,C HAMPE,R Y
M. ,Micl1elet Jean-Joseph, inst.
SION, 28 Février .935
IÜhampéry
64me Année
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SION, 28 Février 1935.
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No 4.
54me Année.
L'ÉCOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION SOMMAIRE: PARTIE OFFICIELLE: Association des maîtres d~ gymnastique du Valais romand. - COl1Jférence des districts de Monthey et St-Maurice. - PARTIE THEORIQUE: Surmenage scolaire. - Le piège de la nature. - Combattre l'inattention. PARTIE PRATIQUE: Composition. - Analyse littéraire. - Calcul écrit. - Les ISciences. - « NOS PAGES». - Divers. - Nécrologie.
a)
Ces 66 Jeçons étudlent., sous fortne de phrases ou de réoits, les sons siftliples, les diphtongues, les SO:Q.S ~uiv8;leDW, les Etlsonnes et syllab~ muettes. Ces phrases et récits n.'nnt :Ras de pré: ktiop littéraire. Lel\l"-seul but est de faciliter); é na de de la1 éeture, tout en éveiHaent J attention et r'lntél'M e !fin .
PARTIE OFFICIELLE Association des maîtres de gymnastique du Valais Romand
En séance du cOlnité du 10 !février 1935 il a été décidé d'organiser les 'cours suivants: v Vouvry: nir. Bertrand, le 1411l.a'rS 1935 (uTaison d"école); ·St-~1aurÏ>ce : Dir. IP ignat, :le 14 mars 1935 (salle de gY'ln.) ; ~/Iartigny : Dir. Addy, I,e 7 'mars 193'5 (salle de gym.); Orsières : Di'r. Hubert, 'le 14 'lT. 'ars 193,5 (fMaison d 'E,c ole); Chanl.oson : Dir. Dela,loye, le 14 :l nars 1935 (I)!laison d'E,cole) ; Vcx: Dil'. Boh'l er, le 14 nl.ars 1935 ((Maison d'Ecole); Ayent : Dir. Delaloye, le 7 !lnars 1935 CMaison ,d'Eleole) ; Viss'oie : !Dir. Grand, le 14 nlars 193-5 (lMaison d'Ecol'e) ; Les instituir-ÏJces sont vivenl.ent invitées à participer égale111ent à 'Ces cours. L'asselnhlée annuelle de la Société a été fixée au 2'1 mars, à Martigny. L'ordre du jour ,e t les renseignements -complélnentaires paraîtront dans le prochain nUl1l.éro de l'Ecole PrÏInaire et nos ,nl.embres recevront persünnellenl.ent la convoeation. Nous c01nptons s~u une beNe participation. Par ordre du cOlrtÏté: Hubert.
CONFÉRENCE
Districts de Monthey et St-Maurice
La Con1férence annuelle des Instituteurs des districts de Monthey et ISt~Maurice est fixée au jeudi 28 mars, à 14 heures, 'a CoTIo'l11lhey, av'ec l'ordre du jour suivant: 9.00 lMesse Ipour les Imelmbres défunts. H.30 Ouverture de la 'Conférence: 1) ~ffaires administratives;
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2) Lecture des .travaux sur .le sujet fixé: La Protection de la natur,e; 3) Causerie de !Mr le ;Recteur IMa'r iétan; 4) \Divers.
PARTIE THËORIQUE S urmenage scolaire , .On parle fréquelnment de SUflnenage scolaire et pour y rel1:edzeI: on propose, si on.ne l'a déjà pas mis en pratique, de.'! Icductzons de program'mes, d'heures de classe ~' on profite de toutes les occa~ions pOUl' accorder des congés, sans compter qu'on allong~ volontzers ceux qui sont déjà fi x és pal' [es règlements, à tel pomt ~ue l'autorité supérieure doit d e temps en temps réfréner ce relachelJnent dans le travail scolaire. Les sports, eu x aussi, se font les conlplices du fléchissement dans l'appUcotion p ersévérante qu e r equiert le succès dans les études. . Là où le .surmenage est dénoncé avec le plus d e vigueur, c·.e st dan~ les znt,ernats. Que de jérémiades à propos de ces soid1sant pnsons, ou l' on est frustré de toufe liberté et de toute init.!ative:· où l' o.n. e~t accab!é par la monotonie, la régularité et l, ex a.ct!tLzd e mzlltazre du reg/ement, pal' la quantité de leçons cl eindzer, par la 'longu eur des étH'des, alors que tout attire au-dehors: chants de s oiseaux, fanfares qui passent, va et vient de gens bruyants qui pass ent sous les fenêtr es d es pauvres reclus. Et puis, n'entend-on pas quelquefois aussi des plaintes SUI' le réqime, [' ~ntreti e n des locau x, etc. , etc. ? Il Y a vraim ent de quoi emouvozr les cœurs les moins sensibles. N' yen a-t-il pas parmi nos lecteurs un certain nombre qui ont connu ces misères, qui les ont dans certaines occasions dénoncées avec ·une vigoureuse indignation cl l'oreille indulgente de leurs camarades d' études! A ceux. qui ont vécu cette vie !h éroïque, avec ou sans m érites, IlOUS voudrzons m e.ttre sous les yeu x .fa page suivante sortie d e la plUJme de l'émin ent professeur d '11istoire lM. J.ean Guiraud. Elle a été écrite il n ' y Cl pas très longt e.mps et elle montrera que la vie scolaire d'a ujourd'hui, ,m ême ce,[fe des p ensionnats , n' est pas si dure qu' on veut bien le dire. HIER ET AUJOURD'HUI Nos en fants sont surmenés; l eur d évelop,p em·:mt physiqu e r- t in te ll ectuel est .arrêt é ou fa ussé p a r le tra.vail qui leur est impo sé
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au co ll ège et l a vie antihygiéniqu e qu'ils y mèn ent. T el est le cr i d'a larme qu e p oussent p aren ts et m édecin s, professeurs et' élèyes. Ces d el'ni er s t emp s, nombre d'ass em b lées et d'associations ont d élibér é sur cette grave qu estion, 'par ex empl e, l' Aca dém i e de m éd ecine, l es divers Con gr ès pédagogiqu es qui se son t tenu s ·pend ant l es vacances de Pâ qu es à Paris, celui d es Synd icats .de l' en seign em.ent libre qui a eu li eu à Rou en , où n ous avons entendu su r ce suj et un excelleut r apport de M. l'abb é Le · Thuilliel', directeur de l' école d e Mesnières l es Association s d e par ents d'él èves. A l'affût des qu esti on s actu ell es, la presse a r empli nombre d e co lonnes d'ar t icl es et rI e vœu x sur le surmenage, et l e·s grand es revu es ont. exanli né ce p roblèm e en des étud es documentées; cit ons cell e de M . Hunzik er , présid ent -des. Associations d e par en ts d 'élèves de lycée.s, dans la « Revue des Deu x .Mo n des» et c~ll e d'u n maître en pareille matière, le P . Datin, d an s .l es « Etud es ». Une Commi.ssion présidée pm' u n u niversita ire, M . Victor Bérard, sén ateu r d u J ura., a été n onul1ée 'p our étu dier ce problème et présen ter ses conclusions au Parlemen t, et, to uj ours attentive au x prob l è~lles scol aires et dés ir eu se d e do cumenter n os amis d e la Cha.nlbl' e et ·du Sén at, la Société d'édu cation et d 'enseignement a m i s cètte question à l'ordre d u jou r de son ·Com ité de l'enseignement secondaire . D'ailleurs, ell e n est pas no u velle : il y a quelque trenLe ans, u ne Commis::.ion offi cielle a été déjà cl'éée pO U l' étudier les causes de surmenage et y remédier; mais, comme il a r r ive souvent aux Commissions, ell e 11 a pas tro u vé la solution 'ch erchée, p u isqu 'on la cherche t oujou r s ! S'il en est ainsi, il fau t reconnaîtl'e que le probl ème n 'a. de no u veau que l'acuité et la générali té des plaintes qui s'élèvent de toutes p arts. :j:;ji
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Tr availl e-t-on aujourd'hu i p lus qu '.a u trefo is, et le régim e des éta.blissements sco lair es est-il devenu ,p lu s é\7ère encore que par le' p assé? J e n e le crois pas, si je cornpRr e la vi e de l' éco li er d'auj ou d 'hui ? cell e qu e n ou s ' avons menée n ou s-mêmes il y a u n d emi-s iècle, a v a nt qu'on n e p arlâ t d e su r m enage. Internes, nou s étions enf er més cl an s d e v ieill es co.n structions qu e l' on a d e.p ui s sin guli èremen t aérées et transformées, selon l es loi s d e l'hygième m odern e. Qu e l'on comp ar e, p ar exempl e, le vieux ly cée Louis-.le-Gr and d e 1885, d on t la grand e co u r, p uits entourés de qu atr e corps d e b âtimen ts fo rt élevés, remontant _Çl. U XVIme siècle, a u lycée d'aujour d'hui. y avait- il a lors un ly cée Lakan a l, u n lycée ·IvIi ch el et, a vec l eurs p arcs v astes et m agnifiqu es d.on n ant un a il' ivifi an t et repo sant à la fois? No s vi eux coll ège~ " i1i'ésentai ent- il s ces vast es espac es a d a ptés a ux jeux et m êm e a ux sports ?
