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d ·édu~ation Moniteur du Musée industriel et pédagogiqueL'Ecole primaire donne de 12 à 14 livraisons de 8-16 pages chacune, non compris la couverture et autant de suppléments de 8-16 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre).
' Suisse fr. 2.50
Par an ·Union postale fr. 3
Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur '
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Tout ce qui concerne la publica.tion doit être adressé directement à son gérant, M. P. PIGNAT, Chef! de SerYice au Département de l'Instruction publlque, à Sion.
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C'est aux maîtres d'école et aux institutrices qu'il a été dit: Vous posséderez ·.-os âmes dans la patience.
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Sommaire do pré&ent No Avis très important pour tous nos Abonnés du Valais et d'ailleurs. - Les. enfants et la personne de jésus. - Sur la préparation de la classe. (Des bor~s de la Veveyse). - L'école primaire d01t donner un enseignement pratique. Les quatre bienfaits d'une édication complète. - Sur l'enseignement agricole. (Inspirons à nos élèves l'amour de leur terre natale.) - Les moyens d'émul ation. - L'éducation physique. Le tableau noir. - La classe en action. -- A propos de lectures. - La discipline libérale et douce. (Ménageons l'amour-propre des élèves studieux.) .La composition française à l'école primaire. - A défaut de musée scolaire. (La nature nous offre le plus beau des :!"!usées. ) - Partie pratique: Quelques f)rocédé3. - Orthographe et rédaction. - Sujets de rédaction. - Variétés. -o-
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res, lesquels organes 1ouissent encore de l'officialité - devra affran chir ses envois, tout comme un simple particulier, quand ils ne seront pas adressés à ces autorités. Les enveloppes pour affaires de service que pourrait encore posséder le personnel enseignant pour correspondre officiellement avec le Département, sont ainsi mises hors de cours ou doivent être affranchies, qu'on se le dise bien. C'est regrettable que d'avoir à constater et à supporter de telles restrictions, mais c'est ainsi. Espérons qu' avant qu'il soit longtemps un adoucissement pourra être apporté aux dispositions nouvelles, éminemment préjudiciables à la bonne marche d'un important service public.
- oLe Jeune Catho lique Avis divers au personnel enseif!nant jusqu'au 10 janvier, cette petite publication nouvelle a réuni un nombre d'abonnés variant de 800 à 900. La souscription d'un grand nombre d'écoles étant encore attendue, soit du Valais, soit aussi de Fribourg et du j ura, il est à présumer que ce chiffre ser a doublé, condition nécessaire à l'existence et à la marche normale du .Jeune Ca-
Sommaire dn Supplément N° 1 Le Mois de la Sainte Enfance. Toujours l'Alcool. - L'Argent maudit. - L'Enfant en Prière. - L'Optimisme de l'Oncle André. - Variétés: Une voie ferrée comme on en voit peu; Parcours moyen annuel des locomotives; La ville au téléphone; Signature tholique. originale; Le nombre 1089. Une statistique détaillée par cantons - 0el communes paraîtra à ce sujet dans un de nos prochains N° 8 . Elle sera Franchtse postale. très intéressante en ce qu'elle montrera Le personnel enseignant est informé le résultat des efforts tentés pour faire que la nouvelle loi postale ne lui accor- connaître et acclimater le nouveau-né de plus la franchise de port, soit l'of- dans notre petit monde scolaire. En atficialité dans ses rapports avec le Dé- tendant, mentionnons le fait aussi rare partement respectif et autres autorités. que réjouissant d'un succès tout partiIl est donc prié d'affranchir doréna- culier. M. l'instituteur de Champlan vant sa correspondance laquelle, taxée, (hameau de Orimisuat) a pu faire abonserait ~xposée à être refusée. Le Dépar- ner toutes les familles de l'endroit (au tement lui-même, - tout en continuant nombre de 16), ayant des enfants d'âde correspondre officiellement avec MM. ge scolaire et déjà familiarisés quelgue les Inspecteurs , les Administrations peu avec les mystères de la lecture.communales et les Commissions scolaiA ce propos, nous prions le person-
nel enseignant de voul?ir bien ac~élérer bre réel des souscripteurs, le rembours le plus possible l'envol des bulletins de pour l'année sera pris avec la livrai3on souscription, soit l'effectuer jusqu'au de février ou de mars au plus tard, pour 25 janvier au plus tard. Pour cette autant que l'abonnement n'aura pas date, en effet, il faut indiquer le tirage été réglé d'avance. de la livraison de Février, et le nombre xxx des souscripteurs doit être connu pour Le Courrier de Genève vient à son arrêter le chiffre de l'édition. Sans de s'occuper de notre nouveau petour doute, il sera bien tiré un certain stock d'exemplaires pour satisfaire à des de- tit journal. Il lui consacre, en effet, la mandes pouvant se produire da ns la gentille notice suivante: Nous sommes en retard pour saluer un suite soit pendant l'année. Toutefois, nouveau journal qui vient de p~raîlre à Sion corn~1e cet excédent de numéros ne sera sous le titre « Le Jeune Catholique • · pas inépuisable, il pourrait advenir qu' Il est destiné aux enfants. La première conil ne suffise pas à « donner le tour », ditio n de succès est donc qu'il soit illustré, comme l'on dit. Aussi importe-t-il de se et il l'est d'une manière fort distinguée. Le texte est excellent, bien choisi pour caphâter. Il serait d'ailleurs regrettable que de jeunes abonnés, s'annonçant tiver l'attention des jeunes esprits. Rien d'édans la suite ou trop fardivement, fus- tonnant, d'ailleu.rs, puisque le rédacteur. est longtemps h~bitué, par, ~es fon chons! sent privés du plaisir de recevoir les àdepuis se faire une Jdée JUSte et prec1se de ce qu1 premières livraisons, soit de former Wle convient le mieux à la jeunesse. collection comprenant tous les fascicu · Ajoutous que cette circ~mstance même du les de l'année. lieu d'origine du nouveau JOurnal est un~ gaLa livraison 1, se faisant déjà plus rantie de plus de son pariait esprit catholique; rare de jour en jour, nous serons re- car nulle part un gouvernement n'a mo_ntré connaissant au personnel ense'.gnant de autant de perspicacité pour la bonne direcne la réclamer qu'autant qu'elle sera tion de l'instruction publique que celui du nécessaire pour contenter les nouveaux Valais. Dernièrement aux Chambres fédérales, on souscripteurs. Bien plus, nous prierons s'occupa'it d'u n 'créd it assez fort pour la difcelui qui disposerait de livraisons, dont fusion des bons livres. M. Python hésita que~ il n'aurait pas eu l'emploi, de vouloir que peu en disant: « Le livre que le Conse1l bien les remettre à dispositlon pouv fédéral jugera bon n'est peut-être pas bon propagande si elles sont en bon état. pour moi. • (1 est en effet une ioule de publications jusqu'à 8 à 9 exemplaires, elles peu' ' 'Iles qu'on appelle bonnes, simplement lorsque vent être renvoyées pour cinq centimes font profession de neutralité ~eligieuse ~ seulement à l'Administration. Or on a dit avec ra~son qu'tl n'y a nen de . Certains formulaires de souscription si ma'u vais que ces c bons livres • là. Et cependant ce sont précisément ceux qm arrivant incomplètement ou mal remni ïs, nous prierons aussi les intéressés envahissent les foyers catholiques. Il y a des images, cela intéressera les enfants.... et l'on de vouloir bien se conformer à toutes ne regarde pas plus loin. les indications y contenues, cela pour Eh bien! il faut regarder plus loin; c'est prévenir une correspondance spéciale à un devoir essentiel. l'effet de mieux préciser les points resLe texte du livre doit étre aussi pur que l'image. tés obscurs ou en suspens. Tel sera • Le Jeune Catholique • et nous Administration et Rédaction du recommandons ce joli et intéressant journal à
{EUNE CATHO LIQUE.
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P.-S. -
Afin d'être fixé sur le nom-
toutes les familles, à tous les patronages et Cercles catholiques. -0·-
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calité, nous attendait le plaisir d'assister à une très intéressante conférence donnée par M. le prof. friedmann, sur l'enseignement du dessin, décrété obligatoire dans les écoles primaires tant de filles que de garçons. A 8 h. 1/2, M. }.'Inspecteur ouvrait la ~éance par une prière; suivie des plus aimables paroles de bienvenue aux vaillantes institutrices qu'un temps plutôt grincheux n'avait point effrayées.. -0Sur sa proposition, il est ensuite proConférences d'int~tltnteors. cédé à la constitution d'un comité: Notre dévoué Inspecteur est le présiMM. les Instituteurs du district de Conthey sont convoqués en conférence dent tout désigné de notre société naisannuelle pour lundi 16 janvier, à 9 h. sante. dont il accepte généreusement de du m. à Ardon. Le ·sujet à l'ordre du guider les premiers pas. Mlle Angèle iour est une conférence de M. le prof. Oalley est nommée vice-présidente et la friedmann sur l'enseignement du des- soussignée secrétaire. La parole est alors à M. Friedmann ~in . qui, en termes persuasifs, nous expose -0sa méthode à laquelle il rallie sans peiFriboor" et Je Jura. ne tous no-s suffrages.. Son habile déNous avons trouvé l' un ou l'autre monstration, ainsi que ses promptes. et correspondant dans ces rêvions , où faciles réfutations de toutes nos obiecl'Ecole vrimaire compte un nombre tou- tions. nous tiennent si bien sous le charjours plus réjouissa!'lt d'abonnés. C'est me que ce fut un étonnement général ainsi qu'on remarqvera. déià dans cet- lorsQu'on nous annonça qu'il était te livraison. deux articles provenant temos, pour les. institutrices de la pléli· l'un du canton de fribourg. l'autre du Pe de songer à aller reprendre le train. Un vœu . qui depuis longtemps déjà Tura bemois. Ici. c'est le vieux ma~is .ter franc montaf!_nard, déjà avanta- faisait l'objet de nos rêves. fut émis à r-eusement connu de nos lecteurs. qui l'unanimi.té avant que sonnât l'heure de a repris sa plume alerte et compétente. ~a. séparation : que des circonstances imprévues avaient Les conférences annuelles, dont bénémomentanément condamnée à l'inac- ficient les instituteurs valaisans, ont du tion. bon . nÛl ne le conteste. Elles ont pro-0duit déià d'excellents fruits et sont appelées A jouer un rôle des plus bienfaiSalvan. - Conférence d'institu- sants dans l'éducation des futurs citotrices à Vernayaz. yens. MardL 27 décembre dernier, les insOr. la mission des institutrices ne diftitutrices du district de St-Maurice, con- férant en rien. nous semble-t-il. de celle voquées par M. l'Inspecteur scolaire, ré- confiée à ces messieurs, nous cherchons oondaient avec un joyeux empressement en vain les raisons pour lesquelles on à son appel et se réunissaient à Verna- 11ous refuserait ce moyen de nous peryaz. fectionner dans l'art d'instruire, si géDans l'une des coQuettes salles du néreusement mis à leur portée. nouveau bâtiment scolaire de cette JoLes encouragements, stimulants et Commission cnntonale de l'~nseignemeat primaire Elle visitera l'école normale des garçons, à Sion, le 27 janvier à 9 h. du m. et l'après-midi, dès 2 h. l'école normale des filles. Le lendemain, 28, à 9 h., séance de la Commission à l'Hôtel du G ouvernement pour liquider diverses questions scolaires.
SION, 16 Janvier 1911
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIETE VALAISAIIOI D'BDUCATIOII
AVIS TRÈS IMPORTANT pour tons nos Abonnés du Valais et d'ailleurs La présente livraison de l'Ecole primaire forme le N° 1 de la 3ome année de cette publication. Elle est envoyée à
constamment accrue durant us derniires années. L'Ecole primaire donne pendafiJ l'afi. née ordinaire (.lanvier à Décembre) une quinzaine de livraisons spécialement réparties sur la période proprement dite des classes. Elle forme, au. bout des 12 mois, un fort joli volume, ainsi qu'on pourra s'en rendre compte en consultant la table des matières de l'année 1910. La collection de dite année de la feuille principale, avec la couvertllre et ses suppléments, embrasse en effet près de 400 paf!,es sur 2 col. pour le prix absolument minime et restant le même de fr. 2.50 par an. Le foyer et les Champs qui, dans ces demières années, était joint à l'Ecole primaire comme annexe spéciale, ru pourra toutefois plus être servi désormais. En effet, une information vient de nous parvenir annonçant. que cette publication a cessé de paraître. L'ADMINISTRATION.
Le1 enfant• et la per1onne de Jé1u.1
doctrine. C'est à quoi je pensai:;, l'autre jour, en écoutant la conversation d'un .curé de campagne de mes amis. Il exerce le ministère dans deux villages où règne une indifférence complète. C'est un de ces endroits où les catéchistes sont quelquefois tentés, sinon excusables, de tout abandonner en disant
tous les abonnés actuels, ainsi qu'à un certain nombre d'adresses Mu velles, à titre d'essai A remarquer qu'en cas de renvoi la bande doit porter, outre le mot refusé, la si~nature du destinataire, celle-ci étant requise pour la réf!,ularité et aussi afin de s'assurer que la feuille a lié réellement présentée. L' Ecole primaire, continuant à rester l"orrtane de la Société valaisanne d'éducatio!l, a pour clientèle naturelle d principale tous les membres du corps enseif!,nant primaire valaisan, ce qui ne l'empêche point de compter un joli nombre d'abonnés hors du Valais, à savoir dans le canton de Fribourf!. et dans la partie catholique du Jura bernois. Nous espérons que nos lecteurs actuels dans ces réf!,ions, non seulement lui demeureront fidèles, mais auf!_menteront dans une Miable pro portion. Celle-ci s'est
Le hasard d'une correspùu-laPce m'engage à insister sur la nécessité qu' il y a, dilns l'enseignement religie11·<, d'intéresser les enfants à la personne de jésus, afin de leur faire aimer sa
2 qu'il n'y a rien à faire. Or, depuis quelqw.es années que ce curé exerce le ministère en terrain si ingrat, il se produit un réveil d'intérêt extraordinaire panni 1~ enfants, au point que les parents, quand ils sont mécontents des enfants, les menacent de les priver du catéchisme. « D'où vient cela, demandai-je à ce bon curé? » - « C'est, me dit-il, que Notre-Seigneur n'est plus un inconnu pour mes enfants». - Je lui écrivi6, pour lui demander plus de détails sur sa méthode. je pense être utile à mes lecteurs en leur communiquant sa réponse: «Vous me demandez comment Notre-Seigneur cesse, pour mes enfants, d'être un inconnu? ... La méthode que je prends est celle-ci : me rapprocher le plus possible de ce que nous ferions pour une personne que nous aurions intérêt ou plaisir à bien connaître et dont le charme entraînerait notre affection. Pour cela, des moyens aussi naturels, aussi humains que possible. «Tout d'abord, au lieu de donner dans leur esprit la place principale au catéchisme, je la donne à la personne même de Notre-Seigneur. « Au lieu de faire une homélie sur l'Evangile à la fin, je commence par lire avec eux l'Evangile, avec quantité de réflexions ou d'explications données non ex professa, mais comme si j'étais un ami du Maître, leur parlant de lui, et en m'adressant avant tout à leur cœur. Au besoin leur supposant publiquement des sentiments qui n'y sont pas encore, mais que les premiers à les éprouver finissent par communiquer aux autres, comme cela se passe dans une famille. « j'ai grand soin de revenir continuellement sur les détails de la vie matérielle de la sainte famille, de façon qu'ils soient peu à peu familiarisés avec le mode d'existence, comme ils le sont par rapport aux autres personnes qu'ils connaissent. «Cela m'est rendu familier et par
l'analyse (de la vie de jésus) que je fais sans cesse depuis douze ans, et par mes observations en Palestine. Ils savent que j'ai vu. Je leur rapporte les circonstances de lieux, d'objets, de mœurs, etc., en les rapprochant le plus possible de lieux ou de choses qu'ils connaissent ici, et autant que les choses s'y prêten~ qu'ils voient dans leur famille ou leur entourage. Ils ont constamment sous les yeux une carte très claire de Palestine et ils localisent un grand nombre de faits évangéliques. Ils circulent eux-mêmes avec jésus. « De cette façon, leurs petites imaginations revivent la vie du Sauveur, et les Evangiles sont un instrument qui suscite tous les détails, mais n'est plus un enseignement livresque. « Peu à peu, ainsi, la personne du divin maitre ressort. apparaît dans leur esprit, et je demande à Dieu qu'elle, remplisse leur cœur de disciple, car j'insiste souvent sur ce qu'ils ne sont 1 pas comme les autres hommes (c'est peut-être. un peu pharisien), mais que le fait qu'ils remarquent peu à peu et que tes autres ignorent fait d'eux des âmes privilégiées, attachées à Jésus, ses disciples, comme ceux de l'Evangile qui le connaissaient mieux que les autres Juifs. Pas de mépris pour ceux qui ne connaissent pas Notre-Seigneur, mais sentiment de leur supériorité par le fait de cette connaissance, d'où devoir plus rigoureux. « Après cette première partie du catéchisme que je m'efforce de leur faire regarder comme la principale, je passe à l'explication du catéchisme aussi simple que possible (mais vous savez combien, hélas! le livre est défectueux). « Et alors je rattache encore cette explication, dogmatique, morale ou sacramentaire, à la personne de Notre-Seigneur. Cela, cette vérité, ce devoir, cette forme de grâce, c'est ce qu'il a appris à ses apôtres pour qu'ils nous le redisent. Eux-mêmes se rappellent souvent les
paroles correspondantes du récit. C'est la doctrine de jésus. En ayant bien soin de leur dire: ce n'est pas mon enseignement, afin d'aller au-devant de cette idée si répandue que c'est ce que disent les curés; mais je reçois cet enseignement de mon évêque qui m'en charge auprès d'eux, et lui du Pape le représentant de Jésus qui le gard~ de toute erreur, - pape et évêque étant sans interruption successeurs des douze qui ont vécu avec jésus. · «Dieu a donné l'accroissement disait saint Paul. Le reste, je l'aband~nne à sa grâce.» .J'~rête !ci la citation de la lettre qui conhent d autres renseignements sur une manière de comprendre la récitation du. catéchisme. La partie principale que le viens de reproduire et qui appelle un commentaire offre cet intérêt de nous montrer comment un prêtre de valeur s'entend à familiariser des bamb!ns avec 1~ personne de jésus, à obte~Ir que « Jesus cesse pour eux d'être un mconnu ». H. HEMMER.
8or la préparation de la classe {Des bords ~e la V eveyse.) Ma1tres et mmtresses, faites votre journal de classe. Bon nombre d'entre vous ouvrent de grands yeux interrogateurs, lorsque nous leur demandons leur journal de classe. I~s ne sav~nt pas ce que c'est. Et parmi ceux qui le font très peu le font bien. ' Qu'est-ce donc que le journal de classe? - Comment doit-il être fait? Le JOUrnal de classe est l'indication journalière et détaillée de toutes les leçons, de tous les devoirs, que le maître se propose de donner à ses élèves. Il reproduit donc l'horaire de la classe mais en remplissant le cadre. ' La classe ne s'improvise pas· elle demande un travail préparatoire de ré-
flexion, de recherche, d'étude de mise au point; c'est ce travail préliminaire qui fait l'objet du journal de classe. En d'autres termes, le journal de classe est le document qui prouve la préparation de la classe. Un maître qui a du savoir et de l'expérience ne peut-il se passer de rédiger son journal? Non, sous peine de donner un enseignement dépourvu d'intérêt de vie de suite, d'ordre, mal adapté ~ux bes~ins des. élèves, ou un enseignement sans intelligence et sans fondement sérieux routinier et puéril. Routine et puérilité~ deux ennemis que l'instituteur doit toujours redouter et combattre. Le maître, un jour ou l'autre est préoccupé, fatigué; il n'a pas tou j'ours dans l'esprit l'élasticité qui permet de tr_o~ver le meilleur exercice, au moment o~ 11 le faut; sa mémoire peut être en de~a~~- et la leç?~ par suite manquer de preciSIOn; les eleves sont parfois dis~aits, _éne~és; si, à la fatigue d'une Improvisation constante, s'ajoute la charge d'une discipline à maintenir le maître est ~orcé de Iâc:?~r pied, la leÇon est manquee ou les eleves n'en tirent pas profit. Une préparation sérieuse et consciencieuse évite ces inconvénients· elle laisse au maître, pendant la clas;e toute la liberté d 'esprit nécessaire ca~ son attention, au lieu d'être to'urnée au dedans de lui-même, concentrée sur la recherche des sujets de devoirs qu'il> va donn~r, ou la matière des leçons qu'il va faire, se porte en dehors, sur les éUves, auxquels il se donne tout entier. Un maître qui ne prépare pas sa classe est semblable à un ouvrier qui au moment de meubler un appart~ment ou de monter un appareil a oublié ses outils, ~égligé de prendr~ ses mesures ~t de faire son plan; les pièces ne s'aJUStent p~s, les c~oses ne sont pas à la place q_u el!es doivent occuper; il perd son temps a chercher, à combiner, et fi-
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alement pour arriver, avec beaucoup llus de peine, à un résultat médiocre. Que sera-ce donc lorsqu'il s'agit d 'u~e « âme à former »? C'est là surtout 1u'il faut mettre en pratique la formule l'un pédagogue contemporain: « Ensei~ner, c'est prévoir! » C'est donc une affaire entendue: nous :erons notre journal de classe.
L'école prlwttlre doit donner no entelgnemeat flra tlqne Le plus grand nombre de nos élèves dépasser ont jamais l'école élémen·aire. Il importe donc que celle-ci les )répare à l'action et les arme de façon ~fficace pour le moment prochain où ils ront se trouver aux prises avec les dif'icultés de la vie. Pour cela, il importe que l'école prinaire fixe un certain minimum de conJ.aissances que tout le monde doit ROSiéder. Nous avons d'ailleurs le tort de vouoir faire entrer trop de choses dans ce ninimum, sans nous demander à quoi !Iles seront utiles. Pour n'en citer que juelques exemples, quel temps précieux 1e perdons-nous pas à un formaliste et ~stidieux enseignement grammatical! Jombien d'heures nous pourrions ga;ner si nous renoncions à initier nos. ~lèves à tous les mystères des règles i'aHiage, voire de la division des fracions et des règles de trois par trop comlosées! En sciences, que d'énumérations ;ans intérêt et de classifications oiseu;es! Gardons-nous toutefois de l'exagéraion, en ceci comme ailleurs, car ce n'est )as un enseignement inutile que celui JUi consiste à mettre nos élèves en état l'exprimer en un langage correct ou en m style clair leurs idées et leurs sentinents, de comprendre et goûter une lelle page de nos grands écrivains. Oar1e
dons-nous, sous prétexte de rendre notre enseignement plus pratique, d'aboutir à un utilitarisme par trop étroit et mesquin; sachons éviter seulement toute subtilité inutile, toute spéculation vai,ne. Pour fixer dans l'esprit de nos élèves ce minimum de connaissances judicieusement choisi, nous devrons employer une méthode non seulement «active », au sens d'activité intellectuelle où on l'entend généralement, mais surtout «:p ratique ». C'est sur les choses et par l'action que l'on devra enseigner les choses. L'esprit devra être attaché au concret, épris du réel, habitué à le manier, exercé à bien voir , à bien juger en jugeant vite, à passer du raisonnement à la décision.... Les sciences seront enseignées sur les faits. En mathématiques même, l'esprit traduira tout en figures sensibles; on ne démontrera jamais sans montrer et réaliser. Que nos élèves donc sachent se servir du mètre et de la balance, plutôt que convertir des myriamètres en décimètres; que nos jeunes paysans aient appris au jardin d'expériences les procédés rationnels de culture; que nos jeunes citadins aient découvert ou vérifié à l'atelier scolaire les notions géométriques qu'il leur importe de connaître; que «leur imagination se joue à l'invention des applications pratiques et des procédés de métier!» En un mot, efforçons-nous de développer en eux le plus possible les qualités d'action et d'initiative, l'esprit de recherche la personnalité! ' Lel!l q oatre bienfaits
d'nu e éducation eomplète Celui qui a terminé son éducation qu'elle soit primaire ou secondaire doit en avoir retiré les quatre résultat~ suivants :
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1° une certaine somme de connaissances qu'il- gardera toute sa vie; 2° de certaines habitudes de pensée, de certaines méthodes; 3° de nouveaux sujets d'intérêt; 4° des types, des modèles d'après lesquels il jugera son travail et celui des autres. A l'école primaire, par exemple, on apprend la table de multiplication de façon à la savoir toute sa vie. Si c'est en effet une bonne chose d'avoir oublié le latin, comme on a dit. il n'y a aucun av3ntage à oublier la table de multiplication; et même il ne suffit pas de savoir où on peut la trouver; on en a besoin et à chaque instant. Secondement on doit acquérir certaines habitudes d~ résoudre les problèmes, d'analyser les difficul-tés. de trouver les rapports essentiels. de combiner les éléments donnés selon la logique et d'arriver à la solution. Ces habitudes, une fois acquises. s'aonellent d'un nom: bon jugement. habileté intellectuelle. Et alors. de cette connaissance et âe cette habileté naîtra l'intérêt la curiosité intellectuelle. L'enfant cherchera à savoir davantage: les noms des plus grands nombres, peut-être, ou la manière dont le système numéral est fait ou les choses bizarres qu'on peut faire ~vec des nombres quand on sait bien les manier, etc. Et finalement, au cours du temps il concevra l'idée de la précision et de' la perfection dans son travail; il apprendra qu'en arithmétique, au moins avoir de bonnes intentions, mais laissèr des opérations inachevées ou incorrectes ne fait pas du tout l'affaire. '
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l'ensef~nement
agricole
Inspirons à nos élèves l'amour de leur terre natale On compte beaucoup sur l'instituteur
pour le répandre. Afin que ces e&oérances pe soient pas déçues, il s'agit de s'entendre sur le but visé et les moyens de l'atteindre. On se propose de retenir à la terre natale le plus possible de jeunes. gens et de les munir d'un bagage scientifiGJUe suffisant pour qu'ils devien nent des cultivateurs avisés. A l'école primaire, l'enseignement agricole se restreint à quelques «leçons de sciences expérimentales orientées vers les choses de l'agriculture» . Dès lors, il est impossible de mettre les enfants en possession d'un grand nombre de connaissances et par suite le but à atteindre est plutôt de doter les élèves d'une méthode d'observation, don c d'acquisition. Au point de vue agricole, qu' un enfant nous quitte connaissant l'explication des principaux phénomènes qui se passent autour de lui, qu'il soit curieux d'en étudier d'autres, qu'il ait 1~ désir de t~nter des essais, des expénences, et sort exercé quelque peu à en int~rpréter les résultats, c'est tout ce qu'Il y a lieu d'ambitionner. Faire des agriculteurs parfaits, nous ne pouvons l'espérer, fussions-nous animé~ de l.a « flamr:ne awicole » . Pour y a!nver, 1~ faudrait creer des cours spécraux obligatoires, consacrés en grande partie à l'agriculture. En dehors de cela, toute loi, ou toute circulaire qui nous inviterait à pénétrer d'agric~lture tout notre enseignement, restera forcément sans effet, car on ne saurait en assurer l'application sans détruire l'équilibre qui doit exister entre les diverses matières d'enseignement d'une utilité incontestable. D'ailleurs nous deviendrions ennuyeux. . Admettons que la classe primaire du JOUr s?it un milieu favorable pour fa formatiOn convenable d'un agriculteur · que nos élèves se sont parfaitement as: similé la substance de notre enseignement; z:esteront-ils aux champs quand nous leur ouvrirons la porte de sortie?
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je ne le pense pas, si nous a~ons omis de mettre en jeu un facteur important que j'indique maintenant. · L'action bienfaisante que nous exercerons .pour retenir les jeun~.s gens .au village ne viendra pas de lmst~ch?!l agricole que nous aurons reçue a 1 ecole normale et transmise à nos élèves; elle est liée à notre pouvoir de faire appel à la sensibilité enfantine. Nous aurons chance de faire des prosélytes en appliquant la faculté naturelle aux choses de la campagne, car nous leur ferons goûter la poésie du milieu où ils vivent, les satisfactions qu'il peut procurer, le charme de la vie paysanne. Dans cet ordre d'idées, les écrivains qui ont aimé la nature jusqu'au lyrisme sont nos auxiliares indiqués. C'est Lamartine évoquant son enfance; le régional Guillaumin fêtant la verdure; Edmond About qui se souvient d'une maison « antique et délabrée » » mais admirable, parce Que c'est celle des !!Taudsparents. L'enthousiasme de Theuriet pour les bois. les orés. les coteaux plantés de vignes et pour tout ce qui touche au paysan, fait vibrer nos élèves lorsqu' ils reconnaissent dans ses tableaux champêtres un coin de leur village, une scène de la vie familliale, un des leurs aœ travail de la terre. Bien des passages des maîtres de la plume sont une véritable glorification du labeur des champs; il est facile d'y choisir d'intéressants textes à dicter, des lectures, des morceaux à retenir par cœur. Durant ces leçons de langue, nous ne parlerons pas de science agricole, nous serons surtout préoccupés d'introduire de l'émotion dans nos explications, qui devront refléter un peu de cette grâce dont les extraits seront empreints. Et puisque la pédagogie actuelle attend beaucoup des expositions de gravures reproduisant les chefs-d'œuvre de la peinture, nous avons là encore un moyen persuasif. Accrochons aux murs une scène de labourage, un lever
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de soleil, une troupe de moissonne~rs; q~ l'on voie bien en quelle haute esbme nous tenons « ce campagnard en sabots et en bonnet de laine, roi sur sa terre. » Que nos jeunes auditeurs soient fiers du village natal, qu'ils en soient fiers jusqu'à l'orgueil! Et peut-être quelque jour, s'ils sont tentés de le quitter, ou le quittent tout à fait, le souvenir ému de quelques-uns de nos entretiens et la nostalgie du grand air et des espaces libres les ramèneront-ils au berceau familial! A. R., inst. à M.
Let!l moyens d'émulation Dans une circulaire, le célèbre ministre Guizot écrivait: « La discipline ne suffit pas pour donner la moralité ni la science, mais elle seule met les âmes dans la disposition nécessaire pour les recevoir .... C'est en raison de son relâchement ou de sa vigueur que la jeunesse puise dans les écoles ou ce mépris de toute règle qui la rend plus tard rétive au frein des lois, ou cette déférence pour l'autorité légitime qui, ~ans un Etat libre relève la dignité du crtoyen. » On ne 'saurait mieux dire, et il est certain que le relâchement des mœurs, le manque de respect dû aux choses et aux gens les plus respectables, l'accroissement de la criminalité, s'ils sont dus surtout à l'absence de la vraie morale, reconnaissent aussi pour cause secondaire une discipline tron débonnaire et la crainte excessive de sévir que l'on rencontre si souvent aujourd'hui chez les maîtres. Sans doute, dans nos écoles, il n'est point besoin d'une discipline toute de raideur, à la prussienne; elle doit y être paternelle, mais très ferme cependant, ce qui est encore le meilleur moyen de la rendre douce et d'avoir rarement à punir. D'ailleurs, plus fait douceur que violence, dit le proverbe ; examinons donc d'abord les récompenses dont nous
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disposons à l'école primaire. Ce sont: les encouragements verbaux, les bons points, bonnes notes et livrets sc.olaires, les petites récompenses effectives: images, témoignages de satisfaction, tableau d'honneur, enfin les prix annuels. Les encouragements verbaux ont bien plus d'importance que ne le pensent généralement les jeunes maîtres, enclins à distribuer force bons points ou bonnes notes. D'ailleurs, les bonnes paroles sont destinées à récompenser l'effort plutôt que le résultat, et les élèves y sont fort sensibles. Si vous dites tous les jours à un enfant que son travail est mauvais, il se rebutera et ne changera en rien sa manière de faire; au contraire, profitez de la plus petite amélioration pour l'en féliciter: vous lirez dans ses yeux le contentement que vous lui causerez. et qui sera suivi d'une certaine application déterminée par le désir de mieux faire. Les bons points et bonnes notes sont la monnaie courante dont on paie le travail et l'application en classe; lorsqu'on n'en abuse pas, ils ont beaucoup de prix, et outre l'avantage d'apprendre à compter aux jeunes enfants, ils ont encore celui de renseigner les parents: sur le travail de la journée; mais, de grâce, ne les prodiguez pas par dizaines ou vingtaines, comme nous l'avons souvent vu faire; vous leur enlèveriez toute valeur. Les bons points obligent le maître à un certain contrôle, car parfois des écoliers se laissent aller à les échanger ou à conserver ceux qu'ils ont pu trouver; on remédie à cet inconvénient en marquant les bonnes notes sur un registre spécial. Le livret scolaire est le meilleur moven de tenir les parents au courant de la conduite, du travail et de l'application de leurs enfants; il est simple et pratique. Inutile de dire que ce carnet doit être le résumé exact des notes de l'élève et ne doit pas être établi d'une façon arbitraire. Distribué régulière-
ment, il doit être de même rapporté exactement par l'enfant, revêtu de la signature des parents. . Les petites récompenses telles qu'tmages, témoignages de satisfaction, menus articles d'écoliers, outre qu'elles sont fort recherchées des enfants, contribuent à donner de la valeur aux bons points et bonnes notes, car H en faudra un certain nombre pour obtenir ces récompenses que l'on distribuera, suivant leur importance, à la fin de la semaine ou du mois. L'inscription au tableau d'honneur est généralement faite tous les mois; on lui a parfois reproché le défaut d'exciter la vanité des enfants. Nous pensons que la manière de donner cette récompense peut seule justifier en partie ce reproche. Il convient toutefois d'être sobre de ces moyens d'émulation et d'éviter de les attribuer trop fréquemment aux mêmes élèves. Les prix, destinés à récompenser le travail et les succès de l'année entière, n'ont peut-être pas, à }.'école primaire (surtout dans les petites classes) toute l'action désirable. Une perspective de 6 à 7 mois d'application et d'efforts est, en effet, bien lointaine pour des bambins de six à dix ans, mais, dans les classes supérieures, ils acquièrent toute leur valeur. C'est, comme on l'a dit, l'étoile qui scintille au ciel de l'écolier; mais par le fait qu'ils ne sont donnés qu'une fois l'an, ils constituent, moins que les autres récompenses, un moyen disciplinaire. Pour tei1Jiliner le chapitre des récompenses, disons qu'il est nécessaire, afin de leur conserver toute leur efficacité, de se garder de les prodiguer, car c'est bien moins leur nombre que leur variété et surtout leur attribution équitable et raisonnée qui en font un moyen d 'action si puissant à l'école primaire. U1t 1/icu:v magister (ranc-montagna;rd.
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L'éd•eatlon physique La formation intellectuelle et la formation morale de l'enfant ne doivent pas faire négliger sa formation physique · les trois se tiennent et se prêtent un ~utuel appui et, si l'une est en souffrance, les deux autres en pâtissent nécessairement. L'intelligence et la volonté sont à l'aise dans un corps sain, tandis que la débilité con~titutionnelle et la maladie exercent sur elles une action déprimante. D'ailleurs, un grand nombre de nos enfants sont appelés à des professions qui font agir le corps autant et souvent plus que l'intelligence ils auront surtout besoin de santé, d~ force et de résistance à la fatigue. Nous aurons donc soin de faire dans nos programmes une bonne place à l'éducation physique. Toutefois gardons-nous d'un excès, imitons Athènes plutôt que Sparte. _Les Athéniens surent équilibrer les exercices du corps et de l'esprit. Aussi son~-ils d evenus les instituteurs des Romams, leurs vainqueurs, et nous ont-ils légué des œuvres immortelles, tandis que les Spartiates, pleins d'indifférence pour les lettres et les arts, auraient peut-être disparu du souvenir des peuples s'il n'y avait eu d'autres Orees pour noter et transcrite leurs exploits. Plus qu'en d'autres temps, l_e premier rang doit échoir à l'intelligence! aujourd'hui que l'homme s'est ~sserv1 une plus grande partie des forces de la nature et qu'il se fait avantageuseme~t remplacer par la machine. Le Petit Poucet placé à l'affût d' un canon ou a~ déclanchement d'une mitrailleuse feratt peut-être plus de travail utile qu'.un géant quelconque avec d'autant moms de danger qu'il offrirait moins d~ surface aux projectiles ennemis. Ce qUI vaut surtout actuellement, c'est l'adresse, le coup d'œil, la tenacité, l'audac_e, la ~or ce de caractère. Un peuple qUI ne viserait qu'à former des hercules commet-
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trait un anachronisme qui lui coûterait la- déchéance. Nous n'avons donc pas à jalouser la supériorité sportive ~e telle ou telle nation si elle est acqmse aux dépens de la culture intellectuelle, et nous devons plutôt cons idérer les exercices du corps dans nos écoles comme un moyen de faciliter, de fortifier et de souten.ir le travail de l'intel:Iigence. A ce propos, d'ailleurs, nous n'avon_s pas de peine à reconnaître que les ?uedois sont nos maîtres en gymnastique rationnelle. L'étude approfondie du jeu des muscles dans les fonctions vitales leur a permis d'établir les règles_dont l'observation conduit le plus efficacement au développement normal de tout l'individu. L'ancienne gymnastique ne respectait pas toujours suffisamment la faiblesse de l'enfant et la gradation des exercices. En imposant un travail considérable à certains muscles seulement, elle rompait la bonne hannonie et l'heureux contre-poids qui doivent exister entre tous les organes, elle tendait à n_e former que des spécialistes, des prodiP"es. des monstres, et le monstrueux. ne doit pas être le résultat de l'éducation d'un peuple. Maintenant encore ne demande-t-on pas à l'enfant des efforts au-d_essus de son âge et nuisibles à soi?- develoi?p~ ment régulier, dans ces seances ou .11 faut réaliser des prouesses pour obtemr l'approbation et les applaudiss~ments d'un public plus ou mo}ns bla_s~? Nos enfants ne doivent pas etre trmtes comme une troupe qui s'en va gagnant son pain en faisant des ~ours ?e fo~ce. Quand ils auront acheve leur éducahon générale et qu'ils pourront supporter plus impunément les rudes é~reuves ~e l'athlétisme ils auront à vo1r eux-memes s'ils ve~lent devenir des professionnels· le nombre des vocations ne sera jam~is dangereux pour la patrie. .f.
Le tableau noir Indispensable pour l'enseignement, le tableau noir se trouve même dans la plus pauvre école rurale; ~t si, dans c~r taines classes de centres, Il sem~le fél;I~e triste figure à côté de tant d'obJets ~le ga nts et variés, il n'en. ~e?te pas moms d'une incomparable uhhte. En effet à l'encontre de tout ce matériel qui ~'offre au maître qu'un secours unique et passager, _l'antiqu.e tableau noir est universel, Il se pret~ à tous les enseignements et l'on peut d1re, sans crainte d'être taxé d'exagération, que le bon maître y passe la plus grande partie du temps de la classe. Quel est, en effet •• l'enseignement auquel il ne puisse preter un concours efficace? Pour la lecture, mieux que les grands tableaux imprimés, recouverts de caractères multiples parmi lesquels le bambin s'égare, il sert à fixer l'attention sur les sons et mots étudiés qui se détachent nettement sur sa surface uniforme et se prête à toutes les combinaisons de lettres et de sons. Pour l'écriture il servira à montrer à l'ensemble de ia classe les règles de la calligraphie : inclinaison, forme et hauteur des différents caractères. Pour l'arithmétique, son usage est tellement indispensable qu"il est, pensons-nous inutile d'insister; et malheureusement dans certaines classes, il ne sert guère' que pour cet ens~igneme~t. Pour l'étude du français, on 1 emploiera très avantageusement à écrire les exemples d'où, par induction, on fera tirer le3 règles de grammaire ; de même pour les phrases incorrectes rencontrées dans les exercices de composition française et que l'on fera rectifier par les élèves eux-mêmes. On y écrira à l'avance les mots difficiles de la dictée, car n'oublions pas que la mémoire des yeux est grande chez l'enfant et que
l'orthographe d'usage se fixe bien mieux par la vue que par l'au~iti~n : . Pour l'histoire, il servtra a ~tablrr les ta bleaux synoptiques si profitables et pour la géographie, il perm~ttra de co~ pléter la carte ou une partie de c~lle-c1. Dans le cours supérieur on hab1tuera les élèves à y reproduire l'esquisse du pays ou de la région étu~iés . Pour les sciences physiques et naturelles, si l'on n'a pas l'objet ou l'appareil voulus, un croquis au tableau les remplacera en partie. . Eh bien malgré tant de serv1ces que peut rend;e le tableau no~r. on !l'Y rec-ourt pas assez à notre aVIs .. et .b1en des maîtres ne le font pas seTVIr a to~tes les leçons auxquelles il est suscepti?le' de se vrêter, même lorsqu'on est ~t.en outillé ·pour certaines matières speciales. d 1 1 L'usa~re du tableau noir ren a e<:: on viva nte et attrayante; il lai~se _dans l'esprit de l'élève une image q_m l~1 permet d'en fixer quelques traits: ] al~ns précieux pour aider à la comprehensiOn et a u souvenir. Ne craignons donc pas d'en abuser. T. S.
La classe en action C'est pendant la récréatio~ , q_uelques jours après la rentrée. Les msht~teurs de X., groupés dafls la cour, echangent leurs impressions sur leurs nouvelles classes. . . Un vieux maître s'approche; VOICI ce qu'il entend : « Pas forts, le_s nouveaux élèves. - En effet, c'est cuneux comme ils sont faibles, cette année! - Et ~es miens! Ils ne savent même pas fa1re une simple addition (au ~ou!s .élémentaire 1re année). - La disciplme sera difficile à établir, je crois. - Oui. Aussi main de fer d'abord, quitte à passer plus tard le gant de velours. - C'est ma méthode. Elle me réussit d'ordinaire. J'ai tout de suite le silence. »
12 que la veille, car je ne veux pas le mor- - au point de vue commercial, ou quelque tifier en aucune façon. Je crain- compte-rendu d'un fait dont il aura été drais de blesser son amour-propre et témoin. De plus la composition française je ne veux en rien diminuer la confiance qu'il m'inspire. D'ailleurs je le trou- perfectionne l'orthographe, la connaisve assez puni par l'embarras visible sance de la grammaire, le soin, l'écri · dont il souffre réellement quand il réci- ture, la présentation du travail, et nous te mal sa leçon. Puis, je suis sûr que, aide à pénétrer l' art difficile de la consde longtemps, mon petit homme ne se truction des phrases. C'est ensuite un but éducatif. La reretrouvera pas dans ce cas fâcheux. En éducation, ce qui importe le plus cherche des pensées. l'analyse des sendans l.q répression des fautes, c'est que timents aident l'enfant à prendre consl'enfant comprenne qu'il est répréhensi- denee de lui-même, à se connaître réelleble. S'il le sent fortement, point n'est ment et nous permettent é:;ralement de besoin de gronderies, encore moins de bien saisir sa nature pour la former enpunitions. suite. Evitons surtout toujour5 d'émousser La méthode qu'il est obligé d'emplochez l'enfant l'amour-propre qui est en- ver développe en lui l'ordre, l'esprit de core le meilleur levier pour le travail logique, lui donne le besoin de la clart~ scolaire. .f. B., inst. et de la netteté, du classement des choses par ordre d'importance. Il est inutile d'insister sur la très haute portée morale de la connaissance La composition française de soi·même et de la méthode ainsi acà l'écele prlm"fre quises, et leur retentissement sur la vie entière. A. - POSITION DE LA QUESReconnaissons qu'en général la comTION. - L'enseignement primaire, position française laisse beaucoup à dédans le temps restreint dont il dispose, sirer dans nos classes: milieu social des ne vise pas pour ses élèves, ainsi que élèves, absence de méthode chez cerl'enseignement secondaire, à une forma- tains maîtres, tout y concourt. Aussi tion esthétique de la langue française. faut-il y donner tous ses soins, apprenSon but n'est pas de créer de5 littéra- dre aux élèves à penser, à observer, à teurs à l'imagination puissante, au style juger, enrichir leur vocabulaire par des d'une élégance harmonieuse: pratique exercices de récitation (prose et poésie) , et éducatif, il est à la fois plus facile et développer leur goût par les commenplus modeste . taires qu'on y apporte. C'est d'abord un but pratique: apB. - CHOIX DES SUJETS A prendre à l'enfant à exprimer correcteDONNER ment sa pensée par écrit. Cette science 1° Questions à éviter. lui sera très utile dans la vie; quel que soit le milieu dans lequel il sera appelé a) Les sujets de pure invention, de à vivre, toujours il aura l'occasion de pare ima~ination. Ils ne présentent ni correspondre, soit avec sa famille, soit utilité, ni intérêt réeL (Mémoires d'une avec ses amis. fleur, aventures d' un papillon, etc.) . La Il lui faudra savoir énoncer correcte- pauvreté des résultats obtenus prouve ment ses idées, ses sentiments. De petits bien que l'enfant n'a pas assez d'imarapports pourront même lui être deman- gination pour produire sur ce genre de dés, soit au point de vue industriel, soit sujets un travail intéressant. De plus
18 quelle utilité peut-on trouver à faire travailler ainsi son esprit dans l'irréel? b) Les sujets en dehors de l' expérience enfantine doivent être proscrits également. {Voyages au bord de la mer à des enfants de la campagne, scènes de la vie champêtre à de petits citadins.) Il nous faut connaître le champ d'expérience de nos élèves et n'aller pas au delà, sous peine de leur donner l'habitude de l'inexactitude, de l'à-peu-près, peut-être même du manque de sincérité. Sans aller à des conséquences si extrêmes, ce travail en tous cas ne peut avoir aucun intérêt réel. c) Les sujets abstraits. - Une pensée abstraite est toujours difficile à développer lorsqu'elle n'est pas appuyée sur une base concrète. De plus, si vers 14 ou 15 ans, il est possible d'aborder quelque peu ce genre, plus tôt il serait prématuré, car l'expérience psychologique et le développement intellectuel qu' il réclame ne peuvent venir qu'avec le temps. Plus jeune, l'enfant se bornera à délay_er en trois pages des idées qui devraient être résumées en trois lignes ou reproduira quelques formules apprises par cœur. 2° Questions à donner. - Il faut toujours donner à l'enfant la matière de son travail. L'étudier, cette matière, l'observer et rédiger convenablement le résultat de ses recherches, sera pour lui une tâche suffisante. a) Au cours élémentaire. - Pour les très jeunes enfants, une méthode excellente consiste en une simple rédaction faite au moyen soit d 'une grande ima{;e suspendue au mur, soit de petites dont chaque enfant possède un exemplaire. Les élèves regardent cette image dans le détail, observent, puis sont interrogés par le maître qui se rend compte ainsi de la valeur de leur esprit d'observation. D'autres fois une histoire leur est racontée, ils doivent ensuite la reproduire par écrit.
Un peu plus tard, ils doivent être formés à l'observation et à la description des choses réelles, concrètes : salle de classe, objet usuél, animal familier. Quelques questions les guident, attirant leur attention sur les grandes lignes de la description. b) Au cours moyen. - L'enfant doit avoir déjà acquis l'esprit d'observation, on peut lui donner des sujets plus complexes: description d'un paysage, d'une scène de la vie journalière, un jour de marché, par exemple. Parmi les détails observés il lui faut faire effort pour dégager l'essentiel et le mettre au premier rang. Il peut aussi faire le récit d'un événement qu'il a vu se passer sous ses yeux. auquel peut-être il a pris part. Il doit alors faire appel à sa mémoire pour garder l'exactitude (visite d'un inspecteur, épisode d'une promenade, d'une récréation, d'un voyage). c) Au cours supérieur. - Le style épistolaire doit être travaillé très spécialement dans ce cours et non seulement le.~ lettres de fête et de condoléances, majs bien des sujets variés et vraisemblables, qui du reste, plaisent aux enfants (raconter à un ami une pre· mière sortie après une maladie, rendre compte à un camarade de ce qui s'est fait à l'école pendant son absence, écrire à une directrice d'atelier pour lui demander un jour de congé en lui expliquant ses raisons, à un fournisseur pour lui faire une commande). Il faudra s'inspirer de la société dans laquelle l'enfant évoluera plus tard' pour choisir les questions à traiter bien en rapport avec son milieu futur (milieu agricole, citadin, ouvrier, etc.) . De plus, il est indispensable de mettre beaucoup d'ordre soi-même dans le choix des sujets proposés. Lorsqu'un genre a été abordé, il est nécessaire de donner des sujets analogues jusqu'à ce que les progrès soient assez réels pour permettre de passer à un autre exercice. - Lorsqu'il y a incohérence dans la di-
io rection, les progrès des élèves s~nt nuls m bien faibles. (A suzvre.) A. défaut de mul!lée scolaire
La nature nous offre le plus beau des musées. Si nous ne possédons pas de musée ;colaire, ne nous en affligeons pas outre nesure. Que de choses à observer autour de lOUS!
Rien que dans la salle de classe, com>ien de substances peuvent être étudiées !t devenir le sujet d'une leçon spéciale! Nos habillements d'abord: le cuir de 1os chaussures, le drap, le coton ou la ·oile de nos vêtements. Puis l' ameuble:Oent et la salle elle-même: le bois de ~os pupitres, la fonte du poêle, .le plâ~ re qui recouvre la muraille, la v1tre qm .aisse passer la lumière. Vienne~t enmite les outils des écoliers: le pap1er de .eurs livres, l'acier de leurs plumes, la nine de leurs crayons, l'ardoise sur taJuelle ils écrivent, l'encre, la craie du ableau noir. J'en passe, en grand nombre. Du reste il n'y a qu'à faire quelques >as dans 1~ rue pour découvrir cen~ aures objets intéressants. Dans les v11les, es magasins en sont remplis. A la cam>agne, c'est la nature entière qui s'offre i. nous avec ses minéraux de toutes sores, ses plantes, ses animaux, ses inseees innombrables. Les promenades, les excursio~s, la. vi;ite des ateliers ou des magasms v1en1ent heureusement compléter l'enseignenent donné à l'école. Sachons en tirer >arti.... Ainsi il n'y a qu'à jeter les yeux sur :e qui nous environne.... La nature, simple ou transformée par a main de l'homme, offre partout mille ,ujets d'étude.
Elle présente, à qui sait v.oir ~t observer, le plus beau musée qm e~ts!e·. . Les substances que ce musee mepmsable étale à nos yeux n'apparaissent point, comme à travers les yitr~es d'un musée ordinaire, mortes et tsolees. Elles se montrent assorties à leurs fins, en un mi'lieu vivant, sous la forme et d'après l'adaptation qui convient à leur usage.
A.L.
Partie pratique Qu.eJquel!l pl'océdél!l Il est certains conseils d'ordre pratique qui pourront P<l!aîtr~. humbles et bien terre à terre mat's qu tl est bon de rappeler ici. Ils s~nt empruntés à la pratique professionnelle. 1° Lenteur. - Avant tout, il faut aller lentement. Les auditifs vous suivent assez bien quand vous parlez; mais les moteurs et les visuels ne le peuvent. Posez nettement votre point de départ, ne négligez aucun intermédiaire utile, s~ chez vous arrêter, puis repartez, mats assurez-vous que vous êtes suivi. 2° Redites. - Ne vous lassez jamais de répéter. Les redites, celles de la maîtresse et celles de l'élève, sont indispensables, orales et écrites; écrites au tableau ou sur le cahier. Et ne répétez pas seulement pour toute la classe, mais pour les indolents et les paresseux. Ne faites pas répéter seulement une ou deux élèves, toujours les mêmes, mais exigez que toutes, bonnes ou mauvaises, soient appelées à répéter: il est facile, wur cela, d'organiser un roulement. ·3° Réalité de la vie. - Habituez vos élèves à retrouver dans leurs lectures et leur petite expérience les idées apprises en classe. Mettez toujours ces enfants en face de la nécessité de se servir de ce que vous ·leur apprenez. On les a trop habitués à considérer l'école comme un mi-
lieu artificiel, hors nature ou au-dessus de la nature et de la vie; ils croient que ce qu'ils apprennent n'a aucun rapport avec leur petite existence. Or, il importe de réagir contre cette impression. Rien n'aidera mieux l'enfant à comprendre la leçon d'histoire, de morale ou de calcul, s'il est capable de remarquer qu'H a entendu hors de l'école des hommes parlant et agissant comme dans la leçon d'histoire et de morale; qu'il a vu: des marchands, des ouvriers utilisant les données de ses problèmes. L'enfant comprendra d'autant plus aisément qu il saura que les idées expliquées en classe sont tirées de la réalité de la vie, et y Une institutrice. retourneront.
••• Orthogl."aphe et rédaction Bonté et cruauté C'est en hiver. La neige couvre le sol. Une petite fille donne à manger aux oiseaux. Son frère !end des pièges pour les prendre. La sœur fait des reproches à son frère.
Sujet traité C'est l'hiver. La neige couvre le sol d'un blanc tapis. Pauvres oiseaux! Ils ne trouvent plus à manger, la neige leur cachant les graines, les arbres ne portant plus de fruits. Ils ne trouvent plus d'abris dans les branches dépouillées de feuilles. Us ne peuvent même plus boire au ruisseau gelé. Aussi meurent-ils par centaines. La petite Lucie a vu la détresse des pauvres oiseaux. Un matin, elle ore.nd un grand balai, fait dans la cour une place nette, et éparpille des miettes de pain. Aussitôt les oiseaux viennent les manger avec avidité. Le lendemain, Lucie plaça à côté du pain une assiette remplie d'eau tiède. Quelle joie pour tous les petits becs! Un matin en allant faire sa distribution quotidienne, Lucie heurta un objet à dem,i caché sous la neige. Son frère,
qui était près de là, s'approcha et l~t dit vivement: « Que tu es sotte de deranger mes pièges! - Un piè~e? Tu cherches donc à prendre les otseaux? - Oui. Quand ils sont pris, je les tue et je les donne au chat, » ajouta le méchant. La petite Lucie sentit les larmes lui venir aux yeux. Elle était rouge, de chagrin, et aussi d'indignation. « N'as-tu pas honte de chercher à détruire des pe~ tits êtres si faibles, si charmants, au moment m.ême où ils souffrent déjà tant? dit-elle à son frère. Ne te rappelles-fut. pas qu'en été les oiseaux nous égaient de leurs chants ( Ne sais-tu pas qu'ils protègent contre les insectes les fleurs et les fruits de notre verger? Oh, Pierre, tu n'es qu'un méchant, un sanscœur!» ' Pierre haussa les épaules et s'en alla en grommelant, mais il sentait bien au fond que sa petite sœur avait raison. (Devoir d'élève, 12 ans. Quelques: reto_uches.)
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Le forgeron au travail
La forge flambait, avec des fusées d'étincelles. Le forgeron, debout, surveillant une barre de fer qui chauffait, attendait, les pinces à la main. Quand la barre fut blanche, il la saisit avec les pinces ét la coupa au marteau sur une enclume, par bouts réguliers, comme s'il avait abattu des bouts de verre à légers coups. Puis il remit les morceaux au feu, où il les reprit un à un, pour les façonner. Il forgeait des rivets à six pans. Il posait les bouts dans un~ clouière, écrasait le fer qu: formait la tête, aplatis5ait les six pa!ls, jetait !es rivets terminés, rouges encore, dont la tache vive s'éteignait sur le sol noir; et cela d'un martellement continu, balançant dans sa main droite un marteau de cinq livres, achevant un détail à chaque coup, tournant et travaillant son fer avec une telle adresse qu'il pouvait cau-
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16 er et regarder le monde. L'enclume tvait une sonnerie argentine. Lui, sans me goutte de sueur, très à l'aise, ta•ait d'un air bonhomme, sans paraître aire plus d 'efforts que les jours où il lécoupait des images, chez lui.
-oSujets de rédaction. . A PLAINTE DE JEAN ORAIN DE BLE jean Orain de Blé va passer sous la meule. 1 évoque le temps où il se balançait au vent lans l'épi doré. Il rappelle les souffrances que 'homme lu i a déjà fait subir: la faux, les léaux, les machines. Et voici la meule ... Le meunier lui répond. Il lui montre que :'est maintenant qu' il va vraiment vivre, répa·ant les forces du travailleur, passant dans la :haïr et le sani des hommes. UN PROVERBE. Expliquez et commentez ce proverbe : • A tueJque chose malheur est bon. •
Variétés L'/ nstJtuteur français contient ce croJuis de la « classe morte », pris sur le rif - si l'on peut ainsi parler - par \1. Th. Legrand. 8 h. 10. Tous les élèves ayant pris place tables, le maître s'installe dans la chaire. :I n'en descendra qu'à l'heure de la petite :ortie. La première moitié de la matinée, c'est-àtire le mei lleur moment de la journée, est rem>lie chaque jour : 1. par le contrôle des pen;ums infligés la veille ; 2. par la visite oule matérielle - des devoirs exécutés dans a famille. Tous les élèves passent à tour de ·ôle, au bureau du maître. Pendant ce défilé, es camarades restés à leur place doivent • re>asser • leurs leçons. On entend un murmure :onfus venant de quelques-uns qui prennent .a chose au sérieux ; mais on entend surtout .e bruit de conversations liées entre voisins de .ables. Voici maintenant la leçon de grammaire. Elle commence par la récitation littérale de rè;:les ou définitions - laquelle n'est accompagnée d'aucune explication par Je maître. La jictée vient ensuite (et elle vient quotidiennement). Le texte est quelconque, c'est-à-dire qu'il lU X
n'a aucun rapport avec la leçon de grammaire, qu'il n'est point un exercice d'application. Cependant, le maître a entendu parler de la préparation de la dictée : un élève placé sur l'estrade, face à ses camarades, est chargé d'épeler les mots difficiles indiqués au passage. Quant à la correction de l'épreuve, elle consiste dans l'épellation de tous les mots sans exception, épellation faite par les élèves, toujours à tour de rôle. Après la petite récréation, c'est la leçon de calcul. Le maître a repris sa place à la chaire. II dit aux élèves: • Ouvrez votre traité d'arithmétique, à la page 70. Je vous donne un quart d'heure pour faire au brouillon les deux problèmes numéros 57 et 58. • Le quart d'heure écoulé, le maître ordonne de fermer les livres. • Maintenant, dit-il, que ceux qui ont trouvé telle et telle réponse lèvent la main. • Un de ceux-là est chargé d'écrire ses solutions au tableau noir. Et ce travail est reprodu it ensuite par tous les élèves sur le cahier journalier.
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La séance du soir n'est que la continuation de celle du malin. Lecture. - Les élèves ouvrent leur livre à la page indiquée. Aucune lecture préalable par le maître; aucune explication du texte. Chaque élève lit un alinéa et, neuf fois sur dix, il lit d'uue voix si faible que ses condisciples ne peuvent rien entendre. Aussi ceux qui ont lu s'occupent-ils à tout autre chose... Histoire ou Géographie, Morale ou Sciences. -- Qu'il s'agisse de l'une ou l'autre de ces matières, la leçon ne varie pas. Invariablement eUe comporte trois actes : 1. Un certain nombre d'élèves sont appelés dev:~nt le bureau pour réciter la leçon précédente où, plus exactement le résumé de cette leçon. Ils récitent le dos tourné au maitre; celui-ci se borne à signaler les mots omis. 2. Lecture r.st faite par quelques élèves des paragraphes du livre de classe se rapportant à la leçon du jour. 3. Le maître écrit au tableau noir un résumé de cette leçon, résu11:é que les élèves copient sur leur cahier et qu'ils devront apprendre par cœur. Reste-f-il quelque~ minutes? Les enfants sont libres de les employer, soit au tracé d 'une carte, soit a la reproduction d'une table chronologique, soit au dessin des gravures de leur livre... Telle est la • classe morte • ... la classe où l'on s'ennuie.
toutes les heureuses idées que les instituteurs puisent à larges mains dans le trésor de l'effort commun, ne sauraient que nous être favorables a u moins a utant qu'à eux-mêmes ! A cel? réflexions inspirées par la simple logique s'ajoutent, il faut le dire, celles non moins actuelles que n ous susrgère le délicieux plaisir du « r evoir»! Nous discutons tant et si bien que nous sommes bientôt toutes animées du ferme espoir que, puisque voilà le srrelot attaché par M. l'Inspecteur Troillet, on voudra bien, en haut lieu, approuver et encourager cette heureuse initiative qui recueillera , nous n 'en doutons pas, les faveurs de toutes les institutrices valaisannes. Nous n'ignorons ·pas que c'est une nouvelle saignée à pratiquer à la caisse de l'Etat; ma is ce dernier existant pour Je Peuple. nous sommes convaincues que nos dévoués Magistra ts voudront bien envisager, avant tout, les r ésultats qu 'aura ce sacrifice dans la marche en avant du pays qu'ils veulent heureux et prospère entre tous !
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Le ciel s'assombrit et devient menaçant; bientôt la neig e commence à tomber. Aus ~i acceptons-nous avec pla isir de faire honneur à l'excellente table de l' hôtel Victoria où nous convie M. l'Inspecteur, avant de regagner gaiement, quoiq ue sans tambour battant, nos pénates perchées L à-Haut si haut qu ,on peut monter! EM:M:A' ÜAY.
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N.-B. Cette louable et si bien r éussie innovation est due en partie à la Municipalité de Salvan qui. s ur la demande de M. le Président de la Commision scola ire, a bien voulu nous accorder un subside spécia l pour lequel nous la prions d'agréer nos remerciement5. - 0-
Les examens physlq_ues de nos recrues en 1909. Voici quelques extraits du ra pport présenté par le Bureau fédéral de statistique au département militaire fédéral sur les résultats de l'examen des aptitudes physiques des recrues en a utomne 1909: Le r a pport pour l'année 1909, concernant les r ésultats des examens physiq ue3 des recrues, ne diffère du précédent que par un progrès plus marqué dans l'ensemble des épreuves. La course de vitesse, qui était en recul }?année dernière. a pris sa revanche ; elle arrive aujourd'hui a u premier rang. Le nombre des jeunes g ens astreints a u recrutement a été de 27.970, dont ?5.R81, soit le 93 %, ont subi l'examen de •la ~rymn astique. et 2089, soit le 7 %, ont dû en être dispensés. Le chiffre total des recrues est en diminution sur ceux des dernières années. Or, comme le nombre des naissance:> vivantes masculines des années 1890189 J, c'est-à-dire correspondant à l'â· ge du recrutement, n'est pas en rapport (lVec cette diminution, on peu t en conclure que les causes doivent en être attrib uées, ou à l'émigr ation, ou à une mortalité plus élevée de:; jeunes gens de la classe d'âge indiquée. Du total des recrues examinées, la proportioa de celles déclarées aptes au ser vice est du 65 % des jeunes gens n'avant fait a ucun exercice corporel méthodique, du 68 '% de ceux qui n'ont eu qu'à l'école des leçons régulières de gymnastique et du 78 % de ceux qui étaient membres d'une société de gymnastiq ue ou s portive, ou qui avaient suivi un cours d'instruction milita ire pré"'aratoire. II en est de même pour les clesrrés d 'instruction scolaire en r apport avec l'éduca tion physiq ue et l'aptitude. du service. Les progrès constatés dans l'ensemble des exercices se ma nifestent dans le
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.aut en longueur par une augmentation novenne de 0,03 mètre sur l'année derJ.ière, dans le lever de l'haltère par une mgmentation de 0,22 fois, et dans la :ourse de vitesse par une diminution de 1.24 seconde pour le parcours de la li.stance de 80 mètres. La note 2 pré· lomine dans le saut et la course et la wte 1 dans le lever de l'haltère. La note moyenne totale extraite des rois exercices de la gymnastique est en >rogrès dans tous les territoires de re:rufement. Pour l'ensemble des recrues, ~] le est descendue de 7,350 à 6,974. Les recrues qui ont fait partie de so:iét~ de gymnastique ou sportives, ou JUi ont suivi un cours d'instruction miitaire préparatoire, ont obtenu les meileurs résultats moyens dans le lever de 'haltère et la meilleure note moyenne otale, tandis que ce sont les élèves des. !cotes supérieures qui sont en tête dans e saut et la course. On voit, par la moyenne des résulats attribués à chaque canton, que les ·ecrues de Bâle-Ville sont les mieux )réparées pour l'exercice du saut en ongueur, celles de Schaffhouse pour le .ever de l'haltère et celles de Genève }our la course de vitesse. La proportion des recrues examinées •n pour mille de la population calculée m milieu de 1909 donne par cantons es chiffres suivants : Zurich 5,7 - Berne 8,5 - Lucerne 7,0 - Uri 7,7 - Schwytz 7,2 - Ob· .valq 7,7 - Nidwald 9,2 - Glaris. 7,4 - Zoug 6,9 - Fribourg 8,6 3oleure 8,0 - Bâle-Ville 4,8 - Bâle:::ampagne 7,9 - Schaffhouse 6,2 !\.ppenzell (Rh.-Ext.) 8,1 - Appenzell rR.-Int.) 8,1 - St-Gall 7,4 -Grisons ),5 -- Ar_govie 8,5 - Thurgovie 7 ,5 fessin 5,9 - Vaud 6,8 -. Valais 7,9 - Neuchatel 7,5 - Genève 3,4 - La 3uisse 7,2. Le rang des cantons d'après les no:es moyennes totales est le suivant:
1909 5732 6193 6284 6485 6495 6502 6615 6661 6879 6898 6916 6971 6983 7084 7202 7311 7331 7389 7484 7525 7569 7628 7758 7920 8247 8752
1 2 3 4 5
Bâle-Ville Genève Schaffhouse Zurich Zoug 6 Soleure 7 ·Neuchâtel 8 Glaris 9 Bâle-Campagne 10 Berne 11 Vaud 12 Tessin Suisse (moyenne) 13 FI-ibourg 14 Thurgovie 15 St-Oall 16 Argovie 17 Appenzell (R.-E.) 18 VALAIS 19 Obwald 20 Schwyz 21 Lucerne 22 Nidwald 23 Grisons 24 Uri 25 Appenzell (R.-1.)
1908 5669 6494 7219 6601 6995 6590 7114 7603 7095 7370 7591 7959 7357 7697 7272 7547 7452 7928 8258 6992 7857 8142 7260 8039 8509 8377
Le3 demi-cantons de Bâle-Ville, Obwald, Nidwald et Appenzell R h.-Int. sont les seuls qui n'ont pas progressé en 1909.
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Pour le Valais les résultats généraux sont les suivants, traduits en pour cent des notes bonnes ou faibles: Bonnes notes (1 ou 2) Saut en longueur Lever de l'haltère Course de vitesse
1909 % 45 63 48
1908% 36 58 37
Mau vaises rwtes ( 4 ou 5) Saut en longueur Lever de l'haltère Course de vitesse
1909 % 21 23 23 -0-
1908% 34 26 33
Le recensement de 1910. Le Valais compte aujourd'hui quarante communes de plus de mille âmes
de population, dont vingt-neuf se trouvent dans la partie française du canton. Les voici par ordre: 6519 1 Sion 4304 2 Monthey 3 Bagnes 421 7 4 Sierre 3112 5 Conthey 3098 b Martigny-Ville 2664 2604 7 Brigue 8 N aters 2529 9 Nendaz 2525 10 Savièse 2503 11 Orsières 2237 12 St-Maurice 2210 13 Salvan 2136 2084 14 Oampe] 15 Chamoson 1794 16 Martigny-Bourg 1753 1697 17 Saxon 18 Troistorrents 1668 f665 19 Fully 20 Loèche 1652 21 Steg-Goppenstein 1601 22 Ayent 1580 23 Viège 1401 24 Evolène 1316 25 Vouvry 1309 26 Chalais 1263 21rA$don 1260 27 (Martigny-Combe 1260 29 Hérémence 1250 1215 30 Ferden-Goppenstein 31 Leytron 1193 32 Glis 1191 33 CoUombey-Muraz 1189 34 Rarogne 11 72 35 Lens 1160 36 Isérables 1121 1104 37 Liddes 28 St-Nicolas 1081 39 Vex 1049 1017 40 Ausserberg Les deux localités de Morel e~ Münster sont les seuls chefs-lieux de· district qui ne figurent pas sur cette li:ste. Les chefs-lieux des districts d'Hérens et de Loèche - Vex et Loèche - sont
les seuls à être devancés au point de vue population par d'autres communes de leur district.
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Les résultats du recensement du 1er décembre dernier, par districts, sont les suivants : 1910
Monthey St-Maurice Martigny Entremont Conthey Sion Hérens Sierre Loèche Rarogne Viège Brigue Mœrel Conches Auf!:mentafion
1900
12,745 11,166 7459 7,578 14,610 12,645 9,554 9,399 9,461 8 .928 11,834 10,871 7,516 6,943 14,639 11 ,567 8,262 6,673 7,986 4,071 9,567 7,914 9,440 9,941 2,300 2,538 4,206 4.204 129,579 114,438 15,141
Si le chiffre ci-dessus donné de 129,579 habitants pour 1910 devait être reconnu exact, il ne manquerait au Valais que 421 habitants pour avoir droit à un siège de plus au Conseil national. Quant à la députation des districts au Grand Conseil - toujours en supposant que les résultats ci-dessus ne soient pas modifiés à Berne - elle s'établit comme suit: Monthey St-Maurice Martigny Entremont Con they Sion Hérens Si erre Loèche . Rarogne . Viège
1910
1900
13
11 8 13 9
7
15 10 9 12 8 15 8 8 10
9 Il 7
12 7 4 8
Supplément au JVo 1 de ,f &cole" (1911)
8 9
Brigue Mœrel Conches
2 4 130
10 3 4 116
XX-Y. Voici, d'après les communications lites par les gouvernements cantonaux sous réserve de vérification, la popu.tion par canton: 500,455 Zurich 642,215 Berne 166,782 Lucerne 22,055 Uri 57,824 Schwyz 17,118 Obwald 13,796 Nidwald 33,211 Glaris 28.179 Zoug 139) 99 Fribourg 116,728 Soleure 135,542 Bâle-Villé 76,241 Bâle-Campagne 45,943 Schaffhouse 14,631 Appenzell R-I. 57,723 Appenzell R-E. 301,141 Saint-Gall 118,246 Grisons 229,850 . Argovie Thurgovie 134,056 . 159,555 Tessin 315,428 Vaud Valais 129,579 132,184 Neuchâtel 154,159 Genève 3,741,839 Total
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D'après les résultats du recensement 1910, les villes suisses de plus de ).000 âmes se classent comme suit: ~
Zurich Bâle Genève Berne Lausanne Lucerne Saint-Gall Chaux-de-fonds
1910
1900
188930 135160 125530 85100 64150 39140 37820 37610
150705 109161 104796 64227 46732 29255 33116 35968
Winterthour Bienne Neuchâtel Tablai fribourg Montreux Shafthouse Hérisau Straubenzell Coire Vevey Lugano Rorschach Le Loche Davos Soleure Bellinzone Arbon
25690 23610 23500 22040 20020 18491 18170 15256 15250 14450 14100 13070 12820 12677 11830 11580 10519 10290
22335 22016 20843 12590 15794 13771 15275 13497 8090 11532 9230 9294 9140 12559 8089 10025 4949 5677
Ces 26 villes comptent ensemble à peu près un million d'habitants, c'est-à· dire presque le tiers de la population de la Suisse en 1900.
Bibliographie La , PATRIE SUISSE" conm1·ence sa dixhuitième année, et sa vogue, justement méri· (ée, augmente constamment dans notre pays et parmi ceux de nos confédérés exilés en tous pa ys. Le premier numéro de 1911 commence par les portraits du nouveau président de la Confédéra lion et des nouveaux président et vice-président du Tribunal fédéraL Il contient entre autres articles une intéressante notice sur la restauration de Genève, les réceptions diplomatiques à Berne, etc.
----------···---------LA FIN D'UN ARBRE HISTORIQUE L'orme fameux de Beaumarchais, qui récemment dressait encore sa haute ramure au milieu du quai d'Orsay, à Paris, occupé jadis par la ferme de l'auteur du « Barbier de Séville , et naguère par la maJmfacture des tabacs, vient d'être abattu. On l'a débité en bûches de Noël el il a éclairé maints joyeux réveillons... Pour le vieil arbre à l'ombre duquel Beaumarchais enseigna la musique aux filles de Louis XV et qui avait grandi aux accords de la harpe de Mme Victoire .et de la viole d'a· mour de Mme Adelaïde, c'est, en somme, une jolie fin.
Le Mois de la Sainte Enfance On appelle ainsi la période qui commence à la fête de Noël et se prolonge jusqu'à la Purification; ~11~ s'étend donc si l'on compte la v1gtle de la Nati~itê du 24 décembre au 2 février. Pendant ce temps, c'est le divin Enfant de Bethléem qui doit attirer les regargs des fidèles et recevoir les hommages de la piété chrétienne. C'est ce qu'on nomme la dévotion à la sainte Enfance de Notre-Seigneur. Fondée sur l'Evangile même, cette dévotion a touiours été, sous une forme quelconque, pratiquée dans l'Eglise. Les docteurs et les Pères l'ont recomman· dée, les saints l'ont propagée, les âges de foi l'ont estimée et en ont retiré un profit considérable. C'est afin de mieux comprendre les leçons de la sainte Crèche que saint Jérôme et tant d'autres ont voulu s'établir dans le voisinage de Bethléem . .Plus tard, saint François et saint Bernard, saint Thomas et sainte Thérèse ont parlé de ce culte avec enthousiasme et l'ont regardé comme une source de grâces. Cette dévotion envers la sainte Enfance convient à tous les chrétiens puis~ que c'est pour tous que fut accompli le mystère de la naissance de Jésus-Christ et qu'autour de son berceau on trouve des adorateurs de tout âge, de tout sexe et de toute condition. Mais elle doit être chère surtout aux pères et aux mères qui ont tout intérêt à placer leurs enfants sous la protection de la divine Enfance du Sauveur pour les garantir des dangers de l'avenir, périls souvent plus redoutables que la persécution même d'Hérode contre les saints Innocents. Cette dévotion doit aussi plaire aux enfants. Ne semble-t-i·l pas que ce soit pour les sanctifier et les instruire que le FHs de Dieu a voulu passer par les faiblesses et les douleurs du premier âge?
Par leur nature même les enfants aiment les enfants: comment n'aimeraientiLs pas le plus aimable de tous, PEnfant de Bethléem, celui qui dira plus tard : Laissez venir à moi les petits en· fants? Ainsi, que parents et enfants pratiquent cette dévotion à la suite de Marie et Joseph, des bergers et des Mages, et les meilleures bénédictions ~é.les tes descendront sur les familles chretiennes et contribueront au bonheur de tous ceux qui les composent.
Toujours l'Alcool · =
De M. Georges de Montenach, dans la Liberté: La question de l'alcoolisme est de nouveau au premier plan de l'actualité. Le Sénat français vient de discuter la limitation des cafés, bars et autres établissements publics et le ministère semble décidé à considérer enfin la ré· pression de l' alcoolismé com~e une œ';lvre urgente de défense ~oc1al~ (Pans compte un débit pour tro1s mmsons: la France en compte un pour 80 habitants, soit un pour 30 adultes.) A propos de plusieurs congrès, tous récents, on publie d'inquiétantes statistiques sur les ravages causés en Europe par l'abus des liqueurs fortes. Je renvoie à ces liasses de documents les per· sonnes qui doivent s'intéresser à ce fléau menaçant, dont la marche progressive constitue, pour tous les pays civilisés. le plus grand danger de l'heure présente. Pourvu que cette grande voix des chiffres ne tombe pas, une fois de plus, dans le désert! Si une calamité soudaine faisait la: centième partie du mal que l'alcool produit tous les jours, le monde entier fré· mirait d'anxiété et de douleur. L'alcoolisme fait plus de tort à nos santés gue tous les choléras, les peste::. et les fièvres
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iaunes réunis; il ruine les citoyens plus que tous les impôts et les charges militaires. L'alcoolisme prélève. sur le sa. laire des travailleurs. un tribut qui demeure une des principales causes du malaise social. L'<llltre jour. un sociologue qui n'est rertes oas un réactionnaire M Tnseph Rein.<1ch. nrouvait qu'un milliard et demi de sal.<1ires est emnlové chaque année en France seulement, en rasades inutiles. Combien de maisons ouvrières seraient construites de foyers snlidement fondéS de oefites fortuneS rclifiéeS aVP.C' cet arQ'ent ieté dans un Q"ouffre infernal! Personne ne conteste plus ces faits dé!':::~streux: tous ceux oui réfléchi~sent vnirnt les terribles conséanences de la p::!<:sinn funeste oui tr;nr;Jille nntre soci~~~ er ct>nend;Jnt c'est l'.<1h.::tinent. c'est le temnér::!nt a11i demeurent V::H!Uement charO"és de ridicule et de méoris. nès au'on parle de lé!. lutte contre l'é!lconlisme. on fait sourire et chuchoter : « En voilà un ra<:.eur! » L.<1 auestion de l'<llcoolisme a sa niace honor::~hle dans les con2'rès et les sem::>ines sociales et l'on annlaudit volontif'rs les confrrenciers aui <1vec des proiections terrifi;:~nfes. mnntrent les raV.'lO'eS de l'alcool dans notre on>:anisme. Mais, passata la testa. çra/wto il sr:nto et ces causeries savantes se termtnent sn11\rent. nour les auditeurs. le verre en m<'~in d-'lnS une camaPderie iove11se. PMtout on a peur cl'oser contre 1';:~1co<ll des camo!:!P'nes <iécisives. L::1. lutte qu'on essave contre lui est trnouée comme ces ioutes de forains où Je tombé et le +nmheur sont drsiO"nés cl':w::1nce T e v;:~inaueur. c'est touiours l'alcool. sous toutes ses formes attirantes. Tl faudrAit que tous ceux oui ont des nréonrruo!l+ions soci.qles. fassent de l'extiro;:~tion de l'RlcoDlisme le nrincipal objet de leurs efforts constRnts. . Avec l'alcoolisme, pas de progres ma-
tériel qui ne soit illusoire_ pas de paix sociale. pas de régénération familiale, n2s d'éducation et de relèvement du prolétariat. Ou'on ima!!ine un seul instant la nlaie de l'alcoolismE> fermée et l'nn voit de sui+e une sociHé nouvelle anp-'lraître cle mœ11rs nJus douce<:.. cie .;pn . timents nl11s élevés de oro.::nérité mieux .'lS ' i.::e On vnit le crime oerdre so11 levier: l'immoralité sa source nrinrinale; 1"l noo11vrfté snn 001trvove11r: 1!'1 tuh~'r cul<>se son milieu favnr."lble : l::! fnlie son ::!lliée; la mort. sa faux la mieux aicruisée. L::1. lutte contre l'.::~lcooli.::rne ec;t ROÜnomJbire: il imnor+e nn'ellt> dPviPnne. -"'11 Cf'ntr::tirf onur l:=t fmtle <ies tr--.v!:!ilIPHrc. J, mpqlPttr et le nlus !'tÎr mrwen de lenr ::lffr::tnrhi~·semrnt .::oci::tl On rommPnre ~ le comnrendre dans le r:>mn sodaliste et un cle<; chds sor.iRI\des belrres. M V<>nclervelile s'érrhit d-'lns 1me m!:l nifpst;:~tion rPrP-nte: << D'un nrolPf,qri.::~t drnrirnP n!:lr l'AlcAol_i.::me il nntts est imno~..::ihle d'atte.,dre 1? O'r::~nd tr:w,qil d'orO"anisation oui seul hli nPrmPftr::t de venir à bout de la classe caoitaliste » Un autre révolu+ionnRire anQ'l!:!Î<:. a écrit: " Le O"r-'lnd snir d"i+ ptre -'lVant t · ut cPlui nil les masses se lihèreront du iougoue f::lit Peser sur elles l'alconlismP. cette nieuvre aux cent suçoirs qui les épuise et les tue » l Jn ;111tre aio11tait: « TJne victoire ou nrnlPf,qri.::~t sur le canitalisme Ser."l S::!nS lendemain si elle n'e!':t pa!': como1étée oar une victoire sur l'alcoolisme. » Nos doctrines chrétiennes soci.::~les n';mront de l'influence que si elles !':Ont nortre<: en avant oar la guerre il 1';~1cool 011f'ls aue soi_ent le<:. chrmins aue nous orenions oour améliorer le sort elu neunle ils nous Pmènent tous devant l:-1 cit::!clelle de l';~lcoolisme. Pas de réveil relil!ieux profond et sincère. là où l'amour de la boisson domine les indivi-
patron, avait empo~é che~ lui les effets qu'il devait présenter le JOur swvant. _ , Assis devant la lampe, dans un com de létroite salle à manger de son petit ~ogemen~, Gambert classait les traites et les btllets sutvant l'orme où il ferait sa tournée. Dans l'autre pièce, sa jeune femme endormait leur bébé, un garçonnet de trois ans, un peu souffrant, ce soir-là. . . . Ayant tenniné son travatl, l'employe _ghssa les précieux papiers dans un porte-fe~l!e et déposa Je tout à côté de la sacoche qUI s'emplirait de louis quelques heures plus tard. Puis accoudé sur la table, la tête dans les mai~s, il demeura rêveur, en proie ll une préoccupation obstinée, jusqu'à ce que sa temrne vînt le retrouver. Brune, mince, pâle, elle aurait paru as~ez jolie pouriant si les traits eussent été mo~ns fatigués, le teint plus animé, le front rnoms soucieux. Elle embrassa son mari, puis dit très bas, moyens? f d d'une voix douce, mais inquiète: H y a des moyens éducati s, . es mo_ J'ai peur que bébé ne tombe malade .... yens législatifs, des moyens soe1aux. - II dort? demanda le mari. Mais les cabarets sont co.mme les - Oui, mais mal... il est agité. _ mauvaises lectures: il ne sufht pas ~e - Ne te tourmente pas, ma pehte Berthe, les combattre, il faut les remplacer; 11 ce ne sera rien. d 1 Elle hocha la tête, peu rassurée, s'assit en faut donner aux membres es c asse~ face de lui, et, de nouveau, tous deux demeu: ouvrières et moyennes, à tous ceux qm rèrent muets, en proie aux pensées tenaces qut n'ont pas de salons et-ne V?nt pas pren-~les étreignaient. . . dre un thé élégant entre cmq et Slx, la Enfin, après avoir longtemps héslfé, Pterre possibilité de satisfaire l'instinct légi~ime , parla. _ de sociabilité, le besoin de conversations - Ecoute, dit-il, nous partirons demam et de relations, de récréations et de dé- soir. d · - Demain? balbutia Berihe. Déjà? tente. Multiplions les salles e réumons, _ Oui, j'ai obtenu mon congé. Huit jours, les cercles de lecture populaires, les inutile de perdre du temps. Nous sommes tous « tea room » démocratiques; mais banfatigués; nous avons besoin de repos; le voyanissons l'alcool de toutes ces institutions. ge fera du bien au petit. Comme la journée Réd. - A cette occasion recommandons ici est chargée, demain, je ne viendrai pas déjeul'ouvrage • Manuel de Tempérance •, par Ju- ner· tu feras la malle et tu te rendras directeles Denis. me~t à la gare du Nord. Je t'y rejoindrai. li Y a un train à huit heures. Il parlait par phrases, brèves, hachées. Berthe demanda, un peu surprise: L'argent maudit - Où allons-nous? - Je ne sais pas... J'ai bien envie de voir la Belgique, tu prépareras tout, n'est-ce pas? C'était veille d'échéance. Le lendemain, la Et surtout sois exacte. banque Rousseleau, qui commençait à prosEUe allait répondre. Mais l'enfant s'éveilpérer, allait e!fectuer un fort enca1ssement. lait· elle courufle câliner pour le rendormir. Pierre Gambert, modeste employé de cette Gamber! passa aussi dans la chambre, mais maison, chargé aux dates commer~iales de fai- il ne dormit pas, cette nuit-là. re la recette et gratifié de la conhance de son Durant de longues heures, le projet cri-
dus. Pas de progrès économiques qui ne ' 1 soient arrêtés par 1e rempart .d e l ~ coolisme. Pas d'organisation soclale seneuse avec des gens livrés à l'alcool. Tant que l'alcoolisme progres~e tout re~ule de ce qui est beau, bon, JUSte et . vrm. On parle beaucoup d'inondahons en Ce moment-ci, mais toute cette e_au. m~l~ --ï faisante n'est qu'une plaisantene a co e de la vague d'alcool qui monte des. c~ves au cerveau et au cœur de nos generations. Et maintenant ne disons pas: Nos . Vol sins sont plus atteints que nous; L mais guérissons-nous nous-memes. e mal est partout, il frappe toutes les classes, tous les milieux. 11 faut lutter, soit; mais par quels A
4 mine! qu~il avait conçu lui tint les paupières ouvertes et le cerveau en feu. Scrupuleusement honnête jusqu'alors, Pierre allait commettre un acte défendu par les lois divines et hwnaines, un acte que le code punit de prison; il allait se rendre infâme en volant. Longtemps, il avait résisté à la t~ntation que lui donnaient le froissement des billets de banque entre ses doiiis, et le tintement de l'or dans sa sacoche. Mais, à la longue, le désir s'était accru; l'envie devenait trop forte. Intelligent, instruit, Ga~be~t. n~ po~vait se résigner à la situation qut lut eta1t fa1te .. Issu . une famille bourieoise pauvre, le Jeune homme avait contracté, quelques années auparavant un mariage d'~mour ave~ un~ or· pheline sans dot. Celle-ct supportait va1llam· ment la situation médiocre. Le ménage, très uni, avait accueilli avec joie la naissance d'un bébé. Pierre adorait sa femme et son enfant. Et c'était surtout pour eux qu'il souffrait de n'être qu'un pauvre petit employé à dix· huit cents francs, obligé de faire plusieurs fois par mois les encaissements. Garçon de recette! Il trouvait cela humi· liant, parce qu'il pouvait accomplir une besogne plus inlellectuelle et y gagner davantage. Mais non! il lui fallait stagner, dans l'ornière, vieillir sans l'espoir de se tirer d'affaire. Tout cela faute du hasard sauveur! C'était sa vie! Pie~e avait ainsi des alternatives de tristesse profonde et de révolte. Il voyait sa femme, épuisée par la fatigue du ménage et la mate.rnité, s'anémier dans ce petit logement élrot!, sans air ni soleil, étouffé au centre d'un quar· tier populeux et malsain. Il voyait son enfant dépérir, exposé par l'atmosphère viciée à tous les genres de maladies infantiles. Avec de l'argent, puisque la situation ne venait pas, il obtiendrait le salut des êtres chers. Plusieurs fois déjà, en eHectuant de grosses recettes Gambert avait hésité. Mais les som· mes n'étaient pas assez fortes pour ternir son honnêteté au point d'en triompher. Cette fois, il y avait une rentrée particuliè· re, pour le compte personnel de M. Rousseleau. L'occasion était unique. Pierre allait raJ.>porter près de soixante mille francs! Il capitu· la... Le jour de l'échéance fut une journée de fièvre pour lui. Il ne vécut pas. Ce fut un être inconscient qui accomplit les encaissements,
une machine automatique qui ramassa l'or. A l'heure dite, Pierre arrivait à la gare du Nord en proie à un tremblement nerveux pro· pre à le faire remarquer. Mais dans la ~ohue des voyageurs qui se ruaient vers les gmchets et les quais de départ, Gambert disparut, vague du flot humain. . . Par un effort violent, il tâcha de se ressa1s1r et d'un regard aigu, il fouilla la grande salle, cherchant sa femme. li ne la vit pas. D'un pas nerveux, il parcourut le rectangle, revint sur ses pas retourna, s'affolant de ne pas la trouver. U~e terreur le secouait; la colère, le désespoir, l'e!iroi bouillonnaient dans son cerveau. Il alla jusqu'aux voies, revint aux por· tes, sortit, rentra.... Toujours rien. .11 regar~a l'heure: dans une minute le tram partatt. Alors, il eut envie de crier, d'appeler Berthe; sa gorge serrée ne laissa échapper aucun son. Il courut une dernière fois jusqu'au quai. Il vit enlever la plaque indiquant l'heure du départ et il regarda le train se mettre en marche. Ces wagons qui roulaient lourdement sur les rails, fuyant loin de lui au lieu de l'em· porter, il lui sembla qu'ils passaient sur son cœur et le broyaient. Pourtant, ensuite, il se sentit calme, comme délivré d'une partie du cauchemar qui le hantait. Il ne pensait plus qu'à sa femme et à son fils. Pourquoi n'étaient-ils pas venus? Que s'était-il passé chez lui? Les jambes molles, il sortit de la iare et, d'un pas fatigué mais brusque, il regagna son domicile. Sur le palier, après les étages rapidement gravis, il aperçut la porte de son loiement ouverte et il devina un malheur. Dans la chambre à coucher, près du lit du bébé, Berthe se tenait debout, raidie, et, pen· chée vers l'enfant, un homme, le médecin, disputa à la mort la frêle existence. D'un bond, la jeune femme fut dans les bras de son mari, jetant un seul cri, terrible: -Le croup! Le médecin était parti laissant un vague espoir: il se prononcerait le lendemain .... Dans sa couchette, le bébé reposait, plus calme; Berthe pleurait; Pierre se sentait étreint par un remord torturant. Il voyait devant lui le châtiment de sa faute. Le crime qu'il avait voulu commettre, c'était son enfant qui l'expiait, et la mère, - et lui aussi, du reste.
Dieu le punissait, et l'avertissait en même temps, puisque le mal était en~ore ~ép:rrabl:· Oh! cet argent maudit, comme 11 allatt sen d~ barrasser, le remettre fidèlement le lendemam à la banque Rousseleau! . . Et il reprendrait le labeur quohd1en et ingrat, la tâch~ obsc~r~, la ?esog~e ~uelcon que, jusqu'au JOUr ou 1~ obt_1endra1t 1av~ce ment promis... Guéri à 1_ama1s de la tent~tion mauvaise, il lui importatt peu d'accomplir le devoir pénible, pourvu que son enfant ne mou· rût pas! ... Berthe prosternée, priait au chevet du petit lit; Gambert alla s'agenouiller près d'elle. Au ~ti~, ii dut pa.rtir. av;nt l~ r~to~ d~ médecin. Il ne voulait pas arriver en retard à la banque. Ne pouvait-on pas le soupçonner déjà? Ce qui le tranquillisait, c'était ql!'avec une tournée aussi chargée, on comprenat! .qu' il lui avait été impossible de rentrer la vetlle. L'employé ne reçut pas de reproche, en effet. Une fois ses comptes rendus, M. Rousse· leau l'autodsa mi!me à rentrer chez lui voir son fils. Gambert tJ ouva sa femme rose et souriante. Le docteur venait de sortir après avoir prononcé la bonne parole. le bébé était sauvé. Gambert l'embrassa, puis Berthe.... et, l'â· me délivrée, il trouva la vie meilleure.
L'Enfant en Prière Parmi tous les spectacles que peut oifrir le genre humain, en est-il un plus aimable, plus doux, plus touchant que l'enf_ant en pri~ res? Sa mère l'a mis à genoux aans son gt· ron, le tient embrassé et joint ses petites mains sous les siennes. Elle lui fait redire une à une les paroles de la courte oraison - s'il est tout petit quelques mots seulement, par exemple, le cri naïf: • Mon Dieu, je vous donne mon cœur! • et, s'il est un peu plus grand, l'admirable texte du • Notre Père • ou le délicieux appel • Je vous salue Marie!,. Si c'est le matin, l'enfant lève les yeux vers l'azur du ciel, et ces deux puretés se conten1r plent. Est-ce le soir, près de la lampe voilée, dans la chambre tiède et calme? Alors il sem• ble que, dans l'ombre derrière la blancheur des rideaux un ange se tient immobile et l'as·
siste, pour aller en témoign~r dans le Para• dis à cet adorable acte de fm. Sans doute l'enfant ne comprend pas encore les mots sa~és qu'il prononce, mais il sait que sa mère est heureuse de. les lu~ en!endre répéter; il la regarde et la vot! sounre, 11 sent qu'elle l'enveloppe d'une étr~mte plu_s caressante, et près de ce cœur qut bat, p~es de ce sein qui palpite; dans cette atmosphere, dan.s ce foyer d'amour et de piété, un instinct reh· gieux s'éveille en lui. Quant à l'heureuse mère c'est l'instant le meilleur de sa vie que ce· lui où elle présente au bon Dieu son enfant demi-nu joignant les mains et &entiment agenouillé dans sa petite chemise. Quelle douceur! Elle prie avec lui, pour lui et par luit le sentiment de crainte respectueuse que nous inspire parfois la grandeur de la Divinité elle ne l'éprouve pas, à pré~ent. Elle ~st pleine de confiance. Elle est certame que Dteu exaucera les vœux que lui adresse une bouche si pure; elle ne doute pas que Celui qui est la Force infinie et la Science absolue, ne soit touché par tant d'innocence et de faiblesse. Et puis, il y a une Mère là·haut, la Sainte-Vierge qui est la source de toutes les grâces et qui saura bien soutenir ce que lui demande une autre mère par la voix balbutiante de son enfant. Oui, vous êtes agréables à Dieu et \'ous prenez un sublime essor vers sa gloire, prières de tous les chrétiens! Hymnes liturgiques chantés par les prêtres, cantiques en toutes langues lancés à pleine voix par l'assemblée des fidèles, harmonieux orages des grandes orgues qui faites tressaillir la nef des cathédrales, chœurs des pèlerins en marche vers quelque sanctuaire qui éveillez les échos des montagnes, pieux sanglots des affligés auprès des tombeaux, plaintes douloureuses des âmes repenties, paroles enflammées de la religion et du moine en extase dans sa cellule, oui, vous montez jusqu'au trône du Tout-Puissant! .Mais avant tout, il est le Père; et, dans l'immense, dans l'éternelle rumeur des voix qui le louent et le confessent, il écoute aussi très tendrement, j'en suis sûr les candides et pres· que inconscientes prières des petits enfants pareilles à un confus ramage d'oiseaux! François COPPEE.
L'Optimisme de l'Oncle An On était à l'époque de la moisson. Nous sui\•ons, avec l'oncle André, un sentier her·
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bu qui serpentait entre des champs de blé. où_elle soit à l'abri de l'industrie. Et vous tous A droite, les épis fauves des froments s'incli- pemtres, qui étiez aussi et avant tout poètes, naient sous 1~ poids d~s grains mûrs. A gan- Ruysdael et Hobbema Corot et Millet nul ch~, les avomes étalaient à l'infini le jaune b~entôt ne daigne~a ;narcher sur vos ' pas. cl~tr de leu.rs gracieuses clochettes. Et parL ho~e de demam n'apprendra du dessin fOis une bnse soulevait les vagues de cette que J_uste ce qu'il faut pour le croquis d'une mer dorée. Un murmure prolongé un bruisse- machme et n'emploiera le mètre poétique que ment soyeux, arrivait à nos oreill~s. Et c'était pour célébrer les vertus d'une batteuse à vacomme la voix de la nature parlant à l'homme peur! • dans œtte langue mystérieuse que seuls les Nous .écoutions en silence ces propos d~ poètes et les penseurs comprennent. senchantes. Certes, nous en sentions bien l'ou~Ile semblait lui dire, cette voix: • Sans trance. _Mais _co!""ment ~ontester les ravage~ mot. tu ne peux rien. Sans moi tu n'es rien. de cet md~s~nahsme qm, après avoir banaliL~ JOUr où s'éteindrait le soleil et où cesse~é et enlaJdJ villes et bourgs s'acharne auratent les pluies bienfaisantes, tu serais con- Jourd'hui à dépoétiser les campagnes? da~é à mourir. Tu peux remuer la terre et L'oncle André ne disait mot. Avait-il enconfier la _graine ~u sillon. Mais tu es incapa· ten~u les p~roles de notre ami? Ses yeux sembi~ de fatre. sorhr le moindre brin d'herbe. ~latent se hxer, sur. u~ point de l'espace. Son D1eu. a pennts _que je t'encercle de toutes parts ame, comme d ordma:re, affleurait à ses lè· que Je t~ domme et que tu sois à ma merd vr_es, en un sourire. Soudain une allouette se Reconnats donc ta petitesse et incline toi. » nut a chanter, très haut sans doute car nous Des réflexions semblables occupaient sans ne _la djstin~ions pas. Mais l'on~le André doute l'oncle André, car il se taisait depuis avait du su1vre du regard son ascension. quelques _instants, les regards perdus dans le • Ecoutez,. ~'écria:t-il, voilà la réponse de la vaste honzon. Le soleil descendait les degrés na~ure, vo~la la rep~nse de Dieu. Tous les déd'a~ur du ciel. L'or de ses rayons se mêlait gou~s de lhomme v1ennent de ce qu'il n'a pas à 1_ or ?es blés, et sa gloire rutilait sur la :mfhsam~ent co~science de sa propre durée, plame Immense. de c~ qu ~1 ne sa1t voir les choses sous l'angle Un gron~ement de machine commençait à de l'etermté. Le matérialisme est une doctrine nous parven_1r.. Au bout d'une petite colline où ~e ra~ettssement et de mort. Seul le spirituahsme elargit et prolonge la vie. Seul il arrache nous condmsatt une pente presque insensible nous aperçûmes une faucheuse qui abattait l'homme à l~éphémérité de ce qui passe pour brutalement des rangs d'épis. Plus loin une le rattacher a la pérennité de ce qui demeure « Reg~dez l'alouette. Elle monte plus haut batteuse à vapeu~ s'activait. Dans son foyer, dont l;t porte était ouverte, éclatait le rouge que les tgnobles halls de l'industrie moderne des ch~bons, et de sa courte cheminée s'é· pl~s haut que les terrils de houillères et le~ noires cheminées des fabriques plus haut que chappa1t une opaque fumée. toutes les laideurs de la terr~. Elle s'élance ~t l'un de nous s'épandit en considérations vers le grand ciel bleu que nulle tache ne dé· a_meres: • Qu'est devenu, dit-il, le geste hiéra- pare,. vers le clair soleil qu'aucune souillure hque, du semeur sur . les champs embrumés n:attemt, v~rs l'ineffable idéal que rien ne voile par 1automne? Une htdeuse machine le rem· Ill ne lerm t. Insoucieuse de toutes les fanges place. Adieu le musical dialogue des fléaux elle chante_ son hymne d'amour extatique. ' S?nnan_t sur l'aire des granges! La batteuse '' I?e. meme l'homme qui voudra chercher VIent jusque ~ans les champs, dresser sa ~a poesie la trouvera toujours. Si enfoncé soitmo~strueuse Silhouette. Adieu les vaillants JI dans les pr?s~ïques labeurs, si hideux soit motssonneurs. tan~ aimés des peintres et le le quarher ou 1.1 habite et si dégradés ses ry~me de l'eblouissante faucille! Cette arai· c_ompa~nons d'existence, dès qu'il ouvre la pegnee, la . faucheuse, promène en l'or des blés ftte fenetre que toute âme a sur l'idea' l 1 , · . 't , , a poeses hornbles pattes. Sie pene re a flots dans sa vie. Car elle est • Et on nous parie de progrès. Une seule partout au~our de nous, cette poésie, et pour cho~e progresse; la laideur. Elle envahit tout que nous 1ayons en nous, il suffit de la laissomlle t?ut, gâte tout, laisse partout ses tra~ ser entrer. ces d~ VIsqueuse limace. Ah! ils font bien de «Vous pensez que la main de l'homme démo_u:tr !es poè~es., Leur temps est fini . La f!?re de_ plus en plus l'œuvre de Dieu, que poes1e n aura btentot plus de coin au monde lmdustne est fatale à la beauté, qu'elle bar-
bouille de sa suie le radieux visage de la na· ture. Soit. Mais qui donc a mis à votre portée ces contrées magnifiques dont vos ancêtres n'avaient même aucune idée? Qui donc a créé cette facilité et cette rapidité des commu· nications aui permet à un nombre sans cesse croicsart de p-oûter les beauiés de la terre? (.)ni ~inon l'ind ustrie? A auoi travaillent nos n~inPs si p•~ à hbriauer ces Pils. ces loco· moiivP<; ces h•teoux ce" automobiles oui nous font rlPvorer l'ecooce? A auoi no<; ch•rbonnaP"P" si """ ~ fcll!rnir à no" modernes cour~iPr~ h hrmille Cfonf ilS ~'aJimenfenf? • D'•illP!tr~ ces l ~ineur" de l'indudrie modPr"'e sont-r11Ps in~ltJrbhles? Avons none confionre n:>n~ Je rrénie (fp la science. n~ià h vapeur, cette reine du XIXe siècle, si féconde en progrès, mais aussi en hideurs, se sent menacée. Sa jeune rivale. l'électricité, est-là, prête à la remplacer, partout, l'électricité qui déjà remorque presque tous nos tramways, qui demain fera marcher nos express, nos bateaux. nos usines. nos ateliers. • Cette électricité, on l'obtient encore g-énéralement par l'intermédiaire de la machine à vapeur. Mais les spécialistes du monde entier ne s'acharnent-ils pas aujourd'hui à résoudre le problème de sa production directe. de la transFormation immédiate de la chaleur en énerg-ie? Et puis, n'est-ce pas aux forces hy· drauliques qu'on la demandera de plus en plus. à la houille blanche des glaciers et à la houille verte des fleuves? Ne ·prévoit-on pas déjà Je moment oi:t on métamorphosera en énerg-ie électrique les forces colossales déployées dans leurs cataractes par des fleuves comme le Nil, le Zambèse, le Congo, où le courant venu de l'Afrique centrale fera mouvoir nos trains et éclairera nos villes? Et tes vents et les mers ne sont-ils pas d'autres forces à notre portée et qu'on utilisera un iour.? L'heure approche sans doute où ce Neptune et cet Eole gue Virgile mettait aux prises dans son • Enéide », cesseront d'être des dieux capricieux et va~rabonds. mais où. complètement domestiqués, ils travailleront plus dociles que le cheval au service de l'homme. • L'électricité n'est encore qu'à son début. Elle ne réalise peut-être pas aujoLtrd'hui le centième de ce qu'elle nous réserve. Et voici que s'annonce déjà le nouveau géant destiné à la_ supplanter: ce radi um découvert par les r"ne. ou plutôt cette radio-activité de la ma· fière prouvée aujourd'hui par les travaux de Le Bon. Et quand les savants seront parvenus à libérer les forces latentes des corps, à s'ap-
proprier l'énergie infra-atomique, l'homme aura en son pouvoir un tel agent de chaleur, de lumière et de mouvement, qu'il pourra laisser dormir la houille dans les entrailles de la terre. • La voix de l'oncle André devenait chaude d'éloquence, ses yeux brillaient d'enthousiasme. Et il était beau de voir cet homme, si âgé déjà, mais que la solidarité des générations humaines émouvait si noblement, évoquer ainsi les grandioses perspectives d'un avenir dont il ne pouvait espérer être témoin.
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Variétés UNE VOIE FERREE COMME ON EN VOIT PEU de M. Max de Nansouty. dans les ,.Annales" : C'est au Mexique qu'il faut aller pour savoir ce que c'est qu'une voie ferrée, tout à la fois simple et de grand luxe. Nous ne voulons pas parler du réseau Mexican-Etat, mais de la section spéciale Mexican-Oulf. Les rails sont posés sur des traverses en acajou et les ponts sont contruits en marbre blanc. Evidemment, tout cela n'est pas verni, ni poli, mais enfin, la qualité y est. Sur une ligne secondaire, qui sert d'affluent à la ligne en acajou, les traverses sont en bois d'ébène, et, dans le ballast, on trouve du min~rai d'argent provenant des déblais d'ancien· nes exploitations minières situées aux environs de la ligne et qui ont été, après abandon pour richesse insuffisante, transformées en ballastières. L'ingénieur qui nous donne ces renseignements ne nous dit pas si l'on est bien dans les wagons. N'est-ce pas une question secondaire, lorsque l'on circule sur des traverses dont tant de petits ménages se contenteraient comme mobilier, bourrées avec du ballast en argent, qu'ils seraieut tentés de porter à la Caisse d'épargne? PARCOURS MOYEN ANNUEL DES LOCOMOTIVES. Combien les laborieuses locomotives parcourent-elles de kilomètres par an, en moyenne, dans les différents pays? Aux Etats-Unis (sauf erreur ou omission), une locomotive digne de ce nom parcourt an· nuellement 36,358 kilomètres ; dans la Nouvelle-Galles du Sud, 32,781 kilomètres; en An·
Supplément gratuit 8 gleterre, 27,031 kilomètres; en France, 24,339 kilomètres; en Italie, 24,339 kilomètres; en Belgique, 20,469 kilomètres; en Allemagne, 19,110 kilomètres; en Autriche, 19,064 kilomètres. Cela représente pas mal de coups de piston et de tours de roues, et il n'est pas douteux que cela fatigue beaucoup les locomotives. On ne les ménage pas, d'ailleurs, par prmcipe. Il est admis, d'une façon générale qu'il convient d'en tirer le plus possible de besogne au cours de leur existence mécanique. Des systèmes plus perfectionnés dans leurs détails succèdent constamment, en effet, aux anciens systèmes; on fait de nouvelles séries de locomotives, des • éditions •, et l'on serait bien embarrassé par les vieux mécanismes ne donnant ni la puissance, ni la vitesse qu'exigent d'incessants progrès. Au début des voies ferrées, on connut quelques locomotives qui durèrent longtemps; elles étaient comme le célèbre couteau de jeannot, qui avait usé deux manc~s et trois lames; tous leurs organes avaient été respectivement renouvelés. Maintenant, on ne laisse plus vieillir les locomotives, tout au moins en service actif; elles sont soumises à l'impitoyable règle industrielle du renouvellement et de l'amortissement.
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LA VILLE AU TELEPHONE. C'est de New-York qu'il s'agit. L'emploi du téléphone, grâce à une organisation judicieuse, y a pris un développement dont, en Suisse, nous ne pouvons nous faire aucune idée. Il y a 30 ans, l'annuaire des abonnés au téléphone de la ville de New-York ne comptait que 252 noms; aujourd'hui, le même annuaire se compose de 800 pages à impression compacte. VoilA 30 ans, la même ville ne possédait qu'un seul bureau central; elle en a aujourd'hui 85 dans lesquels travaillent 5000 dames téléphonistes. Un seul immeuble, le Hudson Terminal Builling, comporte plus d'abonnés que la Grèce et la Bulgarie ensemble. L'immense réseau téléphonique de New-York ne connatt pas Je silence. C'est entre 3 et 4 heures du matin qu'il est le moins bruyant; à ce moment, il n'est demandé que 10 communications par minute. Entre 5 et 6 heures du matin déjà 2000 New-Yorkais utilisent le téléphone. Une demi-heure plus tard, le nombre des correspondances se trouve doublé. Entre 7 à 8 h. du matin 25,000 individus troublent le premier déjeuner de 25,000 autres personnes. A 8 h. et demie du matin, le chiffre des appels passe à 50,000; entre 10 et 11 h. du matin, les de-
à l'ÉCOLE PRIMAIRE, SION
Janvier 191t
LE mandes de communication passent au chiffre de 150 000. C'est entre 11 h. et midi que les correspondances téléphoniques atteignent leur maximum d"intensité; on en compte alors 180,000. SIGNATURE ORIGINALE. quand il ne sait écrire son nom, si~rne g-énéralement d'une croix, ou plus simplement ne signe pas du tout. En Amérique, on a, - naturellement, - trouvé mieux. Le trésorier de la cité de Millwankee, en pré~ence du grand nombre de travailleurs de la ville qui, le jour de la paie, ne pouvaient signer leur reçu et compliquaient de ce fait la comptabilité, a mis en pratique un système ingénieux, inspir~ des méthodes de M. Bertillon. A chaque ouvrier, le trésorier délivre une carte spécialement préparée, sur l'une des faces de laquelle il doit appliquer l'empreinte de son pouce. Le jour de la paie, l'ouvrier, en recevant son argent, applique son pouce sur l'autre face de la carte, et les deux empreintes, soigneusement comparées, permettent de s'assurer de son identité; par cette simple opération, il signe en même temps le meilleur des reçus. Cet ingénieux système a, paraît-il, des résultats excellents. Un
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Foyer et les Champs 000000
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LE NOMBRE 1089 On ne parle plus que du nombre 1089. C'est un curieux cas de calcul. Voici: Prenez un nombre de trois chiffres dont le premier et le dernier ne soient pas identiques. Retournez ce nombre. Déduisez le plus petit des deux nombres du plus grand. Additionnez le reste avec ce même reste retourné; vous aurez invariablement 1089. Exemple: 100. Retournez: vous avez 001; retranchez, vous avez 099; retournez, soit 990. Or, 990 099 1089. Cette particularité ne s'observe que si vous tenez compte du O. Il faut donc écrire, pour la différence entre Je nombre choisi et le nombre retourné, 099 et non pas seulement 99. Prenons un autre nombre: 812, par exemple. Retournons-le, nous avons 218, 812 - 218 594. Retournons encore ce •'!it~~~·,!-Ailsi!!'!l! dernier et ajoutons ces deux nombres, 594 495 = 1089, et ainsi de suite.
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• Le marchand de fourrage. - Hé! soldat! ce foin n'est pas pour votre colonel? Le soldat. - Faites excuse, m'sieu .... pour son cheval.
Voyag~s, Éducatton, Polit~ss~, Écononu~ dom~stiqu~, Hygiène, Méd~cin~, Cuisin~, R~cettes, Procédés, Travaux féminins,
Variétés,
~tc.
RÉDACTION:
Pnb!icalion• recommandées:
Il. J .-H. DINS, Bttanyer-lt-Lu
.LI Slllu Raur' - .La lam Ptpallùt''
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LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS
Le matin
-- Vois, ajouta le vieillard, quelles richesses Dieu te donne, et cependant tu t<' plains.
Quel que soil not1·e âge, nous éprouvons, au début de la mati née, les émoUons de la jeunesse. Les bonnes lectures Il est üupossihlc d'exagérer la valeur moi-ale du matin, commencement qui esl un reconnnencement, fleur merveilJ..a lecture n 'est vraiment profitable leuse dont l'épanouissement évoque en que si l'on comprend bien ce qu'on lit. notre âme les pressentiments sacrés de Pour comprendre, ll faut lire lentement la résunection bienheureuse. r:t -par conséquent lire peu. A quoi sert de dévore1· un volume Respectons le début de la journée! Apprenons à l'utiHser! Depu_is quelqu~s 1 eu une heure si l'on n 'a rien retenu? années, des milliers d'étudiants chre- 1 Mieux vaut ne lire que 2 pages et en tiens, sur toute la surface du globe, ont j garder le souvenir. L~s yeux ont vu pris l'engagement solennel de ~e re- des signes sur le papier, la bouche ~ cueillir devant Dieu, dès le matm, au murmuré des mots, et c'est tout; m lieu de se jeter à l'étourdie sur le jour- l'esprit ni le cœur n'ont pris part à nal quotidien, comme les mouche~ su_r cette opération machinale. Or, une paun appât. La première heure qui ~mt reille pratique n 'aboutit pas seulement le sommeil de la nuit est un sanctuaue; à une lecture détestable, elle a d'autres il y faut pénétrer dans un esprit d'ado- conséquences encore plus fâcheuses. W . M. L"enfant habitué à lire sans penser ration . est conduit à étudier de mémoire sans . . --~-comprendre, à écouter sans entendre, à regarder sans voir. ... e. L'homme mécontent de son sort Un écdvain s'est plu à écrire des fables en prose, dans le genre de celle que nous offrons à nos lectrices. Un homme mécontent de son sort, se plaignait de Dieu : cLe Bon Dieu, disait-il envoie aux autres hommes les richesses et à moi, il ne donne rien. Comment puis-je débuter dans la vie, ne possédant rien?» Un vieillard entendit ces paroles et lui dit : «Es-tu aussi pauvre que tu crois?» n prit alors la main droit~ de l'homme et lui demanda: «Voudrais-tu te laisser couper cette main pour mille roubles?• - Non je ne le voudrais certes pas. - Et la main gauche?- Celle-là non plus. -· Consentirais-tu à devenir aveugle pour dix mille 1·oubles? - Que Dieu m'en préserve! Je ne voudrais pas donner un œil pour la nlm:: f(wte somme.
Menaces contre les violateurs du jour du Seigneur, châtiments qui les attendent cAycz soin de garder le Sabbat, dit le Seianeur car c'est nn signe entre b ' • moi et vous dans la suite de vos generations afin que \'OUS sachiez que je suis le' Seigneur qui vous sanctifie. Observez mon Sabbat et qu'il soit sacré· celui qui le violera sera puni de mort ; si quelqu' un travaille ce jour-là il sera retranché du milieu de mon peuple. Vous travaillerez les six autres jours; mais le septième est_ le Sabbat ~t le repos consacré au Smgneu~: qm~ conque fera quelque ouvrage ce JOUr-la. mourra.• (Exode, XXX.) •Gardez mes jours de Sabbat et h-embiez deYant mon sanctuaire... Si vons méprisez mes lois, je vous accabh:r'-'-' #'
de plusieurs grands maux à la fois: la stérilité, la famine, la guerre et leurs funestes suites sont les fléaux dont je punirai vos infidéités. Je briserai la dureté de votre orgueil et ferai que le ciel soH pour vous comme de fer et la terre comme d'airain.» (Lévit., XXVI.) Ces terribles menaces, le Seigneur les a exécutées à travers les siècles, et dans l'ancienne loi, et dans la loi nouvelle. Voici ce que nous lisons au livre des Nombl'es: •Or, il arriva que les f'nfants d'Israël étant au désert, trouvèrent un homme qui amassait du bois le jour du Sabbat. Ils l'amenèrent à Moïse et à Aaron, et à toute l'assemhlée. On le mit en prison car on ne savait ce qu'on devait en faire. Alors le Seigneur dit à Moïse: Que cet homme meure de mort, que toute l'assemblée le lapide hors du camp. Et quand ils l'eurent fait sortir, ils le tuèrent à coups de pierres, et il mourut comme le Seigneur l'avait commandé.» (Nombres, XV.) Ouvrons maintenant le second livre d'Esdras. l' n jour de Sabbat, Néhémie rempli J e l'esprit et de la crainte de Dieu, vit les .Juifs qui conduisaient à Jérusalem des gerbes, du vin, des raisins, et qui faisaient aussi des marehés. Il les avertit que ce jour n'était pas fait pour des ventes et qu'ils devaient s'en abstenir. TI représenta avec énergie aux magistrats de cette ville l'odieux d'une pareille conduite. cEstce ainsi, disait-il, que vous osez profaner le Sabbat? Avez-vous oublié que c'est par de semblables prévarications que nos pères ont attiré sur nous les châtiments terribles dont nous punit la justice divine? Voulez-vous donc aggraver nos maux, en les imitant dans la profanation des saints jours?» Pour arrêter ce désordre, il ordonna qu'on fermât les portes de la ville dès le soir de la veille du Sabbat, et qu'on ne les ouvrît que lorsque le jour du Seigneur serait passé. n confia la garde de ces portes à des gens, avec
ordre de ne laisser entrer a ucun chargement, de manière que les ma rchands qui se présentaient étaient obligés derester dehors pendant toute la nuit avec leurs marchandises. IorRque Néhémie les aperçut, il leul' ordonna de se retirer de suite, les menaçant de les faire sévèrement punir, s'il leur arrivait encore de revenir ainsi le jour du Sabbat. lls obéirent et on ne les vit plus reparaître. (Esdras, XIII.) L'impie Nicanor, général de l'armée de Démétrius, roi de Syrie, ayant appl'is que Judas Macchabée était sur les terres de Samarie, rPsolut de l'attaquer avec. toutes ses forces le jour du Sabbat. Et comme les .Juifs qui se voyaient contraints de le suivre lui disaient: •Rendez honneur à la sainteté de ce jour, et respectez Celui qui voit toutes choses!• cY a-t-i1 donc dans Je ciel, répondit-i1, un Dieu puissant qui ait commandé de célébrer le jour du Sabbat?» Les Juifs lui dirent: «C'est le Dieu vivant et le puissant maître du Ciel, qui a commandE> qu'on honore le septième jour.» cJe suis moi-même puisshnt sur la terre, répliqua Nicanor, et je vous commande de prendre les armes pour obéir à l'ordre du roi.» Lf.l combat s'engagea, Nicanor fut . tué, 30,000 hommes de son armée fu1 rent taillés en pièces, Judas M:acchabée fit trancher la tête de ce blasphémateur; on attacha sa main droite à la muraille; sa langue fut coupée en petits morc.eaux et donnée en pâture aux oiseatlX rlu ciel.
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Trop souvent le bonheur fait <les égolslel;. La résignation est peut-être If' courage le plus rare. Comme lea: berceaux. les tombes ont le ur· poésie. La pauvreté est une rude in~titutrice. J'aime mit'UX souffrir df' l'injnslice que de 1 la commettre. --<><X>-
LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS
sen:tNeEs gaz sous l'influence de la chaleur. lls savaient que l'ah devient plus léger à. mesure qu'il s'échauffe et que, pa!' conséquent, il a une tendance à montér. Le spectacle auquel Hs venaient d'assister fut pour eux un trait de lumière Puisque l'air chaud «montait» et enlevait une jupe, il pourrait aussi bien enlever un appareil spédalement construit. lls firent donc un globe en taffetas très léger auquel était suspendue une petite nacelle contenant un récipient où brûlait de la paille. Ce globe de taffetas est devenu célèbre dans l'histojre des sciences, sous le nom de montgolfière. Ce fut le premier aérostat que les hommes virent s'élever dans les airs. Cette e:x.pédence eut un succès retentissant. Un physicien, Charles, observa alors que l'air ordinaire se refroidissait trop vite pour permettre un long voyage à la mongolfière. remplaça l'air par le gaz hydrogène et ferma la montgolfière par une soupape. ll installa une nacelle capable de prendre des voyageurs, la xeroplit de lest que l'on devait jeter ou conserver selon que l'on voulait modérer ou hâter rascension. Cet appareil qui eut, dès cet instant, le nom de ballon, enleva dans son panier un mouton, un coq et un canard. Quelques jours après, PHatre de Rozier eut le cout·age de monter à son tour dans la nacelle: il fut le premier homme qui s'enleva dans les aüs, le 21 novemhre 1783.
La Montgolfière Les plus gtalltles inventions ::;ont fréquemment dues au hasard. La marmite de Papin, la pompe de Galilée (qui lui fit découvrir la pression de l'air) nous en on t déjà fom·ni la preuve. C'est aussi au hasard que l'on dut dïmaginer le premier aérostat. Cette histoire est assez curieuse pour être contée en quelques mots. En l'année 1783, la femme d'un industriel, Mme de Montgolfier, avait mis une de ses jupes à sécher au-dessus d'un foyer. La jupe était suspendue à une corde. Lorsque la toile légère dont elle était faite fut complètement sèche, la jupe se gonfla, s'arrondit et se souleva d'elle-même comme un ballon. Mme de Montgolfier et sa femme de chambre, très étonnées de ce phénomène, se mirent à pousser des cris de surprise. M. de Montgolfier accouJ·ut. A son tour, il constata que cette jupe extraordinaire se soulevait toute seule quand elle était placée au-dessus d'un foyer. M. - de Montgolfier était un homme instruit. Avec son frère, il se li v rait à l'étude des sciences physiques. Tous deux avaient suivi les travaux de Saus-
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Si c'est vrai Un médecin colombien, établi à Guaternala, M. le Dr Eduardo Hins, fait connaître la recette suivante qu'il déclare infaillible, pour la guérison de la petite vérole en trois jours et sans qu' eJJ e laisse de marque : «Une once de crème de tartre, dis-
;:,oute dans une demi bouteille d'eau bouillante, prise lorsque le liquide est refroidi et à de courts intervalles. Cette boisson peut être prise à n 'importe quelle heure ; elle est tant préservatrice que curative». Le Dr Hins asstne aYoir ainsi guéri de nombreuses personnes. Souhaitons n'avoir jamais l'occasion de faire essai du remède.
A pas dt géant.
L'homme mesurant en moyenne 1 m. 70 de hauteur, parcourt environ 5 kilomètres à l'heure. Le coureur qui va à une allure de 18 kilomètres à l'heure, représente, par rapport au piéton, un géant de 6 m. 10 d9 hauteur. Le cavalier qui fait du 20 kilomètres à l'heure aurait 6 m. 80. Le patineur qui va à 30 kilomèt1·es à l'heure aurait 10 m. 20. le jockey, qui parcourt la piste à l'allure de 60 kilomètJ·es, aurait 20 m. 40. Le cycliste, qui atteint jusqu'à 87 kilomètres en piste, repr<'sente un piéton de 29 m. 60. Comme nous sommes dans le domaine de la fantaisie, on peut ajouter que le voyageur qui parcou1·t 150 kilomètres à J'heure en express, aurait 51 mètres de haut. Enfin, l'automobiliste qui fait du 168 kilomètres, aurait 5ï mètres de haut. Et cela ne s'arrêtera pas là. Que l'on vienne dire maintenant que la tAille de l'homme a düninué! --:11::--
L'tlll des rêves ùe l'horume a toujou1·:s De l'eau chère élé la vitesse. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les œu nes des Anciens ou les légendes et contes de fées. On sait que le corps humain rcnferDans la Bible ou l'liiade, les Mille et me les b-ois quarts de son poids en eau TJne nuits ou les Contes de Perrault, le demier quart seulement étant consvous retrouvez toujours ce souci d'ac- titué par des matières azotées, carboc~·oître la rap_idité humaine par la créa-I natées ou autres. Notre alimentation iton s-ymbolique des allges ou. des n'est pas moins riche en liquides dieux ailés, des génies, des géants ou 1 aqueux. des ogres aux hottes de sept lieues. Lorsque nous achetons un kilo de De nos jours, ce que l'imagination viande de bœuf ou de mouton pour 1 des poètes ou la fantaisie des conteurs fr. 90, nous n 'avons, en réalité, que ont créé jadis, est devenu en quelque j 250 grammes de produit spécial et 750 sorte une réalité par 1~ développ~ment l grammes _d'eau. Cet~e eau re'?ent à 1 {)es sports et des progres de la science. - fr. 40 environ, ce qm ne saurait passer Aussi pourrait-on, par rapport aux 1 pour un prix de faveur. simples piétons, figurer par des géants TAi chail' du poiRson, qui est cepende tailles rliverseB, les honunes em- . dant très onounissante•, co1,1tient enployant différents modes de locomotion 1 core une plus forte proportion d'eau: Cette échelle curieuse a été établie et 1 770 à ï80 grammes de matières nutri-en voici un aperçu: tives par lih·e
LE FOYER ET LES CHAMPS
LE FOYER ET LES CHAMPS
Pour les légumes, la proportion est encore plus surprf'nante: 10 kilos de pommes de terre contiennent près de 8 kilos d'eau. 10 kilos de choux ou de betteraves en ren-ferment 9 kilos.
--*-Joyeux enfants. qui souhaitez Tar.t de plaisirs et de gaîtés, Je vous dis en c~tte jou rnée: Bonne année! Vous qui rêvez du lendemain Sans savoir ce que dans sa main Vous réserve la destinée: Bonne année! Vous qui chantez durant lé jour Au foyer où br ille l'a.mour, Vous dont l'âme est illuminée : Bonne année! Vous qui pleurez, seuls, sans parents Pour guider vos pas ignorants, Vous, clc famille abandonnée: Bonne aunëe! A notre pays tant aimé, Que dé fend notre bras armé, A l11 tcrre par Dieu donnée: Bonne Hnnée! Robin des Bois.
_ _ _*;_ _ _ Un règlement de vie pour les épouses chrétiennes 1. Ne jamais avouer le moindre tort de mon mari, même à mes plus chères ~.
2. Ne point paraître indifférente à ses succès, à ce qui le touche, lui témoit · 't t t l l '·mere gner ce en ou . 3. Ne J·amais discuter longtemp~, • toujours céder, toujours etre empr~ss~e et complaisante. Lui rendre son,.mterieur plein de charme a fi n qu 11 ne wmille nas le quitter. ·
5. Lui obéir à la minute en tout ce aui n'a pas· l'apparence d'un péché- 6. Avoir la noble ambition que, jusqu~à la mort, il n'y ait -pas un nuag~ sur notre union. Si toutes les épouses tenaient ces résolutions, que les m aris seraient heureu x! Mais pour les tenir, cela suppose, chez la femme, à un rare degré, l'abnégation de soi et l'amour du bon Dieu. Tant il est vrai que, même icibas, la sainteté est la bMe du bonheur. ---~--
Tendresse pour les animaux Je me sens une tendresse que je nepuis vain cre poiu toutes ces créatures animées, qui vivent à côté de no~s su~ la terre, qui voient le même solml, _qu1 respirent le même air, boivent la mem~ eau, qui sont formées de la même chah· sous d'autres formes. Je veu x parler de ces animaux, de ces chiens si fidèles et si dévoués; de ces chèvres, de ces chevreaux, de cesbrebis qui montent le soir jusq~e sur la crête des rochers pour me vo1r revenir de plus loin à la hutte; de ces o~ seaux qui gazouillent autour de mm ; de ces mouches à miel dont je prends la nourriture d'hiver; de ces lézards . qui s'étalen t au soleil; enfiX:, de tous les plus petits insectes, habitants des feuilles, des pierres ou des herbes, i qui je ne fais jamais de mal. (Lamartine). .. .e.
Exemples de mémoire extraordinaire t
Les exemples d'une mémoire ex raordinaire peuvent être cités en assez grand nombre. La Motte-Houdard est le héros d'une histoire ou plaisanterie hien connue. . d b' d qui a, du reste'.. été rac~nte: ,e ,1en es manières et meme attnbuee a d autres. · , Voltaire ayant lu devant lui une scene1
d'une de ses tragédies, La Motte-Houdard la répéta mot à mot, comme un ouvrage déjà connu et dont la beauté l'avait assez frappé pour qu'il l'apprît par cœur. Lacroze, un oriel).taliste de la même époque, et qui devint bibliothécaire de Frédéric de Prusse, à peu près en même temps, avait aussi une mémoire remarquable, car on rapporte que, après avoir entendu douze vers en plusieurs langues, il pouvait non seulement les répéter dans l'ordre où il les avait entendus, mais même les transposer. Scaliger aussi était fiel' de sa mémoire. Gassendi apprit par cœur six mille vers latins, en même temps que le poème entier de Lucrèce. Il croyait qu'un léger exercice était bon pour la 1némoire; aussi, tous les matins, i.l :avait l'habitude de réciter six cents ·vers en différentes langues. Sénèque pouvait répéter deux mille mots dans l'ordre où il les avait enten-dus prononcer. Un acteur, nommé l'yon, avait une mémoire si merveilleuse, qu'une fois - il s'agissait d'un pari pour savoir qui paierait un bol de punch - il répéta le contenu d'un journal du commencement à la fin. Il le fit sans aucune faute, et cependant le journal était le Daily AdveTtiser-. Cela méritait hien un bol de punch, car il y avait le cours de la Bourse, des céréales et autres, les nouvelles de l'intérieur et de J'extérieur, les accidents, etc. Un ingénieur anglais, du nom de Thompson, avait une telle mémoire des ·choses qu'il avait vues, qu'il dessina en vingt-deux heures un plan exact de tous les environs de Westminster, comprenant la paroisse entière de Saint-James, une partie de celles de Marybelone, Sa inte-Anne et SaintMartin, contenant toutes les places, les rues, les cou rs, les passages, marchés, ·glises, remises et monuments publics; indiquait en outre toutes les auber-
ges, l'espace des boutiques de tous les coins de rues, même les pompes, réverbères en saillies, etc. Ce plan fut dessiné complètement de mémoire. Le même ingénieur put, après avoir parcouru une maison de la cave au grenier, faire de mémoire un inventaire exact de tous les objets qu'elle contenait, sans rien omettre. I.e mathématicien Sanderson n'était pas moins étonnant. Il avait perdu la vue à l'âge de 1 an, et, cependant, il devint professeur à l'Université de Cambridg~, où il fit des leçons très remarquées sur les couleurs et la lumière. Il pouvait répéter toutes les odes d'Horace et de nombreux extraits des auteurs latins. Pope aussi avait une excellente mémoire et pouvait indiquer, dans un livre qu 'il avait lu, la place exacte où se trouvait un passage dont j} avait hesoin. D'un aulte coté, il y a des gens qui ne sont pas favorisés. Lessing semble avoir été de ce nombre. En effet, une fois, il chargea successivement trois de ses amis de lui acheter un livre qui allait se vendre dans une vente publique. Tous trois, sans s'en douter, se mirent à enchérir les uns sur les autres, jusqu 'à ce que les enchères se furent élevées à 90 couronnes.
Perte et récompense 1
On a perdu sa peine el son temps quand, après avoir travaillé tonte la semaine, on dépense le samedi ·~oir 1 la paie que tout bon père de famille de1 vrait rapporter à la maison. . Une récompense est promise à l'ou1 vrier tempérant: c'est le biw'.-être, la santé, le bonheur domestique. Le châtiment de l'alconli"lle: c'est la misère, la haine, la fohe, Ja prison, le suicide.
Oe J:'li/ 0 conliJenTï LE FOYER ET LES CBAIIPS
30e année
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ter Février 1911
Une facture peu ordinaire
: On étend cette pâte de l'épaisseur d'un clos de couteau, puis on ]a découpe avec de petites formes ; puis on glaceVoici une note d'un menuisier, troules petits gâteaux avec un jaune d'œuf vée dans les papiers d'une petite com et on les fait cu ire a u four . ...e. mu ne: ~ «Note pour la Comicion de l'école et le concellle communal réuni ensemMarrons en chemises bles qui m'on dit de faire les travaux qui suit· Voici un dessert excellent ct facile à Prépare les cach ets pour les pome de préparer: Les marrons sont rôtis, puis terres de la cave sous le régent 1,4,() pelés; on les trempe ensuite dans du Fait à la même cave un lanet ponr voir clair 1,10 hlanc d'œuf battu en neige; on les rouJe après cela dans du sucre en pouFait tm pendar pour les fru its 1 1,70 : dre, et on les place sur un tamis pour en sapin faire séeher dans 1m fonr pas trop Arangé les égré pour monter en 2,30 ebaud. haut dessus Remi une planche en boi neuf à 1,20 la bonnemaison Pensées Fait une chaise pour le régent qui tourne 5,r. . ·h orume gris voit !rouble, l'homRéparé toutes les ja lousies 'à la régente 4,80 me ine voit rou ge, l'homme ivre-mort Reblanchi le tableau noir -,70 ,-oit noir. Arrangé les boitons pour la Quand u!.le pente est glissante, le pre femme au régent 3,20 wier vas suffit à Yous perdre. Mi des Yitre en verre }Jour trois Méfiez-vous J.u petit verre; il ruille· fenêhe qui était cassé 1,40 l'àme et le corps. Changé le couvert du bUl·eau Quand nous sommes seuls, veillons du Conceille qui était pourri -,90 sur nos pensées; quand nous sommes Mi des bâtons à la poulailière dé ep famille, vni.llons sur notre humeur; la régente qui laissait smtir l<'s poul e -,30 1 quand nous sommes en société, willons sur notre langue. en lou 24,Peu d'âmes se doutent de ce que· .Je llle l'eeommanùc pou payé cette Dieu fera.it tl'Plles si elles se lais~aient note an•t mPs remercieman.» faire. Le cri me ne meu rt jm.nais sans pos-eùiSINE léri té. Unr réponse douce calme la fureur. mais une parole dure excite la colère. Gâteaux de Milan aux amandes L'Evangile a seul r ésolu ce proPrenez 250 grammes de farine, 250 i blème: . régénérer l'homme sans l'égrammes cle sucre tamisé, 250 gram- craser. mes d'amandes pelées et écrasées, 125 Lorsqu' un jeune homme dit: J'ai grammes de beurre frais, l'écorce hâ- perdu la foi», traduisez : J'ai perdu <'hée rl'un CJtr·on et deux œufs. Le . l'innocence.» bevrre 0st fondu et mélangé au tout. 1 --~ e
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vtmatre (Ô) J{{ (G.j ~l ~J ~ DE LA
Soeiêt€ valai~a1)Qe d ·édu\!ation Moniteur du Musée industriel et pédagogique L'Ecole primaire donne de 12 à 14 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8 -1 6 pages pendant l'année ordinaire (soit du 1er Janvier au 31 Décembre). Chaque mois il est en outre apporté un supplément illustré de 8 pages intitulé : Le Foyer et les Champs.
Suisse fr. 2.50
Par an Union postale fr. 3
Annonces : 20 cent. la ligne sur toute la largeur Tout ce qui' concerne la; pubUca;tion doit être a;drcssé directement à son géra;nt, M. P . PIClNAT, Chef de Scrll'ice a;a Dépa;rtement de l'Instruction publique, à Sion.
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Le rembours pour l'abonnement de 1911 à l'ECOLE PRIMAIRE