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No 07 l'Ecole primaire, 5 Mars 1896

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bastion normale a lieu lorsque la flamme répand son maximum de lumière. En baissant la tlamme on ne fait qu'une économie imperceptible de pétrole, Il suffira pour s•en convaincre de faire brti.ler tout le contenu d'une lampe ou bien une quantité donnée de pétrole, une fois avec une flamme normale, une autre fois en baissant la mèche. On verra qu'il faudra le même temps dans les deux cas pour consumer cette même quantité de pétrole. La différence est si peu sensible qu'elle peut être considérée comme nulle. Ce n'est donc pas la peine d~ vicier à plaisir l'air d'un appartement. --~- " ~ 3 -

Pensées • Ma mère avait biffé de son programme d'éducation cette plaie de c la visite , qui consiste à perdre son temps, du lundi au samedi, pour aller simplement chez les autres leur faire perdre le leur, et à c tuer , ce temps qui fait mourir d'ennui quiconque ne l'emploie pas à c vivre •. Aussi nous avait-elle élevés avec des maximes courtes, mais qui en disaient long, et qu'elle nous jetait en passant, avec ce laconisme des gens qui n'ont pas le temps d'être bavards: c Qui ne fait pas de dépenses inutiles trouve toujours moyen de faire les dépenses nécessaires. , - c Qui ne perd pas une minute a toujours le temps de faire tout ce qu'il doit, , (Extrait des Mémoires de Gounod). • L'Eglise est toujours reine, ou elle descend dans les catacombes. Elle ne peut consentir à être la servante de C.:ésar, à se laisser avilir par la démocratie, à servir d'expédient au libéralisme. Cardinal MERWLLOD . • L'idée chrétienne ne peut être submergée, quelle que soit la tempête. parce qll'elle porte bien autre chose que César et sa fortune; elle porte une vérité définitive qui luira en lettres de feu au-dessus des événements et des siècles. Alexandre Dm,u.s, fils. Etre fidèle à son devoir, quelle grande chose I mais y être fidèle quand il ne rapporte que des douleurs, quand il entrave l'avancement., quand on sait bien qu'il nuira à l'établissement des enfants, c'est chose si grande que nulle récompense humaine n'est à la hauteur de ce BouoAun. sacrifice.

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SION 3 llara 1896

l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÊDAGOGIQtJE P UBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à !Yl'il inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prhl: d'abonnement pour la 8u1He, 2 fr. 3 0 . IJnlon po•tale 3 fr. A.nnonee•, pri:1, 20 ceNI, la ligne 0 11 e,pac,. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

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SOMMA I RE : P our le intuitif. cipline en Echos des

mois de Saint Joseph. - De l'enseignement L 'enseignement du catéchisme 1suite). - DisClasse (suite}. - Une nouvelle inattendue. conférences. - Partie Pratique. (Calcul oral.

Exercices élémentaires de Style. Petits exercices de rédac-' tion. Développement) - Variétés. /Prière du m atin . Prière du soir. Problème./ - Supplément. Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département · de l'lnstructlon publique, à Sion. ~


Chronique et avis scolaires.

SION, CS Mars

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Conférences d'instituteurs Conthey. - La conférence des instituteurs de ce district se tien à Chamoson, mardi 21 avril prochain, à 9 h. 1/ 2 du matin. St-Maurice-Monthey. - MM. les instituteurs de l'arrondisseme occidental sont convoqués en couférence annuelle pour le 8 av prochain, à 9 h. du matin, à Verossaz. Voir le sujet à l'ordre jour dans les livraisons 1 et 2 de l'Ecole primaire (couverture.)

CAISSE DE DÉCÈS ARTICLE PREMIER. Il est fondé une association mutuelle e volontaire, en cas de décès, par le personnel enseignant primafr ART. 2. La nouvelle association porte le nom de Socié

mutuelle de secours en cas de décès du personnel enseignant va laisan, et a son siège à X. ART. 3. - Cette association a pour but, par une cotisation in dividuelle de ses sociétaires, d'accorder à la famille ou aux ayan droit de chaque membre décédé une allocation unique fixée d'apr l'art. 10. ART, 4. - Peuvent faire partie de la Société: a) Tout le personnel enseignant primaire. b) Inspecteurs, commissions scolaires, en général tous les de la jeunesse. ART. 5. - Les jeunes instituteurs ou institutrices ont un an, dater de laur nomination, pour présenter leur demande d'admissio dans la Société et bénéficier du droit d'entrée fixé à l'art. 9. ART. 6. - Si cette demande n'est pas faite dans le délai pres crit le droit d'entrée est exigé comme suit: 5 francs s'ils ont moins de 20 ans d'âge. 10 > > 30 > 15 > > 40 > 25 » plus de 40 > ART. 7. - Tout sociétaire qui quitte l'enseignement peut con tinuer à faire partie de l'association moyennant qu'il en prévienn le comité et qu'il paye régulièrement ses cotisations. Par contre les instituteurs retraités restent d'office membres d l'association. AR·.r. 8. - Les sociétaires sortis volontairement ne peuvent rentrer. (Pour rendre le règlement plus compréhensible et pouvoir fixe les cotisations et l'allocation, je suppose que la Société compte 50 membres).

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION Pour le mois de Saint Joseph Les instituteurs et les écoliers chrétiens ne laisseront pas passer le mois de S1 Joseph (fête 19 mars) sans honorer d'un culte spécial le saint protecteur de l'Enfant-Jésus, de l'Eglise naissante et le patron des écoles chrétiennes. Ils se rappelleront à ce propos : 1• la grandeur de Saint Joseph pendant sa vie mortelle; 2° sa puissance dans le ciel; 3° les dévotions pratiquées dans l'Eglise en son honneur. I Dieu confia à Saint Joseph son plus précieux trésor en ce monde : la Sainte Vierge, l'Enfant-Jésus, l'Eglise naissante, l'associant ainsi à l'œuvre divine de la Rédemption. Dieu exigea de Saint Joseph, en retour, les plus hautes vertus : une foi à toute épreuve, une charité, un dévouement sans limites, une pureté angélique, une obéissance absolue, une humilité parfaite, l'amour du travail, de la retraite, du silence, de la pauvreté, la patience dans les persécutions. Saint Joseph, toujours fidèle à la grâce, offrit à Dieu en holocauste tous les instants de sa vie. Il n'est pas de vie plus cachée, plus humiliée, plus éprouvée, plus dévouée; c'est pourquoi il n'en est pas de plus grande, si l'on excepte celle de la Sainte Vierge.

Le grand XIV· siècle : nos patrons, puissant de

Il théologien Gerson disait déjà, vers le fin du « Prenons Saint Joseph pour le premier de pour le plus intime de nos amis, le plus nos protecteurs. » Sainte Thérèse, an XVI·


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siècle, dit : • Je ne me souviens pas d'avoir rien demandé à Saint Joseph que je ne l'aie obtenu aussitôt... Par là, Notre. Seigneur nous donne à entendre que, comme il lui a été soumis en toutes choses sur la terre. il veut bien encore, dans le ciel, condescendre à tous ses désirs. • La gloire accidentelle de Saint Joseph, manifestation temporelle de sa gloire et de son crédit dans le ciel, s'accroît sans cesse, à mesure que les siècles se déroulent. Saint Joseph est le Patron de la Bonne Mort : avec quelle suave consolation le chrétien invoque, po ur lui-même et pour ses proches, au jour de la ·séparation douloureuse, l'heureux patriarche qui eut le bonheur de mourir dans les bras de Jésus et de Marie! Il est l'un des Patrons du Carmel, de l'Institut des Frères des Ecoles chrétiennes, le Patron de la famille chrétienne, enfin le Patron de l'Eglise universelle. Le SaintSiège a autorisé, puis ordonné la fête spéciale du Patronage de Saint Joseph, honneur insigue, que le saint Protecteur de l'Eglise ne partage qu'avec celle qui fut sa virginale épouse.

III Un écolier chrétien ne manquera pas de demander à Saint Joseph la grâce de croître, comme l'Enfant~Jésus,

en sagesse et en grâce. devant Dieu et devant les hommes. Il demandera pour chaque membre de sa famille les vertus spéciales qui transforment une maison chrétienne en un sanctuaire béni de Dieu : l'esprit d'obéissance, de travail, de paix, d'union, d'amour, de respect, de religion; l'amour de sa condition ; la fidélité à sa vocation, aux grâces de son état. Il demandera le triomphe de l'Eglise, l'extension du règne de Dieu ..• Pour obtenir ces grâces, il prendra la résolution d'honorer Saint Joseph d'un culte spécial et de le prier avec ferveur, pendant le mois de mars, chaque mercredi de l'année ; de communier le jour de sa fête et de la solennité de - son patronage; il l'invoquera, chaque joue, afin d'obtenir la Bonne Mort, soit pour lui-même, soit pour ses parents ; il ne négligera pas de gagner les nombreuses indulgences, soit

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plénières, soit partielles, attachées par les Souverains Pontifes aux fêtes et. aux dévotions ou exercices en l'honneur de Saint Joseph; enfin il s'affiliera à quelque archiconfrérie placée sous son patronage.

De l'enseignement intuitif Chers collègues, je vais vous parler aujourd'hui d'un sujet bien vieux, et qui a dû être souvent rebattu depuis qu'on a introduit cette branche dans les écoles populaires de notre patrie. Cependant ·pourrait-on jamais en parler trop ? L'en.seignement intuitif n'est-il pas la base sur laquelle nous devons édifier le difficile travail de la formation du jugement et du style chez nos élèves? Aussi, quels soins incessauts ne devons-nous pas y vouer I Avec quelle atten tion ne devons-nous pas choisir les sujets, . afin de procéder avec méthode, allant d'abord des objets qui entourent directement l'enfant à ceux dont il ne pourra concevoir l'idée que par la représentation. Il n'est pas, je pense, un instituteur qui voudrait négliger cette branche? Je sais bien que des obstacles jugés insurmontables au premier abord se rencontrent. La différence de langage contribue souvent à décourager le maître. Dans certains villages, hameaux, fermes isolées, par exemple, ce n'est qu'en entran t à l'école que les enfants entendent, pour ainsi dire, les premières phrases de français. Interrogez-en quelques-uns, ils vous regarderont avev des yeux étonnés ; ils auront certainement, par hasard, entendu parler ainsi; mais ce langage leur aura paru quelque chose d'anormal, d'étranger et ils préfé1·eront mille fois le patois qu'ils ont appris en buvant le lait maternel: langage grossier pourtant et quelquefois difficile à prononcer; n'importe, c'es t leur langue maternelle, elle est innèe en eux et les efforts du maître pour leur faire comprendre quelques phrases en français seront inouïs et quelquefois bien mal récomvensés ! J'estime donc, qu'avant de commencer toute espèce de leçon, il faut d'abord apprendre à parler au nouvel élève ; procéder pat· questions et 1·éponses; plus les p brases sero nt


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simples et couleront exclusivement dans le cercle où se meu t. l'enfant, plus les progrès seront rapides . .. ; peu à peu, il prendra goût à ces sortes de conversations, bientôt il interrogera lui-même son maitre; il sera stimulé par les réponses des camarades comprenant mieux, et dès ce jour,. il est sauvé. C'est alors qu'on pourra aborder quelques petits sujefs d'intuition, choisissant toujours parmi les choses dont l'enfant peut lui-même se rendre compte d'une manière exacte. Pour donner plus de valeur, plus de saveur aux explications, mettez n<lo-seulement l'objet sous les yeux de l'enfant, - si toutefois vous avez cet objet sous la main - mais. faites-le lui dessiner. Quel que soit le sujet dont on a'occupe,. il prendra, vous le verrez, un plaisir extrème à le reproduire tant bien que mal assurément, mais, il y aura toujours un certain fond de ressemblance et cela suffit pour fixer à jamais l'objet dans sa jeune intelligence. Bien plus, cela lui sera un excellent sujet de distraction lorsqu'il sera rentré, alors que tranquillement assis autom· de la table de famille, il essaiera de reproduire à nouveau ce qu'il aura fait en classe, soit pour s'amuser ses petits frères, soit pour montrer à ses parents qu'il n'a pas perdu son temps en classe. Plus tard, les sujets devenant toujours plus difficiles et sortant du rayon immédiat où se meut l'enfant, les tableaux deviennent d'une nécessité absolue, et leur étude aussi bien que leur vue reposera l'enfant des autres travaux de la. journée, surtout si cet enseignement n'est pas donné avec trop de sècheresse. A un ..:ertain moment, lorsque l'enfant peut émettre quelques idées, la reproduction par écrit dti sujet d'intuition doit toujours avoir lieu; il est alors bon d'en faire dessiner - dans Je même cahier - la figure avant d'en faire la description; les dessins, alternant avec les morceaux d'écriture sont d'un joli etiet dans les cahiers d'élèves soigneux et appliqués. Cependant, il ne faut pas que la leçon d'intuition se change en leçon de dessin. Quelques traits de plume on de crayon ont vite produit une figure, et l'élève qui a ce croquis sous les yeux sera moins embal'rassé pour

traiter des différentes parties de son sujet. pourvu que le maître ait soin d'indiquer préalablement la marche à suivre -0aos le développement de la description. Plus tard encore, à mesure que l'enfant grandira, et que l'enseignement intuitif aura fait place aux leçons de style, quel que soit le maître qui dirige ses étude:!, celui-ci saura vite se rendre compte de la manière avec laquelle aura été <lonné cet enseignement. C'est pourquoi efforçons-nous de préparer le3 enfants à vaincre les dificultés du style par des leçons d'intuition données d'une manière aussi rationnelle que consciencieuse. N'oublions pas surtout de leur parler d'abord et souvent de Dieu, semences de l'âme bien plus précieuses encore que celles de l'esprit et qui germeront avec d'autant plus de facilité que le terrain sera mieux préparé et plus malléable. J, G.

L'enseignement du catéchisme (Suite)

La mémoire est une faculté aveugle par elle-même. Il appartient à l'intelligen..:e de l'éclairer d'avance. Tout instituteur sensé, tout professeur qui a la moindre expérience de l'enseignement, explique les textes, les leçons avant de les faire apprendre. Et alors, en étudiant le texte de mémoire, l'élève se rappelle le sens, les explications qui ont été données. Pourquoi suivrait-on une autre marche dans l'explication du catéchisme? « Mais nous ne conseillons aux catéchistes de wivre .ce système qu'avec les petits enfants, pour gagner du temps », me direz-vous peut-étre. Même avec ces restrictions, n'y aurait-il pas quelque danger à recommander de faire étudier le mot à mot du caté~hisme sans expliquer? Le catéchiste ne se prévau!lra-t-il pas de ce conseil pour s'épargner la peine de faire comprendre le texte? Et il aura raison, car si le jeune enfant tire le moindre profit de leçons inintelligibles, pourquoi en serait-il autrement dans un âge plus avancé? Faut-il s'étonner de l'ignorance effrayante, en matière religieuse, de tant de cbrét.iens


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formés sous l'empire de pareilles mèthodes? Ces mots, ces chapitres de catéchisme que l'on a apris de six à dix, à douze ans, sans en pénétrer le sens, sont bien vite oubliés et il n'en reste que le so uvenir amer de l'ennui, du dégoût que ces leçons de perroquet leur ont laissé 1 Et c'est au moyen de ce cours de perroquet que, vous, catéchistes, prétendez faire connaître au jeune homme les vérilés de la foi et les devoirs de la vie chrétienne I C'est par ce::1 récitations inintelligibles que vous croyez river, au fond de son âme, des convictions religieuses, capables de triompher des doutes, des objections qui se présenteront plus tard; c'est par une mslruction vide de sens que vous pensez le préparer aux lnttes de l'avenir 1 C'est pourquoi la première préoccupation du catéchiste doit être, non de bourrer la tête des enfants, de textes, de formules comprises ou non, d'obtenir la récitation des réponses du livre, mais de wmmuniquer des vérités, des enseignements mis par nos soins à la portée des intelligences. Il en est de l'esprit comme de l'estomac: ce que nous absorbons ne nous nourrit qu'a.utant que nous le digérons. Ainsi on ne devrait jamais faire apprendre la moindre

rëponse avant qu'elle soit expliquée et bien comprise ... Ni dans l'étude des auteurs classiques, ni dans aucune leçon, nous ne faisons apprendre le mot-à-mot d'un texte avant de l'avoir expliqué. Comment un système qui nous paraît illogique dans les classes deviendrait-il rationnel et fructueux lorsqu'il s'agit d'in strnction religieuse ? Il est certain que beaucoup de catéchistes n'attachent d'importance qu'au mot-à-mot du texte; ils semblent persuadés qu'un enfant est parfaitement instruit de sa religion, du moment qu'il est à même de réciter parfaitement le texte par cœur; d'autres catéchistes, sans aller aussi loin~ sans se croire dispensés de toute explication, tombent cependant dans une grave illusion, lorsqu'ils prennent pour des réponses comprises les bouts de:1 phrases toutes faites que l'élève tire de sa mémoire dans le compte-rendu des explications.

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Ainsi, faire comprendre d'abord, puis faire retenir les idées formulées, si l'on veut, dans le texte du catéchisme diocésain plutôt qu'en d'autres termes, voilà l'ordre à suivre. Mais par quels procédés pénétrerons-nous dans l'in telligence des enfants, et comment noua y prendrons-nous pour graver profondément nos lecons dans leur mémoire? C'est ce que nous exposerons plus loin. (A suivre.!

Discipline en Classe (.Suite) Généralement, quand la discipline manque, les élèves sont déjà inexacts, ils arrivent sans leçons ni devoirs, ce qu'ils ont fait manque de soin, la classe ne commence pas à l'heure, les exercices ne se succèdent jamais, sans qu'il y ait des interruptions assez considérables; les causeries dérangent les élèves et le maître, le metttent souvent de mauvaise humeur; des avertissements s'ensuivent, des menaces y succèden t, des punitions apportent parfois de la varièté sur la scène, occasionnent des pertes de temps assez considérables, et laissent aux élèves de pénibles souvenirs. L'indiscipline occasionne souvent de très mauvaises habitudes, l'enfant devient désobéissant, volontaire, négligent> paresseux, vices dont on le corrige difficilement dans la suite. Il croupira dans son ignorance et n'acquerra jamais les connaissances nécessaires pour se rendre 11 tile. Résumons à prèsent les moyens dont peut disposer l'instituteur pour arriver à établit- une bonne discipline dans son école. Etre un parfait modèle d'exactitude, se trouver habituellement le premier et le dernier en classe, ne jamais hésiter quand le moment est venu de changer d'exercice, prévoir ce dont on a besoin pendant la. classe, prèparer à l'avance les leçons à expliquer, à donner, les devoirs à fixer, ne pas perdre de vue un instant les élèves tout en donnant des explications, ou en les in terr.ogan t; il les reaardera bien, jamais ils ne pourront durant<:, les leçons échapper à son active surveillance; 1)0 D regard observateur verra tout ce


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qui se passe en classe et préviendra les oublis de ses élèves. C'est le meilleur moyen de les empêcher de se dissiper. En second lieu, le maitre adroit tâchera d'occuper ses élèves, rien ne les démoralise comme l'inaction. En troisième lieu, il s'efforcera de varier E?on enseignement, la monotonie engendre l'ennui, l'esprit léger de l'enfant a · besoin de cette varièté, pour y trouver son aliment; c'est alors seulement qu'il y prend goût, et qu'il fait quelques efforts pour s'astreindre à acquérir de.; connaissances, surtout si le maître sait encore stimuler par la vie et l'entrain qu'il apportera à son_enseignement, et s'il est toujours de bonne humeur, bien disposé, s'il montre à ses élèves pat· son dévouement combien il les aime, et combien il a du plaisir à se trouver au milieu d'eux et à soigner leur éducation pour leur devenir utile. Ces heureuses dispositions du maître jointes à une bonté inépuisable, à une grande activité plaisent aux enfants, et lui gagnent leur confiance; c'est dans ces couditions que l'éducation des élèv.es peut se faire avec fruit. (A suivre)

Une nouvelle inattendue Des bords du Léman. Après avoir chanté la messe de Requiem de la caisse de décès, voilà Pierre l'Imbécile qui vient nous prédire sa résurrection . .Le malin! Croirait-on que notre collègue prêche pour sa paroisse? C'est pourtant la réalité. Jugez-en... Voilà notre ami Pierre qui - pensez ! au mois de février - reste tranquillement assis au bord de la rivière pour attendre ~ue l'eau soit écoulée. Sûrement il a pris froid. Ajoutez à cela le voyage pour aller porter l'initiative et le projet de loi jusqu'au bois de Finges et cela sur le ... dos. Voilà un acte de vaillance qui mérite d'être signalé. Représentez-vous ce pauvre instituteur, une planche sur le dos, un cahier sous le bras, marchant péniblement sous le poids de ce fardeau et n'ayant, pour se donner du courage, que l'eau qui coulait à côté de lui et l'espérance d'un avenir meilleur. Le pauvre garçon, après une pareille corvée se sentira naturellement indisposé, et se figurant peut-être que sa dernière

