-
16 -
dre que les iogrêdients employês ne fassent des aurêoles, tandis que l'eau n'abime jamais le papier, Par oe moyen on peut laver aussi les vieilles gravures ; n'ayant pas d'encre à enlever, on mouille davantage la préparation qui ne dêtériore pas le papier comme l'eau de javelle. Pour remettre à neuf le linoléum. - Rien n'est meilleur pour remettre à neuf rapidement le linoléum que l'essence de térébenthine. Il faut l'employer avec modération, en frotter le tapis avec un vieux morceau de drap de manière que la poussière ne se mêle pas à l'essence. Le linoléum est même un peu glissant pendant quelque temps.
XVII"'" ANNEE )10
12
1
SION 30 Jaïn 1898
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
Pensées
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION
* La
neutralité religieuse de l'école est stupide parce que l'enseignement d'une religion est la base même de la morale, et par conséqaent de l'éducation. Et ce n'est pas être neutre en matière religieuse que de ne pas enseigner la religion, c'est être opposé à l'idée religieuse. S'il y avait une école dans laquelle on n'enseignât pas à oompter, on ne dirait pas que c'est une école neutre en matière d'arithmétique, on dirait que ce n'est pas une école. J . CoRNÉLY, * Parmi tant de ruines accumulées par la banqueroute sentimentale, philosophique, politique et sociale de cette désastreuse fio de siècle, la Foi reste debout, pareille à ces imposantes calhédrales qui, fermes sur leurs assises depuis tant de siècles, attestent la force itébranlable du Christianisme et la permanence de l'Eglise. François COPPÉE. • Dieu respecte la liberté humaine et lui laisse son jeu. Mais cette force avec laquelle il compte, n'en est pas moins réduite à le servir. Ce qui fait aujourd'hui le scandale de la loi, demain procurera sa aloire. Louis VEUILLOT. • Dieu ne met pas tout du même côté : It faut bien que les grands esprits aient leurs petites lacunes pour laisser quelque chose aux bons cœurs. Louis VEUILLOT. * Le temps est un grand maîtr~, dit-on ; le m11lbAur est qu'il tue ses élèves. BÉLIOz.
L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à 1 ., Il . inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la 8uiHe, 2 rr. :SO. 1Jnion postale 3 rr. A.nnonces, pri:L 20 cenl. la ligne 011 son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra. deux exemplaires a.ura droit à une a.nnonce ou à un compte-rendu, s'il y a. lieu.
SOMMAIRE: Conférences d'instituteurs. Une leçon de morale : la famille. De la sympathie chez l'enfant. - Des réprimandes fIII. Manière de faire les reprùnandes). Ecoles enfantines ( Fin}. - Une petite maîtrise. - Echos des conférences ( Sion, Entremont, Saint-l/llaurz'ce-1/IIonthey, Hérens). - Partie pratique (Narration : Le chien du SaintBernard). - I Supplément,
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé
Il
~
Il
à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1"' secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.
=========I~
...-----
\;:-
--
....
• w
.... ...,..., ........
..,.,.v _ •
-
~
V"l l ~ V \ ïl
\Al t;V
"'-1V--,C., V I
I Vl;,U"I
~
langue un peu rude, mais néanmoins bienfaisante. L 'intelligent animal, dès qu'il vit le voyageur ouvrir les yeux, interrompit sa besogne et se tint immobile comme po ur inviter le blessé à fouiller dans le petit panier qu'il portait au cou . Celui-ci, ~n effet, y prit un flacon de rhum, dont quelques gorgées achevèrent de le rappeler à la vie. Peu d'instants après, d'ailleurs, arrivait un bon moine qui avait suivi le chien. Appuyé à son bras, le voyageur put gagner l'hospice, heureusement peu éloigné. Quelques jours après, ne se ressentant plus de sa blessure, il reprenait sa route après avoir chaleureusement remercié ses sauveteurs et avoir laissé, pour l'établissement, une généreuse offrande.
Avis an personnel enseignant Ceux de nos lecteµrs qui n'ont pas encore réglé leur abonnement à l'ECOLE PRIMAIRE pour 1897-98, sont priés de réserver un bon accueil aux cartes de remboursement qui vont être mises en circulation. TraHemen&s. - Le Département de l'lostruclion publique vient d'adresser aux administrations communales one nouvelle circulaire relative au traitement du personnel enseignant. Elles y sont invitées à fournir des pièces, soit reçus signés des intéressés euxmêmes qui établissent que MM. les instituteurs et Mesdames les institutrices ont réellement et intégralement perçu des communes le traitement qui leur est assuré par la loi additionnelle sur la matière. Les membres du corps ensPignant voudront donc bien remplir les formulaires ad hoc que les autorités communales leur remAtlront dans ce but, car ce n'est qu'après récAption des pièces justificatives que la part incombant à l'Etat pourra être remboursée aux communes qui auront mérité le subside.
*
*
•
Voici pour la gouverne du personnel enseignant, la circulaire, a atée du 6 juillflt 1898, dont il est fait mention cidessus : c En vue d'obtf<n1r la subvention prévue par la loi additionnelle du 24. novembre 1893 sur l' instruction publique, un certain nombre d'administrations communales nous ont fait parvenir des pièces qu'ellPs considèrent, paraît- il, comme suffisantes et qu'elles qualifient de comptables. c Se reféraot à ses ciroulaires antérieures et aux décisions prisas par le Conseil d'Etat, le Département se voit dans l'~bligation de vous rappeler : , 1° Qae les déch1rations émanant du personnel enseignant doivent porter expressément que régents et régAntes ont perçu le minimum de traitement prévu par la loi (A.rt. 31), sans que, dans le calcul, on ait égard aux prestations en nature et à l'indemnité accordée pour le cours de répétition.
c 2° Que la subvention .ne profite point directement au personnel eneeign,lDt, mais aux communes sentes qui s'impoRent de véritables sacrifices. Encor"' importe-t- il donc, avant de l'octroyer, que nous prenions connaissance des rapports de MM. les inspecteurs scolaires. Nous ne saurions, en effet, admettre que des administrations récalcitrantes ou simplement négligentes puissent prétendre à cette faveur. c Vous comprendrez, du reste, que les abus dont, l'année dernière, nous avons eu le regret de faire la constatation, nous amènent à contrôler l'exactitude des renseignements qui noue parviennent. A diverses reprises, le Grand Conseil nous a formellement invité l veiller à ce que MM. les in11lituteurs et Mmes les institutrices ra~ ç oivent la tota lité de leur traitement. Nous n'avons qu'à exécuter ses décisions. P.-S. - I l est joint pour chacun des membres de votre personnel enseignant, un formulaire à remplir aussitô t pour l'année 1897-98 et à nous envoyer ensuite comme pièce justificahve.
* Voici le texte du reçu * transmis* aux administrations communales et qu'auront à remplir les membres du personnel enseignant. Reçu J e, soussigné, institut................. . reconnais avoir reçu de l'administration communale de .. . ... ..................... ...... ... ..... le montant de fr• ................... ........ pour ..................... mois d'école à ................... par mois pour l',muée scolaire 1897-98(l) ......................................... le ........... . ... .. ................ 1898. (' J Non compris le coure de répétition.
Ecoles normale• . - A. la suite das examens de clôture des cours ordinaire et de répétition, - examens qui ont eu lieu dans les derniers jours de juin, - le brevet provisoire (valable pour 1898-99) est décerné aux é'èves fraoçais do 28 année ci-après nommés :
Instituteurs MM. Bender Josepb, de Fully. BAoey Auguste, d'Evionnaz. Fournier FtorAntin, de Nendaz. Papilloud Lucien, de Conthey. Clémenzo J... an, d'A.rdou. Maye JoRepb, dtt Cbamoaon. Dorsaz Frar çois, de Liddes, Décaillet M .. urice, de Salvan. Oiroud Friu ç ois, de Martigny (Guercet). Fracbebourg Clément, de Salvan. Maistre Jean, d'Evolène. Voutaz Paul, de Sembrancher. Un élève obtient une autorisation et devra suivre un cours de répétition pour recevoir uo brevet. . . . Un brevet temporaire (4 ans} est délivré à M. Pierre Follon1er, d'Evolèoe. ln,'Jtitutrices M11.. Anderledy Marguerite, de Monthey. Doonet ~aria, •
Emery Catherine, de Lens. Fayre Eugénie, de Chippis. Gaillard Jeanne, de Sion. Landry Mllrie, de la Batiaz. M~riaux Hélène, de Vionnaz (RAvereulaz). Michaud Augustine, de Bagnes (Lourtier). Molk Caroline, d'Ardon. Moret Emilie, de Bourg-Saint-Pierre. ~oulin Julie, de Lf<ytron. P10rraz Anne-Marie, de Liddes. Que)qu~s él~ves du cours inférieur, tant élèves instituteurs qu'élèv~s rnst1tutr1ces, devroo~ doubler la première année à leurs frais ou renoncer à poursmvre leurs étude11. •
"'
o
. Le cours_de ~épélition des i~~tituteurs des deux langues a eu heu en mai et Jllln. Il a été su1v1 par 12 instituteurs dont 11 français et un allemand. Ensuite des examens de clôtur~ qu'ont également subis cinq régents qui ne se sont présentés que pour les épreuves AXigéPs, le brAvet définitif a été accordé par : MM. Carron Edouard, de B~gnes (Cbampsec). Clavien Nicolas, de M1ège. Dayer Louis, d'Hérémence. Décaillet Henri, de Salvan. Dubosson Adolphe, de Troistorrents. Fe Ilay Sigéric, de Ba(?nes (Lourtier ). Germanier Emile, de Vétroz. Girard Nrstor, de Martigny•Ville. Hildbrand Victor, de Gampel. J acquemet Emilien, de Contbey. Pralong PierrP, d'Evolène. Sf"ppey Jt>ao-Josepb, d'Hérémence. T11ramarcllz Célestin, de Fully. ThPytaz Basile, d'Anniviers. T1ss1ères Cyrille, d'Orsières. Un seul des instituteurs qui ont subi l'examen pour le brevet dHinitif a échoué.
_Le retard dan• l'envol de ce numéro s'explique par notre désir, réalisé ci-dessus, de publier les résultats d11s récents examAns de clôrure de w,s écoles normales. Francbl8e postale . - A l'occasion de ses rapports offtuiei; avec 1~ Département de l'lostruction publique ou MM. les Inspecteurs, 11 est _de nouveau rappelé au personnel enseignant qu'il jouit d~ la fr~nch1se ~e port en observant les formalités postales requises. L Ax:péd1teu_r doit non seulement inscrire sur l'enveloppe le mot officiel,. mais donner son nom et sa qualité, et éviter dans l'adresse l'emploi d'on nom propre. Ainsi il faut écrire : M. le chef du Département, ou au Secrétariat du Département ou M. l'inspecteur scolaire du district de .. ... à . , • . • ' Si ces formalités ne sont pas remplies, les plis arrivant taxés courAnt risqoA d'être refusés, et le sont Rénéralem~nt. ' Re,rls&rea ma&riculea. - Ensuite d'une circulaire adressée
à MM. les Iospecteurs scolaires pour obtenir que leurs rapporte lui ~arvienn~nt auss!tôt après _la fia des classes, le Département de l l 1struct1on publique a été anformé par plusieurs de ces fonctionnaires que ceux-ci se trouvent dans l'impossibilité de donner à cette invitation la suite désirée, c~la à cause du retard ou de la négligence apportés par un certain nombre d'instituteurs dans l'envoi de leur registre matricule à M. l'laspecteur dans la huitaine qui suit la clôture dAs écoles. Cela étant, les membres du corps enseignant -visés par }'observation qui précède, sont invités à faire sans plus tarder Je nécessaire! s'ils ne veulent . pas s'exposer à être l'objet d'uoA men 1100 spéciale dans le procham compte-rendu de gestion. Ces formulaires doivent en outre être exactement et complètement remplis, attendu que leurR données servent de base aux rapvorls de MM. les lasp11cteurs. Il y en a toujours GD blanc à la disposition de ceux qui auraient pu les perdre, les détériorer ou ne pas les avoir l'F ÇUS accidentellement.
~o&re publication. - Ceux de nos lecteurs auxquels il manquerait l'une ou l'autrti livraison de la présente année scolaire, ou d'une précédente, pour avoir une collection complète, peuvent la recevoir gratuitement si les exemplaires restants le permettent. a...e 1'1° 1 de l'année scolaire IS98-99 paraîtra le 1.. novembre prochain et sera adressé à tous les aboonés anciens et nouveaux qui sont priés dès maintenant de vouloir b ien lui résArver un favorable accueil.
Prime a no• abonné11. - L'un des opuscules promis comme prime à nos abonnés est actuellement épuisé, mais comme on nous laisse entrevoir qu'il sera réimprimé avant peu, nous at· tendrons qu'il soit sorti de presse pour satisfaire nos lecteurs. S'il se faisait trop désirer, vous remplacerions celte prime par une autre qui serait cboi~ie de notre mieux et ~xpédiée au plus tard jusqu'à fin 11Pptembre. Gymnaa&lqoe. - Le Cocnité central de la Société fédérale de gymnastique organise cette année un cours de perfectionnement pour les iuslituteurs chargés de l'enseignement de la gymnas4igue. Le programme de ce cours comprend l'étude théorique et pratique du nouveau manuel officiel do la gymnastique scolaire, ,élaboré par les soins du Département militaire fédéral, lequel assure à chaque participant uoe allocation journalière de fr. 2. En ,outre, des démarches ont été faites auprès des autorités cantonales pour qu'elles consentent de leur côté à un subside au moins égal ,en faveur de cbaoun de leurs ressortissants. Ce cours de perfectionnement aura lieu à Fribourg, du 11 au 3o juillet prochain; il est placé sous la direction de MM. Ad. Michel, maitre de ~ymnastique au Collège cantonal à L1usanne et Alb. G11lzer, mai re de gymnastique à Lucerne. Les instituteurs ou les élèves d'une école normale, les moniteurs -d'une section fédérale peuvent être admis à y participer ; ils doivent en faire la demande par écrit, avant le 27 juin, à l'un des di.recteurs mentionnés.
..:rg~'VJ~. - r.a comm~ne _e Sulz_ avait cru devoir, il y a tantôt six m~1e, _lors des d~r,uèree 10spect1ons scolaires, mettre au rancart son 1nst1tuteur, q01 av~it fidèlement rempli ses fonctions pe~dant 50 ans, et cela. sao~ lui accorder la plus modeste pension ~ Mais lorsque, après avoir mis à la porte le vieil instituteur, elle a vou~u en engager _un autre, la commune a vu échouer toutes ses tentatives. Elle a _mis la place au concours, aucun candidat ne s'est' présenté. Le c~m1té de la Société des instituteurs a adressé alors des. représentat1~ns à la commune, lui suggérant de donner au moms one peos~on de 2 à 300 fr. à l'instituteur qu'elle avait brutalement ~o~géd1é. La commune s'y est opiniâtrement refusée. Il Y a huit Jours, les électeurs ont cru faire un coup de maître ne nommant à la place vacante un instituteur auquel ils ont alloué non seul~ment le maximum lé~a!, m~is un traitement supérieur encore. Mais le régent nommé a immédiatement déclaré qu'il n'accepterait pas sa. nomin~lio':1 avant quo la commune se fût mise d'accord· avec. le co~uté des IDstituteurs, et que celui-ci eût consenti à lever la mise à l index prononcée contre la commune. _Il est hors de doute qu'en présence de l'attitude ferme et insp~rée par un remarquable. esprit de soli~arité des instituteurs argov1~ns, la commune récalcitrante sera obligée de finir par où elle aurait dft comm~ncer, et d'accorder une tietite pension de retraite à un homme q01 pendant 50 ans lui a consacré le meilleur de ses. forces, de son intelligence et de sou cœur. Si, en Valais, nos instituteurs primaires donnaient de telles. preuves d'esprit d'union et de solidarité, nous n'assisterions pas. encore à des marchandages et à des compétitions dont noue n'avons.. que . trop souvent ~e ~eu édifiant spectacle, ce qui se pratique au détriment de la ~igml~ et de l'inté,rêt bien entendu de ceux qui-. se prêtent à ce Jeu. L entente et 1 esprit de corps dans ce domaine pourraient s'obtenir en restant fermement groupée sous le· drapeau de la SociétA t1alaisanne d 'éducation. P S. - Le conflit en 1re l'Association des instituteurs argoviens et la. ~ommune de ~ulz,n'es, pas terminé. Non seulement Sulz ne peut ~as trouye~ d'i.nstltul~ur, mais, ayant décidé d'attaquer l'Association, qui 1a mise à l 1ndex, elle n'a pas trouvé jusqu'ici d'avocat.. clisposé à soutenir sa cause. Bravo 1 - ~e. Grand-Conseil d'Argovie se réunit en session extraordinaire.· le 13 J!1illet, et un des principaux objets à l'ordre du jonr sera le proJet présenté par le Conseil d'Etat pour l'amélioration de la. ~ituation des instituteurs. Le pr!~cipe d'une élévation des traitements ne rencontre guère· i'oppos1t1on. La question de l'exécution pratique de cette mesure ionnera, par contre, lieu à des discussions. Le corps dos instilu1eurs demande _que les i~etitutrices et les instituteurs soient placés• 1ur le même pied au point de vue de la fixation du minimum de, traitem_ent. ~~ minimum serait fixé à 1,500 fr. Il est prob:ible que, :ette d1spos1t100 rencontrera quelque opposition au Grand-Conseil, it que d'autres systèmes seront propoPés.
Croquis alpestre. - Vissoie Dans ce vallon, tout est pour charmer l'âme Tout est riant et fait vibrer le cœur; '
.,vu•
n,nn u-unt1 p1nl!1D1e
amme,
Tout y redit la paix et le bonheur. ~ trois lieues de Si.erre, dans un site alpestre délicieux, au ·11010 d une nature grandiose et sévère, au cœur de ce riant et pitt~resque ,Vil-d~Anniviers, se tro~v.e l'antique bourg de Vissoie. ·C est un riant village alpestre, aussi intéressant par son histoire que par la beauté de son paysage. ~ers le x• sièc~e, Vissoie était un~ seigneurie appartenant à la Maison de Savoie, elle pasea ensuite aux nobles d'Anniviers puis aux de Rarogne, par le mariage de Béatrice, dame d'Anniviers' avec le noble et puissant Pierre de Raroene, en 1380. Eofi.o l'évê~ que '\\,·alter Supersaxo s'en empara en 14:66, prétendant qu~ cette ~eigneurie avait été usurpée sur la mense épiscopale. Aujourd'hui, 11 ne reste plus, de ce passé moyenageux, que quelques maisons à tourelles et une groese tour carrée, dont il n'existe plue que les mure et des terrains légendaires. Mais les riants coteaux de Vissoie, les grandes forêts, les hauts rochers, les gorges profondes, les vieux villages, tout est encore là, à l'état primitif, immuable dans sa beauté sévère et son charme ~otique. La route qui mène de Sierre à Viseoie est déjà tout un monde. 'Taillée dans le roc vif, et comme suspendue entre le ciel et l'abime, elle va serpentant par monts et vaux, se frayant un passage audacieux sous d'immenses parois de rochers, par de tortueuses galeries, et toujours dominant des précipices affreux, dont la vue seule vous donne le vertige, et au fond desquels les flots écumeux de la Navizance ressemblent à en sourd et perpétuel gémissement. Cette route, une des plus hardies de nos Alpes, est l'œuvre des montagnarde d'Auniviers; elle symbolise bien leur caractère courageux et altier; les descendants dee, Celtes n'ont pas dégénéré, ils -0nt gardé fidèlement, de leurs ancêtres, l'âme virile, le teint bistr6 -et les curieuses traditions. Cette route d'Anniviere est une dangereuse teutation; elle a no charme fascinateur qui vous fait tourner la tête vers de belles touffes de soldanelles ou d'anémones penchées vers l'abime où l'œil plonge avec convoitise, mais où le pied le plus sûr ne pourrait s'engager sans témérité. Par endroits, la route s'enfonce sous les ,noirs sapine dont les gigantesques ramures la recouvrent d'un dais de verdure épais, (.Ù la lumière ne pénètre que voilée et d'où s'échappent des senteurs pénétrantes et des gazouillements joyeux. D'un côté les roca à pic, d'une élévation fabuleuee, an pied desquels vous rampez, somblables à de pauvres pygmées; de l'autre des collines immenses, partagées entre les prairies et les bois, semées de rameaux aux chalets entassés et nourris; au milieu, dans l'extrême bas-fond, la Navizance en son lit caillouteux, avec son cadre de précipices et de vivants tableaux à l'aspect désolant et sauvage. Après deux petites heures de marche qui ont passé comme un beau rêve, le chemin quitte bruequement le roc pour ,a'enfoncer dans les luxuriautee prairies en pente douces; la vallée s'élargit en entonnoir, l'horizon s'ouvre plus grand, tout un site riant et pittoresque se découvre à vos yeux charmée, les cimes :aux neiges éternelles apparai9sent dans un lointain vaporeux, un lbeau village profile ses toits aigus dans l'azur, vous arrivez à
issoie. Voici, sur cet.te petite éminence qui commande l'entrée u village, l'église de Notre-Dame de la Compassion, qu'on prenrait de loin pour une forteresse C'est bien une forteresse aussi, ~ais qoi ne donne asile qu'à des gens de paix, dont les batteries ont des prières, les lauriers les bonnes œuvus, l'ennemi le émon, et la conquête le ciel. Sur ce monticule existait, il y a e11eore un siècle, un vieux 1anoir, berceau de l'illustre famille d'Aoniviers. Mais où. jadis., !sonnait le cliquetis des armes, le piaffement des chevaux et les ·is de guerre, règne un religieux silence, interrompu seulement ar les psalmodies et les oraisons ou la voix mélancolique de l'airain cré qui mootA vers le ciel comme un suprême hosanna. La vue dont on jouit de ce belvédère est superbe; elle s'étend qu'aux Alpes bernoises, doot les cônes neigeux détonnent vivent sur le vert sombre des forêts qu'ils dominent; elle embrasse t le vallon, de Sierre aux montagnes de Zioal, et vous découe, daos un panorama alpestre unique, prAsque tous les villages hameaux échelonnés dans le Val : Voici Niouc, dont les humbles alets disparaissent dans la verdure et !es fleurs; Fang, si irrélièrement bâti sur les füncs d'un ravin que les maisons semblent gringoler dans la Navizaoce; Paiosec sur une arête de rocberst ses toits noirs et superposés crépitent au soleil comme la capace d'un monstrueux crustacé; Mayou et Saint-Jean, à la lisières bois, et plus haut, sur ces verts côteaux où de joyeux trouaux broutent avidement l'herbe exubérante et savoureuse, Saiot1c, un petit Eden alpestre où noas pénétrerons plus tard; puis fio, à nos pieds, et tout autour de nous, les jolies maisons d& soie, ses deux et excellents hôtels, ses belles prairies et ses iles guérets, ses habitants, son histoire, ses mœurs et ses ditions, toute son attachante nature et toute sa douce poésie. Vissoie est une délicieuse station estivale; peu de séjours offrent l touristes autant d'avantages climatériques dans un cadre aussi nt; Vissoie n'a rien de commun avec ces stations à la mode la cravate blanche et le frac font partie intégrante de la table ôte, et ce n'est pas là soo moindre mérite. ... e chef-lieu d'Anniviers est une ~talion alpestre bien valaisanne ; ie montagnarde s'y montre dans toute sa naïve poésie, dans cachet particulier, ton t son pittoresque et toute son hE>ureuse 1plicité, et cela n'empêche pas d'y respirer un air pur et ré1ortant, d'y faire de charmantes excursions et, avec un appétU n'a pas besoin de quina pour être excité, d'y faire très bonne. re, une considération qui, je crois, laisse peu d'indifférAots.
Reproduction autorisée ,:>ar l'auteur.)
SoLA.NDIEa-.
ooooa:oo,o
nportante fabrique suisse dé- annuel absolument sans risques f!oumettre à MM. les maitres ni débours. Adres11er les offres sous chiffre naitresses d'école ou autres onnes respectables en tous z. Y 2499 à oHs, propositions offrant un
joli revenu
Rodolphe Mosse
Zurich.
.
SION 30 Juin
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION
===-'==== ====--- - - - - . - -. - - - -
Conférences d'instituteurs On ne saurait contester l'utilité de ces conférences, car elles obligent nos maîtres d'école à revoir leur pédagogie, à se tenir au courant des nouveaux procédés méthodologiques, et, par conséquent, à suivre et à s'initier de plus en plus à l'art difficile de la pédagogie. Chacun mettant en commun son savoir, ses idées, parfois le résultat de ses heureux essais, comme de ses insuccès, il en résulte, naturellement, que, pour celui qui s'intéresse sérieusement à sa classe, il en retirera toujours quelque bien. Outre ce bon côté, MM. les inspecteurs scolaires out l'avantage de pouvoir donner à leurs instituteurs réunis mille bons conseils, encouragements et recommandations. Ensuite, les membres des Commissions scolaires et les autorités des communes qui assistent à ces conférences ont l'avantage de se familiariser avec le~ questions qui intéressent l'école et de profiter, comme les instituteurs, de l'occasion de se perfectionner pour exercer plus fructueusement la mission que leur confère la loi scolaire; car c'est plus difficile qu'on ne le pense de savoir faire, avec profit, pour les clas;;es et les maitres, les visites mensuelles. Comme nous le voyons, chacun peut tirer profit des conférences, en sorte que §i elles n'étaient pas encore établies il faudrait les créer. Ce n'est pas tout, M. Hopfner, directeur de l'Ecole normale, a su trouver le moyen de stimuler maîtres et autorités en montrant à chacun, en toute franchise et impartialement, le côté faible de chacune de nos clas~es. On ne saurait croire combien ce moyen a contribué à élever notre niveau scolaire.
178 -
On fixe habituellement l'époque des conférences vers la fin des cours scolaires, soit en avril. Ce faisant on a sans doute eu en vue de laisser aux instituteurs plus de temps pour s'y préparer et faire leurs travaux. Puis, on croit que les jours ensoleillés du printemps sont plus favorables pour ces réunions. En tout cela, on a un peu raison. Cependant, on nous permettra d'émettre une opinion contraire et de proposer que désormais ces réunions soient avancées et aient lieu, autant que possible, en décembre et même déjà sur la fin de novembre. En les fixant plus tôt, chacun peut mettre à profit immédiatement les bonnes résolutions q•ùl aura prises, alors qu'il les a encore toutes fraîches à la mémoire et que son enthousiasme vient d'être stimulé. En ne les tenant qu'a la fin du cours scolaire, les fruits en sont en partie perdus, car dura:nt les six mois de congé, quelle que soit la bonne volonté d'un maitre, il aura oublié en partie, sinon totalement, les bonnes choses qu'il aura entendues à la conférence, et, l'automne arrivant, il retombera dans l'ornière et n'aura plus qu'un vague souvenir de ce qu'il aura entendu. Pour ce motif, nous croyons qu'il serait préférable de changer notre mode de faire, et nous soumettons cette idée à qui de droit pour être examinée. Puis, comme une' partie des instituteurs trouve qu'une seule conférence est insuffisante, ne pourrait-on pas en revenir à ce qui se pratiquait autrefois, c' e-, t-à-dire à deux conférences annuelles, les années où n'a pas lieu la réunion générale de la Société valaisanne d'éducation et une seulement les autres R. années?
Une leçon de morale. --- La famille Nous avons des devoirs à remplir envers Dieu, envers la patrie, envers nos semblables, envers nous-mêmes, nous en avons même envers les êtres inférieurs. C'est la loi morale qui nous les prescrit, et cette loi, dictée par la conscience, est écrite au fond de nos cœurs. C'est elle qui apprend à l'enfant les devoirs que lui impose sa situation
179
-
.dans la famille où il a le bonheur de vivre. Il doit l'obéissance à ses parents; il doit les aimer, les respecter, être reconuaissant envers eux de tout ce qu'ils ont fait et de tout ce qu'ils font encore tous les jours pour lui. En re• tour des soins qu'ils lui donnent., il leur doit assistance non seulement dans leur vieillesse, mais encore pendant toute leur vie. Envers ses grands parents, ses devoirs sont identiques. Il ne pourra jamais, d'ailleurs, récompenser suffisamment ceux qui lui ont donné l'existence et qui la lui conservent chaque jour, souvent au prix des plus grandes privations. Les frères et les sœurs ont des devoirs à remplir les .uns envers les autres : il doivent s'aimer entre eux comme il;:; aiment leurs parents. Les plus âgés doivent protéger et .assister les plus jeunes ; en retonr, les cadets saurnnt reconnaître la protection et l'assistance de leurs aînés par l'obéissance et le respect, surtout quand ceux-ci représen· tent les par1rnts absents. Tous se doiYent les uns aux autres le bon exemple, tous doivent se dévouer les uns pour les autres. La famille ne se compose pas seulement du père, de la mère et des enfants, elle s'étend plus loin; nous avons presque toujours des oncles, des tantes, des neveux, des cousins, etc. No us devons, à ces membres de notre famille moins rapprochés de nous, une part de notre affection, de nos égards et même de notre assistance. Ayons, d'ailleurs, le respect de noire nom; gardons avec un soin jaloux l'honneur de la famille et efforçons-nous d'y faire régner l'harmonie. L'autorité des parents sur leurs enfants est tout à fait légitime et maternelle, car, pendant de longues années, ils se sont consacrés tout entiers à leurs enfants; et il est nécessaire que ceux-ci ne soient point laissés seuls, surtout au commencement de la vie, sans aucun secours A. C. moral.
De la sympathie chez l'enfant L'amitié et la camaraderie sont de;:; inclinations tout à
-
180 -
fait naturelles qui ont une grande importance morale et qui se concilient avec l'amour de soi et le dépassent. L'instituteur, à l'école primaire, doit encourager ces sentiments qui combattent victorieusement l'égoïsme et l'envie. en développant, au contraire, chez l'enfant, les sentiments de charité, de fraternité et de solidarité. A ce point de vue, la responsabilité sociale du maître est considérable. La société, en effet, attend de lui des élèves qui ne soient point plus tard des cit.oyens jaloux les uns des autres. pleins de haine pour ceux de leurs émules qui semblent rénssir, et toujours prêts à applaudir aux. déclamations éternelles des mécontents et des fauteurs de désordre. L'éducation doit se proposer de veiller à ce que toutes les impress·ons que l'enfant reçoit à son insu, soient saines et de nature à exercer une heureuse intluence sur son caractère. C'est pourquoi il importe de développer chez lui les inclinations sympathiques et son instinct de sociabilité. Ces inclinations existent chez la plupart des hommes, sinon chez tous, malgré les affirmations contraires de Hobbes, de La Rochefoucauld et de Jean-Jacques Rousseau. La sympathie est compatible, d'ailleurs, avec la diversité et le contraste, et il n'est pas rare de rencontrer des amis qui diffèrent complètement l'un de l'autre, aussi bien sous le rapport moral que sous le rapport physique. Elle croît en raison de l'activité déployée, se communique comme par Je contact et est en relation étroite avei; l'imagination. Ses effets généraux et certains sont l'adoucissement des peines et l'augmentation des joies; elle déLermine les efforts pour complaire à cenx qu'on aime et développe en nous la bienveillance, la bienfaisance, la charité, etc. Elle excite l'imitation des belles actions, l'admiration, la vénération, le besoin d'approbation, le besoin d'épanchement. Mais il fan t bien dire aussi qu'elle peut causer l'indiscrétion, aussi bien qu'elle détermine l'amitié. Il est donc nécessaire de la régler chez les enfants et de faire en sorte que la camaraderie ne dégénère point en un esprit de coterie mis au service des meneurs qui abusent de leur influence sur leurs jeunes condisciples pour les conduire au mal, à l'in-
-
181
s ubordination et à toutes leurs îunestes conséquences. A. C.
DES REPRIMANDES III. MANIÈRE DE FAIRE LES RÉPRIMANDES Ce même M. Nicole, et au même endroit, montre combien il est difficile de faire des corrections et des réprimandes. La cause de cette difficulté, dit-il, est qu'il s'y agit de faire voir à des gens ce qu'ils ne veulent pas voir, et d'attaquer l'amour-propre dans ce qu'il a de plu:, cher -et de plus sensible, en quoi il ne cède jamais sans beaucoup de combat et de résistance. On s'aime tel que l'on -est, et l'on veut avoir raison de s'aimer. Ainsi, l'on a soin de se justifier dans ses défauts par diverses couleurs -trompeuses : et il ne doit pas paraître étonnant que les hommes trouvent mauvais d'être contredits et condamnés, puisqu'on attaque en même temps la raison qui est trompée, et le cœur qui est corrompu. C'est là le fondement des précautions et des ménagemens qui demandent la correction et la réprimande. Il ne faut rien laisser entrevoir en nous à un enfant, qui en puisse empêcher l'effet. Il faut éviter d'exciter son aigreur par la dureté de nos paroles, sa colère par des exagérations, son orgueil par des marques de mépris. Il ne faut pas l'accabler par une multitude de reproches qui lui ôtent l'espérance de se pouvoir corriger des fautes qu'on lui signale. Il serait bon même de ne point dire à un enfant son défaut, sans ajouter quelque moyen de le surmonter; car la correction, quand elle est sèr.he, inspire le chagrin et le découragement. Il faut éviter de faire penser qu'on est prévenu, de peur qu'on ne lui donne lieu de se défendre par là des défauts qu'on lui marque, et de n'attribuer nos avertissements qu'à notre prévention. li ne faut pas qu'il ait lieu de croire qu'on les lui donne par quelque intérêt, ou par quelque passion particulière, et enfin par ·un autre motif que celui de son bieu.
-
182 -
On se trouve quelquefois obligé, dit Cicéron, d'usel? dans les corrections d' un ton de voix plus élevé et de paroles plus fortes; mais cela doit être rare, comme les médecins n'emploient certain:; remèdes qu'à l'extrémité, Encore faut-il que ces reproches, quelque forts qu'ils soient, n'aient rien de dur ni d'outrageant; que la colère n'y entre pour rien, car elle n'est bonne qu'à tout gâter; et que l'enfant sente que, si l'on se sert de termes un pe11 forts, c'ast à regret, et uniquement pour son bien. On peut juger que les réprimandes ont eu tout le succès qu'on en devait attendre, quand elles portent un jeune homme à avouer de bonne foi ses fautes, à désirer qu'on lui fasse connaître ses défauts, et à recevoir avec docilité les avis qu'on lui donne. C'est déjà. avoir fait un grand progrès que de souhaiter d'en faire. C'est une marque assurée d'un changement solide, quand on ouvre les. yeux sur des imperfections qu'on n'avait point encore connues ;: comme c'est une raison de bien espérer d'un malade quand il commence à sentir s0n mal. li y a des enfans si bien nés, d'un naturel si heureux. et si docile, qu'il suffit de leur montrer ce qu'il faut faire, et qui, sans avoir besoin des longues leçons d'un maître~ au premier signal saisissent le bon et l'honnête, et s'y livrent pleinement. Vous diriez qu'il y a en eux de secrètes étincelles de toutes lecl vertus, qui, pour se développer et pour prendre feu, ne demandent qu'un souffleléger et un simple avertissement. Ces caractères sont rares. et ils n'ont presque pas besoin dti guide. li en est d'autres qui ont à la vérité un assez bon fonds, mais dont l'esprit paraît d'abord rebelle à l'instruction, soit parce qu'ils ont peu d'ouverture èt d'intelligence, soit parce qu'élevés d'une manière molle, et nourris dans. une ignorance entière de leurs devoirs, ils ont contracté· un grand nombre de mauvaises habitudes, qui sont comme une rouille diffficile à enlever. C'est pour ces sortes de caractère qu'un maître est nécessaire; et il vient presque toujours à bont de vaincre ces défauts, quand il emploie pour cela beaucoup de douceur eL de pa.tience.
-
,123
-·
ÉCOLES ENFANTINES (Fin) Le jardin d'enfants est d'une utilité incontestable; sa place est bien marquée entre la famille et l'école primaire : il complète l'une en préparant pour l'autre. Développer harmonique· ment les qualités physiques, intellectuelles et morales des enfants, et, par cela. même, leur faire acquérir une santé robuste, favoriser leur instinct d'imitation, leur apprendre, autant que possible, à expliquer clairement leurs observations et leurs jugments; les habituer à la propreté, à l'ordre et à la politesse; leur inspirer le goût du beau; les former à l'obéissance, à la véracité et à l'activité; chercher par dessus tout à les rendre bons, aimables et généreux, tel est le but important des écoles gardiennes. Les caractères du jardin d'enfants sont bien marqués : ce sont ceux d'une grande famille. L'institutrice n'a pas à s'occuper d'instruction proprement dite; imitant la mère intelligente et dévouée, elle travaille activement à former le corps, le cœur et l'esprit des petits êtres confiés à ses soins, non par des leçons, comme à l'école primaire, mais par des causeries intéressantes et familières. Quant à la discipline, sans laquelle il n'est pas d' éducation en commun possible, elle sera basée sur le respect et l'affection que l'institutrice doit inspirer à ses élèves, et sur l'activité libre qui ne laisse jamais la moindre place au tapage ni au désordre. Cette activité s'obtient par la variété des occupations. Le j eune enfant n'obéit pas à un commandement, mais à une impulsion qu'il ne sent pas et qui le domine. L ' enfant aime le jeu, l'air et la liberté; l'école gardienne répond très bien à ces besoins innés chez lui, puisque c'est en plein air qu'il passe la . plus grande partie de la journée et que le jeu constitue le fond ou plutôt la forme des exercices auxquels il s'adonne. Les occupations des élèves doivent nécessairement être organisées de façon à permettre le développement harmonique des facultés physiques, intellectuelles et morales de l'enfant. Pour cela, il faut un emploi du temps sagement ordonné; les exercices seront courts et variés. Aucune leçon ne peut durer plus de dix minutes pour les tout j eunes enfants de 3 à 4 ans et vingt minutes pour les autres; si elle dépasse ce temps, elle sera coupée par un
--------------------------------------------·-·- - ____________,... ....·"""-'"'·;
-
184
€Xercice récréatif soit un peu de gymnastique sur place, l'exécution d'un chant ou la récitation d'une historiette ou d'une poésie. Du reste, la perspicacité <le l'institutrice doit être constamment tenue en éveil : dès qu'elle voit se manifester le moindre signe de lassitude chez ses jeunes auditeurs, elle cesse à l'instant cette occupation, pour la remplacer par une autre qu'elle a su faire désirer. Après une occupation ayant demandé à l'enfant une certaine tension d'esprit, il faut nécessairement un exercice délassant son intelligence, tout en développant ses facultés physiques. Ex. : Jeu gymnastique ou jeux libres, sous la surveillance de l'institutrice. Quant à la méthode à suivre, la meilleure n'est-elle pas celle qu'a créée le génie de l'illustre pédagogue allemand? Cette méthode par excellence, qui comprend une série bien g~·aduée d'occupations manuelles alternées de jeux, de causeries, de chants, de déclamations, forme un tout complet destiné à développer, avec ensemble et harmonie toutes les facultés naissantes de l'enfant. ' Pour que cette méthodP- produise ses heureux effets et pour qu'elle ait une réelle utilité pratique, il faut que l'institutrice se pénètre bien de l'esprit du grand maître, et qu'elle suive en toute chose les grands principes qu'il a posés. Il ne suffit pas, pour suivre la méthode Frœbel de se faire les serviles copistes d'un manuel quelconque; m~is disciples fervents et éclairés, il faut chercher constamment à' appliquer les idées qui ont guidé le créateur dans son admirable système, cultiver les sens et les facultés naissantes de l'enfant, ouvrir son cœur aux influences morales. et lui faire contracter des habitudes d'ordre et de travail. Nul doute alors que l'école primaire, continuant et achevant la tâche commencée, ne fasse de l'enfant un homme capable de poursuivre par luimême l'œuvre de son propre perfectionnement et le prépare pour la vie industrielle et pour la vie sociale.
Une petite maîtrise La réputation de la maîtrise de Nuces (Aveyron) a fait le tour de la France, et beaucoup de personnes ont voulu connaître l'organisation de la fameuse schola. Dom Pothier lui-
-
185 -
même a bien voulu féliciter le directeur de cette maîtrise ,étonnante. L'église de Nuces n'est pas une église succursale mais une chapelle de village, composée d'une cinquantaine de maisons. Ce village compte en tout 10 petits garçons et 8 petites filles de 8 à 10 ans fréquentant l'école. Ce n'est donc pas un choix d'enfants bien doués et formés d'avance; non, c'est le petit personnel du catéchisme qui forme la maîtrise de Nuces et c'est ce même personnel qui peut donner dans toutes les églises, et sans beaucoup de difficultés, les mêmes résultats. La première chose absolument nécessaire, c'est un directeur. Curé ou vicaire, frère ou sœur ou bon maître d'école ou simple laïque, il faut quelqu'un qui sache chanter, qui aime à chanter, qui ait la passion du chaut d'église. Quand tous nos séminaristes sauront chanter, ils aimeront le chant et ils se feront un plaisir d'enseigner à chanter. Ce premier point bien compris, il doit être défendu à ceux -qui ne savent pas ou qui ne peuvent pas chanter de former les enfants. Ils feront toujours mal et introduiront dans les paroisses des habitudes détestables. Quelle est la méthode à employer pour arriver à faire chanter nos petits enfants de catéchisme : l O Apprenons à bien faire lire et à bien faire dire tout ce que nous voulons faire chanter. J'ai mis plus d'un mois, écrit M. le curé de Nuces, pour obtenir que mes enfants disent bien amen et cum spiritu tuo. Faites bien dire le Pater, I' Ave Maria, le Credo, le Gloria,, les psaumes recto tono, à haute voix, marquant les pauses et l'accent tonique. Employez vos cinq minutes de répétition pendant des mois entiers. Quand vos petits enfants se seront familiarisés avec cette psalmodie, vous n'aurez plus de difficultés. Le chant n'est qu'une lecture bien faite; on l'a dit depuis longtemps. Berryer lisant à la,. tribune ravissait ses auditeurs. Pourquoi ne nous a-t-on pas appris à dire? Une école de diction s'impose dans nos petits et grands séminaires, et dans toutes nos écoles. 2° Apprenons peu de morceaux de chant et que tout ce ,que nous enseignons soit facile, bien simple, un peu comme des enfants; ce qui veut dire qu'il faut enseigner les chants habitués de l'Eglise; les messes ordinaires de notre graduel bien ,exécutées par nos petits enfants raviront la population; nous leur apprendrons surtout la plus belle de toutes les messes, Ja messe des doubles de 1re classe; et pour occuper nos petits
3
s-·
-
-
186
-
enfants pendant l'offertoire et à l'élévation, il faut leur enseigner le Veni creator, le Pange Ungua, l' Ave verum, l'lnviolata, l'Adoro te, le Sub tuum, plusieurs 11ve Maris stella, O salutaris, etc., etc., tous ces chants si beaux dans la bouche de ces petits anges. Quelques cantiques pour la communion, mais les plus simples, les plus connus, jamais, au grand jamais, des cantiques ou des motets à plusieurs voix; laissons ces concerts à nos maîtres de chapelle qui ont seuls les éléments pour les faire exécuter. Je le repète, il faut enseigner très peu de morceaux, et il faut les enseigner pendant des mois, de cette façon on arrive à faire chanter avec goût, et avec une petite vanité qui est de mise quand on sait la diriger. 3° J'arrive à la grosse question la formation de la voix des enfants dans nos campagnes. Tous nos petits enfants sont bergers ou :fils rle bergers, et ils ne connaissent que les cris qu'ils ont entendus au milieu rles champs, ou à l'église, ou à l'auberge. Pour arriver à supprimer ces cris sauvages, c'est très dur, et c'est impossible si vous ne trouvez pas un petit entraîneur, c'est-à-dire un petit enfant dont vous formez la voix. J'ai trouvé ce petit trésor, et je l'ai pris à l'âge de 5 ans, à l'aide d'un petit harmonium j'ai pu former le futur directeur de ma petite maîtrise, mais surtout j'ai obtenu la disparition complète des cris, et aujourd'hui ce petit gamin de 8 ans dirige lui seul ses petits camarades d'une façon passable, et chaque jour j'ai le plaisir d'entendre ma petite chorale chanter la messe; les paroissiens sont enchantés comme moi, les chantres ont abandonné pour toujours les tons impossibles et tout mon monde suit avec plaisir la véritable note, laissant de côté les vieilles routines. Concluons : il faut arriver à la formation du chant bien bien exécuté, et nous n'arriverons là que par le moyen des formations de maîtrises dans toutes nos paroisses, en formant tous les enfants du catéchisme. / Lyre chrétienne)
ECHOS DES CONFÉRENCES Sion. - Le 23 mars écoulé, les instituteurs de l'arrondissement de Sion-Ayent quittaient pour un jour leur école et gravissaient allègrement le côteau qui domine la capitale : ils
187
se rendaient, par un beau soleil de printemps, à leur conférence pédagogique, pour y retremper leur courage, y entendre des conseils dont la mise en pratique facilitera beaucoup l'accomplissement de leur mission, et passer quelques heures dans l'hospitalière commune d' Ayent. La réunion était présiàée par leur aimable inspecteur, M. Lamon, et honorée de la présence de M. Chappaz, chef du Département de !'Instruction publique; Hopfner, directeur de l'Ecole normale; Rey, Moos, Girond, inspecteurs ; des révérends curés de Bramais, Sion, Savièse, Arbaz, Ayent et Lens; Allet, professeur; de Rivaz, président de Sion; Gay, juge de Bramois; du Conseil communal d'Ayent en entier, etc. A 9 1/ 2 h. la séance est ouverte. Après une courte prière pour implorer les bénédictions du Ciel sur les travaux de la journée, M. !'Inspecteur souhaite la bienvenue à M. le Chef du Département que nous avons le bonheur de voir, pour la première fois, au milieu de nous ; à MM. les révérends ecclésiastiques, anx membres des commissions scolaires et à toute l'assemblée. Puis, en termes émus et élevés, il nous rappelle la perte cruelle que le corps enseignant vient de faire dans la personne de M. Casimir Wetzler, instituteur à Bramois, dont il résume l'existence, toute d'abnégation et de dévouement; il nous fait connaître quelques moyens, dus à la sagacité de cet excellent maître, et qui contribuèrent beaucoup à rehausser le niveau intellectuel dans: les deux communes qui ont eu le bonheur d'apprécier ses services. Tout le monde s'unit de cœur à ces paroles si bien senties, puis l'assemblée se lève en signe de deuil. Le président de la conférence donne ensuite la parole à M. Guigoz, instituteur à la Muraz, pour la lecture du résumé des travaux mis précédemment à l'étude. Cet intéressant travail mérita, à juste titre, les applaudissements de l'assemblée, car, il faut le dire, son auteur, M. Wetzler, dont la culture intellectuelle dépassait sensiblement celle d'un modeste instituteur, s'était acquitté de sa tâche de main de maître. Ce long rapport n'ayant donné lieu à aucune observation, on passa à l'élection du bureau qui fut composé comme suit : M. Benjamin Roten, instituteur à Savièse, remplaça, dans les fonctions de vice-président, M. Mabillard, démissionnaire, et l'auteur de ces lignes fut nommé secrétaire. Cinq instituteurs, désignés par le sort ( et il en est qui ont de la chance), donnèrent lecture de leurs travaux sur la ques-
-
188 -
tion mise à l'ordre du jour. Les idées émises dans ces compositions, et que je m'abstiendrai d'énumérer, ayant déjà, en partie, paru dans l'Ecole primaire, firent dire à quelques membres compétents dans la matière que « les instituteurs comprennent très bien l'importance de l'éducation morale et Teligieuse ~. Une petite discussion suivit la lecture de ces travaux. De nouvelles idées, émises, en grande partie, par les révérends ecclésiastiques, complétèrent le sujet. L'heure étant avancée, il fallait songer à satisfaire d'autres . exigences. M. le Directeur de l'Ecole normale nous ayant servi, en guise <l'absinthe, plusieurs colonnes de chiffres qui, certes, ne sont pas toujours du goût de tous les consommateurs, nous quittâmes la maison d'école de Botyre, pour nous rendre au village même d'Ayent , où la salle qui devait nous recevoir était décorée avec beaucoup de goût. Les arcs de triomphe avec des inscriptions souhaitant la bienvenue aux convives, les parois, pavoisées de fleurs et de verdure, nous prouvèrent que les gens d'Ayent s'étaient mis en frais pour nous recevoir avec toute la cordialité qu'on leur connaît : la traditionnelle râclette qui nous fut en.suite servie, les vins exquis qui coulaient à flots fortifièrent dans nos cœurs la bonne opinion que nous avions toujours eue de la population de cette commune et répandirent parmi nous une douce et franche gaîté. Sous l'habile et infatigable direction de M. Allrt, nommé major de table, toasts, chants et propos joyeux se sont snc.cédé sans interruption. Mentionnons le toast de M. Chappaz qui, dans le langage éloquent et élevé qu'on lui connaît, nous fit entrevoir (si ses espérances ne sont point déçues, comme l'ont été si souvent les nôtres), un avenir de prospérité dans le domaine de l'instruction, grâce à la subvention fédérale, qui permettra de tenir compte, dans une certaine mesure, des justes revendications du corps enseignant. Nous étions si bien ensemble que nous aurions volontiers prolongé cette journée si agréable; mais l'heure avancée et la grande distance qu'un certain nombre d'instituteurs avaient à parcourir pour rentrer dans leurs foyers, nous obligèrent de ,quitter l'hospitalière commune d' Ayent, où tant d'agréables ·surprises nous avaient été ménagées. L. P. Entremont. - Le 19 avril dernier, Sembrancher comptait
-
189
-
parmi ses hôtes d'un jour les instituteurs du district d'Entre-· mont, réunis pour leur conférence annuelle, sous la présidence· de leur zélé et dévoué inspecteur, M. Troillet. La séance est ouverte à 9 h. 1/ 2 par la prière d'usage, puis M. l'inspecteur adresse d'aimables paroles de bienvenue à MM. Chappaz, chef de notre Département; Hopfner, directeur de l'Ecole normale; le directeur du collège de Martigny; Joris, vicaire et président de la Commission scolaire d'Orsières; Rey, Fellay, Studer, professeurs, ainsi qu'aux membres, actifs. Nous remercions sincèrement tous ces Messieurs d'avoir bien voulu nous honorer de leur sympathique présence. L'appel constata la présence de 30 membres (3 absences pour cause majeure). Après la lecture et l'approbation du protocole de la séance précédente, on passe à l'élection du bureau . MM. Rey, chanoine, professeur à Sembrancher, et César Emonet, instituteur, sont confirmés, le premier comme viceprésident, et le second comme secrétaire. Huit instituteurs, désignés par le sort, donnent ensuite connaissance de leurs compositions qui, pour la plupart, valent des éloges à leurs auteurs, en particulier celle de M. Alph. .Michaud, instituteur à la grande école de Châbles. Voici quelques idées émises dans ces compositions : L'éducation morale procure le bonheur de la famille et de la société, car elle fait des enfants non seulement des hommes instruits, mais des hommes de bien, qui, par l'accomplissement de leurs devoirs envers leurs semblables, envers la famille et envers l'Etat, concourent à assurer le bien-être général. L'homme pourrait se sauver sans la science, mais non sans la religion. L'instituteur ne doit pas perdre de vue qu'il doit s'appliquer, en premier lieu, à former le cœur de l'enfant. C'est, comme nous l'a ùit M. Hopfner, que pour cultiver l'éducation morale et religieuse à l'école primaire, il faut d'abord l'étude du catéchisme et de l'histoire sainte, c'est dans ces deux livres que le maître pourra puiser abondamment les leçons de morale. Il faut aussi que le maître montre le bon exemple à ses élèves. Bientôt après, nous voyons des colonnes de chiffres alignés sur le tableau noir. Ils nous font voir que si le pas que nous avons fait en avant dans la statistique fédérale est grand, celui qui nous reste à faire ne l'est pas moins. Au sujet du calcul et du style, M. Hopfner dit que ces deux branches pourraient donner de meilleurs résultats en comparaison des .
:....------------------------------------------~---...
------------
.-"-".
190
-
autres; il nous engage à cultiver activement ces deux matières. Et tous, nous en sommes assurés, ont pris pour l'avenir les meilleures résolutions. La prière termine la séance à midi. La seconde partie de la journée se passe à l'hôtel Luder, où un excellent dîner nous fut servi. Grâce à l'habile direction de notre major de table, M. Louis Meilland, instituteur à Liddes, les toasts et les chants se succèdent bientôt avec un entrain admirable. Citons les toasts de MM. Chappaz, chef du Département de l'Instruction publique, Hopfner, directeur de l'Ecole normale. A 4 h. 1/ 2 , M. l'inspecteur termine la séance et souhaite à tous un heureux retour dans leurs foyers. Il faut se quitter, encore une poignée de mains et l'on se dit : « Au revoir ». Vive l'hospitalière commune de Sembrancher! C. E., inst. Saint-Maudce-1tionthey. - Le 14 avril écoulé: Collonges se trouvait coquettement paré de ses plus beaux habits de fête. Il avait l'insigne honneu r de recevoir les instituteurs de l'arrondissement occidental, réunis en conférence annuelle, sous la présidence de M. Burnier, inspecteur scolaire et président de la Société valaisanne d'éducation, assisté de M. le notaire Vital Cornut, nouvel inspecteur scolaire du district de Monthey. Nous honoraient de leur sympathique présence, MM. Chappaz, chef du Département de !'Instruction ; Lamon, directeur et inspecteur scolaire; Hammerschmitt, directeur des écoles de Monthey; les révérends curés de Collonges et de Muraz; Parvex, de Collombey; Rouiller, président de la Commission scolaire de Dorénaz; la municipalité de Collonges, etc. La séance s'ouvrit à 8 h. 1/ 2 • Après la prière d'usage, M. Blanchut, instituteur, au nom de la municipalité dont il fait partie, souhaite la bienvenue dans d'excellents termes : nul n'est oublié. M. Burnier, se faisant l'écho de l'honorable assemblée, adresse des éloges à la population de Collonges pour la part active qu'elle prend à la réussite de la fête; puis, par une de ces habiles digressions dont il a le secret, il nous parle de l'histoire et de la topographie de l'endroit et nous tient sous le charme de sa parole autorisée. Deux instituteurs manquent à l'appel. Le compte rendu de la dernière séance présenté par M. G. Curdy est approuvé sans observation. Suit la constitution du bureau : M. Vannay Rémy, institeur à Vionnaz, est nommé vice-président; M. Louis Coquoz,
-
191
instituteur à Salvan, secrétaire. Vionnaz est choisi pour la prochaine réunion. Une courte discussion s'ouvre à propos de certaines modifications à apporter an réglement de la conférence. Les révisions à y faire sont renvoyées à la prochaine séance. Cinq instituteurs, désignés par M. le Président donnent lecture de leurs travaux. Le sujet mis à l'étude était : De l'éducation morale et religieuse à l'école primaire. - Son importance. - Moyens à employer? A titre de critique, M. le Président constate avec plaisir que les travaux entendus se ressemblent par les idées émises : ils sont tous empreints du sentiment religieux; tous convergent vers un même point, l'éducation. Il ne m'est point donné de vous en louer, ajoute-t-il; c'est votre devoir de parler et d'agir ainsi. Ajoutez partout le condiment religieux. L'histoire profane vous dit clairement : l'homme s'agite, Dieu le mène. M. Blanc, curé de Collonges, insiste pour qu'on ne fasse pas de l'enfant une machine, mais qu'on en fasse un vrai chrétien. La discussion est close à midi. Tout le monde se lève et passe dans une autre salle de la maison d'école, pavoisée avec goût. Un excellent dîner nous y attendait. Arrosé d'un vin géné1·eux et abondant, il a pleinement satisfait les exigences de l'estomac. Enfin, entre la pomme et la poire, les toasts et les {:hants alternaient avec un joyeux entrain. Je me bornerai à citer le toast de M. Burnier à la patrie, celui de M. Vannay, instituteur, à M. Chappaz, dont il réclame le concours pour améliorer la position du personnel enseignant. M. Chappaz sait qu'il se trouve dans un coin du pays fortement agité par la fièvre des gros traitements. Je vous promets une solution favorable à vos revendications, dit-il en substance; mais pour ce faire, apportez-moi trois choses : l'union entre les membres du corps enseignant, l'espoir de résultats meilleurs lors des prochains examens de recrues, et la certitude qu'il n'y a pas de félous parmi vous!. .. C'est le clou de la fête t la pièce de résistance ! Comme le temps passe, quand on est si bien ensemble! Il faut songer au départ, se quitter bien à regret. Merci de l'accueil bienveillant que nous a réservé Collonges t No us en garderons un durable souvenir! Au revoir à Vionnaz ! L. C., inst. Hérens. - La conférence de ce district s'est tenue à Vex
---31iii1!1!'.''_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
-
192
--
le 29 avril. C'est la seule dont nous n'ayons reçu jusqu'ic i aucun compte-rendu.
PARTIE PRATIQUE
Supplément à l'ECOLE PRIMAIRE Viol.o:n.e-u.r ma.:n.q-u.é (CROQUI S VALAISAN)
NARRATION LE CHIEN DU SAINT-BERNARD
(Le maître lira l'historiette ci-après, les élèves rédigeront ensuite). Le Grand-Saint-Bernard, haute montagne de la Suisse, fait partie des Alpes pennines et est situé sur la frontière d'Italie. Malgré son élévation, malgré ses flancs abrupts et escarpés, il offre un passage très fréquenté d'Aoste à Martigny, entre le Valais et la vallée de Saint-Remy. Son ascension, comme on le pense bien, n'est pas sans péril: Un voyageur qui l'avait entreprise sans garde faillit, un jour, être victime de sa témérité. Saisi par le froid glacial qui règne en ces hautes régions, ébloui par l'éclat des neiges qui ne fondent jamais, il tomba dans une crevasse, dissimulée d'ailleurs par les flocons que le vent y avait amoncelés et, dans sa chute, il se fit une profonde blessure à la tête. Le pauvre voyageur s' évanouit. C'en était fait de lui peut-être si l'accident s'était produit sur toute autre montagne, car un froid mortel eût glacé son sang dans ses veines et la neige eût bientôt recouvert d'un blanc linceul son corps inanimé. Par bonheur, la charité, la solidarité humaine ont, en ces parages désolés, d'admirables représentants. Au point le plus élevé de cette route, se trouvent, près d'un petit lac, l'hospice et le couvent fondés, en 962, par saint Bernard de Menthon, sur l'emplacement d'un ancien temple de Jupiter. C.e couvent est habité par dix ou douze religieux de l'ordre de saint Augustin, dont les fonctions consistent à recevoir gratuitement toutes les personnes qui traversent ce passage; ils doivent, de plus, pendant les sept ou huit mois les plus dangereux de l'année, parcourir journellement les chemins, accompagnés de domestiques appelés maronniers et de gros chiens dressés à cet effet, pour porter secours aux voyageurs. Notre touriste revient à lui sous l'impression d'une chaude haleine qui lui caressait le visage : un énorme chien du Saint-Bernard était près de lui et léchait sa blessure d'une
(Lire la fin sur la couverture/.
(Suite et fin) Tout à coup il entend derrière le gros fournqau en pierre un bruit insolite ; puis une forme blanche s'en détache et s'avanc1:1 vers lui en trébuchant ; elle s'en approche et il reconnaît un bouc qui à ses yeux prend une forme démesurée, fantastique et lui rappelle les récits les plus étranges. A sa vue, il se figure que ce ne peut être que l'Autre. Son violon s'échappe de ses maïas, ses cheveux ee drflseent sur la tête et il ouvre la porte pour s'enfuir. L'affreux fantôme le suit de son pas qui, à l'entendre, n'est pas celui d'un animal, et jette des cris lugubres et énergiques comme un arrêt de mort qui résonnent à ses oreilles soue ces mots : T'ai à mé / (Tu es à moi.) De plus en plus terrifié, voilà notre homme à la cuisine où il cherche vainemen\ une issue ; il trouve enfin le loquet de la porte de derrière à laquelle n'aboutit ni escalier, ni échelle ; sans se reconnaître, il veut enjamber la première marche et tombe lourdement à terre. Il se relève auRsitôt tout meurtri et court chez. lui, Il y arrive pâle comme un cadavre, les habits souillés et en désordre et craint de ne pouvoir trouver un refuge assuré. Ses parents ne peuvent en tirer aucune parole et n& savent à quoi attribuer son épouvante. Ils ne pouvaient croire à une rixe, car il n'avait jamais eu la moindre altercation avflc personne et, du reste, il était homme à se défendre. l is se perdaient en conjectures et, en gens superstitieux, n'y voyaient que du surnaturel. Dans quelques jours, les voisins, le village entier partagea leur convfotion. Le même soir déjà, Thomas eut une grosse fièvre; le lendemain, le docteur, appelé en toute bâte, constata. une fracture au bras droit et déclara qu'il y avait danger. PE:lndant plus d'une semaine, il fut entre la vie et la mort ; il divaguait sans cesse ; il se croyait toujours poursuivi et il fallait le maintenir de vive f..>rck dans son lit. Il fut enfin sauvé grâce à sa forte constitution, mais il resta bien longtemps avant de reprendre le travail. Pendant sa convalescence, il pria un jour le curé
!,__ _ _ __ _ _ __ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _....,_ _ _ _ _ _ _ __
_ _ _ _.._ _ _...._ _'.:.,I.- - · - - - - - - - - --
-
2 de venir le voir. Celui-ci s'empressa d'accéder à son désir ; cette démarche de la brebis qui, il y a quelques mois, s'enfuyait à son appel lui parut de bon augure. L'entretien fut long et fructueux, et le laissa calme, et presque joyeux ; la nuit suivante fut exempte de ces cauchemars qui depuis le soir fatal hantaient son cerveau et Thomas put goûter quelques heures d'un doux sommeil. Le lendemain, il r€çnt la visite de FrancRoubet qui lui rendit toute sa sérénité et hâta sa guérison. Nous redevînmes aussi intimes que nous l'avions été et nous le fûmes toujours depuis. Tout en admirant les voies de la Providence, et nous riant de sa crédulité, de sa poltronnerie, il m'a raconté l'accident qui a changé le cours dts sa vie. Les reproches de sa c mscience bien plus que les vieilles histoires des femmes l'avaient porté à y voir une intervention surnaturelle. Depuis quelque temps il avait sérieusement réfléchi à sa mésaventure, examiné toutes les circonstances, et un doute avait surgi dans son esprit, doute partagé par le digne pasteur. Franc-Roubet lui avait donné la clef du mystère. La voici: Quelques jours avant l'accident relaté, le violoneur avait fait l'acquisition d'un bouc haut encorné, ce que Thomas ignorait. Le jour du déménagement, à sa sortie de l'étable, le pauvre a nimal, cédant à son humeur capricieuse, s'était élancé en gambadant sur on champ de glace fortement penché. La scène est facile à deviner : .il fut précipité jusqu'à l'extrémité de la glissoire intempestive et se releva avec une jambe brisée. Franc-Roubet dut le transporter sur un traineau jusqu'au village. Arrivé là, au lieu de le conduire à l'écurie qui se trouvait froide, il l'avait porté dans sa chambre qu'il chauffa, et fit lui-même, à l'instar de bien des gens de la campagne, l'opération du rhabillage. Puis il repartit pour le mayen, afio de ramener le reste du troupeau; à son retour au village, il retrouva son apprenti assidu. On sait le reste. Complètement rétabli, il ne se laissa point aller à ses anciens errements. Placé sur le bord de la tombe, il avait senti le néant de ses frivolités et sondé la profon<deur de l'abime où il courait tête baissée. Aux ouvertures, aux railleries de ses amis d'hier, il répondit courageusement qu'il quittait pour toujours des divertissements malsains et dangereux pour sa sécurité temporelle
-
8 -
<E!t éternelle et les encouragea à l'imiter. Il réussit à en ,dissuader quelques-uns des plus tapageurs, des plus intrigants. Il redevint plus raogé, plus travailleur encore -qu'il ne l'avait été et se fit facilement oublier ses folies passées. Le jour de Pâques suivant, Thomas Bernoud fit de nouveau entendre à l'église sa belle voix. On vit alors un rayon de joie éclairer le visage des auditeurs : ,sur la terre comme au ciel on fêta sa résurrection.
M. S.
- - - - z:~--;:.sr---::C...es C>isea.u x Au printemps, alors que tout ce qui existe est sous le charme de la nature en réveil, il est particulièrement agréable d'entendre, dès l'aube ou aux dernières lueurs du crépuscule, sous les naissants feuillages, le délicieux chant des oiseaux qui, comme le dit André Theuriet, emplissent en ce moment de l'année la sonorité de l'air : trilles des pinsons et des chardonnerets, gazouillements des mésanges, vocalises du merle, trémolo de la huppe, rentrée du bouvreuil, flûte d'or du loriot; puis, par intervalles, sur ce fond incessamment varié, les notes redoublées, graves, profondes, des roucoulantes tourterelles. - Cette musique aérienne remet en mémoire un cbœur d'Aristopbane: < 0 peuple fortuné des oiseaux, qui n'a pas besoin de tunique pour l'hiver et qui ne craint point les rayons brûlants de l'été I Vous gîtez parmi les près en fleurs et sous les feuilles des arbres. Vous passez l'hiver dans les antres creux au milieu des nymphes des montagnes; au printempa, vous picorez les tendres bourgeons et les baies blanches des myrtes dans les jardins .consacrés aux Grâces. -. Aristophane n'était pas seulement un vertueux poète comique, mais aussi un lyrique d'une superbe envolée et un naturaliste de premier ordre. Il y a dans aes cbœurs des impressions de nature et de plein air merveilleusement suggestives, soit qu'il chante < les treilles de Lemnos déjà mûrissantes > ou < la nuit .sacrée étendant sur le ciel son manteau d'étoiles >, ou J>ien encore < la voix charmeuse du rossignol montant, .à travers le feuillage épais des platanes, jusqu'au trône de Zeus. , Aucun poète n'a mieux ni plus lyriquement _parlé des musiciens ailés. Dans un des chœurs les plus curieux de sa comédie des Oiseaux, il a même essayé .de traduire par d'ingénieuses onomatopées, les originales
4 -
modulations du rossignol, et il est arrivé à rendre, sinon· le charme de cette sensuelle musique, du moins le dessin exact de la contexture de la mélodie : • Muse des forêts, - tio tio tio tix, - muse féconde en compagnie de laquelle, à travers ltjs vallées boisées et les hautes collines - tio tio tio tix - perché sous la feuillée des frênes, je tire de mon gosier des hymnes. sacrés pour le dieu Pan et les montagnes maternelles .. - to to to to to tix - et de là, comme la voletante abeille, nourrie du suc des chants ambrosiaques, je porte partout ma douce mélodie - tio tio tio tio tix. , Assurément, bien des fois, Je poète errant au printemps sur les pentes de l'Egialée avait, pendant les claires nuits attiqnes, étudié et noté la chanson du rossignol. Ce n'est pas lui qui Pût commis l'erreur communa à plusieurs écrivains modernes, de faire chanter le virtuose en toute saison. Oh I les divins chantres de la nature, créatures de Die11, faites tout exprès pour chanter ses louanges : Tiouou, tiouoo, tiouou, tiouou, Shpe tiout tokoua, Tio, tio, tio, tio, Kououtio, kououtio, kououtio, kououtio, Tskouo, tskouo, tskouo, tskouo, Tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii, tsii. tsii, tsii, tsii, Kouoror tiou, Tskoua pipitskouisi Tao, tso, tso, tao, tso, tso, tso, tso, tso, tso, tao, Tsisi si tosi si si si si si si si Tsorre tsorre tsorre tsonehi.
Chardonnerets, pinsoos, fauvettes, Jinots At vous doux. rouges-gorges, brillants chanteurs ailés, vous voilà réveillés, L'autre soir, à la tombée du crépuscule, j'entendais précisément des rouges-gorges gazouiller dans les hêtres et je songeais avec une douce émotion qu'ils chantaient de la même façon que ceux que j'écoutais dans mon enfance, à la lisière des taillis. Les oiseaux ont cela de bon, qu'ils semblent toujours être les mèmes. Des années se passent, on devient vieux. On voit ses amis disparaître, les révolutions changer la face des choses, les illuidone ton..ber l'une après l'autre, et, cependant, parmi les arbres des vergers ou des bois, les oiseaux qu'on a connus dès l'enfance répètent les mêmes appels familiers,. modulent les mêmes phrases avec la même voix friiîche. Le temps ne semble pas mordre sur eux et, comme ils
-
5 -
·Be cachent pour mourir, comme nous n'q,esistons jamais -à leur agonie, nous pouvons nous figorer presque que nous avons toujours devant les yeux ceux qui ont en·Chanté notre enfance. En écoutant les rouges-gorges moduler, ce soir là, ·leurs phrases tendres et câlines, je me croyais revenu aux jours dorés d'autrefois, alo rs qu'étendu sur l'herbe et prêtant l'oreille aux rappels des oiseaux de passage, je songeais avec de joyeux battements de cœur aux souriantes perspectives que m'ouvrait ma jeunesse commençante. Le paysage d'aujourd'hui ressemblait à celui ,d'autrefois: au loin, derrière les retombées des hê tres, le soleil se couchait comme jadis, dans une gloire empourprée, - et pourtant il n'y avait je ne sais quoi de <:hangé; les images des choses m'arrivaient déformées par une brume intérieure, par le brouillard maussade des expérience3 amères, des avortements et des tracas de la maturité, des luttes supportées, des haines, des trahisons qui affaiblissent et renversent parf')is, et surtout de l'ingratitude humaine. A deux pas da mol, l'un des rouges-gorges vint se poser sur une branche d'égla~tier. Il me regardait familièrement avec son œ1l noir espiègle et semblait me dire : , Comme ta as vieilli, mon camarade 1 ,. Toi, tu es toujours le même, ami rouge-gorge I Ton ·p oitrail a toujours cette belle couleur de sorbe mû.ra qui t'a valu ton nom. Dès l'aube, tu t'éveilles, ô le plus matineux des oiseaux; et tu chantes ton mélodieux tireli. "Tout le jour, au fond des bois humides, tu quêtes ta nourriture sous les feuilles mortes. Moi je continue mon strugle for life. Oh, la lutte pour la vie 1 Je voudrais, pour que vous les aimiez davantage oes êtres charmants et délicats, souverains du royaume de l'air, vous citer tout entière la peinture charmante qu'en a faite le peintre des Saisons. Mais la place me fait dé· faut, et je ne vous en dirai que quelques fragments : , Prends, ma Muse, prends un vol nouveau, l'harmonie des bois t'appelle et t'invite à sortir dans les plus ·r iants atours de la simplicité et de la joie. Vous, rossignols, prêtez-moi vos chants, répandez dans mes vers l'âme touchante et variée de votre mélodie. • Au temps où l'amour, cette âme universelle, t'éveille »eut-être, échauffe l'air et souffle l'esprit de vie dans
------"·"----------.....-----·-
-
6 -
toute la nature, la troupe ailée renaît à la joie et sent: l'aurore des désirs. • La messagère du matin, l'alouette, s'élève en chan-tant à travers les ombres qui fuient devant le crépuspuscule ; elle appelle d'une voix perçante et haute les chantres des bois, et les éveille au fond de leur demeure. « Le merle siffle dans la haie ; le pinson répond dans· le bosquet; le linot ramage sur le genêt fleuri et mille, autres, sous les feuilles nouvelles, mêlent et confondent leurs champs mélodieux. J> ~~is en dehors du charme que nous procure leursdéhc1e~ses roulades _sous la feuillée, il est des services· plus utiles que les ournaux nous rendent. Ils défendent nos cultures contre les myriades d'insectes qui les menacent et devant lesquels l'homme, malgré sa science et sa force, ~st i~_puissant, car il n_e peut, comme l'oiseau, I!oursu1vre l insecte dans les aus, le découvrir sous· les feu1l~es, les écorces, les mousses, dans les fleurs les, plus déhcates. Il constate seulement les pertes, et heureux s'il ne· l~s augmente pas par son ignorance volonlaire, la routine et l'entêtement. La vi~ a au.tour d'elle, en elle, son ennemi, son hôte , le parasite qui la ronge, a dit Michelet. ~a vie inerte et. sans défense; la vie végétale surtout,, ~~1vé~ de loc~mohon, y succomberait sans l'appui de l mfallgable 01seau, âpre chasseur, vainqueur allé desmonstrea. 9ue ferait_ l'~omme livré sans défense à cet insecte, qui, se mult1phant sans cesse, détruirait dans son germe les récoltes à venir, espoir légitime du travailleur la blé nécessaire à tous 'f ' ~ais l'oiseau est là,. e~ sa prodigieuse fécondité pourrait co~tre-balancer, s1 1homme le voulait, celle de nos ennemis acharnés et invisibles. Deux mésanges, pondant douze à vingt œufs arrivent. à do~ner à l~urs petits, en vingt et un jours,' 40 mille cheo1lles ou rnsectes. Une couvée de troglodytes nécessite 50 voyages paî' ~eure de l~ part du père qui rapporte chaque fois uo !nsecte ; soit, pour douze heures, un total de six cents 10sectes, et pour quinze jours neuf mille chenilles. ~ne seule mésange doit consommer par an deux cent. mille œufs ou larves.
-
7 -
L'hirondelle détruit trois cents insectes par jour, oa cinquante mille pendant son séjour chez nous. C'est dans leur conservation que se trouve le remède~. l'oiseau est l'auxiliaire indispensable de l'homme, et fait plus de mal à lui seul qu'une armée de travailleurs. Donc, à tous les titres, agriculteurs, citadins, philantropes, amis de la nature et des plantes, promeneursbénévoles ou poètes rêveurs sous les grands bois, nous devons protection aux chanteurs ailés, nos meilleurs defenseurs. SYLVAIN NOEL.
SAVXÈBE Un joli nom, doux comme un murmure de zéphyr, d'une sonorité gaie, d'une fraîcheur toute champêtre, dont est doté, à bon droit, un des plus riants vtllages de la vallée du Rhône, au cœur des vergers et des pampres, à une petite lieue au nord de Sion. Savièse, c'est le Suresne des Sédunois, avec cette différence que, là la raclette remplace la matelotte et le muscat le petit-bleu des environs de Paris. Il est difficile de se représenter un village plus dé\icieusement situé. Le chemin qui y mène parait bien un peu rude pendant qu'il louvoie à travers les vignes dépourvues d'ombrage, surtout quand le soleil qui dore les grappes couvre les côteaux de sa nappe brûlante ; mais quand vous avez atteint les prairies plantureuses, quand les grands noyers vous abritent et que, à l'ombre de leurs rameaux opulents, vous vous étendez mollement sur le gazon frais et fleuri, vous oubliez bien vite le labeur de la montée, pour ne plus songer qu'au bien-être ressenti dans ces lieux où tout est fait pour charmer le cœur susceptible de l'être. A vos pieds, Sion, toujours jolie, sous quelque aspect qu'on la contemple, d'on cachet â la fois original et coquet, l'air un peu somnolente, avec sa tête doucement appuyée sur les rochers de Valère, bien que ses vieux châteaux en vigie impriment encore à son front quelque chose d'audacieux et de froid comme un défi. En face, les Mayens de Sion, un village de montagne idéal, composé d'une infinité de gracieux petits cbâlets, semés dans la neige des lys et l'or des polneys, pavé de fleurs, encadré de mousse, débordant d'arome et de fraîcheur, sous le dôme superbe des branches entrelacées des mé-
__________________________,_·-·- -----~
....._
-
8 -
lèzes gigantesques .e~ séculaires. Uu village de contes de fées, où entre les 101es de la contemplation et la douceur de l_'extase, il ne reste plus à l'âme qu'à s'élever vers le ciel .•... Mais revenons ~ Sayièse. Suivons, quelques minates encore, ce chemin pierreux qui grimpe mollement les vergers clos, entre deux haies vives répandant dans le seotier un air frais et embeaumé. ' Nous voilà à Saint-Germain, le cœur de Savièse car Savièse est un villa_qe-pieuvre dont la tête s'appelle Chandolin, les pieds Roumaz et les tentacules Drônaz Vuisse, La Crétaz, Montilier, Granois Ormovaz etc' autant de délicieux recoins, blottis da~s la verd~re et qui ne forment qu'une même commune, sous la nom génériquo de Savièse. Je disais que Saint-Germain est le c~~r de Savièse. Il l'est. ~oublement. D'abord, parce qu/l occupe le 1pre.sque m1l.1e~ du territoire, puis, parce qu tl possede l église paroissiale et la maison communale. C'est do.ne bien de là que partent les pulsations et le souffl.13 qui apportent aux différentes parties de la communauté le flux moral et social qui les vivifie. Savièse est le prototype du village valaisan · il est demeuré, dans la tourmente civilisatrice, aussi inébranlable dans ses traditions que sur ses rochers et le « cotillon simple et soulier plat > de la Pérette saviésanne fera, longtemps encore, la nique à la mode décadente et burlesque du XIXm• siècle. Aussi no faut-il pas trop s'étonner que Savièse, ce nid de verdure et d'aimables jouvencelles, soit devenu, à peine découvert un rendezvous d'artistes : Les Van Muyden, les Simon~t les Bieler les Ruch, les Vautier, les Virchaud, y sont v~nus tour à pour. admirer la vraie nature alpestre et les dents proverbialement blanches des gentilles Saviésannes · ils y sont venus et y reviendront. Pour ces chercheu'rs de paysages, Savièse est un Eden champètre où chaque mamelon de v0rdure cache un nouveau décor. C'est une écol~ buissonnière où l'inspiration donne au pince:.u de s~~u1santes. formes sous de riantes couleurs; nos Expositions nationales de peinture en fournissent un très éloquent témoignage. Ua fait digne de remarque et dont je voudrais ne pas P.arler, de peur de 1d_onner l'éveil, c'est que Savièse, ce site enchanteur à l air pur et vivifiant, avec son cadre de belles forêts et ses superbes promenades naturelles n'a pas d'hôtel. L'industrie hôtelière, avec son tam-ta~
-
9 -
~t ses salamalecs, n'a pas encore osé profaner cette terre ·c onsacrée ;i.ux vieux us, ni détrôner l'humble cabaret où l'appétissante raclette et le muscat pétillants, servis par une paysanne délurée, vous ont un des fumets de terroir mille fois supérieurs aux senteurs dénaturées des créations hétéroclites du génie culinaire urbain. Savièse est resté personnel, c'est pourquoi il est origlnal, tant il est vrai que rien n'enlève plus à une chose ou à un être son charme particulier, que cette déplora·,b le monomanie de la mode, qui menace de devenir le pire de tous les fanatismes. /Liberté.) SoLANDIEU, C> Q Q
ol§<:, 0 0
C>
Recettes et conseils utiles Les légumes et la. santé. - Les salades à tête fa-vorisent la digestion et sont rafraîchissantes. Les concombres et les laitues sont rafraîchissants, les épinards, l'oseille, la dent de lion excitent les sécrétions des reins, -de même que les oignons. L'ail et les olives sont favorables aux fonctions digestives et à la circulation du sang. Les asperges purifient le sang et sont aussi nourrissan.t es que les tomates. Le céleri excite ua peu le système -nerveux et combat le rhumatisme. Les carottes et les panais sont nourrissants. Les champignons sont nourrissants ; ils forment et purifient le sang.
Conservation des étiquettes sur les bouteilles. -
La colle ordinairement employée pour fixer les étiquettes sur les bouteilles de vin bouché est la dextrine, plus rarement l'amidon. L'une et l'autre s'altèrent rapidement, surtout dans les caves un peu .humides, donnant lieu à des moisissures qui altèrent profondément l'étiquette. Des expériences faites pour améliorer ces colles ont montré qu'en les additionnant de o,5 pour mile (lt2 gr. par kilo) de thymol, la moisissure est presque complètement évitée et l'étiquette se conserve beaucoup plus longtemps sans alt.ération. Le thymol, antiseptique bien connu, d'odeur agréable et sans danger, se trouve dans toutes les pharmacies.
Traitement des contusions pa.r .l'huile d'olive. -
Pour le traitement des contusions, on applique dans les campagnes une large plaque de lard. remède populaire que la médecine remplace J'huile ; dans le cas de contusions légères, chez
!....,._ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ ._ _ _ _ _ _ _ _ __
souvent C'est le par de l'enfant
_ _ _ _"' _ _ __ ,...,."".- - - - - - - - - - - -
-
10 -
comme chez l'adulte, on étend, aussitôt que possible.. sur la région lésée, une couche abondante d'huile d'olive. On renouvelle fréquemment la couche d'huile, en pratiquant de légères onctions dans tous les sens, avec un linge ou un tampon d'ouate, ou simplement avec les doigts. Eofin on recouvre la région traumatisée d'unEt compresse fortement imbibée d'huile. Le malade se sent immédiatement soulagé, et même on réussit à éviter la. bogse sanguine. Quant aux excoriations et aux plaie!f superficielles qui accompagnent ces contusions, elles guérissent avec une très grande rapidité. Soins aux machines à coudre. - Une machine à coudre qui est employée journellement et régulièrement doit être nettoyée à fond au moins une fois par semaine. A cet effet, on enlèvera la navette et versera quelques gouttes de pétrole dans chaque trou à huile, puis on nettoyera avec un chiffon toute la vieille huile avant qu'elle ne se durcisse. L'opération est fort simple et une bonne partie de nos lectrices ne pratiqueront pas autrement; là où cependant beaucoup pèchent, c'est en ne graissant pas la machine après ce nettoyage, pensant· que le pétrole suffit bien pour faire marcher la machin_e légèrement, mais il ne graisse pas, au contraire, il fait dissoudre les principes graisseux de l'huile. Si l'on veut conserver sa machine longtemps, il faudra donc avoirsoin, après le nettoyage, de chasser t.ont le pétrole qui -pourrait rester dans les trous à huile en graissant fortement et ne jamais mélanger du pétrole à l'huile à graisser. Contre la rouille des outils. - Pour préserver les outils de la rouille on fait dissoudre 15 grammes de camphre dans 450 ou 580 gr. de lard fondu ; on écume le liquide chaud, on y mêle environ 50 gr. de minerai de plomb, de grabite, afin de donner à l'ensemble la couleur métallique voulue; on en graisse copieu• semant les outils et on laisse cet enduit pendant 2~ heures, après quoi on essuie bien avec un linge doux. Taches de bougie -sur les vêtements. - ~our e~lever les taches de bougie sur les vêtements, 11 conv10nt de bien mouiller la tache avec de l'esprit-de-vin: la bougie devient pulvérulente ; laisser évaporer l'alcool, secouer à l'aide de quelques chiquenaudes et brosser~ Voilà le malheur réparé. Il est essentiel de laisser l'alcool s'évaporer tout à loisir, sans quoi la brosse ferait entrer dans le drap la bougie pulvérulente.
-
11 -
Pour empêcher le lait d'aller au feu, on a âéja imaginé plusieurs instruments, Parmi ceux-ci, nous si-· gnolons volontiers un appareil patenté et vendu par le bazar Horn, à Zurich, dont le système est le même qua, celui de nos lessiveuses à coulisse, On place l'appareil dans la casserole et aussitôt que le lait commence Il. monter au lieu de se déverser au dehors, il monte dans une espèce d'entonnoi~ et retom~e da':'s la ~assero_le. Plus besoin de surveiller son lait, voilà qui va faireplaisir à bien des ménagères. Vernia 1>our fer-blano. - Faire dissoudre de la gomme Jaque blanque dans de l'esprit de vin rectifié et ajouter après l'avoir bien pulyéri~é, _une des eoule1;1rs suivantes : bleu de Prusse ; noir d 1vo1re, pour le noir ; carmin pour le rouge. Destruction des charancons. - Placer le blé dans des endroits où la tempéràture soit au-desgous de 10° centig. de chaleur. A cette température, la reproduction des larves de charançons n'a pas lieu. On peut aussi répandre quelques goutte~ de liqueur d'absinthe sur le tas de blé. Avec 2 fr. de liqueur d'absinthe on nettoie 500 hectolitres de blé. Le moyen est, dit-on, infaillible. Pour détruire la mousse des arbres. - La mousse des arbres peut être détruite facilement.avec une dissolution de sulfate de fer à 10 010 au morne. On lave le tronc et les grosses branches avec une brosse ou nn pinceau un peu dur : les petitea branches, couvertes de bourgeons à fruits, sont traitées au pulvérisateur ou à. l'éponge. Voici quelques recettes contrôlées par l'expérience et dont l'efficacité est réelle : Pour les cors aux pieds: il faut les couper jusqu'au· germe, qui est blanc dans le milieu. Le cor disparait alors ioeensiblement. Avez-vous des verrues f Plantez une épingle dans le milieu de manière à ce qu'elle y tienne, puis chauffez l'épingle à la flamme d'une bougie, lampe, peu importe. Quand, par le développement de la chaleur, on sent vivement la piqûre, l'opération est terminée et la verrue disparaît i.u bout de 10 jours environ. Pour le mal de reins, il faut se frotter soir et matia..
1--------------------------.. . -----------·:=:. --.. .---------------
-
·près du feu avec de l'huile d'aspic. Au bout de 3 ou 4 :Jours, on est guéri et préservé pour l'avenir. On conserve la viande pendant les chaleurs de l'été en la mettant dans un saloir en chê'le bien tassée et chargée, de manière que la saumure ~onte au-de;sus. ·Q~and on en prend une pièce pour la cuisson il faut la faire dessaler dès la veille dans de l'eau natu!eue: Recette contre la diarrhée: faire bomllir 20 minutes 112 litre de vinaigre avec un verre d'eau, 100 grammes de su~re et 1 bâton de cannelle; gri!ler du pain contre 1~ brais~, le morceler et verser dessus le liquide. Si 1 effet. n e~t pas o~tenu la première fois, diminuer la ,quantité d eau et repéter la préparation.
VARIETES L'amateur de contrastes. - Monsieur: Moi je ne me -m~rie~ai ~ue lorsque j'aurai trouvé une jeun~ fille qoi SOft l e.ntier contraste de moi-même. - Demoiselle : Çd_ un air encourageant), Mais, monsieur, vous trouverez 1c1 nomb~e. de demoiselles jeunes, jolies et intelligentes, Incorrigible. - Un laitier (qui a été amendé de 100 !r, ~ou~ avoi.r trop bapt,is.é son lait), Dis donc, Jeannette, 11 s agit maintenant d a1outer ferme de l'eau pour rattraper ces 100 francs. Logique enfantine. :- Le maître corrige les devoirs de Bob. - Votre copie est pleine de répétitions inutiles. .li ne faut pas répéter comme cela les mots. - Ce n'est pas ma faute, m'sieu. Je bégaie en écrivant. Bizarreries de la langue française. - Vous avez l'air malade... une vraie mine de papier mâché. - Ça ne m'étonne pas : j'ai un estomac de carton. Prophétie pour l'an prochain. - Le tonnerre tombera sur un Marseillais et lui enlèvera son assent. Entre boulevardiers. - Et que fais-tu à tes moments perdus 'P - Je travaille. Un homme était sur son lit de mort et sa femme le soignait en épouse fidèle et économe. - Je sens l'od~ur du ja~bon, dit soudain le moribond. J'en mangerais ,bien un petit morceau. - Impossible, mon cher, répondit
**•
iiiiiiii_ __
-
12 -
13 -
la femme. Ce jambon est destiné aux funérailles. On nepeut l'entamer maintenant. Donc c'en est fait: contre l'Espagne Les Etats-Unis font comp!lgne. Leur prétexte 't - Pacifier. L'écho répond: - Pas s'y fier. Une dame. - Chaque année, pour ma fète, mon père me donne un livre. - Quelle énorme bibliothèque vous devez avoir 1 Lu dans un Journal d'un pays limitrophe l'annonce suivante gui m'a laissé rêveur : a Ch ... est le rendez-vous favori de toutes les personnes qui recherchent la solitude. Aussi le paisible village est-il fréquenté par une foule de visiteurs venus de tous les pays du monde. > **• Mon mari... il est aimable, mais glacial. - Je comprends. C'est une lampe électrique. Il éclaire et ne réchauffe pas. Le médecin de Calino lui prescrit de faire tous les jours une promenade d'une heure. Le cocher fouette le cheval qui part au grand trot. - Pas si vite, crie Calino; à ce train-là l'houre se passera en 20 minutes . .
Pensées
* Je
vous dis: chaque heure nouvelle A reçu de Dieu ~on emploi. Elle apporte à l'âme fidèle Les ordres du Souverain Roi, Hier n'est plus; demain peut-être Ne te trouvera plus vivant. Chrétien, pour bien servir ton Maître,. N~ t'occupe que du présent, .. Je vous dis : souvent à Marie, Chrétien, recommande ton sort, Dis-lui bien pour toi qu'elle prie Surtout à l'heure de ta mort. Si, paraissant dAvenu ton juge Tu trembles d'être réprouvé,
............................._ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _. . . ,_ _ _ _ _ _ _ __
_ _ _ _~
_.._ _ _. , . . ___ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
-
14,
A celle qui fut ton refuge Redis, confiant, ton Ave. * De bonne foi, est-ce par les satires ingénieuses ,des c Lettres provinciales > qu'on doit juger de la morale des Jésuites 6l C'est assurément par le Père Bourdaloue, par le Père Cheminaie, par leurs prédicateurs, par leurs missionnaires. Qu'on mette en parallèle les c Lettres provinciales , et les sermons du Père Bourdaloue, on apprendra dans les premières l'art de la raillerie, celui de préaenter des choses indifférentes sous des faces criminelles, celui d'insulter avec éloquence; on apprendra avec le Père Bourdaloue à être sévère à soi-même et indulgent pour les autres. J'ose dire qu'il n'y a rien de ,plus contradictoire, rien de plus honteux pour l'humanité que d'accuser de morale relâchée des hommes qui mènent en Europe la vie la plus pure, et qui vont chercher la mort au bout de l'Asie et de l'Amérique. VOLTAIRE. * _I\ est des ~n~emis de l'Eglise qui dissimulent leur host1hté, ou qm s efforcent de la justifier. lis affectent de la modération, mais ce n'est que ruse · car il est hors de doute qu'ils aspirent, eux aussi, avec u~e égale ardeur à atteindre le but poursuivi par les autres •. . . Un devoir s'impose aux catholiques: celui de se montrer ce q~'ils sont, à visage décottvert, et d~ tout affronter et souffrir pour conserver l'inestimable trésor de la foi. Il ne peut y avoir aujourd'hui que deux camps nettement tranchés: celui des catholiques résolus à rester unis à tout prix, ave~ leu~s évêques et avec le pape, et 1~ camp deR. ennemis qui les combattent. Ceux qui, par lâcheté, craignent de se montrer et aiment à rester entre les deux, vont suivant la divine parole grossir les rangs des ennemis. (Discours de Léon XIII, 20 avril 1890.) Connaissez-vous rien de plus honnêtement délicieux qu'un repas d'amis, dont la femme et les enfants ne sont pas bannis, dont au contraire ils sont le plus cher orneme~t; un repas entre deux signes de croix, entre d,eux prières, entre deux actions de grâces ; un repas simple et à un seul service? Je ne m'oppose pas d'ail• lems à ~e que le menu soit délicat et les vine généreux: mes amis prétendent que je ne suis pas Spartiate. Ma_is n'eli~-on que de l'eau et du brouet, un repas -chréti,en e~raJt encore un joyeux repas. C'est là seulement .que l on rit de belles dents: partout ailleurs on bavarde,
*
-
-
15 -
e'est là seulement que l'on parle. C'est là, o'est à table qne nos intelligences et nos verbe~ s'échangent, se pénètrent s'unissent. Les races chrétiennes sont les seules .qui aie~t vraiment connu cette chose délicieuse et qui s'en va : la conversation. Léon GAUTIER. • La guerre, le plus terrible des fléaux, revient toujours, quoi que l'on fasse pour Y. éc~apper. Il est du devoir des sociétés et de ceux qm ag1s~ent sur leurs des.tinées de réduire auiant que possible les guerres; 11 serait' même de leur devoir d~ le~ supprim_er, si cela -était au pouvoir de l'homme. L Eghse s,ouhaite,. ell? le dit hautement dans les textes sacrés, d affranchir l h~manité de cette sanglante servitude ; elle prè~he la pa~x. et la demande sans cesse à Dieu dans sa prière publique, mais elle n'a jaJ?ais donné aucun encouragement aux illusions de la paix perpétuelle. li ~n est de mê~e pour la misère, pour le bien-être umversel et la vie facile. . , CH.. PERRIN. . * Les opinions de ceux qu~ désertent 1 Eglise, le motif pour lequel ils la désertent, importent peu aux mécré• ants. Toutes les branches pourries qui ~ombent de l'arbre de la vérité, ils en font des arcs ~.e triomphe pour leurs erreurs. T ous les fruits gâtés qu ils ramassent ~an~ la boue, tontes les râclures, ils s'~n font ~es pro1ectiles coutre l'Eglise. Bien public de Gand. • Voulez-vous être un moment satisfait f Vengez-vous. Voulez-vous l'être longtemps 6l Pardonnez. LACORDAIRE, Il e~t une espèce de haine qui ne s'étei:°t j~mais, c'est celle que la supériorité inspire à la méd1ocr1té. FLA.U13ERT. Ah I que de fois j'ai songé qu'il faudrait des lèvres de feu et des bras de fer pour ressusciter un peu les courages et réveiller les âmes. Cardinal MERMILLOD. * Toujours après les Conciles, après une définition nette de sa doctrine, l'Eglise a vu s'é_lever contre ellA des attaques violentes. Après le Concile de Nt~ée ce sont les fureurs de l'arianisme, après le Conclle de Trente ce sont celles du protestantisme; de même le concile' du Vatican devait être suivi d'un assaut général du libéralisme. Cardinal MERMILLOD, * Toute société humaine qui prétend exclure Dieu de sa constitution et de aon gouvernement refuse, autant qu'il est en elle, le secours des bien.faits di~ins et s~ rend absolument indigne de la protection du c10l. Aussi,
* *
-
14 -
A celle qui fut ton refuge Redis, confiant, ton Ave. * De bonne foi, est-ce par les satires ingénieuses ,des « Lettres provinciales , qu'on doit juger de la morale des Jésuites 'P C'est assurément par le Père Bourdaloue, par le Père Cheminais, par leurs prédicateurs, par leurs missionnaires. Qu'on mette · en parallèle les « Lettres provinciales , et les sermons du Père Bourdaloue, on apprendra dans les premières l'art de la raillerie, celui de présenter des choses indifférentes sous des faces criminelles, celai d'insulter avec éloquence ; on apprendra avec le Père Bourdaloue à être sévère à soi-même et indulgent pour les autres. J'ose dire qu'il n'y a rien de plus contradictoire, rien de plus honteux pour l'humanité que d'accuser de morale relâchée des hommes qui mènent en Europe la vie la plus pure, et qui vont chercher la mort au bout de l'Asie et de l'Amérique. VOLTAIRE. * Il est des ennemis de l'Eglise qui dissimulent leur hostilité, ou qui s'efforcent de la justifier. Ils affectent de la modération, mais ce n'est que ruse ; car il est hors de doute qu'ils aspirent, eux aussi, avec une égale ardeur à atteindre le but poursuivi par les autres .... Un devoir s'impose aux catholiques : celui de se montrer ce qu'ils sont, à visage découvert, et d~ tout affronter et souffrir pour conserver l'inestimable trésor de la foi. Il ne peut y avoir aujourd'hui que deux camps nettement tranchés: celui des catholiques résolus à rester unis, à tout prix, avec leurs évêques et avec le pape, et le camp de11 ennemis qui les combattent. Ceux qui, par lâcheté, craignent de se montrer et aiment à rester entre les deux, vont suivant la divine parole grossir les rangs des ennemis. (Discours de Léon XIII, 20 avril 1890.) Connaissez-vous rien de plus honnêtement délicieux qu'un repas d'amis, dont la femme et les enfants ne sont pas bannis, dont au contraire ils sont le plus cher ornement; un repas entre deux signes de croix entre -d~ux prières, entre deu~ actions de grâces ; urI repas simple et à un seul service 'P Je ne m'oppose pas d'ail• lems à ~e que le menu soit délicat et les vine généreux: mes amis prétendent que je ne suis pas Spartiate. Mais n'eût-on que de l'eau et du brouet, un repas chréti,en e~rait encore un joyeux repas. C'est là seulement .que l on rit de belles dents : partout ailleurs on bavarde,
*
-
15 -
c'est là seulement que l'on parle. C'e~t là, c'est à table <JUe nos intelligences et nos verbe~ s échangent, se pénètrent, s'unissent. Les races chrét10ones ~o~t les seule~ .qui aient vraiment connu cette chose déhc1euse et qui s'en va: la conversation. Léon GAUTIER. • La guerre, le plus terrible des fléaux, revient toujours1 quoi que l'on fasse pour y échapper. Il est du devoir des société11 et de ceux qui agis~ent sur leurs des.tinées, de réduire auiant que possible le~ guerr~s ; il serait même de leur devoir d~ le~ supprim.er, s1 cela -était au pouvoir de l'homme. L Eglise souhaite,. elle le dit hautement dans les textes sacrés, d'affranchn· l'h~manité de cette sanglante servitude ; elle prê~he la pa~x et la demande sans cesse à Dieu dans sa prière pubhque, mais elle n'a ja1:11ais donné aucun encouragement aux illusions de la paix per~étuelle. Il ~n est de mê~e -pour la misère, pour le bien-être umversel et la vie facile. . , CH._ PERRIN.. • Les opinions de ceux qu~ désertent 1 Egllse, le mot,~ pour lequel ils la désertent, importent peu aux mécré ants. Toutes les branches pourries qui tombent de l'arbre de la vérité ils en font des arcs de triomphe pour leurs erreurs. T o~s les fruits gâtés qu'ils ramassent ~an~ la toue, toutes les râclures, ils s'~n font ~es pro1echles coutre l'Eglise. Bien public de Gand. • Voulez-vous être un moment satisfait 'P Vengf'z-vous. Voulez-vous l'être longtemps 'P Pardonnez. LACORDAIRE, Il est une espèce de haine qui ne s'étei:°t j~mais, c'est celle que la supériorité inspire à la méd1ocr1té. FLAUBERT, * Ah I que de fois j'ai songé qu'il faudrait des lèvres de feu et des bras de fer pour ressusciter un peu les courages et réveiller les âmes. Cardinal MERMILLOD. * Toujours après les Conciles, après une définition nette de sa doctrine, l'Eglise a vu s'élever contre ellA des attaques violentes. Après le Concile de N1~ée ce sont les fureurs de l'arianisme, après le Concile de Trente ce sont celles du protestantisme; de même le eoncil; du Vatican devait être suivi d.'un assaut général du libéralisme. Cardinal MERMILLOD, * Toute société humaine qui prétend exclure Dieu de sa constitution et de son gouvernement refuse, autant qu'il est en elle, le secours des bien.faits di~ins et s~ rend absolument indigne de la protection du Ciel. Aussi,
*
__ .. ___________. _. _
_,.
.,......,_.
-
16 -
quelles que soient en apparence ses forces et ses richesses,. elle porte dans ses entrailles un principe secret de mort et ne peut espérer une longue durée. LEON xnr. • Dieu me fait la faveur de souffrir pour Ja liberté de la sainte E.;lise, et par là de préparer le retour des peuples à la vérité comme à la vraie foi ; il m'est donné d'avoir, à 1a suite de Pie IX, une humble part des béatitudes évangéliques. Cardinal MERMILLon. Les esprits médiocres condamnent d'or linairA tout ce qui dépasse leur portée. LA RocHEFOUCAULD. L'Eglise ost ce qu'elle est, sa constitution ne dépend pas de nos conceptions individuelles; elle est l'œuvre du Rédempteur; les haines peuvent l'opprimer, mais la transformer ou la détruire, jamais.
*
*
Cardinal MERMILLOD. " Quoique les hommes n'aient point d'intérêt à ce qu'ils disent, il ne faut pas conclure de là qu'ils ne mentent point: car il y a des gens qui mentent simplement pour mentir, PASCAL. * La Providence a voulu rattacher au christianisme, comme à un centre de toute lumière et de toute vérité, la double destinée de l'homme, sa perfection morale et sa perfection sociale; de Jà Je fait incontesté que la civilisation européenne, battue maintenant en brèche par• tout, est fille de l'Evangile et de la sainte Eglise. Cardinal MERMILLOD. * On tient mieux les hommes par le mal qu'on peut leur faire que par le bien qu'on leur a fait,
* Prenez garde à
PETIT-SENN, ces plaisirs qui forment autour de vous une atmosphère de légèreté, de mollesse, d'oisiveté, d'étourderie et d'aflaiblissement moral . . . . • . . Prenez garde 1 sans cela, dans ces entrainements, auxquels vous ne résistez pas, vous compromettrez votre âme, votre salut, celui des autres, la paix de vos famHIAs.
Mgr DUPANLOUP,
* On n'est heureux ni par la fortune, ni par les digoité11, ni par le savoir, ni par les plaisirs du monde,_ ni par la solitude ; mais on est heureux par le témoignage d'une conscience sans reproche I C'est là que sa trouvent la paix, le plaisir solide de l'âme, le bonheur ;. et, dans cette matière, nos écrivains sacrés se sont. montrés bien plus éclairés que tous les sages de l'antiquité. FR.A.YSINOUS.