100 I?ans ces ma:sons sO~bres, froides, insalubres, le régime était austere: une ,sortIe en famIlle par moiss le jeudi et le dimanche, une p~om~nade ou, deux à deux, on allait en rang à un kilomètre de la vIlle Jouer une heure, et revenir en rang deux -à deux' des vacances assurément moins longues, ,p uisque les grandes ne 'com-m ençaient ~ue le 10 ao~t: pour se terminer le 1er octobre, tandis que, de nos Jours, le 14 JUIllet met en déroute, pour des vacances de deux mois et demi, toutes les bastilles scolaires. Rien de plus austère que notre vie ,quotidienne: lever à 5 heures été, à 5 h. 30 en hiver, ce qui nous faisait dormir encore moins que le collégitm d'aujourd'hui; l'étude du soir durait - sans relâche dl' 5 il 8 heures; des classes de deux heures matin et soir et, pardessus tout cela, une dure discipline qui, par des privations de sortie, des « ~ete~.ues)} de promenades et de récrations, remplaçait par un sureroit d mternement et de travaux forcés les moments de détente. De fêtes scolaires, jamais, sauf la distribution solennelle des 'Prix. Si je prends les « cahiers de textes)} où sont inscrits les « devoirs )} que j'ai faits de 1876 à 1885, je vois qu'ils étaient aussi nombTeux et aussi longs que ceux que l'on donne aujourd'hui, car si, dans les hautes classes, nous faisions moins de problèmes, nous avions à composer, d'autre part, plus de discours français et" en outre des discours latins et des vers latins qui ne sont plus aUjourd'hui que des souvenirs antédiluviens.
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La nourriture et l'hygiène étaient alors d'une simplicité monacale, en prenant comme type de -cette simplicité non pas ces couvents qui ont aujourd'hui le chauffage centr.al, mais les cellules et les cité monastiques de l'antique Thébaïdes: un quart d'heure pour se lever, après avoir assiégé au nombre de trente dix 'p etits robinets répartissant entre trente bouts de serviette la valeur d'un broc d'eau' le bain de pieds tous les mois; le bain tous les trois mois dans u~ établissement de la ville. Les jeudis, jours de promenade, « le veau rôti et salade» distribué avec - une telle parcimonie Iq ue dans notre lit nous dévorions du -p ain assaisonné d'oignons crus qUe nous avions achetés subrepticement en promenade là quelque maraîcher. Voilà quel fut mon régime de vie depuis l'âge de dix ans, pendant neuf ans, et comme, en ce temps-là, J'Université marchait comme un régiment, au son du tam'b our, j'imagne ,q ue c'était aussi celui de la plupart des lycéens de France. Tout cela, je le retrouve d'ailleurs dans les « Souvenirs d'enfance» de M. ,L ouis Bertrand; -s on lycée dE'! Bar-le-Duc, ,bien que fort éloigné du mien, lui ressemblait comme un frère. On en était encore à cette uni'formité qui faisait dire sous l'empire à un ministre de l'Instruction publique, tirant .sa montre de son gilet: « 6 heures! En ce moment, tous les élèves de mes collèges font leur version latine!» Eh bien! avec Ce 1:iystème austère, C1UI~, antihygienique, il n'y avait pas plus ,qu'aujourd'hm de cancres usant inutilement leurs fonds de culottes -s ur les bancs, de paresseux indecrottables qu'une
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discipline de fer ne pouvait ,p as -p lus mettre en mouvement que la discipline paternelle d'aujourd'hui; peut-être plus de travailleurs, surtout dans la categorIe des bourSIers, à qui on présentait leur bourse non comme un droit pour le dévelo'ppement intégral de l'esprit, mais comme une grande ,faveur qui leur était faite, et dont ils devaient se montrer dignes par leur tr.avail et leur conduite, en servant d'exemple à leurs camarades. Il y avait moins d'élèves à l'infirmerie et 's urtout moins de licenciements pour cause d'épidémies; je n'ai pas le souvenir d'avoir bénéficié d'une seule de ces vacances exceptionnelles pendant mes neuf ans d'internat, et -cependant, s'il y en avait eu une, elle aurait été un fait si important au COUDS de ma longue et austère claustra- tian que je m'en souviendrais toute ma vie comme d'un événement capital de mon existence! J'ajoute que j'ai vu moi-même l'adoucissement de ce régime, et, quelque austère qu'il fût ,sous la férule de notre 'proviseur, M. Gidel, et de maîtres aussi peu dépourvus d'agréments intellectuels que mon professeur de rhétorique - qui forma aussi ,p ar ses sévères di~ ciplines mes camarades Romain Rolland, Fortunat Strowski et Victor Bérard, - l'ail' extérieur pénétrait dans notre vieux lycée Louisle-Grand beaucoup plus que dans celui de Carcassonne; encore y considérait-on comme l'abomination de la désolation la lecture de Labiche pal' des candidats à l'Ecole normale; j'en fis un jour l'expérience. M. Victor Bérard, président de la Commission du surmenage, doit avoir ces souvenirs présents ,à l'e-s prit, et j'imagine qu'en les évoquant. devant ses collègues il leur 'posera cette question préliminaire: « Pourquoi, avec un pareil régime, se ,p laignait-on si peu du surmenage, alors qu'on en dénonce de nos jours avec tant d'uanimité et de force la coupable malfaisance.» Jean GUIRAUD.
Le piège de la nature L'expérimentation a per,m is aux ,sciences naturelles de réaliser d'énormes progrès; parallèlement, les élèves ne pourront acquérir une -connaissance précise de ces sciences qu'à condition d'observer eux-mêmes 1a nature qui -s 'offre à leur sens et de répéter pour les comprendre les ,expériences les plus fécondes. Tout le monde est d'accord là-dÛlssus, du moins en principe. C'est pourquoi les tenants des méthodes d'observation à J'école primaire ont poussé plus loin leurs prétentions. Faites observer les enfants, nous cli3ent-ils, tournez leurs regards ver,s la nature. Rien ne les intéresse comme la vie des animaux et des plantes; rien, par conséqllent, ne peut davantage capter leur attention; rien ne sera plus fécçmd en résultats intellectuel,s puisqu'aussi bien la source du processus intellectif est encore ,dans le Is ensible.
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Ainsi raisonnent beaucoup de gens qui prétendent étayer leurs dires SUl' des bases scientifiques et .philosophiques d'une rési.stance à toute épreuve. La portée de la thè6e est très vaste puis'q ue ses défenseurs prétendent ,provoquer chez les é'clUicateuTs une attitude' générale: amener l'enfant à prendTe contact avec la nature. Daris l'étude des différentes branches du progTamme, comme dans l'organisation de l'enseignement, ce souci - d'après eux - ne devrait pas être perdu de vue, mais déterminer les gestes et dictel~ 18s conclusions. Cette t.hèse i11érite donc un ·examen attentif. Tâchons d'y voir clair, écrit un lnspec~ teur scolaire de Belgique, M. Fourneau. Et tout d'abord, qui mettra jamais en doute cette affirmation: la ltature intéresse l'enfant? que les petits aiment la verdure et les fleurs, qu'Hs se :sentent ,attirés pal' le ruisseau, qu'ils aiment. caresser lu chat, le chien, les lapins ou l'agneau, rien de plus vrai. Les manuels ont exploité cette mine. Les recueüs de lecture abondent qui ont été composés dans le même sens. Il ,semble même, à pm'courir ces pages abondamment il lustrées, enrichies de multiples « exercices d'observa tion », que l'enfant ne s'intéresse vraiment qu'aux bêtes. Ses ,amis, on les trouve à la basse-cour, à l'étable, à l'écurie; il faut y ajouter le chat, le chien, le perroquet, les souris et les .limaces. N"oublions pas les papillons, les mouches, les moineaux et le canari.
-103 Il aime la crèche illuminée qui vaut cent fois la nature, comme le montage du carrousel vaut cent foLs les grenouilles et les épinoches. Le petit qui .observe le geste généreux de sa mère offrant l'aumône sent naître en -lui la pitié avec la bonté de ·cœur. Ce sont des observations qui « rendent». Nous l'oublions trop. Et ·sur la foi des neutres, trop de braves gens sont portés à admettre qu'il n'y a d'observation féconde que celle de la natuTe brute et du monde animal. C'est le contraire qui est vrai. Il importait de faire connaître le danger. Si la vie des plantes et des bêtes intéresse l'enfant, il ne s'ensuit nullement qu'elle l'intéresse plus que tout le reste et qu'il faille constamment tourner vers l'animal toute son aHention. Il ne faut ·surtout pas en conclure que c'est là le seul intérêt puissant chez les petits et que l'observation qui porte sur la vie des h01n'l11 es, sur les fêtes et les deuil.s, sur les so'lennités religieuses et les occupations profanes est une ·observation de moindre qualité. Ce serait tout bonnement ridicule. Et pourtant ceux-là qui ont composé ces manuels l'admettaient implicitement. Les catholiques ne se sont pa.s la.issé prendree au piège .de la naLure parce qu'ils savent que l'âme de l'enf,ant révèle de bien autres puissances dont l'objet est infiniment plus haut; l'enfant apprend à ubserver plus humainement. A neuf et douze ans surtout, l'élève demande ù'abord à ses maitres l'aide nécessaire pour s'élever au-.desf'iUS du terre à terre dont l'emprise n'est que trop forte.
On pourrait continuer. Au nom de l intérèt que présente pour l'enf,ant le spectacle de la vie animale, on le parque au milieu de ce petit monde-là. Il apprend à lire sur le compte de Fifi, .de Coco ou de Loulou des histoir es à' dormir debout. On parl e de Mm e Poule qui est une tendre ma.ma.n et la page s'intitule « Scène de Fa.mille».
Au lieu de le tenir le l'egar.d fixé sur ce qui est en dessous de lui, faites-lui voir ce qui est plus haut, lels vertus auxquelles il peut atteindre et le Dieu qu'il veut aimer. ,L '.observation de la nature, si elle usurpe la place d 'une observation plus humaine ou d'une réflexion plus profonde, déforme l'enfant.
C'est une bonne aubaine pour les « neutres » que l'intérêt de l'enfant pour les bêtes. Le papa, la manman, les frères et sœurs, St-Nicolas lui-même 'sont enfoncés. Vivent les bêtes! Que viendrrait faire le Jésus de la crèche d.ans tout cela? Pourquoi l'Histoire Sainte? Pourquoi le merveilleux de vies des saints? pourquoi la liturgie de l'Eglise? Nous avons les bêtes. NoUis avons même une morale: traitez les animaux avec douceur. En, ajoutant la sincérité et. l'obéissance, nous obtenons un code m'chi-complet, un code sans amour.
Osel'ait-on dire que nous n'avons pas déjà dépassé la mesure? Observation de la nature à propos de sciences nature.lles et de géographie, observation de La nat'ure aux leçons de choses, de vocabulaire et de rédaction: c'est elle qui reçoit la plus grande part.
Vous pensez peut-être que tout ceci est exagération ou fantaisie? Belisez plutôt certains manuels français destinés ,au degré inférieur des écoles primaires et vous serez' convaincus. Si c'est cela qu'on veut obtenir quand on nous Id it: « Regardez donc la nature», sachons rtire: Non! Si l'enfant d.oit observer -la vie, que ce soit avant tout la "ie chTétienne infiniment plus riche, et non seulement la vie des bêtes. Si l'enfant ne saisit pa,s l'homélie du dimanche, il voit les cérémonies de la première cOll11nlUnion ou des funérailles, il prend part aux processions, il fleurit les autels et chante son cantique.
Vous répondrez peut-être que seule la nature nous livre ses secrets et qu'il n'y a de connaissances à acquérir que par une observation bien dirigée, le reste n'étant que verb1age. Ce qui revient à dire que le catéchisme n'e,st que verbiage et que la mo·r ale, n'étant pas tirée de la nature ,sensible, n'a p.as de valeur. Les neutres pensent ainsi, mais on trouve des catholiques qui posent les prémisses et refusent de tirer les ·conclusions. Ce qui. importe" ce n'est pas l,a connaissance des choses, mais celle des hommes et les id'ées morales et les sentiments l'emportent ,de beaucoup sur les perceptions. Que l'enfant pense les idées morales et les vérités religieuses, qu'il s'imprègne l'ame de charité et. de justice, voilà l'essentiel à l'école. Qu'il ouvre son âme a tout ce qui est bien, que son inteUigence apprenne à
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regarder plus haut, lais1sa.nt a l'arrière-plan la connaissance de la nature brute, des plantes et des bêtes; son bonheur est à ce prix. La nature ne nous foU'rnit que fort peu d'idées; ce sont le·s hommes qui nous transmettent les biens de culture, et dédaigner ceux-ci pour celles-là c'est tout bonnement travailler à rebour.s. Que de gens qui se croient éducateurs et qui sont hantés par la peur 'de l'abstrait, de La réflexion, de ,t out ce qui ne se palpe pas, de tout ce qui ne s'observe pas, par la peur du spirituel. Qu'ils prennent garde, la revanche de l'esprit pourrait bien être terrible. Allez voir en U. R. S. S. !
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Si 'e ncore nous voulons 'q ue les élèv,es s'intéressent à l'école, il faut ·exlclÎter une .s'a ine élnulation, ·et surtout éviter 1a lassitude, le décourageilnent engendrés par des tleçons trop 'longues. Au cours .des ·e x'plicalions, ~1fif'Ü'rm.ons-nous si nous avons ·été COffiIPTis, posons des questions à l'un ou -/ l'autre élève. En tout cas, éviter J'.excès, dans 'l 'école ou le Ill'aître pade trop, 'l a pensée est absente. Le moyen 'le plus ·e f,fka,ce d'alrener Œ'enfant à aÏ1n.er l'étude, c'est de Inontrer SOi-ll1.'êm.e .du plaisir et du zèle à enseigner. L. D.
Co mbattre l'inattention L'attention eSlt le point de dépa,r t de toute ,étude, eUe est la condition sine qua non du p ,r ogrès .. ,Sans ellle, le savoir-JaIre, le dévouen:.'ent du maître son't quasi stériles. Le défaut d'atte~tion est néfaste aussi à 'la formation du jugenlent ,et. du Taisonnelnent. T,el enfant inattentif ser~ taxé 'Cl'üwapah:le de s'instruire, d'arriéré; aussi aura-t-il l'école ·e n horr-c ur ·e t par ce fait, SOn développement intellectuel sera conlpronlis. Si tel 'e nfant nornla/l elnent doué prétendqu 'il ne .':lait pas faire son devoir, qu'il n'a pas compris les exp1Î'cations données. ne doit-on pa.s voir 1Jà l'indice de rr'a distra,c tion. Dès lors il faut trouver le llloyen de fixer l'attention, car le [naître qui ne cherche pas ,à ex·c iter ,e t à soutenjr 1'.aUention des élèves, peut être !a cause indirecte de hien des désordres qui pourraient se prüduire chez ·e ux. ,Comanent cOll1hattre l'inaNention? En premier lieu, Il'élève doh trouver ,e n dass:e un séjour ag,réab'le, la c:1asse ne sera pas cette ;prison noire, le maître s'efforcera de rr'a ren'dre gaie, Ide faire ainlier l'école, de s'attacher le cœur des -e nfants. Le Inaître parvien.'dra airsoélY.:lent là obtenir de l'a dis'C'Î.ipline et de l'o;fldre si par des procédés- intuitifs il slairt exciteT Ua curiosité natuT.e1le 'e t l'intér·ê t chez fenfant. La das's e sera :animée, pleine de cet't·e f'l'anche g'a~eté; l'être -le 'plus renfrogné, 'le plus distrait vibrera à l'unisson de maître -e t des bons -é léInents. Pourquoi Ides -enfants se cabrent, confi'llenit dans le illlutisme, se refusent à donner une Téponse SUT une question pourtant facile? 'C'esif: Iparce que \le Inaître les a peut-être Tebutés, ridilculis'és qu'il s"est moqué d'une répons'e incorrecte 1 Encourag·er l'élève,' recueillir avec tact s·es réponses, c'est contribuer ,à 'l e !Inettre sur le bon èhemin, là lui donner confiance de sa for,ce, c'est fortifier sa volonté, c'·e st faire ·s on telffipéranlent.
PARTIE PRATIQUE
Composition L'été. Description de cette saison.
Plan. - 1. L'été. ISa durée. - 2. Aspect de la nature. Le oieL Le.s cham'ps. 3. T,r avaux des ch<a.lll1Jp·s. 4. Agréments de l'été. DEVELOPPEMENT 1. Nous 'SO'l1Hl1'eS -e n été, Ila plus chaude, la plus longue des quatre saisons, cali.' ,eUe üonlpte un jour de plus que le printemps ct. quelques jOUTSI ,d e plus .q ue [':autdnlne -e t l'hiver. L'été conlimeIJ.ICe 'le 2'1 ju~n et se ternline le 22 septeIl1\] x·e. 2. A ce nlonlent, la nature est da<ns üOlYIp'let épanouiss1elnent, dans toute sa beau'té. 'Les champs 's ont couverts 'd e verdure ,e t de récoltes; [,es g:a zons du printemps ont If ait place à une herbe haute et drue; les bIlés mûrissent ·e l se dorent sous les chauds -rayons du soleil. iLes 'adwes sont dha,r gés de fruits. ·C'-e st 'l e t~mps des cerises, des flJ.'aises, des abricots, des prunes, des groseaUes; les jardins sont pa,r és· de fleurs. Si tes jours sont longs et les nuits courtes, Jes Imatinées et les soirées sont ·dé:li'Cieuses. ILe so[-eil, dont 'l 'éclat -e st ·éblouissant, rayonne dans 'le ciel :bleu, 1a 'Chaleur est ardente, lTIiais qu'lil fait bon rêver aUlptl'ès d'une Sloupce, sous :les grands arhres, p ,e ndant crue les oiseaux chantent dans le feuil!age. .. 3. Daus les c'ha'lnlps, l'alCtivité est paTtout 'e t l1e cul'tivateur ne perd pas une minute. :Levé 'bien .avant le .soleil, il fau~he ;J'herbe des prairies, rentre 1e foin parfulné à la grange, ffi()llSSOnne les bMs d'ür, soigne ses vignes et ne prend de repos que lorsque la nuit est tombée depuis longtemps. lMlais il ne regrette pas ses sueurs; ses greniers se remplissent et il reçoit il a récompense de SOIl laheur. . 4. L'été est une s'aisO'll des plus agréables. Sli parf01s .la chaleur nous accable, nous pouvons nous 'reposer sous .f oonbra?e ; ",,'il pleut, s'il fait de !l'omge, le mauvais terr.1psest VIte ,p asse et
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le soleil ranlène lIa gai.eM. lC?n peut -entr'e pr'e ndr,e d-e longue~ pl'O1l1l~nades dans les. '~' OlS" fmr-e de bonnes parties de pêche, se baIgner dans -la rIVIère. rC'eslt la sa1ison bénie des pauvres ' gens. Un incendie au village
. Plan. - 1. L,es ha:b itants du vimage sont réveillés pa'r les CrIS: Au feu! ,A u feu! Une fernl,e <Ïnlportante ·esten flamInes. 2. Cause de J'incendie. TOUscolu~ent iau lieu du sinistre. - 3. Les p0l111)iers arT\i'vent. ILeUIJ:s efforts pour arrêter le feU. Une gange est brû'l ée. ILes Inaison voisines sont plI:,éservées. 4. Inlprévoyance du rf.ernlÎ-er. On recueille ce qu'on a semé
Vous explliquerrez ce proverbe et vous f-erez voir par des exemples ce qu'il signifie. Plan. - 1. Signification du proverbe au sens ,pr'Opre et au sens figu.ré. ----. 2. IApprli'c ation à lia vie des élèves. - 3. App'lication à la vie Ides honltmes. La moisson
Dites comnlent se fait :la nloisson des bilés dans votre village. Plan. - 1. Epoque de la oluaisson. 2. Les rr.'oissonneurs au travail. - 3. Le repas des lll-oissonnewrs. - 4. La nüsè -en gerbes. - 5. ,La r,e ntrée à 'la grange. - 6. lReconnaissance au ,Maître de toutes chos'es. Les petits ruisseaux font les grandes rivières
Expliquez Ile sens de ce Ip roverbe et nl'Ontrez par quelques exemples Ice qu'il signifie. Plan . - 1. Sens prrop'r e du prbverbe. 'Filet d 'eau. IR uisseau. Rivière. 2. Sens figuré. AppJication ,à la vie nlatérielle. ~. Application à 'la vie intëllectuel1e. 4. Conclusion. Un soir au village
Décrivez le village que vÜ'us habitez au ,m oment où, le soir d'UB heau jour, Ile travail ter.m':né, chacun se repose des fatigues de 'la journée. Plan. - 1. ,C'est le soir. Aspect du ciel. - 2. IL es vieillards. . Les enfan'ls. Les nlénagèr'es. - 3. Le retour des travai'lleurs. Le bruits des chariots. ,La rentrée des troupeaux. 4. La nuit tombe. Le repas du soir. - 5. Le vHlalge s'endort. La joie de l'examen
Plan. - 1. Les dernièr,es recommandations du lmaître. 2. Lever le jOlU' de l"exuulen. Déjeuner. Départ. 3. InstaNa,t ion dan.s la sa]le d'exalnen. - 4. ,M atÏntenant je fais nla conlposition française. Les questions orales. ·· Pourquoi . je veux être cultivateur
Dites que'ls sont le.s motifs qui vous portent là choisir le métier de ·cultivateur.
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. Plan. - 1. Je dois ,f aire choix d'une carrière. cultIvateur. - 2. M,es parents sont 'cultiVluteurs. Je ter .. - 3. J 'ainl~ .ra ,c ampagne. ,Ses agréments. patlOns du ,c ultIvateur 5. Son indépendance. du laboureur. - 7. Conclusion. '
Je 'Yeux ,ê tre veux les Îlni4. 'Les Û'ccu6. Utilité
La chose qui m'a le plus effrayé
Ra,contez l,a · chose qui vous a Ile iplus ,ef.ff'ayé. Dites ce que vous avez éprouvé. ,Comnlent agiriez-vous si vous vous trouviez en pareil ',cas. Que pensez-vo~s de la peur '? La fin de l'année scolaire
Void 'la fin de l'année s'c dlaire. Réflé:chissezà 'ce 'q ue vous fait pendant cette année-ci, c'est-'à-dire depuis .Je ,m ois ,d'octobre. Interrogez-vous, dem'a ndez-vous si vous avez été bon élève et si vous avez rcnlpli tout volTe Idevoir. Plan. - 1. iL a fin de 'l'année s,colaire. - 2. Réflexions sur J'emploi de n:'on tel11ps. - 3. -Progrès 'que j'ai faits. J'ai obtenu rnon 'certifircat d'élnancipation. - 4 . .Repruches que je puis me faire. - 5. Conclusion. [IVCZ
Un por~rait .J e suis d 'une taille l11édiàere, 'libre et 'bien proportio'nné. J'ai le tient brun et d 'une Taisonnable gral1deur ; ,les yeux noirs, petits et enfoncés; les 'Sour·cils éJpais, I11ais bien tournés. Mon nez n'esrt ni 'c amus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au ly10ins à <ce que je crois; tout 'c e que je s·a is, c'est qu'il est plutôt grand que petit 'e t qu 'il des'c enld un peu trO'p hoRS' J ' ai 'la houche forte, et 1es 1èvr·es assez rouges d"ordinaire, et ni bien, ni mal taillées . J'ai Iles' dents blanches et passab~el11ent hien 'r angées . On 'm'a dit autrefois que j'avais un peu tr'QI]) de menton; .le viens de nl'e regarder dans Je 'l uiroir pour savoir 'ce qui en est, et je ne sais pas trop bien qu'en juger. Pour le tour du vis'a ge, est-il carré 'Ou en ovale'? il me s'e rait fort diffitCile de Je ·dire. ~t{·es c'h eveux noirs sont naturellement frisés, et ave'c 'ce1a assez épais et ass'ez 'longs. Voilà naïvement canllne je pense que je suis 'fait au dehors. La Rochefoucauld. Questions SUI' le texte. - Expliquez: taille libre - CClJ.InUS -
aquilin - en ovale - ncLÏVe'lnent. Que si'gnifient les eX'P'r,essiO'ns : rai le teint d'une raisonnable grandeur - Voilà COl1lInent .te perise que .te suis fait Clu dehors? _ Ce portrait est-il rphysique ou nloral '? - -- ICitez iles adjectifs qui ex'prin'lent la fjrcmdeul' , la cOl.Zleur, 'la forme. :\1ontrez l'ordre suivi par L 'a IR ochefoucaulld dans .ce portrait. Exercic e écrit. - Relevez les . adje-Otifs du texte qui ont un a.dverbe de nlanière ,corr,e spondant; écrivez cet adverbe. E'crivez les adverbes de lllanière correspondant aux adjectifs suivants: · . Goülu , diffus, jo'li , gentil, éperdu, o'bscur, élnünent,. obstiné,
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opportun, posé, aveugle, résolu, indéfini, poli, étourdi, indu, iS()llé, abondant, a'Ïsé, absolu, bref, profond, uni, hardi, ingénu, arr dent, énorme, diligent, inopiné, savant.
Vocabulaire. - Le corps hUD1ain. - Ajoutez à chacun de'l 1101US suivants deux adjectifs expdmant des qualités opposées ou différentes. .:Modèle : La taille est haute ou petite. Le teint, les dIs, la bouche, les joues, les bras, ,le [Tant, les sourdIs, les dents, les o'reilles, les mains, lIes yeux, le nez, Œ ·e menton, le cou, les ja'lllbes, les lèvres, les cheveux, les d-oligts, les ongles, [es pieds. ra~t
Elocution. du texte.
Faites votre Ip ortra-i1: iphysique en vous inspiLe lever du soleil
La nl~tinée ·e st délicieuse, l'air est remp'Ii du parfuln des jeunes TJOlnmlers. Les aI~bres qui pressent les rives de l' Indre dessinent sur "les prés des nléandres d'un vert édatant que le soleil commence à dorer au faîte. On vient d 'ouvrir ,l'écluse de la rivière ; un brui>! de cascade qui l1le ra'Ppelile la continuelle harmonie des Alpes, s'é'l ève dans le -s ilence. !Mille voix d'ois·eaux s"(;v('ü'lent à ,l eur tour; void la '0adem~e voluptueuse du l'assig na'!; lù, ,dans Il e buisson, "le trille m.oqueur de la fauvette ;là-'haut, ·dans les airs, l'hym·n e de l'aloueUe ravie qui Inonte avec le sole il. L'astre lIll'a gnifique hait les vapeurs de l,a vallée et plonge son rayon dans la ,r ivière dont il écarte .le voile brumeux Tout s'embrase, rf:out chante; les coqs s'évei1lent mutuellement et s'appeUent d'une chaumière là l'autre; la c loche de ,lia ville sonne l'Angelus; un pays-a n, qui recèpe sa vigne au-dessous de Ir'oi pose ses outils. Georges Sand. Questions SUl' le texte. - Expliquez les mots: méandre écluse - cadence - trille - recèpe. COlunlent vous représentez-vous ce qu'exprÏIne la deuxième phrase? - Lisez et expliquez la phrase -où 1e -so,lei'l a été personnifié par l'auteur. Pourquoi écrit-on: s'élève - s'appellent - recèpe? ReInarquez: Parfum - dessinent faite alouette s'appellent. -Quelles sont les scènes suocessives de ce lever de soleil ? HcJeyez les épithètes et donnez-en .Je s-ens. Décomposez, ,l es trois premières phrases du texte en pro positions. - Relevez les motifs, les verbes, les cOlm pMments directs d'objets. Copiez le texte à partir de « l'astre magnifique ... » en sépaI;ant les propositions par un tir·e t ,(-) et les phrases .'PaT deux tirets (=).
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Dans ces propositions, soulignez d'un trait les sujets, Inettez une croix (+) sous les verbes, et deux traits sous 'les compléments d'objet. ·Sur le Illlodèle -de la :phrase: on vient d'ouvrir ... , continuez les phrases suivantes: on a -ouvert la porte de l'usine ... - On a sonné la cloche de la récréatioIl. .. - Le chef de gare donne le signal du dépol'l. .. Vocabulaire. - Avec ,chacun des non lS suivants ,eInplloyés C01nme sujets, farInez des pTopositions ·en ajoutant: 1. un verbe seul; -- '2. un verbe et un objet; - 3. un verbe et un attribut. 1. p:.ufunl, 1. -casca'de, 1. rossignoI, 1. aloueHe, 2. pOlumier, 2. silence, 2. fauvette, 2. coq, ~t doche, 3. vigne, 3. soleil, 3. pré. Donnez à chacun de ces verbes un sujet et un complément d.~ lif-m: Gazouiller, roucouler, fredonner, siffler, gronder, glapir, beugler, grogner, hurler, croasser. Elocution. - ,Ra'c ontez un coucher de soleil que vous avez adrniré. - Notez avec soin ce qui a frappé vos sens (couleurs du cid, de Il'eau, des arbres; chants des oiseaux, bruits, l110uvelnents des personnes, des aninlaux; parfums, etc, Un bizarre vieillard
Il portait un gilet hlanc, brodé d'or, à l'ancienne ,m ode. Un jahol -d e dentelle, assez TOUX, formait des ruches jaunes sur S8. poitrine; [mais sur lui -c ette 'd entelle était plutôt un haillon qu'un ornement. Au lnilieu de ce jabot, un dialnant d 'une valeur incalculable s'CÏntihlait conl~ne le soleil. Ce luxe suranné, ;ce tr~sor intri~pqlle et san~ goût faisaient encore n1Ïeux ressortir la figure de cet rêtre biz'a rre. IL e cadre étai t digne du portrait. ,Ce visage noir étaH all!!uleux et creus-édans tous les sens. Le menton était CTeux; les tell1pes étaient creuses; les yeux étaien t perdus en de jaunâtres orhites. Les os :maxiIiaires, rendus saillants par une lnaigreur h1Cles'criptihle, dessinaient -des cavités au Inilieu de chaque joue. Ce.s ,gibbosités, plus ou nl-o ins éclairées par les lumi(~re:;, pr')cluisaic:- nt des onlbres et des reflets curieux. Puis les années avaient si ,f ortement coUé sur les os la peau jaune :e t fine de ce visagE:, qu'ene y décrivait partout 'u ne multitude de rides circulajres C01nme les Teplis de l'eau troublée par un caillou 'lue jette un enfant ou étoilées CO!l.Unle une fêlure de vitre, IL'als toujours prOfOIl(lcs ) E:t aussi serrées que les feuilliets ':lans .Ia tranch~ d'un livre. Balsac. Questions SUI' [e texte. - - Expliquez: .ia~ot - r~lcJz(' .C;. -:-suranné - infrins/:quc - orbites - ,os maxillazres - glbbosltes. Que sÎ(1nifie: Sur lui cette dentelle... un ornement, le cadre' était digne du portrait? - ExpHquez les images de la dernière phrase.
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Dans quel ordre se slmc.èdent les détails de te port-rait ? Quelle impression l'auteur a-t-il voulu donn er? Analyser les attributs dans les phrases suivantes. Dites de q~lels. ie~m es ils .~?nt attriJ~uts .. 'Müdèle: Le ciel était magnifique. L ,adJ ectIf magnztzqzze est 1 attnbut du sujet ciel. , . Le 'c ü:,,'l était l:la?llÏif.ique. - La porte s ouvrit , bruyante et ctane. _ . IL e vent etaIt d 'une grande violenc,e. - La nTatinée ,e st d élideusc. - ILe soleil est de plomb. - Un naturel ardent rend le -c hien ?a uv<age r edoutable à tous les animaux; mais le chiel1 ?Oln~stJiq.ue est tout zèl.e, tou,t ardeur, tout ·ob éissance. Quand ~ e SUI S -b~en dans Illon .fa-ute~lll, que je songe à m es parents et 'que .l e .Jes VOIS .couverts de guenIlles, l 'air déso'l é, .m inables, alors si je SUIS seul, .le pJeur e. L e senleur tenait la po'c h e de son semoir ouverte e t 1l1'ar-c hait seul, en avant, l'air grandi. . V?cClbu!aire . - ' Em'Ploy~z 'comlme attribut ,c hacun ,des adjectds SUIvants. - Vo us clupTOlrez les a1djectifs des trois 1)renlière~ c~lonnes CQilllnle attributs de sujet, et les adjectifs ,des deux dernIères ,c olonnes 'c amnle attributs d 'üb.ieL préci,s, puis sant, clail', fourré , désert, .
sombre , triste, léger, étour di stérile, "
so lit a ire, em1::l Ourpr é, maj estu eu x, élastiJqu e, robuste,
magnifjque~
ferm e, n atur el, sérieux, rai's onnable,
all'dent, féroc e, sanguinaire, domestique , sauvage.
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A l'aide des nOlUS suivants et de sUlflfixes formez des adjectifs dérivés et ajoutez-les à un nom au féminin pluriel. i:;\1odèle: mer; des herbes Inarines. aile, caiUou, fourche, argent, filer, âg'e/.. da?,s'e, joie, 19éographie, cristal, croc, his~oire, héros, croix, dent, Fornlez desadjelCtilfs dérivés ,maT'quan't .l'origine, là l'aide des nonl'S suivants et ajoutez chacun -d'eux à un nOln ll1as'culin piluriel. Portugal, ami, torr,e nt, Inatière, théâtTe, providence, canton, .glace, ,m usique, vi'llage. FOlullez des adjectifs dérivés des adjectifs suivants ,e t ajoutez chacun d"eux là un nŒl1 fén1Ïnin .singulier: gris, vert, jaune, hleu, doux, blanc, nlaigre, pâle, clair, vieux, noir, ,aigre. Vocabulaire. - Que signifie les expressions suivantes: du. bois incombustible, une amitié indissoluble, une substance 'Înlputres'Cibile, un Inlétal infusible, une joie indicible, un héros invuTnérable, une satisfaction inef'fable, un ifllonunlent indestructible, un langage intelligible, une soi'f inextinguible, une figure im1passible, des diftficuil tés inextricab'les, une maladie incurable, une vo'lonté inflexible.
La Méditerranée
Le. pl us gr~nd ,chan11'e de la '~1élditerranée, c'est q u e ·chaque fOlS qu ' O~l. la V?Jt, on la trouve dilff.érente ,de la veiEe, et que plus on la vOIt , 11101ns on 'la Ic onnaît. E Ue a d es ,c hangelnents qui lui son! pro~)res et 'q u 'on peut Ib ien appe'ler ses ,caprices. E lle insClisissabl e ?ans s,es aspects sans nOJmtbre, dans les 'l'aipides suc'cessions des temt.es 'q'ue prennent ses If~o t s lllobiles . Tandis que le deI a u dessus d'elle est pur et sans nuages, d'où vient -ce souffle écral et doux qui c-h asse devant lui Ices petits 'f lots et 'les ll1ène 1110urir· sur Ir sable fin du .rivage? EI'1e balance les em,bar,c ations avec la g râ,ce d'une Imère ,qui ber-ce son enfant , et Ce roulis, hop 'faible pour soull ever le loœur, l'endort 'CQ;l1l111e une boisson assoup issClnte. Son !petit flot argentin ne gro nde pas; il Inurmure ; il n e fouill e pas les Icail10ux Idu 'l'ivage et ne les r emue .p as avec un bruit de râle, il giliss'e dessus et les polit. D. 'N-isaz-cf. . Q ues.t~~:1 S SUI' 'le text~. - IE xpliquez : charge - caprice contre-coup - J'outemtes (diH erence entre ,fel11te et teinture ) lis --'- boisson asso upissante - râle. Quelle diHér e'l1'ce , a -t-il entre gronder et \muJ',mUl'er ? . . Que 'signifie: eUe est insaisissable c!Cl11S ses asjJects sans nOI111br e. - La M:' é1diterran ée est-elle touJours auss,i calnle que Il e dit l' auteur ? - En -quoi dirffère-,t-elle de rOcéan? - Quelles sont les eXlpr ess io ns qui exprÎlrent le calm e et n'a douceu r de la I:\iféditerranée ? _.
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Analyse littéraire "Le Lac" de Lamartine Aperçu SUl' l'auteur. - Alphonse de La:martine (né en 1790, mort en1869), est regardé, avec Vidor Hugo" 'comme le ,prince des poètes romantiques. Bien que sa muse soit avant tout lyrique, ill n'a pourtant pas négligé les autres genres. Il a cultivé le roman (Geneviève, Le Tailleur de pierres, Graziella) ; le poème èpiqu'e : Jocelyn, La Chute d'un ange. Ces deux poème's, bien qu'ils Q'enferment des pages superbes, ne sont pas sans danger au point de vue moral; mais il serait injuste de dire, ,comme on l'a .parfois prétendu, que la Chute d'un ange annonce ila chute -de Lamartine. Le Ipoète ,s 'est aus'si exercé clans le genre historique. Nous avons de lui , à 'ce point de vue, l'Histoire des Girondins, œuvre qui, à cÔté d 'exa gérations et d'enreurs, contient des aperçl~s de -f ine psychologie. Ses œuvres lyriqu es sont: Les Harmonies, Les Méditations, Les Nouvelles Méditations. L'originalité de Lam.artine fut d'avoir toujours marché seul darls 's a v oie" n'obéissant jamai-s qu'à sa propre inspiration; c'est lui qui a créé la poésie ll1.oderlle, 'm ais sans prétendre être chef d 'école. La ,constante élévation de 'p ensee, voilà ce qui le caradérise. Dans sa vie ,p rivée, il 'm anqua toujOUl:S .cl'êquilibr·e et ,(l'organisation. Lui, Ile lyrique par excel-
-112 lence, il 's ongea quelque tel11ipS à 'se faire ... mar.chand de vin! On comprend s'il réussit! Ce fut une débâcle complète et qui eut une influence vraiment fâcheuse sur les .dernières années du poète. Cellesci furent franchement malheureuses; on dut, à un moment donné, ouvrir une ;souscription pour venir en aide à l'illustre .auteur des Harmonies. Et cependant celui-ci garda toute sa vie ' 's on aimable sûréni té. Lecture provisoire du morceau. - LE LAC (Extrait des «Méditations»). (Nous suivons le texte 'que donne l'anthologie de F. Loise)
1. Ainsi toujo~rs, poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuz.t eternelle emportés SClns retoul' Ne pourrons-nous jcunais SUI' l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ?
Il. 0 lac! L'année à. peine a fini Sa carrière, Et près des flots chéris qu'elie devait revoir, Regarde! Je viens seul In'asseoir SUl' cette pierre Où tu la vis s'asseoil' ! Ill. Tu mugissais ainsi sous ces l'oches profondes; Ainsi tu te brisais SUl' leurs flancs déchirés; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes SUI' ses pieds adorés. • IV. Un soir, t'en souvient-il? Nous voguions en silence; On n'entendait au loin SUI' l'onde et sous les cieux, Que le bruit des l'ameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. V. Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage c1w.1'·m é frappèrent les échos; Le flot attentif et la voix qui m'est chère Laissa tomber 'ces Im ots " VI. « 0 Temps, suspends ton vol! E.t vous, heures propices, Suspendez votre COUI'S ! . Laissez-nous savourel' les rapides délices Des plus beaux de nos jours! V Il. Assez de 'malheul'eux ici-bas vous rmplol'ent, Coulez, coulez pOUl' eux; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent; Oubliez les heureux. » VIII . Temps jaloux, se peul-il que ces moments d'ivresse Où .fa vie à longs flots nous verse le bonheur S'envolent loin de nous de ·la même vitesse Que les jours de malheurs? IX. Eh quoi! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace? Quoi! passés pour jamais! quoi! tout entiers per.dus ? Ce temps qui les donna, ce telmps qui les effaça, Ne nous .les rendra plus?
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X. Eternité, néant, passé, sOlnbres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez? Parlez: nous l'endrez-vous ces extases sublilmes . Que vous nous ravissez?
XI. 0 lac! rochel's muets! grottes! forêt obscure! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, bez,ze nature, Au moins le s01..wenir !
XII. Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect d-e tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent SUI' tes eaux!
XIII. Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords pal' tes bords répétés, Dans l'astre au front d'argent qui blanchit la surface De ses molles clartés!
XIV, Que le vent qui géJnit, le roseau qui soupire, Que ,zes parfums légers dont l'ail' est caressé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire T a 1...1.. t dise: Ils ont passé! Préliminaires histol'iques. - Vers l'âge ·de vingt-sept ans (1817) , La.martine avait fait en Savoie la connaissance d'une jeune et .charmante personne, Julie Bouchaud, dont il s 'était épris avec toute l'ardeur juvénile de son â:me enthousiwste. Il avait ôJ.uême eu l'occasion, lors d'une tpartie de canotage, de lui sauver :la vie. La rp ersonne en question était 'm alheureusement d'une constitution faible. Le .danger qu'elle av,ait couru, la. bronchite qui en résulta compromirent encore davantage sa santé déjà chancelante. Elle ne ·s urvécut que de quelques mois à ,son accident. Et l'année suivante quand Lamartine revint au lac du Bourget, elle était morte. C'est donc le trépas si cruellement prématuré de Julie Bouchaud que ]e 'p oète chante en ces strophes pathétiques. Lieu de l'inspiration. - D'après une tradition locale qui a. eu quelque crédit, c'est .dans la ,châtaigneraie de Tresserve, voisine du célèbre lac 'q ue Lamartine avait tracé la première ébauche de son poème. Pour étayer cette thèse, on invoque l'existence -d'un tableau" œuvre du peintre E. A. Demahis qui représente Lamartine écrivant le Lac sous un groupe de trois ,châtaigniers. Seulement ·ce tableau n'a été peint ,q ue vers 1830, :donc douze ans au 'moins .a~rès l'événement qui l'avait ins·p iré. Dès lors, il y a quelque lieu tpour l'historien littéraire d'être sur ses gardes. Car, en suppo·sant même que Lamartine ait fourni ceftaines indkations au peintre Dehamis, nous ne sommes pas sûrs que sa mémoire ait été absolument fidèle et lui ait retracé après douze ans une description exacte de l'endroit.
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Idée dominante du morceau. - Ce que le ,p oète regrette, c'est que ies heures, les jouDS ,de :p laisir et de joie s'écoulent avec la même vitesse ou Iplutôt se 'p assent plus vite encore que les jours d'infortune et de déceptions. Moyens de mettre en relief cette idée do.minante. - Notons d'abord que Lamartine est le poète le pIns opiniâtrement et le plus sincèrement optimiste et idéaliste. Nous entendons ICI par idéaliste l'homme qui est beaucoup plus frappé des beautés de tout Ol~dre que des ,laideurs: l'homme qui s'élève volontiers à la conte111lplation d'un triomphe permanent du Beau ,dans l'ensemble des choses créées. Et c'est bien daI~s ,ce sens l.<'\. que l'auteur du Lac e-st idéaliste et optim iste.
Cependant la première strophe respire déjà une certaine amertume, un certiün désenchantement. La vie est comme une barque ballottée sur des vagues toujours en mouvement. Jamais ,d'uniformité ni d'équilibre! Notre 's ituation change sans cesse. Dans la suite (2mu strophe), cette idée se précise, se concrétise: L'an dernier nous étion3 deùx à nous asseoir sur cette :pierre et 'm aintenant je suis seul. Et pourtant la nature a:mbiante reste la même. L'écU1.11e, les flots, le ve)1t mugissent com'm e autrefols. L'auteur rruppe11e une soirée détel'minée: nous voguions en silence. A ce silence s'ovposent tout 3: coup !les accents my1stérieux. On entend formuler ce vœu: 0 temps, -suspE'nds ton vol, pour ' que nous :puissions goûter plus longtemps ces instants de joie tranquille: fais ,p araître les heures 'plus longues aux heureux et plus courtes aux infortunés. Ce vœu n 'est pas exaucé hélas! Le temps s'écoule, impit~yable, cruel; iJ. ,passe rapide pour les heureux" lent, morne, désolent pour ips affligés, ,pOUl' ceux qui souffrent. Cependant le caractère optimiste du poète ne lui :p ermet pas de rester sans espoir, de s'abandonner au découragement. ComiLue dernier relÎl..lge il s'adre,sse aux rod1ers, aux 1.1'bres de la forêt pour qu'ils ga.r.dent le souvenir de cette soirée, le Bouvcnir de celle qui n'est plus. L'auteur prête donc ici une à'me aux cbjets inanimés. Il dit en su'b stance: « Puisque nous, les hommes, nous sommes sujets à: péril' bien vite et que vous, forêts, grottes, 1'0eher,s, vous vivez plus longtem'ps que nous, gardez Ile souvenir de ,c ette heure inoubliable.» Il s'adresse même pal' une sorte de ,p oétique inconséquence à ce qu'il y a dans le monde aérien, de plus fugitif, cle 'p lus subtil: le souf,fle du zéphyr. Encore est-il vrai que cet élément si fugace, s'il bruit ou s'il ,soupire de la même façon que dan,,> une circonstance qui nous fut 'p articUilièrement .,chère, peut jusqu'à uu certain point faire revivre dans nos âmes cet événement. Remarquons ki, ' en passant" que la conception de la nature telle qu'elle se trouve chez La\martine est bien .différente de ,celle d'A. d e Vigny. L'autèur du Lac regapde la nature comme ·susceptible de ~ ' intéresser à nous, de cCJImpâtir à nos 'maux; Vigny la considère comme indifférente à tout ce 'q ui nous concerne. Il .dit ':
-115 Vivez, froide Nature, et revivez sans cesse Sou's nos pieds, SUl' nos fronts, puisque c'est votre loi, Vivez et dédaignez, si 'vous êtes dées'se. L'homme humble 'p assager, qui dut vous être un roi. (La maison du Berger.) Pour Lamartine, c'est la ({ belle nature»; pour Vigny, c'est .ln. '( froi.de nature», 'parce qu'elle est insensible. Intérêt du morceau. - Le Lac emprunte son relief et son intérêt au fa.it que l'auteur y ,chante le trépas d'une femme enlevée en Ipleine .i cune.s's e; .c'est une fleur ,fauchée an printemps, Or, nous éprouvons, ·(] 'instinct- une vive symlPathie Ipour tout être précocement ravi par 12.. lllort. En outre, le poète" 'p al' son sujet même, est amené à toucher nu grave Iproblème de l'Eternité et de l'Au-delà. Mais ici il y a une ré s erve à fOI'muler . Au lieu ·d'exprimer ,d'une façon directe et vraiment chrétienne l'es,p oir de revoir un jour 'da.ns l'Au-delà celle qu'il a. aimée ici-bas, Lamartine se contente d'inviter les arbres, les rochers, les zéphyrs - autant dire: les Naïa.des et les Dryades de r anci enn8 mytho/l ogie grecque - à garder et à perpétuer le souvenir dl' celle qui n 'est plus. En d'autres ' termes, notre poète subit ici l'influe n ce de l'hellénisant et paganisant André Chénier qui poussa, dit\)n, des soupü's si délicieusements païens. Style, - Les 'qualHés habituelles de Lam.artine sont la noblesse, l'harmonie et la variété. Et ces qua/l ités se retrouvent ici à un degré bien visible. L~ noblesse. Hir~n de vulgail'e, cie bas, en~ore moins rle trivial; ce "'1ylr. a une empreinte essentiellement ariskcI'::ttique. C'est bien l (\, façon de s exprimer de l'homme qui lorsqu'on lui demande : « Où !3iégerez-vous au Parle.m ent ? » ré,p ondit: « Au P18Jond? }) I,'harmonie. i\ ucune su.ccession d e mots dés.a.gréable~'. ; rien q:ui déplaise, rien qui choque l'oreiHe, si délicate soit-elle , La variété résulta autant -du choix des figure s que de ln COllf.5 ll'llction de s phrases. COIJ.1TIue l'auteur se trouve en présence d'un lac, se::; mét3.lp hores se res>sentent tout naturellement de cette ambial1'::e ... toujours 110nssés vers de nouveaux rivages. '/' ne pourrons jamais sur l'Océan des âges Jeter l'ancre un seul jour? c'est-a-dire: ne pourrons-nous jamais nous fixer, nous stabiliser? Remarquons la belle synecdoque ,contenue dans les mots: Tes flots harmonieux. De Inême: du rivage charmé. - Le flo.t fut aHenHf. ._ Ceci ne rappelle-t-il pas le ùJeau vers racinien: Le flot qui l'apport8. recule élJOUv:1.nté (?) Signalons aussi la personnification ,du ten1'pS : a temps, suspends hm vol! Heures propices, suspendez' votre coups! Répétition a effet: Coulez, coulez pour eux;.· Les a.postro,p he.s sont 1)articulièrement nombr eus es: 0 lac! Ten.'1ps j.a loux ! Eternité, néant, - que faites-vou s de s jours que vous engloutissez? Rochers 'muets, grottes, forêt obscure! L'a n a lyse so teI"lTline 'pal' la lecture express ive. H. Glaesener.
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Calcul écrit Admission ' de 1934
1) La pla>ce de Ja 'Planta a une superficie de 1 ha. Elle a été couverte cet hiver d'une couche de neige qui, tassée, aurait eu une épaisseur de 3 CIn. et une densité de 0,65'0. Quel aurait été le poids de üette neige et lconl.hien de litres d'eau aurait-eHe fournis par la fusion? - ,Si chaque 1itre d'eau provenant de cette 'fusion avait ·entraîné 0 gr. 2 de s~ble, dont la densité est 1,95, Iq uels seraient le poids et le volunle du sable entraîné? 2) Un elnployé paye les 2/7 de son revenu pour son loyer; il peut ainsi épal~gner 375 fI'. ,chaque année, après avoir payé les autres dépenses. (Mais .Je prix du loyer ayant augmenté de son 1/9, il n peut pIus épargner que 50 fI'. par an. Quel est son revenu? 3) Une personne a placé au taux de 5 % une SOnl.lne dont 'le revenu lui pennet d'acheter un cha1mp rectangulaire au prix de 75 fr. l'are. Le pérÏlnl.ètre de ce champ a 2-62 nl.. et sa ,l ongueur a 39 nl.. de pJus que sa largeur. ün demande la SOllnlY 'e placée à fi
%?
4) On fait ·douhler un ta'Pis re,c tangulaire de 3 m. 2'5 de long sur 2 im. 2'Û de ,l arge aveC une étoffe qui a 0.65 ln. de large et ,q ui vaut 0 fr.75le mètre courant. On 'le fait ensuite bopder avec un galon valant 5 d. le mè'tre. Trouver le prix total de la doublurf: et du galon. 5) .on a vendu les 2/7 d'un terrain pour 3600 fI'. là 45 ct. le In 2, 115 là 5 ICt. de moins ipar n1. 2 , et le reste là 12 fI' . rare en plus que la 2'lne vente. Combien a-t-on reçu en tout et queUe est la !;urface du terrain? 6) Une caisse contient une SOlUnl.e 'c onl.posée de pièces de 20 ct., de ,pièces de 10 ct. et de 'Pièces de 5 ct . .Les pièoes de 20 ct. valent ensemble 1/8 de cette SCIDnne et les pièces de 10 d· 'e n constituent le 1/4. 'Calculer 'Cette SOŒ1nl.oC sachant que 'le nonl.bre des pièces de 5 'ct. surpasse de 266 le nombre des pièces de 20 ct.
Les Sciences Elles sont à l'ordre du j.our. Dans quel esprit faut-il en aborder l'étude? Quel en sera le pr.ogramme? V.oilà, à côté de bien d'autl'Bs, les points auxquels il imp.orte de réfléchir. 'Jn trouve dans les manuels classiques une leç.on qui se présente à peu près comme ceci: Le corps se compose de la tête, du lr.onc et des membres. Les parties de la tête s.ont ... Dans le tr.onc, .011
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rC'marque ... , etc. Est-ce là une leç.on de sciences? :Mais n.on, c'est t.out au plus un exercice de v.ocabulaire. Que penser aussi - la chose s'est vue, hélas! - d'une leç.oll sm" los .os du pied? A qu.oi rime l'eff.ort de mém.orisati.on qui est ensuite demandé? Ne c.onf.ond.ons pas « sciences» ct « v.ocabulaires ». En étudiant l'écureil, .on peut examiner les parties du COl'ps, les caractériser dans leur .f.orme et leur couleur, décrire les m.ouvements de l'animal, d.onner quelques détails c.oncernant ses mœurs, Ainsi, .on met en acti.on les sens et l 'imaginati.on. C'est ,quelque chose, mais c'est insuffisant. Ne confond.ons pas « sciences» et « description» pure et. simple. L'éveil de la curi.osité scientifique, la culture du jugement et du r aisonnement, v.oilà. ce qu'il imp.orte de viser. Et dans ce but, on fera découvrir les relati.ons entre l'.organisation et le genre de vie. La tenrlance n'est pas neuve. Un a uteur écrivait en 1878: « Les facultés de réflexion et de jugement s'exercent ·particulièrement SUl' les relations' qui existent entre la c.onformation de l'animal et son genre de vie ». Envisagée s.ous cet angle, la leçon sur l'écureuil prend une autre' allure. Les élèves ont constaté (fait d'observation) que l'écureuil, un quadrupède, vit ·sur les arbres, domaine réservé aux oiseaux. Quelle en est la raison? (éveil de la curiosité scientifique). Qu'est-ce qui,. dans l'.organisatio n de l'animal, le rend 'p ropre ,à ce genre de vie? (voila l' bservati.on dirigée dans un sens déterminé avec l'intervention du jugement et du raisonnement). L'écureuil a des pattes, mais ce sont des pattes présentant des particularités qu'.on n'observe pas chez d'autres animaux; il a une queue mais ce n'est pas une queue .ordinaire; qu' a-t-elle de particulier? Quel est son rôle? Comment estelle adaptée .à, ce rôle? Cette manière d'envisagel' l'enseignement des sciences est formatrice; elle est humaine 'p uisqu'elle dépasse l'activité des sens et fait appel aux facultés qui s.ont le pr.opre de l'homme. Elle est aussi intéressante, car la découverte d'une relati.on est toujours une jouissance poUl' l'esprit. La fonction et l'organisati.on c.orresp.ondante, tels sont les deux éléments entre lesquels nous établissons un rapp.ort. Dans nos leçons, n.ous p.ouvons partir tantôt du 1er terme pour' a Uer vers le second, tantôt du second p.our aller vers le ·p remier. EXEMPLES. _. a) Démarche: fonction, organisation. Les f'nfauts· ont observé un chien 'p.oursuivant un .lièvre (fonction). Quel était ~on but? Un mouton, un cheval le font-ils? Un chat lui-même s~· jj"\Te-t-il à semblable poursuite? Qu'y a-t-il dans l'organisati.on du chien qui expUque cette poursuite? Ainsi nous avons été de la fOllC-· tion à l'organisati.on. b) Démarche: organisation, fonction. L'étude du chien est termi née. On remet à l'élève une mâchoire de renard en lui disant: voici
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. la m àchoir e d'un r enard, d'un animal sauvage qui a vécu dans le.3 bois. Si, examinant cette mâchoire, l' enfa nt parvient à donner quel·ques parti cularités concernant le genre de vie de l'anima l, i l a été d8 l'organisation à la fonction. Lor.squ'il s'agit de la m atière inorganisée, la fonction devien t l'us age et l'organisation les propriétés . 1re démarche: u sage, propriétés; 2me dém a rche: l)ropri étés, usage. E XEMPLE S. - 1re démarche. Le tu yau de drainage, la briqu e, etc., sont fabriqu és avec de .la terr e (argil e); quelles sont les propri é t É:3 qui exp liqu ent cet u sage? 2:me démarche: Où y a urait-il dans la localité de la terre qu'oll pourra it utiliser pour faire d es briques? La 1re démarche abo u tit en quelque sorte à. une loi, qui n' est pas énoncée exp li cit ement, qui est sentie phltàt, c'est une espèce d'an a lY3e; la 2me démarche appliqu e, c'est plutàt une synthèse . L 'analyse et la synthèse sont les deux procédés de la méthod e , une méthode est boîteuse lorsqu ' ell e nég lige l'une des dou x démar ches. Un esprit est formé dans la mesure où il est rompu R, ce do ubl e travail. A quoi sert-il d'avoi r des idées génér a les, de poss8der des principes s i on ne peut en faire l 'application? Tels sont caractéri sés à grands tr aits le but et la rnéthoc1e générale des leçons de sciences . Que po u von s -nous faire à l'école primaire? Lorsqu'il s 'agit d'éla.borer un programme, il importe avant Lout de tenir compte du facteur temps. • Qu els sujet 3 choisir? Dans le s I3lasses de fi ll es, l'enseignernent sera mis en rapport avec l e programme d 'écollolflie clom.estiqup; clan;,; i(J,s clas3es rurales , on s' alT êtE' J'a de préfér ence ~:t des sujets en rapport ave c le progrrtmme d'agriculture; clans toutes les éco le s, les n otians de sciences serviront, a utant que possible, d'appui aux conseils clE; l'hygiène . App li quons la méthode e qui ssée plus haut à de ux cas particuli ers. (A suivre).
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SOMiVIAIRE : Vers l'Idéal. - Vers le Bonheur. nos enfants sincères. - Pensées.
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COURRIER DES INSTITUTRICES 0
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Comment rend!'!]
~ \7ers l'Idéal ~ ra i tunt laissé de moi partout où j'ni passé) ra i tani mis crinfini .q.a.[lS le rêve éphéIl1ère, J'ai tant lui la laideur hostile et ,meurtrière Et j'a i trl11t ennob li tout ce que j'ai pensé!
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Comprendre ei compatir, vivre au-dessus des choses, Sur le métier du temps tisser nos jours futurs, Ne penser que le bien, ne croire qu'aux cœurs purs, Respirer le parfum des âlnes et des l'oses. On agit comme 'on parle; on parle comme on pense; Ne sois qu'une harmonie et qu'un vivant bienfait. Reçois (mec ferveur le message secret, Accomplis ton devoir, ton destin eH silence. La uie est belle! Elle est ce que nous la faisons. C'est le chant intérieur qui colore la vie, (}ui faii germer les fleurs SUI' la route suivie, Comme l'ardent soleil dore les horizons. M. de L. ~
Vers le bonheur
~8J
« Plu s on réfléchit et plus on trouve que le bonheur e.'it exclusivement un produit de la vie morale » a ·dit avec raison 1111 jl1dicÏl~ux et profond penseur. ]J .faut 'q uotidiennement préparer sa propre vie. comme 011 le ferait cl 'une ci:'ielure d ' art, avec patience, consej(~nc~ et persèvérance, as~ur·ées que tout notre bonheur inijlme vient de cetk prép'uation et dt' CL IY'inuLieux labeur. Quelques ames de ,c hoix ont appris 1)ar 'Cê moyen, la \.' ie heureuse l't sereine. Il faut que celles-là l'apprennent à leur tour aux au tres . Parler du bonheur, de son labeur, n'est-'c e pas un peu l'en~eigner? Et prononcer son nnm , le nom_ de pIdx 'i ntime, de quiétude bienheureuse dans le devoir aÜco111pli -- n'est·-ce pa~ un peu l'appeler , l'attirer? Donc , le devoir impérieux de celles qui ont trouvé la dé de ce honheur, c 'est de l'apprendre aux autres par la parole et par l'exen1.plc, en les acheminant à petits 'p as vers les fières altitudes où nous contenlplons à l'aise un victorieux progrès. Sans doute, chaque jour ne s'e ra pas un jour de triomphe. Plus d 'une fois , nous nous arrèterons , fatiguées, haletante sur le hord du chelnin. ,~IIajs la force sera en nous de reprendre haleine, .de rmnonter la pente raide et d 'atteindre les cimes entre\ ues ; {'Oll1me récompense et consolante félicité.
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Gomment rendre Tes enfants sincères? Pour cultiver les bonnes dispositions et extirper les mauvaises tenclance.s de :l'âme de l'enfant, il est évident qu 'il fa.ut, de toute nécessité, connaître ces dispositions et ces tendances. Or, si l'enfa.nt est hypocrites et menteur, la difficulté de les connaître devient extrêmement grande; et puis, sans la sincérité, les relations sociales .seraient impossibles, A. Ce qu'il ne faut jamais faire: a) Ne jamais donner l'exemple du mensonge: arrière l'hypocrisie et le mensonge, même devant les tout petits, les mensonges ,qu'on appelle « conventionnels ou de politesse»; arrière aussi les « ruses» dont on se sert pour tromper l'enfant, « clans son intérêt », dit-on. J)) NE! jamais mettre l'enfant dans l'alternative de mentir à son p:t.'Ofit ou de dire la vérité et d'être puni: donc, pas de sévérité excessive.
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c) Accordel' à l'enfant le bénéfice de la vérité aussi longtemps que l'on est dans l'impossibilité 'de vérifier ses dires: cela le hausse à ses yeux et lui donne une hl1ute idée de la vertu de franchise. d) Stigmatiser le mensonge: en montrer la bassesse ou la chanceté .chaque fois que l'enfant le rencontre.
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e) Se rendre compte, avant de punir ce qu'on croit un mensonge, de la culpabilité réelle de l'enfant: le contraire de la vérité est-il mensonge? ou ignorance? ou simple confusion dans l'esprit des petits entre ce qu'ils ont vu, entendu, ou ce qu'ils ont cru voir, Cl'U en tendre? f) Punir les mensonges: et punir très sévèrement les :p remiers, en ayant soin toutefois d'établir une juste proportion entre la culpabilité réelle et le châtiment. Les enfants mentent par timidité, par peur, par suggestion, par intérêt, par méchanceté parfois, mais on en a vu qui mentaient par charité, par exen1'ple pour sauver un coupable. Tous ces mensonges sont de gravité dif.férente, donc doivent être différemment châtiés. g) Faire acquérh' du tact à l'enfant: la franchise, a dit justement un écrivain, est un revolver qu 'il ne faut pas décharger au nez des passants.
c) Ne jamais laisser supposer à l'enfant qu'il pourrait mentir. Ne lui dites pas : « Je crois ,que tu mens.» « Ne mens pas!» dites plutôt: « Je suis certain que tu va·s dire la vérité », ou si vous soupçonnez le mensonge: « Ne te trompes-tu pas?» I,.ui montrer qu'on 18 croit capable de mentir c'est faire germer en lui l'idée de la possibilité du mensonge.
C. Ce qu'il faut faire parfois: a) MonireI les cunséquences (lu mensonge: si les conséquences immédiates sont en un sens 'p rofitables, il faut montrer aux enfants les conséquences lointaines et cachées qui, tût ou tard, se produisent et sont funestes (éducation sociale) morale et religieuse).
d) Ne jamais abusel' de la crédulité de l'enfant ou le ridiculiser: l'enfant trouverait vite alors le moyen de n'être plus ni trompé ni ridiculisé : il ,s e mettrait en défiance, et pour éviter moquerie et trom·· perie, trolnperait à son tour.
b) Récompenser la franchise: pardonner, par exemple, une faute courageusement avouée, mais le pardon ne doit pas acheter l'aveu, il doit le sallctionner. De 'Plus, il ne faut pas ériger ce procécédé en système.
e) Ne jamais vanter l'intelligence de l'enfant qui a pu, avec :adresse, mais grâce au mensonge, se tirer d'un mauvais pas ou bompel' un compagnon : ce serait l'encouragement direct à la récidive ·d'où naîtrait l'habitude du mensonge. f) Ne jamais arracher l'aveu d'une faute par une promesse de 'pardon, surtout si l'on ne doit pas tenir cette promesse : ceci serait véritablement désistreux. g) Ne jamais encourager les enfants au mensonge: le conseil n'est pas inutile; certains parents inconscients recommandent expressément à leut,s enfants de tromper; tromper leur instituteur sur le motif d'une absence, « tricher» au cours d'une composition, etc.
c) S'abstenir de questionner un enfant coupable de certaines fautes qu'il lui répugne trop d'avouer: une allusion claire mais 'p rudemment mesurée et un redoublement de surveillance discrète s'imposent dans ce cas. d) InvoqueI' le motif religieux quand on doit punir un mensonge :le mensonge est défendu par le huitième commandement de Dieu; attirer l'attention sur les châtiments du mensonge rapportés dans, L'Histoire Sainte. J. Her.bé.
B. Ce qu'il faut toujours faire:
Le médisant est un lâche. De quelle arn'le se sert-il? D'une arme qui, de tout temps, a 'p assé pour avoir quelque chose de honteux; la langue. Quel temps choisit-il pour frapper son coup? Celui où la. personne dont il médit ne peut se défendre. Bourdaloue.
a) Donner l'exemple de la franchise en parole et en acte: c'est une condition indispensable de la franchise des enfants. b) Exalter la franchise courageuse: que l'enfant en soit l'auteur ou le témoin,
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Pensées
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Faire beaucoup, croire qu'on ne fait rien qui vaille, s'encourager 'pourtant et toujours recommencer, c'est la marque d'un vrai esprit de Dieu. S. François de Sales. Si quelqu'un veut être content en sa médiocrité, qu'il ne considère pas ceux qui ont plus, mais ceux qui ont moins: car à qui ne suffit pas ce qui suffit, rien ne suffit.
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N ~.C. RO lOCIE Deux vétérans disparus: MOl"'sieur Marclay
DIVERS Savoir choisir Il y avait une bien jolie anecdote dans le récent discours du duc de Broglie, à l'Académie française, et qu'il avait trouvée dans les souvenirs de Pierre de La Gorce, son prédécesseur. Un examinateur, Saint lVlarc Girardin, interrogeait un candidat sur la géographie et le candidat répondait bien. Alors il poussa les questions jusqu'aux détails les plus puérils et le candidat resta muet. Après un silence plein d'angoisse -pour le malheureux élève, le professeur le rassura: ({ Je vous donne une très bonne note pour ce que vous avez appris et une bien meilleure pour ce que vous avez' eu l'esprit de ne -pas apprendre. Quelle belle chose que de savoir discerner ce qu'on doit igp.orer ! » Ne pensez vous pas que cette p etite histoire devrait être affichée sur .les murs des salles d' exam en s, non pas en face des candidats qui ont retenu ce qu'ils ont pu, m a is à portée des regards des examinateurs dont beaucoup ont une fâcheuse tendance à ({ pousser des colles », à proposer des ({ astuceS )i il leur victime pantelante? Quelle belle chose de savoir di s cerner ce que ce malheureux a le droit d'ignorer!
E dou~
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Le 15 fév ri er dernier, la üüol11\lllun e :de Trois torrents faisait· dïu lp o.:mntes funéraiJles tà '~\L Mard ay ;Edouard, anden institu·leur. Le .vénéré d éfu nt s'en est allô à l'àge de 65 ans dans 'lIn 111011d e m eilleur, r e·c evoir 'la réC0111p en Se d une vie toute de travail. Notre col1ègue ·d:s'Paru avait a-ccOlnpli u n e bri1ilante 'c arrière dans J.'enseignem·en t : 3ï an s" de pratiq u e da-n s sa ·commune 111éritent une m ention spéciale. A ses 14 enfants, .-dont )\1}\1. les ins tituteurs Léonce et Isaa1c yont n os s3 mpa th ies et fh om m age de nos ,c on doléances.
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