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. . réclame la caisse de décès. heure approche! le vo11 a qm us cette enveloppe se trouve Tout cela me fait supposer que so. d sou~!~fré s~~ie~~:!~t dfa ~::~tè~:i it°;u:ein~~!!~~r~ii~s re~enons à la caisse de déc~s.

vous découragez pas, je ne suis pas Mon pau~re_ ami, n~ remède infaillible pour ces sortes docteur, ?lais Je c?nnat1s. ~: portée de tout le monde, exceptê de maladies et qui es a . . pou: la plufpadrt dets ... ic·éagveen~\!ep:t~~o~ rouillée, utilisez-la; Si la cle e vo re . d" é vous trouverez sûrement le médicament 11). iq~ . . . 1 Mais (ces mais n~ disent rien deai~:n:e~ii~ t~sq~: ;~~: crains qu'avec 300 misérables francs p l boîte Seulement tôt de trouver la bonde des tonneaux que a ... ez bien des compagnons. consolez-vous, vous a\r 1 vous arrivait de nous traiter Si parfois, chers co egues, l .· z des in rats. d'insensés, s_onvenez-vou~ qude :o:is spe~;:ges vene~ nous rendre ' Si toutefois vous passiez an visfe, n~u\ ~~:es :~~:~~~s v~~~te:1fe~s ~~~i~~!; ! ! Passons à la que, n_ . ? Je n'ose le dire ... Des tonneaux sens dessuscave... qu y vois-Je_.·:· t 't e quelques pommes de terre dessous tout mo1s1s et peu -e r s fatiguer J. e passe directement au de deu~ième qualtité. Pour ne pas rop vou ' . grenier. . . t urte On y rencontre Là, comme ailleurs, la de~c:iptio~ es c~oche· s'enfuient éperquelques souris maigres qm,ha J~~~~sa1p voir du monde. dues car elles ne sont pas a l . 11·eu est ' . 1 c1· ·e pourqu01 ce Il n'est pas nécesiair~ ce ~~l~en;r peut-être l'expérience si désert; vous ~e e~mez a1 cher .. Pierre, considérant 4.ue vous l'aura appns. ~Il~mt~na~~us est nécessaire, je vous prie votre présence au m1 ieu e t iez dans l'obligation de rede ménager votre santé. Si, par hasard, vou~ ~ous rouv . vous offre mes services, tourner chercher ce prebc~eux tlrl:s~i Jtun portera le cahier et à deux la charge sera ien a g . . chacun un gigantesque projet, et si l'autre la planche.t Nous avons e_?- repns . , bonne fin j'ose croire que nous . ' ée a' la ca1·sse nous parvenons a les mener a · · t"quer une sa1gn · serons les pre~1~rs a. pra 1 d côté bon courage et au 1 Bah! que dis-Je, laissons ce a e ' Pierre le Muet. revoir.


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Echos des conférences

enfants peu doués doivent par. ~onséquent avoir, leur _Part comme les autres à toute la solhc1tude de leur maitre qm les rendra capables de remplir le rôle qu'ils seront appelés à jouer dans la société. A cet effet l'instituteur devra : 1° Avoir avec eux beaucoup de charité et de patience. 20 Faire beaucoup de leçons orales. 30 Ne leur enseigner que ce qu'il est indispensable de savoir. 40 Enseigner peu à la. fois et de manière à n'avancer que lorsqu'ils auront compris les explications déjà données. 50 Procéder graduellement, avec ordre et méthode, et ne pas oublier qu'ici surtout la répétition fréquente est l'âme de l'enseignement. . .. , Sous le rapport de l'émulation et des pumtions, le maitre tiendra compte du caractère, de la volonté et des moyens dont chacun peut disposer, et il se gardera surtout de tourner en ridicule ou de traiter grossièrement un pauvre garçon sans moyens. . . . En famille ces enfants seront ent9urés de soms part1cuhers dès leur ba~ âge ; les parents de concert avec l'.institu~e_ur leur donneront une direction active, prudente et bien smvie} car l'on ne constate encore que trop souvent que ces pa~vres déshérités de la nature doivent leur malheureux état a un manque presque total d'éducation. La lecture de ces compositions donna lieu à un~ discuss~on dont MM. Hopfner et Lamon firent seuls les frais. Ensmte, M. Hopfner prit de nouveau la parole pour nous adresser quelques recommandations au sujet de la lecture. et du style. Statistique en main, il nous fait remarquer la faib~esse de ?os recrues pour ces deux branches et nous engage vivement a Y apporter désormais plus de soins. A 12 h. 1;9 la séance était levée. Nous passons dans une salle fraichement enguirlandée où un banquet a~onda?t, f?rt bien servi par M. Landry nous attendait. Nous avions a peme commencé à jouer des fdurchettes que l'exce.l lent~ musique de Martigny-Ville nous fit, à notre grande s~tisfa,ct10n, enten_dre ses harmonieux accords. Au dessert, le vm d honneur, genéreusement offert par la municipalité de la Bâtiaz, coul~ av_e~ libéralité et aj9ute à notre entrain. ~c ne veux pa_s ,citer 1c1 tous les toasts qui furent portés ; _Je me, ?ornerai a P,a~·ler du discours si goûté de M. de. Cocatn~, . pres1de~t de la Batiaz. En termes chaleureux, il expnme sa JOie de voll' pour la pre~

. Martigny. -:-- ~e 12 février réunissait à la Bâtiaz les instituteurs, du distnct de Martigny pour leur conférence annuelle. . Elle ~ est ten1_1e dans la maison d'école, charmante construction _assise a1_1 pied du rocher que domine une tour décapitée,. derruers v~s~ige~ d'un passé de grandeur. La mu~icipahté de la Bâtiaz nous a reçus de la manière la .plus aimabl~ ; la m_~ison en fête, les drapeaux et la ver~ure ~ous_ avaient déJa causé une agréable surprise, quand l accueil si sympathique des autorités nous montra une fois de plu~ q?e nous étions considérés comme les bienvenus. 26 mstituteurs sur 32 étaient présents· les six manquant ont fait justifier leur absence. ' , ~a réunion était honorée de la présence de MM. Hopfner, l aimable et dévoué directeur de l'école normale· Lamon inspe?t~ur; Meilland, Rct. p~ieur de Martigny ; Dallè;es, rect~ur et P~~s~dent de la Commis~10!1 scolair~ de Martigny-Combe; Pillet, p1 esident. de la Co,m_mis_s10n scolaire de Martigny-Ville, ainsi q~e. plusieurs eccles1astiques et le Conseil communal de la B~tiaz. ~;- ~ote~, chef du Département de !'Instruction pubhqu~,. s était fait excuser par lettre de ne pouvoir se trouver au 1mheu de nous. _.La, séance, présidée pa~ M. Gro_ss, inspecteur scolaire, s'ouvut a _9 heures. Il souhaita la bienvenue aux instituteurs et ren:iercia les membres honoraires de leur empressement à témoigne_r par leur présence l'intérêt qu'ils portent à l'éducation de la Jeunesse. Ensuite, ~l nous rappela en quelques mots bien sentis les nobles _sent1~ents ~t ~es excellentes qualités dont était doué ~. Xavier G1roud, mstituteur de Martirrny qui l'automne derm~r~ a été enlevé à l'affection de s~s 'élèv~s et à l'estime generale. Aprè~ la prière, le secrétaire donna lecture du protocole de la dern~ère conférence et l'on passa à la constitution du bureau qm fut confirmé à l'unanimité. Huit instit1.1t_eurs désignés par M. l'inspecteur lurent ensuite leurs compos1t1ons qui, au dire d'un expert très compétent ont été bien traitées. ' V~ici _les conclusions généralement adoptées : L'1~stituteur. a _la mission d'inculquer à tous ses élèves les connaissances mdispensables à la vie religieuse et sociale. Les

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miè~e fois }es instit~teurs réunis dans sa commune, et, parlant de l éducation chrétienne avec la conviction d'un homme profondément religieux, il retrace le rôle important de l'école pour la famille, la société et la patrie. Ces paroles si vraies et si bien comprises soulevèrent les applaudissements enthousiastes de. toute l'assistance. Cependant cette journée si agréable devait prendre fin comme toute autre. Bien à regret, nous quittons le charmant village, emportant le meilleur souvenir de sa réception si cordiale. · Le secrétaire, L. J.

PARTIE .PRATIQUE CALCUL ORAL 12. 4. Une femme vend au marché pour 38 frs. de beurre et pour 19 frs. d'amfs. Combien cela lui rapporte-t-il? 3. Une . paire de souliers coûte frs. 12.75. Combien payera-t-on pour 8 paires. 2. La vian~e de bœuf perd en la rôtissant le 20 % de son poids. Quel poids aura en conséquence, après l'avoir rôti, un morceau de viande pesant 6,25 kg? 1. Un tailleur achète une machine à coudre pour 95 frs., qu'il veut payer par amortissement; car il ne veut pas entamer ses économies de 8~0. frs. qui lui rapportent le 33/ 4 Ofo. Combien d'intérêts annuels doit-Il employer pour payer sa machine? 1S, 4. La plus grande profondeur du lac de Sempach est de 87 m, celle du lac de Morat est de 46 m. De combien le lac de Sempach est-il plus profond que celui de Morat ? a. Le canton de Zoug a payé en 1891 à ses deux représentants au Conseµ des Étatf! la somme de 3,020 frs. Combien chacun des deux Conseillers aux Etats a-t-il reçu? 2. Pen~ant l'ex~rcice d~ 1894, le canton de Zurich a fait rentrer par la Justic_e de .paIX et les Offices de poursuite la somme de 125,000 frs. Fonct10nnarres et employés en gardent le 2 Ofo. Combien cela fait-il? 1. Le _Canton de Bâle-Ville en 1893 avait prévu pour l'impôt sur les héntages une recette de 300,000 frs.; cet impôt s'est élevé à 480,000 frs. De combien 10 la recette dépasse-t-elle les prévisions du budget? li, 4. Un valet gagne par an 240 frs. Les dépenses s'élèvent à 180 frs. Combien économise-t-il? 3. Un litre de lait coûte 20 cts.; une famille emploie journellement 3 litres. Pour combien de jours suffiront 18 frs. à cette dépense ? 2. Une . dette de 8,400 frs. payait un intérêt de 4 Ofo. L'intérêt est rédmt à 31/ 2 Ofo. Quelle est la diminution des intérêts dus, pendant une année? 1. TTn k.g de café ne pès~ ~lus _que 850 g, après avoir été rôti. De · combien % est cette dimmution de poids?

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lo 4. Un négociant encaisse le lundi 25 frs., le mardi 50 frs. et le mer•

credi 70 frs. Combien encaisse-t-il pendant ces 3 jours? 3. Quelqu'un gagne 2 frs. 80 cts. en 8 heures. Combien gagne-t-il en une heure? 2. Un tas de bois est long de 6 m, haut de 3 1/ 2 m et large de 1 m. Combien de stères cela fait-il? 1. Une porte en fer a coûté 560 frs. Le prix du fer a augmenté. depuis du 7 Ofo. Combien coûterait la porte d'après le nouv:eau .tarif? t6. 4. Un bataillon doit faire une ~oute _longue ~e 47 kilo~etr.es. Il a. parcouru 18 kilomètres. Combien lm res~e-t-Il, encore a faire ? 3 Une douzaine d'œufs coûte 90 cts. Combien coutent 71/z douzames? 2: 1 kg de farine donne !1/2 kg de pa~n. _Quelle quan~ité de farine est nécessaire pour 45 miches de pam, a 2 kg la miche? 1. Une Société de consommation rembourKe aux clients le 4°/ 0 des achats faits. Une famille obtient ainsi une remise de 19 frs. 20 cts. A quelle somme se monte l'achat?

EXERCICES ÉLÉMENTAIRES DE STYLE On ne doit pas attendre, pour foi:mer. les él~~es ~ la réda~tion, qu'ils sachent l'orthographe, m meme qu ils aient a.cqms une certaine habileté dans la lecture courante et l'écnture. On peut · les exercer à la correction du langage, première et nécessaire préparation à la rédaction, dès qu'ils sont admis en classe. Bien que toutes les spécialités fourn,i.ssent .à cet ég~rd d'utiles leçons, il sera très avantageux qu 11 Y, ait, au m~ms une fois par semaine, un exercice proprement dit de rédaction. PETITS EXERCICES DE RÉDACTION ANECDOTES ET RÉCITS

Un des exercices les plus élémentaires consiste à faire répéter par l'élève de petits faits qu'on vient de lui lire ou de lui raconter. Il sera facile de trouver un grand nombre de ces faits soit dans !'Histoire sainte ou !'Histoire de France, ou l'Hi;toire suisse soit dans la Vie des Saints ou des grands hommes soit d~ns une Morale en action, un Catéchisme en exemple~, ou dans tout autre re~?eil. analogue. D'ailleurs . le maître n'aura, le plus souvent, qua faire raconter ou décrire les incidents, les scènes dont les élèves auront été eux-mêmes les témoins ou les acteurs. Dans ces récits le maître laissera beaucoup de liberté pour le tour et les ter:Ues qui seront employés ; il veiller~ simpl.ement à ce qu'aucun détail un peu important ne soit oub_hé, et à ce que l'élève s'exprime d'une manière correcte et claire. Pour mieux former les élèves et les préparer à raconter


110 facilement le fait, on peut se servir, le sujet ayant été lu ou raconté une fois, de questions qui peuvent se classer sous les catégories suivantes : 1°. Quels sont les personnages ? - 2° Où et quand se passe le fait ? - 3° Quelles sont les paroles et les actions de chaque personnage ? - 4° Quel est le résultat ? - 5° Quel enseignement découle du récit ? Le même fait devra être raconté par un certain nombre d'élèves, eu commençant ordinairement par les plus avancés. Pendant ce récit, le maître encouragera les élèves à corriger eux-mêmes les expressions impropres, les phrases mal construites, dont se- serviraient quelques-uns de leurs camarades. Quand la formation sera suffisante, on pourra demander le récit par écrit sur de petites feuilles volantes. Une fois les copies corrigées et classées, le maitre en fera lire quelquesunes des meilleures et ensuite donnera, sous forme de dictée le texte qui a fait l'objet de la leçon. ' MAUVAlS CONSEIL

Un mauvais écolier s'adressant à un enfant sarre nommé 0 1 Eugène, lui disait: « Viens avec moi, nous irons nous p romener; nous nous amuserons bien, et le soir, à l'heure de la sortie des élèves, nous rentrerons à la maison. » - « Tu me donnes là un bien mauvais conseil, répondit Eugène. J'aime bien mieux m'instruire que <l'aller m'amuser, et faire comme on dit l'école buissonnière. D'ailleurs, je ne veux 'pas tromper me~ parents, parce que ce serait offenser le bon Dieu » Le mauvais élève, frappé de cette réponse, se dit en luimême: < Eugène a raison. Eh bien! je veux désormais être comme lui, studieux, assidu à l'école et sincère dans toutes mes paroles. > OBÉISSANCE DUE AUX PARENTS

:Un jour, une chèvr~ s'en alla toute seule dans la prairie et laissa ses chevreaux a l'étable. En s'en allant, elle leur dit: < Si quelqu'un frappe, n'ouvrei pas, car il pourrait vous arriver un grand malheur. > A peine la chèvre était-elle partie, qu'on vint frapper à la porte, et une voix dit: « Ouvrez! » Les chevreaux se i:iouvinrent des paroles de leur mère et ne voulurent point ouvrir. E.n regardant par un trou, ils virent un grand loup et furent bien aises d'avoir obéi à leur mère.

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Lettre : Maxime a obtenu un prix de gymnastique. Laurent l'a raillé à ce sujet. Maxime répond aux critiques de son ami, et lui démontre l'utilité de& exercices physiques. DÉVELOPPEMENT Tu es un agréable railleur, mon cher Laurent, et ton affection pour moi perce quand même à travers les moqueries que t'in1:1pire mon malheureux prix de gymnastique. Aussi je prends tes critiques comme tu me les adresses : en arui, le sourire aux lèvr.!s. Je veux seulement te répondre sur quelques points, et faire, s'il se peut, que les exercices physiques gagnent dans ton estime la place à laquelle ils ont droit. Faut-il, pour te convaincre, remonter le cours des temps et te citer les exemples de l'antiquité?... Je m'efforcerai du moins d'être b ref. Les Romains, qui, tu le sais, n'étaient pas des sots, accordaient une place importante à la gymnastique. Quant aux Grecs, dont les écrivains et les artietes nous ont légué de si admirables monuments, ils la tenaient en tel honneur qu'ils la considéraient comme la troisième partie de l'éducation, les belles-lettres et la musique étant les deux premières. Le plus grand des philosophes anciens, Platon, avait été athlète. Tu vois qu'en aimant les exercices du corps, je me trouve en belle et nombreuse compagnie. Mais j'ai hâte d'arriver à des considérations plus pratiques. Aujourd'hui, mon cher Laurent, tous les Suisses sout soldats; or, peuton trouver une meilleure préparation que la gymnastique aux privations et aux fatigues de la vie militaire? Tâchons, crois-moi, de devenir robustes, agiles, d'acquérir bon pied et bon œil. Ce faisant, non seulement nous donnerons à notre pays de vaillants déftinseurs, ce qui doit être notre première préoccupation, mais encore nous nous sauvegarderons nous-mêmes. L'homme faible, en effet, se trouve épuisé après le moindre effort, l'homme fort, au contraire, demeure énergique et solide jusqu 'au bout. S'il survient une blessure qui nécessite une opération, très souvent le premier succombe quand le second résiste et guérit. Enfin, ce ne sont pas seulement les futurs soldats qui doivent penser ainsi. Tout el!fant qui ne développe pas ses forces par la gymnastique s'expose à être plus tard un homme chétif et maladif. Dans ces conditions, il manquera presque forcément aux devoirs qui lui incombent vis-à-vis de lui-même, vis-à-vis de sa famille, vis-à-vis des autres. Il peut être incapable dè travailler et devenir une charge pour ceux à qui il devrait être utile. Il lui arrivera encore, dans une circonstance critique, de se sentir impuissant à secourir son semblable en danger, et il concevra alors de sa faiblesse ou de sa maladresse, d'amers et inutiles regrets. Pour t erminer, mon cher Laurent, je te dirai que mon professeur, qui s'y connait, cite volontiers un adage latin dont voici le sens : les âmes saines habitent dans les corps bien portants. Je livre cette pensée à tes méditations et me bâte de clore mon p laidoyer en faveur de la gymnastique. Je désire t'amener à la pratique d'un art 1ans lequel, d'après moi, on ne peut être complétement heureux. Mais que je doive ou non te convertir, je n'en reste pas moins ton ami et te serre affectueusement la main.

Maxime.


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TABIB'.188 PRIÈRE DU MATIN I Toi qui m'aimes comme une mère, Et qui peux tout ce que tu veux, Fais-moi ressembler sur la terre Aux anges qui charment t..s yeux ; Et puisqu'à t'ln pouvoir suprême Se joint la suprême bonté, Seigneur, accorde à ceux que j'aime La paix, le bonheur, lr.. santé. PRIÈRE DU SOIR II Seigneur, en ta sainte présence Avant que de cette journée Si je n'ai pas suivi ta loi, Les rayons s'éteignent pour nous, Devant-toi, qui nous l'as donnée, J'implore ta douce clémence, 1 Laisse-moi me mettre à genoux Je me repens, pardonne-moi 1 Pour avoir gardé ceux que j'aime Et main tan ant, tranquille et calme, De la mort et de la douleur, Je serai bientôt endormi ; P our m'avoir protégé moi-même, Pourquoi, si tu gardes mon âme. Je te bénis de tout mon cœur. Aurais-je peur d'un ennemi.? Que nul ne t'offense dans l'ombre, Que nul ne tombe en désespoir Et que bien petit soit le nombre De ceux qui pleureront ce soir l PROBLEME. Il y a dans un jardin un mur de 20 pieds de haut. Un _escargot_s~ proposant de franchir ce mur, monte chaque jour de5 pieds, mais Il recule chaque nuit de 4 pieds : combien de temps lui faurlra-t-il pour arriver au sommet du mur? . SOLUTION : L'escargot ne faisant qu'un pied par jour, mettra quinze Jours pour franchir quinze pieds, mais comme le 1.6"'· jour il fera fi pieds, il se trouvera sur le sommet du mur. Il faut donc donner· pour solution seize jours et non vingt comme on.le croirait d'abord. Du modeste régent, oh I que la tâche est belle 1 Que le champ qu'il sillonne est riche et spacieux 1 Un jour, ce qu'il y met de semence immortelle Doit consoler la terre et réjouir les cieux. Sublime mission I A ses soins l'on confie, Et la blanche innocence et la simple candeur, L~ mère du guerrier, l'espoir de la patrie, Le ministre futur des autels du Seigneur. Puisse du haut du Ciel le Dieu de la jeunesse A doucir vos travaux, bénir votre labeur 1 Que treize mille enfants guidés par la sagesse, Tressent votre couronne en faisant leur bonheur.

ART. 9. - Une finance d'entrée de fr. 1 est perçue de chaque érent au moment de son adhésion dans la Société. · Elle est destinée, en premier lieu, à payer les frais de l'asso·ation. A&T. 10. - Les sociétair~s payent, à chaque décès, une cotisa'on de 1 fr., de manière à assurer aux ayants-droit, indiqués à art. 3, une somme de cinq cents francs. .ART. 11. - Le refus de payement, dûment constaté, d'une seule tisation entraîne la radiation du sociétaire en défaut et son ex-clusion de la Société. ART. 12. - Tout membre en retard de plus de trois mois dans payement de ses cotisations, est radié d'office. AuT. 13. - Afin de répondre au but essentiellement philanthropique de la Société, ii est arrêté que les seuls ayant s-droit an produit des cotisations des sociétaires, soit à l'allocation de ci~q cents francs fixée à l'art. 10, sont la veuve et les enfant s du sociétaire décédé, ou, à défaut, ceux qui auraient été désignés légalement par ce dernier, ou enfin par ses héritiers naturels. Dans le cas oil le sociét aire décédé .ne laisserait point d'héritiers naturels et n'aurait désigné légalement personne pour son héritier, l'allocation est acquise à la Société. L'allocation, faite par la Société, ne peut être ni aliénée, ni donnée en gage, ni saisie. ART. 14. - La Société est administrée par un comité de cinq membres. ART. 15. - Le comité constitue son bure'llu. ART. 16. - Il est alloué aux membres du comité une indemnité de... par séance à titre de jeton de prése.nce . ART. 17. - Le secrétaire du comité reçoit une rétribution annuelle pour faire t outes les opérations comptables de l'association. Cette rétribution est fixée par le comité. AuT. 18. - Le comité est chargé : a} De recevoir et d'apprécier les demandes d'adhésion; b} De fixer le taux de la cotisation ; . . .. c) De prononcer les radiations, conformement aux dispositions des art. 11-12 ; d) De remettre aux ayants-droits, spécifiés à l'art. 13, le montant de l'allocation à laquelle ils ont droit, contre reçu sur formule ad hoc; e) De publier, au commencement de chaque année, un rapport sommaire des opérations; fi De fixer la rétribution du secrétaire-comptable; g} En général, de veiller à l'application stricte des présents statuts.


.ART. 19. - La Société est inscrite au Registre pour lui procurer la qualité de personne juridique. P. S . - Il est bien entendu que les chiffres fixés dans le co du présent réglement ne sont que provisoires. lis ne pourront être :fixés définitivement que lorsqu'on exactement le nombre des sociétaires. Des bords du Léman.

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Supplément à l'ECOLE PRHIAIRE

Légende de la. vallée des Diablerets Dans l'enfoncement de la vallée des Diablerets, entre les sources de la Lizerne et de la Morge, se trouve uo paysage pittoresque dont l'horizon visuel . est très restreint. Vu à distance, QD dirait un vrai pays de loups, ,encaissé dans de hautes montagnes ; au levant est Ja Fava, en face le glacier de Zanfleuroo avec la bizarre Tour de Sl-Martin, plus loin, les DiableretP. Là-dedans l'œil est captif, le regard semble être prisonnier et con. traint à ne se reposer que sur des rochers dénudéa et des neiges éternellee. On ne peut découvrir de tous côtés, ni champs, ni villes, oi hameaux. Ce sauvage pays, comme d'ailleurs tous ceux de son espèce, a ses légendes, eotr'autres la suivante : C'était, je crois, vers la fin du 16m• siècle. Les vieillards racontaient déjà alors toutes sortes de choses plus effrayantes les unes que les autres, au sujet du • SeixRouge •, au pied de l'Oldenhorn et qui, dit-on, a été détruit lors de l'éboulement des Diablerets. C'était une sorte de haut rocher surplombant de noirs abimes dans les profondeurs desquels les anciens affirmaient avoir vu, pendant les nuits sombres d'été, de hideux squelettes exécutant des danses macabres, des spectres horribles cramponnés aux aspérités du roc, des monstres ignivomes crachant des flammes hors des fissures, des armées de lutins se combattant avec des lances embrasées. Durant ce ltemps, les massives parois de pierres s'illuminaient de sinistres lueurs, ce qui, sans doute, a fait appeler ce rocher du nom de SeixRouge (Roc-Rouge). A un moment donné, une nymphe, à longue robe blanche, la Fée des Glaciers, se promenait quelques instants le long du rocher, et après son · passage, tout rentrait dans le calme, pour recommencer, si ce n'était la nuit suivante, au moins après quelques jours. D'après nos bons ancêtres, ce lieu était un vrai Tartare où les âmes des morts devaient expier leurs crimes. Tous ces faits étaient bien connus des braves montagnards de c Miez » qui devaient passer une partie de l'été dans ces parages avec leurs troupeaux. Ils les racontaient volontiers, avec une certaine fierté, aux rares SUPPL. 95/96 7


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étrangers que le hasard amenait jusque-là et qui passaien\ la nuit avec eux. Ceux~là les écoutaient avec intérêt sans les interrompre. Si le conteur, pour donner plus de force à ses paroles et mieux convaincre ses auditenrs, avait la malicieuse fantaisie d'ajouter, ce qui arrivait quelquefois : c Il n'y a pas longtemps encore nous avons vu se renouveler pareilles choses, • alor~ inévitablement les passagers avaient la chair de poule, et les montagnards pouvaient être sûrs de s'entendre poser à peu près cette question : c Comment osez-voua demeurer si longtemps ici 'P .. Nous savons bien que les morts na: nous font point de mal, répondaient alors ces derniers singulièrement flattés ; quand la conscience est sans remords, on ne s'effraye pas à la vue de choses surnaturelles. • Ces paroles cependant n'étaient pas tout à fait sincères, car les montagnards de Miez avaient entre eux une certaine crainte, une terreur secrète qu'ils cherchaient à dissimuler. Vous en jugerez par ce qui .suit : Une nuit d'été, dans la deuxième quinzaine d'a01lt, après le repas et la prière du soir, les pâtres, au nombre de neuf, étaient assis en formant un cercle autour de l'âtre, dans le chalet. Après quelques historiettes vraies ou fausses, racontées à tour de rôle par chacun d'eux, on revint, faute de nouvelles, au célèbre Seix-Rouge. Las d'entendre sans cesse la même légende, le vacher, un Hercule de 25 ans, se lève et prend la parole : Chers compagnons, dit-il, essayons d'aller passer une nuit sur ce fameux rocher ; nous interrogerons les morts afin de vérifier si tous ces contes sont vrais. Sans quoi ne débitons plus de ces absurdités bonnes seulement à effrayer les poltrons. • A ces mots huit paires d'yeux étonnés furent fixés sur l'homme debout et cherchaient à découvrir dans ses nobles traits, s'il s'agissait d'une plaisanterie. En voyan\ la grave attitude du colosse, ils comprirent que la chose était - sérieuse. Ton audace me fait trembler, dit le maître, (chef des pâtres.) - Moi, dit un berger de 16 ans, je n'irais pas pour tout l'or du Pérou. - Quand tous les démons de l'enfer voudraient m'y conduire, je les défierais de m'y amener, ajoute un troisième.

- Plutôt que de te suivre, · fèrerais la potence. conclut un autre, je préLa conversation continua· t oant son avis, il ne s'en tr~u,sur ce ton; chacun donplaudir au projet émis. a pas un seul pour apA cette vue celui qu· ·t · , -0ours, dit_ d'u~ air trio~pb:~t rté l étincelle de ce dis• Eh bien I puisque per je brayer~i le péril tou~ s!~rn: ne veut m'accompagner, A l ou1e de ces parol es, l'é tonnement général est changé en incrédulité. Le maître, qui avait un d t se di_t en lui-même : c Tue as 8é~é contre. son subordonné ~lect1on ; puisque tu as vo 1 r!val lors de mon le moment de la ven u u. me . ~troner, voilà bien retordre. , Il voyait, :~a!~!'t 10 vais te _donner du fil à dans l'embarras. Il lui dit d' u~e occasion de le mettre pour retirer ta parole ou fe one 1· c Seras-tu assez lâche - Je l'ai dit .,. ·' ras- u ce que tu as dit 't , J irai. - Gageons-nous reprend 1 • pas interpeller les ~orts à m. e aitre, que tu ne vas - Je parie sur la tu' rnm sur le Seix-Rouge 'P la nuit prochaine à 2 ~ belle vache du tr_oupeau, que en ce lieu: 7 ête sèche rép~~d: ~tnnantes, Je vais crier lis scellèrent le ari e ma verte.. présence des autre~ pâtr!ssetéser~ant la ~am droite en ment les choses en restèrent 1foc·lt ~u~~h pour le mo.pos. Ou se coucha en silence....'. a1 eure du re. Le lendemain matin u d 1 à ~'éteindre tout le m~nde a:t ·tes éto_lles commençaient qm se portaient les pensées a~ su: pied. Le pâtre, vers -0onfia ses travaux de la . e ous ses. compagnons, après avoir obtenu du J~urnée à son .m~illeur ami, et, ter pendant cette journ:,a1t~i9,d1a per~1ss1on de s'absenet se dirigea vers la capita{e 11sce~d~~ de la montagne eu 10n garde de passer chez ses parents deme · 9u\ls n'eussent désapprou,::ant à C~ntbey, ~e. crainte 80 Il s adressa au d d ?- proJet. Arrive à Sion et lui fü sa con~!:~n esAc~~ucrns,. homme très éclairé: le montagnard raconta· a P .8 ~voir ~eçu l'absolution -00 qui s'était passé et u ~,s~iple _sarnt François tout 1e pria . e lui donner un conseil. c D'après je vois qu'il C:,yq:enro:~ :e dtteés, ~~P<:>ndit le religieux, ec ancet Dl IDJUstice dans votre projet ; ie com r d'affaiblir, sino~ ~!d~é1;1:i ; 0 us a:ez surtou~ l'intention r 1es ,ausses craintes résul-

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tant de ces légendes. Par conséquent vous avez droit à demander et à espérer le secours de Dieu. Conf~rmezvous strictement à mes ordres, et soyez sans crainte. , Le religieux donna au jeune .homme . de l'encens,. u~ pistolet, un poignard et... un chien, bémt le tout, ams! que lui-même, et lui dit a!ant . de s'en sép~re! : - ~1 vous voyez quelque apparition, mterpellez ams1 1usqu à ,rois fois, s'il le faut: c Qui êtes-vous 'P de la part de Dieu ? , Mort ou vif1 au troisième appel, on devra voua répondre, et selon la réponse, a~isaez alors d'après l'inspiration momentanée de votre ame. Vous av~z . les armes nécessaires à n'importe quel combat, mais Je vous répète, n'oubliez pas Dieu. •. . Le pâtre prit congé du samt homme, bien résolu de suivre ses conseils à la lettre. On comprend les pensées qui durent trotter dans cette jeune tête, pendant Je long trajet de la plaine du Rhône au som11:1et de la montagne où il arriva à la tombée de la nuit.. . En le voyant venir avec de pareils mstruments de défense les pâtres, qui ignoraient les démarches du courag~ux garçon, se regardaient avec des yeux effarés: Il se disaient à mi-voix en montrant le dogue : Pourquoi donc ce quadrupède?... Le drôle espère-t-il peutêtre prendre quelque gibier ?... Que signifient ce grand couteau et ce pistolet I Voilà bien les armes propres à combattre contre les morts 1 Mais lui ne prenait garde à ces chuchoteries. Son esprit était absorbé par.bien d'autres pensées ; la con.quête de la reine du troupeau n'était peut-être pas la moindre. Cette nuit là personne ne céd~it au so~meil, les paupières étaient légères. Tous éta1en.t r~un!s dan~ le chalet comme la nuit précédente, mais 11 n y avait pas de caquetage comme à l'ordinaire. On s'entendait oar de.s phrases courtes, entrecoupées de .sign~s et de coups d 1œ1l jetés on sait à qui. On présageait évidemment quelque chose de lugubre. . A U heures et quelques mio~tes, le vach_er se m1_t en route dans la direction des Diablerets, bien muni d_e ses armee. Dieu sait s'il était résigné. La course était assez longue ; l'air était frais, le ciel sans nuages ..Des milliers de lampes d'or brillaient au firmament, mais_ la lune était encore absente. Sur la terre, une légè1·e bme frôlait l'herbe et agitait les brindilles. Après de longs zig-zags tantôt sur des rocailles, .tantôt s~r un fin gazon, l'audacieux fils des Alpes arriva au heu redouté à

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minuit moins une minute. Une minute de repos r c'est pour reprendre haleine... Eofio, le moment décisif est venu... Le mot fatal va ~Ire. I~ncé... ~e malheureux s'avança sur le bord du pr~c1p1ce, .aspire une grosse bouffée d'air et crie d'une voix formidable : ' - Tête sèche, réponds d ma verte/ . Les montagnes se sont ébranlées, et mille échos répetent =. Ré_ponds .à ma verte... à ma verte... verte... vere... Pms, 1m~éd1atement, du fond de ce noir abime monte une voix aigre et stridente· ' :- Si tu n'avais .Pas ~incei~s, té;ein, traintzein, moizein, tu apprendrais s1 on vient impunément insulter les morts. Cette réponse était vraiment surnaturelle car les échos n'osèrent la répéter. ' Je vous laisse deviner, lecteur, l'effroi du jeune homm~ en ce moment. La terreur est aussi facile à concevoir que difficile à décrire. Il comprend qu'il a lancé des parol?s offens~ntes, et veut, par le même chemin où ~ passé I offens~, Jeter un suprême pardon. Mais l'émotion le suffoquait... ce mot de • pardon , s'arrêta au food de sa gorge... Enfla, Dieu soit loué, il était vainqueur; mais à quel prix l l 1 Il reprit le ch~min du. chale~ avec un lingot de plomb ~ur .le cœur. Arrivé à m1-chemio, au détour d'un tertre, il vit apparaitre, sur l'horizon, la lune escortée de quel,ues nua~es ~outon?és, Ce~te reine, qu'il aimait à con·~mp]er d hab1tu_de, l effrayait. Il lui semblait horrible ce d1~9ue en décroissance qui jetait sur les roches une '1um1ere bl~farde,. C'était un témoin de sa terrible aventu~e, et il aurai~ voulu n'en pas avoir. Da plus, 888 angoisses ne devaient pas être terminées. . En effet, en ~ivant au Creux des Fousses, à quelque d!s~ance du chalet, le pâtre aperçoit un taureau qui 4se dmge con!re l~i les cornes menaçantes. N'importe, il le terra.ssera, ma19, ô malheur! en s'approchant, il voit que ce n est pas un bœuf véritable, il marche sur deux. pieds -0omme un homme. ~e molo~se qui n'avait pas aboyé sur le rocher (un chien peut-11 entendre la voix d'un mort), se mit à aboyer de toutes ses for~es. Son maître le fait taire puis se rappeJan~ le conseil du capucin, il s'écria: ' -; Qui êtes-vous de la part de Dieu ? Lhomme taureau répond par un profond silence.


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Il interpelle une second~ fois. - Même silence. Au troisième cependant, il fut répondu : - Je suis le diable. . Instinctivement l'arme à feu se lève ... une détonation 88 fait entendre et... le monstre est couché sur le carreau. Couché, ai-je dit, non p~s enc~re. Il ~st debout, immobile ; sans doute la balle l a atteint, car Il a pouss6 un cri aigu. . Le meurtrier involontaire court, ou plutôt :vole JUSqu'au chalet où il arrive haletant et à demi mort de frayeur. Là, quand tout s'explique, ~'est parmi les .mo,ntagnards une scène impossible à peindre. On venait d ~tre le jouet d'un véritable drame. , U~ ~es leurs avait fait le voyage de l'éternité... Que s éta1t-1l passé T? L& lecteur aura sans doute deviné. Quelqu'un a-t-il couru un gra~d danger 'P on dit q!l'il l'a échappé belle s'il en a été quitte pour la peur. C ~et pourquoi le maitre ne voulait pas que son adversa~re paesàt encore à meille~r ma~c~é que cela. Il se dit: Tu gagneras bien le pari, mais Il faut que tu le payes cher ; je me chargerai de te réserver u~e peur b~ene. Précisément un bœuf avait péri ce Jour-là,. circ~nstance que le vacher ignorait. ~~ matt~e ava1~ pris la peau de l'animal avec la tète entiere, s ~n était revêt_u pour aller à la rencontre da son ennem1, cr.oyant voir en cela autre chose qu'une 5'rosse rare~. Ma!s, comme on a vu, mal lui en prit. Et ce qui fut .pire encore, c'est que le lendemain, quand on alla 1~ voir,. on tro':'va l'infortuné debout à l'endroit même où Il ava1~ été tiré. Impossible de l'enlever ni même de le dévêtir de cet ignoble habit. La peau 'du bœuf était adhérée à son corps et il était planté au sol comme une statue de, bronze sur un piédestal d'airain. Tous les effor• pour l Oter de là forent nuls. Dieu s'était-il vengé e,n le cond~mnant à rester debout à cette place en guise d épou-y:anta1l ~ Non, c'eàt été trop affreux. On comprend qu 11 dev&1t être einseveli sur place, mais comm~nt fa.ire ! On freuea tout autour du cadavre, une fosse circulaire JUsqu à une ~ertaine profondeur. Puis, avec beaucoup de précant1on, on cassa la terre dessous ses pieds, et le mort chancel& et coula dans sa tombe. On affirme que maintenant encore, à cet endroit, se trouve une place de la forme d'un tombeau, couverte de joncs et de mauvaises herbes an::tquelles les vaches ne

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touchent pas. Elles se contentent de flairer le sol et reculent effrayées. Je dirai, pour terminer, que, vu le malheur qui était. arrivé, le vacher, presque fou de douleur, ne songea pas à réclamer la reine du troupeau. Il n'avait rien gagnéà ces terribles épreuves. On remarqua seulement que depuis cette heure lugubre, quelques fils d'argent s'étaient mêlés à ses cheveux d'ébène et qu'il avait trois. poils blancs à sa moustache. Quelle avait été la cause de ce changement ? Est-ce Je mort ou Je vivant! Où avait-il vieilli si rapidement? Sur le Seix-Rouge ou au Creux des Fousses. C'est le point de la légende qu'on a toujours ignoré. F. B., instituteur. o ooottoooo

La taille du poirier (fin) par J, BoLLIN, horticulteur-pépiniériste à Saxon La taille du poirier, quoique très simple et très facile quand on y est bien initié, est souvent embarrassante pour le commençant, et malgré toutes les explications qu'il a pu en lire, ou qu'on a pu lui donner, il ne s'y reconnait pas toujours ; il loi est même presque impossible de pouvoir tailler convenablement, seul, des arbres déjà formés, si ces sujets n'ont pas été dirigés avant lui par d'habiles praticiens. Bien des fois le hasard, bien plue que la direction que certains arboriculteurs appliquent aux arbres, joue un grand rôle dans les résultats. obtenus. De là, des sujets poussant vigoureusement sans donner de fruits, et d'autres, anémiés, ne végétant presque plus, mais toujours trop chargés de fleurs qui avortent en partie ou produisent des fruits dont l'aspect est triste. On me demande ce qu'il faut faire pour des poiriers encore jeunes qui, entièrement couverts de boutons à fleurs n'ont en l'année dernière qu'une végétation infime. En même temps, on m'en signale d'autres qui depuis plusieurs années ont une végétation extrêmement vigoureuse et ne donnent aucuns fruits. Dans le premier cas, il faut supprimer, sinon la totalité des boutons, au moins la plus grande partie, en rabattant la plupart des branches actuelles qui, trop chargées de lambourdes, n'ont pas assez dA vigueur pour produire de nouvelles branches à bois. En même temps


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il faut donner beaucoup d'engrais au terr~in qui _est probablement épuisé, ou qui est de_ mauvaise quah\6. Dans chacun de ces cas, les engrais sont également nécessaires. Des arbres à la fleur de leur âge ne produisant pas, malgré leur extrê~e vig~eu_r, peuvent être amenés facilement à la fécondité; mais 11 faut pour cela -0onnaître les causes de leur stérilité. Ell_es p~uvent _êtr~ ,m ultiples. Souvent cal~ dépe1:1d de la direction. ~10si, autan\ on doit raccourcir la taille des arbres peu vigoureux autant il faut au contraire, allonger celle des autres. 'naos les pre~iers on supprime beaucoup de fleurs ·à fruits · dans les seconds on les conserve tous et on en ajoute, au besoin, à l'aide de la gr~ffe. , . Si malgré ùne taille habilement pratiquée, on n obtient pas ie résultat voulu, on peut avoi~ recours à la transplantation, ou plutM à la déplantat1~n et à_ la rel)lantation · c'est-à-dire à la transplantation qui se fait à la mê~e place. Cette opérati~n, entrainant touj~urs la destruction de quelques racines, permet _aussi ~a couper celles qu'on juge à propos; elle produit aussi un a1·rêt et un dérangement dans la végétation, qu~ amènent toujours sur le sujet des ~odifi.c.ations qui le mettent à fruits. Parfois un arbre, api·es avoir donné quelques r_ésultats convenables, se met tout à coup à pousser. plus vigoureusement et cesse de produire. Cela se voit quand les arbres sont plantés trop profo~déme~t et que la g~effe se trouve enterrée, car alors 11 arrive souvent qu une ou plusieurs racines se forment au-dessus de .la greffe, comme il s'en forme aux boutures. Or ces r_acmes, prenant promptement un développe~ent considérable, affaiblissent les autres et affraocl11ssent le. greflon,. de sorte qu'un poirier greffé sur un cognassier rede~ient ainsi franc de pied. Qaand on peut s' en apercevo1~ en ,t emps opportun, ou supprime entière~ent ces .racrnes, et l'arbre reprenant sa végétation antérieure revient à la fructification. On peut aussi, pour mettr? un arbre à fruits, supprimer des racines sans avoir recours à la tr~nspla.ntation. Pour cela il faut pratiquer, à une certa1_ne distance et autour du tronc de l'arbre, une tranchee assez profonde pour permettre de couper ,outes les extrêmités des racines et arrêter ainsi la fougue de la sève. L'arbre ne tarde pas après à - fructifier aussi. Quelquefois, quand la couche végétale est profonde, certaines ra?ines s'enfoncent perpendiculairement dans le sol et motivent

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eette 11urabondance de vêgâtation improductive ; c'est également en les supprimaet qu'on parvient à déterminer la fructification. On creuse pour cela, sur un des cOlé:1 du sujet, une tranchée assez large et profonde pour permettre de couper ces racines en dessous. Quand la plantation ou la transplantation d'un arbre est faite avec tous les soins et la prévoyance nécessaires c'est exceptionnellement qu'on rencontre de tels accidents Jamais il ne poussera de racines au-dessus de la greff~ si eJle n'est _pas recouverte de terre. Lorsqu'en plantant un Jeune suJet on s'aperçoit que la greffe était tellement près du sol qu'elle sera forcément enterrée, on le passe dans un bout de tuyau assez gros pour ne pas gêner ie développement de la tige et qui isole la greffe du -0onta~t de la terre, bien que se trouvant au-dessous de fi<>n mveau. On prévient facilement aussi l'émission des racines plongeantes quand, en plantant un sujet après avoir rafraichi avec la serpette les cassures et les meurtrissures de ses racines, on a également coupé toutes celles qui existent en dessous avec dispoaitious pivotantes; ensuite, en plaçant l'arbre dans le trou en l'orientant autant que possible comme il était avant et en étalant de tous les côtés et d11ns le sens qu'elles avaient avant, les racines que l'on a conservées. La bonne fructification dépend également du terrain dans lequel le sujet est planté, de la nature du sujet si l'arbre lui-même est le produit d'un greffon bien en rapport avec le sujet; en un mot, d'une foule de causes qui influent puissamment sur la fructification. Cependant la. cause pria ci pale est toujours la taille; surtout la ta~lle en vert qui, dans la direction du poirier, joue un tres grand rôle. C'est· la taille en vert qui prépare les br~nche~ dites à fruits, c'est-à dire toutes les productions qm adv10nnent sur les branches charpentières. Ea pinçant, coupant ou cassant les scions ou les bourgeons à une certaine longueur, ou en arrêtant la végétation extrême, on parvient à leur faire produire des brindilles, des dards ou des lambourdes, à la place de nouveaux bourgons. Ce sont ces brindilles et ces dards qui donnent naissance à des boutons, deviennent des lambourdes, qoi formeront des bourses après la fructification. Ainsi qu'on peut le . voir, la lambourde est un rameau relativement gros quoique très court (un ou deux centimètres) qui se termine par un œil ou un bouton. Quand c'est un boulon qui le termine il fleurit


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la première année; mais si, au contraire, c'est un œil qui se trouve à son extrémité, il s'étend . ~ensiblement et ne fleurit que la seconde ou la tro1s1è~e année. C'est alors qu'il se modifie et développe plusieurs yeux qui se mettront également à fruits, changeant la lambourde en bourse. La brindille est un petit rameau dont la longueur varie de 10 à 75 centimètres, ayant des yeux latéraux très petits, mais toujours terminée par un plus gros; quelquefois même la brindille se termine par un bouton qui fleurit la première fois. Le dard est également un petit rameau moins long et un peu moins grêle que la brindille, mais un peu plus long et un peu moins gros que la lambourde. Comme elle, il se termine par un œil ou un bouton, et naturellement, comme elle, il peut fleurir la premiè~e ou la seconde année, mais plus souvent encore la troisième. Après sa fructification, des yeux se forment de chaque côté, faisant ainsi du dard une bonne lambourde. Le dard est toujours placé à angle presque droit sur les branches, Gt, quand il est terminé par un œil, o~ le dit simple. Quand, au contraire, c'est un bouton qui le surmonte, on lui donne le nom de dard-couronne. La branche cbarpentière est garnie de toutes celles qui existent sur le poirier, soit: les dards, les lambourdes, les bourses, brindilles, Pt les branches n'ayant. pas encore fructifié. La taille en sec de toutes les branches du poirier consiste donc le plus souvent à retrancher des boulons, trop nombreux sur quelques-unes., à raccourcir des dards et des lambourdes qui sont trop allongées après leur production et à rabattre, sur des yeux inférieqrs, des brindilles que leur longueur et leur :flexibilité rendent souvent disgracieuses. t

4;:-"t 7. O :S~~L...IIL-_ _ _ ,

De la culture fourragère La population de Lens a eultout récemment la bonne fortune d'entendre encore M. le professeur Julmy. Il a traité cette fois de l'importante question de la culture

fourragère. Cette conférence ne l'a cédé en rien aux précédentes par l'actualité et l'intérêt. Voici les principaux points qui ont été développés, tels que nous pouvons les ré-

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sumer d'après quelques courtes notes que nous avons prises à la hâte:

importance. de l,a ~ulture fourragère en Suisse, en Valais. - C.limats qui appartiennent exclusivement aux pr~iries. - Ancien système de créer des prairies artifi<;i,e'lj,es (Oeur de foin). - Semis purs et mél,angés. Choix des pl,antes. (voir le tableau ci-après) et mélange. -;-- Achat des graines. -:- Epoque des semis, pratique de l ensemenceme?'lt, - Soins d donner aux prairies jeunes; aux anciennes. . Si }a ~ulture ~ourra~ère a une grande importance auJourd hui en Suisse, 11 ne faut pas -croire qu'il en ait toujours été ainsi. Il fut un temps où la culture du'froment ~tait trè~ en honn~ur comme étant la plus ré'mu.oératrice. Mais nos voisins, et même l'Amérique en fournirent abondamment et à bon marché ; on ren~nça alors à cette culture pour se tourner vers une autre. Dans certaines régions, on a cru un moment pouvoir to1:1t abandonner pour cultiver la vigne ; quelques mauv~1ses ann.~es, ~e nouvelles maladies, etc., prouvèrent bientôt qu 1{ est nécessaire, surtout dans un pays comme le nôtre, de soigner un peu toutes les cultures et qu'en agriculture il faut attraper les bénéfices où ils sont. . Il est évi~ent d'ailleurs que la culture fourragère convient très bie.o à un centre viticole qu'elle y est même indispensable. ' .P our créer une prairie, il ne suffit cependant pas de laisser po~sser une végétation spentanée. Parmi les plante~ qui po~ssent spontanément il y en a les 9/10 de m~uva1ses. Il importe donc grandement de choisir parmi les plantes celles gui réussissent le mieux aux différen.tes altitudes, ou celles qui conviennent mieux aux terrains secs, aux terrains humides, etc. ; c'est le but de la culture tourragère. Si on laisse venir en foin un champ ou un jardin on n'obtient pas de bonnes cultures; c'est souvent d~ gros foin g~i épuise promptement le sol. L'usage de la fleur de foin comme semence n'est guère plus recommandable. se composé, gui renferme toutes les !espèces (mê~e la. pierre et la terre) ne donne jamais ou presque Jamais une bonne plante. Donc, ne jamais l'employer dans un terrain préparé. Ce procédé, excusable Il y a 50 ans, alors qu'oa en connaissait pas de meilleur,

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12 ne l'est plus aujourd'hui où l'on peut se procurer faci-. lament toutes les indications concernant les bonnes plantes et la manière de les traiter. Le char du progrès agricole va bien assez lentement sans qu'on y mette le sabot de la routine devant. Quant aux semis il est à observer qu'on met une seule plante dans ~ertains terrains et plusieurs plantes mélangées dans d'autres. Ce mélange, vous le tro~vez dans la nature. Chaque plante de.man~e une matière propre, ou si l'on veut une proportion différente de certaines matières phosphore, azote, potasse, etc., et une plante peut trohver ce qui lui faut pour vivre et prospérer là où une autre ne peut résist~r. Et c'est pour cette raison que les mélanges réussissent souv~nt le mieux. Il est évident, du reste, que le tas de foin ne se modifiera pas; c'est en remuant qu'on forme la composition du tas. Nous avons d'abord deux grandes espèces de plantes fourragères: les légumineuses et les graminées. D~ns les deux classes il y en a qui s'accommodent de terrarns secs, d'autres de terrains humides. Il n'y a presque pas de terrains inaccessibles à la culture fou rragère. Une des meilleures légumineuses est l'esparcette qui réussit très bien dans les terrains secs. Oa l'appelle aussi sanfoin (sain-foin); elle est connue de toute l'Europe et est venue d'Espagne vers le xv: siècl~. C'e~t une des premières plantes fourragères qu 011 ait cultivées en Suisse ; et comme on l'a reconnue excellente, on en a abusé : mais l'abus gâte les meilleures choses. Après avoir épuisé le sol, elle n'a plus pu prospérer; on l'a un peu laissée de côté. Avant de semer de nouvAau l'esparcette sur un sol qu'elle a épuisé, il faut laisser autant de temps qu'on l'y a cultivée d'abord. Oa l'alterne ~vec_ des grami.nées. La luzi,rne appelée faussement samfoio en Valais, est la plante fo~rragère par excellence des pays viticoles. Elle aime les terrains secs; elle demande beaucoup de soleil, un sol profond, du brisé, etc., c'est:-~-dire le vrai terrain de la vi~ne, avec les mêmes conditions de température. Les lazero~ères demandent peu d'ea~, ne jamais arroser immédiatement après la fauchaison. Ne jamais la faucher mouillée, pas même à la rosée. Le trèfle convient moins à notre clim~t; il faut surtout éviter de le mettre sur un terram exposé au soleil.

. Le trèfle incarnat ne donne qu'une coupe ; on le ~eme. en automne pour le récolter au printemps. Ne Jamais le mélanger. 11 va très bien pour les cultures dérobées. Le trèfle hybride réussit sur les terrains humides. Le trèfle blanc ou rampant est une bonne plante à c~>ndit~on qu'il. n'y en ait pas trop sur un même pré smon 11 envahit. Pour le faire développer employer les cendres. Le plantain "vit grâce à la fauchaison tardive. Pour le combattre, le couper avec un couteau et semer du trèfle blanc. La, cu~cute est l'ennemie de toutes nos légumineuses. On sen préserve par l'achat de graines pures; on la combat en fauchant de bonne heure pour ne pas la laisser fleurir. La graine de la cuscute ne perd pas de ses facultés germinatives par la digestion des animaux. Cette plante ne peut vivre seule même sur le meilleur terrain; elle ne vit que plantée sur une autre tige. , Par~i les graminées, nous distinguons le ray-grass d Italie. Il ne tient pas longtemps chAz nous· avec da trèfle, il donne d'abondantes récoltes pendant 2 ans. Il demande d~s terrains gras et bien préparés. ~l ~e faut pas le confondre avec Je ray-grass anglais q~n hent longtemps et forme tapis. Terrains gras et argileux. Le fr~m~ntal e.st la m~illeure fanasse qu'on puisse semer ici ; 11 conv10nt le mieux aux terrains secs et dure longtemps ; il atteint 1. 20 m. dans les mauvais prés. Il faut I.e mélanger avec du trèfle blanc et da ray-grass anglais. . Dans les prairies de courte durée on met 2 ou 3 plantes, et 5 ou 6 dans les prairies de longue durée : il faut que tout le terrain se couvre. La fléole convient aux terrains très humides. L'achat des graines est une question très importante. Il ne f:iut jamais se fier aux annonces: garanties par la st.ation fédé!ale de Zurich, mais il faut autant que possible fes faire acheter par les Sociétés d'agriculture et les faire garantir. Ne jamais craindre de bien payer les grames. Quand la faculté germinative est faible, celle qui reste est toujours très faible. Les semis se font au printemps dès que la terre est sèche, ou à la fin de l'été.


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Les semis du printemps ne sont pdas l~t~a.co:fum; d:! chez nous à cause de la sécheresse e . , août c'est préférable. Dans les terrams bas, on peut encore semer au commencement de septembre. Pour semer les petites graines, on les partage en iet?-X tas u'on sème l'un en long et l'autre en traver.s. our les :rosses graines, telles que esparcette, etc.,.bien ser our enterrer les graines à 2 cm .. au ~oms. les ~élanges on sème les grosses grarnes d abord. Le roula ; soit le tassement de la terre au moyen d'une 9elle~ ~!c,, est indispensable pour la bonne réussite d'un semis. t n bon bert Les luzernières demandent annue11amen u . si c'est trop rare; on peut ressemer en ce momen • sara· luv.erne et l'esparc~tte ne supportent ab~ol~m!n~ pas de fumier ni de lisier. ~lles pompent principa e ment leur nourriture dans l'air : azote, etc. t d Les en rais phosphatés, les scories ~bomas, e c., , onnent d'ex~ellents résultats. Ici les scork1es Thoro~s loient dans la proportion de 30 à 50 g. par . ' :e 3m1 80 et mettre tous les 3 ans ; ex.cellen~ pour :a v1gn~. Il ne faut jamais laisser pâturer le bétail sur es ries, surtout sur les jeuneds aprèsdle pré~~ moutons surtout causent e gran s pr Il faut en restreindre le parcours. . L'honorable conférencier nous ~o';lne ensuit~ ~n tableau des mélanges à faire pour d1ffe~ented P3!1:i80 . Graines pures à semer par :100 toises, e · Esparcette 6-7 1 kg. Luzerne /9 " 1 Trèfle rouie 2-2 /'J " . Mélange pour terrains frais de 1-2 ans de durée ·. Trèfle violet 1 kg. )) 2 kg. 500 Ray-grass d'Italie I 1/1 " Terrains humides : Trèfle hybride O kg. SOO Fléole de prés O " 500 Prairies d'une durée de 6 -10 ans, terrains secs : 5oo Espa1·cette Kg. 3 · 250 Trèfle rougo • O. 200 " blanc " O. 5 Ray-grass d'Italie " O. oo Dactvle aggloméré " O. 800 Fromental " 1. 5oo Kg, 6. 750

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Après la séance, M. le président remercie l'honorable conférencier et l'auditoire l'applaudit chaleureusement. Chacun s'est promis de mettre â profit les avis pratiques qu'il a reçue dans cette intéressante réunion. S.

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Recettes et conseils utiles Les engelures de l'oreille. - Tout le monde connaît, à son corps défendant, en hiver, le douloureux ennui d'avoir les oreilles " tenaillées • par le froid. Cette douleur peut aboutir à l'engelure des oreilles, comparable à celle des mains et des pieds, avec ses inconvénients ultérieurs. On peut aussi les éprouver au pavillon de l'oreille où elles provoquent de l'érythème, puis des crevasses plns ou moins douloureuses. Elles débutent en général par le lobule de l'oreille, qui devient rouge, luisant, violacé, mais elles peuvent gagner presque toute l'oreille externe. A cette période, il faut user de lotions avec des décoctions astringentes de tan, de roses de Provins, frictionner tous les soirs l'oreille av~c un peu d'alcool et saupoudrer avec un mélange de sahcylate de bismuth, 10 grammes, d'amidon pulvèrisé, ~O gr. Lorsqu'il survient des ulcérations, des crevasses, 11 faut les lotionner avec de l'eau de rose additionnée d'un peu de borax, un gramme pour 100, et panser avec une pommade légèrement astringente, au tanin et à l'oxyde de zinc. Avis à ceux d'entre nous auxquels le froid tirera trop fortement les oreilles 1 Boucha&re des fentes de poêles. - Par les températures hivernales, il faut des poêles bien bouchés et surtout bien rebouchés pour réaliser un bon tirage, inodore et hygiénique. Voici la formule pratique que chacun peut réaliser comme le plus astucieux. fumiste. Prenez des cendres ferrugineuses, appelées généralement mdche fer, broyez-les bien et mélangez-les avec un poids égal de sel commun; puis humectez d'eau, de façon à faire une pâte, et mastiquez la fente, qui ne laissera plus passer ni feu ni fumée. On peut appliquer cette pâte pendant que le poêle est encore chaud ou attendre son refroidissement. On peut aussi se servir d'un mastic composé de limaille de fer pétrie dans de l'eau ammoniacale.


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Leaai'f8 au pétrole. - On peut épargner du temps et du savon et obtenir une lessive bien blanche et bien propre en la faisant tremper un jour avant de la laver dans de l'eau tiède à laquelle on a ajouté un peu de pétrole, à raison d'une cuillerée par 20 litres d'eau .. Sans doute les personnes à odorat délicat s'en plaindront ; mais cette odeur, quoique désagréable, est absolument inoffensive, et ce petit inconvénient est largement compensé par le beau résultat qu'on obtient. Le linge le plus sale ne résiste pas à ce bienveillant procédé. Les couleurs restent parfaitement intactes.

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tPensées

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• La destruction de l'idée religieui,e donn9rait aux revendications des classes inférieures une àpreté sans merci. Ils sont bien inspirée les chefs du communisme révolutionnaire qui, en tête de leur manifeste de guerre contre la société, inscrivent la négation de la Divinité. Plus vous jetterez l'homme dans les sens, en lui enlevant tout espoir de compensations célestes, moins patiemment il supportera les inégalités sociales qui le privent de sa part de bien-ètre dans ce monde qui pour lui est le seul réel. S'il ne voi& qu'il ne peut l'obtenir, il sera pris contre les institutions dont il se croit la victime d'une haine diabolique et d'une fureur de destruction effroyable. C'est sous l'empire de ce sentiment que la Communea mis le feu aux monuments de Paris, qui étaient les symboles des pouvoirs établis. Maxime Ducamp, en finissant son remarquable livre sur Paris et ses organes.. se sent pris d'une grande tristesse à l'idée que cette ville splendide, cette merveille de la civilisation, qu'il vient de décrire dans tous ses détails, deviendra un jour la proie des flammes. Il est certain que c'est l'atbéïsme qui allumera la torche avec laquelle le communisme révolutionnaire voudra tout anéantir le jour où, vaincu. il ne croira plus pouvoir réaliser ses rêves de rénovation sociale. E. de LAVELEYE. * Il y a, dans l'Eglise catholique, à cause de la fixité de ses dogmes, plus d'éléments philosophiques, plus de· matière pour les hautes spéculations, que dans tout le système protestant. HEGEL, Histoire de la philosophie.

XV•• AN NEE

SION

• l'ECOLE PRIMAIRE 1er Avril 1896

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ro~t .ce qui concerne la publication doit être adressé a 16d,teur: M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion. ·


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No 07 l'Ecole primaire, 5 Mars 1896 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu