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No 01 l'Ecole primaire, 20 Janvier 1912

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Sccié·tè valai,at)t]e , d ·édu<Zati c n Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecole primaire donne de 10 à 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du ter Janvier au 31 Décembre). Chaque fois il est en outre apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé: Le Foyer et les Champs.

Suisse fr. 2.50

Par an

Union postale fr. 3

Les abonnements se règlent par chèque postal II 56 où à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cen~. la ligne sur toute la largeur Tout c:e qui c:onc:erne 111 publlc:œtion doit être t:~dress~ dfrec:temen' à son g~rt:~nt, M. P. PIQNAT, CheB de Ser,lc:e œu D~t:~rtement de l'lnstruc:Uon publique, à Sion.


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L'Ecole Primaire en Avec la présente livraison, notre revue pédagogique commence la 31 me année de son existence. Elle continuera à paraître en 1912 dans les mêmes conditions que précédemment, c'est-à-di·r e en une doozaine de fascicules d'e 16 pages chacun, qui formeront au bout de l'an un volume d'environ 200 pages sur 2 col'onnes. Chaque N° apportera en outre, cornme iusqu'ici, un supplément de 8 à 16 pag-es essentiellement fourni d'articles. traitant différen~es. questions sortant, pour varier, du domaine ptrrement seolai.r e ·et pédagogique. Enfin, la gentil~e annexe illus:tcée Le Foyer et les Champs - dont l'abonnement à part coûterait à lui seul 1 fr. 20 par an - sera servie gratuitement cha~ que mois avec notre revue. La partie principale et les annexes de l'Ecole primaire coostitu/ent donc un fort volume, intéressant à de nombreux titres, pour le prix minime de 2 fr. 50 seulement par an. Notre journal a sa plus for:te dien-

Sommaire da préseat N° Nos musées scolaires. - De l'importanœ moral~ du sentiment religieux dans. l'éducation. - L'art d'êtife bon maître. - Le maître et les aptitudes. de l'enfant. - L'interrogation dans la vie scolaire. - De la smveillanœ des enfants en dehors de l'école. - Exercic.es d'invention et de langage dans les petites cla;3Ses. - La chimie agri'CoJe dans les. écoles rurales. - L'enseignement oral. - Partie pratique: Su:jetlS de corn~ position et de ·calcul ocal donnés aux examens de recrues en 1911 . - Variétés.

Sommaire da Supplément N° 1 Les souhaits d'un saint. - Bonne an'" née. - Le prix du temps. - La bohémienne. - Variétés.

Dl•trlct de llartlcny.

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1 tèle et ses principaux -correspondants. dans le Valati!S, naturellement. :Mais il compte également hors du1 canton de précieUJÇ ct actifs collaborateurs, dont le désintéres1sément et ~a compétence sont au:dessus de tout éloge. C'est dans le canton de fribou~g et dans le jura benrrois, où nous avons un ioli nombrede lecteurs. que nous avo11JS."le privilège de les po·sséder. En 1912, l'Ecole primaire, à côté d'autr.es ar.ticles, publiera un Cours de dessin dû à la plume autorisée et cornplaisante de M. friedmann. prof. à l'école normale de Sion. Des clkhés en auQ"menteront la valeur et l'intérêt. · En terminant, il I1Je nous reste plus Qu'à ·souhaiter que tous nos ab.onnés nous res~ent non seulement fidèles. mais qu'ils ·s'efforcent de faire comaître et de .répandre l'Ecole primaire autour d'eux. Ils serviront encore mieux ainsi la cause qui nous est chère à tous, celle de l'éducation populaire basée :sur la doctrine et les enseignements de notre Sainte Mère l'Eghse catholique.

District de Sion L'inspectorat scolaiife de cet. arrondissement. privé de son titulai•r e par la mort du regretté M. L. Allet, vient d'être proyisoirement repoulfvw. En· effet, comme nous touchons à la fin d'une législature, le Conseil d'Etat n'a pas cru devoir procéder à une nomination proprement dite. Ainsi, il a char-gé M. le Chan. de Cocatrix, insp. scolo. du district de Conthey, de la vis·~te des écoles de l'arrond. de Sion. avec faculté de se désigner un auxiliaire agréé paif le Départem~nt pouif l'aider dans sa tâche. L'inspection des différentes écoles de .Sion~ville rentœra toutefois exclus.ivenrerut dans ses a·ttributions, tant en ce qui concerne J.e,; écoles secondaires que primaires. ·

La conférence· amuelle d.es instituteurs de œ d~strict est convoquée à Martigny-Combe le jeudi 1er février à 9 heures 1/ 2. Sujet à traiter: Les tâches scolaires à domiç.ile_, leur utilité ou nécessité. Règles à observer dans leur distribution. · Conférence SUir le Chant. L'Inspecteur. .

-o- . Le Sou de Géronde

La Directi~n de l'Institut des Sourds.muets de Oéronde nous prde d'informer le personnel enseîg'll!ant qu'elle lui adresse ce mois~ci, comme d'usage, les fofiitlulaires nécessaires (borderrea1.1x et chèques) pour la souscription à J'œu'" vre scolai.re et philantropique: ·Le Sou de Oéronde. Par la même occas~on elle se recoiJIDlande instamment à la bonne volonté et au dévoûment de MM. les lniStituteurs et d~ MMmes. les lnstitutri'" ces. de la direction des écoles tan.t pUI· bliques que privées, d'une manière générale pour obtenir ·Que le montéiJilt de la côntribution soi·t aUJSsi satisfaisant que poss.ible. Au nom des intéressants petits bénéficiakes, elle leur adresse œt ar-pel et les remercie d'avance sincèrement.

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,Le Jeune

Catholique~'

Le personnel eruseignant est informé que les exem'plaires. qu'il pourrait recevoir du N" 1 de œ petit journal' sont destiné~ à la propagande, après dishibution aux abonnés de 1911 de celui Qu'ils pomraient réclamer pour le renouvellemerut. Quant aux écoles qui ne comptent encore aucoo s.ouscri'pteur, les spécimens envoyés sont destinés à être mis en circulatlion pour amener des adhésion~. Il n'y a dès lors pas lieu de les renvoyer, même si la propagande était r.estée tout à fait infructueuse. Les imprimés ioints aux envois (bulletins dé commande ou cartes postales) doivent ensu·ite être utiliosés pour la trans-

~ misSiion éventuelle du nombre 'des abon' • i nes a servir.

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Pour le• petit•.

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On écrit à ce su.jet à la Gazette du ! V alais et à l'Ami du Peuple V alaisan: i Quiconqu·e a réfléchi .à la plaœ qu' occupe le iournal. iusque dans les foyers las moins cultivé, où H· est géné1 ralement l'Ull1.ique informa.t'eur et .l'uni!que juge de <:;e qui se passe dans le mon' de, en même temps que l'unique nour' riture intellectu·elle. à laquelle par con~ séQuent l'on tient beaucoup, me co.m: orendra facilement si ie dis qu'il est triste, douloureux, navrant. d'entendre : le glas d'un ioumal ou d'une revue catholique. C'est cette pénible impression que i'ai éprouvée au <:ommenœment de cette année, alors que j'étais encore sous. le charme des souhaits d'espoi·r en l'a nouvelle an:née. quand j'ai lu l·e bref communiqué où la Rédaction· du /eune c~ tholique l·aissait entrevoir sa prochaine dispatition. Oh! de grâce! il faut que tows ceux qui s'intére>sent à l'avenir de nos chers enfaruts prenill.ent sa caUise et Sie disent: Il faut qu'il vive. Parents chrétiens . instituteurs, ·voUJS tous qui, par dévouement ou par devoir, vous o·<~.cu.pez ·de la formation de l'enfance, qoyez bien que vous avez dans cette revue, dont le prix :si modeste grèvera moins votre budget qu'une promenade ou qu'I.IJ11 colifichet inutile. un auxiliaire précieux dans votre rude et si méritoire tâche. Tous ces petits ont pris l'habitude de lire leuf journal à eux. Peu lem importe la politique du journal serni qu.oti~ di,en où prennent plaisir leur père et leurs grands frères; mais leur revue à eux qui venait tous les mois leur apporter un rayon du soleil divin qui transporte leurs jeunes imaginations. enthousiasme leurs belles petites âmes et satis-


SION, 20 Janvier

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fait en même temps leur précoce désir de connaître, letllf besoin de savoir, ils v otienn~nt et il la leur faut. S'il fallait les priver de cette lecture qui leu:r est devenue comme indispensable, que lieur don]]eriez-vous pour l_a~ remplacer? Je tremble déià à la pense_e de tout ce qui guette ces jeunes intellt~ genœs avides de lire. Mais à ce fiU'o.n dit, ce n'est pas la sympathie du pub~rc que le feune Catholique s'est acqwse qui va lui manquer, ce q_u'il lui f~ti c'est une plus large diffust0'11. Eh bten:. qu'on le fas.se donc connaître davantalle et autour de soi. et au dehors. Nul n'est plus patriote qu'wn Suisse· il faut avoir vécu quelque temps ho~s de son pa.ys pour savoir combien towt ce qui en vient remue les fibres les plus sensibles de soru cœur. Vous avez de vos parents établis hors du cantoo, peUJt-être avez-vous des petits-neveux, nièces. tmeuls, filleules, procurez-leur cette jolie étrenne d'un abonnemeni au Teune Catholique; votre attention sera une bonne œuvre, ce sera une déli~ates­ se qu~ ira droit' au ·cœur de ceux ~u~ vous aimez et à qui vous porterez amst un peu de cet air du pays natal qll!e ~·on aime tant à respirer. quels qu·e soœnt tes par<Û!es. où nous poUJSsent les hasards de la vie. Si à cette action s'ajoute l'empre&sement généreux de quelques ât?~· d~­ vouées, que la fortune a favonsees_. 1e crois que la vie du feune Catho~tque est assurée. Maüs il fawt: de ces a~~ toutes oénétrées de l'amour du DlYifil Maître· pour les en~anis, bien persuadéeS qu'en fais<VJ.t un sacrifice pour ~a diffusion de ce journal. elles accomp~ts-­ sent wne des meilleures œuvres d~ ~usé­ rkorde SJPirituelle, et pas trop hmtdes, pour oser aller déposer leur obole_ dans la main de leur curé, en cachette st elles le veulent. en lui disant: « M. le ·curé, voilà pourr la propagande du feune Catholiquè ». S'en trou:vera~t-il assezl

Oh l comme ie le désire. ie le souhaite! Combien je prie le Divin Enfant de PIERRE Avorn. les susciter!

-oAgenda d• Valal11 1912. Nous apprenons que plusieurs cen~ taines d'exemplaires de cet utile vademecum ont déià été écoulées. C'est dire que l'édition de 1912 ne tardera guère à être tout à fait épuisée. Aussi les personnes qui n'en sont p•as encore pourvues feront-elles bien de se hâter de le demander si elles tiennent à le possé· der. Elles peuvent se le procurer, co~­ me iusql,l'ici, soit auprès des d'épositat~ res ordinaires, soit encore, là où ceux-~1 font défaut, en écrivant simplement a l'adresse suivante à retenir dans ce but: Case postale 14046, Sion.

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La réforme de l'orthegraphe Le Conseil supérieur de l'Instruction publique en France vient d'ajourner la réforme de l'orthographe pour les motifs suivaOJts: « Toute réforme de l'orthographe immédiatement applicable dans les établissements publics d'enseignement ne pro~ duirait son plein effet que si elle a chance d'être acceptée par tout le monde. » Dans l'état actuel de l'opinion publique. très divisée sur ·Ce point, les étoa~ blissements libres d'enseignement, la presse et les écrivains, les mai'sons de banque et de commerce né parais~ent pas disposés à aocepter les ·correchons et modifications proposées.. » Dans œs conditions, il résulterai·t de cette dua.Jité une confusion préjudiciable à la langue française et préjudiciable aussi aœc intérêts des élèves sortant des écoies publiques. "

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Sime année

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIETE YALAISAlilJE D'EDUCATIOlf NotJ mutJéetJ scolaire• Nos musées scolaires! Où :sont-ils? Nous en avons si peu que vraiment ce n'est pas la peine d'en parler. Aussi, n'est-ce pas de ceux que nous possédons déià qu'il s'agit ici, mais de ceux qu'avec la baguette magique de leur bonne volonté, la plupar-t de nos fégents sauront ·créer et dont· ils seront fiers de faire admirer les premiers linéaments à' M. l'Inspecteur lors de sa totn'née de -fin d'année. Plus d'un, c'est entendu, se récriera aussi. La création d'un musée, dira-t-il, est ·chose impossible: il nous faudraH de l'argent poœr faire l'acquisition de collections, de l'arR;enf pour les entretenir, de l'argent pour les loger dans une vitrine, encore de l'argent, toujours de l'argent. Quelle cornmune ira se saigner pourr 9cheter du superflu quand, bien souvent, elle a peine à faire fa~e aux dépenses de première nécessité et laisse le matériel d'enseignement dan.s un état voisin de la misère? Lui demander de nouveaux et de si grands sacrifices, c'est aller au devant d'un reftJS. Et vous auriez raison, ami régent. Solliciter d'abord des crédits. ce serait, dans le cas particulier, mettre la charrue devant les bœufs. Commencez plutôt par payer un peu de votre personne ; réunissez quelques petites colleetions de P'fOduits naturels ou industriels que vous logerez tant bien que mal sur. une étagère de votre armoire de clas.se. Quand la commission scolaire vous fera l'honneur d'une visite, vous les lui montrerez, vous. ferez valoir devant elle l'a-

van.t age que vous en retirez pour votre enseignement, vou:s la mettrez sur la ViOie des améliorations et, tout discrètement. voUJs exprimerez quelques desiderata. .1' Bien rarement des vœux fonnulis de: vant des hommes dévoués à la cause de l'école, demeureront sans être compris, et dussent-ils même ne pas trouver d'él cho, cela ne vous empêcherait pas, pour rendre vos leçofils plus instructives, plus intéressantes, plus vivantes, de tirer parti de vos collections bien que réduites et installées au petit bonheur. L'enseignement intuitif dont vous ·COnnaissez toute l'importance, vous est-il même possible si vous n'avez pas à votre disp_osition ces petites collections tirées des trois règnes de la nature? N'hésitez donc pas à en créer. La tâche. d'ailleurs, n'est pas. aussi difficile qu'elle le- paraît au premier abord. Pour v réussir, il vous faut un peu de travail de la pati~ce, de la persévérance; ii vous faut surtout le concours de vos élèves, de leurs parents, de vos collègues des artisans et. des industriels de la ré: gion qut! vous saurez habilement mettre à contribution. Tout d'abord, ne vous embarrassez pas pour trouver des suiets à collectionner ou à étudier. Regardez autouor de vous; dam; votre salle d'école, combien de substances qui peuvent faire l'obi et d'une leçon: le bois des bancs, la fonte ou la pierre du poêle, le plâtre qui recouvre le mur, la vitre de la fenêtre, le papier du cahier, l'acier de la plume, la mine du crayon. la craie, l'éponge, l'ardoise, etc. Nos habi·ts, nos aolimen.ts en fournissent éR;ale-


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ment de longues séries. La nature enfin, simple ou transformée par l'industrie, offre partout mille sujets d'étude: minéraux, végétaux, insectes et animaux de toutes sortes; c'est un· musée d'une riches5e infinie dans lequel on ne se lasse pas de puiser, quand on sait voir et observer. Ce musée présente même l'avantage de montrer ses collections, non pas alignées, étiquetées, abritées derrière la' l."!:llace d'une vitrine, mais dans le milieu' même a,uquel elles .sont adaptées. Les sources bien connues, comment faut-il v puiser? comment ·constituer oratiquement vos collections? Rien de bien difficile. Voulez-vous, par ex., faire une leçon de .choses sur la chaux et les ciments? Procurez-vous un morceaw de pierre à chaux, de la chaux vive, de la chaux éteiJ!lte; le fils d'un entrepreneur se fera un plaisir de vous offrir de la chaux hydraulique, deœc ou [rois échantillons de ciment (ciment prompt, ciment lent); un peu de ciment durci ou mieux un petit objet en ciment, et voilà v0tre collection constituée. faites-en autant pour d'autres produits minéraux: les ardoises et les schistes, la houille et les ·charbons, l'argile et les poteries, les éléments du sol arable, l~s différentes espèces de terres: terre forte. terre légère, terre calcaire, terre franche, terre d'alluvions, et ajoutez même ·pour vos plus grands garçons des notions :sur les amendements et les engrais chimiques. Le ,règne végétal vous fournit également ample matière à collectionner. Paroli les substances alimentaires: les céréales (blé, seigle, orge, avoine, maïs), les légumes (pois, haricots, lentilles), les huiles, le vin, le sucre, le café, le thé, le cacao; pafiiili les produits industriels. le chanvre, le coton, le papier, le savon. etc., ajoutez-v les herbes de nos prairies, les bois de nos forêts. les fleurs de nos montagnes., etc. Quelques collections de produits d'origine animale complèteront le petit

musée. On y trouverait, par ex., le miel et la çire (pour une leçon· d'apiculture), la laine, la soie, le feutre. le cuir, etc. Quelqu~ insectes desséchés, l'un ou l'autre reptile conservé dans l'alcool, un oiseau empaillé n'v figureraient pas mal à propos. Chacun de ces sujets. bien développé, donnerait ·lieu à une int·éressante leçon de choses et développerait l'esprit d'observation de l'en,fan~. Prenez le blé, par ex., montrez aux enfants des épis de blé &ain, des épis artteints de rouille ou de charbon, des g-ra~ns enveloppés de leurs e:lumes. les graintS séparés des balles, du blé écrasé (farine et son), de la farine, du son, du gluten, de la fécule; p.arlez'leur du pain, du biscuit, du blé dur avec lequel se fabriquent les pâtes d'Italie. le vermkelle, le macaroni, etc. Bien conduits. ces exercices d'intelligenc.e et d'ét.ocution fournàssent d'excellents sujets de rédaction qui intéressent les enfants bien autrement que les monotones exerdces de grammaire dont on les accable parfois « pour les occuper •. Tous ces échantillons seront logés dans des boîtes en carlon gue vous fabriquerez vous-même, au beso·in, ou dans des boîtes et flacons de pharmacie que les élèves vous apporteront volontiers. Vous les numéroterez et les placerez dans votre armoire, à défaut de vitrine, après avoir catalogué le tout dans un cahier-registre sous trois titres différents: produits minéraux, produits végétaux, produits animaux. Il va Sâns dire que ce classement n'a rien d'absolu et que l'initiative personnelle peut se donner libre carrière. L'essentiel, c'est que chaque collection ait. sa place dét~:rminée et puisse facilement se retrouver. A l'œuvre donc pour la création ou le développement de nos musées scolaires! S'ils ne constituent pas une panacée universelle à tous les maux de l'école, ils fourniront du moins un remède à la torpeur intellectuelle qui. trop sou-

vent. plane encore dans nos classes; ils y apporteront la vie et l'activité personnelle de l'enfant, c'œt-à-dire une des principales conditions du succès.

De l'importance morale da seutlmeut religieux dans l'éducation =

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L'éducation morale se ramène à l'amour de la perfection du Créateur, et, à cet effet, le sentiment religieux p·eut iouer un grand rôle. Si nous avons des devoirs à remplir envers nous-mêmes, envers nos semblables et même envers les êtres inférieures, nous en avons, à plus foite raiGon, envers l'Etre par. excellence, sans lequel nous ne senons rien. Tous nous avons la notion de la Divinité, c'est un sentiment qui a un ca.. ractère primitif et universel; mais il doit être cultivé et épuré. Il conduit naturellement à l'adoration, à la prière et au .culte. On rencontre, il est vrai, une grande variété de conceptions et de pratiques religieuses; mais elles ont toutes un point commun: le sentiment de l'infini. Nous devons en conclure à la tolérance religieuse. La culture du sentiment religieux, à l'école publique primaire, doit tendre à atteindre l'idéal. Sans doute, certaines gens .traiteront cet i'déalisme d'illusion. nous. le:s laisserons dire en · plaignant les désabusés et en constatant ce qu'il .v a de vain dans l'esprit positif. C'est, pour l'immense maiorité du genre humain, un besoin d'avoir un culte pour l'Auteur de la Nature et de lui témoigner publiquement son amour, son respect et sa reconnaissance. Les hommes doiven·t, en effet, considérer l'Etre suprême comme un père qui a droit à leur hommage. Cet hommag~.. sans doute, diffère s1elon les régions; mais, sans. s'arrêter à ce qu'elles peuvent avoir d'étrange, nous devons observer qu'elles ont pour but cet

hommage même. C'est pourquoi il faut faire prendre aux enfants l'habitude de ne jamais prononcer légèrement ce nom de Dieu. qui résume toutes les croyances . relillieuses de nos semblables. L'émotion. naturelle que nous ressentons en orésence du lever du soleil et du ciel étoÜé p,rouve l'existence du sentiment relürieux; nous ne pouvons alors fi.iOUS emo-êcher d'exprimer toute notre admiration pour le Créateur de l'univers et de lui réserver notre vénération Ce SJentiment. qu'il spit exprimé ou non au dehors. est un véritable acte de foi, une véritable prière. Dieu, le père de la Natwre. en conserve la direction: c'est sa voix que nous entendons en nous que nous nommons tantôt la conscience. tantôt la raison. Cette voix intérieure nous avertit de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut oas faire: quand nous lui désobéissons, nous en ressentons une sorte de gêne, de honte, de regrets, qui n'est autre chose que le remords. Au contraire, si nous accomplissons ce que nous ordonne la consdenœ, nous en sommes récompensés par un sentiment de joie et de fierté qui nous assure que notre con.. duite a été conforme à la loi divine. Ainsi, la conscience mor<l!le est une véritable manifestation du sentiment religieux. et la première de nos obligations consiste à s'v conformer. Tous nos devoirs, d'ailleurs, se résument en une seule formule: nos devoirs envers Dieu.

L'art d'êlre bon maitre La Foi du Maître La foi es~ une croyance et un principe de vie. En tant que croyance, la foi est une aëlhésion de l'esprit aux vérités révélées. L'objet qu'elle embrasse comprend Dieu créateur. l'âme immortelle, les devoirs d~ reli!ôon qui attachent l'âme à


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Dieu, .Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, rédtmpteur des âmes, l'Eglise qu'il a fondée pour étendre sa médiation à tous les siècles et à tous les pays. On ne peut être vrai chrétien, qu'à la conditions de ~roire fermement ces points fondamentaux et leurs conséquences dogmatiques. En tant que principe de vie, la foi communique à l'esprit, au cœur et à la volontë du fidèle une manière d'être et d'agir qui caractérise la vie chrétienne. - Dans l'esprit, la foi gouverne les idées et les jugements, les rend conformes aux maximes évangéliques: ainsi elle établit cette conviction que la vie présente n'est qu'une préparation de la vie futme. que la valeur des choses doi~ être appréciée par rapport à l'au-delà. - Dan~ le cœur, la foi éveille des sentiments conformes aux convictions de l'esprit; elle inspire les. bons mouvements de piété. de charité, de compassion, de détachement des choses qui passent ... - Dans la volonté, la foi devient le r~sort de l'action: elle fait appel à la grâce de Dieu par la prière, elle livre à la g.râce les énergies vitales de la nature, pour accomplir et même pour dépasser le devoir. Telle est la foi, acte de soumission et principe de fécondité, que tout éducateur prendra grand soin de nourrir en son âme. Je ne dirai pas ici comment cette foi le sauve: pour en montrer la nécessité. je ne veux envisager que les besoins ·de son ministère. La foi lui donne un but, lui montre un idéal. Par la foi il connaît la portée de son œuvre: il sait que, de ces en~ fants, il doit faire des hommes honnêtes, des chrétiens fidèles, capables, en suivant leur carrière ici-bas, de gagner le ciel et d'étendre sur la ter.r e le règne de Dieu. Sans la foi. que pourrait-il avoir en vue? Faire des hommes instruits et honnêtes, sans doute. Mais à quoi bon? Que gagnera-t-il à ce dur la-

beur? Au reste, saura-t-il ce qui est honnête, ce qui est juste, puisque les hommes qui ne croient pas en disputent encore? Qui ne sait aujourd'hui que la banqueroutf! de l'éducation laïque sera l"e résultat fatal de l'absence de tout idéal? Le terme une fois marqué. il faut l'at. teindre. Mais le chemin est ardu, la route est longue et coupée de traverses: tout éducateur a bien senti les difficultés de sa tâche. Quelle force le soutiendra? Sans doute la crainte de briser sa carrière et de tomber dans l'indigencepourra le retenir lié à son travail. Mais qui me garantira qu'il s'applique à son· œuvre, qu'il en prépare le succès? Sa conscience suppose le sentiment de l'invisible: elle naît et elle vit de la foi. Jamais il ne se lasse et ne se décourage le maître qui dit: « Je fais la volonté de Dieu, je travaille sous le regard· de Dieu ; il tient le compte fidèle de mes efforts et de mes souffrances. » Non seulement la foi découvre le but et donŒJe le courage de marcher dans la voie, mais elle devient encore un puissant moyen d'action sur les âmes: par elle, le maître a plus de prise sur les enfan~s . Il leur apparaît investi d'une autorité supérieure. Tandis qu'une voix purement humaine ne ferait qu'effleurer les e.sprits, la voix divine qui vibre en lui ébranle et pénètre les âmes. De plus, l'expérience démontre que le sentiment de l'honnêteté purremoot humaine a peu d'efficacité pour amene~ les enfants à corriger leurs mauvaises tendanœs; au contraire, la foi chrétienne bien vive, faisant appel tour à tour aux sentiments de l'amour et à ceux de la crainte, est la grande inspiratrice des plus généreux efforts. Les maîtres. savent, en effet, que la foi au regard in· time de Dieu est le plus puissant ressort de l'éducation. Un 1>ieuœ magister franc-montagnarcl.

Le maitre et le• aptitude• de l'enfant Il n'y a. pour certains maîtres, que deux espèces d'élèves, les bons et' les mauvai~; c'est une conception commode, mats simpliste de la gent écolière: l'enfant devient alors une sorte de numéro qui monte, descend, s'arrête, suivanb les révolutions de la roue de fortune. Le maître est spectateur de ces vicissitudes, il s'en réjouit ou les déplore, mais il n'eru conclut rioo: i.I n'oovisage l'enfant qu'à son point de vu:e per.s.onnel. ce qui ne veut pas dire nécessairement au point de vue égoïste, et c'est suivant les répercussions. qu'ont sur lui les manières d'être de ses élèves, qu'il apprécie ces derniers. Or cela, c'est la vie e~térieure, disons « adminjstrative » de la classe. Sans· doute elle doit exister. Il faut, de toute nécessité. un premier et un dernier, parce qu'ainsi le veut la vie, où J'es ex-œquo sont peu nombreux, su~ntout dans le s.u~­ cès; et le maître doit enregistrer le merite relatif des écoliers qui est, au surplus, un élément de formation. L'émulation en découle, puis la mise en valeur des « suiets » ; c'est l'un des profütS principaux de l"école. Mais s'en tenir à ces apparences, quelque révélat·rices qu'elles soient d'un état d'âme. on fait une œuvre courte. Les examens nous ont créé cette mootalité du « bon » et du « mauvais » élèves, fugés l'un et l'autre d'après l~s not~ qu'ils obtiennent. L'examen, s0:1t, mats il n'est pas tout. Ce qui importe, avec ou sans diplôme, c'est la vie elle-mêm~. et c'est pour elle que les maîtres, vra~­ ment édUJCateurs, préparent leurs éco · liers. Or la vie, c'est le développement des' facultés. des apti'tudes de l'enfant :. on se fait sa vie, malgré l'es surpmes qu'elle :p.ou& ménage; mais poUŒ" la faire il faut la préparer et voir dans quel sens ori~.ter la marche.

Le m;~.ître doit donc discerner les aptitudes de l'enfant. Et qui dit aptitude dit « dios.poGiJtion Illaturelle à faire telle ou .teUe chose ». Or il y a des aptitudes de races et de régions._On ne gouverne pas, on n'édu. que P'as les Lorrains comme les Normands. les Bretons comme les Comtois, les Gascons comme les Flamands, ni même les Limousin~ comme les Lyon~ nais. L'heureuiX essor pris, de nos jours.. oâr l'enseignement «régionaliste » et aitssi p~r l'Hude de l'hi·stoire et de 'la géographie locales; peut avoir, sur la: formation des écoliers et écolières de tout ordre. une profonde influence. Sans doute, dès mainten·a nt le maître est habiltuellement pris dan'S sa région même, adapté, par conséquent, au petit peuple qu'il a à gouverner; c'est là un précieux avantage, c'est une avance. Toutefois s'il ne se contente paiS de l'aooptoati-on oot1ve qu'.jl possède, s'il cherche à connaître mieux le tempérament de ses jelUles compatriotes. ce qui fait d'eux dans la grande famiHe un petit foyer uni à l'autre, mais. bien distinct cependant, s'il 1s'éclaire pour cela de tout ce que l'hts.toire, les tradillions, les légendes mêmes du cru, et les conditions climatériques, bi•ologiques, économiques ·Peuvent lui en apprendre. il aura: pratiqué, en le renoruvelan,t, et pour ta meilleure des causes , le connais-toi toi-mime des anciens. Il y à. encore les aptitudes familiales qui sont tout simplement ulfle fonne larg-e de l'hérédité. Les ascendants , les parents immédiats imprègnent l'enfant d'habitudes de pensée et de vie auxquelles: il ne peut se soustraire : la profession es[ un grand élément de cette emprise, ~ts. l'a si~uation de fortune, le nombre des enfants, les épreuves. subies., etc. Et ces habitudes de famille se manifestent dans l'attitude d'u « nouveau » à l'égard de ses camarades, dans, les amitiés qu' il noue, dans sa tenue tout entière. Un profes-seur. U!ne i'nstit'lltrice


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pwspicaces. discerneront très bien à auel mJieu familial appartiennent leurs élèves. Sans doute, il n'est pas possible, il n'est peut-être pas utile qu'ils entrent pePSonnellement en relations avec chacune des familles ; mais le maître, la maîtresse doivent connaître celles-ci et c'est affaire de tact à eux, et aussi de confiance, que d'en révéler à leurs subordonnés ce qu'ils croient bon pour leur gouvernement. Entreprise délicate que celle-là! Les fam~lles ont leurs se·crets et garderaient plutôt leurs enfants que de penser se faire trop connaître: cependant il faut conlllaître les familles oour élever les. enfants; c'est donc dans une iuste et discrète proportion de ren_seignements et d'ilmoranœ que l'édu.cateur devra être tenu. ou volontairemen~ se cantonner. Surtout qu'il n'aille iamails faire grief à l'enfant d'insuffisances qui ne lui sont pa:s imputables! surtout. surtout qu'il n:e lui iette iamais à la face, en public, des choses qui' lui bouleverseraient l'âme, parce qu'elles ai:tei~rnent «papa» et« maman», et Que son père et sa mère, il ne les voil pas comme :son maître peu-t les -considérer, mais comme ce qu'il a, lui, pauvre petit être, de plus préci'eux au monde.

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/. Les diverses formes tians.

d'inlerro(!a~

Il y a, en da;s,se, de.ux manières différentes. d'interrog·er. On peut, en effet, ou bien faire chercher et trou ver p·a r l'élève lui-même, une vérité non encore ap.prise, ou bien vérifier s'il a écouté ou retenu ce quJon lui a enseigné. La prem~ère manière, appelée quelqt,refois so. cratique, parce qu'elle fut employée avec suœè; par So·crate. est un-e interrogation inventive (euristique) ou de· décotwerte. La, seconde est une lnterroQ"ation de contrôle. 1. La méthode socmtiqu~. qui avait ces années-ci. subi d'élssez vives attaques de la pa11t des profes1sâonnels de l'enseignement, -est -chaleureusement défendue, dep~..tis quelque temps. par un certain nombre d'évolutionnistes, surtou!V philosophes. S' aJJpuvant sur la nrétendue loi bio-f!.énétique de Hœckel, suivant laquelle l'enfance serait une récaoitul·ation de toute l'évolution de 1a raœ . ces derniers veulent que l'Hève f('produise successivement les diverses éta'J)es du -développement de l'humanité et, par c-onJSéquent, redécouvre pour ·s1on propre compte les lois déjà trouvées. (A suivre.) Je dois a~o'l.ler ici. que ie ne puis partager, malgré tous mes efforts, ni l'ancien optimisme, ni l'entho·UJsiasme nouL'interrogation dans la vie veaiU·. l!lcolaire D'abord, la méthode dite « d'in~enr tio·n » ne fait rien invtn.ter du tout, rieil = On a toujours attaché, dans la vie « accouÇher », comme disait Socrate. Ce scolaire, une importance considérable n'est qu'avec les gmnds élèves, à rai-son à l'inter-rogation. Du reste, des théori- déjà formée, qu'on peut essayer de pasciens comme Socrate, Platon, Montai- ser du connu à l'inconnu. soit du falit à gne, Rousseau ou Kant ont c0·mtam- la loi qui l'explique (induction), •soit du ment réclamé porur elle. dans l'enseigne- o.rincipe à la col]séquenœ qui se dég.ament, une place de choix. Il m'a pam ge (déduction). Avec des. enfan:ts, on: intéressant d'examiner si cette faveur n'obtient que des résultats artificiel•s et à peu près uanime se justifie pleine- vains. ment et s~ . soumise au double contrôle Je n:e parle pas de succès. ( !) qui con. de la raison et de l'expérience, l'inte:rro · siste à faire découvrir par l'écolier le gartion garde toute :sa valeur que ln.i re- dernier mot de la phrase qu'on vient de connaissairt la ,tradition. orononcer, ou même la dernière syllabe

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de ce mot. Il n'v a là qu'un; jeu pu~ril et palffois - qu'and l'enfant est inintelligent o~ distrait - nn peu grotesque. Dans la plupar:t des ras, il s'agit d'obtenir que l'élève fournisse une conclusion. Mais, ou bien ·cette con'Clusion s'impose et, dès 1-oPS, l'enfant ne trouve rien, ou hien. ce qui est plws grave, elle est assez dî_ffidle à tirer et, par conséquent, conduit souvent l'écolier sérieux à déduire des choses fausses, tandis que ses camarades se découragent ou s'amusent tout simplement. Or, j'estime qu'avant de juger et de raisonner, il faut d'abord sa'Voir .observer. Ce ·sont les observations bien faites qui préparent les iugements justes et des bons raisonnements. D'autre pa:rt, il me 1semble que, dans les premières années., on apprend mieux à juger et à raisonner par l'exemple ou.e 1J1ar: l'exercice. Ce nlest que quand la raison a déià une œrtaine rectitude habitueile qu~on peut donner de l'initiative à l'esprit Car l'essentiel n'es.t point de juger et raisonner beaucoup - ce quoi, quor qu'on en dise, se produit l!énéralement trop tôt - ma~s de juger et railsonner bien. La méthode s<Jcratique ne peut donc guère avoir que des suocès, individuels-. Sès viotoires ordinaires -consistent à .... enfoncer des. por.tes ouvertes., ce qui n'es.t point suffisant pour que, dans l'enseignement collectif, on en rende l'emploi obligatoire. Au reste, le domaine d'application de cette méthode me pa.raît s.ill!gulièrement restreint, surtout à l'éco·le primaire. Je ne voiiS pas -comment on pourrait. oar exemple, appliquer à l'histoire oUI à la géographie. ou aœx sciences expérimentales. la méthode de découiVerte. Sans doute, il y a bien des s.ociologues qui prétendent traiter l'histoire en science véritable et v introduire après coup: de la logique. Tout se tient dans leurs sys,tèmes et les phénomènes v sont liés. par un déter-

minisme rigoureux qui ne laisse aucune place à la liberté. On n'v ·sait pas encore . .tout de même, découvriT l'avenir. Et, jusqu.'.i prrésent, les prophéties de ces savants ( !) ont exactement la valeur des prédictions météoro!Jogiques. Il n'en va pas autrement des sdences proprement dttes. On n'invente pas lc:s fai·ts, on les trouvt: PM l'observation et . ce n'est pas l'interrogation qui apprend à observer. On découvre bien, de temps en .temps., quelques-unes des lois <'lUi expliquerut ces faits, mais c'est précisément la marque du- génie de les découv.r ir et le s:'.énie, au mo-ins iu5qu'à présent et eu dehors des cercles de petits jeunes. gens, ne court pa-s plus les éco1~ que les rues. ·La méthod·e s.ocraflique n'est réellement poss.ible qU''en mathématiques et avec de g'"a::Jds élèves. On s'en sert éga. leme:nt, il" est vrai, pour l'ensehrnement de la morale - et j'ajoute qu'il faudrai.t s'en servir beaucoup plus qu'on n·e le fait communément - mais il s'agit ici, moins d'une découverte proprement dite que d'une prise de conscience, par l'enfant, de ses jugemen1ts. et de ses sentiments moraux, .expression de la loi même de Oileu, que lui a révélée l'éducation E.t atre maniÏÎestoot en 1ui ses tendances profondes ct la grâce diviue. Enfin, la méthode socratique, sïl était po_ss.ible de l'apphqu·e r collectivement, - et ie pense qu'on ne peut l'essayer qu'individuellement et avec de•s sujets d'él'ite - enrtlraînerait à une perte de temps et à une confusion qui serait en dispropodion avec ses maigres résultats. ·11 paraît, en effet. chimérique et vain de vouloir faire reparcourir, en quelques a1Ulées, à tout un groupe d'élèves. les voies multiples et tortueuses où l'humani·fé a dù cheminer péniblement pendant de longs. &iècles, éclairée seulement. de t~mps à autre, par lél flamme divine du génie. 2. L'interrogation vr:aie, celle qu'il faut employer couramment à l'école ou


8 au collè~te, est celle que les pédagogues ont appelée l'interro~atio_n de contrôle. Or, il y a trois choses qu'à chacune de ses classes, un maître est obligé de contrôler. Il doit, à l'entrée des élèves, vérifier, si son enseignement antériem, a été ret~nu et assimilé. puis, pendan't et après son exposé ou bien la lecture expliquée du manuel, suivant les cas, si l'enfant a écouté et compris. Toute l"utilité de l'interrogation S'e tire de ce triple contrôle: contrôle de la mémorisation. contrôle de l'attention, contrôle de la compréhension. A. Contrôle de la mémorisation. L'élève qui vient en classe, y arrive avec une double préparation: une préparation éloümée faite de toute sa formation antérieu-r e et une préparation immédiate qui consiste en ses plus récentes acquisitions i.ntellecluelles: les leçons qu'il vient d'étudier. Une bonne méthode exiaerait a,ue ces récentes acquisitions fus~Pfl_!{- tenue~- en constante liaison avec l'enseignement déià donné. Mais de cela bon nombre de maîtres ne se préoccupènt pas. Jls se contentent de fai!re réciter les lcçon6, en insistant, d'habitude, olutôt sur le mo,t à mot brutal que st.:r les idées qui s'v trouvent indues. En sorte q~e l'enfant n'envisage iamais, dans ces corvées quotidiennes qu'il orend vite en dégoût, la formation même et les progrès de son jeune esprit. Le plus grand de tous les pharisaïsmes, où le détail des petites pratiques tue peu à peu toute intelligence. est probablement ce pharisaïsme de l'enseignement. Le contrôle de la mémorisation doit se faire sous deux formes: d'abord 1'interro~ation sur les lecons apprises mot à mot - et il n'en faut po,jnt abuser, encore qu'elles soient de tout repo·s pour le maître, - ou pour le sens seulement dès. que les enfants sont un peu fo-rmés au point de vue du jugement et possèdent un vocabulaire suffisant. - puis l'inferro(!ation de récapitulation, trop négligée dans la pmtique scolaire et où

le maître devra mettre en relief, l'ossature mê_me de la ·s dence qu'il eruseigne, avec la saillie de ses arêtes vives, <:'està-dire l'ensemble, organisé et lié, d'un groupe de connaissances, et les- points capitaux des idées mères qui le constituent. Ces. deux interrogations, auxqtreHes on joindra les compositions écrites et orales, seront d'excellents exercices de répétW·on et, p-ar conséquent. de mémorisation et la seconde ·contribuera, en· outre, à une vraie formation de l'espri't de l'élève. B. Contrôle de l'attention. - Pendant qu:e le maître explique un texte ou fait un exposé, l'écolier reste passif. Si la leçon est concrète, vivante, intéres~a.nte , elle appelle, de sa part. une attention spon[anée. Mais cette attention est fugitive. Et. chez les enfants. nous ne trouvons !}as encore d'attention vo-lontaire, soufenue par un effo·rt personnel Quand! le -cours se prolonge - et la tenrt'a.tion ac-tuelle des jeunes maîtres est de trop faire de conférences, de trop parler, - les. élèves sont vite distraits. Ils se livrent alors à des travaux personneliS: rêveries prolongées, pa:s toujours innocentes, illustrations variées de leu[s livres et de leurs cahiers, irriaation des tables par des canalisations d'encre, sculpture du· mobilier scolaire, etc.. .. La seule manière de tenir en haleine tout ce monde consiste à couper les monologues du maître - et ils sont parfois interminables - par de brèves interrogations, vives. alertes, piquantes, qui gardent sans cesse en éveil l'attention. On priera les élèves, et spécialement les oluis distrai-ts, de comparer, ouis de rattacher chaque fait nouveau, chaque idée nouvelle, à quelque connaisS'ance ancienne. Et cela don:nera de l'intérêt, en même temps que de la vie, à la dasse. C. Contrôle de la compréhension. Mais il ne suffit pas qu:e l'élève écoute ce qu'on lui enseigne. Il ne retiendra

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vraiment que ce qtt'il se sera bien a'SSi~ milé et l'on ne s'assimile que ce qu'on comprend véritablement. Or, l'élève qui n'a oas compris s'abstiendra souvent de dem~d.er des explications complémentaires. tantôt par timidité, le plus. souvent par indolence et paresse. On vérifiera dQnc par l'interrogation d'un certain nombre d'élèves, surtout des moJns intelligents.. •si l'exposé qu'on vient de faire a été sais.i par toute la classe, ce qui sera rarement le cas. .car le nombre es·t considérable des intelligences faibles ou lentes. 11 faut d'abord que la pâture donnée -puisse être digérée. Aux estomacs débiles, c'es:t-à-dire a,ux pauvrrs d'esprit. il sera parfois nécessaire de broyer à nouveau, de triturer. presque de mâcher l'a paccelle de vérité dont ils se devront nour.rir. Et, à ce sujet, je recommanderai surtout aux jeunes maîtres de bien décortiquer les aliments intellec-tuels qu'ils présenteront aux enfants, c'est-à-dire de les dépouiller de tout l'abs.trait. de tout le théorique qui• le'Si enveloppe si souvent dans les manuels modernes, à prétentioniS trop scienüfiques. (A suivre.)

De la 1orvelllance des enfant1 e~~: dehors de l'école L'instituteur ne peut et ne doit pas borner aux heures d'école la surveillance qu'il exerce sur ses élèves. Il doit sou... vent s'informer de leur -conduite au dehors, et reprendre et p-unir ceux qui se conduisent mal sur la rue. Ce n'est qu'à cette condition qu'il améliorera la discipline et l'esprit de son école; car l'enfant apporte dans l'école les mauvaises oispo.sitions et les mauvais plis qu'il contracte au dehors. Dans un village, où les enfants se livraient à toutes sortes de méchancetés, et d'espiègleries, wn ieune maître s'avisa de défendre, dans wn rè2'lement sur la

condmte des enfants en dehors âe l'école, les jurons, les batter-ies, les attroupements élJI)rès l'entrée de la nuJt, les pierres lancées, le~ mauvais traitemenlls envers les malheureux et les animaux. la maraude, l'usage du tabac et les niches diverses qui se pratiquaient. Des surveillants établis règlementairement et n<>mmés par les enfants dans les divers quartiers du village. devaient faire rapport sur ce qu'ils avaient vu et appris. Des punitions étaient fixées pour les coupables. Cet essai fut couronné d' un plein succès: au bout de quelques semaines l'esprit et la conduite des enfants avaient complètement changé. Une chose que je voudrais recommander aux institu~eurs, c'est de faire att~n­ tion à leurs écoliers. lorsqu'ils les rencontrent en dehors de l'école, de les saluer en leur adressant quelques paroles amicales, et de les reprendre lorsqu'ils les surprennent en faute. La même conduite devrait être tenue par les commissions d'école et en général pa.r tous les citoyens. - Ce qui fait que les enfants deviennent hardis, espiègles et gamins, c'est le faH qu'ils ne se sentent plus. surveillés par les grandes pevsonnes. si l'instituteur doit étendre sa surveillance en dehors de l'école, il doit cependant respecter le cercle de la famille. L'enfant qui se .conduil mal dans sa farmille est plaJCé sous la juridiction de ~es parent~; l'instituteur ne peut et ne doit interveni-r que comme conseiller discret. ou sur l'invitation expresse et réi{. Paroz. térée des parents.

Exercices d'Invention et de lan1age dans les petite• cla11e1 J'assistais dernièrement à une leçon de lecture dans une bonne classe enfantine, et l'institutrice attachait bea ucoup de soin à l'exercice matériel, mais sans provoquer des enfants la moindre ex-


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plication. Plus ~ard , ayant demandé les motifs de cette manière de faire, il me fut répondu .que les élèves de six ans étaient trop jeunes pour fournir le sens des mots et des phrases. « Cependant, » fis-je observer à cette maîtresse, les " enfants de .six ans. parlent beé!Jucoup » et parlent même bien ; vous ne les ac» coutumez donc pas aux exerdœs de »langage?» - « Non, monsieur , i'i» gnore même ce qu'on entend par des ».exercices de ce genre. » II me fut facile de donner à cette brave femme, déjà d'un certain âge, une excellentè leçon de choses en faisant causer les petits~ garçons à l'aide de quelques billes que i'avais dans ma poche; ouis ce fut le tour des fillettes que je questionnai sur la corde à sauter. les idées étaient nombreuses et variées; les phrases. courtes d'abord, devinren.f bientôt p.Jiy_s longues et mieux ordonnées. E.rifin, ie chargeai un petit garçon d'écrire au tableau noir trois oUj quatre phrases qui furent lues, expliquées de nouveau, et enfin récitées de. mémoir~. le tout résumant ce qud. venait d'être dit sur la corde à sauter et sulli le ieu de bil[es. La maîtres1s-e comprit bien vite que, dans dix minutes, nouS' avions fait une leçon de lecture, d'écriture, d'ortho-g raphe et de rédaction, en même temps q_ue des exerdces de langage et d'invention; mais. pour compléter son instruction théo!fique et celle de quelques-unes de ses compagnes, nous avons cru bon de rappeler à œ sujet quelques ·conseils pratiques. Les idées, dit M. Oréard, ne venant p-as d'elles-mêmes à l'enfant. il faut lui app.rendre à les trouver. Encore moins prennent-elles toutes seules l'ordre et la forme qu'elles doivent revêtir. il faut lui apprendre à composer. Or, c'est de très bonlfle heure qu'on peut commencer avec profit œs exercices d'invention et de composition. L'enfant. si ieune qu'il soit. est capable de créer lui-même les: exemples sur lesquels on lui fait recon-

naître la nature et l'usage des mots de la lan\{!lfe; il a: da:111s l'esprit des. proposHions simples toutes faites; il les possède. fort inconsciemment sans doute, mais il les possède; ses jeux. l'es objets qwi l'entourent lui en fournissent inœs·samment la matière ; il ne demande qu'à les exprimer. La: seule chose nécessaire alors- c'est d'amener les élèves à expri· mer cofifectement leurs propres idées. Mais avant fout il faut des idées, et les enfants n'en ont guère ; ou. s'ils en ont, elles sont tellement mnfuses qu'il faut un véritable effort pour les débrouiller et pour les mettre en ordre. Les élèves les plus avancés et les plus intelli!lents sont seul·s capables de cet effort. N'estce pas un tort d'abandonner les enfants complètemen~ à eux-mêmes pour cet exerdce si important: ou ils ne disent rien ou presque rien, ou bien ils commettent les plus grosses erreurs. Dans un cas comme dans l'autre, c'est du temps perdu. Heureux encO<re lorsque, en réunissant les meilleurs morceaux, l'institu_teur peut arriver à en former un corrigé pa§.sable. A mon avis, jusque dans le ~cours. moyen au moins, les SUJjets de rédaction doivent être étudiés en commun et préparés -collectivement par le maître et par les élèves. les idées prindp,ales doivent être recherchées et le plan détaillé écrit au tableau noir. Parfois même la rédaction peut être faite- ainsi entièrement phrase par phrase. relue, puis effacée pour être reproduite. La préparation du plan ne serait même pas toujours SUJPerfl'ue au cours supérieur. C'est donner aux enfants de la besogne toute mâchée, me dira~t-on . Qu' impo11te! ~i la besogne est bonne. Cela ne vaudrait-il pas mieux que ces prétendues compositions françaises auxquelles personne ne comprend rien, l'auteur le tout premier. et que. avec la meilleure volonté du monde. il est absolument impossible de corriger. Avant de demander à nos élèves de voler de

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teurs propres ailes, attendons que les ailes leur soient poussées et n'oubli~ns pa1s qu'il faut pour œla bonne et sohde nourriture ! « Les idées ne viennent pas d'ellesmêmes à l'esprit de l'enfarut. a dit M. Oréard ; il faut lui apprendre à trouver. Encore moins prennent-elles toutes seules l'ordre et la forme qu'elles doivent revêtir; il faut lui apprendre à composer.» Un inspecteur scolaire.

La chimie agricole dans les écoles rnrales Des bords de la libre Satine. Au nombre des différentes branches de la chimie agricole, figurent l'étude des principaux élément,s. qui entrent dans la composition du sol, et celle des engrais. Il n'en est actuellement pas de plus utile à connaître que œtte dernière. La question des engrais intéresse surtout les agriculteurs. chaque année ceux-d consentent à d'importantes dépenses pour acheter soit des phospha: tes. soit du ndtrate de soude, l'azote qm donnera la vigueur nécessaire au blé. Le nombre des agriculteurs qui abandonnent la vieille routine pour entrer désormais dans la voie du r>rogrès s'accroît jour en iour. Les startistiques des syndicats agricoles montrent cha~ que année une augmentation dans l'achat des engrais chimiques. Si les bons résultats obtenus par les fumures complémentaires, décident 'cha· que jour plus d'agriculteurs à avoir recours a_ux engrais ·chimiques, le p.rogrès n'est pas encor-e assez rapide par le fait de l'ignorance qui règne dans l'applicati'on des fumures appropriées aux besotns du sol. Les différentes for:mules d'e111grais employés aujourd'hui sont sans doute très commodes. mais leur tort est de s'adresser seulement à telle ou telle cultu~ re, sans tenir compte d~ la composition

de

du sol. Tel engrais composé, vendu par exemple pour la betterave ou la pom111e de terre, est semé indistinctement sur des so.Js de ·composition différente. Il n'es~ dune pas étonnant si les écarts sont souvent considérables dans les résultats. Bien des agriculteurs vou: draient connaître la formule exade qut convient à leur terrain, les nombreu~ manuels de chimie agricole leur enseignent bien quels sont l~s engrais <J.Ui .conviennent aux sols argtleux, aux sols calcaires, aux terrains légers, humides, etc. La grande maiorité des agriculteurs n'a pas les ·connaissances suffisan-tes pour les ·.:onsulter avec fruit. . II existe maintenant des tabor-atones d'analyses qui rendent de_s servkes toujours plus nombreux. en indiqw3.!1~· d'après la q1.tantité d'éléments f~rtths.ant~ que contient le sol. les engrats ~ut l~t conviennent. L'emploi des engrats chtmioues a pri~ un grand essor. quand l'enseignement de cette branche a commenÇ.é danfl les écoles rurales. Dans. des pays voisins, l'instituteur qui ensetgne le chi mi~ ag1; cole, est chargé en outre d'aiouter à son enseignement théorique des démonstrations pratiques qu~ intéressent d'autant plus vivement l'élève. Rien ne vaut un enseignement par les yeux. et l'élève qui a vu ce que l'on pe~t obtenir aveç quelques grammes de mtrate, une poignée de superpho~phare, s'en souviendra pour plus tard. Dans la .suite, devenu agriculteur lui-m~m~ . il sait sur quelle augmentation de récolte il peut compter, en se servant des engrais ~chimiques. Ayant appris à l'école l'énumération des e~­ grais utiles employés couramment. tl peut mieux se reconnaître au milieu des mélanges qui lui sont offerts, il saura pourquoi il emp,loie de l'acide phosphorique . de l'' azote, de la potasse. Rendu prudent pour avoir apnris à connaître les fraudes dont les engrais sont l'objet, il se défendra mieux con(lre des vendeurs. souvent


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peu scr.upuleux.. il se gardera d'acheter pensable; tous les maîtres sont du res. sans cqntrôle des produits dont la com- te de cet avis. Cependant, à entendre position se cache sous. des noms fantai- certaines leçons orales, on est en· droit Sistes. 1 e jeune agriculteur perdra les de se demander si l'instituteur se préocpréjugés q_ui ont encore trop souvent cupe suffisamment du caractère de cet -cours dans l'emploi des engrais chimi- aœdliaire. d'autant plus utile qu'aujourques, préjugés qui ne sont pas seule- d'hui les bons livres ne manquent pas· ment répandus dans les campagnes. s'il lui a réservé le rôle spécial qui 1ul Les enfants ainsi munis de connais- revient; s'il a fait en sorte que l'enfant sanc.es pratiques ont un avantage mar- retrouve dans le manuel qui lui est don. qué SUif leurs parents. dans la lutte ac- né une leçon (règle, résumé, récit, détuelle où il farut· produire au plus bas veloppement) dont l'exposé du maître a prix possible, sur la même surfaœ une été l'introducti'on, la préparation. récolte .s-upérieure à celle qui suffisait Le leçon exdusivement orale laisse autrefois. des souvenirs vagues, fugitifs, courant Les conditions de culture ont énormé- le risque de s'effacer bientôt; le livre, ment ~hangé ces dernières années les ou à son défaut un résumé, lui donne bas prix des matières premières, t~lies de la consistance et de la 1>récision. que les phosphates. les nitrates, les Si l'on veut que l'enfant puisse étumettent maintenant à la portée de tous dier personnellement avec fruit, il faut les agriculteurs. C'est ce que l'on ne que J.e livre lui offre une leçon dont le saurait trop répéter, mais il faut ap- otan ne diffè~ pas de cetu.i qu'a suivi prendre à appliquer les engrais suivant le maHre. Pu~s. en admettant que les les besoins du sol. Ce sont ces notions élèves comprennent le sens général qui ·commencent à être apprises dans Ïes du texte qu'ils ont à étudier dans leur écoles rurales. manuel, est-on certain qu'ils ne se trouDans le domaine de la chimie agri- veront pas en présence de quelques tercole, il faut donner aux élèves, t'expli- mes dont la signification leur échappe? cation sommaire des lois scientifiques Dès lors. une fois la leçon indiqu'ée, l'iet de leurs applications utiles à l'agri- dée générale dégagée, les principaux culture. Le développement de cet ensei- points relevés et commentés, le maître gnement est considéré aduellement fera lire et expliquera le texte renfermé comme le facteur indispensable de tout dans le livre, mais le texte résumant ce que I.a leçon a d'essentiel, ce qui doit prog-rès en agriculture. être appris par cœur. C'est à dessein que nous employons L'ensela-nement oral ces mots appris par cœur, car !Top souvent les jeunes maîtres surtout se figuL'en5eignement oral a eu pour buf rent qu'une leçon qui a été exposée orade substituer en partie à la lettre mor- lement doit avoir été retenue. C'est conte du livre dont l'emploi était exclusif, fondre le rôle de l'entendement et celui la parole vivante, animée du maître. de la mémoire, c'est enlever à la leçon Dans notre pensée, nous n'admettons orale, en la rendant incomplète, le bédonc pas qu'on ait pu songer un ins- néfice réel qu'elle Drésente. c'est faire tant à bannir le livre de l'école, loin tourner un de ses plus Drécieux avanfade là! S'il faut le repousser comme l!es au détriment de l'éducation de l'enmoyen exclusif d'enseignement, il faut fant. comme nous l'établirons plus loin. le considérer comme un auxiliaire indisCette idée qu'une leçon orale, par ce-

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ta même qu'elle a été exposée, doit être dans l'exposé oral, c'est surtout la parretenue, paraît tellement ancrée dans tie afférente à l'entendement qui doit l'esprit de certains maîtres, qu'ils ne préoccuper le maître. A l'élève, par son tiennent pas quittes les élèves tant que effort pePSOnnel, de chercher ensuite, ceux-ci n'ont pas reproduit, et on y ar- non !Seulement à comprendre de nGurive à force de répétitions, les parties veau, m_ais à retenir. V n vétéran de l'école. de la leçon à ·COnfier à la mémoire. Un peu de réflexion amènerait à comprendre que si dans ces conditions les Partie pratique élèves ont retenu, c'est uniquement par J'audition; leur rôle a été purement SUJETS DE COMPOSITION passif, et comme ils croient savoir, ils (Examens des recrues de 1911.) n'apprendront pas, retiendront peuta) Tous les sujets peuvent être traités sous être. mais bien 'Superficiellement et pour forme de lettre. peu de t emps. Ils oublieront surtout b) Lors du choix des sujets, on aura égard parce qu'ils n'onf pas produit d'effort à la position sociale des recrues. c) Avant d'être traité, chaque sujet fera pollif retenir, l'effort personnel pouvant seul dévelo.-pper cette qualité importante l'objet d'une courte explication. 1. Une inondation; 2. Un campagnard de· de la mémoire: «l'a ieruacité pour coruma nde un subside : pertes résultant d'inondaserver ». tion, incendie. épizootie; 3. Les oiseaux en On a dit tellement de mal de cette hiver, au printemps ; 4. Protégeons les oiseaux; pauvre mémoire qtfon en est arrivé à 5. Eté humide, hiver doux; 6. Avantages de la négliger. Elle est pourtant bien uti- la vie champêtre (désavantages); 7. Avantaf'es le, puisque « c'est par elle que l'homme du travail dans les fabr iques (désavantages) ; Nos Iorêts; 9. Culture fourragère chez unit le passé au présent, accumule des 8. nous. -- Culture de la vigne dans notre conconnaissances et en fait une riche pro- trée. 1O. Culture de la pomme de terre dans vision pour l'avenir. » Nous ne devons notre contrée; 11. Jour de marché, ou jour donc pa:s redouter de recourir à la mé- de Ioire. 12. Le ter août dans notre localité ; moire, si préalablement toute satisfac- 13. Description d'une assemblée populaire; tion a été donnée à l'entendement. (assemblée de commune, Landsgemeinde); 14. Notre police locale ; 15. Mon entrée en apAprès le travail en commun guidé par prentissage, -- dans une place; 16. Pourquoi le maître, et qui a mis en jeu le juge- j'ai choisi ma profession actuelle; 17. Invitez ment et le raisonnement, vient le tra- une personne riche à s'intéresser à une famille vail personnel de l'élève, au moyen en- pauvre, mais honorable; 18. Secours dans le core de ces deux facultés, mais heureu- malheur : - Aide-toi, le ciel t'aidera; 19. Malsement complété -cette fois par l'action heur ou déveine dans la maison; 20. Excursion pédestre avec des camarades; 21. Rende la mémoire. seigner un ami à l'étranger, en lui donnant Notre crainte, on le comprend, est de des nouvelles de la maison; 22 Engager un voir l'enseignement oral. comme il est absent à rentrer au pays; 23. Projets d'aveentendu dans U'n certain· nombre de nir. 24. Demande de subside pour l'apprentisclasses, dis-penser l'enfant de l'effort sage d'un métier; 25. Renseignements au sujet de l'état de santé d'un membre de la famille; personnel. 26. Nécessité de secours médical (pour gens Pour résumer ces quelques considé- ou bêtes); 27 Offres de marchandises ou de rations, nous dirons que l'enseignement produits agricoles; 28. Offre:; de services pour oral n'exclut pas le rôle du livre : que une livraison; ~9. Mémoire sur l'entreprise toute leçon orale résumée dans ce d'un travail; 30. Réclamation au sujet d'un qu'elle a d'essentiel comporte une par- travail mal fait, mt d'une livraison laissant à tie qui doit être apprise par cœur; que désirer; 31. Renseignements demandés au su-


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14 jet d'une plantation d'arbres fruitiers (d'enchimique, de machines agricoles); 32. A quoi reconnaît-on, chez nous, qu'un change.. ment de temps se prépare; 33. Un dimanche au village - à la ville; 34. Repos après le travail de la journée; 35. Accident arrivé ·pendant la construction d'un bâtiment; lors d'un incendie; 36. Gardons-nous des sports trop violents. 37. Souvenirs de jeunesse chez ses parents ; 38. Prudence dans la mani pulati on d'appareils électriques; 39. Pourquoi j'aime mon lieu de naissance, ma contrée, mon pays; 40. les moyens d'existence de ma famille. Notre budget communal; 41 . Les sociétés de notre commune; 42. Adresse à l'autorité communale pour obtenir l'autorisation de bâtir ; 43. Conseils de prudence à l'occasion d 'une ascension de montagne; 44. Le plus beau mois de l'année; 45. le facteur postal. - Notre bureau de poste ; 46. Demander le renvoi d'une visite projetée ou annoncée; 47. Lettre d'excuses pour une absence for cée; 48. Plaisirs d'hiver; 49. les fêtes de Pâqu.e s ; 50. Où s'en vont les produits divers de notre contrée. ~;rais

"><XX ~UJETS

FACUlTATIFS DE COMPOSITION 1911

1. Les machines au service de l'agriculture; 2. Avantages d'un bon service des eaux ; 3. les Suisses à l'étranger; 4. Importation et exportation du commerce suisse; 5. Les lignes de montagne de la Suisse ; 6. Les Bureaux internationaux en Suisse; 7. Pourquoi les étrangers visitent-ils la SUts se; 8 Occupations des habitants des Alpes; 9. Gravissons les Alpes ; parcourons nos montagnes; 1O. Plaisirs qu'on trouve au se-in àe la nature; 11. Les principaux moyens d'existence de notre contrée; 12. Une industrie prospère; ou : crises industrielles; 13. Dans la région de l'air; 14. Les bienfaits de la paix pour notre patrie; 15. Avantages d'une bonne instruction; 16. Assurances contre la maladie et les accidents; 17. Les impôts; 18. Associations agricoles; sociétés de consonnnation; 19. Lutte contre la tuberculose; hygiène de préservation; 20. Le meilleur moyen de passer ses loisirs; 21 . Nos établissements d'instruction et de culture intellectuelle; 22. Les Suisses comme mercenaires; 23. Lieux de la Suisse consacrés par l'histoire; 24. Un écrivai11 suisse; 25. L'Assemblée fédérale ; 26. Le Conseil fédéral; 27. Les guerres de BourgÔgne; 28. Influence de la Révolution française sur la Suisse.

Calcal oral

=

1. 4. Quel est le prix d'un vêtement dont l'étoffe c.o ûte frs 48 et la façon frs 45? 3. Combien de quintaux de pommes de terre puis-je acheter pour 124 frs, si le quintal coûte 8 francs? 2. Quel est l'intérêt annuel de 820 frs au 4 1/ 2 %? 1. Sur 30 coups un tireur en a manqué 8. Quel est le % des coups en cible?

2. 4. Combien de francs font ensemble 4 pièces de 20 francs et 5 pièces de 5 francs? 3. Un agriculteur doit 40 francs et donne en paiement des fagots à 25 cts pièce. Combien de fagots aura-t-il à livrer? 2. Pour une entreprise, deux négociants ont versé l'un 8000 francs, l'autre 6000 francs; mais ils ont perdu 770 francs. Répartissez la perte sur les associés dans la proportion de leurs mises de fonds. 1. La carte murale de la Suisse est dessinée à l'échelle de 1 : 200,000. Une ligne mesurée sur celle-ci a 8 1/ 2 cm, quelle est la longueur réelle?

3. 4. Un champ de pommes de terre a produit une année 88 quintaux, l'année suivante 102 quintaux. Combien de plus la seconde année? 3. En automne le quintal de pommes de terre vaut frs 7. 50 et au printemps frs 8. 80. Que retirerai-je de plus, att printemps, sur la vente de 22 qu~ntaux? 2. Un champ de 24 ares a produit 20 q de pommes de terre, dont 2/ 5 malades. Combien de q de bonne qualité l'are a-t-il produit? 1. Une espèce de pommes de terre renferme 2,2 % d'albumine et 12 % de fécule. Quelles quantités d'albumine et de fécule sont contenues dans 60 kg de pommes de terre ?

4. 4. Un chl!._mp mesure 750 mètres carrés, on en vend 370. Combien reste-t-il encore de mètres carrés? 3. Un ménage consomme journellement 4 litres de lait à 25 cts le litre. Quelle est la dépense pendant 3 semaines? 2. Un quintal de savon coûte au négociant

80 francs. Il le vend au détail avec un bénéfice de 12 1/ 2 .o/o. A quel prix vend-i l le kg? t. Louis a placé 1200 francs au 4 .o/o et 800 francs au 4 l / 2 '%. A quel taux moyen devra-t-il placer son argent pour en obtenir le même intérêt?

5. 4. Nicolas gagne par jour 3 fr. 20 cts, come bien en 5 jours? 3. Dans un hôtel, un étranger paie une pensio.n journalière de 6 francs. Au départ, sa note s'élève à 156 francs. Combien de jours a duré son séjour à l'hôtel? . 2. Pour un cottrs de répétition de 11 JOurs, un boulanger a fourni chaque j?ur 600 rations de pain, à 16 cts la rahon. Quelle somme recevra-t-il? . 1. Pierre a une dette de 1600 francs dont tl doit l'intérêt au 4 1/ 4 o/o. N'ayant pu s'acquitter au bout de l'an, il paie, quelque temps après, la somme de 102 francs. Pour combien de temps cet intérêt a-t-il été calculé?

6. 4. Je paie pour un parapluie 6 ir. 80 cts. et pour une petite malle 7 fr. 30 cts. Combten en tout? 3. Dans un village, 20 personnes sont abonnées chacune à un journal qui coûte 8 fr. 12 cts l'an. Quel est le montant du ren~ bow·sèment que le bureau de poste dot! encaisser? . 2. Le canmement qu'occupe un_ batatllon mesure 120 nt de long et 11:> m de large. Quelle en est la superficie? 1. Un bataillon d'infanterie compte 750 hommes· mais 600 seulement se présentent Je iour' de l'entrée au service. Quel % cela fait-il? 7. 4. T'ai dans mon portemonnaie 16 fr. 50 cts, je dépense pour un chapeau 4 irs 10 cts. . Que me reste-t-il? 3. Une reine d'abeilles pond en 20 JOurs 10,000 œufs. Combien en moyenne par jour? 2. Pour une entreprise en commun, Charle~ et François ont versé ensemble 640 francs, mais Charles a donné 120 francs de plus que François. Quelle est la mise de chacun? 1. Un tas de foin mesurant 4,5 m 2dte6 loing, 4 ranes. m de large et 2 m de haut vaut Quel est le prix du ms?

~

8. 4. Paul porte le matin 48 kilos de lait à la laiterie, le soir 53 kilos. Combien en tout? 3. Combien a-t-il à retirer pour 800 kg, à 16 cts le kg? 2. On entoure un jardin rectangulaire de 30 m de long sur 25 1/2 rn de large par une triple rangée de iii de fer. Combien de m en faut-il si l'on compte 25 rn de plus pour l'enroulemen t des poteaux? 1. Un négociant rembourse à ses clients payant comptant le 5 % de la valeur de 1~ marchandise qu'ils ont achetée chez lut dans le courant de l'année. A quelle sonune s 'élèvent les achats d'un client à qui on a remboursé fr s 12. 70?

9. 4 Un agriculteur récolte sur un champ 45 . j? gerbes, sur un autre 68. c .o mbien en tou . 3. Charles économise par mots irs 7. 50, combien en 1 année? 2. Un employé a un traitement iixe de irs 120 par mo is ; il reçoit en outre le 2 1(2 o/~ dt~ bénéfice net qui pour cette année s est eleve à frs 2600. Quel est son revenu annuel? 1. Une parcelle de terrain rectangulaire de 36 ares a 90 m de longueur. Quelle est sa largeur sur un plan à l'échelle de 1 : 200?

10. 4. Un homme naquit en 1828 et mourut à l'âge de 82 ans. En quelle année est-il mort? • , 3. Un sapin fournit 8 stères de huches a 13 fr. 50 cts le stère, et des branches ~t racines p our 18 ir. Quel en est le produ tt total? 2. Combien de bouteilles peut-on remplir avec 90 1 de vin, si une bouteille contient 7,2 dl ? 1. Un fonctionnaire au traitement annuel de ir. 3260 dépose à la caisse d'épargne. le. ~0 cr_ de sou gain qui lui rapporte un tnteret de 4 o/o. Quel est pour une année l'intérêt de cette épargne?

11. 4. Avec un billet de banque de 100 !ranes j'ai pavé une note de 82 francs. Que •ne restet-il? .. ') 3 Que valent 12 chaises à 4 fr s 50 cts ptece . 2: 11 y a 10 ans, une localité comptait ~400 habitants: depui s. le nombre a augmente de 12 o/o. Combien d'habitants compte-t-elle maintenant?


16 1.

Que~ est le poids d'une plaque de fonte de 1 m- de surface et de 4 cm d'épaisseur le

dma pesant 7 1/4 kg?

'

12. 4. Combien coO.tent 4 kilos de fromage à 2 f rs 4û cts le kilo? 3. Un~ famille a dépensé, pendant une semame, frs 12. 60 pour la viande· combien en moyenne par jour? ' 2. Sur un parterre de 16 m de long et 8 rn ~e large, un jardinier plante des rosiers de e~le sorte_ qu'il compte 5 plantes pour 2 rn · Combien de rosiers a-t-i l pu planter? 1· La valeur d'une machine a diminué pa~ l'usure, du 12 1/2 %; actuellement eÙe ne vaut quç 5600 francs. Combien avait-elle été payée?

13.

4· Une compagnie d'infanterie compte 181 h?mmes dont 168 portant fusil. Combien d homq~es sans fusil? 3. Pour combien .de semaines suffira un ton~eau de 252 litres, si l'on consomm 12 hlres par semaine? e 2 s . . ur une créance de 260 francs on perd le 40 %. Quelle somme recevra-t-on? 1. Je~n vend une vache pour 720 francs et paie avec cette somme l'intérêt d'une dette au 4 112 %. Quel est le montant de cette dette?

14. 4. Je dl:mne une pièce de 5 francs pour payer un brllet de chemin de fer coûtant 3 fr 25 Combien doit-on me rendre? · · 3. Un appreut_i reçoit la première année de son app~entissage 50 centimes par semaine; la ~euxJeme année 1 fr. 50 cts. Combien reçu en toul pour les deux années? 2· . n employé payé 150 francs par mois obtJ~nt un_e augmentation du 20 %. Quel sera des mamt_ena~t son. traitement annuel? 1· Un propnétaire possède des bâtiments dont 1~ valeur totale est de 120.000 francs. Pour assurance contre l'incendie, il paie le 1 5 loo_ s.ur les 4/5 de la valeur totale. Combien doJt-11 payer? ·

ît''

!

15. 4. J'achète deux tonneaux de vin pour le prix de 11.0 f~ancs. ~n règlant compte, le marchand m a repns un tonneau vide pour 7 f!:a.ncs et_ l'autre pour 8 francs. Combien a i-Je paye?

3· Co111.Qien coO.tent 12 rn de cotonnade à 2 ' fr. 35 cts le mètre? 2. Une ruison évaluée 13,600 francs est échangée contre une place à bâtir de la conte~anc; de 3,40 ha. A quel prix est estimé

l

are. 1. Dans .u~ verger, on compte 28 pommiers 32 pomers et 20 cerisiers. Quel est Je %, 0 de. chaque espèce?

16.

4. Un ag~.iculteur vend pour 620 fr. une vac~e qu 11 avait achetée pour 490 fr Combien a-t-il gagné? · 3. Un ba.taillon en marche fait 4 km à l'heure qombien _d'heures mettra-t-il pour parcou: nr une d1stance de 78 km? 2. ~harles ~~!t 2400 au 4 %; de quelle difference_ d mteret bénéficiera-t-il annuellement SI le taux est abaissé au 3 3/4 <Ji ? 1. Dans une arche à blé de 4 m de Ion~ et 1 1/ 2 m de large on a entassé du froment à une hauteur de 75 cm. Combien d'hl renferme cette arche?

r:..

Variétés = Maximes et conseils pédagogiques Un J~ître _Pèche contre la fermeté lors-

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qu_1 II_e fa Jt pomt _usage de tou.s les moyens qui l~J sont donnes pour réu,ssir dans son e~J?lOI, lor.squ'il varie dans sa conduite et qu ~1 se relache mal à propos d'une juste sév~n.té, lorsqu'il regarde comme léger ou indifferent ce qui est un mal considérable lorsque, par des considérations particJI.ières qu~lles qu '~lles soient, il tolère ou pennet c~ qu, ne doJf pas être souffert. lorsque • ne ~oulan! pas ~e gêner, il ne donne pas I'•attencion ne~ess~tre à la bonne __ discipline de la lasse nt à 1 avancement des écoliers ~ et qu'il ne :eprend ,.Pas les fautes qui y sont' contraires'. lor,squ JI ~ouffr.e qu'on méprise ou qu'on néghge ce qu'~~ prescrit ou recommande ]uste~ent, }orsqu •1 parle nonchalamment lorsqu'Il agit d~une ma_?ière indolente, indifférente, • san_s faJre paralfre qu'il veut tout de bon le devo!f .»; lorsqu'il se- contente de donner des ~verhssements stériles sans en poursuiLe Fr. AGATHON. vre l effet.

Supplément au ~o 1 de ,f &cole,, (191~) Pour la :R'ouvelle Année

Les Souhaits d'un Saint .Je finis cette année avec le <:ontentement de vous pouvoir présenter les souhait.s que je fais sur vous pour la suivante. Elles passent donc, ces années temporelles: leurs mois se réduisent en semaines, les semaines en jours, les jours en heures, et les heures en moments, qui sont les seuls que nous possédons, mais que nous ne possédons qu'à mesure qu' ils péris~ent et rendent notre durée périssable, laquelle pourtant nous en doit être pluiS aimable. puisque, cette vie étant pleine de misères, nous ne saurions y avoir aucune plus solide consolation que celle d'être assurés qu'elle se va dissipant pour faire place à cette sainte éternité qUi nous est préparée en l'abondance de la miséricorde de Dieu, et à la<Jt,telle notre âme aspire incessamment. Or, ie souhaite à votre chère âme que cette année prochaine soit suivie de plusieurs autres, et que toutes soient utilement employées pour la conquête de l'éternité. Vivez longuement, saintement et heureusement entre les vôtres ici-bas parmi ces momeruts périssables, pour vivre éternellement en cette immuable félicité pour la_guelle nous respirons.

xxx Ce nouvel an sera le dernier pour un grand nombre de personnes; il le sera peut-être pour vous aussi. Qu'allez-V'Ous faire pour le bon Dieu ... pour le ·cher prochain ... pour votre pauvre âme?... Dieu veuille couronner V(}tre corn-

mencement d'année des roses que son sang a teintes! Plaise à ce divin En~ fant de tremper nos cœurs dans son sang et les parfumer de son saint nom, afin que les roses des bons désirs que nous avons connus soient toutes pourprées de sa teinture, et tout odorantes de son onguent. Que puissions-nous tellement vivre cette année, qu'elle nous serve de fonde.ment pour l'année éternelle! Que ie vous souhaite de bénédictions et avec quelle ardeur! cela ne peut se dire. Je vous dis de tout mon cœur adieu. A Dieu soyez-vous à jamais en cette vie mortelle, le servant fidèlement entre les peines que l'on a en portant la cro,ix à sa suite. Qui n'est qu'à Dieu ne se contriste iamais sinon d'avoir offensé Dieu; qui n'est qu'à Dieu ne cherche qUe lui; qui n'est qu'à Dieu pense souvent à lui; qui n'est qu'à Dieu vewt bien que chacWl sache qu'il le veut servir. Sovez donc tout à Dieu et ne soyez qu'à lui. Oui, soyez à Dieu, et que Dieu s9it à j;:tmais ~1,1 milieu de votre cœur!

S. François de Sales.

A l'An Nouveau Bien que ton petit pied nous pousse Sournoisement vers Je tombeau, Nous arrivons à la rescousse, T'acclamer, petit An nouveau! Sur le bras qui tremble, alangui,

De l'An moribond qui t'apporte, Tu sembles un bouquet de gui fleuri sur une branche morle! Petite Année à peine éclose, Enfant de mystère vêtu, Dis-moi. dans ta menotte rose, An neuf, que nous apportes-tu? Viens-tu par quelques lois heureuses Donner aux gueux sans toit, sans pain,


3 2 Mieux que des belles phrases creuses Qu'il épelle en mourant de faim? Vas-tu, dans toutes nos cités, . faire enfin, pour ta grande gl01re fleurir toutes les libertés.... Y compris celle de croire? Allons-nous dans les cieux aux voiles Déchirés par tes doigts menus Voir surgir toutes les étoiles Que des aveugle-s ne voient plus? Viens-tu pour éclairer tous ceux Que la marche en avant irrite.... Mais aussi les fous dangereux Qui vers l'avenir vont trop vite? Va-t-on dans l'aube qui commence, Sur un' ordre par toi jeté, Entonner dans un chœur innnense Un hynuie à la fraternité? Bref que couves-tu dans ton nid Po~ la grande famille humaine? Si c'es.t de l'amour, sois bénit Sois maudit si c'est de la haine! Th. BOTREL.

Bonne Année ===-==

Le JEUNE CATHOLIQU~ raconte qu'un jour un petit garçon, con~a:~é ~r sa • bonne • , s'écria : • Oh! que nat-Je dt x ans pour . . . être délivré de cette • bonne! ~ Tout à coup apparut un gém~ qut lw dtt: • Enfant, voici le fil de ta vte; pour ava':lcer en âge tu n'auras qu'à le dérouler; mats prends garde, la mort est au bout du hl. • Et il disparut. . . . . . 1 L'enfant ravi, bondtt de ]Ote; tl ltre le h, et il a ïtU: ans. 11 n'a plus sa go~vernante, mais il est à l'école où il faut travatll~r. _ • Si j'étais au moins en r~étonq~, se dit-il, je serais grand et on feratl attenhon à moi!• . 11 tire un peu le fil et ses _désu:s . sont accomplis. Il est rhétoricien, mats VOICI 1~ spectre des examens qui l'épouvante. _Le VOilà encore attristé. Que faire? Se serVIr encore_ du fil magique. Et le voilà en dehors du college, beau garçon, la cigarette à la bouche, un peu de barbe au menton. Il est content. • Arrêtons-nous là •, se dit-il. Mais il ~·a pas suffisamment pour vivre, il faut travatl-

Le prix du temps Béft.exlon• de fto d'anoée La bonté divine nous a conduits jusqu'aux derniers jours de l'année 1911. Verrons-~ous tous ceux de 1912? Person?e n~ saurait 1~ dire. C'est un secret que Dieu s est. réser,ve. Au reste l'important pour le ch~hen n ~st pas de s~voir quand .il devra qwtte~ la VIe~ rnais d'en faire un samt usage. Auss1, ~a r~ solution qui au déclin d'une année, dmt pnmer toutes ies autres, parce qu'elle les. renferme toütes, est de bien employer les JOlJ!S qu'il plaira à la Providence de nous départir.

Les étrennes des étrennes. - Les souhaits économiqyes d'autrefois. - fruits, fleurs et légumes. - Les médaillons et les la~ pes. - Comment on fortifie les mauvatses habitudes. - Les petits cadeaux des

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grandes dames. - Jouets coQteux. Les largesses du cardinal Dubois. Comme disait M. Joseph Prudhomme • l'usage des étrennes remonte à la plus haute antiquité •. Le nom suffit à en indiquer l'origine, puisqu'il vient de • Strennoe •, qualificatif que donnaient les Sabins du temps du roi Titus aux branches de verveine coupées dans le bois sacré de la déesse • Strenna •. C'étaient alors, - ô l'heureux temps! les seuls cadeaux du 1er janvier, et, chose curieuse la coutume voulait qu'ils fussent donnés ~r les pauvres aux riches, par les serviteu.r s aux maîtres, par les ouvriers aux patrons. Quand les Romains entrèrent par le moyen que VO)ls savez dans l'intimi.té des Sabines, ils adoptèrent la tradition et, peu à peu, la compliquèrent. D'abord, en effet, on joignit à la verveine d'autres emblêmes de paix tels que du miel blanc ou des rameaux d'olivier, puis du laurier et des myrtes, et, plus tard, le gui coupé dan,s les forêts gauloises par la faucille sacrée des Druides. Tout cela n'était ruineux pour personne et ne coûtait guère aux pauvres gens qu'une cours.e matinale dans les bois. Mais, à l'époque romaine, il y avait déjà des imbéciles soucieux d'éblouir leur entourage et il arriva que, peu à peu, les riches non seulement rendirent en les amplifiant les cadeaux qu'ils avaient--reçus, mais encore imaginèrent de s'offrir entre eux des présents. Au début, ce furent des riens : amphores de vin, paniers de dattes, de figues ou de légumes, des ~âteaux ou des fleurs. Puis. on c~m­ mença d'envelopper les fruits d'une femlle d'or ou bien on échaagea des médaillons sur lesquels était inscrit le traditionnel souhait: • Que l'année nouvelle soit heureuse pour toi! • Ensuite vinrent les lampes symboligues en argile décoré. Un grand nombre de cellesci, retrouvées dans les tombeaux, sont venues jusqu'à nous. On y voit généralement la Victoire, couronnée de lauriers tenant une palme d'une main et de l'autre un médaillon avec l'inscription consacrée : • Anno novo faustum felix tibi sit. » Derrière la déess.e est une grande pièce de monnaie à l'effigie de Janus qui avait donné son nom au mois de janvier et que les Romains représentaient avec deux visages opposés comme sachant ~oir _le passé et l'avenir et devant elle, une feutlle, une pomme de' pin, deil fruits, un vase qui était censé contenir du miel, puis un certain nom· bre de figures liées.


5 Toutes ces allégories représentaient chacune un vœu ou présent d'étrennes. Mais ce gen.re de cadeaux ne dura pas et bientôt la mode vint d'offrir des bijoux, puis de l'argent. Dans ses métamorphoses, Ovide demande au dieu Janus pourquoi l'on a substitué à l'~n­ cien usage de s'offrir des rameaux et du mtel blanc la mode moins poétique des étrennes monnayées. - Que tu es de ton siècle! lui répond Janus. Ne sais-tu donc pas que l'argent est plus doux que le miel? Les cadeaux finirent par prendre une telle importance que le clergé et le pouvoir civil s'en inquiétèrent et s'efforcèrent de porter remède à cette prodigalité. L'Eglise mena~a d'~­ nathème et d'excommunication ceux qut of1nraient des objets de prix et l'empire décréta que • 250' roups de féru le sera~ent donné~ sur les doigts de ceux qui seratent convamcus d'avoir distribué des étnnnes au-dessus de leurs moyens ,. . Vous croyez que les Romains en profitèrent pour renoncer à leurs coûteuse~ h~bih.~­ des? Point! Mais on se mit en devOir d a.pat· ser les ri,lrueurs de l'autorité et pour ce~a on comprit dans la liste des gens à fourmr de cadeaux.... les magistrats et l'Empereur. Comment voir les infractions aux lois quand on met des bandeaux dorés sur les yeux de ceux qui les appliquent? II arriva ce qui était fatal : que les prescriptions demeurèrent lettre morte, et que leurs auteurs, au contrai!e, s'efforcèrent de bénéficier le plus posstble de la coutume qu'ils rêvaient d'abolir. Dès lors les étrennes devinrent un vér!table impôt_ direct et l'on vit de~ souverams comme l'empereur Auguste se fatre, avec celles d'une seule année, des idoles d'or et d'ar· gent de P..lus de trente coud~s. de haut. De siècle en siècle, la tradt!ton s'est Iran;;· mise dans les divers pays sans qu'on Y fût . d'ailleurs plus raisonnable. Pour ne citer gu' un exemple, ne vit-on pas, chez nous, au dtxhuitième siècle, cetie curieuse chose : des . femmes du monde offrir comme étrennes à tous les artistes, gens de lettres et savants de leurs relations, des pièces de velours ou de drap pour se faire des culottes, Je logement gra!u•t d'une année et même le titre d'une pensiOn viagère. C'était passablement bizarre, mais surtout dispendieux. BeaucÇ>up de cadeaux d'étrenn:s étaient aussi somptueux et les enfants eux-memes, qui aujourd'hui sont ravis d'une poupée

ou d'une boîte de soldats de plomb, ne se con. tentaient point de si peu de chose. Dans les mémoires d'un chroniqueur temps, nous avons trouvé ce sabeth d'Orléans a envoyé ce ttutvu.... janvier à son neveu Jean Gustave de cis, qu'i a douze ans, un justaucorps d'or et 4'argent si magnifique, mille livres, elle y joint aussi un '""'"'""'au véritable castor bordé de points ·r.s]pa~rnfl• et surmonté d'une longue plume deux pointes, et de plus une épée d'or et perruque à étages sortant des mains du ruquier du roi. ,. C'était le temps où l'on fabriquait Louis XV enfant une armée en argent chaque pièce avait été ciselée par un teur célèbre et qui cofita la bagatelle de écus. Nous ne sommes à présent ni ni si avares, mais j'en sais plus dant gui verrait avec une joie l'usage des étrennes. Hélas! la ""•v••uu•vu. 1789 s'y est employée vainement. n'eurent P!lS plus de succès que les ces des consuls romains et les anathèmes évêques. Robert DELYS.

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CONTE DU JOUR DE L'AN

La bohémienne =

Le coup de sonnette brel, impératif, personne qui n'aime pas attendre... Mme J!erot qui prenait son petit déjeuner du tin - une tasse de chocolat - en co1mpag1ni1 de sa fille eut un geste de colère. - Encore cette maudite bohémienne, je rie. Elle ne manquera pas un matin de prélever son impôt. Voilà déjà plus de jours que sa voiture stationne à côté de . nous. Quand se décidera-t-elle à d~uerptr elle, son grand escogriffe de mari et to~te marmaille pouilleuse. Avec ses yeux qut lent comme des escarboucles dans son d'olive, eÏle me fait peur, cette sorcière! Le visal!"e rose, les cheveux blonds en épaisses torsades, Elodie sourit vant: - Tu te trompes, maman. C'est plutôt pauvre créature qui doit connaître plus vent la famine Que l'abondance. Nous avons donné ces -jours-ci, nous ne DU·uv•v•"•

pas, le premier de l'an_. lui refuser notre obole. 1 hémienne. ~s doute ne s'attendait-elle pas C'est pour Je coup, aJouta-t-elle avec un nouà, cette aubat~e. encore moins aux paroles qui veau ,sourire, que nous serions exposées à 1accompal!"natent. Un sourire découvrit ses ses sortilèi!I!S! Mme. Berge~ot se disposait ~ ripost·e r qu'il dents de ~ouv~ en même temps qu 'elle happait de sa mam seche, aux ongles pointus la piéva11t m1eux reserver ses aumones aux malcette. ' heureux que l'on connaît, aux misères réelle-~ ~ Qui donne ce qu'il peut donne ce qu'il ment dignes d'intérêt plutôt qu'à ces nomadott. Et vous, ma beiJe demoiselle, c'est de des vivant de rapines, dont la conscience est bon cœur que vous donnez. Je lis ça dans chargée des pires méfaits, quand un second j vos yeux. coup de sonnette, aussi impérieux que le preAins i que dans un tour de passe-passe mier, arrêta court la tirade. elle ava1t déjà fait disparaître la pièce e~ - C'est moi, dit Elodie qui vais la recequ~lque J>?Chette dissimulée sous les haillons. voir au~~r~'hui et l'expédi~r au plus vite, Pu!s, au lteu de se retirer, elle se campa les El_Ie s ecl1psa, descendit à la hâte et vint pomgs sur la hanche. ouvnr. La bohémienne, la main tendue était . - Pou~- vous remercier, voulez-vous que devant ~Ile. ' Je ~ous dtse votre bonne fortune? DonnezAvec son teint bronzé, ses lourds ~heveux mot votre main .. la main gauche. en désordre d'un noir bleuté, ses lèvres rou- Nort, 110n, je ne veux pas, allez-vous en ges et ses yeux qui brillaient en effet d'un ' s'écria Elodie, prise d'un subit effroi. éclat perçant, les anneaux d'argent qui penSa bonne fortune !... 0 ironie!.. Ses trois d~ient à ses orei_lles, ses hardes aux couleurs mot~ rouvraient en elie la blessure à peine civtv~s, elle o.ffratt le type caractéristique de ca tnsée. Que pouvait lui réserver l'avenir cette race errante et mystérieuse. qui ne fut un nouveau sujet de tristesse ou de Sa roulotte où grouillait toute une nichée larmes? Ses deux mains rejetées en arrière d'enfants à peine vêtus malgré la dure saison elle eut un mouvement de recul. ' s'était arrêtée un matin sur le bord de la rou: - Vous ne voulez pas? ... Je vous la dirai te, à l'entrée de la ville, à deux pas de la dequand même, fit la bohémienne en saisissant meure de Mme Bergerot. Ce voisinage susle bras de la jeune fille qui, dans son trou~ct. n'était _pas pour rassurer la veuve de ble, ne songeait même pas à appeler sa mère. l anc1en notatre, très prompte, depuis ses malSa main s'abandonna. Quel nouveau malheur heurs, à s'alarmer et à s 'exagérer les moincette affreu se méR"ère aliait-elle lui annoncer? dres contrariétés. Qu'attendent-ils. pour s'en Un tremblement l'agitait, son cœur battait A aller? répétait-elle vingt fois par jour en grands coups. apercevant de ses fenêtres le mince filet de Un pli au front, avec une intense fixilé la fu~ qui s'échappait du tuyau dépassant à pythonisse scrutait les minces ligues qui' se peme de quelques centimètres le toit rapiécé développaient, se croisaient dans la petite de l'étroite maison roulante. main frémissante. A la vue de la jeune fille. la bohémienne - Il y a eu des larmes. bien des larmes qui avait ramené sur sa tête un coin du châl~ dan s votre vie, mummrait-elle, le ciel est enen loques dont ses épaules étaient couvertes core sombre_ chargé de nuages, mais vous parut surpri3e. Une admiration se peignit su~ aurez cette année une surprise ... une grande sa face maigre et noire devant ce visage d'une surprise! b~ncheur rosée qui offrait avec le sien un si Un somire énigmatique flottait sur ses lèPIQuant contraste. vres. Elle se redressa, fit un geste vague et - Une ~tite charité, ma belle demoisel s'enfuit. le,. u~e Pttite charité, s'il vous plait à celle Cette prédiction ambiguë. ce sourice étranQUI vtent vous souhaiter la bonne année. [!e Qui lui avait semblé diabolique. laissèrent Dans sa hâte de se débarrasser de l'intruse Elodie toute interdite A ~on retour Mme dont I_e regard hardi la blessait, Elodie tira BerS?"erot fut frappée de sa pâleur. ' sa peh~ bour~e aux mailles d'argent - un - Qu 'as-tu? Que t'a dit cette femme? souvenu des JOurs de prospérité - et prit La jeune fille raconta à sa mère la scène une pièce blauche. qui l'avait si fort impressionnée. - Je voudrais vous donner davantage, hé- Rassure-toi, ma chère Elodie, dit Mme las! nous ne sommes pas riches. Ber[!erot. qui s'efforçait de dissimuler son Un éclair s'alluma dans l'œiJ de la hopropre émoi, personne ne peut percer les voi-

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douce rêverie. Courtes échappées qui, en se les de l'avenir. Et il vaut mi~ux q~'il, en soit renouvelant trop souvent, auraient peut-être ainsi. La vie serait trop pémble s• l on con· fini par lui faire sentir av~ trop de. ~ut~ naissait d'avance les déboires et les douleurs les rigueurs de son sort st son espnt fm et . . ' droit, instruit par l'expérience du malheur,_ ne qu'elle vous réserve. Ces parolei, le ton d'amertume•. revél.a•ent l'avait défendu contre un dangere.ux entram~­ que cette femme au visage meurtn et Sillon· ment. Ce sentiment exact et préc•s des réah· né de rides, sous l'encadrement des. cheveux tés, dont elle avait fourni la preu.v~ aux heublancs avait connu quelque grande mfortune. res les pla<! critiques, la priserveratt pour ~a La c~tastrophe ne remontait qu'à quelques tranquillité morale des vaines et déceVantes tl· années. . · t 1 fê Aimable léger aimant le pla•s•r e es • lusions. Les sew.aines, les mois, se succédèren~ sans tes déPen;,a,nt ~ns compter, Me Bergerot n•a'vait entrevu l'abîme creusé sous s~s .pas apporter aucun changement dans le ~ram faTe de Mme Bergerot et de sa hlle. Au que lorsqu'il n'était plus temps de •1évde:. Plusieurs spéculations tentée~ en des~pOlr :u·r~ de leurs causeries, parfois l''~ne d'el~s évoquait le souvenir de la ro~~uchelle. ~ de cause n'avaient réussi qua en~louhr les quelle lomtaine région poursu•va.t-elle, corn derniers débris de sa fortune. Pour le saume ceux de sa race, son éternelle ex~e? ver, lui éviter les poursuites. et le désh~neur, Ce mahn de décembre, dans la clatr~ sal~e sa fenvne n'avait pas hés•té à sacnher la sienne. Plus imprud~nt '!ue coupable, le not à manger qui servait aussi de salon! 0~ b~l­ lait un bon. feu de coke. Elodie travatllatt a~.ec taire n'avait pu surv•vre a sa rume. Rompan ardeur, tandis qu'au dehors, dans la gn: leurs anciennes relations, se mett~nt _d'ellesatmosphère traversée de grands. coups mêmes à l'écart, résignées à leur d•s~race, au vent en rafales, les dernières femlles, amassort précaire auquel elles se tr<?uva•ent con· sées aux bords de la route ou arrachées aux damnées la mère et la fille ~'éta•en! alors ~­ fugiées dans cette petite ma•son o~:~ elles VI· branches s'enlevaient par bonds, dans un vaient d'une modique rente co~t.tuée av~ épais to~rbillon et s'épar.pillaient çl et là, sur · qu1· 'aura•t pu sufh· la suriaée dénudée des champs. quelques· épaves, mus Dans .deux jours l'année aurait achevê son re à leurs besoins sans l'apport apprécJ~ble cours. Un vague sourire effleura les l~v~s des travaux de lingerie exécutés par les dOigts de la jeune fille en songeant l la prédtctJOn de fée d'Elodie. qui lui avait été faite. Elle secoua .ta tête : C'était elle la plus atteinte par cette déchéance. Tous ses espoirs de bonheur étalent Et dire que j'ai été troublée un mstant par anéantis par la folle imprévoyance s~ehs~~ ces billevesées! fallait-il être folle? - Non, Mlle Elodie, n'entendez-vous QIS père Adieu le beau rêve d'amour! • a •· tuée .qu'elle fQt au luxe, à toutes les douceur.~ le tintement préctpité de la sonnette? La porte s'entr'ouvrit. - ~e te . dérange de la vie avec un courage admirable elle ~v~ su pourtant prendre son parti de la deshn . pas, fillette, dit Mme Bergerot, Je vats répon· Pour adoucir ses regrets et retrouver s~ sé-, dre moi-même. . 1t Un instant après, elle reparaJss,at1 • .une e: énité elle n'avait qu'à songer que celu• qu ~Ile a~ait aimé, officier san~ fortune, eO.t do~~ tre à la main. un peu essouHlée .d avo•r grav• avec trop de précipitation l'esc~her. La pâle~! né sa démission si elle ava•t accepté ce sacn r ce. Et cette pensée la relevait à ses propres ordinaire de son visage s'é~alt ac~rue en •· sant le nom inscrit sur le com de l. enveloppe. ;eux et lui faisait accepter bravement sa con· Elle se laissa tomber sur une chatse. · ·t epris dition. _ C'est un notaire de Paris qui nous éc~it, Et voilà, à présent que sa v•e ~va• ~ • son cours normal dans cette deml-f~tra~te ou murmura-t-elle, répondant à ~'interrogation la confinait avec sa mère la méd•<?o:.té ~~ de sa fille, une tardive ~cla~bon s~ns. dou·, leurs ressources, voilà que la préd•chon te, quelque créancier qut avatt ou.bhé JUSQU la bohémienn~ faisai! tout à C?Udéf~ey~r E~~ ici de se faire connaître. J'espérats pourtant fond d'elle un espo•r vague, m Jm ·. t que nous en avions fini, avec tous ces en· avait beau, elle aussi, se dire qu~ l'aventr ~~t nuis. im énétrable. que nul œil huma•~ ne saur Elle déchira l'enveloppe, ouvrit la le~tre et! en psonder les profondeurs, pouvatt-elle em~ dès les premières lignes, poussa un en: Oh cher sa ieune imagination de prendre son vo mon Dieu! et de s'égarer de temps à autre dans une

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7 _ Qu'est-ce donc? fit Elodie, un malheur, n•est-ce pas? _ Non, non, pas un malheur... un bonheur, un grand ~>?nheur, au .contraire.. LE TRAVAIL D'UNE ABEILLE _ Explique-to•, maman, )e t'en pne. On ne se doute I!Uère de l'endurance et de _ Je ne puis pas, lis... lis toi-même. la qualité de travail qu'accomplit une abeille D'un mouvement fébrile, la jeune fille saj. dans le cours d'une seule journée pour rapsit la lettre et lut à son tour; pu.is, chanceporter à la ruche une bonne charge de miel. lante elle tomba dans les bras ouverts de sa Un apiculteur a estimé que pour une seule mU~ et toutes les deux, pleurant et riant à la charge de nectar elle plonge son suçoir dans lois restèrent un long moment enlacées. plus de {lix cents fleurs. Et comme une abeille _:_ Est-ce possible, s'écria enfin Mme Berrevient environ une vingtaine de fois par jour prof, qu'une fortun~. tombe .ainsi du ciel? à la ruche, c'est donc sur plus de douze mille Un million! Nous votla plus nches que nous fleurs qu'~lle aura voltigé. ne l'étions avant le désastre! Que de peine, que de chemin parcouru! - Tu ne m'avais jamais parlé de ce couL'abeille est bien l'emblème de l'activité et sin qui nous a laissé tout son bien. du travail! - Que veux-tu? Je l'ai si peu connu. Je Certains ont prétendu que l'activité mer· savais vaguement qu'il habitait Paris, j'ignoveilleuse déployée par ces petits insectes qui rais qu'il eût si bien réussi, et, rendue égoïs- vont recueillir avec soin le suc des fleurs odo. te par toutes mes peines, je ne pensais même , riférantes pour en composer leur miel, releplus à lui depuis longtemps. Je m'en excuse vait exclusivement de l'instinct. envus sa mémoire. On ne devrait jamais perUne expérience très curieuse faite récemdre tout à fait de vue ses parents. ment par un savant montre, au contraire, que :..... Surtout, riposta Elodie, une lueur de lea abeilles sont capables de réfléchir. malice dans les yeux, quand ils ont fait forUn soir, notre savant plaça des morceaux tune! - Il faut tout de suite annoncer la bon,. de sucre assez loin du rucher. Le lendemain ne nouvelle à M. Daniel. matin, les ouvrières chercheuses, comme il en Mme Bergerot sourit. Attirant de nouveau exis~ dans toutes les ruches, les ont découvers elle la tête blonde de sa fille et plongeant vertf et ~ignalés. Tout de suite, un va-et-vient son regard dans le sien comme pour lire jus- de butineuses s'établit entre les ruches et le qu'au fond de son âme. sucre. - Tu pensais donc toujours à lui! Et moi Mais comment faire pour enlever ce sucre solide? qui croyais que tu avais oublié... Je comprends maintenant la cause de ces soudaines Les abeilles n'en ont jamais vu et pourtant tristesses que je voyai,s passer comme des elles ont reconnu que c'était du sucre! Les buombres dans tes yeux... L'année finit bien pour tineuses ont bien essayé de le mordiller, mais nous et celle qui va s'ouvrir comblera, j'en elles ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs suis so.re, tous tes vœux... Ah 1 cette bohémandibules étaient impuissantes. mienne, c9mme j'avais tort de railler sa proAlors s'organisa un double courant d'ou· phétie! Ça me ferait plaisir, maiÎntenant de la vrières au vol : elles allèrent de la ruche au revoir. Si elle revient, nous la comblerons de bassin plein d'eau, récoltèrent de l'eau dans nos bienfaits. leur jabot, revinrent aux morceaux de sucre, Mais la bohémienne ne reparut jamais. sur lesquels elles déposèrent l'eau et aspirèCelui qui revint, quelques mois plus tard, rent ensu.ite le sirop formé qu'elles report~­ ~tait un homme jeune encore, au visage un rent à la ruche! peu amaigri, le regard fier et l'allure élégante, En quelques instants les morceaux de suqui, sur le seuil de la maison, n'eût qu'à encre disparurent. L'expérience était concluante. lrO\Ivrir les bras pour qUe celle qu'il n'avait Et maintenant, voulez-vous savoir quelle jamais cessé d'aimer, malgré la catastrophe, était l'opinion des anciens sur l'or igine des s'abattit avec un cri de joie sur sa poitrine abeilles? Elle vaut, pour son originalité, d'êqu'ornait .!ID ruban rouge rapporté récemment tre relatée ici. Les anciens avaient sur le·; du Maroc. Engène DREVETON. abeilles un gr and nombre d'idées fausses: ils leur attribuaient toutes sortes de vertus imaginaires et ils croyaient que ces insectes ve·

Variétés


Supplément gratuit à l'Ecole p1·imairf>

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8 naient de la ,p utréfaction. C'est ainsi que dans le quatrième livre des • Géorgiques •, Virgile nous enseigne que pour reproduire les abeilles il faut tuer un jeune taureau, l'enfermer dans une cabane et l'y laisser se corrompre quelques mois. • Au printemps suivant, on voit, dit-il. naître de celte corruption des vers qui ne t_ardent pas à devenir des abeilles. •

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xxx CONTRE LA POURRITURE DES POMMES DE TERRE. Le Département de l'Agriculture anglais préconise la méthode suivante pour lutter contre la pourriture des pommes de terre : Les tubercules doivent être bien secs avant d'être remisés. Il faut les saupoudrer d'un kiLogramme de fleLtr de soufre par 100 kilogrammes de tubercules. Ce ~oufre détruit les spores des champignons qui les at1aquent et empêche les cloportes de transporter ces spores. Les endroits où sont rentrées les pommes de terre doivent être bien utilisés. Un terrain qui a produit une récolte contaminée ne doit plus être replanté en pommes de terre pendant quelques années. La liaïnite, distribuée à raison de 625 à 750 kilog-rammes à l'hectare, ùans les sillons, avant la plantation des tubercules, ou employée à la surface avant le pass ~a~e de la herse pour la dernière fois, aidera à prévenir les attaques de champignon.

x UN ELIXIR DE LONGUE VIE Le savant docteur Metchnikoif qualifie le lait caillé d'élixir de longue vie. De nombreux phy:,iolog-isteu assurent également que le lait caill~ est une eau de Jouvence qui assurera notre santé et reculera pour nous les limi.tes de la vie. Notre vieillesse est précoce parce que. au nombre des années, s'ajoutent les méfaits d'une mauvaise hygiène .. L'abondance des viandes entretient dans l'intestin un milieu favorable à la pullulation des microbes et aux fermentations dont les produits empoisonnent le sang. Ce sang impur engendre l'arthritisme et la sclérose qui est un attribut de la vieillesse. Le lait caillé, grâce à son ferment lactique, porte dans l'intestin l'élément bactérien qui l'assainit. Le ferment lactique détruit tous les microbes nuisibles, depuis ceux de peu d'im· portance jusqu'aux microbes du choléra, de

Janvier '1912

la fièvre typhoïde, de la méningite Le lait caillé est donc un aliment exc:e111• qui convient à tous les âges, qui nombreuses affections intestinales en tant les fermentations putrides. Depuis ses commencements, consomma le lait fermenté, et la médecine peuples y recourut de tous temps. Moïse vantait Je lait caillé pour apaiser soif et calmer la faim. En Egypte, on boit, depuis les époques plus recul~ s. Je « lecenraid •. lait aigri paré avec du lait de chèvre, de chamelle vache. Le • shiston •, en Grèce, était du lait mélangé de vin et de miel. Les Romains se nourrissaient la • , lait caillé cuit. Le paysan russe boit du • nn)stok•wa'n lait aigri cru, et du • cuit. Dans l' Asie centrale, on • koumys • ; dans le Caucase du • kél)hirtl chez les Bulgares, du • yoghourt •; sous les les latitudes l'homme fait sa nourriture lait aiJlri. La sagesse des nations n'étant pas un mot, il faut bien admettre, de l'universal l'usage, que le lait caillé était considéré me un élixir de longue vie, avant que les vants l'aient déclaré.

Foyer et les Champs 000000

Histoire, Nouvelles, Mœurs, Sciences, Inventions, Découvertes, Voyages, Éducation, Politesse, Économie domestique, Hygiène, Médecine, Cuisine, Recettes, Procédés, Travaux féminins. Variétés, etc•

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LE PLUS PETIT ROYAUME DU C'est une petite ile de la mer d'Irlande, sine de la côte du pays de Galles, qui seulement soixante-quatre habitants. Elle parH nt jadis aux barons Newborough, et de ces seigneurs eut la fan taisie de en royaume. avec cette particularité que le doit être élu. Le dernier souverain ayant abdiqué, successeur vient d'être choisi. C'est un pêcheur, âg-é de près de 70 ans, M. Love chard, qui va être très prochainement né. avec 1)10ins de pompe pourtant qu'on déploiera à Delhi pour le couronnement roi d'Angleterre comme empereur des Car s'il a une couronne, ·cette couronne en cuivre orné de cabochons en verroterie, son habit de cour est tout bonnement sa de pêcheur. Les habitants de Bardley n'en pas moins un profond respect pour auquel ils obéissent a utant et que s'il avait une garde et des ..,.,,,,.hr,..___

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LE FOYER ET LES CHAMPS

LE FOYER ET LES CHAMPS L e G-é:n.éral'

Environné d'amis, mon fils, lorsque tu joues Je te vois les classer dans un ordre inégal. Et l'éclair dans les yeux, la pourpre sur les [joues, Tu leur dis fièrement: «Moi, je suis géné[ral!»

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Pour te mettre

a

leur tête, es-tu donc le [plus digne? Comment as-tu gagné le titre que tu prends? Et pourquoi demander qu'on se courbe à [ton signe, Si tu n'as obéi d'abord aux derniers rangs? Sois donc soldat, apprends la discipline [austère; Garde un cœur patient sous l'armure du [fort; Sache qu'il faut souffrir, se soumettre et [se taire, Debout pendant la vie, et debout dans la [mort. Qui prit part à la lutte a droit à la victoire, Et par le seul tribut du devoir accompli, Soldats et généraux sont égaux dans la [gloire ; Pour couvrir ses enfants, le drapeau n'a [qu'un pli. Arthur TAILHAND. (Poésies paternelles.)

Le tunnel sous la Manche La construction d'une voie ferrée sous-marine, destinée à établir une jonction avec la voie correspondante britannique a été concédée par le gouvernement français en 1875, à MM. Michel Chevalier, Léon Say et Lavalley, qui formèrent une puissante société pour entreprendre l'exécution de cette œuvre grandiose. L'opposition systématique du gouvernement anglais, érigée en obstacle, l'a tenue jusqu'ici en suspens, malgré que les travaux aient reçu un commencement d'exécution du côté français.

Mais ce qui était considéré, il à peine quelques années, comme œuvre impossible à entreprendre ee>mpromettre gravement la nationale et la sécurité du en cas de guerre, commence aujour.: d'hui à trouver des partisans résolua uarmi le peuple anglais dont l'opinion. ju~:>tement émue par le danger qua ~ourrait la Grande-Bretagne en caa de guerre, du chef de l'arrêt qu'un ennemi éventuel pourrait causer à see approvisionnements, est revenue à ses considérations premières. On sait, en effet, que la GrandeBretagne, étant donnée la forte densité de sa population, n'arrive pas à se suffire pour son alimentation et est obligée de s'adresser aux pays étrangers, notamment aux deux Amériques et à l'Australie, qui lui fournissent près de la moitié des denrées alimentaires dont elle a besoin pour sa consommation. On conçoit ainsi le grave danger qui se présenterait en temps de guerre si les arrivages à ùestination d'Angleterre se trouvaient subitement suspendus; ce serait la famine et la capitulation à bref délai. C'est ainsi que certains esprits pondérés et réfléchis ont abandonné leurs anciens errements et sont amenés à r~ondure que le seul moyen rationnel pour éviter les rigueurs d'une pareille éventualité ~:>erait l'établissement du chemin de fer, depuis si longtemps projeté entre la France et l'Angleterre. Cette intéressante question, périodiquement soulevée en France et tm Angleterre, a fait l'objet de nombreuses discussions pendant lesquelles les opinions les plus diverses ont été émises. Dernièrement encore, un grand journal américain, qui a entrepris une étude documentée de ce projet avec dessins du tunnel sous la Manche, avait interviewé une des personnalités des plus compétentes en la matière, nous -....;...;......

a-vons nommé M. Sartiaux, ingénieur en chef de l'exploitation à la Compagnie des chemins de fer d';l Nord, qui terminait son argumentation en fa"eur du projet, en déclarant •qu'une "oie sous-marine entre Calais et Dou"res n'aurait que des avantages.» Examinons, en effet, la principale objection que nos voisins d'Outre-Manche opposent à l'exécution du projet. y en a de deux sortes: Des raisons concernant la défense nationale et le commerce et des raisons de pur sentiment. En supposant, pour répondre aux nremières, qu'une armée ennemie alleroande ou française puisse se concentrer et s'embarquer à l'insu du gouvernement anglais, éventualité matérielleroent impossible; en supposant que la· formidable flotte anglaise n'ait pas dP.truit, pour une raison quelconque, J'entrée du tunnel qui, des deux côtés du détroit, serait précédée d'un viaduc facile à abattre par quelques obus; en supposant, enfin, que les forts de Douvres soient réduits à l'inaction, trois suunositions d'un pessimisme outrancier, sait-on ce que demanderait le transfert d'un simple corps d'armée de 30,000 hommes avec ses impedimenta? II exigerait plus de 150 trains, ce qui, en raison de 15 trains par jour, représenterait 10 jours pour transporter une si faible armée. On conviendra que les craintes militaires sont peu sérieuses et nullement justifiées et qu'en cas de conflit entre l'Angleterre et une autre puissance maritime, le tunnel rendrait d'immenses services et équivaudrait à une puissante flotte navale qui, si celui-ci n'existait pas, s·e rait obligée d'assurer le service d'approvisionnemnts par mer au lieu de prendre part aux cornbats en figurant parmi les forces offensives. Quant au préjudice que ce mode nouveau de communication pour-

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rait porter à la puissance commerciale de l'Angleterre, il est tout à fait illu~ soire et l'on peut même affirmer que celle-ci serait accrue, les frêts maritimes étant beaucoup trop bas pour aue le transport par voie ferrée, sous-marine, puisse soutenir avantageusement la lutte sur le terrain du bon marchP. Il aurait en même temps pour corollaire de permettre à l'Angleterre de dPmeurer le grand entrepôt mondial. Enfin, la troisième raison qui semble tenir le plus à cœur aux Anglais est d'ordre plutôt sentimental et rPlève du grand traditionna.lisme qui règne sur tout le Royaume Britannique. Ainsi, certains esprits profondément attachés aux vieilles traditions sont effrayés à l'idée de la liaison de la Grande-Bretagne au Continent, parce qu'elIe pourrait justement servir d'antichambre à des idées neuves et à des courants pouvant influencer profondément l'esprit conservateur par excellence du peuple britannique. On comprend que cette crainte n'est guère justifiée, tout peuple étant destiné à suivre inéluctablement le courant d'une évolution, en surmontant petit à petit les obstacles qui se dressent devant son opini~, tandis que toutes les facilités des relations entre les peuples et d'échange de leurs produits contribuent dans une très large mesure au progrès, à la prospérité et à la paix universelle. Au uoint de vue de l'exécution, la question, en ce qui concerne le côté français, est entièrement prête : La Société française, approuvée par la loi du 2 août 1876, n'est pas restée inactive. En effet, elle s'est assuré tous les concours, elle a dressé tous les plans nécessaires, et l'on peut dire qu'elle serait en mesure de commencer les travaux le lendemain du jour où l'Angleterre cesserait de montrer une opposition irréductible, pour les terminer dans l'espace relativement court de cina à six années.


LE FOYER ET LES CHAMPS

LE FOYER ET LES CHAMPS

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Il est à souhaiter, et nous espérons m1P lP. iour où ces difficultés cesseront d'exister n'est pas éloigné, car les objections formulées contre le raccordement de l'Angleterre avec le Continent sont. comme nous le disions plus haut, rl'ordre plutôt sentimental que d'ordre te<'Jlnique, politique ou militaire.

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Quant à l'exécution technique, elle ne semble pas présenter de sérieuses difficultés, surtout après les renseignements qu'on a pu tirer des vastes et difficultueux travaux réalisés aux tunnels de Semmering, du Mont-Cenis Saint-Gothard, d'Arlberg, Simplon et récemment encore celui du Lœtschb~rg, pour lequel les difficultés exceptionnelles de percement ont exigé l'établissement et la mise au point de machines spéciales d'une puissance exception. nelle. Etant donnée la nature particulièrement favorable du terrain, on peut prévoir que le percement de ce couloir sous-marin de 48 kil. de longueur sera d'une réalisation relativement aisée grâce aux annoints sérieux des pro~ grès industriels, principalement en ce qui concerne les applications de l'électricité à la traction, aux pompes centrifuges à grande vitesse, aux perforatrices, etc. Les dépenses pour une œuvre de cette envergure ont été évaluées à 360 millions. dont 160 millions pour la part anglaise. Mais les Américains rmi excellent dans les entreprises d~ cette importance, estiment que la dépense prévue pourrait être réduite dans de grandes proportions. Il est facile de prévoir les henreuses conséauences d'une telle entreprise; la commodité et la rapidité des communications entre Londres et Paris auraient comme conséquence immédiate une augmentation considérable du trafic de voyageurs dont le nombre actuellement n'atteint pas ce qui s'échange par exemple, entre Paris, la Belgique et l'Allemagne du Nord.

~ Enfin. «l'entente cordiale• entre la 1• ran<'e et l'-:1ngleterre, qui constitue un gag~ pour la paix du monde, sembi 11 avo.Ir eu une certaine influence sur le revirement d'opinion constaté en fa, veur du projet. En eff:t, les déclarations faites par des representants en vue du commerce et de l'industrie, ainsi que par des me~bres du Parlement et de l'aristoc.rahe, sont empreintes d'une atténuahon considérable. Mais la Chmbre des lords voudra-t-elle revenir sur sa ifernière décision et ne plus combattre le projet? C'est de cet aéropage que dépend la réussite de l'œuvre.

tre extrémité se termine en forme d'U, dans lequel se place l'anneau de la clé. Une goupille em~êche tout déplacement de se prodmre. Il devient donc iropossible de tourner la clé de l'extérieur ; la personne qui s'est enfermée doit, pour ouvrir, libérer l'anneau en enlevant la goupille et en retirant l'appareil. C'est la sécurité assurée pour les vovageurs dans les hôtels, pour lPs particuliers chez eux.

Les derniers pirates

Albert Marnier.

Petites inventions App~l'c>il d4" S1Îrt'1;é pour S4"rrures.

Il ne faut pas croire qu'on est à l'abri des voleurs quand on s'est enfermé dans sa chambre en donnant un double tour de clé à la serrure. Mes~ie~rs le~ cambrioleurs possèdent de .1ohes petites pinces très solides avec lesquelles ils saisissent l'extrémité de la clé qui dépasse et ouvrent la porte d'autrui aussi facilement que la leur. Nous avons déjà indiqué ici-même deux petits appareils qui se posent facilement sur toutes les serrures et les rendent inviolables ; en voici un autre

non moins pratique, qui sert à immobiliser la clé dès que la. gache est fermée. C'est une lame d'acier qui s'introduit dans le trou de la serrure· l'au-

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Tl y en a donc encore! ... Les farouches bandits de l'océan {l'nP.ttent donc toujours les navires de commerce pour fondre sur eux et les attaauer à l'abordage? Tant d'années anrès la disparition des corsaires, les routes de la mer ne sont donc pas parfaitement sûres? ... Eh oui, il en existe encore des pirates, et plus cruels et plus impitoyables que n'étaient les marins abrités sous le drapeau noir, à l'époque où le nom seul du terrible capitaine Kidd répandait la terreur sur les mers. Mais rassurez-vous, ce n'est pas sur nos côtes d'Europe, ni même dans les mers des Antilles, théâtre des exploits des boucaniers, leurs aînés, qu'ils se livrent à leur métier barbare. C'est aux Philippines, de l'autre côté du monde, que, se iouant des autorités américaines comme ils se moquèrent autrefois des gardes-côtes espagnols, ils pillent et brûlent les navires tombés en leur pouvoir, égorgent les prisonniers et disparaissent sans qu'on puisse le plus souvent retrouver leur trace. Autrefois. l'équipage d'un navire tombé au pouvoir des corsaires pouvait souvent espérer la vie sauve. A part quelques brutes sanguinaires qui tuaient par plaisir, et ne dédaignaient pas, dans leurs saouleries, de tirer à

coups de pistolet sur leurs propres hommes. les capitaines des navires se livrant à la course étaient assez généreux. Le butin conquis leur suffisait. Ils accordaient aux vaincus la vie et la liberté. Les pirates des Antilles n'accordent jamais pareille faveur. Pas de merci, telle semble être leur devise, et l'on ne peut citer le cas d'un homme tombé entre leurs mains ayant pu, dans la suite, conter son aventure. Cela ne facilite nas. naturPllement, la chasse que leur livre, sans grand succès, une flottille de petits navires américains armés de canons- revolvers. A plusieurs reprises le gouverneur des Philippines, qui fut, au début, M. Taft, président actuel des Etats-Unis, rappela cette flottille, jugeant que le pays devait être pacifié. Presque immédiatement les pirates recommen<:aient leurs méfaits. Il fallait ùe nouveau leur donner la chasse ... avec le même insuccès qu'auparavant, car il est bien difficile de dénicher ces bandits au fond des retraites qu'ils se ménagent dans les innombrables îles et îlots qui terminent, au sud, l'archipel des Philippines. Terrés dans leurs huttes, comme d'innocents indigènes, ils laissent s'éloigner les gardes-côtes puis, bondissant dans leurs barques légères, assez semblables aux jonques chinoises, ils vont un peu plus loin mettre à sac un village, tuer les habitants et leur couper la tête pour la rapporter comme souvenir. Ces pirates moros sont restés exactement ce qu'ils étaient il y a plusieurs siècles. Pas d'hommes plus féroces et plus sanguinaires qu'('ux. Pas d'ennemis plus difficiles à combattre. Ils ne craignent du reste pas la mort, et quand ils sont pris ilo:J regarderaient leur grâce comme une couardise de la part des vainqueurs. Après chaque expédition fructueuse. ils changent de rP;~::: : . ·~ et se cachent dans ll".e île nouvelle jusqu'à ce que Je produit de la prise ait été con-


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sommé. Alors. ils repartent à la recherche d'un nouveau village ou d'un navire bien chargé. Pour venir à bout de cette engean~e, les Espagnols employaient la méthode suivante: aucune barque appartenant à un natif n'avait le droit de naviguer sans un permis et autrement t[u'avec le pavillon espagnol à son mât.. Tout bateau rencontré qui n'était pas en règle se voyait impitoyablement coulé à coups de canon. Mais les Moros sont nés pirates. Ils se cachèrent un peu mieux et risquèrent leur vie quand même. L'une des îles de l'archipel où ils sévissent le plus est l'île de Basilan. On ne compte plus leurs méfaits dans cette région, et les Américains, qui ont hésité à employer une justice aussi sommaire que celle des Espagnols, vont être obligés de prendre un parti radical. Chaque jour voit, en effet, augmenter l'audace et la cruauté des pirates. JI y a quelques mois. un navire de gurrre rencontraH dans la mer Sulu plusieurs barques de pêcheurs de nerles désemparées. Les plongeurs étaient toujours à bord, mais décapités et horriblement mutiléR. C'était là l'ouvrage rln redoutable .Jikari,qui défraie encore h chronique à l'heure actuelle. Surpris un peu plus tard, avec sa bande, dans l'île de Patian, par un détachement du 6e régiment de cavalerie, le pirate infligea de graves pertes aux troupes américaines, laissa tout son monde sur le carreau. et disparut mystérieusement. Depuis, pour défier les soldats de l'Union. il s'amuse à torturer ses nouvelles victimes, et à crucifier sur le mât des jonques les malheureux indigènes qu'il attaque. Mais cela, c'est l'histoire de tous les jours. A Mindanao, à Basilan. tout près de Manille. les pirates font parler d'eux. Ils considèrent leur occupation comme un commerce ordinaire puisqu'il comporte ses risques et périls.

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fiiSTOI~E

En tout cas, quoique restée jusqu'ici dans le domaine des légende~, Atlantide exista probablement, pmsque les Atlantide. siècles ont ainsi gardé le souvenir de La fameuse légende d'Atlantide ce continent où régna une civilisation encore une fois occuper les sa fort avancée et qu'un jour suffit à faiNous ne connaissons de cette terre re disparaître à tout jamais, sans que gendaire que ce qu'en dit Platon l'on ait pu jusqu'ici en retrouver la son dialogue de Timée et dans le Cri-, moindre trace. fias. Un prêtre grec rapporta au législateur Solon, qu'à la suite d'un formidable cataclysme provoqué par un La méthode expérimentale tremblement de terre, l'océan Atlantique engloutit Atlantide, un continent Dans une petite école de campagne, plus vaste que l'Asie et la Lybie réunies, et dont les extrémités s'avan- quand fut inventé le pneu pour bicyçaient non loin des colonnes d'Her cule. clettes, l'instituteur voulut en expliDe nombreux savants ont cherché quer le fonctionnement à ses nomet cru trouver l'emplacement de l'île breux élèves. Il apporta dans la classe sa bicycletfabuleuse et la placèrent en Perse, en te ruunie du nouveau système. Scandinavie ou en Amérique. Mais - Voyez, expliqua-t-il, cette grosvoici qu'une curieuse découverte vient de jeter un jour nouveau sur ce pro- se bande qui entoure la roue. Elle est w caoutchouc souple, et pourtant elle blème. est dure et rigide. Qui de vous peut dire L'explorateur Frobenius, chargé quelle est la force qui lui donne cette d'une mission dans la colonie alleman- consistance? de de Togo, entre la Côte d'or britanLes élèves se mirent à entourer l'insnique et le Dahomey français, a re- trument, essayant de s'expliquer le cueilli, en effet, de curieux souvenirs sur Atlantide. Au cours de fouilles opé_ Il y a peut-être du coton dedans, rées près de Lomé, il a découvert une l'un. tête antique en bronze portant les at- .Q.._Fo.Fo'"'~c'est un ressort, dit l'autre. _ Vous n'y êtes pas. tributs de Poseidon •Neptune•. Les conjectures allaient leur train, D'après les indigènes, cette tête rer,résenterait le fondateur ou le r:he~ un petit élève s'approcha vived'un Etat disparu sous les flots et qu'ils du professeur, l'œil émerillonné: adorent comme divinité sous le nom - Tu as deviné? demanda le maîd'Olskoun, c'est-à-dire dieu de la mer. Chose curieuse, la tête ne représente - Oui, monsieur... c'est du vent. nullement le type nègre; elle est creuse, - A la bonne heure! En effet, c'est et sa facture permet de la classer parmi cela. Tu es un garçon intelligent. les plus belles œuvres de la statuaire comment as-tu découvert la force grecque. ? - J'ai enfoncé la pointe de mon En outre, de vieilles légendes du teau et il n'en est sorti que du vent. pays parlent d'un formidable cataclysL'instituteur était d'habitude partime qui s'abattit un jour sur l'Etat d'Olskoun et le détruisit. Sa capitale san de la méthode expérimentale. Pour possédait un château fort dont Je mur a première fois, cependant, il goûta )al l'application de sa propre théoriP.. d'enceinte était tout en laiton.

SCIENCES jCe que coûte l'aviation] J Une publication anglaise vient de faire le compte des dépenses que doit faire celui qui veut se livrer à l'aviation. Ce n'est pas pour rien; jugez plutôt: Apprendre à voler coûte envir('·1 6000 francs. Après quoi, l'aviateur e...:-· périmenté acquerra un aéroplane pom 25,000 francs. Il dépensera environ 20 centimes d'essence par kilomètre. Après chaque longue randonnée, s< n appareil nécessitera environ 250 fr. de réparations. Le prix des acciden1s et du bois cassé variera entre 500 et 2!) mille francs par an. Ainsi qu'on peut juger, l'aviation n'est pas encore un sport parfaitement économique. Il reste à considérer que les professionnels, s'ils courent des risques, peuv~nt gagner aussi des sommes importantes. Un aviateur un peu connu fait paye ( sa dépense dans les meetings environ 5000 francs et il n'est pas extraordinaire pour un bon pilote de remporter 100,0( iO francs de prix dans une sai-· son. Sans parler des aviateurs tout à fait en première ligne, tels que Vérlrine.:; J. Beaumont qui remporta 300 mille francs de prix en moins d'un mois.

Entre deux bouchées Deux gendarmes soupçonneux s'arrêtent devant un misérable chemineau, qui est en train, sur les bords d'un fossé, de déjeuner de la moitié d'nn hareng saur, faute de truffes. - Que faites-vous là? demande la maréchaussée. Alors, le pauvre diable, qui en a gros sans doute contre cette instituHnn généralement peu favorable aux cb · mineaux, de répondre entre deux bou· chées: - Vous le voyez, je mange un genn::~rmol


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l\liOa.ALE Petits

mensonges.~

L'enfant qui, ayant à compter jusqu'à cent pour donner aux autres le temps de se cacher, avale la moitié des nombres pour aller plus vite; l'écolier qui, avant de remettre son devoir, jette un coup d'œil furtif sur celui de son voisin; l'adolescent qui dissimule une légère désobéissance, une escapade peu grave en elle-même; le père de famille qui, revenant de l'étranger avec du tabac sous son gilet, répond au douanier qu'il n'a rien à déclarer; la maman qui, pour faire l'économie d'une demi-place, attribue sept ans moins un jour à son garçon ou à sa fillette dont les sept ans ont sonné hier; tous ceuxlà ne commettent pas des actions criminelles, mais ils manquent tout de même à la probité. Les petits mensonges, les petites improbités, émoussent peu à peu la délicatesse morale et amènent par degrés à commettre des actes beaucoup moins inoffensifs.

ÉCONO~IE DOMESTIQUE 'l'ablier-rétieule.

Faites une couture tout du làrge, POill' fixer ce pli, puis une seconde couture en dedans du pli, à un peu plus d'un centimètre de la première; ceci polll' y passer un cordon coulant. A 19 centimètres au-dessous de la première couture, repliez de nouveau l'étoffe; c'est là le bas du tablier-réticule, puia remontez-la au niveau du premier pli, et formez-en un semblable, avec le reate de l'étoffe, en faisant deux coutures correspondantes à celles du pli précédent, et laissant ouverts les deux bouts, pour y passer le cordon coulant. Vous avez ainsi un tablier, terminé dans le bas par un réticule, pour y mettre votre ou vrage. On serre les cordons coulants à volonté, pour assurer la sécurité de ce que l'on place dans ce petit sac. Les cordons seront ornés de deux pompons. Peignez ou brodez sur la soie, à l'un des coins du réticule, en bas, une fleur bouquet, ou un papillon. Ce tablier-réticule est fort commode pour les personnes qui tricotent en se promenant ou qui emportent leur ouvrage au jardin.

L'élevage des rats

Soie légère, noire ou de couleur, 40 centimètres de largeur, en comptant les ourlets de chaque côté, d'un centimètre de profondeur. Longueur: 1 mètre 1: centimètres. Faites quelques plis au haut du tablier, obtenant ainsi une largeur de 20 centimètres, à adapter à la ceinture de même étoffe, qui est formée par une bande repliée en deux; cette ceinture a deux centimètres et demi de largeur ; longueur: celle du tour de taille. • A la longueur de 40 centimètres du tablier, repliez votre étoffe et forme?.

Il y a en Autriche une ferme modèle où l'on n'élève ni des poules, ni des porcs, mais des souris, des rats, et des cobayes. C'est une femme qui dirige tout ce petit monde, et elle se promène au milieu de ces légions de rongeurs, sans le moindre effroi. Ceux-ci se promènent en liberté, exception est faite pour quelques rats particulièrerùcnt dangereux. Cette fermière originale fait d'excellPntes affaires; elle fournit à tous les lal·oratoires d'Allemagne, d'Autriche ·~t de Russie des sujets servant aux expériences scientifiques. Elle vend ainsi

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Le rembours pour l'abonnement de 91 ~ â t J!Jcme pnmatre sera. vns avec une des livraisons prochaines _No ~ 6 Février 1912

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Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecole primaire donne de 10 à 12 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque fois il est en outre apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé: Le Foyer et les Champs.

Suisse fr. 2.50 Par an Union podaiP- fr. 3 Les abonnements se règlent par chèque postal II 56 où à ce défaut contre remboursement. Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout ee qui eoneerne la publleation doit être adressé direetement à son gérant, M. P . PIQNAT, Che~ de S er\'ice au Dépctrtement de l'lnstruc;tion publique, à Sion.

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No 01 l'Ecole primaire, 20 Janvier 1912 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu