10 Juin 1910
29 8 année LE FOYER ET LES CHAMPS
ües [ruits confits au fond et s ur les parois du moule.
La couture La blouse pour garçonnet d'une dizaine d'années, dont nous offrons le modèle aujourd'hui, se taille généralement dans de la flanelle, du tennis ou du coutil. te patron se compose de quatre parties: Je devant, le dos, la manc.he et le col. Le devant, le dos et la manche sont coupés droit fil. Cette blouse est garnie dans le dos (le deux plis ronds coupés en biais qui passent sur les épaules et tombent devant; un troisième pli cache les boutons et les boutonnières.
Bordez. le bas de la. blouse à cheval. Cette bordure sera cachée sous une ceinture de cuir. Sur le coté gauche de la blouse, faites trois ou quatre boutonnières; attachez les boutons sur le coté droit et bien en fac.e des boutonnières. Rentrez le bord chl col, cou~ez lrs galons et m ontez-le à la blouse. · Couper, des biais d'environ douze centimètres de large: rentrez les bords sur lesquels vous faites une piqure el posez un de ees biais sur le milieu du devant; puis, un de chaque côté, devant et dos. Cetle blouse ne se double généralement pas. Pour la confectionner, il faut, pour un enfant de huit à n euf ans, environ 1 m. 75 de tissu en un mètre de large.
vtmatre (Q) ~{ ®1~1 ~J ~ • ,
Soetetè valai~a-I)Qe
d ·édu~ation
HYGIÈNE
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lait caillé
Le col se taille en même tissu ou en tissu uni ; dans ce dcrnie r cas, on place dessus trois galons blancs assortis au tissu. L'ampleur de l a manehe est dimillUée, au poignet, par de petits plis piqués sur une hauteur de six à sept centimètres. Pour coupe·r le clos, plarez le milieu du dos le long du pli de l'étoffe, de manière à couper double ; coupez Je col double aussi, a,fin qu' il n 'y ait pas de couture. Assemblez ensui te les devants el le clos par les coutu res cl'épaules et de dessous de bras; faites la couture de la manche, les plis elu }Joignet, les fwn ces ùu haut et wont.ez-la à la blouse. Essayez, afin de r églee l'ampleur, la longueur de la blouse, la longueur de la manche, l'encolure: puis, cousez.
DE LA
Moniteur du Musée industriel et pédagogique &
Il ;urive que le lait exaeleme nt s ucré s'épaissit. 11 ne s'agit pa.o; ici du lait devenu aigre, ma is bi011 épai:-; Pl d'un goût plutôt doux. Ccci ne se remarque que lorsque le lait est froid. La cause de cette transformation résidr clans la présence de bactéries appa rlenan l ù. un genr e dont on ne i=>e clébarrassc que très dHficilement. Telles les bactéries du foü1 et des pommes de terre qu 'on trouve su t· les herbes sèches et sur Je sol. Elles s'a ltachent de tellr façon qu'on peut les exposer à la vapeur pendant six heures consécutive:-; sans obtenir aucun résultat. On Je::; trouve le plus souvent dans la poussière. Or si le lait est Yersé dans deR ustensiles malpropres, il est possibk qu 'it eontrade celte diS L)Osition ~t ép a isHi r. La malpropreté ctu pis, de 1'(·tablr>. de la laiterie font causer celte nwladie Llu \ail. fl fant doue qu'tnJe glë:\UUe pr·opreté règne pal'lout si on \'('Ut <!viter cet incon vrnient. _ _
L'Ecol:l primaire donne de 12 à 14 livraisons de 8-16 pages chacune, non compris la couverture et autant de su~pléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (solt du ter Janvier au 31 Décel!lbre). . Chaque mois il est en outre apporté un supplémeu: ~llustré de 8 pages intitulé : Le Foyer et les Champs.
Suisse
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Annoncrs : 20 cent. la ligne sur toute la largeur . Tout ee qui eoneerne let publicettion doit être etdressé d.treetement li son géretnt' M · p · PI""NAT , ...,. , e h er~ de S er\1'1ee a;u D~pa;rt.:ment de l'lnstruetioo publique. èt Sion.
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' "t peoutJOUrsf t · cuisine On elle e~~ ~rop vite : la bonne littérature est comme la bonne ' 0 se a1re Que lentement.
SION, 10 Juin 1910
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Sommaire dn présent 11oméro Les études sociales. - Instruction publique (extraits du rapport du Département de l'lnstr.. publ. et du .Bulletin du Grand Conseil sur la gesüon de 1909) . - L 'épargne dans la famille. - Le passage du Od-St-Bernard par Bonaparte. ~ Fatale erreur. - Le « Requiem )) de Jl1ozart. - Variétés. - ·0-
Sommaire
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supplément N° 9
(CeHe annexe renfenne 24 pages) Les institutions militaires en Smsse. - Que deviendra-t-il ? - Le tricentenaire de la télescopie. - La désertion des campagnes. - Nos enfants après la fin des classes. - Avec le temps. Les foires. - Le bahut ancestral. Je suis hl voie. - · Le:s hymnes du StSacrement. - L'homme d'action. La meilleure assurance. - Misère. Superstitions. - Ame:s d'enfants. ~ ~a fête-Dieu des Hirondelles. - Vanetes. - Pensées. · Au présent supplément s.e _trouve~t jointes deux livr aisons du Joh recue1l illustré: Le Foyer et les Champs. - 0-
Semaine sociale de Fribourg Nous avons le plaisir d'annoncer aux hommes d'école et en particulier à. Messieurs les Instituteurs, que l'Association catholique suisse organise pour le mois de septembre prochain, à fribourg, une Semaine Sociale. Elle se tiendra du lundi soir, 5, au vendredi 9 septembre. Qu'est-ce qu'une Semaine Sociale? Bon nombre de vos lecteurs auront sans doute rencontré plusieurs fois déjà ce mot dans les journaux et revues catholiques qui relatent les principaux événements de la vie religieuse et sociale à l'étranger. Et de fait, les catholiques de france, d'Allemagne, d'Italie, de Belgique, d'Espagne, ont, à plus d'une reprise déjà, organisé des Semaines
Sociales, qui ont eu un plein et fécond succès. Les semaines sociales sont même devenues en certains pays, en France, par exemple, une institution des plus vigoureuses et qui s'impose chaque année davantage à l'attention de t?us ceu~ .qui intéresse le mouvement SOClé,ll chrehen. Elles ne sont autre chose, en définitive, qu'une série de ~ou~s théorique? et pratiques sur les pnnClpales questiOns que soulève le problème social. Elles fournissent sur toute cette foule de choses qui s'appellent le socialisme, .les organisations ouvrières, les synd1cats, le caisses de secours, le juste salaire, le travail et le capital, les relations entre patrons et ouvriers, le droit de grève, les œuvres r urales, etc., etc., des lumières fortes et précises, des renseignements autorisés et sûrs, des principes et des données inébranlables, parce qu'ils sont le fruit d'une science sociale qui s'inspire du catholicisme et qui s'appuye sur lui. Le catholicisme seul, par ce qu'il est une religion divine et instituée pour apporter aux hommes jusqu'à la fin du monde la force de Dieu lui-même, le catholicisme seul peut permettre aux hommes de régler tous leurs rapports sociaux selon l'équité et la justice. Et par le fait le catholicisme seul peut apporter un remède efficace et durable aux maux qui affligent la société c·omme à ceux dont souffrent les individus. Et \·oilà pourquoi il est du devoir de tout catholique qui veut appartenir à la classe dirigeante de son pays et exercer une action bienfaisante dans le milieu social où il se trouve, de connaître aussi exactement que possible les données, l'importance, la difficulté, la solution, les exigences pratiques du problème sociaL Faute de posséder sur les choses sociales quelques notions puisées à une source sûre, combien se sont a bstenus de mettre la main à des œuvres qui, dans leur milieu, eussent été des plus utiles. ou, ce qui est pire, ont échoué malheu-
29me année
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIETE VALAISA:IliE D'EDUCAT'IOH
Les Etudes Sociales
tant d'une manière constante à les former pour les luttes de l'avenir et à améliorer leur existence! Un bien petit nomBien souvent déjà l'Union des Tra·. bre, hélas! et à qui la faute? Presque vailleurs 1 ) a engagé ses nombreux lec- toujours aux parents qui, ignorant euxteurs à se livrer sérieusement aux étu- mêmes l'importance des études sociales des chrétiennes sociales; il en a prouvé chrétiennes, ne font rien pour détermilD. nécessité absolue de nos jours et il a, ner leurs enfants à se faire admettre à cet effet, organisé des conférences et dans !es cercles ou sociétés qui se lides cours. C'est dans cet ordre d'idées vrent à ces études. Ces parents sont les que nous voudrions aujourd'hui donner premiers cependant à déplorer le malquelques conseils aux parents et à tous heur des temps, à se plaindre du mauceux qui sont chargés de l'éducation et vais esprit de leurs enfants, à récrimide l'instruction des enfants. :,cr contre les dures conditions auxquelNous ne craignons pas d'affirmer les les travailleurs sont soumis et à reque, dans le siècle où nous vivons, l'é- connaître que les revendications et les tude la plus nécessaire, après celle de droits des ouvriers sont le plus souvent la Religion, avec laquelle, du reste, elle méconnus. Pourquoi ne travaillent-ils doit, en bien des points, se confondre, pas d'abord à améliorer leur propre siest celle des questions sociales. Les pa- tuation et ne donnent-ils pas à leurs enrents chrétiens ne devraient jamais per- fants une science qui amènera, sans dre cette idée de vue et s'en inspirer en chambardement et sans bouleversement, toutes circonstances dans l'éducation une existence moins amère et un état de leurs enfants. Les maîtres et les maî- social vraiment chrétien, c'est-à-dire, de tresses d'école devraient, de leur côté, vraie liberté, de juste égalité et de doune rien négliger pour inculquer aux ce fraternité. jeunes intelligences qu'ils ont à former, Il faudrait au moins que, dans les les principes de justice sociale contepays chrétiens, les programmes des éconues dans l'immortelle Encyclique de les et que tous les programmes des éla! {on XIII. j Au sortir des écoles primaires, la blissemen ts libres d 'instruction continsplupart des jeunes gens s'enrôlent dans sent quelques rudiments d'études sociades sociétés de gymnastique, d'escrime, les et que les éièves apprissent qu'il y a de football ou autres; mais combien son- une économie sociale chrétienne. Il faugent à entrer dans une société qui per- drait faire une place à l'étude des prinfectionnera leur développement intellec- cipes tirés de l'Encyclique Rerum No· tuel, moral et religieux, tout en travail- varum et que les élèves apprissent qu' au-dessus de la libre volonté des hom· 1) Bulletin officiel français de l'Or- mes, il est une loi de justice naturelle gé\nisation ouvrière chrétienne de la plus élevée et plus ancienne, à savoir que le salaire ne doit pas être insutfiSuisse, paraissant à Oen(Jve.
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sant à faire subsister l'ouvrier sobre et honnête. De cette manière, le maître poserait des jalons pour empêcher l'élève de se mettre plus tard à la re~or que des économistes douteux et antichrétiens. Les professeurs d'instruction religieuse devraient traiter, dans leurs cours à l'usage des classes supérieures, de la doctrine sociale du Christianisme. Les œuvres de Saint Thomas, recommandées si instamment par Léon XIII, si largement mises à contribution par ses Encycliques, sont, à cet égard, la meilleure source. On perdrait alors l'habitude de considérer l'Eglise comme le gendarme de la Société. On n'envisagerait plus seulement ce qu'elle interdit, mais ce qu' elle prescrit: non plus seulement son rôle conservateur, mais son rôle progressiste. Les aumôniers des lycées, qui sont les maîtres de leur enseignement, ont là une voie toute tracée et féconde en résultats bienfaisants. En outre, il faudrait fonder dans les collèges libres des réunions d'œuvres. Certains établissements ont déjà leurs conférences de Saint Vincent de Paul. Mais ils sont trop rares, hélas! En allélnt visiter les pauvres, le spectacle des misères, des indigents leur inspirerait des réflexions salutaires. « Qu'avonsnous fait pour échapper à leur sort? » Et il répondrait ce que Figaro disait au comte Almaviva: « Nous nous sommes donné la peine de naître. » Et ce serait un grand bien, car ~e ce con~él:ct avec l'ouvrier, les fils de la bourge~lSle ~our raient retirer d'excellents frmts, s1 un directeur éclairé attirait leur attention sur le salaire de celui qu'ils assistent, sur son logement, sur le chômage dont il souffre sur le dénûment plus complet dont' il est menac~ dans sa vieillesse. Il serait éminemment précieux que, dès le collège, il y eût une relation étroi-
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te entre l'action charitable ou sociale et les études sociales; que les études fussent génératrices d'action, que l'action fût le complément des études. Dans beaucoup de collèges, des groupements littéraires appelés académies, existent déjà; ne pourrait-on pas y ajouter les études sociales! Vous objecterez que des adolescents n'y entendraient rien. Mais prétendentiis donner des conclusions définitives en littérature? Evidemment non. Leurs maîtres veulent simplement former leur goût littéraire. Pourquoi ne pas essayer de former leur goût social? Vous apercevez quelles conséquences entïaînerait la réalisation de nos vœux: Une jeunesse instruite du Christianisme intégral, connaissant les plaies de son temps, sachant où prendre les remèdes! Quel avantage pour la société et pour l'Eglise! Si les éducateurs ajoutent à cette formation sociale et religieuse, la formation civique, sans laquelle la plus haute culture demeure siècle, en dépit de tant de stérile, le tristes prévisions, sera le siècle de la démocratie chrétienne et du rétablissement de l'ordre social chrétien. B. M.C.
xxe
Instruction Publique A ce sujet nous reproduisons du compte-rendu des débats du Grand Conseil (session de mai 191 0) les pasSdges suivants concernant spécialement l'instruction primaire et l?rofessionnelle: La Commission rappelle que le Département a déjà été invité à réaliser dès que possible l'uniformisation des manuels scolaires. Actuellement on se sert de manuels différents suivant les écoles, et cette situation est préjudiciable à l'enseignement. M. le Conseiller d'Etat Burgener dit
que cette question n'a pas été perdue de vue. La loi sur l'enseignement primaire de 1907 a institué une commission spéciale qui doit entre autres s'occuper des manuels scolaires. Cette commission, que préside le Chef du Département, a tenu ces derniers temps plusieurs séances et a spécialement délibéré sur cet objet. Un projet de livre de lecture a été élaboré, projet volumineux, mais dont l'impression s'annonce coûteuse. Si l'on n'a pas pris de décision définitiver c'est que l'on a appris que Fribourg. dont les conditions d'enseignement au point de vue linguistique sont sensiblement les mêmes, était sur le point d'achever l'uniformisation de ses manuels, et qu'il y aurait ainsi intérêt à profiter de l'e:<périence faite dans ce canton. D'autre part, on se trouve actuellement dans une période de tâtonnement, de transition, au point de vue pédagogi· que; les méthodes d'enseignement sont l'objet de nombreuses discussions. Cette situation ne saurait au reste durer et d'ici deux ans le Département espère avoir solutionné cette question dont il reconnaît toute l'importance et à laquelle il ne cessera de vouer son attention .. Une seconde discussion surgit à propos des subventions scolaires. M. le député .Joris rappelle qu'à sa session de novembre le Grand Conseil a invité le Conseil d'Etat à étudier les moyens de rembourser immédiatement aux communes la part des dépenses scolaires. Il demande où en est cette question. M. le Conseiller d'Etat Burgener fait observer que le Grand Conseil a donné à son postulat une forme plus générale que celle que lui prête M. Joris. Le Conseil d'Etat a été invité à étudier s'il n'y avait pas opportunité de contracter un emprunt destiné entr'autres à rembourser aux communes les 25 % de leurs dépenses pour constructions de bâtiments scolaires. Malheureusement le canton a eu l'immense chagrin de
perdre son regretté Chef des Finances, M. de Werra, et son successeur, n'a pas pu encore s'occuper de cette question. M . .Joris estime qu'il y va de la dignité de l'Etat de rembourser ces dépenses aux communes; c'est là une dettt: nationale. Les communes ont construit sur la promesse que ce 25 % leur serait remboursé. Or l'Etat ne leur verse actuellement que des acomptes qui couvrent à peine les intérêts de la somme que ces communes ont mise dans ces constructions. Il demande donc que l'Etat soit formellement invité à présenter des orooositions à la prochaine session relatives au mode de remboursement de ces dépenses scolaires. M. Défayes relève le fait que le rapport de gestion signale l'état défectueux de nombre de salles de classe. Or, si l'on ne paye pas aux communes ce qui leur revient, les communes ne se décideront plus à faire des sacrifices pour améliorer leurs loca ux scolaires ou en construire de nouveaux. M. Burgener réfute l'assertion de M. Joris qu'il s'agirait en l'espèce d'une dette de l'Etat. La Caisse de l'Etat n'est que le canal servant à acheminer ces subsides fédéraux. Ces subsides sont répartis aux communes au fur et à mesu· re qu'ils sont versés par la Confédération. Les communes devraient être raisonnables et se rappeler qu'elles ont pu renouveler leur matériel scolaire avec une subvention du 75 %. Enfin nous sommes le seul canton qui subventionne les constructions scolaires à raison du 25 %. Nous ne puisons presque pas, au contraire d'autres cantons, dans les subventions scolaires pour le paiement des traitements du personnel enseignant. M Bioley, président du Conseil d'Etat, aéclare que le gouvernement ne peut pas accepter le postulat de M. Joris, dans la teneur qu'il lui donne et qui aurait pour effet de constituer l'Etat dé-
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doivent être rétribués sur le même pied que ceux des autres commissions municipales. En effet, on ne saurait raié;!nnablement exiger que ces commissions s'acquittent consciencieusement de leurs obligations légales sans recevoir aucune rétribution quelconque, et surtout qu'elles fassent preuve de zèle et de dévouement. A ce sujet le Département relève dans les comptes des communes ( 1909) le chiffre des vacations allouées de ce Ci-après extraits ou résumé de passa- chef. On y voit que dans beaucoup de ges tirés du rapport du Département de communes. la rémunération accordée f'Instruction publique sur sa gestion en dans ce but est encore nulle ou insuffi1909. sante. Commisions scolaires Les médecins scolaires Elles remplissent en général d'une L'inspection médicale des écoles, insmanière satisfaisante les obligations iituée par la loi du 1cr juin 1907, a conque la loi leur impose. C'est n?t.amment tinué à s'exercer normalement par le le cas en ce qui concerne la visite men- soin des médecins de district qui y prosuelle des écoles, qui est faite dans la cèdent règulièrement au moins une fois généralité des classes. Si cependant par an. Cete institution, dont nous n'a· quelques exceptions se remarquent dans vons qu'à nous féliciter, a déjà proles tableaux statistiques, en ce qui co~ duit d'heureux effets et provoqué mainceme le nombre de visites réglementai- tes mesures utiles, et le plus souvent res, ce n'est point que celles-ci aient é~é nécessaires ou urgentes. Elle consiste en réalité omises. En effet, d'une enque- principalement dans la visite des lote toute récente faite par le Départe- caux et du mobilier scolaires et l'exament à cet égard, il ressort que des vi- men individuel des élèves et du personsites effectuées n'ont pas été mention- nel enseignant. Toutes les écoles sont nées dans le registre ad hoc, ou que, inspectées, à ce double titre, généralecelui-ci étant égaré ou hors d'usage, ment au début du cours, après quoi le l'inscription n'en a pas eu lieu. Le Dé- personnel médical transmet au Départepartement a, du reste, par circulaire ment, pour chacune d'entr'elles, ses obspéciale du 10 février 1909, rappelé servations, vœux ou propositions. L'un aux administrations communales et aux ou l'autre de ces fonctionnaires a mêcommissions scolaires l'importance de me bénévolement ajouté à sa tâche ordila visite mensuelle régulière des clas- naire, en donnant des conférences aux ses, ainsi que les pénalités prévues par instituteurs et institutrices de son resla loi en cas de négligence grave sous sort sur l'hygiène scolaire proprement ce rapport. Il a pu se convaincre, dans dite. la suite, que bonne note a été prise de (Ici figure, pour chaque district, une ses conseils et avertissements. analyse des rapports des médecins-insA ce sujet, il importerait qu'un cer- pecteurs. Elle se termine par les réfletain nombre de communes prissent plus xions suivantes): Cette simple énuméau sédeux l'art. 98 de la loi du premier ration est de nature, elle seule, à justijuin 1907, qui prévoit cependant que fier le bien-fondé de l'institution noules membres des commissions scolaires velle et à nous faire toucher du doigt biteur personnellement de ces subven-~ tions scolaires. M. Henri de Torrenté combat également lél. proposition Joris. Il reprer:d le vœu exprimé par le Grand Conseil e_n novembre dernier; il demande toutefois que l'Etat fasse rapport à ce sujet à la session d'automne. Le Grand Conseil se range à cet avis et éccute la proposition Joris.
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pour ainsi dire, les multiples et urgentes améliorations qu'il nous reste à réaliser dans ce domaine si important de l'hygiène; soit de la santé publique en commençant par la base, à savoir par l'école et la jeunesse. Aliments et soupes scolaires Plusieurs administrations communales ont eu l'heureuse initiative d'instituer la distribution d'aliments et de soupes scolaires aux enfants pauvres, ou trop éloignés pour pouvoir autrement fréquenter l'école deux fois par jour. Leurs dépenses de ce chef ont été consignées dans leurs comptes de 1909. Elles concernent les communes ci-am·ès: Betten 100 fr.; Ooppisberg 60 fr.; Bri!Yue 200 fr.; Mund 184 fr. 30; Naterso 800 fr.; Stalden 326 fr. 05; Torbel 400 fr . Viège 193 fr. 20; Loèche 73 fr 05; Unter-Ems 125 fr.; Oranges 148 fr. 60; Ayent 182 fr. 85; Sion 396 Ir. 70; Orsières 37 4 fr. 65; Dorénaz 120 fr.; Champéry 130 fr.; Troistorrents 816 fr. 30; Val d'Illiez 411 fr. 20. Gratuité du matériel scolaire. Les communes suîvantes ont inscrit les dépenses pour fournitures scolaires aux enfants comme effectuées pour tous indistinctement. C'est une sorte de mise en pratique du principe déjà admis dans différents cantons qui ont adopté le sys· tème de la gratuité du matériel de classe. Gluringen 21 fr. 75; Orachen 103 fr. 05; Ag aren 12-3. 79; Ayer 139; Orimentz 118; Agettes 234. 20; Hérémence 339. 30; Charrat 308; Martigny-V. 726. 55; Monthey 3225. 65. Vêtements aux enfants pauvres Outre le matériel de classe, quelques communes ont aussi procuré des vêtements à des enfants pauvres. Leurs dépenses de ce chef ont été les suivantes: Geschinen 4 fr. 10; Niederwald 50; Blatten 501. 45; Ferden 61. 60; Kip-
pel 235 ; Embd 150 ; Saas-Almagel 21 ; Staldenried 40; Tasch 35; Viège 380.65; Zeneggen 23 ; Granges 41. 60; lcogne 102; Sierre 100; Sion 658. 35; finshauts 50 fr. Examens d'émancipation Cette institution, aussi heureuse dans ses effets et résultats que celle des examens de recrues (dont elle se rapproche beaucoup par son organisation) continue à être un puissant levier de progrès. Elle oblige nos jeunes garçons des écoles 1 qui désirent être libérés à 15 ans de la fréquentation scolaire, à travailler sérieusement en vue d'obtenir un minimum œinstruction indispensable. Aussi, faute d'avoir réuni aux examens de 4 à 8 points, sont-ils astreints à reprendre le chemin de l'école l'année suivante. En général, d'ailleurs, les derniers constituent l'exception, ou plutôt le petit nombre, puisque sur 1128 écoliers examinés au printemps 1909, 855 (75 ro) ont pu être admis à passer dans les cours complémentaires, soit de répétition, faisant suite à l'école primaire. Glossaire des Patois Les travaux relatifs à la publication du Glossaire des Patois de la Suisse romande continuent leur marche normale satisfaisante. Voici des renseignemenis qui intéressent directement le Valais, notre Canton contribuant depuis quelques années par un appui financier (859 fr.) à cette vaste mais laborieuse entreprise sans compter qu'il constitue pour -elle ~n champ d'exploration particulièrement fertile. Au cours d'une excursion linguistique en Valais, M. Frankhauser a pris la peine de noter à Vionnaz, Vouvry, Port-Valais et St-Oingolph les noms de famille et quelques noms de lieux qui serviront à contrôler les enquêtes antérieures. Le même collaborateur a également présenté à l'Université de Berne une intéressante thèse de doctorat sur les patois de la vallée d'Illiez.
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De son côté, M. E. Muret, professeur à l'Université de Genève, a passé 5 semaines en Valais pour reviser et compléter les matériaux recueillis en 1901 et 1902 au val d' Anniviers. Il a passé dans les communes de Vissoie, St-jean, Orimentz et Ayer et visité pour la première fois St-Luc et Chandolin. Il a exploré ensuite les communes des Agettes, de Vex, de Salins, de Veysonnaz, de Nendaz et d'Isérables, les h auts pâ· turages de Orône et de Chalais et la montagne de Prabé au-dessus de Savièse. Enfin , il a recueilli de la bouche des forestiers de ces trois communes, déjà visitées auparavant, les noms de leurs forêts et, entre temps, il a dépouillé les plans cadastraux, nouvellement achevés, de Orimentz, St-Luc, les Agettes, Vex, Salins et Veysonnaz. M. le chanoine Besse, président de la Murithienne, comme fervent botaniste, a terminé à son tour ses recherches sur la flore patoise du Valais, où l'on possède maintenant la nomenclaturt botanique pour 28 stations choisies de façon que toutes les régions soient représentées. Parmi les nouveaux matériaux recueillis l'année dernière, les principaux ont été fournis par MM. ]. Remondeulaz, à Chamoson, Oabbut à Bagnes, Berthod à Orsières et Besse chanoine, ce dernier pour la flore patoise de Venthône, Savièse et Port-Valais.
résulta ts surprenants et pratiques qu'on y enregistre.
Ecoles moyennes Le Préfet des Etudes constate des progrès dans la marche de plusieurs écoles moyennes. Le programme se rapproche de- plus en plus de celui qui sera imposé après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'enseignement secondaire. Les écoles moyennes qui portent avec ra ison cette dénomination sont celles de Sion, Jl1artir~ny-Ville (Collèr;e) et Mont/ley. Celle de Marti{!ny-Bourr; a félit de réels progrès, sans cependant encore atteindre a u niveau des prénommées. Les écoles moyennes de A1arügny-
Combe, Martigny-Ville (commune) , de Salvan et de Bagnes sont susceptibles de notables transformations ou réformes.
Cours professionnels masculins
Les cours professionnels du canton ont suivi une marche relativement normale. Un pr ogrès sensible sur les années précédentes doit être signalé pour les cours professionnels de Sierre, dans les différentes branches d'enseignement. On ne peut que se féliciter des résultats satisfaisants obtenus annuellement par l'école des apprentis-artisans de Sion, dont le plan d'étude est très bon et correspond bien au développement professionnel des apprentis. Oéronde, Institut des Sourds-Muets Les cours de Bagnes et de Martigny Pendant le cours scolaire 1908- ont suivi une marche normale. 1909 cet institut a été fréquenté par 65 Cours professionnels féminins élèves, dont 28 garçons et 37 filles. Les cours professionnels féminins ae Une section dite des «faibles d'esprit » sera annexée pour le prochain Sion, Martigny, Si-Maurice, Monthey cours scolaire à la section des sourds- et Vouvry ont eu, pour 1909, une dumuets. Les locaux nécesaires peuvent rée de 25 semaines. Les matières enseiêtre aménagés moyennant peu de frais. gnées ont été l'objet de grands soins de Nous avons foi en l'avenir de l'Ins- la part des maîtres et maîtresses. Ces titut de Oéronde, ayant pu nous con- cours, suivis très régulièrement par un vaincre du réjouissant essor que prend assez grand nombre d'élèves, comprecet établissement philantropique et des naient la comptabilité, la correspon-
dance commerciale et professionnelle, la louable dévouement et que tous ses ef· coupe, la confection et le dessin d'orne- forts tendent au même but: faire elu ment. La coupe pour hommes et gar- bien à la jeune génération et par là au çonnets a été donnée aussi à Sion et à pays tout entier. Martigny. En outre, à Sion, Martigny Musée et Bibliothèque industrielle et Monthey, des leçons de moulage ont et pédagoRique grandement intéressé les élèves. L'Exposition industrielle cantonale a Les communes n'ont rien négligé pour faire de nos jeunes filles de bonnes pro · été une occasion spéciale dont a profité fessionneUes, capables de satisfaire leur la Direction du Musée pour l'achat d'objets intéressants, se rapportant soit future clientèle. aux arts, soit aux métiers. Ces achats Ecoles ménagères ' consistent principalement en costumes Nous avons en Valais plusieurs Eco- divers et particuliers, pièces démonstrales ménagères, dont la marche fait hon- tives de machines, matières premières, ueur aux personnes qui les dirigent. Ci- mi-ouvrées et ouvrées des principales tons d'abord celle de Loèche, où les fabriques et petites industries valaijeunes filles des deux langues se for- sannes. outils nouveaux et perfectionment à tous les travaux du ménage et nés, pièces de modelage et démonstratide la couture. On y exécute toute sorte ves, etc., etc. d'ouvrages de lingerie et de confection. A cette occasion, de nombreux dons Pourvu que la jeune fille apporte à l'é- furent faits au Musée industriel par dicole la bonne volonté et le goût du tra- vers exposants du Valais et d'ailleurs. vail, elle en sortira capable de bien teRappelons, en passant, qu'au Musée nir un ménage. industriel est annexé le Musée pédagoL'école ménagère de Sion est fréquen- gique qui s'est durant l'année enrichi tée surtout par la classe ouvrière. Les d'une très intéressante collection d'objeunes filles y puisent, avec un peu de iets destinés à l'enseignement. science du ménage, des habitudes d'orLa bibliothèque industrielle et pédadre et de propreté et apprennent à con- gogique s'est contentée en 1909 de l'afcdionner leurs vêtements les plus or- chat de quelques ouvrages indispensadinaires et à entretenir leur linge. bles et des abonnements. Elle s'est ceBagnes, Martigny, Salvan, St-Mau- pendant enrichie de 232 volumes péd<lrice et Monthey possèdent aussi de très gogiques dont la plupart sont des dons hannes écoles ménagères. Vernayaz et faits par des maisons éditant des clasCollonges rendent également de grands siques. services à la population. Les filles de La bibliothèque industrielle, ouverte ces localités peuvent s'instruire sans journellement et même le dimanche macoûter beaucoup à leurs parents et sont tin, a été très fréquentée, surtout par les bientôt à même de les aider en se pla- apprentis et les jeunes ouvriers. Il est çant avantageusement. regrettable que les maîtres d'état, pat Vérolliez a, outre une école ména- contre, paraissent quelque peu s'en dégère, un ouvroir qui est au-dessus de sintéresser. Cette remarque ne s'applitout éloge. Là se confectionnent les ou- que pas aux jeunes et nouveaux maîtres vrrt.~es les plus fins et se forment d'hrt.- d'état qui savent apprécier l'avantage biles professionnelles. de se tenir au courant de la technique Notons encore le cours de couture de moderne au moyen de la lecture. Sierre, où l'on travaille très bien . Enseignement primaire Disons, à la louange du personnel enL'école d'application (qui constitue seignant, que partout il fait preuve d'un
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une annexe de l'école normale) a donné d'excellents résultats. Son recrutement, qui pouvait faire inspirer quelques cï aintes au début, est devenu facile, les préventions n'ayant pas tardé à tomber. Aujourd'hui les meilleures familles mêmes n'hésitent nullement à lui confier leurs enfants, de sorte que la di· rection a plutôt l'embarras du choix e: peut d'autant mieux sélectionner ses éléments.
L'Epargne daBs la Famille Les anciens moi nes, ces vaillants pionniers de la civilisation chrétienne, avaient adopté cc..; nme devise ces deux mots expressifs: «Prie ct travaille. » Chez eux l'oraison et !a contemplation s'alliaient très harmonieusement avec leé; labeurs inteJilectuels et corporels. C'était l'action se développant sous toutes ses formes. L'épargne ne les préoccupait guère, elle allait de soi. Liés par le vœu de pauvreté, vivant sous le régime austère d'une règle sage et srvère, ils renda ient leur travail individuel ufdc pour la vie conmume et le bien-être de l:\ société ; ca r, il ne faut pas l'onbEer, la mai· sem mère des pauvres, c'était alors le monas· !ère. La ùcvi ce monacale, citée plus haut, et qui a passé en adage surtout chez les Bénédictit•s, devrait être proposée à nos populations comme devise familiale. Mais, à notre hum· bre avis, pour donner satishlction r, la questi(}U sociale. il faudrait y ajouter un petit mot qui a bien son pesant d'or: «Epargne». De sorte que notre devise tami•liale complète serait: « Prie, travaille, économise "; sentence bien sociale et bien chrétienne. Epargner, c'est sauvegarder son avoir, c'est le garantir contre les atteintes de la convoiti· se. Epargner, c'est se sevrer de futiles dépenses, c'est retrancher l'abus, c'est rogner même sur l'usag-e permis, mais toujours dans un but légitime, pour une fin louable et chré1ienne, épargner llans l'unique but d'empiler de l'or ou de l'argent, ce serait cupidité et sordide avarice; chose bien condamnable; saint Paul considère l'avarice comme une sorte d' ido•Iâtrie; de fait, elle n'est autre chose que l'adoration du veau d 'or. Epargner, faire la banque à usure, en vue de satisfaire Je vi-
ce, de nou rïi r les viles passions, pour se livrer a u luxe, à la prodigalité, à l'ivrognerie, ;, t'inconduilc. que sais-je encore? ce serait plu:> que crill1inel, ce serait user d'tm élément d'iniquité pour multiplier le p~ché. C'est à ceu ·< qui ;,gissent de la sorte que s'adressent ics paw les de saint J acques : « Cette rouille , portera témoig nage contre vous, et dévo" rent votre chair comme un feu : c'est là Je ,, lréwr è ~ colère eue vous vous amassez » pour les derniers fours. » Mais ~pargner dans le but de se créer une position honorable dans la société, en vue ct'obîen ir une heureuse médiocrité, louée par le poète, cè!te noble aisance qui favorise l'exercice de la verlu, c'est là faire preuve de sagesse, c'eet une lég itime ambition. Cette éparg ne est une sorte de demi-vertu que l'on peut mettre an rang de l'ordre et de la propre.té si Jouée pH saint François de Sa>les. Epargner ::fin de pouvoir ex:-rcer plus largement la bienfa: s~nce, secourir les pauvres, les malheureux et appor ter aux œuvres un appui eificace, <::"est faire rayonner autour de soi la reine des vertus, la éharité. C'est dans ce sens que 110us ·~r:ie ndons l'épargne, et c'est comme tel~e que nous la proposons à nos chères familles r·hré!ier.nes. C'est" cette épargne là que JésusChrist lui-même a louée et encouragée, Iorsou'i•l a dit : Faites-vous des amis avec les richee.ses temporelles, qui sont ordinairement un fr'l it ou une source d'iniquité, afin que. quand vous viendrez à mourir, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles. I! est souverainement important de préconisa l'épargne, de nos jours surtout où la soif du luxe et de la jouissance règne sur toute l'échelle sociale, autant en bas qu'en haut. La mode donne le vertige aux personnes du sexe; c'est une vraie folie qui confine au dévergondag-e. En mainJs endroits, les modistes sont sur les dents, tant sont impitoyables les exigences du beau sexe. La servante et la pauvresse veulent être mises comme des princesses ; <:>Il certaines fa mi•lles, un œil étranger ne saurait d is-tinguer entre la maîtresse et le personnel de service. Quelle pitié de voir ces escargots d'un nouveau genre porter sur le dos leur menue propriété! On parle beaucoup de réag-ir chez nous contre les extravagances des construdio:1s; c'est parfaitement juste; mais il f:mdrait aussi travailler à mettre en harmonie l'architecture de la mode avec la !IÏrrtplicité de nos anciennes mœurs pa1riarcales. Que d'H gent jeté dans ce gouffre du luxe pour la parure! En combien de familles, autre-
137 fois riches, la. ruine s'est infiltrée par cette fissure! On assure qu'en plusieurs foyers oll le J.•: ·:; pol l~ modc·,teme!tt son lttbe clans ies ur•nc1e:; ci rconstances, madame est en train de balayer l'avoir familial avec sa longue queue luxueuse tout le long de l'année. Bon ;o~; mal au, ce sont des mill iers de francs sacrifiés à la déesse •la mode. Si monsieur veut le ire r-es o b~e rvation~. bien souvent madame pOP IT<.li! sc récrier eti lui jetant à la figure Je ~:! ll g!aat reproche d'employer en excès dans i:t boisson le plus clair des recettes. Et ainsi p:tt<'>C la fortu ne par deux trous béants. Q ue de dépenses aussi pour l'ameublement! lis ne sont pas si rares les jeunes époux qui C!lipr untent de fortes sommes pour se procurer des meubles de luxe, guéridons, canapés, glaces, bonheur-du-jour, etc., Le tout ira l'rendre place dans un appartement humide, \:Jisin de •l'écurie. ou dans une chambre hltute, sous le3 tuiles', en attendant qu'il soit por[;:' :m champ ck l'encan et de la faillite. Quelle jJifi( ! A qu:md donc l'institulion d'une confrér ie pour l'u s:1ge du sapin bl ~ uc? Q ue de dépenses aussi pour la table, même ~O IIS le toit de l'ouvrier! Qne d'argent, fruit <[, .., ~ u c:urs . jeté l>rut:llemo:nt au Moloch de r·~·:cnoli snH~ ! -En v:tin amélioro•1s-nous les sahi rcs, a dit M gr Manning, s'ils sont dépen~~~ à mesure pour l'alcool. (On pourrait en dire 'Hhnt de la bonne c\lèrc). C'est comme :· i l'on v e 1· s~ it de I'e11 u dans un panier. Ce sont. selon le mot de Jérémie, des citernes r rev:t F ~ées qui ne peuvrn t rclenir l'rau. " A on0Î hon dr s lr>rs chprcher h ren<ire Je sod rl 11 cnlli va.teur plus prosphe. pourquoi !nus· ":':· lf' pri x dl! lai t. offrir ;:ux produits ag-ri· rn•lcs n!us de rrmu•1ératio!1. ~ i cctt~ ~mé!io r,Hcm · ne devilit Gervir qu'à •!'exhmsion de l'alcoolisme?
usé qui pesait sur tous les partis par ses violences et sa faiblesse. Nommé Premier Consul pour dix ans, dominant tous les partis de son autorité de fer, il met six mois pour l'organisation intérieure de la France, et il part à travers les Alpes, conduire son armée à de nouvelles victoires, à la conquête du nord de l'Italie et à l'anéantissement de la puissance autrichienne en ce pays. Ce passage de Napoléon à travers le Valais a été mainte fois raconté a vec profusion de détails; je me bornerai ici à la citation d'une chronique inédite. Mais d 'abord, sans rien préjudicier au génie de Bonapartr, il ·est bon de nous rappeler que le grand général n'a pas découvert le passage du St-Bernard: il s'en est servi après d'autres hommes de guerre célèbres dans l'histoire. A l'école de Brienne, dans sa passion fébrile pour la lecture des récits guerriers chez les anciens peuples, il a dû apprendre dans Pline que les armées carthaginoises avaient passé par ce chemin, et que le nom de ce col Mons pœninus, était tiré des Carthaginois, les Pœni. Il savait par les Commentaires de jules César, que ce grand général avait conquis les peuples du Valais à cause de ce célèbre passage commercial et militaire. Il savait que les armées romaines l'avaient souvent franchi. Connaissait-il qu'au moyen-âge encore, à la suite d'un concile tenu à Genève en 773, Charlemagne y avait fait passer une armée commandée par son oncle Bernard? D'autre part, le Valais était un pays Napolèon Bonaparte conquis à la France; son lien à la Répasse le Grand-St-Bernard publique Helvétique n'était plus que de nom. L'année précédente, en 1799, il Le mois de mai rappelle le sou- avait été entièrement dévasté et ruiné venir de Bonaparte et de son armée à par les troupes du Directoire. Il n'y atravers le Valais. Couvert de gloire par vait aucune résistance à craindre dans les campagnes ù'Egypte, Bonaparte crut les impositions d'hommes et d'autres entrevoir le moment propice de se ren- contributions de guerre. Aussi tous les dre à Paris, de s'emparer habilemen•. hommes de l'Entremont, la bride de de l'autorité suprême et de la faire gran-Jleur mulet à la main, durent se mettre dir sur les ruines d'un gouvernement aux ordres des officiers du Premier
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Consul. Le 1-Iaut-Valais seul dut fournir 6000 hommes et un très grand nombre de chevaux et de mulets. La question des canons, traînés dans des troncs d'arbres, est citée comme une idée géniale de Bonaparte; je crois qu' il faut y voir, au contraire, une idée pratique des paysans de l'Entremont. Ces troncs de sapin, à la moelle et a ux premières couches concentriques décomposées de vétusté, ces gens les ont, de tout temps, traînés sur la neige comme bois d'afiouage, ou des ont employés comme canaux dans leurs bisses, au-dessus des précipices, et comme conduites de chute d'eau sur leurs vieux moulins. Ils avaient dans leur maison une hache recourbée, au tranchant replié en demi..lune, pour évider entièrement et proprement les troncs, dont la partie extérieure peut rester solide pendant de longues années. Les quelques passages tirés d'une chronique d'un bon chanoine de SaintMaurice, qui pleurait la disparition du drapeau national, nous fourniront des indications sur la marche des troupes de Bonaparte à St-Maurice, sur le chemin du St-Bernard. Les voici. • Le n11rdi, 3 avri l 1798, arrivèrent à St1\l~ttricc des troupes françaises a u nombre de passé 100 hommes, appelés "Le "'llÎde Bona· parte •, ct couchèrent à SI-Maurice, tous dispersés ùans les maisons pnticuliéres de la ville. tous gens fort honnêtes quoiqu'! jeunes, clCtnt les plus vieux ne pouvaient avoir que 30 ans, à l'exception d'un seul qui était Savoyard d'origine. Il se comporta en vrai Savoyard et brigand à l'égard d'un ci-devant bourgeois de SI-Maurice nommé Bartholomy Chapuisau (son père était Français et se passa bourgeois). " Le dit Bartlwlomy passant pour ses affaires sur le Parvis. fut malheureusement rencontré par cc maudit soldat qui commença ?i l'insulter de paroles, le menaçant de le jeter dans le torrent; l'autre lui répondit qu'il pouvait passer par les mes tranquillement sans devoir rien à personne. Le soldat saisi d'une fureur diabolique, dégaine son sabre; l'autre fuit cherchant un aûle dans l'allée de la maison du sieur officier Dépraz. Le soldat le
j'Oursuit et le frappe de son sabre dans le cûté dr oit assez grièvement el décampe aussitôt. • Mais son commandant ayant su tout cela, ~:ssembla sa troupe, la hara ngua sur le parvis (h place qui est devant l'église de l'Abbroye), témoignant publiquement son chagrin e! sa colère contre un tel coquin, qui , dit-il, faisait honte à la République fran çaise, se colliportant ainsi dans un pays ami, dans une république a lliée de la Fr;~nce, etc., et il envoya aussitôt ses soldats pour le chercher et le ramener. Ce qui arriva. On le trouva devant la chapelle de SI-Laurent. Il iut conduit, par ordre de son capitaine, à la prison du Château de St-Maurice. Le capitaine voulait le fusiNer, mais son conseil de guerre n'était pas assez complet pour le juger. " Le lendema in matin, ils partirent tous pour Martigny pour passer delà par le GrandSaint-Bernard dans l'Italie, contre Naples probablement. " Le dit soldat fut privé de ses armes Je Jllalin et obligé de marcher au milieu de six soldats, à la tête des troupes, ayant son habit retourné, c'est-à-dire •la doublure de l'habit \!~~.nt en dehors. •
Cette reconnaissance du passage des Alpes ne devait pas être perdue pour le Q"rand général, et le chroniqueur aura à noter le passage d'autres soldats: • L~ 19 "vril 1800, après dîner, le major qui é!:tit ici lepuis le 31 janvier, reçut l'ordre r't: p7rtir s.:r-le-champ, ainsi qu'un capita ine !>Uis~e nou •Pé Zing, qu i logeait ici depuis le 3 avril ei les cordonniers qui étaient ici depui~ le 18 févr ier. Ils parfirent pour Martigny. • Le 20 avri l, nous avons deux charretiers à lùger d'.'puis trois jours. • Le 19 Rvril, les Français vinrent pétrir Je-1rs p1ius au four de l'Abbaye et les fon t c·•'re ~u four de •la ville, ensu ite les portent ù:ms la chambre de notre four qui regarde sur les cochons. »Le 16 avril, les Français ont établi un corps de garde dans la chapelle de St-Lau· rent. (Ce bâtiment dominant la route, a u midi de SI-Maurice, dont la mention comme église figure dans les Bulles des Papes au moyenâge, a été converti en grange depuis la profanation par les troupes françaises.) • Le 20 avril, j'ai compté, soldats •logés dans l'Abbaye, 2147 depuis le 10 avril 1799. • Le 20 avril, nous eCunes pour souper et
Loucher deux officiers carabiniers français et deux soldats venant d'en bas pour le Valais. • Le 26 avril, les deux officiers carabiniers sort! sortis de l' Abbbaye pour loger en ville. • Le 28 avril 1800, il est parti deux sQildats fpnçais de l'Abbaye pour Martigny, de sorte qne uous n'avons aujourd'hui que deux charIclicrs à loger. • Le 30 avril, pour dîner, nous eûmes 4 solcl:>ts et un officier à loger, venant du côté elu St-Beruard; l'officier était Américain. • Le 3 mai 1800, jour de l'Invention de Ste. Croix, les soldats fran çais logés à St-Maurice UIIC compagnie, vinrent le matin au four d~ l'Abbaye chercher leur ration de pain. Je ne ~.1is s'ils ont jeté du poi son dans le vivier ou si leur mauvaise infection a empoisonné 'nos poissons? C'est un fai t avéré qu'il y eut trois gros poissons crevés •le lendemain matin. » Le 7 mai, deux charretiers français, quatre soldats et l'officier qui était venu le 30 :tvril, sont partis pour la France à ce qu'ils dis_ci_I!, à ~ l~eu_res du matin, de 'même qu'un ofhc1er qm etal! ven u le 6 mai loger à l'Abb:~ye.
• Le 7 mai, partirent aussi de l'Abbaye les boulangers frança is qui faisaient du pain pour les troupes dans le four de l'Abbaye. Ils sou t allés à Bex. • Le 7 mai, h! même jour que 1es autres fur~ut partis, nous eûmes à loger 4 soldats français et un officier venant d'en bas. Ils partircut Je 8 au matin. • Le même jour, 8 mai 1800, à 9 heures du matin, nous arrivèrent à l'Abbaye 8 musiciens ct deux officiers français, venant de Marligny _et Fully; les mêmes furent obligés de teparl1r pour Martigny Je même jour, sur les 4 à 5 heures après dîner, a insi que beaucoup d'au tres troupes françaises venant d'en bas pour forcer, disent-ils, les passages du Sim~ plon et du SI-Bernard. • Le même jour, 8 mai, nous eûmes à loger 1l l'Abbaye 30 soldats français et 30 officiers venant aussi d'en bas. Bs sont partis le après dîner pour Martigny. _ • Le 9 mai, pour souper et coucher, nous eumes 50 soldats, deux officiers et deux sergents. Ils partirent le 10 au matin pour Marligny. • Le 10, même jour, pour dîner 25 soldats et deux officiers. Les dits soldats et officiers ne sont partis que le 12 mai. • Le même jour 12 mai, pour souper et coucher, nous eûmes 160 soldats, 8 officiers,
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4 chasseurs et charretiers 19 chevaux dans notre étable, par ordre de 'la municipalité. Ils partirent tous le 13. • Le 14 mai 1800, nous eûmes pour souper et coucher 3 chefs de bataillons avec 3 domestiques et chevaux; 2 billets de la municipalité. • Le 14 mai 1800 nous eûmes encore 2 capitaines, 2 sergents-majors et 4 grenadiers; 2 biHets de la municipalité. • M ême jour , 14 mai 1800, encore 209 militaires français ; 4 billets de la municipalité. • Ils partirent 1~ 15 a u matin, pour le camp des Sablons d'Evwnnaz. .• !--e 15 mai, nous eûmes encore à loger 30 offiCiers. De 209 soldats, nous eûmes pour coucher, une compagnie dans la chapelle de SI-Laurent, ayant fourni du bois pour faire le feu. • Le 15 mai 1800, i•l ne cessa, tout le jour, de passer des troupes d'en bas pour le pas· sage du Grand-Saint-Bernard, et 1a nuit, sur les 10 1/2 heures à 11 heures arriva Bonaparte, Premier Consul de la République fran çaise, avec son corps dont nous eûmes à loger à l'Abbaye, sans billet, parce que c'était trop lard, 14 officiers, 12 sergents et 2500 saldats. Ainsi toutes les chambres, excepté celles de nous autres religieux qui étions dedans corridors dessus et dessous, coins et recoi ~s furent remplis à l'instant, où ils couchèrent sur la paille assez tranquiUement jusqu'au matin vers les 5 1/ 2 heures. Mais ceux qui couchèrent clans Je corridor dessus n'eurent point de p~ille, parce qu'on n'en avait plus; d'autres mo~terent au galetas. Ce fut à tel point que le mat~ on ne put aller à Matines, ne pouvant ouvnr nos portes de chambre, les soldats étant couchés contre les portes. • Enfin Hs partirent tous sur les 8 heures le _16 mai, avec leur chef Bonaparte pour s'ou: vnr le passage du St-Bernard et ainsi entrer en Italie. ' • Le 16 mai 1800, .Bonaparte n'est arrivé que le 16 sur minuit; c'était un autre général. • Le 16 mai au soir, pour souper et coucher arriva Bonaparte chez M. Jacques Quartéry, (Cette mai son où coucha Napoléon Bonaparte, est la maison de Cocatrix. Elle fut vendue en 1814 à M. le baron de Cocatrix. C'est la première maison que l'on trouve à gauche, quand en montant la Grande Rue on a rrive à la Place du Parvis. Elle est en 'face de cette place et du vieux clocher de l'Abbay~.) ~x-ch~telain, s~r- les minuit avec ses garde a. p1ed, etant arnves devant lui ses grena-
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140 diers à cheval. Nous cependant, nous n'avons eu à loger personne cette nuit-là. Ils partirent le 17. • l.e 17 mai 1800, après dîucr, nous eûmes à ICJ(;'.'r un Français, commissaiïe pour l'armé~ d'Italie, et 108 soldats Irançais, sans compter deux soldats cisalpius qui sont ici depuis 4 jours. " Les deux cisalpins sont p:utis •le même jour, 17, avec leur corps qui a passé après dîner aujourd'hui, joignant ici un capitaine nommé Chapuis, qui m'avait échappé dans le compte. Tout compté, je trouve 5781, le 17 mai 1800. • Le même jour, 17 mai 1800, nous eûmes à loger 600 militaires français et 6 officiers à pied et 4 officiers chasseurs à cheval. • N.-B. -. Quoique le biliet de la municipalité pour logement des soldats avec les 10 oiiiciers, ne iût que de 118 soldats, en comptant les 10 officiers, pour •l' Abbaye; les portes étant ouvertes, bien des soldats manquèrent de logement en ville (il pleuvait), de 8 1/2 à 9 heures, s'y jetèrent eacore. On y vit entrer 16 femmes et 5 à 6 petits enfants qui couchèrent à la maison du four. On peut mettre le tout logé ce soir chez nous à 1500. Ils sout tous partis le malin. » Le 21 mai, encore pour souper el cou cher, 8 soldats et 2 charretiers. Ils partirent le 22. • 22 mai, jour de l'Ascension, nous eûmes pour coucher 10 soldats suisses accompagnant et gardant 8 chars chargés de caissons et de munitions pour •l 'armée d'Italie. Les chars étaient dans la cour de l'Abbaye, proche de la grange. Ils restèrent Je 23 et ne partirent que le 24. • Le 24 mai 1800, encore pour souper et coucher, 2 charretiers. Ils partirent Je 25. • Le 25 mai, pour coucher encore 8 charretiers. Ils partirent Je 27 pour l'Italie. Le 28 mai, il y eut 10 charretiers qui couchèrent à J'écurie et nous volèrent un gros coq d'Inde. • Jusqu'ici 7329. •
Cette chronique inédite renferme bien des renseignements concernant l'histoire militaire des dernières années du 18e et des premières années du 19° siècle. j'ai cru intéresser le public en citant ici ce qui regarde le passage du GrandSt-Bernard par Napoléon Bonaparte. Chanoine Bourban. (Dans le ,Drapeau suisse".)
- A la bonne heure! il a encore des choses à apprendre, même dans l'histoire..... A peine :!chevait-il que ma tante Tonton se levant brusquement, avança une chaise à un nouvel hôte que, seule, elle avait entendu cl vu venir. -· M. Jolibet! s'écria t-elle ; Aubertot, voici M. jolibet! C'était, en eHet, le maître d'école. Tout Je monde lui tendit la main et mon père lui fit apporter un verre; il but à la santé des convives, puis il souffla quelques mots à J'oreille de mon père qui le suivit jusqu'au petit chemin devant la ferme. Hs ne s'arrêtèrent pas longtemps; le maître d 'école parlait assez doucement et nous n'entendîmes que ces mots venant de lui: • Cest une fatale erreur!" Mais mon père paraissait fort en colère, il gesticulait, élevant l:l voix, et cette phrase entière nous parvint: - Mon garçon ne remettra plus les pieds chez vous! Il vous rendra son prix, puisque vot!S l'exigez, mais je vous préviens que je ne \'ous paierai pas vos quinze francs, et je lui ::chèterai un autre livre avec.
Fatale erreur J'a vais remporté trois premiers prix: celui de sagesse, celui d'écriture et celui d'histoire c!.e France. Le soir même, je m'en souviens comme si cela datait d'hier, il y eut un grand repas chez nous en l'honneur de mes succès. Mon pèïe, gros propriétaire aux Buisses, environ à trois ki1omètres de Lallières, où se trouvait l'école, avait invité M. Je maire, le médecin du pays, M. Jarousse, un bon vieux qui ne faisait point payer ses consultations aux pauvres gens, puis le pharmacien de la place Ma!avis avec • sa dame, et ma tante Tonton qui de son vrai nom s'appelait Jeanne. Ao(H touchait à sa fin, mais il faisa it très chanel, et la seïVP.nle (car ma mi:re élait morte, h~ las!) avait dressé les taiYles dehors, côte à côte, près des trembles dont les feuilles sah · nées frissonnaien t au-desstts de nos têtes. Le sCJuper lut long et copieusement servi, si Lopiet;se::nenl qu'à la fin mon père, d'un camcli~re peu communicatif, parlait à étonner tout le monde. - Monsieur le docteur, dit-il tout haut au :. : éd~cin près de qui j'étais placé, interrogez donc un brin le petit, vous verrez comme il ~'t ~·:\'JfUlt. A 1t! Je brave gars, je n'en reviens point c;u'il fnit si avancé. Le méderin posa doucement sa main sur mon C::pau>Jc. - André, me demanda-t il, sa is-tu quel est le p1 cmier coi de France? 11 avait l'air très bon, avec des yeux souriaut3, et, cependant, je me mis à trembler devant lu i sans répondre. ll répéta sa question tandis que mon père nl'c',JcourJgeail du regard, el moi, fort ému, je baibutiai en baissant la tête: - Je .... je n'en suis pas encore là! - Ail! très bien, très bien! fit M. Jarousse en riant fr anchement, où le second prix peul-il cu être alors? Puis, se tournant vers mon père: - Maître Auberlot, lui dit-i•l , c'est un puits de science que votre garçon, seulement 4a science reste au fond et ne monte pas à la surface. Est-ce que notre André retournera l l'école? - Certes, oui, Monsieur le docteur, répondit mon père qui ne se déconcertait pas pour si peu, je veux qu'il soit tout à fait ins· fruit.
II
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Très indigné il raconta à son tour que M . Jo1ibe! s 'étai t dérnngé exprès pour venir reprŒt:re •lê prix d'histoire, le fameux prix qui m'a valu la pl:!ce d'honneur entre M. Je maire el le médecin. Ce beau livre enluminé et doré sur tran· c-i:cs était destiné à un autre et si je l'avais, moi. Je plus ignorant de tous, cela provenait d'une fatale erreur..... Bien fatale, en effet ! Mon p~re, furieux et n!llré. à oui le vin clairet du pays déliait pas· sab:ement h •lan~ue . répéb_ elevant les ronvi· \'C!'; sa phr:~se au maître d'école: - Mon garçon ne remettra plus les pieds chez lui, il rendra son prix, puisqu'il l'exige ..... etc...... M. Jarousse ainsi que ma tante Tonton cherchaient vainement à le calmer, ils ne réussirent point. Cette petite scène jeta un froid parmi nos hôtes qui se retirèrent de bonne heure, et la !~te se termina ainsi.
III Ma promotion datait de quinze jours seu·lement, lorsque je reçus une lettre de Lalliè1 ·~~ dont 1'écri1me m'intrigua de prime abord. Bien des années ont passé. Mon père est mort, j'n i bit vendre la Ierme des Buisses
ainsi que nos vignes et nos champs de blé, et, sorti bon premier de Saint-Cyr, je viens d'être p;-omu au grade de lieutenant. Il y a trois mois de ça. Mon premier regard fut donc, en ouvrant la lettre, pour la signature de Vincent Jolibert. Et voici ce qu'il me disait: • Monsieur Je lieutenant.. .. je n'ose plus dire mon cher André..... • J'ai bien hésHé avant de vous écrire, mais je suis forcé de le faire aujourd'hui, j'espère que vous me p~rdonnerez d'avoir à vous rappe]er une dette très ancienne qui fut contractée par votre père dans le temps où vous veniez à mon école. Peul-être vous souvenezvous encore dans queHe circonstance maître Anbertot refusa de me payer ln. modique somme de quinze francs qui m'était due pour le dernier trimestre de l'année.... • Vincent Jolibet me décrivait alors la scène d'antan, son arrivée imprévue pendant le soup2r en plein air, dans la cour de notre ferme, el la colère de mon père lorsqu'il fallut rendre le fameux prix d'histoire. Depuis ce moraent n~faste, le pauvre maître d'éeO'!e n 'avait p.is encore été payé de ses 15 francs; il s'était bien hasardé à les réclamer à l'époque de mon entrée au collège; mon père, toujours rancun ier, lui avait répondu de s'adresser à moi .... quand je serais en âge de m'acquitter de celle singulière dette. Cela me fit rire, malgré ie ton attristé de •la lettre, dont l'écriture, pour n'être point celîe de ma tante, ne ressemblait guère à ce'Jle de Vincent Jolibet. Quelle main délicate et légère avait tracé ces caractères menus? Je !e saurais bientôt, car l'idée me vint soudain d'apporter moi-même les 15 francs au vieux maître en allant, le mojs suivant, me fai re dorloter, une hu itaine de jours à Lal1i~res iJ3 r ma tante Tonton.
IV Ah! la jol ie petite école! Par ce malin de mai, radieux et ensoleillé, elle apparaissait comme un nid sous son manteau de feuilles et de clématites. Une jeune fille cousait assise sur Je seuil de la porte, et le rayon d'or filtrant à travers •les branches d'un alisier, contre l'école, descendait jusqu'à son front, qu'il sPmblait nimrer d'un auréole. Elle était charmante, blonde, mince, et son corsal{e de laine moulait bien ses formes arr ondies quoique graciles. - Mademoiselle, lui dis-je en m'arrêtant
142 devant elle, pourrais-je parler à M. Jolibet? Elle re•leva brusquement la tête et, me regardant d'un air franchement étonné, me demanda qui j'étais. - André Aubertot, Mademoise Ile, et le maître d'école me connaît bien! Elle rougit, s'inclina et me pria de l'accom· p:~gt1er auprès de son père, très souffrant en ce moment. Son père! eh quoi! cette délicieuse jeune fille était celle de Vincent Jolibet? C'était là cette petite Marie, Millette, comme nous l'appelions, que j'aimais tant quand !lous avions, elle cinq ans et moi treize, et à qui chac:ue matin, en venant de l'école, j'ap· portais une fleur, un nid ou un jouet ? Ah! c~rtes oui, je l'aimais beaucoup alors! mais l'enfance est oublieuse; depuis mes années de collège, je ne Pavais pas revue non plus, et voi•là que je la retrouvais après quinze ans et que sous le regard de ses yeux clairs, mon cœur se mit à battre comme il ne battait pas depuis longtemps. C'est que je retrouvais aussi. blottis dans ses prunelles, bleues comme un coin du ciel, les souvenirs joyeux, b foi candide et les beaux rêves du passé.
v Le maître, réellement malade et dans une situ:1tion pécuniaire proche de la misère, fut plus ému de ma visite que je ne saurais le dire, et je partageais d'ai>lleurs cette juste émotion. Il me raconta ses af!aires et me confia ses tourments. Depuis l'installation à Lallières d'une éco· le gratuite, c'est-à-dire depuis cinq ou six ans. la sienne allait de mal en pis; on lui avait retiré la plupart de ses élèves; puis le ch:Jgrin aidant, il était tombé ma•lade et enfin ~! ne pouvait plus faire la classe. Presque dénué de ressources, il attendait avec impatience que sa fille fut nommée institutrice dans quelque village voisin, car elle avai t travaitJlé dans ce but, et seule maintenant, la pauvre enfant subviendrait à leurs besoins quotidiens. - Sans notre misère, André, vous pense~ bien que jamais je n'aurais osé vous réclamer les 15 francs en question. - Baste? lui dis-je en riant, afin de chasser un peu de sa tristesse, je vous dois bien autre chose: mon grade de lieutenant par exemple.
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- Comment ça? - Sans doute.... mon père n'aurait jamais songé à me mettre au collège sans le prix d'histoire que vous m'avez retiré. Vous savez, la «fatale erreur!» Papa Aubertot, rancunier s'il en fut, ne voulut plus de votre école, et comme Ï'l n'y en avait point d'autre au village.... -- C'est vrai, murmura le bonhomme, tout s'enchaîne dans la vie, et les petits événements en engendrent parfois de bien grands. VI
Il avait raison, Je vieux maître, et la preuve, c'est que j'épouse dans huit jours Marie Jolibet à bquelle je n'aurais plus songé sans les 15 francs que je rapportais. ]'ai eu des difficultés au sujet de la dot et j'ai craint un moment de voir s'envdler 1 jamais mon beau rêve, malgré toutes mes démarches ct mes cajoleries auprès de ma tante Tonton. Car c'est elle qui a doté Marie, oh! ça n'a pas été sans peine, et si je ne l'avais pas memcée de me tuer... Elle l'a dotée... entendons-nous. Marie ayant ses 20.000 francs, je suis en règle, aucun obsctacle ne surgira; mais lorsque nous serons mariés, ma tante touchera l'intérêt de la dot. Je vous prie seulement de ne point le révéler; d'ailleurs papa Aubertot a laissé assez d'écus pour que cela ne nous gêne point. Je ne fais pas ce mariage à la légère. Je n'obéis pas au caprice d'un jour. J'ai été à même d'apprécier ma fiancée pendant les trois mois de permission que j'obtins en deux fois. Elle est bonne, intelligente autant que jolie, et je l'aime comme un fou. Nous ferons une belle noce à Laillières, mon cher village nahl. Mon commandant veut bien y assister ainsi que plusieurs de mes camarades, et les paysans qui voudront trinque· ront à notre santé. Nous festoierons à l'auberge du « Léopard». Si vous désirez venir, mon lecteur, vous la reconnaîtrez facilement; c'est une grande et belle auberge adossée à la montagne; deLL'< chênes centenaires effleurent son toit de leurs puissantes ramures, un bouquet de sureau jette à l'air ses parfums doux, un rnisse•let bavarde dans le pré voisin. Vous verrez, c'est très facile à trouver, et vous serez à même d'apprécier que •les suites d'une fatale ererur ne sont pas toujours malheureuses. Jean BARANCY.
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Le Requiem de Mozart Un jour que Moza1·t était plongé dans une p! ofonde rêverie, il entendit un carrosse s'arrêter ?1. sa porte. On lui annonce un inconnu (iUi demande à lui parler; on le fait entrer; il voit un homme d'un certain âge, fort bien mis, les manières les plus nobles, et même quelque chose d'imposant: «Je suis chargé, monsieur, par un homme jrès considérable, ck venir vous trouver. - Quel est cet homme, interrompit Mozart. - II ne veut pas être connu . - A la bonne heure. Et que désire-t-il? U vient de perdre une personne qui lui était bien chère, et dont la mémoire lui sera éternellement précieuse; il veut célébrer tous les ans sa mort par un service solennel et il vous de111ande de composer un Re qui e m pour cc service. » .Mozart se sent vivement frappé de ce discours, du ton grave dont il est prononcé, de l'air mystérieux qui semble répandu sur toute cette aventure: il promet de faire le H e q u i e m. L'inconnu continue: " Mettez à crt ouvr!!ge tout votre génie; vous travaiilez pour un connaisseur en musique. - Tant mieux. - Combien de temps demandez-vous? - Quatre semaines. - Eh bien, je reviendrai cliHlS 'iua1re semaines. Quel prix mettez-vous à votre travail? - Cent ducats. L'inconnu les cc•mptc sur la table et disparaît. Mozart reste plongé quelques moments tia ns de profondes réilexions, puis tout à coup demande une plume, de l'encre, du papier, et, malgré les remontrances de sa lemme, il se met à écrire. Ce!te fougue de travail dura plusieurs jours; il composait jour et nuit, et ayec une ardeur qui semblait augmenter en avançant; mais son corps, déjà faible, ne put résister à cet enthousiasme: un matin, il tomba sans connaissance, et fut obligé de suspendre son travail. Deux ou trois jours après, sa [emme cherchant à le distraire des sombres p' nsées qui l'occupaient, il lui répondit brus· c1uement: « Cela est certain, c'est pour moi que jr fais ce Re q u i e 111 ; il servira à 111011 SC'rvice mortuaire». Rien ue put le détoumrcr de celte idée. A mesure qu'il travaillait, il sentait ses forces diminuer de jour en jour, et sa partition avançait lentement. Les quatre semaines c;n'il aV1il demandées s'étant écoulées, Ï'l vit un jour enirer chez lui Je même inconnu. « Il m':t été impossible, dit Mozart, de tenir parole. - Ne vous gênez pas, dit l'inconnu, quel temps vous faut-il encore? - Quatre semaines; l'ouvrage m'a inspiré plus d'intérêt que
je ne pensais, et je l'ai étendu beaucoup plus que je n'en avais le dessein. - En ce cas, il es~ juste d'augmenter les honoraires; voici cinquante ducats de plus. - Monsieur, dit Mo · zart toujours plus étonné, qui êtes-vous donc? -- Cela ne fait rien à la chose: je reviendrai dJ.ns quatre semaines •. Mozart appela sur-le-champ un de ses domestiques pour faire suivre cet homme extraordinaire, et savoir qui il était; mais le domestique maladroit vint rapporter qu'il n'avait pas retrouvé sa trace. Le pauvre Mozart se mil dans la tête qut; cet inconnu n'était pas un être ordinaire, qu'il avait sùrement des relations avec l'autre monde, et qu'il était envoyé pour lui annoncer sa fin prochaine. n ne s 'en appliqua qu'avec plus d 'ardeur à son Requiem, qu'il regardait comme le monLHnenl le plus durable de son génie. Pendant ce travail, il tomba plusieurs fois dans des étourdissements alarmants. Enfm l'ouvrage fut achevé avant les quatre semaines. L'inconnu revint au terme convenu; Mozart n'existait plus. Sa carrière a été aussi courte oue brillante; il est mort à peine âgé de trente-six ans; m~i s dans cc peu d'années il s'est fait un nom qui ne périra point tant qu'il se trouvera ùes fm1rs sen sibles. DE STENDHAL.
--------·H··-------Divers
POUR RETROUVER MAMAN! A l'arrivée du train 510 du Mans à Paris ieudi, en gare de la Ferté-Bernard, un emp>loyé trouva dans un co:;1partiment deux petits enfants revêtus de tabliers d'écoliers qui n'av~ ient pas de billets. Interrogés. les garçonnets déclarèrent ne pas savoir ol! ils allaient. Ces enfants furent conduits devant les gendarmes et, doucement interrozés, ils dirent qu'ils s'app~laient Mar· œl-François-René Enault, âgé de neuf ans, et Albert-André Enault, six ans. L'aîné fit le récit suivant: - Mon papa s'appelle Jean-Marie, il est cordier et habile Alençon, 108, rue des Tisons. Lundi, papa et maman se sont disputés. Maman a quitté la maison, eNe n'.e st pas revenue. Mon petit frère et moi nous avons pleuré beaucoup, puis nous nous sommes dit : « JI faut retrouver maman. • J'ai questionné papa, il m'a répondu qu'il ne savait pas où elle éta it.
IH Alors moi j'ai habi•llé mon petit frère, ce matm, comm~ pour aller à l'école,, et, sa~s riea dire à papa, nous sommes parh,s et pUis nous sommes entrés dans la gare d Alençon; personne ne nous a rien demandé. . Un train était là, nous som!Iles montes d~ d:ms sans savoir où nous al·l~ons ~t le. tram a siHlé en roulant Nous n'avwns Jamats vo· ~agé: cela nous a amusés. Il s'est arrêté une heure ou deux après dans une gr~~de gare où il y avait beaucoup de monde. Jat lu • Le M 1 ns » sur les pancartes, nous sommes descendus et personne ne s'occupait encore de non~.
Mon petit frère et moi nous sommes r~· grimpés dans un autre train q~i est parti, voilà tout: puisqu'on nous a fail de?c~ndre, c'est slins doute que nous somm~s arnve~. T~ K.s nous conduire à mamat;~, dt~, m~:msteur · On eut beaucoup de peme ,.a ~~~re. corn· prendre aux deux pauvrets qu ~l n etatt pas poq;;ible de leur rendre leur mere.. ~n attendant l'arrivée des rensetgn~ments clem~ndé11 d'urgence à Alençon, pour, f~tre. rap:tlricr ces enfants, des mesur;s ont ete pnses pour les réconforter et les heberger. T.E PROCES-VERBAL DE. LA RENCONT~E Nous n'avons pas l'habttude de ~onner .m· extenso le procès-verbal des aifaJres dtfes d'honneur qui alimentent trop souvent la chronique parisienne. On C?mprendra . cel?endant que nous fassions exception cette lots-ct, notre pays ayant faim assister à la ren_contr; _se?salionneJle dont procès verba~ a_ eté. red1.ge et duement paraphé comme sut!, .Jeudt mahn, en l'étude de M. Rienvu, à Pans, 117, avenue To11 slevés: . ~ La citoyenne Halley (comète ?e) qm, au cours des siècles précédents ava~t entrete~u avec la citoyenne laterre des relations C,?rdta~es bien qu'intermittentes, aya!lt trouve bon de suspendre ses visites depUis 18~4, Dame Lalerre s'est jugée gravement o~ensee par ce procédé discourtois qui donna. heu de sa pa~ 11 des observations astron~rmques assez .~~ gres. En dépit d'une tentahve de ~appro~l.e· ment de l'of!ensante et d'One propos1hon d ~r bilrage faite par la Ligue suisse ~e 1~ paiX, les astronomes constitués comme temoms estimèrent qu'une rencontre éta!t inévitable. " ENe a eu lieu aujourd'hUI, de 3 h. 40 à 3 h 53 du matin dans une clairière du parc de l'Immensité. Mars dirigeait le combat !<tf!· ctis que, du sommet de son éche11e. barometrl· one, Mercure prenait le~ vue_s cmématographiqnes de règle en pare11le c1rconstance. En
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raison de la nature de l'offense, le choix des armes avait été laissé au Hasard. • Après un échange de plusieurs milliers d'étoiles mantes sans résultat, et le lancer d'un bolide que Mme Halley avait traître.usement pris dan~ sa poche, .les ~~ux :hampt~ns croisant l'orbtte avec fu ne, s elancerent 1 un contre l'autre à la vitesse fulgurante de 282,687 km. à l'heure. Mais, distraites par Vénus qui snrqit tout à coup d'un fossé d'où elle guettait' depuis un moment les combattantes, cel· les ci se manquèrent. • Les trois témoins décidèrent alors qu'une seconde rencontre était absO'lument nécessaire, puis y renoncèrent d'un commun accor? apr~s avoir duement constaté que les adversatre~ s étll ient en[u is dans l'espace. Pour les memes motifs toute tentative de réconciliation sur le ter;ain dut être également abandonnée. • - ·--------« 1111---
Bibliog1·aphie POUR NOS ENFANTS Nous avons reçu un volume «JEUX ET RONDES POPULAIRES POUR PETITS ET GRANDS • qui vient de paraître. - L'auteur Madame Ballet, Inspectrice de Gymnastiqu~ des Ecoles primaires du canton de Genève a réuni en ce charmant ouvrage 103 chan'sons françaises connues; ce sont les rondes et les jeux de notre jeuness~ que nous retrouverons, avec paroles, mus1que et exph · cations nécessaires pour les me!!re en valeur. Ce volume sera bien accueilli par t~utes les mères de famille et les institutrices qut Y trouveront. outre un enseignement raisonné de récréation hygiénique, leurs chants les plus aimés. car ce sont là des jeux que tous ~ous co11naissons plus ou moins sans les savmr à fond. Nous avons tous chanté Meunier tu dors. Nous n'irons plus au bois, Frères Ja~ ques, Rondin Picotin, La Grande Perche! PIgeon Vole, etc.... ct tous nous sonunes disposés à les chanter encore puisqu'un volume aussi utile sait nous les rassembler et nous les présenter sous leur j.ou.r agréable. Nous savons tous ce que ces Johes rondes apportent de gaîté dans toutes nos réuni?ns. e~fan tines et combien petits et grands s y mtére~ sent. C'est pourquoi nous saluons av~c p~a~ sir •l'apparition de cet ouvrage et lm predt· sons la laveur du public dans tous les pays de langue frança ise. Editeur, Eug. Froreisen, 26 Boul. Georges Favon, Genève. - Un vol. en librairie, fr. 2.50.
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reusement, malgré leur bonne volonté. Or, les catholiques influents, s'ils possédaient, en même temps que les connaissances techniques et de métier qui leur procurent l'estime dont ils jouissent, s'ils possédaient de sûres notions sur les principes et le maniement des œuvres sociales, quel bien ne pourraient-ils pas faire? L'avenir, n'en doutons pas, ap· partient à ceux qui sauront faire passer dans la pratique, pour le bien du plus grand nombre, quelques-uns de ces prin· cipes sociaux fécond s, de l'association, de l'épargne, du groupement profession· uel, de l'assurance qui ont été remis en lumière, après avoir été longtemps oubliés, pendant le siècle dernier. Au reste, Léon XIII ayant, avec toute l'autori· té du Pontife suprême, montré dans son encyclique Rerum novarum l'importance de la question sociale dans les conditions actuelles, et donné à entendre que sa solution dépendait en grande partie de l'activité que mettaient les catholiques éclairés et convaincus à fonder et développer d'utiles œuvres sociales, n'est-ce pas un devoir pour tous ceux qui en ont l'occasion de se renseigner soigneusement sur ce vaste problème dont certains côtés se sont déjà sans doute présentés à chacun de nous avec une p~écision, une acuité plus ou moins grandes. Sans doute, un certain nombre d'esprits ouveM:s aux questions du jour et curieux des choses sociales ont déjà étudié dans tel ou tel livre, dans telle ou telle brochure, l'un ou l'autre point de la question sociale qui les intéressait particulièrement. Mais aucune lecture ne remplacera l'enseignement oral, surtout lorsque celui-ci est donné par un maître. Or, le principal conférencier de la Semaine Sociale de Fribourg, M. l'abbé Antoine, de Paris. auteur lui·même d'une Sociologie catholique de la plus haute valeur, est un maître de la science sociale de tout premier ordre. Parmi les conférenciers secondaires, il
en est également dont les noms et les travaux sont un sûr garant de leur science et de leur autorité. La place des hommes d'école, et de Messieurs les Instituteurs en particulier, est donc toute désignée à la Semaine sociale de Fribourg, et nous osons compter que le corps si méritant et si influent des régents valaisans sera bien représenté à cette première Semaine sociale de l'Association catholique suisse. La place nous manque pour entrer dans tous les détails de l'organisation pratique de cette Semaine d'études. Disons, d'un mot, qu'ils sont compris de façon à rendre le séjour à Fribourg de Messieurs les participants à la fois le moins dispendieux, le plus agréable et le plus intéressant possible. Nous engageons vivement toutes les personnes qui liront ces lignes et qui s'intéressent à l'œuvre dont nous venons de parler à demander au Président du Comité d'organisation, M. Léon Oenoud, ou au secrétaire M. O. Leimgruber, à Fribourg, le Programme détaillé de la Semaine, contenant tous les renseignements désirables, et qui leur sera envoyé sans frais, par retour du courrier. ]ElWME ZIMMERMANN,
Vice-Pr ésident cantonal de l'Association catholique suisse.
Bibliographie = LA PURETE, par M. J. Quibert, Supérieur du Sémina ire de l'Institut Catholique de Pa· ris. Joli volume, cadre rouge, de 270 pages. - 1 !ranc. (Ancien ne Librairie Poussielgue, J. de Oigord, Editeur, rue Cassette, 15, Paris.) En traits rapides et clairs, d'une lecture facile et a11rayante, l'auteur donne en ces pages un vrai traité de la Pureté. Cinq chapitres: Qu'est-ce que la Pureté; la Pureté est-elle utile; la Pureté est-elle. possible; comment pré· server la P ureté; comment réparer la Pureté. Ce livre est écrit à la fois pour les éduca-
4 ieurs et pour les jeunes gens. Aux éducateurs parents ou maîtres, il rappelle d'une façod sa isissante pourquoi il faut tant veiller sur la vert u des enfan ts, et comment il faut la préserver. Aux jeunes gens de l'un et de l'autre sexe, il apprend la grav ité insoupçonnée de fattfes trop souvent co mm ises à la légère et les moyens efficaces de lulter contre les mauvaises tendances.
xxx LA SAINTE COMMUNION, par M. le Chano ine de Oibergues, Supér ieur des Mi_ssionnaires Diocésai ns de Paris, broche, 1 fr. 50. (Librairie Générale Catholique, Ancienne Ma iso n Poussielgue, r ue Cassette. 15, Paris.) Après quelques vues très élevées et très pieuses sur la communion en général, l'auteur nous donne une analyse profonde et sugges1ive des merveilleux e!fets de la communion sacramentelle. Suivent les conseils les plus pratiques su r la préparation, l'action de grâces et la journée de la communion. Enfin, les récents Décrets du Saint-Père sont expliqués avec la plus parfa ite clarté, et toutes les objections contre la conununion quotid ien ne des grandes personnes et des enfants réfutées de main de maître. Un magnifique chapitre sur la communion spirituelle termine ce bel o uvrage, que pe rsonne ne pourra li re sans répéter l'excla mation des disciples d'Etmllaüs: • Notre cœ ur n'était-il pas brûlant dans notre poitrine, tandis qu'il nous parlait? •
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LE PERIL DE LA LANGUE FRANÇAISE, par M. l'Abbé Cl. Vincent. broché, 2. 50. (Ancienne Librairie Poussielgue, J. de Gi~o rd, Edi teur, rue Cassette, 15, Paris.) C'est un livre dont pourront profiter non seulement les étrangers qui apprennent la Jang ue française, mais encore et surtout les f 'ra nçais eux-mêmes. Les lecteurs seront surpris de la quantité de locutions vic ieuses qui circulent et que même des écriva ins renommés emploient.
Variétés VERS LE MOUVEMENT PERPETUEL L'idée du mouvement perpétuel a troublé un grand nombre de cerveaux et, après plusieurs essais aussi compliqués qu'infructueux, l'on était arrivé à ne plus y croire. Or, voici
que la découverte du radium a ravivé de nou· veaux espoirs, et un horloger de Londres a eu l'idée de construire une horloge qui marchera 30.000 ans sans jamais être remontée. Une quantité indéfinie de radium est appliquée contre un électroscope microscopique, composé de deux minces feu illets d'argent. La force motrice fournie par le radium n'let en mouvement un fil d'aluminium qui représente le mouvement de l'horloge. Il reste à savoir comment l'ingénieux inventeur est arrivé à conclure que le radium-force durerait exactement 30,000 a ns; il est vra i qu'il serait a ussi très d ifficile de lui prouver le contrai re. PETIT PROBLEME. Dernièrement, raconte le .,Magasin pittoresque", le petit problème suivant iut énoncé dans une réunion mondaine par un hôte présent. O n sai t que la simplici té des questions en fai t souvent la seule difiiculté. Voici ce problème. • Deux de mes amis se sont mariés récemment. Le jeune époux est Français, la femme ~st Italienne. Lui ne parle pas italien, elle 1g no re la lan~ue française. Comment ont-i•ls pu s'entendre? Comment le fiancé fit-il sa cour? Comment la jeune fille fit-elle connaître ses sentiments? Avez-vous trouvé? Si non , ne cherchez pas. Les deux époux, ne pouvant se comprendre avec leur mutuelle langue maternelle, avaient une autre ressource. Tous deux parlaient anglais. -0• Echo des examens. - Des élèves avaient pour s ujet de composition: Description d'une course en a utomob ile. M inimum, 250 mots. Voici l'u n des travaux: • Mon oncle acheta une automobi•le et hier il m'invita à faire une sortie avec lui dans la campagne. Comme il ne sait pas bien g uider, l'automobile aNa plonger dans un marais. Je cro is que voilà bientôt 50 mots. Les 200 autres, c'est mon o ncle qui les a dits, en revenant à pied à la maison ; mais je n'ose pas les écrire • . • Mme Bidard gronde son petit garçon qui est rentré en retard de l'école. - Qu'est-ce que tu as fait encore? - J'ai regardé un homme écrasé par une automobile. - Tu sais pourtant bien que je t'ai défend u de • t'amuser • en chemin!
-~uP_pléme~t
au JVo f! de ,,f &cole" (1910)
Les Institutions Militaires en Suisse par M. le colonel E. BOREL. (Suite et fin.)
Je ne vous parlerai pas de l'organisation proprement dite de l'a rmée. Elle est sensible· meut analogue à celle que possèdent les au· tres Etats. Il suHira de constater qu'avec ses unités stratégiques bien armées, bien équipées, dotées de tout le matériel nécessaire et placée entièrement dan s la main de leurs chefs, J'armée suisse représente une force de plus de 200.000 hommes, dont 130,000 environ d'élite et 80,000 environ de landwehr. Aux unités stratégiques vienuenl s'ajouter les corps de troupes à la d isposi tion immédiate du com· mandant en chef de nos fortif ications du Got· hard el de SI-Maurice qui , avec leurs 2arni· sons el leurs troupes de toutes sortes, ont pour but d'assurer d'une manière complète les po ints stratég iques les plus importants de notre pays el de garder les derrières de ·l'année pendant qu'elle tient campagne. Nous avons, dit-on, le système des m ilices, et cela est très vrai. Mais il faud rait se garder de confondre notre armée avec ce que, ù:ws plus d'un autre Etat, l'on voit sous le nom de milices. Avec son organisation cam· piète, son entraînement, les conditions dans lesquelles elle peu l être mobilisée, notre armée ne diffère des armées permanentes que p:1r la durée du service mi•litaire. Et s i l'ave· nir pousse encore les a utres Etats dans ta voie de la réduction du ser vice où les ont ('Ontraint de s'engager les inéluctables nécessités de i'équ il ibre budgétaire, il est permis de croire q ue la différence entre leurs armées et la nôtre diminuera en conséquence, d'autant plus que grâce à l'école primaire, à •la ftymnasl ique, à la pratiq ue du tir, à l'instruction milila i.re préparatoire, toujours plus répandues, nos jeunes gens entrent à l'école de recrues avec un degré de préparation qu'on u'atteinl ailleurs qu 'après plu sieurs moi s de service. Et r'est ici le moment d 'apprécier noire année en regard de la tâche qu'elle est appelée à remplir. et de parler' de la neutralité de notre pays. La Su isse n'est pas un pays neutralisé comme d'autres, par la volonté des g-randes puissances. Sa neu tralité est toute volontaire ; elle est le fait spontan{ d'un peu · pie qui, lorsqu 'il l'a adoptée, était au faîte de
la puissance militaire et voyait s'ouvrir devant lui la voie faci>le des guerres et des conq uêtes:. Elle a été reconnue par l'Europe parce que l'Europe a compris qu'il était de son intérêt de la reconnaître. Jusqu'au XVIIIe siècle, la neutralité de la Suisse avait été plus ou moins respectée; l'on s'était ballu à maintes reprises au nord du Rhin et au sud des Alpes en la issant, en somme, notre territoire hors du théâtre des hostilités; mais ce respect était dù surtout au fait que la stratégie d'a•lo rs ne tenait pas à risquer des arm~e s dans un pays montagneux, oit les communications étaient difficiles et OLt l'entretien de troupes considéra bles était mt problème à ~u près insolu ble. · Comme dans nombre d'autres do maines, la Révolution fran caise a fa it table rase de toules les notions · acceptées jusqu'alors; elle a poussé ses armées partout sans se •laisser arrêter par a ucun obstacle géographique ou topograph ique, et l'o n a pu voir par expérience combien cette petite Suisse, placée comme une sorte de citadelle au milieu de l'Europe cenh ale, pourrait devenir dangereuse pour ses voisins, si l'un d'eux parvenait à s'emparer d'elle et à se servir d'elle comme d'une porte de sortie po ur pénétrer chez les autres. C'est pourquoi, aussitôt après la chute de Napoléon, les grandes puissances, réunies au congrès de Vienne, se sont empressées de laire savoir à •la Diète helvétique qu'elles lui offra ient de reconnaître et de garantir la neu· tralité perpétuelle de la Suisse à la seule con· d ition q ue la Diète helvétique accepte cette garant ie et assume les obligations de la neutra lité. La Diète n'a pas eu de peine à donner une adhésio n conforme aux trad itions de notre pol itique plusieurs foi s séculaire et c'est alors que les grandes puissances, rappelées à Paris, dans l'intervalle, après la bataille de Waterloo, y ont signé, le 20 novembre 1815, l'acte portant reconnaissance et garantie de la neutralité perpétuelle de la Suisse et de l'inviolabiiilé de son territoire. Dans cel acte, les pu issances signataires ont fait, sans aucune condition autre que l'adhésion dont je viens de parler, une reconnaissance formelle et authentique de la neu tral ité perpétuelle de la Suisse, lu i garantissant l'inviolabi lité de son territoire et reconnaissant authentiquement que la neutrafité inviO'Iable de la Suisse et son indépendance de toute influence étrangère sont dans les vrais intérêts de la politique de J'Europe toul entière.
Il serait aussi peu convenable que justifié de méconnaître la valeur d'un engagement international aussi solennel, engagement que nos voisins ont respecté, notamment lors de la guerre d'lta'lie et en 1870. L'on aurait d'autant moins raison de le laire que, depuis lors, la situation internationale de la Suisse s'est singulièrement fortifiée par la création de ces unions internationales qui marquent une étape nouvelle dans le développement des relations pacifiques entre les peuples. Le temps manque de parler, comme je voudrais le faire, de ces institu· lions si intéressantes qui ont établi un régime uniforme pour le service des postes, des télégraphes, des transports par chemins de fer, de la protection des œuvres de l'art et de pensée ainsi que des brevets, des dessins industriels et des marques de fabrique. A elle seule déjà, l'Union postale universelle qui embrasse aujourd'hui le monde civilisé tout entier a jeté sur le globe terrestre l'indestructible réseau de •liens par lesquels elle facilite, multiplie et resserre les relations pacifiques des hommes et des nations dans tous les domaines de leur activité. Le gracieux monument érigé sur les Petits Remparts, à Berne, témoigne de la reconnaissance du genre humain pour cette institution, qui en un quart de siècle, a si puissamment contribué aux progrès de la civilisation et de l'humanité. Et l'on en peut dire autant des autres unions moins vastes, mais toutes aussi utiles, qui l'ont précédée ou suivie, l'Union télégraphique internationale, qui aura également son monument à Berne, l'Union, qui, de Cadix jusqu'en Sibé· rie, assure •le transport des marchandises par voie ferrée sous un régime uniforme et celle qui garantit la protection internationale du droit si légitime de l'artiste, du compositeur, de l'écrivain, de l'inventeur, sur l'œuvre de son génie, de sa pensée, de son habileté technique. Chacune de ces Unions organisées a un bureau . permanent qui sert d'intermédiaire, de trait d'union, quelquefois même d'arbitre entre les administrations intéressées. Lorsqu'en 1868, la conférence de Vienne fut appelée à désigner le siège du bureau international des télégraphes, plusieurs capita•les étaient en présence. et si les Etats de l'Union ont donné au Conseil fédéra! misse la mission honorable d'organiser à Berne le nouveau bureau international, de nommer le personnel et d'en surveiller son activité, c'est parce que notre pays neutre et indépendant de toute in-
fluence éilrangère leur a paru offrir •l 'asile fe plus sûr pour les institutions internationales permanentes dont elles inauguraient ainsi la création. L'exemple donné à Vienne a porté ses fruits. Six ans plus tard, c'est Berne qui fut également désignée comme siège du Bureau internationai de l'Union postale Universelle. Puis vint le tour des bureaux internationaux, de la propriété industrielle et de la propriété littéraire et artistique et enfin, en 1890, du bureau international de l'Union pour le transport des marchandises par chemin de fer. L'existence de ces institutions n'est pas sans exercer une iniluence sur la situation internationale du pays chargé de les abriter et l'on aurait pu croire qu'une tradition aussi bien établie et aussi complètement justifiée serait suivie lorsque le Tsar prit l'initiative dt: la première conférence de la paix. Nous ne voulons en aucune façon regretter que la tradition ait été rompue en faveur du brave et sympathique peuple néerlandais; mais il est bien permis de croire que parmi les Etats intéressés, plus d'un aurait préféré la ville de Genève qui avait déjà donné au monde l'institution de la Croix-Rouge et accordé l'hos· pita•lité au tribunal arbitral de l'Alabama. Notre pays a donc une situation internationale caractérisée, dont personne ne voudra ronlester la valeur. Mais il serait puéril et dangereux d'y voir une garantie suffisante pour que nous puissions nous croire à l'abri de tout danger. Certes, personne n'attaquera •la Suisse à la légère, comme, du reste, aucune puissance ne fera plus la guerre à la légère. Mais si jamais nos voisins étaient de nouveau engagés dans une de ces luttes suprêmes oü l'honneur, l'intégrité, l'existence même de la patrie sont en jeu, qui voudra prétendre que le parchemin d'un traité internationa•l suffira pour arrêter celui des belligérants qui croira pouvoir s'assurer la victoire en passant à travers notre pays? • Non! plus que jamais, la garantie de notre neutralité et, partant, de l'intégrité de notre patrie est en nous-mêmes et réside en nos propres forces. Bien que nous soyons résolus - et nous l'avons montré plus d'une fois au cours des vingt-cinq dernières années à ne pas tolérer d1atteinte à nos droits et à no.tre dignité, notre politique traditionnelle de loyale et cordiale bonne valonté à l'égard de tous nos voisins, nous permet d'envisager comme extrêmement invraisemblable l'éven· tualité d'un conflit avec l'un d'eux, conflit que,
daus l'iutérêt de la paix, les autres. s'eilorceraient d'aplanir par leurs bons offtces. Mais ce qui nous menace, c'est ~a guerre entre des Etats limitrophes de la Sutsse, dont J'un ou •l'autre serait tenté de jeter ses trou· pes sur notre territoire, ne fut-ce que pour contourner la ligne de forteresses que chacun d'eux a établie sur ses frontières. Et en regard de ce danger auquel nous aurons à faire face, pourrait-il se trouver un seul Suisse pour prétendre, pour penser mê· tl!e que nous sommes trop faibles pour la tâche à remplir et qu'il serait inutile d'aller au devaut d'une défa ite inévitable? Si toutes les chances étaient coalisées contre notre pays, nous marcherions quand même, comme nos pères en 1856, et nous affronte-rions la •lutte sans le moindre doute ni la woindre hésitation. Un peuple qui doute de lui-même est un peuple perdu. Si les pâtres des Waldstretten, à Morgarten ct à Sempach, si les citoyens de Genève,. la nuit de l'Escalade, avaient songé un seul ms· tant à mesurer le danger qu'ils bravaient! nous n'aurions aujourd'hui ni la Suisse, 111 Genève. Mais nulle raison ne nous engage à nous réfugier d'avance dans cet esprit ~e résistance sans espoir, qui serait au besom notre suprême asile. Non c'est avec la confiance la plus entière et la plus justifiée que nous pouvons nous reposer sur notre armée,. et, app';l~ée sur !a garde de son épée, la Smsse paclf1que, mats forte et résolue, peut regarder l'avenir avec sérénité. Croyez-vous que ce soit peu de chose que cette force de deux cent mille hommes, mobilisée plus rapidement qu'aucune armée européenne, munie de l'armement le plus J?erll'ctionné, préparée à sa tâche par une mstruction suffisante, animée du plus ardent patriotisme et qui entendrait au-dessus d'elle, dans les plis de ses bannières, vibrer le souffle du passé glorieux dont elle saurait se montrer digne? Mais pourquoi m'attarderais je à une démonstration superflue? Nous avons en effet, un témoignage disnet tacite mê:Oe mais compétent et décisif entr~ tous c'est 1~ témoignage de nos voisins. Aujourd'hui, les grandes puissances mil~ taires dont les frontières nous entourent, smvent, 'avec un intérêt croissant, le développe-
ment de nos institutions et les progrès de notre année Nous en voyons la preuve entre autres, ~a~s ces délégations d'officiers capables et chotsts, qui viennent suivre nos manœuvres, ~randes petites, 'tvcc l'attet;ttion de connatsseurs étudiant tous les délatls. . Soyez certains que c~t intér~t n'e~isteratt pa.s à un si haut degré, SI l'armee su1sse pass~1! aux yeux des autres Etats, pour ~ne quan~te négligeable, dont il . serait perm1s de fa1re impunément abstrachon. Non. L'intérêt ainsi témoigné, dans le.s plus hautes sphères militaires des Etats VOIsins nous montre l'estime en laquelle on tient les forces militaires de la Suisse. Cette estime est la meilleure et la plus sûre sauvegarde de notre neutralité, de l'in· dépendance et de la paix de notre pays. , Aussi longtemps que, pa~ sa valeur,. ~ar mée suiGse imposera aux pmssances voiSines assez de respect pour leur faire comprendre qu'elles auraient 1J perdre, et not;t ~ gagner~ à tenter l'invasiort de notre ternt01re, auss1 longtemps nous pouvons, no~ seulement ~n visager avec confiance pare11le éventualité, mais aussi nous considérer comme préservés d'elle . •t Et s'il était dans notre pays des e.spn s enclins à envisager la question à u~ P?mt de vue purement ufiolitaire, je leur ~~~ats q~e, même à ce point de vue, les sac~hces fa1ts pour notre armée constituent la meilleure des opérations et le plus sûr des placements, p~is qu'ils ne seraient autre cho~e. que la pr!me utile et eiikacc que nous patenons pour ~tre pré~ervés de la guerre . et de son cortege d'horreurs et Je destructiOns. . 0 .. 1 i 'armée suisse sera toujours comme elle d~it l'être le rempart solide abritant l'indépendance, '1a paix et •le travail de la Con. , fédéra ti on. Mais il lan! pour cela que, lom de sendormir sur des lauriers trompeurs, elle s'efforce sans trêve de rester dans la voie du progrès· c'est à cette condition seulement qu'elle pou;ra tenir tête à des difficultés qu'augmen· tent chaque jour l'accroissement de.s fo~ces militaires de nos voisins et les améliorations de toute nature qui s'accomplissent dans leurs années. H faut aussi il faut surtout que notre armée demeure à' jamais l'objet de la sollicitude active et éclairée en même temps que de la sympathie et de la confiance du pays tout entier.
ou
76 La Suisse n 'oubliera jamais qu'aux citoque ce travail soutenu dont nos jeunes cito. yens prêts à la défendre, elle doit de les metyent viennent faire le don au pays. tre en mesure de faire face à leur tâche, et Eu même temps qu'ils apprennent au serqu'aucun sacrifice ne doit être marchandé à vice l'endurance, l'empire sur eux mêmes, ils la grande cause de sauvegarde de notre inprennent conscience de cette loi souveraine de dépendance et de notre neutralité. solidarité qui est la base de notre démocratie, Nous devons le faire d'autant plus qu'inet ils acquièrent !.lussi, par la pratique de la dépendamment de cette tâche, l'armée remplit discipline, cette fermeté de caractère et senchez nous, plus que partout ailleurs, un rôle timent du devoir qui les accompagneront dont. la grandeur et l'utilité ne sauraient pasdans la vie civile et qui seront leur ferme apser maperçues. pui dans la lutte pour l'existence. La lutte pour la vie et les raffinements de Ainsi compris, le service militaire n'est la civilisation ne sont pas sans produire des plus la corvée que l'on subit parce qu'on ne eff~ts, inévitables, peut-être, mais à coup sûr peut faire autrement. plems de dangers. la véritable noblesse des sacrifices qu' il L'on ne risque que trop facilement de s'acréclame, lorsqu'on sait les comprendre et les coutumer à l'égoïsme et à une certaine molaccepter, lui donne un rôle éducatif de prelesse, à ne songer qu'à son intérêt personnel mier ordre et contribue puissamment à donet immédiat, de ne pouvoir plus supporter ner au pays, en même temps que de bons solqu'à contre-cœur les charges et sacrifices qu' dats, des citoyens forts et dévoués, obéissants impose la collectivité. à leur devoir et armés pour la vie par les haMalheur aux nations qui laisseraient s'imbitudes de travail, d'ordre et de discipline planter dans le peuple, de pareils sentiments. contractées au service. Ils agiraient bientôt comme le poison qui Il faut que cette noblesse soit toujours mine sourdement et finit par anéantir les formieux comprise, qu'elle se dégage pour ainsi ces du corps Je plus sain et le plus solide. dire, de toute la tendance de l'instruction militaire, qu'à la fermeté avec laqueNe le supé· II faut réagir à tout prix contre ce danger rieur commande, s'allient un respect et une en s'efforçant de maintenir vivant et fort dans S) mpathie qui ne doivent manquer aucune ocI'âm~ de tous, l'esprit de civisme, •le souci du casion de se manifester. devoir et les sentiments de solidarité sans lesquels aucun peuple ne peut être sûr du Ainsi s'élève dans une troupe, l'esprit de lendemain. cohésion, de solidarité, de confiance mutuelle, qui fait d'elle comme un corps inspiré par A notre époque, les exercices du corps une seule âme et qui enseigne à chacun qu'à sont plus populaires que jamais et chacun lui seul, il n'est rien et qu'il ne vaut quelque doit s'en féliciter, malgré les exagérations que chose que dans la mesure oü il sail comprenproduit parfois ce sportisme profit qui s'afdre et remplir des devoirs dans la collecfiche aujourd'hui avec tant de réclame. tivité. Mais les ressorts de l'âme et du caractère Voulez-vous la preuve de l'action que peul ont besoin, eux aussi d'être entraînés et exercer le service militaire sur le travail namaintenus par un exercice salutaire. tional d'un pays? Ici, •l'école joue un grand rôle, et de son Voyez 'l'immense essor prjs dans le monde influence sur la jeunesse, dépend essentielleentier par le commerce et l'industrie de l'Al· ment la va·leur des générations de demain. le111agne, et soyez certains que les habitudes . Mais au moment où ils la quittent, nos de lravail, d'endurance et de discipline prises Jeunes gens ne sont pas encore des hommes service militaire entrent pour beaucoup ra ifs. des caractères entièrement formés; ils au dans cette activité intense, soutenue, inlassan'ont pas encore eu l'occasion de développer ble, il laquelle les Allemands doivent •leurs en eux, par ce que je ne crains pas d'appeler succès. • des exercices pratiques » la conscience de Vous savez, d'autre part, qu'en Angleterre, tous leurs devoirs envers la patrie à laquelle un mouvement d'opinion très puissant, récla· ils appartiennent. me l'introduction du service militaire obligaLe service militaire, qui les appelle à ce toire d'après le modèle donné par la Suisse. moment, doit être toujours plus envisagé comJe sais, par des partisans convaincus de ce me une grande école de civisme. IIJouvement, qu'il ne s 'agit pas seulement d'asRien ne développe mieux Je patriotisme surer mieux, à 'l'avenir, la défense territoriale
71 des Jles Britanniques, mais que ces patriotes voient dans un service militaire obligatoire, à durée limitée, le moyen le plus sûr d'élever fa valeur du peuple tout entier et de le metire mieux en mesure de lutter contre la concurrence qui lui est faite dans le travail paci· fi que. Chez nous, ce rôle édu-:atif du service mi•litaire est plus tangible et plus eificace que partout ailleurs. Nos écoles de courte durée ne séparent pas l'armée du reste de la population et n'enlèvent jamais pour longtemps le soldat aux travaux et aux devoirs de la vie civile. Le travail, bref, mais intense et soutenu de nos cours militaires, ne laisse aucune place it ces heures de désœuvrement dont trop gouvent, dans les armées permanentes, on déplore la fâcheuse inHuence. Dans un effort sain et joyeux, nos jeunes soldats retrempent leurs forces en même temps qu'ils resserrent ces liens de bonne ca· maraderie qui rendent si précieux et si chers les souvenirs du service. Voyez plutôt ces ba tai lions ren lrant dans leurs foyers après un cours de répétitiou. Les premiers jours ont été durs, peut-êtr~, car c'est sans transition que le paisible citoyen est redevenu soldat et les conditions mêmes de notre défense nationale exigent que nous wyons ainsi prêts, dès la première heure, à affronter les épreuves d'une campagne. Les manœuvres ont été pénibles. L'on a beaucoup marché. Les haltes ont été rares <'t les nuits brèves. Et cependant, l'on est content d'avoir donné et dépensé ses forces pour le bien du pays. L'on est heureux et fier de montrer à tous que l'armée suisse n'a pas dé:nérité et la joie du retour au foyer se double de la satisfaction intime du ·devoir loyalement et fidèlement accompli. . .. Ne méconnaissons pas l'miluence torhflantr d'une pareille école de dévoue~ent ~t de r~triotisme. et disons, au contra1re. d1sons bien haut et à tous combien le peuple suisse a le droit d'être fier de son armée et de voir en elle la solide Q'arantie de son indépendance, de ~a force et de son avenir.
---·-· .. ------Que deviendra-t-il?
Vous êtes jeune encore, lui dit le directeur du pénitet1cier, après un ·moment de pénible
silence. Durant votre séjour forcé iCi, aucune plainte ne m'est parvenue à votre suje.t. S~u· mis et laborieux, vous vous êtes acquis .b1e!1 des sympathies, et plus d'une fois, en mot-meme, je regrettais les conséquence.s d'une faut~ ensevelie maintenant dans un eternel oubh. Désormais nul n'aura le droit de vous jeter à la face ~ucune parole blessante qui fasse illusion à un malheureux passé : vous avez satisfait à la justice des hommes. Ce· pendant, au moment où les porte.s de cette maison vont s'ouvrir pour vous, 1l faut que je vous mette en garde coi~t~~ ut~ écueil~ Le monde pariois est sans pille, lache meme. Vous sentirez les préventions autour de vous, ou comme une invisible hostilité. Tenez bon et marchez de l'avant, la conscience tranquÎ'lle, le regard en haut. Peu après, François se trouva!! dans la rue heureux de sentir sa hberle, et à le voi~, personne n'aurait dit qu'il venait de su· bir, pour vol, un internement de qualre,.an.s à la Maison de correction. Pourtant, c etaJI bien la vérité. Petit employé, maigrement rétribué, chez un brasseur d'aiiaires, il avait commis un détournement, et la chose, aggravée par l'abus de confiance, poussée aux extrémités par un impitoyable patron, était tombée sous le coup inflexible du cod.e. . Et maintenant redevenu libre, 1! sembl.a1l s'éveiller comme' d'un mauvais rêve qui avait duré bien •longtemps, trop longtemps! Oü irait-il? Il n'en savait rien pour le moment, tant l'émotion que lui causait son élargissement était intense. Sa mère était morte: elle seule aurait pu cicatriser, par des paroles ré· confortantes, la plaie saignante enc?re. Il avait bien des frères, des sœurs qm habitaient le village natal, mais de quel œi•l le re· cevrait-on? Sa présence chez les siens ne serait-elle pas l'étalage d'une honte qu'on aimerait oublier.... . Remontant la ville, étranger à tout ce qut se passait autour de lui, .il arriva près vieux tilleuoJ. Le banc, hospttaher, sembla l J11viter; il alla s'y asseoir pour reposer sa noire rêverie. Quoi, pensait-il, cet air du dehors, après lequel j'ai tant aspiré, n~e deviendraitil lourd? Non, c'est le souvenir de la faute, la honte qui s'y rattache et qui me poursuit! Oh Dieu! ayez pitié d~ moi! Comme intérieurement il lançait cet appel à Celui qui ne délaisse personne, souda.in, i•I s'entend interpeller. Un paysan de son village était là, devant lui, en blouse et le fouet à la main. Le d~tenu libéré, que nous appellerons
,?u
78 françois, sentit la honte lui monter au Iront. • C'est toi, mon garçon, lui lit Je nouveau venu. Si tu rentres, tu peux profiter de mon char. Dans une heure j'atte•lle, tu me trouveras à l'auberge. Ne rougis donc pas ainsi.. .. Ce qui est passé est passé, on ne revient pa9 ~H arrière!... •
connue un chien! Si je ne •le reçois pas, qui donc le recevra? • Chacune de ces paroles tombait sur le cœur de François comme autant de gouttes d'eau bouillante! Oui, il partirait, n 'importe oü, loin des visages connus, puisque malgré la peine subie et ses bonnes résolutions, on Fidèle au rendez-vous, François s'y trouva le regardait en paria. Vraiment, il n'avait pas à l'heure convenue et s'installa dans la voide chance! Il appréhendait pour le lendemain, ture, aux côtés de celui qui l'avait invité, un justement un dimanche. D'avance, il ressenbrave homme de villageois. Sous une rustitait la sensation des regards malvei•llants et cité apparente, il cachait un cœur d'or. Ses des mauvais coups de langue sur la place, paroles encourageantes remontèrent le moral avant et après la messe. Quoi! pensa-t-il, l'exdu jeune homme, qui se sentait plus fort pour piation continue; peut-être que Dieu finira arriver. Heureusement, c'était nuit. L'ombre par me prenctre en compassion! le favorisait et le soustrayait à la curiosité Le matin, grâce aux indiscrétions malveildes commères, ce qu'i•l redoutait le plus. lantes d'Amélie, la nouvelle du retour de D'un pas hésitant, il arriva à la demeure François se répandit rapidement. Avant ef de son frère aîné, celui pour lequel il avait après les offices, il entendit des chuchoteconservé le plus d'affection. Le cœur lui batments hostiles, i•l comprit des allusions à peitait bien fort en entrant. Quel accueil lui fene voilées. Comme l'époque des fenaisons aprait-on? Son frère, marié pendant son séjour prochait, il chercha de l'ouvrage et s'aboucha là-bas, possédait de bonnes qualités; mais, sa avec plusieurs paysans. On lui donna des réfenune, à peine la connaissait-il. ponses indécises, on l'éconduisait par des: Il salua timidement, à •la manière des mal~ On vena, nous en reparlerons, etc., etc. heureux. Sur le soir, revenant de chez un gros pay· • François, s'écria son aîné, tu as bien fait san qui l'avait aussi éconduit par une réponse d'aborder chez moi.. .. Sans doute que tu as équivoque, il arriva en rêvant sur le bord faim. Amélie, va préparer du souper. • d'un ruis seau assez large. Là, il s'assit sur La femme toisait le nouveau venu d'un œil un talus, et la tête dans •les mains, il se mit l où se lisait autant de mépris que de curiosité. réfléchir. Que se passa-! il en son cœur prive Ble sortit sans ouvrir la bouche, attira la porte de consolations? Dieu seul le sait. En fout avec bmit sur elle. Une fois seule à la cuicas, il se releva calme et résolu et se dirigea sine, elle maugréa contre sa triste parenté et vers la maison de son frère. En un tour de l'obligation de dresser •le couvert pour un main, il eut bientôt mis dans une valis~ ce vaurien qui faisait leur vergogne. qu'il avait de mieux en fait de linge, pu1s il Elle rentra bientôt, l'air hargneux. Fran · dit: • Je sais fort bien que j'ai fai•lli, et quoiçois ne mangea que pour la forme. Il se renque j'aie déjà expié ma faute, là-bas Je monde dait compte des peu gracieuses intentions de ne me pardonne pas! Il méconnaît mes bonsa belle-sœur. Il souffrait énormément. Les nes intentions .... Je ne serai plus un sujet de paroles amicales qu'il aurait adressées au frèhou te pour mes p1rents : je pars! re mouraient dans son gosier. Aussi, il poussa un gros soupir de satisfaction, quand on - Oü vas tu? lui montra un lit, dans la pièce voisine. Mille - Loin, bien loin, oü personne ne me conpensées amères travaiilaient son esprit d'aunaîtra! Merci pour ton hospitalité. que Dieu tant plus qu'il entendit le dialogue suivant : tc garde et te donne la prospérité. « Qu'avait-il à aborder chez nous? PourEt il s 'en fut, aux premières ombres du soir, quoi sont les auberges? le cœur bien gros. Il est dur de dire adieu - Mais, n'est-il pas mon frère, enfin? sois à son village, pour un temps indétern1iné, raisonnable. pour toujours peut-être!.. .. - Drôle de frère, celui-là! J'espère bien Le frère resta cloué là , sur le seuil, le reque tu lui signeras son passeport demain. Je g-ardant disparaître insensiblement. Une larne me suis pas mariée pour vivre en commume roula sur sa moustache. Sa femme le tira nauté avec des repris de justice .... On se resde ses réflexions · pecte chez nous! - Il c~t donc parti, cette bonne graine! II - Je ne puis pourtant pas le renvoyer a bien fait; je ne l'aurais pas souffert long·
tewps sous notre toit ; ou, j'aurais tout sim. plement décampé. . • . _ Tats-foi, repnt severement le man, 1u n'as pas de ccrur1 . - · p,1s ponr recevoir les débns de la ~o~ rectionnelle ! Faudrait ~eut-être l'accuetlhr comme un oncle riche, qut peut vous coucher sur un test.!J.rnent!..... , • Deux mois plus tard, une lettre dun . laco r:isme glacial leur parvenait, conçue en ces trnnes: Saïgon, le 4 août 19 · · Mon ch<!r irè>re. lt: suis engagé au ter. régiment de la ~éion étrangère. D'ici, OLt tr_ons, nous_? ~e-n en ;ais rien! Merci pour la nutt d h?sptta.ltte que ltt m'as offerte.... J'attends avec m~paüenc,~ le n•oment d'aller au feu. Il faut esperer q~ tl y a~tra bien une balle pou~ me casser la tete .... Le dernier jour de ma vte ~era le plus ?e~~· et j'ai confiance en Dieu qut est plus mts~n cordieux que les hommes. Adieu et merci. • A la lecture de ce~ lign~~ navr~ntes, le paysan ~.entit ses entra!ll~s s. e~ouv01r. A~ee un sanglot dans la voix, tl dt! a sa f~mme. • Tout ceci arrive à caus~ de. tot,. femme saJ'S pitié! Mo.l hère aurmt t~~s ble.n p~ rester avec nJoi; de toutes m~m.eres,. tl. rn tallai! un homme. J'ai vu, il etaJt a_ntme de bolmes intentions. D'ailleurs, COTI_lblen so~t tombés et se sont relevés! Il ne lut ma!tquatt que de l'aff:ct~on et tu la lui as refusee par tes ll irs mepnsants!. ... • . . . . Ce cas, 1•t~si triste que vendtque , pns et vécu dans notre pays, et qui se renouvelle encore quelquefois, prouve un grand manque de .1• hez haunup Que de malheureux, r han e c ' ' · · · d d 'ten a rès un séjour cbns une matson . e e ti~n en sortent fermement résolus a ~edeve nir 'des hommes de bien! ~é~as! au heu d: rencontrer un charitable mt~r:t et de s~m~a tllique encouragement, la soCléte. souvent e?OJ~: te et puritaine, •leur tourne le dos. On s él~Je Jrne de .:cs gl'n~-là, on les repousse ?u .on A les accueille qu'avec méfiance ou ~edam. • lors le caractère s'aigrit dans le desert de. la vie. et dans le cœur du détenu li~éré, la ham: .• t e lentement · rien ne le souhent, au~n pene . ' dans 1a rou te du voix rne le rantme ., releve. ment! Sans lorce et sans courage, . tl tet?m· bera bientôt, car,' se dit-il: •A quoi bon etr: plein d'excel~ent:~ _résolutions, personne n croit à ma smcente! » Pour les maladies du corps, on a recours au médecin. Par contre, qu'ils sont ra.res hees hommes vraiment miséricordieux quJ c er-
chen! à m~ ltre un baume sur les cicatrices à peine fermées . de c~s malheureux r~pen~ants~ qui feraient bien, SI des accents ~UliS reson naient à leurs oreilles, paur shm_uler ~eur bonne volonté dans la voie de •la renovation. On se drape fièrement dans son ~~nnêteté de citoyen inattaquable, de paysan atse et sa!Jsfait, et l'on ne !rouye pas .une parole pour le frère qui est tombe et qm tente de se re~~~
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Aux yeux de Dieu, il ne doit pas y avOir de charité plus grande et plus noble que celle qui se met au service du coupable repentant. De quel regard ému ne vous accompagnera·!· il pas, quand il verra que vous n'avez. pas honte de •lui causer, que vous avez conhance en lui quand-même. L'exemple cité plus ha~t, t~ès réel en ou· tre nous découvre une plate htdeuse de la .société actuelle. Si le jeune honune en queshon avait rencontré un peu d'intérêt et de chaud; amitié tout plein d'un nouveau courage, tl serait' redevenu « quelqu'un • dans . to~!e l,'a~ ception du mot, au lieu qu'entoure d mdlfference et de dédain il perd coura.ge et s'engage dans la Légion étrangère, denHer re~u!l'e des désespérés qui ne veulent pas du S~lcld~ .. Ju•les Janin le arand critique, ava1t iut 11~ sérer une an~onc~ par laquelle il demandait 1u: valet de chambre. . . . Deux jours après l'm~erhon, se presente chez lui un homme d'envuo~ _tre~te ans: . - Monsieur, dit-il, aussJtot mtrodmt, le viens at! sujet dt~ cette place de valet de chambre.... Connaissez-vous le service? . - Oui, Monsieur, et même assez ~~en. - Etes-vous recommandé par quelqu un ou possédez-vous des certificats? -- Ni .J'un, ni l'autre, répondit l'inconn~, après un instant de lourd silence. I:I y a dtx jours que j'ai débarqué à Marsetlle, avec d'autres condamnés libérés, revenant de la Nouvelle-Calédonie!.... . le grand écrivain regarda un mstant attentivement ce postulant d'un nouveau genre. S~n regard dénotait l'intelligence et une fran. chise qui jouait tout pour le tout..... . - c>est très bien, ajouta J~les Jam.n, Je vous prends à mon service ; latssez-mOJ vo· Ire adresse que je fasse chercher vos bagages. Après 'demain matin, à neuf heures, vous prendrez votre service. En attendant, acceptez ce louis.... · M . _ Merci pour votre obligeance, onsJeur,
BU mais j'ai rapporté de 1à-bas quelques économies: elles me suffisent... .. Eh bien, cet homme resta vingt-cinq ans au service du célèbre critique, jusqu'à sa mort. Pendant ces longues années il fut le modèle des serviteurs et son maître avait en lu i une confiance absolue! Voi là un beau trait. Mais fout le monde n'esl pas Jules Janin, tout le monde ne pos· sède pas cette ampleur de vues, cette élévation de sentiments. Par contre, tout le monde peut avoir une étincelle de cette charité évan· gélique qui accordait leur pardon à la femme r.d ulfère et au bon larron. Les exemples ne nous manquent pas; il faut en faire son profit. Et, d'ailleurs, trop souvent ceux qui sont si rigides, si raides, si intransigeants à l'égard dù prochain qui est tombé, sont d'une indulgence sans bornes pour eux-mêmes, bien que n'étant ni les plus justes, ni •les p lus ir· réprochables: la parabole du pharisien et du publicain sera éternellement vraie!
• Jje tricentenaire de la télescopie
!; l
·la lunette de l'observatoire de Nice. La Russie a1 rive au même rang avec l'équatorial de l'observatoire de Poulkovo près de Sa int-Péters· bourg. Quant à l'Allemagne, si elle n'a pas la supériorité du diamètre, elle surpasse toutes les luneltes précédentes par la 1longueur et la valeur op~ique de l'équatorial de Treptow, près de Berlrn. Sa lentille, fondue à Iéna et taillée à Munich, a coûté 62,500 francs. L'appareil, mû par deux moteurs électriques, est fixé sur un pilier à base de ciment qui en assure la stabi lité. Son grossissement, de 3000 en moyenne, peut être porté à 6000 da ns les conditions atmosphériques les plus favorables. Mais l'astronomie ne s'en tiendra pas B. Carnegie vient de doter l'Institut de Washington d'un formidable télescope à miroir de ver. re argenté de 2 111 50 de diamètre. le bloc de verre, fondu avec un plein succès, pèse 4500 ki los.
La Désertion des Campagnes Voici l'intéressante conclusion d 'un article de M. jules Méline, ancien président du ministère français, bien connu par son ouvrage Le Retour à la Ter-
re:
Pour que tous les moyens d'enrayer l'exode des campagnes produisent le~r plein effet, il est indispensable qu'tls rencontrent dans leur application ~n terrain bien préparé, et, il faut le dtre bien haut la première condition du re· tour à la terre, c'est une éducation agricole nouvelle. Le jour où on voudra sérieusement arrêter le mouvement qui entraîne les populations des campagnes vers les villes, il faudra prendre le pe· tit garçon au moment où il entre à l'école pour y recevoir les premières notions de la vie et pétrir son intelligence dans le sens agricole. Toutes les branches de l'enseignement primaire devront converger vers l'agriculture de façon à en faire naître le goftt chez l'enfant absolument comme dans une Ecole des 'beaux-arts on ramène tout à l'art. L'enseignement à l'école devra être complété par des leçons de choses, les seules qui s'incrustent dans la tête de J'enfant; c'est sur place, dans la campagne, dans le jardin qui entoure l'école que le maître l'instruira en l'amusant et fera naître en lui l'admiration des merveilles de la nature. Ce qui sera plus difficile à organiser que l'enseignement primaire,_ ce sera l'enseignement post-scolatre sans lequel on ne fera ri~ de sér~eux_; c'es; surtout au sortir de l'ecole pnmatre qu il faut tenir les fils d'agriculteurs en haleine et les initier à la véritable vie agricole en faisant ressortir à leurs yeux ses avantages et sa noblesse et en les mettant en aarde contre les tentations et les déceptions de la ville. Ce ne sont pas seulement les garçons,
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CURIEUSE COINCIDENCE. Un cas intéressant de coïncidence curieuse est signa lé à Lausanne, chez une famil•le italienrre, dont l'exactitude absolue serait garantie. Après que la comète de Halley a tant mis le monde en émoi, il n'est pas Cette famille se compose du père, de la mèsans intérêt de rechercher quels sont les insre et de sept enfants. Or, le premier des entruments d'observation les plus parfaits dont fants est né le ter octobre 1839, le deuxième disposent aujourd'hui les astronomes. Ajoule 2 octobre 1891, le troisième le 3 octobre tons que c'est en cette année t91 0 que les sa18()3, le quatrième le 4 octobre 1894, le cinvarlts commémorent le troisième centenaire de quième le 5 octobre 1896, •Je sixième le 6 ocla première observation téléscopique. Quels tobre 1898, Je septième le tt octobre 1900. progrès ont été réalisés en ces trois siècles? Cette succession de dates au mois d'octoC'est l'Amérique du Nord qui possède acbre, qui est régulière jusqu'à l'avant-dernier, tuellement la plus grande lunette du monde, est aussi curieuse que ie (ait peu banal non le gigantesque équatorial établi à l'Université plus d'avoir sept enfants, tous du même mois. de Chicago grâce aux libéralités d'un milliarLE RESPECT DU PAIN da ire américa in. L'objectif, fondu à Paris, mej'ai Je respect du pain. sure un mètre de diamètre et donne un grosUn jour, je jetais une croûte; mon père est sissement normal de 2000 qui peut même être allé la ramasser: • Mon enfant, m'a-t-il dit, i•l porté à 3000 quand l'état de l'atmosphère s'y ne faut pas jeter le pain, c'est dur à gagner. prête. C'est cet œil gigantesque qui a permis Nous n'en avons pas trop pour nous; mais si à MM. Barnard et Turner de découvrir, le 8 nou s en avions trop, il faudrait le donner aux aoîrt 1004, le neuvième satellite de Saturne, pauvres. Tu en manqueras peut-être un jour, Phœbé, une petite étoile de t7e grandeur. et tu verras ce qu'il vaut. Rappelle-toi ce que Vient ensuite la grande lunette établie à je fe dis là, mon enfant. • l'observatoire Leick, près de San-francisco, Cette observation, faite avec dignité, me péen Ca lifornie. La lentille a été aussi fondue à nétra jusqu'au fond de l'âme, et j'ai eu le resParis et mesure 97 centimètres. Barnard a dé pect du pain depuis lors. Les moissons m'ont couvert avec cet appareil le ci nquième sa ' •été sacrées; je n'ai jama is écrasé une gerbe lite de Jupiter. Les quatre autres avaient été pour aller cue illi r un coquelicot ou un bleuet; npcrçus par Gali lée 1]e t3 février t610. j~ rn:~is je n'ai tué sur sa tige la fleur du pain. La france occupe le troisième rang avec Jules V ALLES.
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ce sont surtout les filles qu'il faudrait dès l'école soumettre à ce régime et imprégner de l'espri_t agricole t:n. créant pour elles un enseignement spectal ; car ce sont elles qui, plus tard, fixeront définitivement la vocation de l'agriculteur. Malheureusement, dans la plupart de nos écoles de filles, la partie de l'enseignement agricole est tellement insuffisante, tellement sèche, si peu attrayante qu'elle est presque un ennui pour les e~fants. Il faudrait, pour vivifier tout cela, changer les programmes, rempla cer les abstractions par des leçons de choses et des notions élémentaires et pratiques sur le rôle de la fe~me ~ans la maison et dans la ferme. L ensetgnement de l'école primaire n'est, du rest~, qu'une préparation; le véritable enseignement pour les fill_es, celu~ qui d?it décider de leur avemr, ne vtent gu après; c'est au sortir de l'é~ole primair,e que doit se placer un enseignement menager complet, comprenant tout ce que la femme de l'agriculteur doit savoir pour bien conduire sa maison et seconder son mari clans la direction de la ferme. Cet enseignement doit comprendre la Gouture et la cuisine, la comptabilité et la tenue de la maison, l'hygiène des notions sérieuses sur la culture potagère, l'élevage de la V?lail~e, la fabrication du beurre, les soms a donner u bétail, ote. Aujourd'hui, l'enseignement ménager fonctionne et se perfectionne tous les jours dat:s. les grands pays a~ric_ole_s qui ont fmi par comprendre qu tl etait la clé Je voftte du retour à la terre. C'est en Belgique qu'il a reçu son pl';ls ~om plet développement et ses apphcahons les plus étendues. Avant la ~elgique, le Canada avait ouvert la vote avec ses Cercles de fermières composés en général d'anciennes élèves des cours ménagers qui se réunissent périodiquement vour causer des questions qui les intéressent et mettre en commun leurs idées, leurs renseignements, leurs projets.
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1out récemment, le ministre de l' Agriculture de ce grand pays expliquait devant une réunion de délégués de ces Cercles la genèse de l'institution avec un. humo~r empreint de l'esprit le plus plnlosophr:iue, et ses paroles contienJJent une Je:;on bonne à retenir. « Les applications de la science ditH, profi_~~nnt d'abord à l'industri~ des \llles. ~- est seulement depuis vingt ou v,mgt;cmq ans que l'on s'est aperçu que 1 ag.r:cuHurc, elle aussi, pourrait tirer r-roftt de3 pro~~rès scientifiques. Enfin, 1l y a quelques années seulement on fit un~ gran.d~ ~écouverte: on s'~perçut qu 11. Y. matt a la ferme non seulement le bétml et les machines mais aussi un fermier à uider, à éduqu~r, comme homme, comme travailleur, comme être intellectui!l et social. Et voilà que nous avons troun~ que le fermier possédait une ~emm\! .et .une f~mille, et, pour la premtèr~ _f~ts, ,1e croiS, depuis l'origine de la ctviilsahon, on commence à s'occuper ~e la. fermière pour lui donner ~ne onentahon au point de vue scientifique et éducatif. je ne connais pas de ~ouv~ment q~i promette autant pour 1 aven!r, le b1en-etre général du pays. Le pomt central du travail de la ferme ne se trouve pas dans les étables ou dans les champs, mais entre les quatre murs de la maison ... • Ces derniers mots résument admirablement le problème agricole qui se pose. Il n'est pas, en effet dans les champs, dans l'étable: il e~t entre les quatre, rQUrs. de la maison, c'est-à-dire d~ns 1endroit où la femme passe sa vte e~ 4règne en souveraine. C'est elle qui est 1 ame de tout et d'elle que dépend no~ s~lement le succès matériel de l'explOitation, mais aussi et surtout le bonheur intéri!ur de la famille agricole. Si elle se platt dans son foyer, si elle sait le rendre agréabl~ à ceux qui l'entourent, pas n'est besoin de prêcher l'attachement à la terre; il sera dans tous les
cœurs et personne ne songera plus à déserter son poste. Le retour à la terre est entre ses mains.
Nos Enfants après la fin des classes . Une ~ois de plus, une « volée » de Je~ne.s f~l~e~ .et de jeunes garçons ont
qmtte defnuhvement l'école car la fin d'avril marque la clôture p~ur le grand nombre de nos classes rurales. Et de nouveau la question se pose pour les pères et les mères : Que ferons-nous de no~, enfants? Il vous semble peut-être qu a la campagne on ne doive pas être embarrassé pour y répondre. Quoi de plus naturel que de voir un fils de paysans devenir paysan à son tour! A 15 ans, ne l'est-il pas déjà ; n'a-t-il point app~is .le métier sans s'en douter pour at_n~I dtre? N'héritera-t-il point de l'expenence du père, de la situation acquise, du domaine, qu'il .aura pour tâche d'agrandir, d'améliorer selon ses forces, ses capacités, so~ savoir-vivre? S~ns doute, mais il ne faut pas oublier que les habitants du village ne sont pas ~ous ,des. cultivateurs. Nous avons des ~lis d arhsans qui, souvent, quittent le village ~t ne vont qu'exceptionnellement grossir les rangs des travailleurs d~s ch~mps. Il y a aussi nombre de fils d ouvners agricoles qui ne se sentent aucun gout pour le métier paternel Je. ne saur~is, p~ur ma part, leu~ en fa1re un cnme. L ouvrier agricole peut certes gagner de belles journées durant q~elques semaines de l'été, pendant les foms et }es ~o~sson~, par exemple, encore qu Il mente b1en sa paye; mais pour le reste de l'année, il doit se contenter d'un salaire plutôt mince sans co~pter qu'il n'est pas assuré d'avoir touJours de l'ouvrage .... « Je ne .les t~ouve pas tant à plaindre, me declarart un voisin avec qui je 4
causais de ces choses l'autre jour. Ils sont bien nourris et un travailleur n'a pas à redouter le chômage. - P~ut-être... Mais vous, lui dis-je, vous qu1 avez deux fils, en auriez-vous fait des ouvriers de campagne, si, par malheur, vous n'aviez pas eu de terres à leur léguer? . - Ah! non, me répondit-il. Mes fils peuvent aspirer à mieux que cela! » Que ferons-nous de nos enfants? La question, vous le voyez, est aussi angoissante aux champs qu'à la ville. Ce qu'il faut déplorer, c'est que les paysans aisés, propriétaires importants, en soient réduits à se la poser aussi, parce que leurs fils, comme ceux de gens favorisés, ne veulent pas rester à la campa6ne. Là est le mal, là est le danger. - Cet état de choses, disait ce même voisin, est le fait de l'instruction, de l'école! -Oh! - Parfaitement! Voyez ce qui se passe : un jeune homme se sent-il supérieur en instruction à la moyenne de ses camarades - ne serait-ce que de l'épaisseur du pouce - il prend en horreur le travail des champs. Il ne veut pas " s'abaisser, à soigner les vaches sortir le fumier, labourer la terre. Il ~spire à de plus hautes destinées .... Les postes les chemins de fer, les bureaux, le corn~ merce l'attirent et il nous laisse en plan! - De sorte qu'il ne reste au village que les têtes dures, les nianious, les imbéciles! - A peu près.... Il nous reste ceux qui se sentent incapables de réussir ailleurs! je ne suis pas un adversaire de l'instruction, ajouta mon voisin. Loin de là! ~ais on. ne m'ôtera pas de la tête que 1mstruchon nous enlève les meilleurs de nos ouvriers. Nos fils nous abandonnent, à moins que ce ne soient nos filles. - Il y a certainement une part de
vérité dans ce que vous dites mon voi. ma1s . n'exagérons point. Parmi ' sm; ceux qui . ont quitté le village, il en est qui avatent de bonnes raisons de le faire et que l'instruction seule n'a pas enlevés au travail de ~a terre. D'autre part, on rencontre au village nombre de gens intelligents et même instruits, vous, par exemple .... - Oh! moi, j'ai toujours aimé la campagne. L'amour de la campagne, voilà bien ce qui manque à nos jeunes! Comment la leur faire aimer? Ah! s'ils goûtaient comme je les goûte les mille joies de leur profession. S'ils voulaient ouvrir les yeux seulement et voir les merveilles q.ui les entourent. S'ils savaient appréCier à_ leur. vale.ur cette indépendance, cette hbre v1e qUI sont le précieux lot du campagnard! Pour moi, à chaque printemps, je me sens davantage attaché à ma terre et aux travaux qu'elle réclame. Après de longs mois passés loin de ses champs, qu'il est bon de les retrouver. Il semble qu'on sort d'une longue maladie et qu' on retrouve, avec la guérison toutes les choses familières qu'on avait 'dû laisser. Il e~t doux de r~voir cette parcelle qu'on avait ensemencee en automne et où le jeune blé a étendu son tapis 'd'un vert si frais, d'où s'élance l'alouette; de ret~ouve~ la charrue au soc un peu rouil· le, ma1s que le premier labour polira com~e une cuirasse; de reprendre le fossOir aux crochets de la remise · de se sentir enfin de nouveau en plei~e possession du chantier et des outils....
Avec le Temps Avec le temps, on fait bien des choses il faut compter avec le temps. ' Avec le temps, le petit grain de blé jeté en t~~re ge~me, pe~ce le sillon, s'élève en tige, s epanouit en ép1, se répand dans l'aire, se r6-
sout en farine, se transforme en pain et tait vivre le monde. " Avec •le ,temps, les bons consei ls, jetés dans
1a~e ~e 1enfant par une mère chrétienne et
un 1~1shtuteur chrétien, forment peu à peu cette ame tendre, façonnent une conscience éclairée et for.te que les passions de la jeunesse ne parviendront pas à étouffer préparent les convictions et les vertus de l'âge milr et procurent,. av:mt la viei•llesse, une sagess~ pleme de ITiaJeste et de prestige qui exerce autour d 'elle un bienfaisant empire. Avec le temps, on arrive aux plus bri llantes carrières. On n'escalade pas d'un seul bond }e Mont-Blanc: de même, écoliers, non pas d un seul coup, mais d'étude en étude de classe en classe, d'examen en examen d'ef~ fort en effort, on escalade peu à peu le~ plus belles positions. Avec !e. temps, les bons exemples et les saines trad1hons se transmettent des pères alix enfants, des enfants aux petits enfants d'une g~nération qui s'en va aux génération~ à velllr.
Ayec le te'!lps, u_ne œuvre grandit da ns une pa r01sse: peht gram de sénevé tout d'abord elle se développe peu à peu, étend ses bran~ cites _et devient un bel arbre où les oiseaux du c1el, c'est-à-dire les chrétiens, viennent se reposer en grand nombre. Avec le_ temps, l'~vangi•le se répand, la parole de P 1erre se repercute aux quatre coins d_u monde, rassemble les nation s, et peuple Je CieL _ Comptez donc avec le temps; ayez une conflan~~ ~ans le te"?ps. Le temps est un précieux auxl11aae, un putssaut collabora teur . fuss iezvo~s le plus petit des hommes. •le moindre des apot~s, comme s'appelait S. Paul, vous pou· vez d1re: • Avec le temps et Dieu, je puis faire de grandes choses. •
xxx Catholiques, il y en a autour de vous qui comptent avec le temps: défiez-vous, défiezvous ! Avec le temps, les œ uvres souterraines de l'enfer _s'étalent au grand jour. La franc maç~?nene sort de l'ombre, parade en pleine JuJlllere, et cherche à entraîner le monde sous sa formidable puissance. • Avec le temps, •les principes pernicieux se devel<;>ppent : _d~ conséquences en conséquences, 1ls préc1plfent la sO':iété de l'athéi sme dans le socia lisme, du socialisme dans l'an ar-
chi~me, de l'anarchisme dans le pire des desP?hsmes, et du pire des despotismes dans le ptre des cataclysmes. Avec le temps, le divorce fait son œuvre· i! gangrène peu à peu des familles jadis chr~ hennes. • Avec •le temps, il y a des criminels qui se developpent, des barbares qui enfantent dea bar~~r.es, ~ne immoralité qui s'affiche, une 1mp1ete qut se publie. r;t l'o_n ne se préoccuperait pas de porter remede a un pareil mal! Et on laisse le temps suivre son cours! Oh! le temps, affreux complice! Qu_e faire, catholiques? Pner, parler, agir, combattre, vai ncre le temps avec le temps!
------·-----Les Foires
L'h istoi re nous montre
chose q ui parail
as~ez étonnante, gue dan; tous les pays les fo1res ont _été_ à l'origine et pendant assez lon_g~emps mbmement liées a ux cérémonies rehg1euses. C'~st avec ce caractère qu'en An· gleterre le roi Alfred le Grand institua en 886 les premières foires nationales et encore qu'elles commencèrent peu d'an~ées après dans les. flandres. Dans ces deux pays, com· me a_uss1 en Anglete.rre, elles se tinrent les prenuers t.e~ps autour et jusque dans l'inté· r:eur des e~l~ses, et même dans les cimetièr~s; e .• cette ong111e se trouve clairement démontrec par les dénominations de • K irchmessen • en alletuand et de « Kermesse , en flamand que portent encore aujourd'hui les fo ires. ' En \rance ce fut le roi_ Dagobert q ui donna en 1an 620 la plus ancienne cha rte de foire qu:on conna isse; elle concernait celle de Sa mt-De~is-Pa ris, et elle stipulait en faveur du clerg_e de Notre-Dame certaines redevances en v~andes, et notamment en quartiers de porc_ q u1 sont sa ns doute l'antique oriaine de -1:1. • foire a ux jambons • si populaire"'encore chez les Parisiens. ' Pa~mi les foi~es_ de langue française, la !Jiu~ 11~1porta~te_ eta t! celle de Beaucaire, qui ava tt heu en _JUillet et attirait un grand nombre d~ négoCJa_nts ~e la Suisse romande, parce. qu ell~ ava1t, des_ ??n or igine, reçu des ro1s de France le priVIIege d'être absolument • francl~e • de tous droit:; de douane et de toutes 11llposition.> quelronques. Les commer-
çanls de tous pays affluaieut aussi à •la foire de Beaucaire parce qu 'ils y recevaient de toutes les autorités l 'accueil Je plus bienveillant, rt le 111ouvement des échanges y était énorme, si bien q ue l'année 1789, qu i fut cependant 111auvaise pour le commerce à cause d'un hiver très froid et les préludes de fa Révolution, le tota l des ventes s'éleva à près de 42 millions de livres, d'après Je rapport du d irec teur des fermes de l'Etat. Après avoir brillé d'un très vif éclat , puis subi diverses vicissicitudes, la foire de Beaucaire, n'a pas p u résister à la transformation des relations commerciales amenée surtout par la création des chemins de fer, et elle a fini par tomber tout à fait. La seule foire de l'Europe qui ait conservé sa grandeur et sa puissance est œ lle de NijniNovgorod, qui le doit sans doute surtout à cc q u'elle règne sur d'immenses contrées encore presque vierges de chemins de fer, et où les relations commerciales ont conservé leur caractère antique. Implantée au confluent du J'Ol<a et du Volga, cette foi re reçoit les mar· cha ndises de tous genres, non seul ement de toute la Russie, mais encore de ·l'Arménie, <k la Perse, de la Ch ine, etc., et le chiflre des ventes, q ui ne représente qu'une partie des marchandises apportées, dépasse chaque an· née la valeur de 500 mi ll ions de !ranes, tandis q ue chaque jour il arrive de 150 à 190,000 voyageurs vers les 6000 bou tiques qu i sont échelonnées sur une longueur d'environ 15 kilomètres, le long des quais des deux larges [•lcuves couverts d'embarcations. Dans les pays plus lointains encore que la Russie nous pouvons citer comme particulièreme(tt anciennes et réputées les foires de Mexico et de Tlascala, au Mexique, et celle d u Hurdwaar, dans les Indes, qui reçoit chaque année environ 400.000 visiteurs dont tous les douze ans le ch iffre dépasse large· n1ent un million à cause de •l'inter vention d'un pèlerinage. Enfin nous mentionnerons la foir e de Tombouctou, qui se trouve au centre du Soudan africain et au point de croisement d'un réseau de routes naturelles, et dont les immenses marchés étaient déjà réputés au temps des Pharaons d'Egypte, des Carthaginois et des Romains, comme ils l'ont été au moyen âge des Arabes, des Portugais et autres peuples.
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Le droit d'avoir des foires plus ou moins fréquentes el de plus ou moins longue durée
a été considéré penda nt tout le moyen âge, et même plus près de nous, comme un vrai privilège auque·l les villes attachaient une grande importance, et q ui était considéré comme une d~ leurs franchises les plus sérieuses. Et c'est autant par respect pour leur histoire que dans J'intérêt industriel et commercial de leurs habitants que les villes, fières de leur antique renom conse rvent leurs foires, alors même que ceJo1e~-ci ont perdu la plus grande paiiie de leur uti lité pratique. C'est pourquoi l'on trouve aujourd'hui encore des foires revenant de certaines époques de l'année dans un certain nombre de villes dt- l'Europe; telles sont entre autres en Suisse, celles de Vevey, Bulle et Fribourg, en Al· !emagne reol les de Leipzig et francfort, en France celles de Bourg-en-Bresse, d'Orléans ct de Grenoble; et c'est la foire la plus importante de cette dernière ville, celle dite • des Rameaux", qu i commence avant Pâques pour durer trois semaines. à laauelle nous avons, kut dernièrement, [ait plusièurs visites et qui nous a incité à parler ici de ce sujet, qui touthe du reste de près à l'industrie. Si Genève n'a jamais pu profiter de ses franchises pour posséder des foires, qui eus~ent certa inemen t pris chez e<lle au moyen age une g-rande importance , c'est parce que wn minuscule territoire, qui ne dépassait que de peu les fossés 1nême de la cité, était entouré de voisins turbulents et presque toujours même hostiles. Les négociants du deho rs n'osaient pas di riger leurs chariots sur Genève, de peur de les voir tomber avec leurs m;~rcha ndises entre les ma ins des bandes de pillards q ui battaient la campagne autour de la vieille cité; et le; commerçants de Genève étaient obli.g-és de s'a•Iler ap provisionner aux foires de Beaucaire, Lyon ou Grenoble, au retour desauelles plus d'un d'entre eux fut ass~ ill i par les gentil shommes de la • Cuiller • ot: d'autres bandes ennemies et conduit dans les sombres cachots de Gaillard ou de Peney.
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Si la presque tota•lité des foi res de nos ré(?"i nn~ ne présente plus ou'un pâle r eilet de ce C!ll 'elles ont été autrefoi s, on peut les distin~uer en deux catégories oui sont la conséquepce du caractère des populations qui y JJHticipent lesquelles sont d'une part les habit a nt~ des bourgs et villao,-es et des campar-nes. et d 'autre part ceux des quartiers popuk ux de~ f,1uhourgs des ~randes villes. A •la première catégorie appartiennent tou-
~·î tes les foires de nos cantons de la Suisse ro- complets ou trop complets attirent moins l'at. mande comme aussi celles du pays de Gex et tention et les amateurs que les montagnes rua. des deux Savoies; et un de leurs principaux ses perfectionnées, les tr:unways électriquea caractères est l'importance du rôle qu'y joue en miniature, les carrousels à ba'lancementa le commerce du bétail, chacune d'elles étant compliqués, les applications variées de l'élee. plus spécialement réputées pour les échanges tricité et de l'acoustique, etc. et ventes qui s'y font en chevaux par exemD'un autre côté. il est évident que les sif. ple, ou bien en vaches et veaux, ou encore !lets des machines à vapeur, les sonneriea en moulons, porcs et volailles. électriques ct les ronflements aigus des si!\. Un second caractère des foires des bourgs nes, qui sc prolongent très tard dans les el vi•llages, c'est que, si elles offrent bien de rées, sont honnis ~ar les habitants paisibles, l'animation et sont comme une fête pour les qui n'aiment déjà pas •l 'encombrement et lea localiiés, les « ar.tistes • forains n'y viennent bruits de la foule (]n'amènent les foires dana qu'en très faible proportion, et l'on y entend l<'urs quartiers ; et -comme de nos jours la que fort peu pleurer les orgues de Barbarie ntocle est de tout centraliser dans des assoou roucouler les pianos mécaniques. C'est ciations, il s'est formé dans quelques villes et que les campagnards sont gens essentielle- notamment à Paris, des " Ligues antiloraiment pratiques et utilitaires, et leurs munici- tle~ • plus ou moins bien organisées, ayant palités ne sont que médiocrement favorables pour but h suppression ou tout au moins la aux exhibitions qui dérangent •le vrai com- réduction des foires. merce des foires, et dont les prétendus artisMais l'influence des ces ·ligues a été presque tes ne dema ndent qu 'à pomper, souvent même nulle, et eHes n'ont pu obtenir des municipapar des moyens seulement à demi licites, la lités que des réglementaiions un peu plus ll!onnaie du public pour l'emporter au loin le strictes des foires au point de vue de l'ordre kndema in. et de l'hygiène, parce que les • curiosités • Les quelques foires qui subsistent encore n;ême peu saillantes des foires exercent une dans •les a-randes cités n'ont plus ce caractère aiiraction incontes table sur la plus grande assez mesuré et presque un peu familial qu' partie des populations des villes, aussi bien offrent celles qu'on trouve parmi les popula- sur 'leG étudiants que sur les ouvriers ct lea ti.o ns pratiques des campagnes, et i•l est cu- gens de Ecrvice, et, surtout sur les eniants, neux d'y voir l'accumulation de distractions r ui y entraînent faci lement leurs fanùlles. 1 plus bruyantes les unes que les autres, qu'une C'es.t cette attraction incontestab!P. qui ex· activité fébrile peut entasser en un même lieu, p lique que, lorsqu'on a dû récemment, pour comme par exemple dans les fêtes parisiennes un cas de force majeure, changer l'emplacesi connues sous les noms de • foire aux jam- ment des foires antiques et importantes de la bons • et • foire au ~ pains d'épices • de Mont- ville de Grenoble, ville dont •la population est marlre, de Neuilly, etc., dont l'exploitation égale à peu près à celle de Genève, il s'est infatigable se prolonge pendant deux à trois élevé une lutte long-ue et ardente entre les di· semaines ct encore pendant une partie des vers quartiers qui se mettaient sur les rangs nuits. pour obtenir la laveur de recevoir chez eux A côté de la partie commerciale, qui con- cel élément périodique d'un actif mouvement cerne 'la vente plus ou moins active et fruc- populaire à la lois industriel et commercia4. tueuse de la marchandise spéciale dont les Et nous savons que dans d'autres villes encore foires ont pris le nom, on constate du reste il s'est présenté des cas à peu près analoguea. a njourd'hui. dans l'organisation de celles-ci, Ed. LULLIN. une révolution qui les rattache plus particulièrement aux mœu.·s et préoccupations de notre époqu~; c'est que, d'une part, le rôle joué par le ~ • phénomènes • plus ou moins authentiones et curieux de la race humaine et des animaux y est plus réduite que par le passé, NOUVELLE VALAISANNE. el oue. d'autre parL tout ce qui concerne •es applications de l'industrie y a pris une place Il y a de cela quelques années. Par un beau plus ou moins importante. matin de mai, j'arpentais, le jarret tendu, lei Les mangeurs de charbons allumés, les pentes raides et escarpées qui dominent let femmes-tigres ou colosses et les animaux in- gorges de •la farre et grimpent vers le vieUI
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Le Bahut Ancestral
village alpestre d'bérables. Les gens de Riddes m'avaient dit: • Vous allez dans le pays oi1 l'on ferre les poules! • Tout en grimpant, suant el époumonné, je me mettais à plaindre sincèrement ces pauvres 111onlagn<!rds qui, de la plaine, transportent une grande partie de leurs denrées à dos d'homme, par ces sentiers vertigineux oi•, dégagés de toute charge, nous autres, les citadins, nous avons tant de peine à marcher. Au-dessus de ma tête, je voyais avec un étonnement mêlé de frayeur, les petits chalets noircis d'lsérables, juchés ~ur les renflements de la gorge et paraissant dégringoler vers l'abîme. Une pareille course de grand IT'.atin est bien le meilleur des apéritifs pour un estomac que n'ont pas encore altéré les • amers • de toute sorte jetés au vent de la réclame. Je venais de traverser ce CLtrieux village de montagne quand, a\·isant une petite maison de mélèze rouge adossé à un bouquet de sapins, j'y frappai ré · salument, dans l'iniention de m'y restaurer. Ce qui m'avait tenté, c'était l'air de propreté dr ce joli chalet, puis le panache de fumée bleue qui en sorta it en s'élevant gaîment vers le ciel. L'humble demeure avait quelque chose d'hospitalier qui m'atlirait. Je ne fus point dtçu. Une bonne vieille femme, au vi sage rid~, vint me répondre et m'accueillit avec cette bonhomie qu'on ne rencontre guère de notre temps, tout empreinte de la douceur et de la grâce du terroir. - Bonjour, monsieur, me dit-eNe en esquissant une petite révérence, que puis-je faire pour vous servir? - Me vendre une tasse de lai!, madame, avec un peu de votre excellent pain de seigle noir. - Veuillez entrer, monsieur, vous êtes tout en nage et l'air de la vallée est très vif; les glaciers ne sont pas loin, un méchant refroidissement est vite pris. Un tel accueil était de bon augure; j'avais frappé à la bonne porte, car il arrive que'lquefois qu'on ne réussit pas aussi bien et que la timidité ou la méfiance vous tiennent rigoureusement en éche<::. La chambrette oll je fu s introduit embaumait le mélèze. Un Christ en surmontait la pe-rle, avec une touffe de buis bénit. Sur les fenêtres, tournées au solei l, des géraniums et des marguerites s'épanouissaient à peine. Dans un angle de la pirce, un rouet dressait sa
quenouille chevelue, et J'on devinait, à sa structure vieiNotte, qu'il était plus une relique qu' lift instrument actif. Ses nombreux états de service, à travers plus de dix générations, lui valaient un repos bien mérité. Pendant que j'examinais le vieux rouet des ancêtres, la table s'était recouverte d'une nappe en gros fil de ménage, à lisière bleu et à chillre brodé, fleurant quelque antique parfum demeuré dans les recoins de quelque meuble ::ncien. Un grand bol de •l ait fumant y étalait son écume, à côté d 'un pain doré el d'une • tomme • de chèvre appétissante. Par la fenêtre wtr'ouverte, un doux soleil de printemps inonda it la chambrette; dans les bosquets d'a lentour, dont l'arome imprégnait !out · le chalet, les oi seaux gazouillaient à l'envi; l'air pur et frais de l'alpe me grisait d~ · licieusemeut. Jamai s, je crois, je ne fis un meiJoleur déjeuner. j'allais m'acquitter auprès de mon aimable hôtesse quand , dans une encoignure de la piè.: cc, un peu masqué par le gros caisson d'une pendule à poids, je remarquai un petit bahut sculpté et armorié. Sa face portait deux panneaux couronnés; dans l'un, je Ji sais en relief les initiales J. D . C. et la date de 1640, dans l'autre, une armoirie portait sur champ d'azur un château r, tour crénelée surmonté de la fleur de lys. J'étais en admiration devant ce petit joyau historique. - C'est un souvenir de mes ancêtres, me dit 'la bonne femme, r.vec un accent de noblesse oit semblait passer la voix de tous ses aïeux. Ces initiales sif.!"nifienl: Jean Du Châtelar, un descendant des ancien s seig neurs d'Jsérables. qui mourut à I.eytron, où il était syndic en 11}40; le petit château que vous voyez dans le panneau de droite représente les armes de 1::1 noble famille Du Châtelar de Acéré, qui compta deux évêques sur le trône épiscopal de T~rent a i oe ainsi au 'en font foi de vieux parchemins de la cure. de Saillon. oü •les Du Cbâte!ar possédaient une maison et des terres ~e i g-neuri a les . Un des plus puissants de cette élncienne famille iut J~ cq ues-Mi chaéli s Du \.hâtela r de Acéré. inh umé sons l'~utel de NoIre-Dame. en l'é2li se de Riddes. Tl demanda, par testament, qu'o11 le fit assi ster, à sa mort, plr un religieux de Géronde et la présence de quinze prêtres à ses funérailles. A son • septième •, il y eut treize pauvres vêtus de drap blanc du pays ou de la vallée de Viège, qui reçurent leur dîner et chacun un • quart » de monnaie de Savoie. Il légua à 'l'a fille Claudine, épouse de noble P ierre de Monthéola,
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domaine et la seigneurie d'Isérables, qui passèrent ensuite h l'évêque de Sion. Ce petit bahut est tout ce qu'il me reste du d~:rnier Du Châtelar; c'est presque un reliquaire, dans lequel je tiens mon vieux linge de famille et d'oit j'ai tiré, tout à l'heure, la petite nappe de iii sur laquelle vous avez déjeuné. Tout cela me fut raconté sans arrêt, avec de légères pauses pour laisser place à mon admiration; c'était comme une longue phrase ~léréotypée que la bonne vieille récitai 1 comme une complainte, avec de •légers tremblements dans la voix et de la fièvre dans les yeux. Malgré toute sa chrét ienne humilité, on sentait qu'à l'évocation de tels souvenirs tout l'orguei l de sa raœ avait un instant traversé ~. on âme de patricienne déchue. Je remerciai chaleureusement la noble dame de son hospita•lité b ienveillante et, tirant ma bourse, je la priai de me dire ce que je dev:. is pour mon déjeuner. - Les Du Châtelar. me répondit-elle avec un sourire un tantinet dédaigneux, savent don 1~er, mais ils ne savent pas recevoir. Puis elle me souhaita un bon voyage, me tir:. la révérence et re lerma sa porte. 8ola111licn.
Variétés LA PLUS HAUTE CIME DU GLOBE On croyait jusqu'ic i que l'Aconcagua dé· tenait le record avec 7000 m., mais l'explorateur hollandais Lorentz vient d'estimer à 7600 m. d'aHi'tude la • Wilhelminenspitze •, une sommité de la chaîne d'Or:.nge, dans la Nouvelle Guinée hollandaise. Accompagné du capit. J.-W. van Nieuwhuys, du lieutenant Habbema et du Dr van Rèimer, ainsi que de soldats, dayaks de Bornéo et ouvriers malais, il quitta en août 1909, sur un vapeur du gouvernement, Sœrabaya. Après avoir abordé sur la côte nord de l'île en septembre, il entreprit, le 9 octobre, la marche dans l'intérieur des terres. Dans Ir courant de ce même mois, les explorateurs f!ravi rent successivement les J-lellwiggebir~e, la Treugebirge et atteignirent finalement 1'0raniekette. Une hauteur de 4020 m. fut leur première conquête dans cette chaîne. Puis ils s'at!aouèrent à la Wilhelminenspitze, dont ils ~bordèrent la région neigeuse à l'altitude de 4575 IlL; .ils évaluèrent sa hauteur à 7600 m.
environ, et ·la distance qui la sépare de la côte à 150 kilomètres. UN SECOND OBERAMMERGAU. Oberammergau est devenu une sorte de Bayreuth et sa Passion une sorte de Parsifal; les agences y amènent par troupeaux les touristes pieusement attirés par ce spectacle chré!ten. Qui n'a pas vu Oberammergau doit se hâter de le voir, car la mode appellera bientôt les !idèles ailleurs. II y a dans le Tyrol un autre petit village, Thiersee, oü la iragédie du Calvai re est représentée tous les dix ans, non plus par des artistes, mais par de simples paysans, animés dune vraie foi et dont le talent n'est fait que de sincérité. Les snobs n'y vont point, parce que Thiersee jusqu'à présent, ignore la réclame, mais les habitants des campagnes voisines s'y rendent en pi.·lerinage pendant la sema ine sainte. Le village est situé sur les bords d'un petit lac, assez haut dans les Alpes, près d'un lieu oi1 la tradition du pays place le tombeau de Ponce-Pilate. Jusqu'à ·la iin du dix-huitième siècle, les gens de Thierséee récitaient la Passion sans texte déterminé, d'après le récit des Evangiles. Plus tard, ils eurent un libretto écrit par Georges E ichler d'Oberandorf. Avant 1855, les représentations étaient annuelles; elles n'ont plus lieu maintenant que tous les dix ans. Le théâtre n'est qu'une modeste baraque; mais les décors sont l'œuvre de lians Weber, artiste munichois. La dernière représentation a eu lieu en 1905 et déjà l'on prépare la prochaine. Le révérend Junker, curé du village, fait répéter ses ouailles; le maître Nicolas Huber enseigne ~ ses mioches la musique des chœurs; le ma1re s'occupe de la trésorerie. Ces acteurs, dont les noms ne seront imprimés sur aucun programme, ni célébrés dans aucune gazette, ne songent point à briller, mais à traduire ave.c toute leur ferveur le drame évangélique. Thtersee est aujourd'hui ce qu'était Oberammergau il y a un demi-siècle; ce qu'Oberam mergau est aujourd'hui, il le sera dans dix ans.
-o• A son fils qui n'a pu obteni r le moindre prix, un père demande: _-- Mon fils, qu,md on n'a pas un seul prix, sats-tu cc que cela prouve? Cela prouve qu'on est vertueux car la vertu n'a pas de prix!
,Je suis la Voie Il )' a quelque 1900 ans que vivait en Galilée, Celui qui fut Je Régénérateur de l'humaJtité et le Sauveur du monde, Je Christ jésus. A ce moment régnait dans •le monde, courbé sous l'épée romaine, le s i•lence de la servitude, et les proconsuls des Césars portaient à traver s les provinces vaincues leurs dieux, leur corruption et leur bassesse. Seul, sur la colline de Jérusa•lem, le temple de Jéhovah subsistait en face des panthéons; souvenir bien effacé déjà du vrai Dieu et de la liberté d u monde, car le peuple juif commençait à [lagorner les Ponce-Pilate, et sa religion, toute codifiée en arguties de philosophes o u de jurisres ergoteurs, était à peine comprise d'une .aristocratie de demi-savants, pédants et orguel'lleux, qui en connaissaient la lettre mais ne viva ient guère de son esprit. ' Et c'est ce moment que le Christ choisit pour révolutionner le monde. Revivifier la viei lle loi de Moïse en confondant ces théolog-iens étroits, créer •l'âme chrétienne en eugentirant la Charilé et l'amour de la ver1u austère dans les âf!!es haineuses des Juifs ct jouisseuses ries Romams, c'était une tâ.rhe sinaulièrement plus difficile que de replacer au" rœur des hommes de notre époque les sentiments chrétiens. II a réussi pour1ant; pour réussir, suivons son exemple et ses instructions. Le Christ appelait les foules autour de lui ct il les enseignait. Le peuple Je suivait en g rand nombre, le petit peuple surtout, celui qui n'avait pas son pain assuré pour le lendemain el qu'il était obligé de nourrir par miracle. Car il avait dit: • Heureux les pauvres, heureux ceux qui aiment la paix heureux ceux q ui soufirent et qui ont soif de' justice. • Non coulent. de les appeler à Lui , il allait à eux, mangea1t avec eux, logeait chez eux. II aimait à se comparer au maître de la maison qui convie à sa fable des invités de choix, et se trouve seul au moment du fest in, alors il dit à ses ser viteurs: • Allez par •les rues et les carrefour s et amenez tous ceux que vous trouverez. » Les festins, à lui, c'étaient ses instructions et il y avait place pour tout le monde. Mais cet apostolat n'allait pas sans difficultés. Ses ennemis aussi venaient l'interroger et Je contredire. • Qu'est-ce que cet hommelà. disaient-ils. qui se commet avec des gens sans aveu, avec des publicains, et qui se dit l(:ur ami? • Et pour ces Juifs étroits et forma•listes, c'était un crime de fréquenter des
publicains qui représentaient <.:hez eux la politique romaine, de fréquen ter des geus qui n'obéissaient pas aux plus miuutieuses prescriptions de la loi et à ses interprétations talmudiques. Aujourd'hui comme autrefois, il y a des gens qui ont dressé une liste de ceux qu'ils ne doivent pas fréq uenter! A ces reproches, le Christ ne se lassait pas de répondre: • Je suis venu convertir les pécheurs et non les justes. Je suis semblable au berger qui a perdu une brebis et la cherche jusqu'à ce qu'il l'a retrouvée et à ce moment s'aba ndonne à sa joie; car il y aura au ciel pl us cie joie pour un pécheur qui fera pénifence que pour 99 justes qu i n'ont pas besoiu de pénitence. • Trois ans durant, il parla ainsi. Mais un jour vint oit sa voix ne put se faire entendre. Ameutée par les Pharisiens jaloux, une populace fanatique demanda la mort du Chrisf, et il y eut un traître pour •le livrer. En vain, Ponce·-Pilate essaya de discuter, les clameurs couvrirent sa voix. Jésus fut abandonné à ses eunemis. Il mourut pour sa cause. Mais déjà i! avait condamné ses bourreaux et leurs imitateurs. • Si vous entrez dans une ville, avait-il dit à ses disciples, et qu'on ne veui Ile vous y entrndre. sortez. mais en pa~sant la porte secouez la poussière de vos pieds. Ma•l heur aux sourds! malheur à toi Caoharnaum. à foi Corozaln. à foi Belhsaïde! Et toi Jérusalem, Jérusalem . qui tues tes prophètes. qui reçois rt coups de pierres ceux qui viennent fe parler, bientôt les maisons seron t désertes. et de fon temple il ne restera pas pierre sur pierre. • Et en effet, encore quelques années, et tes Ju ifs. restés sourds à sa voix, étaient dispersés à travers Je monde, vaincus et humiliés, sans qu'il restât au moins un Jérémie pour pleurer sur les débris du temple; •les villes riantes qui encadraient le lac de Tibériade, Capharnaum, Corozaïn, Bethsaïde, étaient détruites, si bien qu'aujourd'hui encore, I'archéo l o~ue hésite sur leurs ruines qu'il ne reconnaît pas. Encore quelques annëes et la pa· role du Christ rempli ssait le monde, et l'empereur phi•losophe qui avai t employe! pour étouffer cette voix toute la force de son glaive ri l'habileté de ses sophismes. tombait en s'écriant dans sa rage impuissante: • Tu as va incu, Gali léen. • Nous ne saurions mieux laire, les jeunes, que de suivre un si grand exemple et d'en préciser les leçon a. Parmi nous, chacun peut être un apôtre.
90 Ne donnons pas excuse à notre paresse ou à notre indifiérence, notre ignorance ou notre incapacité. Les pauvres pêcheurs du lac de Tibériade que Jésus appela n'hésitèrent pas à k suivre et ils furent les premiers apôtres. Et le Christ lui-même ne vou•lut-il pas naître dans la maison d'un artisan, ar.tisan lui-même? C'est de lui que les pédants du temps disaient: « Mais ce n'est qu'un tils d'ouvrier, le fils de Joseph le charpentier. » A vous, chers ouvriers, cette parole. Il n'est pas besoin d'être 1111 intcllec!uel pour être un apôtre, et songez. quand on raillera votre ignorance on votre condition, que •le Maître fut, lui aussi, r:1 i llé. En avant donc, ct ne craignons rien . Allou s, du cœur et de l'audace. Ensuite, adressons-nous à tous. Il n'y a point autour de nous d'ennemis, i+l y a des frères égarés. Ceux que les opinions politiques, socides, religieuses, séparent de nous, comIIlC elles sépara ient .autrefois les publicains et le~ J uiis, ceux qui sont mépri sés parce qu'ils out eu des faiblesses, parce qu'ils sont mépri sables peut-être. voilà ceux à qui il faut porter la bonne parole. Le Christ l'a dit et l'a répété; c'est qu'il savait bien qu'une conversion n'est pas impossible, et que l'intelligence de J'homme ne peut pas plus que son cœur résister longtemps à ceux qui parlent au nom de la raison et de l'amour infini. Ecoutons-le: • Un ltomme avait deux !ils; allez aujourd'hui travailler à ma vigne, leur dit-il; le premier répliqua brusquement: Non, je n'irai pas; puis pris de remords, il se mit au travail. Quand au deuxième, il répondit : j'irai, mais i•l n'en fit rien. Lequel a obéi à son père? C'est le premier sans doute. Eh! bien, conclut JésusChrist, il en sera ùe même des hommes, et les publicains et les pécheurs repentants précéderont dans le ciel beaucoup de chrétiens qui ne sont que des hypocrites. • JI v a plusieurs moyens d'a ller à ces frères égarés. Tl nous arrivera souvent d'être déçus: réussir un jour et se laisser emporter clans ;J'enthousiasme des applaudissements. être crifiqué ct insulté le lendemain. c'est le sort de ceux qui veulent être des Apôtres. Ce fut aus~i Je sort du Christ; le dimanche il en trait 1\ ,Térnsalem en triomphe, il y mourait le vendredi insulté, con,;pué. condamné. TTtile lecon. Le s uccès! v;.~in mot. Les Juifs crurent au succès le jour OLI il s purent contemnit>r sur l::t croix le ·cadavre de Celui oue leur haine avait tué, et ce succès n'empêcha pas
91 Rome de disperser à travers le monde le peu· pie insoumis et n'empêcha pas plus la religion nouvelle de conquérir l'univers. Mais il ne faut pas douter du succès. Jeanne d 'Arc disait: les hommes d'armes batail•lent, cl Dieu donne la victoire. Or donc, si, en nous faisant insulter, maltraiter p2ut-êlr~ . nous réussissions à laire réiléchir un a thée, à convertir un égaré, il y aurait plus de joie dans •le ciel que si nous avions recueilli les Hpplaudissements de quaire-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin d'être convertis. Et si nous ne pouvons constater le succès, s'il y en a qui meurent à la peine, qu'intporte; il y a toujours des sO'Ida!s qui tombent sur le chemin de la vic!oire. Mais la victoi re est assurée, la croix elu Christ est enro r~ debout, le sang du Christ n'est pas encore épuisé; courage et confiance, le Galiléen vaincra encore. J. F.
Les Hymnes du Saint-Sacrement Les voix et les orgues s'unisent pour célébrer les mystères et les gloires du Saint-Sacrement. Chose remarquable : les étrangers au culte catholique, des hommes d'art plus !amiliers avec le théâtre qu'avec l'église, apprécient souvent mieux la beauté de nos canti lènes sacrées, remarque A. Loth, de !',Univers": • J'entrai, un matin de •l'Octave de la Fête · Dieu, à Notre-Dame de Paris, avec un musici en distingué. qui n'était rien moins que d'église. écrit l'éminent publiciste. Du fond de l'abside de l'immense et majestueuse basilique, dans la chapelle du Saint-Sacrement, une voix d'enfant de chœur, une seule, mais pure et pleine, entonnait le verset " Panis angelicus •, de l'hymne si suave des Laudes, " Sacris so· Jemnis • . Le soleil matinal il'hnninait, en ce moment, le chœur de la vieille cathédrale : c'était comme une vision dorée. La voi x de l'enraut s'enroulait, aérienne sous les voùtes so· nores, disant dans une angélique mélodie : ...0 res mirabilis! Manduca t Dominum Pauper servus et humilis. Mon compagnon s'était arrêté, saisi, sur le seui'i. Il écoutai!, il regardait. Quand le chan! cessa, il me dit avec émotion: « C'est le ciel! ,
Une autre fois, aux vêpres du dimanche, le grand org:ue de Noire-Dame, tonnait, avec tous ses Jeux, l'hymne triomphale: • Pange !ingua ». Un critique d'art renommé se trouvait là par hasard. Il lit part à !',Eclair" des ir:tpressio~s que lui avaient causées cette granchose mustque, auprès de laquelle Wagner lui paraissait banal. Mais voici un maître qui parle, le plus grand du XIXe siècle, en F rance, avec César f ranck. Dans ses Mémoires, Hector Berlioz ra conte ainsi un jour de première communion à la Côte·Saint-André (Isère), son pays natal: • C'était au printemps; le soleil souriait, la brise se jouait dans les peupliers murmurants . je ne sais quel arome rempli ssait l'afmosphè~ re. Je franchis, tout ému, le seuil de la maison- Adntis dans la chapel'le au milieu des jeunes amies de ma sœur, vêtues de blanc i'a l!endis, en priant avec elles, l'instant d~ l'auguste cérémonie. Le prêtre s'avança, et, la messe commencée, j'étais tout à Dieu . Au mo· ment où je recevais l'hostie, un chœur de voix virginales entonnant une hymne à l'Euchar! stle, me remplit d'un trouble que je ne sava1s comment dérober à l'attention des ass istants. Je crus voir le ciel s'ouvrir, le cie<l des chastes délices, un ciel plus pur et plus beau mille fois que celui dont on m'avait tant pa rlé. 0 merveilleuse puissance de l'expression vraie, incomparable beauté de la mélodi e ! , Toul l'office de la fête du Saint-Sacrement est un chef-d'œuvre de poésie liturgique et d 'art musical. Il est, comme nul ne l'ignore, de saint Thomas d'Aquin, et l'on sait par Denys le Chartreux de quel fraternel et touchant concours , entre saint Bonaventure et lui , il r s l Je résu•ltat. Tout le texte, moins les parties tirées ùe l'Ecr iture Sain te et des saints Pères, est de la composition elu Docteur angélique. Il y a mi s tout son génie, toute son âme, toute sa sainteté. Thomas d' Aquin s'y montre poète autant que théologien. Pour le chant, il n'a lait qu'œuvre d'adaptation. Faut-il regretter que l'illustre docteur n'ait pas composé aussi la musique, en même temps que les paroles de l'Office du Saint-Sacrement? Thomas d'Aquin, comme le sont, au moins de goùt et d'aptitude, tous les esprits supérieurs, étai t musicien. 1+1 avait la science de la mu sique , il pratiquait l'art du chant. C'est sans doute parce. qu 'il connaissait mieux (jue personne les beautés du répertoire grégo-
rien qu'il jugea inutile d'inventer de nouveaux chants pour le nouvel office. -------+~ ·
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L'Homme d'Action Il n'y a pas d'homme d'action sans recueillement, saus réf+Jexion, en un mot sans vie intérieure. Qu'est-ce en eifel qu'un homme d'action ? Ce n'est pas seulement celui qui agit dans l'espace, mais celui qui possède une vie intérieu re si intense qu'il arrive nécessairement que ce((e vie ne peut plu s être contenue e~ lui même déborde, et qu'i l convie les a ut res à vivre de la même vie. Par suite, pour être un homme d'action el créer en nous cette vie intérieure indispens!l· ble, il faut commencer par se libérer, c'est-àelire par se renoncer. C'est là l'œuvre la plus pénible, la plus dure, autrement dure et pénible que toutes les manifestations extérieures d'activité, c'est une œuvre de statuaire idéale, qui exige du recueillement, comme aussi de la force dans la main qui lient le ciseau. Eire un véritable homme d'action, ce n'es! pas tant faire de grandes choses el dépenser beaucoup d'activité, que de rérléch ir, de prendre conscience de sa vocation et de vivre ~a loi, de la vivre en Dieu, et par su ite pour les autres. Et dès lors, quand nous agirons, notre ac· lion sera •l'expansion naturelle de notre vie. Nous saurons, quand il le faudra, donner à la cause une activité physique intense, qui ne sera pas de l'agitation, p:uce que nous garderons au fond de nous-mêmes cette paix in· térieure sans laquelle il ne peut y avoir d'ac· lion véritable. Eire actif, être en paix, vivre dans le présent, et voir toujours l'avenir, tel est l'aspect de l'homme d'action,· quel qu'il soit, quoi qu'il fasse. Il ne prétend pas au succès, ou du moins au s uccès visible; i•l ne prétend qu'au succès auprès des cœurs et des âmes, et de celui-là, le monde ne sail rien. Que lui importe? Il sait qu'aucun acte de chari té, d'amour, vraiment désintéressé ne se perd sur terre; il sait qu' il est une chose qui peut dominer la vie de l'homme et la laire une et forte : c'est d'avoir aimé b vérité et d'avoir voulu la laire aimer de!> autres. De ce point de vue, un homme ne peut jamais dire qu'il ait manqué sa vie ou
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92 qu'il se soit tronipé; il ne s'est jamais trom· pé celui-là qui a cherché à s'approcher 1e plus possible de la Vérité, de la Beauté, de Dieu - de ce Dieu vivant qu'il appelle de tout son être. Ch. d 'HELLENCOURT.
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La meilleure assurance - Seriez-vous en mesure de me dire quelle est, à votre avis, la « meÎ'lleure assurance »? disait à son voisin un riche cultivateur. - Cela dépend, répondit le voisin, de ce que vous voulez a ssurer. Est-ce votre maison? - O h! non, elle est assurée à la • Nat ionale • contre l'incendie. - Est-ce votre mobilier? - Assuré encore. - Sont-ce vos récoltes? - C'est fait depuis longtemps. Son t-ce vos bestiaux? - Une compagnie s'en est chargée. - Mais alors tout ce que vous possédez est donc assuré? - Certainement, dit en se reng-orgeant le gros propriétaire. On ne s'expose pas à perdre tout ce que l'on a au monde de plus précieux, lorsqu'on a la possibi•lilé de se prémunir contre des dangers éventuels, qu'on peut fa ri leme nt éviter. - Et si je vous disais, répliqua le malin compère, que dans l'énumération de tout ce que vous avez assuré, j'ai remarqué l'absence d'une chose ... pourtant bien précieuse. . - Je ne comprends pas du tout ce que vous voulez dire. - Et votre honorable personne, l'avez-vous assurée contre tout danger possible? - Oh! excusez, si le feu prend à ma chambre, j 'ai de bonnes jambes, Dieu merci! je filerai comme un trait.... Et puis, n'aNons pas oublier ma meilleure assurance: je suis assuré, cher voisin, pour une grosse somme au « Phénix "• grâce auqliel je pourrai pour ainsi dire renaître de mes cendres. - Fort bien pour vos enfants, qui ne pourront que bénir la mémoire d'un si bon père. Mais vous, mon ami, au moment où il faudra descendre six pieds sous terre, corn· ment éviteriez-vous ce feu contre les risques duquel vous n'aurez pas pris d'assurance? ... Voyons, avez-vous songé à vous assurer contre ce feu éternel? ... C'est cependant fort utile, car ce ne serait ni la ma ison, ni Je mobilier,
ni les récoltes qui brûleraient alors, mais bien la grave personnalité de celui qui aurait négligé l'assurance en question. - Mais savez-vous, répliqua Je propriétaire devenu sérieux, que c'est tout un sermon que vous me faites-là ? - Ecoutez, cher voisin, vous m'avez parlé d'assurances que je ne connais pas; moi, je vous réponds par la seule que je connaisse, la meilleure et la plus sûre de toutes. Tenez, voyez-vous là-bas le clocher de la paroisse? La demeure du directeur de la compagnie que je vous recommande se trouve à côté, il est visible à toute heure. A>llez le trouver et demandez-lui une police en règle; ça ne coûte rien. Le riche cultivateur fut frappé de ce langage couvert·, quoique assez transparent. li y pensait le jour, il y rêvait la nuit, de sorte que les paroles du voisin raisonnaient sans cesse à ses oreilles. El comme il aimait assez sa petite persoR· ne et que toute idée de souffrance le faisait tressaillir jusqu'au fond de son être i•l se disa it : Que serait-ce donc, s'il fallail avoir la perspective d'un sinistre à subir sans espoir du moindre secours! Enfin, après de longues indécisions, il prit le parti d'aller trouver le directeur de l'assurance dont lui avait parlé son voisin. Cet acte de courage lui rendit le bonheur; et quand sonna pour lui •l'heure de passer de ce monde à l'autre, il fit le pas sans crainte ni fa iblesse. Il emportait avec lui l'assurance d ·un bonheur éternel. Que chacun de nous se demande s'il est bien assuré contre Je feu de l'enfer, s'il serail prêt à paraître devant Dieu au premier appel. O h! qu'il fait bon d'être toujours en état de grâce! Comme on a le cœur léger, et qu' on se sen! heureux, lorsque rien ne pèse sur •la conscience! Mais surtout quel contentement et q uelle joie à l'heure de la mort!
Misère Du temps que Notre-Seigneur était sur la terre, petits, il y avait un pauvre homme bien vieux et bien brave qui s'appela it Misère. Ce pauvre homme habitait une cahute qui n'avai t pas élé réparée depuis peut-être plus de cent ans. Il y pleuvait comme dehors, ou peu s'en faut; tous les vents y soufflaient, et, quand il
tombait de rla neige, Misère, sans sortir, en avait le chapeau tout blanc, un vieux chapeau noir que quelqu'un lui avait donné, il ne se souvenait pas quand, et qui, précaire, ne vafait pas un dernier troué. Un soir de fin d'automne, comme il corn· mençait à faire fro id, Notre-Seigneur, en passant, alla frapper à la porte vermoulue et sans senure Ju pauvre M isère Pan, pan, pan! - Qui frappe là? - Un pauvre comme vous. - Entrez, entrez, brave personne. Notre-Seigneur entra et trouva Misère tout affaissé sur un escabeau, au pied d'un âtre sans crémai llère ni chenets, rien que deux pierres appuyées à la muraille, et quelques branchettes au milieu, à moitié brMées et fumeuses. - Peut-être avez vous froid? dit le pauvre homme à Notre-Seigneur. Et il se mit à fouiller les cendres avec son bâton pour y découvrir quelques bouts de braise. - Je vous remercie bien, répondit le bon Jésus, jamais je ne me chauf!e et jamais je n'ai froid. - Peut-être donc avez-vous fa im? Allon· gez le bras le long de cette planchette, il y a deux croütons de pain dessus: choisissez le plus tendre ou prenez-les tous les deux, s'ils vous font besoin. - Merci bien, merci bien! dit encore Notre-Seigneur. Ma is M isère le pria tant que le bon Jésus, dit le Benedici te, partagea un ccoûton, et ils en mangèrent la moitié chacun, lui et Misère.
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A ce moment, une vingtaine d'écoliers de dix à o nze ans quittaient le chemin de l'école et galopaient au · plus agile, déchaînés et tout pleins de gueuseries, vers la cabane du pauvre Misère . Et lui criaient par le trou de l'évier el par la cha tonn ière de la porte: - Hou! hou! hou! vieux maboul de Mi· sère! Hou! hou! hou! Mais Notre-Seigneur avait vivement ouvert la porte et il chapitrait, comme vous pouvez penser, cette bande de gueusardets pour leur enseigner le respect que nous devons tous aux pauvres et aux vieillards. P uis Notre-Seigneur se fit connaître et dit à M isère: - Je m'appelle Jésus de Nazareth et je suis le F il s de Dieu.
- Je le crois sans peine, ma foi, fit Misère. Depuis que vous êtes entré, je sentais comme quelque chose qui frémissait au fond de moi et me faisait tic-tac à la petite fontaine de l'estomac.... Et Je pauvre vieux, en disant cela, travairiIait des pieds et des mains pour se mettre à genoux sans y parvenir. - Ça suffi t, va! fit Notre-Seigneur, le geste vaut l'acte. Maintenant, dis-moi ce que tu veux que je te fasse pour toi, et je le ferai. - Eh bien! puisqu'il en tourne, je ne ferai pas de façons. Du moment que vous êtes NoIre-Seigneur et que vous pouvez tout, permettez, s'i l vous plaît que je trouve toujours sur la planchette un croûton de pain, comme celui que nous avons mangé ensemble et ·dont, par ma foi, je n'ai de ma vie goûté de pareil. Puis Î'1 y a ces diables d'enfants qui n'ont aucun bon sens; si bien que vous leur avez fait la morale, j'ai peur qu'ils ne soient guère convertis, étant donné que, sans doute, ils ne vous ont pas reconnu. Délivrez-moi, Seigneur, du charivari de ces canaillottes .... Je suis bien pauvre, je suis bien vieux, eh bien, tout de même, cette vie ne me pèse pas trop et je suis content de demeurer ici, surtout maintenant que vous êtes venu m'y voir. Tant plus souvent vous reviendrez, tant plus de plaisir vous me ferez. Mais les autres, ni plus ni moins : je préfère être seul. Notre Seigneur lui répondit: - Misère, ta prière me plaît, et je ferai tout ce que tu m'as demandé. Tu auras toujours, pour ton nécessaire, le bon pain de l'aumône. Et puis, du moment que tu ne languis pas et que tu aimes vivre tranqui•lle, n'aie pas peur. La vieille claire-voie, là haut, qui ferme ton petit chemin, personne désormais, sauf moi, personne, quel qu'il soit et d'ott qu' H vienne, de ce monde-ci ou de l'autre, personne ne pourra plus !(ouvrir ni la franch ir sans ta permission. - Ainsi soit-il, dit Misère. Je vous remercie bien.
"'
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Et ainsi fut-il, pauvres petits. Ces galipandots d'écoliers, quand ils s'imaginèrent ouvrir la claire-voie, arrête, poule, qu ' ici i-1 y a un ver! Ils se décarcassèrent bien de trente-six façons... bernique-bernique!! tls essayèrent rie l'esc11 lader en grimpant sur les traverses ... bistanllère-bistanilu !... Quelque chose aussitôt les rembarrait, et fla ou! ils roulaient à travers le chemin sur le
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94 dt-rrîère et se démolissaient l'os bertrand. Vous comprenez qu'ils furent bientôt fatigués de ce travail. Mais écoutez, petits, le plus joli. La mort, qui n'oublie personne, arriva enfin pour cuei llir Misère ... Tourni[]ore pour b mnrt! .... Le pouvoir pour No.tre-Seigneur est plus fort que tout. La GoLLrragnasse fit les cent mille diables, tapa, rua, gigota, se cramponna , se déchaussa les ongles sur les planci tes, trépigna, sou!fla comme un jars, tr ima deux heures, grinçant des dents et écumant de ra'l·e.... Excusez bien, Madame! si vous êtes veillle, retournez vous-en! Défense d'ouvrir, défense de sauter, défense de voler, défense d'aller cuei•llir Misère !. .. Et c'est pour ça, pauvres petits, qne Misèn' est toujours sur la terre el y demeurera jusCJu'?t la fin du monde. 1/Jl!f' .T.
Hr.~SOil ,
Traduit du languedocien par J mn V'iull is. - - - ~~
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Superstitions Un savant frança is s'est appliqué, tout ré· cemment 1t rechercher, au sein de notre génération ' actuelle, les traces encore existantes de la superstition de jadis. Les découvertes auxquelles l'amenèrent ses recherches le stupéfièrent; il n'aurait jamais pensé qu'on encore aussi superstitieux, à notre époque d'éludes sérieuses et de découvertes scientifiques. H ne faut pas entendre seulement, par superstition, la croyance aux fées, aux sorciers, au loup·garou el à toutes ces créations moyenâgeuses qui ne trouvent plus guère de créance aujourd'hui, même dans les coins les plus retirés de nos montagnes. Non: il y a une foule de petites superst itions qui n'ont. l'air de rien, qui passent inaperçues et qu1 sont cependant l'indice d'un atavisme fort ancien. Ainsi, par exemple, le vendredi est encore un jour néfaste pour une ioule de gens. Oh! vous les blesseriez profondément dans leur amourpr opre ·si vous les accusiez de nourrir des croyances puéri•les. Cela ne les empêchera pas cl'y regarder à deux fois avant que de se mettre en route un vendredi. Il y a, de même, :ies domestioues qui , pour rien au monde, n'entreraient 'dans une place ce jour-là. Demandez-leur de donner un corps à leur cro -
rot
yance, de la prectser, de l'appuyer enfin sur une donnée solide, ils n'y penseront même pas; ils y croient, voilà !out, et leur conviction est d'autant plus inébranlable qu'elle ne repose sur rien. Le nombre treize partage, avec le vendredi , cette réputation ma•lheureuse. Ces superstitions ont des racines profondes ; leur origine se perd dans la nuit des temps ; comment ont-elles subsisté et nous sont-elle parvenues, voilà le mystère; par quel hasard trouvent-elles encore droit de cité, à notre époque, la question est plus mystérieuse encore. Nous venons de parler des deux croyances populaires les plus caractéristiques et les plus généralement connues, mais nous pourrions en allonger la liste. Ainsi , c'est signe de mariage si quatre personnes, sans le vouloir, se tendent la main en croix; il en est de même pour celui qui entame une demi livre de beurre; si c'est une 'lliche de pain, le mariage n'interviendra que sept nns après; c'est signe de visite lorsque des ciseaux se iixent par la pointe en tom· bani ; donnez à une personne une épingle, une aip dNe ou un objet pointu, on dit que ça pi· que l'amitié, autrement dit il y aura chicane; une glace se fend-elle, on brise sa chnnce pour sept an s, ou c'est mt signe certain de mort da ns la famille; de même, 1t la campagne, s i les corbeaux s'~. pprochent d'nne maison; découvre-t-on un gros trou dan s une miche de p::~in, c'est enLore un sinistre présag-e; tournel-on en s 'hnbillant, son vêtement à l'envers, on s'expose à un aftront duran t la journée; enlile-t-on ses bas 1t l'envers, on annule la puissance de l'esprit mallaisant; s i, la veille de SISylvestre. une jeune fille s'enferme dans une chambre noire, en face d'un miroir, le visage de l'l1omme qu'elle verra npparaître dans 1 ~ glace sera celui de son mari; un chien qui !au•le, le soir, annonce un incendie ou une mort prochaine ; le cri de la chouette, près d 'une mai~on, annonce une naissance. La rencontre d'un chat noir, au crépuscu le, ne présnge rien de bon, pas plus, du reste, que celle d 'un corbeau , dè bon matin , Au premier chant elu c•Ju ,:oll , ::J LI ~Jrintemo s . il faut secouer sa bourse nfitt d';,,-oir de ·l'argent pendant toute l'nnnée. Une ~to i le filante raie-t-elle le ciel de sa lueur b rève, vite, faites un vœu .... et cœtera; la liste est assez •long-ue pour vous prouver que les croyances puériles auxquelles nous atta chons q uelque importance, sont légion. Et ne dites pas, parce tjue vous n'y croyez pas,
que personne n'y croit plus ; en voici un exemple : ]'avais comme ami, il y a environ une année , 1111 jeune homme qui faisait, à Lausanne, des études de médecine. Il nous arrivait souvent de trnvaHler ensemble. Un soir il me quitta tout joyeux; il était à la veille de pa sser des examens et , se sentant en excellentes di spos ition s, il était sûr du succès. Le lendemain, nn peu avaut midi , je le vois arriver, l'air abattu, découragé. - Eh bien! lui dis-je, ces examens, ça n'a pJ s marché? . - Si, me dit-il, çn aurait marché mais je n'ai pas eu de chance. figurez-vous qu'en sorU!nt de chez moi, ce matin, un sacré corbeau est venu sautiller devant mes pas, faisant des révérences ... croâ, croâ, croâ! c'était mauvais présage. Toute la matinée cet oiseau a été deva nt mes yeux, et j'ai abandonné mes exa· mens, je n 'aurais pas réussi. Et c'était un étudiant en médecine, élevé, i 1 est vrai, aux Indes portugaises, mais qui :Jvait suivi d'exceNentes études universitaires. Celte même naïveté se manifeste lorsqu'il s 'agit de maladies, de dangers à éviter, d'objtls perdus ou de personnes disparues. C'est alors qu'entrent en scène les somnambules extra lucides dont toute la science consiste à exploiter la crédulité et la sottise du public. Personne ne niera qu'elles ne jouissent, de noe. jours t:ncore, et pour beaucoup de gens, d'ttne autorité supérieure à celle dont béné!kient nos mei·lleurs Esculapes. Qu'est-ce que ce la prouve, sinon que la crédulité naïve est prolondémenl enracinée au cœur de notre race et que la science ni l'évidence même ne prévaudront contre l'absurde. Les personnes qui ont recours aux lumières des somnambules sont plus nombreuses qu' 011 ne le suppose: hâlons-nous de déclarer que cc sont les femmes qui constituent leur principa le clientèle, et c'est assez piquant de constater que c'est là « ruse en robe rose '' qui se laisse •le plus aisément duper. Tout cela est à la fois divertissant et hullliliaut; divertissant parce que le spectacle de la sottise humaine est presque toujours plais ~nt , humiliant, parce que ce n'est pas la peine d'appartenir au siècle par excellence des découvertes scientifiques, pour en être encore là.
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Ames d'Enfants Je ne sais où j'ai lu, il y a quelques jours, que l'enfant naît cruel et qu'il faut lui appren-
dre à élre pitoyable. Non , non , l'enfant. ne nait pas touj o urs cnte! car li est des pchtes créatures de mystère c t d 'aillour qui ont l'instinct cle la bonté la plus parfaite et la plu s tendre qui se puisse rêver; ct Ï'1 est impossible d'accu ser l'ealance de cruauté si on la connaît à iond. Pourq uoi être aussi sévère? J'en appelle à ceux q ui me lisent ; aux par<'n!s ct à tous ceux qui o bservent avec inté· rê! le développement des fleurs cha rmantes écloses auto ur d'eux; n'y a-t il pas beaucoap cle ces !leurs qui sont d'une douceur infinie? Ne vous êtes-vous jamais penché sur des ye11X d'enfants, bleus ou noirs, pâles ou so~1l· bres, peu i mporte, dans lesquels transparai ssent des âmes naïves et exquises'? N 'avez-vous iama is fouil!é de jolis regards de candeur d ~ns •lesquels rayonnent déià to ute la splendeur de cette chose merveilleuse, la bonté. N'avez-vous jamais vu des enfants. des petites filles smtout, épi·o uver un grand fri sson c' e pitié po ur toutes les souffrances qu'ellea découvrent ou qu'elles pressenten t? La honlé ém:we de to us leurs sourires . de tot1s leurs gestes, de tous leurs regards, pa rfois assombris soudain par une douleur qui passe. Une tristesse q ui les côtoi e attriste leur petit cœur très se ns ible : la détresse d 'une bête met dan s •leurs beaux yeux une la rge ombre de mélancolie et souvent de lourdes larmes qui tremblent un instant au bord des paupières, ct pui s coulent lentement stir les gr<~ci e u x vi sages très .-o<es et très blancs. Il nou s est arrivé à to us d'écouter longuement, a ttentifs et rav is. un babil d 'enfant qui nous sédui sa it par son cha rme très doux. à !<1 lois naïf et profond. Parla is, très simplement , un enfant nous raconte 1m rêve d'adorable charité: il voud rait qu 'il n'y ait p!ns de p::~u · vres, plu s de nw.']adcs ; il voud ra it q ue la joie soit pour to ut le monde; il voudrait que prrsonne ne so it malheu reux; il voudrait beaucot•P de choses i111possihles, héli~s! N 'e~t- cc pas pénible de songer que très souvent la vie pa rvieul à éteindre très vite toute celte splendide flambée d'amour pour tout ce qui sou!fre et pleure ici-bas? .............. -- - - - - --~ ~
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La Fête-Dieu des Hirondelles Quand le mois de mars fut fini, Aux jours de priutanière brise, Une hirondelle a iait son nid Sous le vieux porche de l'église.
Supplément gratuit
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à l'ÉCOLE PRIMAIRE, SION
Juin 19i0
LE L'église el le nid sont pour mo i Deux chels-d'œuvre d 'architecture : L'un le chef-d'œuvre de la fo i; L'autre celui de la Nature. Dans les jolis œu[s, confiés A la corniche hospitalière, Des petits se sont éveillés.... Un jour de joie et de •lumière. Ils ont déjà mis leur jupon
De plumes fines et soyeuses... Et l'on voit hors de leur mai son Sortir leurs têtes curieuses. Et leur mignon gazouillement, Chaque fois que •l' • Angelus » sonne, Forme un doux accompagnement, Au bronze pieux qu i résonne. L'aube dorant les horizons, Du haut des voûtés éternelles, Réserve ses plus doux rayons Pour les peti tes hirondelles. EJolcs sont l'honneur du saint Lieu, Elles· lui rendent leur hommage ; Et, le jour de la Fête-Dieu, (C'est connu de tout le village), Quand passa le Saint-Sacrement Avec un air d'intelligence Elles ont fait très gentiment Une petite révér ence! Alfred BESSE-DE-LARZE, poète-improvisateur d'origine bagnarde.
cercueil; les couverts sont séparés par des bouquets d'immortelles; les murs sont décorés d'ossements et de têtes de morts; les convives, avant de s'asseoir, passent sous une échelle et brisent une glace ; pendant le repas, une mu. sique joue des marches funèbres. Les Treize sont toujours au complet et se flattent d'atteindre à une extrême vieillesse. L'exemple de leur pays n'est pas pour les décourager. L'A· mérique a été découverte un 13; à l'origine, la République comptait 13 Etats; son premier drapeau avait 13 étoiles et 13 ra ies; sa devise • E pluribus unum • a 13 lettres; son emblème comporte une image de la Liberté et un aigle; la Liberié est couronnée de 13 étoiles; l'aigle tient dans une patte 13 foudres, dans .Pautre un rameau d'olivier à 13 feuil· les; il porte sur la poitrine un écusson à 13 rayures ; chacune de ses ai les a 13 plumes. En dépit de tous ces 13, l'Amérique n'a pas trop mal tourné. Et nous mêmes, Valaisans, n'avons-nous pas 13 districts et 13 étoiles dans noire écusson, et nous ne nous en trouvons pas plu s mal pour cela.
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Pensées Quand une fois on a été initié aux jouissa nces de l'apostolat, qui sont comme un arôme anti ci pé de l'autre vie, tout le reste s'évanoui! , et l'orguei l ne monte plus à l'esprit que comme un souiile impur dont le dégoût amer ne peut le tromper. Lacortlairc.
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LE VENDREDI ET LE TREIZE Il y a eu, •le mois dernier , un vendredi tre ize, jour doublement néfaste. Cependant ne nous frappons pas. Henri IV el M. Carnot, nés un vendredi treize, périrent assassinés; nrais tous deux ava ient parcouru une assez belle ca rrière et Mac-Mahon, né sous la même étoile, mourut glorieux et plein de jours. Le vendredi a joué un rôle considérable dans la vie de Napoléon: ce fut ce jour-là que le grand homme ent ra à l'école de Brienne, est devenu premier consul, se sacra empereur, el s'embarqua pou r Sainte-Hélène; à part cette dernière d:'lle. le vendred i ne •lui a pas été funeste. Un club s'est fondé à Philadelphie pour démontrer que le chiffre 13 n'est guère plus dan2"ereux. Les treize membres se réunissent un 13; ils dînent sur une table en forme de
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C'est de pensée, de justice et de bonté que l'humanité se nourrit. Celui qui donne se mll'ltiplie, celui qui se perd se retrouve, et celui qui améliore la vie des a utres pour autant s'améliore •la vie, car il travaille à chasser Je mal, à détruire la mi sère; il fait donc œuvre de vie surtout s'il lait la charité en chrétien ; si, faisant la charité, il a vraiment en lui-même cette vertu au sens proprement chré· tien. Ca r alors son acte, si humble qu'il puisse paraîh·e, est une manifestation du Dieu in· térieur. Pa rler à un pauvre, consoler un affligé, donner un verre d'eau au nom de Jésus· Chri st, c'est conver ser avec Dieu, c'est expri· mer hors de soi la vie di vine. c'est prendre conscience de l'Eternel, c'est ainsi a ttendre la Sl!prême libération, car s i la science nous libère de la nature, la religion seule, par ~a cha rité, nous libère de nous-même. a. F'onsegrive.
Un Aéroplane torpillé
LE FOYER ET LES CHAMPS
L'instinct de la patrie Cet instinct affecté iL l'homme, le plns beau, le p lus moral des instincts, c'0st l'amour de la patrie. Si cette loi n 'é tait soutenue par un miracle toujours· s ubsistant, et a uquel, comme à lant d'autres, n ous ne faisons aucune attention, les hommes se précipiteraient. dans les zones tempérées, en laissant le reste du globe désert. On peut se figurer q uelles calamités résulteraient de cette réunion du genre humain su r 1m seul point de la terre. Afin d'éviter ces malheurs, la Providence a pm.11i· ainsi dire attaché les pi eds de chaque homme ~l son sol natal par un aimant invisible: les glaces de l'Isla nde et les sables embrasés de l'Afrique ne manquent point d'habitants. I l est même digne de remarque que pl us le sol d 'un pays est ingrat, plus Je climat en est rude, ou, ce qui revient au même, plus on a sou ffert de persécutions dans ce pays, plus il a de charmes pour n ous. Chose étrange et s ublime, qu'on s'attache par le malheur Pt q ue l'homme qui n'a perdu qu'une chaumière soit celui-là même qui regrette davantage le toit paternel! La nüson clc ce phénoml'>nc, c'est que la lJrodigalite> d 'une terre trop fertile détru it, en nous enrichissant, la simplirité des liens naturels qui se forment de nos besoins; quand on cesse d'aimer .<>es parents par ce qu'ils ne nous sont pl us nécessaires, on cesse en effet d'aimer sa patrie. Tout confi r me la vérité de cette remarque. Pn sauvage tient plus à sa hutte qu'un prin ce à son palais, et le montagnard trouve plus de charme à sa montagne qu e l'habitant de la plaine à son sillon. Demandez à un be rger écossais s'il voudrait changer ~fln sort contre le pl'emier potentat de l<t h' rre. Loin de sa tribu chérie, il en ~arclc partout le souvenir ; partout il redeman de ses troupeaux, ses tqrrents,
ses nuages. li n'aspin' qu'à. manger du pain d'orge, ù boire le lait de la chèvre, à chanter dans la vallée ces ballades que ch antaient aussi ses aïeux. Il dépérit s'il ne retourne au lieu natal. C'est une plante de la montagne; il fau t que sa racine soit dans le rocher, elle ne peut prospérer si elle n 'est battue des ven Ls et des pluies : la terre, les abris eL le soleil de la plaine la font mourir. . .'\.vec _quelle joie ~~ l'~':erra son L_oit de bruyE're! comme· Il v1sltcra les samtes de son indigence!
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Ooux trésors! c;e dit-il, chers gages, qui jamais N'attiràtec; sur vous l'<·nvic et le mcnsongF•,
Je vou!; reprends: sortons de ces riches palais Commt) J'on sorti1•ait d'un songe.
Qu'y a-t-il de plus heureux que l'Esquimau clans son épouvan table patrie? Que lui font les fleurs de nos climats auprès des neiges du Labrador, n os palais auprès de son trou enfumé'> Il s'embarque au printemps avec son épouse sur quelque glace flottante. Entraîné par lrs courants, il s'avance en pleine mer sur ce trône du Dieu des tempêtes. La montagne blanche balance sur les flots ses sommets lumineux et ses arbre~; ne neige; les loups marins sc livrent à l'amour dans ses vallées, et les baleines accompagnent ses pas sur l'Océan. Lr hardi sauvage, dans les abris de Ron écueil mobile, presRe su1 son cœur la fmume que Dieu lui a donne>e, ct trouvP. awc elle des joies inconnues dans cc mélange de volupté et de périls. Ce barbare a d'ailleurs de fort bonnes raisons pour préférer son pays et son état aux nôtre. Toute dégradée que nous paraisse sa nature, on rrconnaît soit en lui, soit dans les aris qu'il pratiqur, quelque chos0 qui drcèle encore la dignité de l'homme: L'Européen se perd tous les jou1'S sur un vaisseau, chef-rl"œuvre de l'industrie humain<\ nu même bord ou l'Esquimau , flottant dans une peau de veau marin, se rit
LE FOYER ET LES CHAMPS
tle tous les dangers. Tantôt il entend gronder l'Océan, qui le couvre, à cent pieds au-deRsus de sa tête; tantôt i l as~iége _les cieux sur la cime des vagues: 11 se .Joue dans son outre au milieu des flots comme un enfant se balance sur des brancheR unies. dans les paisibles profondeurs d'un e forêt. En plaçant cr_t hon~me t~ans la région des orages, ])Jeu lm a 011s une marque de royauté. • Va, lui a-t-il crié du milieu du tourbil_lon, je to jette nu sur la terre; mais ufm que, tout misérable que tu es on nr puisse méconnaître tes dcstidées tu clompterns les monstres de la me1: aYec un roseau, et tu mettras les tempCi!es so11s 1es pieds. CuATEA UBRL\1\n
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Fruits du travail M. Amault, membre de 1'Académie française, a écrit les souvenirs de sa Y~r. II. Y raconte que, lorsqu'il avait (hx-lnut ans, il allait souvent de Paris ,·1 VersaillC's, o1i habi tait sa mère. En s~rtaut de la barrière il était toujours sur tl t> trouYer un homme grand ct robuste qui criait: La cllarité s'il vous pb ît, !Hon b~m lliOnRiC'ur, et ' le jeun e Arnnu lt lm donnait ordinairement un,e pièce _de deux sous. -- Un jour qu 11 Y<c>nmt do lui fa ire son aumône êl~eou~UIIJ~e, un petit monsieur, sec et n~, ."ml a pass('r. Après avoir exallllllt' le mT<mùiant pendant quelques 1110111ents: vous me paraissez assez fort r~o.nr trav<:till~r, l,n~ dit-il; pourquoi f~1re un Sl vll met1er? Je veux vous ttrer de cette triste situation et vous domJrl· quelques mille livres de rent:: '· Anto i ~e,, c'é_tait Je nom du pau' . 10•. ~e mJt a nr~. ,Hiez tant que \OUR Hmtlrez, repnt le petit monsieur rnn is sui yez mes f'onseils et vous ac~ CJU?ITe~ _ce que je YOus promets .•Je pms -~l ~u~ l~urs YOus prêcher d'exemple~ Jal e~e aussi misérable que vous, lll~IS au heu de mendier, je me suis fait une hotte aYec un mauvais pa-
nier et je suiR allé dans les villes et le~ villages _demander, non pas des aumones, m~1s de _vieux chiffons qu'on me ~on~mt gratis, et que je vendais ensmte a un bon prix aux fabrica nts de papier. ~u bout d 'une année, je ne demandms P~ us le~. chi!fons pour rien, je les achetais et J a va1s en outre une cha r rette et un âne pour faire mon petit con_lme:·ce. A l'heure qu'il est, je suis mo1-~eme fabricant de papier e't je possede deux maisons à Paris. FaiLes comme moi e t vous deviendrez riche c?mme, moi. Là-d~ssus le vieux monSieur sen alla, la tssant Antoine tellefl?ent préoccupé que deux dames passerent sans que l 'appel du mendiant • La charité, s'il vous p laît. sc fît entendre. En 1815, ~j~ute M. Arnault, pen~ant mon exll a Bru xelles, j'entrai un JOur chez un libraire pour Y. faire emplette de quelques livres. Un grand et gros n:onsieur se promenait dans le rnag~sm, do~mant des ordres à cinq ~u SI~ com nus. Nous nous regardâmes 1 Lm l ~utre comme des gens qui, sa ns pounnr se roconn<~ ître, se rappelaient cependant qu'ils s'étaient vus a utrefOis_. ,Monsieur," me dit à la fln le lihl'aire,_ ,n'alliez-vous pas souvent dans ~rotJ·e Jeunesse de Paris à Versailles. d Y _a de cela vingt-cinq ans?" _ _ ,_,QuOl, An toine, c'est vous?" m'écriaiJO. - ,,Monsieur," répliqua-t- il vous le voyez, vieux monsieur av~ù' raison, Il m a donné dix mille livres de J'en te.''
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Pour devenir meilleur Lorsque nous voyons des vet-tus che;r, les autres, cherchons ù les imiter. Lorsque nous rencontrons des tlPfau~s chez lC's autres, au lieu de nous en etonner, examinons si nous n 'avons pas n.ous-même ces défauts, et travail·lons a nous en corrigeJ·.
LE FOYER ET LES CHAMPS LE FOYER ET LES CHAMPS
Type de paysan breton
CONNAISSANCES UTILES Utilisation de l'espace entre 2 fenêtres Si les fenêtres sont disposées de telle l('OU que l'on puisse passer une caisse ~ J'un à l'autre bord celle-ci sera mstruite assez longue pour qu'elle épasse un peu de chaque côté.Notre ~ssin donne une idée de cc moyen de écorer des fenêtres.
tre nt aux sources du Mississipi, dans Je parc de Yellowstone, à 2500 mètres d 'altitude. Il y a là, dans un espace relaliYement 1'estreint, plus de dix mille sources qui lancent au ciel lem· eau bouillante. Les pr-emiers geysers qui ont attiré l'attention des savants sont ceux d'Islande. En approchant de cette île, ]orsqm' l'atmosphètc n 'est pas chargée de brouillard, les navigateurs aperçoivent de très loin le nuage de vapeur produit par les geysers et qui retombe en pluie chaude. Le plus beau geyser de cette région sc trouve ù q uclques lieues du Mont. IIécla, le célèbre volcan rl 'Jslande. Plus cie deux cen Ls geysers de moindn• importance sont répartis autour de ce sujet principal.
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Fig. 1
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Fig. 2
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Fig. 4
Les grands geysers d'Islande L0s geysers sonl toujours situ és ans des régions volcaniques. Ce sont es sources qui lancent par intermitmce des gerbes d'eau bouillante, atlignant parfois une hauteur de soiante mètres. Ces volcans d'eau chaude sont faits 'une cheminée qui amène l'eau et déouche au milieu d'une sorte de bassin irculaire.
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Fig. 5
Couverlure détachée
Les geysers ne constituent cependant pas un danger. On peut voir, en Islande, des habitations à peu de distance de ces sources. Les habitants ,·on l aux ruisseaux puiser de l'eau chaude, certains d'entre eux ont même amf.nagé des récipients dans lesquels ils font cuire leurs aliments. S.
che solidement celle-ci avec du fil de fer (fig 5). Enfin si c'est la couverture qui s'est détachée de l'une ou de l'autre baleine, i 1 est facile de la recoudre en faisant. passer l'aiguille dans le trou qui se trouve ù l'extrémité de la baleine.
Réparation des parapluies
Le chat artificiel
Fnr pince ct un peu de fil de fer
Un inventeur a imaginé le chat artificiel qui a st;~r le chat naturel l'avanque le parapluie se gâte, l'humidité s'atage de ne rien dérober, de ne jamais massant clans les plis de l'étoffe le fil miauler, de ne pas manger les oiseaux de fer qui retient les baleines se rouille et d'être propre. el sc rompt. Le chat artificiel est un animal en Enlevez alors cette sorte de virole plâtre ou en terre glaise que l'on reqni est retenue par de petits clous, fig. couvre de la peau d'un vrai chat et l, décousez l'étoffe que vous rejetez et· q)l'on laisse en société de chats penvous obtenez la figure 2. Enlevez le fil dant un certain temps. de fC'l' brisé et rouillé ct remplacez-le Après quoi on barbouille ses faux par un fil neuf quo vous fixez en tor- yeux avec de sulfure de calcium pour dant ensemble les deux bouts. Recou- les rendre phosphorescents la nuit. Il sez l'E'toffe, recouvrez d'un morceau suffit alors de déposer ce félin inerte à d'étoffe semblable et clouez ]a virole. la cave ou a u grenier, partout ou l'on Votre parapluie est réparé. redoute la venue des souris. JI anive aussi que l'oeillet de la baL'inventeur affirme que ces rongeurs lPine est cassé. Pour remédier à cela en apercevant. les yeux flamboyants on prend du fil de fer qu'on enroule de leur ennemi héréditaire, en sentant a utom· de la haleine en ayant soin de la présence· du ch at, détalent au plus former l'oeillet manquant (fig. 4). vito ct que, après quelques jours de ce Si c'est la canne du parapluie qui manège, toutes les souris changent est prête à se rompre, on creuse une ou- de demeure et émigrent au loin. \'(lf'tu l'e dans laquelle on fait entrer f:e chat · artillciel ne vous paraît-il une 11rti te plaque 0n fer puis on atta- pas naiment ingénieux? sn ffi sen l. C'est ordinairement au bout
Les (iruptions des geysers ne sont p11s conti Jwelles, mais i ntCL'mittentes. C0Lte inte J'lll ittence s·explique ainsi: l'cau qui vient rem pl ir par infiltration la cheminée du geyser es t peu à peu chauffée par les gaz issus du foyer volcanique. Elle jaillit dès qu'elle entre en ébullition. Il faut alors laisser à l'ea u qui la remplace le temps de s 'échauffer ù l'lOn tour, ce qui est plus ou moins iong. lin jaillissement d'eau cle grand geyser est toujours précédé par un bruit qui peul être comparé à tm coup de canon. La terre est tout autour ébranlée ct l'eau s'élève vers le ciel avec une force prodigieuse. En outre, elle expulse souvent üe la cheminée des blocs de
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LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS POÉSIE.
ÉDUCATION
Juin
Ce qu'un père et une mère doivent faire pour leurs filles
Les prés ont un e odeur d'herbe verte et [mouillée, 1. Nous n'en ferons pas de jeunes Un frais soleil pénètre en l'épaisseur des Lois. filles sans Dieu, sans croyance; sans Tou le chose étincelle, et la jeune lenillée Et les nids palpitan ts s'éveillent à la fois. prière, sans religion. - Dans la lutte pour la vie la femme a besoin, plus Les cours d'eau diligents aux pen tes des [col ines que l'homme, de religion, car, pl us qur Ruissellent clairs et gais sur la mo usse et le J'homme, elle est destinée à soufftir, et, [thym, sans religion, le désespoir. l'atteindra Ils chantent au milie u des buissons d'aubépine Avec le vent rieur et l'oiseau elu mati n. un jour et la rendra malheureuse. 2._ Nous n 'en ferons pas de jeunes Les gazons sont tout pleins de voix harmolnleuse,_, filles évaporées n'aimant que la parure L'aube fait un tapis de perles a ux sentiers. ct les plaisirs - à côté d'elle on verEt l'abeille, quittant les prochaines y, uses, rait passer le jeune homme qui, cherSuspend son aile d'or aux pâles églantiers. chant une compagne, s 'éloignerait en Sous les saules ployants la vache lente el disant: C'est beau, mais c'est trop . [belle cher ; avec une pareille femme, c'est la Pail da ns l'herbe abondante au bord des ruine qui m 'attend. [tièdes eaux, Le joug n'a point encor courbé son,cou rel.lelle; 3. Nous n'en ferons pas des jeunes Une rose vapeur empli t ses blonds naseaux. filles inutiles et méprisant le travail Et par delà Je tl e u veaux deux rives fleuries manuel, pl'odigues et ne calculant pas Qui vers J'horizon bleu coule à lr a vers Je-; prés, la dépense, orgueilleuses et mettant Le taurea u mugissan t, roi fougueux des leurs prétentions trop haut, rêveuses [prairies, Hume l'air crui l'eni vre et ba t ses flancs altiers. et hâtissant des chât0aux en Espagne, L!:.CONTo; on: L ISLI!: (1820 -188:i). ignm-antes et sans insttuction.
tuitement à toute personne qui versera lll i'JilE' à faire Ir pain, une excellente cutsine é1•itc bien des frais de phar- un centime. Cependant l'acheteur doH s 'engager à payer pendant quinze Ulacie. Des jeunes filles économes qui sa- jou rs de suite le double de la somme vent bien acheter et faire compte de qu 'il a u ra payé la vellle. C'est-à-dire Jeu rs dépenses. le premiPr jour u n centime, le cleuDes jeunes filles judicieuses, com- . xième jou r deux cen times, le troisième p rena.ut qu'un honnête ou vrior er: ta- jour quatre centimes et ain si de suite. hliCt', n 'eut-il pas un sou, vaut m1eux Or, sans être un gran d cal culateur, on qu'un jeune homme élégant, vaniteux peut compter que ces versem ents sucet gommeux. cessifs p r oduiraient la somme de trois Des jeunes filles positives, laissant le cent vingt-sept francs soixan te-huit romanesque aux romans, aimant la centimes. --:l:Emaison paternelle, se plaisant à la pa- r rer de travaux de leurs mains, et à les religions du monde l'orner de fleurs . Des jeunes filles instruites, surtout J Le docteur H . Zeller, directeur du a u point de vue de la religion. Dès lors, qu'elles sachent la musique Bureau de statistiqu e à Stuttgard la peinture et les autres arts d'agré- ("Wurtemberg) a calculé que la popument pourvu qu'elles soient ce que je lation du globe terrestre monte à Yiens de düe, elles seront heureuses, 1,554,510,000 individus, répartis ainsi: 534,940,000 sont chrétiens; trouveront leur Yoie, et la Providence 175,290,000 mahométans; fera le reste. 10,860,000 ju ifs; - -*-300,000,000 confuciens; 214,000,000 brahminiens; Variétés 121,000,000 bouclhistes;
Disons maintenant ce que nous feles postes d'autrefois La joie q ue donne l'accomplissement du rons de nos jeunes filles: :>ien est le néces~aire ; la reCOiil laissance que 1. D'abord des chrétiennes, de bonA notre époque de fils spéciaux et 'on en attend es t le s uperlht. nes, d'excell entes chrétiennes . Sur le dP f<;l,_lgraphie sans fil où les nouvelles terrain de la religion nous dllons auspurvi0nnent aux journaux quelqueSois humble si loin que possible, jusqu'à la piété sofol~ mème plus tôt qu'il ne convienSois humble! Que t'importe lide et bien réglée. Sur ce point on lW ril'ait, a-t-on une idée du temps qu'auLe riche et le pui,santl saurait jamais trop faire : la femme 1rrfois mottaient à cheminer les inforUn souffle les empo rte. forte est toujou rs la femme profondémations?. La force la p lus forte ment religieuse. C'est un. cœur innocent ! La nouvelle de la mort de Napoléon V. H UGO. 2. Ajoutons : Des jeunes filles sél Pr, 0n 1821, mit deux mois pour parrieuses. La vertu sera toujours le plus renir à Paris. On n 'avait, en 1821, ni télégraphe, Il fau t sc contenter de sa position bel omement de la vierge chrétienne, ni téléphone. t en tirer tout l'avantage possible. Il un bien qui surpasse lous les a utres, -:J:Et'y a pas de condition si dure où uu m<'me la fortune et la richesse. 3. Il faut dire encore: Des jeunes fillOm me raisonnable ne trou ve quelque Une réclame originale les laborieuses, aimant le travail quel onsolat.ion. qu 'il soit, comme une grande chose. pa1:ce que c'est le devui1·. II y en Elle éiJlane d'un fabricant de bicyU en est du bonheu r comme des trop malheur·eusement qui ne sa~ent <'lPttes et ellP est ail'l.si r.onçue: ~<mtres : les moins compliquées sont faire que la demoiselle. " .Je livre une machine de première elles qui se dérangent le moins. Qu'on leur apprenne à préparer un qualité et un costume de cycliste grarepas convenable, à laver, à rena8.><P.r··- -- -- - - -
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CUISINE (lhou3 bâchés en chicorée
Epluchez et lavez des choux, que vous faites cuire à l'eau salée et égouttez. Dans une casserole, mettez un morceau cle heurre; quand il est fondu, ajoutez les choux avec une cuillerée de fari n e, tournez et mouillez avec du bouillon, du lait ou de l'eau, dans laquelle vous avez mis un peu de jus de viande. Ajoutez sel poivre, un peu de 111l1Scade, laiss~tz mijoter et servez. Rtt stiquette. Rognon de bœuf' i• la Chapsal
Beurrez un plat à sauter; coupez le wgnon en escalopes, que vous rangez sur le plat, de manière qu'il n'y ait que peu d'épaisseur. Assaisonnez de
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sel, poivre et muscade, et faites sauter à feu très doux. Retournez les morceaux de rognon. Incorporez à froid une cuillerée de farine à la même quantité de beurre, et ajoutez au rognon, en bien mélangeant. Versez un demi- verre de vin blanc et le quart d'un verre d'eau-de-vie. Au moment de servir, mettez une petite poignée de persil, remuez et versez. Bœuf à la pay.!lanue
Cette façon d'accommoder le boeuf est excellente pour utiliser la viande qui a servi à faire le pot-au-feu. Pour dix personnes, préparez: 1kil. 500 de boeuf, avec lequel vous avez fait la soupe, à 0,90 le dm. kil. 2.70 Chair à saucisses, 500 gr. 0.90 Saindoux, 40 gr. 0.10 Oignons, 150 gr. 0.10 Lait, 1 litre . . . . . . . 0.15 Sel, poivre, ail, persil, chapelure 0.15 Pommes de terre pour purée, 2 kil. à 0.10 . . . . . . . 0.20 Fromage de Gruyère râpé, GO gr. 0,20 Ce qui fait une dépense totale de 4.50 Commencez par ]'lréparer la purée de pommes de terrf-: pour ce, épluchezles, lavez-les, coupC'Z··i,•s en quartiers, C't faites-les cuire ;\ reau salée (environ dix grammes de sel pour un litre d'eau). Faites bouillir et maintenez l'ébullition pendant une demi-heure environ; ne laissez pas trop cuire, égouttez et passez à la passoire ou au pressepurée, pendant que les pommes de terre sont encore chaudes. Recevez la purée dans une casserole, poivrez, salez, s'il est nécessaire, ajoutez la moitié de saindoux, le lait, un peu de l'eau de la cuisson des pommes de terre, si la purée est trop é paisse. Faites un hachis avec le boeuf, l'ail, les oigno~Js, le persil, le saindou<x:, le sel et le poivre; ajoutez la chair à saucisses, et mélangez bien.
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29e année
LE FOYER ET LES CHAMPS
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N~10
Prenez un plat allant a u feu et placez dans le fond, une couche épaisse du hachis, recouvrez celui-ci avec la purée de pommes de terre. Saupoudrez de fromage râpé et de chapelure, arrosez d'un peu de saindoux fondu, et mettez gratiner au four pendant vingt minutes. Servez très chauù.
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~-.:__ 10 Novembre illlo -=
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GeoTgette.
--* TRAVAUX FÉMININS
(Q}~{~J\i~J~ . DE LA
valai~at)Q€ d' édu~ation
Soeiêtè
Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecot~ primaire donne de 12 a 14 livraisons de 8-16 pages chacune, non compris la couverture et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque mois il est en outre apporté un supplémeu: illustré de 8 pages intitulé : Le Foyer et les Champs.
Couverture en broderie anglaise
Ccl été on vena beaucoup de couvertures de toile sur les voitures des bébés. Elles sont à la fois pratiques cl élf'gantes. I.e modèle que nous donnons se compose de 4 carrés de toile de 30 cm de côté, reliés par un entre-deu x au croehet ou au coussin et entourés d 'une dentelle assortie. En employant une toile solide, du fil couleur natu relle par exemple, il faut pour la broderie choisir du gros coton à broder. Les jours peuvent être brodés au point Richelieu si on le préfère. Ce même modèle fait. aussi un beau milieu de table. _ _ __
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Suhu!le t'r. 2.50
Pur a_n
Union po8tale fr. 3
Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout C"- qui ccnc.,rn"- la; publication doit être adressé directement il sen gérant, M. P. PIG:NAT, c;he~ de Serll'ic;e Cl!l Dépa;rt~ment de l'Instruc;ticn publique, à Sien.
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L'esprit de l'enfant doit s'accoutumer aux efforts de l'étude comme ... _ C'-#,..;;} A
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