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No 11-12 l'Ecole primaire, Juillet - Août 1896

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die est phlogose abdominale, On recommande comme préservatif d'ajouter tous Jes jours à Ja boisson du porc 6 grammes de crême de tartre. Puceron la.niière. - On peut le détruire avec de l'eau presque bouiHante, ou avec de l'eau-de-vie de mau'!ais go'O.t, ou avec de l'eau de savon noir à laquelle on a1oute ua peu de benzine. Il faudra beaucoup d'attention pour vous en débarrasser.

Pensées . • Voyon~ avec bonheur sè lever, chaque semaine, ce Jour du J?iman~he que 1~ bon Dieu appelle son jour. A tous les Jours, 11 est vrai, Dieu a donné la mission de n~us mener à l'~t~rnité en nous procurant, sur Je chemm_, Ja part de Joie . et de peine nécessaire pour nous fortifier et nous purifier. Mais le Dimanche plus spécialement a une mission toute d'amour Le. Samedi s~ dépouillent les vêtei:nents passés par le travail, et le Dimanche se revêtent des habits non seulem~nt plus fr~is mais _plus élégamment disposés. Pourquoi ne pas faire la toilette de son cœur comme on fait c~lle de son corps 1 Le cœur, pendant la semaine, n'at-11 pas été souvent sali et fané par de petites rancunes, par des mécontentements multipliés, par des intérêts lésés, par des paroles dures .... Eh bien pourquoi ne pas secouer toute cette poussière qui ternit l'affection se pardonner généreusement Je Samedi, se serrer la ~ain avec franchise, et puis s'9n aHer en paix le cœur content attendre le réveil du lendemain, ' • Ecouter avec bonté est souvent un acte de la mortification intérieure la_ plus délicate, et c'est un grand secours pour nous aider à parler nous mêmes avec bonté. .La bonne cause ~·a jamais péri que par faiblesse, faiblesse des chefs, faiblesse des soldats. Vainqueurs, on se passe beaucoup trop les uns aux autres. Vaincus on n~ se soutient pas assez les uns les autres. Trop' <te laisser aller dans l~ bon temps ; trop peu de constance dans le mauvais. Sortir de cette ornière, relever le moral des honnêtes gens, c'est Jà, aujourd'hui notre premier intérêt. GmzoT.

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SION JutlleC-&.o4t tS D6

l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAlRE paratt chaque quinzaine, de Honmbre à Avril inclusinment, en livraisons de i6 pages. Prb: d'abonnement pour la 8u1He, 2 rr. 30, .. IJnlon poatale 3 J'r. ~nnoncea, pria, 20 cent, la ligne 011 son upace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce C)U à un compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAI RE: Traitement des instituteurs. Rouages scolaires. La science pédagogique. - L'enseignement du catéchisme (suitt{ - L'éducation morale. - Les moyens généraux d'éducation. - Del' Attention. - Les exercices de rédaction. - Un moyen d'émulation. - De l'~pathie chez certains élèves (suite et fin). L'ordre dans les idées et l'ordre matériel. - La lecture expliquée. - Echos des conférences. Partie Pratique (Compositz"ons). - Supplément.

Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département

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de l'instruction publique, à Sion.


Chronique et avis scolaires Ceux de nos lecteurs qui n'ont pas encore réglé leur abonnement à l'ÉCOLE PRIMAIRE pour 1895-96, sont priés de réserver un bon accueil aux cartes de remboursement qui vont ètre mises en circulation. R apport de ge1Ulon. -

Li:i per~onnel enseigoant, dtJ Valais trouver11, joint à ce numéro, un l'Xlrait du rapport du Dépar tflment de l'In ~truction publique sur sa gPslion d'e 18%. · Notre p u bllcatlon - Ceux de nos lecteurs auxqut:>IS il maoquerait l'une ou l'autre livraison de la présente année scolairf>, pour avoit- une collec!ion complète, peuve ot la rncevoir gratuitement ai les E<Xfimplairi-s restatils le pnmettent,

P rim e à n os abonné@! An pré~Ar1t N• e,t joi nte la prime promise à nos abooné8. EI IA Jr ur est expédiée Pn cot forrnité de nos avis d <lu choix - ,,nr re les deux opu ~cules ofi.~rts -

fait piir un certain nombre d'entr'eux .

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R et ar d dtr, s l 'en voi d e ce ~ · L'i-xpédilion de N i N· a scuff -rL d'un retard plus considérable que d'ordiuaire pour diverses raisoos indépendantes de la volonté de l'éditeur. Li prPsflote livrai son est d'aill eurs avec SOQ supplérnM t Je i!ouble d'un N° ordinairP, et contient le lilre et la table des malières pour l'annéo scolaire écouléA.

l.,e 1W I de ran n é e s c olalr e 1896-97 par3î trc1 Je 15 covembt·A prodnio et Rera adresRé à tous les a_bou'.Jé3 li?CiPn~ Pt, nouveaux qu i sont priés de vouloir bien lui réserver u a aimabi a accueil. 0

BIBLIOGRAPHIE Europe. -

Gloyraphie générale illustrée, par W. Rosier. -

Deuxième édition. Ouvrage illustré de 203 gravures, d'une carte en couleurs f't dB 118 carteR, plans et tableaux graphirpies. 307 p. In-4. cart. 3 fr. 7 5. F. Payot, Lausanne.

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SION, Juillet-Août

1895-96

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION Traitements des instituteurs Voici la pétition adressée au Grand-Comieil du canton par le personnel enseignant primaire du Centre et du Bas-Valais.

Au Grand-Conseil du Canton du Valais Monsieur le Président et Messieurs les députés, Lors de son assemblée générale du 30 avril 1895, la Société valaisanne cl' éducation a chargé son Comité de présenter au~ Hauts Pouvoirs du Canton les vœux qu'elle a émis à l'unanimité concernant l'urgence de la révision de notre loi scolaire. N~us venons en conséquence, nous acquitter de cette mission. Dans son ~essage, accompagnant le projet de révision, le Conseil d'Etat s'exprime ainsi : · < Tout en appréciant les progrès réalisés par la loi actuell~ 'l. dans le domaine qui nous occupe, particulièrement en ce qm « concerne l'instruction primaire, la revision de cette loi s'im« posait cependant pour l'harmoniser avec les ~esoins ac~uels, « et aussi pour fondre dans un ensemble les différentes. lll?O· « vations introùuites successivement, dans notre orgarusat1on « scolaire, au cours des vingt ans d'existence que compte « cette loi. c Une des améliorations qui s'imposaient encore, et dont la « réalisation fut reconnue urgente par l'assemblée elle-même, « concernait la position matérielle de notre personnel ensei~ « gnant primaire, placé sous ce Tapport dans des conditions plus « défavorables que celles faites dans tous les autres cantons aux: « éducateurs de la jeunesse. , Le message, après avoir démontré l'urgence de la révision de cette loi, proposa, pour un motif d'opportunité que nous n'avons pas à rappeler ici, de retirer, pour cette session, le projet de loi sur l'instruction publique, mais de le soumettre à vos délibérations à la session suivante, soit à celle de Mai 1895. Or, les sessions de Mai et de Novembre 1895 se sont écoulées sans que le projet de révision ait été discuté.


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Forts de la promesse faite par les Hauts Pouvoirs publics de s'occuper sans retard des intérêts de l'enseignement primaire en Valais, par la révision de la loi scolaire, les soussignés prennent la respectueuse liberté de s'adresser à l'Autorité supérieure pour la prier de vouloir bien en délibérer sans retard. Permettez-nous, M. le Président et MM. les Députés, de vous déclarer que la position matérielle des Instituteurs n'est plus tenable, que les plus capables d'entre eux, après quelques années d'enseignement, quittent leurs fonctions pour en embrasser de moins pénibles et bien plus lucratives. Ainsi les Compagnies de chemins de fer comptent parmi leurs employés de nombreux régents i il serait d-onc plus qu'urgent de sortir l'instituteur d'une position matérielle considérablement inférieure à celle du dernier employé des chemins de fer. Permettez-nous encore de vous citer quelques chiffres de la statistique de l'instruction primaire suisse. Dépenses en moyenne par élève ayant fréquenté l'école primaire en 1893: Genève = 84 fr. par élève (maximum) « C Zurich - 80 < 4. Tessin = 24 4. < (ce chiffre a été augmenté en 1895). 21 ~ « Fribourg - 18 4 4. Uri 4' ( ce chiffre a été augmenté en 1895). Valais = 14 < 4 ~ (minimumdetouslescantons) Ces chiffres éloquents se passent de commentaires. Les communes, nous le savons, sont obérées, mais l'Etat ne pourrait-il pas prendre une partie des traitements à sa charge? Alors qu'il trouve chaque année plus de 60,000 fr. pour l'instruction des enfants des classes aisées et dirigeantes, ne pourraitil rien faire pour les enfants du peuple? Si la nouvelle loi scolaire ne peut pas être discutée dans cette session de Mai - car nous comprenons que cette discussion demande dlt temps et de la réflexion - au moins qu'on nous aide à vivre en élevant notre traitement pour la prochaine année scolaire. Toutes les conférences d'instituteurs, à l'unanimité, demandent, en attendant la loi, que leur traitement soit de 100 fr. par mois. Veuillez agréer, M. le Président et MM. les Députés, l'hommage de notre profond respect et de notre dévouement.

Au nom du Comité de la Société valaisanne d'éducation :

Le Secrétaire: MARCELIN CORNUT'

Instituteur.

Le Président : P. BURNIER, Chanoine, Inspecteur scolaire.

La pétition qui précède, prise en considération par le >Grand-Conseil, fut ensuite renvoyée au Conseil d'Etat pour rapport et propositions à présenter encore dans la même ,session ce qui eut lieu. Voici d'abord le message du Conseil d'Etat 'accompagnant le projet de loi additionnelle modifiant l'art. 31 de la loi sur l'instruction publique.

Au GRAND-CONSEIL DU CANTON DU VALAIS. MONSIEUR LE PRÉSIDENT ET MESSIEURS, La pétition des régents de la partie française du canton, demandant une augmentation de leurs traitements, a été renvoyée au Conseil d'Etat. ave~. invitation ~e présenter encore ,en cette session une 101 additionnelle modifiant dans un sens :favorable l'art. 31 de la loi actuelle sur l'instruction publique. Nous venons en conséquence vous soumettre le projet de loi demandé. Les considérations qui ont motivé votre détermination sont ,encore présents à votre mémoire et nous pouvons nous dispenser de les rappeler. · Nous tenons toutefois à vous déclarer que, malgré ses sympathies pour le corps enseignant, au dévouement ~uquel ~st due en grande partie l'élévation du niveau de .noti:e mstr~c~1on J>Ublique, le Conseil d'Etat n'a pas cru pouvou· _fair~ part1c1per le fisc dans une proportion plus forte que le cmqu1è?1e ~~ la wmme d'augmentation, de crainte de trop déranger 1 éqmhbre ,du budget. Nous nous trouvons donc placés dans la nécessité de faire ·peser le o-ros de la dépense sur les communes, qui en retirent, ,du reste el'avantage le plus direct. Vous ;erez, sans doute, d'accord aussi avec nous pour que fa part de l'Etat soit transmise directemen,t au person~el enseignant, sans passer par la commune, a la fin de 1 année scolaire. La disposition cle l'art. 31 ~~r, en ;ertu de la~uelle le personnel enseignant profitera déJa pour 1 année scolaire 1896- 97 de l'amélioration de sa position, répond à l'intention favorable ,d ont la H. Assemblée est animée à son égard.


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L'accueil sympathique que la pétition a trouvé au milieu des représentants du peuple, nous fait espérer qu'il en sera. de même du projet que nous avons l'honneur de vous soumettre et qui étend la faveur bien méritée proportionnellement. sur tous les membres du corps enseignant de nos écoles. primaires. Nous saisissons cette occasion, etc.

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Le projet du Conseil d'Etat proposait d'élever le m1mmum d'un instituteur breveté à 75 fr. par mois d'école et pour un. instituteur muni seulement d'une autorisation provisoire à 65, fr. Pour une institutrice brevetée le minimum était de 65 fr. et pour une provisoirement autorisée à 55 fr. Par la circulaire ci-après, adressé par le Départem1mt respectif aux administration~ communales et aux commissions scolaires,. le personnel ense111;nant se rendra compte des changements apportés au projet du Conseil d'Etat. « Nous avons l'avantage de vous adresser sous ce pli le formulaire d'état nominatif du personnel enseignant en vous invitant à le remplir et à nous le renvoyer sans manquer jusqu'au 1er octobre prochain, dernier délai fixé par la loi sur la matière pour soumettre Je choix des instituteurs et des institutrices à l'approbation du Département. c A cette occasion, et les dits formulaires prévoyant l'indication des traitements a1Ioués au personnel enseignant, nous devons vous faire part que l'approbation de celui-ci •n'impliquera pas celle de la situation matérielle qui lui est faite,. cela à titre exceptionnel pour l'année scolaire 1896-97. Voici les motifs de cette réserve : < Vous n'ignorez point, Tit, qu'ensuite d'une pétition adressée au Grand-Conseil par les instituteurs de la partie française du canton, tendant à obtenir une augmentation du minimum du traitement jusqu'ici alloué, le Pouvoir législatif a discuté dans sa dernière session un projet de loi présenté par le Conseil d'Etat et tenant compte, dans une certaine mesure, de la. demande des pétitionnaires. Ce projet, qui n'a toutefois encore été discuté et voté qu'en 1rs débats, n'entrera en vigueur que s'il est adopté en 2me lecture, dans la session de novembre prochain. Pour votre gouverne, nous croyons à propos, en attendant, de vous donner ci-après le texte des dispositions v~té~s. en 1er débat et desquelles il ressort que, si la loi est defimtivement adoptée telle qu'elle vient de sortir des délibé-

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rations de la Haute Assemblée, Je personnel enseignant primaire bénéficiera déjà des augmentations prévues pour le cours scolaire 1896-97. Voilà pourquoi nous devons surseoir à toute -approbation des chiffres qui seront indiqués dans le formulaire d'état nominatif, jusqu'à la solution définitive que le Grand.Conseil doit donner à la question. La loi additionnelle, modifiant l'art. 31 de la loi sur l'instruction publique du 4 juin 1873 et adoptée en 1er débat le .30 mai 1896, porte ce qui suit: . , . . ART, 31. Le minimum du traitement d un rnstituteur breveté est fixé à 65 fr. par mois d'école, et pour un instituteur muni seulement d'une autorisation provisoire à 55 fr. Le minimum du traitement d'une institutrice brevetée est fixé à 55 fr. par mois d'enseignement, il est de 45 fr. pour une institutrice autorisée provisoirement. AnT. 31 bis. - La moitié de l'augmentation du minimum ·prévu à l'art. précédent sur celui fixé dans la loi du 4 juin 1873 sera supportée par l'Etat et payée directemen_t par celui-ci au personnel enseignant à la fin de l'année ~cola1re. > < Nous tenions à laisser entrevoir dores et déjà les changements qui peuvent survenir dans un avenir très prochai~ sons le rapport de la situation matérielle du personnel enseignant primaire, afin que ]es administrations communales ~~ les c?mmissions scolaires soient mieux fixées sur les cond1t10ns d engagement des instituteurs et des institutrices pour le prochain eours scolaire. Agréez, etc. >

Rouages scolaires. Maloré que nous soyons arrivés au terme de l'année scolair~ 1895-t896, me sera-t-il permis, chers collègues, de faire avec vous une petite revue de quelques moyens à employer pour instruire et surtout pour essayer d'éduquer la jeunesse confiée à nos soins. . , . , Difficile surtout est cette dermere tâche, s1 nous n y associons )es sublimes enseignements de )a religion; où trouverions-nous plus belles maximeP. et plus beaux exemples? Les faux raisonnements de ceux qui essayent de rejeter du domaine de )'éducation m orale la participation de l'essence divine, n'ont trouvé d'écho que parmi leg malheureux. -que les dogmes gènent ou .... ennuient I Ce n'est que là. où


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les, principes chrétiens auront servi de base à l'éducation qu on. pourra trou~er des hommes prêts à tous les aacrifices, a to,us l~s dev.ouements, et que la hideuse gangrène, du mal n attemdra Jamais. ~e. premi~r roua~e à e~ployer est don~ l'enseignement religieu~. Aimer Dieu, c est aimer son prochain, partant. son. maitre, et le moyen de ne pas profiter des leçons d'un ma1l~e auquel on est attaché I Ses moindres paroles restent~ravees dans la mém~ire, et ses leçons, au lieu de prendre souvent la. poudre · Jeunes. · ., d. escampette. , profiteront a· ces cœurs et a ces 10tel11gences. avides de connaître. En ~a~lant re~igi~n, nous avons pu suivre dans Je journal .q; l,~cole ~nmmre • de r~~arq uables articles à ce sujet, et s1 d a?cuns on_t vo~!u expenmenter sf.s bons conseils, ils ont dû s ap~rcevo1r qu ils n'ont pas nui à la bonne marche de leur enseignement, au contraire. d. A p~opos de journal, qu'on me permette ici une petite ~gress1~n. - Il arrive souvent qu'au reçu d'un journal pedago~1que, ou. de toute revue traitant d'éducation on se borne a pa~coum d'~n œil distrait les titres des 'articles - e~core s1. on le fait - puis on le jette de côté en disant ·. Bah l il y a lon~temps que je sais cda. Non, on ne le sait pas ou, ~u mom~, on ne le sait plus.... Nécessaireme~t, dans les e~udes I!e_dagogiques, on a dû l'apprendre; ma1:s, ta~t de preoccopat10ns, de soucis, voire de plaisirs.... ont passe dessus que tout cela est comme embrouillé et si ~e !e°:'ps e~ !·empil, un bon journal n'était pas }; our rlauc1r l~s 1dees et rafraîchir la m1\moire, on risqu~rait ort de faire .de son enseignement une routine, une machine ra?1enant to~Jours le.s mèmes tours, les mêmes phrases, les. memes exerc~ces et, a 1~ fin, les élèves sauraient aussi bien que le~r maitre ce qu ils doivent faire. Non, chers collègues, 0 ay~ns pas. ~n journal que pour le nom de le recevoir~ :,u c~ntra1re,,. med1tons-le, suivons autant que possible les irecllons q~ il nous donne, les excellents conseils que nous. y trouvons a_chaq_ue page. Chers collègues, ne trouvez-vous pas que la ,d1gr~ss10n qui précéde m'a permis de vous démd ontrer qu Ul~ )O~rnal pédagogique est aussi un rouage ans le domarne educalif.

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Un autre moyen et des plus importants, c'est l'ordre Sans ordre point de progrès possibles. Une de ses conséquences immédiates est o'abord une bo1111e fréquentation Le maitre, après avoir consacré à Dieu les premiers instants, fait une revue rapide de ses écoliers, il note les manquants, et n'oublie pas à leur rentrée de leur demander le motif de leur absence; si l'excuse n'est pas valable, 1~ maître doit sévir. L'ordre doit aussi présider à l'agencement des différents travaux journaliers. Une autre conséquence de l'ordre est la propreté. Le coup d'œil que le maître jette sur l'ensemble de sa classe n'est-il pas réjouissant, lorsque tous les élèves ont. le matin, procédé à leur toilette? Un visage clair et net, une chevelure bien soignée, inspireront toujours la sympathie; c'est bien ral'e qu'une âme délicate, une intelligence bien équilibrée et un heureux. caractère ne soient pas l'apanage de celui qui a plaisir à maintenir propres son corps et ses vêtements. N'oublions pas la discipline dans le nombre de ces rouages, qu'on pourrait qualifier de moraux. Elle est un auxiliaire sérieux que chaque instituteur doit tâcher d'obtenir. car sans lui, bien souvent, les autres n'ont pas l'occasion de s'exercer avec fruit. Cependant, les rouages scolaires ne se bornent pas seulement à ceux dont je viens sommairement de parler. Il en est qui rentrent dans le . domaine pratique. Ce sont les différentes branches du programme. Je n'ai pas besoin de les énumérer ici ; chaque instituteur les pioche assez pour qu'elles ne risquent jamais de lni faire faux-bond; j'ai voulu seulement un peu insister sur le côté moral de l'enseignement à donner aux enfants; j'espère que les lecteurs de l'Ecole primaire me pardonneront ces quelques réflexions qui, venant à la fin de l'année scolaire, serviront d'un petit ex.amen de conscience. A cette époque d'ailleurs n'est-il pas naturel de faire un retour sur soi-même, afin de voir si nous avons employé à notre tâ.cbe tont ce qui aurait pu la faciliter et la rendre plus fructueuse? J. G.


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La science pédagogique

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··t Autrefois, il y a un demi-siècle à pe1·ne , la pe'd aaoa1e · ·t e a1 un m?t malsonnan~. ordinaîremeut pris en mau~aise P_ar.t, de meme que celm de pédagogue était souvent cons1deré c~mme ~ynony?'e d~ pédant: « pédagogie et pédagog~e, pedanter1e, et.pedanhsme étaient proches voisins l'un de I a~tre dans I o~rn~on comme dans le dictionnaire. • Il n en est p~us ams1 à _~rése?t. A force d'entendre répéter ces mo~s, ?n s.y est fa°;11h~r1se, on en a mieux compris la !1au_te s1gm?cat1on, et a l heure qu'il est, peu de sciences JOmssent ~ un~. ~a-veur ~gale ~ celle de la pédagogie. Non c?ntent d avou rntrodmt des cours spéciaux ou des confere~ces dans tou!~s les écoles normales primaires, l'Université a rece11:1ment cree des chaires publiques pour enseigner cette sc1.ence ?ans. ch~~une de ses principales Facultés. E~ bien, c e~t a 1 etude de cet.te science nouvelle, ou plu_tot reno~vel~e, que nous invitons ceux de nos jeunes maitres, qui, n ayant reçu aucune préparation spéciale à l~urs . fon,ctions d'~ducateurs, sont trop souvent réduits à n avou d ~ulres_ guides, à leurs _débuts, que les inspira.lions de leur zele et le vague souvemr de ce qu'ils ont vu f · comme élèves. aire . Assuréme~t. il serait naïf d'at.tendre des miracles d'une etude théor?hque sur l'éducation. Plus qne la scien~e de tout~~ les ~egles de la pédagogie, ce que réclame l'œuvre d,e l educat10n~ ce sont les qualités personnelles du maître c est. le tact, c e~t le sens avec le cœur, c'est surtout, ave~ l? devouement a ses fonctions, Je sentiment du devoir et 1amo?r des enfants, qual!tés que rien ne peut remplacer. Mai~ en reva~che ?st-II admissible que J'apprentissaae P.~ofess1on.ne~, qui est Jugé nécessaire dans toutes les ca~r1e~es, soit mutile _dans les fonctions si délicates de l'édu~atto~? Peut-on mer qu~, même au seul point de vne de l ens.~1gnem~nt, une ~ertarne initiation à la science et à l'art de l educat10n ne pmsse contribuer à éviter bien des fautes ·

' (~) E:r.t~ait du Directoire de l'enseignement reli ·e d maisons d éducation par l'abbéDementbon. Paris,librJ:i:Pous~f:i~s:_

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ou à faciliter leur correction, lorsqu'elles ne seront plus inconscien les? Les méthodes. d'après Talleyrand, sont les mailres des maîtres; véritables instruments des sc10nces, elles sont pour les professeurs ce que ceux-ci sont pour les élèves. • Pour être un bon professeur, ce n'est donc pas assez d'avoir appris ce que l'on doit enseigner et même mille fois plus; à la science acquise. il est bon de joindre l'art de transmettre ce que l'on sait, si l'on ne veut être condamné à sacrifier à des essais, à mille tâtonnements, à des erreurs même, les premières années de son enseignement. Or, la période des débuts, décisive dans toutes les carrière5, l'est particulièrement dans la nôtre: c'est elle où l'on fait des fautes irréparaLles, fautes à i;viter si l'on était averti. Voilà pourquoi le je11 ne éducatenr agira sagement, en cherchant de complèter ses connaissances par l'étude des éléments de la pédagogie: cette étude l'initiera aux lois psycbologiques du développement intellectuel, et elle lui fera connaître le secret des résultats obtenus par les méthodes des plus habiles profosseurs. Des éléments, disons-nous; car s'il est vrai que la connaissance de la théorie scientifiqLie duive précéder la pratique, il est vrai aussi que la théorie pure n'est guère acces11ible qu'appuyée sur la pratique et éclairée par elle. L'important, pour un jeune éducateur, n'est doue pas de s'attartier dans l'étude des généralités abstraites qui dominent les méthodes, mais c'est d'avoir, au début de sa carrière, un guide aussi sûr que possible, pour être mise en garde contre les fautes les plus ordinaires, sauf à reprendre l'étude d'un ouvrage plus développé, lorsqu'il pourra en approfondir et en discuter les données, à la lumière de l'expérience acquise dans l'enseignement.

L'enseignement du Catéchisme

1Suite!

Pour rendre notre enseignement plus lumineux, plus solide, nous aurons soin de lui donner parfois la forme de


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réponse aux objections qui courent les rues. Mais comment organiserons-nous nos cours 'l Est-il sage de réunir dans une seule et même section des enfants de divers degrés, des commençants, par exemple, avec ceux qui arrivent au terme de leur instruction 't Ce. moyen d'alléger notre tâche et de gagner du temps n& saurait nuire à l'enseignement de ceux qui font consistei· la leçon principalement dans des récitations, mais nous éviterons, à tout prix, un pareil groupement si nous voulons vraiment instruire, c'est-à-dire, faire comprendre les vérités à inculquer . . 11 est impossible de se ·servir de la même méthode,. d'employer les mêmes moyens et d'_avoir un même programme avec des enfants de sept à huit qu'ave~ ceux de onze a douze ans. La forme même du langage, les termes dont nous nous servons, se modifieront avec l'âge et le développement des enfants. Ecoutez ce que dit à ce sujet le Catéchisme du Concile de Trente : « Et que le catéchiste prenne garde de s'imaginer qu'il n'a qu'une seule sorte de personne à instruire, et qu'ainsi une méthode uniforme et toujours la même lui suffit pour former tous les fidèles à la vraie piété. Les uns sont comme des enfants nouvellement ués; les autres ont déja commencé à prendre quelque accroissement en Jésus-Christ. 'Il en est aussi qu'on pourrait dire parvenus à la force et à la vigueur de l':\ge. Il est donc nécessaire de considérer avec soin qui sont ceux qu'il faut nourrir de lait et ceux qui demandent. une nourriture plus solide, afin de donner à chacun celle qui sera le plus propre· à augmenter ses forces spirituelles. (') • ( 1) Neque vero unius tantum generis homines fi.dei sure commissos esse arbitretur, ut prescripta quadam et certa docendi formula erudire atque ad veram pietatern instituere reque omnes fideles possit : sed cum alii veluti modo geniti infantes sint,. alii in Christo adolescere incipiant, nonnulli vero quodam modo confirmata sint retate, necesse est diligenter considerare, quibu.3 !acte, quibus solidiore cibo opus sit ac singulis ea doctrinre alimenta prrebere, qure spiritum augeant. - En présence de

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C'est, sans doute, pour se conformer a ces importantes directions du catéchisme du Concile de ~rente q~~ les auteurs les plus célèbres, entre autres le B. Pere _C_anmus, le cardinal Bellarmin et le P. Deharbe, trois reh~ieux de .la. ~om: pagnie de Jésus, ont composé chacun plusieurs_ catech1s~e~ gradués et appropriés au dé~eloppeme?t progressif des esprits. Le Père Canisius en fit trois, dont lu~, entre autres, P?u~ les commençants. Le cardinal Bellarmm n~us en a laisse deux: l'un, intitulé Petit Catéchisme, _est d.est10~ aux enfant~. Je second est l'explication dn premier i Il doit être remis aux mains du maître. Le Père Deharbe, dont les œuvres de théologie populaire ont ,tant de_ succè~ . en Allemagne, a publié plusieurs manuels d imtru?tlon ~hrelleune, entre au~res un pour les jeunes enfants. Mais, qu on le remarque bien, ces catéchismes du premier Age revêtent une forme, une méthode plus accessible aux jeunes intell~gences q~e la ~lupart de nos Petits Catéchismes, très courts, 1l est vra1, mais trop condensés, trop succincts, trop abstraits pour être facilement compris. , . . Qu'on emploie, comme manuel, l un de ces resu~es connus sous le nom de Petit Catéchisme, dans_ l_es contrees oü les cours da catéchisme ne peuvent être suivis que pendanl un temps très limité, deux ou trois ans, par ,exen_iple; rien de plus naturel. Il faut bien se _contentel' d enseigner un abrégé des vérités révélées, si le~ circonstances n~ nous permettent pas d'entrer dans des développements; _mais ~our plusieurs pays, c'est la heureusement. une .e.xcept10n. D ordinaire, les enfants sont a notre dispos1llo~ durant de longues années, depuis l'âge de 6 ou 7 ans,,.1usq~ a U. et même ,15 ans, c'est-a-dire aussi longtemps qt1 ils f_r~quentent l'école primaire. Dans ce cas, il nous semble prelerable de

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ces directions d'une souveraine autorité, q~e faut-~l pe~ser, de ceux qui veulent que le catéchiste ne s écar~e Jamais d un seul et même texte, qu'on dev~ait répéte: et sermer ~ux enfants depuis l'âge de six a!ls jusqu'a leu~· sortie du ~atéch1~me, t~xte à. imposer aussi aux Jeunes gens. qui font leurs ~tudes httéraire~: Qui ne comprend qu'une pareille ~éthode_ n est . ~ropre qu a. dégoûter les jeunes gens de toute mstruct1on religieuse?


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faire cadrer notre division de cours avec celle de l'école primaire elle-même et d'établir, autant que possible, trois divisions. Le premier cours correspondrait, à l'ordinaire, au degré inférieur de l'école, comprenant les enfants de 6 à 9 ans; le second cours renfermerait les enfants de 9 à f t ans. puis viendrait le cours supérieur. Les règles qui doivent nous diriger dans l'oraanisation de nos cours dépendent d'un grand nombre de circeonstances que l'on ne saurait prévoir ici; elles ne présentent dès lors rien d'absolu; cepend.ant la concordance entre l'organisation des cours de catéchisme et ceux de l'école primaire aura l'avantage de nous permettre de donner nos leçons sans bouleversement pour l'école et sans difficulté. Il sera aussi plus aisé au maitre de nous prêter son concours. Une heure d'enseignement par semaine donné à des enfants de même pt.1rtée, d'après un programme bien précis et sagemeut gradué, sera incontestablement plus profitable. surtout si nou5 pouvons comptP.r sur le concours de l'instituteur, que 3 ou 4 heures de leçon, si nous sommes obliaés de nous adrAsser à des enfants de tous les âcres et de tius les degrés: leur mélange seul est une sourcee d'indiscipline et de continuelles distractions. Rappelons-nous la maxime bien connue: Peu, mais bien, l'emporte infiniment sur beaucoup et mal. L'ordre du jour une fois fixé ne devrait pas varier avec no3 caprices. Que les parents, que les élè,·es sachent à quelle heure exactement ont lieu nos leçons. Donnons l'exemple de la plus stricte ponctualité. Sans raison grave n'allons jamais déroger à l'ordre du jour que nous avons une fois établi. (A suivre) ~

L'éducation morale « Il n'y a de véritable éducation morale, dit l'illustre protestan.t Guizot, que par la famille et par la religion. , Et là où n'e6t pas la famille, c'est-à-dire dans les écoles « publiques. l'influence de la religion est d'autant plus né« cessaire. • «

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On l'oublie trop aujourd'hui, parce que l'on s'obstine à confondre deux choses essentiellement distinctes : l'instruction et l'éducation, les connaissances qui sont l'ornement de resprit, et les vertus qui sont l'ornement du cœur. Il s'en faut bien, cependant, que ces deux éléments nécessaires de la grandeur de l'homme soient rigoureusement et toujours unis. Leur séparation n'est que trop fréquente. On peut allier une intelligence vive à toute la corruption d'un cœur dépravé. Il ne suffit pas d'avoir l'espri.t cultivé pour n'être pas nuisible: la culture de l'esprit est au contraire l'auxiliaire le plus puissant, hélas I et le plus commun des passions les pins funestes. L'éducation religieuse essaye de remèdier à ce mal. Elle rappelle sans cesse à l'esprit humain que ces caprices ne sont pas des lois, et que plus il est développé, plus sa responsabilité grandit. Je le sais. on nous objecte souvent que l'éducation, même religieuse, n'empêche pas toujours les jeunes gens qui l'ont reçue de tomber dans d'affreux abimes et de courir au déshonneur. - Mais, dites-moi, parce que le cœur humain, à cause de la liberté dont il dispose, peut échapper aux meilleures influences, faudra-t-il en conclure qu'il est inutile de l'en envelopper? Parce que la clôture d'un jardin n'arrête pas toujours les voleurs ou n'abrite pas toujours contre la gelée les arbres qu'on y plante, s'ensuit-il qu'il faille renverser les murailles protectrices et laisser aux vents et aux larrons un accès absolu. Si le navire, muui de ses cordage, et de ses ancres, cède quelquefois aux efforts de la tempête, que ne faudrait-il pas craindre pour l'imprudent vaisseau qui se livrerait à la mer sans màt ni gouvernail? De même, de l'éducation religieuse ; elle n'empêche pas ceux qui l'ont reçue de plier parfois sous la violence des passions, mai, elle les trempe pour la lutte, et si elle ne les sanve pas tous, elle assure du moins le triomphe moral du plus grand nombre. C'est pourquoi la supprimer est une faute, dont les incalculables conséquences n'apparaissent qu'à la ~inistre lueur des plus terribles catastrophes. Puisse le ciel en épargner à la France l'expérience lamentable! L'abbé

FnÉMONT.


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Les moyens généraux d'éducation. La religion L'éducation 80 propose une double fin, l'une naturelle, l'autre surnaturelle. La seconde, en raison de son objet, ne -saurait être réalisée par l'emploi de moyens purement humains, c'est-à-dire par le seul usage de l'exemple, de l'en-seignement et de la discipline. Il faut, de toute nécessité, que la religion intervienne dans :l'éducation, pour rétablir ou maintenir les âmes dans un -état qui soit agréable à Dieu, et pour surnaturaliser, par l'intention et la prière bien faite, jusqu'aux moindres actes ,du maître et des disciples : « Soit que vous mangiez, soit ·que vous buviez ou quelque autre chose que vous fassiez, -dit saint Paul, faites tout pour la gloire de Dieu. » Sans la religion, l'œuvre de l'éducation resterait imparfaite ·et tronquée, restreinte qu'elle serait à la poursuite d'un .bien partiel et passager, le bonheur de la vie terrestre. De plus, la fin même temporelle qu'on s'y propose, ne .saurait être pleinement réalisée. La raison en est que l'homme a perdu, par la faute de notre premier père, son état de la nature primitive, cet état qui lui eût permis d'atteindre, ,par ses seules forces natives, le but terrestre de son existence. L'obscurcissement de son intelligen0e et l'affaiblissement -de sa volonté ne permettent plus à la première de ces deux facultés de saisir la plénitude du vrai, ni à l'autre d'accomplir la plénitude du bien. Pour y parvenir sûrement, elles doivent être l'unP. et l'autre fortifiées d'un secours surnaturel qui soit à la fois lumière pour l'esprit et force pour la cœur. « Vous ne pouvez rien sans moi, » dit Notre-Seigneur à 3aint Jean. Ce secours, qui préserve l'intelligence de l'erreur et la volonté du vice, c'est la grâce de Dieu. Or, Notre-Seigneur l'affirme en plusieurs endroits, la grâce ne s'accorde qu'a la prière, mais elle s'obtient sûrement par elle. « Demandez -et vous recevrez. On donne à quiconque demande, et celui qui ne reçoit pas, c'est qu'il ne demande rien. » Assurément, ces citations visent surtout les opérations

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-0e l'ordre surnaturel: mais qui oserait jamais n.ier que le Créateur de l'âme humaina ne puisse, à son gre, en augmenter la puissance et l'illuminer d.e. s_es divines clartés ~~ -ce qui regarde la découverte des ~entes naturelles, et qu il ne puisse aussi fortifier la vol_onte da~s la, recherche .et la pratique de ces dernières? S1 le géme, c e~t .~a ~ati~nce, -comme on l'a dit, n'est-il pas souvent a~ss1 _l rnspirat1on ~ Au reste, quel que soit l'objet de so~ apph~ation, la faculte -de vouloir trouvera son plus énerg1que s_llm?lan.t ~ans la pensée du devoir religieusement accompli, .c est-a~d1~e par amour pour Dieu et eu vue d'un avantage a la fois eternel -et temporel. . . d l'. d Mais comment la religion interviend~a-t-~11e ans e_ u: -cation? Par la bonne et fréquente reception des samb .sacrements, les élèrns se maintiendront dans l'état de grâ.~e -sanctifiante, dont Ja possession est indispensable pour attacher aux. actes une valeur sarnaturelle, et pour conse_rv~r la liberté d'esprit et de cœur nécessaires dans le travail rntellectuel. · 1· Le sentiment religieux. animera tous les exercices sco aires, .pénétrera. et vivifiera l'enseignement dans un.e. m_e~ure pl~,s ou moins grande, selon la nature des s_peciahtes. . Mai~, bâtons•nous de le dire, il n'est aucune qm ne fou~msse a l'instituteur l'occasion de placer naturellement et ntl~eme_nt, .sans prodigalité toutefois, une considération Sou une reflex1on propres à élever vers Dieu les âmes des enfants. Enfin, la prière ouvrira la classe _ou la leyon pour en surnaturaliser les actes par l'intention, et rnvoq_uer les lumières de !'Esprit-Saint. Elle la clôt~rera de rneme, en éveillant dans les jeunes cœurs le ~ent~ment d~ l~ reconnaissance qui prémunit contre l'o~gued, si .naturel a l homme, -et donne droit à de nouvelles faveurs celestes. F · A. ~

De l' Attention .Moyens de fixer l'attention des enfa~ts -: l'attrait, la clarté des leçons. Des conditions n:aién.e~les ~t de . quelques procédés pratiques propres . a _taczliter l .~ttentwn . . Pour que l'élè\'0 soit attentif, 11 faut qu Il le veuille et


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il _le voud,ra, si ce qu'on. lui enseigne a de l'attrait poul"'

lm : en d ~u.tres. termes, 11 _faut. que sa sen~ibilité, par l'apP.•lt du pla1s1'., vienne en aide a sa volonte pour la direc~1~n d~ son mtelligence. Bien des enfants, regardés comm6 mmfel11gents et paresseux, seraient de bons élèves si le· maître savait. le_s intéresser et développer l'énergie qni est en eux. Celm-c1 devra donc s'attacher avant tout à Ies int~resser. Il y arrivera s'il sait piquer lenr curiosité ; s'il ne d~t que. des choses qui sont à leur portée; s'il mesure la fhfficulte de ses leçons à leur force, de manière qu'ils puiss~nt compre~d.re ët ensuite apprendre sans trop d'effort; s1 son expos1hon est claire, la clarté étant une satisfaction pour leur esprit; s'il met de la chaleur et de la vie dans. :es leçons et s'il sait adroitement les associer à ses recherches. Il ne faut pas toutefois que cet attrait déaènère ~n am_usement. C'est surtout parce que l'enfant y trouvai occas10n de prendre possession de lui-même et d'exercerses forces qne la leçon doit lui plaire. . Si l'enfant est curieux, il n'esL pas moins faible et mobile._ ~e maît~~ 8aura. donc limiter la durée de ses leçons, et s1to.t que I matt_enhon se montrera, il devra provoquer une .detenfe, ouvrir une parenthèse, faire une petite digression, etc. I_l devra surtout les varier : l'esprit de l'enfant est essent~ell~";'ent actif; ce qui le fatigue, c'est plus encore la cont~nu~te de son application à ui:i même objet qu? ce,tte apphcal10n elle-même. Aingi, profitant du besoin 1u a I e.nfan~ de ne pas être soumis à des stations trop prolongees, 11 fera alterner les exercices où celui-ci est debout avec c?ux_ dans lesquels il est assis ; il fera succéder uue leçon _d é?nlu~e, qui repose l'esprit, à une leçon de calcul, qm eXJge I effort et la tension, etc., etc... . Il ~st au~si .des condili?ns matérielles sans lesquelles il est. hie~ d1ffic1le d obtenir l'attention. Si l'élève est mal assis, s 11 souffre du froid, s'il est dérangé par des allée& et des ven.u~s, par une autre leçon qui se fait à ses côtés. par u.n vo1srn remuant, p~r les bruits et les cris de la rue, etc., 11 ne sera pas attentif, ou plutôt son attention se portera sur autre chose que ce qui fait l'objet de la leçon. 1

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Faire disparaître ces causes de distraction, dans la mesure du possible, doit donc être l'une des premières préoccupations du maître qui a à cœur d'être écoulé de ses élèves. Enfin il est de petits moyens pratiques, suggérés aux maîtres ingénieux par l'expérience, et parmi lesquels chacun fera bien de choisir ceux qui s'adaptent le mieux à ses goûts et surtout qui lui réussissent le mieux. Ainsi un signal donné à propos ramène ceux qui s'égarent; une question imprévue et bien posée fait lever la tête à toute la classe. Avoir soin, lorsqu'on iuterroge, de s'adresser à toute la division et ne désigner celui qui doit donner la réponse que lorsque chacun a eu le temps de la chercher. Si une réponse est bonne, la faire répéter par un camarade; si elle est fautive, la faire corriger par un autre élève. Il y a avantage à ce que les formules, les règles, et en général toutes les phrases imporlanles, soient répétées en chœur par toute la classe: c'est un moyen de les graver dans la mémoire. Ne pas trop élever la voix : les élèves s' habituent vite aux cris; ils seront d'autant plus attentifs qu'ils devront prêter l'oreille pour entendre. Les forcer au contraire à répondre à haute voix et distinctement, de manière que toute la classe puisse les entendre. Enfin, que tout soit prévu et réglé d'avance: l'élève qui a toujours quelque chose à faire et qui, à chaque instant, sait ce qu'il doit faire, ne trouve ni le temps, ni l'occasion de se dissiper ou de se distraire. L'attention des élèves est la condition indispensable de leurs progrès: il faut donc que le maître l'obtienne à tout prix, et la recherche des moyens par lesquels il l'obtiendra doit être chez lui une préoccupation constante. Par contre, il y trouve le plus grand allègement de sa besogne ardue ' et le point de départ de ses plus grandes satisfactions.

(I.e Vo:ume.)

I.

CARRÉ,

Inspecteur général honorairll.

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Les exercices de rédaction Le Journal des instituteurs écrit, an sujet des exercices de rédaction : Les exercices de rédact.ion de style, comme on le dit encore dans na grand nombre d'écoles, ne semblent pas do?~er les rèsultats désirables, si l'on en juge d'après les spec1mens contenus dans les cahiers mensuels. A la vérité, ce n'est pas chose aisée pour des enfants peu cultivés que d'écrire quelques lignes sur un sojet donné, et quand aucun elercice préalable ne les a préparés à cette be.sogne. Les idées font défaut, la main est inhabile, l'effort e_st paralysé par la crainte de mal faire. Tels qu'ils se prat1qutnt communément, les premiers essais de rédaction sont pe.u encourageants; il ne faut donc pas s'étonner si les progres sont lents. Avant . d'exiger de petits élèves une rédaction, même de peu de lignes, il faudrait les exercer à voir, à observer, à ~enser, à exprimer oralement quelques idées sur des sujets a leur portée. Si la langue de nos jeunes écoliers est alerte dans leurs jeux et leurs récréations, chacun voit combien il _est di!fici!e, en classe, de leur arracher quelques mots de smte. C e_st qu'en général on les encourage peu à causer. Les quest10ns qui leur sont abusivement adressées sont mal posées, peu pratiques; aussi les réponses se font-elles longte~ps attendre, et sont-elles hésitantes, peu claires, peu satisfa1sa~tes. C'est de cet abus des questions mal posées que pr~viennent la gêne, la contrainte, dans lesquelles vivent les enfants dans certaines écoles et le mutisme absolu dans lequel ils se complaisent dans d'autres. C'est donc de vive voix que doivent se faire les premiers exercices de rédaction. Aux termes des instructions officielles, 1.e, cahier_mensuel n'en doit pas faire mention pour le cours ele~enta1re. Cepandant nous avons trouvé dans quelques cahiers de ces sortes d'exercices informes, fourmillant de grosses fautes ou sentant la copie d'une lieue. En donnant à de jeunes enfants l'habitude d'un parler simple et correct, il y a lieu d'apprendre de quels éléments

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:Se compose la proposition, puis la phrase réduite à ses parties essentielles; il faut savoir rendre les leçons attrayantes ,en les préparant avec soin, en_ les ~maillant d'anecdotes, de récits, de ces vives peintures qui éveillent l'esprit et piquent la curiosité; à force de bonté, de douceur, de prévenance, il faut les exciter à parler, à faire emploi des mots dont le sens leur est bien connu, à réfümer une courte leçon de lecture ou le simple récit d'incidents dont ils oat été témoins soit en classe, soit au dehors; à traduire nne fable ,en term~s qui leur soient propres, chacun doit avoir sa part dans la classe; toutes les bonnes volontés doivent être .stimulées, encouragés, ce qui sera facile, si l'on sait inspirer confiance aux timides, se montrer iodulgent pour leurs premiers efforts, et surtout si l'on n'exige d'eux que ce _q_u'ils peuvent réellement douner. Si le~ e~fants se sentent ?mg~s. soutenus; s'ils se reconnaissent I obJet de quelque bienveillance, ils ne tarderont pas à prendre de l'aplomb, à placer Jeur mot dans une conversation, à répondre à une question autrement que par un hochement de tête. Le reste viendra avec du temps, de la pratique, de l'expérience.

Un moyen d'émulation Le journal l'Ecole maternelle t't enfantine trait~ d'une méthode d'émulation ex.celleule dont nous avons fait nous· mêmes l'expérience. , . Pour obtenir dans une classe de 1 ordre et un travail actif, il existe mille procédés fort in~énieux, d~nt u~ m~itre inteJlioent soucieux de bien réussir, peut faire 1essai a.u milieu de; élèves. La classe où tous les enfao ts rivalisent d'application ne donne aucun_ mal à l'instituteur, et néanmoios les progrès y sont rapides. Voici un moyen que nous avons vu employer avec beau.coup de succès dans une école libre: l.es élèves d'un l!1ême cours sont partagés en deux camps rivaux;_ on Mabl.1t. les listes de manière à placer, dans cba.que section, des eleves for ts et des élèves faibles. Afin d'égaliser les chances de réussite, et du 1"' au 31 de chaque mois, on fait le total i,


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des récompenses et des punitions obtenues dans chaque groupe; le décompte en est fait journellement sur un carnet. spécial où l'on relève l'actif et le passif de chaque écolier, ainsi que le total revenant aux deux partis en lutte. Lesdeux camps ont a leur tête les deux premiers élèves de la classe, et ces chefs sont chargés par leurs camarades de· s~imule~ les trainards dont les fautes ou les négligences. viendraient à diminuer l'actif de la société. Il est inutile d'ajonter qu'il faut récompenser le camp, victorieux, en ~ême temps qu'il est nécessaire d'èviter que la rivalité ne dégéaère en dispute et ne tombe dans l'excès.

De l'apathie chez certains élèves (Suite et fin) A l'appui de ce que nous venons de dire, nous ferons observer encore que l'absence d'idées dont nous parlons se rencontre plus souvent chez les filles que chez les garçons. Comment pourrait-il en être autrement? Ne sont-ce pas les filles qui, dans les familles pauvres, sont employées de trop bonne heure aux rudes travaux du ménage, et livrées dès lors à une rontine machinale, tandis que les garçons de ces mêmes familles, dès qu'ils peuvent courir, ,·ont d'ordinaire en pleine liberté, dans les champs ou sur les places publiques, à des amusements où ils trouvent quelques occasions d'exercer les facultés qui sommeillen\ en eux. Il faut donc remonter presque jusqu'au berceau de l'en·rant pour découvrir, dans le mode d'éducation suivi à son égard, la cause principale de l'absence d'idées ou de la paresse de l'esprit qu'on pourra remarquer en lui. Si l'on songe que la plupart des enfants ne sont pas envoyés à l'école avant l'Age de six ans; qu'à ce moment toute l'ac· tivilé de l'esprit a déjà été étouffée en eux, et que ce n'est pas en cinq ou six heures de leçons par jour, que l'insti• tuteur est en état de réparer le mal qui date de loin, on ne sera pas surpris de voir dans nos écoles tant d'enfants dépourvus d'idées et dont l'intelligence sommeille.

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Comment tarir la source de ce mal? Le meilleur moyen ,c'est d'engager les fa.mille~ a placer de bonne heure leurs -0nfants à l'école maternelle : un per~onnel choisi s'occupe ,d'eux avec sollicitude, et leur fait contracter des habitudes d'esprit et de cœur, dont l'instituteur et l'institutrice tirent plus tard un excellent parti. Nous devons déclarer que la paresse d'esprit n'est pas toujours l'effet d'une éducation première mal dirigée; il faut bien convenir qu'elle tient à d'autres causes. On remarque même ce défaut chez des enfants de bonnes familles qui ont été l'objet de toute la sollicitude de leurs parents; pour ceux-là, on dirait cette disposition innée. Il y a. des élèves à qui tout mouvement physique, tout travail mécanique offre un attrait immense, et qui fuient toute occupation de l'esprit, comme la chose la plus faligante et la plus pénible. L'expérience a prouvé que de pareils ,enfants ont ordinairement une belle écriture et sont bons de<Ssinateurs; mais, en tout le reste, ils ne valent pas les -élèves les plus médiocres. Il arrive même que les intelli.gences paresseuses de cette espèce s'imaginent être capables <le ne rien comprendre aux leçons qu'on leur fait. Cette torpeur intellectuelle se manifeste encore chez les €nfants trop abondamment nourris. En surchargeant ainsi leur estomai:. dè.s leurs premières années, ils compriment les ressorts de la pensée, et l'esprit, manquant d'énergie, finit par ne plus pouvoir diriger la masse inertE\ du corps. -Qu'on étudie ces enfants de près, et l'on verra que leur plus grand plaisir consiste à rester en repos, à manger et à dormir. fü regardent même comme un travail pénible de parler, cette lenteur de l'esprit se manifeste surtout dans les obJets qui exigent Je la réflexion. Nous ferons bien de placer tout à fait près de nous les -élèves a\teints de cette infirmité intellectuelle, de les avoir -constamment sous les yeux, de les tenir sans cesse en ha· leine par des questions réitérées. L'inquiétude, d'abord, obligera leur esprit à rester éveillé ; puis, avec le temps et l'exercice, ils s'habitueront à fixer leur attention, ils finissent par se convaincre qu'ils peuvent plus qu'ils ne croyaient.


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Mais_ gard.ons-nous de les pousser à l'obstination ou à l'endur~1ssement par l'emploi de moyens mal choisis : tout serait perdu. h En .~ésumé: vigilance incessante, grande activité d'esprH:-. c ez 1educateur pour remonter de l'effet à la cause, « remuer tous le~ ressorts » des iutelligences qui sommeil!ent autour de 1111 et. dont il doit s'efforcer de secouer la tor-peur ;_ plus_ les difficultés à vaiucre sont considérables plus la satisfaction du devoir accompli sera grande. '

L'ordre dans les idées et l'ordre matériel Nous empruntons a un article du Juu,·nal de t' ensezgne· . . men t przmaire 1es remarques suivantes: L'ordre est la disposition des choses suivant les rapports apparents et con.stan_ts qui ~ont entre elles, qui est sienneet ~e . trouve prete a remplir pa fonction à laquelle il est destme. n:après cela, il est facile de comprendre les avantao-e~ ~e 1 ordre: outre qu'il évite tout e~barras et toute pe~t; e . temps. en_ ten~nt prêts les matériaux dont on peut ayo1r. besom, 11 preserve les objets eux-mêmes d'une foule d acc1den.ts, car li est évident que s'ils n'occupent pas la p~ace _qm est la le~r• .ils en occupent une destinée à antre c ?se,. on n~. prevo1~ pail ce dérangement, on agit sans. precaut1on spec1ale et I objet se trouve endommagé: heureux enco~e lor~q 11e cette présence de l'objet là où il ne devrait. pas etre n am_éne ~.as une catastrophe 1 Sans aller ~usqu a des conséquences aussi graves, que de temp,s pe.rd~ a cb~rcher un objet qu'on avait laissé là oil on_ s ~n ~tait servi, et qui avait ainsi été égaré I Que defrais a, faire P?ur re~placer ces objets, ponr regaguer d ll temps· _Que d_eotrepnses manquées, faute d'une exactitude rendue lmposs1ble par Je désordre 1 . Au con_traire, l'orJre qui .m:lintient toute chose à sa. place, qu~ règle sagement l organisation intérieure qui consacre a chaque occupation des soins et du temp; sui-

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vant son importance, qui fixe la marche à suivre, et qui se tient ainsi !toujours prêt à tout, cet ordrn assure à la vie une paix aussi constante que possible, réduit au plus petit nombre les chances de perte ou d'échec, et augmente les chances de profit on de succès. Il faut donc de bonne heure amener les enfants à l'ha· bitude de l'ordre, et cela n'est pas une tâche d'une grande difficulté; ils en out l'instinct, et l'école suffit pour développer cet instinct et en assurer les ré:mltats durables. Le premier point, le plus important ponr en arriver là, c'est d'habituer les élèves il mettre de l'ordre daus les · iùées. L'ordre dans les idées amène la méthode, et l'ordre dans la vie n'est qne la mise en pratique d'une bonne méthode.

La lecture expliquée Le Journal des instituteurs donne les conseils suivants relativement à la lecture : Pour que la leçon de lectnre puisse produire de bons résultats, il faut qu'elle soit faite avec intelligence. Il ne faut pas seulement que les enfants lisent en donnant une intonation qui aura été apprise par routine, mais qu'ils lisent simplement et intelligemment. Voici comment les exercices devront se succéder dans une leçon de lecture. Les élèves du même cours ayant tous le même livre, le maître commencera d'abord par lire lui-même le morceau qui fait l'objet de la leçon. Il expliquera le sens des mots difficiles, et, pour donner à sa leçon plus d'animahon, pour qu'il y ait plus d'émulation rians toute la classe, il le fera encore expliquer par le:i élèves eux-mêmes, en s'adressant d'abord aux plus faibles, et ne donnant la parole aux plns forts que lorsque les premiers n'auront pu répondre d'une manière satisfaisante. Il ne négligera pas l'enseignement moral, ni les règles de conduite pratique qui résultent de l'étude du morceau.


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Enfin il fera lire chaque élève à tour de rôle mais sans suivre un ordre déterminé, afin de les tenir to~s attentifs et il exigera que la lecture soit faite avec naturel et er~ général sur le ton de la conversation. Il s'assurera après ~haque phrase ou après un alinéa, s'il ne passe pas six lignes, que l'élève se rend bien compte des . mots et Jes pensées. Q~and une phrase aura été mal lue par un élève, il la fera hre par un autre, ou 1a relira lui-même, jusqu'à ce qn' elle puisse être reproduite avec la prononciation et 1~ to~ convenables. Mieux vaut ne faire lire que huit ou du. .lignes et les bien lire, que de laisser ânonner des pages entieres sans aucun profit pour )e développement intellectuel avec un grand ennui pour tout Je monde. Dans le cours moyen, la lecture sera suivie d'un résum8 le _Plus souvent oral , et quelquefois écrit, des principaux pomts de la leçon. Dans le premier cas, ce sera un exercice de langage et dans le second, un devoir de style fructueux.

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,·able sollicitude touchant l'obtention de la marchandise f!énérale destinée à la guérison d'un anémique des plus à plai~dre, le porterien du régent. Des résolutions les plus énergiques ont été votées à l'unanimité afin de le sauver du trépas. Maître PATIENCE. Sierre. - Les instituteurs de notre district ont eu leur réunion là St-Luc, le 20 avril dernier, sous la présidence de . M. l'inspecteur Rey. . M. M. Hopfner, directeur de l'école normale ; J3ridy, ~uré et Guéron vicaire de Vissoie; le rév. recteur de Gn.mentz; Epiney 'juge; la commission scolaire et l'honorable conseil communal de St-Luc, etc., nous honorèrent de leur J?résence. ,~a séance est ouverte à 10 h. Après une courte pnère, M. lm~ specteur souhaite la bienvenue à toute l'assemblée et nous rappelle en termes émus, le souvenir de deux collègues que le Seigdeur a rappelés à lui dans le conrant de l'année: Gaspoz d 'Evolène et Bonvin de Chermignon (Lens). Le vice-président de la confére~ce ayant. quitté l'en~eignement ,et s'étant fait excuser pour motifs plausibles, a éte remplac.é en dite qualité par J.-B. Studer, instituteur à Lens, lequel remit le protocole au soussigné, après la lecture du rapport sur le -sujet traité l'année dernière. . . . Ce travail ayant été admis sans observ~t10ns, 5 rnstituteurs désignés par le sort nous donnèrent connais~ance ,de le~rs. tra,vaux. Cette lecture fut suivie d'une discuss10n tres a?im_ee, a laquelle prirent part M. le directeur, M. M. les ecclésiastiques et quelques instituteurs. En voici quelques conclusions : . 1. Etudier la nature des élèves méd10cres afin de découvrir les défauts particuliers de chacun d'eux. ,. 2. Traiter ces pauvres enfants avec des égards, atte~d~ qu ils .sont souvent maltraités à la maison à cause de leur betise plus apparente que réelle. . , 3. Exiger une fréquentation règulière, dès le Jeune age i. surtout ne jamais exempter un enfant de l'éc?le, s,ur . le simple r apport des parents, mais attendre, au contraire, I avis de lm-specteur. . 4. Préparer les enfants peu développés à la ~onnaissance de la religion, en leur apprenant, au moyen d'exercices oraux, des traits de l'histoire sainte. A 11;2 h., la séance est close. Mess~r Gast~~' plaid,ant pou_r sa paroisse, demande, non sans raison, d etre r.econforte.

Dans Je cours supérieur, s'il existe, on insistera non seulem~ut sur Je_ sens des mots, mais aussi sur l'emploi des express10ns figurees et des synonymes; . l'étude de la composition des mots; préfixes et suffixes.

ECHO DES CONFÉRENCES St-Maurice-Monthey. - Jeudi, 9 avril, Vérossaz a bien voulu pour la première fois, donner l'hospitalité à la conférence pédagogique de l'arrondissement occidental. Nos ~éunio~s ~·ev~tent de plus en plus le caractère pratique et corchal qm, Jadis semblait être leur côté faible. Mais je crois être l'interprête fidèle des appréciations de mes collègues en assurant que jamais nous n'avons mieux senti combien il est _doux de se retremper en si bonne compagnie. C'est que le lieu désert autrrfois témoin des austérités d'un St-Sigismond, possède actuellement des cœurs <l'or qui méritent à tous éctards notre sympathique reconnaissance. Aussi rien n'a manqué à. notre modeste congrès: banquet, toasts chants directions pédagogiques au sujet des élèves les moi;s doués' et, comme couronnement de notre programme, manifestation d'une admi-

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Aussi toute l'assemblée passe dans la salle à manger, à l'hôtel du Cervin, où une collation fort bien servie et arrosée des. meilleurs crûs, le tout généreusement offert :par la commune de St-Luc, ranime les convives. Bientôt les toasts et les chants. avec accompagnement de piano alternent sans interruption. A 4% h, il faut se séparer, la plupart des conviés ayant plusieurs lieues de chemin à faire pour se rendre dans leurs foyers . St-Léonard est proposé comme lieu de notre prochaine conférence. A. F.A.VRE. Conthey. -=- Mardi, 21 avril, la commune de Chamoson reçut. très cordialement les ü:tstituteurs du district de Conthey qui se rendaient à leur conférence annuelle. Le local ménagé à cet. effet était la belle et vaste maison d'école, construit depuis peu. Notre réunion, présidée par M. l'abbé Gauye, inspecteur, était honorée de la présence de MM. les rév. curés d'Ardon, de Conthey, de Vétroz; MM. Hopfner et Larnon, directeurs. Les autorités civiles et scolaires, ainsi que quelques anciens instituteurs de Chamoson, s'étaient fait un plaisir de se trouver au milieu de nous. Par contre, on regrette vivement l'absence de M. le Curé, retenu à la maison pour raisons de santé. Un vide sensible se remarquait encore parmi nous. II fut comblé par l'heureuse arrivée de M. Raymond Evéquoz, Président du Grand Conseil et préfet de notre district. · Après la prière d'usage, M. l'inspecteur ouvre la séance à. 9 h. par un discours souhaitant à tous la bienvenue. Viement ensuite la lecture du protocole et celle du résumé des travaux sur le sujet traité pour la conférence de Nendaz. Ce compterendu témoignait d'un travail consciencieux de la part de l'auteur. On passe à la constitution du bureau. M. le secrétaire Gaist Jules, instituteur à Chamoson, fut élu vice-président et le soussigné fut appelé à le remplacer dans ses anciennes fonctions. Sur les 22 instituteurs présents (3 n'ayant pu y assister pour cause majeure) 5 favorisés du sort donnent lecture deleurs 'travaux qui leur valent des louanges bien méritées. Le zélé et sympathique M. Hopfner nous expose ensuite au tableau noir les notes de nos recrues de 1895 comparées à la moyenne de la Suisse. L'éloquence muette des chiffres fait courber la tête à plusieurs d'entre nous. Nous constatons que notre côté faible, et sur lequel nous devons concentrer nos efforts, est encore le style. Tout en nous disant que les résultats

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obtenus d'année eu année marquent une gradation ascendante~ M. le Directeur ajoute que. c~ mouvement es: trop !ent-_ Il Y quelques années, il nous dis~it.: « Il fa?t qu on. arnve a ~ne moyenne de 10. > Aujourd'hu~ il nou.s cht: .< Coute que .coute, il faut qu'on arrive à 8 .. • Vrai~e°:t, iJ es~ bien ~n peu e~igeant. Le feu de la discussion .a vait aiguisé l appétit et cel~i ,de 1~ cuisine avait cuit le dîner. La tête garnie de bonnes idees, Il fallait soncrer également à l'estomac. Pour cel~ nous descendons à l'étage inférieur, vaste salle où des tables bien dressées attendent les amis de l'instruction. . M. le préfet Evéquoz, nommé major de table p~r acclamation~, aidé de M. Giroud, sous-préfet, promu Capellmeister, accomplit sa tâche avec ce tact dont il connaît le secre~. Aux toasts et aux chants succèdent les rires et les applaudissements. . L'excellent vin offert par la commune ùe Chamoson déhe toutes les langues; les gracieu~es sommelières. d'un jour,. Mlles Jes institutrices de Chamoson jett~ut une note.gaie dans. l~ fete par leur bienveillant empressement a nous servir., La . ga1te es~ arrivée à son plus haut diapason et les het~~es s envol:nt rap~des. Le soleil, qui vient de disparaître dernere les cret~s boisées de l'Ardevaz nous annonce que les ombres cle la nmt, venant à grands pas' du côté de l'Orient, ne ménageront pas Charnoson. . , Aussi devons-nous songer à nous séparer. Chacun regagne ses pénate~ en emportant de la Journee un précieux et ineffaçable souvemr. F . B. Conthey, avril 1896. Hérens. - Le Ier Mai a eu lieu à Nax la conférence _annuelle des instituteurs du district d'Hérens. Cette réumon' présidée par M. l'inspecteur Moos, fut rehaussée par la présence de M. Hopfner, notre zèlé directeur de l'école normal~, de MM. les rév. curés de Nax et Mase, et enfin de tout. 1 bonorab~e conseil de localité qui nous a fait le plus sym~ath1que accueil. La vue de la maison d'école et de la maison commu~a~e fraîchement enguirlandées nous fit comprendre ~ès notre. arn_vee que nous étions les bienvenus. Ce ne fut pomt une illusion. On nous fit passer dans la salle communale où un excelJent vin chand nous remit de la longue marche que nous avions dû faire pour arriver à l'hospitalier villag~ de ~ax. , De là nous nous rendîmes dans la maison d école ou nous attendait un peu de statistique. Tous les inst_ituteurs ,répondirent à l'appel. Après la prière d'_usage et le d1~cou.rs d ouverture de M. Moos souhaitant la bi~nvenue aux mstituteurs et


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aux membres honoraires, on donna lecture du compte-rendu des travaux de la dernière conférence. La lecture de ce travail ne fournit matière qu'à une très courte discussion, après quoi six instituteurs désignés par le sort donnèrent lecture de leurs compositions. Les conclusions de ces compositions étant à peu près les mêmes que celles déjà adoptées dans les conférences des autres districts, je n'insisterai pas là-dessus. Je me bornerai seulement à signaler le fait démontré par un instituteur que le 50 % des idiots, des imbéciles, des esprits faibles sont enfants de buveurs d'alcool; ce genre de maladie est presque toujours incurable. C'est le résultat de , la statistique. La lecture de ces compositions donna lieu à une discussion à laquelle prirent part MM. Hopfner, Meichtry et quelques instituteurs. La discussion close, ce fut le tour du tableau noir où M. Hopfner nous fait remarquer que la lecture, si négligée, il y a quelques années, a fait un grand pas dans la voie du progrès; mais ce qui laisse toujours à désirer, c'est le style. On procéda ensuite à l'élection du bureau. M. Pierre Gaudin, instituteur à Evolène, fut nommé vice-président et le soussigné secrétaire. Cette séance, malgré son importance, devait bientôt prendre fin, car l'estomac revendiquait à son tour ses droits. On passa donc de nouveau dans la salle communale, où cette fois-ci nous attendait une succulente raclette arrosée d'un vin délicieux, et le tout gratuitement offert. Quand le premier appétit fut satisfait, les toasts et les chants alternèrent avec un joyeux entrain; mais le temps est toujours trop court quand on est en bonne compagnie. Il fallait ·songer à la séparation. Nous quittons donc Nax en emportant le meilleur souvenir et en souhaitant de nous y revoir tons. Ant. Zermatten.

Vétérans instituteurs. - Lundi, le 18 Mai, a été enseveli à Saint-Maurice, M. Joseph Juilland, ancien instituteur. Le défunt, qui avait quitté l'enseignement il y a quelques années seulement, après une longue et laborieuse carrière, jouissait depuis sa retraite d'une pension annuelle de 300 fr. que lui faisait généreusement la commune de Saint-Maurice en reconnaissance des services rendus. Il était âgé de 75 ans. Deux jours auparavant, ou ensevelissait à Bagnes, M. Louis Perraudin, père, instituteur au Cotterg. Le défunt, qui pratiqua

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. . d'années avait tenu classe jusqu'au 9 pendant u?e v~ngtam:econde atta ue d'apoplexie le priva co~avril dermer, o~ une d 1 paroli Il put néanmoins recevoir piètement de l ~sage e a l s s~cours ùe la religion. M. Peren pleine con?aissadnce tfilous i!stituteurs - était un excellent s rau d'm -. G.Ul. a leux eilleur souvenir à ceux qui· l' on t connu . régent qm laissera e m t enseigné dans sa commune et Il avait presque constammen n'était âgé que de 51 ans. . Que tous deux reposent en paix. ~

PARTIE PRATIQUE A un enfant qui fume. (Rédaction.) Pierre, Gustave fume à l'insu de ses ~arents; Argent Morale. --: 1 . é 't u'il a tort. Désobéissance... ~:i:~~éayJ~triem~~t .. ~rbaJger pour la santé, etc. GusTA VE, . t t un instant avec toi en ou e Veux-tu me permettre de cause\u ne te fâcheras pas de ce franchise, et m~ promettre que que je vais te dire,? ? J commence donc mon serC'est convenu,. n est-ce-p.as. .... ~rois points que tu vas enmon, car c'est bien un .se1mon en tendre, mon pauvre ami. de que nous avons faite ensemble, Hier, pendant la promen.a tt Je t'ai demandé si tes je t'ai vu fumer deux cigare es.. ùe « Oh' non m'as-tu cette hab1tu 1·' > J;ai été si stupéParents te·1 connaissaient. erait plus que ce a ... . . . onse que sur le moment? Je répondu, i ne m~nqu fait de ta condm~e et d.e ~a r~fs me rattraper aujourd'hm. n'ai rien pu te dire; mat, Je/, st mal Je te le déclare tout Gustave, ce que tu :us a he ases La preuve que c'est mal, net sans chercher de belles p r f . r tu te caches de tes , · , t que pour urne , et que tu le sais, c es ' f . ·e devant son père et sa l'on ne peut pas an . · parents. Ce. que. b" V 1' une première considération qm, mère n'est J.ama1s ien. oi _a de influence sur toi, car tu es j'en suis sur, aura une grau aussi bon fils que bon cab~araden. pn'x c'est que pour se pro, Une secon de, qui a ien so d, enses un argent que, t u Au lieu de ce tabac curer ce plaisir coupable, tu ep_. l'avoueras, tn pourfraisé emtor:1 ~:~~ reste rien... que des qui s'en va en um e, on ÜR:ER


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nausées., n'aimerais-tu pas mieux, en y réfléchissant, acheter -quelques jolis livres ou un objet utile? ou bien encore, toi qui es si bon, ne préférerais-tu pas soulager quelqnes misères, en faisant l'aumône? Si tout ce que je viens de te dire ne devait pas te décider à changer de conduite, que ton propre intérêt t'y détermine. L'usage du tabac est pernicieux pour la santé, surtout à notre âge. Il agit de la façon la plus fâcheuse sur les voies respira· toires, sur la vue, et même, paraît-il, sur le cerveau. Ne faut· il pas être fou pour dépenser son argent à se rendre malade? J'ai fini, mon bon Gustave. Excuse, je t'en prie, ma fran· chise, et n'y vois qn'une preuve de plus de ma grande affection pour toi. Je te voudrais presque parfait, et il te faudrait un si petit effort pour me donner cette satisfaction. Ton ami dévoué PIERRE.

Avarice punie. Un célèbre médecin avait soigné avec succès le fils d'un riche banquier et comptait en recevoir une somme assez ronde pour ses honoraires. De fait, la mère de l'enfant avait demandé pour lui cinq billets de cinq cents francs et les avait renfermés dans un magnifique portefeuille qu'elle avait ~Ile-même brodé. Lorsque le docteur vint rendre sa dernière visite, elle lui présenta le portefeuille en disant: « Permettez-moi de vous offrir, en reconnaissance de vos services, ce souvenir de moi et de toute notre famille. > - « Oh! merci, Madame, lui répondit-il brusquement, car laissez-moi vous dire que si j'exerce, ce n'est pas précisement pour collectionner des portefeuilles, mais pour m'enrichir. < Monsieur, je l'ignorais, reprit la dame, vivement piquée de cette réponse inattendue; mais alors veuillez me dire à combien vous taxez vos soins pour notre cher enfant ? > « Madame, je les porte à quinze cents francs. > A ces mots, la dame ouvre le portefeuille, en retire les cinq billets de banque, en prend deux, qu'elle y renferme de nouveau, et, présentant les autres au docteur: "- Voici, lui dit-elle, vos quinze cents francs. Quant à ce que je voulais y joindre à titre de souvenir, je le crois inutile, car désormais vous vous souviendrez assez de moi. ~

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Présence d'esprit d'une paysanne. Une paysanne revenait du marché et cheminait tout. d~u_ce· ment, assise dans sa petite voiture. Elle rencontre un m~vidu .qui, d'une voix suppliante lui dit: < Je me trouve. fatig~~ ! permettez-moi, je vous prie, de profiter de votre voiture d 1c1 au prochain village. > Croyant n'avoir affaire qu'à un pauvr~ voyageur exténué o~ malade, elle lui permet de monter; mais elle ne tarda pas a s 'apercevoir que ce n'était rien moins qu'un voleur, car elle vit des armes cachées sous son paletot. Cependant on allait arriver dans un bois. La bonne femme, conservant toute sa présence d'esprit, fit semblant de chercher quelque chose dans un panier, et, feignant de le remettre en place, elle le laissa tomber à terre. . . . . S'adressant aussitôt à l'inconnu: " Monsieur, llll dit-elle, Je vous serais bien reconnaissante si vous aviez la bonté de ramasser le panier pendant que je ti~ndrai ~e cheval. > .Le V?Ja: geur descend et court vers le pamer, qlll se tr?uv~t déJa a une vingtaine de pas. Alors la paysanne se met a cmgler son cheval et s'éloigne au galop, laissant ainsi le voleur sur la rnute en possession d'un mauvais panier vide.

Un pacte avec la langue. Saint François de Sales était d'un naturel vif et _emporté; mais il sut si bien le maîtriser qu'il devint un parfait modèle tle douceur et ù' affabilité. Un jour, on vit s'arrêter sous sa fenêtre _un gentilhomme à ,qui il avait dû refuser une demande, et qui, pour se venger, se mit à faire un tapage scandaleux avec. ses valet.s et ses -chiens, mais Je saint parut n'y pas même fan:e atte~tion.,, L'insulteur se croyant méprisé entre et penètre Jusqu a sa chambre et lui adresse toutes 'sortes d'injures. L'évêque se contente de le regarder et ne prononce pas . un~ parole. . Le gentilhomme redouble de colère ; mais il. ne peut nen contre le calme et la patience de l'homme de Dieu et se retire enfin sans autre résultat de sa visite. Quand il fut sorti, quelqu'un demanda à. l'~vêque.: « Mons eigneur, comment avez-vous pu garder ams1 le silence en . présence de cet insolent? « C'est, répondit-il, que j'ai fait un pacte avec ma langue, et que je me suis engagé à- ne jamais dire un mot tant que je me sentirais le cœur ému. >


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De longs comm~ntaires ne sont pas nécessaires pour présenter au _g~·~nd pub1h~ et particulièrement à la jeunesse la seconde et1t10n de 1Europe. Cet ouvraae est connu· publié sous 0 les auspices 'n a été subO / . é des Sociétés suisses de géo,,.raphie t ven 1011n par la Confédération et plusieurs cantons romands pour ])ermettre à l'éditeur d'en rendre le prix abordable à tous. Lors de son apparition en 1891, il a été si généralement approu v~ gL~e l'auteue n'~ pa~ eu besoin d'apporter à cette nouv~1J~ ed1t10n des rnodifica~1?ns essen~ielles. II a mis à jour, 1bt_-1J dans la :pré_face, les fa1ts 1 les chiffres et les tableaux graplnques, suppnme quelques noms propres et <1.1n certain nombre ~le qt~esrions ;_ il a aussi cba~gé Lluel~ues gravures. En outre, 11. a lieu de signaler une adJonct1on importante. De différents cotés on avait <lemanclé l'introduction de résumés â placer à la _fi!1 des _chapitres; l'auteur a déféré à ce vœu. Dans ces rev1s1011s qm sont assei complètes p<mr pouvoir servir au besoin de_ t~xte à appren~re, J'élève trouvel'a condensées les données 1m11c1~1ales qui dey1endront pour lui autant de points de repère ant_om desquel_s 11 pou~Ta grouper les détails et les rapports log1q ues des faits. 1;'a?d1s que dans le texte principal les villes so~t classée~ _P~I' reg1?~s naturelles, · les résumés les reprennent smvan~ la dms1on politique, ce qui permettra aux maitres qui le désirent d'enseigner celle-ci. J:ien que l'adjonction des résumés ait entrainé une augmentation, du n.omb,~e des p~ges, _Je prix de l'anvrage n'a pas été change. Grace a une recluction du format, le volvme est devenu plus maniable. Telle qu'elle se présente aujourd'hui l'E'llrope dé Rosier est Je vrai manuel-type pour 1'étud~ <l f ln _géographie dans les collèges et les autres établissements d en~eignement sec_ondaire. So~ exécution typogrnpllique exceptionnellement s01gnée et la nchesse de l'illustration en font eu outre uu livre de famille p~r excellence, un ouvrage que non seulement on consultera tou.1ours avec fruit, mais où l'on ~r?u~era abondante matière à s'iusiruire par une lecture à la fois mtéressante et tiolicle.

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Admirable règle de conduite: Que de gens, en effet, se sont repentis d'avoir parlé dans des moments d'irritation, tandis que nul encore n'a regretté d'avoir alors gardé le silence!

Le Gourmand puni

Un enfant gourmand, et qui commençait à devenir voleur, avait vu sa mère poser un vase sur le troisième rayon d'une armoire. Sans doute, se dit-il, ce doivent être des confitures. Profitant d'un moment où il était seul, il approche une chaise, y monte, saisit avec. empressement le vase et le penche pour voir ce qu'il contenait. Malheureusement, il était plein d'une tisane encore très chaude, qui, se répandant, lui tomba sur Je visage et la poitrine, et Je brûla crue1lement. Il pousse un cri de douleur. Sa mère accourt et le trouve dans l'état Je plus lamentable : il était tout défiguré, et il porta toute sa vie les marques de cet accident, qui n'était qu'une juste punition de sa faute. Réflexions Enfants, dans les années qui se sont écoulées jusqu'ici, vous vous êtes vus entourés d'affection et de sollicitude non seulement par votre famille, mais par tous ceux qui, de près ou de loin, se sont occupés de votre enfance. Vous êtes-vous demandé parfois pourquoi cette protection de tous les instants? C'est parce que, sur vos jeunes têtes, est placée l'espérance de l'avenir. Vous êtes-vous aussi interrogés quelquefois pour savoir si de votre côté vous répondiez bien à tout ce qui était attendu de vous? Les leçons que ]'on vous a fait apprendrn, les avez-vous retenues ? Les bons préceptes que ]'on vous a inculqués, les avez-vous gravés dans vos cœurs ? Ne vous a-t-on jamais vus jouer quand il fallait travailler, rire quand vos efforts et votre attention étaient so11icités par une occupation sérieuse?... Réfléchissez à cela, et surtout évitez de retomber dans les fautes que vous avez commises. Pensez-y bien : les heures qui se sont envolées ne reviendront plus; et si elles n'ont pas été bien remplies, vous vous êtes préparé de cruels regrets, peut-être même des remords.

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La future 1nénagère

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~ectures e~ lPçoos, su~. l'économie domestique, la scien?~ du menage, l hygiene et les connaissances nécessaires ~. u!1~ _maitresse de maison, par M11• Ernestine WmTH, 3 ed1t1on, cartonné, 480 pages. - Prix l fr. 80. Pour 11-'R abounés de l'Ecole primaire fr. t. 50.

Division des parties et chapitres. Notions préliminaires. 1. La famille et le foye_r dornt>slique. 2. La femme d<' ménage. 3, De l'eEpl'it de fam11le. 4. De l'économie domestique. l" PARTIE. -


l de la mai.• on et . t· 'E - Organisa i?n mora 1. Lae préVP.nance. 2 . L es PA.RT ll,.. ' · énagerc. · - · e 4 La qualités u~;n/~:n:a:i1e. 3. Devtrs ed1evo;~f:0; : c,.' Du

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fêtes et r un 'bliotl..èque de la. maires~ fants. lectu1d·e Plt 1~:~ne dan3 l'~duca.tion dC'~. ~~I<' et administratio.n rôle e a TIE - ()rganisatwn mate1 ie de l'économie . 1. Appr"nt1ssage lllm• PAP. d . /a maison. · · ménagère. 3· De économique e Des qualtlés de la b,onne maitresse de maidomestique. 42 Emploi de la journee d ~e 1 ·ibution intérieure }'econom1e. · . d' n ménage. 6. 18 1 . stensiles et son. 5. In~tallati~n Cui~ine, office, bou~angeneg ~lancbissage de la maison. c~isine. 8. DeH ~om~stlque~~er~ation des aliacc<'sson.es de . e 1.9. Entretien et co rovisions. 1.3. et entretien du ll~!v~ux à l'aignille. 1.2. pe\e~tissage de la ments. 1.1. l)es tr . un dl.ner. 1.4. De. l.app 16 La ferme et Manière ~·ordo~me~ élémentail'es dt! cuisme.ffa ~ et éclairage cuisine .. ~o. jnrdin potag~r. 1.S~h~A comptabilité. Ja fprro1e1E>. · aissances utiles. · · 1.9. RPcettes e~ cu1,rn _ 21.. Conseils d hygiène.

~~ure,

Supplément à l'ECOLB PRHUIRE

Le llissionnaire et le brigand

L'an 185. fut une de celles où l'émigration prit les plus grandes proportions dans notre pet-ite Buisse. Cette année-là, les deux Amériques furent comme prises d'assaut. New-York détrônait Paris; San-Francisco était la ville mirifique aux palais d'or massif, aux rues pavées d'or. Californie était synonyme de pays d'or; les routes y étaient poudrées d'ol', les ruisseaux y roulaient de l'or en fusion, les arbres même y portaient des fruits d'or. C'était l'or à foison, l'or partout, l'or à en rlevenir fou I On comprend, dès lors, qu'une fièvre se soit emparée des esprits, et que les plus poltrons comme les plus aisés, les plus crânes comme les plus gueux, aient eu rapidement bouclé leurs malles et pris la route d'Amérique. Ces premières expéditions tinrent du délire, de la rage, de la folie f C'était à qui mettrait le premier le pied sur le sol du Nouveau-Monde, à qui donnerait le premier coup de pioche, remplirait le plus grand nombre de coffres! Cette soif de l'or s'empara des plus sages. et l'on vit des hommes de tous âges et de tons rangs. de riches propriétaires, des familles entières heureuses et aisées, tout abandonner : le pays natal, les terres productives, le bonheur champêtre, pour courir sus à l'or. Beaucoup, hélas, abandonnèrent aussi leur Dieu I Une nouvelle religion était née : l'or ; un nouveau dieu allait désormais régner sur Je monde : Je veau d'or. Au nombre des émigrants qui, en cette année tristement mémorable, ·firent voile vers le Nouveau-Monde, se trouvait un jeune. missionnaire. Il sortait du Séminaire des Missions étrangères de Paris et s'était embarqué, au. Hâvre, à bord du vapeur Lima. Il avait rejoint, sur le vaisseau, une caravane d'émigrants de tous pays qui se rendaient dans la république Argentine. Au milieu de tous ces gens, dont les visages durs reflétaient la triste passion qui les animait, le jeune Evangéliste, dans sa robe de bure, le front. pur et les yeux levés vers le ciel, apparaissait comme l'ange protecteur des pauvres e1.ilés, chargé de veiller sur eux dans la périlleuse voie où ils s'étaient engagés. Il s'ap-

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ELÉMENTS D'ARITHMÉTIQUE É

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ES p[l[MA.HtES

~otcoze normale de Sion Par un professeur ~~ revue et augmentée i vol. cart. 2"'" édition, t' la 1•• théorique eL e comprend deux par ie_s: t~ plus de 2000 Cet ouvrag \a 2m• pratique, qui comp . l'on tl'ouve · de figures, , b de ceux-ci, orneeices et problèmes. Au nom r3es examens des recrues. exerlc rt des sujets donnés )ors l'édition p1·écédente. la p upa . t' 0 sensible sur . t C'est une améliora 10 . é .é du corps ense1gnan V . . sur ce classique (tres appr c1 faveur dans diverses vala~!!~ et accueilli éga)le!~~\~~:!s appréciatio~s: celle cantoos \aire étranger au Valais. é coles d'autres inspecteur sco sont variés, eo émise par 00 . ool simples et précises. Lesur,r:1:~è:::~~ite du bOD roar• • w définition~ ~~;r;~;:-~~~t ~Haliq~cs. L'o~''!"ttart ~~.°ses jolis caractè_rcs: d• t nombre su!Usant, te ù'UD bl>D gol'll et 1•1mpresSlU de a \101.1 le prece en • cbé, la rel1ur~ es . ment qui concor . ecueils 1•abscoce Voici l autre Juge i rcprocbeot.à ccrla•:~ .:rosaroment coiohomroes d•~cole très nombreo1 o'ft tMoriqoeclair' sobre re u'il reolerroe uo om;i!~\e u,éorie, t•ouvr•~\~:;':ll~nd~'~anuel la con•i~t\0°0°01~:ec:l laq progression bien cplct.. . Je garde d' u.n e"é~'.!'.,e. l'appréciesurtout le grao ,-.w ' é eD • 1eu l coors d•antnro e,eel g111ù0<\e de& problêmes, • • qm. se ven dent separ m • ralsonnees.. ·r les abus qui en pour-\ L es Solutions i 50 Pour preven1 ' u personne ~~!t:~tê[;~ f~ils; elles ne tf~:~e:tpda~e!a q~:nnée, soit le enseignant. El\~s ne con . texte des problemes. , qui adopterait et deTo~t maitre ~u to3terJî:v1te;~~r son école1 so11~~~~ manderait le livre e d'ailleurs un exemplatre u . ex. a u moins, rPcevra . ..,. ~ rigé à titre grae1eu ..... -A. L'USA.GE nEs

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ou influence de la première éducation

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2 . . · · e de la Suisse. Il saelalt Robert Viat et était o~agmair om atriotes et il en ~au ·qu'il avait autour ~~ luÎl d:~a:pro~ha. discrètement éprouvait une douce J01T" t du bELteau écouta les des groupes formés sur e pon nnut le di~lecte qui lui conversations des passagers, rrciù les voyageurs admiétait familier, ~t. a°imomen qui se confondait avec le raient l'immensité de a. mer . d en atois e\ en souciel, le jeune missionnaire bas:t e~citè~ent vivement la riant, quelques remarq~e~ 8~ on s'empressa autour de curiosité de ses oompatr10 e '. a à ui mieux mieu:r.. lui, on l'entoura e\ on le qu:~:~:~rov(dentie\\e, l'eccléPar une coïncidence sa~sl émigrants un de ses cam~siasUque reconnut parmi Broc qui après avoir rades d'enfance, nom:né leosu:é\iers à travers l'Eur?pe, vainement essayé ~e ou~ du Pérou. Ces deux anciens partait pour les m1~es d fr Robert raconta les diflérent~s condisciples frater~isèren . t dieuse consacrée à la Rebpéripé\ies de son existences usémin~ire à F ......, so~ nogion et à ses mystères, sonè de Paris ses craintes, viciat aux Missions étrang ras uis ftnal~ment, sa vieses incertitudes et ses lÏ~teû~l ma'intenant prècher l'Etoire e\ ses espérance\> a as dans l'Amérique du ~ud i vangile aux tribus des amp ' ttait une ample moisson il en était heureux et s~ f:°c:e lui comme toujours, al-:de bonnes œu·ues.·tfm~ne:ait' d'abord les mines, e~ si lait à l'aventure ; l . om oursnivre iusque-là, eh b1eo, la déveine s'acharnait à le tp Mais il ne retournerait en alors, il était r~solu à to'\' laisserait sa chevelure au~ Europe que riche, ou ;it assez de la malechan~e ~1 Peaux-Rouges. Il en avt d'Europe. rien ne lui avait l'avait traqué dans. son our l éré , dussi et il en av~it l_e C/~:r : :ujeÎ de très judicie:oses Son ancien ami lm fi, é creuves que Dieu envoie à remarques, lui parla dede ~elever son courage par des ,eaux qu'll aime, ~ssay~ écompense le conjura de l"" promesses d'aven~r. et e ~eur u'on , leur avait ap~ pas oublier le d1v10 Sau . ies paroles parurent .U ensemble à aimer et à serv~r. nt maiiJ ce ne fut qu'une instant émouvoir le jeune ém1r~~t à ses rêves d'or, ricalueur; bientôt a~rès, Br~~' Arrivés à Buénos-A.yres, les nait et se moqua~t de to . ès s'être mu\u~llement serré deux amis se qm_ttèrent ap~ de bonheur. la main et souhaité beauco p t à l'œuvre et eut . . · mit brav.emen ' è Le mumon~aue sefl t couronnés de succès. A.pr s la joie de voir ses e or s

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<dix ans à peine d'apostolat, il avait fondé plusieurs ~colas chrétiennes dans les principales villes du Sud, sauvé bien des âmes égarées et donné le baptême à des milliers de petits infidèles. Il était heureux enfin, au moment où nous traversooe les pampas, au cœur même des immenses province"I de la Plata, dans une voiture attelée de deux vigoureux chevaux. Il se trouvait avec lui, outre le cocher, un riche industriel de Buéoos-Ayres et une sœur de charité. 'Tout à coup, à un détour de chemin, masqué par u11 bouquet de haute fataie, un coup de feu fit cabrer les chevaux, et au même instant cinq Peaux-Rouges, commandés par un chef blanc, débouchèrent et ee ruèrent sur les voyageurs. Le jeune missionnaire sauta de la voiture, s'avança au-devant des assaillants, et levant la croix qu'il portait en sautoir, il s'écria: , Mes frères, que cette croix vous sauve comme elle nous protège l • A peine avait-il prononcé ces paroles que, sur un signe de leur chef, les Peaux-Rouges reculèrent et disparurent dans le bois voisin. Le chef blanc s'approchant alors du prêtre lui dit: , Robert, me reconnais-tut " Le missionnaire, qui n'avait pu découvrir les traits de son ami d'enfance sous les tatouages qu'il leur avait fait subir, se rappela cette voix dont les dernieu sons perçus sur le Lima frappaient encore ses oreilles, après dix ans passés. • Ab I s'écria-t-il dans un sublime transpart d'allégresse, en se jetant à son cou, - toi aussi, mon cher Louis, je devais te sauver I la chance enfto vient à toi, baise cette croix et réconcilie-toi avec Dieu l • Viat, car c'était lui, prit la croix qu'on lui tendait, la baisa à plusieurs reprises en la baignant de ses larmes. Le repentir venait de faire soudainement irruption dans son cœm·; cette croix, que sa mère lui avait, enfant. appris à aimer et qu'il avait si longtemps méprisée, lui apparaissait, dans ces plaines sauvages, après t mt d'amères années d'exil, comme le suprètr- · en, celui qui donne au cœur la vraie joie, à l'âme r.uce quiétude. IL la pressa fortement contre sa p01trint,, y reposa looguement son regard de feu, et dans un serment qui n'ell, . pour écho que son âme et pour témoin que son Dien, il promit de renoncer dès ce jour à sa vie aventureuse et criminelle; le brigand se ferait religieux, le passé allait être racheté par l'avenir. Il demanda humblement pardon à son ami, escorta sa voiture jusqu'à la lisière des bois et, après lui avoir promis de le revoir bientôt,


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il l'embrassa, enfourcha sa monture et disparut dans les fourrés, où les Peaux-Rouges l'attendaient, les yeux anx aguets, ne comprenant rien à la scène qu'ils avaient vue, se dérouler si étrangement. Hait jours plus tard, un homm~ encore jeune, aux traits nobles et énergiques, sonnait à la porte du monastère de San-Luco, à quelques milles d'Assomption; un religieux vint ouvrir, reçut une lettre des mains du visiteur, le fit entrer et la porte bardée, surmontée d'une croix, se referma lourdement derrière eux. Louis Broc, grâce à une lettre de recommandation de son ancien condisciple, le bon père missionnaire Viat, venait d'entrer au couvent des frères trappistes de l'Aseomption,. dédié à St-Luc, pour y commencer son noviciat et se consacrer enfin tout entier au culte de Dieu, après avoir si longtemps erré, malheureux, à la recherche des plaisirs de ce monde qu'il n'avait point trouvée, car il n'y a pas de vraie joie ici-bas, sans l'amour de Dieu et la. pratique de ses commandements. SoLANDIEU. Sion, 1896. -

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L'arolle ou pin des Alpes (Suite et fin) Dans certaines communes où ces arbres sont trop rares, on a des règlements pour les protéger ; il en existe de même pour la cueillette des fruits, chaque ménage tenant à en avoir sa part. Personne ne peut en cueillir avant le jour fixé par l'autorité communale. A défaut de gardes-champêtres, les bergers des montagnes, aussi longtemps qu'ils se trouvent sur l'alpage, s'en constituent les zélés gardiens. Au jour déterminé, bien avant l'aube, toute la jeunesse se rend à la montagne avec hottes. sacs, paniers et montures. Les jeunes gens les plus agiles dédaignent les petits arbres pour monter à l'assaut des plue élevés et en cueillir les fruits. Ceux-ci, à cause de leur attache solide et dans l'intérêt de la conservation de l'arbre, doivent en grande partie être pris à la main. De l'amande de leurs grains on extrait quelquefois une huile très estimée des pâtissiers. Un autre produit que nous donne cet arbre est la résine à laquelle les montagnards reconnaissent des propropriétés particulières et la recueillent avec soin. La manière actuelle de l'extraire est très préjudiciable. Elle

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-consiste à pratiquer une t . godet jusqu'au cœnr de l'arl>~ aille en bi_a is en forme de perler en gouttes brillantes er· r La. résine commence à 1':DP 1des comme l'eau la plus claire, et emplit en ~St un conduit pour l'ealequ,}:,l°:rs l'entaille. Celle-ci l arbre et le pourrit plus vite quen s·:feértu 1\ peu da119 verso. Lee auteurs i . a1 sec ou ren-dépr~dations devraien~c~~;:1epn!~i ouàinl.~ouciants de ces band1ers, s egal des contreLe bois de l'arolle 8 t d' Techerché pour la meu:ia ~ne gran~e valeur, Il est très seurs presque à l'é al d orie et prisé p~r les connaistravailler et malgrlsa 1 s~ la!sse facilement -d'imputrescibilité. à cett/re 'r~é Jo~it d un haut degré :de n'être point aitaqué p qi°a 1 , 1.1 fau~ ajouter celle <le ravages, des malheursar es souris qu1 causent tant elles parviennent à s'introd D:1ême dans les meubles où. u1re. Très é . r &tneux ce bois b ül à fabriquer des t~rches Au r . ~ iomme de la cire et sert sans présenter aucun d 881 .10 amm~ble que le pétrole des ménagères et constftus:sl rn1onvéné1~nts, il fait la joi~ Ct3. qui est employé à cet e P us pr c1e~x allume-bois. -bois gras et se vend su usage est vulgairement appelé copeaux épais dont les c:i .0 ~~ marché~ en paquets de session. emieres se disputent la posA cause de ses précieu . s'appiique à protéget :::~f~gp~f~r~~r:iu18t cAroire qae J~'8otnon remarque une hl . . . ce saguère d'exemples du coc:t~~~ e Cnd1fférence et il n'est forestier on s'en dé . . ire. omme c'est un arbre assez d~ lui-même 8 ~~te~:sse, 0 \ croit qu'il se multiplie Providence. Oa se conv . comp e un peu trop sur la diminué et l'on ne eut 8~ 10c que cet ar~r? a beaucoup avec quelle avidité f.hommeen tt1nner•. 81 l on considère -ses fruits, on doit avouer q ~l 3s. animaux recherchent la germination. Lee oieea u l oit en rester peu pour emporter le fruU entier ~~ sa _grosseur, ne peuvent . grains dépourvus d'ailes ne grainent sur plaae ; ses pin, du sapin du é .' peuvent, comme celui do vents et étendre cha~u~e~~nltrr portée au loin par les A ces causes de rareté d • e e r~yoo de leurs limites. graine doit être enterrée i~~~tl!, il faut ajouter qae sa la dessication pour J'ouir de sa tqa eml_teént et n~ p~s subir ua 1 germ1nat1 ve. S. M.

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C:,ontre le& banneton• M. Magnien, professeur d'agriculture, a donné, il y a. quelque temps, d'excellents conseils pour combattre les: hannetons 011 leurs larves, plus connues 11011s le nom de vers blancs, • Quand on a amassé - dit-il - les hannetons en grande quantité, on peut s'en débarrasser de différentes façons: on y arrive facilement en plong~ant les sacs pleins d'insectes dans l'eau bouillante, ou en les introduisant pendant huit ou dix minutes dans un four ordinaire, préalablement chauffé par quelques fagots. Un troisième moyen qui a donné des résultats très satisfaisants, consist~ à vider les sacs de hannetons dans un cuvier ou dans une vieille barrique, en arrosant les diverses couches d'insectes avec un lait de chaux. Il est nécessaire qu'un ouvrier armé d'une pelle agite constamment le mélange eL empêche 1~ sortie des insectes; quand le récipient a reçu un volume de hannetons suffisant, on achève de Je remplir avec de la chaux vive. Il se produit dans la masse une forte chaleur qui fait périr tous les hannetons, Le contenu du tonneau peut être ensuite versé dans une fosse creusée en tene et ayant 1"'50 de profondeur, autant de largeur et, s'il y a lieu, 3 mètres ou plus de longueur, Dès que celle-ci est pleine, on recouvre les insectes d'une couche de chaux et enfin d'une couche de terre de 15 à 20 centimètres d'épaisseur. Un autre mode peu adopté, mais qui est d'une efficacité certaine consiste à verser dans le tonneau plein d'insectes quelques centaines de grammes de sulfure de de carbonne ; on recouvre le récipient d'un couvercle et on attend une heure ; au bout de ce temps tous les hannetons sont asphyxiés. Les hannetons ont une haute valeur comme engrais azotés; c'est un produit très riche et rapidement assimilable ; leur mélange avec Ja chaux procure un excellent compost dont on peut tirer bon parti notamment sans la culture potagère, et qui, fabriqué par les soins des communes et vendu à leur profit, leur permettra de récupérer une partie des sommes votées par elles pour encourager la lutte contre les bannetons sur leur territoire... • · Il nous semble que ces conseils sont sages, que ces. indications sont utiles et qu'on ne saurait trop engager les intéressée à les suivre.

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Mois du Sacré-Oœur de Jésus ~e Sacré Cœur de Jésus est le trésor de toutes les graces et la confiance en est Ja clef. . Offrez:--v~us au, Sacr~ Cœur de Jésus comme une victime 9m vient d êl~e 1mmol_ée avec lui; ce Sacré-Cœur se~a 1aute,l du sac~1tlce, et Il sera aussi le sacrificateur. ~r10z-le d accomplir en vous tous ses desseini;i quelque r1~?ureux q_u'ils puissent paraître à la natu;a, Parce qo 11 vou~ aime, il vous fournira souvent des occasions de souflhr. · Qui dit pur amour dit pure souffrance... L'amour de Jé_s~s r~g~e _dans la souffrance, il triomphe dans l'humihlé, 11 JOUit dans l'unilé. Enfoncez-vous d'autant plus dans le Sacré Cœur de J~sus ~ue vous serez plus abattu par le vent de la tr1bulahon. Les plus grandes amertumes ne sont que douceurs dans l'adorable Cœur de Jésus où tout se change en amour. ' . 11 n'est pas possible de dire qu'on souffre quand on aime le cœur de Jésus. . Faites tout pour l'amour du divin Cœur de Jésus et Il fera tout pour vous. ' Il n'y a que le cœur humble qui soit capable d'entrer ~ans le S_acré-Cœur de Jésus, de l'aimer et d'en être aimé. Cbénssez et honorez ceux qui vous humilier«:>nt o_u qui vous mortifieront; regardez-les comme vos b1~nfa1teur~.. Nous .n'avons qu'une Sf'Ule chose à faire, qui est d aimer Dieu, nous oublier, nous éteindre et nous anéantir, pour vivre pauvres, cachés et anéantis dans le Sacré Cœur de Jésus, afin qu'il établisse son règne d'amour sur notre anéantissement. Soyez pauvre de tout,, et le Sacré Cœur vous enrichira. Ob, qu'il est doux de mourir après avoir eu une tendre e~ constante dévof:ion au Cœor de Celui qui doit nous Juger. (Bienheureuse Marguerite-Marie)

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Prière de la B. narauerHe•fflarle Je vous ~d~re da toute l'étendue de mon âme, ô très Sacré et_ d1v10 Cœur de Jésus; je veux vous aimer, ~oos craindre et voue respecter avec une attention cont1nuelle de ne plue vous offenser...


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Je m'offre tout à vous, ô cœur d'amour, avec l'intention que tout mon être, touie ma vie, toutes mes souffrances, toutes tnes actions, soient employées pour voos aimer, honorer et glorifier dans le temps et dans l'éternité... 0 source de pur amour I que ne suis-je tout cœnr pour vous aimer et tout esprit pour voua adorer I Faites, s'il vous plait, que je ne puisse plus rien . aimer que vous, en vous et pour voue ; que ma !Jlé°!o~re oe se ressouvienne plue que de voue ; que Je n aie plus d'entendement que pour voue connailre, plus de volonté ni d'affection que pour voue aimer, plus de pieds que pour vvus chercher, de langue que pour vous louer, d'yeux que pour ~ous regarder, de mains que pour v~us servir, afin que je puisse voua aimer dans l'éterD1té.

:A.niai soi t-il.

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0 doux Jésus, tirez-moi toujours plus avant dans votre Cœur, afio que votre amour m'eogloutieae et que je sois tout abimé en sa douceur. S. François DE SALES.

LA FÊTE-DIEU Il n'en est pas des fêtes chrétiennes comme des cérémonies du paganisme, car quelle est, par flXemple, la solennité palenne qu'on peut opposer .à celle où noua célébrons le oom du Seigneur T Aussitôt que l'aurore a annoncé la fête du Roi du monde, les maisons ise couvrent de tapisseries de laine et de soie, les rues se jonchent de fleurs, et les cloches appellent au temple la troupe des fidèles. Le signal est donné, tout s'ébranle et la pompe commence à défiler. On voit d'abord paraitre les corps qui composent la société des peuples. Après ces groupes populaires, on voit l'étendard de Jésus-Christ, qui n'est plus un signe de douleur, mais nn 9igoe de joie. A. pas lents s'avancent sur deux files une longue suite de ces époux de la solitude, de ces enfants du torrent et du rocher, dont l'antique vêtement retrace à la mémoire d'autres mœurs et d'antres siècles. Le clergé séculier vient après les solitaires : quelquefois des prélats, revêtus de la pourpre romaine, prolongent eneore la ehaîae re!igieuae. Enfin le pontife de la fête app1naît dans le lointain ; ses mains soutiennent la radieuse Eucharistie, qui se monlre sous

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·u n dais à l'extrémité de la pompe, comme on voit quel,qoefois le soleil briller sous un nuage d'or, au boul ,d'une avenue illuminée de ses feux. Cependant des groupes d'adolescents marchent entre lea un~ de la procession, les uns présentent les corbeilles -de fleurs, les autres les vases des parfums. Au signal dpété par le maitre des pompes, les choristes se retournent vers l'image du Soleil éternel et font voler des roses effeuillées sur son passage. Des lévites 00 tunique blanche balancent l'encensoir devant le Très Haut. A.lors des chants s'élèvent le long des lignes saintes: le bruit des cloches, le roulement des canons annoncent que le Tout Puissant franchit le seuil de a!'ID temple. Par intervalles, les voix et les instruments se taisent, et un silence aussi majestueux que celui deR grandes mers dans un jour de calme règne parmi cette multitude réveillée : on n'entend plus que ses pas mesurés sur les parvis retentissants. Mais où va-il ce Dieu redoutable dont les puissances .Ie la terre proclament aussi la majesté T Il va se reposer sous des tentes de lin, sous des arches de feuillage que lui présentent, comme au temps de l'ancienne alliance, des temples innocents et des retraites champêtres. Les humbles de eœur, les pauvres, les enfants le précèdent; les juges, les guerriers, les potentats le suivent. Il marche entre la simplicité et la grandeur, comme, en ce mois qu'il a choisi pool" sa fête, il se montre aox hommes entre la saison des fleurs et celle des foudres. Les solennités du christianisme sont coordonnées d'une manière admirable aux scènes de la nature. La fête d11 Créateur arrive an moment où la terre et le ciel déclarent sa puissance, où les bois et les champs fourmillent de générations nouvelles : tout est uni par les plus doux liens; il n'y a pas une seule plante veuve dans les ,campagnes. La chute des feuilles, an contraire, amène la fête des Morts pour l'homme, qui tombe comme la feuille des bois. Au printemps, l'E~lise déploie dans nos hameaux une .autre pompe. La Fête-Dieu convient aux splendeurs des cours, les Rogations aux naïvetés du village. L'homme rustique sent aveo joie son âme s'ouvrir aux influences de la religion et sa glèbe aux rosées dn ciel : heureux ,eelni qui portera des moissons utiles, et dont le cœlU'


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humble s'inclinera sous ses propres vertus comme l& chaume sous le grain dont il est chargé. ' (Génie du Christianisme.)

0ID.TEA.UBRIAND.

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Respirons de l'air pur . On se fera une juste idée de l'importance qu'il conv!e~t d'atta~her à la pureté de l'air que nous respirons s1 ~ o~ considère que ~ous dépendons davantage pour l& ma1nt1en de notre existence de cet agent vital que de notre nourri~ure quotidienne. En eftet, tandis que l'hom~e peut f~cdemen~ .viv~e. plusieurs jours sans manger,. Il suffit d être prive d air pendant quelques minutes pour mourir asphyxié. Un air pur, c'est-à-dire dépourvu de gaz nuisibles et d'émanations délètères est seul capable de vivifier le sang, ~vec leque~ il entr~ e~ ~ontact dans les poumons. en lui communiquant l ox,gene qu'il a perdu dans sa. co~rse ~ t~avers le corps. L'air expulsé des poumons, privé d ox1gène, se trouve chargé d'acide carbonique et de princive~ nuisibles abandonnés par le sang ; il est ~ut a~ss1 1mpropr~ à être introduit de nouveau dans l orgamsme avant d avoir passé par les procédés naturels. de, puri~eation établis par le Créateur que ne le serait l eau d un égoût pour rendre à do linge sale sa blanc~eur primitive. La négligence de cette règle élémentaire de l'hygiène coûte sans doute la vie à un plus grand nombre de personnes que ne le ferait une redoutabl~ épidémie ; mais comme la cause réelle passe ao~vent inaperçue, on risque d'autant plus de la négliger. Il est d~nc ~e toute nécessité que l'air de nos deJJ?eures soit mamtenu constamment en circulation afin d être ren.ouvelé au fur et à mesure qu'il est souillé par les produits de la respiration. Bien des personnes souffrent de ~r~ves malad_ïes comme conséquence de l'habitude. permc1euse de v1v~e habituellement dans des pièces 1Dsuffi.samment ventdées. Dans de telles circonstan• ces, le sang imparfaitemen& purifié et vitalisé par son passag~ dans les poumons circule avec lenteur · les facultés rntellectuelles sont affaiblies, et tout le 'système se &rouve dans une condition de langueur favorable aQ

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développement des divers principes morbides contre lesquels notre organisme a constamment à lutter. On est surtout enclin à négliger de prendre les mesures nécessaires pour assurer un renouvellement cons· tant de l'air dans les chambres à coucher, pendant le sommeil, alors que les fonctions vitales n'ayant plus à s'exercer par l'activité extérieure peuvent se concentrer tout entières à la réparation des pertes causées par le travail de la journée. C'est particulièrement alors que le sang a besoin de recevoir toute. ~·action vivifiante d'u.n air pur pour être dans les cond1t1ons propres à fourmr aux divers organes les matériaux réparateurs qui leur sont nécessaires. Si, comme c'est souvent le cas dans nos demeures, il n'y a pas de dispositions spéciales pour assurer une parfaite ventilaLion, on peut y remédier en laissant one fenêtre entre-baillée pendant la nuit dans la chambre à coucher ou dans une pièce adjacente dont on laissera la porte ouverte afin d'assurer le renouvellement constant de l'air tout en évitant de se trouver sur le passage du courant d'air. L'air pur et frais de la nuit. pro~urer3: un sommeil sain ei réparateur duquel on sorhra bien dispos pour reprendre son travail dans la ioùrnée, tandis que l'air confiné des chambres mal aérées, bientôt corrompu par l'haleine des occupants qui sont obligés de .le respirer p~ndant toute une nuit., causera un sommeil trou~lé qui vous laisse souvent la tète lourde et une fatigue presque aussi grande que celle de la veille. . Voici enfin la belle saison; profitons-en pour laisser pénétrer largement dans nos demeu.r es l'air .e~ la lu· mière · jouissons-en autant que possible au m1heu de la nature, parée de ses plus beaux atours au sort.if de son sommeil hivernal, et leur itfluence bienfaisante donnera aussi une vigueur nouvelle à toutes les parties de notre être.

-----=-a~Mc=----CROQUIS VALAISAN RAROGNE

Entre toutes les localités de l'ancien Vallais épiscopal, nulle plus que le pittoresque et paisible village de Rarogne n'a conservé aussi intact son cachet moyen-âge. Ses vieilles maisons seigneuriales des XV· et XVI•


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sible, adossées aux flancs abrupts de la montagne, sont encore là, avec leurs tours massives, trouées de meur,rières, leurs hauts pignons à gradins, leurs petites fenêtres jumolles à carreaux niellés de plomb, leurs cours, leurs portes ogivales, Jeurs colonnades et leurs armoiries. Ni les injures des temps, ni la main de l'homme n'ont osé attenter à ces orgueilleux édifices, noircis, imposants et sévères, qui ajouteront bien des siècles encore à leur âge déjà plusieurs fois séculaire. L'église, fièrement campée sur un massif de rochers nus qui domine~t le village, fut jadis le somptueux manoir des familles. les plus illustres et les plue puissantes de l'ancienne noblesse du Valais. Au commencecement du XVI· siècle, à la suite d'une inondation qui détruisit en partie la vieille église dont la tour se voit encore à l'entrée du village, le sanctuaire tut transporté sur l'emplacement de l'antique château des Rarogne. Mais, hormis cette transformation et à part quelques constructions modernes édifiées dans la partie inférieure du village. Rarogne n'a rien perdu de sa physionomie primitive. Les mœurs de ses habitants semblent s'être identifiées aux choses qui les entourent : caractère un peu sombre, existence rude, vie austère. Vous les voyez passer, dans les ruelles sinueuses, étroites et montueuses de leur village, le front incliné, se découvrant humblement à votre passage, en scandant un bonjour qui est une longue tirade toute pleine de bons souhaits. Suivons-les et pénétrons dans une de ces maisong patriciennes qui s'étagent le long du chemin rapide et rocailleux, grimpant vers l'église et le presbytère. Tout, ici, rappelle l'habitation seigneuriale: haute porte cintrée avec cadre de tuf jaune à chanfreins, cour avec arcs-boutants, galerie à vigie, escaliers en saillie et spirale, vastes corridors dont l'entrée est défendue par une masllive porte en chêne sculpté, avec rosace et mascarons, à serrure énorme, aux garnitures d'acier couvertes de fines ciselures; salles basses et spacieuses avec inscriptions latines au plafond, poêle monumental portant les armes de la famille enlacées dans un enchevêtrement de guirlandes e& de fleurs admirablement sculptées. Cette époque, du XV• au XVI• siècle, semble avoir été par excellence celle. de la sculpture ; tout ce que nous avons sous les yeux est sculpté, couvert de chapelet, de palmetles, de torsades, de denticules, depuis le lit à courtine du seigneur au rouet de la ciu\telaine. Quel-

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qaes vieux meubles, sauvés du mercanUli!me, sont re1,·gués dans les encognures, supplantés qu ils so~t, dans le ménage, par le clinquant moderne. Ah I ce~ vieux bahuts de noyer massif, aux panneaux ~r!'.Ilor~és e~ enfleurés d'où s'échappe un parfum de vieillerie qui ~oas grise ;, qu'on prendrait volontiers pour les dernières effluves oubliés de l'arôme des. gaufres et des g~l~ttes qu'y cachaient dans ~e bon vieux temps, nos vieilles bonnes granlmères I On n'en fait plus ~e ces vie~x meubles cela reviendrait trop cher ; mais au moms qu'on g;rde ceux-là, en souvenir de ceux qui nous les ont légués et qui ne sont plus! . , . Dans cette maison sont nés Henri III d Asperhng, de Rarogne, 66m• evesque du Vall1ais, qu_i _fut chargé en 14541 par le duc de Savoie, ~ une mission ~uprès de Charles VII, roi de France; puis Jean 111, Hildebrand Roten de Rarogne élu évêque en 1652, et enfin Maurice li, Fabien Roten, hêque de Sio~ en 1880, pour ne citer que les plus célèbres. Leu: ant1q~e ~em!:'ure semble avoir gardé quelque chose d eux qu~ .n est pa~ s~ulement dans l'aspect féo_dal de. cette vieille h~b 1tat1on, mais dans un je ne sais quoi de v~gue. e~ d imposant qui vous saisit instinctivement. et 1rr~s1st1blement en franchissant le seuil de cette maison seigneuriale. Les environs de Rarogne, comprenant les. terres de l'ancien dixain 'de ce nom, offrent un cadre bien en harmonie avec le village : échancrures de rochers, forêts aux teintes sombres, pics neigeux. ~·un côté, adossé _à la montagne le prieuré de Bas-Châtillon, avec les ruines du chât~au des anciens seigneurs ~e ce ~om ; de l'autre, surplombant le Rhône, le romantiq~e village. de St-Germain; en face, se profilant dans le ciel, le ma1estueux clocher d'Eyscholl, campé co.mm~ un_ phare s~r les hautes roches qui dominent Tart1g1 1ancienne résidence des seigneurs d'Asperling. . Le jour le tableau est d'une beauté grandiose et sévère; mais au crépuscule, quand le vent hurle dans les grands bois, quand les torrents grondent ~ur le~ rochers, quand les pierres roulent dans les dévalo1rs, à l heure o.ù le hibou lance sa note mélancolique et la .c~oche du ,soir son timide angelus, il est d'un ch~rme sa1siss!Lnt, d une étrangeté d'aspect qui donne le frisson, . tant 11 rappe~le ce temps sombre et fameux de la féodalité, où, remphsB&Dt la sauvage vallée de leurs cris de gu~rre, les fa!ouches seigneurs et les pauvres paysans étaient aux prises,


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ceux-ci luttant avec acharnement pour leur iodépendanee arrosant de_leur sang gé~éreux cette terre d'esclavage, off règnent ma111tenant la hberté, le travail et la paix. S. Réd. - Le charmant croquis ci-dessus de ola · 1 est extrait du supplément littéraire de I la aze fe ~

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Lausanne.

VARIETES

Puces, punaises et poux Ces _dernie_rs ~èmps, un journal suisse a publié des causeries ~01~ntifiques aussi amusantes qu'instractives sur: Les vilaines bêtes. Nous en détachons ce qui suit concern~nt la puce, la punaise et le pou, que nos lec~ te~rs, s'ils ont eu le bonheur de n'en jamais avoir, connaissent, dans tous les cas, par ouï dire J • Nous ne nous avancerons pas trop en disant qae tout le monde connaît la piqO.re de la puce : elle est ~ouloure·1se plus encore que la démangeaison consécat1ve, La_ languette de la terrible petite bête, en forme de goutt1è_re, est en~errée dans une paire de mandibules fines, véritable~ scies dentées; toutes les pièces de la bouche sont disposées pour sucer, mais elle ne suce ~as à tort et à travers ; elle choisit son biberon. Au risque de_ casser la dentelure de ses scies, elle s'attaque quelquefois à nos peaux tannées et coriaces, mais ce n'est que comme pis aller, et préfère de beaucoup - la maligne f - l'~piderme doux et mœlleux des femmes et d~s enfants. Elle aime aussi mieux ne pas boire que de piquer les personnes qui tombent du haut mal et ne s'att~que jamais à un cadavre, ni même à un agonisant. Il lui faut du bon sang eL elle ne saute de joie que sur les peaux qui en valent la peine. Les pattes sont solides, long~es et admirablemént conformées pour le saut: cette petite bête de 2 mm. de long fait des sauts qui dépassent souvent un mètre. ~a ponte a lieu dans les réduits obscurs, dans les COIDS inconnus du balai, dans le linge sale, etc. Des 12 œufs ~lancbâtres dont elle se compose naiBsent bientôt de petits vers blancs qui, après s'Mre transformés en nymphes dans leur cocon_. en sortent à l'état parfait et sont aptes à la reproduction au bout de ooze jours. La puce se rencontre dans l'univers entier, dans les palais

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les plus somptueux, comme dans les bouges les plus infects. C'est une armée innombrable, aseoi:tfée de sang -et contre laquelle nous ne pouvons qu'indiquer le seul moyen vraimen, pratique de s'en débarrasser : Prendre d'abord leçon d'une femme ; puis faire la chasse en dé·ployant toutes les ressources possibles de tactique mi1itaire; saisir délicatement entre l'ongle du pouce et la palpe de l'index par le milieu du corps, le petit grain de chicorée vivant et serrer jusqu'à l'aplatissement complet, dans l'étau meurtrier formé par l'accotement intima des ongles des deux pouces réunis. Les puces c dressées , , c savantes • ou c travailleu,ses , avaient déjà fait leur apparition en 1834.; un forain montrait, comme aujourd'hui, un carosse attelé de quatre de ses pu.r-sang, deux puces reconstituant les duels eélèbres, un forçat trainant son boulet, une autre tirant de l'eau à un puits ou traînant un énorme éléphant en carton, etc. Quaud elles ont bien c travaillé ,, on les récompense en les posant sur le bras où, chevaux, duellistes, forçats et cornacs se régalent · avec joie au même ratelier.

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Autrement infecte et repoussante est l'ignoble punaise dont le nom seul nous fait monter au nez une bouffie de parfum tenace. Son corps rouge-brun clair couvert de poils jaunâtres, son aplatissem nt proverbial, son astuce et l'humeur volatile nauséabonde qu'elle répand. produisent souvent sur nos nerfs un effet désastreux. Passant la journée à digérer, dès la nuit venue elle est en chasse. Aucun obstacle ne l'arrête et elle n'a pas peur, guidés probablement par un odorat égal à sa puanteur, de se laisser tomber du plafond pour venir, aux endroits préférés, nous enfoncer son rostre aigu, laissant dans la petite plaie son humeur salivaire très irritante. Au moindre mouvement, elle fuit ventre à terre, mais insatiable, reparait bientôt, énervante au suprême degré. Elle pond 50 œafs en mars, mai, juillet et septembre., ,et meurt quelquefois après. Les petits éc!osent en moins d'une semaine pendant les chaleurs et ne perdent pas de temps avant de se mettre en quête de nourriture. Il est impossible d'espérer jamais une destruction complète: poudre de pyrèthre, acyde sulfurique, décoction de tabac, dissolution bouillante de savon, etc., etc. Q11e de moyens proposés pour un piètre résultat I Les anciens avaient déjà l'avantage de la connaitre : Aristophane~ 0


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Aristote, Pline et Dioscoride en font mention, ee dernier assurant que • sept punaises de lit avalées au commencement de l'accès sont un grand remède contre la. fièvre quarte. , Avis aux amateurs 1

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Le record de la fécondité est détenu par le pou~ l'horrible pou, qu'on cherche souvent dans la tête des autres et qui fait le régal des singes, des Hottentotsp des habitants des iles Aléoutiennes et des nègres de la Cafrerie, qui se les offrent, en famille. Une femelle pond de 70 à 80 œufs ou lentes qu'elle attache aux cheveux et qui, éclos huit, jours après sont aptes à la reproduction au bout de quinze jours. En deux mois une femelle en produit 18,0001 Chez les individus particulièrement malpropres et misérables, ils causent de véritables maladies : les grattages continuels produisent des pustules qui suppurent, collent les cheveux et forment. des amas de croutes et de plaies dégénérant en ulcères sur lesquels peuvent germer des spores de champignons. Pourtant, à la campagne, combien de bennes femmes n'enlèvent sur la tête de leurs enfants que le plus gros - le dimanche et les jours de fête - persuadés que la présence des poux préserve les malheureux d'une infinité de maladies 1 Le poète Alcmène, Hérode, Antiochos, le dictateur Sylla, Honorius, Agrippa, Valère Maxime, et Philippe II d'Espagne sont morts couverts de poux, à un tel point qu'on avait inventé une maladie spéciale, la pbtiriasse~ qui les eDgendrait spontanément Au siècle dernier à Lisbonne, des individus louaient des siDges chargés d& chercher et de déverser les poux de leurs clients, et la pharmacopée de ce temps en parle dans les termes euinnts: « S'ils incommodent l'homme à un cOté, ils lui sont utiles d'un autre: car ils sont apéritifs et fébrifuges, etc., Avalés au nombre de 8 ou 9 tout vifs, ils guérissent la jaunisse : ce remède, familier aux paysans,. est éprouvé et confirmé par Lusitanus •. Le pou a, comme on le voit, des états de service pharmaceutiques qni ne sont pas à dédaigner.

* Ne reprenez jamais personne pendant que vous serez en colère ; mais attendez que vous soyez bien calme. Sainte THÉRÈSE.


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No 11-12 l'Ecole primaire, Juillet - Août 1896 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu