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No 10 l'Ecole primaire, 31 Mars 1898

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perlèrent sur les joues du chirurgien. L'opération eut lien et l'homme resta· muet. La foi peut-elle dicter au cœur une parole plus sainte et plus élevée t Et le paysan qui a donné ce grand exemple n'est-il pas de la race qui produisit les premiers martyrs 1

XVII=• ANNEE

cooQ9oooc

31 Mar s 1898

L'ECOLE PRIMAIRE

Pensées * C'est une chose digne de remarque que plus un pays est resté attaché à Ja foi catholique, plus il a gardé les mœurs simples et austères, plus aussi on y trouve de simple gaîté. Est-ce la loi des contrastes, est-ce le secret des consciences plus tranquilles; est-ce l'habitude de la confiance en Dieu et de la soumission à sa volonté ; est-ce que c'est la conséquence naturelle des habitudes d'ordre, de travail, de vertu; est-ce le sentiment de la charité réciproque qui fait naitre la bienveillance et l'affection et par conséquent augmente le plaisir qu'on a de se voir? Tout cela y contribue sans doute. Quoi qu'il en soit, le fait est établi : plus un peuple est catholique, mieux il sait rire et plus il parait content Il y a plus encore, attendu que les catholiques les plus disposés à une gaîté calme et digne sont les religieux, et parmi ceux-ci il n'y en a pas dont la bonne humeur soit plus habituelle, que ceux qui vivent sous la discipline la plus austère, les ordres cloi,rés par exemple. Il faut avoir assisté à une récréation de Visitandines ou de Carmélites pour savoir quelle vivacité, quelle gaîté charma1ttes y président. C'est un peu enfantin, mais si spirituel et si joyeux 1 Tous ces cœurs vraiment catholiques semblent contenir moins que les autres c les racines de cet ennui qui vient de son autorité privée, dit Pascal, projeter son ombre entre nous et tous nos soleils >, Ils vivent dans je ne sais quelle atmosphère de riante poésie ; ou plutôt ils ont si bien compris les harmonies spirituelles de la joie et de la douleur que le poids de la vie leur est devenu léger. (Extrait de En Suisse, ouvrage dont il a été rendu compte dans notre précédent supplément.) * L'amitié commence par un serrement de mains et finit par un serrement de cœur. ALB, VAUNOIS,

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SION

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ECOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages.

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P rix d'ab onnem e n t p o ur la 8 uiH e, 2 ~r. :SO. "Un ion pos tal e 3 Cr. Annonces, pria, 20 cent. la ligne oi. son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE : M. Casimir Wetzler, instituteur. - L'enseignement du chant. - Instruction des régens. - L'alcoolisme. (Suite et fin} - Ecoles enfantines. - La mémoire. (Suite et /in} - Echo des conférences. , Partie pratique ( Composition/. - Supplément.

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Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à. l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.

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Conférences d'institnteurs Héren•. - La conférence des instituteurs de ce district .. tiendra à Vex le jeudi 29 avril prochain, dès 9 h. do matin. Wierre. - La date d'abord fixée est changée pour motif majeat: et imprévu. Elle aura lien le jeudi 21 avril et non le 18 ; mê11191 lieu et heure que ceux déjà fixés. · Entremont. - La conférence des insUtuteurs du district a1111 lieu à Sembrancher le 21 avril, à 9 h. do matin. CJour11 de répétition. -- Un conrs de r6p6titioo pour let instituteurs aura lieu dès le te• mai à fin juin. Les in&criptiona t,oitt y être admis seront reçues jusqu'au 15 avril par le secrétariat dt Département de l'instruction publique, à Sion. Amende& seolalre•. - On n'a pas oublié qu'au cours= sa dernière session le Grand Conseil a voté one résolution invi le Conseil d'Etat à prendre dea mesures énergiques contre les co mones qui ne feraient pas rentrer les amendes scolaires. Donnant suite à ce postulat do Pouvoir législatif, le Départeme s'était empressé de rappeler, par la voie do Bulletin officiel, l dispositions de l'Arrêté do 20 février 1891 concernant le recod,i vrement des amendes scolaires ; mais comme cette mesure o~ obtenu que defl résultats absolument. incomplets, M. le conseill d'Eta! Chappaz vient d'adresser à MM. les Inspecteurs ecolair aux administrations communales et à tout le personnel enseigna une circulaire que nous reproduisons ci-après. Il est déplorable de constater que tant de communes se refuse encore à observer les prescriptions si sages cependant, de nos loti et règlements scolaires. Voici la circulaire en question : ~ Sur la proposition de sa Commission de gestion, le Grand Conse au cours de sa dernière session, a voté à l'unanimité la résolotio suivante: , Le Conseil d' l!.tat est invité à prendre des mesures énergiqueà

• contre les Communes qui ne feraient pas rentrer les amenda , scolaires. >

Faisant droit à oe postulat do Pouvoir législatif, nous noue som, mes empressé de vous rappeler, par la voie do Bulletin officiel, hl dispositions de l'Arrêté du 20 Février 1891 concernant le recodvrement des amendes scolaires. Mais, malheureusement, un trop grand nombre de commune, continuent à ne tenir aucun compte de cette ordonnance eo général, et de l'art. 2 en particulier. Aussi le Département, pour assurer l'exécution de cette dernière prescription, vous iovite- t-il à faire, dès l'expiration de la huitaine y mentionnée, opérer le recouvrit ment de toutes les amendes encourues. - C'est dans ce seài qu'en séance c'l.u 18 Mars courant, le Conseil d'Etat a fil.é l'inter• prétation de cette disposition. Saos préjudice des pénalités prévues à l'art. 4 et dont il se pro• pose de faire une application de plus en plus rigoureuse, le Dépar-

temen.t verra en outre .s 'il y a lieu d'accorder aux communes récalc1tr,antes, ou ~ême simplement négligentes, la subvention prévue .à l art. 31, (bis) de 1~ loi do 24 Novembre 1896 sur l'instruction pobhqoe.. ~e n ~et certa,.nement pas, en effet, pour venir en aide aux adm1n1strat1ons aussi peo soacieoses de leurs obligations que ,' le Canton s'est imposé ce nouveau sacrifice. A p~ine e~t-il nécessa~re .d'ajouter que MM. les lDspecteors do~t l attention est parhcul!èrement atlirée sur ce point - ne délivreront les notes nécessaires pour l'obtention de la prime d'eneooragement qu'aux seuls instituteurs et institutrices dont ils auront constaté le zèle à faire observer les prescriptions si importantes de l'Arrêté suscité du 20 Février 1891. Se référant enfin à ses circulaires des 19 Décembre 1877 15 ~ars 1882 et 4 Février 1886, le Département croit également devoir vous rappeler : ,.1~. Q~'en , vertu d'une décision du Conseil d'Etat - prise sur l 1n1hat1ve ,.u Grand Conseil - les amendes pour les absences aux cours de répétition sont fi:r.ées à on franc · 2• Que les art. 3.40 alinéas 13, 3i4 et su.ivahts du Code pénal peuvent être appliqués aox personnes qui refuseraient d'obtempérer aux ordres des autorités scolaires compétentes. Travaux manuel&. - Le XJIIm• cours normal suisse de travaux manuels aura _lien à Locarno, do 11 juillet au 6 aollt. Ce cours, comme ceux qui l'ont précédé, a pour bat de préparer le personnel ens,,igoant primaire à l'enseignement d'une nouvelle br9:nche daos les écol0 s. L'enseignement, qui sera donné dans les trois langues nationales, comprendra six sections : 1. Cours aléménmentaire. 2. Cartonnage. 3. Travail sur bois à l'établi. 4. Sculpture en coches et en champlevé. 5. Modelage. 6. Cours spécial. Les instituteurs pourront trouver à Locarno pour la durée des cours une bonne pension au prix de 60 fr. et des chambres à 8 fr. par mois. Lee ins~ripiions. seront ~eçoes jusqu'au 1"' juin par le Département de I Instroct1!)~ publique, à Bellinzone, oo par le Directeur do cours, M. L. Gtlheron, 21 Groues, Genève. à qui on peut s'adresser pour tous renaeiRnem~nt.s y relatif~.

Tom TH, ou la 8cleneé amaaan&e Cet ouvrage, qoi a obtenu un succès extraordinaire eo France et à l'étranger (il est traduit en 9 langues) comprend S volumes in go eontenant nhac.un 100 nouvelles ~xp6rieocee et plus de 100 gravures. Les expériences de Tom-T1t, amusantes et instructives sont devenues le passe-temps favori de toutes les familles. ' ~n peut se procurer chaque série (tr•, ~"'· et 3m•) séparément au prix de S fr. chacune.

Grammaire Supérieure Le D1c1:10NN.A.~E t.A.RousSE donne l'orthographe, l'étymologie, les acceptions d~versee de tous les mots français; la GRAMMAIRE SUPÉRIEURE de Pierre LAROUSSE expose clairement toutes les règles


du langage (orthographe et syntaxe). Grammaire et Dictionnaire forment un code complet de la langue, indispensable à quiconque désire écrire purement en français. - 1 fort volume de MO pages, cartonné, 3 francs.

SION, 31 Mars

L'ECOLE PRIMAIRE

La voix des fleurs

Par Cl. JURANVILLE. - Vol. in-18, broché, 2 fr. Ce volume comprend : l'origine des emblèmes donnés aux plantes, les souvenirs et les légendes qui y sont attachés, les proverbes auxquels elles ont donné lieu, les vers qu'elles ont inspirés aux poètes; enfin, des pensées morales des plus grands écrivains sur les vertus ou sur les vices qu'elles représentent. - Charmant cadeau pour une jeune fille.

Atlas de poche La librairie HACHETTE, à PARIS, vient d'éditer un atlas de poche extrêmement pratique et complet. Pour 3 fr. 50 vous avez dans un format commode un atlas composé de t6 cartes doubles, 35 cartes simples,· d'un texte géographique et statistique et d'un index alphabétique de 14 à 15,000 noms contenus dans l'atlas avec renvoi aux cartes. Cette utile publication, imitée de ce qui se fait en Allemague, est très bien réussie et aura sans doute de nombreuses éditions.

On peut se procurer ·1es ouvrages ci-dessus indiqués par l'intermédiaire de l'éditeur de ce journal. Dieu ·e, pairle. - Recueil d~ chants pour l'école

et la famille, précédé d'une méthode élémentaire et d'un pem solfège, par M. J. Kœbl, ancien professeur à l'école normale de Sion. . Cet ouvrage, adopté à titre obligatoire par la direction de l'instruction publique des cantons du Valais et de Fribourg, compte 135 morceaux à 1, 2, 3 et 4 voix égales. Il existe en deux éditions distinctes ; l'une française, l'autre allemande. Les journaux pédagogiques et autres, suisses et étrangers, ont fait le meilleur accueil à ce petit volume, et il le mérite, tant au point de vue du choix des paroles qu'à celui de la mélodie. Ce qui en fait l'originalité surtout et la valeur pratique, c'est la méthode et le solfège qui précèdent les exercices. Cette partie théorique est très judicieusement graduée, de façon à initier les élèves à tous les principes de la musique sans les rebuter par trop de difficultés. C'est un recueil pour les écoles d'abord, mais qui peut parfaitement être employé par des· sociétés chorales de jeunes gens qui y retrouveront des chants religieux et patriotiques tout à . fait à leur usage, l'auteur ayant réussi à y donner un excellent choix des plus belles mélodies.

1897/98

ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION - - ---

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M. Casimir Wetzler, instituteur Le corps enseignant primaire valaisan venait à peine de perdre en M. A. D uchoud, du Bouveret, l'un de ses vétérans, que la mort en frappait un autre dana la personne de M. C, Wetzler, de Massongex, instituteur à Bramois depuis quelquea années, Le regretté défunt a fourni une longue carrière pédagogique qui devait se terminer brusquement, puisque M. Wetz!er, quoique indisposé, tenait encore classe le 10 mars. Le mal empira nt, il fu t obligé de s'aliter le lendemain et, dans la soirée du 13 déjà, il rendaH son âme à Dieu après avoir reçu toutes les consolations de la religion. De lui ainsi on peut dire également qu'il tombe sur la brèche et meurt à son poste. Il était âgé de 60 ans. M. W etzler était, eans contredit, l'un de nos meilleurs instituteurs, et sa culture dépassait sensiblement celle d'un simple régent primaire, E lève distingué de l'école normale da H auterive, sous M. Pasquier, il y obtint le dip lôme d'instituteur en 1867. Il débuta dans le canton de Fribourg, dont sa mère (née Cardinaux) était originaire, et où il pratiqua pendant iO ans. Arrivé en Valais il y a environ 20 ans, après avoir - ayant quelque peu le goût des aventures, - fait du service militaire à Rome, dans le 2• régiment et sous les ordres des colonels de Courten et Allet, il enseigna d'abord dans la commune d'E volène, où ses connaissances, son zèle et son savoir- faire furent très appréciés. li eut le secret de faire pénétrer dans cette vallée reculée le golit de l'instruction, et de rendre même celle-ci si populaire que depuis bien des années les recrues d'Evolène comptent parmi celles


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qui font le plus d' honneur au can!oo. !>ésireux plus tard de quitter la montagne pour la plaine, 1! se fixa en 1890-91 à Bramois où il vient de terminer son existence terrestre. M. Wetzler écrivait fréquemment dans nos journaux, et il maniait fort bien la plumf', comme on a pu s'en convaincre par les articles signés de ses initia~es_ et publiés le plus ~ouvent dans l'Ecole primaire. Il se d1ss1mula1t de tE1mps à autre sous un pseudooy me comme Lamy Jacques ou Placide: noms d'emprunt qu'il aimait à prendre auta~t par modestie ~ue pour garder l'incognito. Un de ses écrits d~ plus ou m~1o s longue baleine fut son parallèle - pub!té sou.~ l~ titre Autrefois et aujourd'hui, - entre l'instru~llon e_t l m.stit_uteur de jadis et la situation qui leur est faite auJourd hUJ, Ce travail a paru en suppléments de l'Ecole primaire. C'est à Bramois qu'a été enseveli notre dévoué collaborateur. La grande affluence qui l'a accompagn~ à sa derni~re demeure témoignait de l'estime dont l'entourait la population de ce village. Le cercueil était précédé des enfants des écoleP, Deux JeuneH garçons, au nom de leurs condisciples et des anciens élèves du défunt, portaient chacun une belle couronne avec inscription dédiée à leur cher et regretté instituteur. Derrière le cercueil on remarquai t tout le conseil communal. L e Département de l'Instruction publique se trouvait représenté par son re• S r> crétaire et l'éco_le norm~le par , son excellent D irecteur, M. Hopfner. Venaient eas mte M. l Inspecteur scolaire Lamon avec tous les instituteurs de. eon arrondissement, qu'il avait eu la délir.ate pensée de faire convoquer pour rendre les derniers devoirs à lBur brave collègu:, ,et dont aucun ne manqua à l'appel. P resque tous les bab11ants de B ramois fermaient le funèbre cortège, donnant ainsi une suprême marque de regret et de sympathie à celui qui 'Venait de mourir à son poste après s'être consacré pendant la plus grande partie de sa vie à l'éducation de la j_eunesse, <JUi avec le salut de son âme a été l'objet et le souci de se11 -derniers instants. P. P.

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L'enseignement du chant Tout maître de chant consciencieux veillera avec sorn a ne point surmener les voix délicates des enfants; il évitera tout ce qui pourrait nuire à la santé de ses élèves. Le choix de morceaux appropriés à la faible étendue des voix enfantines ne sera pas le seul objet de sa constante sollicitude; celle,ci s'étendra encore à la durée des exercices, à l'air du local, à la bonne tenue des élèves, à la judicieuse répartition des heul'es de leçons ; il aura même égard à la disposition d'espri t des enfants. Les chan ts destinés à êlre étudiés dans le cours inférieur d'une classe primaire s'étendront du ré (au-dessou s de la portée) au ré (4° ligne); ceux. du cours moyen, du do c1r• ligne supplémentaire au-dessous de la portée) au fa (5° ligne); ceux du cours supérieur ne dépasseront pas Je fa dièse (5· ligne), ni le la (2° ligne supplémen taire audessous de la portée). Les écarts de voix aux quels les enfants sont sujets seront sévèrement interdits comme préjud iciables à leur santé et à la beau té de l'exécution. Pour éviter la fatigue, les exercices seront variés ; toul' à tour on expliquera le texte, on fera la lecture rythmique du morceau, c'est-à-dire qu'on nommera les notes sans chanter, mais en battant la mesure, et l'on chantera. Il est de la plus grande importance d'entretenir un air pur dans la salle d'école; cependant, les courants d'air seront soigneusement évités. Pendant les exercices de chants, les enfants se tiendront tantôt debout tantôt assis, de préférence debout. Les changements de position s'effectueront, autant que possible, sans bruit; un maître de chant habile tient à l'exacte observance de la discipline. Les heures de leçons ne seront placées ni après le repas, ni après une récréation ; le moment le plus favorable est cel ui qui précède la. récréation du matin. Un enfant attristé ou intimidé ne saurait pas chanter; le maitre évitera donc, pendant la leçon, de recourir aux moyens extrême5 de discipline.


- as Tous les élèves doivent prendre part à la leçon de chant. Une dispense ne peut être accordée que lorsqu'une indis• position, telle que toux, rhume de cerveau ou enrouement, la nécessite. Même le manque d'oreille chez un élève ne peut être un motif suffisant pour l'exempter de l'étude du chant ; ce défaut peut se guérir quelquefois. On ne permettra pas aux enfants qui s'abstiennent du chant, de s'occuper d'autre chose pendant la leçon. Chaque nouveau morceau sera, autant que possible, étudié d'abord en chœur : on ne le fera chanter par un petit nombre d'élèves (2 ou 3) que lorsque la mélodie aura été bien saisie. Le chant en solo aura sa place dans la répétition des chants appris précédemment. lEn accentuant sensiblement la première note de chaque mélodie, celle-ci sera plus vite et plus facilement comprise par les élèves ; le maître y portera son attention et règlera là-dessus son coup d'archet. Il ne chantera jamais avec les élèves; la voix d'homme sonne mal avec les voix enfantines. S'il est nécessaire qu'il chante, qu'il le fasse seul. Tout bavardage sera sévèrement interdit pendant les mo ments de repos, ceux-ci devant servir, non à distraire, mais à délasser les élèves. Pendant la leçon de chant, aussi bien que pendant les autres leçons, le maître ne quittera point, à moins d'y être forcé, la place qu'il occupe en face des élèves. De la gravité et de la tranquillité du maître dépend en partie l'attention des enfants. - Un diapason doit entrer dans le matériel de chaque école. A la fin de la leçon on reviendra sur un cantique ou un chant national déjà étudié, pour en perfectionner l'exéOn surveillera la tenue et la respiration des cution. chanteurs. Le maître animé d'un peu de zèle et d'ardeur pour l'étude du chant et fidèle à suivre les avis indiqués, verra les résultats les plus satisfaisants récompenser ses efforts ; mais qu'il n'oublie pas que la patience est une vertu indispensable à l'instituteur I C. KoECKERT .

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Instruction des régens Une partie essentielle, nous dirons même l'âme de l'enseignement,est le corps enseignant. Le succès de l'éducation et de l'instruction dépend, en bonne partie, de l'instituteur. Un bon maitre peut avec de faibles res:;ources faire beaucoup de bien, tandis qu'un mauvais régent, quelque excellente que soit l'organisation scolaire, fera plus de mal que de bien. Ce que l'Eglise et l'Etat doivent se proposer avant tout, ce qui doit les occuper sérieusement, c'est donc de former des instituteurs capables que l'on puisse, avec confiance et sans crainte, charger de l'éducation des générations naissantes. Dans toutes les institutions humaines, le succès tient surto ut à ceux qui sont chargés de l'exécution ; ainsi dan s celles qui ont pour but l'éducation de la jeunesse, il dépen d principalement des premiers agens, des instituteurs. Personne ne peut communiquer aux autres ce qu'il ne possède pas lui-même. Celui qui peut instruire et enseigner ne doit pas manquer des connaissances nécessaires et d'un degré de culture morale proportionné. Mais cela ne suffit pas encore; il faut aussi apprendre la manière d'enseigner, car le mode d'enseignement contribue puissamment au succès de l'instruction. Il en résulte pour l'aspirant à la vo cation de régent, la nécessité de faire des études pédagogiques comme école préparatoire à l'exercice de si hautes fonctions. De là ces séminaires établis de nos jours, dans l'unique but de former, par une instruction solide, des jeunes gens doués d'esprit et de bonne volonté, et leur fournir les moyen8 de diriger une école et de former, à leur tour, des hommes éclairés, des citoyens utiles et des chrét iens vertueux. Pour se présenter comme régent, il ne suffit pas d'avoir appris, à l'école primaire, à lire, à écrire, à calculer, etc. et d'y avoir puisé l'instruction néces8aire pour les besoins de la vie les plus indispemables; il faut une préparation spéciale, un apprentissage pour combler la grande lacune qui


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existe entre l'élève et le maître. En effet, le meilleur apprenti n'est pas encore pour cela maître; mais il peut le devenir en se rendant habile au métier. Il faut, par conséquent, que Je cours préparatoil·e des aspirans-réoens aille plus loin et embrasse plus de matières que celles qui s'ens1::ignent à l'école primaire; il faut une école spéciale, qu'on appelle pour cela école normale, parce qu'elle embrasse tout ce qu'un 1·égent doit savoir, ce qu'il a à faire. Faute de connaissances approfondies des choses et des faits, l'homme n'est rien moins qu' un gâ.te-mélier ; sans elles l'instituteur trahit les intérêt.s les plus sacrés de l' humanité. Ce qui rend efficace la vocation de l'instituteur, c'est son caractére et ses connaissances, abstraction faite de cert,aines qualités physiques, comme une santé robuste, une poitrine forte, l'ouïe fine, la voix intelligible, la prono nciation claire et l'extérieur agréable. Par caractére, nous entendons une manière d'agir profondément reliaieuse et qui soit à toute épreuve. l!l Le mot caractére, pris dans sa plus haute acception, constitue po ur l'instituteur le premier titre de recommandation; il ne peut être remplacé par aucun autre, puisque la moralité et la piété sont les conditions fondamentale:> de toute édncation. Celui qui doit former le cœur de la jeunesse à la vértu et à la piété, doit être lui-même un homme religieux. La parole du régent se perd, s'il ne prêche d'exemple._ Un ancien proverbe dit que les paroles touchent, mai.; que les exemples nous entrainent; et un célè~re pédago_gue va plus loin encore, lorsqu'il dit: On onbhe les enseignements, on se moque des avertissemens et des menaces, on combat les principes et on les révoque en doute ; mais l'exemple s'imprime, il reste! l'idéal d'une vie ~eli,gieu~e s'incu!que à l'â.m~ de l'enfant, sera encore présent a I esprit de l homme ; 11 ne pourra l'effacer ni le nier sans se ? ier lui-même; cet idéal lui servira de nuée pen~ dant le JOU~, de colonn e de fe u pour être son guide pendant la nuit, afin qu'après avoir longtemps erré dans le d~sert de celte vie, il retrouve enfin la terre promise, dermer but de tous ses désirs. (Ami des régens.) i")

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L'ALCOOLISME (Suite et fin) Hors de l'école, bien que l'action du maître paraisse avoir beaucoup moins d'influence, elle est cependant encore ti·ès considérable. D'abord il prêchera d'exemple et s'ab stiendra même de fréquenter habituellement les cafés et les cabarets. Les instituteurs soucieux de conserver leur autorité morale ne sauraient agir autrement. Ils encourageront l'épargne qui est un préservatif efficace contre les entraînemenl.s du cabaret. La création de sociétés mu~icales, d'orphéons, de fanfares, de cercles, etc., contribuera aussi ' en occupant sarnement et utilement les loisirs des jeunes' gens, à les détourner de l' habitude funeste des plaisirs grossiers, et, par con séquent, de l'abus des boissons alcoo liques. Si, à tout cela, on ajoute la fondation des patrona ges scolaires et post-scolaires, on préviendra, autant que possible, la fun este habitude des liqueurs fortes. L'instituteur aura soin, en même temps, que la bibliothèque scolaire contienne des ouvrages ayant trait à l'alcool et à ses dangers, sous la forme didactique, ou bi en sous celle de romans illustrés, qui, sans doute. agiront avec efficacité sur les lecteurs, en leur faisant con naître, par des récits inté· res sauts, les résultats fu nestes, à to us les points de vue, de l'alcoolisme dans la famille et dans la société. La diminution de la consommation de l'acool aura pour conséquence l'accroissement de la population, à ce qu'assurent les statisticiens, d'après des observations répétées. Les efforts de l'instituteur empêcheront sans doute un certain nombre de personn es de con Lin uer à tuer le ver. en attendant qu'elles deviennent des ivrognes et des piliers de cabaret. Sou enseignement anti-alcoolique aura du moins le mérite de chercher à arrêter les progrès d 11 fléau qui menace de vicier la génération de demain . En eŒet, les enfants d'alcooliques viennent augmenter cette foule toujours croissante d'êtres rachitiques, dégénérés, gâteux, hystériques, épileptiques, qui envahisseut les hôpitaux et les maisons de santé.


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Malgré les démentis, il est malheureusement vrai que les enfants eux-mêmes se livrent déjà à la boisson. Quand ils seront adultes ils conserveront naturellement leurs habitudes, car, qui a bu boira. Il faut donc que l'on s'agisse sur les jeunes génerations, sur les enfants, si l'on veut couper court aux habitudes d'ivresse, on leur évitera ainsi bien des chagrins, bien des périls, bien des désordres; on conservera à la patrie et à la société . de bons citoyens et des hommes raisonnables. Nos élèves ont l'imagination vive, ils seront frappés par notre enseignement, et, peut-être éviteront-ils plus tard la fréquentation des mauvaises compagnies et des buveurs. Du moins ils auront été prévenus que la passion de l'ivrognerie conduit à la tristesse et à la honte. Nous leur ferons des dictées relatives à l'alcoolisme, noU3 leur donnerons des problèmes d'arithmétique relatifs aux. pertes causées par l'usage immodéré des boissons alcooliques. Pour sujet de composition française nous prendrons quelquefois les effets et les dangers de l'alcoolisme, la sobriété et la tempérance. L'alcoolisme, leur dirons-nous, ruine la santé, affaiblit les ressorts de l'intelligence, de la responsabilité personnelle, entraîne à violer peu à peu tous les devoirs envers les autres hommes, conduit à la paressr-, à la violence, et détruit la fraternité humaine. Enfin, et c'est là ce qu'il faut craindre le plus, l'alcoolisme des parents a la plus funeste influence sur la santé des enfants. C'est donc un ennemi redoutable qu'il ne faut point se lasser de combattre. A. C.

ÉCOLES ENFANTINES L'école enfantine s'impose dans la plupart des villes et . dans les centres industriels. Pendant que les parents travaillent dans les ateliers, dans les fabriques, il faut bien que l'enfant soit surveillé et occupé. C'est dans ce but, avant tout, que l'école enfantine a été créée. Mais est-elle avantageuse au point de vue de l'instruction? Faut-il chercher à les multiplier à la campagne et là où les occupations des parents ne l'exigent pas?

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Interrogez les instituteurs qui se trouvent en situation de comparer le niveau intellectuel et le progrès des enfants qui ont fréquenté l'école enfantine, avec les commençants qui arrivent directement de la maison paternelle à l'école primaire sans avoir passé par l'asile. Ils vous disent que s'il est avantageux de pouvoir réduire le nombre des cours dans une école primaire en confiant à l'école enfantine le soin d'amener les commençants à la lecture courante et à l'écriture, cep~ndant au bout de quelques mois les deux catégories d'enfants se trouvent au même niveau. Si ceux qui ont passé par l'école enfantine sont d'abord plus avancés, d'autre part ils témoignent généralement moins d'ardeur, moins de goût pour l'étude. Aussi beaucoup d'hommes d'école sont-ils aujourd'hui hostiles en principe à ce premier enseignement. Ils estiment - à tort ou à raison, c'est ce que nous ne voulons pas trancher - que l'instruction primaire proprement dite ne doit pas commencer trop tôt. La première éducation ne saurait appartenir qu'à la famille. L'enfant qui n'a pas acquis un certain développement physique ne peut aborder fructueusement l'étude proprement dite. Sans doute, on voit des enfants apprendre à lire déjà à l'âge de 4 ans, mais il y a toujours alors un arrêt, un temps de repos. Quoi qu'il en soit de cette question, nous pensons que nos écoles enfantines devraient adopter peu à peu les règles des jardins d'enfants. L'école Frœbel s'approprie mieux que toute autre aux moyens, aux fort.es, aux goûts et aux ap titudes du premier âge. C'est à ce titre que nous croyons être agréable à nos lecteurs en reproduisant ici des ex· traits des rapports publiés récemment en Belgique sur Je caractère des écoles Frœbel. Nous les empruntons à une brochure parue chez M. Wesmael-Charlier, à Namur: Le principal mérite de Frœbel, ce grand pédagogue, ou mieux encore ce philantrope éclairé, est, sans contredit, {l'avoir créé une méthode qui, tout en amusant l'enfant, répond à sa nature enfantine, au point de vue physique, intellectuel et moral. Le travail le plus sérieux n'est qu'un plaisir, parce qu'il lui est présenté sous forme de jeu.


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Il s'instruit inconsciemment en jouant. A l'institutrice incombe la tâche de tirer de ces jeux tout ce qui peut contribuer à développer le corps de l'enfant, à éveiller et à cultiver son intelligence, à former son caract~re. Il faut qu'elle ne perde jamais de vue la grande et subh~e mission éducatrice qui lui a été dévolue, qu'elle y travaille constamment et dans tous les exercices. On peut classer les exercices de la méthode de Frœbel en deux groupes : 1° les dons et les occupations ; 2° les jeux gymnastiques._ . Placés dans un ordre progressif constamment smv1, les dons et les occupations permettent le développ~me?t graduel e.t harmonique de toutes les facultés. Partant de l_obJet le plus s_unp,le, la balle, on en vient graduellement aux objets plus compliques : des corps (balles, cylindres, cubes), on arnve aux surfaces (planchettes) ; des surfaces aux lignes (bâtonnets), en passant par leur intermédiaire, les lattes. , , . . . Mais quel que soit le don remis a l enfant, 11 satisfait tons ses besoins physiques, intellectuels et moraux. a) Physiquement, les dons dévelo~pent tous les se~s: puisque ceux·ci sont constamment en éveil dans le °:1ameme.nt des objets. En palpant ces objets, soit pour les exammer, s01t pom jouer (balle), soit pour construire (cubes, planchettes, batonnets), il y a perfectionnement du sens d~ toucher. Les jeux spéciaux viennent encore en aid.e au dév~loppement de la sensibilité tactile. Sans regarder l'objet dont 11 s occ~1rn l'enfant est amené à le reconnaître par sa forme, la matiere dont il est fait ou par ses propriétés. . Dans toutes les occupations, mais spécialement dans le tissage, le tressage, le pliage, le piquage ~t le dessin, on. donne de la légèreté de la souplesse à la mam, de la dextérité aux doigts, de la force aux muscles. Il en est .~e même .de l'ouïe. On fait reconnaître les objets aux sons qu Ils . prodmsent. ~a distinction entre les différentes sortes de brmt est un exercice propre au développement de l'oreille. Le coup d'œil est aussi constamment exercé par la comparaison des formes et des couleurs, par la mesure des distances. Dans. les jeux de cons~ruc,tion, la disposition de telle ou telle partie peut donner heu a des formes différentes. b} Intellectuellement, les dons et les occupations de Frœbel sont une mine inépuisable de connaissances à inculquer à l'enfant. Ils développent toutes les facultés de l'intelligence : 1o L'esprit d'observation et le jugernent. En remettant un

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nouv~au don à l'enfant, o~ lui ~ait trouver par voie de corn1:ara~son. t?utes les part1culantés qui le distinguent. On lui rnurmt arns1, non seulement une foule d'idées nouvelles mais encore les mots. et les phrases qui servent à rendre ces 'idées. Il en est de meme dans les jeux de construction : la forme ref résentée .doit to~jours être comparée à l'objet véritable ; l'en1ant examme et jUge du degré de ressemblance. Les formes usuelles, les formes de beauté et les formes instructives sont toujours accompagnées d'une petite causerie explicative. L'institutrice laisse dire à l'enfant tout ce qu'il sait elle ne lui fournit que les notions inconnues. Parfois elle 'raconte une bisto~·iette dan~ ~aquelle il ~st parlé des objets qui occupent son Jeun~ aud1to1re. Ce récit charme l'enfant et lui inspire un prof?nd mtérêt po~r l'exercice. L'institutrice fait répéter l'histonette par plusieurs élèves en veillant à la correction du langage. 2° La mémoire. L'attrait apporté dans chaque exercice aide à graver dans l'esprit de l'enfant les notions enseignées. De plus chaque don étant la répétition amplifiée de celui qui le p~·écèùe, l'.enfant retien_t facilement ce qu'il a appris. Un dermer exercice de mémoire est la reproduction sans modèle des formes faites précédemment. ' (A suivr~.J

La mémoire

(Suite et fin.!

Mais la répétition serait insuffisante s'il n'y avait pas effor t d'attention de la part de l'enfant. Faire naître l'intérêt, provoqner l'effort, captiver l'attention afin de produire une vive impression dans l'esprit es t donc absolument nécessaire et cela dépend du maître seul. réussira en ren da~t son enseignement attrayant, en Il variant ses procédés, en s'ingéniant à présenter les mêmes faits sous des formes différentes, en frappant à la fois les sens et l'imagination de l'enfant, Fait·il une leçon d'histoire? Il fera reswrtir les qualités ou les défa u ts des personnages en jeu; il se substituera à eux dans les grandes occasions, parlera leur lan gage, animera son récit, le dramatisera au besoin . Ses paroles, ses gestes, son attitude contribueront à faire retenir la leçon, à développer la mémoire. Son action ici est souveraine.

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Il fera naître ainsi dans l'esprit de l'enfant une èertaine émotion de plaisir ou de peine sans laquelle les souvenirs se gravent diffi~ilement dans l'esprit.. Tout?s l~s mati~r~s du programme s y prêtent plus ou moi~s : a lm . de refle. chir et de tirer parti des circonstaces diverses qm peuvent le seconder dans sa tâche. Enfin le maître s'efforcera d'établir un ordre parfait dans les sou;enirs de l'enfant en recourant à l'association des idées. L'ordre est, en effet, une loi indispensable de la mémoire mais il doit être basé sur des principes rationnels, Jogiqdes et non sur des moyens artificiel_s ou fa~ta~sist~s. C'est pourquoi il faut se défier de certams procedes dits mnémotechniques qui s'ils sont mal établis, ne font qu'encombrer l'esprit et tenir la place d'associations utiles. Cependant il est bon de dire que parfois ils rende~t de grands services car chacu~ de nou~ peu! en fab_nq~e: d'originaux et les adapter a son savoir et a sa perspicacite des choses et des évènements. On ne saurait nier, par exemple, que les synchronismes ne facilitent singulièrement l'étude de l'histoire. U:n maître intelligent et habile peut donc tire~ un gra~d par!i de c~tle gymnastique intellectuelle et nous lavons dit, en educat10n; il n'y a pas de petits moyens. En procédant ainsi, le maître développe_ra sûrement la mémoire de ses èlèves, mais il devra la temr constamment en éveil par l'exercice. Tous les enfants, en effet, ne sont pas également doués, les uns ont la mémoire prompte et facile, les autres lente et rebelle ; ici elle est ingrate, là fidèle ; mais tous plus ou moins en sont pourvus. Le divers exercices scolaires - et non seulement les exercices dits de récitation - doivent dl)nc contribuer à développer, à fortifier et à entre tenir la mémoire des uns et des autres. Il suffit pour cela qu'ils soient bien mis à leur portée, que le maître ne craigne pas d'empiéter sur le domaine des autres facultés pour assurer la culture de celle-ci, car elles doivent se prêter un mutuel concour~ et non se nuire réciproquement.

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Enfin. il faut aussi que le maître tienne compte des influences physiologiques produites par l'âge des enfants, leur constitu tion, par leur santé et l'état de leur cerveau. Il devra donc proportionner ses exigences aux conditions ci-dessus. Avec les jeunes enfants, commencer d'abord par l'étude des choses, tout en y associant celle des mots, graduer son enseignement, multiplier ses questions au fur et à mesure qu'ils grandiront et que se développera leur inteliigence; enfin ne pas oublier que c'est vers la dixième année que la mémoire semble atteindre son maximum d'énergie et en diriger la culture en conséquence. En résumé, la mémoire est une faculté précieuse sans laquelle l'intelligence ne pourrait recevoir son complet développement; sa culture nécessite certaines conditions phy· siques et psychologiques que le maitre doit s'efforcer d'établir tout en tenant un compte rigoureux des influences physiologiques inhérentes à l'âge et à l'état de santé des enfants. La répétition, l'effort d'attenlion, la force de la logique, les relations artificielles établies entre les souvenirs et surtout l'exercice, tels sont, en les combinant, les procédés à suivre dans l'éducation rationnelle de la mémoire.

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V.

BERGER,

ECHO DES CONFÉRENCES

1:

Conthey. - Le 10 mars, les instituteurs de notre district abandonnaient pour un jour leurs occupations habituelles pour aller retremper leur courage et consolider leurs liens d'amitié dans une charmante conférence fixée à Vétroz. Le choix d'une commune si hospitalière, le délectable plaisir d'entendre notre nouvel inspecteur M. Giroud, la participation à notre fête de beaucoup de membres honoraires, la présence au complet des instituteurs du - district, tout contribua à nous remplir d'enthousiasme dès le début. La séance est ouverte à 9 h. par la prière d'usage, puis M. l'lnspecteur adresse d'aimables paroles de bienvenue à MM. Achille Chappaz, chef de notre Département, l'avocat Evéquoz, préfet, Del église, prieur de Vétroz, Navilie, curé de Conthey, Fellay, chanoine, Hopfner et Lamon, directeurs, J. Carrupt,


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président de la Commission scolaire et Ducrey, ancien instituteur, tous les deux à Chamoson, aux autorités communales de Vétroz ainsi qu'aux membres actifs. Après la lecture des statuts de la société et du protocole de la conférence de l'année dernière, on passa à l'élection du bureau. MM. Gaist Jules inst. à Chamoson et Berthouzzo Fr. inst. à Conthey sont confirmés, le premier comme vice-président et le second comme secrétaire. Six instituteurs sont ensuite désignés pour donner connaissance de leurs travaux sur le sujet suivant mis à l'étude: De l'éducation morale et religieuse à l'école primaire. Son importance. - Moyens à employer. Voici quelques idées émises dans ces compositions: L'homme est créé pour le ciel, il pourrait se sauver sans l::t science, mais non sans la religion, sans la vertu ; l'instruction sans frein moral ne rend que plus adroit à faire le mal; nous visons à faire de nos élèves des savants, c' est bien, mais là n'est pas l'essentiel; faisons-en des chrétiens fidèles, des hommes moraux, des citoyens dévoués à la bonne cause, et ainsi nous nous rendrons dignes de notre mission. Les moyens à employer sont nombreux. L'instituteur ne doit pas perdre de vue quïl doit s'appliquer en premier lieu à former le cœur chez l'enfant; il n'est pas de leçons, pas d'exercices qui ne fournissent l'occasion de combattre certains défauts, d'encourager, de cultiver certaines qualités; mais c'est surtout dans le catéchisme et l'histoire sainte que le maître pourra puiser abondamment les leçons de morale. L'instituteur fera comprendre aux élèves la beauté d'une âme innocente et l'horreur du vice ; il emploiera à leur égard la douceur et la persuasion, il sanctionnera ses leçons par l'exemple dans ses manières, dans ses actes, etc., etc. Une discussion intéressante fit jaillir de nouvelles idées. On compléta ce qui concerne surtout la pratique. M. Lamon émet l'idée que non seulement tout enseignement doit profiter à la formation morale et religieuse de l'enfant, mais que l'instituteur devrait sacrifier chaque semaine un ou deux quarts d'heure à la culture de l'âme. A la fin de l'année scolaire, nous dit-il, posez-vous cette question : « Mes élèves sont-ils plus réglés, plus pieux, plus obéissants, en un mot, sont-ils meilleurs qu'au commencement de l'année? Si oui, vous pouvez être contents ; mais tout en étant plus instruits, s'ils ne sont pas plus vertueux que lorsqu' on vous les a confiés, vous

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avez perdu votre temps. Habituez-les à la prière, ajoute-t-il, car celui qui prie se sauve, celui qui ne prie pas se damne. > M. le curé Naville insiste pour que les enfants soient inspirés d'une dévotion réelle, qu'ils prient en tout et partout avec calme et attention, et que pour cela le maitre leur en donne l' exemple en classe. M. Girond, inspecteur, nous engage à lutter énergiquement contre le respect h umain, contre cette espèce de gloriole dont semble faire étalage le jeune homme émancipé de l'école primaire; il nous invite chaleureusement à rassembler et à unir nos efforts pour créer une discipline morale générale qui serait capable d'arrêter ces idées d'indépendance, de maîtriser ce courant, je ne dirai pas d'impiété, mais d'indifférence qui détourne la jeunesse de ses devoirs religieux. Sans doute, nous oublions d'autres orateurs qui nous ont aussi adressé de bonnes paroles. Mais bientôt des colonnes de chiffres alignés sur le tableau noir, nous faisaient comprendre que si le pas que nous avons fait en avant dans la statistique fédérale est grand, celui qui nous reste à faire est encore aseez considérable. Au sujet de la lecture, M. Hopfner dit que cette branche pourrait être meilleure en comparaison de la note pour le style. Après avoir montré le côté faible pour chacun de nous, félicité les uns, un peu humilié les autres, M. le directeur Hopfner aurait pu voir sur nos physionomies la marque des plus énergiques résolutions pour l'avenir. Là-dessus, l'hymne .national termine la séance à 12 h. et demie. La seconde partie de la j ournée se passe chez M. FI. Sauthier. Sous l'habile direct.ion du major de table M. le préfet R. Evéquoz (aidé de M. Naville inst. directeur des chants), les toasts et les chants se succèdent avec un entrain admirable. Les vins généreusement offerts par M. le Prieur et l'administration rehaussaient la traditionnelle raclette. Parmi les santés portées au clergé, au Chef du Département, etc., des paroles de reconnaissance furent prononcées à l'adresse de notre regretté inspecteur M. Gauye, transféré à la cure d'Héremence, .après avoir largement contribué à l:avancement de notre dis,trict. Le soir est déjà là, aussi faut-il se séparer. Membres honoTaires et instituteurs se serrent donc la main et quittent l'hospitalier village de Vétroz en emportant de la journée un pré.cieux et ineffaçable souvenir. F. B. inst.


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Supplément à l'ECOLE PRIMAIRE

PARTIE PRATIQUE COMPOSITIONS AU PRINTEMPS

Décrivez la

Campagne

au Printemps

Les poètes, les peintres, les sculpteurs ont souvent incarné le printemps en des figures allégoriques, et c'est toujours un jeune homme ou une jeune fille qu'ils choisissent pour le personnifier. Le printemps est, en effet, la jeunesse de l'année, comme la jeunesse est le printemps de la vie. En cette saison, tout dans la nature annonce une force naissante qui va grandissant. Au début, les nuits sont égales aux jours; mais bientôt ces derniers augmentent progressivement; l'empire de la lumière, du soleil bienfaisant; s'accroît à mesure que le domaine des ténèbres diminue. Quant à la terre, il semble qu'elle procède lentement à sa toilette, ajoutant chaque semaine de nouveaux atours à sa parure de fête. D'abord elle se débarrasse, comme de friperies démodées, des neiges et des glaçons qui peuvent traîner encore dans quelques coins obscurs. Puis d'invisibles mains brodent sur les côteaux rajeunis une robe d'un vert tendre sur laquelle des myriades de fleurs, aux nuances variées, s'étalent comme autant de bijoux. Ici, c'est la blanche pâquerette; ailleurs, la violette à la robe azurée; plus loin, des boutons d'or font briller leur jaune étincelle. A travers ces richesses champêtres butine tout un peuple d'abeilles, tandis qu'au milieu des branches chargées de bourgeons les oiseaux de nos climats gazouillent joyeusement pour saluer le retour des beaux jours. Bientôt on voit se mêler à eux des camarades ailés qui reviennent de lointains climats : les plus connus de tous sont les hirondelles dont le vol rapide trace des cercles sans fin autour dll clocher. Quant à l'habitant des campagnes, quelques travaux commencent à l'occuper déjà. L'un remet en pleine terre les plantes qu'il avait rentrées pendant la saison froide; un autre émonde les arbres, supprimant les branches inutiles pour que celles qui restent donnent de plus beaux fruits; le berger, enfin, tondant ses brebis, recueille cette laine si utile qui servira à nous vêtir. A la ville comme aux champs, l'homme prend part à l'allégresse universelle, il oublie les souffrances passées et caresse dans son cœur l'espoir des récoltes futures.

Salut au Valais I Salut, Valais I Salut glaciers, vallons et plaines 1 Salut, sapins géants I Salut, forêts de chênes 1 Salut, bois couronnés de vertes frondaisons 1 Salu~, ~p~ne I Salu~, clairs ruisseaux. des montagnes L Valais, Jaime ton oiel, ton air et tes campagnes Ta brise, ton soleil, tes voix, tes horizons 1 ' Que de fois j'ai suivi, par un beau soir d'automne A l'heure où l'Angelus dans le lointain résonne, ' A l'heure où les troupeaux s'éloignent dans la nuit· Que de fois j'ai suivi les ruisseaux. dans leur cours; Que de fois j'ai cherché dans les forêts leur source ,. Que de foie j'ai prêté l'oreille à leur doux bruit 1 ' 0 les voix des forêts, des vallons, des collines 1 Entendre1 en s'éveillant, les oloches argimtiues; Dans le Jour, écouter les lointains carillons; Contem~ler sur les monts, le soleil qui se lève, Et _le soir, en rentrant, lorsque le jour s'achève, Voir la lune argenter les champs et les sillons 1 Aucun pays jamais, aucun ciel, nulle rive, N'éveilla dans mon âme une image plus vive Ne laissa dans mon cœur un meilleur souvenir: Dans le Valais tout plalt, tout séduit, tout enchante:. Le torrent qui bondit, le ruisseau qui serpente Et lorsqu'on s'en éloigne, on veut y revenir 1 ' ~ ~ay~ que je chante 1 0 montagnes que j'aime 1 J ai laissé, près de vous, le meilleur de moi-même J'ai laissé mes parents, mes rêves et mon cœur : .. Tourtemagne, Sion, St· Maurice, Loéche, Lorsque de vos clochers je vois poindre la dèche, J'entonne dans ma joie un cantique au Seigneur 1 Roulez, torrents furieux, dans vos gorges profondes Roulez, ruisseaux diacrets, vos murmurantes ondes .,. En écoutant vos voix je soupirerai moins, ' Et vous, fleurs des taillis, rhododendrons, verveines . Violettes, églantiers, croissez sous les grands chênes'' Des siècles écoulés les éternels témoins 1 ' Et toi, Rhône géant, dont les cascades blanches Tombent dans les vallons comme des avalanches Roule des flots puissants jusqu'au cœur du Lém;n Traverse le Valais et féconde la France, ' On t'admire, on te craint, on vante ta puissance, La mer qui te reçoit recule en mugissant 1

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J'ai vu l'astre du jour dorer de sa lumière Des pays ou l'hiver ne glace point la terre, ·Où le regard ne peut apercevoir les monts, Les roses s'entrouvraient aux. saisons hivernah:s, Et jamais les rameaux., au souffle des rafales,; N'effeuillaient sur le sol leurs vartes frondaisons. La mer étincelante aux. rayons de l'aurore, L'horizon sans nuage et la vague sonore, Eveillaient dans mon âme un bonheur infini ; J'ai vu d'autres paya et j'ai vu d'autres plages, Mais néanmoins, Valais, j'accours sous tes ombrages, Comme l'oiseau revient au même nid 1 Valais, j'aime ton sol et ta vaillante race, ·Car tes fils ont la force et tes filles la grâce, Car la foi des aïeux. vibre dans chaque cœur, L'air de la liberté soulève les poitrines, Et des vallons profonds au sommet des collines Ton peuple fortuné bénit le Créateur 1 A d'autres l'ambition, à d'autres la richesse, Ton sol est ton trésor, ton passé ta noblesse, Des gloires d'autrefois tu peux. vivre à présent Car, est-il, en Europe, un seul champ de bataille, Où tes enfants n'aient pas montré leur haute taille, Ou l'on n'ait pas versé du vrai sang valaisan t 0 soleil du Valais 1 0 brises des montagnes 1 Echos, qui renvoyez des rochers aux campagnes L~s soupirs et les chants, les bruits et les concerts 1 Solitudes, glaciers, torrents, ruisseaux., cascades, Et vous, forêts de pins, aux mouvantes arcades, Aujourd'hui, laissez-moi voua chanter dans mes vers ! Et lorsque les ruisseaux retrouveront leur pente, Quand le premier i nsecta et la première plante Rtma1tront au contact des souffles du printemps, Quand les premiers rayons réchaufferont les plain• <J, Quand naitra la sève au cœur puissant des chêne. Valais, j'irai me perdre au bord de tes torrents. · J'irai cueillir des fleura au-dessus des ab1mes, J'irai fouler ton sol, dompter tes hautes cimes, Et ton air vivifiant remplira mes poumons. Ma lyre chantera tes neigea éternelles Et des vieux châteaux-forts les antiques tourelles Qui, malgré les hivers, se dressent sur les monts. Mais silence I Le jour s'éteint comme une flamme, C'est l'heure où le Seigneur s'incline anr notre âme, C'est l'heure où l'Océan s'endort sur les galets, La lune étincelante au firmament rayonne.

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A genoux I A genoux, car la prière sonne: On dirait que j'entends les cloches du Valais 1 C'est un rêve I Et pourtant mon oreille se penche Comme aux. brises du soir une frêle pervenche, Car le son de l'airain c'est la voix d'un ami : J'écoute! - Pour le cœur il n'est pas de distance, Et je m'endors enfin sur la terra dti France, Mais mon esprit s'envole an pied de la Gemmi 1 {Dédié au Journal du Dimanche par CHARLES IN-ALBON.)

Pour le Carême Franç?is Coppée, de l'Académie française, publie, au lendemam du Carnaval, un article d'actualité dont nous détachons le charmant passage suivant : , C'est dans un quartier populaire, dans une église de faubourg, à l'une de ces messes très matinales où n e se rencontrent que de très pauvres gens, que je voudrais conduire, pour y voir donner les cendres, un homme d'aujourd'hui, un incrédule, en qui je sentirais un sincère amour du peuple. Sous la voûte faiblement éclairée par les cierges de l'autel, il ne trouverait là que pen de monde et du tout petit monde, - car on les cJmp te, dans les . classes labor~euses, ceux à qui l'on n'a pas en.core ravi les consolat1ons de la prière. Des ouvrières, des servan~e~, agenouillées auprès de leur panier, quelques v1e1lles gens, et quatre ou cinq artisans à la figure campagoa1de, récemment arrivés de leur village, écoutent l'office avec leur sac d'outils à leurs pieds ' telle serait la modeste assemblée. L'ami des travailleurs reconnaîtrait en ceux-ci les doux, les simples, les , pauvres en esprit >, les préférés de Jéeus enfla, ceux à qui il a promis et il réserve uno, place choisie dans son royaume. Le spectateur serait ému. En voyant répandre sur leur front cette poussière qui, selon le mot d'Hamlet, contient peut-être un atome d'.Alexandre et de César, et présente, en quelque sorte, l'image de tant de civilisations détruites, de tant de .peuples disparus, il se souviendrait que l'histoire n'est qu'un long cri de douleur, que partout et toujours le sort des faibles et des petits fut à peine supportable et qu'ils n'ont jamais trouvé de meilleur soulagement -leurs souffrances qu'en levant les yeux vers le ciel.

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Dans cette atmosphère religieuse, !devant ces pauvrea gens en prière, l'incrédule se dirait alors, je suppose, que ce fut une folie et un crime de combattre, chez les humbles, la foi qui les faisait s'aimer les uns les autres et espérer en un Père Céleste. Il penserait à l'Evangile, à ce livre unique au monde, qui a changé l'àme de l'univers et qui a, depuis dix-neuf cents ans, inspiré les vertus les plus pores et donné la paix du cœur à des milliers de chrétiens. - Et alors - qui sait t - considérant Tœuvre prodigieuse de Celui qui parla sur la montagne et qui mourut sur la croix, et s'affirmant que la bouche d'où tombèrent tant de vérités éternelles n'a pu mentir, il croirait en Jésus-Christ, fils du Dieu tout-puissant, aux yeux de qui les planètes et les étoiles sont moindres que les gains de cette poudre impalpable distribuée par le prêtre, du Maitre éternel qui, au fond du mystère infini, règne sur une poussière de mondes et sur une cendrn de soleils t •

A ceux de

«

Là-Haut ... ,

(Impressions de lecture par Cu. DE MEIRY) Trois jours forcés de chambre m'ont procuré le loisir de relire cet attachant M-Haut d'Edouard Rod. J'ai choisi ce livre à dessein, parce qu'il parle sans cesse da Valais, des endroits que je connais et que j'aime. Il y a, là aussi, des silhouettes de personnes connues, entrevues autrefois dans une course à Salvan, rencontrées un autre jour descendues à Saint-Maurice. Je me souviens encore que l'année dernière, à une fête patronale ou religieuse, un de mes amts, me désignant une jeune femme à l'air intelligent et doux, m'avait dit : c C'est elle, Elise Arlet ••. • Elise Arlet, la propriétaire du vieil hôtel de Salvan, de celui-là même où se donnent rendez-vous les principaux du village. L'une de ces réunions est un des chapitres les plus puissants de l'œavre. Je l'admire profondément ce passage. C'est lui qui m'amène à parler à cette place. Il est le plus intéressant par lui-même, le plus grave par son sujet. Après l'incendie de Vallanches, ils sont là, autour de M. de Rarogne, excité par le fendant ; il y a les deux Clevoz, les deux guides Cascatey, le bon et sage Nan-

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th~lme, le pr~sldent Combe, et Vollant, celui-là même qm ~ourut s1 douloureusement. Vous vous en rappelez t Il était sur le sommet du glacier, grisé par la fièvre de la .montagne, sayourant le désir accompli, quand soudam, .la. ro~he friable cède sous ses pieds. Sans pousser un cri, 11 disparait dans le gouffre, avant même que ses compagnons aient rien pu pour le sauver . . . La montagne avait fait une victime de plus, et calme heureuse de B!l proie, elle c rentrait dans son silenc~ calme et souriant •• Ils ,discut~ient. M. de Rarogne parlait haut. Il voulait que 1 O!] votat ~e chemin de fer pour monter à Vallaoches. Il savait en faire valoir les avantages. Il atténuait les dépenses, il e~camotait les dangers, les inconvénients, tout le m~l qui devait en dépendre. Les auditeurs écoutaient placidement, fascinés par ces parole~ de ,lucr.e et d'ambition. Jamais à la montagne, eux, li~ n av~ient é~rouvé le vertige, le vin valaisan auquel lis étaient habitués ne leur montait que difficilement à la tête, mais les insinuations du maitre d'hôtel d~ Lestai, grisantes, perfides, les envahissaient ioconsc-1emment. C'est alors que Voilant s'est levé et qu'il a parlé Laissez-moi transcrire ses propres paroles paroles ad~ mirables de vérité et de grandeur : ' c Vous ne pensez qu'à vos intérêts, M. de Rarogne et ~es montagnes sont pour vous une matière qu'on ex~ ploite, ~omme les ardoises et les carrières. Ça se vend par petits morceaux ; que ça rapporte, vous n'en demandez pas plus I Vous ne croyez donc pas qu'il y a tout autre chose en jeu t Il y a ici dans ce pli caché ~es Alpes, loi.n d!1 reste du monde assez large pour l ~mour du gain, i.l y a un pays qui depuis des siècles vit de sa prop~~ vie, fidèle à ses mœurs et à ses croyanee.s, à ses traditions - un bon petit pays, ignorant des laides p~ssions qui avilissent les hommes des villes. Vous arrivez, vous semez quelques pelletées d'or dans ces. champs ingrats et vous dites que l'argent est une graine .comme. une autre. Ah I oui, malheureusement J Une .tr~sfe grain~, M. de Rarogne; une graine qui gsrme en. vllams ~ppé~1ts, une graine maudite, qu'aucun mauvais vent n avait apportée par ici. , , Parfait et in?omparabl~ langage ; certes, il mérite qu'on l .écoute e~ qu on l,e cr01e. Mais ce n'est pas dans des hvres, mais ce n est pas dans des journaux qu'il fau-


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drait dire cela, qu'il faudrait répandre cette opinion : ce qu'il faudrait, c'est la semer dane les cœurs. La montagne, la sainte et sublime montagne. non se~lement on la gâte, on la dépoétise, on la transperc~, mais on la vend et on l'exploite. Oui, comme les ardoises et comme les carrières. Plus même, on y attache des essaims d'ouvriers pour la démolir, pour la travers~r, pour la sondt>r, pour lui enlever sa g_randeur et sa p~1ssance. Aujourd'hui on veut un ~hemm de fer, de~am on en voudra dix. Et ils se réumront au sommet, lis descendront les voyageurs devant les hôtels. • . Nous devons, y croire à la. montagne saccagée, nou-, sommes obligés d'y croire. Nous avons le Righi, nous avons le Pilater nous en avons tant d'autres, mais attendez bientôt, attendez la Jungfrau qui va se faire, attendez,. un p_eu de patience I Nous aurons notre Suisse de demam. Dieu veuille que nous n'ayons pas à rflgretter celle du passé. Il n'y a pas si longtemps encore on voyageait en diligence, à petites journées; il n'y ~ pas si longtemps on récoltait la moisson avec la faucille, sous le chaud ~t bon soleil de juillet· on recevait de rares lettres, mais combien bonnes, lo~gues et affectueuses ; il n'y a pas si longtemps on entendait chantai·. devant sa porte d_e vieilles et douces romances . . • Maintenant on ne sait .Plus ce que c'est _que de c~anter; _mai ntenant on va ~n dix heures de Suis1:1e à P aris; maintenant on emploie des machines pour couper les blés et pour lie! les gerbes · maintenant on ne parle plus que par dépeches ; on va dîner à Zurich après avoir déjeuné à Genève ; on marche de toutes les façons, excepté à pied ; on connait tout le monde, excepté les siens. Hier aussi nous avions la montagne, reine et immaculée. Hier 'aussi, pour y monter, nous devions gravir nous-mêmes ses flancs v10rges d'exploitation. Là-haut nous couchions dans la modeste auberge, mais qu'on y était bien I Là-haut on était du pays. Oui, dans la salle à boire il n'y avait pas encore l'assem~lée qui décid~rait le chemin de fer, il n'y avait pas les disputes, le~ rixes, la désunion, engendrées de l'envie et de l'orgueil. Certes on sait Là-haut s'entr'aider pour le nécessaire, se réuni~ dans une seu!e et grande famille où tous les mêmes villageois sont frères. Ils n'ont pas vu clair ceux qui n'ont pas voulu garder ce bonheur. Eu Valais, Dieu merci, il en existe en-

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core de vieux Vallanches, comme celui qu'a décrit Roc:t avant l'incendie, Eh bien, chaque fois que je lis qu'un village vient d'être la proie des flammes, tel ce paisible et pittoresque Randogne dont nous avons appris la destruction avec une si grande tristesse, chaque fois, nous qui aimons le Vieux Valais de Mario, nous avC>ns peur du village neuf. Les journaux ont fait des souscriptions, les mazots, les chalets se sont convertis ainsi en argent courant. On rebâtira, on visera au pratique, on fera de banales maisons en pierre, droites, raides. On se dit : • Puisqu'on bâtit à neuf, autant, bâtir commodément. " Commodément, renferme tout ; bâtir commodément, c'est élever régulièrement de vilaines habitations carrées; on croit que l'on a bâti selon tous les avantages lorsqu'on a construit des maisons modernes à deux étages ; pourvu qu'elles soient grandes et qu'elles soient neuves on croit à l'habitation riche. Et on en fait des bôt.els. C'est bien là le grand but, le seul visé. Alors ce n'est jamais fini un hôtel bâti, c'est un rncond, un troisième hôtel l'année suivante, c'est la ruine du pays ..• Lorsque je lia dans un journal du Valais la liste· des autorisations d'enseignes accordées j'éprouve une sorte d'angoisse. Non que je trouve que l'on doive empêcher à un propriétaire d'ouvrir sa demeure aux étrangers, mais je songe que c'est un lieu encore où les hôtels vont chercher à se faire concurrence. Voyez ce que cela amène. L'un veut surpasser l'autre, on cherche le confort d'abord, le luxe ensuite. Zermatt a commencé ainsi. Un Zermatt cela va bien, dix Zermatt ce serait la débâcle. Soyons plu1ôt optimiste. Oo veut faire de la terre valaisanne une terre d'exploitation, et la terre valaisanne c'est la montagne. Comme on l'a dit : • que ça rapporte, vous n'en demandez pas plus 1 • Vous voulez bien qu'on la morcelle, cette montagne, qu'on y plante un ehemio de fer et autant de stations que l'on voudra, peu importe si cela procure de l'argent. Oh I oui, on veut bien la sacrifier, vendre son morceau de terre pour avoir son petit hôtel, se laisser mener par eaux qui savent y trouver leur vrai bénéfice. Soit, mais l'on ne doit pas sacrifier ce que l'on aime. On doit voir plus loin. Songer à ses enfants, à leur bonheur plus qu'à leur fortune, à leur foi plus qu'à leur bourse. On doit se souvenir de ceux qui dorment là, près de la petite église, sous les asters et les crysan-


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thèmes ; on do~t songer qu'ils furent heureux, tels qu'ils étaient, pauvres et libres ; que jamais la discorde n'avait partagé leurs rangs, que la vie ignorée est la plus douce. Il y a un petit pays, caché dans les Alpes qui, c comme i'a dit Vollant, depuis des siècles vit de sa propre vie. • Que c'est bon de vivre de sa vie I Manger le chamois tué sur la hauteur, les légumes cueillis dans son jardin, boire le lait de ses chèvres pour se rendre forts, pour se rendre gais, boire le vin de sa vigne, le bon vin doré au soleil de l'été, le vin puissant et chaud ..• Vivre de sa vie, c'est vivre chez soi, sans inquiétudes et sans alarmes, s'occuper de son bétail, de son carré de champs, de son petit chalet ; c'est vivre en famille, venir le soir partager le repas et la prière en commun, marcher sans s'occuper de l'avenir placé aux mains de Dieu, sans craindre tout ce qui déshonore et qui avilit. C'est rester fidèle à ses vieille!J coutumes, à faire ce que faisait son père et le père de son père ; aller, le soir, sur le banc devant la maison fumer la pipe, rêver sous les étoiles devant les grands pics qui ne sont pas à d'autres, ces pics que l'on gravit jadis, que l'on connait hien et dont éloigné on éprouve la constante nostalgie ••• C'est rester fidèle à sa foi, c'est-à-dire aux justes et aux souveraines croyances. Depuis tout enfant vous avez suivi les processions aux jours de fêtes et de dimanches. Les jours fleuris de Pâques, alors que le printemps s'éveille, qua les buissons d'aubépines blanches sont remplis des voix des bouvreuils et des chansons des merles. Vous alliez sur les tombes le jour gris de la Toussaint prier pour ceux qui ne sont plus, et, fervents dans votre espérance, vous disiez au Seigneur la prière de consolation et de paix. Oui, cent fois oui, rester fidèle à la foi, c'est vivre de sa vie. De la vie de l'enfant, de celle que l'on a apprise de sa mère, que l'on a puisée aux sources fécondes et intarissables de la religion. C'est en vivant de cette existence-là, qu'on ignore les tristes passions des autres hommes et des autres peuples. La cupidité, l'orgueil, l'avarice, la haine, tout cela est inconnu, tout cela doit être inconnu 1 Eh bien I demain, lorsque l'étranger arrivera, il faudra faire place donc à ces hc)tes néfastes. On l'a dit : l'argent aussi est une graine, une graine maudite. Cette graine, aucun mauvais vent ne l'a amenée sur la

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montagne ; pourquoi aller l'y chercher ! C'est la graine de la dissolution. Non, elle ne doit pas apporter le bonheur, peut-être pas même l'aisance. On le dit, on répète sur tous les tons le , pourvu que cela rapporte >. L'argent, il n'y a que cela qui tente, cela qui semble aujourd'hui le but suprême. Voyez ce que cela vaut, voyez ob cela mène, jogèz. Certes, le labeur peut être iucessant et pau récompensé, mais n'y a-t-il pas après cela la satisfaction du devoir accompli 'P N'y a-t-il pas la paix dans les rangs des mêmes citoyene ! Non, jamais l'on n'aura assez demandé de ne rien chan,ger aux anciennes traditions, jamais l'on ne se sera assez opposé à tout ce qui rend ou qui doit rendre malheureux les pays de montPgnes. C'est pour les gens libres que Dieu les a créées, ces grandes montagnes, pour ceux qu'elles gardent et qu'elles appellent leurs fils. C'est à eux de ne pas les vendre et de ne pas les livrer au monde cosmopolite. Ils en ont déjà livré trop. Il est temps que cela finisse, la coupe -est pleine, il ne faut point qu'elle déborde. Assez de troubles et de pages lugubres noircissent l'histoire de cette fin du XIXm• siècle, sans qu'un bon peht pays ait à y écrire aussi une page douloureuse. A l'aurore d'un siècle nouveau, ce n'est pas avec l'âme troublée et inquiète qu'il faut lever les fronts, mais remplis d'espérance, croyant dans la foi et dans la noblesse de ceux qui sont nés sur la terre helvétique, de ceux surtout que la Providence a fait naître au sein des Alpes radieuses. Ne profanez pas la montagne. Elle est digne et elle est éternelle. C'est notre honneur, à nous autres Suisses. Respectons-la, La respecter, c'est conserver intact et vierge son sol béni. C'est ne point la laisser meurtrir sous la pioche de l'ingénieur. C'est ne pas laisser monter à sa cime les miasmes des grandes villes et des cités populeuses. Là-haut, l'air doit être pur, vif, pénétrant. Là-haut, le soleil doit avoir une aurore silencieuse ~t grandiose. Ld-haut, c'est le sommet, le point culminant où, pour arriver, il faut des efforts et de la volonté. Lâ-haut, c'est la montagne aimée, la vraie montagne sans hôtels et sans restaurants, celle où l'on se .calme et l'on se repose, là-haut, c'est le faîte sublime -0ù nous tendons les bras, où nous élevons les cœ urs, - ld-haut, c'est le Valais. Il faut _pouvoir le dire en-

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eoret le dire toujours que ce Valais-là existe, qu'il n'ePt point mort, qu'il ne mourra pas, quoiqu'on le cherche et que des exploiteurs le voudraient ... , Allons, M. Volland, ne vous faites pas trop de chagrin, vous verrez que ces affaires s'arraDgeront mieux. qu'on ne pense 1••• , 26 février 1898. CH. DE MEIRY.

ECONOMIE DOMESTIQUE LE NETTOYAGE DE LA cmsINE (Suite) Les vitres des fenêtres de cuisine doivent être tenues fort claires, qu'elles aient ou n'aient pas de rideaux. Ceux-ci masquent trop souvent l'in~uffisance du net-· toyage, et, d'autre part, la plus grande quantité de l~mière possible étant une condition d'agrément et d'utilité dans une cuisine, on pourra fort bien se 1Uspenser de toute mousseline, étamine ou autre étoffe tendue devant le vitrage de la fenêtre. Si l'on tient absolument à avoir des rideaux, on n'oubliera pas qu'ils doivent être toujours parfaitement blancs et que, par conséqueut, une grande charge sera de les entretenir tels. Il faudra les changer à la moindre souillure et par conséquent en avoir une provision qu'on emploiera sans com_pter. Nous avons dit ailleurs comment on nettoyait le fourneau l'évier les casseroles. Ajoutons que les poêles, les ' • +' b attu que l' agrils,, tous les plats en tole, en fonte, en 1er sage a noircis, se nettoient à l'aid~ d'eau de ~arhonate, s'ils sont gras, et seront rendus brillants extérieurement avec la composition dont on se sert. pour les fourn~aux. Ouvrons ici une parenthèse pour dire que les bomllottes seront entretenues brillantes et qu'on les débarrassera de toute souillure de charbon ou de noir de fumée en les frottant extérieurement avec un chiffon imbibé de pétrole. Il est bien entendu qu'elles ne seront ensuite exposées au feu que parfaitement essuyées. Quand toutes les parties qui composent la cuisine ou son mobilier auront été ainsi mises en bon état, on lavera le plancher ou le carrelage. C'est par cetle opération qu'on terminera. Ce lavage ne se fait à grande ea_u et à l'aide d'une brosse emmanchée, que lorsque la Clllsine est grande et lorsqu'elle a un1:1 issue sur un jardin> une cour où l'eau peut s'écouler. Dans les cuisines des

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appartements de villes, ce lavage se fait plutôt à la, main. La personne qui lave le plancher ou carreau se met à genoux, trempe la brosse dans une terrine pleine d'eau tiède, frotte la portion qui est devant elle, la frotte à nouveau avec de l'eau plus claire, ramasse cette eau avec une éponge, ou un chiffon de molleton faisant l'office d'éponge, rince le chiffon, le tord et essuie la partie nettoyée. Elle recommence les mêmes opérations un peu plus loin en ayaat soin de faire ce lavage en allant en arrière, de manière que la partie lavée se trouve toujours devant elle. Ainsi cette partie a le temps de sécher avant qu'on ait besoin d'y marcher. C'est une joie pour une bonne maitresse de maison que de voir sa cuisine bien propre, bien rangée, où regne l'ordre parfait et cette espèce d'harmonie des choses qui, d'une réunion d'objets vulgaires, fait un tout réjouissant pour le regard et qui plaide en faveur de la ménagère aux soins vigilants. SOINS A DONNER AUX MEUBLES

Nous avons vu comment on entretenait parfaitement propres les meubles en bois blanc. Voyons aujourd'hui comment on conserve en bon état le mobilier complet d'un appartement. Les meubles peuvent être de deux sortes, quant au genre de nettoyage qu'ils nécessitent: cirés oa vernis. Los meubles cirés sont surtout des meuble8 en bois massif, c'est-à-dire non plaqués ou d'un plaquage beaucoup plus épais et plus solide que celui employé pour les meubles vernis. Ils sont de beaucoup préférables à. ces derniers dans la plupart des cas, à cause de leur durée toujours plus grande et du peu de réparationi qu'ils nécessitent. Tous les meubles anciens que l'on admire encore pour la beauté de leur bois et leur grande solidité sont des meubles massifs et cirés. Ils sont ordinairement en chêne, en noyer, deux bois qui deviennent très beaux en vieilli:;sant: le premier qui conserve des veines d'un ton plus clair que le fond ; le second qui noircit plus encore et dont le grain serré permet les fines sculptures. Que les meubles soient en noyer ou en chêne, l'en-tretien est le même, s'ils sont massifs et cirés. Le marchand les livre !)arfaitement brillants; il faut qu'ils restent ainsi. Pour cela, on les époussette chaque jour· au plumeau et on les fro tte ensuite avec un chiflon de


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'laine. S'ils sont sculptés, on emploie pour les faire re1uire une brosse spéciale, en crin, dont les angles arrondis sont entourés d'une bande de caoutchouc, sorte de <bourrelet destiné à amortir les chocs qui pourraient détériorer les sculptures. Tous les mois, tous les quinze jours au plus, on pas,aera sur les meubles cirés un chiffon légèrement enduit d'encaustique. L'encaustique est une préparation formée de cire jaune et de térébenthine. Pour préparer l'encaustique, on coupe la cire par trés petits copeaux au-dessus d'un vase étroit -et profond ; là dessus on verse de la térébenthine en quantité suffisante pour que la cire soit bien couverte. il.2 heures après, la cire doit s'être fondue et former one pâte épaisse. Alors, si cela sera utile, on ajoute de la térébenthine et on laissa encore 12 heures. Il faut que le mélange atteigne la consistance d'une bouillie peu ,épaisse. Quand l'encaustique est passée sur un meuble, on fait sécher quelques instants, puis on frotte avec un chiffon de laine, flanelle ou molleton, à moins qu'on n'emploie à cet usage une brosse spéciale, comme on l'a dit plus haut. Dans tous les cas, une précaution qu'il faut absolument prendre, c'est d'enlever avec un plumeau et avec un chiffon toute la poussière avant de passer l'encausti.que. Faute d'agir ainsi on raye les meubles d'une façon irréparable. Pour les meubles vernis, on se contente de les épousseter avec le plus grand soin. On ne les essuie que 'lorsqu'ils ne présentent plus aucune p3ussière, car pour eux, plus encore qae pour les meubles cirés, les rayo,res que l'on ferait seraient ineftaç ~bles. S'ils sont un peu défraîchis, on les frotte avec un chiffon imbibé d'alcool . ,pur ou d'essence de pétrole. Parfois les meubles sont tachés de bougie. On est fort embarrassé pour enlever ces taches qui laissent après -elles des traces. Il suffit de verser sur la tache de l'ai-cool très pur ou de l'éther sulfurique. La bougie se dissout sous l'influence do liquide et la tache semble s'é-vaporer. On assure aussi que les meubles vernis, les objets laqués, comme les plateaux, sont rendus nets par un lavage fait avec de l'eau de son tiédie ou de marc de ,café.

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Les procédés employés pour entretenir les meuble&'· sont ceux employés pour les parquets cirés. Seulement au lieu de les faire briller à l'aide de l'encaustiqu&' seulement, on se sert de cire sèche qu'on passe sur le parquet à l'aide d'un bâton spécialement disposé pour· cela. On frotte ensuite avec une brosse qu'on fixe au pied à l'aide d'une bride. On se sert d'un chiffon de laine qu'on promène partout avec Je pied ou le balaf pour achever de rendre le parquet tout à fait brillant et sans aucune poussière.

Recettes et conseils utiles Coton dans les oreilles. - C'est une très mauvaise, habitude que de porter continuellement de la ouate dan~ les oreilles et encore pis de ne l'employer qu'humectéa · d'eau de Cologne ou d'alcool. Les organes ei ftos de· l'ouïe sont constamment excités par l'alcool de l'eau de Cologne et s'usent npidemeot, la protection habituelle· contre l'air frais les I end peu résistants et au moindre courant d'air ou si, one fois, la ouate fait défaut, viennent les névralgies et les maux de dents. Il ne faut donc porter de la ouate dans le~ oreilles qu'exception.. nellement, quand il fait très froid ou do vent et lorsqu'on n'est pas bien. Pour purifier l'air d'une chambre, verser dans un· pot contenant de l'eau très bouillante, une ou deu». cuillerées d'essence de térébenthine. Les vapeurs de l'eau entraineront dans la chambre une agréable odeur de forêt. Répéter 2-S fois par jour. Ce moyen très simplefera du bien aux malades de la poitrine. Ohoucroûte. - Vers le printemps, la choucrmîte que, l'on conserve dans des tonneaux ou des seilles commence à se moisir à la snrface, ce qui donne un goüt désagréable. Pour remédier à cet inconvénient, il sufüt de verser par minces filets, de l'eau-de-vie sur la chou-croûte chaque fois que le moisi apparait. L'eau-de-vie l'empêchera non seulement de se gâier, mais lui don• nera un meilleur goût, Les œufs. - L'œuf est un des aliments les plus nu-tritifs, il contient environ 13 OlO l'.'a,bumine, 11 010 de graisse, 1 010 de nel, du phosphore, du soufre, du fort. etc., donc tout ce dont le corps a besoin pour la for-


- u •mation du sang. Il est à remarquer que lea œufs cuits durs ne sont pas faciles à digérer, la manière de les cuire qui convient le mieux. aux enfants et aux personnes faibles est , à la coque > ou c au miroir >. L'œuf convient mieux aux repas du matin et de midi que le soir. Le goût sucré des pommes de terre e:elées. · Comme on le sait, les pommes de terre contiennent une grande quantité de fécule qui se transforme, en partie à la cave, dans des circonstances normales en sucre, en acide carbonique et en eau. Par une température douce, ces substances sortent, sont respirées par les pommes de terre, mais si la température tombe au-dessous de zéro, cette respiration cesse, tandis qne la transformation de la fécule en sucre continue. Il s'amasse donc dans l'intérieur de la pomme de terre une trop grande quantité de sucre et d'eau qui lui donne le goût désagréable bien connu. Sept rèe:les pour conserver une bonne vae. - Si lu sens que tes yeux sont fatigués ou que les objets que tu regardes en travaillant paraissent troubles, cesse de travailler ou de lire pendant un moment, même si tu crois avoir de bons yeux. 2. Veille à ce que l'objet que tu regardes en travaillant ou en lisant soit bien éclairé, si possible de puis le haut, sinon depuis la gauche. 3. Si tes yeux sont faibles, ne lis jamais en chemin de fer ou en voiture. 4. Ne lis jamais couché. Les médecins ont souvent constaté que la faiblesse des yeux provenait de la lecture au lit. 5. Ne lis pas beaucoup pendant la convalescence d'une maladie. 6. Maintienstoi dans une bonne santé en mangeant raisonnablement et dormant régulièrement, en te promenant à l'air, en te donnant du mouvement, en t'amusant sainement à tes heures et en te reposant après de durs travaux. 7. N'empiète pas sur les heures que tu dois réserver au sommeil. Celui qui lit beaucoup a particulièrement besoin d'un long sommeil. Respirez autant que possible par le nez. - Le nez a des fonctions beaucoup plus importantes que celle de contenir le sens olfactif, c'est l'organe naturel de larespiration et non la bouche, comme on le croit généralement. La respiration par le nez est beaucoup plus régulière que par la bouche. Dans la respiration par le nez, l'air a un plus long parcours à faire dans un canal étroit ,hérissé de poils et couvert de muqueuses qui retiennent

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la poussière et les impuretés. En respirant par le nez, autant que possible, le but des poumons est m!eox rem·pli, ils reçoivent l'air plus pur et les dangers d'infection sont diminués. ---cc-oo~.o.c:o-----

VARIETES - Un vieux paysan, qui avait fait de grands sacrifices pour envoyer son fils au collège, finisaant par trouver que M. l'étudiant dépensait beaucoup trop et ne fré·quentait pas assez les cours, le fit revenir pour qu'il se vouât à l'agriculture. Mais M. le fils ne goûtait guère les travaux champêtres sous la surveillance paternelle, et à tout instant il grommelait en jetant autour de lui de!! lambeaux de latin. - Dis donc, lui dit un jour son père, impatienté, voici la fourche à fumier, voici l'engrais et voici les b rouettes. Comment appelle-t-oo cela en latin 'f - Forcibus, caribus, manneribus l s'écria le savant d'an air ironique. - Bon, répondit le papa. Eh bien ! si tu ne prends pas tout de suite le forcibus pour mettre le manneribus dans le caribus, je te casse tes ossibus en deux. Compris, n'est-CH pas 'f La seconde ville du monde. - Depuis le 1•• janvier, N ow-York, par l'annexion de ses faubourgs, est passé au second rang des plus grande'J villes du monde. La cité américaine n'est plu~ dépassée que par Londres ! sa population s'est élevée de 2 millions à 3,888,000 habitants; sa superficie est désormais de 82 000 hectares au lieu de 10,000 qu'occupait l'ancienne ville; elle compte 2600 hectares de parcs et jardins, 1920 kilomètres de rues, 1850 kilomètres d'égouts, 105 de chemin de fer sui· viaducs et 145 de chemins de fer à niveau. Le crédit dans tous les temps. - Les Egyptiens pouvaient emprunter de fortes sommes en déposant le cadavre de leur père entre les mains de leur créanciers et ils se couvraient d'infamie, s'ils ne retiraient pas, au bout d'un certain temps, ce gage vénéré. Dans le Moyen Age, on a mis sa moustache en dépôt, et l'on a obtenu de l'or sur cette simple garantie. Honte jusqu'à la mort pour celui qui n'eût pas rachetè sa moustache. ·


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Enfant terrible. - Maman, le régent peut-il me punir· \JOUr une ebose que je n'ai pas faite 'P - Mais non, mon enfant f - Alors je n'ai pas besoin de faire mon problème. Au recrutement. - Le commandant : Pour t'incorporerdans la cavalerie, il faut avoir manié les chevaux. En as-tu l'habitude 'P - La recrue : Non, colonel, je n'étais qu'avec les bœufs. - A l'infanterie alors. Les façons de parler. - Comment va ton cousin depuis ce terriblti accident de chemin de fer T - De mieux en mieux, depuis qu'il s'est résigné à l'amputation des. deux jambes. Les médecins affirment que dans deux mois il sera sur pied. Deux avocats renommés plaident pour la possession d'un puits. L'un d'eux s'échauffe d'une façon extraordinaire. Le présiùent lui fait observer que la chose n'est pas iellement d'importance et qu'il est inutile de s'emballer ainsi pour un peu d'eau. - Pardon, M. le Président, la chose est d'un intérêt immense. Il ne s'agit que d'un puhs, c'est vrai, mais nos clients sont des marchands de vin.

30 ~lai 1898

PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES

DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATJON L'ÉCOLE PRIMAIRE parait chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages.

Il

Prix d'abonnement pour la 8ols8e, 2 Cr, .-;o. 1Jnion postale 3 Cr, -'noonces, pri::t 20 cent, la ligne oi. son espace.

Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires ama droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE: Les conditions de la bonne éducation. - Boire l'eau de sa citerne. - In~truction des régens (Suüe et fin). - Des réprimandes (Suüe). - Ecoles enfantines {Suite). - Partie pratique (Style, Dictées/. - Variétés (Connaissances avarices). - 2 Suppléments. 1

DE LAPRADE.

• Le travail éloigne de nous trois grands maux: l'ennui, le vice et le besoin. •••

50 l]

REVUE PÉDAGOGIQUE

Pensées

V.

SION

l'ECOLE PRIMAIRE

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* Malheur aux nations chez qui le besoin et l'habitude de jouir ne rencontrent plus de limite ni de temps d'arrêt I On n'a pas fait assez pour la vertu d' un peuple, si l'on fait trop pour son plaisir. CARDINAL PIE. • Hélas! quel contraste entre notre vie et notre profession de chrétien I Nos esprits subissent l'entrainement de l'opinion et ne se gouvernent pas par les clartés de la foi... Ce qui aggrave encore le malheur d'une si déplorable situation, c'est qu'une des grandes forces de ce monde, la presse, semble n'avoir d'autre souci que de renverser les saines doctrines et de ruiner tous les principes. CARDINAL MERMILLOD. * La libre pensée n'a en vue que la libre conduite. Duc DE SABRAM. * C'est le servir bien mal que flatter son pays.

XVII"'" ANNEE

ToutJ ce qui · concerne la publication doit être adressé

à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département 1

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de l'Jnstruction. publique, à Sion.

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No 10 l'Ecole primaire, 31 Mars 1898 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu