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No 09 l'Ecole primaire, 15 Mars 1894

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SION, 15 Mars -

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v~s Jardins gmalr~ du

le Brosimum Galactodendron, arbre origiVenezuela et des montagnes près de Curiaco (Amér1que du Sud). Cet arbre atteint une hauteur de 15 à. ,30 m~tres. !;>ans Je Nouveau Monde, il existe cinq vartetés d arbres fournissant un suc analogue au lait, très agréable au goût et en quantité tout aussi considérable qu'u.ne bonne vache laitière. Mais le · plus la('tifère est celui nommé plus haut. Le lait s'obtient en pratiquant une lég~re incision dans l'écorce de l'arbre; son goO.t est celui de la crème sucrée ; il est très nourrissr.nt On p~ut le bo_ire en aussi gt·ande quantité que l'on veut sans mconvément. La - composition de ce lait végétal approche beaucoup de celle du lait de la vache: il renferme du sucre, de l'albumine et des phosphates; mais la somme da ces substances est trois fois plus considérable que dans le lait de la vache. Aussi sa composition se rapproche plutôt de celle de la crème que de celle d~ lait. Dans les pays où cet arbre pousse, les naturels vtennent tous les matins tirer leur provision pour leur ménage et leur famille. Une nouvelle branche d'étude pour les forestiers • Celle de fruitier 1 • Bévues d'écrivains. - Certains curieux;s'occupentactuellemeot de recue~llir les excentricités '3t les bévues commises par des écrivains contemporains: histoire d'augmenter une collection déjà nombreuse. Ces cherchburs cnt fait d'assez bonnes trouvailles. Telles sont, pa_r. exemple, cette jolie phrase d'un des maîtres de la cntique: • On dirait l'un de ces duels où l'une des la~es .s'enfonce. dans la poitrine de l'autre • ; - ou cette Citation ~xtratte d'un livre couronné par l'Académie: c _ On étatt en pleine nuit : un homme embusqué écoutait leur conversation, mais un gros nuage qui passa devant la lune l'empêcha d'entendre le reste :t • ou cette naïveté d'un poète aimable : ' Vieillard privé de lumière, Tu vois en nous deux indigents ;

-:- ou encore cettf! image hardie qui orne un trés récent dis~ours académique: c Une langue maniée par des mams .. . • ; - ou enfin cette cascade d'ihcohérences dé· couverte en un ancien feuilleton : c Le talent de Madame Judie est comme la mousse du champagne ; gardez-vous d'y porter Je scalpel; il ne resterait plus qu'un peu de cendres au fond de l'alambic . »

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1893-9{.

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION AVIS

Ceux de nos souscripteurs qui doivent encore leur abonnement à l'ÉCOLE PRDIAffiE pour 1893-94: sont priés de réserver bon accueil aux cartes de remboursement qui vont être incessamment lancées. Pour ceux qui sont encore redevables de !ournitu!e~, il sera cumulé sur la même carte, pour moms de ûa1s et simplification d'écritures, le montant de leur dü. _

L'ALPINISME CONSIDÉRÉ AU POINT DE VUE DE L'ÉDUCATION (Suite et fin)

Au point de vue intellectuel, il est ?ertain que }a conversation d'un enfant n'offrira pas un mtérèt de m~me ~a­ ture que celle d' un homme d'âge ~û_r ; il ne seran g~ere possible de discute•· avec lui de pohtique ou. de questl?ns concrètes. Il ne s'ensuit pas que sa conversatiOn ne pm_sse être intéressante. Et d'abord, ce que nous cherchons b~en souvent à la montagne, c'est un repos de nos tr~vaux mtellectuels. N'y transportons donc pas les queatlons complexes qui hantent nos idées au contact .de c_es cerve~ux jeunes et insouciants. Nous n'y perdrons nen, Je vous lassure. J'ai vu maintes fois des bommes sérieux, dans des courses en famille abandonner des compagnons de leur âge et 'cheminer lo~gtemps avec des enfa.nts, s'a~usant de leurs réparties et trouvant une saveur tres fine a la façon dont ils expriment des idées rajeunies par leur . la~gage. Pour moi, j 'ai tcujours éprouvé un cba~me reel a entendre les appréciations ingénues, souvent mattendu~s qu_e les enfants donnent sur ce qui frappe leurs mtelh· gence s. Le babil d'un bambin peut manquer complè~ement d'intérêt, être même déplaisant en ville et devemr tout


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d~fférent à la montagne. Qu'on veuille donc sur ce point r,eserv~r son opinion et faire l'expérience nécessaire pour

l assemr. Ce point étant posé, je dois encore exposer brièvement qu~ls avantages les courses de montagne offrent pour l'éducatw_n des enfants aux points de vue moral, intellectuel et physique. . Commençan~ par le premier de ces trois, est-il un mihe~ plus propiCe que la nature, et la nature solitaire, pour prepa~er le c.~u~ aux bonnes intentions et y faire naître de sam~s aspiratiOns? La contemplation du bonheur, au sein <le la VIe frugale ~es populations montagnardes, dissipera dans 1~ cœur ?e ~ e~fa~t les sentiments de l'envie qu'il P?urra1t n.oumr VIs-a-vts de camarades plus fortunés, et le disposera a n? pas_. attacher un tr(lp grand prix au luxe. La. sa~eur qu acqmereot les mets les plus simples pris aupres d une _sou_rce, après course foumie, lui montreront la valeu; ~es JOUissances obtenues au prix de peines. Les diffi_cultes a surmonter pour atteindre le but proposé aguernro~t son âme et tremperont son caractère. La contempl~tion des rochers majestueux, des abimes profonds et noir~, d~s to~rents _impétueux, devant lesquels l'être humain paraJt SI petit et st faible, le disposera à l'humilité dans ~e qu'elle a de sain et rl'utile. Les leçons de cette nature a ~rendre ?ans les, Alpes sont innombrables et il est bien facile de dtsposer l enfant à les recevoir. JI en sera bien pl~s profo~démen_t impressionné que par tous les discours qm pourraient lut être adressés dans le but de le rendre vertueux. Au point de vue intellectuel, Je champ d'observations devan~ correspondre à des connaissances à acquérir se présente I~m~nse devant les idées de l'élève. Délivré de tous s,es bouqums,. de ses cahiers, du cauchemar des devoirs, l enfant sent a l.a montagne se réveiller son intelligence. Du moment q.u'Il ne_ s'agit plus d'apprendre ce qu'il ne d~ma~de pas a sav01r, il redevient spontanément curieux. S Il ne~ .est pas . ainsi, si ce qu'on nomme ses études avait endormi a ce po1nt sa volonté et son désir de connaître '

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il serait facile de les réveiller par quelques questions ou <les réflexions introduites sans pédantisme. Par exemple, si, en traversant un alpage, on éveille le moins du monde son attention sur ce point, on sera étonné de voir combien un enfant sera curieux de savoir à qui .appartient le sol, comment les montagnards se sont _organisés pour en utiliser le produit. C'est, allant du Stmple .qu'il aura sous ses yeux au composé 9~'il ret~cont~era en -descendant en plaine, tout un cours d economte soctale que -vous ferez avl3c votre élève désireux de connaître sans pro· fesseur ni manuel ce qu'on ne lui enseigne pas à l'école. L'idée de ses droits et de ses devoirs comme citoyen lui viendra toute seule : il se rendra même compte, par le.s observations qu'il sera amené à faire, de l'inanité de tant de théories qui séduisent à tS-20 ans, alors qu'habitué à apprendre dans les livres, on les lit. sans les. soumettr~ à .l'épreuve d'une observation raisonnee des f~1t~ et objets, {)bservation qui doit toujours précéder la theone. Des rapports que votre jeune compagnon de course sera incité à chercher entre l'enfant, laissé un peu à lui-même à la montagne, et celui des villes, entouré de soins vi· .gilants, naîtront des connaissances au point de vu~ de l'éducation dont il tirera profit plus tard . La comparatson entre les chalets, les habitations des villages et celles des villes sera la source d'un enseignement pratique .des éléments d'architecture. Le degré de densité, de résistance, de solidité, J'élasticité de différents matériaux, rochers, bois, métaux qui se présentent aux abords de la route, sera la base d'un autre enseignement qu'il ne tiendra qu'au père de rendre solide en l'accompagnant d'expériences pratiques auxquelles, certainement, l'élève apportera un zèle et un intérêt considérables. Dans la solitude et le calme des montagnes, l'ouïe de l'enfant peut être exercée très utilement à se rendre compte du genre des percussions entendues, de leur éloignement et de leur cause. Un ensei gnement des lois de l'acoustique, si utiles et cependant si peu répandues, en résulterait tout naturellement. La vue peut aussi y être facilement


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exercée : par des expériences répétées, on habituera sans difficulté l'élève à juger rapidement et sûrement les distances, les altitudes, les inclinaison!~ etc. toutes choses qui ont une utilité constante dans la 'vie. La comparaison des forces dynamiques naturelles, des couleurs et nuances des effets caloriques et lumineux seront la source d'ensei~ gnements pratiques innombrable; qui seront utiles dans toutes les professions. On m'opposera peut-être qu'une bonne partie de tout cela est au-dessus de l'intelJicrence d'un enfant de 5 à f2. ans. Je rép~ndrai que tout enseignement qui peut être appuyé de fa1ts tangibles est à la portée d'un enfant. S'il peut voi~, toucher, goûter ou entendre le fait qu'on lui expos.e, _Il le_ compren~ ainsi que la théorie simple qu'on en ù_edmt. B1en plus, c est lui-même qui opérera cette déd uchon et on sera étonné de voir à quels résultats surprenants on peut arriver de cette manièlre. Je dirai même qu'en instruisant l'enfant on s'instruira soi-même. Voici ce qui en est de la part d'instruction absolument nécessaire q?'on ne reçoit pas à l'école. Pour beaucoup de branches qm y sont enseiguées, les courses de montacrnes o~rent l'occasion d'observations pratiques, qui rendent e interessantes les théories arides des manuels et leur fait porter des fruits qu'elles ne produiraient pas sans cela. Ainsi la géométrie et l'arithmétique pourront faire l'objet de ~eau~oup de démonstrations pratiques, qui se présentent à. 1espnt tout naturellement en voyant les découpures des mont_agnes et leurs inclinaisons, les angles formés par les. ~~emms, etc., etc. N'est-il pas supertlu d'indiquer ce que 1etude de la géographie doit nécessairement gagner dans la_ pratique des courses de montagne:;? Combien un enseignement de perspective et de dessin est plus fructueux donné dans un des beaux vallons des Alpes, où les plans se détachent vivement les uns des autres et où la course qu'on fournit de l' un à l'autre vous fait juger pratiquement de l'éloignement ! On remplirait ~es volumes de toutes les applications pratiques qni peu-

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vent être faites de l'enseignement dans les courses de montagnes et je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet. Il est cependant une objection qui pourrait m'être faite et que je tiens à combattre d'avance. N'est-il pas cruel. alors que l'enfant a consacrè le travail de toute une semaine à son instruction, d'en occuper encore ses loisirs. Il est évident que si l'in struction que l'enfant doit acquérir à la montagne devait lui être antipathique et fatigante, elle ne serait pas recommandable; mais ce ne doit être ni une peine ni une chose dé3agréable pour l'enfant que cette instruction intuitive, ce doit être une réelle jouissance. Pour qu'il en soit ainsi, il ne faut pas enseigner l'enfant, il faut simplement l'induire à. se rendre compte des choses, et je puis as::~urer qu'en général il éprouve toujours un grand plaisir à trouver lui-même la solution des questions qui se présentent naturellement à lui. Il apprend de cette façon sans fatigue; l'instruction devient un véritable jeu. Qu'il jette une pierre et qu'on demande â quelle distance il estime l'avoir lancée, il répondra, contrôlera avec plaisir son appréciation, et continuera de lui-même cet exercice instructif jusqu'à ce qu'il soit arrivé à. une juste estimation. Combien alors il est heureux. de ce résultat ! il sent avoir acquis quelque cho.se. L'opération réfléchie qu'il fait pour un jet de pierre, l'enfant la fera avec plaisir pour tout autre exercice mental. Il voudra se rendre compte par lui-même du nombre de vaches qui sont sur un pàturage, de la valeur de leur produit, de la hauteur d'un arbre, de son éloignement. Il aura toujours le même plaisir lorsque son appréciation se sera trouvée juste. J'ai eu l'occasion de voir que les enfants pratiquaient de tels exercices avec plaisir, comme un jeu qui les intéresse plus que tous ceux. auxquels ils se livrent avec leurs camarades. En ce qui concerne le dernier point de vue éducateur pour lequel les courses de montagne offrent de précieuses ressources, c'est-à-dire l'éducation physique, est-il nécess!).ire -d'en parler? Chacun est d'avance convaincu que l'excel-


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]ent air des_ Alpes, joint au bienfaisant mouvement de marche, de gr~mpade, . contribue à fortifier et développer le corps, hu~am. On ~mettra peut-être des craintes au sujet de 1 exces de fatigue qui pourrait résulter de telJes courses pour des enfants. M. le D• Vernet dans l'excellent arti?le que j'ai. cité pl~s haut, a dé~ontré que de telles. cra1~t~s _sont_ vames, et Je puis affirmer de mon côté qu~. J6 n ai Jamais constaté chez mes enfants des effets nms1bles de telJes courses. Il faudra un peu modérer l'allure. sans doute, mais un bon clubiste sait que c'est en montagne surtout qu'est vrai l'aphorisme chi va piano tlll' sano. Jules FIAux (Echo des Alpes.! membre du Club alpin Suisse~ UNE LEÇON D'HISTOIRE GENÈRALE

GUERRE DE L'INDEPENDANCE AMERICAINE . Les colonie! anglaises de l'Amérique du nord se révolterent, en 17' 6, contre la mètropole, à cause de l'établissement de nouveaux impôts, et cette insurrection fut soutenue par la France, à la sollicitation de l'illustre savant a_méricain . Benja~in Franklin, qui vint tout exprès à Pans. Le roi Loms XVI reconnut leur indépendance et envoya, en Amé~ique. l_es gènéraux Rochambeau, La Fayetteet d autres moms celebres avec un corps d'armée. Les succès fure_nt d'a~ord mêlés de revers. mais enfin le général Cornvalhs, v~mcu par Rochambeau et Washington, fut forcé . de capituler et la paix fut bientôt coiJclue parle tr~tté de Versailles, t 783. L'indépenrlance des colonies an_glaises, dans l'Amérique du Nord, fut reconnue par la metropole. Elles se constituèrent en république fèdérativesous. le nom d'Etats-Unis, et choisirent, pour leur prtlmier pr~sident Georges Washington, le géné1·al en chef américam, riche propriétaire de la Virginie. · L'Angleterre rendit aux Espagnols les Florides et Minorques dont les Français s'étaient emparés le 14 févriert 782. La ~rance reprit le droit de fortifier Dunkerqueet de rétabhr le port de cette ville, elle recouvm en mêm&

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temps une partie de ses colonies qu'elle avait perdues après la guerre de sept ans, en t 763. La guerre d'Amérique propagea dans les esprits les idées de réforme et le plus vif amour de la liberté. Il était singulier qu'un gouvernement absolu comme celui de la France secourût une contrée lointaine qui réclamait son indépendance. La noblesse française elle-même tressaillait d'enthousiasme à ce mot de liberté, et elle s'était empressée d'aller secourir les colonies anglaises dans leur révolte. Ces colonies, qui comptaient treize provinces, formèrent une confédération qui se mit bientôt an rang des premières nations civilisées. Une des conséquences de leur affranchissement, ce fut la sècurité des mers que sillonnaient en maitres les navires anglais jusqu'à cette époque. L'Océan était libre désormais, bien que la flotte anglaise eût défait la flotte française au combat des Saintes dans les Petites Antilles en 1782. - Ecrire au tableau pour que les élèves l'apprennent par cœur, les dates suivantes: t 776; Révolte des colonies anglaises contre leur métropole; H février 178~ ; Prise de Minorque par les Français; '1782 : Défaite de la flotte française au combat des Saintes; t 783; Capitulation du général Cornvatlis et paix de Versailles. Dresser la carte des Etats-Unis. A. C. LES ENNEMIS DU JEUNE HOMME

L'un des plus grands ennemis du jeune homme, ce sont les mauvaises compagnies. Elles ne sont pas rares et dans bien des circonstances il s'y trouve engagè malgré lui. C'est pourquoi nous devons mettre tous nos soins à choisir nos amis. Le jeune homme qui fréquente des compagnons suspects en prend les goûts et les habitudes. Il ne se soumet volontiers ni à l'autorité de ses parents ni de ses supérieurs, il en méprise froidement les avertissements et se livre peu à peu à la dissipation et aux. p[;üsirs dangereux. Le goût de l'étude se perd, la mémoire s'émousse, le peu d'instruction qu'il a acquise s'évapore en fort peu de temps. Et voilà que les peines et tes fatigues qu'il s'était imposées pen-


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dant la classe, deviennent inutiles, ainsi que le prec1eux temps consacré à l'étude et les sacrifices faits pour acquérir quelques connaissances! ! ! Il aura un jour un compte rigoureux â rendre des facultés qu'il possède et dont il a si mal profité. Un autre ennemi du jeune homme, c'est la négligence qui empêche de se perfectionner. Souvent, en quittant la classe, les jeunes gens jettent de côté leurs effets classiques pour respirer, comme ils disent, l'air libre. Ils ont été assez longtemps enfermés; il est temps de s'accorder quelques distractions ! . . . Ils passent alors leurs soirées au jeu sans toucher une plume (s'en vantant même au besoin). C'est pourquoi il n'est pas rare de trouver des bommes et même des jeunes gen5 sachant à. peine se signer Il Voilà certes un mal qu'il faut combattre à tout prix en montrant au jeune homme toute l'utilité de l'instruction; lui faisant comprendre les avanllges qu'il trouvera plus tard à savoir rédiger convenablement une lettre, régler lui-même ses comptes, etc. Un bon moyen pour atteindre ce but, ce serait d'établir dans chaque commune une bibliothèque d'ouvrages intéressants et utiles, à l'usage de la jeunesse de l'endroit. Les jeunes gens s'habitueraient ainsi à lire et ils en profiteraient assurément. • En attendant que ce pas vers le progrès se réalise, il est à souhaiter que nous puissions nous rencontrer toujours, nous comme nos élèves, dans le sentier du devoir et de l'honneur, sans avoir à rougir devant uos amis d'avoir oublié ce que nous avons appris au prix de tant de peines. S., inst. LE CRUCIFIX VIVANT Pendant ce temps de la passion du Sauveur, sa croix est dressée sous nos yeux et présentée à nos adorations. Nous répétons: • Salut, croix, notre unique espérance! • Espérance pour la vie future, sans doute; mais aussi espérance pour la vie présente, et gage de succès dans nos efforts

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pour élever chrétiennement les enfants. Notre-Seigneur avait le secret d'attirer à lui les enfants et les foules. Pourtant J'attrait qu'il exerçait durant sa vie publique n'était rien encore auprès de la puissante influence qu'il devait déployer sur la croix. a: Quand je serai élevé de terre • et attaché à la croix, a: j'attirerai tout à moi » Sa croix a été le grand instrument de ses conquêtes. Celui qui veut être associé à son pouvoir conquérant, - et les éducateurs de l'enfance y sont associés par vocation, doit donc s'associer lui-même à ses souffrances et monter comme lui sur la croix. C'est seulement de là-haut qu'on attire les âmes. Il faut que le maitre chréLien soit comme un crucifix. vivant. Il faut qu'il puisse dire avec saint Paul: c Je suis attaché à la croix avec Jésus. » Et il faut surtout que lorsqu'il parle ainsi, les enfants le croient. Quand le croiront-ils ? Quand ils verront de leurs yeux un homme habituellement mortifié, insensible aux aises de la vie, ami de la pauvreté, oublieux. de lui-même et « ne se trouvant jamais mieux. que quand il n'est guère bien '~~ • pour employer la gracieuse expression de saint François de Sales. Les enfants, on ne saurait trop le répéter, ont une perspicacité étonnante pour découvrir le fort et le faible dans la conduite de leurs maîtres et de leurs maîtresses. D'un coup d'œil, parfois, hélas! sur une simple apparence, ils reconnaissent la présence d'un défaut, et s'autorisent de leur découverte pour en prendre eux-mêmes à leur aise• Quant aux vertus, il faut qu'elles soient dix fois affirmées par la conduite pour qu'ils y croient fermement. Ainsi est faite la pauvre nature humaine, crédule au mal et lente à croire au bien. Le domestique du saint évêque de Genève avait l'indiscrétion de regarder par le trou de la serrure, pour examiner la manière dont se comportait son mJ.ître, quand il était seul. Le résultat de son examen l'édifiait profondément. Soyons mortifiés, soyons toujours en croix, même quand on nous regarde par le trou de la serrure, sans que nous nous en doutions. L'exemple que nous donnerons ainsi à nos chers enfants sera plus convaincant que les plus éloquentes leçons. Ils comprendront alors en


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effet que c'est Jésus-Christ lui-même qui est le maître de notre vie, et reconnaîtront notre droit à leur enseigner les préc_eptes les plus austères de l'Evangile. St nous sommes des crucifix vivants, les ennemis mêmes d_e la religion finiront eux aussi par nous respecter. Car rten ne vaut la vertu pour tenir sous le charme les méchants eux-mêmes. Ayons les bras étendus sur la croix, c'est-à-dire portons jusqu'à « la folie de la croix, l'amour du renoncement, de la pauvreté, de l'abnégation, de la patience. Nos pires adversaires en seront touchés à la longue. Les armes leur tomberont des mains et ils s'écrieront : a Ab 1 il faudrait être pire que Judas 1 » Quelquesuns, il est vrai, se feront une gloire d'imiter et même de dépasser le traître. Notre-Seigneur a eu affaire à des ennemis pires que Judas. Mais ceux-là demeureront toujours à l'état de minorité, et combien d'autres passeront, si nous le voulons, de l'hostilité à la sympathie 1 Il n'est guère agréable d'être crucifié vivant, il faut bien l'avouer. Aussi Notre-Seigneur n'attend pas ce dévouement extrême de la nature. C'est là une œuvre dont la grâce a !e monopole. Demandons celte gr·âce, durant ces saints JOurs, et laissons le Sauveur nous crucifier lui-même de ses do?ces mains. La gloire est à ce prix. a Il a fallu que le ChfiSt souffrît pour entrer dans la gloire. • H. L. (Extrait de l'Education chrétienne) BIBLIOTHÈQUE SCOLAIRE. Dans la dernière conférence des instituteurs d& Martirroy M. l'Inspecteur recomanda aux régents de mieux profiter "'do~ ouv~ages de la bibliothèque et d'en demander plus souvent. Il &JOUta qu'ell~ paraissait n'être créée que pour trois instituteurs. C'est vr_an~ent regrettable qu'on lise si peu, car la lecture est un des pr10crpaux moyens de perfectionnement pour quiconque veut continuer à s'instruire. Ainsi dans ce district l'on n'a J!ae: enc~re trouvé Je moyeu de faire officiellement les envors des hvres, en sorte que celui qui veut un ouvrage doit all~r le cbe~cher à_ Martigny. ,C'est évidemment un vice d'organisahons. q~r contribue ~our une large part au délaissement de cette brbhothèque•. Mars cela n'empêche pas que le nombre des lecteurs devrart être plus grand. A l'heure actuelle il ne

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vaut réellement pas la peine d'entretenir une bibliothèque pour si peu. Ceci prouve, comme on l'a déjà dit, qu'il est urgent de réunir en un seule nos bibliothèquefil de district, pour en faire une bibliothèque cantonale à l'usage dQ personnel enseignant. C'est le seul moyen de tirer bon profit de nos livres et d'en avoir une quantité suffisante et variée pour répondre au but de cette institution. Un INSTITUTEUR.

V.!RIÉTÉ SUR LA VOCATION Un instituteur du Bas-Valais nous adresse l'intéressante variété ci-après, qui ne se terminera qu'avec le dernier N•• de l'année scolaire 1893-94-: Dis donc, Pierrf', l'as-tu vu Charles depuis midi? Je parie qu'il est de nouveau dans ce maudit atelier de maitre Jacques; Impossible de l'en sortir. Aussi tu ne te charges pas de bois vert, toi; ne dirait-on pas à voir ton insouciance q'le tu n'as ni ménage ni enfants à surveiller P Si Charles prend gollt à ce vilain métier de menuisier, c'eilt pourtant ton coupable laisser-aller qui en est cause : jamais tu ne l'as découragé, jamais tu ne lui as défendu de fréquenter cet atelier à tapage. Et pourtant je sais qu'il veut devenir menuisier, il l'a déclaré l'autre jour au voisin Michel; il lui a même dit qu'il n'aimait que ce métier-là. Encore une fois, c'est notre faute. Attendre qu'un fils ait 17 ans avant de penser à la vocation qui lui convient 1 vraiment, c'est trop se désintéresser de l'avenir des enfants. N'est-ce pas pourtant â nous de voir quelle est la vocation qui s'adapte le mieux avec le rang et les capacités de chacun des enfants? Ne me parlez pas de laisser les jeunes gens libres dans le choix d'une profession, ils choisissent toujours mal. Y at-il un sot mètiar? ils s'empressent de le choisir. Non, Charles ne sera pas menuisier, c'est moi qui le dis et moi qui le défends; je veux le destiner à autre chose qu'à porter le tablier d'artisan. Quoi t des dispositions aussi heureuses lui auraient été données pour aller s'accroupir snr l'établi d'un sombre atelier P Je répète que cela ne sera pas. Si tu n'oses rien lui dire, je m'en chargerai moi. Mère Louise débita ces dernières paroles avec une volubilité extraordinaire, puis sortit en fermant violemment la porte derrière elle. Son mari, Pierre, homme au caractère doux et pacifique, écouta patiemment ce long sermon, se contenta de secouer plusieurs fois la tête en signe de désapprobation, et laissa enfin sa femme sortir sans mot dire. Une fois celle-ci dehors, il se mit à grommeler. • Qu!!lles têtes que ces femmes ? Çà ne connalt rien et çà veut se mêler de tout, Pourquoi pas menuisier aussi bien que portier, sommelier ou autre P Quant à moi je ne vois pas de sots métier• ; qu'il devienne donc ce qu'il voudra. • Les choses en restèrent là pour le reste de la journée. Le soir,


ao lorsque toute la famille fut réunie autour de la table ronde mè~e Louise V'!rsa à_ tous une bonne tasse de café, puis vint s'as: seoir à _sa place habituelln. Chacun faisant honneur au frogal repas et lto silence étant parfait, elle jugea Je moment favorable pour adresser une semonce à son fils. · · _Où. étais-tu après-midi quand le cousin Paul est venu te voir lUI dit~el~e, d'un ton de voix qui exprimait une mauvaise humeu; mal diSSimulée ? Je t'ai cherché au jardin et dans tous les coins de la maison sans pouvoir te découvrir. Dans l'atelier de mattre Jacques, répondit timidement Charles que l'accent de sa mère avait déjà un peu décontenancé. ' - Que faisais-tu là-dedans ? - Je causais avec les ouvriers bt puis .... - Et puis tu écoutais ces hâ.bleurs bavarder en poussant nonchalamm ..nt leur varlope sur une planche raboteuse. Qui sait si le r~bot et la scie n'exer~ent pas aussi sur toi une espèce d'attraction, SI tu ne vas pas te laisser prendre au piège et te fourrer dans la tête qu'il te faut devenir menuisier ? Tu es assez bonace pour écouter leurs va~tardises ~t croire qu'il n'y a rien de plus agréable que la blouse d arttsan, m de plus agréable que le sifflement du rabot et le g~incemen~ de la scie. Ce sont bien là les gotHs qui doivent c~nv~mr à un )~une homme comme toi. y oilà bien la peine de t avoir envoyé dix ans à l'école pour te vou entrer ensuite dans un misérable atelier; mais tu n'y el! pas encore va. - Je ne sais pas pourquoi, ma mère... ' . - Tais-~oi, blan~-bec, tu ~s assez raisonné, ce que j'ai dit est dit. Voudrais-tu venu encore t excuser aprè~ que le voisin Michel m'a tout raconté ? · C~arl.es ~o.mprit qu'il n'y avait plus rien à_ répliquer, il se tut. _c etatt d adleurs un _garçon honnête et poh, trop gentil pour voulOir causer du cbagrm à sa mère. Sa précoce intelligence jointe à une application soutenue, lui avait fait faire beaucoup de progrès à ~:école. A .I'â.ge d~ 1_5 an~ il arrivait le premier de sa classe, place qu il occupait depuis Jusqu à 15 ans, â.ge de son émancipation. Son mattre en parlait comme d'und intelligence supérieure qui promet de grandes choses. Il se plaisait à énumérer toutes les connaissances qu'il avait déjà accumulées (c'était son expression) dans la ~ête du jeun~ ~arçon; il Y. employait toute son éloquence. Il aimait à étaler amsi sa prétention aux yeux des paysans qui faisaient semblant d 'admirer pour rire ensuite à leur aise. Il fallait le voir &~ pré!asser lorsqu'il annonçait .ostensiblement que son élève pouva1t écrue une grande page de dictée sans fllire une seule faute · qu'il connaissait toutes les capitales du monde, de la Sibérie ~ l'lndo-~bine et du Japon au Pérou; qu'il récitait par cœur l'histoire de Gmllaume :ren,, et _que les problè~n:ea les plus compliqués sur la règle de trots, n étaient plus qu'un Jeu pour lui. Une fois ce chapitre commencé, il ne tarissait plud d'éloges sur son élève : il endormait tous ses audileurs et continuait cependant sans même s'aperce~oir qu'à pa~ mère L?uise personne ne l'écoutait plus. Celle-ci, au contraue, prêtB.It une attention captivante aux ré-

141 cits du vieux régent ; l'expression radieuse de ses traits trahissait visiblement ses sentiments. Chaque fois qu'il débitait quelque éloge nouveau, qu'il expliquait comment, pEor exemple• Charles savait trouver sur la carte les pays les plus reculés du monde, mère Louise !l'empressait de promener son regard sur toutes les figures dU: petit auditoire, comme pour y chercher quelque marque d'admiration ou mendier quelque applaudissement. Si tout le monde restait impassible, son désappointement était VIsible ; mais si, au contraire, elle pouvait lire par-ci par-là quelque apparence d'étonnement, oh 1 alors, il fallait la voir, mère Louise, comme elle avait l'air satisfait. Elle ne manquait pas d'ajouter que ces exemples de mémoires prodigieuses avaient abondé dans sa famille, citant tel parent proche ou éloigné, tel ancêtre qui avaient ètè dans le même cas, et s'efforçant ainsi de démontrer que si ses enfants possédaient de bonnes qualités, ils les tenaient d'elle. Tant il est vrai que l'orgueil humain est insatiable de flatteries et qu'il ne voit les choses qu'à travers un prisme enchanteur; à force d'entendre l'instituteur exalter l'intelligence de son Charles, mère Louise finit par croire, comme Jacob, que son fils était destiné à de grandes choses. Elle en eût volontiers fait un avocat et sa vanité en ellt été satisfaite : mais il fallait aussi compter avec les maigres revenus du ménage. Que n'eût-elle pas entrepris pour se frayer le chemin de la fortune afin de se payer ce luxe ? Un momeut elle crut pourtant l'avoir trouvé. Elle se proposait d'acheter des billets à la loterie; qui sait si elle n'obtiendrait pas un des gros lots ? Mais où prendre l'argent pour acheter ce11 billets dans un ménage où la plus stricte économie était nécessaire pour joindre les deux bouts ? Et pourtant cette idée d'en faire un avocat l'obsédait tellement qu'elle y pensait le jour et la nuit. Souvent dans ses rêves elle voyait son fils au tribunal, entouré d'hommes de loi, et plaidant devant un nombreux public, avec une telle éloquence, qu'il arrachait des larmes aux criminels les plus endurcis. Elle almait auasi à se le représenter à la tête des autorités de la commune. occupé à donner des ordres et à dicter des arrêtés ; ou bien, au milieu d'une assemblée populaire, haraguant la foule, électrisant tout le monde de sa pénétrante lumière. (A &uivre)

PARTIE PRATIQUE Composition I. Ecrire à un jeune apprenti pour lui donner quelques conseils. X . .. , le 20 février 189~. Bien cher ami, J'ai appris hier, par l'un de tes voisins, que tu étais parti à Genève pour aller apprendre l'état de menuisier. C'est une excellente chose que d'apprendre un métier. Chez nous ceux qui exercent une profession ont certainement plus de moyens


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de faire régulièr~went leur journée que ceux qui travaillent toujours à la campagne. Puis, durant les longs mois d'hiver, le laboureur doit suspendre ses travaux et ne sait guère que faire, tandis que celui qui sait un métier a toujours de quoi s'occuper. Pour devenir un habile ouvrier, tu devras t'appliquer à te perfectionner en tâchant de bien profiter des conseils de ton patron. Il faudra toujours être docile, soumis et attentif à ce qu'on dira si tu veux faire un boo apprentissage. De ces quelque années que tu passeras là-bas dépendra, en partie du moins, ton bonheur à venir. La chose est donc bien sérieuse, plus sérieuse même que tu ne le penses. Si tu étais un mauvais apprenti, un fainéant et un paresseux comme il y en a tant, tu ne manquerais pas de devenir un triste ouvrier, un déclassé, un bon à rien, sauf à faire le mal et à troubler la société. Tiens-toi donc bien sur tes gardes, si tu veux, un jour, être un bon citoyen et un honnête homme. Si tu suis mes conseils, tu t'en trouveras bien, mais si tu commences mal, gare à toi et à tou avenir î . .. Ton ami le plus dévoué

R. M. II. La plaine après la sécheresse. (Examens des recrues de 1893)

Depuis de longs mois les plantes attendaient la bienfaisante pluie sans laquelle elles ne peuvent vivre, grandir ni prospérer. La terre trop &èche ne fournissait plus de quoi suffire à les soutenir, et le sommet de leur tige s'inclinait vera un sol brûlé par les ardeurs du soleil. · Mais sitôt que la pluie arrive, la nature toute entière revet une nouvelle toilette aux couleurs variées. Toutes les plantes, depuis les plus petites jusqu'aux grands sapinr. qui couronnent nos montagnes, contribuent pour leur part à l'embellissement du pays. Les herbes, qui tantôt étaient d'un aspect humble et triste, dressent fièrement leurs tigeu qu'une sève abendante vient de fortifier. Les chemins poudreux n'offrent plus aux voyageurs ces désagréables myriades de grains de poussière qui s'élevaient sous ses pas. Tout cela est entraîné vers le sol pour aller fortifier quelques brins d'herbe. Le laboureur réjoui par le gracieux aspect de ses campagnes, qui lui pro~ mettent de riches moissons, chante de toute la force de ses poumons un hymne de reconnaissance à la divine Providence qui gouverne toute chose avec sagesse et prudence. R. M.

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III. Seconde lèttre à un apprenti pour l'enga,qer à bien faire l'apprentissage de le vie dans laquelle il va entrer. X . . . , le 22. février 189~. Bien cher Louis, Dans ma première lettre je n'ai fait que te parler des avantages que tu retireras pour ce monde d'un bon apprentissage. Aujourd'hui, je viens t entretenir de l'apprentissage de la vie qui est autrement plus important que le premier. Je sais qu'à l'heure actuelle tu es un brave et honnête garçon, grâce aux bons exemples de tes chers parents. Cependant à ton âge, on est sans expérience de la vie, et il ne faul qu'un rien pour nous entraîner au mal. Pour te conserver brave. fais-toi premièrement une règle de fuir les mauvais compagnons ; et, secondement., continue à toujours bien pratiquer notre religion. Sans cela tu perdras Dieu, tu perdras ton âme, tu t' abrutiras dans le vice et tu finiras misérablement. C'est la raligion seule qui fait l'honnête homme et le chrétien ; c'est elle qui forme des hommes de conscience et de devoir, des citoyens dévoués à la patrie. N'oublie pas ce que je viens de te dire, parce que là seulement tu trouveras ton bonheur et le salut de ton âme. R. M. Adieu, cher ami, à bientôt de tes nouvelles.

DICTÉES ORIGINE DE LA MUSIQUE L 'origine de la musique se perd dans le chaos des premiers siècles; mais cet art, avant d'arriver à la perfection que lui ont donnée les sociétés philharmoniques de nos jours, a dû subir bien des phases. QtJoi qu'il en soit, on ne saurait révoquer en doute que les premiers hommes ne se soient étudiés à combiner les sons d'une manière agréable à l'oreille. Le luth, les cymbales, le flageolet, le fifre aux notes aiguë s datent de la plua haute antiquité. Les bergers attribuaient au dieu Pan l'invention de la flûte à sept trous. Ils s'asseyaient parfois sous le feuillage d'un hêtre, d'un saule ou d'une yeuse et tiraient des sons grossiers de leurs pipeaux champêtres. Ua agnelet ou un chevreau était ordinairement le prix accordé à l'athléte vainqueur dans ces concerts en plein air. Quant à la gamme diatonique, les ut, les ré, les mi, les fa, etc, elle est d' une origine beaucoup plus récente. On sait en effet que l'invention en est due à l'Italien Gui d'Arezzo, dont le génie a trouvé le moyen de vocaliser méthodiquement tous les sons et de régulariser la tension de la voix par un diapason constant.


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LE RESPECT DES LOIS C'est un devoir méritOire que d'observer en toute circonstance les lois de son pays. NouA ne voulons pas parler de cette obéissance passive qui a sa source dans la crainte d'une sanction pénale, mais de cette obéissance voulue et éclairée que la concience seu!A commande. La loi a droH à l'inaltérable respect de tous les citoyens. Socrate, condamné sur les calomnies de ses ennemis, en vertu d'une loi politique abusivement interprétée, aurait vécu s'il eût consenti à fléchir ses juges ou à s'échapper de sa prison : il a préféré boire la ciguë et démontrer à set~ disciples, à s~s concitoyens, comment un sage sait se soumettre jusqu'à la mort aux lois de sa patrie. C'est qu'en effet le premier principe de l'ordre social consiste dans l'obéissance à cette autorité souveraine qui règle d'une manière obligatoire et permanente les droits comme les devoirs des citoyens. Elle est le lien des sociétés. Une réunion d'bommes vivant sans lois serait une collection d'bommes livrés à toutes leurs passions, à tous leurs appétits. Ils ne jouiraient d'aucune sécurité, d'aucune liberté et cette association finirait par le désordre et la violence. U faut à la loi morale et abstraite la sanction de la loi positive, pour qu'une véritable soci6té puisse naître et se développer. Voilà pourquoi une règle même ingrate est préférable à l'arbitraire et doit être obéie tant qu'elle n'a pas été réformée. Aussi devons-nous admirer jusque sous les régimes les moins favorables à la liberté, les exemples de Jean de Vaquerie de Michel de l'Hospital, d'Achille de Harlay, de Guillaume. de Lamoignon, émules de ces grands citoyens de l'antiquité qui s'appelèrent Aristide, SocraLe et Phocion. LE BŒUF Le bœuf, le mouton et les autres animaux qui paissent l'herbe, non seulement sont les meilleurs, les plus utiles, les plus précieux pour l'homme, puisqu'ils le nourrissent, mais sont encore ceux qui consomment et dépensent le moins; le bœuf surtout est à cet égard l'animal par excellence ; car il rend à la terre tout autant qu'il en tire, et même il améliore le fond sur lequel il vit, il engraisse son pâturage ; au lieu que le cheval et la plupart des autres animaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies. Le bœuf ne convient pas autant que le cheval et l'âne pour porter des fardeaux : la forme de son dos et des reins lo démontre ; mais la grosseur de son cou et la largeur de ses épaules indiquent assez qu'il est propre à tirer et à porter le joug. Il semble avoir été fait exprès pour la charrue.

Supplément au No 9 (1893-94) de l'ECOLE PRIM!IRB

Les tribulations de tante Françoise Dédié à l'Ecole primaire par M.a.Rxo*" Tante Françoise, la f~rmière du Petit-Clos, un de ces types qu'on n'oublie pas aisément. C'était une courte et forte femme d'âge mûr et d'a~­ pect avenant. De qut~lle. coul.eur étaient ses ,yeux! J.e ne m'en souviens plus; Je sa1s seulement quelle. avait une figuro pleine et réjouie, avec un. cer~a1n petit nez. retroussé, qui sous les r1~es donnait ~ 1ensemble du visage je ne sais quoi d'e~p1ègle; le tetnt colo~é•. ~ne bouche rieuse, et sur les Joues deux f?ssettes qu1 rJaJ~ot aussi. Cette joviale figure s'encadrai~ dans une c~dle blanche aux bandes tuyautées, comme les femmes d âge en portaient autrefois. . Point sotte, laborieuse et d'humeur ga1e~ à son entrée en ménage, bien résolue à prendre la v1e par le bon bout, elle se disait que pour être heureux dan~ ce mond~, il ne suffit que de le vo~ioir. Tout a.utre éta1t son mar1, un vrai songe-creux, tactturne, ne r1ant guère, et pensant toujours sentir le sol manquer sous ses pas. Après dix ans de mariage, elle était deme~rée veuve avec cinq enfants sur les bras, t?ut un tram de caD?-pagne et de vieilles dettes de fam1lle en sur~lus. Lom de s'appesantir sur son malheur, elle . se déc1da à conserver son chédail pour assurer le pam de .ses. enf~nts. Tout s'arrangerait bien, pensait-elle. Et pUIS, 1! lUI .~n aurait trop coûté de quitter la ferme que le~ propr1e~ tairas la sachant honnête femme, consentaient à lu• . ans. laisser' à l'essai pendant trots A partir de là, une autre vie, moins ensoleillée que celle qu'elle avait rêvée au .début, commença ~our elle. De gros soucis, les hôtes 1mport~ns des ~atsons de deuil élurent domicile sous son t01t. A voulotr les chasser ehe perdit ses peines. Il lui fallut bien se résoudre à compter avec eux. . Aussitôt lé mari décédé, papier timbré, sommations, réclamations d'arriérés, comp~es an~iens et. nouveaux, une avalanche de ces paperasses qu à prem1ère v~e on reconnaît pour des messagères de malheur, fond1t sur


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elle. Et des chiffres, toujours des chiffres de forts vilains chiffres s'alignaient effronté~e~t dev~nt ses yeux, le. tout accompa~~é de termes de JUrisprudence qui, pour !01 être peu fam1hers, ne lui paraissaient que plus menaçants. - Héla~, elle y aurait perdu son latin, si elle ~n eftt eu la momdre teinture. Le facteur lui remet~ait­ d une de ces lettres d'affaires, après avoir tourné et ret~urné 1~ fatal papier~ elle le repliait avec un gros soupu, o~ b1eo m1~rmura1t .= - Il faudra le montrer à Daniel. pan1el, un. s1en ,cousm, qui se vantait de savoir c la ~h1ffre • et b1en d autres choses enco!'e était l'homme auquel ordinairement elle avait recou1·s' en telle occurrence. Pauvre Tante Françoise 1

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* Si jeunesse savait? ... Une .fois veuve, par nn de ces retours que suggère l'expémmce de la vie, tante Françoise se reporta fréquemment par la pensée au temps où, fillette insouciante elle venait s'a!lseoir sur les bancs de l'école devant c la plao~he noire •. où Mlle Piccard, une maît~esse qui en sa~a1t long, un mor~eau de craie à la main et à grands chiffres blancs, exphauait à ses élèves les quatre règles de l'arithmétique. • Et F~ançoise~ le nez en l'air, regardait les chifires regardait la. maîtresse . Mais dire à quoi elle pensait,.,: Pas aux ch1ffres assurémeut. Ses idées étaient ailleurs L'addition ne l~i entrait pa~ dans la tête, la multipli: cation encore moms. Pour ce qui était de la division elle n'y parvint guère, et à la règle de trois ne vit qu~ du feu. - Elle n'a pas la bosse au calcul, diRaient ses parents. - Elle ne veut pas se donner la peine de comprE~odre, disait la maîtresse. - Une tête de hootte que cette Françoise. Aussi, à peine sortie de l'école, le livret comme les quatre règles fut oublié, et l'étourdie de répéter à chaque fois qu'elle était mise en demeure de faire le moindre calcul : - Je n'ai jamais eu goût aux chiffres. C'était son refrain. Mais a~e~ les. mauvais jours, comme il avait changé r - Ab ; s1 J ava1s su 1... mais quand on est jeune, on se pense que le calcul est seulement pour les vieux... soupirait-elle lristE~ment. - Si j'avais su... le refrain de ceux qui par entêtement ou étourderie ont compromis leur avenir, ou se

sont privés des avantages que leur aurait assurés l'instruction. Seule avec une succession fort embrouillée, des dettes criardes, des créanciers grincheux, un tas de notes dont il lui é'ait difficile de vérifier le bien fondé, ce n'était pas gai assurément. Puis, la direction des biens de la ferme, grosse responsabilité pour une femme, et des préoccupations à fa\iguer une tête plus solide que la sienne. Outre la rectitude, le savoir compter, il lui manquait cette vue d'ensemble des choses, qui est comme le plan de bataille dans la grande campagne pour l'existence. Plusieurs fois on la vit pleurer. Honnête, loyale, elle devenait la dupe d'autrui. Plusieurs, au fait de son ignorance du calcul, abusèrent de sa bonne foi. S'agissait-il de conclure un marché, de la vente des denrées ou d'une pièce de bétail, incapable de calcul mental, elle essayait de compter sur St1S doigts, se trompait, se fourvoyait, recommençait pour l'l'embrouiller de plus belle, et alors s'adressant à plus fort qu'elle : - Dis-me voir un peu combien ça fait ! Il y avait bien aussi le cousin Daniel qu'elle allait quérir pour tout ce qui était règlement de comptes ou correspondance d'affaires, mais outre que pour ce genre de services il se plaisait à se faire tirer l'oreille, il lui arrivait aussi P.O raison de libations trop copieuses, de ne pas toujours voir clair dans lea chiffl'es; et alors mettant de côté les additions il ee perdait en des pAroraisons sans fin où personne ne voyait goutte, et lui moins que personne, - Ce qu'il en coûte pourtant d'être étourdie, diKait un jour tante Françoise à la meunière sa cousine. A l'école, si je l'avais bien voulu, j'aurais pu tout comme toi et les autres m'instruire dans le calcul. Ç1J. ne m'entrait pas, parce que j'avais la tête ailleurs. Je me souviens que ce que disait la maîtresse en nous expliquant la planche noire, ne faisait que passer par une de mes oreilles pour sortir par l'autre. Et Mme la meunière de répliquer : - C'est que tu avais toujours le nez en l'air, et puis tes parents, parce que tu étais leur seule enfant, ne te forçaient pas à étudier. - Je saurai bien y obliger les miens ! reparLit vivement tante Françoise. Pour ce qui est de mon garçon, qui n'a pas encore accompli ses huit ans, je lui fais


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déjl donner des leçons d'arithmétique 'deux fois la semaine par la mattresse de l'école enfantine. Et quant aux filles, il en sara la même chose. Il faut qu'elles app~ennent à compte!, et sa?hent_leur .livret par cœur aussi b1~n qu_e le catéchisme. J y velllera1, n'aie . pas peur, j'y velller;u .. , car on me triche . .. et surtout dans les fractions, parce que je n'y comprends rien . . • J'aimerais. que quelqu'un puisse me dire pourquoi on les a inventées, ces vilaines fractions ? .•. La meunière se mit à rire : - Pourquoi! . . . C'est qu'on ne peut les empêcher. Tant. que Je monde sera monde, il y aura toujours des. fractiOns dans le calcul .. . Tante Françoise secoua la tète. - Q~and mon _mari vivait, reprit-elle, c'était lui qui c_ompta!t ~our moi. Je ne m'inquiétais alors ni de fractions DI d autre chose ; mais à présent c'est différent . • • On ne connaît jamais mieux la valeur de l'instruction que lorsqu'on en a besoin, car pour ce qui est du calcul et de l'écriture, une mère de famille f:\St bien à plaindre quand elle ne peut s'en tir~r Rans avoir recours aux autr~s. Ah!_ si dans mon jeune temps j'avais pu le penser, Je serais, à l'beure qu'il est, aussi instruite que toi .. - Si jeunesse savait! . . . n'est-ce paF, c'est ce que tu veux. dire 'P rép~n?it l'autre femme. - Ce n'est que trop vrai. Certes, si Je n'avais pas été en état de tenir les comptes du moulin, il y a longtemps que nous serions coulés, car. depuis que m?n mari s'est laissé prendre les deux d01gts de la mam droite dans ce maudit engrenage, il n'est plus capable d'écrire. - . Va seulement, que tu peux apprécier ton bonheur, sou_p1ra tante Françoise. Je me rappelle que tu étais to~Jour~ u~e des. premières de l'école, et ça te profite au~ourd h~t, tandis que moi, quand je veux tracer des chtffres, Je les vois tournf:'r devant mes yeux comme une armée en déroute. Regarde un peu cette ardoise 1••• ~t là ~essus, elle essaya de sourire malgré les larmes ~UI p~rlaie.nt sous ses cils, en présentant à la meunière l ard01s.e ou quelques chiffres informes et mal · alignés,. semblaient en effet courir à la débandade. Pauv!e tante Françoise ! - toujours le mot pour rire ~n dépit de ses déboires. Et bonne, et si charitable que les pauvr,es gens ne frappaient jamais en vain à sa porte. Nul ne sen retourna de chez elle les mains vides, tant

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il était vrai de dire qu'avec eux elle ne savait pas eompter. Et plus tard quand son garçon, son Philippe, fut capable de calculer pour elle, avec quelle légitime fierté ne contemplait-elle pas le cahier où il inscrivait le doit et l'avoir de la maison!

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Aujourd'hui encore, que de femmes, que de mères, ne se trouvent-elles pas par leur propre faute dans la même situation que jadis tante Françoise ? Si au moins à son exemple, assagies par la fatale expérience, elles avaient à cœur de faire comprendre à leurs enfants la nécessité de l'instruction que les 6co·l es mettent à leur portée, ce serait enrayer le mal l sa -t~ourcu et faire œuvre pie. MAruo•••

La première éducation L'influence que l'école et !a famille exercent sur l'enfant et sur la vie de l'homme tout entière ne fait l'objet d'aucun doute. La première éducation est donc d'une importance capitale, car si dans l'étude de toute science il importe de bien commencer, cela doit être vrai surtout de la science de toutes la plus difficile, la science de la vie. Les premiers enseignements sont à peu près ineffaçables. Sans doute, les premiers pourronL ne pas .prévenir tous les écarts, mais un jour viendra, on peut l'espérer, où la science prendra le dessus. c L'homme, -c'est-à-dire l'homme moral, est peut-être formé l dix ans, a dit le comte de Maistre, et s'il ne l'a pas été sur les genoux de sa mère et à l'école, ce sera toujours un grand malheur. Rien ne peut remplacer cette éducation. 'Si la mère et le maitre se sont fait un devoir d'imprimer sur le front de l'enfant le caractère divin, on peut ·ê tre à peu près sftr, que la main du vice ne J'eftacera jamais. Le jeune homme pourra s'écarter sans doute de ses devoirs, mais il décrira, si vous voulez me permettre cette expression, une courbe rentrante, qui le ramènera au point d'où il était parU. • Mon enfant, dira une mère, est trop jeune, pour que nous songions à cultiver son intelligence encore si délicate et sl peu accessible à de~ pensées sérieuses 1


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6 ~'intelli~~nce de ~·enfant,. si délicate que vous la supposiez, saisit et rehent facilement les premiers enseignements de la foi : une âme innocente s'ouvre sans effort à la connaissance de Dieu et aux notions élémentaires de l'ordre moral. Elle concevra vivement si on pren_d soin de la lui inspirer, la crainte du péché' et des châhments du péché. Si! par une fatale condescendance, nous omettons de c~rr1ger les défauts, à mosure qu'ils se montrent, nous la1~seron~ l'enfant devenir égoïste, exigeant, obstiné, colérique : JI aftec~era .des airs d'indépendance et prétendra que to~t d01t ~UI céder. S'il aperçoit que l'on craint de le contrister, s1, pour sécher 3es larmes on lui acc~rde ce qu'il ~ésire, sa précoce malice ab~sera de la ~a1blesse. dont Il aura fait l'expérience. Pour n'avoir pas et~ réprimés à temps, les défauts croîtront et se multiplieront, et un moment viendra, où il sera difficile d'en triompher. Nous voyons des enfants qui, dès leurs premières années, s~nt placés sur un piédestal. Petites idoles, on leur pr~digu~ caresses ~t louanges; on admire tout en eux et JUSqu à leurs defauts ; on flatte leur vanité on cherc~e à leur plaire .de mille manières; il n'est 'pas permis de les contrarier, tout le monde doit céder A. !eurs goûts et à leurs. caprices; ce sont d~s personnages 1mpor~ants, d~v~nt qm toute volonté doit plier et que 1~ résistance Irrite. Que prépare une pareille éducat~on? Egoïsme, orgueil, esprit d'indépendance, sensualité, tels sont les effets ordinaires de cette ridicule et coupanle idolâtrie. La première éducation est surtout l'œuvre de la mère S'il est oécessaire de confier à des mains étrangère~ une pa.rtie des s,oins que réclame un jeune enfant, que du m?ms elle n admette auprès de lui que des personnes dignes de confiance.

La protection des petits oiseaux .. Nous avons souvent prié les institutenrs, et particuherement ceux des écoles rurales, de vouloir bien être nos auxiliaires afin de propager parmi les jeunes enfants le~ sentiments de pitié et de compassion envers les a01maux.

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Destinés pour la plupart à devenir des agriculteurs, les élèves des écoles de campagne travailleront dans leur intérêt, en se montrant doux et bons envers les animaux qui leur seront des auxiliaires précieux et souvent indispensables, Leur intérêt matériel aussi bien que leur conscience morale sont donc d'accord pour leur inciter à deveniide zélés protecteurs des animaux. M. Louis Blairet s'exprime comme suit dans une bro· chure qu'il a publiée sous ce titre : • Pour encourager les petits enfants qui seront plus tard de grands agriculteurs.~

• La protection des petits oiseaux insectivores, ceux ' qui détruisent les chenilles, les papillons, les pucerons, est une grande question pour l'agriculture. • Vous le savez bien, mes petits amis, ces oiseaux-là sont les gardea champêtres ailés de vos récoltes. Vous veillerez sur leurs nids, vous protégerez les couvées et vous aurez raison de prendre le plus de soins possible. en faveur des passereaux. Peu importe qu'ils vous grignotent quelques grains en hiver, du moment qu'ils vous épargnent ces boisseaux de blé, d'orge, de pommes, de cerises, de poires en été. • Dans l'économie générale de la récolte, les oiseaux rendent de grands services à l'homme; l'échassier purge> la terre d'une foule de reptiles nuisibles; l'oiseau de, proie la débarrassf' des corps putréfiés ; le passereau et d'autre:~ espèces d'oiseaux font aux insectes une guerrecontinuelle qui profite directement à l'agriculture. • Les oiseaux insectivores sont le merle, le menure, le fourmillier, la pie-grièche, la rupicole, la bergeronnette, l'engoulevent, la rousserole, et bien d'autres qui font également partie des chélidons comme le mai·tinet, l'hirondelle, le podarge. • S'ils ont leur grande utilité, les oiseaux, ils ont aussi leur agrément. Ils charment par leurs chants le laboureur de la campagne. I ls suivent les sillons de la charrue pour récolter les mans ou vers blancs que le soc a découverts. • Les oiseaux sont doublement nos amis, et pour l'utilité et pour l'agrément. Ne les détruisez pas, rappelezvous ce vers touchant de Pierre Dupont, parlant de ses • deux bœufs blancs, tachés de roux : Et l'on voit sur leurs cornes noires Se percher les petits oiseaux. • 1


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VoilA en quels termes il faut parler, aux enfants de la campagne, de celte profession d'agriculteur que beaucoup ne sont que trop disposés à déserter de nos jours. C'est ainsi qu'il convient de les constituer- les défenseurs des meilleurs amis de l'agriculture : les passereaux.

Protection des animaux (Suite./; Le chat. - Ses détracteurs et ses défenseurs et Nous en avons déjà parlé dans le temps, peu avantageusement, il est vrai ; nous donnerons donc aujourd'hui la con~re-partie, c'est-à-dire l'opinion de personnes qui voient, dans ce quadrupède, un animal beaucoup plus utile que nuisible. A ce que nous en avons dit, nous ajouterons seulement que si Je ebat était toujours bien nourri par son maitre, au lieu de lui abandonner le soin de pourvoir seul à son entretien, on au-rait sans doute moins de méfaits à lui reprocher. Le chat est l'ami de la maison et en même temps notre ami, quoi qu'en ait dit Buffon qui s'est étrangement trompé sur son compte. C'est un animal très prudent, très patient, fort intelligent et capable de beaucoup de réflexion. Le ebat est moins démonstratif que le chien, mais il est, comme lui, surtout qu1lnd il est bien traité, susceptible de beaucoup d'attachement. Il aime son mattre, le regarde affectueusement, le caresse et souvent lui lèche, par amitié, la figure et les mainA. On pourrait citer nombre d'exemples de l'intelligence et de l'attachement du ebat: n'a-t-on pas vu souvent de ces animaux transportés, à plusieurs lieues de distance, dans des paniers fermés, revenir au bout de quelques jours chez leurs maltres qui les avaient donnés ou à qui on les avait volés f N'a-t-on pas eu l'occasion de remarquer quelque fois des ebats au milieu des champs! Partis de la maison, le matin, avec leurs mattres, ils attendaient leur départ et rentraient Je soir avec eux. Une petite ebatte, fort attachée à sa mattresse, accompagnait celle-ci tous les vendredis jusqu'au bourg voisin où se tenait le marché. La distance était de trois kilomètres. Un peut avant d'arriver au bourg, il existait un petit bois dans lequel J'intelligente petite Mte se re-

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tirait, et où elle se reposait pendant l'absence de sa maitresse, qu'elle reconnaissait immédiatement au millieu des personnes qui passaient, et avec laquellti elle l'evenait tantôt marchant auprès d'elle, tantôt sur son épaule. Voici ce que raconte, au sujet du ebat, une personne digne de foi : J'ai eu des ebats qui m'aimaient assez pour ne pas me quitter un seul matant. Lorsque je m'absentais, quelquefois pour une journée entière, ils attendaient mon retour derrière la porte par laquelle j'étais sorti. La plupart du temps ils ne prenaient aucune nourriture. Lorsque je rentrais ils s'élançaient sur ma poitrine, embrassaient mon cou de leurs pattes, frottaient leur tête ~outre ma figure, et me léchaient avec toutes les démons· 1rations de la joie la plus vive. L'un d'eux, magnifique angora blanc, était le fidèle gardien de mas oiseaux et n'en aurait laissé approcher ni les autres chats ni les oiseaux de proie. Son intelligence n'avait d'égales que sa douceur et son affection. Ses yeux, constamment fixés sur les miens, semblaient chercher à deviner ma pensée. Je n'avais qu'à lui faire un signe pour qu'il vint dans mes bras, où il exécutait à ma parole une foule de petits actes dont je lui avais fait prendre l'habitude. Lorsque, devenu vieux, la vie fut près de l'abandonner, il m'appelait par des miaulements plaintifs si je quittais un seul moment. Le chat, comme le chien, comme un grand nombre d'animaux, comme les oiseaux eux-mêmes à qui j'ai vu faire et fait faire des choses aurprenantes, le ebat est intelligent et affectueux: ct~ux qui parlent autrement ne le connaissent pas ou ne l'aiment pas, Le chat nous rend de grands servict's en protégeant nos habitations contre les souris et les rats. Il fait quelque fois la chasse aux petits oiseaux, mais, chose remarquable, il respecte presque toujours ceux que l'on tient en captivité par l'babitud~ qu'il a de les voir, et il se ~ouche et dort sur leur cage sans s'en préoccuper autrement. Les oiseaux, de leur côté, sont si peu effrayés de cet hôte si connu qu'ils tirent souvent avec leur bec les poils du dormeur. Pour que le ebat ne soit pas sauvage, il faut bien le traiter, et si l'on veut qu'il ne soit pas voleur, il faut bien le nourrir. C'est une grande erreur de croire JIU8 le obat aflamé se rendra plus utile que le chat bien


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nourri. Il en est du chat comme du tigre qui chasse et tue sans besoin, pour la seule satisfaction, innée chez lui, de détruire. Le ebat qui souffre de la faim et du froid, et qui, pour cette raison, est maladif et manque de forces, n'est nullement apte à poursuivre le gibier. Enfin, pour débarrasser les maisons des rats et des souris, il faut absolument que le ebat ait accès la nuit comme le jour, car il est bien évident que les rongeurs, qui ne sortent guère que la nuit, ont beau jeu si on fait coucher leur ennemi dehors. Il existe plusieurs races de ebats : Le chat sauvage, que l'on rencontre dans les forêts et qui se nourrit de toutes sortes de gibier: le chat domestique, rèpandu partout; le chat d'Espagne, très apprivoisé et très doux; le chat angora, superbe animal, aux poils soyeux et très longs surtout autour du cou, sous le ventre et à la queue. La belette, à cause de sa petite taille, n'est pas à redouter. Elle n'attaque pas les poules el se nourrit seulement de rats et de souris qu'elle va chercher jusque dans leur retraite. La belette est fauve en été et blanche en hiver. La chauve-souns, quoique volant el se soutenant dans l'air à cause de ses ailes qui ofirent une surface membraneuse très étendue, fait partie de la classe des mammifères parce qu'elle allaite ses petits. C'est un animal nocturne, inoffensif, qui passe tout l'biver en léthargie. La chauve-souris est carnivore et extrêmement vorace ; elle commence à chasser vers le soir, ce qui lui a fait donner le nom d'hirondelle de nuit. Elle saisit au vol, broie et avale tous les papillons, toutes les mouches, tous les scarabées petits et gros qu'elle rencontre. La chauve-souris est pour l'agricultura un auxiliaire des plus précieux. Le hénsson est exclusivement carnivore. Il détruit les limaces, les gros scar:1bées, certain<J insectes, les rats et les souris. Il est l'ennemi acharné des vipères qu'il détruit en grande quantité; il s'en nourrit et ne parait éprouver aucune indisposition de leur morsure. Cet animal précieux devient toujours plus rare à mesure qne l'on extirpe les buissons et les baies naturelles où il ~se plait à construire ·son nid. La musaraigne ou musette a quelque ressemblance avec la souriH, mais elle est plus petite. Elle a le museau effilé et la queue un peu moins longue. Elle pro-

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tège les espaliers et les planches de nos jardins en détruisant les limaces, les scarabées, les vers et les chenilles. L'biver, elle entre dans les granges, les écuries, les étables et se nourrit de blattes et de cloportes. Le rat d'eau ou campagnol amphibie a le pelage roux et la queue courte. Il se creuse des galeries le long des cours d'eau, des fossés, et se nourrit de racines, de mollusques, de petits poissons et quelquefois d'écrevisses. Il nage et plonge parfaitement. Il ronge quelquefois l'écorce des jeunes arbres, ce qui est cependant rare, mais il redu des services en détruisant les limaces et les escargots. La taupe est carnivore; sa voracité est extrême; elle se nourrit surtout de vers-blancs, de hannetons, de ehe· oilles, et rend ainsi des services signalés à l'agriculture. Par les galeries qu'elle creuse, elle ameublit et draine la terre. Elle ne touche absolument pas aux végétaux. Quelquefois, elle déplace quelques plantes dans les jardins et cause quelques ennuis au moment de la fauchaison, mais l'agriculteur intelligent ne s'en plaint pas, car il comprend combien ces légers inconvénients sont compensés par le bien immense que ce précieux auxiliaire fait à l'agriculture. Ol~teaux.

Le coq et la poule nous arrivent d'Asie. Ces o.iseaux sont aujourd'hui répandus dans toutes les parties du monde et sont les hôtes les plus précieux de nos bassescours. Leurs œufs offrent une grande ressource à l'alimentation, et leur chair est une nourriture réparatrice et succulente. Ils nous donuent en outre leurs plumes et leur duvet. Une basse-cour doit être installée dans de bonnes conditions. Des arbres et des arbustes sont nécessaires pour protéger, pendant l'été, les poules de _l'ardeur . du soleil, et le sol aride doit être sablé, en parhe du mo10s, paree que le sable avalé par les volailles facilite leur digestion. Les poules qui ne vivent pas en liberté pondent quelquefois des œufs sans coquille et simplement enveloppés d'une peau transparente et flasque. Cela provient de ce qu'elles n'ont pas trouvé dans leur nourriture et dans le sol la quantité de carbonat& de chaux nécessaire à la formation de la coquille. Il faut done aux poules de menus fragments de pierre calcaire, et da~s les pays où le calcaire est rare, ?ù il manque parf~Is, il est d'usage de broyer les coquilles des œufs et d en


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mélanger les débris avec la nourriture destinée à la volaille. Lorsqu'une poule brise et dévore ses œufs, elle y est poussée par l'instinct. Elle agit ainsi pour s'assimiler le calcaire qui lui fait défaut pour former la coquille. Le blé, l'avoine, le sarrasin, lEI seigle, le mah, mé· langés en parties égales, constituent la nourriture ordinaire des poules. En été, les salades, les herbes doivent leur être données en abondance pour les rafratchir. En hiver, on peut leur donner des pommes de terre cuites à l'eau qu'on pétrit avec du son et des farines d'orge, de mais ou de sarrasin. En tous temps, noe eau claire et abondante est de rigueur, et si l'on doit recourir à des abreuvoirs artificiels, il n'en est pas de meilleurs que ceux appelés siphoïdes d'où le liquide descend au fur et à mesure qu'il est consommé. Les poulaillers doivent être très aérés. Ils seront toujours construits ~n maçonnerie et badigeonnés de temps en temps avec de la chaux à l'intérieur. On doit éviter les fissures à cause de la vermine qui s'y loge et tourmente les animaux. On les garnira de perchoirs et d'un pondoir. Les perchoirs devront être placés assez haut et au même niveau afin d'éviter les querelles entre les poules au moment du repos. Les poules aiment avoir les paLtes sur un terrain sec. Quand il fait froid et humide, il faut mettre de la paille ou des feuilles sèches dans les poulaillers. Dans les grands froids, pour éviter les accidents, on fait coucher les poules dans les écuries et les étables. La poule mange les bannetons, les vers-blancs, les escargots et tous les vers et insectes qu'elle rencontre. Aass1, certains cultivateurs ont-ils imaginé des poulaillers roulants dont le bas t-st occupé par les canards, et le haut par les poules qu'on liche et qu'on ne fait rentrer que le soir. En transportant, d'un lieu à l'autre, ces poulaillers au moment des labours, on parvient l atténuer les ravages des insectes par l'appétit si développé des volailles. La pintade est un charmant oiseau, mais son cri est un peu monotone. Ses œufs sont excellenta et sa chair est de qualité supérieure. Elle est assez d1tlicile à élever. On peut la laisser en liberté dans les jardins où elle détruit une grande quantité d'insectes sans jamaia toucher à un fruit ni à un raisin. Le dindon' nous vient de l'Amérique du Nord où il vit

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à l'état sauvage. Il demande d'abord beaucoup de soins et devient ensuite très robuste. Il rentre rarement au poulailler et passe souvent la nuit dehors, par les plus grands froids, perché sur les branches d'un arbre. Sa chair est délicieuse et très recherchée. . L'oie est originaire des pays froi~s. Dan.s certames contrées, on élève les oies en quantité considérable, et on les conduit par troupeaux dans les champs dont elles mangent les herbes et qu'elles engraissent de laurs ~é­ jections. La chair de l'oie, moins fine que cel\e du dmdon , est cependant très nourrissante et d'un ,g?·M exeellent. Sa graisse est fine et s~voureuse. L o1e nous fournit en outre un duvet préc1eux que nous renfermons dans des ~nveloppes d'étoffe pour nous faire des couvre-pieds. . . , Le canard aime les endr01ts humides, les cours d eau. les mares les étangs sur la surface desquels il nage et prend se; ébats. C'est un bel oiseau dont le plumage a des reflets éclatants. Le canard est très vorace . Les petites grenouilles, les têtards, les vers, les insectes aquatiques, jusqu'aux petits poissons qu'il peut saisir, puis les limaces e~ les escargots composent sa nourriture. Il p!ture auss1 le~ ~erbes tendres et se régale de tous les restes de la cuJsme et de tous les débris du jardinage. C'est l'oi.seau de bass~­ eour le plus tacile à nourrir et à engraisser. Sa chatr est très estimée.

Laissez pas8e:r les petUs oiseaux. Voici l'ombre sur la colline, Aux sentiers les papillons bleus ; Voici la rose et l'aubépine, L'herbe aux champ~. le soleil aux cieux, Puis les oiseaux ! bande joyeuse QuA le printemps sème en tout lieu, Gerbe vivante et radieuse, S'échappant de la main de Dieu. Quand avril a fait sa guirlande, Quand d'en bas monte la beauté, Il faut bien que d'en haut descende L'harmonie et la liberté. Il faut bien qu'une voix se pose, Fraîche et pure, au bout du rameau,


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Qu'à la terre pour chaque rose Le ciel donne un petit oiseau. Parfums, rayons, tout les convie · ' Vifs, ils s'élancent en avant, Au Seigneur confiant leur vie. Et leur aile au souffle du vent. Les voici ! - La troupe charmante Des heureux proscrits de l'biver Descend d'en haute, se pose et chante Dans nos vallons muets hier. Alors au bouquet solitaire Que le matin fait rayonner, Chaque arbuste cache un mystère Que l' œil humain vient deviner. Au sentier la mousse palpite Sous l'étreinte d'un pied mignon, Et sur le lac une aile agite L'ombre immobile du buisson Ab ! laissez passer l - Que nul piége Ne vienne arrêter leur es11or? Que le bras devin yes protége Et garde entier notre trésor l Et quoi ? du deuil en cette joie ! Parmi ces frères des absents 1 Du sang sur ces plumes de soie 1 Des martyrs en ces innocents! Le noble exploit 1 faire une trace Et d'agonie eL de doul~ur 1 Arrêter un oiseau qui passe Sur le chemin de son bonheur 1 0 féconde et douce nature, En s~cret que dis-tu de nous, Lorsque nos mains, de ta parure Foot tomber les plus beaux bijoux ? Savez-vous que leur existence Double le prix de vos labours ? Savez-vous que la Providence Les donne en aide aux laboureurs! Eh oui ! par des gerbes plus belles Au moins d'août vos chars sont comblés, Quand ces alertes sentinelles De l'ennemi gardent vos blés.

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Pitié ! ma voix vous en conjure f Vous êtes forts : ab 1 soyez doux ! Ne prenez rien à la nature ; Les oiseaux ne sont pas à vous ; Ils sont aux fleurs, à la bruyère, A la branche qu'ils vont bercer ; Ils sont à l'aube, à la lumière ; Ils sont à Dieu : laissez passer! Si plus tard à votre fenêtre Vous voyiez une aile frémir, Ab 1 vous y penseriez peut-être, Et c'est un mauvais souvenir. La bonté par l'âge est mûrie: Si quelque jour ces petits morts, Au fond de votre âme attendrie, V eoaient éveill13r un remords 1 Aimez-les 1 - Le Maitre suprême, Qui les fit doux et gracieux, Les a créés pour qu'on les aime, Et qui les aime est plus heureux. Leur chanson mieux qu'une parole Endort un regret douloureux, Et parfois une aile console En montrant Je cb&min des cieux. MARIE JENNA.

Recettes et conseils utiles Pour augmenter la production des œufs. - La capacité productive d'une pondeuse ne dépend pas seulement de la race, de l'alimentation et d'autres circonstances, mais elle dépend aussi et surtout des aptitudes individuelles. Toutes les poules d'une race ne sont pas également bonnes pondeuses, il en est comme _pour le.s pigeons de bonnAs, de passables et de mauva1ses et Il y en a même qui ne pondent jamais, s'il faut en croire l'affirmation des Feuilles suisses d'IJ'T'nithologie. CeUe aptitude à la ponte étant donc individuelle et pouvant se transmettre comme !outes autres aptitudes bonnes ou mauvaises, on ne devrait mettre à couver que les œufs des poules qui se distinguent comme pondeuses assidues ; ce sont en même temps les plus douces


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et les plus faciles à manier. Ces bonnes pondeuses s& distinguent eotr'autres par un arrière-train volumineux et pendant. On doit donc procéder ici, comme avec tous les autres anima.ux domestiques, par une sélection bien suivie. Si on sUit cette mét~ode d'une façon constante, on n~ tardera p~s à en voir .les bons r~~ultats, à avoir une augmentation de prodmts sans qu Il en coûte rien de plus. Les Anglais, qui en fait d'élevage, sont nos mattres et sont S?US tous les rapports d'intelligents spéculateurs ?IJt depu~s longtemps pratiqué cette sélection, aussi foot.:. Ils produire à leurs poules ce que nous considérons comme _le maximum. Ils ne se contentent pas d'une productiOn moyenne d'une centaine d'œufs. Ils vont jusqu'à 200 et même au delà dans les trois premières années.

VARIETES - Une intéressante scène de famille vient de se passer près d'Olten (Soleure). Un père de famille, demeur~ seul après avoir marié ses fils, était vivement sollicité par ceux-ci de leur répartir les biens qu'il détenait. En homme avisé, Je vieilJar~ ne se bâtait pas trop de donner suite aux supplicatiOns fort respectueuses, mais véritablement intéressées de ses fils. Il renvoyait sa décision de semaine en semaine, de mois en mois, temps durant lequel il s'était, sans que ses enfants sussent trop pourquoi, procuré une nichée de petits oiseaux, dont le nid fut logé dans uo.e ~age. en dehors de la fenêtre. Le père et la mère, qui o a~aieot pas perdu de vue leur progéniture, allaient et venaient, continuant à leur donner la becquée, qu'ils leur eussent donnée au fond des bois. Le vieillard ne uéglig~a pas de faire remarquer à ses fils combien ces JOlis oiseaux témoignaient de tendresse à leurs petits. Mais ceux-ci étant bientôt couverts de plumes et en force pour voler, le vieillard leur ouvrit les portes de la cage dans laquelle il enferma leur père et leur mère. Inutile d'ajouter que les jeunes oiseaux ne revinrent jamais et que papa Oiseau, de même que maman fussent morts de faim Pans les secours de leur m'aître. Alors celui-ci fit observer à ses fils qu'il ne voulait pas s·~xposer à tomber dans le cas de ces parents prisonmers. Tout en affirmant qu'il ne doutait pas de leurs sentiments filiaux, il trouvait plus prudent de ne pas se. mettre trop naïvement en cage.

BION. 1.. Avril

1893-94

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION UNE VISITE DE CLASSE Au commancement du présent cours seolaire, nous fîmes la visite d'une de nos classes de la c&.mpagne. Le maitre avait sous sa direction une petite école mixte comprenant toutes les forces. Malgré cela le nombre de ses élèves ne dépassait guère la quarantaine. Quoique d'un tempé1·ament un peu mou, les élèves avaient l'air intelligents et promettaient pour l'avenir. Poussé par la curiosit?, , nous pria.mes le maitre de continuer sa classe comme a 1ordinaire, car c'est à l'œuvre que l'on connaît l'artisan. A la leçon de lecture, qui ne brillait certainement pas, nous vîmes que cette école avait encore deux spécimens différents de bible pour liv•·e de lecture, et qu'on n'était pas encore venu à bout de les unifier. Aussi, pendant qu'une pa1·tie des élèves lisaient, ceux qui n'avaient pas le même manuel s'occupaient à bailler ou à tapager avec. leurs pieds sur le plancher. Les Gommençants, qui étaient assez nombreux. s'exer-çaient sous la direction d'un moniteur, armé d'une baauette à étudier l'ABC sur un petit coin d'un vieux sylc ' labaire cartonné percé d'un gros trou pour le suspendre à un clou du mur. Ce morceau de syllabaire à bords arrondis était plus noir que le mur, et il ne comprenait "Uère que le quart de ce qu'il était autrefois. En exami~an t en détail les autres tableaux, nous vîmes qu'ils n'étaient pas moins qu'en 25 à 30 morceaux et qu'il n'y en avait plus un seul en entier. Nous ne savons vraiment pas. comment un maitre peut s'accommoder d'un aussi pitoyable état du matériel. Les cartes géographiques ne sont guère mieux et ne méritent certainement plus ce nom. Dites après cela que nos inspecteurs font chaque année


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No 09 l'Ecole primaire, 15 Mars 1894 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu