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No 11 l'Ecole primaire, 30 Mai 1898

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Enfant terrible. - Maman, le régent peut-il me punir '()Our une ehose que je n'ai pas faite ! - Mais non, mon enfant f - Alors je n'ai pas besoin de faire mon problème. Au recrutement. - Le commandant : Pour t'incorporerdans la cavalerie, il faut avoir manié les chevaux. En as-tu l'habitude! - La recrue: Non, colonel, je n'étais qu'avec les bœufs. - A l'infanterie alors. Les façons de parler. - Comment va ton cousin depuis ce terrible accident de chemin de fer ! - De mieux en mieux, depuis qu'il s'est résigné à l'amputation des. deux jambes. Les médecins affirment que dans deux mois il sera sur pied. • • • Deux avocats renommés plaident pour la possession d'un puits. L'un d'eux s'échauffe d'une façon extraordinaire. Le président lui fait observer que la chose n'est pas tellement d'importance et qu'il esi inutile de s'emballer ainsi pour un peu d'eau. - Pardon, M. le Président, la chose est d'un intérêt immense. Il ne s'agit que d'un puits, c'est vrai, mais nos clients sont des marchands de vin.

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l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAlRE parait chaque quinzaine, de Novembre à Mai JI inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d 'abonnement pour l a 8ulst1e, 2 Cr, 50 , Union postale 3 fr, Annonces, pria, 20 cent, la ligne 01- son espace.

Pensées • Malheur aux nations chez qui le besoin et l'habitude de jouir ne rencontrent plus de limite ni de temps d'arrêt f On n'a pas fait assez pour la vertu d'un peuple, si l'on fait trop pour son plaisir. CARDINAL PIE. • Hélas f quel contraste entre notre vie et notre pro-· fession de chrétien f Nos esprits subissent l'entraînement de l'opinion et ne se gouvernent pas par les clartés de la foi ... Ce qui aggrave encore le malheur d'une si déplorable situation, c'est qu'une des grandes forces de ce monde, la presse, semble n'avoir d'autre souci que de ?enverser les saines doctrines et de ruiner tous les principes. CARDINAL MERMILLOD. * La libre pensée n'a en vue que la libre conduite~ Duc DE SA.BRAM. • C'est le servir bien mal que flatter son pays. V. DE LAPRA.DE. • Le travail éloigne de nous trois grands maux: l'ennui, le vice et le besoin. *"'*

XVII"'• ANNEE

Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMA I RE: Les conditions de la bonne éducation. - Boire l'eau de sa citerne . - In~truction des régens (Suite et fin). - Des réprimandes (Suite}. - Ecoles enfantines (Suite}. - Partie pratique (Style, D ictées/. - Variétés ( Connaissances ava. riees}. - 2 Suppléments.

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Toue ce qui . concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, t·· seèrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.

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A nos chers abonnés Contrairement à nos désirs et prévisions, le N° 11 est bien eu etard. Cela provient de différentes causes parmi le~quelles la première et la principale réside dans les travaux considérables et urgents dont est chargée notre imprimerie pendant les m?is d'avri~ et de mai, pour fournir à temps les comptes-rend~s, proJet~ de 101 etc., que doit discuter Je Grand Conseil ,dans. sa session ?e prrnte~p,. D'un autre côté, et par contre-coup, c est egalement l époq?e ou le personnel du Départe~ent a la plu~ lour~e besogne, en raison des travaux spéciaux à faire pour la merne circonstance. . Nos abonnés voudront bien certainement être d'autant plus indulgents à notre égard que l'Eco_le primaire fournira l~ nom~re exact de livraisons qu'elle a promises pour le cours scolaire. C est ainsi que la livraison 12 et dernière de 1897-1898 paraîtra encore dans le courant de juin avec la table des matières et un supplément, comme à l'ordinaire. Nous donnons au présent numéro, sur la couverture, la date du 30 mai au lieu du 30 avril que porte le corps du journal. L'avis important, publié en tête de celui-ci, doit donc être rectifié dans 10 sens de l'annonce qui précède. Nous joil?oons, du reste, deux suppléments, au lieu d'un, au numéro 11, afin de compenser le retard survenu. Nos lecteurs n'auront ainsi rien perdu à attendre. Rapport de geaUon. - Les commissions scolaire~ et les membres du corps enseignant primaire valais~n recevront dans le courant de juin une brochure intitulée Extrait du rapport du Dé-

partement de l'instruction publique sur sa gestion en 1.897.

C:,lô&ure de• écoles normales. - Le Département de l'Iostraction publique fait connaitre : 1) que les examens de clôture du. coure ordin~ire d~ ~'école des élèvEs-institutrices de langue fraoça1se auront lieu à Sion les 21, 22 et 28 juin prochain ; 2) que les mêmes examens pour les élèver~ins_tituteurs et le~. régents des deux langues suivant les cours ordinaue et de répétllloo, sont fixés aux 25, 27 et 28 du même mois. . Le délai d'inscription pour être admis à ces examens expire le 15 juin pour les instituteurs et les. institutric~s q~i voudraient profiter de cette occasion pour régulariser leur situation.

(Communiqué.)

(Jontérenees d'lna&Hoteur•. - L'un ou 1•aatre compterendu des dernières conférences nous est parvenu. Ces relations paraîtront dans le prochain N·. Besï•&re ma&rloule. - Le personnel enseignant qni n•aurait pas reçu ce formulaire, l'aurait égaré ou détérioré, peut toujours s•en procurer un nouvel exemplairP, soit auprès ~u secrétariat du Département, soit fgalement en s'adressant à M. l inspecteur.

~reve~• déflnl&lf's. - A la suite d'examens satisfaisants subis, ~rnsi. que des bonnes notes obtenues pendant plusieurs ann~es d enseignement, _le brevet définitif a été délivré par le Conseil d Ef~t, sur le préav1_s favorable du Département de l'instruction p~bl1que, à Mlles Adele Basse, de B1gaes (Sarreyer); Cécile Fourn1er, de Haute-N endaz; et Cécile Ribordy, de Riddes. ~as1_;1el!t - Le dimanche 22 mai, a été enseveli ici, au m1l!eu ~ u~ immense concours, M. Xavier Michelod, de Verbier, ancien 10s.1tuteur, décédé vendredi à l'âge de 50 ans seulement. Le défun~ a succ~mbé à une a~taque foudroyante d'apoplexie qui l'a fr~ppe rn ple10e place publique, au Cbâble!', le jour même de la foire de R1gnes, pendant qu'il marchandait une pièce de bétail La mort a été instantanée. · Le déf~nt, qui_ avait enseigné à Val d'llliez autrefois, ainsi que dans p)us1~urs villages ~e 1~ grande _co_mmuue de Bagnes, laisse le sou.venir d un excellent rnstltuteur arns1 qu'un fils qui a embrassé à. l exemple de son père, la carrière de régent dans laquelle il s~ R. I. P. d1strngue. - Nos condoléances à la famille affligée. (J~amo8~~·. - Le di~anche. des Rameau, 3 avril dernier, a éte ensevehe 1c1 Mlle Louis_e Gais.t, institutrice, décédée pieusement après une, long_ue malad1~. La Jeune défunte, qui ne comptait que deux ans d enseignement, etait Eœur de M. J llles Gaist instituteur, et de M~e Aline Carrupt, ancienne régente. - Nos 'condoléances à sa famille. Frl~ours. - La Société fribourgeoise d'éducation a tenu ~es assises annuelles à Gu_in, près Frioourg, le jeudi 2 juin. Cette a~semblée a revêtu une importance extraordinaire en raison de -! 'importante question qui. faisait l'objet du rapport de M. Brünisholz, mstltnteur à ~ueyre~-Sa!nt-Laurent, question ainsi libellée : Quels moyens pratiques l instituteur compte t-il employer pour combat~re efficacement l'.a~coolisme autour de lui? Ou a fêté aussi, à G;um, une v~nérable 1u01la1re, Mlle Ducry, qui a célébré ses noces d or pédagogiques. Elle est âgée aujourd'hui de 70 ans.

BIBLIOGRAPHIE ~ne br~chure utile. -

M. Bocbud, instituteur à Courteprn, a publ~é ~écemment un .Petit Recueil de lettres, à l usage des ~coles primaires et des familles. Ce petit volume de 80 pages c~nt1e~t pin~ de 60 mod_èles de !~Ures ,se ~apportant à des sujets divers. relations de famille! rolat1ons d afla1res, petits événements locaux, etc. Ce sont des suJets que le maitre fera utilement traiter ·p ar ses élèves; de plus, les particuliers, qui sont souvent très embarrassés pour rédiger une lettre, trouveront dans cette brochure


SION. 30 Avril de~ exemples et des modèles. M. l'instituteur Bochud a écrit simplement et correctement, dans le style qui convient à des campagDards. Av~c raison, il fait remarquer que les ouvrages analogues, qui nous viennent de l'étranger, sont peu adaptés à nos mœurs et à nos besoins. Le recueil épistolaire que nous signalons n'a pas ce défaut, et, de plus, il est tout à fait à la portée des enfants, tout en convenant à tous les âges. Puisse-t-il rendre aux écoles et à la population !es services que l'auteur a eus en vue.

La future ménagère Lectures et leçons sur l'économie domestique, la science du ménage, l'hygiène et les connaissances nécessaires à une maîtresse de maison, par M11o Ernestine WIRTH, 3m• édition, cartonné, 480 pages. - Prix 1 fr. 50 au lieu de l fr. 80.

1897/98

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION AVIS IMPORTANT Le N° 12 et dernier du cours scolaire 1897-98 paraîtra ~~rs l~ fin de Mai, époque pour laquelle nos abonnés de 1,mtér1~ur du canton pourront recevoir en même temps l ~xtra1t du rapport du Département de l'instruction publique sur sa gestion en 1897•

. Division des parties et chapitres. 1•• PARTIE. - Notion., p,·éliminaires. 1. La famille et le foyer domestique. 2. La femme de ménage. 3. De l'esprit de famille. 4.. De l'économie domestique. nm• PARTIE. - Organisation morale de la maison et qualités d'une bonne ménagère. 1. La prév1>nance. 2. Les fêtes et réunions dti famille. 3. Devoirs du voisinage. 4.. La lectme 11t la bibliothèque de la maitresse de maison. {,. Du rôle de la femme dans l'.~ducation des enfants. IIIm• PAP.TIE. - Organisation matérielle et administration économique de la maison. 1. Apprentissage de l'économie domestique. 2 Des qualités de la bonne ménagére. 3. De l'économie. 4.. Emploi de la journée d'une maîtresse de maison. 5. Installation d'un ménage. 9. Distribution intérieure de la maison. 7. Cuisine, office, boulangerie, ustensiles et accessoires de cuisine. 8. Des domestiques. 9. Blanchissage et entretien du linge. 10. Entretien et conservation des aliments. 11. Des travaux à l'aiguille. 12. Des provisions. 13. Manière d'ordonner un dlner. 14.. De l'apprentissage de la cuisine. 15. Notions élémentaires de cuisine. 16. La ferme et la fermière. 17. Le jardin potager. 18. Chauffage et éclairage, 19. RP.cettes et connai;isances utiles. 20. De la comptabilité.21. Conseils d'hygiène.

Dictionnaires Larousse illustrés au lieu de 2.ôO f. 2.35 au lieu de 3.50 fr, 3.10 Sur 12 le 13m• en sus. Le NOUVEAU DICTIONNAIRE (Edition classique) a 1226. pages, 500 portraits, 24 cartel!, 2000 gravures, 36 tableaux en couleur, 35 ta.. bleaux encyclopédiques. Le DICTIONNAIRE COMPLET a U64 pages, 56,400 mots, 520 locutions étrangères, 35 tableaux encyclopédiques, 750 port.raits historiques, 36 pavillons en couleur, 24 cartes géographiques, 2:100 gra ... vures. NouvEAD DICTIONNAIRE,

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Les conditions de la bonne éducation DILECTIO

C'est,. une _vieille querell; de savoir lequel vaut mienx dans l educaho~ ~es e~fants, de la contrainte ou de l'amour., - « Qui. aime bien ?h~ti~ bien », disent nos pères. C est le systerne de la d1sc1phne imposée à la jeunesse po_ur, la d~e~ser au joug de la vertu et du devoir. Il a pour lm l autonte de nos Livres saints, la tradition des peuples aux croyan?es fo~t~s encore, chez qui la famille est restée ~ne, sou_s 1aut_onte ?u père.. En face de ce système, s'éleve celm du la.1sser-faire: celm des civilisations vieillies des peuples e? decadence, qui, laissant déchoir l'autoritl pat~rnelle, n ont plus de ressources que dans les transactions d une tendresse excessive. La q~estion n:,,st pas tranchée. Nous n'essaierons pas d_e termrner le delJat, et tout en maintenant que l'éducation est « une œuvre d'autorité et de respect » nous accorderons que l'amour y doit avoir sa part s~ très grande p~t.

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.~ssarons ~'esquisser la physionomie d'une classe. En prem1~re hgne_, 11 faut ~ettre le bon élève, intelligent, applique, travadleu~, touJ~urs au devoir, rempli d'émulation presque sans defaut, s1 sa régularité même, l'habitude d'ê~


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tre considéré, ne le rendaient parfois trop sensible a un reproche, presque ombrageux. . , , A côté de lui, mettons de suite le 1eune homme a lesprit ouvert, au travail faci~e, ma_is capricieux,_ qui ne travaille qu'à ses heures, qm pratique Je ne sais quel éclectisme qui lui paraît de bon goût. Sa paresse a des allures de grand seigneur, différant en cela du par~s.seux de ~ature, qui ne prise rien tant que le do?x pla1S1r de ne ~ien faire, soit mollesse de tempérament, soit habitude de ~eve~ rie; gens qui s'endormiraient. volontiers sur le devoir, s1 une volonté étrangère ne venait secouer leur to~peur. Signalons encore l'élève susceptible, que la morndre blessure peut fermer pour jamais; l'élève timide, facil~1;Il?nt déconcerté, et, dès lors, privé de tous ses moyens; 1eleve qui a de la peine à se mettre au pas, à suivre la marche de la classe; tout cet ensemble d'élèves, enfin, qui ne connaissent que rarement le succès, travailleurs. cependant, et qui pour ne rien dire, n'en pensent pa~ moms. .. C'était un grand art, chez les ancrnns, que de savou conduire un char dans la carrière, si grand, qu'il a paru aux Grecs digne des accents lyriques d'un Pi~dar~. Je pense que le professeur est un grand artiste, qui doit d1rioer vers le même but, faire marcher d'un même pas q~inze ou vingt élèves de natures. si différent_es? d'humeurs .si diverses; discipliner celui-ci, stimuler celui-la, re1ever cet autre, prendre garde à ne laisser peraonne se ralenti,r, ,Vous avouerez qu'il y faut une main ferme, un coup d œ1l assuré, une vigilance qui ne se démente pas, tant de qualités, enfin, qu'il est difficile, je pense,. qu'un ~e~l h?mme y puisse suffire. Eh bien ! ce que la science, m I habitude, ni le caractère ne peuvent donner, l'amour le fait; car l'amour suivant le mot de Saint Paul, se fait tout à tous. ' . Le professeur qui aime ses élèves, étudie leur caractere, leur intelligence, le fort et le faible de chacun, les moyen_s d'action qu'il a sur eux. Aucun ne lui est ind~fférent _; 11 les connaît tous, parce qu'il les aime tous ; il les am~e avec leurs qualités et leurs défauts, et, tout en r~stant lm· même, en obéissant à sop. propre tempérament, il marche

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au but avec une facilité relative, presque sans savoir com1?.ent. Par le merveille~x ~scandant d'une affection qui s impose sans y songer, il fait aller, du même pas et sans trop <l'encombre, cet attelage qui semblait d'abord impossible à conduire. Pourtant, qu'il ne se hâte pas trop de triompher. Longue est la carrière, et la route semée d'obstacles. J'en connais deux surtout, tellement inhérents à la gent écolière, qu'on les rencontre dans les meilleures classes; j'ai nommé la paresse et l'indocilité. Tous les élèves sont paresseux, à l'occasion, et rien ne leur plaît tant que, la bride sur le cou, aller l'amble et suivre lenr allure. Si l'on veut obtenir un effort réel, il y faut employer l'éperon, et, sans se lasser, stimuler ces coursiers paresseux. Le professeur ne manque pas de moyen : récompenses, éloges, blâmes, notes sont d'un pouvoir merveilleux sur certaines natures, et suffisent à les tenir en haleine. D'autres ont besoin d'être serrés de plus près : il y faut un contrôle perpétuel. Calculer ce que raisonnablement un élève peut faire en un temps donné, exiger ce maximum, ot1 ce minimum, comme vous voudrez l'appeler, sans tenir compte des facultés de l'enfant, viser à la quantité plus qu'à la qualité c'est un moyen qui peut avoir son bon côté. Il n'est pas sans inconvénient. L'enfant n'a que trop de tendance à devenir machine : le système développe admirablement cette tendance, et dans un temps où la mécanique a produit tant de merveilles, on a vu ces machines humaines débiter la marchandise avec une rapidité qui déjouait toutes les prévisions, et se fail'e un boni des plus respectables, aux dépens du professeur en pleine sécurité derrière ses calculs. Quelques-uns pensent que la conscience y suffira. La tâche une fois donnée, ils comptent sur la bonne volonté de l'élève, sur son esprit sérieux. A peine si le controle existe : et, quand ils découvrent une faiblesse, ils aiment à j~ter un voile dessus: rien ne leur répugne tant que la contrainte et la punition. Il est beau d'élever ainsi la conscience de l'enfant: n'est-pas naî.veté de compter dessus ?


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En réalité, l'amour est le grand levier, la vraie force. Il en faut pour mantenir dans une classe cette ferveur de travail qui en est l'honneur. la vraie joie et la meilleure sauvegarde. Il ne faut pour recommencer, chaque jour, la. pénible récitation des leçons, le labeur incompris de la correction des devoirs ; pour rèveiller l'intérêt qui languit, varier les travaux, trouver l'agréable sans jamais sacrifier l'utile, tenir en haleine des natures toujours prêtes à se relâcher, soulever ces jeunes esprits trop souvent endormis. éveiller le goût, former tous et chacun à l'amour d il travail, de l'application constante et soutenue, du devoir pour le devoir : oui, pour toute cette tâche, il faut aimer, et cet nmour a un nom, le dévouement; dévouement sans bruit et sans éclat, méconnu an dehors, mais, comme tout ce qui est lumière et chaleur, finissant peu à peu par imprégner ce qu'il touche, l'illuminer, l'échauffer et pénétrer jusqu'au plus intime des intelligences et des cœurs. Tant que cette flamme ne s'est pas éteinte dans le cœur du professeur, il est bon pour sa tâ0he. Il peut être exigeant el sévére: n'en doutez pas, il sera compris et suivi. Et vous, mes enfants, quelle sera votre part, la part du cœur dans la formation de vos âmes? Ce sera Ja confiance. Votre affection vous rendra confiants, et c'est assez. La confiance, c'est l'abandon du cœur; elle trouve l'âme : c'est un épanouissement, un repos. J'ai rencontré, parfois, des enfants qui manquaient 'de confiance; je les voyais souffrir de leur isolement. Pauvres petites fleurs, penchées sur leur tige, appelant le rayon du soleil, la goutte de rosée qui ouvrira leur calice. Je souffrais pour eux, obliaé par discrétion de leur mesurer une affection que j'aurais voulu pouvoir leur procurer plus entière. Votre confiance, me., enfants, c'est notre force, notre joie, notre récompense. Avec votre confiance, nous pouvons tout supporter, tout souffrir : rien ne uous coûtera; nous _pouvons tout oser, tout demander; rien ne nous résistera. L' Abbé MOULIN

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BOIRE L'EAU DE SA CITERNE · L~ Saint-Esprit formule ce conseil au livre des Proverbes.

•Bois d~ l'eau de ta citerne et ce qui coule de ton puits

».

Il Y a la une recommandation faite sous une forme métaphorique et. visant la pratique d'une vertu particulière dont 11 est quest10~ dans ce passage du livre sacré. Mais pre· no?s ce ?onsell à notre usage. Notre âme, c'est une citerne q~1 reçoit et garde les eaux de la grâce. Ces eaux nous vieunent d n. ciel directement, comme l'eau qui s'infiltre dans le sol et alimente les nappes souterraines que l'on atteint a~ moyen ~es puits. L'âme chrétienne doit être bien close, b10n recneilhe ; autrement elle ressemble à ces citernes dont parle Jérémie, • citernes crevassées qui ne peuvent garder lès eaux », âmes évaporées, ouvertes à tous les vents, dans. lesquelles la grâce de Dieu ne fait que passer sans pouvoir s'arrêter et être utilisée. Mais on ne possède pas une citerne pour le plaisir d'y ~onserver de l'eau. On vient y puiser à toute heure du JO~r, pour son usage et pour celui des autres. L'âme reçoit la .g~â.ce pour la dépenser, et, quand il s'agit du maître chret10n, la grâce a pour but la sanctification des enfants qu'il doit instruire. • Que les sources se déversent

~ehors, e~ répandent tes eaux jusque sur les places

»,

aJoute le hvre des proverbes. C'est bien là le rôle du maitre chrétien. Ceci posé, tirons les conséquences suivantes : 1° ~a citerne ne peut fournir l'eau qu'à cond ition d'en recevoir elle même du dehors ; car elle n'est pas une source. N~tre âme ne produit pas la grâce elle-même ; elle la reçoit pour elle-même et pour les autres. Elle la reçoit avec abon?ance au moment des grandes ondées spirituelles, une r~traite, un temps particulier de l'annèe, l' Avent, le Car~m~, etc.,. une grande solennité bien préparée et bien célebree. Mais comme la consommation est constante il faut q.ne l'alimentation le soit aussi. Nous remplisso~s notre citerne par la prière, l'oraison, la sainte Messe, la visite


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au Saint-Sacrement, la lecture spirituelle, etc. Quelle journée féconde, utile à nous et aux autres, quand tous ces exercices ont été bien faits I Quelle sécheresse, quelle impuissance à remplir le devoir, à communiquer le don de Dieu, quand on s'est négligé, que Ja citerne n'a -.,Pas été remplie au cours de la journée ! 2° Dans l'ordre naturel, la citerne s'épuise vite quand on en tire plus qu'elle ne reçoit. La pluie ne tombe pas toujours, et c'est justement dans les grandes chaleurs qu'on aurait le plus d'eau et qu'il en arrive le moins. Dans l'ordre surnaturel, c'est tout le contraire. Plus on utifüe de grâce, plus il en vient du ciel. Ne craignons donc point. Le trèsor céleste est inèpuisable; plus nous demanderons, plus Dieu nous accordera; plus notre âme dépensera, plus le Seigneur fournira libéralement à ses dépeuses, 3° Enfin, non seulement on peut dépenser largement, mais on doit le faire, quand on a la vocation de travailler d'une manière quelconque au salut des autres, Ne nous faisons donc pas illusion : nous ne recevons que pour donner, car pins nons donnons, plus aussi nous gardons pour nous-mêmes. Nous ne sommes pas des contemplatifs : l'action nous est prescrite par Dieu. Nous ne faisons sa volonté qu'à condition de prier pour bien agir, et ensuite d'agir avec la grâce obtenue par la prière. Voici, à ce sujet, la pensée de saint François de Sales: « C'est une erreur manifeste de penser que les occupations légitimes nous désunissent du divin amour. Il n'y a point, au contraire, de plus fort ciment pour nous lier à Dieu que de les faire purement pour sa gloire. Les quitter pour s'unir à Dieu par l'oraison, la solitude, la lecture, le silence, le recueillement, le repos, la contemplation, c'est plutôt quitter Dieu pour s'unir à soi-même et à son amour-propre. c Quiconque laisse les fonctions de son état pour se livrer à des occupations qui lui agréent, quelque pieuses qu'elles paraissent, ne fait rien qui vaille, et voulant servir Dieu à sa mode, ne fait rien ni pour Dieu, ni pour soi ; car Dieu veut servir selon sa volonté, non selon la nôtre, et comment pouvons-nous être unis à Dieu, refusant de soumettre notre volonté à la sienne ? :t

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Ayons donc soin d'alimenter notre citerne spirituelle à

la source d'eau vive, qui est Jésus-Christ, et ensuite puisons abondamment, pour féconder nos actions et sanctifier (Education chrétienne.) les autres de notre mieux.

Instruction des régens (Suite) Il y a donc dans l'individualité du régent une force civilisatrice, propre à commander le respect et l'obéissance, à inspirer l'affection et la confiance et à ouvrir les jeunes cœurs par la parole et par l'exemple. Aucun établissement sans doute ne connaît le secret de communiquer ce caractère aux aspirans-régens; tout ce que l'on peut faire, c'est de chercher à le faire naître, de Je développer et le nourrir; mais chacun doit se l'approprier. Rien de plus important, rien de plus nécessaire. Que personne ne se présente aux regards des petits, que personne n'entre au milieu de ces créatures innocentes, sans avoir reçu l'onction de la religion, sans être d'une moralité à toute épreuve! On a droit, en second lieu, d'exiger que le futur régent ait acquis tl)utes les connaissances qu'il est appelé à répandre dans son école. Or, nous avons déjà indiqué l'échelle à laquelle il doit les mesurer. Quiconque se voue à l'enseignement ne doit pas se contenter d'être instruit dans leurs difléren tes matières; il doit les connaît.re par principes et dans leur intime connexion. Un savoir tronqué et purement mécanique ne peut pas fournir à l'instruction des enfans un aliment vivificateur, ni à l'intelligence une lumière qui l'éclaire. Il faut, par exemple, que le jeune élève apprenne, dans l'école normale, à connaitre à fond sa langue maternelle et à en apprendre les règle.:; de vive voix et par écrit, afin qu'il soit à même de penser, d'écrire et de s'énoncer clairement. Il en est de même de toutes les autres matières, de l'instruction religieuse, de l'histoire, de la géographie, du calcul, etc. Ajoutez à cela le don si précieux de Ja communication, qui, en par-


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tie, consiste dans une disposition naturelle, et qui, ~n partie, s'acquiert par l'instruction. Vouloir suppléer à la première serait peine perdue; la seconde doit s'acquérir à l'école normale. C'est là que le jeune instituteur doit recevoir des notions claires et précises sur la nature, la culture et la destinée de l'homme; qu'il doit apprendre à connaître tout ce qui constitue l'essence de l'éducation, les moyens d'instruire et leur application sage et proportionnée aux différens besoins; qu'il doit se familiariser avec une méthode raisonnée et fondée sur des principes pratiques. Toutes ces connaissances sont aussi nécessaires au régent pour s'acquitter dignement de sa tâche, que l'est aux enfants la connaissance des lettres pour apprendre à lire. Mais le savoir seul ne fait pas encore le maître d'école, il faut, en outre, qu'il soit homme à bons principes. Les principes sout les fruits de la conviction intime. Telle est la force de la vérité sur l'intelligence et le cœur de l'homme, qu'elle captive l'une et attire l'autre. Mais trop souvent, hélas! les vapeurs des passions obscurcissent l'intelligence an point de la rendre inaccessible aux. rayons du céleste flambeau. C'est ce qui détermine aussi la conviction individuelle, de manière que les principes opposés se font jour et entraiuenL l' homme à la vertu ou au vice, au ciel ou à l'enfer! C'est à l'école normale à inculquer ces principes, c'est ce qui découle de la vocation de l'instituteur, vocation qui n'est autre que de guider les enfans dans le chemin de la vérité, de la vertu et du bonheur. En vain, le régent se couvrirait-il du masque de l'hypocrisie pour remplacer la conviction, le regard de l'enfant est pénétrant, il devine facilement les pensées et les opinions du maître. Mais qu'il serait encore plus funeste et plus · déplorable, si le régent se permettait de professer des principes subversifs, de tenir des propos scandaleux et de prêcher des doctrines erronées! si l'esprit ùe vertige politique s'emparait de lui, et s'il s'érigeait en censeur des institutions

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civiles et ecclésiastiques! Un tel maître ne ferait que distiller un poison destructeur dans le cœur des enfans; au lieu du bon grain, il sèmerait la zizanie dans le champ de la jeunesse. Qu'il soit à sa place partout ailleurs, mais que l'école lui soit fermée! Red. - L'article qui précède, traduit de l'allemand, a pari! dans le N° du 1er mars 1854 (1re année) de l'Ami des regens, sous la signature de M. Ignace Mengis, inspecteur des écoles.

DES REPRIMANDES Pour rendre les réprimandes utiles, il y a trois choses principalement à considérer: le sujet, le temps, la manière de les faire. I. SUJET DE RÉPRIMANDER C'est un défaut assez ordinaire d'employer la réprimande pour les fautes plus légères, et qui sont presque inévitables aux enfants : et c'est ce qui lui ôte toute sa force, et en fait perdre tout le fruit; car ils s'y accoutument, n'en sont plus touchés, et s'en font un jeu. Un moyen pour un maître de punir rarement les enfants, c'est de les avertir souvent. Mais je mets une grande différence entre les avertissemens et les réprimandes. Les premiers sentent moins l'a utorité d'un maître que la bonté d'un ami. Ils sont toujours accompagnés d'un air et d'un ton de douceur, qui les font recevoir plus agréablement; et par cette raison on en peut faire souvent usage. Mais comme le11 réprimandes piquent toujours l'amour·propre, et que souvent elles empruntent un air et un langage sévères, il faut les réserver pour des fautes plus considérables, et par conséquent en user plus rarement. II. TEMPS OU IL FAUT PLACER LA RÉPRIMANDE La prudence du maître consiste à étudier avec soin, et à attendre le moment favorable où l'esprit de l'enfant sera disposé à profiter. de la correction. Ne reprenez donc jamais un enfant, dit M. de Férélon,

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ni dans son premier mouvement, ni dans le vôtre. Si vous le faites dans le vôtre, il s'aperçoit que vous agissez par humeur et par promptitude, non par raison et par amitiè; et vous perdrez sans ressources votre autorité. Si vous le prenez dans son premier mouvement, il n'a pas l'esprit assez libre pour avouer sa faute, pour vaincre sa passion, et pour sentir l'importance de vos avis. C'est même exposer l'enfant à perdre le respect qu'il vous doit. Montrezlui toujours que vous vous possédez : rien ne le lui fera mieux voir que votre patience. Observez tous les momens pendant plusieurs jours, s'il le faut, pour bien placer nne correction. Que dirait-on, remarque M. Nicole en parlant du devoir de la correction fraternelle, que dirait-on d'un chirurgien qui, pour trait.er un apostume, irait surprendre celui qui l'aurait, en lui donnant un coup de poing sur son mal, et cela sans que cet apostume eût été mis, par des remèdes préparatoires, en état d'être percé, et sans que le malade fut disposé à une opération si douloureuse ? On dirait sans doute que cet homme serait très-imprudent et trèsmalbabile. Il est aisé d'appliquer cette comparaison à la matière que je traite. (A suivre.) ~

ÉCOLES ENFANTINES (Suite) 3° L'instinct créateur. - Tous les exercices d'imitation, de mémoire, doivent tendre à un seul but: amener l'enfant à inventer. C'est pourquoi l'institutrice procède comme suit dans les exercices de construction : 1° elle construit et fait construire après elle ; 2° elle fait rétablir les formes de mémoire ; 3° elle fait exécuter un travail sous dictée; 4° elle dicte d'abord une légère modification à apporter à la forme, puis un remaniement plus complet ; 5° elle donne une tâche ; 6° elle laisse libre cours à l'imagination des enfants. Chacun peut alors créer selon ses inspirations, sa fantaisie. c) Moralement, ils habituent l'enfant à l'ordre. Celui -ci est obligé de toujours ranger convenablement son matériel. Les formes qu'il construit doivent être symétriques, sans quoi il n'y aurait ni ordre, ni harmonie possible.

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Par les formes artistiques, dans les dispositions harmonieuses des couleurs (tissage et tressage), on cultive le sentiment esthétique qui, comme on le sait, est intimement lié à celui du beau. Dans tous les exercices, l'institutrice veille à ce que l'activité exerce sur l'âme de l'enfant une salutaire influence en développant les germes des qualités qui y sont déposés et en lui faisant contracter les vertus sociales. Elle placera les en-· fants plus avancés près de ceux qui sont moins bien doués : elle éveillera en eux le sentiment de la charité et de la reconnaissance. Elle fera réunir les boîtes à plusieurs enfants et leur tracera le plan d'après lequel ils devront travailler en commun (culture de l'esprit de sociabilité). Elle saisira toutes. les occasions qui naîtront de l'occupation pour habituer ses élèves à la politesse, à la bonté, à la complaisance, etc. Jeux gymnastiques. - Les jeux gymnastiques ont aussi leur influence sur le développement intégral de toutes les facultés de l'enfant. Ces jeux s'exécutent en plein air afin de permettre aux organes de la vie végétative de se développer en même temps que les membres ; ils fortifient le corps de l'enfant et lui font acquérir une santé robuste. Venant toujours après le travait intellectuel, ils reposent, ils délassent l'intelligence, évitent la fatigue et le surmenage, éclaircissent les idées et donnent un nouvel attrait aux occupations qui suivent. Frœbel recommande expressément les jeux gymnastiques dans. lesquels lès enfants imitent les artisans dans leurs différents travaux, les scènes de famille, les travaux des champs. Il en a donné toute une série dans Les causeries de la mère. Ce sont, du reste, ceux que l'enfant préfère. Semer et faucher comme le moissonneur, raboter comme le menuisier, trainer la charrue comme les bœufs, l'amu sent au delà de toute expression. Inutile de répèter quelle heureuse influence ces jeux ont sur le développement de ses membres et de ses organes. Sous le rapport intellectuel, on comprend facilement combien ces amusements favoris éveillent son esprit d'observation, son jugement, et lui donnent de connaissances nouvelles, puisqu'ils sont toujours accompagnés d'entretiens amusants et instructifs. L'institutrice ne présente à l'enfant que des jeux aux mouvements faciles accompagnés de chants mélodieux, dont les paroles simples sont à la portée de son intelligence, et d'où découle une morale saine et pratique. Ces jeux agissent donc


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indirectement sur l'éducation morale de l'enfant, car ils le rendent heureux et, entretenant chez lui la bonne humeur ils contribuent à former son caractère. Ils s'habituent à la discipline, à l'ordre, et le forment à l'obéissance et à l'activité.

(A suivre}

PARTIE PRATIQUE STYLE LA FEMME DE MÉNAGE Après les fonctions d'épouse et de mère un autre titre investit la femme d'une réelle royauté: c'est Îe titre de maîtresse de maison, disons mieux, de femme de ménage. De la femme de ménage dépendent la prospérité intérieure la santé des enfants, le bien-être du mari. Elle s'occupe du' beau comme du bon, car l'arrangement de sa maison est comme une œuvre d'art qu'elle crée et renouvelle chaque jour. La bonne femme de ménage a besoin de toutes les qualités féminines: l'ordre la finesse, la bonté, la vigilance, la douceur. Elle répare le~ fortunes ébranlées ; elle sait transformer l'aisance en richesse le strict nécessaire en aisance. Elle gouverne enfin, elle gou~ verne pour sauver. Ce nom de mère de famille maîtresse de . . si réelle qu'on le retrouveentouré ' maison, a une autonté d'une auréole de respect et d'amour jusqu'au fond des cœurs qui ont ce semble, le plus méconnu la sainteté. ERNEST LEGOUVÉ. ' FEU DE CHEMINÉE Il est prudent de faire ramoner les cheminées au moins une fois l'année et d'en nettoyer fréquemment l'entrée avec un balai. , L?rsque le feu prend dans une cheminée, la première chose a faire est de fermer les portes et les fenêtres de retirer le bois et la braise qui sont dans le foyer, puis de boucher l'ouverture de la cheminée avec un drap mouillé ou une couverture de laine de manière à intercepter complètement l'air extérieur. Cette précaution prise, on donne au drap un mouvement de va-et-vient qui provoque la chute de la suie enflammée. Si l'on avait de la fleur de soufre sous la main on en jetterait quelques poignées sur le feu avant de calfe~trer l'ouverture de la cheminée. Le soufre, en brûlant forme un gaz impropre à la respiration. '

z.

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Lettre d un ami pour l'engager à fuir les mauvaises sociétés. X .... , le ....... 1897. Bien cher ami, Je viens d'apprendre la fâcheuse nouvelle que tu commences à fréquenter de mauvais compagnons. C'est pourquoi je viens t'avertir que cela est mal et que tu cours le danger de teperdre. Ne sais-tu pas qu'une seule mauvaise pomme placée au milieu d'une caisse pleine de fruits sains, aura bientôt corrompu toutes celles qui l'entourent. Eh bien! il en est de même de nous; si nous fréquentons de mauvais compagnons, nous ne tarderons pas à nous perdre et à leur ressembler. Il faut donc absolument, si tu veux te conserver brave et ne pas devenir un mauvais sujet, fuir les mauvaises sociétés. Quelle ne serait pas la désolation de tes bons parents et de tes amis si tu tournais mal. C'est pour t'éviter ce malheur que je me suis permis ces petits avis que je serais heureux de te voir suivre pour ton plus grand profit. Reçois, cher ami, mes plus affectueuses salutations. R. (Examens des recrues de 1897.) L'été de 1897 a été très pluvieux. Ce n'est qu'avec beaucoup de peine que les fourrages out pu être rentrés. Malgré toute la bonne volonté des agriculteurs, la majeure partie des foins a été surprise par les pluies, ce qui les détériorait et en diminuait la qualité. Etant souvent rentrés à moitié sec, une partie a nécessairement dû moisir dans les granges, ce qui constituait pour le bétail une nourriture tout à la fois peu agréable et malsaine. La récolte des blés s'est aussi fortement ressentie de cette trop grande humidité, ainsi que les pommes de terre qui furent très aqueuses, sans compter que beaucoup pourrirent dans les champs. Les arbres fruitiers et la vigne, qui promettaient les plus belles espérances, n'ont donné, dans bien des localités, qu'une récolte moyenne et les fruits n'ont pas été de conservation. Les raisins eux-mêmes pourrissaient sur les ceps avant d'avoir atteint leur entière maturité. Aussi les premières vendanges ont été moindres que celles qui se sont faites plus tard sous le doux soleil de l'arrière-saison. Les pluies ont encore eu pour résultat de retarder tous les travaux du laboureur, et les crues des eaux ont causé dans DÉSAVANTAGE DE L'ÉTÉ PLUVIEUX DE L'ANNÉE DERNIÈRE.


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1Daints endroits des dommages considérables, surtout dans la plaine de Fully. En somme, sans les beaux jours du mois d'octobre et les suivants, l'année aurait été bien mauvaise pour l'agriculture.

X.

DE RENSEIGNER CÉCILE SUR LES MESURES A PRENDR~ EN VUE DE SON ÉMIGRATION, PHILOMÈNE ÉCRIT A SA SŒUR, X . . . . , le février 1898. Chère et bonne sœur, Pour compléter ma précédente lettre, il faut que je revienne sur l'émigration des jeunes filles. - Des personnes de cœur et de dévouement, émues de la situation malheureuse de tant ·de jeunes filles qui s'expatrient, ont eu la bonne inspiration de créer en Suisse l'ŒUVRE CATHOLIQUE POUR LA PROTECTION -nE LA JEUNE FILLE. Cette société a son siège à Fribourg . Mme Marclay O'Brien, de Champéry, représente le Valais dan_s le comité central · c'est donc à elle que nos Valaisannes doivent s'ad.resser. èette société naissante a déjà des relations avec presque tous les pays de l'Europe. Elle a pour bu~ d~ s'occuper de la situation de toutes les jeunes fille_s qm lm demandent aide et protection et surtout de celles qui veulent partir pour l'étranger. Tu peux juger par l_à de l'excellen~e de -cette œuvre et des services qu'elle rend a nos compatriotes. Cette œuvre a été d'ailleurs approuvée par plusieurs évêques suisses. On peut donc s'y adresser en toute confiance. On s'empresse de fournir tous les renseignements possibles et de placer pour le mieux les jeunes filles qui se mettent sous sa protection. , . . • Dis bien tout cela a ta compagne Cécile, car ce serait facheux qu'une aussi bonne fille allât tomber dans de mauvaises mains. - Salue-la de ma part, et dis lui que je lui souhaite bonne chance, mais il faut qu'elle évite absolument de partir -sans être assurée d'avance d'une bonne place. Ta sœur dévouée

.AFIN

PHILOMÈNE.

DICTÉES UNE FÊTE AU PARADIS Un jour, Dieu eut l'idée de donner une fête dans son palais d'azur. Toutes les vertus furent invitées. Il en vint

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beaucoup, de grandes et même de petites. Les petites vertus étaient plus agréables que les grandes, mais toutes semblaient très contentes et conversaient poliment entre elles, comme il .convient entre personnes intimes et même parentes. Mais voilà que le maître de la maison remarqua deux belles dames qui semblaient ne pas se connaître. Il prit l'une d' elles par la main et la mena vers l'autre. - « La. Bienfaisance, dit-il, en désignant la première. - La Reconnais-sance ~, ajouta-t-il, en montrant l'autre. Les deux vertus fu rent indiciblement étonnées : Depuis que le monde est monde, et il y avait longtemps de cela, elles se rencontrèrent pour la première fois. Ivan ToURGUENEFF. LA CHARITÉ La charité commence au moment où vous faites plus que votre devoir, où vous mettez du vôtre dans vos rapports avec v os semblables. Lorsque vous déposez un sou dans le chapeau d'un aveugle, lorsque vous consolez un camarade qui vient de perdre sa mère, lorsque vous soignez un ami malade, lorsque vous vous jetez à l'eau pour sauver un camarade qui se noie, vous offrez à un autre des biens qui sont à vous : votre argent, vos consolations, vos soins, votre vie, V ous lui livrez quelque chose de vous-mêmes : vous lui faites un don . C'est la charité, c'est l'amour qui vous inspirent. Tout le monde ne peut donner de l'argent. Mais ce que cha,cun peut donner, c'est une partie de son cœur. A. MÉZIÈRES. LE PROGRÉS On ne vous demande pas d'opérer des miracles ; on désire f!eulement que vous laissiez quelque chose après vous. Celui {!Ui a planté un arbre avant de mourir n' a pas vécu inutile. En effet, il a ajouté quelque chose à l'humanité : l'arbre donnera des fruits ou tout au moins de l'ombre à ceux qui naîtront demain. Un arbre, un toit, un outil, un vêtement, un remède, une vérité démontrée, une découverte scientifique, un livre, une statue, un tableau, voilà ce que chacun de nous peut ajouter au trésor commun. Nous sommes héritiers de tous ceux qui sont morts, les associés de tous ceux qui vivent, la providence de tous ceux ,qui naitront. Nous sommes meilleurs et plus heureux que nos devanciers; faisons que notre postérité soit meilleure et plus h eureuse que nous. Edmond ABOUT.


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Supplément à l'ECOLE PRHIAIRE Connaissances avariées Si nous passons à l'histoire romaine, nous apprenons d'après les écoliers que c Jules César était réellement un très grand homme. C'était un grand capitaine et il écrivit un livre pour les élèves qui commencent le latin >. De Cléopâtre, il est dit que sa mort < fut causée par la mort d'un aspic qu'elle fit dissoudre dans une coupe de vin > Au point de vue historique, nous remarquons les réponses suivantes: - Jeanne d'Arc vivait à la Nouvelle-Orléans (Amérique), où elle fut découverte et brûlée pas les Anglais. - Le cardinal Richelieu était un des plus fameux soldats de la France. Il fut tué le jour de la Saint-Barthélemy. - Saint Barthélemy fut massacré en 1492. - Le moyen-âge se place entre l'antiquité et la postérité. - Lady Jeanne Grey étudia le latin et le grec et fut décapitée quelques jours après. - Les croisés étaient des fanatiques qui combattaient dans les tournois. - Christophe Colomb savait que la terre était ronde parce qu'il avait fait tenir un œuf en équilibre sur une table. * * * Voyons quelques définitions toujours données par nos jeunes Américains. C'est à n'y pas croire et c'est cependant vrai. - Qu'est-ce qu'un républicain? - C'est un pécheur dont il est fait mention dans la Bible. Qu'est-ce qu'un centaure? - Un animal à trois jambes. Qu'est-ce que l'ammoniaque ? - La nourriture des dieux. - Qu'est-ce qu'un démagogue? - Un vase qui contient de la bière et d'autres liquides. Et celui-ci, qu'on interroge sur le libre-échange et 1a protection, définit ainsi l'importation et l'exportation: c Les importations d'un pays sont les choses payées; les exportations isont les choses qui ne sont pas payées. 11

VEILLE DE PRINTEMPS Silence, c'est la nuit, la nuit calme et sereine, Sur son front resplendit un diadème de reine : Points d'or, flots de lumière, astres, constellations ; A peine le zéphyr plisse l'onde dormante, C'est l'heure du repos, et la tige tremblante S 'incline jusqu'au jour au-dessus des sillons, 0 nuit! j'aime ton ombre et tes pâles lumières, Etoiles, dont l'éclat ne perce point les bois, Astres, faibles rayons et tes lointaines voix Qui tombent des sommets ou montent des rivières 1 0 Muse, suis mes pas : Les parfums du printemps Embaument l'églantier qui dort dans la verdure, C'est demain le réveil de toute la nature, Demain nous cueillerons les premiers lilas blancs. Avance, sans froisser les feuilles de l'automne Qui jonchent la forêt, qui couvrent les buissons, Car le plus léger bruit pendant la nuit résonne : Sans éveiller les fleurs et les oiseaux, passons. Le ciel est aussi pur qu'un rayon de lumière, Et les astres, ce soir, ont d'étranges lueurs, Cherchons dans la forêt, cherchons une clairière, Noua aurons sur nos fronts des couronnes de lierre, Nous aurons sous nos pas des guirlandes de fleura. Arrêtons-nous ici : cette ombre m'est propice, Muse, écoute ma voix, réponds à mes accents, Notre cœur, tu le sais, est un vase d'encens, Et lorsqu'une étincelle, une seule, s'y glisse Sea parfums, loin de nous, s'envolent pour longtemps. L'étincelle, parfois, c'est un regard, un rêve, Une illusion, un rien, un soupir, un baiser, Un mot que l'on commence et que le cœur achève, Puis Je vase d'encens finit par s'embraser. Et lorsque près de toi, Muse, dans les nuits claires, Je vais rêver parfois et sonder ces mystères, Le doute me tourmente et je l'éloigne en vain, Muse, je ne crois pas à ce bonheur humain, Je doute de l'amour que fait nallre un sourire, Je doute des serments que l'on dit éternel!', Car dans le cœur, hélas, personne ne peut lire Et les désillusions sont des regrets mortels.

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2 0 Muse, tu le saie, qaand nous allons ensemble Dans les bois endormie à la chute du jour, Si le contour d'un arbre à quelque ombre ressemble, Souvent ton pas hésite et souvent ton ,cœur tremble Et pour mieux l'éviter tu fais un long détour. Ainsi, dans le chemin ou l'affection nous mène, J'hésite, je me trouble et n'ose m'avancer, Et comme un prisonnier retenu par sa chalne, Je m'arrête un instant et me mets à penser. Le cœur que l'on adore est cette onde dormante Dont la .surface, au jour, brille comme un miroir, Elle attire, elle plait, mais lorsque vient le soir La bise qui se lève éveille la tourmente Et ses flots enchanteurs sont pailletés de noir. Le cœur est un écrin, maie souvent il est vide, Le cœur est un rayon, mais souvent il s'éteint; Le cœur est un lac pur, maie souvent il se ride, Et le jour fait mentir les espoirs du matin 1 0 Muse, réponds-moi, mais tu restes pensive ; Mes doutes, n'est-ce paa, c'est la réalité, Plus perfide eat un lac, plus riante est sa rive, Et l'amour le plus pur, l'amitié la plus vive Font douter trop souvent de leur sincérité. Mais, ainsi que la main sous un réseau d'épines Cueille, dans un buisson, parfois un muguet blanc, Ainsi que le pêcheur qui fouille l'océan Et monte ses filets remplis d'algues marin.is, Découvre, tout surpris, un trésor dans leur flanc, Des branches de corail ou bien des perles fines : Ainsi l'on peut encor trouver un cœur aimant! Oui, Muse, je le crois, en dépit de mon doute, 11 est une oasis au cours de chaque route, Et douter plus longtemps ne serait pas permis ,Qu'importent les douleurs et les serments trahie, Car malgré les hivers la semence est féconde, Plus d'un rosier résiste au souffle des autans, Pour une trahison que d'affection profonde, Et pour des jours brumeux que de fleurs au printemps l Mais, regarde! Le jour, à l'horizon, se lève, Le premier papillon vient de prendre son vol, Dans les chênes noueux va circuler la sève, J'entends dans les buissons chanter le rossignol. Fuyons, Muse, fuyons 1 - La plaine se réveille, Un rayon de lumière argente les sommets : C'est l'aurore, le jour, et la première abeille Va boire la rosée aux. feuilles des muguets 1

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Demain, nous reviendrons à cette heure idéale Ou la lueur du ciel, mystérieuse et pàle ' Blanchit de ses rayons les ruisseaux et les bois Et seul, sous les rameaux de la forêt profonde ' Rêveur, j'écouterai, loin des bruits de ce mond~ Tes accents inspirés et ta céleste voixl ' ~ Mare !898. Charles IN·ALBON.

PREMIER SOIR DE PRINTEMPS LA MUSE AU POÈTE Poète, tes accents ont attristé mou àme 1 Le jour vient de s'enfuir et j'accoure à ta voix Le cœur est un écrin, un rayon, une flamme, ' Le _cœur est. un lac pur, tu l'as dit, je le croie. Mais d'où vient que ta voix aux brises printanières Au lieu d'accents joyeux jette des sons plaintifs? Regarde : le printemps ouvre les primevères Et la. brise, en chantant, balance les esquif1:1. ' Les lilas sur nos fronts, sous nos pas les pervenches Embaun:ient la forêt. pleine d'échos joyeux. Oh, cueille, en souriant, les marguerites blanches Et refoule les pleure qui perlent dans tee yeux! 'Dans le_ buisson tleuri que la rosée inonde, Le rossignol, entends, prélude à plein gosier Et le zéphyr qui passe ton murmurant sur 1'onde Fait soupirer aussi les branches du rosier. Dans l'univers, tout chante à cette heure indécise : ,Oiseaux, blancs papillons, muguets, coquelicots · Ecoute, recueilli, cette harmonie exquise ' ,C'est la chammn des fleurs, des oiseaux.' et des flots. P~èt~, que ta voix dans la nuit qm s'avance .s unisse _à c~e concerte doux et myslérieux.; Pourquoi baisser le front et pourquoi ce silence ? -Oh I lève tes regards vers la voll.te des cieux 1 Chante, car le printemps a réveillé la sève ·Chante, car le printemps a coloré les fleur~ ·Chante, car les beaux jours s'envolent com~e un rêve ·Chante, pour éloigner de ton front les douleurs 1 ' Non, Dieu .n'a pas voulu que notre àme s'incline Sous le poids des douleur~, sans un rayon d'espoir, Et le doute est un mal qui, lentement nous mine. Le cœur souffre, crois-moi, quand il ~eut tout savoir. Chasse de ton esprit ces images trop sombres La mer la plus terrible est calme par instant ' Le ciel a des rayons s'il a parfois des ombre~ Et l'on peut oublier les souffrances d'antan.


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La vie est un chemin bordé de précipices. Mais des fleurs ont poussé sur l'abime entr'ouvert, IJ est, sur son parcours, des ombrages proI_>ices Et plus d'on clair ruisseau dort sous le buisson vertMarche, sans hésiter, car riante est la route, . Cueille de blanches fleurs sur les bords du chemm, Va, l'espoir dans le cœur, dans l'âme pas. un doute, Un refrain sur ta lèvre, une lyre à la mam 1 Les poètee, souvent, ont dos visions étranges Et leurs chants attristés arrachent des sanglots ; Ils voudraient, dans leur rêve, avoir des ailes d'angei, Et voguer dans l'azur, mystérieux matelots. L'inconnu les attire et la votlte d'étoiles Qui brille sur leur front captive leur regard, lia suivent, sur la mer, les oiseaux et les voiles, Et le bonheur, pour eux, n'existe _nulle part: Ils vont dans le sentier où l'affection les gmde, Sans croire au sentiment, sans trouver l'idéal, Le cœur est un écrin, mais pour eux. il est vide Et le bien, sur la terre, est vaincu par le mal 1 O poète, crois-moi, la vie est un sourire, . La vie est un rayon, regarde autour de toi, La vie est un mirage et le mirage attire, Rien ne peut, ici-bas, excuser ton effroi. Quand le pêcheur, au loin, sous les feux de l'aurore., Seul, dans l'immensité, vogue vers l'mconnu, Il mêle ses accents à la brise sonore Et son esquif, au port, n'est-il pas revenu 7 Car il ferme sa voile à l'ouragan qui gronde, Il regagae le port quand l'océan mugit, Et lorsque la tempête a disparu de l'onde De nouveau son esquif sur la vague surgit. Il faut savoir courber le front devant l'orage, Il faut fermer son cœur aux multiples chagrins, Celui qui sait souffrir, poète, est vraiment saget Car les ronces toujours ont bordé les chemins. La douleur, tu le sais, à l'homme est nécessaire,. La douleur est fatale, il faut se résigner, Le bonheur idéal n'est pas de cette terre Et l'homme, devant Dieu, doit savoir s'incliner! Au pied des monts géants des Alpes éternelles, Dans l'ombre et le silence un peuple est à genoux. ;Les vitraux, au soleil, jettent des étincelles Et Jes chants, des parvis, montent graves et doux. Sous leurs blancs capuchons les moines en extase !<'ont tomber lentement de leur lèvre on verset, Et l'écho du saint lieu répète chaque phrase : . Ces moines quels sont-ils? - Personne ne le sait 1 -

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Dieu seul qui, dans les cœura, a le pouvoir de lire, .Peut épeler leurs noms ignorée des ho.mains, Leur bouche sait prier, mais ne sait plus sourire, Ils marchent dans leur rêve en se joignant les mains. Si tu pouvais jeter un regard dans leurs ârnes, Si tu pouvais, un jour, interroger leurs cg3urs, Tes doutes se fondraient au brasier de leurs flammes Et leur foi tarirait la source de tes pleurs. Leur foi dans le bonheur est une foi sublime, Ils vivent dans l'extase et rêvent d'idéal, Leur cœur prend son essor vers la plus haute clme Et la vo1'\te da ciel pour eux est de cristal. Ainsi qu'un voyageur, las d'une longue route, Sur les borda d'un ruisseau se r epose un instant, .P ais étanche sa soif en buvant goutte à goutte Dana le creux de sa main l'eau claire du torrent, Et joyeux, reposé, reprend alors sa course Pour atteindre Je but avant l'ombre du soir : Ainsi la solitude est pour eux une source Qui leur rend le cou.rage et leur donne l'espoir 1 Marche donc, 6 poète, en fixant les étoiles, Marche donc, ô poète, en craignant le St1igneo.r, Ecarte de ton front les ombres et les voiles, Quand on est courageux, on rougit d'avoir peur. Foule aux pieds les erreurs, rejette les mensonges, Crois au bien, crois au vrai, ne doute pas du beau, Que tes appréhensions ne soient que de vains songes, Il faut les enfermer dans le même tombeau. Arrête-toi souvent pour réparer tes forceB, Bois à longe traits, poète, à la source du bien, Il est plus d'une entaille aux rugueuses écorces Et l'âme, pour la route, a besoin de soutien. Oh I crois-moi, l'idéal n'est pas un mot sonore, Le moine agenouillé n'est pas un imposteur; D e même que la nuit s'enfuit devant l'aurore, Devant la vérité doit s'éclipser l'erreur 1 Mais la brume s'élève au-dessus de la plaine, Les chars des laboureurs roulent dans Je lointain, Le brouillard, lentement, se déchire et se tralae, J'aperçois, sur les monts, les lueurs du matin. Adieu donc, ô poète, et garde l'espérance, ..Rayon fait de clartés qui ne s'éteignent pas, Fleur à jamais vivace, éternelle semence Qui germe dans les cœura et survit au trépas 1 Ce 28 mars 1898. Ch. IN-ALBON. ----...1•1,...AA::::I::::"\

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un. a:n.n.1versa:l.re DEDIE A 14. OH. DE MEIRY L'hiver de 1895 avait été long et rigoureux ; beaucoup, de neige, un froid vif, des brumes glaciales, tout le sombre cortège des intempéries avait escorté, dans sa. campagne désastreusi:>, le terrible Roi des Frimas, La nature offrait le plus désolant spectacle ; pas une parcelle de bleu dans le ciel d'un gris épais, pas un brin d'émeraude sur le b~anc s_épulcral des guérets, pas on. passereau sur les toits, rien que le morne isolement de l'homme dans la tristesse du logis, . Sur un lit de douleurs, courbée par l'âge et la maladie, une pa~vre vieille femme soupirait après le retour des beaux Jours; ce temps de mort la tuait; la science 'P' Ah ! bien oui I e!le n'y comptait plus, elle avait, pour la sauver, tout épuisé en vain. Le grand médecin main-· tenant, c'était Dieu ; le grand remède, le soleil. Car elle avait le eang appauvri, la bonne vieille; dame I à 70 ans on n'est plus jeune, surtout quand on a élevé onze en! fants, quand on a beaucoup souffert et que les infirmités vous accablent. Et, dans sa naïve foi, la malade ne désespérait pasencore; elle sondait chaque jour, de son œil affaissé, la. vollt_e _terne et insondab_le des cieux, y guettant une· éclaircie, une trouée, un Jet de lumière, dans cette masse· impénétrable de nuages humides et rampants. Ce n'est pas, tant s'en faut, qu'elle regrettât la vie et qu'elle eftt peur de la mort; non, la vie ne lui lais-sait que d'amères déceptions, la mort lui apparaissait com• me un refuge, le terme d'un pénible voyage et le commencement d'un bienfaisant repos ; l'essor de l'âme ap~ès l'ané~ntissement du corps~ la récompense après la peine. Mais, on a beau se raisonner, on est toujours mère, et ce n'est pas sans douleur et sans crainte qu'on ~·en va en laissant, derrière soi, ce qu'on a l~ plus aimé au monde: ses enfants. Enfi~, mars arriva ; un mars idéal, sans bise noire et' sans g1boulée8, avait chassé les brumes du ciel et fait fondre la ;Deige des guérets. Sous les toits, les passe-· reaux avaient des chants de rossignol les cieux étaient bleu1_11, l'ho1izon rose, une vie nouveue'animait la nature. La bonne vieille, à cette résurrection admirable ne put se détendre d'une joie intime, d'une secrète alÏégresse~

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Son cœur se sentait rajeuni, les rayons de ce soleil prin• tanier y avaient rallumé des tisons presque éteints et maintenant ce bon cœur de septuagénaire flambait comme on cœur de 20 ans. AHait-elle donc renaitre aussi J après tant de mois soufferts dans la tristesse désespérante des longs jours sans soleil, des plus longues nuits sans repos, allait-elle donc enfin retrouver la santé, un regain de jeunesse, et heureuse, aux bras de ses enfants, pouvoir courir encore les champ'3, par les petits sentiere fleuris, derrière les haies d'aubépine, où, cinquante ans passés, son cœur avait battu pour la première fois 't Chimère I ce n'était qu'une feinte, un caprice de la nature ; le radieux soleil disparut et le terrible Roi des Frimas retrouva son trône et recommença son œuvre dévastatrice. La bonne mère s'affaissa de jour en jour davantage; cette fois, la mort voulait sa proie, elle avait imprimé, en gros caractères, ses stigmates au front de la malade. Les enfants de la bonne vieille pleuraient, mais la rosée du cœur, si douce qu'elle soit, ne vaut pas le plus lèger rayon de soleil tombant sur un sang appauvri, sur un corps épuisé. Un mois plus tard, la résurrection de la terre s'était accomplie; le ciel était d'azur, l'horizon d'opâle, les près d'émeraude; les buissons étaient fleuris, les sentiers parfumés, et le Roi Soleil, ce bon roi qu'elle avait tant aimé, répandait à foison, dans la grandiose nature, l'or impalpable de ses rayons bienfaisants. Mais hélas I le cœur de la bonne vieille, de ma tendre mère, ne battait plus. Sion, mars 1898. Sou.NDIEU.

L'Asperge en Valais S'il est un légume qui convienne au Valais, c'est bien !'Asperge. Notre sol fortement calcaire est des plus faTOrables à cette culture importante. Les terrains du Valais sont très sablonneux. Ils contiennent dans bien des endroits du plâtre et des débris de pierres à chaux. Or, quoi de plus propre à l'Aeperge qu'un terrain pareil! Aussi, voit-on dans plusieurs localités du Valais croitre ce légume à l'état sauvage et prospérer même aans que l'homme y mette la main, sinon pour le cueillir, Mais, si l'on voit l'asperge pousser, sans fumure ni


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culture, aux bords des vignes de Lens et dans les buissons de Salquenen, quelle fortune n'apporterait-elle pas dans notre canton si elle était cultivée d'une manière rationnelle. N'oublions pas que !'Asperge fait bondir da joie les Anglais même les plus froids. L'hôtel qui pourrait fréquemment servir des plats d'Asperges à ses hôtes n'aurait pas d'autres réclames à faire, Les lords anglais y accourraient en foule comme attirés par le parfum de ce mets exquis. Vous me direz: Comment fournir des Asperges aux hôtels de nos montagnes, puisque la récolte de ce précieux légume est épuisée fin juin ! A cela je réponds que rien n'empèche de planter l'Asperge sur les coteaux à une altitude de 100 à 1500 mètres. Ainsi la récolte commençmt plus tard durerait jusqu'en ao1H. Combien de plateaux et de coteaux en Valais fo1·més d'un terrain calcaire et plâtreux et qui produiraient de magnifiques Asperges durant toute la saison des étrangers. La paysan se plaint que les maitres à'bôtsl font venir toutes les provisions de l'étranger. Q;10 le Valaisan cnlLive de bons légumes et de beaux fruits, alors les milliers d'étrangers qui visitent nos belles montagnes se nourriront du produit de nos terres, et par là même, l'argent qu'ils laissent en Valais ne retournera pas à l'étranger pour payer les provisions venues du dehors, Jusqu'à présent on ne savait pas où s'adresser pour avoir des plantons d'Asperge et pour connaître la méthode de culture, mais aujourd'hui on ne peut plus faire valoir cette excuse, vu que l'écolA cantonale d'Ecône fournit et des griffes d'Aspergee et des renseignements précis à quiconque en demande. On s'est contenté jusqu'à présent de cultiver ce légume en plaine ; qu'on essaye de le cultiver sur la montagne et dans nos profondes vallées, mais surtout à proximité des hôtels, bientôt on verra le brave paysan bénir les maitres d'hôtels au lieu de les maudire , parce que jusqu'à présent ils n'ont fait qu'enlever des bras à l'agriculture en formant des nuées de guides. A qui la faute 't Un peu à tout le monde.

Un amateur d' Asperges. 1 Mil

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Vinification - Le collage Le collage est une pratique indispensable dans la vinification. Oa y a reco~rs .soit. en présence d'~n vin trouble soit pour un Vlll hmpide lors de la mise en bouteille, Et, dans ce dernier cas, l'opérati?n est. toujours de rigueur, car un vin non collé produit géneralement, en bouteille, un dépôt qui te~d à le fa~re dépré~ier par le consommateur. Mais, bien que l emploi de sobstancAs collantes et albumi ariïdes, soit entre toutes les mains, lorsqu'il s'agi~ de vins blancs, no!,Dbreux sont les insuccès. Tel vin, qui a reç11 les p~oportlons .de colle prescrite par la pratique ou par la mat.son fourmssa_nt la matière première, a souvent de la peille. à se clar1fi_er, Il reste un léger nuage, parfois impercept~ble à la mise en bouteilles, mais suflhant pour prodmr.e un tro~ble apparent au débouchage, C'est là u~ g~ave 1ncon~ément! qui a pour effet de donner des hésit~uon.s d_ans l emploi du collago et qu'il est cepend:mt facile d éviter. On sait quel est le principe du collage. Les ~olles auxquelles on a recours sont des substances agissant chimiquement. Elles renferment un principe_ azoté: gélatine ou albumine, qui, en présence de certa1~s. éleme,nts du vin, notamment le taon.in, forme un pr~c1pité. Ces~ ce précipité, réseau à maille~ plu~ ou moms fines, qui opère mécaniquement la clar1ficatlon au. food du fû~ et en entrainant avec lui toutes les ~ar~icules en suspension dans le liquide. Il est donc 1nd1spensable p~ur que le collage donne un bon résultat, que la proportt~n de colle ou de matière azotée soi.t égale à cel.le d!1 prmcipe qui doit la coaguler, le tannin. Quand 11 n ~n est pas ainsi, et que la colle. e~t en exc,ès s~r le tannin u~e partie seulement est préc1p1tée, et I exces reste en d1~i!Olution. Le liquide conserve d'abord une app~rence laiteuse due à la colle non solubilisée, et celle-ci, au hou~ de peu de temps, s'oxyde et forme des grumeaux qui troublent le liquide. C'est ce que l'on appelle s~rcollage, et comme nous l'avons fait remarquer, cet accident est as~ez fréquent avec les vins blancs. On sait, en effet, qu'il y a une différ~nce très graa~e, au point de vue de la richesse en t~nn1n entre. les vins ~ouges et les vins blancs. Les premiers, par su~te de la macération de la grappe pendant le. cuv~ge, ~issol':ent ,une proportion de cet élément qui varie mais obtient


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toujours an chiffre assez élevé. Les vins blanc!, an contraire, opérant leur fermentation en l'absence de la grappene possèdent en tannin que la proportion que le jas a pq entraîner au pressurage. Il est aisé de comprendre quecette proportion ne peut pas être élevée. . Si donc l'excès de colle n'a aucune espèce d'inconvénient pour le vin ronge, il y en a de gros pour le vio. blanc parce que la totalité du tannin se trouve précipitée. Il faut donc faire attention. Un de nos abonnés nous écrit que la me1lleurA colle à employer, pour les vins blancs, est la vraie colle de poisson. Sa préparation est assez laborieuse : Il faut prendre autant de fois 2 gr. 1t2 de colle qu'on a d'hectos à coller, découper les membranes en lanières de z à 3 millimètres de largeur, plus ces lanières seront fines. plus _la colle se gonflera rapidement ; disposer dans un l,>assm en les recouvrant d'eau; agiter, ajouter égale quantité d'eau ; après 3 ou 4 jours, surtout en exposant le bassin dans une pièce chauffée, les membranes seront gonflées et s'écraseront entre les doigts: malaxez les grumeaux en y ajoutant du vin, de manière à .ne pas dépasser un volume total de t Jitre par 5 grammes de colle. Passer au tamis de crin à mailles fines, écraserles grumeaux demeurés sur le tamis, versez de la colle filtrée pour les entraîner plus facilement; en opérant avec soin, tout doit passer sous le tamis. Il est nécessaire de règler le volume de manière à avoir exacte~ent 5 gram~es de colle par litre. Pour la plupart deS' vins blancs, 11 est prudent d'assurer la prise de la colle par une addition, 24 heures avant le collage, de 2 à 5 grammes de tannin à l'alcool, par hecto. (Bulletin suisse.) ---- " ~ Î l

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Le G-roo:n:i A JOSEPH P. C'était au buffet de la gare de St-Maurice dans l'hiver d'il y a deux ans. A cette époque de l'année les voyageurs sont rares; deux seules personnes avaient pria pla.ce à la table d'hôte, Sur le quai, à l'arrivée du train, trois ou quatre hommes du pays, allant d'une station à une autre ; un gendarme valaisan, grand diable aux car• ru.ras ~e géant, portant très bien son sabre, avec un air Ires digne. La pendule délaissée semant le bitume d11

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trottoir d'un reflet bleuâtre, plus loin le ciel clair d'hiver, très froid, perlé d'étoiles •.• Je soupais machinalement tout en Usant un journal lorsque j'entendis mou nom prononcé à mes côtés. Relevant la tête, j'aperçus devant moi, à mon grand étonnement, mon ami Francis de Gueld. - Tiens toi, ici, lui dis-je, eh bien I sais-tu, j'aurais plutôt pen;é y trouver l'empereur de Chine!_ . Il sourit, me tendit affectueusement la ma10 et 11 me répondit: . c C'est vrai je ne suis jamais venu en Valais à cette saison, mais ~·est un devoir qui m'y appelle aujourd'hui,. écoute donc. • Francis de Gueld s'installa en face de moi, el je m·~perçus alors que sa physionomie. si ga~e d'~abi~ude avait une tristesse inaccoutumée. Moi, qui étais s1 heureux. de le trouver là, pour remplir mon tem~s joye~sement~ et voilà qu'à cet instant, pour la prem1èce fois. de sa vie peut-être, je lui trouvais un air mor_ose. Trois mois auparavant j'avais fait un séjour ch_ez lU1, dan_s son élégante et riche villa de Savoie, et Je n~ .l'av~is plus revu depuis lors, c'était donc un réel pla1s1r, d ~uta_nt plus qu'il était inattendu, de le re!rouy~r en ce coin s1 perdu de la Suisse pendant les mois d hiver. Après quelques paroles échangées entre nous -: la conversation première lorsque l'o? rencontre un ami -: il s'arrêta brusquement : " Tu mas demandé pourquoi. je suis ici, dit-il. C'est étra~ge, n'est-,c~ pas, que mot qui jamais ne viens en Valais durant 1hiver .me trouv_e tout à coup en cstte petite gare de St-Maurice ! m8ls je vais te conter çà. . Te souviens-tu, lorsque tu étais chez nous en septembre dernier, de mon petit groom, ~n enfant blond de 15 ans à peine, l'air intelligent et éveillé ! - Parfaitement, je lui ai même un matin, lors d'une promenade de bonne heure , causé assez longtem~s amusé de son esprit français dao~ cett~ éco,rce de p_et1t Suisse, car il m'a dit être Valaisan, Je men souviens très bien. . - Il m'était, reprit Francis de Guel~, tout à ~ait sympathique, mon petit groom. Je ne ~ais pas b1e_n comment je l'avais trouvé ; par un. a~c1e~ domestique du pays, je crois, et tout de suite Je 1 avais _dre~sé _ce p~tit bonhomme de montagne. N'est-ce : pas, Il n avait point-


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mauvais air dans sa livrée? Très adroit avec ça ce pe1it Suisse . . . ' Mon ami parlait vite, sans suite dans ses phrases comme obsé~é par une triste pensée. Je ne songeai~ ~ullem~nt à l arrêter, ni à changer de conversation, tant Je voyais que son sujet l'absorbait. c Eh bien I me. dit-il, il y a quinze jours, il m'a demandé de pouvoir retourner dans son village - au f~n~ d~ la vallée de Bagnes. J a l'ai laissé partir, ll mér1ta1t bien .un co~g~, c~ brave petit Valaisan, et puisque le cœ:1r lui en d1sa1t daller passer son jour de l'an dans la. froide montagne ja n'ai pa1t fait da difficultés pour lm accorder cett~ per~iss10~. Il partit. Hier, j'étais à Montreux, lorsqu on m écr1v1t que mon groom était très mala~e, là-haut, dans sa vallée. Que faire, ça ne m'amusait pas d'y ~lier, mais instinctivement j'y ai été pouas~. J:3 ne sais. comment je suis parti pour aller voir mon Jeune domestique qui se mourait. C'e~t un lrajt>t du diable., d_'aller se balader jusque làh aut , heureusement que J a1 trouvé une bonne voiture à Mar~igo:r, 1 t'~ssure. pourta~t que ce coucher dans ce .Pellt hot1e. de l endroit n'était pas très chic, mais, voilà, ça ma amusé encore I JA me fis conduire à la maison de mon pe~it groom, ce matin de bonne heure. C'est une demeure bien triste que celle de mon gosse ·1 à côté de l'écurie où trois chèvres forment tout Je bétai l, deux chambres basses, énfu~ées. -~l m'a fallu me baisser pour pénétrer. dans la prem1~re p1eee. Dès que j'y entrai une femme, Jeune encore, vient au devant de moi . C'était la mère. El_Ie avait dû ê !re belle, mais le cnagrin se lisait sur ce vISage de veuve, et en ce moment les yeux pleins de lar~es,. elle avança brusquement, les mains tendues : c M~rc1, d1t-elle, monsieur, merci d'être venu, Qile Diau bénisse votre famille 1 » Et cett~ b~nédiclion de p9ysanne, là-haut, dans ce pays délaisse alore, dans cettte pauvre maison entra d~as mon cœur de sceptique comme un bienfait salutaire. 1La fin au prochain N•.)

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L'apiculture en avril

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Le succès de l'année dépend en grande partie du dê·v eloppement que nos colonies atteignent pendant ce

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mois. Une visite à fond est maintenant nécessaire si on ne l'a pas déjà faite à !a fin de mars. Ch.1que ruche doit avoir encore d'amples provisions et une bonne reine. Si le couvain forme des plaques bien serrées la mère est bonne ; mais si parmi les cellules operculées à plat (cou• vain d'ouvrières) on trouve un grand nombre de cellules bombées, dépassant les autres (couvain de mâles) on peut être sûr que la reine est sur son déclin et qu'elle disparaitra bien1ôt. Dans ce cas il vaut mieux la supprimer et réunir la ruche à une autre; on fera de même avec toutes celles qui n'ont pas de reine. Vouloir corriger maintenant une colonie orpheliue par l'introduction d'une mère ou du couvain aboutira le plus souvent à un échec complet; les abeilles d'une pareille population sont vieilles et disparaissent Je plus souvent de la ruche avant qu'une nouvelle génération ait pu se former. Les colonies qui jusqu'au C )mmencement de mai n'arrivent pas à la force normale doivent alors êtra réunies deux à deux, en ayant soin de supprimer les moins bonnes. Les débutants se décident diffieilement à cette suppression qui cependant est le seul moyen d'arriver à un résultat satisfaisant; ils ont l'ambi1ion d'aller vite, de posséder un grand nombre de ruches bien peuplées et ils ne réfléchissent pas que garder dans Jeurs ruchers des non-valeurs est aller à l'encontre du but. L'année dernière la loque a fait ses victimes dans bien des endroits et il s'agit d'être sur ses gardes à cet égard ; on examinera donc bien si les larves ont cette belle couleur blanc de nacre ou s'il s'en présente sous une teinte jaunâtre. Il faut que l'apiculteur fasse de nombreuses visites au rucher pendant ce mois; les abeilles ne doivent manquer de rien et elles ont besoin de beaucoup de nourriture, de beaucoup d'eau et de beaucoup de chaleur. Si la place commence à manquer on leur donne peu à peu les rayons qu'on avait ôtés en automne i pour empêcher le pillage on rétrécit les trous de vol et .on a bien soin de ne pas laisser traîner des rayons vides ; on se garde de verser par le rucher du miel ou du sirop; si cela arrive on en effacera vite les traces avec une éponge mouillée. Enfin, on passe de temps en temps la brosse sur le plateau pour enlever les détritus de cire, dans lesquels la larve de la fausse-teigne passe généralement la première période de son existence avant de monter dans les rayons. 1


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L'hiver a ét6 très doux, mais les abeilles ont 6norm6ment consommé ; presque partout les provisions qui restent sont insignifiantes i c'est pourquoi nous disons : attention I ne laissez pas mourir de faim vos pauves bêtes à la veille de la miellée I Elles sauront récompenser vos soins. (Revue internationale d'apiculture)

Recettes et conseils utiles Une souricière trèa simple. - On prend un pot de fleurs d'au moins 10 centimètres de diamètre que l'on renverse sur un plancher, sur une caisse ou sur tout autre fond solide. On prépare ensuite une lame de bois de 5 mm. d'épaisseur, 5,:; cm, de longueur. A l'une des extrémités de cette petite planchette on attache un appât formé d'un quartier de noix. La lamelle de bois est alors placée de champ, l'appât à l'intérieur du pot et celui-ci reposant par son bord sur la planchette, laissant ainsi une petite ouverture entre le sol et le bord du pot. C'est par cette ouverture que la souris pénètre sous le pot et va s'attaquer à l'appât. Le léger mouvement imprimé à la planchette suffit pour la faire basculer et la faire tomber à plat, ainsi que le pot, qui plaque alors sur le sol, et l!l souris est prise. On est arrivé, au moyen de trente pots ainsi disposés, à prendre jusqu'à 89 souris en huit jours, tandis qu'on n'en prenait qae six avec d'autres procédés. On a aussi remarqué qu'on arrivait à en prendre davantage en plaçant les pots sur des caisses qu'en les mettant simplement sur le plancher. Ces sortes de trappes doivent être tendues de jour et visi&ées le jour suivant. Lorsqu'on verra un pot à plat, on glissera une feuille de verre entre le pot et le plancher sur lequel il repose, et en le tournant vers le Jour 011 pourra voir par le trou qui est au fond do pot si une souris est prise. Il est à remarquer qu'il ne faut jamais mettre les pots deux fois à la même place. Les souri3 ne retournent pas aux endroits contaminés par leurs excréments. Laa plaques de marbre des lavâbos prennent par l'usage souvent un vilain aspect. On peut les rafraîchir et les détacher en les enduisant si possible pendant deux jours avec le mélange suivant : Faire dissoudre du savon de cuisine ordinaire dans une écuelle et y

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m61anger de la chaux vive de manière à former une bouillie pas trop claire. Pour faire mûrir lea cloua. - Un médecin anglais prétend que le sucre peut accélérer le ramollissement des furoncles, ce qu'on nomme vu1 gairement des clous, et mêml3 être utile pour panser un anthrax. Voici, pour ,ceux qui craignent le bistouri, comment on doit proc6• der dans ces cas : on fait des cataplasmes de farine de araine de lin, sur lesquels on répand largement du sucre en poudre, et on les applique très chauds sur la région malade. Pour aviver lea limea uaéea. - Les nettoyer à l'ea_u ,chaude au moyen d'une brosse rude, et, ~pr~s les a_vo1r essuyées, les plonger un insta~t dan,s .l ac1de. azotique -ou nitrique. Enlever avec un hoge 1 acide qui est à la surface en ayant soin de laisser l'acide qui se trouve ~ntre les dents, lequel rongera le métal à une certaine profondeur. Les limes ainsi traitées redeviennent comme neuves. Pousaière da.na l'œil. - Lorsqu'un corps étranger s'est introduit dans l'œil et s'il n'a pas occasionné de lésion à la cornée 1i1 ne faut jamais frotter l'œil atteint, mais bien au contraire presser avec un mouchoir propre sur l'œil resté intact. Par cette pression, la sécrétion de_s larmes est augmentée, mais au lieu de s'étendre sur l'œil sur lequel on presse, elles ino~deront _l'œil ~ésé. et conduiront le corps étranger au co10 exténeur, d où 11 pourra ~tre facilement enlevé. Plantation des arbres. - La plupart des arbre~ sont plantés en automne, à ceux de nos lecteurs qui désirent encore faire des plantations au printemps, nous ne pouvons trop recommander de ne pas planter_ les jeunes arbres plus qu'il ne fa~t pour que le~ racines soient couvertes de terre. En faisant les plantations trop profondes la terre empêche l'air de pénétrer jusqu'aux racines et l'arbre ne prospère pas. Là où les arbres ont 4,té plantés trop profonds on fera bien de pratiq,ner ~out au tour du tronc un certain nombre de tr~us d envi~on un demi-pied de diamètre et de les remplir de gravier. Ces trous serviront de canaux à air. Lea œufs. - 15 à 18 œufs contie~nent a~tant de matières nutritives qu'un kilo de la meilleure vian~e de bœuf. L' œuf est plus digeatif selon le degré de cm_sson auquel il a été soumis : cr~, il est bea~coup plus digestible que cuit ; cuit dur, ll ne devrait pas être donné


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aux personnes faibles de l'estomac et des inteetius. L& blanc d'œuf contient environ 86 OtO d'eau, 18 0 10 d'albumine et 1 010 de substances grasses et de sel. Le jaune contient environ 51 OiO d'eau, 17 OtO de substances albuminoïdes, 31 OtO de matières grasses et 1 010 de sel. L'œuf contient également de faibles parties de soufre dont on reconnait la présence à l'odeur désagréable d'acide sulfhydrique qu'émanent les œufs arrivée à l'état de décompositoo. Les pommes de terre cuites « en robe de chambre > ont souvent vers la fin de_ l'hiver, un mauvais goût de savon et manquent de fartneux. On peut leur donner pins de saveur et diminuer ce mauvais goût en enlevant tout autour, au milieu, une mince partie de la pelure avant de les mettre bouillir. Pain moisi. - Dans les campagnes, il y a encorn beaucoup de ménages qui cuisent leur pain eux-mêmes et ce J:?ain doit servir de provision souvent pendant plus de 15 Jours. Dans ces temps humides, il se moisit cepe~dant facilement et devient sinon immangeable, du moins peu agréable à manger. Pour empêcher le pain de moisir, il suffit de le mettre à la sortie du four, dans un sac à farine, vide, bien sec, f près avoir frotté les pains avec un peu de farine, de suspendre le tout à un crochet dans un endroit bien aéré. - -.. c-~

Pensées

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C'est un des vices de notre temps que chacun se plaît à rechercher et à étaler les torts de ses compagnons. Je suis si Jas de cette manie de critique et de dénigrement universel que mon penchant serait de ne parler des fautes de personne, excepté des miennes.

* Ouvrir

GUIZOT.

les yeux et voir les choses et les hommes ce qu'ils sont, cela parait bien simple, et c'est cepen• dant ce qui constitue le génie. EMILE OLLIVIER. • Je ne croirai la suprématie commerciale de l'Angleterre en péril que le jour où une grande nation gardera plus fidèlement qu'elle le repoli du dimanche. MACAULAY,

• Quand on veut plaire dans le monde, il faut se ré· so~dre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu'on sait, par des gens qui les ignorent.. RrVA.ROL.

Supplément à l'ECOLE PRDIAIRE .

RETOUR A LA VIE DES CHAMPS 0 vallons paternels, doux champs, humble chaumière Au bord penchant des bois suspendue aux coteaux Dont l'humble toit, caché sous des tonfüs de lierre' Ressemble aux nids sons les rameaux; ' Gazons entrecoupés de ruisseaux et d'ombrages · Seuil antique où mon pére, adoré comme un roi, Comptait ses gras troupeaux rentrant des pâturages, Ouvrez-vous, ouvrez-vous I c'est moi. Oni, je reviens à toi, berceau de mon enfance Embrasser pour jamais tes foyers protecteurs.' Loin de moi Jes cités et lenr vaine opulence 1 Je suis né parmi les pasteurs. Enfant, j'aimais comme eux à enivre dans la plaine Les agneaux pas à pas, égarés jusqu'au soir; A revenir, comme eux, baigner leur blanche laine Dans l'ean courante du lavoir. J 'aimais à me suspendre aux lianes légères, A gravir dans les airs de rameaux en rameaux, Ponr ravir _le premier, sous l'aile de leurs mères, Les tendres œufs des tourtereaux. J'aimais les voix du soir dans les airs répandues, Le bruit lointain des chars gémissant sous leur poids, Et le sourd tintement des cloches suspendues Au cou des chevreaux dans les bois. Beaux lieux I recevez-moi sons vos sacrée ombrages t Voue qui couvrez Je seuil des rameaux éplorés, Saules contemporaine, courbez vos longs feuillages Sur le frére que voue pleurez. Reconnaissez mes pas, doux gazon que je foule Arbres que danB mes jeux j'insultais autrefois, Et toi qui loin de moi te cachais à la fonle, Triste écho, réponds à ma voix. Je ne viens pas tralner dans vos riante asiles, Lee regrets du passé, les songes du futur : . J'y viens vivre, et, couché sons vos berceaux fertiles, Abriter mon repos obscur. S'éveiller le cœur par, au réveil de l'aurore, Pour bénir au matin Je Dieu qui fit le jonr, Voir les fleure du vallon sous la rosée éclore, Comme pour fêter son retour.

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Respirer les parfuma que la collme exhale, -Ou l'humide fraicheur qui tombe des forêts; Voir onduler de loin l'haleine matinale Sur le sein flottant des guér~ts; Conduire la génisse à la source qu'elle aime, Ou suspendre la chèvre au cytise embaumé, Ou voir les blancs taureaux venir tendre d'eux-mêmrn Leur front au joug accoutumé; Guider un soc tremblaut dans le sillon qui crie, Du pampre domestique émonder les berceaux, On creuser mollement au sein de la prairie Les lits murmurants des ruisseaux; Le soir, assis en paix au seuil de la chaumière, Tendre au pauvre qui passe un morceau de son pain, Et, fatigué du jour, y fermer sa paupière Loin des soucis du lendemain; Sentir sans les compter, dans leur ordre paisible, Les jours suivre les jour.;, sans plus faire de bruit Que ce sable dont la fuite insensible Nous marque l'heure qui s'enfuit; Voir de vos doux vergers sur vos fronts les fruits pendrr, Les fruits d'un chaste amour dans vos bras accourir, Et, sur eux appuyé, doucement redescendre : C'est assez pour qui doit mourir. LAMARTINE ,

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souvenirs de scènes plus riantes. La nature ressuscite avec. son Créateur, et l'ange du printemps semble lui o~vr1r les .portes du tombe~u, comme cet esprit de Iu~1ère qm dérangea la ~10rre du glorieux sépulcre. L âge des tendres commomants et celui de la naissante an~ée confo~dent leurs jeunesses et leurs harmonies. Le pam. et le vm annoncent les dons des champs prêts à m:O,ru·, et retracent les travaux de l'agricu!ture ; enfin, Dieu descend d.a ns les âmes de ces enfants pour les féconder comme 11 descend, en cette saison dans le sein de la terre pour lui faire porter ses fl~urs et ses richesses. La co~munion présente d'abord une pompe charmante; elle enseigne la morale, parce qu'il faut être pur pour en approcher; elle est l'offrande des dons de la terre a~ C~éateur, et elle rappel!e la sublime et touchante h1sto1re du Fils de l'homme. Unie au souvenir de la pâque et de la nouvelle alliance, la communion va se pe.rdre dans la nuit des temps ; elle tient aux idées premières .s ur l~ n~ture de ~·~omme religieux et politique et exprime l antique égahte du genre humain · enfin elle perpé~ue la mémoire de notre chute primitiv~. de notre rétablissement et de notre réunion avec Dieu. CHATEAUBRIAND,

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DE LA COMMUNION C'est à douze ans, c'est au printemps de l'année, que l'adolescent s'unit à son Créateur. Après avoir pleuré la mort du Rédempteur du monde avec les montagnes de Sion, après avoir rappelé les ténèbres qui couvrirent la terre, la chrétienté sort de la douleur : les cloches se ranim~nt, les saints se dévoilent, le cri de joie, l'antique Alleluia d'Abraham et de Jacob fait retentir le dôme des églises. Des jeunes filles vêtues de lin, et des gar.çons parés de feuillage, marcbeat sur une route semée des premières fleurs de l'année ; ils s'avancent vers le temple, en répétant de nouveaux cantiques ; leurs parents les suivent, bientôt le Christ descend sur l'autel pour ces âmes délicates. Dans cette solennité, Dieu rappelle un sacrifice san.glant, sous les espèces les plus paisibles. Aux incommensurables hauteurs de ces mystères se melent les

Apostolat de la prière. - Fondée en 1861 par le R. P. Ramière, Jésuite, cotte pieuse association a .Pris un prodigieux développement. Répandue dans l'univers entier, elle ne compte pas moins de 20 000 000 d~ ~embres.. Voilà bien l'armée pacifique de 1~ prière. A1ns1, ~ u.n signal dpnn~, cette foule immense, dispersée à l Orient et à l Occident, adresse à Dieu la mêrne ~upplication. Le Messager du Cœur de Jésus, organe de 1 Œuvre, est publié en trente langues différentes soit ~ans tou~ les idio~es .des peuples plus ou moin; civihsés. Mais cette d1vers1té de la parole humaine n'empêche pas l'harmonie des cœurs, la communauté des sentiments et la similitude des oraisons. De là, on peut conclure que cette oraison est une force pour l'humanité et une source de grâces pour chaque membre car chacun participe aux mérites de 11es frères dans 'cette vaste famille des Croisés de la prière. ----·Z.'!"''i'"il~~3r----


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Le G-room (Suite et fin) Elle m'arrêta un instant dans cette pièce : c Ah, me dit-elle, quand j'ai su que vous étiez venu, comme j'ai été heureuse I Mon petit va mourir, dans une heure, avant peut-être. C'est mon seul enfant, mons_ie~r, le seul être ici-bas qui me retienne à la terre. Oui, 11 y a un an j'ai eu peur lorsqu'il est parti en service, mais on m'~ dit que c'était pour son bien; je l' ai laissé aller, mon bon enfant qui était si vaillant et si fort. Il a été content chez vous, vous l'avez bien traité, mon fils, je prierai tous les jours que Dieu vous récompense • , , Si vous saviez combien il vous aime, il me parle de vous à tous les instants ; hier au soir j'ai cru que c'était la fin alors je lui ai dit que vous viendrez le voir et H m'~ regardé, m'a dit : c Bien vrai 'P ,, avec une foie extraordinaire et il s'est calmé comme s'il devait vous attendre pour mourir . . • • Pauvre femme, dont j'ignorais l'existence, pauvre mèrede mon petit groom, comme en ce moment-là elle me sembla digne et héroïque 1 Je pénétrai dans la chambre d'à côté. Un demi-jour l'éclairait. C'était une chambre bien pauvre que celle-là, Une table de bois, avec quelques bouteilles de remèdes, deux chaises de bois, grossières, et a 11 fond dans un lit haut l'enfant mourant . . . A mon entrée il ouvrit les yeux, et je vis qu'il essayait de m.e sourire de son. so~rire d'agonisant, mais la force 101 manqua. Je 101 pris la main. Une main chaude de fièvre, et je vis très bieo que b. entôt ce serait fini. Uoe pleurésie l'uvait 'i3isi le lendemain de son arrivée chez lui. Mal soignée tout d'abord, la maladie était devenue mortelle. Je ne demandai aucun <'étail à l'infortunée mère. A quoi cela servait-il, maintenant que tout était inutile 'P Sur une chaise, soigneusement pliée, sa livrée verte était posée, cet habit aux lourds boutons d'argent dont il était très fier et qu'il ne devait plus remettre . , • Et commA j'y jetai les yi:iux je me dis : c Pourtant, c'est moi qui ai tué cet enfant. Si seulement il n'avait point connu d'antres contrées que celleci 'f , La mère, qui me regardait, dut deviner ma pensée, car elle me dit, très lentement, modulant chacun de ses mots : c Mon1:1ieur, je ne vous en veux point d'a-

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'Voir éloigné mon fils de mon affection. Dieu veut m'éprouver. Que sa volonté soit faito 1 • Sainte et bénie résignation grefüe sur la foi des humbles, comme elle console et donne l'exemple à ceux qui doutent et qui n'espèrent pas 1 Je retournai près de l'enfant, il tourna sa jolie tête blonde vers moi et balbutia très lentement : c Je veux retourner • • , je veux retourner. • - Non, mon enfant, tu ne retourneras pins, tu ne r etourneras jamais chPZ moi, en Savoie, enfant qui es venu dormir le dernier sommeil dans ton pays 1 Et pourtant j'eus le courage de lui dire : c Oui, oui, t u reviendras, on t'attend et on t'aime bien noua tous, • Mais il n'entendit pas ma réponse dans ces dernières minutes de sa vie. Sa main, dont la chaleur de la fièvre faisait place au froid de la mort, se dégagea de la mienne et se tendit vers sa mère. Celle-ci la prit folle de douleur et cria sans savoir ce qu'elle disait: , Ne meurs pas, mon enfant, ne meurs pas 1 • Mais c'était trop tard, il pencha sa tête de côté , eut un léger soupir et paisiblement s'éteignit comme une étoile à l'approche du matin, Je mis alors un baiser sur son front et je partis • . . Francis de Gueld se tut brusquement et il y eut une minute de silence entre noua, puis cJmme s'il se fl\t repenti de m'avoir raconté cette triste scène, avec une émotion qui ne lui était point habituelle il ajouta : c Au lieu de te dire cette histoire passée il y a quelques heures, j'aurais bien mieux fait de te faire part d'autres h istoires plus joyeuses, mon cher 1 ..• • Et pour couper court, il se leva, alla vers le comptoir chercher un havane, mais je vis bien que c'était pour dissimuler une grosse larme. Et lorsqu'il fut parti, tout le reste de la soirée, je pensai au petit mort, à l'enfant valaisan que j'avais vu si gentil dans sa livrée verte de groom. CH. DE MEIR Y.

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V':l.010:n.eu.r :n:ia:n.qu.é (CROQUIS VALA.ISAN)

Les vieillards aiment à raconter les aventures gaies -ou tristes de leur jeunesse ; elles leur foot oublier pour u n instant le poids des ans et leur donnent l'illusion du


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premier âge avec son brillant cortège de joies, de plaisirs. Je le remarquais chez mon grand-père, aimabl& conteur qui ne se lassait pas de m'en dire. Parvenu à l'âge de 87 ans, il passait un jour en revue les compagnons de ses jeux d'enfance, et il s'en trouva presque le seul survivant. Au souvenir de plus d'un, une larme perlait à sa paupière ; il en fut ainsi quand il se rappela son voisin et compère Thomas, mais pour lui cette marque de regret était accompagnée d'un sourire. Je compris que sous ce sourire devait se cacher quelque aventure singulière et je lui en demandai l'explication. Il voulut bien satisfaire ma curiosité et à mou tour je vais vous la narrer. De tous mes camarades, me dit-il, c'est de mon compère Thomas que je garde le meilleur souvenir. C'est en nous donnant la main que nous avons attaqué l'a b c ; c'est côte à côte que nous avons fait not.re première communion ; c'est agenouillés sur la même dalle que nous avons un jour rEçu la bénédiction nuptiale. Nous nous associions pour les gros travaux, nous nous communiquions nos joies et nos peines et nous étions heureux de nous aider mutuellement. Je n'étais pas le seul à l'estimer : cœur d'or, caractère gai et ouvert, il n'avait pas un seul ennemi. Cependant, peu s'en fallut qu'il ne devînt tout autre . Je me prêle volontiers à te conter dans quelles circonstances, assuré que tu y trouveras une utile leçon. Commençons par ses bonnes qualités. Thomas était doué d'une très belle voix. Son père, excellent chantre~ l'avait initié au chant sacré et se faisait accompagner à l'église. Fort et robuste pour son âge, aimant le travail, il donnait les plus belles espérances. Aussi ses paren ts en étaient-ils tout fiers, et peut-ê tre uo peu trop c complaisants • envers lui. Arrivé à viogt ans, âge critique pour la jeunesse, il faillit faire évanouir l'espoir d'un bon aveoir. Emporté par sa nature turbulente et entrainé par des amis vicieux, il voulut gollter à la coupe des plaisirs mondains. Les cooseils, les recommandations, les avertissements de soo père et de sa mère ne trouvaient plus d'échos dans son cœur.11 voulait, comme le disaient ses comoagnons, jouir du temps de la jeuness& qui ne passe qu'une fois. 8'1 1 était encore tous les jours au travail, il ne songeait à gagner que pour dépeosAr. Il était de toutes les fêtes et ses amis n'eurent bientôt plus besoin de l'encourager, Il les distaoçait tous pour

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les copieuses ripailles et était le plus infatigable valseur ,de son temps. A toutes les remontrances de ses parent.a, il f~isait la sourde oreille, ou il répondait par : aux vieu~ d égrener le cha.p elet et à la jeunesse de s'amuser ; Je ne ~eux .Plus vivre e~ ermite ; j'ai sept aos sur la tête et Je sais me coodmre sans vous, etc,, raisons semblables, sans valeur, et dictées par ses compagnons. Le pasteur, de son côté, voulut arrêter sur la peote fatale ce jeune homme qui jusque-là était un modèle. L'ayant iovité à une entrevue il ne put obtenir la prome8se d'aucun amendement. Thomas préféra quitter la société des chantres que ses amis de corruption. Dès ee jour, taisant taire la voix de la conscience, il marcha à grands pas vers l'abime. Comme lui amateur des réjouissancPs, je l'accompagnais quelquefois et même je fis des écarts ; j'ouvris les y Aux. à temps, mais mes efforts furent vains pour l'arrêter. Dès lors nos relations furPnt interrompues et restreintes aux salutations amical es, Si nous nous reportons à quelque 70 ans en arrière, n ous trouverons que pour la jeunesse, le passe-temps le le plus en vo~ue était comme aujourd'hui, la danse et que les mayens surtout PD étaient Je 1bMtre. De la mi mai à la S t-Ji:-an, de la St-Maurice à Noël, on y dansait chaque semaine, au son de la voix humaine, de la flûte, de l'accordéon ou du violon. Les habiles musiciens étaient les dieux de la jeunesse ; si la rémunération eo espèces sonnantes était rare, par contre ils avaient leur place gratuite à tou tf's les fêtes et tout le monde pour amis : c'é ait assPZ tentant, n'est-ce pas 'P Aussi chaque villag~ avait le sien et souvent même plusieurs. Le plus en vogue était un célibataire ayant déjà dépasflé la civqoantaine et conou 11ous le nom de FrancRoubet. Comme les murs de Thèbes aux cent portes s'élevèrent dociles au son de la lyre d'Ampbyon, de même on prétendait qu'aux sons entraînants et magiques du violon de notre ménétrier aucun ne pouvait s'empêcher de tourner, car, di!,lait-on, il faisait danser des morts. Maïa était-ce bien par des 11ons naturels qu'on se laissait entr11Î0Pr 'P Beaucoup en doutaient et pensaient que c'était l'Autre qui manœuvrait de l'archet aux yeux des dansPurf\ aveuglés. On racontait que dans une veillée aux Mayens, un i:' pPr"'onne qu'on y avait entraînée par force, avait vu à l'heure de minuit (les veillées se prolongeaient maintes fois jusqu'à l'aube), qu'un personnage


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inconnu, au regard de feu. plume de coq au chapeau, à l'hahit vert, culotte courte couleur de flamme, versait de l'huile daos le crouêjouet et commuoiquait à ceux qui tourbillonoaient autour de lui son haleine corruptrice; tandis qu'une deuxième personne, pareillement accoutrée et armée d'un violon, jouait de pair avec Franc-Roubet et entraînait tout le monde. Aucun autre ne les vit, mais ce soir-là per11oooe ne s'apercevait de la marche du temps ni ne sentait la fatigue, enivrés par cette musique endiablée, CAs racontars et d'autres non moins invraisemblables faisaient p11sser le violoneur pour avoir fait un pacte, A sa vue les enfants se cachaient et les vieilles femmes faisaient de grands signes de croix. Bien des jeunes gens même ne l'approchaient pas sans un sentiment de crainte superstitieuse. Si pacte il y avait, notre homme avait oublié de s'y réserver une longue vie, Il avait à peioe dépassé la cinquantaine et déjà on le voyait dépérir à vue d'œil. De gai, enjoué, il était deveou sombre et taciturne et fuyait toute société ; les gens brodaient de plus belle sur son -0ompte, mais le plus certain pour eux c'était qu'il avait entraîoé ass~z d'âmes hors de la b:>nne voie pour le faire réfléchir et l'attrister. Il fallait mllintenant employer la force pour le faire paraitre aux réjouissances et sous ses doigts les cordes jetaient des accords lugubres qui faisaient évanouir la joie. Da tels faits ne plaisaient point à la jeunesse et d'un commun accord on résolut de lui donner un remplaçant. Sur les instantes sollicitations de ses compagnons de plaisir, Thomas qui notait déjà pas mal, soit au son de la voix, soit à l'harmonie, s'offrit à le remplacer. Lf>S parPnts effrayés donnèrent un dernier assaut : rien n'y fit. Ils se confièrent en Dieu et se réfugièrent dans la prière. Franc-Roubet, dans l'espoir d'être délivré des obsessions de la jeunesse, consentit à lui enseigner ... tout ~a qu'il savait, A partir de ce moment, Thomas Barnoud prit des leçons et était en train de remplacer avantageusement son maitre. De plus en plus pris dans l'engrenage qui broie tant d'âmes, il allait bientôt remplir à son tour l'office de tentateur. Beaucoup voyaient déjà son avenir à tout jamais bri~é ; mais les larmes et les prières de sa mère avaient fait violence au Ciel et un incident providentiel vint l'arrêter. C'était quelques jours avant Noël. L-1 plupart des pâtres avaient ramené leurs troupeaux des mayens au vil-

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lage; Franc-Roubet avait déménagé le soir même ; il faisait déjà nuit quand Thomas Bernoud se rendit chez son maHre, qui arrivait en ce moment du mayqn avec 1:1on troupeau. Le violoneur se plaignit des embarras des déménagements et lui dit d'entrer en lui tendant la clef de son logis, pendant qu'il allait caserner son petit bétail et lui donner les derniers soins journaliers. Notre apprenti ménétrier ne se fit pas prier, heureux qu'il était de revoir son cher violon et de rep.·endre les leçons interrompues pendant le séjour de son professeur aux hauts alpages. En entrant dans cette mais m que l'on disait être le théâtre d'étranges mystères, un lieu de sabbat où l'on entendait quelquefois, aux heures de minuit, le cri de cent animaux divers, il sentit un frisson parcourir ses membres. Mais, honteux de son trouble, il se dit : c Est-ce qu'on a peur à mon âge t > et faisant le brave, il traversa la cuisine et pénétra dans la chambre. Son premier soin fut d'allumer la lampe, mais il eut beau battre le briquet, les étincelles arrachées au silex refusèrent de mordre à l'amadou. Pour se sentir moins seul, il se mit à racler du violon.

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{La fin au prochain N·.J

R.epousson.s 1'argo"t L'argot! - Qu'est-ce à dire? Selon le dictionnaire, c'est le langage de convention ,en usage parmi les filous, les vagabonds, les mendiants, en général parmi tous les individus suspects, qui ont intérêt à se communiquer leurs pensées et leurs projets sans crainte d'être entendus par ceux qu'ils redoutent. Par extension, l'argot désigne le bagage de termes particuliers qu'adoptent entre eux les geas d'une même profession. Il y a l'argot des gamins de Paris, celui des limiers de la police, celui des revendeurs de la Halle, celui des commis voyageurs. D'où qu'il vienne, l'argot est un mauvais langage, et fo dictionnaire ajoute que savoir ou entendre l'argot se dit d'un homme adroit, intelhgent, mais en mème temps fourbe et fripon. Eh bien I il ne manque pas de gens même de prétendue bonne éducation qui affectent aujourd'hui d'employer l'argot. Celui q110 les commis voyageurs ont re-


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cueilli à Paris est colporté jusqu'aux petites Jocalité!J reculées, où la jeunesse bel esprit croit se distioguer en assaisonnant sa conversation des termes : boulotter rigoler, abouler, ballader, être dans la dèche, serrer la rame, avoir de la braise, aller au pieu, etc. La chansonnette française n'a pas peu contribué à répandre ce mauvais gotît, ces termes agaçants, et une influence tout aussi fâcheuse est exercée par les petits théâtres, par ces pièces épicées dont toute la recherche consiste à provoquer un rire passionnel et grossier. Bref, l'argot n'est plus seulement usité dans la taverne des gens suspects, dans les petites rues et sur les planches où déclament les cabotins ambulants ; il s'étend, monte et pénètre partout. Il nous déborde, et c'est grand temps de tenter une réaction contre son rapide en"'ahiasement. Que les hommes ~e goût rejettent donc absolument. et combattent énergiquement la corruption du langage 1 La conversation deviendrait insupportable s'il fallait s'entretenir chez nous dans le style dont le Conteur· donne l'échantillon suivant comme étant l'argot fin de

siècle à Genève :

John. - Salut I où t'en vas-tu comme ça? Camille. - A la boite (magasin ou atelier) où j'ai oubliémon paletot. Et toi, où vas-tu te batlader? John. - Je m'en vais à la baraque vite boulotter un morceau et puis filei· à une assemblée qui décidera si oui ou non on fera la course à Dijon. Camille. - Mais ne m'as-tu pas dit que votre caisse était à sec?... Comment ferez-vous? John. - Notre caisse est sevrée de galette, c'eet vrai mais on a toujours la ressource de faire abouler les fond~ du paternel. Et puis ceux qui sont bien notés chez le galeux (patron) arrivent à se faire avancer leur demi-moia. De la braise. vois-tu, quand il en faut, on en trouve toujours. Camille. - Ouais I c'est mœlleux ce moyen-là. C'est mon auteur qui ferait du chenabre (bruit) si j'en essayais. John. - Le mien tempêtera pour commencer, puis iL aboulera tout de même, quitte à me faire la tête (la mine) pendant huit jours. Camille. - Je ne t'ai pas vu hier soir an Crocodile; c'est tant pis pour toi. Ce qu'on a rigolé, c'était à se tordre les. (!anelles ... La biêre était fameuse l... Je crois, ma parole, que, J ét~1s pompette en me mettant au peu (lit); mait1 le lendemam,_ voulant prendre mon distac, je m'apercevais que je n'avais plus le rond. John. - Alors que fais-tu quand tu es dans la dèche?

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Camille. - Je vis de privations pendant un jour, ensuite j'emprunte à un camarade. John. - Et s'il est, lui aussi, dans la panne Y Camille. - Je m'adresse à un autre. John. - Et si tu réussis ? Camille. - Je lui serre la rame (main) bien fort et il se montre heureux de ma reconnaissance. De cet affreux jargon, délivrez-nous, Seigneur)

ECONOMIE DOMESTIQUE LESSIVE ET SAVONNAGE

Les grandes lessives d'autrefois ne se font plus guère. que dans les campagnes, où une installation de buanderie complète favorise ce genre d'opération. En ville, et surtout dans les appartements des villes, les lessives se font à l'aide d'appareils automatiques dans lesquels. le linge à laver est plongé et arrosé sans cesse par un liquide bouillant, solution de carbonate de soude et de savon. Hâtons-nous d'ajouter que cela ne vaut pas la· lessive de cendres qu'on faisait jadis et qui laissait le linge à la fois blanc et parfumé d'une bonne odeur rus-· tique. Qufll que soit le procédé qu'on emploie pour lessiverle liage, le principe primordial du blanchissage est le même. Le linge doit être d'abord savonné fortement à l'eau froide ou à peine tiède; ensuite il est disposé soit dans le cuvier, soit dans la lessiveuse automatique. 0 a a soin de placer en dessous le linge le plus malpropre. Cela fait, on verse sur le linge une eau tiède d'ab1>rd, puis de plus en plus chaude, dans laquelle on a fait bouillir des cendres de bois (enfermées dans un sac) ou des cristaux de carbonate de soude. L'eau qui s'écoule du cuvier après avoir pénétré le linge est recueillie dans des sortes de baquets, réchauffé , à nouveau, si elle n'est pas trop souillée, et est à nouveau encore versée sur le. liDgA. Quand il s'agit d'appareils automatiques, la solution versée tiède sur le linge disposé dans la lessiveuse, est échauffée peu à peu grâ.ce au feu sur lequel l'appareil est placé et elle arr.:>se d'tlle-même le linge par un me,uvement d'ascension et de descente provoqué par l'ébullition. Lorsque le linge est resté en contact avec l'eau bouil-


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tante pendant une demi-journée, on le laisse rflfroidir. Puis on le retire 1'e l'appareil ou du cuvier, on le lave au savon en le frottant, on le rince à plusieurs eaux pour enlever toute trace de souillure et on le passe au bleu. Le • bleu , des blanchisseuses Ast une solution de c~balt préparé en boulettes ou en petites plaques et qui, dissous dans l'eau, lui donne une jolie teinte bleue. Le linge trempé, puis tordu, est ramené, dans cette eau, au ·beau blanc du neuf, que la lessive lui a fait perdre en le .iaunissant un peu. Quand le linge a été passé au blt>u, on l'étend sur dAs cordes spéciales, qui ne doivent pas servir à autre .chose et, s'il fait un peu de vent où il est étendu ou le fixe pièce par pièce sur la corde à l'aide de petit~s chevilles de bois qui le retiennent et l'empêchent de tomber à terre: Autant que possible, il faut étendre le linge au grand air et au soleil. Si l'on dispose d'une prairie il est encore . mieux étendu sur le pré que sur une corde'. Dans les villes, où, pour des raisons diverses on ne peut pas toujours faire des lessives, on donne a~x blanchisseuses de campagne le gros linge de maison et on savonne chPZ soi le linge fin. C'est une bonne précautio~. Pour. ~ela on ~ssange (premier sayonnage à l'eau froide ou hede) le hnge, puis on le fait bouillir à feu doux dans one marmite, un chaudron, une bassine quelconque, avec eau de carbonate et savon. Cela dure une heure ou deux. Ensuite on procède comme nous l'avons dit pour le reste de l'opération. Ces petits savonnages faits à la maison sont fort éco,n omiqoes. Ils ont de plus l'avantage de ne pas abîmer ni b rftler le linge. Puis, ils permettent d'entretenir un ménage av~c une petite quantité de linge. Tout n'est pas à dédaigner. Les méuagères soigneuses font faire ce petit service tous les lundis. L9 samedi soir on met le linge sale dans une terrine et on verse par-dessus de l'eau froide ou à peine liède dans laquelle on a fait dissoudre un peu de savon, Ainsi, il se nettoie pour ainsi dire de lui-même pendant trente-six heures, et le lnndi quand on le savonne on n'a pas grand besoin de frott~r pour le faire devenir propre. Remarque: L'important, c'est de ne jamais employer ,d'eau chaude po!lr le premier. nettoyage du linge. Faute .de cette précaution, on • cmt , les taches, comme di-

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sent les blanchisseuses, c'est-à-dire qu'on les fixe d'unemanière presque indélébile. Autre recommandation: quand on passe le linge au bleu, veiller à ce que le bleu soit bien fondu et à ce qu'il n'en reste pas de petits débris solides qui, en s'écrasant contre le linge, le tacheraient de bleu de distance en distance. ... i

VARIETES Un bon marché. - Augmenter petit à petit sa dose de vertu, assurer sa place au ciel et obteni~ ~es a!antages avec des miettes soigneusement recuellhes, n eqtce pas un bon marché , Ces miettes, vous les connaissez , amis lecteurs: ce sont les limbres oblitérés de n'importe quel pays et de n'importe quelle catégorie. Toua sont favorablement accueillis. Pour l'amour de Dieu et des âmes, recueillez les miettes et envoyez-les au R. P. Barral, supérieur de l'école apostolique de Bethléem, à Immenses, (Schwytz). L'été prochain. - A propos de pronostics du temps probable pour 1898, un agricult~~r vau.dois écrit quet suivant une ancienne coutume qu 11 pratique au moyen d'oignons saupoudrés de sel, nous aurons une année de sécheresse. Aussi engage-t-il les agriculteurs à ménager leurs provisior.is de foio, afin de ne pas être pris au dépourvu comme en 1893, où il fallait vendre à vil prix le bétail. - MU• X. est une jeune personne ù'une maigreur e~ d'une laideur phénoménales, qui fait la chase~ au m~r1 avec toute l'ardeur _possible. Les bonnes petites amies l'ont surnommée : Un bâton qui cherche un aveugle. .•. Un romancier qui devait de l'argent à son tailleur s'avisa de lui envoyer ses œuvres complètes. - Monsieur lui répondit ce fournisseur en lui retournant les voluihes, vous o~bliez qu'aujourd'hui on paie en francs et non plus en livres. .•. Q,~el vide subit sur la scène du monde. si l'on en retranchaU tous les figurants 1 Enfants terribles. - Maman : J'e.spèr~, m~intenant1 ma petite Louison, que tu vas bien t apphquer, afin d'avancer dans ta classe ; - lorsque j'allais à l'école, j'ai toujours été la première.

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14 Louise : C'est curienx I toutes les mamans ont été les premières de leur classe. ••• ~o~~~tiques modernes. - Madame (à la nouvelle cu1sin1ere) : Je vous préviens d'Amblée qu'aucun ,de n~us ne boit ni vin ni bière, mais seulement du thé ; Je pense que cela ne vous fait rien. . - Oh I pas du tout, madame, j'ai déjà servi dans une .de ces familles de buveura convertis. 0 OG.JP'CO 0

Recettes et conseils utiles qonserva~ion des sacs pour eng-rais, - Les engrais, en raison même de leurs propriétés constitutives, dévorent leurs sacR d'emballage. On indique un moyen de. ~onserver. les sacs, ,au point même de pouvoir les ut1hser ensmte pour 1emballage des denrées agricoles. Ce n'est pas la légère acidité des superphosphates qui peut causer la destruction . La vraie cause est l'acide fluorhydrique dégagé par l'action de l'acide sulfurique sur le _fluorure ~e calcium contenu dans le phosphate. Cet acide produit un véritable épaillage chimique. Il faut imprégner les sacs de carbonate de chaux ou de craie délay_é e dans une solution légère de colle. Cha9ue sac dott absorber 50 grammes de craie environ. :Vitraux e~ papier. - On peut assez facilement fabriquer d~s. vitraux en papier, coûtant peu cher, et dont la compo_sit1on offre surtout un divertissement agréable. Le J.>lus important est. de p réparer la feuille de papier destmée à être enluminée et collée sur les vitres. Pour cela on prend du papier blanc qu'on met tremper dans u_n mélange de camphre et d'alcali; il acquiert une consi~tance et une apparence analogues à celle du parchemm. On peut alors y peindre aisément avec des couleurs d'aniline et obtenir dos panneaux translucides aux teintea vives et brillantes. ' .La mousse artificielle. - Comment donner une belle temte verte durable à la mousse qui sert à garnir les jardinières des salons et des pots de fleurs 'P Cela est f-Ort aisé. Il suffit de prendre les paquets de mousse naturelle et de les tremper, un ou deux jours après leur récolte, dans une solution un peu forte de bleu de blanc~is~euse, puis de faire sécher à l'ombre. La mousse a10s1 préparée ne jaunit pas et le bon chat peut en manger sans danger, ce qui n'est pas à dédaigner.

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Ce qu'on peut faire des vieux iournaux. - Voici, d'après un journal américain, quelques-unes des \nombreuses utilisations que peuvent avoir les vieux journaux : Tout d'abord, froissés en bouchons, ils constituent d' excellents allume•foux. - Découpés en bandelettes et roulés ou pliés, ils donnent les filibus employés dans les bureaux de tabacs pour allumer les pipes ou les ci.gares. - Ils remplacent les carreaux cassés. - Les jeunes typos en font des coiffures. - Pliés en plusieurs épaisseurs et mis dans des chaussures, ils donnent de chaudes semelles. - Roulés autour des pieds et des jambes, ils remplacent des bas de laine. - Des fourr ures ou des habits bien enveloppés de vieux journaux seront préservés des mites, l'odeur empyreumatique de l'encre d'imprimerie étant aussi désagréable à ces insectes que celle du camphre ou de la lavande. - Placés sous les tapis, ils garantissent ceux-ci de l'usure et de la poussière. - Leur imperméabilité à l'air et à la chaleur les rend précieux en été pour conserver fraîches les boissons. - Une bouteille de champagne frappé, roulée dans un journal, gardera toute une journée la même température. - On sait qu'on utilise les vieux journaux pour faire des couvertures de lit très économiques. - A Londres, on voit souvent des malheureux couchant en plein air, étrangement enveloppés dans un our nal. Pour enlever les taches sur un livre ou une E?ravure, voici la composition à employer et le moyen de s'en servir : On fait dissoudre dans de l'eau environ 60 ou 70 grammes de permanganate de potasse. Ce produit, tel que le commerce le fournit, est en paillettes cristallines d'une couleur rouge intense ; très peu de sel suffit pour donner une forte teinte rouge violacée à une grande quantité d'eau : ensuite on se munit d'acide sulfureux. Avant de commencer l'opération, il faut laisser bien tremper la feuille dans l'eau claire ; on l'éponge entre deux buvards et on opère de suite sans lui laisser le temps de sécher. On verse le permanganate sur la tache et on l'y laisse jusqu'à ce que l'encre devienne couleur de rouille très prononcée ; alors seulement on verse la dissolution d'acide sulfureux qui enlève le permanganate et l'encre, .ensuite on rince à l'eau claire. On pourrait peut-être opérer à sec, mais il est à crain-


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dre que les ingrédients employés ne fassent des auréoJes. tandis que l'eau n'abîme jamais le papier. Par ce moyen on peut laver aussi les vieilles gravures ; n'ayant pas d'encre à enJever, on mouille davantage la préparation Qui ne détériore pas le papiercomme l'eau de javelle. Pour remettre à neuf le linoléum. - Rien n'est meilleur pour remettre à neuf rapidement le linoléum que l'essence de térébenthine. Il faut l'employer avec. modération, en frotter le tapis avec on vieux morceau de drap de manière que la poussière ne se mêlA pas à l'essence. Le linoléum est même un peu glissant pendant quelque temps.

XVII=• ANNEE

SION

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30 Join 1898

• l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

Pensées

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION

* La neutralité religieuse de l'éco]e est stupide parce que l'enseignement d'une religion est la base même de la morale, et par conséquent de l'éducation. Et ce n'est pas être neutre en matière religieuse que de ne pas enseigner la religion, c'est être opposé à l'idée religieuse. S'il y avait une école dans laquelle on n'enseignât pas à compter, on ne dirait pas que c'est une école neutre en matière d'arithmétique, on dirait que ce n'est pas une école. J. CoRNÉLY, • Parmi tant de ruines accumulées par la banqueroute sentimentale, philosophique, politique et sociale de cette désastreuse fin de siècle, la Foi reste debout, pareilJe à ces imposantes cathédrales qui, fermes sur leurs assises depuis tant de siècles, attestent la force iLébranlable du Christianisme et la permanence dA l'Eglise. François COPPÉE. • Dieu respecte la liberté humaine et lui laisse son jeu. Mais cette force avec laquelle il compte, n'en est pas moins réduite à le servir. Ce qui fait aujourd'hui le scandale de la loi, demain procurera sa gloire. Louis VEUILLOT. • Dieu ne met pas tout du même côté : Il faut bien que les grands esprits aient leurs petites lacunes pour laisser quelque chose aux bons cœurs. Louis VEUILLOT. * Le temps est un grand maître, dit-on; le m1tlhAur est qu'il tue ses élèves. BÉLioz.

L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Mal inclusivement, en livraisons de f 6 pages.

Il.

Prix d'abonnement pour la 80IS111e, 2 fr, 30, IJnion postale 3 Cr. ànnonces, pri:L 20 cenl. la ligne ou son espace.

Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE: Conférences d'instituteurs. Une leçon de morale : la famille. De la sympathie chez l'enfant. - Des réprimandes /III. llfanière de faire les reprimandes). Ecoles enfantines ( Fin}. - Une petite maîtrise. - Echos des conférences (Sion, Entremont, Saint-Maurice-Montlzey, Herens). - Partie pratique (Narration : Le clzien du Saint8

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q:I ,:::::·~:· publication doit être adressé l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1·· secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion. 0~

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No 11 l'Ecole primaire, 30 Mai 1898 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu