-
4
-
100 Les louanges ~1e se~'ont pas prodiguées unique-
Fen.t au , suc~es brillant, mais toute bonne voonte, ~eme mfructueuse, sera constatée encouragee, récompensée. ' 11° Lorsqu' on remarquera qu'il y a paresse avérée 1 o~ l aute grav~ et délibérée, et que la douceur e a persuas10n seront inefficaces on aura recours aux punitions. ' 120 Les [!milles ~~toure~ont ces enfants, dès leur ~~s aoe, de soms assidus et bienveillants aussi 1ien dsous le• rapport· physique que mo/al. ils eur onneront ou leur font donner par des ' er sonndehs compétentes, des leçons particuli&re; en e ors des heures de classe. 130 0~ se g~rd~~a bien de les priver de la fréquentat10~ reguhere de l'école sous prétexte qu'ils sont mcapabl~s de toute culture intellectuelle. 1 0 4 ~~ns de~. soms. particuliers de la famille et de l ecole, 1 educat1on intellectuelle et morale de ces enfants sera manquée. Hri ÎISSIÈRES, inst.
Ord're 8 h.
8 h.
9 h.
· 1
h.
1/4
cf; jour
C~rt~ge de la gare à l'église parro1~s1ale, après l'arrivée des premiers trams montant et descendant. Service religieux. (Pend~nt _le service religieux : Reurnon du Comité). Séance au Château: Discours d'ouvertu~e., - Lec~ure du protocole de la preced~nte reunion. Rapports sur les sujets à l'étude et discussion. - Rendement des comptes. - Choix d~ la localité pour la prochaine réuNomination du Comité. ruon. Etc. Banquet au Stand.
SION
XVI"'" ANNEE
~:S Join t89'1
11° t 1119
l'ECOLEPRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRUUlRE parà1t chaque quinzaine, de Novembre à !ai inclusinment, en liYl'aisons de 16 pages. P ds d'abonnement pour 111 8n1He, 2 rr. 50. 1Jnion po•tale 3 fr. ~nnoneea, pria. 20 cent. la ligne 011 ,on espaee. Tout ouvrage dont l' Ec-0le primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAI RE: A mes chers abonnés et lecteurs. - L'art d'être bon maître. ( Fùz) - La Justice. - La gymnastique à l'école primaire. -
Les Jeux. -
Méthologie des travaux manuels.
( Rote important des travaux manuels dans la vie de la femme; buts essentiels dans tenseignement des travazt.r: manuels; leçons co/ücth,esl. - Des punitions dans nos écoles. - Echo des conférences. {Sion-J{a,·tigny.l - Bibliographie. Petites études pour servir à l'enseignement familier du catécltisme. Suppléments.
- -- - - -
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département ~ de l'instruction publique, à Sion. ~
Chronique et avis scolaires Ceux de nos lecteurs qui n'ont pas encore réglé leur abonnement à l'ÉCOLE PRIMAIRE pour 1896-97, sont priés de réserver un bon accueil aux cartes de remboursement qui vont être bientôt mises en circulation.
1
., f
Bappor& de gestion. - Le personnel enseignant du Valais recevra inceasamment un extrait du rapport du Département de l'instruction publique sur sa gestion de 1896. Notre publication. - Ceux de nos lecteurs auxquels il manquerait l'une ou l'autre livraison de la présente a~née scolaire, ou d'une précédente, pour avoir une collection complè~e. peuvent la recevoir gratuitement si les exemplaires restants le permettent. Retard dans l'enwol de ce IW· L'expédition de ce N° a souffert d'un retard plus considérable que d'ordinaire pour diverses raisons indépendantes de la volonté de l'éditeur, l'imprimerie du ~ournal ayant eu à livrer ces derniers temps des travaux importants et urgents. La présente livraison est d'ailll'!urs avec ses snppléments Je double d'un N· ordinaire et contient le titre et la table des matières pour l'a~née scolaire écoulée.
l..ie N·
1.
'
de l'année scolaire 189'7•98
paraîtra le 15 novembrA prochain et sera adressé à tous les ab.onnés_ a~ciens et nouveaux qui sont priés de vouloir bien hu reserver un favorable accueil.
LE PRINTEMPS A LA MONTAGNE Les rois des mondes alpestres, les géants de pierre dont la tête semble défier les cieux, les Titans au front orgueilleux qu'ont salués tant de générations, yoient aujourd'hui l'or du roi soleil rnisseler sur leur hermine avec la même profusion qu'au lendemain de la création. Le_s rois des 11:1ond~s alpestres n'ont point vieilli, le Styx baigne leurs pieds mvulnérables; quant au roi soleil, sa toison d'or rutilante, sa fraîcheur et sa force n'ont point ét~ altérées par les millions d'années de son règne de feu ; tl reste, œuvre de Dieu, immuable en sa splendeur.
...
Le soleil et la montagne, je ne sais rien, dans la nature, de plus grand, de plus envahissant, de plus idéalement suggestif, avec la mer, cet autre ciel par le coloris, par le my8tère, par l'infini. La montagne qui rapproche la terre du ciel, le soleil qui rapproche le ciel de la terre! Mais, comme on ne peut pas tout avoir ici-bas, et que, pour le moment, la mer ne fait pas encore partie des beautés naturelles de notre piltoresque Valais, sachons nous en remettre à la sagesse du Créateur et, philosophiquement, allons gotiter un peu Je charme poétique des vallons, sous le soleil de juin. Suivons ce petit sentier perdu qui serpente le long de ce torrent rageur, gonflé par la fonte des dernières neiges et qui, 1>ar bonds capricieux, conduit vers cet humble village de la côte, dont on aperçoit la flèche émergeant d'un pli de terrain 1 Nous sommes à Miège, une ancienne seigneurie qui n'a conservé de son passé que la maison croulante ~e ses vidames et son paysage toujours ravissant, toujours enchanteur. Le village est désert; par-èi par-là, quelques vieilles ménagères, en jupon court et bonnet de dentelles, traverse la chaussée poussiéreuse, la tête inclinée, le pas dolent, le dos courbé souk la cavagne (1), l'air doucement résigné du vieillard, arrivé à la dernière étape d'une vie de labeur et d'abnégation. Tout le monde valide est dans les champs, dans les vignes! dans les jardins et dans les bois. Un flot d'or ruisselant soudain de ce superbe soleil printanier a suffi pour arracher tout ce monde alpin à la tristesse du lo~is et fransformer la campagne en un vaste champ de fête où tout le monde huche, premier hommage rendu à l'Auteur de toutes choses. Pour le montagnard, la campagne résume toute sa vie ; c'est là qu'il est né, sous Je toit noir de ce pauvre mazot (2), où par les fenêtres entr'ouvertes, les zéphirs lui apportaient la douce haleine des bois, l'enivrant arome des foins ; c'est là qu'il a fait ses premiers pas, entre deux sillons de labours, roulant sur les mottes, sous l'œil attendri de la 11,ère arcboutée snr le sol fécond auquel elle demandait son pain quotidien en échange des sueurs dont elle l'arrosait. C'est dans ces buiRsons fleuris qu'il s'est endormr, enfant, pendant les lourdes aprèsmidi d'été, tandis que les rossignols, auprès de sa couche champêtre, entoonaient leurs divines mélodies; c'est aq parfum pénétrant de ces mélèzes et de ces sapins qu'il doit son premier enivrement, c'est par l'air vif et pur des gorges insondablea et des monts immaculés que son sang vermeil s'est vivifié 1 1.) Hotte da montagnard. 2) Petit chalet.
Pais1 plus tard, après quelque envolée, il y est revenu, grandi, fort, maniant la pioche à la place où, quelques années avaot, la mère, cette tendre mère qui repose maintenant là-bas, à l'ombre da clocher noir, peinait si laborieusement, en couvant d'un long regard d'amour ce gros bébé rose qui dormait d'un sommeil d'ange souP les buissons fleuris, ce petit èlre adulé qai étaiL lui. Il y retrouve donc le souvenir, dans ces champs, des souvenirs qui lui étreignent pieusement le . cœor et l'attachent plus fortement à ces lieux aimés, témoins des plus beaux jours de sa vit-, Non 1 il n'est pas, lpour Je monlagnard, de spectacle plus grandiose et plus attachant que la montagne, au printemps, quand, parvenu à l'âge où les passions ardentes font place à des aspira1iona plus douces, plus élevées que les élans impétueux. de la jeunesse, u· revient ~ ses premières amours; quand, dans le food de son cœur, l'intime poésie de l'àme a remplacé la chimère au cœlll' froid. Alors, foin des dédira inaaeoavis, des plaisirs immodérés, de toute celte fièvre qui brûle le saog et glace le cœur I Ces choses tristement joyeuaes de la vie, qu'il a pu entreYoir chaque foii. que la n6cesaité l'appelait à la ville, ne lui inspirent plus qu'un profond dégoftt. Ab I combien la montagne lui parait plus grande, plue belle, plas enchanteresse I C'est qu'on ne saurait jamais dire toute la divine poésie de la montagne, par un beau joar de printemps, quand le soleil déroule sea cheveux d'or sur l'hermine des rois alpins, quand, dans dea bosquets parf11més, retentissent les pre miêres notes de Philomèle, quand, aux buissons des chemins, éclosent les blanches aubépines, à l'heure où l'abeille s'enivre dans le calice des fleur.t. où l'herbe scintille comme une nappe de perles et que, du cbalel enfumé, adossé aux flancs des rochers et blotti au pied des mélèzes gigantesques aux sombres rameaux, e'é!ève la voix mâle da montagnard, comme un hymne d'amour qui monte vers les cieux. ( Libert6.) SOLA.NDIEU.
N• 11/12
SION, 25 Juin
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION A mes chers abonnés et lecteurs Cette livraison étant la dernière du cours scolaire 1896-97 je vous quitte, non en disant adieu, mais simplement: a~ revoir en novembre prochain. Jè nourris l'espoir de vous retrouver tous fidèles et plus nombreux encore que jusqu'ici, ~râce à vo_tre bienveillante indulgence. Dans quelques mois, Je frapperai donc de nouveau à vos portes, avec la conviction de les voir s'ouvrir toutes larges et de faire d'autres connaissances. En attendant, je souhaite que les vacances, qui ont déjà commencé pour une bonne partie d'entre vous, retrempent votre courage et vos forces et vous aident a reprendre votre tâche noble, mais ardue, avec une ardeur nouvelle. Tout en prenant de mon côté un peu de repos, je consacrerai mes loisirs à amasser force matériaux - dont j'ai déjà une certaine provision de réserve - afin d'être bien approvisionnée pour la rentrée. Par là j'espère continuer à mériter vos sympathies et votre confiance, qui sont pour moi le plus sensible des encouragements et le plus puissant stimulant à vous être toujours plus agréable et surtout ulile, double fin que je me suis d'ailleurs constamment efforcée et crois avoir jusqu'ici réussi d'atteindre, au moins dans une certaine mesure. Votre reconnaissante et toujours dévouée ~
r..a YltleaHare A l'éeole aormale On sait que les élèves de notre excellente école normale ne reçoivent pas seulement un enseignement ~Ili les prépare à devenir de bons maitres d école, mais qu'ils sont en même temps appelés, comme futurs pionniers du progrès agricole, à répandre autour d'eux les connaissances qu'ils ont acquises dans ce domaine. En effet, l'enseignement de
l'agricullure, en particulier celui de l'arbori-
1897-69
Ecole primaire.
L'art d'être bon maitre (Fin) L'ALIMENT DE LA FOI
La foi s'alimente à deux sources : la lecture et la piété. La lecture·ajoute à ses clartés; la piété développe sa force vitale.
-
178 -
Puisque la foi est une adhésion ~ la par~le de Di,eu, il faut bien que cette parole nous soit transmise. Or, ~ est par les instructions orales et par les livres que _nous ~ient la parole divine. Sur les lèvres du prêtre qm enseigne, elle devient plus lumineuse, plus pénét.rante, parce qu'elle €St plus vivante. Mais cet enseignement oral n'est pas toujours à notre portée, accommodée à no~ besoms. Pour le ,. suppléer, il nous reste la ressource des hvr~s. Dans la bibliothèque perwnnelle du maitre d ecole, on doit trouver toujours deux sortes de livres reJigieux: de.; livres didactiques où la foi soü exposée, des hvres de lecture facile, qui représenten t la foi vivante dans les actes qu'elle inspire. . . , Sous le nom de livres didactiques, 11 faut entendre l Evangile, le Catéchisme, des exposés précis de la doctrine catholique, de la morale et du culte chrétien. Les maîtres sont trop portés à délaisser de tels ouv~ages. Sous prétexte qu'ils ont bien appris autrefois }e_ur ~ehg10n, ils négligent d'en rafraîchir par des lectures per~od1ques, la connaissance exacte. Même lorsqu'ils croyent ne rien appren. dre, ils gagnent à fréquenter ces livres. En effet, sachant avec précision les termes de leur foi, ils sont plus en mesure de la défendre dan_s l~ur cœur contre la tentation, au-dehors contre les objections. Ca~ l'expèrience montre que les difficultés élevé~s contre_ la foi portent le plus souvent à faux : po_ur les res~ud;e, Il s~ffit d'ordinaire de prouver que le pornt attaque n appartient pas à la foi. Cela se comprend sans pei_ne : le dogme e~t solide et. raisonnable; c'est à côté de lm, et non en lm, qu'on va chercher des points faibles ou des ridic~1les.· . Mais le christianisme n'est pas une école de philosophie, où l'on se borne à professer une doclrine sublim~ ~ c~est une source débordante de vie. Pour entrer en part1c1pat10? de cette vie, le maître doit chercher, dans les livres, ou elle se révèle active, sa nourriture quotidienne. Nous pouvons répartir en trois groupes . les ouvrages _de ce ge~re.: les vies des saints, les traités d'ascétisme, les hvres de p1éte. Mettons en première ligne les vies des saints. Les exem-
179
-
ples saintement contagieux. des héros chrétiens contiennent à la fois une leçon qui instruit et une force qui entraîne.
Serait-ce excessif de souhaiter qu'un éducateur pût lire ,chaque année la vie d'nn Saint? Il ne tro uvera rien de plus intéressant ni de plus utile, surtout s'il s'attache aux. saints personnages don t la missio_n s'est le plus rapprochée de la sienne. Viennent ensuite les traités d'ascétisme, comme le Combat .spirituel, l' Introduction à la vie dévote, où se trouvent tracés les plans de la vie chrétienne : on y voit quel défaut il faut corriger, quelles vertus il faut acquérir, quelle ~st la tactique à suivre da ns les combats, comme~t chaque chrétien peut atteindre la fin propre de sa vocat10n . Par un préjugé, on croit souvent que Jes religieux seuls ont à régler leur vie intérieure. 'Eufin, les livres de piété sont destinés à nourrir l'âme durant les heures de prière: l'Jmitation par exemple et tous les livres de méditation, les manuels où sont consignées les meilleures formules de prières. Tout chrétien doit se défier de ses propres forces : s'il ne puise dans les livres l'aliment de ses pensées et de ses sentiments, son âme sera vite épuisée; à la fécondité des premiers jours succéderont les distractions et les sécheresses, précurseurs de la désolante stérilité. Nous sommes insensiblement arrivés au second moyen de conserver et de développer la foi : la piété. La piété, « riche de promesses de la vie présente et de la vie future {S. Paul) », attire du ciel le don de la foi, accroît par l'exercice la faculté surnaturelle de la foi. Inactive dans l'homme sans piété, la foi languit d'abord, puis s'atrophie ; active dans l'homme religieux qui prie, elle pousse, elle _grandit, elle porte des fruils. L'acte propre de la piété est d'entrer en participation de la vie même de Dieu par les sacrements et par la prière. Les sacrements sont des canaux. sacrés par lesquels la vie divine s'écoule depuis le cœur de Dieu jusque dans nos âmes. Dans celui de la Pénitence, nos moindres souillures -sont lavées dans le sang de Jésus·Christ; dans celui de
-
180 -
!'Eucharistie, eo recevant le corps et le sang de Jésus, c'est Dieu même que nous recevons. A ceux qui présentent une âme repentante et ,:1vide, les sacrements versent à flots pressés la vie et la puissance de Dieu. Pourvu que nous soyons pleins de sincères désirs, jamais nous ne puiserons. trop souvent ni trop profondément à ces di vines fontaines. Par la prière, le chrétien s'abstrait des choses terrestrns~ et réunit toutes ses facultés pour les porter devant Dieu. Une fois en sa présence, il produit les quatre actes qui constituent Ja religion_: l'adoration, qui reconnaît le souverain domaine de Dieu~ le remerciement, qui proclame ses bienfaits; l'expiation, qui confesse et déplore l'offense qui lui a été faite par le péché ; la. demande, enfin, qui expose des misères et en obtient le soulagement. Tout maître plein de foi a des heures fixées pour cette rencontre intime de son âme avec Dieu. Précieux secours. que ces exercices obligatoires : ils garantissent la fidèlité au rendez-vous divin. Peut-être sont-ils parfois viciés par la. routine et rendus stériles par la distraction. Néanmoins ils. ne doivent jamais être omis: ce sont toujours des heures de garde que la fidélité nous commande Je passer à la porte du Maître: même distraits, nous témoignons par notre présence que nous sommes à lui. Il est important de remarquer que la piété est une chose essentiellement personnelle. Un éducateur vraiment pieux saura compléter par des actes religieux personnels ceux que sa règle lui impose : il aura surtout à cœur de porter une grande activité d'âme dans tous les exercices qu'il remplit. C'est cette activité d'âme qui fait la valeur de la piété. Rien ne servirait de multiplier les exercices, de réciter de nombreuses formules où la mécanique des lèvres aurait plus. de part que les élans du cœur. Toute la piété est dans. ces trois mots : regarder Dieu, pour voir ce qu'il veut denous; prier Dieu, pour obtenir de lui ce qui nous manque; nous livrer à Dieu, pour exécuter ce qu'il commande. Qui ne voit, d'après cela, combien il nous est aisé de prier tout le jour, par la vie de foi, l'union à Dieu, les oraisons jaculatoires ? Qui ne voit aussi que la piété est à
-
181
-
la portée de tous, et que les laïques chrétiens, sans être astreints, par une règle, au devoir de la prière commune, peuvent développer en eux-mêmes cette vie religieuse dont se nourrit la foi ? Ne vous inquiétez pas des éducateurs qui alimentent ainsi leur âme de lectures religieuses et de vivantes prières ; là où ils sèment, le christianisme germera. J. G.
La Justice Une pierre d'achoppement pour bien des maitres, ce sont les jolis enfants. Deux élèves ont commis la même faute : l'un a une figure intéressante, l'antre est vulgaire de la tête aux pieds. Les charmes de l'un sont une circonstance atténuante; il est joli, donc il est innocent. C'est son compagnon qui l'a entraîné. Haro sur le baudet ! Et voilà ce pauvre enfant traité avec une rigoureuse sévérité, tandis que l'autre, aussi coupable, et peut-être plus, en est quitte pour un léger reproche équivalant à une caresse. Que se passe-t-il dans le cœur de ces deux enfants? Pénétrons dans ce sanctuaire et étudions-en les secrets. L'un plie sous la violence de la tempête, mais il n'accepte pas la réprimande comme remède, bien au contraire : son âme se révolte contre l'arbitraire. Que le maître vienne lui parler ensuite de justice et d'équité, l'enfant, se rappelant cette injustice, repassera sa leçon comme un estomac irrité rejette des aliments pris avec répugnance. Si, du moins, le joli enfant devait, en devenir meilleur, il n'y aurait qu'un demi-mal. Mais l'impunité enhardit ses vices et nourrit son égoïsme. Habitué à uoe indulgence coupable, il ne fait aucun effort, ne se contraint en rien, .croupit dans sa .paresse et devient, au moins, une non-valeur intellectuelle, et souvent un monstre de laideur morale. On a observé que les enfants jolis, gracieux, pr~coces, -donnent rarement ce qu'ils ont promis. La faute n'en viendrait-elle pas des personnes chargées de les élever ? Leurs qualités extérieures, comme une brillante parure,
. -
182 -
fascinent les yeux et voilent des plaies parfois très dangereuses, qui s'enveniment faute de soins. Quand on les aperçoit, il n'est plus temps d'y remédier. Outre les inconvéni,mts que je viens de signaler, résultant. de la partialité des maîtres, il y en a d'autres non moins graves qu'il serait trop long de passer en revue. Je me· borne à quelques-uns. Un maître qui ostensiblement préfère certains élèves, soit à cause de leurs qualités personnelles, soit pour tout autre motif, rend stériles son travail et ses peines. Nous avons établi e.n principe que la bonté est reine. dans l'éducation ; mais la bonti exclusive ne mérit.e plus ce nom. C'est de l'injustice, voilà tout. Pour faire du bien à l'enfant, il faut l'aimer et en être aimé. Si vous manifestez toute votre tendresse à un petit nombre, les autres se trouvent frustrés d'un droit qu'ils ont acquis en devenant vos disciples, et dés lors ils vous refuseront une affection sans laquelle vous prêcherez dans le désert parmi eux. Ces préférences entretiennent le mauvais esprit dans une classe. Nul n'y est heureux, parce que l'union des cœurs est rompue. Ce ne sont que jalousies, dispùtes, haines entre les èlères divisés en ùeux camps : celui- des favoris et celui des mécontents. Ceux-ci étant les plus nombreux, rendront. la vie pénible aux premiers et leur feront payer cher le privilège d'avoir su capter les bonnes grâ.ces du maître. Mais. ce n'est pas tout, les familles seront bientôt initiées à ces. querelles d'écoliers; elles voudront en savoir la cause, et voilà un malheureux. instituteur décrié, méprisé par la majorité de la population. Je lui souhaite que la disgrâ.ce administrative ne vienne pas aggraver sa triste situation. Un autre écueil pour la justice, c'est l'impatience du zèle. Un jeune instituteur prend possession de son école avec les meillenres intentions. N'écoutant que sa bonne volonté. il voudrait répandre la science comme un fleuve verse ses eaux dans !'Océan. Mais les enfants sont comme des vases à orifices inégaux. Les uns rnçoivent beaucoup à la fois.
-
183 -
les autres moins, d'autres presque rien i). Il y a sonvent chez l'enfant une · prédisposition physique à ne pouvoir s'appliquer autant que le désireraient ses parents et ses maîtres. Plusieurs sont incapables d'un effort suivi et pénible de mémoire, avant un â.ge relativement aYancé. La justice consiste à prendre patience et à savoir attendre le développement de la nature. Je ne veux. pas dire qu'on doive négliger les retardataires; il faut les seconder, aider la nature, lui demander tout ce qu'elle peut produire, mais rien au delà. Quand la force d'une machine n'est pas proportionnée à la résistance, elle éclate plutôt que de communiquer le mouvement à une trop lourde masse. Ainsi en est-il de l'enfant : si l'on exige trop de lui, il se décourage, il prend en horreur et l'étude et le maitre, et son avenir _scolaire peut se trouver gravement compromis. Combien le résultat aurait été différent si l'on avait · su moins se presser 1 On voit des arbres dont l'accroissement est à peine sensible durant les premières années de leur existence. Tout à coup leur tige se développe, leurs rameaux s'élèvent dans les nuages; ils rleviennent le plus bel ornement des forêts.
(Enseignement pratique.)
La gymnastique à l'école primaire Nous empruntons les passages suivants à un rapport présenté par lVI. Michel, maître de gymnas tique à Lausanne: Il es t nécessaire que la gymnastique soit enseignée, dans les écoles, d'une fa çon rationnelle et logique, avec tact et méthode, et no n point au hasard . Le but à atteindre n'est pas de faire des élèves des gymnastes rompus à tous les genres d'exercices, mais de réagir contre les conséquences fâcheuses d'une vie trop sédentaire: paresse physique, apathie, lourdeur, gaucherie. Corriger ces défauts, astreindre les jeu nes ge ns à une bonme tenue, développer en eux (1 Selon M. Roger de Guimps, « les enfants sont com me des saurées qu'il faut faire jaillir •; lâche plus ou moins laborieuse, suivant la nature du terrain et la profondeur de l'eau.
-
184 -
l'adresse, le coup d' œil, assurer le libre jeu de tous les organes, les assouplir, les fortifier, voila l'essentiel. A cet égard, il serait fort souhaitable qu'on appliquât, chez nous, quelques-unes des dispositions de la méthode suédoise, basée sur les principes suivants: Dans toutes les écoles les enfants des deux sexes reçoi- . vent chaque jour une leçon de gymnastique; La durée de la leçon varie de 30 à 50 minutes, suivant l'â.ge des enfants; Les exercices d'une leçon se succèdent suivant un plan physiologique bien déterminé. .Les exercices exigeant une cerLaine dépense de force alternent avec des exercices de délassement. Toutes les parties du corps, suivant leur importance, sont régulièrement mises en activité ; on insiste particulièrement sur les mouvements spéciaux destinés à réagir contre la mauvai;;e tenue contractée par les enfants sur les bancs de l'école; Les enfants de constitution faible, au lieu d'être dispensés des exercices physiques, reçoivent chaque semaine des leçons supplémentaires de gymnastique. LES MAITRES
Pour que l'enseignement de la gymnastique donne, dans les écoles, les résultats qu'on est en droit d'en attendre, il est nécessaire que cet enseignement soit donné par des maîtres qualifiés. A de rares exceptions près, ce n'est pas encore le cas. Trop souvent, il suffit qu'un jeune homme soit apte à exécuter quelques tours à effet aux engins pour qu'on le nomme maître <le gymnastique. Cela ne suffit pas. Dans la plupart des cas, les habiles du rack, des barres parallèles ou du cheval n'ont aucune des qualités ou des aptitudes nécessaires â. l'enseignement; au point de vue pédagogique, les autorités placent donc mal leur confiance. M. Michel pense qu'on améliorerait notablement l'enseignement de la gymnastique, dans les écoles secondaires tout au moins, en chargeant un nombre restreint de maitres, parfaitement préparés et instruits et qui pourraient enseigner dans plusieurs écoles à la fois. Ces maîtres itiné-
-
185 -
rants seraient rétribués d'une façon convenable, soit par l'Etat, soit par les communes, au prorata des heures de leçons données dans chacune des écoles; de cette manière ils pourraient se consacrer entièrement à leur besogne, en faire une étude approfondie et réellemi,nt sérieuse. Pour les instituteurs primaires, M. Michel préconise l'introduction de cours de répétition qui leur permettraient de se maintenir à la hauteur de leur tâ.che. Il cite, à ce propos, le rapport du collège de Montreux. (\ La gymnastique, dit ce rapport, est souvent enseignée dans nos écoles de façon à en dégoûter les élèves. Les maîtres ne connaissent pas suffisamment cette branche d'enseignement et, par conséquent, n'y mettent pas le goût nécessaire· les leçons ne sont pas préparées du tout; elles sont don~ées sans esprit de suite et sans aucun désir d'intéresser les élèves. Ceux-ci font les exercices qui leur plaisent et négligent ceux. qui leur seraient utiles. Les maîtres, après avoir été préparés plus ou moins à l'école normale et Jans leur école de recrues, devraient être astreints à des cours de répétition assez rapprochés pour qu'ils n'oublient pas ce qu'ils ont appris. Il faudrait au contraire :;'attacher dans ces cours de répétition à affermir et compléter leurs connaissances, de manière à ce qu'ils prennent réellement du plaisir à leur enseignement. 1>
LES JEUX Il ne faut pas se contenter de pratiquer, dans les écoles, les seuls exercices gymnastique; il faut, au contraire, étendre le plus possible le cercle des exercices corporels, donner une grande place aux jeux en plein air, à la marche, à la course, et, partout où on le peut, généraliser la pratique de la natation et du patinage. M. Michel insiste beaucoup sur cette thèse, qui lui tient particulièrement à cœur. Il lui consacre un des chapitres les plus étendus et les plus intéressants de sa broch~re. En ce qui concerne le plus spécialement les Jeux, M:. Michel écrit :
-
186 -
On entend encore souvent dire : Est-il bien nécessaire » d'apprendre à jouer aux écoliers? Le jeu ne doit-il pas » être la manifestation libre et spontanée de la vie et du , mouvement dans le premier âge? L'instinct qui porte » l'enfant à se divertir n'est-il pas assez puissant par lui» même, sans qu'il y ait besoin de le développer et de le » fortifier ? Ne craignez-vous pas de le contrarier en voulant » le régulariser? La récréation perdra de son attrait si on » la règlemente comme le travail, si l'on en fait une leçon » de plus à apprendre après tant d'autres. , » La réponse à cés objection~ est, en somme, bien simple. » La nature a déposé chez tous les enfants un besoin inconscient qui les pousse à dépenser, sans cause et sans but apparents, leur activité naissante. Chez les adolescents qui n'ont pas à se préoccuper de leur existence matérielle, ce goût du jeu subsiste longtemps. Seulement, les amuse• ments qui suffisaient aux désirs du premier àge deviennent par la suite monotones et rebutants. Le besoin de nou· veauté se fait sentir: à mesure que l'esprit et le corps progressent, il faut des distractions à la foi plus savantes et plus mouvementées. C'est alors que le jeu naturel est remplacé par le jeu artificiel. Plus les exercices wnt variés, plus leurs combinaisons sont en général compliquées, plus aussi ils mettent en mouvement les qualités natLirelles de vjgueur, de légèreté, d'énergie, de sang-froid, de décision, qui forment le propre de chaque individu. Et, chose digne de remarque, l'adolescent se passionne pour eux à proportion des efforts qu'ils lui coûtent. Dés lors on comprend l'importance des jeux de plein air au point de vue de l'éducation. Non seulement leur pratique développe Ie corps, mais encore le caractère de l'enfant en reçoit une impression salutaire et fortifiante. » S'autorisant des bons résultats qu'ont donnés les essais faits, depuis trois ans, au Collège cantonal de Lausanne (où une leçon de natation dans une belle piscine remplace, chaque semaine une leçon de gymnastique), M. Michel recommande tout particulièrement la pratique de la natation. «
-
187
Il s'appui«:J ici sur le rapport des maîtres de Vevey, qui disent très justement: « Il n'y a pas d'exercice plus utile ; il n'y en a certes pas qui permette au corps une aussi grande variété de mouvements élégants, de flexions, d'extensious, de torsions; libre comme l'oiseau, le bon nageur peut se livrer à tous les caprices de sa fantaisie, et il conserve après ces exercices une impression de délassement et de bien-être, rarement une impression de fatigue. Cet exercice inspire aux masses une habitude de propreté; c'est leur faire acquérir une vertu dont l'action est souvent décisive pour assurer l'avenir et le bien-être de l'individu. Nous estimons que la natation fait nécessairement partie intégrante d'un bon système d'éducation. >> Les conclusions de M. Michel sont les suivantes : L Il est à désirer que l'Ecole fédérale de gymnastique (manuel officiel publié sous les auspices du Département militaire fédéral) serve de base à l'enseignement dans toutes les écoles du canton, surtout à l'Ecole normale. Cet ouvrage présente un programme très simple; il écarte tous les exercices qui exigent de trop grands efforts; il contient les marches et formations du règlement d'exercice de l'infanterie ; il explique les principaux jeux en plein air; il donne enfin des directions aux maitres sur la manière de composer une leçon de gymnastique. L'application doit en être rigoureusement exigée. 2. Il y a lieu d'étendre le cercle des exercices corporels, au lieu de le restreindre aux seuls exercices gymnastiques. Partout où cela sera possible, on généralisera la pratique de la natation et du patinage et l'on fera une large place aux jeux en plein air, qui devront être enseignés concurremment avec la gymnastique proprement dite. La préférence sera donnée, surtout dans les classes inférieures, aux exercices qui peuvent se faire en dehors des salles : la marche, la course, le saut, les jeux. 3. Le temps consacré aux exercices corporels n'est pas suffisant; il faut l'augmenter. Les deux heures de gymnastique données chaque semaine à DO$ ~co]iers ne reuvent
-
188 -
pas suffire pour réagir contre la mauvaise tenue du corps résultant du stationnement prolongé en classe ; l'idéal serait d'organiser corn.me en Suède la leçon journalière, quitte â en réduire la durée pour les classes inférieures. Il faudrait aussi s'intéresser aux élèves de constitution faible au lieu de les dispenser de la gymnastique. 4. Tout collège ou école secondaire doit posséder une salle de gymnastique convenable et pourvue de tous les engins nécessaires à l'application du programme; les autorités doivent être tenues_ en outre de mettre à la disposition des écoles des emplacements assez- vastes pour que les jeux de plein air puissent être organisés partout. 5. Il y a lieu de s'intéresser davantage au personnel chargé de l'enseignement de la gymnastique scolaire, de l'instruire, en organisant des cours spéciaux pour maîtres de gymnastique, et de le maintenir à la hauteurde sa tâche en lui imposant des cours de répétition réguliers.
Mèthodologie des travaux manuels ROLE IMPORTANT DES TRAVAUX MANUELS DANS LA VIE DE LA FEMME Le travail à l'aiguille joue un rôle important dans l'existence de la femme: c'est à peu près la seule chose qui lni soit exclusivement réservée. A la jeune fille il lui permet de se rendre utile à elle même et aux autres. A l'ouvrière, il procure un gain modeste, mais assuré; à la mère de famille, il donne le moyen de pourvoir aux besoins des siens et faire des économies ; en un mot, l'aiguille est une amie de la ménagère. Elle lui épargne bien des privations. Dès leur plus bas âge, les jennes filles doivent être préparées soigneusement à leur carrière future. Il est donc important que l'école primaire familiarise les élèves avec les travaux à l'aiguille, qu'elle les leur fasse aimer et leur apprenne à s'y rendre habiles. Laisser de côté la routine pour adopter une méthode rationnelle est une chose absolument :pécessaire,
-
.189 -
BUTS ESSENTIELS DANS L'ENSEIGNEMENT DES TRAVAUX MANUELS Il faut mettre les élèves en possession des connaissances pratiques spéciales, c'est-à-dire de connaissances qui se rapportent aux travaux manuels. Développer leur intelligence, leur jugement et leur cœur. Former le goût. Toutes les branches de l'enseignement peuvent former le goût des enfants par le soin des travaux qu'elles font. Faire naître dans les élèves ces qualités si importantes pour le bonheur de la famille, de la société; l'ordre, l'économie, l'activité. LEÇONS COLLECTIVES Si l'on veut retirer de l'enseignement des travaux manuels tout le résultat qu'on peut en attendre, il faut rendre les leçons collectives pour toutes les élèves d'un même degré. - Il y a des .leçons, des règles que l'on peut donner à la classe réunie. La maîtresse doit exposer les différents points de la leçon, montrer les choses, parler aux sens des enfants (vue, toucher). Dès lors il est important, avant de commencer, de dire quelques mots sur le sujet de la leçon. Elle doit faire ressortir le sujet pratique de la leçon. Dire quelques mots sur le matériel remis à l'enfant. Donner les explications générales sur la manière de faire le travail. C'est dans ces préliminaires surtout que l'institutrice peut stimuler la réflexion et le jugement des enfants par des questions posées avec intelligence pour ne pas les induire en erreur, ce qui serait fausser leur jugement. De là, nécessité absolue de préparer ses leçons avant d'entrer en classe, car il est impossible de bien enseigner une chose si l'on ne possède pas soi-même très bien la science qui fait l'objet de la leçon. Le succès dans l'enseignement dépend de la préparation que l'institutrice apporte à chaque leçon. C'est un principe dont eJle ne doit jamais se départir. Elle doit étudier constamment. Ce qu'elle a appris ne
-
190 -
suffit pas. Il faut qu'elle se perfectionne sans cesse, sinon il arrivera un jour où les leçons deviendront ennuyeuses et l'enseignement stérile. , . . . Outre la préparation aux leçons, I institutri?? d01! re~dre son enseignement attrayant. Dans sa m~m~re d e~seigner, elle doit faire remarquer aux . enfants l rnterêt qu el~e apporte aux leçons et le désir qu'ell_e éprouve, de_les voir progresser. Et cela, sans élever la ~01x, sans s ~xc1ter. Elle doit parler avec entrain, être active ma1s tou3ours rester calme, montrer aux .élèves un visage serein. L'institutrice devrait 'être une encyclopédie vivante. Dans les explications générales sur la manière d'exécuter un ouvraae il faut faire la différence de la force des élèves. ' . et l' y Un mot iè> nouveau doit être écrit au ta bleau noir laisser aussi longtemps que possible. . Lorsque l'institutrice se sera assurée que toutes les éleves chaont bien compris, elle s'occupera individne~le~ent cune mais eUe donnera toujours les explications a haute voix.' Elle prendra l'ensemble des élèves pour remarquer les défauts et les corrige1'. li est important que l'institutrice sache très bien faire un ouvrage, si elle veut l'enseigner avec fruit à s~s élè~es. Développer le goût chez les élèves est chose necessarre. Point de couleurs criardes qui font toujours mal aux yeux. Dans le linge blanc, pas de garnitures de mauvais goût . peu ou point du tout. Il ne faut pas laisser. agir l~s élè~e~ comme elles l'entendent, mais les habituer a la s1mphcite unie au bon goût; voilà ce qui est admis et ce que l'on doit vouloir. Les garnitures doivent être proportionnées à l'ét~ffe. Elles sont économique~. par exemple, au bord des chemises - encolure - elles empêchent celui-ci de s'user. Lorsque la garniture est gâtée, on n'a qu'à la changer et tout est réparé. , .. Il fa ut faire voir aux enfants un ouvrage que l on a fait soi-même, mais il faut qu'il soit très bien fait, _afin qu'elles voient où elles doivent arriver dans l'exécut10n de leur travail. Les objets les mieux faits par les élèves seront
?e
\
191 -
soigneusement mis de côté - retirés - et l'institutrice les fera voir quelques fois pour les engager à toujours bien faire, et si posdible, à se perfectionner encore. Il faut exiger une extrême propreté dans tous les devoirs des élèves ; mais insister fortement pour ce qui regarde l'exécution des ouvrages manuels : main, tablier, etc. Si une enfant est en défaut sur ce point, il faut agir avec beaucoup de prudence pour né pas blesser son amour-pro~ pre. Par exemple, il ne faudra jamais lui dire : <i: Tu as les mains sales, va te laver i , ce qui blesserait non seulemen t l'enfant, mais plus encore la mère. L'institukice doit habituer les élèves à beaucoup d'ordre dans le matériel des ouvrages manuels. Chaque élève doit posséder une boîte pour y renfermer le dé, les ciseaux, le fil, les aiguilles, etc. Chacun de c~s objets doit porter le nom de l'enfant. Si une de ces choses-là venait à s'égarer, on saurait tout de suite à qui la reme ttre sans aucune recherche. Il faut veiller à ce que le3 élèves ne perdent · rien de ce qui leur est indispensable. Pour cela, à la fin de la leçon, avan t de leur laisser retirer leur boîte, il faut les obliger à regarJ.er attentivement si e11es sont en possession de tout leur petit matériel. Il est du deroil' de l'institutrice de s'en assul'er. Elle ne doit pas se contenter d'un oui que ses élèves lui donneront avec plus ou moins de légèreté et d'insouciance. Pour la coupe, elles doivent être en possession, s'il y a moyent d'un grand carton. L'économie - Dans la couture, comme dans la coupe, l'institutrice doit donner l'exemple de l'économie. La vigilance doit s'exercer continuellement pour que les élèves n'égarent rien de ce qui peut servir. Elle doit les accoutumer à employer le moins d'étoffe possible dans la coupe d'un vêtement. La classe doit toujours être parfaitement en ordre si l'instiLutrice veut que ses élèves en contracten t l'heureuse habitude. (Bulletin pédag.) Mn• C., inst.
-
192 -
-
Des punitions dans nos écoles (Voir le commencement au N• 2, page 28-30/
Voilà, mon cher collègue, quelques idées générales s.ur les punitions et la manière de s'en servir. Je veux encore vous dire un mot sur les punitions que nous avons à notre disposition dans les écoles du Valais. Vous savez, comme moi, que la loi scolaire interdit les châtiments corporels dans les écoles. Nous avons donc à notre disposition les mauvais points, la privation des bonnes notes, les réprimandes, les copies, les arrêts, la retenue après la classe, et divers autres moyens que le · tact et l'esprit inventif du maître sauront toujours trouver selon les circonstances. Je crois inutile de vous expliquer ici, dans tous ses détails, la manière d'employer chacune de ces punitions, car tout cela vous a été enseigné à l'Ecole normale cent fois mieux que je ne saurais le faire. Je me bornerai à vous donner quelques conseils que je crois être de quelque utilité pour vous. Je passerai donc pardessus les mauvaises et les bonnes notes, les a.rrêts, les retenues après la classe, etc., car vous connaissez parfaitement la manière de se servir de ces moyens disciplinaires. Je vous dirai seulement en passant que vous devez vous montrer en tout d'une loyauté, d'une justice à. toute épreuve ; évitez aussi les punitions qui pourraient nuire à la santé des élèves ; par exemple, les retenir trop longtemps dans la chambre de classe, ou les placer aux arrêts devant la porte, quand le froid est excessif. Je n'ai pas besoin de vous dire quelles en pourraient être les suites fâcheuses. Je n'aime pas, non plus, punir les enfants en les mettant à genoux, ou en leur faisant réciter une prière quelconque, car cela communique aux élèves une certaine répugnance pour la prière. J'en arrive aux réprimandes; ce genre de punitions produit d'excellents résultats sur les natures sensibles, sur les enfants bien élevés; mais il faut toujours réprimander d'une voix juste et calme et jamais en colère ni avec des injures. Il faut éviter aussi d'aller trop loin pour ne pas dégoûter et décourager les élèves ; un simple regard de reproche suffit parfois pour ramener un enfant à son devoir.
(
-
193 -
Les copies sont des p~nitions qui sont beaucoup en usage dans les classes; quand vous y avez recours mon cher .ami, choisissez-les toujours de façon à ce qu'ell~s soient en J?ême temp~ pr~fitable~ à. l'ins,truction des enfants ; par exemple, la copie d u_ne d1ctee, d un devoir de style, d'une le· çon de grammaire, la conjugaison de quelques temps d'un verbe, ou encore la copie d'une maxime morale en rapport avec la faute à punfr. Prenez garde, m~n c?er_collègue, de d.onner des copies trop longues, des crnq :i. six cents lignes comme il y en a qu~ le fo~t, car alors les enfants . seraient dans l'impossibiht~ de faire l~u~ punition, ou ne vous apporteraient qu'un griffonnage crible de fautes, ce que vous ne devez jamais accepter. Un autre moyen très bon pour corriger les enfants de leurs défauts, c'est de faire servir "leurs fautes même à leur punition ; je m'explique : un enfant fait-il une grimace ou un. geste _quelconque. pour d~ranger ses condisciples ? forcezle a contrnuer la meme act10n pendant quelque temps · il ,deviendra la risée de ses compagnons, vous verrez la roug~ur de la honte monter à son front, et vous êtes sûr qu'il prendra de sérieuses résolutions de s'amender. Quant aux puniti?ns corporelles, vous devez, règle génér ale, vous. les mte:dtre ngoureusement; soyez toujours très prudent a ce su;et et surtout ne vous servez jamais de ces moyen~ dans un moment d'emportement, parce qu'alors ·On va tOUJùurs trop loin et l'on ne fait rien de bon. Vous ,rencontrerez aussi des _ parents qui vous recommanderont même, de tirer le. s oreilles à leur enfant, d'employer la verge -s'il n est pas sage; cependant ne vous fiez pas trop à la sincérité de ces recommandations, car les enfants sont chers .au cœur de leurs parents et ceux-ci sont souvent plus sensibles à cet égard qu'ils ne le croient eux-mêmes. Les punitions infligées aux enfants peuvent parfois donner lieu -à ce~tai~es réclamations de la part des parents, à certaines exp_hcahons avec eux; dans ce cas montrez-vous toujours poh, parlez avec franchise, expliquez les défauts de l'enfant mais avec des termes modérés, afin de ménager la suscepti~
\
-
194 -
bilité des parents, car l'amour-propre blessé conserve toujours la cicatrice, quand même la plaie parvient à se fermer. _ Si tous les moyens que je vous ai indiqués ne suffisent pas à obtenir une bonne discipline, si vous rencontriez quelque nature rebelle difficile à soumettre, priez l'autorité d'intervenir; signalez-lui les causes qui entravent la bonne marche de votre école, afin d'amener ces mauvais élèves à faire des réflexions salutaires et à se corriger ensuite. Tels sont, cher ami ·et collègue, les conseils que mon expérience, sur votre· demande, vie permet de vous donner ; j'ai la conviction que vous sanrez les utiliser, et si à l'avenir l'occasion de vous être agréable m'était de nouveau offerte, soyez persuadé que je me ferai un plaisir d'être toul entier à votre disposition. Votre tout dévoué J. M. inst.
Echo des conférences Sion. - Le_ 6 avril dernier s'est rénnie à .A.rbaz, sous la présidence de M. le directeur Hopfner, la conférence annuelle des instituteurs de l'arrondissement de Sion. Ont daigné honorer cette réunion de leur sympathique présence: MM. les rév. Curés d'.A.rbaz et d'.A.yent; de Rivaz, président de la municipalité de Sion, Giroud, sous-préfet de Conthey, et le Conseil communal d'Arbaz, au complet. M. Hopfner ouvre la séance par des paroles de r egret sur l'absence de M. l'inspecteur Lamon, qu'une grave indisposition oblige à garder la chambre. Il souhaite la bienvenue aux membres présents, et il saisit cette occasion pour cueillir une violette sur la tombe du regretté chanoine Bonvin, ancien curé de Bramois, mort sur la b rèche, l'âme plus fortement trempée que sa mortelle enveloppe. M. Hopfner rappelle l'assiduité du défunt à nos conférences scolaires, où il se faisait remarquer par ses idées pleines de justesse et de piquant à-propos. Il parle des services signalés que M. Bonvin a rendus, dans le domaine scolaire, à sa paroisse et au district de Sion. Sa sollicitude en cette matière était incessante, ses renseignements étaient toujours, jusque dans les plus menus détails, d'une exactitude et d'une instantanéité admirables. Dans le domaine
195
scolaire, en un mot, comme dans le domaine pastoral, l'existance de M. le chanoine Bonvin a été tout entière de dévouement et de labeur. La lecture du rapport touchant les enfants intellectuellement peu doués donne lieu à quelques observations. M. le Curé d'.A.rbaz parle des enfants espiègles qui aiment à s'égayer aux dépens de leurs camarades peu doués, et des procédés peu charitables dont ces derniers sont trop souvent l'objet, au sein même de la famille, de la part de leurs frères et sœurs. M. Rey-Mermet désirerait que chaque fois qu'il y a des recrues mal notées, une enquête fût ordonnée par l'Etat sur les causes d'une faiblesse qui ne fait pas honneur au canton, et qui blesse, dans leur amour-propre, aussi bien ceux qui ont fait leur devoir que les vrais coupables. lVI. Hopfner saisit ici l'occasion de rappeler ce fait étonnant que plusieurs communes de la montagne, moins favorisées cependant que celles de la plaine, sont mieux notées que ces dernières. Cela tient, sans nul cloute, à ce que là il y a très peu ou point d'absences, ou parce qu'aussi on a su y répandre le goût de la lecture qui exerce toujours une puissante influence sur l'intelligence de la jeunesse. Parlant des élèves peu doués, .M:. Hopfner dit - et le rapport s'exprime aussi dans le même sens - qu'il est prouvé qu'il n 'existe que peu d'enfants incapables d'une certaine culture intellectuelle. Ce qui fait que certains élèves sont stationnaires, ou ne progressent que fort lentement, c'est que l'on n'a pas toujours pour eux, en classe et dans la famille, tous les égards votùus. .A.lors, ces déshérités de la nature éprouvent de la répulsion pour l'étude, sentiment qui entrave ou exclut tout développement intellectuel. Que l'on ajoute à cela, chose rare cependant chez nous, les déjeuners à l'eau-de-vie, ce poison mortel de l'intelligence, et nous aurons, en partie, la raison des mauvaises notes qui figurent dans les .examens de recrues. La votation à main levée qui a lieu ensuite confirme, pour une nouvelle période, le comité de la conférence. Sept instituteurs, désignés par le sort, donnent lecture de leur travail sur , Les meilleurs moyens à employer en classe
pour exciter l'attention des élèves. ,, Des travaux entendus nous extrayons, comme moyens de favoriser ou d'exciter l'attention: 1° La clarté; 2° La gradation; 3° La simplicité, sans ex-
-
196
-
-
clure; 4° L'élocution; 5° La forme, qui rend la leçon attrayante; 6° L'exclusion du verbiage, des digressions inutiles ; 7° Le ton de la voix; 8 9 a) Les questions, pour s'assurer de l'attention; 8° b) L'amour de la crainte que doit savoir inspirer l'instituteur; 9° Les sorties générales tenant lieu des sorties particulières et que l'on utilisera pour l'aération des salles de classe; 10° Elimination, autant que possible, des causes de distraction provenant du dehors ; 11 ° Les récompenses et les punitions. Dans la discussion qui suit cette lecture, M. Torrent, instituteur, appuyé pa,r M. Hopfner, dit que, pour obtenir l'attention, il faut aimer l'•étude, et pour que l'élève aime l'étude, il importe que l'instituteur sache se faire aimer de ses élèves. M. le curé d'Ayent partage la même idée. Il ajoute que les jeunes gens doivent être habitués, dans la classe, à la bonne tenue, au respect des convenances, afin qu'à l'église, au service militaire, à l'étranger, partout où ils iront, leur maintien et leur conduite leur attirent l'estime des gens, et leur facilitent en même temps le chemin de la vie. M. Mabillard. - L'instituteur doit s'efforcer d'éveiller l'intérêt, qui est un puissant stimulant. C'est également l'avis de M. Hopfner, qui recommande aussi de ne pas négliger d'exciter la volonté et l'émulation, sentiment d'honneur qui, chez nous comme partout, favorise la prospérité des individus. M. Savioz, ancien président. -- L'affection entre les élèves et l'instituteur doit être réciproque, et les parents ne devraient jamais se permettre de critiquer l'instituteur en présence de leurs enfants, car c'est à ces derniers et à eux-mêmes qu'ils font le plus de tort. M. Hopfner nous parle d'un moyen employé par un président de commission scolaire pour améliorer la marche de ses écoles. Lorsqu'un élève se faisait mal noter, l'école priait à haute voix quelques pater et ave pour demander l'amendement du coupable. L'amélioration ne se faisait pas attendre ; d'ailleurs l'élève visé était honteux d'avoir mérité d'être l'objet d'une mesure cependant essentiellement anodine, et il faut croire aussi que les parents n'étaient nullement fiers de posséder un rejeton pour lequel on implorait exceptionnellement les miséricordes divines. M. le Curé cl' Ayent préconise, comme un excellent stimulant, le Livret-Correspondance, car les notes obtenues par les enfants font, sur leurs parents, une impression réelle et salutaire.
,
'
197
-
Cette op1mon est partagée par M. Hopfner. Ce moyen d'émulation, dit-il, a toujours donné de bons résultats ; les parents même y tiennent, désireux d'être suffisamment renseignés sur les progrès de leurs enfants, et ceux-ci sont plus dociles, plus appliqués, plus attentifs, et M. le Directeur ajoute : Quels succès y a-t-il à espérer de la part d'élèves inattentifs aux leçons et aux explications du maître? Comme moyen d'exciter l'attention des élèves, M. Hopfner énumère encore : 1° La personnalité de l'instituteur ; 2° La préparation de la classe ; 3° La vigilance, l'instituteur ne devant jamais être entièrement absorbé par une leçon, .un élève, mais avoir constamment l'œil sur toute la classe; 4° La variété dans l'enseignement, la monotonie entraînant l'ennui et, partant, le dégoût de l'étude; 5° La bonne humeur, car elle est communicative, et l'instituteur ne doit pas avoir l'air de n'aimer ni sa vocation, ni ses élèves. Avaut de passer au dîner, qui fut succulent et bien arrosé, M. Hopfner nous apprend que nos écoles occupent, dans la statistique fédérale, le 86 rang pour les connaissances civiques, le 13° pour la lecture, et le 21° (hélas!) pour le calcul et le style. Pendant le dîner, les chants, les toasts, se succèdent sans interruption sous l'infatigable direction de M. Giroud, souspréfet de Conthey. Nous voudrions résumer tous ces toasts, mais ce serait long. Nous nous abstiendrons également d'entrer dans les détails d'une allocution humoristique ayant trait à l'art culinaire et au choix judicieux d'une ménagère. Nous nous bornerons à citer les suivants : M. Mabillard, vice-président du Comité, porte son toast à la. la patrie. Il termine en exprimant des regrets touchant l'indisposition qui prive la conférence de la présence de M. Lamon. Il forme des vœux pour son prompt rétablissement. Les mêmes sentiments sont exprimés dans plusieurs toasts, notamment dans celui de M. le président d'Arbaz, qui rappelle les services éminents dont sa Commune est redevable à M. !'Inspecteur scolaire du district de Sion. M. Rey-Mermet désirerait qu'il fût donné à l'enseignement une forte tendance agricole. M. Perruchoud, rév. Curé d'Ayent, appuie la même idée, tout en s'étendant snr les avantages d'une étude sérieuse de la viticulture et de l'arboriculture. M. le Président d' Arbaz voudrait nous retenir encore. M.
' -
198
-
Hopfner le remercie bien vivement de cet.te nouvelle marque de sympathie, mais il fait observer - que la distance qui sépare beaucoup d'instituteurs de leur domicile nous oblige à décliner son aimable invitation, .e t les Membres de la conférence se retirent sous le charme de l'accueil si cordial et si généreux qui leur a été fait par la Municipalité d' Arbaz. Bramais, avril 1897. C. WETZLER. inst.
Martigny. - La conférence annuelle des instituteurs de notre district s'est ténu13 le 24 février à l'Hôtel-de-Ville de Martigny, sous la présidence de· M. Emile Gross, inspecteur scolaire. 30 instituteurs y étaient présents. Un grand nombre de membres honoraires, parmi lesquels nous saluions avec plaisir MM. Meilland, rév. prieur, Hopfner, directeur de l'Ecole normale, Lamon, inspecteur des écoles du district de Sion, Pillet, président de la commission scolaire de Martigny, Sauthier, membre de la commission scolaire de Charrat, ont bien voulu témoigner par leur sympathique présence et leurs bons conseils tde l'intérêt qu'ils portent à la grande et noble cause de l'ins~uction et ~e l'éducation populaire. Aussi, M. Gross, notre aimable président, les en félicite en ouvrant la séance. Puis se faisant l'interprète de nos sentiments, il remercie le Grand~ Conseil qui a répondu à la demande du personnel enseignant par une légère amélioration de sa position et fait des vœux pour que, dans un avenir peu éloigné, les Hauts Pouvoirs veuillent bien faire plus pleinement droit à nos revendications. La lecture du protocole de la dernière séance, du résumé des travaux et du compte de la caisse, n'ayant donné lieu à aucune observation, on procéda à l'élection du bureau. Sur la proposition de M. !'Inspecteur, les deux titulaires actuels sont confirmés dans leurs fonctions. Six instituteurs désignés par le sort lisent ensuite leurs compositions qui en général avaient été bien traitées. L'une d'elles mérite cependant une mention spéciale, car elle valut à son auteur d'unanimes applaudissements. La discussion qui suivit fut par conséquent très courte. Enfin, M. Hopfner, notre dévoué directeur de l'Ecole normale, qui, non content d'avoir bien formé les instituteurs valaisans, les suit pas à pas dans leur pénible labeur, les encou-
-
199
-
rnge . par son exemple et les éclaire par ses paternels avis, nous fait remarquer la faiblesse de nos recrues pour le calcul. Par ses conseils persuasifs, il nous excite à redoubler d'énergie pour que nous obtenions bientôt une place honorable parmi les cantons confédérés. A midi et demi la séance est levée. Nous nous rendons à !'Hôtel du Mont-Blanc, desservi par M. Cornut, où un dîner succulent et copieux nous est fort bien servi et auquel nous nous empressons de faire le meilleur accueil. Lorsque Messir gaster fut satisfait, le vin d'honneur offert par la municipalité vint rompre agréablement le silence : les langues se délient. Sous l'habile · direction de M. Sauthier, nommé major de table par acclamations, toasts, chants et déclamations se succèdent avec un joyeux entrain. A 4 heures déjà nolis quittons Martigny-Villé, emportant en même temps qu'un bon bagage d'utiles conseils, le souvenir d'une journée trop vite écoulée. L. J.
BIBLIOGRAPHIE Petites Etudes pour servir à l'enseignement familier du catéchisme, par Mme J. B. 1 vol. de 570 pages. Rennes, librairie Caillière. Cet ouvrage se compose des entretiens d'une institutrice avec de jeunes écoliers sur les principales vérités de la foi. Ces vérités sont présentées sous une forme simple, familière, à la portée des plus jeunes enfants. L'auteur procède par comparaisons puisées dans le milieu où vit l'écolier et par interrogations, allant du connu à l'inconnu, amenant son auditoire à trouver lui-même beaucoup de vérités qu'on veut lui enseigner. C'est l'application pure et simple de la méthode socratique. Les réponses aux questions ne sont pas formulées et cela avec raison, parce qu'on ne peut pas deviner et composer la réponse que l'enfant donnera. Du reste, peu importe la forme donnée à cette réponse, pourvu que l'idée en soit exacte. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première, renfermant 38 entretiens, a pour objet les principales vérités de la foi ; la seconde, à peu près de même étendue, traite des commandements de Dieu et de l'Eglise ; la troisième, des Sacrements.
-
200 -
, Ouvrons maintenant le premier chapitre. Au lieu de commencer par la définition de Dieu, comme un professeur de théologie peut et doit le faire avec des séminaristes, l'auteur appelle· l'attention des enfants sur tout ce qui les entoure, maison, meubles, vêtements, et les interroge sur les ouvriers qui ont confectionné tous ces objets, puis il arrive à la question :Qui a fait la terre ? Qui a fait le soleil ? Il passe ensuite à l'idée de création, en les questionnant sur la matière première qui a servi à la confection des choses qu'ils ont sous les yeux. Enfin, il les amène par les mêmes procédés à se faire une idée des principales perfections de Dieu. Passons à la troisième .partie. Comment l'auteur s'y prendra-t-il pour donner une première notion de la grâce ? Encore par une comparaison bien propre à faire comprendre cette vérité aux enfants. Il compare Dieu à un roi dont le trône serait placé au sommet d'une tour. Heureux les pauvres qui arriveront jusqu'à lui! Pour y parvenir, il n'y a qu'à saisir le cordage qui est tendu. Chacun est libre de s'en servir, mais personne n'arrivera au but, s'il ne s'en sert pas. Ainsi toujours des exemples, des comparaisons propres à intéresser les enfants et à leur faire comprendre les vérités qu'on leur enseigne. Faire un choix discret des vérités à enseigner au premier âge, puis établir une gradation et une suite logique parmi ces vérités, approprier notre enseignement au développement des enfants en nous servant des moyens les plus sûrs et les plus rapides pour arriver à leur intelligence tels que les images, les exemples, les comparaisons, comme l'a si bien fait l'auteur des Petites Etudes, intéresser nos écoliers par de continuelles questions qui tiennent en éveil leur attention, qui leur permettent de trouver les vérités par eux-mêmes et qui fassent entrer les enfants de moitié dans nos explications ; puis, imprimer profondément dans la mémoire, non des définitions abstraites, non des termes difficiles à saisir, mais les idées, mais les vérités qu'on leur a fait comprendre sans attacher une grande importance aux formules théologiques en usage dans les traités scientifiques, voilà comment nous comprenons l'enseignement du catéchisme au premier âge. Nous avons été heureux de trouver l'application de cette méthode dans le livre remarquable que nous annonçons. R. HoRNER.
·culture, est fort eo honélèves-iostitnteurs, où il le Directeur Hopfner luimonde apprécie l'autorité ces matières. La section lui prête, pour le côté tioo, son utile et dévoué t-oe chaqoa année, sons ses soins, qu'ont lieu les Jeooos sur le terrain, suil'année scolaire de la disdicats de vignerons aux nu le nombre de points ée, cette distribution de tffectuée avec plus de soaire, rehau88ée qu'elle fut 1 MM. les Conseillers d'Eppaz, chefs des Déparle• aur et de l'lDstruction put été appelés à assister à leur côté l'on remarquait liure et le personnel ent de l'école. Après l'exéou élève s'approche de nom de ees condisciples, ermes: lent et MM. les Membres nticolture. a vienne, au nom de mes tn nom propre, vous adresremerc1ements pour les ucUves leçons qoe vous ner, et pour toutes les vez prises, afin de nous auesi aLtrayante qu'utile ion, nous avons appris à o:tl~ possible de nos côles couvrir de ceps farlide pampres verdoyants eilles; gràoe à vous, nous creta de cet art qu'exersortir de l'arche pour se do déluge; mais plus èbre patriarche, instruits foule de nos compatrioanl nos tonneaux, nous D de céder à l'influence i l'exoèa est un poison, 6Jl6 apporte la joie et la
santé, m~me aux instituteurs fatigués d'une longue école. Merci, Messieurs. de vos soins assidus et de votre concours si empressé. Nous aussi nous voulons être des ceps luxuriants ; noua promettons de porter, non seulement des feuilles, mais des fruits et des fruits nombreux ; c'est pourquoi nous nous engageons à bénéficier nous mêmes et à faire béné.fi.cier nos élèves des ensei2oemenls reçu1.1, à leur iaspirer le gollt de l'agriculture en général et de la viticulture en particulier. Tous, nous voulons, dans la mesure de nos forces, travailler à sortir notre pays de la routme, à le garantir de tonte gelée physique et morale qui empêche nombre de ses habitants de se livrer à des améliorations agricoles, à le doter de méthodes utiles en devenant non seulement de dignes et de vaillants instituteurs, mais aussi des agricultAurs et des vignerons entendus. Eacore une fois, nos meilleurs remerciements à M. le Président de la Société de viticulture et à MM. les dignes magistrats ici présents. • Cette allocution fut immédiatement suivie de l'E>xécution d'un chœur, après quoi M. A.m. Dénériaz, président de la. section de viticulture, s'adressant aux élèves, leur donna d'excellents conseil, les mettant surtout an gade contre des théories nouvelles qui du monde ouvrier Sl'Dt en train de pénétrer jusque dans les couches agricoles en propageant une agitation analogue à celle que l'on constate dans les milieux socialistes, et qui n'est nullemAnt eo harmonie avec le caractère paisible des populations du Valais ni surtout avec les besoins et les conditions économiques de notre pays, où la grande propriété est quasi inconnue, alors que les petits paysans constituent la masse du peuple travailleur. Son discours, justement applaudi, fut suivi de la distribution des certificats de vignerons à MM. les élèves. Voici la liste des lauréats d'aprè'I le nombre de3 points obtenus: Le ma1lmom des points est 72 II• ANNEE MM. Werlen Vitus, d'Unterbâch 70 Summermatter Hermann, de Vis-
perterbinen . . • , . . ' Weissen Robert., d'Unlerbâch. Locher Séverin, de Fescbel Fellay Emile, de Saxon Venelz Basile, de Stalden . . Ballay Théophile, de Doréoaz . Fellay Alphonse, de Bagnes • . Monnay Alex~s. de Troistorrents Pellaud Pierre, de Vollèges (Cil.) Bourgeois Joseph, de Bovernier Girard Ernest, de Martigny (Gt.) Michelod Pierre, de Bagnes . . Coutaz Alexis, de Vérossaz . . Favre Casilllir, d'lsérables Pellouchoud Paul, de Sembrancher Daslarze Gustave, de Bignes .
Ir•
69 68
67•12 67 67 66•12 66•12 66111 66l)9 66 66 65112 65 65 64ll11 61
ANNEE
7'! Clemenzo Jean, d'Ardon (max.) 71 Dondennaz Alfred, de Charrat 7QlJ2 Carruzzo Joseph, de Cbamoson 70 Décaillet Maurice, de Salvan . 70 Perraudin Joseph, de Bagnes 69lJ9 Papllloud Lucien, de Contbey 69 Farquet Joseph, de Vollèges . 69 Varooe Jérome, de Savièse . 69 Furrer Meinrad, de Bu1·chen 69 Perraudin Alfred, de Bagnes 68 11!1 Bender Frédéric, de Fully . Maye Joseph, de Cbamoson . • 68 1111 68 Giroud François, de Martigny . 68 Héritier Germain, de S'lvièse , 66 Fournier Florentin, de Nèndaz 65112 Andenmatten Benoit., de Saas 65112 Beney Auguste, d'Evionnaz . 65112 Lambiel Paul, de S•?mbrancber • 65112 Kuonen Gabriel, de Guttet 65•111 Maitre Jean, d'Evolène 6~ 1ls Kuonen Jules, de Varone . . 64 Bornet Jules, de N · ndaz . . Voutaz Paul, de Sembrancher . 63l(9 Zurbriggen Théophile, de Saas- G. 63 Frachebourg Clément, de Salvan 62 Kalbermatten Alexis, de Niedergeeteln . . . . . . . . . . 62 Farquet Alexis, de Vollè~es . . 61l'.i Schaller Alphonse, de Torbel. . 60 Avant la clôture, M. Graven, Conseiller d'Etat, prit à son tour la parole pour recommander aux élèves de faire connaître et de répandre autour d'eux les précieuses connait-
sances qutils ont acquises dans le domaine agricole, car ils sont mieux placés que tout autre pour les populariser et donner par là un nouveau et puissant élan à notre indus• trie nationale, qui est et restera toujours l'agriculture. Ces conseils comme ceux de l'orateur précédent ont été vivement applaudis. Et !à-dessue la cérémonie fat close; après décision prise par M. Graven d'offrir un collation - au nom de l'Etat - aux lauréats proclamés. Cette pe-tite fête s'est terminée aussi bien qu'elle pouvait l'être.
=
Examens des recrues. - (4 très-bien, 12 = passable, 20 = très-mal.) 1896 1895 1. Conches 7. 42 1. Conches 7. 15 2. St-Maurice 8 2. Raro6Zne 8. 35 8. 42 3.. Loècbe 8. 37 3. Sierre 4. Viège 8. 50 4. IJontbey 8. 91 5. Hérans 8. 73 5. Sierre 8. 92 6. Martigny 8. 80 Viège 9. 7. Sion 8. 85 6. Brigue 9. 8. 91 Entremont 9. 8. Conthey 9. U 9. Hérans 9. 10 9. Brigue 9. 15 10. St-Maurice 9. 13 10 Rarogne · Loèche 9. 15 11. Sion 9. 28 12. Entremont 9. 20 12. Martigny 9 40 t3. Monthey 9. 26 13. Monthey 10. 78 LE CANTON 8. 78 LE CANTON 9. 11 Il résulte du tableau ci-dessus qu'il y a un tiers de point de gagné sur l'année précédente. - Pl'ogrès dans 7 districts. - Celui de Conthey a la même note qu'en 1895. Les 5 autres ont vu leur moyenne baisser plus ou moins. - Monthey a gagné 11/i point sur 1895 malgré le rang qu'il occupe. Vernayaz. - Un beau malin de mai l'on pouvait voir à cette station, prenant le premier train, sans doute avec un billet de société, une petite escouade de 13 jeunes gens de Salvan, qui ne paraissaient avoir d'entrain que tout juste ce qu'il faut. En effet, renseignements pris ensuite, il ne s'agissait pas d'une course volontaire et d'agl'ément, mais bien forcée et relativement amusante, quoiqu'elle eut pour but la capitale du canton que les participants, la plupart au
moine, n'avaient sans doute jamais vue. Ces
messieura se rendaient donc à Sion, non pour
une partie de plaisir, maie bien pour y subir un examen en lieu et place de celui qu'ils avaient esquivé récemment devant l'inspecteur scolaire et qui leur avait été annoncé aus. criées, Le Département de l'instruction publique, qui avait organisé ce petit voyage sans s'offrir à le payer, laissait entrevoir à nos futurs troupiers que s'ils manquaient à son appel, ils seraien, cherchés à domicile et conduits à Jeure frais_ par la gendarmerie. Cela n'a souri, semble-t.. H, à au~un d'eux, car l'eft'eolif s'est trouvé au complet. Espérons que l'expédition portera ses fruit<1, non aeulAment pour ses membres, mais statuera un exemple pour ceux qui seraient tentés d'imiter la désinvolture et d'afficher l'air d'indépendance ~ar lesquels nos braves ont voulu s'illustrer. L autorité cantonale a bien fait de les mettre à l'ordre, et on ne peut que l'en remercier et la féliciter de aon énergie.
VARIETES Compositions d'écoliers. - Dans un district, lors des récents examens d'émancipation, les élèves ont en à traiter, comme sujet de composition, de l'utilité de la pomme de terre. A ce propos voici quelques phrases détachées de différentes feuilles: 1. La pomme de terre est un aliment qui a été inventé en Améri4111e par Christophe Colomb. - 2. Faisons des vœux pour que la pomme de terre nous arrive par quantité ino,mpréhenBible, car elle est le trésor du monde. - 8. On l'a inventée en Amérique. - 4.. La pomme de terre est 1111 plat sociable. - 5. Elle est la nourriture d'une gran!e quantité d'animaux bipèdes, - 6. La pomme de terre est une plante qui est très f·équentée dans le pays ; on la prépare dans différents plate. Ajoutons cette réponse d'un jeune homme d'une localité des bords du lac, , Avez-vous entendu parler de Guillaume Tell, lui demande l'examinateur. , • Oui, M. l'inspecteur, c'est un bateau à vapeur. ,
Supplément
a l'ECOLE PRIMAIRE
(Annexe au N• 1.1-1.2 du journal)
Réunion de lallocléié valaisanne d'édueatlon à lllollibey le 29 avril 6 heures du matin
• • . . . . • . • Les montagnes sont tant soit peu voilées et quelques nuages se ttainant au flanc des monts, semblent présager une averse prochaine. La note 1raie ne manque pas, panai ces nombreux instituteurs, écolières, et soldats au brassard rouge qui peuplent le train. • Probablement un qui part avec _l'ambulance Birchler • fait un de mes voisins de route. Cette rHlexion fut coupée par la voix da conducteur, lequel, poliment nous dit : c Si vous voulez fumer dans ce compartiment, allez dans l'autre. , A St-Maurice grande animation •..•• mi• litaires, membres de !'Abbaye et casquettes rouges des Etudiants suisses. Nous voici à Monthey. C'est là que le programme nous attend sous la forme de la fanfare locale qui nous mène à l'église, où un office de Requiem est célébré pour les membres défunts. Puis les sociétaires se rendent dans la grande salle du château, décorée des écussons cantonaux. C'est là que M. Oscar Delacoste, au nom des autorités, souhaita la bienvenue par les paroles suivantes : c M. le Chef du Département de l'Instraction publique, MM. les Inspecteurs et membreR des commissions scolaires, MM. les Instituteurs et amie de l'iDstruction,
- s -
2 c C'est avec grande joie, c'est avec grand honneur et surtout, avec grand plaisir, qu'au nom des autorités et de l'administration communale, qu'au nom de la commission scolaire et au nom de la population de Monthey tout entière, j'ai l'honneur de vous souhaiter la bienvenue. Monthey, la petite cité, est toute heureuse et fière de recevoir la Société valaisanne d'éducation, d'autant plus que c'est la troisième fois que votre- réunion a lieu dans ses
-dans nos murs, et toute la pop~lation de Mo~they vous acclame et vous crie p~r ma voix .avec enthousiasme : Soyez les bienvenus ! • Ces paroles cordiales ont été écoutées ayea ,recueillement et vigoureusement applaudies.
*
*
*
L!l Société, qui compt~it envir?D 200 participants aura sa prochaine réunion générale de 1899 'à Sierre. Son comité pour les deux ans qui vont s'écouler d'ici 1~ ~st CO(!lpos6 de MM. Burnier, rév. chanoine, ~rés1deo~, ·Cornot Marcelin, inst. à Vouvry, vice-pr~s1dent, et AL Favre, inst. à Chippis, secrétaire. La lecture des rapports étendus de_ MM. P. Délez et H. Tissières ayant.absorbé_ neaucoup de temps, l'assembl~e na pu d1sc~ter une proposition de M. Ga11land, de Verb1er, demandant qu'une école d'application soit annexée à l'école normale. Cette motion sera, après étude, remise au comité, qui est charg6 de s'en occuper. . M. Burnier, président de la Société, a r6·pondu à M. Dalacoste à peu près en ces ,t ermes: c Messieurs, a En choisissant Monthey dans votre dernière réunion, nous savions d'avance que nous serions bien reçus, et que Monthey mettrait uoe fois de plus en pratique sa de-vise · de c Cœar sut la main , Bien que l'on ait parlé d'une hospitalité sim• ple, je pense être d'accord av_ec v?us tous en ·remerciant les Montheysans bien ~rncèrement ·de leur hospitalité large et cordiale, offerte .par les délégués, par les autorités et par la population de Monthey. . Il faut que les jeunes gens se réumssent <detemps à autre et retrempent, leur courage
murs.
Oui, certainement, elle est fière de donner une hospitalité simple, mais cordiale, aux membres d'une Société aussi belle, aussi pa• trioHque, aussi utile que l'est la Société valaisanne d'éducation/
Elle est heureuse de recevoir dans son sein tous ces jeunes gens occupés à éduquer la jeunesse, car elle sait les sacrifices que vous devez faire pour remplir la noble mission que vous vous êtes imposée. C'est par vos soins que la jeunesse du pays reçoit les bienfaits de l'instruction, c'est vo11s qui formez son cœur et qui en faites des hommes. Si votre carrière est ardue et ingrate, si votre chemin Gst semé d'épines, par contre, combien est bienfaisante votre mission, et combien utile votre dévouement 1 La pensée que vous réglez les destinées -de la patrie doit vous encourager dans vos lon~s et pénibles travaux. Ces belles réunions bisannuelles, sont des heures de repos et de plaisir, elles doivent soutenir vos pas dans les pénibles fonctions de l'instituteur. Soyez-en certains, à Monthey, vous êtes entourés d'affection, chacun vous serre la main, nous sommes heureux de vous voir
rT
-
4
-
!S veillance, et nous sommes heureux de le voir, bien que nous sachions déjà que son cœur était là. Je vous prie, Messieurs, de vous lever tous pour remercier M. le Chef du Département,
dans la noble devise de Un pour . tous, toUB pour un. Je suis fier de vous voir si nom- • breux aujourd'hui, après que, conduits de la gare par les accents joyeux de la musique, vous avez passé s.ous l'arc de triomphe et que vous avez prié Dieu pour vos collègues défunts. Vous avez aussi demandé des secours pour les instituteurs vivants. C'é· tait bien commencer la journée et Dieu ne, peut manquer de bénir nos travaux. Encore ullè fois, merci de l'hospitalité si l~rge, merci de tout cœur pour l'accueil si aimable et les paroles si affectueuses de M. Delacoste. Merci au nom de tous 1 C'est avec plaisir que je salue ici la présenc~ d~ M. Rotenl le chef du Département. Les mshtuteurs, c est sa famille, il est un peu votre père. Résistant à toutes les invitations de rester à Sion en ce jour, il a préféré venir au milieu de nous, vous témoignant ainsi l'intérêt qu'il prend à vos débats, et le désir qu'il a de voir s'améliorer votre position. Nous savons qu'il a défendu vos justes revendications au sein du Conseil d'Etat el du Grand Conseil, et combien de ses projets en votre faveur ne sont•ils pas restés dans les cartons, parce qu'on les considérait peutêtre comme au-dessus des ressources financières du pays 't II a voulu toujours que l'instituteur fût respecté, non seulement à cause de ses travaux et de sa noble mission, mais aussi à cause àe sa position sociale, de sorte qu'il ait pu sinon vivre richement, au moins vivoter. Je salue donc au nom de tous le Chef da Département, car sa présence est un Hir garant que vos fravaux sont agréés par les autorités supérieures du pays. Le Conseil d'Etat l'a délégué pour nous témoigner sa bien-
*
•
*
On confond souvent les mots instruction et éducation. On les confond comme si c'était le cœur et l'âme d'une seule personne. Beaucoup croient que l'instruction tient lieu de l'éducation, et que l'instruction seule est nécessaire. C'est là une profonde erreur I L'instruction forme l'intelligence, l'èducation forme le cœur et la volonté qui sont les grandes forces motrices de l'homme. Qae l'instruction forme un savant, oui I qu'elle fasse ·un homme, jamais 1 Si le cœur n'est pas formé, dira-t-on que le plus grand savant est uu homme l 't Ici, l'instituteur a une tâche excessivement importante à remplir, il faut qu'il fasse l'éducation et non seulement l'instruction de l'enfant, car l'un ne remplace pas l'autre. L'enfant vous est confié dans toute la pureté de son cœur, à vous de le diriger vers le bien. Croirez-vous avoir rempli votre devoir après leur avoir enseigné histoire, géographie, lecture et calcul mental 't Non I si vous ne vous êtes occupé, ni de son cœnr, ni de ·s a volonté, ni de l'aff~ction qu'il doit aux parents. Alors, comme Titus, vous pourrez dire le soir en faisant votre examen : , J'ai perdu ma journée 1 • Il faut l'éducation, car sans l'éducation, vous n'aurez point d'homme, ni de personne capable pour Dieu et la patrie 1 Dieu n'a pas donné à tous la céleste étincelle de l'intelligence, mais ce qu'il a donné .à tous les hommes en propre, c'est le cœ11r,
r
6 c'est la volonté. A l'homme de faire quelqu1tchose. L'homme, pour être homme, a besoio de dominer sa volonté, de la briser quelque• fois, de l'assouplir toujours 1 L'homme fort, c'est l'homme obéissant, celui qui sait agir sur sa volonté et assouplir cette arme. Voilà la vraie force 1 C'est justement dans ce domaine que résidela beauté de ' la mission de l'instituteur, Vous avez des enfants à élever, vous ne pouve zdonner la céleste étincelle à ceux qui ne l'ont point reçue de Dieu, mais vous pouvez· former leur cœur, forger leur volonté, en faire ainsi des hommes. Alors vous aurez le progrès. Vous avez trois geores d'éducation : l'éducation physique (l'hygiène et la gymnastique),.. l'éducation du jugement en apprenant aux. élèves à distinguer le vrai du faux, et l'éducation du cœur en leur inculquant le principe du bien, du beau, du grand. Et remarqnAz biAn que notre association s'appelle Société d'éducation et non Société d'instruction, car la mission la plus noble de l'instituteur n'est pas seulement de dévelop-· per l'intelligence de l'enfant, mais surtout d'en faire des hommes par l'éducation du cœur. Chaque jour doo.c, en mettant la main sur la poignée de la porte et votre école, ditesvous : c Nous devons être avant tout des . éducateurs, voilà pourquoi nous sommes ici 1• Donnez ainsi le bon exemple aux enfants confiés à vos soins, par le sacrifice de votre volonté et votre abnégation. Donnez leur one Ame vraiment trempée, formez leur cœur,. et vous aure.z des enfants religieux et moraux 1 • M. BeDj. RoTEN, secrétaire de la Société, a.
7 -
donné ensuite lecture du protocole de la dernière réunion à Sion. . . . Cette réunion, par un gai soleil de p~intemps, a laissé les assistants sous une impression particulièrement favorable. .. Le protocole a été adopté san~ opposit10~, même le passage où il est question de rev1sion de la loi scolaire. Ce qui engage M. LA.MON~ dire ,ce_qui sui~: , Je n'ai aucune obt.ervat1on à faire, mais plutôt des félicitatio~s à _présenter . a~. secr~taire pour son consciencieux travail , 10 dois remarquer cependant que, jusqu'à cette heure, la loi n'a pas été ravisée. Je demande que la revision de cette loi se fasse ·le plus tôt possible et que mention soit faite au protocole qu~ la réunion générale de Monthey, unanime, a exprimé ce désir, , - Approbation. . M. Léon RoTEN, répondant à M. le }irecteur Lamon. - Je puis assurer que l 10tention du Conseil d'Etat a toujours été de raviser la loi, et que le Chef du Département surtout voulait le faire, en s'entourant, to~tefois, de tous les renseignemen~s nécess~1res. Dans ces conditions, un proJet de 101 a été soumis au Conseil d'Etat qui l'a adopté jusqu'aux articles , Traite~en! des instituteurs ,. Arrivé là, le Conseil d Etat a trouvé que le Chef du Département avait des intentions trop généreuses ou trop disproportionnées avec les ressources dont l'Etat dispose. Il a donc proposé que le reste ~e la loi f~t ravisé, mais en prétéritant le chapitre des trai· tements. M'étam opposé à cette mas~re, le projet a été renvoyé à des temps me1lleurs. Mais j'espère qu'il sera fait droit aux . réclamations justifiées du personnel enseignant. Le Grand Conseil saura concilier leurs reven-
8 dications avec les ressources financières du pays. La revision de la loi ne pourra se faire attendre longtemps , car l'introduction des écoles professionnelles l'exige absolument. M. U. GAILLAND (Verbier). J'appuie M. Lamon. Ensuite je proteste que l'on ait traité de clandestine la réunion de Martigny de hier soir. Clandestine I Elle ne l'a pas été I Toutes les décisions que nous avons prises ont eu. pour bu't rin_térêt du ~ays et le vrai progres. La prmc1pale d éctsion est celle-ci : Annexer à l'école normale une école dite d'application, afin que l'instituteur puisse se former dan_s la pratique avant d'enseigner. Si M. ~~ Pr~at~ent le permet, j'en ferai la proposthcn 10d1vlduelle, en priant de passer un peu lestement sur le deuxième rapport, qui est urgent, mais moins que le nôtre. On aura dans ce cas le temps de discuter la question d'une école d'applicaMon. M. BURNIER remarque qne la proposition de M. Gailland doit être discutée, en tous cas, à la fin du programme, qu'elle ne peut l'être avant, le règlement s'y opposant. M. GAILLAND. Je vois dans le corps du pr~gramme le mot etc., qui, d'après moi signifie c propositions individuelles >, M. BuRNlER. Parfaitement, on vous mettra au bénéfice des etc , mais après que les tractandas à l'ordre du jour auroat été épuisés. Que voulez-vous de plus T1 Un insti~nteur, _dont le nom ne passera pas à la _postérité, pmsque le chroniqueur n'a pu savoir son nom, a trouvé un écho généreux dans son auditoire en disant : c Le Grand Conseil nous a octrové une augmentation l'année dernière, mais nous n'en sommes pas contents. Nous· avons demandé 90 fr. par mois et nou~ les maintenons 1 ,
-
9 -
M. REY-M'ERMET. Au reste, cette loi en notre faveur ne l'est que soi-disant. De la manière dont le Orand Conseil a décidé de · rappliquer, elle est en faveur des communes ,et non des instituteurs t M. HoPFNER demande que les 7 fr. 50, part de l'Etat, soient délivrés par l'intermédiaire des receveurs de ;district et non par les caisses communales. M. Victorien DARBELLA.Y. Maintenant, cette fameuse augmentation n'est qu'une promesse illusoire. M. MICHAUD (Bagnes). MM. les membres du Grand Conseil qui ont fait pencher la balance en faveur des communes, . étaient en partie des présidents qui pensaient mieo_x garnir ainsi la caisse communale. Je suis d'aceord avec M. Hopfner. Tout à l'heure, M. Gailland a émis une idée fort juste. Je prie donc M. le Président de vouloir passer rapidement sur le 2me sujet à l'ordre du jour. Cette école d'application, que la réunion de Martigny aurait voulu voir introduire chez nous, répond à une urgente nécessité, Il fane .que l'instituteur soit outillé avant de s'enga.ger définitivement dans la carrière. En Valais, l'enseignement est trop théorique et pas .assez pI a tique. On donne d'excellents cours -de pédagogie, et je rends toute justice à la direction de M. Hopfner, mais ce qui manque, c'est un stage, c'est une école d'application. Voilà ce qu'il faut pour obtenir des instituteurs qualifiés I Je ne veux point aller à l'encontre du règlement en demandant que cet objet soit discuté immédiatement, mais j'aimerais qu'il le ftlt après la liquidation de l'ordre du jour. li faut se hâter. M. BnaNIER. Tout d'accord I Je ne demande pas mieux, mais voilà bientôt 2 heures que
10 vous m'encombrez I Comment voulez-vous que la roue marche. Il est 11 h. moins 10, !es rapports ne sont pas lus, et l'on dira que J'en suis cause 1 M. DÉLEZ P.-L., rapporteur nous lit sur les a!'antages de l'enseignemeo'.t oral un long travail d~ sa compositioe. ' Le rappor,t devant. paraitre in extmso plus tard dans l'Ecole _primaire, nous ne ferons. pas double emploi, en le publiant ici. M. GfILLAND dé.clare que les décisions de la réun~on de Martigny ont été communiquées au. président par une lettre signée : Un in-
stituteur au nom de tous.
M. BURNIER. Je ne fais point cas des lettres anonymes, je les jette au panier sans y P!endre garde. Que ceux qui demandent aient le courage de signer. Pourquoi mettre au bas : Un instituteur au nom de tous ?" C'est co~me un correSJ?Ondant qui signerait dans uo Journal : Un pere de fa mille au nom de tous, et qui, au fond, n'a pas plus d'enfant que moi 1 (Rires.) M. GAILLAND. Certains membres ont parlé de visées d'indépendance. Je proteste; nous ne voulons que le bien du pays et je crois que toute l'as_se~blée e~t d'acc~rd pour que la question soit discutée immédiatement. C'est la majorité qui fait loi 1 M. BuRNIER. S'il n'y avait pas de règlement, oui, mais avec le règlement non I Non Monsieur, vous n'avez pas le droit de déve: lopper une proposition individuelle avant que l'~~dre du jour soit épuisé. IJemandez la rev1s1on des statuts, et j'y donne la main. Le progrès consiste dans les actes et non dans les paroles. Je ne suis pas encore assez noir pour parler contre le progrès. (Rires.)
j
11 M. GAILLAND. Ce sont justement des actes que nous voulons. M. BuRNIER, Il faut auparavant se mettre d'accord avec les autorités constitutionnelles et rester dans la légalité. M. HoPFNER. On a prétendu qu'à l'école normale on n'apprenait pas assez à parler. Aujourd'hui, je constate le contraire et me félicite que les normaliens savent parler (Rires) à temps, et aussi à contre temps. (Rires.) C'est contraire à l'opportunité de vouloir discuter à présent une question qui appartient à la fin de l'ordre du jour. L'enseignement oral a une grande importance. Il importe que l'instituteur primaire ne parle pas comme un professeur d'académie, mais qu'il se mette en contact intellectuel avec ses jeunes élèves, en leur donnant des exposés simples, coupés par des questions ou (les explications, auxquelles on demande des réponses . exactes. Voilà le de· voir de l'instituteur. Vous avez remarqué qu'un enfant retiendra toujours mieux une histoire qu'une leçon. Donc beaucoup d'enseignement oral. Il n'en faut cependant pas conclure que les livres soient inutiles. Sans doute, un bon maitre t3st le meilleur des classiques, mais les classiques sont nécessaires. Si le maitre .n'a pas de livre pour les élèves, vous le surchargez au delà df\ ses forces. Il lui faudrait one somme extraordinaire de connaissances pour pouvoir captiver l'attention des enfants du matin au soir I Vous savez combien il est difficile d'entretenir 50 moutards pendant 1 heure seulement. Aussi les livres sont-ils nécessaires ; d'ailleurs les prières, les morceaux choisis doivent être appris par cœur. Certaines leçons doivent être expliquées, d'autres
-
12 ~
n'en ont pas besoin, ce sont celles qui doivent former la mémoire. M. L .u,oN fait remarquer ici la contradiction qui existe entre les § 2 et 5. M. Henri T1~sIÈREs lit ensuite un rapport très soigné, riche en idées aussi bien qu'en expressions heureuses, qui traite de I l'éducation des enfants dont l'intelligence est peu développée. M. Léon RoTEN félicite les deux rapporteurs de leur travail ; il apprécie surtout les sentiments humanitaires dont le second est imprégné. M. HoPPNER croit qu'il y a très peu d'enfants qui soient absolument incapables d'éducation et d'instruction ; il cite le cas d'un examen en Valais, où, sur 87 élèves un seul - à moitié aveugle - n'avait pas les notions indispensables, 4. ou 5 autres étaient bien faibles, il est vrai, mais c'est parce qu'ils n'avaient pas régulièrement fréquenté les écoles. Il y a peut-être 30 ans.on trouvait ici 40 0/o d'illettrés, à l'heure actuelle, il y en a tout au plus 5 ou 6 0/o. Quel progrè'l I Et puis, est-ce bien la faute de ces 5 ou 6 O/o. Ja ne crois pas, car dans la plupart des cas, c'est la négligence des parents qui est responsable des absences scolaires. En traitant avec douceur les enfants à l'intelligence peu développée, vous obtiendrez certainement de bons résultats. Ces sentiments, qui se trouvent dans le rapport de M. Tissières vous honorent, Messieurs. Là-dessus les conclusions des deux rapports ont été adoptées. Un participant propose de confirmer le comité actuel, en procédant aux avancements qai se foot d'habitude.
13 (Voir plus haut, page 3 la composition de ce comité.) La discussion a porté ensuite sur la pabli• cité à donner aux rapports d~s réunio~s. 90 propose de les publier dans l Ecole primaire. laquelle, suivant un orateu_r, ne peut qu'.ètre plus intéressante en publiant des articles sur la pédagogie. M. GRoss, préfet de Martigay, appuie cette manière de voir et exprime l'espoir que les justes revendications des iostitute1;rs seront couronnées de succès, lors des prochains débats du Grand Conseil. L'échec précédent a été causé par une fin de législature. M. :REY-MERMET demande que tous les r~pports annuels soient rassemblés pour en faire un historique. · M. BURNIEB remarque qu'il a collectionné tous les rapports qu'il a pu trouver. Souvent les rapports de ces messieurs se foot désirer. Pois M. GAILLAND ·revient sur l'école d'application. Il voudrait que la question fût étudiée par une commission spéciale, chargée d'en référer à quelques dëputé's ~u Grand Conseil. M. BuRNIER croit que le comité peut se charger tout aussi bien de la chose, et que M. Gailland n'a qu'à lui présenter son rapport pour que le présid~nt ,ie .communique aux inspecteurs afin d'avoir I avis général. L'assemblée partage cette opinion. A 1 1/4 nous abandonnons la grande salle du château pour nous rendre, musique en tête, au bâtiment du stand. Là, une franche cordialité a régné. Les petits accrocs à la politesse d'un côté, les petits attentats aux règlements, les réparties un peu promptes ont été oubliés. Toasts ont succédé aux toasts. La patrie,
14 le Souverain Poolife, le Vénérable Clergé, les autorités cantonales, les autorités de Monthey, les institutrices, la Société de musique, etc., ont eu une large part de ces flots d'éloquence entremêlés de « Qu'ils vivent et soient heureux 1 » L'Harmonie de Monthey a joué ses plus beaux morceaux. Après- le banquet, les bouteilles de vin d'honneur et les cigares ont été distribuée largement. Les orateurs se sont multipliés. M. Gross, major de table, a été ce qu'il fut toujours, homme d'esprit et d'apropos. Mentionnons le toast de M. le docteur Bi3ck, qui est venu, l'après-midi, écouter l'Harmonie. L<~ vénéré citoyen de Monthey a parié dans un langage des plus élevé, Enfin, le bouquet de la fête a été la réception si entière, si cordiale, si charmante des Montbeysans. Merci donc aux autorités, merci à l'Harmonie, dont les productions ont été si fort applaudies, merci en un mot à toute la population de Monthey.
Traitement• de1 ln11tltuteurs-. - A ce propos nous reproduisons pour la gouverne du personnel enseignant primaire la circulaire suivante adressée, sous date du 10 mai 1897, par le Département de l'foatruction publique aux autorités communales : Tit., D'après la disposition de la loi additionnelle ravisant l'art. 31 de la loi sur l'Instructio~ publique, . la part de l'Etat à l'augmentation des traitements du personnel enseignant des écoles primaires sera versée direc-
15 tement aux communes à la fin de l'année scolaire. Après avoir consulté le Conseil d'Etat sur le procédé à suivre pour régler cette comptabilité avec les communes, nous venons vous inviter à bien vouloir nous envoyer les reçus délivrés par votre personnel enseignant, constatant que celui-ci a touché en entier le traitement prévu par la dite loi, afin que l'Etat puisse vous rembourser la part qui lui incombe, c'est-à-dire la moitié de l'augmentation. Ces piècee devront nous arriver, au plus tard, pour le 31 courant. Les Administrations des communes dont les classes durent audelà de six mois enverront ces pièces à la fin de l'année scolaire, après avoir réglé complètement lP.s traitements de leur p'lrsonnel enseignant. Nous saisissons cette occasion pour vous rappeler les minimums de traitements, tels qu'ils sont fixés p r l'art. 31 de la loi additionnelle précitée : pour un régent breveté, par mois Fr. 65 pour un régent seulement autorisé • » 55 pour une institutrice brevetée > > 55 pour une institutrice seulement autorisée » > 45 Il est entendu que dans co traitement n'est pa~ comprise la gratification à laquelle ont droit, d'après l'arrêté du Conseil d'Etat, les instituteurs qui dirigent encore le cours de répétition. L'augmentation est donc pour les régents de fr. 15, et pour les institutrices de fr. 10 par mois. La loi accordant le minimum de 65 fr, aux instituteurs et de ti5 fr. aux institutrices di-
Supplément à l'ECOLE PRHIURE 16 pl6més, sans faire aucune distinction entre les différents breveta, le Conseil d'Etat a décidé que tout le personnel enseignant muni d'un brevet provisoire, temporaire ou définitif! a .droit à l'augmentation de HS fr., pour les mshtuteurs et de 10 fr. pour les institutrices, par mois. Le personnel muni d'un brevet provisoire ou: temporaire prolongé est au bénéfice de la mème augmentation. C'est sur les bases ci-dessu& que les traitements doivent être réglé11 pour avoir droit à la part incombant à l'Etat.
Loterie en t'aweur de l'é,rll•e de nuraz ((Jollombey) recommandée par S. G. Mgr l'évêque de Sion et autorisée par le Conseil d'Etat. Cette loterie, appelée à procurer une partie des ressources urgentes que nécessite la reconstruction de l'église de cette paroisse, est un moyen d'atteindre plus rapidement le but louable poursuivi. Les personnes pieuses et bienfaisantes qui voudraient contribuer à cette bonne œuvre sont informées que des carnets de billets sont déposés pour le moment aux adresses suivantes: Sion : Pharmacie Zimmermann, !Magasins de Sepibus, Hortense Boll et Sœurs Pignat. D'autres dépôts dans les principales localités seront ultérieurement indiqués. Le plan de la loterie comporte 8000 billets à 1 fr., sur lesquels 172 ~ont gagnants et représentent au total une valeur en espèces de fr. 2500. Ils se répartissent ainsi : 1 à 500 fr., 1 à 100 fr., 5 à 50 fr., 10 à 25 fr., 25 à 20 fr., 50 à 10 fr. , 80 à 5 fr. (Communiqué.)
Pour les oiseaux Les nids d'oiseaux, en cette saison, se forment entre les bra~cbes, en même temps que poussent les premiè• res feuilles, que sur les arbres fruitiers s'épanouissent les prem!ères fleurs, que dans nos parterres s'entrouvrent les premiers boutons de roses et dans les bois les primevères, les violettes et les lilas. ' Nos ao:iis ~e l'air . viennent .se loger près de noue et nous offrir des le prmtemps, avec leurs services l'exemple d~ ce que doit être l'amour de la famille. ' Oui, c~rtes, ce sont nos amis, et naturellement comme tels, 0 triste espèce humaine I nous les traitons d'autant plus mal. Protégez-moi de mes amis Je me charge des ennemis.
Voilà ce que dirait la gente ailée si elle pouvait parler•. Elle nous la chante sur tous les tons de la gamme. Mais nous ne le comprenons guère, et la bataille quot~dien~~ que livrent aux petits oiseaux, enfants, adultes .Jt vieillards, est aussi mortelle pour ces charmants êtres qu'inepte pour nos intérêts. Ne sont-ils pas vraiment intéressants 'f Ayons la jus• tice d'en convenir. ~o dehors du plaisir que nos yeux aiment, rêveurs, à s~1vre dans l espace, le vol de ces petits camarades d'existence, en la vallée de misère ; du plaisir que nous causent les ~hansons qu'ils débitent, dès qu'éclate un rayon de solfnl ; et de cette douce sensation de la vie qu'ils réve,ill~nt en nous, pa~ leurs gambades joyeuses: da.ne le .frem.1ssement des femllages verts, il est un côté utile qu.1 doit préoccuper, et qu'il ne faut pas oublier. Ces petits êtres aimables, gracieux, charmants ont à re~plir, auprès de l'homme, une sorte de mis;ion d'équ1hbre, et la satisfaction de leurs besoins est pour nous une sauvegarde de sécurité. Alors que le travail de fermentation universelle en~eod.re des lé~ions. d'insectes dévorants, microbes de 1 agr1cultun\ qm aneantissent les semences confiées à la terre, voici venir la troupe infatigable des petits oiseaux, 961" 10 1
-
2 -
-
auxquels la nature a donné missi_o~ d'absorber t_oua ces ferments dont elle a fait la cond1hon de leur existence . Le bec ~rmé en guerre, ils fouillent la terre, sans pitié ; ou bien, coupant les airs, à coup d'ailes, ils happent au passage tous ces infiniment minuscules et dangereu ennemis du géant humain. La confédération des petits oiseaux se subdivise eomme la nôtre en plusieurs tribus indépendantes entre elles comme le sont nos cantons. Il y .a d'abord les grimpeurs, bons génies de nos arbres qui font pour la police de l'écorce et des branches éno;mémen't de bien en échange du peu de mal qu'on leur reproche et qu'on ·grossit à plaifdr, oubliant que, sur llotre égoïste planète, on est pourtant obligé très sou'Vent d,e nourrir ses serviteurs. Pais viennent les bataillons des oiselets minuscules, mésanges, troglodytes et roitelets, - les oiseaux-~ou-01les de nos pays - les plus mignons, les plus gracieux de tous et aussi les plus familiers, d'abord, la mésange proprement dite, avec sa tête bleue, striée d'~rgent, son ,cou doré, ;ses ailes vert sombre ; celle-là, vive, alerte, parcourant, sans relâche, les troncs et les branches, ,rimpant sautant, parfois la tête en bas, en recherche des œufs1 et des larves, en chasse aux chenilles et au:r. insectes car elle est l'insectivore le plus acharné qu'on -0onnais~e · un nid de mésanges dans un jardin, suffit à le préserv~r de l'invasion des parasites. Et cela d'autant mieu:r. que la mésange est le plus prolifique' des oiseaux, sa multiplication est formidable, ,et son nid en forme de bourse, suspendu dans les fo~r.ehes des 1branches, se remplit d'ua chape~et de pet!ts <eufs d'un bleu vert céladon, et quand vient le printemps s'échappent de ce nid, comme d'une caserne, de~ bandes d'oiselets qui partent en guerre. C'est nous qui profitons de la victoire f Vient ensuite le groupe ~es ~iseau:r. ch_anteurs_qui font l e charme des bois et des Jardms, t,ous moffens1fs, t~us utiles, grands destructeurs des paras~tes ; c est. un véritable crime de toucher à ceu:r.-là et l on devrait plutôt les .,respecter comme des hôtes aimés. Ils font _une chasse t errible aux insectes de printemps, ceu~ qu~ p~llulent -et foisonnent, et si pendant la belle saiso1:1 ils picorent un peu sur le fruit défendu, donnent par c1, par là quelq ues coupe de leur bec pointu sur des . cer:ses ou dea 1
3 -
prunes, on peut leur pardonner cette 16gère dtme pr6.; lev6e sur les quantités de récoltes sauvées par eax. En tête des chanteurs, il convient de citer le rosai,gnol, le ténor favorj, celui qui ne lance ses roulades que dans son m6~age (e:r.emple à donner à bien dea maris légers) _quan~ li a trouvé la famille qu'il aime et la fauTette, vive, aimable, familière, gentille le dug~on de la 1roupe. ' . Derrière ~ux, à d_istance! nous plaçons le pinson, souriant et ~ou1ours ,a~ (ne dit-on pas gai comme an pinson) to.uJours en Joie, chantant les feuilles les fleurs et les fruits, c'est-à-dire le priutemps, l'été ~t l'automne ; le chardonneret, élégant dans . son plumage de toutes couleurs, Je cha~don~eret, c:est-à-dire l'oiseau da chardon, car, vol~nt1ers, Il en picore les graines, avide des pucerons qui se trouvent dans les fleurs · la linotte le bruant, la bergeronne,te qui saute et gambade d'~ne ~ott~ de terre à l'autre, en poussant son chant familier... lire-li et le ~ouge-gorge bon enfant, et la triba des traquets, combien encore 1 Oubli~roos-nous le merle moqueur à la robe noire a~ bec Jaune, et son sifflet mélodieu:r. qui, avec les der~ n1eres, lueurs du crépuscule, dans la nait étoilée et lorsque. l aur~re .aux doigts de -roses ouvre le:& portes de 1 orient, fait vibrer nos plus intimes seosatioos 't . Ne saluer(?ns-nous pas ici le retour des hirondelles, -Oisea~ bénis de Dieu, comme nous le dit la romance de Mignon? Grand.es _destructrices d'insectes, entre toutes, nos hôtes d avril à novembre, car alors que vient l'hiver elles repartent en bandes; mais c'est égal c'est che~ n~ue qu'eHes . font leurs petits, et n.>tre cher pays est bien leur patrie, elles y sont bien chez eHes i le reste du temps, elles ne sont qu'en voyage. , En ce ~oment que les nids d'oiseaux sont peuplés d œufs déh_cats au~ multiples couleurs: bleus, blancs, roses ou Jaunes, Il noua a paru bon de plaider en faveur du respect qu'on leur doit dans les campagnes .surtout. ' On s~ pla_int avec raison de la diminution progressive des _petits 01seau1r:, ~os collaborateurs dans la tutte contre les 1°:sectes paras1ta1res, nos amis dans la vie; or, on les dêt~Uit dans _leurs couvées, les pauvrets, ce qui est un 'iér1 table sacrllège; on les chasse au piège et au fusil ,
.... -
auxquels la nature a donné missi.o~ d'absorber t~us ces ferments dont elle a fait la condition de leur existence . Le bec ~rmé eo goerr~, ils fouillen~ l.a ter~e, sans pitié ; ou bien coupant les airs, à coup d alles, lis happent au passage' tous ces infiniment minuscules et dangereux ennemis du géant humain. La confédération des petits oiseaux se subdivise eomme la nôtre en plusieurs tribus indépendantes entre elles comme Je sont nos cantons. Il y .a d'abord les grimpeurs, bons génies de nos arbres qui font pour la police de l'écorce et des branches éaorhiément de bien en échange du peu de mal qu'on leur reproche et qu'on .grossit à plaillir, oub!iant que, sur .Dotre égoïste planète, on est pourtant obligé tres souvent da nourrir ses serviteurs. Pois viennent les bataillons des oiselets minuscules, .m ésanges, troglodytes et roitelets, - les oiseaux-~ou-0bes de nos pays - les plus mignons, les plus gracieux de tous et aussi les plus familiers, d'abord, la mésange proprement dite, avec sa tête bleue, striée d'~rgent, son ,cou doré, ;ses ailes vert sombre ; celle-là, vive, alerte, parcourant, sans relâch~, les troncs et les branches, grimpant sautant, parfois la tête en bas, en recherche des œuf; et des larves, en ~basse aux chenilles et a;ux insectes car elle est l'insectivore le plus acharné qu on ,connais~e · un oid de mésanges dans un jardin, suffit à !e préserv~r de l'invasion des parasites. Et cela d'autant mieux que la mésange est 1~ plus prolifique' des oiseaux, sa multiplication est formidable , -et son nid en forme de bourse, suspendu dans les fo~r-0hes des 'branches, se remplit d'un chape~et de pet!ts œufs d'un bleu vert céladon, et quand vient le printemps s'échappent de ce nid, comme d'un~ caserne, de~ bandes d'oiselets qui partent en guerre. C est nous qui profitons de la victoire ! Vient ensuite le groupe des oiseaux c~anteurs.qui font le charme des bois et des jardins, tous 1Doffens1fs, t?US utiles, grands destructeurs des paras~tes; ces~ un véritable crime de toucher à ceux-là et 1 on devrait plutôt les -r especter comme des hôt~s aimés. Ils font ~ne chasse terrible aux insectes de prmtemps, ceu~ qu~ p~llulent ,et foisonnent, et si pendant la belle saiso1;1 lls picorent un peu sur le fruit défendu, donnent par c1, par là quelq ues coups de leur bec pointu sur des _cer:ses ou des 1
8 -
prunes, on peut leur pardonner cette Mgère dîme pr6.; levée sur les quantités de récoltes sauvées par eu.x. En tête des chanteurs, il convient de citer le ros11i_.gnc,J, le ténor favori, celui qui ne lance ses roulades que dans son mé~age (exemple à donner à bien des maris légers) .quao~ 11 a trouvé la famille qu'il aime et la fauvette, vive, aimable, familière, gentille le dug~on de la
~00~
'
. Derrière ~ux, à d!stance, nous plaçons le pinson, souriant et !ouiours ça~ (ne dit-on pas gai comme un pin-son) to.uJour~ en Joi~, chantant les feuilles, les fleurs et les fruits, c est-à-dire le printemps, l'été et l'automne ; le chardonneret, élégant dans son plumage de toutes couleurs, le cha~don~eret, c:est-.à-dire l'oiseau du chardon, car, vol~ntiers, 11 en picore les graines, avide des pucerons qui se trouvent dans les fleurs· la linotte le bruant, la bergeronne,te qui saute et gambade d'~ne ~ott~ de terre à l'autre, en poussant son chant familier..• lire-li et le rouge-gorge bon enfant, et la trib11 des traquets, combien encore I · Oubli~rons-nous Je merle moqueur à la robe noire , a~ bec Jaune, et son sifilet mélodieux qui, avec les der~ nières, lueurs du crépuscule. dans la nuit étoilée et lorsque. l aur~re .aux doigts de rose, OU.Vl"e ks portes de l-0rient, fait vibrer nos plus intimes seosafions? . Ne saluer~ns-nous pas ici le retour des hirondelles, -0isea~ bénis de Dieu, comme nous le dit la romance de Mignon? Gr1:ï0d,es .destructrices d'insectes, entre toutes, nos botes d avril à novembre, car alors que vient l'hiver elles rep,artent en bande~; mais c'est égal, c'est che~ n~us qu elles . tont Jeurs petits, et n.>tre cher pays est bien leur patrie, elles y sont bien chez elles; Je reste du temps, elles ne sont qu'en voyage. , En ce ~oment que les nids d'oiseaux sont peuplés d œufs dél~cats. au~ multiples couleurs: bleus, blancs, roses ou Jaunes, li nous a paru bon de plaider en faveur du respect qu'on leur doit dans les campagnes .surtout. ' &
On s~ pla.iot avec raison de la diminution progressive des .Petits oiseaux, nos collaborateurs dans la tutte contre les u~sectes parasitaires, nos amis dans la vie; or, on les dêt~u1t dans . l~urs couvées, les pauvrets, ce qui est un ~ér1table sacrllege ; on les chasse au piège et au fusil,
-
,l
-
-
- oè· qui est un aaaaaainat sana but, et dans tous les cas, une mauvaise action. Protégeons les oiseaux, au contraire, ca! non seu\~ment comme tout être humain, ile ont droit à la vie, mais' cette vie nous est éminemment nécessaire.
.(Bulletin suisse/.
•
SYLVAIN NoEL,
*
*
Oh t ne déniche pas les Oiseaux dans tes jeux 1 Les Oiseaux ont de Dien reçu leur existence : C'est Dien qni leur apprend, dans sa Tonte Puissance, A tresser sans effort leur Nid si gracieux. Les Oiseaux, comme nous, ressentent la souffrance : . Cher enfant, que dirait ta pauvre. mère, un Jour, Si, de ce petit lit où neurit ton enfance, Quelque méchant t'allait ravir à son amour f Ta mère pleurerait, et, pleine de tristes~e, Elle t'appellerait, hélas I peut-être en vam 1 Et toi, de qui la joie est toute en sa tend!essti, Et toi, que dirais-tu, mon file, le lendemain f Prends donc pîtié de la frêle famille De ce jeune oisillon Qni gazouille et sautille, Et n'a point peur de toi parce qu'il te croit bon. Enfant, si dans ton eœur la Charité demenre, Le Ciel te laissera ta mère à caresser, Et ton ange viendra, de sa sainte demeure, Auprès de ton chevet chaqne nuit se poser. - - ~ - G i zw;>V 3
Le . dzo du ma"i , chez noa ancêtres Le Journal du Dimanche a publié dans son. N° 19, un long recueil de coutumes locales, de locut1ons du terroir de scènes de mœura de nos pères, ayant toutes trait a~ mois de mai, et cueillies un peu partout dans les vallées de Suisse et de France. . . Ces antiques usages, et d'autres analogues, subs1sta1ent aussi chez nous il y moins de cent ans. E~ les énumérant on pourrait former un charmant recueil nous révé-
5
-
tant un côté trop peu connu des mœurs simples et po6• tiques de nos aïeux. De même que toutes les légendes -antiques, ces us et coutumes méritent d'être écrits pour les conserver à la génération future comme souvenir d'une époque à jamais disparue. Entre autres habitudes, qu'on poorrait presque appeler patriarcales, en voici une, existant de temps immémorial, mais à cette heure supprimée : Le premier dimanche de mai, toute la jeunesse de Nendaz se rendait au fond de la vallée dans une petite plaine nommée Plan-marais, située entre les alpages de Tortio, de Siviez el de Novéloz, et distante de deux fortes lieues du village paroissial. Lt, elle prenait joyeu-sement ses ébats, et jouait au tsarat, espèce de lawntennis ayant une certaine analogie avec le jeu de paume si en vogue de nos jours. Après s'être bien diverti par ces exercices physiques, entrecoupés de joyeux lazzis, chacun reprenait le chemin de son hameau. Le dzo du mai (1) était passé, ayant apporté à l'àme un peu de joie et au corps une bonne dose d'entrain et d'énergie vitale.
B.
MICHELET,
Histoire d'un tailleur de pierre Dans une étude
que vient de publier la Revue
des Deux Mondes, le vicomte G. d'Aveoel continue cette série si attachante sur le Mécanisme de la vie moderne. Dans son article d'aujourd'hui, M, d'Avenel retrace en passant l'histoire de M. Joseph Tbome, ancien entrepreneur, décédé, il y a quelques mois, à l'àge de 87 ans en laiseaot - exemple saisissant da succès daos la construotioo parisienne - une fortune d'environ 60 millions. , li naissait eo 1809 à Bllgnols-sur-Cèze , daos le Gard, le treizième enfant d'une famille paysanne. A 10 ans il avait manié son premier outil ; à 21 ans, devenu tailleur de oierre, il ambitionne de faire son , tour de France. » Redoutant l'opposilion de sa mère, il s'en va (1) Quoique généralement cetLe expression indique le f• jour de mai, elle veut dire ici le i•• dimanche de mai. Je m'en suis servi dans ce sens erroné pour me conformer ecrapuleneement à la manière dont ce fait est raconté. B. M.
-
-
6 -
sana loi dire adieu. Il veut pourtant lui laisser en souTenir, ses 6conomles - une cinquantaine de francs - 911'11 a cachées sous un carreau de la chambre. Le Jeune homme part, muni d'espérance et d'un anneau d'or, sorte d'alliance bien mince, que son frère aîoé au.. courant de ses projets lui avait donné et qu'il gard; aadolgt jusqu'à sa mort. • Tout en travaillant, il arrive à Nevers ; ses braa eDtl.és par la fatigue du métier l'obligent à un repos mom.entan.é. Il est curieux de D(!ter que cet ouvrier qui devait arriver • à 1a force du poignet ,, n'annonçait pas une grande vigueur musculaire ; il avait été réformé pour défaut de taille. Lorsque Joseph Tbome, après quelques arrêts obligatoires pour gagner de quoi continuer son voyage, pénètre dans la capitale (f83t), l'in-~ustrie du ~âlim,ent y est paralysée par les troubles; 11 est contraant d aller s'embaucher comme terrassier au fort de Vincennes. • Il n'y resta pas longtemps; remarqué par les contre-maitres, il reprend son état et obtient d'exécuter à la tâche, sur des parties de façade, cette ouvraison délicate de la pierre qui s'appelle le , ravalement ,. Employé ensuite comme chef de chantier, il commence à acheter sur ses épargnes un petit matériel d'entrepreneur, car déjà les architectes lui confient des immeubles. Bien que dénué de tout capital, son application, son intelligence, lui avaient valu cette première richesse: le erédit. Grâce à lui, il obtient sans débours les fournitures nécessaires au commeocement de la bâtisse : et, comme, par ses marchés, chaque étage lui était payé à mesure que la construction s'élevai t, il désintéressait à son tour ses créanciers. Les bénéfices aiosi réalisés lui permettent, à dater de 1838, de voler de ses propres
ailes,
• Il venait de s'unir à une jeune fille qui, à défaut d'argent - elle possédait 6,000 fr. de dot - lui apportait la collaboration d'une associée iofatigable. Mm6 Thome tenait les comptes de son mari, mais elle ne pouvait le suppléer dans les détails de sa profession. Or il n'avait reçu aucune éducation. Un prêtre de la paroisse de Chaillot se chargea de son instruction pri. maire ; il prenait en outre chaque soir, en rentrant du travail, une leçon de coupe de pierres d'un maître du· voisinage, demeuré son ami et qui survit à son élève. Il est aujourd'hui âgé de 94 ans. Ce fut en effet à Chail-
7
-
lot, dans ce quartier où il est mort après l'avoir trans-formé, que Joseph Thome était pour la première fois. devenu propriétaire. Il avait acquis pour quelques millierB de francs un terrain de 2,000 mètres, rue Newtonr où il avait édifié vaille que vaille, avec des matériaux de rencontre, son habitation et ses ateliers. Il se trouvait là dans un désert et comme à la campagne. • Dès lors il créa tout le quartier _aujourd'hui si riche de Chaillot., puis les avenues Marceau, Kléber, Alma, Trocadéro et autres ; il bâtit des milliera de maisons dans les transformations du vieux Paris. , Les immeubles qu'il avait construits, il se bâtait de les vendre pour en édifier d'antres ; non proprement spéculateur, mais fabricant de logis, comme on est fabricanl de bateaux ou de meubles. Levé à l'aube, il arpentait Paris en voiture, sa quinine en poche; vivant au milieu des terrassements, il y avait contracté des fièvres dont il souffrait sans cessé. Il occupait jusqu'à 700 ouvriers et faisait, chaque année, une moyenne de 125 millions d'affaires. Sur sa simple signature, ses bailleurs de fonds - il en ellt de considérables - lui remettaient des trésors: le duc de Galliera qu.i avança un soir vingt millioos, demandés à l'improviste, et nécessaires pour un cautionnement à verser le lendemain. • Cet homme parti de si bas, arrivé si haut, dont la vie fut intimement liée à la transformation urbaine, qui sans de pareils artisans ne se serait jamais accomplie,. eût pu prendre pour devise un mot: , Ainsi soit-il >, que, par un lie bizarre datant de sa jeunesse, il avait: constamment à la bouche et intercalait daus toutes ses. phrases. Ce souhait, par lequel les prières des chrétien!lse terminent, serait bien placé à la fin de cette carrièr& exceptionnellement heureusè. •
=Q
Q
OIIIO Q
Q
"
Beaucé et u&IIUé dea lac11. Ce qui donne un charme particulier à notre pairie et qui fait son caractère distinctif, ce sont ees montagnes· et ses lacs. Oa peut dire, en etf61, que ceux-ci découlent de celles-là et qu'ils en sont la conséquence naturelle et nécessaire. Si les sommités alpestres ont le pouvoir d'attirer et de condenser les vapeurs atmosphériques.. c'est dans le fond des vallées que les eaux s'accumul entr
-
8
-
"Se clarifient et s'épurent. Au sortir du glacier l'onde est blanchâtre, vitreuse, chargée de limon et absolumen~ impotable : en passant par les lac3 elle perd son âpreté, son g01lt sauvage et devient une eau vive propre à tons les usages culinaires et domestiques. Un autre avantage des grandes agglomérations liquides, mers ou lacs, c'est d'absorber beaucoup de calorique et d'oxygène, qu'elles répartissent uniformément et d'une façon plus équitable entre leurs rives. Aussi xemarquet-on en SuiHse que le voisinage des lacs jouit d'un climat généralement tempéré et doux, favorable par conséquent à la culture de la vigne et des arbres fruitiers. Au point de vue pittoresque- lien de plus mobile et de plus varié que l'aspect de nos lacs. Voyez ces nappes liquides tantôt argentées ou azurées, tantôt jaunes d'or ou couleur de pourpre, tantôt vertes ou sombres, réflétant toutes les teintures du ciel et toutes les images de la terre. Planes et unies comme un miroir, nous les verrons bientôt se rider souq l'action de la brise ; d'autres fois s'enfler comme la tempête, soulever des vagues énormes, brisant dans leur furie les gros steamer comme · les plus humbles nacelles. Nos ancêtres, les habitants préhistoriques de l'Helvétie avaient un culte pour les lacs, culte de terreur mais aussi de confiance. Les lacs étaient à leurs yeux ta~tôt des dieux vengeurs, tantôt des lal}S tutélaires. Ils passaient une grande partie de leur existence au milieu des flots et ne se croyaient en sureté contre les bêtes féroces que loraqu'ils avaient mis une certaine distance entre leurs propres habitations et le rivage. Les modernes n'ont certainement pas des golits aussi lacustre8. S'ils aiment à voguer sur le lac, à s'y baigner ou à y plonger, la fantaisie ne leur viendra cependant jamais d'en faire ou d'y établir leur demeure permanente. Un jour l'homme a dit au lac: tu es trop grand, tu me gènes. A la place de tes flots improductifs j'aimerais mieux voir de vastes grèves où je planterai des arbustee, des choux, des pommes de terre, des haricots, des oignons et où je verrai plus tard jaunir les moissons.... Sitôt dit, sitôt fait. De gigantesques travaux d'endiguement et de dessèchement furent entrepris aux frais de la Confédération et des · cantons, Des milliers et des millions ont été consacrés à cet.te œavre, considérée comme d'utilité publiq11e et qui pour certaines contrées
-
•
9
étaient réellement nécessaire. C'est ainsi que les lacs de Neuebàtel, de Morat se sont rétrécis graduellement, au point que l'on se demandait s'ils ne se réduiraient pas un jour à la proportion d'un mince cours d'eau •. L'homme s'est applaudi alors d'avoir par son génie corrigé la nature. Mais survienne une année pluvieuse comme 1896. Quand les cataractes du ciel s'ouvrent et quand le ToutPuissant lâche les écluses de l'abime, quand les torrents deviennent des- rivières et les rivières des fleuves, alors les lacs grossissent dans la même proportion. Ils remontent peu à peu et, reprenant successivement leurs anciennes positions, ils brisent en quelques heures les entraves et les frêles constructions qu'on avait cru pouvoir leur imposer. Quoiqu'il en soit, les lacs ont certainement leur raison d'être; s'ils n'existaient pas il faudrait les inventer. Ils sont en un mot des miroirs où se reflètent la puissance, la bonté et la sagesse du Créateur. Ch. R.IEMY.
----Ç' ~
?-~---------
VARIETES Epoque des moiBBons. - Le ministère fraoç11is de l'agriculture a fait dresser .le table~u. de l'éJ!oque ~es moissons dans le monde entier, le vo1c1: Janvier est lépoque de la moisson pour l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Chilli, la République Ar~entine; février at f!?,ars pour les Indes anglaises et la Haute-EgypLe; avril pour le Mexique, la moyenne et Basse-Egypte, la Turquie d'Asie, la Perse, la Syrie, l'Asie-Mineure et Cuba; mai pour le nord de l'Afrique, l'Asie centrale, la Chine, le Japon, le Texas, la Floride. En juin. on moissonne en Californie, en Espagne, en Portugal, en Italie, en Grèce, dans l'Orégon, la Louisiane, l'Alabama, la Géorgie, le Kansas, le Colorado, le Missouri ; eu juillet. la moisson se fait en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie, en Autriche, en France, dans la Russie méridionale, à Nébraska, au Minnesota, dans la Nouvelle-Angleterre et le Haut-Canada; en aoùt, en Angleterre, en Belgique, en Suisse, en Allemagne, dans le Danemark, en Pologne, dans le .Bas-Canada, au Manitoba et dans la Colombie anglaise; en septembre. dans le nord du Canada, en Ecosse, en -Suède et Norvège; en octobre, dans la Russie septen-
-
10 -
-
trionale ; en novembre, dans le Pérou et dans le sud de l'A.friqot>, pt PD décembre. dnnR la Birmanie, CfJmment on devient orateur. - Tout enfant, dit le Gaulois, M. le comte Albert de Mun, récemment reç11 à l'Académie française, se distinguait de ses petits camarades par une grande facilité de parole. Son père. qui avait observé ce don naturel chez son fils, s'étudia à le développer, et il s'y prit d'une faç:>n ingénieuse •. Si l'enfant avait commis une incartade vénielle, punie d'ordinaire par quelque retranchement de plat favori, il exigeait de lui qu'il fit un discours pour demander sa· grâce. L'histoire ajou\e que lè petit avocat da sa propre, cause la plaidait ai bien, que la privation de dessert, dont il était menacé, se changeait souvent pour lui en soppl~mPot rlA fri11ndiPA!'I en flUisA il'honoraires. Comme quoi il est dangereux de vivre. - La boutade suivante a été poussée dans un banquet à Paris pour se rire un peu des savants et des microbes. L'orateur dit entr'autras : Si vous buvez du lait, à ce que disent les savants, prenez bien vos précautions, car les vaches qui l'ont fourni peuvent être tuberculeuses. Buvez-vous de la bière vous aurez affaire à l'acide salcylique qui gàte l'es!omac. Buvez-vous de l'eau, ayez soin de la porter !jusqu'à 90 degrés, sinon les microbes y dansent une sarabande ffirenée. Que faut-il donc boire! Du vin, direz-vous. Ob I c'est pour Je coup qu'il faut être sur vos gardes. La police sanitaire vous pre8'rit d'en rectifier l'alcool, de vous méfier du bouquet, de tout ce qui en fait la valeur et l'agrément. Que reste-t-il donc ~ l'alcool pur T Mais les prisons et les maisons de fous sont peuplés de ses .victimes. Sans doute vous avez la faculté de diluer l'alcool pur dans de l'eau distillée, car l'usage de l'eau de source et du cidre est un crime contre l'hygiène. Voilà pour la boisson. Pour la nourriture, c'est bien autre chose encore. Le pain en effet, le pain quotidien T eh bien I au bout de deux jours la moisissure nous en interdit l'usage. La viande, les légumes I jamais vous ne pourrez les débarrasser des microbes perfides qui s'y donnent rendezvous. Quant au tromage, il n'en faut pas parler, c'est la personnification du microbe. Vraiment, en présence de tant d'ennemis aussi terribles que microscopiques, on se demanda comment la. race humaine tient encore sur notre planète. r
------·-~'-·'~ .
11
-
· Recettes et conseils utiles •
La. terre est un capital ; les récoltes annuelles représentent les intérêts; l'énergique intervention du cultivateur détermine la hausse du taux. Nul ouvrier ne réussit dans son travail, s'il ne connaît la valeur des outils placés entre ses mains ; da même l'agriculteur doit chercher à découvrir la nature du sol, ce précieux instrument de production, Les éléments constitutifs des terres arables sont essentiellement l'argile, le sable et le calcaire. L'argile se distingue par sa propriété de faire de la pâte avec l'eau et de durcir sous l'action de la chaleur; elle absorbe beaucoup d'humidité et devient imperméable lorsqu'elle en est saturée. Le sable provient de la pulvérisation des roches plus ou moins compactes qui constituent les montagnes. Le calcaire est un composé d'acide carbonique et de chaux. Le sable ne pourrait former une terre propre à la culture ; il en est de même de l'argile, mais la présence du calcaire modifiij les caractères opposés des autres éléments. La terre arable renferme une quatrième substance de nature végétale connue sous le nom d'humus, Un sol argileux et compact, ou terre forte, de production presque nulle, peut ètre amélioré par _l'addition d'une certaine quantité de craie, de chaux ou de marne. Un sol siliceux où le sable dominf', forme une terre légère qui ne supporte pas une longue sécheresse. Un mélange d'argile, de sable et de calcaire forme une terre franche. Le calcaire détermine la fertilité, mais ou Je trouve rarement seul. Les terrains à base de calcaire s'assimilent promptement les humus fournis par les matières végétales et les engrais de ferme. Pour modifier la composition d'un sol~ il faut y ajouter les matières dont l'absence est reconnue par l'analyse quantitativf'. Les engrais chimiques peuvent procurer une forte récolte, un gros intérêt, tandis que l'emploi du fumier améliore le terrain, c'est-àdire augmente le capital. Matelas de mousse. - Sans vouloir nicher comme les petits oiseaux, on peut, lorsqu'on a l'avantage d'ha-biter à la campagne, faire d'excellents matelas avec la mousse des bois, des matelas aussi bons que ceux en laine et infiniment moins coilteux. Pour cela, on recueillela mousse, · en ao\\t, au moment de sa plus grande vi211eur, on la débarrasse de toute la terre qui tient à sea
-
13 -
12 -
racines et 90 la nettoie convenablement en rejetant les brios trop courts ou trop durs ainsi que les corps étrangers. On la fait sécher ensuite, doucement au grand air, puis on la bat pour faire tomber le reste de la terre ; il ne s'agit plus alors que d'en remplir les toiles à matelas le plus également possible, Ces matelas sont excellents. On les fait au reste comme ceux de laine, et -s'il arrive que, par l'usage, la mousse se ramasse trop en quelque partie du matelas, on le bat de temp'3 en temps pour le rendre à son épaisseur uniforme. Ba.ine de fourmii. 7'"' On recommande depuis longtemps de traiter les rhumatismès par piqûres d'abeilles. L'exp~rience a été faite aussi avec des fourmis et sous une forme plus acceptable que la brutale piqùre des abeilles, car les fourmis renferment autant d'acide formique que les abeilles. En Russie, dans les environs de Moscou notamment, les paysans atteints de rhumatismes se traitent par un -procédé qui semble être basé sur ce principe. Ils prenuent des bains de fourmis. Ce11 bains sont préparés de la façon suivante: Un individu va à la recherche d'une fourmilière; quand il a découvert celle-ci, il entasse dans un sac de toile les fourmis, les œufs et forcément 'b eaucoup de débris. Rentré à la maison, i! plonge dans l'eau chaude du bain son sac de fourmis préalablement bien fermé. Au bout de quelques instants, cette eau dégage une odeur piquante très forte d'acide formique. Le bain est à point ~t on y plonge le malade. Ce bain a une action irritante très active sur la peau, d'où résulte une sorte de dérivation qui fait disparaître les douleurs rhumatismales. Le bonheur. - M. Victor Meignan vient de publier, soue le titre de Conseils, un charmant et très utile ouvrage; il contient, en effot, ce qu'on pourrait appeler la c science du bonheur •. Contrairement à la plupart des hommes, l'auteur se déclare heureux et il donne sa recette, contenue dans les quatre principes suivants : 1. savoir ce qu'on aime, - pour Je choix d'une carrière, pour la direction de ses attractions personn·'lles, pour la direction de son intérieur; 2. aimer ce qu'on a, ce qu'on est, ce qu'on doit faire ; 3. chercher en soi sa satisfaction, - en cultivant en soi-même ce qu'il y a de bon, de grand et d'élavé, en conservant ses enthousiasmes, en ne simulant jamais ceux qu'on ne ressent pas;
4. ne demander ao,x choses que ce qu'elles peuven, donner, en se souvenant que tout, ici bas, esl limtté, les joies comme les tristesses, qu'elles viennent de l'amour de l'amitié ou des plaisirs mondains. L'auteur prêche la sagesse, mais non point l'égoïsme : il a inscrit, pour épigraphe, en tête de son volume, le mot, de Joseph de Maistre : , Qu'est-ce. que le bonheur T C est d'en donner •. M. Meignan qui a passé sa vie à voyager, à observer, qui a be!ucoup vu et b~aucoup_ ~etenu, développe ses maximes d u~e façon pratique, spmtu~lle, illustrée d'exemples, de traits et d'anecdotes. Son hvre est un manuel de philosophie aimable et tempérée que l'ou consultera avec plaisir et _profit. Pour arrêter lea aahrnementa. - Voici un remède simple et pouvant se trouver facilement sous la main pour arrêter les saignements de nez, et aussi le sa~g répandu trop abondamment par les coupures: Un ac~1dent vient-il à se produire, coupures ou hémorrhag1es nasales, vous prenez un peu d'alun et vous en s~upoudrez la plaie, si c'est une blessure, ou vous prisez la poudre d'alun pour un saignement de nez. C'est .un remède qu'il est facile d'avoir toujours chez soi: 11 n'f.st pas dangereux, il est prompt à préparer et ses résultats sont rapides. Contra lea souris. - Un horticulteur anglais, que les so1Jr1s désolaient en grignotant ses graines les plue précieuses, vient dl} faire une découverte. D a trouvé 9ue le meilleur moyen d'écarter lPs rongeurs de ses armoires étai.t de répandre autour de celles-ci quelques feuUles sèchAs de menthe poivrée. A défaut des feuilles ou des tiges, quelques gouttes d'un extrait de mAnthe réussissent très bien. Il parait ~ue cette ode-• t nussi désagréable aux sooris que l est, à l'olfactif Qt,S matous, celle de l'essence de térébenthine. Au bout de ,11 elques semaines, les · souris quittent la maison pour n'y plus revenir. Pota.ire de santé. - Sécher au four des cro-0.tc.s de pain rassis, les piler ensuite de façon à les rédum à l'état de farine grossière. Mettre cette farine à la. dose d'une cuillerée à bouche par perPonne, dans le lait, le bouillon gras ou tel bouillon maigre, au moment de l'ébullition du liquide, et <ul laisse cuire deux ou trois minutes. Ce potage très nourrissant convient aux personnes affaiblies ou aux enfants.
- u -
Pensées • Allez au devant des désirs .d'autrui autant . que le permettent la sagesse et la justice : mais n'ayez jamais peur de dire non. Tout le monde sait dire oui, bien que tous ne sachent pas le dire avec grâce, mais il est bien plus difficile de ·dire non. Plus d'un homme a dll _sa ruine à cette inca. -pacit6. · Mais s'il est nécessaire de pouvoir refuser, il est tout aussi n6cessaire de savoir refuser avec grâce. Nous de·vrions toujours tâcher que ceux avec qui nous avons quelque affaire à traiter aient du plaisir à être en relation avec nous, et désirent recommencer. Dans les affaires, il y a. plus de sentiment qu'on ne le suppose généraleme~t, 11 n'y a personne qui ne soit sensible à la bienve1!lance et à la courtoisie. Des manières agréables -et cordiales règleront parfois une affaire mieux que l'ar(Semaine de Cambrai,) gent. * Sans l'humilité, la foi est mal assurée ; pour croire en Dieu, il faut d'abord cesser de croire en soi. Pour plaire à Dieu, il faut commencer par se faire petit, par reconnaîtr~ sa grandeur et notre néant, par lui demander ce qui nous manque et lui offrir amour pour amour. Alors sa Justice se laisse fléchir, sa grâce descend sur noua; ~mve à notre intelligence par notre cœur, et nous élève Jusqu'à loi. Oa prétend que l'humilité briee le ressort 4e l'àme, qu'elle la rapetisse en lui ôtaot l'estime de aoi, qu'elle la rend incapable de grandes choses et -de .g6néreux dévouements. Mais l'homme ne s'élève jamais tant que lorsqu'il s'humilie devant Dieu. Baron de GERLACHE. • A Rome, plus qu'ailleurs, l'âme garde sa sérénité au sein de tous les orages ; la conscience chrétienne se fortifie des glorieux souvenirs du passé et des radieuses esJ.>érances. de l'avenir. Ici on sent que l'air natal de la Sainte Egbse et son atmosphère propre, c'est la lutte perpétuelle. Cardinal MERMILLOD. . • On . n_e nous pardonne -ni nos talents, ni nos succès, na nos Joies. On ne nous pardonne que notre mort. E t CA.RMEN SYLVA . encore pas toujours. , "' Ce qu'on appelle c gagner du temps ,, en politique, e est souvent en perdre. . A. de BROGLIE. • Une des choses qui fait que l'on trouve si peu de
-
15
~ens agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui .ne pense plutô~ à se. qu'il v~ut dire qu'à répondre précisément à ce qu on lui dit. Bien ~couter et bien répondre est uoe des plus grandes _perfections qu'on puisse avoir dans la conversation. LA RocHEFOUDAULD. • Les hommes veulent bien qu'on rie àe leur espril, mais non de leur sottise. SWIFT. • Lorsqu'une science croit n'avoir à compter qu'avec <les phénomènes et des faits sensibles, sans qu'elle éprouve le besoin de remonter des effets aux causes et des causes secondes à la cause première, ce n'est plus qu'une science tronquée, qui s'interdit tout élan et toute perspective. Car c'est la grandeur de l'intelligence humaine de ne pouvoir faire un pas, dans un ordre de choses quelconque, sans que l'idée de Dieu se présente à elle, comme le fondement qui en supporte les assises et la lumière qui en éclaire les sommets. MGR FREPPEL.
Toue les effor,s de la violence ne ptluveut afüublir la vérité et ne servent qu'à l'affermir davantage ; la violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque, au lieu que la vérité subsiste éternellement et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même ,, •
«
CARDINAL MERMILLOP,
Les révolutionnaires se servent des ouvriers, mais rEglise sert les ouvriers. • CARDINAL MERMILLOD. Celui qui nie Dieu détrône l'homme. Si !"nomme, qui tient de l'animal par son corps, cesse de se rattaeher à Dieu par son âme, il n'est plus qu'une basse et BACON. ignoble créature. La vie est comme l'océan ; il n'y a que les caractères bien lestés qui puissent la traverser en ligne droite. • «
* *
GRENIER,
• Un seul homme, avec des moyens passables, peut .opérer de grands changements et venir à bout de choses importantes si, d'abord, il forme un bon plan, s'il renonce aux passe-temps frivoles qui pourraient distraire son attention, s'll fait de l'exécution de ce plan sa seule FRANCKLlN. étude et son unique affaire. • Le comble de la prudence, c'est la modéra~ioo daos les paroles. SAINT THOMAS.
-
16 -
• Il y dana le cœur humain deux mesures, l'une pour le plaisir, l'autre pour la douleur, qui se vident et se remplissent alternativement Mm• DE MAINTENON, • Les coquettes sont de vraies girouettes, car elles ne se fixent que quand elles sont rouillées. Sophie ARNOULD, • La vraie démocratie est celle qui permet à chaque individu de donner son maxîmum d'efforts. PASTEUR.
• None ne voyons que dans le paeeê, et noue reiardons toujours dans l';,.veriir Alfred NETTEMENT. _ * La pauvreté de Bethléem a bàti nos temples ma-
gniques.
BOSSUET.
* Il n'y a de bonne recette pour trouver le bonheur
que de prendre le temps comme il vienl, les gens comme ils sont, et d'être bien avec soi-même. M. DU DEFFANT 111 Les vertus dont la société a le plus besoin, l'humilité, la chasteté, la charité, c'est le catholieieme et le catholicisme seul qui les produit. LE P. CHOCARNE. • Le talent le plue haut ne vaut pas le tact et le sens commua. Dans la course de la vie, c'est le sens commun seul qui donne accès sur la piste. 111 •
* Ne
SWET MARDEN.
perdez pas votre temps en rêveries sur le passé ni l'avenir, mais soyez attentif à saisir le moment présent. SWET MARDEN, • N'écoutez pas le monde qui vous appelle à ses fêtes ; fuyez-le, parce qu'il est trompeur I son bonheur est un avilissement, ses inspirations sonl l'orgueil et l'avarice ; son esclavage plait, mais il est sans récompense; sea leurs soat brillantes, mais ses fruits sont e:dcrables •.• Pour bonheur il donne le chagrin, pour honneur la honte, pour fi.déllté la fraude, pour richesse la misère, pour vie la mort éternelle. HENRI Juso. "' La force n'est qu'une vibration passagère, qui s'6puise et se transforme I Il n'y a d'immortel que la Vérité et la Justice I Un temps vient toujours où l'humanité, si basse et si méchante qu'elle ait été, a un remords et venge les martyrs sur la mémoire des bourreaux, lorsqu'elle ne les a pas vengés sur leur propre DELA.HAYE, chair.
•