaire a été exceptioooellemeo~ retardée pour la p6rlode 1894.-95 ensuite des grands travaux dont est surchargée l'imprimerie du journal à l'approche et à l'occasion do Grand-Conseil. La publication fournira d'ailleurs peot!aot le cours scolaire les 12 livraisons ordinaires, chacone avec supplément de 8 ou 16 pages suivant la matière.
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Le Jeune Citoyen Le .Jeune ()I&OJ'eD, journal fondé il y a 10 ans, dans le but d'être utile aux jeunes gens qui oot l ae préparer pour les examens de recrues, o'e" pas un inconnu. Les témoignages de sympathie qui loi sont parvenus jusqu'ici sont la preuve que le but poursuivi a été en grande partie atteint. C'est pourquoi il veut continuer son œuvre et travailler encore à améliorer l'instruction de notre jeooeesl\1 de telle sorte qu'elle poisse se présenter convenablement préparée pour subir les examens fédéraux de recrues et contribuer ainsi à donner l nos cantons romands un rang honorable parmi les cantons de notre chère suisse. Comma l'année dernière, le Jeune ()l&oyen a paru en on seul numéro, à fin octobre. La matière qu'il contient se rapporte toute entière au programme à parcourir en vue d'one préparation sérieuse aux eumeos de recro . s: Lecture : Morceaux donnés dans les examens et sujets divers ; le tout précédé de directions et conseils. Arithmétique: a) Calcul écrit et calcul oral: problèmes donnés dans les examens, publiés avec solutions raisonnées. - b) Problèmes divers, donnés aussi avec solutions. Compoaition : a) Rédaction de sujets
d'examens . - b) Rédactions de sujets divers. - c) Sujets indiqués. Civisme : a) Histoire. - b) Géographie.c} Instruction civique. Le programme fédéral des examens de recrues est ainsi exactement suivi. Quelques chants patriotiques terminent le volume. P rix: 1 fr. 50. - A la librairie F. Payot, l L&IISIDDe.
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La Saint e Hostie! i Le firmament est son trône, la terre son marchepied, l'Eternel est son nom, l'Infini s on essence. Par delà les siècles il règne ; toute grandeur s'élève et se mesure ~n lui, mais de sa puissance et de sa beauté supr ême, cherchez la merveille par excellence. C'est l'Hostie 1 Sous les voiles de la nature un Dieu se cache ; c'est l'auguste Trésor l Perle unique de salut l Qu'êtes- vous donc, ô Hostie f - Beauté divine et pure l immolation parfaite l admirable harmonie l tout est là dans l'Hostie l Sang du Calvaire 1 clartés du Thabor ! puissance incomparable l étoile de la vie 1 sommeil aux divins songes 1 vous ê tes là , dans l'Hos tie 1 Fontaine des saintes larmes l séraphiques ardeurs 1 tièdes brises 1 parfums des solitudes vierges 1 vision pure et sans forme 1 réalité divine, vous êtes là dans l'Hoatif 1
Regard qui troublez le pécheur, sourire qui changez les â mes ! voix éloquente du Sauveur 1 vous êtes là dans l'Hostie l Abri des illusions, des ombres et des figures l rayons dorés du temps, avant-goût des joies futures 1 souffle de la patrie 1 arches divines et sûres 1 vous êtes là dans l'Hostie l Céleste rosée d'Eden ! paix profonde , inaltérable r éternelle j eunesse, vous êtes là dans l'Hostie l Baume de toutes les blessures, refuge de tous les âges 1 vous êtes là dans l'Hostie 1 Hostie pure, Hostie sainte, fleur de l'amour, dont la croix est le fruit., embaumez notre vie, cette tente dressée pour un j our. Sous les douces ombres du mystère donnez- nous le Bien-Aimé, e~ avec lui toute la foi concédée à l'exil. P énétrez nos âmes, ô Hostie sainte, et après avoir été notre pain de chaque jour, donnez-nous dans la gloire celui que nous avons tant aimé dans son suprême amour 1 (:1) P age retrouvée dans les papiers d'un humble serviteur de Dieu. Ces pieuses aspirations conviennent bien pendant le mois du Sacré Cœur.
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Du prunier Bien modeste est la taille, plus modeste encore le rang que le prunier occupe parmi nos arbres fruitiers. La nature de notre sol et les belles expositions que lui offre le Valais, lui sont on ne peut plus favorables; sa prodigieuse fertilité aurait dû depuis longtemps le faire chérir de tous les arboriculteurs. Malgré ses droits à notre sympathie, c'est à peine si chaque f2mille en a quelques pauvres échantillons, étant abîmés chaque anné~ à l.a cueillette. On Je tolère néaamoins, non que son produit soit estimé de quelque valeur, mais comme moyen de procurer aux enfants surtout une agréable satisfaction, de contenter la gourmandise, péché mignon de tant de gens, sans que l'on s'en doute. Un bon point à ce vice cependant si justement honni, pour avoir contribué à conserver et même augmenter les variétés de pruniers. Plusieurs espèces de prunes conviennent particulièrement pour la confiture, mais le paysan, d'ordinaire peu gourmet, dédaigne la friandise ; on en tire une ~xcel lente eau-de-vie qui, pour les buveurs de professiOn, a cependant le défaut de ne pas gratter assez le gosier ; puis à la campagne on a le bon esprit de se méfie.r du schnaps en général. L'agriculteur, très sensé et pratique, n'édifie, ne plante qu'autant qu'il est assuré d'en retirer un bénéfice, ce qui, jusqu'à nos jours, n'était guère possible avec Je prunier, vu la difficulté du transport et de la conservation de son fruit et le peu d'extension de son commerce dans notre pays. Si méconnu chez nous, cet arbre a été justement apprécié ailleurs, où il a apporté le bien-être et l'aisance; preuve en est la culture sur une très grande échelle de la reine-claude-verte et du pruneau dans les départements de Lot-et-Garonne et de Tarn-et-Garonne, où la récolte moyenne annuelle est évaluée à plus de quinze millions de francs; bien des propriétaires récoltent plus de 20,000 kg. de prunes de la valeur de plusieurs milliers de francs. Voilà un beau rendement, des plus propres à faire venir l'eau à la bouche et à accroître la réputation du prunier. Dans un temps où le protectionnisme et la guerre des tarifs sont à l'ordre du jour, il est de l'intérêt! du. devoir dE~ chaque pays, de chacun même, de veiller ~ se suffire 'à ses besoins. En introduisant dans notre Sutsse
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-romande le commerce très lucratif de la prune cuite et de la prune confite, les capitalistes seraient sürs de placer leur a1·gent à gros intérêts, viendraient en aide à l'agriculture nationale et feraient œuvre patriotique. La Société des conserves alimentaires de la vallée du Rhône est entrée dans cette voie ; elle utilise la prune pour les confitures et en 1893, elle en a acheté pour plus de 50,000 fr. (sauf erreur, surtout pèches, abricots et reines-clau des). Le co.nmerce de la p1·une cuite serait non moins avantageux. Propriétaires embarrassés de vos prunes, adressez-vous à la Soeiété sus- nommée et vous trouverez un excellent débouché. Assurés de pouvoir échanger des fruits qui se décomposeraient d~ns quelques jours contre de l'argent comptant, des culttvateurs soucieux de leurs intérêts ont plantés sur leurs champs des pruniers, des abricotiers, d~s pèchers, etc.; puissent ces exemples trouver de nombreux imitateurs 1 Comme je l'ai dil au début, notre sol riche en général, le soleil tempéré du midi, nos hautes montagnes contre lesque1les viennent se briser les grands vents qui produisPnt ailleurs des dégâts irréparables, font de notre pays un coin de terre privilégié pour la culture du prunier; ajoutons encore que nous n'avons pas à souffrir, comme sur les bords de la Loire et de la Garonne, des brouillards et des vapeurs salines si préjudieiables à la fructification. Une fois couronné et la charpente bien équilibrée, il exige très peu de soins; il peut être cultivé dans les vignes, les champs, les jardins, sans nuirfl pour ainsi dire aux autres récoltes; il veut un terrain fréquemment remué et bien ameubli ; il a une prédilection marquée pour les bords des jardins et s'accommode plus facilement d'un sol trop humide que trop sec. Pour n'avoir pas de mécomptes, évitons de le planter dans les prairies. . . Le prunier drageonne beaucoup et 11 est fac1le de le multiplier par ses rejetons; mais. il est P.référa~le d'avoir des arbre~ provenant de semts, car 1ls l'!eviennent plus forts, sont plus fructifè1·es et durent plus longtemps. Pour faire les semis, aussitôt la pulpe enlevée, placez le noyau en terre; s'il est sec la germination ne peut se produire. Dans la région de la vigne, la pê che et l'abricot, cha<JUe joUI' plus recherchés, doivent ~tre préf~rés; quelques espèces de pruneaux et la reme- clauae-verte, la
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plus estimée des prunes, donn~nt des fruits propres au· commerce jusqu'à deux o~. tro1s ~ents ~ètres au-dessus de cette région. Les var1etés doivent etre adaptées au sol, à l'exposition et au ge~re ~e c?mmerce auqu~l elles sont destinées. Le pêcher, 1abrJcoher. eL m~me 1 amandier réussissent très bien sur le prumer ; BI donc nous avons des arbres dont nous ne pouvons écouler les pro· duits, transformons-les par la grefte pratiquée co~me celle du cerisier mais un peu plus tard. M. S., mst.
Les propl'létès hygiéniques des Iéaumett On lit dans Je Cultivateur de la Champagne Comme, malgré tous les pro~rès, ~ous . serons . toujours obligés de manger pour V~ Vrd, Jl do!t aVOir UD avantage à étudierles propriétés hyg1émque~ des légumes, qui entrent si abondamment dans notre ahmeotation. En présentant modestement quelques obser~a tions sur ce sujet, je n'ai absolument aucune prétentJ.?~ à la science : je me bornerai à résumer le peu que. J at appris sur cette matière qui. rentre .dans..la bota01que appliquée; en un mot, je ferai ressortir br1evement. que l'usage bien réglé des légumes dans nos repas cootnbu_e puissamment à nous conserver ~ne bonne. sa~té, condition essentielle pour bien culhver nos Jardms et nos
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Quelques-uns ont admis ce principe : c J?•s-mOI ce que tu manges, je te dirai ce que. tu peux faue. ~ Sans aller aussi loin il me parait évident qu~ les ahments sains et appropriés à chaque saison donnent aux travailleurs les forces qui leur sont nécessaires. Laissez-moi d'abord vous expliquer les termes les plus usités pour désigner le~ v,ertus des piantes; . L'antiseptique est celle qu1 s oppose à la putrefactiOn~ Exemple : l'ail. . . . L'astringente est celle qu1 resserre les tissus. Ex.. la racine de fraisier. .. La calmante est celle qui diminue la sensib1hté. Ex. : I,asperge. . . . . d La carminative est celle q01 fa1t sortir les gaz e l'estomac. Ex. : la graine de carotte. La dépurative est celle qui. enlève aux hu~eurs .les principes nuisibles. Ex. : la chicorée sauvage, d1te amere.
La diurétique est celle qui augmente la sécrétion des urines. Ex. : l'asperge, l'oseil, l'oignon. L'émolliente est celle qui relâche, détend, ramollit. Ex. : la bette, l'épinard, le navet, la courge. L'expectorante est celle qui fait cracher. Ex. : le cresson. Le fébrifuge est celui qui agit contre la fièvre. Ex. : l'ail, l'artichaut. La laxative est celle qui augmente les selles sans irriter. Ex. : l'épinard, le navet, la laitue, la mâche ou levrette. La pectorale est celle qui soulage dans les maladies de poitrine. Ex. : le chou rouge. La rafraîchissante est celle :JUi étanche la soif. Ex. : l'épinard, la laitue. La stomachique est celle qui donne la ligueur à l'estomac. Ex. : le radis. La tonique est celle qui fortifie les organes. Ex. : la chicorée. ·La vermifuge est celle qui provoque l'expulsion des vers. Ex. : l'ail. Abordons maintenant les principaux légumes, en les présentant dans l'ordre alphabétique. L'ail se trouve en tête de la liste. C'est le premier assaisonnement des cuisines fortement épicées, surtout à la campagne. Il aiguise l'appétit, facilite la digestion. Certains estomacs le supportent difficilement. De plus, il est diurétique, fébrifuge, antiseptique et vermifuge. Ce sont là des qualités plus ou moins sùres. ~A l'extérieur, l'ail est rubéfiant comme la moutarde. On dit aussi que, appliqué sur les morsures de vipère, il détruit le venin. Mieux vaut encore les cautériser. L'arroche est la plante que les fermières appellent l'armou. Ses larges feuilles sont adoucissantes. On en met dans les bouillons de veau et de poulet. Elles servent aussi à faire rles cataplasmes émollients. Les graines paraissent être légèrement purgatives. L'artichaut est fébrifuge. Les cultivateurs du Berry, qui souffrent des fièvres intermittentes, avalent, pour s~en guérir, de la feuille d'artichaut. Quelques personnes boivent, dans quelques cas, des infusions de feuilles fraîches ou desséchées, à raison de 15 à 30 grammes par litre d'eau bouillante. D'autres font bouillir la racine d'artichaut dans du vin blanc et boivent cela pour combattre l'hydropisie et la jaunisse.
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L'asperge jouit partout d'une grande réputation pou~ ses propriétés apéritives, diurétiques et calmantes. La soupe aux asperges soulage dans les affections de la vessie et dans certains rhumes. Les racines sont également diurétiques, les jeunes pousses ont une action calmante sur la circulation du sang et particulièrement sur les mouvements du cœur. La bette ou poirée sert dans les fermes à envelopper le beurre. Ses larges feuilles sont émollientes et adoucissantes. elles entrent dans la confections d'herbes. Oc en fait aussi des boissons employées contre les intlammations des intestins. Chacun sait _que les feuilles s'emploient au pansement des plaies des vésicatoires. La betterave à salade est un aliment sain et rafraîchissant. On en fait des salades excellentes dans les fermes. La carotte ou raciae jaune est un légume bienfaisant contre les maladies de foie. Râpée ou écrasée eL appliquée sur les dartres, la carotte apaise les douleurs et les fortes démangeaisons.; Le céleri est une plante à salade peu cultivée dans les fermes. Elle est saine, agréable, apéritive et diurétique. Les graines sont excitantes et carminatives. Le cerfeuil ost excitant et diurétique. On l'associe à toutes sortes de mets. On l'emploie surtout pour aromatiser les bouillons. La chicorée offre de nombreuses variétés. I.a chicorée amère ou sauvage est toniaue, laxative, fébrifuge et dépurative. Le chou a eu autrefois une grande réputat10n hygiénique. Les Romains, disait-on, se sont passés de médecins pendant plusieurs siècles; mais alors ils consommaient beaucoup de choux. Le chou rouge a des propriétés pectorales. Pour les personnes robustes, les choux Ront un aliment très sain, et à la ~ampagne on en fait une grande consommation. Ils passent pour être gras pa~ eux-mêmes, probablement parce qu'on les fait cuire habituellement avec du lard, du bœuf ou des volailles. La courge fournit un aliment sain, adoucissant, qui apaise la chaleur et l'irritation des viscères. Les tartes à la courge sont un vrai régal à la campagne. Le cresson a des propriétés connues partout. C'est, en effet, une plante dépurative, diurétique et expectorante. Le cresson excite l'appétit et fortifie l'estomac. Toute-
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fois, les personnes nerveuses doivent en user modérément. L'échalotte a des propriétés analogues à celles de l'ail, mais elle a une saveur moins forte, ce qui la fait préférer à l'ail à bien des personnes. L'épinard est sain, rafraîchissant et laxatif. On en met dans 1eR bouillons rafraîchissants, avec de la laitue et du cerfeuil. La fève est un aliment recherché, agréable. La farine de fève s'emploie en bouillie contre les diarrhées persistantes. On en fait aussi des cataplasmes légèrement résolutifs. Le fraisier est diurétique, apéritif et astringent par sa racine. Cette racine sert à faire des décoctions qui rendent des services dans les hémorragies. Les fraises conviennent aux tempéraments sanguins. On prétend que des personnes ont été guéries de la goutte en mangeant des fraises matin et soir. Le haricot est un légume sain et appétissant quand il est bien cuit et bien préparé. Les haricots verts sont aqueux et peu nourrissants ; l'enveloppe du haricot, appelée parchemin, le rend plus ou moins indigeste et venteux pour certains estomacs délicats. La laitue est un aliment qui tempère la soif et procure du sommeil. Les feuilles servent à faire des cataplasmes émollients. La mâche ou levrette, ou encore doucette, est adoucissante et laxative. Le melon. mangé avec modération, est doux, sucré et bon à l'estomac pendant les chaleurs. Quand les chaleurs sont passées, on le dit fiévreux. Le navet fournit un aliment sain et laxatif. L'oignon est excitant, diurétique et v~rmifuge. L'oseille est tempérante, diurétique et rafraîchissante, et de facile digestion. Le persil est un condiment diurétique. Le pi!'senlit augmente aussi la sécrétion des urines. Le poireau est le légume le plus employé dans la soupe. Il est diurétique, expectorant et émollient. On en fait cuire qu'ou applique sur les abcès et les panaris pour les guérir. Le pois est un bon légume. Les purées de pois sont de facile digestion. . La pomme de terre est un aliment agréable et nutritif. La pulpe sert à faire des cataplasmes adoucissants con-
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tre les dartrtos, les éruptions douloureuses, les gerçures . Les radis sont excitants, apéritifs et stomachiques. LA salsifis est un aliment nutritif et pectoral. Le scorsonère a une racine moins sucrée, mais également saine et délicate. De ces quelques notes on peut conclure que tous les légumes sont. à divers degrés, utiles à la conservation de la santé. Mais je ne veux pas dire q•l'il soit bon de se nourrir exclusivement de tels ou tels légumes sous prétexte qu'ils ont des qualités bienfaisantes. ' Les meilleures choses deviennent nuisibles si la conso~mation en ~st exagérée, et il est. ~ien établi que la vartété des ahments est une condltton indispensable générale, universelle pour le maintien de la santé . L~ règle à observer dans l'usage des légumes est de les consommer à l'époque où ils arrivent à leur développement. Dès le printemps, nous aimons et uous recherchons la mâche, le cresson, les asperges, la chicorée, le radis l~:~s fraises, les pAtits pois. Lors des chaleurs, nous e~ calmons les ardeurs par des salades de laHue. Plus tard arrivent les excellents haricots verts, les fèves, les ca~ rottes, les melons, les navets, les courges. A peu près dans toutes les saisons, on a l'ail, l'échalotte, le poireau le chou, l'oseille. ' Puissent ces lignes trop incomplètes inspirer, du moins, l'idée ete mieux cultiv~r les légumes si utiles on le voit, pour le maintien de la santé des travailleurs:
Une femme d'autrefois
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(Dédié à l'Ecole primaire, par MARro ••*.) Time is money, disent les Anglais, - le temps est de l'argent, - et ils ont grandement raison. Par malhetu, la plupart des gens, et notamment les femmes et les je~nes filles ~e l'entendent point ainsi. C'est l' opposé qm, au contratre, sonne le plus souvent à nos oreilles: c Ce que l'on ne fait pas aujourd'hui, on le fera demain :t, - entendons-nous répéter à chaque instant. Cette phrase nous froisse, en tant que nous la con~i dérons comme le refrain de l'insouciance et du lalssera~le~, et qu'elle dénote chPZ ceux ou celles qui parlent amst des vues courtes, et une absence visible de jugement.
A chaque iour suffit sa peine. Pourquoi donc surte lendemain du fardeau d'aujourd'hui f Il est
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du reste à remarquer que les occupations que l'on remet ainsi au lendemain, ne se font ni le lendemain, ni les jours suivants, et sont renvoyées aux calendes grecques. De là le désordre, le manque d'exactitude, qui sont, si J'on peut s'exprimer ainsi, - la marque de famille, de beaucoup de ménages. Les toiles d'araignée qu'un coup de balai prest~:~ment appliqué eût fait disparaître le premier jour, subsistent, s'étalent, grandissent à vue d'œil, tout simplement parce qu'il n'a pas plu à la maitresse du logis ou à ses filles de tendre le bras pour les enlever. Ceci n'est qu'un exemple entre mille, car tout est à l'avenant; et pour peu qu'on porte ses regards autour de soi, on arrive bientôt à comprendre que c'est à cette habitude invétérée de remettre au lendemain ce qui doit être fait le jour même, qu'il faut attribuer la déchéance et la ruine de bien des familles.
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* de tante MargueTelle n'était pas la *fc1çon de penser rite de la Chaumette, ainsi appelée à cause du quartier qu'elle habitait. Une femme comme il serait à désirer qu'il y en eût beaucoup, énergique, intelligente, de sens droit et de peu de paroles. Seule au village, elle tenait un commerce de mercerie et d'épiceries, qu'elle avait commencé quelque 25 ans auparavant. Elevée par sa mère, femme judicieuse, à ne pas perdre son temps, elle en conserva le pli sa vie durant. A une époque où peu de femmes savaient lire et écrire, elle lisait et écrivait couramml3nt, et pour ca qui était du calcul, en eût remontré à un maitre d'école. - Tout ce que je sais, je le tiens de ma mère, qui ne badinait pas, disait-elle souvent. Avec elle il fallait que le mari, les enfants, tout le monde marchât droit. C'est à cette école un peu rude qu'elle avait appris à se lever matin, à laver, à frotter, à nettoyer, à cirer, si bien que chez elle la propreté, le seul luxe qu'elle se permit, reluisait partout. - Telle mère, telle fille. - Si la grand'mère a commencé de bâtir la maison, disaient les voisins, - il faut reconnaître que tante Marguerite a su la mener à bonne ,fin . Ah dame 1 C'est que ni l'une, ni l'autre ne restaient oisives. On ne les surprenait point à bavarder autour des fontaines, ni le soir sous l'auvent des toits.
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- - 10 -Tant de paroles ne font pas l'ouvrage de la maison répondait mère Jeanne aux commères qui la voulaient ret~nir. A peine Marguerite avait-elle été de taille à se mettre au rouet, qu'elle lui avait appris à filer, aussi à 16 ans la jeune fille s'en tirait déjà à merveille, et y mettait son plaisir. .- Souviens-toi que tu ne porteras plus que les cbemtses que tu auras filées toi-même, lui avait dit sa mère la première fois qu'elle lui plaça dans les mains u~ paquet de cette rite blanche, soyeuse, &•ï~entée comme de la soie. C'est le moment de moP~_er si tu es bonne filandière ou non ' En parlant ainsi, la Jeanne avait ouvert le bahut et du doigt le montrant à sa fille : - De ce côté là, h y a place pour tout ce que tu fileras ; ce sera ton trousseau que tu le maries ou non. Sa première toile' Quel triomphe pour Marguerite. Elle ne se lassait pas de la palper, d'en admirer le bien fini. Et comme elle allait recommencer avec plus d'ardeur 1 .L'a~tomne, .l'hiver étaient longs, et le printemps amenatt bien des JOUrnées pluviauses que l'on pouvait e~ployer au .filage., ~n biver, deux hivers passèrent. puts un beau JOUr d éte que la mère revenait de Lausanne, sur le char-à-bancs du cousin Pierre celui-ci déchargea devant la porte un immense ballot' de toile. - Pour ça, c'est ton affaire, dit-il à Marguerite dont les yeux pétillaient .de joie. N'était-ce pas là le nappage à bordure et à damter que la mère venait de retirer du pénitencier où les détenus sont si Labiles à tisser le linge de table 1 Et d'année en année, il en allait ainsi. Le bahut s'empliss.ait, l~s draps s'accumulaient sur les nappes, les essute-maJDs sur les taies d'oreiller et mère et fille continuaient de filer. ' A. 22 ans, ~argueri~e épousa François, un honnête culttvateur, quelle • frequentait • avec le consentement de sa ~ère de}luis deux ans déjà. Les jeunes gens ne possédaient pas grand avoir, mais ils étaient tous deux fort travailleurs. . Marguerite . apport~it un trousseau dont plus d'une rtcharde aurait élé fiere. Non seulement le linge mais les couvertures de lit en laine de couleur nat~relle rangées de bandes aux vives nuances étaient Ron ou: vrage. Il n'y avait pas jusqu'à ses vêt~ments, de solides robes de milaine, qui n'eussent pas été tUées par elle.
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A cette époque, elle portait déjà sur toute sa personne, le cachet de dignité qui alla toujours s'accentuant avec nge. Grande, bien prise, le regard franc, la. dé~arche ferme et modeste, c'était. un de ces types qut denotent dès l'abord la femme qut se respecte.
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Une fois mariés, on n'en trav~illa qu? mieux . .C'était un doux ménage, paisible, régie, où 1 on parlatt peu, œais où toute chose se faisait en son temps. En. peu d'années la famille s'augmenta de la venue de trOIS enfants, deux garçons et une fi~le. Au premier baptême, lorsque le parrain eut, selon l usa~e, dé~osé son ~~dea~ à côté du berceau, FrançoiP, apres avotr remerete, lut dit: - Eh bien, je veux que cet argent porte bonh.eur l mon garçon. Pour cela, je vais le déposer à la Ca~sse d'épargne, où il faudra bien qu'il fasse boule de netge. Ainsi fut fait pour l'aîné, ai~si. po~r les cadets . .L~s livrets à la Caisse d'Epargne s ahgnatent dans le t1ro1r des papiers de famtlle, en attendant que d'autres étren· nes vinssent figurer dans leurs colonnes. Ce seul trait, qui en dit long sur la prévoyance des parents, trouva,. bâtons-nous d.e le dire, de. nombreux imitateurs parmt les gens du vtllage. A parttr de là, les nouveaux-nés de Champagny furent créanciers ,de la Caisse d'épargne àès leur baptême. La vie est un train de guerre, a dit je ne sais quel sage. Le jeune ménage ne tarda pas, à en fai~e l'e~péri?nc~. Un jour que François, avec d autres vtllageots, s étatt rendu à la forêt pour la coupe de sapins qui leur étaient échus par le sot·t, par une de. ces fatalité3 qu'.on, ne peut éviter ou prévoir, le premter arbre auquel tl s attaqua, un vieux colosse branchu, se dét~cba. de sa ?ase~ craqua bruyamment en dévi~nt de la. dtrech?n qut lu1 avait été imposée, et s'abatttt sur le Jeune pere ~e famille qui ne put se garer de son choc. Il en .eut la Jambe droite écrasée. Oo le rapporta sans connatssance à la maison, où le lendemain il dut subir l'amputation du membre mutilé . Dans ce coup terrible, qui en eiH abattu tant d'autres, Marguerite ne sanglotta pas, n~ s'évanouit .pas. Son mari vivait, il lui fallait donc vtvre pour lm, et pour lui servir de soutien. La force d'âme dont elle fit preuve dans cette occasion, contribua plus que toute :>..utre chose à relever le moral du malade. Mais les jours de paisi-
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ble bonhe~r étaient passés. Une ombre triste avait succédé au CJel . serail! d~s preJ?lières années de mariage. Après avo1r r~tlech1, ~éd1té et combiné le pour et le c,ontre! Marguer•,te réus.slt à persuader à son mari que 1 ~ta~hssem~nt d un petit commerce de mercerie et d'ép1ce~les, était une entreprise qui assurerait leur pain et eelm de le~rs enfanta. Le village quoique très-peuplé n~ p~sséda1t pas la plus petite boutique, - lacune quÎ fa1sa1t pousser ~es gémiss.emeuts. à ,mai.ntes ménagères. On ~ommencera1t en pet1t, et s1 l affaue prenait mine de b1en ma~cher, o~ pourrait toujours étendre Je négoce. La ma1son éta1t vaste. Il fut facile d'ouvrir sur la façade la ~evanture d'une boutique. Sous la direetion ~~ :t:r~nço1s et de sa fe~me, le menuisier aménagea l1nte~1eur..Une table mass1ve en occupa le milieu. Des armoues VItrées et des tablettes s'alignèrent contre les murs, d.e lourds crochets d~ fer au plafond, d'autres plus ~et1ts da.ns les embrassures, et de lourdes balances d~ cu1vre poh, prirent la place d'honneur sur le comptoir. On dut a~erl?.er .les biens:. gros ch~grin pour les deux é~oux,. Ma1s c eta~t ce ~Il: 11 y ava1t de plus logique. N ava1t-on pas tOUJOurs d a11leurs la perspective de les repre.ndre lorsque les enfants seraient en âge de les trava11ler ? Plus d'~ne fois Marguerittl surprit son mari à pleurer. Aux fenaisons,. quand les chars chargés de trèfles, de luzern.es, de fom.s fraîchement coupés, passaient devant la ma1son en la1ssant derrière eux de longues traînées od.ora~tes ; aux moi~sons quand les lourds attelages gr1nça1ent sous le p01ds des gerbes, s'avançaient en balançant .leur fardeau d'épis dorés, le pauvre infirme les regard9:1t la J~rme à l'œil. Son cœur se serrait au ressouvemr des Jours de sa vaillance. Alors, détournant la têt~ avec un profond soupir, il passait te revers de ses mam~ sur ses yeux. , P~r . bonh~ur, il trouva dans le négoce un aliment à 1 actlVlté qu1 ~e dév~rait. Après avoir commencé à tenir les comptes, 11 se mAt aussi à servir les clients. Pendant que le~ enfants étaient à l'école, que sa femme vaquait anx s~•.ns du ména~e, ou sarclait l~ jardin, il restait au compt..,u. ~t ce pet1t commerce prospérait à plaisir. Les gens du Village ~omme ceux des environs, n'ayant pas tardé à re~onnaltre que ses marchandises étaient de bonne quahté, renoncèrent à faire leurs achats en ville,
ce que voyant François et Marguerite, ils donnèrent une plus grande extension à leur commerce par la vente de plusieurs nouveaux articles dont le besoin s'imposait à eux. Rien n'excite l'ardeur comme le succès. D'autres, à leur place, eussent dès l'abord donné de plus amples proportions à la vente du bibelot. La pondération calculée des deux apoux s'y refusa, ne voyant dans ce genre d'article qu'un moyen facile pour les jeunes gens de dépenser leur argent. Ils se retranchèrent uniquement comme par le passé, dans la v&nte des objets de première nécessité, visant toujours à ce que la bonne qualité de leurs marchandises, ne donn!t lieu à aucun reproche de la part des pratiques. La contrée étant riche et les paysans toujours munis d'argent comptant, ils n'eurent pas à lutter contre les mauvais crédits qui, dans tant d'autres localités entravent et paralysent le commerce. L'année bouclait toujours par un bénéfice clair et net. - Ce sera pour arrondir Je c Grand Pré • quand les enfants seront grands, disaiL François, avec une lueur de contentement dans les yeux. Arrondir le Grand Pré..... cela avait toujours été son rhe, son ambition. Au couchant du village, ce beau morceau de terrain qui allait s'inclinant vers la rivière, passait non sans raison pour l'un des meilleurs de la commune. Mais à son grand regret, il n'en possédait que le tiers, les deux autres ayant passé par héritage à des cousins établis à Paris. Ceux-ci ayant déjà à pluRieurs reprises manifesté l'intention de se défaire tôt ou tard des biens qu'ils possédaient en Suisse, l'espoir de les acheter était devenu chez François une idée fi:s:e, aussi mettait-il en réserve à cette intention avec une opiniâtreté inflexible, tous les gains qui ne lui étaient pas absolument nécessaires pour l'entretien de sa famille. Mais hélas, il ne devait pas voir la réalisation de son rêve. Cinq à six ans après la catastrophe où il perdit. sa jambe, il fut emporté par la petite vérole qui régnait à cette époque, et fit d'affreux ravages dans la contrée.
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L'épreuve est la pierre de touche des caractères, Marguerite était une femme forte, et puis elle craignait Dieu. Pas un murmure, pas une plainte ne sortit de sa bouche. Seule quand son mari exp1ra, - elle avait
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écarté les enfants, -·eue lui ferma les yeux, l'accommoda sur sa couche, puis ouvrit la fenêtre toute grande. C'était la nuit, une nuit claire et froide. Le ciel était jonché d'étoiles. Penchée sur l'appui de la fenêtre, la veuve joignit les mains, ses lèvres murmurèrant :
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Notre Père qui êtes aux cieux....
Alors il lui sembla sentir un rayon de la paix d'En haut descendre dans son cœur. Des larmes silencieuses qui n'avaient rien d'amer, inondèrent ses joues. Dieu a de ces pitiés pour ceux qui, aux jours de l'angoisse se tournent vers lui. Henri, l'ainé des enfants, avait alors treize ans. C'était un garçon sérieux, travailleur et tout le portrait de sa mère. Puis venait Vincent son cadet d'une année, et enfin Louise, une blonde et belle enfant aux yeux bleus, dont l'expression ferme et résolue rappelait le visage plus viril de son père. Trois jeunes â.::nes de bonne volonté, formées à l'obéissance et au sentiment du devoir. Aucun d'entr'eux n'étant encore sorti dt! J'école, ne pouvait être d'un secours continu à Marguerite; car elle n'était pas une de ces mères qui, sous prétexte que l'aide de leurs enfants leur est nécessaire, autorisent cenx-ci à négliger les devoira que leurs maîtres et maî· tresses d'école imposent à leurs élèves ; aussi pendant la soirée pouvait-on voir ces trois têtes candides penchées sur leurs cahiers. La mère y veillait d'ailleurs, jetant par-ci, par là un coup-d'œil sur le cahier ou sur l'ardoise, et au besoin tranchant d'un mot la difficulté qui faisait crisper l'un ou l'autre de ces jeunes fronts. Les devoirs terminés, avait-on encore du temps devant soi, personne ne restait les bras ballants. Chacun à son ouvrage. Le travail vous sautait dans la main, et nul ne s'en plaignait. La fille au ménage, les garçons à autre chose, jamais on n'entendait plaintes ou récriminations. Pas plus que la mère, les enfants ne s'épargnaient pas. - Chaque chose doit se faire à son heure, - telle fut la maxime à laquelle Marguerite resta fidèle toute sa vie. A mesure que les années passaient, à mesure que de larges fils d'argent se mêlaient à sa chevelure, et que son visage calme et régulier prenait de plus en plus le caractère qui lui était propre, - la vénérabilité, - la considération qu'inspirait à tous cette femme si pieusement énergique, allait en augmentant, On ne l'appelait plus que - Madame Marguerite.
15 - Ab 1 si toutes les femmes lui ressemblaient 1.... -soupiraient plus d'un père de famille, en comparant la bonne tenue de la maison de la veuve au désordre qui régnait chez lui, où du matin au soir les enfants ébouriffés, geignaient, se querellai{'nt et ne faisaient quasiment rien. -- Pour mener son train, il n'y en a point comme elle, entendait-on dire de tous côtés. L'ainé des garçons approchait de sa vingtième année, lorsque Marguerite put réaliser le vœu si ardemment caressé de son mari, l'achat du Grand-Pré. Les cousins de Paris, usant de courtoisie à son égard, lui donnèrent la préférence sur les nombreux amateurs qm semblaient surgir de terre dès que le bt·uit se répandit qu'il était à vendre. Lorsque l'affaire une fois conclue, on lui remit l'acte de vente qui assurait aux siens la possession du plus beau morceau de pré du pays, on la vit porter vivement le papier à sPs lèvres, tandis qu'un flot Je larmes s'échappait de ses yeux. - Oh François 1.... si tu l'avais pu voir 'l.... murmura-t-elle dans un élan d'émotion attendrie. Les années passèrent, vint la pleine vieillesse. Pour Marguerite, ce fut l'âge Je plus heureux de la vi(-1, celui des jours sereins. Entourée de ses enfants, sur lesquels ses exemples avaient laissé une forte empreinte, elle goûtait le bonheur de se voir revivre en eux, tous ayant à cœur de continuer sa tâche. Seules, les mères qui ont ici-bas semé pour le ciel, obtiennent une telle récompense, avant-g01~t sur la terre des joies du paradis. M.a.Rro*••
Les propriétés de l'ail sont multiples, l'ail est incisif, il chasse les vents et excite l'urine ; il brise la pierre et l'expulse des reins et de la vessie ; pris intérieurement, dissipe les viscosités de l'estomac, donne de l'appétit et résiste aux mauvaises odeurs. On le pile et on l'applique extérieurement sur les cors des pieds qu'il consume peu à peu. Appliqué en forme de cataplasme sur une morsure de serpent ou de chien enragé, l'ail est, parait-il, un spécifique et un remède souverain. Pour faire mourir les lentes et les poux, rien n'est
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meilleur qu'un liniment fait d'ail, de sel et de vinaigre,. ou encore d'ail mélangé avec du salpêtre et du vin, et pour la teigne et la gale, un liniment d'ail, de miel et de beurre non salé. La décoction des aulx entiers donnée en clystère ou appliquée sur le ventre ou en forme de fomentation, soulage les tranchées et les douleurs d'entrailles, et j'ai même lu quelque part que, dans les cas de coliques extraordinaires, il suffisait de prendre trois gousses d'ail, de bien les écraser, puis les ayant délayées dans un demi-setier de vin blanc, de bouillon ou de lait chaud, de faire prendre cette potion au malade, pour obtenir une guérison radical9. Dam; les maux de dents violents et provenant de refroidissement, le meilleur remède pour obtenir un prompt soulagement était d'appliquer sur la dent quelques gousses d'ail pilées avec du vinaigre. Les mères devraient avoir soin de faire manger à leurs enfants qui souffrent des vers un peu d'ail avec du beurre frais ou de leur on faire un cataplasme sur le creux de l'estomac, car l'ail est un vermifuge excellent.
XIV•• ANNE E
La question vivante qui agite le monde moderne, c'est de savoir si le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ, demeurera sur les autels, ou si, sous une forme plus ou moins adoucie, la déesse Raison le supplantera au milieu de nous. Et la question ainsi posée ne comporte pour aucun chrétien l'abstention et la neutralité, n'est susceptible d'aucune transaction ni d'aucun atermoiement. Cardinal Pu.:. Dieu a deux manières de nous teair : par ses commandements et par les événements. BossuET. • *• Rien de méprisable comme certains préjugés qui ohangent de signification selon les lieux. Chez lea Ind ous par exemple, il faut être de la caste noble pour être cuisinier ou tailleur. Chez nous, on croirait presque déroger si l'on sait préparer son repas ou faire une reprise à son vêtement. Celui-là seul déroge qui ne faisant rien est à charge aux autres.
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10 Décembre 1~94
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son espace.
Tout ouvrage dont l' Ecole primaire recevra deux exemplaires aura à une annoncP ou à un compte·rendu, s'il y a lieu.
SOMMAI RE: ~.ttention: - ~oël.- L'art de faire apprendre. - La lecture 1 ecole pnmatre. Encore des ouvrages manuels. _ omte d?.me~tique à l'école prima ire. - T rava ux des renees d mstttuteurs. - Partie pratique: Sujets dollnis . c:camms .bl. de rarues de I89.f.· - Calcul ecrit. - D zc . t-'ces. t e.J - B 1 tographie. - Suppléme nt.
qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.